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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:09

 

 

 

 

 

 

RFI   lundi 27 janvier 2014 à 11:58

 

Les violences se poursuivent en RCA, malgré la présence des militaires français et des troupes africaines. De nouveaux règlements de compte ont eu lieu hier, dimanche 26 janvier, accompagnés de pillages, essentiellement dans les quartiers musulmans de la capitale. Amnesty International reproche aux forces internationales d’avoir laissé des musulmans sans protection.

 

La scène se déroule sur un check-point de l’opération française Sangaris, au nord de Bangui. Un homme tente de s’enfuir, poursuivi par une foule hostile. Les gendarmes tirent en l’air, pour disperser la meute, mais il est déjà trop tard. La victime, poignardée, est morte. Son corps gît sur la route. « C’est moi qui l’ai maîtrisé à terre ! », s'exclame au micro de RFI un jeune homme qui a participé au lynchage. « Les gens l’ont attaqué, poignardé et puis frappé avec des matraques. C’est pour ça qu’il est mort. Moi, je suis sûr que c’était un Seleka. Œil pour œil, dent pour dent, maintenant. C’est de la vengeance, c’est ça. »

 

Presque au même moment, sur ce check-point, le corps d’une femme tuée à la machette est ramené dans une brouette et enterré sur le bord de la route, sous la surveillance des militaires français. « Ils sont en train de l’enterrer, voilà. Une femme. Mais on ne sait pas qui c’est. On ne la connaît pas », dit un soldat. Immédiatement après, la vie reprend son cours, comme si rien ne s’était passé.

 

« On ne s'occupe pas d'un camp ou de l'autre »

 

Dimanche toujours, dans un quartier pacifié de Bangui. Une patrouille ordinaire de soldats français de Sangaris. Dans son véhicule blindé, le capitaine Joseph reste pourtant vigilant. La menace n’a pas totalement disparu. « On pense tout de suite aux anti-balaka et aux ex-Seleka. Mais, rien que dans les anti-balaka, il y a différents groupes, explique-t-il. Selon les groupes, ce n’est pas du tout les mêmes forces. Il y a aussi des groupes d’autodéfense qui, eux, sont juste là pour protéger leur quartier. Il y a la population, parfois, qui prend les armes. Donc, voilà, nous on ne s’occupe pas d’un camp ou de l’autre. On applique les mesures de confiance, qui sont de désarmer tout le monde. »

 

La quinzaine d’hommes de l’unité Sangaris s’arrêtent sur un marché au PK4, pistolet au poing, pour un contact avec la population. « Tout se passe bien dans le marché ? », s’enquiert un militaire français . « Oui. Vraiment, avec la Misca et Sangaris, nous avons la paix, maintenant », lui répond un homme. De retour dans le blindé, la radio annonce de nouvelles exactions non loin de là. Deux hommes ont été lynchés, en pleine rue. « C’est terminé, après avoir été tués, ils ont été brûlés. » Dans la capitale centrafricaine, la sécurité est encore loin d’être revenue partout.

 

Amnesty International regrette un défaut de protection des musulmans

 

La semaine dernière, Amnesty International a fait état du massacre de femmes, d'enfants et de vieillards musulmans au nord-ouest de Bangui. Plus de 50 musulmans ont été tués lors de deux attaques dans des villages, rapporte l'ONG. Amnesty International reproche aux forces internationales d'avoir laissé des musulmans sans protection en Centrafrique.

 

« Il aurait fallu que les forces internationales soient présentes au niveau de ces villes et ces villages où il était connu qu’il y avait une population musulmane qui allait très probablement être attaquée par les milices anti-balaka. C’est ce qui s’est passé. La plus grande partie de ces citoyens musulmans qui ont été tués, l'ont été à l’arme blanche. Donc on ne peut pas considérer que ces milices anti-balaka auraient constitué un danger important pour les forces de maintien de la paix qui sont, elles, bien armées, avec des véhicules protégés », juge Donatella Rovera, conseillère d'Amnesty pour les crises et les conflits, et qui se trouve actuellement à Bangui.

 

Le chef de la Misca évoque une « phase difficile »

 

Mais pour le général Mokoko, à la tête de la Misca, les quelques milliers d'hommes des forces internationales n'ont pas les moyens logistiques de prévenir toutes les attaques. « Dans un pays où il n'y a plus de gendarmerie, il n’y a plus de police pour nous donner le renseignement exact qui pourrait être utilisé au niveau opérationnel, il est difficile pour nous d’aller dans la population », insiste le général Mokoko. Pour lui, il n’y a que lorsque les forces internationales se trouvent face à des gens « qui sont en train de perpétrer des pillages ou des vols », qu’elles peuvent intervenir. « Autrement, nous sommes dans une phase difficile, dans la mesure où nous ne sommes pas toujours là où les méfaits sont opérés. Quand vous avez 5 000 hommes, [et que ] vous avez une ville comme Bangui, ce n’est pas si facile que ça. »

 

 

Insécurité permanente en Centrafrique, Washington menace

 

http://www.lavoixdelamerique.com/    lundi, janvier 27, 2014 Heure locale: 12:32

 

Les États-Unis envisagent de prendre des sanctions ciblées contre ceux qui favorisent la violence dans le pays 

 
Dans un communiqué cette nuit, le secrétaire d'État américain appelle tous les leaders des différents groupes à condamner la violence. John Kerry rappelle que Washington et ses alliés poursuivront sans relâche tous les coupables d’atrocités.
 
Sur le terrain les violences se sont poursuivies dimanche malgré la nomination samedi d’un nouveau Premier ministre André Nzapayeke.  Notamment dans le quartier PK-5, avec des tirs et des pillages de magasins appartenant pour la plupart à des musulmans.


Selon un bilan fourni par le président de la Croix Rouge Centrafricaine, le pasteur Antoine Mbao Bogo, au moins 8 personnes sont mortes


Depuis le déploiement de l'armée française à Bangui début décembre, des miliciens chrétiens anti-balaka multiplient les exactions contre les habitants musulmans. Les violences ont redoublé après la démission, le 10 janvier 2014, du président par intérim Michel Djotodia, ancien chef de la Séléka.


Selon Reuters, un convoi d'une vingtaine de véhicules, lourdement armé, a fui la ville, escorté par des soldats tchadiens de la force de maintien de la paix de l'Union africaine, la Misca. 


"Dans le convoi, j'ai vu plusieurs généraux de la Séléka, dont le chef de ses services de renseignement", a déclaré Peter Bouckaert, de l'ONG américaine Human Rights Watch (HRW), qui aurait croisé le convoi à une soixantaine de kilomètres au nord de Bangui.

Centrafrique: la Misca et Sangaris peinent à freiner les violences

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:04

 

 

 

 

 

 

IDÉES   ANALYSES DE LA RÉDACTION

 

 

Par Jacques Hubert-Rodier Editorialiste de politique internationale aux « Echos »

 

http://www.lesechos.fr/    Par Jacques Hubert-Rodier | 27/01 | 06:00

 

Depuis la fin de la guerre froide, la quasi-totalité des interventions militaires des grandes puissances a abouti à un changement de régime sans parvenir toujours à stabiliser la situation.

 

« Mission accomplie. » Mai 2003 : depuis le porte-avions « USS Abraham Lincoln », George W. Bush proclame la victoire de l'Amérique sur le régime de Saddam Hussein. En 2008, le même président républicain affirme que l'Amérique ne peut pas se permettre une défaite en Afghanistan. En septembre 2011, Nicolas Sarkozy et David Cameron, eux, célèbrent leur succès en Libye. Le 14 janvier 2014, enfin, au palais de l'Elysée, c'est au tour de François Hollande de saluer « la victoire contre le terrorisme, pour la démocratie, pour le développement » au Mali, un an après le déclenchement de l'opération Serval. Quant à la Centrafrique, le président français reconnaît sobrement que « le travail n'est pas terminé » un mois après le déploiement des troupes françaises.

 

Certes, aucune opération n'a les mêmes objectifs ni les mêmes conditions. Mais, depuis le début du XXIe siècle, deux grands buts de guerre affichés par les grandes puissances dominent : celui de la lutte contre le terrorisme, comme en Afghanistan ou au Mali, et celui de la protection des populations civiles, comme en Libye ou en Centrafrique. L'objectif annoncé pour déclencher la guerre d'Irak était, lui, d'une nature différente : il s'agissait d'éradiquer des armes de destruction massive, inexistantes… L'Irak en 2003, pour une Amérique au sommet de sa puissance, devait être le laboratoire de la démocratisation au Proche et au Moyen-Orient et d'une transformation du monde selon l'inquiétante vision des néoconservateurs.

 

Mais, quel qu'en soit le prétexte, toutes les interventions de l'après-guerre froide, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Centrafrique voire en Côte d'Ivoire et au Mali, ont abouti à un résultat plus ou moins similaire : le renversement du leader en place et le changement du régime. Avec cette inquiétante interrogation : ces interventions peuvent-elles, au-delà de la tenue d'élections, conduire à des transitions politiques permettant, au moins, la stabilisation de la situation et, au mieux, l'institution d'un Etat de droit y compris pour le respect des droits de l'homme ?

 

On en est loin. Deux ans après le retrait des troupes américaines en décembre 2011, l'Irak est enfoncé dans une crise politique et connaît une recrudescence du conflit entre chiites et sunnites avec une présence importante de groupes liés à la nébuleuse Al Qaida. Indirectement, ce conflit a des conséquences en Syrie par des infiltrations dans la rébellion syrienne de combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). En Afghanistan, il n'aura fallu que quelques semaines en 2001 aux Américains et à leurs alliés, appuyés sur le terrain par le regroupement des forces d'oppositions afghanes, pour renverser le régime taliban à Kaboul puis installer Hamid Karzaï à la présidence. Pourtant, l'Afghanistan, quelques mois avant le retrait des troupes américaines et alliées, et une nouvelle élection présidentielle prévue pour avril, sombre aujourd'hui de nouveau dans le chaos. Non seulement les talibans poursuivent leurs attaques contre les forces gouvernementales, mais Al Qaida est en pleine renaissance.

 

La France semble avoir mieux réussi - jusqu'à présent - en Afrique subsaharienne. En partie parce que, à la différence des Etats-Unis, Paris dispose d'une expérience coloniale qui lui permet de revenir en terrain connu dans le costume de « gendarme malgré lui ».

 

Autre différence avec l'Irak : les trois dernières interventions de la France en Afrique subsaharienne se sont déroulées avec un mandat des Nations unies et l'appui de l'Union africaine et, comme au Mali et en Centrafrique, avec le soutien de troupes africaines, notamment tchadiennes.

 

La Françafrique est morte. Mais la France conserve son influence en Afrique, comme le soulignait le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, et des liens historiques et culturels. De plus, la France a maintenu des forces prépositionnées.

 

Aujourd'hui, elle doit néanmoins réexaminer l'ensemble de son dispositif sécuritaire au Sahel. Car la victoire, même au Mali, pourrait être de courte durée. Les bases des combattants liés à Al Qaida au nord du pays ont bien été détruites, mais nombre d'entre eux se sont dispersés ou maintiennent encore une présence, comme à Kidal. Faute de stabilisation et loin des cris de victoire, la Libye reste également un foyer de départ et de repli de ces combattants. Pour le président malien, Ibrahim Boubakar Keïta, élu en septembre 2013 à la tête d'un Etat affaibli et d'une nation toujours divisée qui peine à régler les tensions avec les Touareg, les défis sont immenses. Sans oublier que les troupes françaises et désormais onusiennes peinent aujourd'hui à consolider leurs progrès en matière de sécurité, comme le soulignait récemment l'International Crisis Group. Et la tâche, pour Catherine Samba-Panza, l'ancienne maire de Bangui élue cette semaine présidente de Centrafrique, est dantesque. Ce qui risque d'obliger les troupes françaises à rester plus longtemps qu'annoncé, comme elles l'ont fait au Mali. A moins que les pays africains arrivent à prendre le relais pour sécuriser ces pays. Mais, comme au Moyen-Orient ou en Asie centrale, la stabilisation post-intervention n'est pas un chemin certain.

 

Jacques Hubert-Rodier

Lu pour vous :  Irak, Mali, Centrafrique : le jeu dangereux des interventions

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 13:28

 

 

 

 

 

Cher Maître,

 

La nouvelle de ta brutale disparition nous a tous laissés totalement perplexes. Porte voix des sans voix, défenseur des plus faibles, tu as été de tous les combats dans notre ''merveilleux pays des paradoxes et des records négatifs'', qualificatif que tu avais donné à notre chère Centrafrique et que tu ressortais très souvent dans tes prises de positions.

 

 Tu as choisi de nous quitter juste au moment où ta bataille sans relâche pour la liberté d'opinion, la justice et le droit humain devrait produire ses fruits. Saches que de là où Dieu te mettra dans son Royaume, ton message est bien perçu et que ton combat se poursuivra avec des patriotes qui ont cru à ta juste lutte, et qu'aussi tu resteras une référence dans ce domaine pour les générations futures.

 

Que ton épouse et tes enfants trouvent ici, l'expression sincère de toute ma compassion.

 

Ton cadet, Jean Daniel DENGOU.   

HOMMAGE AU GRAND COMBATTANT DES LIBERTES ET DE LA JUSTICE, MAITRE ZARAMBAUD ASSINGAMBI par Jean Daniel DENGOU

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 13:02

 

 

 

 

ADP-PATRIE-UDPP

 

DECLARATION

 

Dans la déclaration N°003/014 datée du 26 janvier 2014, Martin Ziguélé, président du MLPC a annoncé que l’Alliance des Forces Démocratiques  pour la Transition ne participera pas au gouvernement d’union nationale de transition. La raison invoquée serait la « violation par le Chef de l’Etat de transition des actes fondateurs de la transition consensuelle et inclusive ».

 

 En termes clairs, le fait de ne pas choisir un Premier Ministre issu de l’ancienne opposition contreviendrait à la Charte constitutionnelle.

 

Les trois partis politiques signataires de cette déclaration sur les sept que compte l’AFDT tiennent à faire des observations suivantes :

 

 1)- Le contexte actuel, fait de tragédie pour le Peuple centrafricain appelle de la part des acteurs politiques des sacrifices pour faire avancer le pays. S’arcbouter sur des principes sans tenir compte du contexte est une faute politique.

 

 2)- Le 6ème Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC des 9 et 10 janvier 2014 a conclu à l’échec de la gestion de la Transition dirigée également par l’ancienne Opposition démocratique. Dans un acte de contrition et d’humilité, l’ancienne Opposition démocratique ayant conduit les affaires de l’Etat aurait dû en tirer toutes les conséquences et faire prévaloir l’intérêt supérieur de la Nation en laissant l’opportunité à chaque fils ou fille de ce pays de diriger le gouvernement.

 

En conséquence, la nomination d’un Premier Ministre issu de la  société civile ne constitue  en rien une violation de l’accord de Libreville, qui doit être  lu et compris en fonction de la nouvelle donne, notamment le départ du Général Bozizé et  la dissolution de la Séléka.

 

Devant cette décision irresponsable et antinationale, qui met en péril le nécessaire consensus national autour de l’essentiel, l’intérêt supérieur de la Nation, les trois Partis politiques signataires condamnent fermement cette décision et suspendent leur participation aux activités de l’AFDT à partir de ce jour.

 

Fait à Bangui, le 27 janvier 2014

 

POUR l’ADP :                           POUR PATRIE :                         POUR L’UDPP

 

CLEMENT BELIBANGA      Me CREPIN MBOLI-GOUMBA    MAITART DJIM-AREM

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:22

 

 

 

 

 

RFI   dimanche 26 janvier 2014 à 15:03

 

En République démocratique du Congo, à 35 kilomètres de Bangui, des centaines de Centrafricains ont trouvé refuge ces derniers mois dans le camp de Mole. Un camp qui, mi-décembre, suite à la recrudescence des violences à Bangui, a doublé de volume pour accueillir 8 800 personnes. Hier, samedi 25 janvier, des responsables du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et du Programme alimentaire mondial (PAM) se sont rendus sur place pour évaluer la situation.

 

Bien alignés, une vingtaine d’élèves chantent pour leurs invités de marque, trois responsables des Nations unies venus voir comment les Centrafricains vivent dans ce camp, et d’abord les enfants. Dans une classe motivée, ils sont serrés à quatre ou cinq sur leurs bancs d’écoliers. Les difficultés sont nombreuses comme l’explique l’institutrice : « Nous sommes à 104 et nous recevons des nouveaux élèves chaque jour. Nous travaillons dans des conditions très difficiles avec les enfants. Nous ne parvenons pas à avancer normalement à cause du manque de fournitures. »

 

A l’extérieur, ce sont les jeunes très nombreux qui attendent les visiteurs. Stéphanie :

 

« Dans le camp, on souffre péniblement. Je suis étudiante, je suis en troisième année d’informatique. On a bien voulu continuer nos études, mais il n’y a même pas d’eau dans le camp et je suis obligée d’aller à la source à deux kilomètres. »

 

Problèmes logistiques

 

En face, le Haut commissariat aux réfugiés rappelle les contraintes. En décembre, la population est passée de 4 000 à 8 000 individus. « Nous avons des problèmes logistiques énormes, déplore Stefano Severe, responsable du HCR au Congo. Le trajet pour cette région passe par Bangui. Nous avons dû recourir à des airlifts [ponts aériens, NDLR] à cause du fait qu’on ne peut pas utiliser les voies régulières. »

 

L’inaccessibilité de Bangui est vrai problème pour s’approvisionner. Mais aussi pour ces réfugiés : la plupart viennent de la capitale et ont du mal à trouver leur place dans un camp dans la brousse, sans eau courante ni électricité.

RDC : dans le camp de Mole, les réfugiés centrafricains manquent de tout

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 21:13

 

 

 

 

http://www.dw.de/  26.01.2014

 

Dans une interview exclusive accordée à la DW, la nouvelle présidente de la transition en Centrafrique fait le point sur les défis auxquels elle et son nouveau gouvernement devront faire face.

 

Dans un contexte tendu de pillages et de violences entre chrétiens et musulmans, la question sécuritaire et l'unité nationale seront les enjeux majeurs. Le tandem de l'exécutif, composé de la présidente Catherine Samba-Panza et de son Premier ministre André Nzapayeké, peaufine la feuille de route du gouvernement. Cette équipe de technocrates réduite, composée de 18 ministres devra oeuvrer à la réconciliation pour mener le pays vers les élections d'ici un an:

 

DW : Quelles seront vos priorités en tant que présidente de la Centrafrique ?

 

C. Samba-Panza: "Notre priorité sera de mettre en place l’autorité chargée des élections mais ça ne sera pas facile, il y a d’énormes difficultés, les administrations ayant été totalement délabrées. Les administrations locales dans les communes chargées du recensement ne fonctionnent plus, il faut donc remettre tout cela en marche".

 

DW : Votre élection a suscité beaucoup d’espoir, mais les violences continuent, comment peut-on enrayer cette spirale ?

 

C.SP: "Il y a eu des engagements forts de la part des ex-seleka et des anti-balaka de cesser les hostilités, mais il y a encore beaucoup de membres incontrôlables sur le terrain. J’ai rencontré des représentants des mouvements qui regrettent ce qui se passe, simplement il y a beaucoup d’autres éléments incontrôlés et nous sommes en train de réfléchir ensemble à une stratégie".

 

DW : Certains disent que vous avez été portée par la France ? Est-ce que vous êtes la candidate de la France ?

 

C.SP: "J’ai été soutenu par un courant de jeunes, un courant de femmes, un courant national, mais bien entendu, la France et les pays de la sous-région ont étudié mon parcours et ont soutenu ma candidature".

 

DW : Quels seront les critères retenus pour le choix des membres du gouvernement ?

 

C.SP: "Je veux avoir de bons techniciens des différentes couches de la population, mais il faut aussi tenir compte des susceptibilités politiques. Je veux être rassembleur".

 

DW : Est-ce que vous envisagez de créer un ministère de la réconciliation comme c’est le cas au Mali ?

 

C.SP: "Oui, il y aura un ministre chargé de la réconciliation mais il n’y aura pas que cela dans son portefeuille, cet aspect sera adossé à un autre département. Les problèmes sont liés à des membres incontrôlés, nous avons des réconciliations entre musulmans et chrétiens qui se font déjà dans certains endroits du pays. Avec l’appui de la communauté internationale nous allons mettre de l’ordre dans tout cela".

 

DW : Est-ce que cet appui de l’Union Européenne est suffisant ?

 

C.SP: "Cette aide est la bienvenue, et j’attends de l’Allemagne, qui est un pays fort au sein de l’Union un appui important sécuritaire, humanitaire et en terme budgétaire. J’aimerai bien que l’Allemagne nous aide à mettre en place des radios locales à Bangui et à l’intérieur du pays, ce serait une très bonne chose...."

Catherine Samba-Panza en exclusivité sur la Deutsche Welle : ses défis et ses attentes

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 16:11

 

 

 

 

http://afrique.kongotimes.info/    26/01/2014 06:36:00  

 

Le coup d’Etat de la coalition rebelle Seleka (Alliance) ne fut pas le premier qu’ait connu la République Centrafricaine (RCA). Elu président de la république, le premier prêtre catholique du pays, Barthélemy Boganda, n’avait pas eu le temps d’exercer le pouvoir. Il était mort dans un accident d’avion dont les causes restent à élucider et cela avant l’indépendance, survenue le 13 août 1960. Sa mort plongea la RCA dans une lutte de succession qui propulsa son cousin David Dacko au sommet de l’Etat, à 29 ans, tandis que le rival de ce dernier, Abel Goumba, prenait le chemin de l’exil. Le 31 décembre 1965, Dacko était renversé par Jean-Bedel Bokassa, neveu de Boganda qui instituera l’Empire Centrafricain en 1977. En septembre 1979, Dacko prenait sa revanche, conduit à Bangui dans les wagons du néocolonialisme français, à la suite de l’opération barracuda. Il fut renversé une deuxième fois par le général André Kolingba en septembre 1981. Celui-ci restera au pouvoir jusqu’à ce que souffle le vent de La Baule qui hissera démocratiquement Ange-Félix Patassé à la présidence de la république. La démocratie partisane et conflictuelle conduisant tout droit à l’autocratie tout en légitimant la révolte et les coups de force, l’autocrate Patassé fut renversé par le général François Bozizé le 15 mars 2003. Cependant, les deux élections présidentielles de 2005 et 2011 n’ont rien changé quant à la gouvernance du pays. Le 24 mars 2013, Bozizé était renversé à son tour. Contrairement à ses prédécesseurs putschistes, Michel Djotodia, le tombeur de Bozizé, n’a pas imposé sa volonté à ses compatriotes pendant longtemps. Le 10 janvier 2014, il était poussé à la démission. Comment expliquer un règne aussi éphémère ? 

 

Jugement de valeur versus realpolitik

 

Le coup d’Etat de Seleka est intervenu après l’entrée en vigueur de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la bonne gouvernance, le 15 février 2012. Cette convention se dresse entre autres contre les changements anticonstitutionnels de gouvernement et les révisions constitutionnelles à des fins personnelles. Pour être crédible, l’Union Africaine n’avait d’autre choix que de ne pas reconnaître les nouvelles autorités centrafricaines. Confrontée à ce jugement de valeur et à la débandade des forces de sécurité et de défense du régime Bozizé ou au fait accompli, c’est-à-dire la réussite du cinquième coup d’Etat du pays en cinq décennies d’indépendance, la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC) se devait de trouver un juste milieu. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC ont alors tenu deux sommets extraordinaires à N’Djamena, le 4 et 18 avril 2013, afin de donner une certaine légitimité aux nouveaux maîtres de la RCA. Il a été décidé que l’Accord de paix de Libreville de janvier 2013 devait servir de socle à une nouvelle transition de 18 à 24 mois. Les acteurs clés de cette transition, à savoir le chef de l’Etat, le premier ministre, les membres du gouvernement, le président du Conseil National de Transition (CNT), de la Cour constitutionnelle de transition et de la Haute autorité des médias, institutions à créer, ne devaient pas être candidats aux prochaines élections. Conformément à l’Accord politique de Libreville, le premier ministre, issu de l’opposition dite démocratique, ne devait pas être démis de ses fonctions par le Chef de l’Etat. Il était interdit à celui-ci de porter le titre de président de la république. Son titre officiel devait être chef d’Etat de la transition. Mieux, il devait être élu par le CNT. Cette institution était chargée de rédiger et d’adopter d’abord une charte constitutionnelle de transition et ensuite un projet constitutionnel à soumettre au référendum avant la tenue des élections législatives et présidentielles. La CEEAC avait même retenu la feuille de route issue des négociations de paix de Libreville entre la majorité présidentielle de Bozizé, Seleka, l’opposition dite démocratique, la société civile et les groupes politico-militaires qui n’avaient pas pris part à la saga Seleka. Cette feuille de route prévoyait entre autres la mise en place d’un processus de DDRR, c’est-à-dire démobilisation, désarmement et réintégration, pour tous les rebelles centrafricains, et retour pour les combattants étrangers, et une réforme du secteur de sécurité (RSS), le tout avec l’aide de la communauté internationale.

 

Appétit de domination

 

Djotodia et les siens avaient accepté tous les arrangements institutionnels décidés par la CEEAC. Toutes les institutions de la transition avaient été mises en place. Rédigée de manière consensuelle, avec le concours des constitutionnalistes centrafricains et de leurs collègues déployés par les Nations Unies et l’Organisation Internationale de la Francophonie, la charte de transition a bétonné la non-éligibilité des acteurs clés de la transition aux prochaines élections. L’article concernant ce sujet ne peut être révisé. Mais les nouvelles autorités, qui tendaient la main à la communauté internationale pour mettre sur chantier les processus de DDRR et RSS, n’entendaient manifestement pas que celle-ci mette son expertise à leur disposition, conformément à l’esprit et à la lettre de l’Accord de paix de Libreville.

 

Au départ de la saga Seleka, cette coalition comptait plus ou moins 5000 combattants. A leur arrivée à Bangui, on est passé à 20000 pendant que l’armée nationale sous Bozizé ne disposait que de quelques 7000 hommes, tous en débandade, et encore moins d’effectifs dans la gendarmerie et la police, eux aussi en débandade. Les 20000 élements de Selaka provenaient de composantes suivantes : l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le groupe politico-militaire fondé par Djotodia, majoritairement de son ethnie Goula ; la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP-Fondamentale) du « général » Noureddine Adam, essentiellement de son ethnie Rounga ; la Convention des patriotes pour le salut du Kodro (CPSK) du « général » Moussa Dhaffane, un Fulani parfois présenté comme un Tchadien, Kodro signifiant « pays » en langue Sango ; la jeunesse désœuvrée de Bangui issue de ces trois communautés et recrutée par chacun des trois groupes après le coup d’Etat afin de renforcer la position du groupe ; les mercenaires venus surtout du Tchad et du Soudan et disposant de l’armement lourd de la coalition. On notera que la CPJP-Fondamentale et la CPSK étaient des groupes dissidents de la CPJP, fondée par un autre politicien Rounga, Charles Massi, le père du très médiatique Eric Massi, qui aurait été assassiné par le régime Bozizé. 

 

Il n’existait aucune chaîne de commandement entre les éléments de ces différentes composantes. Chaque élément Seleka obéissait à celui qui l’avait recruté. C’est sans doute pour pallier cette situation qu’en peu de temps, Djotodia avait réussi à arrêter et jeter en prison le président de la CPSK et à faire descendre le président de la CPJP-Fondamentale de son piédestal de ministre d’Etat chargé de la Sécurité en lui indiquant une voie de garage, la présidence d’une nouvelle institution dite de la promotion des acquis démocratiques. Pendant que la communauté internationale attirait son attention sur le fait que le pays avançait droit dans le mur si les anciennes forces de sécurité et de défense ne reprenaient pas très vite du service, comme lors de tous les coups d’Etat précédents, et si les processus de DDRR et RSS n’étaient pas menés conformément à l’Accord de paix de Libreville, Djotodia, lui, proclamait urbi et orbi que la nouvelle armée nationale devait être dirigée par les éléments de Seleka quel que soit leur niveau d’éducation. Mieux, il joignait l’acte à la parole. Des incultes Seleka de rang de caporal ou soldat de 1ère et 2ème classes étaient promus au rang de colonel ou général lors des cérémonies officielles. Une société privée européenne de sécurité immatriculée en Amérique était chargée de transformer les éléments Goula de Seleka en gardes présidentiels.

 

Erreurs fatales

 

Pendant que les anciennes forces de sécurité et de défense étaient tenues à l’écart et en respect puisque désarmées, les éléments de Seleka étaient déployés à travers le territoire national pour assurer la sécurité de la population alors même que les caisses de l’Etat étaient vides. Pour survivre, les Seleka n’avaient d’autre choix que de créer l’insécurité à travers des exactions de toutes sortes dont les pillages, les tueries et autres violations graves des droits de l’homme. C’était là la marque de fabrique de la coalition depuis le début de sa rébellion.

 

De même que Kin-la-Belle, qui n’est en réalité que Kin-la-Poubelle, le coup d’Etat de Seleka a transformé Bangui-la-Coquette en Bangui-la-Roquette. Dans cette ville, le régime Bozizé et la coalition Seleka avaient distribué des armes à la population dans les quartiers qui leur étaient favorables. La population elle-même s’était également servie dans les casernes militaires lors de la débandade des forces de sécurité et de défense de l’ancien régime. En plus des pillages systématiques, Bangui vivait un nouveau phénomène, le banditisme armé qui allait crescendo. Les nouvelles autorités brandissaient des slogans de « Bangui ville sans armes » tout en confiant cette tache aux éléments de Seleka. Résultat, les opérations de désarmement de la population se transformaient en nouveaux pillages et nouvelles tueries.

 

Les éléments centrafricains de Seleka sont originaires du nord-est de la RCA et essentiellement issus de la minorité de 20 % de Musulmans que compte le pays. Les mercenaires de Seleka sont également de confession musulmane. Dans toutes les villes conquises pendant la rébellion ou occupées après le coup d’Etat, leurs pillages en règle épargnaient les quartiers musulmans qui par ailleurs servaient de lieux de stockage aux butins de guerre quand ceux-ci ne prenaient pas la direction des pays voisins. Si les élites musulmanes centrafricaines étaient marginalisées par les différents régimes, la cohabitation pacifique entre chrétiens et musulmans avait toujours été au rendez-vous de l’histoire. Le caractère sélectif des pillages, exactions, tueries et autres violations graves des droits de l’homme perpétrés par les éléments de Seleka a changé cette donne, constituant par voie de conséquence un appel vibrant à la révolte des chrétiens. Les Anti-Balaka étaient nés. L’équilibre de la terreur plongeait lentement mais sûrement le pays vers des tueries massives à caractère génocidaire entre chrétiens et musulmans. Seule une force robuste pouvait stopper cette dynamique macabre. Compte tenu de l’irresponsabilité de l’Afrique à se prendre en charge, cette force ne pouvait malheureusement pas être africaine.

 

Conclusion

 

En acceptant le cadre institutionnel décidé par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, Djotodia avait le choix entre se mettre en retrait et attendre les élections censées mettre un terme à la période de transition ou se porter candidat (unique) à l’élection du chef de l’Etat de la transition par le CNT. Il avait choisi la deuxième option tout en caressant le rêve d’être plus malin que tout le monde, obsédé qu’il était à réaliser l’unique révolution dont les Africains sont capables depuis l’indépendance : l’avènement de l’hégémonie Goula et musulmane en RCA. 

 

Son appétit de domination a entraîné des violations graves des droits de l’homme, lui délivrant ainsi un passeport en or vers La Haye. Pour l’instant, ce passeport lui a permis d’accepter sans la moindre résistance sa démission et de faire escale au Bénin, pays d’où il était venu en 2012 pour reprendre les rênes du mouvement politico-militaire qu’il avait créé et qui en son absence avait rejoint l’Accord paix global de Libreville de 2008 entre le gouvernement Bozizé et les rébellions qui essaimaient en RCA depuis le coup d’Etat de 2003. Quand ce passeport lui permettra enfin d’atterrir à La Haye, ce qu’il faut souhaiter vivement après la réussite de la transition, il y aura des Africains pour crier à la justice des Blancs. Certes, bien de dirigeants occidentaux mériteraient qu’on leur délivre le même passeport. Mais eux au moins ne massacrent pas leurs propres citoyens.

 

La tenue des élections et le retour à l’ordre constitutionnel étant l’objectif de la transition, la communauté internationale devrait se rendre à l’évidence. Les élections dans le cadre de la démocratie partisane et conflictuelle ne règlent rien en Afrique. Elles permettent tout simplement un retour à la case départ pour l’instauration d’une nouvelle autocratie ou hégémonie ethnique ou régionale. Dès lors, il est impératif, puisque les Africains eux-mêmes ne s’en rendent pas compte, que la communauté internationale aide ces grands enfants à amorcer une réflexion sur les mécanismes qui conduisent à la prise en otage des instruments de la souveraineté de tout un peuple par une bande de zigomars et les moyens de conjurer les crises à répétition que cela entraîne. Car si Ange-Félix Patassé, élu démocratiquement et en toute transparence, a pu devenir un autocrate, légitimant ainsi la rébellion de François Bozizé, qui fut salué en véritable libérateur lors du coup d’Etat de 2003, rien ne permet d’espérer qu’il n’en soit pas ainsi demain.

 

[Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo]

 

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Lu pour vous : Centrafrique : Michel DJOTODIA, règne éphémère

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 15:57

 

 

 

Les partis de l'AFDT n'iront pas au gouvernement du PM André Nzapayéké

Réaction de l'AFDT après la nomination du PM centrafricain
Réaction de l'AFDT après la nomination du PM centrafricain
Réaction de l'AFDT après la nomination du PM centrafricain
Réaction de l'AFDT après la nomination du PM centrafricain

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:07

 

 

 

 

 

Par Jean-Pierre CAMPAGNE et Christian PANIKA | AFP 26/01/2014

 

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza et son Premier ministre, André Nzapayeké, préparaient dimanche le programme de pacification que le futur gouvernement -attendu rapidement- devra appliquer en urgence face à la poursuites des violences entre chrétiens et musulmans.

 

Dans Bangui, violences, tirs et tentatives de pillages se concentraient dimanche autour du quartier du PK-5, au centre-ville, le poumon commercial de la capitale, avec ses centaines de magasins appartenant pour la plupart à des musulmans.

 

Ces commerces (alimentation, téléphonie, pièces détachées pour automobiles,...) attisent depuis des jours la convoitise des pillards et miliciens chrétiens anti-balaka massés aux environs et qui lancent des raids, entraînant la riposte de jeunes musulmans, aidés d'ex-Séléka, qui ont érigé des barricades pour bloquer les accès, avec des violences débordant dans les quartiers voisins, particulièrement à Miskine.

 

Des tirs ont ainsi été encore entendus dans la nuit de samedi à dimanche dans ce quartier de Miskine, patrouillé par les soldats français de l'opération Sangaris et africains de la Misca.

 

A peine nommé samedi par la présidente, M. Nzapayeké (son nom signifie en langue nationale sango "Dieu est là") a fixé la feuille de route du futur gouvernement dont la composition devrait être annoncée rapidement.

 

Priorité numéro un: "arrêter les exactions" dans le pays, a indiqué le Premier ministre dans un entretien diffusé dimanche par RFI et qui se place ainsi sur la même ligne que la présidente élu lundi pour remplacer Michel Djotodia.

 

M. Djotodia avait renversé en mars 2013 le régime de François Bozizé à la tête d'une coalition rebelle Séléka, à dominante musulmane, dont les combattants ont multiplié pendant des mois en toute impunité les exactions contre la population majoritairement chrétienne du pays, déclenchant une spirale de violences intercommunautaires dont les civils sont les principales victimes.

 

Arrêter les exactions

 

Il a été contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin à ces tueries interreligieuse, qui ont plongé le pays dans une crise humanitaire sans précédent, avec des centaines de milliers de déplacés, dont 400.000 à Bangui, soit la moitié de la population de la ville.

 

"Je vais prendre langue avec les différentes parties pour que nous arrêtions immédiatement certaines (...) exactions qui sont menées dans ce pays. Il faut mettre fin à tout cela rapidement", a souligné M. Nzapayeké, indiquant qu'il allait "mettre en place une équipe qui va se charger de la question de la réconciliation nationale". "Il faut qu’on s’attaque rapidement à cela, la question sécuritaire sera facilitée", selon lui: "la prochaine action à mener, c’est vraiment le retour" des déplacés chez eux.

 

"Là, on a un certain nombre d’actions très claires et auxquelles le gouvernement va s’attaquer dès la semaine prochaine", a-t-il promis.

 

Pour agir, le gouvernement doit pouvoir s'appuyer sur une administration à la dérive, dont les fonctionnaires ne sont plus payés depuis des mois et alors que les caisses d'Etat sont totalement vides.

 

"Nous allons essayer de régler aussi ce problème-là avec nos amis de la communauté internationale", a indiqué le Premier ministre, qui entend s'appuyer sur son expérience au sein d’institutions financières internationales et de programmes de développement pour rassurer les donateurs sur l'utilisation de l'aide, dans un pays miné par la corruption depuis des décennies.

Centrafrique: la présidente et son Premier ministre préparent la pacification

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 14:04

 

 

 

 

 

RFI  dimanche 26 janvier 2014 à 08:46

 

La présidente de RCA, Catherine Samba-Panza, a désigné le samedi 25 janvier la deuxième tête de l'exécutif de transition : c'est André Nzapayéké qui occupe maintenant le poste de Premier ministre. Ce technocrate qui revendique une expérience de terrain devra gérer, conjointement avec la cheffe de l'Etat, un pays en crise et le conduire à des élections présidentielles et législatives d'ici à début 2015. Comment l'intéressé accueille-t-il cette nomination ? Quels principes guideront la formation du gouvernement ? Quels seront ses premiers gestes de Premier ministre ? André Nzapayéké a accordé à RFI l'une de ses toutes premières interviews. Il répond aux questions de Laurent Correau.

 

RFI : vous venez d’être choisi comme Premier ministre par la présidente de transition. Quelle est votre première réaction ?

 

André Nzapayéké : ma première réaction, c’est d’abord une grande fierté. Je me sens très honoré par cette décision de madame la cheffe de l’Etat. Une autre de mes réactions, c’est d’abord d’avoir une pensée pour toutes les victimes de la longue crise que nous traversons ici, aux orphelins aux veuves, aux veufs, aux pères et aux mères qui ont perdu des enfants et des parents. Le moment est venu pour nous tous Centrafricains de tout bord pour qu’on retrousse nos manches et qu’on essaie de sortir notre pays de l’ornière.


Est-ce que madame Catherine Samba-Panza vous a indiqué pourquoi elle avait décidé de vous choisir vous ?

 

Bien sûr. Elle voulait un technocrate, mais particulièrement quelqu’un qui n’est pas trop mêlé dans toute la politique centrafricaine, qui peut être neutre et surtout jouer un rôle de rassembleur parce que notre premier objectif, c’est d’abord d’arriver aux élections dans un délai relativement court. Mais pour arriver aux élections, il faudrait qu’on soit ensemble.

 

Est-ce que d’ores et déjà vous avez pu évoquer avec Catherine Samba-Panza les premiers éléments d’une feuille de route ?

 

La feuille de route est déjà définie avec le régime sortant. Il y a déjà une feuille de route qui a été élaborée et qui a été approuvée par la communauté internationale. Nous n’allons pas trop dévier de cette feuille de route.

 

Une des raisons pour lesquelles le tandem Djotodia-Tiangaye n’a pas réussi à avancer pendant dix mois, c’est le manque de confiance entre eux. Comment est-ce que vous pourrez instaurer une relation de confiance avec Catherine Samba-Panza ?

 

Je peux vous dire que la relation de confiance est déjà par définition instaurée entre nous. Nous sommes des professionnels. Les objectifs sont clairs. Nous ne perdons pas de temps dans les déboires politiciens. Il y a une seule personne qui est élue ici, c’est madame la cheffe de l’Etat. C’est elle qui est élue. Je ne suis pas élu. C’est madame la cheffe de l’Etat qui nomme le Premier ministre et qui nomme le gouvernement. Donc, nous allons nous inscrire dans sa vision et nous travaillerons main dans la main. Je peux vous garantir qu’il n’y aura pas de dissensions entre nous.

 

Le premier chantier qui vous attend conjointement, c’est la formation du gouvernement. Quels sont les principes que vous souhaitez suivre, elle et vous, pour la formation de ce gouvernement ?

 

Ce qui est certain, c’est qu’il faudrait tenir compte des réalités du terrain. Comme on le dit, c’est le terrain qui gouverne. Il y a différentes tendances aujourd’hui en République centrafricaine, nous en tiendrons compte, mais vraiment, il nous faut des technocrates, quelle que soit la tendance, ou bien la couleur politique de la personne qui va entrer au gouvernement. Une fois entrés au gouvernement, nous sommes des ministres au service de la République. On ne viendra pas défendre des intérêts partisans au sein du gouvernement.

 

Quels sont les premiers actes que vous souhaitez réaliser en tant que Premier ministre ?

 

En tant que Premier ministre, je voudrais très rapidement essayer de rassurer ceux qui sont encore sceptiques par rapport à ce gouvernement. Je vais prendre langue avec les différentes parties pour que nous arrêtions immédiatement certaines actions, exactions, qui sont menées dans ce pays. Il faut mettre fin à tout cela rapidement. En tout cas, mettre en place une équipe qui va se charger de la question de la réconciliation nationale. Après la composition du gouvernement, il faudrait qu’on s’attaque à ce problème. Il faut qu’on s’attaque rapidement à cela, la question sécuritaire sera facilitée. Et on évolue vers les questions humanitaires, sinon on aura beaucoup de difficultés. L’administration devra être remise au travail dans les plus brefs délais ! Evidemment, on nous dira, « les salaires si on ne nous les paye pas, on ne sait pas comment aller au travail »… Nous allons essayer de régler aussi ce problème-là, ensemble avec nos amis de la communauté internationale pour qu’on puisse avoir au moins dans les mois qui viennent les moyens nécessaires pour pouvoir motiver les fonctionnaires à reprendre le travail. La prochaine action à mener, c’est vraiment le retour de tous ceux, les réfugiés internes, les déplacés internes pour qu’ils commencent à regagner leur domicile. Là on a un certain nombre d’actions très claires et auxquelles le gouvernement va s’attaquer dès la semaine prochaine.

André Nzapayéké, nouveau Premier ministre de RCA sur RFI : il faut «sortir notre pays de l’ornière»

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