Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 12:08

 

  

http://lepays.bf/  MERCREDI 30 MARS 2016 

 

Elu le 14 février dernier au second tour de la présidentielle centrafricaine, c’est ce 30 mars 2016 que Faustin-Archange Touadéra prête serment pour prendre en main les destinées de la RCA. A l’occasion, les Centrafricains ont mis les petits plats dans les grands pour célébrer le retour de leur pays à l’ordre constitutionnel normal,  en refermant la page d’une Transition tumultueuse et émaillée de rebondissements pas toujours heureux qui ont, par moments, donné à désespérer de la Centrafrique, tant tout cela lui donnait les allures d’un serpent de mer. C’est donc logiquement que « Bangui la roquette » s’est refait une beauté en se débarrassant  de ses oripeaux, pour accueillir la cent-cinquantaine de personnalités parmi lesquelles des chefs d’Etat et de gouvernement venus assister, au lendemain de la fête de Pâques,  à la grand’messe de la « résurrection » de ce peuple qui voit en l’Archange Touadéra,  le « sauveur » qui pourrait lui faire oublier les sombres années du passé. Des années sombres qui les auront vus porter une lourde croix sur le chemin de Golgotha.  C’est pourquoi l’on peut pousser un ouf de soulagement pour la RCA qui a réussi à vaincre le signe indien, là où l’on pensait qu’elle allait encore continuer à sombrer. Par la grâce du Ciel, les Centrafricains soufflent enfin ! Aussi, même si son bilan est loin d’être rose, la RCA doit une fière chandelle à Catherine Samba-Panza qui aura réussi malgré les rudes épreuves, à conduire le pays aux élections. D’autant plus que la RCA regorge tellement de politiciens ambitieux, pouvoiristes et à l’appétit vorace, que l’on se demandait si la pauvre Dame n’allait pas finir par être dévorée par tous ces caïmans qui nageaient dans les eaux saumâtres de la politique centrafricaine, avec des agendas tellement obscurs que la construction de la maison commune ressemblait à celle d’une chaumière de singes. Les uns retirant du toit la paille que les autres y fixaient. Les Centrafricains ont donc de bonnes raisons de penser qu’une main divine s’est penchée sur eux pour les délivrer enfin de leurs souffrances. Mais il leur appartient désormais de mettre du leur, pour que ce qui s’est passé hier ne se reproduise plus jamais.

 

Il faut espérer que les Centrafricains tireront leçon de leur histoire pour ne pas retomber dans le précipice

 

Et c’est là que commencent les travaux d’Hercule pour l’Archange Touadéra dont le défi majeur sera de construire une paix durable dans un pays où la stabilité reste encore fragile. En effet, le nouveau président  hérite d’un pays où tout est pratiquement à reconstruire. Dans un contexte où il n’est pas sûr de bénéficier de la même mansuétude accordée à la Transition qui apparaissait comme le résultat d’un certain consensus, l’on peut dire que le plus dur est à venir pour le nouveau président centrafricain. A commencer par la réconciliation nationale qui passe par le désarmement des cœurs, après celui des mains. Pour recoudre le tissu social, il va falloir à Touadéra la patience de Pénélope. Et l’exemple sud-africain pourrait aider les Centrafricains à parvenir à cette catharsis qui leur permettrait de remonter la pente raide de la haine interethnique et interreligieuse, et à la reléguer définitivement aux calendes centrafricaines. Ensuite, il y a le défi de la sécurité et de la restauration de l’autorité de l’Etat, qui est loin d’être une sinécure, dans un pays où les groupuscules armés ne sont pas complètement sous contrôle, malgré l’accalmie observée depuis un certain temps. Et quand on sait que la Transition de Dame Samba-Panza n’a pas véritablement réussi à désarmer et démobiliser les combattants des  frères ennemis de la Séléka et des anti-Balaka, l’on mesure à quel point le nouveau président n’hérite pas d’un cadeau d’anniversaire. Toutefois, le simple fait d’avoir pu tenir les élections, est source d’espoir. Enfin, il y a la question de la reconstruction du pays et de sa relance économique que doit accompagner le souci permanent de la justice sociale pour que les retombées économiques ne profitent pas qu’à une minorité. Pour cela, la RCA a plus que jamais besoin de l’accompagnement de la communauté internationale dont il faut saluer, au passage, la persévérance et la patience au chevet du grand grabataire centrafricain. Pour sûr, la Centrafrique revient de loin. Et l’on peut comprendre l’enthousiasme des Centrafricains. Au demeurant, ce pays a tellement souffert que le plus grand mal que l’on puisse lui souhaiter, c’est de ne plus revivre les affres d’une parenthèse du passé qu’il tente aujourd’hui de refermer.  C’est pourquoi il faut espérer qu’après être passé par toutes ces étapes, toutes ces douleurs, toutes ces situations affligeantes, les Centrafricains eux-mêmes tireront leçon de leur histoire pour ne pas retomber dans le précipice. Car, s’ils venaient à y replonger, ils ne seraient pas loin de donner raison à tous ceux-là qui viendraient à penser que leur pays est frappé par la malédiction. Dans ce pays à l’histoire mouvementée, il faut aussi espérer que le président Touadéra ne connaîtra pas la même fin que certains de ses prédécesseurs qui ont été chassés du pouvoir. Il lui appartient donc de savoir manœuvrer habilement et de semer les graines d’une gouvernance vertueuse à tous égards.

 

Outélé KEITA

 

Lu pour vous : INVESTITURE DU NOUVEAU PRESIDENT CENTRAFRICAIN : Les travaux d’Hercule d’un Archange
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 11:58

 

 

http://beninmondeinfos.com/  30 mars 2016 Christophe Sessou

 

La Centrafrique retourne à l’ordre constitutionnel ce 30 mars 2016 à travers l’investiture du nouveau Président élu Faustin Archange Touadéra. Mais de mars 2013 à mars 2016, ce pays a fait un long chemin depuis le déclenchement de la crise en passant par une transition tumultueuse pour enfin retrouver le chemin de l’Etat de droit et de la démocratie. 

 

 La république centrafricaine a été un véritable enfant malade de l’Afrique pendant ces trois dernières années. Tout est parti du renversement de l’ancien Président François Bozizé  le 24 mars 2013 par Michel Djotodia avec l’aide de la milice d’obédience musulmane Séléka. Le nouvel homme fort s’installe au pouvoir promettant de réformer l’armée nationale en veillant à l’équilibre régional au sein de la grande muette. Il promet aussi de diriger le pays autrement en donnant des chances égales à tous les Centrafricains et à toutes les Centrafricaines. François Bozizé n’a pas eu d’autres choix que de prendre le chemin de l’exil. Non content du putsch l’ayant renversé, les anti-balaka, milice chrétienne pro-Bozizé prennent à leur tour  les armes contre les  Séléka. Ainsi le pays s’engage dans un cycle infernal de violences interreligieuses entre les Séléka et les   Anti-balaka. Mais  Michel Djotodia, le « nouveau messie » des Centrafricains a très tôt étalé toute son incapacité à faire face à la situation. Chaque jour, des morts se comptent par dizaines. Devant la situation chaotique, Djotodia a été contraint à la démission par les Chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale le 10 janvier 2014. C’est ainsi que le 23 janvier, Catherine Samba-Panza a été élue comme Présidente de la transition par le Conseil national de la transition, le parlement provisoire. Le calendrier de la transition est connu avec des élections générales prévues pour la fin de l’année 2015. C’est alors que le plus dur commence et la Centrafrique bascule dans la violence interreligieuse et une guerre civile insidieuse.

 

Le long chemin de la transition

 

La conduite de la transition a été pour Catherine Samba-Panza, plus un véritable chemin de croix. Les violences n’ont pas cessé, bien au contraire.  Tous les mois pratiquement, il y avait des accrochages sanglants entre Séléka et Anti-balaka sous les regards impuissants des soldats français de l’opération Sangaris, ceux de la force européenne (EUFOR) et de la mission onusienne en Centrafrique (MINUSCA). La violence a été exacerbée par la multiplication de groupes armés sur toute l’étendue du territoire centrafricain. Des éléments de l’armée de résistance du seigneur(LRA), rébellion ougandaise était aussi active  en Centrafrique. Même les français de l’opération  Sangaris ne sont pas à l’abri des attaques de groupes armés. La France, ne voulant pas que la transition se prolonge, a pesé  de tout son poids pour que rapidement une solution soit trouvée à la crise. La Communauté économique des Etats d’Afrique centrale(CEAC) a aussi joué un rôle capital. Ainsi, un accord de cessation des hostilités par les belligérants à Brazzaville, capitale congolaise a été conclu  le 23 juillet 2014. Une paix précaire sera obtenue aux forceps mais perturbée par des violences sporadiques entre les Séléka et les Anti-balaka. Le 28 janvier 2015, un accord de cessez-le-feu sera signé à Nairobi entre les différentes  milices. 

 

Cet accord ne sera pas respecté car quelques groupes se sentent marginalisés. Des scènes de violence et de pillage s’enchaînent. Un forum de réconciliation et de désarmement est organisé en mai 2015. Mais Même après le forum de Bangui, des scènes de violences ont été encore enregistrées dans le pays. Là encore, il faut signaler que le diktat  des groupes armés n’était pas à son terme. La fin de l’année 2015 a aussi été marquée par une série de violences meurtrières. La situation a conduit à proroger la transition de trois mois c'est-à-dire jusqu’en fin mars 2016. C’est d’ailleurs la situation sécuritaire très peu favorable qui a conduit à l’annulation des résultats des législatives du 13 décembre 2015 et à deux  reports du second tour des présidentielles. Pour que le pays parvienne à l’ordre constitutionnel, il a fallu la mobilisation à son chevet des pays de l’Afrique  centrale et de toute la communauté  internationale.

 

Aux antipodes de la transition burkinabè 

 

La transition centrafricaine, débutée avant celle du Burkina, a bien de leçons à recevoir de cette dernière. Au Faso, la transition, commencée en octobre 2014 avec la fuite de l’ancien président Blaise Compaoré, a connu une brutale interruption avec le coup d’Etat de septembre 2015. La seule modification connue par le calendrier de la transition est le report du scrutin présidentiel d’octobre 2015 à novembre 2015, soit d’un mois. Malgré ce bégaiement, les Burkinabè ont pu se prendre en charge et donné rapidement une issue honorable à leur transition par les élections libres, transparentes et crédibles le 29 novembre 2015. Ce n’est évidemment pas le cas en Centrafrique. Pourtant la transition centrafricaine était en cours avant celle du Burkina. Mais cette dernière a débuté après et a pris fin bien avant avec un résultat apprécié de tous. Si ce n’est la mobilisation générale au chevet de « l’enfant malade » de l’Afrique centrale, la transition aurait sombré dans un cycle interminable tel un piège sans fin.

 

 Le nouveau départ

 

Après la sortie de la pénible et douloureuse période transitoire qui s’est achevée avec la tenue des élections générales ( législatives et présidentielles) ayant abouti à l’élection de Faustin Archange Touadéra à la tête du pays et la mise en place progressive du nouveau Parlement, la Centrafrique revient de loin, de très loin même. Le nouveau président élu Faustin Archange Touadéra prête serment ce mercredi 30 mars 2016 à Bangui. Un espoir renaît pour ce pays après trois ans passés à la quête de la  paix. Mais pour  réussir sa mission, il est des chantiers urgents auxquels le nouveau président élu de la république devra faire face. En effet, il est impérieux de travailler à la consolidation de la sécurité. Il faudra rapidement donner un contenu réel au programme de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de rapatriement. Il faut veiller à l’équilibre régional au sein des forces de défense et de sécurité du pays. Ensuite, une conférence nationale de réconciliation s’impose. Cela participe de la cohésion sociale. Elle passe nécessairement par la mise en œuvre d’un  programme de développement équilibré dans le pays.

 

Il faut rappeler que l’investiture de ce 30 mars 2016 vient définitivement fermer la sombre page de trois ans d’instabilité politique sur fond de violences interreligieuses dans le pays. Le bilan de ces trois ans de crise oscille entre  3000 et 6000 morts ou de mutilés et 438 mille 300 réfugiés au Cameroun et au Tchad selon l’ONG Human Rights watch.

 

Christophe SESSOU

Lu pour vous : Centrafrique : Le long chemin du chaos à l’ordre constitutionnel
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 11:35

 

 

Afrique Monde  2016-03-29 02:20:14 - Quelque 7 gouverneurs et 6 anciens ministres sont concernés par cette rocambolesque affaire.


 Le Président du Nigeria avait signé avec les Emirats Arabes Unis en janvier dernier un accord d’extradition, de transfert des personnes sous le coup d’une sentence, d’assistance mutuelle dans la lutte contre les actes criminels et de rapatriement des fonds détournés.

 

 Les personnalités impliquées dans ce trafic ont massivement investi dans l’immobilier à Dubaï mais aussi à Abu Dhabi et à Doha. L’une des personnes soupçonnées dans cette affaire, un ancien gouverneur, aurait tenté en vain de transférer 517 millions de dollars en République Dominicaine.

Nigeria : Buhari fait rapatrier 200 milliards de dollars cachés à Dubai
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 23:38
Lu pour vous : En Centrafrique, la guerre des ondes contre la LRA

 

REPORTAGE

 

Par Anthony Fouchard (contributeur Le Monde Afrique, à Obo et Mboki, en Centrafrique) LE MONDE Le 28.03.2016 à 12h32

 

Tous les matins, c’est le même rituel. A 7 h 30, Joanick Pango entre dans la petite salle de radiophonie et commence « la ronde ». « India One, pour Charlie Six. Quelle est la situation sécuritaire chez vous ? » « Oscar Kilo, rien à signaler ». Les appels dans les villes alentours se poursuivent, grâce à l’ONG Invisible Children, qui les a équipés de radios hautes fréquences et de téléphones satellites.

 

Ce réseau d’alerte doit permettre de prévenir en cas d’attaque de l’Armée de résistance du seigneur (LRA). Née en 1980 et dirigée par Joseph Kony, la LRA avait initialement pour but de destituer le président ougandais Yoweri Museveni. Réputée comme l’un des groupes rebelles les plus brutaux du continent, cette milice aurait déjà tué plus de 100 000 personnes ces vingt-cinq dernières années, selon l’ONU.

 

La menace est omniprésente. « Répondez Bravo Hôtel… India One pour Bravo Hôtel, quelle est votre situation ? » Après plusieurs appels infructueux, la voix de l’opératrice radio grésille faiblement : « On a été attaqués… Par des hommes de LRA… Equipés de tenues militaires, lance-roquettes et AK 47. Ils ont pillé le village et kidnappé trois personnes avant de repartir dans la brousse. »

 

Joannick demande des précisions, triangule les informations avant de lancer l’alerte dans les villages alentours vers lesquels les assaillants présumés pourraient se diriger. Depuis 2008, les attaques de l’Armée de résistance du seigneur sont quasiment ­quotidiennes dans cette partie de la Centrafrique. Les rebelles de la LRA se déplacent constamment. Ils se réfugient souvent de l’autre côté de la rivière au Congo voisin, où il est très compliqué de les capturer.

 

Recherché par la Cour pénale internationale, Joseph Kony est introuvable.« Le groupe est mouvant, difficilement prévisible », confie une source sécuritaire pour expliquer pourquoi personne n’a jamais réussi à attraper le leader sanguinaire, accusé de massacres, enlèvements d’enfants, mutilations, tortures…

 

Un coup dur à Joseph Kony

 

Depuis le début de l’année, 217 personnes ont été enlevées ou tués par la LRA en République centrafricaine. C’est plus que sur l’ensemble de l’année 2015. Pourtant, depuis quelque temps, les incursions des rebelles s’étaient faites moins violentes. La désertion de plusieurs hauts responsables a incontestablement porté un coup dur à Joseph Kony, notamment celle de son bras droit Dominic Ongwen, en 2015, qui devrait être jugé par la CPI.

 

Dans la région d’Obo, les opérations de luttes sont coordonnées par les Américains, appuyés par l’armée ougandaise et une petite section de soldats centrafricains. A Dembia, le village attaqué, les « pertes sont légères ».

 

Le système d’alerte précoce, mis en place par Invisible Children et Catholic Relief Service (CRS), a porté ses fruits. Il y a plusieurs jours déjà, des chasseurs avaient repéré des rebelles à plusieurs kilomètres et ils ont donné l’alerte. A Dembia, le plan de protection communautaire, un dispositif d’urgence en cas d’attaque était déjà au niveau 3 : « Vigilance extrême ».

 

Des greniers pour les récoltes

 

Ce plan de protection a été élaboré par les experts de l’ONG CRS, en collaboration avec la population. « On a établi une cartographie des risques pour chaque village », explique Serge Kabiana, expert en système d’alerte précoce. Il s’agit de repérer les sentiers par lesquels la population peut s’échapper, mais aussi les lieux qui peuvent intéresser la LRA, comme des greniers pour les récoltes, des magasins d’équipements…

 

Tous ces renseignements sont intégrés dans une carte et permettent d’élaborer un « plan de crise ». Ensuite, des cachettes et des points de rassemblement sont définis par les villageois, ainsi qu’un signal d’alerte (tam-tam, sifflement, cris d’animaux…) Chaque chef de village choisit et communique à ses administrés le signal. Et pour parfaire ce ballet sécuritaire, l’ONG CRS organise des simulations à grande échelle pour que les attaques soient les moins meurtrières possible.

 

Pour appuyer cette stratégie, les ONG (et les Américains qui financent la lutte contre Joseph Kony) s’appuient aussi sur des radios communautaires. Invisible Children en a quatre, qui diffusent sur la bande FM dans un rayon de 200 km.

 

A Mboki par exemple, un village durement impacté entre 2009 et 2013 par la LRA, la radio Ani Dusa diffuse en continu des programmes éducatifs et de prévention contre la LRA. « Avant d’avoir cette radio, nous avons beaucoup souffert. Quand il y avait une information, il fallait crier partout dans le village, courir dans tous les sens. Maintenant, tout le monde écoute la radio et si on apprend que la LRA va attaquer, on peut prendre des dispositions rapidement », explique Marie-­Claire Djadah, ancienne ­maire de la ville.

 

Ecouter en cachette

 

A Mboki, la radio est devenue indispensable. Il faut près de trois heures de moto sur une piste défoncée pour rallier le village. « Sans la radio, vous imaginez combien ce serait difficile ? », lance Joséphine, qui tient l’unique bar du village.

 

A Obo, Radio Zéréda émet sur la bande 100.6. Les locaux sont nichés sur une colline qui surplombe la ville. « La radio est une arme beaucoup plus efficace que les soldats. Parce que quand les guerriers de la LRA se sentent traqués, ils se cachent dans la brousse. Mais les ondes de la radio, ils ne peuvent pas les fuir », affirme avec une pointe de fierté Dimanche Ricardo, le directeur de la station. Depuis quelques mois, les désertions se multiplient dans les rangs de la LRA et beaucoup d’anciens combattants ou d’anciens kidnappés qui ont réussi à prendre la fuite, confient écouter en cachette les émissions de ces radios communautaires.

 

Solange, 20 ans, a passé cinq années avec les rebelles et vient juste de déserter. Elle raconte que les « chefs (nous) réunissaient autour de la radio pour nous dire que tout ça n’était que des mensonges. Si on fuyait, les gens et les Américains allaient nous tuer une fois revenus au village. » Dans cette guerre de l’information et de propagande, les journalistes de Zéréda ont un coup d’avance. Ils font réagir en direct au micro les déserteurs pour qu’ils s’adressent aux autres, kidnappés en brousse.

 

Anthony Fouchard contributeur Le Monde Afrique, à Obo et Mboki, en Centrafrique


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/03/28/en-centrafrique-la-guerre-des-ondes-contre-la-lra_4891177_3212.html#tiGvjUkxE7WoH5RD.99

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 23:31

 

 

29/03/16 (AFP)

 

L'ONU a fait état lundi de deux nouvelles accusations d'abus sexuels impliquant ses Casques bleus en Centrafrique, l'une visant le contingent burundais et l'autre un soldat marocain.

 

Ces cas s'ajoutent à ceux signalés vendredi dernier par la mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca).

 

Ils portent à 25 au total le nombre d'accusations d'abus sexuels ou d'exploitation sexuelle recueillies par les Nations unies en RCA depuis le début de l'année, a précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

 

Six autres cas présumés ont été signalés depuis début 2016 dans d'autres missions de maintien de la paix onusiennes, a-t-il ajouté.

 

La première accusation annoncée lundi concerne "des membres du contingent militaire burundais" de la Minusca, basé à Sibut (préfecture de Kémo, centre), accusés d'avoir violé une mineure âgée de 14 ans.

 

Le cas de cette jeune fille avait été signalé à la Minusca la semaine dernière par l'Unicef, le Fonds des Nations unies pour l'enfance.

 

Le soldat marocain, non encore identifié, est accusé d'avoir exploité sexuellement une femme adulte en février dernier à Bangassou (sud).

 

Les deux gouvernements concernés ont été informés et le Maroc a indiqué qu'il allait mener une enquête, a précisé M. Dujarric.

 

Face à la multiplication des scandales de ce genre parmi les Casques bleus, notamment en RCA, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est engagé à rapatrier des contingents entiers en cas d'accusations persistantes et le Conseil de sécurité a adopté le 11 mars une résolution en ce sens.

 

Interrogé à ce propos, M. Dujarric a répondu que "le rapatriement de tout contingent impliqué dans des abus systématiques était toujours une possibilité".

 

Le Burundi fournit 1.128 soldats et policiers à la Minusca et le Maroc 741, sur les quelque 12.000 hommes de la mission.

 

La Minusca avait annoncé vendredi avoir reçu "de nouvelles informations sur les allégations d'exploitation sexuelle et d'abus sexuels commis par des membres des forces et des civils des Nations unies" dans le pays en 2014 et 2015.

 

"Ces allégations seraient liées à des incidents qui se sont produits en 2014 et 2015", dans la préfecture de Kémo (centre), selon un communiqué de la Minusca.

 

La mission n'a pas donné de détail sur les nationalités des Casques bleus suspects.

 

Sur les 69 cas d'abus sexuels présumés recensés par l'ONU en 2015, plus de la moitié (38) ont été enregistrés dans deux des 16 missions de maintien de la paix de l'ONU dans le monde: 22 en Centrafrique et 16 en RDC.

 

 

Centrafrique : l'ONU enquête sur de nouvelles allégations d'abus sexuels par ses employés

 

NEW YORK (Nations Unies), 29/03/16) (Xinhua) -- La Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) a indiqué avoir reçu de nouvelles informations sur des allégations d'exploitation sexuelle et d'abus sexuels, impliquant notamment des Casques bleus et des employés civils de l'ONU.

 

"Ces allégations seraient liées à des incidents remontant à 2014 et 2015. Dans l'immédiat, notre principale préoccupation est de veiller à ce qu'une assistance soit portée aux victimes et que toutes les informations fassent immédiatement l'objet d'enquêtes afin que les auteurs soient sanctionnés proportionnellement à leurs actes", a déclaré la MINUSCA dans un communiqué de presse.

 

Une équipe intégrée dirigée par la représentante spéciale adjointe du secrétaire général en République centrafricaine, Diane Corner, s'est rendue dans la région au cours du weekend.

 

"Le rapport de l'équipe intégrée sera partagé avec les États membres concernés, en leur recommandant de mener une enquête approfondie et opportune, afin d'établir les responsabilités des auteurs de tels actes, qu'ils relèvent de contingents onusiens ou non", a précisé la MINUSCA.

 

Par ailleurs, le secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous va se rendre en République centrafricaine pour représenter le secrétaire général lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président élu Faustin-Archange Touadera, qui aura lieu mercredi.

 

Lors de sa visite, M. Ladsous rencontrera les autorités nationales et discutera du processus politique, ainsi que de la manière dont elles conçoivent la relation du pays avec la MINUSCA. Il rencontrera également les dirigeants de la mission ainsi que les commandants des composantes militaires et de police de l'ONU concernant les questions de sécurité, de comportement et d'abus sexuels, a précisé le porte-parole du secrétaire général lors d'un point de presse à New York.

 

Centrafrique: nouvelles accusations d'abus sexuels commis par des Casques bleus
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 23:02
Congo : le combat s’organise face à Sassou-Nguesso

 

Dans la presse étrangère

 

Bien que leurs chances de réussite soient minimes, ils ne désespèrent pas de faire choir de son piédestal Denis Sassou-Nguesso. Cinq candidats à la présidentielle du 20 mars au Congo ont ainsi appelé la population à contester « par des voies légales et pacifiques » la réélection du chef de l’Etat sortant (avec un peu plus de 60 % des voix au premier tour), qui, selon eux, procède de fraudes massives. Deutsche Welle

 

Ancien colonel parachutiste formé en France, Denis Sassou-Nguesso, 72 ans, cumule plus de trente-deux années à la tête du Congo, ce qui en fait l’un des plus anciens chefs d’Etat en exercice en Afrique (le record du continent est détenu par l’Angolais José Eduardo dos Santos, qui affiche trente-six années de pouvoir au compteur).

 

Les signataires de la « déclaration du 25 mars » – Guy-Brice Parfait Kolélas (arrivé deuxième avec plus de 15 % des voix, selon le décompte officiel), le général Jean-Marie Michel Mokoko (troisième avec près de 14 %), Claudine Munari, André Okombi Salissa et Pascal Tsaty Mabiala – ont incité leurs concitoyens à observer ce mardi une journée « villes mortes » dans tout le pays.

 

Le choix de cette date n’est pas anodin. Le ministère de l’intérieur doit en effet déposer à partir d’aujourd’hui les résultats officiels du scrutin présidentiel à la Cour constitutionnelle, laquelle disposera alors quinze jours pour les valider.

 

A l’instar d’autres dirigeants africains, Denis Sassou-Nguesso, qui a promis un « quinquennat utile », va-t-il encore longtemps s’accrocher à son fauteuil présidentiel ? A en croire Le Pays« il est bien parti pour mourir au pouvoir ».

 

Pour le quotidien burkinabé, la messe est dite. Et si le maître de Brazzaville a pu réussir son « passage en force », comme Pierre Nkurunziza au Burundi et Paul Kagamé au Rwanda, cela tient aussi à « l’inaction » et à « l’hypocrisie » de la communauté internationale, déplore-t-il.

 

Prenant l’exemple de ce qui s’est passé « un certain mois d’octobre sur les rives du Kadiogo à Ouagadougou » (référence à l’éviction, en octobre 2014, de l’ancien président burkinabé Blaise Compaoré, après vingt-sept années de pouvoir), L’Observateur Paalga, de son côté, ne croit pas à un règne éternel. Et conclut :« Vivement le jour où l’Afrique sera débarrassée de ces monarques absolus embarqués des décennies durant dans un exercice solitaire du pouvoir et une gestion prédatrice des ressources nationales. »

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 22:59

 

 

Les enquêtes et les poursuites judiciaires sont essentielles pour mettre fin à l’impunité

 

(Nairobi) 29 MAR 2016 – Le nouveau président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, devrait fixer la sécurité et la justice pour les graves atteintes aux droits humains comme priorités pour son gouvernement.

 

Touadéra, un ancien premier ministre, doit prendre ses fonctions le 30 mars 2016, après avoir remporté, le 14 février, le second tour de l’élection présidentielle. Sa nouvelle administration prendra le relais du gouvernement de transition, qui s’est heurté, ces deux dernières années, à des difficultés pour rétablir la sécurité et mettre fin aux violences sectaires.

 

« Il est nécessaire que le gouvernement agisse rapidement, avec le soutien de la communauté internationale, pour protéger les civils et mettre fin aux violations en cours », a déclaré Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Atténuer les tensions, œuvrer à la justice et à la réconciliation, et protéger les civils de nouvelles attaques et violences devrait être la première des priorités. »

 

La République centrafricaine est en crise depuis la fin 2012, lorsque les rebelles de la Séléka, principalement musulmans, ont renversé le gouvernement de François Bozizé, commettant des violations généralisées contre les civils. Mi-2013, des chrétiens et des animistes, regroupés dans les milices dites anti-balaka, ont à leur tour mené des attaques en guise de représailles à grande échelle contre des civils musulmans de Bangui et de régions occidentales du pays. Près d'un million de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers suite aux violences.

 

Les violences sectaires meurtrières se poursuivent dans la capitale, Bangui, et dans plusieurs zones du centre du pays. Ces derniers mois, les combattants de la Séléka, des musulmans armés et des combattants anti-balaka se sont livrés à des attaques en guise de représailles, provoquant des vagues d’assassinats autour de l'enclave musulmane « Kilomètre 5 » et dans la ville de Bambari.

 

L'amélioration de la sécurité passe par le désarmement des factions rebelles et le rétablissement des forces de sécurité. Pour ces deux tâches, il est nécessaire que le nouveau gouvernement s’appuie fortement sur la mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA, qui compte 12 000 membres.

 

Le désarmement des factions rebelles et des groupes armés dans le pays n’a quasiment pas connu de progrès au cours des deux dernières années. Le programme de désarmement soutenu par la communauté internationale n’en est encore qu’aux premiers stades. Désarmer les combattants, et leur trouver de nouvelles occupations sera crucial pour mettre fin aux attaques contre des civils et rétablir le contrôle gouvernemental, selon Human Rights Watch.

 

L'armée nationale, la police et les autres forces de sécurité ont également besoin d'être réformées. Tout réarmement des militaires devra tenir compte des graves violations des droits humains que des soldats et leurs commandants ont peut-être commises pendant les violences ces dernières années. Un mécanisme de « vetting » (contrôle et vérification) est essentiel pour exclure de l’armée les soldats qui se sont rendus coupables de violations graves des droits humains, y compris ceux occupant des postes supérieurs. Cette procédure de vérification devra également veiller à ce que les nouvelles recrues ne soient pas responsables de crimes graves.

 

Au cours des 20 dernières années, la République centrafricaine a connu de nombreuses mutineries, rébellions et coups d’État. Presque aucun des responsables de violations généralisées des droits humains n’a été tenu pour responsable de ses actes. Les cycles d'impunité ont alimenté les abus en cours et enhardi ceux qui cherchent à prendre le pouvoir par la force, a déclaré Human Rights Watch.

 

Le nouveau gouvernement, qui héritera d'un système judiciaire congestionné et tout juste fonctionnel, aura besoin d'un soutien international pour veiller à ce que les auteurs de crimes pendant les violences soient tenus pour responsables de leurs actes.

 

Depuis septembre 2014, le bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) mène une deuxième enquête en République centrafricaine qui met l'accent sur les allégations de crimes commis dans le pays depuis août 2012. En juin 2015, la présidente de transition de la République centrafricaine a promulgué une loi visant à établir une Cour pénale spéciale, composée de personnel national et international, afin d'enquêter et d’ouvrir des poursuites judiciaires pour les crimes les plus graves perpétrés dans le pays depuis 2003, y compris les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

 

La CPI n'a pas encore émis de mandats d'arrêt ou ouvert de procès, et la Cour pénale spéciale n’existe que sur le papier. La pleine coopération du gouvernement avec la CPI sera essentielle pour lui permettre de remplir ses objectifs. Le gouvernement devra également prendre les devants pour établir rapidement la Cour pénale spéciale. Enfin, le nouveau président devra s’engager à ce que son gouvernement soutienne le travail de la Cour pénale spéciale et demander aux bailleurs de fonds de mobiliser des ressources et une assistance technique pour garantir le bon fonctionnement de la Cour, a déclaré Human Rights Watch.

 

« La lutte contre l'impunité est une demande claire de la population et devrait résolument figurer à l'ordre du jour du nouveau gouvernement », a conclu Lewis Mudge.

 

« La CPI et la nouvelle Cour pénale spéciale constituent la meilleure chance pour le pays de briser le long cycle de violences, de dissuader les crimes futurs et de faire en sorte que justice soit rendue aux victimes ».

 

République centrafricaine : Priorité à la protection des civils et à la justice (HRW)
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 22:22
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Les USA réitèrent leurs soutiens multiformes aux nouvelles autorités de Bangui

 

http://rjdh.org/ PAR THIERRY KHONDE LE 29 MARS 2016

 

BANGUI, 29 mars (RJDH)—L’Ambassadeur Américain Jeffrey Hawkins, à l’occasion de l’arrivée de la délégation de la Maison Blanche à l’investiture du président Touadéra a dévoilé les soutiens américains aux nouvelles autorités du pays. Il a réitéré ces soutiens lors d’une interview, accordée le lundi 28 mars au  studio du RJDH.

 

RJDH : Monsieur l’Ambassadeur, Bonjour. Vous sortez d’une rencontre avec vos collègues Ambassadeurs Américains accrédités auprès des pays Africains, est-ce que la question de la RCA a été abordée ?

 

Jeffrey Hawkins : C’était toute une semaine que les Ambassadeurs Américains accrédités en Afrique étaient venus à Washington, on a eu un très grand honneur d’avoir le Président des Etats-Unis, qui nous a parlé un tout petit peu, le Vice-président aussi (…), des discussions très importantes, ce qui m’a réconforté, c’est la question de la Centrafrique, les gens ont encouragé la Centrafrique par rapport au processus démocratique, quand l’Ambassadeur la Cheffe de mission du Département de l’Afrique, a parlé en citant la Centrafrique en 3ème position comme une réussite du continent. Surtout quand on pense qu’il a eu juste quelques années, c’était la crise, on se demande si la Centrafrique n’est pas en train de sortie.

 

RJDH : Y’avait cette décision du Président Américain Barack  Obama d’envoyer une forte délégation en Centrafrique pour assister à l’investiture du nouveau président, Chef de l’Etat, est-ce qu’on peut avoir une idée sur cette délégation ?

 

JH : La décision a été prise pour envoyer ce qu’on appelle une délégation présidentielle, c’est la Maison-Blanche qui envoie les délégués, dont l’armée de l’Air américain a mis un avion à leur disposition. Cette délégation est dirigé par l’Ambassadeur Samantha Power, une très proche Conseillère à la Maison-Blanche, c’est une personnalité qui connais bien la Centrafrique, elle était venue en Centrafrique la première fois au pire moment de la crise en décembre 2013, maintenant, elle revient pour encourager le peuple centrafricain et aussi manifester le soutien des Etats-Unis. Elle est accompagnée d’une importante délégation, à savoir : Raymond Mabus, Ministre de la Marine des Etats-Unis, accompagné aussi du Général David M. Rodriguez, Commandant en Chef du Commandement militaire Etats-Unis – Afrique (AFRICOM), il y a aussi Linda Etim, Administratrice Adjointe pour l’Afrique, de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID) (la coopération américaine, n’oublions pas que c’est son agence qui a mis à peu près 100 milliards à la disposition de la Centrafrique, Isobel Coleman, Représentant des Etats-Unis à l’Organisation des Nations Unies pour la gestion et de la réforme de l’ONU, D. Bruce Wharton, Principal Secrétaire d’État Adjoint aux Affaires Africaines, Département d’État américain et votre serviteur, je suis non seulement Ambassadeur, mais aussi membre de la délégation.

 

RJDH : En vous entendre parler, il y a une forte délégation, composé des personnalités militaires, ce qui sous-entend que les Etats-Unis seront disposés pour soutenir le projet du DDRR et de la RSS ?

 

JH : Avant d’aller à Washington, je suis allé à Stuttgart en Allemagne où se trouve le quartier général de l’Afrique, je me suis entretenu avec le Général Rodriguez justement sur cette question, du côté du département d’Etat, il y a un très bon engagement pour l’avenir. C’est plus au moins un nouveau chantier, le Bureau pour l’Afrique au sein du Département de l’Etat à l’intention de mettre 600 millions ou 1 milliard de Francs Cfa, une enveloppe pour tout ce qui concerne le DDR et le RSS, c’est déjà un apport important qui va être bien coordonné avec non seulement les autorités centrafricaines, mais aussi avec nos partenaires internationaux qui sont dans le même chantier tout particulièrement l’Union Européenne. Après il y a tout un investissement, ça c’est notre engagement surtout en ce qui concerne la sécurité civile, le système judiciaire, pénitentiaire et autres. Et là aussi, une enveloppe de 25 million de dollars qui pourra monter à 1milliard et demi de Francs Cfa. Tout le monde est d’accord que se soit le nouveau président Touadera, les partenaires internationaux et le peuple centrafricain que la sécurité passe au premier plan, bien que les autres chantiers sont aussi importants, mais sans la sécurité on ne peut rien faire !

 

RJDH : Justement, il y a parmi les préoccupations de peuple centrafricain, la question de la justice avec l’arrivée de la Cour Pénale spéciale, est-ce que là aussi on aura l’appui des Etats-Unis ?

 

JH  : Il en a été question à Washington, j’ai eu quelques rencontres avec des responsables au sein du département d’Etat à ce sujet. Déjà j’ai parlé de ces fonds pour le secteur civil. Cet argent là ne va pas directement au tribunal spécial, mais va appuyer peut être le processus. C’est un projet qu’on soutien très fortement parce que le peule centrafricain a soif de la justice ! C’est un nouveau chantier aussi, il y a beaucoup à faire, on va en parler avec le nouveau président.

 

RJDH : Je crois que tout cela ne va pas exclure les besoins humanitaires où les déplacés attendent la reconstruction de leurs maisons ?

 

JH : Au moment de la forte crise, la majorité de notre effort était dans l’humanitaire, dans l’appui financier de la Minusca dont le 1/3 de frais d’opération de la réponse internationale à la crise est américain. Mais aussi beaucoup d’assistance aux refugiés internes et aux déplacés internes, cela va continuer. On a eu des discussions avec USAID et autres partenaires. D’ailleurs, un des membres de la délégation qui est d’USAID va certainement en parler avec certains partenaires ici. Mais on aimerait bien passer de la question humanitaire pour se focaliser sur l’avenir. Laisser un peu derrière la réponse à la crise. Au moment où un gouvernement démocratique est là, au moment où la sécurité est prometteuse,  on espère quand-même voir les déplacés et les refugiés rentrer chez eux. Et après on pourra travailler sur la question de réconciliation, du DDR, de RSS et surtout ce qui est du grand chantier économique.

 

RJDH : Sur ce point de l’économie, est-ce qu’on peut attendre les échanges avec les Etats-Unis d’Amérique, ou est-ce qu’un plan d’appui aux efforts de redressement économique est envisageable ?

 

JH : Pour l’instant, il n’y a pas un programme spécifique,  à part un peu d’engagement en ce qui concerne le secteur diamantifère qui est réglé par le processus Kimberly, qui est un processus qui veut s’assurer que les diamants vendus internationalement viennent  seulement des sources légitimes ! Je pense que le pays a fait des grands progrès dans ce domaine. Encore une fois USAID a été fortement impliqué dans tout ça. Nous discuterons avec le nouveau président.

 

RJDH : Dans le cadre de renforcement des nouvelles institutions, après les élections des députés, est-ce que le renforcement des capacités des parlementaires est-il inscrit dans le programme de la coopération?

 

JH  : Justement pour parler de 2ème tour des élections législatives qui est précurseur de ce dont vous demandé, on a trouvé des fonds pour soutenir ce 2ème tour des législatives, je suis très content, car cela n’était pas facile, on a eu près de 1 million 300 mille dollars américain pour soutenir cette dernière phase qui est aussi importante que la première. Je pense pour ma part (…) j’ai été toujours frappé par la concentration  de la classe politique à Bangui.., alors qu’il y a tout un pays à l’intérieur, l’Assemblée Nationale va jouer un rôle capital  avant qu’il ait les maires élus, c’est le lien entre la base et Bangui. On va travailler avec l’Assemble, on a l’ONG IRI, qui est une structure financée par le parti républicain, ils sont déjà là surplace pour ça.

 

RJDH : Pour terminer parlons un peu des conseillers américains qui soutiennent le programme de traque de Joseph Kony et la LRA.

 

JH  : Tout d’abord, je dois souligner que l’horreur que le peuple américain a pour ce groupe armé, qui est un fléau non seulement pour la RCA, mais aussi pour la région. C’est dans ce contexte que les conseillers américains sont là pour appuyer l’Union Africaine. Je pense qu’on a eu un peu de succès en ce sens qu’on a « décapité les chefs », disons éliminé de champ de bataille certains leaders  de ce groupe. Il reste un groupe moins fort qui est désespéré et qui attaque les civils pour avoir de quoi survivre. Il reste encore beaucoup à faire.

 

RJDH : Est-ce que cette délégation ira à l’intérieur du pays ?

 

JH  : Oui, à l’Est à la rencontre des populations à la base.

 

RJDH : Merci Monsieur l’Ambassadeur,

 

JH  : C’est à moi de vous remercier.

 

Propos receuillis par Thierry Khondé

 

 

Centrafrique : Cinq personnes s’évadent des rangs de la LRA

 

http://rjdh.org/ PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 29 MARS 2016

 

OBO, 29 mars 2016—Cinq personnes ont réussi à quitter les rangs de la LRA, la semaine dernière. Elles sont accueillies depuis deux jours par l’ONG américaine Invisible Children qui appuie les victimes de la LRA dans les régions.

 

Il y a parmi les cinq évadés, une congolaise de 17 ans, deux Centrafricains dont une fille et deux Ougandais qui sont des combattants de la LRA. Miler Mokpidie, responsable de programme à Invisible Children a indiqué que ces victimes sont sorties d’elles même suite aux messages lancés à travers les radios communautaires, «ces victimes ont réussi à s’échapper, selon leur propre témoignage, grâce aux messages que nous faisons passer sur les ondes », a-t-il précisé.

 

Les Ougandais, selon le chargé de programme de Invisible Children, sont gardés par les forces ougandaises présentes dans la ville pour la lutte contre la LRA « les deux Ougandais sont des combattants. Dans les principes, nous n’avons pas à garder les combattants. C’est pourquoi, ils sont avec les éléments de l’UPDF, l’armée de l’Ouganda qui est ici », a-t-il fait savoir avant de préciser que « dans un intervalle de 7 jours, ces deux devront être rapatriés en Ouganda entre temps, ils doivent donner les renseignements nécessaires aux forces impliquées dans la lutte ».

 

 Invisible Children va organiser le rapatriement de deux congolais de la RDC et s’occuper de la réinsertion des Centrafricains. «Nous allons d’ici sept jours procéder au rapatriement des deux Congolais. Nous sommes déjà en contact avec leurs parents » a expliqué Miler Mokpidie qui a indiqué que les parents des deux Centrafricains ont aussi été identifiés « nous avons pu entrer en contact avec les familles des deux Centrafricains qui ont été enlevés à Bria et Ouadda. Les deux ont échangé avec leurs parents mais ils vont être admis dans le centre de réinsertion pour leur suivi qui va durer trois mois après, on verra s’ils sont aptes pour réintégrer la famille ou non » précise le chargé de programme.

 

Il ne nous a pas été permis d’échanger avec ces évadés que nous avons vus à la base de Invisible Children.

 

Depuis le début de l’année, 26 personnes ont réussi à s’évader des rangs de la LRA, cette rébellion ougandaise opérationnelle en Centrafrique depuis 2008.

 

La lutte armée menée contre ce mouvement rebelle par les forces ougandaises et centrafricaines sur conseil des Américains n’a pas donné des résultats escomptés. Depuis 2012, des actions de dissuasion sont menées par Invisible Children à travers les radios communautaires pour encourager les otages de la LRA à l’évasion.

 

Sylvestre Sokambi depuis Obo

 

 

Centrafrique : Mercredi 30 mars, jour de l’investiture n’est plus férié

 

http://rjdh.org/ PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 29 MARS 2016

 

BANGUI, 29 mars (RJDH)– La Journée du mercredi 30 mars, jour de l’investiture du président Faustin Archange Touadéra, déclarée fériée ne l’est plus. C’est suite à l’instruction de la cheffe de l’Etat de la transition.

 

Initialement prévu jour férié, mercredi sera un jour ouvrable, d’après le communiqué du ministère de la fonction publique diffusé lundi soir.

 

Le pays devrait connaitre successivement 4 jours fériés. Le lundi des Pâques, le mardi 29 mars jour commémoratif de la disparition du président fondateur de la RCA Barthelemy Boganda, mercredi 30 mars, jour de l’investiture du nouveau président Faustin Archange Touadéra et jeudi 31 mars, jour du second tour des législatives.

 

Jeudi 31 mars demeure alors jour férié où des électeurs iront voter dans 85 circonscriptions les députés de la nation.

 

C’est pour la première d’avoir une coïncidence successif des fériés dans le pays.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 22:17

 

 

29 mars 2016 à 16h21 Par Jeune Afrique

 

François Hollande n'assistera pas à l'investiture du nouveau chef de l'État centrafricain, le 30 mars.

 

Mais Faustin-Archange Touadéra accueillera quand même à Bangui deux poids lourds du gouvernement français : Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, et Jean-Yves Le Drian, celui de la Défense (et, très officieusement, celui de l’Afrique). Lequel obtiendra la faveur d’un premier entretien en tête-à-tête avec le nouveau président ?

 

L’équipe de Le Drian (qui profitera de l’occasion pour passer en revue les soldats de la force Sangaris) y travaille. Elle espère aussi une rencontre avec Catherine Samba-Panza, l’ex-présidente de la transition. Seule certitude : les deux hommes, qui ne s’apprécient guère, ne voyageront pas ensemble. Avant de rejoindre la Centrafrique, Le Drian doit en effet se rendre une nouvelle fois au Qatar.

 

Lu pour vous : Centrafrique – France : deux poids lourds pour Touadéra
Lu pour vous : Centrafrique – France : deux poids lourds pour Touadéra
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 22:13

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

Par Laura Martel RFI mardi 29 mars 2016

 

C’est le mercredi 30 mars que Faustin-Archange Touadéra est investi président de la Centrafrique. L’espoir, pour les Centrafricains, de tourner la page de trois ans de crise meurtrière. A la veille de la cérémonie d’investiture, la présidente de transition Catherine Samba-Panza, dresse le bilan de ses deux années passées à la tête du pays. Elle évoque aussi, avec Laura Martel, l’avenir de son pays et le sien.

 

RFI : Outre d’avoir mené le pays aux élections, de quelles réalisations effectives peut se targuer la transition que vous avez dirigée ?

 

Catherine Samba-Panza : La liste de mes réalisations pendant la transition est longue. Généralement quand on parle de la transition, on parle d’un verre à moitié vide. Moi, je dis qu’il s’agit d’un verre à moitié plein. Vous savez, je me suis investie personnellement pour le dialogue, pour la cohésion sociale. C’était très important pour mener les autres actions. En ce qui concerne le dialogue, vous le savez bien, il y a eu les consultations populaires à la base qui ont permis aux populations de s’exprimer. Ces consultations ont permis l’organisation du Forum de Bangui et ensuite l’organisation du Forum du secteur privé. Indépendamment de cela, nous avons, même si la situation est encore fragile, ramené tout doucement la paix. Donc, autant de réalisations qui ont permis d’aller sereinement aux élections.

 

Et à quelles difficultés principales vous êtes-vous heurtée ?

 

La principale difficulté concernait les problèmes sécuritaires où des groupes armés essayaient de se positionner et les hommes politiques également avaient leurs agendas. Bien entendu, ils m’ont polluée toute la transition pour éviter que nous avancions parce qu’ils avaient leurs agendas. Ensuite, je n’ai pas pu désarmer comme je l’aurais souhaité, simplement parce que les groupes armés gardaient par-devers eux leurs armes tant qu’il n’y avait pas de programme de désarmement, de réinsertion en tant que tel. Donc, c’était la principale difficulté.

 

Justement, les défis qui attendent votre successeur, Faustin-Archange Touadéra, sont nombreux. Comment garantir une paix durable en Centrafrique ?

 

C’est vrai qu’il reste encore beaucoup à faire. Même si la transition a posé des actes forts, tout cela reste encore fragile. La sécurité est volatile. La cohésion sociale est encore fragile. Je pense que le président élu a conscience de la nécessité de consolider toutes ces actions que nous avons posées. Et je pense qu’il a été un homme d’Etat, donc il sait quels sont les défis en terme de sécurité, en terme de réconciliation et en terme de cohésion, mais surtout en termes de développement, parce qu’on le veuille ou non, c’est la pauvreté qui est à l’origine des crises en Centrafrique. Et sans développement, il ne peut pas y avoir véritablement de paix.

 

Et parmi ces défis, il y a le processus de désarmement, démobilisation (DDR). Comment réussir là où les précédents DDR, y compris celui initié sous la transition lors du Forum de Bangui, ont échoué ?

 

Nous avons essayé de poser les bases du DDR, mais nous avions conscience que la transition ne pouvait pas mettre en œuvre un programme DDR. Nous avons opté nous, pour un programme pré-DDR, c’est-à-dire qu’il fallait cantonner les groupes armés, commencer à les identifier et à les occuper. Il appartenait donc, compte tenu de l’importance de ce programme, que les nouvelles autorités viennent s’en approprier. Nous par contre, on a posé les bases de la réforme du secteur de sécurité. C’est une grande avancée de la transition. Nous avons déjà maintenant notre politique nationale du secteur de la sécurité. D’ailleurs, nous avions invité les collaborateurs du président élu à prendre part à ce séminaire national pour qu’il s’approprie déjà cette politique nationale de la sécurité.

 

Plusieurs accusations de corruption ont entaché la transition, notamment ces trois millions de dollars de dons angolais qui ne sont pas passés par le Trésor. Est-ce que vous craigniez d’éventuelles poursuites par les nouvelles autorités ?

 

J’ai posé cet acte-là. J’en ai largement parlé. Je ne reviens plus dessus. On m’a vilipendée sur ce dossier, c’est dommage. Cela dit, si les nouvelles autorités estiment que le rapport qui a été fait de contrôle sur cette opération et qui a été classé sans suite mérite qu’on y revienne, je suis à la disposition de la justice de mon pays. Je regrette simplement que pour des raisons inavouées, on utilise ce genre de publicité négative pour salir mon image et pour salir l’image de la transition.

 

Avant votre départ, vous avez nommé votre fille ambassadrice en Guinée équatoriale, un poste créé pour elle. N’est-ce pas du népotisme ?

 

Un poste créé pour elle, comment vous pouvez dire ça ? Nous avons une ambassade de Guinée équatoriale en République centrafricaine depuis huit ans ! Et nous avons décidé de faire la réciprocité. Ma fille a de la valeur. Elle parle espagnol. Elle a fait Sciences Po. Elle mérite également d’occuper ce poste-là. Je ne vois pas pourquoi on parle de népotisme. C’est une Centrafricaine comme une autre. Elle a été nommée ambassadeur en Guinée comme dans votre pays, il y a eu à l’époque des présidents qui ont nommé à des postes de responsabilité leurs enfants.

 

Maintenant que vous êtes libérée de vos fonctions, où vous voyez-vous ?

 

Chez moi, en République centrafricaine. Si on a besoin de moi, si on pense que je peux encore apporter une contribution à mon pays dans des actions sociales, dans des actions de développement. Pourquoi pas ? Je suis disponible. Et même quand je le dis, les gens pensent que je recherche un poste. Je ne recherche pas de poste. Mais pour le parcours que j’ai eu à la tête de mon pays, je pense que je peux apporter quelque chose à mes populations, encore.

 

Pourrions-nous vous retrouver candidate à la présidentielle dans cinq ans dans votre pays ?

 

Absolument pas. Dans cinq ans, j’aurai 66 ans. J’estime que j’aurai un âge suffisamment avancé pour avoir des activités moins stressantes. Et la politique ne m’intéresse pas de toutes les façons, quoi que les médias en disent.

 

Mme Samba-Panza: en RCA, «il ne peut y avoir de paix sans développement»
Repost 0
Centrafrique-Presse.com