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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 18:40
Birao, une poudrière aux confins de la Centrafrique
Birao, une poudrière aux confins de la Centrafrique

 

Publié le 09.11.2019 à 08h50 par AFP

 

Un épais silence plane sur les allées poussiéreuses de Birao. Seules de rares silhouettes y déambulent encore entre les cases vides et les haies de roseaux.

La ville, échouée dans l’extrême nord-est de la Centrafrique, a été durement touchée depuis le 1er septembre par des combats entre deux groupes armés, pourtant signataires en février de l’accord de paix de Khartoum qui avait ramené un calme précaire dans un pays ravagé par la guerre civile.

La plupart des 14.000 habitants sont désormais réfugiés à côté de la base des Nations unies. Entassés sous des tentes de fortune, à quelques mètres des maisons abandonnées où personne n’imagine revenir de sitôt: la veille encore, une énième rumeur d’attaque du groupe armé FPRC (Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique) a amené une nouvelle vague de déplacés dans le camp, où l’eau se fait rare en ce début de saison sèche.

Seul le marché central a retrouvé un semblant d’activité. Les patrouilles de Casques bleus y côtoient les pickups de miliciens enturbannés sous le regard indifférent des anciens qui prennent le thé à l’ombre des acacias. Presque un retour à la normale, dans ce foyer de rébellion qui échappe depuis des décennies au contrôle de l’Etat centrafricain.

Depuis 2014, le FPRC, l’un des principaux mouvements rebelles du pays, contrôlait la région et la lucrative taxation des marchandises en provenance du Soudan voisin. Son chef militaire, Abdoulaye Hissène ainsi que plusieurs de ses officiers, sont membres de l’ethnie rounga, minoritaire à Birao mais bien implantée dans l’économie locale.

De quoi attiser des tensions anciennes avec l’ethnie kara, environ 40% de la population de Birao, qui compose la grande majorité des membres du MLCJ (le Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice).

– Maîtres réfugiés –

Le 29 août, l’assassinat du fils du sultan-maire kara de Birao par un milicien du FPRC a servi d’étincelle: après une premier affrontement le 1er septembre, le puissant FPRC a été mis en déroute et chassé de la ville deux semaines plus tard par des éléments du MLCJ et des civils kara armés. Dans la foulée, les riches demeures du quartier rounga ont été pillées et incendiées.

Les anciens maîtres de Birao sont désormais réfugiés avec les membres de leur communauté près de l’aérodrome, sous la protection des Casques bleus, et séparés des Kara par 15 km de piste.

« Les bandits qui nous ont chassés ont barré la route et empêchent les vivres de venir ici. C’est une manière de faire plus que sauvage », s’émeut Gabriel Redjal, le chef du camp de l’aérodrome, dans un français châtié. « Pour les Rounga, ce n’est plus le moment de vivre dans Birao. Il faut que l’on nous déplace loin d’ici », demande-t-il.

Le temps presse: pour les observateurs internationaux, la crise de Birao menace de dégénérer en une guerre ouverte qui pourrait s’étendre aux régions voisines. Le FPRC promet de reprendre la ville dès la fin des pluies qui rendent les routes impraticables.

Fort de sa victoire à Birao, le MLCJ a continué de grignoter le territoire de son ancien allié dans la région, et lorgne sur une nouvelle localité, Tissi.

– Ethnique ou politique –

“D’ici une semaine, quelque chose va se passer là-bas » confie avec un sourire énigmatique Adramane Ramadan, « chef de race » des Kara. Ce leader communautaire au regard d’acier, nouvel homme fort de Birao, reçoit dans sa propriété gardée par des hommes lourdement armés.

« Ils ne sont pas miliciens du MLCJ », assure-t-il, réfutant tout lien avec le groupe armé: « Ce n’est pas une guerre entre MLCJ et FPRC, c’est une guerre ethnique ».

Les mots ravivent de mauvais souvenirs dans un pays marqué par des années de violences intercommunautaires. Or, du côté rounga, les chefs font une toute autre lecture du conflit: « Il y a toujours eu une certaine jalousie, mais les Kara et les Rounga vivaient bien ensemble » assure Gabriel Redjal. « Il y a de la manipulation politique derrière cela. Et cette manipulation est profonde. »

Le responsable vise Adramane Ramadan, qui reconnaît volontiers briguer le poste de maire de Birao, où les élections locales ont toujours été déterminées par le vote ethnique. Mais également le chef du MLCJ, Gilbert Toumou Deya. Bien installé à 800 km de là dans la capitale, Bangui, il siège au gouvernement comme ministre chargé des relations avec les groupes armés.

Alors que leur chef Abdoulaye Hissène a été accusé par un rapport de l’ONG The Sentry d’avoir manipulé les clivages ethniques à Bangui pendant les violences de 2013, les Rounga de Birao s’estiment à leur tour victimes d’un complot politique orchestré depuis la capitale, à l’aune de l’élection présidentielle de 2020 où les votes de l’arrière-pays seront déterminants.

« Le FRPC respectait l’accord de paix. Et ceux qui ne respectent pas l’accord, qui nous ont attaqués, ils sont là, avec leurs armes dans la ville! Où est la justice? », s’emporte le capitaine Moussa, un commandant du FPRC réfugié à l’aérodrome qui a dû troquer son uniforme contre un survêtement de sport. Pour lui, « il n’y a pas de vérité en Centrafrique. On ne sortira jamais de l’affaire de Birao. »

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 18:37
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

 

RCA : l’UE appuie la protection de la faune et de la flore du parc Chinko

 

https://www.radiondekeluka.org/ dimanche 17 novembre 2019 15:12

 

L'Union Européenne (UE) a réitéré samedi 16 novembre 2019 son engagement à appuyer la protection de la faune et de la flore de la réserve naturelle de Chinko (Mbomou) dans le Sud-est de la République Centrafricaine.

La chargée de l'Afrique centrale et australe à la Commission de l'Union Européenne, Francisca Di Mahoro, s'est personnellement rendue ce samedi dans ce parc, classé patrimoine de l'UNESCO. Gérée aujourd'hui par African ParkNetwork, la réserve naturelle de Chinko compte plus de 80 espèces de grands mammifères et plus de 500 espèces d'oiseaux.

Ce parc aujourd’hui géré par African Park Network compte plus de 80 espèces de grands mammifères et plus de 500 espèces d’oiseaux.

"L'UE appuie les parcs dans la région Afrique centrale depuis beaucoup de décennie et notamment le parc de Chinko depuis 2014" a expliqué Francisca Di Mahoro, chargée de l’Afrique centrale et australe à la commission de l’Union Européenne. "Nous avons commencé avec le Fonds Bêkou et maintenant nous continuons avec un programme régional. Le financement du programme du parc de Chinko est de 5 millions de francs Cfa avec ECOFAC" a-t-elle ajouté pour justifier l'engagement de son institution.

L'appui de l'UE vise à pérenniser les activités menées dans le parc de Chinko, mais aussi donner la possibilité aux populations environnantes de pouvoir bien vivre.

"L'idée, c'est de voir comment notre approche est mise en œuvre ; une approche qui se veut absolument intégrée, pas seulement de la conservation pure pour protéger les forêts et les animaux, mais aussi voir comment on peur mieux intégrer les besoins des communautés qui vient autour des parcs" a fait savoir Francisca Di Mahoro.

 

 

RCA : Le gouvernement annonce le déploiement prochain des FACA à Bambouti

 

https://www.radiondekeluka.org/ samedi 16 novembre 2019 12:44

 

Le Premier ministre, Firmin Ngrébada, a annoncé ce 13 novembre devant les députés à l'Assemblée Nationale, le renforcement du dispositif sécuritaire à Bambouti dans le Haut-Mbomou. Cette décision gouvernementale fait suite à la volte-face de Ali Darassa de maintenir la présence de ses éléments armés dans le Haut-Mbomou.

Evoquant le caractère sensible de l’opération, le Premier ministre, Firmin Ngrébada, fait profil bas sur la lettre de mission des Forces Armées Centrafricaines qui seront déployées à Bambouti. « Des FACA seront déployées à Bambouti dans le Haut Mbomou pour sécuriser la population civile » a déclaré le Premier ministre ce 13 novembre 2019 devant les députés.

Inquiets de la présence des hommes de l'UPC, les députés ont interpellé le gouvernement qui selon eux, n’a pas usé de son plein pouvoir pour protéger la population. En réponse, le Premier ministre Firmin Ngrébada, a rassuré en évoquant le déploiement des FACA à Bambouti.

« Concernant la présence des hommes de l’UPC à Bambouti, à la demande du gouvernement et suite aux pressions exercées par les garants et facilitateurs, l’UPC s’était engagée à se retirer du Haut-Mbomou. Mais nous avons constaté que ses éléments continuent de se stationner à Rafaï et à Zémio, ce qui entraine la réprobation du gouvernement » a rapporté le Premier ministre.

Les actions sont en cours pour contraindre Ali Darassa selon le chef du gouvernement, « un contact a été établi avec Ali Darassa pour qu’il retire ses hommes sans délai de nouvelles positions qu’ils occupent. Il a donné l’assurance de le faire rapidement. Mais compte tenu des retards, des actions sont envisagées pour qu’ils obtempèrent » a insisté Firmin Ngrébada.

Le gouvernement est donc sur pied de guerre contre les éléments de l’UPC selon le chef du gouvernement. Une situation qui se justifie par le non-respect des dispositions de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation par les hommes armés de Ali Darassa.

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 18:35
Corridor Douala-Ndjamena-Bangui

 

Lu pour vous

 

Corridor Douala-Ndjamena-Bangui : tensions entre transporteurs, transitaires et l’Etat du Cameroun

 

https://actucameroun.com/ 14 Nov 2019

 

Au centre des divergences, le système Nexus+, le prix du transport, les ponts bascules, les tracasseries administratives ou le transport pour compte propre.

 

Les difficultés structurelles, organisationnelles, techniques et financières persistent dans le secteur du transport terrestre camerounais. Aussi, dès le 1er janvier 2020, les transporteurs camerounais, tchadiens et centrafricains menacent d’entrée en grève.

Plaque tournante du trafic par fret terrestre de l’Afrique centrale, le Cameroun reste le principal acteur du transport en zone Cemac. La ville de Douala étant le hub de cette activité au profit des pays voisins à l’instar du Gabon, de la Guinée Equatoriale, du Congo, mais surtout, de la République centrafricaine et du Tchad, deux pays de l’hinterland dépourvus de façade maritime. Face à cette situation préoccupante et sur initiative du Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (Sntrc), les transporteurs, ainsi que les principaux syndicats des transporteurs du Cameroun, du Tchad et de la Centrafrique ont planché sur les maux qui minent leur profession. Des maux communs et propres aux Etats.

Sur les problèmes communs, les transporteurs routiers camerounais, centrafricains et tchadiens affichent une quasi-unanimité: vétusté et indisponibilité des balises de géolocalisation, prix du fret bas et fluctuant, désagréments aux ponts bascules, tracasseries policières et administratives etc… Concernant les maux propres aux Etats, les transporteurs routiers tchadiens et centrafricains dénoncent essentiellement le non-respect des textes relatifs à la répartition du fret, alors que ceux du Cameroun évoquent la concurrence déloyale des transporteurs pour compte propre et le non-respect des règles de transport par certains transporteurs centrafricains et tchadiens. El Hadj Oumarou, le Coordonnateur du Bureau de gestion du fret terrestre (Bgft), régulateur du transit et du fret du Cameroun, constate néanmoins quelques avancées : la disparition des pèses-essieux mobiles notamment. Ainsi que la levée de certains points de contrôle sur les axes Douala-Ndjamena ou Douala-Bangui.

Le Mintp interpellé

Au terme de plus de cinq heures d’intenses discussions, quelques recommandations seront unanimement arrêtées. Parmi lesquelles celles à l’endroit du ministère des travaux publics du Cameroun: les transporteurs de la Rca, du Cameroun et du Tchad ont décidé d’interpeller ce département ministériel sur la problématique du pesage. Ces derniers optent pour «une réévaluation du système de pesage». Un comité sera constitué à cet effet. Egalement interpellé, le ministère des finances camerounais sur l’épineux casse-tête de la balise Gps. Les transporteurs proposent deux options: soit la mise à disposition suffisante des balises, soit leur pose par les transporteurs eux-mêmes. La désignation d’une commission ad hoc de suivi de cette résolution a été adoptée.

Autre résolution prenant effet sous dizaine, une rencontre au sommet entre les représentants des organismes de fret du Cameroun, du Tchad et de la Centrafrique, avec les transitaires. Rencontre au cours de laquelle les transporteurs ont décidé de faire plier les bailleurs de fret: «nous devons imposer l’application des prix homologués du transport de fret. Ces prix sont libéralisés injustement contre les intérêts des transporteurs, mais en violation des conventions», s’exprime M. Bassega, le représentant du Barc de la Rca.

«Les prix du fret dans les corridors Douala-Bangui et Douala Ndjaména connaissent une forte chute depuis 2005», se désole Raymond Moungang, le président du Sntrc Littoral, organisateur de l’événement. De 4.000.000 de Fcfa pour un affrètement à destination du Tchad, les transporteurs encaissent malheureusement de leurs bailleurs de fret moins de 2.000.000 de Fcfa. A destination de la Centrafrique, les dispositions conventionnelles fixent le prix du transport à hauteur de 3.500.000 Fcfa. Il se situe aujourd’hui à un peu plus d’un million de Fcfa.

La concertation de Douala a également débouché sur de sérieuses menaces concernant principalement le prix du transport, le Gps et les ponts bascules: les transporteurs camerounais, centrafricains et tchadiens envisagent boycotter dès le 1er janvier 2020, le Gps Nexus +. Entendent faire appliquer obligatoirement les prix homologués, et exiger de l’Etat du Cameroun des pesages à, l’essieu ou l’augmentation de la charge utile. Le Sntrc et le Bgft ont été chargés de porter les doléances relevées auprès du gouvernement du Cameroun.

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 18:33
Centrafrique: climat politique tendu à l'Assemblée nationale
Centrafrique: climat politique tendu à l'Assemblée nationale

 

 

Par RFI Publié le 14-11-2019 Modifié le 14-11-2019 à 08:27

 

En Centrafrique, la nouvelle session de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale s’inscrit dans un climat politique quelque peu tendu à un an des élections. La session d’hier, mercredi 13 novembre, a été marquée notamment par le retour effectif dans l'Hémicycle, de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua, qui avait été destitué en octobre 2018.

Abdou Karim Meckassoua n’était pas venu siéger à l’Assemblée en tant que député depuis sa destitution en octobre 2018. Il n’a pas pu poser sa question au gouvernement et a tenu un point presse. Il y a dénoncé les manquements estimés du gouvernement, influences extérieures, injustice, corruption, favoritisme : « C’est pour toutes ces raisons que j’avais voulu interpeller le gouvernement. Et si monsieur le Premier ministre avait encore un tout petit peu d’honneur, s’il aime vraiment notre patrie, qu’il quitte ses fonctions, et il pourra ainsi encore espérer laisser une toute petite trace dans l’histoire de notre pays non pas comme un pitoyable fossoyeur de ses intérêts mais comme un homme politique qui aura su prendre ses responsabilités. »

Populations « affligées »

A l’Assemblée nationale, de nombreuses rumeurs ont circulé ces derniers temps. Notamment celle d’une possible procédure de destitution contre l'actuel président de l’Assemblée nationale, Stève Koba, également président du groupe parlementaire Cœurs unis, le parti présidentiel. « Je pense, dit celui-ci, que nous devons plutôt créer les conditions d’une sérénité au sein de l’Hémicycle et au sein des institutions ; notre pays n’a pas besoin d’une énième crise institutionnelle. Les populations sont affligées par les catastrophes naturelles et ce serait un peu irresponsable de nous lancer vers d’autres manœuvres alors que nous devons répondre à la détresse des populations. »

Il y a eu des remous dans l’Hémicycle lors du départ d’une partie du gouvernement avant la fin de la session.

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 13:50
La boucherie de la France au Cameroun (1955-1962)

Lu pour vous 

 

La boucherie de la France au Cameroun (1955-1962)

 

 

By La rédaction de Mondafrique 10 novembre 2019

 

Paris a livré une guerre totale aux indépendantistes camerounais à l’époque coloniale

 

Une chronique de David Servenay publiée le 1er janvier 2011 dans l’Obs

 

C’était la guerre. Une guerre avec des dizaines de milliers de morts, à 5 000 km de la métropole, loin du regard d’une opinion fascinée par les « événements » d’Algérie. Et pourtant, cette vraie boucherie s’inscrit dans la lignée des pires conflits coloniaux, Algérie et Indochine.

Aujourd’hui encore, peu de Français savent que leur armée fut engagée sept ans au Cameroun, de 1955 à 1962, pour éradiquer l’UPC, un mouvement « rebelle ». Sept années de guerre totale.

Une patiente et longue enquête menée par un groupe de journalistes et d’historiens franco-camerounais devait tenter de faire sauter le couvercle.
« Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971) » de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsisa.

Les trois auteurs confrontent des dizaines de témoins retrouvés dans les deux camps et des milliers de pages d’archives (diplomatiques et militaires) pour arriver à une conclusion limpide : la France a fait la guerre au Cameroun pendant sept ans.

Une guerre totale, pour reprendre l’expression des théoriciens de la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR), radicale et sans merci. La fameuse guerre des cœurs et des esprits, avec l’arsenal d’un exceptionnel dispositif de renseignement fondé sur :

le regroupement forcé de villages,

le quadrillage de la population,

l’action psychologique à grande échelle,

la chasse aux maquis clandestins,

l’exécution ciblée des dirigeants de la rébellion,

la torture érigée en arme de terreur massive.

Bilan : de 20 000 à 120 000 morts

Au Cameroun, pas une famille qui n’ait échappé à cette violence, surtout en Sanaga maritime (entre Douala et Yaoundé) et en pays Bamiléké (dans l’ouest). A l’époque, chacun est sommé de choisir son camp :

soit celui des rebelles de l’UPC, Union des populations du Cameroun, mouvement réclamant l’indépendance du territoire à partir de 1948 ;

soit celui de la France, administrateur de cet état sous tutelle des Nations unies, qui tient à garder le contrôle de son pré-carré.

Le conflit éclate au printemps 1955 par des émeutes dans les grandes villes. Sévèrement réprimées, elles poussent les militants de l’UPC à prendre le chemin de la clandestinité.

Décembre 57 : Paris décide de déployer la zone de pacification du Cameroun (Zopac), réplique du dispositif de la bataille d’Alger conduite par Massu, mais dans un cadre rural. Un certain Pierre Messmer, Haut-commissaire du territoire, est à la manœuvre. En métropole, personne n’est au courant, décrypte Manuel Domergue. 

Ce silence s’explique en grande partie par l’absence de curiosité de la presse, le manque d’études historiques (à part celles d’Achille Mbembe et les livres de l’écrivain Mongo Beti), mais surtout par la propagande intense des autorités françaises pour couvrir les exactions commises par des unités militaires souvent composées de supplétifs tchadiens, congolais, sénégalais…

S’il est délicat d’établir un bilan précis des victimes de ce conflit, les auteurs livrent une fourchette d’estimations :

20 000 morts pour la seule année 1960, selon le général Max Briand, chef des opérations militaires ;

20 000 à 100 000 morts entre décembre 1959 et juillet 1961, selon la revue Réalités ;

61 300 à 76 300 civils tués de 1956 à 1964, selon les archives britanniques citées par l’historienne Meredith Terretta ;

120 000 morts pour les trois années d’insurrection en pays Bamiléké, selon André Blanchet, journaliste au Monde citant une source anonyme.

On est donc loin d’un « génocide » tel que le relaient de nombreuses voix militantes sur le Web. Au passage, le lecteur apprendra que l’ouvrage terrifiant et exagéré attribué à un certain Max Bardet est vraisemblablement l’œuvre de Constantin Melnik, ancien patron des services secrets à Matignon sous Michel Debré. Pour autant, ce bilan reste très lourd pour une population estimée à 3 millions de personnes.

La torture, outil de guerre banalisé

Cette grande « efficacité » à éradiquer les maquisards réfugiés dans les forêts montagneuses du pays Bamiléké tient à l’expérience des soldats qui mènent cette « pacification ». Anciens d’Indochine et d’Algérie, ils maîtrisent à la perfection les leçons du colonel Charles Lacheroy, le théoricien de la DGR. Souvent, ils ont aussi servi sous les ordres des colonels Bigeard et Trinquier, maîtres d’œuvre de la bataille d’Alger.

Au Cameroun, ils adaptent leur savoir-faire en généralisant :

les assassinats ciblés des dirigeants de la rébellion (un peu comme le plan Phoenix mené par la CIA au Vietnam dans les années 1967-1972) ;

la torture des opposants pour forcer la conversion des rebelles et faire basculer les civils par la terreur.

Ce dernier volet est particulièrement développé, au point que des fonctionnaires français – un juge ou un sous-préfet qui témoignent pour la première fois dans cet ouvrage – tenteront en vain d’en freiner l’usage. 

Au bout des 650 pages de ce récit captivant, on comprend mieux comment les régimes du pré-carré africain (dont le Cameroun, affirment les auteurs, fut le laboratoire) s’appuient sur des structures sécuritaires très solides.

Entièrement basées sur le renseignement, hyper centralisées autour du chef de l’Etat (le président Ahidjo fut un modèle du genre), elles permettent de contrôler la vie politique et de museler tout opposant.

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 13:28
RCA : UNE FEMME AMBASSADRICE EN CÔTE D'IVOIRE 
RCA : UNE FEMME AMBASSADRICE EN CÔTE D'IVOIRE 

 

 

Cérémonie de présentation des Lettres de créance de l’Ambassadeur  désigné  de la République Centrafricaine en Côte d’Ivoire, S.E.M. Honorine Flore Lydie MAGBA, au Président de la République, S.E.M. Alassane OUATTARA, ce jeudi 14 novembre 2019, au Palais de la Présidence de la République.

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 13:07
RCA : les ophtalmologues chinois attendus dans la capitale

 

Centrafrique : les ophtalmologues chinois attendus dans la capitale

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 15-11-2019

 

Une équipe médicale chinoise composée d'ophtalmologues est attendue dans la capitale centrafricaine Bangui, où ils séjourneront du 18 novembre au 6 décembre prochain, a-t-on appris jeudi de l'ambassade de Chine en Centrafrique.

Au cours de cette mission, également appelée "la marche vers la lumière", les médecins chinois procéderont gratuitement à des chirurgies de la cataracte à l'Hôpital de l'amitié sino-centrafricaine à Bangui.

Outre les opérations, seront également organisées des consultations médicales gratuites, des activités de sensibilisation sur la santé, ainsi que des échanges entre les experts des deux pays.

Source: Agence de presse Xinhua

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 13:01
Au Mali ou en Centrafrique, «les rebelles sont des businessmen avec des armes»

 

Lu pour vous

 

Au Mali ou en Centrafrique, «les rebelles sont des businessmen avec des armes»

 

https://fr.sputniknews.com 15:30 15.11.2019 Par Safwene Grira

 

Après les années d’embrasement, c’est l’enlisement des entreprises économiques illicites en terre centrafricaine. Dans cet entretien à Sputnik, l’ancien Premier ministre centrafricain (2001-2003) Martin Ziguélé revient sur la concrétisation de l’intégration africaine et la nouvelle réalité des groupes armés en République centrafricaine.

Au terme d’une carrière dans la finance et l’assurance, couronnée par la direction nationale de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), Martin Ziguélé est nommé en 2001 Premier ministre de Centrafrique par Ange Félix Patassé, le premier Président élu démocratiquement. En mars 2003, le coup d’État du général Bozizé l’oblige à partir en exil en France. Il revient au pays en février 2005 et s’impose alors comme l’un des principaux opposants à François Bozizé, qu’il affronte lors des présidentielles de 2005 et 2011.

À la suite du renversement en 2013 du Président Bozizé par Michel Djotodia, Martin Ziguélé prend la tête de l’Alliance démocratique des forces pour la transition (AFDT). En 2015-2016, au terme de deux années marquées par une insécurité galopante et des affrontements interreligieux qui ont fait des milliers de morts, des élections générales sont organisées, consacrant le retour à l’ordre institutionnel. Martin Ziguélé est élu député de son parti, le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC).

 

Dans cet entretien à Sputnik, réalisé en marge du Forum Medays qui se tient à Tanger du 13 au 16 novembre, l’ancien Premier ministre centrafricain revient sur la situation politico-sécuritaire dans son pays. Martin Ziguélé défend l’Accord de Khartoum, signé en février dernier, entre le gouvernement et 14 factions armées écumant l’immense territoire centrafricain. À ce titre, il attire l’attention sur le changement de vocation des groupes armés dans ce pays qui agissent sans objectif politique, mais restent exclusivement motivés par des considérations économiques. La guerre se révélant pour les rebelles «plus lucrative que la paix», il convient, recommande Martin Ziguélé, qu’on arrive à faire en sorte que «la guerre leur soit plus coûteuse que la paix».

 

Sputnik: Vous avez pris part, à l’ouverture du Forum Medays, à un atelier qui a pour thème «La concrétisation de l’intégration africaine». Le premier obstacle à cet objectif n’est-il pas, finalement, une intégration qui peut parfois faire défaut à l’intérieur d’un même pays?

Martin Ziguélé: «Lorsque l’on regarde la situation de manière globale, certains se demandent, effectivement, comment des pays qui rencontrent autant d’obstacles peuvent parler d’intégration. Mais c’était la même chose il y a plus de cinquante ans, avec la création de l’OUA (Organisation de l’unité africaine). Celle-ci poursuivait à l’époque deux objectifs: l’indépendance totale de l’Afrique, sur un plan politique, et la construction d’une économie africaine. L’indépendance totale, on l’a obtenue, le Zimbabwe a été en 1980 le dernier pays à y accéder. C’était 17 ans après le lancement de l’OUA, certes, mais cela a fini par être fait. Pour l’indépendance économique, depuis le plan d’action de Lagos de 1980 et la création de Communautés économiques régionales (CER), l’idée a germé d’aller à une unité continentale. C’est une démarche pragmatique et réaliste.»

Sputnik: Vous parliez, d’ailleurs, à ce sujet d’une nécessaire «opération de déconstruction»…

Martin Ziguélé: «C’est effectivement une déconstruction de l’Histoire et une reconstruction en même temps! Il s’agit de déconstruire l’esprit de cloisonnement, né de la Conférence de Berlin de 1884 qui a divisé l’Afrique en petits pays, en espaces colonisables et colonisés. D’un autre côté, il y a une volonté des Africains de recréer un environnement global commun. Mais on n’a rien sans rien. Nous voulons construire une Afrique, alors qu’on a cet héritage de colonisation et de division. C’est pour cela qu’il y a beaucoup de résistances et de pesanteurs, mais cela ne veut pas dire que l’objectif est mauvais. Partout ailleurs dans le monde, on va à l’unité, au moins sur le plan économique. Pourquoi serait-ce quelque chose d’insensé en Afrique seulement? Il faut reconstituer un espace où les peuples peuvent vivre et commercer. Mais il faut y aller avec nos moyens, très graduellement.»

Sputnik: Faut-il avancer graduellement pour garantir au projet les meilleures conditions de réception?

Martin Ziguélé: «Il faut que le processus soit participatif, parce que rien ne peut se faire sans les peuples aujourd’hui. Il faut chercher à impliquer les femmes, il faut que les jeunes s’approprient l’idée. Il faut que les hommes d’affaires et le secteur privé s’y associent. Il faut que les États en soient convaincus. Les États doivent être écoutés parce qu’ils ont des attentes et des craintes. Celles-ci peuvent concerner des pertes de ressources, les changements qui arrivent. Bref, il faut préparer et accompagner ce changement!»

Sputnik: Vous dites que les Etats doivent être convaincus de ce processus. Dans les plateaux, les tables rondes, les rencontres – telles que les Medays –, on voit souvent les responsables africains défendre le projet avec la dernière énergie. Vous qui avez été Premier ministre de la RCA, est-ce forcément avec la même énergie que la question est abordée, loin des caméras?

Martin Ziguélé: «Je ne vois pas quel leader, quel responsable pourrait dire, aujourd’hui, qu’il est contre l’unité! Et pour cause, aucun pays ne peut tenir seul. D’ailleurs, si vous devenez riche, que votre économie se diversifie, vous devriez probablement songer à vendre. L’échange se fera avec les voisins. Ce que fait un pays comme le Maroc, par exemple, n’est pas de la philanthropie, mais des vecteurs du développement. C’est cela la voie de l’avenir. Il n’y a pas de solution aux problèmes de l’Afrique dans la solitude. Il est vrai que ce qui a été fait doit certainement encore être peaufiné. Nous sommes, toutefois, sur la bonne voie. Il faut avoir la foi des premiers bâtisseurs pour y arriver.»

Sputnik: Revenons aux pesanteurs sécuritaires qui plombent cet élan. Vous défendiez récemment dans une tribune l’Accord de paix de Khartoum. Trouvez-vous qu’il y a une véritable volonté politique de la part des parties prenantes pour que ce treizième accord de paix puisse avoir des conséquences?

Martin Ziguélé: «Je continue à soutenir et à faire confiance à l’accord de Khartoum (signé en février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, ndlr). L’absence d’accord, c’est la loi du plus fort. J’estime en outre que la volonté politique y est, chez le gouvernement centrafricain. C’est même lui qui souhaitait cet accord et qui était entré en négociations avec les groupes armés, avec la facilitation de l’Union africaine (UA) et de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale). C’est donc la matérialisation de la volonté du gouvernement d’aller à la paix. D’ailleurs, je ne vois pas comment forcer un gouvernement qui ne le souhaiterait pas à aller vers la paix.

Sinon, l’accord avance! Bien sûr, vous trouverez toujours des pessimistes pour rétorquer qu’il reste encore beaucoup de groupes armés. Mais il y a quatre jours, par exemple, un groupe armé d’Abbas Al-Siddiki a commencé à se désarmer. Il a livré ses hommes pour entamer le processus DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion).»

Sputnik: Il y a également Ali Darassa, contre qui vous aviez appelé récemment à «une action musclée» et qui vient, ces derniers jours, de retirer ses troupes de Bambouti (Est).

Martin Ziguélé: «Les principaux groupes armés en République centrafricaine ne sont pas animés par des Centrafricains. En outre, ces factions présentent une autre particularité. Ailleurs, les groupes armés sont des mouvements de sédition ou de rébellion voulant prendre le pouvoir par les armes, ce sont des organisations poursuivant un objectif politique. Les groupes armés en Centrafrique n’ont pas d’objectifs politiques, mais plutôt économiques. Ils se cachent derrière la protection d’un certain nombre de minorités, d’éleveurs, mais en réalité, ce sont des entreprises économiques, le pouvoir ne les intéresse pas. C’est l’expansion économique et l’argent qui les motivent!»

Sputnik: C’est donc dans le même esprit des groupes armés de la bande Est de la République démocratique du Congo…

Martin Ziguélé: «Oui, et aussi celui des bandes armées du Mali, aujourd’hui, qui sont d’abord des businessmen mais qui ont des armes, qui défient les États et qui s’adonnent à des trafics! Pour les rebelles, la guerre est plus lucrative que la paix. Il faut qu’on arrive à un moment où la guerre est plus coûteuse que la paix.»

Sputnik: On n’est donc plus dans la configuration classique de combattants tchadiens, entre autres, prêtant main-forte à François Bozizé ou à Michel Djotodia dans la conquête du pouvoir…

Martin Ziguélé: «En effet et ce changement n’a pas été forcément perçu par l’opinion internationale! On a affaire à des gens qui ne cherchent pas un bénéfice politique, mais qui veulent occuper l’espace. À titre d’exemple, le territoire occupé par Ali Darassa couvre cinq préfectures, ce qui est plus vaste que la République du Congo [342 000 m², ndlr]! Il fait venir des combattants de partout, construit une véritable économie de guerre, mais il fait surtout du business! Et c’est pour cette raison que la situation est plus difficile et plus pernicieuse.»

Sputnik: Ce qui participera à l’enlisement de la situation. C’est peut-être pour cela qu’il y a moins d’intérêt pour la République centrafricaine (RCA) dans l’agenda international qu’il y a quelques années? Est-ce que votre pays demeure soutenu autant vous le souhaiteriez par la communauté internationale?

Martin Ziguélé: «Je pense que notre pays continue d’être soutenu puisqu’en ce moment, le Conseil est en train d’étudier l’adaptation du mandat de la Minusca [Mission onusienne en RCA] au contexte de l’après-signature de l’accord de paix. C’est nécessaire car effectivement, de nouveaux défis se posent. On assiste, également, à une mobilisation de la communauté internationale avec le financement des opérations de désarmement et la constitution des unités spéciales mixtes de sécurité (USMS), une force composée de militaires centrafricains et d’anciens rebelles.»

Sputnik: Moscou a récemment appelé à la levée totale de l’embargo sur les diamants. Qu’en pensez-vous?

Martin Ziguélé: «C’est un appel que je soutiens. Je suis le président, à l’Assemblée nationale, de la commission Finances, économie et plans. On nous a dit que c’est le diamant qui a financé la guerre en République centrafricaine et on a mis un embargo sur le diamant, puis on a levé l’embargo dans une petite partie à l’ouest du pays. Et le résultat, c’est que nous sommes passés de près de 400.000 carats de diamants exportés en 2012 à moins de 20.000 carats aujourd’hui. Où est passée la différence? Dans la fraude! Alors si le but des sanctions internationales, c’est de renforcer la fraude, je ne vois pas l’intérêt. C’est pour cette raison que je suis pour la levée des sanctions et pour que des sociétés crédibles qui travaillaient déjà dans le secteur, y compris des sociétés nationales et qui ont été injustement sanctionnées, puissent retrouver leur liberté de pouvoir exporter de nouveau et revenir dans le formel pour que le pays avance.»

Sputnik: Vous présenterez-vous à la présidentielle de décembre 2020?

Martin Ziguélé: «Nous irons en congrès en février prochain. Vous savez, nous sommes un parti progressiste et démocratique. Chaque militant a droit de se porter candidat à la présidentielle. Du militant de base au président du parti. Cela ne dépend donc pas de moi. Je suis à la disposition du parti, c’est tout ce que je peux vous dire pour l’heure.»

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 12:59
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROLONGE LE MANDAT DE LA MINUSCA
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROLONGE LE MANDAT DE LA MINUSCA
LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROLONGE LE MANDAT DE LA MINUSCA

 

 

L'ONU renouvelle le mandat de sa force de paix en Centrafrique

 

15 novembre 2019 AFP/VOA

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé vendredi à l'unanimité pour un an le mandat de sa force de maintien de la paix en Centrafrique, l'un des pays les plus pauvres du continent qui peine à s'extraire de la guerre civile.

La Mission des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) peut disposer d'effectifs allant jusqu'à 11.650 soldats et 2.080 policiers. Son mandat renouvelé l'autorise à faciliter l'organisation des élections présidentielle, législatives et locales prévues en 2020 et 2021.

La Minusca a été endeuillée en octobre par le crash accidentel d'un de ses hélicoptères de combat, qui a tué quatre Casques bleus sénégalais.

Le renouvellement intervient alors que le gouvernement et 14 groupes armés ont signé en février un accord de paix à Khartoum, censé mettre un terme aux combats. Si les violences ont considérablement baissé en intensité, des groupes s'affrontent encore de manière sporadique.

Ce pays d'Afrique centrale qui a connu une succession de rébellions et conflits est ravagé par une nouvelle guerre civile depuis qu'une coalition de groupes armés a renversé le président François Bozizé en 2013.

 

 

L'ONU prolonge le mandat de la Minusca pour les élections en Centrafrique

 

Par RFI Publié le 16-11-2019 Modifié le 16-11-2019 à 06:11

 

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

 

À l’ONU, le mandat de la force onusienne pour la stabilisation de la Centrafrique a non seulement été renouvelé, et voté à l’unanimité, un signe de confiance fort, mais il a aussi été élargi, ce vendredi 15 novembre.

Le chef de la Minusca, Mankeur Ndiaye, et le gouvernement centrafricain ont obtenu ce qu’ils avaient demandé au Conseil de sécurité. Ils se souvenaient du rôle primordial qu’avait tenu la force onusienne dans le bon déroulement des élections de 2015-2016. Pour eux, il fallait s’assurer qu’il en serait de même pour le scrutin de l’an prochain. Selon le mandat de l’ONU, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca) peut disposer d'effectifs allant jusqu'à 11 650 soldats et 2 080 policiers.

Confier la coordination logistique et la sécurisation des élections à la Minusca est à la base du processus de stabilisation du pays, selon Mankeur Ndiaye : « La Centrafrique ne peut pas se payer le risque d’une nouvelle transition […] ce serait un recul, et ce serait l’échec total de l’accord de paix. »

Financer les élections à venir

Il reste un défi à relever pour y arriver. Il faudra rassembler les 50 millions de dollars nécessaires pour financer l’organisation des élections, assurer stabilité et transparence. Dix-sept millions ont déjà été versés par l’Union européenne et le gouvernement centrafricain pour l’instant

La Minusca sera bien chargée de veiller au bon fonctionnement des élections qui doivent se dérouler dès décembre 2020, les premières depuis la signature de l’accord de paix de Khartoum en février 2019. Depuis ce moment, les violences ont considérablement baissé en intensité dans le pays même si des groupes s’affrontent encore de manière sporadique.

 

 

CENTRAFRIQUE. LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROLONGE LE MANDAT DE LA MINUSCA

 

Les membres du Conseil de sécurité exhortent les autorités de la République centrafricaine et les groupes armés signataires à mettre en œuvre l’Accord de paix « de bonne foi et sans délai ».

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté ce  vendredi à l’unanimité, une résolution prorogeant pour un an le mandat de la Mission des Nations-Unies en République centrafricaine avec pour objectif notamment d’aider les autorités à organiser les élections prévues en 2020 et 2021.

Dans cette résolution, les membres du Conseil condamnent avec la plus grande fermeté les violations de l’Accord de paix signé en février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés et les violences commises par les groupes armés et autres milices dans tout le pays, notamment à Paoua en mai 2019 et dans la préfecture de la Vakaga en septembre et octobre 2019.

Le Conseil condamne aussi  "les incitations à la haine et à la violence ethniques et religieuses, les violations du droit international humanitaire et les violations des droits de l’homme et les atteintes à ces droits", tout en soulignant qu’il est impératif "de mettre fin de toute urgence à l’impunité en République centrafricaine et de traduire en justice les auteurs de violations du droit international humanitaire et de violations des droits de l’homme".

Les Quinze se disent également préoccupés par "la situation humanitaire catastrophique" qui règne en République centrafricaine.

Ils exhortent aussi les groupes armés à mettre un terme aux violations de l’Accord de paix et à toutes formes de violence contre les civils, le personnel de maintien de la paix des Nations Unies et le personnel humanitaire, ainsi qu’aux activités déstabilisatrices, aux incitations à la haine et à la violence et aux entraves à la liberté de circulation. Ils leur demandent de déposer les armes, immédiatement et sans condition, conformément aux engagements pris dans le cadre de l’Accord de paix.

Dans ce contexte, le Conseil de sécurité décide de proroger le mandat de la MINUSCA jusqu’au 15 novembre 2020 et de maintenir l’effectif maximal autorisé de la MINUSCA à 11.650 militaires et 2.080 policiers, ainsi que 108 agents de l’administration pénitentiaire.

Il charge notamment la MINUSCA de "poursuivre son rôle politique dans le processus de paix, notamment par un appui politique, technique et opérationnel à la mise en œuvre de l’Accord de paix".

Il charge aussi la MINUSCA d’aider les autorités de la République centrafricaine "à préparer et à organiser des élections présidentielle, législatives et locales pacifiques en 2020 et 2021 en leur offrant ses bons offices, en leur fournissant un appui en matière de sécurité et un soutien opérationnel, logistique et, le cas échéant, technique".

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 12:56
La chasse aux braconniers, en Centrafrique

 

La chasse aux braconniers, en Centrafrique : document ce samedi à 13h15 sur France 2.

 

http://www.leblogtvnews.com 16 Novembre 2019 par Pascal 16/11 7h12

 

Un reportage de Jean-Sebastien Desbordes, Mathieu Martin et Nicolas Berthelot, diffusé ce samedi 16 novembre à 13h15 sur France 2.

 

Quelque part entre le Cameroun et le Congo, un parc sert de sanctuaire à plusieurs espèces menacées : buffles des forêts, éléphants, gorilles… Dans cette réserve située en Centrafrique, on peut les croiser dans leur habitat naturel, le plus souvent « en famille ».

Cette réserve est unique mais fragile : les braconniers sévissent, recherchant l’ivoire mais aussi la viande pour se nourrir ou être revendue. C’est dans cette région exceptionnelle que 13h15 le samedi a suivi le travail de Guillaume Duboscq.

Ce français originaire de Tarbes est conseiller technique pour l’ONG WWF. Il est aujourd’hui à la tête de "l’Unité Anti-Braconnage" et part régulièrement en patrouille avec les hommes qu’il forme et conseille. Son objectif : zéro braconnage, dans un pays souffrant de pauvreté et portant encore les stigmates de la guerre civile.

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