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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 01:31
RCA: la Cour constitutionnelle valide le code électoral

 

Par RFI Publié le 14-08-2019 Modifié le 14-08-2019 à 22:57

 

Après de houleux débats, le code électoral, rejeté une première fois par la Cour constitutionnelle et renvoyé pour modification devant le Parlement, a cette fois-ci été validé par l’institution. Mais non sans quelques ajustements.

La Cour constitutionnelle avait renvoyé le texte aux députés avec une modification de taille : elle actait le scrutin de liste. Un amendement refusé par les députés.

« Au début on était parti sur le scrutin de liste ce qui a été discuté. Aujourd’hui, on est parti sur le scrutin uninominal, mais avec un accent mis sur la parité. Ça veut dire que les partis politiques aujourd’hui s’ils veulent aller aux élections, ils doivent présenter 35% de femmes », souligne Nadine Pingama Modo, juge constitutionnelle et rapporteure.

Si le texte est validé, c’est à condition de l’annulation de certains articles et notamment la nécessité de résidence ou de propriété dans la circonscription pour la députation.

« La Cour constitutionnelle a motivé sa décision, je n’ai pas de commentaire, je prends acte. Et je pense à l’ensemble des députés aussi. Seulement ce que nous déplorons, c’est que cela va favoriser le parachutage, mais c’est une disposition constitutionnelle et on verra comment faire », affirme Jean-Symphorien Mapenzi, vice-président de l’Assemblée nationale et député de Bimbo 2.

La mesure sur les trois mois de mise en disponibilité avant les élections pour les autorités candidates a été aussi supprimée. La prochaine étape est le vote par l’Assemblée nationale de la loi organique de l’Autorité nationale des élections.

 

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 01:25
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : La classe politique peu rassurée par rapport à l’impartialité de la Cour Constitutionnelle

BANGUI, 14 aout 2019 (RJDH)---La classe politique d’opposition est peu rassurée par rapport à l’indépendance de la cour constitutionnelle. Pour elle, la cour n’est plus aujourd’hui crédible car elle est en collusion avec le régime actuel.

A quelques mois des élections générales en Centrafrique, la Cour Constitutionnelle se retrouve dans l’œil du cyclone des  critiques de la classe politique centrafricaine. Le déclic de cette avalanche de critiques découle des dernières décisions de la cour sur le code électoral qui, selon certaines personnalités politiques, elle ne joue pas franc jeu.

Bertin Bea, le secrétaire général du KNK, la cour est inféodée au régime actuel, « une chose tout aussi grave, c’est l’inféodation de la cour constitutionnelle au régime actuel. Comme on a pu le constater récemment à travers la liberté que celle-ci s’est octroyée de procéder à la réécriture de certaines dispositions de la loi du code électoral pourtant voté par la représentation nationale. Tout cela ne fait que renforcer les appréhensions de la classe politique », a-t-il ainsi remis en cause l’indépendance de la cour vis-à-vis du pouvoir, avant d’indiquer que, « le président Touadera conscient de son impopularité criarde démontre que le régime actuel ne lésinera pas sur les voies et moyens même les plus sordides en se servant de cette cour pour obtenir soit la disqualification de potentiels adversaires ou même d’opérer un passage en force pour se faire réélire avec la complicité de cette cour constitutionnelle lors des prochaines élections », dit-il sur un ton dubitatif.

De façon modérée, Anicet Georges Dologuele pour sa part, estime que la cour doit adopter une attitude qui ne sèmera pas le doute dans les esprits en dissipant les inquiétudes, « dans le fonctionnement d’une démocratie quand il y a un début de doute de la part du citoyen, il appartient à celui qui porte la responsabilité de se corriger. Les personnalités qui sont dans les institutions sont désignées pour un certain nombre d’années et avec une espèce de verrous sur leur position professionnelle sur la durée. Et donc, ça leur donne en principe une espèce de sérénité dans leur décision. Je veux dire par-là que les institutions toutes lorsqu’elles font correctement leur travail, elles sont applaudies par les citoyens. Et quand elles ne font pas bien leur travail, le citoyen s’inquiète parce que justement les membres de ces institutions ne dépendent pas du Président Touadera. Il n’a pas les moyens de les enlever. Mais on a l’impression que la plupart des institutions, pas seulement la cour constitutionnelle, sont aux ordres maintenant et cela nous inquiète », dit-il.

D’embrayer dans le même sens,  Crépin Mboligoumba constate que les institutions républicaines ne dégagent pas aujourd’hui une image luisante. « Ce que je constate c’est qu’il y a une crise qui débouche sur une image pas très luisante de nos institutions et que cela pourrait avoir des incidences sur les élections générales », s’est-il inquiété.

Pour lever le voile sur ce qui se dit au sujet de cette haute juridiction, la présidente de la cour constitutionnelle Danielle Darlan, a déclaré que la cour est indépendante et ne subit aucune influence de la part du gouvernement mais se réserve qu’à sa discrétion, « cette juridiction est une institution indépendante qui travaille sur la base des textes. Elle est gardienne de la constitution et ne peut rendre une décision sans tenir compte de ce qui se trouve dans cette loi fondamentale », s’est-elle défendue.
Un membre du cabinet présidentiel, interrogé sur ces accusations, répond «  c’est de allégations gratuites et sans fondements. Le Chef de l’Etat respectueux des institutions républicaines, n’a jamais interféré dans une décision de la cour. Ces supputations et agitations laissent transparaître déjà le visage de cette classe politique qui ne fait pas preuve d’innovations ».

Au regard du climat politique actuel, tout porte à croire que les jours à venir s’annoncent bien rudes quant à l’issue des prochaines échéances. Il appartient alors à la cour dont le rôle est de garantir la constitution pour favoriser l’éclosion d’un climat politique serein.



Vianney Ingasso

 

 

 

Centrafrique : 60 étudiants centrafricains bénéficiaires d’une bourse du gouvernement français

 

 

BANGUI, 14 Aout 2019(RJDH)---30 étudiants centrafricains boursiers pour les études en masters et doctorats ayant réussi les tests organisés la fois dernière, quitteront le début du mois de septembre 2019 pour la France afin de poursuivre des études dans les didactiques des différentes disciplines. Un soutien de la France qui s’inscrit dans le cadre de la coopération en matière éducative.

Sur les 30 bénéficiaires de bourse de coopération, 20 seront inscrits en Master et 10 pour les études doctorales.   Ils seront répartis dans l’Université de Bretagne, l’Ecole supérieure du Professorat et de l’Education (ESPE) en France. 

Le Secrétaire général de l’université, Jean Kokidé  représentant le Recteur, a insisté sur l’importance de la formation dans le domaine de l’éducation et sur le «devoir d’excellence et de réussite» dans leurs études. De son côté l’attaché de coopération éducative de l’ambassade de France, a rappelé que «l’éducation n’a pas de frontières» et l’importance ensuite est de «transmettre les savoirs acquis. Et à leur retour, ils formeront, à l’ENS ou dans les Centres pédagogiques régionaux (CPR) répartis sur l’ensemble du territoire, les enseignants centrafricains de demain », dit-il.

Selon Rémy, un doctorant en 2ème année de littérature à l’Université de Bangui, la Centrafrique a besoin d’intellectuels. Avis partagé dans ce «programme unique que propose la France» par Frida Francine, qui vient d’être sélectionnée pour le master de didactique en lettres modernes, qui est bien consciente de l’opportunité qui lui est offerte. A l’issue de ses études, elle souhaite «servir le système éducatif centrafricain et former les enseignants» promet-elle.

En quatre(4) ans, près de 400 étudiants ont déjà bénéficié d’une bourse du Gouvernement français selon l’Ambassade de France à Bangui.

Judicaël Yongo.

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 01:18
Le spectre du retour possible de Bozizé hante le pouvoir centrafricain

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com By Aza Boukhris 14 août 2019

 

En Centrafrique, la rumeur enfle sur un prochain retour au pays de l’ex Président François Bozize, réfugié en Ouganda sous mandat international.

Intoxication ou information, dans les deux cas, la fébrilité du président Touadera et de son clan s’est accentuée avec la perspective d’un possible retour au pays de François Bozizé. Avec la perspective des élections législatives et présidentielle prévues fin 2020-début 2021, le spectre de l’ancien Président obsède l’actuel pouvoir centrafricain.

Triste anniversaire de l’indépendance

En Centrafrique, le 1er décembre, anniversaire de la création de la République centrafricaine en 1958, fait office de fête nationale, tandis que le 13 août commémore l’indépendance de 1960. Chaque année, outre les discours officiels, les hommages à Barthélémy Boganda et les réceptions convenues, le 13 août est marqué par des festivités populaires comme compétitions sportives, concerts et concours divers. En 2019, cet anniversaire est passé inaperçu à Bangui. Vu l’état de l’arrière-pays, il y est ignoré.

 Visiblement marqué par les événements récents du désastre écologique causé par les entreprises chinoises, le DDRR qui ne prend pas, les groupes armés qui poussent leurs avantages de l’Accord de Khartoum et surtout l’opposition désormais frontale du Kwa Na Kwa (KNK) parti de François Bozize, le Président Touadera paraît très préoccupé, d’autant que son ancien mentor est annoncé pour un retour qui risque fort d’être difficile à gérer. Ce 13 août, il s’est contenté de déposer une gerbe au monument de Barthélémy Boganda et fait un discours à la Nation, insipide en reprenant ses antiennes habituelles. Pour une grande majorité de Centrafricains, les mots de Paix, Justice, Sécurité, Réconciliation, Désarmement, et Démocratie n’ont plus beaucoup de valeur dans sa bouche. Les Centrafricains savent bien que sa réélection en 2020 est son principal objectif. Pour ce projet de remake du hold-up électoral du tandem Bozize-Touadera de 2011, la corruption, les pots-de-vin et les détournements de deniers publics atteignent des sommets, rarement atteints depuis le 13 août 1960. Même la Haute autorité pour la bonne gouvernance, jusqu’à maintenant institution cosmétique, a stigmatisé la disparition de l’état de droit et les errances du pouvoir exécutif. Dans ce contexte, la réapparition de François Bozize pourrait bien déjouer les plans de Faustin-Archange Touadera, car il aura affaire à un orfèvre en coups d’état et en hold up électoral.

François Bozize très courtisé

 Actuellement exilé en Ouganda, l’ancien président (2003-2013) effectue des voyages en dépit de leur interdiction. Dans ces escales, il y rencontre de nombreux partisans, des personnalités et d’anciens ministres de son pays. Bertin Béa qui assure la présidence par intérim du KNK multiplie les rencontres notamment à l’étranger, comme en France récemment. Avec le concours actif de son fils, Jean-Francis Bozize, qui était son ministre de la Défense très apprécié des officiers et sous-officiers, le congrès du KNK se tient du 12 au 16 août.  Il a déjà permis de rompre tout soutien au président Touadera, qui devait beaucoup au KNK pour son élection de 2016, mais surtout d’annoncer la prochaine candidature de François Bozize pour l’élection de 2020. Après son ouverture à Bangui,  le congrès se transportera ensuite à Bossangoa fief de Bozize et des Gbaya, ethnie majoritaire dans l’Ouest qui accepte mal la place faite aux ex Seleka dans l’Accord de Khartoum. La Seleka  avait renversé le président Bozize en 2013. 


Jean-Francis Bozize, qui a oublié son contrôle judiciaire, a annoncé le prochain retour de son père. En août 2016, n’avait-Il pas forcé la main à la Minusca qui l’avait arrêté à son retour d’exil et mobilisé le KNK pour sa libération immédiate?  Cet ancien du Régiment parachutiste d’infanterie de marine de Fréjus (France) a commencé la restructuration du KNK et lancé la campagne de nouvelles adhésions. Les anciens bozizistes reprennent du service au sein du parti qui était moribond. Jean-Francis Bozize reprend contact avec les militaires qu’il avait bien connus notamment d’anciens généraux qui ont été mis à la retraite par le président Touadera

Le président Touadera face au dilemme du retour de Bozize


François Bozize va-t-il braver les sanctions dont il fait l’objet ? Son fils a réussi à revenir en Centrafrique en évitant la case prison et la privation de ses biens. En sera-t-il de même pour l’ancien chef de l’État ? De nombreux Centrafricains évoquent ouvertement les « deux poids, deux mesures « .Les ex Seleka, auteurs du coup d’État contre Bozize, comme Nourredine Adam, Ali Darass, Abdoulaye Hissen ou al-Katim, également sous sanctions et interdiction de voyager ont signé l’Accord de Khartoum et sont désormais représentés dans le gouvernement, les services présidentiels et la haute fonction publique. Il est effectivement difficile d’évoquer l’équité avec le sort réservé à François Bozize. Une normalisation concernant les anciens chefs de l’État pourrait être sur la Table du président Touadera afin de conforter la réconciliation nationale.


Toutefois, une telle solution ne ferait pas disparaitre les tourments de Faustin-Archange Touadera. Une fois revenu à Bangui, François Bozize voudra certainement redevenir chef de l’État. Pourra-t-Il être candidat ? Il y a de fortes chances qu’il soit déclaré non éligible. Quelle serait alors la réaction des bozizistes et d’une grande partie de la population de l’Ouest centrafricain et de Bangui où il est resté malgré tout populaire ? En cas d’éligibilité, les deux auteurs du hold-up électoral de 2011 devraient s’affronter….


Évidemment, le microcosme politique centrafricain, figé depuis plus de deux décennies ne pensent qu’à ce mirage de la démocratie que sont les élections centrafricaines. Pendant ce temps-là, plus de la moitié de la population vit en insécurité alimentaire grave, plus du quart sont soit des déplacés ou des réfugiés, les indices de développement humain et de gouvernance sont les plus mauvais de la planète, l’espérance de vie passe sous les 45 ans et les trois quart du pays ne sont pas contrôlés par l’Etat. Le dernier quart vaut-il mieux que les trois autres ?

 

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 01:14
La conférence de la CITES s'apprête à renforcer les règles du commerce des espèces sauvages

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 14-08-2019

 

Les 183 parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) se préparent à adopter des décisions et résolutions qui élargiront et renforceront le régime mondial du commerce des espèces sauvages, à l'occasion de la conférence triennale mondiale de la CITES qui se tiendra du 17 au 28 août à Genève.

Au total, 56 nouvelles propositions ont été soumises par les gouvernements, visant à modifier le degré de protection accordé par la CITES aux animaux et aux plantes sauvages qui font l'objet de commerce international, a indiqué la CITES dans un communiqué.

Parmi les propositions, beaucoup veulent instaurer l'obligation d'obtenir des permis de commerce, dans le cadre d'une inscription à l'Annexe II de la CITES, pour que le commerce d'espèces exposées à des risques reste durable. D'autres recommandent l'interdiction de toutes les transactions commerciales de spécimens d'espèces menacées d'extinction en les inscrivant à l'Annexe I. D'autres encore apportent des preuves qu'une population s'est stabilisée ou a augmenté et peut être transférée en toute sécurité de l'Annexe I à l'Annexe II.

Les nouvelles règles sur le commerce des espèces sauvages qui seront examinées à la conférence de la CITES concernent une grande diversité de mammifères, d'oiseaux, de reptiles, d'amphibiens, d'arbres et autres plantes, a précisé le communiqué.

"La CITES fixe les règles du commerce international des espèces de faune et de flore sauvages. C'est un instrument puissant, en mesure d'assurer la pérennité et de réagir à la perte rapide de biodiversité - ce que l'on appelle souvent la sixième crise de l'extinction - en prévenant et inversant la tendance au déclin des populations d'espèces sauvages", a déclaré Ivonne Higuero, secrétaire générale de la CITES.

"Il est vital de disposer de règles claires et applicables, fondées sur une science rigoureuse et des politiques efficaces pour protéger nos trésors naturels et atteindre les Objectifs de développement durable à l'horizon 2030, adoptés par les gouvernements de la planète", a souligné Mme Higuero.

En mai dernier, le Rapport d'évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques a confirmé qu'à travers le monde, les espèces et les écosystèmes disparaissent rapidement. La surexploitation directe des organismes vivants (chasse, pêche et exploitation forestière non durables ou illégales, notamment) est l'un des principaux facteurs directs du déclin des espèces. F

Source: Agence de presse Xinhua

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 01:10
Rien ne va plus entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com By Aza Boukhris 13 août 2019

 

Les tensions sur la frontière terrestre entre la Guinée Équatoriale et le Cameroun constituent un bon thermomètre des relations entre les deux pays membres de la CEMAC. Et ces relations ne sont pas au beau fixe

Périodiquement, au gré des poussées sécuritaires du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, la frontière avec le Cameroun est fermée et des arrestations préventives ont généralement lieu. Et cela dans la plus grande discrétion.

L’alerte du 24 décembre 2017

Le clan du président équato-guinéen ne manque aucune occasion pour rappeler que le président Obiang Nguema Mbasogo avait échappé à une tentative de « coup d’Etat », le 24 décembre 2017, alors qu’il se trouvait dans son palais  présidentiel de Mongomo, situé à moins de 100 km de la frontière camerounaise.

Trois jours plus tard, une trentaine d’apprentis putschistes, essentiellement d’origine tchadienne, soudanaise et centrafricaine, avaient été interceptés, par les forces de sécurité camerounaises, près de la ville des trois frontières (Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon) de Kye-Ossi. Il va de soi que la protection de cette frontière terrestre avec le Cameroun (189 km) est devenu une préoccupation majeure pour le plus ancien chef d’État en activité (40 ans depuis le 3 août 2019).

Le mur de la honte

Début août 2019, les autorités camerounaises ont été alertées par l’intrusion de militaires équato-guinéens sur leur territoire près de la ville de Kye Ossi, qui fait face à la ville équato-guinéenne de Ebebiyin. Sur plusieurs centaines de mètres au-delà de la rivière, qui matérialise la frontière, les Camerounais ont constaté un défrichage et la pose de jalons. Il se confirme donc l’intention du président Obiang d’élever un mur au-delà de la frontière naturelle avec le Cameroun.


La réaction des autorités de Yaoundé ne s’est pas faite attendre. Dès le 6 août 2019, le chef  d’état-major des Armées, le Général René -Claude Meka, s’est rendu sur les lieux. Il a constaté cette menace d’empiètement du territoire camerounais et menacé de représailles devant cette action illicite du pays voisin. En prenant probablement exemples sur les murs de protection érigés par Israël et le projet de Trump à la frontière avec le Mexique, le président Obiang Nguema Mbasogo veut probablement bunkeriser son pays.

L’afflux de migrants ouest-africains

De tous temps la Guinée Équatoriale a été un attrait pour les étrangers. Déjà avant la découverte des gisements gaziers et pétroliers, les anciennes possessions espagnoles du Rio Muni et de l’île de Fernando Pô attiraient des ressortissants du Nigeria, de Sao Thome et du Cameroun pour travailler notamment dans les champs de canne à sucre. Depuis que le pays est devenu un « émirat pétrolier », un appel d’air a drainé de très nombreux étrangers, venant essentiellement  de la zone CEMAC. Cet afflux a conduit les autorités de Malabo à s’opposer (avec le Gabon) à la libre circulation des personnes dans cet espace CEMAC ( Cameroun, Centrafrique, Congo,Gabon, Guinée Équatoriale, Tchad). 

Avec la rapide croissance, tous azimuts, des flux migratoires venant des pays africains en crise, la Guinée Équatoriale est devenu une nouvelle destination pour les candidats à la « Terre promise » qu’elle soit européenne, brésilienne ou au sud de l’Afrique. De très nombreux migrants des pays de l’Afrique de l’Ouest, d’Afrique centrale, des Soudan ont pris les chemins de la Guinée Équatoriale au grand dam des autorités de Malabo. Ces migrants sont en transit pour une période plus ou moins longue. Pour leur survie, ils vivent d’expédients et menacent l »ordre public. Ces « sans-papiers » ne sont plus assimilables et représentent un danger autrement plus important pour ce pays faiblement peuplé (1,5 million habitants) et le seul en Afrique majoritairement catholique. Des groupes terroristes pourraient également y trouver un « pied-à-terre ». 

La frontière camerounaise constitue le principal point de passage de ces migrants. Depuis quelques semaines, les visites ministérielles équato-guinéennes se multiplient dans cette partie continentale du pays. Une importante délégation des responsables de la sécurité et de la défense, menée par le vice-ministre des affaires étrangères, Nze Okue Mifumu,  a sillonné cette région, les 29 et 30 juillet 2019, pour s’enquérir du problème, recenser les migrants clandestins et menacer d’expulsion ces « sans papiers  » non déclarés au service d’immigration.

La CEMAC affaiblie

Le  2 août 2019, le président Obiang a réuni tous les responsables politiques et administratifs et les commissaires de police de cette partie continentale pour faire le point sur la situation.

Malabo reproche aux autorités camerounaises leur laxisme dans le développement de ces flux migratoires non maîtrisés, qui constituent désormais une réelle menace pour le pays. Devant l’immobilisme camerounais, une solution à la Trump pourrait bien être l’option choisie.

Un nouveau problème pour l’intégration au sein de la CEMAC dont le siège est à Malabo.

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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 01:08
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

 

LA MINUSCA ENCOURAGE LES JEUNES A RESTER ENGAGES DANS LA PROMOTION DE LA PAIX ET DU VIVRE ENSEMBLE

 

Bangui, le 14 août 2019 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) encourage la jeunesse centrafricaine à rester engagée dans la promotion de la paix, de la réconciliation et du vivre ensemble dans le pays. Au cours de la conférence de presse hebdomadaire mercredi à Bangui, le porte-parole Vladimir Monteiro a souligné que la MINUSCA mène de nombreuses initiatives dans ce sens pour permettre aux jeunes centrafricains d’apporter leur contribution à la paix et à la sécurité, conformément à la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

« La MINUSCA continuera à travailler avec les autorités, les partenaires internationaux et les organisations de la jeunesse en vue de la mise en œuvre de la résolution 2250, notamment à travers le partenariat, le renforcement des capacités et la sensibilisation des jeunes »,  a-t-il indiqué après la célébration de la Journée internationale de la jeunesse, le lundi 12 août. A cet effet, il a cité le lancement mardi, au quartier Boy Rabe à Bangui, de la quatrième édition du programme Vacances en paix et pour la paix (VPP) autour des valeurs de la non-violence, du respect de la vie et de la dignité humaines, de la diversité et de la libre circulation.

 

Sur la réforme du secteur de sécurité, le porte-parole a annoncé que dans le cadre de l’octroi à la RCA d’armes et de chargeurs par la Russie et la France respectivement, la MINUSCA a été sollicitée par le Gouvernement centrafricain pour apporter « son aide à la mise en place d’un système de sécurité facilitant le transport » de ces matériels vers le lieu de stockage. La demande a été faite la semaine dernière au cours de deux réunions à laquelle ont également participé le Gouvernement et des partenaires.

 

La situation des droits de l’homme a été abordée par le porte-parole qui a annoncé la documentation par la MINUSCA, de 14 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire ayant affecté au moins 21 victimes. Il a souligné que l’UPC est le principal auteur de ces actes devant d’autres groupes armés, les appelant tous au respect des droits humains des personnes ainsi que de leurs engagements contenus dans l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA).

 

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Major Mohamed Ouabed, a fait part d’une situation sécuritaire relativement calme sur le territoire, avec la baisse des scènes de violence. Toutefois, « la force reste vigilante et mène ses activités opérationnelles destinées à protéger les civils dans le but d’anticiper toute forme d’insécurité », a-t-il dit, précisant que les casques bleus ont mené 2558 patrouilles terrestres et aériennes dans tout le pays, la semaine écroulée, dont certaines avec les FACA.

 

Le porte-parole de la Police, l’Adjudant-chef Alioune Kassé, a pour sa part, souligné la clôture de la formation des formateurs des éléments des Forces armées centrafricaines et des Forces de sécurité intérieure qui doivent intégrer les Unités Spéciales Mixtes de Sécurité (USMS) au camp Leclerc à Bouar, avec l’appui de la Police de la MINUSCA. « Les 31 stagiaires ont suivi des cours théoriques et pratiques dans des domaines tels que le tir de combat, la topographie, l’auto-défense incluant entre-autres des techniques de contrôles d’individus, le maintien de l’ordre, la Police judicaire et les transmissions », a-t-il dit. Il a ajouté que l’un des objectifs de cette formation est d’outiller les Forces de défense et de sécurité pour leur montée en puissance et mieux prendre en compte la sécurité du pays ».

 

Strategic Communication & Public Information Division

MINUSCA HQ, PK4 Avenue B. Boganda

BP : 3338, Bangui, Central African Republic

Mail : publicinformation-minusca@un.org

Website: https://minusca.unmissions.org │

Facebook https://www.facebook.com/minusca.unmissions

Twitterhttps://twitter.com/@UN_CAR

Flickr https://www.flickr.com/photos/unminusca/

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 22:41
Faustin-Archange Touadéra: en RCA, «les armes doivent se taire»

 

Par RFI Publié le 13-08-2019 Modifié le 13-08-2019 à 08:35

 

La RCA fête, ce 13 août, le 59e anniversaire de son indépendance. Alors que le pays vit une crise militaro-politique depuis plusieurs années, le chef de l’État, le professeur Faustin-Archange Touadéra, a prononcé une déclaration qui appelle au patriotisme et à l’unité du pays alors qu’un accord de paix critiqué a été signé en février 2019 à Bangui entre le gouvernement et quatorze groupes armés.

Le chef de l’État appelle les Centrafricains à s’inspirer de l’esprit du 13 août qui a permis aux pères fondateurs d’accéder à l’indépendance. Pour Faustin Archange Touadera, « les armes doivent se taire et laisser la place à la réconciliation et à la reconstruction. J’entends ici et là des voix contraires, discordantes s’élever dans le pays. J’entends ces voix qui s’interrogent. Je les comprends. »

Pas de paix sans dignité

« À ceux qui doutent, mon message est le suivant, poursuit le chef de l'État : nul accord de paix n’est parfait. Cet accord est à l’image de ce que nous sommes des êtres perfectibles mais cet accord est ce que nous avons de plus proche d’une paix définitive et durable. A ceux qui douteraient encore je tiens à les rassurer qu’il n’y a pas de paix possible si la dignité n’est pas rendue aux victimes, pas de paix possible si nous n’accédons pas aux demandes des victimes, pas de paix possible si la justice n’est pas au rendez-vous. »

« Mes chers compatriotes, conclut Faustin Archange Touadera, je vous invite tous à apporter votre petite pierre à l’édifice. Il nous appartient désormais de relever ensemble ce défi soyons les volontaires de la paix. »

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 22:24
Centrafrique : Un ministre accuse le maire de Bangui de détournement

Lu pour vous 

 

Le maire de Bangui accusé de malversation financière

 

https://www.bbc.com/afrique/region-49327530  13 août 2019

 

C'est le ministre centrafricain de l'Administration du territoire, qui a accusé l'actuel Maire de Bangui, grand allié du président Touadéra, de malversation financière.

Selon le ministre, sur plus de 2 milliards FCFA de recettes perçues, seulement 13 millions ont été investis en faveur de la population, soit un taux de 0,6% pour l'ensemble du montant.

selon le correspondant de la BBC, Un rapport du Ministère de l'Administration du territoire publié la semaine dernière à Bangui, note que la masse salariale et les "assimilés" de 2018, occupent plus de 141% des recettes propres de la commune.

Augustin Yangana Yahoté, en charge de l'Administration du territoire explique que la goutte d'eau qui a débordé le vase, est le rejet du compte administratif de la Mairie de Bangui.

La présidentielle fixée au 27 décembre en Centrafrique

Un consensus trouvé en Centrafrique

 

Interrogé, le Maire de la ville de Bangui, mis en cause dans cette affaire, qui s'est réservé de tout commentaire pour l'instant, a révélé qu'il y'a beaucoup de contre-vérités dans le rapport produit par son ministère de tutelle.

Il a promis de réagir après s'être entretenu sur le sujet avec le Président de la République, son allié du second tour de la Présidentielle de 2016.

L'on signale que le phénomène de détournements chroniques qui affecte tous les secteurs de l'administration publique en Centrafrique a amené la Haute Autorité à la Bonne Gouvernance à faire une dénonciation publique début août, annonçant des actions judiciaires.

Le Ministre remet le sort de l'actuel maire entre les mains des inspections générales d'Etat et des Finances.

 

 

Centrafrique : Un ministre accuse le maire de Bangui de détournement

 

https://africtelegraph.com  BY: ABDOULAYE TRAORE 13 AOÛT 2019

 

Émile-Gros Raymond Nakombo, maire de Bangui, est accusé par le ministre centrafricain de l’Administration du territoire de malversation financière.

Le ministre en charge de l’administration du territoire a chargé le maire de Bangui. Il l’accuse d’être l’auteur de malversations financières.

Sur plus de 2 milliards FCFA de recettes perçues, rapporte BBC, seulement 13 millions ont été investis en faveur de la population, soit un taux de 0,6% pour l’ensemble du montant.

Le maire de Bangui n’a pas fait de commentaire pour le moment et souhaite s’entretenir avec le Chef de l’Etat Archange Touadera avant de réagir.

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 22:22
République Centrafricaine : La baisse des violences est tendancielle

Lu pour vous

 

(Agence de presse panafricaine)  août 13, 2019 C’est l’avis donné par le chef de la Minusca, le Sénégalais Mankeur Ndiaye

 « En un an, les violences en Centrafrique ont diminué des deux-tiers. Ce n’est pas une embellie passagère mais une baisse tendancielle. Nous avons engagé le désarmement, démobilisation et réintégration. Il y a des progrès qui ont été faits. Des progrès qui sont très timides nous le reconnaissons, mais nous travaillons surtout avec les garants, l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale. Un accord de paix n’est jamais parfait, un accord de paix, c’est un compromis dynamique… ».

Depuis que l’accord a été signé tout le monde constate qu’il y a forte baisse des violences partout dans le pays, pas seulement à Bangui, mais également sur le terrain.

Mankeur Ndiaye précise que : « Sur les 11 bureaux de terrain que nous avons, j’en ai déjà visité sept. Je discute avec les autorités administratives locales, avec les populations, et ils constatent tous que depuis le 6 février, il y a une baisse tendancielle des violences».

Par N.E.R App

 

 

RCA/Selon le représentant de la Minusca, la baisse des violences est tendancielle

 

Par Afrique Matin 

 

« Les violences dans ce pays  ont diminué des deux tiers  en un an», affirme Mankeur Ndiaye qui, depuis le 1ermars 2019, est le chef de la Minusca et le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en Centrafrique.  Mais s’agit-il d’une embellie passagère ou d’un vrai tournant ? Il fait ici le diagnostic de cette période de  crise.

Trois fois moins de violation des droits de l’homme au premier semestre 2019 par rapport au premier semestre 2018. Cette décrue des violences est-elle liée à l’accord de paix du 6 février 2019 signé au Soudan entre quatorze groupes armés et le gouvernement centrafricain ?

Il y a un impact parce que nous comparons toujours la situation après le 6 février et la situation avant le 6 février. Du point de vue de nos analyses, cette baisse générale des exactions s’explique par trois raisons. La première, c’est l’engagement de certains groupes armés dans la mise en œuvre de l’accord, principalement les principales forces le FPRC [Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique], l’UPC [Union pour la paix en Centrafrique] et le MPC [Mouvement patriotique pour la Centrafrique]. Deuxième facteur explicatif, c’est le déploiement de la Minusca, également dans la zone de Sidiki [Abass] des 3R, zone de Koui à la suite des massacres du 21 mai dernier. Et le troisième facteur, c’est la fin également de la période de la transhumance.

Vous parlez du massacre -, près de Paoua avec plus d’une quarantaine de personnes tuées . Mais beaucoup de Centrafricains reprochent à la Minusca de ne pas avoir réagi sur le terrain militaire et de ne pas avoir essayé d’arrêter les agresseurs ?

Quand vous avez un accord de paix, vous devez tout faire pour accompagner cet accord, aider toutes les parties à sa mise en œuvre, parce que l’accord de paix a été signé par 14 groupes armés et le gouvernement. Donc, nous essayons de marcher sur nos deux jambes, accompagner le processus politique, mais également rester fermes, avoir une position robuste dans l’exécution de notre mandat et de notre mission. Donc, quand il s’est agi des éléments de Paoua, ce que j’ai fait, j’ai dépêché une délégation immédiatement sur le terrain pour parler aux populations, les rassurer, éviter qu’il y ait des représailles, parler à Sidiki [Abass] qui a reconnu effectivement que les responsables de ces massacres, ce sont ses éléments des 3R. Et ensuite, exiger de lui qu’il les arrête. Il en a arrêté trois qui ont été rendus à la justice. Nous continuons d’exiger qu’il arrête les autres. Et maintenant, la justice poursuit son cours et nous mettons l’accent, nous, surtout, sur l’accompagnement du processus politique qui est en cours et qui a permis d’avoir l’accord de Khartoum, l’accord de Bangui, et d’avoir un gouvernement inclusif, aussi avec les groupes armés, et d’avoir également les groupes armés dans les différents comités au plan national et des préfectures.

A la suite du massacre de Paoua, le chef du groupe armé 3R [Retour, Réclamation et Réhabilitation], Sidiki Abass, a livré trois de ses combattants. Mais est-ce que ce ne sont pas de simples boucs émissaires, est-ce que ce n’est pas lui le vrai responsable ?

La justice nous le dira. Certains auteurs arrêtés ont reconnu la responsabilité première de Sidiki [Abass] en tant que meneur d’hommes, mais nous ne pouvons pas nous transformer en juge. Nous attendons les conclusions de la Cour pénale spéciale [de Bangui].

Vous dites qu’il y a un effet Khartoum, un effet accord de paix sur le terrain. Mais cet accord prévoyait la démobilisation et le désarmement de quelque 14 groupes armés. Et aujourd’hui, on en est très loin…

Oui. Un accord de paix ne signifie pas la paix. L’accord de paix ouvre la voie vers la paix. Et la voie de la paix est extrêmement sinueuse. Les groupes armés se sont engagés à quoi ? À respecter la légitimité des institutions démocratiques du pays, respecter l’ordre constitutionnel, respecter l’intégrité du territoire et l’unité de l’État, de renoncer aux armes, à la violence. Nous avons engagé le DDR [Désarmement, démobilisation et réinsertion]. Il y a des progrès qui ont été faits, des progrès qui sont très timides, nous le reconnaissons. Mais nous travaillons surtout avec les garants, l’Union africaine et la Communauté économique des États d’Afrique centrale.

« Cet accord de février, ce n’est pas un compromis, c’est une compromission avec des criminels », dit la plateforme d’opposition E-Zingo Biani, le Front uni pour la défense de la nation. Qu’en pensez-vous ?

Oui. Nous avons reçu également les responsables de cette plateforme, le Front uni pour la défense de la nation. C’est une position que nous respectons parce que c’est le jeu démocratique également qui doit éclore dans ce pays. Mais nous lui demandons de nous dire quelle est l’alternative. Continuer la guerre, jusqu’à quand ? Un accord de paix n’est jamais parfait. Un accord de paix, c’est un compromis dynamique. Et depuis que l’accord a été signé, tout le monde constate qu’il y a une baisse tendancielle des violences, partout dans le pays, pas seulement à Bangui, mais également sur le terrain. Parce que moi, j’ai fait le terrain : sur les 11 bureaux de terrain que nous avons, j’en ai visité déjà sept où j’ai discuté avec les autorités administratives locales, où j’ai discuté avec les populations, les membres des comités préfectoraux de mise en œuvre et les acteurs de la société civile. Ils constatent tous que, depuis le 6 février, il y a une baisse tendancielle des violences. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de violences. Non, les violences continuent, les exactions sur les populations civiles continuent. Les barricades et les barrières continuent. Les taxations illégales continuent. Mais nous notons une décroissance, ce qui est positif. Nous notons qu’il y a beaucoup de résistance parce qu’il y a beaucoup d’intérêts en jeu, parce que ces groupes contrôlent l’essentiel du territoire national centrafricain, continuent à exploiter illégalement les ressources minières. Nous le savons, mais nous travaillons avec ces groupes. Et nous nous réjouissons du fait qu’aucun des signataires de l’accord n’a décidé de sortir de l’accord.

Il y a des résistances de la part des groupes armés, dites-vous. Et justement le dernier rapport de suivi des experts de l’ONU dit que certains de ces groupes, comme le FPRC de Nouredine Adam et de l’UPC d’Ali Darassa, ont profité de cette trêve de ces derniers mois pour renforcer leur mainmise sur certains territoires et pour acheter des armes…

Nous suivons la situation sur le terrain. J’ai dépêché il y a quelques jours une mission auprès d’Ali Darassa à Bambari pour lui rappeler ses responsabilités et ses engagements. Il s’est engagé en tout cas à mieux contrôler ses éléments, parce que parfois l’interaction entre les chefs et les éléments qui sont sur le terrain n’est pas évidente. Chaque fois qu’il y a des cas de violations constatés, j’utilise mon mandat de bons offices, je dépêche des missions. J’en ai dépêchées auprès d’Al-Khatim [Mouvement patriotique pour la Centrafrique, MPC], j’en ai dépêchées auprès de Sidiki des 3R. Et donc l’essentiel pour moi, c’est que les responsables des groupes réaffirment leur engagement pour rester dans l’accord, mais nous les mettons au défi également de respecter les engagements sur le terrain. Et nous n’excluons aucune option.

Vous vous félicitez de l’arrivée au gouvernement d’anciens chefs rebelles. Mais comment la justice va pouvoir enquêter sur des crimes dont les auteurs présumés viennent justement d’entrer au gouvernement ou comme conseillers à la primature ?

C’est cela qui est parfois difficile à expliquer. Être dans un gouvernement ne veut pas dire bénéficier de l’impunité, parce que l’accord ne reconnait pas l’impunité, l’accord ne reconnait pas l’amnistie. Je donne toujours l’exemple d’un pays voisin de la RCA, la République démocratique du Congo (RDC) où il s’était agi, à l’époque, pour trouver un compromis politique, de créer quatre postes de vice-présidents. Et l’un des vice-présidents, il s’appelait Jean-Pierre Bemba. Il s’est retrouvé où après ? À la CPI [Cour pénale internationale]. Donc la justice transitionnelle poursuit son cours. Ce n’est pas parce que tel chef de groupe armé est ministre dans un gouvernement que la justice est éteinte pour lui. Non. Attendons que la justice assure.

Dans le quartier PK5 de Bangui, à majorité musulmane, les populations souffrent du racket des milices. Encore 5 morts le 11 juillet dernier. Il y a un an en avril 2018, vous avez tenté de reprendre le contrôle de ce quartier, mais sans succès. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Avant, il y a trois ou quatre ans, personne ne pouvait se rendre dans ce quartier du PK5. Mais aujourd’hui, les gens y vont. Nous sommes présents sur le terrain. C’est extrêmement compliqué, c’est extrêmement difficile, parce que vous avez des groupes armés qui vivent avec les populations. S’il fallait développer une offensive militaire, vous risqueriez d’avoir beaucoup de victimes civiles que nous voulons éviter. Mais nous sommes en train de travailler avec le gouvernement pour davantage sécuriser ce quartier, cette enclave musulmane dans la capitale Bangui.

Depuis 2013, les Nations unies ont décidé un embargo sur les armes à destination de la Centrafrique. Mais aujourd’hui, le gouvernement dit que c’est une entrave à son action. Qu’en pensez-vous ?

Oui. Je peux dire que l’embargo n’est pas tellement populaire, parce que les populations considèrent que l’embargo empêche le gouvernement de se doter d’armes, de défendre le pays. Au même moment où pas grand-chose n’est fait pour empêcher les groupes armés de se ravitailler en armement. Les groupes armés profitent un peu de la porosité des frontières, surtout avec le Tchad et avec le Soudan, pour se ravitailler en armes. Le Conseil de sécurité va se prononcer certainement au mois de septembre sur la levée ou non de l’embargo. Va-t-il lever concrètement l’embargo ou va-t-il encore mettre en place d’autres mécanismes d’allègement pour l’importation des armes par le gouvernement. Nous sommes là dans l’attente.

Est-ce que la compétition entre la France et la Russie en Centrafrique est un facteur d’instabilité sur le terrain ?

En tant que Nations unies, nous travaillons avec tous les acteurs qui sont présents et sans parti pris. La Russie est présente dans le domaine de la formation des Forces armées centrafricaines, et dans d’autres secteurs également dans le pays. J’ai été à Moscou en visite de travail à l’invitation du gouvernement russe, le 30 avril dernier. J’ai été à Paris également où j’ai discuté avec les autorités françaises. Ce qui nous importe pour nous, c’est que tous les acteurs qui interviennent en République centrafricaine s’impliquent dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord et en appui à l’initiative africaine.

De ces deux fonctions que vous occupez, qu’est ce qui est la plus difficile à gérer ? Chef de la diplomatie sénégalaise ou chef de la Minusca ?

.. La Minusca, c’est une mission très complexe. Mais nous sommes engagés dans cette mission avec la foi et la conviction de la réussir. Si vous comparez avec les fonctions des Affaires étrangères d’un pays comme le Sénégal, on peut voir que les tâches sont tout à fait différentes.

Tout à fait différentes et peut-être plus difficiles ?

Oui, plus difficiles, je vous le concède.

C’est plus difficile…

Tout à fait.

 Source : rfi.fr

 

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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 22:17
Centrafrique : Le Parti Kwa Na Kwa quitte le navire de la majorité présidentielle 



BANGUI, 13 Août 2019 (RJDH)--- Le parti Kwa Na Kwa de l’ancien Président centrafricain, François Bozizé a quitté la majorité présidentielle pour rallier l’opposition démocratique. C’est la décision parti à l’issue du conseil national ouvert ce 12 août à Bangui. 

A 18 mois des élections en Centrafrique, les partis politiques commencent à clarifier leur position. C’est le cas du Parti Kwa Na Kwa, ancien allié du Président Faustin Archange Touadera qui vient de claquer la porte de la majorité présidentielle pour se positionner désormais dans l’opposition démocratique.

Pour la même circonstance, la problématique du retour de l’ancien président, François Bozizé dans son pays, revient dans les discours prononcés par les Présidents et représentants des partis dont le Mouvement Cœur-Uni (MCU), du Président, Touadéra ancien 1er vice-Président du KNK.

Presque tous les Partis politiques invités à cette cérémonie sont pour le retour de Bozizé et de Djotodia, les anciens Présidents en exile, « votre bataille est légitime, François Bozizé doit rentrer chez lui », a déclaré, le Président du Parti PNCN, Cyriaque Gonda.

Fidèle Ngouadjika, ministre Conseiller Spécial du Président, Représentant du Chef de l’Etat hué par les militants du KNK a tenté de désamorcer la bombe en expliquant les raisons qui empêchent le Président fondateur de rentrer au pays, « le Président Touadera veut que François Bozizé rentre à Bangui dans la dignité. Il doit rentrer comme un fils digne de ce pays sans escorter par les forces de la MINUSCA. Quand la Séléka a pris le pouvoir  en 2013, nous étions tous en exile et même après notre retour, nous avons été auditionnés par la justice, je faisais partie de ce lot de personnes et même mon cadet Francis Bozizé », a indiqué Fidèle Ngouadjika.

Un argument balayé d’un revers de main par Bertin Béa, Secrétaire général du KNK, qui a même qualifié de « désillusion pour le peuple ».

«Pour beaucoup d’observateurs, le nouveau Président élu allait tourner la page de la transition politique jugée chaotique. Aujourd’hui, l’espoir que cette élection a suscité laisse plutôt place à une profonde désillusion. Comme tout le monde peut le constater, la feuille blanche qui lui a été confiée se noircir au fil de jours », a précisé sans langue de bois Bertin Béa.

Pour le KNK, la seule personne qui empêche Bozizé de rentrer,  c’est le Président  Touadéra. C’est pourquoi, « après avoir dressé ce réquisitoire accablant contre le régime du Président Touadéra, beaucoup peuvent s’interroger sur le positionnement du KNK sur l’échiquier politique nationale sans vouloir trahi avant la lettre le résultat des débats internes  qui se feront sur cette question précise, pour ceux qui sont pressés de savoir notre position avant la délibération des travaux, aujourd’hui le Parti Kwa Na Kwa se situe dans l’opposition », a-t-il conclut.

Le 3ème conseil national ordinaire du Parti KNK qui a ouvert à Bangui ce lundi, 12 Août, prendra fin le 18 Août 2019 à Bossangoa dans l’ouham, le fief du Président fondateur de ce Parti.

Jefferson Cyrille Yapende           

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