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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 14:07

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

23/01/2019 RCA: «Ne pas aller au dialogue à Khartoum, c'est se mettre au ban de l'histoire»

 

Par Charlotte Cosset RFI

 

Le dialogue national entre le gouvernement centrafricain et les quatorze groupes armés doit s’ouvrir le 24 janvier à Khartoum au Soudan. Un dialogue national mis en œuvre par l’initiative de l’Union africaine sur les bases des conclusions du Forum de Bangui. Au préalable, un long processus a été nécessaire notamment la collecte et l’harmonisation des revendications de ces groupes armés. Des revendications qui seront donc au cœur des débats à Khartoum. Les délégations sont parties hier de Centrafrique. A l’aéroport de Bangui, Charlotte Cosset a pu interroger Parfait Onanga-Anyanga le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, quelques minutes avant qu’il ne monte dans l’avion.

 

Quelles sont vos attentes pour l’ouverture de ce dialogue très attendu à Khartoum ?

 

Parfait Onanga Anyanga : Dialogue attendu, dialogue historique certainement. Il est légitime que nous en attendions beaucoup. Nous attendons que tous les acteurs y aillent dans un esprit de compromis, qu’il en sorte de ces consultations historiques un répit pour la population centrafricaine qui n’a que trop souffert, un espoir de paix, d’une paix durable qui puisse permettre aux Centrafricains de se mobiliser autour des questions qui sont les plus importantes pour toutes les nations : le développement et la transformation de leur société. Bien sûr, nous ne sommes pas naïfs. La voie vers la paix n’est jamais une voie facile, c’est une voie ardue. Mais je crois qu’il y a dans l’histoire des peuples des moments qui sont propices. Et nous voulons croire que celui-ci est l’un d’entre eux, de pouvoir nous retrouver autour du gouvernement centrafricain légitime, avec l’appui de toute la communauté internationale, l’Union africaine, les Nations unies, mais aussi tous les grands partenaires : l’Union européenne, les bilatéraux (la France, les Etats-Unis), de pouvoir nous retrouver avec tous les protagonistes, c’est-à-dire les groupes armés. Un moment comme celui-ci donne des raisons légitimes d’espérer que l’aube de la paix se dessine peut-être pour la Centrafrique.

 

On dit que certains chefs de groupes armés ne seront pas présents. Comment ouvrir un grand dialogue si ceux-ci ne sont pas là ?

 

Je n’en ai pas la confirmation à ce jour. Toutes les indications laissent plutôt à penser que chacun est prêt à saisir l’opportunité de ces pourparlers pour que précisément, ici, la chaise vide ne soit pas une manière dilatoire de faire durer cet état de fait qui est simplement inacceptable. Donc s’il y en a qui pourrait encore hésiter, ce dont je doute, je crois qu’il faudrait que ceux-là comprennent que ne pas aller à Khartoum, c’est se mettre au ban de l’histoire et donc s’interdire l’opportunité de pouvoir faire quelque chose de bien pour son pays pour une fois, faire quelque chose de bien pour la Centrafrique, c’est-à-dire lui donner toutes les chances d’aller vers une paix qui mette fin justement à l’horreur et à la violence armée.

 

Qu’attend-on concrètement de ce rendez-vous ?

 

Concrètement, c’est un premier pas vers la paix. Concrètement, si vous me reposez la question, je dirais : dix jours ensemble, pourquoi ne pas s’entendre sur un accord de paix. Et un accord de paix qui ne serait pas un autre accord. Il faut pouvoir le dire. C’est un accord de paix si jamais les volontés se rejoignaient, c’est un accord de paix qui sera sous-tendu par un mécanisme de suivi, des mécanismes de mise en œuvre de telle sorte que les engagements pris soient tenus et que cela veut dire que les uns et les autres devraient partir à Khartoum en étant préparés à aller mettre tout sur la table et surtout, à négocier de bonne foi. Nous serons les garants de cet accord. Quand je dis nous, c’est la communauté internationale et la région elle-même. Les ministres de la région étaient ici du 8 au 9 janvier dernier. Ce sont tous ces partenaires, les voisins, les partenaires de la sous-région, la communauté internationale qui, tous, seront les grands témoins de ce nouveau processus de dialogue. Et nous espérons que les Centrafricains et les Centrafricaines y seront aussi présents. Il faut se féliciter du fait que, même si elles n’auront pas voix délibérative, les forces vives centrafricaines seront présentes à Khartoum et seront donc les grands témoins aussi de ce qui va s’y faire. Donc nous partons confiants avec évidemment l’optimisme prudent, mais en tout cas l’espoir grand pour que ce pays renoue enfin avec la paix.

 

Quelle est la place de la Russie dans cet évènement ?

 

La Russie, pour ce que je sais, est un observateur au même titre que les autres grands observateurs. Et ce qui est convenu, c’est que les observateurs, dans ce processus, n’auront pas de rôle. C’est tout ce que je peux dire.

 

Parfait Onanga Anyanga sera prochainement remplacé dans ces fonctions de représentant spécial du secrétaire général de l'ONU par le Sénégalais, Mankeur Ndiaye, ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal

 

RCA: «Ne pas aller au dialogue à Khartoum, c'est se mettre au ban de l'histoire» Parfait Onanga Anyanga
RCA: «Ne pas aller au dialogue à Khartoum, c'est se mettre au ban de l'histoire» Parfait Onanga Anyanga
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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 13:55
Tchad-Israël : les dessous d’une relation controversée
Tchad-Israël : les dessous d’une relation controversée

Lu pour vous 

 

 Par notre partenaire Libre Afrique  23 janvier 2019

 

Le Tchad et Israël viennent de rétablir leurs relations après plus de 46 ans de rupture. Pour des raisons apparemment liées à une coopération agricole, que cache ce rapprochement improbable ?

 

Dans son article, Narcisse OREDJE, explique que cet accord cache une volonté de freiner les élans de la Russie en Centrafrique. Ceci permet de retrouver les bonnes grâces de Trump qui, des US, ne voit pas d’un très bon œil le jeu russe. De plus Israël a tout intérêt à développer des programmes agricoles dans le sahel qui regorge de minerais rares….

Via un mémorandum signé à N’Djamena dimanche 20 janvier 2019 entre le Premier ministre israélien et le Ministre tchadien des affaires étrangères, le Tchad et l’Israël rétablissent leurs relations après plus de 46 ans de rupture. La visite du Président Déby en Israël en novembre 2018 a déjà soulevé de nombreuses interrogations quant aux raisons qui pourraient justifier ce rapprochement. L’arrivée de Netanyahou à N’Djamena ne fait que raviver la flamme avec la signature de ce mémorandum. Au- delà des raisons officielles, que pourrait cacher le rétablissement de ces relations ?

Les relations israélo-tchadiennes ont toujours existé

Déjà en 1963, le régime de Tombalbaye sollicitait la coopération militaire avec Israël pour répondre aux révoltes armées et autres soulèvements au centre et au nord du Tchad. La fourniture en matériels de guerre et de sécurité et la formation des troupes, étaient au cœur de cette coopération que le Tchad a rompu en 1972 sous la pression du monde arabe, en soutien à la cause palestinienne. Malgré cette rupture, dans l’ombre, N’Djamena fait toujours appel à l’industrie israélienne d’armement. Les RAM 4X4 équipés de mitrailleuses ou de missiles antichars de l’armée tchadienne sont de fabrication israélienne et témoignent de ces  relations.

Que recherche le régime Déby ?

Les raisons officielles de ce  rapprochement sont la coopération sécuritaire et agricole. Même si cette dernière justification semble plausible en vertu de la forte expérience de l’État hébreu dans le développement de la technologie agricole en zone désertique, voir le Président Déby braver toutes ces controverses pour aller parler du développement de l’agriculture dans le désert, est moins crédible pour ceux qui connaissent l’homme. La vérité est ailleurs !

En effet, d’une part, le régime de Déby fait face à plusieurs menaces armées allant des groupes terroristes le long des frontières avec la Libye, le Niger et le Nigéria, fief de Boko Haram, et d’autre part, les rebellions internes qui lorgnent le pouvoir. A cela, s’ajoutent les milices d’orpailleurs qui tiennent tête à l’État sur la question de l’exploitation traditionnelle des sites aurifères dans la région du Tibesti.

L’autre problème majeur est la Centrafrique que Déby n’arrive plus à contrôler. Les manœuvres militaires avec le déploiement des forces tchadiennes tout au long de la frontière centrafricaine en vue de perturber le régime centrafricain, toujours sur demande et avec l’appui de la France, ont échoué puisque les contingents tchadiens sont confrontés à la présence des forces russes qui encadrent désormais les forces armées centrafricaines. C’est d’ailleurs dans ce cadre que s’inscrivait la visite de Macron au Tchad.

Alors face à tous ces groupuscules armés qui gênent son autorité et craignant les potentielles représailles de la Russie à propos de la Centrafrique, Déby se doit de trouver un allié. Israël est un choix justifié en raison de sa grande expérience dans la lutte contre le terrorisme et disposant de matériels militaires de qualité adaptés aux combats en zone désertique. Les services de renseignements israéliens très expérimentés et dotés de meilleures technologies sont déjà annoncés à N’Djamena, avec pour objectif la formation des agents de renseignement tchadiens et la dotation des services en moyens de renseignements sophistiqués.

Les groupes armés actifs au nord du Tchad utilisent des messages vocaux via WhatsApp. Un outil de communication que les services de renseignements tchadiens n’arrivent pas à décrypter jusqu’à aujourd’hui. L’arrivée des services de renseignement israéliens devrait permettre à leurs homologues tchadiens d’acquérir les compétences nécessaires à l’interception de ces communications afin d’anticiper certaines actions. Des manœuvres qui présagent un avenir sombre pour la liberté d’expression.

Pour Déby, ce rapprochement permet aussi de redorer son blason auprès des Américains avec qui les relations sont ternies par l’affaire du Travel Ban justifiée, entre autres, par la faiblesse et l’incompétence des services de renseignements tchadiens. Face à une Russie prête à tout pour préserver ses intérêts économiques et stratégiques en RCA, le choix de Deby de s’allier à l’Israël est vraisemblablement gagnant puisqu’il ouvre la porte à la protection américaine même si  la politique extérieure de Trump est plus qu’aléatoire.

Quels gains pour Netanyahou ?

Pour Israël, le Tchad présente deux intérêts importants : diplomatique et économique. Sur le plan diplomatique, Israël s’active depuis quelques années pour reconquérir l’Afrique, eldorado promis, malgré les relations compliquées avec certains pays africains. Le rétablissement des relations est donc beaucoup plus une volonté manifeste de Netanyahou qui part de la situation sécuritaire précaire au Tchad pour proposer une offre de coopération à Déby. Pour y arriver, il suffit de brandir juste l’étendard de la lutte contre le terrorisme.  La lutte contre le terrorisme étant l’objectif commun des deux Etats. Après plus de 40 ans, Israël revient donc en Afrique par la grande porte et c’est une victoire pour le gouvernement de Netanyahou qui marque un point important vis-à-vis de ses détracteurs. Avec cette approche antiterroriste, l’Israël pourra rapidement toucher d’autres Etats, ceux du G5 Sahel en premier.

Sur le plan économique, jouer la carte de l’agriculture dans le désert revient à céder le désert tchadien aux investisseurs israéliens. Mais le désert tchadien n’est pas qu’une masse de sable, il regorge d’énormes réserves minières telles que l’or, le diamant et l’uranium qui pourraient intéresser l’État hébreu. Déjà, certaines sources signalent que les sites d’or, objets des rivalités entre plusieurs forces armées, ont été promis aux investisseurs israéliens qui s’installeront dans cette partie du pays et permettront en même temps au régime Déby d’avoir un œil sur toutes les activités rebelles et terroristes dans la région.

Bref, le rétablissement de l’axe tchado-israélien permet à l’État hébreu de redorer le visage de sa diplomatie entachée par le conflit avec la Palestine. Du côté tchadien, cette reprise des relations bien qu’importante, a l’allure d’un soutien apporté au régime de Déby qui trouve ici les moyens pour accroître sa mainmise sur le pouvoir et étouffer tous les mouvements contestataires. Tout ceci au détriment d’un peuple tchadien qui espère un vrai partenariat gage d’une sortie du joug de la pauvreté.

Narcisse OREDJE, bloggeur tchadien.

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 13:53
Centrafrique: situation "sous contrôle" à Bambari après des combats
Centrafrique: situation "sous contrôle" à Bambari après des combats

 

 

La situation sécuritaire de Bambari, ville stratégique du centre de la Centrafrique théâtre de violents affrontements mi-janvier entre un groupe armé et l'ONU, est "sous contrôle", a annoncé mercredi la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca).

"Aujourd'hui, nous contrôlons la situation à Bambari", a annoncé le général Seigle, chef d'Etat-major de la Minusca, en conférence de presse.

"Les boutiques ont commencé à rouvrir", a abondé Bara Dieng, chef de la Minusca à Bambari.

Le 10 janvier, des combattants du groupe armé Unité pour la paix en Centrafrique (UPC, un groupe armé issu de l'ex-rébellion musulmane Séléka) ont attaqué à Bambari des militaires de l'armée et des Casques bleus en amont d'une cérémonie officielle à laquelle devait assister le président Faustin-Archange Touadéra. Celle-ci a été annulée.

"Les groupes armés avaient dit qu'ils empêcheraient la (cérémonie), ils ont réussi", a regretté Victor Bissekoin, préfet de la Ouaka dont Bambari est le chef-lieu est Bambari, lors de la conférence de presse.

Après cette attaque, une riposte onusienne a été lancée pour "chasser ou neutraliser tous les groupes armés à Bambari", selon l'ONU.

De violents combats ont eu lieu en ville, où ont été déployées notamment des forces spéciales portugaises, le contingent d'élite de la mission. Deux Mirage 2000 français ont de même été mobilisés pour effectuer une "démonstration de force" - un passage à très basse altitude - au-dessus de Bambari.

Au moins six personnes ont été tuées et plus de trente autres blessées depuis le 10, selon l'ONU. Plusieurs cadres de l'UPC ont été blessés dans les combats.

"La collecte de taxes (par l'UPC), les salles de détention et les bases (de) ces groupes armés sont des symboles qui ont été détruits", s'est félicité M. Dieng mercredi.

En 2017, la Minusca était déjà intervenue à Bambari pour en déloger l'UPC qui en avait fait sa base. Depuis, l'ONU avait fait de la ville une vitrine de son intervention en Centrafrique, arguant que la ville était "sans arme, ni groupe armé".

L'UPC et des milices antibalaka (antimachette, groupe d'autodéfense prétendant défendre les chrétiens contre les groupes armés à dominante musulmane), étaient néanmoins toujours présentes en ville ou dans ses faubourgs.

En Centrafrique, l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national. Les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources - diamants, or, bétail.

Des pourparlers de paix doivent se tenir à partir de jeudi entre les autorités et les groupes armés à Khartoum, sous égide de l'Union africaine (UA).

 

© 2019 AFP  Mise à jour 23.01.2019 à 16:00

 

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 13:43

 

   

23 JANVIER 2019 À 20H55 PAR AFP

 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a pointé du doigt mercredi la présence de mercenaires russes du groupe Wagner en Centrafrique et déploré une rhétorique "antifrançaise" dans ce pays depuis leur arrivée.

"Il y a une présence active de la Russie, récente, significative, antifrançaise dans les propos, dans les réseaux (sociaux)", a-t-il déclaré devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. Les Russes sont présents via "la force Wagner", un groupe militaire privé suspecté d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, Evguéni Prigojine, a-t-il dit.

"Ce n'est pas vraiment l'armée (mais) des supplétifs qui agissent sous l'autorité d'un Monsieur qui s'appelle M. Prigojine", a lancé Jean-Yves Le Drian."S'il m'entend là, au-delà de cette salle, qu'il sache qu'on le connaît bien !", a-t-il ajouté. En juillet 2018, trois journalistes russes enquêtant sur la présence de Wagner en Centrafrique avaient été assassinés dans des circonstances troubles. La Russie dispose officiellement d'instructeurs civils en Centrafrique, où elle exerce depuis quelques mois une influence grandissante.

Des soldats centrafricains sont notamment formés par Moscou dans l'immense palais de Berengo, à 60 km à l'ouest de la capitale, Bangui, où vivait Jean-Bedel Bokassa, président puis empereur de 1966 à 1979.Selon des sources occidentales, ces instructeurs, dont le nombre est sous-estimé, sont des mercenaires étroitement liés à des sociétés minières russes. Cette présence russe "ne se substitue pas à notre action", celle de l'ONU (force de la Minusca) et de l'UE qui forme des soldats centrafricains, a assuré le ministre.

"En République centrafricaine, la situation reste très fragile" et "la mise en oeuvre de l'initiative africaine de paix demeure notre priorité", a-t-il ajouté, en espérant que les négociations qui s'ouvrent jeudi à Khartoum permettent "d'aboutir à un accord de paix d'ici au mois de mars".

CENTRAFRIQUE: PARIS POINTE DU DOIGT LA PRÉSENCE DE MERCENAIRES RUSSES DU GROUPE WAGNER
CENTRAFRIQUE: PARIS POINTE DU DOIGT LA PRÉSENCE DE MERCENAIRES RUSSES DU GROUPE WAGNER
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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 13:37
Centrafrique : la France extrade un ancien chef de milice anti-balaka vers la CPI

 

 

Le Monde avec AFP Publié hier à 14h56, mis à jour hier à 14h56

 

Patrice-Edouard Ngaïssona est soupçonné d’avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans l’ouest du pays.

 

Patrice-Edouard Ngaïssona, patron du football centrafricain et ex-milicien, a été transféré mercredi 23 janvier par la France à la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre présumés. « Ce transfert fait suite à l’accomplissement des procédures nationales nécessaires en France, où il avait été arrêté le 12 décembre 2018 », a précisé la CPI dans un communiqué.

M. Ngaïssona, 51 ans, a été arrêté le 12 décembre 2018 en France. A la tête des milices anti-balaka, il est soupçonné d’avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans l’ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

« Je n’étais pas un chef de guerre »

Malgré ce lourd passif, M. Ngaïssona, qui fut un éphémère ministre des sports en 2013, a été élu en février 2018 au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). Il est aussi président de la Fédération centrafricaine de football.

Fin décembre, la cour d’appel de Paris avait donné son feu vert à la remise de M. Ngaïssona à la CPI, qui avait délivré un mandat d’arrêt le visant au début du même mois. La date de sa première comparution devant la Cour pénale internationale « sera annoncée prochainement », a indiqué la CPI. D’après la Cour, il y a des « motifs raisonnables » de croire qu’une « attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka ».

 « J’étais un porte-parole qui a amené la paix en Centrafrique et non un chef de guerre », avait déclaré M. Ngaïssona devant la cour d’appel de Paris. Il avait affirmé par ailleurs qu’il n’était « pas au pays » au moment des faits qui lui sont reprochés.

Son arrestation est intervenue quelques semaines seulement après la remise à la Cour d’un autre ex-chef de milice anti-balaka, Alfred Yekatom Rombhot, parfois surnommé « Rambo ».

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 15:08
Khartoum : Déclaration de l'Opposition démocratique

 

CRPS-MDREC-PATRIE-RPR

 

DECLARATION DE L'OPPOSITION DEMOCRATIQUE RELATIVE AU DIALOGUE DE KHARTOUM

 

            Le mardi 8 janvier 2019, le Chef de l'Etat avait reçu une délégation de l'Opposition Démocratique. Celle-ci avait donné lecture de la déclaration  des Partis Politiques de l'Opposition Démocratique dont l'objet portait sur la nécessité de la  participation de cette entité en tant que partie prenante et non comme observateur au Dialogue entre le Gouvernement et les groupes armés dans le cadre de l'Initiative de l'Union Africaine.

            Cette rencontre était consécutive à un compromis après la réaction de l'Opposition qui réclamait que le Chef de l'Etat accédât à sa revendication légitime de  recevoir les forces vives de la nation entité par entité plutôt que de les convoquer par communiqué radiodiffusé, de réunir ensuite plusieurs groupes hétéroclites livrant des messages incohérents sans objectifs politiques clairs et précis.

            L'Opposition Démocratique toujours consciente de ses responsabilités historiques face à la gravité de la situation sécuritaire de notre pays avait indiqué sa disponibilité à apporter sa contribution à toute démarche inclusive en vue de contribuer à la résolution de la crise actuelle.

            Malheureusement force est de constater que c'est par voie de presse qu'elle sera informée qu'une délégation comprenant 02 membres de l'Opposition doit se rendre à Khartoum au Soudan pour participer au Dialogue entre le Gouvernement et les groupes armés le 24 janvier 2019.

            L'Opposition  Démocratique exprime son indignation sur le mode de désignation de ses " représentants" et sur l'absence de clarification de son statut à cette rencontre de la dernière chance.

            Le pouvoir a désigné lui-même les personnes qui devraient représenter l'Opposition Démocratique aux pourparlers de Khartoum, sans l'avis de cette celle-ci, montrant ainsi son mépris vis-à -vis de cette entité.

            L'Opposition Démocratique n'a aucune garantie qu'elle doit participer à cette rencontre en qualité d'acteur et non d'observateur.

            Dans ces conditions, elle informe l'opinion nationale et internationale :

1/  Qu'elle dénie à toute personne participant à cette rencontre de parler au nom de l'Opposition Démocratique.

2/ Que n'ayant pas désigné ses propres représentants et constatant l'absence de clarification sur son statut ainsi que l'opacité sur le contenu des pourparlers , elle ne se sent nullement engagée par les recommandations, résolutions et décisions qui seront prises par ce forum.

                                  

                                                                                  Bangui, le 21 janvier  2019

 

Ont signé:

CRPS:            Me Nicolas TIANGAYE

MDREC:        Joseph BENDOUNGA

PATRIE:        Me Crépin MBOLI GOUMBA

RPR:             Ferdinand Alexandre N'GUENDET

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 15:02
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

Dialogue de Khartoum la société civile appelle au respect de la constitution

 

https://www.radiondekeluka.org  mardi 22 janvier 2019 15:30

 

La délégation centrafricaine est attendue à Khartoum au Soudan en vue du dialogue entre le gouvernement et les groupes armés ce 24 janvier. D'ores et déjà la société civile appelle au respect de la Constitution du 30 mars 2016.

Paul-Créscent Béninga, porte-parole du Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC) souhaite plein succès à ce dialogue et exige le respect de l'expression du peuple centrafricain. "Toutes les guerres, qu'il y ait un vainqueur et un vaincu, à priori nous ne devons pas les rejeter. Mais nous voulons attirer l'attention des participants et de la communauté internationale au respect des textes fondateurs de la RCA et des conclusions de la consultation populaire à la base", a-t-il lancé.

Il appelle les parties prenantes au respect des aspirations du peuple qu'est la paix. "C'est un impératif non discutable aujourd'hui de faire prévaloir les aspirations du peuple.  Aujourd'hui, le peuple veut la paix, le peuple est fatigué de cette guerre" a-t-il lancé.

Dans ce même élan, la société civile maintient sa demande à l'endroit de la communauté internationale pour la levée de l'embargo. Nous ne voyons plus l'intérêt de maintenir l'embargo dans le contexte qui est le nôtre aujourd'hui.  Que nous aurons souhaité qu'au sortir de ce dialogue, l'embargo sera levé et les forces de défense et de sécurité auront les moyens pour travailler avec professionnalisme"  a-t-il conclu.

L'appel à faire prévaloir la paix et à la levée de l'embargo survient à 48 des discussions de Khartoum et à quelques jours de la décision du conseil de sécurité au sujet de l'embargo sur les armes à destination de la RCA.  

 

 

Bilan du grand DDRR à mi-parcours satisfaisant dans l'Ouham Péndé selon Samuel Touaténa

 

https://www.radiondekeluka.org  mercredi 23 janvier 2019 04:49

 

Le chargé de Mission en matière des Opérations à l'Unité d'exécution du programme national DDRR s'est félicité du résultat obtenu dans l'Ouham Péndé pour un début. Le nombre d'ex-combattants prévu a été atteint. Samuel Touaténa a expliqué néanmoins qu'il n'y a pas eu assez de sensibilisation autour de ce grand DDRR, pour clarifier les bénéficiaires sur le mode de financement. Raison suffisance de la réticence de certains ex-combattants. Selon Samuel Touaténa, Nana Mambéré est la prochaine étape de ce grand DDRR.

 

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 14:06

 

 

AFP  Par Charles BOUESSEL à Bangui, Amaury HAUCHARD à Libreville

 

Est-il possible de ramener la paix en Centrafrique? C'est l'objectif ambitieux d'un dialogue entre une quinzaine de groupes armés présents sur le territoire et le gouvernement, qui s'ouvre jeudi à Khartoum sous l'égide de l'Union africaine (UA).

Dans ce pays d'Afrique centrale de 4,5 millions d'habitants en guerre depuis 2013, pas moins de sept accords de paix ont été signés en cinq ans, sans qu'aucun n'aboutisse au retour de la stabilité.

Le dialogue à venir, préparé depuis juillet 2017 par l'UA et soutenu par les principaux partenaires de Bangui, se veut plus ambitieux que les précédents: à la table de négociations se réuniront les principaux chefs de groupes armés ainsi qu'une importante délégation gouvernementale.

"Ces pourparlers pourraient se poursuivre deux à trois semaines. Il n'y a pas de date de fin spécifique", a indiqué à l'AFP Al-Dierdiry Ahmed, ministre soudanais des Affaires étrangères.

Le dialogue se tiendra à Khartoum, capitale du Soudan voisin en proie depuis plusieurs semaines à une vague inédite de contestations du pouvoir en place.

Le Soudan est "une des principales plateformes d'approvisionnement en armes des groupes armés centrafricains", note un observateur de la crise à Bangui qui s'inquiète de la partialité de ce pays.

- "Pas confiance" -

Ce dialogue "n'inspire pas confiance", affirme à l'AFP un cadre du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l'un des principaux groupes armés dont le leader, Noureddine Adam, sera néanmoins présent à Khartoum.

"On voulait que ce soit dans un pays neutre, à Addis-Abeba (Ethiopie) ou à Kigali (Rwanda), mais les Russes ont poussé pour Khartoum", ajoute-t-il.

Le Soudan, allié de Moscou, a déjà abrité une tentative de médiation parallèle fin août, que les principaux partenaires de Bangui ont condamné. Le dialogue "doit se faire sous l'égide de l'UA" et non de la Russie, a plusieurs fois martelé la France.

La Centrafrique regorge de ressources - uranium, or, diamants, bétail - situées dans des zones sous influence de groupes armés, qui combattent entre eux pour leur contrôle, mais aussi contre les Casques bleus de la mission de l'ONU (Minusca).

La principale interrogation avant ce dialogue est la question de l'amnistie des chefs de guerre, réclamée par tous les groupes armés comme prérequis à un arrêt des hostilités, ce que Bangui a toujours refusé.

Les autorités "auront du mal à arracher des concessions" à ce sujet, pense le cadre du FPRC dont les principaux chefs sont fréquemment cités dans des rapports de l'ONU pour violations des droits de l'homme.

Une branche des antibalaka, milices autoproclamées d'autodéfense, se dit de son côté prête à faire des concessions "si c'est dans l’intérêt du pays", selon Igor Lamaka, représentant des antibalaka emmenés par Patrice-Edouard Ngaissona, récemment transféré à la Cour pénale internationale (CPI).

- L'absence d'Ali Darassa -

Si Noureddine Adam sera bien à Khartoum, Ali Darassa, leader d'un autre groupe armé important, l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), sera absent.

Il a estimé que les récents combats mi-janvier entre l'UPC et des soldats de l'ONU à Bambari ne "permettent pas" sa présence au dialogue, mais son groupe y sera malgré tout représenté.

Une interrogation subsiste autour de la mise en place annoncée d'un comité de suivi si un accord est trouvé.

"Comment le gouvernement pourra contraindre les groupes armés à respecter leurs engagements?", se demande un homme politique centrafricain d'opposition.

"La paix est nécessaire et elle l'est maintenant", martèle Anicet Nemeyimana, directeur pour la Centrafrique de l'ONG Catholic Relief Services. "L'accès humanitaire dans certaines régions est devenu complètement coupé".

"Il faut dialoguer pour sauver ce qui peut encore l'être", abonde Martin Ziguélé, ancien Premier ministre (2001-2003) et président d'un parti de la majorité qui participera au dialogue.

La dernière médiation en date remonte à 2017, sous l'égide de l'Eglise catholique: les groupes armés avaient repris les armes moins de 24 heures après la signature d'un accord, et une centaine de personnes avaient été tuées à Bria (centre).

Pour l'heure, seules les médiations locales, notamment menées par l'Eglise, semblent aboutir. "Il serait plus utile de renforcer les processus de dialogue et de médiation au niveau local", corrobore le groupe d'analyse International Crisis Group (ICG).

L'ICG déplore le "peu d'effet" des médiations internationales, notant qu'elles ont néanmoins "l'avantage de mobiliser l'attention internationale sur la crise centrafricaine".

 

© 2019 AFP   Mise à jour 22.01.2019 à 10:00

 

 

En Centrafrique, treize morts avant des négociations de paix

 

Le Monde avec AFP Publié hier à 14h45, mis à jour hier à 14h45

 

Cette nouvelle vague de violences intervient avant le début d’un dialogue entre les autorités et les groupes armés, jeudi, à Khartoum, au Soudan.

 

Treize personnes ont été tuées dimanche 20 janvier dans l’ouest de la Centrafrique par des hommes armés avant l’ouverture de pourparlers de paix, jeudi, au Soudan, a appris mardi l’AFP de sources locale et onusienne. « Il y a eu treize morts, dont un pasteur et un gendarme. Nous avons procédé à un déplacement sur place qui a confirmé ces faits », a déclaré une source à l’ONU, confirmant une information d’une source proche de la communauté peule locale.

 « Il y a eu des violences créées par des Fulanis [Peuls] armés », a pour sa part indiqué le porte-parole de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca), Vladimir Monteiro, ajoutant qu’une patrouille de la mission et des forces de sécurité intérieures (FSI) ont été dépêchées sur place. Les treize personnes ont été tuées dans le village de Zaoro Sangou par des Peuls armés présumés membres du groupe 3R (Retour, réclamation, réconciliation), selon la source à l’ONU. Ce groupe armé, dirigé par un certain Sidiki, qui prétend protéger les Peuls, est établi dans l’ouest du pays depuis sa création fin 2015.

Un pays en guerre depuis 2013

« Ce sont les éléments de Sidiki qui [ont] tiré sur les gens », a affirmé, mardi, un habitant de la localité à la radio centrafricaine Ndeke Luka. Cette nouvelle vague de violences intervient avant le début jeudi à Khartoum d’un dialogue entre les autorités et les groupes armés opérant en territoire centrafricain. Sidiki et des représentants du groupe 3R sont partis mardi matin de Bangui pour Khartoum afin d’assister à ces pourparlers.

Les groupes armés contrôlent une large majorité du territoire, où ils combattent entre eux et contre l’ONU, pour le contrôle des immenses ressources du pays – uranium, or, diamants, bétail. Ce dialogue, qui devrait durer plusieurs semaines, est censé ramener la stabilité dans ce pays en guerre depuis 2013, où sept accords de paix ont déjà été signés en cinq ans, sans succès.

 

Liste Officielle des participants au Dialogue de Khartoum

 

CEEAC.

1- Adolphe NAHAYO, Représentant du secrétaire général de la CEEAC à l’Initiative Africaine

2- Zakaria GARBA, Conseiller en sécurité 

3- Eddy MBONA, Assistant spécial et conseiller politique de l’ambassadeur NAHAYO

Gouvernement de la République centrafricaine

1- Firmin NGREBADA, Ministre d’Etat, Directeur de cabinet du Président de la République, Chef de délégation

2- Marie Noëlle KOYARA, Ministre de la Défense et de la reconstruction de l’Armée. 

3- Sylvie BAIPO-TEMON, Ministre des Affaires étrangères et des Centrafricains de l’Etranger

4- Flavien MBATA, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme

5- Virginie BAIKOUA, Ministre de l’Action humanitaire et de la réconciliation nationale

6- Isidore Alphonse DIBERT, Conseiller politique à la Présidence

7- Colonel Noel Bienvenu SELESSON, Conseiller chargé du DDRR à la Présidence

8- Gaétan KATOUKA, Protocole à la Présidence

9- Rémy VONDROUMADE, Protocole à la Présidence

10- Constant César MOKALO, Directeur adjoint du Protocole d’Etat

11- Sergent-chef, Thierry Evelyn KOMOKOINA, Aide-camp

12- Wilson BION ARTIS, Aide-camp

13- Lucie SERVICE, Chef du secrétariat du ministre d’Etat, directeur de cabinet du chef de l’Etat

14- Jonas DEPANDA, Directeur administratif et financier 

15- Colonel Joachim SYLLA, Expert à la Défense Nationale

16- Sébastien NATHUGA (ACCORD)

17- Freddy NKURIKIYE (CDH)

18- Jean WILLYBIRO- SAKO, Conseiller à la Présidence chargé du DDRR/RSS

19- Léonie BANGA-BOTHY, Coordonnatrice de la RSS

Partis politiques

Opposition 

1- Honorable Anicet-Georges DOLOGUELE (URCA)

2- Honorable Benjamin KAIGAMA

Majorité

1- Honorable Martin ZIGUELE (MLPC)

2- Honorable Mathurin DIMBELET-NAKOE (KNK)

Centriste

1- Honorable Jean-Michel MANDABA (PGD)

2- Honorable Franck Urbain SARAGBA (Indépendant)

Assemblée Nationale

1- Honorable Jean Symphorien MAPENZI 

2- Honorable Michelle Gina SANZE

Conseil National de la Médiation

1- Dr Jacques MBOSSO

2- Eric Freddy BENINGA

Plateforme des Confessions Religieuses

1- Pasteur Nicolas GUEREKOYAME-GBAGOU (Président de l’AEC)

2- Imam Omar KOBINE LAYAMA (Président de la CICA)

3- Mme Brigitte IZAMO (Représentante de la Conférence Episcopale Centrafricaine)

Associations des Victimes

1- Hervé Sévérin LIDAMON

2- Apollinaire MOKOTEMAPA

Conseil National de la Jeunesse Centrafricaine

1- Huguet Francis MONGOMBE, Président du CNJ

2- Moustapha YOUNOUS, Président de la JICA

 

Syndicat

 

1- Michel LOUDEGUE, Secrétaire général de l’OSLP

2- Noel RAMADAN, Secrétaire général de l’USTC

Organisation des Femmes Centrafricaines

1- Guilaine MINANG, Vice-présidente du Comité exécutif de l’OFCA

2- Albertine DEMENDJOU, Secrétaire générale de l’OFCA

Organisations des Droits de l’Homme

1- Me Mathias MOROUBA

2- Hyacinthe GBIEGBA

Presse Nationale

1- Freddy SEBOUTH, Cameramen

2- Edouard KASSYA, Photographe

Groupes Armés

RJ/SAYO

1- Armel NINGATOLOUM SAYO

2- Victor DINGAOTAR

3- Emmanuel NDOYAM

RJ/BELANGA

1- Touby Esaie MALEKIAN

2- Simon-Pierre PASSI INGAM

3- Laurent BEBETI

FPRC

1- Herbert Gontran DJONO-AHABA

2- HAMAT MAL-MAL ESSENE

3- DAMANE ZACKARIA

UFRF

1- Dieu-Béni Christian KIKOBET GBEYA

2- Maxime MBAINANI

3- Régis NGBENZI

UFR

1- Philippe WAGRAMALE

2- Auguste ALDAM

3- Aimé GBODO MAXIMIN

FDPC

1- Martin KOUMTA-MADJI

2- Marcel BAGAZA

3- Jean Rock SOBI

MLCJ

1- Gilbert TOUMOU BEYA

2- Achille GODET MODJEKOSSA

3- DJEME RACHID

UPC

1- Ali DARASSA MAHAMAT

2- AMADAMA CHAIBOU

3- ABOULKASSI ALGO TIDJANI

Séléka Rénovée

1- Akacha ALHISSENE

2- Ali ISSAKA

3- Ferdinand NDJERAYOM

Antibalaka/Mokom

1- Maxime MOKOM

2- Théophile GBEI

3- Jean de Dieu NGAISSONA

Antibalaka /Ngaissona

1- Dieudonné NDOMATE

2- Bérenger Igor LAMAKA

3- Arsène FEISSONA

 

Addis-Abeba, 18 janvier 2019

 

Source: Union Africaine

 

 

RCA: les délégations en route pour le grand dialogue national sous l’égide de l’UA

 

Par RFI Publié le 23-01-2019 Modifié le 23-01-2019 à 05:59

 

Les délégations de chefs de groupes armés mais aussi les représentants du gouvernement sont parties mardi 22 janvier de Centrafrique pour Khartoum où a lieu le 24 janvier l’ouverture du grand dialogue national centrafricain tant attendu, sous l’égide de l’Union africaine.

C’est l’effervescence devant le carré VIP de l’aéroport. Ils sont nombreux à avoir répondu au rendez-vous. Parmi eux, le chef du groupe armé RJ, Armel Sayo, qui assure de sa bonne volonté dans ce processus : « Notre disponibilité a été marquée déjà par l’adhésion à ce processus DDR. C’est ce qui se réaffirme maintenant par notre présence pour le forum de Khartoum. Le seul souhait que nous attendons nous le disons bien; au retour de ces assises, c’est que le vivre ensemble soit obtenu et qu’une voie de sortie définitive de crise soit scellée. »

Un processus entamé avec 14 groupes armés. Ils ont rendu leurs revendications au panel de l’Union africaine en préalable à l’ouverture du dialogue.

Mais il existe encore des inconnues quant à la présence de certains leaders à Khartoum. Firmin Ngrebada, ministre d’Etat et directeur de cabinet du président Touadera : « Aujourd’hui, la démarche c’est de leur dire quelles sont les réponses que le président de la République apporte aux revendications exprimées par les groupes armés. Mais si certains groupes ne viennent pas, comment nous allons faire ? C’est ça la problématique. Donc notre vœu c’est que tous les groupes armés soient présents pour qu'ensemble nous puissions voir qu’est-ce qu’on peut faire ensemble dans le cadre de la recherche de la paix, la réconciliation nationale chère au pays. »

Un dialogue national qui intervient alors qu’environ 80% du territoire est aujourd’hui aux mains des groupes armés et que des incidents et des combats sont encore réguliers.

 

Centrafrique: à Khartoum, difficiles pourparlers entre groupes armés et gouvernement
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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 13:53
Alexandre Benalla, pour tout l’or du Tchad
Alexandre Benalla, pour tout l’or du Tchad

Lu pour vous

 

TRIBUNE

 

Alexandre Benalla, pour tout l’or du Tchad

 

Par Thomas Dietrich , écrivain, ex-haut fonctionnaire français, ancien porte-parole d'un petit parti de l'opposition tchadienne Libération 21 janvier 2019 à 15:29

 

Quel était le véritable objet du voyage de l'ancien garde du corps du président Macron au Tchad ? La question reste entière, malgré l’audition de l’intéressé devant une commission sénatoriale ce lundi. C’est peut-être en direction de la nouvelle manne du pays, l’or du Tibesti, qu’il faut chercher la raison de cette mission qui a suscité le scandale.

 

Tribune. Ils s’appelaient Galmaye Derdimi et Hassan Kelle Lony. Ce n’était pas des enfants de chœur, loin de là. Il y a une dizaine d’années, ils avaient participé aux grandes rébellions qui, de l’est du Tchad, avaient fondu sur la capitale, N’Djamena. Leur rêve de gloire et de richesse s’était brisé à 300 mètres du palais présidentiel, sous le feu de l’armée française venue à la rescousse du potentat local, Idriss Déby. Après l’éparpillement de la rébellion, ils s’étaient retrouvés comme deux joueurs plumés au arbatachar, le poker tchadien. Alors, quand ils avaient appris l’existence de gisements d’or au Tibesti, cette immense région désertique et montagneuse de l’extrême-nord, ils n’avaient pas hésité. Avec leurs dernières économies, ils avaient acheté un peu de matériel artisanal, pas grand-chose, juste de quoi extraire quelques pépites. Comme des centaines d’autres, ils s’étaient installés à Kouri Bougoudi, une ville minière non loin de la frontière tchado-libyenne. Les conditions de vie y sont rudes. Le vent souffle en rafales et le sable griffe les visages. Le matin, un froid mordant engourdit les corps, avant que ne tombe une insoutenable chaleur, comme un couvercle sur une casserole en fonte.

Il n’y a pas d’eau à Kouri Bougoudi, l’or bleu est convoyé par citernes et certains jours, quand le ravitaillement n’arrive pas, il se négocie presque plus cher que l’or jaune. Mais tout de même, pour les deux comparses, c’était le Pérou. Les pépites se trouvaient là, à portée de main, il ne fallait pas creuser bien profond pour les dénicher et les vendre une petite fortune. Et puis, il y eut cette aube terrible du 13 septembre. Les orpailleurs entendirent d’abord un bruit au loin, un brassement d’air saccadé et hypnotique, et quand ils comprirent enfin que c’était des pales d’hélicoptères, c’était déjà trop tard, les aéronefs étaient entrés en action, ils mitraillaient le camp des orpailleurs, on les avait envoyés pour tuer. Quand enfin les deux hélicoptères s’éloignèrent, les survivants relevèrent les corps sans vie de Galmaye Derdimi et de Hassan Kelle Lony. Ils avaient succombé à une attaque surprise de l’armée tchadienne.

Au bord de la faillite

Pour comprendre le bombardement de Kouri Bougoudi mais aussi la visite d’Alexandre Benalla au Tchad, il faut revenir bien en arrière. Le président tchadien Idriss Déby est arrivé au pouvoir en 1990, avec l’appui opérationnel de la DGSE. Déby, ancien élève de l’Ecole de guerre à Paris, s’est vite découvert des talents d’autocrate, à tel point que le magazine The Economist le considère comme le pire dictateur du continent africain. Pourtant, le militaire aurait pu être une sorte de Kadhafi sahélien et offrir à son pays une prospérité que l’exploitation des champs pétrolifères de Doba permet, en théorie. Il n’en fut rien. Déby et son entourage, principalement composé de Soudanais issus du même clan zaghawa que lui, ont fait main basse sur l’or noir, comme le souligne un rapport de Swissaid de 2017. La population, quant à elle, continue de végéter dans la misère. Le Tchad est actuellement classé 186e sur 189 à l’indice de développement humain des Nations unies.

Mais ce qui stupéfie encore davantage, c’est qu’à l’heure actuelle, le régime tchadien ne tire pratiquement plus aucun bénéfice de l’exploitation de son pétrole, qui se monte pourtant à 170 000 barils par jour. La faute à un colossal imbroglio qui oppose l’Etat à Glencore, sulfureux négociant anglo-suisse en matières premières. En 2014, Déby entend racheter les parts de l’américain Chevron dans le consortium qui exploite le pétrole tchadien. Il emprunte alors 1,36 milliard de dollars (1,12 milliard d’euros) à Glencore, qui doit se rembourser «en nature», en prélevant une part du pétrole exploité. Problème : le prix du baril chute drastiquement dans les mois qui suivent et les hydrocarbures extraits ne suffisent plus à couvrir les échéances de remboursement ; d’autant que les caisses publiques demeurent désespérément vides.

Selon les Panama Papers, le clan au pouvoir aurait détourné 10,76 milliards de dollars pour les placer dans des paradis fiscaux. Début 2018, le Tchad est au bord de la faillite. Déby sabre le salaire des fonctionnaires d’un tiers, mais il ne récolte rien d’autre qu’une grève générale. Glencore ne desserre pas l’étau, réclamant un remboursement immédiat de l’argent prêté. C’est alors que la France vole encore une fois au secours de Déby. Il faut dire que Paris a de tout temps considéré le Tchad comme sa chasse gardée. N’Djamena est le siège de l’opération Barkhane et Déby a rendu de bons et loyaux services dans la lutte contre les jihadistes au Mali. L’ancien employeur d’Emmanuel Macron, la banque Rothschild, est missionné pour appuyer l’Etat tchadien dans les négociations avec Glencore. Le 23 février, au plus fort de la contestation sociale, un accord est trouvé. Le soldat Déby est sauvé. Mais le coup est passé près.

Impitoyable répression

Dès lors, l’homme fort du Tchad se met en quête d’autres sources de revenus. Et un rapport du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) va éveiller son intérêt. Pendant trois ans, les experts de cet organisme public français ont cartographié les ressources minières de l’ensemble du territoire. Dans la région du Tibesti, ils ont découvert des quantités incommensurables d’or. Certes, depuis 2012, des orpailleurs creusaient de manière artisanale les premières couches du sous-sol mais personne ne pouvait s’imaginer les trésors que la terre aride du Tibesti contient en son sein. Dès lors, la fièvre de l’or ne quitte plus le Palais rose, la présidence tchadienne. Mais avant que des multinationales ne s’installent dans les zones aurifères et ne puissent exploiter de manière industrielle le précieux métal, il faut chasser les orpailleurs qui s’y sont installés. C’est précisément à ce moment-là, en août, que les bombardements de l’aviation tchadienne commencent. Mais les orpailleurs ne s’en laissent pas compter et prennent les armes, s’alliant avec les rebelles du CCMSR (Conseil de commandement militaire pour le salut de la République). La population Toubou, elle aussi, se soulève, se fédérant en comités d’autodéfense.

Des villes comme Yebbibou ou Miski chassent l’armée régulière de leurs murs. Il faut dire que le Tibesti, malgré sa faible population (environ 30 000 habitants), est coutumier des insurrections. Et les Toubou ne veulent pas être les grands oubliés de la ruée vers l’or, réclamant leur part du butin, mais aussi des routes, des centres de santé, des écoles, tout ce dont le pouvoir central les a toujours privés. En face, le régime répond par une impitoyable répression. Au cours des mois de novembre et décembre, l’aviation tchadienne bombarde à de multiples reprises la ville de Miski, ôtant indistinctement la vie à des insurgés du comité d’autodéfense mais aussi à des femmes et des enfants. Un convoi de mariage est même attaqué. Le 12 janvier, des mercenaires soudanais sont envoyés par le régime pour anéantir les derniers orpailleurs de Kouri Bougoudi. Pour Déby, il ne s’agit pas seulement de faire taire des doléances économiques, mais bien de procéder à ce que d’aucuns, sur place, n’hésitent plus à qualifier d’épuration ethnique. Quoi qu’il en soit, le régime tchadien tente désespérément de reprendre pied dans une région qui l’inquiète de par ses velléités insurrectionnelles et sa proximité avec la frontière libyenne, un véritable triangle des Bermudes en plein désert où se croisent trafiquants, mercenaires et rebelles.

Diplomatie de l’ombre

Dans ce conflit secret, l’armée française n’est jamais loin. Ses drones fournissent aux forces tchadiennes de précieux renseignements sur les mouvements des comités d’autodéfense dans une région qui ne compte pas un seul jihadiste. La France approvisionne en carburant l’armée tchadienne, à hauteur de 4 millions d’euros par an. C’est une information officielle, connue. Ce qui est moins rendu public, c’est que ce carburant alimente certainement les hélicoptères qui s’en vont massacrer des civils dans le Tibesti. A Faya-Largeau, à un peu moins de 500 kilomètres de la ligne de front, un hôpital de campagne est tenu par des médecins tricolores et les blessés des forces régulières s’y font soigner. Et l’on ne peut s’empêcher d’établir un parallèle avec les heures les plus sombres de la Françafrique, lorsque Paris appuyait la répression des insurgés camerounais de l’UPC ou le génocide des Tutsis au Rwanda, quand Paris oubliait d’être, selon la formule de Clemenceau, «un soldat de l’humanité» pour fermer les yeux sur des crimes contre cette même humanitéCar l’Elysée sait ce qui se passe au Tibesti, il n’ignore rien de cette sordide guerre de l’or auquel Alexandre Benalla va se retrouver également mêlé.

 

Dans ce pan de l’affaire, l’homme-clé n’est pas l’ancien garde du corps de Macron mais bien son nouveau mentor, Philippe Hababou Solomon. L’homme d’affaires israélien est un habitué du Palais rose, où Déby le reçoit en ami. Et Hababou Solomon le lui rend bien : il a récemment joué les missi dominici pour réconcilier le Tchad avec deux Etats. Le Qatar tout d’abord, pour qui Hababou Solomon travaille en tant que consultant, cultivant sa proximité avec la famille de l’émir Tamim al-Thani. Israël, ensuite. Même si des mercenaires liés au Mossad travaillent depuis 2006 au Palais rose où ils sont affectés à la cellule d’écoutes téléphoniques, les relations diplomatiques entre le Tchad et l’Etat hébreu étaient rompues depuis 1972. Le lien s’est reconstitué à la faveur d’un séjour de Déby à Tel-Aviv, fin novembre. A cette occasion, le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a consenti d’importantes ventes d’armes au président tchadien, notamment des véhicules blindés RAM MK, indispensables à la «pacification» du Tibesti.

Fin novembre, moins d’une semaine après le retour du président tchadien en provenance d’Israël, c’est au tour d’Hababou Solomon d’atterrir à N’Djamena, en compagnie d’Alexandre Benalla. La visite est aussi courtoise qu’intéressée. Hababou Solomon vient chercher sa rétribution pour ses bons offices, sa diplomatie de l’ombre au Qatar et en Israël. La délégation de dirigeants de la société turque Sur International qui les accompagne et qui vient vendre des uniformes militaires est un leurre, une couverture. Hababou Solomon et Benalla ont des ambitions de Rockfeller plutôt que de fripiers. Au soir du 3 décembre, Hababou Solomon annonce à Déby que des investisseurs qataris proches de l’émir sont prêts à se lancer dans l’extraction de l’or du Tibesti.

Les Qataris ne sont pas des néophytes en la matière. En 2014, ils avaient déjà participé à l’exploitation de l’or du Batha, une région du centre du pays. Là, l’affaire promet d’être encore plus juteuse. Le montage est simple : une joint-venture domiciliée en Turquie mais à capitaux qataris, Barer Holding, doit discrètement prendre le contrôle d’une société fantôme, Sogem SA, qui dispose déjà d’un agrément étatique pour exploiter l’or depuis le 11 avril. Il faut dire que la Sogem SA est contrôlée en sous-main par des proches de Déby, notamment son neveu et grand argentier, Abderrahmane Mahamat Itno, alias «Bedey». En échange, Barer Holding s’engage à apporter la mise de fonds pour démarrer l’exploitation aurifère. La joint-venture pourra ensuite s’approprier 65 % des bénéfices, 35 % allant au clan Déby.

Atout maître

Dans la négociation, l’ancien garde du corps d’Emmanuel Macron a été plus qu’un intermédiaire. Il s’est révélé atout maître. Car Déby en est persuadé : en s’adressant à Benalla, il parle à l’oreille dEmmanuel Macron. Est-ce réellement le cas ? Emmanuel Macron a-t-il fait de son ancien garde du corps l’instrument d’une diplomatie parallèle ? Pourtant, l’Elysée a toujours affirmé tout ignorer de l’équipée de Benalla en terre tchadienne, passeports diplomatiques en poche. Quoi qu’il en soit, les 22 et 23 décembre, le président français s’est rendu à N’Djamena et a affiché un soutien indéfectible à Déby. Sans un mot bien entendu pour la tragédie qui se déroule dans le nord, loin des caméras. Pendant ce temps, la ville de Miski n’a pas cessé d’être assiégée, Kouri Bougoudi d’être un théâtre d’affrontements et chaque matin sur les montagnes acérées d’un Tibesti-martyr, d’une région bientôt envahie par les pelleteuses des multinationales de l’or, se lève une aube encore plus rouge que la veille.

Contactés par Libération, Alexandre Benalla et Philippe Hababou Solomon n’ont pas donné suite.

 

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21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 19:13
L’IMPLANTATION RUSSE EN CENTRAFRIQUE

Lu pour vous 

 

https://infoguerre.fr    21 Janvier 2019

 

En débarquant sur le terrain centrafricain, la Russie a minutieusement étudié les contours et exploité les limites des accords internationaux, les accords avec la France entérinant l’aide et l’accompagnement qu’elle devrait apporter à l’État centrafricain. Cela a débouché sur les accords de coopération militaire signée par le Président Faustin Archange Touadera. Les autorités centrafricaines ont joué le jeu en contribuant au succès de la stratégie russe, qui demeure floue au niveau de la finalité des accords bilatéraux, allant jusqu’à l’octroi des permis d’exploitation minière aux entreprises russes.

Plusieurs importantes actions qui ont suivi ces accords nous permettent de se projeter par rapport à la vision prônée par les deux États concernant l’avenir de leur collaboration bilatérale :

La nomination, par le Président Touadera, de Valery Zakharov au poste de conseiller en matière de sécurité à la présidence de la République. Ce dernier est un ancien membre du service intérieur de sécurité de russe (FSB).

Le déploiement d’une quarantaine de militaires russes, affectés à la garde Présidentielle, en charge de la sécurité du président de la République.

La création de Lobaye Invest, société minière ayant pour activité principale la prospection des concessions minières. Elle est basée dans les localités de Boda et de Bakala située à 200 km à l’Ouest de la capitale.;

La création de la société locale Séwa Sécurité, spécialisée dans la sécurité et la protection rapprochée.

La présence de l’entreprise militaire privée, Wagner, très active dans le dispositif de sécurité du Président Touadera, et dans la prospection minière.

La plupart des militaires russes sont employés par ces sociétés privées (Wagner et Séwa Sécurité). Ce déploiement démontre que la Russie s’est immiscée dans la politique intérieure de la République centrafricaine, ce qu’elle reprochait jadis à la France. Par la voix de Valery Zakharov, Kremlin prend des initiatives parallèles à celle de l’Union Africaine (UA), en invitant notamment les chefs des groupes armés à Khartoum, le 15 août 2018 pour des négociations de paix. Hasard d’agenda, à la même date, l’UA organisait une rencontre avec les groupes armés dans la ville de Bouar, située dans l’Ouest de la Centrafrique. Il faudrait ajouter à cette montée en puissance des nouveaux locataires du Palais de la Renaissance, des pratiques de propagande, voire de désinformation, et l’utilisation de la chaîne télévision privée dénommée Vision 4TV RCA comme une chaîne ambassadrice dans la diffusion des messages anti-français.

À défaut de réels résultats sur le terrain sécuritaire, économique et social, le Président centrafricain Faustin A. Touadera, est rassuré par la présence russe. Il cherche à couper le cordon ombilical qui relie son pays au partenaire historique qu’est la France. Une vaste campagne anti-française a été sous-traitée par le régime, inondant les réseaux sociaux, des banderoles affichées dans la capitale Bangui, à la veille de l’arrivée du ministre des affaires étrangères françaises sur le thème « la France et Le Drian sont des traîtres ».

 

Un raté comblé par le rattrapage offensif de la France

 

Le choix fait par Paris de retirer l’ensemble de l’effectif des Forces Françaises SANGARIS  en 2016 était prématuré, cela a laissé un vide qui a profité aux groupes armés. La Centrafrique est l’une des conséquences directes des choix de la politique extérieure de la France au niveau des opérations de cette nature. La France n’est pas allée au bout de son objectif, se laissant gagner par un confort et une prétention de tout contrôler à distance, passant pour un sentiment de légèreté pour les Africains (cf. « Nos chers espions en Afrique » de Thomas Hofnung et Antoine Glaser, explique un colonel de la DGSE « Chaque semaine il a un rendez-vous rituel les mardis et jeudis avec le Président Touadera »). Est-ce que ce confort est-il suffisant de combattre la présence russe ? Le cas de la Centrafrique, n’est qu’une parfaite illustration de la politique diplomatique de la France dans ses méthodes de résolutions des conflits. Et cela se caractérise par un manque de solutions de sortie de crise qui pourrait entraîner un véritable partenariat économique et culturel gagnant-gagnant.

Ayant saisi la stratégie du Kremlin en Centrafrique, Paris a repris l’initiative par la voie du ministre Jean-Yves Le Drian.

Cette offensive s’est matérialisée par des propositions d’une aide financière à hauteur de 24 millions d’euros avec un protocole stratégiquement bien orienté « pour contribuer notamment à des paiements d’arriérés de salaires et de retraites, développer les territoires proches du Cameroun touchés par d’importants déplacements de populations et installer des ponts afin de désenclaver plusieurs régions ». La deuxième proposition consiste à livrer 1 400 fusils d’assaut destinés à équiper les Forces armées centrafricaines (FACA). « Nous le faisons dans le cadre strict, respectueux et transparent des Nations unies, dans une transparence totale, à la fois sur l’origine, sur l’acheminement, et sur la livraison ».

 

Les difficultés du Kremlin en Centrafrique

 

Le Kremlin a compris, que pour asseoir une éventuelle hégémonie en République Centrafricaine, il était indispensable d’utiliser les médias locaux, et de diffuser des informations par le biais des partisans du régime afin de court-circuiter la longueur d’avance que la France a conservée dans la lecture qui est faîte de l’état politique et socio-économique du pays.

La volonté du Kremlin est de montrer qu’il est capable de résoudre la crise centrafricaine, mais il s’est rendu compte que rien n’est facile. Le facteur temps incombe à l’offensive russe de prendre la main et faire asseoir son influence sur l’ensemble du territoire. Elle accélère sa présence dans le cercle de décision ou du moins sa manière de se positionner dans les zones minières. Mais la Russie cherche toujours un argument solide afin de faire débarquer plus de troupes dans un souci de protéger ses intérêts. Elle se heurte au réveil français pour contrer leur précipitation à l’assaut des ressources naturelles.

 

Les principales erreurs stratégiques de la Russie dans sa conquête :

 

En mars 2018, les représentants du Kremlin ont pris contact avec l’ancien Président Djotodjia, pour avoir accès aux mines de platine et de mercure dans les zones occupées par les bandes armées. Cette démarche est considérée comme maladroite.

Il n’existe aucune visibilité de la présence armée russe. Tout se fait dans le strict secret tant sur le plan national qu’international.

La présence des sociétés privées ne montre pas clairement un partenariat État à État.

La stratégie de brider l’Union Africaine, la CEMAC, et la CEEAC comme les suppôts de Paris, diminue la chance de parvenir à une solution commune et à leur soif dans la durée.

 Certes, l’offre militaire est mise en avant afin de séduire les autorités locales à propos d’un éventuel respect de la souveraineté. Mais cette approche soulève quelques interrogations. La fédération de Russie n’est-elle pas en Centrafrique pour influencer les choix politiques comme le faisait l’ancienne puissance coloniale.

Notons enfin que la France préserve pour l’instant sa position dans ce pays grâce à son expérience passée, et agit en commun accord avec la communauté internationale pour contrecarrer l’influence russe en Centrafrique.

 

Anselme Patrick Houlaguele

 

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