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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 23:17
Lu pour vous : A Bangui, on veut voter pour la paix

 

 

 

ELECTION PRÉSIDENTIELLE

 

 

Par Patricia Huon, Envoyée spéciale Libération à Bangui — 29 décembre 2015 à 18:11

 

Les Centrafricains espèrent mettre fin à trois ans de conflit entre chrétiens et musulmans grâce au scrutin de ce mercredi, malgré les fraudes qui risquent de l’entacher.

 

 «C’est notre chance de sortir du gouffre», s’enthousiasme André Gamtan, un des chefs du quartier Boeing, qui jouxte l’aéroport, dans le nord de Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA). Le processus électoral, c’est la quête du Graal de ce pays. Maintes fois reportés, les scrutins présidentiel et législatif se tiennent finalement ce mercredi. Des élections à marche forcée, voulues par une communauté internationale - France en tête - désireuse de tourner la page malgré l’insécurité et les difficultés logistiques.

 

Mais la fièvre électorale a gagné les Centrafricains. Près de deux millions d’électeurs sont inscrits sur les listes. «Tout le monde se sent concerné,dit le notable André Gamtan. Les gens sont fatigués, ils veulent voter pour la paix.» Dans les rues de Bangui, la population se surprend à espérer. Un sentiment presque oublié après trois années de crise, initiée par le coup d’Etat contre le président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka, majoritairement musulmane. Les violences intercommunautaires et la prolifération des milices ont laissé le pays exsangue et fait des milliers de victimes.

 

«Nous voulons un président qui puisse nous unir. Avant, les musulmans venaient ici acheter des légumes. Aujourd’hui, ils n’osent plus sortir de chez eux, constate Eugénie Nganatoua, une cultivatrice qui se plaint d’avoir vu fondre ses maigres revenus. Il faut ramener la cohésion sociale.» Signe d’un apaisement des esprits, dans le quartier de Boeing, ancien fief des anti-balaka, ces membres des milices d’autodéfense se font moins visibles, au soulagement de la population, exaspérée par le racket et les larcins commis par ces groupes censés la protéger. Appuyés par le nouveau ministre de la Défense du gouvernement de transition, des soldats des Forces armées centrafricaines (les «ex-Faca») ont laissé tomber ces alliés devenus encombrants et ont repris un peu le contrôle dans les quartiers.

 

«Processus imparfait»

 

De l’autre côté de la piste d’atterrissage s’étend le camp de déplacés de M’Poko. Un dédale de tentes où plus de 20 000 personnes végètent dans des conditions insalubres. La plupart des familles sont arrivées ici il y a deux ans, en décembre 2013, lorsqu’une flambée de violence a embrasé Bangui. Fiacre Ferengai vivait près du PK5, le quartier musulman de la ville. Cet ex-mécanicien déballe les poupées de plastique qu’il vend sur le marché pour les fêtes de fin d’année. Il lutte pour survivre au quotidien dans un des pays les plus pauvres au monde. «Ma femme et ma fille ont été tuées par les Séléka, ma maison a été détruite, raconte le jeune homme. Mais je pourrai reconstruire. Si la paix revient, nous pourrons à nouveau vivre avec les musulmans.» Dans son habitation de fortune faite de bâches et de poutres de bois, des posters d’équipes de football et des photos de famille sont épinglés au mur, des nounours posés sur le lit. «Je me débrouille comme je peux, ma sœur qui est partie au Cameroun envoie parfois un peu d’argent. Mais nous ne pouvons pas rester ici éternellement», soupire-t-il.

 

La Centrafrique avance pas à pas, en équilibre instable, avec la crainte permanente d’un retour en arrière. Pour l’instant, le défi, c’est la sécurisation du scrutin. La Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) a été mobilisée pour aider à l’acheminement du matériel électoral et assurer que ce vote se déroule sans troubles.

 

Le référendum constitutionnel des 13 et 14 décembre a été entaché de violences, notamment à Bangui, où cinq personnes ont été tuées au PK5. «Ce vote a servi de test, dit Parfait Onanga-Anyanga, chef de la Minusca, en poste dans la capitale depuis août. Depuis, nous avons renforcé notre visibilité et nos capacités, organisé plus de patrouilles.» Comment surveiller 5 600 bureaux de vote dans un pays un peu plus vaste que la France, mais avec des infrastructures routières et de communication quasi inexistantes ? Observateurs et candidats s’accordent tous sur un point : le risque de fraude est important. Les standards démocratiques sont relatifs lorsque la tenue même d’un scrutin semble relever du miracle. «Le processus électoral sera imparfait, dit le chef de la Minusca, mais nous avons mis en œuvre tous nos moyens pour assurer sa crédibilité.»

 

«Homme du passé»

 

Banderoles et affiches électorales bordent toutes les avenues et les ronds-points de Bangui. Trente candidats se présentent à l’élection présidentielle. La plupart n’ont aucune chance de l’emporter. D’autres affirment viser une victoire dès le premier tour. C’est le cas d’Anicet-Georges Dologuélé, «AGD», l’un des favoris. Affable et pondéré, cet économiste de formation a été Premier ministre de 1999 à 2001. Un mandat qui évoque une rare période de calme dans les esprits de la population centrafricaine. Mais l’homme, s’il est perçu comme compétent, traîne aussi des casseroles et le sobriquet de «monsieur 10 %», hérité d’accusations de détournement d’argent lorsqu’il était à la tête du gouvernement. Il jouit néanmoins d’un avantage depuis que, la semaine dernière, le Kwa Na Kwa (KNK), parti du président déchu François Bozizé, a appelé à voter pour lui. L’ancien chef de l’Etat, qui vit en exil en Ouganda et dont la candidature à l’élection présidentielle a été rejetée par la Cour constitutionnelle, jouit encore d’un large soutien à travers le pays. «Les jeunes n’ont connu que Bozizé, mais ils réalisent que c’est désormais un homme du passé, dit Anicet-Georges Dologuélé, satisfait de sa campagne. Ils veulent un nouveau leader, un champion qui les sortira du désespoir dans lequel ils vivent.»

 

Autre poids lourd de ce scrutin, Martin Ziguélé a lui aussi martelé le slogan «premier tour, KO !» alors qu’il sillonnait le pays. Ancien Premier ministre d’Ange-Félix Patassé (de 2001 à 2003), opposant historique de Bozizé, candidat malheureux lors des présidentielles de 2005 et 2011, il fait du retour de la sécurité la priorité de son programme. «C’est la condition préalable au développement, dit-il. Il faut intégrer les membres des groupes armés dans les forces de sécurité ou leur offrir d’autres perspectives d’emploi.» Son parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), est bien implanté sur le territoire. Ce membre de l’Internationale socialiste pourrait cependant pâtir de la réputation de «candidat de la France» dont l’ont affublé ses adversaires, qui l’accusent aussi d’avoir facilité l’arrivée de la Séléka pour se débarrasser de son rival Bozizé.

 

Climat volatil

 

D’autres prétendants pourraient séduire les électeurs, tels Karim Meckassoua, candidat musulman indépendant, ministre de Bozizé et ancien président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale, ou Désiré Nzanga Kolingba, fils de l’ex-chef d’Etat André Kolingba. Catherine Samba-Panza, présidente du gouvernement de transition dont le mandat prendra fin en mars, n’avait, elle, pas le droit de se présenter. Sous pression, elle a rappelé sa détermination à tenir ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale.

 

Malgré les problèmes techniques, alors que les bulletins de vote n’ont pas encore atteint tous les bureaux, les élections auront bien lieu. Elles s’annoncent chaotiques, mais pourraient se dérouler sans incident majeur. «Alors qu’on prévoyait le pire, la situation est pour l’instant très calme et devrait le rester lors de ce premier tour», estime une source sécuritaire à Bangui. Nourredine Adam, le chef rebelle à la tête d’une faction radicale de l’ex-Séléka responsable des violences lors du référendum, a déclaré dans un communiqué qu’il renonçait à perturber les élections. Par ailleurs, le ralliement du KNK derrière Anicet-Georges Dologuélé a aussi calmé, pour l’instant, les revendications des milices anti-balaka partisanes de François Bozizé, déçues de son exclusion du scrutin.

 

Le vrai risque surviendra après l’annonce des résultats. «Le climat est toujours très volatil et le désarmement n’a pas eu lieu, dit un analyste, qui requiert l’anonymat. Pour l’instant, chacun est persuadé que son candidat va l’emporter. Tout reste possible en cas de contestation après la proclamation.» Des alliances se feront lors du second tour mais, pour sortir de l’impasse, la capacité du nouveau chef de l’Etat à former un gouvernement inclusif sera essentielle. Quel que soit le vainqueur du scrutin, les défis seront immenses.

 

Patricia Huon Envoyée spéciale à Bangui

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Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 22:46

 

 

 

http://www.24heures.ch/  Patricia Huon Bangui  Mardi 29 décembre 2015  22:18

 

Elections législatives et présidentielle Le scrutin se tient mercredi. Deux millions de votants veulent croire à une première étape vers la sortie de crise.

 

«Je vais voter, parce que nous devons élire celui qui peut ramener la paix», dit Hamadou Bouba, un commerçant du quartier PK5, la dernière enclave musulmane de Bangui, la capitale centrafricaine. Carte d’électeur en main, il se dit «enfin optimiste» et envisage même, «Inch’allah» (si Dieu veut), un retour prochain de sa famille, réfugiée au Cameroun.

 

La Centrafrique est un pays exsangue, après trois années de crise, initiée par le coup d’Etat de la coalition rebelle séléka, majoritairement musulmane, contre le président François Bozizé. Les violences intercommunautaires ont fait des milliers de victimes. Mais, à l’approche du scrutin, la population se surprend à retrouver espoir.

 

Sécuriser le scrutin

 

«Il y a déjà eu des améliorations, depuis la visite du pape (ndlr: le pape François s’est rendu à Bangui fin novembre). Je suis retourné en ville vendre du ciment. Il y a encore un mois, j’aurais probablement été tué», dit Hamadou, qui emploie deux chrétiens dans sa petite entreprise. Signe d’un apaisement des esprits, les milices d’autodéfense se font moins visibles dans la capitale. Mais les défis sont immenses, les cicatrices profondes, et tout est à reconstruire.

 

La préoccupation immédiate, c’est la sécurisation du scrutin. La mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca), qui compte environ 10 000 Casques bleus, a été mobilisée pour aider à l’acheminement du matériel électoral et assurer que ce vote se déroule dans les meilleures conditions possibles.

 

Le référendum constitutionnel du 13 décembre avait été entaché de violences, notamment à Bangui où cinq personnes ont été tuées au PK5. «Ce vote a servi de test, dit Parfait Onanga-Anyanga, chef de la Minusca. Depuis, nous avons renforcé notre visibilité et nos capacités, organisé davantage de patrouilles…»

 

La logistique pose aussi question: environ 5600 bureaux de vote sont répartis à travers le pays, les infrastructures routières et de communication sont quasi inexistantes. Les scrutins législatif et présidentiel, initialement prévus le 27 décembre, ont été reportés de trois jours à cause, entre autres, d’un problème d’approvisionnement en bulletins de vote et de formation des agents électoraux. Observateurs et candidats s’accordent sur un point: le risque de fraude est élevé. Pendant la campagne, plusieurs candidats ont dénoncé la vente de cartes d’électeurs dans certains quartiers de Bangui. «Le processus électoral sera imparfait, dit le chef de la Minusca, mais nous avons mis en œuvre tous nos moyens pour assurer sa crédibilité.»

 

Banderoles et affiches électorales bordent toutes les avenues et les ronds-points de la capitale centrafricaine. Trente candidats sont en lice pour l’élection présidentielle. La plupart n’ont aucune chance de l’emporter. Quelques favoris semblent se dégager: Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, deux anciens premiers ministres, mais aussi Karim Meckassoua, candidat musulman indépendant, surtout populaire dans les provinces du nord-est du pays.

 

Un climat si volatil

 

Catherine Samba-Panza, présidente du gouvernement de transition, dont le mandat a été prolongé jusqu’au 31 mars 2016, n’avait, elle, pas le droit de se présenter. Elle a cependant répété à plusieurs reprises sa détermination à tenir ses engagements pour que le scrutin se tienne avant la fin de l’année. Ces élections à marche forcée ont été voulues par la communauté internationale, désireuse de sortir de l’impasse.

 

Contre toute attente, la situation dans le pays est calme et aucun incident majeur n’a été rapporté ces derniers jours. Le vrai risque surviendra après l’annonce des résultats des urnes. «Le climat est toujours très volatil et le désarmement n’a pas eu lieu, dit un analyste, spécialiste des questions sécuritaires, qui requiert l’anonymat. Tout reste possible en cas de contestation après la proclamation.» (24 heures)

 

 

Election présidentielle en RCA : Trois favoris talonnés par trois fils d'anciens présidents

 

http://www.adiac-congo.com/  Mardi 29 Décembre 2015 - 18:30

 

Après plus de deux semaines de campagne, les électeurs centrafricains seront aux urnes ce mercredi pour choisir entre trente candidats lequel dirigera ce pays au cours des cinq prochaines années. De l'avis de certains observateurs,  trois candidats, Anicet Georges Dologuele, Martin Ziguélé et Abdoul Karim Meckassoua sortent du lot. Ils sont cependant talonnés par trois fils d'anciens présidents qui ont également fait parler d'eux.

 

Après deux échecs face à François Bozizé, Martin Ziguélé, 58 ans, fait figure de favori, puisque son parti, le MLPC étant assez structuré, est présent dans toutes les préfectures du pays. Mais cet ancien Premier ministre de feu Ange-Félix Patassé doit surmonter au moins deux handicaps : une partie de la population considère qu’il a soutenu le coup d’Etat de l’ancienne rébellion Séléka, ce dont il se défend, et ses détracteurs l’accusent d’être le candidat de la France en tant que membre de l’Internationale socialiste. Martin Ziguélé est néanmoins considéré comme un homme à poigne. Il a lancé, en tant que Premier ministre, une opération mains propres visant les douaniers véreux et a provoqué le limogeage de François Bozizé du poste de chef d'état-major de l'armée en 2001.

 

Egalement âgé de 58 ans, Anicet Georges Dologuele est lui aussi un ancien Premier ministre d’Ange-Félix Patassé. Banquier, il est soutenu par les milieux d’affaires du pays, et a obtenu le ralliement du parti de François Bozizé à sa candidature. Mais cette alliance pourrait être à double tranchant : bien que divisés, les partisans du KNK, parti de l’ex-président Bozizé, représentent une part importante de l’électorat, cette alliance pourrait également être un obstacle pour une autre frange des Centrafricains, qui considèrent que Bozizé fait partie du problème, en tant que « parrain » des Anti-balaka.

 

Abdou Karim Meckassoua, à 61 ans, jouit d’une réputation d’homme rigoureux. Plusieurs fois ministre sous le régime Bozizé, il a ses connexions dans la sous-région, selon l’AFP. Il a également su obtenir le soutien de nombreux relais d’influence dans le pays. Musulman, Karim Meckassoua devra dépasser la division intercommunautaire du fait des crimes et des pillages commis par l'ex- Séléka, dont il fut pourtant un détracteur.

 

Trois fils des anciens chefs d’Etat centrafricains veulent exploiter l’héritage de leurs défunts pères : Eugène Sylvain Ngakoutou Patassé, fils d'Ange-Félix Patassé, (président centrafricain de 1993 à 2003) il est opérateur économique dans le secteur du diamant. Sans expérience politique, il se lance dans la course présidentielle pour la première fois comme candidat indépendant. Désiré Nzanga Bilal Kolingba, est le fils aîné d'André Kolingba (président de 1981 à 1993). Economiste et ancien représentant de la Banque mondiale à Bangui, il a été plusieurs fois ministre sous François Bozizé. En janvier 2014, il perd de justesse face à Catherine Samba-Panza pour prendre le poste de chef de l'État de transition, en remplacement de Michel Djotodia.

 

 Enfin, Jean-Serge Bokassa, est le fils de l'ex-empereur Bokassa qui a dirigé la Centrafrique de 1966 à 1979. Agé de 43 ans, Serge Bokassa est ancien ministre et ancien député. Il se présente pour la première fois comme candidat indépendant à la présidentielle.

 

Fiacre Kombo

 

 

Centrafrique: Enfin les présidentielles et législatives se tiennent demain

 

SENENEWS.com | 29/12/2015 à 14:31

 

Depuis près de trois ans après que François Bozizé ait été chassé du pouvoir, en mars 2013 par la Seleka (coalition en Sango) dirigée par Michel Djotodia, la Centrafrique est sous un régime de transition conduite par Mme Catherine Samba Panza.

 

Repoussées à plusieurs reprises, les élections présidentielles centrafricaines se tiendront, finalement, demain, mercredi 30 décembre. Les Centrafricains se rendront aux urnes afin d’élire, à la fois, leurs parlementaires et un président de la République.

 

Au nombre de trente (30), les candidats à la présidentielle sont issus de tous les secteurs socio politiques. Mais, déjà «trois favoris» se sont fait remarquer, selon certains observateurs.

 

Il s’agit de Martin Ziguélé avec son parti Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain crée en 1979 par l’ancien président Ange Félix Patassé. De Anicet Georges Dologuélé qui dirige, aujourd’hui, le Kwa Na Kwa (KNK, la nouvelle Centrafrique) de François Bozizé.

 

Et en troisième position vient l’ingénieur de Formation, Karim Meckassoua, soutenu, selon Jeune Afrique, par le président congolais, Denis Sassou Ngesso.

 

Mais, outre les favoris il y a aussi des outsiders. Ils sont deux à être désignés par des observateurs du scrutin en Centrafrique. Il s’agit du fils de Patassé, Sylvain Patassé et de Désiré Kolingba.

 

Cette élection présidentielle se tient alors que l’État ne contrôle pas l’intégralité du territoire centrafricain : à l’Ouest, les anti-balaka perturbent quotidiennement la vie des populations ; au Sud-Est, la LRA de Joseph Kony menace toujours ; enfin au Nord et au Nord-Est, les groupes issus de l’ex-Séléka ont mis en place une organisation parallèle qui leur permet de générer d’importants profits, note le journal.

 

Ce scrutin aux grands enjeux sera une porte de sortie pour le retour de la paix au pays de Jean-Bedel Bokassa.

Lu pour vous : En Centrafrique, un vote pour tenter de faire oublier la loi des kalachnikovs
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Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 22:05

 

 

 

29 décembre 2015 à 09h00 Par Margaux Benn - à Bangui Jeune Afrique

 

Alors que la campagne électorale prenait officiellement fin lundi soir, Martin Ziguélé, poids lourd du scrutin présidentiel, s’apprêtait à mener une toute dernière caravane dans les rues de Bangui. La voix presque éteinte après deux semaines à sillonner le pays, il a accordé une interview à Jeune Afrique.

 

Jeune Afrique : Quel a été pour vous l’aspect le plus marquant de cette campagne électorale ?

 

Martin Ziguélé : C’était une campagne très particulière. Je n’ai jamais ressenti autant d’interactivité. Lorsque je faisais des meetings, à Bangui comme en province, les gens – les jeunes, surtout – me posaient des questions et je leur répondais. Ils n’attendaient pas de moi que je délivre simplement un message, mais voulaient réellement savoir ce que je proposais et ce qu’allait devenir leur pays. La crise que nous connaissons est une crise de la jeunesse : ce sont les jeunes qui se demandent s’ils vont pouvoir trouver un métier, un avenir. Leur engagement, leur mobilisation a été pour moi l’un des aspects les plus positifs de cette campagne.

 

La campagne a été rude : des cartes d’électeurs ont été dérobées, et certains candidats parlent même de fraudes. Avez-vous été affecté par ces problèmes ?

 

Tout le monde sait qu’il y a des cartes d’électeur qui circulent par ci-par là. Il faut que les autorités prennent les mesures nécessaires pour prévenir les vols et les fraudes et, le jour du scrutin, vérifier l’identité des électeurs, en consultant les notables s’il le faut dans le cas où une personne ne possède pas de papier d’identité…

 

Le vote référendaire sur la Constitution a été perturbé par des violences dans certaines localités ainsi qu’à Bangui. Comment envisagez-vous ce scrutin, forcément plus clivant que le référendum constitutionnel ?

 

Le risque sécuritaire est réel, et la mobilisation doit être très forte. Mais il y a une conscience citoyenne qui est, en quelque sorte, le premier des dispositifs de sécurité. Les gens veulent des élections et s’organisent eux-mêmes pour assurer leur sécurité. Les forces internationales et locales ont également tout mis en oeuvre pour que ce scrutin soit le plus exemplaire possible. Et, pour ne rien gâcher, des groupes armés ont promis de ne pas perturber le scrutin. De toute façon, je n’ai pas d’autre choix que d’être confiant dans ce processus électoral. Nous n’avons pas d’autre choix que d’aller à ces élections.

 

Que pensez-vous de la décision de l’URCA d’Anicet-Georges Dologuélé, l’un de vos principaux concurrents, de faire alliance avec le KNK de François Bozizé, récupérant ainsi théoriquement les voix du parti de l’ancien chef d’État ?

 

Je ne souhaite pas commenter cette alliance. Nous sommes en campagne, à chacun sa stratégie. C’est le peuple qui jugera des actions de chacun des candidats.

 

Ma première priorité : rétablir la sécurité. La seconde : redresser le secteur agricole

 

Si vous deviez remporter ce scrutin, quelles seraient vos premières actions?

 

Tout d’abord, rétablir la sécurité. Il s’agit d’une première étape pour remettre en marche l’État. Les Centrafricains ne supportent plus que des hommes et des femmes armés fassent la loi, tuent, pillent, violent. Cela passerait par une remise en marche des forces armées structurées, des forces de police, ce qui a déjà été entamé par le gouvernement de transition en partenariat avec la communauté internationale. Nous lancerions immédiatement le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) sur la base de l’accord de paix signé en marge du Forum de Bangui. Celui-ci prévoit un engagement réciproque, selon lequel les groupes armés rendent leurs armes et, en retour, l’État les réintègre dans la société.

Seconde priorité : redresser le secteur agricole, qui aujourd’hui est anéanti. Aujourd’hui, huit Centrafricains sur dix vivent dans le monde rural. Il s’agit donc non seulement de la vie, mais de la survie de la plupart des Centrafricains. Tant qu’on ne s’attèlera pas à faire fleurir le secteur agricole, ce sera comme si on ne faisait rien.

 

Margaux Benn

Lu pour vous : Martin Ziguélé : « Je n’ai pas d’autre choix que d’être confiant dans ce processus électoral »
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 19:48
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : Les matériels électoraux déployés dans plusieurs villes du pays

 

PAR RJDH LE 29 DÉCEMBRE 2015

 

Les matériels électoraux sont arrivés dans plusieurs villes du pays  en vue des élections du 30 décembre 2015. Selon le constat fait par le RJDH, les villes comme Ndélé, Baoro, Baboua, Mobaye, Bouar, sont prêtes pour les scrutins de demain, malgré quelques manquements qui varient d’une ville à une autre.

 

Dans la ville de Ndélé, l’autorité sous préfectorale de ladite ville a noté que les matériels électoraux sont arrivés et la répartition par commune a été faite ce mardi 29 décembre 2015.

 

Toutefois, quelques manquements sont relevés. « En ce qui concerne les bulletins de vote des candidats, l’Autorité Nationale des Elections a envoyé à Ndélé seulement le nombre exact de bulletins sans qu’il y a un surnombre. Je ne sais pas si l’ANE peut envoyer des suppléments des bulletins de vote afin de permettre d’éviter le jour « J » les cas de force majeur », a alerté le président du démembrement de l’ANE de Ndélé.

 

A Baoro dans la Nana-Mambéré, les matériels électoraux sont arrivés. L’ANE locale commence à faire le redéploiement dans les communes de ladite Sous-préfecture. C’est ce que nous a laissé entendre Noel Mbayapo, président de l’Autorité Sous préfectorale des Elections de cette ville. Ce dernier craint une perturbation de la part des agents recenseurs qui réclament le versement de leur prime.

 

« les dispositifs sécuritaires ne sont pas encore rassurants. Car, les forces onusiennes ne sont  pas  au grand complet.  Nous avons seulement quelques éléments de la Minusca qui assurent la sécurité. La gendarmerie est là, mais elle n’a pas  de moyens logistiques pour faire le travail », a-t-il relaté.

 

Selon nos informations, les autorités locales ont entamé des pourparlers avec les manifestants afin de permettre la tenue des élections dans cette localité.

 

Dans la ville de Bouar, les bulletins de vote  pour la présidentielle sont arrivés le lundi 28 décembre 2015  mais ceux des législatives ne sont pas encore arrivés. « J’ai réceptionné hier juste les bulletins  de vote pour la présidentielle. Mais je n’ai pas encore reçu pour les législatives et cela est inquiétant », a précisé, Daniel, président de l’Autorité sous préfectorale des Elections de Bouar.

 

Par contre dans la ville de Baboua, les choses semblent être normales. Les matériels électoraux sont déjà déployés dans les bureaux de vote de  la ville de Baboua le lundi 28 décembre 2015. L’Autorité Nationale des Elections de Bangui a envoyé six pickups au comité local pour accompagner ces matériels dans les communes et villages reculés.

 

Selon Brice Gervais Yadere, Président Sous-préfectorale des Elections  de Baboua, hier lundi 28 décembre 2015, les matériels électoraux  des villages axe Béloko à savoir Béton, Koungbé et Beloko, Mougnala, Lybie et Samba, environ 65 kilomètres sont déployés. « La Minusca congolaise basée dans la localité assure la sécurité  des matériels lors des déploiements », a-t-il rassuré.

 

Le déploiement se poursuit ce mardi 29 décembre sur l’axe Bouar vers Galo, Nguiakoua, Ndongori et Ngonzibar à environ 605 kilomètres de la ville. Mais l’Autorité Sous-préfectorale  déplore le manque des cartes d’électeurs qui ne font pas partie des matériels envoyés. « L’élection sera faite à base des récépissés après vérification des noms sur la liste électorale », a rappelé Brice Gervais Yadere.

 

Il y’a au totale 90 bureaux de vote dans les deux circonscriptions de Baboua où les matériels électoraux y sont déjà déployés.

 

La   sous préfecture de Mobaye est aussi  prête pour les élections législatives et présidentielle du 30 décembre 2015. Selon le président de l’autorité sous préfectorale des élections de Mobaye, les matérielles électoraux  sont déployés dans la dite ville et les différentes communes qui l’entourent. Il relève toutefois quelques difficultés «  nous avons procédé ce matin aux déploiements des matériels électoraux dans les différents  bureaux de vote et les agents sont affectés dans les centres retenus pour attendre le vote de demain. Certaines cartes d’électeurs et  bulletins de candidats aux  législatives portent des noms, des numéros et des photos  différents » a-t-il souligné.

 

L’autorité sous préfectorale de Mobaye demande à l’ANE de Bangui de  revoir  cette situation le plutôt vite possible afin que les scrutins puissent se dérouler sans inquiétude.

 

Aux dernières nouvelles, les candidats aux législatives de la circonscription de Mobaye ont demandé à l’ANE de reporter leurs élections à causes des erreurs sur les bulletins de vote.

 

La ville de Bozoum a aussi réceptionné les matériels électoraux dimanche 27 décembre 2015.  Selon Thierry, président du démembrement de l’ANE de la ville, ces matériels sont arrivés pour  permettre à la population d’élire les prochains dirigeants.  « Nous sommes en train de distribuer ces matériels dans les communes et villages », a-t-il dit

 

Il  déplore le fait que certains candidats aux législatives se confrontent  à certaines difficultés concernant le spécimen. « Ils nous ont demandé les spécimens malheureusement nous aussi nous en avons pas», a-t-il expliqué.

 

« Un des candidats déplore le fait que  son  nom n’est pas parmi les candidats. Ce candidat est mécontent car il a battu campagne jusqu’à la fin mais son numéro n’est pas sortie sur la liste », a-t-il signalé.

 

Plusieurs autres villes ont aussi reçu les matériels pour les élections du mercredi 30 décembre 2015

 

 

L’Unicef appelle les acteurs du processus électoral à respecter les écoles pendant le vote

 

PAR INES LAURE N'GOPOT LE 29 DÉCEMBRE 2015

 

L’Unicef et le Ministère de l’Education ont déploré les attaques perpétrées lors du vote référendaire du 13 décembre dernier contre certains établissements scolaires en Centrafrique. Ces deux institutions appellent les acteurs du processus électoral à respecter toutes les écoles lors du scrutin présidentiel et législatif du 30 décembre.

 

Dans le communiqué,  l’Unicef et ministère de l’éducation, ont appelé toutes les parties à prendre des dispositions nécessaires pour protéger les écoles qui abritent les opérations de vote.

 

Le communiqué note que « déjà, au cours du scrutin référendaire pour la nouvelle constitution, le 13 décembre dernier, de nombreuses attaques et pillages de bâtiments ont été enregistrés. Ainsi, à Bossangoa, cinq établissements scolaires sur les six que compte la ville ont été attaqués et leurs installations pillées», a regretté l’Unicef et le ministère dans ce document.

 

« L’utilisation des structures scolaires comme bureaux de vote  ne doit pas les exposer aux attaques des groupes politico-militaires opposés à la tenue du scrutin, ni des électeurs dans leur attente devant les bureaux de vote », a déclaré le professeur Bernard Simiti, Ministre de l’Education National, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

 

Pour l’Unicef et le ministère de l’Education,  tout le monde doit avoir le souci de protéger  les écoles qui sont déjà dans un état de grande précarité. « Les écoles n’ont de couleur politique. Elles sont là pour préparer l’avenir de tous les enfants de Centrafrique», a rappelé Mohamed Malick Fall, représentant de l’Unicef en RCA.

 

L’Unicef et département de l’Education ont  demandé aux forces de défense et de sécurité et aux forces internationales en prévision des scrutins à venir de tout mettre en œuvre afin de protéger les établissements scolaires.

 

Les élections couplées auront lieux ce 30 décembre prochain sur toute l’étendue du territoire et à l’étranger.

 

 

La CEEAC optimiste pour la réussite des élections en Centrafrique

 

PAR CAROLE BYCEKOAN LE 29 DÉCEMBRE 2015

 

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC) et le Forum des Parlements de la conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs ont déclaré ce lundi 28 décembre 2015 lors d’une conférence de presse qu’ils attachent une grande importance aux élections du 30 décembre 2015. Cette institution va aussi assurer l’observation des élections de mercredi prochain.

 

Selon Baudoin Hamuli Kabarhuza, directeur des Affaires Politiques  et du Mécanisme d’Alerte Rapide en Afrique Centrale, «  la CEEAC attache une grande importance à la réussite des  prochaines  élections. Elles seront l’aboutissement des efforts de retour de la paix et de la stabilité de la RCA,  conditions  propices pour la stabilisation  du pays ».

 

Cette mission, selon le directeur, rentre dans le cadre du soutien à la transition centrafricaine « la mission conjointe s’inscrit dans le cadre de l’accompagnement de la CEEAC à la Transition politique en RCA qui prendra fin avec la mise en place des autorités auxquelles le peuple centrafricain confiera la destinée de la nation au terme du scrutin le 30 décembre 2015 », a-t-il rappelé.

 

Baudoin Hamuli Kabarhuza a exhorté  les Centrafricains en âge de voter à se rendre  dans les bureaux de vote afin de participer librement aux scrutins.

 

La CEEAC a souligné que le « vote du 30 décembre doit apporter une valeur ajoutée à la victoire du OUI au référendum constitutionnel ».

 

 La CEEAC a déployé une mission conjointe d’observation en Centrafrique afin de faire le suivi du processus électorale du 23 décembre au 31 Janvier 2016 sans précisé l’effectif de ces observateurs.

 

 

Plus de 13.500 déplacés de Bangui reçoivent des vivres du CICR et de la CRCA

 

PAR INES LAURE N'GOPOT LE 29 DÉCEMBRE 2015

 

Plus de  13.500 déplacées de Bangui ont reçu des vivres du 18 au 23 décembre 2015. Ces vivres ont été distribués par le Comité International de la Croix Rouge (CICR) en collaboration avec la société de la Croix Rouge Centrafricaine (CRCA).

 

Selon le communiqué de presse du 28 décembre 2015, ces vivres sont constitués de riz, de haricot niébé, d’huile végétale et du sel.

 

Les distributions ont eu lieu sur un site de déplacés du 3e arrondissement de Bangui, deux autres dans le 5e arrondissement, ainsi que cinq sites dans le commune de Bimbo.

 

« Nous continuons d’être très inquiet par rapport à la terrible situation qu’endure la population de Bangui, en particulier pour des personnes qui ont dû abandonner leurs maisons et ont trouvé  une nouvelle fois refuge dans les sites aménagés pour les déplacés », constate Jean-François Sangsue, Chef de la Délégation du CICR.

 

Des milliers de personnes étaient contraintes de fuir leur foyer respectif suite aux violences qui ont secoué la capitale en septembre 2015.

 

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 17:52

 

 

PROFILS

 

République centrafricaine : les trois favoris d'un scrutin chaotique

 

http://www.liberation.fr/  Par Hélène Gully Libération — 29 décembre 2015 à 16:05

 

Après de multiples reports, le premier tour pour l'élection présidentielle du pays d'Afrique centrale aura lieu mercredi.

 

Cette fois-ci, c’est la bonne. Reportées de nombreuses fois, le premier tour de l'élection présidentielle en République centrafricaine doit avoir lieu mercredi. Dans ce pays d’Afrique centrale, les affrontements religieux durent depuis trois ans et ont provoqué la mort de milliers de personnes. Musulmans ou chrétiens, à chacun sa persécution suivant le président au pouvoir. Depuis début 2014, après la démission forcée de Michel Djotodia, une présidence par intérim est assurée par Catherine Samba Panza, ancienne maire de Bangui, la capitale de la République centrafricaine.

 

Ces élections populaires suscitent cependant peu de suspens. Malgré des chiffres qui donnent le tournis : trente personnalités en lice, les candidats sérieux se comptent sur les doigts d’une main. Trois se démarquent : Anicet Georges Dologuélé, Martin Ziguélé et Abdoul Karim Méckassoua. Des favoris guère surprenants puisque apparatchiks centrafricains. Deux d’entre eux sont des anciens Premiers ministres du défunt président Ange-Félix Patassé et l’autre, un ancien ministre de François Bozizé (le président renversé en 2013 par la rébellion musulmane). 

 

Anicet Georges-Dologuélé, le rigoureux

 

«Rassemblement, paix, développement.» La devise de son parti politique, l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), se veut pleine de promesses. Car ces trois mots incarnent les aspirations des Centrafricains. «J’ai toujours plaisir à rappeler que, depuis 1996 jusqu’à aujourd’hui, la seule période où il n’y a pas eu une crise militaro-politique dans le pays, c’est quand j’étais Premier ministre», a expliqué Anicet Georges-Dologuélé lors du congrès de son parti, dans lequel il a été investi (sans surprise) candidat à la présidentielle.

 

A 58 ans, ce diplômé d’économie de l’université de Bordeaux, père de 4 enfants, a déjà une belle carrière politique. Premier ministre de 1999 à 2001 sous Ange-Félix Patassé, il devient ensuite le président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) pendant huit ans.

 

Grâce aux travaux de réfection des édifices publics qu’il a entrepris durant sa primature, Anicet Georges-Dologuélé a hérité de la réputation de «Monsieur Propre». Selon ses propres termes, il a «les capacités, l'expérience, la légitimité et la motivation» pour diriger le pays. En toute modestie. 

 

Martin Ziguélé, haut en couleurs

 

Le soixantenaire aux chemises multicolores préconise une vraie proximité avec les électeurs. Martin Ziguélé privilégie le terrain. En coucou de brousse, il a sillonné la République centrafricaine pendant sa campagne présidentielle. Pour sa dernière étape, il a choisi son fief électoral, Bocangara dans le nord-ouest du pays. «Je finis par ma région, pas pour les convaincre, car leur vote m’est acquis, mais pour les remercier», confie t-il. Déterminé, il ne néglige aucun détail pour s’assurer la victoire. Et pour captiver son auditoire, l’expert en assurances est plein de ressources. Il chante pendant son dernier discours, de quoi susciter une standing ovation.

 

S’il sait être léger, le candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) peut aussi être ferme. A Kaga Bangoro, point de friction entre l’ex-rébellion Séléka et les milices anti-balaka, il a exhorté les jeunes «de désarmer immédiatement». Car rétablir la sécurité est sa priorité explicite. «Cela passerait par une remise en marche des forces armées structurées, des forces de police, ce qui a déjà été entamé par le gouvernement de transition en partenariat avec la communauté internationale», explique-t-il dans un entretien accordé, lundi, à Jeune Afrique. Une communauté internationale dans laquelle il a des liens, étant membre de l’Internationale socialiste.

 

Le successeur d’Anicet Georges-Dologuélé au poste de Premier ministre de Patassé en 2001 est à l’origine d’une opération «mains propres» visant les douaniers véreux. Adversaire historique de Bozizé, il a aussi encouragé son limogeage du poste de chef d’état-major de l’armée en 2001, pour «mauvaise manière de servir». Très impliqué dans la vie politique de son pays, il mise sur «la réconciliation des Centrafricains, chrétiens, musulmans».

 

Abdoul Karim Méckassoua, l’indépendant

 

«Nous réconcilier». Un maître mot pour lui aussi. Abdoul Karim Méckassoua se présente comme le «candidat de l’union». Connu pour avoir postulé à la présidence de transition en janvier 2014, cet ingénieur ergonome de 63 ans n’a ni parti politique ni vrai ancrage local.

 

Pourtant, il connaît les rouages du monde politique. Abdoul Karim Méckassoua traîne derrière lui un passé putschiste (loin de le disqualifier). Il a participé à l’élaboration du coup d’Etat du 15 mars 2003, substituant François Bozizé à Ange-Félix Patassé. En récompense de sa fidélité, il est nommé ministre des Affaires étrangères puis hérite de cinq portefeuilles différents. Cependant, c’est Anicet Georges Dologuélé qui a reçu le soutien officiel de Bozizé et de son parti le Kwa Na Kwa (KNK).

 

Comme les autres, ce businessman du secteur minier n’a pas sous-estimé l’importance des campagnes électorales. Goodies et francs CFA, tout est bon pour appâter l’électeur. Après un grand défilé de motos, de voitures et de camions, le candidat de confession musulmane a même tenu un de ses meetings dans le quartier Combattant, l’un des fiefs des anti-balaka chrétiens. Proche du président congolais Denis Sassou Nguessou, il a bénéficié de son soutien financier pour sa campagne.

 

Hélène Gully

 

 

Centrafrique : Jour d’élections

 

http://gabonreview.com/  Gérald Mounomby  sur mardi 29 décembre 2015 à 2:46

 

Un pays d’Afrique centrale vit au rythme des élections présidentielles en cette fin d’année 2015 : la République centrafricaine. 30 candidats, dont 3 anciens Premiers ministres. Près de 2 millions d’électeurs sont appelés à les départager ce mercredi 30 décembre dans ce pays producteur de diamant, de bois, d’uranium et d’or.

 

Après une transition politique de près de deux ans débutée en janvier 2014, la République Centrafricaine a décidé, après moult perturbations marquées par un conflit interreligieux ayant causé des milliers de morts jusqu’au referendum tenu il y a tout juste trois semaines, d’organiser le double scrutin présidentiel et législatif dans deux jours, le 30 décembre prochain. Le scrutin est ouvert. La présidente et tous les responsables de la Transition ne peuvent se porter candidats.

 

Pour l’élection présidentielle qui avait vu initialement 42 personnalités se porter candidates, la Commission électorale a retenu 30 candidatures. Parmi elles, celle des anciens Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé, 58 ans, candidat de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) ; Martin Ziguélé, 58 ans, candidat du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et de Faustin-Archange Touadéra, dernier Premier ministre de François Bozizé.

 

L’élection se joue entre l’ancien ministre Meckassoua et les 3 anciens Premiers ministres Dologuélé, Ziguélé et Touadéra

 

D’autres principales figures du paysage politique centrafricain seront présentes à ce scrutin. Il s’agit notamment d’Abdou Karim Meckassoua, ancien ministre, de Laurent Gomina-Pampali, ancien ministre, président de l’Union nationale des Démocrates pour la République (UNADER), de Jean-Barkès Ngombé-Ketté, maire de Bangui de 2004 à 2011, de Guy Moskit, journaliste, ancien ministre, candidat du Mouvement pour la Solidarité nationale, et de Théophile Sony-Colé, ancien syndicaliste.

 

En plus de la présence d’une seule femme à ce scrutin, Régina Konzi-Mongot, 53 ans, cette élection a la particularité de voir concourir également trois fils d’anciens présidents de la République. Il s’agit de Jean-Serge Bokassa, fils de Jean-Bedel Bokassa, candidat de Centrafrique Nouvel Elan (Cane), qui a notamment vécu au Gabon, pays de sa mère, et en France, avant de revenir dans le pays de son père ; de Sylvain Patassé, 46 ans, fils du Président Ange-Félix Patassé, et de Désiré Kolingba, candidat du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), le parti créé par son père André Kolingba. Ils ont l’autre particularité d’avoir tous été ministres sous François Bozizé.

 

Jean-Serge Bokassa, Sylvain Patassé et Désiré Kolingba – trois fils d’anciens présidents de la République- sont candidats

 

Selon des diplomates en poste dans la capitale centrafricaine, cette élection se joue entre Anicet-Georges Dologuélé, Abdou Karim Meckassoua, Faustin-Archange Touadéra et Martin Ziguélé. Le premier – un candidat d’envergure, un des favoris du scrutin de mercredi prochain – a signé un accord avec le parti de François Bozizé, le Kwa Na Kwa (KNK), populaire dans certains quartiers de Bangui et dans diverses localités du pays. L’ancien président de la BDEAC et ancien Premier ministre d’Ange-Félix Patassé jouit d’une certaine popularité à Bangui et dans les grands centres urbains, mais – paradoxe des paradoxes – des sources diplomatiques indiquent que son alliance avec Bozizé est à double tranchant : elle pourrait lui faire gagner des voix, elle pourrait aussi l’empêcher de gagner, car beaucoup de Centrafricains se disent convaincus qu’une victoire de Dologuélé pourrait précipiter le retour à Bangui de l’ancien président, alors qu’ils souhaiteraient voir celui-ci rester le plus longtemps à l’étranger. Le deuxième – l’ancien ministre Abdou Karim Meckassoua, de confession musulmane – avait été proposé par Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, pour diriger la Transition lors de l’éviction de Michel Djotodia en janvier 2014, mais c’est Catherine Sambat-Panza, ancien maire de Bangui, qui avait in fine été choisie par les délégués centrafricains.

 

Depuis les débuts de la transition, Karim Meckassoua n’a pas cessé d’appeler à la démission de Samba-Panza ; ce qui a donné de lui l’image d’une personnalité impatiente et sans retenue. Le troisième candidat d’envergure, l’universitaire Faustin-Archange Touadéra, a été le dernier Premier ministre de François Bozizé jusqu’au départ de celui-ci du pouvoir en mars 2013 lors du coup d’Etat de Michel Djotodia. On se demande pourquoi l’ancien président centrafricain n’a pas appelé à voter pour lui, préférant s’allier à Anicet-Georges Dologuélé. Quant à Martin Ziguélé, il avait contraint le président François Bozizé à un second tour en 2005 au moment où celui-ci était au zénith de sa popularité. A l’élection de 2011, le «Sphinx de Paoua» (surnom de Ziguélé) avait boycotté l’élection, estimant que Bozizé ne voulait pas jouer franc jeu. Il revient en 2015 dans cette élection qui devrait, de l’avis de nombreux observateurs, le voir arriver au moins dans le trio de tête.

 

Bozizé, vainqueur moral du scrutin ?

 

Beaucoup d’observateurs pensent que, bien que sa candidature ait été rejetée, François Bozizé, l’ancien président, qui vit en exil en Ouganda, sera le grand vainqueur moral de cette élection. Non seulement, il a signé un accord électoral de gestion partagée au sein de l’Assemblée nationale et du gouvernement avec l’un des favoris du scrutin, mais en plus un très grand nombre de candidats ont été ministres sous son magistère. Ce qui pourrait lui ouvrir les portes d’un retour apaisé en Centrafrique, même s’il y est l’objet d’un mandat d’arrêt.

 

La République Centrafricaine est peuplée de 4,2 millions d’habitants. Sa capitale Bangui est le siège de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dont les activités ont été provisoirement transférées à Libreville. L’Etat Gabonais a offert une enveloppe d’un milliard de francs CFA pour l’organisation des élections dans ce pays.

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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:45

 

 

 

Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) LE MONDE 

 

Devant sa petite tente plantée aux abords de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Bangui-M’Poko, Freddy Yandoba pourrait rêver de s’envoler vers un avenir éloigné de la misère qui l’entoure. Depuis deux ans, cet étudiant en anthropologie ne va plus à l’université. Il regarde les avions décoller et survit dans ce camp de déplacés « en faisant des petits commerces ou de la manutention sur l’aéroport ». La maison familiale a été brûlée « par les musulmans », en représailles après l’attaque des miliciens anti-balaka du 5 décembre 2013.

 

Ce jeune homme de 26 ans, qui dit avoir pardonné « pour que le pays avance », n’attend désormais qu’une chose : voter. « Avec la transition, il n’y a pas de bonne gouvernance, tout le monde veut un bout de pouvoir. Si on trouve un homme qui répond aux besoins de ce peuple, cela va changer », espère-t-il. « Sans élection, les gens en armes continueront à semer l’anarchie », ajoute Emmanuel Namkpanon, son ancien voisin, également réfugié dans ce vaste camp, dont le nombre de pensionnaires varie, par milliers, au gré des flambées de violence.

 

Le même désir est invoqué non loin de là, au PK5 (poste kilométrique 5). Le dernier fief de la minorité musulmane à Bangui s’est partiellement désenclavé depuis la venue du pape François, fin novembre, mais demeure un ghetto dont on ne sort qu’en prenant des précautions qui peuvent s’avérer salvatrices. « Maintenant, je vais à la banque ou à la mairie dans le centre-ville, mais je change de tenue. J’enlève mon boubou, car c’est encore dangereux », raconte Amadou Kabara.

 

« Je veux voter, car il faut que la paix s’enracine. Il faut que l’on élise un homme capable de nous ramener des investisseurs », estime ce commerçant, pris en étau entre les anti-balaka, qui ont attaqué le quartier à de multiples reprises, et les autoproclamés protecteurs des lieux, regroupés autour de personnalités de l’ex-Séléka, la rébellion qui avait occupé le pouvoir de mars 2013 à janvier 2014.

 

« Fausse transition »

 

Ces derniers jours, la République centrafricaine (RCA) a vécu à l’heure de la campagne pour les élections présidentielle et législatives. Les affrontements ont cessé. Bangui s’est couverte d’affiches à l’effigie des candidats. Les trente postulants à la présidentielle ont enchaîné les meetings. Les plus nantis ont sillonné le pays en avion pour convaincre les quelque deux millions d’inscrits sur les listes électorales de voter pour eux. Plus que les programmes axés sur la réconciliation, la restauration de la sécurité et le développement, ce sont les distributions de tee-shirts et de billets qui ont aimanté les foules.

 

Après l’annonce, le 24 décembre, d’un huitième report du vote depuis mars 2014, alors qu’il devait se tenir trois jours plus tard, les scrutins destinés à élire un nouveau chef de l’Etat et 140 députés étaient prévus pour le mercredi 30 décembre.

 

La France, en premier lieu, tenait à tout prix à ce qu’ils soient organisés avant la fin de l’année. « Il faut sortir de cette fausse transition qui n’a que trop duré pour avoir une autorité reconnue avec laquelle nous pourrons traiter. Ces élections ne seront pas parfaites, mais c’est le moment. Et quelle est l’alternative ? », considère une source au ministère français de la défense, pressée de rapatrier une partie des 900 soldats encore déployés dans le cadre de l’opération « Sangaris ».

 

L’organisation de ces élections est un immense défi dans un pays où, en de nombreux endroits, les infrastructures routières appartiennent au passé et où la loi des armes est toujours d’actualité. Le référendum du 13 décembre, qui a validé l’adoption d’une nouvelle Constitution, a permis de mesurer l’ampleur des problèmes.

 

Dans le nord-est du pays, où ils se sont repliés et dans le quartier du PK5, des combattants de l’ex-Séléka ont tenté d’empêcher le vote par la violence. Leur chef, Nourredine Adam, a proclamé la sécession des zones qu’ils contrôlent, avant de revenir sur ses déclarations, sous la pression du Tchad, notamment, qui conserve une influence sur ses anciens protégés. Les groupes anti-balaka, fidèles à l’ancien président François Bozizé, ont, eux aussi, perturbé le vote dans la région de Bossangoa, leur fief.

 

« NOUS AVONS COMPRIS QUE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE VEUT SE DÉBARRASSER DU PROBLÈME ET VOUS VERREZ QU’APRÈS LE VOTE, ÇA VA CAPOTER »

 

La pression militaire des forces internationales – casques bleus de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l’ONU en RCA, et soldats français – a poussé les responsables de ces deux groupes, théoriquement ennemis, mais qui partagent des intérêts communs, à accepter le jeu démocratique et de soumettre leurs revendications aux futures autorités. « La communauté internationale est plus forte que nous. Nous allons laisser la population voter librement et attendre le président élu pour discuter avec lui de notre désarmement. Nous avons compris que la communauté internationale veut se débarrasser du problème et vous verrez qu’après le vote, ça va capoter », prédit le « général » Abdoulaye Hissène, l’un des chefs de l’ex-Séléka du PK5.

 

Des cartes d’électeurs sous le manteau

 

La menace d’une élection empêchée par les armes semble passée. D’autres épreuves sont à surmonter. Les bulletins de vote fabriqués à l’étranger ne sont arrivés à Bangui que quelques jours avant le vote. Ils sont en cours d’acheminement. « En voiture, à moto, à bicyclette ou en pirogue, le matériel sensible sera déployé sur toute l’étendue du territoire », promettait lundi Julius Ngouade-Baba, le rapporteur général de l’Agence nationale des élections (ANE). Une autre source considérait que « ce serait un miracle » si le vote se tenait dans 80 % des 5 687 bureaux de voteLa principale inquiétude porte sur les législatives, où les bulletins de 37 des 140 circonscriptions n’avaient pas encore quitté la capitale lundi 28 décembre.

 

Autre problème à régler dans l’urgence, celui du niveau des agents électoraux. Des formations sont dispensées en urgence, des présidents de bureau et des assesseurs ont été remplacés à la hâte après le fiasco du référendum constitutionnel de décembre, où près de la moitié des procès-verbaux de décompte des voix étaient invalides ou inutilisables car, selon plusieurs sources, de nombreux agents étaient illettrés. Une autre source évoque un sabordage volontaire, car ces derniers n’avaient pas reçu leurs salaires. Une répétition de ces défaillances entacherait gravement la crédibilité des élections.

 

Enfin, plusieurs candidats s’inquiètent ouvertement de fraudes. Ils disent avoir constaté que des cartes d’électeurs se vendent sous le manteau. Ils doutent également de la partialité des autorités de transition qui, faute de pouvoir concourir, favoriseraient un poulain.

 

Avec un pays où il n’existe même plus un squelette d’administration, où les groupes armés attendent en embuscade, où l’économie est dévastée et où les serviteurs de l’Etat, au sens premier du terme, ne se bousculent pas, « le futur président, quel qu’il soitaura une bombe à retardement entre les mains, admet un proche d’un candidat. Sans une volonté ferme des nouvelles autorités et un soutien massif de la communauté internationale, on ne s’en sortira pas ».

 

Cyril Bensimon  Bangui, envoyé spécial


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/29/en-centrafrique-des-elections-pour-tenter-de-sortir-de-l-abime_4838927_3212.html#0pqs6hjOgqJT0Cjz.99

Lu pour vous :  En République centrafricaine, des élections pour sortir du chaos
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:39

 

 

Paris, le 28 décembre 2015

 

République centrafricaine : la Secrétaire générale dépêche une mission d’information et de contacts à l’occasion du premier tour des élections présidentielle et législatives

 

A l’invitation des autorités de transition en République Centrafricaine (RCA), la Secrétaire générale de la Francophonie, Madame Michaëlle Jean, a dépêché une mission d’information et de contacts dans le cadre de la tenue, le 30 décembre 2015, du premier tour des élections présidentielle et législatives dans ce pays.

 

Conduite par Son Excellence Monsieur Boukar Maï Manga, ancien ministre du Niger, cette mission est composée d’un parlementaire et d’experts provenant de plusieurs Etats de l’espace francophone.

 

La mission francophone rencontrera les autorités de la transition, les acteurs politiques, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RCA sur place. Sur la base des informations recueillies, la mission élaborera un rapport pour rendre compte à la Secrétaire générale du déroulement global des élections, et formulera des recommandations de nature à orienter les actions futures de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en République Centrafricaine.

 

Cette mission s’inscrit dans le prolongement des actions d’accompagnement de sortie de crise engagées depuis 2013 par l’OIF, notamment en faveur des institutions de la transition, de l’Autorité nationale des élections, de la Cour constitutionnelle de transition ainsi que de la lutte contre l’impunité.

.

 

L’OIF compte 57 Etats et gouvernements membres, et 23 pays observateurs. Pour plus de renseignements sur la Francophonie : http://www.francophonie.org

 

 

Contacts presse :

Louis Hamann, Porte-parole et conseiller communication louis.hamann@francophonie.org;

Julie Tilman, chargée de mission auprès de la Secrétaire générale julie.tilman@francophonie.org;

 
Julie Tilman

Chargée de mission auprès de la Secrétaire générale

Diversité culturelle, Presse, Communication, Média

  

Organisation internationale de la Francophonie

19-21 avenue Bosquet

75007 Paris

00.33.1.44.11.12.68

www.francophonie.org

RCA Elections : Communiqué de presse de l'OIF
RCA Elections : Communiqué de presse de l'OIF
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:22

 

 

Centrafrique

 

 

Trois quart des photos faites pour les cartes d’électeurs inexploitables, des centaines des procès du scrutin référendaire mal remplis et annulés, des soupçons de trafics des cartes d’électeurs…

 

Dans son Editorial du 26 Décembre 2015 sur RFI, Jean-Baptiste Placca, faisant allusion au report des élections centrafricaines au 30 Décembre, a dit : « Nous sommes, ici, dans le cas typique d’un élève qui n’a rien appris durant toute l’année, et qui se précipite, à la veille des examens, pour rattraper toutes les lacunes accumulées ». Un Editorial traité par la Présidence de la Transition de la RCA de « Description surréaliste » dans un Communiqué, que je trouve maladroit, lu sur les ondes de Radio Centrafrique le 27 Décembre 2015.

 

Pour ma part, les insuffisances – pour ne pas dire le désordre – dans le processus d’organisation des élections qui se font jour aujourd’hui ne m’étonne guère. Pour avoir pratiqué un tout petit peu l’ANE, je m’en doutais qu’il ne puisse en être autrement.

 

Toutes ces insuffisances trouvent leur principale origine dans la mauvaise préparation et notamment dans l’absence de définition par l’ANE, en amont, de stratégies claires devant lui permettre de mener à bien sa mission. Et la question de formation est le talon d’Achille de l’ANE. Dire que 3 jours de report suffiront pour combler cette lacune, cette une plaisanterie.

 

Dirigeant d’un Cabinet de Consultants (Bureau d’études) basé à Marseille en France et ayant un bureau à Bangui, j’ai très tôt (en février 2014) soumis une offre de développement de compétences (formation) à l’ANE, qui était encore à la recherche d’un siège. Cette offre n’avait pas trouvé suite parce que l’Institution était entrain de constituer (mobiliser) son budget et n’avait pas commencé les opérations.

 

Mon Cabinet a soumis à nouveau son offre en février 2015. Quatre (4) séminaires de formation de haut niveau ont été proposés à l’Institution. Ces formations visaient non seulement les Commissaires (c’est comme ça qu’on appelle les 7 membres de l’ANE) et les chefs des Divisions de la dite Autorité, mais aussi d’autres acteurs intervenant dans le processus électoral (membres de la CCT, du CNT, du HCCT, cadres du Ministère de l’Administration du Territoire, journalistes et cadres des organisations de la société civile).

 

Je suis entré en contact avec plusieurs Responsables de l’ANE à ce sujet, notamment avec :

 

- Le Président (démissionnaire)

- Le vice-président (démissionnaire)

- Le Président de la Commission Formation et Education Civique (FEC), encore en fonction, qui est mon principal interlocuteur

- La présidente de la Commission Finances (encore en fonction)

- Le chef de Division FEC, mon second interlocuteur.

 

Plusieurs échanges par mails, au téléphone, en tête-à-tête ont eu lieu avec ces sieurs et dame. Lors d’une rencontre au siège de l’ANE, il m’a été signifié que l’Institution a reçu un certain nombre d’offres de formation mais la mienne est le mieux-disant (comparée notamment à une autre reçue d’un Institut de la RD Congo). De ce fait, m’attendait à voir confier à mon Cabinet la mission de formation, j’ai mis en stand-by des collaborateurs, experts internationaux et formateurs de haut niveau, ayant fait leur preuve auprès des multiples Commissions électorales en Afrique, ainsi qu’auprès des institutions qui appuient traditionnellement les élections sur le continent (OIF, PNUD…). Devant l’absence de décision de l’ANE, j’ai dû demander à plusieurs reprises aux formateurs d’aménager leur agenda à cet effet.

 

Un jour (d’avril 2015), j’ai reçu un coup de fil du chef de Division FEC qui m’appelait de la part du Président de la Commission FEC, me demandant de passer le voir au siège de l’ANE au sujet de mon offre de formation. C’est urgent, insistait-il ! Un rendez-vous est callé pour le lendemain de son coup de fil. Les références (avec des images-photos) en matière de formation de mon Cabinet figurant dans le catalogue de mon offre. Arrivé au rendez-vous, mon hôte m’a d’emblée adressé ses félicitations, en me signifiant être agréablement surpris et heureux de savoir qu’un compatriote Centrafricain est présent sur ce créneau de formation de haut niveau, dominé par des Cabinets ouest-africains et occidentaux (je suis flatté !). Il m’a alors indiqué que la Commission FEC a trouvé mon offre technique de qualité (il n’en pouvait être autrement ! Etant moi-même formateur dans des grands cabinets et centres de formation en France, mon offre est de standard international !!) mais la Commission souhaite une remise de prix pour la formation d’une quinzaine de participants (commissaires et chefs des divisions), et si cette prestation est satisfaisante, me disait-il, on me confierait la formation des membres des démembrements et autres. J’ai donné au chef de Division mon accord de principe et lui promet une nouvelle offre financière (OF) dans un bref délai. Le lendemain de notre entrevue, une nouvelle OF (avec rabais de 20%) lui est parvenue. J’ai toutefois transmis, par mail, une version électronique au Président (démissionnaire) de l’ANE.

 

Restant 3 mois sans réponse, j’ai pris l’initiative de recontacter la commission FEC : d’abord le chef de Division (sans suite), ensuite le Président de la dite commission. Ce dernier m’a reçu à nouveau (on était en juillet 2015) pour me signifier que l’ANE a sollicité un financement auprès des partenaires pour des formations et était dans l’attente de suite. Il a promis de me recontacter « au temps opportun » (ses propres termes). Je ne suis, à ce jour, pas contacté !! A ce que je sache, en juillet 2015, l’ANE était déjà en pleine phase des opérations et n’avait pas besoin d’attendre la réponse de demande de financement de partenaires avant de former ses membres !!

 

A ma connaissance (j’attends à être démenti !!), les Commissaires de l’ANE n’ont jamais reçu, tous ensemble, une ou des formations leur permettant de partager leurs expériences, sommes toutes individuelles. Le sentiment que j’ai, c’est que le renforcement des capacités (formation de perfectionnement) n’a pas grand intérêt pour eux. Leur intérêt est probablement ailleurs !

 

Ils peuvent se targuer d’avoir été ou d’être :

 

- Chef de mission Elections de l’Union Africaine

- Observateur électoral du GERDDES-Afrique

- Professeur de Droit Constitutionnel

- Magistrat

- Médecin, ancienne Ministre

- etc.

 

Ce que les Commissaires de l’ANE n’ont pas compris, c’est qu’ils ont là des parcours individuels. Pour gagner, il aurait fallu un partage de chacune de leurs expériences, sous la conduite d’un coach (un formateur/animateur). Ils sont comme une équipe nationale de foot ou de basketball. Les sélectionnés, même s’ils jouent dans des grands clubs du monde, il leur faut se retrouver, s’entraîner ensemble, sous la houlette d’un coach (entraineur) pour faire un collectif efficace.

 

L’ANE pèche donc par l’absence de formation des Commissaires ! C’est probablement par prétention de penser qu’ils sont déjà experts en matière d’élections et qu’ils n’ont plus rien à apprendre. Erreur !!! Et comme dit un dicton « le poisson pourrit par la tête », l’absence d’efficacité au sommet (car pas ou mal formé) se répercute aux démembrements (préfectoraux et d’arrondissements) et à l’ANE locale : d’où l’incapacité de manier correctement les appareils photos, de remplir correctement les procès verbaux, etc. Cela a un coût énorme !

 

Mes chers compatriotes, ne négligez pas la formation ! Ce n’est pas quelque chose d’accessoire, c’est la voûte d’efficacité. C’est une erreur de ne pas la mettre au cœur de toutes vos stratégies. Il y a un avantage comparatif indéniable entre les Ressources Humaines bien formées, qui se perfectionnent régulièrement et celles qui se contentent des acquis figés (généralement des diplômes obtenus à la fac depuis 10, 15, 20 ans, sans recyclage et complètement désuets aujourd’hui du fait que nous sommes dans un monde en perpétuelle mutation où tout va de plus en plus vite). C’est aussi là un défi majeur pour relèvement de la Centrafrique.

 

Pour finir, personne n’a intérêt à ce que l’ANE échoue dans sa mission, combien importante, délicate et historique. Son échec serait un suicide collectif pour nous Centrafricains ! Vivement la réussite du processus électoral !

 

Dr. Thierry BANGUI

 

Consultant international, universitaire et essayiste

 

Marseille, France

 

Séjourne actuellement à Bangui

 

Le 27/12/2015

L’AUTORITÉ NATIONALE DES ÉLECTIONS (ANE) EN QUESTION ! par Thierry Bangui
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Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 10:52

 

 

 

French.china.org.cn  Par : Laura 29-12-2015

 

Trois ans après le début de la guerre civile due à l'offensive des ex-rebelles de la Séléka contre le régime de François Bozizé, renversé en mars 2013, les électeurs centrafricains sont appelés aux urnes mercredi pour élire leur futur président et un nouveau Parlement, avec l'espoir d'une sortie de crise, une tâche ardue, vu la persistance des violences dans le pays.

 

Echéance très attendue, ce rendez-vous électoral au cours duquel 30 candidats sollicitent les suffrages de 1,9 million d'électeurs inscrits pour la magistrature suprême devait initialement avoir lieu dimanche 27 décembre, selon le calendrier officiel réaménagé à la dernière minute trois jours auparavant, un énième report depuis 2014 qui atteste des difficultés à surmonter pour le retour à la normalisation.

 

C'est la seconde étape d'un processus ouvert par la tenue le 13 décembre d'un référendum constitutionnel qui avait été émaillé de violences meurtrières, principale cause d'un taux de participation faible de 33% en général et de 26% à Bangui, la capitale du pays, un des épicentres des heurts dans les 3e et 4e arrondissements.

 

Pour la présidentielle et les législatives de mercredi 30 décembre, l'Autorité nationale des élections (ANE), organe en charge de l'organisation de ces consultations populaires censées avant tout permettre un retour à l'ordre constitutionnel après la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka du 24 mars 2013 à Bangui, promet cependant un scrutin apaisé.

 

"Il y a moins de soucis maintenant. En dehors des 3e et 4e arrondissements de Bangui, dans le Nord, il y a trois préfectures (Nana-Gribizi, Bamingui-Bangouram, la Vakaga, et dans une moindre mesure la Haute-Kotto) qui posaient problème. On a déployé les forces nationales et internationales dans toutes ces zones. Donc, au jour d'aujourd'hui la situation est sous contrôle", a assuré dans un entretien téléphonique à Xinhua Sakanga Morouba, responsable de la logistique au sein de cet organisme.

 

Ce sont des zones pour la plupart sous contrôle du Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), groupe armé dirigé par Nourredine Adam, ex-numéro deux de la Séléka et ex-ministre de la Sécurité publique de Michel Djotodia, le leader de l'ex-rébellion et éphémère chef de l'Etat par intérim aujourd'hui en exil à Cotonou (Bénin).

 

Dans le viseur de la justice centrafricaine et internationale, Adam a annoncé un "cessez-le-feu total" pour permettre la tenue des élections, une décision que les autorités de Bangui, conscientes de la capacité de nuisance de ce seigneur de guerre et ses hommes ainsi que des autres organisations similaires présentes dans le pays, affirment en tout état de cause accueillir avec une grande prudence.

 

Avec l'Armée de résistance du seigneur (LRA) du chef rebelle ougandais Joseph Kony dans le Sud-est, la Centrafrique est sous coupes réglées, objet de trafics en tous genres de ses ressources dont l'or et les diamants, ses principales ressources de revenus, en dépit du déploiement de la Mission des Nations Unies pour stabilisation en RCA (MINUSCA), depuis septembre 2014 en remplacement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).

 

NEUTRALISER LES GROUPES ARMES

 

Aucun effort n'ayant été enregistré dans l'exécution du programme DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion), d'énormes quantités d'armes sont toujours en circulation, à commencer par la capitale Bangui, dans ce pays pauvre et enclavé, 185e sur un total de 187 au classement de l'Indice du développement humain (IDH) publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

 

Pour les experts, il est difficile dans ces conditions de penser que les élections en perspective sonneront la fin de la crise. "De manière relative, oui. Maintenant, elles ne vont pas résoudre les problèmes de fond, qui ont trait à la sécurité et la défense du pays, parce que l'appareil sécuritaire a été largement détruit", juge le politologue camerounais Mathias Eric Owona Nguini.

 

C'est un immense chantier de reconstruction que devront tout naturellement engager le futur chef de l'Etat et son gouvernement, lesquels seront d'ailleurs jugés à l'aune de leur capacité à neutraliser les différents groupes armés qui font obstacle au processus de normalisation.

 

"Le problème des groupes armés va continuer de se poser, confirme l'enseignant de sciences politiques de l'Université de Yaoundé II. Maintenant, il y a la formation des velléités séparatistes", menace de partition du pays entre le Nord et le Sud brandie par les ex-rebelles de la Séléka, après leur éviction du pouvoir en janvier 2014.

 

Cette crise a aussi entraîné un effondrement de son appareil économique, qui exige à son tour d'être réhabilité. Tout comme elle a ébranlé les ressorts sociaux de l'unité nationale. "La guerre a fragilisé une cohésion déjà faible. La reconstruire ne sera pas aisée", avise le politologue.

 

Le plus frappant, c'est le caractère intercommunautaire et interreligieux de cette guerre, entre chrétiens et musulmans, les deux principaux blocs sociologiques poussés à l'affrontement par les milices anti-Balakas, fidèles à l'ex-président François Bozizé et proches du premier groupe, et les ex-rebelles de la Séléka, porteurs des aspirations politiques du second.

 

A cause de ce conflit, environ 2,7 millions de Centrafricains, soit environ la moitié de la population, nécessitent une assistance alimentaire et humanitaire, selon les Nations Unies.

 

Malheureusement, estime Dr. Owona Nguini, "la transition est trop courte pour résoudre les problèmes de tolérance interculturelle". Cette situation n'encourage pas les quelque 456.714 réfugiés recensés à l'heure actuelle dans les pays voisins, dont près de la moitié au Cameroun, à rentrer chez eux.

 

C'est d'ailleurs un chiffre en forte hausse comparé aux 235.642 réfugiés recensés en janvier 2014. En revanche, la courbe des déplacés internes est décroissante, de 825.000 à 469.307.

 

DEPENDANT DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

 

"Le pays va rester dépendant de la communauté internationale, qui va conserver un dispositif pour suivre la transition actuelle", prédit l'universitaire à Yaoundé.

 

Un fait corrobore cette analyse : les multiples convois de chars et autres équipements militaires appartenant à la MINUSCA enregistrés ces derniers temps depuis le port de Douala, la métropole économique camerounaise, jusqu'à Bangui.

 

C'est surtout le résultat de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ayant autorisé le déploiement de cette mission de paix, sur la base d'un projet de texte proposé par la France, soucieuse de conserver ses cartes et son influence tant au plan économique que militaro-sécuritaire dans le pays, de l'avis de Mathias Eric Owona Nguini.

 

A ce titre, "elle [la France], croit-il savoir, va essayer de remodeler l'issue de la transition en sa faveur". Ce rôle se lit déjà dans le soutien supposé ou réel à l'un ou l'autre des deux candidats déclarés en pole position de la présidentielle, sur les 30 en lice.

 

Il s'agit, d'une part, d'Anicet Dologuélé, connu pour "sa formation d'économiste et de banquier et son expérience de gestionnaire en tant que dirigeant de banque, surtout de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC, basée à Brazzaville au Congo), puis de Premier ministre", relève le chercheur.

 

D'autre part, il y a Martin Ziguelé, crédité lui aussi d'une "expérience politique en tant que chef de son parti politique", le Mouvement pour la libération du peuple centrafricaine (MLPC, créé par le défunt président Ange-Félix Patassé), et "politico-administrative importante. Il a été plusieurs fois Premier ministre".

 

Source: Agence de presse Xinhua

Elections en Centrafrique : vers une sortie de crise ou un simple retour à l'ordre constitutionnel ? (ANALYSE)
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 10:17

 

 

French.xinhuanet.com 

 

BANGUI, 28 décembre 201505:57:59 (Xinhua) -- Les conditions sont favorables pour la tenue dans un climat sécurisé et apaisé, des élections présidentielle et législatives prévues mercredi le 30 décembre, après trois ans de crise et plusieurs reports en Centrafrique, a déclaré lundi soir à Bangui l'ex-Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye, chef de la mission d'observation électorale de l'Union africaine (UA).

 

"Toutes les conditions sont réunies pour que ces élections se tiennent sous les meilleurs auspices", a souligné le juriste interrogé par Xinhua sur l'appréciation du niveau d'organisation de ce double scrutin initialement programmé dimanche et reporté à mercredi pour des retards dans les préparatifs liés à la mise en place du matériel électoral et la formation des personnels électoraux, selon les explications officielles.

 

Ces élections, censées permettre de mettre un terme à trois ans de guerre civile, auraient en principe dû avoir lieu depuis 2014, mais le calendrier n'a de cesse d'être révisé en raison notamment de la persistance des violences dans le pays consécutives à la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka le 24 mars 2013 au terme de trois mois d'affrontements contre le régime de François Bozizé.

 

Quelque 1,9 million d'électeurs inscrits devront se rendre aux urnes dans 5.996 bureaux de vote ouverts dans les 16 préfectures de la Centrafrique, dont environ 700 à Bangui, la capitale, pour départager 30 candidats à la présidence et 1.642 autres postulants pour les 140 sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale (Parlement), selon les chiffres publiés par l'Autorité nationale des élections (ANE).

 

Un stock de 400.000 bulletins de vote a été réimprimé à Cotonou (Bénin) et devait être réceptionné lundi dans la nuit à Bangui, pour être acheminé dans les 140 circonscriptions électorales dénombrées dans le pays dès mardi 29 décembre.

 

Ce rendez-vous intervient après la tenue d'un référendum constitutionnel pour l'adoption d'une nouvelle loi fondamentale le 13 décembre, scrutin émaillé de violences meurtrières à Bangui et plusieurs autres villes du pays sous contrôle de mouvements rebelles, dont le Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam, ex-numéro deux de la Séléka.

 

Depuis cette date, des efforts ont été accomplis pour faire baisser la tension, à en croire le général Jean Marie Michel Mokoko, représentant spécial de la présidente de la Commission de l'UA en Centrafrique et chef de la mission de l'UA en Afrique centrale.

 

"Le référendum constitutionnel a été un test pour les forces [nationales et internationales] en charge de la sécurisation du territoire. Je puis vous dire que toutes les dispositions possibles ont été prises pour sécuriser les prochaines élections", a affirmé le haut responsable africain lors d'une conférence de presse lundi soir à Bangui, aux côtés du chef de la mission d'observation électorale de l'UA.

 

"Nourredine Adam, a-t-il ajouté, a fait une déclaration [de cessez-le-feu total]. Il ne l'a pas fait de gaieté de cœur, il a été soumis à une pression et il est revenu à de meilleurs sentiments".

 

Opérationnels depuis septembre 2014 en remplacement des forces africaines de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) sont chargés de la sécurisation du vote et des électeurs, en appui des forces centrafricaines, a précisé l'ex-chef du gouvernement sénégalais Ndéné Ndiaye.

 

"Toutes les autorités que j'ai rencontrées, a-t-il insisté face à la presse, ont espoir que les élections se tiennent sous les meilleurs auspices." Avec d'autres organisations internationales, l'UA déploie une mission d'observation électorale de 40 membres à l'occasion de ces consultations populaires.

 

Lundi était le dernier jour d'une campagne électorale qualifiée de "molle" par les observateurs. A Bangui, quelques caravanes et de petits meetings populaires ont retenu l'attention, sans soulever l'enthousiasme de la population, de sorte que des appréhensions sont exprimées au sujet du niveau de participation des électeurs au vote.

 

Lors du référendum, cette participation avait été faible : 26% à Bangui et 33% sur l'ensemble du territoire, selon les chiffres officiels publiés par la Cour constitutionnelle centrafricaine, à qui revient le rôle de la proclamation des résultats définitifs des élections.

Elections en Centrafrique : l'UA souligne des conditions favorables pour un scrutin sécurisé et apaisé
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