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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 05:15

 

 

 

 

 

 

par RFI14-02-2014 Modifié le 14-02-2014 à 11:03

 

Depuis le départ du président Michel Djotodia, l'ex-rébellion Seleka est divisée. Certains ont suivi l'ancien président dans son exil, d'autres ont préféré rester à Bangui alors qu’une partie a rejoint son fief dans le nord de la Centrafrique. Ces derniers refusent d'ailleurs de reconnaître le processus politique qui, à leurs yeux, ne parvient pas à mettre fin aux violences.

 

Au temps de la toute-puissance de la Seleka, il était directeur général de la sécurité présidentielle. Aujourd'hui, réfugié dans l'extrême nord du pays, le général Arda assure disposer de plusieurs centaines d'hommes et ne reconnaît pas le processus politique en cours à Bangui.

 

Ce haut cadre de l'ex-rébellion appelle même le nord à faire sécession : « On a décidé de diviser le pays parce que tant que l’on n’aura pas divisé le pays, on n’aura pas la paix. Je ne suis pas d’accord ni avec la présidente Catherine Samba-Panza ni avec le Premier ministre. Maintenant, on est en train de s’organiser. D’ici trois ou quatre mois, s’il y a quelque chose, je vais réagir. »

 

« Agitations individuelles »

 

A Bangui, des milliers d'éléments de l'ex-Seleka sont toujours cantonnés. Au camp RDOT, l'un de leurs chefs, le colonel Narkoyo, récuse toute velléité sécessionniste. Tout comme l'un des ministres les plus influents de l'ex-rébellion. Herbert Gontran Djono Haba dénonce le discours du général Arda : « Ce sont des agitations individuelles, mais il n’est pas question de parler de la partition de la RCA. C’est une forme de pression par rapport à la violence continue. Aujourd’hui, nous avons décidé de faire la paix. »

 

De son côté, la force africaine Misca dit ne pas prendre au sérieux les velléités sécessionnistes d'officiers ex-Seleka isolés et assure que la peur a maintenant changé de camp. A l'image des anti-balaka, l'ex-rébellion montre en tout cas, elle aussi, ses divisions.

 

 

Bangui: 13 cadavres dans une citerne dans un camp d'ex-Séléka

 

Créé le 14/02/2014 à 11h57 -- Mis à jour le 14/02/2014 à 11h57

 

La découverte a été faite par des soldats de la force africaine Misca...

 

Treize cadavres de personnes non-identifiées ont été découverts dans une citerne vide située dans un camp de Bangui où sont cantonnés des combattants issus de l'ex-Séléka, a-t-on appris ce vendredi sur place de source judiciaire.

 

«Il y a treize corps» dans la cuve d'une dizaine de mètres de longueur, vide et servant de réservoir d'essence, a déclaré à l'AFP de la procureur de la République de Bangui, Ghislain Grezenguet, ajoutant: les corps, en état de putréfaction avancée ou à l'état de squelettes, «se trouvent en différents endroits de la cuve, ce qui laisse penser que des gens y ont été jetés vivants et se sont débattus».

 

Seule une petite ouverture permet en effet de descendre dans la cuve. Sous la supervision de magistrats, ouvriers et soldats de la force africaine (Misca) doivent enlever une partie du couvercle en béton du réservoir pour avoir une vue d'ensemble du réservoir, située à une dizaine de mètres d'une résidence où sont cantonnés des combattants Séléka, sous la surveillance de soldats du contingent de République démocratique du Congo de la Misca.

 

Jeudi, le procureur avait indiqué que les cadavres avaient été découverts par «des soldats de la Misca chargés de la surveillance du site (...) alertés par l'odeur nauséabonde sortant du réservoir».

 

Putréfaction avancée

 

La mort de certains d'entre eux remonterait à «une semaine, dix jours», selon une source judiciaire. «Est-ce que c'est un règlement de compte entre eux? Est-ce que ce sont des gens qui se sont infiltrés dans le camp et qui ont été attrapés? L'enquête le dira», selon cette source.

 

Toujours selon cette source judiciaire, «des responsables des rebelles cantonnés ont été entendus puis relâchés». Interrogé par l'AFP, le commandant des Séléka du camp, le colonel Aboubakar Mahamat, a confirmé avoir été entendu et «avoir tout dit aux enquêteurs», sans autre précision.

 

La coalition rebelle Séléka, à dominante musulmane, avait renversé le régime de François Bozizé en mars 2013, portant à la tête du pays son chef, Michel Djotodia.

 

Ses combattants ont multiplié les exactions en toute impunité pendant des mois contre la population majoritairement chrétienne du pays, déclenchant une spirale de violences interreligieuses, qui provoqué ces dernières semaines un exode des populations musulmanes de régions entières.

 

Michel Djotodia a été contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses et les combattants Séléka présents à Bangui cantonnés dans des camps par les forces française Sangaris et africaine Misca. 

 

 Avec AFP

RCA: profondes divisions chez les ex-Seleka (RFI)
RCA: profondes divisions chez les ex-Seleka (RFI)

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 05:13

 

 

 

 

Par Anne-Julie Contenay et Xavier Yvon http://www.europe1.fr/ 

 

Publié le 14 février 2014 à 21h06 Mis à jour le 14 février 2014 à 22h13

 

URGENCE - Le Programme alimentaire mondial a mis en place un pont aérien pour acheminer de la nourriture à Bangui.

 

L'INFO. En Centrafrique, la situation ne cesse de se dégrader. Des ONG dénoncent un "nettoyage ethnico-religieux", l'ONU craint une partition du pays et la France va envoyer 400 soldats supplémentaires pour tenter de mettre fin aux violences. Mais la famine menace aussi des millions de Centrafricains. Depuis la semaine dernière, le Programme alimentaire mondial (PAM), l'organisme d'aide alimentaire de l'ONU, a mis en place un pont aérien d'urgence, le plus important de ces dernières années.

 

82 tonnes de riz. Chaque jour, un Boeing 747 décolle de Douala, au Cameroun, pour se poser à l'aéroport de Bangui. A son bord, 82 tonnes de riz, qui permettent de nourrir 7.000 personnes pour la journée. Au total, 1.800 tonnes de riz doivent être acheminées pendant un mois, de quoi nourrir 150.000 personnes. Coût de l'opération : 3 millions de dollars, soit environ 2 millions d'euros.

 

"Les commerçants musulmans ont fui". Car les routes sont devenues trop dangereuse et la nourriture ne rentre plus en Centrafrique. D'après l'ONU, 1,3 million de personnes ont besoin d'une assistance alimentaire immédiate, surtout dans les camps de déplacés. Le PAM a lui-même frisé la pénurie la semaine dernière et la situation ne devrait pas s'arranger. "Les commerçant musulmans ont fui, les éleveurs également ont fui, avec leur bétail, les paysans ont d'énormes difficultés à avoir des récoltes cette année, ils n'ont même plus de semences pour la prochaine saison", détaille au micro d'Europe 1 le porte-parole du PAM, Alexis Masciarelli.

 

Se préparer avant la saison des pluies. "On rentre dans une phase où l'économie est profondément perturbée", souligne-t-il, prévoyant des pénuries alimentaires "pendant encore de nombreux mois". Alors aujourd'hui, l'objectif du PAM est double : il faut non seulement gérer l'urgence, mais aussi préparer la suite, en pré-positionnant des stocks de nourriture un peu partout dans le pays. Et il faut le faire avant la saison des pluies, en avril, quand certains axes deviendront impraticables, coupant des dizaines de milliers de Centrafricains de la capitale.

La Centrafrique menacée par la famine

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 05:11

 

 

 

 

 

Le gouvernement a annoncé l'envoi de 400 soldats supplémentaires en République centrafricaine pour épauler les 1 600 hommes de l'opération Sangaris.

 

Par Francetv info avec AFP et Reuters

 

Mis à jour le 14/02/2014 | 21:20 , publié le 14/02/2014 | 16:59

 

La France a décidé d'accroître son contingent en Centrafrique. Paris va envoyer 400 hommes supplémentaires, a indiqué l'Elysée, vendredi 14 février, à l'issue d'un conseil restreint de défense autour de François Hollande. Les forces de l'opération Sangaris passeront donc "temporairement" de 1 600 à 2 000 hommes.

 

Début janvier, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait pourtant assuré qu'il n'y avait, "dans l'état actuel des choses", "pas de raisons particulières" d'envoyer des renforts. Et son collègue des Affaires étrangères, ainsi que Laurent Fabius, avait même juré qu'il "n'y aurait pas d'engrenage", affirmant "En RCA, nous tiendrons nos engagements, comme nous l'avons fait au Mali". Pourquoi ce revirement ? Explications.

 

Parce que la crise centrafricaine s'aggrave

 

A Bangui, les règlements de comptes sont quotidiens. Et des exactions massives ont lieu dans les autres régions du pays. Le territoire centrafricain est écumé par des groupes armés et des pillards qui multiplient les exactions. La haine confessionnelle déchire le pays. L'Etat ne contrôle plus rien. La menace d'une partition plane. 

 

Après avoir mis le pays en coupe réglée pendant dix mois, les ex-rebelles musulmans de la Séléka, livrés à eux-mêmes depuis le départ de certains chefs et la démission de Michel Djotodia, sillonnent le pays et terrorisent les chrétiens, répandant un peu plus la haine. En représailles, la nébuleuse de milices d'autodéfense à majorité chrétienne "anti-balaka" sèment le chaos. Amnesty International affirme que le pays est en proie au"nettoyage ethnique".

 

Près d'un million de déplacés et de réfugiés ont été jetés sur les routes, sur une population de 4,6 millions d'habitants. Le haut commissaire aux réfugiés, Antonio Guterres, parle d'une catastrophe humanitaire "indescriptible".

 

Deux mois après son déclenchement, le 5 décembre, l'opération militaire française ne parvient pas à mettre fin aux violences. Le drame se poursuit, malgré la présence de quelque 7 000 soldats étrangers (1 600 Français et 5 400 militaires de la Misca, la force de l'Union africaine), mandatés début décembre par l'ONU pour restaurer l'ordre et la sécurité, et en dépit aussi des millions d'euros promis par les pays donateurs pour sortir la Centrafrique du gouffre.

 

Parce que les pays européens n'envoient pas de renforts

 

Communauté internationale, gouvernement de transition centrafricain, ONG... Face au chaos, tous les protagonistes s'accordent sur un point : il faut plus de militaires et de policiers sur le terrain pour rétablir l'ordre et la sécurité, avant de reconstruire un semblant d'Etat et d'administration.

 

"Il y a un manque cruel de troupes. Dès le départ, nous avons dit, l'ONU a dit, qu'il fallait au moins 9 000 à 10 000 hommes", rappelle Geneviève Garrigos, la présidente d'Amnesty France. Problème : "tout le monde veut se passer la patate chaude de la Centrafrique", résume abruptement Thierry Vircoulon, spécialiste de l'Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG).

 

Centrafrique : Sangaris entre dans sa seconde phase

 

   Écrit par  Driss Jaydane http://www.luxeradio.ma/ 

 

La France peut-elle gagner la bataille de la paix retrouvée, en Centrafrique… Et peut-elle la gagner seule… Souvenons-nous, à son lancement, l'opération « Sangaris » avait pour objectif unique la pacification de Bangui et la neutralisation des combattants de la Séléka. Mais aujourd’hui…

Aujourd’hui, Sangaris II n’est-elle pas plutôt devenu cette opération visant à éviter une purification ethnique, à éviter, vingt ans après le génocide du Rwanda, cette horreur qui fit près de 300.000 morts par mois… Et ce, alors qu’une présidente intérimaire vient de se voir confier ce qui reste de pouvoir unificateur, dans ce pays où, aujourd’hui, les musulmans sont la proie de milices que l’on dit chrétiennes, en ce pays qu’une langue commune, et c’est là une chance, n’a pas réussit à unir… 

Alors, la France, avec son armée, dont les effectifs sont insuffisants, la France venue seule, comme pour conjurer un sort qui, au regard de l’Histoire – bien sûr, les intérêts économiques, miniers, stratégiques, bien sûr les restes de Françafrique, la France dont les officiers, sur place, ne cessent de rappeler la position difficile – faut-il aider ce pays à retrouver un ordre qui passe par l’évitement de la partition, faut-il devenir une sorte de force de sécurité au service de la présidence intérimaire, - et que dire de l’idée d’une armée qui, si elle ne fait pas la guerre d’abord, contre les milices découpeuses d’enfants, pourrait bien, à terme, passer pour une armée complice de meurtre de masses…

 

Centrafrique : pourquoi la France renforce son contingent

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 05:09

 

 

 

 

 

 

PARIS, France, 14 février 2014/African Press Organization (APO)/  Le Président de la République a réuni le 14 février 2014 un Conseil de Défense restreint.

 

Le Conseil a rappelé les objectifs de l’opération militaire Sangaris : contribuer, avec la force africaine MISCA, à faire cesser les massacres, à prévenir les crimes de guerre, à rétablir la sécurité de la population. Tous les ennemis de la paix seront combattus. Il n’y aura pas d’impunité pour ceux qui ont commis des crimes.

 

Le Conseil a pris en considération l’appel du Secrétaire Général des Nations unies, M. Ban Ki Moon, à une mobilisation de la communauté internationale, ainsi que la décision de l’Union européenne d’engager une opération militaire en Centrafrique.

 

Le Président de la République a décidé d’y répondre en portant temporairement à 2 000 les effectifs militaires français déployés en Centrafrique. Cet effort supplémentaire de 400 hommes comprend le déploiement anticipé de forces de combat et de Gendarmes français qui participeront ensuite à l’opération militaire de l’Union Européenne dès son déploiement.

 

La France appelle la communauté internationale à une solidarité accrue à l’égard de la Centrafrique. Elle demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies d’accélérer le déploiement d’une opération de maintien de la paix. Elle appelle l’Union Européenne à accélérer le déploiement de la mission EUFOR, y compris la Force de gendarmerie européenne. Elle salue la mobilisation des participants africains à la MISCA et souhaite qu’un soutien plus important soit accordé à la mission africaine, pour lui permettre d’être plus mobile.

 

La France appelle également la communauté internationale à agir face à l’urgence humanitaire en RCA. C’est un devoir impérieux de solidarité.

 

SOURCE : Présidence de la République française

 

 

 

 

Centrafrique: l'UE envisage de déployer un millier de soldats (Ashton)

 

Vendredi 14 Février 2014 modifié le Samedi 15 Février 2014 - 00:19

 

L'Union européenne envisage de déployer un millier de soldats en Centrafrique pour aider à rétablir l'ordre dans ce pays plongé dans le chaos, a indiqué vendredi la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

 

Jusqu'à présent, le chiffre le plus couramment cité pour cette opération militaire européenne, en appui aux troupes françaises et africaines, était de 500 hommes. "Nous avons plus de 500 hommes", a déclaré Mme Ashton à la presse à sa sortie du Conseil de sécurité de l'ONU. 


Elle a précisé que la conférence dite "de génération de force" qui doit tenir sa deuxième réunion le 27 février à Bruxelles "envisageait le double de ce chiffre". Cette force européenne "sera sur le terrain très, très vite", a-t-elle affirmé, sans donner de date. 


Selon des diplomate européens, il est prévu que la force européenne se déploie à Bangui à partir du mois de mars.

 
Les militaires européens s'ajouteront à 2.000 Français et à quelque 5.400 soldats de l'Union africaine qui forment la Misca.

France / Centrafrique / Communiqué – Conseil de Défense restreint
France / Centrafrique / Communiqué – Conseil de Défense restreint

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 05:06

 

 

 

 

 

 

La Centrafrique s’enfonce davantage dans la violence. Pendant que les anti-Balaka veulent en découdre avec les musulmans, la Séléka, elle, revendique une autonomie. Face à des ambitions aussi extrémistes qu’exagérées, la présidente de transition, Catherine Samba-Panza qui, jusque-là, était restée docile, a sifflé la fin de la récréation. En effet, elle a exprimé sa volonté d’aller en guerre contre les anti-Balaka et signifié à l’ex-Séléka que la Centrafrique ne peut être divisée. En clair, si la Séléka veut l’autonomie, qu’elle aille la chercher ailleurs.

 

Avec l’autorisation de l’usage de la force par l’ONU en RCA, un tournant décisif est en train de s’opérer dans ce pays

 

Cette fermeté de Catherine à l’endroit de ceux qui ont mis la Centrafrique sens dessus dessous, mérite d’être prise au sérieux car elle a le soutien du ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian, et de ses hommes de l’opération Sangaris. S’inscrira-t-elle désormais dans cette logique de fermeté sur le terrain ?

 

En tout cas, elle a intérêt si elle veut que son autorité soit respectée. Du reste, avec l’autorisation de l’usage de la force par l’ONU en RCA, on peut dire qu’un tournant décisif est en train de s’opérer dans ce pays. Aussi, le déploiement des forces françaises à l’Ouest du pays est également un bon signal. L’enjeu étant de sécuriser et de ramener la paix dans tout le pays et non seulement à Bangui la capitale. Mais ce travail risque d’être long car les milices continuent de commettre des exactions contre les populations civiles, notamment musulmanes.

 

La découverte d’un charnier, le 12 février dernier, témoigne de l’ampleur de la barbarie humaine à laquelle se livrent les milices en RCA. Et pour y mettre fin, Catherine Samba-Panza doit bien nouer le pagne car les hommes à qui elle a affaire ne sont pas des enfants de chœur. Il convient de souligner que si la RCA continue de nager dans des eaux glauques, c’est aussi en partie à cause de l’ancienne puissance coloniale.

 

La France doit faire une rétrospective sur le rôle qu’elle a joué en RCA depuis la nuit des temps. Si certains dirigeants centrafricains ont pu se livrer à une folie de grandeur comme Jean Bedel Bokassa qui s’était autoproclamé empereur, c’est bien grâce à la complicité de la France. La décolonisation française, disons-le sans ambages, a été très mal conduite sur le continent noir si bien que les problèmes se sont succédé de génération en génération sans que de véritables solutions aient été trouvées.

 

Les élites centrafricaines ont instrumentalisé les communautés religieuses qui se vouent actuellement une haine viscérale

 

Il est donc temps que la France prenne ses responsabilités, qu’elle s’assume entièrement car elle a une grande part de responsabilité dans les maux qui minent nombre de pays africains dont la RCA. C’est d’ailleurs tout cela aussi qui faisait dire à René Dumont, depuis les années 60, que « l’Afrique noire est mal partie ». Toutefois il faut, malheureusement, reconnaître aussi que les élites africaines sont responsables. Car, si la colonisation devait tout justifier, la Chine qui a été colonisée par le Japon ne serait pas aujourd’hui parmi les cinq puissances mondiales.

 

Pour le cas de la Centrafrique, beaucoup de faits incriminent ses élites. Dieu a créé la Centrafrique avec d’immenses richesses, mais aucun des dirigeants qui se sont succédé à la tête du pays, n’a pu faire profiter ces richesses au peuple. Le seul désir qui guidait chacun de ces dirigeants était de conserver le pouvoir qu’ils ont du reste obtenu, pour la plupart, dans des conditions calamiteuses et de piller les ressources à leur seul profit et à celui de leur entourage.

 

Ce sont donc les mécontentements, les frustrations des Centrafricains, longtemps contenus, qui s’expriment violemment au grand jour aujourd’hui. Tout le mal vient de ce grand désir, de gouverner sans en avoir les capacités intellectuelles, morales et humaines.

 

Non contents d’avoir réduit la société civile à sa plus simple expression, ces mêmes élites centrafricaines ont instrumentalisé les communautés religieuses qui se vouent actuellement une haine viscérale. C’est ainsi que les anti-Balaka ont pour ennemis les musulmans et les ex-Séléka, les chrétiens. Ces démons de la violence qui s’en prennent aux étrangers, notamment musulmans, devraient être sanctionnés sévèrement car leurs actes vont à l’encontre de l’intégration des peuples, une valeur chère à l’Union africaine.

 

Dabadi ZOUMBARA

 

Publié le jeudi 13 février 2014

 

Source : Lepays.bf

Lu pour vous : RCA : Catherine Samba-Panza doit bien nouer le pagne

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 19:25

 

 

 

 

http://www.aleteia.org/ Isabelle Cousturié 14/02/2014
 

Mgr Nzapalainga, archevêque de Bangui, témoigne à l’AED d’une situation devenue totalement incontrôlable et s’associe aux avertissements de l’ONU face à l’imminence d’un génocide


Les jours passent et la spirale de la violence ne semble pas vouloir s'enrayer en Centrafrique. Depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 et le départ forcé de Michel Djotodia en janvier dernier, le pays est confronté à des violences intercommunautaires qui, depuis plusieurs jours, prennent de plus en plus l'allure d'un véritable génocide, à en croire les révélations de l’archevêque de Bangui.
 
Mgr Dieudonné Nzapalainga, s’est rendu récemment dans une localité du nom de Bodango, située à 192 km de Bangui, d’où tous les musulmans avaient disparu. Quand il a demandé aux membres de l’anti-Balaka (groupe de miliciens à dominante chrétienne) où ils étaient, il lui a été répondu que les musulmans avaient été expulsés. L’archevêque doute de cette version : « Il est impossible que plus de 200 musulmans, dont des enfants et des personnes âgées, aient parcouru 192 kilomètres. ».

 
Mgr Nzapalaigna a informé deux ministres qu’il avait « vu des choses faisant penser à un génocide », rapporte l’association Aide à l’Eglise en Détresse(AED) mais même les ministres lui ont répondu que les personnes en question avaient été déplacées. « S’il n’y a personne qui arrête cette main du diable, elle atteindra son but. Il y aura beaucoup de gens chassés et tués », a averti l’archevêque.
 
Ce qui se passe à Bohong rappelle à l’archevêque des souvenirs dugénocide au Rwanda : « Quand je suis arrivé, une partie d’un quartier de la ville avait été complètement incendiée. J’ai vu que même des gens avaient été brûlés. On pouvait voir des os et des têtes humaines. Je n’avais vu de telles choses que dans des films sur le Rwanda, mais pas chez nous. Je pense que le Mal était là. Maintenant, le mal nous a touchés. Il se montre à travers le désir de tuer, de détruire. C’est le diable. »

 
Il a instamment demandé à l’ONU d’envoyer des soldats de la paix, et a regretté  que la présence militaire actuelle ne soit pas suffisante, compte tenu de la taille du pays.

 
Amnesty International constate effectivement un exode musulman « sans précèdent » dans l’ouest du pays. le 12 février, l'organisation internationale a interpellé la communauté internationale pour  « faire barrage au contrôle des milices anti-balaka et déployer des troupes en nombre suffisant dans les villes où les musulmans sont menacés ». 

 
La présence des 1.600 militaires français de la force Sangaris et de 5.000 soldats africains de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) n'a pas permis de rompre le cycle violences qui a fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés, soit un quart de la population. L'Union européenne s'est engagée à envoyer 500 hommes supplémentaires et la présidente centrafricaine par intérim Catherine Samba-Panza a demandé la transformation de la Misca en mission des Nations unies.



Sources: AED -

sources: Aide à l'Eglise en Détresse (AED)

Lu pour vous : Centrafrique : alerte au génocide !

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 19:00

 

 

 

 

 

 

Le Point.fr - Publié le 14/02/2014 à 18:11

 

Paris a décidé d'envoyer 400 militaires supplémentaires en Centrafrique, ce qui portera à 2 000 ses effectifs dans ce pays.

 

Jean-Marc Ayrault a appelé vendredi à Nancy l'Union européenne à apporter un "soutien plus important" à l'intervention française en Centrafrique. La France a décidé d'envoyer 400 militaires supplémentaires en Centrafrique, ce qui portera "temporairement à 2.000" ses effectifs dans ce pays, a annoncé l'Élysée vendredi à l'issue d'un Conseil de défense restreint autour de François Hollande. 

 

"C'est un renforcement modeste, ça doit être complété par un soutien plus important des Européens et un engagement plus fort au niveau humanitaire", a expliqué le Premier ministre à la presse en marge d'un déplacement à Nancy. "Il y a un appel pour que les Nations unies prennent le relais très vite. (...) Les Nations unies doivent le décider, nous souhaitons que la décision soit prise le plus rapidement possible", a ajouté Jean-Marc Ayrault. Selon lui, "la meilleure aide qui pourrait être apportée est une aide en transports et logistique".

 

 

 

Centrafrique : l'engagement européen dépasse les espoirs français

Par Pauline Hofmann avec AFP  Publié le 14 février 2014 à 16h29

 

GUERRE - Au total, près de 1.000 soldats européens pourraient combattre aux côtés des Français en Centrafrique.

 

L'INFO. La France peut se réjouir. Un nombre plus importants que prévu de pays européens sont prêts à envoyer des soldats en Centrafrique. Au mois de janvier, les pays de l'Union européenne s'étaient dits prêts à s'engager dans une opération militaire. Sur le terrain, la situation ne semble pas s'améliorer. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est même récemment posé la question d'une partition du pays.

 

En plus de la France, cinq pays de l'UE ont proposé une contribution "substantielle" à Eufor-RCA, la force multinationale pour le Tchad et la Centrafrique, créée en 2007. Elle pourra probablement se déployer à Bangui à partir de mars, a précisé un diplomate au lendemain d'une première réunion de "génération de force" à Bruxelles.

 

Plus de soldats que prévu. La Pologne pourrait ainsi envoyer environ 140 hommes, aux côtés d'un nombre équivalent de soldats français. L'Estonie, la Lettonie, le Portugal et la Roumanie devraient envoyer chacun entre 30 et 50 hommes, pour former une autre compagnie. L'Espagne envisage également d'être présente. La Géorgie, pays non-membre de l'UE mais désireux de s'en rapprocher, a également proposé plus de 100 soldats.

 

Au total, l'opération "pourrait comporter au total près de 900 militaires", soit davantage que les 500 prévus jusqu'à présent, selon le décompte du site Bruxelles 2 spécialisé dans la défense européenne. "Ces engagements restent à être confirmés par les pays au niveau politique avant d'être annoncés officiellement", a précisé un diplomate. Jusqu'à présent, ni l'Allemagne ni le Royaume-Uni ni l'Italie ont fait part de leur intention d'envoyer des troupes.

 

D'autres équipements. Une seconde réunion se tiendra le 27 février à Bruxelles pour réexaminer les contributions en fonction de l'évolution sur le terrain. D'ici là, certains autres pays, européens ou non, pourraient annoncer un soutien logistique, matériel ou financier à la mission prévue pour durer neuf mois. Les militaires présents en Centrafrique auraient notamment besoin de drones ou d'équipements d'évacuation médicale..

 

La Force européenne de gendarmerie, créée par six pays indépendamment de l'UE, devrait être également déployée. Français, Italiens, Néerlandais, Portugais, Espagnols et Roumains se sont déjà rendus sur des terrains de crise, comme en Bosnie et à Haïti.

 

Eufor-RCA se concentrera sur la sécurisation de la zone de l'aéroport de Bangui, qui abrite un immense camp où vivent plus de 70.000 personnes. "Nous aurons une présence extrêmement visible et permanente afin d'obtenir très vite des résultats tangibles", a annoncé jeudi le commandant de l'opération, le général français Philippe Pontiès.

Centrafrique : Ayrault appelle Bruxelles à un "soutien plus important"

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 18:49

 

 

 

 

Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

 

Le dernier président élu chassé du pouvoir par Djotodia s'est confié au Point.fr. Il accuse les pays voisins de la Centrafrique d'avoir favorisé le chaos.

 

Propos recueillis par AZIZ ZEMOURI

 

À la une du Point.fr

 

Alors que les massacres se succèdent en Centrafrique - on y parle même d'épuration ethnique en dépit de la présence de l'armée française -, François Bozizé, le dernier président élu, s'est confié au Point.fr. L'ex-général a fui Bangui, la capitale, en mars dernier pour un exil dans la région des Grands Lacs, il appelle à une conférence nationale entre Centrafricains et au départ des "envahisseurs".

 

Le Point.fr : En l'état actuel de vos informations, une épuration ethnique - qui vise les musulmans - est-elle en cours en Centrafrique ?

 

François Bozizé : C'est la Seleka (un conglomérat d'opposants au régime de Bozizé, à dominante musulmane, NDLR) qui est à l'origine de nos déboires. C'est elle qui a provoqué une situation de chaos. Il faut lui demander des comptes, mais aussi à ses soutiens. On accuse les anti-balaka (des groupes armés anti-Seleka, chrétiens ou animistes considérés comme pro-Bozizé, NDLR), mais je ne dispose pas d'informations permettant de les mettre en cause dans une prétendue épuration ethnique. À l'époque où j'étais président, il n'existait aucun problème religieux. La Seleka, ce ne sont ni des musulmans ni des chrétiens, ce sont des bandits. Ils sont responsables des pillages, des vols et des viols. Les anti-balaka sont des patriotes, ils luttent contre l'insécurité.

 

Comment analysez-vous la situation de votre pays aujourd'hui ?

 

Nous espérions qu'avec un nouveau gouvernement les choses allaient changer. Or, il n'en est rien. La situation sécuritaire est pire que jamais. Les décisions du gouvernement de Bangui sont prises ailleurs : il ne défend plus les intérêts nationaux. La Seleka militaire s'impose au gouvernement, elle met le pays à feu et à sang. La démocratie a été assassinée non seulement par la Seleka mais aussi par ses soutiens, notamment les pays de la sous-région. Ils ont entraîné la France dans l'erreur. Des brigands ont remplacé l'ordre constitutionnel, et désormais le pays est à feu et sang. Nous étions la Suisse africaine. Nous étions un exemple de coexistence et de cohabitation entre religions et cultures. Aujourd'hui, nous sommes en voie de "somalisation". Seule l'armée française permet de maintenir une illusion d'unité. La seule solution aujourd'hui est d'organiser un dialogue national entre Centrafricains et de faire partir les envahisseurs, les mercenaires tchadiens ou soudanais qui composent les troupes armées de Seleka.

 

Pourquoi la France n'est-elle pas intervenue à votre demande et a-t-elle attendu que la situation dégénère ?

 

Il n'y a que Paris qui peut répondre à cette question. J'ai demandé de l'aide à la France pour qu'elle intervienne et sauve l'unité du pays, j'ai rédigé à l'époque où j'étais encore président un courrier à cet effet remis à son ambassadeur à Bangui. Nous n'avons reçu aucune réponse. La France est intervenue bien trop tard. Pourtant, j'ai toujours eu d'excellentes relations avec la France, une partie de ma famille y est installée depuis près de 25 ans. Selon moi, l'Élysée et le gouvernement Ayrault, qui venait de s'installer, étaient peu au fait de la situation politique en Centrafrique. Tous se sont laissé abuser par les mensonges de l'opposition. En outre, je ne peux pas m'empêcher de penser que nos pays voisins, comme le Tchad, le Congo et le Gabon, ont influencé la position française. D'autant que ces États qui forment le gros des troupes de la force multi-africaine n'ont pas réagi quand le bras armé de la Seleka a rompu nos précédents accords.

 

La communauté internationale vous reprochait des atteintes aux droits de l'homme et une confiscation du pouvoir...

 

On m'a reproché des exactions de la garde présidentielle : si elles ont existé, elles sont largement moindres que les milliers de morts d'aujourd'hui. Il n'y avait rien de cela du temps où je dirigeais le pays. C'était la paix. Même s'il avait pu exister de petites zones de conflit armé, on y a mis fin grâce aux accords de Libreville. Nous étions à la phase du désarmement. Ensuite, on était en train d'organiser un dialogue entre tous les courants politiques de Centrafrique. J'ai rencontré tous les leaders politiques dans mon bureau, de l'opposition comme de la majorité. Et voilà que la Seleka est venue tout remettre en cause ! Les attaques contre le régime politique étaient infondées : toutes les institutions fonctionnaient normalement. Il n'y avait pas de prisonniers politiques, la justice était libre. Ceux qui à l'époque n'ont rien fait pour éviter le chaos devraient avoir honte de nous donner des leçons. Sans l'intervention de la Seleka, notre pétrole aurait jailli, l'uranium exploité par Areva et l'or par une société anglo-canadienne auraient boosté notre croissance économique. Sans compter la production de coton et de café que nous avions relancée. L'année 2014 devait être l'année du développement de la Centrafrique.

 

Quels contacts avez-vous aujourd'hui avec la France ?

 

Aucun. J'y suis désormais comme interdit de séjour. Le Quai d'Orsay a annulé récemment mon visa longue durée. Je l'ai appris en septembre dernier quand j'ai voulu rejoindre ma famille à Paris. Arrivé à Zurich pour rejoindre la France, la douane suisse m'a appris que le Quai d'Orsay avait annulé mon permis d'entrée. Comment la France peut-elle trouver une issue en n'écoutant que la version de mes opposants ? Ma présence indispose les autorités françaises : elles ne veulent pas que je fasse de la politique en France ou que je parle à la presse. Je ne suis pourtant pas un ennemi de votre pays. Bien au contraire, on m'a toujours considéré comme un grand francophile.

 

Lu pour vous : Centrafrique - l'ex-président François Bozizé : "Nous sommes en voie de somalisation"

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 18:30

 

 

 

 

 


BANGUI AFP / 14 février 2014 17h14 - Treize cadavres de personnes non-identifiées ont été découverts dans une citerne vide située dans un camp de Bangui où sont cantonnés des combattants issus de l'ex-Séléka, a-t-on appris vendredi sur place de source judiciaire.


Il y a treize corps dans la cuve d'une dizaine de mètres de longueur, vide et servant de réservoir d'essence, a déclaré à l'AFP de la procureur de la République de Bangui, Ghislain Grezenguet, ajoutant: les corps, en état de putréfaction avancée ou à l'état de squelettes, se trouvent en différents endroits de la cuve, ce qui laisse penser que des gens y ont été jetés vivants et se sont débattus. Ce camp se trouve à proximité du camp militaire Beal, dans le centre ville.


Seule une petite ouverture permet en effet de descendre dans la cuve. Sous la supervision de magistrats, ouvriers et soldats de la force africaine (Misca) doivent enlever une partie du couvercle en béton du réservoir pour avoir une vue d'ensemble du réservoir, située à une dizaine de mètres d'une résidence où sont cantonnés des combattants Séléka, sous la surveillance de soldats du contingent de République démocratique du Congo de la Misca.


Jeudi, le procureur avait indiqué que les cadavres avaient été découverts par des soldats de la Misca chargés de la surveillance du site (...) alertés par l'odeur nauséabonde sortant du réservoir.


La mort de certains d'entre eux remonterait à une semaine, dix jours, selon une source judiciaire. Est-ce que c'est un règlement de compte entre eux? Est-ce que ce sont des gens qui se sont infiltrés dans le camp et qui ont été attrapés? L'enquête le dira, selon cette source.


Toujours selon cette source judiciaire, des responsables des rebelles cantonnés ont été entendus puis relâchés.


Interrogé par l'AFP, le commandant des Séléka du camp, le colonel Aboubakar Mahamat, a confirmé avoir été entendu et avoir tout dit aux enquêteurs, sans autre précision.

Par ailleurs vendredi, de nouveaux incidents se sont produits dans le camp de déplacés musulmans situé à la sortie nord de Bangui. 


De source humanitaire sur place, des membres présumés des milices anti-balalka ont ouvert le feu et lancé une grenade sur le campement faisant un mort et deux blessés parmi les déplacés.


La coalition rebelle Séléka, à dominante musulmane, avait renversé le régime de François Bozizé en mars 2013, portant à la tête du pays son chef, Michel Djotodia.

Ses combattants ont multiplié les exactions en toute impunité pendant des mois contre la population majoritairement chrétienne du pays, déclenchant une spirale de violences interreligieuses, qui provoqué ces dernières semaines un exode des populations musulmanes de régions entières.


M. Djotodia a été contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses et les combattants Séléka présents à Bangui cantonnés dans des camps par les forces française Sangaris et africaine Misca.


(©) 

Bangui: 13 cadavres dans une citerne dans un camp d'ex-Séléka

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 18:24

 

 

 

 

http://www.legriot.info/  Écrit par Steven Addamah fév 13, 2014

 

 

Des anciens militaires centrafricains et des combattants de l’ex-Séléka sont en train de s’installer dans une région minière du nord de la RDC. L’ONU s’alarme.
 

Alors qu’elle avait surtout provoqué des déplacements internes de population, la crise centrafricaine est en train de dangereusement déborder chez ses voisins. A commencer par la République démocratique du Congo (RDC), avec qui la Centrafrique partage une frontière poreuse de 1’600 km au sud. Depuis mars 2013 et le coup d’Etat à Bangui, près de 50’000 réfugiés centrafricains sont arrivés par vagues successives, selon l’ONU. Ils se sont installés dans des camps improvisés et dans plusieurs villages de cette région d’Afrique centrale, tapissée d’une épaisse forêt humide.

 

Dans un premier temps, ils ont fui les exactions commises dans leur pays par des militaires des Forces armées de la Centrafrique (FACA) et des combattants de l’ex-rébellion de la Séléka, le mouvement qui a renversé l’ancien président François Bozizé. Mais depuis fin décembre, les réfugiés centrafricains sont rejoints par leurs anciens bourreaux. Ce passage en territoire congolais est d’autant plus facile que, même si la frontière est officiellement fermée depuis décembre 2013, « aucun militaire congolais ne veille au respect de cette interdiction », s’alarme Floribert Kateka, le président de la société civile de Bondo, un chef-lieu situé à 200 km de la République centrafricaine.

 

Ruée vers l’or
 

Et dans cette région connue pour son sous-sol riche en minerais, la pression des combattants de la Séléka s’est encore accentuée depuis qu’ils ont perdu le pouvoir : leur chef, Michel Djotodia, a été contraint de démissionner de la présidence. Il a été remplacé, le 22 janvier, par Catherine Samba-Panza, l’ancienne maire de Bangui. Une capitale d’où les miliciens ont aussi été délogés, le 28 janvier, par les troupes de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA).

 

Du coup, par crainte d’éventuelles violences, les riverains congolais fuient à leur tour leurs villages. C’est ce qui est arrivé à Basipiyo, dans le district de Bondo, qui s’est littéralement vidé de ses habitants courant janvier. De toutes les localités où les réfugiés centrafricains sont recensés, Basipiyo est la seule à être réputée pour ses mines d’or. Une zone dont les militaires des Forces armées de la RDC (FARDC) étaient jusqu’à présent les seuls maîtres. Depuis des années, sous les ordres de leurs commandants, ils punissent à coups de fouet ou assassinent les orpailleurs qui n’obtempèrent pas à leurs injonctions, assure Floribert Kateka. La situation actuelle fait donc craindre le pire, à savoir que des anciens rebelles et des anciens militaires centrafricains se livrent au même trafic. D’autant que la Séléka est connue pour s’être déjà financée par le trafic de diamants.

 

L’ONU s inquiète
 

Pour le général Abdallah Wafi, le numéro deux de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO), la présence des ex-FACA et des ex-Séléka à Basipiyo est une menace à prendre au sérieux. Pour que ce qui se passe aujourd’hui à l’est du pays ne se répète pas au nord. En effet, cela fait dix-huit ans que des miliciens rwandais et ougandais sont présents dans la province orientale de la RDC, où ils se livrent au commerce des « minerais du sang » et martyrisent les populations. A elles seules, les mines d’or rapportent près de 500 millions de dollars chaque année aux milices, selon une enquête de l’ONG étasunienne Enough Project, publiée en 2013.

 

L’ONU, qui a dénoncé le massacre d’au moins 21 personnes par la milice ougandaise ADF/NALU, en décembre dernier, exhorte donc la RDC à sécuriser sa partie nord contre les ex-FACA et les ex-Séléka. En envoyant un contingent de 850 militaires en Centrafrique dans le cadre de la MISCA, Kinshasa comptait stabiliser son voisin. Pas sûr que cela suffise : à l’heure actuelle, les violences se poursuivent et le conflit s’enlise en Centrafrique.

Lu pour vous : La crise centrafricaine se propage aux mines congolaises

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