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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 16:37
Centrafrique, l’armée d’Idriss Déby se concentre à la frontière
Centrafrique, l’armée d’Idriss Déby se concentre à la frontière

Lu pour vous 

 

https://mondafrique.com  By Nicolas Beau  6 février 2019

 

 

Près de 5000 militaires tchadiens se sont concentrés dans trois communes proches de la frontière entre le Tchad et la Centrafrique. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les autorités de Bangui

A Bangui, capitale de la Centrafrique, le danger vient souvent du Nord où le Tchad n’a jamais hésité à déstabiliser son voisin centrafricain pour imposer ses commensaux à la tête de l’Etat. Or ces derniers jours, 4600 militaires tchadiens appartenant à des Groupements Tactique Inter Armes (GTIA) se sont massés sur trois communes proches de la Centrafrique: le premier rassemble 3000 hommes près de la commune de Sarh; le second mobilise 800 militaires à Moissala et le troisième, 800 hommes à nouveau à Gore.

Le général Daoud aux commandes

C’est le ministre de la Défense, le général Daoud, ex ambassadeur à Bangui, qui surveille ces vastes manoeuvres. Dans quel but? On craint à Bangui des raids de l’armée tchadienne sur les communes de Batangafo, Bossangoa ou Paoua qui saboteraient les accords qui viennent d’être signés au Soudan entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés du Nord du Mali.

Rien n’indique en effet que le Tchad souhaite une normalisation de la situation en Centrafrique dont il ne soit pas le pivot. Idriss Déby n’avait d’ailleurs pas cru bon de se déplacer lui-même au Soudan pour participer à la rencontre de janvier 2019.

La France, alliée du Tchad

Le président Déby sait qu’il peut compter, dans ses sombres desseins, sur la France d’Emmanuel Macron. Début janvier, les Mirages français sont venus en effet à la rescousse des tchadiens dans les deux régions du Tibesti et de l’Ennedi. Depuis des lustres, l’armée tchadienne y combat les rebelles armés de l’Union des forces de la résistance (UFR). Lesquels ne sont pas des islamistes, encore moins des djihadistes, mais juste des opposants de toujours à la dictature d’Idriss Déby. Etait-ce le rôle de la France, alliée au Tchad dans la seule lutte contre le terrorisme? Pas vraiment…

C’est dire que la « realpolitik » d’Emmanuel Macron n’a rien à refuser à l’allié tchadien,. Et surtout pas s’il met à mal le pouvoir centrafricain sorti de l’orbite française pour s’allier avec les Russes, vécus désormais comme le concurrent numéro un de la France en Afrique.

 

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 16:33

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A LA CÉRÉMONIE DE SIGNATURE DE L’ACCORD DE PAIX ENTRE LE GOUVERNEMENT ET LES GROUPES ARMES

 

Bangui 06. 02 . 2019

 

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale

Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine

Excellence, Monsieur le Commissaire Paix et Sécurité de l’Union Africaine,

Messieurs les Ministres représentants les pays de l’Initiative Africaine pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine, et de la CEMAC

Monsieur le Représentant Spécial du Président de la Commission d l’Union Africaine,

Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nation Unies,

Messieurs et Mesdames les Présidents des Institutions Républicaines

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement 

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de mission diplomatique et Représentants des Organisations Internationales

Mesdames, Messieurs, les Ministres, Membres de la Délégation gouvernementale au Dialogue de l’Initiative africaine,

Mesdames et Messieurs les Représentants du Groupes Armés,

Chers compatriotes représentants les forces vives.

 

C’est avec une réelle et vive émotion que je prends la parole pour apporter une bonne nouvelle à mes compatriotes Centrafricaines et Centrafricains. Le jour s’est levé pour nous, chers compatriotes. Le rêve que nous avons tant caressé devient réalité. Les sacrifices consentis, les privations endurées n’auront pas été vains. La paix est à notre portée.

 

Mes chers compatriotes,

 

La date du 06 Février 2019 sera gravée en lettre d’or et de manière indélébile dans les annales de l’Histoire de la République Centrafricaine. Cette date historique nous met face à nos responsabilités ! Ensemble, dans la célébration de notre diversité et le respect de la différence, je vous invite à nous mettre à l’œuvre pour bâtir une RCA nouvelle, réconciliée, apaisée, ambitieuse, généreuse et dynamique.

 

Il vous souviendra que dès ma prise de fonction, le 30 mars 2016, j’ai pris l’engagement solennel de faire du retour à la paix une priorité impérative. Gagner le pari de la paix et de la sécurité était et demeure pour moi et mon Gouvernement, une très grande préoccupation. Parce qu’il est impensable de parler de développement et d’amélioration du bien-être dans un contexte troublé. En effet, dans ce nexus paix et développement, l’absence de paix demeure la contrainte majeure à laquelle nous sommes confrontés.

 

En veillant au respect de la volonté populaire, je me suis engagé à soutenir sans réserve le processus de dialogue afin de parvenir à une paix juste et durable entre toutes les composantes du peuple centrafricain. Avec le soutien vigilant et exigeant de vous tous, mes chers compatriotes, j’ai tendu la main à nos sœurs et à nos frères des groupes armés. J’ai tendu cette main sincère pour les appeler à nous retrouver et à nous parler car nous ne sommes pas des ennemis.

 

La vérité est qu’à  un moment de l’Histoire de notre beau pays, certains de nos concitoyens n’ont pas senti la présence protectrice, apaisante et rassurante de l’État. Certains de nos compatriotes ont même pensé que la République les avait abandonnés, les reléguant dans des positions des citoyens de seconde zone.

 

Aux uns et aux autres, à vous tous mes chers compatriotes, à chacun de vous, Centrafricaines et Centrafricains, je veux redire avec gravité et humilité que je ne ménagerai aucun effort pour faire de la RCA, notre patrimoine commun, un pays sûr pour tous et pour chacun.

 

S’il a plu à Dieu tout puissant de nous offrir en bénédiction un pays fertile et nanti de plusieurs ressources, n’oublions jamais que la première richesse, c’est L’être Humain, vous et Moi. Le rendez- vous de la paix n’aura de sens que si nous célébrons notre unité dans la diversité. JE NOUS y engage ici et maintenant !

 

Mesdames, Messieurs,

Chers compatriotes,

 

Ce jour est pour nous un moment historique ! Il consacre l’aboutissement de près de 3 années d’efforts acharnés pour renouer les fils distendus du dialogue  afin de recoudre le tissu social fortement ébranlé par plusieurs années de violences fratricides et de privations qui ont condamné nombre de compatriotes à endurer des conditions de vie infra humaines.

 

S’il est arrivé que mon engagement soulève des doutes quant à sa sincérité, le résultat de ce processus de dialogue est une preuve que mon plus grand souci était et demeure celui de m’assurer que les préoccupations de mes compatriotes, Chrétiens, musulmans et animistes de tout le pays étaient pris en compte. Les fils et les filles de Centrafrique se sont alors retrouvés à la table du Dialogue, véritable arbre à palabre, pour discuter de  l’avenir en posant les bases pour réaliser notre rêve commun de paix et de réconciliation en République Centrafricaine.

 

Ce rendez- vous de paix est aussi historique car c’est la première fois dans l’histoire des processus de dialogue dans notre pays que l’on a accordé autant de temps aux groupes armés pour qu’ils s’expriment clairement sur leurs revendications. Vous ne le savez que trop bien, la quête d’une paix durable en RCA a fait l’objet de nombreux rendez-vous, dans plusieurs endroits du monde. Ce qu’il faut souligner et ce dont nous nous réjouissons, c’est qu’avec le processus actuel, l’essentiel des discussions s’est fait en terre centrafricaine. A Bangui, à Bambari, à Birao, à Bouar, à Bria, ou encore à Kaga-Bandoro, les responsables des groupes armés ont fait part de leur ferme volonté de participer à l’écriture de la page heureuse de la paix de leur pays.

 

Ainsi, lorsqu’ en date du 30.08.2018, J’ai reçu du Panel de Facilitation de l’Initiative africaine les revendications que les groupes avaient harmonisées lors de leur rencontre de Bouar, ce sont toutes affaires cessantes que j’ai donné les instructions les plus appropriées afin de préparer les réponses idoines, donnant ainsi un socle à l’Accord qui soit juste, équilibré et durable. Un accord qui soit le reflet de cette volonté partagée d’offrir aux générations présentes et à venir des raisons d’espérer et de croire dans leur pays. Accord de paix qui soit juste et équilibré. Un Accord qui réhabilite les victimes et répare les cœurs. Un Accord qui soit une véritable Charte de réconciliation pour les Centrafricaines et les Centrafricains. Voilà véritablement mon ambition de paix pour notre beau pays.

 

C’est dans ce contexte que toutes les parties ont répondu au rendez-vous de Khartoum.

Pendant dix jours, dans une ferveur sans nulle autre pareille, tous les acteurs ont démontré leur attachement à l’obligation collective de faire cette traversée nous délivrant des côtes de la haine, de la guerre et de la négation de l’autre différent pour rejoindre, mains dans la main, unis comme un seul homme les beaux rivages de la paix, de l’espoir et de l’espérance afin de célébrer  ensemble LA VIE !

 

Pendant toute cette traversée qui n’avait rien d’un voyage de plaisance, chacun des passagers avait pour seul bagage les paroles d’un Sage qui avait rappelé que c’est souvent au moment d’accoster que les navires chavirent. Au vu de la moisson des réflexions croisées, nous sommes plusieurs à tenter que les conseils du sage ont été entendus et suivis.

 

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

 

 Pour parvenir à cet Accord final, il nous a fallu travailler avec tous nos partenaires, amis de la République Centrafricaine, afin de trouver le meilleur cadre de dialogue. Dans un élan de générosité et de fraternité, la République sœur du Soudan nous a offert son soutien et son hospitalité. Elle a pris sur elle de nous  accompagner sur le chemin de la paix en accueillant  sur son sol, le Dialogue inter- centrafricain pour la paix et la réconciliation.

 

Centrafricaines, Centrafricains, en votre nom et au mien propre, de manière solennelle, depuis Bangui, je renouvelle ma plus profonde gratitude à mon très chers grand frère, Son Excellence Omar EL-Bechir pour son appui. La Nation centrafricaine lui sera éternelle reconnaissance.

 

  C’est l’occasion de rappeler  que le travail de l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation en RCA n’aurait pas connu d’heureuse issue  sans l’engagement total de l’Union Africaine. A mon frère, le Président de la Commission de l’Union Africaine, Son Excellence Moussa Faki Mahamat, je renouvelle ma profonde reconnaissance pour son appui aux efforts de paix en RCA. Monsieur le Président, votre représentant, le Facilitateur Ismaïl Chergui  a été un digne messager de la solidarité africaine portée par l’UA à l’égard de mon pays.

 

Monsieur le Commissaire Chergui, vos talents de fin négociateur ont donné à la RCA un bel Accord. Je tiens à vous rendre hommage appuyé au nom du peuple centrafricain.

Ce dialogue n’aurait pas été possible sans l’appui des amis de toujours auxquels mes plus vifs remerciements sont adressés. Appuis matériel et financier, support technique et logistique, soutien politique et diplomatique, rien ne nous aura fait défaut pour faire du Dialogue de Khartoum le succès vécu, et l’expression de la solidarité internationale. A la CEEAC et aux pays de la sous-région, aux Nation Unies et leur mission en RCA, la MINUSCA, à la Fédération de Russie, à l’Union  européenne, aux Etats-Unis d’Amérique à la France, à la Chine au Pape François à San ’t Egidio, j’adresse mes plus sincères remerciements.

 

Mesdames, Messieurs,

Chers Compatriotes,

 

En prenant la route de Khartoum par des voies séparées, nous en sommes revenus par une seule et même voie ! C’est l’expression que toutes les parties au dialogue ont pris  l’engagement d’aboutir à un Accord de paix qui être traduit dans les faits.

 

Oui, nous n’allons pas nous dérober. Nous avons réussi à bâtir des compromis historiques, à plus d’un titre. Je ne trahirai pas mon peuple. Je ne renierai pas mon Serment ! Je mettrai toutes mes énergies pour que l’Accord de paix conclu à Khartoum et signé à Bangui soit mis œuvre.  

 

Je tends une nouvelle fois la main aux groupes signataires de l’Accord pour que nous nous mettions ensemble pour poser les bases des prochaines étapes. Ensemble, nous avons lu les pages douloureuse écrites en lettres de sang de notre passé. Aujourd’hui, du haut de cette tribune, je vous appelle à consolider notre union sacrée pour écrire ensemble en lettres d’or de nouvelle pages de notre pays en partage, De nouvelles pages d’une fraternité et d’une dignité retrouvée pour la paix et la prospérité des générations présentes et à venir.

 

Dans les meilleurs délais, nous devons nous retrouver pour que les premiers actes concerts soient posés sur la nouvelle voie de la paix. Pour cela, les prochaines semaines m’offriront l’opportunité de me rendre en provinces, pour porter la bonne nouvelle de la paix à mes compatriotes. Le dialogue doit se poursuivre afin de faire vivre la paix et posant des actes clairs et concrets qui répondent aux interrogations du peuple.

 

En ce qui concerne la question politique, je souhaite qu’ensemble, nous posions les bases solides d’une nouvelle gouvernance, inclusive à tous les niveaux. Et pour ce faire, nous allons nous investir pour garantir des niveaux élevés de capacités, de compétences et d’intégrité des acteurs. En plus de cela et de manière concrète, il sera mis en avant, notamment, la conduite diligente du processus d’adoption du code sur les collectivités locales dont la mise en œuvre va nous permettre d’élargir la base de participation aux affaires publiques de toutes les parties prenantes à l’Accord, en assurant que la décentralisation participe davantage à affermir le rêve d’une nation plurielle, d’un pays uni et d’un peuple solidaire partageant une communauté de destin. C’est dans cet esprit que nous pensons faire de la différence positive afin de corriger les carences d’un passé dont les effets pervers nos hantent encore aujourd’hui.

 

Le renouvellement du cadre de gouvernance politique nous recommande de disposer d’un cadre référentiel mettant clairement en exergue les indicateurs de bonne gouvernance qui constitueront le tableau de bord de tous les dirigeants, de la base au sommet soit largement partagé afin d’accroitre de manière objective l’exigence de redevabilité des agents et autres mandataires publics.

 

Dans l’idée de renforcer l’ancrage démocratique dans notre pays à travers la modernisation de la vie et de l’espace politiques, nous travaillerons à redynamiser le cadre de fonctionnement des partis politiques afin qu’ils soient aussi des vecteurs de promotion des droits de l’homme et la culture de la paix pour que l’unité centrafricaine soit une réalité dans la diversité des opinions et des sensibilités. C’est dans ce sens que nous lancerons le travail de réflexion sur la manière d’offrir aux dignitaires une place décente dans la société centrafricaine, notamment, en mettant en place le statut qu’il sied de conférer aux anciens Chefs d’Etat.

 

L’une des ambitions portées par ce processus de paix, c’est qu’à terme, les Centrafricaines et les Centrafricains soient fédérés autour d’une vaste réflexion sur la citoyenneté et les principes de laïcité portés par la constitution qu’ils ont eux-mêmes adoptée par referendum. Cette discussion sur les sujets de la citoyenneté, de la laïcité et de la protection des minorités constitue une opportunité pour que les acteurs de tous les horizons se conviennent sur les actions et autres mesures à mettre en œuvre pour améliorer le cadre légal et réglementaire en s’assurent que les lois régissant le fonctionnement des institutions en République Centrafricaine sont expurgées de toute disposition pouvant sembler consacrer une quelconque pratique discriminatoire.

 

Relativement à la problématique de la justice et de la réconciliation nationale, Je suis particulièrement heureux que, dans leur grande sagesse, toutes les parties au Dialogue de Khartoum, se soient convenu de réaffirmer le  principe de lutte contre l’impunité pour mettre en avant le triptyque justice, Réparation et Réconciliation. Sans attendre, nous allons nous atteler à la mise en place d’une commission inclusive qui sera le dispositif approprié pour  offrir à nos compatriotes les instruments d’une justice qui promeut la vérité, la réhabilitation des victimes et la réconciliation nationale. Ses conclusions alimenteront le travail de la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation qui sera opérationnelle avant la fin du premier semestre 2019.

 

La crise tragique et multidimensionnelle a généré des traumatismes aussi profonds que graves. Dans le sens d’amorcer le difficile processus de réparation et de guérison des traumatismes, nous devrons prendre les précautions nécessaires pour interagir avec les associations des victimes ainsi qu’avec tous les partenaires afin de mettre  sur pieds de manière concertée un système de réparations consensuel.

 

Il va sans dire que le premier résultat attendu de cet Accord est la cessation de toutes les violences et de toutes les exactions sur les populations civiles. Ainsi, sur le chapitre des questions de paix et de sécurité, le Gouvernement de la République Centrafricaine travaillera d’arrache –pied avec les autres parties à l’Accord pour que soient mises réellement en œuvre toutes les dispositions concernant la cessation des violences et l’effectivité du Programme National de DDRR dont nous allons revisiter les organes de gestion et de mise en œuvre. C’est à ce prix qu’il nous sera possible de créer les meilleures conditions permettant à nos compatriotes déplacés et réfugiés de regagner leurs foyers et de reprendre leurs places pour s’adonner aux activités de développement.

 

Cette heureuse cérémonie m’offre l’heureuse opportunité de me réjouir du fait que, pour la première fois, l’Accord de paix donne une solution à la situation d’insécurité liée aux mouvements de bétail du fait de la transhumance qui générait de plus en plus des violences dont sont victimes les populations civiles. Avec les partenaires et les pays voisins, cette question sera dorénavant prise en charge de manière appropriée.

 

Quant aux problèmes de nature économique, l’Accord qui est signé aujourd’hui doit permettre de cesser les violences, d’instaurer un climat de paix et de s’atteler aux travaux de reconstruction et de développement dans le souci constant d’assurer une juste redistribution des richesses nationales. Notre vœu le plus ardent, c’est que toutes les parties se conviennent à accélérer la mise en œuvre du Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en république centrafricaine (RCPCA) qui a été conçu dans une démarche inclusive pour offrir à chaque préfecture et sous-préfecture ainsi qu’aux arrondissements de Bangui des projets de développement. Nous devons viser l’objectif du minimum vital commun en travaillant de sorte que dans chacune des 16 préfectures de notre pays, nous lancions urgemment des projets de développement et d’infrastructures socio-collectives de base.  

 

C’est dans ce sens que dans les jours à venir, j’engagerai les responsables appropriés à mettre en place un programme d’urgence de réhabilitation des communautés à la base à travers les chantiers d’infrastructures socio-collectives de base dans chaque préfecture ( marché, centre de santé, point d’eau, école…) par une meilleure canalisation des fonds du RCPCA et par la concrétisation des programmes de désenclavement. A côté de cela, vous n’ignorez pas que l’un des plus grands défis, c’est d’offrir des perspectives de vie et des alternatives de création de revenus. A cet effet, ce sera de travailler à l’organisation de 4 foras pour le développement régional à Birao, Bangassou, Bouar et Mbaïki. Ces rendez-vous permettront d’identifier les filières de production générant les emplois, à même d’offrir des perspectives différentes aux jeunes et aux populations. L’on peut parler des filières fruits et légumes, des filières viande-lait, des filières gomme arabique ou noix de Karité dans le Nord-Est, etc.

 

Certes, je viens de présenter de manière succincte les actions prioritaires que je compte mettre en œuvre pour soutenir la mise en œuvre de l’accord que nous venons de sceller définitivement. Je veux matérialiser les premiers des engagements que le gouvernement a pris dans le cadre dans cet Accord, tant les attentes de mes compatriotes sont immenses. En effet, le Dialogue pour la paix en RCA de Khartoum ne saura être un succès complet si nous n’apportons pas de réponses urgentes et concrètes à certaines questions bien spécifiques. C’est la seule façon de vaincre le scepticisme de ceux qui annoncent déjà l’échec de l’Accord.

 

Excellentes, Mesdames, Messieurs, Chers compatriotes,

 

Je lance un vibrant appel à toutes les autres parties à l’Accord pour que nous perdions point de temps pour e mettre en œuvre et que nous ne ménagions aucun effort pour en assurer le succès. Le peuple centrafricain nous regarde, les partenaires de la RCA nous observent et l’histoire nous jugera sévèrement si nous manquions à nos responsabilités.

Puissions-nous ensemble méditer ces paroles de l’Ecclésiaste qui sonnent à chacune de nos oreilles. Oui, chers compatriotes, il y a un temps pour tout ! Prenons la responsabilité historique d’ouvrir ce temps de la Concorde, de la fraternité et la paix dans l’unité retrouvée, la dignité restaurée et de nous engager dans le travail commun de reconstruction et de relèvement de notre Centrafrique en partage. Afin que le rêve de Boganda devienne réalité dans une RCA qui sache éduquer, nourrir, vêtir, loger et soigner tous ses enfants.

Que Dieu bénisse la République centrafricaine.

Je vous remercie.

 

DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A LA CÉRÉMONIE DE SIGNATURE DE L’ACCORD DE PAIX
DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A LA CÉRÉMONIE DE SIGNATURE DE L’ACCORD DE PAIX
DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A LA CÉRÉMONIE DE SIGNATURE DE L’ACCORD DE PAIX
DISCOURS DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A LA CÉRÉMONIE DE SIGNATURE DE L’ACCORD DE PAIX

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Centrafrique-Presse.com
7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 15:17
L'accord de Khartoum diffère des précédents selon Martin Ziguélé

 

 

jeudi 7 février 2019 05:18

 

Le président du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain, MLPC, Martin Ziguélé, un des participants au dialogue, reconnait que ce 8ème accord diffère des autres par la mobilisation des groupes armés. Ce dialogue, facilité par l'UA en collaboration avec l'ONU et la CEEAC, tire les leçons des précédents. Sur la question de l'amnistie, Martin Ziguélé reste prudent sur le commentaire d'un document que l'on a pas sous les yeux. Il demande par ailleurs aux Centrafricains de se calmer et de se rappeler que la RCA a des engagements internationaux notamment dans le cadre du statut de Rome. 

 

https://www.radiondekeluka.org/actualites/politique/33174-l-accord-de-khartoum-differe-des-precedents-selon-martin-ziguele.html 

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Centrafrique-Presse.com
7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 15:13
ONU : Omar Hilal reconduit à la Commission de la paix en Centrafrique
ONU : Omar Hilal reconduit à la Commission de la paix en Centrafrique

 

https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2Flago2.egroup.netdna-cdn.com%2Fwp-content%2Fplugins%2Flazy-load%2Fimages%2F1x1.trans.gif&t=1549547279&ymreqid=77589ae7-0a15-649b-1c28-4d000c014100&sig=Cc742gqIaQZq_OYTgCvWBQ--~C

Le Maroc est réélu à la tête de la Commission de la consolidation pour la paix en Centrafrique.

Omar Hilal, ambassadeur Représentant permanent du Maroc à l’ONU, a été reconduit, ce mardi 06 février à New York, pour la 5e année à la tête de cet organe subsidiaire de l’AG et du Conseil de Sécurité. La Commission de la Consolidation de la Paix a 3 missions : la mobilisation des ressources, la mobilisation politique de la communauté internationale et l’élaboration de conseils et de recommandations, notamment au Conseil de Sécurité.

Pour rappel, le Maroc a été le premier pays à envoyer des troupes au sein de la mission de maintien de la paix en Centrafrique (MINUSCA) et ce depuis avril 2014.

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7 février 2019 4 07 /02 /février /2019 15:01
Centrafrique: 14 groupes armés pour un seul territoire 

 

 

AFP, publié le mardi 05 février 2019 à 10h59

 

Chacun maitrisant une partie plus ou moins importante du territoire centrafricain, quatorze groupes armés sont parvenus à conclure avec les autorités de Bangui un accord de paix, paraphé mardi à Khartoum.

 

Depuis la chute du président François Bozizé en 2013, qui a marqué le début d'une profonde crise en Centrafrique, ces groupes contrôlent environ 80% du territoire, où une mission de l'ONU (Minusca) et l'armée tentent d'empêcher les violences quotidiennes.

 

- Deux influents groupes de l'ex-Séléka

 

Officiellement, la coalition de la Séléka (alliance en langue locale), à l'origine de la chute de François Bozizé, a été dissoute en 2013.

 

Mais deux groupes armés créés par d'ex-généraux de la Séléka ont aujourd'hui une grande influence: le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC).

 

Le FPRC, dirigé politiquement par Noureddine Adam et militairement par Abdoulaye Hissene, tous deux sous sanctions de l'ONU, est basé dans le nord du pays, à Birao et Ndele. L'influence du groupe s'étend jusqu'au centre du pays (de Kaga Bandoro à Bria), région riche en ressources minières.

 

L'UPC, emmené par Ali Darassa, est lui basé dans le centre, à Alindao et Bambari. Jusqu'en 2017, le FPRC et l'UPC combattaient pour le contrôle du centre de la Centrafrique.

 

Ils sont alliés depuis octobre 2017, période à laquelle ils ont signé un accord de cessation des hostilités à Ippy.

 

Un troisième ex-général de la Séléka garde une influence notable: le Tchadien Mahamat Al-Khatim, qui a créé en 2015 le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).

 

Allié du FPRC et de l'UPC, le MPC est installé à Kabo et le long de la frontière tchadienne, dans le nord du pays.

 

- Groupes antibalaka épars

 

Les milices antibalaka, créées en 2013 en réaction à la prise de Bangui par la Séléka en s'autoproclamant d'"autodéfense", sont aujourd'hui divisées en deux branches.

 

L'une est emmenée par Patrice-Edouard Ngaïssona, l'ancien "coordinateur" des milices, toujours influent, qui a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI) début janvier.

 

M. Ngaïssona est réputé proche de l'ex-président François Bozizé en exil.

 

L'autre branche dépend de Maxime Mokom (sous sanctions américaines) qui a créé une alliance avec des groupes de l'ex-Séléka en 2015 en signant les accords de Nairobi.

 

Cette alliance conclue de façon opportuniste pour assurer aux signataires le contrôle d'un large territoire, comprenait aussi le groupe armé Rassemblement patriotique pour le renouveau de la Centrafrique (RPRC), un petit groupe armé basé à Bria.

 

- D'autres petits groupes locaux

 

Dans l'ouest et le nord-ouest du pays, d'autres petit groupes armés à l'influence locale, composés de quelques centaines de combattants tout au plus, sont installés sur les couloirs de transhumance de bétail, aux frontières du Tchad et du Cameroun.

 

Parmi ceux-ci, se trouve le groupe armé Retour, réclamation et réhabilitation (3R), créé en 2016 par Abass Sidiki dans la préfecture de Nana-Mambéré.

 

Les groupes Révolution justice (RJ), le Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC) de l'ex-officier de la Séléka Ahmat Bahar, ou encore le Front démocratique du peuple centrafricain (FPDC) sont aussi présents dans la zone, riche en or et diamants.

 

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 18:42
L’Ambassadrice Lucy Tamlyn en République centrafricaine.

 

 

L’ambassade des États-Unis est heureuse d’annoncer la venue de l’Ambassadrice Lucy Tamlyn en République centrafricaine.

 

L’Ambassadrice Tamlyn a hâte de travailler avec le gouvernement et le peuple centrafricains, ainsi qu’avec d’autres amis de la République centrafricaine, pour poursuivre des objectifs communs en matière de sécurité, d’avenir meilleur et d’une République centrafricaine unifiée et fière.

 Lucy Tamlyn a été assermentée Ambassadrice américaine en République centrafricaine le 11 janvier 2019. Membre de carrière du haut service des affaires étrangères, membre du groupe des ministres-conseillers, elle était dernièrement ambassadrice américaine en République du Bénin. Elle a également été directrice du bureau de l'envoyé spécial pour le Soudan et le Soudan du Sud au département d'État, chef de mission adjointe à l'ambassade des États-Unis à Lisbonne (Portugal); Conseiller économique, Mission américaine auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques, Paris, France; Chef d'équipe de reconstruction provinciale, Erbil, Irak; et chef de mission adjoint, ambassade des États-Unis à N’Djamena, au Tchad. Elle a été membre des missions américaines auprès des Nations Unies à New York, Rome et Vienne et a également travaillé au Brésil, au Mozambique, en Colombie et à Washington.

 

L'Ambassadeur Tamlyn a obtenu un B.A. du Saint John’s College d’Annapolis, dans le Maryland, et une maîtrise de la School of International Affairs de la Columbia University à New York.

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Centrafrique-Presse.com
5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 18:31

Lu pour vous

 

https://www.lemonde.fr  Par Jeffrey Hawkins le 4 février à 17h02

 

Pour l’ancien diplomate américain Jeffrey Hawkins, les pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés ne mettront pas fin à l’instabilité dans le pays.

 

Tribune. Après dix jours de pourparlers entre le gouvernement et quatorze groupes armés de Centrafrique, la conclusion d’un accord de paix a été annoncée à Khartoum, au Soudan, samedi 1er février, sous l’égide de l’Union africaine (UA) et des Nations unies. Cet accord devrait en principe mettre fin à des années de crise dans un pays meurtri. Sauf que plusieurs aspects appellent à la prudence, voire à la méfiance.

Sur l’accord lui-même, il reste des zones d’ombres importantes, puisque son contenu n’a toujours pas été rendu public. Ainsi, on ne sait pas comment Khartoum a traité les différends majeurs, notamment la question de l’amnistie pour les chefs de guerre. Dans ce conflit aux dimensions communautaires, ethniques et religieuses, de nombreux crimes de guerre ont été perpétrés depuis le déclenchement des violences en 2012-2013. La Cour pénale internationale (CPI) prépare un certain nombre de dossiers contre des grands criminels de guerre et, à Bangui, un tribunal hybride, financé en grande partie par la communauté internationale, se met en place pour juger les seconds couteaux.

Même s’il n’existe pas de sondages fiables en Centrafrique, il est clair que le peuple a soif de justice. C’était par exemple une des revendications importantes des consultations populaires – le Forum de Bangui – en 2015. Pour cette raison, le gouvernement du président Faustin-Archange Touadera a résisté à l’idée d’amnistie par le passé. Or une des demandes principales des groupes armés était justement d’être exemptés de poursuites. Les grands chefs ne vont pas faire la paix sans s’être assurés qu’ils ne seront pas inquiétés plus tard par la justice.

Une invitation permanente au pillage

Mais les faiblesses de l’accord vont bien au-delà des compromis qui auraient été faits à Khartoum. Il y a en effet peu de chances que ces négociations mettent définitivement fin à l’instabilité en Centrafrique. D’abord, il y a une asymétrie qui rend la fiabilité de tout accord de cette nature douteuse. Le gouvernement peut parler pour le peuple centrafricain ; les groupes armés ne parlent que pour eux-mêmes.

Les milices anti-balaka ont beau dire qu’elles défendent les populations chrétiennes, les soldats de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) les populations peules et les guerriers du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) les gens du nord-est du pays, la vérité est que les groupes armés ne représentent aucune idéologie, aucune aspiration régionale ou nationale, aucun projet pour l’avenir. Ce ne sont que des bandits et des coupeurs de route qui ont largement profité de la guerre. Les changements rapides d’alliances observés ces dernières années le montrent bien. Leur objectif était la violence et le butin. Et si eux « font la paix », d’autres viendront certainement après. L’absence de l’Etat à l’intérieur du pays est une invitation permanente au pillage.

L’Etat centrafricain est déjà très faible. Or cet accord pourrait l’affaiblir encore plus. Ce genre d’accord est le plus souvent conclu entre un gouvernement et un maquis qui prétendent tous les deux à la légitimité. En Centrafrique, il n’y a pas une telle crise de légitimité. Faustin-Archange Touadera a été élu en 2016 dans une élection surveillée par la communauté internationale. A cette époque, les groupes armés ne se sont pas opposés au déroulement du scrutin et M. Touadera a gagné le deuxième tour de façon convaincante. C’est le président de tous les Centrafricains. Mettre les groupes armés en face de ce gouvernement légitime, plus ou moins sur un pied d’égalité, c’est en quelque sorte nier la volonté de l’électorat centrafricain. L’idée de donner des postes à ces groupes, sans un soutien populaire, va à l’encontre de la démocratie centrafricaine.

Présence troublante d’une délégation russe

Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’il y ait eu des pressions venues de l’extérieur, rendant l’accord suspect aux yeux des Centrafricains. Le président Touadera a longtemps insisté sur un processus de paix dirigé par son gouvernement. Celui-ci n’a pas abouti et l’UA a demandé à prendre le relais. Or les voisins de la Centrafrique qui ont donné l’impulsion à cette initiative régionale ne sont pas tous totalement désintéressés. Pour cette raison, il n’y a pas forcément une congruence totale entre les parrains régionaux de l’accord et les Centrafricains. Enfin, on note la présence plutôt troublante d’une délégation russe à Khartoum. Même si les Russes étaient là comme « observateurs », leur influence grandissante à Bangui peut laisser croire qu’ils étaient en mesure d’imposer leurs points de vue.

Il y a donc des raisons de s’interroger sur l’avenir de cet accord, en particulier lorsqu’on observe le rapport de forces entre le gouvernement et les groupes armés. Une question fondamentale se pose : pourquoi ces groupes se rendraient-ils ? Ils contrôlent des trafics lucratifs – diamants, or, bétail – qui leur sont très profitables et, dans un avenir proche, ni l’Etat ni l’opération de maintien de la paix des Nations unies ne seront capables de mettre fin à leurs déprédations à l’intérieur d’un grand pays incontrôlé et instable. Vont-ils vraiment échanger le contrôle des mines et les barrages sur les axes de transhumance contre une amnistie et quelques postes à Bangui ? Signer un accord, peut-être. Le respecter, c’est autre chose.

 

Jeffrey Hawkins, ancien ambassadeur américain à Bangui, est chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

 

Centrafrique : « On peut douter de la fiabilité de l’accord de paix annoncé à Khartoum »
Centrafrique : « On peut douter de la fiabilité de l’accord de paix annoncé à Khartoum »
Centrafrique : « On peut douter de la fiabilité de l’accord de paix annoncé à Khartoum »
Centrafrique : « On peut douter de la fiabilité de l’accord de paix annoncé à Khartoum »

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 18:18
Centrafrique: un accord paraphé à Khartoum, nouvel espoir de paix
Centrafrique: un accord paraphé à Khartoum, nouvel espoir de paix
Centrafrique: un accord paraphé à Khartoum, nouvel espoir de paix
Centrafrique: un accord paraphé à Khartoum, nouvel espoir de paix
Centrafrique: un accord paraphé à Khartoum, nouvel espoir de paix

 

 

KHARTOUM (AFP) 05.02.2019 - 15:14 - Un accord de paix entre le pouvoir et 14 groupes armés qui contrôlent 80% du territoire de la Centrafrique a été paraphé mardi à Khartoum, relançant les espoirs de paix dans ce pays pauvre meurtri par des années de conflit.

Cet accord de paix, le huitième depuis 2012, avait été obtenu samedi après une dizaine de jours de négociations à Khartoum sous l'égide de l'Union africaine (UA).

Son contenu restait toujours inconnu mardi, le texte n'ayant pas été distribué aux journalistes présents à la cérémonie de paraphe. Il ne sera rendu public qu'après la signature proprement dite, prévue à Bangui dans les prochains jours, selon les autorités centrafricaines.

L'accord a été paraphé au nom du gouvernement centrafricain par le président Faustin Archange Touadéra, venu spécialement dans la capitale soudanaise, a constaté un correspondant de l'AFP.

Le président soudanais Omar el-Béchir, dont le pays a accueilli les négociations, était présent à la cérémonie, ainsi que le président de la Commission de l'UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat.

Après avoir paraphé le texte appelé "accord de Khartoum", les représentants des 14 groupes armés, pour la plupart issus de l'ex-rébellion musulmane Séléka ou des milices antibalaka (antimachettes, qui affirment défendre les chrétiens), ont serré la main à MM. Touadéra et Béchir, devant plusieurs ambassadeurs et diplomates étrangers.

"L'accord de Khartoum ouvre la voie au retour de la paix dans notre pays, il est maintenant temps d'ouvrir une nouvelle page pour la Centrafrique", a déclaré le président Touadéra qui a lancé aux représentants des groupes armés: "rentrons ensemble à Bangui pour construire notre pays ensemble".

Parlant au nom des groupes armés, Herbert Gontran Djono Ahaba, également ministre de l'Energie, a estimé que "les difficultés commencent maintenant avec l'application de l'accord (...) crucial pour la paix".

A Bangui, Ambroise Saraga, un habitant de la capitale centrafricaine, s'est dit "très enthousiasmé" par la conclusion de ce nouvel accord de paix à Khartoum: "C'est ce que nous attendions, que deux parties qui ne s'entendent pas, se retrouvent autour d'une table".

Il a dit espérer que l'accord retiendrait ce que de nombreux Centrafricains avaient exigé lors de rencontres et forums récents, à savoir une "tolérance zéro" pour les auteurs de crimes et de violences.

- Sept accords sans suite -

Les négociations de Khartoum, lancées le 24 janvier, ont rassemblé les principaux chefs des groupes armés et une importante délégation gouvernementale.

En Centrafrique, pays de 4,5 millions d'habitants en guerre depuis fin 2012, pas moins de sept accords de paix ont déjà été signés depuis, sans qu'aucun n'aboutisse au retour de la stabilité.

Les pourparlers de Khartoum ont à un moment été suspendus à cause de désaccords, en particulier sur la question de l'amnistie des responsables de crimes et d'exactions, réclamée par les groupes armés.

Sous la pression de ses partenaires occidentaux, Bangui a toujours refusé une amnistie des chefs de guerre dont plusieurs sont sous sanctions de l'ONU ou cités pour violations des droits de l'homme dans des rapports d'ONG. D'autres sont sous la menace d'un mandat d'arrêt.

Une Cour pénale spéciale (CPS) a été créée à Bangui pour juger les crimes commis dans le pays depuis 2003, mais son activité est limitée.

Outre l'amnistie, les groupes armés exigeaient aussi "la dissolution du gouvernement et la formation d'un gouvernement de sortie de crise" dont le Premier ministre serait issu de leurs rangs.

Ils réclamaient également la mise en place de patrouilles mixtes avec les Forces armées centrafricaines (Faca) pour sécuriser le territoire qui est en grande partie placé sous leur coupe.

Ancienne colonie française classée parmi les pays les plus pauvres au monde, la Centrafrique est cependant riche en diamants, or et uranium. Les groupes armés, qui contrôlent 80% du territoire, s'y affrontent pour le contrôle de ces richesses.

Ils s'opposent régulièrement aux quelque 12.000 soldats et policiers de la Mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) qui tente en vain d'empêcher les violences.

Depuis un an, la Russie a fait une entrée remarquée en Centrafrique en livrant des armes aux Faca et en assurant la sécurité du président Touadéra.

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 18:17

 

Centrafrique : « Le futur de notre coopération sera sur une base très solide », déclare le diplomate russe Sergey Labanov en fin de mission

 

Bangui, Centrafrique 2019-02-01 (ADV) – Après huit ans d’exercice en terre centrafricaine comme ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de la Russie, Sergey Labanov a fait ses adieux ce 31 janvier au premier ministre Mathieu Simplice Sarandji.

« Le futur de notre coopération sera sur une base très solide. La Russie sera toujours aux côtés du gouvernement centrafricain dans sa quête de paix et de sécurité sur toute l’étendue du territoire », a déclaré l’ambassadeur de la Fédération de la Russie au service de la communication de la primature.

Selon les informations ADV, lors de la rencontre, les deux personnalités ont fait le tour des relations agissantes entre les deux pays amis mais aussi une rétrospective des actions impulsées par le diplomate russe au profit du peuple centrafricain.

«J’ai exprimé en certitude que ces relations ont une très belle perspective parce qu’elle a pris une base très solide depuis plusieurs années », a déclaré Sergey Labanov.

Sergey Labanov se dit convaincu que la paix, la stabilité et la sécurité sont des facteurs qui sont nécessaires au développement sociaux économiques du pays. « La fédération de la Russie est un partenaire très fiable et nous allons faire le mieux possible pour accélérer le retour de la sécurité sur toute l’étendue du territoire. Pour atteindre cet objectif, il faut avoir une coopération très intensive et aux problèmes africains, les solutions africaines », a-t-il ajouté.

Le 15 janvier, le président Russe Vladimir Poutine a nommé Vladimir Titorenko ambassadeur en Centrafrique. Vladimir Titorenko est spécialiste des « questions relatives aux nouveaux défis et menaces » et succédera alors à Sergueï Lobanov, en poste depuis 2011.

© Bur-csa – A.H / De notre correspondant régional Fridolin Ngoulou – African Daily Voice (ADV) – Retrouvez-nous sur Twitter : @ADVinfo_fr

Centrafrique : « Le futur de notre coopération sera sur une base très solide » Lobanov

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 18:16
Orange milite auprès du président Touadera pour un cadre fiscal favorable

 

Orange milite auprès du président Touadera pour un cadre fiscal favorable à l’investissement dans le pays

 

(Agence Ecofin) vendredi, 01 février 2019 09:19 - Le groupe télécoms Orange veut améliorer ses investissements en République de Centrafrique. Pour cela, il sollicite un cadre fiscal réglementaire approprié. La question a été au centre des échanges qu’ont eu Alioune Diagne, le directeur Afrique et Moyen-Orient du groupe Orange et le président de la République, Faustin Archange Touadéra, le 31 janvier 2019 à Bangui. Au cours des discussions, il a aussi été évoqué l’établissement d’un partenariat entre la société télécoms et le gouvernement pour le développement du numérique dans le pays.

Orange revendique actuellement, la place d’opérateur leader du marché télécoms centrafricain  qu’il discute avec Telecel, Moov et Azur. La société qui y fournit la technologie 3G+ depuis 2017, entrevoit dans son partenariat évoqué avec le chef de l’Etat, l’opportunité de contribuer davantage à une plus forte dissémination des TIC et du numérique dans le pays.

Actuellement, la Centrafrique, pays en crise politique, affiche un taux de pénétration du mobile et de l’Internet en dessous de 30%. Orange voudrait devenir un partenaire privilégié pour réduire non seulement la fracture numérique, mais enregistrer également un chiffre d’affaires en croissance permanente.

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