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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:50

 

 

 

TEMOIGNAGE DE MAITRE NICOLAS TIANGAYE

A L’OCCASION DES OBSEQUES DE MAITRE ZARAMBAUD ASSINGAMBI DECEDE A PARIS LE 16 JANVIER 2014

 

            Nous pleurons aujourd’hui un homme dont le parcours a brillé de mille feux, irradiant de nombreux visages déshérités, rappelant par-ci les exigences du devoir, par-là les injonctions du droit, distillant sur son passage un humanisme passionné et enthousiaste.

 

             Il est triste de penser que c’est lorsque les grands hommes rencontrés sur le chemin de nos vies disparaissent qu’on éprouve le besoin de dire tout haut ce qu’on avait jamais osé exprimer par pudeur, et aussi par respect.

 

          C’est un hommage mérité que je me fais le devoir de rendre aujourd’hui à mon Maître, c’est-à-dire à celui qui m’a formé, qui a guidé mes premiers pas dans la profession d’avocat. J’étais son premier stagiaire.

 

On dit que « Le Maître véritable n’est pas celui qui a le plus de disciples, mais celui qui crée le plus de maîtres ».

 

                  Et ZARAMBAUD était un véritable Maître. N’a-t-il pas à son actif  la formation d’une quinzaine d’avocats dont deux étaient devenus Bâtonniers ?

 

                  Maître ZARAMBAUD était le premier centrafricain à avoir porté la robe d’avocat en France où il avait prêté serment devant la Cour d’Appel de Paris en 1973. Quarante ans d’exercice de la profession. Quel long parcours !

 

                  Il sera aussi le premier Bâtonnier centrafricain de 1992 à 1994. J’ai eu l’insigne privilège de lui succéder à cette fonction ordinale.

 

           Il était dans la lignée de nos doyens HIRSCH, SOUQUET et ZOKOEZO.

 

                 Très tôt, il avait pris conscience  que l’avocat centrafricain doit être au centre des changements qui se dessinent partout sur notre continent,  mais également et surtout  de l’expression des propres aspirations du peuple Centrafricain à la liberté et à la démocratie.

 

Sa fibre patriotique lui faisait prendre conscience que les avocats dans nos pays ne devaient pas se contenter d’être des diseurs de droit, mais d’être aussi des faiseurs de nation.

 

                   C’est pourquoi, il ne se privera pas de prendre position sur toutes les questions qui concernent le destin de la nation centrafricaine.

 

                   Il paiera un lourd tribut pour cet engagement.

 

                   J’ai encore en mémoire les conseils qu’il me prodiguait au téléphone au début de ce mois sur sa vision de la tragédie que vit notre pays. S’il était loin de la RCA, la RCA était dans son cœur.

 

                     C’était là quelques unes des multiples facettes du Bâtonnier ZARAMBAUD ASSINGAMBI.

 

                    Maître ZARAMBAUD « était assoiffé d’idéal ; il était pétri d’une rigueur quelque fois provocante mais tissé d’une amitié exigeante et d’une chaude fraternité ».

 

                   Maître ZARAMBAUD était de tous les combats : combat pour la dignité, combat pour la liberté, combat « pour le triomphe de l’ange sur la bête, de la lumière sur l’ombre ».

             

                    Oui, avec la disparition de Maître ZARAMBAUD, c’est une étoile dans le firmament de la justice centrafricaine qui vient de s’éteindre ; un baobab vient de tomber. C’est une grande perte non seulement pour le Barreau, mais aussi pour la justice de notre pays.

 

                    ZARAMBAUD était l’avocat centrafricain le plus talentueux de sa génération. Il était le meilleur de nous tous.

 

                     Et il nous quitte au moment où nous avons encore besoin de ses compétences. Il laisse orphelins non seulement ses enfants mais aussi les victimes des crimes de  Jean Pierre BEMBA dont il assurait la défense des intérêts devant la Cour Pénale Internationale de la HAYE.

 

Il laisse orphelins les jeunes joueurs de son équipe de basket : ZARASCLO.

 

                       Tout ce parcours d’homme de conviction, avec bien sûr des éclats et un sens de l’humour et de générosité dont seul Maître ZARAMBAUD était capable !

 

                    Et j’ai envie de dire :

 

  • ZARAMBAUD face à lui-même ;
  • ZARAMBAUD égal à lui-même ;
  • ZARAMBAUD si pluriel au service des opprimés, des offensés, des victimes d’injustice.

 

       Monsieur le Bâtonnier  ZARAMBAUD,  mon cher confrère, la République Centrafricaine vient de perdre en toi un de ses dignes fils, « un de ceux qui ont dédié leur vie à la défense de l’humanité dans l’homme », toi qui as œuvré inlassablement dans ce pays qui t’a vu naître et au-delà en Afrique, dans le monde pour que le droit soit dit, pour que le faible ne soit pas écrasé par l’argument de la force, pour que la force de l’argument s’impose à l’arbitraire, à l’injustice, pour que les impulsions et les passions du cœur n’étouffent pas la voix de la raison.

 

            ZARAMBAUD mon cher confrère, les pages que tu as écrites pour que germe la démocratie, pour qu’elle s’enracine dans ton pays, pays auquel tu as donné le meilleur de toi-même, continueront à inspirer les générations futures.

               

            Ces pages constituent le testament politique que tu lègues à la postérité.

 

           Maintenant, la porte du destin a fini par se refermer.

 

           Aujourd’hui, la voix d’un tribun hors pair s’est définitivement éteinte.

 

           Et nous n’entendrons plus ses brillantes plaidoiries. Nous ne liront plus ses articles  passionnément enflammés  mais raisonnablement lucides. Aujourd’hui, le rideau est tombé sur un acteur mais les actes qu’il a posés continueront à éclairer notre chemin.

 

            L’homme est parti parce que le contrat est rempli, mais ses actes et ses convictions défieront le temps.

 

            La recherche forcenée de la justice, la passion exacerbée  de la vérité, le courage, la loyauté, le sens de l’humour sont ses qualités.

 

              Ce sont ces qualités qui lui ont valu tant d’amour de ses compatriotes et tant de considération.

 

            Le destin a accompli son œuvre, nous nous y soumettons. Nous garderons de toi l’image du serviteur infatigable des opprimés.

 

             Notre peine est immense, notre douleur profonde.

 

             Monsieur le Bâtonnier, mon cher confrère, mon cher grand frère, tu as choisi de te reposer pour toujours. Je n’ai aucun doute que tu rencontreras sur le sentier de l’Eternel ton grand frère, François GUERET qui nous a quitté il ya deux mois, ton cadet Maître Jean-Pierre ZARAMBAUD, nos doyens HIRSCH, SOUQUET, ZOKOEZO et nos confrères Charles DOUZIMA, Philippe NGARKASSA, Victorien MOGBA TITA, Jean-Louis GOUMBETTI, Jean- Pierre KABYLO, Eugène KONDOLAS, GOUNGAYE WANFIYO et tant d’autres qui nous étaient chers.

 

               Et là où tu es maintenant, tu veilleras sur ton épouse Claude, sur tes enfants Ernestine, David, Michael, et sur ta petite-fille Joyce.

 

               Nous qui te pleurons aujourd’hui, nous attendions encore beaucoup de toi et tu es parti sans avoir vidé ton carquois dans ce combat pour la survie de ton peuple.

 

       Mais saches que tu serviras d’exemple à tous ceux qui sont animés du même idéal. Alors, alors seulement, tu te souviendras de cette phrase de Robespierre :

                  

                   « La mort est le commencement de l’immortalité ».

 

 

 

 

                                                                                  Maître Nicolas TIANGAYE

                                                                                           Avocat à la Cour

                                                                                  Ancien Bâtonnier de l’Ordre

Me ZARAMBAUD a été porté en terre ce jour à Bangui : Témoignage de Me Nicolas TIANGAYE

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 20:35

 

 

 

 

http://www.franceinter.fr/   mercredi 29 Janvier à 18H58

 

Les soldats français ont-ils assisté à des actes de barbarie sans intervenir ? C'est ce qu'affirme Peter Bouckaert, directeur des urgences de l'ONG Human Rights Watch. L'armée ne fait aucun commentaire.

 

L'accusation est très grave. Mais Peter Bouckaert, le directeur des urgences de l'ONG Human Rights Watch, est formel : il a été témoin, ce mercredi matin à Bangui, de la mutilation de cadavres de musulmans par les milices anti-Balaka, et selon lui :

 

Les soldats de Sangaris (la force française en Centrafrique) étaient là et ils n'ont rien fait.

 

 Plusieurs véhicules blindés se trouvaient pourtant à une cinquantaine de mètres, assure Peter Bouckaert, qui a raconté la scène à l'un des envoyés spéciaux de Radio France en Centrafrique, Omar Ouahmane. Contacté par France Inter, le ministère de la Défense a refusé de s'exprimer sur cette affaire, "faute d'informations précises".

 

 Hors micro, plusieurs militaires expliquent que "la priorité, dans ces cas-là, c'est la protection des vivants". Les explications de Simon Tivolle, spécialiste des questions de défense à France Inter. 

 

Malgré le déploiement en décembre des 1.600 soldats français de l'opération Sangaris, pillages et assassinats n'ont pas cessé dans la capitale centrafricaine, en particulier dans les quartiers où vivent les musulmans.

 

 

"Les civils musulmans extrêmement vulnérables", selon l'Onu

 

"La situation en termes de sécurité et de droits de l'homme s'est encore détériorée ces derniers jours", a déploré Navi Pillay, la haute commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, dans un communiqué. "Les civils musulmans sont désormais extrêmement vulnérables. Beaucoup sont chassés hors du pays, avec les ex-Séléka, et ils fuient, la plupart vers la frontière tchadienne."

 

 "Nous ne pouvons tout simplement pas laisser se déchirer le tissu social de ce pays", a ajouté Navi Pillay. "J'en appelle avec la plus grande urgence à la communauté internationale pour qu'elle multiplie ses efforts de maintien de la paix. (...) Beaucoup de vies sont en jeu."

 

 La plupart des musulmans de Bangui ont fui la capitale centrafricaine.

 

Par France Inter avec Reuters | 29 Janvier 2014 à 18:58 |

Centrafrique : la force Sangaris trop passive ? (France Inter)

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 19:33

 

 

 

 

 

Publié le 27 jan, 2014

 

La crise en République centrafricaine préoccupe le Nec qui a siégé samedi 25 janvier 2014 en marge de la cérémonie de présentation des vœux à John Fru Ndi

 

« Regardez ce qui se passe en Rca, au Tchad, au Mali, en Côte-d’Ivoire. Vous vous êtes un tant soit peu posé la question de savoir pourquoi ces conflits autour nous et pas chez nous ?» s’interroge John Fru Ndi. Il ajoute « le Cameroun est une bombe à retardement. Lorsque je le dis on me fait savoir que nous avons des gendarmes, l’armée, la police. Je rétorque que c’est du mensonge. Ces pays cités plus haut avaient ces différentes forces de l’ordre, mais n’ont-ils pas jeté les armes et le chaos ne s’est-il pas installé dans ces pays ? Nous voyons tout ce qui se passe en Syrie».

 

Et de réitérer « je persiste que le Cameroun est une bombe à retardement. C’est ce qui explique le déplacement que j’ai effectué au Nigeria où j’ai remis le drapeau du Cameroun au prophète T B Joshua afin qu’il prie pour la Justice dans notre pays car l’absence de justice constitue une menace à la paix».

 

Voilà l’économie de la lecture des questions internationales faite par le leader du Sdf samedi dernier 25 janvier 2014. C’était à l’occasion de la cérémonie de vœux de nouvel an des membres du Comité exécutif national (Nec en anglais) au Chairman John Fru Ndi. Pour lui, si le gouvernement du Cameroun ne fait rien pour ces fils de refugiés à Maroua, à l’Est et ailleurs, en créant par exemple des écoles pour les enrôler, ces enfants deviendront demain des adeptes de la secte Boko Haram. Et c’est le Cameroun qui sera la première victime.

 

Si pour Elimbi Lobè, secrétaire national à la communication, la situation centrafricaine interpelle le Cameroun, le « Nec a regretté le leadership que le chef de l’Etat du Tchad exerce dans la région d’Afrique centrale précisément parce que la diplomatie camerounaise est en hibernation. Elle est caractérisée par l’absentéisme (de M. Biya) que certains ont voulu nous présenter comme de la sagesse. Mais nous nous rendons compte que la voix du Cameroun ne compte plus » Néanmoins le Nec marque sa reconnaissance à tous les pays qui se sont impliqués dans le déploiement des forces qui peuvent ramener la sécurité en Rca. Le Sdf apprécie la mise en place des institutions de transition qui vont déboucher, espère le Nec, sur le rétablissement d’une démocratie fiable dans ce pays voisin.

 

Le leader du Sdf est revenu sur le discours du chef de l’Etat pour constater que « M. Biya a reconnu son échec à diriger ce pays » et partant corrobore « les critiques que tiennent le Sdf depuis des lustres ». Pour Joshua Osih, premier vice président national du Sdf « les conséquences de ce discours ridicule du chef de l’Etat c’est qu’il devrait démissionner ». Sur l’entrée du Sdf au gouvernement, l’honorable Joshua Osih a laissé entendre aux hommes de médias « si vous pensez que le fait que le président de la République a emprunté le discours du chairman pour le lire à la nation veut dire que le Sdf doit entrer dans le gouvernement, je dis pour ma part que d’après ce discours c’est plutôt M. Biya qui a fait le constat de son incapacité à gouverner le Cameroun et lance une invite à l’opposition de venir l’aider à gouverner le Cameroun ; que tous les éléments qu’il a relevés dans son discours sont ceux que le Sdf a martelé ces 20 dernières années. Aujourd’hui il comprend et dit aux Camerounais qu’on a raison, qu’on avait toujours raison».

 

Réduction de la taille du gouvernement

 

Le caractère pléthorique du gouvernement explique le déficit de coordination de ses activités. C’est du moins l’avis du parti de John Fru Ndi. Les membres du comité exécutif national du Sdf l’ont relevé ce Week-end à Bamenda. Ils estiment que Paul Biya doit s’imposer la réduction du nombre de cabinets ministériels pour éviter ce qu’il a lui-même qualifié dans son discours à la nation de «dispersions et doublons». Ceci permettra de mieux coordonner et partant suivre à la loupe les activités du gouvernement. « Nous avons constaté et ce n’est pas aujourd’hui que le gouvernement camerounais est pléthorique. Nous ne sommes pas étonnés que l’action gouvernementale ne soit pas coordonnée. Il est évident que coordonner l’action de 60 ministres est fort difficile voire impossible. Donc la réduction de la taille du gouvernement c’est quelque chose qui s’impose si on veut avoir un gouvernement efficace » affirme Elimbi Lobè. Certains membres de l’organe de prise de décision du Sdf se sont même évertués à suggérer cette réduction à 18 voire à une vingtaine de cabinets ministériels, rapportent certaines indiscrétions.

 

Appel à la démission du chef de l’Etat

 

Pour Joshua Osih, le plan d’urgence ne peut être que la démission du président de la République et les Camerounais choisiront à travers les élections le parti qui gouvernera le pays. Ce n’est que par cette voie que le Sdf entend gouverner le Cameroun, martèle le député du Wouri centre « il est évident que les années du Rdpc sont derrière nous-même »

 

John Fru Ndi a fustigé les conflits de positionnement, les coups bas bref l’individualisme qui caractérise certains membres de son parti « quelque fois je déplore cette attitude qui consiste qu’au lieu de combattre l’adversaire, nous nous retournons contre nous». Et d’inviter à l’unissons des militants pour « défendre ce que nous avons de commun, à savoir poursuivre la bataille jusqu’au changement dans ce pays». Il a demandé aux maires, députés, sénateurs de son parti d’œuvrer pour l’avènement de ce changement « si vous croyez que parce que vous êtes élus à ces postes et que c’est pour vous le moment de manger, vous faites fausse route » met en garde le leader du Sdf. Il a invité les responsables de son parti et singulièrement le secrétariat national à l’organisation de préparer dès maintenant les échéances de 2018. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils peuvent assurer la victoire du parti de la balance.

 

Dans son intervention à l’attention du chairman, Mme Elizabeth Tamadjong, secrétaire général du Sdf a dressé le chemin parcouru par le parti en 2013. Le succès du Sdf pendant le scrutin couplé, les sénatoriales, malgré les insuffisances du système électoral au Cameroun. C’est à juste titre qu’elle a soulevé la nécessité d’une restructuration de Elections Cameroon (Elecam), organe en charge de l’organisation des élections. Une restructuration qui va donner une autonomie financière et administrative à cet organe. Seule alternative pour une véritablement indépendance de cet organe, préconise Mme le secrétaire générale du parti du 26 mai 1990.

 

Donat SUFFO

Lu pour vous : Fru Ndi : « le Cameroun est une bombe à retardement » – cameroonvoice

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 19:15

 

 

 

 

Mercredi 29 janvier 2014

 

 

Communiqué de presse


Didier Boulaud, secrétaire national à la Défense

 
République centrafricaine : une résolution onusienne pour encadrer l'action européenne



Le Conseil de sécurité a adopté hier à l'unanimité la résolution 2134, autorisant notamment le déploiement d'une mission militaire européenne à Bangui, en soutien des forces de l'Union africaine (MISCA) et françaises (opération Sangaris).

Le Parti socialiste salue l'adoption de cette résolution qui vient conforter la justesse de la position de la France et son approche collective depuis le début de la crise en République centrafricaine. L'arrivée de troupes européennes contribuera à la consolidation de la stabilité sur tout le territoire, en permettant un déploiement des troupes africaines et françaises dans toutes les provinces concernées par l'urgence humanitaire et l'insécurité.



-- 
Service de presse
Parti socialiste
01 45 56 77 23 / 78 78 / 79 96 / 78 45
Communiqué de presse du PS

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 19:11

 

 

 

 

 

Pana 28/01/2014

 

Des civils catholiques et musulmans vivant à Baoro et Bossemptélé, dans le Nord-ouest de la République centrafricaine (RCA), seraient en danger d'une attaque imminente, en raison de la trop grande présence de milices 'anti-Balaka' dans ces villes où les troupes internationales de paix ne sont pas visibles, a averti une délégation de Amnesty International en visite dans la région.


Dans une déclaration dont la PANA a reçu une copie lundi à Nairobi, Amnesty International indique les affrontements armés entre les milices 'anti-Balaka' et ce qui reste des forces rebelles de la 'Seleka' et leurs partisans durant la semaine dernière ont fait de nombreuses victimes, plusieurs maisons ayant également été incendiées.

'La situation dans cette partie de la RCA est volatile. On a besoin des efforts des forces internationales de paix pour protéger les milliers de civils des deux communautés', selon Donatella Rovera, conseiller d'Amnesty en matière de gestion des crises, qui se trouve présentement dans la région.


Selon lui, on peut protéger d'autres vies par la présence d'une petite force internationale de paix.


'Dans des villes voisines où règne la même tension, la présence d'une force internationale de paix est en train de  faire la différence. On a besoin de la même chose à Baoro et à Bossemptele', a-t-il estimé.


Donatella Rovera a rappelé que les forces de paix ont été envoyées en RCA avec un mandat clair, qui est de protéger la vie des civils.


'Elles ne doivent pas faillir à cette tâche', a-t-il souligné.


Selon Amnesty International, des civils déplacés par le conflit errent dans la région sans soutien et dans des conditions inhumaines, faute de moyens de transport et de facilités de base.

Centrafrique : civils catholiques et musulmans menacés

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 19:00

 

 

 

 

RFI   mercredi 29 janvier 2014 à 14:25

 

Les Etats-Unis sont disposés à voter en faveur d’une résolution autorisant l’envoi de casques bleus en Centrafrique. Une option soutenue depuis des mois par le président français, François Hollande et vivement encouragée, mardi, par la présidente de la transition centrafricaine. Catherine Samba-Panza a interpellé la communauté internationale sur le besoin de troupes supplémentaires pour mettre fin aux exactions. La France est d’accord, et Washington aussi. Linda Thomas Greenfield, la vice-secrétaire d’Etat américaine en charge des Affaires africaines, l’a dit lors d’un entretien exclusif accordé à Nicolas Champeaux envoyé spécial de RFI au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.

 

« Nous avons eu de longues conversations avec le gouvernement français sur le dossier centrafricain. Et nous soutenons tout ce que le gouvernement français a entrepris dans le pays en étroite collaboration avec la force Misca ». Avec cette déclaration, Linda Thomas Greenfield ne laisse pas de doute quant à l’engagement de son pays sur la question centrafricaine : « Vous le savez, la première résolution des Nations unies a prévu le déploiement sur le terrain d’une équipe technique d’évaluation pour estimer les besoins d’une éventuelle force de maintien de la paix. Et si une décision devait être prise sur le déploiement d’une force de maintien de la paix alors cette option aura notre soutien ; nous avons été très clairs là-dessus ».

 

Une décision confortée après une visite de la vice-secrétaire d’Etat américaine en charge des Affaires africaines dans le pays : « La Centrafrique pose de nombreux défis, je suis sûre que nos collègues français et africains sont d’accord avec moi sur ce point. J’étais en Centrafrique en décembre 2013, j’ai été témoin de toutes les difficultés et les défis auxquels la communauté internationale était confrontée. Même si la situation s’est légèrement améliorée ces dernières semaines, les groupes armés qui sont chassés de Bangui gagnent le Nord et l’on assiste aux mêmes scènes de violence dans de nouvelles régions. Donc, il nous faut envoyer davantage de troupes sur le terrain pour qu’elles mettent fin aux atrocités qui sont commises en dehors de la capitale ».

Pour les Etats-Unis, «il faut envoyer plus de troupes» en Centrafrique

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 18:50

 

 

 

 

 


BANGUI AFP / 29 janvier 2014 16h54 - Une dizaine de combattants Séléka ont été tués mardi matin à Bangui par des soldats français lors d'un accrochage devant le camp militaire RDOT, où sont cantonnés les ex-rebelles, a-t-on appris mercredi de source diplomatique.


Des soldats français ont été visés par des tirs devant le camp et ont répliqué en utilisant notamment les blindés légers Sagaie, équipés d'un canon de 90 mm, pour neutraliser les tireurs. Les militaires ont fait une dizaine de morts dans les rangs des combattants Séléka, a expliqué à l'AFP sous couvert d'anonymat cette source.


Mardi, le lieutenant-colonel français Thomas Mollard avait indiqué à la presse que des soldats français avaient été pris à partie par des individus armés non identifiés et avaient dû riposter aux abords du camp RDOT. L'officier avait ajouté qu'il n'y a avait pas eu de pertes côté français.


Depuis lundi, les deux principaux camps de cantonnement d'ex-rebelles Séléka, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 en Centrafrique, ont été évacués et les combattants regroupés au camp RDOT, situé à la sortie nord de la ville.


Selon des sources militaires, environ un millier de combattants Séléka se trouvaient mercredi dans ce camp. Mercredi matin, un seul blindé français était en position devant le camp dont les abords étaient calmes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné mardi son feu vert à l'engagement d'une force européenne en Centrafrique, pour aider les troupes françaises et africaines de la Misca à ramener le calme à Bangui, où des violences quasi quotidiennes opposent chrétiens et musulmans sur fonds de pillages.



(©) 

Bangui: une dizaine de Séléka tués mardi par l'armée française

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 15:53

 

 

 

 

 

Par Jean-Pierre CAMPAGNE et Christian PANIKA | AFP

 

Des tirs nourris ont éclaté mercredi à Bangui, toujours en proie à des pillages, malgré les opérations de sécurisation des soldats français et africains qui attendent désormais le renfort d'une force européenne dont l'ONU a autorisé l'engagement.

 

Des tirs nourris d'armes automatiques, ponctués de détonations sourdes, ont éclaté mercredi en fin de matinée dans le quartier du PK-5, dans le centre de la capitale centrafricaine.

 

Ces tirs, dont l'origine n'a pas établie dans l'immédiat, étaient nettement audibles des quartiers voisins du PK-5, le poumon commercial de la capitale centrafricaine, où des centaines de commerces appartenant majoritairement à des musulmans attisent depuis des jours la convoitise de pillards et de miliciens chrétiens anti-balaka qui tentent d'y pénétrer.

 

Après une trentaine de minutes, l'intensité des tirs a nettement baissé, tandis que des habitants du secteur prenaient la fuite vers des quartiers voisins. Aucun bilan d'éventuelles victimes n'était disponible à la mi-journée.

 

Dans d'autres quartiers de la ville, des pillages et des violences, faisant au moins deux morts, ont eu lieu dans la matinée.

 

Au quartier Combattant, près de l'aéroport, un civil musulman a été tué à l'arme blanche par des miliciens anti-balaka, malgré l'intervention de soldats français de l'opération Sangaris pour le protéger, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Explosions brutales de violences

 

A une centaine de mètres de là, c'est un jeune chrétien qui a été tué, également à l'arme blanche, par un civil, a raconté un témoin de la scène, Benjamin.

 

Au rond-point de la Réconciliation, au centre-ville, des pillards emportaient des marchandises volées dans les environs.

 

Malgré un dispositif de sécurisation de plus plus étoffé au fil des semaines, les soldats français et africains sont confrontés quasi quotidiennement à de telles explosions soudaines de violences dans la capitale.

 

Depuis le début de la semaine, la Misca a ainsi commencé à s'installer au coeur des quartiers, avec une présence permanente dans les commissariats. Dans le même temps, des combattants musulmans Séléka ont été évacués de deux camps militaires stratégiques de la ville - pour limiter les points de tension avec les miliciens anti-balaka. Certains sont restés cantonnés à la sortie nord de Bangui et d'autres ont quitté la capitale en direction du Nord.

 

"Des numéros d'appel sont laissés à la portée des populations" en cas d'incident, a-t-on indiqué à l'état-major de la Misca: "chaque arrondissement de Bangui dispose d'un responsable et d'un numéro".

 

"Nos nuits sont tranquilles depuis que les soldats burundais de la Misca sont basés dans notre secteur. Ils patrouillent à pied, dans des véhicules, nous demandent si tout se passe bien. En tout cas, les détonations nous parviennent de loin", témoignait mercredi François Kougbé, mécanicien, habitant le 2e arrondissement.

Renforts insuffisants

 

"Outre les Burundais, il y a les militaires français qui descendent régulièrement ici, et font aussi des patrouilles. Le calme est revenu dans le 6e arrondissement", expliquait de son côté Philippe Ounga, enseignant.

 

Mais le dispositif n'est opérationnel jusqu'à présent que dans deux des huit arrondissements de la capitale.

 

Pour ramener le calme et pouvoir intervenir en province, les 1.600 soldats français et les quelque 5.200 hommes de la Misca vont recevoir le renfort d'une force européenne d'environ 500 hommes, dont le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé mardi l'engagement.

 

Son déploiement devrait cependant prendre quelques semaines. Et ces renforts risquent d'être insuffisants pour stabiliser un pays dévasté par des mois de tueries interreligieuses qui ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés.

 

A terme, l'ONU considère qu'il faudrait déployer plus de 10.000 hommes pour sécuriser la RCA "car la situation est très, très grave et le pays immense", a expliqué mardi l'ambassadeur de France aux Nations unies Gérard Araud.

 

C'est aussi l'avis de la nouvelle présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, qui, dès son élection le 20 janvier, a réclamé plus de soldats pour arrêter les exactions et les violences qui ont contraint son prédécesseur Michel Djotodia à démissionner.

 

Comme Paris, Mme Samba Panza veut une mission de l'ONU pour son pays qu'elle doit conduire à des élections générales au plus tard dans un an.

Centrafrique: tirs et pillages à Bangui, renfort européen attendu

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 14:59

 

 

 

 

 

 

Depuis plus de 30 ans, on ne cesse de nous bombarder, nous centrafricains, avec le mot « Accord » dans les medias tant nationaux qu’internationaux.   Presque chaque année, on entend un accord a été signé à gauche, un accord a été signé à droite et encore le plus célèbre est celui de Libreville au Gabon. Tout le monde en parle même un enfant de cinq ans ne cesse de le répéter sans en avoir lu le contenu ni même savoir pourquoi  cet accord de Libreville a été signé. Ainsi, j’ai décidé de lire cet accord en intégralité, interpréter à ma façon peut être pour aider nos enfants à bien comprendre les différents accords signés au Gabon et au Tchad au nom de notre Pays la RCA.

 

Ce texte n’est pas un travail scientifique ni un travail intellectuel. C’est juste une compréhension personnelle.

 

ACCORD

 

Pour commencer, beaucoup des Centrafricains se demande qu’est-ce qu’un accord? Un accord veut dire quoi?  Ainsi pour le comprendre, on va dans le dictionnaire et chercher sa définition.

Le dictionnaire Larousse en ligne

 

(http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/accord/479)  nous propose une définition simple d’un accord : «  un arrangement entre deux ou plusieurs parties pour régler un diffèrent, définir les modalités d’une attente…». Cette définition est claire et ne mérite pas d’interprétation personnelle mais dans le contexte centrafricain, beaucoup se demandent pourquoi signer des accords en accord sans régler le problème réel du pays?

 

D’abord, un accord n’est pas seulement centrafricain. Dans tous les pays du monde on signe des accords qu’ils soient financiers, de défenses,  de cessez-le-feu, politiques… pour définir les modalités d’entente entre les différentes parties d’accord.

 

Dans notre pays la RCA, les accords les plus connus sont : accords financiers (avec le FMI ou Banque Mondiale),  accords de cessez-le-feu (avec les groupes rebelles ou mutins), accords politiques (souvent pour le gouvernement d’union nationale ou autres). Or, beaucoup des centrafricains, si on les demande, ne connaissent rien de ces accords signés à gauche et à droite et le plus célèbre est celui de Libreville qui fait l’objet de différentes interprétations des  experts, des juristes ou autres sans apporter un éclaircissement réel aux centrafricains. Ce qui fait que chaque camp essaie de manipuler le peuple ignorant pour en tirer de bénéfice.

 

Pourquoi les accords de Libreville?

 

D’abord dans la première quinzaine du mois de décembre 2012, les centrafricains découvrent avec étonnement la naissance d’un groupe rebelle appelé «La SELEKA» alors que le gouvernement de l’époque ne cesse de leur dire que le pays est en sécurité et que tout va bien.  Cette rébellion qui commence au nord du pays, à plus de 1000 km de la capitale Bangui, descend comme une chute d’eau en moins de deux semaines et sans résistance au chemin jusqu’à la porte de Bangui. Pendant ce temps à Bangui règne une confusion au sommet de l’État et la communauté internationale tout comme les partis politiques, la société civiles voir même les religieux commencent  à s’inquiéter des conséquences d’une telle rébellion si elle fait son entrée dans Bangui. D’ailleurs plusieurs journalistes notamment ceux de RJDH, de LCN, de Centrafrique presse et autres ne cessent de signaler  les actes de tortures, de crimes, de viol, de vol, de destruction des églises par cette rébellion de la SELEKA. Ainsi, pour éviter les pertes en vie humaines énorme dans la ville de  Bangui,  la communauté internationale à travers la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale)  a décidé d’agir en convoquant tous les belligérants de ce conflit au tour d’une table à Libreville pour trouver une solution.

 

C’est dans ce contexte que les responsables de la Séléka représentés par Djotodia et autres, du gouvernement de KNK représentés par Jean Willybiro Sako et autres, le président Bozizé en personne, les religieux représentés par Zampalainga, de l’opposition démocratique représentés par Nicolas Tiangaye, et de la société civile se sont réunis en présence des chefs d’État de la CEEAC dans cette ville Gabonaise. Au bout de quelque jour de débat, les parties au conflit ont pu trouver une solution à cette crise. Alors, cette solution trouvée ne peut pas rester oralement c’est-à-dire dans la bouche (ce terme est lancé pour favoriser la compréhension des jeunes), il faut l’écrire sur les papiers et les faire signer par tout le monde. C’est ce qu’on a appelé Accord. Comme ces  accords sont signés à Libreville au Gabon, on lui donne le nom de «Accord de Libreville». Mais qu’est-ce qu’on dit au juste dans cet accord de Libreville?

 

D’abord, il faut bien préciser les choses. Il y’a deux accords signés à Libreville. L’un qu’on appelle «ACCORD DE CESSEZ-LE-FEU» et l’autre c’est «ACCORD POLITIQUE.

 

  • ACCORD DE CESSEZ LE FEU DE LIBREVILLE:

Cet accord concerne seulement deux parties en guerre c’est à dire la SELEKA et LES FORCES GOUVERNEMENTALES. L’opposition démocratique, la société civile, les religieux n’ont pas des armes et ne peuvent être impliqués dans cet accord. Ce dernier prévoit :

 

  • Un cessez-le feu immédiat c’est-à-dire aucune partie ne peut tirer sur une autre;
  •  
  • Un Arrêt immédiat de toute campagne médiatique de nature à nuire aux efforts de paix c’est à dire aucune partie ne doit parler dans les médias pour attiser la haine de l’autre camp;
  •  
  • Le retrait progressif des éléments de la Séléka dans les zones occupées;
  • La cessation de tous les actes de violence à l’encontre de la population civile…
  •  

Là, c’est le premier accord et il est signé par les représentants centrafricains de la Séléka qui est Djotodia, du gouvernement qui est Jean Willybiro Sako.

 

Alors, est-il possible de régler un tel conflit avec seulement un accord de cessez-le-feu? Plusieurs experts répondent non. Il faut un autre accord pour régler ce problème  car ce conflit est aussi politique et qui mérite une réponse politique. C’est ainsi que les différentes parties ont signé un autre accord appelé «accord politique»

  •  
  • ACCORD POLITIQUE DE LIBREVILLE :
  •  

Cet accord concerne toutes les parties présentes à Libreville. Tout le monde doit proposer une solution politique à cette crise. Les religieux centrafricains étaient présents, la société civile aussi y compris l’opposition civile et le groupe rebelle non combattant (c’est à dire le groupe des rebelles qui ont signé un accord de paix avec le gouvernement de Bozizé  et qui n’ont pas pris les armes depuis pour le combattre), et aussi la partie gouvernementale.  Après un long débat, les parties ont trouvé une solution et ont signé un accord appelé accord politique avec 21 articles qui prévoit (résumé de l’accord) notamment que :

 

  • Le Président de la République c’est à dire Bozizé, doit rester au pouvoir jusqu’à le fin de son mandat en 2016 et ne doit en aucun cas se représenter aux prochaines élections (C’était Yayi Boni, le Président du Benin qui lui a proposé cette idée);
  •  
  • Il faut mettre en place un gouvernement d’union nationale pour 12 mois renouvelable, dirigé par un membre de l’opposition démocratique et composé de toutes les parties y compris la société civile;
  •  
  • Ce gouvernement ne peut être révoqué  par le Président de la République c’est à dire, le Président n’a aucun droit de dissoudre ce gouvernement;
  •  
  • Aucun membre du gouvernement ne peut se présenter ou représenter aux élections prochaines;
  •  
  • L’assemblée nationale est maintenue jusqu’aux prochaines élections;
  • La libération des prisonniers…
  •  

Les différentes parties signataires de ces deux accords s’engagent à respecter leurs signatures. Les centrafricains y compris les partis politiques, la société civile et les religieux étaient contents de voir Bangui sauvées d’une attaque imminente des rebelles. Pour eux, les rebelles à Bangui est synonyme de destruction et de la mort.

 

Or, beaucoup disent que ces deux accords n’ont pas été respectés.

 

NON RESPECT DES ACCORDS SIGNÉS

 

Quelques jours après la signature de ces deux accords, la Séléka accuse ouvertement Bozizé de ne pas respecter ses engagements. D’abord elle accuse Bozizé de ne pas libérer les rebelles capturés voir même les tuer, de se préparer militairement pour contre attaquer, d’arrêter les personnes proches de leur mouvement et même d’attaquer leur position à plusieurs reprises.

 

Du coté gouvernement, on assiste à une démonstration des jeunes de KNK dans la ville et qui accusent les rebelles de ne pas respecter le cessez-le-feu voir même de les attaquer, Pour eux, les rebelles doivent reculer jusqu’au nord avant la libération des rebelles capturés… Et donc l’accord de cessez-le feu est menacé du coup.

 

Du côté de l’accord politique, l’opposition accuse Bozizé de jouer avec leurs nerfs. Ils disent que Bozizé refuse de nommer le candidat de l’opposition proposé en cherchant à monter Djotodia et Demafouth contre eux pour occuper la primature à la place de leur candidat.

 

Du coté de gouvernement, ils préfèrent se lancer dans la campagne médiatique à la Gbagbo dans les médias locaux. Ils ne cessent de marteler que la Séléka c’est l’affaire du FARE. C’est une manière de mettre dans la tête de tout le monde que la Séléka c’est une branche armée de l’opposition politique civile.

 

Et pourtant, dans les accords signés, il prévoit à toutes les parties de s’abstenir de la campagne médiatique de manière à attiser la haine et raviver le conflit. Et pourtant c’est le contraire qu’on a observé juste une semaine après Libreville.  

 

Subitement la tension monte et les deux camps signataires de cessez-le feu s’attaquent et la force de la Séléka a pris le dessus. Djotodia a pris le pouvoir le 24 mars faisant fuir Bozizé et son gouvernement.  Alors, qu’est-ce qu’on fait avec les accords de Libreville? On les laisse tomber ou ils sont encore valables?

 

D’abord après la chute de Bozizé, plusieurs acteurs politiques nationaux y compris la communauté Internationale revendiquent la nécessité de garder l’idée fondamentale des accords de Libreville notamment le volet politique.

 

Pourquoi garder le volet politique?

 

Plusieurs acteurs et signataires des accords de Libreville manquent à l’appellent. Ils ne sont plus au pouvoir et la nécessité de l’ajuster est forte car sur le plan militaire, les donnes ont changé. Par contre sur le plan politique, les acteurs sont là mais leurs fonctions qui ont changé.  Et ce Djotodia a compris et voulait jouer sur ce vide pour légiférer c’est-à-dire prendre de décision, signer les décrets sans demander qui que ce soit. C’est de la dictature pure et simple. Ainsi, la communauté internationale a vu de très mauvais œil cette façon de faire et a convoqué de nouveau toutes les parties à Ndjamena au Tchad pour trouver une autre solution.

 

Ainsi, Le 03 Avril 2013, les Chefs d’État de la CEEAC assistés du président de l’Afrique du Sud et les représentants de l’union Africaine se sont réunis à Ndjamena pour exiger et définir les feuilles de route aux nouvelles autorités issues de la Séléka. Les parties centrafricaines sont représentées lors de ce sommet et une feuille de route a été définie. On parle de la «DECLARATION DE NADJAMENA 1».

 

Dans cette déclaration dite de Ndjamena 1, il a été question de :

 

  • La non-reconnaissance de Djotodia comme Président de la République Centrafricaine;
  • La création d’un collège de transition c’est-à-dire le Conseil National de Transition (CNT) et la Cour Constitutionnelle de Transition (CCT) pour une durée maximum de 18 mois pas plus;
  •  
  • La transition ne doit pas durer trois ans;
  •  
  • L’accord politique de Libreville est la base de la transition surtout les articles 2, 3, 4, 5, 6. Ceci dit, tous les membres du gouvernement de transition ne peuvent se présenter aux élections prochaines; et la primature est revenue de droit à l’opposition démocratique;
  •  
  • Djotodia ne doit pas se présenter aux prochaines élections;
  • La durée de la transition est d’un an à la limite 18 mois maximum…
  •  

En quelque sorte, la déclaration de Ndjamena valide l’idée de base de l’accord politique de Libreville et impose une nouvelle feuille de route. Ceci dit, l’accord de Libreville n’est pas caduc car il a été rétabli par les chefs d’États et du gouvernement lors du sommet de Ndjamena 1.

 

Le 13 avril 2013, ces mêmes chefs d’État, toujours avec la présence du chef d’État de l’Afrique du Sud, se sont réunis à nouveau à Ndjamena pour faire le point sur la feuille de route établies le 3 avril 2013. Ce deuxième sommet est soldé par une autre déclaration dite de Ndjamena 2. Dans cette déclaration, il est question :

 

  • De repréciser au point 1 que l’Accord Politique signé le 11 janvier 2013 à Libreville est et demeure le noyau central des arrangements politiques durant la période de transition;
  •  
  • De la durée de la transition est de 18 mois ;
  •  
  • Que Le Chef de l’État Djotodia, le Premier Ministre, les membres du gouvernement de transition et les membres du CNT ne peuvent se présenter aux élections prochaines ;
  • Que Le Premier Ministre dispose du pouvoir étendu et ne peut être révoqué par le Président de Transition;
  •  
  • Le nombre des membres du CNT doit passer de 105 à 135;
  • D’augmenter le nombre des soldats de la paix sur notre sol…
  •  

Cette déclaration reprend en grande partie les textes de l’accord politique de Libreville. Ceci veut dire, si même on considère que l’accord de Libreville est mort, mais la déclaration de Ndjamena 1 et 2 constitue la base même de cette transition car elles imposent la création du CNT, du CCT et le gouvernement de transition.

 

 Le 9 et 10 Janvier 2014, les chefs d’État de la CEEAC se sont réunis à nouveau à Ndjamena en convoquant le Premier Ministre Centrafricain de Transition, le Président Centrafricain de Transition et tous les membres du Conseil national de Transition (CNT) de Centrafrique pour faire le point sur les feuilles de route mise en place. À la plus grande surprise de tout le monde, Le Président de Transition ainsi que son Premier Ministre sont contraints à la démission.  Cette démission est entérinée par le CNT et le Conseil Constitutionnelle de Centrafrique. Les chefs d’État leur reprochent de ne pas manager des efforts pour remettre le pays en ordre.  Cette démission ouvre la voie à l’élection d’un nouveau Président.

 

Le 20 Janvier 2014, Madame Samba-Panza Catherine est élue présidente de la Transition à la place de Djotodia.

 

Mais, est-il vrai que l’arrivée de Djotodia et l’élection de madame Samba-Panza à la tete de la RCA marquent la fin de l’accord politique de Libreville?

 

D’abord les Chefs d’État de la CEEAC répondent NON car dans la déclaration de Ndjamena 1 et 2, ils réitèrent que la base de cette transition est l’accord politique de Libreville et non celui de cessez-le feu de Libreville. D’ailleurs ils ont pris le soin d’écrire noir sur blanc tous les points essentiels de cet accord pour ne pas créer de confusion. En plus, ils complètent en imposant une feuille de route aux autorités de transition comme la création du CNT, de CCT… Et ces même Institutions de Transition qui ont voté et validé l’élection de madame Samba-Panza. C’est pour dire, la nouvelle Présidente est liée aux déclarations de Ndjamena 1 et 2 qui imposent l’accord de Libreville comme la base de cette transition.

 

En conclusion, cette analyse personnelle est une démarche pour comprendre le concept de la transition politique dans notre pays. Ce n’est pas une analyse juridique mais une analyse d’idée en français facile pour éclairer nos enfants qui sont encore au lycée et qui ne comprennent rien des différents accords signés dans notre pays.

 

Gabriel GRENGBO

Juriste

ACCORDS DE LIBREVILLE, DÉCLARATIONS DE N'DJAMENA EN FRANÇAIS FACILE par Gabriel GRENGBO

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Centrafrique-Presse.com
29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 14:50

 

 

 

 

 

 

     Après plus de 50 ans d’indépendance, la République Centrafricaine peine à amorcer le moindre début de son développement. Le pays est aujourd’hui plongé dans une des crises les plus profondes de son histoire qui consacre un recul sur tous les plans. Crise politique, crise économique, crise sécuritaire, crise humanitaire, crise identitaire, crise démocratique, voilà le tableau apocalyptique qui se dessine sous nos yeux et qui nécessite pour notre pays un virage radical si nous voulons encore léguer aux générations à venir un Centrafrique digne, libre et prospère où il fait bon vivre.

 

Comment sortir la RCA du gouffre dans lequel il est plongé depuis plus de trois décennies ? Tel est se présente l’équation à laquelle la communauté internationale ainsi que chaque filles et fils de Centrafrique doit répondre. Mais pour ce faire, nous avons l’obligation de rechercher les causes réelles de la crise multiforme que le pays connait plutôt que de nous acharner sur ses conséquences comme c’en  est malheureusement le cas. L’INCIVISME, voilà le mal qui gangrène notre société et explique toutes les dérives que nous connaissons.

 

Nous n’avons aucun intérêt à dissimuler ou à entretenir les racines du mal qui alimentent la montée en puissance de cet incivisme multiforme que sont : analphabétisme et l’ignorance de la population, l’absence d’éducation à la citoyenneté, la dégradation des valeurs, la non participation des partis politiques à l’éducation citoyenne, l’absence de l’autorité de l’État, la persistance de l’impunité, la mauvaise gouvernance, la violation des serments, le népotisme.

 

Les conséquences sont là, palpables : Tabula rasa sur plus de cinq (5) décennies d’existence de la RCA.

 

Comment voulons-nous qu’un peuple moins instruit raisonne juste, différencie dans les «A tènè» les vérités des mensonges qu’on lui présente, rejette les crimes que l’on veut le pousser à commettre, se choisisse un bon dirigeant?

 

Comment voulons-nous construire une nation dans l’incivisme, en brulant, en pillant, en tuant, en dégradant et en tout saccageant ?

 

Comment ne voulons-nous pas comprendre le reflexe d’autodéfense d’un peuple dont ses dirigeants préoccupés par leurs intérêts égoïstes ne lui assure même pas les minima vitaux : travail, éducation, santé, sécurité, information ?

 

Comment voulons-nous construire un État de droit lors que chacun se plaît à faire ce qu’il veut sans tenir compte des impacts négatifs de ses actes sur les autres et sur lui-même qui ne peut pourtant rien faire sans l’autre ?

 

Comment pouvons-nous construire un Etat démocratique pendant que 90% de la population vit dans l’analphabétisme, dans un climat permanant de tension, d’hostilité et de division national?

 

Comment voulons-nous instaurer un régime démocratique dans un État où les antivaleurs sont érigées en mode de gouvernance et de gestion de la chose publique ?

 

L’heure est grave. Le moment n’est cependant pas indiqué de pointer le doigt accusateur sur Pierre ou Paul mais d’opérer un sursaut national pour rejeter la faillite nationale et collective, nous remettre résolument au travail et sauver l’unité de la nation Centrafricaine.

C’est pourquoi, l’Observatoire de la Démocratie et du Développement lance cet appel :

 

  • à toutes les centrafricaines et centrafricains, aux partis politiques, organisations de la société civile, autorités coutumières et religieuses, medias : de prendre à bras le corps ce phénomène d’incivisme qui mine notre société et explique pour l’essentielle la crise dans notre pays, dans tous leurs projets, ou programmes ;
  •  
  • au Gouvernement et au Conseil National de Transition : d’adopter une Charte d’éthique et du Civisme consacrant la création d’une Commission Nationale de Civisme afin de redonner à l’instruction civique une place fondamentale dans notre société;
  •  
  • aux autorités nouvellement instituées : de saisir la Cour Pénale Internationale aux fins d’ouverture des enquêtes et de poursuites des auteurs et coauteurs des crimes relevant de sa compétence perpétrés en la faveur de la crise que connait le Centrafrique.
  •  

C’est la condition sine qua non pour un retour de la paix et la sauvegarde de l’unité nationale, gage du développement harmonieux et durable de la République Centrafricaine.

 

Fait à Bangui, le 29 janvier 2014

 

Pour le Bureau du Conseil National de l’ODD

 

Alain Fiacre Melki DALEMET-REBAILE  

 

Président National

 

 

 

APPEL DE L’OBSERVATOIRE DE LA DEMOCRATIE ET DU DEVELOPPEMENT A LA RECONSTRUCTION D’UNE NOUVELLE CENTRAFRICAINE

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