Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 19:03

 

Lu pour vous

 

INTERVIEWS

 

https://fr.sputniknews.com  10:30 22.02.2019 (mis à jour 10:55 22.02.2019)

 

Safwene Grira

 

Les récentes frappes françaises contre des rebelles tchadiens s’inscrivent bien dans la vocation de l’opération Barkhane, estime dans une interview à Sputnik, Acheikh Ibn Oumar, conseiller diplomatique du Président tchadien. Une «aide» d’autant plus légitime que la dislocation est le nouveau défi guettant les États africains depuis 2011.

Depuis une quarantaine d'années, Acheikh Ibn Oumar est un personnage incontournable de la vie politique du Tchad. Après avoir pris les armes contre le Président Hissène Habré, à la tête du CDR (Conseil Démocratique Révolutionnaire), il devient son ministre des Affaires étrangères en 1989. Après le renversement d'Habré, il officiera comme conseiller spécial du Président Idriss Déby Itno et haut représentant du Tchad aux Nations unies. Il rejoindra le maquis une seconde fois, à la fin des années 1990, avant de renouer avec N'Djamena et les Affaires étrangères. Depuis janvier 2019, il occupe le poste de conseiller diplomatique du Président tchadien Idriss Déby Itno. C'est donc un fin connaisseur qui fait le tour pour Sputnik des enjeux géopolitiques et sécuritaires du Tchad et de la région.

 

Sputnik: Avant d'intervenir contre une colonne de l'UFR (Union des Forces de la Résistance, groupe de rebelles tchadiens), l'Élysée aurait «exigé une lettre» dans ce sens de M. Idriss Déby. Le cadre général initial, fait d'accords de coopération en matière de Défense, était-il insuffisant pour donner une base légale à cette intervention?

 

Acheikh Ibn Oumar: «L'assertion prétendant que le Président Macron aurait exigé une lettre du Président Déby Itno n'émane d'aucune source officielle, française ou tchadienne, mais d'un journal. Dire "exiger une lettre", ça dénote une méconnaissance du fonctionnement des États. Un pays qui fait face à une menace directe, lancée à partir de l'extérieur avec des moyens fournis par des parties extérieures, a tout à fait le droit de demander une aide militaire directe ou indirecte à un autre État, à une communauté d'États ou à l'Onu. Les exemples sont nombreux à travers le monde. Nul besoin d'accords préalablement signés.»

 

Sputnik: Beaucoup croient que le «terrorisme» imputé à l'UFR n'est finalement qu'une qualification de circonstance pour que l'intervention française puisse rentrer dans la vocation de Barkhane. Qu'en pensez-vous?

 

Acheikh Ibn Oumar: «Ce n'est pas exact. Barkhane est déployée en appui au G5 Sahel et la MINUSMA [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, ndlr]. Les groupes terroristes sont la principale cible de cette nouvelle coopération militaire qui est mise en place dans le Sahel, certes, mais elle cible aussi les menaces sécuritaires et déstabilisatrices d'une manière plus générale, particulièrement les diverses formes de criminalité et de trafics transfrontaliers. Par conséquent, la caractérisation de terroriste n'est pas nécessaire pour justifier une action commune contre des menées qui relèvent de toute façon de la déstabilisation transfrontalière ou de l'attisement de conflits intercommunautaires.»

 

Sputnik: Vous avez été, vous-même, à la tête de mouvements armés contre M. Idriss Déby, aux côtés des actuels rebelles de l'UFR. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur leur combat?

 

Acheikh Ibn Oumar: «Dès 2011, j'ai mis fin à mon rôle actif dans les mouvements armés. Pourquoi cette date? Depuis 2011, la région a connu des bouleversements sécuritaires profonds: la destruction de la Libye, la dissémination de bandes djihadistes dans la zone sahélo-saharienne et la région du lac Tchad, l'ébranlement des fondements de l'État en Centrafrique, etc. Le défi premier auquel nous faisons face aujourd'hui, c'est le démantèlement de nos États et non plus la mauvaise gestion. Les mouvements armés n'ont pas saisi l'ampleur de cette mutation historique, et sont restés emmurés dans les vieux schémas de conquête du pouvoir par les raids motorisés, en cherchant la logistique par tous les procédés, y compris les plus discutables, et en surfant sur les haines claniques.»

 

Sputnik: Quels sont les atouts du Président Idriss Déby qui font de lui, aux yeux de la France, un allié fiable?

 

Acheikh Ibn Oumar: «Le Tchad est à la croisée de deux dorsales tectoniques, l'une Nord-Sud, de la Libye au bassin du Congo et l'autre, Est-Ouest, du Sahara occidental à Djibouti. Si le Tchad plonge dans l'instabilité, au nom la "résistance", au nom de l'Islam, au nom de la bonne gouvernance, de l'anti-occidentalisme et que sais-je encore, c'est la moitié de l'Afrique qui subira un séisme durablement dévastateur, une somalisation multipliée par dix. Tous les États responsables, toutes les forces éprises de sécurité et de paix, doivent faire bloc. Il ne faut pas faire une fixation sur la personne du Président Déby Itno.»

 

Sputnik: Le Maréchal Haftar rend servir au pouvoir tchadien dans la lutte contre les rébellions installées en territoire libyen. Qu'est ce que N'Djamena est disposé à offrir, en échange, à M. Haftar?

 

Acheikh Ibn Oumar: «Les populations du Fezzan sont prises en otage, souvent au sens propre, par toutes sortes de djihadistes, de mafias, de milices locales anarchiques, de trafiquants et de rebelles étrangers. L'opération de l'Armée Nationale Libyenne dirigée par le maréchal Haftar répond d'abord aux cris de détresse de ces populations libyennes, et non pas à un marchandage avec N'Djamena. Donc, le Tchad n'a rien à donner en échange. C'est qu'il y a, c'est une coopération et une coordination incontournables avec tous les pays ayant des frontières communes: comme le Soudan, le Nigéria, etc. ou des vulnérabilités similaires.»

 

Sputnik: Sur la région frondeuse du Tibesti, deux versions s'affrontent. Celle des insurgés du comité populaire d'autodéfense du Miski, qui réclament leur part du butin aurifère, à côté de doléances économiques. Celle du gouvernement, qui entend rétablir la sécurité. Est-ce que le pouvoir tchadien est en mesure de garantir, aujourd'hui, qu'une exploitation des mines d'or dans cette région puisse faire l'objet d'une juste redistribution, notamment au profit des populations du Nord?

 

Acheikh Ibn Oumar: «Il n'est pas juste de parler d'insurgés. Ledit Comité populaire d'autodéfense de Miski avait publié un démenti contre son assimilation à la rébellion. Le problème de Miski est très ancien. À la base, c'est un désaccord interne entre populations locales sur le découpage administratif du Grand Nord. Le déferlement brutal d'orpailleurs, en nombre plus grand que celui des habitants, dont des rebelles de divers pays, de trafiquants et des djihadistes, a complètement défiguré le cadre naturel, humain et sécuritaire de la zone. Le gouvernement a le devoir de rétablir l'ordre avant tout, sans lequel il ne peut y avoir de satisfaction des besoins de la population.»

 

Sputnik: Est-ce que la France intervient, d'une façon ou d'une autre, aux côtés des forces tchadiennes dans la guerre qu'elle mène au Tibesti?

 

Acheikh Ibn Oumar: «La tension sécuritaire et sociale est réelle, mais on ne peut pas dire qu'il y a une guerre au Tibesti. La France est plutôt victime de son passé colonial, d'où l'irritation obsessive que sa présence Afrique provoque. Si je disais que le Président Poutine doit payer pour les massacres de Staline, que l'Allemagne actuelle est coupable des horreurs nazies ou que le gouvernement Trump doit être tenu responsable des bombes atomiques lancées sur le Japon, on me traiterait de fou. Par contre, si je disais que la France, les Français, morts, vivants ou à naître, sont irrévocablement responsables de la traite négrière et de la répression coloniale, beaucoup de belles âmes m'applaudiraient.»

 

Sputnik: Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre le Palais Rose en tant que conseiller diplomatique, alors que jusqu'au courant 2018, vous étiez très critique de la gestion du pouvoir par le Président Déby?

 

Acheikh Ibn Oumar: «Je disais plus haut que nous sommes entrés dans une nouvelle configuration géopolitique et que c'est l'existence même de nos États qui se trouve menacée par les djihadistes, la criminalité transfrontalière et l'instrumentalisation des conflits intercommunautaires. L'option de renverser le pouvoir en place par la force aura pour seul résultat la destruction du tissu social, l'extension du domaine d'action des djihadistes et l'accroissement du nombre de réfugiés et déplacés.

Je disais dans une interview qu'il faut créer un front mondial contre les terroristes, comme ce fut le cas, pendant la deuxième Guerre mondiale contre le nazisme et le fascisme. L'obscurantisme mortifère islamo-terroriste, c'est le fascisme de notre temps. À partir du moment où le Président Déby Itno a édicté une amnistie qui mettait fin à notre statut de hors-la-loi, condamnés pour certains à mort par la justice, j'ai pensé qu'il fallait saisir cette occasion. Car le choix est entre persister à envoyer nos jeunes à la mort, avec pour conséquence la destruction de toute la région, d'un côté, et apporter sa petite contribution à la consolidation de la stabilité et l'unité nationale, d'un autre côté, sans prétendre à la perfection.»

 

«Si le Tchad plonge dans l’instabilité, la moitié de l’Afrique subira un séisme»
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 18:25

 

L’accord dit de Khartoum porterait-il la Paix au peuple Centrafricain ? Sera-t-il capable d’incarner un autre projet politique objectif pour l’avenir et le destiner de la Nation Centrafricaine ? Et encore, Ressoudera-t-il les gros problèmes incompressibles de mercenaires, rebelles dans notre Pays ?

À savoir l’épine dorsale, de tous les prétextes anarchiques, de la mauvaise gouvernance, de fait  des pillages organisés de nos richesses minières, de la braderie à grande échelle sur le dos de mes compatriotes. Les faits sont têtus en Centrafrique ! Les vieillimences rancunières, anthologiques, c’est-à-dire ces rancœurs qui restes dans la mémoire de par son caractère exceptionnel depuis des décennies qui se traduit par des rivalités politiques écartant tout objectivité dans la gouvernance de la chose public, de plus aggravante par l’avènement ou les phénomènes des redoutables couple « SELEKA & ANTI-BALAKA », pousseront encore et encore les irréductibles ennemies de la Paix à insister dans les pratiques le plus macabres sur le peuple paisible de la Centrafrique.

Par ailleurs l’autosatisfaction, ou des postures des victoires dans des situations pareilles n’est pas sage de part et d’autre. Ensemble, nous devons être prêts, prêts à incarner cette dernière pierre de la Paix, déjà dans nos cœurs et un effort de compassion pour toutes les victimes de la Centrafrique. Quelle alternance par rapport à la mauvaise pratique du passé sur le plan de la politique jusqu’à ce jour. En éliminant ces deux options de la politique : le Despotisme exécutoire, excluant tous choix rationnels des acteurs politiques dans les  pratiques de la gouvernance. Aussi par les insurgés qui sont..., la Rébellion comme moyen d’accès au pouvoir sans avoir les compétences nécessaires de la Gouvernance.

La situation que travers notre Pays réclame de la Compétence incontestable de tous et toutes les fils, filles de Centrafrique, de l’Intégrité, de la Lucidité afin de relever notre cher Pays et non des Aventuriers Politiques ou des Avatars du passé, pour ne pas dire des bras cassés, plus pire encore les revendications infinis avec les armées à la main.  Une alternance objective c’est ce dont notre Pays, la Centrafrique a besoin avec des dirigeants prêts à rassembler les Compétences, des Progressistes, dans le Pays, au niveau des Diasporas… Les générations éclairées à ne pas exclure, les uns et les autres pour une Centrafrique renouveau, capable de sortir dans ces cendres pour se mettre aux pas de la mondialisation.

 Mes chers & chères compatriotes, vous l'avez compris, je souhaite, comme beaucoup de nos compatriotes diasporas, un bon projet assortissant à la suite des pourparlers de Khartoum, pour une Centrafrique renaissante et forte socialement à l’unissant, Notre Centrafrique ne sera plus jamais, la Centrafrique des divisions, de l’exclusion ni des déclinistes, nostalgiques d'une Centrafrique coupé en deux. Les indécisions, ainsi que l’aveuglement, l’arrogance des uns et des autres, de même les arrogances technocratiques notoires des  gouvernants". "Ce n'est pas avec des telles postures, soit un accord signé par tout le monde que l'on remettra les pendules à l'heure" et "ce n'est pas une réitération communicationnelle qui suffira pour redonner la légitimité retour à la Paix tant entendu pour les Centrafricains. Je le dis solennellement a tout le monde signataire de l’accord de Khartoum, ainsi à mes compatriotes, prenons garde, et le pardon est nécessaire et sacré, ça va de soit à la Paix pour tous, toutes filles de la Centrafrique, notre unité a été fragilisé dû à des nombreuses discriminations entre nous-mêmes les fils et filles de Centrafrique. Pour toutes les raisons évoquées précédemment, qu’on ne vienne pas d’avantage affaiblir nos institutions qui devrait être le seul rempart qui demeure dans notre République de plus en plus menacée.

Dans la crise que traverse notre chère patrie ", "il est temps de cesser toute violence envers la population, et de dénoncer toutes complaisances pour une Paix véritable de pardon, de réconciliation entre les fils et filles de la Centrafrique dans le respect des institutions et la justice.

Nous devrons tous réadapter nos exigences aux enjeux du présent pour reconstruire l’avenir. C’est-à-dire la Paix. Sans la Paix nous ne développerons pas notre Pays. Donc il nous faut une nouvelle grille politique pour l’intérêt générale.

Fait, à Lyon 22/02/2019

Diaspora,

Mr. Aubin-Roger KOMOTO

L’Accord dit de Khartoum, une dernière tentative de plus par Aubin Roger Komoto
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 18:16
Centrafrique : Le premier ministre Mathieu Simplice Sarandji démissionne 

 

Centrafrique : démission du gouvernement

 

Par  Le Figaro.fr avec AFP Mis à jour le 22/02/2019 à 17:04 Publié le 22/02/2019 à 17:01

Le Premier ministre centrafricain, Simplice Mathieu Sarandji, a remis aujourd'hui sa démission et celle de son gouvernement au président Faustin-Archange Touadéra, conformément à l'accord de paix signé début février entre autorités et groupes armés.

"Le Président de la République, Faustin Archange Touadéra, a reçu solennellement ce vendredi 22 février (...) la démission du Premier Ministre Chef du gouvernement Simplice Mathieu Sarandji et de celle de son gouvernement", selon un communiqué de la présidence centrafricaine. Faustin Archange Touadéra doit nommer un nouveau Premier ministre dans les 24 heures.

Cette démission intervient seize jours après la signature d'un accord de paix entre Bangui et les 14 groupes armés opérant sur le territoire centrafricain. Ce huitième accord depuis le début de la crise en Centrafrique en 2013 prévoit notamment la nomination d'un "gouvernement inclusif". Si différents chefs ou représentants de groupes armés étaient déjà présents au gouvernement ou à la présidence comme conseillers, le prochain gouvernement devrait laisser une part plus grande à des représentants des principaux groupes.

A plusieurs reprises, les ONG de défense des droits de l'homme se sont offusquées de la présence de représentants des groupes armés au gouvernement et dans certaines instances dirigeantes centrafricaines.

Aujourd'hui, Human Rights Watch a rappelé qu'une "amnistie générale ne devrait en aucun cas être envisagée" à la suite de l'accord de paix. L'amnistie des chefs de groupes armés, longtemps réclamée par ces derniers, n'est pas mentionnée dans l'accord. Il prévoit la mise en place d'ici moins de trois mois d'une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CRVJRR). En attendant, une "commission inclusive" composée des représentants des parties en conflit a été créée par décret pour préparer le travail de la Commission.

 

Le Figaro.fr avec AFP

 

Centrafrique : Le premier ministre Mathieu Simplice Sarandji démissionne 

 

BANGUI, 22 février 2019 (RJDH)—Mathieu Simplice Sarandji, premier-ministre Centrafricain vient de démissionner ainsi que son gouvernement, ce vendredi 22 février 2019.

Cette démission est actée dans un contexte où plusieurs voix se sont levées pour réclamer, conformément à l’article 21 de l’accord de Khartoum, signé à Bangui le 6 février 2019.

L’article 21 de cet accord de paix stipule que : « le président de la République, Chef de l’Etat, s’engage à mettre en place immédiatement après la signature du présent accord un gouvernement inclusif ».

Les groupes armés qui avaient réclamé la composition du nouveau gouvernement commençaient à dénoncer ce retard, pour parler déjà des premières violations de cet accord. Une préoccupation rejetée par le porte-parole du gouvernement qui les a appelés ce mercredi à la patience.

Un nouveau premier ministre est attendu dans les jours qui suivent ainsi que le gouvernement dit inclusif qui aura pour tâche de mettre en exécution les recommandations de l’accord de Khartoum et de préparer les élections de 2021.

Mathieu Simplice Sarandji a été nommé premier ministre le 2 avril 2016 avant d’être reconduit le 17 septembre 2017.


Fridolin Ngoulou
 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 18:04
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Mise en place de la stratégique de lutte contre les extrémismes violents

BANGUI, 22 Février 2019 (RJDH) - Le Ministère de l’Intérieur conjointement avec l’appui technique de PNUD a procédé ce 21 Février, à la mise en œuvre de l’installation du comité Stratégique Nationale de Prévention de la Radicalisation et de l’Extrémisme Violent (SNPREV) à Bangui. Tous les membres du comité sont issus des entités différentes. 

L’insécurité persistante, le manque de services sociaux de base, la fragilité individuelle, sont autant les facteurs qui poussent les populations Centrafricaines vers une radicalisation potentielle et des formes des extrémismes violents.  Cette stratégie mise en place permettra de lutter contre les différentes formes de violences et favoriser le retour définitif de la paix en RCA.

Dominique Malo, Chargé de Programme Gouvernement au PNUD souligne que l’objectif recherché à travers cette réunion est de communiquer et sensibiliser sur le rôle et les missions du Comité de Coordination relatif à l’exécution du plan de la Stratégique Nationale de Prévention de la Radicalisation et de l’Extrémisme Violent (SNPREV). « L’esprit du travail de SNPREV est aligné sur les principes de résolution pacifique des conflits dans notre pays et est aligné sur les éléments qui transparaissent à travers l’accord de paix qui vient d’être signé entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés à Khartoum », explique-t-il.

Pour Abel Balenguele, conseiller à la Primature et chargé de la réconciliation et de l’affaire humanitaire, la mise en pratique de ces piliers à travers les échanges doit être la priorité des points focaux pour la réussite de cette initiative, « nous allons demander aux points focaux de mettre en pratique les piliers, il s’agit aussi pour nous de faire le suivi de ce travail délicat et de mettre le rapport des travaux au service de nos partenaires », a-t-elle souligné.


Les piliers sur lesquels le comité se basera sont entre autres la lutte contre l’insécurité, la lutte contre l’extrémisme violent, la promotion de l’éducation, de la paix et du développement.

La mise en place de cette stratégie est financée par le gouvernement Japonais avec l’appui technique de PNUD. Le lancement officiel des activités du comité de coordination avec tous les membres concernés est conforme à l’arrêté 030/MISP/DIRCAB/SP.18 du 17 Novembre 2018. Aucun représentant des médias ne fait partie de ce comité. /

Vivien Ngalangou

 

Centrafrique : Apprendre à lire et à écrire aux élèves en Sango pour lutter contre l’analphabétisme

BANGUI, 22 février 2019 (RJDH)--L’ONG tchèque Siriri a initié depuis 2015 un programme d’enseignement en Sango dans l’Ouest de la République Centrafricaine.  Il s’agit de former des enseignants à dispenser les cours dans la langue maternelle, le Sango. L’enjeu est de permettre aux élèves du primaire d’apprendre à lire et à écrire dans leur langue maternelle, et non plus en français. 

Langue officielle et nationale de la République Centrafricaine, le Sango est parlée par toute la population, cependant l’enseignement est dispensé en français. « Une situation qui empêche de nombreux jeunes d’aller au bout de leur cursus primaire », a déploré l’ONG tchèque Siriri, qui agit depuis onze ans en République centrafricaine. Pour remédier à cela, elle a décidé d’expérimenter l’enseignement en Sango dans l’ouest du pays à travers le programme « Škola hrou » - « L’école en jouant ».

Ainsi, la cofondatrice de Siriri, Ludmila Böhmová était en mission d’évaluation en Centrafrique au mois de janvier 2019. Elle a salué « le succès du projet » qui permis à « quelques 35.000 » enfants centrafricains « d’acquérir les bases de l’éducation primaire dans la langue qui leur est la plus familière », lit-on sur le site de la Radio Praha.

Justifiant cette expérience par les études de l’UNESCO qui confirment que « l’enseignement est de meilleure qualité lorsqu’il est dispensé aux enfants dans leur langue maternelle », Ludmila Böhmová a souligné que « si la Centrafrique possède un des pires taux d’alphabétisation au monde, c’est entre autres raisons parce que l’atmosphère dans les écoles n’est pas bonne. Comme dans d’autres pays africains, le problème est que l’enseignement se fait en français, alors que les enfants qui rentrent en primaire et doivent apprendre à lire et à écrire, ne savent parler que leur langue maternelle qui est le Sango ».

Interrogée par la même chaîne sur leur méthodologie, Ludmila Böhmová a indiqué que « nous travaillons avec quelque 500 instituteurs, (…). Cela signifie que ce sont eux qui, à terme, pourraient devenir les porteurs du programme en cours. Ils ont toutefois encore besoin d’être formés pour devenir des lecteurs d’un niveau qui nous permettra de leur transmettre la responsabilité de la gestion du programme ».  

Ce projet intéresse aussi le Ministère de l’Education Nationale, a témoigné l’ancien directeur de Siriri, Fabrice-Marin Plichta : « Les progrès sont tels que le ministère de l’Education centrafricain, auquel nous avons montré des vidéos, a fait part de son intérêt pour notre programme. Des discussions sont désormais en cours de façon à intégrer cette méthode de travail au programme éducatif officiel centrafricain ».

Pendant la colonisation en Oubangui-Chari, l’usage du Sango dans les écoles a été interdit, mais après l’indépendance les autorités de la République Centrafricaine l’ont officialisé comme langue nationale et première langue officielle avant le français. Le code de l'alphabétisation du Sango a été consacré par l'Ordonnance 84.031 de mai 1984 et la Loi 97/014 du 10 décembre 1997 portant orientation de l'éducation.


Fleury Agou

 

Centrafrique : La France annonce sa contribution au renforcement des efforts de stabilisation après l’accord de Khartoum

BANGUI, le 22 Février 2019(RJDH) ----Plusieurs appuis de la France sont prévus en 2019 notamment des programmes à impact rapide, des actions humanitaires afin de consolider la paix en Centrafrique après la signature le 06 février à Bangui de l’Accord de paix de Khartoum. L’annonce en a été faite par le Directeur du centre de crise et de soutien (CDCS) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Éric Chevallier, le jeudi 21 février lors de sa visite à Bangui. 

Après la conclusion des travaux du dialogue de Khartoum, la France se déclare prête à apporter un soutien conséquent dans le cadre de sa relation bilatérale avec la Centrafrique. En 2019, la France a décidé d’augmenter ses contributions dans différents domaines comme le souligne Eric Chevallier, Directeur du Centre de crise et de soutien (CDCS) du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

«Nous avons augmenté pour ce qui concerne le centre de crise du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères que je dirige à Paris qui à la fois le soutien, les actions humanitaires et de la stabilisation. Nous pensons qu’il y a un effort particulier dans la dynamique de l’Accord de Khartoum de renforcer les efforts de stabilisation. Donc nous allons augmenter l’enveloppe, c’est ce que je suis venu dire aux autorités centrafricaines, aux partenaires et aux ONG et associations locales », annonce –t-il.

Selon ce diplomate français, « un accord ne vit que si jamais la population voit une différence dans son quotidien ». Donc il faut rapidement que des programmes soient mis en place, qu’il ait un effet concret, «c’est dans ce cadre que nous allons essayer rapidement de soutenir un certain nombre de programmes qui sont des programmes à impact rapide. C’est ça qui permet justement de consolider l’Accord de paix ».

Dans le domaine de la santé, un projet dénommé : « Projet Songo » consiste à mettre en place une  caravane de santé qui aura pour mission d’aller près des populations privées d’accès aux soins, ceci afin de permettre aux populations d’avoir accès aux soins dans les zones affectées par la crise, notamment le Nord-est du pays.

Des appuis sont aussi prévus à travers les ONG œuvrant en Centrafrique notamment à Bambari et à l’Est. « Nous allons soutenir des activités susceptibles de répondre à des incendies. Donc nous allons doter à la fois de moyens et également de véhicules les sapeurs pompiers de Bangui avec une ambulance de pompier d’incendie dans chaque arrondissement de Bangui et de Bambari »

Ce soutien de la France va également dans le domaine de la gouvernance. Il s’agit pour le Directeur de la formation des cadres et des magistrats à travers l’Ecole Nationale d’Administration et de la Magistrature pour le retour de l’autorité de l’Etat.

En ce concerne le désenclavement des régions, des programmes d’installation des ponts soutenus par le Fonds Bekou vont être mis en œuvre.  Enfin un appui sera apporté aux populations vulnérables, c'est-à-dire, les enfants de la rue et les plateformes de la société civile locale.

En 2018, le chiffre de l’aide de la France a atteint environs 40 millions d’euros soit environs 26 milliards de francs CFA. La France compte augmenter son aide budgétaire pour l’année 2019. Selon le Directeur du CDCS, le décaissement de ce financement pourrait se faire dans la semaine à venir. /

Judicaël Yongo.
 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 18:01

 

 

http://www.2m.ma  Map 22/02/2019 à 16:30

 

L’ambassadeur du Royaume du Maroc auprès des Nations-Unies, Omar Hilale, a présenté, jeudi au Conseil de sécurité, son rapport sur la récente visite qu’il a effectuée, du 13 au 15 février, en République centrafricaine (RCA), en sa qualité de Président de la Configuration RCA de la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU.

Devant les membres du Conseil,  Hilale a souligné que sa 4ème visite dans ce pays en tant que Président de la Configuration RCA se démarque des visites antérieures, puisqu'il a été accompagné cette fois-ci par la Sous-Secrétaire Générale pour l’Afrique, Bintou Keita, le Sous-Secrétaire Général à la Consolidation de la Paix, Oscar Fernandez Taranco et leurs équipes, ainsi que de représentants de plusieurs États membres de la Configuration à savoir la Chine, la République de Corée, la France, l’Italie et la Russie.


« Cette délégation plurielle a eu pour avantage de lancer un signal fort à tous nos interlocuteurs à Bangui, de l’engagement constant de la Communauté Internationale en appui à la RCA », a relevé Hilale.


Il a de même noté que cette visite s’est déroulée au lendemain de la signature, le 6 février dernier à Bangui, de « l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine » entre le gouvernement de ce pays et les 14 groupes armés.

Cet Accord, qualifié d’historique, constitue un premier pas vers le retour de la paix et de la stabilité dans le pays, et offre une fenêtre d’opportunité unique pour mettre fin à ce conflit qui n’a que trop duré et pose les fondements d’une véritable reconstruction inclusive du pays, a estimé  Hilale.


Et d’ajouter que lors de l’audience, qui a été accordée à la délégation par le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera, ce dernier a fait part de son engagement personnel et de sa détermination à n’épargner aucun effort pour la mise en œuvre rapide des dispositions de l’Accord.


Conscient des difficultés et des attentes énormes de la population, le Président Touadera a lancé un appel à la Communauté internationale pour le soutien de la mise en œuvre de l’Accord et exprimé son souhait de voir le Conseil de sécurité ajuster le mandat de la Mission de maintien de la paix en RCA (MINUSCA), afin de permettre un soutien adéquat de cette Mission, notamment pour le déploiement de « patrouilles mixtes », a relaté Hilale.


En ce qui concerne le soutien aux prochaines échéances électorales, l’ambassadeur marocain a souligné que la Configuration RCA de la Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU continuera de mobiliser la Communauté internationale en vue d’assurer un scrutin libre.


Partageant avec les membres du Conseil de sécurité les principales observations qui ressortent de sa visite en RCA, Hilale a insisté que ce pays a besoin plus que jamais du soutien et de l’appui du Conseil de Sécurité. Les responsables gouvernementaux ainsi que la population attendent un signal fort pour la mise en œuvre et l’accompagnement de l’Accord de paix. La fenêtre d’opportunité, créée par la signature de l’Accord, risque de se refermer rapidement, en raison de la proximité des élections présidentielles et législatives de 2020-2021, a-t-il averti.


De même, il a noté que les pays voisins sont appelés, encore plus que par le passé, à accompagner et soutenir la RCA dans la mise en œuvre de l’Accord de paix, rappelant qu’ils ont participé de manière constructive aux pourparlers à Khartoum et font partie de la solution pour sortir la RCA de la crise.


 Hilale a finalement souligné que « la MINUSCA n’a pas vocation à rester indéfiniment en RCA, aussi est-il permis d’envisager qu’une contribution calibrée à la mise en œuvre de l’Accord de paix serait de nature à la rapprocher de la réussite de son mandat, et partant conforter la stratégie de sortie pour les Opérations de Paix ».


A cette occasion, la ministre des Affaires étrangères et des Centrafricains de l’étranger ainsi que l’ensemble des membres du Conseil de sécurité ont salué l’engagement du Royaume du Maroc à la tête de la Configuration. Ils ont aussi largement exprimé leur soutien aux recommandations de M. Hilale sur la situation politique et la mise en œuvre de l’accord de paix, et appelé la Configuration à poursuivre ses efforts d’appui et d’accompagnement au processus de consolidation de la paix en RCA.

Omar Hilale briefe le Conseil de sécurité sur sa 4ème visite en Centrafrique
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 17:47

 

 

French.china.org.cn  le 21-02-2019

 

Des éléments du groupe rebelle l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Ndarassa ont attaqué mardi en fin d'après-midi des Casques bleus patrouillant sur l'axe reliant les villes centrafricaines de Bambari (centre) et d'Alindao (centre-sud), faisant deux morts parmi les rebelles, a-t-on appris mercredi de sources locales.

 

Cet incident meurtrier est survenu seulement une dizaine de jours après la signature d'un accord de paix entre les groupes armés et le gouvernement centrafricain.

 

D'après les sources, les éléments de l'UPC tenaient une barrière sur le tronçon menant à Alindao, à environ 8 kilomètres à la sortie est de la ville de Bambari. Habillés avec des tenues proches de celle des Casques bleus, ils rançonnaient les usagers de la route, piétons, conducteurs d'engins à deux roues et automobilistes, et assez souvent, procédaient à des actes de braquages.

 

Ne voulant pas obtempérer aux ordres des Casques bleus en patrouille, ces rebelles ont ouvert le feu mardi, selon les sources.

 

Un membre du gouvernement centrafricain, a révélé, sous couvert de l'anonymat, que la mise en œuvre de l'accord de paix pourrait en réalité être très difficile, car les leaders des groupes armés, conscients de la dissolution de facto de leur mouvement dès la signature de l'accord, doivent sensibiliser leurs éléments pour qu'ils mettent un terme à toutes les hostilités.

 

A la suite de cet incident, les éléments de l'UPC contrôlant les quartiers nord-est de Bambari ont intimé l'ordre aux commerçants de garder les boutiques fermées toute la journée de ce mercredi. Des tirs sporadiques ont été entendus dans ladite zone, selon des sources locales.

Centrafrique : affrontements entre des éléments rebelles et des Casques bleus après l'accord de paix
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 14:26

 

 

20/02/2019

 

COMMUNIQUÉ

 

République centrafricaine

 

Sous l’égide de l’Union Africaine, des Nations unies et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le gouvernement centrafricain a signé un accord de paix avec 14 groupes armés à Khartoum le 3 février et l’ont ratifié le 6 février 2019 à Bangui. La FIDH, l’OCDH et la LCDH saluent cette avancée majeure pour tenter de résoudre le conflit qui a déjà fait des milliers des morts depuis 2012 et appellent les parties prenantes à le mettre en oeuvre. Nos organisations se félicitent notamment qu’aucune amnistie n’ait été consacrée pour les auteurs des crimes les plus graves et saluent la prochaine mise en place d’une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR).

 

« Le fait qu’aucune amnistie automatique ne soit octroyée aux responsables des crimes les plus graves est un signal encourageant pour les milliers de victimes qui attendent la vérité et souhaitent que justice soit faite. »

 

Me Drissa Traoré, vice-président de la FIDH

 

L’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République Centrafrique doit conduire à une stabilisation du pays après 6 années de guerre, de violences et de violations graves des droits humains. Il prévoit, outre l’engagement de lutter contre l’impunité, la cessation des hostilités, le désarment et la suppression des groupes armés, la mise en place d’un gouvernement inclusif, une décentralisation renforcée ainsi que des mécanismes de justice transitionnelle.

Des mécanismes de mise en œuvre et de suivi tripartites de l’Accord sont créés et des sanctions prévues en cas de non respect des dispositions de l’accord de paix.

 

« En matière de justice et de réconciliation, les différents mécanismes créés viendront accompagner les efforts de vérité, de justice et de réparations initiés par les juridictions nationales et internationales telles que la Cour pénale spéciale ou la Cour pénale internationale. En aucun cas ils ne viendront s’y substituer. »

Me Mathias Morouba, président de l'OCDH, également l’un des observateurs de la société civile aux discussions de Karthoum

 

Nos organisations se félicitent en particulier du renforcement des mesures en faveur de la justice transitionnelle et en particulier de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR) qui devrait lancer ses travaux dans les 90 jours. Faisant partie des recommandations du forum de Bangui, la CVJRR constitue une opportunité pour engager un travail de vérité, de réparation et permettre d’entendre la voix des victimes. La Commission devra inventer son propre modèle de justice pour une transition vers la paix en incluant à la fois les victimes des crimes les plus graves mais également ceux qui ont pu commettre des délits ou des crimes. Concilier la vérité, la justice, la réparation et la réconciliation pour garantir la réintégration des combattants des groupes armés afin de parvenir à une paix durable constitue le principal défi de la future CVJRR. Pendant la période des 90 jours, une Commission inclusive sera chargée de proposer des actions dans le domaine de la justice afin de garantir une cohérence entre processus de réconciliation et lutte contre l’impunité.

 

« Lancer les travaux de la CVJRR dans un bref délai était une nécessité. Les centrafricains ont besoin d’exprimer ce qu’ils ont vécu et de reconstruire ce qui a été brisé. Il faut maintenant faire en sorte que les modalités de cette réconciliation garantissent une paix durable et une justice équitable. »

Joseph Bindoumi, président de la LCDH

 

CONTEXTE

 

L’accord politique de paix est le 8ème accord signé depuis 2012 entre les groupes armés et le gouvernement en Centrafrique. Fin 2012, des groupes armés réunis au sein de la coalition des Séléka avaient pris le pouvoir le 24 mars 2013. Des groupes d’auto-défense appelés les Anti-balaka s’étaient rapidement constitués pour les combattre plongeant un peu plus le pays dans la violence et obligeant l’Union africaine, la France puis les Nations unies à intervenir. Fin 2018, à la veille de l’Accord politique de Khartoum, et malgré la présence de plus de 10 000 casques bleus, le pays était toujours contrôlé à près de 80 % pas les groupes armés.

L’accord de paix de Khartoum constitue une chance pour la paix, la justice et la réconciliation
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 14:20

 

Côte d’Ivoire-Inter / Human Rights Watch estime que la justice en Centrafrique est essentielle à la paix (communiqué)

 

Abidjan, 22 fév (AIP) – L’accord de paix entre le gouvernement de la République centrafricaine et les groupes armés, signé en février ne doit pas affaiblir ou déplacer les efforts visant à rendre justice pour les crimes les plus graves commis pendant le conflit, a déclaré Human Rights Watch, dans un communiqué.

L’accord visant à mettre fin à un conflit qui a coûté la vie à des milliers de personnes a été négocié par l’Union africaine pendant 18 mois de pourparlers avec les groupes armés, alors que ceux-ci continuaient à mener des attaques brutales contre des civils. Les violences dans les régions du nord et de l’est du pays se sont intensifiées au cours des derniers mois, avec notamment plusieurs attaques contre des camps de personnes déplacées internes. Environ 1,2 million de personnes ont été déplacées du fait des combats dans le pays.

« Avec les multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis pendant ce conflit, et plus d’un million de personnes déplacées, nombreux sont ceux qui, en République centrafricaine, veulent désespérément voir la fin de ces combats », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour la République centrafricaine à Human Rights Watch. « Mais les efforts pour traduire en justice les responsables des pires crimes doivent faire partie intégrante de la solution, et une amnistie générale ne devrait en aucun cas être envisagée. »

L’accord a été conclu à Khartoum, au Soudan, mais il a été signé par 14 groupes armés en République centrafricaine. Des membres de certains des groupes sont suspectés d’avoir commis de nombreux abus graves contre des civils, y compris meurtres, viols, esclavage sexuel, actes de torture, pillages, persécutions et destruction de bâtiments religieux.

L’accord est vague sur les mesures nécessaires pour garantir la justice après le conflit et ne mentionne pas de processus judiciaires spécifiques ni les efforts récents pour promouvoir la justice dans le pays, même s’il reconnaît le rôle que l’impunité a joué dans la pérennisation des violences.

(AIP)

 

Human Rights Watch estime que la justice en Centrafrique est essentielle à la paix
Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 14:11
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

Diplomatie : La France soutient l'accord de paix signé entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés

 

https://www.radiondekeluka.org  vendredi 22 février 2019 11:24

 

Deux semaines après sa signature à Bangui, l'accord de paix et de réconciliation négocié à Khartoum fait son chemin et continue de rencontrer l'adhésion d'autres  pays. C'est le cas de la France qui a exprimé ce 21 février son soutien à l'accord. Position exprimée par Eric Chevallier directeur du Centre de Crise et de soutien au Quai-d'Orsay après 3 jours de visite de travail dans le pays.

La France annonce l'augmentation de son enveloppe dans le cadre des projets à impacts rapide. "En 2019, la France a décidé d'augmenter sa contribution. Nous pensons qu'il y a un accord particulier dans la dynamique de  l'Accord de Khartoum de renforcer nos efforts de stabilisation. Nous allons augmenter cette enveloppe, c'est ce que je suis venu dire aux autorités et aux partenaires y compris les ONG et les associations locales de solidarité" a-t-il indiqué.

"Nous pensons qu'un accord ne vit que si jamais  la population voit une différence dans son quotidien. Donc il faut que rapidement les programmes soient mis en place qui montrent qu'il y a un effort de paix. Nous allons soutenir un certain nombre de programme qui sont des programmes à impact rapide qui devrait permettre que la population qui sera concerné par ce programme voit qu'il y a une dynamique positive" a-t-il ajouté.

L'Accord de paix prévoit le soutien de la Communauté internationale. Outre la vulgarisation faite déjà par les Etats membres de la CEEAC et l'annonce des Etats témoins, la France met la main à la poche.

Le représentant spécial sortant du secrétaire général de l'ONU, Parfait Onanga Anyanga présente le document ce 22 février devant le Conseil de Sécurité à New York.

 

 

Bangui : Le manque d'éclairage public source de braquages dans les quartiers Sica 2 et 3

 

https://www.radiondekeluka.org jeudi 21 février 2019 11:44

 

Les habitants des quartiers Sica 2 et 3 dans le 2ème arrondissement de la capitale s'inquiètent de la montée de l'insécurité dans ces secteurs. En cause, le manque d'éclairage public. Les passants et certains habitants de ces secteurs sont souvent la cible des braqueurs. Vols et agressions à main armée y sont devenus quasi quotidiens.

La semaine dernière, un jeune homme a succombé à ses blessures après avoir reçu une balle au cours d'un braquage à Sica 3. Des personnes sont souvent blessées par balle ou à l'arme blanche. Des motos, véhicules, téléphones et autres objets volés emportés. Ces actes sont enregistrés au quotidien dans ces quartiers plongés dans l'obscurité pendant la nuit par manque d'électricité.

"Le quartier manque d'éclairage public entrainant l'obscurité qui favorise les braqueurs" explique un habitant de Sica 3.

Si certains sont remontés contre les responsables de l'Enerca, d'autres par contre proposent l'instauration des patrouilles régulières des forces de sécurité dans ces quartiers devenus gagne-pain des malfaiteurs. "La police et la gendarmerie doivent multiplier les patrouilles la nuit pour assurer la sécurité de la population", souhaite un gérant de débit de boisson à Sica 2.

Insistant sur le problème d'électricité, Lucas Da Silva, chef de Sica 3 appelle les responsables de l'Enerca à plus de responsabilité. "La semaine passée, il y a eu meurtre dans mon quartier parce qu'il n'y avait pas d'électricité. Et pourtant sur les factures de l'Enerca, il y a l'éclairage public. Du moment où la population paie, qu'est-ce que l'Enerca fait de cette somme ?" s'est interrogé le notable soulignant que "l'Enerca est en train de mettre l'économie du pays à terre".

Du côté de l'Enerca, le discours n'a pas changé. La société affirme ne pas être en mesure de répondre à toutes les demandes en électricité à Bangui à cause de sa faible capacité de production. Elle estime que la distribution de l'électricité pourrait connaitre une amélioration dans les mois ou années à venir avec les projets en cours.

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com
22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 13:00
République centrafricaine : La justice est essentielle à la paix

 

 

 

https://www.hrw.org  22 février 2019 12:01AM EST

 

De nouveaux meurtres ont eu lieu pendant les pourparlers ; les rebelles demandent l’amnistie

 

L’accord de paix entre le gouvernement de la République centrafricaine et les groupes armés qui a été signé le 6 février 2019 ne doit pas affaiblir ou déplacer les efforts visant à rendre justice pour les crimes les plus graves commis pendant le conflit, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

 

L’accord visant à mettre fin à un conflit qui a coûté la vie à des milliers de personnes a été négocié par l’Union africaine pendant 18 mois de pourparlers avec les groupes armés, alors que ceux-ci continuaient à mener des attaques brutales contre des civils. Les violences dans les régions du nord et de l’est du pays se sont intensifiées au cours des derniers mois, avec notamment plusieurs attaques contre des camps de personnes déplacées internes. Environ 1,2 million de personnes ont été déplacées du fait des combats dans le pays.

 

« Avec les multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis pendant ce conflit, et plus d’un million de personnes déplacées, nombreux sont ceux qui, en République centrafricaine, veulent désespérément voir la fin de ces combats », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour la République centrafricaine à Human Rights Watch. « Mais les efforts pour traduire en justice les responsables des pires crimes doivent faire partie intégrante de la solution, et une amnistie générale ne devrait en aucun cas être envisagée. »

L’accord a été conclu à Khartoum, au Soudan, mais il a été signé par 14 groupes armés en République centrafricaine. Des membres de certains des groupes sont suspectés d’avoir commis de nombreux abus graves contre des civils, y compris meurtresviolsesclavage sexuel, actes de torture, pillages, persécutions et destruction de bâtiments religieux. Les personnes responsables de ces actes peuvent être poursuivies en justice pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

 

L’accord est vague sur les mesures nécessaires pour garantir la justice après le conflit et ne mentionne pas de processus judiciaires spécifiques ni les efforts récents pour promouvoir la justice dans le pays, même s’il reconnaît le rôle que l’impunité a joué dans la pérennisation des violences. Parmi les récents efforts dans le pays, on note la création de la Cour pénale spéciale, un nouveau tribunal dans le système national mandaté pour juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. La Cour a formellement débuté ses activités à la fin de l’année 2018, avec une participation et un soutien internationaux.

 

De plus, à la demande du gouvernement de transition de l’époque, en mai 2014, le procureur de la Cour pénale internationale a ouvert des enquêtes sur les crimes commis depuis août 2012. La Cour a arrêté deux leaders de milices anti-balaka qui étaient parties au conflit, Alfred Yékatom et Patrice Edouard Ngaïssona, à la fin de l’année 2018.

 

Le gouvernement et ses partenaires internationaux devraient continuer à soutenir les enquêtes et les poursuites de crimes graves du système judiciaire national, de la Cour pénale spéciale et de la Cour pénale internationale, a déclaré Human Rights Watch.

 

Un exemple de violences récentes est le meurtre d’au moins 19 hommes et d’un garçon de 14 ans le 20 janvier à Zaorossoungou, dans la province de Mambéré-Kadéï, dans la région sud-ouest du pays. Plus tôt, le 12 janvier, des assaillants inconnus ont tué au moins trois bergers peuls, dont deux femmes, à l’extérieur de Zaorossoungou.

 

« Je me suis cachée dans la brousse lorsque l’attaque a commencé », a raconté à Human Rights Watch une femme de 45 ans qui a survécu à l’attaque du 20 janvier. « Quand ça a été terminé, je suis sortie et il y avait des cadavres partout. J’ai vu le corps de mon fils, Jean-Claude [âgé de 20 ans]. Il avait été tué d’une balle dans le dos. »

 

Des victimes, des activistes et des professionnels du secteur judiciaire centrafricains continuent à réaffirmer la nécessité urgente et non équivoque de justice pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dans le pays depuis que la crise a commencé. Ce sentiment a été exprimé le 10 décembre 2018, quand les survivantes de violences sexuelles ont pris la parole au parlement à l’occasion de la journée des Droits de l’homme. « La lenteur de la justice est un crime supplémentaire pour les victimes de violences sexuelles liées au conflit », a déclaré Bernadette Sayo, une activiste, lors de ce rassemblement.

 

Des consultations nationales entre le 4 et le 11 mai 2015, connues sous le nom de Forum de Bangui, ont donné la priorité à la justice sur l’amnistie et ont soutenu qu’« aucune amnistie » ne serait tolérée pour les responsables de crimes internationaux et ceux qui ont agi comme complices. Le forum a réuni plus de 800 représentants d’organisations communautaires et d’autres organisations non gouvernementales, de partis politiques et de groupes armés de tout le pays. Il a reconnu que l’absence de justice en République centrafricaine depuis 2003 était l’une des principales causes des crises successives.

 

Cependant, un point d’achoppement clé dans les pourparlers de Khartoum était la question de l’amnistie, demandée par presque tous les groupes armés. Le 29 janvier, pendant les pourparlers, Abakar Saboun, le porte-parole de l’un des groupes armés, le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), a indiqué aux journalistes : « Si nous voulons la paix, nous devons accorder l’amnistie à certaines personnes... Je demande aux Centrafricains... d’accepter une excuse de la part de ceux qui ont commis les crimes, une excuse sincère. Nous devons obtenir l’amnistie pour avoir la paix. »

 

Le FPRC, qui contrôle de vastes territoires dans le nord-est du pays, a commis de nombreux abus graves depuis 2014.

 

Le Forum de Bangui reste le seul effort officiel pour affirmer la volonté des Centrafricains et sa position claire concernant l’impunité devrait être respectée, a déclaré Human Rights Watch. Toute tentative d’amnistie, comme de nombreux groupes armés le demandent maintenant, ferait fi des engagements internationaux que la République centrafricaine a pris pour garantir des enquêtes et des poursuites concernant les crimes graves.

 

« La Cour pénale spéciale est un effort sans précédent pour contribuer à rendre la justice et elle a plus que jamais besoin de soutien », a précisé Lewis Mudge. « La Cour reste l’une des meilleures chances de garantir la justice et de mettre un terme aux cycles de violence qui minent la République centrafricaine depuis des décennies. »

 

Contexte

 

La crise actuelle en République centrafricaine a débuté à la fin de l’année 2012, lorsque les rebelles de la Séléka – pour la plupart musulmans – ont évincé le président François Bozizé et se sont emparés du pouvoir par le biais d’une campagne de violences et de terreur. En réaction, des groupes anti-balaka se sont constitués et ont commencé à mener des attaques en représailles contre les civils musulmans à la mi-2013. L’Union africaine et les forces françaises ont repoussé les rebelles de la Séléka hors de la capitale, Bangui, en 2014.

 

Après deux années de gouvernement par intérim, des élections relativement pacifiques ont été organisées et Faustin-Archange Touadéra a prêté serment en tant que président en mars 2016. Les violences et les attaques à l’encontre des civils ont continué sous la présidence de Touadéra, alors que les factions de la Séléka et les groupes anti-balaka contrôlaient toujours de vastes territoires du pays, notamment dans les régions orientales et centrales.

 

L’accord de paix de Khartoum

 

L’accord de paix cherche à « éliminer définitivement » les causes du conflit et à promouvoir la réconciliation nationale. Les groupes armés s’engagent à mettre fin à « toutes hostilités et formes de violences » à l’encontre, entre autres, des travailleurs humanitaires et des civils et, en fin de compte, à procéder à leur dissolution. Certains combattants des groupes armés seront intégrés dans des « unités mixtes spéciales de sécurité », qui incluraient aussi des membres des forces de sécurité du pays. Tous les signataires s’engagent à « renoncer à tout recours à la force armée » et sont passibles de sanctions internationales s’ils ne respectent pas cet engagement.

 

Un point d’achoppement clé dans les pourparlers a été la question de l’amnistie, qui était une priorité pour les groupes armés.

 

Hassan Bouba, le coordinateur politique de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), a déclaré à Human Rights Watch le 16 février que pour l’UPC, l’accord de paix signifie une amnistie générale, malgré un changement dans le texte de l’accord, qui ne contient pas le mot « amnistie ». « Si le gouvernement arrête un membre d’un groupe armé, alors il n’y a plus d’accord », a-t-il conclu.

 

Le général auto-proclamé Sidiki Abass, commandant de 3R, un groupe rebelle basé dans la province d’Ouham Pendé qui a également signé l’accord, a expliqué à Human Rights Watch que les recommandations du Forum de Bangui n’étaient pas pertinentes et que toutes les procédures judiciaires devaient cesser afin qu’une justice transitionnelle puisse être mise en place. « Si la Cour spéciale et les tribunaux nationaux continuent à travailler [sur les crimes commis pendant le conflit], cela entraînera des problèmes », a-t-il indiqué.

 

L’accord note que tous les signataires reconnaissent « la lutte contre l’impunité », mais ne mentionne pas le mot « amnistie ». L’accord reconnaît aussi que l’impunité a « entretenu le cycle infernal de la violence, affaibli l’appareil judiciaire, donné lieu à des violations massives des droits de l’homme, du droit international humanitaire, et a entretenu la défiance de la population à l’égard de l’État ».

 

Cependant, l’accord ne cite pas de processus judiciaires spécifiques pour rendre la justice pour les crimes. Au lieu de cela, il appelle à l’instauration d’une Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR). Il appelle aussi à l’établissement d’une « Commission inclusive », composée de toutes les Parties à l’accord, qui sera chargée « d’examiner tous les aspects liés aux événements tragiques du conflit » et de « proposer toute action susceptible d’être prise en matière de justice » à la Commission vérité.

 

Un décret présidentiel du 8 février impose au gouvernement de nommer huit membres au sein de la « Commission inclusive », alors que les groupes armés auront cinq représentants.

 

Récits de survivants d’attaques commises en janvier 2019

 

Des habitants de Zaorossoungou ont raconté qu’après que des bergers peuls ont été tués le 12 janvier, les femmes ont fui le village quand les personnes ont appris que des combattants de 3R, « Retour, Réclamation et Réhabilitation », arrivaient pour venger la mort des trois Peuls tués le 12 janvier.

 

Des membres du groupe 3R ont tué au moins plusieurs dizaines de civils dans la province d’Ouham Pendé depuis 2015, y compris à De Gaulle le 27 septembre 2016, où ils ont tué au moins 17 personnes et violé au moins 23 femmes et jeunes filles. Human Rights Watch n’a pas pu confirmer si 3R était responsable de l’attaque du 20 janvier à Zaorossoungou. Un autre groupe armé, lié à 3R et appelé Siriri (« paix » en sango, la langue nationale), maintient une présence dans la zone.

Human Rights Watch a parlé avec quatre habitants de Zaorossoungou qui ont été témoins de l’attaque contre le village. La mère de Michel Bekondou, âgé de 19 ans, et de Gideon Dobele, âgé de 14 ans, a raconté à Human Rights Watch comment ses enfants ont été tués à l’extérieur du village :

 

Nous rentrions à pied au village depuis les champs quand nous avons entendu l’attaque. Nous avancions lentement et soudain, les assaillants nous ont trouvés. Ils nous ont dit de nous asseoir et ils ont tiré une balle dans le dos de Michel. Gideon s’est levé et s’est mis à courir, mais ils l’ont abattu lui aussi. L’un d’eux a pointé son fusil sur moi, mais un autre combattant a dit : « Ne tue pas la femme ». Plus tard, j’ai rencontré des personnes qui m’ont aidée à enterrer leurs corps. Je ne sais pas quoi dire à ce sujet. Tout ce que je peux dire est que j’aurais voulu que les assaillants me tuent moi aussi. La vie n’a plus de sens pour moi.

 

Lors d’une réunion avec Human Rights Watch à Bangui le 10 février, Sidiki Abass, le commandant de 3R, a indiqué que ses hommes n’étaient pas responsables des meurtres à Zaorossoungo et qu’ils n’avaient jamais pris part à des atteintes aux droits humains quelles qu’elles soient. Cette affirmation contredit directement les recherches de Human Rights Watch et les conclusions des Nations Unies.

 

Human Rights Watch s’est aussi entretenu avec six habitants d’Ippy, dont deux survivants, qui ont décrit un incident dans lequel un combattant de l’UPC a tué 15 civils, y compris 5 enfants, le 23 janvier lors de funérailles. Le combattant de l’UPC est arrivé sur le site de l’enterrement, avec un autre combattant de l’UPC, vers 21 h 30, alors que les personnes chantaient et dansaient. Sans avertissement, le combattant armé, connu sous le nom d’Ali, a ouvert le feu sur le groupe.

 

« Je me suis effondrée après avoir reçu une balle dans le ventre », a raconté une survivante de 17 ans à Human Rights Watch. « Quand les tirs ont commencé, cela a provoqué un chaos total. »

 

« J’étais avec les autres personnes quand j’ai vu Ali s’approcher de nous avec son fusil », a raconté un survivant de 12 ans. « Il a reculé d’un pas et a simplement tiré sur nous. J’ai été touché à la cheville gauche. » Un survivant de 45 ans a expliqué : « Quand les tirs ont commencé, j’ai couru. Cela a semblé durer uniquement quelques secondes, mais il y avait tellement de personnes mortes après... Nous avons enterré les corps dans une fosse commune le lendemain. Il y avait beaucoup d’enfants là. Je ne sais pas pourquoi il a tiré sur des personnes non armées comme ça. »

 

Les habitants d’Ippy ont indiqué à Human Rights Watch que dans les jours qui ont suivi les meurtres, les commandants de l’UPC ont publiquement exécuté Ali et l’homme qui était avec lui pendant qu’il tuait les personnes aux funérailles.

 

Les combattants de l’UPC, qui contrôlent de grandes zones de la province centrale d’Ouaka, ont tué au moins des centaines de civils, violé des dizaines de femmes et brûlé des milliers de maisons depuis 2014.

 

Partager cet article
Repost0
Centrafrique-Presse.com