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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 19:06

 

 

 

 

 

RFI  lundi 27 janvier 2014 à 17:20

 

Pour l'instant, la présence de militaires français et de troupes africaines n'a pas réussi à faire cesser les violences en Centrafrique. Des règlements de compte et des pillages se sont encore produits dimanche, essentiellement dans les quartiers musulmans. Chaque jour, des habitants fuient pour se réfugier dans les pays voisins. Ils sont entre 40 000 et 50 000 au Tchad, et presque 30 000 dans les camps de réfugiés en RDC, auxquels il faut ajouter ceux qui sont accueillis chez des proches ou des amis. Reportage de notre envoyée spéciale à Zongo, une petite ville située juste de l'autre côté de la rivière Oubangui, en face de la capitale centrafricaine.

 

Embrassades et bises chaleureuses. Sylvain retrouve sa famille réfugiée depuis le 5 janvier de l’autre côté de la rivière Oubangui, au Congo. Le père de 7 enfants serre la plus petite dans ses bras. « Je suis très content, la famille est bien portante, se réjouit-il. J’étais inquiet parce que je ne disposais pas d’assez de moyens pour les envoyer au Cameroun, alors j’ai préféré les envoyer directement ici pour qu’ils aient tout de même un refuge. »

 

Le refuge, c’est une Congolaise qui le leur a offert, Vumbo Revi, une cousine éloignée de la famille. Sa petite maison sur la colline de Zongo, à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau de Bangui, les accueille depuis trois semaines. Au menu des retrouvailles : plantains et haricots. « C’est normal de faire ça. Aujourd’hui, je reçois les Centrafricains, mais demain ça sera peut-être moi qui aurais besoin d’être accueillie si je fuis. »

 

Comme Vumba, des dizaines de familles congolaises accueillent 2 000 Centrafricains qui ont fui Bangui depuis décembre. Des liens d’amitiés ou de famille relient les deux rives. Mais pour Chantal, la mère de famille, cette situation est éprouvante : « C’est très difficile, mon mari est là-bas, je suis ici… Ça fait mal, parce que j’entends les armes lourdes qui tombent là-bas. Je suis très inquiète. » L’heure de repartir a sonné. Dernière prière pour la paix en Centrafrique, Sylvain et son fils aîné rejoignent Bangui en pirogue.

RDC: Zongo, de l'autre côté de la rivière Oubangui, accueille des familles centrafricaines

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:59

 

 

 

 

 

 

par Emmanuel Braun

 

BANGUI 27/01/2014 (Reuters) - La communauté internationale doit intervenir d'urgence pour éviter la partition de la République centrafricaine, où les représailles anti-musulmanes accélèrent les déplacements massifs de population, a déclaré lundi Navi Pillay, haute commissaire de l'Onu aux droits de l'homme.

 

Un million de personnes, soit un quart de la population, ont été déplacées par les combats entre le mouvement Séléka à dominance musulmane, qui s'est emparé du pouvoir en mars 2013, et les milices chrétiennes connues sous le nom d'"anti-balaka".

 

Depuis la démission du président par intérim Michel Djotodia début janvier, les chefs de la Séléka abandonnent désormais Bangui, accompagnés de leurs combattants, ce qui fragilise la situation des civils musulmans.

 

"La situation en termes de sécurité et de droits de l'homme s'est encore détériorée ces derniers jours", a déclaré Navi Pillay dans un communiqué.

 

"Les civils musulmans sont désormais extrêmement vulnérables. Beaucoup sont chassés hors du pays, avec les ex-Séléka, et ils fuient, la plupart vers la frontière tchadienne."

 

"Nous ne pouvons tout simplement pas laisser se déchirer le tissu social de ce pays", a ajouté Navi Pillay. "J'en appelle avec la plus grande urgence à la communauté internationale pour qu'elle multiplie ses efforts de maintien de la paix. (...) Beaucoup de vies sont en jeu."

 

La plupart des musulmans de Bangui ont fui la capitale centrafricaine.

 

Dans le quartier de Miskine, un journaliste de Reuters a vu lundi des pillards démonter des boutiques ou des maisons déjà vidées de leurs biens et de leurs meubles lors de précédentes attaques.

 

Des tirs ont éclaté quand les forces françaises de l'opération Sangaris sont intervenues pour tenter de disperser la foule.

 

"Depuis que la Séléka perd du terrain, les communautés musulmanes sont systématiquement attaquées par les anti-balaka. Il y a des meurtres tous les jours", déclare Peter Bouckaert, directeur des urgences pour Human Rights Watch.

 

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Vague de représailles anti-musulmanes en Centrafrique

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:52

 

 

 

 

 

ADDIS-ABEBA, Lundi 27 janvier 2014 | 17:39 UTC (Xinhua) - La crise centrafricaine qui a connu de nouveaux développements ces derniers jours avec l’élection de Catherine Samba-Panza sera le principal dossier d'une réunion spéciale.

 

« Il y aura une réunion du CPS demain à 17 heures, au niveau des chefs d'Etat », a confié le ministre tchadien des Affaires étrangères et de l'Intégration africaine, Moussa Faki Mahamat, dont le pays assure actuellement la présidence en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) qui a contraint lors d'un sommet extraordinaire les 9 et 10 janvier à N'Djamena, l'ex-chef rebelle centrafricain Michel Djotodia a démissionner de ses fonctions de président de la transition.

 

C'est cette décision, accompagnée également de la mise à l' écart de Nicolas Tiangaye, Premier ministre du gouvernement d' union nationale nommé par l'accord politique inter centrafricain conclu le 11 janvier 2013 à Libreville au Gabon pour une sortie de crise aussitôt remise en cause avec la chute du régime de François Bozizé, qui a ouvert la voie à la relance du processus de transition bloqué par les violences.

 

Réunion depuis lundi pour trois jours dans la capitale éthiopienne, en prélude au sommet des chefs d'Etat prévu jeudi et vendredi, le Conseil exécutif, instance de concertation des ministres des Affaires étrangères de l'Union africaine, s'est déclaré préoccupé par cette crise qui affecte les pays voisins de la République centrafricaine (RCA).

 

Sous mandat de l'UA et avec l'autorisation des Nations Unies, la RCA accueille justement depuis le 19 décembre 2013, en remplacement de la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC), une force d'interposition déployée depuis plusieurs années par les pays de la CEEAC, une Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) chargée d'aider à la sécurisation et à la stabilisation du pays.


Prévue pour un effectif d'environ 6.000 hommes, cette force se compose en ce moment de quelque 4.000 troupes dont le gros des contingents est basé à Bangui, la capitale centrafricaine.

 

Président en exercice du Conseil de paix et de sécurité, le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné la délicatesse de la mission de la MISCA et plaidé pour un soutien accru de la communauté internationale afin d'aider ce pays fragile à réussir son processus de transition et à organiser les élections générales censées le doter de nouvelles institutions démocratiques, projetées au début de 2015.

 

Après avoir salué la démission de Djotodia et de Tiangaye, il s'est félicité de l'élection de la nouvelle présidente de la transition Catherine Samba-Panza le 20 janvier, qui n'a malheureusement pas été invitée au sommet, un bénéfice cependant accordé au nouveau président malgache Hery Rajoarimampianina dont le pays a été réintégré au sein de l'organisation panafricaine après cinq ans de suspensions depuis le coup d'Etat de mars 2009 d’Andry Rajoelina contre Marc Ravalomanana.

UA : La Centrafrique au menu d'une réunion des chefs d'Etat du Conseil de paix et de sécurité mardi

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:31

 

 

 

 

 

Ministres d'Etat:


Travaux publics: Herber Gontran Djono Ahaba
 

Agriculture: Marie-Noelle Koyara


Ministres


Justice garde des Sceaux : Isabelle Gaudeuille
 

Affaires étrangères et Francophonie: Toussaint  Kongo Doudou
 

Défense Nationale: Thomas Théophile Tchimangoa
 

Administration Territoire: Aristide Sokambi
 

Economie Plan : Mme Florence Limbio
 

Sécurité publique: Denis Wangao Kizimalé
 

Finances et Budget : Rémy Yakoro
 

Mines, Energie : Olivier Malibangar
 

Economie forestière: Hyacinthe Toukouye
 

Santé, Affaires sociales et action humanitaire: Mme Marguerite Samba
 

Education Nationale et enseignement supérieur: Mme Gisèle Bedan
 

Communication et Réconciliation nationale : Mme Antoinette Montaigne née Moussa  
 

Postes Télécommunications  nouvelles technologies: Abdallah Kadre
 

Fonction publique: Eloi Anguimate
 

Transports: Arnaud Djoubaye
 

Commerce: Mme Gertrude Zouta
 

Jeunesse Sports: Léopold Narcisse Bara (anti-balaka)
 

Secrétariat Général Gouvernement: Gaston Mackouzangba

Liste des membres du Gouvernement Nzapayéké

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 17:41

 

 

 

 

 

Par Vincent Hugeux, à Bangui, publié le 27/01/2014 à  16:44

 

Voilà à quoi devrait ressembler le premier cabinet de l'ère Catherine Samba-Panza, qui doit être officialisé mardi matin. 

 

Accouchement délicat pour "Maman Catherine", sage-femme à poigne d'une RCA à l'agonie. Ce lundi, la "cheffe de l'Etat" de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza se doit de boucler le casting du gouvernement que conduira son Premier ministre André Nzapayéké, jusqu'alors vice-président de la Banque de Développement des Etats de l'Afrique centrale, et dont la composition devrait être officialisée mardi dans la matinée. L'ancienne maire de Bangui avait promis une équipe de technocrates resserrée -18 membres maximum-, respectueuse de la parité hommes-femmes. En fait, le premier cabinet de l'ère "CSP" devrait compter une vingtaine de portefeuilles, dont quatre confiés à d'ancien dignitaires de la Selaka, la coalition rebelle qui renversa le général-président François Bozizé en mars 2013 et dont les soudards ont semé la mort et la terreur 10 mois durant.  

 

Le maroquin des Finances serait promis à Aboubakar Salao, ex-directeur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), dont le frère Idriss fut le "dircab" adjoint de l'ex-président de facto Michel Djotodia, contraint à la démission le 11 janvier. Celui, ô combien sensible, de la Défense reviendrait au colonel Thomas-Théophile Tchimangoua, ancien patron du Bataillon de protection et de sécurité des institutions, ou BSPI. A la Sécurité intérieure, il est question de Jacqueline Koyambounou Massengué, venue selon une source diplomatique des rangs de la police et qui aurait vécu un temps au Texas. Autre "Américain" pressenti, aux Affaires étrangères cette fois, le diplomate de carrière Stanislas Moussa Kembé, ambassadeur aux Etats-Unis depuis 2009. Le secteur de l'Economie et du Plan pourrait échoir à Florence Limbio, issue elle aussi de la BEAC. Titulaire sortante du Développement rural et de l'Agriculture, Marie-Noëlle Koyara se verrait reconduite. Tout comme Aristide Sokambi, maintenu selon toute vraisemblance à l'Aménagement du territoire, à la Régionalisation et à la Décentralisation.  

 

 Encore hypothétique à ce stade, la distribution esquissée ici nous offre l'occasion d'un bref retour en arrière. Car la finalisation de l'attelage Samba-Panza/Nzapayéké aura été pour le moins laborieuse. Au Quai d'Orsay, certains avaient initialement plaidé, pour le CDD présidentiel, en faveur de Josué Binoua, membre de l'équipe Djotodia avant d'en être évincé avec fracas ; ce pasteur évangélique s'y voyait d'ailleurs déjà, au point paraît-il d'avoir prématurément élevé son épouse au rang de "Première Dame". S'agissant de la primature, une autre empoignade opposera sur les bords de Seine le clan des partisans de l'ancien chef de la diplomatie centrafricaine Karim Meckassoua, emmené par le cabinet du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, aux adeptes du "techno" pur jus, profil privilégié au Quai. Notons que ledit Meckassoua avait aussi les faveurs des parrains régionaux, tels le Tchadien Idriss Déby Itno, le Camerounais Paul Biya et le Congolais Denis Sassou Nguesso. Solidarité des "fils de"? Successeur de son père, le Gabonais Omar Bongo Ondimba penchait plutôt quant à lui du côté de Désiré Kolingba, rejeton d'un ancien chef d'Etat et challenger malheureux de Catherine Samba-Panza pour le premier rôle. Peine perdue: c'est bien Nzapayéké qui héritera de la tâche ingrate et exténuante de remettre le pays sur les rails. Choix judicieux au demeurant: son patronyme signifie en sango "Dieu est là". Heureuse nouvelle: vu d'ici, les démons de la haine occupaient jusqu'alors le devant de la scène...  

 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-gros-plan-sur-les-piliers-du-futur-gouvernement_1317732.html#mCt3WkbkSlXUq7ym.99

 

Lu pour vous : EXCLUSIF - Centrafrique: gros plan sur les piliers du futur gouvernement

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Centrafrique-Presse.com
27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 16:45

 

 

 

 

 

http://maliactu.net/   le 27 jan 2014 - 3:05

 

Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a salué lundi l’action « rapide et déterminée » de la France en Centrafrique et au Mali et réaffirmé que l’Otan n’avait pas de rôle à jouer dans ces deux pays.

 

« Je salue la France pour son action rapide et déterminée au Mali et en Centrafrique », a déclaré M. Rasmussen au cours d’une conférence de presse à Bruxelles. Elle a été « essentielle pour empêcher l’avancée de groupes terrroristes » au Mali et « pour sauver des vies », selon lui.

 

« J’apprécie aussi le fait que d’autres pays de l’Otan ont soutenu la France dans ces opérations » et que « l’Union européenne a aussi décidé de s’engager », avec l’envoi d’une force de 500 soldats environ, a-t-il ajouté.

 

M. Rasmussen a répété qu’il aimerait « voir l’Europe prendre davantage de responsabilités » dans le domaine de la sécurité.

 

« Je n’envisage aucun rôle direct pour l’Otan au Mali comme en Centrafrique », a-t-il ajouté, en précisant qu’aucune demande n’avait été faite en ce sens.

Rasmussen (Otan) salue l’action de la France en Centrafrique et au Mali

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 16:33

 

 

 

 

 

http://www.journaldafrique.com/   afp.com

 

La star de la musique sénégalaise Youssou Ndour, qui vient d’enregistrer une chanson appelant à la paix en Centrafrique, s’est dit prêt à se rendre dans ce pays plongé dans les violences entre chrétiens et musulmans pour prôner la réconciliation.

 

La star de la musique sénégalaise Youssou Ndour, qui vient d’enregistrer une chanson appelant à la paix en Centrafrique, s’est dit prêt à se rendre dans ce pays plongé dans les violences entre chrétiens et musulmans pour prôner la réconciliation.

 

Les artistes ont « leur mot à dire », a affirmé le chanteur à l’AFP dimanche soir, lors de l’enregistrement de la chanson qu’il interprète avec la chanteuse centrafricaine Idylle Mamba. « Quand il y a des événements (comme les violences en Centrafrique) (…) la musique nous permet de prendre des raccourcis » pour parler à un large public, poursuit-il.

 

« Nous pouvons participer à amener la paix dans ce pays qui nous est si cher, (…) la population là-bas va écouter et nous sommes prêts aussi à aller leur parler » en cas de besoin, a-t-il déclaré.

Depuis mars 2013, la Centrafrique est plongée dans le chaos et actuellement en proie à des tueries de masse entre musulmans et chrétiens. Le pays, à l’histoire marquée par plusieurs coups d’Etat, demeure encore frappé par des violences quotidiennes.

 

Youssou Ndour, par ailleurs ex-ministre, s’est dit affligé par les images de Centrafrique qu’il a vues montrant « des musulmans et des chrétiens se battre dans un même pays, (sur) une même terre ».

 

S’adressant aux Centrafricains, il tient à dire que « ce n’est pas un obstacle d’avoir des religions différentes, c’est plutôt une richesse ».

 

Ce week-end, son bureau avait expliqué dans un communiqué que Youssou Ndour « a décidé d’associer une voix chrétienne de la République de Centrafrique à la sienne », espérant ainsi « impulser une forte solidarité internationale pour le retour de la paix définitive en Centrafrique ».

 

« Il y a de l’urgence en Centrafrique et il faut qu’on se mobilise. Qu’on soit artiste ou acteur économique, politique, il faut qu’on se mobilise pour pouvoir ramener la paix dans ce pays parce qu’il y a énormément de souffrances en ce moment », a de son côté déclaré Idylle Mamba, native de Bangui et qui vit au Cameroun.

 

« Ce message qu’on est en train de vouloir faire passer (dans le duo avec Youssou Ndour) pourra tomber dans les oreilles des Centrafricains, des Africains » qui pourront « prendre conscience, en fait, de l’urgence qu’il y a en RCA (République centrafricaine) », a-t-elle dit.

 

Selon l’entourage de Youssou Ndour, la chanson commune était « en cours de finalisation » lundi, et aucun titre n’avait encore été retenu.

Youssou Ndour prêt à aller en Centrafrique parler de paix et de réconciliation
Youssou Ndour prêt à aller en Centrafrique parler de paix et de réconciliation

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 16:23

 

 

 

 

 

Par Rédaction The Associated Press

 

BANGUI, République centrafricaine – 27/01/2014  9:47 L’armée française a escorté lundi vers Bangui, la capitale de la République centrafricaine, des dizaines de camions qui transportaient une aide d’urgence fournie par le Programme alimentaire mondial de l’ONU.

 

Le convoi est composé d’une centaine de camions. Certains véhicules ont commencé à arriver lundi du Cameroun voisin, après que des préoccupations de sécurité le long de la route vers Bangui eurent empêché l’ONU d’acheminer cette aide d’urgence.

 

Un premier groupe d’une trentaine de camions a été accueilli dans le quartier PK26 par des forces rwandaises et françaises, qui l’ont escorté jusqu’à destination.

 

La capitale de la République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis que le leader rebelle qui s’était emparé du pouvoir l’an dernier a quitté et qu’un gouvernement intérimaire a été mis en place.

 

Un nombre inconnu de personnes ont perdu la vie au cours des dernières semaines, alors que se sont intensifiés les affrontements entre chrétiens et musulmans.

Des convois de l'ONU arrivent en Centrafrique

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 15:21

 

 

 

 

 

http://etudesgeostrategiques.com/      26 janvier 2014

 

Lorsque, menacé par un soulèvement armé, François Bozizé tenta, en décembre 2012, de sauver son siège de président de la République centrafricaine-RCA, il intégra dans son argumentaire une représentation géopolitique inusitée jusqu’alors dans son pays : la nature supposée confessionnelle du conflit. Les communautés chrétiennes auraient été menacées par les musulmans. Les spécialistes de la région rejetèrent cet “argument“ comme inepte, l’appartenance religieuse des composantes de la population n’ayant pas, jusqu’alors[1], provoqué d’affrontements notables. Les Centrafricains n’étaient par conséquent pas censés se mobiliser et se battre sur des critères religieux.

 

Un an plus tard, le pays se trouve pourtant en proie à de sanglants affrontements intercommunautaires à tonalité religieuse. Comment expliquer une telle évolution, dans un laps de temps si bref ? Nous observons ici en temps réel la mise en mouvement d’un mécanisme d’instrumentalisation des différences confessionnelles. Alors que chrétiens et musulmans coexistaient pacifiquement en dépit de certaines difficultés, la crise entretenue par la politique de François Bozizé et la rébellion armée qui en résulta, firent plonger, en 2012, le pays dans la guerre civile. L’absence de solution rapide et globale aux maux dont souffre depuis longtemps la RCA avait provoqué la montée des tensions puis des haines intercommunautaires. Elles atteignirent un paroxysme le 5 décembre 2013 et désormais la communauté internationale s’émeut devant l’éventualité d’un “génocide“. 

 

I – POURQUOI IL N’Y A PAS (ENCORE ?) DE NATION CENTRAFRICAINE.

 

La population centrafricaine se répartit entre plusieurs dizaines d’ethnies aux effectifs très variables : les Gbaya dépassent le million alors que les Pygmées Aka et Babinga ne sont plus que quelques milliers. Même si l’histoire des relations entre ces groupes comporte des épisodes conflictuels, ceux qui connaissaient la région n’avaient pas mentionné de tensions profondes, encore moins de haines interethniques. Après l’indépendance, ce type de clivage fut suscité et instrumentalisé une seule fois, à l’initiative du président Ange-Félix Patassé (1993-2003). Entamé avec les mutineries de 1996-1997, il connut son paroxysme en 2001 avec le massacre des Yakoma, consécutif à la tentative de coup d’État imputée à l’un des leurs, le général Kolingba. Dans la mesure où les raisons profondes étaient politiques, le clivage ethnique semble s’être ensuite résorbé.

 

Les Centrafricains parlent une soixantaine de langues différentes. L’État a choisi le bilinguisme officiel : français et sango. Perçu comme le langage du pouvoir et de l’autorité, l’idiome de l’ancien colonisateur est réputé n’être maîtrisé que pas une minorité d’habitants. Le sango, quant à lui, est d’usage quotidien et général. L’arabe, en revanche, demeure marginal. Il sert de repoussoir dans la crise actuelle et ses locuteurs sont stigmatisés par une partie de la population. 

 

Celle-ci affiche des croyances diverses au sujet desquelles les estimations varient. Les chiffres officiels font état d’environ 10% d’animistes, 10% de musulmans et 80% de chrétiens (autour de 51% de protestants et de 29% de catholiques). L’ONU estime qu’il y aurait en fait 35% d’animistes, 25% de catholiques, 25% de protestants et 15% de musulmans. Une boutade a cours à Bangui : «En Centrafrique, il y a 70% de chrétiens, 30% de musulmans et 100% d’animistes[2]». Dans un pays où, jusqu’en 2012, les populations ont vécu mélangées dans les mêmes quartiers et les mêmes villages, le marqueur religieux semble flou : «  les religions “importées“ jouent avant tout un rôle de vernis social. D’ailleurs, les mariages entre chrétiens et musulmans sont fréquents, les chrétiens n’ont pas peur de s’afficher polygames, ni les musulmans de boire de l’alcool en public[3]. » Ce tableau n’incite pas à envisager des affrontements interconfessionnels. Mais n’avait-on pas tendance à idéaliser la situation ? « En réalité, derrière l’harmonie apparente entre les religions, il y a depuis longtemps un vrai mépris et une marginalisation à l’égard des musulmans qui ne pouvaient jamais accéder à la haute fonction publique, ni même à certains diplômes ». Notons que celui qui dénonçait cette situation était un proche du gouvernement Djotodia, lui-même musulman[4]. Difficile de faire la part entre la vérité et l’assertion visant à dédouaner la Séléka. Peut-être un mélange des deux, à écouter Nicolas Guerekoyame-Gbangou, chef de l’Église protestante centrafricaine. Il explique : « Ces musulmans ont pris le pays et le pouvoir dans un esprit de vengeance, car le Nord-Est a toujours été oublié. On leur refusait même des cartes d’identité au motif qu’ils étaient “étrangers”. Mais on leur dit aussi, au Soudan et au Tchad, qu’ils sont “étrangers”. Ils avaient raison de réclamer leurs droits[5].» En somme, les racines du mal sont de nature sociale, économique, politique, mais pas religieuse.

 

Comme dans nombre de pays non-industrialisés, les habitants tentent de tirer au mieux parti des ressources disponibles et de pallier les manques. Il en résulte divers modes de vie : agriculteurs ou commerçants sédentaires, pasteurs ou marchands nomades, notamment. La plupart des communautés sont plus ou moins spécialisées dans certaines activités.  Donc, telle ethnie et/ou telle confession est/sont associée(s) à telle ou telle activité. Cela s’accompagne de conditions économiques, de niveaux d’éducation et des degrés d’intégration politique variables. Ces facteurs génèrent autant de complémentarités suscitant des rapprochements, que de tensions susceptibles de dégénérer en affrontements. Là encore, l’appartenance religieuse ne semble ni prégnante ni déterminante.

 

Durant des siècles, le nord et l’est furent soumis à la traite esclavagiste arabe. Les populations subirent en outre les guerres incessantes que se livraient les petites entités politiques fondées par des trafiquants, issus de clans locaux et convertis à l’islam. L’intégration de la région à la traite européenne, ainsi que les captures pour les “besoins“ locaux (ceux des éleveurs musulmans Peuls, notamment), firent que la majeure partie des populations non-musulmanes de l’actuelle Centrafrique eurent à souffrir de l’esclavage. Cette douleur demeure présente dans la mémoire de chaque groupe et, de ce fait, les “nordistes“ musulmans ne sont guère appréciés. La géographie humaine du pays reste marquée par cette histoire : l’est et le nord-est (40% du territoire) sont pratiquement vides alors que 90% des habitants occupent le centre et l’ouest du pays, refuge relatif jusqu’au xviiie siècle.

 

À compter de cette époque, l’intégration à la traite esclavagiste atlantique fit que plus aucune région n’offrait de sécurité. Des piroguiers Bobangui du Mbomou (affluent de l’Oubangui) servaient d’intermédiaires. Certains préjugés négatifs envers les populations résidant dans la région du fleuve remontent à cette pratique. Mais la différenciation entre “peuples de la savane“ et “gens du fleuve“, tient à d’autres éléments. Les premiers, Gbaya, Banda, Mandja (respectivement 29%, 23% et 20% de la population), auxquels il faut notamment ajouter les Sara et les Mboum, affichent fièrement leurs traditions paysannes, ainsi que guerrières, dans le cas des Gbaya, Banda et Sara. Quant à eux, les “gens du fleuve“, principalement Banziri, Mbaka, Zandé, Sango, Yakoma (5% de la population), tiennent ceux de l’intérieur pour des rustres et sont réputés mieux éduqués. Parmi eux, outre des paysans, se trouvent des commerçants et des pêcheurs, ainsi que des cadres civils et militaires. Les Yakoma étaient des combattants appréciés. Les interrelations mêlèrent rivalités pour le contrôle des ressources, en particulier les axes commerciaux fluviaux, et entente fondées sur des complémentarités économiques.

 

    La colonisation, par le biais du travail forcé et des cultures imposées perturba les productions traditionnelles, dans une proportion variable selon les époques et les zones. L’impact différa donc selon les populations concernées. Les administrateurs français tendirent à favoriser les groupes se livrant au commerce (comme les Haoussa) et à l’élevage (comme les Peuls Mbororo). Ceux-ci avaient mauvaise réputation parce qu’ils faisaient le jeu de la puissance coloniale. Aucune haine interethnique ou interreligieuse ne fut alors signalée, exception faite de celle opposant Mbororo et Gbaya. Les premiers furent installés dans les pâturages de l’ouest (savanes de Bouar) par les Français après la révolte de 1928-1931, afin que la population dispose de meilleures ressources alimentaires. Mais les seconds les accusèrent de spolier leurs terres avec la complicité de la France. Il ne ressort aujourd’hui aucun contentieux apparent relatif à l’attitude des tenants de telle ou telle confession vis-à-vis colonisateur. Et si ressentiment il y avait, ce serait alors à la suite de différends de nature économique à l’origine.

 

Intégré par la France à la colonie d’Oubangui-Chari, l’angle nord-est du pays (préfecture de la Vakaga – 50 000 km2, capitale : Birao) subit des conditions naturelles difficiles. Situé en zone pré-sahélienne, dans une savane aride, cette région est isolée du reste du pays. D’une part car les pluies la coupent de Bangui sept mois par an, d’autre part parce qu’elle s’inscrit depuis toujours dans l’orbite d’Abéché (au Tchad actuel) et/ou de Nyala (dans le sud du Darfour). Marge géographique, la région est également une marge culturelle,  du fait de l’appartenance de ses habitants à l’islam et du passé esclavagiste de ceux-ci. En conséquence (et comme c’était déjà le cas durant la période coloniale), depuis l’indépendance, elle se trouve tenue à l’écart par l’autorité centrale qui ne consent pour elle pratiquement aucun effort en matière d’administration et d’infrastructures. Bokassa en fit même une zone d’exil intérieur en y déportant ses opposants dans un camp de travail forcé situé vers Birao. Même si ce sous-équipement n’a rien d’exceptionnel, puisqu’il affecte l’ensemble du pays, le phénomène s’avère plus marqué au nord-est que dans n’importe quelle autre région de la RCA. Cela pérennise le ressentiment contre les “sudistes“, les particularismes “nordistes“ et le tropisme sahélien des populations Youlou, Goula, Rounga et Kara. Ceci contribue à en faire une “zone grise“, parcourue par des groupes armés qui entretiennent une insécurité permanente et accroissent l’hostilité des “sudistes“, nourrie par la mémoire des razzias esclavagistes. Ainsi se perpétuent la marginalisation de la région et la frustration de ses habitants.

 

La RCA est l’un des pays les plus pauvres du monde (PIB  2012 : 2 170 000 000 $, soit 446 $ par habitant et par an) : son indice de développement humain-IDH est de 0,352, ce qui la classe au 180e rang sur 187 pays évalués, 82% de la population dispose de moins de 2 $ par jour. La RCA est l’un des rares pays où la population rurale (68%) demeure largement supérieure à la population urbaine (38%, principalement concentrés à Bangui, la capitale, qui dépasse le million d’habitants). Le montant dérisoire des dépenses estimées de santé (4,3% du PIB) et d’éducation (1,2% du PIB) contribue à expliquer la détresse dans laquelle est maintenu ce peuple. La majeure partie de la population demeure, en 2014, dans une situation peu enviable. 40% des habitants ont moins de 15 ans, la RCA affiche l’un des taux mortalité infantile les plus élevés au monde (101‰) et une espérance de vie limitée à 46 ans pour les hommes et 49 ans pour les femmes. Les récents troubles ont aggravé l’insécurité : plus d’un million de  personnes ont été contraintes de se déplacer, plusieurs dizaines de milliers ont fui dans les pays limitrophes, la pénurie alimentaire menace ou sévit déjà, selon les endroits.

 

Le délabrement des services publics, la corruption, l’instabilité politique et les soulèvements armés pérennisent le sous-investissement. Ni les dirigeants autoritaires, ni les présidents “élus“ n’ont voulu, su et/ou pu remédier à cet état de choses. Des coteries se succèdent au pouvoir et, négligeant l’amélioration du sort de la population, se livrent à une prédation d’autant plus massive qu’elle est à durée limitée. Toutes les composantes de la population en furent et/ou en sont affectées. Par conséquent, l’appartenance religieuse ne joue pas de rôle notable dans la répartition de la misère.

 

D’emblée livrée aux mains de dirigeants pudiquement qualifiés d’“autoritaires“, la RCA ne connut pas la démocratie. Lorsqu’elle adopta le multipartisme, en 1991, ce fut sous la pression de la France, dans le cadre de la “Paristroïka“ impulsée par Mitterrand, officiellement pour dissiper les miasmes de la Françafrique. Faute de culture démocratique la greffe ne prit pas : prolifération des partis, organisations fondées sur une base ethnique, fraude électorale, persistance de la malgouvernance, autant de déviances qui convainquirent rapidement une partie de la population que les élections ne changeraient rien. Les uns se réfugièrent dans l’abstention, les autres ne se résignèrent pas. Aussi, depuis 1996, une partie des Centrafricains voient-ils dans le recours à la violence armée le seul moyen d’améliorer leur sort. De dictature en pseudo-démocratie, le pays vit une instabilité politique chronique[6] (9 dirigeants, 5 prises de pouvoir par la force depuis 1960) pimentée de corruption et à plusieurs reprises endeuillée par des affrontements sanglants.

 

Porté au pouvoir par le Tchad en 2003, avec la bénédiction de la France, le président Bozizé ne résolut pas les problèmes du pays. Il se révéla indigne de sa charge et la majeure partie de son peuple continua à souffrir d’une misère largement provoquée par la malgouvernance chronique du pays. Affichant la volonté de forger enfin l’unité nationale, François Bozizé, à l’issue du coup d’État de 2003, avait promis une représentation équitable de toutes les composantes de la population. Il s’était également engagé à développer le nord du pays pour mettre fin à sa marginalisation, notamment en y créant des services sociaux et en y instaurant une réelle sécurité. Il n’en fit rien. Il agit en despote népotique, en prévaricateur et en maquignon. Par voie de conséquence, soulèvements et accords de sortie de crise se succédèrent durant ses dix ans de règne. Ces troubles récurrents illustrent l’inapplication des engagements. Le 23 janvier 2011 à l’issue de scrutins contestables, François Bozizé fut réélu président tandis que son parti conservait la prépondérance à l’Assemblée nationale. L’opposition légaliste s’estima flouée, mais le président la divisa en constituant un prétendu gouvernement d’union nationale le 22 avril 2011.

 

Ce fut initialement pour obtenir l’application des accords de pacification de 2007 et 2008, en particulier des clauses de réinsertion prévues en faveur des anciens miliciens, que les troubles reprirent. En août 2012, plusieurs groupesse fédérèrent au sein de la Séléka (“Union“, en sango). Ils déclenchèrent les hostilités le 10 décembre 2012 (occupation de la ville de Ndélé) et opérèrent une progression fulgurante face à l’insignifiante armée régulière (Forces armées centrafricaines-FACA). Ils prirent en gage plusieurs centres producteurs de matières premières rémunératrices (Ndassima, ville aurifère ; Bria, ville diamantifère, par exemple) et menacèrent Bangui.

 

Sous l’impulsion des États voisins, inquiets des risques de contagion régionale, un énième accord de sortie de crise fut signé le 11 janvier 2013, à Libreville. Il déboucha sur la formation, le 17 janvier 2013, d’un gouvernement dirigé par l’un des principaux chefs de l’opposition légaliste, Nicolas Tiangaye. Mais le président, surnommé par ses adversaires “le magicien Boz“, essaya de réarmer son camp et tenta de conserver la main en manipulant les hommes et en contournant ou ignorant l’accord de Libreville. Cette nouvelle séquence d’intrigues politiciennes s’acheva sur un échec. Une partie de la Séléka reprit les armes pour le chasser du pouvoir. La manœuvre fut d’autant plus aisée que certains politiciens centrafricains se rallièrent aux insurgés : Nicolas Tiangaye, chef du gouvernement, avocat, ancien militant des droits de l’Homme, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre (2001-2003) de Patassé, et Alexandre Nguendet, ancien proche du général Kolingba[7].

 

Après plusieurs mois de guerre civile, l’un des chefs rebelles, MichelDjotodia s’autoproclama président le 24 mars 2013. Il s’octroya le ministère de la Défense et entendait gouverner par ordonnances jusqu’en 2016. La continuité dans les errements semblait garantie. La communauté internationale s’en émut et, pour sauver les apparences, le 13 avril 2013, Michel Djotodia, unique candidat, fut “élu“ par acclamation (donc sans vote !) président de la République lors de la première session du Conseil national de transition, formé par toutes les composantes politiques du pays : Séléka, opposition légale au président déchu, partisans de l’ancien régime, anciens rebelles et personnalités de la société civile. La césure confessionnelle ne transparaissait pas explicitement dans ce kaléidoscope.

 

Fin 2012, le régime avait perdu la popularité indiscutable qui avait été la sienne durant les premières années. Mais les Centrafricains en général et les Banguissois en particulier, conservaient un très mauvais souvenir des exactions commises par les soldats tchadiens (et musulmans) qui avaient appuyé la marche triomphale de François Bozizé vers la capitale en 2003. Aussi, la majorité des combattants de la Séléka étant des musulmans et une partie d’entre eux étant tchadiens, le président en difficulté tenta-t-il de jouer sur la peur de ses concitoyens. Après la chute de Bambari, le 23 décembre 2012, il appela les jeunes désœuvrés des quartiers périphériques de Bangui à former des milices d’autodéfense pour empêcher l’infiltration des rebelles dans la ville. Un habitant témoignait alors : les groupes d’autodéfense « ne font pas la différence entre les rebelles musulmans et les musulmans tout court[8]. » Ces derniers étaient pris à partie : « On nous traite de Tchadiens, ils nous disent qu’ils nous couperont la tête si les rebelles approchent de Bangui[9]. » Cela était sans précédent : « Jamais nous n’avons rien entendu de tel jusqu’à présent[10]. » Des vols et des exactions commencèrent à se produire, même si ce qui restait d’autorités prétendaient le contraire. Le principal opposant,  Martin Ziguelé, dénonça ces pratiques comme destinées à masquer les fautes du régime et à désigner des boucs émissaires.

 

À Bangui vit, la plupart du temps depuis plusieurs générations, une forte minorité musulmane. Certains de ses membres viennent du Sénégal ou de Mauritanie ; beaucoup sont originaires du Tchad mais intégrés. Toutefois, le président Bozizé affirmait à ses partisans que tous ces musulmans étaient potentiellement des complices des insurgés. Oumar Kobine, le chef de la communauté musulmane de Centrafrique reconnaissait : « Ici, nous avons toujours eu des problèmes », mais il notait une tonalité inédite  dans les propos officiels : « le pouvoir donne à cette crise une coloration de guerre de religion[11]. » Chef de la Coalition citoyenne d’opposition aux rébellions armées, Lévi Yakété, un proche du président Bozizé, affirmait : « La rébellion est pleine d’étrangers du Soudan ou du Tchad, c’est l’islamisme qui est derrière tout ça[12]. » Accusations que reprenait le ministre de l’Administration du territoire, le pasteur Josué Binoua : « Les rebelles sont équipés par les wahhabites[13]. » Aucune preuve ne venait étayer ces assertions. De plus, il semble que le pouvoir usait d’éléments de langage à destination externe : en évoquant le terrorisme d’essence wahhabite, il espérait provoquer l’intervention occidentale jusqu’alors sollicitée en vain. Cette théorie du complot islamiste contre la RCA était défendue par le président lui-même : «  des étrangers terroristes agressent le pouvoir centrafricain. […] Il y a des djandjawids [milice sanguinaire qui sévit au Darfour], des gens qui ne parlent ni sango ni français parmi eux. Des gens qui viendraient même au-delà des frontières des pays limitrophes[14]. » En parfait pompier pyromane, il feignait la consternation et la prudence : « Je ne voudrais pas avancer des choses à la légère mais il y a un risque de querelles religieuses dans ce qui se dessine derrière la Séléka[15].» Alors même qu’il allait perdre le pouvoir du fait de son impéritie, il stigmatisait encore ses adversaires, leur imputant la responsabilité d’un éventuel affrontement religieux : « Ce risque existe, je ne le nie pas. Mais c’est la Séléka qui a créé ce problème en pillant les lieux de culte[16]. »

 

Le facteur religieux ne s’avéra alors guère clivant. L’ex-président Bozizé avait échoué, fin 2012-début 2013, à mobiliser une part de la population derrière lui en invoquant la foi musulmane de la majeure partie des rebelles qui l’affrontaient. Mais, à la lumière des événements qui suivirent, il pourrait bien s’être agi seulement d’une apparence.

 

II – LE TOURNANT DE 2013

 

Aux yeux de beaucoup de Centrafricains, la Séléka, composée de minorités ethniques et religieuses ainsi que d’étrangers, n’était en aucun cas une armée de libération. Le comportement de ses combattants les conforta dans cette opinion. Dès le 23 avril 2013, les trois évêques du diocèse de Bangui demandaient au président Djotodia[17] de condamner les méfaits de la Séléka et de rétablir l’État de droit. La lettre, intitulée « Plus jamais ça… Non à l’impunité"! », rompait le silence sur le fait que les soldats de la Séléka s’en prenaient systématiquement et uniquement aux populations chrétiennes. Et de mentionner : le vol systématique des véhicules, la profanation des édifices et des objets religieux, le saccage des radios catholiques à Bambari et à Bossangoa, la perturbation des célébrations liturgiques, l’agression physique de prêtres, religieux et religieuses (y compris l’évêque de Bambari). Les évêques terminaient en exigeant du président « réparation pour tous les biens de l’Église volés, pillés, saccagés ou vandalisés ».

 

L’accession au pouvoir de membres de la communauté musulmane, ainsi que les liens établis par la Séléka avec des pays musulmans (Soudan, Maroc ou Qatar, notamment) suscitèrent des interrogations et fournirent des arguments à ceux qui tentaient d’entretenir les tensions internes, comme à ceux qui s’en effrayaient. Des États voisins chrétiens, comme le Sud Soudan, l’Ouganda et le Congo Brazzaville s’inquiétèrent du risque d’une montée des fondamentalismes dans la région. L’influent président tchadien, Idriss Déby, insista, publiquement dès le 14 mai 2013, auprès de son “protégé “, Michel Djotodia, sur « la nécessité de préserver le caractère laïc de l’État centrafricain et la coexistence pacifique entre les communautés[18] ». Or, cela dépendait au moins en partie de la capacité des nouveaux dirigeants de restaurer la loi et l’ordre face aux miliciens se réclamant de la Séléka et qui affirmaient n’avoir pas perçu leur solde. À Bangui et dans le reste du pays, les violences et les pillages (qui semblent avoir le plus souvent épargné la communauté musulmane) développèrent un sentiment de rejet et de haine à l’encontre de ceux qui étaient perçus comme des “combattants musulmans“.  

 

Or, tel un docteur Frankenstein des tropiques, le président Djotodia ne parvenait plus à contrôler le conglomérat de bandes armées (plusieurs milliers d’hommes) qui l’avaient mené jusqu’à Bangui et faisaient régner la terreur dans le pays au nom de la Séléka[19]. Ces forces étaient hétéroclites : outre les factions de Michel Djotodia et de ses alliés, on trouvait des bandits de grand chemin, des voyous de Bangui ainsi que des seigneurs de guerre centrafricains, tchadiens et soudanais. Le cantonnement des premières, sous contrôle international, fut tenté à partir de mai 2013, sans grand succès ; quant aux autres, ils n’avaient nul intérêt à mettre fin au chaos dont ils profitaient. Les provinces se trouvèrent livrées à leur merci, car, comme le démontrent les appels (16 avril et 8 mai 2013, notamment) sans effet de Nicolas Tiangaye à «  l’appui de […] la Fomac et la France, en tant que forces impartiales, pour la conduite des opérations de sécurisation de la ville de Bangui et toutes les régions de notre pays[20] », l’État était absent et la communauté internationale peu désireuse d’intervenir. Fin août 2013, l’archevêque de Bangui dénonçait la persistance de l’insécurité, dans la capitale comme en province[21]. Dans le même temps, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les droits de l’Homme, Ivan Simonovic, déclarait : « La sécurité est pratiquement inexistante, il n’y a pas de police, pas de système judiciaire ni de services sociaux[22] ».

 

     Selon les termes de l’accord signé à N’Djaména en avril 2013, le pouvoir « de fait » de Michel Djotodia ne devait pas excéder dix-huit mois, laps de temps imparti à une transition démocratique. La Séléka accapara le gouvernement dit d’“union nationale“, formé le 13 juin 2013 par Nicolas Tiangaye. Elle détenait les ministères des Mines, des Eaux et Forêts, de la Sécurité, et le président Djotodia s’était attribué le ministère de la Défense. Les rebelles contrôlaient ainsi les organes sécuritaires et les ressources du pays. Scénario idéal pour une prédation générale… qui ne manqua pas de se produire.

 

Cet état de choses suscita une réaction violente, attisée par les partisans de l’ex-président Bozizé. Un mouvement anti-Séléka apparut à partir de l’été 2013 :des groupes d’autodéfense chrétiens, les “anti-balaka“ (“anti-machette“, en sango). Ces groupes avaient déjà été formés ponctuellement par François Bozizé, notamment pour lutter contre les “coupeurs de route “, puis pour tenter d’enrayer l’offensive de la Séléka fin 2012. Ils reçurent le renfort de déserteurs de l’armée restés fidèles à l’ancien président, ainsi que de délinquants, Le pays s’enfonça dans le cycle infernal des exactions, des résistances armées et des représailles. À Bangui comme dans le reste du pays, les violences prirent alors une tournure confessionnelle. Les rebelles pro-Bozizé s’attaquèrent aux musulmans et aux mosquées. Les expéditions “punitives“ menées par les hommes se réclamant de la Séléka épargnaient les musulmans, considérés à tort ou à raison par les deux camps comme des fidèles du régime Djotodia. Un missionnaire italien s’inquiétait déjà de « l’écart qui s’[était] développé entre la communauté musulmane et les autres. » D’après lui, «  il faudra[it] beaucoup de temps pour reconstruire [le pays], mais beaucoup plus de temps pour créer une coexistence pacifique…[23]» Le président de la République française commença à sonner le tocsin, sans grand écho, même après son intervention à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le 24 septembre : « Je veux lancer maintenant un cri d’alerte […] L’alerte concerne la Centrafrique, petit pays ravagé depuis trop d’années par des coups d’États et des conflits. Aujourd’hui, c’est le chaos qui s’est installé. Les populations civiles une fois encore en sont les victimes. Nous devons mettre un terme à ces exactions qui prennent d’ailleurs aussi une forme confessionnelle.»

 

Les affrontements s’étaient multipliés au cours de ce mois de septembre 2013 – notamment à Bossangoa et alentour le 10 et les jours suivants – et suscitèrent un début d’émotion internationale. Un journaliste tchadien dénonça l’instrumentalisation en cours : «  Depuis le départ forcé du dictateur centrafricain François Bozizé, une classe politique en mal de légitimité s’est trouvé un terreau fertile : l’exacerbation des sentiments xénophobes à l’égard des Tchadiens, des Soudanais ou de toute personne de confession musulmane. Cette montée de l’hostilité à l’égard des étrangers et des Centrafricains musulmans est essentiellement motivée par une volonté macabre de rallier l’autre partie des Centrafricains à sa cause. Ces accusations sur les nationalités, la culture, la religion et les idéologies comportent tous les risques de reproduire la crise ivoirienne, avec son [concept d’] “ivoirité” [définition de l’identité ivoirienne qui a conduit à une décennie de violence]. Pour ce cas d’espèce, la “centrafricanité”[24].» Kristalina Georgieva, commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l’aide humanitaire et de la réaction aux crises, abondait dans le même sens : «  Les évènements observés ces dernières semaines dans le nord-ouest, en particulier à Bossangoa, sont particulièrement inquiétants : des violences à connotations religieuses y ont eu lieu, entre chrétiens et musulmans. C’est une première dans ce pays et c’est extrêmement dangereux car une fois enclenchée, une telle spirale peut se poursuivre sur des générations. Nous devons stopper cela maintenant[25]. »

 

Sous la pression internationale, le président Djotodia annonça, le 13 septembre 2013, la dissolution de la Séléka, mais les combattants poursuivirent impunément leurs méfaits. Pouvait-il en être autrement alors que la responsabilité de la sécurité incombait à Josué Binoua et au “général “ Moussa Asimeh. Le premier, nouvellement nommé ministre de la Sécurité n’était autre que ce pasteur qui occupait les mêmes fonctions à la fin de l’ère Bozizé et attisait alors la haine contre… les musulmans. Quant au second, il s’agirait d’un chef de guerre djandjawid, présenté comme l’ordonnateur en chef à Bangui d’exactions dont il semble s’être précédemment rendu coupable au Darfour. Quant au “général“ Noureddine Adam, qui dirigeait le Comité extraordinaire de défense des acquis démocratiques (Cedad), la police politique du nouveau régime, il était sorti de l’anonymat du fait de ses activités de tortionnaire et de l’autorité qu’on lui prêtait sur l’ensemble des milices ex-Séléka sévissant à Bangui[26]. Quant au président Djotodia, qui se prétendait impuissant face au « siphonage » de tous les “biens“ matériels de la RCA vers ses voisins du nord (Soudan, Tchad), face à ce « pillage d’anthologie » pour reprendre l’excellente formule du journaliste François Soudan, comment pouvait-il expliquer que sa ville natale, une « petite localité de la Vakaga, non loin de la frontière tchadienne, Boromata, où l’on circulait hier à dos d’âne, [fût] ainsi devenue une bourgade prospère où 4×4, motos, Thuraya, matériel hi-fi et groupes électrogènes, tout droit issus du grand déménagement de Bangui, s’ach[etai]ent et se vend[ai]ent au marché central[27] » ? « Le président, qui a[vait] confié à son neveu le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, port[ait] également une attention toute particulière au gisement pétrolier du lac Mamoun, à quelques encablures de son village natal de Boromata [28]

 

Déçue par les pratiques de son ex-favori, la France, puissance tutélaire de la RCA depuis l’indépendance, ne nourrissait plus de sympathie pour le président Bozizé. Par surcroît, elle était engagée, depuis le quinquennat de Nicolas Sarkozy (2007-2012), dans une révision de sa politique africaine. Ainsi, les relations avec Bangui sont-elles régies depuis avril 2010 par un “accord de partenariat de défense“[29], qui ne prévoit plus la possibilité pour l’armée française d’intervenir en cas de conflit intérieur. Aussi l’appel au secours du président contesté, en décembre 2012, s’était-il heurté à un refus catégorique. Paris s’était limité à déployer quelques centaines d’hommes dans l’éventualité d’une évacuation des ressortissants français : «  Si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos [1 200] ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays (…). Ce temps-là est terminé[30] », déclarait alors François Hollande. Aussi la Séléka avait-elle pu prendre le contrôle du pays sans se heurter aux forces françaises. Outre le désir de ne plus soutenir inconditionnellement des dictateurs rejetés par une partie de leur peuple, cette abstention résultait de la conviction que, en l’absence de clivages profonds au sein de la population, le processus se déroulerait sans bain de sang généralisé. La nécessité de donner satisfaction au Tchad, alors engagé aux côtés des soldats français combattant au nord du Mali, semble également avoir influencé l’attitude de la France.

 

Pourtant, au fil des mois, il fallut se rendre à l’évidence : la RCA basculait dans le chaos. Le président de la République française, François Hollande, tira la sonnette d’alarme dès la fin du mois d’août 2013, en prélude à la réunion annuelle ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies. Le 10 octobre, le Conseil de sécurité adopta la résolution n° 2121, qui chargeait le Secrétaire général de l’ONU de faire des propositions d’action en vue d’une aide adaptée à la situation[31]. Inquiète de la présence de mouvements islamistes, la France envoya son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à Bangui le 13 octobre. Un diplomate confiait alors : «  On trouve les Arabes islamistes du Darfour, les djandjawid, des djihadistes qui ont fui le Mali, des combattants de Boko Haram… Beaucoup d’éléments de la Séléka ne parlent qu’arabe. Il y a déjà des régions dans lesquelles la consommation d’alcool et de porc est interdite. On constate que de très nombreuses églises chrétiennes ont été ciblées par les rebelles[32]. » Le voyage ne servit à rien et le 22 novembre, Laurent Fabius s’inquiétait : «La Centrafrique est au bord du génocide». Dans le même temps, des responsables américains évoquaient une situation « prégénocidaire ». Les organisations humanitaires faisaient alors état d’environ 500 000 déplacés, soit plus de 10% de la population du pays, mais estimaient exagéré l’emploi du terme “génocide“, ne décelant pas sur le terrain les signes d’une extermination planifiée.

 

Devant la gravité de la situation, la France dut se résoudre à intervenir, mais elle n’entendait pas le faire seule et sans mandat. La résolution n° 2127, adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, le 5 décembre 2013, autorisa le déploiement d’une force interafricaine, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique-MISCA avec l’appui des forces françaises. Aussitôt, Paris déclencha l’opération Sangaris, préparée depuis plusieurs semaines. Le Président de la République expliqua : « En Centrafrique, il y avait urgence. Plus de 600 personnes avaient été tuées en deux jours. Les affrontements confessionnels risquaient de dégénérer en un immense bain de sang et des dizaines de milliers de déplacés erraient et errent encore à travers le pays, privés d’eau et de vivres. C’était donc une tragique crise humanitaire qui s’annonçait avec des femmes et des enfants à l’abandon, victimes de pillages et de violences de toutes sortes. Alors, en tant que chef des armées, j’ai pris la décision d’engager nos soldats en Centrafrique, aux côtés des forces africaines et dans le cadre d’un mandat fixé par le Conseil de sécurité des Nations Unies. La mission que je leur ai confiée est de protéger les populations, de rétablir la paix et de garantir l’accès de l’aide humanitaire[33]

 

Il s’agit d’une mission de 1 600 hommes pour aider la MISCA (6 000 hommes prévus, mais “à terme“) à sécuriser le pays, désarmer les parties et soutenir un processus de transition politique. Mais le plan initial fut contrarié dès le début par les massacres du 5 décembre 2013. Redoutée par les miliciens ex-Séléka, qui commencèrent alors à refluer vers le nord du pays, l’intervention des forces françaises, conçue et mise en œuvre en fonction du mandat défini par l’ONU, nourrit le ressentiment d’une partie des chrétiens qui la jugèrent trop retenue. « Après un an de tueries, de pillages, nous avons vu venir “Sangaris” comme une armée de libération, raconte R., un Banguissois attablé devant une bière, et dont le discours illustre ce que l’on entend dans la capitale ces dernières semaines. Nous étions prêts à sortir dans les rues fêter le fait que la France venait à notre secours. Le problème est que la Séléka est toujours là, et que certains au sein de la population se joignent aux mouvements armés des deux camps pour tuer et piller. Donc nous, les Banguissois ordinaires prêts à vivre ensemble et en paix, ne sommes pas encore libérés. Nous sommes déçus. Nous souffrons et nous attendons…[34]» Bref, les soldats français gênaient et/ou frustraient l’ensemble des protagonistes, situation qui rappelle les débuts (2002-2005) de l’opération Licorne en Côte-d’Ivoire.

 

La nécessité de sécuriser en priorité Bangui en s’interposant autant que faire se pouvait entre les communautés, empêcha le déploiement en province, où les exactions, par conséquent, se poursuivirent et s’amplifièrent. « La tournure confessionnelle du conflit a surpris, dans un pays dont Paris pensait connaître les fièvres après plus de trente ans d’interventions françaises. “Nous avons sous-estimé le travail des islamistes dans le pays depuis quelques années“, admettait il y a peu un officiel à Paris[35]. » Sangaris demeurant bloquée dans la capitale, les ex-Séléka gardaient la main sur le pays. Les miliciens contrôlaient toutes les ressources : les péages routiers en provenance des pays voisins, le pétrole au nord, les diamants au centre. Sachant leur temps compté, ils redoublaient de prédation et de représailles contre les populations chrétiennes. Les officiers français présents sur le terrain avaient parfaitement conscience que seule une solution politique pourrait mettre fin à la situation. Le Président de la République française ne disait d’ailleurs pas autre chose : «  ce qu’il y a de plus difficile à réaliser, ce n’est pas de faire cesser un conflit, ni même d’abattre une dictature. Ce qu’il y a de plus difficile à faire, c’est de réconcilier un peuple qui s’est déchiré. C’est la mission qui est la vôtre. Nous devons réussir cette mission. » Or, rien n’est moins sûr et c’est ce que redoute l’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud : «En Centrafrique, je pense que nous avons peut-être sous-estimé la haine et le ressentiment entre communautés. Il s’agit d’une situation presque impossible pour les soldats africains et français. Nous devons réfléchir dans des termes très pratiques à la façon d’être efficaces pour empêcher les gens de s’entretuer quand ils veulent désespérément le faire[36]

 

Le 10 janvier 2014, sous la pression internationale, Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye, après avoir amplement démontré leur incapacité à redresser et pacifier le pays, démissionnaient. La RCA entrait dans une nouvelle phase politique : le 20 janvier, le Conseil national de transition, élisait comme présidente intérimaire Madame Catherine Samba-Panza, maire de Bangui depuis quelques mois. Quelle gouvernance augurer, alors qu’elle appartient (ainsi que son mari) au sérail politique centrafricain et que les intrigues microcosmiques de ce dernier se poursuivent alors que le pays descend aux enfers[37] ? Et surtout, au moment où l’exode des musulmans est émaillé d’attaques contre leurs convois sur la longue route qui mène au Tchad, réalisera-t-elle l’indispensable réconciliation, préalable à la reconstruction de la RCA ?

 

Les massacres de décembre 2013 semblent en effet avoir profondément changé la donne. Depuis les exactions commises par les miliciens se réclamant de la Séléka au cours de l’été 2013, les populations chrétiennes promettaient un « match retour ». Les modérés, notamment la majorité des responsables religieux, tentaient de les en dissuader. Rien n’y fit et, le 5 décembre 2013, jour du vote de la résolution de l’ONU autorisant le déploiement des forces françaises, les anti-balaka lancèrent une attaque contre Bangui. Or, ce fut un échec et la répression des ex-Séléka fut terrible (au moins un millier de morts). Jamais le pays n’avait été si proche d’enclencher le cycle de la guerre confessionnelle. Les autorités religieuses chrétiennes et musulmane voulaient l’empêcher et, le jour de Noël, publièrent un appel affirmant : «  ce conflit n’est pas en soi un conflit entre musulmans et chrétiens, c’est une crise humanitaire grave provoquée par une instabilité politique et militaire chronique. Mais, si rien n’est fait, la crise pourrait enclencher sa propre dynamique irrépressible et dangereuse[38]. » Les dignitaires religieux appelaient de leurs vœux une intervention de l’ONU, estimant que « seule une force onusienne de maintien de la paix disposera[it] des ressources nécessaires pour protéger nos civils de manière satisfaisante. » Ils insistaient : « Grâce à l’aide des casques bleus de l’ONU pour sécuriser nos routes et nos habitations, l’acheminement d’une aide et de vaccins éliminerait le sentiment de peur en le remplaçant par un espoir, et s’avérerait un véritable dividende de la paix propre à unir notre peuple. Un engagement de l’ONU à l’égard de notre pays permettra de nous concentrer sur le rétablissement d’une coexistence entre nos communautés. La réconciliation et la paix sont possibles. Nous sommes tous les deux nés dans un climat de tolérance. Nous avons toujours eu pour habitude de célébrer et de respecter les différentes religions. Noël et le ramadan sont des jours fériés. Il nous faut reconstruire aussi bien notre pays que notre tissu social, et nous comptons sur l’ONU pour nous en donner la possibilité. La paix n’a pas de prix. Nous espérons que la communauté internationale nous aidera à l’obtenir[39]. » Initiative immédiatement torpillée par le Tchad qui estimait suffisante la MISCA ! Pourtant, le cantonnement relatif des ex-Séléka livra la communauté musulmane – particulièrement les dizaines de milliers de ressortissants tchadiens ou leurs descendants – aux vengeances. Et N’Djaména doit les évacuer sous haute protection. L’une d’entre eux, Hadja Saboura témoignait : « Je suis née ici en 1963. Ma mère est née ici en 1943. C’est mon pays, mais les Centrafricains sont devenus comme des bêtes sauvages. Je ne peux pas vous mentir, si je trouve un autre pays, je ne vais jamais revenir[40]

 

LE “CHOC DES CIVILISATIONS“ EST UNE CONSTRUCTION IDÉOLOGIQUE

 

« Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka qui m’écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes ; à mes enfants ex-Séléka qui m’écoutent aussi, déposez vos armes. À compter de ce jour, je suis la présidente de tous les Centrafricains sans exclusive.» Ces paroles de la nouvelle présidente de transition seront-elles entendues par l’ensemble des Centrafricains et suivies d’effet ? Rien n’est moins sûr ! L’envoyé spécial du Monde, témoigne : « Croisé en ville sur sa moto, Verckys Ngbanamikien, le président de la jeunesse de Boali, assure avoir demandé aux anti-Balaka de ne pas agresser les musulmans, oubliant au passage qu’il venait quelques secondes auparavant de lâcher à son passager sa solution pour la Centrafrique : “Si on ne les tue pas, ça ne va jamais finir“[41].» Les tueries se poursuivent et sous couvert de religion, des gens de sac et de corde profitent de la confusion et du délitement des forces de sécurité. En conséquence, Walidou Modibo, l’imam adjoint de la grande mosquée du quartier PK5, à Bangui, déclarait vendredi 24 janvier 2014, à l’issue de la grande prière, que les imams renonçaient à lancer des appels au calme en direction des jeunes musulmans et les autorisaient à se défendre[42].

 

Le processus de transition et la recherche d’une solution politique aux difficultés provoquées par la malgouvernance de la RCA ont été relancés avec le départ forcé de Michel Djotodia. Le peuple centrafricain se trouve à la croisée des chemins. Précisément à l’intersection d’où partent et la voie de la réconciliation et la route de la fracture. La nouvelle présidente, Madame Samba Panza, chrétienne, juge (ou feint de juger) la question religieuse secondaire pour composer son gouvernement : « Je n’ai aucune animosité, je cherche des compétences, je veux un gouvernement de technocrates, avec une forte probité morale. Si j’ai un Premier ministre qui répond à ces critères et qui a une religion musulmane, je ne vois pas pourquoi je ne le nommerais pas[43] ». Si, grâce à une politique efficace et impartiale, les Centrafricaines et les Centrafricains deviennent des citoyennes et des citoyens libres et égaux en droits comme en devoirs, les épreuves auront contribué à forger une nation transcendant les différences entre ses composantes. Si cela échoue une nouvelle fois, le risque est grand de voir la population clivée durablement par une ligne de fracture entre chrétiens et musulmans, ce qui pourrait mener à la partition du pays, une hypothèse vraisemblable à la lumière du précédent soudanais. Dans cette éventualité, la différence de civilisation n’aurait joué aucun rôle. Les événements montrent que ce sont les problèmes politiques, économiques et sociaux qui ont mené à l’instrumentalisation de caractéristiques religieuses qui n’avaient jamais suscité d’affrontement majeur auparavant. Bref, ce qui relève en fait d’un combat entre pauvres risque fort d’être présenté par certains comme un “choc“ entre civilisation chrétienne et civilisation musulmane. Or, il aurait été fabriqué par des fauteurs de haine, des chefs de bande ou de guerre uniquement préoccupés de prédation et des politiciens sans… foi ni loi prêts à tout pour s’emparer du pouvoir.

 

Patrice Gourdin, professeur de géopolitique à l’École de l’Air,

 

auteur de : « République centrafricaine : géopolitique d’un pays oublié »,Diploweb,

1er octobre 2013 (URL : http://www.diploweb.com/Republique-centrafricaine.html)

 

 


[1]. L’étude de référence demeure : Kalck Pierre, Histoire centrafricaine. Des origines à 1966, Paris, 1992, L’Harmattan, 353 p.

[2]. « La Centrafrique, du chaos politique à l’embrasement confessionnel », Maria Malagardis,Libération, 22 novembre 2013.

[3]Ibidem.

[4]. « Centrafrique : le réveil des vieux démons», Maria Malagardis, Libération, 4 décembre 2013.

[5]. « Centrafrique : Les trois saints de Bangui », Rémy Ourdan, Le Monde, 27 décembre 2013.

[6]. Au moment de l’accession à l’indépendance, Abel Goumba, fut écarté presque immédiatement par les intrigues de David Dacko, qui céda la place, en 1966, à Jean Bedel Bokassa à l’issue d’un putsch. En 1979, une intervention militaire française (opérationBarracuda) mit fin au règne de Bokassa Ier et David Dacko reprit du service. Le général Kolingba le chassa du pouvoir en 1981. En 1993, Ange-Félix Patassé, remporta les premières élections pluralistes. Le général François Bozizé profita d’une sanglante guerre civile (en 2002-2003) pour s’emparer du pouvoir, par un putsch, le 15 mars 2003. Il se fit élire en 2005, puis réélire en 2011. La rébellion de la Séléka bénéficia à Michel Djotodia, autoproclamé président le 25 mars 2013, contraint à la démission le 9 janvier 2014.

[7]. « Centrafrique : Séléka, dégage ! », François Soudan, Jeune Afrique, 2 décembre 2013.

[8]. « Centrafrique : Bangui a peur, surtout la nuit », AFP, Jeune Afrique, 30 décembre 2012.

[9]. « À Bangui, les pro-Bozizé accusent les "Tchadiens" », Christophe Châtelot,  Le Monde, 7 janvier 2013.

[10]Ibidem.

[11]Ib.

[12]Ib.

[13]Ib.

[14]. « Bozizé dénonce l’agression d’“étrangers terroristes“ », Tanguy Berthemet,  Le Figaro, 8 janvier 2013.

[15]Ibidem.

[16]. « La dernière interview [13 mars 2013] de François Bozizé avant sa chute », François Soudan, Jeune Afrique, 27 mars 2013.

[17]. « Les évêques de Centrafrique demandent “réparation“ au président », La Croix, 5 mai 2013.

[18]. « Centrafrique : les enjeux de la tournée régionale de Michel Djotodia », Vincent Duhem, Jeune Afrique, 15 mai 2013.

[19]. L’impossibilité de se rendre sur place fait que l’ampleur des exactions ne commença à être documentée qu’à l’automne 2013 :

* "Je peux encore sentir l’odeur des morts" Human Rights Watch, 18 septembre 2013

http://www.hrw.org/sites/default/files/reports/car0913fr_ForUpload.pdf

* "Un pays aux mains des criminels de la Séléka", Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, 24 septembre 2013

http://www.fidh.org/IMG/pdf/rapport_d_enque_te_rca_ld.pdf

[20]. « Le nouveau pouvoir centrafricain demande l’aide de la France », Le Monde.fr, 17 avril 2013 ; « La Centrafrique a demandé à la France de l’aider à sécuriser Bangui », Le Monde.fr, 8 mai 2013.

[21]. « L’archevêque de Bangui s’inquiète d’un pays qui “vit dans la terreur“ », La Croix, 26 août 2013.

[22] Ibidem. Voir également « Chaos au cœur de l’Afrique », tribune d’Ivan Simonovic (Secrétaire général adjoint des Nations unies aux droits de l’homme),  Libération, 22 août 2013.

[23]. « Rébellions et exactions déchirent la Centrafrique », Olivier Tallès, La Croix, 10 septembre 2013.

[24]. « Chasse aux sorcières », Addas Kayangar, Alwihda, 11 septembre 2013 [quotidien tchadien cité dans Courrier international, 19 septembre 2013].

[25]. « Centrafrique : "La connotation religieuse de certaines violences récentes est très inquiétante" », propos recueillis par Charlotte Bozonnet, Le Monde.fr,  24 septembre 2013.

[26]. C’est un membre de l’ethnie Rounga, natif de Ndélé, formé au Soudan, en Égypte, en Israël, qui servit pendant cinq ans au sein de la garde rapprochée de Cheikh Zayed, à Abou Dhabi. Numéro deux de la Séléka il occupa la fonction de ministre de la Sécurité après la chute de Bangui. « Centrafrique : Séléka, dégage ! », op. cit.

[27]. « Chaos en Centrafrique – à qui la faute ?, François Soudan, Jeune Afrique, 7 octobre 2013.

[28]. « Centrafrique : Séléka, dégage ! », op. cit.

[29]. Peut être consulté sur le site du Ministère des affaires étrangères :

 

http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/exl-php/cadcgp.php?modele=vues/mae_internet___traites_-_pieces/tpl-f.html&JSFONCTIONS=1&where_is_ft_cid=12&modefiche=fiche&modefusion=0&doc_ref=TRA00000033&doc_titre=&doc_titre2=&doc_titre3=&doc_titre4=&doc_auteur=&exp_count=1&exp_position=1&TABLE=pie_exp

 

[30]. « La France refuse d’intervenir en Centrafrique », Christophe Châtelot, Le Monde, 29 décembre 2012.

 

[31]. Depuis la fin des années 1990, l’ONU participe aux tentatives de stabilisation de la RCA. En mars 1998, une Mission des Nations-Unies en RCA (MINURCA), fut envoyée superviser les élections (législatives en novembre-décembre 1998 ; présidentielles en septembre 1999). Les casques bleus furent retirés en février 2000, mais demeura un Bureau des Nations-Unies pour la consolidation de la paix en RCA (BONUCA), transformé en Bureau intégré des Nations-Unies pour la consolidation de la paix en RCA (BINUCA) au mois d’avril 2009.  

 

[32]. « Pour la France, la Centrafrique n’est pas le Mali », Laurent Larcher, La Croix, 13 octobre 2013.

[33]. François Hollande, discours prononcé lors de l’“Hommage national aux deux soldats morts à Bangui dans la nuit du 9 au 10 décembre 2013“, Paris, 17 décembre 2013.

[34]. « L’armée française dans la tourmente de Bangui  », Rémy Ourdan, M le magazine du Monde, 4 janvier 2014.

[35]. « Les violences à Bangui brident le déploiement de “Sangaris“ dans le pays », Nathalie Guibert, Le Monde, 3 janvier 2014.

[36]. «  Centrafrique : l’aveu de la France à l’ONU », Thierry Oberlé, Le Figaro, 16 janvier 2014.

[37]. « En Centrafrique, une présidente élue pour stopper l’agonie du pays », Cyril Bensimon,Le Monde, 21 janvier 2014.  

[38]. En Centrafrique, « le pire pourrait être encore à venir », par Mgr Nzapalainga et l’imam Kobine Layama, Le Monde, 27 décembre 2013.

Mgr Dieudonné Nzapalainga est l’archevêque de Bangui.

L’imam Omar Kobine Layama est le président de la communauté islamique de la République centrafricaine.

[39]Ibidem.

[40]. « À Bangui, l’heure de l’exode pour les musulmans », Cyril Bensimon, Le Monde, 17 janvier 2014.

[41]. « À Bogoula, village centrafricain, la haine au quotidien », Cyril Bensimon, Le Monde, 20 janvier 2014.

[42] . Entretien sur RFI, 25 janvier 2014, URL : http://www.rfi.fr/afrique/20140125-rca-violences-continuent-un-ancien-ministre-proche-ex-rebellion-seleka-ete-tue

[43]. « Centrafrique : Catherine Samba Panza nommera son Premier ministre “mercredi ou jeudi“ », Jeune Afrique, 21 janvier 2014.

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CENTRAFRIQUE : LA FABRICATION D’UN “CHOC DES CIVILISATIONS“ ? par Patrice Gourdin

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Centrafrique-Presse.com
27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:58

 

 

 

 

 

http://www.levif.be/   lundi 27 janvier 2014 à 13h00  (Belga)

 

(Belga) Plusieurs convois de combattants de l'ex-rébellion Séléka, qui avait pris le pouvoir en mars 2013, ont été vus quittant Bangui dimanche sous escorte de la force de l'Union africaine, a-t-on appris de sources concordantes. De même source, les ex-combattants, pour beaucoup originaires de pays voisins tels que le Tchad et le Soudan, sont actuellement en négociation avec la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (force africaine, Misca) en vue de préparer leur départ.

 

Par ailleurs, selon des témoignages de Banguissois résidant aux alentours du camp Kasaï, l'un des plus gros de la ville, "les ex-Séléka qui s'y trouvaient ont fui avec leurs armes, désertant les lieux (...) par plusieurs vagues successives gagnant la colline surplombant le camp. Au petit matin (dimanche), ils ont pris en otage des habitants pour les conduire loin du camp et en direction de la sortie nord". Samedi, des militaires français étaient visibles aux abords du camp Kasaï où ils sont entrés dans la matinée pour "enregistrer les combattants" cantonnés depuis le 5 décembre et le début de l'opération Sangaris, ont expliqué des riverains.

 

Dans un pays toujours en proie à des violences entre populations chrétiennes et musulmanes, le départ des ex-combattants Séléka, musulmans pour la plupart, ne rassure pas toujours la communauté musulmane de la ville. Elle craint le harcèlement des chrétiens, appuyés par les "milices" anti-balaka (anti-machettes), une rébellion hostile au pouvoir qui s'en prend en particulier aux civils. Dimanche, violences, tirs et tentatives de pillages se sont concentrés autour du quartier du PK-5, au centre-ville, le poumon commercial de la capitale. 

Des ex-rebelles Séléka quittent Bangui où les tensions persistent

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