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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:44
En Afrique, la pratique du français est en progression

Lu pour vous

 

https://www.lemonde.fr 

 

A l'occasion de la Semaine de la francophonie, ateliers d'écriture, joutes oratoires, conférences, expositions et rencontres sont organisés sur les cinq continents.

 

Par Sandrine Berthaud-Clair Publié aujourd'hui à 08h00, mis à jour à 08h00

 

Le français est une fête. C'est ainsi que se veut la Semaine de la langue française et de la francophonie, dont la 24e édition se tiendra du samedi 16 au 24 mars dans les 88 pays membres et observateurs de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Ateliers d'écriture, joutes oratoires, compétitions de slam, conférences, débats, expositions et rencontres, tout est bon pour faire parler français et faire parler du français afin de « stimuler l'appropriation de la langue » sur les cinq continents qui se partagent 300 millions de locuteurs, dixit le site du ministère français de l'éducation, créateur et organisateur de l'événement.

Mais si le français continue de se développer dans le monde, y compris en Afrique, il y est aussi sur ce continent en concurrence avec d'autres langues étrangères. Revue de détails.

Le français, 5e langue la plus parlée dans le monde

Depuis 2014, le français est en progression dans le monde et a gagné près de 23 millions de locuteurs, soit 10 % en quatre ans, selon l'ouvrage collectif de l'OIF publié jeudi 14 mars La Langue française dans le monde 2019 (Ed. Gallimard). Cette poussée lui a permis de grimper une marche du podium en hissant le français à la cinquième langue la plus parlée dans le monde après le chinois (mandarin), l'anglais, l'espagnol et l'arabe.

Cette progression est particulièrement notable en Afrique, qui comptabilise 59 % des « locuteurs quotidiens du français » dans le monde, selon l'ouvrage. Elle est aussi mécanique car couplée à l'explosion démographique qui devrait faire doubler la population africaine à l'horizon 2050 à 2 milliards d'individus, selon les chiffres de l'ONU, projetant ainsi de passer dans le même temps d'un effectif de 43 % de francophones sur le continent à 67 %. D'autant plus que les jeunes semblent avoir déjà « intensifié leur usage du français en comparaison des générations qui les ont précédés », pointe l'OIF.

Sur le continent, le français est ainsi la troisième langue la plus parlée avec 120 millions de locuteurs après l'anglais (200) et l'arabe (150). Après quoi viennent, entre autres, le swahili (100), l'amharique (30), le haoussa (entre 18 et 50), le yoruba (30), l'oromo (25) et l'ibo (24). Onze pays africains ont choisi le français comme langue officielle exclusive, tandis qu'onze autres l'ont adopté en usage officiel avec une ou plusieurs autres langues.

« Le centre de gravité de la francophonie continue de se déplacer vers le sud, prolongeant une tendance depuis 2010 : sur les 22,7 millions de "nouveaux" francophones, 68 % se trouvent en Afrique subsaharienne et 22 % en Afrique du Nord », analyse les auteurs de l'ouvrage.

L'anglais, champion toutes catégories

Au total, 24 Etats et territoires africains se partagent l'usage de l'anglais en langue officielle ou co-officielle. La langue de Shakespeare est donc la plus parlée du continent et l'on peut imaginer que son avenir, à l'instar de la langue de Molière, est aussi assuré par la forte démographie, bien que la vitalité des pays anglophones soit moindre que celle de la zone subsaharienne francophone.

Comme pour le français, cette situation linguistique est héritée de la colonisation. Une photographie qui n'est pas pour autant gravée dans le marbre. Le Rwanda, dont le français avait toujours été, au côté du kinyarwanda, la langue officielle, a décidé en 2003 d'y adjoindre l'anglais et en a fait en 2010 la seule langue d'enseignement public.

Par ailleurs, l'anglais, grâce à sa relative facilité d'apprentissage et à la prédominance de la culture anglo-saxonne dans l'économie et l'enseignement supérieur, reste une clé inégalée d'accession à la réussite.

 Le chinois, l'outsider de charme

Si le chinois est sans surprise la langue la plus parlée sur la planète avec près de 1,2 milliard de locuteurs, en Afrique elle reste très marginale. Et ce malgré la montée en puissance de la Chine sur le continent et ses investissements massifs, notamment depuis 2000 et le premier Forum sur la coopération sino-africaine (Focac) à Pékin.

Cela ne doit pas occulter l'opération de charme lancée par la Chine depuis 2004 et le lancement de son réseau d'Instituts Confucius (IC), imaginé sur le modèle des Alliances françaises et autres British Councils, pour promouvoir la langue et la culture chinoises dans le monde. A la fin 2017, Pékin avait investi l'équivalent de 255 millions d'euros pour ouvrir 525 instituts, 1 113 classes dans 146 pays, se targuant aujourd'hui d'avoir permis à 1,7 million de personnes d'étudier le mandarin depuis leur implantation, hors diasporas chinoises.

L'Afrique n'est pas en reste avec 59 IC et une trentaine de classes dans 41 pays, selon les chiffres 2019 avancés par le site Hanban des Instituts. Preuve de sa volonté de faire rayonner la Chine en Afrique, Pékin avait inauguré son deuxième Institut Confucius à Nairobi, au Kenya, en 2005, juste après le premier en Corée du Sud l'année précédente. En 2017, 150 000 Africains se sont inscrits à un cours de mandarin et 2 500 séances d'activités culturelles ont été délivrées. Quatorze pays africains ont même intégré l'apprentissage du mandarin dans leur système d'éducation nationale, tandis que 21 universités du continent ont créé une spécialité sinophone.

L'attraction de la Chine se fait aussi dans l'autre sens. En 2017 toujours, ce ne sont pas moins de 50 000 jeunes Africains qui sont partis dans l'empire du Milieu pour faire leur rentrée universitaire. Selon les chiffres du ministère chinois de l'éducation, le nombre d'étudiants étrangers en Chine augmente de plus de 35 % par an et un étudiant étranger sur dix vient du continent africain. La Chine se place ainsi juste derrière la France comme destination privilégiée des étudiants du continent. Il faut dire que Pékin déroule le tapis rouge pour ces jeunes en distribuant de généreuses bourses, multipliant par plus de 300 le nombre de bénéficiaires africains en dix ans.

Sandrine Berthaud-Clair

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:38
Parfait Onanga-Anyanga nommé envoyé de l’ONU pour la Corne de l’Afrique

 

https://magazine24.news  17 mars 2019

 

Ancien responsable de la mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca), le gabonais Parfait Onanga Anyanga vient d’être nommé envoyé spécial de l’ONU pour la Corne de l’Afrique.

Le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga possède une vaste expérience au sein des Nations Unies, notamment sur les questions africaines.

Jusqu’à fin février, il était le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Un poste qu’il a occupé à Bangui pendant près de trois ans et demi et qu’il a quitté quelques semaines après la conclusion d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés.

Il servi comme Directeur du Bureau de la troisième Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, la Tanzanienne Asha-Rose Mtengeti Migiro (2007-2012) et comme conseiller spécial du Suédois Jan Eliasson et du Gabonais Jean Ping, respectivement Présidents des 60e et 61e sessions de l’Assemblée générale des Nations Unies (2005-2007). Il a également chef de cabinet du Nicaraguayen Miguel d’Escoto Brockmann qui fut Président de la 59e session de l’Assemblée générale (2004-2005).

De 1998 à 2004, M. Onanga-Anyanga a occupé divers postes politiques et de management à la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE) à Vienne et à New York. Plus tôt dans sa carrière, il a été secrétaire par intérim du Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale.

M. Onanga-Anyanga a également servi le gouvernement gabonais. Il a été premier conseiller pour le désarmement et les affaires politiques à la Mission permanente du Gabon auprès des Nations Unies à New York.

M. Onanga-Anyanga est titulaire d’un DEA en sciences politiques de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et d’une maîtrise en sociologie de l’Université Omar Bongo à Libreville. Né en 1960, il est marié et père de trois enfants.

Source: Onu

Parfait Onanga-Anyanga nommé envoyé de l’ONU pour la Corne de l’Afrique
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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:36
Idriss Déby : "la sécurité est un impératif de premier ordre"

Lu pour vous

 

Alwihda Info | Par Info Alwihda - 17 Mars 2019 modifié le 17 Mars 2019 - 06:46

 

La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEEAC) qui regroupe le Tchad, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale, a commémoré ce 16 mars la première décennie de la Journée de l'institution communautaire. Ce jour marque également la 24ème année du passage de l’Union Douanière et Economique de l’Afrique Centrale (UDEAC) à la CEMAC. 

La 10ème édition de la Journée de la CEMAC est placée sous le thème : « Libre circulation intégrale, dans l’Espace CEMAC, pour la Promotion des Echanges Intra-communautaires »

A cette occasion, le président en exercice de la conférence des chefs d'Etat de la CEMAC, chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby a appelé les Etats membres à "illuminer le chemin de l’intégration sous-régionale". 

D'après Idriss Déby, "la libre circulation tant attendue depuis 54 ans, est aujourd’hui une réalité. Tout citoyen de notre espace communautaire, muni de son passeport biométrique ou de sa carte d’identité en cours de validité, peut désormais circuler librement d’un Etat à un autre". 

Cette libre circulation a également pour vocation de redynamiser les échanges de biens et services entre les pays de la CEMAC. Elle constitue "une des conditions essentielles de notre émergence commune", assure le dirigeant tchadien. 

D'autres défis de taille 

Pour le président du Tchad, il reste un autre défi de taille, qui s’impose à l’ensemble de la communauté, celui de la paix et de la stabilité dans la sous-région. "Nous ne pouvons tirer le meilleur parti de la libre circulation intégrale sans la paix dans nos pays et la sécurité à nos frontières. Il est évident que la mise en oeuvre optimale de nos multiples projets et programmes de développement ne peut s’opérer dans un espace miné par l’insécurité, les atrocités, les destructions et les conflits", explique-t-il. 

Il précise que "la restauration de la paix et de la sécurité sur l’ensemble de notre espace doit-elle, être pour (les pays de la CEMAC), un impératif de premier ordre". A cet égard, "nous devons davantage mutualiser nos forces, dans un fort élan de solidarité, en vue d’éradiquer les terroristes de Boko Haram qui nous causent tant de préjudices." 

Centrafrique, Cameroun 

Le président en exercice de la conférence des chefs d'Etat de la CEMAC s'est félicité de l’accord de paix signé le 6 février dernier à Bangui entre les frères centrafricains. Il invite les parties à "privilégier l’intérêt supérieur du pays qui doit être au-dessus de toute autre considération." 

De même, il exhorte "les frères du Cameroun à la sagesse et au dépassement en vue de ramener la quiétude dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest  en proie à des violences sur des bases de revendication sectaire et identitaire." 

Ces dernières années, les pays de la CEMAC se sont illustrés par plusieurs actions, notamment de nombreux acquis majeurs obtenus dans les domaines institutionnels, économiques et sociaux. L'institution est parvenue à l’installation récente des deux Cours notamment la Cour de Justice et la Cour des Comptes ; la fusion des deux marchés boursiers ; la mise aux standards internationaux des Institutions de formation professionnelles communautaires ou encore le processus des études de faisabilité des projets intégrateurs.

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:33
Le paludisme reste la principale cause de mortalité en Centrafrique
Le paludisme reste la principale cause de mortalité en Centrafrique

 

Bangui (© 2019 Afriquinfos)- Après le Pakistan, la Centrafrique est le deuxième pays qui affiche le taux de mortalité néonatale le plus élevé au monde avec un nourrisson sur 24 qui meurt avant d’atteindre l’âge d’un mois. L’une des principales causes de ces décès est le paludisme.

Dans le rapport mondial sur le paludisme de l’OMS de 2018,  la Centrafrique ne figure pas parmi les tous premiers pays du classement de par le poids de sa population estimée à 4,6 millions d’habitants. Mais le paludisme reste la première cause de mortalité en Centrafrique, frappant particulièrement les femmes et les enfants. Les deux tiers des consultations pédiatriques des enfants de moins de 5 ans sont liés au paludisme. On compte 1,3 millions de cas confirmés de paludisme en 2017, dont plus de 660 000 enfants de moins de 5 ans. 3689 personnes sont mortes du paludisme dont 670 enfants de moins de 5 ans.

L’Afrique même étant le premier continent à être frappé par le paludisme avec 92% des cas de cette maladie parasitaire transmise par piqûre de moustique soit 200 millions sur 219 millions de cas enregistrés dans le monde en 2017.

80% des cas sont concentrés dans 15 pays d’Afrique subsaharienne plus l’Inde (pour 4%), dont 25% au Nigeria, 11% en RDC, 5% au Mozambique et 4% en Ouganda.

Le continent africain enregistre 93% des 435 000 décès liés au paludisme, même si l’on observe une baisse de 40% par rapport à 2010.

La Centrafrique vise les objectifs mondiaux de réduction de l’incidence et de la mortalité associée de 40% en 2020, 75% en 2025 et 90% en 2030. Un défi qui nécessite un important  et continu effort de financement et continu notamment pour la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticides longue durée, des des traitements antipaludiques, des soins ainsi que des tests de diagnostic rapides et fiables.

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:29
RCA : GRAVES PÉNURIES D'EAU POTABLE À BANGUI
RCA : GRAVES PÉNURIES D'EAU POTABLE À BANGUI
RCA : GRAVES PÉNURIES D'EAU POTABLE À BANGUI

Lu pour vous

www.camer.be 

 

Pour une grande partie des habitants de Bangui, la capitale de la République Centrafricaine, la journée commence de très bonne heure.

Certains d’entre eux sont arrivés à cette borne fontaine dès 5 heures du matin en espérant pouvoir se procurer un peu d’eau potable.

Depuis plusieurs semaines, la ville connaît d’importantes pénuries. Et ces personnes passent parfois des journées entières devant des points d’eau comme celui-ci en espérant un éventuel ravitaillement.

Sylvestre habite dans le quartier de Benz VI. Et comme les autres, il attend.

« Depuis ce dernier temps, nous avons des difficultés, c’est pour ça qu’il faut se réveiller tôt le matin venir chercher de l’eau. Parfois ça arrive et vers 9 heures ou 10 heures ça repart. Nous attendons ».

Attendre des heures pour avoir un peu d’eau pour le ménage est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre à Bangui, une ville dont la population est estimée à un million d’habitants. Célestine Ngwa assume puiser son eau au puits, même si ce n’est pas de gaîté de cœur.

« Nous sommes obligées de la puiser, étant donné que si nous ne le faisons pas nous n’aurons pas d’eau pour nos travaux à la maison. Nous la puisons, nous y mettons un peu de javel avant l’utilisation ».

Maladies hydriques

La désinfection de l’eau des puits n’est pas une pratique systématique à l‘échelle de la ville. À l’hôpital communautaire de Bangui, les médecins sont témoins chaque jour des ravages de cette eau impropre sur la santé des habitants.

« La mauvaise qualité d’eau quand on la boit ça donne des maladie parasitaires, des maladies infectieuses et des maladies d’origine diarrhéiques », explique Anicet Yves Yao, le surveillant général de l’hôpital communautaire de Bangui.

Le ravitaillement en eau potable est une question épineuse à Bangui. La capitale de la République Centrafricaine souffre de la vétusté des équipements et de l’absence d’investissements dans le secteur de l’adduction en eau depuis de nombreuses années.

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:25
Comment augmenter les recettes douanières en Afrique centrale?

 

Par Charlotte Cosset RFI  lundi 18 mars 2019

 

La République centrafricaine a accueilli la semaine dernière la 22e réunion du comité des experts de l’Organisation mondiale des douanes pour l’Afrique occidentale et centrale. C’était aussi la 24e conférence des directeurs généraux des douanes. Des réunions qui se sont tenues dans un pays, la Centrafrique, qui vient tout juste de signer des accords de paix avec 14  groupes armés. La collecte des taxes et des impôts dans ce contexte est un enjeu majeur et un défi.

La Centrafrique partage ses frontières avec cinq Etats. La douane est donc une question régionale. Une rencontre avec la présence de représentants de pays voisins prend ainsi tout son sens, explique le directeur général des douanes centrafricaines Frédéric Théodore Inamo.

« Nous allons traiter des questions par exemple la zone de libre-échange continentale, le problème des sociétés d’inspection, le transit communautaire. Par exemple avec la République du Cameroun et du Tchad, on a signé un accord d’assistance administrative. Donc maintenant on échange les informations, les renseignements pour barrer la route à notre ennemi commun qui est la fraude douanière. »

Autres défis, la corruption mais aussi des droits douaniers trop élevés qui peuvent peser sur l’investissement en Centrafrique. Le blocage des frontières ou la présence de barrières informelles tenues par les groupes armés sont aussi des contraintes à la fois pour l’économie et pour l’acheminement de l’aide humanitaire. 80% de son territoire est sous le contrôle des groupes armés. Des difficultés qui pèsent sur les douanes centrafricaines, explique l’inspecteur des douanes et expert Alain Grengbabo.

« Nous avons des défis en ce qui concerne les défis sécuritaires. Vous savez que notre pays vient de sortir d’une situation de crise. Vu le positionnement de notre administration aux frontières, nous ne devons pas perdre de vue que nous avons un rôle crucial en ce qui concerne l’insécurité, le trafic des armes de tout calibre, l’importation des faux médicaments qui détruisent la santé de nos populations. Autant de défis qui nous attendent et que nous prenons à bras le corps. »

La collecte des taxes, la mission première des douanes mais pour Bernard Zbinden, coordonnateur pour les pays de l’Afrique centrale et occidentale de l’Organisation mondiale des douanes, le rôle de ce service va plus loin.

« Traditionnellement ce qu’on attend de la douane c’est de collecter des recettes pour le fonctionnement de l’Etat. Ce qui est sans doute le rôle principal de la douane mais la douane moderne doit faire autre chose. Il n’y a pas seulement l’armée, la police, mais la douane est à la frontière donc elle peut contribuer à sécuriser le pays dans ce sens-là. L’idée de dire il y a la douane qui doit collecter les recettes ça c’est bien mais s’il  n’y a pas d’investissement dans le pays parce qu’il n’y a pas de sécurité, parce que le climat d’investissement ne fonctionne pas cela ne sert à rien de mettre l’accent sur la collecte des taxes et des droits de douane parce que ça ne va rien rapporter. »

Le service des douanes centrafricain espère collecter cette année environ 57 milliards de FCFA.

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:21
Un Camerounais faussaire de passeports centrafricains attrapé
Un Camerounais faussaire de passeports centrafricains attrapé

 

Faits divers 

 

Un Camerounais attrapé en flagrant délit avec de faux passeports Centrafricains.

 

Un camerounais n'ayant pas encore reçu la nationalité a contourné l'administration en se faisant délivrer des vrais-faux acte de naissance et certificat de nationalité pour présenter à l'émigration en vue d'obtenir le passeport centrafricain.

Le Ministère de l'intérieur chargé de la sécurité publique exige des Institutions de l'Etat telles que la Mairie et le Tribunal de Grande Instance de bien vérifier l'origine des prétendants détenteurs de ces documents avant de leur délivrer tout certificat.

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:18
RÉHABILITATION  DE L’USINE HYDRO-ÉLECTRIQUE DE BOALI 2
RÉHABILITATION  DE L’USINE HYDRO-ÉLECTRIQUE DE BOALI 2

 

ÉNERGIE : LANCEMENT DES TRAVAUX DE RÉHABILITATION  DE L’USINE HYDRO-ÉLECTRIQUE DE BOALI 2 ET D’INTERCONNEXION DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUES DE LA RCA ET DE LA RDC

 

Dans le souci d’accroître la disponibilité de l’énergie électrique et répondre aux besoins en électricité  de leurs populations, un protocole d’accord relatif au projet d’interconnexion des réseaux électriques  entre la RDC et la RCA à partir du système hydroélectrique de Boali a été signé le 17 décembre 2012 à Tunis. L’objectif du renforcement de cette coopération bilatérale entre ces deux pays frères et voisins étaient d’améliorer les conditions de vie des populations et de soutenir le développement économique de la RCA et du Congo RDC.

C’est dans cet ordre d’idée que le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadera a lancé vendredi matin les travaux de réhabilitation et d’extension  de l’Usine hydroélectrique de Boali2.

Ce projet qui est financé par la Banque Africaine de Développement sera exécuté en deux phases :

La première d’un coût de 23 Milliards de FCFA pour la RCA et 4,4 milliards pour la RDC va consister à la réhabilitation et le renforcement des unités de production, des lignes de transport, des postes de transformation et les réseaux de distribution

La seconde concernera uniquement la ligne haute tension Bangui à Zongo et Libéngué en RDC.

 Pour le représentant de cette institution panafricaine  cette « cérémonie qui a eu lieu aujourd’hui, témoigne, il faut le souligner des bonnes relations de coopération qui existent entre la République centrafricaine et la Banque depuis plus de cinquante ans et qui sont davantage renforcées depuis ces dernières années ».

Attribués à China Gezhouba Group Corporaion (CGGC), les travaux de Boali 2 permettront à la RCA d’augmenter la capacité de l’ENERCA de 10 à 20 MWT.

Le taux d’accès à l’électricité en RCA est seulement de 4% contre une moyenne africaine de 16%.

 

Source : Palais Renaissance

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:15
60 millions d’euro, un Fonds additionnels de l’Union Européenne à la RCA

 

Par Fridolin Ngoulou le 16/03/2019

 

BANGUI, 16 mars 2019 (RJDH)—La délégation de l’Union Européenne a annoncé le vendredi 15 mars, lors d’un point de presse, l’appui additionnel de son institution en vue de favoriser la mise en œuvre de l’accord de paix de Khartoum signé entre le gouvernement et les groupes armés mais aussi de contribuer au développement du pays.

 

Suite à la visite du président Touadera à Bruxelles du 5 au 8 mars dernier, l’Union Européenne a décidé de débloquer un montant total additionnel de 60 millions d’euros soit environ 40 milliards de FCFA à court termes pour appuyer la Centrafrique dans la mise en œuvre de ces programmes à savoir notamment le Fonds Békou, l’accord de paix et les prochaines élections.

 

Selon Juan José Villa Chacon, chargé de coopération, presque la moitié de ce montant ira dans le fonds Békou. « Pour le fonds Bekou, l’Union Européenne va mettre ces fonds additionnels mais aussi les pays contributeurs vont mettre des contributions additionnelles. Pour l’instant, on a confirmé entre 12 et 15 millions d’euros additionnels. Pour dire que le volume total du fonds Bekou va être augmenté », a-t-il annoncé.

 

« Sur le reste de 60 millions d’euros, l’Union Européenne va mettre une partie dans l’appui budgétaire orienté sur les secteurs sociaux  mais aussi pour commencer à améliorer les climats des affaires et finalement il y’aura une partie assez importante pour l’appui aux élections de fin 2020 », a précisé Juan José Villa Chacon.

 

L’ambassadrice de l’Union Européenne en Centrafrique Samuela Isopi a au cours de cette conférence de presse invité les centrafricains à croire à l’accord de paix signé entre le gouvernement et les groupes armés. « L’accord de Khartoum a tout ce qu’il faut pour être le meilleur. Il faut y croire. Si on n’y croit pas, alors rien ne va marcher. Il faut que tous les centrafricains y compris les groupes armés et criminels soient dans l’esprit de cet accord», a-t-elle lancé. L’appui de l’Union européenne est annoncé au moment où l’Union Africaine a convoqué la première réunion de suivi de cet accord le 18 mars à Addis Abeba dans un contexte où les groupes armés et certains partis politiques contestent et se retirent du gouvernement inclusif formé après les pourparlers de Khartoum qui ont abouti à la signature de l’accord de paix à Bangui le 6 février 2019.

 

 

RCA: l’Union européenne prête à soutenir financièrement l’accord de paix

 

Par RFI Publié le 15-03-2019 Modifié le 15-03-2019 à 11:03

 

Le président centrafricain Faustin Archange Touadera, accompagné d’une large délégation, était en voyage la semaine dernière à Bruxelles. Une visite aux acteurs européens qui s’inscrit notamment dans la mise en œuvre de l’accord de paix signé à Bangui le 6 février dernier. L’Union européenne s’est dite prête à accompagner la RCA dans la mise en application de cet accord et financer des programmes d’aides. Les représentants européens à Bangui doivent présenter leur plan ce vendredi.

Dans le cadre de l’accord de paix, l’un des importants dossiers touchant à la réconciliation est celui des prochaines élections. Un point capital pour Samuela Isopi, l’ambassadrice de l’Union européenne en Centrafrique : « La convention qui a été signée déjà à Bruxelles, c’est une convention de cinq millions d’euros pour l’appui à la démocratie. Il y a une partie allouée à l’Assemblée nationale pour son fonctionnement et développer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale et un appui particuliers aux femmes parlementaires. Et l’autre composante c’est un appui à l’autorité nationale des élections et qui devra cibler en particulier les actions de sensibilisation de formation qu’il faut commencer à mener dès maintenant. »

D’autres rubriques de l’accord de paix pourraient bénéficier d’un accompagnement : la justice, la sécurité, le développement local. Mais aussi, dans une approche plus globale, la question de la relance économique.

« Le président Junker a mis l’accent sur la nécessité de relancer le secteur privé, à créer les conditions nécessaires pour le développement du secteur privé pas seulement pour attirer les investissements étrangers pour aider surtout le renforcement du secteur privé local. Donc il a beaucoup insisté sur le climat des affaires, sur les réformes qui sont nécessaires. Le secteur privé local a toujours souligné que le premier obstacle n’est même pas la sécurité physique c’est la sécurité juridique, c’est la justice », ajoute Samuela Isopi.

Dans ce domaine, une loi est en cours de préparation et pourrait être votée dès la semaine prochaine à l’Assemblée nationale. Pour tous ces projets, l’Union européenne pourrait décider d’un appui additionnel de plusieurs dizaines de millions d’euros.

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 17:12
Libye-Tchad. La France lâche les Toubous et étend la guerre

Lu pour vous

 

https://orientxxi.info/magazine/libye-tchad-la-france-lache-les-toubous-et-etend-la-guerre,2941

 

Conflits > Ali Bensaad > 13 mars 2019

 

Une politique dictée par les pays du Golfe · En intervenant pour défendre le régime tchadien et en soutenant l'offensive récente du maréchal Khalifa Haftar dans le Fezzan, la France s'enfonce un peu plus dans le bourbier régional, dans une guerre sans fin. Elle n'a tiré aucune leçon des échecs de « la guerre contre le terrorisme » engagée par les Occidentaux depuis plus de quinze ans.

 

L'offensive lancée fin janvier 2019 dans le Fezzan par le maréchal Khalifa Haftar n'a pas rencontré beaucoup de résistance, sauf chez les Toubous. Elle vient rappeler la place stratégique occupée par cette communauté dans le sud de la Libye (voir carte ci-dessous). L'entrée à Morzouk - l'un des fiefs toubous -- le mardi 19 février des forces de Haftar appuyées par des milices tribales et d'autres de l'opposition soudanaise s'est faite aux prix de durs combats. Elle a été suivie dès le lendemain de représailles. L'assassinat à son domicile du général Ibrahim Mohamad Kari, chef de la sécurité de la ville, alors même qu'il cherchait à apaiser les esprits en a donné le ton. Les députés toubous, qui furent pourtant des soutiens de Haftar, dénoncent un « nettoyage ethnique ».

L'implication directe de la France qui a mis au service de Haftar ses avions de surveillance et de reconnaissance vient confirmer le tournant de la politique française en Libye. C'est l'alliance stratégique dans laquelle la France est insérée avec les pays du Golfe qui détermine sa politique en Libye. Elle n'en a plus de véritablement spécifique, et endosse celle de l'axe Arabie saoudite-Émirats arabes unis-Égypte qui appuie Haftar et ses velléités putschistes et cautionne, voire encourage, ses méthodes brutales qui creusent encore plus les fractures de ce pays. Paris s'éloigne ainsi du rôle de médiateur entre les parties en conflit qui fut le sien, ce qui fragilise les perspectives d'une solution politique.

Sur le terrain libyen, l'implication de la France dans cette offensive interroge sur le devenir de ses rapports avec la communauté touboue avec laquelle elle a toujours entretenu des relations privilégiées, au point que les autres acteurs locaux les assimilaient à une ingérence. La rivalité franco-italienne a d'ailleurs pris les Toubous dans le jeu d'une sourde lutte d'influence qui a déstabilisé leurs structures, avec notamment un putsch destituant le chef de la communauté devenu trop proche des Italiens.

 

L'offensive de Haftar participe des enjeux de pouvoir en Libye. Mais elle inscrit ces enjeux dans la stratégie française dont l'objectif prioritaire est de sauver le régime tchadien. Cette stratégie commande la prise de contrôle des territoires d'une communauté touboue libyenne fondamentalement transnationale et fortement imbriquée avec le Tchad où se trouve son noyau de peuplement. De ce fait, le Tchad abrite une partie de l'opposition à ce régime, constituée de Toubous alliés avec des Zaghawas qui ont des attaches fortes et anciennes dans ces territoires.

Des réseaux étendus au Tchad et au Niger

Seule communauté négro-africaine dans un Maghreb arabo-berbère1, elle est la plus marginalisée socialement et symboliquement. Cette marginalisation conduira les Toubous à être les premiers à rejoindre la révolution dans le Fezzan, alors majoritairement acquis à l'ancien pouvoir. Cette primauté leur a donné une légitimité et un ascendant, leur a permis de s'affirmer militairement et de conquérir des territoires en dehors de ceux où ils étaient confinés.

L'esprit de corps (assabiya) de cette communauté restée proche de l'ordre tribal a pu s'affirmer pleinement en l'absence d'une autorité centrale pouvant le réguler et a été renforcé par des caractères anthropologiques spécifiques. La notion d'inceste chez les Toubous a une extension exceptionnelle et s'applique aux relations jusqu'au cinquième degré de parenté. Ce qui oblige la relation matrimoniale à se réaliser au-delà de ce degré de parenté. Ainsi, jusqu'au cinquième degré, c'est une relation de type fratrie qui régit les rapports entre ses membres et implique une solidarité de ce type. L'alliance matrimoniale permet l'élargissement de la relation de solidarité au-delà. Cela confère au groupe une assabiya et une solidarité dense et étendue qui expliquent une plus grande cohésion dans le conflit. Cela impose également au groupe une structuration filiale transnationale.

Tous les réseaux familiaux et claniques, sans exception, s'étendent sur les trois pays : Tchad, Libye et Niger et parfois Soudan, en des trames entremêlées. Cela permet une mobilisation de réseaux et de ressources transnationaux dans le conflit. C'est aussi un outil performant dans le commerce international dont ils ont été la cheville ouvrière indispensable pour les tribus commerçantes du Fezzan avant de le faire fructifier, depuis la révolution, à leur profit. Cela se traduit dans les représentations du groupe par une impossible identification à des frontières, car le lien au-delà des frontières n'est pas seulement de l'ordre de l'appartenance au même groupe, mais concerne également l'appartenance à la même famille. La présence de rebelles tchadiens, notamment toubous, s'inscrit dans la réalité de cette organisation sociale transnationale et ne peut être réduite à une simple incursion de forces étrangères ou à un vide institutionnel et sécuritaire qui favoriserait l'exportation de ces conflits sur ce terrain.

L'ascendant militaire qu'ils ont pris a été renforcé par un élargissement de leur emprise spatiale. Ils contrôlent des frontières avec le Tchad, le Niger et en partie celles avec le Soudan et des plus importantes routes transsahariennes au départ du Sud libyen. Ils ont établi leur autorité sur tout le bassin de Morzouk, une partie de la ville de Sebha, ainsi que sur des gisements et installations pétrolières. Leur fort esprit de corps n'empêche pas leur désunion politique. Ils se partagent ainsi entre trois pôles de pouvoir : Gatroune, Morzouk, Oum El-Araneb.

Rivalité entre Rome et Paris

Le contrôle de frontières et d'espaces transnationaux stratégiques a fait de cette communauté un enjeu de la rivalité franco-italienne en Libye. Pour la France, qu'ils soient dans l'armée tchadienne ou circulant entre les frontières, les Toubous sont des Sahariens dont la connaissance de terrain est précieuse dans le périmètre de l'opération Barkhane, mais surtout dans son environnement. Pour les Italiens, l'enjeu est de contrôler en amont des circulations migratoires qu'ils n'ont pu maîtriser sur les rivages libyens malgré leur compromission avec des milices qu'ils ont arrosées pour les détourner de leur commerce de passeurs et les reconvertir en garde-côtes informels. Ils reprochent aux Français leur accointance avec les Toubous dont ils couvriraient les trafics notamment celui de migrants. Ils se sont employés, à leur tour, à se rapprocher de ces derniers en jouant les intermédiaires dans les conflits où ils sont impliqués. À coups de rencontres, voyages, « indemnisations » pour les victimes et valises de billets pour la chefferie, ils menacent la relation exclusive dont jouissaient les Français.

Cette rivalité franco-italienne va se greffer sur des luttes de reclassement au sein mme de la communauté touboue. Depuis la chute de Kadhafi, c'est la tribu des Khrissat qui est montée en puissance économique et militaire. Un peu plus centrée sur la Libye, elle a bénéficié, malgré les ségrégations, de plus d'éducation et surtout de liens avec les riches opérateurs libyens du commerce transsaharien qu'elle a servis. Les chefs militaires les plus importants, à l'exemple du défunt Barka Wardegou, en sont issus, ainsi que la plupart des représentants de la communauté dans les institutions politiques ou le parlement et surtout les plus riches hommes d'affaires, notamment les intermédiaires pour le commerce de l'or, nouvelle ressource avec la découverte de mines en pays toubou. Il ne manquait aux Khrisset que le pouvoir symbolique avec ses possibles dividendes. Or, la chefferie est toujours issue de la fraction, considérée noble, des Gona et la succession n'intervient qu'à la mort du titulaire.

C'est là que la rivalité franco-italienne va être mobilisée dans cette lutte de succession et en même temps s'en servir. Une fronde est organisée contre le cheikh des Toubous de Libye lui reprochant un enrichissement personnel au prix de l'aliénation des intérts de la communauté à l'Italie où il a multiplié les séjours. Sur cette ligne de fracture, une partie de chefs de tribus, transgressant les lois coutumières, procède à l'élection d'un nouveau cheikh, introduisant de fait le mode électif et la destitution, étrangers à la coutume. Mme plus effacé, l'ancien cheikh résiste à cette destitution et depuis, deux chefferies se disputent le terrain, chacune avec ses allégeances internationales, compliquant un peu plus les médiations avec une communauté déjà fragmentée.

Autour du commerce transsaharien

La montée en puissance de la communauté touboue a été jalonnée de guerres qui ont débuté dès le lendemain de la révolution et qui se poursuivent jusqu'en ce début 2019 en une sorte de « Grande Marche ». La guerre des Toubous avec les Touaregs a été la plus médiatisée, car un conflit entre deux tribus nomades renvoie une image particulièrement épique. Pourtant, c'est la guerre avec la tribu arabe des Ouled Slimane qui a été la plus conflictuelle et la plus durable. Les Ouled Slimane et notamment la famille dynastique des Seif Ennasr sont à l'autre pôle de l'échelle sociale, le plus haut. Elle a gouverné le Fezzan depuis la période ottomane de façon presque continue. Kadhafi s'est attelé à éradiquer politiquement et socialement le pouvoir de cette famille.

L'interminable guerre qui les oppose renvoie à la relation particulière entre ces deux communautés. Elle est faite d'une très grande proximité, mais cette proximité est contenue par un rapport très hiérarchisé. C'est autour du commerce transsaharien que se sont noués ces liens de proximité très anciens. Les Ouled Slimane s'investissent le plus souvent dans le commerce et les Toubous leur ont souvent servi de relais et de convoyeurs pour les aider à pénétrer les profondeurs sahéliennes. L'imbrication commerciale est telle que même pendant les plus forts moments de tension, elle continue à être opérationnelle. Or, avec la nouvelle place acquise, les commerçants toubous s'autonomisent et négocient, à leur profit, les associations. Ce qui remet en cause le rapport hiérarchique.

« Un péril noir »

Le bouleversement des hiérarchies par les Toubous a eu un effet d'onde de choc dans tout le Fezzan. Avec les Ouled Slimane, c'est un véritable séisme en raison des entremêlements, des liens à défaire et à redéfinir. Aussi la guerre qui les oppose, malgré les multiples initiatives locales, nationales et internationales de conciliation, n'en finit pas de renaitre de chaque accalmie, une guerre commencée dès le lendemain de la révolution, en mars 2012, premier affrontement déclaré entre les deux communautés, et qui se perpétue à ce jour. Leurs adversaires, pour les isoler, ont manipulé contre eux l'épouvantail d'un « péril noir » et d'une « invasion africaine », les traitant comme étrangers et niant leur autochtonie d'autant qu'une partie d'entre eux avait bénéficié récemment de la citoyenneté libyenne lorsque Kadhafi instrumentalisait son octroi pour mobiliser des Sahéliens dans ses milices. En réaction, des jeunes Toubous de Morzouk ont développé un identitarisme racialiste africain.

Lorsque les premiers affrontements ont commencé avec les Ouled Slimane, les forces d'interposition envoyées de Tripoli et Misrata ont moins joué un rôle de médiation et ont plus soutenu les Ouled Slimane qui présentaient le conflit comme « Arabes contre Africains ». Cela explique pour beaucoup qu'une partie des Toubous se détourne de Tripoli et bascule vers le maréchal Haftar. Cela confirme qu'en Libye et particulièrement au Fezzan, ce sont les conflits locaux qui déterminent les alignements politiques nationaux et ceux-ci peuvent tre mouvant avec le contexte local. Les mêmes causes ont provoqué des renversements d'alliance. Malgré son étiquette « nationale », l'armée de Haftar venue au Fezzan s'est appuyée sur les comités de soutien. Ces derniers sont en fait des milices tribales qui, comme à l'est, sont difficilement contrôlables et se livrent à des exactions qui tiennent plus de la revanche sociale que de rivalités politiques. Haftar les couvre pour conserver leur soutien. Comme il l'a fait pour Mahmoud El-Ouerfelli poursuivi depuis deux ans par la Cour pénale internationale (CPI).

Imprudence tactique ou calcul cynique ? Les comités de soutien qui accompagnent Haftar au Fezzan sont issus des deux tribus qui ont le plus combattu les Toubous à Koufra et au Fezzan : les Zway et les Ouled Slimane. Pour ces derniers, c'est la milice de Djeddi qui s'est ralliée à Haftar. Elle est constituée d'éléments de la fraction Myayssa, la plus pauvre et socialement la moins considérée des Ouled Slimane, celle qui a vécu le plus au Tchad aux côtés des Toubou et qui, dans cette concurrence du bas de l'échelle sociale, voue le plus d'hostilité à ces derniers et cherche à s'en distinguer violemment. Les milices de l'opposition soudanaise qui ont un lourd passif d'affrontement avec les Toubous ont été également mobilisées dans cette offensive qui s'est pourtant faite au nom de la lutte contre « les milices étrangères ». Prévisible, c'est une fracture de plus qui s'ouvre et qui implique cette fois directement la France. Une France qui, en Libye, semble ne plus avoir de politique autre que celle des pays du Golfe.

 

Ali Bensaad  Professeur des universités, Institut français de géopolitique, université Paris 8.

 

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