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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:33

 

 

 

 

 

par RFI 06-07-2014 à 04:16

 

La signature d'une déclaration commune avec le mouvement antibalaka prévue pour ce lundi risque d'être reportée sine die. En effet la Seleka semble tiraillée par des dissensions au sein de son aile politique. Une assemblée générale doit se tenir à partir de ce dimanche 6 juillet à Birao.

 

Une assemblée générale est convoquée pour ce dimanche à Birao, ont fait savoir des responsables de la Seleka. Il s'agit d'une part de nommer un bureau politique et donc une nouvelle direction politique et ensuite de décider s'il y a lieu de signer la déclaration commune avec les anti-balaka.

 

Si la Seleka a unifié son état major en mai dernier, en revanche, l'aile politique est encore loin de parler d'une seule et même voix. Alors que depuis près de trois semaines, la coordination du mouvement discute à Bangui avec les anti-balaka en vue de signer une déclaration conjointe, au Nord, plusieurs voix discordantes réclament des éclaircissements et souhaitent nommer une nouvelle direction politique.

 

Déclaration commune

 

Une assemblée générale va donc se tenir à partir de ce dimanche 6 juillet à Birao et pour plusieurs jours afin d'une part de nommer un bureau politique et d'autre part d'étudier la déclaration commune négociée par le coordinateur Abdoulaye Hissène avec les anti-balaka. Manifestement à Birao les cadres se plaignent de ne pas avoir été consultés sur cette déclaration commune et certaines voix estiment qu'Abdoulaye Hissène a outrepassé son mandat.

 

Dans l'entourage de ce dernier, on ne dramatise pas outre mesure les mouvements d'humeur des cadres de Birao, et l'on se dit prêt à aller discuter de la déclaration commune. Reste à savoir quand l'aile politique de la Seleka pourra réellement se retrouver. Et quand le bureau politique sera nommé. Certains responsables actuellement à Bangui estiment ne pas pouvoir se rendre à Birao avant mardi prochain

 

Report de la signature d'un accord entre groupes armés centrafricains

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:22

 

 

 

 

 

 

http://www.lunion.presse.fr/  06/07/2014 Par L'union-L'Ardennais

 

MOURMELON-LE-GRAND (51). Cent cinquante bérets noirs du 501 RCC ont gagné le continent africain pour une mission de quatre mois. Ambiance.

 

Le dernier rassemblement de la 1re compagnie du 501e Régiment de chars de combat (RCC) de Mourmelon-le-Grand a eu lieu au sein même du quartier Delestraint, ce jeudi à 3 heures du matin pétantes.

 

Les militaires ont apprécié les derniers mots d’encouragement prononcés par le chef d’escadron adjoint.

 

Pour saluer le professionnalisme que ces hommes ont montré pendant toute leur préparation, le lieutenant-colonel Vincent Mary, chef de corps du 501, était présent. Et malgré un réveil aux aurores, des sourires se dessinaient sur tous les visages des bérets noirs.

 

Et c’est à 4 heures précises qu’est arrivé ce moment tant attendu par les tankistes : l’embarcation dans les bus direction l’aéroport de Paris.

 

Neuf mois de préparation

 

Voilà neuf mois que les hommes souhaitaient ce moment, neuf mois qu’ils n’ont finalement pas vu passer, puisqu’ils ont suivi une préparation opérationnelle dense. Les soldats du 501e RCC étaient prêts pour leur mission en République centrafricaine.

 

Pour le soldat 1re classe Quentin, âgé de 21 ans : « C’est ma toute première opération extérieure. Comme nous avons été bien préparés, je pars avec l’esprit serein. »

 

C’était également une grande première pour Sofiane, maréchal des logis (sous-officier) de 24 ans : « Cela fait deux ans et demi que je suis à la 1re compagnie du 501e régiment de chars de combat, et c’est ma première projection parce que lorsque mon unité est partie en Guadeloupe en 2012, je passais mon diplôme à Saumur pour être chef de char ».

 

Et d’ajouter : « La préparation a été dense avec beaucoup de terrain. Elle a duré respectivement deux semaines sur les différents camps de Champagne et dans la forêt d’Argonne, puis dans des amphithéâtres pour nous renseigner sur la situation en République de Centrafrique. Nous avons été entraînés sur différents véhicules et différents armements pour rester polyvalents. »

 

Tous ces jeunes professionnels sont entourés de militaires plus aguerris par les opérations à l’étranger.

 

Comme Franck, maréchal des logis chef (sous-officier) de 37 ans, qui en est à sa dixième mission extérieure.

 

Toujours le même ressenti

 

« Mais c’est toujours le même ressenti qu’au premier départ. Outre la préparation opérationnelle, on se doit de préparer femmes et enfants à notre absence. Mais ils savent que le régiment met en place tout un suivi des familles, ils sont bien informés et encadrés. »

 

Les cent cinquante militaires sont désormais sur le territoire africain pour une mission de quatre mois.

Le 501e régiment de chars de combat part en Centrafrique

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:46

 

 

 

 

Interview d'Aurélien Llorca, expert des Nations unies pour la Centrafrique

 

Olivier Rogez (RFI) samedi 5 juillet 2014

 

L'ONU a publié son rapport d'étape sur la situation en Centrafrique. Celui-ci documente un certain nombre d'exactions commises par les groupes armés depuis le 5 décembre, ainsi que le pillage des ressources naturelles. Le groupe d'experts des Nations unies s'inquiète de la persistance d'une situation d'anarchie dans le pays. Pour l'ONU, les autorités centrafricaines doivent être plus fermes envers les groupes armés, et notamment veiller à ce que les membres de ces groupes n'aient plus de fonctions dans les forces de défense et de sécurité. Ce rapport pourrait ouvrir la voie à un nouveau train de sanctions. Une liste de noms sera soumise dans quelques semaines à l'appréciation du Comité de sanctions.

 

RFI : Quatre mois après l’installation d’une nouvelle transition menée par Catherine Samba-Panza, l’ONU s’inquiète de la persistance des violences. Est-ce que les autorités de la Transition sont suffisamment fermes avec les groupes armés qui perpétuent ces violences ?

 

Aurélien Llorca : Effectivement la plupart du pays est toujours sous contrôle de groupes armés. Les ressources qui sont liées à l’activité, notamment des ressources naturelles produites dans ces différentes régions, sont sous le contrôle de ces groupes armés qui de fait se renforcent et constituent évidemment une menace à l’autorité du gouvernement de Transition. Parmi les deux principales recommandations qui ont été faites par le groupe d’experts au Comité de sanctions du Conseil de sécurité sur la Centrafrique, il y a notamment cette nécessité de clarifier d’une part, compte tenu de l’appartenance d’une partie de l’encadrement des milices anti-balaka soit aux forces armées centrafricaines, soit à la gendarmerie, et d’un autre côté, également, au niveau des Seleka, puisque la plupart des décrets qui ont été pris par l’ancien président Michel Djotodia sont encore en vigueur. Ce qui fait qu’aujourd’hui on a encore officiellement presque 3 500 ex-Seleka qui sont officiellement membres de l’armée centrafricaine. Donc cette ambiguïté devrait être clarifiée par les autorités de la Transition.

 

Selon vous, les autorités de la Transition devraient exclure de la future armée ou de l’état-major actuel, les membres des groupes armés qui soient Seleka ou anti-balaka ?

 

Effectivement, notre recommandation porte sur la clarification de leurs statuts. On sous entend bien évidemment qu’on ne peut pas être à la fois leader d’un groupe anti-balaka et officiellement sous-officier ou officier des forces armées centrafricaines.

 

De même pour la Seleka ?

 

Egalement du côté Seleka, c’est quelque chose qui devrait être clarifié.

 

Vous recommandez aux autorités de la Transition de faire preuve de plus de fermeté vis-à-vis des fauteurs de trouble et des groupes armés qui commettent des crimes. Comment le gouvernement, comment les autorités peuvent-elles faire preuve de fermeté alors qu’elles n’ont pas d’instrument de coercition, qu’elles n’ont pas d’armées, qu’elles n’ont pas de gendarmerie, ni de police fonctionnelle à l’heure où l’on parle ?

 

On espère que la mise en place le 15 septembre de la Minusca, en tant que force de maintien de la paix, donne justement une plus ample capacité aux autorités de transition pour mettre en œuvre les mesures nécessaires à cette clarification notamment. Et on espère que d’ici le 5 novembre, on puisse voir les prémisses d’un rétablissement de l’autorité de l’Etat.

 

Et pourquoi vous ne recommandez pas aux Nations unies de lever l’embargo sur les armes afin de permettre aux autorités de reconstituer leurs forces de défense et de sécurité ?

 

On estime qu’il y a suffisamment d’armes en circulation dans le pays pour qu’il n’y ait pas un besoin d’introduire de nouvelles armes. D’une part, il y a des armes qui ont été saisies, d’autre part il y aurait une possibilité de saisir un nombre supérieur d’armes, qui sont en ce moment dans les mains des groupes armés, et qui permettraient dans ce cas-là affectivement un réarmement des forces de sécurité. Mais il faudrait tout d’abord une réforme des services de sécurité avant un réarmement qui de plus, pourrait être fait via des armes saisies et non pas par des importations de nouvelles armes.

 

Vous insistez aussi sur l’un des aspects importants de ce conflit, l’exploitation illégale des ressources –diamant, or, bois, faune sauvage. Pensez-vous que la Seleka d’un côté et les anti-Balaka de l’autre contrôlent désormais le trafic illégal d’or et de diamant ?

 

On a pu observer nous-mêmes le contrôle de la production d’or dans la région de Bambari par un groupe Seleka. On a pu constater également le contrôle d’une partie des hommes de production de diamant dans la région de Carnot, par des milices réputées proches des anti-Balaka. On n’a pas établi ce lien dans la région de Bria jusqu’à présent mais malgré tout, il y a un certain nombre d’indicateurs qui pourrait démontrer l’existence de ce lien également. Oui, on a vraiment une inquiétude par rapport à la prise de contrôle des principales ressources du pays par des groupes armés.

 

Comment faire pour empêcher que ces groupes armés ne captent ces richesses ?

 

La plupart de l’or centrafricain est exporté de façon illégale sans que cela ne génère de ressources pour le gouvernement et les autorités de Transition à Bangui. Nous espérons qu’un effort sera également apporté sur la structuration de la filière or en Centrafrique. Et dans la mesure où le diamant, lui, est toujours interdit par le processus de Kimberley sur le diamant centrafricain, on espère juste que des filières illégales ne puissent pas trouver des moyens de contourner ce processus. Et malheureusement on a des indications comme quoi des faux certificats ou des diamants centrafricains sont insérés dans des lots avec des vrais certificats, mais ne mentionnent pas la provenance de Centrafrique. C’est évidemment l’une des inquiétudes du groupe d’experts également.

 

 

NDLR : Ce rapport d'étape des Nations Unies vient contredire sans détour ceux qui pensent que la meilleure solution de sortie de crise en RCA est la nomination de deux vice-premier ministres, un dans le camp Séléka et un autre chez les anti-balakas, ceux-là-mêmes que d'aucuns qualifient de "malfaiteurs" alors que d'autres considèrent hélas, comme des gens crédibles avec lesquels on doit discuter pour ramener la paix en Centrafrique. Tandis que les forces internationales, Sangaris et Misca viennent de mettre la main cette semaine, tant à Bangui que vers Bouar, sur plusieurs bandits anti-balakas, comment peut-on sérieusement envisager que des représentants de ces "malfaiteurs" se rendent à Brazzaville pour le dialogue intercentrafricain qui est dans l'air.  

RCA : Un rapport de l’ONU demande plus de fermeté envers les groupes armés
RCA : Un rapport de l’ONU demande plus de fermeté envers les groupes armés

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:35

 

 

 

 

 

05-07-2014 à 06:07 (RFI)

 

La présidente s'est adressée à la nation ce vendredi 4 juillet, une semaine après la clôture du sommet de l'Union africaine à Malabo. Un discours important, alors qu’un rapport de l’Onu rendu public ce même jour, demande aux autorités plus de fermeté à l’égard des groupes armés.

 

Critiquée par certains pour son manque d'action, et alors que la violence persiste, Catherine Samba Panza soutient qu'elle a toujours le contrôle. « Mes actions sont prétendument invisibles, mais ce sont des actions de refondation », déclare-t-elle.Il y a une semaine, au sommet de l'UA de Malabo, la présidente était apparue affaiblie et sous pression de ses partenaires d'Afrique centrale. Elle se devait donc de montrer qu'elle tenait bon.

 

La présidente réaffirme son triptyque pour une sortie de crise : « dialogue politique au sommet, réconciliation à la base, et justice au milieu ». Pour « la paix des cœurs », il faut poursuivre les bourreaux, martèle-t-elle. En avertissant que « le dialogue politique ne sera pas une prime à la violence et l'impunité. »

 

« Le réarmement n'est pas tabou »

 

Pressée par ses partenaires d'Afrique centrale de remanier son gouvernement, la chef de l'Etat répond que son équipe restera au moins jusqu'au forum de Brazzaville, dont la date reste à déterminer. Alors que l'ONU sort un rapport demandant plus de fermeté envers les groupes armés, Catherine Samba-Panza demande un allègement de l'embargo sur les armes pour reconstituer les Forces armées centrafricaines (FACA). « Le réarmement n'est pas tabou. Je m'y emploie tous les jours », explique-t-elle, appelant la France, l'Angola, la Misca et l'Eufor, à former les soldats.

 

Enfin la présidente demande la fin des conquêtes et des manipulations pour des intérêts égoïstes. Car dit-elle de toute façon, « le gâteau Centrafrique est réduit à sa plus simple portion. Et il n'y a plus grand-chose à partager. »


Un rapport de l’ONU demande plus de fermeté envers les groupes armés

 

L'Onu demande notamment de veiller à ce que les membres de ces groupes qui exercent toujours des fonctions dans les Forces de défense et de sécurité soient relevés de leurs fonctions. Le groupe d'experts des Nations unies a rendu public ce vendredi 4 juillet un rapport d'étape sur la situation en RCA.

 

Il s’inquiète de la persistance d'une situation d'anarchie en RCA. L'ONU a aussi documenté un certain nombre d'exactions commises par les groupes armés. Des violences commises depuis le 5 décembre, mais aussi le pillage des ressources naturelles. Les experts dénoncent l'impunité. Un rapport qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau train de sanctions, car une liste de noms sera soumise dans quelques semaines à l'appréciation du comité de sanction. Pour les experts des Nations unies, la République centrafricaine est encore loin d'être sortie du gouffre.

 

L'impunité reste totale ou presque, les groupes armés, mais aussi les pilleurs et les profiteurs profitent de l'anarchie générale. Pire, que ce soit dans le camp des anti-balakas ou dans celui de la Nouvelle Seleka, certains chefs locaux font tout pour que cette situation persiste. Les experts de l'Onu s'inquiètent du fait que les autorités de transition n'en font pas assez pour mettre au pas ces groupes armés. Ils attendent notamment que les membres des FACA ou de la gendarmerie qui appartiennent à l'un de ces deux groupes soient définitivement écartés des forces de défense et de sécurité.

 

Les experts s'inquiètent aussi du fait que dans les zones sous leur contrôle, certains responsables Seleka et antibalakas aient mis la main sur les ressources minières, principalement or et diamant qui ne rapportent plus rien à l'état centrafricain. Sans un retour de l'administration dans les zones minières, la RCA ne pourra profiter de ses ressources naturelles, indiquent les experts. Ils ont par ailleurs, identifié un certain nombre de fauteurs de troubles dont les noms pourraient être prochainement soumis au comité de sanction de l'ONU.

En Centrafrique, Catherine Samba-Panza tente de reprendre la main

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:25

 

 

 

 

 

 juil 03 (RJDH)

 

Les membres de la communauté musulmane et chrétienne de la ville de Boda (sud) vivent de nouveau ensemble. Ce changement intervient, suite à une visite des officiers de la Misca dans cette localité. Depuis plus de trois mois, ces deux communautés vivent séparément.

 

Issa, un représentant de la communauté musulmane de la ville de Boda, affirme qu’il y a une nette amélioration des relations entre les deux communautés depuis le passage de ces officiers de la Misca. Ceux-ci s’étaient entretenus sur place avec les leaders des deux communautés et des milices Anti-Balaka. Il a fait savoir que les chrétiens viennent désormais dans le site où vivent les déplacés musulmans afin d’y faire des achats et vendre des marchandises.

 

Un membre de la communauté chrétienne prénommé Diane, jointe par le RJDH au moment où elle se trouvait dans le site, affirme qu’elle ne s’inquiète pas d’être parmi les musulmans. Elle a ajouté que depuis mardi le 1er juillet, des jeunes musulmans se sont eux-mêmes rendus dans le site des déplacés chrétiens pour discuter avec leurs vieux amis.

 

Pour Diane, tous ceux qui tenteront de déstabiliser cette cohésion sociale qui commence à se rétablir doivent être traduits en justice. Elle appelle le gouvernement de transition à tout faire pour rétablir l’autorité et garantir la sécurité des habitants de la ville de Boda.

 

La ville de Boda est l’une des villes de Centrafrique où vivent encore de nombreux membres de la communauté musulmane. Ce travail de cohésion sociale entamé par les deux communautés s’ajoute à celui qui est présentement mené dans le 3ème arrondissement et le PK 5 à Bangui.

 

Centrafrique: Boda Des musulmans et chrétiens vivent de nouveau ensemble, après plusieurs mois de séparation

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:18

 

 

 

 

 

Par Jean-Pierre Bat 04 JUILLET 2014 http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/ 

 

Les lunettes de Foccart... est une rubrique qui permet de plonger dans l'histoire de la Françafrique, et de remettre dans son contexte l'histoire de la décolonisation de l'Afrique.

 

À la faveur de la crise centrafricaine actuelle, procédant de la faillite d’un État à l’agonie, les mémoires autour de l’Empire de Bokassa se sont réactivées de manière plus ou moins confuse. Comme si l’épisode Bokassa, autant – sinon plus que l’indépendance – avait constitué un moment fondateur de l’histoire contemporaine de Centrafrique... de fait, la classe politique, qu’elle l’ait assumé ou non, est en partie sortie de ces années à l’image du général François Bozizé, ancien aide de camp de l’Empereur.

 

Dans la nuit du 31 décembre 1965, l’armée centrafricaine menée par le colonel Bokassa, chef d’état-major, procède à un putsch et renverse le président David Dacko. Ce coup de force est baptisé le « putsch de la Saint-Sylvestre ». Qui est ce militaire, présenté comme le premier officier du pays ? Enfant de troupe d’AEF et ancien FFL, Bokassa n’hésite pas à « gonfler » son CV. S’il est réellement vétéran des guerres coloniales (notamment d’Indochine) et a été promu d’adjudant-chef à capitaine dans l’armée française à la veille de son transfert pour l’armée centrafricaine naissante en 1962, il laisse en revanche entendre qu’il a débarqué en Provence en 1944 pour se donner un profil plus « gaullien ». On est en réalité loin du profil guerrier d’un Eyadéma ou d’un Oufkir. Mais comme pour cette génération, l’armée française a fonctionné comme un outil de promotion et d’acculturation, voire comme une seconde famille. Toute sa vie, il reste attaché à ce qui entoure l’armée française, à commencer par le général de Gaulle qu’il s’obstine à appeler « Papa » au grand dam de ce dernier qui n’hésitait pas à l’affubler du surnom de « soudard ».

 

En janvier 1966, c’est un triumvirat qui se partage le pouvoir : le président Bokassa, le colonel Banza, n° 2 du gouvernement, et Bandio, le ministre de l’Intérieur. Certes, Bokassa détient l’essentiel des leviers (président de la République et du gouvernement, ministre de la Défense et Garde des Sceaux). Mais, conscient que Banza contrôle réellement l’armée, il emploie les 3 années suivantes à l’éliminer. C’est chose faite le 10 avril 1969 : Banza est arrêté et accusé de préparer un putsch. Jugé le 11, il est exécuté le 12 avril.

 

En cette même année 1969, Bokassa marche à pas certains vers son intégration au sein du syndicat des chefs d’État « amis de la France ». En mars 1969, une visite officielle est organisée par Foccart à Paris pour l’introniser officiellement dans ce cercle. Pour s’assurer le soutien de l’Élysée, Bokassa entend être le meilleur représentant de la politique française en Centrafrique, bien souvent aux dépens de l’ambassadeur de France et dans une confusion des genres grandissante. À Bangui, personne, de l’ambassadeur à l’attaché militaire, ne s’illusionne sur ce président. Et malgré le soutien de Foccart, Bokassa est loin de faire l’unanimité auprès des autres membres de la famille franco-africaine. Pour prix de cette alliance, Paris accepte d’en passer par les caprices de son allié centrafricain. Foccart, parfaitement informé et lucide sur la personnalité de Bokassa, est chargé de les maintenir dans la mesure du « raisonnable ».

 

À l’aube des années 1970, le général-président Bokassa se sent pousser des ailes bonapartistes : il se proclame président à vie en 1972, maréchal en 1974 et empereur en 1976. Entre ces deux dernières étapes, le verrou du « raisonnable » a été franchi avec le départ de Foccart : Valéry Giscard d’Estaing, élu en 1974, s’appuie sur Bokassa plus que sur tout autre président : en guise de cadeau pour cette alliance, le sommet franco-africain de 1975 se déroule à Bangui, sur décision du président français. Les deux hommes ont besoin l’un de l’autre pour s’affirmer au sein d’une famille franco-africaine dominée depuis 1960 par le couple Houphouët-Boigny et Foccart.

 

En outre, Giscard a choisi de s’investir de manière plus personnelle que ses prédécesseurs dans les affaires africaines. La passion de la chasse ou le scandale des épouses ne sont que les parties médiatisées. Ce nouvel état d’esprit a été saisi par l’expression seventies de « Safari Club ». De son côté, Bokassa comprend qu’il peut obtenir beaucoup de son « cher parent », et être tenu au même niveau que les « pères des indépendances » au sein de la famille franco-africaine.

 

Le 4 décembre 1977, à Bangui, Jean-Bedel Bokassa, se couronne empereur lors d’un véritable pastiche napoléonien. L’Élysée mesure le grotesque des demandes de Bokassa pour son couronnement, mais l’organise (en minimisant publiquement sa contribution). Il est pourtant trop tard : un point de non-retour a été franchi. Les images du sacre donnent au grotesque de l’événement une dimension planétaire. Paris en a conscience : les présidents africains refuse de venir et la France n’est représentée que par René Journiac, le successeur de Foccart à l’Élysée, et Robert Galley, le ministre de la Coopération.

 

Après le sacre, les relations entre Paris et Bangui se détériorent très vite. Les sujets de discordes abondent mais, c’est bien le rapprochement avec Kadhafi (amorcé dès 1976), qui condamne pour de bon l’empereur de Centrafrique. Depuis la première guerre du Tchad (1969-1972) et tout au long de la décennie 1970, Kadhafi est pour Paris son ennemi n°1 sur le continent. La rupture s’accélère lors du sommet France-Afrique de Kigali en mai 1979 : Bokassa est accusé d’avoir réprimé dans le sang des mouvements lycéens et civils au premier trimestre 1979. Une commission d’enquête africaine s’empare du dossier tandis qu’une campagne de presse est menée contre l’empereur sanguinaire.

 

L’idée (qui, pour Paris, présidait au sacre) d’un empereur retiré en son palais de Bérengo écarté des affaires, tandis que ses ministres, plus raisonnables, auraient gouverné, a échoué...

 

Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), qui depuis près d’un an planifie des scénarios de remplacement de Bokassa, obtient le feu vert de l’Élysée. Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979, alors qu’il est en visite à Tripoli, Bokassa Ier est renversé. L’opération « Caban » (Centrafrique-Bangui) doit restaurer l’ancien président David Dacko – pris en charge depuis de longues semaines par le service Action. À charge pour lui de demander immédiatement l’application des accords de défense, c’est-à-dire l’intervention des forces françaises officielles (opération « Barracuda »).

 

L’opération est un succès : pas un coup de feu n’est tiré grâce au plan du SDECE. Mais le montage des deux plans officieux (« Caban »)/officiel (« Barracuda ») est immédiatement dénoncé publiquement. Mais Paris a sauvegardé sa plate-forme logistique militaire : les bases centrafricaines de Bangui et Bouar, points d’appui pour la guerre au Tchad, sont sauvées. Les Éléments français d’assistance opérationnelle (EFAO) viennent relever les hommes de « Barracuda » et s’installent en Centrafrique jusqu’en 1998. Dès 1981 le colonel Mantion est mandaté comme conseiller présidentiel pour garantir la stabilité du régime : il reste à Bangui jusqu'en 1993. Les camps de Bangui et Bouar ne seront dissous qu’en 1998 au nom de la nouvelle politique africaine de la France.

 

Les diamants de Giscard ont constitué l’épilogue du coup d’État de 1979 : l’empereur déchu décide de consacrer son énergie à faire chuter son « cher parent » dans la perspective des élections de 1981... Mais ceci est une autre histoire, venue se surimposer à celle de l’Empire centrafricain pour la couvrir quasi-totalement de son voile « franco-français », si loin de l’histoire des Centrafricains.

 

L’ascension de Bokassa, son couronnement et sa chute.

 

Le 4 décembre 1977, le dictateur Jean-Bedel Bokassa, s’autoproclame « Empereur de Centrafrique », un petit pays de deux millions d’habitants. Il reproduit pour l’occasion le sacre de Napoléon Bonaparte, sous les tropiques. Couronne de laurier, manteau d’hermine, rien ne manque. Ultime facétie d’un tyran mégalomane ? Pour les témoins, le sacre de Bokassa Ier laisse le souvenir d’une gigantesque mascarade, et d’une débauche de luxe dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Mais ce couronnement n’est pas seulement une page exubérante de l’histoire de l’Afrique post-coloniale, c’est aussi un concentré des calculs, des enjeux et des abus de la Françafrique. Car les fils qui agitent cette marionnette bouffonne et sinistre conduisent directement à l’Elysée, et au Président de la République française, Valery Giscard d’Estaing. Ce dérapage va devenir le symbole absolu des dérives de la politique africaine de la France. Moins de deux ans plus tard, il coûtera son trône à Bokassa ; puis à Giscard, la présidence « Bokassa Ier, empereur de Françafrique » retrace l’irrésistible ascension de ce dictateur excentrique jusqu’à son apothéose, qui est aussi l’amorce de sa chute.

 

Les diamants (de Bokassa) sont éternels « Pré carré » et guerre fraîche : la fabrique de la Françafrique

 

Par Jean-Pierre Bat

 

Archiviste paléographe, agrégé et docteur en histoire, membre du CEMAf (Centre d’études des mondes africains), Jean-Pierre Bat appartient au groupe de recherche informel Gempa (Groupe d’études sur les mondes policiers en Afrique). Il est l’auteur du Syndrome Foccart. La politique française en Afrique, de 1959 à nos jours (Gallimard, 2012). Ses travaux se fondent sur les archives Foccart conservées aux Archives nationales (5 AG F). Cet article est l’édition de sa conférence donnée le 5 février 2013 à l’École nationale des chartes 

 

Bois « sacré » du domaine réservé du chef de l’État sous la Ve République, l’Afrique est passée du « secret du roi » incarné par Jacques Foccart aux feux médiatiques des scandales. Ce changement de registre, dont « l’affaire des diamants » constitue l’archétype, a profondément altéré l’interprétation de la politique africaine de la France. Pensée comme le socle du programme d’indépendance nationale imaginée par le général de Gaulle, elle a été réduite à une succession d’affaires, parsemées des ombres inquiétantes de « barbouzes ». L’archéologie du récit (médiatique) de la « Françafrique » doit permettre de comprendre le « syndrome Foccart », par-delà les fantasmes attachés à la cellule africaine de l’Élysée vue comme la plus secrète boîte noire de la République.

Lu pour vous : Quand l'Empire (Bokassa) contre-attaque

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 22:27

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 2014-07-04 21:05:57 - Le dialogue politique au sommet, la réconciliation nationale à la base et la justice, sont les trois piliers fondamentaux du processus politique de sortie de crise en Centrafrique, a déclaré vendredi la présidente de transition, Catherine Samba Panza, dans un message à la nation.


S'exprimant à son retour de Malabo où elle a pris part au dernier sommet de l'Union africaine, elle a dit avoir établi la justice comme troisième pilier de cette vision pour que « l'impunité, l'une des causes profondes de la récurrence de la crise, ne prospère plus ».


Pour Catherine Samba Panza qui faisait également le bilan de son gouvernement après cinq mois d'exercice, « l'une des conditions indispensable de la paix des cœurs et des esprits réside dans la poursuite pénale des bourreaux et le dédommagement des préjudices subis par leurs victimes ».


« Je me suis engagée devant mes pairs de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale) à veiller personnellement à ce que tout en étant inclusif, le processus du dialogue politique ne soit pas une prime à la violence et à l'impunité» a-t-elle mis en garde.


Quant aux questions liées à l'opérationnalisation des forces armées centrafricaines (FACA), Mme Samba Panza a indiqué qu'avant la fin de la transition il est fondamentale de jeter les bases d'une armée républicaine au service de la reconstruction et du pays. 

« Des réflexions sont menées sur le futur format de notre armée et elle doit être une armée au service du développement», a-t-elle dit.


En ce qui concerne le nouveau gouvernement annoncé et qui tarde à être publié, elle a expliqué qu'elle a été amenée à surseoir à sa formation en raison de « l'importance que j'accorde à la tenue de ce dialogue. Le gouvernement actuel poursuivra sa mission jusqu'à la fin du dialogue de Brazzaville. Je tiendrais ensuite compte des nouvelles donnes issues de Brazzaville pour configurer un nouveau gouvernement impliquant toutes les sensibilités du pays ».


« Les critiques faciles ne me détourneront point des objectifs que j'ai fixés pour mon pays au cours de cette transition » a-t-elle rassuré.


Elle a poursuivi en faisant remarquer que l'histoire de la République centrafricaine est un éternel recommencement parce que plusieurs dialogues ont été tenus mais « l'histoire de notre pays est là pour attester que ce sont toujours les mêmes qui vont et qui reviennent dans les mouvements de rébellion avec comme seul programme politique la satisfaction de leurs intérêts personnels ».


« La population centrafricaine a le droit de savoir ce qui se passe réellement pour ne pas se laisser abuser par les interprétations les plus tendancieuses. Entant que chef de l'état il est de mon devoir de partager avec vous la bonne compréhension de l'évènement et l'évolution de la transition que je dirige », a-t-elle dit.

 

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Catherine Samba Panza explique les piliers du processus politique de sortie de crise en Centrafrique

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 22:10

 

 

 

 

 

04/07/2014 à 19:43  (AFP)

 

Au moins 15 ex-rebelles de la Séléka ont été tués dans le sud-est de la Centrafrique par l'armée ougandaise, qui les a pris pour des combattants de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), une guérilla ougandaise, a indiqué la gendarmerie.

 

L'accrochage dans la région de Nzako (sud-est) a également fait quelques tués côté ougandais, selon une source de la gendarmerie de Bangassou (sud-est), chef-lieu de la préfecture où se trouve Nzako, qui n'a pu donner de bilan.

 

"15 éléments des ex-Séléka ont été tués lundi dernier dans le village de Kono, région de Nzako, au cours d'un accrochage avec les forces armées ougandaises qui étaient à la recherche de combattants de la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur", a déclaré cette source.

 

L'accrochage particulièrement violent, selon la source, est dû "au fait que les éléments de l'armée ougandaise ont pris les éléments ex-Séléka pour des rebelles de la LRA. Les ex-Séléka ont battu en retraite, abandonnant leurs équipements, notamment les armes, leurs tenues et leurs chaussures".

 

Depuis leur abandon du pouvoir à Bangui en janvier sous la pression des forces internationales, les combattants de la Séléka ont éclaté en plusieurs groupes dans différentes régions de Centrafrique, notamment dans le Nord et l'Est.

 

Il y a trois semaines, la présence d'ex-Séléka armés à bord de véhicules avait été signalée dans la région de Nzako, ville minière, faisant fuir en brousse la population.

 

Déployée en Centrafrique depuis 2008 à la demande des autorités de l'époque, l'armée ougandaise basée à Obo, principale localité de l'extrême Sud-Est, traque Joseph Kony et ses hommes de la LRA, connus sous le nom de "Tongo-Tongo", qui terrorisent les populations des régions Nord-Est et Sud-Est. Certains lieutenants de Joseph Kony ont été capturés et nombre de ses combattants ont péri ou se sont rendus.

 

Selon des ONG centrafricaines, plusieurs centaines de civils ont été tués par les rebelles de la LRA, plusieurs centaines d'autres enlevés et retenus en otages.

 

La LRA, une des guérillas les plus brutales au monde, qui assassine les civils ou les capture pour en faire des esclaves, a commencé à sévir en 1988 dans le nord de l'Ouganda. En 2005, ses combattants, fuyant devant l'armée ougandaise, se sont réfugiés dans l'extrême nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), frontalier de la Centrafrique.

Centrafrique: 15 ex-rebelles Séléka tués par l'armée ougandaise

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 20:59

 

 

 

 

04/07/14 (Afrique Inside)

 

Dans trois mois, les Casques bleus devraient se déployer en Centrafrique où le conflit ouvert entre les milices chrétiennes anti-balaka et les combattants de l’ancienne rébellion Séléka se poursuit presque dans l’indifférence médiatique alors qu’il y a encore six mois, la Centrafrique alimentait inlassablement la une des médias internationaux. Les dernières semaines ont été rudes. Rien que les trois derniers jours, 11 civils ont perdu la vie. Huit personnes en tout ont été tuées entre lundi et mercredi à Batangafo (nord-ouest) et plusieurs ont été blessées par des éléments armés identifiés par les habitants comme étant des ex-Séléka basés dans la région. Plusieurs localités situées dans le nord-ouest (Batangafo, Kabo, Bouca, Markounda, Bossangoa, Nanga Boguila, Nana Bakassa) du pays reste la cible d’attaques récurrentes et d’affrontements entre les milices chrétiennes anti-balaka fidèle au président déchu François Bozizé et des combattants l’ex-rébellion de la Séléka qui avait porté au pouvoir l’ancien président de la transition Michel Djotodia.

 

Selon la force africaine sur place (MISCA), trois autres personnes ont été tuées et une blessée cette fois dans le centre du pays lors d’une attaque d’ex-Séléka contre le village de Ngakobo, situé près de Bambari. Le bilan humain de ces dernières semaines fait état de plusieurs dizaines de morts et des déplacements massifs de la population notamment vers la capitale Bangui sécurisée avec difficulté par les forces internationales. La situation est telle que la colère gronde parmi les habitants qui dénoncent l’inertie de ces mêmes forces internationales sur le terrain, la force africaine (MISCA) Sangaris, (forces française) et l’Eufor-RCA (force européenne. Les différentes contingents de la MISCA sont pointés du doigt. Les soldats congolais et camerounais se voient reprochés leur passivité. Avant eux, les soldats burundais et surtout tchadiens, avant que ces derniers ne quittent les rangs de la MISCA, étaient sans cesse pris à partie par la population, les accusant de défendre tour à tout le camp musulman ou chrétien. S’agissant de la présence française, celle-ci suscite la controverse. Faible effectif, en conséquence son action s’est avérée de facto plutôt inefficace.

 

Impossible réconciliation nationale

 

Quand aux anti-balakas et aux ex-Séléka, ces derniers se rejettent mutuellement la responsabilité des violences commises dans le nord-ouest et le centre du pays. Les anciens rebelles Séléka ont fui la capitale Bangui à cause des représailles de la part des milices anti-balaka, ils ont fini par se retrancher dans le nord de la Centrafrique, livrés à eux-même et menant des attaques meurtrières contre la population. Pour beaucoup d’observateurs, les risques de partition du pays sont réels avec les Séléka au nord et les anti-balaka au sud. Depuis plusieurs semaines, l’ex-Séléka tente de se structurer sur le plan politique et militaire. Ce qui laissait même présager des discussions possibles avec les autorités de la transition dans le cadre d’une réconciliation nationale. Un accord avec les milices anti-balaka était même envisagé. Mais face à l’ampleur des exactions et des attaques commises, les cadres de l’ex-Séléka sont plus que jamais discrédités, jugés impuissants et incapables surtout de tenir leur base. Par ailleurs, plusieurs caciques de l’ancienne rébellion sont sous le coup de sanctions internationales, c’est le cas du charismatique Noureddine Adam, l’ex-numéro un de la Séléka.

 

A Bangui, les autorités de la transition sont également de plus en plus contestés, au point même qu’une partie de la population réclame le départ de la présidente de la transition Catherine Samba-Panza. Ses promesses de réconcilier tous les centrafricains et de rétablir la sécurité sont restés vains sans surprise en réalité en l’absence d’une armée régulière structurée. L’ambition de réformer l’armée centrafricaine reste pour l’instant irréalisable faute de moyens financiers certes mais également de volonté politique tant le pays est divisé. La transition reste impatiemment dans l’attente du déploiement des Casques bleus à partir de septembre. 12.000 soldats onusiens devraient renforcer la présence des 5.000 soldats de la MISCA et des 2.000 militaires français. Depuis le début des violences intercommunautaires en décembre 2013, la Centrafrique, qui compte près de 5 millions d’habitants, déplore plusieurs milliers de morts et plusieurs centaines de milliers de déplacés.

 

Véronique Mansour

Lu pour vous : Centrafrique : 11 civils tués en trois jours, un conflit oublié ?

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 20:10

 

 

 

 

 

Le Chef de l’Etat de transition, Mme Catherine Samba-Panza, en marge du 23ème Sommet de l’Union Africaine à Malbo en Guinée Equatoriale a pris part à une concertation spéciale sur la situation en République Centrafricaine devant ses pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), pour faire une évaluation de la situation de notre pays et envisager un recadrage de la transition au regard des difficultés rencontrées, dont vous aurez l’intégralité du discours.

 

 

Centrafricaines, Centrafricains, 

 

Chers compatriotes, 


Je reviens à nouveau vers vous dans les circonstances actuelles où la situation de notre pays est au cœur de diverses préoccupations. La population centrafricaine a le droit de savoir ce qui se passe réellement pour ne pas se laisser abuser par les interprétations les plus tendancieuses. En tant que Chef de l’Etat, il est de mon devoir de partager avec vous la bonne compréhension des évènements et l’évolution de la transition que je dirige. 


Comme vous le savez, notre pays est suspendu de l’Union Africaine qui tenait son 23e sommet à Malabo, en Guinée Equatoriale. Le Président en exercice de la CEEAC, le Président Idriss DEBY ITNO du Tchad a bien voulu convoquer, en marge de ce sommet, une concertation spéciale sur la situation en République Centrafricaine. J’ai été officiellement conviée à cette concertation. Il était question, au cours de cette concertation, de faire une évaluation de la situation de notre pays cinq mois après ma prise de fonction et d’envisager un recadrage de la Transition au regard des difficultés rencontrées. 

 

Chers compatriotes, 

 

Malgré les nombreuses avancées dans la gouvernance de notre pays depuis le 20 janvier 2014 qui ont abouti à l’accalmie que nous observons à Bangui depuis plusieurs semaines, certains compatriotes pensent que la Transition actuelle nécessite un recadrage immédiat, par une remise à plat des institutions et de la Charte Constitutionnelle de Transition. 

 

Percevant les dangers qu’une telle perspective comporte pour notre pays qui est encore dans un état fragile, je me suis employée à démontrer à mes pairs de la CEEAC toutes les avancées auxquelles nous sommes arrivés au bout de cinq mois d’exercice du pouvoir aussi bien dans les domaines de la sécurité, de la consolidation de la paix, de l’assistance humanitaire, de la relance des activités économiques que dans le domaine politique et de la gouvernance. 


Il m'a paru d’une grande importance de mettre l’accent sur ce qui a été fait sur le volet politique et de la gouvernance puisque l’argument ouvrant la voie aux critiques de la transition actuelle tourne autour de l’organisation d’un dialogue inter-Centrafricain et la reprise en mains de ce dialogue par la CEEAC et la Communauté Internationale. 

Sur ce point, j’ai du rappeler que l’histoire politique de la République Centrafricaine est un éternel recommencement. Plusieurs tentatives et divers modes de résolutions des conflits centrafricains ont été menées. Des cadres de concertation participatifs et inclusifs ont été adoptés, regroupant un large échantillon des acteurs politiques, militaires et sociaux du pays. 


Au regard de la récurrence des crises en République centrafricaine, il y a lieu de faire le constat de la pertinence limitée de ces modes de traitement des conflits centrafricains. 

Tirant les leçons des échecs de ces différentes initiatives, j'ai formulé dès le départ la vision du processus politique de sortie de la crise actuelle axé sur trois piliers: le dialogue politique au sommet, la réconciliation nationale à la base et la justice au milieu. Les précédents processus avaient toujours privilégié les acteurs politico-militaires au détriment des victimes innocentes de ces crises. Ma conviction est que nos populations qui ont payé le prix le plus fort de ces crises ne doivent plus être prises en otages par les groupes armés. 


Chers compatriotes, 

 

Cette vision n’est plus seulement la mienne. De nombreux Centrafricains la partagent. Pour beaucoup il ne sert à rien d’aller à un forum où les gens ne vont pas se dire la vérité, ne vont pas avouer leurs fautes et se repentir, ne vont pas s’engager sincèrement à abandonner les armes pour privilégier le dialogue comme seul mode de règlement de nos conflits, ne vont pas changer  résolument leur mentalité de division, de discrimination et de prédation des richesses de notre pays mais vont plutôt mettre au coeur des discussions leurs intérêts personnels et ceux des puissances occultes qui les financent et les manipulent. L’histoire de notre pays est là pour attester que ce sont toujours les mêmes qui vont et qui reviennent dans les mouvements de rébellion avec comme seul programme politique la satisfaction de leurs intérêts personnels. 


Vous comprendrez alors pourquoi j’ai fermement établi la justice comme le troisième pilier du processus de dialogue politique pour que l’impunité - qui est aussi l’une des causes profondes de la récurrence de la crise dans notre pays – ne prospère plus. Je suis en effet convaincue que l’une des conditions indispensables de la paix des coeurs et des esprits dans notre pays réside dans la poursuite pénale des bourreaux et le dédommagement des préjudices subis par leurs victimes. Il ne peut en être autrement. Je me suis engagée devant mes pairs de la CEEAC à veiller personnellement à ce que tout en étant inclusif, le processus de dialogue politique ne soit pas une prime à la violence et à l’impunité.

 
La Communauté Internationale qui nous accompagne dans la résolution de notre crise a d'ailleurs pris une option très claire dans ce sens. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a pris des résolutions dans ce sens, des sanctions ont été prononcées et la Cour Pénale Internationale elle-même est désormais à pied d’oeuvre pour lancer des poursuites. 


Le schéma du dialogue politique que j’ai conçu et qui articule reconstruction préalable de la cohésion sociale à la base, dialogue politique permanent, justice et réconciliation est bel et bien enclenché depuis, contrairement à ce qui est affirmé par certains compatriotes de mauvaise foi. Pour preuves : 

 

- plusieurs initiatives soutenues par la Présidence et le Gouvernement ont visé à favoriser le désarmement des coeurs et des esprits, le vivre-ensemble, la cohabitation interreligieuse et intercommunautaire ; 

 

- une stratégie de réconciliation nationale a été élaborée avec l’appui du Système des Nations Unies qui attend d’être validée par les parties prenantes ; 

 

- la concertation avec les Forces Vives de la Nation a été amorcée puisque que j’ai reçu en audiences les partis politiques (Opposition Démocratique,  


Ancienne Majorité Présidentielle, Autres Partis, Personnalités Politiques individuelles ou collectives), les organisations des femmes et de la jeunesse, la plateforme religieuse, le patronat, les syndicats, les organisations de la société civile. Des échanges avec ces Forces de la Nation, j’ai tiré des pistes de solutions aux grands défis auxquels fait face notre pays. 

 

- un atelier préparatoire au dialogue national a été organisé du 10 au 12 juin dernier avec l’appui technique du Centre pour le Dialogue Humanitaire basé en Suisse. 


- le cadre de concertation prévu par le Code électoral a été mis en place au sein de l’Autorité Nationale des Elections.

 

Toutes ces actions démontrent à suffisance ma volonté et celle de mon gouvernement d’oeuvrer pour des solutions durables aux difficultés du vivre-ensemble qui minent la cohésion sociale. Elles établissent surtout de manière irréfutable que les bases du travail dans le domaine du dialogue politique et de la réconciliation nationale qui figurent dans la feuille de route du gouvernement ont effectivement été posées. 

 

Chers compatriotes,

 

 Je l’ai dit et répété, je n’ai pas un agenda politique caché. Etant au-dessus des clivages politiques, mon mandat est une grande opportunité pour notre pays de sortir honorablement des crises récurrentes en jetant les bases d’une nouvelle société centrafricaine. 

Il s’ensuit que mes actions ne sont prétendument pas visibles simplement parce que ce sont des actions de refondation Ce sont ces actions que la majorité de la population de notre pays attend dans le silence. Ce sont ces attentes de la majorité silencieuse que je prends a mon compte et que je cherche à traduire dans la réalité de tous les jours en tant que Chef de l’Etat. L’infime minorité de la population qui a pris des armes ou a des ambitions politiques démesurées ne doit pas imposer sa loi à la majorité. 


La concertation de Malabo a sans équivoque été favorable à un dialogue qui se fasse avec les Centrafricains de tous bords. Bien qu’étant en grande difficulté, il nous revient la fierté de trouver les solutions aux problèmes que nous avons générés, tout en appréciant la solidarité internationale agissante.

 
C’est dans cette perspective que j’ai donné mon assentiment au forum de Brazzaville tout en demandant que ce processus soit combiné aux efforts déjà entrepris au plan national afin que l’implication des Autorités de la Transition dans les préparatifs de ce forum permette d’éviter les erreurs du passé. Je me réjouis d’avoir été confortée dans cette option par les Chefs d’Etat de la CEEAC qui ont intégré au plan d’actions de sortie de crise nos observations sur certains points sensibles, notamment en ce qui concerne l’impunité, les procédures de révision de la charte constitutionnelle de Transition et la recomposition du Conseil National de Transition.


C’est la preuve tangible de ma volonté de réunir tous les Centrafricains autour de la table mais sans passer sur les crimes dont certains se sont rendus coupables devant notre Nation. 


L’importance que j’accorde à la tenue de ce dialogue prévisible depuis quelques semaines m’a amené à surseoir au réaménagement du gouvernement que j’avais annoncé. Le gouvernement actuel poursuivra sa mission jusqu’à la fin du forum de Brazzaville. Je tiendrai ensuite compte des nouvelles donnes issues de Brazzaville pour configurer un nouveau gouvernement impliquant toutes les sensibilités géographiques, politiques, religieuses et sociales du pays. 


Chers compatriotes,

 

 Les critiques faciles ne me détourneront point des objectifs que j’ai fixés pour mon pays au cours de cette Transition. Je mettrai tout en oeuvre pour conduire la Transition à son terme. Je ne ménagerai aucun effort pour que la réconciliation à la base se fasse, qu’un dialogue franc et sincère soit organisé, que la paix revienne définitivement et que notre pays s’engage résolument sur la voie de la paix et de la sécurité. 


Suite à l'attaque de l'Eglise de Fatima ayant fait de nombreuses victimes, plusieurs d'entre vous ont réclamé, par des marches et manifestations populaires la réhabilitation et le réarmement des FACA ainsi que le désarment immédiat des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui. C’est l’occasion ici d’apprécier à leur juste valeur les positions des uns et des autres sur ces questions, souvent instrumentalisées à des fins politiques.

 
Le problème de nos forces de défense et de sécurité, notamment des FACA doit être abordé avec sérieux, objectivité et réalisme. La population doit disposer pour cela de bonnes informations et se faire par elle-même une opinion. 

 

Sachez que la République Centrafricaine est frappée par les dispositions de l’article 54 de la résolution 2127 du conseil de sécurité du 5 décembre fixant un embargo total sur notre pays. 


Cet embargo total s’applique entre autres, je cite : "à la fourniture, la vente ou le transfert directs ou indirects à la République Centrafricaine d’armements et de matériels connexes de tous types, y compris les armes et les munitions, les véhicules et les matériels militaires , les équipements paramilitaires et les pièces détachées correspondantes, ainsi que toute assistante technique ou formation, et toute aide financière ou autre en rapport avec les arts militaires ou la fourniture, l’entretien ou l’utilisation de tous armements et matériels connexes, y compris la mise à disposition de mercenaires armés..." . 

 

Mais le Conseil de sécurité dans sa sagesse a prévu un régime dérogatoire et un comité de sanction. Le Comité de sanction se réunira le 5 juillet 2014 et nous avons fort espoir que les mesures d’allègement de cet embargo se poursuivront. 


C’est grâce à cette dérogation que nous avons obtenu en priorité le rééquipement progressif de nos policiers et gendarmes, car le véritable défi sécuritaire auquel se trouve confronté le gouvernement est celui du grand banditisme opéré par les milices armées qui font des braquages, érigent des barrières pour racketter les populations et commettent des crimes sur les innocents. 

 

Maillon essentiel de la chaine judiciaire, nous avons voulu une reprise rapide des activités de la police et de la gendarmerie afin de donner la force nécessaire à la justice de notre pays et lutter contre ce phénomène de grandes criminalités. 


Mes chers compatriotes, 

 

Dès ma prise de fonction, j’ai constaté un déséquilibre dans la représentativité nationale de notre armée. Il est très vite apparu que le recrutement de nos militaires n'a pas souvent été opéré sur des bases professionnelles. De nombreux officiers, sous-officiers et hommes de rang ont par ailleurs été impliqués dans la crise actuelle. Cela est un véritable problème.

 

J’ai tout de suite compris qu’il fallait travailler au rééquilibrage et à l’application de vrais critères d’intégration d’une armée nationale et professionnelle. J’ai alors envisagé qu’avant la fin de la transition, il était fondamental de jeter les bases d’une armée véritablement républicaine, au service de la reconstruction de notre pays et de son développement. A cet effet, des réflexions sont menées sur le futur format de notre armée. Notre Armée doit être aussi une Armée au service du développement de notre pays. J’ai choisi des officiers qualifiés issus de cette armée pour conduire les travaux de cette reconstruction. 

 

Mais sans attendre, nous avons mis sur pied la chaine de commandement, mobilisé les troupes dans les casernes et procédé à un contrôle des effectifs. 


Bientôt nous entamerons les phases de formation indispensables à toutes les armées. Pour cela j’ai sollicité des pays amis comme la France et l’Angola de nous apporter leur assistance et leur expérience. J’ai également sollicité la MISCA et l’EUFOR pour une assistance dans cette phase de formation. 

 

J'ai demandé au Ministre de la Défense d’impliquer le corps du génie militaire pour la réhabilitation des édifices publics tant à Bangui qu'à l'intérieur du pays. 


J'ai souhaité également que tous les services de santé de notre armée soient mobilisés pour appuyer le ministère de la santé afin d’offrir un service de santé de base à nos populations dans les centres de santé urbains et ruraux. 

 
L'Armée doit également être un outil de production pour sa propre consommation. Il y a lieu d'envisager, avec l'appui des partenaires techniques et financiers, des projets dans ce sens. 

 

Le Corps des sapeurs-pompiers chargé de la protection civile doit être rendu opérationnel rapidement. 

 

La question du réarmement n’est pas taboue. Je m’y emploie tous les jours en essayant d’exploiter au maximum les possibilités de dérogation offertes par le comité de sanction de l’ONU mais je vous avoue que ce n’est pas chose facile. Il nous faut de la patience et de la rigueur. Il est de notre devoir de respecter les résolutions en tant que pays membre des Nations Unies. J’ai fort espoir qu’en décembre 2014 à la date anniversaire de la résolution 2127 nous obtenions une révision de celle-ci afin de permettre à notre armée d’être présente aux côtés de nos populations. 

 

Chers compatriotes, 

 

Je sais que vous êtes fortement préoccupés par la question du désarmement des 3è et 5 è arrondissements de Bangui. Je m’y suis engagé et j’y tiens. Mais nous devons également analyser avec toute la lucidité nécessaire la complexité et les difficultés relatives au désarment tant attendu de ces deux arrondissements. C’est pourquoi, avec les forces multinationales, nous avons du convenir d’un désarmement progressif. Un programme a été élaboré a cet effet. 

 

Comme vous pouvez le constater l’EUFOR s’est déjà déployée dans ces arrondissements et la circulation est progressivement rétablie sur l’avenue Koudoukou et l’avenue B.Boganda, à la satisfaction de nos populations. Nos forces de police et de gendarmerie sont revenues dans ces arrondissements. Petit à petit la pacification de ces arrondissements se fera. Je peux vous affirmer que les forces de la SANGARIS, de l’EUFOR, de la MISCA et nos forces de défense et de sécurité récupèrent tous les jours des armes, munitions et grenades en tous genres dans ces arrondissements. J’ai voulu que ce désarmement se fasse sans exposer la vie des femmes et enfants dans ces quartiers et en préservant la cohésion nationale. 

 
Chers compatriotes,

 

J’avais attiré votre attention sur la partition du pays et j’attendais qu’il y ait des réactions spontanées de protestation contre ce projet funeste et suicidaire. Il n’en a rien été et nous avons toujours ce projet funeste à nos portes. Il ne faut pas que par leur silence et leur inaction les Forces Vives de la Nation se rendent complices de ce projet contre lequel tout le monde dans notre pays devrait se lever comme un seul homme. Pour ma part j’ai décidé d’en faire mon cheval de bataille et j’ai demandé à la SANGARIS et à la MISCA d’y veiller conformément à leur mandat. 

 

Au regard des revendications corporatistes des uns et des autres, des critiques et des attentes formulées ça et là, de l’inflation constatée des candidatures pour la prochaine élection présidentielle, je réalise que la population centrafricaine et les acteurs nationaux n’ont pas encore pris la dimension véritable de la situation particulièrement difficile que traverse notre pays, tenu a bout de bras par la communauté internationale.

 

 Mes chers compatriotes, 

 

A l’approche du dialogue que nous appelons tous de nos voeux, j’ai noté une certaine frénésie politique, la naissance ici et là de nouvelles rebellions, la radicalisation des prises de positions et l’instrumentalisation des attentes des populations. La République Centrafricaine doit sortir définitivement du cycle de conquête du pouvoir par les armes ou par des manipulations politiciennes pour des intérêts égoïstes. Le gâteau Centrafrique est réduit à sa plus simple portion. Il n’y a plus grand-chose à se partager. 

 

Nous devons prendre notre destin en main et nous remettre résolument au travail. Nous ne pouvons vivre indéfiniment d’assistanat. Dans un sursaut patriotique, levons nous tous pour refuser la division. 

 

Dans un élan de civisme et de fierté nationale retrouvée, retroussons nos manches et mettons-nous résolument au travail. 


Nous devons tous nous mobiliser pour reconstruire solidement notre pays afin que tous les Centrafricains vivent dans la fraternité, dans la cohésion sociale et dans la paix. 


Vive la République Centrafricaine 

 

Vive le peuple Centrafricain. 


Je vous remercie. 

 

La Présidente Catherine Samba-Panza envisage un recadrage de la transition au regard des difficultés

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