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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 12:19
RCA: l'action de la Minusca en question après le massacre d'Alindao

 

Par RFI Publié le 21-11-2018 Modifié le 22-11-2018 à 10:06

 

En Centrafrique, trois jours de deuil national ont été annoncés après l’attaque du 15 novembre sur le camp de déplacés de la ville d’Alindao qui a fait 60 morts, selon le dernier bilan de l'AFP. Plusieurs équipes partaient mercredi sur le terrain pour tenter d'évaluer la situation et les besoins. Si le bilan reste incertain, les conditions qui ont conduit à un tel événement restent elles aussi imprécises et provoquent de nombreuses questions, notamment celle de l'action de la Minusca.

Beaucoup tentent de comprendre comment un tel drame a pu se produire en présence de la Minusca sur place. Le porte-parole de la mission onusienne Vladimir Monteiro assure que de telles échauffourées n'étaient pas attendues et que la Force n'était pas en nombre suffisant pour parer à ces événements.

« Il n'y a pas eu de présence passive, il y a eu intervention, assure-t-il. Un poste militaire avancé de la Minusca c'est environ 50 personnes. Et c'est ce que nous avions à Alindao. Aujourd'hui, la situation a évolué, nous avons envoyé des renforts de Bambari et d'une autre localité pour consolider cette position, poursuivre les patrouilles et éviter de nouveaux affrontements. »

Devant l'évêché de Bangui, des fillettes répètent des chants. Parmi les victimes d'Alindao, on dénombre deux religieux. Le vicaire général, l'abbé Mathieu, est consterné par les images qui circulent des massacres. Des corps mutilés et calcinés.

« A voir ces images-là, nous voyons quel crime contre l'humanité a été perpétré, s’indigne-t-il. Douleur, consternation et tristesse nous animent. Parce que nous sommes tous membre de cette humanité. Et voir comment au XXIe siècle on procède à des tueries, on élimine les personnes humaines cela ne peut que susciter en nous cette consternation, cette tristesse, voire cette colère. »

Le vicaire général appelle au calme et à ne pas tomber dans le piège du conflit interreligieux.


■ Une situation sécuritaire fortement dégradée qui inquète les ONG

Du point de vue de l'impact psychologique, c’est absolument pire que la case départ.

Najat Rochdi, coordinatrice humanitaire de l'ONU en RCA

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 12:09

 

 

20 November 2018

 

ICC-CPI-20181120-MA233

 

La première comparution d'Alfred Yekatom devant la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale (« CPI » ou « Cour ») aura lieu le vendredi 23 novembre 2018 à 11h00 (heure locale de La Haye) en salle d'audience I. La Chambre préliminaire II est composée du juge Antoine KesiaMbe Mindua, juge président, de la juge Tomoko Akane et du juge Rosario Salvatore Aitala.

M. Yekatom a été remis à la CPI le 17 novembre 2018 en exécution d'un mandat d'arrêt délivré le 11 novembre 2018 pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui auraient été commis dans l'ouest de la RCA entre décembre 2013 et décembre 2014.

Au cours de l'audience de première comparution, la Chambre vérifiera l'identité du suspect et la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. Le suspect sera informé des charges portées à son encontre.

Contexte : La Chambre préliminaire II de la CPI a délivré un mandat d'arrêt sous scellés contre M. Yekatom le 11 novembre 2018 (rendu public le 17 novembre 2018) pour sa responsabilité pénale présumée de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui auraient été commis dans l'ouest de la RCA entre décembre 2013 et décembre 2014.

La Chambre préliminaire II est convaincue qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'un conflit armé ne présentant pas un caractère international était en cours sur le territoire de la RCA, entre au moins septembre 2013 et au moins décembre 2014, entre la Séléka (une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans) et les anti-Balaka (un contre-mouvement à la Séléka à prédominance chrétienne). La Chambre a également conclu qu'il y a des motifs raisonnables de croire que, de septembre 2013 au moins jusqu'en décembre 2014 au moins, une attaque généralisée et systématique  a été perpétrée par les anti-Balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka.

M. Yekatom aurait commandé un groupe d'environ 3 000 membres au sein du mouvement anti-Balaka. Il serait responsable des crimes suivants dans différents endroits en RCA, notamment à Bangui et dans la préfecture de Lobaye, entre le 5 décembre 2013 et août 2014:

crimes contre l'humanité : le meurtre, la déportation ou transfert forcé de population, l'emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique, la torture, la persécution, la disparition forcée et autres actes inhumains; et

crimes de guerre : le meurtre, la torture et traitements inhumains, les mutilations, des attaques intentionnelles contre la population civile, des attaques intentionnelles des bâtiments consacrés à la religion, l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans et les faire participer activement à des hostilités, le déplacement de la population civile et la destruction des biens de l'adversaire.

La Chambre préliminaire II a trouvé des motifs raisonnables de croire que M. Yekatom aurait commis ou avait ordonné, sollicité, encouragé et facilité la commission des crimes susmentionnés. La Chambre a également trouvé des motifs raisonnables de croire qu'il est responsable en tant que chef militaire.

 

Decision setting the date for the initial appearance of Alfred Yekatom

 

Retransmission vidéo 


L'audience pourra être suivie en direct sur le site Internet de la CPI au lien suivant:  
http://player.cdn.tv1.eu/statics/66005/icc.html?lang=FRE

 

Assister à l'audience

 

Les membres du corps diplomatique, les ONG et les membres du public sont priés d'envoyer leurs demandes d'assister à l'audience par courriel à : ICCVisits@icc-cpi.int. Les participants devront présenter un passeport ou un titre d'identité valide comportant une photographie à l'entrée principale de la Cour (située à l'adresse : Oude Waalsdorperweg 10, 2597 AK La Haye).

Les journalistes souhaitant couvrir l'audience sont priés d'envoyer leurs demandes d'accréditation par courriel à : PublicAffairs.Unit@icc-cpi.int. Tous les journalistes devront présenter une carte de presse valide, ainsi qu'un passeport/titre d'identité valide comportant une photographie, à l'entrée principale de la Cour (située à l'adresse : Oude Waalsdorperweg 10, 2597 AK La Haye).

Veuillez noter que la Cour ne pourra garantir l'accès à l'audience aux personnes qui n'auraient pas reçu de confirmation à l'avance. Afin d'éviter tout délai pour accéder le bâtiment, les personnes sont priées d'arriver une heure avant le début de l'audience.

 

Centre de presse de la CPI


Les journalistes souhaitant utiliser le Centre de presse de la Cour pourront y accéder à partir de 8h30. Le Centre de presse de la CPI est situé dans la « Tour de la Cour » du bâtiment. Il est composé d'espaces de travail partagés, pouvant accueillir jusqu'à 104 personnes assises, et de deux salles d'entretien. Le Centre de presse distribue la vidéo et l'audio intégrée de l'audience, via HD-SDI avec un connecteur BNC femelle. Les journalistes souhaitant se connecter devraient apporter un équipement compatible et un câble BNC. L'alimentation est fournie (prise européenne). Le Centre de presse est doté d'un accès Wi-Fi.

Documents audiovisuels 


Filmer ou prendre des photographies est strictement interdit dans l'enceinte de la Cour, hormis dans les salles d'entretiens et  le Centre de presse.

Des images de l'audience seront disponibles pour téléchargement sur un serveur FTP en format vidéo (MPEG-4) et audio (MPEG-3), et pour visionnage sur la Chaîne YouTube de la CPI. Pour toute information relative aux questions audiovisuelles, veuillez contacter PublicAffairs.unit@icc-cpi.int

Places de stationnement 


Les représentants des médias peuvent utiliser le parking pour visiteurs de la CPI.

 

Signal pour camions satellite


Le parking de la CPI comprend une partie pour les camions satellite. Des connections BNC sont disponibles et le format vidéo est HD-SDI, avec audio intégrée (8 dual mono pairs): Chaîne 1 – Langue originale ; Chaîne 2 – Interprétation anglais ; Chaîne 3 - Interprétation français ; Chaîne 4 - 8 – Autres langues (à défaut d'interprétation, la langue originale sera retransmise).

 


Pour toute information complémentaire, veuillez contacter Fadi El Abdallah, Porte-parole et Chef de l'Unité des affaires publiques, Cour pénale internationale, au +31 (0)70 515-9152 ou +31 (0)6 46448938 ou à l'adresse fadi.el-abdallah@icc-cpi.int.

 

Les activités de la CPI peuvent également être suivies sur TwitterFacebookTumblrYouTubeInstagram et Flickr

L’audience de première comparution d’Alfred Yekatom programmée pour le 23 novembre 2018
L’audience de première comparution d’Alfred Yekatom programmée pour le 23 novembre 2018
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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 11:32
RCA : Déclaration du Porte Parole du Quai d'Orsay

 

Déclaration du Porte Parole du Ministre de l’Europe et des affaires étrangères relative à la situation en  République centrafricaine (19 novembre 2018)

 

"La France exprime sa préoccupation après les événements des derniers jours en République centrafricaine. Elle appelle au calme et à la fin des violences.

 

La France condamne avec la plus grande fermeté les combats entre des groupes armés antibalaka et ceux de l'UPC qui se sont déroulés dans le camp de déplacés d'Alindao au centre du pays le 15 novembre dernier et qui ont coûté la vie à plus de 40 personnes. La France présente ses condoléances aux familles des victimes et appelle à ce que toute la lumière soit faite sur ces événements, afin que leurs responsables en répondent devant la justice.

 

La France condamne l'attaque commise dans la ville de Gbambia (province de Mambéré-Kadéï) le 16 novembre, qui a coûté la vie à un casque bleu de la mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA). La France présente ses condoléances à sa famille. Elle salue l'engagement des pays contributeurs de troupes, ainsi que le travail de la MINUSCA.

 

Ces violences soulignent l'urgence de progresser dans la mise en oeuvre de l'Initiative africaine de paix portée par l'Union africaine, et que la France soutient pleinement, en vue d'aboutir au désarmement effectif et à la démobilisation des groupes armés. Il est impératif que tous les groupes armés, à Bangui et dans le reste du pays, cessent toute forme de violence et d'activités déstabilisatrices, déposent les armes et s'engagent sans délai et sans condition dans le processus de paix.

 

La France salue l'arrestation et le transfert à la Cour pénale internationale d'un ancien chef de milices antibalaka, autoproclamées d'autodéfense, Alfred Yekatom. La France réitère tout son soutien à la Cour pénale internationale pour juger, dans un délai raisonnable, des crimes de guerre et crimes contre l'humanité allégués."

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 11:29
En Centrafrique, l’Église catholique paie le prix fort

Lu pour vous 

 

http://www.lavie.fr  Publié le 21/11/2018 à 10h18 - Modifié le 21/11/2018 à 10h57Interview Laurence Desjoyaux

 

Deux prêtres et une cinquantaine de personnes sont morts dans un massacre contre une église et un camp de déplacés en Centrafrique. Pour Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique Subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (Ifri), l’Église catholique paie un lourd tribut alors même qu’elle joue un rôle de médiateur depuis le début du conflit.

 

Selon un rapport de l’ONU publié par l’AFP, le massacre qui a eu lieu le 15 novembre à Alindao, au sud-est de la Centrafrique, a fait 48 morts. Parmi eux souligne l’agence Fides, deux prêtres : le vicaire général du diocèse, Blaise Mada, et le père Célestin Ngoumbango, curé de Mingala. L’assaut attribué au groupe UPC (Unité pour la paix en Centrafrique), l’un des groupes armés de l’ex-Seleka, a été mené contre un camp de déplacés qui compte plusieurs milliers de personnes et la cathédrale qui se trouve dans le même secteur de la ville.


« L’événement qui a déclenché le massacre a été le meurtre d’un mercenaire nigérien de l’UPC quelques jours auparavant, indique à Fides Juan Jose Aguirre Muños, évêque de Bangassou, diocèse limitrophe de celui d’Alindao. Les représailles ont été terribles. Les hommes d’Ali Darassa (le chef de l’UPC, nldr) ont assailli, saccagé et incendié le camp...

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 11:26
Centrafrique : déjà 1600 éléments FACA formés par des instructeurs russes

 

Bangui, Centrafrique (ADV) 2018-11-21 — Environ 300 éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) ont bouclé hier à Bérengo, dans la Lobaye, leur formation militaire assurée par des instructeurs russes. Ce qui porte à 1600 leur effectif total.

« Depuis le début de l’année courante, nos spécialistes ont formé plus de 1600 éléments des FACA à la demande du gouvernement centrafricain. 184 agents de la gendarmerie nationale et 123 policiers ont été formés », a déclaré le diplomate russe Serguei Lobanov.

Tous ces éléments FACA et des Forces de sécurité intérieure (FSI) ont été dotés par la Russie après leur formation. « C’est ce qui a permis le début du redéploiement des FACA et FSI à l’intérieur du pays pour protéger la population civile et restaurer l’autorité de l’Etat », a ajouté l’ambassadeur de la Fédération de la Russie en Centrafrique Serguei Lobanov.

Confrontée à un désastre sécuritaire depuis plusieurs décennies, la RCA commence à renaître de ses cendres grâce à la vision du Président Touadera qui est de bâtir une armée professionnelle axée sur la protection du peuple et des institutions républicaines. Le Président Touadera a sollicité et obtenu des appuis multiformes des partenaires et de certains pays amis de la RCA dans la fourniture des équipements militaires, la formation et l’aguerrissement des éléments des Forces armées centrafricaines ainsi que celles de défense intérieure.

S’adressant aux soldats fraîchement formés, le Chef Suprême des Armées Faustin Archange Touadera a demandé à ces derniers d’agir en professionnels et en patriotes en mettant en pratique toutes les leçons qu’ils ont appris depuis la formation de l’EUTM jusqu’à l’étape des instructeurs russes. « Votre mission c’est la protection de la population et de toutes les personnes résidant sur notre territoire. Nous comptons beaucoup sur vous, sur votre engagement. Vous avez choisi de défendre votre population, je suis très fier de cet engagement» s’est-t-il adressé.

Cette phase qui s’achève a réuni presque 300 éléments de 1er, 2ème et 3ème bataillon. Les FACA ont renforcé leurs capacités dans le domaine tactique, de tirs, de conditions physiques, de secourisme au combat, de camouflage et de la lutte contre le VIH.

C’est la cinquième sortie des FACA formées par les instructeurs russes après leur entrainement par l’EUTEM. Ces éléments seront bientôt déployés à l’intérieur du pays pour protéger la population civile en proie aux violences.

 

© Bur-csa – A.H – N.A / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV) –
Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 16:56
COMMUNIQUE DE PRESSE OCHA
COMMUNIQUE DE PRESSE OCHA

 

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE :

LES CIVILS ONT BESOIN DE PROTECTION ET D'ASSISTANCE D’URGENCE

 

Bangui/Genève, 21 novembre 2018 - La crise humanitaire en République centrafricaine (RCA) continue de se détériorer à un rythme alarmant, marquée par l’augmentation des déplacements forcés, l'insécurité et des contraintes d'accès pour les civils et les travailleurs humanitaires. Au cours des trois dernières semaines seulement, plus de 50 000 personnes ont été affectées dans les villes de Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham, et Alindao, dans la préfecture de Basse Kotto, où deux principaux sites des personnes déplacées ont été incendiés.

 

« Le monde ne peut pas fermer les yeux sur ce qui se passe en RCA. Nous sommes de retour à la case départ ! », a déclaré la Coordonnatrice humanitaire en RCA, Mme Najat Rochdi. « Ces attaques ignobles ont d’énormes conséquences sur les vies d‘hommes, de femmes, de garçons et de filles innocents. Ils ont tout perdu, y compris l’espoir. En tant que travailleurs humanitaires, nous continuons d’intensifier l’aide d'urgence, mais dans ces deux villes, nous devons tout reprendre à zéro, car ce que nous avions réussi à accomplir a été détruit. »

 

Mme Rochdi condamne fermement la recrudescence des attaques contre les civils et les infrastructures publiques, et appelle toutes les parties à respecter leurs obligations en vertu des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Les civils, en particulier les femmes et les enfants, continuent de subir les conséquences du conflit et sont de plus en plus exposés à des risques liés à la protection et aux incidents.

 

Environ 2,9 millions de personnes ont besoin d'assistance et de protection en RCA. Entre janvier et septembre, plus de 9 000 incidents de protection ont été enregistrés, soit plus de 1 000 par mois en moyenne, dans des zones affectées par l'insécurité et la violence. À la fin octobre, plus de 338 incidents contre des travailleurs humanitaires ont été enregistrés, faisant de la République centrafricaine l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires.

 

Malgré la générosité des donateurs, le Plan de réponse humanitaire 2018 pour la RCA, d’un montant de $515,6 millions de dollars américains, n’a été financé qu’à hauteur de $240,6 millions. Des fonds supplémentaires sont nécessaires, et cela de toute urgence, pour renforcer la réponse humanitaire, sauver des vies et répondre aux besoins croissants.

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 16:45
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

 

LES EVENEMENTS TRAGIQUES D’ALINDAO AU CENTRE DU POINT DE PRESSE DE LA MINUSCA

 

Bangui, 21 novembre 2018 – Les casques bleus de la MINUSCA maintiennent les mesures destinées à sécuriser et à protéger les civils dans la ville d’Alindao, préfecture de la Basse-Kotto (sud de la République centrafricaine), suite aux violences ayant secoué la ville et causé de nombreuses victimes, entraîné la fuite des déplacés internes et des destructions de biens. Selon le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, le Secrétaire général des Nations Unies a exprimé sa « solidarité avec le Gouvernement et le peuple » de la RCA tandis que son Représentant spécial en RCA a condamné « avec la plus grande fermeté les violences d’Alindao et exprime ses condoléances aux familles éprouvées et à l’Eglise catholique ».

 

Lors de la conférence de presse hebdomadaire du mercredi, le porte-parole de la Mission ainsi que celui de la Force, Major Soumana Garanke, sont revenus sur les événements, rappelant que tout est parti des affrontements entre anti-Balaka et des ex-Seleka de l’UPC, et ont expliqué comment les casques bleus présents y ont répondu. « La situation sécuritaire est sous contrôle. La MINUSCA y a renforcé son dispositif avec des casques bleus supplémentaires », a indiqué le porte-parole militaire. « La MINUSCA met en garde tous ceux qui sont impliqués dans ces évènements, ainsi que leurs chefs, soulignant qu’ils sont individuellement et collectivement  responsables des violations graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire et qu’ils feront l’objet de poursuites par les institutions judiciaires nationales et internationales compétentes », a renchéri le porte-parole de la Mission.

 

Le porte-parole de la MINUSCA est également revenu sur l’engagement des casques bleus partout où ils sont déployés sur le territoire centrafricain, « au péril de leur vie comme ce fut le cas vendredi soir à Gbambia avec la perte d’un soldat de la paix tanzanien ». Il a également dénoncé la tentative de manipulation, à travers la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux faisant faire croire que les membres du contingent déployé à Alindao auraient dansé après les violences dans cette localité.

 

Au cours de la conférence de presse, le porte-parole a présenté les chiffres sur les violations et abus des droits de l’homme et du droit international humanitaire documentés entre le 13 et le 19 novembre 2018. « Il y a eu 38 incidents ayant affecté au moins 108 victimes. Sur ce total, 78 sont imputables à l’UPC et à la coalition MPC/FPRC », a indiqué le porte-parole. « La MINUSCA est particulièrement préoccupée cette semaine par les violations graves du droit internationale humanitaire commises par l’UPC à Alindao. Les attaques dirigées contre les civils ainsi que les édifices religieux qui sont protégés par le droit international humanitaire constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », a souligné le porte-parole, ajoutant que la Mission suit également la situation dans et autour de la ville de Batangafo (Ouham) afin d’éviter un nouveau cycle de violation des droits de l’homme et du droit international humanitaire.   

 

Pour sa part, le porte-parole de la Police, Adjudant-chef Alioune Kassé, a indiqué qu’une formation spécialisée d’un mois en maintien et rétablissement de l’ordre public a débuté mardi et réunit les 498 policiers et gendarmes récemment sortis ainsi que leurs 80 encadreurs, dans le cadre du renforcement des capacités des forces de sécurité intérieure. « Par ailleurs, une équipe mixte police-gendarmerie centrafricaine et de la composante Police de la Mission effectue des patrouilles de surveillance et de contrôle sur le fleuve Oubangui pour lutter contre la criminalité », a ajouté le porte-parole.

 

______________________________________________________________________________

Division de Communication Stratégique et d'information publique 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

https://minusca.unmissions.org  | Twitter: @UN_CAR | Facebook: facebook.com/minusca.unmissions

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 16:36
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Le transfert de Yekatom Rombhot à la CPI, un satisfecit pour le projet conjoint FIDH-LCDH-OCDH

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 20 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, 20 Novembre 2018(RJDH) — Le projet conjoint FIDH, LCDH, OCDH se félicite du  transfèrement de l’ancien député de M’baïki 2 et chef d’une milice, ce 17 Novembre à la Cour Pénale Internationale à la Haye, aux Pays-Bas. Pour le projet, c’est un signal fort aux groupes armés à l’approche du dialogue avec le gouvernement. Une déclaration faite ce Samedi 17 Novembre 2018 à Bangui.

La réaction du projet conjoint Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme(LCDH), et l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme(OCDH), intervient quelques heures après le départ du vol affrété par la CPI dans lequel l’ancien député de M’baïki 2, Alfred Yekatom alias Rombhot, a été embarqué pour la Haye.

Pour le Coordonnateur du projet conjoint, Pierre Brunisso, ce transfert est un signal fort aux groupes armés, « nous pensons que le transfèrement d’Alfred Yekatom est un signal fort aux groupes armés qui continuent de sévir dans certaines zones. Donc, nous ne pouvons que nous en féliciter », a-t-il déclaré.

Selon lui, les enquêtes qui ont été  menées par le projet conjoint en 2014 ont permis de suspecter l’individu d’avoir commis des meurtres dans le 6ème arrondissement de Bangui, d’avoir procédé au recrutement des enfants soldats, d’avoir mené des cas de séquestrations, de s’être livré à des trafics illicites et à des pillages en bandes organisées

 « Les gens doivent comprendre que la lutte contre l’impunité n’est plus un vain mot en Centrafrique. Les auteurs présumés qui pensent qu’aujourd’hui ils ont droit de vie où de mort sur de paisibles citoyens centrafricains, doivent savoir qu’aujourd’hui ils seront traqués jusqu’au dernier recoin de leur retranchement par la justice. C’est aussi un sentiment de soulagement et de satisfaction pour les victimes car c’est ce qu’elles attendent de la part des autorités du pays », a précisé le Secrétaire Général de l’OCDH, Evrard Bondadé.

Alfred Yekatom alias Rombhot a été commandant des Anti-Balaka. Il avait sous son commandement au moins 3.000  hommes armés. Il contrôlait l’axe Bangui-M’baïki à la sortie Sud de la capitale. Rombhot est poursuivi  pour les crimes qu’il a commis lui, y compris ceux de ses éléments en sa qualité de supérieur hiérarchique.

 

 

Centrafrique : Anicet Georges Dologuelé propose la révision de la feuille de route de l’Union Africaine

 

PAR VIANNEY INGASSO LE 21 NOVEMBRE 2018

 

BANGUI, le 20 Novembre 2018 (RJDH)—La révision de la feuille de route de l’Union Africaine pour la paix en Centrafrique pour permettre la participation de tous, c’est ce que demande Anicet Georges Dologuelé qui estime que tous les centrafricains sont concernés par le problème de paix dans ce pays. Position exprimée dans l’émission Actualité et Nous sur RJDH ce mardi 20 novembre 2018.

Pour le leader de l’opposition centrafricaine, Anicet Georges Dologuelé, il n’y a aucune avancée considérable dans les préparatifs du Dialogue initié par l’Union Africaine pour la paix en Centrafrique.

Anicet Georges Dologuelé pense que la question de la paix est une affaire de tous les Centrafricains, « Tous les Centrafricains sont concernés par le problème de paix dans ce pays. », tout en dénonçant le caractère exclusif imposé, selon lui, par le  gouvernement Centrafricain pour mettre à l’écart les autres forces vives de la Nation, « Il faut donc qu’on en discute tous, ce n’est pas l’exclusivité de certains. Il n’y a pas des gens à qui Dieu a donné par miracle un don, mais s’ils ont ce don-là, qu’ils fassent en sorte que la paix arrive et rapidement dans le pays. Il y a des problèmes politiques dans un  pays et les hommes politiques sont là pour discuter et régler les problèmes politiques dans un pays.» a-t-il précisé.

« Nous avons tous chacun une petite expérience et une petite pierre à apporter » poursuit-il.

Anicet Georges Dologuelé voit en la feuille de route actuelle le blocage  pour la participation de la classe politique au dialogue de l’UA pour la paix en Centrafrique, « Mais comme la feuille n’avait pas été conçu comme cela, nous nous sommes mis en retrait pour observer. Si cela avait  bien avancé, nous aurions applaudi. 16 mois aujourd’hui, aucune avancée significative n’a été constatée. C’est pourquoi nous réclamons aujourd’hui la révision de la feuille de route, elle a été écrite par des hommes. C’est le gouvernement qui avait exigé pour cela ne soit que entre les groupes armés  et le gouvernement, l’Union Africaine a obtempéré mais il ne se passe rien », développe-t-il.

«  Il faut que les partis politiques, nous n’avons pas dit d’opposition, mais tous les partis politiques y compris celui qui vient d’être créé  et les organisations de la société civile rentrent dans cette feuille de route pour pouvoir donner un autre rythme. On a envie de participer, d’apporter sa pierre parce qu’on a choisi de faire de la politique, c’est pour le bien de la population » a-t-il souhaité.

C’est ce qui justifie la signature du Mémorandum, selon le Président de l’URCA, des partis politiques et organisations de la société civile pour exiger du gouvernement et des partenaires bilatéraux la participation de tous les Centrafricains. « Nous allons adresser notre Mémorandum aux Nations-Unies, à l’Union Européenne, à l’Union Africaine et aux autorités Centrafricaines pour dire, il n’est jamais trop tard pour bien faire » soutient Anicet Georges Dologuelé.

En ce qui concerne l’implication de la Russie dans la résolution de la crise en Centrafrique, il répond «Toutes les contributions sont bonnes pour permettre au pays de sortir de l’ornière et nous devons faire en sorte que chacun ait envie de nous aider plus parce que chaque apport nouveau est important » conclut Anicet Georges Dologuelé.

Depuis que l’annonce du dialogue initié par l’Union Africaine ait été faite, la date et le lieu n’est pas encore connue car tout le monde y voit l’unique issue de sortie de crise en Centrafrique.

 

 

Centrafrique : Au moins 300 éléments des FACA formés par les instructeurs russes prêts à être déployer

 

PAR BIENVENUE MARINA MOULOU-GNATHO LE 21 NOVEMBRE 2018

 

BERENGO, 21 Novembre 2018(RJDH) — Environs 300 éléments des Forces Armées Centrafricaines(FACA) recyclés par les instructeurs Russes ont bouclé leur formation ce mardi 20 Novembre 2018 à Bérengo dans la Lobaye. Une occasion pour le chef de l’Etat Faustin Archange Touadera d’appeler les FACA au respect des règles militaires.

La sortie officielle de près de 300 éléments des FACA formés pendant deux(2) mois par les instructeurs russes à Bérengo intervient au moment où la population centrafricaine surtout celle du centre et de l’est réclament le déploiement des Forces Armées Centrafricaines(FACA) dans ces villes en proie en violence perpétrée par les groupes armés.

Le Colonel Victor Yakoub, chef d’Etat-Major Adjoint revient sur l’effectif des FACA ayant pris part à cette formation qu’il qualifie d’une haute qualité, « cette phase qui s’achève a réuni presque 300 éléments de 1er, 2ème et 3ème bataillon. Nos éléments ont renforcé leurs capacités dans le domaine tactique, de tirs, de conditions physiques, de secourisme au combat, de camouflage, du VIH pour ne citer que ceux-là. La poursuite de cet entrainement permettra le maintien en condition opérationnelle de nos troupes », a souhaité le Chef d’Etat-Major Adjoint Victor Yakoub.

L’appui de la fédération de la Russie à la République Centrafricaine ne se limite pas seulement au niveau des FACA, mais s’étend jusqu’aux Forces de Défense et de Sécurité. « Depuis le début de l’année courante, nos spécialistes ont formé plus de 1600 éléments des  FACA à la demande du gouvernement centrafricain. 184 agents de la gendarmerie nationale et 123 policiers formés. Tous ont été dotés par la Russie après la formation. C’est ce qui a permis le début du redéploiement des FACA et FDS à l’intérieur du pays pour protéger la population civile et restaurer l’autorité de l’Etat », a salué  l’ambassadeur de la Fédération de la Russie en Centrafrique Victor Tokmakov.

« Le peuple réclame son armée, je suis là aujourd’hui pour encourager ces soldats, malgré les conditions difficiles, ils acceptent de revenir pour apprendre. Je vous appelle au respect des règles militaires afin de protéger toute la population civile, les étrangers qui sont sur le sol centrafricain et les institutions républicaines selon les droits internationaux », a souhaité le chef suprême des armées, Faustin Archange Touadera.

C’est la cinquième sortie des FACA formées par les instructeurs Russes après leur entrainement par l’EUTM. Ces éléments seront bientôt déployés à l’intérieur du pays pour protéger la population civile en proie aux violences.

 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 14:59
Le Président Touadéra décrète 3 jours de deuil national pour les massacres d'Alindao
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Alindao : Trois jours de deuil national 

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 12:50
Coopération russo-centrafricaine : quand la France s’arroge un droit de regard

 

Lu pour vous 

 

 

Au cours de la dernière décennie, la Russie s’est attelée à renforcer son partenariat avec l’Afrique. Son récent rapprochement avec la République centrafricaine n’est pas sans provoquer les réactions épidermiques de Paris.

 

«Je ne suis pas venu ici vous dire quelle est la politique africaine de la France. Il n’y a plus de politique africaine de la France […] Il y a un continent que nous devons regarder en face» : le 28 novembre, Emmanuel Macron, alors en déplacement officiel au Burkina Faso, enterrait, du moins verbalement, la Françafrique. Mais dans les faits, Paris a bien du mal à se débarrasser de ses vieux réflexes.

En témoigne ses récentes attaques contre le regain d’activité en Afrique de la Russie, qui, à la faveur d’une santé retrouvée, renforce ses partenariats avec les pays africains. Soutien historique de nombreux pays africains dans leur lutte pour l’indépendance, Moscou s’était temporairement éclipsée de la scène africaine durant la décennie 1990 en raison de l'effondrement de l'Union soviétique et des difficultés économiques qui en ont résulté. Elle effectue désormais un retour logique dans un continent en pleine mutation. Mais les autorités françaises ne l'entendent pas de cette oreille. 

Rapprochement Moscou-Bangui : une obsession russe bien française

Dans le sillage de son rapprochement avec le continent africain, la Russie a scellé un accord de coopération dans le domaine militaire en août 2018 avec la République centrafricaine. Ce pays de quatre millions et demi d’habitants a basculé dans la guerre civile en 2013 avec le renversement de l’ancien président François Bozizé par des groupes armés islamistes de la coalition Séléka. Un coup d'Etat qui a poussé les milices majoritairement chrétiennes et animistes, appelées anti-Balaka, à mener une contre-offensive. Depuis, ni les militaires français engagés entre décembre 2013 et octobre 2016 dans le cadre l’opération Sangaris, ni les casques bleus de la force onusienne de la Minusca présents depuis 2014, ne sont parvenus à mettre un terme aux violences.

Dépassées par les exactions des groupes armés, les autorités centrafricaines ont appelé leurs homologues russes à les soutenir militairement dans leur entreprise de sécurisation du territoire. A la faveur de la levée partielle par l’ONU de l’embargo sur les armes décidée en décembre 2017, la Russie a livré fin janvier à la République centrafricaine des armes d'infanterie et des munitions, et déployé 170 instructeurs civils et cinq instructeurs militaires chargés de former les militaires centrafricains et de soutenir leur déploiement à travers le territoire. 

Il est temps de mettre de côté les complexes historiques, l'égoïsme et les intérêts nationaux paroissiaux 

En parallèle, Moscou s’est activé sur le terrain diplomatique en parrainant le 28 août, à Khartoum, la capitale du Soudan, une rencontre pour faciliter le processus de réconciliation. Les principaux chefs des groupes armés y étaient présents et ont convenu d’adopter «une déclaration d’entente» qui repose sur trois points principaux : préserver l’intégrité territoriale centrafricaine, assurer la sécurité de la population civile et relancer le processus de paix.

Mais voilà, l’initiative déplaît à Paris qui lui préfère celle portée par l’Union africaine. Signe de cette défiance française vis-à-vis de l’activité diplomatique russe en République centrafricaine : les récentes prises de position sans ambages des responsables français. Le 14 novembre, la France a ainsi présenté à l’ONU un texte pointant du doigt les initiatives portées par Moscou pour négocier des accords de paix en Républicaine centrafricaine. «Il doit n'y avoir aucune ambiguïté sur la centralité de cette initiative de l'Union africaine, et c'est bien ce que réaffirme notre projet de résolution», a déclaré devant le Conseil François Delattre, ambassadeur de la France à l'ONU. Une mise à l'écart arbitraire, comme l’a rappelé l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Dmitri Polianski. «Nous aidons activement la Centrafrique en bénéficiant du soutien du peuple et nous aimerions que nos efforts soient dûment mentionnés dans le texte français […]. En Centrafrique, il y aura du travail pour tous afin d'aider réellement le pays à se remettre sur pied», a-t-il ajouté, estimant qu'il était temps de «mettre de côté les complexes historiques, l'égoïsme et les intérêts nationaux paroissiaux».

Le processus de l’Union africaine ne peut fonctionner sans la mise en place en amont d'initiatives permettant d'étayer un accord de paix le plus global possible

Une joute verbale qui intervient quelques jours après une énième charge française contre le rôle de la Russie en Centrafrique. Le 5 novembre, dans une interview parue dans l'hebdomadaire Jeune Afrique, Florence Parly, ministre française de la Défense, avait accusé Moscou d’entraver une sortie de crise. «Je ne suis pas certaine que cette présence [russe en République centrafricaine] et les actions déployées par Moscou, comme les accords négociés à Khartoum à la fin août, contribuent à stabiliser le pays.» Plus tôt, dans une interview diffusée le 3 novembre sur France 24, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait accusé la Russie d’avoir les mêmes funestes desseins : «Le seul sujet qui doit préoccuper ceux qui veulent s’occuper de la Centrafrique, c'est [...] la sécurité de ce pays et son développement, et non pas utiliser potentiellement les difficultés de ce peuple et de ce pays pour s'implanter dans un continent où il y aurait des ambitions voilées.»

Une vision que ne partagent pas de nombreux observateurs et spécialistes, à l'instar d'Emmanuel Dupuy, président de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE). «La situation centrafricaine est très complexe. Plus il y a d’acteurs qui proposent des médiations, plus il y a de diversité dans les approches pour favoriser la démobilisation, la démilitarisation et la réintégration [des groupes armés], pour permettre une  réduction des violences intercommunautaires, plus il y a des initiatives pour soutenir la légitimité du président centrafricain Faustin-Archange Touadera, mieux c’est pour stabiliser le pays. Le processus de l’Union africaine ne peut fonctionner sans la mise en place en amont d'initiatives permettant d'étayer un accord de paix le plus global possible. Comparaison n'est pas raison, mais le processus de réconciliation en Syrie n'aurait pu avancer s'il n'y avait pas eu de réunions à Sotchi, Astana et Istanbul, il y a quelques semaines. Pour la République centrafricaine, c'est à peu près pareil», analyse-t-il pour RT France.

Si Paris demeure focalisé sur la très récente présence russe en République centrafricaine, Moscou ne s'est pas pour autant uniquement contenté de renforcer sa présence dans ce pays. En effet, le retour en force de la Russie sur le continent africain a débuté il y a près d'une décennie, et Moscou entend bel et bien rattraper son retard sur ses concurrents chinois ou encore français. 

La Russie à la recherche de partenariats tous azimuts

Bien que l'attention médiatique se soit focalisée ces derniers mois sur la présence russe en Centrafrique, Moscou est engagé, depuis plus d'une décennie, dans un renforcement de ses relations avec le continent africain. L’explosion des échanges commerciaux entre l'Afrique et la Russie en est un bel exemple. Selon le Centre de recherches sur les relations russo-africaines de Moscou, ils sont évalués à 17 milliards de dollars en 2017. Un montant 15 fois supérieur à celui enregistré en 2000.

Aujourd'hui, pour la Russie, l'Afrique est un partenaire important

Une dynamique rendue possible grâce aux multiples accords de partenariats scellés dans de nombreux domaines. Au-delà de l'armement, secteur dans lequel elle est un important fournisseur de ses alliés historiques, comme l'Algérie, la Russie est notamment présente dans le secteur de l'énergie et des mines. Les entreprises russes Alrosa (mines), Rosatom (nucléaire) ou encore Gazprom, sont désormais actives dans une dizaine de pays africains à l'instar de l'Angola, du Ghana, de l'Egypte, du Nigéria ou encore du Soudan. Le secteur agricole n'est pas en reste : la Russie, à travers les fabricants d'engrais Uralchem et Uralkali, entend bien renforcer sa présence en Zambie et au Zimbabwe. 

De plus, la décision de Vladimir Poutine, le 28 septembre 2017, d'effacer une partie de la dette des pays «les plus pauvres» d’Afrique après des négociations menées à Moscou avec son homologue guinéen, Alpha Condé, traduit la volonté des autorités russes de développer un partenariat équilibré. 

L’organisation, le 22 octobre à Moscou, du premier Forum sur la coopération russo-africaine, témoigne de cette volonté politique de la Russie de poser durablement les jalons d’un partenariat diversifié. «Aujourd'hui, pour la Russie, l'Afrique est un partenaire important qui participe à la formation d'un ordre mondial polycentrique et durable», a déclaré, dans son allocution d’ouverture, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie russe a en outre appelé à «une coordination étroite en politique étrangère avec les partenaires africains à l'ONU et sur d'autres plateformes multilatérales».

En attendant, cette vision du multilatéralisme prônée par la Russie est loin d’être partagée par la France qui, au cours des dernières semaines, n’a pas dissimulé son agacement de voir d’autres formes de partenariats exister au sein de son pré carré africain...

 

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