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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 00:01
Centrafrique : les Occidentaux dénoncent à l’ONU le rôle joué par la Russie

 

 

http://www.adiac-congo.com  Mercredi 24 Octobre 2018 - 12:59

 

A trois semaines du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies dans le pays (Minusca), de vives tensions ont opposé, le 23 octobre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, les pays qui soutiennent la primauté de l’Initiative africaine de paix et ceux favorables à la médiation russe.

« Il est fondamental d’éviter les initiatives parallèles sources de confusion et de veiller à la bonne coordination de tous les partenaires de la RCA, en soutien de l’initiative africaine. C’est une condition du succès », a insisté l’ambassadeur français, François Delattre. « Il faut travailler collectivement à une solution politique en Centrafrique et œuvrer de bonne foi », a, quant à lui, déclaré le représentant adjoint américain.

Les débats ont achoppé sur le sujet, poussant les Européens à réaffirmer leur position, selon laquelle, la Russie ne devrait pas étendre son influence en Centrafrique. Pour ce faire, ils ont plaidé pour le renforcement des structures de l’Etat et la primauté de l’Initiative africaine de paix. « La Russie doit pouvoir y participer pour éviter que le dialogue qu’elle a déjà engagé avec les groupes armés ne court-circuitent les efforts déjà entrepris », a défendu l’International Crisis Group.

En septembre dernier, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait déjà averti que son pays ne souhaite « aucune alternative » à l’initiative de paix menée par l’Union africaine à Bangui. Le chef de la diplomatie française avait lancé cette mise en garde d’autant que Moscou tente depuis quelque temps d’initier un processus concurrent avec celui de l’organisation continentale.

« Il n’y a aucune alternative ni souhaitable ni susceptible de réussir (…). L’initiative de paix portée par l’Union africaine pose le seul cadre crédible et approuvé par l’ensemble de la communauté internationale à une sortie de crise durable (…). Celle-ci passe par le désarmement des groupes armés et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire », avait déclaré Jean-Yves Le Drian.

D’après des sources concordantes, la Russie est de plus en plus présente diplomatiquement et militairement, ainsi que « par mercenaires interposés » en Centrafrique. A ce jour, plus personne n’ignore qu’outre l’appui à l’armée, Moscou s’est ingéré dans la complexe médiation avec les groupes armés qui contrôlent la majorité du territoire, organisant, fin août, une rencontre à Khartoum, au Soudan, entre différents groupes en parallèle de la médiation officielle menée par l’organisation panafricaine. Pourtant, les dirigeants du pays ont déclaré soutenir la médiation de l’Union africaine qui tente, depuis juillet 2017, de faire asseoir autour de la table de négociations les groupes armés et les autorités gouvernementales.

Les mêmes sources sus-évoquées relèvent que cinq officiers militaires et cent soixante-dix instructeurs civils russes étaient arrivés à Bangui, où ils ont aidé au redéploiement de soldats centrafricains hors de la capitale. Loin de s’arrêter là, la Russie a livré des armes à l’armée nationale après avoir obtenu une exemption à l’embargo des Nations unies, précise-t-on.

Notons que la situation sécuritaire reste très fragile en Centrafrique en raison des violences perpétrées par des groupes armés rivaux.   

 

Nestor N'Gampoula

 

 

RCA: à l’ONU, dissensions toujours vives sur le rôle joué par la Russie

 

Par RFI Publié le 24-10-2018 Modifié le 24-10-2018 à 01:15

 

Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni mardi 23 octobre sur la situation en Centrafrique. A trois semaines du renouvellement du mandat de la Minusca qui ne devrait pas évoluer en terme numérique mais se recentrer sur l’aide à la stabilisation politique, les diplomates ont fait part des progrès réalisés. La situation sécuritaire reste cependant très fragile en raison des violences perpétrées par les groupes armés. Mais les discussions ont aussi exposé les dissensions toujours aussi vives sur le rôle joué par la Russie auprès du gouvernement Touadéra.

 

Les formules sont restées très diplomatiques. « Il faut travailler collectivement à une solution politique en Centrafrique et oeuvrer de bonne foi », a insisté le représentant adjoint américain. Seul l’ambassadeur français François Delattre s’est fait plus explicite. « Il est fondamental d’éviter les initiatives parallèles sources de confusion, et de veiller à la bonne coordination de tous les partenaires de la RCA, en soutien de l’initiative africaine. C’est une condition du succès  », a-t-il dit.

 

 

La France à l'ONU

@franceonu

 

 

 

Pour le succès de l’Initiative africaine en #RCA 🇨🇫

• éviter les initiatives parallèles
• engager l’Union africaine & tous les Etats de la région
• associer autres segments de la société centrafricaine, notamment les femmes

 

Message reçu 5/5 par l’ambassadeur russe qui a dénoncé « la jalousie » que susciterait, selon lui, l’assistance technico-militaire apportée par Moscou depuis un peu moins d’un an. Son pays poursuivra ses activités qui contribuent à la stabilisation de la situation. Plus de 1 000 soldats centrafricains auraient déjà été formés par Moscou. Cette formation continuera a-t-il assuré.

Pas question pour autant de laisser la Russie étendre son influence. Les Européens ont donc insisté sur le renforcement des structures de l’Etat et sur la primauté de l’Initiative africaine de paix. La Russie doit pouvoir y participer plaide l’International Crisis Group pour éviter que le dialogue qu’elle a déjà engagé avec les groupes armés ne court-circuitent les efforts déjà entrepris.

 

 

Russian Mission UN

@RussiaUN

 

 

 

🇷🇺will continue to support the Central African authorities in reforming the national security sector, including in ​​building up #military strength of their armed forces. Russian instructors have achieved significant results in training more than 1000 #CAR military personnel.

20:36 - 23 oct. 2018

 

Centrafrique : les Occidentaux dénoncent à l’ONU le rôle joué par la Russie
Centrafrique : les Occidentaux dénoncent à l’ONU le rôle joué par la Russie
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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 23:58
Crimes de guerre en Centrafrique : la Cour pénale spéciale entre en scène
Crimes de guerre en Centrafrique : la Cour pénale spéciale entre en scène

 

 

https://www.cameroon-tribune.cm  Par Sainclair MEZING  24 Oct. 2018 09:59

 

Cette juridiction hybride a lancé officiellement ses activités lundi au cours d’une session inaugurale.

Créée le 3 juin 2015, la Cour pénale spéciale (CPS) centrafricaine est entrée en fonction lundi à la faveur d’une audience inaugurale tenue à Bangui. Conformément aux dispositions des articles 6 et 70 de la loi organique n°15/003 du 03 juin 2015 portant création, organisation et fonctionnement de cette Cour, cette cérémonie marque le début effectif de ses activités judiciaires.

Juridiction hybride, elle est constituée de 25 juges, 13 nationaux et de 12 internationaux chargés de juger les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine depuis 2003. Un rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU) rendu public en mai 2017 révèle que  des villages entiers ont été brûlés, des viols collectifs, des massacres et des tortures commis dans le pays. Ce document onusien  qui pourra servir de base de travail à la CPS souligne que plus de 600 violations graves des droits de l’Homme ont été perpétrées par différentes milices ou forces armées entre 2003 et 2015. «Parmi ceux qui ont commis ces actes horribles durant cette période, certains continuent de sévir, c’est évident.

Mais même si les crimes qu’ils commettent aujourd’hui ne figurent pas dans ce rapport, nous allons continuer à les répertorier, à les surveiller très attentivement», avait alors déclaré Andrew Gilmour, sous-secrétaire général des Nations Unies aux droits de l’Homme.

Pour les autorités centrafricaines, l’entrée en scène de la Cour pénale spéciale vient sonner le glas à l’impunité. Le Premier ministre centrafricain, Simplice Mathieu Sarandji y voit la fin d’un long règne de terreur qui a fini par s’ériger en règle dans le pays. «Ceux qu’hier pensaient qu’ils étaient le nombril de ce monde-là, qu’ils pouvaient tuer allègrement, assassiné allègrement, sans pour autant être inquiétés, je leur dis, chapeau, les dés sont jetés.

A partir de maintenant, tous ceux et toutes celles qui sont incriminés répondront devant la Cour spéciale», a-t-il déclaré. Du côté de la CPS, l’on s’attèlle encore à la mise en place de la stratégie des poursuites et d’enquêtes à rendre publique bientôt.

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24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 23:56
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique: Regroupement signalé des Ex-Séléka à Kabo

 

PAR JAPHET BEOROFEI LE 24 OCTOBRE 2018

 

BANGUI, 25 octobre 2018 (RJDH)—Un rassemblement des ex-Séléka est signalé à Kabo, une ville du nord de la République Centrafricaine. Une information confirmée au RJDH par plusieurs sources indépendantes.  

Ce regroupement est signalé depuis la semaine dernière. De sources locales, de nombreux éléments armés sont entrés dans la ville à partir du Tchad voisin, « ils entrent dans la ville depuis la semaine dernière. Tous ces ex-Séléka sont bien armés et ils viennent pour l’essentiel du Tchad voisin », explique une autorité locale qui, par mesure de sécurité a préféré l’anonymat.

Des habitants du Pk 7, axe Kaga-Bandoro-Kabo et ceux de Behili à 45km de Kabo, axe Kabo-Moïssala, affirment être chassés de leurs villages par ces hommes armés. Une information pour l’instant difficile à vérifier.

Le rassemblement des ex-Séléka est signalé dans plusieurs autres villes depuis que les forces de défense de la RCA se déploient sur le terrain. Ces rassemblements de rebelles, sont considérés par des observateurs comme des retraits à intension malsaine, « ils se regroupent certainement pour des fins diaboliques comme ils en ont l’habitude », nous fait savoir un cadre militaire très branché sur le processus de sécurisation amorcé par le gouvernement.

Les autorités centrafricaines et la Minusca contactées par le RJDH n’ont pas souhaité réagir à cela pour, ne serait que, confirmer ou infirmer cette information.

La ville de Kabo, située à 61 km de la frontière Centrafricano-Tchadienne, est le fief du MPC, une des quatre branches de la Séléka dirigée par Alkhatime. C’est aussi dans cette ville que  trois leaders de l’ex Séléka (Alkhatime de MPC, Ali Daras de l’UPC et Abdoulaye Hissene du FPRC) se sont retrouvés, il y a quelques mois pour réunifier leur chaîne de commandement.

Le regroupement des ex-Séléka à Kabo est signalé quelques jours après l’annonce du retrait des mouvements UPC, MPC et FPRC de l’initiative de Khartoum portée par la Russie.

 

 

Centrafrique : 80% des femmes hospitalisées à Sibut, sont des victimes des Violences Basées sur le Genre

 

PAR SYLVESTRE SOKAMBI LE 24 OCTOBRE 2018

 

BANGUI, 24 Octobre 2018 (RJDH) —De nombreux cas d’hospitalisation de femmes et filles à l’hôpital préfectoral de Sibut (centre du pays), sont dus aux violences basées sur le genre. Le médecin chef Docteur Franco Banawane, contacté par le RJDH parle d’un problème majeur qui mine la localité.

Elles sont toutes allongées sur des lits à l’hôpital de Sibut. Certaines ont des bras, des mâchoires, des jambes, des dents  et/ou des coté cassés, d’autres portent de graves blessures sur le corps. Elles, ce sont des femmes et filles de Sibut admises à l’hôpital de suites des violences conjugales ou parentales. Le médecin chef de l’hôpital préfectoral, interrogé par le RJDH parle de 80% de femmes hospitalisées suite aux violences basées sur le genre.

Ce chiffre est avancé par le médecin chef de Sibut après une étude réalisée sur les six premiers mois de l’année 2018, « nous avons après constat,  fait une étude rétrospective des six derniers mois et là, nous nous sommes rendus compte de l’ampleur que sont en train de prendre les violences basées sur le genre. Les 80% d’hospitalisation de femmes et filles sont certes liées aux violences faites aux femmes mais vous savez, il y a plusieurs victimes qui ne viennent pas à l’hôpital et elles souffrent dans le silence, ce qui signifie que le phénomène est en train d’être le problème majeur de la localité », explique Docteur Franco Banawane.

En réaction, le ministère des Affaires Sociales , de la promotion de la femme et de la protection de l’enfance, a décidé de lancer cette année à Sibut les 16 jours d’activisme, « les cas des violences à l’égard des femmes sont légion à Sibut, c’est pourquoi Madame le ministre a décidé que nous puissions tous nous rendre dans cette ville pour lancer les 16 jours d’activisme afin d’attirer l’attention de l’opinion sur ce qui peut déstabiliser cette belle ville », a confié au RJDH, un cadre de ce département. De sources autorisées, la ministre des Affaires Sociales a été obligée de se rendre à Sibut la semaine dernière pour rendre visite à une fille dont les quatre doigts ont été coupés par un de ses parents. C’est lors de cette visite que le membre du gouvernement a été alerté sur la montée en puissance dans cette ville des violences faites aux femmes.

Les violences basées sur le genre sont qualifiées en Centrafrique de crime et elles sont pénalement punies par la loi. Depuis quatre années, le gouvernement met l’accent sur la lutte contre ces violences et profite des 16 jours d’activisme, lancés chaque année le 25 novembre (journée internationale de l’élimination des violences à l’égard des femmes) pour sensibiliser afin de prévenir ces violences. Partant du thème mondial de cette année « oranger le monde : écoutez moi aussi », le gouvernement centrafricain a dégagé comme thème national, « tolérance zéro à l’égard des violences basées sur le genre » comme pour mettre un point d’honneur sur la répression dans la lutte contre ce fléau.

 

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 12:07
Pourquoi les Russes s'implantent-ils en Centrafrique ?

 

Lu pour vous

 

Par Tanguy Berthemet et Alain Barluet Publié le Figaro 21/10/2018 à 16h55

 

ANALYSE - Depuis un an, des militaires russes, dont le nombre et les missions sont mal connus, vivent à Bangui, suscitant bien des questions sur les ambitions de Moscou.

Cette arrivée des soldats, dont beaucoup sont en fait des mercenaires dépendant d'une société privée, préoccupe la France, qui joue un rôle prépondérant dans son ancienne colonie.

 

● Comment la Russie s'est-elle implantée dans le pays?

 

Le plus légalement du monde. Début 2017, la France est à la recherche d'armes à fournir aux soldats centrafricains formés par une mission européenne. Mais Paris se heurte au coût. L'idée surgit alors de donner une partie d'une cargaison saisie dans l'océan Indien qui, comme les lois internationales l'exigent, est destinée à la destruction. Le Conseil de sécurité de l'ONU donne son aval, sauf Moscou, qui s'y oppose. Agacé, le nouveau gouvernement français renvoie alors le président Faustin-Archange Touadéra vers la Russie. Cette dernière ne manque pas l'occasion.

En octobre, le président centrafricain rencontre Sergueï Lavrov à Sotchi. Le ministre russe des Affaires étrangères propose de faire cadeau des armes nécessaires, notamment 5200 kalachnikovs, 840 mitrailleuses et 270 lance-roquettes. L'ONU ne peut qu'entériner ce don et les armes arrivent début 2018 à Bangui. En plus, Moscou a officiellement déployé 175 instructeurs: 5 militaires et 170 «civils» pour former les Forces armées centrafricaines (Faca). Vendredi, la Russie a annoncé qu'elle allait envoyer sur place 60 formateurs supplémentaires au profit des Faca.

L'emprise russe sur ce petit pays se fait très vite sentir. Le président, connu pour être influençable, écarte les Casques bleus rwandais qui assuraient sa sécurité et se dote d'une garde russe. Elle est commandée par Valery Zakharov, un homme lié au FSB, les renseignements russes, qui prend le titre de conseiller à la sécurité. Le 21 août, la Russie et la Centrafrique signent un accord de défense dont les détails n'ont pas été publiés.

Ce nouvel acteur de poids arrive alors que la Centrafrique est plongée depuis 2012 dans une grave crise qui oppose des groupes rebelles musulmans de l'ex-Séléka à des milices chrétiennes, les Anti-Balaka, et au gouvernement. Ce dernier, en dépit de l'élection de Touadéra et du déploiement d'une mission de l'ONU, est très affaibli. Les hommes de l'ex-Séléka contrôlent le nord et l'est du pays tandis que les Anti-Balaka sont dans l'Ouest.

 

● Moscou veut-il évincer Paris?

 

Ce soupçon ne peut que peser même si Moscou s'en défend. Dans cet ancien «pré carré» où l'influence française demeure très forte, l'arrivée des Russes est perçue comme telle. Le départ de «Sangaris» - l'opération française déployée de 2013 à 2016 - a laissé un vide sécuritaire qu'a comblé Moscou. Mais le Kremlin ne s'est pas arrêté là. Pour saper l'aura française déjà bien ébranlée, une campagne de presse roule, via le média public Russia Today, la presse centrafricaine ou des télévisions camerounaises, aux accents antifrançais. Surtout, la diplomatie russe a lancé des négociations de paix avec les groupes insurgés, fondées sur un partage du pouvoir et des revenus miniers entre rébellion et gouvernement.

En août, une conférence des différents acteurs a été réunie à Khartoum, au Soudan. Une initiative qui arrivait quelques semaines avant une autre réunion, organisée celle-là par l'Union africaine (UA), l'organe qui tente de trouver un accord avec l'appui de l'ONU, de la France et de la communauté d'internationale. «Cet activisme russe est dangereux pour la Centrafrique car il mine le travail de l'UA», s'agace un diplomate.

Paris réagit avec prudence. Au printemps, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a effectué une tournée pour s'entretenir avec ses partenaires dans le dossier centrafricain: le Congo, le Tchad et l'UA. «L'initiative de paix portée par l'Union africaine pose le seul cadre crédible et approuvé par l'ensemble de la communauté internationale à une sortie de crise durable», a martelé en septembre Jean-Yves Le Drian. D'un point de vue militaire, la France s'est aussi rappelée au souvenir des combattants quand, le 15 mai, deux Mirage ont survolé à basse altitude la ville de Kaga-Bandoro, un bastion de la rébellion.

 

● Quelles sont les activités des Russes en RCA?

 

Elles sont nombreuses et assez nébuleuses. Alors que l'équipe venue de Moscou monte son camp d'entraînement à Berengo, un ancien palais de l'empereur Bokassa à 65 kilomètres de la capitale, d'autres soldats s'installent à Bangui. «Les formateurs militaires font leur travail et rien d'autre», souligne une bonne source à Bangui. Il en va autrement des 170 «civils», dont le nombre aurait enflé ces derniers mois pour atteindre environ 400. Berengo - 40 hectares - étant doté d'une piste d'atterrissage, des armes supplémentaires pourraient être discrètement importées. Ces «civils» dépendent officiellement d'une mystérieuse société, Sewa Security Services, fondée en novembre 2017 à Bangui.

Dans les faits, la plupart d'entre eux appartiennent à un groupe militaire privé - sans existence légale - qui s'est taillé en quelques mois une sombre réputation, Wagner. C'est alors qu'ils enquêtaient sur son compte que trois journalistes russes ont trouvé une mort mystérieuse en RCA, fin juillet. Actifs dans le Donbass, en Ukraine, en 2013, les mercenaires de Wagner ont migré en 2017 vers la Syrie après la signature d'un accord pour l'exploitation d'un gisement pétro-gazier avec la Russie. Et en avril dernier, relate une bonne source, c'est par un vol direct Damas-Bangui que les «Wagner boys» sont arrivés en RCA, en quête de nouvelles opportunités d'affaires. Ils se sont joints à d'autres mercenaires russes, venus du Soudan, où Moscou est actif depuis quelques années.

Le projet est dans les cordes du fondateur et principal financier de Wagner, Evgueni Prigogine, un proche de Vladimir Poutine. Les hommes de Wagner ont depuis été vus dans plusieurs régions du pays, notamment à Bria, une ville de l'est du pays, riche en or et en diamants. Pour s'implanter, les Russes ont donné des gages. Ils ont «offert» en mai à Bria un hôpital, en fait un «hôpital Potemkine» ne fonctionnant pas véritablement. Ils ont également encadré des interventions des Faca, comme à Bangui et avril et mai, ou cet été à Bangassou.

 

● Y a-t-il des objectifs économiques cachés?

 

«Les Russes en Centrafrique n'inventent rien. Leur intervention a un volet militaire qu'ils espèrent payer par un volet financier tourné vers l'exploitation des ressources naturelles, comme l'ont fait les Libyens en leur temps», affirme un homme d'affaires centrafricain. Ce volet financier a pris la forme d'une autre société: Lobaye Invest. Créée en octobre 2017, cette entreprise est, d'après les médias russes, officiellement dirigée par un certain Evgueneï Khodotov, 54 ans, un vétéran des forces de sécurité de Saint-Pétersbourg et par ailleurs patron de M-Finance, une structure dont l'une des activités est «l'exploitation de pierres précieuses». Mais, pour beaucoup, le vrai chef n'est autre que le même Evgueni Prigogine. Des hommes de Wagner ont d'ailleurs escorté du matériel d'exploitations minières. La Centrafrique possède en effet des ressources importantes, notamment des diamants, de l'or et de l'uranium.

Cependant, si le potentiel minier du pays demeure mal connu, il n'apparaît pas immense et l'exploitation est très compliquée. «Il n'est pas aux dimensions des grands groupes russes», affirme l'homme d'affaires. Surtout, les pierres précieuses et l'or sont surtout alluvionnaires, c'est-à-dire répartis sur de larges zones. «Il ne s'agit pas de mines que des troupes peuvent protéger facilement», continue-t-il. Enfin, les régions riches sont pour la plupart sous le contrôle des ex-Séléka et il faut donc les déloger ou négocier avec eux pour envisager une exploitation. Les retombées économiques à attendre seront donc relativement limitées.

 

● Le Kremlin a-t-il des ambitions plus larges en Afriques?

 

Les intentions russes suscitent de nombreuses questions. Diverses sources convergent pour qualifier la Centrafrique de «laboratoire» ou de «vitrine», dans le cadre d'initiatives plus large sur le continent. Diplomates et services de renseignements s'interrogent sur la présence à long terme de la Russie en Afrique. Rompre l'isolement diplomatique, a fortiori après les sanctions imposées par l'Occident, regagner en influence sur un continent où l'URSS campait solidement: ces motivations apparaissent logiques. Des tentatives récentes de la Russie pour s'implanter militairement à Djibouti, où il existe déjà des bases américaine, française et chinoise, n'ont pas abouti. Washington a mis son veto.

Mais Moscou poursuit ses efforts pour renforcer sa présence dans l'est du continent. Des liens étroits ont été tissés avec le Soudan, État paria pour l'Occident, dont le président est poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI). Cette année, outre la Centrafrique, des accords de défense ont été signés avec plusieurs pays, dont la Tanzanie, le Burundi et le Botswana. Depuis 2015, de tels accords ont été conclus avec dix-neuf pays du continent. Et depuis 2016, l'Afrique figure explicitement parmi les priorités de la diplomatie russe.

Le vice-ministre des Affaires étrangères en charge du continent, Mikhaïl Bogdanov, s'y est déjà rendu une cinquantaine de fois. Selon une source française, au travers de cette opération en Centrafrique, les Russes cherchent donc à séduire d'autres pays. Les activités russes se sont ainsi accrues en Angola et en Guinée, deux États aux sous-sols extrêmement riches.

 

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 11:57

 

 

AFP / (22 octobre 2018 20h06 - Un nouveau traitement contre la tuberculose résistante aux antibiotiques a enregistré un taux de réussite de 90%, selon les résultats d'essais cliniques consultés par l'AFP lundi, qui pourraient s'avérer déterminants dans la lutte contre cette maladie meurtrière.


Une équipe de médecins en Biélorussie (l'un des pays où le taux de tuberculose multirésistante est le plus élevé) a traité pendant plusieurs mois des patients avec ce nouveau traitement, la bedaquiline, combiné à d'autres antibiotiques.


Les résultats sont édifiants: sur 181 patients, 168 sont totalement guéris.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls 55% des personnes atteintes de tuberculose multirésistante peuvent être guéries.


Le taux de succès de l'étude biélorusse (93%) a pu être répliqué au cours d'autres essais cliniques sur la bedaquiline en Europe de l'Est, en Afrique et en Asie du Sud-Est, selon des conclusions consultées par l'AFP qui doivent être présentées cette semaine, lors d'un sommet consacré à la tuberculose.


"Les résultats de cette étude confirment (...) que des nouveaux traitements comme la bedaquiline peuvent guérir et sont une nouvelle donne pour ceux qui vivent avec la tuberculose multirésistante ou trés résistante aux traitements antibiotiques", a commenté pour l'AFP le docteur Paula I Fujiwara, directrice scientifique de l'Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (UICTMR), qui n'est pas liée à cette étude.


La tuberculose, maladie transmise par voie aérienne, a tué 1,7 million de personnes en 2017, selon l'OMS, ce qui en fait la maladie transmissible la plus meurtrière dans le monde, alors que c'est une maladie que l'on peut prévenir, traiter et guérir.

Pourtant, c'est sur le sida que se focalisent l'attention et l'argent des donateurs.

- 117 pays –


Une étude publiée dans la revue médicale The Lancet en 2017 estimait que d'ici à 2040, 12,4% des cas de tuberculose seraient causés par des souches résistantes aux antibiotiques.

Selon l'OMS, des souches de tuberculose multirésistante ont été enregistrées dans au moins 117 pays.


La tuberculose est causée par une bactérie qui touche le plus souvent les poumons, mais aussi les reins, les ganglions et les os. L'infection peut rester silencieuse pendant des années avant de se déclarer en maladie. Hautement contagieuse, elle est favorisée par la malnutrition, l'âge (moins de cinq ans, personnes âgées) ou encore le VIH.

Contrairement à beaucoup d'antibiotiques, la bedaquiline n'attaque pas directement la bactérie mais cible les enzymes avec lesquelles elle se nourrit.


"Globalement, notre étude confirme l'efficacité qu'a pu montrer la bedaquiline lors de précédentes études et infirme les inquiétudes autour des dangers des effets secondaires", a réagi la chercheuse Alena Skrahina qui a dirigé l'étude biélorusse.

Si tous les patients de l'étude ont souffert d'effets secondaires, ils ont été moins sévères qu'attendu.

Lors de l'assemblée générale des Nations unies fin septembre, les dirigeants mondiaux se sont engagés à mettre un terme à la pandémie de tuberculose d'ici à 2030 en levant 13 milliards de dollars par an pour atteindre cet objectif.

"Nous avons un besoin urgent de traitements abordables comme la bedaquiline si nous voulons vraiment guérir les quelque 600.000 personnes atteintes de tuberculose multirésistante chaque année et éviter ainsi près d'un quart de million de morts", estime Mme Fujiwara.


(©)

Tuberculose multirésistante: un nouveau traitement bouleverse la donne (étude)
Tuberculose multirésistante: un nouveau traitement bouleverse la donne (étude)
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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 20:11

 

AFP / (22 octobre 2018 20h06 - Un nouveau traitement contre la tuberculose résistante aux antibiotiques a enregistré un taux de réussite de 90%, selon les résultats d'essais cliniques consultés par l'AFP lundi, qui pourraient s'avérer déterminants dans la lutte contre cette maladie meurtrière.

Une équipe de médecins en Biélorussie (l'un des pays où le taux de tuberculose multirésistante est le plus élevé) a traité pendant plusieurs mois des patients avec ce nouveau traitement, la bedaquiline, combiné à d'autres antibiotiques.

Les résultats sont édifiants: sur 181 patients, 168 sont totalement guéris.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seuls 55% des personnes atteintes de tuberculose multirésistante peuvent être guéries.

Le taux de succès de l'étude biélorusse (93%) a pu être répliqué au cours d'autres essais cliniques sur la bedaquiline en Europe de l'Est, en Afrique et en Asie du Sud-Est, selon des conclusions consultées par l'AFP qui doivent être présentées cette semaine, lors d'un sommet consacré à la tuberculose.

"Les résultats de cette étude confirment (...) que des nouveaux traitements comme la bedaquiline peuvent guérir et sont une nouvelle donne pour ceux qui vivent avec la tuberculose multirésistante ou trés résistante aux traitements antibiotiques", a commenté pour l'AFP le docteur Paula I Fujiwara, directrice scientifique de l'Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires (UICTMR), qui n'est pas liée à cette étude.

La tuberculose, maladie transmise par voie aérienne, a tué 1,7 million de personnes en 2017, selon l'OMS, ce qui en fait la maladie transmissible la plus meurtrière dans le monde, alors que c'est une maladie que l'ont peut prévenir, traiter et guérir.

Pourtant, c'est sur le sida que se focalisent l'attention et l'argent des donateurs.

- 117 pays -

Une étude publiée dans la revue médicale The Lancet en 2017 estimait que d'ici à 2040, 12,4% des cas de tuberculose seraient causés par des souches résistantes aux antibiotiques.

Selon l'OMS, des souches de tuberculose multirésistante ont été enregistrées dans au moins 117 pays.

La tuberculose est causée par une bactérie qui touche le plus souvent les poumons, mais aussi les reins, les ganglions et les os. L'infection peut rester silencieuse pendant des années avant de se déclarer en maladie. Hautement contagieuse, elle est favorisée par la malnutrition, l'âge (moins de cinq ans, personnes âgées) ou encore le VIH.

Contrairement à beaucoup d'antibiotiques, la bedaquiline n'attaque pas directement la bactérie mais cible les enzymes avec lesquelles elle se nourrit.

"Globalement, notre étude confirme l'efficacité qu'a pu montrer la bedaquiline lors de précédentes études et infirme les inquiétudes autour des dangers des effets secondaires", a réagi la chercheuse Alena Skrahina qui a dirigé l'étude biélorusse.

Si tous les patients de l'étude ont souffert d'effets secondaires, ils ont été moins sévères qu'attendu.

Lors de l'assemblée générale des Nations unies fin septembre, les dirigeants mondiaux se sont engagés à mettre un terme à la pandémie de tuberculose d'ici à 2030 en levant 13 milliards de dollars par an pour atteindre cet objectif.

"Nous avons un besoin urgent de traitements abordables comme la bedaquiline si nous voulons vraiment guérir les quelque 600.000 personnes atteintes de tuberculose multirésistante chaque année et éviter ainsi près d'un quart de million de morts", estime Mme Fujiwara.


(©)

Tuberculose multirésistante: un nouveau traitement bouleverse la donne (étude)
Tuberculose multirésistante: un nouveau traitement bouleverse la donne (étude)
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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 19:43

 

Centrafrique : La Russie pourrait envoyer plus d'instructeurs militaires

 

https://www.lecourrierderussie.com  22/10/2018 à 15h47

 

Le ministère russe des Affaires étrangères autorise l’augmentation de ses effectifs d’instructeurs militaires en République de Centrafrique, rapporte RBC.Le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, représentant spécial du président Poutine pour le Moyen-Orient et l’Afrique

 

 

© AFP 2018 FLORENT VERGNES 10:02 22.10.2018

 

Agissant avec l’autorisation de l’Onu, la Russie est prête à continuer de former les soldats de l’armée en Centrafrique à la demande des pouvoirs du pays, a annoncé le représentant spécial du Président russe pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, Mikhaïl Bogdanov.

 

Moscou est prêt à envoyer des instructeurs militaires supplémentaires en République centrafricaine si ce pays en a besoin, a déclaré le représentant spécial du Président russe pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord, Mikhaïl Bogdanov.

 

«S'il faut plus d'instructeurs, il y en aura plus, s'il en faut moins, il y en aura moins», a-t-il déclaré en répondant à la question sur le possible envoi de 60 instructeurs supplémentaires en Centrafrique.

 

Et d'ajouter: «il y a des instructeurs russes en République centrafricaine, l'envoi de nouveaux instructeurs dépend de la position du gouvernement de ce pays, des autorités légitimes.»

 

En outre, comme l'a indiqué Mikhaïl Bogdanov, la Russie est prête à continuer de promouvoir un règlement politique en République centrafricaine en coordination totale avec les autorités de ce pays.

 

«Oui, bien sûr [nous sommes prêts à aider à la mise en place d'un règlement politique, ndlr]. Nous avons participé à plusieurs réunions qui se sont tenues à Khartoum, il y a la dénommée Déclaration de Khartoum. Nous avons contribué au succès de cette réunion, il y avait nos représentants. Bien sûr, nous sommes prêts à continuer à la promouvoir. Nous agissons en pleine coordination avec le gouvernement légal, avec le Président de la République centrafricaine», a précisé Mikhaïl Bogdanov.

 

Au début de l'année 2018, cinq militaires et 170 ressortissants russes ont été dépêchés sur place pour entraîner les militaires centrafricains. En outre, à la demande de la République centrafricaine, la Russie a accordé à ce pays une aide militaire et technique à titre gratuit.

 

Selon le ministère russe des Affaires étrangères, cette aide a été accordée en «stricte conformité avec le régime des sanctions imposé par le Conseil de sécurité de l'Onu à l'égard de ce pays».

Moscou s’est prononcé sur le renforcement de sa présence militaire en Centrafrique
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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 16:59
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : La session inaugurale donne une forme à la Cour Pénale Spéciale

 

PAR CYRILLE WEGUE LE 22 OCTOBRE 2018

 

BANGUI, 22 Octobre 2018 (RJDH) — La cérémonie de la Session inaugurale de la Cour Pénale Spéciale a eu lieu ce lundi 22 octobre à la Cour de Cassation en présence du Premier Ministre, Simplice Mathieu Sarandji. Ladite session d’audience solennelle marque le point de départ du mandat de cinq années renouvelables de cette Cour qui aura pour mission de juger les crimes graves perpétrés en Centrafrique.

 

Conformément aux dispositions des articles 6 et 70 de la loi organique n°15.003 du 03 juin 2015 portant création, organisation et fonctionnement de la Cour Pénale Spéciale, cette cérémonie consacre l’installation effective de la Cour, et ainsi le lancement officiel de ses activités judiciaires.

 

Au sortir des activités, le Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji a fait comprendre, que « ceux qui hier pensaient qu’ils étaient le nombril de ce monde-là, qu’ils pouvaient tuer allègrement, assassiné allègrement, sans pour autant être inquiété, je leur dis, chapeau, les dés sont jetés. A partir de maintenant, tous ceux qui sont incriminés, toutes celles qui sont incriminés répondront devant la Cour Spéciale », a-t-il dit.

Quant au Procureur Adjoint à la Cour, Alain Ouaby Bekaï, la Cour en son sein s’est attelée à élaborer une stratégie de poursuite et d’enquête qui seront rendues public très bientôt.  Les grandes lignes c’est de dégager les critères sur lesquels la Cour va se baser pour lancer ses enquêtes notamment les critères touchant à la représentativité des actes, à l’ampleur, à l’impact de ces crimes sur la population.

 

« Pour l’instant, les plaintes ne sont pas encore déposées, après cette cérémonie, je crois que les bureaux seront ouverts pour pouvoir enregistrer les plaintes et les dénonciations.  On ne privilégie pas tel incident par rapport à tel autre. C’est des atteintes graves, quel qu’en soit l’échelle, quel qu’en soit la portée, c’est des atteintes graves. Ce qui est sûr, c’est que vue le mandat de la Cour, la Cour ne pourra pas tout faire. Donc, il faut absolument faire la projection des cas.  Et là, ce fera au cas par cas et fera l’objet de la réunion du chronogramme des membres du parquet pour voir s’il faut commencer les enquêtes sur tel ou tel cas. Mais ce qui est établi, c’est des critères objectifs » a précisé Alain Ouaby Bekaï

 

Au sujet de la Sécurité, il a rappelé que dans les stratégies de la Cour, il sera question de traiter les faits en fonction des cas et des contextes. C’est-à-dire voir si tel cas est faisable ou non afin de minimiser des risques sur les victimes et les témoins.

Au sujet des enfants, il précise que dans le mandat de la Cour, « on n’a pas compétence pour juger les enfants. Les enfants  relèvent de la compétence d’une juridiction, c’est-à-dire, la Cour criminelle chargé de juger les mineurs », a-t-il rappelé.

 

Cette session inaugurale, intervient trois ans après la création de cette juridiction mixte, chargée de poursuivre les présumés auteurs des crimes de guerre, crimes de génocide et crimes contre l’humanité, commis sur le tout le territoire national depuis 2003.

 

 

Centrafrique : La plateforme interconfessionnelle forme les journalistes sensibles au conflit

 

PAR CARLOS WATOU LE 22 OCTOBRE 2018

 

BANGUI le 22 Octobre 2018 (RJDH)— 35 journalistes centrafricains sont désormais équipés sur la couverture médiatique dans les pays en conflit ou post-conflit, après une semaine de formation, du 15 au 19 octobre, sur le journalisme sensible au conflit, organisée par la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique en partenariat avec l’ONG KAICIID. Ces professionnels des médias sont venus de Bangui et des villes de provinces.

 

Cette session est initiée pour permettre aux professionnels des médias de maitriser le cycle de conflit et comment mieux gérer les informations pendant les moments de conflit afin d’éviter de prendre une partie et d’inciter plus aux violences.

 

Le révérend pasteur Nicolas Guerekoyame Gbangou, président du conseil d’administration de la plateforme des confessions religieuses, souligne les bienfaits de cette session de formation, « pour prévenir les conflits, et les atrocités de masse, pour guérir les cœurs blessés et les traumatismes, pour amener les ennemis vers la paix, il faut passer nécessairement  par le dialogue et donc la communication. Ce qui signifie qu’il faut collaborer avec les professionnels des médias pour atteindre ces objectifs », a-t-il souligné.

 

Bénistan Mballa,  l’un des participants, apprécie à sa juste valeur cette formation, « Cette formation m’a permis de comprendre la différence entre un journaliste de paix et un journaliste de guerre  surtout pendant le moment sensible comme le nôtre », a-t-il dit.

 

L’ONG KAICIID est une organisation intergouvernementale qui œuvre dans plusieurs pays du monde pour promouvoir le dialogue interreligieux afin de favoriser la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble dans le monde.

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 16:55

 

Centrafrique : l'assassinat de trois ressortissants chinois "ne restera pas impuni" (président)

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 21-10-2018

 

L'assassinat de trois ressortissants chinois en République centrafricaine (RCA) "ne restera pas impuni", a assuré le président Faustin-Archange Touadéra lors d'un récent entretien à Bangui avec l'ambassadeur de Chine en RCA, Chen Dong.

"Les auteurs et leurs complices seront traduits devant la justice de la RCA (...) pour que justice soit faite aussi bien pour les victimes, mais (aussi) pour le peuple centrafricain", a-t-il indiqué. Treize suspects seront jugés le mois prochain.

Le 4 octobre, trois ressortissants chinois ont été tués à Sosso-Nakombo (sud-ouest) par des habitants pensant qu'ils étaient à l'origine de la disparition d'un de leurs compatriotes lors du naufrage d'une embarcation.

M. Touadéra a présenté de nouveau ses condoléances aux familles des victimes, se disant "indigné devant de tels actes de barbarie". "L'indignation n'est pas seulement la mienne, mais du peuple centrafricain", a-t-il dit, alors que les victimes étaient "venues travailler dans le cadre du développement de la RCA".

Qualifiant les assassins d'"ennemis de la paix et du peuple centrafricain" devant lesquels la RCA "ne baissera les bras", le chef de l'Etat a assuré que cet acte criminel n'allait pas altérer la volonté de son pays de continuer à travailler pour améliorer sa coopération avec la Chine.

M. Touadéra a rappelé le récent sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) à Beijing en marge duquel il s'est entretenu avec son homologue chinois Xi Jinping. "Un programme important de coopération a été développé entre nos deux pays et nous allons continuer à travailler dans le cadre de ce programme", a-t-il indiqué.

Selon le président centrafricain, des mesures de sécurité seront mises en place au profit des populations civiles étrangères pour que de pareils actes puissent pas se reproduire. Il a souhaité "assurer les investisseurs qui viennent de Chine que des mesures seront prises" pour leur protection.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : l'assassinat de trois ressortissants chinois "ne restera pas impuni"
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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 14:08

 

Lu pour vous 

 

Publié par CENTRAFRIQUE LIBRE le 22 oct 2018

 

Les Magistrats centrafricains s’alignent derrière la politique du Gouvernement en s’opposant à l’amnistie pour les groupes armés. Cette position a été exprimée par le Président de la Cour de Cassation à l’occasion de l’audience de prestation de sermon des derniers juges de la Cour Pénale Spéciale de Centrafrique, tenue le vendredi 19 octobre 2018 à Bangui.


Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Touadera a toujours respecté cette volonté des centrafricains d’envoyer leurs bourreaux à la barre pour que justice soit faite. Voici un extrait du Réquisitoire du Président de la Cour de Cassation

 

« Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, vous avez prôné l’impunité zéro et vous en avez fait votre cheval de bataille.


Le Corps judiciaire s’aligne derrière vous pour approuver entièrement votre position qui est celle du peuple centrafricain meurtri par les actes de barbarie commis et qui sont en train de se commettre tous les jours par ces groupes armés. Cette impunité zéro est, bien entendu, synonyme du refus d’accorder l’amnistie.


Ne sont-elles pas ces fréquentes et récurrentes lois d’amnistie qui encouragent et font perpétuer ces actes de barbarie car leurs auteurs ne pouvaient s’inquiéter de rien sachant que leurs crimes seront amnistiés ? Comment concevoir que l’on mette en place la Cour Pénale Spéciale pour juger les auteurs de ces actes de barbarie et qu’en même temps on vote une loi d’amnistie ? N’est-ce pas vouloir réduire cette juridiction à l’inertie ?


Que dit le droit international sur le sujet ?


Pour le droit international, l’article 29 du statut de Rome de la Cour Pénale Internationale a prévu que ces graves crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale sont imprescriptibles.


Concernant le droit national, l’article 3 alinéa 2 de la loi organique de la Cour Pénale Spéciale a, de même, prescrit que ces graves crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Spéciale sont imprescriptibles. Mais l’article 162 alinéa 2 du code pénal centrafricain est encore plus explicite pour dire que les crimes graves que sont les crimes contre l’humanité, les crimes de génocide et les crimes de guerre ne peuvent faire l’objet d’amnistie et de grâce. Je souligne les dispositions de cet article 162 alinéa 2 de ce code pénal et je le relie en d’autres termes que voici : les graves crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Spéciale ne peuvent faire l’objet d’une amnistie et de grâce.


Cela revient à dire que si une loi d’amnistie vient à être promulguée, elle ne lie pas la Cour Pénale Spéciale et les autres juridictions nationales qui en passeront outre pour juger les auteurs de ces graves crimes qui sont imprescriptibles et qui ne peuvent être amnistiés.


Donc c’est en vain que les groupes armés ont demandé une loi d’amnistie.


Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, votre position qui est celle du peuple centrafricain meurtri par ces graves crimes et qui, de surcroit, est aussi, celle du Corps judiciaire est conforme au droit centrafricain et au droit international comme on vient de le voir ci-haut.


Que veut dire, en termes clairs, l’imprescriptibilité de ces graves crimes ? Cela signifie que ces graves crimes ne seront jamais effacés. Donnons-nous un exemple : à la fin de la deuxième guerre mondiale, un tribunal a été créé pour juger les auteurs des graves crimes commis pendant cette guerre. C’est le Tribunal de Nuremberg. Ces crimes ont été déclarés imprescriptibles. Les auteurs de ces graves crimes qui sont les Nazi ont été jugés en 1945 par ce Tribunal.


Il y a lieu de noter ce fait important : on continue d’arrêter jusqu’à nos jours les auteurs de ces graves crimes commis pendant la deuxième guerre mondiale puisqu’ils sont imprescriptibles. J’ai appris dans la presse comme tout le monde il n’y a pas longtemps qu’un Nazi âgé d’environ 90 ans venait d’être arrêté pour avoir commis ces graves crimes pendant la deuxième guerre mondiale.


Ainsi je voudrais m’adresser aux groupes armés. Qui aimerait être inquiété et arrêté dans ses vieux jours pour des crimes qu’il a commis il y a si longtemps et qu’il a tout oubliés ? je voudrais encore m’adresser à vous tous qui faites encore partie de ces groupes armés pour vous demander de les quitter immédiatement avant que vous ne laissiez des traces indélébiles de vos actes criminels par lesquels la justice pourra vous rattraper tôt ou tard.


Quittez ces groupes armés avant que vous ne soyez repérés d’avoir commis ces graves crimes de peur de troubler la tranquillité de vos vieux jours comme ce Nazi de 90 ans qui a été arrêté.


Pour vous faire échapper à ce cauchemar, le Président de la République, Chef de l’Etat vous a proposé, à vous tous les groupes armés, le DDRR, entendez « Désarmement Démobilisation et Réinsertion des Nationaux et Rapatriement des étrangers dans leur pays d’origine », afin de vous permettre d’avoir un avenir meilleur. Profitez-en »

AMNISTIE POUR LES GROUPES ARMES : LES JUGES CENTRAFRICAINS DISENT NON
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