Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 17:52

 

 

PROFILS

 

République centrafricaine : les trois favoris d'un scrutin chaotique

 

http://www.liberation.fr/  Par Hélène Gully Libération — 29 décembre 2015 à 16:05

 

Après de multiples reports, le premier tour pour l'élection présidentielle du pays d'Afrique centrale aura lieu mercredi.

 

Cette fois-ci, c’est la bonne. Reportées de nombreuses fois, le premier tour de l'élection présidentielle en République centrafricaine doit avoir lieu mercredi. Dans ce pays d’Afrique centrale, les affrontements religieux durent depuis trois ans et ont provoqué la mort de milliers de personnes. Musulmans ou chrétiens, à chacun sa persécution suivant le président au pouvoir. Depuis début 2014, après la démission forcée de Michel Djotodia, une présidence par intérim est assurée par Catherine Samba Panza, ancienne maire de Bangui, la capitale de la République centrafricaine.

 

Ces élections populaires suscitent cependant peu de suspens. Malgré des chiffres qui donnent le tournis : trente personnalités en lice, les candidats sérieux se comptent sur les doigts d’une main. Trois se démarquent : Anicet Georges Dologuélé, Martin Ziguélé et Abdoul Karim Méckassoua. Des favoris guère surprenants puisque apparatchiks centrafricains. Deux d’entre eux sont des anciens Premiers ministres du défunt président Ange-Félix Patassé et l’autre, un ancien ministre de François Bozizé (le président renversé en 2013 par la rébellion musulmane). 

 

Anicet Georges-Dologuélé, le rigoureux

 

«Rassemblement, paix, développement.» La devise de son parti politique, l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA), se veut pleine de promesses. Car ces trois mots incarnent les aspirations des Centrafricains. «J’ai toujours plaisir à rappeler que, depuis 1996 jusqu’à aujourd’hui, la seule période où il n’y a pas eu une crise militaro-politique dans le pays, c’est quand j’étais Premier ministre», a expliqué Anicet Georges-Dologuélé lors du congrès de son parti, dans lequel il a été investi (sans surprise) candidat à la présidentielle.

 

A 58 ans, ce diplômé d’économie de l’université de Bordeaux, père de 4 enfants, a déjà une belle carrière politique. Premier ministre de 1999 à 2001 sous Ange-Félix Patassé, il devient ensuite le président de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC) pendant huit ans.

 

Grâce aux travaux de réfection des édifices publics qu’il a entrepris durant sa primature, Anicet Georges-Dologuélé a hérité de la réputation de «Monsieur Propre». Selon ses propres termes, il a «les capacités, l'expérience, la légitimité et la motivation» pour diriger le pays. En toute modestie. 

 

Martin Ziguélé, haut en couleurs

 

Le soixantenaire aux chemises multicolores préconise une vraie proximité avec les électeurs. Martin Ziguélé privilégie le terrain. En coucou de brousse, il a sillonné la République centrafricaine pendant sa campagne présidentielle. Pour sa dernière étape, il a choisi son fief électoral, Bocangara dans le nord-ouest du pays. «Je finis par ma région, pas pour les convaincre, car leur vote m’est acquis, mais pour les remercier», confie t-il. Déterminé, il ne néglige aucun détail pour s’assurer la victoire. Et pour captiver son auditoire, l’expert en assurances est plein de ressources. Il chante pendant son dernier discours, de quoi susciter une standing ovation.

 

S’il sait être léger, le candidat du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC) peut aussi être ferme. A Kaga Bangoro, point de friction entre l’ex-rébellion Séléka et les milices anti-balaka, il a exhorté les jeunes «de désarmer immédiatement». Car rétablir la sécurité est sa priorité explicite. «Cela passerait par une remise en marche des forces armées structurées, des forces de police, ce qui a déjà été entamé par le gouvernement de transition en partenariat avec la communauté internationale», explique-t-il dans un entretien accordé, lundi, à Jeune Afrique. Une communauté internationale dans laquelle il a des liens, étant membre de l’Internationale socialiste.

 

Le successeur d’Anicet Georges-Dologuélé au poste de Premier ministre de Patassé en 2001 est à l’origine d’une opération «mains propres» visant les douaniers véreux. Adversaire historique de Bozizé, il a aussi encouragé son limogeage du poste de chef d’état-major de l’armée en 2001, pour «mauvaise manière de servir». Très impliqué dans la vie politique de son pays, il mise sur «la réconciliation des Centrafricains, chrétiens, musulmans».

 

Abdoul Karim Méckassoua, l’indépendant

 

«Nous réconcilier». Un maître mot pour lui aussi. Abdoul Karim Méckassoua se présente comme le «candidat de l’union». Connu pour avoir postulé à la présidence de transition en janvier 2014, cet ingénieur ergonome de 63 ans n’a ni parti politique ni vrai ancrage local.

 

Pourtant, il connaît les rouages du monde politique. Abdoul Karim Méckassoua traîne derrière lui un passé putschiste (loin de le disqualifier). Il a participé à l’élaboration du coup d’Etat du 15 mars 2003, substituant François Bozizé à Ange-Félix Patassé. En récompense de sa fidélité, il est nommé ministre des Affaires étrangères puis hérite de cinq portefeuilles différents. Cependant, c’est Anicet Georges Dologuélé qui a reçu le soutien officiel de Bozizé et de son parti le Kwa Na Kwa (KNK).

 

Comme les autres, ce businessman du secteur minier n’a pas sous-estimé l’importance des campagnes électorales. Goodies et francs CFA, tout est bon pour appâter l’électeur. Après un grand défilé de motos, de voitures et de camions, le candidat de confession musulmane a même tenu un de ses meetings dans le quartier Combattant, l’un des fiefs des anti-balaka chrétiens. Proche du président congolais Denis Sassou Nguessou, il a bénéficié de son soutien financier pour sa campagne.

 

Hélène Gully

 

 

Centrafrique : Jour d’élections

 

http://gabonreview.com/  Gérald Mounomby  sur mardi 29 décembre 2015 à 2:46

 

Un pays d’Afrique centrale vit au rythme des élections présidentielles en cette fin d’année 2015 : la République centrafricaine. 30 candidats, dont 3 anciens Premiers ministres. Près de 2 millions d’électeurs sont appelés à les départager ce mercredi 30 décembre dans ce pays producteur de diamant, de bois, d’uranium et d’or.

 

Après une transition politique de près de deux ans débutée en janvier 2014, la République Centrafricaine a décidé, après moult perturbations marquées par un conflit interreligieux ayant causé des milliers de morts jusqu’au referendum tenu il y a tout juste trois semaines, d’organiser le double scrutin présidentiel et législatif dans deux jours, le 30 décembre prochain. Le scrutin est ouvert. La présidente et tous les responsables de la Transition ne peuvent se porter candidats.

 

Pour l’élection présidentielle qui avait vu initialement 42 personnalités se porter candidates, la Commission électorale a retenu 30 candidatures. Parmi elles, celle des anciens Premiers ministres Anicet-Georges Dologuélé, 58 ans, candidat de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA) ; Martin Ziguélé, 58 ans, candidat du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) et de Faustin-Archange Touadéra, dernier Premier ministre de François Bozizé.

 

L’élection se joue entre l’ancien ministre Meckassoua et les 3 anciens Premiers ministres Dologuélé, Ziguélé et Touadéra

 

D’autres principales figures du paysage politique centrafricain seront présentes à ce scrutin. Il s’agit notamment d’Abdou Karim Meckassoua, ancien ministre, de Laurent Gomina-Pampali, ancien ministre, président de l’Union nationale des Démocrates pour la République (UNADER), de Jean-Barkès Ngombé-Ketté, maire de Bangui de 2004 à 2011, de Guy Moskit, journaliste, ancien ministre, candidat du Mouvement pour la Solidarité nationale, et de Théophile Sony-Colé, ancien syndicaliste.

 

En plus de la présence d’une seule femme à ce scrutin, Régina Konzi-Mongot, 53 ans, cette élection a la particularité de voir concourir également trois fils d’anciens présidents de la République. Il s’agit de Jean-Serge Bokassa, fils de Jean-Bedel Bokassa, candidat de Centrafrique Nouvel Elan (Cane), qui a notamment vécu au Gabon, pays de sa mère, et en France, avant de revenir dans le pays de son père ; de Sylvain Patassé, 46 ans, fils du Président Ange-Félix Patassé, et de Désiré Kolingba, candidat du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), le parti créé par son père André Kolingba. Ils ont l’autre particularité d’avoir tous été ministres sous François Bozizé.

 

Jean-Serge Bokassa, Sylvain Patassé et Désiré Kolingba – trois fils d’anciens présidents de la République- sont candidats

 

Selon des diplomates en poste dans la capitale centrafricaine, cette élection se joue entre Anicet-Georges Dologuélé, Abdou Karim Meckassoua, Faustin-Archange Touadéra et Martin Ziguélé. Le premier – un candidat d’envergure, un des favoris du scrutin de mercredi prochain – a signé un accord avec le parti de François Bozizé, le Kwa Na Kwa (KNK), populaire dans certains quartiers de Bangui et dans diverses localités du pays. L’ancien président de la BDEAC et ancien Premier ministre d’Ange-Félix Patassé jouit d’une certaine popularité à Bangui et dans les grands centres urbains, mais – paradoxe des paradoxes – des sources diplomatiques indiquent que son alliance avec Bozizé est à double tranchant : elle pourrait lui faire gagner des voix, elle pourrait aussi l’empêcher de gagner, car beaucoup de Centrafricains se disent convaincus qu’une victoire de Dologuélé pourrait précipiter le retour à Bangui de l’ancien président, alors qu’ils souhaiteraient voir celui-ci rester le plus longtemps à l’étranger. Le deuxième – l’ancien ministre Abdou Karim Meckassoua, de confession musulmane – avait été proposé par Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, pour diriger la Transition lors de l’éviction de Michel Djotodia en janvier 2014, mais c’est Catherine Sambat-Panza, ancien maire de Bangui, qui avait in fine été choisie par les délégués centrafricains.

 

Depuis les débuts de la transition, Karim Meckassoua n’a pas cessé d’appeler à la démission de Samba-Panza ; ce qui a donné de lui l’image d’une personnalité impatiente et sans retenue. Le troisième candidat d’envergure, l’universitaire Faustin-Archange Touadéra, a été le dernier Premier ministre de François Bozizé jusqu’au départ de celui-ci du pouvoir en mars 2013 lors du coup d’Etat de Michel Djotodia. On se demande pourquoi l’ancien président centrafricain n’a pas appelé à voter pour lui, préférant s’allier à Anicet-Georges Dologuélé. Quant à Martin Ziguélé, il avait contraint le président François Bozizé à un second tour en 2005 au moment où celui-ci était au zénith de sa popularité. A l’élection de 2011, le «Sphinx de Paoua» (surnom de Ziguélé) avait boycotté l’élection, estimant que Bozizé ne voulait pas jouer franc jeu. Il revient en 2015 dans cette élection qui devrait, de l’avis de nombreux observateurs, le voir arriver au moins dans le trio de tête.

 

Bozizé, vainqueur moral du scrutin ?

 

Beaucoup d’observateurs pensent que, bien que sa candidature ait été rejetée, François Bozizé, l’ancien président, qui vit en exil en Ouganda, sera le grand vainqueur moral de cette élection. Non seulement, il a signé un accord électoral de gestion partagée au sein de l’Assemblée nationale et du gouvernement avec l’un des favoris du scrutin, mais en plus un très grand nombre de candidats ont été ministres sous son magistère. Ce qui pourrait lui ouvrir les portes d’un retour apaisé en Centrafrique, même s’il y est l’objet d’un mandat d’arrêt.

 

La République Centrafricaine est peuplée de 4,2 millions d’habitants. Sa capitale Bangui est le siège de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) dont les activités ont été provisoirement transférées à Libreville. L’Etat Gabonais a offert une enveloppe d’un milliard de francs CFA pour l’organisation des élections dans ce pays.

Lu pour vous : Centrafrique : Jour d’élections
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:45

 

 

 

Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) LE MONDE 

 

Devant sa petite tente plantée aux abords de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Bangui-M’Poko, Freddy Yandoba pourrait rêver de s’envoler vers un avenir éloigné de la misère qui l’entoure. Depuis deux ans, cet étudiant en anthropologie ne va plus à l’université. Il regarde les avions décoller et survit dans ce camp de déplacés « en faisant des petits commerces ou de la manutention sur l’aéroport ». La maison familiale a été brûlée « par les musulmans », en représailles après l’attaque des miliciens anti-balaka du 5 décembre 2013.

 

Ce jeune homme de 26 ans, qui dit avoir pardonné « pour que le pays avance », n’attend désormais qu’une chose : voter. « Avec la transition, il n’y a pas de bonne gouvernance, tout le monde veut un bout de pouvoir. Si on trouve un homme qui répond aux besoins de ce peuple, cela va changer », espère-t-il. « Sans élection, les gens en armes continueront à semer l’anarchie », ajoute Emmanuel Namkpanon, son ancien voisin, également réfugié dans ce vaste camp, dont le nombre de pensionnaires varie, par milliers, au gré des flambées de violence.

 

Le même désir est invoqué non loin de là, au PK5 (poste kilométrique 5). Le dernier fief de la minorité musulmane à Bangui s’est partiellement désenclavé depuis la venue du pape François, fin novembre, mais demeure un ghetto dont on ne sort qu’en prenant des précautions qui peuvent s’avérer salvatrices. « Maintenant, je vais à la banque ou à la mairie dans le centre-ville, mais je change de tenue. J’enlève mon boubou, car c’est encore dangereux », raconte Amadou Kabara.

 

« Je veux voter, car il faut que la paix s’enracine. Il faut que l’on élise un homme capable de nous ramener des investisseurs », estime ce commerçant, pris en étau entre les anti-balaka, qui ont attaqué le quartier à de multiples reprises, et les autoproclamés protecteurs des lieux, regroupés autour de personnalités de l’ex-Séléka, la rébellion qui avait occupé le pouvoir de mars 2013 à janvier 2014.

 

« Fausse transition »

 

Ces derniers jours, la République centrafricaine (RCA) a vécu à l’heure de la campagne pour les élections présidentielle et législatives. Les affrontements ont cessé. Bangui s’est couverte d’affiches à l’effigie des candidats. Les trente postulants à la présidentielle ont enchaîné les meetings. Les plus nantis ont sillonné le pays en avion pour convaincre les quelque deux millions d’inscrits sur les listes électorales de voter pour eux. Plus que les programmes axés sur la réconciliation, la restauration de la sécurité et le développement, ce sont les distributions de tee-shirts et de billets qui ont aimanté les foules.

 

Après l’annonce, le 24 décembre, d’un huitième report du vote depuis mars 2014, alors qu’il devait se tenir trois jours plus tard, les scrutins destinés à élire un nouveau chef de l’Etat et 140 députés étaient prévus pour le mercredi 30 décembre.

 

La France, en premier lieu, tenait à tout prix à ce qu’ils soient organisés avant la fin de l’année. « Il faut sortir de cette fausse transition qui n’a que trop duré pour avoir une autorité reconnue avec laquelle nous pourrons traiter. Ces élections ne seront pas parfaites, mais c’est le moment. Et quelle est l’alternative ? », considère une source au ministère français de la défense, pressée de rapatrier une partie des 900 soldats encore déployés dans le cadre de l’opération « Sangaris ».

 

L’organisation de ces élections est un immense défi dans un pays où, en de nombreux endroits, les infrastructures routières appartiennent au passé et où la loi des armes est toujours d’actualité. Le référendum du 13 décembre, qui a validé l’adoption d’une nouvelle Constitution, a permis de mesurer l’ampleur des problèmes.

 

Dans le nord-est du pays, où ils se sont repliés et dans le quartier du PK5, des combattants de l’ex-Séléka ont tenté d’empêcher le vote par la violence. Leur chef, Nourredine Adam, a proclamé la sécession des zones qu’ils contrôlent, avant de revenir sur ses déclarations, sous la pression du Tchad, notamment, qui conserve une influence sur ses anciens protégés. Les groupes anti-balaka, fidèles à l’ancien président François Bozizé, ont, eux aussi, perturbé le vote dans la région de Bossangoa, leur fief.

 

« NOUS AVONS COMPRIS QUE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE VEUT SE DÉBARRASSER DU PROBLÈME ET VOUS VERREZ QU’APRÈS LE VOTE, ÇA VA CAPOTER »

 

La pression militaire des forces internationales – casques bleus de la Minusca, la mission de maintien de la paix de l’ONU en RCA, et soldats français – a poussé les responsables de ces deux groupes, théoriquement ennemis, mais qui partagent des intérêts communs, à accepter le jeu démocratique et de soumettre leurs revendications aux futures autorités. « La communauté internationale est plus forte que nous. Nous allons laisser la population voter librement et attendre le président élu pour discuter avec lui de notre désarmement. Nous avons compris que la communauté internationale veut se débarrasser du problème et vous verrez qu’après le vote, ça va capoter », prédit le « général » Abdoulaye Hissène, l’un des chefs de l’ex-Séléka du PK5.

 

Des cartes d’électeurs sous le manteau

 

La menace d’une élection empêchée par les armes semble passée. D’autres épreuves sont à surmonter. Les bulletins de vote fabriqués à l’étranger ne sont arrivés à Bangui que quelques jours avant le vote. Ils sont en cours d’acheminement. « En voiture, à moto, à bicyclette ou en pirogue, le matériel sensible sera déployé sur toute l’étendue du territoire », promettait lundi Julius Ngouade-Baba, le rapporteur général de l’Agence nationale des élections (ANE). Une autre source considérait que « ce serait un miracle » si le vote se tenait dans 80 % des 5 687 bureaux de voteLa principale inquiétude porte sur les législatives, où les bulletins de 37 des 140 circonscriptions n’avaient pas encore quitté la capitale lundi 28 décembre.

 

Autre problème à régler dans l’urgence, celui du niveau des agents électoraux. Des formations sont dispensées en urgence, des présidents de bureau et des assesseurs ont été remplacés à la hâte après le fiasco du référendum constitutionnel de décembre, où près de la moitié des procès-verbaux de décompte des voix étaient invalides ou inutilisables car, selon plusieurs sources, de nombreux agents étaient illettrés. Une autre source évoque un sabordage volontaire, car ces derniers n’avaient pas reçu leurs salaires. Une répétition de ces défaillances entacherait gravement la crédibilité des élections.

 

Enfin, plusieurs candidats s’inquiètent ouvertement de fraudes. Ils disent avoir constaté que des cartes d’électeurs se vendent sous le manteau. Ils doutent également de la partialité des autorités de transition qui, faute de pouvoir concourir, favoriseraient un poulain.

 

Avec un pays où il n’existe même plus un squelette d’administration, où les groupes armés attendent en embuscade, où l’économie est dévastée et où les serviteurs de l’Etat, au sens premier du terme, ne se bousculent pas, « le futur président, quel qu’il soitaura une bombe à retardement entre les mains, admet un proche d’un candidat. Sans une volonté ferme des nouvelles autorités et un soutien massif de la communauté internationale, on ne s’en sortira pas ».

 

Cyril Bensimon  Bangui, envoyé spécial


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/12/29/en-centrafrique-des-elections-pour-tenter-de-sortir-de-l-abime_4838927_3212.html#0pqs6hjOgqJT0Cjz.99

Lu pour vous :  En République centrafricaine, des élections pour sortir du chaos
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:39

 

 

Paris, le 28 décembre 2015

 

République centrafricaine : la Secrétaire générale dépêche une mission d’information et de contacts à l’occasion du premier tour des élections présidentielle et législatives

 

A l’invitation des autorités de transition en République Centrafricaine (RCA), la Secrétaire générale de la Francophonie, Madame Michaëlle Jean, a dépêché une mission d’information et de contacts dans le cadre de la tenue, le 30 décembre 2015, du premier tour des élections présidentielle et législatives dans ce pays.

 

Conduite par Son Excellence Monsieur Boukar Maï Manga, ancien ministre du Niger, cette mission est composée d’un parlementaire et d’experts provenant de plusieurs Etats de l’espace francophone.

 

La mission francophone rencontrera les autorités de la transition, les acteurs politiques, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la RCA sur place. Sur la base des informations recueillies, la mission élaborera un rapport pour rendre compte à la Secrétaire générale du déroulement global des élections, et formulera des recommandations de nature à orienter les actions futures de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en République Centrafricaine.

 

Cette mission s’inscrit dans le prolongement des actions d’accompagnement de sortie de crise engagées depuis 2013 par l’OIF, notamment en faveur des institutions de la transition, de l’Autorité nationale des élections, de la Cour constitutionnelle de transition ainsi que de la lutte contre l’impunité.

.

 

L’OIF compte 57 Etats et gouvernements membres, et 23 pays observateurs. Pour plus de renseignements sur la Francophonie : http://www.francophonie.org

 

 

Contacts presse :

Louis Hamann, Porte-parole et conseiller communication louis.hamann@francophonie.org;

Julie Tilman, chargée de mission auprès de la Secrétaire générale julie.tilman@francophonie.org;

 
Julie Tilman

Chargée de mission auprès de la Secrétaire générale

Diversité culturelle, Presse, Communication, Média

  

Organisation internationale de la Francophonie

19-21 avenue Bosquet

75007 Paris

00.33.1.44.11.12.68

www.francophonie.org

RCA Elections : Communiqué de presse de l'OIF
RCA Elections : Communiqué de presse de l'OIF
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 13:22

 

 

Centrafrique

 

 

Trois quart des photos faites pour les cartes d’électeurs inexploitables, des centaines des procès du scrutin référendaire mal remplis et annulés, des soupçons de trafics des cartes d’électeurs…

 

Dans son Editorial du 26 Décembre 2015 sur RFI, Jean-Baptiste Placca, faisant allusion au report des élections centrafricaines au 30 Décembre, a dit : « Nous sommes, ici, dans le cas typique d’un élève qui n’a rien appris durant toute l’année, et qui se précipite, à la veille des examens, pour rattraper toutes les lacunes accumulées ». Un Editorial traité par la Présidence de la Transition de la RCA de « Description surréaliste » dans un Communiqué, que je trouve maladroit, lu sur les ondes de Radio Centrafrique le 27 Décembre 2015.

 

Pour ma part, les insuffisances – pour ne pas dire le désordre – dans le processus d’organisation des élections qui se font jour aujourd’hui ne m’étonne guère. Pour avoir pratiqué un tout petit peu l’ANE, je m’en doutais qu’il ne puisse en être autrement.

 

Toutes ces insuffisances trouvent leur principale origine dans la mauvaise préparation et notamment dans l’absence de définition par l’ANE, en amont, de stratégies claires devant lui permettre de mener à bien sa mission. Et la question de formation est le talon d’Achille de l’ANE. Dire que 3 jours de report suffiront pour combler cette lacune, cette une plaisanterie.

 

Dirigeant d’un Cabinet de Consultants (Bureau d’études) basé à Marseille en France et ayant un bureau à Bangui, j’ai très tôt (en février 2014) soumis une offre de développement de compétences (formation) à l’ANE, qui était encore à la recherche d’un siège. Cette offre n’avait pas trouvé suite parce que l’Institution était entrain de constituer (mobiliser) son budget et n’avait pas commencé les opérations.

 

Mon Cabinet a soumis à nouveau son offre en février 2015. Quatre (4) séminaires de formation de haut niveau ont été proposés à l’Institution. Ces formations visaient non seulement les Commissaires (c’est comme ça qu’on appelle les 7 membres de l’ANE) et les chefs des Divisions de la dite Autorité, mais aussi d’autres acteurs intervenant dans le processus électoral (membres de la CCT, du CNT, du HCCT, cadres du Ministère de l’Administration du Territoire, journalistes et cadres des organisations de la société civile).

 

Je suis entré en contact avec plusieurs Responsables de l’ANE à ce sujet, notamment avec :

 

- Le Président (démissionnaire)

- Le vice-président (démissionnaire)

- Le Président de la Commission Formation et Education Civique (FEC), encore en fonction, qui est mon principal interlocuteur

- La présidente de la Commission Finances (encore en fonction)

- Le chef de Division FEC, mon second interlocuteur.

 

Plusieurs échanges par mails, au téléphone, en tête-à-tête ont eu lieu avec ces sieurs et dame. Lors d’une rencontre au siège de l’ANE, il m’a été signifié que l’Institution a reçu un certain nombre d’offres de formation mais la mienne est le mieux-disant (comparée notamment à une autre reçue d’un Institut de la RD Congo). De ce fait, m’attendait à voir confier à mon Cabinet la mission de formation, j’ai mis en stand-by des collaborateurs, experts internationaux et formateurs de haut niveau, ayant fait leur preuve auprès des multiples Commissions électorales en Afrique, ainsi qu’auprès des institutions qui appuient traditionnellement les élections sur le continent (OIF, PNUD…). Devant l’absence de décision de l’ANE, j’ai dû demander à plusieurs reprises aux formateurs d’aménager leur agenda à cet effet.

 

Un jour (d’avril 2015), j’ai reçu un coup de fil du chef de Division FEC qui m’appelait de la part du Président de la Commission FEC, me demandant de passer le voir au siège de l’ANE au sujet de mon offre de formation. C’est urgent, insistait-il ! Un rendez-vous est callé pour le lendemain de son coup de fil. Les références (avec des images-photos) en matière de formation de mon Cabinet figurant dans le catalogue de mon offre. Arrivé au rendez-vous, mon hôte m’a d’emblée adressé ses félicitations, en me signifiant être agréablement surpris et heureux de savoir qu’un compatriote Centrafricain est présent sur ce créneau de formation de haut niveau, dominé par des Cabinets ouest-africains et occidentaux (je suis flatté !). Il m’a alors indiqué que la Commission FEC a trouvé mon offre technique de qualité (il n’en pouvait être autrement ! Etant moi-même formateur dans des grands cabinets et centres de formation en France, mon offre est de standard international !!) mais la Commission souhaite une remise de prix pour la formation d’une quinzaine de participants (commissaires et chefs des divisions), et si cette prestation est satisfaisante, me disait-il, on me confierait la formation des membres des démembrements et autres. J’ai donné au chef de Division mon accord de principe et lui promet une nouvelle offre financière (OF) dans un bref délai. Le lendemain de notre entrevue, une nouvelle OF (avec rabais de 20%) lui est parvenue. J’ai toutefois transmis, par mail, une version électronique au Président (démissionnaire) de l’ANE.

 

Restant 3 mois sans réponse, j’ai pris l’initiative de recontacter la commission FEC : d’abord le chef de Division (sans suite), ensuite le Président de la dite commission. Ce dernier m’a reçu à nouveau (on était en juillet 2015) pour me signifier que l’ANE a sollicité un financement auprès des partenaires pour des formations et était dans l’attente de suite. Il a promis de me recontacter « au temps opportun » (ses propres termes). Je ne suis, à ce jour, pas contacté !! A ce que je sache, en juillet 2015, l’ANE était déjà en pleine phase des opérations et n’avait pas besoin d’attendre la réponse de demande de financement de partenaires avant de former ses membres !!

 

A ma connaissance (j’attends à être démenti !!), les Commissaires de l’ANE n’ont jamais reçu, tous ensemble, une ou des formations leur permettant de partager leurs expériences, sommes toutes individuelles. Le sentiment que j’ai, c’est que le renforcement des capacités (formation de perfectionnement) n’a pas grand intérêt pour eux. Leur intérêt est probablement ailleurs !

 

Ils peuvent se targuer d’avoir été ou d’être :

 

- Chef de mission Elections de l’Union Africaine

- Observateur électoral du GERDDES-Afrique

- Professeur de Droit Constitutionnel

- Magistrat

- Médecin, ancienne Ministre

- etc.

 

Ce que les Commissaires de l’ANE n’ont pas compris, c’est qu’ils ont là des parcours individuels. Pour gagner, il aurait fallu un partage de chacune de leurs expériences, sous la conduite d’un coach (un formateur/animateur). Ils sont comme une équipe nationale de foot ou de basketball. Les sélectionnés, même s’ils jouent dans des grands clubs du monde, il leur faut se retrouver, s’entraîner ensemble, sous la houlette d’un coach (entraineur) pour faire un collectif efficace.

 

L’ANE pèche donc par l’absence de formation des Commissaires ! C’est probablement par prétention de penser qu’ils sont déjà experts en matière d’élections et qu’ils n’ont plus rien à apprendre. Erreur !!! Et comme dit un dicton « le poisson pourrit par la tête », l’absence d’efficacité au sommet (car pas ou mal formé) se répercute aux démembrements (préfectoraux et d’arrondissements) et à l’ANE locale : d’où l’incapacité de manier correctement les appareils photos, de remplir correctement les procès verbaux, etc. Cela a un coût énorme !

 

Mes chers compatriotes, ne négligez pas la formation ! Ce n’est pas quelque chose d’accessoire, c’est la voûte d’efficacité. C’est une erreur de ne pas la mettre au cœur de toutes vos stratégies. Il y a un avantage comparatif indéniable entre les Ressources Humaines bien formées, qui se perfectionnent régulièrement et celles qui se contentent des acquis figés (généralement des diplômes obtenus à la fac depuis 10, 15, 20 ans, sans recyclage et complètement désuets aujourd’hui du fait que nous sommes dans un monde en perpétuelle mutation où tout va de plus en plus vite). C’est aussi là un défi majeur pour relèvement de la Centrafrique.

 

Pour finir, personne n’a intérêt à ce que l’ANE échoue dans sa mission, combien importante, délicate et historique. Son échec serait un suicide collectif pour nous Centrafricains ! Vivement la réussite du processus électoral !

 

Dr. Thierry BANGUI

 

Consultant international, universitaire et essayiste

 

Marseille, France

 

Séjourne actuellement à Bangui

 

Le 27/12/2015

L’AUTORITÉ NATIONALE DES ÉLECTIONS (ANE) EN QUESTION ! par Thierry Bangui
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 10:52

 

 

 

French.china.org.cn  Par : Laura 29-12-2015

 

Trois ans après le début de la guerre civile due à l'offensive des ex-rebelles de la Séléka contre le régime de François Bozizé, renversé en mars 2013, les électeurs centrafricains sont appelés aux urnes mercredi pour élire leur futur président et un nouveau Parlement, avec l'espoir d'une sortie de crise, une tâche ardue, vu la persistance des violences dans le pays.

 

Echéance très attendue, ce rendez-vous électoral au cours duquel 30 candidats sollicitent les suffrages de 1,9 million d'électeurs inscrits pour la magistrature suprême devait initialement avoir lieu dimanche 27 décembre, selon le calendrier officiel réaménagé à la dernière minute trois jours auparavant, un énième report depuis 2014 qui atteste des difficultés à surmonter pour le retour à la normalisation.

 

C'est la seconde étape d'un processus ouvert par la tenue le 13 décembre d'un référendum constitutionnel qui avait été émaillé de violences meurtrières, principale cause d'un taux de participation faible de 33% en général et de 26% à Bangui, la capitale du pays, un des épicentres des heurts dans les 3e et 4e arrondissements.

 

Pour la présidentielle et les législatives de mercredi 30 décembre, l'Autorité nationale des élections (ANE), organe en charge de l'organisation de ces consultations populaires censées avant tout permettre un retour à l'ordre constitutionnel après la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka du 24 mars 2013 à Bangui, promet cependant un scrutin apaisé.

 

"Il y a moins de soucis maintenant. En dehors des 3e et 4e arrondissements de Bangui, dans le Nord, il y a trois préfectures (Nana-Gribizi, Bamingui-Bangouram, la Vakaga, et dans une moindre mesure la Haute-Kotto) qui posaient problème. On a déployé les forces nationales et internationales dans toutes ces zones. Donc, au jour d'aujourd'hui la situation est sous contrôle", a assuré dans un entretien téléphonique à Xinhua Sakanga Morouba, responsable de la logistique au sein de cet organisme.

 

Ce sont des zones pour la plupart sous contrôle du Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), groupe armé dirigé par Nourredine Adam, ex-numéro deux de la Séléka et ex-ministre de la Sécurité publique de Michel Djotodia, le leader de l'ex-rébellion et éphémère chef de l'Etat par intérim aujourd'hui en exil à Cotonou (Bénin).

 

Dans le viseur de la justice centrafricaine et internationale, Adam a annoncé un "cessez-le-feu total" pour permettre la tenue des élections, une décision que les autorités de Bangui, conscientes de la capacité de nuisance de ce seigneur de guerre et ses hommes ainsi que des autres organisations similaires présentes dans le pays, affirment en tout état de cause accueillir avec une grande prudence.

 

Avec l'Armée de résistance du seigneur (LRA) du chef rebelle ougandais Joseph Kony dans le Sud-est, la Centrafrique est sous coupes réglées, objet de trafics en tous genres de ses ressources dont l'or et les diamants, ses principales ressources de revenus, en dépit du déploiement de la Mission des Nations Unies pour stabilisation en RCA (MINUSCA), depuis septembre 2014 en remplacement de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA).

 

NEUTRALISER LES GROUPES ARMES

 

Aucun effort n'ayant été enregistré dans l'exécution du programme DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion), d'énormes quantités d'armes sont toujours en circulation, à commencer par la capitale Bangui, dans ce pays pauvre et enclavé, 185e sur un total de 187 au classement de l'Indice du développement humain (IDH) publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

 

Pour les experts, il est difficile dans ces conditions de penser que les élections en perspective sonneront la fin de la crise. "De manière relative, oui. Maintenant, elles ne vont pas résoudre les problèmes de fond, qui ont trait à la sécurité et la défense du pays, parce que l'appareil sécuritaire a été largement détruit", juge le politologue camerounais Mathias Eric Owona Nguini.

 

C'est un immense chantier de reconstruction que devront tout naturellement engager le futur chef de l'Etat et son gouvernement, lesquels seront d'ailleurs jugés à l'aune de leur capacité à neutraliser les différents groupes armés qui font obstacle au processus de normalisation.

 

"Le problème des groupes armés va continuer de se poser, confirme l'enseignant de sciences politiques de l'Université de Yaoundé II. Maintenant, il y a la formation des velléités séparatistes", menace de partition du pays entre le Nord et le Sud brandie par les ex-rebelles de la Séléka, après leur éviction du pouvoir en janvier 2014.

 

Cette crise a aussi entraîné un effondrement de son appareil économique, qui exige à son tour d'être réhabilité. Tout comme elle a ébranlé les ressorts sociaux de l'unité nationale. "La guerre a fragilisé une cohésion déjà faible. La reconstruire ne sera pas aisée", avise le politologue.

 

Le plus frappant, c'est le caractère intercommunautaire et interreligieux de cette guerre, entre chrétiens et musulmans, les deux principaux blocs sociologiques poussés à l'affrontement par les milices anti-Balakas, fidèles à l'ex-président François Bozizé et proches du premier groupe, et les ex-rebelles de la Séléka, porteurs des aspirations politiques du second.

 

A cause de ce conflit, environ 2,7 millions de Centrafricains, soit environ la moitié de la population, nécessitent une assistance alimentaire et humanitaire, selon les Nations Unies.

 

Malheureusement, estime Dr. Owona Nguini, "la transition est trop courte pour résoudre les problèmes de tolérance interculturelle". Cette situation n'encourage pas les quelque 456.714 réfugiés recensés à l'heure actuelle dans les pays voisins, dont près de la moitié au Cameroun, à rentrer chez eux.

 

C'est d'ailleurs un chiffre en forte hausse comparé aux 235.642 réfugiés recensés en janvier 2014. En revanche, la courbe des déplacés internes est décroissante, de 825.000 à 469.307.

 

DEPENDANT DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

 

"Le pays va rester dépendant de la communauté internationale, qui va conserver un dispositif pour suivre la transition actuelle", prédit l'universitaire à Yaoundé.

 

Un fait corrobore cette analyse : les multiples convois de chars et autres équipements militaires appartenant à la MINUSCA enregistrés ces derniers temps depuis le port de Douala, la métropole économique camerounaise, jusqu'à Bangui.

 

C'est surtout le résultat de la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ayant autorisé le déploiement de cette mission de paix, sur la base d'un projet de texte proposé par la France, soucieuse de conserver ses cartes et son influence tant au plan économique que militaro-sécuritaire dans le pays, de l'avis de Mathias Eric Owona Nguini.

 

A ce titre, "elle [la France], croit-il savoir, va essayer de remodeler l'issue de la transition en sa faveur". Ce rôle se lit déjà dans le soutien supposé ou réel à l'un ou l'autre des deux candidats déclarés en pole position de la présidentielle, sur les 30 en lice.

 

Il s'agit, d'une part, d'Anicet Dologuélé, connu pour "sa formation d'économiste et de banquier et son expérience de gestionnaire en tant que dirigeant de banque, surtout de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC, basée à Brazzaville au Congo), puis de Premier ministre", relève le chercheur.

 

D'autre part, il y a Martin Ziguelé, crédité lui aussi d'une "expérience politique en tant que chef de son parti politique", le Mouvement pour la libération du peuple centrafricaine (MLPC, créé par le défunt président Ange-Félix Patassé), et "politico-administrative importante. Il a été plusieurs fois Premier ministre".

 

Source: Agence de presse Xinhua

Elections en Centrafrique : vers une sortie de crise ou un simple retour à l'ordre constitutionnel ? (ANALYSE)
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 10:17

 

 

French.xinhuanet.com 

 

BANGUI, 28 décembre 201505:57:59 (Xinhua) -- Les conditions sont favorables pour la tenue dans un climat sécurisé et apaisé, des élections présidentielle et législatives prévues mercredi le 30 décembre, après trois ans de crise et plusieurs reports en Centrafrique, a déclaré lundi soir à Bangui l'ex-Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye, chef de la mission d'observation électorale de l'Union africaine (UA).

 

"Toutes les conditions sont réunies pour que ces élections se tiennent sous les meilleurs auspices", a souligné le juriste interrogé par Xinhua sur l'appréciation du niveau d'organisation de ce double scrutin initialement programmé dimanche et reporté à mercredi pour des retards dans les préparatifs liés à la mise en place du matériel électoral et la formation des personnels électoraux, selon les explications officielles.

 

Ces élections, censées permettre de mettre un terme à trois ans de guerre civile, auraient en principe dû avoir lieu depuis 2014, mais le calendrier n'a de cesse d'être révisé en raison notamment de la persistance des violences dans le pays consécutives à la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka le 24 mars 2013 au terme de trois mois d'affrontements contre le régime de François Bozizé.

 

Quelque 1,9 million d'électeurs inscrits devront se rendre aux urnes dans 5.996 bureaux de vote ouverts dans les 16 préfectures de la Centrafrique, dont environ 700 à Bangui, la capitale, pour départager 30 candidats à la présidence et 1.642 autres postulants pour les 140 sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale (Parlement), selon les chiffres publiés par l'Autorité nationale des élections (ANE).

 

Un stock de 400.000 bulletins de vote a été réimprimé à Cotonou (Bénin) et devait être réceptionné lundi dans la nuit à Bangui, pour être acheminé dans les 140 circonscriptions électorales dénombrées dans le pays dès mardi 29 décembre.

 

Ce rendez-vous intervient après la tenue d'un référendum constitutionnel pour l'adoption d'une nouvelle loi fondamentale le 13 décembre, scrutin émaillé de violences meurtrières à Bangui et plusieurs autres villes du pays sous contrôle de mouvements rebelles, dont le Front patriotique pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de Nourredine Adam, ex-numéro deux de la Séléka.

 

Depuis cette date, des efforts ont été accomplis pour faire baisser la tension, à en croire le général Jean Marie Michel Mokoko, représentant spécial de la présidente de la Commission de l'UA en Centrafrique et chef de la mission de l'UA en Afrique centrale.

 

"Le référendum constitutionnel a été un test pour les forces [nationales et internationales] en charge de la sécurisation du territoire. Je puis vous dire que toutes les dispositions possibles ont été prises pour sécuriser les prochaines élections", a affirmé le haut responsable africain lors d'une conférence de presse lundi soir à Bangui, aux côtés du chef de la mission d'observation électorale de l'UA.

 

"Nourredine Adam, a-t-il ajouté, a fait une déclaration [de cessez-le-feu total]. Il ne l'a pas fait de gaieté de cœur, il a été soumis à une pression et il est revenu à de meilleurs sentiments".

 

Opérationnels depuis septembre 2014 en remplacement des forces africaines de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) sont chargés de la sécurisation du vote et des électeurs, en appui des forces centrafricaines, a précisé l'ex-chef du gouvernement sénégalais Ndéné Ndiaye.

 

"Toutes les autorités que j'ai rencontrées, a-t-il insisté face à la presse, ont espoir que les élections se tiennent sous les meilleurs auspices." Avec d'autres organisations internationales, l'UA déploie une mission d'observation électorale de 40 membres à l'occasion de ces consultations populaires.

 

Lundi était le dernier jour d'une campagne électorale qualifiée de "molle" par les observateurs. A Bangui, quelques caravanes et de petits meetings populaires ont retenu l'attention, sans soulever l'enthousiasme de la population, de sorte que des appréhensions sont exprimées au sujet du niveau de participation des électeurs au vote.

 

Lors du référendum, cette participation avait été faible : 26% à Bangui et 33% sur l'ensemble du territoire, selon les chiffres officiels publiés par la Cour constitutionnelle centrafricaine, à qui revient le rôle de la proclamation des résultats définitifs des élections.

Elections en Centrafrique : l'UA souligne des conditions favorables pour un scrutin sécurisé et apaisé
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 00:09

 

 

 

Telle La comtesse du Barry suppliant le bourreau de lui accorder « encore une petite minute », la présidente de la transition a obtenu un sursis de trois jours dans sa lutte pathétique et désespérée pour s’incruster au palais de le Renaissance . Et son Premier ministre de venir ânonner une nouvelle fois devant la presse internationale que ce délai est nécessaire pour acheminer le matériel de vote et surtout former des assesseurs de bureau de vote ! Ce faisant, le Premier ministre contredit sa présidente qui s’est défaussée sur les Présidents de la CEEAC …Décidément cet exécutif bicéphale, incompétent est bien déroutant .

 

           L’après élection en RCA

 

    Tout le monde s’accorde à reconnaître que la Transition a fait perdre deux ans à la République Centrafricaine . Je n’ai aucune appétence particulière à m’acharner sur les responsables de cet échec, considérant que leur cas relève de la justice . Me joignant aux nombreux autres compatriotes :  Anatole Gbandi, Orphée Douacleck, Prosper Indo, Adolphe Pakoua, Léon Grant Kidjimalé, Guy José Kossa,  JP Mayté, Godfroy-Luther Gondjé Djanayang, Alain Lamessi, Gervais Douba, Akandji-Kombé …j’ai dénoncé l’autisme et la surdité profonds de ce gouvernement, son incompétence crasse, sa tendance à piétiner la Charte de la Transition, sa gabegie et j’en passe et des pires . Le crédo étant que «  le temps mis à durer ne sert pas à travailler » pour la RCA . Deux ans après, la Transition n’a même pas ramené la paix en Centrafrique ! Aussi, il appartiendra au futur Président d’inaugurer son mandat par quelques actes forts, consensuels, susceptibles d’agréger autour de lui la majorité de ses compatriotes :

 

-un audit du gouvernement de la Transition pour édifier le peuple et tordre le cou à l’impunité séculaire des gouvernants dans notre pays

 

-un plan de sortie de crise

 

-des élections locales pour responsabiliser les Centrafricains et mettre fin à un pouvoir pyramidal qui a causé beaucoup de dégâts dans notre pays . Le Président de la République n’est pas un deus ex machina . Un Président ne vaut que par les hommes qui l’entourent . Ce qui exclue l’homme providentiel, cher à certains compatriotes …cf le Président Franklin Delano Roosvelt et son  « brain trust » pendant le New Deal .

 

-un plan d’urbanisation à terme de Bangui pour viabiliser les quartiers inextricables comme le Kilomètre 5, Gobongo, Fatima, Fouh, Boy Rabe …qui sont de véritables coupe-gorges . Il nous faut un baron Haussman à Bangui et ailleurs .

 

-Etc…

 

   En réalité, la vraie transition en RCA commencera avec l’élection du nouveau Président . La RCA n’est pas le Burkina Faso et c’est bien dommage .

 

         Echos de campagne

 

    Ils sont tonitruants, dithyrambiques, extraordinaires et risibles venant des hommes ( trois anciens Premiers ministres, plusieurs anciens ministres) qui ont déjà gouverné le pays ! Pourquoi feront-ils demain ce qu’ils n’ont pas su ou osé faire hier ? On vante le volume du carnet d’adresses de l’un, la capacité d’un autre à créer cent mille emplois, un troisième parle d’industrialiser tout le pays et un quatrième prétend goudronner les routes …Avec quel argent ? Ramener la paix en Centrafrique, ouvrir les écoles, permettre aux villageois de vaquer à leurs occupations et ancrer résolument la RCA dans la démocratie sont quelques priorités de nature à mettre tout le monde d’accord . Le peuple centrafricain ne demande pas la lune .

 

Je ne dispose pas d’un stock de voix pour me permettre d’appeler à voter pour tel ou tel autre candidat . Ce serait insultant pour mes compatriotes .

 

Cependant, rien, mais absolument rien n’empêche le citoyen centrafricain lambda d’accepter les T-shirts, les billets de banque généreusement distribués et d’aller voter en son âme et conscience pour le candidat de son choix . Peuple centrafricain, dans l’isoloir, tu seras seul face à ta conscience ou …face à ton dieu . Ne laisse personne te voler ton vote qui est en réalité ta seule arme ! Après, il ne te restera que tes yeux pour pleurer .

 

    Quant au vainqueur de l’élection présidentielle, il ferait mieux de gouverner seul avec son parti ou sa plate forme de partis et associations pour permettre au peuple de le juger sereinement à la fin de son mandat . La pire des choses consistera à tendre la main par-dessus les partis aux copains et aux coquins recalés par le suffrage . Il ne faut pas poignarder la démocratie dans le dos en Centrafrique .

 

     Le mercredi 30 Décembre 2015 donc, je n’aurai qu’un seul mot à dire à mon cher et vieux pays : va et vote pour assurer enfin un avenir tranquille à tes enfants . Ne te laisse pas distraire par les griots, les démagogues et ceux qui les soutiennent . Tourne le dos à ceux qui mènent des combats d’arrière-garde pour durer, aux nostalgiques d’un autre temps et prend-toi en mains . Que Dieu bénisse la RCA !

 

                                                                             David KOULAYOM-MASSEYO

.

                                                                             28 Décembre 2015 . 

« ENCORE TROIS JOURS,  MONSIEUR LE BOURREAU !» par David Koulayom Masseyo
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 23:32
Meeting du MLPC au stade 20 000 places : Martin Ziguélé signe un contrat avec la jeunesse

 

 

 

http://www.diaspora-magazine.com/  Lundi 28 Décembre 2015 à 05:56

 

Diaspora Magazine/ Après avoir parcouru 18 villes de provinces de la République centrafricaine, Martin Ziguélé, président du Mouvement de la libération du peuple centrafricain (MLPC), a tenu un meeting le 25 décembre au stade 20 000 places. La vigilance et la réciprocité ont été la substance du message qu’il a délivré à la jeunesse. 

 

Martin Ziguélé n’a pas mâché les mots lors de cette campagne qui, en principe, était le dernier jour de la bataille mais, a été repoussée de trois jours par l’Autorité nationale des élections (ANE) pour des raisons techniques. Cependant, tous les candidats étaient en train de mobiliser à fonds la population en leur donnant les dernières consignes. 


Le président du MLPC a réuni du monde au stade 20 000 places à Bangui après avoir sillonné dix huit villes de l’arrière pays :« J’appelle à la vigilance des jeunes et surtout ceux qui sont désignés comme représentants du parti auprès du bureau de vote. Vous devez veiller sur le déroulement du vote  pour éviter qu’il y ait des cas de fraude. Si vous me votez, moi aussi  je m’occuperais de vous. Je suis au numéro 4, regardez bien et mettez votre cachet sur l’unique candidat dont la photo est imprimée sans couleur par l’ANE pour des raisons que j’ignore ». 

 

Les représentants et présidents des partis affiliés au MLPC pour soutenir la candidature de Martin Ziguélé étaient également présents à ce rendez-vous.  Deux d’entre eux, maître Nicolas Tiangaye et  Christophe Bremaïdou respectivement présidents de la Convention républicaine pour le progrès social (CRPS) et de l’Alliance pour la solidarité et le développement (ASD). Ces deux intervenants ont exprimé leur sentiment commun de soutien au MLPC pour gagner cette élection dès le premier tour. 


A cette occasion, Nicolas Tiangaye s’est attaqué directement aux allégations selon lesquelles ce sont Martin Ziguélé et lui qui seraient  à l’origine de l’avènement Seleka en Centrafrique : « Où étaient les accusateurs au moment où la Séléka était en train de conquérir progressivement le pays ? Avez-vous pu remarquer la présence de Martin Ziguélé et de Nicolas Tiangaye parmi eux à Ndélé, Birao,.., quand elle venait ? »

 

Nicolas Tiangaye a expliqué par ailleurs que s’il a accepté de s’associer à Martin Ziguélé pour cette campagne, c’est parce qu’il est convaincu que c’est l’homme qu’il faut pour diriger ce pays de part son expérience politique et économique, et que c’est un patriote et non un aventurier. 

 

L’impression  de Martin Ziguélé après le meeting : « La jeunesse est convaincue que je suis l’homme qui peut l’aider et qui sera à ses côtés pour que le pays soit stable afin qu’on puisse avancer.  Que tous  les jeunes sans exception soient mobilisés et qu’ils soient animés de la foi de faire avancer pour une fois le pays. Quant à moi, je leur promets déjà. Quitte à eux de faire ma part aussi »

Martin Ziguélé a aussi porté un démenti sur les propos selon lesquels partout où il passait pour sa campagne en province, il aurait été rejeté par la majorité des populations. Il explique : «  vous m’avez entendu tout à l’heure. J’ai fait 18 villes en Centrafrique, personne ne m’a agressé. Partout, j’ai été bien accueilli que ça soit par les musulmans tout comme les chrétiens et par tous les jeunes »


Ziguélé est-il le candidat des français comme disent certains ? Il a répondu : « Je n’ai jamais vu les français voter en Centrafrique. Je suis le candidat des centrafricains ». 

Cette campagne était animée par la star Ozaguin OZ que Martin Ziguélé a invité à chanter sur le podium «  ZO SO AGA ZO A aidé MBA TI LO » après son discours. Cette chanson a résumé son message à l’endroit de la jeunesse à qui il a fait une promesse. C’est cette présentation artistique de la Rumba centrafricaine qui a mis un terme à ce rassemblement. Ensuite, le cortège est parti pour une grande caravane.  
 

Herve Serefio

 

Meeting du MLPC au stade 20 000 places : Martin Ziguélé signe un contrat avec la jeunesse
Meeting du MLPC au stade 20 000 places : Martin Ziguélé signe un contrat avec la jeunesse
Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 22:50
Les favoris de la présidentielle centrafricaine
Les favoris de la présidentielle centrafricaine
Les favoris de la présidentielle centrafricaine

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP et Reuters Le 28.12.2015 à 16h13 

 

Après plusieurs années de violences intercommunautaires, les électeurs centrafricains doivent voter mercredi 30 décembre pour le premier tour de scrutins présidentiel et législatifs, sauf nouveau coup de théâtre.

 

Prévus le 27 décembre dans la foulée d’un référendum constitutionnel au déroulement passablement chaotique, ces scrutins ont été décalés de trois jours au tout dernier moment. Un report dû essentiellement aux retards d’acheminement logistique des bulletins de vote dans les zones reculées, à la tardive impression et distribution des cartes électorales et à une ultime formation express d’agents électoraux.

 

Le scrutin doit mettre un terme au cycle de violences commencé après renversement du président Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia. Des affrontements qui ont culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes, à Bangui et en province. Accusé par la communauté internationale d’inaction, Michel Djotodia a finalement été contraint à la démission début 2014, dans la foulée d’une intervention militaire internationale sous la conduite de la France.

 

Dirigée depuis par la présidente de transition Catherine Samba-Panza, la Centrafrique tente de panser ses plaies et de redresser une économie ruinée et sous perfusion des bailleurs de fonds qui, France en tête, poussaient à l’organisation rapide d’élections malgré l’insécurité persistante.

Si de l’avis général les résultats de la présidentielle du 30 décembre sont imprévisibles, trois candidats se distinguent parmi les 30 en lice.

 

Martin Ziguélé

 

A 58 ans, après deux échecs face à François Bozizé, il aurait pu faire figure de grandissime favori, son parti étant de loin le plus structuré. Mais cet ancien premier ministre de feu Ange-Félix Patassé doit surmonter au moins deux handicaps : une partie de la population considère qu’il a soutenu le coup d’Etat de l’ancienne rébellion Séléka, ce dont il se défend, et ses détracteurs l’accusent d’être le candidat de la France en tant que membre de l’Internationale socialiste.

 

Anicet Dologuélé

 

Egalement âgé de 58, il est lui aussi un ancien premier ministre d’Ange-Félix Patassé. Ce banquier, soutenu par les milieux d’affaires du pays, a obtenu le ralliement du parti de François Bozizé à sa candidature mais cette alliance pourrait être à double tranchant. Bien que divisés, les Gbayas, la communauté du président déchu, représentent une part importante de l’électorat, mais cette nouvelle proximité pourrait également être un repoussoir pour une autre frange des Centrafricains, qui considèrent que M. Bozizé fait partie du problème, en tant que « parrain » des anti-balaka.

 

Karim Meckassoua

 

« M. Audit » comme il se définit, jouit, à 61 ans, d’une réputation d’homme rigoureux. Plusieurs fois ministre sous le régime Bozizé, il a ses connexions à Brazzaville, où il est proche du président congolais Denis Sassou-Nguesso, et au ministère de la défense à Paris. Il a également su obtenir le soutien de nombreux relais d’influence dans le pays. Reste une question le concernant : saura-t-il transcender les haines qui se sont cristallisées sur la communauté musulmane du fait des crimes et des pillages commis par la Séléka, dont il fut pourtant un détracteur ?

 

Un scrutin sous surveillance

 

La Mission des Nations unies (Minusca) a été déployée pour assurer la sécurité du vote et aider à l’acheminement du matériel électoral (urnes, bulletins). Les forces de sécurité nationales (armée, gendarmerie, police) commencent aussi à être mobilisées dans les points de friction entre milices anti-balaka et ex-rébellion Séléka.

 

La force française Sangaris (900 hommes) a également été déployée en deux points susceptibles de violences : à Bossangoa, fief de François Bozizé dans l’Ouest, et à Kaga Bandoro, porte d’entrée de la zone dans laquelle l’ex-Séléka est toujours présente.

 

Vu l’inflation du nombre de candidats, les opérations de dépouillement et de centralisation des résultats par l’Autorité nationale des élections s’annoncent d’ores et déjà longues. Pour le référendum, les résultats ont été annoncés huit jours après le vote. Un éventuel et probable second tour est prévu d’ici à la fin janvier.

 

Repost 0
Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2015 1 28 /12 /décembre /2015 21:46
RCA: une transition peu convaincante
RCA: une transition peu convaincante

 

 

CHRONIQUE DE JEAN-BAPTISTE PLACCA

 

Par Jean-Baptiste Placca, Par François Mazet  RFI samedi 26 décembre 2015

 

Le pays n’a pas été préparé à renouer avec une démocratie franche et sincère. Le jeu semble déjà vicié, et la Centrafrique, demain, peut encore sombrer dans le chaos.

 

François Mazet : N’est-ce pas un peu hasardeux, en Centrafrique, de repousser, de seulement trois jours, des élections que l’on prépare depuis plus de deux ans ? Y a-t-il quelque chance que soient rattrapées, d’ici le 30 décembre, toutes les insuffisances relevées par rapport à ces scrutins censés marquer la sortie de ce pays d’une crise qui remonte à bien plus loin que la chute de François Bozizé, en mars 2013 ?

 

Jean-Baptiste Placca : On retarderait ces scrutins de dix ans que cela n’aurait pas suffi pour organiser des élections sans tâche en Centrafrique. La présidentielle et les législatives du 30 décembre ne se dérouleront pas de manière suffisante, et cela, Madame Samba-Panza en a forcément conscience. Nous sommes, ici, dans le cas typique d’un élève qui n’a rien appris durant toute l’année, et qui se précipite, à la veille des examens, pour rattraper toutes les lacunes accumulées. Pourquoi donc trois jours, et pas trois semaines ou trois ans ? La justification que la présidente intérimaire de la Centrafrique donne pour cette petite rallonge est, pour le moins, déconcertante. Elle affirme que c’est parce que c’est, là, la décision des chefs d’Etat de la CEAC. « Nous ne pouvons pas faire autrement que de tenir le premier tour en décembre 2015, et c’est impératif », dit-elle.

 
Etant donné qu’il ne reste que quatre jours avant la fin de l’année, et qu’il aurait été pour le moins maladroit de tenir ce premier tour le jour du réveillon, elle a retenu la date du 30 décembre. Voilà tout ! Trois jours, c’est le maximum, l’extrême limite, non pas pour bien faire, mais pour ne pas mécontenter les chefs d’Etat de la CEEAC. Aux commandes de cette transition depuis pratiquement deux ans, voilà que Madame la présidente se retrouve acculée à une prorogation de trois jours, non pas pour s’assurer de bien faire ou de satisfaire le peuple centrafricain, mais pour ne pas déplaire aux chefs d’Etat de la sous-région.

 
Cela remet-il en cause le sérieux de l’ensemble de la transition ?

 
Il faut, en tout cas, constater que certains des acteurs de cette transition ont choisi de s’y vautrer pour en profiter, comme d’une situation de rente, au point d’en oublier la mission première. Les privilèges de leur éphémère pouvoir a semblé souvent prendre le dessus par rapport à la nécessité de conduire le pays aux élections dans des délais raisonnables.

 
Ils ont, ainsi, régulièrement sollicité et obtenu l’autorisation de proroger le bail. Jusqu’à ce que les bailleurs de fonds et les chefs d’Etat de la sous-région leur donnent l’ultimatum de fin 2015. Alors, tels de mauvais élèves, ils ont choisi le tout dernier dimanche de décembre. Et, à trois jours de l’échéance, ils ont dû constater les insuffisances de leur dispositif. A défaut de la Saint-Sylvestre – qui rappelle aux Centrafricains le coup d’Etat qui a conduit Bokassa au pouvoir –, ils ont choisi le 30 décembre. Ces élections, censées clore une ère qui est certainement la plus sombre, la plus tragique de l’histoire de ce pays, n’augurent rien de rassurant.
 
Cela semble vous mettre en colère ?...

 
C’est juste de la tristesse. Et de la pitié pour ce peuple, qu’une malédiction sans fin s’acharne à jeter constamment dans les bras de dirigeants qui ont du mal à se hisser à la hauteur des enjeux. Le plus révoltant est que certains de ces dirigeants, à l’évidence, s’aiment davantage qu’ils n’aiment leur patrie. Car ce qui se sait et se murmure à Bangui est que quelques-uns des principaux acteurs de cette transition ont été plus efficaces dans des acquisitions de biens, qu’ils ne l’ont été à servir la nation. On leur demandait de préparer leur pays à renouer avec la démocratie, ils ont plutôt assuré leur confort matériel et leur avenir personnel.

 
Un tel jugement n’est-il pas un peu féroce ?

 
C’est certainement bien plus indulgent que ce que leur réserve l’Histoire. Tôt ou tard, les Centrafricains prendront connaissance des torts causés à leur patrie durant cette interminable transition. Ils verront, de leurs yeux, les biens visibles acquis par les uns, et auront peut-être la preuve de la richesse amassée par les mêmes ou par d’autres. Ils comprendront alors à quel point cette transition, si stérile pour eux, a pu être juteuse pour d’autres. Le plus grave est qu’une partie des ressources soustraites à l’Etat serait détournée au profit de quelques candidats, soutenus plus ou moins ouvertement par telle ou telle éminente personnalité de la transition.

 
La démocratie que l’on espérait voir restaurée à la faveur de ces élections, est donc, d’ores et déjà viciée…

Repost 0
Centrafrique-Presse.com