Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 12:27

 

 

 

 

 

 

http://www.jeuneafrique.com  30/12/2013 à 11:27 Par Vincent Duhem et Seidik Abba

 

Le chef de l'État tchadien a décidé, le 19 décembre, de nommer un nouveau commandant à la tête de ses troupes au sein de la force africaine en Centrafrique, la Misma. Histoire de remettre un peu d'ordre dans ses relations complexes avec son turbulent voisin.

 

Dans ses huis clos avec ses partenaires africains et français, le président tchadien Idriss Déby Itno reconnaît qu'il a pu y avoir connivence, ces derniers mois, entre des soldats tchadiens de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et certains combattants tchadiens de la Séléka, l'ex-rébellion au pouvoir à Bangui.

 

Pour y mettre fin, il vient donc de taper du poing sur la table. Le 19 décembre, à l'occasion de la transformation de la Fomac en Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), le colonel Djibril Oumar, commandant des quelque 780 soldats du contingent tchadien, a été remplacé par le général Ousman Barh Itno, un neveu du chef de l'État.

 

Incontournables Tchadiens

 

En Centrafrique, le Tchad fait partie du problème et de la solution. Avec près de 800 soldats, N'Djamena aligne le contingent le plus important de la force africaine déployée en Centrafrique. Compte tenu de leur expérience et de leur connaissance du terrain, les Tchadiens avaient même beaucoup à apporter. Sauf que leur proximité avec les éléments de la Séléka a desservi leur action. En effet, près du tiers des 6 000 rebelles qui ont renversé François Bozizé sont d'origine tchadienne.

 

"Il y a clairement un problème avec le contingent tchadien, reconnaît une source officielle à Paris. Le président Idriss Déby Itno en est conscient et il veut y remédier pour ne pas écorner l'image de son armée, qui a accompli un excellent travail au Mali." Pour autant, en France comme sur le continent, on sait bien qu'aucune solution à la crise centrafricaine ne peut être trouvée sans le président tchadien. Car même s'il s'en est éloigné ces derniers jours, Déby Itno garde une réelle influence sur le président de la transition, Michel Djotodia.

 

"Nous avons une réelle convergence d'analyse avec lui sur la Centrafrique. C'est un canal de communication très important dont nous nous servons pour faire passer des messages à Bangui", souligne-t-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

 

 

Le Drian au Sahel : la Centrafrique et le redéploiement militaire français au centre des discussions

 

30/12/2013 à 08:40 Par Jeune Afrique

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, entame lundi une visite de trois jours au Mali, au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront au centre des discussions.

 

Pour la première fois depuis des années, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ne réveillonnera pas avec les militaires déployés en Afghanistan, mais avec les troupes présentes en Afrique. C'est au Mali que le ministre entame, lundi 30 décembre, une visite de trois jours qui le mènera également au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront les principaux sujets de discussion.

 

Le ministre s'entretiendra, mardi, avec le président Ibrahim Boubakar Keita, à quelques jours du premier anniversaire de l'opération Serval, lancée le 11 janvier 2013 pour chasser les islamistes armés qui contrôlaient le nord du pays.

 

Fin décembre, 2 500 soldats français seront encore présents dans le pays, soit deux fois moins qu'au plus fort de la crise. Au printemps 2014, le contingent français ne devrait plus compter qu'un millier d'hommes. 650 soldats français poursuivront à terme leurs opérations contre le "terrorisme" au Mali, où les groupes islamistes conservent une forte capacité de nuisance. Les 350 autres se répartiront entre la mission européenne de formation de l'armée malienne (EUTM Mali) et la participation française à l'état-major de la Minusma, la force des Nations-unies au Mali.

 

La France qui dispose d'environ 5 000 hommes stationnés en permanence en Afrique, de Dakar (350) à Djibouti (2 000), en passant par Libreville (950), N'Djamena (950) ou encore Abidjan (450), entend "réarticuler" de façon "très progressive" son dispositif dans la région afin de l'adapter aux nouvelles menaces, souligne-t-on à la Défense.

 

Crise centrafricaine

 

La réorganisation du dispositif militaire français sera également au menu des discussions, mercredi à Niamey, avec le président nigérien, Mahamadou Issoufou. La visite du ministre de la Défense survient alors que les deux premiers drones de surveillance Reaper achetés par la France aux États-Unis doivent être installés de façon imminente sur la base française de Niamey. Une avancée dans un domaine, le renseignement, où les forces françaises ont montré de graves lacunes depuis le début de l'opération au Mali.

 

Enfin, la crise en Centrafrique, où les affrontements inter-communautaires ont encore fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours, malgré la présence de 1 600 militaires français, sera au centre des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et le président tchadien, Idriss Deby Into.

 

Omniprésents dans Bangui, les 850 soldats tchadiens de la Misca sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka et ont été impliqués dans plusieurs incidents. Ils vont progressivement être redéployés dans le nord du pays.

 

Dans l'entourage du ministre de la Défense, on préfère souligner le "rôle moteur" joué par le Tchad "auprès de ses pairs d'Afrique centrale". Et de préciser que Idriss Déby et Le Drian s'entretiennent d'ailleurs régulièrement "à la fois de l'action du contingent tchadien de la Misca", la force africaine en RCA, et de "l'articulation politique d'ensemble".

 

(Avec AFP)

Lu pour vous : Tchad : Idriss Déby Itno remet de l'ordre au sein des troupes tchadiennes en Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:59

 

 

 

 

Dans Bangui, la chasse aux musulmans

 

http://www.lejdd.fr  samedi 28 décembre 2013

 

REPORTAGE - Samedi encore, des milliers de personnes ont tenté de fuir la capitale. Seule la présence des militaires français a évité de nouveaux massacres.

 

Leurs valises sont entassées sur le bord de la route. Des vêtements débordent de certains grands sacs usés, troués par endroits. La famille Saken s'est repliée à quelques mètres, dans l'entrée d'un vaste bâtiment inachevée. Les deux fillettes pleurent, blotties de chaque côté de leur mère. Leur père implore, à l'ombre d'un blindé, le soldat français de trouver une solution à leur fuite vers l'aéroport pour bondir dans un avion qui les conduira au Tchad, son pays d'origine. De l'autre côté de la rue, plusieurs dizaines de jeunes sont tenus à distance par les militaires. "Si c'est les enfants, pas de problème, mais pas les parents. Qu'ils restent, on va les lyncher", hurle l'un d'eux en sango, la langue véhiculaire centrafricaine.

 

Le taxi qui conduisait la famille Saken à l'aéroport M'Poko de Bangui est tombé en panne ici, sur l'avenue de l'Indépendance. Ils doivent la vie à la présence française à cet endroit. Une première tentative pour les exfiltrer dans un blindé échoue. Impossible de caser toute la famille et leurs affaires, aussi nombreuses que totalement dérisoires quand on sait qu'ils vivent en Centrafrique depuis des dizaines d'années. Les fillettes ne cessent de pleurer en regardant leur père démuni. Il faut attendre, sous le regard de cette foule hostile, de ces jeunes chrétiens du quartier de Boy-Rabe qui scrutent leurs mouvements et ne comptent pas laisser repartir cette famille musulmane sans rien faire.

 

"On ne veut pas de musulmans, on va tout leur prendre"

 

Soudain, la foule, totalement excitée, se met à courir de l'autre côté du carrefour. Elle passe devant l'église Notre-Dame-d'Afrique et fond plus bas sur un garage qui appartient à un musulman du quartier. La famille Saken semble ne plus les intéresser. L'heure est au pillage. "C'est la journée des Centrafricains, aujourd'hui. On ne veut pas de musulmans, on va tout leur prendre", fanfaronne un adolescent en faisant rouler un gros pneu pillé dans la concession. Certains repartent avec des pièces rouillées dont ils ne connaissent même pas l'usage. D'autres poussent des voitures sans âge défoncées de toutes parts auxquelles il manque parfois une ou deux roues. Des épaves qu'ils sont fiers de ramener de leur côté, du côté chrétien. Des prises de guerre.

 

La famille Saken est parvenue à s'entasser dans un taxi, le pillage ayant heureusement agi comme diversion. Les Saken s'ajoutent aux milliers de Tchadiens qui fuient en masse la Centrafrique depuis plusieurs jours par peur des représailles. Ils s'entassent dans des camions, se serrent dans des voitures pour partir vers l'aéroport. L'unique avenue qui y mène est sécurisée par les soldats français. Une présence qui n'a pas empêché des actes de lynchage et le caillassage de certains véhicules. Les convois passent sous les huées de la population.

 

La promesse de nouveaux pillages

 

Mercredi, six soldats du contingent tchadien de la Misca ont été tués dans l'attaque à la grenade de leurs véhicules dans le quartier Gobongo où se concentrent des anti-balaka, les "anti-machettes". Cette milice d'autodéfense chrétienne dénonce le rôle joué par ces soldats, les accusant de proximité, voire de connivence, avec les ex-rebelles de la Séléka. Ces derniers, qui ont participé au coup d'État du mois de mars ayant permis l'accès au pouvoir de Michel Djotodia, ont été encasernés au début de l'opération militaire française Sangaris afin de permettre aux Français de procéder plus efficacement à leur vaste opération de désarmement. Samedi, le site le plus proche des lieux du pillage et de la prise à partie de la famille Saken était presque désert, à l'exception de quelques hommes. Quelques jours plus tôt, ils grouillaient devant l'entrée, armés de RPG et de kalachnikovs.

 

Un homme passe à moto sur l'avenue. Un groupe se rue sur lui et déstabilise l'engin. "C'est un musulman!", avertissent des jeunes. Les tirs de sommation des Français positionnés à tous les endroits stratégiques de ce carrefour permettent au motard de s'extraire de la meute. Il échappe au lynchage et part se réfugier près d'un blindé français. Sa moto est volée, exhibée comme un trophée. Les jeunes continuent à remonter l'artère avec ce qui reste du garage, de la tôle ondulée ou des bouts de miroir sans intérêt. "On se dépêche, commande un soldat, et on se tait." Les jeunes, en file indienne, obtempèrent et se redirigent vers leurs quartiers, en promettant de nouveaux pillages contre des biens appartenant à des musulmans.

 

Florence Richard, correspondante à Bangui (Centrafrique) - Le Journal du Dimanche

 

 

 

"A moins de 5.000 hommes en Centrafrique, on n’y arrivera pas"

 

http://www.lejdd.fr   samedi 28 décembre 2013

 

INTERVIEW - Professeur de stratégie à Sciences Po et à HEC, ancien directeur de l’Ecole de Guerre, le général Vincent Desportes donne raison à François Hollande d’être intervenu en Centrafrique mais demande l’envoi rapide de renforts au vu des difficultés rencontrées par les 1.600 militaires français déployés.

 

François Hollande avait promis une "opération rapide", n'ayant "pas vocation à durer". Trois semaines après le déclenchement de Sangaris, vu les violences à Bangui, doit-on déjà parler de "bourbier"?


Seuls ceux qui ne connaissent pas la réalité du terrain pouvaient imaginer qu’une intervention de ce type puisse être courte et facile. Je réfute ce terme de "bourbier". Il est normal que le président de la République, qui a eu raison de déclencher cette opération dans l’intérêt sécuritaire des Français sur le territoire national, l’ait présentée comme "rapide", de manière à ce qu’elle soit acceptable mais en réalité, elle sera forcément longue. Il ne faut pas confondre le fantasme d’une guerre courte et facile et la réalité de la guerre. Regardez en Libye : le conflit ne dure pas longtemps, sans troupes au sol et au bout du compte on a fait de ce pays un exportateur de terrorisme international. La guerre, ça ne fonctionne pas comme ça. La durée est indispensable.

 

L’intervention française en Centrafrique est donc appelée à se prolonger. Combien de temps selon vous?


Je dirais un an au minimum, peut-être deux ou trois. Au Mali, nous devions être 1.000 hommes aujourd’hui, nous en sommes à près de 3.000 un an après alors que la mission était bien plus simple : détruire un adversaire identifié et permettre à des autorités politiques, par le biais des élections, de reprendre la conduite du pays. Rien de tout cela n’existe en Centrafrique. D’autres soldats français tomberont probablement dans l’accomplissement de leur mission. D’autant que la mission qui est confiée à l’armée française est la plus délicate qui puisse être confiée à une force militaire : intervenir au cœur d’une guerre civile et chercher à séparer des belligérants qui cherchent à s'entre-tuer, tout en utilisant le moins possible sa propre force.

 

Pensez-vous nécessaire l’envoi de troupes françaises supplémentaires?


Absolument. Les 1.600 militaires actuellement déployés ne peuvent pas accomplir leur mission. L’effondrement de la Misca nous place dans une nouvelle situation. Désormais, en-dessous de 5.000 Français et de l’envoi de véhicules blindés légers supplémentaires, on n’y arrivera pas. La France n’a qu’une alternative : soit elle se retire, et son image en sortira considérablement dégradée ; soit elle mène avec succès cette opération qu’elle était la seule à pouvoir accomplir, mais à ce moment-là en y engageant d’un coup les moyens nécessaires à la réussite de l’opération. Vous n’éteindrez jamais un incendie à coups de verres d’eau. A un moment, il faut envoyer les canadairs pour provoquer un effet de souffle. Le pire, serait l’escalade progressive. Rappelons qu’à la fin des années 90, les Britanniques ont engagé 5.000 hommes en Sierra Leone, un pays dix fois plus petit que la Centrafrique, et ont résolu une crise similaire.

 

La force africaine fait-elle partie des problèmes ou de la solution?


Il faut être franc. La force africaine crée par elle-même des problèmes et concourt à l’aggravation des tensions au sein de la population entre chrétiens et musulmans. Les Etats qui ont fourni des troupes ont des intérêts propres à défendre dans cette crise, à commencer par le Tchad qui fournit 850 des 4.000 hommes. La première mission de l’armée française était de sécuriser et de prévenir les massacres, la deuxième de restructurer la Misca pour en faire une force opérationnelle sur laquelle s’appuyer. On voit que cela n’est pas possible pour l’instant. Après trois semaines, on aurait dû avoir une force de 4.000 Africains et 1.600 Français aptes à remplir la mission. Ça n’est pas du tout le cas. Il faut que la communauté internationale, par le biais des Nations unies, appuie rapidement la France en procédant à l’envoi de troupes qui ne proviennent pas des Etats voisins de la Centrafrique. On peut être par ailleurs particulièrement sceptique quant à une aide de nos partenaires européens quand on constate les bien maigres résultats du dernier sommet européen, alors que cette crise concerne tous les Européens, comme l’a rappelé M.Van Rompuy.

 

Du coup la France se retrouve isolée… Et d’une certaine façon piégée, ne croyez-vous pas?


Non, pas piégée. La France devait intervenir dans l’intérêt même des Français à court et à moyen termes et était la seule en mesure de le faire aussi vite. Maintenant que nous y sommes, partir serait un aveu de faiblesse insupportable. Je sais qu’avec 2.800 hommes au Mali, 900 au Liban, éventuellement 5.000 en Centrafrique nous toucherions aux limites des capacités de notre armée. D’autant que pour un soldat déployé en opération extérieure, il en faut quatre ou cinq en métropole. Mais j’affirme que la France a les moyens de déployer de tels effectifs. Je tiens toutefois à également insister sur l’opposition flagrante entre la volonté d’engagement interventionniste (à juste titre) du gouvernement et sa politique qui, avec la loi de programmation budgétaire, organise la dégradation des forces conventionnelles, en particulier des forces terrestres, dont on si grand besoin dans ce type d’opérations. Si la France considère à juste titre qu’elle ne peut pas échapper à ses responsabilités en Afrique notamment, qu’elle ne veut pas y voir se reconstruire l’académie du terrorisme détruite au Mali, elle doit s’en donner les moyens.

 

Alexandre Duyck - Le Journal du Dimanche

 

Lu pour vous : "A moins de 5.000 hommes en Centrafrique, on n’y arrivera pas"

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:56

 

 

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 29-12-2013

 

L'armée congolaise conduite par son chef d'état-major général, Guy -Blanchard Okoï, a rendu samedi à Brazzaville, le dernier hommage au sergent Rufin Juif Ngali, mort une semaine avant en République centrafricaine (RCA).

 

Ce sous-officier est mort au champ d'honneur le 22 décembre à Bossangoa, une localité située à 350 kilomètres de la capitale centrafricaine Bangui. Il était le quatrième soldat congolais mort au cours de cette dernière mission de paix dans ce pays.

 

Le sergent Rufin Juif Ngali accomplissait pour la seconde fois une mission de paix en RCA depuis le 15 septembre 2013. Il avait déjà effectué en 2004 une mission similaire dans ce pays où il avait suivi une instruction opérationnelle préparatoire pour servir dans la force de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.

 

Deux autres soldats congolais sont ensuite morts le 27 décembre, cette fois-ci à Bangui, où ils accomplissaient une mission de protection du Palais présidentiel attaqué par des miliciens armés. Les corps de ces deux derniers soldats seront rapatriés à Brazzaville dans les prochains jours. Ils porteront le nombre de victimes congolaises en RCA à six.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Congo : enterrement à Brazzaville d'un soldat mort en Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:54

 

 

 

 

http://www.lavoixdefrance.fr

 

Alors que la France reste engagée au Mali, Paris vient de déployer 1 600 hommes en Centrafrique. Leurs objectifs: rétablir l'ordre, désarmer les milices et assurer un cadre favorable à une transition apaisée. Mais sur place, la situation est explosive et les partenaires européens de la France sont aux abonnés absents.

 

Depuis la fuite de l’ancien dictateur François Bozizé, une anarchie complète règne sur la Centrafrique. En s’emparant du pouvoir par la force, le 24 mars dernier, les milices de la Seleka, ont achevé de désintégrer les derniers reliquats de l’État. Elles ont également commis de très nombreuses violations des droits de l’Homme. Les victimes se comptent par centaines.

 

C’est dans ce contexte particulièrement tendu que les militaires français se sont déployés sur place. L’opération Sangaris, légale au regard du droit international puisque la France a obtenu un mandat des Nations Unies, a entraîné un effet pervers : des milices d’auto-défense, essentiellement composées de Chrétiens, mènent des actions de représailles contre les membres de la Seleka (terme qui signifie "coalition"), d’obédience musulmane.

 

Hollande au cœur d'une situation inextricable 

 

Pour Serge Michaïlof, chercheur associé à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), "François Hollande s’est retrouvé pris au piège d’une situation inextricable. En intervenant militairement, il prend le risque de l’enlisement. S’il avait décidé de ne rien faire, il aurait été taxé d’indifférence au sort d’une ancienne colonie française". Cet ancien directeur des opérations de la Banque de développement ne cache pas son inquiétude : "la situation n’est pas du tout la même qu’au Mali, où l’État, le ministère des Finances en particulier, continuait de fonctionner. À Bangui, il n’y a plus rien".

 

Une situation qu’il attribue à des raisons démographiques. Grande comme la France et la Belgique, la Centrafrique ne compte que 5 millions d’habitants. "Les Centrafricains ne sont tout simplement pas assez nombreux pour entretenir des infrastructures de base, les routes notamment, et administrer leur territoire".

 

Autre point noir, celui constitué par la désagrégation des forces de sécurité : "il faut désormais reconstruire une armée, une gendarmerie, une police. Ce sont des tâches très difficiles à réaliser dans un pays multi-ethnique comme celui-là", précise Serge Michaïlof. Le pays est en effet partagé entre une majorité chrétienne et animiste et une minorité musulmane.

 

Et le chercheur de l’IRIS de s’interroger sur les moyens déployés pour stabiliser le pays : "Aux 1 600 soldats français s’ajoutent quelques milliers de soldats africains. Ces derniers ne sont ni formés, ni équipés pour mener à bien leur mission. Reste donc les forces françaises. Mais que peuvent faire quelques centaines d’hommes dans un pays aussi vaste ?"

 

L'Europe, la grande absente


La crise centrafricaine souligne une nouvelle fois l’absence d’une force de réaction européenne. Les partenaires de la France au sein de l’Union européenne soutiennent Paris mais seulement sur le principe car aucun autre État n’a envoyé de troupes sur place. Quant à une éventuelle aide financière, elle tarde à se mettre en place.

 

Un manque de soutien qui risque de se faire particulièrement sentir dans les mois qui viennent car cette opération s’annonce risquée, comme en atteste la mort de deux soldats français à la mi-décembre. Comment, en effet, organiser des élections démocratiques alors même qu’il n’ y a plus d’état civil. Serge Michaïlof espère "une intervention des Nations Unies, avec ce que tout cela implique en terme de dispositifs et de moyens déployés. Car la France, seule, ne peut rien faire."

 

 

 

 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : LES MÂCHOIRES DU PIÈGE SE REFERMENT SUR LA FRANCE

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:44

 

 

 

 

 

 

http://www.directmatin.fr  29 déc 2013 à 12:24 AFP

 

 

Familles massées autour de l'aéroport pour se placer sous la protection des soldats français, civils tchadiens qui fuient sous les menaces: Bangui, malgré l'absence de tirs dimanche, présente le visage d'une ville dévastée par des semaines de violences meurtrières.

 

L'Unicef a recensé 55 sites de déplacés dans la capitale centrafricaine, où s'entassent - dans des conditions sanitaires désastreuses - 370.000 personnes -- hommes, femmes, enfants. Il s'agit de gens de la ville, qui compte 800.000 habitants, mais aussi de Centrafricains venus de province en espérant trouver un peu de tranquillité à Bangui.

 

Autour de l'aéroport, zone sécurisée par les soldats français de l'opération Sangaris et ceux de la force africaine (Misca), ils sont environ 100.000, selon des estimations de responsables humanitaires, vivant sous des tentes de fortune, dormant à même le sol.

 

"Jusqu'à maintenant, on n'a rien obtenu", dit l'un d'eux, Eric Tabassi: "ça fait bientôt un mois qu'on est là et la situation ne fait qu'empirer".

 

Chrétiens pour l'immense majorité, ils sont venus se placer sous la protection des militaires français pour échapper aux exactions des ex-rebelles majoritairement musulmans de la Séléka. De leur côté, les civils musulmans, centrafricains mais surtout tchadiens, fuient la ville.

 

Ils craignent d'être victimes de représailles de milices d'autodéfense locales chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) ou de foules les accusant de connivence avec les Séléka qui ont chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars 2013.

 

Les tueries intercommunautaires ont fait un millier de morts dans la capitale depuis le 5 décembre, date du début de l'intervention française.

 

Dimanche, comme les jours précédents, camions et voitures particulières bondés de civils tchadiens prenaient la route du nord, menant au Tchad, sous les huées de passants et sous la protection de soldats français, comme dans le quartier du PK-5, au centre-ville, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Indifférence générale face à un cadavre

 

Témoignage macabre du climat de violences régnant dans la ville, un cadavre gisait sur le sol, dans l'indifférence générale.

 

Le gouvernement du Tchad, dont des centaines de milliers de ressortissants sont établis en Centrafrique, a lancé un pont aérien depuis une semaine et a déjà évacué plus de 3.000 personnes par avion. Des milliers d'autres sont parties par la route.

 

Faiseur de roi en Centrafrique, N'Djamena a armé et soutenu la Séléka, dont certains combattants viennent du Tchad, selon plusieurs observateurs, dix ans après avoir favorisé le coup de force de François Bozizé.

 

La proximité des soldats tchadiens de la force africaine avec certains ex-rebelles auteurs d'exactions a été dénoncée à plusieurs reprises.

 

Samedi soir, l'Union africaine (UA) a balayé ces accusations, en apportant un soutien clair à N'Djamena et en "saluant les actions" en Centrafrique de l'armée tchadienne.

"Tout ce qui se raconte sur le contingent tchadien, nous à l'UA nous ne le croyons pas: nous soutenons l'armée tchadienne, nous saluons ses actions et nous l'encourageons dans sa mission au sein de la Misca", la force africaine en Centrafrique, a déclaré le Commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Ismaël Chergui.

 

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse à Bangui à l'issue d'une réunion de membres du groupe international de contact sur la Centrafrique.

 

"Ce qui se dit dans la presse est une manipulation. Le Tchad est en RCA depuis 20 ans. Le Tchad n'a pas un agenda sur la RCA", s'est insurgé de son côté le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, ajoutant: "je lance un appel au peuple centrafricain de ne pas se laisser manipuler par des politiciens qui ont échoué".

 

Le chef de la diplomatie tchadienne a également accusé l'ex-président Bozizé d'être à l'origine de la crise actuelle. Après avoir été renversé, François Bozizé s'est d'abord réfugié au Cameroun mais il s'est depuis rendu dans d'autres pays africains.

 

"L'ancien président et ses partisans ont jeté la responsabilité de leur échec sur le Tchad. Les Tchadiens ne sont pas les ennemis du peuple centrafricain", a-t-il insisté.

CENTRAFRIQUE : FUITE DES POPULATIONS

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 23:50

 

 

 

 

 

 

Notre pays, la République centrafricaine, dont le premier mot de la devise est l’Unité, connait aujourd’hui une situation exceptionnellement  dramatique de son histoire, déjà difficile depuis notre indépendance arrachée au prix de sa vie par notre Père fondateur Barthelemy BOGANDA.

 

Je compatis à la douleur de toutes les familles éprouvées, et depuis mon passage comme Premier Ministre, il y a de cela dix ans, et encore depuis l’élection présidentielle de 2005, je n’ai cessé d’attirer l’attention de tous sur la nécessité de construire notre citoyenneté dans la bonne gouvernance, car je voyais venir ces périls.

 

Pour moi, être Centrafricain, ce n’est pas appartenir à une communauté ou à une confession religieuse, mais c’est un état d’esprit qui nous permettra de développer ce pays potentiellement riche.

 

Notre situation n’est pas désespérée, mais ma conviction est qu’il n’y aura pas d’avenir pour notre pays sans une réconciliation véritable  de toutes ses filles et de tous ses fils, dans toute sa diversité.

 

Mais il faut le souligner avec force, il n’y aura pas de réconciliation véritable sans justice et sans pardon, c’est pourquoi, je propose la création immédiate d’une « Commission Nationale Justice et Pardon », pour nous permettre de nous réconcilier et de nous accepter comme l’ont fait nos frères d’Afrique du Sud avec Mandela, le peuple cambodgien après les dures années de Pol Pot, le peuple haïtien après les Duvalier et enfin plus près de nous, le peuple rwandais après le génocide de 1994.

 

 Merci à la France, merci à tous les pays frères contributeurs de la MISCA, merci à l’ONU, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne et à la CEEAC, qui nous aident à ramener la Sécurité et la Paix dans notre pays, au prix du sacrifice suprême de leurs enfants devant la mémoire desquels je m’incline.

 

Je le dis avec force, le bien-vivre ensemble et la paix des cœurs, c’est à nous centrafricains de les construire pierre par pierre.

 

Ensuite seulement, nous devons aller à des élections dès que possible pour que le peuple Centrafricain puisse choisir ses dirigeants dans la paix et l’unité retrouvées. Car ne l’oublions pas, nous avons deux batailles à gagner avant toute élection : l’une contre la dissémination des armes de guerre dans tout notre pays, et l’autre, la plus difficile, contre nos propres peurs.

 

Que Dieu bénisse notre pays, le Centrafrique.

 

Je vous remercie.

 

Fait à Bangui ce  28 décembre 2013

 

 

 

                                                    Martin ZIGUELE          

DECLARATION DE MARTIN ZIGUELE, Ancien Premier Ministre, Président du MLPC
DECLARATION DE MARTIN ZIGUELE, Ancien Premier Ministre, Président du MLPC

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 23:47

 

 

 

 

 

 

BANGUI 29-12-2013 à 18h31 (Reuters) - Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé dimanche un appel à une aide d'urgence pour les 100.000 occupants du camp de réfugiés proche de l'aéroport de Bangui, entassés dans des conditions sanitaires déplorables après avoir fui les violences à caractère religieux en Centrafrique.

 

MSF dit recevoir chaque jour entre 15 et 20 nouveaux blessés, victimes des affrontements qui perdurent dans la capitale malgré le déploiement au début du mois de renforts militaires français et africains.

 

Les attaques des anciens rebelles de la Séléka, principalement musulmans, et, face à eux, de milices "anti-balaka" surtout chrétiennes ont fait plus de 1.000 morts et 400.000 déplacés à Bangui en décembre.

 

MSF rapporte que le camp de l'aéroport, qui s'étend sur des kilomètres à côte de la piste, ne dispose pas d'installations sanitaires adéquates et n'est pas assez approvisionné en nourriture et en eau car les agences de l'Onu sont débordées par l'ampleur de la situation.

 

"Si rien n'est fait au cours des deux prochaines semaines, une épidémie risque d'éclater", a déclaré Lindis Hurum, coordinatrice de l'ONG sur le camp. "MSF demande aux agences humanitaires d'accroître leurs actions."

 

En l'absence d'infrastructures, des milliers de familles s'abritent du soleil sous des cartons ou des tentes de fortune confectionnées à l'aide de couvertures et de bâtons.

 

Ces conditions n'ont cependant pas découragé des dizaines de milliers de personnes de venir chercher refuge au cours des dernières semaines à l'aéroport, où patrouillent des forces burundaises de la Misca, force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) et près duquel se trouve une base militaire française.

 

Dimanche, Bangui est restée calme pour le second jour consécutif, mis à part quelques pillages isolés. Des militaires français ont empêché de jeunes chrétiens du quartier nord de Boy-Rabe de s'attaquer à des musulmans du district voisin de Miskine, selon un journaliste de Reuters.

 

Paul-Marin Ngoupana, Julien Dury pour le service français

Alerte de MSF sur un camp de réfugiés surpeuplé en Centrafrique
Alerte de MSF sur un camp de réfugiés surpeuplé en Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 23:45

 

 

 

 

 

Centrafrique - http://www.ouest-france.fr   12h14

 

Après des semaines de violence, Bangui, la capitale centrafricaine sombre dans le chaos.

 

Familles massées autour de l'aéroport pour se placer sous la protection des soldats français, civils tchadiens qui fuient sous les menaces: Bangui, malgré l'absence de tirs dimanche, présente le visage d'une ville dévastée par des semaines de violences meurtrières.

 

Conditions sanitaires désastreuses

 

L'Unicef a recensé 55 sites de déplacés dans la capitale centrafricaine, où s'entassent - dans des conditions sanitaires désastreuses - 370 000 personnes -- hommes, femmes, enfants. Il s'agit d'habitants de la ville, qui en compte 800 000 mais aussi de Centrafricains venus de province en espérant trouver un peu de tranquillité à Bangui.

 

100 000 personnes massées autour de l'aéroport

 

Autour de l'aéroport, zone sécurisée par les soldats français de l'opération Sangaris et ceux de la force africaine (Misca), ils sont environ 100 000, selon des estimations de responsables humanitaires, vivant sous des tentes de fortune, dormant à même le sol.

 

Un millier de morts à Bangui depuis l'intervention française

 

Chrétiens pour l'immense majorité, ils sont venus se placer sous la protection des militaires français pour échapper aux exactions des ex-rebelles majoritairement musulmans de la Séléka. De leur côté, les civils musulmans, centrafricains mais surtout tchadiens, fuient la ville.

 

Ils craignent d'être victimes de représailles de milices d'autodéfense locales chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) ou de foules les accusant de connivence avec les Séléka qui ont chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars 2013. Les tueries intercommunautaires ont fait un millier de morts dans la capitale depuis le 5 décembre, date du début de l'intervention française.

Centrafrique : Bangui, capitale dévastée

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 23:41

 

 

 

 

 

 

N'Djamena (AFP) Publié le 29 décembre 2013 à 18h31

 

Ils sont venus tuer mon mari devant sa boutique qu'ils ont pillée ensuite. Je suis née en Centrafrique, je ne connais personne au Tchad. Je vais faire comment?", désespérée Mariam Moussa, 40 ans, évacuée sur N'Djamena par l'armée tchadienne témoigne des journées d'horreurs à Bangui.

 

Mariam Moussa fait partie de ces milliers de Tchadiens qui ont fui les tueries intercommunautaires ayant fait un millier de morts en Centrafrique depuis le 5 décembre, date du début de l'intervention française, et sont rentrés dans leur pays.

 

Ils craignent d'être victimes de représailles de milices d'autodéfense chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) ou de foules les accusant de connivence avec les Séléka, des rebelles majoritairement musulmans et pour certains venus du Tchad qui ont renversé le président François Bozizé en mars 2013.

 

Pendant des mois, les ex-rebelles ont multiplié en toute impunité les exactions contre la population très majoritairement chrétienne du pays, nourrissant ressentiment, soif de vengeance et créant un climat délétère de haine religieuse.

 

"Quand ils ont ensuite attaqué notre maison, j'ai pu m'échapper pour passer quatre jours dans la mosquée et deux jours à l'aéroport avant de quitter en avion pour N'Djamena. Mais j'ai une fille de 15 ans qui est partie visiter quelqu'un dans une localité environnante de Bangui. Je n'ai plus de ses nouvelles et je ne sais comment faire", ajoute Mariam, hébergée temporairement dans un des trois centres d'accueil d'urgence de la capitale tchadienne abritant les "retournés forcés", comme on les appelle déjà.

 

Dans le centre social No1 de N'Djamena, les témoignages fusent, tous plus atroces les uns que les autres.

 

Mahamoud Amine Moussa, 25 ans, étudiant à Bangui raconte: "j'ai perdu plusieurs collègues de l'université qui ont été lapidés, découpés en morceaux avec des machettes et des houes par des Centrafricains. Dieu merci, j'ai eu la vie sauve. Je préfère rester au Tchad pour commencer une nouvelle vie".

 

"Je ne veux plus repartir à Bangui"

 

Faiseur de roi en Centrafrique, N'Djamena a armé et soutenu la Séléka, selon les spécialistes de la région, dix ans après avoir favorisé le coup de force de François Bozizé et la proximité des soldats tchadiens de la force africaine en Centrafrique (Misca) avec des ex-rebelles auteurs d'exactions - meurtres, viols, pillages - a été dénoncée à plusieurs reprises.

 

Olivier Toguiam, 20 ans, lycéen, se souvient: "j'ai vécu des moments les plus cauchemardesques de ma vie. J'ai vu les Centrafricains décapiter leurs semblables comme des animaux. Je les ai vu tuer deux étudiants tchadiens que je connais bien. Ils étaient sortis pour chercher à manger, c'est ainsi qu'ils ont été rattrapés par les soi-disant anti-balaka".

 

"J'ai trop peur pour mon père qui est toujours là-bas, puisque je suis rentré au Tchad avec ma mère et mes trois petits frères seulement", ajoute-t-il.

 

Au centre social No3, Amina Youssouf, 45 ans, veuve, mère de huit enfants témoigne: "j'ai vu des scènes horribles là-bas. J'ai vu les anti-balaka décapiter même les enfants".

 

"J'ai pu m'échapper avec trois de mes enfants, les cinq autres sont restés terrés dans notre maison. Je m'inquiète beaucoup pour eux. Je les laisse entre les mains de Dieu. J'ai quitté (la Centrafrique) sans rien prendre. Je suis veuve, je souhaite que mes cinq enfants reviennent au Tchad pour qu'on y reste définitivement, puisque je ne veux plus repartir à Bangui".

 

Mahamoud Moussa, 47 ans, garagiste à Bangui, assis par terre, la tête baissée, abattu: "je ne comprends pas ce qui est arrivé à mes frères centrafricains. On ne peut pas imaginer qu'on s'en prenne aux cinq cent mille Tchadiens qui vivaient en paix avec eux".

 

Selon la ministre tchadienne de l'Action sociale, Rosine Baïwong Djibergui, "plus de 5.000 Tchadiens sont déjà rapatriés de RCA à N'Djamena, pour la plupart des enfants, des femmes et des vieillards, et environ 8.000 sont en train d'être acheminés par la voie terrestre de RCA vers le sud du Tchad".

 

Dans ce déluge d'horreurs, une petite lueur d'espoir. Olivier, le lycéen: "je souhaite retourner vite à Bangui, dès que la guerre va finir, pour reprendre mes études".

 

© 2013 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. 

Des Tchadiens rentrés à N'Djamena racontent des journées d'horreurs à Bangui

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 00:49

 

 

 

 

 


BANGUI - AFP / 28 décembre 2013 20h29 - L'Union africaine (UA) salue les actions en Centrafrique de l'armée tchadienne, dont la proximité avec certains ex-rebelles auteurs d'exactions a été dénoncée à plusieurs reprises, a déclaré samedi soir à Bangui le Commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Ismaël Chergui.


Tout ce qui se raconte sur le contingent tchadien, nous à l'UA nous ne le croyons pas: nous soutenons l'armée tchadienne, nous saluons ses actions et nous l'encourageons dans sa mission au sein de la Misca, la force africaine en Centrafrique, a déclaré le commissaire lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion de membres du groupe international de contact sur la Centrafrique.

La question de déploiement d'une force de l'ONU en RCA (République centrafricaine) est une question évoquée bien avant le vote de l'ONU pour le déploiement de la Misca, a-t-il poursuivi, ajoutant: cette question n'est pas à l'ordre du jour. Les forces africaines sont capables d'assumer leur mission si nous mettons tous les moyens à leur disposition.


Il ne s'agit toutefois pas d'un refus à la démarche du président français François Hollande qui a demandé vendredi à l'ONU de jouer un rôle plus important en Centrafrique, où l'armée française a engagé début décembre 1.600 hommes pour soutenir la Misca.


Au cours d'un entretien téléphonique avec Ban Ki-moon, le dirigeant français a souhaité que les Nations unies jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique, après l'avoir remercié pour l'action déployée par les Nations unies en vue de renforcer la Misca.


Après cet entretien, les Nations unies ont annoncé qu'elles comptaient intensifier les discussions sur l'éventuel déploiement d'une force de maintien de la paix, ce qui signifie qu'aucune décision n'est attendue avant au moins plusieurs mois.


De son côté, le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, également présent à Bangui pour la réunion, a dénoncé comme une manipulation les accusations sur le comportement des forces tchadiennes en Centrafrique.


Ce qui se dit dans la presse est une manipulation. Le Tchad est en RCA depuis 20 ans. Le Tchad n'a pas un agenda sur la RCA: nous sommes au regret de constater cette campagne éhontée contre le Tchad, s'est-il insurgé lors de la conférence de presse.


Je lance un appel au peuple centrafricain de ne pas se laisser manipuler par des politiciens qui ont échoué. L'ancien président (François Bozizé, renversé en mars par la coalition rebelle Séléka après avoir été lâché par son allié tchadien) et ses partisans ont jeté la responsabilité de leur échec sur le Tchad. Les Tchadiens ne sont pas les ennemis du peuple centrafricain, a-t-il insisté.



(©)

Centrafrique: l'UA salue les actions de l'armée tchadienne

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog