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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 14:04

 

 

«MON MANDAT N’EST PAS POLITIQUE»

 

http://www.sudonline.sn/  Mame Aly KONTE | 19/05/2016 | 08H06 GMT

Sans le revendiquer, elle est considérée aujourd’hui comme une des femmes leaders du monde. En Afrique et en Gambie son pays natal où elle a été ministre de la Justice du président Yaya Jammeh (belle infortune), Fatou Bensouda, l’avocate, aujourd’hui seulement âgée de 55 ans,  est connue comme une femme de caractère. Avec Clara Del Ponte, Magistrate et ancienne procureure générale du Tribunal pour l’ex. Yougoslavie, elle est l’une des femmes juristes (avocate ou magistrate) qui sont en train de marquer de leur présence, la vie de certaines institutions internationales. Ici, dans le domaine de la justice. Dans cet entretien où elle fait étalage de ses vastes talents de diplomate, elle défend à la fois l’Afrique son continent mais aussi la Cour pénale internationale (Cpi) dont elle assure la présidence depuis le départ de l’Argentin Luis Moreno Ocampo, autre « bête noire » du prétoire, le 12 décembre 2011. Celle qui figure sur la liste des 100 personnes les plus influentes au monde par le magazine Time en 2012, aborde dans cet entretien exclusif daté du 15 mai, tous les dossiers en cours de traitement ou à venir à la Cpi (Le Congo Rd, le Burundi, l’Irak, la Syrie, la Centrafrique, le Mali avec la menace d’Ansar Dine et d’Al Qaïda etc.) La Cpi qui vient d’ailleurs de condamner, ce 18 mai, Opposant et ancien vice président de la République démocratique du  Congo, Jean Pierre Bemba à 25 ans de prison ferme, suite aux accusations de viols de ses troupes. 

 

Qu’est-ce qui a rendu l’affaire Bemba si différente des autres dossiers que vous avez traités auparavant ? 

 

 Dans l’affaire Bemba, c’était la première fois que la Cour tient des commandants pour responsables des actes commis par les soldats placés sous leur ordre dans un pays tiers. Pour cette raison, cette affaire est donc historique et pour la Cour elle-même et pour les victimes particulières qui attendaient que justice soit faite. De mon point de vue, il s’agit là d’une évolution très significative et importante au niveau de la Cpi et plus généralement pour la cause de la justice pénale internationale.

 

Je pense que c’est aussi un signal très fort envoyé aux chefs militaires pour leur dire qu’ils doivent faire attention. Ce n’est parce qu’ils ont lâché leurs troupes pour qu’elles aillent se battre sur le terrain que plus aucune responsabilité ne pèse sur eux. Au contraire ! La Cpi dit que désormais, ils ont une grande responsabilité quant aux agissements de leurs soldats sur le terrain. Je pense que les auteurs de crimes en puissance ou d’autres commandants qui observent la situation en tireront une leçon. J’espère que cette affaire les dissuadera de commettre des crimes similaires.

 

Faut-il s’inquiéter à propos de la Rdc, cette année revêtant une grande importance en raison des élections ? 

 

 Nous poursuivons nos enquêtes en Rdc. Nous sommes toujours en train d’étudier les informations reçues et de les analyser au regard des crimes qui pourraient être commis. Bien sûr, nous n’avons rien à voir avec les élections : mon mandat n’est pas politique. Pour ce qui est de la question des crimes qui relèvent de la compétence de la Cour, nous suivons la situation de très près.

 

Comme vous le savez, nous avons commencé à instruire le procès de Bosco Ntaganda. Il s’est rendu à la Cour de lui-même ; nous avons procédé à une confirmation des charges et maintenant, le procès a démarré. Et nos enquêtes en Rdc se poursuivent de manière permanente. Nous avons un mandat d’arrêt en souffrance contre Sylvestre Mudacumura, le Commandant suprême présumé des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, pour des crimes commis dans les Kivu ; nous exhortons les acteurs concernés arrêtent et remettent M. Mudacumura à la Cour.

 

 Est-ce que vos enquêtes se concentrent uniquement dans l’Est du pays ?

 

 Comme vous le savez, toutes les affaires que nous avons présentées jusqu’ici – Thomas Lubanga, Germain Katanga, Mathieu Ngudjolo et Bosco Ntaganda - sont liées aux crimes qui se sont produits dans cette partie du pays. Comme nous l’avons dit auparavant, nous avons commencé là-bas mais nous ne nous y arrêtons pas. Nous allons aussi nous intéresser à d’autres incidents intervenus dans d’autres parties du pays.

 

En septembre 2014, vous avez décidé d’ouvrir une deuxième enquête en République centrafricaine (Rca) sur des crimes présumés commis depuis 2012. Où en êtes-vous ? 

 

Vous vous souviendrez que lorsque je commençais les enquêtes, j’avais indiqué que j’allais en mener deux parallèlement, soit deux enquêtes en même temps. L’une concernerait la conduite des Séléka et l’autre celle des anti-Balaka. Dès que mon Bureau aura recueilli suffisamment de preuves pour justifier la demande de mandats d’arrêt, nous allons le faire.

 

 Et à ce stade, est-ce que ces mandats d’arrêt ?

 

 Je crois que nous allons dans la bonne direction. Nous essayons d’être aussi efficaces, minutieux et approfondis que possible dans la collecte de ces preuves, parce que nous parlons à des gens qui ne veulent pas être exposés, comme par exemple ceux qui ont peut-être déjà souffert pendant le conflit. Ce processus prend du temps. 

 

S’agissant de la République centrafricaine, quelles sortes de difficultés votre équipe et vous-même rencontrez-vous avec les témoins ?

 

 En général, la sécurité des témoins constitue un défi majeur pour mes enquêtes. S’agissant plus particulièrement de la Rca, le pays compte beaucoup de personnes déplacées. Elles sont parties dans des pays voisins et nous devons les atteindre pour obtenir les informations et les preuves dont nous avons besoin dans le cadre de notre enquête.

 

En ma qualité de Procureur, je dois veiller à ce que chaque témoin avec qui nous traitons soit à l’abri de toute manipulation ou intimidation. La protection des témoins prend du temps car nous enquêtons sur des affaires très complexes dans lesquelles peuvent être impliqués beaucoup d’auteurs, d’innombrables victimes et des cas très graves de crimes de masse. Dans l’intervalle, vous devez être en mesure de présenter un dossier solide aux juges de la Cpi.

 

 Comment garantir la crédibilité des témoins ?

 

 C’est un processus très complexe. Il faut d’abord s’assurer que la personne avec qui vous parlez est un témoin susceptible de vous donner des informations valables. Ces informations doivent ensuite être recoupées : vous devez rechercher des éléments aptes à corroborer toute information que vous recevez, ainsi que sa véracité et comment elle cadre avec le reste. Ces techniques permettent aux enquêteurs de s’assurer qu’ils ont les bonnes preuves ainsi que les informations correctes qui ont été pleinement corroborées et testées pour leur validité, avant de les porter devant les juges de la Cpi.

 

 La Rca a élu un nouveau chef d’État, Faustin Archange Touadéra. Qu’attendez-vous des nouvelles autorités centrafricaines ?

 

Parlons d’abord du gouvernement intérimaire. Laissez-moi vous rappeler qu’ils ont sollicité l’intervention de la Cpi et qu’ils nous ont saisis. La Présidente par intérim Catherine Samba Panza a été très coopérative, parce qu’elle croit en la justice et en la reddition de comptes. Elle a été très claire en affirmant que les auteurs de crimes en Rca doivent être tenus pour responsables, et elle a fait montre d’une coopération exemplaire pour faciliter le travail de la Cour. C’est ce que j’attends des nouvelles autorités de la Rca, une fois qu’elles ont officiellement pris fonction.

 

Récemment j’ai effectué une mission au Tchad, où j’ai rencontré le Président Idriss Déby. J’ai eu la chance d’y rencontrer également le nouveau Président élu Faustin-Archange Touadéra, lui aussi en visite dans le pays. J’ai cherché à le rencontrer pour une courte réunion afin d’expliquer notre travail en Rca et de solliciter son soutien. Il m’a assuré qu’il était aussi très attaché à la justice et à la reddition de comptes et que, dès que son gouvernement sera formé, il coopèrera pleinement avec la Cpi sur le terrain. J’en suis ravie et c’est ce que j’attends d’eux.

 

De quoi des leaders anti-Balaka tels que Patrice-Edouard Ngaisona, Joachim Kokaté, Romaric Vomitiadé ou Alfred Yekatombé pourraient-ils éventuellement être accusés ?

 

 Lorsque nous sommes dans une situation d’enquête, nous ne ciblons personne spécifiquement. Si les preuves nous orientent vers la personne la plus responsable, alors nous poursuivons cette personne. Cependant, il ne s’agit pas simplement d’identifier des dirigeants et de décider de les poursuivre. Ce n’est pas ainsi que nous menons nos enquêtes. Nous devons d’abord recueillir des preuves et les recouper, savoir quels crimes ont été commis et qui, selon nous, est pénalement responsable individuellement des plus graves exactions.

 

Lors du dernier Sommet de l’Ua qui s’est tenu à Addis Abeba en janvier, des dirigeants africains ont soutenu une proposition kenyane poussant à un retrait de la Cour pénale internationale, affirmant de nouveau qu’elle cible injustement le continent. Pensez-vous que cela va se concrétiser ? 

 

J’espère que non. Ce qui se passe véritablement aujourd’hui, c’est toute cette perception inexacte créée autour de la Cpi, à savoir que celle ci cible injustement l’Afrique et, par conséquent, ils doivent se retirer de la Cour. Cependant, si vous vous en tenez à la réalité, cette perception ne s’appuie pas sur les faits pertinents sur le terrain. Prenez les dossiers sur lesquels nous travaillons en ce moment. Ils découlent de cas soumis à la Cpi par des Africains qui nous demandent d’intervenir. Si vous considérez le soutien particulier que nous recevons des pays africains, non de l’Union africaine en tant que bloc, vous verrez que les Etats africains coopèrent beaucoup avec nous. Même des États non signataires coopèrent avec la Cour. Partant des raisons ayant présidé à la création de la Cpi et des valeurs de l’Acte constitutif de l’Union africaine, vous verrez que nous avons les mêmes positions sur la lutte contre l’impunité et la nécessité de se pencher sur les exactions de masse commises contre des citoyens. Ce que nous devrions faire en tant qu’entités séparées respectant chacune le mandat de l’autre, c’est de nous entraider dans l’éradication de ces crimes sur notre continent. Pour ce faire, nous devons nous unir et dire que nous ne tolérerons plus l’impunité. La Cpi jouera son rôle et l’Ua fera de même.

 

Cette menace de retrait et là je parle en tant qu’Africaine et non en qualité de procureur  est un recul pour le continent. Si nous laissons cela se produire, cela signifie que nous croyons qu’il n’y aurait plus de reddition de comptes- du moins pour certaines personnes  pour les crimes qu’elles ont commis sur le continent. Ne l’oublions pas, l’Afrique a joué un grand rôle dans la création de la Cpi et le démarrage effectif de son travail. Les dirigeants africains ont opté pour l’État de droit plutôt que le conflit en soumettant des cas à la Cpi. Ce sont là les avancées et la trajectoire que nous devons suivre et non penser à un retrait de la Cpi, surtout pour des motifs infondés.

 

Mais, pour nombre d’Africains, la Cpi ne condamne que des Africains…

 

Il convient de considérer l’ensemble des affaires inscrites au rôle de la Cour. Bien sûr que notre travail a commencé en Afrique. Je ne vais pas le nier. Nous avons commencé en Ouganda, en Rca et en Rdc parce que ce sont ces pays qui ont en premier décidé de soumettre des dossiers à la Cpi.  Néanmoins, la Cpi mène aussi ses travaux en dehors du continent africain. En janvier, nous avons reçu des juges de la Cour l’autorisation de commencer des enquêtes en Géorgie et des examens préliminaires sont en cours, entre autres en Afghanistan, en Palestine et en Irak. En Irak, nous procéderons à l’examen de la conduite des forces britanniques et nous nous pencherons plus particulièrement sur les présumés sévices infligés aux détenus dans ce pays.

 

Je n’hésiterai pas à prendre une décision si les paramètres régissant mes compétences sont réunis pour n’importe quel dossier. Quand je dis qu’accuser la Cpi de cibler l’Afrique ne repose sur aucun fait pertinent, et je vous donne des exemples concrets prouvant que la Cour travaille aussi hors de l’Afrique.

 

Dans son ouvrage « Le joker des puissants », la journaliste française Stéphanie Maupas montre comment la Cpi est devenue l’outil diplomatique des puissants…

 

Je ne suis pas d’accord. Les relations diplomatiques et internationales que les États entretiennent ne font pas partie de notre mandat et nous ne pouvons rien dire ou faire à cet égard. Ce qui est important pour nous, c’est que tout ce que nous entreprenons ici obéit strictement au statut de Rome, qui a créé cette Cour, et aux preuves que nous recueillons. C’est ce que la Cour a toujours fait, et c’est ce qu’elle fera toujours à l’avenir.

 

Tant que notre compétence et nos paramètres juridiques sont satisfaits en vertu du Statut, nous ferons ce que nous avons à faire. Si cela signifie l’ouverture d’enquêtes, nous ouvrirons des enquêtes. Si cela signifie l’ouverture d’examens préliminaires, alors c’est ce que nous ferons, mais dans le strict cadre du Statut, de la loi et des faits.

 

Ce que les politiciens et les États font ne nous concerne pas et ils ne peuvent pas nous instrumentaliser non plus, peu importe les critiques. Bien entendu, il est regrettable de constater que, peu importe ce que la Cour fait, les critiques et opposants trouveront toujours à cette dernière un fondement d’ordre politique et tenteront de la politiser. Mais, si vous observez étroitement ce que fait la Cour, vous verrez que cette institution ne peut se permettre d’être instrumentalisée. Nous ne le permettrons pas.

 

À quelles pressions politiques votre Bureau doit-il faire face ? 

 

Nous enquêtons dans des contextes politiques. Le test que nous devons toujours passer en tant qu’enquêteurs et procureurs est de préserver notre indépendance, notre impartialité et notre crédibilité. Je sais qu’en tant qu’enquêteurs et procureurs, c’est un des domaines où nous devons nous montrer fermes, et nous devons montrer que notre action vise à découvrir la vérité sur ce qui s’est passé et à rendre justice aux victimes de ces crimes.

 

Vous avez demandé aux États Unis des informations sur la torture de ressortissants afghans dans les prisons américaines, mais vous n’avez pas encore ouvert une enquête. Pourquoi ?

 

Nous travaillons avec l’Afghanistan depuis 2008, dans le cadre d’un examen préliminaire, pour voir si des crimes relevant de notre compétence ont été commises, mais également pour voir l’intérêt de la justice. Nous analysons également la gravité de ces crimes et voyons si des procédures nationales sont en cours. En Afghanistan, nous avons rencontré des difficultés pour avancer comme nous le voulions. La sécurité a été un problème au fil des années. Mon bureau travaille sans relâche et nous espérons bientôt être en mesure de décider de la nécessité de progresser sur ces dossiers.

 

Depuis 2002, la Cpi a rendu quatre jugements. Ce nombre ne vous paraît-il pas dérisoire, compte tenu des 14-15 ans d’existence du TPI ?

 

Lors des premières années, nous nous sommes consacrés à la mise en place du bureau, à recruter du personnel et à élaborer des stratégies et politiques non seulement pour mon bureau, mais également pour la Cour. Nous avons également passé du temps à statuer sur les procédures telles que la protection des victimes et des témoins. À partir de 2004, nous avons commencé à recevoir des renvois et des demandes pour intervenir dans des situations. Nous avons d’abord eu l’Ouganda, puis la Rdc. Oui, avec le verdict de culpabilité contre Bemba en mars, le nombre de jugements est passé à quatre, mais nous avons également ouvert à ce jour 23 cas, et nous avons trois procès en cours, deux affaires qui viennent d’être confirmées et dont les procès vont s’ouvrir, ainsi que huit examens préliminaires.

 

La Cour a du travail et nous nous y attelons. Ces résultats ne se produisent pas du jour au lendemain ; même à un niveau national, certaines affaires prennent beaucoup de temps, alors qu’elles peuvent ne concerner qu’une seule personne accusée. À la Cour, nous nous penchons sur des cas très complexes qui comprennent des centaines de milliers de victimes, et quelques centaines d’auteurs. Ensuite, nous cherchons à savoir qui est le plus responsable parmi ces auteurs. En outre, les enquêtes ont souvent lieu dans des situations de conflit qui sont toujours en cours. Cela signifie que vous êtes préoccupé par l’endroit où vous menez vos enquêtes, à la manière d’aller sur le terrain, de protéger vos témoins, de garantir votre propre sécurité et celle de votre personnel, etc.

 

Et ça ne se passe pas au niveau national. Cela prend beaucoup de temps. Heureusement, je dispose d’un personnel très engagé et dévoué, qui fait un travail difficile et fait face à des défis tels que la subordination de témoins. En ce qui concerne la subordination de témoins par exemple, j’ai eu à porter devant la Cour des cas impliquant cinq personnes dans l’affaire Bemba, et j’ai demandé des mandats d’arrêt pour 3 personnes dans la situation du Kenya ; ce qui exige du temps et des ressources de notre cœur de métier. Nous devons continuer notre travail et soutenir cette institution indépendante et impartiale, dans l’espoir qu’elle peut décourager et mettre un terme à la perpétration de crimes très graves que nous traitons.

 

Vous avez été élue Procureure de la Cpi en 2011. Qu’est-ce qui caractérise votre travail ?

 

Nous avons opéré des changements importants dans la politique d’enquête en nous éloignant des enquêtes ciblées et en nous tournant vers des enquêtes ouvertes approfondies.

 

Quelle est la différence ?

 

Dans les enquêtes ciblées, vous vous concentrez sur un crime ou un incident et sur une ou deux personnes. Vous essayez dans la mesure du possible de ne pas exposer les témoins, sinon vous rencontrez des problèmes de protection. Prenez par exemple l’affaire Thomas Lubanga. Il a été reconnu coupable d’un seul crime, qui a été l’enrôlement et la conscription d’enfants dans des zones hostilités. Dans une enquête ouverte, vous maintenez votre cible tout en l’élargissant. Autrefois, la stratégie consistait à aller directement vers les responsables, mais maintenant nous essayons également d’élargir les enquêtes en nous intéressant aux auteurs modérés et notoires.

 

Quelle a été la plus grande satisfaction et la plus grande frustration dans ce travail jusqu’à présent ?

 

Je crois toujours que la raison d’être de cette Cour, ce sont les victimes de ces crimes atroces. Chaque fois que je vois qu’il est impossible d’y arriver, pour des raisons qui échappent au contrôle de la Cour, comme la subordination de témoins, le manque de coopération et les tentatives délibérées de saper le travail de la Cour à tel point qu’il nous est impossible de rendre justice aux victimes, je suis envahie par la frustration. Malheureusement, nous avons vu ces situations se multiplier et faire obstacle au travail du Bureau : des tentatives pour vraiment empêcher que justice soit rendue et que la vérité soit dite. En ce qui concerne mon plus beau moment, je garde toujours en mémoire la décision de la communauté internationale de mettre sur pied cette Cour. J’en étais ravie, parce que je pense que ce fut un grand moment pour la justice, la justice pénale internationale, pour la reddition de comptes et pour les victimes de ces crimes.

 

Entretien réalisé par Joshua Massarenti et Mame Aly KONTE 

 

 

 

Lu pour vous : ENTRETIEN EXCLUSIF FATOU BENSOUDA, PROCUREURE GENERALE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE (CPI)
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Centrafrique-Presse.com
20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 13:30

 

 

« Il vaut mieux une mauvaise élection qu’une transition chancelante. »

 

Idriss DEBY ITNO, Président du Tchad, Paris 5 octobre 2015.

 

Les élections législatives partielles du 15 mai 2016 viennent de mettre un terme à la plus longue séquence électorale de l’histoire politique de notre pays. Ce furent les élections les plus incertaines (reportées huit fois) et les plus chères (alors que l’objectif était d’en réduire les coûts) pour les organisateurs (Pouvoirs publics, ANE, Contributeurs) et pour les candidats (tous scrutins réunis) depuis 1981.

 

A titre personnel, et en tant que Secrétaire Général du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), c’est un satisfecit. Nous avons entre 2011 et 2015, gagné  près de 100.000 nouveaux électeurs. Passant de 51.469 voix pour notre candidat à la présidentielle de 2011 à 135.198 voix pour celui de 2015. La 3ème place de Désiré Nzanga Bilal KOLINGBA à la présidentielle du 30 décembre 2015 est un investissement pour l’avenir, un pari pour la renaissance de la République Centrafricaine. D’un député en 2011, le Rassemblement Démocratique Centrafricain est aujourd’hui à 10 élus. C’est le fruit du travail de restructuration du parti entrepris depuis son 4ème Congrès Ordinaire en février 2015. Beaucoup reste à faire, nous y travaillons.

 

Une affaire centrafricaine

 

Le financement du cycle électoral qui s’achève, a mis en évidence la faiblesse de la planification nationale. Bien qu’ayant toujours été partiellement subventionné par des contributions externes, le cycle finissant a connu de nombreuses interférences à cause de la faible contribution financière nationale d’une part et la persistance de la crise d’autre part. Ainsi, la biométrie fut abandonnée pour faire des économies et de nombreuses dérogations au code électoral autorisées pour que le délai imparti et ultimement prorogé de la transition, englobe l’organisation effective des élections. Se pose dès maintenant et avec acuité, la question du financement des prochaines consultations électorales avant la fin du quinquennat en cours : Municipales, Régionales et Sénatoriales. Et, au terme de celles-ci, le financement des prochaines élections législatives et Présidentielles de 2021. S’inspirant des limites du processus finissant et des difficultés connues, nous devons, dès maintenant, pouvoirs publics, partis politiques et forces vives, concevoir ensemble un mécanisme financier couvrant le quinquennat dont l’objectif est de faire avant tout, des élections, une affaire centrafricaine.

 

Consolider la démocratie

 

Bien qu’étant l’une des nations africaines ayant organisé le plus grand nombre de consultations électorales depuis l’indépendance, la consolidation de la démocratie centrafricaine demeure avec la Restauration de la République et son corollaire ; la Réunification territoriale, l’un des plus grands défis auxquels nous sommes appelés à répondre durant ce quinquennat.

 

  1. Relire le code électoral :
  2.  

Pour répondre à des exigences multiformes, le législateur transitoire, sur motivation de l’exécutif a procédé plusieurs fois à la relecture du code électoral et plusieurs dérogations furent adoptées. La consolidation de la démocratie voudrait que ces dérogations soient rapidement suspendues et l’esprit du code initial, rétabli. C’est le prix à payer pour organiser à l’avenir, des élections presque parfaites, gages de stabilité car l’exception ne saurait demeurer ad vitam aeternam, une normalité centrafricaine.

 

  1. Revoir la Taille de l’Autorité Nationale des Elections :
  2.  

Sept personnes ont eu la charge d’organiser le cycle électoral qui s’achève. Les difficultés d’organisation, en dehors du chapitre financier, proviennent de l’insuffisance de l’effectif. L’avenir serein des élections dans notre pays passe obligatoirement par l’augmentation de l’effectif des commissaires de l’ANE et sa véritable autonomie financière.

  1.  
  2. Elaborer un nouveau Cadre de Concertation :
  3.  

Le cycle électoral qui s’achève a mis en lumière, le naufrage des « partis politiques sac-à-main », la mort des associations et plateformes politiques, l’émergence de nouvelles structures et l’expansion quasi-industrielle des Indépendants. Ces résultats appellent à la mise en place d’une nouvelle carte du Cadre de Concertation. C’est un impératif catégorique et une exigence démocratique. La mise en place de cette carte doit être précédée par la modification de la loi organique sur les partis politiques, celle de 1991 se relevant inadaptée au contexte présent.

 

Créer un équilibre politique

 

Les dernières élections municipales connues en Centrafrique remontent à l’époque du parti unique multi-tendanciel à la fin des années 80. Presque trente années plus tard, les maires et les conseils municipaux sont toujours nommés. La « délégation spéciale » est une anomalie démocratique et une incohérence pour une nation qui se veut du 21ème siècle. Nous devons, au cours de ce quinquennat, jetés les bases du Centrafrique moderne d’une part et transférer une partie des prérogatives Banguissoises aux collectivités territoriales. Dès lors, l’organisation des élections municipales, régionales et sénatoriales à mi-mandat au plus tard devient une obligation à laquelle nous devons répondre. En effet, la nature « existentielle » de la crise centrafricaine exige que nous reprenions tout à la base.

 

  1. Légiférer :

Muets sur les critères d’éligibilité pour les municipales, régionales et sénatoriales, la relecture de la constitution et du code électoral par voie parlementaire pour y inclure les dispositions nécessaires à l’organisation de ces scrutins ainsi que le bon fonctionnement des institutions qui en découleront, est la première étape du processus de la création d’un équilibre politique entre Bangui et les régions d’une part et les forces vives de la nation d’autre part.

 

  1. Elections Municipales et Régionales puis Sénatoriales :
  2.  

Organisées au même moment, elles auront l’avantage d’inclure les collectivités territoriales dans le processus de « Renaissance » du Centrafrique. A mi-mandat, elles permettront d’aérer la démocratie, de servir de baromètre et d’insuffler une dynamique nouvelle.

  1. Un scrutin, un découpage…exit le cumul des mandats :
  2.  
  1. Régionales :
  • Deux Conseillers Régionaux par sous-préfecture ;
  • Deux par arrondissement de Bangui ;
  1. Sénatoriales :
  • Quatre Sénateurs par préfecture ;
  • Un par arrondissement de Bangui ;

                   

Conclusion 

 

Au-delà de nos divergences d’opinion, de contingences politique et/ou religieuse ; pris collectivement, notre ultime défi est de faire que du chaos post-mars 2013, émerge un Centrafrique nouveau. L’unique voie est de faire entrer notre pays dans le 21ème siècle en l’édifiant et en lui accordant les institutions adaptées d’une part à son histoire, ses crises et  l’espérance de ses populations d’autre part.

 

La période post-transition constitue une période charnière pour que du chaos, un soleil nouveau puisse briller sur nos populations. Période charnière pour que de la désolation, une espérance nouvelle mobilise l’énergie des filles et fils du Centrafrique aux quatre coins de la République et du monde à son édification. Période charnière pour que le « Plus Jamais ça » devienne enfin une réalité centrafricaine.

Travaillons-y !

 

Bangui, 20 mai 2016

 

 

Clément DE-BOUTET M’BAMBA

 

Secrétaire Général par intérim

du Rassemblement Démocratique Centrafricain

LA RCA ET LES ELECTIONS : quel avenir ? par Clément DE-BOUTET M’BAMBA
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 12:51

 

DECRET PORTANT NOMINATION OU CONFIRMATION DES FONCTIONNAIRES ET AGENTS DE L'ETAT A DES POSTES DE RESPONSABILITES AU MINISTERE DES FINANCES ET DU BUDGET


Directeur Général des douanes et des droits indirects


M. INAMO Frédéric Théodore


Directeur Général Adjoint chargé des services centraux


M. KOYANGBO Dieudonné


Directeur Général Adjoint chargé des services extérieurs


M. KOYANGA Aubin

Rachel NGAKOLA quitte enfin la direction générale des Douanes
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 12:20
Lu pour vous :Centrafrique : Noureddine Adam à N’Djamena

 

 

20 mai 2016 à 08h41  Par Jeune Afrique

 

Le célèbre chef rebelle centrafricain Noureddine Adam séjourne depuis plusieurs semaines à N'Djamena, où le président Faustin-Archange Touadéra s'est rendu le 10 mai.

 

Craignant qu’il ne tente de déstabiliser les nouvelles autorités, la France et les Nations unies ont demandé au Tchad de faire en sorte que l’ex-numéro deux de la Séléka, Noureddine Adam, théoriquement interdit de voyage par l’ONU, y demeure.

 

En mai 2014, le Conseil de sécurité avait frappé Adam de sanctions – gel des avoirs et interdiction de voyager – qui ont été reconduites un an plus tard. Mais ce dernier avait continué de se déplacer librement, notamment au Kenya, au Tchad et en Éthiopie, notamment.

 

Ce n’est pas la première fois que l’ONU demande au Tchad des informations sur les voyages de Noureddine Adam. Au début de l’année déjà, les experts du comité des sanctions avaient, sans succès, demandé à N’Djamena de coopérer en la matière.

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 12:16
RCA : vers un lancement d’un audit sur la transition

 

 

Par RFI  20-05-2016 Modifié le 20-05-2016 à 02:26

 

En Centrafrique, toutes les institutions vont faire l'objet d'un audit sur leur gestion durant la période de transition. Objectif pour les nouvelles autorités : voir plus clair dans la gouvernance de leurs prédécesseurs.

 

La décision a été officialisée en conseil des ministres. Toutes les institutions de la république vont faire l'objet d'un audit sur leur gestion pendant la période de transition. Mais pour l'heure le gouvernement refuse d'en dire plus, notamment sur le calendrier, le mode opératoire ou encore les dossiers visés en particulier.

 

Un dossier pourrait bien être évoqué : l'affaire du fameux don angolais où 2,5 millions de dollars qui n'étaient pas passés par les caisses du Trésor et que les autorités de transition affirmaient avoir utilisés légalement. L'affaire avait provoqué des remous à Bangui en 2014.

 

Le magazine Jeune Afrique évoque aussi une flotte d'une cinquantaine de véhicules offerts par l'Angola dans le cadre de l'élection présidentielle et qui s'est volatilisée.

 

Autre dossier, celui de la gestion de la mairie de Bangui sous Hyacinthe Wodobodé, qui a récemment été remplacée par les nouvelles autorités au profit de Emile-Gros Raymond Nakombo.

 

« Le but ce n'est pas de lancer une chasse aux sorcières, mais de permettre d'y voir plus clair et de corriger les éventuels dysfonctionnements », commente à RFI un membre du gouvernement sous couvert de l'anonymat.

 

Le candidat Faustin-Archange Touadéra avait fait de la lutte contre la corruption l'un des grands axes de sa campagne électorale.

 

 

Centrafrique : un audit de la transition annoncé

 

http://fr.africanews.com/  Stéphane KUNGNE 

 

 

L’on se dirige probablement vers un audit de la gestion des autorités de transition en République centrafricaine.

 

Selon des sources diplomatiques, plusieurs personnalités dont Cathérine Samba-Panza sont accusées de détournements de biens publics. Des noms tels que celui de Hyacinthe Wodobodé, un des proches de l’ex-présidente de transition, à la tête de la mairie de Bangui jusqu’au 6 mai sont cités dans une affaire de distraction d’une cinquantaine de véhicules offerts par l’Angola dans le cadre de la dernière élection présidentielle.

 

Selon les mêmes sources, l’ancienne maire de Bangui et son premier ministre Mahamat Kamoun se seraient appropriés les dons angolais et auraient acheminé ces voitures à Yaoundé.

 

Face aux accusations d’enrichissement personnel et à l’angolagate, du nom d’une affaire de détournement de 10 millions de dollars de don angolais à la Centrafrique, Cathérine Samba-Panza déclarait dans une interview à Jeune Afrique en mars 2016 que “le jour où les services d’audit ou judiciaires de son pays se rapprocheraient d’elle, elle saurait s’expliquer”.

 

L’audit annoncé s’il était confirmé, devrait s’inscrire dans le cadre de la lutte contre la corruption annoncée par le nouveau président centrafricain Faustin archange Touadéra. Le numéro un centrafricain voudrait par ailleurs stopper le trafic des faux passeports qui a regné pendant la transition centrafricaine.

 

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 12:09

 

 

 19/05/2016 à 21h01

 

Un chauffeur centrafricain d'un convoi de Médecins Sans Frontières (MSF) a été tué mercredi au cours d'une attaque armée dans le nord-ouest de la Centrafrique, annonce ce jeudi l'ONG dans un communiqué. "Mercredi, un convoi MSF, composé de deux véhicules bien identifiés avec du personnel et des patients, a été arrêté par des hommes armés à Kouki, village situé à 82 kilomètres au nord de la ville de Bossangoa", précise MSF qui a depuis suspendu ses activités dans la région. "L'équipe a été contrainte de quitter les véhicules, avant que les individus ne soient dépouillés. Un des chauffeurs (un Centrafricain) a été tué au cours de l'incident, qui a duré plus de 40 minutes", poursuit l'ONG estimant "inacceptable" cette attaque contre son équipe qui fournit "des soins médicaux d'urgence dans la région".

 

"L'équipe de MSF et ses patients ont été harcelés, ils ont reçu des menaces verbales et des coups de feu ont été tirés près de leurs têtes", ajoute le texte. MSF, qui ne reprendra ses activités qu'après "avoir reçu des garanties suffisantes pour la sécurité de son personnel et l'acceptation de ses activités médicales et humanitaires", demande à la police et aux autorités locales de mener une enquête complète sur cet incident et que les agresseurs soient traduits en justice.

 

MSF gère actuellement 17 projets dans le pays. La Centrafrique peine à se relever de trois années d'extrême violence à la suite de la chute du président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion Séléka venue du nord du pays. L'arrivée des forces internationales - française Sangaris et onusienne Minusca - a peu à peu stabilisé la situation mais des bandes armées (ex-Séléka, milices anti-balaka ou "coupeurs de route") continuent de sévir dans plusieurs régions du pays.

 

Centrafrique : un chauffeur de MSF tué dans une embuscade
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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 11:50

 

 

Bangui, le 19 mai 2016 - L'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés est à la recherche des moyens pour intensifier l'aide et améliorer les conditions de vie des milliers de réfugiés sud-soudanais dans la région isolée et difficile d'accès de Bambouti qui se situe dans l’extrême sud-est de la République Centrafricaine, préfecture de la Haut-Mboumou. Le HCR et le Programme Alimentaire Mondiale avec l'aide des partenaires JUPEDEC (Jeunesse Unie pour la Protection de l'Environnement et le Développement Communautaire) et AIRD (Initiatives africaines pour les secours et le développement), a récemment distribué, à 10,454 réfugiés dans Bambouti, des vivres et des secours non-alimentaires.

 

Les missions d'évaluation récentes ont montré que les besoins sont grands et les conditions difficiles; ainsi le HCR est à la recherche, de toute urgence, des moyens pour accélérer l'acheminement de l'aide et de l'assistance, aussi bien par la route et que par voie aérienne. La petite piste d'atterrissage a heureusement été rénovée et a donc pu être récemment utilisée pour la première fois depuis 2007; il est à noter que les routes sont, quasiment, impraticables pendant la saison des pluies.

 

"Le HCR appelle à une approche multi-agences pour apporter une aide humanitaire à ces réfugiés sud-soudanais qui sont dans une situation difficile et précaire. Il y a donc là un énorme défi pour obtenir et acheminer de l'aide pour eux, surtout à l'approche de la saison des pluies », a déclaré Lazare Etien Kouassi, le Représentant du HCR en République Centrafricaine.

 

La fourniture d'eau, l'assainissement et les conditions d'hygiène sont un autre grand défi. Les gens doivent parcourir à pieds de longues distances afin de trouver les maigres sources d'eau qui sont utilisées, aussi bien, par les humains que le bétail. Le logement est également un problème, car les réfugiés sont contraints de vivre dans de petites huttes de fortune faites à partir de branches d’arbres et de feuilles de palmier, avec très peu de protection contre la pluie ou le soleil.

 

Environ 20% des réfugiés sont particulièrement vulnérables, y compris les mineurs non accompagnés, les personnes âgées, les mères allaitantes et les femmes enceintes. Il est á noter que les femmes représentent 53% des arrivées. Médecins Sans Frontières (Espagne) a réouvert un Centre Médical abandonné offrant ainsi des services gratuits de premiers soins et plus mais qui demeurent limités. L'absence d'écoles est un autre problème qui doit être abordée de toute urgence.

 

Les réfugiés à Bambouti sont arrivés en provenance des villes sud-soudanaises de Source Yubu et Ezo depuis Novembre 2015 après avoir fui les affrontements entre l'Armée de libération du peuple sud soudanais et de jeunes armés. Notons qu’ à la fin du mois d’avril, la RCA comptait 17.800 réfugiés, et 418.638 personnes déplacées internes.

 

Contact média: Patience Ntemgwa, portable +236 70552887, e-mail: ntemgwa@unhcr.org

Le HCR fournit une assistance aux réfugiés sud-soudanais a Bambouti dans le sud-est de la RCA
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 17:25

 

 

19/05/16 (APA)

 

La société chinoise ‘’SDIC » qui à cause u conflit en Centrafrique, s’était désengagée en 2012 de l’usine de traitement du coton à Bossangoa (nord), a entamé ce mercredi des discussions avec le ministère du Développement rural dans l’optique de reprendre ses activités.

 

La Fédération centrafricaine des cotonculteurs, avec l’appui du gouvernement qui lui a octroyé une subvention de 180 millions de FCFA pour la campagne cotonnière, a déjà remis en marche cette usine miraculeusement épargnée lors des violences. Ainsi, les agriculteurs ont pu collecter et traiter plus de 2000 tonnes de coton qui étaient restées en souffrance dans les champs.

 

Les producteurs de coton, profitant de cette réouverture de l’usine, réclament au gouvernement le paiement de leur dette à hauteur d’un milliard et demi de FCFA en vue de reprendre leurs activités agricoles.

 

Cette dette provient du fait que c’est l’Etat qui après le traitement du coton à l’usine SDIC, est chargé de vendre le coton sur le marché mondial et de reverser aux cotonculteurs leur part, après avoir retiré la subvention qu’il leur a octroyée pour mener les travaux champêtres.

La culture du coton fait vivre plus de deux millions de Centrafricains et est pratiquée dans six préfectures de Centrafrique.

 

Durant le conflit que le pays a connu, seule la préfecture de l’Ouham continuait à cultiver le coton. Dans les préfectures de l’Ouham Pendé, Kémo, Nana Gribizi, Ouaka et la Basse-kotto où l’insécurité règne encore, les champs sont à l’abandon.

 

Centrafrique : vers la réouverture de l’usine de traitement du coton à Bossangoa
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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 16:36
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Cinq alliés de Touadéra au second tour nommés à la présidence

 

http://rjdh.org/  PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 19 MAI 2016

 

BANGUI, 19 mai 2016—Cinq anciens candidats à la présidentielle et soutiens de Touadéra au second tour font partie du cabinet présidentiel dont la liste a été publiée dans la soirée du mercredi.

 

Jean Willybiro Sako, Fidèle Gouandjika, Jean Baptiste Koba, Stanislas Moussa-Kembe et Régina Konzi Mongot, sont les cinq candidats malheureux à la dernière présidentielle, que Touadéra a nommés dans son 1er cabinet. Deux sont ministres conseillers spéciaux et trois ministres conseillers.

 

Jean Willybiro Sako 0,82% à la dernière présidentielle est nommé ministre conseiller spécial, coordonnateur au DDR, à la RSS et la réconciliation nationale.  Fidèle Gouandjika, l’un des tous premiers soutiens de Touadéra au second tour, devient ministre conseiller spécial chargé des relations avec les organisations nationales avec ses 1,25% au premier tour de la présidentielle. Jean-Baptiste Koba ayant obtenu 0,20% lors du 1er tour de la présidentielle, est nommé ministre conseiller chargé des investissements. Stanislas Moussa-Kembe, avant dernier du 1er tour de la présidentielle avec 0,17% est désormais ministre conseiller chargé de la diplomatie. Régina Konzi Mongot, seule femme candidate lors de la dernière présidentielle qu’elle perd avec 0,58% va conseiller le président en matière de réconciliation nationale.

 

Sur les huit postes de ministre conseillers à la présidence, Faustin Archange Touadéra a réservé cinq à ses alliés dits proches. Le très convoité programme de DDR, considéré comme vache à lait en Centrafrique, n’échappe à l’entourage restreint de Touadéra. C’est le très respectueux Willybiro Sako, considéré comme l’un des hommes propres proches de Touadéra qui est appelé à le gérer. De sources autorisées, d’autres soutiens seront appelés dans les organes déconcentrés chargés de piloter ce processus DDR.

 

Faustin Archange Touadéra a déjà réussi à placer à des postes clés dix de ses anciens challengers et soutiens au second tour. Trois sont entrés au gouvernement, un est devenu président du nouveau parlement centrafricain, un autre est nommé à la mairie de Bangui et cinq deviennent aujourd’hui ministres conseillers à la présidence.

 

La volonté du nouvel homme fort de Bangui de récompenser ces alliés est de plus en plus perceptible. Une dizaine d’allié (candidats malheureux) est toujours en attente.

 

Le nouveau cabinet présidentiel est composé de vingt deux membres contre 27 sous Catherine Samba-Panza.

 

 

Centrafrique : La présidence se félicite des échanges sur le DDRR entre le chef de l’Etat et les groupes armés

 

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 19 MAI 2016

 

BANGUI, 19 mai 2016 (RJDH)–La présidence de la République s’est félicitée des échanges que le chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra a entrepris depuis quelques semaines avec les leaders des groupes armés. Cet état d’esprit a été exprimé dans un communiqué publié, mercredi dernier par le ministre d’Etat, chef de cabinet du président de la République, Firmin Ngrebada.

 

Le communiqué de la présidence commence par justifier les pourparlers que le nouveau président de la République a entrepris depuis son investiture avec les leaders des groupes armés. Selon le document, Faustin Archange Touadéra a choisi cette voie parce que c’est la seule qui puisse garantir aujourd’hui le retour de la paix et de la stabilité dans le pays « il (Faustin Archange Touadéra) croit fermement que le désarmement reste la seule et unique voie de retour à la paix et à la sécurité durable. Pour atteindre cet objectif, il a lancé depuis quelques semaines, une série de concertations avec les responsables des groupes armés pour qu’ensemble, ils puissent définir les mécanismes devant aboutir au désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement » relève le document.

 

La présidence de la République a fait savoir que plusieurs responsables des groupes armés ont répondu à l’appel du chef de l’Etat avec qui ils ont échangé sur la question du DDRR. Le document évoque cependant, en quelques lignes, la situation de certains groupes armés qui ont posé des revendications politiques comme préalables à l’entrée dans le processus DDRR.

 

Pour la présidence de la République « l’impression générale qui se dégage de ces concertations est bonne et incite à la poursuite des échanges concertés sur toutes les questions liées aux prochaines phases de l’opération » précise le communiqué qui annonce l’appui des partenaires en ces termes « les partenaires intervenant en République Centrafricaine apprécient à sa juste valeur ces concertations et indiquent qu’ils apporteront leur soutien au mécanisme qui sera retenu ».

 

La prochaine étape de l’initiative du chef de l’Etat, selon le communiqué de la présidence, sera de « définir avec toutes les parties prenantes, les stratégies à mettre en œuvre très rapidement en vue du désarmement des groupes armés » précise le document.

 

La présidence de la République a publié ce communiqué au moment où le chef de l’Etat a nommé Jean Willybiro Sako, un de ses alliés, coordonnateur du DDR, programme sur lequel Faustin Archange Touadéra compte pour ramener la paix et la sécurité en Centrafrique.

 

 

Centrafrique : Un chauffeur de MSF tué par des hommes armés au village Kouki près de Bossangoa

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 19 MAI 2016

 

BOSSANGOA, 19 Mai 2016(RJDH)—Un chauffeur des Médecins Sans Frontières (MSF) a été abattu par des hommes armés non identifiés au village Kouki situé à quelques kilomètres de la ville de Bossangoa. L’acte s’est produit le mercredi dernier.

 

Selon les informations du RJDH, la victime faisait partie d’une équipe de trois conducteurs en mission au village Kouki, situé à 82 Km de Bossangoa. Un témoin a confié que c’est de retour que l’équipe est tombée dans l’embuscade de ces hommes armés qui l’ont dépouillé de tout avant d’abattre l’un des trois chauffeurs « nous étions en convoi pour regagner la ville de Bossangoa. C’est entre le village et la ville de Bossangoa qu’un groupe armé nous a arrêté. Ces hommes armés nous ont mis à terre et ont vidé nos poches puis ont fouillé les  véhicules. C’est en partant qu’ils ont tiré sur notre collaborateur qui a trouvé la mort sur le champ » a expliqué un de ces chauffeurs.

 

Cette information a été confirmée par MSF qui dans une note d’information publiée ce jour a décidé de suspendre les activités de ses cliniques mobiles dans la région jusqu’à ce que la sécurité de son personnel soit garantie. L’ONG a précisé que le convoi arrêté, transportait des patients.

 

De sources concordantes, la dépouille est à Bossangoa, la ville natale de la victime. Selon nos informations, la jeunesse de Bossangoa est très remontée contre cet assassinat.

 

Cet agent de MSF est abattu par des groupes armés au moment où le nouveau chef de l’Etat entreprend des pourparlers avec les leaders de tous les mouvements  armés en vu de peaufiner le DDR.

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 13:51

 

 

19 Mai 2016

 

Depuis son entrée en fonction, le Président de la République, Chef de l’Etat Pr. Faustin Archange TOUADERA a mis la question du rétablissement de la paix et de la sécurité au centre de ses actions.

 

Il croit fermement que le désarmement reste la seule et unique voie de retour à la paix et la sécurité durable.

 

Pour atteindre cet objectif, il a lancé depuis quelques semaines une série de concertation avec les responsables des groupes armés pour qu’ensemble ils puissent définir les mécanismes devant aboutir au désarmement, à la démobilisation, à la réinsertion et au rapatriement.

 

Plusieurs responsables des groupes armés répartis sur le territoire national ont répondu favorablement à l’appel du Président de la République, Chef de l’Etat et ont exprimé leurs adhésion au processus projeté.

 

Cependant, il y a lieu de mentionner que quelques groupes armés, tout en acceptant le principe du DDRR, ont néanmoins posé de préalables liés à la satisfaction de certaines revendications qu’ils considèrent de politiques.

 

Somme toute, l’impression générale qui se dégage de ces concertations est bonne et incite à la poursuite des échanges concertés sur toutes les questions liées aux prochaines phases de l’opération.

 

Les partenaires intervenant en République Centrafricaine apprécient à sa juste valeur ces concertations et indiquent qu’ils apporteront leur soutien au mécanisme qui sera retenu.

 

La Présidence de la République rapporte l’engagement de son Excellence Monsieur le Président, Chef de l’Etat à passer à l’étape suivante de sa démarche qui consiste, à définir avec la participation de toutes les parties prenantes au processus DDRR, les stratégies à mettre en œuvre très rapidement en vue de ce désarmement.

 

Elle indique, enfin, la disponibilité de son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat a examiné au termes du DDRR, les autres questions objets de préoccupations de quelques groupes armés.

 

Le Ministre d'Etdat, Directeur du Cabinet

 

Firmin NGREBADA

 

 

LISTES DES PERSONNALITÉS QUI SONT NOMMÉES AUX POSTES DE RESPONSABILITÉS À LA PRÈSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE.


1 SECRÉTAIRE GÉNÉRAL A LA PRÈSIDENCE MR OBED NAMSIO

 

2 CHEF D'ÉTAT MAJOR PARTICULIER, LE GÉNÉRAL DE CORPS D'ARMÉES MR ANTOINE GAMBI

 

3 INSPECTEUR GÉNÉRAL D'ÉTAT MR PIERRE MAPOUKA

 

4 CHEF DE CABINET PARTICULIER MR DONATIEN MALEYOMBO

 

5 MINISTRE CONSEILLER SPÉCIAL COORDONNATEUR AU DDR,À LA RSS ET À LA RÉCONSILATION NATIONALE MR JEAN WILLIBYRO SAKO

 

6 MINISTRE CONSEILLER SPÉCIAL CHARGÉ DES RELATIONS AVEC LES ORGANISATIONS NATIONALES MR FIDÈLE NGOUNDJIKA.

 

7 MINISTRE CONSEILLER EN MATIÈRE D'AGRICULTURE ET DÉVELLOPEMENT RURAL: Mme MARIE NOELLE KOYARA

 

8 MINISTRE CONSEILLER ÉCONOMIQUE Mr RAMEAUX CLAUDE BIREAU .

 

9 MINISTRE CONSEILLER EN CHARGE DU SUIVI DES PROJETS: Mr GEORGES GOUGOUEY .

10 MINISTRE CONSEILLER EN CHARGE DES INVESTISSEMENTS MR JEAN BAPTISTE KOBA

 

11 MINISTRE CONSEILLER DIPLOMATIQUE MR STANISLAS MOUSSA KEMBE

 

12 MINISTRE CONSEILLER EN MATIÈRE DE RÉCONCILLIATION NATIONALE Mme RÉGINA KONZI MONGO

 

13 CONSEILLER À LA RSS GÉNÉRAL DE DIVISION FRANÇOIS MOBEBOU

 

14 CONSEILLER AU DDR COLONEL NOÉL BIENVENUE SELESSON

 

15 CONSEILLER EN MATIÈRE DES FINANCES MR LAZARE DOKOULA

 

16 CONSEILLER POLITIQUE MR ISIDORE ALPHONSE DIBERT

 

17 CONSEILLER EN MATIÈRE DE RESOURCES NATURELLES RUFIN BENAM

 

18 CONSEILLERE EN MATIÈRE DE L'HABITAT, DU LOGEMENT DE LA RÉFORME FONCIÈRE : MME GINA ROSELYNE NALOUTE ROOSALEM

 

19 CONSEILLER EN COMMUNICATION PORTE- PAROLE DE LA PRÈSIDENCE ALBERT MOKPEM.

 

20 CHARGÉ DE MISSION À LA COMMUNICATION MR MAURICE WILFRIED SEBIRO

 

21 CHARGÉ DE MISSION AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES THIERRY ORONFIO

 

22 CHARGÉ DE MISSION À LA JEUNESSE ET AUX ONGs MR ALAIN MBAYA

Communiqué de presse de la Présidence de la République
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