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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 01:49
Regards et essais sur un pays sans cinéma
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Regards et essais sur un pays sans cinéma

 

Lu pour vous

 

Par Maria Malagardis (à Bangui) Libération — 11 janvier 2019 à 17:10

 

En amont de «Camille», des stagiaires centrafricains ont été formés aux métiers de l’image par les Ateliers Varan. Leurs documentaires, projetés à Paris fin janvier, offrent une lecture intime d’une nation mal connue et dépourvue d’industrie cinématographique.

 

Très vite sur le tournage centrafricain du Camille de Boris Lojkine (lire pages précédentes), on les a collectivement surnommé «les Varans», en référence aux Ateliers Varan, institution parisienne qui avait accepté, un an plus tôt, fin 2017, d’envoyer à Bangui des formateurs afin d’initier aux métiers du cinéma 11 stagiaires du cru, sélectionnés parmi 140 candidats. Par la suite, ils participeront tous au tournage de Camille, à une seule exception près : Mahamat Benamou, embauché au même moment par une organisation humanitaire en province. Difficile de renoncer à un poste rémunéré et stable dans un pays si pauvre, où le cinéma apparaît souvent comme une utopie.

Parmi les «Varans», certains avaient pourtant déjà touché à une caméra avant même cette formation providentielle : Elvis Ngaibiro, 32 ans, cinéphile convaincu, a ainsi réalisé un premier court métrage après avoir achevé ses études de géologie «pour rassurer [ses] parents». Quant à Tanguy Djaka, 34 ans, il a beau travailler comme informaticien à l’Assemblée nationale, il est aussi l’auteur de deux courts métrages.

Enérgie insolente. Du côté des Ateliers Varan, c’est finalement une sorte de retour aux sources. Comment oublier qu’ils ont été créés, en 1981, par Jean Rouch, cinéaste et figure mythique du documentaire en Afrique, trois ans après que ce dernier fut sollicité par le jeune Etat indépendant du Mozambique pour l’aider à former des réalisateurs locaux à l’art du cinéma «au plus proche du réel» ? Trente-huit ans plus tard, l’expérience se renouvelle donc au cœur de l’Afrique. Dans cet immense territoire enclavé, souvent synonyme de massacres à répétition, de malnutrition extrême, de sous-développement endémique, malgré ses immenses richesses minières. La réalité d’un pays se résume-t-elle à des statistiques déprimantes et à une série d’épisodes tragiques ?

La force incroyable des courts métrages réalisés en fin de formation par les «Varans» centrafricains, comme les projets qu’ils doivent achever en avril, c’est de montrer ce pays blessé de l’intérieur. D’offrir un regard plus intime, humain, mais aussi plus complexe sur un pays finalement méconnu. Dans son deuxième court métrage, Leila Thiam, 31 ans, se propose ainsi de filmer la vie d’un quartier de Bangui où chrétiens et musulmans, loin des conflits censés les opposer depuis 2013, ont décidé de reconstruire ensemble leurs maisons. Sur place, les traces des violences passées sont pourtant encore visibles : beaucoup d’habitants, qui ont fui à l’époque, ne sont toujours pas rentrés et, malgré les bonnes volontés réconciliatrices, la plupart des maisons sont encore en ruines,désormais envahies par les hautes herbes.

Les «événements», comme on désigne pudiquement à Bangui la crise sanglante de 2013-2014, s’insinuent souvent à l’arrière-plan de ces courts métrages. Celui de Tanguy Djaka évoque ainsi l’errance d’un jeune combattant démobilisé qui peine à trouver son destin dans ce pays, oscillant toujours entre guerre et paix, plombé par la misère. «J’ai eu du mal à le convaincre, il était très nerveux, en colère, même pendant le tournage», confesse Tanguy. Alors qu’à Bangui, tous les cinémas sont désormais fermés, le jeune réalisateur avait prévu, fin novembre, d’organiser une projection en plein air dans un quartier populaire. Au dernier moment, elle sera annulée en raison d’un nouveau regain de tensions dans une zone voisine.

Reste qu’à travers ces petites lucarnes de la vie quotidienne en République centrafricaine, s’esquisse aussi un autre pays qui sait faire preuve de résistance et d’une énergie insolente, comme le soulignent les deux films consacrés aux femmes commerçantes, réalisées par Bertille Ndeysseit et Marlyse Yotomane. Acculées à la survie, ces véritables combattantes évoluent dans un monde où les hommes, «ces fainéants» peste l’une d’elle, sont singulièrement absents.

Est-ce un hasard ? Marlyse et Bertille, tout comme Leila, se révèlent farouchement attachées à leur indépendance. Elles ne cachent pas une certaine méfiance vis-à-vis des hommes, «ces casse-tête», persifle Leila. «Eux qui, dès l’adolescence, insistent si souvent pour que tu leur prouves ton amour en tombant enceinte», s’indigne Bertille. «Je préfère être seule plutôt que de quémander de quoi vivre à un homme», renchérit Marlyse, veuve récente d’un médecin et qui élève, désormais seule, ses trois enfants.

Vocations. L’argent est une obsession quotidienne dans ce pays démuni. Une hantise qu’on retrouve d’ailleurs dans tous ces courts métrages. Il y a pourtant aussi des rires qui fusent dans ce monde sans pitié. Comme dans le premier court de Leila, consacré à la section des femmes d’un hôpital de Bangui, sélectionné cette année dans deux festivals au Maroc et en Suisse. Mbi Na Mo («Toi et moi»), le documentaire très tendre de Rafiki Fabiala, qui suit un très jeune couple dans l’attente de son premier bébé, a lui été sélectionné au prochain Fipadoc qui se déroulera fin janvier à Biarritz. Encore étudiant, mais déjà connu comme une star du slam local, Rafiki a découvert que «le cinéma est plus fort que la musique pour faire passer un message», dit-il.

A Bangui, des vocations sont ainsi nées ou se sont confirmées. «Cette aventure humaine tient un peu du miracle», rappelle Boris Lojkine. Le 28 janvier, «les Varans» seront à l’honneur au cinéma le Louxor, à Paris, où leurs courts métrages feront l’objet d’une projection spéciale.

Maria Malagardis (à Bangui)

 

«Camille», bande originale à Bangui

 

Par Maria Malagardis Envoyée spéciale à Bangui (République centrafricaine) — 11 janvier 2019 à 17:10

 

Fin novembre s’achevait en République centrafricaine le tournage d’un film inspiré de la mort, en 2014, de la photoreporter Camille Lepage. Son réalisateur, Boris Lojkine, s’est entouré de locaux formés pour l’occasion et a tourné sur les lieux de la disparition de la jeune femme, encore hantés par les déchirures du pays. Une expérience vécue par tous entre deuil et exutoire.

 «Les morts, vous pouvez ouvrir les yeux», lance une voix à la cantonade. Ils s’exécutent aussitôt. Christian s’étire lui aussi. Ne peut s’empêcher de faire une grimace ironique face à cette situation incongrue : des figurants jouant de faux cadavres, si près des vrais. Ceux qui reposent dans les salles adjacentes du couloir de cette morgue, à Bangui, capitale de la République centrafricaine. Dans l’immédiat, il faut bien interrompre le tournage : la chambre froide est tombée en panne. Un appel à la radio nationale vient de demander aux proches des défunts de venir d’urgence récupérer les corps, les vrais. Dans la chaleur moite et poisseuse de cette fin de matinée, des familles affluent soudain, trop préoccupées pour s’intéresser aux projecteurs et caméras qui encombrent le couloir. «Mais qu’est ce qu’on va faire du corps, alors qu’on n’a pas encore l’argent pour l’enterrement ?», se lamente, affolée, une jeune femme, avant d’ajouter : «La mort, tu ne t’y prépares jamais.» Les faux cadavres le savent bien. Eux aussi rejouaient un drame réel, un rendez-vous inattendu avec la mort. Celui qui s’est déroulé le 5 décembre 2013. Une journée d’horreur, restée dans toutes les mémoires de ce pays déchiré.

Improvisation

A l’époque, Bangui se trouve sous la coupe de la Seleka, une rébellion hétéroclite venue du nord musulman. Indisciplinées, les troupes commettent de nombreuses exactions. La communauté internationale s’inquiète, la France se prépare à intervenir. Quand soudain, des milices d’autodéfense chrétiennes, les anti-balaka, prennent d’assaut la ville. S’en suivra une orgie sanguinaire sans précédent. Même dans un pays habitué aux mutineries et coups d’Etats. Mutilations, viols, pillages… Bangui s’embrase dans une ivresse de meurtres et de destructions. Ce 5 décembre, justement, un groupe de journalistes français s’était rendu dans cette morgue pour évaluer l’ampleur du désastre. Parmi eux, Camille Lepage, une photoreporter française, récemment installée dans le pays. Cinq ans plus tard, en cette fin novembre, elle a le visage de l’actrice Nina Meurisse dans le deuxième long métrage de Boris Lojkine, qui retrace ce destin tragique.

L’histoire est désormais connue : quelques mois plus tard, Camille partira avec une de ces milices anti-balaka en province, dans cet immense et imprévisible «arrière-pays», comme on appelle le territoire grand comme la France et la Belgique réunies, auquel Bangui est adossé. Le 11 ou le 12 mai 2014, le groupe, qui circule à motos, tombe dans une embuscade sur une route isolée. A 26 ans, Camille meurt dans des circonstances encore mal élucidées. Sa courte vie reflète néanmoins un engagement, et la rencontre entre une jeune femme venue d’Angers et un pays emporté par un torrent de violences. C’est ce drame, et plus encore cette confrontation entre deux mondes, qu’évoque le film de Boris Lojkine, déjà remarqué avec Hope, sorti en 2015, qui narrait le destin de migrants africains en route vers l’Europe à la manière d’un documentaire, avec des acteurs amateurs filmés sur les lieux mêmes de leur traversée.

Cette fois-ci encore, le pari était donc de tourner sur place, à Bangui, alors même que la situation, cinq ans plus tard, y demeure volatile. Moins meurtrière peut-être, mais toujours violente, instable, fragile. «Avec un petit budget, une équipe resserrée, consciente du challenge : venir passer deux mois dans un pays imprévisible. Certains ont accepté avec enthousiasme, d’autres se sont désistés, jusqu’au dernier moment», précise le cinéaste alors que le tournage touche à sa fin. Il y aura donc Antonin, Bojina, Elin, «JB», Pierre, Jan, Marco, Hélène, Xavier, tous «tentés par l’aventure». Et aussi une poignée d’acteurs professionnels, une première pour Boris Lojkine : outre Nina Meurisse, sont présents Bruno Todeschini, Grégoire Colin et Augustin Legrand. Lesquels seront parfois décontenancés par l’improvisation souvent exigée par le cinéaste qui, au dernier moment, va décider d’intégrer à son équipe des jeunes Centrafricains plus ou moins néophytes.

Parmi eux, Christian, le faux cadavre de la morgue, qui sera également machiniste sur le tournage. Mais aussi Tanguy, Elvis, Bertille, Leila, Marlyse, Rafiki… Ils seront dix en tout à inscrire leurs noms au générique. A la fois assistants et acteurs, selon les besoins. «Après coup, je me rends compte que je n’aurais jamais pu faire le film sans eux, reconnaît Boris Lojkine. Mais au départ, ce n’était pas prévu. L’idée, c’était juste de proposer une formation, avec des courts métrages à la clé, à des jeunes de Bangui. Histoire d’offrir quelque chose en retour à ce pays où il n’y a pas d’industrie du cinéma», rappelle ce cinéaste de 49 ans, lui-même autodidacte, qui dans une vie précédente a été pendant dix ans prof de philosophie.

A Bangui, le projet de formation enthousiasme tout de suite Olivier Colin, le directeur de l’Alliance française, qui sera un rouage indispensable dans toute la genèse du film. A Paris, Lojkine sollicite l’aide des Ateliers Varan, institution réputée pour ses formations exigeantes au documentaire (lire page 31).

«Pendant ce stage de deux mois, on s’est vite senti très proches. Leur participation au tournage s’est imposée comme une évidence»,explique Lojkine, assis ce matin-là sur la véranda de l’hôtel Oubangui où loge l’équipe. C’est à peine s’il remarque, sur les canapés voisins, les hommes aux biceps recouverts de tatouages gothiques qui conversent en russe. Un peu plus loin, quatre Polonais aux crânes rasés cherchent à se rendre dans une mystérieuse mine de diamants au centre du pays. Personne ne semble s’émouvoir lorsqu’un serveur évoque des tirs à l’aube dans l’enclave musulmane du quartier de PK5. Malgré sa vue féerique sur les rives du fleuve éponyme, l’Oubangui s’offre d’emblée comme un monde incertain où cohabitent des mercenaires russes - Moscou étant le nouvel allié du régime -, des diamantaires polonais et une équipe de tournage immergée dans une réalité où le passé revient sans cesse en boomerang hanter le moindre décor. Plane comme une ombre dans le regard des figurants et des assistants centrafricains associés au film.

Retenir ses larmes

Dans le quartier Socoda, un bâtiment en ruines sert de décor pour reconstituer la destruction d’une mosquée de la ville, que les photos de Camille ont immortalisé. La maison appartient à Yvette, jolie quadragénaire vêtue d’une robe au gris fané. «Notre maison a été détruite bien avant les derniers événements, explique-t-elle. Lors de la prise du pouvoir du président Bozizé en 2003.» Dix ans plus tard, il sera lui-même renversé par la Seleka. Un malheur en chasse l’autre en Centrafrique. «Ce qui ne change pas, c’est la misère»,lâche Yvette, qui dort à même le sol avec une vingtaine de ses proches dans le dernier petit réduit de la demeure familiale encore recouverte d’un toit.

Le mari d’Yvette est mort pendant la dernière crise, «tué par la Seleka».Elle l’évoque en passant, comme une fatalité, tout en observant la scène de carnage qui s’improvise dans ce qui reste de sa maison. Des jeunes font tomber des tôles en hurlant, un feu brûle. Le vacarme attire de nombreux badauds, visiblement ébahis de revivre ces scènes si familières. Un graffiti a été rajouté sur un mur, un de ceux que l’on voyait beaucoup à l’époque : «On ne veut plus des misilmans» (sic). Christian a soudain du mal à retenir ses larmes. Contrairement à ce que peut suggérer son prénom, il est musulman lui aussi. Fils d’un imam, vite perçu comme un «traître» par la Seleka, car réticent à faire allégeance aux rebelles après leur prise du pouvoir. Avec sa famille, le jeune homme a dû fuir Bangui, bien avant les événements de décembre 2013. Réfugié de l’autre côté du fleuve, en république démocratique du Congo (RDC), Christian a pourtant su comment, à partir du 5 décembre, toute la minorité musulmane a été pourchassée, stigmatisée, identifiée collectivement à la Seleka par les miliciens anti-balaka. «Ils décapitaient même les cadavres, leur coupaient le sexe et le brandissaient en trophée»,se souvient Rafiki qui, bien que chrétien, sera lui aussi attaqué par les anti-balaka en septembre 2016. «Ils ont tiré trois fois sur moi et m’ont laissé pour mort», précise le jeune homme, second assistant-réalisateur sur le tournage, qui vivait, à cette époque, chez un commandant de la gendarmerie auquel les miliciens vont reprocher d’avoir arrêté un de leurs chefs. Touchée par l’émotion de Christian, Bertille soupire : «Tant de mosquées ont été détruites comme ça… La dernière, il y a seulement six mois lors d’une nouvelle poussée de violence, rappelle la jeune femme de 24 ans, qui affiche un look de garçon manqué et assiste «JB» sur la lumière pendant le tournage. Dans ma famille, on m’a toujours appris à ne compter que sur moi. Mais pendant la crise, tous les chrétiens ont quitté mon quartier à PK5. Je suis restée et ce sont mes voisins musulmans, avec lesquels j’ai grandi, qui m’ont protégée. Musulmans, chrétiens. Tout ça, ce sont des manipulations politiques…»,lâche-t-elle, désabusée. «Nina, s’il te plaît, regarde vraiment ce que tu es censée photographier», exige au même moment une voix dans le mégaphone s’adressant à l’actrice qui joue Camille.

Epoque bénie

Que retient-on d’un conflit ? Un cliché qui montre l’horreur ? Les photographes présents sur place se sont souvent posés la question, se sont parfois autocensurés. Le scénario évoque ces interrogations qui ont donné lieu à d’interminables discussions chez Freddy où logeaient, à l’époque, la plupart des journalistes français présents sur place. Freddy est, encore aujourd’hui, une personnalité locale. Un ancien militaire à la retraite, propriétaire du Relais des chasses, hôtel-restaurant bien connu en ville. Dans le film, c’est Olivier Colin, le directeur de l’Alliance française qui tient, plus ou moins, le rôle dévolu à Freddy. Le tournage de ces scènes-là aura lieu dans un restaurant voisin : l’Equateur, ouvert il y a bien longtemps par une ancienne «claudette», l’une des danseuses de Claude François dans les années 70. Jean-Michel et Jackie, couple franco-centrafricain qui l’a racheté en 2009, évoquent avec nostalgie l’époque bénie où la paix régnait en ville. En 2012, ils ont même ouvert sur les bords du fleuve un dancing, très fréquenté le week-end, le Bangui Plage. Entièrement pillé et détruit un an plus tard, à l’arrivée de la Seleka dans la capitale. Le couple passe alors une semaine terré au premier étage du restaurant. «Allongés par terre à chaque fois que ça tirait», se souvient Jean-Michel, originaire de Besançon, qui a mal vécu «l’abandon total de l’ambassade de France» à l’époque.

Un peu plus loin, Elvis observe, le visage crispé, le tournage de la scène où des journalistes français suivent à la télé l’intervention de François Hollande annonçant l’envoi de troupes en Centrafrique. «Ça me fait mal de revoir ça,confie l’assistant accessoiriste. Je me souviens bien de ce discours télévisé. Ce soir-là j’avais eu les larmes aux yeux, il y avait un tel espoir ! Mais les militaires français sont repartis au bout de deux ans, sans rien régler. En dehors de Bangui, le pays est toujours sous la coupe des chefs de guerre. Et même ici, en ville, on sent cette colère latente qui peut ressurgir à tout moment», murmure Elvis.

En face de l’Equateur, l’ancien cinéma le Club, avec son écran panoramique, a été reconverti en église évangéliste. La quête de Dieu est omniprésente à Bangui. Devant la porte, Mario, le pasteur d’origine mozambicaine, déplore«la perte des valeurs qui a instillé le poison de la division». Surgit soudain Christian qui le salue chaleureusement. «Le père Mario m’a beaucoup conseillé pour le court métrage que j’ai réalisé, après ma formation, sur les enfants des rues. Il les connaît bien !» explique le jeune homme. Les «godobe», comme on les appelle à Bangui, sont nombreux à traîner aux alentours de L’Eglise du Christ universelle où le père Mario officie. «Ce film, c’est une bonne chose. Le cinéma est une aventure collective», énonce solennellement le pasteur, les yeux tournés vers le ciel qui vire à l’orange flamboyant, juste avant que la nuit ne tombe comme un rideau.

Ce soir-là, le fantôme de Camille plane à nouveau comme une ombre. «Il m’a fallu entrer dans cette histoire pour me rendre compte combien cette fille était forte, dotée d’une véritable empathie pour les gens d’ici»,confesse Fiacre, 25 ans. Il joue le rôle de Cyril, l’étudiant tourmenté, ami de Camille dans le film. Un personnage en réalité imaginé pour les besoins du scénario. Repéré lors d’un match de foot en ville, Fiacre n’avait jamais songé à participer à un film. Lui, plutôt méfiant, facilement désabusé face à la situation dans son pays, ce chaos persistant «dont tant de gens profitent», s’est finalement pris au jeu. «Quand je vois Fiacre. Cette colère qu’il montre dans certaines scènes. Il ne mime pas, il exprime ce qu’on a tous ressenti à un moment ou un autre», note Christian.

Gaieté insubmersible

La hantise du passé est pourtant loin d’être le seul ressort qui anime les jeunes pousses centrafricaines, propulsées dans une fiction dont le tournage n’aura duré qu’une saison. Sans leur énergie farouche, leur gaieté insubmersible, l’épilogue de l’aventure en question aurait d’ailleurs été bien amer. Que peut-il rester en effet de cette rencontre entre deux mondes dans un pays aussi instable ? Il y a pourtant ce lien, presque un pacte, qui les soude désormais : «Au sein du groupe centrafricain, on est devenu très complices, très proches. On veut continuer à faire des films. Et on va s’entraider, se soutenir»,assure Bertille.

En Centrafrique, il existe une formule typique quand on se salue : «On est ensemble». Elle est d’ailleurs évoquée dans une scène du film, lorsque Cyril (Fiacre) explique à Camille : «Ça veut dire qu’on se soutient, qu’on ne se lâchera pas.» A l’image de ce que professe ce groupe réuni lors du tournage. Aucun d’eux n’a connu Camille Lepage. Mais à la faveur du film qui lui est consacré, tous ont une certitude, quand bien même ce ne serait là qu’un idéal dans ce pays démuni : le cinéma fait désormais partie de leurs vies.

Maria Malagardis Envoyée spéciale à Bangui (République centrafricaine)

 

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 00:21
Journalistés tués en Centrafrique: la Russie dément tout lien

 

Par  Le Figaro.fr avec AFP  Mis à jour le 11/01/2019 à 17:51

 

Les autorités russes ont rejeté aujourd'hui les conclusions d'une enquête liant l'assassinat en Centrafrique de trois journalistes russes avec le groupe paramilitaire Wagner sur lesquels ils enquêtaient et son financier proche du Kremlin, assurant qu'ils avaient été victimes de bandits.

Le reporter de guerre Orkhan Djemal, le documentariste Alexandre Rastorgouïev et le caméraman Kirill Radtchenko ont été tués en juillet dernier par des hommes armés dans le nord de la Centrafrique. Financés par un média appartenant à l'opposant au Kremlin et oligarque en exil Mikhaïl Khodorkovski, ils enquêtaient sur les activités de mercenaires russes en Centrafrique, notamment le groupe Wagner, qui s'est surtout fait connaître en Syrie.

Les trois hommes ont été abattus par un «groupe d'hommes à la peau noire et parlant arabe» qui voulait les dépouiller et auquel ils ont résisté, a indiqué le Comité d'enquête russe, chargé des principales affaires, dans un communiqué, reprenant la version avancée depuis le départ par les autorités russes. Jeudi, une enquête du média «Dossier», également financé par Mikhaïl Khodorkovski, a soutenu que les trois hommes étaient suivis par un gendarme centrafricain en relation avec des Russes liés à un homme d'affaires réputé être le financier de Wagner ainsi qu'avec le conseiller militaire russe de la présidence centrafricaine.

Selon cette enquête, le chauffeur centrafricain des reporters, présent lors de leur mort, utilisait par ailleurs un faux nom et transmettait des informations au gendarme chargé de les suivre, a précisé Maxime Dbar, l'attaché de presse de Mikhaïl Khodorkovski. Ce chauffeur, poursuit cette source, leur avait été recommandé par un journaliste membre d'un média détenu par Evguéni Prigojine, un homme d'affaires proche du Kremlin qui financerait, selon des médias, le groupe de mercenaires Wagner.

Le Comité d'enquête a qualifié ces conclusions de tentative pour «justifier» l'envoi de reporters «sans protection» dans une zone particulièrement dangereuse. Depuis leur mort, officiels russes et médias pro-gouvernementaux ont remis en question le professionnalisme et la préparation des trois journalistes.

La Russie dispose officiellement d'instructeurs civils en Centrafrique, où elle exerce depuis quelques mois une influence grandissante. Des soldats centrafricains sont notamment formés par Moscou dans l'immense palais de Berengo, à 60 km à l'ouest de la capitale Bangui, une bâtisse où vivait Jean-Bedel Bokassa, président puis empereur de 1966 à 1979. Selon des sources occidentales, ces instructeurs, dont le nombre est sous-estimé, seraient des mercenaires étroitement liés à des sociétés minières russes. Vladimir Poutine a reconnu en décembre l'existence de mercenaires et affirmé qu'ils avaient "le droit de travailler" à l'étranger tant qu'ils respectaient la loi russe.

 

Moscou dément tout lien avec le groupe Wagner dans le meurtre des trois journalistes en Centrafrique

 

Journalistés tués en Centrafrique: la Russie dément tout lien
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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 00:09
COMMUNIQUE DE PRESSE DU MLPC

Bureau Politique

           -

Porte – parole

BP/PP/CP/_n°002_/19

 

 

Communiqué de Presse

 

           22 Février 1979- 22 Février 2019 voilà 40 ans que le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) a vu le jour.

40 ans de lutte  politique…

         Parti d’avant-garde, le MLPC s’est battu pour le retour à la république et la  démocratie en République Centrafricaine.

          Le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), résolument engagé contre l’Oppression des Hommes et la domination des Peuples a toujours œuvré aux côté  des Forces  Vives de la Nation poursuivant les mêmes objectifs.

          A l’occasion de ce 40ème Anniversaires de la création, le président du MLPC, Martin ZIGUELE convoque par décision en session ordinaire, le Conseil Politique National (CPN) du 19, 20 et 21 février 2019 à Bangui. Conformément aux textes du parti.

Une journée porte ouverte sera organisée à la place Marabena pour célébrer ce 40ème  anniversaire. A cet effet, le Bureau Politique  informe les conseillers politiques nationaux, les Fédérations et les Sous Fédérations, à se mobiliser pour cet évènement.

                                                                                                                                                                                                              Porte-parole

                                                                             Aimé Dounda   

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 23:14
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari
Centrafrique: appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari

 

11/01/2019  AFP

Deux avions de chasse français venus du Tchad ont survolé vendredi Bambari, apportant un appui aérien à la force de l'ONU qui tente de reprendre le contrôle de cette ville du centre de la République centrafricaine en proie à des attaques d'un groupe rebelle, a déclaré l'armée française.

Deux Mirage 2000 français ont effectué vendredi à Bambari un "show of force" - un passage à très basse altitude -, a dit à l'AFP le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger.

"Il y a eu une opération au sol de la Minusca (la mission armée de l'ONU en Centrafrique) sur Bambari pour en reprendre le contrôle" et "nous avons apporté un appui aérien", précise le colonel Steiger.

Depuis jeudi, cette ville de plus de 40.000 habitants est le théâtre d'attaques impliquant le groupe rebelle de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Darass.

L'opération des Casques bleus lancée jeudi a permis "la destruction de moyens létaux et le démantèlement de barricades contrôlées par l'UPC", a indiqué vendredi un communiqué de la Minusca. De nouveaux combats ont eu lieu vendredi matin à Bambari, selon une source onusienne.

Le gouvernement avait pourtant annoncé la veille sur les réseaux sociaux que la ville avait été "libérée par les forces conjointes" de l'armée centrafricaine et de la Minusca.

Les affrontements à Bambari ont causé la mort de deux policiers jeudi, selon le porte-parole du gouvernement centrafricain Ange-Maxime Kazagui.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF), qui avait pris en charge trente "blessés par balles" jeudi, a dit avoir admis cinq blessés supplémentaires à l'hôpital vendredi, dont un est décédé.

Un bilan plus lourd a été évoqué dans la presse locale.

Depuis la mi-2018, des membres de groupes armés tentent de revenir dans Bambari, ville considérée comme stratégique par sa position géographique et riche en ressources.

La Centrafrique est ravagée par des combats entre des groupes armés qui se battent pour le contrôle des territoires et leurs ressources. Impuissant, l'Etat n'a de contrôle que sur une maigre partie du pays.

La France, ex-puissance coloniale, était intervenue entre 2013 et 2016 pour faire cesser les violences de la coalition rebelle de la Séléka et les représailles des milices antibalaka adverses.

L'intervention des avions français est relativement rare.

 

 

NDLR : Avec le criminel d'Ali Darass et ses bandits sanguinaires, les "show of force" aérien des Mirage seuls ne suffisent point. Il faut des frappes aériennes en bonne et due forme afin de les mettre hors d'état de nuire  pour que les préfectures de la Ouaka, la Basse-Kotto, la Haute-Kotto et le Mbomou puissent retrouver un peu de quiétude. Il faut neutraliser ces assassins hors la loi ou les capturer pour les remettre à la Cour pénale.

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 20:08

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

LA MINUSCA POURSUIT A BAMBARI L’OPERATION CONTRE DES ELEMENTS ARMES DE L’UPC

 

Bangui, 11 janvier 2019 – Depuis le jeudi 10 janvier, la MINUSCA mène, en étroite coordination avec les forces de défense et de sécurité centrafricaines, une opération destinée à rétablir l’ordre et le calme dans la ville de Bambari (centre de la République centrafricaine) en réponse aux provocations continues du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC), notamment des tirs à l’arme lourde en direction du centre de la ville et contre des casques bleus. L’opération baptisée “Bambari sans groupes armés”, a déjà permis la destruction de moyens léthaux et le démantèlement de barricades contrôlées par l’UPC.

 

La MINUSCA dénonce toute forme de violence contre les populations civiles et condamne fermement les incidents causés par l’UPC à Bambari. Ces violences surviennent au moment où la République centrafricaine s’engage résolument vers une résolution pacifique de la crise, avec l’annonce par le Chef de l’Etat de l’ouverture officielle des pourparlers de paix, le 24 janvier prochain à Khartoum, sous l’égide de l’Union africaine (UA) et avec l’appui des Nations Unies.

 

La MINUSCA appelle les auteurs des violences à placer l’intérêt de la Nation au-dessus de toute autre considération et à s’inscrire dès à présent dans le processus de dialogue. La MINUSCA précise que la force de la loi sera opposée à tous ceux qui œuvrent contre la paix. La Mission tient à porter à leur connaissance qu’ils répondront tôt ou tard de leurs actes devant les juridictions nationales ou internationales.

 

La MINUSCA invite toutes les communautés de Bambari et environs à ne pas céder à la panique et aux manipulations. Elle réaffirme sa détermination à continuer à travailler étroitement avec les forces de défense et de sécurité afin de ramener le calme dans la ville. Elle appelle la population à rallier le processus de dialogue afin de rompre définitivement le cercle vicieux de la violence.

 

 

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic

Vladimir Monteiro

Spokesperson/Porte-parole

MINUSCA - Avenue Barthélemy Boganda BP 3338 Bangui, Central African Republic

Cellphone: + 236 75980772 (also WhatsApp) - 72259932 | Extension : (173) 5545/5506 | Tetra : 10874

E-mail: monteiro6@un.org | Skype : Vladimir.Monteiro4 | Twitter : @MonteVlad

https:// minusca.unmissions.org

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 18:31
RDC: Fayulu revendique la victoire à la présidentielle avec 61% des voix

 

 

Par RFI Publié le 11-01-2019 Modifié le 11-01-2019 à 17:47

 

En RDC, l'opposant Martin Fayulu conteste sa défaite à la présidentielle du 30 décembre dernier. Ce dernier revendique la victoire avec 61% des suffrages et a l'intention de saisir samedi la Cour constitutionnelle pour exiger le recomptage des voix. Jeudi, la Céni a proclamé vainqueur Félix Tshisekedi avec 38,5% des voix, devant Martin Fayulu qui lui ne recueillerait que moins de 35%.

 

« Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle » pour exiger « le recomptage des voix », a déclaré ce vendredi Martin Fayulu lors d'un meeting devant ses partisans au siège fédéral du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’opposant Jean-Pierre Bemba, à Kinshasa.

Le camp de Martin Fayulu a par ailleurs revendiqué la victoire avec 61% des suffrages du scrutin du 30 décembre. Il déposera une plainte pour fraude devant la Cour constitutionnelle a-t-il précisé.

« Est-ce que le peuple congolais acceptera de se faire voler la victoire ? Je vous dis levez-vous ! Tenez-vous débout, enfants du Congo. Ouvrez vos yeux ! Nous allons commencer par la Cour Constitutionnelle pour introduire notre dossier de recours. Nous allons leur demander de compter tous les bulletins, l’un après l’autre. Vous m’entendez ? Vous m’entendez ? Nous sommes les enfants de Dieu. Que personne ne vous fasse peur. Nous irons à la Cour constitutionnelle samedi. samedi, nous serons à la Cour constitutionnelle. A partir de 9 heures, soyez-là déjà » a annoncé Martin Fayulu.

« Nous allons demander au président de la Commission électorale (Céni), Corneille Nangaa, de produire les procès-verbaux des bureaux de vote devant les témoins et observateurs internationaux et congolais de l'élection », a-t-il insisté.

Les candidats disposent de 48 heures après la proclamation des résultats pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle qui a ensuite huit jours pour l'examiner.

La Céni a proclamé jeudi Félix Tshisekedi, chef du parti historique de l'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), gagnant de la présidentielle avec 38,57% des voix, devant Martin Fayulu (34,8%). Le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, ex-ministre de l'Intérieur et « dauphin » du président sortant Joseph Kabila, est arrivé troisième (23,8%).


► 18 personnes tuées depuis la proclamation des résultats provisoires

Selon les informations recueillies par RFI d'une source onusienne, au moins douze personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans la province du Kwilu, à Kikwit, fief de l'opposant Martin Fayulu. D'autres morts ont été dénombrés par l'ONU, deux à Kinshasa, la capitale et un à Kamonia dans la province du Kasai. Trois autres personnes sont mortes à Tshikapa dans des manifestations de soutien au président proclamé Félix Tshisekedi. De son côté, la police a dénombré 5 morts, tous des civils, pour la journée de jeudi. Le porte-parole de la police, le commandant Pierrot Mwanamputu, assure qu'aucun policier n'a été tué.
 

Election de Tshisekedi: à Bruxelles, la surprise de la diaspora congolaise

 

Par Sabine Cessou Publié le 11-01-2019 Modifié le 11-01-2019 à 10:51

 

La victoire de Félix Tshisekedi à la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) a surpris aussi en Belgique, dans la diaspora congolaise. Cette communauté, forte d’environ 90 000 personnes, Belges d’origine congolaise inclus, a abondamment commenté les résultats de cette élection tant attendue, à laquelle elle n’a pas pu participer.

« Quand on a appris que Félix Tshisekedi partait à des négociations avant l’annonce des résultats, on savait déjà que c’était fichu »... Jean Bofane, écrivain congolais, ne prend pas de gants pour commenter le résultat surprise de la présidentielle. Il reprend le thème de son premier roman, Mathématiques congolaises, pour marquer sa très relative surprise.

« Après un scrutin, que peut- on négocier ?, s’interroge-t-il. Les résultats des urnes ? Il y a toujours de nouveaux concepts au Congo ! Ce ne sont plus des mathématiques, mais comme elles sont congolaises, c’est OK ! ». Très critique à l’égard de Félix Tshisekedi, dans lequel il voit « le candidat le plus à même d’accepter n’importe quoi », l’écrivain s’inquiète des termes de l’accord qui l’aurait porté au pouvoir.

Comme un roi des Belges, mais au Congo

« Si les postes régaliens lui échappent, l’Armée, la Sécurité, la Justice et les Affaires étrangères, il ne détiendra pas les clés du pays. Il sera comme un roi des Belges, mais au Congo ! Il va signer des documents et puis c’est tout… Sans plus. » Jean Bofane n’est pas le seul à faire un parallèle entre la RDC et son ancienne métropole coloniale, la Belgique, en évoquant le livre de l’historien David Van Reybrouck, Contre les élections, sur ces scrutins au suffrage universel « qui ne fonctionnent plus nulle part ».

Monique Mbeka Phoba, cinéaste congolaise installée depuis de longues années à Bruxelles, voit dans la victoire de Félix Tshisekedi celle du « népotisme », avec des « fils de » au pouvoir comme Joseph Kabila, mais aussi Faure Gnassingbè au Togo ou Ali Bongo au Gabon. « Cette génération montre à quel point tout le monde est perdu », estime-t-elle. La Belgique n’est pas en reste, explique la cinéaste, citant un article du Vif Express, puisque les bourgmestres, les députés et les politiciens le sont aussi de père en fils en Belgique.

Sinon, l’élection en elle-même lui était indifférente. « Entre le postier qu’a été Félix Tshisekedi en Belgique et Martin Fayulu, l’homme qui a travaillé pour les Américains et qui était peut-être plus aimé par les Occidentaux, je ne pouvais m’approprier aucun candidat », dit-elle. Seul point positif à ses yeux : « Le fait que ça bouge malgré tout, comme en Angola, un pays où l’on pensait que la situation se coagulerait encore des décennies. Les comptes commencent à se régler à Luanda et les enfants Dos Santos ne peuvent pas revenir au pouvoir par la fenêtre ».

Vrai ou faux changement ?

C’est exactement cette expression qui revient sous la plume de Baudouin Wetshi Amba, rédacteur en chef du site d’informations Congo Indépendant, fondé en 2003 à Bruxelles. Il décrypte en ces termes le résultat de l’élection dans un éditorial : « On ne peut qu’espérer que les "résultats provisoires" publiés ce matin par la Céni procèdent effectivement de la "vérité des urnes" et non d’un "deal politique" dont le but est de permettre à Kabila et ses oligarques – arrogants et incompétents – de sortir par la porte pour mieux revenir par la fenêtre ».

Il précise sa pensée, joint par téléphone : « Les Congolais veulent le changement, mais un changement qui ne soit pas seulement cosmétique, afin de tourner la page du système Kabila. Or, on sent bien qu’il y a eu un arrangement, et que Kabila a choisi le moins "méchant", le plus conciliant ». Il en veut pour preuve les premières déclarations du vainqueur, qui ont rendu hommage au président sortant.

« Le pays a connu des épisodes de protestation en décembre 2017, janvier et février 2018 avec une répression féroce qui a fait des morts, rappelle Baudouin Wetshi Amba. Rossy Mukendi et Thérèse Deshade Kapangala sont tombés, comme de nombreux autres. Beaucoup ont tressailli en entendant Félix Tshisekedi devenir amnésique. J’ai été troublé aussi ».

Dans les cafés congolais du quartier africain de Matonge, à Bruxelles, le son de cloche est différent. La joie prévaut, chez les amis de Félix Tshisekedi, qui parlent déjà de prendre l’avion pour rentrer à Kinshasa, s’empoignant verbalement avec ceux qui protestent contre une « manipulation ». Quels sont les termes de l’accord passé avec Kabila ? Qui va contrôler l’armée et la garde présidentielle ?

« Kabila savait que s’il imposait son dauphin, ce serait le chaos, et il a été bien avisé : tout président sortant doit négocier son départ et assurer ses arrières », explique un proche de Félix Tshisekedi. Il n’est pas le seul à apprécier le fait qu’une alternance prévale enfin, pour la première fois en RDC. « Si les gens étaient vraiment derrière Fayulu, ils seraient dans la rue pour protester. Or, il n’y a personne ! », poursuit-il. La fin de l’ère Kabila est fêtée à Bruxelles, mais avec retenue. Et pour cause : l’homme fort de la RDC n’est pas encore parti, puisqu’une partie du pays doit encore voter au mois de mars.

 

Reportage à Matongé, à Bruxelles de Laxmi Lota

11-01-2019 - Par RFI

Dans les rues du quartier africain de Bruxelles, les Congolais ont parfois veillé toute la nuit pour attendre les résultats. Certains font la fête, d'autres sont plus mitigés...

 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 18:21

 

 

Par RFI Publié le 11-01-2019 Modifié le 11-01-2019 à 17:47

 

En RDC, l'opposant Martin Fayulu conteste sa défaite à la présidentielle du 30 décembre dernier. Ce dernier revendique la victoire avec 61% des suffrages et a l'intention de saisir samedi la Cour constitutionnelle pour exiger le recomptage des voix. Jeudi, la Céni a proclamé vainqueur Félix Tshisekedi avec 38,5% des voix, devant Martin Fayulu qui lui ne recueillerait que moins de 35%.

 

« Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle » pour exiger « le recomptage des voix », a déclaré ce vendredi Martin Fayulu lors d'un meeting devant ses partisans au siège fédéral du Mouvement de libération du Congo (MLC) de l’opposant Jean-Pierre Bemba, à Kinshasa.

Le camp de Martin Fayulu a par ailleurs revendiqué la victoire avec 61% des suffrages du scrutin du 30 décembre. Il déposera une plainte pour fraude devant la Cour constitutionnelle a-t-il précisé.

« Est-ce que le peuple congolais acceptera de se faire voler la victoire ? Je vous dis levez-vous ! Tenez-vous débout, enfants du Congo. Ouvrez vos yeux ! Nous allons commencer par la Cour Constitutionnelle pour introduire notre dossier de recours. Nous allons leur demander de compter tous les bulletins, l’un après l’autre. Vous m’entendez ? Vous m’entendez ? Nous sommes les enfants de Dieu. Que personne ne vous fasse peur. Nous irons à la Cour constitutionnelle samedi. samedi, nous serons à la Cour constitutionnelle. A partir de 9 heures, soyez-là déjà » a annoncé Martin Fayulu.

« Nous allons demander au président de la Commission électorale (Céni), Corneille Nangaa, de produire les procès-verbaux des bureaux de vote devant les témoins et observateurs internationaux et congolais de l'élection », a-t-il insisté.

Les candidats disposent de 48 heures après la proclamation des résultats pour déposer un recours devant la Cour constitutionnelle qui a ensuite huit jours pour l'examiner.

La Céni a proclamé jeudi Félix Tshisekedi, chef du parti historique de l'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), gagnant de la présidentielle avec 38,57% des voix, devant Martin Fayulu (34,8%). Le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, ex-ministre de l'Intérieur et « dauphin » du président sortant Joseph Kabila, est arrivé troisième (23,8%).


 

► 18 personnes tuées depuis la proclamation des résultats provisoires

 

Selon les informations recueillies par RFI d'une source onusienne, au moins douze personnes, dont deux policiers, ont été tuées dans la province du Kwilu, à Kikwit, fief de l'opposant Martin Fayulu. D'autres morts ont été dénombrés par l'ONU, deux à Kinshasa, la capitale et un à Kamonia dans la province du Kasai. Trois autres personnes sont mortes à Tshikapa dans des manifestations de soutien au président proclamé Félix Tshisekedi. De son côté, la police a dénombré 5 morts, tous des civils, pour la journée de jeudi. Le porte-parole de la police, le commandant Pierrot Mwanamputu, assure qu'aucun policier n'a été tué.

 

 

Felix Tshisekedi, le 18 mai 2018, lors d'une conférence de presse de l'UDPS, à Bruxelles.
 

 

Par Sabine Cessou Publié le 11-01-2019 Modifié le 11-01-2019 à 10:51

 

La victoire de Félix Tshisekedi à la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) a surpris aussi en Belgique, dans la diaspora congolaise. Cette communauté, forte d’environ 90 000 personnes, Belges d’origine congolaise inclus, a abondamment commenté les résultats de cette élection tant attendue, à laquelle elle n’a pas pu participer.

« Quand on a appris que Félix Tshisekedi partait à des négociations avant l’annonce des résultats, on savait déjà que c’était fichu »... Jean Bofane, écrivain congolais, ne prend pas de gants pour commenter le résultat surprise de la présidentielle. Il reprend le thème de son premier roman, Mathématiques congolaises, pour marquer sa très relative surprise.

« Après un scrutin, que peut- on négocier ?, s’interroge-t-il. Les résultats des urnes ? Il y a toujours de nouveaux concepts au Congo ! Ce ne sont plus des mathématiques, mais comme elles sont congolaises, c’est OK ! ». Très critique à l’égard de Félix Tshisekedi, dans lequel il voit « le candidat le plus à même d’accepter n’importe quoi », l’écrivain s’inquiète des termes de l’accord qui l’aurait porté au pouvoir.

Comme un roi des Belges, mais au Congo

« Si les postes régaliens lui échappent, l’Armée, la Sécurité, la Justice et les Affaires étrangères, il ne détiendra pas les clés du pays. Il sera comme un roi des Belges, mais au Congo ! Il va signer des documents et puis c’est tout… Sans plus. » Jean Bofane n’est pas le seul à faire un parallèle entre la RDC et son ancienne métropole coloniale, la Belgique, en évoquant le livre de l’historien David Van Reybrouck, Contre les élections, sur ces scrutins au suffrage universel « qui ne fonctionnent plus nulle part ».

Monique Mbeka Phoba, cinéaste congolaise installée depuis de longues années à Bruxelles, voit dans la victoire de Félix Tshisekedi celle du « népotisme », avec des « fils de » au pouvoir comme Joseph Kabila, mais aussi Faure Gnassingbè au Togo ou Ali Bongo au Gabon. « Cette génération montre à quel point tout le monde est perdu », estime-t-elle. La Belgique n’est pas en reste, explique la cinéaste, citant un article du Vif Express, puisque les bourgmestres, les députés et les politiciens le sont aussi de père en fils en Belgique.

Sinon, l’élection en elle-même lui était indifférente. « Entre le postier qu’a été Félix Tshisekedi en Belgique et Martin Fayulu, l’homme qui a travaillé pour les Américains et qui était peut-être plus aimé par les Occidentaux, je ne pouvais m’approprier aucun candidat », dit-elle. Seul point positif à ses yeux : « Le fait que ça bouge malgré tout, comme en Angola, un pays où l’on pensait que la situation se coagulerait encore des décennies. Les comptes commencent à se régler à Luanda et les enfants Dos Santos ne peuvent pas revenir au pouvoir par la fenêtre ».

Vrai ou faux changement ?

C’est exactement cette expression qui revient sous la plume de Baudouin Wetshi Amba, rédacteur en chef du site d’informations Congo Indépendant, fondé en 2003 à Bruxelles. Il décrypte en ces termes le résultat de l’élection dans un éditorial : « On ne peut qu’espérer que les "résultats provisoires" publiés ce matin par la Céni procèdent effectivement de la "vérité des urnes" et non d’un "deal politique" dont le but est de permettre à Kabila et ses oligarques – arrogants et incompétents – de sortir par la porte pour mieux revenir par la fenêtre ».

Il précise sa pensée, joint par téléphone : « Les Congolais veulent le changement, mais un changement qui ne soit pas seulement cosmétique, afin de tourner la page du système Kabila. Or, on sent bien qu’il y a eu un arrangement, et que Kabila a choisi le moins "méchant", le plus conciliant ». Il en veut pour preuve les premières déclarations du vainqueur, qui ont rendu hommage au président sortant.

« Le pays a connu des épisodes de protestation en décembre 2017, janvier et février 2018 avec une répression féroce qui a fait des morts, rappelle Baudouin Wetshi Amba. Rossy Mukendi et Thérèse Deshade Kapangala sont tombés, comme de nombreux autres. Beaucoup ont tressailli en entendant Félix Tshisekedi devenir amnésique. J’ai été troublé aussi ».

Dans les cafés congolais du quartier africain de Matonge, à Bruxelles, le son de cloche est différent. La joie prévaut, chez les amis de Félix Tshisekedi, qui parlent déjà de prendre l’avion pour rentrer à Kinshasa, s’empoignant verbalement avec ceux qui protestent contre une « manipulation ». Quels sont les termes de l’accord passé avec Kabila ? Qui va contrôler l’armée et la garde présidentielle ?

« Kabila savait que s’il imposait son dauphin, ce serait le chaos, et il a été bien avisé : tout président sortant doit négocier son départ et assurer ses arrières », explique un proche de Félix Tshisekedi. Il n’est pas le seul à apprécier le fait qu’une alternance prévale enfin, pour la première fois en RDC. « Si les gens étaient vraiment derrière Fayulu, ils seraient dans la rue pour protester. Or, il n’y a personne ! », poursuit-il. La fin de l’ère Kabila est fêtée à Bruxelles, mais avec retenue. Et pour cause : l’homme fort de la RDC n’est pas encore parti, puisqu’une partie du pays doit encore voter au mois de mars.

 

Reportage à Matongé, à Bruxelles de Laxmi Lota

 

11-01-2019 - Par RFI

 

Dans les rues du quartier africain de Bruxelles, les Congolais ont parfois veillé toute la nuit pour attendre les résultats. Certains font la fête, d'autres sont plus mitigés...

 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 17:37
« KANGA-BÊ » pain à base de maïs
« KANGA-BÊ » pain à base de maïs
« KANGA-BÊ » pain à base de maïs
« KANGA-BÊ » pain à base de maïs

 

DÉGUSTATION DU PAIN FABRIQUÉ A BASE DE LA FARINE DE MAÏS BAPTISÉ : « KANGA-BÊ » AU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE, DU PLAN ET DE LA COOPÉRATION.

 

Une séance de dégustation du pain fabriqué à base de la farine de maïs s’est déroulée au sein du Ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération en présence du Ministre Félix MOLOUA, son collègue de la Santé, Docteur Pierre SOMSE, le Recteur de l’Université de Bangui M. SISSA MAGALET, le personnel dudit département et quelques invités.

 

Cette recherche a été faite par l'université de Bangui pour la fabrication du pain à base de la farine de maïs.

 

Le Ministre MOLOUA a toujours mis un accent particulier sur la "consommation locale" car selon le Membre du Gouvernement, notre pays est potentiellement riche et qu'il est inconcevable que la population continue de se nourrir avec les produits de l'extérieur.

 

Il n'a pas manqué de remercier le Recteur de l'Université et le Directeur Général de HUSACA de leur contribution à la fabrication de ce nouveau produit destiné à la consommation des Centrafricains.

 

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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 17:27

 

 

https://www.radiondekeluka.org jeudi 10 janvier 2019 15:47

 

La direction de Radio Ndeke Luka et de la Fondation Hirondelle regrettent la restriction faite aux journalistes de Ndeke Luka ces derniers temps à couvrir les activités à la Présidence de la République. Sylvie Panika, directrice de Radio Ndeke Luka veut des explications pour comprendre pourquoi.

Cette réaction de Radio Ndeke Luka fait suite à un constat devenu récurrent. d'abord, Rodrigue Le Roi Benga s'est vu refuser l'entrée à la Présidence pour couvrir les activités liées à la déclaration du chef de l'Etat relative à la date et lieu du dialogue entre le gouvernement et les groupes armés.

Il n'y a pas un sans deux, la radio n'a pas été conviée pour l'enregistrement du discours à la nation du chef de l'Etat. Mieux l'instruction serait donnée par les journalistes des médias d'Etat à coopérer avec Radio Ndeke Luka en donnant les éléments sonores.

Selon les responsables de Radio Centrafrique "Nous avons reçu les instructions fermes de ne pas partager et donner ces éléments à Radio Ndeke Luka" a rapporté le directeur des informations de cette radio Vermand Kpinzingo.

La conviction de Radio Ndeke Luka est d'autant plus renforcée par la posture des autorités et non les moindres avec l'interdiction faite à Jean Eudes Bagali à couvrir une activité, il a été purement et simplement écarté parce qu'il porte l'identité de Radio Ndeke Luka.

Sylvie Jacqueline Panika, directrice de Radio Ndeke Luka exige de la clarté et présente le rôle de cette radio dans le paysage médiatique centrafricain. "Nous sommes une radio qui a été créée pour accompagner les centrafricains et faire vivre leur quotidien. C'est une radio de proximité et nous ne sommes pas une radio d'opposition comme d'aucuns le pensent" a-t-elle insisté.

Occasion pour elle de condamner sans réserve les agissements à l'encontre des journalistes de Ndeke Luka.  "Je mets quiconque au défi pour venir nous prouver le contraire que tout ce que nous diffusons à l'antenne est le contraire de ce qui se passe dans le pays. Nous n'avons pas encore les explications, mais nous condamnons ces manières d'agir" a-t-elle déploré.

Radio Ndeke Luka est lancée le 27 mars 2000 avec sa charte qui lui interdit de prendre une position éditoriale. Ce qui est fait jusqu'à ce jour. Par conséquent, la restriction et la volonté manifeste d'empêcher cette radio à informer l'opinion qui a droit à l'information mérite bien des explications.

Radio Ndeke Luka interdite de toute couverture médiatique des activités à la présidence de la République
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11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 17:19
Bambari : L'heure du bilan et de réactions
Bambari : L'heure du bilan et de réactions

 

https://www.radiondekeluka.org  vendredi 11 janvier 2019 06:57

 

Bambari retient son souffle après une nouvelle vague de violence du 10 janvier 2019. La célébration en différé des journées mondiale de la femme rurale et de l'alimentation a été perturbée par des hommes armés de l'UPC qui ont lancé plusieurs attaques dans la ville.

L'attaque du 10 janvier matin a été sans surprise, car l'organisation de ces journées à Bambari, soulevait déjà des interrogations concernant l'instabilité sécuritaire dans la ville avec la présence des hommes armés de l'UPC.

Les tirs nourris à l'arme lourde et légère qui ont secoué le centre de Bambari  a plongé la ville dans la panique et a ressuscité les vieux démons de la violence. Les affrontements ont provoqué la mort de 2 policiers centrafricains, 6 autres ont été grièvement blessés alors qu'on signale également de nombreuses pertes en vies humaines dans le camp des assaillants.

Pour le moment, la tension a baissé d'un cran mais des tirs sporadiques se font toujours entendre dans certains quartiers de la ville. La population prise de peur est restée, terrée à la maison.

Plusieurs délégations qui ont fait le déplacement de Bambari ont dû quitter la ville précipitamment dans la matinée et en début d'après-midi.

A Bangui, le gouvernement a annoncé la suspension de la célébration de ces journées en vue des "mesures qui s'imposent" selon son communiqué. Il demande par ailleurs à la Minusca d'agir conformément à son mandat et le conseil de sécurité de l'Onu à se saisir de la question en de prendre les mesures appropriées face à ces actes de violence.

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