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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 01:48

 

 

 

 

L'ex-ministre et leader du Parti pour la renaissance centrafricaine (opposition) Gaston Mandata Nguerekata a invité mardi à Bangui le chef d'Etat de la transition Michel Djotodia, qu'il accuse d'incompétence, à démissionner .

« Les exactions se poursuivent contre la population civile, l'insécurité règne toujours alors qu'il devrait s'atteler à la sécurisation du pays, la fin des exactions et au retour de la paix en Centrafrique », a déclaré Mandata Nguerekata à la presse, précisant que Djotodia a échoué à restaurer la paix et la stabilité dans le pays, six mois après sa prise du pouvoir le 24 mars.

"Les leaders politiques doivent se réunir pour choisir une fille ou un fils qui sera capable de maitriser la situation sécuritaire et gérer la transition", a -t-il ajouté.

Ancien ministre de la Recherche scientifique et technique chargé de l'Environnement sous le régime d'André Kolingba, Gaston Mandata Nguerekata, qui exerce en ce moment comme enseignant à Morgan State University de Baltimore aux Etats-Unis, est leader du Parti pour la renaissance centrafricaine (PRC), une formation créée en 2012 avec les dissidents du parti Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC)

Il est aussi un ancien membre du comité directeur du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), ex-parti unique créé notamment par le général Kolingba qui a dirigé la Centrafrique de 1981 à 1993.

Après plusieurs séjours aux Etats-Unis d'Amérique, Gaston Mandata Nguerekata est revenu dimanche à Bangui pour "préparer une installation définitive". C'est dans un contexte où l'insécurité et les exactions des éléments de l'ex-rébellion Séléka contre la population persistent après le coup de force du 24 mars que Gaston Mandata Nguerekata compte participer au retour à la paix avant de se prononcer sur sa candidature où non à la présidentielle prochaine à la fin de la transition.

Une source proche de Michel Djotodia jointe au téléphone par Xinhua, qualifie de "sans effet et de nul avenir la prise de position de Gaston Mandata Nguerekata d'ailleurs impopulaire ", en entendant la réaction officielle de la présidence.

 

Source: Agence de presse Xinhua

RCA : un leader d'un parti d'opposition invite Djotodia à démissionner

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 01:47

 

 

 

New York (AFP) - 01.10.2013 21:03 - Deux responsables de l'ONU chargés de la prévention des génocides ont demandé mardi au gouvernement centrafricain de "prendre d'urgence des mesures pour protéger les populations contre les risques d'atrocités".

Les deux responsables, Adama Dieng et Jennifer Welsh, ont reçu "des informations persistantes concernant des violations flagrantes des droits de l'homme commises dans différentes parties du pays" depuis la prise du pouvoir à Bangui par la coalition rebelle Séléka en mars. Ils citent notamment des meurtres, des violences sexuelles contre les femmes et les enfants et la destruction et le pillage d'hôpitaux, d’écoles et d'églises.

Ils exhortent la communauté internationale à "soutenir les initiatives régionales prises par l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale visant à protéger la population et prévenir d’autres exactions".

Une force panafricaine sous l'égide de l'UA est présente en République centrafricaine (RCA) pour aider le gouvernement à rétablir l'ordre mais elle manque de personnel et de moyens. Le gouvernement s'est révélé incapable de mettre fin aux violences et le pays est en pleine anarchie. La France veut faire voter au Conseil de sécurité une résolution qui soutiendrait la force panafricaine et préparerait la mise en place d'une opération de maintien de la paix de l'ONU.

"En attendant que la communauté internationale agisse de manière concertée pour prévenir les atrocités en République centrafricaine, il est encore temps de prendre des mesures pour mettre un terme à l'escalade de la crise et aux souffrances de la population", ont déclaré les deux conseillers spéciaux dans un communiqué commun.

"L'effondrement de l’ordre public et l’apparente incapacité des autorités de transition à exercer un contrôle sur les soldats Séléka qui commettent des atrocités laissent présager une aggravation de la crise et un retour à des combats à grande échelle", ajoute le communiqué. "Ce contexte, aggravé par d'autres facteurs de risque, y compris les tensions religieuses, a ouvert la voie à des risques de crimes atroces".

Les deux conseillers soulignent aussi "la nécessité de doter toute force internationale ou régionale qui serait déployée dans le pays d’un mandat crédible en matière de protection des civils".

Toujours selon le communiqué, "c'est à l’État centrafricain qu’il incombe au premier chef d'assurer la protection de ses populations. Cependant, devant l’incapacité des autorités de transition de bien s’acquitter de cette tâche et face à la menace de nouvelles attaques contre les civils, la communauté internationale se doit d’aider l’État à protéger ses populations".

© 2013 AFP

Centrafrique: risque d'atrocités, selon des responsables de l'ONU

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 01:44

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Le samedi 28 septembre 2013 de 09h45 à 19h à l’ Hôtel Campanile sis au 304, avenue Paul Vaillant Couturier 93000 Bobigny en région parisienne, s’est tenue la rentrée politique de la fédération Europe-Amériques-Asie-Moyen Orient-Océanie (EAAMOO) du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) avec pour thème principal : « Les conditions sécuritaires en République Centrafricaine ».

 

Le Camarade Martin ZIGUELE, Président du Parti,  a honoré de sa présence cette cérémonie à laquelle ont participé massivement toutes les composantes de la dite fédération, notamment :

  • le Mouvement de Libération des Femmes Centrafricaines (MLFC) ;
  • le Mouvement de Libération des Jeunes Centrafricains (MLJC) ;
  • la  Sous-Fédération de Rhône-Alpes ;
  • la Sous-Fédération d’Aquitaine ;
  • la Sous-Fédération de Midi-Pyrénées ;
  • la Sous-Fédération d’Ile de France.

 

Il a saisi l’occasion pour féliciter et encourager les camarades de la fédération pour la réussite de cette manifestation politique qui prouve que les militantes et militants du MLPC, Parti de masse, se mobilisent toujours pour être aux cotés du peuple centrafricain, surtout en ces moments difficiles que connaît notre cher et beau pays, la République centrafricaine.

 

Dans son discours d’ouverture des travaux, le Président fédéral, le camarade Jean-Didier KABRAL, a fait une importante annonce sur la tenue prochaine d’un Colloque sur « la sécurité et la paix en Centrafrique ».

 

 

Fait à Paris, le 30 septembre 2013

 

Antoine Jérémie NAM-OUARA

Membre du Bureau Politique

Chargé de la communication extérieure 

La Fédération Europe du MLPC a fait sa rentrée politique

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 02:51

 

 

Le pouvoir, impuissant, s'en remet à l'ONU

 

BANGUI, 25 sept 2013 (AFP) - Livrée à des bandes armées qui terrorisent la population, la Centrafrique s'enfonce dans une spirale sans fin de violences sous les yeux d'un pouvoir impuissant qui place désormais ses espoirs dans l'ONU, où une réunion est consacrée mercredi à l'avenir du pays.

A la tribune de l'ONU à New York, le président français François Hollande a lancé mardi un "cri d'alarme" sur le chaos en Centrafrique - ancienne colonie française - depuis le renversement le 24 mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite de groupes rebelles, le Séléka, dirigée par Michel Djotodia.

Mercredi, la France - qui réclame un engagement international fort sur ce dossier - co-préside avec l'ONU et l'Union européenne une réunion ministérielle consacrée à la Centrafrique, où les ex-rebelles sont accusés d'exactions multiples contre une population déjà épuisée par des années de conflits et de troubles.

Selon l'ONU, 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin en effet d'une aide humanitaire d'urgence. Plus de 270.000 ont été déplacés ou se sont réfugiés dans les pays voisins.

Michel Djotodia, investi le 18 août président de transition, tente en vain depuis des semaines de prendre ses distances avec les chefs rebelles qui l'ont porté au pouvoir pour asseoir sa crédibilité internationale.

Après avoir lancé le cantonnement et le désarmement des éléments incontrôlés, M. Djotodia a même ordonné le 13 septembre la dissolution du Séléka pour mettre fin à l'anarchie.

Le président "était complètement dépassé par ses généraux, donc il s'en est désolidarisé", analyse un diplomate occidental à Bangui.

"Mais il n'a aucun moyen pour intervenir et restaurer l'ordre (...), il contrôle à peine un cinquième des forces Séléka", estimées une vingtaine de milliers de combattants, qui n'obéissent qu'à leurs propres chefs, ajoute-t-il.

Les forces de sécurité sont en effet totalement désorganisées, l'administration a cessé d'exister dans une bonne partie du pays et l'Etat ne perçoit plus ni impôt, ni taxe.

Seuls une force africaine - qui compte actuellement 1.400 hommes sur un total prévu de 3.600 - et un contingent de l'armée française positionné à l'aéroport de Bangui assurent un semblant d'ordre dans la capitale. Mais dès 18H00, les rues se vident et à la faveur de la nuit, pillages et exactions reprennent, selon de nombreux témoignages.

En province, et particulièrement dans le Nord-Ouest où des affrontements entre combattants Séléka, groupes d'autodéfense et partisans du président déchu ont fait une centaine de morts, selon la présidence, début septembre, la situation échappe à tout contrôle.

"Notre priorité aujourd'hui, c'est d'aider la population dans le Nord-Ouest (...) où les affrontements continuent", explique Vincent Pouget, délégué communication du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bangui.

"En fuyant, beaucoup de gens ont tout perdu, et on essaye de leur fournir des vivres, du maïs, des haricots ou du sel, mais aussi des biens essentiels comme des couvertures, des moustiquaires et des ustensiles de cuisine", poursuit l'humanitaire.

Une tâche d'autant plus difficile que certaines localités restent inaccessibles aux secours "qui évitent d'emprunter certains axes routiers" à cause de l'insécurité, précise M. Pouget.

Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits des personnes déplacées, Chaloka Beyani s'est, lui, alarmé de "la destruction massive et systématique des registres publics, y compris les certificats de naissance" par des hommes armés à l'intérieur du pays lors de mises à sac des bâtiments publics.

Autre motif d'inquiétude, le risque croissant de tensions inter-religieuses, depuis les affrontements à Bossangoa qui ont opposé les combattants Séléka, musulmans, à des groupes d'autodéfense d'une population en grande majorité chrétienne, qui se vengeait à son tour sur la minorité musulmane.

"Chrétiens et musulmans ont toujours cohabité sereinement (...) Mais là, ces hommes armés attaquent directement une communauté: ils font de la provocation pour que ça dégénère", analyse le chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) à Bangui, Sylvain Groulx.

 

 

La Centrafrique: instabilité et économie exsangue

 

BANGUI, 25 sept 2013 (AFP) - La Centrafrique, dont la situation fait l'objet mercredi d'une réunion à l'ONU, a connu de nombreuses années d'instabilité, de multiples rébellions, mutineries militaires et putschs.

L'anarchie y règne depuis la prise du pouvoir en mars par une coalition rebelle, le Séléka, qui a renversé François Bozizé.

Enclavé au coeur de l'Afrique centrale, le pays est l'un des plus pauvres du monde malgré ses richesses potentielles, minières et agricoles.

 

- SITUATION GEOGRAPHIQUE: 622.984 km2. Frontalier du Tchad, du Soudan, du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo (RDC), du Congo et du Cameroun.

- POPULATION: 4,5 millions d'habitants en 2012 (Banque mondiale).

- CAPITALE: Bangui.

- LANGUES: Français et sango (officielles).

- RELIGIONS: Près de 80% de chrétiens en majorité des protestants, 10% de musulmans (officiel). Animistes.

 

- HISTORIQUE-REGIME: L'Oubangui-Chari, colonie française, dotée d'une autonomie interne depuis 1958, devient République centrafricaine indépendante le 13 août 1960. L'artisan de l'indépendance, Barthélemy Boganda, avait été tué quelques mois plus tôt dans un accident d'avion.

David Dacko, premier chef d'Etat, est renversé fin 1965 par Jean-Bedel Bokassa, qui se fait élire président à vie puis couronner empereur en 1977. Le règne de Bokassa est marqué par ses frasques mégalomaniaques mais aussi par de sanglantes exactions, notamment un massacre d'écoliers.

En 1979, Bokassa est renversé et Dacko reprend le pouvoir avant d'être évincé deux ans plus tard par André Kolingba.

En 1991, le multipartisme est proclamé. En 1993, Ange-Félix Patassé arrive au pouvoir au terme d'un processus électoral pluraliste puis est réélu en 1999 lors d'un scrutin contesté.

La Centrafrique connaît en 1996-1997 trois mutineries d'une partie de l'armée, avant un coup d'Etat manqué en 2001.

En 2003, Patassé est renversé par le général Bozizé, qui instaure un régime de transition, puis remporte en 2005 le second tour de la présidentielle. Réélu en janvier 2011.

 

Depuis 2005, le pays a connu de nombreuses rébellions, qui se sont emparées de plusieurs localités du Nord, reprises grâce à l'aide de la France ou par l'armée tchadienne. Des accords de paix sont signés entre 2007 et 2011 prévoyant des programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion.

Mais en décembre 2012, une coalition rebelle, le Séléka, a pris les armes pour réclamer "le respect" de ces accords, avant de s'emparer de Bangui le 24 mars 2013 au terme d'une offensive éclair pour renverser Bozizé.

Le 18 août, l'ex-chef rebelle Michel Djotodia a été investi président de la transition.

 

- ECONOMIE: Les secteurs de l'économie ont été dévastés par les crises qui ont empêché le pays, pourtant riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), de se développer.

Le pays, dont près de 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, est à 80% rural et produit du coton, café et tabac.

+ PIB par habitant: 490 dollars en 2012 (BM).

+ DETTE EXTERIEURE: 385 millions de dollars en 2010 (BM).

 

- FORCES ARMEES: Les forces de sécurité sont totalement désorganisées depuis la chute du général Bozizé. Michel Djotodia a de son côté officiellement dissous en septembre la coalition Séléka, qui comptait environ 20.000 hommes, dont de nombreux combattants "incontrôlés".

 

 

La communauté internationale au chevet d'une crise oubliée

 

NEW YORK, 25 sept 2013 (AFP) - Un coup de projecteur sur une crise oubliée: la République centrafricaine a été mercredi au coeur d'une réunion internationale en marge de l'assemblée générale de l'ONU, son Premier ministre lançant un appel pressant à sortir le pays de la "détresse".

La réunion, coprésidée par la France, l'ONU et l'Union européenne, a abouti à quelques promesses d'aide: 10 millions d'euros pour la France, 6,2 millions de dollars pour les Etats-Unis. Mais il s'agissait surtout de focaliser l'attention sur une "tragédie humanitaire et sécuritaire", selon le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, après le "cri d'alarme" poussé la veille par François Hollande à la tribune de l'assemblée.

"A un moment, nous avons pensé que nous étions oubliés du monde", a déclaré aux journalistes le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye.

"C'est maintenant qu'il faut agir car chaque jour apporte son lot de meurtres, de femmes violées et d'enfants enlevés", a-t-il déploré. "La réunion d'aujourd'hui nous donne des raisons d'espérer, nous voyons que la communauté internationale se mobilise pour aider un pays en détresse".

Il a recommandé de donner à la Misca -- force panafricaine de 1.400 hommes à peine censée aider le gouvernement transitoire de RCA à rétablir l'ordre -- "les moyens financiers et logistiques et un mandat clair et précis pour protéger la population civile".

M. Fabius espère faire adopter en octobre au Conseil de sécurité une résolution soutenant la Misca, avec pour perspective plus lointaine une mission de maintien de la paix de l'ONU en Centrafrique. Des diplomates à l'ONU ne cachent pas cependant que les négociations autour du financement et du contrôle de cette opération seront difficiles.

"Possible d'inverser la tendance"

Un des arguments brandis par Paris, et dont le poids a été renforcé par le récent attentat de Nairobi, est la menace terroriste dans une région fragile.

"Une zone de non droit peut devenir un repaire pour tous les extrémismes", a averti M. Fabius. Or depuis le renversement du président François Bozizé par les rebelles de la coalition Séléka, les forces de sécurité sont totalement désorganisées et l'administration a cessé d'exister dans une bonne partie du pays.

"Nous pouvons encore empêcher la RCA de devenir une nouvelle Somalie", affirme la Commissaire européenne chargée de l'assistance humanitaire Kristalina Georgieva. Selon elle, "il y a déjà des combattants étrangers, des mercenaires" en RCA, venus du Soudan ou du Tchad.

 

Mais, malgré une situation humanitaire "critique", elle estime "possible d'inverser la tendance". "La RCA n'est pas la République démocratique du Congo", explique-t-elle. "La crise est gérable mais elle ne le restera pas longtemps".

John Ging, directeur de l'Office des Nations unies pour l'aide humanitaire (OCHA) rappelle que l'appel de fonds de l'ONU en faveur de la Centrafrique n'est financé pour l'instant qu'à 37%. Mais il juge lui aussi que la situation "n'est pas sans espoir car les sommes nécessaires sont relativement modestes". "Nous espérons, dit-il, que la réunion d'aujourd'hui va donner un coup de projecteur sur ce pays".

Selon l'ONU, 1,6 million de Centrafricains, soit un tiers de la population, a besoin d'une aide humanitaire d'urgence. Plus de 270.000 ont été déplacés ou se sont réfugiés dans les pays voisins.

Un rapport du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme présenté mercredi à Genève accuse la Séléka de continuer à commettre de nombreuses exactions.

"Des exécutions sommaires, la violence sexuelle, le recrutement d'enfants et le pillage de biens, y compris d'hôpitaux, d'écoles et d'églises, commis par la Séléka se sont poursuivis sans relâche, et engagent la responsabilité de l'Etat", a déclaré la Haut-commissaire adjointe aux droits de l'Homme, Flavia Pansieri, présentant le rapport à Genève.

 

RCA : Le pouvoir, impuissant, s'en remet à l'ONU (AFP)

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 02:30

 

 

 

Sabine Cessou  journaliste   le 25/09/2013 à 12h28

 

Des voix de la société civile centrafricaine s’élèvent ce mercredi à New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies et d’une réunion de haut niveau sur la Centrafrique.

Avec l’aide du Secours catholique et du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), qui les assistent dans leur plaidoyer, elle veulent alerter sur les dangers de l’anarchie qui règne dans ce petit pays d’Afrique centrale (5,16 millions d’habitants).

La rébellion séléka, une coalition disparate et désorganisée de cinq groupes armés qui recrutent surtout dans la minorité musulmane (15% de la population), a pris le pouvoir par les armes le 24 mars dernier. Le président déchu, François Bozizé, n’a pas réussi à se faire aider par la France. Depuis son exil au Cameroun, il manœuvre pour reprendre le pouvoir.

Quitte à exploiter l’animosité interreligieuse qui monte en Centrafrique, dénoncent des représentants de la société civile. François Bozizé est clairement accusé de vouloir récupérer la résistance opposée par des milices d’autodéfense de villageois chrétiens contre les exactions de la Séléka dans le nord.

 

« Rien à voir avec les musulmans »

 

Nestor Désiré Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa, une ville du Nord où le conflit a fait plus de 100 morts en septembre, explique ainsi :

 

« Dès qu’un musulman a un petit pépin, une dispute avec un frère chrétien, il appelle la Séléka à la rescousse qui règle le problème à sa manière, en pillant et en tuant les villageois chrétiens pour un rien. Je peux vous dire que des hommes politiques recherchent les recettes de la lutte d’une population excédée. Des jeunes résistent par exemple à des actes de racket hebdomadaire sur des marchés. Mais aucun groupe constitué n’existe au nom de Bozizé dans la région. »

 

Béatrice Epaye, responsable de l’ONG Voix du cœur, qui s’occupe des enfants de la rue, par ailleurs députée de l’Ouham (nord) et membre du Conseil national de transition (CNT), affirme :

 

« Il faut arrêter la haine exploitée par les politiques. Nous avons une cohabitation paisible depuis des années, des mariages mixtes entre chrétiens et musulmans, des familles mélangées. Ce que fait la Séléka dans le nord n’a rien à voir avec les musulmans : viols, drogue, boisson, enrôlement d’enfants soldats, il s’agit de bandits et de mercenaires apatrides ».

 

« Des signes inquiétants », selon l’évêque

 

Certains affirment au contraire qu’il y a des islamistes dans la Séléka. Le président du Tchad voisin Idriss Déby, évoque le risque d’un nouveau « sanctuaire de terroristes » en Centrafrique.

 

Peut-être pour mieux justifier son interventionnisme, avec le déploiement, le 23 septembre, de 400 soldats tchadiens venus en renfort de la Force d’Afrique centrale (Fomac) pour désarmer la Séléka. Trop incontrôlable, cette rébellion a été officiellement dissoute le 14 septembre par le président Michel Djotodia, qu’elle a pourtant porté au pouvoir. Du coup, l’instabilité a encore monté d’un cran.

 

Sur l’islamisme, Nestor Désiré Nongo Aziagbia, l’évêque de Bossangoa, explique :

 

« Il y a des signes inquiétants. Au nord, on interdit de la viande boucanée sur les marchés, des porcs ont été abattus, et on oblige des femmes à se convertir à l’islam, à porter le voile, dans le cas des mariages forcés avec des femmes violées qui sont délaissées par leurs familles. »

 

« La Séléka, ce n’est pas Aqmi »

 

La Seleka a détruit des mairies et incendié des actes d’état civil. Ces gestes sont perçus comme une revanche de la minorité musulmane du nord, l’administration centrafricaine ayant refusé à ses membres des papiers d’identité, sous prétexte qu’ils sont étrangers.

Un problème assez proche de celui qui s’est posé en Côte-d’Ivoire, mais pas comparable à la situation qui a pu prévaloir au Mali, estime Bruno Angsthelm, chargé de mission au CCFD sur le Tchad, la RCA et les deux Soudan.

 

« La Séléka, ce n’est pas Aqmi [Al Qaeda au Maghreb islamique, ndlr]. Globalement, elle n’a pas une force de frappe très importante, et elle est peu organisée. Il y a dans ses rangs des combattants des milices Janjaouid du Darfour, des troupes perdues. On n’est pas en présence d’un risque de guerre civile, mais d’une haine qui se diffuse. La Séléka a fait sauter un bouchon. On a assisté à des pillages tous azimuts et à une perte de contrôle collectif. Et ce, dans un pays où l’Etat est faible et où prévaut depuis longtemps un sentiment de victimisation par rapport à des voisins perçus comme des envahisseurs. »

 

Une résolution poussée par la France est attendue des Nations unies, pour renforcer le mandat du Bureau intégré des Nations unies en Centrafrique (Binuca). Objectif : mieux soutenir la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) de 3 600 soldats que prépare laborieusement l’Union africaine (UA).

 

Mais pas question pour l’instant de la transformer en mission onusienne. Et encore moins de voir la France intervenir directement. Les 450 soldats français déployés à Bangui protègent d’abord et avant tout l’ambassade de France et l’école française, de même que l’aéroport, pour permettre l’évacuation des ressortissants français en cas de nouveaux troubles.

 

 

 

Centrafrique vers une confessionnalisation de la crise?

 

Slate Afrique 25/09/2013 à 12:43 http://www.slateafrique.com

 

La prise du pouvoir par la Séléka a aussi provoqué une crise qui a des relents de conflits entre chrétiens et musulmans.

 

Depuis le renversement de François Bozizé par les rebelles de la Séléka en mars 2013, l'Etat centrafricain brille par son impuissance. Pillages, viols, meutres ont lieu en toute impunité. Avant cet énième coup d'Etat, le pays était déjà dans une situation critique.

Les indicateurs de développements humains étaient depuis longtemps alarmants: l'espérance de vie est de 45 ans; la malnutrition touche 38% des enfants. Mais la situation empire de jour en jour. Outre la recrudescence des pillages et des règlements de compte armés, les organisations dénoncent depuis plusieurs mois la montée des violences confessionnelles, principalement à l'encontre des chrétiens.

«Si tu parles arabe, ils ne te toucheront pas»

La République Centrafricaine compte 5 millions d'habitants, dont environ 45% de protestants, 35% de catholiques et 15% de musulmans, majoritairement originaires du nord d'où vient la rébellion.

«Les combattants du Séléka tuent pour un rien, entrent dans les maisons, chassent leurs habitants et manquent de respect aux femmes dans leur intimité»confiait déjà en mai 2013 l’ancienne députée centrafricaine Béatrice Epaye.

D’après elle, les populations chrétiennes sont leurs principales cibles:

«Si tu parles arabe, ils ne te toucheront pas et les mosquées sont épargnées, mais ils profanent les églises, et des prêtres ont été blessés.»

Une accusion dont se défend le président autoproclamé  et ex-chef rebelle Michel Djotodia. Lors d'une conférence organisée en mars 2013, il rappelait le caractère «laïc» de la République centrafricaine. Avant d'ajouter:

«Je suis musulman, mais je dois servir ma patrie, tous les Centrafricains.»

Spirale dangereuse

Sur le terrain, les institutions internationales dénombrent pourtant une augmentation des violences confessionnelles, notamment à Bossangoa, dans le nord-ouest du pays.

«C'est une première dans ce pays et c'est extrêmement dangereux car une fois enclenchée, une telle spirale peut se poursuivre sur des générations», prévient la commissaire européenne chargée de la Coopération internationale, Kristalina Georgieva.

Parmi les acteurs religieux, nombreux jouent la carte de l'apaisement et du dialogue entre chrétiens et musulmans. En juin dernier, les plus hautes autorités religieuses du pays se sont réunies à Bangui pour transmettre un message de paix à la population:

«Attaquer les chrétiens est de nature à jeter le trouble», a insistél’imam Oumar Kobine Layama.

Lu sur La CroixLe MondeAmnesty international

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 02:20

 

 

 

 

French.china.org.cn  le 26-09-2013

 

Des inondations causées par la montée des eaux de la rivière Yata depuis août ont fait 6 morts et dévasté plus d'une centaine d'hectares des cultures vivrières à Birao et ses environs, à quelque 1.078 km de Bangui dans l'Extrême-Nord de la République centrafricaine, ont confié à Xinhua des habitants de la ville.

 

"La situation est difficile. On assiste à la destruction des champs et la mort du bétail. Nous sommes inquiets de ce changement brusque de climat et ses conséquences sur l'agriculture, l'élevage et la santé", a dit Bernard Zacharia, chef d'équipe des réponses aux catastrophes à la Croix-Rouge centrafricaine joint au téléphone depuis Bangui.

 

"La saison pluvieuse est intervenue tard en juillet. Accueillie par la population, elle est devenue une source de malheur", a-t-il indiqué.

 

Pour l'instant, les autorités de Birao, une ville enclavée où il n'y a pas d'accès par route bitumée, n'ont pas encore évalué les dégâts des inondations. Selon M. Zacharia, 27.000 habitants vivent dans cette région qui abrite un site pétrolier en exploration. Sur un rayon de 7 km, les premières évaluations de son équipe font état de 2.000 personnes sinistrées et environ 200 hectares dévastés.

 

"J'ai perdu mon champ de sorgho et de sésame. C'est le seul revenu qui me permet de vivre. Chaque année, nous ravitaillons les zones diamantifères de la préfecture voisine de la Haute-Kotto et Bangui", selon Michel Bangue, habitant de Birao.

 

Pour Hamadou Hamidou, volontaire de la Croix-Rouge centrafricaine, la situation à Birao, chef-lieu de la préfecture de la Vakaga, est "du jamais vu depuis 32 ans".

 

"La rivière Yata qui divise la ville de Birao en deux parties et ses lacs taris depuis 1981 a débordé de son lit et a atteint les plaines autour desquelles les paysans cultivent sans penser aux caprices du changement climatique depuis la fin du mois d'août dernier", a-t-il expliqué.

 

"Aucune assistance à cette population n'est en vue", a-t-il poursuivi, avant d'appeler les agences humanitaires à "voler au secours de la population de cette ville".

 

Pour l'heure, la Croix-Rouge centrafricaine n'est pas encore opérationnelle dans la localité qui a été longtemps considérée comme "zone d'insécurité". Le nouveau préfet n'étant pas encore installé, seul le Comité international de la Croix-Rouge intervient pour assister la population.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : 6 morts et 2.000 sinistrés suite à des inondations à Birao

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 02:13

 

 

 

 

PARIS, France, 25 septembre 2013/African Press Organization (APO)/ -- A l'occasion de la réunion de haut niveau sur la Centrafrique qui se tient en marge de l'Assemblée générale des Nations unies ce mercredi 25 septembre, une délégation de la société civile centrafricaine présente à New York a lancé un appel à l'ensemble des chefs d'Etats et en particulier aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi qu'au secrétaire général des Nations unies (voir l'appel ci-dessous).

 

Au cours de sa mission de plaidoyer à New York (23 -26 septembre 2013), la délégation a pu rencontrer les missions diplomatiques des Etats-Unis, de France, du Rwanda, d'Australie, entre autres, des représentants de l'Union européenne, des agences de l'ONU ainsi que des ONG. La délégation est soutenue par le CCFD-Terre Solidaire, le Secours Catholique-Caritas France et ACORD. La délégation est accompagnée par Zobel Behalal, chargé de plaidoyer paix et conflits au CCFD-Terre Solidaire et Joseph Donnelly, chef de la délégation de Caritas Internationalis auprès des Nations unies.

 

Voici le texte de l'appel :

 

Appel pour la sortie de crise en République Centrafricaine

 

La crise que connaît la République centrafricaine (RCA) reçoit fort heureusement une attention grandissante de la part de la communauté internationale. Aux nombreux défis sécuritaires s'ajoutent aujourd'hui des défis humanitaires qui doivent être réglés au plus vite afin de préserver le pays et toute la région de l'implosion. Nous, acteurs de la société civile et représentants des communautés religieuses, appelons les Etats réunis cette semaine à New York à adopter les recommandations ci-dessous :

 

1. Sur le volet sécuritaire

 

Le dispositif actuel pour restaurer la sécurité a montré ses limites. Pour diverses raisons, les forces de l'Afrique centrale n'arrivent pas à assurer la protection des populations civiles des exactions commises par les Séléka. Il faut donc :

 

• Renforcer le mandat de la MISCA en lui permettant de passer sous le chapitre VII de la charte des Nations unies ;

 

• Apporter un appui logistique et financier pour le déploiement de la MISCA sur tout le territoire ;

 

• Travailler à l'élargissement de la MISCA à des forces armées des autres pays de l'Afrique ;

 

• Développer une politique concertée de DDR pour rapatrier les mercenaires étrangers présents sur le territoire de la RCA et réinsérer les nationaux dans le tissu socioéconomique ;

 

• Mettre en place une stratégie pour une réforme du secteur de la sécurité.

 

2. Sur les droits de l'homme et la lutte contre l'impunité

 

Au cours de ces 10 dernières années, la situation des droits de l'homme n'a cessé de se détériorer. Les exactions et abus dont seraient auteurs les différents protagonistes de la crise ne peuvent pas rester impunis si l'on veut ramener la paix. Nous appelons donc :

 

• A la mise sur pied d'une commission d'enquête internationale pour établir les responsabilités dans les violations des Droits de l'homme de 2003 à 2013 ;

 

• Au renforcement de la commission mixte d'enquête en lui donnant des moyens logistiques et une assistance technique ;

 

• Au renforcement de l'Etat de droit.

 

3. Sur le volet humanitaire

 

L'amplification de la crise ces derniers mois a aggravé la situation humanitaire. Le nombre de déplacés ne cesse d'augmenter. Craignant pour leur vie, les humanitaires ont déserté le pays. Nous voulons :

 

• Une sécurisation des couloirs et du personnel humanitaires ;

 

• Une aide au retour des personnes déplacées et des réfugiés ;

 

• Une attention particulière à la reconstitution des outils de production des populations notamment dans le domaine agro pastoral.

 

4. Sur la dimension économique du conflit

 

Les rebelles de la Seleka contrôlent les sites d'exploitation du diamant et d'autres ressources naturelles. Ils ont utilisé les revenus du commerce de ces ressources pour financer le récent coup d'Etat. Il faut aller plus loin que la simple suspension de la RCA du processus de Kimberley en :

 

• Favorisant une cartographie détaillée de la présence des groupes rebelles sur les sites d'exploitation des ressources naturelles (diamant, or...) ;

 

• Donnant le mandat à la MISCA de sécuriser les sites d'exploitation des ressources naturelles ;

 

• Permettant une coopération sous régionale afin d'empêcher que les ressources naturelles qui financent les violences aient des débouchés internationaux.

 

5. Sur l'implication de la société civile

 

Depuis quelques mois, nous constatons des signes inquiétants qui font craindre une confrontation entre communautés chrétiennes et musulmanes. La société civile et les confessions religieuses sont particulièrement actives sur la préservation du vivre ensemble de plus en plus menacé en RCA. Aussi demandons-nous :

 

• Qu'elles soient reconnues et renforcées dans leurs capacités d'action.

 

• Qu'elles soient associées au processus de réconciliation et de reconstruction

 

Pour nous, le retour à une paix durable en RCA ne se fera pas sans la participation de la société civile. A toutes les étapes du processus, il serait dangereux de ne consulter que les forces politiques ou militaires.

 

Fait à New York, le 24 septembre 2013

 

Mme Béatrice Emilie EPAYE - présidente de La Voix du Cœur

 

Mgr Nestor Désiré NONGO AZIAGBIA - évêque de Bossangoa

 

Rev. Nicolas GUEREKOYAME-GBANGOU - président du Comité exécutif de l'Alliance des Évangéliques en Centrafrique

 

Me Mathias Barthélemy MOROUBA - président de l'Observatoire centrafricain des droits de l'Homme (OCDH)

 

APPEL DE LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR UNE SORTIE DE CRISE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 02:01

 

 

 

BANGUI Jeudi 26 septembre 2013 | 18:50 UTC (Xinhua) - Environ 2.600 rebelles de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) de Joseph Kony ont déjà déposé les armes à N'Zako, dans l'est de la République centrafricaine, en vue de leur réinsertion socioprofessionnelle, a confirmé jeudi une source militaire dans la région.

 

Contre toute attente, des combattants de cette rébellion ougandaise retranchés dans l'est de la Centrafrique avec leur chef Joseph Kony, recherché par la justice internationale pour crimes contre l'humanité, ont décidé de mettre un terme à leur lutte armée, avait laissé entendre dimanche le pouvoir de Bangui.

 

De l'avis du colonel Ousta de l'ex-rébellion de la Séléka, chargé des opérations dans la Haute Kotto, une région dans l'est du pays, joint au téléphone jeudi par Xinhua, ces rebelles continuent à sortir librement et souhaitent la réinsertion dans la vie civile.

 

«Actuellement, ils ont besoin de logements, en attendant leur rapatriement vers Bangui. Nous lançons un SOS au Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) afin de nous aider à loger temporairement ceux qui sont déjà sortis...Je suis en route pour rencontrer un de leurs chefs afin de voir les dispositions pratiques à prendre», a souligné le chef militaire. Déjà en août, 7 rebelles de la LRA avaient écrit au colonel Ousta pour solliciter leur désarmement. « Une équipe de 200 ex- Séléka et des Forces armées centrafricaines venue de Bangui, de Bria et de Bangassou s'est rendue à Nzako depuis le 20 septembre 2013 pour ces opérations », a-t-il expliqué.

 

A en croire des sources officielles à Bangui rapportant des indiscrétions du président de la transition Michel Djotodia au président du Conseil national de transition (CNT, organe législatif de transition), Alexandre Ferdinand Nguendet, ces rebelles auraient exigé une portion de terre centrafricaine pour installer leurs familles, car, c'est depuis plusieurs années qu'ils ont quitté leur pays d'origine, l'Ouganda, et ensuite la République démocratique du Congo (RDC, leur ancienne base arrière). Dans le même temps, d'autres informations ont fait état cependant d'une attaque de ces hommes armés contre un chantier minier de Bria lundi. Aucun bilan n'a été communiqué. D'après un habitant de la ville joint par Xinhua, ces rebelles sont à la recherche des pierres précieuses dans cette zone.

 

La LRA sévit en Centrafrique depuis 2008. La tête de Joseph Kony, son mystérieux leader, a été mise à prix par les Etats-Unis qui ont déployé 100 experts militaires dans la région de Haut- Mbomou pour sa traque. Kony est aussi sous le coup d'un mandat d'arrêt international émise par la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye aux Pays-Bas.  

Centrafrique : 2.600 rebelles de la LRA déposent les armes à N'Zako (est)

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 01:53

 

 

 

 

LE MONDE |  24.09.2013 à 12h23  • Mis à jour le  25.09.2013 à 21h30  |Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Il aurait mille raisons d'être en colère, et pourtant c'est d'une voix calme que Camille Mandaba détaille les motifs de son malheur. Le 20 août, à Bangui, sous couvert d'une opération de désarmement, les anciens rebelles de la Séléka ont opéré une véritable razzia dans le quartier de Boy-Rabé dont il est l'un des chefs."Ils m'ont mis à genoux, menacé de leur arme avant de piller mon domicile. L'argent, les matelas, la télévision, les vivres, les téléphones, le réfrigérateur, tout a été emporté." Hortense, sa voisine, raconte avec la même placidité que les ex-rebelles ont été jusqu'à voler la layette de sa fille. Le pillage a été systématique mais, plus grave, il a été accompagné d'exécutions sommaires. "Sept personnes ont été tuées à côté de chez moi. Ils ont même abattu mon chien et mon singe", assure Camille Mandaba, qui tente de faire revenir ses administrés ayant fui le quartier.

 

A quelques mètres de là, une dizaine de jeunes sont attablés à la buvette La Cave royale. Une dame passe à côté d'eux revêtue d'une robe orange imprimée à l'effigie du président déchu François Bozizé. Quelques buveurs de café du matin portent des tee-shirts siglés des initiales de son parti, le KNK (Travail-Justice-Progrès). Ici, personne ne cache sa sympathie pour l'ancien chef de l'Etat désormais réfugié en France. Boy-Rabé était l'un de ses fiefs dans la capitale centrafricaine et il le demeure.

 

Tous les clients ne sont pas des extrémistes, beaucoup ne demandent que la paix, mais les plus agités, promettant des "informations sûres", véhiculent les plus folles rumeurs qui en disent long sur la haine qu'ils portent au nouveau pouvoir et sur les tensions religieuses qui menacent le pays. "C'est le président Michel Djotodia qui a lui même sélectionné les titulaires du baccalauréat et il n'y avait que des musulmans, des armes ont été distribuées à tous ses coreligionnaires", affirme sans sourciller un jeune homme noyant par là même quelques réalités.

 

MULTIPLICATION DES EXACTIONS COMMISES PAR LES EX-REBELLES 

 

La nuit venue, selon plusieurs sources dans le quartier, des éléments de l'ex-rébellion mènent des "opérations hiboux". "Il y a une semaine, les Séléka sont venus en civil pour enlever un jeune militaire. Quand ses parents sont allés à la police, on lui a dit qu'il avait été déporté chez un certain colonel Ali qui demande une rançon pour le libérer. Aujourd'hui encore, il n'est pas réapparu", confie un habitant souhaitant conserver l'anonymat.

 

Face à la multiplication des exactions commises par les ex-rebelles, une partie de Bangui a commencé à réagir. Le 27 août, environ 5 000 résidents du quartier Boeing ont envahi l'aéroport sécurisé par 400 soldats français. La colère et l'exaspération ont été entendues en haut lieu. "Le président Djotodia a senti le coup de semonce, que le ras-le-bol général de la population pouvait l'emporter", raconte un officier africain.

Sur les conseils insistants de représentants de la communauté internationale, le chef de l'Etat a sommé les combattants qui l'ont porté au pouvoir par les armes le 24 mars de quitter les rues de la capitale et policiers et gendarmes ont repris leur mission de sécurisation de la ville, appuyés par 2 000 hommes de la Fomac, la force d'Afrique centrale.

 

LES MOYENS DES FORCES DE L'ORDRE SONT INSIGNIFIANTS

 

Reste que les moyens des forces de l'ordre centrafricaines sont insignifiants. "C'est l'indigence totale. La police a quatre véhicules dont deux en panne, la gendarmerie en a quatre opérationnels, nous avons cinq talkies-walkies et pas une armurerie digne de ce nom", souffle Josué Binoua, le nouveau ministre de la sécurité. Ce transfuge de l'ancien régime, il occupait les mêmes fonctions sous François Bozizé, déborde d'énergie, n'est jamais avare d'un bon mot, mais ses changements de cap laissent pantois.

 

En janvier, il accusait les rebelles, qui sont dans leur immense majorité musulmans, d'être des terroristes d'Al-Qaida et aujourd'hui, il coordonne les opérations de désarmement des combattants de la Séléka avec le général Moussa Assimeh, un ancien colonel de l'armée soudanaise devenu général centrafricain. Dans un arabe qui évoque d'avantage l'aridité du Darfour que la moiteur banguissoise, ce dernier promet "de détruire les malfrats" mais plusieurs sources le décrivent comme le "chef des bandits" et le principal orchestrateur du pillage de la ville.

 

"Les patrons militaires de la rébellion n'ont jamais eu l'ambition de reconstruire le pays. Ils savent qu'ils n'ont pas vocation à durer alors ils considèrent Bangui comme un butin", analyse un vieux connaisseur de la Centrafrique. Un ministre qualifie même la Séléka "d'organisation criminelle".

 

"L'ÉTAT DES FINANCES EST CATASTROPHIQUE"

 

En s'emparant du pouvoir, la rébellion, qui est aujourd'hui officiellement dissoute, a fait s'effondrer un Etat dont les fondations étaient déjà vermoulues. Si, dans la capitale, la sécurité s'est améliorée ces derniers jours, de l'aveu même du premier ministre, Nicolas Tiangaye, "l'état des finances est catastrophique". La communauté internationale et en premier lieu la France, qui a promis de s'impliquer plus fortement, sont appelées à la rescousse.

A l'intérieur du pays, la situation humanitaire est déplorable et les chefs de guerre, qui, le plus souvent, ne répondent qu'à eux-mêmes et ne se soucient que de leur propre intérêt, font régner leur loi dans le sang. Michel Djotodia, qui devra théoriquement rendre le pouvoir à un président élu début 2015, se retrouve désormais face à une équation quasi insoluble. Si ce dernier ne prend pas ses distances avec "ses généraux", la Centrafrique continuera de plonger dans le chaos mais, comme le souligne un diplomate, "sa position est fragile et ceux qui l'ont fait roi peuvent le déposer à tout moment".

 

Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/09/24/survivre-a-bangui-a-l-heure-des-pillages-et-de-l-anarchie_3483428_3212.html

 

 

Bangui victime des seigneurs de guerre

 

REPORTAGE - La Centrafrique est à l'agenda de l'ONU, où François Hollande a lancé un « cri d'alarme » pour sauver le pays.

 

Envoyé spécial à Bangui  Tanguy Berthemet  Le Figaro

Baudoin Damaï est un garçon du genre vindicatif. Devant une buvette, une cabane en planches pompeusement appelée Le Royal, il raconte à grand renfort de gestes les malheurs qui se sont abattus sur lui et les siens. La date du début des ennuis: le 24 mars, le jour de l'entrée dans Bangui de la Séléka, une coalition de rebelles venue pour renverser le pouvoir vermoulu du président François Bozizé et installer son successeur, Michel Djotodia.

 

«Depuis, on ne vit plus. On a peur d'être tué ici», assure Baudoin. Ici, c'est Boy-Rabe, un quartier de la capitale centrafricaine réputé favorable au pouvoir déchu. «Les Séléka font des opérations hiboux. Ils viennent la nuit et ils enlèvent des jeunes que l'on ne revoit plus.» Autour de lui, on acquiesce et on s'énerve en agitant des verres vides par habitude. Nul n'a plus le premier franc CFA pour se payer à boire, et de toute façon il n'y a pas grand-chose. «Tout a été pillé», se lamente Frank Wakian, le gérant.

 

Le pillage orchestré par les nouveaux maîtres de la ville est généralisé. Avec une préférence pour les voitures, les matelas et l'électroménager. «Ils sont venus chez moi en juillet. Ils ont cassé la porte puis ont pris ma télé et mon frigo. J'ai essayé de m'opposer, mais ils m'ont mis un coup de crosse sur la tête», affirme Julice Diforo, qui porte haut un tee-shirt aux couleurs de François Bozizé. Cette scène, tous ou presque en ont été les victimes ou les témoins.

 

«Les Séléka font des opérations hiboux. Ils viennent la nuit et ils enlèvent des jeunes que l'on ne revoit plus.»

 

Assis sous un arbre dans sa cour de terre, comme il sied à son rang, Camille Mandaba, le chef de quartier, n'essaie même plus d'apaiser les choses. Lui aussi a été menacé «avec un fusil sur la tempe» et tous ses biens ont été volés. L'incompréhension est totale entre les habitants et ces miliciens de la Séléka, des hommes venus du nord, souvent tchadiens ou soudanais, ne parlant ni français ni la langue locale, le sango. L'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, parle même d'«occupation».

 

«Ils volent tout le monde sauf leurs frères musulmans à qui ils vendent ce qu'ils nous prennent», crache Lucas Youphenin. Ce chômeur, comme beaucoup de ses amis chrétiens, refuse de faire la différence entre les soldats et la minorité musulmane de la ville. «Ils sont ensemble. On ne peut pas faire confiance à un musulman.» «Il y a maintenant un vrai risque d'affrontements religieux en Centrafrique», analyse un diplomate.

 

La mission de désarmement tourne à l'immense razzia

 

D'autant que la colère du quartier de Boy-Rabe s'est muée en haine depuis le 20 août. Ce jour-là, les hommes de la Séléka ont organisé une vaste opération. Officiellement, un «désarmement» du quartier. La mission a immédiatement tourné à une immense razzia. «Ils sont entrés à 15 heures en tirant partout et ont tout ratissé en volant, volant, volant…», se souvient Jésus Wale. Les habitants se sont insurgés, lançant des pierres. Le lendemain, la Séléka s'abattait sur Boeing, une autre zone de Bangui, avec les mêmes effets. La population exaspérée s'est soulevée avant de fuir en masse vers l'aéroport de M'Poko sous le contrôle de l'armée française. «Ces deux opérations ont été un véritable désastre», reconnaît Guy-Simplice Kodégué, le porte-parole du président autoproclamé Djotodia. Elles auront au moins eu le mérite de permettre au nouveau pouvoir de prendre conscience que l'insécurité ravageant le pays risquait de l'emporter.

 

En réaction, mi-septembre, le président a dissous par décret la Séléka. Puis, il a limogé quelques dignitaires et nommé Josué Binoua à l'Intérieur, au terme d'un retournement tout centrafricain. Volubile, charmeur, le nouveau ministre de la Sécurité exerçait déjà la fonction sous Bozizé. «Les choses changent. Moi je suis là pour servir mon pays et nous allons le désarmer», explique ce pasteur dans un éclat de rire. Pour ce faire, il s'est associé à un autre ancien proscrit, le général Moussa Asimeh.

 

Celui que tous désignaient, il y a peu, comme un citoyen soudanais et grand ordonnateur des exactions. «Je dis la vérité. Sur le Livre, je suis centrafricain et je ne veux pas que mon pays saigne», jure en arabe cet homme au sourire et à la politesse qui sentent les sables du Darfour. Il avoue d'ailleurs sans mal avoir été colonel dans l'armée soudanaise.

 

L'étrange équipage a eu quelques résultats. Dans les rues de Bangui, les policiers et les gendarmes ont remplacé les miliciens désormais discrets, mettant un peu terme à l'anarchie. Comment les barons de l'entourage pléthorique de Michel Djotodia réagiront à cette reprise en main? Personne n'ose le prévoir.

 

Un pays hors de contrôle

 

À quelques kilomètres de Bangui, le pays est donc totalement hors de contrôle. Et dans les quartiers de la capitale, les généraux autoproclamés et les colonels continuent de régner. Ces seigneurs de guerre, qui se vouent souvent une haine mutuelle, n'entendent pas rejoindre facilement les casernes ou lâcher «leurs» armes, source de leur puissance. «On ne leur laissera pas le choix», dit le général Moussa. La tâche sera complexe. «Le problème vient de ces généraux. C'est leurs soldats qui sèment les troubles. Beaucoup à la Séléka ne sont pas venus pour construire un État mais pour prendre un butin», analyse un bon connaisseur du pays.

 

Pour remplir le vide sécuritaire, le gouvernement compte sur les troupes de la Micopax, une mission de sécurisation africaine. Quelque 2 400 soldats, congolais, gabonais, camerounais et tchadiens sont déployés. Mais résoudre l'équation centrafricaine n'est pas simple. Il faut des soutiens. Or les Africains n'ont pas les moyens de se financer et la communauté internationale rechigne à apporter sa contribution. Mardi, à la tribune de l'Onu, François Hollande a lancé un «cri d'alarme» et réclamé un renforcement de la force panafricaine existante. Ce mercredi, en marge de la conférence des Nations unies, la France organise une réunion sur ce thème. Dans son bureau obscur, le premier ministre centrafricain, Nicolas Tiangaye, semble épuisé par cette situation qu'il qualifie lui-même de «catastrophique». Imposé par la communauté internationale pour tenter de contrôler Michel Djotodia, il sait que rien ne pourra être fait sans un minimum de sécurité. «Il faut que l'étranger nous aide, sinon on ne pourra rien faire.»

 

 

Hollande interpelle l'ONU sur la Centrafrique : 4 conditions pour sortir de la crise

 

 

Par Zobel Behalal, spécialiste de la régulation des armes.

 

LE PLUS. Depuis le renversement du président François Bozizé par les rebelles de la coalition Séléka, la République centrafricaine vit dans le chaos. Après avoir lancé un cri d'alarme lors l'Assemblée générale de l'ONU, François Hollande a co-présidé une réunion ministérielle sur la crise humanitaire et sécuritaire. Comment sortir de cette crise ?

 

Mercredi 25 septembre, l’ONU et l’Union européenne ont organisé une réunion de haut niveau sur la crise en République centrafricaine (RCA). Cela indique que ce pays prend une place de plus en plus importante à l’agenda international.

 

 À New York, depuis le début de la semaine, j'ai eu l'occasion de le vérifier, au fil de mes rencontres avec les diplomates.

 

 Ce "réveil" international est une bonne chose pour les populations en RCA. Le silence et les hésitations, dont faisait preuve la communauté internationale depuis le début de la crise, aurait contribué à une possible implosion du pays et des répercussions sur toute la région.

 

Il y a urgence à agir 

 

Il faut maintenant que, de toute urgence, des actions concrètes soient mises en œuvre pour mettre fin aux souffrances des populations.

 

 À cet égard, la réunion de haut niveau de mercredi est un véritable échec. Aucune décision n'a été prise à l’issue de 90 minutes de discussions auxquelles participaient, pour la France, Laurent Fabius et Yamina Benguigui.

 

 Par ailleurs, alors qu’il a été formellement alerté par les organisations africaines sur la gravité de la situation sécuritaire, le Conseil de sécurité, freiné par des différences de perception entre ses membres, n’a pas encore adopté de résolution en mesure de faire évoluer les choses sur le terrain.

 

 Nul ne peut pourtant douter de l’urgence d’agir. De mon point de vue, l’efficacité d’une action de la communauté internationale s’appréciera à l’aune d’au moins 4 conditions :

 

1. Fournir de vrais moyens logistiques et financiers

 

Il faut premièrement apporter une réponse appropriée au défi sécuritaire. Face aux exactions commises par les éléments des Séléka, les États doivent donner les moyens logistiques et financiers aux troupes africaines présentes sur le territoire afin qu’elles protègent efficacement les populations civiles. Seule une résolution du Conseil de sécurité peut le permettre, celle-ci doit donc être adoptée sans délai.

 

2. Éviter le piège de la seule lecture religieuse du conflit

 

La deuxième condition est d’éviter le piège de la seule lecture religieuse du conflit. Il est clair qu’il y a aujourd’hui en RCA des affrontements à connotation religieuse. Et pourtant, même si cet argument fait aujourd’hui évoluer la position des États-Unis – longtemps restés attentistes –, il serait dangereux et erroné de considérer les tensions entre communautés religieuses comme une cause profonde du conflit centrafricain. 

 

Contrairement à ce que j’entends ici, à New York, et même de la part de certains diplomates, la RCA n’est pas l’illustration de la théorie développée dans la "fin de l’histoire" de Francis Fukuyama. Toute action étrangère conditionnée par cette seule vision ne permettra pas de restaurer une paix durable.

 

3. Prendre en compte la dimension économique

 

En troisième lieu, les États doivent réaliser que toute action qui ne prendrait pas en compte la dimension économique du conflit restera insuffisante. Comme l’expliquent des acteurs de la société civile centrafricaine, les Séléka ont commencé leur progression vers Bangui à partir d’une région riche en diamants. Le commerce de cette ressource naturelle, parmi d’autres, a contribué à les renforcer.

 

 Alors que l’on discute au niveau international du renforcement de la présence onusienne, il faut absolument trouver des mécanismes internationaux pour empêcher que l’exploitation et le commerce des ressources naturelles contribuent au financement de la violence armée.

 

4. Accorder une place importante à la société civile

 

Pour finir, je pense que tout processus de sortie de crise en RCA ne sera durable que s’il accorde une place importante à la société civile, malgré les clivages qui la divisent depuis l’indépendance, et qu’il faut l’encourager à les surmonter au lieu de les renforcer.

 

 D’autre part, l’instabilité chronique que vit le pays depuis plus de 20 ans est aussi le résultat d’une trop grande proximité entre les politiques et les hommes en armes. Il faudra aussi très vite créer les conditions pour restaurer et entretenir le vivre ensemble, quotidiennement bafoué dans le pays. Pour y parvenir, le rôle des ONG et des représentants religieux sera essentiel.

 

Lu pour vous : Survivre en Centrafrique à l'heure des pillages et de l'anarchie

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 17:39

 

 

 

 

 

26/09/2013 à 12:00 | AFP

 

Le "risque religieux" en Centrafrique vient plus de l'extérieur, en particulier d'une infiltration d'éléments du groupe islamiste radical Boko Haram venus du Nigeria, que de l'intérieur du pays où l'ex-rébellion Séléka, accusée d'exactions contre les populations chrétiennes, n'a aucun "agenda religieux", estime Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG).

Q: Après des affrontements meurtriers début septembre entre chrétiens et musulmans dans le Nord-Ouest de la Centrafrique, le président français François Hollande a invoqué un risque de "confrontation religieuse" pour appeler à une mobilisation urgente de la communauté internationale. Cette menace est-elle réelle ?

R: Pour la première fois depuis l'indépendance, ce sont des musulmans qui ont pris le pouvoir à Bangui, suscitant des inquiétudes dans la région car la Centrafrique, pays majoritairement chrétien, se situe sur la ligne de fracture entre musulmans et chrétiens en Afrique centrale.

Il y a déjà eu par le passé des heurts répétés, notamment à Bangui, entre la population et les commerçants musulmans qui dominent le marché ce qui provoque un ressentiment; il y a eu aussi les actes commis par la Séléka à l'encontre d'édifices religieux et du personnel ecclésiastique; enfin, ce qui s'est passé dans l'Ouest a pris une tournure religieuse, car il s'agit de populations chrétiennes harcelées par des combattants musulmans et qui contre-attaquent.

Mais, on n'est pas dans une logique de guerre religieuse. Il s'agit d'un antagonisme vis-à-vis d'un nouveau pouvoir, musulman certes, mais surtout extrêmement prédateur pour le moment.

Q: Des Centrafricains, et notamment certains leaders religieux mais aussi des proches de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars, ont mis en garde contre une islamisation forcée de la Centrafrique, faisant même le parallèle avec la situation du Mali, où des groupes islamistes armés ont occupé le Nord du pays pendant plusieurs mois y imposant la charia. Partagez-vous cette crainte ?

R: C'est de la propagande. Au début de la crise en décembre, c'était le langage de Bozizé et de son gouvernement qui disaient que les Séléka étaient des musulmans radicaux, mais c'était pour rallier les Occidentaux à leur cause.

Les gens de la Séléka ne sont pas venus convertir les Centrafricains, ils sont venus les voler. Cela n'a rien à voir avec ce qui s'est passé au Mali. La Séléka est effectivement composée de musulmans mais on ne peut pas parler de rébellion musulmane, ils n'ont pas d'agenda religieux.

Q: Il n'y a donc pas de "risque" religieux en Centrafrique ?

Le risque musulman tient plus au risque d'infiltrations d'éléments de Boko Haram venus du Nigeria. Ils sont en pleine guerre au nord du Nigeria. les combats sont très violents avec les forces de sécurité nigérianes, et selon nos informations, ils ont commencé à s'éparpiller dans les pays de la région. La Centrafrique étant actuellement un Etat failli, c'est le parfait endroit pour se cacher.

 

(Propos recueillis par Anne Le Coz)

Centrafrique: le risque religieux vient plus de l'extérieur
Centrafrique: le risque religieux vient plus de l'extérieur

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