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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 17:20
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL
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La population de PK12 satisfaite de la présence des FACA à la barrière

 

http://rjdh.org/ PAR JUDICAEL YONGO LE 2 DÉCEMBRE 2015

 

La situation sécuritaire  semble stabilisée à PK 12 dans la commune de Begoua, sortie nord de la capitale centrafricaine après des théâtres d’affrontements dans la zone et ses environs. Avec l’arrivée des éléments des forces armées centrafricaines(FACA) sur la barrière de la brigade territoriale, l’ambiance est au calme. Un travail apprécié par la population de PK 12.

 

Dans la plus part des lieux que le RDJH a sillonnés, la situation est stable jusqu’au niveau du pont bascule par rapport au contrôle des FACA et des autres forces comme la gendarmerie.

 

La position de la brigade territoriale de PK12 ne donne pas assez de visibilité aux éléments déployés à pk12, car le lieu est envahi par les habitants. A cela s’ajoute les points de stationnement des taxis, bus et les taxis motos, et le marché qui a presque couvert la barrière de pk 12.  Une situation déplorée par un des éléments des FACA qui a requis l’anonymat.

 

A quelques mètres de la gendarmerie de Begoua, Désiré, mécanicien à PK 12, se dit optimiste de voir la stabilité à PK 12 à travers le redéploiement des Forces Armées Centrafricaines. « Il y a un changement pour le moment contrairement à l’époque où l’instabilité gagnait du terrain. Avec la présence des FACA à PK12, la situation est un peu stable et je suis très content», a-t-il avancé.

 

Eric Danboye, vendeuse de boissons à la cave dénommée ‘’Vanité des Vanités’’ à Pk 12, se réjouit aussi de la reprise des activités des FACA au niveau de la barrière de PK 12. « Actuellement, nous constatons une stabilité à PK 12, et les gens commencent à circuler normalement. C’est vraiment un travail à encourager», dit-t-elle.

 

La population de PK 12 demande aux autorités de la transition d’augmenter l’effectif des éléments de Forces Armées Centrafricaines dans la commune de Begoua et ses environs afin de bien sécuriser la localité pour le processus électoral dans le pays.

 

 

Des leaders politiques centrafricains réfléchissent sur la situation du pays et les prochaines élections

 

http://rjdh.org/ PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 2 DÉCEMBRE 2015

 

Les leaders politiques ont ouvert ce matin 02 décembre 2015 à Bangui les « journées des leaders politiques centrafricains ». Ces journées visent à réfléchir et à analyser la situation actuelle du pays sur le plan économique, politique, social et sécuritaire afin d’avoir une vision claire et réelle du pays. Le ministre d’Etat à l’énergie et à l’hydraulique Aristide Sokambi a ouvert les travaux.

 

Pour le ministre conseiller à la présidence Clément Anicet Guiama Massogo, ces journées sont organisées en prévision de tous les conflits postélectoraux pour que les leaders politiques puissent avoir des éléments d’analyse de la situation actuelle du pays.

 

« Les acteurs du processus électoral veulent à ce que tout le monde se retourne vers une seule vision qui est le processus électoral. Nous voulons aussi que par ces connaissances, ils aient un apaisement de cœur», a souhaité Clément Anicet Guiama Massogo.

 

Il a souligné par la même occasion la volonté du gouvernement de transition d’organiser les élections en Centrafrique. « Les autorités actuelles ont toujours fait de leurs mieux pour discuter avec les acteurs politiques de ce pays. Cet exercice ne vient qu’en appoint car ce que nous voulons c’est qu’on puisse mettre en avant l’intérêt du pays par rapport aux intérêts égoïstes qui ne nous amènent que la désolation, les guerres et les violences. Il faut qu’on mette en avant les débats d’idées à l’encontre des choses qui nous divisent toujours », a proposé le ministre conseiller.

 

Ces journées qui ont commencé ce matin prendront fin demain. Elles ont vu la participation de tous les leaders et animateurs de la vie politique centrafricaine. Elles sont  organisées par les partenaires du processus électoral notamment, le PNUD, la Minusca, l’ANE et l’ONU Femme.

 

 

Les banguissois invités à reprendre les activités au KM 5

 

http://www.radiondekeluka.org/  mercredi 2 décembre 2015 12:35

 

Le ministre de la sécurité publique, Pierre Chrysostome Sambia, a invité les citoyens centrafricains à reprendre leurs activités au KM 5 dans le 3ème arrondissement de Bangui. C'est à l'issue d'une rencontre mardi dernier entre la communauté musulmane dudit secteur et le ministre de la sécurité publique. 


L'objectif de cet échange est de mettre en place des stratégies visant à faciliter la libre circulation et le bon déroulement des activités commerciales au Km 5. Un secteur en proie à l'insécurité qui ne cesse de faire des victimes innocentes de part et d'autres. 


Et donc pour le ministre de la sécurité publique, « si déjà la majorité des personnes habitant le KM5 s'est engagée à essayer de neutraliser ceux qui seraient enclins à ternir son image, c'est déjà un message de satisfaction ». Ce qui, selon Pierre Chrysostome Sambia devrait pousser les centrafricains à « s'adonner en toute quiétude aux occupations qui ont toujours été celles des banguissois et banguissoises. Le KM 5, c'est chez eux ».


Dans cette même dynamique, Abdoulaye Hissène, un des leaders du FRPC explique qu'il est du devoir du ministre de la sécurité publique d'aller à la rencontre des populations centrafricaines, les écouter pour trouver ensemble des solutions afin de favoriser la libre circulation des personnes et de leurs biens. 


« Il n'y a personne qui peut interdire un ministre de la sécurité publique d'être au KM 5 ou dans un autre quartier puisqu'il commande la sécurité publique sur toute l'étendue du territoire. Il est chargé de sécuriser la population centrafricaine et le KM 5 en fait partie », a précisé Abdoulaye Hissène. 


De part et d'autres, appel est donc fait aux citoyens centrafricains à briser la peur et à reprendre les activités au KM 5 dans le 3ème arrondissement de Bangui.

 

La Minusca annonce renforcer sa présence au village Gala Bouruma vers Bambari après les affrontements de fin novembre

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 2 DÉCEMBRE 2015

 

L’attaque du village Gala Bouruma, situé à 7 kilomètre de la commune de  Ngakobo le lundi 30 novembre dernier par des hommes armés  a fait une dizaine de morts et des  blessés ainsi que des maisons incendiées. Selon les informations reçues par le RJDH, cela s’est produit lors d’un affrontement qui a opposé une faction des ex-Séléka de Bambari à des Anti-Balaka de la commune de Ngakobo. La Minusca a annoncé renforcer sa présence dans la region.

 

« Tout a commencé suite à l’assassinat d’un homme de 73 ans au bord de la rivière Ouaka au village Gala Bouruma par un groupe des ex-Séléka. Ils ont aussi incendié quelques maisons. C’est ainsi que les Anti-Balaka ont aussi riposté, et ils les ont repoussés jusqu’à 10 kilomètres de Ngakobo», a témoigné sous l’anonymat un habitant de ce village qui a regagné la ville de Ngakobo.

 

La même source a aussi souligné que ces ex-Séléka ont reçu le renfort de leur frère d’armes venu de Dimbi, Alindao, Ngbokorobo et autres. « Actuellement, la commune de Ngakobo est occupée par les éléments de l’ex  Séleka. La population vit dans la psychose et certains ont de nouveau regagné les sites des déplacés », a ajouté la source.

 

Lors de la conférence de presse de la Minusca, Salifou Konseiga, lieutenant de la police a confirmé que le village Gala Bouruma a été attaqué par des hommes armés le lundi 30 novembre dernier aux environs de 5 heures du matin.

 

Le bilan de cette attaque fait état de 10 morts parmi lequel le maire de ladite localité et ses deux conseillers.

 

Il a aussi signalé que la zone est actuellement sous contrôle des éléments de la Minusca dépêchés depuis la ville de Bambari et qui sont actuellement basés dans la commune de Ngakobo.

 

Selon les dernières informations du RJDH, un calme précaire règne dans la localité.

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 16:55

 

 

RÉCIT

 

Par Anthony Fouchard (Contributeur, Le Monde Afrique, Bangui)  Le Monde.fr Le 02.12.2015 à 13h08

 

Depuis près d’un an, aucun moto-taxi chrétien n’osait s’aventurer sur l’avenue de France qui traverse le PK5, le quartier musulman de Bangui, de part en part. Idem du côté des transporteurs musulmans, qui ne se risquaient pas à rouler sur l’avenue Boganda pour rallier le centre-ville. Or lundi 30 novembre, après la visite éclair du pape François à la mosquée centrale, on a vu « des choses impensables », selon Ali Mahamat un habitant du quartier qui s’en frotte encore les yeux.

 

Des musulmans sont allés en centre-ville, à moto, en taxi, en voiture. Des chrétiens sont allés au PK5, où 12 000 musulmans vivent encore, des commerçants pour la plupart. Des scènes de liesse qui, avant la visite du pape François, n’étaient même pas imaginables. Et mardi matin, le PK5 asphyxié depuis des semaines par un blocus des anti-balaka (miliciens majoritairement chrétien et animistes) avait repris des couleurs, les étals étaient rouverts et la circulation -timide- mais présente.

 

Le miracle de ce désenclavement n’a pas duré. Mardi, sur le coup de 11 heures, deux détonations. A la frontière entre le 3è et le 5è arrondissement de Bangui, dans le quartier dit « Sénégalais ». Un musulman, Zacharia Adoume, 35 ans, père de trois enfants, a été abattu d’une décharge de fusil artisanal, son bras cassé par les billes de métal, sa poitrine transpercée de part en part. Selon certains témoignages, il était sorti acheter des médicaments quand des tireurs postés de l’autre côté du canal « Essayez voir », qui sépare l’enclave musulmane des quartiers chrétiens de Bangui, l’ont abattu. A la petite mosquée Ali Babolo au coeur du PK5, qui accueille à chaque fois les corps des victimes, la déception est sur tous les visages.

 

 « Dommage », lâche, amer, Djamil Babanani, secrétaire général de l’UPC, un des mouvements de l’ex-rébellion Séléka les plus puissants. Une cinquantaine d’habitants du quartier, déconfits, sont rassemblés autour du corps. « On essaye d’apaiser les esprits depuis ce matin, poursuit M. Bananani. Après la visite du Saint-Père, ça ne peut pas juste repartir comme avant. Ceux qui ont fait ça, ce sont des ennemis de la paix ». Un peu plus loin, une bande de jeunes trépignent. « C’est la première et la dernière fois. Après on reprend les véhicules et on va tout brûler ».

 

Lundi, le pape François avait exhorté lors de sa brève homélie à ne pas mélanger religion et politique. Et surtout à « faire un pas l’un vers l’autre ».

 

Les responsables du quartier assurent qu’il n’y aura pas de représailles. D’ailleurs, l’archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga est venu en urgence témoigner de sa solidarité. « Les ennemis de la paix, il ne faut pas se leurrer, sont nombreux, a-t-il déclaré. Et à l’approche des élections, il y a fort à parier que cela se reproduise. Dans les deux sens. Mais le Saint-Père nous a appris à ne pas céder. Je pense que cette leçon a été retenue ». De fait, malgré de fortes tensions, pas un seul coup de feu n’a été tiré de toute la journée au PK5.

 

Partout, dans la ville de Bangui, la visite du pape François laisse entrevoir des jours meilleurs. Christian Ndotah, un chrétien, est un symbole de cette réconciliation entre les communautés. Depuis deux ans, il se bat pour reconstruire la mosquée de Lakouanga, maintes fois détruite pendant les épisodes de violence. Lundi, il a pris son courage à deux mains pour se rendre au PK5 et suivre le discours du pape : « J’ai pris une moto jusqu’au checkpoint du pont Jackson, puis j’ai marché 600 mètres jusqu’à l’entrée du quartier. Il y a bien eu quelques regards, mais rien de grave. Et je suis reparti dans la folie générale, sur une moto conduite par un musulman. » Inimaginable.

 

D’autres, comme le père Patrick Mbéa, provincial de la congrégation des spiritains en Centrafrique, estime que le pape n’a pas été assez « incisif»« Le Saint-Père a demandé d’éviter les problèmes politiques, militaires, la corruption.. tout ce qui gangrène notre pays en fin de compte. Pas très convaincant. Mais bon, ce n’était pas son rôle d’aller plus loin, il l’a dit. C’était un messager de la paix ».

 

Ce que tous réclament, musulmans comme chrétiens, c’est la fin de l’impunité. Après cette visite du Pontife, le désir de justice, « la vraie », précise l’ex Séléka Djamil Babanani, est réel.

 

Zacharia Adoume a été enterré au PK5. Les taxi-moto chrétiens ne circulent déjà plus sur l’avenue de France. Sur l’avenue Boganda, un milicien anti-balaka traverse la route à petits pas, une kalachnikov à peine cachée sous son large manteau beige.

 

« La paix est fragile », a lancé aux musulmans l’archevêque de Bangui, aux côtés de l’imam de la mosquée d’Ali Babolo.

 

Anthony Fouchard Contributeur, Le Monde Afrique, Bangui


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/02/a-bangui-l-assassinat-d-un-musulman-fragilise-la-reconciliation-pronee-par-le-pape_4822364_3212.html#KOCyYRz7g4QueKvC.99

Lu pour vous : A Bangui, l’assassinat d’un musulman fragilise la réconciliation prônée par le pape
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 16:29
En Afrique, le pape François craint surtout les moustiques
En Afrique, le pape François craint surtout les moustiques

 

 

 

http://www.letemps.ch/ mardi 1 décembre 2015 à 17:07

 

Pour les nombreuses foules et surtout les jeunes africains, le pape François, courageux et charismatique, semble être le seul qui puisse leur apporter justice et dignité

 

«En Afrique, je crains surtout les moustiques» : c’est par cette boutade que le pape François a répondu aux journalistes dans l’avion qui l’emmenait le 25 novembre au Kenya, malgré la mise en garde des services secrets français notamment en République centrafricaine (RCA). L’Afrique connaît une croissance économique, sociale, spirituelle et démographique impressionnante, bien qu’elle subisse constamment des conflits sanglants dans certaines régions. A Garissa (Kenya), en avril dernier, 148 étudiants en majorité chrétiens, ont été massacrés de sang-froid par le groupe islamiste Al-Shabab. Il y a environ 40 millions d’habitants au Kenya, dont 8 millions de catholiques.

 

Le but premier du pape a été de rencontrer surtout des jeunes pour qu’ils gardent espoir. Devant les représentants des différentes confessions chrétiennes, des chefs des communautés islamiques et des religions animistes, ainsi que du chef de l’Etat Uhuru Kenyatta et de nombreux politiciens, François a lancé un appel à résister ensemble contre la radicalisation des jeunes et les divisions ethniques qui avaient violemment divisé le pays. Mission accomplie semble-t-il, tant l’enthousiasme et la joie sincère des milliers de jeunes dans le stade de Nairobi, leurs chants, leurs danses – même celle de l’archevêque de Nairobi – ont été impressionnants, comme s’il était vraiment le seul qui puisse secouer positivement la vie politique du Kenya et combattre le fléau de la corruption!

 

Comme en Amérique latine récemment, il est allé aux périphéries, dans le bidonville de Kangemi, où, très choqué par la pauvreté, il a dénoncé les phénomènes de l’injustice dans la répartition et l’accaparement des terres au détriment des plus pauvres, ainsi que le non-accès à des services essentiels: «Priver une famille d’eau sous un prétexte bureaucratique, est une grande injustice, surtout lorsque l’on se fait ainsi du profit», stigmatisant ainsi les organisations criminelles aux services d’intérêts économiques et politiques qui utilisent aussi des enfants et des jeunes pour leurs affaires. Une critique contre les multinationales et ceux qu’elles corrompent dans de nombreux pays. Condamnant le terrorisme, il a appelé les autorités à pratiquer les trois T: terre, toit, travail, un développement durable – le climat est un bien commun –, et à respecter les droits de l’homme et des peuples à vivre dans la dignité.

 

Ce que le pape a dit en Ouganda

 

Arrivé ensuite le 27 novembre en Ouganda (37 millions d’habitants, dont 80% de chrétiens), le pape s’est adressé au président Yoweni Museweni (depuis 30 ans au pouvoir…) et à un parterre de dirigeants politiques et économiques du pays à Entebbe, en mots diplomatiquement choisis, mais clairs, expliquant le besoin d’une gouvernance bonne et transparente qui assure une sage et juste distribution des biens et autorise une large participation à la vie nationale… Une nouvelle loi limite maintenant la liberté des associations, comme dans d’autres pays. Auparavant il avait rencontré 50 000 jeunes enthousiastes au stade de la capitale venus de tout le pays, leur signifiant le besoin d’intégrité et d’honnêteté et mettant en garde contre la corruption, mais en mots plus directs puisqu’il a avoué qu’il y a aussi de la corruption au Vatican! «La corruption n’est pas un chemin de vie, mais un chemin de mort.»

 

Le pape en République centrafricaine

 

Dernière étape et la plus risquée, la République centrafricaine, les 29 et 30 novembre, 4,5 millions d’habitants, plus de 80% de chrétiens, 10% de Musulmans, 6% d’animistes. 400 000 personnes ont fui le pays. Dans un vibrant discours d’accueil plus religieux que politique, la présidente Catherine Samba-Panza confesse tout le mal qui a été fait en Centrafrique et reconnaît un besoin vital de pardon pour entrouvrir un avenir dans son pays. Des cris de joie sur son passage, des pas de danses en boubous colorés devant les casques bleus de la Minusco (qui n’ont pas réussi à ramener la paix…) donne l’impression d’un peuple fatigué de la guerre et pauvre qui accueille son sauveur. La guerre oppose depuis trois ans les anti-balaka, sorte de milices chrétiennes, aux membres de la Séléka, alliance de groupes rebelles à majorité musulmane longtemps marginalisée par le pouvoir, mais qui se renforcent aujourd’hui et menacent le pays de sécession. Le pape François indique tout de suite le chemin: le pardon et la réconciliation. Pas de paix sans pardon. L’évêque Desmond Tutu avait dit en Afrique du Sud: pas d’avenir sans pardon. Le pape, en allant à la cathédrale de Bangui le 29 au soir ouvrir la porte de la Miséricorde (le pardon pour tous), a posé un geste hautement symbolique en Afrique, allant aussi saluer l’imam présent à la messe. Très tôt le matin du 30, il a tenu sa parole et est allé dans le quartier musulman enthousiaste et a rendu visite à la Grande mosquée où flottait le drapeau du Vatican. Tout un symbole!

 

Prière avec un imam

 

Ce qu’il a dit ensuite dans son homélie devant 30 000 personnes avait une profondeur réparatrice inouïe pour ce peuple si éprouvé. Il a invité les jeunes à ne pas quitter le pays, mais à le reconstruire. Le pape veut montrer que ce ne sont pas les religions qui sont la cause de tant de mal, et qu’il faut au contraire les mettre au service de la réconciliation et de la fraternité. C’est pour cela qu’il a prié avec l’imam Omar Kabine Layamana qui, avec l’évêque Nzapalainga, s’efforcent tous les deux, courageusement, depuis des mois, de réconcilier les gens.

Une chose frappe au terme de ce voyage: pour les nombreuses foules et surtout les jeunes, ce pape courageux semble être le seul qui puisse leur apporter justice et dignité. En d’autres termes, cela veut dire que ni l’ONU, ni les institutions internationales, ni leurs propres gouvernements et leurs riches élites ne réussissent à améliorer durablement le sort des peuples. Des peuples et surtout des jeunes, pauvres, souvent délaissés par leurs dirigeants, qui dansent et chantent. Quelle magnifique leçon d’humanité. Un ange a passé.

 

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 14:14

 

 

 

Centrafrique: joie et soulagement après une visite du pape sans anicroche
Centrafrique: joie et soulagement après une visite du pape sans anicroche
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 13:40

 

 

À Bangui, le pape veut réconcilier chrétiens et musulmans

 

http://www.la-croix.com/ 30/11/15 - 15 H 32

 

En visitant le 30 novembre la mosquée centrale d’un quartier enclavé de la capitale centrafricaine, le pape François a voulu montrer que la fraternité restait possible entre communautés musulmane et chrétienne.

 

 « Les chrétiens et les musulmans de ce pays sont condamnés à vivre ensemble et à s’aimer. » L’imam de la mosquée centrale de Bangui, Tidiani Moussa Naibi, l’a déclaré sans détour en accueillant le pape François.

 

UNE VISITE TRÈS RISQUÉE ET TRÈS SYMBOLIQUE

 

Par cette visite la plus risquée mais aussi la plus hautement symbolique de son séjour d’un jour et demi en Centrafrique, qu’il a quittée le 30 novembre dans l’après-midi, le pape a voulu montrer que la paix pouvait revenir dans ce quartier dit du PK-5 dont les musulmans ne sortent plus, de crainte d’être tués par des milices chrétiennes. Sur la route y conduisant, tous les commerces, d’ordinaire tenus par les musulmans, restent fermés, faute de clients s’y aventurant.

 

 « Les fauteurs de trouble pourraient retarder la réalisation de tel ou tel projet d’intérêt commun ou compromettre pour un temps telle ou telle activité, mais jamais in sha Allah, ils ne pourraient détruire les liens de fraternité qui unissent si solidement nos communautés », a affirmé l’imam, qui a reçu dans sa mosquée le pape venu avec le nonce et l’archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga.

 

 « Après les attentats de Paris, le pape ne pouvait pas ne pas venir. Cela aurait été la victoire du mal », estime le P. Antonio Spadaro, directeur de Civiltà Cattolica, la revue jésuite italienne et proche de Jorge Bergoglio, présent sur place. La visite a été placée sous très haute sécurité.

 

DES CENTAINES DE CASQUES BLEUS

 

Des casques bleus étaient postés dans les trois minarets de la mosquée et déployés par centaines dans les rues voisines.

 

 « Le pape vient chez nous lancer un message de réconciliation. La prochaine fois, cela pourrait être un imam d’un pays musulman », estime un habitant installé avec environ 250 hommes à l’intérieur pour l’écouter, avec quatre autres imams. Dans la cour en terre battue de ce lieu de culte aux murs vert et blanc, des tentes abritent des déplacés.

 

 « Chrétiens et musulmans, nous sommes frères. Nous devons donc nous considérer comme tels, nous comporter comme tels », a déclaré le pape accueilli dans la clameur à son arrivée en papamobile ouverte dans la mosquée. Des jeunes musulmans portent des tee-shirts à son effigie. Un pasteur évangélique tombe dans les bras d’un imam.

 

 « Nous savons bien que les derniers événements et les violences qui ont secoué votre pays n’étaient pas fondés sur des motifs proprement religieux. Celui qui dit croire en Dieu doit être aussi un homme, une femme, de paix », a insisté le pape, qui, comme pour associer le geste à la parole, a visité, de manière imprévue, une école voisine que fréquentent des musulmans mais aussi une minorité de chrétiens.

 

MULTIPLIER LES DÉMARCHES D’APAISEMENT

 

Autre geste significatif, la veille, durant la messe du premier dimanche de l’Avent à la cathédrale de Bangui qu’il célébrait, le pape est descendu de l’autel, au moment du geste de paix, saluer l’imam Omar Kobine Layama et le pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, présents aux premiers rangs.

 

Avec Mgr Nzapalainga, les trois hommes multiplient les démarches interreligieuses d’apaisement de la Centrafrique, que le pape a salué dans son discours à la mosquée : « En ces temps dramatiques, les responsables religieux chrétiens et musulmans ont voulu se hisser à la hauteur des défis du moment. Ils ont joué un rôle important pour rétablir l’harmonie et la fraternité entre tous. » 

 

Dans un climat de haine vengeresse, de tels efforts exigent une détermination à toute épreuve pour un changement des regards, celle qu’a encouragée le 28 novembre soir le pape lorsqu’il s’est adressé aux jeunes Centrafricains, osant parler d’« amour des ennemis ».

 

« LA PAIX SE FAIT TOUS LES JOURS »

 

 « La paix n’est pas un document qu’on signe et qui reste là. La paix se fait tous les jours, elle est un travail artisanal, par ses propres mains », leur a-t-il expliqué en termes simples, les incitant à ne pas quitter le pays mais à s’y investir.

 

En marche pour la messe finale que le pape a célébrée le 30 novembre dans la ferveur d’un stade rempli, Maxime Rivière, 39 ans, petit crucifix en pendentif, veut y croire. « Mon grand frère a été tué par les musulmans qui ont tout commencé. La maison de mon père est dans le PK-5 et je ne peux plus m’y rendre », raconte-t-il. « Mais je pardonne. Du fond du cœur. » 

 

Sa seule supplique : qu’après le départ du pape, le « calme total » ayant marqué en ville son séjour ne reste pas qu’une parenthèse.

 

SÉBASTIEN MAILLARD (à Bangui)

 

 

La lutte contre la corruption, fil rouge du pape François en Afrique

 

http://www.la-croix.com/  29/11/15 - 13 H 28 -

 

En Centrafrique, comme en Ouganda et au Kenya, le pape François poursuit son voyage sur le continent africain en insistant sur le besoin d’« honnêteté et intégrité ».

 

Nouveau pays, nouvelle étape mais un même message. À son arrivée hier en Centrafrique, le pape François a rappelé« l’importance capitale que revêtent le comportement et la gestion des autorités publiques », dont les responsables doivent être « des modèles pour leurs compatriotes ».

 

De même lors de son premier discours en Ouganda vendredi 27 novembre, il avait expliqué le besoin d’une« gouvernance bonne et transparente »,qui assure « une sage et juste distribution des biens » et autorise une« large participation à la vie nationale ». À Bangui comme à Kampala, il a rappelé la nécessité de vivre d’un« travail honnête » et de gérer « de manière responsable » les ressources naturelles du pays.

 

MESSE À NAMUGONGO

 

Dans la capitale ougandaise, le pape s’adressait au président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis près de trente ans et en campagne pour un nouveau mandat jusqu’en 2021, ainsi qu’à un parterre de dirigeants politiques et économiques du pays et de représentants d’autres gouvernements. Tous avaient été conviés au palais présidentiel d’Entebbe, au sud de Kampala.

 

Dans ce cadre à l’élégance coloniale toute britannique, sur les hauteurs du lac Victoria baignées de la douce lumière d’une fin d’après-midi, les mots du pape, prononcés en anglais, étaient des plus diplomatiquement choisis. Mais clairs pour ce pays de 37 millions d’habitants qui compte parmi les plus pauvres du monde

 

Il insista encore le lendemain, dans son homélie pour la messe à Namugongo, sanctuaire ougandais des premiers martyrs chrétiens du continent, soulignant l’importance de « l’honnêteté et l’intégrité de la vie et (de) l’authentique préoccupation pour le bien des autres ».

 

PARMI LES PAYS LES PLUS CORROMPUS AU MONDE

 

Plus tôt, au Kenya, dans le décor tout autre du stade de la capitale, devant environ 50 000 jeunes de tout le pays, il avait déjà mis en garde contre la corruption, en termes cette fois beaucoup plus directs : « Chaque fois qu’une personne accepte un pot-de-vin dans sa poche, il détruit son cœur, sa personnalité et sa patrie. » Et d’interpeller son audience : « Peut-on justifier la corruption parce que tout le monde la pratique ? »

 

La Centrafrique, l’Ouganda et le Kenya figurent parmi les pays les plus corrompus au monde d’après le classement annuel de Transparency International, organisation de référence sur cette pratique. Le pape l’a comparée à un « sucre, doux et facile » à prendre, mais qui provoque du diabète. « Un pays devient ainsi diabétique », s’est-il exclamé devant les jeunes Kényans, reconnaissant que le phénomène « n’existe pas qu’en politique mais dans tous les secteurs »« Y compris au Vatican ! », a-t-il ajouté alors que son pontificat a été récemment secoué par plusieurs scandales.

 

ÊTRE « UN EXEMPLE » DE VIE CHRÉTIENNE

 

Mais Jorge Bergoglio a aussi visé l’Église en Afrique. Le style de vie des prêtres, jugé parfois ostentatoire, pose question en Ouganda, où la petite voiture transportant le pape – une Kia – n’est pas passée inaperçue. Le clergé a aussi été sèchement rappelé à son devoir de célibat samedi, le pape François demandant aux prêtres de ne pas mener « de double vie ». Et plus tôt dans la journée, il a lancé « un appel à toutes les paroisses et communautés présentes en Ouganda – et dans le reste de l’Afrique – à ne pas oublier les pauvres ».

La veille, s’adressant cette fois aux catéchistes du pays, il leur a demandé de ne pas seulement enseigner mais d’être aussi des « témoins » et « un exemple » de vie chrétienne. Autant de manières de souligner que l’Église catholique ne peut être convaincante dans ses recommandations pour la vie publique qu’en restant elle-même crédible.

 

Sébastien Maillard (à Bangui)

La lutte contre la corruption, fil rouge du pape François en Afrique
La lutte contre la corruption, fil rouge du pape François en Afrique
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 13:37
Où trouver le livre de Martin ZIGUELE ?

 

 

Chers camarades, ami(e)s, et sympathisants
 

 

Mon livre intitulé "Des crises à l'espérance. Ma vision pour la Centrafrique" est désormais disponible en librairie.

 

1- Pour la France, l'Europe et le reste du monde

 

Le référencement est fait dans les grandes bases de données des librairies françaises.

 

Ce qui veut dire qu’on peut désormais contacter n’importe quelle librairie en France et commander votre livre en lui donnant les références de l’ouvrage.

 

Le livre peut aussi être commandé dès à présent en ligne sur Amazon ou la Fnac

 

Lien Amazon:

 

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Dans les Fnacs partout en France, sinon il suffira de le commander à son libraire de la Fnac ou de réserver en ligne et de le retirer en magasin. Voici le lien pour les Fnac: http://livre.fnac.com/a9265142/Martin-Ziguele-Ma-vision-pour-la-Centrafrique#ficheResume

 

Enfin, on peut le commander en ligne sur la boutique en ligne de Dagan: http://services.service-webmaster.fr/eboutique/details-article-30123-313-5136.html

 

2- Pour la RCA

 

Il est disponible dans les points de vente suivants:

 

- le siège de la Direction Nationale de Campagne du MLPC, situé derrière la FATEB

- le siège du MLPC à la Salle Mazette à Ben-Zvi

- dans les librairies de la presse

 

Bonne lecture

 

Cordialement

 

Martin ZIGUELE

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Centrafrique-Presse.com
2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 13:05

 

 

 

Par RFI Publié le 02-12-2015  à 06:30

 

En Centrafrique, RFI a pu consulter une lettre que l'ex-président a écrite au pape François avant sa venue dans le pays. Une lettre dans laquelle il appelle plus ou moins habilement le Saint Père à plaider pour lui.

 

Dans sa missive datée du 21 novembre, soit une semaine avant la venue du pape François en Centrafrique, Bozizé affirme que la présomption d'innocence ne s'applique pas à lui. Il expose ainsi au souverain pontife les sanctions qui pèsent sur sa personne, qu'elles soient d'origines centrafricaines ou onusiennes, notamment une interdiction de voyager.

 

L'ex-président explique ensuite ce qui, selon lui, pourrait lui permettre de revenir en Centrafrique : en premier lieu, le fait de devoir exercer un devoir religieux et donc d'assister à la venue pape.

 

Ensuite François Bozizé assure que la réconciliation en Centrafrique ne passera que par un dialogue inclusif, et reprend à son compte des éléments du discours du Saint-Père prononcé en 2013, discours dans lequel ce dernier appelait au dialogue et à l'unité.

 

Lettre morte

 

Du côté du parti de l'ancien président, on confirme qu'il a bien écrit cette lettre pour le pape François. Absolument pas pour essayer de l'amadouer mais dans une démarche « sincère », dit-on. Toujours selon la même source au sein du parti, cette lettre est restée sans suite.

 

François Bozizé s'est porté candidat à l'élection présidentielle mais des sources au sein de la Cour constitutionnelle avancent que son dossier pourrait être invalidé faute d'être inscrit sur les listes électorales. Le porte-parole du KNK, lui, botte en touche : « Nous avons 8 jours pour compléter le dossier, nous le ferons. »

RCA: l’ex-président Bozizé plaide sa cause dans une lettre au pape
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:46

 

 

 

01/12/15 (AFP)

 

Bangui 01-12-2015 à 19h12 (AFP) - Le répit aura été de courte durée. Moins de 24 heures après la visite triomphale du Pape François et son appel à la réconciliation en Centrafrique, déchirée par les violences intercommunautaires depuis deux ans, le meurtre d'un jeune musulman a suscité colère et déception dans sa communauté.

 

Beaucoup voulaient croire que les mots du pape ne s'envoleraient pas trop vite après son départ. Comme en réponse à ses appels, affirmant que chrétiens et musulmans sont "tous frères", le no man's land qui sépare les quartiers chrétiens de l'enclave musulmane du PK5 - isolée et sous la menace constante de milices armées - avait repris vie, mardi matin.

 

Taxis et motos circulaient à nouveau entre les deux, et, fait notable, même des piétons arpentait l'avenue Boganda, d'ordinaire silencieuse et déserte. Les commerces avaient ouvert "et les clients venaient nombreux depuis le matin", note un jeune commerçant, Ali.

 

Mais dans la petite mosquée Ali Babolo, en plein coeur du PK5, l'arrivée du cadavre d'un jeune musulman a douché l'optimisme des fidèles venus prier. Zakaria, 35 ans, était le père de trois jeunes enfants.

 

"Regardez ce qu'ils nous ont fait! Nous voulons la justice!". Ils sont des dizaines, les yeux remplis de colère, agglutinés autour d'un sac en plastique recouvrant un linge banc, à même le sol.

 

"Vers 11H00, notre frère était devant la mosquée Ibni Qatab, des malfrats sont sortis avec leurs armes, ils ont tiré sur lui et il est mort", explique le représentant des commerçants du PK5, Issouf Djibril.

 

Les tireurs étaient postés à quelques mètres de la mosquée, de l'autre côté du canal baptisé "Essayez-voir", qui sépare l'enclave musulmane des quartiers chrétiens de la capitale centrafricaine, selon plusieurs habitants de PK5.

 

"Le pape François a lancé de bons messages de paix et d'unité. Nous on a pris acte pour sensibiliser tout le monde et bien se comporter, mais ils viennent encore assassiner nos frères", déplore M. Djibril.

 

Quasi-quotidiennes, les violences entre jeunes musulmans proches de l'ex-rébellion Séléka - qui a renversé le président François Bozizé en 2013 - et milices chrétiennes et animistes anti-balaka ont fait plus de 100 morts à Bangui depuis fin septembre.

 

- Stop à 'l'impunité' -

 

Après le meurtre, l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, inlassable artisan de la paix entre les deux communautés, s'est rendu en urgence au PK5 pour apporter son soutien aux leaders religieux musulmans, appelant à ne pas céder "aux provocations des ennemis de la paix" pour ne pas retomber dans un cycle de représailles.

 

Chez ce religieux au ton d'ordinaire posé, l'exaspération est palpable. "Nous appelons au calme, mais il faut que l'Etat joue son rôle, dit-il. Il faut ouvrir une enquête, dire qui a tué et sanctionner les coupables. Si on continue avec l'impunité, on envoie un très mauvais message".

 

"Ce pays appartient à tout le monde, personne n'a le titre foncier de la Centrafrique (...) C'est un piège et nous demandons aux musulmans de ne pas tomber dedans", affirme Ibrahim Hassane, porte-parole de la Coordination des organisations musulmanes de Centrafrique.

 

Mais parmi les jeunes du quartier, déjà les accusations pointent. "Ce sont des FACA qui ont fait ça", dénonce Issouf en référence aux Forces armées centrafricaines - dont beaucoup ont rejoint les rangs des anti-balaka à la chute de Bozizé. Un autre accuse les "grands commerçants du centre-ville, qui vendent 15.000 francs les articles qu'on vend 5.000, c'est eux qui financent les malfrats" pour tuer la concurrence.

 

Comme le jeune homme tué mardi, l'immense majorité des quelques 12.000 musulmans vivant encore au PK5 - qui fut longtemps le poumon économique de la ville - sont des commerçants. D'après certains témoignages, Zakaria sortait acheter des médicaments lorsqu'il a été abattu.

 

"Nous ne pouvons plus mettre les pieds dehors. Même nos morts, nous ne pouvons plus les enterrer dignement, nous n'avons pas accès à notre cimetière", situé à Boeing, en plein quartier anti-balaka, se plaint un vieillard. "Pour l'hôpital, c'est pareil, nos femmes accouchent dans des conditions déplorables".

 

D'après Moussa, "les musulmans, eux, n'attaquent pas, ils se défendent seulement. Et dès qu'un d'entre nous sort du PK5, il revient ici en morceaux".

 

 

"Pas un coup de feu": joie et soulagement après le passage du pape en Centrafrique

 

01/12/15 (AFP)

 

"On nous avait prédit l'Apocalypse" mais "il n'y a pas eu un coup de feu", s'est félicité l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, mardi sur Radio Vatican, au lendemain de la visite présentée comme très risquée du pape François en Centrafrique.

 

"Il n'y a pas eu un coup de feu au Kilomètre 5 (le quartier musulman) ou sur la place de la cathédrale. On nous avait prédit l'Apocalypse, elle n'a pas eu lieu", s'est félicité Mgr Nzapalainga après l'accueil triomphale réservé au pape dimanche et lundi à Bangui.

 

L'archevêque, qui est un des artisans de la réconciliation en Centrafrique, avait insisté pour que le pape maintienne sa visite dans ce pays déchiré par des violences inter-communautaires, en dépit des avertissements lancés en particulier par la France sur l'impossibilité de garantir la sécurité des foules.

 

Lundi dans l'avion du retour vers Rome, le commandant de la Gendarmerie vaticane, Domenico Gianni, s'était montré ravi du succès de la visite au plan sécuritaire à Bangui, où la force de l'ONU Minusca était omniprésente et lourdement armée sur tous les itinéraires de la visite.

 

"Nous sommes un peuple abandonné, un peuple meurtri, un peuple oublié (...). Le Saint père est venu délivrer un message d'espérance", a résumé Mgr Nzapalainga, qui anime avec un imam et un pasteur une "plateforme inter-religieuse" pour la réconciliation.

 

"Nous pensions qu'il était important qu'il y ait un message venu d'ailleurs", a-t-il expliqué. "François nous a dit qu'il faudrait qu'on accepte la pénitence et lui-même a donné l'exemple en confessant des jeunes à la cathédrale".

 

L'archevêque s'est dit particulièrement touché par la visite du pape à la mosquée centrale: "François a enlevé ses chaussures, allant se recueillir et se faisant proche des musulmans. Et il a dit: +Si je ne venais pas ici aujourd'hui, chez les musulmans, il me manquerait quelque chose. Une part de nous se trouve dans l'autre+".

 

Il a espéré "un sursaut patriotique" aux élections présidentielles prévues en décembre, alors que les candidats se multiplient: "Il va falloir faire des sacrifices, accepter que l'un ou l'autre en notre nom deviennent notre président", a-t-il prévenu.

Centrafrique: un musulman tué à Bangui au lendemain de la visite du pape (responsable)
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 12:41

 

 

 

 

http://la-kabylie.com/  01 Décembre, 2015, 06:46 Djeferson Maurice

 

Après cette visite à PK5, le convoi a pris la direction du stade national où, devant des dizaines de milliers de fidèles, le pape a célébré une messe.

 

Le pape a visité les quartiers musulmans de cette ville divisée à la fin de son séjour en Centrafrique.

 

Selon le révérend Gbangou, "on a qualifié à tort le conflit centrafricain de conflit religieux, alors qu'il est bien politique et non religieux". Une manière de conclure cette dernière étape d'un jour et demi à Bangui, qui sonne comme une véritable réussite pour le pape François, envers et contre toutes les critiques qu'elle a pu soulever.

 

Les Casques bleus (10 900 hommes) et le contingent militaire français (900) comme la police centrafricaine quadrilleront aussi Bangui lundi. "Nous devons donc nous considérer comme tels, nous comporter comme tels", a assuré le pape François devant les quelque 250 musulmans assis en tailleur face à lui.

 

Centrafrique: A son arrivée à Bangui, dimanche 29 novembre, pour une visite de deux jours dans la capitale de la Centrafrique, le pape François a fustigé "la haine aveugle que le démon déchaîne en Centrafrique", en affirmant que "toutes les communautés souffrent indistinctement " et que Dieu "ne fait pas de différences " entre elles.

 

Samedi soir, au camp de déplacés de la paroisse Saint-Sauveur, qui accueille plus de 3.000 personnes, des scouts s'entraînaient à former un cordon de sécurité entre le pontife et la foule.

A la fin de la messe, l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, un des artisans de la plateforme interconfessionnelle pour la paix avec le pasteur protestant Nicolas Guérékoyamé-Gbangou et l'imam Oumar Kobine, a remercié le pape, en lui offrant une crosse en ébène: "Vous avez posé un geste fort, historique".

 

"Pas de paix sans pardon" Le pape argentin a ouvert son discours par une démarche de réconciliation et de pardon dans ce pays souvent en proie aux violences. Il a semblé très sûr de lui et énergique dans ses nombreuses exhortations à un retour à l'humanité, loin de la spirale infernale des vengeances. Enfin, la concentration des forces locales et régio­na­les pour assurer la sécurisa­tion des déplacements du Pape dans la capitale Bangui peut aussi favoriser des actions de déstabilisation dans le reste du pays.

 

Devant la présidente de transition Catherine Samba-Panza, le pape a invité les Centrafricains à éviter l'isolement communautaire: "il faut éviter la tentation de la peur de l'autre, de ce qui n'appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse".

 

Le souverain pontife devait ensuite regagner Rome dans l'après-midi, à l'issue de ce voyage en Afrique qui l'aura conduit au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique.

 

Centrafrique: le pape ouvre la "porte sainte" de la cathédrale de Bangui

 

http://canaltogo.com/  Décembre 01, 2015 

 

Chrétiens et musulmans, nous sommes frères.

 

Le pape François effectue en République centrafricaine sa première visite dans un pays en conflit, depuis son élection au pontificat en mars 2013. Dans la foule, Alban Boris Nganga regrettait de ne pouvoir entendre le pape: "On est venu écouter son message, mais il n'y pas le son!". Un symbole fort par lequel il aura voulu contribuer à l'apaisement.

 

Porteur d'un message de paix et de réconciliation interreligieuse, François opère à Bangui l'étape la plus risquée de sa tournée africaine, qui l'a auparavant mené au Kenya et en Ouganda. Son étape dans la capitale est un véritable pari, vu le climat de défiance régnant toujours dans la ville où les haines restent présentes.

 

Pour le pasteur pentecôtiste Jean Paul Sankagui, cette visite est une victoire pour le pape et la république centrafricaine contre les oiseaux de mauvaise augure qui craignaient des violences pendant le séjour de François à Bangui.

 

La France et certains de ses conseillers au Vatican lui avaient conseillé de ne pas effectuer ce voyage risqué, ce qui n'a pas fait reculer Jorge Bergoglio. Un gendarme français, tenant à rester anonyme, explique craindre "surtout de petits groupes isolés qui viendraient armés".

 

Dimanche, François est allé aux devants des quelque 4.000 réfugiés installés dans un camp de Bangui, chassés de chez eux, pour la plupart, par des musulmans en armes.

 

Environ 200 hommes réunis à la mosquée, dont son imam en chef, ont entendu le pape dire que musulmans et chrétiens sont des frères et qu'ils doivent se comporter en conséquence.

 

"Jusqu'à quand l'impunité va-t-elle prévaloir et les crimes servir de gages d'ascension et de promotion sociale?" en Centrafrique, s'est interrogé l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzatalainga au cours de la messe. "Cette porte sainte, c'est la porte de l'espérance et du pardon", a expliqué l'un des artisans de la plateforme inter-confessionnelle pour la paix.

 

Le pape a été accueilli dimanche à l'aéroport par la présidente de transition Catherine Samba Panza et des milliers de fidèles tenus à distance.

 

François a fustigé "la tentation de la peur de l'autre", de ce qui "n'appartient pas à notre ehtnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse".

 

Des élections présidentielle et législatives, plusieurs fois reportées pour des raisons essentiellement sécuritaires, sont prévues le 27 décembre en Centrafrique.

 

Après sa visite à la mosquée, le pape devait célébrer ce lundi une dernière messe au complexe sportif Barthélémy-Boganda, à Bangui, du nom du prêtre catholique centrafricain qui fut le premier président du pays après l'indépendance en 1960.

 

Durant son passage dans la mosquée du quartier Km5 où vivent en majorité les musulmans de Centrafrique, le Pape les a exhortés à accepter le pardon.

 

Le pape François en Ouganda et Centrafrique : les temps forts

 

http://radionotredame.net/  Le Mardi 01 décembre 2015 à 10:08 par Camille Meyer 

 

Après le Kenya, le pontife argentin s'est rendu à Kampala notamment et Bangui. Il a rappelé le besoin d'une gouvernance bonne et transparente et a encouragé le dialogue interreligieux en Centrafrique. Retour sur les temps forts.

 

En Ouganda

 

Le Saint-Père a souhaité avant tout rappeler la nécessité de l'honnêteté au sein d'un gouvernement afin d'assurer une"sage et juste distribution des biens" . Un discours prononcé devant le président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans. Il a également rappelé la nécessité de ne pas accepter la corruption "à chaque fois qu'une personne accepte un bakchich dans sa poche, il détruit son cœur, sa personnalité et sa patrie". Une nation forte de nombreux jeunes. Ils ont été  conviés à venir témoigner devant le pape, 10 000 avaient fait le déplacement.

 

En Centrafrique

 

La tension était palpable à Bangui. Lors de son arrivée, dimanche, le pape a été accueilli par la présidente Centrafricaine de transition Catherine Samba-Panza qui lui a demandé pardon au nom de tous les centrafricains pour les violences qui frappent le pays depuis 2013 entre les rebelles Seleka et les milices chrétiennes anti-balaka, "un pays détruit dans ses fondements par plusieurs décennies de crise à répétitions (...) un peuple tenaillé par la haine et l'esprit de vengeance".  Le pape a lui demandé d'éviter "la tentation de la peur de l'autre, ce de qui ne nous est pas familier, de ce qui n'appartient à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession religieuse". L'ONU avait, par ailleurs, renforcé la sécurité du souverain. Il a également rendu visite aux musulmans dans le quartier PK5, où ils étaient nombreux à se masser sur les trottoirs. Il a également visité la grande mosquée, déclarant que les "chrétiens et les musulmans sont des frères" et rappelant qu'il fallait dire "non à la vengeance, à la violence et à la haine".   

François aux Centrafricains: "toutes les communautés souffrent indistinctement"
François aux Centrafricains: "toutes les communautés souffrent indistinctement"
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 01:53

 

 

 

http://www.presseocean.fr/ 0 30.11.2015 14:47

 

Le pape François a franchi lundi un pas hautement symbolique dans sa démarche de réconciliation en Centrafrique en se rendant au dernier jour de son périple africain à la mosquée centrale de Bangui, dans le quartier du PK-5, théâtre d'atrocités pendant les massacres intercommunautaires de la fin 2013.

 

"Chrétiens et musulmans sont frères", et il faut dire "non à la vengeance, à la violence et à la haine", a-t-il lancé à son arrivée à la mosquée.

 

Et quelques heures plus tard, tout aussi symboliquement, deux pick-up bourrés de musulmans portant des tee-shirts à l'effigie de François ont débarqué au grand stade de Bangui pour y assister à la messe aux côtés du pape.

 

Alors qu'aucun musulman ne s'aventure d'habitude dans ce quartier chrétien, ils ont fendu la foule sous les acclamations et les applaudissements de fidèles criant: "c'est fini la haine!".

 

Dans l'enclave du PK-5, où sont réfugiés les derniers musulmans de Bangui en proie à des violences communautaires, le pape a été reçu par le grand imam Nehedi Tidjani, en présence de délégations catholiques et protestantes.

 

Le pape s'est adressé aux centaines de personnes, dont des déplacés, venues l'accueillir dans l'enceinte de la mosquée, dans une ambiance détendue, mais placée cependant sous haute sécurité avec des Casques bleus postés sur les minarets.

 

Le PK-5 fait habituellement l'objet d'un harcèlement et d'un blocus de la part des miliciens chrétiens anti-balakas.

 

Le ministre des Finances et du budget Abdalah Kafré Hassane, un musulman, a appelé de ses voeux l'arrivée d'une "cohésion sociale" pour que "les musulmans ne soient plus bloqués

dans leur enclave".

 

- Groupes d'auto-défense armés -

 

Aux abords du quartier, aux entrées des ruelles en terre rouge, des groupes d'auto-défense armés devant des barricades veillaient, prêts à repousser d'éventuelles incursions d'anti-balaka.

 

Pour Jorge Bergoglio, cette visite emblématique était l'occasion de souligner qu'il ne fallait pas confondre la religion et un conflit où la religion sert de prétexte à des intérêts particuliers. En clair, pour l'Eglise, le conflit centrafricain est politique, même si des miliciens des deux religions s'opposent.

 

"Nous sommes très fiers de le recevoir, le pape n'est pas là uniquement pour les chrétiens il est le serviteur de Dieu pour tous les Centrafricains", estimait le porte-parole des déplacés, Ibrahim Paulin.

 

Dehors, des milliers d'habitants saluaient chaleureusement le cortège papal, qui s'est ensuite dirigé vers le stade Barthélémy Boganda, d'une capacité d'environ 30.000 places pour y célébrer une messe.

 

Aux abords du stade, une foule compacte attendait le Saint-Père. Elle n'a pas pu entrer dans l'enceinte mais un écran géant retransmettait la cérémonie.

 

C'est là que, juste avant l'arrivée du pape, sont arrivés ces musulmans en tee-shirts à l'effigie du pape, sous les vivats de la foule.

 

- Le pari de la paix -

 

Toujours devant le stade, une véritable parade de mobylettes klaxonnaient en guise de célébration. Certains portaient des pancartes avec des mots de bienvenue, d'autres un message hostile aux forces internationales: "que la France et l'ONU sont maudits, sources de tous nos malheurs"

 

Policiers, gendarmes et scouts formaient de très nombreux cordons de sécurité dans le stade, dans la crainte d'une tentative d'attentat.

 

"Jusqu'à quand l'impunité va-t-elle prévaloir et les crimes servir de gages d'ascension et de promotion sociale?" en Centrafrique, s'est interrogé l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzatalainga au cours de la messe.

 

Cette question de l'impunité abordée devant des dizaines de milliers d'habitants reste centrale dans un pays dévasté par les violences, dépourvu d'une police et d'un système judiciaire efficaces.

 

Cette étape à Bangui était un véritable pari pour François, vu le contexte sécuritaire. Le pape a été souvent accueilli avec ferveur par une population désespérée. Mais les haines sont toujours présentes.

 

Il a semblé très énergique dans ses nombreuses exhortations à un retour à l'humanité, loin de la spirale infernale des vengeances.

 

En outre, il a appelé tous les Centrafricains à "ne pas avoir peur" de l'autre, en fonction de sa religion ou de son ethnie, et d'oser pardonner.

 

Une "Année sainte" (Jubilé) axée sur le pardon a été inaugurée dimanche soir avec l'ouverture d'une "porte sainte" dans la cathédrale de Bangui.

 

François a aussi appelé tous ceux qui "utilisent injustement" des armes à "déposer ces instruments de mort".

 

François a quitté Bangui à la mi-journée pour Rome après ses trois étapes en Afrique, au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique

Centrafrique: le pape François à la mosquée centrale de Bangui avant de regagner Rome
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