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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 00:22

 

 

 

 

 

par RFI 15-02-2014 à 20:31

 

Une grosse opération de désarmement et de police a été menée ce samedi 15 février 2014 à Bangui, dans un fief des anti-balaka, ces milices accusées depuis plusieurs semaines de s'en prendre à des civils musulmans. Cette opération conjointe entre les forces africaines et françaises a mobilisé 250 militaires et policiers. Selon la Misca, huit personnes ont été arrêtées, dont quatre lieutenants de Patrice Edouard Ngaissona, l'un des coordonnateurs des anti-balaka. Ce dernier est « en fuite », explique la force africaine.

 

L'opération conjointe Misca-Sangaris a été lancée ce samedi matin, vers 4h, dans le quartier de Boy-Rab, un fief des milices anti-balaka. Elle s'est terminée vers 9h. Ce serait la plus importante opération de ce type lancée depuis le début de l'intervention française, en décembre dernier.

 

Elle a été menée par 250 militaires et policiers. Plusieurs maisons ont été fouillées, et quelques armes automatiques, des AK-47, ont été saisies. Tout comme des grenades, des armes blanches et de nombreuses munitions. Les militaires avaient ordre de désarmer et d'arrêter certaines personnalités.

 

Patrice Edouard Ngaisonna confirme

 

Le procureur de la République a confirmé à RFI avoir fourni à la Misca la liste d'une vingtaine d'hommes recherchés par la justice. Parmi les hommes visés, il y avait manifestement Patrice Edouard Ngaissona, l'un des coordonnateurs des anti-balaka. Un homme considéré par les observateurs comme l'un des durs de la mouvance.

 

Joint par RFI, ce dernier confirme que sa maison a été encerclée dans la matinée et qu'on a cherché à l'arrêter. Patrice Edouard Ngaisonna ajoute que les soldats ont détruit son salon, et ont finalement arrêté quatre de ses éléments, lui-même ayant réussi à prendre la fuite.

La force africaine s'exprime

 

Joint par RFI, le général Mokoko, qui dirige la force africaine en Centrafrique, explique que Sangaris a assuré le bouclage de la zone, tandis que l'unité de police constituée de la Misca s'est chargée d'assurer les fouilles et d'appréhender, forte de son mandat, « toutes les personnes dont la liste nous avait été au préalable communiquée ».

 

Huit personnes ont été arrêtées, assure-t-il, « dont quatre principaux lieutenants de M. Ngaissona, que nous considérons comme étant un fugitif puisque nous avons un mandat d'arrêt ». « M. Ngaissona, il vaut mieux pour lui qu'il se présente volontairement devant les autorités de (Centrafrique, NDLR.). Nous avons l'ordre de le rechercher. »

 

A la question de savoir s'il était le principal objectif de l'opération, le général Mokoko répond : « En tout cas, il est l'un des chefs. Nous avons toute une liste des chefs, on les connait bien. C'est une liste qui a été dressée aussi bien par les services de renseignement de la Misca que par les nouvelles autorités centrafricaines, qui connaissent qui est qui. »

Centrafrique: vaste opération Sangaris-Misca à Bangui
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Centrafrique-Presse.com
15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 22:06

 

 

 

DECLARATION

 

Depuis  un certain temps, le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) épris de paix, de justice et de liberté, constate avec tristesse  et consternation, les exactions meurtrières perpétrées par  les miliciens Anti Balaka  et  les éléments de l’ex- Séléka qui prennent une ampleur  sans précédent en République Centrafricaine.

 

En effet, le Dimanche 9 Février  2014  aux environs de 16 heures, le Conseiller  National de Transition, l’honorable  Jean  Emmanuel  NDJARAHOUA  a été abattu  par  un escadron   de la mort constitué des éléments   identifiés  qui opèrent impunément  de jour  et de nuit.

 

Cet assassinat  crapuleux  qui vient, une fois de plus, s’ajouter à tant  d’autres, interpelle  la conscience  nationale et soulève  les préoccupations suivantes :

 

1-Aujourd’hui, il ne fait  plus de doute que ce sont  les miliciens  au service du Général  François Bozizé  qui  sont à l’origine  de cette  escalade  de violences  meurtrières qui endeuillent  quotidiennement et régulièrement  les familles Centrafricaines ;

2-Outre  ces crimes odieux, ces miliciens  identifiés, continuent  de se livrer  à des actes de pillages, vols et destructions de magasins et maisons d’habitation des populations  sous le fallacieux  prétexte d’affrontements inter  communautaires ;

3-De sources concordantes, certains miliciens soutenus financièrement et matériellement   par le  Général François Bozizé nostalgiques  du passé, œuvrent inlassablement  pour  la déstabilisation de la Transition  en cours  et le retour  de ce dernier  au pouvoir ;

4-Les  méthodes  de déstabilisation  utilisées sont d’une autre époque :  ( les assassinats programmés, la désinformation  et la manipulation  de conscience organisée sur  les sites Internet et autres supports de Communication).

 

Plus que jamais, la paix n’a pas de prix, la communauté nationale et Internationale  doivent se mobiliser  pour  mettre  hors d’état de nuire ces ennemis de la paix, de la Démocratie, du progrès et de la concorde  nationale de surcroit, démanteler  ces  organisations de malfaiteurs et leur réserver une suite judiciaire.

 

De plus, les nouvelles  autorités de la Transition, garantes de l’Unité et de la paix  ont l’obligation  de déployer  des  moyens conséquents  aux fins  de mettre  un terme  à ce cycle  d’exactions multiples.

 

Fort de ce qui précède, le Bureau Politique  du MLPC, résolument  engagé aux côtés des populations Centrafricaines :

 

  • Condamne  sans réserves les multiples assassinats de paisibles citoyens et les actes de pillages, vols et destructions des magasins et maisons d’habitation des populations de Bangui et des provinces ;
  • Présente sa compassion et ses condoléances aux familles éprouvées ;
  • Soutient  sans faille les efforts de la Communauté Internationale et plus particulièrement, la nouvelle orientation à donner  aux opérations des forces SANGARIS  et la MISCA ;
  • Encourage vivement  la transformation de la MISCA  en une mission de maintien de la paix (Casques bleues des Nations Unies) ;
  • Demande avec insistance au Gouvernement  de la Transition, l’ouverture d’une enquête judiciaire en vue d’identifier et de traduire  en Justice  les auteurs, Co-auteurs et complices  des crimes  commis sur  les paisibles citoyens ;
  • Exhorte  les nouvelles autorités de la Transition à équiper puis à déployer les Forces loyales de Défense et de Sécurité afin de mettre hors d’état de nuire ces miliciens hostiles à la paix et à la stabilité de la RCA ;
  • Invite tous les démocrates et les leaders d’opinion à faire un front commun afin de  barrer la route  à la division et  la partition de notre pays ;
  • Appelle ses militantes, militants, sympathisants  à resserrer  les rangs et à  se mobiliser  pour faire échec au plan machiavélique et criminel des nostalgiques  du passé.

 

                                        Fait à Bangui, le  14 Février 2014

Le MLPC condamne les assassinats, crimes et pillages par des miliciens bozizistes bien identifiés
Le MLPC condamne les assassinats, crimes et pillages par des miliciens bozizistes bien identifiés
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Centrafrique-Presse.com
15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:37

 

 

 

 

Par Le Nouvel Observateur avec AFP  Publié le 15-02-2014 à 14h17Mis à jour à 15h59

 

Selon Jean-Yves Le Drian, "le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait".

 

Jean-Yves Le Drian a estimé samedi 15 février que l'opération militaire française pour stabiliser la Centrafrique serait plus longue que prévu, au lendemain de l'annonce de l'envoi de 400 soldats français supplémentaires dans ce pays.

 

Je crois que ça sera plus long que prévu, parce que le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait", a déclaré le ministre de la Défense sur France Inter.

 

Une opération militaire "ne se décrète pas comme du papier à musique, il faut s'adapter, se rendre compte des situations et répondre au besoin de sécurité en fonction des événements", a-t-il expliqué. Lors du lancement de l'intervention française, début décembre, le président François Hollande avait évoqué une opération "rapide".

 

Mais Paris a décidé vendredi, à la demande notamment du secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon, d'envoyer 400 soldats supplémentaires en RCA, ce qui portera à 2.000 les effectifs français dans le pays.

 

A partir du moment où on s'oriente vers une opération de maintien de la paix au niveau des Nations unies, je pense que cet accroissement de notre présence était indispensable", a souligné le ministre.

 

"Au début d'une opération militaire, on ne peut pas dire à l'avance à quel moment elle finira", a-t-il fait valoir : "Les opérations militaires sont toujours difficiles, s'adaptent en fonction des circonstances, mais nous sommes tout à fait déterminés à ce que la Centrafrique garde son intégrité et que progressivement la sérénité revienne, pour permettre à tous les Centrafricains de vivre ensemble."

 

"Une sécurité de proximité"

 

Jean-Yves Le Drian a souligné qu'il avait constaté lors de sa visite mercredi à Bangui qu'"il fallait renforcer certains points" :

 

"Il est tout à fait nécessaire de garantir notre présence, c'est la raison pour laquelle le président de la République a décidé de renforcer les forces françaises de Sangaris pour lutter contre toutes les formes d'insécurité, à Bangui et dans l'ensemble de la République centrafricaine", a-t-il expliqué. Selon le ministre, "il fallait renforcer, mais aussi faire en sorte que la sécurité quotidienne soit assurée".

 

"Beaucoup d'exactions" continuent d'être perpétrées en RCA, a-t-il souligné, en raison notamment des rivalités entre les miliciens de l'ex-Seleka, musulmans, et les anti-balaka, majoritairement chrétiens. "L'important aujourd'hui c'est la sécurité de proximité [...] C'est pourquoi la présence de gendarmes est indispensable, pour que progressivement l'Etat centrafricain ait les outils de sa propre sécurité intérieure, avec aussi la nécessité de renforcer la chaîne judiciaire", a-t-il poursuivi.

 

On est à un passage entre une force d'intervention militaire et la nécessité d'une sécurité de proximité qui va venir et à laquelle les forces françaises apporteront leur soutien et leur capacité de formation", a-t-il conclu.

 

Opération de désarmement

 

Ces déclarations interviennent alors que les forces internationales ont mené samedi à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre".

 

Les responsables militaires de l'opération française Sangaris et ceux de la force de l'Union africaine (Misca), qui tentent de mettre fin à la crise dans ce pays livré aux pillages et aux massacres inter-religieux depuis bientôt trois mois, avaient durci le ton ces derniers jours, prévenant qu'ils feraient usage de la force.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Seleka, à dominante musulmane, contraint à la démission le 10 janvier. Face aux rebelles de la Seleka se sont peu à peu constituées des milices locales d'autodéfense, issues des régions rurales à dominante chrétienne : les anti-balaka, littéralement "anti-machette", qui ont à leur tour semé la terreur dans Bangui et en province.

 

Après le départ du président Djotodia, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Seleka menés par les soldats de Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages, conduisant ONG et ONU à dénoncer un nettoyage ethnique.

 

Ratissage dans le quartier Boy Rabe

 

L'opération de ratissage menée samedi, la plus importante depuis le début de Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6h sur un large périmètre du quartier Boy Rabe, fief banguissois des milices anti-balaka.

 

Elle a permis "l'interpellation d'une dizaine d'individus", selon le procureur de la République Ghislain Grésenguet, ainsi que la saisie d'armes diverses - armes automatiques, fusils de chasse, grenades - et de nombreuses munitions. 

 

Toutefois, l'un de ses "objectifs" - l'arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le "coordonnateur politique" des anti-balaka -, n'a pas été atteint. 

 

"Ils n'ont pas réussi à me prendre, j'étais sorti. Il faut qu'on me dise pourquoi on me cherche", a affirmé Edouard Ngaissona, joint par téléphone.

 

Le "gros poisson" manqué

 

Quinze minutes après l'encerclement de sa maison par les forces africaines, des explosions de grenades et des tirs ont été entendus. Selon une source militaire, "face à l'agression des occupants de la maison, des éléments de la Misca ont tiré en l'air".

 

Le procureur a regretté qu'Edouard Ngaissona ait pu échapper à une interpellation. "C'était le gros poisson qu'il fallait prendre", a-t-il dit.

 

Parmi les personnes interpellées figure le lieutenant Hervé Ganazoui, "en charge des opérations à l''état-major' anti-balaka", a déclaré Emotion Brice Namsi, qui se présente comme un porte-parole des miliciens.

 

L'opération s'est achevée aux alentours de 10h. Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: "Cassez-vous ou on va s'occuper de vous !".

CENTRAFRIQUE. "Ça sera plus long que prévu" (Le Drian)
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:35

 

 

 

 

Par : LIANG Chen  French.china.org.cn | Mis à jour le 15-02-2014

 

Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a exhorté vendredi la communauté internationale à appuyer de toute urgence la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur la coopération entre les Nations Unies et l'Union européenne.

 

"Les nuages noirs des atrocités de grande ampleur et du nettoyage ethnique planent au-dessus de la République centrafricaine", a dit M. Ban dans un discours lors de cette réunion. "Je suis très préoccupé par le cycle de vengeance et de représailles", a-t-il ajouté, citant des attaques contre des Musulmans dans les villes de Bouali, Boyali et Bossemble, où les Casques bleus n'ont pas été en mesure de se déployer.

 

"Nous devons respecter les promesses faites autour de cette table à agir rapidement et fermement face à cette effusion de sang. Nous ne pouvons pas prétendre nous soucier des crimes de masse et ensuite nous dérober quand il s'agit de réellement les empêcher", a-t-il poursuivi.

 

Dans une déclaration à la presse publiée jeudi, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) s'est déclaré "horrifié" par la violence subie par les enfants en République centrafricaine, où au moins 133 enfants ont été tués ou mutilés au cours des deux derniers mois.

 

"Les enfants sont de plus en plus ciblés en raison de leur religion ou de leur communauté", a indiqué le Directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique centrale et de l'Ouest, Manuel Fontaine.

 

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré vendredi que la grande majorité des hôpitaux et les cliniques à travers le pays avaient été pillés et endommagés et que la plupart des employés avaient abandonné leurs postes.

 

La secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, se rendra en République centrafricaine la semaine prochaine.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : Ban Ki-moon appelle à soutenir la MISCA
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:32

 

 

 

 

 

Par : LIANG Chen  French.china.org.cn | Mis à jour le 15-02-2014

 

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré prendre des mesures pour combler les lacunes dans les services de santé en République centrafricaine (RCA) où "les hôpitaux et les cliniques ont été dévastés" par la guerre qui déchire le pays, a déclaré un porte-parole de l'ONU vendredi.

 

"La grande majorité (du pays) a été largement pillée et endommagée, et la plupart des travailleurs de la santé ont quitté leur poste, laissant d'énormes lacunes dans la prestation des soins", a déclaré le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky, lors d'un point de presse quotidien.

 

"L'Organisation mondiale de la Santé a assuré prendre des mesures clés avec ses partenaires, notamment en étendant les services de santé aux personnes déplacées dans les camps, en vaccinant des enfants, et en distribuant des médicaments", a-t-il énuméré. "L'organisation met également en place un système avec des partenaires pour détecter les apparitions d'épidémies et travaille pour traiter les lacunes importantes dans les services de la santé".

 

Parallèlement, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a fait état de 37 enfants tués et 96 enfants mutilés dans les deux derniers mois en Centrafrique.

 

Tourmentée par des décennies d'instabilité et de combats, la Centrafrique a connu une recrudescence de violence en décembre 2012, lorsque les rebelles de la Séléka ont lancé une série d'attaques qui ont culminé en mars dernier, lorsque le président d'alors François Bozizé a été contraint de s'enfuir suite à la capture de la capitale.

 

Un gouvernement de transition, dirigé par le Premier ministre Nicolas Tiangaye, a été chargé de rétablir l'ordre et d'ouvrir la voie à des élections démocratiques.

 

Cependant, les affrontements armés dans la partie nord-est du pays se multiplient depuis août et la Centrafrique est confrontée à une situation humanitaire désastreuse qui affecte quelque 4,6 millions de personnes. Le 10 janvier, le président par intérim d'alors Michel Djotodia et le Premier ministre Tiangaye a ont démissionné.

 

Par la suite, un gouvernement intérimaire a été créé fin janvier afin de sortir le pays de la crise et d'organiser des élections générales d'ici février 2015.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : l'OMS prend des mesures pour combler les lacunes dans les services de santé
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Centrafrique-Presse.com
15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:18

 

 

 

 

avec AFP  le 15 février 2014 à 11h42 , mis à jour le 15 février 2014 à 11h46.

 

Une délégation d'une dizaine de députés, conduite par Elisabeth Guigou, se rendra lundi à Bangui, où elle s'entretiendra avec les responsables de l'opération Sangaris et les autorités de transition centrafricaines.

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Une dizaine de députés français va se rendre lundi à Bangui. Les parlementaires, emmenés par Elisabeth Guigou, doivent notamment rencontrer la présidente Catherine Samba-Panza, et les principales autorités centrafricaines. Ils auront plusieurs entretiens avec les commandants de la force française en RCA et des forces militaires centrafricaines et internationales, indique-t-on de même source. Des échanges avec des parlementaires centrafricains, des responsables  religieux, des ONG, des membres du Programme alimentaire mondial (PAM) et des représentants de la communauté française sont également au programme.

 

La délégation sera composée de membres des commissions des Affaires étrangères et de la Défense de l'Assemblée nationale. Avec, outre Mme Guigou (PS), les députés Jean-Paul Bacquet et Gwendal Rouillard (SRC), Philippe Meunier, Alain Marsaud et Pierre Lellouche (UMP), Gérard Charasse et Jacques Moignard (RRDP) et Philippe Folliot (UDI).


 400 militaires suplémentaires

 

La France a décidé vendredi d'accroître son contingent en République centrafricaine de 400 soldats, ce qui portera "temporairement à 2000" hommes ses effectifs dans le pays, a annoncé l'Elysée à l'issue d'un conseil de défense restreint autour de François Hollande vendredi.

 

Paris a lancé en décembre l'opération Sangaris pour aider les 5.000 hommes de l'Union africaine à mettre fin aux affrontements entre les ex-miliciens de la Séléka et les "anti-balakas" chrétiens mais les violences persistent dans le pays. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, avait exhorté mercredi Paris à renforcer sa présence en Centrafrique, l'implication de la communauté internationale n'étant selon lui pas encore à la hauteur de la gravité de la situation.

 

Répondant aux demandes de François Hollande, l'UE envisage désormais de déployer un millier d'hommes. Jusqu'à présent, le chiffre le plus couramment cité pour cette opération militaire européenne était de 500 hommes. "Nous avons plus de 500 hommes", a déclaré Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, vendredi à la presse après s'être exprimé devant le Conseil de sécurité de l'ONU, ajoutant que l'UE "envisageait le double de ce chiffre". Cette force cherchera à obtenir des résultats rapides en créant une zone de sécurité à Bangui, avait déclaré jeudi son chef, le général français Philippe Pontiès. 

Centrafrique : une délégation de députés français lundi à Bangui
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:11

 

 

 

 

Publié le 15.02.2014, 13h53 | Mise à jour : 16h04

 

Les jours passent et les décisions évoluent. En janvier, Jean-Yves Le Drian excluait un renforcement des troupes françaises en Centrafrique et estimait que la France ne risquait pas l'enlisement.

 

Samedi, au lendemain de l'annonce de l'envoi par la France de 400 soldats supplémentaires qui s'ajouteront aux 1 600 hommes de la force Sangaris, le ministre de la Défense a reconnu que l'opération militaire serait plus longue que prévu. Une décision peu surprenante, puisque Jean-Yves Le Drian avait déjà jugé «vraisemblable» la prolongation du bail de l'armée française en Centrafrique, il y a semaine.

«Le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait», a déclaré Jean-Yves Le Drian sur France Inter. Une opération militaire «ne se décrète pas comme du papier à musique. Il faut s'adapter, se rendre compte des situations et répondre au besoin de sécurité en fonction des événements», a-t-il justifié.


Lors du lancement de l'intervention française, début décembre, le président François Hollande avait évoqué une opération «rapide». Paris a décidé vendredi, à la demande notamment du secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon, d'envoyer 400 soldats supplémentaires en RCA, ce qui portera à 2000 les effectifs français dans le pays.


«A partir du moment où on s'oriente vers une opération de maintien de la paix au niveau des Nations unies, je pense que cet accroissement de notre présence était indispensable», a souligné le ministre de la Défense.

Centrafrique : «Ce sera plus long que prévu», prévient Le Drian
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:07

 

 

 

Aussi sûrement que l’on sent le soleil sur sa peau ou la pluie sur son visage, c’est collectivement que la Centrafrique s’est mise en échec ! 

 

Depuis un certain temps, je me suis exprimé avec beaucoup de retenue. J’étais au Gouvernement,  je m’occupais entre autres de la réconciliation nationale, donc, je devais rassembler. Surtout que dès l’annonce de ma nomination, j’ai essuyé menaces de mort, huées, sifflets et injures. On m’a accusé sur tous les tons de faire le jeu des ex-Séléka et d’avoir trahi la mémoire de leurs victimes. 

 

Aujourd’hui, je suis libre. Ma mission s’est achevée le 27 janvier avec la formation du nouveau Gouvernement d’union nationale de Transition. Mais, je demeure inquiet pour mon pays. Or, j’aurais préféré voir l’avenir en couleurs pastel. Malheureusement, je crois ce que je vois et ne puis faire autrement. Aussi, ai-je le devoir de dire franchement ce que je pense.

 

En acceptant de devenir ministre, j’avais le sentiment d’être utile à mon pays. Cette décision se justifie d’autant plus que la petite bourgeoisie centrafricaine diplômée qui s’est pourtant instituée en Torquemada du Net, soit par paresse intellectuelle, soit plus simplement par incompétence, a choisi depuis des lustres de demeurer « courageusement » dans le confort du mode de vie occidentale, abandonnant ainsi le pays entre des mains peu expertes. De ce fait, elle a oublié que l’expérience, qui est la sagesse concrète, ne tient sa maturité que du terrain seul. Autrement dit, c’est en se frottant aux réalités du terrain que l’on se fait la main et que l’on pourrait un jour prétendre prendre la relève dans la gestion de la chose publique. 

 

J’avais conscience des difficultés et de l’immensité de la tâche. Je savais que nous nous trouvons face à un nouvel âge de notre pays, au seuil d’une nouvelle page  de notre histoire collective, laquelle transformera durablement le visage de la République centrafricaine encore plus profondément que les précédentes crises.  

 

Mais qu’est-ce une crise, m’étais-je interrogé? La crise, même se elle est une sorte de cataclysme qui précipite les sociétés dans les convulsions, n’est pas un effondrement. Elle est un réajustement. Elle peut aboutir à une redistribution nouvelle des ressources. Elle n’est pas la fin du monde mais plutôt l’origine d’un système nouveau. À condition d’y travailler. Durement.       

 

Et comme je l’avais écrit dans l’article « Construire ensemble une société post-Séléka », la nouvelle génération de Centrafricains doit être au centre de sa rénovation, de ce retour au politique, comme dirait quelqu’un. On l’entend ces temps-ci s’exprimer, souvent pour se plaindre. Pourquoi devrait-elle se vivre comme une cohorte frustrée et impatiente ? Si elle ne se borne pas à critiquer le passé, si elle ne reproduit pas les défauts qu’elle impute à ses aînés, si elle sait faire surgir des idées nouvelles sans courir derrière la dernière mode et les ambitions titanesques, si elle ne se morcèle pas – chacun croyant pouvoir être le premier -, si elle prend le temps nécessaire de l’apprentissage, si elle travaille, propose et construit, naturellement, l’avenir lui appartiendra.

 

C’est ici le lieu de remercier le président Michel Djotodia ainsi que le Premier ministre de l’époque, Maître Nicolas Tiangaye, qui ont bien voulu m’assigner le devoir de servir mon pays en qualité de ministre de la Communication, de la Promotion de la culture civique et de la Réconciliation nationale. Plus qu’un privilège, ce fut un honneur pour moi d’être à leurs côtés en ces circonstances et dans ces conditions. Si cela était à refaire, je le referais. 

 

Car, à la vérité, seul le feu est révélateur, à la guerre comme en politique, du véritable caractère des hommes. Tant que cette épreuve n’est pas là, toutes les hypothèses restent possibles. On ne connaît vraiment les hommes que face au péril, à cet instant précis, imparable, où les certitudes vacillent.

 

Cela dit, le revers du 10 janvier 2014 (la démission du Président ainsi que du Premier ministre de Transition en terre étrangère) reste pour moi un regret politique. Car, sans m’exempter de toute erreur ou d’éventuelle faute, je sais qu’il était évitable si les deux têtes de l’exécutif étaient restées solidaires. 

 

Je reviendrai plus longuement sur ce curieux déroulement politique pour en tirer des leçons dans mon prochain ouvrage. 

 

J’ai espéré que l’élection de la nouvelle Présidente viendrait effacer cette douloureuse mésaventure et j’ai salué avec plaisir le symbole de l’accession d’une femme à la présidence de la République. Non pas parce que madame Samba Panza serait simplement une femme, mais parce que j’avais pu me faire une idée assez exacte de ses qualités, notoires, et de ses insuffisances, réelles. En plus du fait, espérais-je, que cette élection allait couper l’herbe sous les pieds des commanditaires de la milice dite anti-balaka, cette nébuleuse de hors-la-loi à la machette facile.  

 

Car, c’est pour préserver l’unité nationale, faire cesser les violences et mettre un terme à l’extrême souffrance de l’écrasante majorité du peuple centrafricain qui vit une tragédie que le président Michel Djotodia avait pris sur lui, la lourde responsabilité historique de démissionner de ses fonctions de Chef de l’État de Transition. En posant cet acte, il avait la conviction, tout comme  les pays de la  sous-région que la paix reviendrait dans notre pays. 

 

Malheureusement, force est de constater qu’un peu plus d’un mois après son départ,  les violences ont atteint un niveau jamais égalé, avec tous les jours des dizaines d’assassinats de femmes, d’enfants, de vieillards, des familles jetées sur le chemin de l’exil quand elles ne s’entassent pas dans les mosquées et autres lieux de culte à la merci de grenades lancées par les miliciens se réclamant de l’ex-président François Bozizé. Les mêmes qui détruisent systématiquement les mosquées et les domiciles de musulmans à travers le troisième, quatrième cinquième et huitième arrondissement de Bangui qui continue de se vider des ressortissants des préfectures de Vakaga, Bamingui et Haute-Kotto qui sont obligés de repartir dans leurs régions d’origine pour sauver leurs vies, démontrant ainsi le caractère génocidaire des attaques dont ils sont victimes. 

 

Le 5 février dernier, répondant à l’appel du Chef de l’État de Transition, des militaires de toutes origines constituant les Forces armées centrafricaines (FACA) se sont retrouvés au grand rapport. L’un d’entre eux, du fait de ses origines ethniques, a été lapidé à mort par ses camarades d’armes en présence de la presse internationale.  

 

Les rapports d’institutions aussi crédibles comme Amnesty International et Human Right Watch sont depuis venus confirmer le nettoyage ethnique et religieux dans plusieurs quartiers de la ville de Bangui et en provinces, souvent en présence des forces de la MISCA et les éléments français de l’opération Sangaris, dont pourtant le rôle est notamment la protection des populations civiles, aux termes des résolutions 2121 et 2127 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. 

 

À un moment où les responsables politiques centrafricains devraient plutôt appeler au rassemblement, à la tolérance et à la réconciliation nationale, je crains que ces actes odieux ne conduisent certaines communautés, notamment musulmanes à vouloir se retirer pour vivre entre elles, avec comme conséquence la partition de fait du pays.

 

C’est pourquoi, je veux ici, exhorter la communauté internationale, compte tenu de son implication dans la résolution de la crise centrafricaine, à peser de tout son poids pour non seulement, trouver une solution qui puisse être équitable pour toutes les communautés vivant en République centrafricaine mais surtout de mettre hors d’état de nuire les commanditaires des ant-balaka, ceux-là même qui, à partir du Cameroun ou de la France, ont planifié et mis à exécution leur funeste plan génocidaire. 

 

Comme je l’ai fais en ce temps pour des exactions visant les chrétiens, je tiens pour inadmissible et condamne avec la dernière rigueur possible le sort fait à nos compatriotes musulmans par ces bandits des anti-balaka qui ont le culot de se voir en libérateurs. 

 

Même si les ex-Séléka ont le don de se faire détester, même si leurs diverses exactions ont laissé des traces, aujourd’hui, rien et absolument rien, ne saurait justifier la poursuite des exactions et autres épurations ethniques ou religieuses devant permettre le retour au pouvoir d’individus maléfiques et cruels qui nous ont montré leurs limites quand ils étaient à la tête du pays. Ceux qui ont commandité et organisé le massacre de nos compatriotes doivent être traqués, arrêtés et poursuivis devant les juridictions nationales ou internationales. Nous les connaissons tous. Ils ont beau s’agiter ou se livrer à des manoeuvres dilatoires pour retarder l’échéance qui, de toute façon, leur sera imposée par la volonté du peuple centrafricain, ils n’échapperont pas à la justice.  La paix et la sécurité sont à ce prix. 

 

Adrien POUSSOU

 

Ancien Ministre.    

Tribune libre d'Adrien Poussou
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:04

 

 

 

 

Publié le 15.02.2014, 10h11 | Mise à jour : 11h37

 

Alors que la France et l'Union européenne viennent d'annoncer l'envoi, au total, de 1400 soldats supplémentaires dans le cadre de l'opération Sangaris, une vaste opération de désarmement de miliciens anti-balaka a été entamée samedi matin. 

 

 L'armée française et la force de l'Union africaine à Boy Rabe ont investi ensemble un quartier chrétien de Bangui.


L'opération de ratissage, la plus grosse depuis le début de l'opération Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6 heures sur un large périmètre de ce quartier, fief banguissois des milices anti-balaka, régulièrement accusées d'exactions envers les civils musulmans. Lors des opérations de fouille, qui ont été faites maison par maison, quelques armes automatiques, grenades, armes blanches, ainsi qu'un grand nombre de munitions ont été découverts.


«Toutes les personnes chez qui des armes ont été saisies ont été identifiées et seront remises à la gendarmerie», a affirmé le capitaine Bolo, un gendarme camerounais de la force africaine Misca, soulignant qu'«une quinzaine d'officiers de police judiciaire de la Misca sont intégrés au dispositif».


Le «gros poisson» a été manqué


Avant 9heures, des éléments de la Misca ont pris position autour du domicile de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le «coordonnateur politique» des anti-balaka, et qui «est protégé par une douzaine d'hommes armés». Autour de son domicile, détonations d'arme automatique et de grenades, d'origine encore inconnue, se sont fait entendre.


L'opération s'est terminée vers 10 heures, sans que Ngaissona soit arrêté.  «Ils n'ont pas réussi à me prendre, j'étais sorti. Il faut qu'on me dise pourquoi on me cherche», a-t-il réagi, affirmant que cinq de ses proches avaient, eux, été arrêtés dans la matinée.


Ngaissona, «c'était le gros poisson qu'il fallait prendre», a simplement commenté le procureur de la République de Bangui Ghislain Grezenguet, qui avait remis aux hommes de la Misca une liste d'individus à interpeller. Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: «"Cassez-vous ou on va s'occuper de vous !».

Jeudi, dans un camp de Bangui, ce sont treize corps qui avaient été découverts dans un puits dans un état de putréfaction avancée. Les premières constatations laissaient à penser, selon le procureur de la République de la capitale centrafricaine, qu'ils avaient été jetés là vivants. Dans ce camps sont cantonnés, sous surveillance de la Misca, des combattants de l'ex-Séléka, les rebelles musulmans. 


Les milices dans le collimateur des autorités


Apparus comme des milices luttant contre la rébellion Séléka, à dominante musulmane, qui avait pris le pouvoir en mars 2013 et qui persécutait la communauté chrétienne, les anti-balaka ont rapidement semé la terreur dans Bangui et en province. Après le départ du président Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier 2014, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Séléka menés par les soldats français de l'opération Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages.


La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a promis mercredi «la guerre» à ces milices, faisant écho aux déclarations menaçantes faites ces derniers jours par le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian et les commandants des contingents français et africain en Centrafrique, qui visaient directement les miliciens et les pillards sévissant en toute impunité.

Centrafrique : un chef de milice échappe à l'opération de désarmement à Bangui
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 20:45

 

 

 

 

 

Par Le Nouvel Observateur avec AFP  Publié le 15-02-2014 à 14h17Mis à jour à 15h59

 

Selon Jean-Yves Le Drian, "le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait".

 

Jean-Yves Le Drian a estimé samedi 15 février que l'opération militaire française pour stabiliser la Centrafrique serait plus longue que prévu, au lendemain de l'annonce de l'envoi de 400 soldats français supplémentaires dans ce pays.

 

Je crois que ça sera plus long que prévu, parce que le niveau de haine et de violence est plus important que celui qu'on imaginait", a déclaré le ministre de la Défense sur France Inter.

 

Une opération militaire "ne se décrète pas comme du papier à musique, il faut s'adapter, se rendre compte des situations et répondre au besoin de sécurité en fonction des événements", a-t-il expliqué. Lors du lancement de l'intervention française, début décembre, le président François Hollande avait évoqué une opération "rapide".

 

Mais Paris a décidé vendredi, à la demande notamment du secrétaire général des Nations unies Ban Ki Moon, d'envoyer 400 soldats supplémentaires en RCA, ce qui portera à 2.000 les effectifs français dans le pays.

 

A partir du moment où on s'oriente vers une opération de maintien de la paix au niveau des Nations unies, je pense que cet accroissement de notre présence était indispensable", a souligné le ministre.

 

"Au début d'une opération militaire, on ne peut pas dire à l'avance à quel moment elle finira", a-t-il fait valoir : "Les opérations militaires sont toujours difficiles, s'adaptent en fonction des circonstances, mais nous sommes tout à fait déterminés à ce que la Centrafrique garde son intégrité et que progressivement la sérénité revienne, pour permettre à tous les Centrafricains de vivre ensemble."

 

"Une sécurité de proximité"

 

Jean-Yves Le Drian a souligné qu'il avait constaté lors de sa visite mercredi à Bangui qu'"il fallait renforcer certains points" :

 

"Il est tout à fait nécessaire de garantir notre présence, c'est la raison pour laquelle le président de la République a décidé de renforcer les forces françaises de Sangaris pour lutter contre toutes les formes d'insécurité, à Bangui et dans l'ensemble de la République centrafricaine", a-t-il expliqué. Selon le ministre, "il fallait renforcer, mais aussi faire en sorte que la sécurité quotidienne soit assurée".

 

"Beaucoup d'exactions" continuent d'être perpétrées en RCA, a-t-il souligné, en raison notamment des rivalités entre les miliciens de l'ex-Seleka, musulmans, et les anti-balaka, majoritairement chrétiens. "L'important aujourd'hui c'est la sécurité de proximité [...] C'est pourquoi la présence de gendarmes est indispensable, pour que progressivement l'Etat centrafricain ait les outils de sa propre sécurité intérieure, avec aussi la nécessité de renforcer la chaîne judiciaire", a-t-il poursuivi.

 

On est à un passage entre une force d'intervention militaire et la nécessité d'une sécurité de proximité qui va venir et à laquelle les forces françaises apporteront leur soutien et leur capacité de formation", a-t-il conclu.

 

Opération de désarmement

 

Ces déclarations interviennent alors que les forces internationales ont mené samedi à Bangui une vaste opération de désarmement des anti-balaka, des miliciens majoritairement chrétiens accusés de crimes atroces contre la minorité musulmane et auxquels la présidente intérimaire a déclaré "la guerre".

 

Les responsables militaires de l'opération française Sangaris et ceux de la force de l'Union africaine (Misca), qui tentent de mettre fin à la crise dans ce pays livré aux pillages et aux massacres inter-religieux depuis bientôt trois mois, avaient durci le ton ces derniers jours, prévenant qu'ils feraient usage de la force.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Seleka, à dominante musulmane, contraint à la démission le 10 janvier. Face aux rebelles de la Seleka se sont peu à peu constituées des milices locales d'autodéfense, issues des régions rurales à dominante chrétienne : les anti-balaka, littéralement "anti-machette", qui ont à leur tour semé la terreur dans Bangui et en province.

 

Après le départ du président Djotodia, et le désarmement et le cantonnement des éléments de la Seleka menés par les soldats de Sangaris, les anti-balaka s'en sont pris systématiquement aux civils musulmans, multipliant lynchages et pillages, conduisant ONG et ONU à dénoncer un nettoyage ethnique.

 

Ratissage dans le quartier Boy Rabe

 

L'opération de ratissage menée samedi, la plus importante depuis le début de Sangaris en décembre, a débuté peu avant 6h sur un large périmètre du quartier Boy Rabe, fief banguissois des milices anti-balaka.

 

Elle a permis "l'interpellation d'une dizaine d'individus", selon le procureur de la République Ghislain Grésenguet, ainsi que la saisie d'armes diverses - armes automatiques, fusils de chasse, grenades - et de nombreuses munitions. 

 

Toutefois, l'un de ses "objectifs" - l'arrestation de Patrice Edouard Ngaissona, qui se présente comme le "coordonnateur politique" des anti-balaka -, n'a pas été atteint. 

 

"Ils n'ont pas réussi à me prendre, j'étais sorti. Il faut qu'on me dise pourquoi on me cherche", a affirmé Edouard Ngaissona, joint par téléphone.

 

Le "gros poisson" manqué

 

Quinze minutes après l'encerclement de sa maison par les forces africaines, des explosions de grenades et des tirs ont été entendus. Selon une source militaire, "face à l'agression des occupants de la maison, des éléments de la Misca ont tiré en l'air".

 

Le procureur a regretté qu'Edouard Ngaissona ait pu échapper à une interpellation. "C'était le gros poisson qu'il fallait prendre", a-t-il dit.

 

Parmi les personnes interpellées figure le lieutenant Hervé Ganazoui, "en charge des opérations à l''état-major' anti-balaka", a déclaré Emotion Brice Namsi, qui se présente comme un porte-parole des miliciens.

 

L'opération s'est achevée aux alentours de 10h. Les véhicules des Sangaris et de l'Union africaine sont repartis sous les huées des habitants qui scandaient notamment: "Cassez-vous ou on va s'occuper de vous !".

CENTRAFRIQUE : "Ça sera plus long que prévu" (Le Drian)
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