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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 17:50
Centrafrique : le groupe 3R accepte de démanteler ses bases

 

Le groupe armé 3R, responsable de tueries ayant entraîné la mort de plus de 50 civils dans l'ouest de la Centrafrique la semaine dernière, va démanteler ses barrages dans la région, a assuré vendredi le gouvernement centrafricain.

Le représentant des 3R au sein du comité exécutif de suivi de l’accord de paix réuni jeudi, Saidou Aliou, a affirmé que son mouvement allait démanteler ses bases et remettre les présumés coupables des massacres aux autorités nationales, selon un communiqué du comité reçu par l'AFP.

La semaine dernière, au moins 50 personnes ont été tuées dans l'ouest du pays dans des massacres imputés aux 3R.

Le gouvernement et la Minusca (Mission des nations Unis pour la stabilisation de la Centrafrique) ont alors adressé au groupe un ultimatum de 72 heures à l'issue duquel les responsables du massacre devaient être transmis aux autorités centrafricaines et les barrières et bases des 3R démantelées.

Mercredi, un collectif regroupant des organisations de la société civile et des partis d'opposition avait dénoncé dans un communiqué l'absence "d'action forte" menée par le gouvernement alors que l'ultimatum avait expiré.

L'accord de paix - dit de Khartoum, où il a été négocié - a été signé début février à Bangui entre les quatorze groupes armés et les autorités. Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

Dans son communiqué, le comité de suivi de l'accord de paix a également annoncé la création de structures pour surveiller précisément les violations de l’accord et suivre l’évolution de la suppression des barrages, taxations illégales, ou l’occupation de bâtiments administratifs par les groupes armés.

 

© 2019 AFP

 

Mise à jour 31.05.2019 à 14:00

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Centrafrique-Presse.com
31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 17:44
Les militaires centrafricains de retour au carrefour stratégique de Kaga Bandoro

 

Mise à jour 30.05.2019 à 09:0

 

Derrière un mur de barbelés, des dizaines de tentes ont été montées. Devant, deux hommes en treillis militaire montent la garde. Sur leur tête, un béret rouge.

A Kaga Bandoro, dans le nord de la Centrafrique, le béret des Forces armées centrafricaines (Faca) n'avait plus été vu depuis des années et cette zone stratégique, carrefour de transhumance, était depuis 2014 contrôlée uniquement par des groupes armés.

Mi-mai, après cinq ans d'absence, les Faca sont revenues, signe que l'accord de paix centrafricain conclu début février entre le gouvernement et quatorze groupes armés commence ici à porter ses fruits, même si sa mise en oeuvre reste lente et fragile.

Le 18 mai, 100 soldats et 6 officiers sont entrés dans la ville qui vit sous la coupe de trois groupes issus de l'ex-rébellion de la Séléka et de milices anti-balaka.

Si les militaires n'ont pas encore le droit de sortir de leur base, ni de mener des opérations, leur arrivée a redonné un peu d'espoir aux habitants.

"Maintenant que les Faca sont là, ils vont chasser les groupes armés", souffle un vendeur à la sauvette, qui habite un camp de déplacés depuis 2017.

Devant lui pourtant, c'est bien le pick-up d'un groupe armé qui déboule sur la voie, escortant une dizaine de boeufs.

Point de passage important de la transhumance, Kaga Bandoro accueille le plus grand marché de bétail de Centrafrique, faisant d'elle un point stratégique.

La taxation du bétail constitue la principale source de revenus des groupes issus de l'ex-Séléka qui escortent notamment les boeufs sur les routes.

Car ici, comme ailleurs en Centrafrique, il est fréquent que ces milices attaquent les éleveurs pour voler leur bétail.

A Bangui, une tête peut valoir jusqu'à 500.000 FCFA (762 euros), une manne à l'origine de nombreuses tensions.

Mais depuis quelques mois, les tensions s'apaisent, observe Renner Onana, chef de bureau de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) de Kaga Bandoro: "l'année dernière il y avait des violences en ville mais ça s'est calmé avec l'accord de paix".

L'accord de paix a été signé début février à Bangui entre quatorze groupes armés et les autorités. Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

"Maintenant nous faisons des rencontres avec les groupes armés et le préfet", ajoute M. Onana.

Alors, l'arrivée des Faca le 18 mai a été perçue comme un signe positif, d'autant plus que les militaires centrafricains avaient été empêchés de se déployer dans la ville à plusieurs reprises depuis leur départ en 2014.

En 2017, par exemple, une tentative avait échoué, du fait de vives tensions avec les groupes armés. Et plus récemment, début mai, les bérets rouges entrés dans la ville avaient été sommés de partir deux heures après par l'un des principaux groupes qui contrôlent la ville, le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).

A l'ombre d'un manguier, entouré de pick-up équipés de mitrailleuses, Maruf Mahamat Jabo, le porte-parole du MPC soupire : "Il y a eu un problème de communication, le gouvernement ne nous avait pas prévenus de leur arrivée".

- "Des efforts" de groupes armés -

Finalement, une délégation ministérielle dont une partie des membres est issue des groupes armés, arrivée sur place le 15 mai, a fini de les convaincre.

"Nous avons discuté, nous avons dit que les Faca ne pourront pas se déployer tant que les Comités techniques de sécurité composés de patrouilles mixtes n'étaient pas en place. Mais nous avons commencé a travailler avec eux", explique M. Jabo.

L'accord de paix prévoit la mise en place de patrouilles mixtes de militaires et de membres de groupes armés en vue de rétablir la sécurité sur l'ensemble du territoire. Plus de trois mois après sa signature, ces patrouilles ne sont toujours pas opérationnelles.

Les principaux groupes armés de la zone ont remis à la Minusca et à l'Etat une liste d'éléments pour constituer ces brigades. Mais une scission à l'intérieur d'un groupe, le FPRC, ralentit aujourd'hui le processus.

Dans l'ensemble, "il y a eu un effort de certains groupes armés pour prouver leur bonne foi", reconnait le chef du bureau de la Minusca. Certains "ont rendu visite aux Faca avec du carburant et du sucre".

Pour autant, la récente accalmie n'a pas fait disparaitre les exactions sur les axes de Kaga Bandoro. Depuis janvier, par exemple, 297 viols ont été dénombrés dans la seule région, déplore le chef de bureau de la Minusca.

"L'arrivée des Faca à Kaga Bandoro a détendu l’atmosphère, mais nous restons très vigilants", conclut M. Onana.

Par Florent VERGNES

© 2019 AFP

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 17:42
Centrafrique: Les populations s’opposent au départ des casques bleus gabonais

 

https://africtelegraph.com  MBALLA 31 MAI 2019

 

Les habitants de Bambari ont manifesté le 29 mai contre le retrait de ces troupes et l’arrivée des soldats mauritaniens de la Minusca soupçonné d’être les complices de rebelles.

A Bambari, le contingent gabonais de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la Centrafrique (Minusca) est apprécié par les populations. De sources sûres, l’on apprend que les citoyens de Bambari apprécient davantage la présence de soldats gabonais qui selon eux brillent par un professionnel sans pareille.

Avec les casques bleus gabonais, elles se sentent en sécurité et sont rassurées. C’est la raison pour laquelle ces habitants de Bambari se sont dressés mercredi contre le retrait de ces troupes dans cette localité.

Les troupes mauritaniennes de la Minusca qui sont appelées à remplacer les casques bleus gabonais dans cette localité, sont soupçonnées d’être les complices de plusieurs groupes rebelles précisément ceux l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), une branche des ex-séléka que dirige Ali Darassa et qui est responsables de nombreuses exactions dans cette ville comme dans d’autres.

Pour les gens de Bambari, le départ des troupes gabonaises va entrainer le retour des rebelles et réinstaurer un climat de terreur. Face à la situation, les habitants de cette ville ont perdu le sommeil.

Les enseignants de l’école préfectorale de leur côté menacent même d’arrêter les cours. Car cet établissement se situe justement à proximité de l’évêché, un point d’entrée et de sortie stratégique des rebelles, jusqu’ici bloqués par les soldats gabonais et les FACA depuis des mois.

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 17:04
Une plate-forme d’opposition réclame l’arrestation de deux chefs ex-Seleka
Une plate-forme d’opposition réclame l’arrestation de deux chefs ex-Seleka
Une plate-forme d’opposition réclame l’arrestation de deux chefs ex-Seleka
Une plate-forme d’opposition réclame l’arrestation de deux chefs ex-Seleka
Une plate-forme d’opposition réclame l’arrestation de deux chefs ex-Seleka

 

En Centrafrique, une plate-forme d’opposition réclame l’arrestation de deux chefs ex-Seleka

 

Publié par Carredirect info   mai 31, 2019

 

En RCA, le Front uni pour la défense de la nation qui regroupe jusqu’ici 24 signataires, dont les principaux partis d’oppositions, la société civile et des syndicats vient de voir le jour. Dans leur manifeste, ils exigent du président notamment qu’il démette de leurs fonctions de conseillers militaires les principaux chefs ex-Seleka et leurs représentants dans les institutions centrafricaines, des postes qu’ils ont tous obtenus en application de l’accord de paix de Khartoum, signé à Bangui en février 2019. Autre exigence et pas la moindre, l’arrestation de deux chefs ex-Seleka, Sidiki Abass et de Ali Darassa, accusés d’être les responsables des tueries qui se sont déroulées après la signature de cet accord.

Un accord de paix qui ne marche pas, selon eux, et qui les exclut, un président qui ne penserait qu’à sa réélection avec l’aide de groupes armés qui continuent de tuer et de piller. Partis d’opposition, société civile et syndicats centrafricains estiment que « la patrie est en danger », surtout après les tueries de Paoua.

Ils ont donc décidé de créer cette plateforme qu’ils appellent en sango, la principale langue locale, « E zingo biani », « Réveillons-nous définitivement », explique Gervais Lakosso, l’une des principales figures de la société civile centrafricaine.

Et après avoir rendu publiques leurs exigences, ils vont se retrouver ce vendredi 31 mai pour décider de la suite de leur mobilisation. « Nous allons adresser une note avec la déclaration au chef de l’État. Et nous déclinerons le délai après lequel nous considérons que ce serait une fin de non-recevoir et que ne pas se rendre à une autre étape parce que nous pensons que la situation doit changer, le peuple centrafricain est prêt à prendre ses responsabilités », explique Gervais Lakosso.

La présidence centrafricaine a réagi vivement dès jeudi. Elle dénie à ce groupe toute légitimé pour donner des injonctions à un chef de l’État élu légitimement. « Curieusement, ce sont des gens qui ont accompagné la rébellion quand la rébellion est arrivée en République centrafricaine, qui se trouvent en première ligne aujourd’hui. Des pyromanes qui veulent se muer en pompiers. Mais ce qu’ils oublient, c’est que la justice est en train de réunir des dossiers sur eux. Ils vont répondent de leurs actes » prévient Albert Yaloké Mokpemé, le porte-parole du chef de l’État.

Le bras de fer semble désormais engagé entre les deux parties.

 

 

République Centrafricaine : Un collectif d’avocats exige le limogeage des chefs de groupes armés

 

https://agencecamerounpresse.com vendredi, 31 mai 2019 06:46 Nicole Ricci Minyem

 

Après les assassinats commis à l’Ouest du pays, décriés par les autorités et autres acteurs majeurs de la vie publique en Centrafrique, quatorze partis politiques et organisations de la société civile centrafricains ont exigé ce mercredi, le retrait des décrets nommant certains chefs de groupes armés à des postes étatiques.  

 

Dans un communiqué, le Front uni pour la Défense de la nation exige du président de la République de rapporter sans délai les décrets portant nomination de trois chefs de groupes armés comme conseillers militaires ainsi que la traduction devant la justice de deux d'entre eux.

 

Notamment visé, le chef du groupe 3R, Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), qui a été nommé "conseiller spécial militaire" auprès du Premier ministre, à la suite de l'accord de paix conclu au début de l'année entre le gouvernement de Bangui et quatorze groupes armés contrôlant une grande partie de la Centrafrique.

 

La semaine dernière, au moins 50 personnes ont été tuées dans l'ouest du pays dans des massacres imputés aux 3R. Le gouvernement et la Mission des nations Unis pour la stabilisation de la Centrafrique ont alors adressé au groupe un ultimatum de 72h à l'issue duquel les responsables du massacre devaient être transmis aux autorités centrafricaines et les barrières et bases des 3R démantelées.

 

« Aucune action forte n'a été menée par le gouvernement à l'expiration de l'ultimatum de 72h », ont dénoncé les signataires du communiqué.

 

Parmi eux, figurent des organisations de premier plan, comme le Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC), ou les mouvements politiques de l'ancien Premier ministre Anicet Dologuele et de celui de l'ancien ministre Jean Serge Bokassa.  

 

« Nous assistons ces derniers temps à la recrudescence des violences des groupes armés dans l'arrière-pays », ont déploré les organisations dans leur communiqué.

« Aujourd'hui plus rien ne peut justifier de tels actes de barbarie dans la mesure où tous les groupes armés sont non seulement signataire de l'accord (...) mais ont également bénéficié de promotions au sein de la haute administration », ont-elles ajouté.

 

L'accord de paix dit de Khartoum où il a été négocié a été signé début février à Bangui entre les quatorze groupes armés et les autorités.

 

Préparé depuis 2017 par l'Union africaine, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013.

 

A la suite de cet accord, un nouveau gouvernement a été installé et plusieurs représentants de groupes armés ont été nommés à des postes gouvernementaux, ainsi qu'à la primature et dans les administrations.

 

Nicole Ricci Minyem 

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 17:02
RCA : des étudiants peuls appellent le Gouvernement à mieux protéger leur communauté

Lu pour vous 

 

Alwihda Info | Par Info Alwihda - 31 Mai 2019 modifié le 31 Mai 2019 - 13:51

 


Le secrétaire général de la communauté des étudiants peuls de Centrafrique, Sirgourou Hassan, a demandé au président de la République, Pr Archange Touadera, au Gouvernement et aux Nations Unies de protéger la communauté peule qui est menacée d'épuration ethnique, selon un communiqué. 

Cette déclaration fait suite à "des vols de bétail répétés contre des éleveurs peuls et à l'assassinat de 20 peuls la semaine surpassée dans la localité de Paoua, sans condamnations ni poursuites judiciaires". 

"Vu la haine, la méchanceté de certains de nos compatriotes contre cette communauté bénie qui nourrit le pays et contribue largement au développement de l'économie, cela nous pousse à nous poser la question : Après le DDR, quel sera le sort de nos parents ? Est-ce que le Gouvernement est et sera capable de sécuriser la population peule centrafricaine ? Si oui, comment ?", s'interroge la communauté des étudiants peuls de Centrafrique. 

"Pourquoi développer une haine viscérale contre la communauté peule centrafricaine qui a tant payée des lourdes conséquences de la guerre en Centrafrique, des dégâts matériels et humains. Beaucoup d'entre eux ont été massacrés, leurs femmes ont été violées par les Anti-balakas, forcées au mariage contre leur propre gré. Jusqu'à l'heure actuelle, certaines sont toujours esclaves sexuelles des Anti-balaka. Dans la localité de Yaloké, plus de 50.000 réfugiés de la sous-région sont abandonnés à leur propre et triste sort", explique le communiqué. 


D'après Sirgourou Hassan"le 27 mai dernier à l'Assemblée nationale, au vu et au su de tout le monde, Lamido İssabi Amadou, ministre délégué, a échappé de justesse à un lynchage par certains députés antibalakas. Nous condamnons ces actes criminels et ces comportements rétrogrades de ces députés Antibalaka".

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31 mai 2019 5 31 /05 /mai /2019 16:59
Les survivants du massacre de Paoua racontent

Lu pour vous

 

« Ils nous ont ligotés puis ont commencé à tirer » : en Centrafrique, les survivants du massacre de Paoua racontent

 

Par Gaël Grilhot   Le Monde à 27 mai 10h14, mis à jour à 11h49

 

Une semaine après l’assassinat de 32 personnes par le groupe armé des 3R, les habitants des villages de Lemouna et Koundjili vivent dans la peur.

 

« Lorsqu’ils sont arrivés, j’étais aux champs. C’était l’heure de la sortie des classes. D’abord six motos, puis huit autres. Ils sont allés directement chez le chef du village pour convoquer une réunion. » Blessé au bras par une balle, Justin raconte le massacre qui a eu lieu dans son village du nord de la Centrafrique, mardi 21 mai. Ce jour-là, dans la région de Paoua, 32 personnes sont mortes à Lemouna et dans le village voisin de Koundjili.

Ce n’est pas la première fois que le groupe armé des 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) organise ce genre de réunion de « conciliation » à Lemouna, à deux heures et demie de piste de Paoua. La plupart du temps, celles-ci servent à avertir les villageois de ne pas tenter de s’en prendre aux Peuls. Parfois, les miliciens repartent avec quelques bœufs.

Dans cette région située sur l’une des principales routes de transhumance, les relations entre les éleveurs peuls et les agriculteurs sont très tendues. Le trafic du bétail profite largement aux milices et explique en partie la longévité de ce conflit qui oppose plus de quatorze groupes armés et le gouvernement. Celui des 3R, dirigé par Sidiki Abass, se pose en protecteur des Peuls mais prospère largement sur leur dos et terrorise les populations locales. Dans le cadre des accords de paix signés à Bangui le 6 février, Sidiki Abass s’était pourtant engagé, comme les autres groupes, à ne plus commettre d’exactions contre les civils et avait même obtenu un poste de conseiller militaire auprès du premier ministre.

Mais la rencontre à Lemouna a tourné à la tuerie. « Ils ont sélectionné quelques-uns d’entre nous présents à la réunion, tous des hommes, et nous ont ligotés. Puis des motos sont reparties vers Koundjili et quand elles sont revenues, ils ont commencé à tirer, abattant d’abord à bout portant le chef du village et le directeur de l’école », raconte Justin, toujours sous le choc. Touché à la poitrine, son frère s’est effondré sur lui, le protégeant des balles.

Tués sans autre forme de procès

Selon les villageois, le massacre a fait 19 morts, tous enterrés le soir même, comme le veut la coutume locale. Apolline n’était pas là lorsque les événements sont survenus ; mais lorsqu’elle est rentrée, « les gens préparaient des fosses », dit-elle :« J’ai passé en revue les corps. Il y avait un de mes frères. Je me suis mise à pleurer. » Les trois jours suivants, elle les a passés, comme bien d’autres villageois, à chercher ses sept enfants, qui avaient fui en brousse. Depuis, à Lemouna, certains préfèrent dormir groupés, en dehors de leur domicile, craignant une nouvelle attaque.

A Koundjili non plus, la peur ne s’est pas dissipée. Les habitants affirment avoir vu arriver quatre motos conduites par des membres des 3R. Il était environ midi. Ils se sont approchés d’un groupe qui discutait sous un manguier et les ont assassinés sans autre forme de procès. Tous faisaient partie de la même famille, celle du député suppléant de Paoua, Florentin Bissi, une des victimes. En traversant le village, les assaillants ont tué deux autres personnes. « Nous avons encore peur, affirme un villageois. Le moindre éclatement de pot d’échappement nous fait sursauter. »

 

Tous les habitants de Koundjili n’ont pas réintégré leur maison. Ils seraient même une centaine à préférer dormir dans l’église du village et près de 200 dans l’école, à même le sol. Les cadavres ont été ensevelis le soir même, un peu à l’écart, « pour ne pas que le sang ne souille trop longtemps le village » ; et sur les tombeaux de terre fraîchement remuée, des branches ont été disposées, ainsi que les chaussures des victimes. A Koundjili, on pleure 13 morts, « qui ont fait 17 veuves et 97 orphelins », précise le chef du village, Geofrey Sang-Bai Yao.

La raison de ces attaques se trouverait dans l’assassinat d’un éleveur peul, le 8 mai, par trois villageois de Koundjili. Mais personne ne s’explique l’ampleur de ces représailles, d’autant que « les auteurs du meurtre initial ont été arrêtés par les villageois et remis à la gendarmerie de Paoua », affirme le chef du village. Ce que confirme le commandant en chef de la gendarmerie, qui affirme en détenir deux. Si un conseiller des 3R a rassuré les villageois plusieurs jours avant la tuerie en leur disant qu’ils étaient satisfaits de leur réaction, cela n’a visiblement pas suffi.

Trois jours de deuil national

Le chef du bureau de la mission des Nations unies (Minusca) pour la région de Paoua a été le premier sur place. « Nous étions en déplacement dans la zone, explique Laurent WastelainNous n’avons pas été témoins du massacre, nous sommes arrivés juste après. C’est un axe très fréquenté, je ne m’attendais pas à ce qu’ils attaquent là. » Cet « axe très fréquenté » est une piste de terre souvent embourbée par la pluie, ce qui en dit long sur l’enclavement de cette région et sur les difficultés de sa sécurisation.

L’absence de réseau téléphonique est également pointée du doigt. « Quelqu’un de Lemouna aurait pu nous prévenir de ce qui était en train de se passer, souligne Bertrand, un jeune de Koundjili. Mais il n’y a pas de réseau. »

L’attaque pourrait avoir des répercussions sur la zone tout entière. A Koundjili, le fait que la Minusca ne soit pas intervenue à temps a jeté un froid. « Nous n’avons plus confiance, dit Bertrand. Il y a déjà quinze ou vingt jeunes qui ont fui vers le Cameroun. Et si rien n’est fait pour ramener la sécurité, ils seront beaucoup plus nombreux à partir. » Le jeune homme dit se laisser « une semaine pour voir ce que le gouvernement va faire ».

Diffusées largement sur les réseaux, les photos du drame ont choqué l’opinion centrafricaine, qui attend une réponse forte des autorités nationales et de la Minusca. Le président Faustin-Archange Touadéra a décrété trois jours de deuil national après le massacre. Face à la menace conjointe du gouvernement et de l’ONU d’être tenu personnellement responsable de ce crime, Sidiki Abass a livré trois de ses sbires à la justice centrafricaine et réitéré sa « ferme volonté de continuer à œuvrer pour la paix »Il n’est pas certain que cela suffise à le dédouaner.

Gaël Grilhot (Lemouna et Koundjili, Centrafrique, envoyé spécial)

 

 

Tuerie en RCA: à Koundjili et Lemouna, après l’effarement, l’incompréhension

 

Par RFI Publié le 29-05-2019 Modifié le 29-05-2019 à 10:36

 

Cela fait une semaine que les événements de la région de Paoua ont eu lieu en RCA. Des éléments du groupe armé 3R ont organisé de manière coordonnée des attaques contre trois villages qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Dans les deux villages de Koundjili et Lemouna, c’est l’effarement et l’incompréhension.

Les femmes de Koundjili sont en deuil. Les hommes tués ont laissé derrière eux plus de 90 enfants. Christine est dévastée. « Je n’ai plus de forces. Je n’ai plus que des larmes qui coulent dans mon cœur. Je ne sais pas quoi faire. 97 enfants orphelins. Comment vont faires les femmes de Koundjili, comment elles vont s’en sortir pour prendre en charge ces 97 orphelins ? Que va faire le gouvernement ? »

L’orage gronde au-dessus de Lemouna. Plusieurs corps ont été regroupés dans chaque tombe creusée. Joachin regarde les petits amas de terre. Des objets des défunts y ont été déposés, comme cette paire de baskets orange. Ce représentant de la jeunesse est exaspéré, il a perdu six de ses proches.

« Quand il y a des élections, ils viennent nous parler et on vote pour eux. Par rapport à ce qui s’est passé à Lemouna, l’Etat ne réagit pas, s’indigne-t-il. Si l’Etat ne réagit pas avec cette affaire de Sidiki, on va tous mourir. Est-ce que les autorités sont là ?  Il faut dire au gouvernement combien on souffre ! »

Sur la petite route des gens passent des nattes sur la tête. Les populations déplacées continuent à rentrer. Mais dans les villages certains pensent eux à partir pour trouver un endroit où ils se sentiront plus en sécurité.

 

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 17:15
Coopération militaire : le retour en puissance de la Russie en Afrique

Lu pour vous 

 

https://fr.africanews.com   29 mai 2019

 

https://fr.africanews.com    Carole KOUASSI 28/05 - 08:45
 

L’Afrique. Panthéon des guerres d’influence entre puissances mondiales. Dans cette lutte à l’influence, la Russie a choisi l’expertise sécuritaire, un secteur qui a lui a réussi durant les années de guerre froide sur le continent.

 

En milieu de semaine dernière, le chef de l’Etat de la République du Congo, Denis Sassou N’Guesso, était accueilli en grande pompe en Russie où il menait une visite de haut niveau. Discours devant la Douma, le Parlement russe, et rencontre avec son homologue Vladimir Poutine, le président congolais est revenu dans son pays avec un accord militaire, point saillant de sa visite en Russie. Selon cet accord dont seuls quelques points liminaires ont été fournis, Moscou enverra des conseillers militaires à Brazzaville pour assurer des missions de formation et de maintenance. Un contrat de vente d’armes a également été évoqué.

Sur le continent cette offre de Moscou n’est pas exclusive à Brazzaville. Vendredi dernier, soit un jour après la signature de l’accord avec le Congo, Moscou rajoutait à son carnet d’adresses le Soudan. Deux accords ont du reste été entérinés. L’un portant sur un échange de points de vue et des informations sur les affaires politico-militaires ainsi que sur les questions de sécurité internationale. Puis un second accord acquiesçant de l’ouverture d’un bureau de représentation du ministère russe de la défense au Soudan en vue de la formation de l’armée soudanaise. En janvier dernier, déjà, Moscou confirmait la présence d’entreprises de sécurité russes au Soudan.

Depuis quelques années, en effet, les sociétés militaires privées russes se sont multipliées sur le continent. De quoi donner le tournis aux puissances occidentales jusque-là partenaires privilégiés des pouvoirs africains. La confirmation de militaires russes en Centrafrique au mois de janvier, avait ouvertement embarrassé Paris qui pointait alors devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du Sénat “une présence active de la Russie, récente, significative, antifrançaise”.

Premier sommet Russie – Afrique en perspective

Moscou ne s’en est pas caché. Elle a confirmé la présence de 175 experts militaires, dont cinq instructeurs en Centrafrique, et ce, à la demande de la présidence centrafricaine. Et le pays de Vladimir Poutine ne compte pas s’arrêter là alors que des accords de coopération militaire ont déjà été signés avec une vingtaine de pays africains dont la RD Congo, l’Éthiopie, et le Mozambique.

Et la courbe pourrait davantage aller crescendo pour la Russie qui semble surfer sur son succès en Syrie, au côté du régime de Bachir Al-Assad où son soutien continu a permis de freiner la pression occidentale. Mais c’est surtout un revival des années de guerre froide lorsque l’URSS avait aidé nombre de pays africains à accéder à leur indépendance grâce à un soutien militaire. Une épopée inachevée avec l‘éclatement de l’URSS à la fin de la guerre froide au tournant des années 89 – 90 que Moscou espère ressusciter.

Dans la lignée de cet objectif, la Russie organisera en octobre 2019, dans sa ville de Sotchi, le premier sommet Russie-Afrique qui se penchera tant sur l’aspect de la coopération sécuritaire qu‘économique.

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 16:56
Jean-Yves Le Drian plus proche de la porte que de l’augmentation

 

Lu pour vous 

 

https://mondafrique.com  By Nicolas Beau  23 mai 2019

 

Après le départ de Nathalie Loiseau, ex ministre chargée des Affaires européennes, remplacée par Amélie de Montchalin, mais sur un poste de secrétaire d’État, c’est Jean-Yves Le Drian (71 ans) qui devrait bientôt quitter le Quai d’Orsay.

Politiquement, l’ancien compagnon de route de François Hollande, dont il a été son inamovible ministre de la Défense et gestionnaire des crises en Afrique et au Moyen-Orient, a perdu beaucoup de ses atouts auprès du chef de l’Etat. Plusieurs fois annoncé, le départ du ministre des Affaires Etrangères est programmé.

Un homme du passé

Au niveau international, Jean-Yves Le Drian est resté attaché aux relations bilatérales et personnelles de l' »ancien monde », alors que le multilatéralisme est le credo macronien. Le bilan de Jean-Yves Le Drian ne lui vaudra pas les lauriers qu’il avait obtenus sous Francois Hollande. Plusieurs fois annoncé, le départ de Jean-Yves Le Drian est, cette fois-ci, programmé.

Son fidèle conseiller spécial, Jean-Claude Mallet, qui l’accompagne depuis sa nomination au ministère de la Défense, en mai 2012, a déjà fait ses cartons. Ses principaux collaborateurs reçoivent de nouvelles affectations.

Plus dure sera la chute

Pour autant, Jean Yves Le Drian ne rebondira pas facilement dans son fief breton. Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand compte désormais davantage que l’ancien « Duc de Bretagne ».

Reste à savoir si Emmanuel Macron pourra enfin, Le Drian parti, faire un juste bilan des catastrophiques opérations militaires au Mali et en Centrafrique et remettre en cause les amitiés de son ministre avec les Déby, Sassou et autres Bongo que le Quai d’Orsay, sous son règne, n’a jamais cessé de conforter.

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 16:49
Accord de Paix : Des ex-combattants Antibalaka, aile Ngaïssona invités à se l'approprier

 

https://www.radiondekeluka.org  mardi 28 mai 2019 12:17

 

Plus de 200 ex-combattants fidèles à Patrice Edouard Ngaïssona ont échangé lundi 27 mai sur le respect de l'Accord de Khartoum particulièrement sur leurs engagements à cesser immédiatement les violences et à démanteler les barrières érigées à l'intérieur du pays.

L'ambassadeur Adolphe Nahaho, Représentant le secrétaire général de la CEEAC, a voulu ainsi vulgariser le document signé le 6 février à Bangui entre le gouvernement et les 14 groupes armés. "Que le peuple centrafricain comprenne que nous sommes en train de vulgariser l'Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA auprès des groupes armés afin que ces derniers ne disent plus qu'ils ne connaissent pas son contenu, et qu'ils respectent désormais leurs engagements à commencer par la cessation des violences et le démantèlement des barrières illégales", a indiqué Adolphe Nahayo.

Le Représentant le secrétaire général de la CEEAC a ajouté que "la particularité est que cet Accord est voulu par les Centrafricains" insistant sur le fait que "les deux parties en conflit, le gouvernement et les groupes armés" ont unanimement préparé le document. Selon lui "c'est un accord qui a été négocié et obtenu sans manipulation et qui prévoit des mécanismes" mettant en exergue la mise en œuvre d'une "force de dissuasion et de contrainte si c'est nécessaire".

Force est de constater que depuis la signature de l'Accord de paix et de réconciliation en RCA, certains groupes armés persistent dans les violences et violations des droits humains. Et pour le porte-parole des ex-Antibalaka, Igor Lamaka, "les groupes armés doivent être dissouts par respect de l'Accord de Khartoum".

Cette campagne de sensibilisation, sur l’Accord politique de paix et de réconciliation du 6 février 2019, concerne les groupes armés de Bangui, en particulier les Antibalaka aile Ngaïssona, aile Mokom et la Séléka Rénovée.

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29 mai 2019 3 29 /05 /mai /2019 16:42
Deux foyers de poliomyélite détectés en Centrafrique

 

 

 © 2016 Agence Afrique 29/05/2019

 

Le ministre de la Santé, Dr Pierre Somsé a annoncé dans une déclaration mardi soir à la Radio nationale, l’existence de deux foyers de la poliomyélite en Centrafrique, plus précisément dans les districts sanitaires de Bambari au centre et de Bimbo au sud.


Selon le ministre de la Santé, des enfants ont présenté la paralysie à flasque sévère dans ces régions et l’examen de leur selle par les laboratoires en RCA ont indiqué l’existence du virus de la poliomyélite. Plusieurs enfants dans ces régions présentent donc des signes de paralysie de leurs membres inférieurs.


Le ministre a lancé un appel aux parents pour apporter le plus rapidement possible leurs enfants dans les centres de santé afin de se faire vacciner contre ce virus, en attendant que d’autres laboratoires puissent confirmer de manière définitive l’existence de l’épidémie de la polio dans le pays.


En Centrafrique, le vaccin contre la poliomyélite est gratuit et selon les spécialistes, si un seul cas de poliomyélite est identifié dans une région, le ministère de la santé déclare l’existence de l’épidémie.


Avec la présence du virus de la poliomyélite dans le pays, la Centrafrique, déchirée par les violences depuis 2013 et le renversement du président François Bozizé, compte cette année trois épidémies, à savoir l’hépatite E à Bocaranga au nord ouest et la fièvre jaune dans la région de Sibut au centre. Plus de 50 civils ont été tués ces derniers jours dans l’ouest, dans une série d’attaques attribuées au groupe armé 3R (Retour, réclamation, réconciliation), autour de la ville de Paoua (nord-ouest, près de la frontière avec le Tchad), selon un nouveau bilan de la force onusienne dans le pays (Minusca).


Préparé depuis 2017 par l’Union africaine, l’accord signé en février à Khartoum est le huitième depuis le début de la crise en 2013. Aucun des précédents accords n’a abouti à un retour de la stabilité, dans un pays où les groupes armés contrôlent 80% du territoire et se battent pour la mainmise sur les ressources naturelles. Près d’un quart des 4,5 millions d’habitants de la RCA ont été contraints de fuir leur domicile.

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