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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 13:28
Centrafrique : Ouverture du Dialogue de paix à Khartoum
Centrafrique : Ouverture du Dialogue de paix à Khartoum
Centrafrique : Ouverture du Dialogue de paix à Khartoum
Centrafrique : Ouverture du Dialogue de paix à Khartoum

 

 https://voixdecentrafrique.wordpress.com   25 janvier 2019

 

C’est dans l’après-midi du 24 janvier 2019 à Khartoum que s’est ouvert le dialogue entre le gouvernement de la République Centrafricaine et 14 groupes armés sous l’initiative de l’Union Africaine (UA) et le soutien des Nations Unies.

 

Présent à l’ouverture du dialogue, le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean Pierre Lacroix, le président de la Commission de paix et de sécurité de l’Union Africaine, l’Ambassadeur Smail Chergui qui préside les négociations. La délégation centrafricaine est conduite par le directeur de cabinet du Président Faustin-Archange Touadera, le ministre d’Etat. La société civile y est aussi présente.

Pareillement, « 14 groupes armés représentés par Aboubakar Siddick, Armel Sayo, Mahamat Alkatim. Ali Darras aperçu à la fin de la cérémonie et possiblement Noureddine et Mokom », cependant « pas encore de nouvelles sur Abdoulaye Issène », a twetté Fridolin Ngoulou depuis Kharthoum.

A l’ouverture, le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix, Jean Pierre Lacroix a souligné que « le succès de tout accord nécessitera le soutien de tous les segments de la société. Si ce rassemblement marque un moment historique, il n’est que la première étape d’un processus de réconciliation ». L’Ambassadeur Smail Chergui a rappelé aux centrafricains qu’ils doivent être les artisans de la paix: « la responsabilité première pour le retour et la consolidation de la paix, le renforcement de la réconciliation reposent sur vous, chers frères et sœurs centrafricains ».

« L’enjeu est d’essayer de sécuriser un accord entre le gouvernement et les groupes armés pour réellement permettre à ces groupes armés de s’inscrire dans une autre trajectoire », a rappelé la veille, Smaïl Chergui. Les négociations pourraient durer, « deux à trois semaines », a affirmé à la presse une source soudanaise.

S’agissant des revendications, les groupes armés réclament « l’amnistie ou l’autonomisation des régions de la Centrafrique », lit-on sur RFI.

Après cette journée d’ouverture, c’est demain que les discussions commenceront entre les différentes parties. Les centrafricains qui réclament la paix souhaitent que les criminels de guerre répondent de leurs actes et soit condamnés par la justice.

Fleury Agou

 

Centrafrique: ouverture à Khartoum des pourparlers de paix

 

24 janvier 2019  AFP

 

Des pourparlers de paix entre les autorités de Bangui et les 14 groupes armés opérant sur le territoire centrafricain ont débuté jeudi à Khartoum, a annoncé la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca). « Début aujourd’hui des pourparlers inter-centrafricains à Khartoum pour une sortie de crise », a indiqué la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca).

Ce dialogue, préparé depuis 2017 par l’Union africaine (UA) et soutenu par les principaux partenaires de Bangui, doit rassembler autour de la table de négociations les principaux chefs de groupes armés et une importante délégation gouvernementale.

C’est la première fois que ces chefs de groupes armés dialogueront eux-mêmes avec des émissaires de haut-rang des autorités centrafricaines, le directeur de cabinet du président Faustin-Archange Touadera et des ministres.

Ces négociations, dont le but est d’aboutir à un accord et à la mise en place d’un comité de suivi, devraient durer « deux à trois semaines », selon les autorités soudanaises.

Elles se tiennent alors que la majorité du territoire est sous le contrôle des groupes armés, qui combattent entre eux et contre l’ONU pour s’accaparer les ressources -uranium, or, bétail.

Sept accords de paix ont déjà été signés depuis le début de la crise centrafricaine, fin 2012, sans qu’aucun n’arrive à ramener la stabilité dans ce pays d’Afrique centrale de 4,5 millions d’habitants.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des combattants d’un des principaux groupes armés, l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC, issu de l’ex-rébellion musulmane Séléka), ont attaqué une position de la Minusca à Bambari (centre), selon une source onusienne.

Cette ville stratégique a été théâtre de combats entre l’UPC et l’ONU mi-janvier, qui ont fait au moins 6 morts et une trentaine de blessés. L’ONU avait indiqué mercredi que Bambari était « sous contrôle ».

Le chef de l’UPC, Ali Darassa, a indiqué qu’il ne participerait pas au dialogue. Des tractations sont en cours pour le convaincre de changer d’avis, selon des sources concordantes.

Mercredi, l’ancien président centrafricain, François Bozizé, renversé en 2013 par la Séléka et exilé en Ouganda, s’est offusqué d’être « tenu, une fois de plus à l’écart d’une réunion si décisive », dans une lettre ouverte.

M. Bozizé, impliqué dans deux tentatives de coup d’Etat ratées et un troisième réussi en 2003 avec l’appui du Tchad, est sous le coup de sanctions internationales.

Il est fortement soupçonné d’avoir instrumentalisé, après avoir été renversé, les milices antibalaka (antimachettes, groupes prétendant défendre les chrétiens) qui ont mené une violente chasse aux musulmans dans Bangui et le reste du pays.

Les groupes armés nés de cette crise sévissent toujours en Centrafrique, pays classé parmi les plus pauvres du monde où un quart de la population a dû fuir son domicile.

 

Centrafrique : quels enjeux pour les pourparlers inter-centrafricains à Khartoum ?

 

Bangui, Centrafrique 2019-01-24 (ADV) — Les pourparlers inter-centrafricains pour l’instauration de la paix en Centrafrique, s’ouvrent ce jeudi 24 janvier 2019 à Khartoum, capitale soudanaise. Plusieurs enjeux sont enregistrés pour cette rencontre dite de “dernière chance”.

Les groupes armés et le gouvernement doivent se rencontrer du 24 au 30 janvier dans la capitale soudanaise afin d’échanger sur les issues de la paix afin d’amorcer véritablement le désarmement des groupes armés pour la sortie de crise en Centrafrique, qui sombre dans les violences depuis plusieurs décennies.

Plusieurs personnalités et des représentants des groupes armés sont conviés par l’Union africaine. Presque tous les groupes armés ont accepté de prendre part à ces échanges, malgré le contexte des tensions dans certaines villes de l’intérieur du pays.

Ces pourparlers dits de « dernière chance » présentent plusieurs enjeux. Ils se tiendront alors que le gouvernement a lancé le processus de la justice, une chose que ces groupes n’admettent pas et prônent l’amnistie pourtant décriée par tous.

Le partage du pouvoir notamment la primature figure dans les revendications de ces groupes armés, qui exigent alors un gouvernement d’union nationale.

Ce dialogue s’ouvrira dans un contexte d’influence occidentale suite à la présence russe qui a fait une percé diplomatique remarquable depuis deux ans, après avoir été autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU de livrer des armes aux Forces armées centrafricaines et de les former en maniement de ces armes. Aussi sans perdre de vue des enjeux géopolitiques et géostratégiques.

Déjà, dans un communiqué, le gouvernement invite les Centrafricains, épris de paix, à se mobiliser derrière l’équipe de négociation avec la ferme volonté d’arriver à un compromis avec les groupes armés, dans le strict respect de la Constitution, de l’Unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la forme laïque et républicaine de l’Etat et des Conclusions du Forum national de Bangui.

Ce dialogue de Khartoum, qui n’est autre que la première étape selon le calendrier de l’UA, intervient cinq mois après l’initiative russe qui a réuni les 5 chefs rebelles les plus influents du pays, qui ont signé une entente afin de garantir la réussite de l’initiative africaine pour la paix.

© Bur-csa – A.H – N.A / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr

 

Centrafrique, négociations de paix à Khartoum

 

https://www.la-croix.com  Laurent Larcher, le 24/01/2019 à 6h20

 

Des pourparlers entre les autorités et les groupes armés centrafricains doivent se tenir jeudi 24 janvier à Khartoum.

Ils vont devoir lever au moins trois obstacles pour parvenir à un accord.

Ils seront presque tous là. Chefs de guerre, délégation gouvernementale, représentants de la communauté internationale. Ils se retrouvent jeudi 24 janvier à Karthoum, au Soudan, sous l’égide de l’Union africaine (UA), pour dialoguer.

Ce n’est pas la première fois qu’ils se rencontrent à l’invitation de la communauté internationale, d’une organisation religieuse ou de la société civile. Mais pour l’heure, ces rencontres n’ont pas permis un retour à la normale pour ce pays d’Afrique centrale de 4,5 millions d’habitants. Depuis le début de la guerre civile en 2013, pas moins de sept accords de paix ont été signés, sans qu’aucun n’aboutisse.

Centrafrique, main basse de Moscou

Une rencontre inédite

Cette fois, la rencontre se singularise non par la venue des chefs des guerres, mais par la présence des principaux parrains de la Centrafrique (RCA) qui, cette année, avançaient en ordre dispersé.

D’un côté, l’Union africaine avec l’aide de l’Union européenne et surtout de la France, l’ancienne puissance coloniale qui n’a jamais vraiment quitté le jeu centrafricain. De l’autre, la Russie, son allié soudanais et, de manière plus discrète, la Chine.

Ces deux blocs ont lancé des processus concurrents cet été, sans grand succès. Cependant, ils vont devoir lever au moins trois obstacles pour parvenir à un accord entre ces groupes.

Ali Darassa, chef de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), l’un des deux principaux groupes armés issus de la Séléka, a annoncé qu’il ne se rendra pas à Khartoum en raison des actions conduites par les commandos népalais et portugais de la force onusienne (Minusca) contre ses éléments à Bambari, une ville du centre qu’il contrôle depuis des années. La ville est à nouveau confrontée à des scènes de violences et de combat depuis le début de l’année. Sans Ali Darassa, ce dialogue tourne à vide.

L’insécurité demeure

Par ailleurs, il y a peu de chance que ce dialogue débouche sur un accord efficient si les violences se poursuivent sur le terrain. Il semble, pour l’heure, que c’est le cas à Bambari. Les combats entre l’UPC et les Casques bleus ont fait plusieurs victimes ces derniers jours, mais aussi un peu partout dans le pays : 80 % du territoire centrafricain échappe à Bangui !

Parmi les derniers événements dramatiques connus, celui du village de Zaoro Sangou, dans l’ouest du pays. Dimanche 20 janvier, le groupe 3R de Sidiki aurait tué une dizaine de personnes, dont un religieux et un gendarme. Le même groupe a attaqué le village Bokayan situé à 40 km de Bouar, le 8 janvier.

Fin 2018, les hommes armés assimilés au 3R ont attaqué des civils dans la localité de Gamboula faisant plusieurs morts dont un soldat tanzanien de la Minusca. Des affrontements entre des combattants de l’UPC et du FPRC (le deuxième groupe armé issu de la Séléka), et l’armée centrafricaine accompagnée de Casques bleus, ont aussi eu lieu, fin décembre à Bakouma, dans le sud-est du pays. Mercredi, le FPRC qui tenait la ville a quitté les lieux.

La question de l’impunité

Le point principal sur lequel achoppent toutes les négociations est celui de l’amnistie. Les principaux chefs de guerre la demandent. Officiellement, le gouvernement centrafricain, appuyé par l’UA, l’UE et la France, s’y oppose. Mais derrière cette position de principe, ceux-là y seraient prêts à certaines conditions, comme le confiait à La Croix, une source française : « C’est une question de récit. Dans un premier temps, vous êtes condamné. Dans un deuxième, gracié ! »

Toute l’histoire de la RCA est rythmée par les amnisties et les grâces présidentielles, comme celle dont a profité, par exemple, l’ancien empereur Bokassa. La Russie, elle, dit-on à Bangui, ne s’embarrasse pas des formes : l’amnistie n’est pas un problème à ses yeux.

Reste à trouver pour le président Touadéra, qui s’y est toujours opposé, une porte de sortie qui n’écorne pas sa crédibilité.

 

Laurent Larcher

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Centrafrique-Presse.com
25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 13:23
POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM
POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM
POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM

 

RCA: quels groupes armés participent aux négociations à Khartoum?

 

Par RFI Publié le 24-01-2019 Modifié le 25-01-2019 à 11:02

 

Les négociations entre le gouvernement centrafricain et les groupes armés ont commencé jeudi à Khartoum, au Soudan, et elles devraient se poursuivre jusqu'au 1er février, selon des sources à l'Union africaine qui chapeaute ce processus.

Pratiquement tous les principaux leaders des quatorze groupes armés qui contrôlent 80 % du territoire centrafricain sont présents à Khartoum pour ces négociations. Deux étaient particulièrement attendus, Nourredine Adam, chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), arrivé sur place jeudi matin, et Ali Darassa à la tête de l'Union pour la Centrafrique  (UPC), qui a rallié la capitale soudanaise dans la soirée jeudi, selon des sources sur place.

► RCA : les enjeux de la réunion de Khartoum

Les deux chefs de guerre ex-Seleka s'étaient montrés réticents à faire le déplacement de Khartoum. Une mission russe aurait eu un rôle déterminant pour les convaincre du contraire, selon des sources de l’ex-Seleka et de l'Union africaine.

Les ex-Seleka menacent de se retirer

Mais signe que ce processus ne sera pas des plus aisés, les ex-Seleka ont menacé dès avant l'ouverture de ces négociations de suspendre leur participation si les violences qui ont secoué la ville de Bambari dans la nuit de mercredi à jeudi se poursuivaient.

Abakar Sabone, un de leurs porte-parole qui se trouve à Khartoum, accuse les casques bleus portugais d'avoir tué à cette occasion sept civils musulmans, dont des femmes et des enfants.

Une source de la Minusca dément et explique que c'est l'opération « Bambari sans groupes armés » qui se poursuit. Une de ses patrouilles s'est heurtée à une trentaine d'éléments armés de l'UPC. Des échanges de tirs s'en sont suivis et, jeudi matin, une foule en colère est venue déposer devant la base de la Minusca trois corps de personnes tuées. Les corps se trouvent maintenant à la morgue de Bambari.

Dans un communiqué envoyé à RFI, la Minusca « déplore profondément les pertes en vies de civils ». La mission de l’ONU en Centrafrique accuse l’UPC d’être à l’origine des affrontements de mercredi à jeudi, en attaquant notamment les positions des casques bleus et met en garde le groupe armé contre toute tentative de se réinstaller dans la ville de Bambari.

 

■ La lettre de l’ex-président Bozizé

 

L'ancien président centrafricain François Bozizé, qui vit en exil en Ouganda, vient d'écrire à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine, qui chapeaute ces négociations. Il dénonce l'exclusion des anciens chefs d'Etat de Centrafrique du processus en cours à Khartoum, dont il rend responsable le gouvernement de son pays. Il espère être convié à y participer avant la fin de ces assises afin, dit-il, que « chaque entité apporte sa pierre à la résolution définitive de la crise centrafricaine ».

 

 

POURPARLERS DE PAIX SUR LA RCA A KARTHOUM

 

http://lepays.bf   24 janvier 2019

 

Qui, pour résoudre l’équation centrafricaine ?

Les délégations de chefs de quatorze groupes armés et les représentants du gouvernement centrafricain sont, depuis le 22 janvier dernier, à Khartoum, au Soudan, où s’est ouvert, hier 24 janvier, le grand dialogue national sur la République centrafricaine (RCA), sous l’égide de l’Union africaine (UA). Ils seraient nombreux à avoir répondu à l’appel de Khartoum, même si, au moment où ces lignes étaient tracées, existaient encore des inconnues quant à la présence de certains leaders de poids à ce forum. Ces derniers se résoudront-ils finalement à faire le déplacement de Khartoum ? Cette question n’est pas sans intérêt d’autant que l’absence de certains seigneurs de guerre pourrait constituer une menace sérieuse pour l’avancée du processus de paix entamé avec ces groupes armés. Gageons donc que les différents protagonistes finiront par s’asseoir autour de la table de négociations et montreront surtout une réelle volonté de faire la paix.  Mais le tout, évidemment, n’est pas de relever le défi de la participation. Car, un autre danger plane sur le succès de ce forum : le choix du pays pour abriter ces assises.  En effet, les protagonistes de la crise en quête réelle ou supposée de paix, se déportent sur un territoire qui a lui-même mal à sa paix et à sa stabilité.  Dans le contexte qui est le sien en ce moment, que peut apporter le Soudan dans la résolution de l’équation centrafricaine alors que l’équation de ses propres problèmes domestiques, est loin d’avoir été résolue ?  Hier instable, aujourd’hui en feu, et quasiment jamais en paix, le Soudan est-il bien placé pour offrir ses bons offices dans ces négociations ? Peut-il accourir au chevet de la crise centrafricaine alors que lui-même est empêtré dans une profonde crise ? C’est « l’hôpital qui se moque de la charité ». Face à la lame de fond protestataire qui continue à déferler sur son pouvoir de plus en plus   menacé, le dirigeant soudanais, Omar El-Béchir, n’a certainement pas vraiment la tête à résoudre les problèmes de son voisin centrafricain alors qu’il n’en a pas encore fini avec les siens.

La paix sera l’objet d’un long cheminement en RCA

Et c’est pourquoi l’on peut se demander s’il n’aurait pas mieux valu, pour l’UA, délocaliser cette réunion. L’Afrique est trop grande pour manquer de pays pour abriter ce dialogue. A moins que le choix de Khartoum ne soit celui de protagonistes, dicté par l’assurance de ne pas être inquiétés en terre soudanaise où ils ne courraient aucun risque d’être alpagués par la CPI, par solidarité avec l’illustre wanted soudanais   contre qui un mandat d’arrêt international a été émis. Cela dit, on peut saluer l’initiative de l’UA qui montre à travers son égide, qu’elle est en quête inlassable d’une paix durable en RCA. Dans cet Etat où les bandes armées continuent à sévir et à se nourrir de rapines, l’option de l’arbre à palabres peut valoir son pesant de stabilité. Mais attention de ne pas faire de ces pourparlers, qui ne sont pas les premiers du genre, ni les derniers, des raouts interminables et sans résultats palpables. Aux paroles et autres engagements et professions de foi des frères ennemis, doivent surtout être joints des actes concrets. Et à ce propos, la RCA gagnerait au plus vite à travailler à la reconstruction de son armée. C’est, en tout cas, un passage obligé si elle veut mettre fin au règne des bandes armées qui   écument 80% de son territoire ; toute chose qui continue de constituer de sérieuses menaces pour sa paix et sa stabilité.  Il urge de mettre un terme à cette engeance qui se comporte en véritables armées mexicaines face auxquelles il n’y a pas d’interlocuteurs crédibles.   Mais il est vrai que le cas centrafricain paraît plus compliqué qu’il n’en a l’air.   Surtout depuis la fin de l’opération Sangaris en fin 2016, qui aura, quelque part, laissé par la suite l’impression d’une RCA orpheline de la communauté internationale. Une impression davantage ressentie après l’arrivée de la Russie dans l’ancienne Oubangui-Chari. Cette intrusion n’a certainement pas été du goût des capitales occidentales qui semblent avoir pris leurs distances vis-à-vis du grand malade centrafricain. En tous les cas, on peut être sûr d’une chose :  la paix sera l’objet d’un long cheminement en RCA, ce pays ayant, hélas, le malheur d’avoir   d’énormes richesses convoitées de toutes parts.   Qui, pour résoudre l’équation centrafricaine ? Le pari de la paix est tenable. Mais encore faut-il que les différents protagonistes soient de bonne foi et manifestent une réelle volonté de remettre le pays sur les rails.  Et leurs parrains ne doivent pas être en reste ni être laissés en plan. Ils ont également un important rôle à jouer dans ce combat pour le renouveau de la RCA.  Présents ou pas à ce dialogue national, ils doivent travailler dans l’intérêt de la Centrafrique et s’interdire de regarder par le petit bout de la lorgnette de leurs seuls intérêts.

« Le Pays »

 

La paix est-elle possible en Centrafrique ?

 

https://www.elwatan.com 24 JANVIER 2019 À 9 H 05 MIN

 

Sous l’égide de l’Union africaine, une quinzaine de groupes armés de la République centrafricaine se retrouveront aujourd’hui pour des pourparlers de paix au Soudan. «Ces pourparlers pourraient se poursuivre deux à trois semaines.

Il n’y a pas de date de fin spécifique», a indiqué le ministre soudanais des Affaires étrangères, Al Dierdiry Ahmed. Ce dialogue «n’inspire pas confiance», a déclaré de son côté un cadre du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l’un des principaux groupes armés dont le leader, Noureddine Adam, sera néanmoins présent à Khartoum.

Le Soudan a déjà abrité une tentative de médiation fin août. La question principale qui s’impose consiste en l’amnistie des chefs de guerre, réclamée par tous les groupes armés comme condition préalable à un arrêt des hostilités.

Ce que Bangui a toujours refusé. D’autant que des rapports de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont souvent relevé l’implication de nombreux chefs de guerre dans les violations des droits de l’homme.

Une branche des antibalaka, milices autoproclamées d’autodéfense, a assuré de son côté qu’elle est prête à faire des concessions «si c’est dans l’intérêt du pays», selon Igor Lamaka, représentant des antibalaka emmenés par Patrice-Edouard Ngaissona, récemment transféré à la Cour pénale internationale (CPI). Si Noureddine Adam sera bien à Khartoum, Ali Darassa, leader d’un autre groupe armé important, l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), sera absent.

Il a estimé que les récents combats mi-janvier entre l’UPC et des soldats de l’ONU à Bambari ne «permettent pas» sa présence au dialogue, mais son groupe y sera représenté. La dernière médiation en date remonte à 2017, sous l’égide de l’Eglise catholique. Les groupes armés ont repris les armes moins de 24 heures après la signature d’un accord et une centaine de personnes ont été tuées à Bria, dans le centre.

Après les années Bokassa et Dacko, le multipartisme est instauré en 1991 en RCA. Mais cela n’empêche pas le pays d’être confronté à une crise politico-militaire qui l’a plongé dans le chaos. Une tradition dans un pays dont l’histoire est marquée par des coups d’Etat. L’année 2003 est marquée par des tensions entre Paris et Banjul, suite à la nationalisation du secteur pétrolier local.

Le 24 mars 2013, le président François Bozizé, qui a fomenté en 2003 un coup d’Etat contre Ange-Félix Patassé, est renversé à son tour par le mouvement rebelle la Séléka. Michel Djotodia est désigné à la tête du Conseil national transitoire (CNT) et devient président par intérim.

Le 5 décembre de la même année : l’armée française lance l’opération «Sangaris», pour restaurer la sécurité, après le vote de l’ONU donnant mandat aux forces françaises pour intervenir. En janvier 2014, le président Michel Djotodia démissionne à N’Djamena sous la pression des dirigeants d’Afrique centrale, ainsi que son Premier ministre, Nicolas Tiangaye.

Le 14 février 2016 l’ancien Premier ministre Faustin-Archange Touadéra recueille 62,71% des suffrages contre 37,29% pour son rival, Anicet-Georges Dologuélé, lors du second tour de la présidentielle, validé par la Cour constitutionnelle le 1er mars. Mais la crise est loin d’être réglée.

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Centrafrique-Presse.com
25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 13:19
Centrafrique : les chefs anti-balaka rattrapés par la justice internationale
Centrafrique : les chefs anti-balaka rattrapés par la justice internationale
Centrafrique : les chefs anti-balaka rattrapés par la justice internationale

Lu pour vous 

 

ANALYSE

 

Centrafrique : les chefs anti-balaka rattrapés par la justice internationale

 

Par Maria Malagardis Libération — 24 janvier 2019 à 13:07

 

Le transfert, mercredi à la CPI, de l'ex-leader des milices chrétiennes Patrice-Edouard Ngaïssona pour crimes de guerre marque une avancée sur le front judiciaire, alors que le pays reste englué dans une profonde crise politique.

 

Cette semaine, le Centrafricain Patrice-Edouard Ngaïssona est devenu le huitième détenu de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Il doit certainement méditer sur les étranges tours que réserve le destin. Début décembre, cet homme de 51 ans au visage poupin circulait encore tout à fait librement entre Bangui et la banlieue parisienne où réside une partie de sa famille. Certainement assuré que sa nomination il y a près d’un an, en février, au sein du bureau exécutif de la Confédération africaine de football, la CAF, le protégeait contre les errements du passé.

Qui aurait pu oublier en réalité que celui qui est également président de la Fédération centrafricaine de football a joué un rôle de leader dans l’incroyable bain de sang déclenché fin 2013 dans son pays ? Lui qui fut le «coordonnateur général» des «anti-balaka», milices d’autodéfense chrétiennes alors opposées à la Seleka, une coalition rebelle hétéroclite à connotation musulmane, venue du nord de cet immense pays enclavé au cœur de l’Afrique. Œil pour œil, dent pour dent : aux exactions des rebelles qui ont conquis la capitale en mars 2013 répond, neuf mois plus tard, une chasse aux musulmans, considérés collectivement comme «complices» de la Seleka, aux yeux des anti-balaka.

«Chaînon manquant»

Leur «Saint Barthélémy» démarre le 5 décembre 2013, à la veille de l’intervention française, l’opération Sangaris, censée remettre de l’ordre dans cette ancienne colonie. Malgré la présence des forces françaises, le chaos le plus total va durer plusieurs mois. Depuis son quartier de Boy-Rabe à Bangui, Patrice-Edouard Ngaïssona en fut l’un des chefs d’orchestre. Et c’est pour «crimes contre l’humanité et crimes de guerre» qu’il a été arrêté le 12 décembre dans la banlieue parisienne, avant d’être transféré mercredi à la prison de Scheveningen, à La Haye. Il y retrouvera son compatriote Alfred Yekatom, autre chef local des anti-balaka, arrêté fin octobre à Bangui pour avoir sorti son arme et tiré au sein de l’Assemblée nationale, avant d’être transféré à la CPI deux semaines plus tard.

Yekatom était parfois considéré comme un «petit poisson». Avec Ngaïssona, la prise est plus importante. Et permettra peut-être d’en savoir plus sur les vrais ressorts de l’offensive des anti-balaka en 2013. «Ngaïssona, c’est le chaînon manquant entre les milices des tueurs et l’ex-président Bozizé», s’était félicité le jour de son arrestation le responsable Afrique de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), Florent Geel. Il faisait allusion à l’implication possible – derrière l’offensive des anti-balaka – de l’ancien président François Bozizé, chassé du pouvoir par la Seleka et qui vit désormais en exil.

Agenda caché

Hasard du calendrier, le timing de ce transfert à la CPI tombe à point : ce jeudi s’ouvre à Khartoum, capitale du Soudan, une conférence réunissant tous les acteurs, ou presque, de cette crise interminable qui se solde encore aujourd’hui par une instabilité persistante et meurtrière, près de 650 000 déplacés internes et une économie en ruines, avec des risques de famine dans un pays pourtant si fertile. Laborieusement organisée, sous les auspices de l’ONU et de l’Union africaine (UA), la réunion de Khartoum ne suscite pourtant guère d’espoirs chez de nombreux Centrafricains, habitués aux accords de paix sans suite, aussitôt démentis à peine signés. «Les protagonistes de cette crise, souvent impliqués dans de fructueux trafics de diamants et de minerais, ont plutôt intérêt à ce que l’instabilité demeure», se désolait déjà en novembre un entrepreneur local à Bangui.

La plupart des chefs de guerre ne représentent en effet que leurs propres intérêts, et s’accrochent encore à la revendication d’une amnistie générale. Et pour certains, le soupçon d’un agenda caché concerne aussi le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra, aujourd’hui allié aux Russes. Lesquels auraient finalement imposé le choix de Khartoum, contre celui d’Addis-Abeba en Ethiopie longtemps suggéré par l’UA.

Arsenal judiciaire

Face à ce jeu de poker menteur, la justice offre peut-être un espoir. La Centrafrique, qui a saisi la CPI dès 2014, dispose en principe d’un arsenal judiciaire assez complet : outre la justice internationale, représentée par la CPI, le pays abrite une juridiction ad hoc, la cour pénale spéciale (CPS), censée enquêter sur les cas les plus graves, ainsi que deux cours de justice ordinaires, à Bangui et Bambari, qui reprennent lentement du service et ont déjà jugé certains responsables de la crise de 2013-2014. Même si les chefs de l’ex-Seleka, retranchés sur leurs territoires, restent pour l’instant difficiles à appréhender.

Néanmoins, en attendant la paix, la justice est bien en marche. Et lors de l’ouverture des sessions ordinaires, fin novembre, le procureur du tribunal de Bangui a tenu à mobiliser les futurs membres du jury sur l’importance de leur mission : «Vous devez être toujours à l’heure avant le démarrage des audiences. Et obligation vous est faite de ne pas dormir, pendant que vous suivez les débats !» sermonnait-il. En cette fin de semaine, le réveil sera en tout cas assez rude pour celui qui loge désormais dans une prison face à la mer du Nord.

 

Maria Malagardis

TRANSFEREMENT D’UN EX-CHEF ANTI-BALAKA A LA HAYE: L’opération de salubrité doit se poursuivre

 

http://lepays.bf  24 janvier 2019

 

Il s’appelle Patrice-Edouard Ngaïssona. Son nom ne dit, a priori, pas grand-chose. Mais il fut le coordonnateur général des anti-balaka, du nom de cette milice armée d’obéissance chrétienne créée par l’ex-président centrafricain, François Bozizé dont il fut d’ailleurs le ministre des Sports. Arrêté le 12 décembre 2018, suite à un mandat d’arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI), l’ex-seigneur de guerre centrafricain a été déféré hier, 23 janvier 2019, à la Haye. Ainsi en ont décidé les autorités françaises. Pour rappel, celui qui vient de rejoindre la prison de Scheveningen est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans l’Ouest de la RCA, entre septembre 2013 et décembre 2014. A l’époque, estime la CPI, une « attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir le groupe armé de l’ex-Séléka ». Patrice-Edouard Ngaïssona qui, rappelons-le, était jusqu’à son arrestation le président de la Fédération centrafricaine de football (FCF), rejoint ainsi Yekatom Rombhof à Scheveningen, du nom de cet autre chef de guerre anti-balaka, arrêté et transféré à la Haye où il est jugé pour les mêmes faits de crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Il s’agit là de deux grosses prises pour la juridiction internationale dirigée par Fatou Bensouda qui, on se rappelle, avait ouvert, le 24 septembre 2014, une enquête sur les violences meurtrières qui avaient, à l’époque, cours en RCA.

Les cas Yekatom et Ngaïssona feront école

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’opération de salubrité doit se poursuivre. Car, en fait de criminels, il y en a aussi bien dans les rangs des anti-balaka que dans celui des ex-Séléka, qui courent encore les rues. Peut-être existe-t-il encore d’autres mandats d’arrêt émis par la CPI, non encore rendus publics. Edouard Ngaïssona, c’est peu de le dire, n’aurait pas pris le risque d’aller se pavaner en France, s’il savait le risque énorme qu’il encourait. C’est donc une lapalissade de dire que les cas Yekatom et Ngaïssona feront école en ce sens que désormais, la plupart des seigneurs de guerre centrafricains sauront où mettre les pieds, convaincus qu’ils paieront cash la moindre erreur. Et c’est tant mieux si cela peut contribuer à ramener la paix en ex-Oubangui-Chari dont les protagonistes de la crise se retrouvent aujourd’hui même 24 janvier 2019, à Khartoum, au Soudan pour des négociations. Du reste, tous ceux qui s’interrogeaient sur le choix de Khartoum pour abriter ce grand raout, ont désormais la réponse. C’est, en effet, parce que ce pays présente le moins de risques pour tous ceux qui sont visés par des sanctions internationales. En tout cas, avec l’arrestation et le transfèrement du coordonnateur des anti-balaka à la Haye et la remise, depuis mi-décembre de 1400 kalachnikov par Jean-Yves Le Drian aux forces armées centrafricaines, la France dont on dit qu’elle était en train de se faire ravir la vedette par la Russie de Vladimir Poutine, dans la gestion du dossier centrafricain, tente de reprendre la main. Et c’est peu dire !

B.O

 

 

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 15:29
Khartoum : Quand François Bozizé écrit à Moussa Faki

 

 

Général François BOZIZÉ

Ancien Président de la RCA KAMPALA

( OUGANDA )

Tél. : +256-781.636.417                                                             le 23 janvier 2019

 

 

À Son Excellence Mr MOUSSA FAKI MAHAMAT,

Président de la Commission de l’Union Africaine

P.O. Box 3243 - Addis-Abeba

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE FÉDÉRALE D’ÉTHIOPIE

 (+251-11) 551 77 00 e-Mail : chairperson@africa-union.org

 

Objet : Premier round de l’Initiative pour la Paix et la Réconciliation à Khartoum

N/Réf. : KNK/PF/C/Kamp-001/2019

 

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine et cher frère,

 

J’ai appris comme tout le monde à travers la Presse la convocation du premier round de l’Initiative pour la Paix et la Réconciliation qui va se tenir aujourd’hui sous l’égide de l’Union Africaine à Khartoum. Permettez-moi de marquer ma grande surprise d’être tenu, une fois de plus à l’écart d’une réunion si décisive, alors que dans le courrier que je vous ai adressé le 12 juillet 2018 en réponse à votre correspondance sous le N° BC/A9/0252/01.18, je vous réaffirmais ma totale disponibilité, confirmée dans la déclaration liminaire que j’ai faite pendant la réunion organisée à Kampala le même mois avec vos émissaires, à m’associer aux discussions et aux actions qui seront organisées pour trouver les voies vers la Paix, afin de mettre un terme aux souffrances du Peuple centrafricain.

Je me félicitais que la conduite du processus incombât à l’Union Africaine qui saurait invoquer la sagesse légendaire de nos Peuples, afin que soient organisées des consultations inclusives. Hélas, j’observe pour le déplorer que des pesanteurs, sans doute extérieures à l’Union Africaine, ont exclus du périmètre de cette première réunion, les anciens Chefs d’État qui avaient pourtant été consultés parallèlement aux groupes armés. Une telle attitude me paraît aussi cavalière que celle adoptée par l’Exécutif pour désigner les représentants de certains partis ou groupements politiques sans consulter au préalable leur direction. D’ailleurs il ne suffit pas de rebaptiser la concertation sous le titre réducteur de « Pourparlers entre le Gouvernement et les Groupes armés » pour modifier les paramètres du conflit.

Quoi qu’il en soit, nous espérons encore que, conformément à la lettre de l’Union Africaine du 20 décembre 2018 qui proposait deux étapes (la première à Addis-Abeba, devenue entre temps Khartoum, puis la seconde à Brazzaville), je serai convié à m’asseoir parmi les autres protagonistes, avant la fin de ces assises ou dès que possible, afin que chaque entité apporte sa pierre à la résolution définitive de la crise. À cet effet, je garde l’espoir que le point N° 1 (sur les 10 points énumérés dans l’annexe 1 portant mesures d’accompagnement et régularisations) relatif à la mise à disposition de mon passeport centrafricain, pourra connaître une avancée positive.

Mon appui reste acquis à l’équipe du Panel de facilitation, chargé de la mise en œuvre du la Feuille de route de l’Initiative Africaine. À l’impossible nul n’est tenu, mais il nous appartient à tous de ne pas ajouter de la division à la division afin d’éviter qu’il ne s’établisse un clivage permanent entre les centrafricains de l’intérieur et ceux de l’extérieur condamnés à vivre en exil, malgré leurs mains tendues.

Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine, l’expression renouvelée de mes salutations fraternelles.

Khartoum : Quand François Bozizé écrit à Moussa Faki
Khartoum : Quand François Bozizé écrit à Moussa Faki
Khartoum : Quand François Bozizé écrit à Moussa Faki
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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 15:13
Centrafrique: un nouveau client pour la CPI, Bensouda a du pain sur la planche

 

Lu pour vous 

 

https://beninwebtv.com/  Par Modeste Dossou le 23 Jan 2019 à 20: 27

 

Arrêté en décembre dernier en France, Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien leader du mouvement centrafricain d’auto-défense anti- balakas, a été transféré à la Cour pénale internationale pour y répondre des crimes commis.

Dans un communiqué de la CPI, rendu publique mercredi 23 janvier, la cour confirme le transfert de Patrice-Edouard Ngaïssona à la Haye. « Aujourd’hui, le 23 janvier 2019, M. Patrice-Edouard Ngaïssona a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, aux Pays-Bas, par les autorités de la République française en application d’un mandat d’arrêt de la CPI délivré par la Chambre préliminaire II, pour des crimes contre l’humanité et crimes de guerre présumés qui auraient été commis en République centrafricaine (RCA) »,  indique le document de la CPI.

Les procureurs affirment que Ngaissona étaient le plus haut dirigeant d’une milice chrétienne connue sous le nom d’anti-Balaka en 2014, accusée notamment d’assassinat et de viol de musulmans lors de combats qui avaient éclaté l’année précédente, lorsque des rebelles majoritairement musulmans, les Sélékas, avaient pris le pouvoir en République centrafricaine. Notons qu’après la crise et, il n’y a pas longtemps, Patrice-Edouard Ngaïssona était président de la fédération centrafricaine de football. La CPI a donc de quoi remplacer éventuellement les ivoiriens Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, en cas de leur libération effective.

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 15:06

 

 

https://www.francetvinfo.fr

 

Un difficile face-à-face doit s'ouvrir le 24 janvier 2018 à Khartoum (Soudan), entre le pouvoir de Bangui et une quinzaine de groupes armés. Il est organisé sous l'égide de l'Union africaine (UA). Certains observateurs s'inquiètent du rôle ambigu du Soudan, allié de Moscou, qui aurait fourni des armes à certaines unités rebelles.

 

Dans ce pays d'Afrique centrale de 4,5 millions d'habitants en guerre depuis 2013, pas moins de sept accords de paix ont été signés en cinq ans, sans qu'aucun n'aboutisse au retour de la stabilité. Le dialogue à venir, préparé depuis juillet 2017 par l'UA, se veut plus ambitieux que les précédents : les principaux chefs de groupes armés, ainsi qu'une importante délégation gouvernementale se réuniront à la table de négociations. "Ces pourparlers pourraient se poursuivre deux à trois semaines. Il n'y a pas de date de fin spécifique", a indiqué à l'AFP El-Dardiry Ahmed, ministre soudanais des Affaires étrangères.

Le dialogue se tiendra à Khartoum, capitale du Soudan voisin, en proie depuis plusieurs semaines à une vague inédite de contestations du pouvoir en place. Ce qui peut apparaître comme paradoxal : le Soudan est l'"une des principales plateformes d'approvisionnement en armes des groupes armés centrafricains", note un observateur de la crise à Bangui qui s'inquiète de la partialité de ce pays. Information confirmée par le site spécialisé opex360.

Quelle amnistie ?

Ce dialogue "n'inspire pas confiance", affirme à l'AFP un cadre du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l'un des principaux groupes rebelles. Son leader, Noureddine Adam, sera néanmoins présent à Khartoum. "On voulait que ce soit dans un pays neutre, à Addis-Abeba (Ethiopie) ou à Kigali (Rwanda), mais les Russes ont poussé pour Khartoum", ajoute-t-il. Le Soudan, allié de Moscou, a déjà abrité une tentative de médiation parallèle fin août 2018, que les principaux partenaires de Bangui ont condamnée. Le dialogue "doit se faire sous l'égide de l'UA", et non de la Russie, a plusieurs fois martelé la France. Depuis quelques mois, la Russie est très présente dans la région"Paris et Moscou sont désormais en concurrence ouverte en République centrafricaine", expliquait franceinfo Afrique en décembre 2018.

La Centrafrique regorge de ressources – uranium, or, diamants, bétail –situées dans des zones sous influence de groupes armés. Lesquels se combattent entre eux pour contrôler ces richesses, mais aussi contre les Casques bleus de la mission de l'ONU (Minusca). 

Principale interrogation avant ce dialogue : la question de l'amnistie des chefs de guerre, réclamée par tous les groupes armés, comme condition préalable à un arrêt des hostilités, ce que Bangui a toujours refusé. Les autorités "auront du mal à arracher des concessions" à ce sujet, pense le cadre du FPRC dont les principaux chefs sont fréquemment cités dans des rapports de l'ONU pour violations des droits de l'Homme.

Une branche des anti-balakas, milices autoproclamées d'autodéfense, se dit de son côté prête à faire des concessions "si c'est dans l'intérêt du pays", selon Igor Lamaka, représentant des anti-balakas emmenés par Patrice-Edouard Ngaissona, récemment transféré à la Cour pénale internationale (CPI).


"Pays en plein chaos"

 

De son côté, Ali Darassa, leader d'un autre groupe armé important, l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), sera absent. Il a estimé que les récents combats mi-janvier 2019 entre l'UPC et des soldats de l'ONU à Bambari ne "permettent pas" sa présence au dialogue. Mais son groupe y sera malgré tout représenté. Une interrogation subsiste autour de la mise en place annoncée d'un comité de suivi, si un accord est trouvé. "Comment le gouvernement pourra-t-il contraindre les groupes armés à respecter leurs engagements ?", se demande un opposant centrafricain.

"La paix est nécessaire (...) maintenant", martèle Anicet Nemeyimana, directeur pour la Centrafrique de l'ONG Catholic Relief Services. "L'accès humanitaire dans certaines régions est devenu complètement coupé", constate-t-il. La population centrafricaine est "livrée à la violence", rappelle l'ONG Médecins sans Frontières. "La Centrafrique (est) un pays en plein chaos, livré aux violences des groupes armés", résumait de son côté franceinfo Afrique en octobre 2017.

La dernière médiation en date remonte à 2017, sous l'égide de l'Eglise catholique : les groupes armés avaient repris les armes moins de 24 heures après la signature d'un accord, et une centaine de personnes avaient été tuées à Bria (centre). "S’ils affirment, la main sur le cœur, qu’ils sont prêts à négocier un accord de paix avec le gouvernement centrafricain, ces mêmes groupes se gardent de mettre en œuvre la 'moindre mesure concrète sur la voie du désarmement'", souligne le site opex 360 qui cite le dernier rapport du groupe d’experts des Nations unies sur la Centrafrique.

Pour l'heure, seules les médiations locales, notamment menées par l'Eglise catholique, semblent aboutir. "Il serait plus utile de renforcer les processus de dialogue et de médiation au niveau local", corrobore le groupe d'analyse International Crisis Group (ICG). L'ICG déplore le "peu d'effet" des médiations internationales. Le groupe note qu'elles ont néanmoins "l'avantage de mobiliser l'attention internationale sur la crise centrafricaine".

Les violences se poursuivent

En attendant, les violences se poursuivent. Treize personnes ont été tuées le 19 janvier 2018 dans le village de Zaoro Sangou (ouest de la Centrafrique) par des Peuls armés présumés membres du groupe 3R (retour, réclamation, réconciliation), selon une source à l'ONU citée par l'AFP. Ce groupe armé dirigé par un certain Sidiki, qui prétend protéger les Peuls, est établi dans cette partie du pays depuis sa création fin 2015. Sidiki et des représentants du groupe 3R sont partis le 22 janvier de Bangui pour Khartoum afin d'assister à ces pourparlers.

Centrafrique : à Khartoum, difficiles pourparlers entre groupes armés et gouvernement
Centrafrique : à Khartoum, difficiles pourparlers entre groupes armés et gouvernement
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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 14:54
RDC : Joseph Kabila, dix-huit ans de solitude
RDC : Joseph Kabila, dix-huit ans de solitude
RDC : Joseph Kabila, dix-huit ans de solitude
RDC : Joseph Kabila, dix-huit ans de solitude

 

Lu pour vous 

 

PORTRAIT

 

RDC : Joseph Kabila, dix-huit ans de solitude

 

Par Célian Macé, Envoyé spécial à Kinshasa Libération — 23 janvier 2019 à 21:06

 

Propulsé au pouvoir après l’assassinat de son père, le silencieux président est passé du statut de partenaire docile de l'Occident à celui de paria. Ce jeudi, il cède officiellement sa place à Félix Tshisekedi.

 

Le parc animalier de la vallée de la N’Sele est le village Potemkine du Congo. Une route parfaitement asphaltée serpente entre les collines vertes, où gambadent des girafes et des singes. Aux barrières, des gardes en uniforme repassé font le geste du garde à vous pour saluer le visiteur - et ne mendient pas de billets. Des massifs de fleurs bien entretenus entourent leur guérite. Le long de la chaussée, des rigoles ont été construites pour évacuer les eaux de pluie. Des miroirs sont même installés dans les virages en épingles. Un comble pour qui connaît la circulation anarchique de Kinshasa, à 50 kilomètres de là : dans la capitale, où moins de 10 % des voies de circulation sont bitumées, le moindre orage transforme la ville en cloaque.

Le calme du site, en ce jour de ciel gris balayé par le vent, a quelque chose d’angoissant. Le chauffeur du parc, suivant la consigne, roule à une vitesse désespérément lente sur la route déserte. Des ingénieurs chinois supervisent la construction d’un barrage qui permet la formation d’un lac artificiel - «pour l’activité pédalo», précise le conducteur. Au loin, au sommet d’un mamelon de verdure, un avion de ligne est posé en équilibre. Il est destiné à devenir un «restaurant VIP», les travaux ont déjà commencé. En attendant, le restaurant du parc se situe quelques kilomètres plus bas, sous une vaste paillote de luxe longeant une rivière. C’est ici que le président sortant de la république démocratique du Congo, Joseph Kabila, reçoit ses invités de marque.

Le gigantesque parc lui appartient, sa résidence privée est cachée derrière d’autres collines. Le patron aime passer au restaurant le soir, une fois les derniers visiteurs partis. Il vient souvent en moto. Avec les animaux sauvages, qu’il a fait venir de toute l’Afrique, les sports mécaniques sont réputés être sa grande passion. Joseph Kabila, qui quitte officiellement le pouvoir ce jeudi après dix-huit ans passés à la tête de l’Etat, rêvait-il d’un Congo bâti à l’image de son parc touristique ? Le mirage a ses limites. Ici, il n’y a ni mines à ciel ouvert, ni enfants soldats, ni épidémie d’Ebola, ni société civile, ni bidonvilles surpeuplés, ni opposants. Juste des buffles d’eau, des employés polis, une table de billard et un bar tamisé servant les meilleurs whiskys.

«Marionnette»

Kabila y est plus à l’aise qu’à Kinshasa la rebelle, bastion de l’opposition qui n’a jamais adopté ce président introverti dédaignant les cérémonies pompeuses et les festivités publiques. «Son attitude hermétique, réservée, est à l’opposé des habitudes kinoises, estime l’historien Isidore Ndaywel. Il n’est pas jovial, à la différence de son père. C’est un homme silencieux. A-t-il eu peur de ne pas être pris au sérieux, à cause de son jeune âge ? Est-il complexé par son instruction modeste ? Il ne parle pas le lingala, la langue de la capitale, et il connaît relativement mal le Congo puisqu’il a grandi l’étranger.»

 

Joseph Kabila est né dans le maquis le 4 juin 1971. Son père, Laurent-Désiré, l’homme qui renversera un quart de siècle plus tard le dictateur Mobutu Sese Seko avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda, est alors un chef de guérilla «révolutionnaire» en même temps qu’un trafiquant prospère. Il envoie ses enfants en Tanzanie, où Joseph sera scolarisé. L’aîné a 25 ans quand il rejoint son paternel, commandant de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, dont les troupes vont traverser l’immense pays d’est en ouest jusqu’à entrer dans la capitale pour en chasser «Papa Maréchal» et tourner définitivement la page du Zaïre mobutiste. Le fils du nouveau président part suivre une courte formation militaire en Chine avant d’être bombardé à la tête de l’armée congolaise, avec le grade de général de division.

Il est au front quand Laurent-Désiré Kabila est assassiné par un simple «kadogo» (ex-enfant-soldat) le 16 janvier 2001. «Il est mort tout de suite, mais on a caché la nouvelle, on n’a annoncé son décès que deux jours plus tard, le temps de ramener Joseph à Kinshasa, raconte Barnabé Kikaya Bin Karubi, devenu son conseiller diplomatique. Il était le seul à pouvoir contrôler la situation sécuritaire.» L’imprévisible réaction des kadogos inquiète le premier cercle du pouvoir. «Ils craignaient qu’ils se révoltent et se vengent sur la population de la capitale, explique Isidore Ndaywel. Les kadogos considéraient le Mzee ("le Vieux") comme leur père. Joseph avait la légitimité du fils aîné : il pouvait leur parler.»

Pourtant, le jeune homme timide propulsé à la tête de l’Etat à l’âge de 29 ans n’a jamais été formé à la politique. «Avec le recul, je me rends compte qu’il n’était pas prêt», assène Mwenze Kongolo, l’un des «tontons» qui l’encadrèrent à ses débuts. «Il n’avait pas une personnalité forte, capable de résister aux pressions. Au début, il a été avalé par la communauté internationale, il fallait qu’on couvre ses faiblesses. Mais il a appris très vite.» Le Président hérite d’une guerre contre les anciens parrains rwandais et ougandais de son père, qui a dégénéré en un conflit fragmenté sur le sol congolais, terriblement meurtrier. Joseph Kabila va rompre avec cette logique armée, et accepter d’entrer en discussions avec les chefs de milices. L’Occident apprécie. Reçu à Bruxelles, à Paris et à New York, il écoute plus qu’il ne parle. On le prend pour un partenaire docile. Les négociations intercongolaises, pilotées par l’Afrique du Sud, débouchent sur un «accord global et inclusif» fin 2002, prévoyant un partage du pouvoir inédit (la formule dite «1+4», un président et quatre vice-présidents) et une intégration des miliciens dans l’armée nationale, aussi boursouflée qu’inefficace.

Dès lors, qu’importe que Kabila soit dépeint comme une «marionnette» par ses détracteurs et que le Congo soit placé sous un régime non-avoué de «souveraineté contrôlée», il devient avant tout, à l’époque, l’homme qui a mis fin à la guerre. Quand, en 2006, est organisée la première présidentielle au suffrage universel direct de l’histoire du pays, financée par l’Europe et les Etats-Unis, c’est en grande partie cette image d’artisan de la paix qui lui permet de l’emporter dans les urnes face à l’ancien seigneur de guerre Jean-Pierre Bemba. «Cet accord de paix est son acte fondateur, estime Barnabé Kikaya. Ensuite, pour sa campagne de 2006, il a pu lancer les "cinq chantiers de la reconstruction nationale".»

Minerais

Parlez aujourd’hui des cinq chantiers (infrastructures, emploi, éducation, eau-électricité et santé) à un Congolais et vous récolterez au choix une moue dégoûtée ou un grand éclat de rire. Seul le conseiller Kikaya garde son sérieux : «On a construit 2 000 kilomètres de routes et des immeubles magnifiques ont poussé partout à Kinshasa», dit-il. Reste que le pays, dont le sous-sol est décrit depuis l’époque coloniale comme un «scandale géologique» tant il regorge de minerais précieux (or, diamant, mais aussi coltan et cobalt, utilisés dans la fabrication des smartphones et des batteries), manque de tout. «Kabila a réussi à stabiliser la monnaie, c’est l’une des seules choses à mettre à son crédit,commente Isidore Ndaywel. Mais sur le plan du développement, notre pays reste une catastrophe.»

Quelle statistique peut décrire le Congo de 2019 ? Un enfant sur dix n’atteint pas l’âge de 5 ans. La moitié des Congolais n’ont pas d’accès à une source d’eau potable. 71 % de la population vit avec moins de 2 dollars (1,76 euro) par jour. Année après année, ce pays -continent de 80 millions d’habitants occupe toujours les dernières places du classement mondial de l’indice de développement humain. «La population n’a que trop conscience que Kabila a sous-traité la réalisation de ses fameux cinq chantiers aux Chinois pour masquer son propre immobilisme. Cinq chantiers ? Autant dire Tcheng Tchan Tché ! Chaque fois que des jeunes voient un Chinois dans la rue ou une femme congolaise qui porte un chemisier asiatique, ils s’écrient "Tcheng Tchan Tché"», raconte le journaliste belge David Van Beyrouck dans Congo, une histoire (1). La signature d’un méga-contrat historique entre Kinshasa et Pékin, en 2007, sur le principe «minerai contre infrastructures» et dont la valeur a été estimée à 9 milliards de dollars, constitue un tournant dans la présidence de Joseph Kabila. L’ancien chouchou de la communauté internationale commence à être regardé de travers. Le contrat chinois n’est pas seul en cause. Les mauvaises manières de Kabila, qui a pris de l’assurance, font surface.

Au fil du temps, le président élu a montré qu’il pouvait se faire aussi brutal que ses prédécesseurs pour casser ses rivaux ou des opposants trop remuants. Plusieurs rapports d’organisations internationales décrivent le système d’incarcération et de torture mis en place pour mater les dissidents. Les feux de la guerre se rallument dans l’est du pays, sur fond de pillage des ressources naturelles. La corruption prospère à tous les niveaux. Les juteux contrats miniers sont distribués en toute opacité. Le clan familial (notamment sa sœur Janet et son frère Zoé) s’enrichit scandaleusement. L’Occident ferme les yeux sur sa réélection douteuse, en 2011, face à l’opposant historique Etienne Tshisekedi, mais tousse à l’idée d’un troisième mandat, interdit par la Constitution.

Treillis

«Le divorce s’est accentué après 2012. Aux inquiétudes économiques s’ajoutait la question de la démocratie», explique Isidore Ndaywel. Son silence, autrefois considéré comme de la réserve, est désormais interprété comme de la morgue. La situation se tend à l’approche du terme de son second mandat. Plus de 100 manifestants sont tués en 2015 et 2016 en marge des marches de protestation contre la révision de la Constitution ou le report des élections. A chaque fois, la police ouvre le feu contre la foule. Le 31 décembre 2016, sous l’égide de l’Eglise catholique, le Président signe avec l’opposition un compromis qui lui permet de se maintenir au pouvoir tout en organisant une transition politique et un scrutin d’ici la fin 2017. Cet accord dit «de la Saint-Sylvestre» ne sera pas respecté. Kabila, de plus en plus invisible, s’accroche à son fauteuil. Il s’est laissé pousser la barbe et apparaît en treillis de guérillero - l’expression «d’une rébellion interne», dit-il. En janvier, puis février 2018, les Congolais sortent à nouveau dans les rues, et sont à nouveau la cible des balles des forces de sécurité. Les marches organisées à l’appel des évêques sont réprimées dans le sang, jusqu’à la sortie des églises. Le régime est engagé dans une fuite en avant. Jusqu’au 8 août, quelques heures avant la clôture des inscriptions : Joseph Kabila annonce qu’il ne sera pas candidat.

«Sa méthode, c’est de laisser traîner, voire pourrir, les choses, il ne tranche jamais, décrit son ancien ministre Mwenze Kongolo, passé dans l’opposition. Il est très passif, ce qui a pu le servir dans sa phase d’obéissance à la communauté internationale, et ce qui l’a desservi dans sa phase de désobéissance.» A Kinshasa, son départ est devenu une obsession. Chacun dit désormais à voix haute tout le mal qu’il pense du président sortant, accusé de manipuler la commission électorale pour faire échouer le scrutin, puis le retarder, et enfin faire gagner coûte que coûte son dauphin désigné : Emmanuel Ramazani Shadary, ex-ministre de l’Intérieur, et fidèle parmi les fidèles. Les attaques contre le chef de l’Etat ont souvent des relents xénophobes. «La rumeur populaire dit qu’il est le fils d’un ami rwandais de Laurent-Désiré tombé au champ de bataille, et qu’il aurait été adopté, raconte Isidore Ndaywel. L’armée sur laquelle Kabila s’appuie est en grande majorité rwandophone, surtout sa garde républicaine. A Kinshasa, les gens se méfient d’eux.»

Pacte secret

Jamais ce président taiseux n’a autant donné d’interviews qu’en cette fin de règne. En décembre, les grandes agences de presse, la BBC, Al-Jazeera, le Soir, le Monde, Jeune Afrique sont tour à tour reçus dans sa résidence officielle à Kinshasa, ou dans sa ferme de Kingakati. Joseph Kabila donne des gages, répète qu’il est prêt à partir. «J’ai la modestie de croire que nous avons contribué à restaurer la démocratie», dit-il. Dans un dernier geste de défi, il se permet de faire expulser l’ambassadeur de l’UE en RDC, Bart Ouvry, en représailles aux sanctions européennes visant ses collaborateurs, et notamment «son» candidat, Emmanuel Ramazani Shadary. Mais contrairement à ce qu’une majorité du pays redoutait, à l’issue du scrutin du 30 décembre, ce n’est pas Shadary qui est proclamé vainqueur. Ce n’est pas non plus l’homme qui semble avoir réellement gagné le scrutin (plusieurs fuites de fichiers électoraux donnent l’opposant Martin Fayulu largement en tête, avec près de 60 % des voix). Un troisième scénario, inattendu, se dessine : la consécration de Félix Tshisekedi, le fils d’Etienne Tshisekedi, décédé deux ans plus tôt. Cette nuit-là, l’heureux élu s’empresse de «rendre hommage» au sortant : «Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique.»

Fin de partie pour Kabila, qui aurait assuré ses arrières - sur les plans judiciaire et financier - en négociant un pacte secret avec Tshisekedi, plus accommodant que Fayulu ? Il a un temps laissé entendre qu’il se replierait sur ses terres, en sage gentleman-farmer. Mais la large victoire de sa coalition politique, le Front commun pour le Congo, qui a raflé 337 des 500 sièges de l’Assemblée selon les résultats officiels, laisse présager une suite de l’histoire. A 47 ans, le président sortant bénéficie d’un poste de sénateur à vie. S’il le désire, il pourrait prendre la tête de la chambre haute et devenir le deuxième personnage de l’Etat. Contraindra-t-il Tshisekedi à une cohabitation ? Ses ennemis cauchemardent déjà de son retour à la fonction suprême en 2023. Fidèle à sa réputation, le «raïs» ne s’est pas prononcé. Le maître de l’attente a toujours botté en touche aux questions portant sur son avenir politique. Dans son interview à Jeune Afrique, à la veille de l’élection, il répondait ceci : «La république démocratique du Congo est un vaste chantier. Partout où les autres voient des problèmes, je vois des opportunités.»

(1) Congo, Une histoire. Actes Sud, 2012. Traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin.

 

Célian Macé Envoyé spécial à Kinshasa

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 14:37
ANAC : Signature d’une convention « Sûreté de l’aviation civile »
ANAC : Signature d’une convention « Sûreté de l’aviation civile »

 

Signature d’une convention « Sûreté de l’aviation civile » entre l’Autorité nationale de l’Aviation civile et l’Ambassade de France, en présence du Ministre des Transports et de l’Aviation civile

 

Le 22 janvier 2019, une convention « Sûreté de l’aviation civile » a été signée au Ministère des Transports et de l’Aviation civile, entre le Directeur Général de cet organisme, le Colonel François Edly FOLLOT, et l’Ambassadeur de France en République centrafricaine, Monsieur Eric GERARD, en présence du Ministre des Transports et de l’Aviation civile, Monsieur Théodore JOUSSO.

La France appuie l’Autorité nationale de l’Aviation civile centrafricaine (ANAC), qui est l’organisme public en charge de la sûreté aérienne de l’aviation civile en République Centrafricaine. L’ANAC est l’instrument autonome qui garantit la sûreté aérienne.

Cette coopération passe principalement par du conseil, par la formation d’experts centrafricains aux normes internationales (les « instructeurs internationaux Sûreté »), ainsi que par une dotation en équipements informatiques de pointe indispensables à ces formations.

A terme, 150 agents (policiers, gendarmes, militaires et agents d’entreprises privées) seront formés par les instructeurs centrafricains.

Parallèlement, la France intervient sur d’autres projets liés à la sûreté aéroportuaire, notamment la construction de l’enceinte de l’aéroport par l’Agence française de Développement.

A la demande des autorités centrafricaines, la France ne ménagera aucun effort pour que l’aéroport de Bangui soit toujours plus sûr, pour que les déplacements par avion, indispensables à la Centrafrique, s’effectuent en sécurité.

Cette action en appui à la sûreté aérienne est importante pour la France, non seulement parce qu’elle est d’intérêt général, mais parce qu’elle est le fruit d’un partenariat réussi avec l’Autorité nationale de l’Aviation civile centrafricaine.

 

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 14:30
Bambari : Note d’information MINUSCA
Bambari : Note d’information MINUSCA
Bambari : Note d’information MINUSCA
Bambari : Note d’information MINUSCA

 

 

DES AVANCEES SIGNIFICATIVES ENREGISTREES APRES L’OPERATION DE LA MINUSCA A BAMBARI

 

Bangui, le 23 janvier 2019 – L’opération Bekpa 2 par la MINUSCA contre l’UPC à Bambari a été abordée mercredi par le chef d’Etat-Major de la Force de la MINUSCA,Général Remi Seigle, et le Chef du Bureau régional de la MINUSCA à Bambari, Bara Dieng, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission. Le préfet de la Ouaka, Victor Bissekoin, a également participé au point de presse.

 

Dans un tour d’horizon, le Brigadier général Remi Seigle a rappelé que le dispositif sécuritaire mis en place en partenariat avec les FACA et les forces de sécurité pour la journée mondiale de l’alimentation qui devait se tenir à Bambari, « va rester en place pour l’opération ». « Il consiste à contrôler tous les accès à Bambari, à garder certains emplacements sensibles », a dit l’officier avant d’ajouter que « nous avons inclus les FACA avec la Force de la MINUSCA avant même les déclenchements de l’opération pour contrôler les points sensibles de la ville et les axes venant à Bambari ».

 

Après les attaques des groupes armés le 10 janvier dernier sur la ville de Bambari et les barricades érigées dans les quartiers est de la ville, la force de la MINUSCA a réagi avec pour objectif de « chasser ou neutraliser tous les groupes armés de Bambari sans distinction ». L’opération s’est déroulée en trois phases à savoir la destruction de tous les sites sur lesquels sont installés les groupes armés, la destruction de la base du fief des groupes armés à Bokolobo et finalement la stabilisation et la normalisation de la ville de Bambari « qui se poursuit ».

 

Le préfet de la Ouaka, Victor Bissekoin, a souligné pour sa part que cette opération a permis de « chasser les groupes armés de la ville de Bambari ». Toutefois le préfet reconnait la complexité de cette crise qui se traduit par le comportement des acteurs obscurs qui ne jouent pas un franc jeu dans la résolution cette crise. Le préfet appelle par ailleurs les Centrafricains à « aimer leur pays et à être soudés avant que les autres leur viennent en aide ». Par la même occasion le préfet de la Ouaka, espère que les pourparlers de Khartoum permettront de trouver une solution définitive à la crise centrafricaine et de retrouver la paix durable.   

 

Pour sa part, le Chef du Bureau régional de la MINUSCA à Bambari, Bara Dieng, s’est réjoui des résultats de l’opération qui a permis de détruire les symboles de l’UPC dans la ville avant d’ajouter que parmi les dispositifs sécuritaires mis en place, il y a les patrouilles menées 24 heures sur 24 « pour rassurer la population et se positionner aussi sur les entrées principales de la ville ».

 

De son côté, la porte-parole intérimaire de la MINUSCA, Uwolowulakana Ikavi Gbetanou, a fait savoir que le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga Anyanga, s’est rendu ce mardi à Khartoum dans la capitale soudanaise ou sont prévus les pourparlers inter centrafricain pour la paix et la réconciliation, sous l’égide de l’Union Africaine avec l’appui des Nations Unies.  

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24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 14:18
Un dialogue incertain s'ouvre à Khartoum pour la paix en Centrafrique
Un dialogue incertain s'ouvre à Khartoum pour la paix en Centrafrique
Un dialogue incertain s'ouvre à Khartoum pour la paix en Centrafrique
Un dialogue incertain s'ouvre à Khartoum pour la paix en Centrafrique

 

POURPARLERS DE PAIX POUR LA CENTRAFRIQUE

 

https://www.dw.com 23.01.2019

 

Un dialogue incertain s'ouvre à Khartoum pour la paix en Centrafrique

 

Les autorités centrafricaines entament des pourparlers de paix sous l'égide de l'Union africaine avec des groupes armés toujours actifs en RCA. Mais quelles sont leurs chances d'aboutir ?

Réunion, jeudi 24 janvier à Khartoum, la capitale soudanaise.

Une quinzaine de groupes armés sont toujours présents sur le territoire centrafricain qu'ils contrôlent à 80%. Ce rapport de force leur a permis de poser de hautes exigences aux autorités, en 2018, qui laissent peu de marge de manœuvre au gouvernement.

Parmi leurs conditions,  il y a un partage du pouvoir ou encore une amnistie générale.

Martin Ziguélé, ancien Premier ministre centrafricain, est également à Khartoum. Sans nier les difficultés sécuritaires et économiques, M. Ziguélé se veut optimiste. Après tout, ce dialogue a été longuement préparé et voulu par les différentes parties depuis 17 mois. Il explique :

"C'est un bon choix d'aller à ces négociations car il vaut mieux discuter que de faire la guerre. Quand vous allez à des négociations, c'est comme quand vous allez à la Coupe du monde. Les équipes sont motivées, surentraînées, chacun place la barre très haut. Mais c'est sur le terrain, pendant le match, selon la volonté d'arriver à un résultat positif, que les choses se déroulent. Vous ne pouvez pas aller à des négociations en disant que sur telles choses, vous ne voulez pas discuter. Et j'estime que quand on aime son pays, on est capable, quand on veut donner une chance à la paix, de trouver des solutions dynamiques. Car la situation de guerre ne profite à personne."

Des limites à la négociation

De l'avis de M. Ziguélé, tous les thèmes sont négociables. Un point de vue que ne partage pas le chercheur Kag Sanoussi. Le président de l'Institut international de gestion des conflits estime que les autorités vont devoir recourir à des "solutions alternatives", comme les amnisties progressives ou la grâce présidentielle, pour éviter de donner l'impression aux rebelles qu'il suffit de prendre les armes pour accéder au pouvoir.

Pourquoi le choix de Khartoum?

La réunion d'août dernier avait déjà eu lieu dans la capitale soudanaise, sous l'égide de la Russie. Une initiative que la France avait dénoncée comme une volonté de Moscou de torpiller les efforts de l'ONU et de l'Union africaine (UA), tout en asseyant l'influence grandissante du Kremlin dans le pays.

Mais cette fois, Paris salue les négociations sous égide de l'UA, souhaitant qu'elles débouchent sur un accord qui permette "la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire et assurer le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des combattants des groupes armés".

Selon Kag Sanoussi, la capitale soudanaise est rassurante pour toutes les parties :

"Il ne faut pas oublier que d'autres dialogues ont déjà eu lieu à Khartoum. Et que les responsables des groupes rebelles, et même les anciens présidents, ont déjà fait des déplacements sur Khartoum. Donc Khartoum est un peu le fief des groupes armés et ceux qui ne sont plus en odeur de sainteté du fait des mesures judiciaires qui pèsent sur eux s'y rendent régulièrement. Khartoum essaie d'aider la RCA car le président soudanais est conscient du fait que si la guerre continue au sud de son pays, il n'est pas épargné non plus, donc qu'il est dans son intérêt de participer à l'apaisement."

Ces cinq dernières années, sept accords de paix ont été signés qui n'ont pas permis un retour à la stabilité dans le pays.

Sur le terrain, les violences continuent. Treize personnes ont été tuées dimanche dans l'ouest de la Centrafrique. Selon le porte-parole de la Minusca, ces violences auraient été initiées par des Peuls armés, membres présumés du mouvement 3R.

+++

A noter aussi : la France a remis Patrice-Edouard Ngaïssona à la Cour pénale internationale. Patron du football centrafricain et ex-milicien, Patrice-Edouard Ngaïssona avait été arrêté à la mi-décembre et sera jugé à la CPI pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés commis en RCA entre septembre 2013 et "au moins décembre 2014".

 

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