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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 17:40

 

 

 

Bozizé et Zuma

 

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Libération 4 avril 2013 à 10:10 (Mis à jour: 15:59)

 

La décision du retrait des soldats survient au lendemain d’une demande de l’opposition sud-africaine, exhortant le gouvernement de retirer ses troupes de Centrafrique.


Par AFP

 

L’Afrique du Sud a décidé de retirer ses soldats de Centrafrique, a annoncé jeudi le président Jacob Zuma, faisant valoir que l’accord passé entre les deux pays n’était plus valable depuis le renversement du régime de François Bozizé le 24 mars.

 

«Nous avons pris la décision de retirer nos soldats. Nous étions en République centrafricaine sur la base d’un accord entre les deux pays», a dit Zuma, selon les propos rapportés par la radio et de télévision publique sud-africaine SABC, peu après un sommet extraordinaire consacré à l’avenir de la Centrafrique qui s’est achevé mercredi soir à N’Djamena. «Notre mission était d’aider à l’entraînement des soldats. Depuis le coup d’Etat et la prise du pouvoir par les rebelles, il était clair que le gouvernement n’était plus en place», a dit Zuma à une équipe de la SABC ayant voyagé avec lui au Tchad pour ce sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC).

 

Les forces sud-africaines étaient présentes en Centrafrique dans le cadre d’un accord de coopération bilatérale portant sur la formation de l’armée centrafricaine. L’Afrique du Sud avait renforcé ses effectifs en début d’année dans ce pays d’Afrique centrale où ses soldats étaient déjà présents notamment pour former une unité de protection des VIP, selon un accord de 2007.

 

La décision de l’Afrique du Sud de retirer ses militaires avait d’abord été annoncée mercredi soir par le président tchadien Idriss Déby à l’issue du sommet. «Le président Zuma a décidé de retirer les forces sud-africaines qui sont à Bangui», avait dit Deby. Il «reste disponible à la demande de la CEEAC pour nous appuyer en envoyant des forces si cela est nécessaire», avait-il souligné.

 

Jacob Zuma avait fait le déplacement avec trois de ses ministres (Relations internationales et Coopération, Défense, Sécurité d’Etat), signe de l’importance de cette épineuse affaire pour l’Afrique du Sud. Au moins 13 soldats sud-africains avaient été tués le 24 mars par la rébellion qui faisait alors son entrée dans Bangui, quelques heures avant de renverser le régime de François Bozizé. A Bangui, des sources centrafricaines, proches de la présidence et des services sécuritaires, ont affirmé que Zuma et Bozizé avaient passé un «deal», avec à la clé accès d’entreprises sud-africaines à des richesses pétrolières, diamantifères et aurifères.

 

Le Bénin prêt à accueillir le président déchu Bozizé

 

Le Bénin est prêt à accueillir le président centrafricain déchu François Bozizé, a affirmé jeudi à Bangui le ministre des Affaires étrangères béninois, Nassirou Bako-Arifari. «Le Bénin a été sollicité (par les chefs d’Etat d’Afrique centrale, réunis en sommet mardi et mercredi à N’Djamena, NDLR) et si le président (Bozizé) en faisait la demande officiellement, le Bénin donnerait une suite» à cette requête, a déclaré le ministre béninois.

 

«Il (le président Bozizé) est un Africain, le Bénin est une terre d’accueil et donc si le Bénin peut contribuer, se faisant, à apporter la paix en Centrafrique, pourquoi pas ? Le président (Thomas Boni Yayi) a écouté et n’a pas d’objection particulière», a-t-il ajouté. Bako-Arifari faisait partie de la délégation de ministres venus à Bangui présenter les recommandations issues du sommet de N’Djamena.

 

Ces recommandations ont toutes été acceptées par le nouvel homme fort de Centrafrique Michel Djotodia, au pouvoir depuis que la rébellion Séléka a renversé le régime du président Bozizé, qui s’est réfugié au Cameroun voisin.

 

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Centrafrique-Presse.com - dans Annonces et divers
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 13:04

 

 

 

Nicolas et Michel

 


BANGUI AFP / 04 avril 2013 12h15 - Le nouvel homme fort de Centrafrique, Michel Djotodia, a approuvé jeudi les propositions du sommet de N'Djamena, notamment l'élection d'un président de transition pour moins de 18 mois, a déclaré jeudi le Premier ministre, Nicolas Tiangaye.



« J'en ai discuté avec le chef de l'Etat (M. Djotodia, ndlr) qui a marqué son accord pour que cette solution soit retenue, a affirmé jeudi M. Tiangaye, qui avait participé mercredi au sommet la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) dans la capitale tchadienne.

 

« C'est un accord qui permet à la RCA (République centrafricaine) de sortir de l'isolement, qui permet d'éviter d'être mis au ban de la communauté internationale, je ne vois pas pourquoi la (coalition rebelle) Séléka va s'y opposer, a-t-il ajouté.



« En l'état actuel des choses, il est impossible de reconnaître un président autoproclamé », avait déclaré le président tchadien Idriss Déby mercredi soir à l'issue du sommet consacré à l'avenir de la Centrafrique.



Michel Djotodia, chef du Séléka, avait renversé le 24 mars le président centrafricain François Bozizé, au pouvoir depuis dix ans, aujourd'hui réfugié au Cameroun.



Selon le président tchadien, un collège de transition élirait un président pour une période qui ne devrait pas excéder 18 mois, alors que Michel Djotodia avait annoncé auparavant qu'il dirigerait le pays pendant trois ans avant l'organisation d'élections.



Ce conseil national (de transition, CNT, ndlr) aura à élire le président de la République et le président du CNT en tant qu'organe constituant législatif, cela permettra à la RCA d'éviter d'être sanctionnée. Dès l'instant où toutes les composantes de la société feront parties de cette institution, c'est un gage de légitimité et de légalité qui permettrait de donner plus de poids à nos institutions, a déclaré M. Tiangaye.



(©)

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 12:21

 

 

 

 

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RFI  jeudi 04 avril 2013 Boniface Vignon

 

Dix jours après avoir été chassé du pouvoir par un coup d'Etat, le président François Bozizé s'exprime depuis Yaoundé où il a trouvé provisoirement refuge. L'ex-président centrafricain accuse le Tchad d'avoir orchestré le coup d'Etat, et exige d'être rétabli dans ses fonctions. Il réclame des élections dans les plus brefs délais.


RFI : Vous mettez directement en cause le Tchad, les forces spéciales tchadiennes, quels sont les éléments de preuve que vous avez pour affirmer cela ?

 

François Bozizé : Nous connaissons la capacité militaire de la Seleka que nous avons déduite le samedi 23 mars. Mais le dimanche 24, ce sont des éléments nouveaux qui sont arrivés, avec des véhicules neufs, de l’armement neuf, une trentaine, quarantaine de pick-up équipés, ils ont traversé plusieurs villes avant d’atteindre Bangui; ils ont traversé des villes au Tchad, comme en Centrafrique. Or nous avons des antennes ici et là, la gendarmerie, la police, qui nous ont informés que cette fois ci, ce n’est plus la Seleka, mais que ce sont des éléments tchadiens qui vont en direction de Bangui.

 

Ce sont des accusations graves, vous aviez pourtant de bonnes relations avec le Tchad ?

 

Nous avons de bonnes relations avec le Tchad, et nous sommes surpris de voir le Tchad qui nous agresse. Nous avions des relations particulières avec ce pays, cela je ne peux pas le nier.

 

Aviez-vous un différend particulier avec le président Déby ?

 

A ma connaissance, non. C’est une question qu’on peut poser aux autorités tchadiennes.

 

D’aucuns affirment que vous ne devez vous en prendre qu’à vous-même, parce que vous n’avez pas respecté les accords de Libreville.

 

C’est un complot habilement monté, tout simplement. S’il y a quelqu’un qui a bien respecté les accords de Libreville, c’est bien Bozizé ! Le gouvernement a été dissous, le Premier ministre a été désigné, venant de l’opposition, le nouveau gouvernement a été désigné, tout le monde travaillant ensemble, en harmonie. C’est bien la Seleka qui n’a pas respecté les accords de Libreville, et cela d’ailleurs, depuis le premier sommet extraordinaire de Ndjamena.

Que disait ce sommet ? Que les rebelles puissent cesser les hostilités et repartir à la case départ. Est-ce qu’ils l’ont respecté ? Les accords de Libreville disent bien regroupement, cantonnement et commencer le DDR (Processus de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion compris dans les accords de Libreville). Est-ce que cela a été fait ? Et la ligne rouge de Damara, qui l’a traversée pour atteindre Bangui ? C’est la Seleka qui a traversé la ligne rouge en présence de forces de la Micopax (Mission de consolidation de la paix en Centrafrique). On peut nier cela ? Soyons sincères. Les choses sont claires, les choses sont simples. Qu’est ce qu’on me reproche ? Je ne vois rien d’autre derrière tout cela que la méchanceté de l’homme, la convoitise de nos richesses.

 

La convoitise de vos richesses par le Tchad ?

 

Je suis agressé. Seuls les agresseurs peuvent dire pourquoi ils m’ont agressé. Pourtant, j’ai de bonnes relations avec le Tchad, comme avec le Congo, comme avec le Gabon, la Guinée équatoriale, le Cameroun et d’autres pays. Tous les biens qui ont été pillés ont traversé les frontières du Tchad et du Soudan. Pourquoi à la frontière, personne n’a pu arrêter ces gens et renvoyer tout le matériel pillé ; véhicules, frigidaires, climatiseurs, que sais-je ?

 

Les forces sud-africaines que vous avez acceptées sur le territoire centrafricain étaient censées repartir. Pourquoi sont-elles restées ? Leur départ était une des clauses de accords de Libreville ?

 

Les accords de Libreville disent bien que ce n’est que lorsque la sécurité sera redevenue normale que l’on pourra faire repartir les forces sud-africaines. Les forces sud-africaines sont en République centrafricaine depuis bientôt cinq ans. Nous avons signé avec la République sud-africaine un accord de défense. C’est dans ce cadre que ces forces sont à nos côtés pour nous aider à faire face à la situation.

 

Vous parlez d’accord de défense, mais les forces sud-africaines devaient assurer la formation de l’armée centrafricaine et non défendre le palais présidentiel.

 

L'accord de coopération qui concerne la formation militaire, ils l’ont fait. Pour ce qui concerne l’accord de défense, lorsque nous sommes agressés, nous pouvons faire appel au pays avec lequel nous avons signé un tel accord de défense. Nous avions signé un tel accord avec la France. Mais depuis deux ou trois ans, nous avions révisé cet accord de défense et nous n’avons plus que des accords de coopération avec la France.

 

Que souhaitez-vous maintenant, être réinstallé comme président de la République ?

Je souhaite le retour à la légalité constitutionnelle. Ne pas le faire signifie que c’est la jungle à travers l’Afrique. Reconnaître ces rebelles, ce n’est pas dans l’esprit de ce que défend l’Union africaine et toutes les institutions africaines et internationales. Je souhaite qu’on aille aux élections le plus rapidement possible et que le meilleur gagne.

 

Combien de temps faudrait-il dans votre pays, selon vous, pour organiser des élections ?

 

Les accords de Libreville le disent bien : dans un an. Un an, c’est le temps nécessaire pour mettre en place toutes les structures pour organiser les élections. Pourquoi se cacher et ne pas faire face à la réalité ?

 

Serez-vous candidat ?

 

Je laisse au peuple le soin de se prononcer sur ce point. Je suis au service de mon pays et de mon peuple en tant que fils de ce pays. Si le peuple me rejette, je lui obéirai. Si le peuple m’appelle, je viendrai.

 

Vous aviez de bons rapports avec tous les pays de l’Afrique centrale et vous avez choisi le Bénin comme pays d’asile. Pourquoi ce choix ?


 

Je n’ai pas encore fait une demande au Bénin. Cependant, le Bénin a l’habitude de m’accueillir. Donc je crois que si je décidais de faire cette demande au Bénin, il n’y aurait pas de problème. Mais pour le moment, je n’ai pas fait de quelconque demande d’asile. Ma destination, je la connaitrai avec le temps.

 

 

 

 

NDLR : Ce monsieur est vraiment un malade du pouvoir. C'est franchement hallucinant ! Il voulait encore être candidat aux prochaine élections présidentielles. C'est dingue ! Quelle légitimité a-t-il, lui qui n'a eu de cesse de tricher massivement aux élections. A celles de 2005, il ne devait pas être candidat. Il l'a été. En 2011, tout le monde sait qu'il a encore fraudé à une grande échelle. Les mensonges et la ruse ont des limites. Un jour, on en prend en pleine figure. Il sait bien que ce sont les mercenaires tchadiens qu'il avait recrutés en 2001 - 2002 qui ont renversé Patassé pour l'installer au pouvoir en 2003 avec l'aide des forces spéciales de Déby. Dix ans après, c'est quasiment le même casting qui l'a chassé du pouvoir à son tour mais il feint d'être amnésique. Gémir maintenant comme il le fait ici est indécent. Cette interview ayant été enregistrée avant la tenue du sommet de N'djaména, Bozizé ne pouvait pas encore réaliser qu'il est désormais hors circuit, ses anciens homologues de l'Afrique de la CEEAC ayant autorisé Thomas Yayi Boni à le prendre avec lui au Bénin. Qu'il s'estime heureux car s'il n'avait pas fui du palais de la Renaissance le 24 mars dernier, on parlerait déjà de lui à l'imparfait mais comme il s'est sauvé comme un lapin, sa place est maintenant à la Cour Pénale Internationale car ses nombreux crimes ne sauraient rester impunis.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Interview
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 04:42

 

 

 

bozize-2

 

© camerounactu.net : Jean-Marie Nkoussa

 

Dans une interview accordée à Canal 2 international, le président centrafricain réfugié au Cameroun réfute toute demande d’asile. Il accuse par ailleurs les tchadiens d’avoir participé au push qui l’a renversé le 24 mars 2013.

 

François Bozizé ne se fait aucun doute sur la question. Le Tchad a pris une part active à son renversement. « Mon pays a été attaqué par la Sélaka composé majoritairement d’éléments armés venus du Tchad », lâche t-il.

 

S’il n’incrimine pas directement les autorités tchadiennes, celui qui est arrivé au pouvoir en 2003 après avoir renversé Ange Félix Patassé, pointe du doigt, à des maux à peine voilés, le pays d’Idriss Deby. « Le matériel militaire que la Séléka a utilisé est neuf, une trentaine de pick-up. Ce n’était pas la Séléka, elle n’a pas la capacité de se renouveler aussi rapidement », affirme-t-il, laissant entendre que la rébellion centrafricaine a bénéficié du soutien de l’armée tchadienne.

 

Deby sur répondeur

 

Pour appuyer sa thèse, Bozizé soutient qu’après le coût d’Etat il a essayé de s’entretenir avec ses homologues de la sous-région Afrique centrale. A ce propos, il affirme avoir rencontré Paul Biya. Le président camerounais, a-t-il dit, « voulait comprendre ce qui s’est réellement passé. Il m’a donné des conseils d’un grand-frère ».

 

Par contre, le président centrafricain n’a pas pu avoir au téléphone le président tchadien. Il indique que le réceptionniste du palais présidentiel de N’Djamena s’est joué de diversion pour lui opposer une fin de non-recevoir. Bozizé affirme d’ailleurs que le directeur du protocole de la présidence tchadienne s’est opposé à sa présence lors du sommet de crise des leaders de la Ceeac qui s’ouvre ce 3 avril dans la capitale tchadienne.

 

Contre-attaque

 

Refugié au Cameroun depuis maintenant une dizaine de jours, François Bozizé était resté jusqu’ici peu bavard sur la situation politique dans son pays. Il a décidé de rompre le silence et de passer à l’offensive. Outre son entretien avec Canal 2 international, le président fondateur du Knk (Kwa Na Kwa), a accordé une interview à BBC et commis une déclaration envoyée à plusieurs autres médias.

 

Dans sa déclaration, il rejette « toute participation au nom de notre grand parti Knk, à l’actuel gouvernement d’union nationale de Maitre Nicolas Tiangaye », appelle notamment au « rétablissement de l’ordre constitutionnel » en Rca et sollicite « davantage l’implication effective de l’Union Africaine, des Nations Unies et de la Ceeac pour une évaluation progressive et objective des accords de Libreville afin de garantir une paix durable en Centrafrique ».

 

Un avenir en suspens

 

Pour le moment François Bozizé reste évasif sur sa future destination même s’il dément toute demande d’exile au Bénin. « Je n’ai pas demandé d’asile politique quelque part mais si le je faisais il n’y a pas de doute que le Bénin me l’accorderait ».

 

La sortie médiatique de Bozizé intervient alors que la presse nationale fait état d’une nouvelle attaque de rebelles centrafricains à l’Est du Cameroun. Selon Le Quotidien de l’Economie qui traite de l’information, les assaillants ont attaqué le camp du Bataillon d’intervention rapide de Kette, petite localité située à 80 km de Batouri. S’étant heurtés à la riposte des forces de défense camerounaise, ils auraient pris la suite en délivrant le message ou ils s’insurgeaient  contre l’hospitalité accordée par le Cameroun à l’ex-président, Bozizé.

 

 

 

 

NDLR : Bozizé raconte des histoires. S'il n'y avait pas de doute que les autorités béninoises lui accorderaient automatiquement l'asile dans leur pays, Yayi Boni n'aurait pas pris part exprès au sommet de la CEEAC de N'djaména afin de solliciter l'autorisation préalable des chefs d'état de l'Afrique centrale pour accueillir Bozizé dans son pays. Le ministre des affaires étrangères du Bénin avait déclaré auparavant que s'il était vrai que Bozizé avait sollicité l'hospitalité du Bénin, son cas était "délicat" et que les autorités n'avaient pas encore donné suite à la requête du déchu. C'était lorsque le présidnet Yayi Boni se trouvait encore en Afrique du Sud. Bozizé doit maintenant cesser de prendre ses désirs pour la réalité. Les décisions du sommet de N'djaména, notamment l'autorisation accordée à Yayi Boni d'héberger Bozizé au Bénin, est une façon très élégante des chefs d'état de l'Afrique centrale de tourner la page Bozizé en RCA. Donc ses illusions et prétentions de revenir au pouvoir et à la prétendue légalité constitutionnelle se sont définitivement envolées.

 

Il doit maintenant se préparer et s'attendre à la perspective de poursuite judiciaires devant les tribunaux centrafricains et la Cour Pénale Internationale de La Haye où se déroule toujours le procès de Jean-Pierre Bemba dont il est un des témoins essentiels et pour divers crimes de guerre et crimes contre l'humanité couvrant ses multiples tentatives armées de prendre le pouvoir par rébellions calamiteuses ayant totalement détruit le pays et occasionné la mort de plusieurs Centrafricains, dont il doit inévitablement répondre, ainsi que la responsabilité qu'il porte dans plusieurs assassinats et massacres comme à Paoua ou la triste fin telle que celle de Charles Massi et bien d'autres fils du pays qui ont mystérieusement disparu jusqu'à ce jour et dont on est toujours sans nouvelle. Ses bras armés et exécutants comme Vianney Semndiro, Eugène Ngaikoisset alias "le boucher de Paoua" et autres Olivier Koudémon alias Gbangouma ne dormiront plus en paix et seront maintenant traqués partout où ils se cacheront. L'impunité et la protection de Bozizé dont ils ont joui jusqu'ici sont terminées. De même, certains de ses délinquants de rejetons comme Francis, Papy, Djodjo, Kévin, Teddy et autres Franklin et Giscard, doivent également s'attendre à quelques comptes à rendre devant la justice pour les nombreux forfaits et exactions qu'ils ont aussi commis dans l'ivresse du pouvoir de leur ex-président de père.  

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 04:16

 

 

 

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LE COMITE AD 'HOC

DES CENTRAFRICAINS DE L'ETRANGER

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF AU SOMMET DE NDJAMENA

 

 

 

Suite aux décisions prises au sommet de NDJAMENA consacré à la crise centrafricaine, le comité ad'hoc des centrafricains de l'Etranger, de la Diaspora se félicite une fois de plus que ces propositions pour une sortie de crise sont entièrement prises en compte permettant aux centrafricains de définir de manière consensuelle les nouvelles orientations d'une nouvelle centrafrique. C'est ici l'occasion de remercier tous les Chefs d'États de la CEEAC, la France, les États Unis d'Amérique, l'Union Africaine, l'Union Européenne, les Nations Unies pour leur implication dans ce processus.

 

Aussi le comité ad'hoc des Centrafricains de l'Etranger s'attellera dès à présent dans un esprit contributif à formuler des propositions concrètes sur ce processus combien délicate mais périlleux qui s'annonce. En tout état de cause la diaspora fidèle à l'intérêt supérieur de la Nation réitère sa position qui est celle de la convocation de la conférence nationale souveraine, première mission du conseil de gouvernement avec des critères très précis de compétences, d'intégrité, de moralité irréprochable. La désignation du Président de la transition, est une étape très cruciale et déterminante pour la réussite de transition, et qui désignera le Premier Ministre et son gouvernement, la feuille de route pour le rétablissement de la confiance et l'amorce d'un processus de relance de l'économie, l'adoption d'un agenda des élections et enfin un comité de suivi international de toutes les dispositions souveraines que le peuple adoptera et qui fera sa volonté souveraine .Cette fois-ci la page sera définitivement tournée.

 

Aussi la Diaspora insiste sur la clé de répartition des entités qui feront partie du conseil de gouvernement et des autres institutions de la transition. La situation du pays dans cette phase critique n'autorise nullement des calculs politiciens et des manipulations à des fins électoralistes et partisans. Notre pays a trop souffert de ces genres de pratiques et qui constituent l'une des causes des nombreuses crises en Centrafrique. Le mot d'ordre c'est le consensus, consensus pour une paix véritable et l'amorce d'un processus démocratique en Centrafrique.

 

 

Fait à Paris le 04.04.2013


Le Président

 

 

Guy Simplice KODEGUE

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Centrafrique-Presse.com - dans Communiqués
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 02:26

 

 

 

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De Jo BIDDLE (AFP) – 3 avril 2013

 

WASHINGTON — Washington a promis mercredi 5 millions de dollars de récompense pour toute information qui permettrait l'arrestation du chef rebelle ougandais Joseph Kony, qui se cacherait aux confins de la Centrafrique, du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo (RDC).

 

Le dirigeant de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) est inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, parmi lesquels viols, mutilations, meurtres et recrutements d'enfants.

 

Les Etats-Unis ont également proposé une récompense pour l'arrestation de chacun des trois adjoints de Kony: Okot Odhiambo, Dominic Ongwen, ainsi que Sylvestre Mudacumura, qui combat au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

 

La LRA est "l'un des groupes armés les plus cruels au monde", a affirmé l'ambassadeur des Etats-Unis pour les crimes de guerres Stephen Rapp, lors d'une conférence de presse.

 

"Nous agissons aujourd'hui pour que justice soit rendue à ces hommes, ces femmes et ces enfants innocents, victimes de massacres, d'amputations, d'asservissement, et d'autres atrocités", a-t-il expliqué. "Etre tenu pour responsable est un pilier clé de l'initiative de l'ONU pour prévenir de telles atrocités", a-t-il souligné.

 

La LRA est active dans le nord de l'Ouganda depuis 1988, mais ses combattants se sont installés depuis 2005 dans le nord-est de la RDC, ainsi qu'en Centrafrique et au Soudan du Sud.

 

Ses attaques ont provoqué le déplacement d'environ 450.000 personnes en RDC, Centrafrique, Ouganda et au Soudan du Sud, selon l'ONU, qui enquête par ailleurs sur des sources de financement illicite de la LRA, notamment celles liées au trafic d'ivoire.

 

"Mettre fin au fléau de la LRA"

 

Fin 2011, le président américain Barack Obama avait autorisé l'envoi d'une centaine de forces spéciales pour aider l'armée ougandaise à fouiller la jungle pour retrouver Joseph Kony.

 

"Cela fait partie de notre stratégie régionale visant à mettre fin au fléau de la LRA et à parvenir à un avenir où aucun enfant africain n'est enlevé à sa famille, aucune fille n'est violée et aucun garçon n'est forcé de devenir un enfant-soldat", avait-il expliqué quelques mois plus tard lors de la prolongation de cette mission, jugeant indispensable que "ce fou rende des comptes devant la justice".

 

L'armée ougandaise a annoncé mercredi avoir suspendu sa traque de la LRA en Centrafrique, suite à la prise du pouvoir à Bangui par la rébellion Séléka, qui n'est pas reconnue par l'Union africaine (UA).

 

En mars 2012, l'ONG californienne Invisible Children avait replacé Joseph Kony sur le devant la scène en diffusant "Kony 2012", un documentaire d'une demi-heure visionné sur internet par des dizaines de millions de personnes à travers le monde.

 

Elle avait ensuite diffusé une nouvelle vidéo avec l'objectif avoué de répondre aux critiques dont elle a fait l'objet. Car si la première vidéo avait incontestablement contribué à attirer l'attention sur Joseph Kony, des voix s'étaient élevées pour dénoncer un film simpliste et s'interroger sur la déontologie de l'ONG et l'utilisation de ses fonds.

 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits réservés.

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 01:48

 

 

 

Déby idriss

 

Les chefs d'Etat d'Afrique centrale ont estimé mercredi "impossible" de reconnaître le chef rebelle Michel Djotodia comme président de la Centrafrique. Ils demandent la mise en place d'autorités de transition, a l'issue d'un sommet à N'Djamena au sujet de la crise centrafricaine.


"En l'état actuel des choses, il est impossible de reconnaître un président autoproclamé", a déclaré le président tchadien Idriss Déby à l'issue du sommet. Selon lui, "un collège" élu "par les forces vives de la Nation" doit prendre "la tête de la transition" et "jouer le rôle de l'exécutif".


Idriss Déby a également annoncé la "mise en place d'un organe législatif qui va rédiger la Constitution et jouer le rôle de l'Assemblée".


"Dès demain, une mission composée des ministres des Affaires étrangères des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), les partenaires et les représentants des Nations de l'Union Africaine, de l'Union européenne et de l'Organisation internationale de la francophonie doivent se rendre à Bangui pour porter ce message aux Centrafricains" a également ajouté M. Déby.


Le président tchadien a précisé qu'à l'issue de cette mission, un nouveau sommet de la CEEAC aurait lieu à N'Djamena.


Concertation des chefs Séléka

 

"On va se concerter avec les autres (chefs du Séléka) et on va réfléchir", a simplement commenté le général Moussa Mohamed Dhaffane, un des principaux leaders du Séléka et l'un des cinq ministres d'Etat de l'actuel gouvernement d'union nationale de la Centrafrique.


La coalition rebelle Séléka a pris le pouvoir à Bangui, jugeant que François Bozizé n'avait pas respecté les accords de paix signés en janvier entre pouvoir, opposition et rébellion à Libreville, après une première offensive rebelle en décembre.



(ats / 03.04.2013 23h51) 

 

 

 

NDLR : Reconnaître Michel Djotodia reviendrait pour ces chefs d'état de la CEEAC presque tous susceptibles les uns que les autres dde faire l'objet à leur tour d'un coup d'état, à entériner un dangereux précédent et créer un cas de jurisprudence inadmissible et contraire aux textes et principes de l'UA et des Nations Unies. D'où cette nouvelle feuille de route assez laborieuse proposée aux Centrafricains, Séléka compris. 

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 01:45

 

 

 

BJ 75 Séléka

 

La gestion du pouvoir par François Bozizé de manière opaque, clanique, familiale et calamiteuse a conduit à une volonté de changement par le peuple centrafricain. Mais celui-ci ne s’est pas réalisé dans la règle de l’art par un coup de force des rebelles et nous revoilà 10 ans en arrière.

 

Malgré une page enfin tournée et un changement tant attendu, la mise à l’écart du Général et ex-président par les Hommes de la SELEKA a fait encore coulé du sang et les inquiétudes demeurent chez  le peuple Centrafricain.

 

Quant à l’avenir démocratique  du pays, l’intention de la SELEKA  de  mener la transition dans un délai raisonnable et de rétablir la paix peut tout de même nous faire envisager l’avenir avec optimisme.

 

J’appel la SELEKA, l’opposition Démocratique et les partis Civils de tirer la leçon du passé et d’éviter à tout prix le manque de clarté, de décision démocratique et de concertation.

 

J’appel toutes les Centrafricaines et tous les Centrafricains à être maintenant vigilant face à des personnes qui étaient responsables de la souffrance atroce du peuple Centrafricain et qui aujourd’hui tourne leur veste pour  défendre les  SELEKA, l’audace ne justifie pas tout.

 

J’appel la Diaspora Centrafricaine dans le monde à être conscient et soucieux du développement de notre pays qu’il est temps de prendre nos responsabilités car le pays a plus que besoin de nous.

 

J’appel encore  les politiques de se réunir, d’engager un dialogue franc, démocratique,  Républicaine afin de poser le fondement d’une Centrafrique nouvelle comme il a été fait au Sénégal par  l’opposition lors des dernières élections présidentielles.

 

Pour cette fête de Pâques, nous demandons à Dieu de nous aider à relever la tête.

 

 

Le 1 Avril 2013, à Avignon


St Cyr  NGOUYOMBO 

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Centrafrique-Presse.com - dans Opinion
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 01:19

 

 

 

 

La CEEAC demande la mise en place d'une transition à Bangui

 

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APA-Ndjaména (Tchad) 2013-04-03 22:05:46 - La Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) a demandé mercredi, à l'issue d'un sommet extraordinaire à N’djaména, la mise en place d’une transition à Bangui, dix jours après le renversement du président François Bozizé.

 

Au cours de ce sommet, le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby, a jugé « impossible, en l'état actuel des choses », de reconnaître Michel Djotodja comme chef de l'Etat de la République centrafricaine.



Le président Déby a indiqué que la transition devra être dirigée par un collège élu par « les forces vives de la nation » qui à son tour élira « un président de la transition ».


Il a suggéré une période de transition de 18 mois.


Réuni d'urgence lundi le lundi 25 mars dernier dans la capitale éthiopienne, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA avait décidé de suspendre immédiatement la participation de la République centrafricaine à toutes les activités de l'Union africaine. 


Elle avait aussi décidé d'imposer des sanctions, à savoir des restrictions de voyage et le gel des avoirs des dirigeants du Séléka », selon un communiqué final lu par le Commissaire à la Paix et la Sécurité, Ramtane Lamamra.


L'Union africaine demande par ailleurs à « tous les Etats-membres de prendre les mesures requises pour isoler totalement les auteurs du changement anti-constitutionnel en République centrafricaine ».


Le président Bozizé, arrivé au pouvoir en 2003 par un coup de force contre Ange Félix Patassé, a trouvé refuge au Cameroun.

 

 

 

ALERTE - Les présidents d'Afrique centrale appellent le Bénin à accueillir Bozizé

 

Boz et Yayi Boni

 

 

N'DJAMENA AFP / 03 avril 2013 21h39- Les chefs d'Etat d'Afrique centrale ont appelé mercredi leur homologue béninois Thomas Boni Yayi à accorder l'asile au président centrafricain déchu François Bozizé s'il en fait la demande, lors d'un sommet à N'Djamena consacré à la crise centrafricaine.


L'ex-président Bozizé se trouve au Cameroun, nous avons demandé au président béninois, s'il (Bozizé) en fait la demande, qu'il accepte de l'accueillir chez lui en tant que frère, a déclaré le président tchadien Idriss Deby à l'issue du sommet.



(©) 

 

 

 

En quête de légalité pour la RCA

 

Djoto Droko


BBC Afrique  3 avril, 2013 - 13:25 GMT

 

Les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) sont dans la capitale tchadienne pour une rencontre extraordinaire.

 

Les présidents sud -africain, Jacob Zuma, et béninois Thomas Yayi Boni, participent à ce sommet consacré à la situation en Centrafrique.

 

L'ancien président de la Centrafrique n'est pas au rendez-vous de Ndjamena, alors qu'il avait souhaité y être.

 

Dans une interview accordée à la BBC, François Bozizé, a en effet déclaré en avoir interpelée, sans suite, la présidence tchadienne en ce sens.

 

Les chefs d'Etat tenteront d'élaborer un cadre constitutionnel dans lequel se déroulera la transition.

La constitution centrafricaine, dissoute par les nouvelles autorités, confiait l'intérim de la présidence de la république au Président de l'Assemblée nationale en cas de vacance de pouvoir.

 

L'Union africaine a condamné le coup d'Etat, mais les pays de la CEEAC se sont abstenus de lui emboîter le pas.

 

Il s'agira donc de trouver un compromis entre cette position de principe et la reconnaissance du pouvoir de fait qui est installé à Bangui.

 

Michel Djotodia, l'homme fort de la Centrafrique depuis dix jours, n'est pas à Ndjamena.

 

Aucune raison n'a été officiellement avancée pour expliquer cette absence.

 

La Centrafrique est représentée par son Premier ministre Nicolas Tiangaye.

 

Cet ancien opposant au régime de Bozizé a été reconduit, le 27 mars, à ce poste qu'il occupait déjà, suite aux accords de paix de Libreville du 11 janvier.

 

Les conclusions de ce sommet donneront à voir la réalité de l'influence du Tchad et de son président dans le jeu politique centrafricain.

 

Dans son interview à BBC Afrique, François Bozizé a affirmé que l'assaut dont il a été victime le dimanche 24 mars avait été mené par "les forces spéciales des forces armées tchadiennes".

 

 

 

NDLR : Ce que Bozizé omet volontairement sans doute de dire est que ce sont les mêmes forces spéciales tchadiennes qu'il accuse maintenant de l'avoir renversé qui l'avaient aussi installé au pouvoir en 2003. Ironie du sort ?  

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Centrafrique-Presse.com - dans Dossiers
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 01:17

 

 

 

Bozizé heberlué

 

 

http://www.lefaso.net    mercredi 3 avril 2013

 

« Si nous nous retrouvons à la tête de l’Etat, ce n’est pas, croyez-moi, par une quelconque ambition politique mais par devoir national ». J’adore les déclarations des putschistes. Et le discours de Michel Djotodia, samedi 30 mars 2013, à Bangui, vaut son pesant d’or : « Je demande à Dieu tout-puissant de nous donner la force et l’intelligence à moi et à mon premier ministre […] de bien gérer la Centrafrique pendant les trois ans à venir. Nous allons remettre le pouvoir à celui qui viendra nous succéder […] Il n’y aura pas de chasse aux sorcières car nous devons ériger la tolérance, le pardon et le dialogue en méthode de gestion des affaires de l’Etat ».

 

Les hommes politiques se succèdent au pouvoir en Centrafrique avec toujours quantité de promesses ; jamais tenues. David Dacko (1960-1966) a été le premier d’entre eux. Viré du pouvoir par Jean-Bedel Bokassa (1966-1979), il y était revenu (1979-1981) à la suite d’une intervention militaire (opération « Barracuda ») montée par la France. Avant que le général d’armée André Kolingba (1981-1993), « soucieux du devenir de son pays, décide de mettre un terme à la période d’anarchie que connaît la République centrafricaine et qui hypothéquait dangereusement l’avenir du pays », ne décide de l’en déloger. Ange-Félix Patassé (1993-2003), après avoir échoué en tant que putschiste, va remporter la présidentielle de 1993 et dix ans plus tard (15 mars 2003) sera dégommé par François Bozizé (2003-2013) qui, à son tour, va l’être, une fois encore au bout de dix ans. Il faudrait une bonne dose de naïveté pour croire que ce nouveau coup de force va, définitivement, changer la donne politique en Centrafrique.

 

J’attendais la rébellion au pouvoir à Bangui pour le 31 décembre 2012 (cf. LDD Centrafrique 013/Mercredi 26 décembre 2012), histoire de rappeler que c’est « dans la nuit de la Saint-Sylvestre » 1965 que le colonel Bokassa s’était installé à la tête de la République centrafricaine. Mais Djotodia a préféré « négocier » à Libreville un accord particulièrement boiteux. Il a raté aussi le dixième anniversaire du coup d’Etat (15 mars 2003) qui avait permis à Bozizé de renverser Patassé. La symbolique est quand même au rendez-vous : Djotodia a conquis Bangui le dimanche 24 mars, jour des Rameaux, commémoration de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem sous les acclamations du peuple. Mais on sait que cette affaire-là a, rapidement, mal tourné. Enfin, passées la Passion et la Résurrection, restent l’Ascension et la Pentecôte. Des raisons de ne pas totalement désespérer ?

 

Dacko (mort en 2003), Bokassa (mort en 1996), Kolingba (mort en 2010), Patassé (encore vivant) n’avaient pas laissé de regrets. Bozizé n’en laisse pas non plus. Avant d’instaurer le sien, il avait été de tous les régimes : Bokassa l’avait fait général de brigade à 32 ans ; Dacko (lorsqu’il était revenu au pouvoir) l’avait nommé ministre ; Kolingba avait fait de même ; Patassé l’avait promu chef d’état-major. Aujourd’hui, à l’instar d’Amadou Toumani Touré au Mali, Bozizé s’est enfui. Sans doute pas à pied ; c’est avec effarement que l’on découvre dans le magazine du Monde, la photo de la flopée de Mercedes de la Présidence de la République (pas moins de sept sont visibles sur la photo ; et comme l’une d’entre elles est immatriculée 011 PR, on peut penser qu’il y en a quelques autres qui ont rejoint le Cameroun). Tandis que sur le site de la présidence de la République centrafricaine, il est encore proclamé que le pays aura « un avenir gagnant avec François Bozizé ». Et là on a une certitude : ce ne sera pas avec lui… !

 

En Centrafrique (et dans la région sans oublier les institutions continentales) on ne cesse de se réjouir du départ brutal des « présidents ». Reste que la question se pose à chaque fois : « Eh oui, mais après… ? ». Ce ne sont pas les médias panafricains qui vont poser la question. Chaque « alternance » est l’occasion de multiplier les « messages » et autres « publi-information ». Et Bozizé a pu, à l’instar de ses prédécesseurs, longuement et fréquemment, « communiquer » sur la réussite de sa politique. Il le disait encore à François Soudan (Jeune Afrique du 24 mars 2013) lors de leur entretien, au Palais de la Renaissance à Bangui, le 13 mars dernier : « Après tous les efforts consentis pour redresser la Centrafrique, 2013 allait être l’année du décollage ». Le seul qui ait décollé, c’est Bozizé (sans oublier sa famille et ses proches qui ont pris la poudre d’escampette dès la fin de l’année 2012). « A aucun moment je n’ai songé à fuir. J’étais prêt à me battre jusqu’au bout […] Je sais désormais sur qui je peux compter dans mon entourage et je sais qui a failli. Ceux-là se sont démasqués » ajoutait-il au sujet des événements de décembre 2012 dont il dit n’avoir jamais perdu la maîtrise : « Toutes les dispositions avaient été prises pour que les rebelles soient arrêtés aux portes Bangui ».

 

Onze jours plus tard, les portes de Bangui ont été franchies et Bozizé n’est pas resté les armes à la main pour défendre un pouvoir dont il revendiquait pourtant la légalité et la légitimité. Djotodia, dont nul ne sait vraiment d’où il vient et, surtout, qui sont ses sponsors, s’est positionné comme « le nouvel homme fort de Centrafrique » et a annoncé qu’il « remettra le pouvoir » en… 2016 (ce qui est, d’ailleurs, la prochaine échéance électorale présidentielle selon le calendrier initial). Il espère être, dit-il, « le dernier chef rebelle président de la Centrafrique ». D’ici là, affirme-t-il, il inscrira son action dans le cadre de l’accord de Libreville signé le 11 janvier 2013. Il a reconduit d’ailleurs à son poste de premier ministre, l’homme qui avait été désigné pour ce job par l’accord signé dans la capitale gabonaise.

 

Nicolas Tangaye est un avocat (il a même été l’avocat de Bozizé en 1989 après avoir collaboré avec le défenseur de « l’empereur Jean-Bedel Bokassa » : Francis Szpiner), fondateur et ancien président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme. Tiangaye aurait aussi participé à la rédaction de la Constitution de 2004, celle que Djotodia a entrepris de suspendre. Il s’était présenté à deux reprises, en 2005 et 2011, aux élections législatives et avait été battu deux fois. Il n’a donc pas rejoint l’Assemblée nationale que Djotodia vient de dissoudre, ayant décidé de « légiférer par ordonnances ». Sur RFI, Tiangaye a eu ce commentaire étonnant (plus encore pour un juriste ancien constitutionnaliste) sur son job : « Je ne cautionne pas un coup de force. J’ai été désigné premier ministre dans le cadre des accords de Libreville. Et c’est ce processus qui se poursuit, donc il ne s’agit pas d’une caution à quel que coup d’Etat que ce soit »*.


En Centrafrique, l’endroit vaut l’envers. Et toute médaille, y compris celle de putschiste, a son revers. Djotodia est au pouvoir ; et Tiangaye y demeure. Ils ont formé un gouvernement dit « d’union nationale » (c’était déjà la dénomination du gouvernement formé au lendemain de l’accord de Libreville) qui comprend pas moins de 34 ministres et ministres délégués (dont cinq ministres d’Etat). Il est composé de membres de la « rébellion », d’opposants au précédent régime, de membres de la société civile et même d’un proche de Bozizé. Un gouvernement de bric et de broc pour un pays qui n’en finit pas de sortir des ténèbres. Et d’y retourner. François Soudan, qui est le dernier journaliste à avoir interviewé Bozizé en tant que président de la République (cf. supra), lui a posé la question : « Pourquoi Dieu a-t-il abandonné la Centrafrique ? ». Réponse de Bozizé : « S’il existe encore une lueur d’espoir malgré tous nos pêchés, c’est que Dieu ne nous a pas tout à fait oubliés ». Difficile de s’en convaincre.

 

* Depuis Paris, dans une lettre publique adressée le 29 mars 2013, Marie-Reine Hassen, qui a connu à la fois la prison et le lit de Bokassa (il l’a épousée de force, à seize ans, après que son père – un administrateur de la France d’outre-mer proche de David Dacko – et sa famille aient été, eux aussi, embastillés), ancienne ministre de Bozizé et candidate à la présidentielle 2010, souligne que l’accord de Libreville prenait en compte que François Bozizé demeurait chef de l’Etat jusqu’à la prochaine échéance présidentielle à laquelle il n’aurait pas été candidat. Bozizé n’étant plus là, elle considère, à juste titre, que l’accord de Libreville n’a plus de sens (si tant est qu’il en avait un le jour de sa signature le 11 janvier 2013, ce que conteste aussi Hassen).

 

Jean-Pierre BEJOT   La Dépêche Diplomatique

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