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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 19:13
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL
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Centrafrique: La Zone dite « sans armes » respectée par les groupes armés à Kaga-Bandoro

 

http://rjdh.org/   PAR BABIKIR OUSMANE LE 4 JANVIER 2016

 

La zone déclarée sans armes par la Minusca à Kaga-Bandoro dans la préfecture de la Nana-Gribizi, est respectée par les groupes armés non conventionnels dans la région. Cependant, selon une source locale, l’autorité de l’Etat dans ladite préfecture n’est  pas toujours  effective.

 

Selon une source jointe au téléphone ce lundi 04 janvier par le RJDH, c’est après la déclaration de la Minusca au sujet de  la ville sans armes que des hommes armés non conventionnels ne se promènent plus avec les armes ni en tenue militaire dans la ville de Kaga-Bandoro.

 

« Sauf, ceux qui sont reconnus par la Minusca dans le cadre du pré-DDR, que l’on constate qu’ils sont de fois en tenue militaire ou sur les barrières afin de chercher de moyens pour leur permettre de subvenir à leurs besoins», a confirmé cette source.

 

En ce qui concerne la restauration de l’autorité de l’Etat dans la localité, cette source a témoigné que ces institutions étatiques tardent à venir dans la zone. « Deux (2) services administratifs seulement fonctionnaient dans la ville de Kaga-Bandoro à savoir, la santé et l’éducation. Les autres services, tels que la finance, l’agriculture, l’élevage, la sécurité ne sont pas visibles dans la Nana-Gribizi en générale et en particulier la ville de Kaga-Bandoro», a ajouté la même source.

 

Suite aux tentatives de boycotte du referendum constitutionnel et des élections par les hommes de Noureddine Adam de l’ex coalition Séléka à Kaga-Bandoro, la Minusca avait déclaré cette ville « zone sans arme », lors du passage du représentant spécial du Secrétaire Général des  Nations-Unis en Centrafrique, Parfait Onanga Anyanga.

 

 

Calme et ambiance règnent à Bangui depuis la proclamation des résultats partiels des élections

 

http://rjdh.org/  PAR NERVA NGANG NDOUNGA LE 4 JANVIER 2016

 

Au lendemain de la proclamation des résultats partiels de l’élection présidentielle par l’Autorité Nationale des Elections (ANE), un calme et une ambiance habituelle règnent dans la ville de Bangui et ses environs. Même si certains murmurent à cause des résultats, les activités se déroulent normalement.

 

Après quelques jours de la publication des résultats partiels et provisoires de l’élection présidentielle en Centrafrique,  aucun incident majeur n’est signalé. Les forces nationales et internationales multiplient des patrouilles dans la ville de Bangui et les communes de Bimbo et Bégoua. La sécurité est donc rassurée dans ces secteurs. Les Centrafricains croisés appellent leurs compatriotes à maintenir le calme dans le pays.

 

Polycarpe Yangba Belmondo,  habitant le quartier Zacko II dans la commune de Bégoua félicite les centrafricains et les exhorte à la patience. « Je félicite les Centrafricains pour leur comportement responsable depuis la publication des résultats partiels  des élections par l’ANE. Ceux-ci ne sont que provisoires », a-t-il souligné.

 

Il en est de même pour les habitants de Bimbo qui expriment leurs satisfactions après la publication provisoire des résultats présidentiels. Dora Bingui, habitante de Bimbo témoigne que dans son secteur, aucun incident n’est survenu.

 

« Ici, on n’a pas érigé des barricades ni des soulèvements suite à la proclamation des résultats partiels. Les gens circulent librement et vaguent à leurs occupations », a-t-elle précisé

 

Jose Mbolobé, Aubin Ngoyambanga, et Cédric Pidjou, respectivement habitants des quartiers  cité Jean 23, Benz-vie et Sica 1 souhaitent que les candidats puissent informer leurs partisans  sur les  résultats partiels des élections en cours, afin d’éviter les dérapages.

 

D’autres personnes interrogées par le RJDH se disent fatigués de manifester. « Nous voulons sortir d’une longue période de transition. Rien ne va justifier la descente dans la rue pour protester x ou y résultats. Nous sommes fatigués depuis 2012 de sortir dans la rue. Que celui qui a la chance gagne les élections », a dit un enseignant au lycée des Martyrs de Bangui.

 

Il ya de cela trois jours  que l’ANE publie des résultats partiels et provisoires des élections groupées du 30 décembre 2015.

 

 

Centrafrique : Des enfants du site de M’poko reprennent le chemin de l’école

 

http://rjdh.org/ PAR CAROLE BYCEKOAN LE 4 JANVIER 2016

 

Les activités scolaires pour l’année académique 2015-2016 ont repris sur le site de M’Poko. L’ONG REMOD vient de construire 12 tentes pour 16 salles de classe sur ledit site afin de faciliter l’éducation des enfants déplacés.

 

Selon Alexis Ngueregbenzi, coordonnateur de l’ONG REMOD, cette activité vise à garantir l’avenir des enfants qui sont sur le site des déplacés. «Après les événements du 26 septembre 2015, une partie de 3ème et 5ème arrondissements ont regagné  le site de M’Poko. C’est dans cet optique que  nous avons demandé à l’Unicef de reprendre les mêmes activités au profit des enfants déplacés sur le site, afin de garantir leur avenir », a-t-il expliqué.

 

Ce dernier a fait savoir que l’école est ouverte suite à  la demande des parents qui sont sur le site de M’Poko. «  A chaque fois que nos staffs passent sur le terrain, c’est un cri d’alarme des parents des enfants. Même l’Unicef qui a fait une descente sur le terrain a constaté l’engouement des parents qui ont sollicité que leurs enfants soient pris en compte pour la  reprise des activités scolaires », a-t-il relevé.

 

Le coordonnateur de l’ONG REMOD a souligné que les besoins en éducation sont ressentis auprès des populations déplacées. « On s’est rendu compte qu’au moment de l’inscription, les adultes qui ont abandonné l’école se sont venus s’inscrire pour se former en alphabétisation », a-t-il souligné.

 

Au totale 4.350 élèves de la maternelle et fondamental 1 ont été inscrits, et des jeunes désœuvrés sont aussi pris en charge pour une remise à niveau.

 

 

Présidentielle : 37% des résultats provisoires et partiels publiés par l’ANE

 

http://www.radiondekeluka.org/ lundi 4 janvier 2016 15:54

 

L'Autorité Nationale des Elections (ANE) poursuit la publication des résultats partiels et provisoires de la présidentielle du 30 décembre 2015. 


37 % des résultats générés à 16h 53mn


Les résultats du Bamingui-Bangoran ont été traités à 77 %, de Bangui à 77 %, de la Basse Kotto à 0 %, l'extérieur à 15 %, du Haut-Mbomou à 86 %, de la Haute Kotto à 87 %, de la Kémo à 93 %, de la Lobaye à 80 %, de la Mambéré Kadéï à 0 %, du Mbomou à 36 %; de la Nana Gribizi à 78 %, de la Nana-Mambéré à 51 %, de l'Ombella Mpoko à 89 %, de la Ouaka à 2 %, de l'Ouham à 6 %, de l'Ouham-Pendé à 0 %, de la Sangha-Mbaéré à 0 %et de la Vakaga à 0 %.


Anicet Georges Dologuélé : 109.519             /  Laurent Gomina Pampali : 1.618
Faustin Archange Touadéra : 146.775            /  Ngouyongbia Kongba Zeze : 2.597
Jean Michel Madaba : 20.098                        /   Mathias Barthélémy Morouba : 2.680
Martin Ziguélé : 36.442                                  /   Jean Willibiro Sacko : 7.705 
Charles Armel Doubane : 22.118                   /    Théodore Kapou : 9.063
Fidèle Gouandjika : 6.429                              /    Emile Raymond Gros Nakombo : 1.423 
Désiré Bilal Nzanga Kolingba : 57.139         /   Xavier Sylvestre Yangongo : 4.732 
Sylvain Eugène Patassé Ngakoutou : 7.913    /   Théophile Sony Colé : 2.651
Cyriaque Gonda : 2.805                                   /   Ange Maxime Kazagui : 1.599
Guy Roger Moskit : 5.256                                /   Olivier Emmanuel Gabirault : 731
Timoléon Mbaïkoua : 3.868                            /    Stanislas Moussa Kembe : 1.249
Régina Konzi Mongo : 3.160                           /   Jean Baptiste Koba : 1.211
Gaston Mandata Nguérékata : 5.336               /  Jean Serge Bokassa : 68.815
Abdou Karim Meckassoua : 13.425 :              / Marcel Dimassé : 2.411                   
Jean Barkès Ngombé Kette : 11.011                /  Joseph Yakité : 3.341

 

L'Autorité Nationale des Elections (ANE) continue de publier les résultats partiels et provisoires de la présidentielle du 30 décembre 2015. 


34% de ces résultats sont rendus publics ce lundi à 13 heures. L'information est donnée au cours d'un point de presse animé par le rapporteur général et porte-parole de l'institution, Julius Rufin Ngouadé-Baba.


Ces résultats partiels et provisoires placent toujours en tête, le candidat indépendant, Faustin Archange Touadéra, avec 139.498 voix, suivi du candidat de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA), Anicet Georges Dologuélé, avec 96.728 voix.



Radio Ndeke Luka vous propose la publication de 13 heures.


Anicet Georges Dologuélé : 96.728               /   Laurent Gomina Pampali : 1.466
Faustin Archange Touadéra : 139.498              /   Ngouyongbia Kongba Zeze : 2373
Jean Michel Madaba : 18.385                           /   M. Barthélémy Morouba : 2.513
Martin Ziguélé : 34.045                                    /   Jean Willibiro Sacko : 6.826
Charles Armel Doubane : 8.325                      /  Théodore Kapou : 8.783
Fidèle Gouandjika : 6.028                                  /   Emile Raymond Nakombo : 1.296
Désiré Bilal Nzanga Kolingba : 50.332          /   Xavier Sylvestre Yangongo : 4.263
Sylvain Eugène Patassé Ngakoutou : 7.329    /   Théophile Sony Colé : 2.536
Cyriaque Gonda : 2.434                                     /   Ange Maxime Kazagui : 1.503
Guy Roger Moskit : 4.913                                  /   Olivier Emmanuel Gabirault : 668
Timoléon Mbaïkoua : 3.485                               /    Stanislas Moussa Kembe : 1.187
Régina Konzi Mongo : 2.860                            /   Jean Baptiste Koba : 1.126
Gaston Mandata Nguérékata : 4.989               /   Jean Serge Bokassa : 66.229
Abdou Karim Meckassoua : 11.341                  /   Marcel Dimassé : 2.162                   
Jean Barkès Ngombé Kette : 10.478                 /   Joseph Yakité : 3175

Le rapporteur général de l'ANE, Julius Rufin Ngouadé Baba, a donné des explications sur les procédures de saisie des résultats au niveau du centre de traitement des données.


« Les urnes provenant des bureaux de vote et contenant les résultats sont acheminées par les membres des démembrements auprès du centre de traitement des données. Une équipe de l'ANE les réceptionne, les enregistre et après vérification contradictoire en présence des membres des démembrements extrait les enveloppes des urnes en coupant les scellés. Ces enveloppes sont présentées aux sept membres de l'ANE qui sont les responsables légaux de la gestion des résultats. Et ce sont les commissaires de l'ANE qui ouvrent ces enveloppes en présence des représentants des candidats. De ces enveloppes sont extraites les feuilles des résultats, des vérifications sont faites avec les autres documents provenant du bureau de vote, surtout avec la liste et les références des bureaux de vote que l'ANE détient dans sa base des données. Si tout est conforme, le commissaire valide le feuille des résultats et la décharge en salle de saisie ».


Par ailleurs, M. Ngouadé-Baba a précisé ce qui se fait dans la salle de saisie des données.

« Une première équipe d'opérateurs procède à l'enregistrement des feuilles de résultats, qui entre dans la salle de saisie. La feuille de résultats est distribuée à l'aveuglette aux 30 opérateurs de saisie. Après saisies, les feuilles de résultats sont redistribuées à une seconde équipe de 30 opérateurs qui procèdent à la deuxième saisie aveugle. Mais les deux données saisies sont automatiquement comparées par le serveur qui est installé à cet effet. Si les deux saisies sont conformes, la feuille de résultats est archivée, et le chef du centre des données récupère les données et les valide avant de les soumettre aux commissaires », a souligné le rapporteur général.


« Mais s'il y a discordance entre les deux éléments, une troisième équipe procède à un contrôle et saisit à nouveau. Une fois le travail terminé, les résultats consolidés par le chef du centre de saisie sont ramenés aux commissaires, qui après confrontation avec les éléments qu'ils avaient au départ, délibèrent sur ces données, les valident et les envoient à la publication », a-t-il conclu.

 

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Centrafrique-Presse.com
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 19:06

 

 

 

04 janvier 2016 à 15h41 — Mis à jour le 04 janvier 2016 à 17h42 Par Vincent Duhem

 

Passé l’euphorie de la mobilisation massive des électeurs centrafricains lors du premier tour de l’élection présidentielle du 30 janvier, la tension est montée d’un cran à Bangui dans l’attente des résultats, alors que des chiffres complets sont attendus d’ici jeudi ou vendredi.

 

La surprise Touadéra

 

Lundi 4 janvier, les résultats partiels communiqués en fin d’après-midi ont confirmé l’avance de Faustin Archange Touadéra. Touadéra est un ancien Premier ministre (2008-2013) de l’ex-président François Bozizé, qui s’est présenté comme candidat indépendant. Avec 146 7758 voix, il devance pour l’instant l’un des favoris, Anicet Georges Dologuélé (109 519 voix), mais aussi Jean-Serge Bokassa (68 815 voix) ou Désiré Kolingba (57 139 voix). Martin Ziguélé est pour l’instant seulement crédité de 36 442.

 

Dimanche, à la suite d’une réunion organisée à l’hôtel Ledger, une dizaine de candidats avaient demandé l’arrêt du processus électoral. Refusant « d’être complices de cette mascarade électorale », les signataires invitaient « tous les acteurs impliqués à se mettre autour d’un table ». Le texte est signé par une quinzaine de candidats dont Karim Meckassoua, Sylvain Patassé, Charles Armel Doubane.

 

Jean-Serge Bokossa et Désiré Kolingba sont sur la liste des signataires du communiqué mais ne l’ont pas paragraphé.

 

« Insuffisances », « irrégularités », « intimidations »

 

« Les opérations électorale ont révélé de graves insuffisances d’organisations, de multiples irrégularités et intimidations dans le déroulement du scrutin, et des manipulations de nature à remettre fondamentalement en cause la sincérité, la transparence et la crédibilité du scrutin », ont-il déclaré dans leur communiqué. « Ces sérieux manquements qui entachent les opérations électorales en cours conduiront au rejet des résultats par la populations, entraînant inéluctablement un nouvel embrasement du pays », peut-on lire dans le communiqué.

 

« Tous ces candidats se savent déjà perdant et ne jouent pas le jeu. Aucun n’a envoyé de représentants surveiller le dépouillement dans le centre de traitement de l’ANE. Il faut les rappeler à l’ordre », réagit une source diplomatique membre du G8 (comité composé des représentants de la France, des États-Unis, de l’Union européenne, de la Ceeac, de l’ONU, du Congo-Brazzaville, de la Banque mondiale et de l’Union africaine).

 

Cacophonie

 

Si la communauté internationale s’est félicitée du déroulement du scrutin, les opérations de dépouillement s’avèrent plus problématiques. Elles prennent du temps, les procès-verbaux étant centralisés dans les préfectures avant d’être transportés à Bangui. Un délai propice aux rumeurs et aux spéculations dont la capitale centrafricaine raffole. Ces opérations s’effectuent aussi dans une certaine cacophonie. Ainsi, dimanche, une urne contenant 200 bulletins de la diaspora centrafricaine au Maroc a été retrouvée dans un taxi en provenance de l’aéroport…

 

Vincent Duhem

Lu pour vous : Centrafrique : polémique autour des premiers résultats partiels de la présidentielle
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Centrafrique-Presse.com
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 14:09

 

 

 

NDLR : Les candidats signataires de cette déclaration n’ignoraient rien du mauvais niveau de préparation des élections, des sérieux manquements et autres carences de l’ANE qu’ils relèvent seulement maintenant et ont néanmoins accepté d’être candidats à ladite élection présidentielle et ont normalement battu campagne. Au regard des scores tellement ridicules et si dérisoires que la plupart de ces candidats ont récoltés, ne serait-ce que dans la capitale où certains ont davantage fait beaucoup de bruit pendant la campagne sans jamais mettre pieds dans l’arrière-pays, la décence et un minimum de sens de cohérence aurait voulu qu’ils se fassent plus discrets actuellement. Leur démarche de réclamer l’annulation pure et simple de ces élections donne l’impression qu’ils sont des mauvais perdants. Leur requête aurait été jugée crédible si les scores de la plupart de ces signataires n’étaient pas aussi humiliants alors qu’ils s’étaient découvert un destin national. 

 

La rédaction

 

 

 

Présidentielle centrafricaine: deux tiers des candidats exigent "l'arrêt" d'une "mascarade électorale"

 

04/01/16 (AFP) Une vingtaine de candidats du premier tour de la présidentielle en Centrafrique ont exigé "l'arrêt des opérations électorales", dénonçant "une mascarade", dans une déclaration commune que l'AFP a pu consulter lundi.

 

Les signataires, qui font état de nombreuses irrégularités après la publication des premiers résultats partiels du scrutin du 30 décembre, refusent "d’être complices de cette mascarade électorale" et exigent "purement et simplement l'arrêt" des opérations "au profit d'un processus concerté".

 

Ils invitent en outre "tous les acteurs impliqués à se mettre autour de la table pour définir les modalités pour la +sauvegarde de la nation+".

 

Le texte affirme que les opérations électorales du 30 décembre "ont révélé de graves irrégularités et intimidations dans le déroulement du scrutin, et des manipulations de nature à remettre fondamentalement en cause la sincérité, la transparence et la crédibilité du scrutin", sans toutefois préciser lesquelles.

 

Une vingtaine de candidats - sur un total de 30 - ont déjà signé ce texte, notamment Karim Meckassoua, présenté comme un des poids lourds de l'élection, et un ancien fils de président, Sylvain Patassé.

 

En revanche, les candidats pour l'instant en tête de la course à la présidentielle après la publication dimanche de résultats encore très partiels - notamment Faustin Archange Touadéra et Anicet Georges Dologuélé - ne figurent pas parmi les signataires.

 

D'après des résultats portant sur environ un quart des électeurs inscrits, Faustin Archange Touadéra a recueilli 120.838 voix, largement devant l'un des favoris, Anicet Georges Dologuélé (68.547 voix), et Désiré Kolingba, fils d'un ancien président (39.952 voix).

 

Faustin Archange Touadéra est un ancien Premier ministre (2008-2013) de l'ex-président François Bozizé renversé en 2013.

 

Anicet Georges Dologuélé est lui un ancien Premier ministre du président Ange-Félix Patassé, au pouvoir de 1993 à 2003, avant d'être renversé par Bozizé. Il a reçu le soutien officiel du parti de Bozizé.

 

Près de deux millions d'électeurs centrafricains étaient appelés aux urnes mercredi pour élire un nouveau président et leurs représentants à l'Assemblée nationale. Ces scrutins sont censés sortir le pays de trois années de violences intercommunautaires qui ont ravagé le pays.

 

Le vote, qui s'est déroulé sans incident majeur, avait été qualifié de "succès" par la communauté internationale qui a salué l'absence de violences.

 

Les résultats définitifs seront rendus publics dans les prochains jours. Un probable second tour est prévu le 31 janvier.

 

La Centrafrique, un des pays les plus pauvres au monde, est plongée dans le chaos depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par l'ex-rébellion Séléka, elle-même finalement chassée du pouvoir par une intervention internationale menée par la France dans son ancienne colonie début 2014.

 

 

Des candidats à la présidentielle aux faibles scores demandent l'arrêt du processus électoral
Des candidats à la présidentielle aux faibles scores demandent l'arrêt du processus électoral
Des candidats à la présidentielle aux faibles scores demandent l'arrêt du processus électoral
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Centrafrique-Presse.com
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 14:06
Lu pour vous :Centrafrique : Désiré Kolingba, mauvais payeur ?

 

 

 

04 janvier 2016 à 08h26 — Mis à jour le 04 janvier 2016 à 11h17 Par Jeune Afrique

 

Désiré Kolingba, l'un des principaux candidats à la présidentielle du 30 décembre, aurait-il des problèmes de trésorerie ?

 

En décembre 2014, il a fait appel aux services de la société de communication WP+, que dirige le Franco-Américain William Perkins. Le 12 mars suivant, un contrat de prestation de services a été signé aux termes duquel le fils de l’ancien président Kolingba s’engageait à verser une indemnité de 75 000 euros pour les diverses prestations réalisées avant la signature du contrat, plus 50 000 euros par mois jusqu’à la fin de la campagne présidentielle.

 

Neuf mois plus tard et malgré plusieurs relances (la dernière, en novembre, lors du séjour de Kolingba en France), la société réclame au candidat du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) la modique somme de 309 962 euros. Une procédure a été engagée devant le tribunal de grande instance d’Orléans qui rendra son verdict le 13 janvier. Du côté du camp du candidat Kolingba, on dénonce « une arnaque pure et dure ». « Les clauses du contrat n’ont pas été respectées. Il n’y a eu aucune communication de la part de cette société », explique un de ses proches.

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Centrafrique-Presse.com
4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 13:29

 

 

 

Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) LE MONDE Le 04.01.2016 à 11h12 • Mis à jour le 04.01.2016 à 11h18

 

« Quel désordre ! », concède Cécile Bozanga, une responsable de l’Autorité nationale des élections (ANE). La polémique de l’instant porte sur l’arrivée à bord d’un taxi d’une urne en provenance de l’aéroport. Il n’est question que d’environ 200 bulletins de la diaspora centrafricaine au Maroc, qui n’auront sûrement aucun impact sur le score du premier tour de la présidentielle, mais l’événement atteste de la confusion qui entoure le processus de compilation et d’enregistrement des résultats. Alors à l’intérieur du Centre de traitement des données (CTD), là où sont réceptionnés, validés et enfin saisis sur ordinateur les résultats des élections présidentielle et législative qui se sont tenues le 30 décembre, on s’invective entre membres de l’ANE et représentants des candidats qui crient à la fraude, entre forces de l’ordre centrafricaines et Casques bleus sénégalais sur qui est en droit de pénétrer dans les salles de ce lieu hautement sensible.

 

La cour de ce bâtiment, protégé par des soldats des Nations Unies, permet de prendre la mesure du problème. Des urnes avec les résultats des deux scrutins sont entreposées pêle-mêle, les procès-verbaux de décompte des voix sont dispersés sur des bureaux sans grande considération pour le choix des Centrafricains qui ont montré quelques jours plus tôt leur enthousiasme pour cet exercice démocratique.

 

Le référendum constitutionnel du 13 décembre qui devait servir de test à ces élections cruciales pour l’avenir de la République centrafricaine (RCA) avait démontré les lacunes des agents électoraux. La moitié des procès-verbaux a été perdue, était invalide ou inutilisable. Cette fois encore, les dossiers revenant des bureaux de vote sont souvent incomplets, mal rédigés voire manquants. « La validation des résultats nous appartient. On n’annule rien et les contestations doivent être faites devant les juges de la cour constitutionnelle », explique Marie-Madeleine Nkouet, la présidente de l’ANE. Que décideront ces magistrats devant la masse d’irrégularités et d’arrangements constatés avec le code électoral? Dans quelle mesure leur décision pourrait influer sur les scores des 30 candidats à la présidentielle ou sur les législatives ? Ce sont quelques-unes des questions les plus aiguës du moment.

 

« C’EST LE BORDEL ABSOLU. LA PORTE À LA FRAUDE EST OUVERTE » UN OBSERVATEUR ÉTRANGER

 

« Tout n’a pas été parfait », reconnaît une représentante de la Mission des Nations Unies. « Il y a eu quelques problèmes mais ça va aller », veut espérer Julius Ngouadé-Baba, le rapporteur général de l’ANE. « C’est le bordel absolu. La porte à la fraude est ouverte », se lamente un observateur étranger exaspéré par « la France qui voulait ces élections à tout prix » et les équipes de la division électorale de l’ONU, les mêmes qui avaient assisté les processus électoraux à Haïti, en République démocratique du Congo et au Mali.

 

Ces trois scrutins n’avaient pas brillé par leur transparence. Des sources officielles françaises rétorquent que ces élections, même imparfaites, devaient être organisées pour sortir de trois années de transition chaotiques et ouvrir une porte de sortie aux soldats de « Sangaris », une opération militaire qui promettait d’être brève mais dure depuis deux ans.

 

Avant le vote, les principaux candidats reconnaissaient que ces élections seraient marquées par des imperfections. Les premiers résultats ont commencé à être annoncés mais trop parcellaires, ils ne permettent pas encore de distinguer l’ordre d’arrivée de la course à la magistrature suprême. Les premiers résultats partiels portant sur un quart des électeurs inscrits ont toutefois réservé une surprise en plaçant un outsider en tête de la course. Faustin Archange Touadéra, candidat indépendant, ancien premier ministre (2008-2013) de l’ex-président François Bozizé renversé en 2013. Avec 120 838 voix, il devance pour l’instant largement l’un des favoris Anicet Georges Dologuélé (68 547 voix) et Désiré Kolingba (39 952 voix), le fils d’un ancien président. Ces chiffres proviennent à la fois de Bangui (où 76 % des bureaux votes ont été comptés), de huit provinces sur 16 ainsi que de l’étranger (16 % des résultats traités), où de nombreux Centrafricains réfugiés et expatriés ont voté.

 

Tourner au plus vite la page

 

Largement distancé à Bangui, Martin Ziguélé affirmait, samedi, maintenir son objectif d’une victoire au premier tour. « Il y a eu des dysfonctionnements volontaires et involontaires mais ce n’est pas un problème. Jusqu’à preuve du contraire, nous faisons confiance aux institutions chargées de ces élections », disait-il. Anicet Dologuélé se disait « premier, second ou troisième dans tout le pays », « possible vainqueur au premier tour » et estimait qu’il était « encore trop tôt pour critiquer la transparence du scrutin ».

 

Reconnaissant d’ores et déjà que « (s) es résultats ne sont pas satisfaisants », Karim Meckassoua dit avoir déposé « beaucoup de requêtes après les nombreuses irrégularités que nous avons documentées. » Ira-t-il jusqu’à réclamer une annulation du scrutin présidentiel auprès de la cour constitutionnelle ? « Non, je suis républicain », assure-t-il. Les autres perdants adopteront-ils la même posture ? Diplomates et bailleurs internationaux à Bangui semblent désormais ne souhaiter qu’une chose : la large victoire d’un candidat qui permettrait de tourner au plus vite la page de ces élections.

 

Cyril Bensimon  Bangui, envoyé spécial

 

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/01/04/centrafrique-depouillement-du-scrutin-presidentiel-dans-le-desordre-et-la-confusion_4841277_3212.html#YKBFCyTaJmKYZWes.99

Lu pour vous : Centrafrique : dépouillement du scrutin présidentiel dans le désordre et la confusion
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Centrafrique-Presse.com
3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 21:59

 

 

 

 

D’après des sources bien informées auprès de l’Autorité Nationale des Elections (ANE), il existe une forte probabilité que la Cour Constitutionnelle de Transition annule, pour plusieurs motifs, les résultats provisoires dans plusieurs bureaux. Seraint concernés certains bureaux de vote à Bangui notamment dans le 2ème arrondissement, le 4ème arrondissement, le 6ème arrondissement, le 7ème arrondissement, le 8ème arrondissement, certains bureaux de vote à Bimbo, à Boda, à Bossembélé, à Sibut, à Damara, à Yaloké, à Bossangoa, à Bouca, à Batangafo, à Abba, à Carnot, à Nola. L’éventualité de cette invalidation partielle des résultats aurait plusieurs motifs : bourrage des urnes, cas d’intimidation et de menace avec arme des électeurs avant le vote, achat de conscience des électeurs avec des billets de banque, corruption des membres des bureaux de vote, intimidation, menace et corruption des représentants de certains candidats…

 

Toujours selon nos informations, par exemple dans le bureau de vote n° 141 situé dans le 7ème arrondissement, le Président du démembrement de l’ANE un certain Mr GUERET, a participé activement à la commission de la fraude. Après le scrutin dans ce bureau de vote, des personnes auraient été aperçues juste à côté de la Mairie du 7ème arrondissement en train de bourrer les urnes, avec la complicité de Monsieur GUERET. A Bossembélé, Bouca, Nola, Abba, et à Batangafo, des électeurs ont été empêchés de voter ; des électeurs ont été intimidés et menacés si jamais ils votaient pour tel ou tel candidat. D’autres électeurs ont été molestés et frappés. Ailleurs, le nombre d’inscrits est inférieur au nombre de votants. Des procès verbaux ont été trafiqués en faveur de tel ou tel candidat. Des urnes ont été bourrées ou tout simplement remplacées.

 

Le Code Electoral prévoit que les résultats annoncés par l’Autorité Nationale des Elections ne sont que provisoires. C’est à la Cour Constitutionnelle de décider de valider ou d’invalider ces résultats.  Les Centrafricains connaissent le vrai poids politique des différents et pléthoriques candidats « indépendants » et ceux concourant au nom de leurs partis politiques. Il est très étonnant de constater que des personnalités politiques qui ne représentent pas grand-chose politiquement mais s’étant subitement découvert un destin national, se retrouvent avec des scores élevés. Enfin, on ne comprend pas comment ni pourquoi des candidats quasi-invisibles pendant la dernière campagne se retrouvent comme par enchantement en tête dans certains bureaux de vote, surtout dans certains arrondissements de la capitale.

 

Ce serait sans surprise qu’on apprendrait sans doute bientôt l’invalidation par la Cour Constitutionnelle des résultats dans plusieurs bureaux de vote dans l’ensemble du pays. Les candidats et leurs partisans qui ont jubilé trop tôt après des résultats très partiels et provisoires risquent d’être rapidement douchés dans leur enthousiasme imprudent et incompréhensible.

 

Par ailleurs, de sources policières, nous apprenons également que plus d’une dizaine de personnes interpellées pour tentative de fraude électorale notamment le jour du scrutin du 30 décembre 2015 (vente de cartes d’électeur, tentative de vote frauduleux etc…) au profit de certains candidats à l’élection présidentielle bien connus, devraient être déférées au parquet du tribunal de grande instance de Bangui. Il est impensable que des personnes qui briguent la magistrature suprême de notre pays puissent, alors qu’elles ont manifestement fraudé, être portées aux commandes du pays. La justice doit sévir avec la plus grande fermeté afin que cessent ces inadmissibles comportements indécents et anti-démocratiques dans notre pays.

 

La rédaction

PROBABILITE D'INVALIDATION PAR LA COUR CONSTITUTIONNELE DES RESULTATS DANS PLUSIEURS BUREAUX DE VOTE
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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 21:55
COMMUNIQUE DE PRESSE DIRECTION FEDERALE DE CAMPAGNE MLPC EAAMOO
COMMUNIQUE DE PRESSE DIRECTION FEDERALE DE CAMPAGNE MLPC EAAMOO

 

 

                DIRECTION FEDERALE DE CAMPAGNE   ~ 2015 - 2016 ~

 

 

 

Le 30 décembre 2015 le peuple centrafricain s’est rendu massivement aux urnes afin d’élire le président de la république et ses représentants à la future assemblée nationale. La Direction Fédérale de Campagne « France-Europe » du MLPC et du candidat Martin ZIGUELE félicite et remercie tous les Centrafricains pour cet engouement qui témoigne de la volonté de la population centrafricaine de tourner définitivement cette page sombre de son histoire générée par la crise qu’elle a connue.

 

En attendant la publication des résultats définitifs des suffrages réellement exprimés dans les urnes, validés par la Cour Constitutionnelle de Transition, certains organes médiatiques ou des réseaux sociaux publient des chiffres fantaisistes en totale violence du code électoral ainsi que du code de bonne conduite qui devraient être scrupuleusement observés par tous en cette période sensible. Ces fallacieux résultats sont publiés à dessein par des personnes mal intentionnées dans l’unique but de semer le trouble dans l’esprit des Centrafricains et préparer l’opinion publique à des manœuvres malsaines dont elles seules connaissent le secret. Ces pratiques ne sauraient être acceptables par la population tant meurtrie par les affres de la crise que connaît notre pays et dont l’une des voies prioritaires de sortie passe par ces élections.

 

En conséquence de ce qui précède la Direction Fédérale de Campagne « France-Europe » du MLPC et du candidat Martin ZIGUELE appelle tous les compatriotes à la réserve et les exhorte à demeurer sereins car la vérité sur ces fameux chiffres sera connue ; la réalité des urnes s’exprimera autrement que celle que les ennemis de la paix voudraient nous imposer par des méthodes dignes de brigands politiques d’un temps révolu.

 

Enfin en cette nouvelle année qui commence la Direction Fédérale de Campagne « France-Europe » du MLPC souhaite à chacun et chacune d’entre vous une année 2016 pleine de paix, de joie, de bonheur et d’unité.

 

Bonne et heureuse 2016 à tous et à toutes !

 

Fait à Paris, le 3 janvier 2016

 

Pour la Direction Fédérale de Campagne,

 

Arsène ANGOURE

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 21:38

 

 

 

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République,

 

Le premier tour des élections présidentielle et législatives tant attendues ayant finalement eu lieu, te voilà, tel un élève de Terminale après les épreuves de Baccalauréat, dans l’attente de la proclamation de ses résultats par la Cour Constitutionnelle de Transition. Conformément aux dispositions du Code électoral consolidé, cette proclamation devra normalement intervenir « quinze (15) jour après la date du scrutin »[1], c’est-à-dire très exactement, le 14 janvier 2016. De sources concordantes, il paraît cependant que tu serais en ce moment submergé d’angoisse. Craignant en effet le redoutable verdict populaire, tes nuits sont devenues assez longues, pour cause d’insomnie. En tant que membre de la Société  Saint Vincent de Paul, dont la devise  est « Aimer-Partager-Servir », ce serait vraiment pour  moi un vilain péché par omission si je t’abandonnais dans ce climat anxiogène, autrement tu risques de trop te morfondre pendant les deux semaines d’expectative. 

 

Aussi, pendant que je me  prélassais sur l’un des « bancs publics »[2] disposés tout le long de la célèbre Promenade des Anglais de la ville de Nice Côte d’Azur « tout en regardant la mer »[3], l’idée m’est subitement venue, en ce dimanche d’Epiphanie, non de t’envoyer mon CV réactualisé, comme en ont l’habitude certains compatriote de la diaspora, mais de t’écrire une petite lettre, histoire de t’offrir un petit moment de détente en lecture. Comme le précisait un écrivain du siècle des Lumières, il est déjà mentionné là-haut sur un « grand rouleau »[4] que tu seras un jour Président de la République Centrafricaine : inutile donc de te laisser submerger par l’angoisse. Pour reprendre le prophète Isaïe, « la gloire du Seigneur s’est déjà levée sur toi »[5]. Accordons seulement un peu de temps à l’Autorité Nationale des Elections (ANE) et dans quelques jours, tout ira pour le mieux pour toi dans le meilleur des verdicts du peuple centrafricain : ainsi pourras-tu exulter et danser de joie, car les portes du Palais de la Renaissance te seront désormais grandement ouvertes. Mais d’ici la proclamation définitive  des résultats du premier tour des élections groupées du 30 décembre 2015 par la Cour Constitutionnelle de transition, il faudra, comme le chante d’ailleurs un musicien centrafricain de la génération montante, que « Mo douti na kangango bè. »

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, d’entrée de jeu, commençons d’abord par évacuer ‘’de suite’’, pour parler avec un accent niçois,  un mini souci de civilité! En tant que Futur président des Centrafricains,  tu devras certainement te questionner de la manière suivante : pourquoi cet ancien Vice-Doyen de la FSJP, un « roseau pensant » et de surcroît l’un des plus faibles des Centrafricains me tutoie-t-il dans sa lettre ? A l’instar de « Monsieur Grincheux »[6], tu serais même tenté de me menacer en éructant : « Bon sang de bonsoir ! On n’a pas élevé les cochons ensemble, Monsieur l’ancien Vice-Doyen ! » Là-dessus, et avec mon meilleur sens de la répartie, je te rétorquerais ceci : Madame ou Monsieur le Futur président de la République, n’étant encore qu’un simple citoyen, dans l’attente de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, le tutoiement s’impose encore entre nous. De la sorte pourrions-nous tous les deux, comme une professeure de Science politique nous y invite d’ailleurs, parler politique et de tes futures fonctions présidentielles de façon plus intime[7]. Mais viendra un jour où tu seras officiellement investi dans tes fonctions de Président de la République : à compter de ce jour-là, sois en rassuré, je ne te tutoierais plus. Désormais détenteur de la « Puissance qui vient du consentement »[8] du peuple centrafricain,  je m’inclinerai devant ta grandeur ou mieux encore devant ton Excellence, à la manière des mages arrivés à Jérusalem en provenance d’Orient pour se prosterner devant le roi des Juifs qui venait de naître[9] ; et partant, je commencerais à te vouvoyer.

 

Amen, je te le déclare, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, plus nous nous tutoyons plus nous nous sentons davantage très proche l’un de l’autre, et plus nos oreilles se font plus attentives à nos préoccupations respectives. Je saisis donc ce moment de grande empathie, ce moment où nous nous sentons encore plus proches l’un de l’autre pour te confier, sous forme de conseil gratuit, les sempiternelles jérémiades postélectorales provenant souvent de la RCA profonde. Si tu as des oreilles pour entendre, entends ce précieux conseil de l’ancien Vice-Doyen de la FSJP, l’un des plus faibles roseaux pensant de ton pays.

 

Une fois que tu auras franchi l’entrée du Palais de la Renaissance, actuellement super bien aménagée et hyper sécurisé sur instruction personnelle de Son Excellence, Madame la Chef de l’Etat de Transition, évites de te comporter comme tes prédécesseurs[10] et de tomber dans les mêmes travers qu’eux. Je m’explique : à plusieurs reprises, pendant qu’ils étaient encore avec nous le bas peuple centrafricain, pendant qu’ils venaient nous rencontrer et nous serrer fraternellement les mains, comme toi aussi tu l’as récemment fait durant toute la période de campagne électorale, tes prédécesseurs, à la manière de la tortue et les oiseaux[11] dans Le monde s’effondre de Chinua Achebe,  nous tenaient des propos mielleux pour briguer la magistrature suprême de l’Etat. Mais une fois installés dans le somptueux fauteuil présidentiel du Palais de la Renaissance, le bas peuple ne les reconnait plus. Ce bas peuple a souvent comme impression que tes prédécesseurs auraient subi une sorte de « transfiguration » ou mieux encore, qu’ils auraient trouvé, à l’entrée même dudit Palais, un autre chemin de Damas, c’est-à-dire non le chemin de Damas du Nouveau Testament ayant reconverti positivement Paul[12], et encore moins le ‘’chemin de N’Djamena’’ ayant reconverti récemment le compatriote Noureddine Adam en bon citoyen[13], mais un autre chemin de Damas, que l’on pourrait appeler le chemin de Belzébul, les transformant soudainement et diaboliquement non seulement en un Président de la République amnésique, oubliant à l’entrée même du Palais de la Renaissance le lot de promesses faites aux citoyens  centrafricains lambda pendant la campagne électorale, mais surtout en un Président de la République recroquevillé uniquement, pour reprendre un autre professeur de science politique, sur ses « entourages »[14].  

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, ce petit conseil gratuit étant prodigué, il t’appartient d’en faire ce que tu veux. Soit en faire un bon usage le moment venu, soit le jeter tout simplement à la poubelle.

 

Seulement, je me permets de te rappeler ceci : après l’approbation de la nouvelle Constitution et presqu’à la veille de la Saint Sylvestre, les Centrafricains sont derechef retournés massivement aux urnes pour aller te voter afin que tu puisses, à compter du 1er  avril 2016[15], présider à leur destinée. Oui, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, ce ne sera point un poisson d’avril,  à partir du 1er avril 2016,  tu seras officiellement le Président légitime de tous les Centrafricains. Toutes mes félicitations anticipées pour le choix porté par le peuple centrafricain sur ta modeste personne. Mais une fois que tu auras prêté  serment, n’en déplaise à Son Excellence l’Archevêque de Bangui, Monseigneur Nzapalaïnga, ne te souviens pas de Jésus-Christ ! D’après les évangiles, Celui-ci est ressuscité d’entre les morts, est monté au ciel et se trouve à présent confortablement assis à la droite de Dieu Le Père Tout-Puissant.

 

Madame ou Monsieur le Futur président de la République, souviens-toi au contraire du peuple qui est allé massivement te désigner le 30 décembre 2015.

 

Pour abonder dans le même sens que Son Excellence, Madame le Chef de l’Etat de Transition[16], ce peuple, qui  s’est massivement déplacé pour aller t’élire, a non seulement été « longtemps soumis »[17] et « longtemps brimé par tous » avant la proclamation de son indépendance le 13 août 1960, mais  en outre ce même peuple a été, depuis le soleil des indépendances[18], une victime innocente  des violences politiques, tels coups d’Etat, mutineries, exactions des Banyamulenge et rebellions à répétition. Ainsi, depuis le soleil des indépendances, pendant que les autres peuples d’Afrique connaissent un envol remarquable, le peuple centrafricain n’a fait que vivre au rythme des coups d’Etat, mutineries et rébellions ; ce peuple n’a fait que pleurer ses morts. En témoignent les multiples journées nationales de deuil décrétées par les chefs d’Etat qui se sont succédé à la tête de ce pauvre pays jusqu’à la veille de ton investiture.

 

En se rendant massivement aux urnes le 30 décembre 2015 pour aller te désigner, le peuple centrafricain voudrait que tu  commences à sécher définitivement ses pleurs dès  le 1er avril 2016 ; à compter de cette date, ce peuple  aimerait surtout  que tu l’aides à « franchir une étape nouvelle »[19]. Et pour « franchir cette étape nouvelle », tes compatriotes Centrafricains ne te demandent pas d’aller leur décrocher la lune, mais de poser des actes positifs et forts ou, pour reprendre les meilleures expressions du Professeur Jean-Pierre Colliard, « de faire œuvre positive »[20] lorsque tu parviendras à la tête de l’Etat centrafricain. Pour emprunter l’excellente expression de Madame le Chef de l’Etat de Transition, « dans la perspective d’un avenir meilleur pour notre pays »[21], voici à mon humble avis, les deux  actes positifs et forts pouvant non seulement redonner confiance aux Centrafricains, mais les aider en outre  à « franchir une étape nouvelle » pendant tes cent (100) premiers jour au Palais de la Renaissance. Il s’agit, d’une part, de mettre en place un Gouvernement d’Action pour un Changement de Mentalité (en abrégé GACM) en Centrafrique (I) et, d’autre part, de décliner ton programme politique autour de la devise centrafricaine (II).

 

I. La mise en place d’un Gouvernement d’Action pour un changement de mentalité en Centrafrique (GACM)

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, il a été constamment reproché à tes prédécesseurs une « gestion néo-patrimoniale » de la chose publique. Considérée par certains politistes[22] comme une « spécificité des pouvoirs africains »[23], cette gestion néo-patrimoniale  s’observe assez souvent au sommet de l’Etat, notamment au moment de la formation du gouvernement. Naguère baptisés fallacieusement de « Gouvernement d’union nationale », de « Gouvernement de large ouverture », de « Gouvernement de technocrates », de « Gouvernement de mission », ou encore de « Gouvernement de combat », les gouvernements formés par tes prédécesseurs l’ont souvent été sur la base de critères subjectifs.

 

Mais toi qui seras proclamé Président de la République dans quelques jours, évites de plonger derechef dans les écueils du passé en résistant autant que faire se peut, et ce, à l’image  du Fils de l’Homme dans le désert,  à la séduction d’une gestion néo-patrimoniale du pouvoir. Car, aux dires de certains auteurs, l’Etat néo-patrimonial, est le prototype même de l’« Etat prédateur et anti-développemental »[24]. Par leur vote du 30 décembre 2015, les Centrafricains voudraient, à l’instar du peuple français de 1848[25], mettre définitivement une croix rouge sur ce type d’Etat ou pour revenir sur  l’expression de la Professeure Françoise Dreyfus, ils voudraient « définitivement sceller la fin d’une époque »[26].

 

Soucieux d’amorcer le développement de leur pays à compter de cette année 2016, les Centrafricains n’ont plus besoin d’un Chef d’Etat néo-patrimonialiste, mais d’un chef d’Etat animé par le souci du développement de leur pays. Et pour impulser une véritable dynamique de développement top down et non buttom up, il te faudra procéder illico presto  non seulement à « un changement de têtes mais aussi à un changement dans la tête »[27] des membres du premier Gouvernement que tu mettras en place. Car, selon un proverbe chinois, « le poisson pourrit souvent par la tête »[28]. Ne reprends donc  plus le même personnel politique  pour refaire la même chose ou servir le même plat aux Centrafricains, c’est-à-dire, comme le craint déjà un observateur attentif de la politique centrafricaine, « la continuation des mêmes pratiques »[29] ayant plongé la RCA dans des crises à répétition.

 

Si certains estiment que le recours aux ‘’hommes ou femmes d’expériences’’ ou aux ‘’hommes ou femmes expérimentés’’ est une condition sine qua non pour le développement de notre  pays, un professeur de science politique ne semble guère partager ce point de vue. Pour lui,  « c’est parfois prétexte à paresse ou à facilité »[30]. Pour ma part, je tiens humblement à te faire remarquer que ce sont les mêmes hommes et femmes d’expérience qui ont plongé et maintenu la RCA dans la catégorie des « pays sans avenir »[31]. Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, le Christ ne disait-il pas aux scribes du parti des pharisiens qu’ « à vin nouveau, outres neuves »[32] ? Le peuple centrafricain attend donc de toi,  bien entendu avec un Premier ministre de ton choix, un grand changement observable immédiatement au sommet de l’Etat.  Aussi pourra-t-il aisément conclure que tu as suivi religieusement les précieux conseils évangéliques et iconoclastes  du Christ. Dans cette perspective, il te faudra  non seulement recourir à des critères objectifs (A) pour la sélection des membres du GACM, mais opter aussi pour un Gouvernement à architecture restreinte (B).

 

A) Les critères de sélection des membres du GACM

 

Comme le souligne à juste titre un politologue, « la formation d’un gouvernement est une affaire corsée pour un Premier ministre »[33]. Quels critères de sélection privilégier ? Faudra-t-il mettre en avant les mécanismes qui fondent l’idée dite républicaine de « méritocratie »[34] ou composer, selon les propos arrogant d’un journaliste français, avec un personnel politique médiocre ? Intervenant en effet sur France 24 le soir même des élections groupées en Centrafrique, ce journaliste a poussé le bouchon plus loin en martelant que « le personnel politique centrafricain est d’une assez grande médiocrité »[35]. A partir du moment où ce personnel politique  est recruté parmi les intellectuels centrafricains, n’est-ce pas là une façon de cracher sur ces intellectuels. Par ailleurs, pour se perfectionner, ces derniers doivent-ils repartir en stage probatoire au niveau de leurs villages respectifs ainsi que le suggère l’un des rares professeurs centrafricains de Droit à la Sorbonne ? S’inspirant, me semble-t-il, du titre  d’une œuvre poétique  d’Aimé Césaire[36], l’un des ardents défenseurs de la négritude ou encore du Révérend Père Placide  Tempels dans son ouvrage intitulé le La philosophie bantoue[37], mon aîné le Professeur Akandji-Kombé estime pour sa part qu’ « il serait assurément salutaire que chaque « intellectuel » fasse un stage régulier au village, dans les vraies conditions du village, des conditions qui mettent au contact de la terre, de la nature, des femmes et hommes vrais qui constituent la sève de ce pays et son intelligence, de leurs besoins, de leurs contraintes, de leurs raisons d’être. Cela non pas pour oublier ce que ces « intellectuels » ont appris ailleurs, mais pour être à même de le recontextualiser et donc de le relativiser. Alors, et alors seulement, nous pourrons, nous « intellectuels », être d’une utilité pour la nation centrafricaine, nous pourrons prétendre éclairer le chemin du progrès collectif »[38]. Madame ou Monsieur le Futur président de la République, c’est une piste non négligeable de politique publique à expérimenter.  Mais, en ce qui concerne singulièrement la mise en place du GACM, je te conseille pour  ma part de ne point te laisser affrioler par  des critères subjectifs. Dans l’intérêt supérieur du peuple centrafricain,  il faut que tu  t’en départisses énergiquement pour ne privilégier que les deux critères objectifs ci-après : la représentativité du pays, ce que certains appellent « équilibre géographique » et l’équilibre politique avec des partis politiques assez représentatifs.

 

En effet, Madame ou Monsieur le Futur président de la République, point n’est besoin de te le dire et à cet égard, Madame le Chef de l’Etat de Transition  semble déjà t’indiquer le chemin à suivre lorsqu’elle déclare : « Dans le domaine politique, la politique hardie de rassemblement de tous les Centrafricains autour de la reconstruction de leur pays que j’ai initiée en 2014 a été poursuivie et intensifiée en 2015 à travers la mise en place d’un gouvernement de large ouverture comprenant toutes les sensibilités politiques, respectueux des grands équilibres régionaux de notre pays et de la parité hommes femmes. La même logique a présidé à la formation des cabinets de la Présidence et de la Primature. »[39] C’est l’un des acquis incontestable de la Transition que,  du vœu ardent de Madame le Chef de l’Etat de Transition, tu es appelé à consolider. Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, tu le sais autant que tous ceux qui ont été à l’école qu’administrativement la RCA se subdivise en seize (16) préfectures. Logiquement, les seize préfectures devraient se retrouver dans la formation de tout Gouvernement. Ce qui attesterait de façon ostentatoire non seulement la ferme détermination et  volonté d’un chef de l’Etat de garantir l’unité nationale, mais aussi l’égale importance qu’il attache à chaque préfecture quelles que puissent être par ailleurs leurs particularités démographiques et économiques.

 

Or, Madame ou Monsieur le Futur président de la République, ce critère géographique, expérimenté avec aisance et bonheur par Madame le Chef de l’Etat de Transition, tes prédécesseurs n’ont su le privilégier au moment de la formation de leur Gouvernement. Sans remonter très loin jusqu’à l’ancien président David Dacko, évoquons tout simplement le cas de l’ancien président déchu en mars 2013 dont la gestion néo-patrimoniale demeure encore vivace dans l’esprit des Centrafricains. En effet, au lendemain des élections groupées de 2011, cet ancien président avait fait fi  du critère d’équilibre  géographique dans le  décret portant nomination ou confirmation des membres du Gouvernement TOUADERA III. Si  cet ancien président était vraiment soucieux de l’unité nationale, il aurait simplement donné une consistance réelle à ce critère géographique en nommant un représentant ou un ressortissant de chaque préfecture dans ledit Gouvernement.

 

Ainsi, sur les trente-quatre (34) portefeuilles ministériels que comportait le Gouvernement TOUADERA III, seize d’entre eux auraient du concourir au respect de l’équilibre géographique. Peu importe que les ministres nommés fussent tous des militants ou de son parti politique, l’enjeu était de permettre la représentation de toutes les préfectures de la RCA au sein dudit Gouvernement. Malheureusement,  cet ancien président avait été rattrapés  par l’esprit démoniaque du néo-patrimonialisme.  Dès la publication du décret portant nomination ou confirmation des membres du Gouvernement TOUADERA III, de nombreux commentateurs de l’actualité politique centrafricaine n’avaient pas manqué d’y relever un déséquilibre géographique criant, pour ne pas dire choquant.

 

Pour preuve, certaines préfectures comme la Mambéré-Kadéi en étaient purement et simplement écartées. A l’instar de la rébellion déclenchée au Nord du pays par le mouvement SELEKA, les ressortissants de cette préfecture auraient dû déclencher une deuxième guerre du « kongo wara »[40] pour exclusion de leur préfecture de la gestion de la chose publique.  Mais conscients du fait que le pouvoir, pour emprunter  le titre d’une chanson populaire des années 70, « Ça s’en va et ça revient »[41], ils ont préféré prendre sagement leur mal en patience. Et, le nex plus ultra, Madame ou Monsieur le Futur président de la République, si tu me permets d’utiliser un qualificatif enfantin, c’est qu’une  sous-préfecture bien riquiqui comme Damara avait  obtenu, à elle seule, trois marocains. Tu auras compris, Madame ou Monsieur le Futur président de la République, pourquoi la ligne rouge instituée à Damara par les chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC[42] avait été franchie par la coalition Séléka. Même si, par alliance, les ressortissants de ladite sous-préfecture sont les beaux-parents de l’auteur de ces lignes, ce dernier  ne s’en était guère réjoui. Bien au contraire, il avait immédiatement pris la voix du sycophante pour dénoncer avec virulence le non-respect de l’équilibre géographique  dans le Gouvernement TOUADERA III[43].

 

Quant à l’équilibre politique, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, il aurait pu se réaliser sans coup férir avec les dix-huit (18) portefeuilles ministériels restants. A titre indicatif, leur répartition entre les différentes forces politiques de l’époque aurait pu se décomposer de la manière suivante : dix (10) portefeuilles pour le KNK et la majorité présidentielle, six (6) pour l’opposition démocratique et les mouvements militaro-politiques, et enfin deux (2) pour la société civile. Or, il n’en avait rien été. Même le soi-disant « Groupement des partis politiques de la Majorité présidentielle » (GPPMP), qui avait pourtant signé un accord politique avec le KNK à la veille des élections groupées de 2011, était payé en monnaie de singe[44]. Dans l’une de ses fables intitulée « Le Villageois et le Serpent », La Fontaine avait ainsi raison de formuler ces réflexions : « Il est bon d’être charitable. Mais envers qui ? C’est là le point. »  Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, il fallait donc attendre l’Accord politique de Libreville du 11 janvier 2013 sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en RCA pour qu’un Gouvernement de cohabitation en trompe-l’œil se mît en place. Malheureusement,  ce « faux semblant »[45] du Gouvernement  de cohabitation n’a pu faire long feu[46], car il a été balayé par  le coup d’Etat du 15 mars 2013.

 

En substance, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, le coup d’Etat de 2013 n’était autre chose que la conséquence logique de la politique d’exclusion, du non partage du pouvoir par ton prédécesseur déchu ; non-partage du pouvoir observé autant à l’Assemblée Nationale qui, pour reprendre l’expression de certains commentateurs, était « quasiment monocolore »[47] qu’au niveau du pouvoir exécutif. Il n’est pas nécessaire  d’insister ici sur cette  politique d’exclusion, car celle-ci a été largement  décriée par de nombreux observateurs[48]. Toutefois, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, l’intérêt de ce coup d’œil rétrospectif  sur la gestion néo-patrimoniale du pouvoir par ton prédécesseur est, en quelque sorte, une façon de te dire  - pour paraphraser mon aîné le Professeur Jean-François AKANDJI-KOMBÉ sans pour autant partager in extenso le fond de sa pensée - que pour construire l’avenir du peuple centrafricain dont tu auras la charge à partir du 1er avril 2016, « il est impératif » que tu retournes -selon le titre d’un roman- sur le « passé imparfait »[49] de tes prédécesseurs « pour admettre, lucidement et sincèrement »[50], que ceux-ci ont failli. Cela te permettra de rectifier  les tirs ou de gérer autrement la destinée des Centrafricains. D’ores et déjà, saches que l’avenir du peuple centrafricain ainsi que le changement de son logiciel mental  dépendront de la qualité des décisions que tu seras amené à prendre pendant tes cent premiers jours aux commandes de l’Etat. Plus tu te soucieras de « l’intérêt général » ou du « bien commun »[51], mieux ton nom seras gravé à jamais dans l’histoire du peuple centrafricain. Après ton investiture, il faudra donc que tu cherches obstinément à inscrire positivement ton nom dans cette histoire, et non à l’effacer toi-même par le recours à des critères subjectifs de gestion du pouvoir.

 

Pour la mise en place du GACM, je ne conseillerais point  de t’inspirer du modèle sud-africain mis en relief par la Professeure Françoise Dreyfus[52].  Aussi séduisant qu’il paraisse, ce modèle extrêmement rigoureux  ne pourrait guère s’acclimater à la situation politique de notre pays, surtout avec des partis politiques qui n’existent que de nom sans une implantation réelle sur la moitié du territoire centrafricain. En effet, explique cette Professeure, la constitution du 22 décembre 1993 avait institutionnalisé « la participation au cabinet de tous les partis politiques ayant obtenu au moins vingt sièges à l’Assemblée nationale…. La répartition des portefeuilles s’effectue conformément à une arithmétique très rigoureuse : les partis ayant au moins vingt sièges à l’Assemblée nationale et qui souhaitent participer au gouvernement national se voient attribuer des portefeuilles à proportion du nombre de sièges qu’ils détiennent à l’Assemblée »[53].

 

Ce système étant inadaptable  au contexte politique de notre pays, je te proposerais tout simplement de faire application, le moment venu,  de l’article  19 alinéa 2 de l’ordonnance n°05.007 du 2 juin 2005 relative aux partis politiques et  au statut  de l’opposition en Centrafrique.  Cet article dispose clairement que « les partis politiques déjà existants doivent recueillir au moins 5% des suffrages exprimés lors des élections législatives ou municipales, sous peine de dissolution d’office ». L’article 19 de ce même texte précise que « les critères de représentativité, prévus à l’article 19 de la présente ordonnance, s’apprécieront à partir des résultats des prochaines élections législatives et municipales ». A l’issue des élections groupées de 2011, ton prédécesseur s’était abstenu, pour des raisons qu’on ignore, de tirer toutes les conséquences résultant des dispositions de ladite ordonnance. Au contraire, il avait opter non seulement pour un débauchage de certains membres de l’opposition démocratique, mais aussi pour faire entrer dans le Gouvernement TOUADERA III des professionnels de la foi, notamment des Pasteurs. Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, disons-le franchement entre nous, un Pasteur a-t-il réellement pour vocation de servir Dieu ou de servir l’Etat ? A cette question, on ne peut guère être plus perspicace que Jésus de Nazareth qui, en son temps, n’avait pas résisté au plaisir  de faire cette mise au point : « Rendez à César ce qui est à César, et  à Dieu ce qui est à Dieu »[54].

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, à l’issue des élections du 30 décembre 2015, il te faudra appliquer strictement les dispositions de l’ordonnance précitée au moment de la formation de ton premier Gouvernement. Un parti politique qui n’aura recueilli plus 5% du suffrage universel, ne doit pas être pris en compte dans la répartition des portefeuilles ministériels. Ceci, pour la simple raison qu’ils ne sont pas représentatifs. Comme disent les latinistes : dura lex sed lex. La loi est dure, c’est la loi. Il faut donc l’appliquer comme telle.

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, les critères de sélection des membres du GACM ayant été  mis en exergue, je t’invite très respectueusement à découvrir dans la rubrique suivante son architecture même.

 

B) L’architecture provisoire du GACM

 

Madame ou Monsieur le Futur président de la République,  dans son ouvrage intitulé La politique pour les Nuls, le politologue Philippe Reinhard nous livre une réflexion non dénuée de toute pertinence : « s’il n’existe aucune réglementation concernant la structure gouvernementale, les politiques s’accordent à considérer que le bon fonctionnement de l’Exécutif est mieux assuré lorsque les effectifs gouvernementaux sont restreints »[55]. Compte tenu de la situation économique assez désastreuse de la RCA que tu connais très bien, il va de soi que ton premier Gouvernement  devra non seulement avoir  une architecture restreinte, mais doit aussi être adapté aux préoccupations effectives du peuple centrafricain. Toutefois, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, bien avant de te dévoiler l’architecture de ce Gouvernement (le GACM), permets-moi d’attirer ton attention, à l’instar de  certains juristes sous d’autres cieux[56], sur les vices de forme  que comportent le plus souvent les décrets portant nomination ou confirmation des membres de Gouvernement en Centrafrique. Même si une partie de la doctrine estime qu’on s’achemine vers une « disparation »[57] de ces vices, cela ne doit guère incliner ton futur Directeur de cabinet à opter pour un laxisme dans la rédaction des décrets au bas desquels tu auras à apposer ton auguste signature. Autrement, certains esprits ne se priveraient pas d’y relever des incohérences rédactionnelles.

 

Ainsi, par le passé, on a vu des décrets portant nomination ou confirmation des membres du Gouvernement créer des portefeuilles de « ministres d’Etat à… ». Or, de l’avis de nombreux institutionnalistes[58], dans la hiérarchie gouvernementale, le ministre d’Etat est un titre purement honorifique qui peut simplement s’adjoindre à celui d’un ministre titulaire de portefeuille. Aussi convient-il d’écrire par exemple : « ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des Sceaux »[59] et non « ministre d’Etat à la Justice, Garde des sceaux »[60]. Il ne faut donc pas ravaler le titre honorifique de « ministre d’Etat » à celui de « ministre délégué à... », et encore moins, à celui  de « secrétaire d’Etat à… ». De même, un effort de précision  doit s’observer au niveau de l’intitulé de certains ministères. Ainsi par le passé et même actuellement, on a remarqué l’existence de ministère à intitulé vague ou imprécis. Sans revenir sur le « ministère de la Justice et de la Moralisation, Garde des sceaux », lequel intitulé a été abandonné par les gouvernements de transition, arrêtons-nous un instant sur le ministère chargé du « Secrétariat Général du Gouvernement et des Relations avec les Institutions » institué par le décret nomination ou confirmation des membres du Gouvernement TOUADERAIII. Au vu cet intitulé, les questions d’éclaircissement que soulèveraient ceux qui ont « l’esprit  de finesse » seraient les suivantes : de quelles « Institutions » s’agit-il ? L’article 1er B.11 du décret du 22 avril 2011 faisait-il allusion aux « Institutions » nationales, internationales, régionales ou sous-régionales ? A supposer qu’il s’agisse des institutions internationales, l’intitulé dudit ministère comportait de mon point de vue  un risque de double emploi ou de chevauchement avec d’autres ministères prévus par le même décret : tels celui des « Affaires étrangères et des Centrafricains de l’Etranger » (art.1er B. 8) ou celui de la « Coopération internationale, de l’intégration Régionale et de la Francophonie » (art 1er B. 21).

 

De toute évidence, il manque un qualificatif au mot « Institutions » pour que l’intitulé du ministère chargé du Secrétariat du Gouvernement soit plus précis ou explicite. A notre avis, le qualificatif qui conviendrait ici serait celui de « républicaine ». Ainsi, pour éviter de semer la confusion dans l’esprit de ceux qui ont « l’esprit de finesse ou de géométrie », je viens très respectueusement par la présente te suggérer de bien vouloir  dénommer ce ministère de la manière suivante : « ministère chargé du Secrétariat Général du Gouvernement et des Relations avec les Institutions Républicaines ». Par « Institutions Républicaines », j’entends celles consacrées par les lois de la République centrafricaine, notamment : les Partis politiques, le Parlement (Assemblée nationale et Sénat),  la Cour Constitutionnelle, la Cour de Cassation,  la Cour des Comptes, le Conseil d’Etat, le Tribunal des Conflits,  la Haute Cour de Justice, le Conseil Economique et Social, le Haut Conseil de la Communication, le Conseil National de la Médiation sans oublier l’Autorité nationale des élections. De façon extensive, on pourrait y ajouter aussi les associations et ONG reconnues, le syndicat, les confessions religieuses…

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, dans la même veine, il faudra éviter de nommer, comme par le passé, a lot of ministres délégués à la présidence de la République. En effet, un rapide survol du décret du 22 avril 2011 susvisé révèle que contrairement au décret n° 09.018 du 19 janvier 2009, une poignée de ministres échappaient au contrôle de l’ancien Premier ministre, le Professeur Faustin-Archange TOUADERA. A titre de rappel,  dans le décret de 2009[61], sur sept (7) ministres Délégués, un seul était en effet délégué à la Présidence de la République, notamment celui en charge « de la Défense Nationale,  des Anciens Combattants, des Victimes de Guerre, du Désarmement et de la Reconstruction de l’Armée »[62]. Même si dans le décret de 2011, l’effectif des ministres délégués était légèrement revu à la baisse, force est cependant de relever un revirement bizarroïde par rapport à la situation antérieure : sur six (6) ministres délégués, un seul était délégué auprès du ministre de l’Agriculture et du Développement Rural[63]. Tous les autres étaient curieusement rattachés à la présidence de la République.

 

En rattachant ainsi plusieurs ministères directement à la présidence de la République, le décret du 22 avril 2011 privait effectivement le Premier ministre d’alors de certaines attributions substantielles, et ce dans de domaines importants relatifs à la conduite de la politique de la nation : « Défense nationale », « Pôle développement », « Mines », « Aviation Civile et Transport Arien », « Désarmement, Démobilisation, Réinsertion des Ex-Combattants et de la Jeunesse Pionnière Nationale ». Précisons en outre que la liste de ministres échappant au contrôle du Premier ministre  ne s’arrête pas là. Dans tout gouvernement au monde, et ce n’est point une spécificité centrafricaine, certains ministères dits « régaliens » dépendent du bon vouloir des présidents de la République. Il s’agit notamment des ministères suivants : Défense, Affaires Etrangères, Sécurité Nationale et Ordre Public, Administration du Territoire,  Finances et Budget, Justice. Comme l’explique un observateur attentif de la politique française, en France, par exemple, « Un certain nombre de ministres entretiennent avec l’Elysée une relation privilégiée, à laquelle Matignon n’a pas part. Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense travaillent ainsi directement avec le président, parfois sans même en référer avec celui qui est, en théorie, leur supérieur hiérarchique. »[64] A bien considérer le décret du 22 avril 2011, le champ d’action du Premier ministre Archange TOUADERA était réduit à une portion congrue. Madame ou Monsieur le Futur président de la République, tu auras une fois de plus compris la portée ou, pour reprendre Rabelais, la « substantifique moelle » de la rédaction de certaines stipulations de l’Accord de Libreville[65]. Reprises et renforcées dans la Charte constitutionnelles de transition[66],  ces stipulations dotaient le Premier ministre de pouvoirs assez importants.

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, loin de  passer pour un juriste barbifiant, permets-moi de te signaler enfin que  la surpopulation des ministres délégués à la présidence de la République pose par ailleurs un autre problème d’ordre juridique. En effet, la doctrine[67] est unanime pour reconnaître que  les ministres délégués sont des membres du Gouvernement qui ont le statut de ministre sans pour autant avoir la responsabilité d’un département ministériel. À l’origine et notamment en France, pays de référence de la plupart des hommes politiques centrafricains, les ministres délégués et secrétaires d’Etat étaient rattachés au Premier ministre. Mais, depuis 1981, ils peuvent être placés auprès d’un autre ministre. Le rôle de ces ministres délégués et secrétaire d’Etat est de seconder le Premier ministre ou les ministres en prenant en charge une mission précise. Pour ce faire, les ministres délégués siègent au Conseil des ministres et peuvent apposer leur signature aux décrets contresignés par le ministre dont ils relèvent. Leur dénomination en Sango, seconde langue officielle de la RCA, n’est quasiment pas en contradiction avec l’idée de « seconder » le Premier ministre ou un autre ministre. En Sango, on les appelle en effet « Oussè Gbènyon Gbia », ce qu’on peut traduire littéralement, sans forcément être ‘’onomasticien’’, par « deuxième ou second ministre ».

 

Si l’on s’en tient à cette dénomination des ministres délégués dans la seconde langue officielle des Centrafricains, d’où venaient alors que la majorité d’entre eux fût bizarrement rattachés à la Présidence de la République. Devrait-on implicitement en induire que l’ancien Président de la République,  était à la fois  Premier ministre ou ministre des six (6) ministres délégués énumérés dans le décret du 22 avril 2011? Si tel était le cas, il s’agissait manifestement d’une entorse ou pour reprendre une expression à la mode, d’un grand coup de ‘’balaka’’ dans la Constitution du 27 décembre 2004. L’article 23 de cette Constitution disposait en effet que : « La fonction de Président de la République est incompatible avec l’exercice de toute autre fonction politique, de toute autre mandat électif, de toute activité lucrative, sous peine de destitution ».

 

Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, ces remarques de pure forme étant formulées, voici à présent la structure provisoire du GACM que je soumets très respectueusement à ton appréciation. Gouvernement restreint, celui-ci devra comprendre au maximum vingt-trois (25) ministères structurés ainsi qu’il suit :

 

1) Des ministères :

- ministère de la Défense Nationale, du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion des Ex-Combattants et de la Jeunesse Pionnière Nationale ;

-ministère de l’Intérieur et de  l’Administration du Territoire ;

-ministère de l’Economie, des Finances et du Budget ;

-ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération internationale et de l’intégration régionale ;

- ministère de la Justice et de la promotion du respect des droits de l’homme ;

-ministère chargé du Secrétariat Général du Gouvernement et des Relations avec les Institutions républicaines ;

-ministère des Transports et de l’Aviation civile ;

-ministère de l’Exploitation et de la Répartition équitable des Ressources Naturelles Stratégiques[68] ;

-ministère de l’Exploitation Rationnelle des Ressources naturelles non renouvelables[69] ;

-ministère de la Santé publique, de la Population et de la Lutte contre le SIDA ;

-ministère de la Jeunesse, des Sports, des Arts et de la Culture ;

-ministère de la politique de la ville[70], de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Tourisme ;

-ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat ;

-ministère de l’Equipement, des Travaux publics et de l’Aménagement du territoire ;

-ministère du Développement Rural ;

-ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et des Enseignements fondamentaux;

-ministère des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de Communication ;

-ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Sécurité Sociale ;

-ministère  des Affaires Sociales, de la Promotion du Genre et de l’Indemnisation des Victimes innocentes de conflits politico-militaires ;

-ministère de la Réconciliation Nationale et de la Culture Civique ;

 

2) Des ministères délégués :

 

-ministère délégué au Désarmement, Démobilisation, Réinsertion des Ex-Combattants et de la Jeunesse Pionnière Nationale ;

-ministère délégué à l’Economie ;

-ministère délégué à la Coopération internationale ;

-ministère délégué aux Enseignements fondamentaux ;

-ministère délégué à l’Indemnisation des Victimes innocentes de conflits politico-militaires.

 

Telle est, Madame ou Monsieur le Futur Président de la République, l’architecture du premier Gouvernement restreint chargé de traduire in concreto le programme politique sur la base duquel le peuple centrafricain t’a élu. Force est cependant de relever ici que tu ne pourras évidemment pas mettre intégralement en œuvre ce programme de société, au cours de ton premier quinquennat. Pour ta première législature, il serait plus simple que tu en déclines une partie autour de la belle et exaltante devise consacrée par  la Constitution de la VIe République.

 

[1]Voir article 124 nouveau, alinéa 3 de loi nº 13-003 du 13 novembre 2013 portant code électoral de la République centrafricaine telle qu’ajustée par la loi nº 15-004 du 28 août 2015  portant dérogation à certaines dispositions de la loi nº 13-003 du 13 novembre 2013 portant code électoral de la République centrafricaine pour les seules consultations et élections générales organisées à l’issue de la transition.

 

[2] Allusion à l’une des chansons populaires de Georges Brassens intitulée, « Les Amoureux des bancs publics ».

[3]Expression empruntée à Jean-Marie Bigard, un comédien français, qui explique dans l’un de ses sketchs que  Victor Hugo qui écrivait ses ouvrages monumentaux  « tout en regardant la mer ».

[4]Voir Jacques Le Fataliste, Roman satirique de Denis Diderot (1778).Diderot a commencé à travailler sur ce court roman en 1771. Il l’a remanié en 1778. Ce texte a été publié en 1796 (12 ans après sa mort) Jacques Le Fataliste conte les aventures et les conversations de deux cavaliers, Jacques et son maître, alors que les deux hommes cheminent vers une destination inconnue. Jacques est un valet courageux, intelligent, généreux et a le sens de l’initiative. Philosophe prolixe il affirme que «  tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut ». 

[5]Se reporter au Livre du prophète Isaïe (60, 1-6).

[6] C’est le personnage principale de la bande dessinée de James Stevenson qu’adoraient lire les élèves de 6ème et 5ème du Lycée d’Etat des Rapides de Bangui dans les années 1980.

[7]Voir A. Muxel, « La politisation par l’intime. Parler politique avec ses proches », in Revue française de science politique (RFSP), Vol. 65-n°4 août 2015, pp.541-562.

[8]Voir D. Diderot, « Autorité politique », in Encyclopédie où il parle de l’autorité comme une « Puissance qui vient des peuples ».

[9]Se reporter à l’Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-12).

[10]Par « tes prédécesseurs », j’entends les Présidents de la République qui ont été élus au suffrage universel direct.

[11]Ch. Achebe, Le monde s’effondre, Paris, Présence Africaine, 1992, 243p.

[12]Voir Actes des Apôtres, 9, 1-22 ; Galates, 1, 11-16.

[13]Voir une chronique parue dans Jeune Afrique sous le titre, « Centrafrique : volte-face de Noureddine Adam sur la partition du pays ».

[14]Voir les notions de « Leadership », des « entourages » et des « élites » développées par le Professeur  Yves  Schemeil dans son ouvrage intitulé, Introduction à la science politique. Objets, méthodes, résultats, objectifs, Paris, 3e  édition revue et augmentée, Presses de Sciences Po/Dalloz, coll. « Amphi », 2015, pp.464-473. A propos des entourages des hommes politiques, il regrette qu’ils ne soient pas toujours constitués des « experts qualifiés ».

[15]Conformément à la décision du dernier Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et du Gouvernement de la CEEAC, la transition en cours prendra officiellement fin le 30 mars 2016.

[16]Voir  Message du Nouvel An 2016 de Madame Catherine SAMBA-PANZA, Chef de l’Etat de transition, message publié le 1er janvier 2016 sur le site de CENTRAFRIQUE-PRESSE. COM.

 

[17]Voir les paroles d l’hymne national de la RCA.

[18]Allusion au titre du roman d’Amadou Kourouma, Les Soleils des indépendances, Paris, Editions  Points, 1968, 187p.

[19]Voir les paroles de l’hymne national de la RCA.

[20]Voir J.-P. Colliard, « Etre présidentiable », in L’Esprit des institutions, L’équilibre des pouvoirs, Mélanges en l’honneur de Pierre PACTET, Paris, Dalloz, 2003, pp.579-592.

[21]Voir message précité du Chef de l’Etat de Transition.

 

[22] Le politiste désigne un individu qui se spécialise dans l’étude des sciences politiques. Il n’est pas un moraliste ou un philosophe, mais un analyste qui cherche à rendre plus clair la chose publique.

[23]Voir J.-F. Médard, « La spécificité des pouvoirs africains », in Revue Pouvoirs, n°25, 1983, pp.15-21. Le néopatrimonialisme fait référence à des situations où le pouvoir et la légitimité du chef de l’exécutif se fondent sur des relations de clientèle plutôt que sur l’idéologie (autorité charismatique) ou le droit (autorité légale-rationnelle).

 

[24]Voir D.C. Bach, « Régimes politiques, pratiques systémiques et dynamiques de l’émergence dans les Etats africains et post-soviétiques », in Revue internationale de Politique Comparée, Vol. 20, n°3, 2013, p.155 et s.

 

[25]Voir O. Ihl, « L’urne et le fusil. Sur les violences électorales lors du scrutin du 23 avril 1848 », in Revue française de science politique, 2013, pp.9-33 ; ou encore R. Stuard, « Le suffrage universel sous la seconde République. Etat des travaux, questions en attente », in Revue d’histoire du 19e siècle, 14 (1), 1997, pp.51-72. Pour le Professeur Olivier Ihl, l’élection au suffrage universel direct, le 23 avril 1848, est entrée dans l’histoire comme le symbole de la fin des barricades. Un événement aussitôt célébré comme un avènement : celui de la naissance de la « démocratie moderne », de la « souveraineté du peuple », de la « République des électeurs ».

 

[26]Voir F. Dreyfus, « La Constitution intérimaire d’Afrique du Sud », in Revue française de droit constitutionnel, n°19/1994, p.465.

[27]Voir intervention du Secrétaire du parti socialiste comme invité du jour dans l’émission de Bourdin.

[28]Ce proverbe chinois est bien connu. Il signifie dans les grandes lignes que lorsqu'il y a un dysfonctionnement  dans une organisation, qu'elle soit entreprise, association, état..., c'est celui qui est à la tête qui en est responsable. A ce propos, lire notamment les articles publiés sur les sites ci-après :

« http://lrhwe.blogspot.fr/2013/04/le-poisson-pourrit-il-toujours-par-la.html » publié le 25 avril 2013 à 18h58 ou http://www.courrierinternational.com/article/2011/11/14/le-poisson-pourrit-toujours-par-la-tete publié le 15 novembre 2011 à 17h33. 

 

[29] Dans le quotidien La CROIX, on peut en effet lire ces commentaires : « A la faveur de la campagne, on assiste au retour du même personnel politique,  constate Florent Geel, le Directeur du bureau Afrique de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH). On peut s’attendre à la continuation des mêmes pratiques : les petits arrangements entre amis, l’impunité, la corruption, les pseudo-accords de paix ».

 

[30]Voir J. Meynaud, Introduction à la science politique, Paris, 2e  édition, Librairie Armand Colin, Coll. « Cahiers de la Fondation nationale des sciences politiques no 100 », 1961, version numérique réalisé par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi dans le cadre de: "Les classiques des sciences sociales" p.33. Pour le Professeur Meynaud, « Il est faux de supposer le praticien doué d'une faculté de compréhension supérieure à celle du théoricien. La vision de l'homme politique se borne généralement à certains des aspects du processus gouvernemental et à des problèmes secondaires mais dont dépend le déroulement de sa carrière. Il sait rarement s'élever à une vue d'ensemble et saisir l'interaction des phénomènes : l'absence de recul, le manque de temps pour la réflexion spéculative, l'inaptitude au maniement des catégories abstraites, constituent, dans la plupart des cas, un obstacle insurmontable. La contribution qu'il peut apporter se limite, en moyenne, à la fourniture de matériaux bruts (sous forme d'interviews, de mémoires...) que l'on ne saurait utiliser sans une vérification critique attentive. »

 

[31] A ce propos, voir A. N. Zentho dans sa chronique intitulée, « République Centrafricaine, un Etat à refonder », in Jeune Afrique Economie n°362, pp.93-94.

[32]Voir Evangile selon saint Marc, 2, 18-22.

[33]Voir Ph. Reinhard, La politique pour les Nuls, Paris, First-Editions, 2007, p.97.

[34]Voir  O. Ihl, Le mérite et la République. Essai sur la société des émules, Paris, Gallimard, 2007, 496p.

[35]Il s’agit de Vincent Hugueux, Grand Reporter à Express.

[36]Il s’agit précisément de Cahier d’un retour au pays natal, Paris, Présence Africaine, 1947.

[37]Traduit du néerlandais par A. Rubbens, Paris, Présence Africaine, 1949, 123p.

[38]Voir J.-F. Akandji-Kombé, « (Parole d’électeur) Notre Centrafrique demain ce que je crois », publié le 28 décembre 2015 sur le site de Centrafrique Libre.

[39]Voir message précité de Madame le Chef d l’Etat de Transition.

 

[40]Sur la guerre de Kongo Wara, lire notamment : R. Nzabakomada-Yakoma, L ‘Afrique centrale insurgée : la guerre du Kango-Wara (1928-1930), Paris, L’Harmattan, 1986, 190p. ; M. Michel, « Les débuts du soulèvement de la haute-Sangha en I928 », Annales du Centre d’enseignement supérieur, n° 2, Brazzaville, I966, p.p. 33-48 ; D. Kpamo, La Christianisation et les débuts du nationalisme en Oubangui-Chari de 1920 à 1960, Paris, Edition Publibook, coll. « Histoire/Politique », 2013, 180p. ; ou encore M. Thomas, « An empire in revolt? The Rif war, the Syrian rebellion, Yen Bay and the Kongo Wara », in The French empire between the wars : imperialism, politics and society, Manchester University Press, Manchester, New York (N.Y.), 2005, p. 211-244.

 

[41] Titre d’une chanson populaire de Claude François (1939-1978), un chanteur français.

[42]Pour des renseignements détaillés, voir Communication de maître Nicolas TIANGAYE au Colloque international sur les transitions politiques dans l’espace francophone : enjeux, défis et perspectives, Abidjan (Côte d’Ivoire) 30 et 31 octobre 2014, pp.3-4.

[43]A. N’DUI-YABELA, « Commentaire du décret portant nomination ou confirmation des membres du Gouvernement TOUADERA III », Université de Bangui, FSJP/Média Print,  2011, 50p+Annexes.

[44]Pour des détails sur la marginalisation des partis politiques de la majorité présidentielle, voir A. N’DUI-YABELA, précité, p.13 et s.

[45]Voir B. Daugeron, « La cohabitation et ses faux-semblants : réflexions sur le présidentialisme minoritaire », RDP-n°1/2004, pp.67-109.

[46]Pour dire les choses clairement, ce Gouvernement n’avait duré exactement que quarante et un (41) jours, c’est-à-dire arithmétiquement un mois et dix jours.

 

[47]Voir D. Niewiadowski, « La   République centrafricaine : le naufrage d’un Etat, l’agonie d’une Nation », in Revue Afrilex, CEDRADI de l’Université de Bordeaux, 2014, p.6. Comme on peut le lire sous la plume de cet ancien diplomate français en terre centrafricaine, « l’Assemblée issue des élections de janvier et mars 2011, était quasiment monocolore. Suite à la décision de la plupart des partis de l’opposition de renoncer à participer au scrutin, les 105 sièges de députés sont revenus aux candidats du parti présidentiel KNK ou à des candidats de la majorité présidentielle. Fait nouveau, plus d’une vingtaine de députés avaient des liens familiaux avec le général François Bozizé. La plupart des députés étaient surtout préoccupés par les questions de rémunération, de per diem, de voyages à l’étranger sans trop se soucier des considérations d’ordre national... »

 

[48]Pour l’essentiel, lire : D. NIEWIADOSKI précité ; ou encore « République Centrafricaine : les urgences de la transition », Rapport Afrique de Crisis Group International, n°203, juin 2013, pp.2-5 ;

[49]Allusion au roman de Julian Fellowes, Passé Imparfait, traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz, SONATINE Edition, 2014, 646p.

[50]Voir J.-F. Akandji-Kombé, « (Parole d’électeur) Notre Centrafrique de demain. Ce que je crois », précité.

[51]Voir M.-P. Deswarte, « Intérêt général, Bien commun », in RDP-n°2/1988, pp.1289-1315.

[52]Voir son article précité, pp.486-490.

[53]Techniquement, le quota de sièges nécessaires à l’attribution d’un portefeuille est déterminé en divisant le nombre de portefeuilles plus un. Le calcul du nombre de portefeuilles dévolus à chaque parti s’effectue en divisant le nombre de sièges détenus par chaque parti par le quota précité ; les portefeuilles restant à la suite de ces opérations sont attribués aux partis ayant les plus forts restes (articles 88-3 de la constitution sud-africaine du 22 décembre 199).

[54]Voir  Evangile selon : saint Marc, 12, 13-17 ;  saint Mattieu, 22, 15-22 ; ou saint Luc, 20, 20-26.

[55]Voir Ph. Reinhard, op.cit., p.97.

[56]Voir H. Desclodures et G. Toulemonde, « Les décrets relatifs à la composition du Gouvernement. Recherche d’une cohérence, in RDP-n°1/2004, pp.33-66.

[57]Voir M. Rota, « Vers la disparition des vices de forme ? », in RDP-n°3/2015, pp.641-662.

[58]Pour l’essentiel, voir Ph. Georges et G. Siat, Droit public, Droit constitutionnel, Droit administratif général, Droit de la fonction publique, Paris, 16ème éditions Dalloz, coll. « Manuel Intégral Concours », 2011, pp.114-115.

[59] En France, dans le Gouvernement Fillon II du 19 juin 2007, Jean-Louis Borloo était : « ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables»; de même qu’entre mars 1986 et mai 1988, Edouard Balladur était « ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances » du Gouvernement Chirac II.

[60]Voir les décrets portant nomination ou remaniement du Gouvernement Kamoun I, II et III.

[61]Voir page 5 dudit décret.

[62]Voir article 1er C. 26 dudit décret.

[63]Voir page 6 du décret du 22 avril 2011.

[64]Voir Ph. Reinhard, op. cit., p.85.

 

[65]Voir article 3 : « Le Gouvernement ne peut être révoqué par le Président de la République pendant la durée de la transition » ; article 5 : « Le Gouvernement d’Union Nationale est chargé notamment de : restaurer la paix, organiser les élections législatives anticipées après la dissolution de l’Assemblée nationale, réorganiser les forces de défense et de sécurité, réorganiser l’administration territoriale, réformer le système judiciaire, poursuivre le processus de DDR et de la RSS avec le concours et l’assistance de la communauté internationale, engager des réformes économiques et sociales » ; article 7 al.1 : « Pour éviter le blocage de l’action gouvernementale, les projets de loi adoptés par le Gouvernement doivent être votés en l’état par l’Assemblée Nationale… ».

[66]Voir notamment les articles  35 à 48 de la charte constitutionnelle de transition.

[67]Voir Ph. Georges et G. Siat, op.cit., p.115.

[68]Voir Ph. Moreau Desfarges, Relations internationales2. Questions mondiales, Paris, 5ème édition, 2002, pp.198-200. Faisant t l’objet de la théorie dite des ressources épuisables ou non renouvelables, les ressources naturelles stratégiques englobent les ressources énergétiques et non énergétiques (charbon, pétrole, minerais). On ne peut pas les fabriquer et leur renouvellement se fait sur une échelle de temps géologique. Certains auteurs les appellent aussi des « ressources de stock ».

 

[69]L’analyse économique standard a pris l’habitude de faire la distinction entre les ressources dont l’épuisement est inéluctable et les ressources renouvelables. Pour des renseignements détaillés, voir Beat Bürgenmeier, Economie du développement durable, Bruxelles, De Boeck & Larcier s.a., 2004, pp.155-161 ; Sylvie Faucheux et J-F Noël dans leur ouvrage intitulé, Economie des ressources naturelles et de l’environnement, Paris, Armand Colin, 1995, p.88 ; Taladidia Thiombiano, Economie de l’environnement et des ressources naturelles, Paris, L’Harmattan, 2004, pp.62-65.

 

[70]Comme on peut le lire sur le site https://fr.wikipedia.org/wiki/Politique_de_la_ville, c'est au cours des années 1970 et 1980 qu'une approche globale, à la fois sociale, économique et urbanistique, des problèmes spécifiques aux villes modernes est apparue nécessaire en France. Cette prise de conscience a mené à la création d'un ministère de la Ville en 1990. Cette « politique de la ville » a toutefois un statut particulier, car, bien au-delà du ministère qui lui est spécifiquement dédié, elle consiste en un large ensemble d'actions menées par plusieurs ministères différents dans le cadre de leurs politiques propres : mesures en faveur du logement, politique en faveur de l'emploi et du développement économique des quartiers, sécurité et prévention de la délinquance, enseignement scolaire et promotion de l'« égalité des chances »... Pas moins de 11 des 34 missions de l'État identifiées par le projet de loi de finances pour 2007 sont regroupées à un titre ou à un autre sous la bannière de la politique de la ville. La politique de la ville oblige les différents départements ministériels à coopérer entre eux, mais implique aussi un partenariat entre l'État et les collectivités territoriales concernées. L'État intervient alors dans le cadre de contrats conclus avec les communes et autres acteurs locaux : contrats de ville, contrats urbains de cohésion sociale. Cette action repose sur une cartographie préalable du territoire urbain, qui identifie les quartiers qui feront l'objet d'aides : les zones urbaines sensibles.

 

A suivre...!

Commencement de la lettre de l’ancien Vice-Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université de Bangui au futur Président de la République Centrafricaine
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Centrafrique-Presse.com
3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 21:36

 

 

 


Bangui - AFP / 03 janvier 2016 19h02 - Les premiers résultats partiels de l'élection présidentielle qui s'est tenue mercredi en Centrafrique confirmaient dimanche l'avance d'un outsider, Faustin Archange Touadéra (candidat indépendant) sur ses rivaux, d'après des résultats partiels portant sur un quart des électeurs inscrits.

Ces suffrages décomptés pour l'ensemble du pays et l'étranger représentent 522.514 voix, a détaillé le rapporteur général de l'Autorité nationale des élections (ANE), Julius Ngouadé Baba

Ancien Premier ministre (2008-2013) de l'ex-président François Bozizé renversé en 2013, Faustin Archange Touadéra, avec 120.838 voix, devance pour l'instant largement l'un des favoris Anicet Georges Dologuélé (68.547 voix), ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé qui a reçu le soutien officiel du parti de Bozizé, ainsi que Désiré Kolingba, fils d'un ancien président, qui a reçu 39.952 voix. 

Martin Ziguélé, autre poids lourds de cette présidentielle souvent présenté comme le candidat de la France, et qui fut l'un des principaux opposants à l'ex-président Bozizé, totalise quant à lui 27.381 voix, et arrive cinquième derrière Jean-Serge Bokassa, un autre fils d'ancien président, avec 33.956 voix.

Ces chiffres proviennent à la fois de Bangui (où 76% des votes ont été comptés), de huit provinces sur 16 ainsi que de l'étranger (16% des résultats traités), où de nombreux Centrafricains réfugiés et expatriés ont voté.

Bien que partiels, ces résultats confirment les premières tendances annoncées samedi pour la seule la capitale centrafricaine, qui faisaient état d'une courte avance pour l'outsider Touadéra, créant la surprise à Bangui. 

Près de deux millions d'électeurs centrafricains étaient appelés aux urnes mercredi pour élire un nouveau président et leurs représentants à l'Assemblée nationale. Ces scrutins sont censés sortir le pays de trois années de violences intercommunautaires qui ont ravagé le pays.

Le vote, qui s'est déroulé sans incident majeur, s'est prolongé parfois tard dans la nuit dans les bureaux qui avaient ouvert en retard en raison de lenteurs dans l'arrivée et la mise en place du matériel électoral, à Bangui comme en province.

Une trentaine de candidats étaient en lice pour ce premier tour de la présidentielle, dont les résultats définitifs seront rendus publics dans les prochains jours. Un probable second tour est prévu le 31 janvier.

La Centrafrique, un des pays les plus pauvres au monde, est plongée dans le chaos depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par l'ex-rébellion Séléka, elle-même finalement chassée du pouvoir par une intervention internationale menée par la France dans son ancienne colonie début 2014.

Présidentielle africaine: l'outsider Touadéra confirme son avance, selon des résultats partiels
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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 21:31

 

 

 

http://www.liberation.fr/  Par Patricia Huon Libération - 3 janvier 2016 à 19:01

 

Des urnes de plastique sont empilées dans la cour, des dizaines d’enveloppes contenant les procès-verbaux des bureaux de vote posées sur les tables, les données recopiées à la main, une à une. Quand il ne faut pas tout réorganiser parce que les documents n’ont pas été remplis ou classés de manière appropriée. La compilation des votes s’annonce longue au Centre de traitement des données de Bangui, gardé par des Casques bleus.

 

C’est ici que tous les bureaux doivent rapatrier leurs résultats pour les scrutins présidentiel et législatif du 30 décembre. Le pays est vaste, ses infrastructures quasi inexistantes. Et les problèmes logistiques, combinés à une formation sommaire des agents électoraux, donnent lieu à des «cafouillages», confie une source qui suit le processus électoral. «La communauté internationale a poussé pour que ces élections se tiennent à tout prix avant la fin de l’année. Maintenant, il ne faut pas s’étonner si la désorganisation est immense, dit-elle. La seule chose que l’on peut espérer, c’est que cela n’entame pas suffisamment la crédibilité du scrutin pour entraîner de nouvelles tensions.»

 

L’Autorité nationale des élections a commencé dimanche à annoncer des résultats partiels. Ceux-ci représentent actuellement environ 20 % du nombre total de procès-verbaux qui doivent être traités et proviennent en majorité de la capitale. Un candidat crée la surprise : Faustin-Archange Touadéra arrive en tête avec près de 97 000 voix. Il est suivi d’Anicet-Georges Dologuélé, l’un des favoris (56 000 votes), puis de Désiré Kolingba. Touadéra, candidat indépendant âgé de 58 ans et ex-Premier ministre du président déchu François Bozizé, attend les résultats définitifs avant de s’exprimer. «Nous sommes en situation de crise, il faut montrer de la réserve», dit-il. Mais devant son siège, ses partisans le célèbrent déjà.

 

Reste à voir si les résultats des provinces confirmeront la tendance. Bangui ne représente que 300 000 électeurs, soit à peine un sixième du total des inscrits. Après l’annonce de tous les résultats provisoires, des recours pourront être déposés en cas de contentieux. Un second tour afin de départager les deux candidats arrivés en tête semble inévitable. Il faudra encore attendre un certain temps avant de connaître le nom du nouveau président centrafricain. 

 

Patricia Huon

Lu pour vous : Elections en Centrafrique : «Il ne faut pas s’étonner si la désorganisation est immense»
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