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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 15:15
Centrafrique, le cauchemar sans fin

Lu pour vous 

 

  Laurent Larcher, le   Mis à jour le 20/11/2018 à 16h08

 

15 Novembre 2018

Évêché d’Alindao, une petite ville à 500 km au sud-est de Bangui, en République Centrafricaine. Il est 5 heures du matin. Je me réveille en même temps que tous mes voisins, les « déplacés » du « site catholique ».

 

Que sait-on de l’attaque contre l’évêché d’Alindao, en Centrafrique ?

 

Le camp s’est créé spontanément en mai 2017, lors d’affrontements entre milices antibalaka (groupes d’autodéfense villageois), majoritairement des Chrétiens, et l’une des composantes de l’ex-rebellion séléka, musulmane : l’UPC. UPC comme Union pour la Paix en Centrafrique, mais ne vous laissez pas abuser par le nom, nous avons ici affaire à des professionnels de la prédation sans projet politique national, comme ils s’en trouvent beaucoup en RCA ces dernières années. Jusqu’en mai 2017, cette ville d’Alindao était relativement préservée par le conflit centrafricain. Elle n’avait connu que, si l’on peut dire, la mise à sac de janvier 2013, lorsque les séléka s’emparaient l’une après l’autre des localités du pays. Depuis la ville vivait sous « administration » de l’UPC, difficilement donc, mais elle vivait. Tout a changé suite à ces affrontements de mai 2017, et aux sanglantes représailles exercées par les miliciens séléka. Quatre camps se sont constitués, dont celui-ci, le site catholique (appelé ainsi car situé sur et à proximité de la concession de l’évêché). Il est de loin le plus important, regroupant à lui seul plus de personnes (quelque 26 000) qu’il n’y avait d’habitants à Alindao avant ces massacres. Car la plupart des villages environnants ont aussi été détruits par les UPC et désertés par leurs habitants. La ville n’en est plus vraiment une, constituée de sites de déplacés regroupant pour l’essentiel les chrétiens et animistes, sous la protection des casques bleus de la Minusca (1), et d’un quartier musulman protégé par les séléka. La coexistence paisible qui a longtemps prévalu entre les différentes confessions n’est plus qu’un souvenir, qu’un regret.

En Centrafrique, donner la parole aux victimes pour construire l’avenir

Qu’est-ce qu’un site de déplacés ? Dans un dédale de petits sentiers, les huttes de bambou et de paille s’entassent les unes sur les autres. Mais cette confusion n’est qu’apparente, le camp est organisé par blocs, onze ici, dont les noms montrent qu’on est bien dans le site occupé par des chrétiens : Samarie, Jéricho, Jérusalem, etc. Les humanitaires (outre la Caritas, citons Action Contre la Faim et Cordaid en particulier) ont fourni des bâches pour protéger les déplacés de la pluie, et surtout, ont efficacement « fait du WASH » (entendez Water Sanitation and Hygiene), c’est-à-dire développé l’accès à l’eau potable et aménagé des latrines, essentiel pour éviter des épidémies de choléra dans ces espaces improvisés de forte concentration humaine. Mais les déplacés ne comptent pas sur l’aide humanitaire pour survivre. Paysans, ils s’efforcent de se rendre au champ pour travailler leurs parcelles de manioc, de maïs, d’arachide. Ce qui est dangereux. On ne compte plus les personnes abattues par les séléka, alors qu’elles s’étaient trop éloignées du site pour leurs activités agricoles.

Ces derniers temps, la tension est montée. Les leaders de l’UPC accusent les religieux catholiques de susciter le désordre, en abritant de nombreux antibalaka sur le site, et même en leur fournissant les armes et les munitions leur permettant de s’en prendre à des musulmans. Accusation sans fondement, mais en suite de laquelle ils exigent que le camp soit vidé, que les familles retournent dans leur quartier ou leur village. Ce qu’aucune n’est prête à faire, étant donné l’insécurité qui perdure, et parce que souvent, elles n’ont plus de maison. La vraie raison de cette hostilité vis-à-vis de l’Église catholique est sans doute ailleurs : il s’agit de la seule institution concurrente à l’administration séléka, dans une région où, de fait, l’État centrafricain n’a strictement aucune prise. Dans « l’État UPC », réminiscence des sultanats précoloniaux, les églises chrétiennes n’ont pas leur place, des empêcheurs de piller en rond, en quelque sorte…

Ce 15 novembre donc, la décision est prise par l’UPC, celle d’éradiquer ce site, repère d’antibalaka, et cet évêché, leur « protecteur ». Une agression d’un musulman, aux circonstances peu claires, sert de prétexte. Dans les jours qui ont suivi, sur Radio France Internationale (qui se contente de relayer la version officielle de la Minusca), on parle d’un affrontement entre groupes armés. Faux. Il s’agit d’une razzia, dans les règles de l’art : terroriser, tuer, piller, détruire. Les tirs, très intenses, durent de 8 heures du matin à la nuit tombée. Trois vagues d’assaillants et de pillards se succèdent, les séléka d’Alindao, puis des « renforts » venus d’une petite ville à 60 km, désirant prendre leur part, et enfin une partie de la population musulmane de la ville, venant, comme c’est l’usage, ramasser les miettes laissées par les hommes en armes.

Évêque, en sango cela se dit Kota Bwa, littéralement grand prêtre. Et plus que jamais Mgr Cyr-Nestor Yapaupa, l’évêque du lieu, mérite ce titre. Il incite les habitants du site à fuir en brousse alors qu’ils viennent se réfugier autour de l’évêché. Beaucoup lui doivent la vie. Il discute calmement avec les séléka, tentant de freiner leur violence et leur enthousiasme. Car ils sont contents, tous ces gamins, leurs éclats de rire contrastent avec la peur des déplacés, avec la nôtre. C’est un grand jour pour eux, enfin ils ont détruit ce repère d’antibalaka et se sont bien servis au passage. Ce fait d’armes n’a pourtant rien de glorieux. Face à eux, à peine quelques jeunes armés de fusils artisanaux, bien vite mis en fuite. Et surtout, un contingent mauritanien de la Minusca complètement passif. 26 000 personnes fuyant en brousse, les 11 blocs du camp tout ou partie calcinés, les bâtiments catholiques pillés et pour certains incendiés au lance-roquettes, pour le plaisir, pour le symbole. Et les casques bleus ne bougent pas, les soldats de la paix restent terrés derrière leurs protections, autour du site. De quoi une nouvelle fois alimenter les accusations de collusion entre Minusca mauritaniens et séléka, religion oblige. Collusion ou pas, terrible incurie, une nouvelle fois de ces onusiens et leurs opérations de « maintien de la paix ».

Vendredi 16 novembre

Nous revenons sur le site, sous la protection des Minusca, burundais cette fois. La fumée, âpre, nous prend à la gorge. A perte de vue, des cendres, du bois ou des récoltes qui terminent de se consumer.

Des corps, souvent calcinés, commencent à être mis en terre. Deux prêtres comptent parmi les quelque soixante victimes. Dans l’enceinte du presbytère, comme tant d’autres, une jeune maman est penchée sur les ruines fumantes de ce qui était la hutte familiale, recherchant ce qui n’a pas été brûlé, ou pillé . Il faudra toute recommencer, une fois encore. Mais où, et avec quelle sécurité ? Cette jeune femme m’interpelle, me demandant ce qu’il faut faire maintenant, où il faut aller, elle pleure. Je m’éloigne.

Samedi 17 novembre.

Les séléka permettent enfin à la Croix-Rouge centrafricaine de pénétrer sur le site, pour terminer le travail d’inhumation des corps. Ces volontaires sont sous la protection des casques bleus, qui semblent craindre de nouveaux incidents. D’ailleurs les antibalaka commencent à faire entendre leur colère et leur soif de vengeance. Le cycle des violences risque bien de se poursuivre, ici et ailleurs, tant que perdurera l’impunité des pillards et des massacreurs, quelle que soit la religion dont ils se réclament.

Épilogue

Dimanche 18 novembre après-midi, je suis dans l’hélicoptère de la Minusca qui nous ramène vers Bangui. Cela n’a pas été simple de rentrer. Nous nous sommes vus refuser l’accès au vol humanitaire usuel, de l’UNHAS (2), par le responsable du PAM (3) en Centrafrique. La raison avancée : les UN se doivent de conserver toute neutralité dans le conflit, et donc l’UNHAS ne peut dans ce contexte accepter des prêtres et des personnels de la Caritas. Vous ne parlez pas la novlangue UN ? je traduis : nous ne sommes pas les victimes d’une razzia, mais des belligérants. Me voilà donc considéré par ce technocrate onusien comme un chef de milice antibalaka, de même que les prêtres et l’économe du diocèse qui m’accompagnent. Bizarrement peut-être, j’en veux presque plus à ce monsieur, rentier parmi beaucoup d’autres de la crise centrafricaine, qu’aux gamins de la séléka.

(1) MINUSCA : Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique, déployée en avril 2014.

(2) UNHAS : United Nations Humanitarian Air Service.

(3) PAM : Programme Alimentaire Mondial, en charge aussi de l’UNHAS.

 

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 15:08
Une banque russe prête par «erreur» 10,5 milliards d'euros à la Centrafrique

 

 

Le Parisien avec AFP  28 novembre 2018, 12h37

 

Ce prêt est l’équivalent de six fois le PIB de la République centrafricaine…

Une banque russe fait par erreur un prêt de 10,5 milliards d'euros à la Centrafrique. Le deuxième groupe bancaire russe, VTB, a attribué par erreur un prêt de plus de 800 milliards de roubles (10,5 milliards d'euros) à la Centrafrique.

« Il s’agissait d’une erreur technique dans le codage des pays », a affirmé la banque publique dans un communiqué. « VTB n’effectue absolument aucune opération avec la Centrafrique et nous n’avons pas d’exposition de ce volume dans ce pays. » Ce prêt représente près de six fois le PIB de ce pays !

« Les rapports corrigés seront envoyés à la Banque centrale », a ajouté la banque. En dehors de ce « bug bancaire », la Russie a récemment investi tous azimuts en Centrafrique, l’ancienne colonie française.

Cela intervient notamment dans la formation de l’armée et la diplomatie pour parvenir à des accords de paix avec les groupes armés. Moscou a aussi livré des armes à Bangui, après avoir obtenu une exemption à l’embargo de l’ONU.

 

 

La banque russe VTB prête par "erreur" 10,5 milliards d'euros à la Centrafrique

Moscou - AFP / 28 novembre 2018 13h14 - Le deuxième groupe bancaire russe, VTB, a attribué par erreur un prêt de plus de 800 milliards de roubles (10,5 milliards d'euros) à la Centrafrique, a fait savoir la banque en réponse aux révélations de plusieurs médias.

"Il s'agissait d'une erreur technique dans le codage des pays", a affirmé la banque publique dans un communiqué. 

 

"VTB n'effectue absolument aucune opération avec la Centrafrique et nous n'avons pas d'exposition de ce volume dans ce pays", a-t-elle expliqué.

La banque réagissait à la présence d'un prêt de 802 milliards de roubles à la République centrafricaine --soit près de six fois le PIB annuel du pays-- dans un rapport financier du groupe bancaire, pointé par des médias.

La banque a ensuite publié sur son site le rapport corrigé, dans lequel le prêt initialement destiné à la Centrafrique a été rajouté au passif de Chypre --important lieu d'affaires pour les Russes-- dont le montant s'élève désormais 13,6 milliards d'euros.

"D'après nos informations, une erreur technique s'est produite", a confirmé la présidente de la banque centrale russe, Elvira Nabioullina, citée par les agences russes.

A Bangui, le ministre de la Communication et porte- parole du gouvernement centrafricain, Maxime-Ange Kazagui. interrogé par l'AFP, a affirmé ne pas être "officiellement au courant d'un quelconque transfert". 

Il a rappelé que "la Centrafrique possède un budget de 400 millions d'euros" et travaille avec le Fonds monétaire international (FMI). "Nous sommes soumis à ses principes de remboursement", a-t-il déclaré.

"J'ai cru comprendre que de toute façon c'était une erreur de la banque", a-t-il dit, ajoutant que "cette affaire n'a rien à voir avec la République centrafricaine".

Cette nouvelle a provoqué une pluie de sarcasmes sur les réseaux sociaux.

"Je peux leur donner mon RIB pour le prochain virement avec grand plaisir", a proposé un internaute sur Twitter. "Ils peuvent m'en prêter à moi aussi", a réagi un autre.

La Russie a récemment investi tous azimuts en Centrafrique, une ancienne colonie française, notamment dans la formation de l'armée et la diplomatie pour parvenir à des accords de paix avec les groupes armés. Moscou a aussi livré des armes à Bangui, après avoir obtenu une exemption à l'embargo de l'ONU.

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 14:31
Centrafrique : l’engrenage sans fin des représailles
Centrafrique : l’engrenage sans fin des représailles

 

Lu pour vous 

 

REPORTAGE

 

Centrafrique : l’engrenage sans fin des représailles

 

Par Maria Malagardis, envoyée spéciale à Bangui Libération — 27 novembre 2018 à 20:16

 

Le 1er décembre à Bangui,des vendeurs ambulants regardent les répétitions du défilé de la fête nationale. 

 

Un nouveau massacre dans un camp de réfugiés chrétiens près de Bangui a fait, le 15 novembre, plus de 60 morts. L’archevêque de la capitale témoigne des violences intercommunautaires commises par les différentes milices.

 

C’était une marée humaine déferlant sur un camp de déplacés. Pour tuer, brûler, piller. Voilà en substance ce qu’a raconté Monseigneur Dieudonné Nzapalainga lundi à Bangui, peu après son retour d’Alindao. L’archevêque de Bangui s’y était rendu pour comprendre de lui-même le carnage qui s’était produit une semaine auparavant, le 15 novembre, dans cette petite localité à 300 kilomètres à l’est de la capitale. En quelques heures, plus de 60 personnes y ont perdu la vie, alors que 20 000 déplacés qui se trouvaient dans ce camp, désormais réduit en cendres, se sont éparpillés dans la brousse. «Ils se trouvent pour la plupart dans un petit village à sept kilomètres. Ils n’ont rien à manger. J’ai vu un homme gratter le sol pour ramasser des grains de riz, j’ai rencontré un enseignant dont la femme a été tuée, la maison brûlée. Il n’a plus rien. Il venait de rouvrir une classe de sixième, tout est compromis désormais», souligne l’archevêque d’une voix vibrante.

 

Rumeur en ville

 

En Centrafrique, le massacre d’Alindao a frappé les esprits. Les meurtres de trois musulmans, peu avant le 15 novembre, ont mis le feu aux poudres. La minorité musulmane de la ville s’est vengée en détruisant et tuant ceux qu’elle considérait comme complices : des chrétiens réfugiés sur un de ces innombrables sites disséminés à travers le pays. Mais personne n’est dupe, la zone est sous le contrôle d’un seigneur de guerre, Ali Darassa, à la tête d’une milice, dont le nom, l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), reflète assez mal les intentions prédatrices.

 

Deux semaines avant le drame d’Alindao, c’est à Batangafo, 350 kilomètres au nord de Bangui, que 10 000 déplacés ont dû quitter brusquement leur site, entièrement incendié, pour se réfugier à l’hôpital local après un affrontement entre groupes rivaux.

 

La capitale peut sembler plus paisible. Pourtant, au moins sept personnes y ont été tuées la semaine dernière, dans le seul quartier où se regroupent encore les musulmans : le PK5, une enclave sous la coupe de groupes d’autodéfense. Les musulmans en sortent rarement et les chrétiens ne s’y aventurent pas en période de tension, comme c’est le cas actuellement. «Aujourd’hui, ça tire à PK5», prévient la rumeur en ville, comme s’il s’agissait d’un nouvel orage passager. D’ailleurs, personne ne cherche réellement à connaître la raison de ces nouveaux affrontements : rivalités entre groupes d’autodéfense ? Entre ces derniers et des commerçants qui résistent au racket dont ils font l’objet ?

 

Le pont Jackson sert alors de ligne de démarcation avec le reste de la capitale. Dans ces périodes orageuses, la plupart des taxis s’y arrêtent et les patrouilles de la Minusca, la force des Nations unies en Centrafrique, font également demi-tour. A l’intérieur de l’enclave, dès que les tirs cessent, la vie semble suivre son cours, mais les innombrables échoppes fermées qui s’alignent le long de rues poussiéreuses reflètent la peur qui ronge ce quartier aux allures de village, toujours considéré comme le poumon économique de la capitale.

 

Bain de sang

 

Ce début de saison sèche est aussi celui de la saison judiciaire : les tribunaux ont rouvert leurs portes le 19 novembre. Il n’y en a plus que deux dans tout le pays : à Bangui et dans la ville de Berberati. La radio diffuse les audiences en direct, et le plus souvent en sango, la langue nationale. Les mots «Séléka» et «antibalaka» résonnent parfois dans les transistors, lorsque le procès concerne l’une des deux forces antagonistes qui ont émergé lors de la crise de 2013-2014. Celle qui marque encore les esprits, celle qui a fait basculer ce pays pourtant coutumier des mutineries et coups d’Etat, dans un bain de sang d’une ampleur inédite. Avec, d’un côté, les rebelles de la Séléka venus du nord du pays pour s’emparer de la capitale en mars 2013, avant d’en être chassés après l’intervention de la Minusca et de l’opération française Sangaris. Face à ces rebelles, on trouve les antibalaka, groupes d’autodéfense apparus après la prise de Bangui par la Séléka.

 

Les uns et les autres ont semé la terreur et ont été vite identifiés aux deux communautés religieuses du pays : la minorité musulmane pour les Séléka, la majorité chrétienne pour les antibalaka. La suite est classique : dans ce pays qui n’avait jamais connu de conflit religieux, les populations ont été sommées de choisir leur camp, se sont retrouvées prises en otage par des chefs de guerre qui prétendent les défendre pour mieux asseoir leur pouvoir et leurs rackets.

 

Près de cinq ans plus tard, on en est finalement toujours là. «A Bangui se joue la comédie du pouvoir, dans le reste du pays l’Etat ne contrôle pas grand-chose», constate un expatrié installé de longue date dans la capitale. Entre 2015 et 2016, une relative accalmie avait pu faire espérer une sortie de crise : un président a été élu, l’Union africaine s’est impliquée dans un processus de paix réunissant 14 groupes armés et le pouvoir en place. Mais les négociations traînent en longueur et la résurgence des violences renforce le climat de méfiance.

Quant au président Faustin-Archange Touadera, le voilà soudain renforcé par une alliance imprévue avec la Russie, qui, dans un tour de passe-passe magistral, a obtenu en décembre 2017 la levée partielle de l’embargo sur les armes, à laquelle elle s’était jusqu’alors toujours opposée au sein du Conseil de sécurité.

 

Guerre froide à l’ONU

 

L’intrusion des Russes, dans ce pays misérable mais doté d’immenses ressources minières, brouille encore plus les cartes au moment où les violences repartent à la hausse. Au niveau international, des rivalités rappelant la guerre froide s’esquissent au sein même du Conseil de sécurité, depuis que les Russes estiment avoir aussi leur mot à dire, fournissent des armes et s’imposent sur le terrain à travers des sociétés privées, sur le plan militaire comme économique. Mi-novembre, ces divergences feutrées ont bloqué le renouvellement du mandat de la Minusca, reporté au 15 décembre.

 

Sur place, l’offensive russe a également bouleversé le rapport de force. Depuis peu, une virulente campagne de presse locale accuse la Minusca et la France de vouloir déstabiliser le pays. Les tueries les plus récentes, à Batangafo et Alindao, ont renforcé ces voix critiques qui dénoncent l’impuissance des Casques bleus. Et y voient parfois la preuve d’un complot ourdi avec l’ancien colonisateur. Au sein du pouvoir en place, comme de l’Eglise catholique, on ne renie pas toujours ces thèses potentiellement explosives.

 

«A Alindao, pendant le massacre, les Casques bleus mauritaniens se tenaient à l’écart et riaient», a ainsi asséné, sans preuves, l’évêque de Bossangoa, présent lundi aux côtés de l’archevêque de Bangui. Lequel a demandé aux chrétiens de ne pas participer à la fête de l’Indépendance prévue le 1er décembre pour se consacrer à une journée de prières en mémoire des victimes des récentes tueries. Il est vrai que dans cette ambiance complotiste, alimentée par des rumeurs incendiaires et l’impuissance face à la résurgence des violences, la fête aura un goût un peu amer.

 

Maria Malagardis envoyée spéciale à Bangui

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 15:20
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Des commerçants démantèlent certaines bases des autodéfenses du Km5 à Bangui

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 27 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, 27 novembre 2018 (RJDH)—Des commerçants du KM5 ont lancé un assaut depuis lundi soir contre les bases des autodéfenses qui paralysent leurs activités depuis plusieurs jours.

Depuis plusieurs années, les commerçants du KM5 sont victimes de racket de la part des groupes armés réunis sous le nom d’autodéfense. Le dernier développement de ces jours qui consiste à les empêcher d’ouvrir leurs commerces a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Un chef d’un groupe d’autodéfense tué en légitime défense par un commerçant le dimanche a déclenché une vive réaction des vendeurs qui ont décidé d’en découdre avec ceux qu’ils qualifient des «bandits».

Selon les informations recueillies par le RJDH, depuis lundi soir, un assaut est lancé contre les bases des groupes d’autodéfenses. «Au moment où je vous parle, plus de quatre bases sont détruites. Les commerçants sont déterminés et seraient appuyés par les Forces Armées Centrafricaines (FACA) qui habitent le secteur. L’attaque avait pour cible les groupes d’autodéfenses. On les a sommés de déposer les armes sans quoi leur base sera systématique détruit», a expliqué au RJDH une source proche du théâtre des opérations.

Hier 26 novembre, les commerçants ont tenu une assemblée générale pour prendre des mesures notamment le non versement aux groupes d’autodéfense des 5.000 FCFA par mois et par commerçant. Ils ont aussi décidé de mettre fin à la pratique du déchargement obligatoire des véhicules par les éléments des groupes armés et leurs patrouilles avec les armes dans le marché du KM5.

Cette décision, selon des sources du KM5, n’a pas rencontré l’agrément des groupes armés qui voyaient en cela déjà la fin de leur enrichissement. Un commerçant qui a tenté tôt ce matin d’ouvrir sa maison de commerce a été tué et les commerçants ont renforcé leur position pour déloger les éléments d’autodéfenses de leurs bases.

Pour le moment, aucun bilan n’est disponible mais la population est prise de peur et les écoles dans le secteur ne sont pas ouvertes. Les Imans du secteur seraient entrés en contact avec les deux parties pour calmer la tension et éviter un débordement ou une infiltration d’autres forces nuisibles.

 

 

Centrafrique : La CECA accuse les contingents Pakistanais et Mauritanien d’être de connivence avec les Séléka dans l’attaque de Batangafo et d’Alindao

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 27 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, 27 Novembre 2018(RJDH) — Le vice-président de la Conférence Episcopale Centrafricaine, évêque de Bossangoa Nestor Nongo-Azagbia accuse les contingents Pakistanais et Mauritanien d’avoir favorisé les exactions sur des civils à Alindao et Batangafo. Accusation formulée ce lundi 26 novembre lors d’une conférence de presse de la CECA à Bangui.

L’église catholique a embrayé dans le même sens que les responsables politiques centrafricains qui pointent du doigt la Minusca soit, de passivité soit de complicité dans les attaques enregistrées ces derniers temps à Batangafo et à Alindao contre les populations civiles. Du coup, la mission onusienne se retrouve dans l’œil du cyclone des critiques des acteurs politiques et religieux de Centrafrique.

Monseigneur Nestor Nongo Azagbia, évêque de Bossangoa a déploré l’inaction du contingent pakistanais lors de l’attaque du site de Batangafo, « à Batangafo, pendant qu’on incendiait, qu’on tuait, et volait les biens de la population, le contingent pakistanais se contentait seulement à prendre des photos. Ce contingent était accusé d’accompagner la Séléka dans leurs forfaits. Ces hommes armés ont même mis leurs motos en sécurité dans le camp de la Minusca pour aller commettre leurs forfaits», a-t-il dévoilé.

Le prélat  reconnait avoir saisie la Minusca, malheureusement le même acte s’est reproduit à Alindao avec le contingent Mauritanien, « je faisais partie de l’équipe qui était partie à Batangafo avec la Minusca. L’échantillon de ses balles a été remis à la Minusca. J’espère que la Minusca prendra ses responsabilités pour vérifier, d’où viennent ses armes et ses balles. Est-ce l’approvisionnement du contingent pakistanais où non ? Et le même acte s’est reproduit à Alindao, au moment de l’attaque du site le contingent mauritanien était là sur le site à 5 mètres de l’évêque il riait pendant que les exactions étaient commises », a-t-il conclu.

L’accusation de la Minusca par les évêques de Centrafrique vient après celle du premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji devant les élus de la Nation, suivie du président de l’Assemblée Nationale. Ces réactions interviennent dans un contexte où le renouvellement du mandat de la Minusca en Centrafrique tarde encore.

 

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 19:13
RCA : L’opposition démocratique exige la démission du Gouvernement

 

https://www.radiondekeluka.org lundi 26 novembre 2018 13:48

 

Les Partis politiques de l'opposition démocratique ont haussé le ton ce 26 novembre sur la tuerie de masse à Alindao dans la préfecture de la Basse Kotto. Ils ont exigé la démission du Gouvernement de Simplice Mathieu Sarandji, en réaction au carnage de la ville de Alindao mi novembre. Ces partis politiques ont appelé à l’observation d'une ville morte de 3 jours à partir du 1er décembre.

 

Les leaders des Partis politiques ont des griefs à l’endroit du Gouvernement et de la Minusca. « Le peuple est désemparé. Nous, partis politiques et organisations de la société civile, condamnons avec fermeté toutes les tueries sur l’ensemble du territoire. Nous réclamons le retrait des contingents Pakistanais et Mauritaniens de la Minusca. Nous exigeons la démission sans délai du Gouvernement Sarandji, tout en consacrant la feuille de route de l’Union Africaine, unique voie de sortie de crise », a déclaré Ferdinand Alexandre Nguendet, président du RPR, le Rassemblement pour la République, un membre du collectif.

 

Une approche légitime soutenue par Joseph Béndounga, président du Mouvement démocratique pour la renaissance et l'évolution de Centrafrique (MDREC). Ce leader politique a appelé au boycott du défilé du 1er décembre. « Tous les habitants dans les zones sous contrôle des rebelles souffrent. Dans ce contexte, comment voulez vous qu’on fasse le  défilé ? », s'est-il interrogé souhaitant « que personne ne fasse le défilé le 1er décembre ».

 

La semaine dernière, le Mouvement Initiative de Transformation par Action (ITA) de Dominique Yandoka a demandé la démission du Gouvernement Simplice Mathieu Sarandji. pour son incapacité à protéger la population civile

 

Ces prises de position interviennent après l’interpellation du Premier ministre à l'Assemblée Nationale sur les événements dramatiques de la ville de Alindao. Interpellation au cours de laquelle, le chef de Gouvernement a rendu responsable la Minusca dans la non protection des populations civiles.      

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 19:00
Communiqué de presse de l'Académie Centrafricaine de Presse

 

«Pour un journalisme de paix et de faits»

 

L'Académie centrafricaine de presse a ouvert lundi 26 novembre à Bangui sa troisième session. Cette initiative unique de formation mixte de journalistes professionnels et d'étudiants en communication est soutenue par le groupe de télécommunications Telecel RCA et par la Minusca. Un exemple rare de coopération entre acteurs privés et publics, au service d'une République Centrafricaine réconciliée. Près de quarante participants étaient présents lundi pour l'ouverture de cette session.

 

Comme lors des éditions précédentes, cette session est coordonnée par Prosper Ndouba, directeur des programmes de l'ACP, et Richard Werly, coordinateur éditorial. Ils seront accompagnés de Sylvie Coma, longtemps collaboratrice de RFI, et de Thomas Renault, entrepreneur de presse entre la France et l'Afrique, éditeur de livres et de magazines reconnus. 

 

Rien n'est plus important, dans le contexte politique très volatile que connait la RCA, de mettre à la disposition des populations, sur tous les canaux disponibles (Presse écrite, radio, Télévision, Internet...) une information précise, basée sur des faits, et non manipulée par des parties prenantes au conflit. 

 

C'est au service de cet objectif que Telecel a mis sur pied, en 2016, cette initiative originale de formation des professionnels de la presse et des étudiants, appelés à travailler dans les secteurs de l'information et de la communication. C'est dans cet esprit que l'ACP rééditera à l'issue de cette session la publication de son journal école Centrafrique Espoir dont la parution est attendue vendredi.

 

La présence de la Minusca aux côtés du groupe Télecel témoigne de la volonté mutuelle de ces deux institutions de promouvoir à travers l'ACP  une presse à la fois indépendante et capable de servir l'avenir de la République Centrafricaine. 

 

Lors de l'ouverture de la session lundi 26 novembre, Cherifou Gassama, de la division Droits de l'homme de la Minusca, a salué cette volonté: «Le soutien à la formation des journalistes et la défense d'une information équlibrée font clairement partie du mandat de la Minusca, en particulier lorsqu'il s'agit de défendre les femmes et les hommes des médias»»

 

Le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro a pour sa part redit l'attachement de la mission de l'ONU à des médias centrafricains capables de refléter la vitalité de la société, son exigence envers les différents pouvoirs, mais aussi sa capacité à surmonter les fractures de la guerre pour faire place à un indispensable esprit de paix: «La chance de la profession de journaliste est de pouvoir accéder à tous, du président au paysan. D'où l'importance de bien utiliser cette chance...»

 

Au nom du groupe Telecel, le directeur commercial Hervé Pendeoro sa salué l'initiative de l'Académie centrafricaine de presse: «Si le niveau de la presse centrafricaine est réhaussé, tout le monde en profitera. A commencer par le pays...»

 

Cette troisième session de l'ACP se concluera vendredi 30 novembre par la publication du journal école Centrafrique Espoir et la remise des diplômes.  

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 18:40

 

https://www.radiondekeluka.org  lundi 26 novembre 2018 14:43

 

Les évêques de Centrafrique n’ont pas baissé de ton face à l’insécurité galopante dans le pays. Deux prêtres du diocèse d’Alindao et une soixantaine de civils  ont perdu la vie le 15 novembre dans une attaque menée par les rebelles de l’UPC contre un site de personne déplacées. Les prélats ont exprimé ce 26 novembre leurs désarrois en appelant à une journée de deuil le 1er décembre 2018.

La position de l’Eglise catholique fait suite à une visite du cardinal métropolitain de Bangui Dieudonné Nzapalaïnga à Alindao au centre du pays, lieu du drame où les deux prêtres ont été tués.

La colère de l’Eglise va vers la Minusca. « A chaque fois, nous en sortons avec des promesses, des investigations vont être faites, les coupables seront traduites en justice, la protection de la population va être davantage assurée. Rien de toutes ses promesses n’est mis en exécution. A Batangafo, pendant qu’on exécutait, tuait, volait les biens de la population civile, le contingent pakistanais de la Minusca était là et se contentait seulement de prendre la photo à 7 mètres de l’évêque et riait » a accusé Mgr Nongo Azagbia.    

Le       Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga alerte et met en garde « Payer sur le sang des Centrafricains, allons-nous continuer ainsi à sacrifier notre peuple ? Viendra un moment où nous centrafricains on doit se dire ce pays nous appartient, on a le sursaut patriotique, on doit se pouvoir en face. Peut-être tous ceux qui tirent les ficèles pourront se retirer mais nous, nous allons rester. Et les gens l’ont dit à Alindao. Il faut qu’on se dise les vraies choses, tous ceux qui ont des intérêts peut être économiques et autres, mais qu’est ce que moi centrafricain j’ai ? ».

Dans ce même élan, l’église met en cause le gouvernement dans son travail régalien de protéger la population civile. Plusieurs fidèles de l’Eglise catholique ont honoré de leur présence cette conférence où le mot d’ordre est donné de ne pas observer les festivités du 1er décembre.

RCA : L’Eglise catholique appelle au boycott de la fête nationale du 1er décembre.
RCA : L’Eglise catholique appelle au boycott de la fête nationale du 1er décembre.
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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 18:10
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Les festivités du 1er décembre divisent l’église catholique et le gouvernement

 

PAR RJDH LE 26 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, le 26 Novembre 2018(RJDH)—- Le gouvernement centrafricain et l’église catholique ne sont pas sur une même longueur d’onde par rapport aux festivités du 1er décembre. Alors que l’église appelle les fidèles à transformer ce jour en journée de deuil, les autorités dans un communiqué ont réagi pour demander à la population de commémorer cette journée.

Tout se joue en deux jours. Le samedi 24 novembre après une réunion entre évêques, le cardinal, président de la conférence épiscopale signe un communiqué de presse dans lequel, est rendu public l’appel des évêques relatif à la transformation des festivités du 1er décembre en journée de deuil.

Cet appel bouleverse le gouvernement qui dépêche cinq membres du gouvernement à l’archevêché de Bangui où ils ont rencontré le cardinal. Le prélat malgré les arguments des membres du gouvernement, reste droit dans ses bottes et refuse de revenir sur sa décision. C’est sur cette note que les cinq ministres, déçus quittent la résidence du cardinal.

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui réunie son équipe et sort dans la foulée un communiqué de presse dans lequel, il prend le contre-pied de la position de l’église catholique. Le communiqué rappelle les trois jours de deuil décrété par l’exécutif, exprime sa solidarité à l’église et aux victimes et reconnait que l’église catholique est une cible des groupes armés. Mais la chute est claire. Les Centrafricains doivent faire bloc et profiter de ces festivités pour dire non à ces tueries. Pour le gouvernement, le 1er décembre est un symbole, pas question de le boycotter.

Les mots et expression utilisés dans les deux documents attestent que le torchon brule entre l’église catholique et le gouvernement. Ceci sera une première depuis le début de la crise centrafricaine. Les prochains jours seront déterminants. Que ce soit l’église catholique ou le gouvernement chacun mettra tout en œuvre pour que son appel soit suivi.

 

Centrafrique : La Minusca reconnait ses insuffisances et appelle les politiques à s’activer dans le dialogue

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 26 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, 26 Novembre 2018(RJDH)—Le Patron de la Minusca Parfait Onanga-Anyanga reconnait les insuffisances de la Mission onusienne en Centrafrique. Il l’a dit 23 lors d’un point de presse qu’il a animé à Bangui. Il a par la même occasion appelé les politiques à s’activer dans le dialogue avec les différentes communautés pour éviter une solution militaire à la résolution de la crise.

La réaction du numéro 1 de la Minusca Parfait Onanga Anyanga fait suite à l’accusation de passivité, portée contre ses troupes basées à Alindao par le premier ministre Simplice Mathieu Sarandji suivie du président de l’assemblée nationale, Moussa Laurent Ngon-Baba et de l’église Catholique.

Pour Parfait Onanga-Anyanga, c’est la faiblesse de l’Etat qui doit être mis en avant au lieu d’évoquer la passivité de troupes onusiennes, « nous vivons un contexte dans lequel l’Etat, dans son incarnation, n’est pas présent sur toute l’étendue du territoire. La Minusca avec ses insuffisances tente de remplacer l’Etat dans ses fonctions régaliennes.  Nous sommes en train de faire des pas importants à redonner à l’Etat Centrafricain ses capacités plénières. Malheureusement nous faisons face à des  violences, comme celle que nous connaissons. Nous l’avons fait à Paoua, Bangassou et Batangafo et nous continuons de le  faire » a rappelé le chef de la Minusca.

La solution à la crise centrafricaine ajoute-t-il, n’est pas militaire, « mais nous le faisons en limite de nos capacités en évitant surtout dans une sorte de militarisme en pensant qu’il y a une crise militaire à la crise centrafricaine », a-t-il précisé.

Le chef de la Minusca a de manière dissimulée, porté du doigt l’absence des politiques à être aussi sur le terrain pour discuter avec les communautés impliquées dans la crise en Centrafrique. « Il nous faut être présent politiquement sur le terrain afin de sensibiliser les différents groupes armés y compris les communautés. D’être en contact permanent avec les communautés pour éviter un sentiment d’abandon. Malheureusement, ce n’est pas assez fait», a fait savoir Parfait Onanga-Anyanga.

Aujourd’hui la Minusca est dans l’œil du cyclone des critiques de la classe politique et société civile centrafricaine depuis qu’elle a montré ses limites dans la protection des civils conformément aux résolutions du Conseil de sécurité.

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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 12:07
Communiqué de presse de la Conférence épiscopale de Centrafrique

 

La Conférence épiscopale de Centrafrique voudrait que le 1er décembre soit un jour de recueillement en raison des tueries d'Alindao

Communiqué de presse de la Conférence épiscopale de Centrafrique
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26 novembre 2018 1 26 /11 /novembre /2018 12:05
COMMUNIQUÉ DE PRESSE G5

 

Les membres du G5, un groupe d’États et d’institutions internationales partenaires de la République centrafricaine, expriment leur forte préoccupation face à la récente vague de violence qui a affecté les populations civiles centrafricaines dans plusieurs localités du pays, notamment à Batangafo, Bangui et, tout récemment, à Alindao. Le G5 tient à exprimer sa solidarité avec les victimes de ces atrocités et leurs familles. 

 

Le G5 condamne avec la plus grande fermeté ces violences à caractère intercommunautaire qui ont coûté la vie à de nombreux Centrafricains et fait plusieurs blessés. Le G5 s’insurge contre les attaques ciblant les sites de déplacés et les lieux de culte, et leur destruction systématique.

Ces violences peuvent constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, passibles de poursuite devant les juridictions nationales et internationales.

 

Il est de la responsabilité du Gouvernement de la République centrafricaine, avec l’appui de la MINUSCA, d'entreprendre des enquêtes rigoureuses visant à établir la responsabilité des auteurs de ces crimes.

 

Le G5 appelle la communauté centrafricaine et les acteurs politiques à se garder de toute tentative d’instrumentalisation de ces violences. Le Groupe appelle également à la vigilance et souligne la nécessité pour tous les acteurs, nationaux et internationaux, de demeurer unis dans leur engagement à résoudre la crise centrafricaine à partir de ses causes profondes.

 

Le G5 tient à souligner qu’il n’y a pas de solution militaire à la crise centrafricaine. Il exhorte tous les protagonistes à s'engager résolument dans un dialogue franc et inclusif, donnant toute sa place aux femmes, et conformément à la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies. Un tel dialogue, dans le cadre de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, représente la seule voie idoine vers une paix durable.

 

Le G5 renouvelle sa profonde solidarité avec le peuple centrafricain meutri et son engagement à accompagner le Gouvernement centrafricain dans ses efforts de résolution pacifique de la crise et de relèvement national.

 

Bangui, le 25 novembre 2018

 

 

ACTION FOR PEACEKEEPING (A4P)

 

Vladimir Monteiro

Spokesperson/Porte-parole

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

Cellphone: + 236 75980772 (also WhatsApp) - 72259932 | Extension : (173) 5545/5506 | Tetra : 10874

E-mail: monteiro6@un.org | Skype : Vladimir.Monteiro4 | Twitter : @MonteVlad

https:// minusca.unmissions.org

 

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