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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:50

 

 

 

 

 

Créé le 07/01/2014 à 14h31 -- Mis à jour le 07/01/2014 à 14h48

 

POLITIQUE - A défaut d'avoir obtenu la création d'une mission parlementaire sur l'intervention française dans ce pays...

 

L'UMP envisage d'envoyer une délégation de ses députés en Centrafrique, faute d'avoir obtenu la création d'une mission parlementaire sur l'intervention française dans ce pays, a annoncé mardi le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob.

 

«On souhaitait une mission d'information comme ça avait été le cas pour le Mali, de façon à pouvoir aller sur place, rendre compte aux parlementaires et qu'ensuite le Parlement ainsi éclairé puisse prendre des décisions. A ma grande surprise, cette mission a été refusée par la conférence des présidents (qui réunit les présidents des commissions et des groupes parlementaires ainsi que le ministre des Relations avec le Parlement)», a déclaré M. Jacob à la presse. «Je réitérerai cette demande la semaine prochaine. Si ça n'était pas le cas, on envisage d'envoyer une délégation de parlementaires sur place», a-t-il ajouté.

 

Débat fin mars ou début avril

 

Députés et sénateurs seront appelés à débattre de la Centrafrique fin mars ou début avril car la Constitution prévoit que l'autorisation du Parlement est obligatoire pour prolonger une intervention militaire au-delà de quatre mois. L'intervention militaire en Centrafrique a commencé début décembre. «Mais ce n'est pas par un débat de deux heures dans onze semaines que l'Assemblée sera correctement informée de la situation en Centrafrique», a déploré le député UDI Jean-Christophe Lagarde, dont le groupe a également demandé cette mission d'information. «On ne remet pas en cause l'intervention mais l'information est extrêmement lacunaire», a-t-il jugé. «Il y a eu une très grande crispation du gouvernement sur notre demande, ce qui renforce notre inquiétude sur l'évolution de la situation sur place», a-t-il ajouté.

 

Pour sa part, le groupe écologiste a été «surpris» par la demande de l'UMP et de l'UDI, et «encore plus surpris par la réponse du gouvernement sur un enjeu aussi lourd». «Un groupe de travail d'une dizaine de députés aurait été possible», a considéré le co-président des députés EELV, François de Rugy. Dans l'entourage du ministre des Relations avec le Parlement Alain Vidalies, on souligne que le gouvernement était défavorable à cette mission car cela fait «double emploi» avec les auditions des ministres des Affaires étrangères et de la Défense par les commissions compétentes.

 

Les présidents des groupes bientôt reçus

 

Comme ils l'ont été déjà une première fois en décembre, les présidents de groupes seront aussi reçus «prochainement» par le Premier ministre, qui leur fournira des «informations précises et confidentielles», a-t-on assuré. «La Constitution, et la méthode qui a été choisie par le gouvernement, permet d'avoir tous les éléments d'informations», a souligné pour sa part le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, lors de ses voeux à la presse. «Je n'ai jamais entendu aucun député se plaindre des informations qui ont été données», a-t-il ajouté. Aussi, a poursuivi Bruno Le Roux «je ne vois pas pourquoi nous aurions besoin d'y ajouter une mission d'information». «Chacun devra, au début du mois d'avril, venir à l'Assemblée en ayant une position sur la poursuite» de l'opération, a-t-il dit en évoquant le vote au Parlement.

 

 Avec AFP

Centrafrique : L'UMP envisage d'envoyer une délégation sur place

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:28

 

 

 

 

 

Par Yves Bourdillon | 07/01 | 06:00

 

 

Bilan décevant un mois après le début de l'intervention militaire française.


La mission d'interposition s'avère très délicate pour seulement 1.600 soldats.

 

Officiellement, on n'enregistre plus de massacre de grande ampleur et l'armée française n'a perdu que deux soldats. Pour le reste, un mois après son déclenchement, l'intervention militaire française en Centrafrique n'a pas réussi à atteindre son objectif principal, la pacification du pays.

 

Tel est le bilan, mitigé, de l'opération Sangaris, forte de 1.600 soldats. Des effectifs très limités, en raison notamment des contraintes budgétaires, alors que la plupart des spécialistes estiment qu'il en faudrait trois à cinq fois plus pour sécuriser la capitale, sans même parler de stabiliser un pays un peu plus grand que la France. Paris se retrouve au demeurant très isolé dans cette affaire (lire ci-contre), appuyée seulement par une force africaine, la Misca, dont la composante tchadienne n'inspire pas confiance aux chrétiens du pays.

 

En s'interposant entre chrétiens et musulmans, l'armée française a sans doute évité une spirale d'exactions et de représailles. Mais elle ne parvient pas à désarmer les milices, mission assignée seulement en un deuxième temps et au demeurant quasi impossible dans une ville où les miliciens des forces Séléka (musulmanes) ou anti- balaka (chrétiennes) peuvent se fondre dans la population. En outre, l'armée est plutôt formée pour affronter un ennemi, avec chars et hélicoptères, qu'à persuader une population, avec un mégaphone, de cesser des exactions, tâche qui relève plutôt de la police.

 

L'économie tourne au ralenti

 

Enfin, faute de leader politique incontesté dans ce pays pauvre de 5 millions d'habitants, aucune solution politique ne semble se profiler. Le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, porté au pouvoir il y a un an après le renversement de François Bozizé, est confiné au camp de Roux (le QG des Séléka) et le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, ne pèse pas sur les évènements. Le ministre des travaux publics a vainement appelé récemment les fonctionnaires à retourner au travail, alors que les administrations sont vides. L'économie tourne au ralenti, ainsi qu'en atteste un doublement du prix de certaines denrées dans Bangui. Autre signe de la volatilité de la situation, les pays voisins ont commencé ce week-end à évacuer leurs ressortissants. Depuis un mois, près de mille civils ont été tués dans le pays et le nombre de réfugiés et de personnes déplacées approche le million.

 

Sans critiquer le principe d'une intervention, l'ex-ministre de la Défense Gérard Longuet (UMP) s'est interrogé vendredi sur le «  sens politique » de l'opération Sangaris, se demandant «  quel est le projet gouvernemental pour donner un Etat de droit à la République centrafricaine ». L'opinion publique, prompte à envisager l'enlisement dès qu'un conflit dure, doute : en un mois la proportion de Français approuvant l'intervention a chuté de dix points, à 41 %, selon un sondage récent.

 

Yves Bourdillon, Les Echos

 

 

Lu pour vous : La Centrafrique est loin d'être stabilisée

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:26

 

 

 

 

http://www.lematin.ma   7 janvier 2014

 

Ban Ki-moon exprime sa «gratitude» au Maroc pour son action en faveur de la stabilisation de la République centrafricaine


● Le S.G de l'Onu félicite également le Maroc pour avoir accepté de fournir des troupes pour l’unité de gardes des Nations unies.

 

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a exprimé lundi à New York, sa «gratitude» au Maroc pour son action en «faveur de la stabilisation de la République centrafricaine».

 

«Je tiens à exprimer ma gratitude aux partenaires bilatéraux, aux organisations régionales et multilatérales, notamment l'Union africaine, la Communauté économique des Etats de l'Afrique Centrale et l'Union européenne, à la France, au Maroc et aux pays fournisseurs de contingents à la MISCA, pour le travail précieux qu'ils accomplissent en faveur de la stabilisation de la République centrafricaine», a souligné le secrétaire général dans un rapport soumis dans lundi après-midi au Conseil de sécurité de l'Onu.

 

Ce rapport fait le point sur la situation en République centrafricaine et sur les activités menées dans ce pays par le Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (Binuca) du 1er août au 31 décembre 2013. Il procède ensuite à une évaluation détaillée des résultats et de l'efficacité du Binuca.

 

Le secrétaire général a, également, félicité le Maroc pour «avoir accepté de fournir des troupes pour l'unité de gardes des Nations unies et de prendre la tête de la formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix».

 

Dans un message adressé aux membres du contingent des FAR devant se rendre en République centrafricaine, S.M. le Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d'état-major général des Forces Armées Royales (FAR), avait notamment souligné qu'«en réponse à l'appel du devoir de solidarité internationale et partant de la considération que porte Notre Majesté aux missions de bons offices déployées par l'Organisation des Nations unies en vue de préserver la sécurité et la paix dans le monde, Nous avons décidé, par la grâce de Dieu, de dépêcher ce contingent de Nos Forces Armées Royales en République Centrafricaine pour participer à la mission de l'Onu déployée dans ce pays africain frère, comme contribution du Royaume du Maroc aux efforts de la Communauté internationale visant à défendre les nobles valeurs humaines universelles et à soutenir le dialogue, la réconciliation nationale et le développement».

 

Le 29 octobre dernier, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement de 560 hommes, dans le cadre d'une unité de gardes chargée de la protection du personnel et des locaux des Nations unies, rappelle-t-on. 

 

Le «Maroc est le pays fournisseur de contingents et la première phase du déploiement (250 hommes) a commencé le 31 décembre», a poursuivi Ban dans ce rapport aux Quinze Etats membres réunis, soulignant que l'unité de gardes du Binuca «n'est pas une force de maintien de la paix».

 

Elle a «pour mandat d'assurer la sécurité et le contrôle des accès des installations et locaux de l'Onu à Bangui et dans le reste du pays et offrira des services mobiles de sécurité et d'escorte au personnel de l'Onu et mènera les opérations d'évacuation s'il y a lieu. Elle appuiera les activités de l'Onu visant à aider la population et le gouvernement centrafricains», a expliqué le Secrétaire général.

 

Les observateurs à l'Onu ont relevé que cette double consécration du Maroc récompense l'engagement africain de Sa Majesté le Roi et le souci constant du Souverain de contribuer à l'apaisement des tensions et au rétablissement de la paix dans les zones de conflit, notamment en Afrique.

 

http://www.lematin.ma/express/2014/stabilisation-en-centrafrique_ban-ki-moon-exprime-sa--gratitude--au-maroc/194530.html#sthash.rLZiJScj.dpuf

Lu pour vous : Stabilisation en Centrafrique : Ban Ki-moon exprime sa «gratitude» au Maroc

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:24

 

 

 

 

 

http://www.europe1.fr  Par Gwendoline Debono, envoyée spéciale en Centrafrique, et Charles Carrasco

Publié le 7 janvier 2014 à 08h09

 

 

REPORTAGE - Tout l'appareil politique et judiciaire est à l'arrêt. Certains réclament une mise sous tutelle internationale.

 

L'INFO. Cela fait maintenant un mois que l'opération "Sangaris" en Centrafrique a commencé. Jeudi, le Mali, le Sénégal, le Nigeria ont évacué de Bangui des centaines de leurs ressortissants qui fuient les affrontements meurtriers entre chrétiens et musulmans qui ont déjà fait près d'un million de déplacés et plus de 1.000 morts le mois dernier.

 

Comme a pu le constater sur place l'envoyée spéciale d'Europe 1, la reconstruction du pays et des élections vont s'avérer difficile à organiser dans un pays sans ministère, sans force de sécurité, et même sans même la moindre prison.

 

Dans l'enceinte juridique du tribunal de Bangui, le vide s'entend. Les paroles du procureur résonnent dans l'immeuble désert. Il n'y a plus personne pour s'asseoir sur la fourrure zébrée qui orne les sièges des magistrats. "Le procureur se retrouve aujourd'hui avec un seul substitut. Il n'y a pas de secrétariat", déplore-t-il. En fait, le procureur n'a rien pour mener à bien sa mission. Pas même de policiers pour ouvrir une enquête. Dans toute la Centrafrique, il n'y a plus aucune prison. Elles ont été saccagées. "Tous ceux qui ont été placés sous mandat de dépôt, ils se sont évaporés avec les événements. On commet une infraction, en principe, on va en prison, on vous arrête. Ça, on ne peut pas le faire", affirme le procureur. La salle des pas-perdus n'a donc jamais aussi bien porté son nom.

 

Mais il n'y a pas que la justice qui est à terre. Dans tout le pays, les écoles sont fermées et personne ne paye ses impôts. Et pour trouver un ministre, il vaut mieux aller à la terrasse d'un hôtel qu'au ministère, confie Joseph Bendounga, lui-même ancien ministre limogé il y a un mois. "Pratiquement aucun ministère fonctionne. A 500 mètres de là, il y a le ministère de l'Agriculture, il n'y a personne ! Mais les ministres sont en vacances ! C'est un gouvernement fantôme", s'inquiète ce politique.

 

La Centrafrique, dit-il, doit être placé sous tutelle internationale. C'est humiliant mais, selon lui, c'est le seul moyen de faire naître un semblant d'efficacité sur les cendres de l'Etat.

Lu pour vous : La Centrafrique, un pays sans Etat

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:12

 

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 07-01-2014

 

Plus d'un mois après le dé ploiement officiel de l'opération française Sangaris le 5 décembre à Bangui suivie après par la Mission internationale de soutien à la Centrafricaine (MISCA), une force africaine, ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale continue d'être secoué par la violence, soit le constat d'une impasse qui apparemment n'avait pas été envisagée pour cette mission.

 

Reclus au camp de Roux qui abrite le siège de l'état-major de l'armée nationale dans la capitale, le président de la transition, l'ex-chef rebelle Michel Djotodia, vit certainement sous pression et désemparé, tant son pouvoir acquis par les armes il y a bientôt un an n'a guère de valeur que symbolique.

 

Prise dans l'étau du bourbier centrafricain que vraisemblablement elle n'avait pas imaginé comme une mission plus périlleuse que l'intervention au Mali pour ses troupes de l'opé ration Sangaris, la France, ex-puissance coloniale, suggère ouvertement la mise à l'écart du tombeur de François Bozizé, le dé signant comme le principal responsable de la dégradation continue du climat sécuritaire et humanitaire.

 

Déchirée par les violences commises par les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) d'une part et les milices anti-Balakas (anti- machettes) jugées fidèles à l'ancien régime d'autre part, la Centrafrique est devenue une sorte de zone de non-droit pour ses quelque 5 millions d'habitants dont un millier d'entre eux a été tué au cours du seul mois de décembre, selon les estimations des Nations Unies.

 

Sur près d'un million de déplacés, environ 100.000 s'entassent dans des camps de fortune sur le site de l'aéroport international de Bangui M'Poko sous protection des forces françaises, à en croire une autre estimation.

 

Du Cameroun au Nigeria, en passant par le Mali, le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou encore le Tchad (dont les ressortissants pour la plupart musulmans sont devenus l'objet de règlements de comptes de la part des miliciens chrétiens anti-Balakas suite à des accusations de collusion du contingent tchadien de la MISCA avec les ex-Séléka), le pays se vide de ses résidents étrangers africains.

 

Ex-porte-parole militaire de la coalition Séléka aujourd'hui commandant de la gendarmerie mobile centrafricaine, le colonel Christian Narkoyo, musulman originaire comme Djotodia du Nord du pays, juge la situation « choquante » et « malheureuse ». « C'est triste de voir partir comme ça des gens qui sont installés depuis des décennies. On ne sait avec qui vivre », a-t-il souligné dans un entretien téléphonique à Xinhua à Bangui.

 

Interdit de patrouilles avec ses 400 éléments déclarés, une mesure également imposée à la police depuis le 16 décembre dans la capitale à la demande des responsables militaires français, Narkoyo, ex-gendarme de deuxième classe ayant acquis ses galons de colonel dans la rébellion, continue d'accuser à son tour l'armée française d'avoir compliqué davantage les choses avec son désarmement forcé où les ex-Séléka se sont vus livrés à la vindicte populaire et les anti-Balakas « protégés ».

 

« C'est la France qui est en train d'envenimer la situation. Vraiment, je ne sais comment qualifier cela. Les Sangaris sont venus chasser les musulmans de Bangui. Ils montent les populations chrétiennes contre les musulmans. Ils les arment, les financent. Dans les provinces où il n'y a pas ces Sangaris, c'est calme. Leur mission principale est de venir protéger la population sans exception », affirme-t-il.

Une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU tenue lundi à New York s'est alarmée de cette aggravation de la crise centrafricaine où l'impuissance du pouvoir de Michel Djotodia a ét é établie depuis longtemps. Afin de sortir de l'enlisement, la France préconise l'envoi d'une mission de paix de l'organisation mondiale.

 

« Si la France ne change pas sa méthode (non favorable à ses yeux aux ex-Séléka, NDLR), la situation va continuer de se dégrader. Si les gens achetaient la nationalité, j'en achèterais une et m'en aller moi aussi », insiste le colonel Narkoyo qui juge cependant inopportun l'envoi de Casques bleus. Car selon lui, « qu' est-ce qu'il y a de grave pour qu'on envoie les Casques bleus ? ».

 

Pour lui, « les Sangaris ont échoué. Nous demandons à la France d'aider les forces africaines financièrement et matériellement. Qu'elle finance les 18 milliards de francs CFA (budgétisés pour le fonctionnement de la MISCA, NDLR). Sans Sangaris, les forces africaines vont réussir ».

 

Géostratège chef du Centre de recherches et d'études politiques et stratégiques (CREPS) de l'Université de Yaoundé II au Cameroun, le Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé, qui avait auparavant estimé que la réussite de la mission de Sangaris et de la MISCA nécessitait un affrontement direct avec les « forces de la guérilla », c'est-à-dire les ex-Séléka et anti-Balakas en même temps, recommande que les deux missions « passent sous administration onusienne ».

 

« Depuis vingt ans, on a essayé la force de l'Afrique centrale, ça n'a rien donné. Puis, les Français sont venus, ça ne donne toujours rien. La méthode qu'ils ont choisie n'est pas la bonne. On ne désarme pas avec les armes de guerre et on ne peut pas non plus se limiter dans les grands axes sans entrer dans les quartiers », note l'universitaire.

Le premier en Centrafrique à tirer la sonnette d'alarme dès juillet 2012 sur l'ampleur de la crise, l'archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, plaide lui aussi pour la « transformation de la MISCA et de Sangaris en force onusienne ». Puisque, relève pour sa part l'homme d'Eglise, « en quelques semaines, nous avons vu les limites, parce que les Centrafricains n'ont pas adhéré » et que par ailleurs « l'Etat a fait faillite ».

 

Mais contrairement aux allégations du camp présidentiel, Mgr. Nzapalainga se félicite de l'action de la force française qui, affirme-t-il, « est venue sauver ce qui devait être pire, les massacres. Au début, on pensait que c'est une force partiale. Avec le temps, on s'est rendu compte que c'est une force d'interposition ».

 

« Rien ne se fera sans la contribution des Centrafricains, qu' ils soient convaincus surtout de la paix, qu'ils tournent le dos à la violence », avise-t-il cependant dans un appel à un sursaut patriotique national. « Il est temps d'enterrer la hache de guerre, d'aller vers un consensus national ».

 

Il insiste surtout sur l'engagement « responsable » des acteurs politiques, lesquels se font discrets, bottant sans cesse en touche les sollicitations des journalistes sous prétexte d'être occupés, et s'emploient au contraire à se concentrer sur la préparation des prochaines élections présidentielle et législatives que le président français François Hollande souhaite voir se tenir cette année.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : Djotodia dans le viseur français, son camp demande le retrait de l'opération Sangaris

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 01:38

 

 

 

 

Alliance des Forces démocratiques pour la Transition (AFDT)

Communiqué de presse de l'Alliance des Forces démocratiques pour la Transition
Communiqué de presse de l'Alliance des Forces démocratiques pour la Transition

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 00:53

 

 

 

 

 

 

RFI  Christophe Boisbouvier  mardi 07 janvier 2014 à 14:10

 

En Centrafrique, trois hommes, trois dignitaires religieux, tentent encore d'éviter le pire entre les communautés chrétiennes et musulmanes : chez les catholiques monseigneur Nzapalainga, chez les protestants le pasteur Guerekoyamé-Gbangou et chez les musulmans l'imam Omar Kobine Layama qui préside la Conférence islamique de RCA. De Bangui, le dignitaire musulman répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Comment expliquez-vous ces tueries entre chrétiens et musulmans depuis un mois à Bangui ?

 

Omar Kobine Layama : Nous vivons cette crise où les Centrafricains s’entretuent. On dit que c’est les musulmans et les chrétiens qui s’entretuent, mais ce n’est pas une crise religieuse, c’est politique. Les politiques veulent se cacher derrière ça et faire cet amalgame pour que la religion puisse vraiment endosser la responsabilité. Nous condamnons ces tueries, que cela soit fait par ceux qui se disent musulmans ou ceux aussi qui se réclament chrétiens. Le bon musulman tout comme le bon chrétien n’est pas un acteur de tuerie, c’est un acteur de paix.

 

Quand est-ce que la défiance est apparue entre les différentes communautés ?

 

Depuis le 10 décembre 2012 ; cela a pris naissance lorsque la Seleka a commencé à entreprendre sa descente sur Bangui. Le pouvoir en place commençait déjà à dire que les Seleka sont seulement des musulmans qui viennent instaurer la charia dans le pays, l’islamisation du pays pour transformer les écoles en madrasas et qu’il fallait que tous les Centrafricains s’élèvent pour leur barrer la route. C’était déjà un début et l’esprit est resté.

 

C’était la propagande du régime de François Bozizé ?

 

Oui, contre les musulmans. Et ensuite la Seleka aussi dans sa course pour le pouvoir, il y a eu des amalgames, il y a eu des éléments incontrôlés qui ont fait empirer la situation, qui ont transformé le visage de la rébellion avec des pillages de tout bord, des tueries. Ca a augmenté la haine de nos frères, les victimes, qui confondaient la Seleka, avec une structure musulmane. Or non, la Seleka est composée à la fois de chrétiens et de musulmans.

 

A l’arrivée des rebelles Seleka au pouvoir en mars 2013, beaucoup de chrétiens se sont alarmés de voir des églises attaquées et des fidèles rançonnés pendant la messe du dimanche matin. Est-ce que vous comprenez leur émotion ?

 

Oui, je comprends et de tout temps, j’ai condamné cela. Les églises sont des maisons de Dieu et n’appartiennent à personne. Ce sont des lieux sacrés. Il ne faut jamais s’en approcher, ni les profaner. Aujourd’hui, les mosquées connaissent le même sort.

 

En tant que président de la Conférence islamique de Centrafrique, vous êtes un homme de dialogue entre les religions. Mais est-ce que c’est le cas de tous les autres imams de Bangui et de Centrafrique ?

 

Les imams de Bangui, même si certains ont des réactions des fois qui ne sont pas ce que nous voulons, écoutent notre appel. Nous pouvons faire vraiment un dialogue pour la paix avec la quasi-totalité des imams. Nous n’avons pas des imams tellement extrémistes en Centrafrique. S’il y en a, ils ne se sont pas encore présentés comme tels.

 

Le pasteur protestant Guerekoyamé-Gbangou dit que depuis quelques mois, de nouveaux imams venus du Tchad et du Soudan sont arrivés à Bangui et ne tiennent pas le même langage que vous ?

 

Je n’ai pas encore appris la présence de ces imams. S’il y en a, je devais les enregistrer et je devais les connaître. Dans nos mosquées, nous avons un Conseil des imams et il y a un Bureau des imams qui est là et qui travaille sous ma supervision. Donc, je n’ai pas enregistré la présence d’imams étrangers. Peut-être qu’il s’agit de prédicateurs. Ces jours-ci, toutes les administrations ne fonctionnent pas et s’il y a des nouveaux prédicateurs qui sont arrivés, c’est une information pour moi, je vais faire le découpage pour vous donner ma position.

 

Y a-t-il à Bangui des imams qui prônent la charia ?

 

Les imams qui prônent la charia, ce ne sont pas des imams qui ont le pouvoir de prononcer la charia. Ils n’ont pas l’autorité politique et spirituelle de la religion. Nous incarnons cette autorité et les imams sont convaincus que le pays est un pays laïc où la minorité musulmane ne pourrait jamais imposer la charia dans le pays. Même si les musulmans étaient majoritaires, ils n’ont pas aussi le pouvoir d’imposer la charia, même à la minorité des chrétiens non plus. Parce que l’islam, dieu nous dit dans le Coran, pas de contrainte en religion. Aucun musulman n’a le droit d’imposer l’islam à quelqu’un.

 

Etes-vous pour la force militaire française Sangaris ?

 

Je ne peux pas être contre, ça fait partie de mes vœux pour nous aider à rétablir la paix. Donc je soutiens totalement cette mission en Centrafrique. Je ne serai jamais aussi contre la mission Sangaris qui est une mission de paix, même s’il y a des petites erreurs sur le terrain.

 

Quelles sont ces petites erreurs sur le terrain ?

 

Quand on fait le désarmement et que les dispositions ne sont pas prises pour épargner les tas de vols, les tas de pillages, les tas de tueries, ça peut envenimer aussi la situation. Il faut vraiment que les gens puissent être en sécurité.

 

Vous croyez à une paix encore possible dans les mois qui viennent après les tueries qui viennent de se produire ?

 

L’optimisme n’est pas religieux. Il y aura la paix parce qu’il y a des frères africains, musulmans, la majorité ne sont pas pour ce qui se passe en ce moment, parce qu’au début c’était difficile, mais en ce moment, il y a des frères chrétiens qui viennent me voir pour poser leurs problèmes. Et je reçois tout le monde en tant que leader musulman. Ca veut dire que mon message est entendu et que tous les Centrafricains reconnaissent vraiment notre autorité religieuse.

 

L'imam Omar Kobine Layama en Centrafrique, «ce n’est pas une crise religieuse, c’est politique»

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 23:59

 

 

 

 

 

Agence France-Presse Bangui 07 janvier 2014 à 11h41 

 

L'administration à Bangui est totalement paralysée par le conflit centrafricain qui a fait des dizaines de milliers de déplacés malgré les appels à la reprise du travail lancés par le gouvernement, a-t-on appris mardi de source officielle.

 

«J'ai fait un tour des différents départements ministériels, mais c'est la désolation. Les fonctionnaires et agents de l'État ont peur pour leur vie, leur sécurité. Ils ne sont pas venus au travail. Je les comprends. Beaucoup vivent dans des situations difficiles, loin de leurs maisons, de leurs familles ou proches», a déclaré à la presse le ministre de la Fonction publique, Gaston Mackouzangba.

 

«Il y a des collègues ministres qui souhaitent que les forces de l'opération Sangaris et de la Misca assurent la sécurité des édifices publics pour permettre la reprise des activités. Les démarches sont en cours», a-t-il ajouté.

 

Comme de nombreux Banguissois, les fonctionnaires ont souvent quitté leur foyer, pour fuir les violences dans leurs quartiers. «Je suis sur le site (de déplacés) de l'aéroport. Ma famille quant à elle se trouve encore au PK-1O (quartier du nord de la ville). Je suis sans argent, je vis de l'aide alimentaire. Comment pourrais-je me rendre au travail?», a expliqué à l'AFP Eloi Sadéka, fonctionnaire au ministère de la Santé.

 

«J'ai fui sans mes effets et je me suis retrouvé à la paroisse Saint-Sauveur. Mon épouse et les enfants sont à Miskine au nord (...) Avec quels habits, et quels effets vais-je me présenter à mon lieu de service? C'est impossible. Nous avons besoin de la sécurité pour regagner d'abord nos domiciles avant de parler reprise», selon un enseignant, Stève Monganga.

 

La Centrafrique est plongée dans un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses depuis le renversement, en mars 2013, du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

 

Le 5 décembre, la France a lancé en Centrafrique l'opération militaire Sangaris mais peine à restaurer la sécurité.

 

En moins d'un mois, un millier de personnes ont été tuées par balles ou à l'arme blanche. D'après l'ONU, près d'un million de personnes ont fui leurs foyers depuis fin mars 2013.

 

Mardi, un calme relatif régnait dans la capitale centrafricaine. Les activités semblaient reprendre progressivement dans les marchés, banques et taxis, à l'exception du quartier Gobongo (nord), où la circulation reste interrompue à cause de la présence de miliciens anti-balaka le long de la route, a constaté un journaliste de l'AFP.

Centrafrique: l'administration est paralysée à Bangui

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 23:55

 

 

 

 

 

 

YAOUNDE Mardi 7 janvier 2014 | 17:50 UTC (Xinhua) - Avec Bouca, Bouar et Bossembélé, Bossangoa est l'un des symboles de l'opposition au pouvoir de Michel Djotodia illustrée par les miliciens anti-Balakas

 

Plusieurs mois après, la ville de Bossangoa dans le Nord de la Centrafrique secouée par une vague de violences en 2013 ayant causé le déplacement d'environ 50.000 personnes à l'évêché, chrétiens et musulmans confondus, est aussi loin que la capitale Bangui d'avoir retrouvé la sécurité, malgré la présence de troupes françaises et africaines, selon une source religieuse.

 

Suite à la faillite des services administratifs, la ville natale de l'ancien président François Bozizé continue de subir, après les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir), la terreur des miliciens anti-Balakas (anti-machettes), du nom de ces fameux groupes d'autodéfense villageois créés à l'origine pour combattre les coupeurs de route et qui ont sorti leurs armes de fabrication artisanales et amulettes pour se venger des exactions des nouveaux maîtres de Bangui.

 

Evêque du diocèse de Bossangoa, Mgr. Nestor Désiré Nongo Aziagbia parle d'un « drame difficile à gérer ». Pour pouvoir échapper aux violences où « des maisons continuent d'être incendiées à longueur de journée », quelque 42.000 personnes, des chrétiens, se sont réfugiées à l'évêché. « Sur un deuxième site qui abrite la communauté musulmane, il y a environ 8.000 personnes », informe l'homme d'Eglise.

 

Les statistiques officielles estiment à 50.000 habitants la population de cette ville. En d'autres termes, Bossangoa s'est quasiment vidée de toute sa population. « Certains habitants sont allés se réfugier à Bangui. Tous les fonctionnaires se sont retirés », a rapporté dans un entretien téléphonique mardi à Xinhua Mgr. Nongo Aziagbia.

 

Conséquence : « Je joue au préfet, au sous-préfet, au maire, au commandant de la brigade de gendarmerie, etc. Je porte toutes ces casquettes en ce moment, face à la faillite des autorités. Il n'y a plus d'autorités administratives, judiciaires et militaires. Ce n'est pas une mince affaire », déplore ce responsable de l'Eglise catholique.

 

Avec Bouca, Bouar et en partie Bossembélé, Bossangoa est l' un des symboles de l'opposition au pouvoir de Michel Djotodia illustrée par les miliciens anti-Balakas qu'on dit être soutenus par d'anciens soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) fidèles à Bozizé. Les représailles contre les ex-rebelles de la Séléka ont plongé la population dans le désarroi.

 

Selon des sources concordantes, beaucoup de personnes se cachent en brousse par peur d'être tuées. Comme l'archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, qui avait tenté une mission de médiation et de réconciliation en septembre dans la région, Mgr. Nongo Aziagbia est formel : « La situation est tendue. Il y a des groupes d'individus, aussi bien les Séléka que les anti-Balakas, qui profitent de la crise pour se livrer à des pillages ».

 

Le déploiement d'une centaine de soldats français de l' opération Sangaris, à peu près le même nombre que le contingent congolais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force africaine ayant pris le relais de la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC), n'a pas permis de rétablir et la sécurité dans la ville et ses environs.

 

« C'est difficile. Le problème réside dans le fait qu'une opération militaire est différente d'une opération policière. Si un militaire tombe sur un garçon de 15 ans qui est en train de brûler une maison, va-t-il lui tirer dessus ? C'est la police et la gendarmerie qui doivent jouer dans ce cas », observe Mgr. Nongo Aziagbia.

 

La vérité est que ce qui reste de la police et de la gendarmerie centrafricaines aujourd'hui après la débande générale créée par la chute du régime de François Bozizé en mars, souffre d'un manque de moyens d'intervention. Officiellement dissoute, l'ex-coalition Séléka contrôle le jeu pour la conservation du pouvoir incarné par son leader Michel Djotodia.

 

Mgr. Nongo Aziagbia se veut tout de même optimiste. « Par la grâce de Dieu, on va s'en sortir. C'est vrai, ça va prendre du temps, mais il faut rester optimiste. Autrement, on va tous mourir ». Mais il reconnaît que la tâche est ardue, car, « tout le monde attend que les autres fassent le travail à notre place. Les chefs traditionnels n'ont plus d'autorité sur leurs populations, les parents non plus sur leurs enfants ».

 

Pour cette normalisation souhaitée, il plaide un dialogue avec les anti-Balakas dont il dit qu'ils « combattent les exactions tout comme les Séléka le faisaient. C'est une population qu'il faut rencontrer et sensibiliser pour qu'elle adopte un comportement citoyen ».

 

Pour le pouvoir en place à Bangui, c'est le noeud gordien de la situation actuelle d'aggravation de la crise consécutive à l'offensive déclenchée contre le régime Bozizé en décembre 2012.

 

« Je ne peux nier qu'il y a eu des exactions commises par la Séléka. Je reconnais qu'il y a eu des pillages, des assassinats et des enlèvements. Personnellement, j'ai condamné et lutté contre cela », avoue cependant le colonel Christian Narkoyo, ex-porte-parole militaire de la Séléka aujourd'hui commandant de la gendarmerie mobile.

 

« Même si les chefs ne sont pas coupables, ces crimes commis par leurs éléments vont leur tomber dessus. Il y a certains chefs qui sont coupables », précise l'ex-chef de guerre. 

 

 

 

Centrafrique : A Bangui, forces française et africaines patrouillent ensemble

 

Bangui Lundi 6 janvier 2014 | 07:18 UTC (©AFP) - Lentement, deux colonnes d'hommes à pied progressent dans le quartier Castor de Bangui, bien armés mais surtout bien formés: c'est le contingent burundais de la force africaine qui ce jour-là patrouille aux côtés des Français de la mission Sangaris en Centrafrique.

 

Au poing levé de la tête de colonne, les soldats répondent en posant un genou à terre, l'arme dirigée vers les ruelles des quartiers bordant la route, puis reprennent leur progression tantôt lentement, tantôt à petites foulées, chacun assurant la protection de celui qui le précède.

 

Un peu surpris, un couple en train de déjeuner dans un petit bar en bord de route regarde d'un oeil mi-amusé mi-inquiet les soldats qui passent. Mais à Bangui, il faut plus que des hommes en armes pour troubler les populations.

 

C'est le milieu de l'après-midi et le soleil frappe violemment sur les casques lourds.

 

"Quand on pense aux armées africaines, on imagine des soldats en guenilles, mais là, on est bluffés", commente un soldat français de la patrouille mixte. Comme lui, de nombreux hommes de Sangaris montrent un respect particulier à l'égard des soldats burundais qui, contrairement à d'autres, arrivent à se faire accepter dans tous les quartiers de la capitale.

 

De plus en plus, les Français, dont la mission est notamment d'appuyer les hommes de la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca) patrouillent avec eux, tout comme avec les contingents congolais ou tchadiens.

 

La France soupçonnée

 

Il faut dire que dans certains quartiers, notamment musulmans, la France, soupçonnée par les riverains de "prendre partie" en faveur des milices chrétiennes anti-balakas, n'est pas franchement la bienvenue.

 

"Certains (musulmans) sont clairement hostiles dans leurs mots et dans leurs gestes", explique le caporal Bastien, qui patrouille de son côté en compagnie des Tchadiens, avec une unité du 21e régiment d'infanterie de marine (RIMA).

 

Pour lui, le fait de se montrer avec des militaires en majorité musulmans peut permettre de faire "retomber la tension".

 

"Oui c'est gagnant-gagnant", souligne de son coté un officier de la force Sangaris, "dans le sens où les chrétiens ont moins peur de voir l'armée tchadienne (soupçonnée d'être de connivence avec l'ex-rébellion Séléka au pouvoir) si elle est à nos côtés, et les musulmans ont moins peur de nous voir si nous sommes aux leurs".

 

Les jours précédents, les tentatives françaises de prendre position la nuit au "PK5", quartier musulman particulièrement violent, se sont soldées par des prises à partie brutales et la mise en place de barricades enflammées par les populations.

 

La multiplicité des acteurs dans le drame que vit Bangui et la difficulté de coordination d'une force multinationale n'arrange pas les choses pour calmer "rapidement" le jeu dans la capitale centrafricaine. Mais petit à petit, la France et la Misca semblent vouloir jouer la partie en commun.

 

Au point "0", le centre ville, la patrouille conjointe des lieutenants français Valentin et tchadien Mahamat fait une courte pause. Comme souvent, des hordes d'enfants des rues abordent les militaires qui descendent de leurs pick-up, appelant les hommes par leurs grades qu'ils arrivent à reconnaître.

 

Dans l'agitation du quartier, une colonne de véhicules passe. Pour une fois ce n'est pas un convoi de blindés, mais quelques taxis et motos décorés, klaxonnant à tout va et des fenêtres desquelles les Banguissois agitent les mains: c'est un mariage, qui ferait presque oublier la crise, ou du moins rêver d'un avenir meilleur.

Centrafrique : Sangaris et MISCA défiées par les anti-Balakas à Bossangoa, besoin d'aide humanitaire pour 50.000 déplacés

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Centrafrique-Presse.com
7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 23:53

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr  07/01/2014 à 19:28  Tanguy Berthemet

 

Un mini sommet, jeudi à N'Djamena, pourrait redistribuer les cartes à Bangui et pousser le président Djotodia vers la sortie.

 

Bangui a retrouvé un semblant de calme. La démonstration de force ­imposée par les hommes de l'opération «Sangaris» et des soldats de la mission africaine (Miscaest parvenue à grand-peine à contenir les violences. Mais cette situation ne durera pas.

 

Dans ce contexte instable, l'annonce de la tenue à N'Djamena, le 9 janvier, d'un sommet extraordinaire de la ­Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), l'organisation régionale, a surpris. «La solution à l'impasse sécuritaire dans la capitale passe par une démarche politique. Car cette crise est avant tout politique. La France et les pays africains, qui l'avaient oublié, s'en sont peu à peu rendu compte et se sont ­décidés à agir», souligne un observateur.

 

Politiquement, la République centrafricaine n'existe plus. Mis en place en janvier dernier après un accord entre toutes les parties de la crise signé à Libreville, le premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, n'a jamais su s'imposer. Cet avocat qui devait pourtant remettre le pays en ordre ne se fait pas entendre et n'a pratiquement plus aucune relation avec le président, Michel Djotodia. Le gouvernement est un fantôme et la pré­sidence chaotique. «Cela rend impossible toute tentative de négociations pour ­trouver une forme de paix», assure un ­diplomate africain.

 

Forts de ce constat, Paris et ses partenaires africains se sont décidés à intervenir. Le 2 et le 3 janvier dernier, Jean-Yves Le Drian a effectué une tournée dans les capitales de la région, de Brazzaville à ­Libreville, entre deux arrêts à N'Djamena. «C'est à ce moment-là que la décision d'organiser un sommet a été prise», affirme une source tchadienne. La rapidité de cette réunion est aussi le signe de l'agacement de plusieurs acteurs de poids. Sans l'avouer, la France, qui a déployé 1600 hommes, redoute de s'enliser. Le Tchad, puissance tutélaire de la Centrafrique depuis vingt ans, a subi un échec. Sept de ses soldats ont été tués à Bangui, une cinquantaine de ses ressortissants ont trouvé la mort et des milliers d'autres ont fui, abandonnant tout. «Ce crime ne restera pas impuni», a martelé son président, Idriss Déby. Quant à son homo­logue congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise, il s'inquiète de voir la Centrafrique imploser.

 

Le Tchad s'oppose à l'envoi de Casques bleus

 

La solution qu'entendent imposer les chefs d'État africains reste mystérieuse. Seule certitude, les personnes invitées à N'Djamena seront rares. Autour des présidents congolais et tchadien, on devrait trouver le premier ministre, Nicolas Tiangaye, le chef de l'État, Michel Djotodia, ainsi que le président du Conseil national de transition.

 

Contrairement à la réunion de Libreville, les hommes politiques ou les personnalités de la société civile ont été laissés de côté. «Je n'ai pas du tout été consulté avant ce sommet, ni invité», ­reconnaît un élu. Bien peu, en fait, étaient dans la confidence. Nicolas Tiangaye ­lui-même assure n'avoir appris la tenue de cette réunion que lundi, «par un journaliste». Dans l'entourage de Michel Djotodia, certains sont également apparus quelque peu surpris. La question d'un départ de l'une ou des deux têtes de l'exécutif sera-t-elle évoquée? Selon certaines sources, le président Djotodia pourrait être poussé vers la sortie. Plusieurs proches du chef de l'État récusaient cette hypothèse mardi. «Cela n'aurait absolument aucun sens», affirme Herbert Gontran Djono-Ahaba, le ministre des Mines. De son côté, Nicolas Tiangaye se voulait prudent: «Nous verrons bien.»

 

Selon un observateur, l'extrême discrétion ayant entouré cette réunion ­montre la volonté de taper du poing sur la table. «Les décisions ont été prises. Ce sommet ne va servir qu'à les entériner.» Paris semble, en revanche, avoir déjà perdu une bataille. La France, qui voulait profiter de l'occasion pour que les Africains demandent l'arrivée rapide de ­Casques bleus de l'ONU en Centrafrique, a essuyé un nouveau refus. Lundi, au ­siège des Nations unies à New York, l'ambassadeur du Tchad s'est fortement énervé quand l'idée de mettre en place une ­opération de maintien de la paix de l'ONU a de nouveau été soulevée. «Les Africains estiment que faire appel à l'ONU tout de suite reviendrait à reconnaître l'échec de leur propre opération», ana­lyse un diplomate.

 

À lui seul, ce sommet ne suffira pas à résoudre la crise en Centrafrique. Quels que soient les ordres ou les menaces, rien ne dit qu'ils seront suivis par les milices chrétiennes des Anti-Balaka, qui mitent la ville, ou par les hommes de la Séléka, la rébellion qui a porté Michel Djotodia au pouvoir. Les forces de «Sangaris» et de la Misca ont donc été placées en état d'alerte.

Lu pour vous : Centrafrique : Paris cherche une voie politique

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