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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 14:50

 

 

 

 

Il n’est pas question de prendre une quelconque position en faveur d’une communauté religieuse ou d’une autre mais tout simplement d’alerter la communauté internationale et le peuple centrafricain que la République de Centrafrique est au bord d’une guerre de religion, que plus de 02 millions de personnes, soit près de la moitié de la population du pays, ont désespérément besoin d’aide, qu’environ 40.000 personnes sont parquées dans l’enceinte de l’aéroport de Bangui, la capitale, sans abri ni toilettes, que des dizaines de milliers d’autres ont fui vers les pays voisins et que près d’un millier de personnes ont été tuées.

 

Telle est, aujourd’hui, la situation qui prévaut en Centrafrique et le pire reste encore à venir.

 

Une situation dramatique dont la génèse peut-être datée à mars 2013, date qui a vu la prise de pouvoir par une coalition de groupes armés, majoritairement musulmans, la Séléka, après un coup d’Etat.

 

Les membres de la Séléka, à la faveur de la mise en place du nouveau régime, ont, il faut le reconnaitre, pillé et tué, déclenchant des attaques de représailles par des groupes d’autodéfense civile, chrétiens pour la plupart, notamment des milices chrétiennes, les Anti-Balakas.

 

Face à ce désordre et au risque accru de guerre civile et de génocide, des troupes françaises ont été envoyées pour mettre un terme à l’insécurité et désarmer tous les groupes armés.

 

Cependant, suite à une erreur d’appréciation du commandement militaire français, seuls les Séléka ont été désarmés et les musulmans, sans moyens de défense, se sont retrouvés être la cible de la vindicte populaire suite à une instrumentalisation politique honteuse d’une crise que certaines parties voudraient absolument qualifier de conflit entre chrétiens et musulmans.

 

Ainsi, nombre de miliciens de la Séléka ont décidé de fuir vers le Nord de la République de Centrafrique laissant la population musulmane de ce pays subir impunément d’effroyables représailles de la part des milices d'autodéfense locales chrétiennes, à la solde du président déchu, François Bozizé, et de son fils, Jean-Francis, ou des foules en colère qui les accusent de connivence avec les ex-rebelles.

 

Des tueries interconfessionnelles qui ont happé les très nombreux Tchadiens installés en République de Centrafrique qui retournent désormais en masse dans leur pays, mais également des nigériens, des nigérians, des soudanais et des congolais mais également des éléments de la MISCA que les Anti-Balaka rejettent.

 

Aussi, face à ce chaos et devant une République de Centrafrique divisée et incapable d’assurer la sécurité de son peuple, les partisans de la Séléka viennent de brandir la menace d’une partition du pays.

 

Une menace lancée par Abakar Sabone, Conseiller du Président de Transition, Michel Djotodia, lors d’une conférence de presse tenue à Bangui, au cas où le dialogue entre chrétiens et musulmans venait à échouer.

 

A noter qu’une telle déclaration sécessionniste sur une base religieuse est sans précédant dans l’histoire de la République de Centrafrique et ne correspond aucunement à la réalité multiconfessionnelle de ce pays et ne fait que participer à l’instrumentalisation politique de ce conflit, mettant en péril son unité et sa souveraineté nationale.

 

Enfin, j’ajouterai que le Contingent des Forces Armées Royales est arrivé à Bangui le 26 décembre 2013 pour remplir la mission que Son Chef Suprême et Chef d’Etat-Major Général, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lui a assignée à savoir la protection des sites de l’ONU et des populations sans distinctions de religions, races, éthnies ou nationalités.

 

C’est pourquoi, les banguissois doivent être rassurés quant à la présence des militaires marocains sur le sol d’un pays ami. Le soldat marocain accomplira sa mission avec professionalisme et en conformité à la légalité internationale comme il l’a toujours fait sur d’autres théâtres d’opération sous la bannière de l’ONU ou de l’OTAN.

 

Toute tentative d’attiser la haine de la population envers les soldats marocains est d’ailleurs vouée à l’échec et ils seront, comme à l’accoutumé, chaleureusement félicités par le peuple centrafricain unanime et la communauté internationale à l’issue de leur mission.

 

Le peuple centrafricain doit savoir également qu’une partition du pays aurait de graves répercussions sur sa sécurité, ses libertés et ses Droits Humains élémentaires car elle ouvrirait les portes à l’extrémisme religiieux et favoriserait la venue de hordes de terroristes islamistes qui sévissent non loin, comme tentée vainement au Mali et que l’on observe au Soudan Sud et au Nigéria.

 

Je finirais ce papier en disant au peuple centrafricain que le Contingent des Forces Armées Royales est présent auprès d’eux pour les aider à surmonter cet épisode tragique de leur histoire, à ramener la sérénité, la quiétude et la sécurité dans leur pays et à protéger tous les centrafricains sans distinction de religion, d’éthnie ou de race ainsi que les ressortissants étrangers qui vivent dans ce pays.

 

Il est également légitime de rappeler au peuple centrafricain qu’un ordre spécial a été transmis par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux unités des FAR qui sont en déploiement en République centrafricaine de  retrouver les membres de la famille du joueur du Raja de Casablanca, finaliste de la Coupe du Monde des Clubs 2013, Vivien Mabide, et de les ramener au Maroc.

 

Le joueur centrafricain, de confession chrétienne, a été informé de cette décision par le Souverain marocain au cours de la réception Royale accordée en l’honneur du club casablancais et après avoir décoré les membres du club.

 

Le peuple centrafricain doit savoir que le Royaume du Maroc est le seul pays arabo-musulman où la tolérance religieuse est élevée en vertu cardinale et où cohabitent harmonieusement musulmans, juifs et chrétiens et que leurs traditions, coutumes, Fêtes, lieux de cultes et cimetières y sont scrupuleusement respectés. Ce qui n’est même pas le cas dans nombre de pays européens qui se déclarent faussement et hypocritement démocratique, laîc, tolérant et respectueux de toutes les religions, origines, races et couleurs de peau ainsi que Champion du Monde du respect des Droits de l’Homme.

 

Farid Mnebhi.

Opinion : Les Communautés Religieuses en danger en Centrafrique par Farid Mnebhi

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 14:44

 

 

 

 

 

 

http://www.secours-catholique.org

 

 

Malgré l’appel à la paix des dignitaires religieux et le déploiement des forces françaises et africaines, les violences perdurent en Centrafrique. Le réseau Caritas lance en urgence un programme pour répondre aux besoins de protection des populations déplacées.

 

Il n’y aura pas eu de trêve de Noël à Bangui. De nouveaux affrontements ont coûté la vie à une quarantaine de personnes et fait des dizaines de blessés. Ce même jour, un charnier d’une trentaine de corps a été découvert à l’entrée de la capitale. Le procureur de Bangui a précisé au micro de Radio France international que « certains corps étaient ligotés, certains avaient des plaies qui laissent entrevoir des tortures avant la mort. »

 

La Comité international de la Croix-Rouge estime qu’il y aurait eu dans tout le pays un millier de personnes tuées depuis le début du mois de décembre, tandis que les forces françaises et africaines étaient déployées pour empêcher les règlements de compte et permettre un retour au calme.

 

Flambée de violence

 

Devant cette flambée de violence, l’archevêque et l’imam de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga et Omar Kobine Layama, ont cosigné une tribune dans le journal Le Monde où ils déplorent que « la République centrafricaine (RCA) reste au bord d’une guerre aux aspects religieux. Plus de deux millions de personnes ont désespérément besoin d’aide, annoncent-ils, et près de 40 000 personnes sont entassées dans l’enceinte de l’aéroport de Bangui, sans abri ni toilettes. »

 

Les deux dignitaires, qui ensemble ont créé une plate-forme interconfessionnelle pour « apaiser les tensions et empêcher l’aggravation des divisions et du chaos », réclament l’envoi de casques bleus : «  seule une force onusienne de maintien de la paix disposera des ressources nécessaires pour protéger nos civils de manière satisfaisante. »

 

Répondre aux besoins de protection

 

Face à cette situation, la Caritas des États-Unis (Catholic relief services – CRS) met en œuvre un programme d’urgence pour répondre aux besoins de protection des populations de Bossangoa, ville de 40.000 habitants au nord du pays, dont une très forte majorité s’est réfugiée dans l’enceinte de la mission catholique au début des affrontements.

 

Ce programme, opérationnel jusqu’en août 2014, comportera plusieurs volets : en premier lieu, la distribution d’objets de première nécessité. Un second volet concentrera ses efforts à prévenir les abus et les violences physiques et sexuelles en formant les populations. Enfin, le programme prévoit de renforcer les capacités de la Caritas Bossangoa qui, elle aussi, a subi des pillages, et qui malgré tout continue à gérer le camp des personnes installées précairement sur les terrains de la mission catholique. Le programme viendra aussi en aide à un autre site, où les personnes déplacées sont majoritairement musulmanes.

 

Le Secours Catholique apporte son soutien à CRS en finançant à hauteur de 250 000 euros ce programme évalué à 663 000 euros.

 

Jacques Duffaut

 

©Caritas Internationalis

Lu pour vous : Centrafrique : « 2 millions de personnes ont désespérément besoin d’aide »

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Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 13:05

 

 

 

 

 


KINSHASA - AFP / 30 décembre 2013 12h57 -  Quarante assaillants ont été tués lundi à Kinshasa au cours de la prise d'otage à la télévision publique, et des tirs survenus à l'aéroport international et à l'état-major général, situé au camp de Tshatshi, a annoncé le gouvernement.


Il y en a eu 16 qui sont tombés à l'aéroport, huit qui sont tombés à la RTNC (Radio-Télévision Nationale Congolaise ) et 16 à l'état-major général. Il n'y a aucune victime civile rapportée, et aucune victime parmi les forces de sécurité, a déclaré à l'AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.


Il a expliqué que les auteurs de l'attaque n'étaient pas encore identifiés. Dans un message diffusé sur la RTNC, il a estimé que cette agression visait à terroriser la population.

Nous n'avons pas l'impression que les assaillants aient eu un autre objectif - avec un nombre aussi pauvre, avec un armement aussi pauvre - (que) de vouloir (...) semer la panique et la terreur à la veille des célébrations des fêtes de Nouvel an, a-t-il souligné.


Le gouvernement appelle les Kinois à reprendre leurs activités normales, en leur demandant de ne pas s'inquiéter du renforcement des mesures de sécurité, a ajouté M. Mende.


Lundi matin, des hommes armés de machettes et d'armes à feu ont forcé l'entrée de la RTNC, selon la police. Peu après, le signal a été coupé et des tirs ont été signalés à l'aéroport international de Ndjili, dans le nord-est de la ville, ainsi qu'au camp militaire Tshatshi, siège de l'état-major général, situé à une dizaine de kilomètres de la RTNC.


Un important dispositif sécuritaire a été déployé. Il comptait des policiers, militaires, ainsi que des gardes républicains, chargés de la protection du président Joseph Kabila. La circulation était fortement réduite et, par endroits dans la matinée, on pouvait sentir une forte odeur de poudre.



(©) 

RDC: 40 assaillants tués dans la prise d'otage à la télévision, les tirs à l'aéroport et à l'état-major

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 12:27

 

 

 

 

 

 

http://www.jeuneafrique.com  30/12/2013 à 11:27 Par Vincent Duhem et Seidik Abba

 

Le chef de l'État tchadien a décidé, le 19 décembre, de nommer un nouveau commandant à la tête de ses troupes au sein de la force africaine en Centrafrique, la Misma. Histoire de remettre un peu d'ordre dans ses relations complexes avec son turbulent voisin.

 

Dans ses huis clos avec ses partenaires africains et français, le président tchadien Idriss Déby Itno reconnaît qu'il a pu y avoir connivence, ces derniers mois, entre des soldats tchadiens de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et certains combattants tchadiens de la Séléka, l'ex-rébellion au pouvoir à Bangui.

 

Pour y mettre fin, il vient donc de taper du poing sur la table. Le 19 décembre, à l'occasion de la transformation de la Fomac en Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), le colonel Djibril Oumar, commandant des quelque 780 soldats du contingent tchadien, a été remplacé par le général Ousman Barh Itno, un neveu du chef de l'État.

 

Incontournables Tchadiens

 

En Centrafrique, le Tchad fait partie du problème et de la solution. Avec près de 800 soldats, N'Djamena aligne le contingent le plus important de la force africaine déployée en Centrafrique. Compte tenu de leur expérience et de leur connaissance du terrain, les Tchadiens avaient même beaucoup à apporter. Sauf que leur proximité avec les éléments de la Séléka a desservi leur action. En effet, près du tiers des 6 000 rebelles qui ont renversé François Bozizé sont d'origine tchadienne.

 

"Il y a clairement un problème avec le contingent tchadien, reconnaît une source officielle à Paris. Le président Idriss Déby Itno en est conscient et il veut y remédier pour ne pas écorner l'image de son armée, qui a accompli un excellent travail au Mali." Pour autant, en France comme sur le continent, on sait bien qu'aucune solution à la crise centrafricaine ne peut être trouvée sans le président tchadien. Car même s'il s'en est éloigné ces derniers jours, Déby Itno garde une réelle influence sur le président de la transition, Michel Djotodia.

 

"Nous avons une réelle convergence d'analyse avec lui sur la Centrafrique. C'est un canal de communication très important dont nous nous servons pour faire passer des messages à Bangui", souligne-t-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

 

 

Le Drian au Sahel : la Centrafrique et le redéploiement militaire français au centre des discussions

 

30/12/2013 à 08:40 Par Jeune Afrique

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, entame lundi une visite de trois jours au Mali, au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront au centre des discussions.

 

Pour la première fois depuis des années, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ne réveillonnera pas avec les militaires déployés en Afghanistan, mais avec les troupes présentes en Afrique. C'est au Mali que le ministre entame, lundi 30 décembre, une visite de trois jours qui le mènera également au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront les principaux sujets de discussion.

 

Le ministre s'entretiendra, mardi, avec le président Ibrahim Boubakar Keita, à quelques jours du premier anniversaire de l'opération Serval, lancée le 11 janvier 2013 pour chasser les islamistes armés qui contrôlaient le nord du pays.

 

Fin décembre, 2 500 soldats français seront encore présents dans le pays, soit deux fois moins qu'au plus fort de la crise. Au printemps 2014, le contingent français ne devrait plus compter qu'un millier d'hommes. 650 soldats français poursuivront à terme leurs opérations contre le "terrorisme" au Mali, où les groupes islamistes conservent une forte capacité de nuisance. Les 350 autres se répartiront entre la mission européenne de formation de l'armée malienne (EUTM Mali) et la participation française à l'état-major de la Minusma, la force des Nations-unies au Mali.

 

La France qui dispose d'environ 5 000 hommes stationnés en permanence en Afrique, de Dakar (350) à Djibouti (2 000), en passant par Libreville (950), N'Djamena (950) ou encore Abidjan (450), entend "réarticuler" de façon "très progressive" son dispositif dans la région afin de l'adapter aux nouvelles menaces, souligne-t-on à la Défense.

 

Crise centrafricaine

 

La réorganisation du dispositif militaire français sera également au menu des discussions, mercredi à Niamey, avec le président nigérien, Mahamadou Issoufou. La visite du ministre de la Défense survient alors que les deux premiers drones de surveillance Reaper achetés par la France aux États-Unis doivent être installés de façon imminente sur la base française de Niamey. Une avancée dans un domaine, le renseignement, où les forces françaises ont montré de graves lacunes depuis le début de l'opération au Mali.

 

Enfin, la crise en Centrafrique, où les affrontements inter-communautaires ont encore fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours, malgré la présence de 1 600 militaires français, sera au centre des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et le président tchadien, Idriss Deby Into.

 

Omniprésents dans Bangui, les 850 soldats tchadiens de la Misca sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka et ont été impliqués dans plusieurs incidents. Ils vont progressivement être redéployés dans le nord du pays.

 

Dans l'entourage du ministre de la Défense, on préfère souligner le "rôle moteur" joué par le Tchad "auprès de ses pairs d'Afrique centrale". Et de préciser que Idriss Déby et Le Drian s'entretiennent d'ailleurs régulièrement "à la fois de l'action du contingent tchadien de la Misca", la force africaine en RCA, et de "l'articulation politique d'ensemble".

 

(Avec AFP)

Lu pour vous : Tchad : Idriss Déby Itno remet de l'ordre au sein des troupes tchadiennes en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:59

 

 

 

 

Dans Bangui, la chasse aux musulmans

 

http://www.lejdd.fr  samedi 28 décembre 2013

 

REPORTAGE - Samedi encore, des milliers de personnes ont tenté de fuir la capitale. Seule la présence des militaires français a évité de nouveaux massacres.

 

Leurs valises sont entassées sur le bord de la route. Des vêtements débordent de certains grands sacs usés, troués par endroits. La famille Saken s'est repliée à quelques mètres, dans l'entrée d'un vaste bâtiment inachevée. Les deux fillettes pleurent, blotties de chaque côté de leur mère. Leur père implore, à l'ombre d'un blindé, le soldat français de trouver une solution à leur fuite vers l'aéroport pour bondir dans un avion qui les conduira au Tchad, son pays d'origine. De l'autre côté de la rue, plusieurs dizaines de jeunes sont tenus à distance par les militaires. "Si c'est les enfants, pas de problème, mais pas les parents. Qu'ils restent, on va les lyncher", hurle l'un d'eux en sango, la langue véhiculaire centrafricaine.

 

Le taxi qui conduisait la famille Saken à l'aéroport M'Poko de Bangui est tombé en panne ici, sur l'avenue de l'Indépendance. Ils doivent la vie à la présence française à cet endroit. Une première tentative pour les exfiltrer dans un blindé échoue. Impossible de caser toute la famille et leurs affaires, aussi nombreuses que totalement dérisoires quand on sait qu'ils vivent en Centrafrique depuis des dizaines d'années. Les fillettes ne cessent de pleurer en regardant leur père démuni. Il faut attendre, sous le regard de cette foule hostile, de ces jeunes chrétiens du quartier de Boy-Rabe qui scrutent leurs mouvements et ne comptent pas laisser repartir cette famille musulmane sans rien faire.

 

"On ne veut pas de musulmans, on va tout leur prendre"

 

Soudain, la foule, totalement excitée, se met à courir de l'autre côté du carrefour. Elle passe devant l'église Notre-Dame-d'Afrique et fond plus bas sur un garage qui appartient à un musulman du quartier. La famille Saken semble ne plus les intéresser. L'heure est au pillage. "C'est la journée des Centrafricains, aujourd'hui. On ne veut pas de musulmans, on va tout leur prendre", fanfaronne un adolescent en faisant rouler un gros pneu pillé dans la concession. Certains repartent avec des pièces rouillées dont ils ne connaissent même pas l'usage. D'autres poussent des voitures sans âge défoncées de toutes parts auxquelles il manque parfois une ou deux roues. Des épaves qu'ils sont fiers de ramener de leur côté, du côté chrétien. Des prises de guerre.

 

La famille Saken est parvenue à s'entasser dans un taxi, le pillage ayant heureusement agi comme diversion. Les Saken s'ajoutent aux milliers de Tchadiens qui fuient en masse la Centrafrique depuis plusieurs jours par peur des représailles. Ils s'entassent dans des camions, se serrent dans des voitures pour partir vers l'aéroport. L'unique avenue qui y mène est sécurisée par les soldats français. Une présence qui n'a pas empêché des actes de lynchage et le caillassage de certains véhicules. Les convois passent sous les huées de la population.

 

La promesse de nouveaux pillages

 

Mercredi, six soldats du contingent tchadien de la Misca ont été tués dans l'attaque à la grenade de leurs véhicules dans le quartier Gobongo où se concentrent des anti-balaka, les "anti-machettes". Cette milice d'autodéfense chrétienne dénonce le rôle joué par ces soldats, les accusant de proximité, voire de connivence, avec les ex-rebelles de la Séléka. Ces derniers, qui ont participé au coup d'État du mois de mars ayant permis l'accès au pouvoir de Michel Djotodia, ont été encasernés au début de l'opération militaire française Sangaris afin de permettre aux Français de procéder plus efficacement à leur vaste opération de désarmement. Samedi, le site le plus proche des lieux du pillage et de la prise à partie de la famille Saken était presque désert, à l'exception de quelques hommes. Quelques jours plus tôt, ils grouillaient devant l'entrée, armés de RPG et de kalachnikovs.

 

Un homme passe à moto sur l'avenue. Un groupe se rue sur lui et déstabilise l'engin. "C'est un musulman!", avertissent des jeunes. Les tirs de sommation des Français positionnés à tous les endroits stratégiques de ce carrefour permettent au motard de s'extraire de la meute. Il échappe au lynchage et part se réfugier près d'un blindé français. Sa moto est volée, exhibée comme un trophée. Les jeunes continuent à remonter l'artère avec ce qui reste du garage, de la tôle ondulée ou des bouts de miroir sans intérêt. "On se dépêche, commande un soldat, et on se tait." Les jeunes, en file indienne, obtempèrent et se redirigent vers leurs quartiers, en promettant de nouveaux pillages contre des biens appartenant à des musulmans.

 

Florence Richard, correspondante à Bangui (Centrafrique) - Le Journal du Dimanche

 

 

 

"A moins de 5.000 hommes en Centrafrique, on n’y arrivera pas"

 

http://www.lejdd.fr   samedi 28 décembre 2013

 

INTERVIEW - Professeur de stratégie à Sciences Po et à HEC, ancien directeur de l’Ecole de Guerre, le général Vincent Desportes donne raison à François Hollande d’être intervenu en Centrafrique mais demande l’envoi rapide de renforts au vu des difficultés rencontrées par les 1.600 militaires français déployés.

 

François Hollande avait promis une "opération rapide", n'ayant "pas vocation à durer". Trois semaines après le déclenchement de Sangaris, vu les violences à Bangui, doit-on déjà parler de "bourbier"?


Seuls ceux qui ne connaissent pas la réalité du terrain pouvaient imaginer qu’une intervention de ce type puisse être courte et facile. Je réfute ce terme de "bourbier". Il est normal que le président de la République, qui a eu raison de déclencher cette opération dans l’intérêt sécuritaire des Français sur le territoire national, l’ait présentée comme "rapide", de manière à ce qu’elle soit acceptable mais en réalité, elle sera forcément longue. Il ne faut pas confondre le fantasme d’une guerre courte et facile et la réalité de la guerre. Regardez en Libye : le conflit ne dure pas longtemps, sans troupes au sol et au bout du compte on a fait de ce pays un exportateur de terrorisme international. La guerre, ça ne fonctionne pas comme ça. La durée est indispensable.

 

L’intervention française en Centrafrique est donc appelée à se prolonger. Combien de temps selon vous?


Je dirais un an au minimum, peut-être deux ou trois. Au Mali, nous devions être 1.000 hommes aujourd’hui, nous en sommes à près de 3.000 un an après alors que la mission était bien plus simple : détruire un adversaire identifié et permettre à des autorités politiques, par le biais des élections, de reprendre la conduite du pays. Rien de tout cela n’existe en Centrafrique. D’autres soldats français tomberont probablement dans l’accomplissement de leur mission. D’autant que la mission qui est confiée à l’armée française est la plus délicate qui puisse être confiée à une force militaire : intervenir au cœur d’une guerre civile et chercher à séparer des belligérants qui cherchent à s'entre-tuer, tout en utilisant le moins possible sa propre force.

 

Pensez-vous nécessaire l’envoi de troupes françaises supplémentaires?


Absolument. Les 1.600 militaires actuellement déployés ne peuvent pas accomplir leur mission. L’effondrement de la Misca nous place dans une nouvelle situation. Désormais, en-dessous de 5.000 Français et de l’envoi de véhicules blindés légers supplémentaires, on n’y arrivera pas. La France n’a qu’une alternative : soit elle se retire, et son image en sortira considérablement dégradée ; soit elle mène avec succès cette opération qu’elle était la seule à pouvoir accomplir, mais à ce moment-là en y engageant d’un coup les moyens nécessaires à la réussite de l’opération. Vous n’éteindrez jamais un incendie à coups de verres d’eau. A un moment, il faut envoyer les canadairs pour provoquer un effet de souffle. Le pire, serait l’escalade progressive. Rappelons qu’à la fin des années 90, les Britanniques ont engagé 5.000 hommes en Sierra Leone, un pays dix fois plus petit que la Centrafrique, et ont résolu une crise similaire.

 

La force africaine fait-elle partie des problèmes ou de la solution?


Il faut être franc. La force africaine crée par elle-même des problèmes et concourt à l’aggravation des tensions au sein de la population entre chrétiens et musulmans. Les Etats qui ont fourni des troupes ont des intérêts propres à défendre dans cette crise, à commencer par le Tchad qui fournit 850 des 4.000 hommes. La première mission de l’armée française était de sécuriser et de prévenir les massacres, la deuxième de restructurer la Misca pour en faire une force opérationnelle sur laquelle s’appuyer. On voit que cela n’est pas possible pour l’instant. Après trois semaines, on aurait dû avoir une force de 4.000 Africains et 1.600 Français aptes à remplir la mission. Ça n’est pas du tout le cas. Il faut que la communauté internationale, par le biais des Nations unies, appuie rapidement la France en procédant à l’envoi de troupes qui ne proviennent pas des Etats voisins de la Centrafrique. On peut être par ailleurs particulièrement sceptique quant à une aide de nos partenaires européens quand on constate les bien maigres résultats du dernier sommet européen, alors que cette crise concerne tous les Européens, comme l’a rappelé M.Van Rompuy.

 

Du coup la France se retrouve isolée… Et d’une certaine façon piégée, ne croyez-vous pas?


Non, pas piégée. La France devait intervenir dans l’intérêt même des Français à court et à moyen termes et était la seule en mesure de le faire aussi vite. Maintenant que nous y sommes, partir serait un aveu de faiblesse insupportable. Je sais qu’avec 2.800 hommes au Mali, 900 au Liban, éventuellement 5.000 en Centrafrique nous toucherions aux limites des capacités de notre armée. D’autant que pour un soldat déployé en opération extérieure, il en faut quatre ou cinq en métropole. Mais j’affirme que la France a les moyens de déployer de tels effectifs. Je tiens toutefois à également insister sur l’opposition flagrante entre la volonté d’engagement interventionniste (à juste titre) du gouvernement et sa politique qui, avec la loi de programmation budgétaire, organise la dégradation des forces conventionnelles, en particulier des forces terrestres, dont on si grand besoin dans ce type d’opérations. Si la France considère à juste titre qu’elle ne peut pas échapper à ses responsabilités en Afrique notamment, qu’elle ne veut pas y voir se reconstruire l’académie du terrorisme détruite au Mali, elle doit s’en donner les moyens.

 

Alexandre Duyck - Le Journal du Dimanche

 

Lu pour vous : "A moins de 5.000 hommes en Centrafrique, on n’y arrivera pas"

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Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:56

 

 

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 29-12-2013

 

L'armée congolaise conduite par son chef d'état-major général, Guy -Blanchard Okoï, a rendu samedi à Brazzaville, le dernier hommage au sergent Rufin Juif Ngali, mort une semaine avant en République centrafricaine (RCA).

 

Ce sous-officier est mort au champ d'honneur le 22 décembre à Bossangoa, une localité située à 350 kilomètres de la capitale centrafricaine Bangui. Il était le quatrième soldat congolais mort au cours de cette dernière mission de paix dans ce pays.

 

Le sergent Rufin Juif Ngali accomplissait pour la seconde fois une mission de paix en RCA depuis le 15 septembre 2013. Il avait déjà effectué en 2004 une mission similaire dans ce pays où il avait suivi une instruction opérationnelle préparatoire pour servir dans la force de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale.

 

Deux autres soldats congolais sont ensuite morts le 27 décembre, cette fois-ci à Bangui, où ils accomplissaient une mission de protection du Palais présidentiel attaqué par des miliciens armés. Les corps de ces deux derniers soldats seront rapatriés à Brazzaville dans les prochains jours. Ils porteront le nombre de victimes congolaises en RCA à six.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Congo : enterrement à Brazzaville d'un soldat mort en Centrafrique

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Centrafrique-Presse.com
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:54

 

 

 

 

http://www.lavoixdefrance.fr

 

Alors que la France reste engagée au Mali, Paris vient de déployer 1 600 hommes en Centrafrique. Leurs objectifs: rétablir l'ordre, désarmer les milices et assurer un cadre favorable à une transition apaisée. Mais sur place, la situation est explosive et les partenaires européens de la France sont aux abonnés absents.

 

Depuis la fuite de l’ancien dictateur François Bozizé, une anarchie complète règne sur la Centrafrique. En s’emparant du pouvoir par la force, le 24 mars dernier, les milices de la Seleka, ont achevé de désintégrer les derniers reliquats de l’État. Elles ont également commis de très nombreuses violations des droits de l’Homme. Les victimes se comptent par centaines.

 

C’est dans ce contexte particulièrement tendu que les militaires français se sont déployés sur place. L’opération Sangaris, légale au regard du droit international puisque la France a obtenu un mandat des Nations Unies, a entraîné un effet pervers : des milices d’auto-défense, essentiellement composées de Chrétiens, mènent des actions de représailles contre les membres de la Seleka (terme qui signifie "coalition"), d’obédience musulmane.

 

Hollande au cœur d'une situation inextricable 

 

Pour Serge Michaïlof, chercheur associé à l’IRIS (Institut des relations internationales et stratégiques), "François Hollande s’est retrouvé pris au piège d’une situation inextricable. En intervenant militairement, il prend le risque de l’enlisement. S’il avait décidé de ne rien faire, il aurait été taxé d’indifférence au sort d’une ancienne colonie française". Cet ancien directeur des opérations de la Banque de développement ne cache pas son inquiétude : "la situation n’est pas du tout la même qu’au Mali, où l’État, le ministère des Finances en particulier, continuait de fonctionner. À Bangui, il n’y a plus rien".

 

Une situation qu’il attribue à des raisons démographiques. Grande comme la France et la Belgique, la Centrafrique ne compte que 5 millions d’habitants. "Les Centrafricains ne sont tout simplement pas assez nombreux pour entretenir des infrastructures de base, les routes notamment, et administrer leur territoire".

 

Autre point noir, celui constitué par la désagrégation des forces de sécurité : "il faut désormais reconstruire une armée, une gendarmerie, une police. Ce sont des tâches très difficiles à réaliser dans un pays multi-ethnique comme celui-là", précise Serge Michaïlof. Le pays est en effet partagé entre une majorité chrétienne et animiste et une minorité musulmane.

 

Et le chercheur de l’IRIS de s’interroger sur les moyens déployés pour stabiliser le pays : "Aux 1 600 soldats français s’ajoutent quelques milliers de soldats africains. Ces derniers ne sont ni formés, ni équipés pour mener à bien leur mission. Reste donc les forces françaises. Mais que peuvent faire quelques centaines d’hommes dans un pays aussi vaste ?"

 

L'Europe, la grande absente


La crise centrafricaine souligne une nouvelle fois l’absence d’une force de réaction européenne. Les partenaires de la France au sein de l’Union européenne soutiennent Paris mais seulement sur le principe car aucun autre État n’a envoyé de troupes sur place. Quant à une éventuelle aide financière, elle tarde à se mettre en place.

 

Un manque de soutien qui risque de se faire particulièrement sentir dans les mois qui viennent car cette opération s’annonce risquée, comme en atteste la mort de deux soldats français à la mi-décembre. Comment, en effet, organiser des élections démocratiques alors même qu’il n’ y a plus d’état civil. Serge Michaïlof espère "une intervention des Nations Unies, avec ce que tout cela implique en terme de dispositifs et de moyens déployés. Car la France, seule, ne peut rien faire."

 

 

 

 

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : LES MÂCHOIRES DU PIÈGE SE REFERMENT SUR LA FRANCE

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 11:44

 

 

 

 

 

 

http://www.directmatin.fr  29 déc 2013 à 12:24 AFP

 

 

Familles massées autour de l'aéroport pour se placer sous la protection des soldats français, civils tchadiens qui fuient sous les menaces: Bangui, malgré l'absence de tirs dimanche, présente le visage d'une ville dévastée par des semaines de violences meurtrières.

 

L'Unicef a recensé 55 sites de déplacés dans la capitale centrafricaine, où s'entassent - dans des conditions sanitaires désastreuses - 370.000 personnes -- hommes, femmes, enfants. Il s'agit de gens de la ville, qui compte 800.000 habitants, mais aussi de Centrafricains venus de province en espérant trouver un peu de tranquillité à Bangui.

 

Autour de l'aéroport, zone sécurisée par les soldats français de l'opération Sangaris et ceux de la force africaine (Misca), ils sont environ 100.000, selon des estimations de responsables humanitaires, vivant sous des tentes de fortune, dormant à même le sol.

 

"Jusqu'à maintenant, on n'a rien obtenu", dit l'un d'eux, Eric Tabassi: "ça fait bientôt un mois qu'on est là et la situation ne fait qu'empirer".

 

Chrétiens pour l'immense majorité, ils sont venus se placer sous la protection des militaires français pour échapper aux exactions des ex-rebelles majoritairement musulmans de la Séléka. De leur côté, les civils musulmans, centrafricains mais surtout tchadiens, fuient la ville.

 

Ils craignent d'être victimes de représailles de milices d'autodéfense locales chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes) ou de foules les accusant de connivence avec les Séléka qui ont chassé le président François Bozizé du pouvoir en mars 2013.

 

Les tueries intercommunautaires ont fait un millier de morts dans la capitale depuis le 5 décembre, date du début de l'intervention française.

 

Dimanche, comme les jours précédents, camions et voitures particulières bondés de civils tchadiens prenaient la route du nord, menant au Tchad, sous les huées de passants et sous la protection de soldats français, comme dans le quartier du PK-5, au centre-ville, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Indifférence générale face à un cadavre

 

Témoignage macabre du climat de violences régnant dans la ville, un cadavre gisait sur le sol, dans l'indifférence générale.

 

Le gouvernement du Tchad, dont des centaines de milliers de ressortissants sont établis en Centrafrique, a lancé un pont aérien depuis une semaine et a déjà évacué plus de 3.000 personnes par avion. Des milliers d'autres sont parties par la route.

 

Faiseur de roi en Centrafrique, N'Djamena a armé et soutenu la Séléka, dont certains combattants viennent du Tchad, selon plusieurs observateurs, dix ans après avoir favorisé le coup de force de François Bozizé.

 

La proximité des soldats tchadiens de la force africaine avec certains ex-rebelles auteurs d'exactions a été dénoncée à plusieurs reprises.

 

Samedi soir, l'Union africaine (UA) a balayé ces accusations, en apportant un soutien clair à N'Djamena et en "saluant les actions" en Centrafrique de l'armée tchadienne.

"Tout ce qui se raconte sur le contingent tchadien, nous à l'UA nous ne le croyons pas: nous soutenons l'armée tchadienne, nous saluons ses actions et nous l'encourageons dans sa mission au sein de la Misca", la force africaine en Centrafrique, a déclaré le Commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Ismaël Chergui.

 

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse à Bangui à l'issue d'une réunion de membres du groupe international de contact sur la Centrafrique.

 

"Ce qui se dit dans la presse est une manipulation. Le Tchad est en RCA depuis 20 ans. Le Tchad n'a pas un agenda sur la RCA", s'est insurgé de son côté le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, ajoutant: "je lance un appel au peuple centrafricain de ne pas se laisser manipuler par des politiciens qui ont échoué".

 

Le chef de la diplomatie tchadienne a également accusé l'ex-président Bozizé d'être à l'origine de la crise actuelle. Après avoir été renversé, François Bozizé s'est d'abord réfugié au Cameroun mais il s'est depuis rendu dans d'autres pays africains.

 

"L'ancien président et ses partisans ont jeté la responsabilité de leur échec sur le Tchad. Les Tchadiens ne sont pas les ennemis du peuple centrafricain", a-t-il insisté.

CENTRAFRIQUE : FUITE DES POPULATIONS

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 23:50

 

 

 

 

 

 

Notre pays, la République centrafricaine, dont le premier mot de la devise est l’Unité, connait aujourd’hui une situation exceptionnellement  dramatique de son histoire, déjà difficile depuis notre indépendance arrachée au prix de sa vie par notre Père fondateur Barthelemy BOGANDA.

 

Je compatis à la douleur de toutes les familles éprouvées, et depuis mon passage comme Premier Ministre, il y a de cela dix ans, et encore depuis l’élection présidentielle de 2005, je n’ai cessé d’attirer l’attention de tous sur la nécessité de construire notre citoyenneté dans la bonne gouvernance, car je voyais venir ces périls.

 

Pour moi, être Centrafricain, ce n’est pas appartenir à une communauté ou à une confession religieuse, mais c’est un état d’esprit qui nous permettra de développer ce pays potentiellement riche.

 

Notre situation n’est pas désespérée, mais ma conviction est qu’il n’y aura pas d’avenir pour notre pays sans une réconciliation véritable  de toutes ses filles et de tous ses fils, dans toute sa diversité.

 

Mais il faut le souligner avec force, il n’y aura pas de réconciliation véritable sans justice et sans pardon, c’est pourquoi, je propose la création immédiate d’une « Commission Nationale Justice et Pardon », pour nous permettre de nous réconcilier et de nous accepter comme l’ont fait nos frères d’Afrique du Sud avec Mandela, le peuple cambodgien après les dures années de Pol Pot, le peuple haïtien après les Duvalier et enfin plus près de nous, le peuple rwandais après le génocide de 1994.

 

 Merci à la France, merci à tous les pays frères contributeurs de la MISCA, merci à l’ONU, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne et à la CEEAC, qui nous aident à ramener la Sécurité et la Paix dans notre pays, au prix du sacrifice suprême de leurs enfants devant la mémoire desquels je m’incline.

 

Je le dis avec force, le bien-vivre ensemble et la paix des cœurs, c’est à nous centrafricains de les construire pierre par pierre.

 

Ensuite seulement, nous devons aller à des élections dès que possible pour que le peuple Centrafricain puisse choisir ses dirigeants dans la paix et l’unité retrouvées. Car ne l’oublions pas, nous avons deux batailles à gagner avant toute élection : l’une contre la dissémination des armes de guerre dans tout notre pays, et l’autre, la plus difficile, contre nos propres peurs.

 

Que Dieu bénisse notre pays, le Centrafrique.

 

Je vous remercie.

 

Fait à Bangui ce  28 décembre 2013

 

 

 

                                                    Martin ZIGUELE          

DECLARATION DE MARTIN ZIGUELE, Ancien Premier Ministre, Président du MLPC
DECLARATION DE MARTIN ZIGUELE, Ancien Premier Ministre, Président du MLPC

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 23:47

 

 

 

 

 

 

BANGUI 29-12-2013 à 18h31 (Reuters) - Médecins Sans Frontières (MSF) a lancé dimanche un appel à une aide d'urgence pour les 100.000 occupants du camp de réfugiés proche de l'aéroport de Bangui, entassés dans des conditions sanitaires déplorables après avoir fui les violences à caractère religieux en Centrafrique.

 

MSF dit recevoir chaque jour entre 15 et 20 nouveaux blessés, victimes des affrontements qui perdurent dans la capitale malgré le déploiement au début du mois de renforts militaires français et africains.

 

Les attaques des anciens rebelles de la Séléka, principalement musulmans, et, face à eux, de milices "anti-balaka" surtout chrétiennes ont fait plus de 1.000 morts et 400.000 déplacés à Bangui en décembre.

 

MSF rapporte que le camp de l'aéroport, qui s'étend sur des kilomètres à côte de la piste, ne dispose pas d'installations sanitaires adéquates et n'est pas assez approvisionné en nourriture et en eau car les agences de l'Onu sont débordées par l'ampleur de la situation.

 

"Si rien n'est fait au cours des deux prochaines semaines, une épidémie risque d'éclater", a déclaré Lindis Hurum, coordinatrice de l'ONG sur le camp. "MSF demande aux agences humanitaires d'accroître leurs actions."

 

En l'absence d'infrastructures, des milliers de familles s'abritent du soleil sous des cartons ou des tentes de fortune confectionnées à l'aide de couvertures et de bâtons.

 

Ces conditions n'ont cependant pas découragé des dizaines de milliers de personnes de venir chercher refuge au cours des dernières semaines à l'aéroport, où patrouillent des forces burundaises de la Misca, force de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) et près duquel se trouve une base militaire française.

 

Dimanche, Bangui est restée calme pour le second jour consécutif, mis à part quelques pillages isolés. Des militaires français ont empêché de jeunes chrétiens du quartier nord de Boy-Rabe de s'attaquer à des musulmans du district voisin de Miskine, selon un journaliste de Reuters.

 

Paul-Marin Ngoupana, Julien Dury pour le service français

Alerte de MSF sur un camp de réfugiés surpeuplé en Centrafrique
Alerte de MSF sur un camp de réfugiés surpeuplé en Centrafrique

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