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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 11:21
Centrafrique, le cauchemar sans fin

Lu pour vous 

 

  Laurent Larcher , le  

 

EXPLICATION Alors que deux prêtres et une quarantaine de personnes ont été tués dans des affrontements entre groupes armés, jeudi 15 novembre à Alindao, des scènes de violence sont signalées dans tout le pays.

 Que sait-on de la tuerie survenue le 15 novembre à Alindao ?

Cette ville du centre du pays (région de Basse-Kotto), comme toutes les villes de Centrafrique, est livrée aux groupes armés. Elle est partagée entre l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), une formation armée à majorité peule issue de la rébellion ex-Séléka et dirigée par Ali Darrassa, et les milices anti-balaka, autoproclamées d’autodéfense. En 2013 et 2014, Alindao était contrôlée par l’UPC jusqu’à l’arrivée de l’armée française dans le cadre de l’opération Sangaris, au printemps. Dans le sillage de Sangaris, les groupes d’autodéfense anti-balaka en ont profité pour s’attaquer aux musulmans, associés dans leur esprit à l’ex-Séléka. Depuis 2014, les deux groupes s’affrontent régulièrement à Alindao comme dans les autres villes centrafricaines.

Le détonateur de la tuerie, ce jeudi 15 novembre, aurait été la mort d’un musulman, attribuée aux anti-balaka. En réaction, l’UPC a attaqué le camp de déplacés de l’évêché d’Alindao réputé accueillir des anti-balaka. Une quarantaine de personnes ont été tuées, dont deux prêtres : le père Blaise Mada, vicaire général du diocèse d’Alindao, et le père Célestin Ngoumbango, curé de la de la paroisse de Kongbo, connu en France pour avoir été prêtre à la paroisse Saint-Louis de Fontainebleau.

Pour l’Église catholique centrafricaine, incriminant sans le dire ouvertement l’UPC mais ne disant mot des anti-balaka, cette attaque aurait été « planifiée depuis un certain temps ». Ce drame survient dans un contexte de regain de violence au centre et au nord de la Centrafrique.

 

« Tout le monde sait que l’État de la Centrafrique est une fiction »

 

► Quelles sont les autres attaques dans le pays ?

Toujours dans la région de Basse-Kotto, la ville de Batangafo a aussi été le théâtre de violences, lundi 19 novembre, attribuées aux groupes liés à l’ex-Séléka. Si le bilan est difficile à établir, la psychose demeure vive, notamment dans les camps de déplacés de l’hôpital et de la base de la force onusienne Minusca.

La folie meurtrière se manifeste dans tout le pays, n’épargnant personne. Ainsi, un Casque bleu tanzanien a été tué, vendredi 16 novembre, dans un accrochage qui a opposé la Minusca à la coalition Siriri, un groupe actif, dans le secteur de la ville de Berberati (région de Mambéré Kadeï). Elle se retourne y compris contre les soldats centrafricains. Samedi 17 novembre, à Bambari, le bataillon du génie militaire de l’armée centrafricaine (Faca) censé réhabiliter les bâtiments administratifs s’est entre-déchiré. Trois soldats ont été tués dans leur contentieux.

 

 

Centrafrique, main basse de Moscou

 

La capitale Bangui n’échappe pas à ces violences. Dans la nuit de samedi 17 à dimanche 18 novembre, les Banguissois ont été réveillés par des détonations à l’arme lourde. Des hommes non identifiés se sont attaqués au quartier général de Nimery Matar, dit « Force », chef d’autodéfense du km5, visé par une enquête de la chambre criminelle.

Que fait la communauté internationale ?

Les Casques bleus sont accusés d’impuissance en Centrafrique. L’attaque contre le camp de l’évêché d’Alindao s’est produite malgré la présence de la Minusca dans la ville.

En revanche, l’annonce, samedi 17 novembre, du transfert à la Cour pénale internationale (CPI) d’Alfred Yekatom Rombhot, ancien chef de guerre anti-balaka, a été accueilli avec surprise. En détention depuis le 29 octobre 2018 pour avoir perturbé le déroulement de la session parlementaire consacrée à l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale, il sera jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Une première pour la Centrafrique, saluée par les organisations de défense des droits de l’homme.

 

Laurent Larcher

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 11:19

 

 

https://www.france24.com  21/11/2018

 

Le Mali et la Centrafrique entament des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) d'anciens combattants rebelles. Avant ces deux pays, la Côte d’Ivoire et la République démocratique du Congo ont eu des résultats mitigés.

 

Depuis 1990, l’Afrique subsaharienne a connu une vingtaine d’initiatives de désarmement. De la Namibie au Burundi, en passant par la Côte d’Ivoire ou la Sierra Leone, plusieurs centaines de milliers d’anciens combattants ont fait l’objet de programmes DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion). Ces processus sont souvent contenus dans les accords de paix d'après-guerre. Ils sont essentiels pour les résolutions de conflits armés et constituent une des nombreuses phases de reconstruction d’un pays ravagé par les conflits. Ils visent principalement à intégrer des miliciens dans des forces de sécurité gouvernementales et à retirer les armes en circulation. Si quelques expériences ont rencontré des succès plutôt relatifs au regard du nombre de personnes démobilisées, plusieurs autres opérations DDR ont eu du mal à aboutir.

Le cas de la République démocratique du Congo reste emblématique. Malgré les accords de paix successifs de 2003, 2009 et 2013, les armes ne se sont jamais tues dans le nord-est de ce pays trois fois plus grand que la France. Notamment dans la région du Nord-Kivu où plusieurs milices continuent de semer la terreur au sein des populations. "L’efficacité d’un DDR se juge à la capacité à démobiliser, désarmer et réinsérer. En Afrique, la démobilisation ça se fait, le désarmement moyennement parce que certains combattants cachent leur arme. Mais la réinsertion reste problématique" explique Thierry Vircoulon, expert Crises et conflits à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

 "Sept Casques bleus tués en RD Congo lors d'une offensive contre les rebelles ADF"

Selon un rapport du Centre d’études stratégiques de l’Afrique publié en 2013, les programmes DDR intéressent peu "les hauts gradés de mouvement armés pour lesquels la démobilisation représente un sacrifice important en termes d’influence et d’autorité, et qui profitent souvent de leur rôle au sein d’une milice, par le biais soit d’une fiscalité illégale, soit d’un trafic de minéraux et de matières premières. Certains d’entre eux risquent d’être poursuivis ou mis en examen pour crimes de guerre ; ils ont donc tout intérêt à rester actifs et armés. Les promesses de formation ou d’aide à la réintégration ont peu de chance de séduire ces purs et durs."

Des résultats fragiles

En République démocratique du Congo, entre 2004 et 2010, environ 159 000 combattants ont été démobilisés sur 240 000, et seuls 77 000 ont été réintégrés, la plupart dans une armée restructurée. "Il va de soi que pour être réintégré dans l’économie, il faut déjà qu’il y ait une économie. Mais dans la plupart de ces pays [en guerre], l'économie ne fonctionne pas, il n’y a pas de travail. C’est pour cela que dans la majorité des cas, les combattants préfèrent être réinsérés dans les forces de sécurité. Parce qu’ils savent qu’il y a au moins la garantie d’un salaire, d’un uniforme et d’avoir le droit de faire des conneries avec une arme. C’est pour ça que cela paraît toujours la meilleure option pour les combattants”, affirme Thierry Vircoulon.

La réinsertion des anciens combattants dans l’armée semble être une panacée pour les sorties de crise. Cette solution a été adoptée en Côte d’Ivoire. Mais les résultats sont fragiles. À la fin du programme DDR en 2015, sur plus de 74 000 ex-combattants des Forces nouvelles ayant soutenu Alassane Ouattara lors de la crise post-électorale de 2010, près de 58 000 ont été démobilisés et réintégrés dans l’armée, et leurs anciens grades ont été maintenus. Cela n’a pas empêché plusieurs mutineries, dont la dernière remonte à mai 2017.

Sur RFI, le général français Bruno Clément-Bollée – qui a commandé l’opération Licorne – avait évoqué des cas d’indiscipline dus à l’absence de formation de ces combattants qui ont appris à manier les armes sur le tas. "Au moment de la sortie de crise, tout l’encadrement de l’armée du président Gbagbo était en fait constitué des cadres qui avaient été formés un peu partout, en Europe, aux États-Unis. Quand l'armée a été réformée, on s’est méfié de ces cadres qui avaient servi l’autre président et on les a écartés. Et on a mis à la tête des armées des cadres qui n’étaient pas formés, ce qu’on a appelé des 'comzones'." Mais, nuance Thierry Vircoulon, la Côte d’Ivoire a connu aussi des mutineries en raison "d’une crise socio-économique générale. Il y a eu beaucoup de grèves dans la fonction publique et donc dans l’armée". Le calme est depuis revenu dans les casernes en Côte d’Ivoire.

Violences au Mali et en Centrafrique

Quels résultats pourrait-on donc attendre du programme DDR au Mali ? À peine commencé, le processus bat de l’aile. Contenu dans l’accord de paix d’Alger signé en 2015 entre le gouvernement malien et la Coordination des mouvement de l'Azawad – alliance de groupes rebelles –, ce processus doit conduire à la stabilité dans le nord du Mali miné par des mouvements terroristes et séparatistes.

"Attaque-suicide meurtrière contre un sous-traitant de l'ONU au Mali"

Mais alors que les premières composantes désarmement et démobilisation ont difficilement démarré le 6 novembre, des assassinats ciblés d’ex-chefs rebelles viennent perturber le processus de paix. Dimanche 18 novembre à Tombouctou, un responsable de l’ex-rébellion Touareg a été tué, affirment des sources sécuritaires et administratives. L'homme était membre du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC), une unité mixte formée notamment de soldats et d’anciens rebelles. "Le lâche assassinat de Moulaye Touhami a pour objectif de faire peur à tous ceux qui veulent aller vers la paix", a déclaré un élu de Tombouctou s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Au Mali, 1 600 combattants des trois régions du nord du pays sont concernés par le processus DDR. Mais au 14 novembre, seuls 98 combattants étaient enregistrés et 72 avaient terminé toutes les phases du processus à Tombouctou. A Kidal, 200 personnes ont débuté le processus et à Gao, 104. Dans cette dernière ville où sévit principalement le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, l’opération sous supervision de la Minusma aurait pu partir à vau-l'eau. Des anciens combattants ont refusé de déposer leurs armes sans obtenir un certain nombre de garanties. Ils réclament entre autres la possibilité de garder leur grade actuel en intégrant l’armée régulière.

 

 "Centrafrique : un ex-chef de milice surnommé 'Rambo' transféré à la CPI"

Une réunion de crise a permis d’atténuer les tensions. Mais l’opération DDR s’annonce pénible. "Au Mali, il y a un problème général d’application de l’accord d’Alger avec le gouvernement et certains groupes armés qui n’en veulent pas. En règle générale, on signe des accords de paix de mauvaise foi. Et quand le processus de paix va mal, le processus DDR a du mal à être mis en œuvre”, explique Thierry Vircoulon.

Quel sort alors pour la Centrafrique, pays riche en minerais et déchiré par des violences interethniques depuis 2013 ? Alors qu’un calme précaire s’était installé après l’élection de Faustin-Archange Touadera en 2016, les violences ont repris de plus belle après la destitution du président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua. Un programme DDR pilote a démarré en septembre 2017. Il laissera place à un plus vaste programme auquel prendront part une demi-douzaine de groupes armés.

 

Désarmer, démobiliser, réinsérer : le casse-tête de la résolution des conflits en Afrique
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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 11:03
Centrafrique-Yekatom comparaît vendredi devant la CPI

 

 Centrafrique-Yekatom comparaît vendredi devant la CPI

 

AMSTERDAM, 20 novembre (Reuters) - Le député centrafricain Alfred Yekatom, soupçonné de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, comparaîtra vendredi devant la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé le tribunal de La Haye.

Celui que l'on surnomme "Rambo" a été placé en état d'arrestation en République centrafricaine le 29 octobre, jour où, au cours d'une séance au parlement, il a pointé son arme à feu en direction d'un autre élu et a tiré en l'air à deux reprises. Il a été transféré dimanche à La Haye.

Yekatom est soupçonné de meurtre, déportations et tortures visant des musulmans. Il aurait dirigé un groupe de 3.000 combattants au sein du mouvement anti-Balaka, qui s'est livré à des attaques systématiques contre la communauté musulmane de Centrafrique. Il est également soupçonné d'avoir recruté des enfants soldats de moins 15 ans.

 

(Toby Sterling; Eric Faye pour le service français)

 

 

France : Le transfert du Centrafricain Alfred Yekatom au CPI salué par le gouvernement français

 

Paris, France, 20  novembre (Infosplusgabon) - La France a salué l’arrestation et le transfert, samedi, à la Cour pénale internationale d’Alfred Yekatom, un ancien chef de milices antibalaka, accusé des exactions sur les musulmans centrafricains et déjà mis sous sanctions par l'ONU et les Etats-Unis.

 

«La France réitère tout son soutien à la Cour pénale internationale pour juger, dans un délai raisonnable, des crimes de guerre et crimes contre l’humanité allégués», a déclaré, lundi, le porte-parole du Quai d’Orsay.

 

Alfred Yekatoum Rombhot, 42 ans, un ancien caporal chef de l’armée centrafricaine et chef de milices antibalaka, puis élu député en février 2016, a été arrêté pour avoir sorti un revolver et tiré, le 29 octobre dernier, pendant que les élus centrafricains étaient réunis pour choisir un nouveau président de l’Assemblée nationale.

 

Arrêté en flagrant délit, il a été dépossédé de son immunité et transféré au CPI, samedi 17 novembre, «pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité» commis entre décembre 2013 et août 2014, selon une source officielle.

 

Alfred Yekatom, rappelle-t-on, a été placé en 2015 sous sanctions du Trésor américain, soupçonné de mener des campagnes d’exactions contre des populations musulmanes, d’avoir tué des civils dans le Sud de la Centrafrique et d’avoir utilisé plus d’une centaine d’enfants comme combattants. Puis, les Nations unies l’ont mis également sous sanctions la même année par une interdiction de voyager et un gel de ses avoirs.

 

 

 

RCA: le procureur général s'explique sur le recours à la CPI pour juger Rombhot

 

Par RFI Publié le 20-11-2018 Modifié le 20-11-2018 à 13:55

 

Le chef de guerre centrafricain Yekatom Rombhot a été transféré ce week-end à la CPI où il sera jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. C’est la première fois qu’un Centrafricain sera jugé à La Haye. De quoi soulever des questions à Bangui, alors que la deuxième session criminelle de l’année vient de démarrer. Pourquoi ne pas juger Rombhot en Centrafrique ? Lundi, le procureur général Eric Didier Tambo est sorti du silence et a fait une déclaration officielle à la télévision nationale pour s’expliquer sur le sujet.

Le 24 septembre 2014, la procureur générale de la CPI Fatou Bensouda ouvre une enquête sur la situation en Centrafrique, après que le gouvernement centrafricain a saisi la Cour.

Une volonté politique donc de collaborer avec la CPI, rappelle le procureur général Eric Didier Tambo : « Nous pensons que la CPI est mieux placée puisqu’elle dispose de moyens colossaux pour enquêter dans les lieux où nous, juridiction nationale, on ne peut pas enquêter. Et c’est à la demande des autorités centrafricaines. Si nous pensons qu’on peut juger, on peut le faire, mais si nous pensons que nous n’avons pas encore les moyens nécessaires pour pousser on peut donner à la CPI. L’essentiel, c’est la lutte contre l’impunité, c’est-à-dire de traquer tous les grands criminels, qu’ils sachent que leurs crimes ne seront pas impunis. »

Et de prévenir les groupes armés : « Il peut aussi y avoir des gros poissons qu’on va capturer. Ce n’est pas Rambo seul, il n’y a jamais un sans deux. Nous savons que plusieurs chefs de guerre sont dans le collimateur de la justice. Nous les traquons, la CPI les traque et y compris la Cour pénale spéciale. Pour moi, l’arrestation de Rambo n’est pas un fait du hasard, on s’attendait à cela. La mangue était mûre et puis la mangue est tombée. »

Des enquêtes pour la justice sont en cours en Centrafrique. Un travail difficile dans ce pays où plus de 70% du territoire est contrôlé par les groupes armés.

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 15:48
Transfèrement de Yekatom à la CPI : Fin de l'impunité selon Martin ZIGUELE
Transfèrement de Yekatom à la CPI : Fin de l'impunité selon Martin ZIGUELE

 

Centrafrique : « Le transfert de Alfred Yekatom Rombhot à la CPI marque la fin de l’impunité en Centrafrique », selon Martin Ziguélé

 

PAR VIANNEY INGASSO LE 20 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, le 20 novembre 2018 (RJDH)—Martin Ziguélé, Député de Bocaranga 1, a salué le transfert d’Alfred Yekatom Rombhot à la Cour Pénale Internationale le samedi 17 Novembre 2018. Pour le Président du MLPC, cela marque le début de la fin de l’impunité en Centrafrique.

RJDH : Monsieur Martin Ziguélé, bonjour !

MZ : Bonjour !

RJDH : Le député Alfred Yekatom, arrêté le 29 octobre 2018, a été transféré le Samedi 17 Novembre 2018 à la CPI pour des crimes relevant de la compétence de cette juridiction internationale. Quelle est votre réaction à chaud?

MZ : Oui, je pense que c’est un événement très important pour la République Centrafricaine parce que cela permet de rendre concret aux yeux de tous nos compatriotes ce qui a toujours été dit, à savoir que nul n’est au-dessus de la loi. Cela permet aussi de dire que c’est peut-être la fin de l’impunité. Naturellement, tout accusé est présumé innocent et a le droit de se défendre. Aussi il aura peut-être à expliquer comment il est entré dans cet engrenage et cela permettra à la justice de se déployer, de faire en sorte que les victimes, surtout ceux qui ont souffert d’un certain nombre d’abus, puissent bénéficier de la justice.

RJDH : Croyez-vous que l’arrestation de Monsieur Rombhot puisse dissuader les autres leaders des groupes armés à revoir leur position ?

MZ : Mais vous voyez bien que cette affaire arrive au moment où à Alindao, Batangafo et Bambari, nos compatriotes sont assassinés comme des animaux, c’est-à-dire attaqués dans des lieux où ils se sont déjà refugiés.

Pour que ceux qui, en tant que chefs de guerre, chefs rebelles et chefs des groupes armés ont donné volontairement la mort aux Centrafricains puissent répondre de leurs crimes devant les juridictions internationales et que cela ne s’arrête pas seulement à Rombhot. Lorsque des personnes se lèvent, prennent des armes, s’organisent pour écourter volontairement la vie de leurs compatriotes ou à d’autres personnes, ce qui vient d’arriver à Rombhot montre que quel que soit le temps que la justice prenne, elle les rattrapera.

RJDH : Quel sera votre message aux Centrafricains suite à ce transfert?

MZ : Le message, c’est de dire qu’il faut que les uns et les autres croient à la force de la loi. Nous sommes des citoyens. Nul n’est au- dessus de la loi. Nous sommes des citoyens, nous sommes dans un pays et c’est un Etat de droit. Le pays est en difficulté, c’est vrai, mais l’un des signes que nous revenons progressivement à avoir tous les attributs de l’Etat de droit. C’est que déjà en interne, la Cour Criminelle de la République Centrafricaine commence à juger les criminels ; la CPS se met progressivement en place et cette traduction vers la CPI montre que quelque chose bouge vers le droit et la justice.

RJDH : Martin Ziguélé, nous vous remercions.

MZ : C’est moi qui vous remercie.

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 15:38
Bangui : Ville morte au KM 5 d
Bangui : Ville morte au KM 5 d

 

Centrafrique : La "Ville morte" décrétée par les groupes d’autodéfense paralyse des activités au Km5

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 20 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, le  20 Novembre 2018(RJDH) —-Plusieurs commerces sont restés fermés depuis ce mardi 20 novembre 2018 au Km5 dans le 3ème arrondissement de Bangui suite à une ville morte organisée par des groupes d’autodéfense proche de Nimery alias Force. Ils protestent contre l’attaque le weekend dernier de la maison de Force. Une ville morte qui n’est pas appréciée par des habitants du Km5.

Des habitants du Km5 se sont réveillés très tôt ce matin, mardi 20 novembre 2018 sur une ville morte « imposée » selon leurs propres termes par des éléments proches de Force dans le 3ème arrondissement. Youssouf connu sous le sobriquet de «You», contacté par le RJDH déclare que la ville morte a été décrétée pour protester contre l’attaque de la maison de Force le weekend dernier attaque lors de laquelle la maison de ce dernier a été brûlée, « nous voulons exprimer notre mécontentement suite à l’explosion d’un engin explosif qui serait, à notre avis, un drone qui a causé des dégâts sur la maison de Force et sur quelques maisons mitoyennes » explique-t-il.

L’organisation d’une ville morte n’est pas du tout appréciée par la population du Km5, qui qualifie cela d’une « ville morte imposée » et qui, selon elle, a perturbé toutes les activités commerciales, « voyez-vous, les commerçants n’arrivent pas à ouvrir leurs portes et nous voulons organiser une réunion sur la campagne de vaccination ; pour le moment il nous est impossible de tenir ce calendrier à cause de cette ville morte. Ce n’est pas le vœu de la population et nous dénonçons cela » a confié un habitant du Km5.

Cette ville morte selon un notable, a empêché la bonne marche des activités et les taxis motos fonctionnent au ralenti depuis les premières heures de la matinée. « Nous vivons dans une situation difficile au Km5 » a lâché un autre habitant joint au téléphone par le RJDH.

Le mot d’ordre des éléments d’autodéfense du Km5 décrié par la population est lancé pour durer un jour comme le confirme Youssouf, l’un des leaders des mouvements armés dans le 3ème arrondissement de Bangui.

Le weekend dernier, la maison de Nimery Alias Force aurait été attaquée selon plusieurs informations. Un engin explosif aurait été lancé contre ladite maison et l’origine dudit engin explosif demeure encore inconnue.

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20 novembre 2018 2 20 /11 /novembre /2018 10:05

 

 

Par Cyril Bensimon Le Monde Publié hier à 16h34, mis à jour à 09h05

 

Le transfert à La Haye d’Alfred Yekatom Rombhot, chef de milice devenu député, est révélateur de l’incapacité du pays à juger les responsables d’exactions.

 

Alfred Yekatom Rombhot aurait mieux fait de se souvenir que les usages de la vie de député obéissent à des règles différentes de celles d’un petit chef de guerre. Le 29 octobre, alors que les élus centrafricains étaient réunis pour choisir un nouveau président de l’Assemblée nationale, l’« honorable » représentant de la circonscription de Mbaïki II s’était autorisé à sortir un revolver et tirer deux coups de feu en l’air pour exprimer sa colère. Arrêté en flagrant délit, dépossédé de son immunité, il a finalement été transféré à la Cour pénale internationale (CPI) samedi 17 novembre. Un aller simple pour La Haye (Pays-Bas) et une date de retour à Bangui probablement très lointaine.

S’il ne s’est pas encore vu notifier les charges qui pèsent contre lui, la Cour a déjà indiqué avoir trouvé « des motifs raisonnables de croire que M. Yekatom aurait commis ou ordonné, sollicité, encouragé et facilité » des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre entre décembre 2013 et août 2014.

 

Racket et intimidations

Le visage mangé par une barbe de guérillero, adepte de tee-shirts moulants affichant des messages pompeux, comme « Besoin de révolution », « Le savoir est une arme », sur une confortable bedaine, Alfred Yekatom Rombhot, 42 ans, fut l’une des funestes révélations de la guerre civile en Centrafrique.

Fin 2013-début 2014, cet ancien caporal-chef de l’armée s’était établi à la sortie sud-ouest de Bangui, contrôlant avec ses sbires le trafic sur la rivière Oubangui et la route en direction de Mbaïki : un groupe d’anti-balaka bien plus militarisé que la plupart des hordes de miliciens indisciplinés qui s’étaient levées pour affronter les rebelles de la Séléka, au pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014, et chasser les civils musulmans accusés d’avoir soutenu ce régime honni.

 

De ses positions, le « colonel Rombhot » – que beaucoup ont appelé « Rambo », le contexte aidant – disait, avec l’assurance des nouveaux puissants, vouloir apporter son concours aux autorités de transition, mettait en avant ses relations avec les officiers de l’armée française et promettait d’aider à l’évacuation des derniers musulmans coincés dans des poches d’un territoire qui leur était devenu hostile. Il était en revanche moins disert sur le racket aux barrières et les exactions dont étaient accusés les hommes sous son commandement – 3 000, selon la CPI, mais le chiffre paraît surestimé.

Paradoxe centrafricain, en février 2016, le chef anti-balaka avait été élu député, moins de six mois après avoir été placé sous sanctions des Nations unies en raison de ses « actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en Centrafrique ». Le groupe d’experts des Nations unies avait cependant noté que le parlementaire avait obtenu sa victoire après avoir « intimidé les électeurs et harcelé les autres candidats dans sa circonscription ».

Seigneurs de guerre

Jusque-là, la République centrafricaine s’était montrée une bonne pourvoyeuse d’affaires par la CPI, permettant la traduction du Congolais Jean-Pierre Bemba, jugé et acquitté pour les crimes commis entre 2002 et 2003 par ses miliciens dans ce pays, et du rebelle ougandais Dominic Ongwen, ancien numéro deux de l’Armée de résistance du seigneur. Elle n’avait en revanche jamais envoyé ses ressortissants devant la justice internationale. Tout en se félicitant de cette extradition, l’ONG Human Rights Watch considère que « les charges retenues contre Yekatom devraient être la première de plusieurs inculpations à la CPI visant les crimes commis par toutes les parties concernées en Centrafrique ».

 

En septembre 2014, à la suite de la saisine de Bangui, la CPI avait ouvert des enquêtes sur les crimes commis depuis 2012 par l’ex-Séléka et les anti-balaka. Depuis, le sort judiciaire des principaux acteurs de la guerre civile est devenu un enjeu dont dépend la paix dans ce pays. Se prémunir contre d’éventuelles poursuites est en effet l’une des premières conditions posées par les chefs de milices de tous bords pour rendre les armes. Dès lors, le transfert d’Alfred Yekatom aurait-il valeur de message d’avertissement, alors que la majeure partie de la RCA demeure sous la coupe de seigneurs de guerre et que les tueries perdurent ?

« Ceux qui pensaient que l’amnistie serait la règle lors des négociations politiques peuvent constater que la lutte contre l’impunité est une option qui participe de la stratégie des autorités pour obtenir une paix durable en Centrafrique. On peut faire la paix par la négociation, mais peut-être pas avec n’importe qui et pas à n’importe quel prix », analyse Florent Geel, le responsable Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme.

 

Evasions de masse

Reste que le cas du « colonel Rombhot » est aussi révélateur des incapacités centrafricaines et de la nouvelle stratégie de la CPI. De bonne source, le suspect, dont le mandat d’arrêt a été délivré le 11 novembre par la Cour, n’était pas une « cible immédiate », mais « une opportunité » qui s’est présentée suite à son arrestation fin octobre.

En théorie, celui-ci aurait été un cas parfait pour la Cour pénale spéciale centrafricaine fraîchement inaugurée. Seulement, cette juridiction composée de magistrats locaux et internationaux n’est pas encore opérationnelle. Et l’on voit mal, aujourd’hui, comment Bangui pourrait maintenir en détention des personnalités qui disposent encore d’un arsenal de guerre et d’hommes capables de s’en servir, alors que la prison de Ngaragba, le pénitencier de la capitale, est régulièrement le théâtre d’évasions de masse. Dès lors, la place d’Alfred Yekatom était toute trouvée à La Haye.

 

Il y a vingt ans, lorsque fut adopté le statut de Rome qui permit la création de la CPI, l’ambition était de juger les plus grands criminels : des chefs d’Etat, des cadres haut placés au sein de pouvoirs tortionnaires, des patrons de rébellion d’envergure. Depuis, le président soudanais Omar Al-Bachir n’a jamais vu son mandat d’arrêt exécuté, l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba a recouvré la liberté et l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo pourrait prochainement faire de même. La cible s’est recentrée sur des seconds couteaux dont la traduction en justice n’implique aucune conséquence politique majeure.

Cyril Bensimon

Le « Rambo » de Centrafrique, un second couteau à la Cour pénale internationale
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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 17:14

 

Centrafrique : Alfred Yekatom Rombhot sera jugé par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

 

Bangui, Centrafrique 2018-11-19 (ADV) – Le député Alfred Yekatom Rombhot, arrêté le 29 octobre et transféré le 17 novembre 2018 à la Cour pénale internationale (CPI), sera jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, annonce la CPI qui évoque l’audience de la comparution initiale du suspect dans un bref délai.

La Cour pénale internationale a lancé le 11 novembre 2018 un mandat d’arrêt contre Alfred Yekatom Rombhot, en détention à Bangui depuis le 29 octobre 2018 pour avoir perturbé le déroulement de la session parlementaire consacrée à l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée nationale.

Selon le mandat d’arrêt délivré par la Chambre préliminaire II de la CPI le 11 novembre 2018, M. Yekatom, est un ressortissant de la République centrafricaine (RCA), né le 23 janvier 1975 à Bimbo, ancien caporal-chef des Forces armées centrafricaines (FACA) et député de la nation. Il aurait commandé un groupe d’environ 3 000 membres au sein du mouvement Anti-Balaka. Il serait responsable des crimes à Bangui et dans la préfecture de Lobaye, entre le 5 décembre 2013 et août 2014.

La CPI indique que Yekatom serait aussi responsable des crimes contre l’humanité, notamment « meurtre, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique, torture, persécution, disparition forcée et autres actes inhumains ».

Pour les crimes de guerre, il serait responsable du meurtre, de torture et traitements inhumains, des mutilations, des attaques intentionnelles contre la population civile, des attaques intentionnelles des bâtiments consacrés à la religion, l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans et les faire participer activement à des hostilités, le déplacement de la population civile et la destruction des biens de l’adversaire.

« Ces crimes auraient été commis au cours d’un conflit armé ne présentant pas un caractère international en cours sur le territoire de la RCA, entre au moins septembre 2013 et au moins décembre 2014, entre la Séléka. Les juges ont également conclu qu’il y a des motifs raisonnables de croire que, de septembre 2013 au moins jusqu’en décembre 2014 au moins, une attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les Anti-Balaka. Il est responsable en tant que chef militaire », révèle la CPI.

Alfred Yekatom Rombhot est le premier centrafricain, présumé auteur des violences dans le pays a été transféré à la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

© Bur-csa – A.H – N.W / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV)

Alfred Yekatom Rombhot sera jugé par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité
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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 16:44
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Début à Bangui de la deuxième session criminelle 2018 de la Cour d’Appel de Bangui

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 19 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, le 19 Novembre 2018(RJDH) —La deuxième session criminelle de la Cour d’Appel de Bangui s’est ouverte ce lundi 19 novembre 2018 à la Cour de cassation. La première affaire inscrite au programme après la prestation de serment de 15 jurés est le dossier d’Issaka Azalou, Mahamat Abakar et Abdoulaye Oumar poursuivis pour assassinat et complicité d’assassinat.

C’est la deuxième et la dernière session de l’année en cours de la Cour d’Appel de Bangui. Une session qui intervient après la première tenue du 16 juillet au 31 aout derniers où 15 personnes ont été jugées par la Cour. Une session qui s’annonce très bien, déclare le Procureur général de la Cour d’Appel de Bangui, Eric Didier Tambo, car la machine est huilée, « nous avons respecté le calendrier et comme vous avez constaté ce matin du 19 novembre, nous commençons à évoquer les assises en commençant à l’audience de la prestation de serment des jurés. Donc nous pensons aujourd’hui que la machine est huilée » a déclaré le procureur général.

Alfred Roch Ngoumbrè, président de la Cour a invité dès l’ouverture de la deuxième session criminelle les 15 jurés venus de Bangui, de Mbaïki et de Bossembele à jouer un rôle de responsabilité durant ces assises, « vous jurez et promettez d’examiner avec attention des affaires qui vous seront soumises pendant les Cours de la présente session. De n’écouter ni la haine, ni la méchanceté ni la crainte ou d’affection » lance-t-il aux membres du jury après avoir prêté le serment devant la cour en répondant à l’appel de leur nom « je le jure ! »

Du côté de la partie de la défense, Me Anatole Maïtovo, le Conseil d’Issaka Azalou, de Mahamat Abakar et d’Abdoulaye Oumar poursuivis pour assassinat et complicité d’assassinatse dit prêt selon lui à se jeter le premier dans l’arène, « c’est le premier dossier et j’ouvre le ban donc je suis prêt » a-t-il conclut.

Cette deuxième session qui s’ouvre ce lundi 19 novembre prendra fin le 20 décembre prochain à Bangui. Lors de la première session criminelle entre juillet et aout dernier, la Cour a condamné sur les 34 dossiers, 15 personnes dont des travaux forcés à perpétuité et 20 ans de prison ferme.

 

Centrafrique : Des membres du cabinet du président de l’Assemblée Nationale inquiets depuis le départ de Méckassoua

 

PAR RJDH LE 19 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, 19 novembre 2018 (RJDH)—Plusieurs membres du cabinet nommés par l’ancien président de l’Assemblée Nationale, Karim Meckassoua, ont confié au RJDH, travailler avec inquiétude d’un possible départ. La peur qui gagne le cabinet actuel du président de l’Assemblée Nationale est liée au départ de deux proches de l’ancien patron de l’institution.

Une enquête RJDH a révélé que sans tambours battants, le nouveau président de l’Assemblée Nationale, a relevé deux proches de Meckassoua qui étaient attachés de cabinet. Les arrêtés n’ont pas été rendus publics, ce qui a renforcé l’inquiétude et la peur dans les rangs de plusieurs proches de l’ancien président de l’Assemblée Nationale, « nous savons qu’il ne va pas tarder à nous mettre dehors et on se prépare à cela », explique sous l’anonymat, un membre du cabinet du président de l’Assemblée Nationale.

Un conseiller parle d’une atmosphère teintée de défiance, « comme certains avaient gagné une partie et les menaces sont courantes dans la maison », raconte ce dernier qui dit être tenté de démissionné, « il y a un de nous qui a choisi de partir parce que tout est mis en œuvre pour balayer les gens ici ». Un inconditionnel de Karim Meckassoua qui parle « de chasse aux sorcières  en préparation » écarte cependant toute idée de démission, « on ne peut décider de quitter son poste de soi-même. On ne sert pas un homme mais un pays à travers une institution même si on peut être proche de tel ou tel », explique-t-il au RJDH.

Un député, ayant été à la base de la procédure contre Méckassoua dénonce l’attitude irresponsable de ces membres du cabinet, « ils sont perturbés pour rien. Le président leur a dit que tous ceux qui sont compétents resteront travailler, ils n’ont qu’à travailler ».

L’inquiétude exprimée par ceux que l’ancien président de l’Assemblée Nationale a nommés dans son cabinet, persiste bien que le nouveau patron de cette institution les ait rassurés la semaine dernière lors d’une réunion de cabinet. A titre de rappel, le nombre pléthorique au cabinet est l’un des points inscrits dans la motion portée par les 96 députés ayant lancé la procédure de destitution de Karim Méckassoua.

 

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 16:22
Alfred Yekatom : Déclaration du Procureur de la CPI

 

Déclaration du Procureur de la CPI sur le transfert d'Alfred Yekatom : « La cause de la justice a été renforcée par la remise aujourd'hui d'un suspect dans le cadre de la seconde enquête sur la situation en République centrafricaine »

 

17 November 2018 

 

Le peuple centrafricain a subi et a enduré des crimes atroces dans l'un des violents conflits de ce siècle. Je me félicite du transfèrement aujourd'hui, à la Cour pénale internationale (la « CPI » ou la « Cour »), de M. Alfred Yekatom, pour qu'il réponde devant la justice des crimes qu'il aurait commis.

Grâce à notre enquête menée en toute indépendance et impartialité, nous avons collecté des éléments de preuve sur la base desquels nous soutenons que M. Yekatom est pénalement responsable de plusieurs chefs de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis en République centrafricaine entre le 5 décembre 2013 et août 2014. Il doit maintenant répondre de ses actes devant la Cour.

Comme tout autre suspect devant la CPI, M. Alfred Yekatom est présumé innocent jusqu'à preuve du contraire. Le Statut de Rome prévoit des garanties pour tout suspect ou accusé devant la CPI, assurant le bénéfice d'une procédure régulière selon les normes internationalement reconnues.

La remise aujourd'hui de ce suspect fait avancer la cause de la justice en République centrafricaine.

Conformément au mandat dont mon bureau est investi en vertu du Statut de Rome, nous devons faire la lumière et établir la vérité concernant les crimes atroces commis en République centrafricaine et traduire en justice ceux qui, selon nous, seraient responsables de ces atrocités.

Je prends cet engagement devant le peuple centrafricain : mon Bureau poursuivra sa quête de vérité et de justice en vertu du Statut de Rome. Nous sommes fermement résolus à poursuivre nos enquêtes sur les actes de toutes les parties impliquées.

Aujourd'hui, je souhaite aussi rendre hommage au courage et à la détermination des témoins en République centrafricaine qui continuent à se manifester pour venir raconter ce qu'ils ont vécu et les encourager à continuer sur cette voie. Sans eux, la justice ne serait pas possible.

Nous ne pouvons effacer les souffrances infligées aux victimes, mais nous remplirons notre rôle, dans le cadre de notre mandat et avec les moyens dont nous disposons, pour que justice soit rendue et que les responsables rendent des comptes en République centrafricaine.

Le Bureau du Procureur de la CPI mène des examens préliminaires, des enquêtes et des poursuites à propos du crime de génocide, des crimes contre l'humanité, des crimes de guerre et du crime d'agression, en toute impartialité et en toute indépendance. Depuis 2003, le Bureau enquête sur plusieurs situations relevant de la compétence de la CPI, notamment au Burundi, en Côte d'Ivoire, au Darfour (Soudan), en Géorgie, au Kenya, en Libye, au Mali, en Ouganda, en République centrafricaine (deux situations distinctes) et en République démocratique du Congo. La Chambre préliminaire II de la Cour est saisie de la demande d'autorisation d'ouvrir une enquête sur la situation en République islamique d'Afghanistan déposée par le Procureur. Le Bureau conduit également des examens préliminaires à propos des situations au Bangladesh/Birmanie, en Colombie, en Guinée, en Iraq/Royaume-Uni, au Nigéria, en Palestine, aux Philippines, en Ukraine et au Venezuela.

 

OTPNewsDesk@icc-cpi.int

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19 novembre 2018 1 19 /11 /novembre /2018 16:14
Le MLPC condamne fermement l'inadmissible regain de violences

 

Bureau Politique

Présidence

N°______MLPC/BP/P/018

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

La recrudescence soudaine d’actes violents, occasionnant d’innombrables pertes en vies humaines et des blessés parmi nos compatriotes des villes de province, notamment Bambari, Batangafo, Alindao et autres a également entraîné la destruction par le feu ou le pillage de nombreux biens.

Le mode opératoire choisi par les auteurs de ce déchaînement de violences aveugle, que rien ne saurait justifier, a pris pour cible les populations civiles, déjà lourdement éprouvées par des situations similaires antérieures et regroupées dans des camps de fortune ou à proximité des églises catholiques dans l’arrière-pays.

Tous ces douloureux et regrettables événements qui surviennent successivement au moment même où toutes les énergies, aux niveaux national et international, se déploient pour faire retrouver la paix à notre pays, nous amènent à nous interroger sur la volonté réelle des parties en conflit à renoncer de façon durable aux hostilités.

Aussi, le Bureau Politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC)

  • Condamne-t-il énergiquement tous ces actes, d’où qu’ils viennent et pour quelque raison que ce soit, commis sur des populations civiles innocentes qui n’aspirent qu’à vivre en paix et sur ceux qui, par pur humanisme, tentent d’organiser leur vie dans ces camps pour la rendre la moins précaire possible ;
  • Présente ses sincères condoléances aux familles endeuillées et sa compassion avec les blessés.

Par la même occasion, le Bureau Politique du MLPC exhorte le Gouvernement dont la mission est de garantir la sécurité des personnes et des biens sur le territoire national d’une part, et la MINUSCA dont la sienne est de protéger les populations civiles d’autre part, à tout mettre en œuvre pour identifier les auteurs de ces actes, les appréhender et les traduire devant les juridictions compétentes et assumer ainsi leurs charges dans l’intérêt du Peuple centrafricain.

Bangui, le 19 novembre 2018

Pour le Bureau Politique

 

 

G.J.E. KOYAMBOUNOU

Premier Vice-Président

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