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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 12:29

 

 

 

Par RFI  04-02-2016 Modifié le 05-02-2016 à 05:34

 

L'ONG Human Right Watch et l'ONU ont rendu publics au moins six nouveaux cas d'abus sexuels à Bambari, une ville située dans le centre du pays, où près de 400 casques bleus assurent le maintien de la paix. Et c'est encore une fois des soldats de la Minusca qui seraient mis en cause. Les allégations visent des militaires du Congo-Brazzaville. Le chef de l'ONU en Centrafrique s'est immédiatement rendu sur place et a annoncé des mesures fortes.

 

A Bambari, le chef de l'ONU en Centrafrique a montré les muscles. A peine arrivé sur le tarmac de l'aéroport, il a pris à partie les casques bleus positionnés dans la ville. L'impunité, la complaisance, c'est terminé, a martelé Parfait Onanga Anyanga.

 

« Nous allons traquer jusqu'au dernier, ceux qui salissent la réputation des Nations unies », a-t-il dit avant de poursuivre : « Il n'y aura plus aucune tolérance, plus de complaisance vis-à-vis des soldats accusés de viols ».

 

Des casques bleus congolais cantonnés

 

Parfait Onanga Anyanga a annoncé que 120 casques bleus de la République du Congo, qui étaient déployés à Bambari au moment des faits, vont rester cantonnés dans leur caserne, jusqu'à la fin de l'enquête de l'ONU, avant d'être probablement rapatriés au Congo. « S'il était avéré qu'il y ait dans nos rangs des soldats qui seraient impliqués dans les cas d'abus sexuels, nous les dénoncerons chaque jour. Notre combat, c'est de les sortir de nos rangs », assure-t-il.

 

L'ONG Human Rights Watch, dans un rapport paru jeudi, révèle que ces soldats seraient impliqués dans au moins six nouveaux cas d'abus sexuels commis entre septembre et décembre 2015. C'est la deuxième fois en quelques semaines que des soldats onusiens sont renvoyés après des accusations similaires.

 

Réaction immédiate de l'ONU

 

Human Rights Watch indique que les Nations unies ont réagi très rapidement. « Elles ont pris très aux sérieux nos accusations et ils ont lancé leur propre enquête très rapidement », précise Lewis Mudge, un des auteurs du rapport, qui souligne que depuis les précédents cas, il y a clairement « une nouvelle mentalité » dans la gestion des accusations.

 

L'ONU qui a également décidé, et c'est une nouveauté, de rendre public à chaque fois le nom des pays d'où proviennent les soldats accusés d'abus sexuels.

 

Sanctions financières

 

A l'heure actuelle, il n'y a que les pays d'où proviennent les soldats qui peuvent poursuivre et juger ces militaires. Beaucoup rechignent a enquêter sur les allégations d'abus sexuels. C'est le cas de la République démocratique Congo qui a finalement été exclue il y a quelques semaines de la mission de l'ONU en Centrafrique.

 

Quant aux soldats du Congo-Brazzaville n'en sont pas à leurs premières bavures en RCA, selon Lewis Mudge de Human Rights Watch, qui regrette que Brazaville n'ait jamais par le passé, ouvert de procés contre de tels casques bleus accusés de viols.

 

C'est vraiment l'impunité qui règne là-bas.

 

Lewis Mudge

 

05-02-2016 - Par Pierre Pinto

 

Pour forcer les pays à se mobiliser, l'ONU évoque des sanctions financières. « Nous prendrons des mesures de rétention de remboursement aux pays, par exemple, dont les enquêtes n'auraient pas abouti », affirme-t-il.

 

Ces décisions ne sont que le début, laisse-t-on entendre à Bangui. Le renvoi des troupes ne sera pas suffisant, a répété Parfait Onanga Anyanga. Le siège de l'ONU à New York travaillerait sur des mesures encore plus contraignantes.

 

Thierry Moungala, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement congolais assure qu'une enquête est en cours pour faire la lumière sur ces accusations comme l'a demandé l'ONU.

 

Le gouvernement et les Nations unies ont mis en place un cadre de gestion de cette affaire et le gouvernement a mis en place au niveau national une enquête administrative.

 

Thierry Moungala

 

04-02-2016 - Par Laetitia Bezain

RCA: des casques bleus du Congo-Brazzaville accusés d'abus sexuels
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 12:18
RCA : Reportages divers sur RFI
RCA : Reportages divers sur RFI
RCA : Reportages divers sur RFI

 

RCA: situation alimentaire dramatique dans le pays

 

Par RFI  04-02-2016 Modifié le 04-02-2016 à 12:26

 

Il y a quinze jours, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait sonné la sonnette d'alarme, estimant que 2,5 millions de personnes soit près de la moitié des Centrafricains souffrent de la faim. L'ONG Solidarité International, qui a notamment des programmes de sécurité alimentaire et de réponse d'urgence dans le nord de la RCA, a été sollicitée par une coordination d'acteurs humanitaires pour évaluer la situation dans la zone de Kaga-Bandoro suite au signalement de plusieurs décès.

 

A Kaga-Bandoro, la situation humanitaire est assez critique, selon Julien Barbier, le Coordinateur terrain Nord-RCA pour Solidarités International : « Actuellement, on a une détérioration de la sécurité alimentaire sur les axes du fait du démarrage de la transhumance depuis à peu près un mois. On sait très bien que cette transhumance provoque des tensions communautaires entre les agriculteurs et les transhumants. Cette transhumance bloque énormément l’accès aux champs, ce qui fait que l’ensemble de la population sur certains axes actuellement n’a pas accès à ces champs et donc n’a pas accès aux denrées de première nécessité ».

 

La situation déjà délicate s’est encore aggravée ces derniers jours avec des décès signalés : « Donc depuis quelques jours, on a été informés justement de la détérioration de la sécurité alimentaire sur certains axes, qu’i y avait eu des décès, notamment d’enfants. On n’a aucune idée réellement du chiffre. On sait que trois enfants pour l’instant sont morts du fait d’une carence alimentaire. Et Solidarité va mener dans les prochains jours des évaluations afin de pouvoir identifier les besoins prioritaires de ces populations et se coordonner avec les acteurs humanitaires qui travaillent dans la sécurité alimentaire pour qu’ils puissent intervenir en urgence auprès de ces populations potentiellement bénéficiaires », ajoute Julien Barbier.

 

 

RCA: l’insécurité sur les routes, autre mal du pays

 

Par RFI  04-02-2016 Modifié le 04-02-2016 à 17:16

 

A Kaga-Bandoro, les acteurs humanitaires tentent de mettre sur pied des hangars pour accueillir les déplacés après l'incendie qui a ravagé le site de l'évêché situé dans le nord de la RCA. 80% du site a brûlé et 4 000 personnes sont maintenant sans-abri. En plus des problèmes humanitaires, alimentaires, il y a des problèmes logistiques. La circulation est un gros problème autour de Kaga-Bandoro, mais aussi près de Kabo, dans la préfecture de Nana-Grébizi, dans tout le centre nord du pays en fait. Les routes restent dangereuses avec des braquages et des checkpoints plus ou moins improvisés.

 

Dans le nord de la RCA, l’ONG Solidarité International mène des programmes en eau, hygiène, assainissement et réponses d’urgence.

 

Julien Barbier, coordinateur terrain, gère au quotidien les difficultés qui entravent les mouvements des équipes : « Une route de 60 kilomètres, c’est environ 6 à 7 heures de route. Donc ça donne un peu une idée de l’état des routes. Problématiques sécuritaires : nous avons des problèmes actuellement notamment au niveau des coupeurs de route qui bloquent les convois en allant ou en revenant du terrain. On ne peut pas dire qu’il y a réellement de ciblage humanitaire puisque les braquages sur la population sont récurrents, voire plus importants que sur les convois humanitaires.

 

On a une certaine acceptation, nous, au niveau de la population. On y travaille tous les jours pour pouvoir rencontrer les différents groupes armés et également les autorités étatiques de la zone qui nous permettent d’avoir un accès humanitaire. On n’est pas du tout à l’abri par contre d’une ou deux personnes qui décident de prendre eux-mêmes l’initiative d’attaquer un convoi ».

 

Plus que le matériel humanitaire, ce sont surtout les biens personnels, téléphones, argent, qui sont visés. Et les violences physiques sont rares, selon Julien Barbier.

 

Néanmoins, la cicatrice au crâne de Mohamed, transporteur, témoigne qu’il n’en est pas toujours ainsi : « Il y a certains Seleka qui nous ont braqués quand on faisait le trajet. Je leur ai dit, l’argent je ne peux pas vous en donner. Quand je vous donne ça, j’arrive à la maison et mon patron m’a dit que c’est moi qui aie bouffé son argent. Je dois aller en prison. Subitement, il commençait à courir après moi avec la crosse armée ».

 

L’attaque avait eu lieu il y a quelques mois au nord-est de Kaga-Bandoro. Jeudi dernier, c’est à 12 kilomètres au sud qu’un taxi-moto a été tué.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 12:05

 

 

 

05/02/16 (Le Point)

 

Le bilan psychologique négatif sur les troupes de retour d'opération fait de Sangaris "la plus traumatisante des guerres menées par la France". Illustration. Février 2015, Me P., jeune avocat du barreau de Chartres assure une permanence d'office lorsqu'il est appelé pour une affaire qui semble sérieuse : un braquage à main armée avec course poursuite au Cash Converter du coin. Les trois jeunes malfrats sont repartis avec l'or et la caisse avant de se faire prendre. Aussi en entrant dans la cellule, Me P. s'attendait à découvrir « des habitués ou des endurcis ». Mais que trouve-t-il face à lui ? « Des quidams comme vous et moi, polis, gentils, qui, menottes au poignet, reculent d'un pas pour laisser passer devant eux la femme-gendarme qui les garde ».

 

De la Centrafrique au braquage

 

En fait, deux des trois braqueurs sont des militaires…. en arrêt maladie ! L'un a «le dos en compote » ; quant au second, « il vient de rentrer de Centrafrique avec un syndrome de stress post-traumatique (SSPT) avéré». Peu disert sur cette expérience, ce dernier laisse simplement entendre que «de l'armée, il ne veut plus en entendre parler». Devant les juges, leur avocat plaidera ainsi «la bêtise de jeunes oisifs», «laissés au bord de la route par l'armée» et ayant avant tout «besoin de soins». Les trois garçons écopent d'une peine avec sursis. Ce fait divers, dans sa banalité, éclaire toutefois à sa manière les failles dans la gestion du retour sur le sol français des premiers contingents déployés en Centrafrique.

 

2014, Sangaris pointée du doigt par un rapport parlementaire

 

Auteurs d'un rapport d'information sur la question de «La prise en charge des soldats blessés», les députés Olivier Audibert-Troin (LR) et Emilienne Poumirol (PS) avaient ainsi révélé, dès le mois de décembre 2014, que l'opération Sangaris était sans doute la plus «traumatisante» des guerres menées par la France. «Le bilan est très négatif pour l'opération Sangaris 1 : 12 % des militaires de retour de République centrafricaine présentaient des déséquilibres psychologiques se traduisant par un contact altéré avec la réalité contre 8 % pour l'opération Pamir (ndlr : Afghanistan)», peut-on lire à la page 119 du rapport.

 

Ce qui rend Sangaris plus traumatisant

 

Pour le député Audibert-Troin, ce «pic» de SSPT était dû à plusieurs facteurs. D'abord, Sangaris a été une intervention « en urgence absolue », dans un pays où la France se retrouvait «seule, sans pouvoir bénéficier de la logistique de ses alliés». Rationnés en eau, les soldats épuisés dormaient alors dans des tentes dépourvues de climatisation et où le sable s'engouffrait partout, dans les yeux, le nez, les oreilles…

 

Le second facteur décrit par le député est «ce sentiment d'incompréhension et d'inutilité» ressenti par les soldats français. «Il n'y avait pas là d'ennemi désigné. Il s'agissait de s'interposer entre deux factions de la population, catholique et musulmane, qui s'entretuaient à la machette». Les militaires devaient donc faire face à des corps mutilés, des charniers et trouver «un sens à l'inexplicable, à l'horreur et à la barbarie».

 

Le dernier point ayant contribué à l'élévation du nombre de SSPT chez les soldats de retour de Centrafrique est le fait que les premiers contingents démobilisés sont directement retournés à la maison sans passer par un «sas de décompression». Ces sas, des lieux neutres, souvent des hôtels, permettent en effet aux hommes en fin de mission de se réadapter à la vie civile, et de rencontrer des soignants pour faire le point, à l'aide de la parole, sur leur expérience. Après l'opération Pamir, le sas de Chypre avait en effet été «désactivé».

 

Au coeur de tout, la blessure invisible à détecter...

 

"Ainsi, si les psychiatres et psychologues jouent évidemment un rôle-clé dans la détection et le suivi du SSPT chez les soldats de retour de mission, la place prise par les aumôniers sur le terrain auprès des soldats n'est pas négligeable", insiste Olivier Audibert-Troin. Les militaires peuvent ainsi évoquer la mort qu'ils sont autorisés à donner ou qu'ils ont accepté de recevoir auprès de ces religieux, sans peur d'être jugés ou déqualifiés par leurs pairs. Car vivre avec la mort, finalement, les soldats n'y sont pas forcément bien préparés.

 

A l'hôpital militaire de Percy, on connaît bien pour les soigner régulièrement ces soldats passés par les différents terrains d'intervention de l'armée française. Françoise Vinard, justement, y est aumônière protestante. Et dans les services de cet hôpital, elle en a vu défiler des militaires, de retour d'Afghanistan, du Mali ou encore plus récemment de Centrafrique : «Il y a 20 lits environ dans la section psychiatrique de Percy. On y traite ce qu'on appelle « la blessure invisible», indique-t-elle.
 

… avant que les symptômes du traumatisme ne se déclenchent...

 

L'aumônière a visiblement à cœur le bien-être de ces soldats. Et elle raconte, volubile, la même histoire, celle d'un trauma invisible et dont les symptômes se déclenchent parfois de façon anodines : mal de dos, insomnie, ruminations jusqu'au trop plein et à le point de bascule : «Un militaire a une mission ; il l'a fait sans trop d'état d'âme. Ce ne sont pas des philosophes, sinon ils ne pourraient pas exécuter les ordres. Ce sont pour la plupart des sportifs, des gens qui veulent bouger, voyager et surtout vivre des moments de fraternité. Mais ils voient vite que l'armée ne se résume pas qu'à cela. Nous essayons ici de gérer leurs angoisses qui se déclenchent après la mission».

 

… après un temps de latence suivant les missions d'intervention

 

Ces esprits blessés, l'hôpital ne les recueille pas tout de suite car un temps de latence, comme un endormissement du stress, est constaté à chaque fois entre les missions militaires et le déclenchement des symptômes : «Il encore trop tôt pour voir arriver ceux de Centrafrique. Pour le Mali, de façon étonnante, 2, 3 mois après, les premiers soldats sont arrivés. Certains refusent nettement de parler de ce qu'ils ont vu dans ce pays, ils se referment sur eux dès qu'on aborde le sujet», note l'aumônière en soulignant que les soldats de retour d'Afghanistan semblaient moins traumatisés que ceux déployés en Afrique. Pour Françoise Vinard, comme pour le député Audibert-Troin, pas de doute, la différence entre ces missions tient à la question du sentiment d'utilité des soldats sur le terrain : «La question «à quoi on sert ?» est importante. Ce ne sont pas des opérations où l'ennemi et le but sont clairement définis. L'opération Sentinelle pose la même question. Les soldats s'ennuient beaucoup ». Et la pasteure de pointer ensuite la succession d'opérations militaires, Afghanistan, Mali, Centrafrique, Sentinelle, Syrie, qui laissent selon elle « les soldats fatigués ».

 

De plus en plus de cas de SSPT à partir de terrains d'opérations africains

 

La question qui est de plus en plus posée est de savoir si l'armée française est en voie de surmenage. Oui si on en croit le député Audibert-Droin qui cite des chiffres à l'appui : en 2007 seuls 10 cas de SPPT avaient été reconnus, en 2008, 26, et en 2009, 55. A partir 2010, le chiffre bondit à 136, avec le retour des troupes d'Afghanistan.

 

En 2011, 2012, 2013, ce sont respectivement 298, 282, 359 cas de syndrome de stress post-traumatique qui ont été recensés. « Aujourd'hui, nous sommes sur une base de 350 SPPT » ajoute le parlementaire qui note que, si en 2014, 80% des SPPT étaient liées à Afghanistan, il y a eu depuis une bascule sur le continent africain avec 50% de SPPT (pour 50% de soldats déployés en Afghanistan).

 

Au total, ce sont ainsi environ un millier de militaires (entre 850 et 1000) qui sont actuellement en arrêt travail à la suite d'un SSPT. « C'est beaucoup ; c'est même un peu plus qu'un régiment complet. Ce n'est pas rien alors que l'armée est très sollicitée en ce moment » indique Olivier Audibert-Droin en faisant référence à l'opération Sentinelle décidée après les attentats de janvier 2015 et qui mobilise 10.000 soldats sur le territoire national.

 

Attention au SSPT avec l'opération Sentinelle

 

L'opération Sentinelle commence d'ailleurs à poser de sérieuses questions. Logistiques d'abord avec ces soldats dont les conditions d'hébergement sont de plus en plus évoquées. Ainsi, selon le général Jean-Pierre Bosser, le chef d'Etat-major de l'armée de Terre (CEMAT), dans des propos rapportés par le blog Zone Militaire qui traite de l'actualité de la défense et de la sécurité internationale, « à partir du moment où l'urgence fait place à la permanence, ils méritent des conditions décentes pour se reposer, s'alimenter et se détendre. Car, il serait paradoxal qu'ils soient mieux installés à Gao qu'à Paris ! » .

 

D'autant que toujours selon le député Audibert-Droin, Sentinelle a déployé des soldats qui « étaient déjà fatigués avec les opérations au Mali et en Centrafrique ». Avec Sentinelle, le cycle classique d'un soldat qui comprend 4 temps, formation, entraînement, mission, repos, est forcément perturbé : « Avec Sentinelle, ces 4 cycles sont réduits, faute de temps ». Et le député de s'interroger poser les questions qui n'ont pas pu être posées, faute de temps et aussi en raison de l'urgence et de la sidération nées des attentats : «Il aurait fallu un débat parlementaire pour réfléchir au fait que désormais l'armée allait désormais protéger le territoire national. Est-ce à l'armée d'effectuer ces missions ? Si oui est-ce que la formation est adéquate ? Va-t-il y avoir avec cette mission Sentinelle un stress permanent qui pourrait entraîner un état de stress post-traumatique. Je dis alors attention danger !».

 

http://afrique.lepoint.fr/actualites/centrafrique-operation-sangaris-qua...

 

Lu pour vous : Centrafrique - Opération Sangaris: quand le stress post-traumatique s'en mêle
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 11:15

 

 

Par Cyril Bensimon et Joan Tilouine

 

LE MONDE • 

 

Exclusivement consacrés à la République centrafricaine (RCA), les derniers documents révélés par WikiLeaks, vendredi 5 février, dessinent à grands traits les relations commerciales entre un Etat déliquescent, corrompu, et des entreprises étrangères aimantées par les richesses de son sous-sol. Sont pointées une société d’Etat chinoise, Poly Technologies, présentée comme un acteur majeur de la vente d’armements, ainsi qu’une junior pétrolière sud-africaine, Dig Oil, attirées par les réserves d’or noir centrafricain, ou bien encore ce qui s’apparente à une tentative d’escroquerie montée par une fausse ONG, l’Alliance mondiale des sports.

 

Dans ces fuites, Areva est également épinglé pour la manière dont l’entreprise a interrompu ses activités en 2012 et quitté le pays. Déjà sous enquête judiciaire suite au rachat hautement surévalué, cinq ans plus tôt, d’UraMin – la société qui lui a notamment revendu le permis d’exploiter le gisement centrafricain de Bakouma –, le géant français du nucléaire est accusé d’avoir mis en danger son personnel local avant de plier bagage.

 

Selon un rapport, non daté et non signé, à en-tête de la présidence centrafricaine, rédigé par un comité composé de représentants de l’administration locale, de délégués du personnel d’Areva et d’un médecin radiologue, « les foreurs, aides foreurs et agents de laboratoire qui sont censés être en contact avec les roches minéralisées en uranium ne disposaient d’aucun moyen de protection, ni n’étaient sensibilisés sur les mesures de radioprotection pendant leurs activités ». Sur le site de Bakouma, « le traitement des carottes [les échantillons de terre prélevés] se faisait à mains nues et sans aucune protection » et « les employés locaux ne disposaient pas de dosimètre individuel alors qu’ils étaient exposés aux radiations ».

 

Areva n’aurait donc pris, au préalable, aucune des mesures élémentaires pour protéger ses travailleurs. Une fois sa décision de suspendre ses activités actée, l’entreprise se serait également employée à obstruer le travail du comité chargé d’enquêter sur ces questions. « Les demandes des dossiers de suivi médical et dosimétrique du personnel sont demeurées sans réponses » et « les données indispensables dont le comité a besoin ont été soit détruites, soit dissimulées par Areva, qui a procédé volontairement au formatage des disques durs de tous les ordinateurs sur le site, au verrouillage du serveur et a emporté toute la documentation existante avant l’arrivée du comité sur le site », peut-on lire dans le rapport de trente pages.

 

« Il n’y a pas d’enjeu sanitaire »

 

Areva a quitté la RCA en 2012, arguant notamment de « la morosité du marché de l’uranium » après la catastrophe de Fukushima et de« l’impossibilité de la poursuite des activités liées à un climat d’insécurité permanent causé par l’attaque du site le 24 juin 2012 ». La Centrafrique entamait alors son plongeon dans une guerre dont elle ne s’est toujours pas extirpée.

 

Aux accusations contenues dans ce document publié par WikiLeaks, Areva rétorque que « les employés du site avaient des tenues de travail adaptées et bénéficiaient de sensibilisations régulières aux enjeux de sécurité »,qu’elle avait « mis en place un suivi radiologique des salariés, dont les résultats étaient suivis par le médecin », que « les doses moyennes reçues par les salariés entre 2009 et 2011 étaient largement inférieures à la limite centrafricaine et internationale » et donc qu’« il n’y a pas d’enjeu sanitaire, compte tenu des usages locaux et de la distance entre le site et les zones d’habitat ».

 

A Bakouma, les anciens travailleurs d’Areva attendent encore l’hôpital « moderne » et l’école maternelle qui leur avaient été promis. Peut-être aussi le retour d’un employeur au cœur de cette brousse radioactive.

 

Joan Tilouine

 

Cyril Bensimon

 

 

Uramin : pas rentable mais toujours radioactive

 

http://www.franceinter.fr/  05 Février 2016 à 06:33

 

Un document publié ce vendredi par WikiLeaks montre qu’Areva a abandonné son gisement de Bakouma, en Centrafrique, en 2012, sans respecter ses obligations en matière de santé et de sécurité. Le groupe nous assure avoir depuis remédié à cette situation.

 

L’affaire Uramin est en partie responsable de la déconfiture d'Areva. A Paris, les juges du pôle financier cherchent à comprendre comment le géant du nucléaire a déboursé en 2007 près de deux milliards d'euros pour des gisements non rentables, et surtout si cela cache une vaste escroquerie ou de la corruption. Ce que l’on sait moins, et que montre un document publié aujourd’hui par WikiLeaks, c’est qu’en 2012, Areva, dépitée, a laissé en plan sa mine centrafricaine radioactive. D’après un rapport (non daté), du "comité de suivi du processus de retrait de la société Areva Ressources Centrafrique", créé par le ministère des mines, l’entreprise française n’aurait pas pris toutes les précautions nécessaires pour protéger ses salariés des rayonnements ionisants.

 

 La protection des salariés en question

 

Ce comité rend compte d’une mission qui s’est déroulée du 14 novembre au 13 décembre 2012. Le 7, le comité croise un convoi qui ramène justement à Bangui des salariés et leurs familles, entassés dans des camions et minibus avec bagages et animaux. Les conditions de sécurité sont précaires, le site a été attaqué six mois auparavant par un groupe armé.

 

 Les salariés ont touché des indemnités de licenciement. Mais le comité n’arrive pas à mettre la main sur leurs dossiers médicaux. La direction d’Areva, à Bangui, ne répond pas, et à Bakouma, les disques durs des ordinateurs ont été reformatés. Areva nous répond aujourd'hui qu’elle avait mis en place un suivi radiologique conforme à la réglementation. Selon le groupe nucléaire, les résultats ont été transmis ensuite à l’Agence nationale de radioprotection du pays. Areva rapporte que dans un rapport de mars 2013, l’ANR (l’équivalent centrafricain de l’ASN français) "confirme que les doses reçues par le personnel sont faibles et largement en-dessous des seuils réglementaires".

 

 Devant le comité qui visite Bakouma en décembre 2012, des salariés racontent qu'ils n'avaient pas d'équipement de protection pour manipuler des roches chargées d'uranium, et pas de dosimètre individuel. Lors des forages, il leur arrivait d’être éclaboussé par la boue. Areva  assure que les employés "avaient des tenues de travail adaptées", et "bénéficiaient de sensibilisation régulières".

 

Le gisement d’uranium de Bakouma était connu des géologues français depuis les années 60. En 2007, Areva le rachète pourtant au prix fort, en même temps que des permis miniers en Namibie et en Afrique du Sud, tombés dans l’escarcelle de la petite société Uramin. Le retour du nucléaire français en Centrafrique suscite de tels espoirs que des milliers de fillettes sont baptisées Areva. 133 personnes sont recrutées pour lancer de nouveaux forages à Bakouma.

 

En août 2012, le gisement n’étant décidément pas digne d’être exploité, surtout après la catastrophe de Fukushima qui a entraîné la chute des cours de l’uranium, Areva se retire. Au printemps 2013, le groupe notifie au gouvernement centrafricain une "situation de force majeure", bien que la guerre civile ne soit pas la raison première de son départ.

 

 Espoirs déçus

 

Lors de la visite du comité, le site est déjà abandonné. Il n’y a pas de balisage ni de panneaux aux abords de certaines zones où la radioactivité ambiante est bien supérieure à la moyenne. Des gravats et des carottes provenant des forages s’entassent par endroit à ciel ouvert. Les habitants viennent se servir en matériaux de construction. Des exemples isolés ? Areva affirme de son côté qu’à la fin 2012, 95% des travaux de réhabilitation avaient été effectués. Le reste, après concertation avec l’Agence nationale de radioprotection, a, toujours selon Areva, été confié à une entreprise locale, et achevé en juillet 2013. Il n’y a donc pour Areva "pas d’enjeu sanitaire", même si la radioactivité reste par endroit "significative" en raison de la présence (naturelle) d’uranium proche du sol.

 

 Bakouma reste avec ses espoirs déçus d'essor économique. L'hôpital "moderne" qui aurait été promis par Areva n'est jamais sorti de terre. Seules les fondations de l'école ont été construites.

 

Par Sara Ghibaudo

Lu pour vous : Areva mis en cause par WikiLeaks pour le traitement de ses employés en Centrafrique
Lu pour vous : Areva mis en cause par WikiLeaks pour le traitement de ses employés en Centrafrique
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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 11:01

 

 

 

DÉCLARATION N°001/02/16

 

Relative aux accusations de viols portées contre les casques bleus

 

Ces derniers temps, la presse locale et internationale ainsi que certaines organisations non gouvernementales telle que Human Rights Watch, évoquent les viols commis par les casques bleus déployés en République centrafricaine. 

 

Ces révélations viennent malheureusement s’ajouter aux nombreuses autres accusations portées contres les troupes internationales, comme par exemple, celles des enfants du camp de déplacés Mpoko à l’encontre des soldats français de l’opération Sangaris. 

 

Faut-il rappeler qu’au lendemain des premières révélations, en mai 2015, devant le peu d’empressement des membres de son équipe à se saisir de ce dossier qui normalement interpelle la conscience des humanistes accomplis, le Premier ministre Mahamat Kamoun m’avait commandé d’exprimer, au nom du gouvernement de transition, un point de vue officiel s’inscrivant dans le droit-il des concerts unanimes d’indignation. 

 

Le Conseil des ministres ayant annoncé l’ouverture d’une enquête par le parquet de Bangui, j’avais déclaré au micro de Radio France Internationale (RFI) le 04 mai 2015 que le gouvernement de transition suivait l’évolution dudit dossier avec une attention toute particulière. 

 

Mieux, j’avais entrepris d’identifier les enfants, contre les pesanteurs de l’administration centrafricaine et la couardise de certains ministres craignant de frustrer le pays de François Hollande dont les soldats étaient mis en cause, et ai adressé une note confidentielle au Premier ministre pour suggérer la mise en place d’un comité exclusivement destiné à suivre ce dossier et conseiller par la même occasion une prise en charge médicale et sociale des victimes de ces abus sexuels. 

 

Aujourd’hui, même si la décence et ma conception de la vie publique m’interdisent d’émettre une quelconque critique publique contre le gouvernement de transition auquel j’ai appartenu, ma conscience de citoyen me rappelle à l’ordre et m’indique, à juste raison, que j’aurais tort de ne pas m’inquiéter de l’absence de réaction de la part des autorités centrafricaines au sujet de ces viols ainsi que des exploitations sexuelles dont ont été victimes nos compatriotes. 

 

Qu’en est-il de l’enquête qui avait été annoncée ? Que fait le gouvernement, en rapport avec les responsables onusiens de la MINUSCA, pour réprimer ces crimes odieux qui n’honorent nullement les auteurs et discréditent davantage la noble mission qu’ils sont  censés remplir avec conscience dans notre pays. 

 

Les auteurs de ces actes abominables doivent absolument répondre devant les juridictions compétentes. Il s’agit d’un impératif de justice, d’une exigence morale et sociétale ainsi que d’un devoir humaniste et républicain. 

 

Tout doit être mis en oeuvre pour rendre justice aux victimes. 

 

Fait le 05 février 2016 

 

 

Georges Adrien Poussou 

Accusations de viols contre les casques bleus : Déclaration de Georges Adrien POUSSOU
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Centrafrique-Presse.com
5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 00:26

 

 

L’ONU et les pays qui fournissent des contingents devraient s’assurer que les responsables d’abus rendent compte de leurs actes devant la justice

 

(Nairobi, le 4 février 2016) – Des Casques bleus des Nations Unies stationnés en République centrafricaine ont violé ou exploité sexuellement au moins huit femmes et jeunes filles d’octobre à décembre 2015, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Parmi les survivantes figurent une jeune fille de 14 ans et une jeune femme de 18 ans qui ont déclaré que les Casques bleus les avaient assujetties à un viol collectif près de l’aérodrome de Bambari, dans le centre du pays.

 

« Dans un pays où des groupes armés s’en prennent régulièrement aux civils, les Casques bleus devraient être des protecteurs et non des prédateurs », a déclaré Hillary Margolis, chercheuse auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Il ne suffit pas de renvoyer des Casques bleus dans leur pays. L’ONU doit insister pour que les pays d’où les troupes sont originaires traduisent en justice les auteurs de viols et d’autres d’abus, et pour que les survivantes puissent bénéficier du soutien dont elles ont besoin. »

 

Human Rights Watch a recueilli des informations sur les huit cas d’exploitation et d’abus sexuels perpétrés par des Casques bleus de la MINUSCA lors de recherches menées à Bambari du 16 au 30 janvier 2016. Seule une des survivantes avait reçu des soins médicaux ou psychosociaux, dispensés par l’hôpital de Bambari et par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales, avant son entretien avec Human Rights Watch.

 

Ces huit victimes ont toutes affirmé croire que les Casques bleus responsables étaient originaires de la République du Congo ou de la République démocratique du Congo. Un bataillon d’environ 800 militaires provenant de la République démocratique du Congo est déployé à Bambari et dans d’autres villes de la province de Ouaka. Entre la mi-septembre et la mi-décembre, un petit contingent de Casques bleus originaires de la République du Congo avait également été déployé à titre provisoire afin de protéger l’aérodrome de Bambari. Le déploiement des Casques bleus de la République du Congo correspond aux allégations d’exploitation et d’abus sexuels examinées par Human Rights Watch, la plupart de ces actes ayant été perpétrés dans l’aérodrome ou à proximité.

 

Une femme de 18 ans a déclaré que fin 2015, s’étant rendue dans la base située à proximité de l’aérodrome et où étaient stationnées des troupes originaires de la République du Congo, pour y chercher de la nourriture ou de l’argent, des Casques bleus armés l’avaient emmenée de force dans la brousse où ils lui avaient fait subir un viol collectif. « Je ne voulais pas avoir de rapports sexuels avec eux, mais quand je me suis rendue dans leur base, ils m’ont emmenée dans la brousse », a-t-elle déclaré. « Il y en avait trois sur moi. Ils étaient armés. Ils m’ont dit que si je résistais, ils me tueraient. Ils m’ont prise l’un après l’autre. »

 

Une jeune fille de 14 ans a déclaré qu’en novembre, deux Casques bleus l’avaient attaquée alors qu’elle marchait près de la base de la MINUSCA jouxtant l’aérodrome. « Les hommes portaient leur tenue militaire et ils avaient leurs fusils », a-t-elle expliqué. « Je suis passée à côté d’eux et soudain, l’un d’eux m’a attrapée par les bras et l’autre a déchiré mes vêtements. Ils m’ont traînée jusque dans les grandes herbes et l’un deux m’a tenu les bras pendant que l’autre me bloquait les jambes et me violait. Le soldat qui me tenait les bras a essayé de me bâillonner mais j’ai quand même réussi à crier. C’est pour cela qu’ils se sont enfuis avant que le second soldat ait pu me violer. »

 

Dans tous les cas d’exploitation et d’abus sexuels documentés par Human Rights Watch, les survivantes vivaient dans des camps de personnes déplacées internes à Bambari lorsque les exactions ont eu lieu. Plusieurs d’entre elles ont déclaré à Human Rights Watch avoir eu des rapports sexuels avec des Casques bleus en échange de nourriture ou d’argent, étant donné que le conflit qui perdure en République centrafricaine les a laissées dans une situation désespérée.

 

La politique de l’ONU régissant le comportement des Casques bleus interdit toute relation sexuelle avec des membres de la communauté locale. Human Rights Watch a rendu compte de ces cas à des représentants de l’ONU à Bambari et à Bangui quelques jours après avoir recueilli ces informations. L’équipe dirigeante de la MINUSCA, qui s’est engagée à empêcher et lutter activement contre l’exploitation et les abus sexuels, a immédiatement pris des mesures suite aux allégations, et des hauts fonctionnaires de l’ONU ont ouvert des enquêtes. Human Rights Watch a appris par la suite qu’un cas avait déjà été signalé à l’ONU et qu’une enquête avait été ouverte.

 

En vertu de l’accord signé entre l’ONU et les pays qui fournissent des contingents aux missions de maintien de la paix, c’est au pays qui fournit les troupes d’engager des poursuites judiciaires contre les soldats qui commettent des actes d’exploitation et d’abus sexuels. L’ONU peut renvoyer des contingents dans leur pays d’origine et leur interdire de participer à de futures missions onusiennes, mais elle n’est dotée d’aucune capacité indépendante pour les poursuivre en justice. Un rapport publié en 2015 par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) de l’ONU évaluant l’application par l’ONU de son règlement relatif à l’exploitation et aux abus sexuels a constaté que les pays fournissant des contingents ne communiquaient guère d’informations au sujet des procédures disciplinaires engagées dans les pays dont ces contingents étaient originaires.

 

Ce rapport indiquait également que l’ONU et les pays qui fournissent des contingents s’abstenaient de tenir les commandants pour responsables des actes d’exploitation et d’abus sexuels perpétrés par leurs contingents. Un examen indépendant consacré ultérieurement à l’exploitation et aux abus sexuels commis par les Casques bleus en République centrafricaine, publié en décembre 2015, recommandait que de nouveaux accords soient négociés avec les pays qui fournissent des contingents afin d’assurer des poursuites en justice, une transparence et une coopération aux processus de responsabilité.

 

L’ONU devrait s’assurer que les Casques bleus fassent l’objet de contrôles avant d’être déployés et qu’ils soient formés à la politique de zéro tolérance de l’ONU à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels, a précisé Human Rights Watch. Les États membres de l’ONU devraient par ailleurs veiller à ce que les équipes Conduite et discipline de la MINUSCA et celles du BSCI, en sous-effectifs, reçoivent les ressources nécessaires pour répondre aux cas d’exploitation et d’abus sexuels et d’autres crimes commis par le personnel de l’ONU. Human Rights Watch a exhorté la MINUSCA à s’assurer que sa réponse à l’exploitation et aux abus sexuels commis par les Casques bleus accorde un degré de priorité élevé à la sécurité et au bien-être des survivantes.

 

Il devrait notamment s’agir de veiller à maintenir la confidentialité afin de réduire le risque de stigmatisation, à minimiser la répétition du traumatisme imputable aux multiples entretiens et à permettre un accès rapide aux soins médicaux et psychosociaux. En juin 2014, Human Rights Watch a publié des informations sur les disparitions forcées de 11 à 18 personnes commises par des Casques bleus originaires de la République du Congo à Boali, ainsi que sur la mort sous la torture de deux autres personnes à Bossangoa.

 

À l’époque, les Casques bleus congolais étaient placés sous les ordres de la mission de l’Union africaine (UA) en République centrafricaine, la MISCA. Les contingents impliqués ont fini par être retirés, mais Human Rights Watch n’a pas connaissance d’enquêtes ou de poursuites en justice qu’auraient menées des autorités judiciaires en République du Congo en rapport avec ces crimes graves. L’ONU et les pays qui fournissent des contingents devraient prendre de toute urgence des mesures pour mettre fin à tout incident actuel d’exploitation et d’abus sexuels commis par les Casques bleus en République centrafricaine, et mettre en œuvre des dispositifs efficaces pour enquêter sur ces crimes, traduire en justice les responsables et fournir des services et un soutien aux victimes, a souligné Human Rights Watch.

 

« Il ne faudrait pas se contenter de renvoyer chez eux, sans engagement à l’égard de la justice, les Casques bleus qui violent, qui exploitent ou qui tuent », a déclaré Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « L’ONU devrait tirer parti de toute l’influence qu’elle exerce sur les pays qui fournissent des contingents afin de s’assurer que ceux qui soumettent des victimes à des abus et ternissent l’image de l’ONU ainsi que sa mission doivent répondre de leurs crimes devant les tribunaux. »

 

Pour lire des informations détaillées sur les abus documentés par Human Rights Watch, veuillez voir ci-après.

 

Pour consulter d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch au sujet de la République centrafricaine, veuillez suivre le lien :

 

https://www.hrw.org/fr/africa/central-african-republic

 

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :

 

À Londres, Hillary Margolis (anglais, français) : +1-917-385-4107 ou +44-7733-486-524 ; ou margolh@hrw.org.

 

Twitter : @hillarymargo À Nairobi, Lewis Mudge (anglais, français) : +254-700-657-569 (portable) ; ou +1-646-637- 3801 ; ou mudgel@hrw.org. Twitter : @LewisMudge

 

À Londres, Anneke Van Woudenberg (anglais, français) : +44-207-618-4786 ; ou +44-771-166- 4960 ; ou woudena@hrw.org. Twitter : @woudena

 

À New York, Philippe Bolopion (anglais, français) : +1-212-216-1276 ; ou +1-917-734-3201 (portable) ; ou bolopion@hrw.org. Twitter : @Bolopion

 

À New York, Sarah Taylor (anglais) : +1-212-216-1283 ; ou +1-917-257-8655 ; ou taylors@hrw.org. Twitter : @sarahwps

 

Informations détaillées sur les abus et témoignages de victimes Exploitation et abus sexuels commis par des Casques bleus à Bambari

 

Human Rights Watch a présenté des informations sur les cas suivants d’exploitation et d’abus sexuels commis par des Casques bleus de l’ONU fin 2015. Parmi ces actes figurent deux cas de viols collectifs, y compris d’un enfant ; quatre cas de viols, dont deux d’enfants ; et quatre cas d’échange d’actes sexuels contre de la nourriture ou de l’argent, dont un impliquait un enfant.

 

Deux des victimes de viol ont déclaré avoir aussi pris part à des rapports sexuels transactionnels, qui entrent dans la définition de l’exploitation sexuelle formulée par l’ONU. 1 er cas : Une jeune fille de 14 ans a déclaré que deux Casques bleus l’avaient attaquée en novembre alors qu’elle rentrait chez elle depuis la base de la MINUSCA située dans l’aérodrome.

 

Ces Casques bleus auraient été membres du contingent originaire de la République du Congo qui gardait l’aéroport. Elle a expliqué à Human Rights Watch : Les hommes portaient leur tenue militaire et ils avaient leurs fusils. Je suis passée à côté d’eux et soudain, l’un d’eux m’a attrapée par les bras et l’autre a déchiré mes vêtements. Ils m’ont traînée jusque dans les grandes herbes et l’un deux m’a tenu les bras pendant que l’autre me bloquait les jambes et me violait. Le militaire qui me tenait les bras a essayé de me bâillonner mais j’ai quand même réussi à crier. C’est pour cela qu’ils se sont enfuis avant que le second militaire ait pu me violer.

 

2 ème cas : Une femme de 30 ans a déclaré qu’en novembre, un Casque bleu l’avait violée à Bambari alors qu’elle coupait du bois dans la brousse jouxtant l’aérodrome : J’ai levé la tête et j’ai vu quelqu’un. Il était en uniforme, avec un fusil… Il m’a prise de force et m’a dit : « Nous allons avoir un rapport sexuel comme un homme avec sa femme. » J’ai eu peur et j’ai essayé de résister et il m’a donné un coup de poing au visage. Je suis tombée par terre derrière lui. Il a pris mes habits et a eu des relations sexuelles forcées avec moi… Depuis, j’ai peur d’aller dans cette partie du camp [de personnes déplacées]. Sur un plan émotif, j’y pense beaucoup. Nous avons fui pour venir ici [dans le camp de personnes déplacées]. Nous avons tout perdu.

 

3 ème cas : Une femme de 18 ans a déclaré que, fin 2015, des Casques bleus armés l’avaient emmenée de force dans la brousse où ils lui avaient fait subir un viol collectif alors qu’elle se rendait à la base des contingents de la République du Congo jouxtant l’aérodrome pour y chercher de la nourriture ou de l’argent. Elle a déclaré : « Quand une femme refuse [d’avoir un rapport sexuel avec] des militaires, ils disent que leur chef va arriver. Parfois, ils viennent en groupe et la violent. »

 

Quelques mois avant d’être violée, cette femme avait également eu des rapports sexuels avec des Casques bleus stationnés à l’aérodrome en échange de nourriture. Elle a indiqué : Avant, quand on y allait, il fallait avoir un rapport sexuel avant qu’on nous donne des choses… Ils nous demandaient d’aller dans la brousse et, une fois là-bas, ils nous demandaient de coucher avec eux… C’était toujours après le rapport sexuel qu’ils nous donnaient des choses.

 

4 ème cas : Une jeune fille âgée de 14 ans a déclaré que, fin décembre, elle marchait près de la base de la MINUSCA installée dans une ancienne usine de coton lorsqu’un Casque bleu originaire de la République démocratique du Congo l’a attaquée : J’étais sur un chemin de brousse, je venais de passer à côté de gardes de la MINUSCA lorsqu’un militaire m’a sauté dessus. Il était en uniforme comme les autres militaires de la [République démocratique du] Congo. Il avait son fusil avec lui. Il m’a giflée et obligée à continuer de marcher sur ce chemin… Nous avons marché pendant un moment, puis il m’a arraché mes habits et s’en est servi pour m’attacher les mains derrière le dos. Il m’a jetée par terre, a mis son fusil de côté et a grimpé sur moi pour me violer. Quand il avait terminé, il est parti, comme ça. J’ai dû me rhabiller et je suis rentrée chez moi… Cet homme devrait rendre compte de ses actes devant la justice.

 

5 ème cas : Une femme de 29 ans a déclaré qu’un militaire de la République démocratique du Congo l’avait violée en octobre 2015 : C’était un soir, je faisais ma toilette dans ma case. On a frappé à la porte et j’ai répondu que j’étais occupée. Mais un homme a dit : « Non, ouvre la porte… Je suis venu te voir. » Je l’ai ignoré, et je pensais quelques minutes plus tard qu’il était parti. Mais alors que je terminais ma toilette, il est entré. C’était un militaire de la MINUSCA, qui portait un casque bleu. Je lui ai demandé : « Que faites-vous ici ? » et l’ai prié de partir. Mais il m’a contrainte à avoir un rapport sexuel avec lui et, comme il était plus fort, je n’ai pas eu le choix. Cette femme avait également eu des rapports sexuels avec des Casques bleus de la MINUSCA en échange de nourriture et d’argent quelques mois plus tôt. Elle a précisé : Les conditions de vie dans le camp [de personnes déplacées] étaient précaires. Je ne savais pas quoi faire, alors j’ai commencé à avoir des rapports sexuels avec des membres des forces internationales. En échange, ils me donnaient du poisson, du poulet, de la confiture et du pain. Parfois, ils me donnaient entre 1 000 et 2 000 CFA (soit environ entre 1,60 et 3,30 dollars US)… Avant [le conflit], les choses n’étaient pas comme cela… J’ai dû prendre des décisions parce que la vie était si difficile, et j’ai donc choisi d’entamer ce genre de relations pour survivre.

 

6 ème cas : Une jeune fille de 16 ans a déclaré qu’un Casque bleu originaire de la République du Congo qui était stationné à l’aérodrome lui avait donné de la nourriture et de l’argent en échange de rapports sexuels d’octobre à décembre 2015. Elle a expliqué que des militaires avaient été les instigateurs de relations sexuelles avec elle lorsqu’elle-même et une amie s’étaient rendues à la base pour y vendre de l’alcool : « Je l’ai rencontré quand il était de garde à l’aéroport. C’est là que nous avons eu un rapport sexuel. Après cela, il venait dans ma case. » Elle a précisé que le Casque bleu lui donnait de la nourriture ou 1 000 CFA (environ 1,60 dollar US). Elle a ajouté que lorsque le conflit avait éclaté à Bambari, elle n’avait pas eu d’autre choix que d’aller s’installer près de l’aérodrome pour assurer sa sécurité et celle d’un parent handicapé. Une fois installée près de l’aérodrome, n’ayant pas les moyens de subvenir à leurs besoins, elle s’était dit que la seule chose à faire était d’échanger des rapports sexuels contre de la nourriture et de l’argent.

 

7 ème cas : Une femme de 18 ans a déclaré qu’en novembre, elle avait échangé des relations sexuelles contre de la nourriture et de l’argent avec des militaires dont on présume qu’ils étaient originaires de la République du Congo, et qui étaient stationnés à l’aérodrome. Ses amies, qui vendaient déjà leur corps en échange de produits de première nécessité, et un membre de sa famille l’ont encouragée à aborder le contingent car sa famille avait « des problèmes de nourriture et d’argent ». Elle a expliqué que ses amies lui avaient dit : « Au lieu de rester dans cette situation, tu devrais aller avec les Congolais, ils te donneront de l’argent pour nourrir ta famille. » Elle a affirmé : « Je me suis mis dans l’idée d’y aller. Je savais déjà qu’ils demandaient des rapports sexuels. J’ai dit à mes amies : ‘Bon. Mon père est mort, ma mère est morte. Je ne peux pas mourir moi aussi.’ J’ai suivi mes amies, et les choses qu’elles faisaient, je les ai faites. »

 

8 ème cas : Human Rights Watch a reçu des informations crédibles de sources multiples, y compris d’un parent d’une survivante, concernant le viol à la mi-novembre d’une jeune fille de 13 ans par deux Casques bleus de la MINUSCA près de l’aérodrome de Bambari. La fille a eu un rapport sexuel avec un Casque bleu en échange de nourriture, après quoi deux autres Casques bleus sont apparus et l’ont violée. Mesures prises par l’ONU pour lutter contre l’exploitation et les abus sexuels (EAS) Les actes que sont le viol, les rapports sexuels en échange d’argent, de marchandises ou de services et les rapports sexuels avec une personne de moins de 18 ans commis par des militaires de l’ONU, des membres de la police ou des civils sont considérés comme des actes d’exploitation et d’abus sexuels et sont interdits par l’ONU. L’ONU déclare appliquer une politique de zéro tolérance à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels.

 

En 2005, l’ONU a créé une unité « Déontologie et discipline » chargée de surveiller ce genre de problématiques au sein des missions de maintien de la paix. Le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) enquête, soumet des rapports et recommande des mesures concernant les abus qu’auraient perpétrés les Casques bleus de l’ONU. Mais la République centrafricaine ne compte qu’un seul BSCI temporaire chargé d’enquêter sur une multitude d’allégations. Les pays qui fournissent des contingents aux missions de maintien de la paix signent un protocole d’accord avec l’ONU qui énumère leurs obligations en matière de conduite et de discipline de leurs Casques bleus.

 

Tous les personnels de l’ONU doivent obligatoirement suivre une formation sur la question de l’exploitation et des abus sexuels dès leur arrivée au sein d’une mission. Les pays sont également tenus de dispenser, avant le déploiement des contingents, une formation sur la problématique de l’exploitation et des abus sexuels s’appuyant sur les directives de l’ONU. Si un Casque bleu est accusé d’exploitation ou d’abus sexuels, c’est à son pays d’origine qu’il revient en premier de mener une enquête. Sous réserve d’un accord, l’ONU et les pays qui fournissent les contingents peuvent mener des enquêtes conjointes.

 

Si le pays qui a fourni le contingent n’a pas donné de réponse dans les dix jours suivant la réception de l’information sur l’allégation, l’ONU peut ouvrir une enquête de son propre chef. Si une allégation est justifiée, des mesures disciplinaires—dont une poursuite en justice—sont déterminées par le pays d’origine du militaire. Les seules mesures que l’ONU puisse prendre directement se limitent à rapatrier les Casques bleus accusés et à leur interdire de participer à toute autre mission de maintien de la paix. Les pays qui fournissent des contingents doivent rendre compte à l’ONU du résultat des enquêtes, de toute mesure disciplinaire qui a été prise ou de toute condamnation qui a été imposée.

 

Si cette exigence n’est pas remplie, l’ONU doit assurer un suivi du dossier en adressant de nouvelles demandes d’informations à intervalles réguliers. L’ONU a récemment annoncé que les pays qui fournissent des contingents auraient désormais six mois pour conclure des enquêtes ou engager des poursuites.

 

Autres actes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des Casques bleus en République centrafricaine

 

En mai 2015, un rapport de l’ONU datant de 2014 a fait l’objet d’une fuite, détaillant des abus sexuels commis par des militaires français sur des garçons, dont certains n’avaient que 9 ans.

 

En août 2015, Amnesty International a allégué qu’un Casque bleu de la MINUSCA avait violé une fille de 12 ans à Bangui. Suite à plusieurs allégations d’exploitation et d’abus sexuels, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé la démission de Babacar Gaye, alors chef de la MINUSCA, et rappelé la politique de zéro tolérance de l’ONU. Quelques jours plus tard, toujours en août, la MINUSCA a rendu publiques des allégations selon lesquelles des Casques bleus auraient violé trois femmes à Bambari, où étaient stationnés des contingents originaires de la République démocratique du Congo.

 

Le rapatriement de l’ensemble des Casques bleus de la MINUSCA originaires de la République démocratique du Congo est prévu pour février 2016 – ils ont échoué lors d’un examen interne de l’ONU qui visait à évaluer la qualité des équipements, les procédures de contrôle de sécurité des militaires et leur niveau de préparation. Début janvier 2016, la MINUSCA a annoncé qu’elle enquêtait sur des cas d’exploitation et d’abus sexuels découverts récemment dans le camp de personnes déplacées de M’poko, à Bangui, la capitale centrafricaine.

 

Parmi ces abus, qu’auraient commis des Casques bleus, figurent des attaques visant des enfants. Le 29 janvier, le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a confirmé que des cas supplémentaires d’exploitation et d’abus sexuels visant des enfants avaient été découverts. Ces attaques, dont la plupart ont eu lieu en 2014, auraient été perpétrées par des membres des forces françaises de l’opération Sangaris et des forces géorgiennes de la mission EUFOR.

 

Le 29 janvier, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général adjoint Anthony Banbury a déclaré qu’en 2015, les allégations confirmées d’exploitation et d’abus sexuels se rapportant à des Casques bleus de l’ONU en République centrafricaine étaient au nombre de 22, sur les 69 cas confirmés à l’échelle de toutes les missions onusiennes. Banbury a précisé que le secrétaire général publierait en 2016 un rapport énumérant ces allégations.

 

Ce rapport indiquera les pays d’origine des contingents mis en cause, fournira des détails sur le statut des enquêtes et comprendra des mises à jour régulières. Autres abus commis par des Casques bleus originaires de la République du Congo Human Rights Watch a signalé d’autres crimes graves perpétrés par des Casques bleus originaires de la République du Congo lorsqu’ils étaient sous les ordres de la MISCA, la force de maintien de la paix de l’Union africaine.

 

Citons notamment la disparition forcée de 11 à 18 personnes à Boali le 24 mars 2014 et la mort sous la torture de deux prisonniers anti-balaka à Bossangoa le 22 décembre 2013. Le 22 décembre 2014, la Commission d’enquête internationale sur la République centrafricaine a publié son rapport en fournissant des informations détaillées sur sa propre enquête consacrée à la disparition des personnes à Boali qui avaient été détenues par des contingents de la MISCA originaires de la République du Congo. La Commission a conclu qu’elle estimait que l’affaire correspondait à la définition de disparitions forcées. La Commission a également signalé que les deux hommes issus de la milice locale anti-balaka, instaurée pour lutter contre la Séléka, à majorité musulmane, étaient morts dans des circonstances suspectes.

 

Le 5 juin 2015, le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a publié un rapport dans lequel il concluait que des contingents de la MISCA originaires de la République du Congo avaient commis des actes de disparitions forcées, de torture et de meurtres extrajudiciaires à Boali. Lors d’un autre incident, signalé pour la première fois par l’ONU le 10 juin 2015, après le transfert depuis la mission de l’UA vers la mission de l’ONU de contingents originaires de la République du Congo, au moins une personne a été tuée à l’extérieur de Berbérati, dans le sud-ouest du pays, suite à un recours à la force excessif de la part de contingents originaires de la République du Congo. Un groupe de militaires de la République du Congo a été renvoyé dans son pays après cet événement, mais l’ONU n’a pas précisé si les enquêtes nationales sur cet incident avaient progressé ou été conclues.

République centrafricaine : Des viols commis par des Casques bleus (HRW)
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 20:35
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Les étudiants centrafricains maintiennent leur mouvement de grève

 

http://rjdh.org/ PAR NERVA NGANG NDOUNGA LE 4 FÉVRIER 2016

 

Les étudiants de l’Université de Bangui continuent de manifester  pour réclamer le versement de leurs bourses de l’année académique 2014-2015 et l’affichage de la liste additive des boursiers de la même année. Ils ont à cet effet érigé des barricades sur l’avenue des martyrs, empêchant ainsi la circulation sur cette voie.

 

Norbert Pounaba président de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA), a indiqué que le mot d’ordre de grève restera jusqu’à l’obtention de solution « depuis hier que nous menions des démarches nous n’avons eu aucune proposition concrète de la part des autorités de transition. Nous allons rester là jusqu’à ce qu’on nous dise quelque chose de concret », promet ce dernier.

 

Pour lui, il n’y a aucune manipulation « je tiens à rappeler que les étudiants centrafricains ne sont pas manipulés comme beaucoup le disent déjà. C’est une question de logique, ces derniers réclament seulement leur droit » a précisé Norbert Pounaba.

 

Edmond Yaouili, Directeur de Suivi-Evaluation et de la Documentation à la Direction Générale des Bourses et des Stages, a confié que le blocage au sujet de l’affichage de cette liste additive ne se situe pas à leur niveau « nous avons rassemblé tous les éléments qu’il faut, et on a monté une proposition d’arrêté ministériel qui est soumise à la signature du ministre en charge de l’enseignement et son collègue des finances. Ce document est parvenu au niveau des finances malheureusement en date du 24 décembre 2015, on a reçu une correspondance avec pour objet rejet. Motif, on nous dit c’est pour dépassement. Pour la direction du contrôle, on a dépassé les 600 000 000 CFA accordés aux étudiants centrafricains » a-t-il expliqué.

 

Ce mouvement de protestation a perturbé le  déroulement des cours sur le campus universitaire durant ces deux derniers jours.  La circulation est aussi perturbée sur l’avenue des Martyrs

 

 

Une présumée sorcière retrouvée morte dans les locaux de la gendarmerie de Kaga-Bandoro occupés par les Séléka

 

http://rjdh.org/ PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 4 FÉVRIER 2016

 

Une femme âgée d’environ 60 ans a été retrouvée morte dans l’enceinte de la Gendarmerie de la localité, lieu de détention des ex-séléka. L’acte s’est produit dans la nuit du 02 au 03  février 2016 au moment.

 

Selon les informations du RJDH, la dame est  incarcérée dans ces locaux suite à des accusations de sorcellerie. Le corps de la victime a été transféré à l’hôpital préfectoral de Kaga-Bandoro dans la mi-journée du mercredi 03 février 2016.

 

Cette dame, selon les témoins, est en détention depuis deux semaines à la gendarmerie, base des ex-séléka. Les éléments de l’ex-Séléka occupant les locaux de la gendarmerie sont mis en cause mais il n’a pas été possible d’avoir leur réaction.

 

De sources hospitalières, les clavicules de la victime sont cassées. Son corps porte plusieurs blessures, selon les mêmes sources.

 

Plusieurs présumés sorciers sont tués dans la ville de Kaga-Bandoro. Mais c’esy la première fois qu’une présumée est retrouvée morte au niveau de la base des ex-Séléka de la ville

 

 

OCHA Kaga-Bandoro assiste les déplacés de l’évêché et déplore la disparition de six enfants

 

http://rjdh.org/  PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 4 FÉVRIER 2016

 

Les déplacés de l’évêché de Kaga-Bandoro, ont reçu de OCHA une assistance ce mercredi 03 Février 2016. Mais la représentation de cette organisation a déploré la disparition de six enfants après l’incendie qui a ravagé le site des déplacés de l’évêché de Kaga-Bandoro.

 

Ces déplacés ont eu des tentes communautaires et des couvertures tandis que les citernes d’eaux et les latrines  ont été réparées.  Il s’agit, selon Lucien Firmin,  chef de bureau OCHA de Kaga Bandoro, d’une aide d’urgence pour soulager les déplacés après l’incendie du 02 février dernier.

 

Le chef de bureau OCHA de Kaga Bandoro a déploré la disparition des enfants « six (06) enfants ont disparu au moment  où   l’incendie s’est déclenché. Ils ne sont pas encore retrouvés aujourd’hui. C’est une situation qui nous préoccupe», a –t-il  regretté.

 

Le délégué des ces déplacés internes se félicite de cette assistance « nous remercions  OCHA d’avoir volé à notre secours pendant ces moments difficiles », a-t-il fait savoir.

 

Rappelons que le site de l’évêché de Kaga-Bandoro a fait l’objet de plusieurs incendies. Le dernier est celui du mardi 02 février 2016 faisant une dizaine de blessés et de centaine de tentes brulées.

 

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 19:56

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

CP/SPK#005/2016

 

DE NOUVELLES ACCUSATIONS D’ABUS SEXUELS PORTEES CONTRE LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA

 

Bambari, le 4 février 2016 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a identifié sept nouvelles présumées victimes d’exploitation et d’abus sexuels à Bambari. Ces cas ont été portés à l'attention de la Mission le 21 janvier 2016 par une équipe de chercheurs de Human Rights Watch. L’équipe a communiqué cette information à la MINUSCA afin que des soins médicaux et psycho-sociaux soient prodigués aux victimes et afin que la Mission endosse toute sa responsabilité pour ces présumés crimes.

 

Dès qu’elle a pris connaissance de ces allégations, la MINUSCA a dépêché à Bambari un expert du Bureau des services de contrôle interne des Nations Unies (BSCI) pour une mission d’information. L’évaluation initiale du BSCI a fourni des preuves suffisantes qui confirment que cinq des victimes étaient mineures et avaient été victimes d'abus sexuels. Une adulte a été victime d'exploitation sexuelle. Le bureau n’a pas pu interviewer la septième présumée victime, qui serait également mineure. Enfin, une des allégations portée à la connaissance de la MINUSCA par Human Rights Watch est actuellement à l’étude.

 

Les soldats impliqués proviennent de la République du Congo et de la République démocratique du Congo. Leurs gouvernements respectifs ont été informés de ces allégations et ont été invités à mener des enquêtes. Les autorités centrafricaines ont également été informées.

 

En raison de la gravité de ces allégations et compte tenu des informations recueillies par la mission d’enquête préliminaire, les Nations Unies ont décidé de prendre des mesures immédiates, y compris le rapatriement des 120 soldats congolais qui ont été déployés à Bambari du 17 septembre au 14 décembre 2015. Ce rapatriement sera effectif après la conclusion de l’enquête. Dans l’attente, les soldats seront confinés dans leurs casernes.

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, s’est rendu aujourd’hui à Bambari avec une délégation de haut niveau. Il a exprimé son sentiment d’indignation et de honte, rappelant aux soldats que «l’exploitation et l’abus sexuel constituent une atteinte grave aux règles des Nations Unies et une violation des droits de l’Homme; un double crime qui affecte les femmes et les enfants vulnérables que vous ont êtes ici pour protéger ». Il a également abordé les cas d’exploitation et d'abus sexuels avec les communautés touchées et a recommandé en urgence des mesures supplémentaires d’atténuation.

 

Face au bataillon de la RDC qui est dans ses dernières semaines avant son rapatriement, le Commandant de la Force de la MINUSCA, Général Balla Keita, a exhorté les soldats à «s’honorer eux-mêmes ainsi que leur pays et le drapeau de l'ONU en observant les normes les plus élevées de conduite et de la dignité ».

 

S’adressant à la presse à la fin de la visite, le Représentant spécial a déclaré que la MINUSCA est «en position de combat ». Il a ajouté «qu’il ne trouvera le repos que lorsque ces actes odieux seront révélés, les auteurs punis, et que ces cas cessent ».

 

Il a enfin remercié tous les partenaires pour le rôle important qu’ils jouent en dénonçant ses allégations et en apportant des soins aux victimes. «Nous ne pourrons jamais gagner ce combat, sauf si nous travaillons ensemble » a-t-il ajouté.

 

DE NOUVELLES ACCUSATIONS D’ABUS SEXUELS PORTEES CONTRE LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA
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Centrafrique-Presse.com
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 13:40

 

 

 

http://www.lequotidien.sn/ 04 Février 2016

 

Des policiers et militaires issus du Sénégal, de la République démocratique du Congo, du Maroc, du Niger et Bangladesh auraient violé des mineurs en Centrafrique, dans le cadre de la Minurca. Mais à en croire Oumar Mal, Directeur général de la Police nationale, les policiers sénégalais ne sont pas impliqués dans ce scandale. Le Dgpn, qui n’a pas précisé si le reste du contingent sénégalais est mêlé à cette affaire, soutient bec et ongles : «Aucun policier sénégalais n’est impliqué dans cette histoire.»

 

«Aucun policier sénégalais, je dis bien aucun policier sénégalais à l’heure où je vous parle, engagé dans le cadre de la Minurca, n’est impliqué dans une affaire sexuelle. Je le répète et je le maintiens. (…) Je ne veux pas dire que cela existe au niveau du contingent sénégalais dans son ensemble, mais au niveau du sous-continent sénégalais en Centrafrique, on ne pourra pas pointer du doigt un seul policier sur le théâtre des opérations», a informé le Direc­teur général de la Police nationale, Oumar Mal. Soutenant que les policiers sont des personnes comme tout le monde et qu’ils peuvent se retrouver dans de pareilles situations, le Directeur général de la police précise qu’il a reçu l’information «de sources sûres». 

 

Interpellé sur les 2 jihadistes arrêtés à Dakar, Oumar Mal renseigne que c’est la recherche de renseignements qui a conduit à leur arrestation. Ces déclarations ont été faites en marge de la cérémonie marquant la sortie de la 42ème promotion de la Police nationale et de la 30ème promotion de l’Administration pénitentiaire à l’école de police. Ainsi ils sont 20 commissaires, 10 élèves officiers, 114 élèves sous-officiers et 700 élèves agents de police à rejoindre les rangs de la Police nationale. Ces policiers ont partagé la formation avec la 30ème promotion de l’Administration pénitentiaire qui est composée de 5 élèves inspecteurs, 6 élèves contrôleurs, 40 élèves agents administratifs et 135 élèves surveillants de prison. 

 

Le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle, Ous­mane Guèye, directeur de l’Ecole nationale de la police et de la formation permanente, dira à l’attention des récipiendaires : «Votre engagement exige de vous de demeurer des hommes et des femmes de morale, imbus des vertus cardinales qui caractérisent notre Peuple que sont l’honneur, la dignité et le jom.» 

 

Il a, en outre, rappelé les exigences du métier. «Il exige également de vous un don de soi et un sens élevé du pouvoir au service de votre pays», a déclaré Ousmane Guèye qui a demandé d’observer une minute de silence pour la mémoire du commissaire de police divisionnaire, Alioune Mamadou Diène, qui, en sa qualité de chef de la division de la formation, a eu à conduire l’incorporation de l’ensemble des élèves de la présente promotion.

Lu pour vous : Soupçons de viols sur mineurs en Centrafrique : Mal lave bien sa police
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Centrafrique-Presse.com
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 12:33
Abdallah Kadre Assane limogé : les en-dessous

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org/  mardi 2 février 2016 12:31

 

Abdallah Kadre Assane, ne fait plus partie du gouvernement de transition que dirige le Premier ministre Mahamat Kamoun. Il a été limogé de son poste de ministre des Finances et du Budget par le chef du gouvernement et le chef de l’État de Transition, Catherine Samba-Panza. 


Le décret de son limogeage a été lu à la radio nationale. Jusqu'à lundi matin, Abdallah Kadre Assane était encore au gouvernement de Kamoun 3. Depuis le régime l'ancien président François Bozize, il a changé plusieurs fois de portefeuille ministériel. D'abord, ministre du Plan et de la coopération internationale, il est passé par le département des Postes et télécommunications pour chuter au ministère des Finances et du Budget. 


Après son limogeage, les interrogations se multiplient. Nombreux sont ceux qui veulent savoir ce qui a motivé cette décision à seulement deux mois de la fin de la transition. Selon les indiscrétions qui fusent depuis ces derniers temps, le ton n'est pas au beau fixe entre Abdallah Kadre Assane et le Premier ministre Mahamat Kamoun qui ne voulait même plus le voir. Les mêmes indiscrétions font état des cas de détournements qui pourraient être l'une des raisons du limogeage de l'ex-patron du département des Finances. 


Abdallah Kadre Assane est le seul ministre des Finances qui depuis 1960 à ce jour, a apporté de profondes réformes comme la bancarisation qui a mis fin aux fonctions des « billeteurs » qui appauvrissaient les fonctionnaires et agents de l’état au plus bas salaire mensuel. L'ancien membre du gouvernement est ressortissant de l’Ecole Nationale de l’économie Appliqué (ENA) de Dakar au Sénégal. Il a poursuivi ses études supérieures au centre de formation des sciences économiques à Libourne en France. 

Le gouvernement nomme un nouveau ministre des Finances


Le ministre délégué aux Finances et au Budget, Célestin Yanindji, est nommé depuis hier lundi après-midi ministre en charge des Finances et du Budget de la République Centrafricaine. Il remplace à ce poste Abdallah Kadre Assane. L'information a été donnée sur les ondes de la radio nationale.

 
Célestin Yanindji est autorisé à prendre les rênes du ministère des Finances et du Budget aux termes d'un décret pris conjointement par le Premier ministre Mahamat Kamoun et le Chef d’État de Transition, Catherine Samba Panza le 1er février 2016. 

Le nouveau ministre des Finances et du Budget était entré au gouvernement Kamoun 2 en janvier 2015. Son accès dans le cercle fait suite à l'instruction de Mme Samba Panza de procéder à un réaménagement technique de l'équipe. Mr Yanindji était alors, ministre délégué aux Finances et au Budget.

 

 

NDLR : Les derniers jours de cette calamiteuse transition tournent au vinaigre. Ce brutal limogeage du sulfureux personnage d'Abdallah Kadre en est une preuve. Déjà en bozizie, il avait trempé avec Aurélien Zingas dans la disparition de la somme de 20 millions de F CFA due par le trésor à la société REGICA de Cyriaque Dussey. A l'entrée de Séléka dans Bangui, Abdallah Kadre s'est opportunément retrouvé avec des hommes armés au domicile du même Cyriaque Dussey pour tenter de s'emparer des véhicules de ce dernier. C'est grâce à l'intervention de Moussa Mohamed Dhaffane et ses hommes que les braqueurs ont été mis en fuite. Abdallah Kadre est le demi-frère du PM Mahamat Kamoun mais il est accusé de trahison et il lui est aussi reproché des cas de détournement et de mauvaise distribution des dons de matériel (motocyclettes et bicyclettes et autres ordinateurs et téléviseurs) effectué par certaines ambassades et organismes internationaux au gouvernement centrafricain. Même si ce n'est pas lui qui a mis le feu au ministère du budget, d'aucuns n'hésitent pas à faire le lien entre le limogeage de Kadre et l'incendie de ce ministère de la semaine dernière qui a vu disparaître certains documents importants. 

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