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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 00:14

 

Belgique

 

http://www.lalibre.be/  jeudi 12 mai 2016 à 09h11

 

Une instruction judiciaire a été ouverte pour faire toute la lumière sur les circonstances qui entourent le décès de la conseillère juridique de l’ambassade de Centrafrique à Bruxelles, annonce La DH. La diplomate de 38 ans - Rébecca Rachel Andé - a été retrouvée inanimée, comme son compagnon, vendredi soir, dans la résidence de l’ambassade située au numéro 101 de l’avenue de Meysse, à Laeken.

 

Les services de secours n’ont rien pu faire pour elle. Son compagnon - Bonaventure Crépin Mbounou - a quant à lui pu être réanimé. Il est aujourd’hui tiré d’affaire. Ce sont d’autres membres du personnel de l’ambassade logeant sur place qui ont réalisé la macabre découverte. Ils ont dû défoncer la porte - qui était fermée de l’intérieur - pour pénétrer dans la chambre du couple. Les deux corps nus gisaient sur le lit. À proximité se trouvait un barbecue au charbon de bois qui était alors éteint.

 

D’après les premiers éléments de l’enquête, tous deux auraient été victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone. Après avoir fait un barbecue dans leur chambre. Soit pour cuire de la nourriture, soit pour chauffer la pièce. "Il y avait un problème au niveau du deuxième étage qui a fait qu’ils n’avaient pas d’électricité ce jour-là. Est-ce qu’il faisait froid ? Est-ce qu’ils ont amené le barbecue dans la chambre pour se chauffer ? Nous nous perdons en conjectures, en hypothèses et thèses", explique à la DH l’ambassadeur de la République Centrafricaine, Daniel Emery Dede, qui attend encore qu’on lui communique les résultats de l’autopsie de la victime pour y voir plus clair.

 

"J’avais demandé en son temps à notre gouvernement de transition en Centrafrique les 350.000 € nécessaires pour pouvoir réhabiliter cette résidence. J’avais reparlé de ce dossier le 30 mars dernier à notre nouveau chef d’État. Des solutions devaient être trouvées, mais on ne peut pas présager des drames qui arrivent. Ces diplomates logeaient provisoirement sur place en attendant d’avoir les moyens de prendre leur appartement. […] La faute reviendra toujours à notre pays, le gouvernement belge n’a aucune responsabilité dans cette affaire."

 

Et l’ambassadeur centrafricain de conclure : "J’ai rencontré les autorités belges avec qui j’ai eu une discussion empreinte de politesse, mais aussi de fermeté. Elles ont attiré mon attention pour que je transmette un message au gouvernement centrafricain qui est le suivant : lorsqu’on n’a pas les moyens de nous occuper de nos diplomates, ce n’est pas la peine d’en envoyer. C’est du langage diplomatique pour regretter ce qu’il s’est passé et une manière de nous dire aussi qu’il est temps de réhabiliter cette résidence."

 

 

Ambassadeur Daniel Emery Dede 

Lu pour vous : La conseillère juridique de l’ambassade de Centrafrique est décédée vendredi…
Lu pour vous : La conseillère juridique de l’ambassade de Centrafrique est décédée vendredi…
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Centrafrique-Presse.com
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 23:38
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Mbrès : Une attaque attribuée aux peulhs armés fait un mort au village Ndiba

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 12 MAI 2016

 

MBRES, 12 mai (RJDH)—Des hommes armés considérés comme des peulhs armés ont attaqué, le mercredi dernier, le village Ndiba localité  située  à 13 kilomètres de la ville des Mbrès. Le bilan de cette attaque fait état d’un mort, d’un blessé et d’une maison incendiée.

 

L’information a été confirmée au RJDH par plusieurs sources locales jointes au téléphone. « Ces derniers temps, les éleveurs peulhs ne font que paitre leur troupeaux  dans les champs des habitants du village Ndiba. Ils ont détruit tous les champs des villageois. Le mardi dernier les notables du village sont allés pour leur demander d’arrêter mais ils n’ont pas accepté. Pour intimider la population, ils ont organisé cette attaque qui a fait un mort, un blessé et une maison incendiée » a confié une source locale contactée, ce matin par le RJDH.

 

Selon nos informations, la population des villages Ndiba et Maorka ont trouvé refuge depuis hier dans la brousse « au moment où je vous parle, les deux villages se sont vidés. Tout le monde est en brousse à cause de cette attaque » a expliqué une autre source.

 

Le président de la délégation spéciale de la ville des Mbrès dit avoir informée sa hiérarchie de cette situation « il y  a eu cette attaque avec le bilan que vous citez. J’ai informé le préfet de la Nana-Gribizi » a-t-il précisé.

 

De sources concordantes, les éléments Pakistanais de la Minusca basés à Kaga-Bandoro se seraient rendus sur les lieux mais difficile d’avoir des précisions sur cette descente.

 

 

Centrafrique : La jeunesse de Bozoum déplore la reprise des exactions des groupes armés dans la ville

 

http://rjdh.org/ PAR ALBAN JUNIOR NAMKOMONA LE 12 MAI 2016

 

BOZOUM, 12 Mai 2016 (RJDH)—Les jeunes de Bozoum sont inquiets par rapport à la reprise ces derniers jours, des exactions par des groupes armés. Les leaders de la jeunesse de cette ville ont dénoncé cette situation le 10 mai dernier lors d’une rencontre entre les représentants des jeunes et les ceux des pouvoirs publics.

 

Le président du conseil préfectoral de la jeunesse de l’Ouham Pendé, Vianney Gbara, a indiqué que les cas de violences ont repris ces derniers temps et que la jeunesse ne peut rester insensible à cela « les groupes armés ont recommencé leur pratique. Nous ne cessons d’enregistrer des cas de violence dans les quartiers. Face à cette situation, la jeunesse appelle à l’intervention des pouvoirs publics pour mettre fin à cela » a-t-il précisé.

 

Un autre représentant de la jeunesse a confié que ces exactions sont injustifiées « rien ne peut justifier cette reprise de violence perpétrée par les groupes armés et les peulhs armés. Les autorités doivent tout faire pour arrêter cette situation qui peut nous ramener à la case départ » s’est-il inquiété.

 

La reprise des exactions à Bozoum est signalée après plusieurs mois d’accalmie dans la région. Selon les informations du RJDH, les autorités ont promis tout mettre en œuvre pour arrêter ces violences. La jeunesse réclame des autorités locales, le redéploiement rapide des Faca, « la jeunesse de Bozoum demande au gouvernement centrafricain de déployer rapidement les forces armées centrafricaines (FACA) afin de protéger la population car les forces onusiennes présentes ne font pas leur travail. La solution aujourd’hui, ce sont les Faca » a confié le président de la jeunesse de Bozoum.

 

La représentation de la Minusca dans la région n’a pas été disponible pour nous éclairer sur ce dossier.

 

 

Baoro : La Minusca fait réhabiliter trois ponts et la salle d’audience de la ville

 

http://rjdh.org/  PAR CONSTANT NDOLO-BABOU LE 12 MAI 2016

 

BAORO, 12 Mai 2016 (RJDH)—Trois ponts et la salle d’audience du tribunal de Baoro, réhabilités, ont été remis à la collectivité, le mercredi 11 mai dernier. Ces travaux ont été effectués sur financement de la Minusca.

 

Les ponts qui se trouvent au village Zotoa-Banguèrè, localité située à  60 km de la ville de Bouar, ont été réhabilités par Caritas et la salle d’audience remise en état par  l’Association des Ressortissants de Gahoudaï pour le Développement (ARD).

 

Christine Kapalata cheffe du bureau de la Minusca de Bouar a indiqué que ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet à impact rapide développé par la Minusca, projet dont l’objectif est de  restaurer et d’intensifier les services déconcentrés de l’Etat.

 

Pascal Délémo, président de la cour d’appel de Bouar se dit soulagé par l’aide que la Minusca apporte aujourd’hui au tribunal de Baoro. Il a indiqué que cet appui permet aux professionnels du droit de travailler dans des conditions requises « c’est un soulagement pour les magistrats car avec cette réhabilitation, ils sont mis dans des conditions acceptables de travail » a-t-il exprimé avant d’appeler à la dotation du tribunal en mobilier.

 

Le préfet de la Nana Mambéré, Frédéric Ouangonda a lancé un SOS en faveur du tribunal  en ces termes « aujourd’hui la justice est une priorité dans notre contexte. C’est pourquoi je lance ce SOS à tous partenaires pour qu’ils puissent soutenir financièrement et matériellement la reprise de la justice dans na localité ». 

 

Plusieurs bâtiments administratifs dans la préfecture de la Nana Mambéré datent de la colonisation. Ils sont aujourd’hui dans un état de vétusté avancé.

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 14:56

 

LAEKEN

 

http://www.lavenir.net/  12/05/2016 13h48 - Belga

 

Une personne décédée et une autre qui était inanimée ont été trouvées dans un bâtiment de l’avenue de Meysse à Laeken, appartenant à l’ambassade de Centrafrique. La cause du décès n’a pas encore pu être formellement établie.

 

Le 6 mai dernier, une personne décédée, et une autre qui était inanimée, ont été trouvées dans un bâtiment de l’avenue de Meysse à Laeken, appartenant à l’ambassade de Centrafrique. La cause du décès n’a pas encore pu être formellement établie mais selon les premières constatations, il pourrait s’agir d’une intoxication. Les jours de la deuxième victime ne sont plus en danger, a indiqué ce jeudi le parquet de Bruxelles, qui a requis un juge d’instruction pour incendie volontaire.

 

Il s’agit d’une maison où loge du personnel de l’ambassade centrafricaine.

 

Sur place, une personne inanimée et une personne décédée sont retrouvées dans une chambre. La personne inanimée a été emmenée à l’hôpital afin d’y être soignée et ses jours ne sont plus en danger ce jeudi. D’après la DH, un barbecue aurait été allumé dans la chambre.

 

Un expert en incendie, un médecin légiste et le laboratoire scientifique de la police fédérale sont descendus sur les lieux. Divers devoirs d’enquête ont également été effectués et l’instruction est en cours afin de déterminer la cause des faits.

Lu pour vous : Barbecue mortel à l’ambassade de Centrafrique?
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:16

 

Centrafrique

 

L'ancien ministre a directement bénéficié de l'intervention de son mentor Sassou Nguesso

 

La désignation d'Abdoul Karim Meckassoua à la tête de l'Assemblée nationale centrafricaine le 6 mai (65 voix sur 125) a été "ficelée" lors du tête-à-tête entre Faustin Archange Touadéra dit "FAT" et Denis Sassou Nguesso, le 27 avril, à l’aéroport Maya-Maya de Brazzaville. Après la nomination par le nouveau chef d'Etat centrafricain de Simplice Mathieu Sarandji - un chrétien originaire de l’Ouham-Pendé (nord-ouest) - comme premier ministre, le président congolais ...

 

Lettre du Continent n° 729 du 11 mai 2016

L’élection téléguidée de Meckassoua au perchoir (à lire dans la Lettre du Continent n° 729)
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:12

 

Chers (es) parents, Ami (es ) et connaissances,

 

La famille DOUNDAÏ, Madame BOGANGABE Marie Madeleine, les enfants BOGANGABE, les petits-enfants BOGANGABE vous informent que la dépouille du défunt Professeur Jacques BOGANGABE quittera finalement la France ce VENDREDI 13 MAI 2016 pour être inhumé à Bangui.

 

Fort de ce changement de programme, la veillée de recueillement et de prière initialement prévue pour le samedi 14 mai 2016 est annulée.

 

La famille vous présente toutes ses excuses pour ce contretemps indépendant de sa volonté et vous invitera à un dernier hommage et recueillement à son retour de Bangui.

 

Pour toutes informations, merci de vous rapprocher du comité d'organisation :

 

Gilles

BOMILA-KORADJIM

06.09.68.62.01

Arsène

BOGANGABE

06.20.01.04.74

Yvonne

BOGANGABE

06.12.11.47.22

 
COMMUNIQUE  : Transfert dépouille du defunt Professeur Jacques BOGANGABE
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:08

 

 

11 MAI 2016  PAR LNC LA NOUVELLE CENTRAFRIQUE

 

Joseph Decalo

 

BANGUI (LNC) – Comme le certifie la "Lettre du Continent" dans sa dernière production n° 729 de ce 11 mai 2016, c'est à Brazzaville le 27 avril dernier que Faustin Touadera et Denis Sassou N'Guesso ont "ficelé" ensemble le coup fourré ayant mené Karim Meckassoua à la tête du Parlement.

 

Denis Sassou Nguesso le président Congolais, de nouveau réélu pour un énième mandat, n'a jamais supporté que son poulain de longue date en Centrafrique,  Abdoul Karim Meckassoua ne puisse pas être à la tête de ce pays.

 

Durant la crise centrafricaine, usant de son influence de médiateur de la dite crise, il avait tenté d'influer sur les autorités centrafricaines, et manœuvra pour qu'une  place de choix fut dédiée à son protégé.

 

Il avait déjà échoué à le rendre Président de la transition, ce qui tendit ses rapports avec Catherine Samba-Panza. Mais ne désespérant pas, il a finalement réussi à manipuler Faustin Archange Touadéra plus malléable, pour que tout soit fait, y compris avec les moyens les plus illicites afin de mener Karim Meckassoua au perchoir de l'Assemblée Nationale Centrafricaine.

 

Ce sera donc avec la bénédiction du nouveau locataire du Palais de la Renaissance que Meckassoua a pu ouvertement corrompre la majorité des députés pour se faire installer Président de l'assemblée.

 

Mai 2016 LAMINE MEDIA

Lu pour vous : Centrafrique : Faustin Touadera, complice de la magouille de l'élection de Meckassoua
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 13:00

 

 

 

12/05/16 (AFP)

 

Le président français François Hollande se rend vendredi en Centrafrique où la France entend soutenir la reconstruction après une phase d'engagement militaire, et samedi au Nigeria pour un sommet consacré à la lutte contre le groupe islamiste Boko Haram.

 

A Bangui, où il ne restera que quelques heures, il apportera "son soutien à la paix et à la stabilisation" de la République centrafricaine. "Aujourd'hui la France et la Centrafrique sont de moins en moins dans une relation liée au maintien de la paix et de plus en plus dans l'accompagnement du pays dans sa reconstruction, sa remise sur pied, son développement", souligne son entourage.

 

M. Hollande s'était rendu dans la capitale de l'ex-colonie française à deux reprises, en décembre 2013 et février 2014, alors que l'opération militaire française Sangaris venait de se déployer dans ce pays pour stopper des violences intercommunautaires.

 

Il y revient alors que cette opération doit se terminer en décembre, au terme d'un désengagement progressif. De plus de 2.000 militaires au plus fort de la crise, Sangaris n'en compte déjà plus que 650, selon l'entourage de M. Hollande.

 

A terme, les forces françaises doivent être redéployées au sein de la force onusienne de la Minusca, et dans la Mission européenne EUTM dédiée à la formation de l'armée centrafricaine. Le nombre de militaires français engagés sera ajusté en fonction des contributions des 27 autres pays de l'Union européenne.

 

Reçu par le nouveau président du pays Faustin Archange Touadéra, élu en février, M. Hollande se rendra au camp de Sangaris. Sa visite intervient alors que des soldats français et des Casques bleus engagés en Centrafrique sont soupçonnés d'abus sexuels pour lesquels trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes à Paris.

 

Il parcourra aussi le quartier du PK5, où il s'était déjà rendu en février 2013. A l'époque cette enclave musulmane de Bangui était au coeur d'affrontements sanglants entre milices majoritairement chrétiennes anti-balaka et ex-rebelles à dominante musulmane de la Séléka.

 

- Le cas de Camille Lepage -

 

Le chef de l'Etat français a par ailleurs été sollicité par l'organisation Reporters sans frontières et la mère de la photojournaliste française Camille Lepage, tuée le 12 mai 2014 dans une embuscade dans l'ouest de la RCA, qui estiment que l'enquête sur les circonstances de sa mort "piétine".

 

A l'issue de cette visite, François Hollande s'envolera pour Abuja où il sera le seul président non africain à participer samedi à un sommet régional sur la sécurité consacré à la lutte contre Boko Haram. Un premier sommet avait été organisé à Paris le 17 mai 2014.

 

La France entend à l'occasion de cette rencontre amplifier son aide pour lutter contre la secte islamiste.

 

Le soutien de Paris en matière militaire et de sécurité aux quatre pays principalement touchés par les attaques de Boko Haram (Nigeria, Niger, Tchad, Cameroun) s'élève déjà à 25 millions d'euros sur un an, souligne un diplomate français. "Et nous allons poursuivre ce soutien avec les Américains et les Britanniques avec qui la coordination est très bonne", affirme-t-il.

 

Par ailleurs, Paris, qui a dégagé 17 millions d'euros de soutien humanitaire, devrait annoncer de nouvelles aides via l'Agence française de développement (AFD).

 

Les attaques du groupe islamiste, qui sévit depuis 2009 dans le nord-est du Nigeria, ont fait plus de 20.000 morts, selon la Banque mondiale, empiétant au-delà des frontières, au Niger, Cameroun et Tchad.

 

Depuis deux ans, la coopération régionale s'est renforcée, via une force multinationale mixte (FMM) de 8.500 hommes. L'emprise territoriale des jihadistes a régressé mais les attentats meurtriers se sont multipliés.

 

Outre les présidents du Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad, seront présents au sommet les dirigeants du Bénin, Gabon, Ghana, Guinée équatoriale, Sénégal, Togo. En plus de la France, Royaume-Uni, Union européenne, et Chine sont aussi invités.

 

 

Hollande parlera sécurité et développement en RCA et au Nigeria

 

Reuters le 12/05/2016 à 11:17

 

    * Le mission Sangaris en Centrafrique prendra fin en décembre

    * La France veut accompagner le développement de la RCA

    * Boko Haram affaibli mais toujours actif au Nigeria

 

    PARIS, 12 mai (Reuters) - François Hollande s'envole vendredi pour la République Centrafricaine pour parler développement sur fond de réduction des effectifs militaires français dans le pays avant de rejoindre le Nigeria pour un sommet consacré à Boko Haram.

 

    Pour sa troisième visite à Bangui, le chef de l'Etat parlera sécurité mais aussi relance économique avec le nouveau président Faustin Archange Touadera, élu en février dernier avec 63% des voix dans un pays déchiré par des années de guerre civile. 

 

    "On est de moins en moins dans une relation liée au maintien de la paix et de plus en plus dans un accompagnement de la RCA dans sa reconstruction, sa remise sur pied, son développement", souligne un diplomate français. 

 

    François Hollande est attendu par la mission Sangaris, trois mois après l'annonce du désengagement progressif des militaires français déployés dans le pays en décembre 2013, en pleine spirale de violences intercommunautaires.

 

    L'opération, qui a mobilisé plus de 2.000 soldats au plus fort du conflit et en compte désormais autour de 650, prendra fin d'ici décembre. 

 

    Les effectifs français restants seront répartis au sein de la force onusienne Minusca et dans le cadre de la future mission de formation de l'Union européenne. La France ajustera le niveau de participation à cette dernière en fonction des contributions des autres pays européens, attendues d'ici juillet, dit Paris. 

 

    La force Sangaris, dont le déploiement avait été autorisé par le conseil de sécurité de l'Onu, a été éclaboussée par un scandale d'abus sexuels commis par des soldats étrangers en Centrafrique sur des mineurs.

 

   ENQUÊTE SUR DES SOLDATS FRANÇAIS

 

      Trois signalements ont été faits auprès de la justice française, saisie par le ministère de la Défense, et les enquêtes sont en cours, précise-t-on de source diplomatique en France, où les autorités ont promis la transparence et des sanctions exemplaires si les faits étaient avérés. 

 

    Parallèlement au retrait de Centrafrique, la France a annoncé début mai qu'elle ferait passer de 500 à 900 ses effectifs militaires en Côte d'Ivoire, possible réservoir pour son opération antiterroriste Barkhane qui mobilise quelque 3.500 hommes dans la bande sahélo-saharienne.

 

    De Bangui, François Hollande s'envolera pour Abuja pour participer samedi à un sommet régional sur la sécurité à l'invitation de Muhammadu Buhari, élu il y a un an.  

 

    Outre une dizaine de chefs d'Etat africains (Bénin, Cameroun, Centrafrique, Gabon, Ghana, Guinée équatoriale, Niger, Nigeria, Sénégal, Tchad et Togo), le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la Chine seront représentés dans la capitale nigériane. 

 

    Depuis le premier sommet sur la sécurité de la région du lac Tchad organisé à l'Elysée en mai 2014, Boko Haram a cessé son extension territoriale et la coopération régionale a permis de stopper les attaques au Cameroun et au Tchad. 

 

    Bien qu'affaibli, le groupe islamiste, dont l'insurrection menée depuis 2009 a fait des milliers de morts et des millions de déplacés, multiplie les attentats suicides.

 

    Face à cette menace persistante, la France, qui apporte son soutien aux pays de la région avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a récemment renforcé sa coopération avec Abuja.

 

    Au Nigeria le mois dernier, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a signé une lettre d'intention reprenant les termes de la coopération franco-nigériane, notamment en termes de renseignements et de formation.   

 

    L'aide française aux pays riverains du lac Tchad (Nigeria, Niger, RCA et Tchad) s'élève à 25 millions d'euros sur le plan sécuritaire et 17 millions en matière humanitaire.  

 

    A Abuja, François Hollande annoncera "une initiative" portée l'Agence française de développement, via des organisations non gouvernementales, dit l'entourage du président français. 

 

 (Elizabeth Pineau, avec Marine Pennetier à Dakar, édité par Yves Clarisse)

 

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Hollande en Centrafrique et au Nigeria pour le développement et la sécurité
Hollande en Centrafrique et au Nigeria pour le développement et la sécurité
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 12:56
Poème Bantu par Bambote Makombo

 

                                                                         1

 

 Élections awé

Ala ngboungboulou

Téré ti ala

Ti mu ngangu

Ti mo na maboko

Ti mo

 

Tonga na gné?

                                                                         2

Nguinza

Ti Europians?

Ala yé ti mu

A tanga ti sésé

So kwé ma ! Centrafrika

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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 12:48

 

 

12/05/16 (AFP)

 

L'organisation Reporters sans frontières et la mère de la photojournaliste française Camille Lepage, tuée en Centrafrique le 12 mai 2014, ont demandé mercredi à la France de mettre en oeuvre les "moyens nécessaires" pour faire avancer une enquête qui selon elles "piétine".

 

Camille Lepage, 26 ans, a été tuée par balle dans la région de Bouar, dans l'ouest de la RCA lors d'une embuscade alors qu'elle était en reportage avec une milice anti-balaka (majoritairement chrétienne), au cours d'une période de grandes violences intercommunautaires, à Bangui et en province, entre miliciens anti-balaka et membres de la rébellion musulmans de la Séléka.

 

Dans un communiqué, l'ONG et Maryvonne Lepage "renouvellent leurs demandes auprès des autorités françaises afin que les moyens nécessaires soient mis en oeuvre pour enfin faire avancer l’enquête" alors qu'"à ce jour aucun des assaillants n’a pu être identifié".

 

RSF, qui s'est constituée partie civile, rappelle à François Hollande "son engagement à ce que +tous les moyens nécessaires (soient) mis en oeuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat+". L’ONG souhaite qu’à l’occasion de sa visite vendredi à Bangui, le président français renouvelle son appel à un progrès rapide et effectif de l’enquête, disposant de toutes les ressources nécessaires.

 

"Nous, la famille de Camille, avons besoin de savoir qui étaient les assaillants, déclare Maryvonne Lepage. L'incertitude est difficile à vivre. La poursuite de l'enquête sur place est indispensable et devrait permettre d'éclaircir certains points qui demeurent encore obscurs depuis deux ans aujourd'hui."

 

Une procédure avait été immédiatement ouverte en France dès la mort de la journaliste mais n’a que très peu progressé depuis. Une première et unique visite d’un groupe d’enquêteurs a eu lieu en juin 2014, suivie d’une commission rogatoire internationale reçue par le procureur centrafricain en septembre 2014. Celle-ci n’a à ce jour jamais été exécutée.

 

Selon RSF, la juge française Virginie Van-Geyte prévoit d'envoyer prochainement un groupe d’enquêteurs pour poursuivre l’enquête.

 

"Nous saluons l’envoi de cette commission, mais nous tenons à insister sur l'importance qu'elle dispose du mandat et des personnels nécessaires pour mener l’enquête de façon efficace une fois sur place", insiste RSF.

 

Les parties civiles demandent à ce qu'un nombre suffisant d'enquêteurs soient spécifiquement dédiés à l’enquête, qu’ils aient accès aux lieux du crime et soient donc autorisés à voyager hors de Bangui.

 

Elles souhaitent soumettre également une liste de personnes, identifiées lors du déplacement en Centrafrique de Maryvonne Lepage en avril 2016, susceptibles d’être interrogées et d’apporter des informations supplémentaires à l’enquête.

 

 

Décès de Camille Lepage: deux ans après, l'enquête piétine toujours

 

Par RFI Publié le 12-05-2016 Modifié le 12-05-2016 à 00:29

 

Deux ans après le décès de la photojournaliste française Camille Lepage en Centrafrique, les circonstances de sa disparition sont toujours mystérieuses. L’enquête piétine.

 

En ce début de mois de mai 2014, Camille Lepage se trouve dans la région de Bouar, non loin de la frontière camerounaise, pour un reportage sur l'exploitation du diamant.

 

Alors qu'elle voyage à moto en compagnie de plusieurs anti-balaka, le groupe tombe dans une embuscade. Certains trouvent la mort, dont Camille, 26 ans, tuée d'une balle dans la tête. Immédiatement des informations judiciaires sont ouvertes à Bangui et à Paris.

 

Un mois plus tard, des enquêteurs français sont envoyés en Centrafrique. Ils mènent des interrogatoires, mais ne peuvent se rendre sur les lieux du crime pour des raisons de sécurité. En septembre 2014, une commission rogatoire internationale arrive dans la capitale centrafricaine, mais elle ne sera pas exécutée, faute de moyens.

 

« On ne sait toujours pas qui sont les assaillants »

 

« Deux ans après, on ne sait toujours pas qui sont les assaillants », déplore Maryvonne Lepage, la mère de Camille. S'agit-il d'anti-balaka rivaux ? De combattants de la Seleka ? De Peuls ou d'un autre groupe armé ? Le mystère reste entier.

 

Alors que les conditions sécuritaires dans cette zone se sont améliorées, la famille de la journaliste nourrit l'espoir de voir l'enquête redémarrer. Selon Reporters sans frontières (également partie civile), des enquêteurs français devraient se rendre sur place prochainement à la demande de la juge Virginie Van Geyte, en charge du dossier à Paris.

 

On met beaucoup d’espoir dans l’envoi d’une commission d’enquête qui aura les moyens de se rendre sur les lieux où Camille a été assassinée pour essayer d’interroger un maximum de témoin. A ce jour les témoignages ne sont pas concordants et concluants.

 

Cléa Kahn-Sriber déplore un manque de moyens dans l’enquête sur l’assassinat de Camille Lepage

 

11-05-2016 - Par Pierre Pinto

 

Centrafrique: deux ans après, l'enquête sur la mort de Camille Lepage piétine (RSF)
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 18:11

 

 

By Thibaud Lesueur

 

Thibaud Lesueur is Crisis Group's Central Africa Consulting Senior Analyst.

 

http://blog.crisisgroup.org/ 10 May 2016

 

L’entrée en fonction le 30 mars dernier du président Faustin-Archange Touadéra, vainqueur le 14 février 2016 du deuxième tour de l’élection présidentielle avec près de 63 pour cent des voix, marque la fin de trois années de transitions politiques laborieuses pour la République centrafricaine (RCA), sans pour autant constituer l’épilogue d’une crise qui s’inscrit dans la durée.

 

Pour le nouveau président, fort d’un incontestable soutien populaire, la route vers la stabilisation du pays est encore longue et les défis sont considérables. Si dans certaines villes comme Bangui, les violences ont diminué, il faut se méfier des phénomènes d’amnésie générale qui accompagnent parfois une normalisation de la situation sécuritaire en RCA. La crise qui a débuté fin 2012 reste la plus grave depuis l’indépendance du pays et a mis à mal la fabrique sociale. Par ailleurs, tous les éléments de déstabilisation demeurent et le risque de rechute est bien présent. En effet, des groupes de jeunes, en zone urbaine, sont toujours mobilisables par des politiciens ou des rebelles, le grand banditisme est un fléau vécu au quotidien par les populations rurales, et les groupes armés, notamment de l’ex-Seleka, conservent leur capacité de nuisance et leur mainmise sur des territoires entiers.

 

Dans ce contexte, les priorités sont légion pour le nouveau président. Il devra en effet rompre avec ses prédécesseurs en mettant fin à la patrimonialisation du pouvoir qui a contribué, depuis 30 ans, au délitement de l’Etat centrafricain et du tissu économique. Il devra par ailleurs faire de la lutte contre l’impunité des crimes de sang mais aussi des crimes économiques un cheval de bataille et, avec le soutien des partenaires internationaux, remettre en état les facteurs de production, seuls capables de fournir une alternative à la violence pour une partie de la jeunesse des rues. Alors qu’une nouvelle séquence politique s’ouvre en RCA, le gouvernement et la communauté internationale doivent concentrer leurs efforts sur quatre axes essentiels : le processus de réconciliation, l’élaboration d’une stratégie globale pour le retour des réfugiés, la lutte contre l’impunité et le règlement de l’épineuse question des groupes armés.

 

Une nouvelle séquence politique : entre risques et opportunités

 

Les élections présidentielle et législatives organisées fin 2015 et début 2016 ont fait naitre beaucoup d’espoir et généré des attentes fortes au sein de la population, comme l’a constaté Crisis Group à Bangui en mars dernier. Bien que le taux de participation ait chuté entre les premier et deuxième tours (et qu’une organisation chaotique des scrutins ait ouvert la voie à des résultats contestables), les électeurs ont fait le déplacement, démontrant une envie forte de tourner la page. Cette nouvelle séquence politique comporte des risques mais constitue aussi une opportunité démocratique qui ne s’était pas présentée depuis longtemps. Composé de très nombreux députés indépendants ou issus de partis politiques minoritaires, le parlement pourrait ne plus être une simple chambre d’enregistrement sous la coupe d’un parti, mais devenir une arène plus démocratique. Il faut néanmoins pouvoir gouverner et si certains parlementaires indépendants semblent s’être ralliés au nouveau président et qu’il peut également compter sur des partis l’ayant soutenu au second tour, il devra encore convaincre pour constituer une vraie majorité à l’assemblée.

 

Bien qu’étant un président populaire, Touadéra devra dès le début de son mandat faire face à de multiples mécontentements. Il doit s’affranchir de certains soutiens nocifs – dont des proches de l’ancien président Bozizé qui ont joué un rôle dans la mobilisation des milices anti-balaka– tout en ménageant une partie de sa base politique, elle-même issue du Kwa na Kwa, le parti de l’ancien président. La nomination au poste de chef du gouvernement de Simplice Sarandji, ancien secrétaire général de l’université de Bangui et directeur de cabinet de Touadéra lorsqu’il était Premier ministre, est certainement un signe encourageant. De même, la composition du nouveau gouvernement évite certains écueils. Touadéra a tenu à remercier des soutiens du second tour comme Jean-Serge Bokassa, devenu ainsi ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, et Charles Amel Doubane, devenu ministre des Affaires étrangères. Il a aussi intégré dans son gouvernement et nommé au poste de vice-président d’anciens ministres de Bozizé tout en excluant les chefs de groupes armés ou leurs soutiens politiques ; une mise à l’écart des miliciens qui lui a d’ailleurs valu d’être vivement critiqué par certains barons de l’ex-Seleka. La nomination des conseillers sera le prochain test important pour un président sous pression qui doit maintenir le cap et éviter toute cooptation politique des rebelles afin de ne pas répéter les erreurs du passé.

 

La réconciliation nationale : le « Rubik’s Cube » centrafricain

 

La crise centrafricaine a mis en lumière des tensions communautaires très fortes, dont certaines sont le produit d’une longue histoire. Aujourd’hui, réconciliation nationale et cohésion sociale sont de véritables slogans, à tel point que même les groupes armés disent, non sans un certain cynisme, vouloir en être des acteurs. Mais ce processus prendra beaucoup de temps. Les problématiques d’identité nationale et de citoyenneté, apparues avec force au moment de la crise, n’ont pas disparu et de violents affrontements intercommunautaires ont encore lieu, comme aux mois de mars et avril derniers à Bambari, dans le centre du pays, ou dans le Nord-Ouest, entre transhumants et agriculteurs.

 

Aujourd’hui, réconciliation nationale et cohésion sociale sont de véritables slogans.

 

L’objectif de réconciliation requiert avant tout une impulsion politique forte au niveau national. A cet égard, la visite du Pape dans la capitale centrafricaine, en novembre 2015, est riche d’enseignements. En marchant de la mosquée centrale au stade de Bangui, ce dernier a drainé derrière lui des Centrafricains nombreux, de toutes confessions, et a montré qu’il était possible d’aller au contact des populations pour recréer du lien. Les déplacements du nouveau président en mars 2016 à Obo dans le Sud-Est du pays et dans une région du Nord-Est, la Vakaga, coupée du reste du pays et dont le divorce d’une partie des populations avec l’Etat central est depuis longtemps consommé, envoient aussi un message fort de cohésion nationale.

 

Cependant, il en faudra certainement bien davantage pour rétablir la confiance entre la capitale et ses périphéries. D’autres mesures symboliques fortes pourraient être prises : organiser la fête nationale du 1er décembre dans le Nord-Est de la RCA, d’où sont originaires de nombreux combattants de l’ex-Seleka, reconnaitre les fêtes musulmanes comme jours fériés pour répondre à une vieille revendication, ou encore élaborer des programmes d’intégration dans la haute fonction publique de personnes originaires des différentes régions. En outre, il faut changer la relation entre le pouvoir central établi dans la macrocéphale Bangui et les provinces. Compte tenu de la faiblesse de l’Etat central et du manque de moyens pour la mettre en œuvre, la décentralisation prônée par Faustin Touadéra, qui s’inscrit dans la droite ligne des recommandations du forum de Bangui, demeure une chimère à ce stade. Pourtant, il est indispensable pour l’Etat de réinvestir son territoire, ce qui peut passer par un temps de présence beaucoup plus long des députés dans leurs circonscriptions, l’établissement de ministres-résidents (dans leurs provinces), ou encore le financement de comités de reconstruction locaux qui pourraient associer autorités locales, acteurs économiques et société civile.

 

Les jeunes d’aujourd’hui sont moins bien formés que leurs parents, ce qui les rend plus facilement mobilisables par les groupes armés et manipulables par les hommes politiques.

 

Par ailleurs, pour éviter que des épisodes de violence comme ceux qu’a récemment connus le pays ne se reproduisent, Touadéra, ancien recteur de l’université de Bangui, devra investir un domaine qu’il connait bien et qui peut être un puissant vecteur de cohésion sociale : l’éducation. Afin de préparer une sortie de crise durable, la reconstruction du secteur éducatif, y compris dans les régions reculées, devrait être érigée en priorité nationale. Les anciennes fonctions de l’actuel président et de son Premier ministre seront certainement des atouts. Le secteur de l’éducation s’est délité en RCA depuis longtemps. Les jeunes d’aujourd’hui sont moins bien formés que leurs parents, ce qui les rend plus facilement mobilisables par les groupes armés et manipulables par les hommes politiques. Même avant la crise, le budget de l’éducation était dérisoire, ne représentant en 2008 que 15 pour cent des dépenses courantes hors dette contre 28 pour cent en 1996, beaucoup d’enseignants peu qualifiés et très mal rémunérés ne rejoignaient pas leur lieu d’affectation, et les leçons étaient parfois dispensées par des parents volontaires. La crise qui a débuté fin 2012 est venue porter un coup supplémentaire au secteur et de très nombreuses écoles ont fermé sur tout le territoire.

 

Au moment où le Partenariat mondial pour l’éducation, un mécanisme de financement multilatéral de l’enseignement primaire et secondaire, doit procéder à une revue actualisée du secteur de l’éducation en RCA, les partenaires internationaux et le ministère de l’Education doivent travailler sur le long terme en élaborant un plan sectoriel à dix ans qui comprendrait, entre autres, la reconstruction des écoles détruites, la création d’instituts de formation pour les instituteurs, la revalorisation de leur statut et de leurs salaires et le renforcement des capacités des administrations en charge de l’enseignement. Il faut également travailler sur le contenu des programmes scolaires et miser sur l’éducation post-conflit en concevant des cours sur la tolérance et la réconciliation intercommunautaire. Des activités psychosociales devraient aussi être proposées après l’école pour les enfants ayant subi des traumatismes. Enfin, des politiques alternatives d’éducation et de formation devraient être développées pour les jeunes n’ayant jamais suivi de cursus scolaire et qui, pour certains, ont choisi la voie des armes.

 

Elaborer une stratégie globale pour le retour des réfugiés centrafricains

 

Au cours de ses premières visites officielles dans les pays voisins, le nouveau président a évoqué la question des réfugiés centrafricains, une pièce capitale dans le puzzle de la réconciliation nationale. Aujourd’hui, on dénombre 466 000 réfugiés centrafricains, qui ont trouvé asile essentiellement au Cameroun, au Tchad et en République démocratique du Congo, et 421 000 déplacés internes sur tout le territoire, soit au total un cinquième de la population centrafricaine. A l’est de la ligne de front (qui se situe au centre du pays et délimite les zones d’influence anti-balaka/ex-Seleka), les mouvements de déplacés internes, notamment des musulmans originaires de l’Ouest ayant fui les exactions des anti-balaka et qui se sont installés durablement dans des villes comme Bambari, Bria ou encore Ndélé, ont parfois modifié les équilibres démographiques. La crise a aussi érigé des frontières symboliques dans les villes et figé certains quartiers comme ceux situés en bordure de PK5 à Bangui. La situation des réfugiés est encore plus problématique. Aucune stratégie globale d’accompagnement des retours volontaires n’a été élaborée jusqu’à présent, ce qui pourrait conduire à des tensions à l’avenir.

 

Les obstacles au retour des réfugiés résultent principalement d’un sentiment d’insécurité persistant et justifié et des expropriations de fait.

 

Les obstacles au retour des réfugiés résultent principalement d’un sentiment d’insécurité persistant et justifié et des expropriations de fait. On observe déjà des mouvements de retour, notamment de commerçants qui s’étaient réfugiés au Tchad, vers Bangui, mais aussi de manière plus timide, vers l’ouest du pays ou encore de certains éleveurs Peuls vers Boali. Néanmoins, dans certaines villes comme Bossangoa, l’hostilité de la population chrétienne et animiste à l’égard des musulmans rend pour l’instant ces retours impossibles. Par ailleurs, de nombreuses maisons appartenant aux musulmans à l’Ouest du pays sont aujourd’hui occupées ou ont été détruites. Or l’achat de maisons et de terrains en province est souvent un processus informel, validé par les chefs de quartiers et parfois par le maire, sans inscription au cadastre foncier. Le manque d’indépendance de certains chefs de quartiers, parfois mis sous pression, pourrait compliquer la restitution de ces propriétés. Quant à Bangui, si beaucoup de commerçants musulmans sont rentrés à PK5 et ont repris leurs activités, des problèmes de distribution de patentes apparaissent sur d’autres marchés, comme au quartier « combattant », où des jeunes Banguissois ont repris les emplacements des commerces auparavant tenus par des musulmans.

 

Avec le concours des ONG et des Nations unies, les autorités centrafricaines devraient proposer un programme pilote de sécurisation des propriétés des musulmans dans plusieurs villes de l’Ouest du pays où les conditions sécuritaires le permettent. Elles devraient étudier les intentions de retour des réfugiés au Cameroun et au Tchad puis, dans un second temps, échanger avec les autorités locales pour déterminer les lieux dans lesquels ces retours sont possibles et sous quelles conditions. Sur cette base, le gouvernement, avec le soutien des bailleurs, devrait proposer un plan d’accompagnement socioéconomique au retour des réfugiés qui favorise leur réinstallation et la reprise de leurs activités. En effet, en RCA, la réduction de la fracture communautaire passe nécessairement par la réactivation des complémentarités économiques qui existaient avant la crise et constituaient le socle des relations sociales entre les communautés.

 

Lutter contre l’impunité : une bataille globale

 

La lutte contre l’impunité était un point important du discours d’investiture du nouveau président. C’est également une revendication populaire majeure, comme l’ont rappelé avec force les très nombreux témoignages recueillis au cours des consultations populaires qui ont précédé le forum de réconciliation nationale de Bangui en mai 2015. Pourtant, bien qu’essentiel, ce chantier sera difficile à mettre en œuvre. En effet, le bilan des vingt dernières années est édifiant. A la suite des crises qui ont secoué le pays de façon récurrente, des rébellions incessantes qui ont fait de nombreuses victimes, des agissements meurtriers des gardes présidentielles successives, seulement une petite poignée des responsables ont été traduits devant la justice pour répondre de leurs actes et les groupes armés subsistent. Cette impunité quasi-totale est le résultat d’une vieille politique de prime à la violence qui substitue au traitement judiciaire un traitement politique et la conséquence d’un système judiciaire centrafricain aujourd’hui en ruines.

 

Cette impunité quasi-totale est le résultat d’une vieille politique de prime à la violence …

 

Avant la crise, la RCA ne comptait que 129 magistrats (dans un pays de près de cinq millions d’habitants) et le budget de la justice était dérisoire. Depuis, la situation s’est encore dégradée : beaucoup de tribunaux et de commissariats ont été détruits au cours du conflit, les prisons, locaux où ont lieu les gardes à vue et les maisons d’arrêt manquent cruellement et toute la chaîne pénale est à reconstruire. Des bailleurs (dont l’Union européenne et le Programme des Nations unies pour le développement) ont effectué un travail important pour la réhabilitation du secteur de la justice et la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a arrêté quelques criminels dans le cadre des mesures temporaires d’urgence. Signe des difficultés rencontrées, néanmoins, des arrestations de miliciens bien connus se sont parfois soldées par une relaxe, faute de preuves suffisantes. Aujourd’hui, sur les trois cours d’appel que compte la RCA (Bangui, Bambari et Bouar), seules à même de prononcer des jugements pour des crimes très graves, deux sont quasiment à l’arrêt. En effet, à Bambari, une partie de la justice est toujours administrée par les groupes armés dont certains siègent à quelques pas du tribunal. A Bouar, les magistrats sont très peu présents, comme d’ailleurs dans la plupart des 24 tribunaux de province : « les magistrats préfèrent rester à Bangui soit par confort, soit car ils ont peur des représailles », nous explique un expert sur ces questions.

 

Des initiatives ont vu le jour pour pallier les déficiences du système de justice pénale. Dès septembre 2014, le bureau de la Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur les crimes commis depuis 2012, mais aucun mandat d’arrêt n’a été émis jusqu’à présent. En outre, près d’un an après la promulgation par l’ancienne présidente par intérim Catherine Samba Panza de la loi visant à établir une Cour pénale spéciale, composée de magistrats nationaux et internationaux, cette dernière n’est toujours pas opérationnelle, en partie faute de financements suffisants.

 

La lutte contre l’impunité doit aller bien au-delà des crimes de sang et s’attaquer aux délits économiques et financiers et à la prédation étatique, qui ont très largement favorisé la survenue de la crise (voir le rapport de Crisis Group, Centrafrique : de la prédation à la stabilisation). Ces dernières années, seuls trois ou quatre hauts fonctionnaires ont été sanctionnés administrativement pour avoir détourné de l’argent, provenant le plus souvent des partenaires internationaux. Parmi eux, certains ont été reclassés au sein d’autres administrations. Pour briser ce système de rente qui a contribué à l’effondrement progressif de l’Etat, les nouvelles autorités devraient prévoir des sanctions administratives fortes contre les auteurs de corruption et la justice devrait se saisir de ces dossiers à l’avenir.

 

L’épineuse question des groupes armés

 

Touadéra prend les rênes du pays dans un contexte sécuritaire certes moins explosif que lors de l’entrée en fonction de Samba Panza en 2014, mais encore très préoccupant. Le problème des groupes armés est loin d’être résolu. Si les effectifs de certaines milices, notamment anti-balaka, ont diminué, beaucoup s’adonnent aujourd’hui au banditisme rural, multipliant les rackets sur les marchés locaux ; les factions de l’ex-Seleka conservent quant à elles une mainmise sur des territoires entiers et le désarmement piétine – seule une minorité de rebelles a rendu les armes dans le cadre d’un pré-programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Dans ce contexte, le retrait graduel de la force française Sangaris en 2016 (un dispositif militaire très allégé de 300 hommes devrait être maintenu) n’est pas une bonne nouvelle, et ce à plusieurs égards. Filet de sécurité pour la capitale, elle est sans doute la plus dissuasive des opérations de maintien de la paix déployées en RCA ces dernières années. La Minusca ne pourra probablement pas compenser le retrait de Sangaris et risque d’éprouver plus de difficultés à exercer une pression militaire, pourtant indispensable, sur ces groupes.

 

Au-delà des aspects militaires, les nouvelles autorités devraient s’inscrire en rupture avec plusieurs années de légitimation des groupes armés. Si ces derniers ont manqué le virage de la politisation, ne parvenant pas à se transformer en partis politique, ils sont tout de même devenus des acteurs incontournables. Pendant la transition politique, les partenaires internationaux et les autorités ont opté pour le compromis habituel : négocier et donner un espace politique aux groupes armés. Ainsi, l’intégration politique de certains dirigeants anti-balaka et Seleka (Djono, Hissene, Wenezaoui, Leopold Bara et d’autres ont été ministres même sous la présidence de Samba Panza), les demandes (qui n’ont pas abouti) de la communauté internationale de structurer ces groupes au sommet de Brazzaville en juillet 2014, ou encore les promesses faites dès 2013 par les partenaires internationaux, dont les Nations unies, aux chefs des groupes armés d’une incorporation massive de leurs combattants dans l’armée ont accentué les problèmes qu’on voulait juguler, en suscitant des attentes fortes et en renforçant le poids de ces groupes.

 

Le processus de sortie de crise s’annonce encore long et éprouvant, et les solutions sont avant tout centrafricaines.

 

Aujourd’hui, de nombreux chefs de milices voient le DDR comme une vaste opération de recrutement dans l’armée plutôt que comme une réinsertion économique pour les combattants. « Le DDR, c’est une visite médicale », nous confiait en mars 2016 un chef bien connu des anti-balaka à Bangui, avant d’ajouter : « celui qui est apte va dans les corps habillés et la minorité restante se verra proposer un autre travail ». Un ex-leader Seleka ayant quitté la lutte armée ajoutait quant à lui qu’« il y a un fantasme des groupes armés sur le DDR et il y aura des mécontents ». Alors que Touadéra a déjà entamé des discussions avec ces groupes, il devrait tenir un discours de vérité et leur annoncer qu’une intégration de leurs troupes dans l’armée est impossible, afin d’éviter de « milicianiser » un corps bancal, qui compte déjà parmi ses rangs d’anciens rebelles. La communauté internationale devrait appuyer une telle démarche.

 

Comme le soulignait le rapport Centrafrique : les racines de la violence de l’International Crisis Group, publié en septembre 2015, il convient de passer d’une logique de programme DDR à une politique de désarmement articulée autour de la lutte contre les trafics et la mise en place de grands projets de développement à même de réduire l’attractivité de l’économie de la violence. Comme les derniers affrontements près de Bouar l’ont encore montré en avril, le contrôle des ressources et notamment des chantiers miniers est au cœur du problème. Ainsi, la Minusca devrait déployer des forces internationales dans les principales mines de diamant et d’or pour permettre aux fonctionnaires centrafricains de réinvestir le terrain, et à terme elle devrait relancer les mécanismes de certification du Processus de Kimberley, même à l’Est.

 

Le processus de sortie de crise s’annonce encore long et éprouvant, et les solutions sont avant tout centrafricaines. Pour qu’il ait une chance d’aboutir, il faut à la fois qu’il fasse l’objet d’une appropriation nationale forte, avec l’élaboration d’une feuille de route par les autorités centrafricaines, et d’un soutien constant de la communauté internationale, qui ne doit pas confondre élections et sortie de crise, et doit inscrire son action dans le long terme.

 

Lu pour vous : Centrafrique : quatre priorités pour le nouveau président  par Thibaud Lesueur (ICG)
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