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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 22:49

 

 

 

 

 

http://www.huffingtonpost.fr  Publication: 17/01/2014 18h37

 

Abdoulaye mar Dieye   Directeur du Bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement

 

L'Union européenne et les Nations Unies co-président ce lundi une conférence des pays donateurs sur la République centrafricaine, visant à mobiliser des fonds pour fournir au pays une assistance humanitaire immédiate.

 

Les violences sectaires en Centrafrique ont fait un million de déplacés et l'on estime que 2,2 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin de cette assistance.

 

Les approvisionnements destinés aux cliniques et aux hôpitaux ont été interrompus et de nombreuses infrastructures publiques, telles les écoles et les administrations publiques, entièrement détruites. Une crise alimentaire est désormais en train de se profiler. Selon l'ONU, 94 pourcent des communautés affirment qu'elles ne disposent pas d'assez de semences pour la prochaine récolte.

 

Bien qu'il soit essentiel de satisfaire les besoins humanitaires des populations, la communauté internationale doit impérativement s'attaquer aux problèmes de développement qui ont provoqué le conflit. Si tel n'était pas le cas, une nouvelle crise pourrait se reproduire.

 

Il est donc extrêmement important que l'action humanitaire s'inscrive dans une perspective plus vaste, visant à remettre le pays sur la voie d'un développement robuste.

 

La crise qui sévit en Centrafrique est le résultat d'un échec de l'Etat et de la classe politique et résulte d'une pauvreté chronique et d'une anarchie totale, auxquels il faut ajouter des décennies de sous-investissement en matière de services sociaux et de développement économique.

 

Environ 63 pourcent de la population vit sous le seuil de la pauvreté, tandis que les inégalités et la lutte pour le pouvoir et les ressources économiques, alimentées aujourd'hui par les divisions religieuses, sont au cœur du conflit.

 

Les différentes administrations ayant été incapables de faire respecter l'Etat de droit, ce sont les femmes, les enfants et les autres groupes vulnérables qui sont les premiers à souffrir. De même, puisque les populations n'ont pas été impliquées dans le développement local, la violence est perçue par certains groupes comme la seule issue.

 

Lorsque le conflit armé se sera apaisé, toute notre attention doit se concentrer sur la reconstruction des infrastructures telles les cliniques, routes, ponts, et réservoirs d'eau. Dans cette optique, les travaux publics pourront constituer une importante source de revenu pour les femmes et les hommes.

 

De telles initiatives pourront non seulement contribuer à restaurer la confiance parmi les communautés locales, par-delà les divisions ethniques et religieuses, mais elles permettront également de réhabiliter les administrations locales.

 

Il va de soi qu'il faudra s'attacher à refaire tout un travail de plaidoyer et de sensibilisation pour faire promouvoir les Droits humains et reculer la violence faites aux femmes. Le dialogue et la réconciliation, la médiation des disputes et le soutien judiciaire et sécuritaire auprès des victimes auront un rôle important à jouer pour le relèvement des communautés.

 

Sur le moyen terme, parce que la faiblesse des institutions de gouvernance, à laquelle s'ajoute à l'heure actuelle un vide total de pouvoir, est au cœur du problème, il faudra investir dans les capacités de l'Etat à distribuer des services de base. C'est particulièrement le cas dans les zones rurales ou l'Etat est souvent totalement absent.

 

Ainsi, il faudra tâcher de recréer des instances de justice, et créer une police et une gendarmerie capables de poursuivre les crimes et de faire appliquer les peines. Ces investissements sont d'autant plus importants que la Centrafrique organisera prochainement des élections.

 

Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a travaillé avec la communauté internationale et les acteurs nationaux pour créer une feuille de route sur la Centrafrique et soutiendra la stabilisation du pays en mettant en place, en plusieurs phases, un programme de sécurité communautaire, de création de moyens de subsistance, de cohésion sociale et de réconciliation.

 

La réunion de Bruxelles présente une chance unique : celle d'ouvrir un dialogue visant à éliminer à terme le besoin d'une aide humanitaire. Si nous saisissons cette opportunité, la Centrafrique pourra envisager de mettre son passé derrière elle et de progresser vers le développement.

 

Lu pour vous : Eviter une autre crise en Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 22:47

 

 

 

 

 

http://www.20minutes.fr/  Créé le 17/01/2014 à 17h46 -- Mis à jour le 17/01/2014 à 18h01

 

INTERVIEW – Pour la première fois, Charles Malinas, l'ambassadeur de France à Bangui, fait le point sur la situation sécuritaire et humanitaire en République centrafricaine…

 

La situation sécuritaire s’améliore-t-elle en Centrafrique? Le chef des opérations humanitaires de l'ONU, John Ging, a évoqué jeudi le risque d’un «génocide»…

 

La situation sécuritaire est en légère amélioration. L’arrivée de la force militaire française Sangaris et de la Misca [Union africaine] a permis de réduire les tensions par pallier depuis début décembre. Aujourd’hui, les tensions entre groupes armés sont réduites pratiquement à néant. Il n’y a presque plus de tirs entre ces factions. En ce qui concerne les lynchages et règlements de comptes au sein de la population civile, qui ont amené aux propos de John Ging, la situation se détend. Les exactions entre groupes de populations en raison de leur appartenance ethnico-religieuse sont en régression.

 

En revanche, des voyous pillent davantage. La criminalité de droit commun augmente. Les pillages la nuit sont d’autant plus faciles que les gens continuent de dormir dans des regroupements qui s’apparentent à des camps de réfugiés, comme celui de l’aéroport de Bangui. Cela peut amener à des morts si un gardien, par exemple, défend une maison. Environ la moitié des homicides est liée à cette criminalité de droit commun.

 

L’AFP évoque des cas de cannibalisme à Bangui. Les confirmez-vous?

 

Tout est parti d’une vidéo dans laquelle on voit une personne mordre ou faire semblant de mordre dans un membre humain calciné. Mais je n’ai rencontré personne qui ait été témoin de tels actes. Des cadavres ont en revanche été retrouvés mutilés.

 

La situation humanitaire se stabilise-t-elle?

 

Elle varie selon les camps de regroupements, autour des mosquées, des églises ou à l’aéroport. Dans ce dernier, la situation s’améliore parce que le Haut Commissariat aux Réfugiés (HRC) a réussi à aménager il y a un peu plus d’une semaine un site de distribution de nourriture et de produits de première nécessité en déplaçant environ 15.000 personnes. Dans le 5e arrondissement de Bangui où vivent 100.000 personnes et qui recouvre des quartiers difficiles, la force Sangaris, la Misca et le maire ont sécurisé depuis vendredi matin trois espaces qui peuvent servir de refuges. En cas de danger, la population est invitée à s’y réfugier. Ce qui permettra de désengorger l’aéroport où les conditions d’hygiène restent très mauvaises.

 

Sur l’ensemble du pays, les besoins alimentaires restent immenses: les paysans ont abandonné leur champ à cause de l’insécurité et les voies de communication, notamment la route du Cameroun, sont difficilement praticables à cause des barrages des «coupeurs de routes». L’efficacité de l’aide humanitaire dépendra des résultats de l’élection du président lundi. Si le chef de l’Etat travaille et relance la machine étatique, cette aide arrivera de façon plus ordonnée.

 

 Propos recueillis par Alexandre Sulzer

Lu pour vous : Centrafrique: «Il n’y a presque plus de tirs entre factions armées»
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Centrafrique-Presse.com
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:46

 

 

 

 

 

RFI  vendredi 17 janvier 2014 à 13:43

 

En Centrafrique, c’est le lundi 20 janvier que les 135 membres du Conseil national de transition (CNT) élisent le nouveau président de la transition. Mais beaucoup de grandes figures du pays ne pourront pas être candidates, faute de répondre aux 17 conditions fixées par le CNT. Mais qu’en pense Martin Ziguélé, qui préside le Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) et l’Alliance des forces démocratiques de la transition ? En ligne de Bangui, l’ancien Premier ministre centrafricain répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : Il y a une semaine, le Parlement de transition a été convoqué à Ndjamena pour forcer Michel Djotodia à démissionner. Est-ce que votre pays n’a pas été mis sous tutelle ?

 

Martin Ziguélé : Je ne pense pas que le pays a été mis sous tutelle. Mais il est vrai qu’aujourd’hui même, l’Alliance des forces démocratiques de la transition [AFDT] a fait un communiqué dans lequel nous déplorons le fait que l’on ait déplacé à Ndjamena tout un parlement provisoire uniquement pour décider du sort des deux responsables de la transition, ce qui aurait pu être fait ici. Et nous avons souhaité qu’à l’avenir de telles dispositions puissent être évitées pour garder la crédibilité du processus.

 

En 2003, François Bozizé a été porté au pouvoir avec l’aide du Tchad. En 2013, il a été abandonné par le Tchad au profit de Michel Djotodia. Est-ce que votre voisin du Nord n’est pas venu trop influent ?

 

Je pense à l’adage d’Amadou Toumani Touré, l’ancien président malien et qui était le responsable de la Misca déjà en 2000 à Bangui. Ils nous avaient dit que « Si vous n’avez pas votre chien de garde chez vous, vous aurez chez vous le chien de votre voisin ». Donc nous nous plaignons aujourd’hui d’un tel voisin, mais demain ça peut être n’importe quel voisin parce que nous avons failli à notre première mission, celle de construire un Etat, une armée, pour protéger ce pays.

 

Dans quelques jours, le Conseil national de transition doit élire le successeur de Michel Djotodia sous pression de la communauté internationale. Les 135 membres de ce CNT viennent de renoncer à être éligibles. C’est une bonne chose ?

 

Dans le contexte sensible de cette transition, les membres du CNT n’ont pas voulu être à la fois juge et partie pour ne pas donner l’impression qu’ils voudraient préempter le poste au détriment d’autres compatriotes. La sagesse a prévalu. Il ne faut pas qu’à l’occasion de cette élection, des problèmes supplémentaires surgissent pour ébranler le petit apaisement que nous commençons à connaître depuis à peu près une semaine.

 

Ne peuvent pas se présenter non plus les membres d’une rébellion ou d’une milice au cours des vingt dernières années. Mais vu le nombre d’incidents armés dans le passé, est-ce que cela ne risque pas d’exclure des gens très compétents ?

 

Oui. Si les conseillers ont décidé d’arrêter ces critères, c’est pour éviter que des personnes qui pourraient être l’objet de crispations puissent se retrouver demain dans la liste des candidats à élire.

 

Sont exclus encore les militaires et les dirigeants des partis politiques, est-ce que ça veut dire que l’homme ou la femme qui succèdera à Michel Djotodia sera un religieux ou un membre de la société civile ?

 

L’exclusion des militaires, à mon avis, se justifie parce que nous avons un problème dans ce pays. Je suivais il y a quelques jours le général Bombayéké, chef d’état major, sur vos antennes, et il disait que « la plus grande faute que nous avons commise, c’est de construire des armées qui se sont mises au service d’un individu au lieu de se mettre au service de l’Etat ». Donc si ces mêmes cadres militaires aspirent à des fonctions politiques, même temporaires, ça brouille l’image de ces cadres militaires et ça isole des hommes politiques ou des responsables des partis politiques. Les conseillers ont voulu faire garder cette neutralité à la présidence du Conseil de transition. Ceux qui restent qui peuvent être candidats, le cercle est assez réduit, et on s’oriente naturellement vers des personnalités de la société civile, hommes ou femmes, je ne saurais vous le dire.

 

Si c’est la société civile, est-ce que madame la maire de Bangui, Catherine Samba-Panza a ses chances ?

 

Lorsque ces candidatures seront connues, naturellement l’AFDT, c’est-à-dire le regroupement des partis de l’ancienne opposition démocratique, prendra position.

 

Si le futur président n’est ni un homme d’Etat expérimenté, ni un militaire, est-ce qu’il pourra inspirer confiance aux belligérants, les Seleka et les anti-Balaka ?

 

Un homme d’Etat c’est comme une plante : elle naît, elle grandit et elle se construit ! Donc il n’y a pas d’autorité innée, il n’y a pas non plus de compétence innée, tout s’acquiert. Et lorsque la volonté politique existe, il y a des femmes et des hommes de bonne volonté qui peuvent aider à la résolution des problèmes.

 

Vos partisans espèrent que vous serez candidat à la prochaine élection présidentielle, mais d’ici là pensez-vous que la force africaine Misca suffira à protéger cette transition ou faudra-t-il la coiffer avec une force des Nations unies ?

 

Tous les spécialistes s’accordent à dire que la dimension actuelle de la Misca n’est pas suffisante pour sécuriser un pays comme la RCA qui est aussi grand que la France métropolitaine, la Belgique, le Luxembourg réunis. Je plaide ouvertement pour une augmentation très sensible des effectifs de la Misca et je plaide également pour un passage le plus rapidement possible à une opération de maintien de la paix des Nations unies pour permettre dans la durée de reconstruire ce pays qui en réalité est dans une situation d’insécurité depuis au moins une vingtaine d’années.

 

Oui, mais vos partenaires de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), notamment le Tchad, ont dit il y a deux semaines aux Nations unies à New York que la transformation de la Misca en force de l’ONU n’était pas une urgence et qu’il fallait d’abord donner sa chance à la Misca ?

 

Je n’ai pas eu la même impression. Ils ont dit simplement que la Misca venait de commencer le 20 décembre et qu’il fallait [lui] donner un peu de temps pour prendre ses marques, pour faire ses preuves avant de penser à une opération de maintien de la paix. Mais au-delà de ces déclarations, tout le monde sait que cette mission de la Misca doit évoluer à terme vers une mission des Nations unies parce que nous vivons aujourd’hui dans notre chair l’échec d’une « guéguerre » qui a été faite il y a quelques années. C’est pour cela qu’au-delà du désarmement et de la sécurisation du pays, il y a tout un grand travail à faire, [celui] de la démobilisation et de la réinsertion.

Martin Ziguélé sur RFI : «Nous avons failli à construire un Etat centrafricain»
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:42

 

 

 

 

 

http://lci.tf1.fr/  par Alexandra Guillet  le 17 janvier 2014 à 13h47, mis à jour le 17 janvier 2014 à 13h58.

 

Le quai d'Orsay a pris vendredi un arrêté suspendant les procédures d'adoption des enfants centrafricains. Motif : la situation actuelle sur place ne permet de garantir suffisamment qu'il en va "de l'intérêt supérieur de l'enfant".

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43 adoptions en 2012, 66 en 2013... La Centrafrique est devenue ces dernières années le premier pays d'adoption pour la France sur le continent africain. Vendredi, le ministère des affaires étrangères a décidé de mettre un coup d'arrêt immédiat à ces adoptions. "Les procédures d'adoption internationale par toute personne résidant en France ou ressortissant français résidant à l'étranger concernant des enfants de nationalité centrafricaine résidant en République centrafricaine sont suspendues jusqu'à nouvel ordre", indique l'arrêté. 

 
Interrogé par MYTF1News, le quai d'Orsay explique que cette décision a été prise en raison "du climat qui a changé sur place". "La RCA connaît une crise sans précédent. Les conditions politiques, administratives et sécuritaires ne permettent plus de garantir le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant et de la famille adoptante", précise le ministère. En clair, les autorités craignent de ne pas pouvoir s'assurer de toutes les garanties quant à l'origine et à l'adoptabilité des enfants, dont beaucoup sont actuellement déplacés et séparés momentanément de leurs parents. Si la mesure est immédiate, elle reste provisoire, précise le ministère, le temps que la situation se stabilise dans ce pays.

 

Les procédures en cours sont maintenues

 
Le quai d'Orsay précise que cette suspension des adoptions s'applique "à compter de l'entrée en vigueur de l'arrêté". "Toutes les procédures déjà entamées restent valides et nos services et ceux de notre ambassade à Bangui seront là pour épauler les parents en train d'adopter", précise-t-on à MYTF1News. 

   
L'Onu a averti jeudi que toutes les conditions étaient réunies pour un génocide en Centrafrique et appelé à une stabilisation politique à Bangui, secoué par des tueries à répétition, où le Parlement élira lundi un nouveau président.

La France suspend les adoptions d'enfants de nationalité centrafricaine
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:38

 

 

 

 

 

AFP 17 JANVIER 2014 À 16:43 (MIS À JOUR : 17 JANVIER 2014 À 16:43)

 

La capitale centrafricaine Bangui a renoué vendredi avec la vie politique, préparant l’élection lundi du nouveau président de transition d’un pays à la dérive où les violences baissent mais persistent.

 

Le président français François Hollande a jugé que la situation en Centrafrique s’améliorait lentement.

 

«Depuis un mois, il n’y a pas un arrêt de tous les combats, mais une forme d’apaisement, avec l’accès de l’aide humanitaire, et une amélioration encore trop fragile de la situation sécuritaire», a-t-il déclaré à Paris.

 

Plus de 1.600 soldats français sont déployés depuis plus d’un mois en Centrafrique, sous mandat de l’ONU, pour tenter de stabiliser le pays en proie aux tueries.

 

A Sibut (160 km au nord de Bangui), des habitants fuyant la ville ont témoigné de violences et parlé de nombreux morts. Un responsable de la force africaine de maintien de la paix (Misca) a confirmé que «depuis trois ou quatre jours, il y a des affrontements à Sibut entre Séléka et anti-balaka», sans pouvoir donner un bilan.

 

Un officier français a également dit «avoir connaissance d’affrontements à Sibut», sans donner plus de détails. Ni la Misca ni les Français ne sont présents à Sibut, mais selon cette source, «on reste très attentif à ce qui se passe en province et on ne reste pas inactifs».

 

A Bangui aussi, le feu couve toujours. Quadrillée par les forces internationales, la capitale présente chaque jour un peu plus une trompeuse apparence de normalité - comme au PK-12 vendredi matin, après une nouvelle bouffée de violences meurtrières la veille qui avait fait au moins sept morts.

 

La moitié des 800.000 habitants de la capitale vivent entassés dans des camps insalubres, refusant de rentrer chez eux.

 

Dans le centre de Bangui, des centaines de jeunes ont manifesté leur soutien à un candidat au siège présidentiel, Emile Gros Raymond Nakombo, un homme d’affaires candidat malheureux au scrutin présidentiel de 2011.

 

«C’est un des rares hommes politiques qui vit sur place et (qui) a refusé d’intégrer la Séléka», le mouvement ayant porté au pouvoir en mars 2013 Michel Djotodia, expliquait l’un des manifestants, Junior Kowes.

 

Le président Djotodia a été contraint au départ le 11 janvier par les dirigeants d’Afrique centrale - soutenus par la France - excédés par son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses.

 

Chargé d’arrêter l’implosion du pays, le nouveau président de transition doit être élu lundi par le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire).

 

Le CNT a fixé des critères draconiens d’éligibilité excluant beaucoup de monde: les responsables politiques sous la présidence Djotodia, les chefs de partis, les militaires d’active, et les membres d’une milice ou d’une rébellion armée sur ces 20 dernières années.

 

Il n’y a «plus d’Etat»

 

La clôture des candidatures est fixée à samedi 10H00 (09H00 GMT). Le CNT examinera ensuite les dossiers et annoncera les candidats dimanche, pour une élection lundi.

 

Les partenaires occidentaux et africains de Bangui veulent «un président technique», selon un diplomate occidental. Et il devra agir en urgence.

 

«Il y a tous les éléments que nous avons vus dans des endroits comme le Rwanda, la Bosnie, les éléments sont là pour un génocide. Cela ne fait pas de doute», a affirmé jeudi le chef des opérations humanitaires de l’ONU, John Ging, de retour d’une mission en Centrafrique: «Les gens ont peur des autres communautés».

 

Bossangoa, à 250 km au nord-ouest de Bangui, en est un exemple.

 

Les violences interreligieuses à grande échelle y avaient débuté en septembre. Aujourd’hui, Bossangoa est une ville de déplacés qui vivent dans deux camps: les chrétiens d’un côté, rassemblés près de l’église, les musulmans de l’autre, près de l’école Liberté. Au total, près de 35.000 personnes, soit la quasi-totalité des habitants.

 

Il n’y a «plus d’Etat, plus d’administration», résume l’évêque de la ville, Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia.

 

Aucune attaque meurtrière n’a été signalée depuis deux semaines, mais la peur est toujours là et les déplacés ne retournent pas chez eux.

 

Sur les 4,6 millions de Centrafricains, environ un million ont été chassés de chez eux par les violences et la moitié de la population est directement touchée par la crise, selon des sources humanitaires.

Centrafrique: Bangui renoue avec la politique avant l’élection d’un président
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:47

 

 

 

 

 

 

RFI vendredi 17 janvier 2014 à 15:36

 

Des Casques bleus francophones dans les pays francophones. C'est l'objectif de Abdou Diouf. Le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie a annoncé le 14 janvier à Paris que l'OIF va mettre en place un "Réseau d'expertise et de formation francophone pour les opérations de paix". A ses côtés, le Français Hervé Ladsous, secrétaire général-adjoint de l'ONU chargé des Opérations de maintien de la paix. Entretien avec le chef des Casques bleus parle aussi de la Centrafrique, du Congo-Kinshasa et de la Côte d'Ivoire.

 

RFI Vos Casques bleus seraient-ils plus efficaces s’ils parlaient tous français?


Hervé Ladous : Il y a une nécessité de francophonie parmi les Casques bleus. Tout simplement parce que plus de la moitié de nos effectifs sont déployés dans des pays francophones, depuis la Côte d’Ivoire jusqu’au Mali, en passant peut-être demain par la Centrafrique.

 

Le Français peut-il être un multiplicateur de force ?


C’est d’abord une question d’efficacité. Quand on opère dans des pays où le Français est prédominant, qu’on soit militaire, policier ou a fortiori spécialiste de tel ou tel volet des affaires civiles, l’interaction avec la population locale est nécessaire. Nous avons à peu près un tiers de nos personnels qui sont francophones. Mais la très grande majorité de ces personnes francophones sont africaines. Ce qui signifie qu’il faut aussi que les pays francophones non africains fassent eux-mêmes un effort.

 

Vous pensez aux Suisses, aux Belges, aux Canadiens ?


Oui. Je pense aussi par exemple aux Cambodgiens, qui sont en train de déployer une unité de génie civil dans l’entretien des pistes d’aéroport. Ils vont se déployer au Mali dans les prochains jours... Et je crois que c’est une indication de ce qu’il faut faire.

 

Ne faut-il pas aussi apprendre le français, peut-être, à des officiers ou sous-officiers du Bangladesh et du Pakistan ?


Le chef d’état-major général des armées bangladaises, passant me voir il y a quelques mois à New York, m’a annoncé fièrement qu’il créait à Dakar un institut pour enseigner le français à ses officiers, qui sont destinés à être déployés dans ces pays-là.


Le Conseil de sécurité s’est décidé à envoyer très vite des Casques bleus au Sud-Soudan. En Centrafrique, le même Conseil de sécurité tergiverse. Est-ce qu’il n’y a pas deux poids, deux mesures ?

 

Non. Au Soudan du Sud, face à la crise qui s’est développée ces dernières semaines, il y a eu décision d’envoyer à peu près 50 % de troupes en plus. Nous sommes en train de déployer actuellement 5 500 soldats, pour l’essentiel prélevés sur des missions dans d’autres pays africains, ainsi qu’en Haïti. En Centrafrique, on est dans une situation très différente. Il y a d’abord l’opération Sangaris, montée par la France. Il y a peut-être la perspective d’une opération européenne, cela se discute en ce moment à Bruxelles. Enfin, et ce n’est pas la moindre, il y a l’opération Misca qui a été montée par la Communauté économique d’Afrique centrale, devenue une opération de l’Union africaine mi-décembre. Et donc, la question se pose, à terme, de savoir si elle pourrait devenir une opération des Nations unies. Le Conseil de sécurité aura à en décider dès qu’il sera possible.

 

Les Casques bleus à Bangui d’ici trois mois ?

 

Je ne me prononcerai pas sur une date, car c’est l’un des points dont nous discutons avec nos collègues et nos amis africains. Mais je pense que le sujet est clairement dans l’air du temps et il va falloir qu’on poursuive les discussions là-dessus.

 

En tout cas, vous y êtes favorable ?


Oui. Je pense que tout en reconnaissant la contribution tout à fait importante des pays africains, c’est quelque chose sur quoi nous devons clairement travailler la main dans la main, comme nous l’avons fait d’ailleurs l'an dernier au Mali.

 

La Misca est utile, mais pas suffisante ?


On peut dire ça comme ça. Les Nations unies, quand il s’agit de gérer des processus de démobilisation, de réintégration des combattants et de la réforme du secteur de la sécurité - ce sont des sujets lourds, complexes -, nous avons pas mal d’expérience dans ce domaine.

 

Dans l’est du Congo-Kinshasa, vous craignez une résurgence de la rébellion du M-23. D’après vos informations, une offensive est-elle en préparation ?


Non. Le M-23, d’abord, a reconnu sa défaite. Il a signé les accords de Kampala.

 

Oui, mais le chef de la Monusco dit qu’il craint une résurgence.


Il y a des éléments qui sont toujours dans la nature. J’ai été moi-même au Congo début décembre, j’ai été en particulier à Pinga dans le Nord-Kivu. Le Conseil de sécurité nous a demandé – c’était la résolution du mois de mars dernier – d’empêcher la progression des groupes armés, de les neutraliser et de les désarmer. C’est une tâche qui est en cours, avec notamment la brigade d’intervention que le Conseil de sécurité nous a autorisé à créer au printemps dernier.

 

Le mois dernier, des experts de l’ONU sur le Congo ont dénoncé le soutien constant du Rwanda aux rebelles du M-23. Ils ont même évoqué ces chars rwandais qui ont tiré en territoire congolais au mois d’août dernier. Est-ce que ce soutien continue ?


Il faut voir. Nous sommes dans un processus. Il y aura, fin janvier, à Addis-Abeba, en marge du Sommet de l’Union africaine, une réunion de suivi et je pense que tout ceci sera discuté.

 

Au Congo Kinshasa, plus de 90 % de vos quelque 20 000 Casques bleus sont déployés dans l’Est. Mais au vu du renforcement des sécessionnistes des Bakata Katanga, au sud, autour de Lubumbashi, ne faut-il pas redéployer une partie de vos troupes ?


Pour le moment, la priorité, c’est vrai, c’était les Kivu. Mais nous suivons évidemment l’ensemble de ces questions. Et s’il faut, à un stade quelconque, redéployer une partie vers le Katanga, nous le ferons, évidemment en rappelant que nous sommes en appui des forces armées congolaises.

 

En Côte d’Ivoire, voilà bientôt trois ans que la crise postélectorale est terminée. Les 10 000 Casques bleus de l’Onuci doivent-ils encore rester ?

 

Nous sommes en train de les réduire progressivement. Beaucoup a été fait en Côte d’Ivoire, y compris par le gouvernement ivoirien, pour ramener la loi et l’ordre. Il y a encore des progrès à faire, notamment pour désarmer et surtout recaser les ex-combattants. Mais avec les chiffres de croissance économique qui sont flatteurs, et avec un retour de l’ordre essentiellement, il y a à terme à imaginer qu’effectivement, le « job » aura été fait et que les Casques bleus pourront rentrer chez eux.

 

D’ici combien de temps ?


A l’ouverture du prochain cycle électoral, à l’automne 2015, ce pourrait être le moment pour envisager des décisions importantes. Si tout se passe bien, comme nous l’espérons tous.

 

Hervé Ladsous: «Il faut travailler à une intervention de l'ONU en Centrafrique» (RFI)
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 17:32

 

 

 

Centrafrique : Vingt personnes tuées dans l'ouest du pays

 

Centrafrique - 07h38 http://www.ouest-france.fr/

 

L'attaque d'un convoi de musulmans par les membres d'une milice chrétienne "anti-balaka" a fait une vingtaine de morts jeudi près de Bouar.

 

Les musulmans parmi lesquels se trouvaient beaucoup de femmes et d'enfants fuyaient Bohong, une localité voisine (à l'ouest de la Centrafrique), attaquée par des miliciens.

 

"Il y avait une vingtaine de corps sans vie répandus ça et là sur la route. Certains ont été tués par balles, d'autres à coups de machette", témoigne Achille Yakende, un commerçant qui se rendait à Bouar à moto. 

 

Les "anti-balaka" ont l'intention de défiler ce vendredi à Bangui pour dénoncer le projet de désignation d'un nouveau président intérimaire après la démission la semaine dernière de Michel Djotodia, arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat de la Séléka en mars 2013.

 

 

Centrafrique : la France appuyée par l'Estonie d'ici fin février

 

avec AFP  le 16 janvier 2014 à 14h24, mis à jour le 16 janvier 2014 à 14h29.

 

L'Estonie est le premier pays européen à annoncer officiellement l'envoi d'un contingent sur place -en l'occurrence 55 hommes- pour aider, symboliquement et donc diplomatiquement, la France.

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Evidemment, le nombre de soldats concernés -55- est faible et ne permettra donc qu'une aide limitée. Qu'importe puisqu'il s'agit de montrer symboliquement que la France n'est pas le seul pays non-africain à intervenir en Centrafrique, comme François Hollande le demandait à ses partenaires  depuis début décembre.

 

Vendredi, c'est donc finalement l'Estonie qui a été la première à répondre concrètement à l'appel du chef de l'Etat en annonçant sa participation à la future mission européenne pour soutenir les interventions en Afrique. Leur première affectation sera évidemment la Centrafrique. "L'intervention de la France en Centrafrique a contribué à éviter une catastrophe humanitaire dans ce pays",  explique le Premier ministre Andrus Ansip. 

 
Cette décision doit cependant encore être soumise au Parlement la semaine prochaine. Même si la réponse positive ne fait aucun doute, cela rallongera les délais.  "L'unité estonienne pourra être envoyée en Afrique à la fin février au plus tôt", explique Andrus Ansip. Elle pourrait rester en Afrique jusqu'à quatre mois.

 

Par ailleurs, l'Onu a averti une nouvelle fois que les éléments étaient réunis pour qu'il y ait un génocide en Centrafrique.

 

 

 

Centrafrique: à peine 300 à 400 soldats européens pour soutenir les Français

 

Mis à jour le vendredi 17 janvier 2014 à 17h08

 

Les ministres européens des Affaires étrangères devraient donner lundi leur aval au lancement d'une mission militaire de l'Union européenne forte de quelques centaines d'hommes en Centrafrique pour renforcer temporairement les efforts français et de l'Union africaine (UA), ont indiqué vendredi des responsables européens.

 

Ils devraient, lors de leur réunion mensuelle à Bruxelles, prendre la "décision politique" en faveur d'un "engagement général" pour une mission de la politique commune de sécurité et de défense (PESD), a indiqué un de ces responsables sous le couvert de l'anonymat. A moins que les Britanniques ne s'y opposent, a toutefois prévenu un diplomate, notant "le peu d'enthousiasme" manifesté jusqu'à présent par les Européens pour une telle mission, réclamée par la France pour venir en appui de son opération Sangaris.

 

Les effectifs de la mission européenne resteront toutefois modestes, de l'ordre de 400 à 600 soldats, et leur déploiement n'interviendra pas avant la fin février au plus tôt pour une durée de quatre à six mois, dans l'attente d'un renforcement de la force de l'Union africaine (Misca). Celle-ci peine à mettre en place son dispositif composé actuellement de 4.400 soldats, dont les deux tiers dans la capitale. L'objectif de l'UA est de la porter à 6000 hommes fin février. La France dispose quant à elle de 1600 hommes en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris.


Belga

Centrafrique : la France appuyée par l'Estonie d'ici fin février
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Centrafrique-Presse.com
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 16:40

 

 

 

 

http://www.slateafrique.com/  17/01/2014 à 16:05

 

Le pays a besoin d'un nouveau président. Mais dans le contexte actuel, cela équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin.

 

Depuis la démission du tandem Djotodia-Tiangaye, le 10 janvier, la RCA est en quête d’une nouvelle «race» d’hommes et de femmes, aux qualités morales exceptionnelles, prêts à se sacrifier en vue de faire renaître leur pays. Ainsi, des critères d’éligibilité, pour élire le nouveau chef de l'Etat en vue d’assurer la nouvelle transition, ont été clairement établis: intégrité, indépendance intellectuelle, compétence, refus absolu de la violence armée, etc.

 

Comme on le voit, le prochain président ou la prochaine présidente de la nouvelle transition, doit être un homme ou une femme doté d’une vision noble et profonde, armé d’une puissante vocation politique pour barrer définitivement la route au chaos, à l’anarchie et à la guerre. Cela dit, ces critères d’éligibilité sont beaux à entendre. Mais, concrètement, comment réussira-t-on à leur donner corps?

 

Un politicien hors pair

 

Certes, après Djotodia et la Séléka qui avaient fait de la RCA un objet d’effroi et de dégoût en la menant à une catastrophe politique sans précédent, on ne peut, désormais, occulter «les dimensions morale et éthique» dans la désignation du futur président de la transition. Bien sûr, il faut éviter, de nouveau, à Bangui, l’arrivée au pouvoir de nouveaux médiocres animés par le désir d’amasser de gigantesques fortunes, et aussitôt recasés à l’étranger.

 

En d’autres termes, le peuple centrafricain doit en finir avec tout soutien à certains aventuriers qui portent en eux le chaos, la haine et la guerre. Oui, il doit se trouver des hommes nouveaux. Or, en vérité, la plupart des hommes nouveaux dans la vie politique de la RCA sont de vieux briscards. Pourtant, il faut bel et bien trouver quelqu’un pour diriger l’Etat centrafricain, sans occulter le critère moral, vertueux. Cela dit, la RCA peut se trouver un homme vertueux, mais qui pourrait se révéler politiquement incompétent.

 

Il faut éviter le syndrome Cheickh Modibo Diarra. Considéré à l’époque, au Mali, comme un homme intègre issu de la diaspora, à l’épreuve des faits, il s’est révélé un piètre politicien, ne maîtrisant aucunement le terrain. Du début à la fin, l’illustre chercheur de la Nasa n’a jamais réussi à asseoir, encore moins à affirmer son autorité sur la vie politique malienne. Bref, il a incarné jusqu’au bout un pouvoir fantomal.

 

Apprendre de ses erreurs

 

A l’heure actuelle, la RCA se trouve confrontée à un vertigineux processus de peurs et de tourments. Le pays sort d’infinies souffrances, d’humiliations et de blessures de toutes sortes. Pire, certains Centrafricains restent encore possédés par un irrépressible désir de vengeance. C’est pourquoi, il faut éviter que ce moment d’union et de communion, marqué par la désignation du chef d’Etat de la transition, ne se transforme, à l’arrivée, en un grand moment de division et d’intolérance entre Centrafricains. Malgré la «destruction» des valeurs fondatrices de la modernité politique, le peuple centrafricain a toujours foi en «la démocratie».

 

Et, le pays ne peut parvenir à une maturité historique et politique qu’en tirant des leçons de ses échecs passés. Décidément, avec les exigeants critères d’éligibilité du futur dirigeant de la transition, commence, pour la RCA, un très long et douloureux chemin de croix. Pourra-t-elle trouver l’Homme providentiel tel qu’elle le perçoit dans son imaginaire ?

 

Abdoulaye Barro

 

Cet article a d'abord été publié dans Le pays

Lu pour vous : Un président pour la Centrafrique? Autant chercher une aiguille dans une botte de foin
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Centrafrique-Presse.com
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 16:03

 

 

 

 

 

AFP- Publié le 

 

 

Un clairon de la fanfare municipale gît dans un lavabo. Il n'y a plus une vitre aux fenêtres, des papiers administratifs jonchent le sol de la cour. La mairie de Bossangoa, à 250km au nord-ouest de Bangui, résume cruellement la situation de la ville.

 

"8 septembre 2011, c'est la journée de l'alphabétisation", proclame une affiche encore collée sur un mur. Une enveloppe libellée à l'adresse de "Monsieur le directeur général de l'administration" traîne sur un bureau. Autant de reliques d'une époque "normale", avant que tout s'évanouisse dans un tourbillon de violences et de peurs.

 

A Bossangoa, où les violences intercommunautaires à grande échelle ont commencé en septembre, il n'y a plus rien.

 

"Plus d'Etat, plus d'administration, plus de juge, personne", résume l'évêque de la ville, Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia.

 

Le préfet, le sous-préfet, le maire, sont partis. Il reste bien une dizaine de gendarmes et de policiers, mais ils ont peur, et ne peuvent rien contre les pillards et bandits qui terrorisent la ville. "De toute façon, il n'y a plus de geôles", dit l'évêque.

 

Bossangoa est une ville de déplacés. Les habitants vivent dans deux camps: les chrétiens d'un côté, rassemblés près de l'église, les musulmans de l'autre, près de l'école Liberté. Au total, près de 35.000 personnes, soit la quasi-totalité de la population de Bossangoa.

 

Entre eux, la méfiance, et le cercle vicieux des "rumeurs qui nourrissent la peur et entraînent le conflit", déplore le général Francisco Soriano, chef de l'opération militaire française Sangaris en Centrafrique, en visite jeudi à Bossangoa.

 

Depuis début décembre, une centaine de soldats français sont basés dans l'ancienne usine de coton de Bossangoa, et tout le monde s'accorde à dire que leur présence, ainsi que celle d'un contingent congolais de la Misca, la force africaine, ont largement contribué à apaiser la situation. "On est passé du rouge à l'orange", résume un officier français.

 

"Dans ma vie, je fais rien, rien, rien"

 

Les Séléka (les rebelles musulmans qui ont renversé en mars le président François Bozizé et régné en maîtres sur le pays pendant 10 mois) ont été cantonnés.

 

Les anti-balakas (milices chrétiennes) se sont faits plus discrets depuis quelques semaines. Aucune attaque meurtrière n'a été signalée depuis une quinzaine de jours.

 

Mais cela ne suffit pas à éteindre la peur, et les déplacés ne retournent pas chez eux.

 

"Je suis mal à l'aise, je n'ose pas rentrer. Les Séléka, les musulmans, ils savent se faufiler chez nous", explique Justin Andet, un homme de 48 ans dans le camp des déplacés chrétiens.

 

"Dans ma vie, maintenant, je fais rien, rien, rien", soupire ce cultivateur dont la plantation de manioc a été totalement détruite.

 

Depuis le début de la crise, l'évêque Aziagbia et l'imam Ismail Nafi tentent d'éteindre le feu et de réconcilier les deux communautés. A grand peine. "On a fait des réunions, entre nous, avec tout le monde. Mais à chaque fois les attaques ont continué", déplore l'imam.

 

Pourtant, Bossangoa "est plutôt bien lotie", comparé à la situation en brousse, constate Salima Mokrani, responsable d'Ocha, le bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.

 

"Dans la région, les populations ont fui leurs villages et vivent en brousse depuis quatre mois. Ils ont épuisé jusqu'à la dernière miette de subsistance. c'est un désastre", explique-t-elle.

 

Et alors que la Centrafrique devrait lundi avoir un nouveau président de transition, le général Soriano demande à ses troupes de rester "très vigilantes" pendant ces jours d'incertitude politique.

 

Les ex-militaires restés fidèles à François Bozizé --originaire de la région de Bossangoa--, sont toujours en embuscade, à une soixantaine de km au nord. "Ils ont des armes de guerre. Et on risque d'avoir des problèmes avec eux", confie une source militaire.

 

 

 

Centrafrique: à Bossangoa, "plus d'Etat, plus personne, que des déplacés"
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Centrafrique-Presse.com
17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 15:55

 

 

 

 

 

 

Mardi soir, alors qu’ils patrouillaient dans les rues de Bangui, des hommes du 3e escadron du 1er RHP de Tarbes engagé en Centrafrique ont fait face à une situation exceptionnelle. Une femme s’est littéralement jetée devant un des véhicules blindés du peloton dirigé par l’adjudant Thierry. Les militaires ont stoppé à temps leur engin et répondu à l’appel au secours de la jeune femme. Celle-ci les a conduits auprès d’une amie, victime d’une crise de paludisme et sur le point d’accoucher. Les militaires ont découvert cette femme au bord de la route, en détresse. Ils ont demandé un soutien sanitaire qui n’a malheureusement pu arriver à temps.

 

Conséquence, l’adjudant et les deux brigadiers ont procédé eux-mêmes à l’accouchement de cette jeune femme, avec des moyens rudimentaires puisqu’ils ne disposaient que de leur trousse de secours. Les soldats bigourdans ont fait preuve d’un sang-froid sans faille et mené l’opération à son terme. La jeune maman a appelé son enfant Jérôme, le prénom du brigadier-chef qui a procédé à l’accouchement. La mère et son fils ont été conduits à l’hôpital de Bangui.

 

Le lendemain, les soldats du peloton sont retournés au chevet de la jeune femme pour constater son bel état de santé. «C’est dans des situations comme celles-ci qu’on se sent utile, a commenté le chef de corps du 1er RHP, le colonel Peltier. Ce sont des moments qui marquent un homme et en font sa fierté pour toute une vie.» Ironie du sort, l’adjudant Thierry, qui commandait le peloton, est devenu papa lors des premiers jours de l’engagement, alors qu’il se trouvait à 4.500km de Tarbes…

 

Andy Barréjot

Lu pour vous : Centrafrique : Les soldats du 1er RHP de Tarbes accouchent une femme malade dans la rue
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