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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 14:54

 

 

 

 

 

 

Le Parisien le 07/12/2013 à 00:43

 

Bangui, la capitale de la Centrafrique, vit dans la psychose de nouvelles tueries, après les massacres et les violences qui ont fait au moins 300 morts depuis jeudi. L'armée française a déclenché l'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge) avec un renforcement dans un premier temps vendredi des patrouilles à Bangui. Ce déploiement militaire fait suite à l'adoption, la veille, par le Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 2127 autorisant les forces françaises à intervenir, en soutien à la force panafricaine (Misca), pour rétablir l'ordre et la sécurité en République centrafricaine.

 

«L'Afrique doit maîtriser pleinement son destin et, pour y parvenir, assurer pleinement par elle-même sa sécurité», a insisté François Hollande lors du sommet de l'Elysée pour la paix et la sécurité en Afrique, convoqué de longue date par le chef de l'Etat, alors que 1 200 soldats français seront déployés dans les tout prochains jours en Centrafrique. Comme plusieurs de ses homologues présents à Paris, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a salué l'engagement français à Bangui, un «devoir historique» selon lui de l'ancienne puissance coloniale.

 

A l'aéroport, d'où les patrouilles de blindés sortent dans Bangui, l'armée française continuait de renforcer son dispositif. Venu de la ville portuaire de Douala au Cameroun, un convoi terrestre s'apprêtait également à entrer en Centrafrique. De son côté, Londres a mis à la disposition de l'opération un avion militaire gros porteur C17.

 

Revivez les événements de vendredi

:

22h48. Washington salue le «leadership» de la France. «Nous sommes certains que le puissant leadership de la France qui a envoyé 800 soldats supplémentaires sur le terrain et son soutien à la force panafricaine présente en Centrafrique (Misca) envoient à toutes les parties le message clair que la violence doit cesser», déclare la porte-parole adjointe du département ...

 

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Centrafrique: la France déclenche l'opération Sangaris

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 14:48

 

 

 

 

 

 

http://international.blogs.ouest-france.fr/  06 décembre 2013

 

Les mots pour décrire ce qui se passe en Centrafrique depuis près d’un an sont sans équivoque. Ce petit pays situé au cœur du continent est en plein chaos. Les massacres y sont quotidiens. L’Etat, s’il a jamais existé, est aujourd’hui totalement effondré. La population est ainsi livrée à la violence des milices et des bandes armées. L’engrenage de la violence et des vengeances est tel depuis quelques semaines, que tous les observateurs dénoncent un risque réel de dérive confessionnelle, entre chrétiens et musulmans. Bref, un peuple se meurt et l’inertie n’était plus tenable.

 

C’est la raison première de l’intervention militaire française annoncée hier soir par le président Hollande. Un an après le Mali, la France est de nouveau en première ligne. Forte d’une résolution des Nations Unies votée hier, l’autorisant à utiliser la force et à prêter main forte à la force panafricaine déjà présente sur place. Forte aussi du soutien  de ses partenaires européens. Mais, comme au Mali, seule puissance occidentale à la manœuvre sur le terrain.

 

Après les interventions en Côte d’Ivoire et en Libye, sous Sarkozy. Avec celles au Mali et en Centrafrique sous Hollande, Paris assume, plus que jamais, un rôle de leader en Afrique. On pourrait même dire, de recours. Car entre la récente  frilosité américaine, la prudence chronique de nos partenaires européens et l’intérêt purement économique des grands émergents, la France reste la seule porte où sonner. C’est à son honneur, en l’occurrence.

 

Car après des mois de descente aux enfers, un peu d’espoir revient pour les Centrafricains. Les troupes françaises vont dans un premier temps sécuriser Bangui et les principaux axes de communication. Afin de permettre aux opérateurs humanitaires de travailler. Le président a clairement parlé hier soir d’une intervention courte et de soutien à la force panafricaine. C’est déjà, en soi, un distingo important par rapport à l’opération menée au Mali.

 

Car les deux situations, comme l’a précisé le Chef de l’Etat lui-même, sont « très différentes » même si elles ont des points communs. Au Mali, la France est intervenue, a-t-il dit,  pour contrer une « invasion terroriste ». Dans un pays devenu, dans sa partie septentrionale, un sanctuaire pour les réseaux djihadistes. Près des frontières de l’Algérie et du Niger. Des réseaux renforcés, il faut le préciser, par le chaos libyen. En RCA, c’est pour conjurer une « catastrophe humanitaire » que Paris envoie ses soldats. Pour éteindre, espérons à temps, un déchaînement de haine. 

 

A plus d’un niveau, les contextes maliens et centrafricains sont différents. Trois fois plus peuplé, le Mali a incarné, il y a quelques années, un modèle sur la voix de la démocratisation du continent africain. Il sera très difficile de reconstruire un équilibre politique, de trouver un compromis avec les régions du Nord du pays. Mais dans un contexte régional stabilisé, ce n’est pas totalement une utopie.

 

En revanche, la RCA vit depuis l’époque de Bokassa de coup d’état en coup d’état. Prostrée dans un état de pauvreté chronique. Toujours sponsorisée par Paris, mais jamais sauvée. L’Etat n’est pas à reconstruire à Bangui, il est encore à créer, cinquante-trois ans après l’indépendance.

 

L’intervention française, seule, n’y parviendra pas. Le développement reste un grand thème d’actualité trop souvent délaissé. Au XXIe siècle, il se déclinera avec les émergents et plus seulement dans un huis-clos avec les anciennes puissances coloniales. Mais pour l’heure, si les soldats français parviennent à arrêter le massacre, ce sera déjà beaucoup.

Centrafrique : arrêter un massacre

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 14:37

 

 

 

 

Centrafrique : arrivée des premiers renforts terrestres français

 

http://www.lepoint.fr  Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

 

Une colonne de l'armée française a traversé la frontière dans la localité de Cantonnier.

 

Les premiers renforts terrestres de l'armée française ont pénétré samedi matin en Centrafrique, a constaté un journaliste de l'AFP. Venue du Cameroun, une colonne d'environ 200 soldats français a traversé la frontière dans la localité de Cantonnier (ouest de la Centrafrique), a constaté le journaliste de l'AFP, intégré dans le dispositif français. Les soldats ont été salués par une foule en liesse massée le long de la route et qui criait "Merci! Merci!". "C'est bon, c'est bon, c'est bon!", s'époumonait une femme, entourée de dizaines d'autres Centrafricaines, dansant, criant, applaudissant l'arrivée des militaires français, tandis que des enfants surexcités tapaient dans leurs mains.

 

Des hommes, eux, levaient le poing en signe de victoire. "Il faut nous libérer!", lançait un passant en direction des militaires, juchés sur leurs camions et véhicules blindés. Douaniers, policiers et quelques membres des forces de sécurité centrafricaines se mettaient au garde à vous au passage de la colonne française.

 

Près de 800 soldats français étaient déjà présents en Centrafrique, à Bangui, dans le cadre de l'opération "Sangaris" (du nom d'un papillon rouge local), officiellement déclenchée jeudi soir après le feu vert de l'ONU. Un contingent d'environ 350 hommes avait été débarqué la semaine dernière au Cameroun, en prévision d'une entrée par la route dans l'ouest de la Centrafrique. Le dispositif français, déployé en soutien à une force africaine sur place, devrait compter à terme environ 1 200 hommes, selon Paris.

 

L'éclatement des violences

 

Jeudi, avant l'aube, de violents affrontements avaient éclaté dans la capitale, offensive des groupes armés anti-Séléka dans plusieurs quartiers. Ces violences avaient débuté quelques heures avant le vote d'une résolution à l'ONU donnant mandat à la force africaine sur place et à l'armée française pour rétablir la sécurité en Centrafrique.

 

La mission des militaires français, en appui de la force africaine sur place, est d'assurer "une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en oeuvre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

 

 

Des patrouilles françaises ramènent le calme à Bangui

 

Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

 

Des habitants de la capitale centrafricaine assurent que les hommes en armes "sont moins nombreux" et que "la présence des Français rassure".

 

Les habitants de Bangui ont recommencé à sortir dans les rues, samedi matin après être restés terrés 48 heures dans leurs maisons, terrorisés par l'explosion de violences et de tueries qui a frappé la capitale centrafricaine. Des patrouilles de blindés de l'armée française étaient également visibles dans la ville. L'une d'elles est venue tourner devant l'entrée du palais présidentiel peu avant 7 h 30. Selon des habitants interrogés par téléphone, seuls quelques tirs sporadiques d'armes automatiques ont émaillé la nuit, sans commune mesure avec les deux nuits précédentes. Aucun bilan d'éventuelles victimes de ces tirs n'était disponible samedi en début de matinée.

 

Les hommes en armes étaient également nettement moins nombreux à déambuler dans la ville que les jours précédents. La présidence centrafricaine a demandé vendredi à toutes les forces de défense et de sécurité de regagner leurs casernes, autorisant seules les forces africaine, française et la sécurité présidentielle à patrouiller dans Bangui. En fin de journée, cette demande était restée lettre morte, selon l'AFP. En fin de soirée, certains ont commencé à se retirer des quartiers, selon des habitants. "C'est flagrant, ils sont moins nombreux", disait l'un d'eux, ajoutant : "La présence des Français rassure."

 

Dès la levée du couvre-feu à 6 heures (5 heures GMT), des habitants ont commencé à marcher le long des boulevards de la capitale, totalement déserts les deux jours précédents, à la recherche de commerces ouverts. Dans certains quartiers, "une petite activité a repris. Des femmes commerçantes font des beignets, de la bouillie", racontait un habitant.

 

Des heurts violents

 

Jeudi, avant l'aube, de violents affrontements avaient éclaté dans la capitale, quelques heures avant le feu vert de l'ONU à une opération de forces africaines et françaises pour rétablir la sécurité en Centrafrique. Ces violences ont fait au moins 300 morts, a indiqué vendredi soir un responsable de la Croix-Rouge centrafricaine, sous le couvert de l'anonymat.

 

La mission des militaires français, en appui de la force africaine sur place, est d'assurer "une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en oeuvre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Centrafrique : arrivée des premiers renforts terrestres français

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 14:09

 

 

 

 

 

 RFI   samedi 07 décembre 2013 à 11:09

 

L'armée française a déclenché son opération en Centrafrique avec un renforcement dans un premier temps vendredi des patrouilles à Bangui, la capitale, qui vit dans la psychose de nouvelles tueries, après les massacres et les violences qui ont fait au moins 300 morts depuis jeudi selon certaines sources. L’ancien président centrafricain François Bozizé, renversé le 24 mars dernier, joint à l'étranger, nie une quelconque responsabilité dans ces violences.

 

«Loin de Bangui, à 3 000 - 4 000 kilomètres, y a-t-il des preuves particulières (de mon implication NDLR) ? Mais c’est la Seleka ! La Seleka a provoqué la violence depuis son arrivée, depuis son évolution à partir du nord-est, jusqu’à Bangui ! Après la prise de pouvoir ils continuent ! Pourtant, il est évident que les anti-Balakas ne peuvent pas mener seuls une attaque aussi coordonnée.

 

La Seleka a pillé, violé, brûlé des maisons, incendié des greniers dans les fins fonds des villages en province-. Et c’est la jeunesse de cette population qui s’est soulevée pour créer l’anti-Balaka.

 

Anti-Balaka signifie tout simplement se révolter contre les envahisseurs avec les moyens du bord… Moi, je ne suis pas avec eux. Bien sûr, certains sont de ma région natale. Mais c’est l’émanation du peuple centrafricain.

 

Je peux avoir des sympathisants. C’est normal. Dans la situation actuelle, ils doivent se référer à une personne qui leur avait accordé le bonheur, la paix, la joie, la tranquillité. C’est bien Bozizé !»

 

« Le 24 mars, lorsque je quittais Bangui, avant de quitter j’ai remis à l’ambassadeur de France une lettre dans laquelle je demandais l’intervention de la France, pour la sécurité de la République centrafricaine.

 

Il semble que cela n’ait pas été compris. Je n’ai pas manqué d’attirer l’attention de certains chefs d’Etat de l’Afrique centrale deux mois après mon départ. Est-ce qu’ils ont compris mon cri d’alarme ? J’ai réussi à arriver en France il y a trois, quatre mois. J’ai répété cela à RFI. Donc pour moi c’est bienvenu tout simplement. C’est quelque chose que j’avais souhaité depuis toujours !

 

Ce n’est pas la première fois que la France intervient en République Centrafricaine ou en Afrique. Nous n’avons pas honte, lorsque la France intervient, lorsque nous avons des difficultés.

 

Nous regrettons que ce soit en retard, alors que c’est le grand désastre dans le pays. Mais ils auraient dû intervenir le plus tôt possible, avant qu’il ne soit trop tard. Je n’ai pas été compris ; les conséquences sont là. C’est le grand désastre. Voilà ».

Centrafrique : François Bozizé nie toute implication dans les troubles et soutient l'intervention française

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 00:10

 

 

 

 

Sangaris : prise à partie sur l'aéroport de Bangui

 

06/12/2013 15:04

 

Dans la journée du 5 décembre, alors qu’elles sécurisaient l’accès à l’aéroport de M’Poko sur lequel se sont réfugiés près de 2000 centrafricains pour fuir les combats, les forces françaises ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé. Au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. Cette prise à partie n’a fait aucun blessé du côté des militaires français, ni des civils venus chercher leur protection.

 

 

Centrafrique : les violences ont fait au moins 300 morts

 

LIBERATION  6 DÉCEMBRE 2013 À 12:03 (MIS À JOUR :  6 DÉCEMBRE 2013 À 23:02 )

 

23 heures. Washington a salué le «leadership» de l’armée française en Centrafrique, où elle vient de renforcer la force panafricaine pour tenter de rétablir la sécurité dans le pays, en proie à l’anarchie et aux violences inter-religieuses. «Nous sommes certains que le puissant leadership de la France qui a envoyé 800 soldats supplémentaires sur le terrain et son soutien à la force panafricaine présente en Centrafrique (Misca) envoient à toutes les parties le message clair que la violence doit cesser», a déclaré la porte-parole adjointe du département d’Etat Marie Harf. 

 

«Nous sommes profondément inquiets par la montée en puissance des violences en Centrafrique, qui entraîne une crise humanitaire de plus en plus grave et augmente le risque de massacres de masse», a prévenu Marie Harf dans un communiqué. Les Etats-Unis ont promis de fournir près de 40 millions de dollars d’aide en équipements, entraînements et soutien logistique à la Misca. 

22h20. Les violences qui ont éclaté jeudi matin à Bangui, dégénérant en tueries, ont fait au moins 300 morts, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge centrafricaine, sous couvert d’anonymat. En comptabilisant les corps déposés dans les morgues des hôpitaux, dans des lieux de culte et ceux ramassés dans les rues de la ville par les équipes de la Croix-Rouge, le bilan provisoire s’élève à 281 tués, a ajouté ce responsable, en soulignant que les secouristes n’avaient pu accéder vendredi avant le couvre-feu à tous les quartiers touchés par les violences où de nombreux corps restent à ramasser selon les témoignages d’habitants.

 

19h30. Le secrétaire général de l’ONU Ban ki-moon lance un «appel urgent» à protéger les civils. Le Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en RCA (Binuca) «a signalé que les tueries avaient continué pendant la nuit (de jeudi à vendredi) faisant augmenter le bilan» des victimes.

 

18h45. Selon l’état-major des armées à Paris,deux Rafale français décollant de N’Djamena, au Tchad, ont effectué deux «passages de dissuasion» au-dessus de Bangui, vers 10 heures et 18 heures, où la situation demeure «tendue». Trois hélicoptères Puma en provenance du Cameroun ont rallié Bangui après plusieurs heures de vol. Paris est en train de mettre en place un groupement aéroterrestre à Bangui. D’autres hélicoptères pourraient venir renforcer ce dispositif dans les prochaines heures.

 

18 heures. Joanna Mariner, membre de l'équipe d'Amnesty international à Bangui, interrogée par l'agence Reuters, cite des témoignages qui semblent attester d'exactions en cours à Bangui. Dans le quartier PK12, des hommes de la Séléka ont tué plusieurs personnes lors de raids dans des maisons, dit-elle. Un témoin raconte également que la Séléka fait des raids «maison par maison». «Ils tuent les gens. Ils traitent tout le monde d'anti-balaka [les milices de défense].»

 

17h30. L'Etat-major des armées relate dans un communiqué publié sur Internet un accrochage survenu jeudi entre les soldats français et des hommes armés : «Dans la journée du 5 décembre, alors qu’elles sécurisaient l’accès à l’aéroport de M’Poko sur lequel se sont réfugiés près de 2000 Centrafricains pour fuir les combats, les forces françaises ont été prises à partie à trois reprises par un pick-up armé. Au troisième tir, les militaires français ont riposté détruisant le véhicule. Cette prise à partie n’a fait aucun blessé du côté des militaires français, ni des civils venus chercher leur protection.»

 

16h30. Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission adjointe de Médecins sans frontières (MSF) à Bangui, travaille à l’hôpital communautaire de la capitale centrafricaine. Elle raconte la tension des deux derniers jours : «Depuis jeudi matin, on a soigné plus de 170 blessés. Une bonne soixantaine de cas graves demandaient une intervention chirurgicale. Souvent, il s’agit de plaies aux bras et aux jambes, causées par des armes à feu ou des armes blanches. Quand on est venu à l’hôpital ce matin, les rues de la ville étaient complètement vides, et des soldats français étaient postés devant le bâtiment. J’ai aussi cru comprendre que plusieurs milliers de personnes se sont regroupées à l’aéroport [occupé par des soldats français, ndlr], surtout des femmes et des enfants. Cela demande une confirmation plus précise, mais nos collègues de MSF sont là-bas pour apporter leur aide.»

 

16 heures. La présidence centrafricaine a demandé vendredi à toutes les forces de défense et de sécurité de regagner leurs casernes, autorisant seules les forces panafricaine, française et la sécurité présidentielle à patrouiller dans Bangui. Les 1 200 soldats français présents à terme auront à leur côté les hommes de la Misca (Cameroun, Congo, Gabon, Tchad). Cette force, qui doit compter jusqu’à 3 600 hommes, n’en rassemble pour l’instant qu’environ 3 000, mal équipés et mal entraînés.

 

14h30. Dans une interview au site Internet du Monde, Nicolas Tiangaye, Premier ministre de la République centrafricaine, estime que la priorité de l’opération menée par la France est de «sécuriser Bangui, les grands axes économiques que sont le corridor Bangui-Douala et Beloko-Bangui et d’autres corridors secondaires».

 

14h15. Ce reportage d’Al-Jezira montre les rues de Bangui jeudi, alors que la capitale centrafricaine était agitée par de violents affrontements. Attention, certaines de ces images peuvent choquer.

 

14 heures. Médecins sans frontières (MSF) recense 92 morts et 155 blessés en deux jours dans un hôpital de Bangui. «Hôpital communautaire : 155 blessés en deux jours, 92 morts à la morgue», indique un bref message de MSF transmis à l’AFP. L’ONG, qui a une antenne médicale et chirurgicale dans cet établissement, ne peut préciser si les corps déposés vendredi matin à la morgue étaient des victimes tuées dans la nuit, ou ceux de cadavres abandonnés dans les rues jeudi après les massacres.

 

12h30. Selon notre journaliste Thomas Hofnung, citant une source bien informée, des exactions se sont poursuivies la nuit dernière dans plusieurs quartiers de Bangui, où des tirs ont été entendus. Ces violences auraient été commises par des hommes de la Séléka, le mouvement qui a pris le pouvoir en mars, en représailles aux attaques de jeudi. Ce matin sur RFI, le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian avait assuré que les soldats français patrouillent dans Bangui et que la nuit avait été calme.

 

12 heures. D’après France 2«des ex-rebelles de la Séléka ont tenté, jeudi, de pénétrer sur l’aéroport défendu par les soldats français» à Bangui. Les militaires ont détruit le pick-up et tué ses occupants. L’information a été confirmée officiellement par l’état-major. Jeudi, «à l’aube, un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule». Par ailleurs, RFI relate qu’une colonne de 350 soldats français stationnés au Cameroun est sur le point de passer la frontière de la république centrafricaine. 

 

11h45. L’Union européenne a décidé de débloquer 50 millions d’euros supplémentaires pour la Centrafrique, après le lancement de l’opération française dans ce pays, a annoncé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il a précisé que cette contribution s’ajoutait aux 225 millions d’euros versés au titre de l’aide au développement et à 20 millions d’euros d’aide humanitaire.

 

11 heures. Europe Ecologie-les Verts demande un vote au parlement sur l’action militaire française en Centrafrique, soulignant que l’intervention doit être «européenne et non uniquement française». Un débat sur l’intervention en Centrafrique aura lieu mardi après-midi, simultanément à l’Assemblée nationale et au Sénat, après une réunion entre le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et les principaux responsables du Parlement.

 

10h30. Différents témoins font état d’un survol de Bangui par des avions de chasse français. La situation reste néanmoins très tendue dans les rues de la capitale.

 

Ce matin. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian assure sur RFI que la France sera en Centrafrique «pour un moment court», possiblement six mois. Les objectifs français - sécurisation du pays, aide au déploiement de la force multinationale africaine - sont-ils atteignables dans ce laps de temps ? «Ce n’est pas exclu», selon Le Drian. Un prolongement est-il envisageable ? «Ce n’est pas dans la logique de ce que nous avons décidé, (de ce) qu’a décidé le président de la République, c’est une phase transitoire», a répondu le ministre.

 

En Centrafrique, les soldats français agiront en soutien d’une force panafricaine, sous-équipée et mal formée, qui s’est avérée incapable de rétablir l’ordre dans un pays plongé dans le chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé.

LIBERATION

Centrafrique : les violences ont fait au moins 300 morts

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:51

 

 

 

 

 

 

AFP le 06/12/2013 à 18:06

 

Plusieurs milliers d'habitants de Bangui, craignant des exactions, étaient rassemblés vendredi après-midi aux abords de l'aéroport de la capitale centrafricaine, tandis que la Croix-rouge ramassait des dizaines de cadavres dans la ville, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Venus des quartiers voisins de Boeing et Boy-Rabe, voisins de l'aéroport, où l'armée française et la force africaine ont leurs bases, ces habitants étaient tenus à l'écart des installations par un rideau de barbelés.

 

C'est dans cette zone que des soldats français ont tué jeudi plusieurs personnes à bord d'un pick-up, qui avaient ouvert le feu dans leur direction et sur des civils, selon l'état-major français des armées.

 

Cet affrontement est survenu avant le feu vert donné jeudi soir par les Nations unies à l'opération militaire française en Centrafrique, où l'ancienne puissance coloniale va déployer 1.200 soldats.

 

L'opération a commencé, a indiqué vendredi matin le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avec un renforcement des patrouilles des soldats dans la capitale, à bord de blindés.

 

Vendredi après-midi, la Croix-rouge centrafricaine ramassait des dizaines de cadavres abandonnés dans la ville depuis les violents affrontements de la veille, suivis de tueries, par armes à feu ou machette.

 

Dans une odeur pestilentielle, les agents de la Croix-rouge emballaient les corps dans des sacs blancs puis les plaçaient dans des véhicules, sous le regard de combattants de l'ex-Séléka, intégrés par le président Michel Djotodia dans les nouvelles forces de sécurité.

 

Quelque 92 morts et 155 blessés ont été enregistrés dans un hôpital de Bangui depuis le début d'une vague de tuerie jeudi, selon un bilan établi vendredi par la mission sur place de Médecins sans frontières (MSF) et qui laisse présager un bilan extrêmement lourd des violences.

 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Centrafrique: des milliers d'habitants se réfugient près de la base française

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:37

 

 

 

 

 

Les troupes françaises se sont déployées trop lentement pour arrêter les massacres

 

Envoyé spécial à Bangui (Centrafrique) Le Figaro 

 

Une opération militaire est une affaire plus compliquée qu'un vote à l'ONU. L'opération «Sangaris», annoncée jeudi soir par François Hollande après le vote du Conseil de sécurité, a commencé dans l'urgence, alors que la crise centrafricaine s'est transformée en massacre de masse dans les rues de Bangui. Malgré les renforts dépêchés dès jeudi soir depuis Libreville, au Gabon, et qui continuaient d'arriver vendredi, les troupes françaises n'étaient toujours pas déployées en nombre suffisant dans la capitale pour mettre fin au déchaînement de violence. Pas plus que n'étaient efficaces les vols à basse altitude de chasseurs, réacteurs hurlants, supposés créer un «effet de sidération» sur les miliciens.

 

Sous une pluie battante qui transforme les rues en bourbier rougeâtre, les soldats de l'ex-Séléka ont poursuivi vendredi leurs représailles dans les quartiers populaires. Dans les avenues désertes, les camionnettes chargées de soldats en armes assis sur les ridelles vont et viennent à toute vitesse. Des coups de feu éclatent de temps en temps dans les ruelles de laté­rite des faubourgs. Et l'on voit des ca­davres sur les carrefours.

 

L'Hôpital communautaire est l'un des seuls à fonctionner, grâce aux équipes de Médecins sans frontières, l'une des rares ONG à sortir dans Bangui. Les blessés continuent d'arriver, plus de 170 ces deux derniers jours. Dans la morgue s'entassent des dizaines de cadavres, certains portant de terribles blessures. On en comptait 91 vendredi, dont une femme enceinte: «C'était ma nièce, Adomo Belvia, dit une dame venue récupérer le corps. Elle a été tuée jeudi, quand les Séléka sont passés dans notre quartier de Combattants, en tirant sur les gens qui étaient dehors.»

 

«Il va y avoir des centaines de morts si les Français ne déploient pas des troupes au plus vite!»

 

Bruno-Hyacinthe Gbiegba, avocat

 

Mais d'autres gens ont peur d'amener des blessés dans un hôpital dont les accès sont contrôlés par les soldats de l'ex-Séléka. Pour échapper à leur vengeance, des milliers d'habitants se sont réfugiés dans les églises et sur la pelouse de l'aéroport M'Poko, cherchant la protection des troupes françaises retranchées dans le terminal qui jouxte le camp militaire. «On nous tue!» disent des centaines de personnes terrifiées devant les positions françaises. «La Séléka et des musulmans en civil viennent avec des pistolets et des AK. Ils ont pris le contrôle des quartiers pour faire table rase! Nous ne voulons pas des Séléka, nous sommes les autochtones, nous ne voulons pas des musulmans, ils donnent la mort!» dit un jeune homme du quartier Combattants.

 

Les abords de M'Poko sont considérés comme plus sûrs que les faubourgs de la ville. Jeudi matin, un véhicule chargé d'hommes armés (ce qui indique avec une quasi-certitude qu'il appartenait à l'ex-Séléka), a été détruit par les soldats français après que son conducteur a refusé de s'arrêter à la barrière de l'entrée. C'est jusqu'à présent le seul cas où les unités de «Sangaris» ont fait usage de leurs armes. «Les Séléka font du porte-à-porte, dit Bruno-Hyacinthe Gbiegba, avocat et figure de la défense des droits de l'homme. Il va y avoir des centaines de morts si les Français ne déploient pas des troupes au plus vite!»

 

Réfugié dans le salon des hôtes de marque de M'Poko, le président du Conseil national de transition, Alexandre-Ferdinand N'Guendet, espère aussi que les troupes françaises vont agir au plus vite pour renvoyer les Séléka dans leurs casernes et les désarmer, ainsi que leurs ennemis, les milices Anti-Balaka. «Leur mandat est clair. Le président Djotodia est pris en otage par les seigneurs de la guerre qui l'ont mis au pouvoir. Il devrait placer sa sécurité entre les mains de l'armée française. Il faut désarmer tout le monde, et reprendre le processus politique.»

 

L'essentiel des violences a lieu dans le dédale de ruelles de terre et de petites maisons des quartiers populaires.

 

Plus facile à dire qu'à faire. À peine commencée, la mission des troupes françaises apparaît déjà comme très délicate. L'essentiel des violences a lieu dans le dédale de ruelles de terre et de petites maisons des quartiers populaires, plus que sur les grandes artères qui convergent comme un éventail vers le centre histo­rique, PK Zéro. Avec une compagnie renforcée en mesure de se déployer (environ 150 hommes), le colonel Vincent Tassel, chef de corps du 8e RPIMa (régiment ­parachutiste d'infanterie de marine), n'avait jusqu'à présent pas les moyens de contrôler les accès aux principaux quartiers d'une grande ville en plein chaos. Les renforts qui sont arrivés vendredi devraient augmenter un peu ces capacités. Des Antonov ont aussi débarqué des véhicules et du matériel. La force panafricaine que les soldats français sont supposés épauler devrait en théorie augmenter les effectifs, mais ces contingents ont presque disparu des rues de Bangui vendredi.

 

Risque de se poser la question des relations avec les troupes de l'ex-Séléka. Ces soldats sont officiellement intégrés dans les forces de sécurité du gouvernement de Centrafrique: aucun de ces mots ne veut rien dire, puisque le gouvernement n'est qu'une fiction et que les soldats de l'ex-Séléka sont à présent le principal facteur d'insécurité. Mais les désarmer pourrait aussi donner le signal de la vengeance aux quartiers chrétiens, pour le moment terrorisés, qui avaient commencé à s'en prendre à la minorité musulmane jeudi pendant les premières heures du soulèvement.

 

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2013/12/06/01003-20131206ARTFIG00612--bangui-les-debuts-poussifs-de-l-operation-sangaris.php

 

 

 

Les forces françaises déjà actives à Bangui

 

THOMAS HOFNUNG  Libération 6 DÉCEMBRE 2013 À 21:16

 

Centrafrique. L’opération Sangaris a débuté plus tôt que prévu en raison de la tuerie de jeudi.

 

Sous les lambris du palais de l’Elysée, ornée d’un grand portrait en pied de Nelson Mandela, un ange passe. Devant une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement du continent réunis à Paris pour un sommet sur la paix et la sécurité, François Hollande vient d’appeler l’Afrique «à assurer sa sécurité par elle-même». Avant de glisser : «Cette phrase doit vous surprendre.» De fait, alors que la France a lancé quelques heures auparavant l’opération Sangaris en République centrafricaine, la sentence est quelque peu osée.

 

Paris a beau répéter n’agir, sous mandat de l’ONU, qu’en «soutien» de la force africaine déployée à Bangui par plusieurs pays de la région - la Misca, Mission de soutien à la Centrafrique -, cette profession de foi ne fait guère illusion. Sur place, les bandes armées qui terrorisaient la population de Bangui depuis des mois ne s’y sont pas trompées : sitôt annoncé le déploiement français, elles ont commencé à se retirer.

 

Ratissage. Vendredi, la situation demeurait toutefois tendue dans la capitale, quadrillée sur ses principaux axes par les véhicules blindés légers français et africains. Selon plusieurs témoins, des opérations de ratissage menées par les hommes de la Séléka (le mouvement armé qui a pris le pouvoir en mars) auraient eu lieu dans les ruelles en représailles aux attaques menées la veille.

 

Ce cycle violences a contraint Paris à accélérer la cadence. Prévue pour démarrer après le sommet Afrique-France de l’Elysée - qui doit s’achever ce samedi après-midi -, l’opération Sangaris a commencé dès jeudi après-midi, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU s’apprêtait à voter à l’unanimité une résolution autorisant la Misca et l’armée française à faire usage de la force pour protéger les civils. L’état-major des armées a ainsi indiqué que, cet après-midi-là, les soldats français avaient détruit un pick-up d’hommes armés qui les avaient pris à partie aux abords de l’aéroport de Bangui, tuant quatre personnes. Suite aux violences de la veille, environ 2 000 personnes se sont précipitées en direction de ce lieu contrôlé par l’armée française. Selon l’ONG Médecins sans frontières, les affrontements et tueries de jeudi auraient fait au moins 92 morts et 155 blessés, par balles ou armes blanches.

 

Dans ce contexte très volatil, l’armée française a entrepris sans plus tarder le déploiement de renforts auprès des 650 hommes déjà présents à Bangui. Jeudi soir, environ 150 parachutistes du 6e bataillon d’infanterie de Marine (6e BIMa) de Libreville, au Gabon, ont été «projetés» sur l’aéroport M’Poko.

 

Axes routiers. Par ailleurs, 200 hommes débarqués à la mi-novembre à Douala (Cameroun) par un bâtiment de la Marine devaient rallier dans les toutes prochaines heures la Centrafrique par la route à bord de véhicules blindés légers. Leur déploiement permettra du même coup de sécuriser l’axe routier qui mène à Bangui, l’un des objectifs assignés à l’armée française dans le cadre de l’opération Sangaris. Les forces franco-africaines ont également prévu de se déployer sur un autre axe vital pour le pays, celui qui mène au Tchad, vers le Nord.

 

Le dispositif militaire français est en train de monter en puissance : selon l’état-major à Paris, trois hélicoptères Puma ont rallié Bangui, vendredi, en provenance du Cameroun, et d’autres aéronefs pourraient les rejoindre très rapidement. Deux Rafale décollant de N’Djamena (Tchad) ont effectué deux passages au-dessus de Bangui. «Des passages de dissuasion», explique-t-on à Paris.

 

THOMAS HOFNUNG

 

SOurce : http://www.liberation.fr/monde/2013/12/06/les-forces-francaises-deja-actives-a-bangui_964810?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

Lu pour vous : À Bangui, les débuts poussifs de l'opération «Sangaris»
Lu pour vous : À Bangui, les débuts poussifs de l'opération «Sangaris»

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Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:13

 

 

 

 

 

http://www.lalibre.be   MARIE-FRANCE CROS Publié le vendredi 06 décembre 2013 à 05h39 - Mis à jour le vendredi 06 décembre 2013 à 15h22

 

La majorité de la population centrafricaine attendait jeudi avec impatience le feu vert de l’Onu à l’opération française en Centrafrique. Les Centrafricains espèrent que les troupes de l’ancienne métropole leur ramèneront au moins l’ordre minimal qui a fait place au chaos depuis le renversement, en mars, du général Bozizé par la Seleka. Cette coalition de rébellions du nord-est grossie de pillards tchadiens et soudanais, de "coupeurs de route" et autres sans foi ni loi.

Aspect trompeur

Comme le cœur des troupes de la Seleka vient de régions musulmanes et que les milices d’autodéfense, qui se sont levées contre elles depuis septembre, sont actives dans des zones chrétiennes, le désordre a pris l’aspect trompeur d’un conflit religieux qu’il n’est pas. Mais qu’il pourrait devenir.

 

Les Seleka assimilent en effet à "des partisans de Bozizé" , qu’ils auraient le droit d’éliminer, les gens de la région de l’ancien chef d’Etat vivant autour de son Bossangoa natal et dans plusieurs quartiers de Bangui. Et les milices d’autodéfense "anti-balaka" (anti-machette), pour se venger des exactions de la Seleka, s’en prennent à leurs voisins musulmans - des nomades, des éleveurs peuls, des commerçants -, ce qui pousse aujourd’hui la minorité musulmane du pays (15 % des Centrafricains) à voir un rempart dans les rebelles.

 

Il serait naïf, toutefois, de croire que l’intervention militaire va résoudre les problèmes du pays.

 

Démission des élites

 

L’ex-colonie française de l’Oubangui-Chari est, depuis l’indépendance, dirigée essentiellement par des putschistes - généralement appuyés par Paris et parfois par le Tchad - plus préoccupés par leur enrichissement que par le développement du pays. Celui-ci est donc pauvre en infrastructures essentielles; les services (eau, électricité, téléphone) sont agonisants en raison d’une absence de maintenance due à la corruption et au désintérêt des dirigeants; la production agricole, peu soutenue, est de rendements inférieurs à ceux des pays voisins, alors que la production de diamants profite surtout aux élites. Voila qui ne compense pas le désenclavement du pays…

 

En conséquence, depuis plusieurs décennies, les Centrafricains s’appauvrissent, meurent en masse de maladies guérissables et souffrent de malnutrition.

 

Ce sombre tableau s’est pourtant encore aggravé avec le général Bozizé (2003-2013), qui a négligé d’honorer les accords conclus par son gouvernement avec diverses rébellions nées dans l’est, oublié par Bangui. Depuis son renversement, ce qui restait de l’administration s’est effondré et le pays est livré au chaos des seigneurs de guerre de la Seleka, qui a poussé 468 000 personnes (un Centrafricain sur dix) à fuir son foyer.

 

L’intervention militaire décidée à New York est certainement nécessaire mais il ne faut pas trop en espérer. Les Français - dont ce ne sera pas la première opération de police en Centrafrique - arriveront certainement à rétablir le calme dans la capitale, où vivent la majorité des expatriés, pour lesquels 450 soldats français maintiennent depuis plusieurs mois l’aéroport ouvert.

 

Alors que l’on ignore encore si les Seleka vont leur résister ou s’ils éviteront le choc frontal, on se demande déjà ce que feront les troupes étrangères en brousse : la "nettoyer", elle aussi, ou continuer à laisser s’y créer des sanctuaires de bandes armées ?

 

Moral bas

 

Paris espère que la présence militaire française remontera le moral des 2 500 soldats africains (sur 3 600 prévus) présents depuis plusieurs mois mais sans guère d’effets visibles sur la sécurité. Camerounais, Congolais et Tchadiens, ils sont mal équipés et, à part les derniers cités, peu efficaces. Or la résolution de l’Onu ne prévoit leur financement que sur base volontaire des Etats.

 

Contrairement au Mali, la Centrafrique n’est une menace que pour la sécurité de ses voisins. L’opération militaire annoncée est donc clairement minimale, alors que l’Onu et les grandes puissances peinent à financer les interventions militaires déjà en cours dans le monde.

Lu pour vous : Le chaos en Centrafrique résulte d’une très longue dégradation politique

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Centrafrique-Presse.com
6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:07

 

 

 

 

 

BANGUI (AFP) - 06.12.2013 20:08 - Par Michel CARIOU

 

L'armée française a lancé son opération en Centrafrique avec un renforcement dans un premier temps vendredi des patrouilles dans Bangui, qui vit dans la psychose de nouvelles tueries, après les massacres à grande échelle de la veille.

 

Si aucune violence de grande ampleur n'a été signalée vendredi, plusieurs milliers d'habitants de Bangui étaient rassemblés aux abords de l'aéroport de la capitale centrafricaine, où l'armée française et la force africaine ont leurs bases, de crainte d'exactions dans leurs quartiers voisins de Boeing et Boy-Rabe, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Dans le quartier de l'Assemblée nationale, la Croix-rouge centrafricaine ramassait des dizaines de cadavres abandonnés dans la ville depuis les violents affrontements de la veille, suivis de tueries, par armes à feu ou machette.

 

"L'opération a commencé" et les forces françaises présentes en Centrafrique "ont développé des patrouilles dans Bangui", a affirmé vendredi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, sur RFI.

 

Vendredi soir, près d'un millier de soldats français étaient déployés dans le pays, a précisé l'état-major des armées. Au total les effectifs français en Centrafrique doivent atteindre rapidement 1.200 hommes.

 

A l'aéroport, d'où les patrouilles de blindés sortent en ville, l'armée française continuait d'augmenter son dispositif. Venu de la ville portuaire de Douala au Cameroun, un convoi terrestre s'apprêtait également à entrer en Centrafrique. De son côté, Londres a mis à la disposition de l'opération un avion militaire gros porteur C17.

 

A la nuit tombante, quelques minutes avant le couvre-feu, deux avions de combat français Rafale ont longuement survolé la ville pour impressionner les belligérants.

 

Cadavres abandonnés dans les rues

 

Excepté aux abords immédiats de l'aéroport, les rues de la capitale sont encore restées désertes toute la journée.

Après les tueries de jeudi, les agents de la Croix-rouge, dans une odeur pestilentielle, emballaient les corps des victimes restées dans les rues dans des sacs blancs puis les plaçaient dans des véhicules, sous le regard de combattants de l'ex-Séléka, intégrés par le président Michel Djotodia dans les nouvelles forces de sécurité.

 

Après avoir subi des mois durant la loi d'airain et les exactions des ex-rebelles Séléka, pour la plupart musulmans, certains dans la capitale, très majoritairement chrétienne, pensent que l'heure de la vengeance a sonné. La colère des populations s'est progressivement reportée contre les musulmans, faisant planer le spectre de massacres à grande échelle entre chrétiens et musulmans, avec l'habituel cercle infernal des représailles.

 

La présidence centrafricaine a demandé vendredi à toutes les forces de défense et de sécurité de regagner leurs casernes, autorisant seules les forces panafricaine, française et la sécurité présidentielle à patrouiller dans Bangui. En fin de journée, cette demande était restée lettre morte, avec des picks-up bondés de soldats visibles dans tout Bangui, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Rétablir "un minimum de sécurité"

 

Jeudi, avant l'aube, de violents affrontements avaient éclaté dans le nord de la capitale. "Des groupes armés ont lancé une offensive sur la ville. Les forces de l'ex-Séléka (ex-rébellion, au pouvoir) ont riposté", selon Médecins sans frontières (MSF).

 

Dans un seul hôpital de la ville, MSF a comptabilisé 92 morts et 155 blessés, par arme blanche ou par balle, en deux jours, selon un nouveau bilan de l'ONG.

 

Jeudi après-midi, les journalistes de l'AFP avaient comptabilisé au moins 54 cadavres rassemblés dans une mosquée du centre-ville et 25 cadavres gisant dans les rues voisines. De nombreuses zones de la ville restent inaccessibles aux secours, faisant craindre un bilan extrêmement lourd de ces violences.

 

C'est dans ce climat délétère et explosif que l'ONU a donné son feu à une opération conjointe de forces africaines et françaises pour rétablir la sécurité.

 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré vendredi "très inquiet de l'escalade des violences entre communautés" et a lancé un "appel urgent" à protéger les civils.

 

La France, ancienne puissance coloniale, est déjà intervenue à plusieurs reprises en Centrafrique par le passé.

 

La mission des militaires français, en appui de la force africaine sur place, est d'assurer "une sécurité minimum, permettant à une intervention humanitaire de se mettre en oeuvre, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a expliqué M. Le Drian. Cette mission passe "par la sécurisation des rues, des itinéraires principaux pour permettre aux gens d'aller même à l'hôpital", a-t-il expliqué.

 

La Centrafrique, pays très pauvre de 4,5 millions d'habitants, est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens (majoritaires à 80%) et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

 

Le chef de la Séléka, Michel Djotodia, a été investi président de transition en août, puis a dissous la Séléka en septembre, mais sans parvenir à rétablir l'ordre.

 

© 2013 AFP

 

Centrafrique: l'armée française lance son opération, psychose à Bangui

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:02

 

 

 

 

 

 

avec AFP  le 06 décembre 2013 à 20h29

 

Centrafrique : les soldats français se déploient à Bangui, ville déserte

 

Vendredi soir, la Croix-Rouge avait déjà récupéré 281 corps à la suite des combats qui ont débuté jeudi juste avant le vote de la résolution de l'Onu et l'intervention française.

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Au lendemain du 1er jour de l'intervention française en Centrafrique, la situation était toujours très chaotique dans le pays vendredi. 

 

La Croix-Rouge centrafricaine a annoncé dans la soirée avoir récupéré 281 corps, craignant un bilan encore plus lourd à venir. Plus globalement, même si un calme  précaire était revenu, notamment par rapport à jeudi,  la psychose s'est emparée de la ville, où des milliers d'habitants se réfugient près de la base française.
 
Près d'un millier de soldats français sont désormais déployés dans le pays. Cette montée en puissance de "Sangaris", le nom de l'opération, s'accompagne de patrouilles de plus en plus régulières, avec la possibilité de tirer pour protéger les civils, contrairement à la situation d'avant la résolution. Des avions Rafale ont également survolé la capitale centrafricaine à deux reprises vendredi pour une mission dissuasive.

 
L'état-major des armées a d'ailleurs indiqué qu'un accrochage avait eu lieu jeudi matin, avant même le vote du Conseil de sécurité. Quatre occupants d'un pick-up ont été tués dans l'incident, survenue près de l'aéroport.

Centrafrique : près de 300 morts depuis jeudi

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