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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:54

 

 

 

 

 

 

 

http://blog.lesoir.be  Le carnet de Colette Braeckman

 

La guerre en Centrafrique a mis en évidence le rôle important et ambigu du Tchad : jadis considéré comme l’un des « Etats malades » de l’Afrique, tristement célèbre pour ses dictateurs, François Tombalbaye, Hissene Habré et aujourd’hui Idriss Deby, le Tchad, doté d’une rente pétrolière et d’un régime fort, est en passe devenir une puissance régionale. Exerçant la présidence tournante de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, le Tchad est aussi candidat à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité.


Voici dix ans, alors qu’Idriss Deby, qui avait lui-même chassé Hissène Habré par la force, était menacé par des groupes rebelles descendus de Libye, il ne dut son salut qu’à l’intervention de l’armée française, présente sur le territoire tchadien depuis 1986 dans le cadre de l’opération Epervier.


Depuis lors, Deby, avec l’assentiment tacite de Paris, a cessé de financer un « fonds pour les générations futures », mis sur pied avec l’aide de la Banque Mondiale alors que commençait l’exploitation pétrolière. Se sentant menacé, il préférait utiliser les recettes de l’or noir pour répondre à des besoins immédiats : se doter d’une armée performante, capable de faire barrage à des groupes armés encouragés par la Libye de Kadhafi ou libérés après la liquidation de ce dernier, assurer la sécurité de ses frontières et se rendre indispensable dans la stabilisation des pays voisins.


C’est ainsi que le Tchad a offert un soutien capital à l’opération française Serval, déployée au Mali et, au début de cette année, les troupes tchadiennes placées en première ligne face aux milices islamistes ont subi de lourdes pertes. En outre, c’est depuis le territoire tchadien qu’opèrent les Mirage français survolant la sous région. Du point de vue de N’Djamena, ces éminents services ont été mal récompensés, puisque, lorsqu’il s’est agi de nommer le chef militaire de la mission onusienne de stabilisation du Mali (Minusma), c’est un officier rwandais, le général Kazura, qui l’a emporté sur son rival tchadien.


Ayant efficacement soutenu la France au Mali, le Tchad s’est montré plus ambigu en Centrafrique, un pays qui relève de sa zone d’influence et dont les dirigeants ont toujours été tiraillés entre deux pôles de solidarité, la Libye du colonel Kadhafi et la France.


C’est ainsi qu’en 2003, le Premier ministre centrafricain Ange Félix Patassé, proche de Tripoli et soutenu à l’époque par le Congolais Jean-Pierre Bemba, (qui s’est retrouvé à la Cour pénale internationale à la suite des viols commis par ses soldats lors de leur intervention à Bangui) avait été chassé du pouvoir par le général François Bozizé, un ami du président congolais Joseph Kabila. A l’époque, les troupes de François Bozize, parties du Nord du pays, ne l’avaient emporté que grâce au soutien de l’armée tchadienne.


Dix ans plus tard, ses alliés initiaux ont constaté que Bozize les avait déçus : pas plus que ses prédécesseurs, il n’avait réussi à endiguer la corruption, mais surtout, il s’était rapproché de la Chine, où il avait voyagé en 2009, autorisant ensuite la société chinoise CNPC à entamer des prospections pétrolières à Boromata, dans le Nord-est du pays, au grand déplaisir des Français et des Américains.


Il n’en fallait pas plus pour que le Tchad, voici un an, appuie la Seleka, « coalition » en sango, une nébuleuse de mouvements d’opposition bientôt rejoints par des « combattants sans frontières » venus du Soudan ou recrutés dans le vivier libyen.


Dans un premier temps, la France, absorbée par son intervention au Mali et décidée à lâcher Bozize au profit de Michel Djotodia, un ancien fonctionnaire, détourna les yeux, laissant se déployer à Bangui une force africaine, la Fomac, dont le principal contingent, -650 hommes- était… fourni par le Tchad !


Ces soldats tchadiens, reflets de la politique de leur pays, ont joué un rôle ambigu, refusant parfois de désarmer la Seleka, fournissant des brassards à ses soldats afin qu’ils puissent continuer à circuler. Cette attitude équivoque a poussé la population de Bangui à prendre à partie des commerçants d’origine tchadienne, très nombreux dans la capitale. Plus largement, des ressortissants centrafricains originaires des provinces du Nord et de confession musulmane ont été assimilés à des Tchadiens et massacrés par les milices « anti balaka » qui se sont créées pour défendre les chrétiens face à la Seleka.


Alors que les troupes françaises, engagés à Bangui autant pour enrayer les massacres que pour réaffirmer le rôle de la France , sont accusées de partialité par les musulmans, leur allié tchadien redoute de voir ses 15.000 ressortissants vivant en Centrafrique être obligés de fuir pour cause de représailles.

 

 

 

La France isolée face aux guerriers sans frontières

 

http://www.lesoir.be

 

Ceux qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par ignorance ou présomption.

 

Le feu vert de l’ONU n’était-il pas acquis ? L’opinion n’allait-elle pas finir par se rallier à cette opération de police, menée pour enrayer des atrocités qui avaient fini par défrayer la chronique ? Les 1.600 hommes de l’opération Sangaris, venus du Cameroun voisin, ne débarquaient-ils pas en terrain connu, dans un pays où l’armée française est intervenue onze fois depuis l’indépendance, imposant puis chassant Bokassa et ses diamants, amenant David Dacko par vol spécial, approuvant Bozize contre Patasse, puis laissant agir Michel Djotodia contre un Bozize tombé en disgrâce pour, en plus de son inefficacité, avoir osé ouvrir aux Chinois champs pétroliers et mines d’uranium ?

 

Ceux qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par ignorance ou présomption : le contraste est cruel entre un pays que l’ancienne puissance coloniale a laissé sans routes, sans encadrement administratif, à peu près aussi peu développé que le Sud-Soudan (un pays qui sombre lui aussi…) et la sophistication des moyens militaires dont dispose la Seleka. On aurait cependant dû se souvenir du fait que, dès le départ, cette coalition d’opposants avait surpris par ses capacités militaires, son avancée fulgurante, l’efficacité de ces « guerriers sans frontières », ayant déjà opéré au Tchad, au Soudan, dans toutes les zones grises de la frange sahélienne. Ces rebelles-ci, formés, endurcis, sont bien différents des hordes d’autrefois. Des mouvements comme la Seleka, mais aussi au Nord du Congo, les ADF Nalu, sont aussi l’avant-garde d’un mouvement de fond qui menace toute la zone forestière, – du Cameroun jusqu’au nord du Kenya –, une poussée des populations sahéliennes, nomades et marquées par l’Islam, en direction des verts pâturages de l’Afrique centrale.

 

Face à ces guerriers dotés d’armes sophistiquées, les armées d’Etats aussi faibles que la Centrafrique ne font pas le poids et à l’heure actuelle, les Français, en nombre insuffisant, sont à peine secondés par les 4.000 hommes de la Force africaine, dont 850 Tchadiens dont la neutralité est sujette à caution.

 

Il faudra un jour tirer les leçons du désastre absolu que représente la Centrafrique et se demander s’il fut bien raisonnable, au nom des politiques d’ajustement structurel, d’empêcher les Etats africains de se doter d’armées et d’administrations fonctionnelles et de fermer les yeux sur la corruption des régimes. Mais avant le temps des regrets, il faut passer à l’action : arrêter les massacres, sortir les Français de leur isolement, faire jouer la solidarité européenne. Car Bangui aujourd’hui, cela pourrait être demain Brazzaville, Abidjan, Yaoundé sinon Kinshasa…

Lu pour vous : Le Tchad, allié ambigu des Français en Centrafrique par Colette Braeckman

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:41

 

 

 

 

 

 

RFI  SAMEDI 28 DÉCEMBRE 2013

 

La confusion, avec un nouvel incident grave à Bangui, la capitale, où deux policiers congolais de la Misca ont été tués en plein centre-ville lors d’échanges de tirs particulièrement violents aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux tout proche, où réside le président de transition Michel Djotodia, protégé par sa garde présidentielle, essentiellement composée de miliciens issus de l’ex-Seleka.

 

« L’affrontement a débuté après que les policiers congolais eurent tenté de désarmer un milicien ivre », croit savoir Le Figaro, qui note tout de même en Une que les forces françaises « maintiennent un calme fragile ». Mais il n’empêche, la mort des policiers congolais est « d’autant plus fâcheuse que ce contingent, présent depuis longtemps en Centrafrique, s’y est taillé une bonne réputation auprès de toutes les communautés », souligne le journal.

 
« Depuis le déferlement de violences meurtrières de mercredi, la ville reste empêtrée dans une extrême confusion », relève Le Parisien. Evoquant l’affaire du charnier dont nous parlions hier, le journal souligne que « certains corps avaient des entailles à l’arme blanche, sans doute des machettes ou des poignards ».

 
« L’identité des morts, comme celle de leurs tueurs, demeurent inconnus, complète Le Figaro. Or, dans le climat de semi-anarchie où vit la Centrafrique et faute de moyens pour pratiquer des autopsies, les chances de connaître un jour la vérité apparaissent minces », prédit le quotidien, qui estime que « la découverte de cadavres, non loin du camp de Roux, fait tache pour le pouvoir à un moment inopportun ».

 
Le charnier de Bangui fait tache pour le pouvoir centrafricain ? « La découverte du charnier est aussi gênante pour la communauté internationale, engagée dans une périlleuse mission d’interposition en Centrafrique », rehausse Libération, qui évoque en une « l’horreur du charnier ». D’autant que cette découverte à la colline des Panthères « n’est peut-être que la première d’une longue série », prédit Libération.

 
La situation en République centrafricaine, le journal Le Monde daté d’aujourd’hui lui consacre sa manchette. « En Centrafrique, Bangui s’enfonce dans la violence », lance le journal au-dessus d’une photo prise hier dans la capitale, montrant des habitants fuyant les combats.


 
Centrafrique : le pasteur a le vaccin contre la rage


 
La confusion donc, mais aussi l’espoir qui demeure. Le Monde, en effet, est allé dans l’archidiocèse de Bangui à la rencontre de trois hommes de foi, que le confrère présente comme les trois « saints » de Bangui ; « l’un est imam, l’autre pasteur, le dernier archevêque. Ces trois dignitaires religieux sont d’étonnants amis qui prêchent la paix et la réconciliation dans une Centrafrique déchirée par les exactions entre chrétiens et musulmans ».

 
L’imam et l’archevêque, nous en parlions hier, ont cosigné dans Le Monde un appel aux Nations pour l’envoi de casques bleus en Centrafrique. Le troisième homme, c’est le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pasteur de l’église évangélique Elim Bangui-M’Poko et chef de l’Eglise protestante centrafricaine. Il confie au quotidien du soir ce qu’il pense être la solution à la crise centrafricaine, « appelant clairement à un nouveau coup d’Etat, dans ce pays qui en a déjà tant connu ». Selon le pasteur, « il faut trouver l’officier capable de prendre les rênes du pouvoir, d’appuyer l’action de “Sangaris”, (du nom de l’intervention militaire française) et de la Misca, et de gouverner jusqu’à des élections », dit-il au Monde.

A la Une : confusion et espoir en Centrafrique : "Revue de la presse française)

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:31

 

 

 

 

 

 

RFI  samedi 28 décembre 2013 à 09:25

 

 

La justice centrafricaine affirme que l'enquête avance dans l'affaire des 30 corps découverts sur la colline des Panthères, à Bangui. Les cadavres avaient été retrouvés éparpillés sur environ 150 mètres le long de la route. Les victimes sont toutes des hommes d'une trentaine d'années, assassinés probablement à l'arme blanche. Ils ont été retrouvés dans un secteur sensible, surveillé par les forces de sécurité.

 

Pour le procureur, l'appel à témoins lancé jeudi 26 décembre après la découverte du charnier a été fructueux. Ghislain Grésenguet dit avoir reçu des appels de gens se présentant comme des proches de personnes disparues depuis plusieurs semaines, mais aussi de témoins potentiels.

 

Le magistrat doit commencer leurs auditions ce samedi, et pour lui, pas de doutes, quelqu'un a forcément vu ce qui s'est passé. « Il y a dû certainement avoir des mouvements de voitures. Il y a de hautes personnalités qui habitent là-bas. Ce sont des gens qui ont une garde rapprochée. Ces hommes ont dû voir quelque chose. Nous sommes sur des pistes, assure le procureur. Pour rassurer les gens qui ont peur de parler, on peut recueillir leur témoignage sous couvert d’anonymat ».

 

Djotodia se défend

 

Ghislain Grésenguet se dit déterminé. Mais il prévient que le travail sera long, en raison de l’insécurité ambiante. Les investigations devront déterminer l'identité des victimes, mais aussi expliquer comment leurs corps se sont retrouvés sur cette colline très sécurisée, située non loin du camp de Roux, où se trouvent la garde présidentielle et le chef de l'État.

 

Sur la chaîne TF1, le président Djotodia a d'ailleurs balayé tout éventuel soupçon porté sur ses hommes. « Sommes-nous bêtes au point de tuer des gens et les laisser là, alors qu’on sait qu’il y a là la communauté internationale et que les militaires français passent constamment ? », a lancé le chef de l’État.

 

Les 30 victimes ont été inhumées rapidement, notamment en raison de leur état de décomposition. Aucune autopsie n'a pu être pratiquée par manque de médecin légiste. Leurs corps reposent toujours sur la colline, enterrés non loin du site où ils ont été découverts.

Charnier à Bangui: le procureur optimiste sur l'avancée de l'enquête

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:05

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr   LE SAMEDI 28 DÉCEMBRE 2013 À 13:01 Par Jérome JadotGilles Gallinaro

 

REPORTAGE | François Hollande demande à l'ONU de jouer un rôle plus important en Centrafrique. Demande formulée dans la foulée de l'appel de l'imam et de l'archevêque de Bangui à l'envoi de casques Bleus. Comme les chrétiens, beaucoup de musulmans de la ville vivent dans la peur. Nos envoyés spéciaux Jérôme Jadot et Gilles Gallinaro se sont rendus dans un quartier musulman de la capitale.

 

Devant la petite mosquée du quartier Lakouanga épargné par les heurts, Aboubakhar monte la garde. "On ne sait jamais. Il y a trop de barbares en ce moment qui tuent des gens. Il y a des gens qui ont peur et qui ne viennent pas".

 

Devant quelques dizaines de fidèles, l'imam Oumar Koubine Layama, président de la communauté islamique centrafricaine juge que la crise actuelle n'est pas un conflit entre chrétiens et musulmans, toutes deux victimes des mêmes milices. "Le phénomène n'a pas épargné les musulmans. Nous avons des preuves : il y a eu des pillages et des viols, notamment d'une petite fillette de deux ans".

 

Des propos qui dénotent. La plupart des récits d'exactions que nous avons recueillis concernent des groupes armés d'une communauté contre une autre dans des quartiers aujourd'hui à feu et à sang. Mais pour l'imam, il s'agit surtout d'une instrumentalisation politique.

 

A 50 mètres de là, un convoi exfiltre plusieurs centaines de Tchadiens vers leur pays. 58 d'entre eux ont été récemment tués selon les autorités locales.

 

"Ils se sentent en insécurité. Le Tchad nous a toujours secourus. C'est avec peine que nous voyons nos frères tchadiens quitter le territoire centrafricain", regrette Abderrahmane, coordinateur de la mosquée.

 

Un exode qui amputera inévitablement la communauté musulmane de Bangui. N'djamena dit avoir reçu 40.000 demandes de transfert. 

 

Par Jérome JadotGilles Gallinaro

Centrafrique : la peur de la communauté musulmane

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:54

 

 

 

 

 

 

 

http://radiookapi.net   mise à jour le 27 décembre, 2013 à 5:07 

 

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, a indiqué vendredi 27 décembre que la RDC continue à recevoir les réfugiés venant de la Centrafrique, pour des raisons humanitaires, malgré la fermeture officielle de la frontière. Ces 50 000 réfugiés et autres ressortissants congolais revenant de la RCA sont pris en charge par le gouvernement congolais à travers la Commission nationale des réfugiés (CNR).

 

Selon le porte-parole du gouvernement, la frontière entre les deux pays a été fermée aussitôt que les débordements en Centrafrique avaient causés, il y a plusieurs semaines, la mort de quelques centaines de personnes.

 

Depuis, elle a été ouverte plusieurs fois au niveau du territoire de Zongo afin d’accueillir les populations fuyant les atrocités commises par les rebelles de l’ex-Seleka en RCA, a affirmé Lambert-Mende.

 

«Nous avons déployés une équipe de la commission nationale des réfugiés, CNR, qui relève du ministère de l’Intérieur. La police, également, a été déployée pour une surveillance beaucoup plus accrue. Notre ministre de l’Intérieur est descendu sur place pour superviser ce nouveau dispositif. De même que la police des frontières et la direction générale des migrations», a-t-il expliqué.

 

Le ministre des médias indique en outre que le déploiement, en RCA, d’un contingent des Forces armées de la RDC (FARDC), dans le cadre de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), devrait être achevé dans une dizaine de jours.

 

Par ailleurs, le gouvernement enquête sur les allégations de soutien accordé par des militaires ougandais aux rebelles ougandais ADF/Nalu, dans l’attaque de la localité de Kamango, dans le Nord-Kivu. Cette attaque avait finalement été repoussée par les FARDC.

La RDC reçoit les réfugiés centrafricains malgré la fermeture de la frontière

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:23

 

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr   28/12/2013 à 08:16, Mis à jour le 28/12/2013 à 08:25

 

Exactions et vengeances s’enchaînent à Bangui où les troupes françaises éprouvent des difficultés à rétablir l’ordre entre chrétiens et musulmans. Le spectre de l’enlisement pour la France est bien réel. François Hollande a demandé que les Nations unies «jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique».

 

Le calme ne parvient pas à revenir en Centrafrique. La présence militaire française était massive hier dans les rues de Bangui où des tirs ont encore retenti durant la nuit, alimentant la confusion parmi la population, le bilan des violences ne cessant de s’alourdir.

 

La Croix-Rouge ne dispose pas d’un état complet, mais certaines estimations font état d’un millier de personnes tuées par balle ou à l’arme blanche depuis le 5 décembre. Chaque jour apporte son lot de morts. Hier matin, au moins un civil a été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la Misca qui protégeaient un convoi de leurs compatriotes civils fuyant la ville. Dans la nuit, des tirs nourris ont été entendus aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux qui le jouxte, où réside le président de transition Michel Djotodia. Une quarantaine de cadavres ont été ramassés dans la ville depuis mercredi, selon le Comité international de la Croix rouge (CICR). «Une soixantaine» de corps a également été retrouvée lundi dans la capitale, selon un porte-parole du CICR. «Certains étaient encore ligotés, d’autres avaient de larges entailles à l’arme blanche, ce qui nous fait penser qu’ils ont peut-être été torturés avant leur décès», a indiqué le magistrat, estimant probable que «les victimes ont été tuées avant et déposées là ensuite».

 

Les soldats français et les troupes de la Misca peinent à calmer les violences qui se sont déclarées dans la ville. Bangui qui se découvre minée par les haines confessionnelles entre chrétiens et musulmans et des accusations visant les soldats tchadiens soupçonnés de soutenir les ex-rebelles Séléka.

 

La situation est tendue à l’extrême. D’où l’appel du président François Hollande, hier, à la communauté internationale. Au cours d’un entretien avec Ban Ki-moon, le président français a souhaité que «les Nations Unies jouent un rôle plus important» en Centrafrique. La réponse a été immédiate. Face à l’urgence, l’Onu a annoncé qu’elle comptait intensifier les préparatifs sur l’éventuel déploiement d’une force de maintien de la paix pour aider les forces françaises et africaines à contenir les violences.


Jean-Yves Le Drian au Sahel

 

Jean-Yves Le Drian se rendra la semaine prochaine au Mali, au Niger et au Tchad, dans le cadre du redéploiement programmé du dispositif militaire français, dans une région où sévissent toujours des groupes jihadistes.

 

Durant ce déplacement de quatre jours, le ministre de la Défense rencontrera les forces françaises sur le terrain et s’entretiendra avec les autorités de ces trois pays de l’évolution des forces françaises au Sahel. Le 31 décembre, Jean-Yves Le Drian sera à Bamako pour le traditionnel réveillon du ministre auprès des forces françaises en opex. Les 1er et 2 janvier, il se rendra à Niamey et N’Djamena, où il s’entretiendra avec les présidents nigérien, Mahamadou Issoufou, et tchadien, Idriss Deby. Début 2014, la France doit alléger son dispositif au Mali, où l’effectif de l’opération Serval doit être ramené en quelques semaines de 2 800 à environ un millier d’hommes, pour une durée indéterminée. Paris doit ajuster son dispositif militaire à la menace terroriste persistante dans la bande sahélienne, où selon un proche du ministre, les forces «sont engagées pour plusieurs années».

 

J.-P. B.

 
Centrafrique : le spectre de l'enlisement pour les soldats français

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:01

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours d'un entretien avec le secrétaire général des Nations unies, le chef de l'Etat a demandé un engagement plus important aux côtés de la France.

 

http://www.francetvinfo.fr   Mis à jour le 27/12/2013 | 21:36 , publié le 27/12/2013 | 20:19

 

 

La France se sent-elle seule en Centrafrique ? François Hollande s'est entretenu, vendredi 27 décembre, avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il lui a demandé que les Nations unies "jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique", a indiqué l'Elysée. Le chef de l'Etat a également insisté sur "l'action déployée par les Nations unies en vue de renforcer" la force africaine en Centrafrique, la Misca.

 

En l'état, la Misca "n’est absolument pas opérationnelle", estime l'ex-général Vincent Desportesinterrogé par francetv info"Le Tchad tend à privilégier les musulmans, tandis que le Burundi soutient plutôt les chrétiens", déplore-t-il. "Il n’y a donc qu’une seule vraie force sur le terrain : l'armée française, avec 1 600 hommes. C’est notoirement insuffisant pour assumer tout ce qu’il y a à faire."

 

Des Casques bleus pour remplacer la Misca ?

 

Lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat à la France pour intervenir en Centrafrique, le 5 décembre, la résolution envisageait la transformation de la Misca en force de maintien de la paix de l'ONU, mais à condition que le Conseil donne son feu vert.

 

De source proche du président français, on rappelle que le secrétaire général de l'ONU doit rédiger, "au plus tard" dans les trois mois, un rapport sur la transformation éventuelle de la Misca en une opération de maintien de la paix des Nations unies.

 

Vendredi, l'ONU a réagi à la demande de François Hollande en annonçant une intensification des discussions sur le sujet. "Des consultations supplémentaires entre des membres du Conseil de sécurité et l'Union africaine vont avoir lieu très rapidement dans les prochains jours", assurent les Nations unies.

 

Centrafrique : François Hollande appelle l'ONU à jouer "un rôle plus important"

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:58

 

 

 

 

 

 

 

28/12/2013 à 08:56 (AFP)

 

Des ressortissants tchadiens fuient Bangui en masse ce samedi. Accusés de soutenir les rebelles de l'ex-Séléka, ils sont obligés de quitter le pays sous les huées des habitants.

 

Un convoi de plusieurs dizaines de voitures, taxi et véhicules particuliers, remplies de ressortissants tchadiens s'apprêtait samedi matin à quitter Bangui pour prendre la direction du Tchad. Les Tchadiens ont dû être protégés des manifestants centrafricains par les soldats français de l'opération Sangaris. Accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka, dont certains sont originaires du Tchad, ils prennent le chemin du retour sous les huées des habitants.

 

Vendredi déjà un convoi avait pris la route du Tchad pour fuir les violences meurtrières. Au moins un civil avait été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la force africaine (Misca) qui protégeaient ce convoi.

 

Depuis le début de l'intervention française le 5 décembre, les violences interconfessionnelles se sont multipliées entre les milices chrétiennes "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et la Séléka, l'ex-rébellion majoritairement musulmane qui a chassé le président François Bozizé en mars 2013.

 

Après des journées et des nuits de tirs, la capitale centrafricaine a retrouvé une relative quiétude samedi matin. Seuls quelques tirs sporadiques ont été entendus dans la nuit. Comme les jours précédents, l'armée française est toujours largement déployée dans la ville, dans laquelle patrouillent également des détachements de la Misca.

Centrafrique : des civils tchadiens fuient Bangui sous les huées des habitants

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:52

 

 

 

 

 

 

http://www.jolpress.com

 

Dans la capitale centrafricaine, les réfugiés sont de plus en plus nombreux lorsqu'ils n'ont pas quitté le pays pour d'autres pays limitrophes. Après avoir fui pour éviter les combats, ils s'entassent dans des camps de fortune et dans des conditions sanitaires catastrophiques.

 

Les réfugiés du conflit centrafricains se comptent par centaines de milliers désormais. Lorsqu’ils ne peuvent pas fuir vers les pays limitrophes, ils s’entassent dans des camps dans lesquels la situation humanitaire se dégrade de jour en jour.

 

Dans la capitale, un quart de réfugiés

 

Selon les chiffres de l’ONU, sur les 800 000 habitants de la capitale centrafricaine, 210 000 déplacés auraient été comptabilisés.

 

Immersion dans un camp de Bangui

 

Dans ce camp de fortune de la capitale, ils sont plusieurs centaines de milliers à vivre dans des conditions plus que précaires. Le Programme alimentaire mondial déclare avoir ditribué 500 tonnes de nourritures aux personnes en difficultés.

 

Dans l’aéroport, les réfugiés s’entassent

 

Dans l’aéroport de Bangui, et fuyant les violences, près de 45 000 personnes ont appris à vivre ensemble ces derniers jours. Ils s’entassent sous la protection de l’armée française et selon quelques responsables humanitaires présents sur place, la situation sanitaire y est catastrophique.

 

La RDC ferme sa frontière mais accueille plusieurs dizaines de milliers de réfugiés

 

Malgré la fermeture officielle de la frontière entre les deux pays, la République démocratique du Congo continue à recevoir des réfugiés chaque jour. 50 000 réfugiés et autres ressortissants congolais revenant de Centrafrique sont pris en charge par le gouvernement congolais à travers la Commission nationale des réfugiés (CNR).

 

Il y a plusieurs semaines pourtant, la frontière entre les deux pays avait été fermée, lorsue les débordements ont commencé. Depuis, elle a été ouverte à plusieurs reprises afin d’accueillir les populations fuyant les massacres.

En Centrafrique, la population fuit ou s'entasse dans des camps

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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:50

 

 

 

 

 

 

http://histoire.blogs.la-croix.com  ANDRÉ LARANÉ LE 28 DÉCEMBRE 2013

 

La République centrafricaine – ou Centrafrique – est un pays de savane arborée, relativement fertile et bien arrosé, mais avec pour seules ressources exportables un peu de coton et quelques mauvais diamants d’origine alluvionnaire.

 

Ses populations sont noires, sauf une poignée de Toubous ou «Arabes» musulmans à la pointe nord du pays, à la frontière du Tchad et du Darfour (Soudan). Elles ont été très massivement christianisées au XXe siècle, pendant la colonisation française.

 

Après l’éviction de l’empereur Bokassa, en 1979, le pays a sombré dans le chaos et perdu l’administration laissée par la puissance coloniale. Dans le même temps, la région a été saisie de violentes secousses géopolitiques, lesquelles se répercutent aujourd’hui à Bangui, capitale de la Centrafrique…

 

D’une part, au Tchad voisin, les nomades musulmans du Nord, généralement appelés Toubous, ont enlevé le pouvoir à la majorité noire, chrétienne ou animiste, du Sud. D’autre part, au Soudan, les guerres ethniques ont redoublé de violence.

 

En 2006, la Centrafrique est une première fois victime de l’intrusion de nomades en provenance du Soudan et du Tchad. C’est le contrecoup de la guerre génocidaire livrée par le gouvernement du Soudan aux populations musulmanes mais noires du Darfour limitrophe. Pour conjurer le début de guerre civile, le gouvernement de Bangui appelle à l’aide l’armée française.

 

Mais le pays est une nouvelle fois assailli en 2012, quand des bandes armées tchadiennes et soudanaises, auxquelles se rallient des musulmans du nord, se rassemblent sous l’appellation de Séléka et marchent sur Bangui. La coalition entre dans la ville le 23 mars 2013 et chasse le président en place. Son chef, un musulman du nord, «Michel» Am-Nondokro Djotodia, s’autoproclame président. Massacres, viols et pillages obligent la France à intervenir à l’automne.

 

Un millier de soldats français basés dans différents pays de la région sont envoyés à Bangui. Ils patrouillent dans la ville et les régions alentour, traquant les miliciens armés et ceux qui tentent de leur résister. Mais le gouvernement français a conscience de ne pouvoir prolonger sa présence militaire sur place.

 

Il est tout aussi douteux que la force d’interposition envoyée par les pays voisins (la Misca) puisse restaurer l’ordre, d’autant qu’y participent les Tchadiens, très fortement impliqués dans les violences que subissent les Centrafricains depuis 2012 ! Au sein même de cette force se font jour les haines ethniques entre «Blancs» musulmans (Tchadiens) et «Noirs» chrétiens (Burundais), les premiers étant perçus par les seconds comme des trafiquants d’esclaves.

 

Sous la fausse apparence d’un conflit religieux entre chrétiens et musulmans, on assiste à un nouvel épisode des guerres sahéliennes à caractère racial entre les nomades blancs, qui se trouvent être tous musulmans, et les sédentaires noirs, qui sont généralement chrétiens ou animistes mais peuvent aussi être musulmans, comme au Darfour ou au Mali.

 

Quel sera dans ces conditions l’avenir de la République centrafricaine ? Bien malin qui peut aujourd’hui le dire… Le plus à craindre est une mainmise de l’ogre tchadien sur tout ou partie du territoire, au grand dam des populations noires.

Lu pour vous : Centrafrique : conflit religieux ou guerre ethnique ?

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Centrafrique-Presse.com
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