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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 16:33

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-12 14:55:09 Vingt sur quarante groupements des aviculteurs de la ville de Bangui et de la commune de Bégoua et Bimbo dans l’Ombella Mpoko ont reçu vendredi de la part de l'Etat cinq-cents poussins chacun.


Ce don s'inscrit dans le cadre du Projet des jeunes initié par la présidente de transition Catherine Samba-Panza en mai 2014 pour l'insertion des jeunes désœuvrés centrafricains à travers l'aviculture et la pisciculture.


Selon une source proche de ce dossier, ce don qui est la phase ultime du Projet des Jeunes vient après une série de formations dispensées aux jeunes réunis dans quarante groupements. Identifiés, ils ont ensuite été répartis en quatre groupements par arrondissement de Bangui, quatre autres à Bimbo et quatre autres à Bégoua.

‘'Il s'agit pour ce projet de former ces jeunes, de les doter en matériels, en poulaillers enfin de leur remettre les poussins, l'aliment et les médicaments pour qu'ils puissent mener des activités génératrices de revenus'', a expliqué le coordonnateur dudit projet, le Docteur vétérinaire Thierry Nicaise Kouzoukende.


‘'Aujourd'hui, on a planifié les activités de telle manière qu'il n'y a pas de saturation sur le marché lorsque ces jeunes vont commencer à vendre leurs poulets. Donc on remet aujourd'hui aux vingt groupements et les vingt autres seront servis dans quinze jours'', a précisé le coordonnateur, lors de la remise des poussins aux ayant- droits au Ministère de l'agriculture à Bangui.


‘'Au départ, on ne pensait pas que les choses allaient se matérialiser. Et tout doucement on a compris à partir de ce jour que nous sommes des heureux bénéficiaires'', s'est réjoui l'un des bénéficiaires, Jocelyn Amendée Witiké du groupement ‘'Tiri na Yéré'' ( en sango, Combattre la pauvreté).

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=812005#sthash.XxbBukig.dpuf

 

Des poussins remis à 20 groupements de jeunes aviculteurs centrafricains
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 16:07

 

 

 

COUP D’ŒIL SUR LA POLICE CENTRAFRICAINE

 

D’aucuns pensent que la Police Centrafricaine est inefficace car elle manque de cadres compétents.

 

Archifaux, puisqu’il y a dans cette Police de valeureux officiers formés, comme leurs frères d’arme

 

de la sous-région, dans des académies de police encore appelées écoles supérieures comme celles de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Maroc et au Cameroun. On peut  avoir en mémoire les Généraux de police Ismaïlia-NIMAGA, Jean WILIBYRO-SACKO qui furent ministres de la sécurité et qui ont bien géré.

 

La Police Centrafricaine, jadis très active et efficace, était réputée et respectée pour avoir déjoué, sous les défunts Empereur Jean-Bedel-BOKASSA 1er et le Général d’Armée André-KOLINGBA avec le Colonel Jean-Christophe-GRELOMBE, des coups d’Etat en gestation dans les pays voisins dont les auteurs et complices en transit sur le territoire centrafricain ont toujours été interpellés et leurs matériels saisis en dépit des moyens obsolètes et rudimentaires de la police centrafricaine qui étaient en déphasage avec l’évolution du monde sécuritaire.

 

Cette police va connaître un déclin sans pareil sous le régime du Président déchu François BOZIZE, qui a pourtant reconnu après sa chute le rôle primordial joué par la police en matière de renseignements pendant les événements des séléka. Répondant lors d'une interview à Christophe-BOISBOUVIER de Radio France Internationale, il a déclaré : «nous avons su que le Tchad était derrière les séléka car à chaque prise des villes, nous avons reçu des informations des services de police de ces villes sur la présence des éléments tchadiens parmi les séléka».Mais qu’avait-il fait pour cette police quand il était encore au pouvoir ?

 

Sous la présidence de François BOZIZE, la police a fait l'objet d'une gestion marquée par le népotisme et le tribalisme car les postes clés étaient occupés par les membres de son groupe ethnique. Les policiers  n’ont jamais eu de galons, excepté ses parents comme Yves-Valentin GBEYORO et Serge-WILIBOY, qui, seuls parmi leurs promotionnaires, ont été promus commissaires Principaux de police à titre exceptionnel. Il en est de même pour Sylvain-MBOROBONA, le seul de sa promotion à être promu commissaire de police à titre exceptionnel. A cela s'ajoute les nominations de militaires et civils proches de BOZIZE comme ministres de la Sécurité avec pour mission de démanteler le syndicat de la police et de sanctionner les policiers ayant géré des dossiers impliquant François BOZIZE et ses proches, à savoir notamment la tentative de coup d’Etat du 28-mai 2001 et la rébellion de novembre 2001 à mars 2003.

 

Mais pourquoi BOZIZE en voulait-il tant à la police ?

 

Voici l’arbre qui cachait la forêt. Un policier, paix à son âme, voisin de François BOZIZE à la Cité (4ème arrondissement) avait vu les mouvements des militaires qui venaient nuitamment pour des réunions au domicile de ce dernier en prélude à son coup de force du 28 mai 2001. Il a rédigé une fiche, arme redoutable de tout bon policier, au président Ange Félix PATASSE, qui n’avait pas cru à cela car il était grisé de confiance aveugle à BOZIZE. Ayant des antennes dans l'entourage de PATASSE, comme KONAMNA, MOKONAM et Joël-MOIDAMSE-SINFEI, BOZIZE a été informé. Une fois le coup de force du 28 mai manqué, PATASSE s’est réveillé trop tard. Devenu président, François Bozizé s'emploiera à marginaliser la police, mais c’était une erreur grave car la police fait partie du système de sécurité. Cette attitude  a eu des conséquences sur les autres appareils sécuritaires car le système, par définition, est un ensemble d’éléments lié entre eux dans le cadre d’interaction ; tout changement affectant l’un a des répercussions sur les autres.

 

Avec sa bénédiction, le défunt Général Jules-Bernard-OUANDE et certains officiers généraux et supérieurs de la police tels que Ernest LATAKPI, à l’époque Directeur général de la police, Joël MOIDAMSE-SINFEI, Chef de cabinet particulier de BOZIZE, Yves-Valentin GBEYORO, Directeur de l’Office Central de Répression du Banditisme (OCRB) à l’époque, ainsi que Arnauld DEIYA-AHMAT, Directeur de la  Réformes des textes au Ministère de la Fonction publique, ont procédé à une intégration inédite dans l’histoire de la police centrafricaine et du monde entier .Car on trouvait dans ce lot une panoplie de gens aux profils atypiques (maçons, handicapés, éleveurs et grabataires), certains, en raison de leur âge très avancé, ne pouvant faire une épreuve physique au risque d’avoir un arrêt cardiaque. Ce recrutement insolite, n’avait pas respecté les règles de l’art, à savoir visite médicale et test écrit qui sont les pré requis pour entrer dans un corps de police. Pour justifier leur acte ignoble, les auteurs ont allégué que les cadres de la police venus fraîchement du Cameroun seraient des partisans de Ange Félix PATASSE et donc susceptibles de déstabiliser le régime BOZIZE.

 

Mais là où le bât blesse, c'est que ces fils et filles à papa ont été intégrés avec des galons de commissaire, commandant, pour certains et capitaine, lieutenant, pour d’autres sans une formation préalable. Comme le dit un adage, il n’y a jamais eu de un sans deux, de deux sans trois, de trois sans quatre, cette situation s’est encore réitérée sous OUANDE II, puisque OUANDE a été deux fois ministres de la sécurité ; ensuite sous Richard GOUANDJIA, Josué BINOUA et Denis KIZIMALE-WANGAO qui a été plus loin en intégrant  pour la plupart les parents de son épouse, policière intégrée dans les mêmes conditions sous OUANDE I. Vous comprendrez que dans ce deal, chacun avait placé les siens.

 

OUANDE avait inséré ses proches, DEIYA –AHMAT-Arnauld avait placé son épouse, sage-femme de formation, au grade de commandant de police ; sous OUANDE II,  Ernest-LATAPKI, Directeur de Cabinet, a inséré sa fille au grade de commissaire de police, etc.

 

Ces facteurs n'ont pas été sans conséquence sur les performances des services de police. Il y a une persistance de l'insécurité urbaine car les cadres formés sont écartés au profit des bras cassés qui ne maîtrisent pas la situation et tâtonnent. Il règne dans ce corps une indiscipline à grande échelle par faute d’une formation militaire et policière préalable ; Un service vital de la police tel que la sûreté urbaine, qui est chargée de la sécurité et de la sûreté, n’est pas réhabilité jusqu’aujourd’hui car son local est toujours occupé par le contingent camerounais de la MINUSCA ;  La Direction des services de police administrative, un des services de police  restés opérationnels après la chute de François Bozizé  et qui a fonctionné jusqu'à la prise de pouvoir de la Cheffe de l'Etat de transition Catherine SAMBA-PANZA, manque de budget de fonctionnement et de moyens matériels. Une telle direction très sensible doit parfois recourir aux services de cybercafés pour imprimer des documents confidentiels pour le Ministre, voire la Cheffe de l'Etat. Ses mises en garde ne sont même pas suivies bien que ses prévisions se vérifient. La Direction de surveillance du territoire n’existe que de nom puisque dirigée par un capitaine de la gendarmerie qui ne maîtrise pas ce qui se passe autour de lui. Mais rien d'étonnant à cela quand on sait qu'un philosophe disait : «nul n’entre ici s’il n'est géomètre».

 

Pour mieux corroborer cette hécatombe, il n’y a qu’à réfléchir aux derniers événements de la cité banguissoise. Un passager en possession de 152 carats de diamants centrafricains et 50.000 000 FCFA qui a rempli toutes les formalités et tous les contrôles sera interpellé sur la piste, au bas de l’échelle de l’avion par un agent de la police, qui lui a couru après. On se demande pourquoi sur la piste au bas de l’échelle ?

 

Peut-être que ce policier n’a pas eu sa part de gâteau et a préféré verser du sable dans le tapioca ! L’histoire nous le dira un jour.

 

Le commissariat de l’aéroport Bangui M'poko, est équipé d’un appareil aux rayons X, d’une brigade minière équipée et d’une brigade de douane, elle aussi équipée. Sous d’autres cieux et à une certaine époque, le commissaire de l’aéroport, le commandant de la brigade minière et le commandant de la douane ainsi que tout leur personnel seraient déjà limogés  et en train d’être entendus par les services spécialisés. Toujours à l’aéroport, une bagarre a opposé un parent d’un passager à un policier en service qui a même perdu les boutons de sa tenue, mais cela n’a pas fait l’objet d’un compte rendu aux chefs hiérarchiques de ce commissaire devenu policier sans formation préalable car intégré dans la police en 2004 par Jules-Bernard-OUANDE directement au grade de commissaire de police. Elle brille par le laxisme, le népotisme et l’indiscipline. C’est un grand danger pour la République si l’on n’arrive pas à sécuriser l’aéroport, porte d’entrée  et de sortie de tout le pays, arrivera-t-on à sécuriser tout le pays ? Cette commissaire ne respecte pas sa hiérarchie car ne rend compte qu’au directeur de cabinet qui est banda comme elle ou au Ministre, au détriment de ses supérieurs hiérarchiques qui sont le Directeur Général de l’émigration-Immigration, le Directeur Général adjoint de l’émigration-immigration et le Directrice des frontières. Une séance de travail prévue au commissariat de l’aéroport s’est tenue sans ce commissaire qui, prévenue de l’arrivée de ses trois supérieurs hiérarchiques, a préféré quitter le bureau pour revenir après leur départ.

 

Plus grave, le personnel de ce commissariat  devrait être récompensé en grade pour acte de bravoure, mais le commissaire a fait une discrimination en ne triant que les membres de son groupe ethnique parmi les autres.

 

Tous les régimes stables et forts au monde le sont grâce à une police efficace, forte et dynamique. Il n’y a qu’à voir Israël ou bien se rapprocher du Cameroun de Paul BIYA  pour être édifié.

 

Les policiers centrafricains ont toujours la mémoire courte et oublient très facilement l’histoire, sinon ce commissaire de l’aéroport ne devrait pas clamer haut et fort à qui veut l’entendre que : «je suis parent à la présidente Catherine SAMBA-PANZA». Ou bien les policiers n’ont pas encore acheté une lunette prescrite par un ophtalmologue digne de ce nom pouvant leur permettre de faire une bonne lecture des évènements. C’est pourquoi lisent-ils très mal. Dans un passé récent, on avait vu des officiers généraux et supérieurs de la police qui ont fait la pluie et le beau temps car ils avaient le monopole des nominations, des décisions concernant la vie des policiers et de la police, du fait de leur accointance avec le régime de BOZIZE, de leur appartenance ethnique ; se bombaient la poitrine en affirmant : «c’est mon régime, notre régime, je suis parent direct de BOZIZE», se sont même attribués des pseudonymes comme des vedettes. Où  sont-ils aujourd’hui ?

 

Si ma mémoire ne me trahi pas, j’ai la faiblesse de penser au Général de police, Joël-MOIDAMSE-SINFEI, chef de cabinet particulier de BOZIZE, au commissaire de police, Yves-Valentin-GBEYORO alias le Grand-Baobab le Tout Puissant, qui en fuyant a pris soin de partir avec sa cigare, le commissaire principal de police Sylvain-MBOROBONA alias Singo qui  venait même au bureau à l’époque directeur de l’OCRB en tenue du parti KNK bien qu’il est interdit au policier de s’habiller en tenue, casquette et insigne d’un parti politique y compris  leur maisonnée. Ils fréquentent même les pègres, les falsificateurs des billets de banque ainsi que de faux documents tels que passeports et visa pour Paris.

 

Décidément la police centrafricaine n’est pas encore au bout de son chemin de la croix ,car des rumeurs  provenant de la bouche des intéressés eux-mêmes  : un militaire habitant le quartier Benz-vi ;qui affirment être le beau-frère du ministre de la sécurité  ; un étudiant fils d’un ancien officier supérieur de la police décédé, être parent du directeur de cabinet du ministre de la sécurité et du délégué de solde du ministère de l’intérieur qui déclare être proche parent du Directeur Général  de la police faisant état de leur reversement imminent dans la police, si cela venait à se concrétiser. Nous n’osons pas croire à cela, puisque le Général METENKOUE est un homme intègre, légaliste, guidé par la vertu républicaine.

 

Madame la présidente de la transition, Monsieur le Ministre de la sécurité, Monsieur le Directeur Général de la police, c’est l’homme qui fait l’histoire ; et en faisant l’histoire, il fait son propre histoire.

 

Présentement vous faites l’histoire de la police, en la faisant vous faites aussi la vôtre ; évitez à ce corps moribond une mort programmée savamment, car nous sommes tous appelés un jour à répondre devant l’histoire à  défaut  nos enfants.

 

Un adage dit : «la vie est une scène de théâtre d’où chacun vient jouer son rôle et s’en va». Jouons bien notre rôle car il est de coutume qu’à la fin de chaque spectacle, les spectateurs donneront leur appréciation sur le rôle de chaque acteur et ils garderont un bon souvenir ou  mauvais témoignage."

 

Le collectif des Policiers en colère

 

 

Tribune du Collectif des policiers en colère
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 13:55

 

 

 

 

LE MONDE | 12.12.2014 à 11h27 • Mis à jour le 12.12.2014 à 11h35 | Par Cyril Bensimon (Yaloké, RCA, envoyé spécial)


Fuir. Coûte que coûte. A Yaloké, 140 familles d’éleveurs peuls, soit environ 500 personnes, n’attendent que de grimper dans des camions qui les emmèneront jusqu’au Cameroun. La frontière et une vie de réfugiés sont à moins de 400 km, mais les autorités centrafricaines refusent de les laisser partir.

 

La position du gouvernement de Bangui serait en train d’évoluer, acceptant une relocalisation à l’intérieur du pays. Mais il n’est plus question de cautionner l’exode des musulmans centrafricains, entamé depuis près d’un an, qui s’apparente à un nettoyage sur des bases confessionnelles. L’argument, politiquement recevable, a bien du mal à être entendu par ceux qui ont tout perdu et meurent à petit feu dans un enclos sans barrières.

 

Les conditions sanitaires y sont exécrables. Des dizaines d’enfants souffrent de malnutrition sévère. En cette fin d’après-midi, Haissatou tente de donner le sein à son nourrisson de 5 semaines. Le bébé a un visage de vieillard, un corps squelettique et sa mère n’a plus de lait. « Depuis que nous sommes arrivés à Yaloké, il y a sept mois, 41 des nôtres sont morts », soupire Al-Hadji Ousmane Laido, qui fait office de porte-parole du groupe.

 

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) fournit des provisions, distribuées par l’ONG World Vision, mais celles-ci ne conviennent pas aux besoins des populations habituées à la viande de leurs bœufs à longues cornes et au lait de leurs vaches. « Avec les conditions d’hygiène sur le site, si nous apportions du lait aux enfants, nous assisterions à une multiplication des cas de diarrhées », explique Salima Mokrani, du bureau des affaires humanitaires de l’ONU.

 

« Leur absence nous fait du mal »

 

Dans l’attente d’une solution, la tuberculose, le paludisme et la malnutrition déciment les déplacés installés dans les bâtiments désaffectés de la gendarmerie et de la police. Avant de s’arrêter à Yaloké, à 225 km au nord-ouest de Bangui, ces éleveurs semi-nomades avaient effectué une folle cavale de quatre mois à travers la brousse, où 53 des leurs auraient été tués. Une fuite depuis la région de la Lobaye, plus au sud, décidée « après que les chrétiens et les musulmans ne s’entendaient plus », raconte Amadou Oumarou.

 

Des groupes de miliciens anti-balaka les ont pris en chasse. Leur bétail a été tué ou pillé. « Nous avons perdu 15 000 bœufs », se lamente Al- Hadji Ousmane Laido. A 440 000 francs CFA (670 euros) la tête, cela représente une fortune. Aux exactions des anti-balaka, les Peuls ont répondu par des crimes et la nouvelle période de transhumance qui s’annonce pourrait générer de nouvelles violences dans le pays. Le sang a coulé de tous côtés mais, aussi surprenant que cela puisse paraître, les éleveurs ont été sauvés par des miliciens de Yaloké.

 

La ville n’en est pas pour autant un refuge. « Une fois, les anti-balaka ont lancé une grenade sur le site. Par chance, il n’y a pas eu de victime. Nos femmes se font insulter quand elles vont chercher de l’eau et nous ne pouvons pas aller au marché. La seule fois où j’y suis allé, on m’a pris 12 500 francs FCA (19 euros) en menaçant de me tuer si je résistais », affirme le porte-parole des Peuls.

 

Le camp est aujourd’hui protégé par quelques casques bleus congolais et les anti-balaka de la ville assurent qu’ils ne feront aucun mal à ces déplacés dont ils disent avoir besoin pour faire paître les bœufs. A ceci près que les bêtes n’existent plus. « Nous avons récupéré les Peuls comme prisonniers de guerre, mais maintenant ils sont libres », jure Thierry de Congo, le numéro deux des anti-balaka de Yaloké, après avoir expliqué que « les musulmans de la ville ont été chassés par rapport à leur comportement » du temps où les ex-rebelles de la Séléka étaient au pouvoir, mais que, désormais, « leur absence nous fait du mal ».

 

Nébuleuse de bandes armées

 

Ce discours de réconciliation est tenu tout au long de la route menant au Cameroun, vitale pour l’économie centrafricaine. Toutes les importations du pays transitent par ces quelque 600 km de bitume reliant Bangui à la frontière. « La route est ouverte. Toutes les barrières ont été levées », promet Newton Evaris, le chef de la milice du village de Békadili, à quelques kilomètres au nord de Yaloké. S’il est vrai qu’aucune barricade n’était visible ces derniers jours, l’essentiel des camions de marchandises ne circule que sous escorte des casques bleus.


Malheur à ceux qui tombent en panne et se voient obligés d’abandonner le convoi. Les pillages sauvages n’ont pas cessé. Mais les anti-balaka ont sophistiqué leurs techniques. Désormais, raconte un entrepreneur local, les miliciens travaillent de concert avec les forces de l’ordre et les agents de l’Etat. Le montant du racket est fixé au passage de la frontière camerounaise et doit être versé à l’arrivée à la douane à Bangui, devenue un bastion des anti-balaka.

 

Cette nébuleuse de bandes armées a entamé sa mue en parti politique et pénétré les rouages de l’économie centrafricaine. Il y a deux mois, leur chef, Patrice-Edouard Ngaïssona, projetait de faire tomber le pouvoir de transition. Une forme de normalisation, en somme.

 

Cyril Bensimon (Yaloké, RCA, envoyé spécial)


Journaliste au Monde

Lu pour vous : En Centrafrique, l’exode interdit des Peuls
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 11:29

 

 

 

 

NEW YORK (Nations Unies), 12/12/14 (Xinhua) -- Le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est déclaré mercredi préoccupé par la persistance de la menace posée par l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) dans certaines parties de l'Afrique centrale.

 

Dans une déclaration du président du Conseil de sécurité, le Conseil a condamné de nouveau fermement "les attaques inqualifiables, les crimes de guerre et crimes contre l'humanité, et les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme perpétrés par la LRA".

 

Il a exigé de la LRA qu'elle cesse immédiatement toutes attaques et lui a demandé instamment de libérer tous ceux qu'elle a enlevés, et de désarmer et démobiliser ses éléments.

 

Le Conseil de sécurité a réitéré son ferme soutien à l'Initiative de coopération régionale pour l'élimination de la LRA menée par l'Union africaine. Il a salué les progrès non négligeables accomplis par la Force régionale d'intervention et les pays qui lui fournissent des contingents.

 

Le Conseil trouve "préoccupant que le gros de la LRA soit passé de la République centrafricaine au nord-est de la République démocratique du Congo, mais poursuive ses attaques dans l'est de la République centrafricaine".

 

Il "engage tous les Etats où sévit la LRA à veiller, conformément au droit international, à ce que des éléments de la LRA ne trouvent pas refuge sur leur territoire".

 

Le Conseil "constate que le nombre, l'intensité et la violence des attaques, meurtres et enlèvements perpétrés par la LRA reculent et que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a revu à la baisse son estimation du nombre de personnes déplacées par la menace que représente la LRA".

 

Le Conseil a rappelé que les mandats d'arrêt décernés par la Cour pénale internationale (CPI) contre les chefs de la LRA, dont Joseph Kony, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité n'ont pas encore été exécutés, et a demandé à tous les Etats de coopérer avec les autorités nationales compétentes et la Cour.

Afrique centrale : le Conseil de sécurité reste préoccupé par la menace posée par la LRA
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 01:29

 

 

 

http://www.dw.de/amnesty-r%C3%A9clame-la-fin-de-limpunit%C3%A9-en-rca/a-18122343 

 

Juger les auteurs des crimes - tous les crimes - commis en République centrafricaine. C'est ce que demande Amnesty international. L'organisation des droits de l'homme publie, ce jeudi, un rapport à ce sujet.

 

"L'impunité alimente les violences" (Christian Mukosa)

 

Que ce soit pour les crimes de guerre ou pour les crimes contre l'humanité, l'impunité règne toujours en Centrafrique. Amnesty International y voit la principale cause de la poursuite des violences dans le pays. L'organisation demande une nouvelle fois que les personnes soupçonnées d'avoir participé à des atteintes aux droits humains soient soumises à des enquêtes, jugées et condamnées.

 

 

République centrafricaine. L'absence d'enquêtes effectives sur les crimes de guerre favorise de nouvelles atrocités et la peur

 

http://www.amnesty.fr  11 décembre 2014

 

L’incapacité des autorités de la République centrafricaine et des Nations unies à mener une enquête effective sur les crimes de guerre perpétue le climat de violence et de peur qui règne dans ce pays, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi 11 décembre 2014.

 

Intitulé République centrafricaine. L’impunité alimente la violence, ce document issu d’une mission effectuée en République centrafricaine par des chercheurs d’Amnesty International donne des précisions sur la manière dont certains dirigeants et membres de groupes armés ont persisté à commettre des atrocités et à défier l’état de droit. Pourtant, en juillet dernier, Amnesty International a révélé des éléments qui donnent des motifs raisonnables de penser que plusieurs d’entre eux sont impliqués dans de graves atteintes aux droits humains, y compris des crimes de guerre et crimes contre l’humanité.


« Dès lors que l’on n’oblige pas à rendre des comptes certaines personnes impliquées dans l’homicide de civils, le recours à des enfants soldats et les incendies de villages, cela veut dire que les responsables de ces actes restent en liberté et continuent à terroriser la population sans craindre de répercussions », a déclaré Steve Cockburn, directeur régional adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.


Dans son rapport de juillet 2014, Amnesty International a publié un dossier où figuraient les noms de 20 personnes, notamment des chefs des anti-balaka et de la Séléka, contre lesquelles l’organisation dispose d’éléments plausibles permettant de leur imputer la responsabilité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et d’autres graves atteintes aux droits humains, commis en République centrafricaine depuis décembre 2013.


L’organisation a demandé que des enquêtes soient lancées et qu’un « tribunal hybride » (réunissant des juges nationaux et internationaux) soit mis sur pied pour juger les personnes soupçonnées des crimes les plus graves. Elle a également souhaité que les tribunaux nationaux soient renforcés et que des enquêtes soient engagées par la Cour pénale internationale.


L’organisation peut révéler aujourd’hui que certains de ces hommes ont participé à des faits d’ingérence dans le cours de la justice et d’autres crimes relevant du droit international à Bangui et dans d’autres parties du pays, entre septembre et octobre 2014.

Parmi les personnes au sujet desquelles les chercheurs d’Amnesty International disposent d’éléments et qui continuent à bénéficier du climat d’impunité de la République centrafricaine figurent :


Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien ministre, coordonnateur auto-proclamé des groupes armés anti-balaka. Selon de nombreuses sources, Patrice-Edouard Ngaïssona continue à coordonner les activités de nombreux groupes anti-balaka en République centrafricaine, plusieurs de ces groupes ayant été impliqués dans des homicides de civils et des attaques contre des forces internationales lors d’un épisode de forte recrudescence de la violence, en octobre 2014. Les groupes armés anti-balaka placés sous son contrôle ont été soupçonnés de commettre de graves atteintes aux droits humains, notamment des homicides de civils à Bangui. Patrice-Edouard Ngaïssona a tiré parti de sa position pour obtenir des concessions de la part des autorités de transition, notamment en demandant la libération de quatre prisonniers anti-balaka de haut niveau. Alors que les autorités de transition avaient accepté cette demande, elle n’a pas été suivie d’effet en raison de pressions exercées par l’appareil judiciaire et par des membres de la communauté internationale.

Patrice-Edouard Ngaïssona a été antérieurement accusé par les autorités de transition d’« appartenance à un groupe armé illégal et détention illégale d’armes à feu », et il a été arrêté en avril 2014, pour être relâché peu de temps après. Bien que le gouvernement précédent ait lancé à son encontre un mandat d’arrestation pour « crimes contre l’humanité et incitation au génocide », confirmé par les autorités de transition actuelles, cet homme continue à jouer un rôle important dans les négociations politiques avec les autorités.


Le « Colonel Douze Puissances », chef anti-balaka ayant, selon une série de sources comprenant des témoins et des victimes, dirigé un groupe de combattants qui a tué trois civils, grièvement blessé une vingtaine au moins d’autres civils et brûlé 28 maisons et une église dans un quartier de Bangui appelé Nguingo, le 14 octobre 2014.

Le « Colonel Douze Puissances »avait été déjà désigné par Amnesty International comme auteur présumé d’atteintes aux droits humains en décembre 2013, période à laquelle il était responsable de groupes de combattants anti-balaka à Boy-Rabe, un secteur de Bangui.


Alfred Yekatom, alias « Rambo », est lui aussi un chef anti-balaka, toujours actif dans le secteur de Bimbo, à Bangui. Selon de multiples sources locales, il a attaqué la gendarmerie de Bimbo le 29 octobre 2014, volant du matériel et libérant au moins cinq prisonniers. Amnesty International constate avec inquiétude que cette attaque prouve sa capacité à agir sur les organes chargés de l’application des lois qui ont l’obligation d’enquêter sur les allégations relatives à sa responsabilité pénale quant à certains crimes relevant du droit international. Amnesty International avait désigné « Rambo » comme auteur présumé de l’homicide de civils et du recrutement d’enfants soldats à Mbaiki, à 105 km de Bangui, entre décembre 2013 et mai 2014.

« Loin de craindre de subir des poursuites ou des sanctions, les personnes soupçonnées de crimes de guerre considèrent trop souvent la violence comme une façon d’acquérir du pouvoir ou des ressources ou de se protéger face à la justice. Tant que l’impunité n’aura pas pris fin en République centrafricaine, de graves violations des droits humains continueront à être commises », a déclaré Steve Cockburn.

Certes, quelques progrès ont été réalisés, puisque les Nations unies et les autorités de la République centrafricaine se sont mises d’accord pour instaurer un tribunal pénal spécial conforme à la formule du « tribunal hybride » recommandée par Amnesty International en juillet 2014. Mais cette juridiction ne peut fonctionner, faute de financement. La loi d’habilitation qui instaure ce tribunal doit respecter les normes internationales et faire en sorte que cette juridiction soit indépendante, impartiale et efficace. Les Nations unies et les autorités de la République centrafricaine doivent mener d’amples consultations, notamment avec les organisations de la société civile, en ce qui concerne la loi d’habilitation et la composition du tribunal pénal spécial envisagé, pour veiller à ce que les normes soient respectées.


« Les Nations unies et les autorités de la République centrafricaine doivent agir de façon urgente pour veiller à ce que toutes les personnes soupçonnées d’avoir commis des crimes relevant du droit international, entre autres des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, fassent l’objet dans de brefs délais d’enquêtes indépendantes et efficaces. Pour que ce but soit atteint, la communauté internationale doit appuyer le projet de tribunal pénal spécial et veiller à ce que cette juridiction soit rapidement fonctionnelle », a déclaré Steve Cockburn.


Bien que les personnes nommées dans le rapport d’Amnesty International publié aujourd’hui soient essentiellement liées à des groupes anti-balaka, des hommes armés liés à la Séléka continuent à commettre de graves violations des droits humains et doivent eux aussi faire l’objet d’enquêtes. Des chercheurs d’Amnesty International ont recueilli des éléments sur des massacres commis en octobre 2014 par des combattants de la Séléka et des anti-balaka dans les villes de Dekoa et Bambari et leurs alentours, dans la région centrale du pays, et ont demandé que des enquêtes soient menées sans délai.

Amnesty International réclame la fin de l'impunité en RCA
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 00:03

 

 

 

 

COMMUNIQUE



Le général Baba Laddé est emprisonné en République Centrafricaine depuis le 8 décembre 2014 après son arrestation par les forces de la Minusca de l'ONU.

Pour rappel, le 24 novembre 2014, le président tchadien Idriss Deby Itno limogeait la plupart des préfets et sous-préfets tchadiens, dont Baba Laddé. Celui-ci acceptait cette décision et sa hiérarchie lui signifiait qu'il devait rester à son poste jusqu'à l'arrivée de son successeur.


Baba Laddé prépara le départ de sa famille, mais la population de Maro s'y opposa, voulant garder son préfet. En effet le préfet Mahamat Abdoul Kadre, dit Baba Laddé, s'était engagé dans la résolution des conflits, avait radié de nombreux fonctionnaires fictifs, avait lancé des projets pour les jeunes, pour la protection de l'environnement et pour l’amélioration des services scolaires.


Le président tchadien prit sans doute ombrage de la popularité de son ancien opposant et ordonna son arrestation.


En danger de mort, Baba Laddé prenait la fuite vers la RCA où un grand nombre de ses anciens partisans, issus de plusieurs pays, avaient intégré la Seleka. Pour information, depuis sa reddition de septembre 2012, il n'avait aucun lien hiérarchique, politique ou militaire avec ses anciens compagnons. Pendant ce temps ses proches étaient arrêtés et maltraités par le pouvoir tchadien.


Arrêté en RCA, nous exigeons:


- qu'il soit considéré comme un réfugié politique en danger de mort au Tchad, et qu'il puisse obtenir un asile politique dans un état démocratique.


- qu'il soit considéré comme un prisonnier de guerre, et qu'il ait donc les droits octroyés par la Convention de Genève.


- que le parquet de Bangui publie les faits qui lui sont reproché.


- qu'il ai droit à un avocat et le droit à entrer en contact avec ses proches.


Si nous ne pouvons nier que certains hommes de Baba Laddé ont commis des actes criminels, ceux-ci n'ont jamais été ordonnés par Baba Laddé, au contraire, celui-ci a toujours réprimé ses combattants auteurs de tels actes. L'opposition tchadienne a les preuves de cela, et plusieurs états ont également en leur possession des preuves qui innocente Baba Laddé d'actes criminels.


Fait le 11 Décembre 2014

 

Scheikh Aboulanwar Djarma

 

Ancien Maire de Ndjamena

Ancien Ministre

Ancien membre de CST Opposant politique

 

Scheikh Aboulanwar Djarma, ancien Maire de Ndjaména demande à la Minusca de protéger Baba Laddé
Scheikh Aboulanwar Djarma, ancien Maire de Ndjaména demande à la Minusca de protéger Baba Laddé
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Centrafrique-Presse.com
11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 23:35

 

 

 

11/12/14 (Afrikaweekly.com)

 

Le 11 novembre dernier, les délégués qui avaient pris part aux travaux du Groupe International de Contact (GIC) pour la République Centrafricaine ont reconnu l’impossibilité d’organiser les élections présidentielle et législatives en févier 2015. Trop de temps ont été perdus, ont-ils constaté. L’Autorité nationale des Elections (ANE), l’équivalent des Commission électorales sous d’autres cieux, peine à tenir sa feuille de route. Mais les candidats à la présidentielle de 2015 ne désenchantent pas. Leur liste ne fait que s’allonger.

 

Au cours de ses travaux de Bangui, le mois dernier, le Groupe International de Contact avait déjà envisagé la nécessité du report des élections, de février 2015 au mois d’août de la même année. Les acteurs impliqués dans le processus électoral ont perdu beaucoup de temps.

 

Pour pouvoir reporter les élections au mois d’août 2015, il a été préconisé la reconsidération de l’article 102 de la Charte constitutionnelle de Transition.

 

A côté de ces dispositions, les législateurs avaient également préconisé l’institution du cadre de concertation. Il s’agit d’une institution mise en place en vue de servir d’espace d’échanges, d’information et de suivi entre les différents acteurs du processus électoral, en harmonie avec l’Autorité Nationale des Elections en vue de prévenir les crises électorales ou post-électorales. Le cadre de concertation est composé de personnalités provenant à la fois des pouvoirs publics, des partis politiques et de la société civile.

 

Dans le souci d’organisation des élections crédibles et non contestées au sortir de la Transition, le Code électoral de la République Centrafricaine en ses articles 7 alinéa 7 et 108 alinéa 2 prévoyait l’introduction de la biométrie pour l’enrôlement des électeurs et le découplage des scrutins présidentielle et législatives.

 

Pour être réaliste le jour « J », EISA (Institut Electoral pour une Démocratie Durable en Afrique), une ONG dont le siège est en Afrique du Sud et qui a plusieurs bureaux dans les pays africains, a pris sur elle le 6 décembre dernier l’organisation d’un atelier sur le choix des options pour les élections en République Centrafricaine à l’intention des représentants des pouvoirs publics, des partis politiques et ceux de la société civile.

 

Profitant de cette occasion, le Ministre en charge de l’administration du territoire et du processus électoral, M. Modibo Bachir Walidou, a saisi l’opportunité pour prévenir les participants des conséquences financières et sécuritaires liées à l’introduction de la biométrie et au découplage des élections.

 

S’agissant du découplage des élections, la démonstration du Ministre de l’administration du territoire fait allusion à cinq scrutins à des dates différentes, évoquant respectivement le référendum constitutionnel ; les deux tours de l’élection présidentielle et enfin les deux tours des législatives.

 

Au regard donc de cette démonstration, M. Modibo Bachir Walidou a conclu qu’un tel projet ne pourra pas être supporté ni par les Centrafricains eux-mêmes ni par les partenaires financiers et techniques. Une façon pour lui de les amener à admettre les cartes d’électeurs et le couplage des élections présidentielle et législatives.

 

Une très longue liste des candidats à la prochaine présidentielle

 

Quand bien même la date de ces élections ait été repoussée, les politiques ne désemparent pas.

 

Au niveau des partis politiques, il semble que ce soit la saison des congrès devant désigner leurs représentants à la prochaine élection présidentielle. Les candidats indépendants, eux aussi, ne baissent pas les bras. Les candidats annoncés ou déclarés sont, entre autres, Michel Amine de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (UNDP) ; Anicet-Georges Dologuélé de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) ; Martin Ziguélé du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) ; Gaston Mandata Nguérékata du Parti pour la Renaissance Centrafricaine (PARC), etc.

 

En dehors des candidats qui se présentent sous la bannière d’un parti politique, il y en a d’autres qui se manifestent par le truchement des associations. C’est le cas de Jean-Barkèss Ngombé Ketté, ancien maire de Bangui, actuellement accompagné par la Fondation pour la Reconstruction de Centrafrique (FRC), et Charles Armel Doubane, leader de l’Association « Fini Bê Africa (AFBA-CAD)

 

Les groupes armés se muent en partis politiques

 

Les principaux groupes armées, la coalition Séléka et la milice antibalaka, se sont convertis en partis politiques.

 

A Birao, chef-lieu de la Préfecture de la Vakaga, dans l’extrême nord de la République Centrafricaine, les ex-Séléka avaient organisé une assemblée générale, à l’issue de laquelle ils ont tourné le dos à la dénomination de ex-Séléka, pour mettre désormais en avant le « Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) », qui n’est rien d’autre qu’une formation politique.

 

A l’exemple de l’ex-Séléka, le mouvement des antibalaka voudrait bien renoncer à la lutte armée et envisager de conquérir le pouvoir, par les urnes. C’est ainsi qu’à la date du 29 novembre 2014, les antibalaka ont lancé le « Parti Centrafricain pour l’Unité et le développement (PCUD) ».

 

Avec une telle liste de candidats qui lorgnent le fauteuil présidentiel, il ne fait l’ombre d’aucun doute, les prochaines élections en République Centrafricaine s’annoncent déjà rudes et serrées.

Lu pour vous : Centrafrique entre le processus électoral et la course au fauteuil présidentiel
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 23:23

 

 

 

http://www.adiac-congo.com   Jeudi 11 Décembre 2014 - 13:57

 

Dans un message à la nation rendu public le mercredi 10 décembre, l’ancien président  centrafricain, François Bozizé, a annoncé qu’il était prêt à revenir sur la scène politique non seulement pour prendre part au futur dialogue inter-centrafricains de Bangui, mais aussi aux élections présidentielles dans son pays.

 

« Le président Bozizé n’a pas perdu ses droits civiques ni politiques. Il est le président fondateur du KNK et c’est le candidat le mieux placé au sein du KNK pour être notre représentant pour les futures élections présidentielles», a déclaré François Bozizé pour rompre son silence.

 

Sur le plan sécuritaire, le président déchu a déploré le « caractère inopérant », de l’accord de Brazzaville signé en juillet dernier et « sensé créer un climat plus propice à une normalisation de la situation ». Pour cela, il  a appelé de tous les vœux la tenue du dialogue de Bangui. « C’est pourquoi, me trouvant éloigné de notre terre ancestrale, je n’ai cessé de prôner la nécessité de la tenue d’un Dialogue inclusif inter-Centrafricains afin de permettre à notre pays de retrouver le chemin de la sécurité, de l’ordre constitutionnel, de la paix et du bien - être pour nos populations tant meurtries », a rappelé l’ancien président qui a toutefois salué l'apport de la communauté internationale dans la résolution de la crise:

 

« J’ai été particulièrement heureux de constater que la Communauté Internationale toute entière se penche enfin résolument sur la question du dialogue que j’ai longtemps souhaité. Car, le dialogue reste et demeure la seule issue de sortie durable de la crise que traverse le pays (…) Il faudra bien passer par un dialogue avec moi, en présence de tous ceux qui sont responsables du chaos centrafricain, à commencer par Michel Djotodia; Sinon, je ne vois pas comment la RCA pourra s'en sortir».

 

Réagissant à la déclaration de l’ancien président concernant son retour en politique, le secrétaire général du KNK, Bertin Béa, a affirmé que la solution à la situation actuelle en RCA passe inévitablement  par le dialogue entre tous les Centrafricains. « Pour résoudre la question centrafricaine aujourd’hui, il faut bien impliquer tous les acteurs nécessaires. Nous ne pensons pas seulement au président Bozizé, mais nous pensons notamment  à Djotodia et que sais-je encore. », a-t-il précisé.

 

Dans son adresse à la nation, François Bozizé, a relevé que la prise du pouvoir par la Seleka en mars 2013 avait mis un coup d'arrêt à plusieurs projets majeurs de développement du pays qu’il entendait réaliser et dont certains étaient déjà sur le point d’aboutir. Il a cité entre autres le pétrole centrafricain, longtemps considéré comme un rêve, qui était sur « le point d’entrer dans sa phase d’exploitation ; la production de coton qui s'apprêtait à battre des records ; les négociations avec Areva qui étaient en cours pour l’exploitation de l'uranium de Bakouma ; sans oublier l'exploitation industrielle de l'or de Ndassima dans le sud du pays. « Malheureusement, mes efforts ont été stoppés par cette crise militaro – politique », a regretté l’ancien président.

 

Parlant de la plainte déposée en France contre sa personne pour des commissions occultes présumées dans des contrats miniers, François Bozizé qui est toujours interdit de voyage par le Conseil de sécurité de l’ONU, a assuré que sans cet empêchement, il ne s’inquiéterait en rien dans cette affaire et serait prêt à répondre à la justice française.

 

 Nestor N'Gampoula

 

 

NDLR : « la prise du pouvoir par la Seleka en mars 2013 avait mis un coup d'arrêt à plusieurs projets majeurs de développement du pays qu’il entendait réaliser et dont certains étaient déjà sur le point d’aboutir. » dixit Bozizé dans son message à la rentrée politique du KNK. En réalité, le renversement de Bozizé avait surtout mis un coup d’arrêt à la prédation éhontée des ressources minières par le détournement systématique des commissions et autres bonus versés pour l’uranium de Bakouma, l’or de Ndassima et le pétrole de Boromata dont le pays n’en a point vu la couleur mais qui allaient tout droit garnir les comptes bancaires personnels de Bozizé et Sylvain Ndoutingai, ouverts dans les paradis fiscaux des îles Vierges britanniques aux Caraïbes, en Afrique du sud et au Botswana. Bozizé feint d’ignorer que c’est sa gestion prédatrice des ressources naturelles de la RCA, mêlée à sa surdité et son autisme ainsi que sa mauvaise gouvernance du pays pendant tout une décennie, qui ont occasionné sa chute. Tous les assassinats, crimes de guerre et crimes contre l’humanité dont il s’est rendu coupable sont imprescriptibles et tôt ou tard il doit en répondre devant la justice. Il est vain que lui-même ou son parti, puisse se bercer d’illusion sur le bénéfice d’une quelconque amnistie qui pourrait être prononcée à son égard par un éventuel dialogue inter-centrafricain.

Lu pour vous : Centrafrique : François Bozizé candidat de son parti pour la future présidentielle
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 15:55

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-12-11 13:05:19  Quatre cents cinquante-six instituteurs et instituteurs adjoints contractuels ont déclenché ce jeudi un mouvement de grève, a constaté sur place le correspondant de APA à Bangui.


Ces grévistes, restants des promotions de 2002 à 2011, protestent contre la résiliation unilatérale de leur contrat par le gouvernement en octobre 2012, l'intégration dans la fonction publique d'autres personnes qui n'ont pas suivi la formation et n'ont pas été des contractuels.


‘'Parmi les personnes intégrées figurent des intrus n'ayant pas suivi la formation financée par la Banque Mondiale encore moins n'ayant pas été contractuels. Cette situation irrégulière et peu orthodoxe a lésé les quatre cents cinquante-six véritables bénéficiaires'', a décrié le président du collectif, Marcellin Yamengue Pindo.


A en croire, M. Yamengue, la dégradation de leur condition de vie suivi de la mort de certains d'entre eux constituent le lot quotidien de ces contractuels qui ont été formés grâce au projet Programme d'appui au secteur de l'éducation (PAPSE) financé par la Banque mondiale pour une période de cinq ans.


Durant leur mouvement d'humeur, les manifestants ont déployé une banderole appelant à leur intégration.


‘'C'est par rapport à notre contrat soi-disant on doit nous intégrer dans la fonction publique mais depuis lors on a déjà passé deux ans sans intégration. Le ministère a fait intégrer des collègues pas nous. Nous ne sommes qu'au nombre de 456'', a renchéri de son côté l'une des manifestants, Anastasia Ngouyombo.


Elle a par ailleurs ajouté : ‘'nous avons fait beaucoup de démarches auprès des différentes institutions de la république mais jusque-là il y a pas de réponse''.


Selon les termes de ce contrat, la loi des finances 2013 avait pris en compte le volet intégration de trois mille enseignants dont mille trois cents instituteurs et mille sept cents instituteurs adjoints formés par la Banque Mondiale.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=811903#sthash.du5Tnny9.dpuf

RCA : grève de 456 instituteurs et instituteurs adjoints
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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 12:17
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