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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 12:24
Centrafrique : l'UE va débloquer 38 millions d'euros pour la reconstruction du pays
Centrafrique : l'UE va débloquer 38 millions d'euros pour la reconstruction du pays

 

Trente-huit millions d’euros pour la reconstruction de l’Etat seront décaissés sur quatre ans par l’Union européenne en Centrafrique, un pays dominé par des groupes armés et qui s’est récemment tourné vers la Russie pour aider à reformer son armée, a appris l’AFP samedi auprès de l’UE.

L’appui du Fonds européen pour le développement (FED) vise à reconstruire les forces de sécurité intérieures, la justice et l‘état civil, et fera l’objet d’un premier versement de deux millions d’euros en février prochain, selon un conseiller de l’UE à Bangui.

Dix millions d’euros seront alloués aux forces de sécurité intérieures, avec par exemple l’ouverture de casernes.

L’Union européenne prévoit aussi des formateurs pour la police et la gendarmerie.

Depuis 2015, l’UE est engagée dans le programme EUTM RCA de formation de l’armée centrafricaine.

Début 2018, la Russie a envoyé cinq officiers des forces armées et 170 instructeurs civils (des mercenaires selon certains experts), tout en livrant des armes à l’armée nationale après avoir obtenu une exemption face à l’embargo de l’ONU.

En novembre, la France, l’ex-puissance coloniale, a elle aussi annoncé une aide de 24 millions d’euros et une livraison d’armes, assurant le faire “dans le cadre strict des Nations unies”.

Le nouveau don de l’UE a été annoncé vendredi sans détails d‘échéances par Stefano Manservisi, le directeur général de la coopération et du développement à la Commission européenne, après une visite de trois jours en Centrafrique.

M. Manservisi a également évalué le fonds fiduciaire européen “Bêkou” (“espoir” en sangö, langue locale), qui arrive à son terme en juillet, mais qui devrait être reconduit pour 18 mois supplémentaires si le Parlement européen l’autorise.

Etabli en juillet 2014, le fonds était de 239 millions d’euros, et une trentaine de millions d’euros restent à investir.

En Centrafrique, “les besoins ne sont pas uniquement sécuritaires, il y a un déséquilibre structurel et un problème de capacité de l’Etat”, a déclaré M. Manservisi, ajoutant que l’UE “passe d’une aide d’urgence à une aide structurante.”

La quasi-totalité de la Centrafrique, un pays de 4,5 millions d’habitants, est sous la coupe de groupes armés qui vivent du trafic de l’or, du diamant et du bétail.

AFP

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 12:01
Afrique: comment Moscou supplante la France
Afrique: comment Moscou supplante la France
Afrique: comment Moscou supplante la France
Afrique: comment Moscou supplante la France
Afrique: comment Moscou supplante la France
Afrique: comment Moscou supplante la France

Lu pour vous 

 

RECONQUÊTE

 

Afrique: comment Moscou supplante la France

 

Par Vincent Hugeux, L’Express  publié le 01/12/2018 à 07:00 , mis à jour à 08:45

 

Profitant du retrait français, Moscou investit à la hussarde la Centrafrique, tête de pont de son offensive sur le continent.

 

C'est "niet". Pas question de laisser le reporter de passage franchir le seuil du centre d'instruction militaire de Berengo, sur le site de l'ancien palais de Sa Défunte Majesté impériale Bokassa Ier, à 80 kilomètres au sud-ouest de Bangui. Signifié par un colosse blond en treillis de combat, confirmé par son supérieur au terme d'un long conciliabule radio avec un "commandant" invisible, l'oukase n'a rien de surprenant : ce mur d'enceinte de parpaings gris, strié de traînées noirâtres, abrite des regards la principale emprise du contingent russe, débarqué en République centrafricaine (RCA) en janvier dernier. Tout juste entrevoit-on, au-delà de la guérite qu'occupe une sentinelle des Faca - les forces armées locales - le mausolée de feu "Papa Bok" et sa statue de bronze, ultimes vestiges d'un domaine rongé par les humeurs tropicales. 

 

Joaillerie en sous-sol

 

Il faut se rendre à l'évidence : les fils de la Volga, qui ont à ce jour parachevé la formation de 1 600 soldats, sont ici chez eux. La nature ayant horreur du vide, l'Ours moscovite s'est engouffré dans la brèche ouverte par le retrait hâtif, voilà trois ans, du dispositif français Sangaris, déployé afin d'enrayer la course à l'abîme de l'ex-Oubangui-Chari, ancien fleuron du "pré carré" tricolore livré au chaos milicien. Il a posé la patte sur un État failli de naissance, aux entrailles farcies çà et là de diamants, d'or et d'uranium, pactole largement inexploré et dont les infortunés citoyens - 4,5 millions d'âmes, dont 2 millions de réfugiés ou déplacés - n'ont jamais vu la couleur. 

 

Ecoutez Vincent Hugeux raconter son reportage sous haute tension à Bangui, à la recherche des forces russes en République centrafricaine (sur SoundCloud). 

 

A propos de couleurs, ce constat : seul l'ordonnancement de celles du drapeau du tuteur a changé. Après le bleu-blanc-rouge de gauche à droite, place au blanc-bleu-rouge de haut en bas. Laboratoire ? Tête de pont ? Si l'entrisme russe relève aussi de l'effet d'aubaine, il trahit la permanence d'une ambition d'envergure continentale, un temps anéantie par le naufrage de l'URSS. Bangui apparaît ainsi comme la pointe émergée d'un iceberg géopolitique de belle taille. De la Guinée-Conakry à l'Ethiopie, du Burkina Faso au Zimbabwe et à l'Angola, Russia is back. 

 

La carte et le territoire

 

Mieux vaut ne pas se fier à la modestie des données officielles. Par la grâce de la dérogation consentie par l'ONU à l'embargo sur les ventes d'armes à la RCA, Moscou a livré au début de cette année un robuste arsenal - du pistolet Makarov au canon anti-aérien, de la kalachnikov au lance-roquettes - et dépêché sur place 175 instructeurs : cinq officiers et 170 civils. "Nous attendons le feu vert pour faire venir un renfort d'une soixantaine de formateurs", précise Victor Tokmakov, premier conseiller de l'ambassade de la Fédération de Russie en Centrafrique. Chiffre minimaliste : l'effectif réel flirtait à la mi-novembre avec les 400. "La logique voudrait qu'il dépasse à moyen terme le millier", avance un diplomate ouest-européen. 

 

La logique ? Celle que suggère la cartographie de la présence russe sur un territoire plus vaste que la France, dont les quatre-cinquièmes échappent à l'autorité aléatoire du chef de l'Etat, Faustin-Archange Touadéra, alias "FAT", élu en 2016 à la faveur d'une accalmie précaire. Là encore, Moscou tend à minimiser son implantation. Hormis Berengo et Bangui, les services de renseignement occidentaux recensent une douzaine de lieux où des détachements restreints - une vingtaine d'hommes en moyenne - ont posé leur barda. Postes avancés que ravitaillent des escouades de camions bâchés, venus d'ordinaire du Soudan, escortés par les porte-flingues de l'une ou l'autre faction issue de la coalition musulmane Seleka, rébellion au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014. 

 

La symphonie de Wagner

 

"Et cette carte-là épouse fidèlement celle des concessions minières les plus prometteuses", glisse-t-on au Quai d'Orsay. Pas faux. Reste que Paris a, par excès de candeur, accéléré l'irruption du rival. C'est sur les conseils de l'Elysée que Touadéra s'en alla plaider à Moscou en faveur de la levée du veto du Kremlin à la fourniture par la France d'une cargaison d'armes saisie en mars 2016 au large de la Somalie. Flairant le bingo, ses hôtes s'empressent alors de lui ouvrir leur armurerie, raflant ainsi la mise. Le plantigrade dans la bergerie... 

 

Le "civil" russe a une allure plutôt martiale. "En mai, note un cadre de la Minusca - la Mission des Nations unies en RCA -, on a vu débouler à Bria (centre) 30 à 40 costauds équipés de pied en cap comme des guerriers, venus monter une clinique de campagne." Normal : la plupart des pseudo-coopérants oeuvrent pour le compte de deux boîtes de sécurité privées : Wagner, milice précédée d'une sulfureuse réputation, et Sewa Security Services, société de droit centrafricain fondée en novembre 2017. Les mercenaires de la nébuleuse Wagner ont sévi dans le Donbass ukrainien, au côté des séparatistes russophones inféodés au Kremlin, puis en Syrie, en appui des efforts de la reconquête, par les troupes loyales à Bachar el-Assad, de sites pétroliers et gaziers. 

 

Dans la capitale, ces "corsaires dotés d'un permis de chasse" - ainsi dépeints par un africaniste du Quai - résident au camp de Roux, siège de l'état-major des Faca, ou squattent plusieurs étages de l'hôtel Oubangui. On les y aperçoit autour de la piscine ou, le soir venu, affalés dans des canapés, entre vodka et beautés locales. Tous ne cèdent pas aux délices de Capoue. L'activisme russe a permis le redéploiement de l'armée nationale dans des régions désertées de longue date. "Ce que mes compatriotes portent à leur crédit, admet le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui. Eux accompagnent nos soldats sur le terrain et restent à leurs côtés. On ne va pas faire la fine bouche, même si, faute de transparence, il y a lieu de s'interroger sur la vraie nature de leur mission." 

 

Un "traiteur" intraitable

 

Certes, Vladimir Poutine et les siens n'ont pas le monopole de la privatisation des conflits, procédé dont usent et abusent les États-Unis en Irak comme en Afghanistan. Certes, dépourvu d'appareil militaire fiable et performant, le pouvoir centrafricain ou ce qui en tient lieu a toujours sous-traité le maintien d'un semblant d'ordre auprès de mentors étrangers. Tour à tour, la France, la Libye, l'Afrique du Sud et le Tchad ont ainsi maintenu à flots, quitte à se payer sur la bête, des exécutifs anémiques. 

 

Il n'empêche : l'identité du cerveau qui, dans l'ombre, inspire l'offensive en RCA et au-delà a de quoi intriguer. D'autant qu'Evgueni Prigozhin traîne un lourd passé. Surnommé "le traiteur de Poutine" pour son aptitude à garnir les tables du Kremlin de mets de choix, ce restaurateur de Saint-Pétersbourg - fief du tsar Vladimir - a su diversifier ses activités. Au point de figurer depuis décembre 2016 parmi les individus et entités placés sous sanctions par Washington du fait de leur implication dans l'épreuve de force engagée entre Moscou et Kiev. De même, il apparaît sur la liste noire de ceux que le procureur spécial Robert Mueller accuse d'avoir faussé l'élection américaine millésime 2016 à coups de trolls et de messages factices. 

 

Sous sa férule, Moscou tisse sa toile. Depuis la mi-mars, une équipe de cerbères russes assure la garde rapprochée de "FAT", confiée jusqu'alors à des soldats d'élite rwandais. Au palais de la Renaissance de Bangui, un certain Valerii Zakharov exerce désormais la fonction de "conseiller à la présidence de la République en matière de sécurité nationale", statut confisqué de 1981 à 1993 par un officier de la DGSE, Jean-Claude Mantion, alias "le proconsul". "Le pedigree de Zakharov reste incertain, admet un initié. Il a les manières abruptes du flic de l'ère soviétique. Mais ses talents de stratège et son sens des jeux d'influence renvoient au profil de vétéran du FSB [le service de sécurité intérieure, héritier du KGB]". 

 

"Les Russes ont eu ma peau"

 

Une certitude : le camarade Valerii quadrille méthodiquement l'échiquier centrafricain, flattant tel ministre, admonestant tel autre, conviant des cohortes de députés au Ledger, le palace banguissois, le temps d'une "table ronde". Tout indique que lui et ses assistants, prénommés Stanislas et Vassili, ont orchestré dans la coulisse la destitution, votée le 26 octobre, du président de l'Assemblée nationale, Karim Meckassoua, réputé proche du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian. "Les Russes ont eu ma peau", tranche l'intéressé. Son crime ? Avoir exigé le respect de l'article 60 de la Constitution, lequel stipule que tout contrat relatif aux ressources naturelles doit être soumis à l'aval du Parlement. 

 

Parfois, pas toujours. Le 3 novembre dernier, Jean-Serge participe in situ, au côté de quatre de ses frères et soeurs, à la commémoration du 22e anniversaire du décès de celui qui servit l'armée française en Indochine puis en Algérie. "Et là, surprise, soupire-t-il. Les deux acolytes de Zakharov prononcent un discours d'hommage convenu, puis déposent une gerbe avant même que nous ayons placé la nôtre. Plus tard, lorsque je regagne mon chalet, à quelques kilomètres de là, ils m'y attendent. En clair, ils m'accueillent chez moi..." 

 

Micro-espion et propagande

 

Autant dire que le forcing peut manquer de finesse. En son exil béninois, Michel Djotodia, figure de proue de la Seleka et, à ce titre, chef de l'État dix mois durant, a reçu en mars dernier deux émissaires au teint pâle qui, invoquant leur qualité de "politologues", l'ont bombardé de questions pendant cinq heures. L'Ex n'est pas dupe : un universitaire place-t-il sur la table basse, en début d'entretien, une paire de lunettes dont la monture dissimule à l'évidence un micro ? La propagande diffusée via les médias du cru, d'une affligeante médiocrité pour la plupart, fleure bon le soviétisme ; même si le noyautage de la Toile et des réseaux sociaux la pare d'un vernis de modernité. 

 

Un article à la gloire des "frères" russes ou un éditorial francophobe peut valoir a minima à son auteur 20 000 francs CFA, soit environ 30 euros. Gratification octroyée par l'entremise d'un conseiller centrafricain de la présidence. "On m'a offert la direction de la nouvelle radio Lengo Songo, confie un journaliste aguerri. Avec à la clé un salaire enviable et une voiture." Précision utile : ladite station serait financée par la Lobaye Invest, compagnie minière que dirige un fidèle de Prigozhin, et qui sponsorise l'élection de Miss Centrafrique 2018, programmée le 22 décembre. Cet automne, les heureux lauréats d'un concours de dessins et de poésie, lancé conjointement par l'ambassade russe et le ministère de l'Education, ont eu droit à un séjour de quatre semaines dans un ancien camp de vacances pour pionniers communistes méritants. Où ça ? En Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou voilà quatre ans. 

 

L'embardée de Khartoum

 

Dans la bataille du soft power, rien ne doit être négligé. Et surtout pas le front humanitaire. Du lundi au samedi, Alexi, l'unique médecin de "l'hôpital russe" de Bria, installé dans l'enceinte de la résidence du sous-préfet, reçoit en matinée une quinzaine de patients. Las !, impossible de rencontrer le praticien comme de visiter les conteneurs et les tentes de toile blanche qu'une clôture grillagée coiffée d'un rouleau de barbelés protège des intrus. "Il vous faut une autorisation", assène à l'entrée Dmitri, dont la dégaine - tee-shirt moulant et pantalon de treillis - emprunte davantage à la panoplie de la barbouze qu'à celle de l'aide-soignant. "Soit. Auprès de qui puis-je l'obtenir ?" Silence gêné. La scène n'étonne guère le maire de la ville, logé tout à côté. "Ils vivent à l'écart, en vase clos, confie Maurice Balekouzou. Sauf les jours fériés. On les voit alors sortir un trampoline pour les enfants, voire organiser des tournois de foot sur le stade voisin."  

 

Tâches moins ingrates que la conduite d'une médiation maison, vouée à l'origine à "doubler" le très laborieux processus de paix engagé par l'Union africaine (UA) en juillet 2017. Avec le concours du Soudan, allié indéfectible, Moscou a convoqué fin août à Khartoum trois des 14 factions issues de l'ex-Seleka, ainsi qu'un caïd de la mouvance anti-balaka, mosaïque de groupes d'autodéfense prétendument chrétiens. Sans mégoter sur les moyens : de source concordante, chacun a reçu l'équivalent de 61 000 euros pour signer une "déclaration d'entente" des plus évasives. Sur sa lancée, le tandem russo-soudanais souhaitait élargir ce forum à d'autres acteurs dès le 15 novembre. Raté. L'acte II a été différé sine die. "Notre démarche s'est inscrite d'emblée dans le strict cadre de l'initiative de l'UA", martèle Victor Tokmakov. 

 

"Notre mère La France"

 

Vraiment ? Gageons que le déluge de griefs essuyé à l'ONU comme en Afrique aura douché les ardeurs dissidentes. Et que les stratèges russes ont mesuré sur le tard les traquenards du bourbier centrafricain, pollué par les effets toxiques de la duplicité et de la cupidité. "Ils découvrent après d'autres la dimension pathologique des moeurs politiques de ce pays, note Roland Marchal, chercheur au Centre de recherches internationales (Ceri). Il est facile d'y entrer, beaucoup moins d'en sortir la tête haute, le drapeau au vent et les poches pleines." 

 

Un exemple ? Si le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) a participé au happening de Khartoum et escorte ici ou là les convois Wagner, son chef à Bria, le "général" Ali Ousta, n'a que mépris pour les "Russiens". "Ils n'ont d'autre but que de piller nos richesses, peste-t-il, sanglé dans un treillis sans faux plis. Cette terre n'est pas pour eux. Elle est pour notre mère la France, qui nous a colonisés. On attend le retour de son armée." 

 

Confession un rien déroutante, au regard de l'intense amertume antifrançaise qu'attisent les russophiles, rançon du désengagement brutal de la force Sangaris... "Un abandon, une trahison, tranche un jeune ingénieur au chômage. Pour retrouver sa place dans notre coeur, Paris doit réparer." La visite éclair du mécano Le Drian, les 1er et 2 novembre, suffira-t-elle ? A l'évidence, non. Pas plus que les 24 millions d'euros et les 1 400 fusils d'assaut promis alors. 

 

"Message pathétique, peste Marchal. En vérité, Paris n'a plus de stratégie, alors que les tambours de la guerre résonnent de nouveau." De fait, la Centrafrique a sombré cet automne dans un énième cycle de barbarie. Obsédé par l'échéance présidentielle de 2020, "FAT" mise sur le protecteur russe sans rompre les ponts avec le parrain français. Lui garde deux fers au feu. Et sa patrie n'en finit plus de brûler.  

 

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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 11:59

 

Lu pour vous 

 

https://www.linfo.re le 3.12.2018 à 05h23 – La rédaction

 

La banque russe VTB a versé "par erreur" un prêt de plus de 800 milliards de roubles, soit 10,5 milliards d’euros à la Centrafrique.

"Une erreur technique"

Un rapport financier du deuxième groupe bancaire russe, VTB, a été révélé par plusieurs médias russes. Un rapport dans lequel les journalistes ont épinglé un prêt de plus de 800 milliards de roubles, soit 10,5 milliards d’euros attribué à la Centrafrique. Un montant jugé exorbitant puisque la somme est six fois le PIB annuel du pays. Après les révélations, la banque a expliqué qu’il s’agissait d’une "erreur technique dans le codage des pays".

"Aucune opération avec la Centrafrique"

Malgré les investissements russes récents en Centrafrique, la VTB a affirmé qu’elle n’effectue absolument "aucune opération avec la Centrafrique et nous n’avons pas d’exposition de ce volume dans ce pays". Elle assure également que les rapports corrigés seront envoyées à la Banque centrale. Le nouveau rapport sera mis à disposition de la presse, a ajouté la banque.

Présence marquée de la Russie en Centrafrique

En août 2018, Moscou a signé des accords de coopération militaire avec la Centrafrique. Un renforcement de la présence russe sur le continent africain, en pleine crise régionale et internationale. L’accord vise à "renforcer les liens dans le domaine de la défense", avait précisé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou. L’objectif étant la formation de membres des Forces armées centrafricaines (FACA) dans des instituts militaires russes. La Centrafrique est classée parmi les pays les plus pauvres au monde mais est riche en diamants, or et uranium, relate la presse française.

 

Erreur bancaire en Russie : un prêt de 10,5 milliards d’euros attribué à la Centrafrique
Erreur bancaire en Russie : un prêt de 10,5 milliards d’euros attribué à la Centrafrique
Erreur bancaire en Russie : un prêt de 10,5 milliards d’euros attribué à la Centrafrique
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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 11:57

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 02-12-2018

 

Une caravane de sensibilisation censée préparer les groupes armés centrafricains à adhérer au processus dit de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (DDRR) dans les régions de l'ouest se trouve aujourd'hui à Bouar (ouest), a-t-on constaté samedi sur place.

Le "grand désarmement" en question sera lancé dans les prochains jours à Paoua, selon le calendrier donné par le président Faustin-Archange Touadéra.

Profitant d'une rencontre sportive à Bouar à l'occasion des festivités du 1er décembre marquant le 60e anniversaire de la proclamation de la République centrafricaine, Abel Déholo, chargé de communication du DDRR, a insisté sur la nécessité de restituer les armes, étape première de ce processus.

Il a rappelé que ce désarmement était la conséquence de l'accord conclu le 10 mai 2015 entre le gouvernement et les représentants des groupes armés. A ses yeux, cela aura un impact positif sur la paix et le développement, fondements de la restauration de l'autorité de l'Etat partout dans le pays.

M. Déholo a par ailleurs évoqué les mécanismes de réinsertion des ex-combattants, qui pourront intégrer la gendarmerie, la police, les Eaux et Forêts, la douane ou les sapeurs pompiers, s'ils répondent aux critères, ou bien apprendre un métier par exemple dans l'agriculture, l'élevage, le commerce, la menuiserie, la mécanique, l'électricité ou encore l'informatique. Il a indiqué à ce titre que des kits d'installation leur seront fournis.

Le processus du DDRR en Centrafrique est soutenu par la mission onusienne locale (MINUSCA) et par la Banque mondiale.

Avant le grand DDRR proprement dit, un programme pilote avait déjà été expérimenté, permettant d'incorporer dans l'armée 234 jeunes ex-combattants et insérer socio économiquement 280 autres.

La caravane de sensibilisation va parcourir les villes de Bossemptélé, Baoro, Baboua, Zoukombo, Béloko, Niem Yéléwa, Koui, Bocaranga et Bozoum. Une campagne similaire avait parcouru, du 3 au 10 novembre dernier, de nombreuses localités de la sous-préfecture de Paoua.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Centrafrique : Bouar accueille une caravane de sensibilisation en prélude au "grand désarmement"
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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 11:47
DISCOURS  A LA NATION DU PR. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA
DISCOURS  A LA NATION DU PR. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA

 

DISCOURS DE SON EXCELLENCE PR. FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA,

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ÉTAT, A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA FÊTE NATIONALE DU 1ER DÉCEMBRE 2018

 

Centrafricaines, Centrafricains,

Mes chers Compatriotes,

Hôtes non Centrafricains qui vivez parmi nous,

Dans quelques heures,  la Nation  centrafricaine commémorera le 60ème anniversaire de la proclamation de sa République. 

 

Ce moment solennel nous offre, de façon régulière, une opportunité unique de célébrer ce que nous avons en partage.   

 

Le 1er décembre 1958 est une date extrêmement importante et mémorable pour notre pays car la proclamation de la République par le feu Président Barthélemy BOGANDA a changé le cours de notre histoire. 

 

En même temps, nous devons tirer du modèle que représente le Président Boganda la force de nous unir et de marcher ensemble vers un avenir qu’il nous appartient de forger. 

 

Les principes fondamentaux de la République, qui guident mon action quotidienne, à savoir l’Unité, la Dignité et le Travail, comme notre emblème notre hymne national, la Renaissance, nous imposent d’honorer, chaque année, la mémoire de nos ancêtres et de renouveler notre engagement résolu au service de la Nation

 

La charge de ma fonction me commande de rappeler de manière univoque que le 1er décembre n’est pas une simple journée de  festivités,  mais constitue surtout un rendez-vous national ou la solennité républicaine nous impose à la fois une introspection collective sur l’état de notre pays et un rituel destiné à souligner que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise.

Ce moment nous permet donc au Peuple centrafricain d’exalter les idéaux de la République et de se souvenir des sacrifices consentis par le Père fondateur et ses compagnons pour le libérer du joug colonial.

 

Ce jour nous rappelle à notre sens de responsabilité dans la reconstruction de notre pays qui nous oblige à être plus forts, plus unis et plus solidaires pour surmonter les épreuves auxquels nous sommes confrontés, afin de réaliser nos objectifs communs.

 

A l’occasion de ce 60ème anniversaire, Je voudrais aborder avec vous la situation sécuritaire du pays, l’initiative africaine pour la paix, la réconciliation et la justice.

 

Mes chers Compatriotes,

 

Au moment où des efforts importants sont consentis par le Gouvernement, avec l’appui de la communauté internationale, pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire, il est déplorable de constater la résurgence des violences aveugles qui endeuillent des familles entières. 

 

C’est pourquoi je condamne avec la dernière énergie les crimes odieux commis à Bantangafo et à Alindao. 

 

Je m’incline personnellement devant la mémoire des victimes et redis ma compassion aux familles endeuillées. 

 

Il n’y aura pas de trêve à nos efforts pour le rétablissement de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. 

Vous êtes témoins, mes chers Compatriotes, des efforts que nous avons consentis dans ce cadre depuis ma prise de fonction. 

 

Pour marquer mon attachement à la paix et à la réconciliation nationale, j’ai choisi l’option du dialogue, tendu la main aux groupes armés et mis en place le processus DDRR qui connaît des avancées appréciables en dépit de la réticence de certains groupes armés. 

 

C’est dans cette logique que, parallèlement au DDRR, nous avons adhéré, sans réserve, à l’Initiative de l’Union Africaine  pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine.

 

Toute la communauté internationale apporte son soutien à ce processus, considéré comme la principale voie de rétablissement de la paix.

 

Aujourd’hui, nous en sommes à un niveau de préparation satisfaisant.  

 

La prochaine étape sera l’organisation du dialogue lui-même. 

 

Au cours des semaines à venir, le Gouvernement va rendre public   le lieu et la date de ce dialogue. 

 

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, mes chers compatriotes, je rencontrerai les forces vives de la Nation ainsi que les associations de victimes pour discuter des contours de ce dialogue et m’assurer que vos préoccupations les plus importantes soient prises en compte lors de ces importantes négociations. 

 

C’est donc en accord avec la lettre de notre Constitution et l’esprit du Forum de Bangui que ce dialogue sera conduit. 

 

Je vous invite donc à soutenir l’Initiative de l’Union Africaine pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, comme j’engage la communauté internationale à nous accompagner à avancer, avec plus de célérité, vers le dialogue. 

 

Je vous exhorte, mes Chers Compatriotes, à soutenir cette Initiative.

 

Conformément à mon engagement de recréer les conditions d’une paix et d’une sécurité durables au profit de tous les Centrafricains,  nous avons travaillé sans relâche  à la montée en puissance des FACA. 

 

Je félicite les contingents des FACA déjà déployés sur le terrain, conjointement avec la MINUSCA, pour l’exemplarité de leur comportement,  en dépit des difficultés, liées à la fois à la situation économique du pays et à l’embargo sur les armes.

 

Afin de permettre aux FACA de remplir convenablement leur mission régalienne de défense du territoire et de protection  des populations, la dotation en moyens adéquats des celles-ci constitue un impératif incontournable.

 

 Nous formons donc le  vœu que le Comité de Sanctions des Nations-Unies accède à notre requête  de levée totale de l’embargo sur les armes et munitions en faveur de nos forces de défense et de sécurité. 

 

La souveraineté nationale ne doit plus continuer à être bafouée par des considérations contraires à la volonté du peuple centrafricain. 

 

J’exhorte donc la communauté internationale et les amis de la République Centrafricaine à se mobiliser davantage, aux côtés du Gouvernement, pour la levée totale de l’embargo sur les armes et munitions dont le maintien ne profite qu’aux groupes armés. 

 

Je voudrais rappeler que la demande de levée de l’embargo n’est nullement motivée par une quelconque intention de dresser des Centrafricains contre d’autres Centrafricains, mais d’aller plus loin dans la réédification de l’Etat centrafricain. 

 

Je salue donc l’initiative de l’Assemblée Nationale qui a  porté le cri d’alarme du peuple centrafricain à l’attention du Conseil de Sécurité et du Comité de Sanctions des Nations-Unies. 

 

J’invite toute la classe politique à se mobiliser pour cette cause noble en ayant à l’esprit l’impératif patriotique qui nous engage tous.

 

Parallèlement à ces démarches politiques et diplomatiques, nous poursuivrons le déploiement des FACA.

 

Ma volonté de restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire est inébranlable. 

 

Nous continuerons donc à renforcer les capacités de notre outil de défense pour assurer une meilleure protection de  notre territoire national. 

 

Je vous réaffirme qu’il n’y aura pas, sous mon autorité, de cession du moindre espace de notre territoire. 

 

Avec l’appui de nos partenaires, notamment l’EUTM, nous avons lancé, en toute transparence, le processus de recrutement de 1023 jeunes Centrafricains pour bâtir une armée réellement nationale, capable de défendre l’intégrité du territoire.

 

J’en appelle à vous tous, mes chers Compatriotes, pour une vigilance accrue et une collaboration plus soutenue avec nos FACA contre les défis auxquels nous faisons face. 

 

La récurrence des crises et de graves violations des droits de l’homme est entretenue par l’impunité. 

 

Une paix durable ne saurait donc s’accommoder de récompenses aux criminels. Il m’importe en conséquence de rappeler que les assassinats, meurtres, viols, incendies volontaires des maisons d’habitation ou des lieux de cultes, perpétrés par les groupes armés, seront tôt ou tard punis par la Cour Pénale Spéciale, les juridictions répressives nationales et,  sur la base du principe de subsidiarité, par la Cour Pénale Internationale.

 

Les droits des victimes seront préservés et il n’y aura pas d’impunité.

 

Conformément à la volonté du peuple centrafricain exprimée lors du Forum de Bangui de 2015, il n’y aura pas d’amnistie pour les auteurs des crimes graves recherchés par la justice nationale et internationale.

 

Mes chers Compatriotes ;

 

La loi sur les Collectivités Territoriales en cours d’examen par notre l’Assemblée Nationale permettra au Gouvernement d’assurer une meilleure redistribution des ressources du pays et de mieux impliquer les Centrafricains dans la gestion quotidienne de leurs affaires. 

 

C’est là un engagement auquel je tiens pour apporter une réponse satisfaisante aux aspirations légitimes de tous nos concitoyens. 

 

Mes Chers Compatriotes,

Hôtes non Centrafricains qui vivez parmi nous,

 

La marche résolue des dirigeants et du peuple centrafricains vers la stabilité et le développement n’est pas un long fleuve tranquille. 

 

Quoique confronté à de nombreux défis, j’aimerais ici renouveler le serment que j’ai fait en accédant à la magistrature suprême de la République centrafricaine : celui de placer les intérêts des centrafricains au-dessus de toute autre considération. 

 

Dans la même veine,  j’exhorte chacun à  résister aux manipulations et aux actions de toutes les forces qui s’opposent au dialogue et à la réconciliation nationale. 

 

Dans l’intérêt national, je vous exhorte aussi à éviter tout acte susceptible de fragiliser la paix et la stabilité que nous nous attelons quotidiennement à renforcer.  

 

Que personne ne vous trompe par de vains discours. 

 

Dans les moments difficiles comme les nôtres, seule l’unité peut nous permettre de faire face aux velléités de déstabilisation de notre beau pays.

 

Le Gouvernement n’est pas insensible aux souffrances des déplacés, des réfugiés et des blessés.

 

J’appelle à l’apaisement et à la réconciliation nationale.

 

Je forme le vœu que ce 60ème anniversaire de la proclamation de notre République marque un élan patriotique nouveau pour la paix, la réconciliation nationale et le vivre ensemble dans ce pays de ZO KWE ZO.

 

Puisse le Dieu Tout-Puissant nous aider à transcender nos divisions internes, à unir nos cœurs et à travailler ensemble pour le respect et le dévouement aux principes fondamentaux d’Unité, de Dignité et du Travail, légués par le Père fondateur de la République, feu Président Barthélemy BOGANDA.

 

Bonne fête à toutes et à tous.

 

Vive la République !

 

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine !

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 18:47
RCA : Parade militaire sur l'avenue des Martyrs pour célébrer le 1er décembre

 

https://www.radiondekeluka.org  samedi 1 décembre 2018 14:38

 

Les forces de défense et de sécurité ainsi que les corps constitués de l'Etat sont mobilisés à la Tribune sur l'avenue des Martyrs. Ceci pour le défilé marquant la proclamation de la République Centrafricaine  jadis Oubangui-Chari.

Selon le reporter de Radio Ndeke Luka sur place, la mobilisation n'est pas si forte comme par le passé. Par conséquent, le défilé pourrait durer 3 heures selon les organisateurs. Cette situation peut s'expliquer par l'appel de la Conférence Episcopale de Centrafrique (CECA) suivi de certains partis politiques y compris quelques organisations de la société civile.

Dans son adresse à la Nation, Faustin Archange Touadera lance un appel à la communauté internationale pour la levée de l'embargo. "La souveraineté nationale ne doit plus continuer à être bafouée par des considérations contraires à la volonté du peuple centrafricain. J'exhorte donc la communauté internationale et les amis de la République Centrafricaine à se mobiliser davantage aux cotés du gouvernement pour la levée totale de l'embargo sur les armes et munitions dont le maintien profite aux groupes armés". 

Ce discours est aussi l'occasion pour le président de la République de répondre aux critiques à l'endroit du gouvernement. "Le gouvernement n'est pas insensible aux souffrances des réfugiés, des déplacés et des blessés. J'appelle à l'apaisement et à la réconciliation nationale".   

Plusieurs organisations et structures de l'Etat ont marché. il faut noter aussi un match de football qui mettra aux prises les Anges de Fatima avec le Stade Centrafricain SCAF. Sur cette même lancée, la course aux pirogues va se tenir après midi sur le fleuve Oubangui.

 

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 18:18
Vers le renouvellement du Fonds Bekou de l’Union Européenne
Vers le renouvellement du Fonds Bekou de l’Union Européenne

 

Vers le renouvellement du Fonds Bekou de l’Union Européenne à la Centrafrique

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 1 DÉCEMBRE 2018

 

BANGUI, 1er décembre 2018 (RJDH)—Le Conseil d’Administration du Fonds Bekou de l’Union Européenne à la Centrafrique table sur une prochaine reconduction de ce fonds fiduciaire en faveur de la République Centrafricaine, après son échéance de juin 2019.

Le Conseil d’Administration du Fonds Békou, co-présidé ce vendredi 31 novembre à Bangui par le Ministre du Plan, de l’Economie et de la Coopération internationale Félix Moloua et Stefano Manservisi, Directeur général de la coopération internationale et du développement de la Commission européenne (DEVCO) s’est penché sur l’évaluation de ce fonds, avec comme toile de fonds la participation pour la première fois du forum de la jeunesse centrafricaine en tant qu’observateur.

« J’en sors très satisfait, tous les pays contributeurs dont la France, l’Italie, l’Allemagne, la Suisse ont accepté de financer ce fonds. Maintenant c’est juste la question de procédure administrative », a confié Félix Moloua lors d’un point de presse tenu ce vendredi à la Délégation de l’Union Européenne.

Stefano Manservisi est revenu sur les contributions supplémentaires annoncées par les Etats contributeurs. « Nous avons pu recueillir 10 millions d’euros de la France dont 5 millions d’euros de promesse et 5 millions additionnels, 1 millions d’euro de l’Italie, 5 millions de dollars de l’Allemagne et au niveau de la Commission de l’Union Européenne, nous avons jusqu’à 40 millions d’euros. Tout ceci sous réserve de processus parlementaire », a énuméré le DEVCO Stefano Manservisi.

« Le rôle de Fonds Békou évolue comme évolue la situation de la Centrafrique. D’une gestion de crise, nous passons à une gestion structurante », a –il ajouté.

Ce point de presse marque la fin de mission du DEVCO Stefano Manservisi qui lors de son séjour a signé mardi à Bangui la Convention de financement relative au Programme d’Appui à la Gouvernance, à la Réforme de la Sécurité et au Redéploiement de l’Autorité à la hauteur de 24 milliards de FCFA, au lancement à  Bimbo du projet de désenclavement des régions avec l’appui de la France dont le montant s’élève à 4 milliards de FCFA ainsi que plusieurs rencontres et visites de terrain.

 

Fonds Békou : L'Union Européenne (UE) annonce des Fonds supplémentaires

 

https://www.radiondekeluka.org samedi 1 décembre 2018 14:45

 

L’extension du Fonds Békou rentre dans le cadre du soutien de l’Union Européenne (UE) au relèvement de la République Centrafricaine. Cette contribution pourrait atteindre environ 50 millions d’euro. C'est ce qu'a rapporté Stéfano Manservisi, le directeur général du développement et de la coopération internationale de la Commission Européenne le 30 novembre.

Le Fonds Békou est un important appui de l'Europe à la République Centrafricaine en proie à une crise humanitaire et sécuritaire qui affecte son tissu économique et social. Les fonds supplémentaires de l’UE sont salué par le gouvernement de Bangui.

Le directeur général Stéfano Manservisi précise que    "le Comité de Gestion et le Conseil d'Administration ont demandé à l'unanimité à la Commission de présenter une proposition de renouvellement pour  18 mois du Fond Békou. 18 mois pour la simple raison qu’en juillet 2019 nous arrivons à la fin d'un cycle financier qu’on doit renouveler ».

« Je remercie les Etats membres et les pays tiers qui étaient au tour de la table  à l'exemple de l'Allemagne, l’Italie, la France et la Suisse pour avoir annoncé des contributions additionnelles à ce fonds" a ajouté Stefano Monservisi.

Le directeur générale ne s’arrête pas là. "Du côté de la Commission nous sommes  aussi disposés à ajouter des ressources additionnelles de manière à avoir une masse critique pour les années à venir. 10 millions de la France, 1 million pour l'Italie, 5 millions pour l'Allemagne et de côté de la Commission jusqu'à 40 millions que nous pouvons mettre si le Fond attire d'autres ressources".    

Le Fonds Békou est l'un des appuis qu'apporte l'Europe à la République Centrafricaine en sus d'autres volets sécuritaires, entre autres  la formation et l'entrainement des FACA.

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 18:07

 

Lu pour vous 

 

Figure morale du pays, l’archevêque de Bangui témoigne de la dérive de la République centrafricaine dont ce 1er décembre marquera la 60ème année de sa proclamation.

 

Propos recueillis par Cyril Bensimon Le Monde - Publié hier à 11h25, mis à jour à 16h55

 

Ce 1er décembre, la République centrafricaine aura 60 ans et rien à célébrer. Le 15 novembre, un massacre de grande ampleur, un de plus, a été commis à Alindao, à 500 km à l’est de la capitale Bangui. Au moins 60 personnes, dont deux prêtres, ont été tuées lors d’un raid commis par l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), l’un des groupes qui constituaient la Séléka, la rébellion à majorité musulmane qui avait pris le pouvoir en mars 2013.

Pour affronter cette alliance disparate de groupes armés, qui s’étaient rendus coupables de graves exactions, se mirent en place des milices anti-balaka, composées pour l’essentiel de villageois autochtones et de militaires. Depuis, la guerre n’a pas cessé, devenant au fil du temps un conflit qui dépasse et de loin les lignes religieuses.

Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, est l’une des dernières grandes figures morales de ce pays. Il s’est rendu trois jours durant, du 20 au 23 novembre, à Alindao. Il témoigne de la situation sur place et de la dérive de la République centrafricaine.

Qu’avez-vous vu à Alindao ?

Dieudonné Nzapalainga J’ai vu des scènes de désolation. Le site de déplacés a été rayé de la carte, brûlé. C’est un vide total. Les gens sont partis en brousse. Les prêtres sont restés, mais réfugiés chez les casques bleus de la Minusca [Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique]. Ils ont compté 60 morts. Mais en brousse, combien d’autres ont péri ? Le jour où je suis arrivé, nous avons décidé de regagner tous ensemble l’évêché qui est le seul endroit où les prêtres peuvent accueillir les gens qui étaient partis à Ndakoto, un village de seulement quinze maisons, à 7 km de là. Ces villageois n’étaient pas préparés à accueillir 26 000 personnes.

Après une semaine, les gens mourraient de faim. Les enfants souffraient de diarrhées, de vomissements pour la simple raison qu’ils buvaient de l’eau sale. Ces gens ont tout perdu. L’attaque a été rapide, imprévisible. Beaucoup de ceux qui sont morts sont des enfants, des malades ou des personnes âgées. Ceux qui pouvaient fuir ont fui pendant que les assaillants brûlaient et pillaient le camp. Le 23 novembre, le Programme alimentaire mondial est arrivé avec quatre camions. Il fallait voir comment les gens se jetaient sur les vivres. Les premiers jours, j’ai vu des gens gratter le sol pour tenter de récupérer quelques grains de riz.

Que s’est-il réellement passé le 15 novembre ?

Avant le 15 novembre, il y a eu des signes annonciateurs. Quand les déplacés sortaient du site et partaient aux champs, il y avait régulièrement des morts sur le chemin. Il y avait des soupçons que ce sont les Séléka de l’UPC qui tuaient. De l’autre côté, les Séléka disaient : « Ce camp ne doit pas exister. C’est un nid d’anti-balaka. Ils s’y cachent avant de nous attaquer. » Le 14, un compatriote peul du nom d’Amadou, habitant d’Alindao, a été tué. Son corps a été ramené à la mosquée. La tension est montée. Puis le 15, un autre musulman a été tué sur la route de Bambari.

 

Cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Les Séléka se sont dits alors : « On va en finir avec ce site de déplacés. On ne veut plus voir d’anti-balaka là-bas ». Ils ont incendié, tiré à balles réelles. Ce fut une razzia systématique. Le commandant de zone de l’UPC s’est même emparé du véhicule de l’évêque alors qu’ils se connaissent. Tout s’est fait en plein jour. Les prêtres ont été pillés à trois reprises et, comme ils avaient donné tout leur argent, à 18 heures, ils sont allés se réfugier chez les casques bleus de la Minusca avant qu’une quatrième vague arrive.

 

Qu’ont fait les casques bleus lors de cette attaque ?

Ils n’ont pas tiré un seul coup de feu. Ils sont restés inactifs. Ils l’ont reconnu. Quand je les ai vus, les casques bleus m’ont dit qu’ils n’étaient pas en nombre suffisant pour affronter les gens. Pourtant, sur les trois lieux où ils étaient positionnés, aucun Séléka ne s’est aventuré. Ils les ont regardés faire. Ils n’ont même pas fait un tir de sommation. Mais quand les anti-balaka ont voulu s’infiltrer, envoyer leurs gens pour racketter les personnes sur le bord des routes, ils ont fait des tirs de sommation et le tour du site pour les chasser. J’aurais aimé entendre qu’au moment de l’attaque ils ont fait quelques tirs pour les dissuader. Mais là, en restant sans intervenir alors que des gens tirent au lance-roquettes sur des maisons et des églises, ils ont failli à leur mission de protection.

Comment expliquez-vous la succession de massacres qui frappent la Centrafrique ?

J’ai comme l’impression que la guerre de positionnement a commencé. Dans le cadre du dialogue en cours avec les groupes armés, celui qui aura beaucoup d’hommes et contrôlera le plus d’espace pourra demander des ministères, de l’argent… Alindao est entièrement contrôlé par l’UPC. Cette attaque était préparée, organisée. Je pense que ces actes sont pour eux une manière de se positionner dans le dialogue avec l’Etat, la communauté internationale. C’est aussi un message fort envoyé aux populations de la zone qu’ils contrôlent et avec lesquelles ils s’enrichissent. Après avoir détruit et pillé le camp de déplacés, ils sont allés sur un autre site pour prévenir les gens que, s’ils acceptaient les anti-balaka chez eux, ils seraient eux aussi rayés de la carte. Ce sont clairement des crimes prémédités.

Les autorités font-elles le nécessaire pour ramener la paix ?

J’ai rencontré les autorités et j’ai l’impression qu’elles sont impuissantes. Elles m’ont dit qu’elles ne peuvent pas déployer les FACA [Force armées centrafricaines] dans le pays à cause de l’embargo sur les armes et les munitions qui les empêche de s’équiper. Elles disent aussi qu’elles n’ont pas les véhicules pour déployer les militaires.

En clair, les gens d’Alindao ne sont pas prêts de voir arriver des soldats. Dans cette ville, il n’y a plus d’autorité. Le maire, le sous-préfet, les gendarmes sont tous partis à Bangui. Le seul fonctionnaire encore sur place est le secrétaire de la sous-préfecture. Les gens sont abandonnés à eux-mêmes, sous la domination d’un groupe armé. J’ai dit aux autorités que lorsqu’elles envoient des responsables en province, elles doivent les accompagner, les protéger, mais ce n’est pas le cas et tous reviennent à Bangui. On laisse le terrain aux rebelles qui font donc office d’autorité.

L’une des conditions posées par les chefs de guerre pour rendre les armes est de ne pas devoir répondre de leurs actes devant la justice. Cela vous parait-il acceptable ?

Je ne pense pas que cela soit envisageable après tout ce qui s’est passé dans ce pays. La population demande justice. Il faudrait que les auteurs des crimes arrivent à reconnaître qu’ils ont fait du mal et demandent pardon. Il faudrait un peu d’humilité. On a identifié des gens qui ont commis des violences et il faudrait qu’un jour il y ait des enquêtes. C’est l’impunité qui nous a conduits dans ce cercle vicieux. Après chaque amnistie, on repart à la case départ. Les gens ont compté leurs morts et ne sont plus prêts à laisser parader ceux qui leur ont fait du mal.

A Alindao, j’ai rencontré un instituteur. Il m’a dit : « On a brûlé ma maison. On a tué ma femme. Je n’ai plus qu’une chemise et un pantalon que je lave chaque nuit avant de me coucher sans habits. » Pour ces gens, il faudrait que la loi passe. Nul n’est au-dessus de la loi. Il faut renforcer l’appareil judiciaire et on a vu lors du forum de Bangui [qui avait réuni les acteurs politiques, militaires et de la société civile du 4 au 11 mai 2015] que les différents groupes, sans se concerter, ont demandé à ce qu’il n’y ait pas d’impunité. Il faut entendre cela. Je crois vraiment que la population demande à ce que justice soit rendue pour les victimes.

Vous pensez que le transfert de l’ancien chef anti-balaka, Alfred Yekotom Rombhot, devant la Cour pénale internationale (CPI) pose un précédent ?

En analysant, je me dis que voilà quelqu’un qui était dans un groupe armé puis élu à l’Assemblée. Il a été arrêté en flagrant délit, mais ce sont les autorités qui ont décidé de le confier à la CPI. Je me dis que c’est peut-être aussi un message adressé à la communauté internationale, en particulier à la Minusca, car elle seule est présente là où se trouvent les chefs rebelles comme Ali Darassa ou Nourredine Adam. Cela peut donc être un geste pour interpeller la communauté internationale afin qu’elle fasse un geste qui pourrait apaiser ceux qui ont tout perdu.

Vous avez récemment déclaré que le pays est poussé vers une guerre de religions. Pourquoi ?

Je vais vous donner un exemple. A Alindao, il y avait une communauté musulmane qui existait. Quand il y a eu un déploiement de soldats des FACA pour aller à Bangassou, le chef rebelle Ali Darassa a demandé aux gens d’Alindao de sortir pour protester. L’imam n’a pas voulu l’appuyer en disant qu’il est apolitique. Quelque temps plus tard, il a été destitué et Ali Darassa a mis en place une nouvelle communauté islamique. J’ai voulu la rencontrer lorsque je suis allé à Alindao, mais elle a refusé. Ce sont des gens qui ont fait allégeance à un groupe armé et c’est comme cela que se produit le glissement. L’ancien imam n’a plus d’autorité. Il faut refuser de tomber dans ce piège-là.

Pourquoi les plates-formes religieuses ont-elles dénoncé des interférences étrangères ?

Vous savez que nos frontières sont poreuses et beaucoup des rebelles passent par le Soudan et le Tchad. A Alindao, par exemple, l’évêque nous a dit que dans le dernier groupe d’assaillants, il y avait des gens qui ne parlaient ni le sango [la langue officielle], ni le français. Cela signifie que ce sont des mercenaires qui viennent se servir, récupérer des diamants, de l’or, des bœufs. Tout ce que l’on peut piller. On sait que les Séléka vont recruter dans ces deux pays, car rien ne les en empêche et ce n’est pas la Minusca qui va les combattre. On est devenu le ventre mou de la sous-région et ma crainte est qu’à terme nous devenions sa poubelle. Tous ceux rejetés chez eux vont venir s’abriter chez nous avant de lancer des attaques.

Voilà plus de cinq ans que la Centrafrique connaît la plus grave crise de son histoire. Comment sortir de cette spirale infernale ?

Pour sortir de là, il faudrait que les Centrafricains commencent par s’asseoir pour s’approprier leur pays et se dire les quatre vérités. Même si d’autres tirent des ficelles, c’est d’abord à nous, Centrafricains, de trouver la solution. Celle-ci sera d’abord politique et non militaire. Elle se fera par le dialogue et en acceptant des sacrifices. Car nous avons déjà dialogué, mais il faut par la suite appliquer les décisions qui sont prises.

Je crois également que la communauté internationale doit renforcer les autorités afin de donner une crédibilité à notre Etat. Celui-ci a été touché dans ses fondements. Les gens continuent de parler de lui, mais il n’existe plus, c’est un squelette vivant. Il faut l’habiller, en soutenant par exemple le sous-préfet quand celui-ci est envoyé en zone rebelle. Il faut que la communauté internationale joue franc-jeu et permette aux fonctionnaires d’assumer leur rôle. Nous ne sommes pas dupes des agendas cachés. Avec l’arrivée des Russes, nous voyons bien que notre pays et ses richesses naturelles attirent des convoitises. Mais au moment où l’on parle de guerre géostratégique entre grandes puissances, les pauvres meurent.

Cyril Bensimon

 

Mgr Dieudonné Nzapalainga : « Une guerre de positionnement a commencé en Centrafrique »
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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 17:48
Communiqué de Presse de clôture de la 3ème Session de l'ACP
Communiqué de Presse de clôture de la 3ème Session de l'ACP
Communiqué de Presse de clôture de la 3ème Session de l'ACP
Communiqué de Presse de clôture de la 3ème Session de l'ACP

 

Académie Centrafricaine de Presse

 

Troisième session – 26-30 Novembre 2018

Une initiative soutenue par Telecel et la Minusca

 

«Pour être lus, les journaux doivent informer et savoir expliquer»

 

L'Académie centrafricaine de presse a achevé vendredi 30 novembre à Bangui sa troisième session lors d’une cérémonie de clôture présidée par Son Eminence le Cardinal Dieudonné Nzapalainga.

 

Cette initiative unique de formation mixte de journalistes professionnels et d'étudiants en communication est soutenue par le groupe Telecel RCA et par la Minusca. Un exemple rare de coopération entre acteurs privés et publics, au service d'une République Centrafricaine réconciliée. Prés de quarante participants ont reçu vendredi leurs diplômes de l’ACP en présence de Laurent Foucher et Malek Atrissi pour Telecel RCA, Vladimir Monteiro pour la Minusca et des honorables députés Martin Ziguélé et Jean Pierre Mara.

 

Comme lors des éditions précédentes, cette session était coordonnée par Prosper Ndouba, directeur des programmes de l'ACP, et Richard Werly, coordinateur éditorial. Ils étaient accompagnés de Sylvie Coma, longtemps collaboratrice de RFI, et de Thomas Renaut, entrepreneur de presse entre la France et l'Afrique. 

 

La clôture de cette session a été consacrée à la présentation du journal-école «Centrafrique Espoir» réalisé par les étudiants du département Information-Communication de l’Université de Bangui. Ce journal de huit pages, réalisé dans les conditions d’un quotidien, a été présenté au Cardinal Nzapalainga qui en a aussitôt tiré une leçon : «Pour être lus, les journaux doivent informer et savoir expliquer» a-t-il déclaré.

 

Le Cardinal a aussi salué la variété des sujets traités et l’approche «de terrain» qui a guidé la rédaction. Cette session 2018 était dédiée aux techniques du reportage, indispensables pour savoir raconter les réalités difficiles vécues par la population centrafricaine.

 

«Un journal est un témoin. Pouvoir témoigner de la douleur et de la diversité des situations, mais aussi de l’économie et de la vitalité de ce pays est essentiel. Il y a des héros en Centrafrique et nous devons les révéler» a poursuivi S.E le Cardinal.

 

«Centrafrique Espoir», journal rédigé et produit par une équipe d’aspirant et de jeunes journalistes, est un vecteur unique et neutre en Centrafrique, où la presse écrite est malheureusement souvent minée par les conflits d’intérêts et les règlements de compte.

 

Une quatrième session de l’Académie Centrafricaine de Presse (ACP) devrait se tenir en juin 2019 à Bangui.

 

Fait à Bangui le 30 novembre 2018

 

 

Contact ACP:

 

Prosper Ndouba : 75677265

Richard Werly:    75400579

 

Contact Minusca : Bureau du Porte-parole

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 17:33
Burundi: mandat d'arrêt international contre l'ex-président Buyoya

 

 

Nairobi - AFP / 30 novembre 2018 19h42 Le Burundi a lancé un mandat d'arrêt international contre l'ex-président burundais Pierre Buyoya et 16 anciens hauts responsables pour leur rôle présumé dans l'assassinat en 1993 de Melchior Ndadaye, premier président hutu démocratiquement élu du pays, a annoncé vendredi le procureur général.

"Les éléments de l'enquête déjà disponibles révèlent que les personnes dont les noms suivent pourraient avoir été impliquées dans ce crime, dans sa préparation, pendant son exécution et même après sa commission", a accusé Sylvestre Nyandwi dans une déclaration lue à la presse.

La liste commence par celui de M. Buyoya et comprend 11 hauts gradés des forces de sécurité (armée et gendarmerie) et cinq de ses anciens proches collaborateurs civils, aujourd'hui à la retraite et en exil.

Le procureur général a estimé "qu'il est impérieux qu'ils soient interrogés sur le rôle qu'ils auraient joué" dans ce crime, et demandé que "les pays qui les hébergent puissent les arrêter et les extrader au Burundi afin qu'ils s'expliquent sur les faits qui leur sont reprochés".

Pierre Buyoya est l'actuel représentant de l'Union africaine (UA) au Mali, et l'une des personnalités africaines estimées et écoutées dans les forums internationaux.

Le major Buyoya, un Tutsi, avait été porté au pouvoir par l'armée en 1987. Il avait cédé sa place à Melchior Ndadaye, un Hutu, élu démocratiquement en juillet 1993. Il était ensuite revenu au pouvoir entre 1996 et 2003.

L'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre intervient une semaine après l'arrestation à Bujumbura de quatre hauts gradés tutsi de l'armée à la retraite, accusés d'être parmi "les auteurs" de l'assassinat de M. Ndadaye.

Cet assassinat avait été à l'origine d'une guerre civile (93-2006) qui a fait plus de 300.000 morts et opposé l'armée, alors dominée par la minorité tutsi (14% de la population), à des mouvements rebelles hutu (85%).

Une dizaine de soldats dont le plus haut gradé était lieutenant ont été condamnés en 1998, dans un procès considéré comme celui "des exécutants". Aucun des nombreux hauts gradés cités dans cet assassinat n'avait été inquiété.

Depuis, les dirigeants politiques, les membres de l'ancienne armée et des mouvements rebelles avaient bénéficié d'une immunité provisoire alors que l'accord de paix d'Arusha de 2000 avait prévu que tous les crimes commis relèveraient désormais de la Commission vérité et réconciliation (CVR).

Le nom de Pierre Buyoya avait déjà été cité par certains en lien avec cet assassinat, mais sans que l'ombre d'une preuve soit jamais apportée.

Le pays est aujourd'hui dirigé par le parti Cndd-FDD, issu de l'ancienne principale rébellion hutu.

(©)

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