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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 22:03
Rapport de l’Onusida: stigmatisation et manque de moyens criant en RCA

 

 

Par RFI Publié le 23-07-2019 Modifié le 23-07-2019 à 00:29

 

L’Onusida a publié, la semaine dernière, son rapport annuel. Si les conclusions sont positives dans certaines régions d’Afrique, elles le sont beaucoup moins en Centrafrique. La situation sécuritaire dans le pays rend une partie des populations difficile d’accès et à traiter. Cependant, de manière plus générale, les populations manquent d’informations car le tabou et la stigmatisation sont très grands et le manque de moyens est criant.

Dans la salle d’attente de ce centre de soins, une quarantaine de personnes attendent depuis des heures… Ici, certains traitements sont en rupture de stock.

« Avec la méthode du dépisté-traité, on a des patients qui sont vraiment éligibles pour les anti-rétroviraux [ARV], mais il en manque parce que le pays n’est pas à la hauteur de fournir les ARV. Le besoin est là, mais il nous manque les moyens financiers », explique Bienvenu Gazalima, coordonnateur du réseau centrafricain des personnes vivant avec le VIH.

Un manque criant qu’analyse Patrick Eba directeur pays de l’Onusida.

« Les ruptures sont le fait que les financements ne sont pas suffisants pour tous. Mais ces ruptures sont aussi le signe de défis opérationnels dans la réponse au VIH. Aujourd’hui, en Centrafrique, l’Onusida estime qu’il y a 110 000 personnes vivant avec le VIH. Or, seulement environ 40 000 personnes aujourd’hui ont accès à la thérapie anti-rétrovirale, ce qui veut dire que nous avons un gap d’environ 70 000 personnes », précise-t-il.

Un monsieur est allongé sur un banc. Il n’est pas traité depuis cinq mois. Il a perdu 20 kilos. Il souffre physiquement de la maladie, mais aussi de la stigmatisation au quotidien.

« Même au travail, si un de tes amis sait que tu as le Sida, il te fuit. Il ne peut pas t’approcher. C’est comme ça partout, au marché, à l’école et même à l’église. Si le pasteur sait que tu as le Sida, il le dit dans son serment. Il le dit: il y a des gens qui ont le Sida qui sont là. C’est difficile la stigmatisation », témoigne-t-il.

Si les budgets pour les traitements ARV sont insuffisants, presque aucun financement n’est prévu pour la prévention et la sensibilisation, déplore l’Onusida à Bangui.

 

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Centrafrique-Presse.com
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 21:56
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Centrafrique : Le parquet de Bangui annonce l’audition prochaine du député de Ouango-Bangassou après son acte criminel 

BANGUI, le 22 Juillet 2019(RJDH)----Le Député de Ouango-Bangassou, Anselme Bindala accusé pour meurtre de son enfant, sera auditionné par le juge d’instruction après l’enquête de la Direction du Service de la Police Judiciaire. L’information est confiée au RJDH par le Procureur de la République, Laurent Lengandet ce lundi 22 juillet 2019 à Bangui. 


Depuis le vendredi 19 juillet dernier, Anselme Bindala, député de Ouango-Bangassou s’est rendu coupable du meurtre de son fils âgé de 17 ans qu’il accusait d’avoir volé son téléphone. Contacté par le RJDH, le premier secrétaire général de l’Assemblée nationale Bernard Dilla a indiqué qu’en cas de flagrance délit, « le député perd automatiquement son immunité », comme le précisent les textes de l’Assemblée nationale.

Le code pénal de la République Centrafricaine en son article 83, stipule que « quiconque, par maladresse, imprudence, inattention, négligence, ou inobservation des règlements aura commis involontairement un homicide, ou en aura été involontairement la cause, sera puni d’un emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de 50.000 à 100.000 francs CFA ».

Anselme Bindala qui a porté un coup ayant entrainé des blessures et mort d’homme sur son fils pour une histoire de vol de téléphone, se trouve depuis dans les locaux de la Direction de Service de Police Judiciaire(DSPJ) pour nécessité d’enquête déjà lancée sur la demande du parquet de Bangui.

Laurent Lengandet, le procureur de la République attend la suite de l’enquête pour établir la responsabilité, « quand la procédure va terminer au niveau de la DSPJ, pour le parquet, nous allons prendre un réquisitoire d’informations pour saisir le juge d’instruction. Parce qu’en matière criminelle, l’instruction préparatoire est obligatoire. Donc le juge d’instruction va le recevoir et le placer probablement sous mandat dépôt en attendant la procédure va suivre son cours. Pour le moment, il se trouve dans les locaux de la DSPJ dans l’attente du procès-verbal et les témoins ainsi que lui-même seront attendus », a confié au RJDH, le Procureur de la République.

Le parquet qualifie cet acte d’un coup de blessure volontaire ayant provoqué la mort sans l’intention de la donner, « parce qu’il a battu son enfant à cause d’un téléphone et la suite a été fatale », a-t-il indiqué. 

Cet acte a été commis le vendredi dernier alors que les collègues d’Anselme Bindala s’épanchaient sur le vote de loi portant code électoral en République Centrafricaine. Les faits et actes des députés de cette 6ème législature sont aujourd’hui loin d’être un exemple matière d’éthique et de bonne gouvernance en ce haut lieu de la démocratie. Son fonctionnement est miné par des grands scandales de corruption, détournement, voire de comportements douteux frôlant la délinquance.

Judicaël Yongo.

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Centrafrique-Presse.com
22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 21:40
Nouvelles nationales sur RNL
Nouvelles nationales sur RNL

 

RCA : Les CNS lancent un ultimatum de 48 heures à des commerçants au marché Combattant à Bangui

 

https://www.radiondekeluka.org  lundi 22 juillet 2019 13:54

 

Les Compagnies Nationales de Sécurité (CNS) ont sommé ce lundi 22 juillet les commerçantes et commerçants exerçant sur les abords de l'avenue des Martyrs en face du marché Combattant dans le 8ème arrondissement de déguerpir dans 48 heures.

Les vendeuses et vendeurs ont jusqu'à jeudi 25 juillet pour quitter les abords de l'avenue des Martyrs. L'ultimatum des CNS a été lancé lors de la sensibilisation organisée ce matin par cette structure policière. La mise en garde a duré plus de 2 heures et vise à faire respecter les limites et mettre fin à l'installation anarchique sur la route principale qui relie l'aéroport International de Bangui au centre ville.

"Cette route est vraiment embourbée par les commerçants du marché Combattant. Nous venons leur dire que la voie publique n'est pas un lieu approprié pour la vente des marchandises", a précisé colonel Sim Joaki Danigoumandji, Directeur des CNS ajoutant qu'ils doivent "regagner leurs places initiales".

"Nous serons obligés dans les 48 heures qui suivent de faire une descente et ceux qui seront pris en flagrant délit seront conduits et présentés à la justice", a averti colonel Danogoumandji promettant que "leurs marchandises également seront détruites".

L'officier de police a promis tout mettre en œuvre pour poursuivre, arrêter les petits malins qui tenteront de fuir ou de regagner ces endroits pendant et après le passage des forces de sécurité intérieure. "Nous sommes là puisque la Mairie et le commissariat du 8ème n'ont pas pu. Nous verrons ce que nous pouvons produire", a souligné le Directeur des CNS.

De nombreux commerçants interrogés sur ce déguerpissement affirment avoir retenu le message des CNS et promettent de respecter les principes. Toutefois ils déplorent la saturation du marché qui ne leur offre pas d’espace pour les activités.

 

 

RCA : Mankeur Ndiaye plaide pour le renforcement de l'aide humanitaire

 

https://www.radiondekeluka.org lundi 22 juillet 2019 11:38

 

Le Représentant du Secrétaire général de l'ONU en République Centrafricaine, Mankeur Ndiaye, a précisé qu'à peu près 60% d'incidents violents sont commis dans certaines villes du pays par les groupes armés. Lors de la conférence hebdomadaire du 17 juillet, le chef de la Minusca a relevé que le nombre de déplacés et de réfugiés reste très élevé. Il a plaidé en faveur de la mobilisation des ressources financières.

Déplorant la situation humanitaire en République Centrafricaine, Mankeur Ndiaye a fait savoir que les groupes armés persistent dans les abus et les violations des droits humains, malgré l'accord politique pour la paix signé le 6 février 2019 avec le Gouvernement. "Il convient de noter une hausse inquiétante d'incidents violents tels que les braquages qui constituent à peu près 60%, notamment dans les sous-préfectures de Bambari, Bria et Kaga Bandoro", souligne le chef de la Minusca.

M. Ndiaye s'inquiète du nombre élevé des populations déplacées. "Au 31 mai 2019, il y avait plus de 613.031 personnes déplacées et 605.394 réfugiés", précise Mankeur Ndiaye, indiquant que "plus d'un Centrafricain sur 4 est encore une personne déplacée".

Le patron de la Minusca affirme aussi que sur 430 millions de dollars promis soit plus de 215 milliards de franc Cfa pour financer l'aide humanitaire, seulement 43% de ces fonds ont été mobilisés. Mankeur Ndiaye encourage la communauté internationale à y penser. "La RCA a un besoin vital d'une assistance humanitaire massive. C'est extrêmement important", a-t-il plaidé.

Le Représentant de Antonio Guterres en République Centrafricaine demande par ailleurs aux groupes armés d'arrêter les hostilités contre les civils. "J'appelle une fois les groupes armés au respect de leurs engagements par la cessation des hostilités, des attaques contre les civils et les convois humanitaires", martèle-t-il pointant du doigt "les barrières illégales qu'ils érigent, les taxations illégales qu'ils imposent aux populations. On ne peut vouloir une chose et son contraire", conclut Mankeur Ndiaye.

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 12:40
Massacre de Paoua : la République centrafricaine promet que justice sera faite
Massacre de Paoua : la République centrafricaine promet que justice sera faite

 

Par RFI Publié le 22-07-2019 Modifié le 22-07-2019 à 11:34

 

En Centrafrique, le gouvernement réagit au rapport de l'ONG Human Rights Watch sur le massacre, il y a deux mois, de plus de 30 civils dans la région de Paoua. Le rapport avait conclu vendredi 19 juillet qu’il s’agissait d’une tuerie planifiée. Il avait appelé Bangui à ouvrir une enquête rapide et indépendante sur les responsabilités de ce massacre.

Le gouvernement centrafricain a pu prendre connaissance du rapport de Human Rights Watch (HRW) sur le massacre de plus de 30 civils dans la région de Paoua. Par la voix de son ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement centrafricain, il a réagi à ce rapport. D’après Ange-Maxime Kazagui, le document est fouillé et crédible, et le ministre promet que justice sera faite.

« Cette question a été remise à la justice qui est en train, évidemment, d’enquêter. Cela veut dire connaître tous les ressorts de ce crime odieux, en identifier tous les auteurs, les co-auteurs, les complices… et surtout, le ou les commanditaire(s). Et c’est ce que le gouvernement, à travers la justice, est en train de faire », a assuré Ange-Maxime Kazagui au micro de RFI.

« Quand nous le disons ainsi, ce ne sont pas que des mots. Il s’agit pour nous de faire toute la lumière sur l’assassinat odieux de nos compatriotes, poursuit le ministre. Surtout après que nous ayons négocié et signé des accords avec les différents groupes armés. »

« Bien sûr, ajoute-t-il, nous pouvons aujourd’hui simplement lister les personnes qui ont été évoquées dans les différents rapports, y compris celui de Human Rights Watch. Mais quoi qu’il en soit, il faut aller vers la justice. Et je crois que ces éléments qui sont mis à disposition, à travers le rapport de Human Rights Watch, sont déjà à disposition du procureur de la République. »

Le gouvernement est déterminé à aller vers la paix. Le gouvernement centrafricain, dans la fragilité de la situation dans laquelle il est, a estimé que la meilleure, si ce n’est la seule voie pour aller vers la paix, ce n’était pas la belligérance, mais c’était une négociation

Ange-Maxime Kazagui, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement centrafricain

 

22-07-2019 - Par Alexandra Brangeon

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 00:04
 Faustin Archange Touadera élevé au Grand Croix dans l'ordre international des Palmes Académiques du CAMES

 

 

https://www.radiondekeluka.org  vendredi 19 juillet 2019 12:50

 

Les professeurs émérites du CAMES ont bouclé ce 17 juillet leurs travaux en Centrafrique en élevant le chef de l'Etat Faustin Archange Touadera à la haute distinction honorifique de cette organisation. Avec lui, plusieurs enseignants de l'Université de Bangui élevés professeurs après plusieurs publications.

Sur 19 pays membres du CAMES, l'enregistrement à l'agrégation a connu une hausse cette année. 85 % des enseignants du supérieur sur les 1821 qui ont concouru pour gravir des échelons ont été admis par le CAMES selon le secrétaire de l'organisation. Professeur Bertrand Mbatchi,. « 1821 candidatures présentées, 1666 dossiers examinés, 156 dossiers irrecevables soit 8,56%. 126 candidats ont été ajournés soit 7,56%. 1540 candidats ont été inscrits sur les différentes listes d’aptitude soit un taux de réussite globale de 84,57% » a-t-il présenté.

Le professeur Faustin Archange Touadéra désormais Grand Croix dans l’Ordre International des Palmes Académique (OIPA)  s’engage  à œuvrer davantage pour le développement de l’enseignement supérieur.

« Au-delà de ce rôle privilégié de porter l'étendard fait à l’Université de Bangui, je prends la mesure emblématique et fraternelle" a-t-il lancé avant d'ajouter qu'il mesure l'honneur attaché à sa distinction.  

Le CAMES a été créée par les chefs d'État de l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM) à la suite de la Conférence de Niamey de 1968. Le rendez-vous de Bangui est une première organisée par la RCA. Cette session s’est déroulée du  08 au 17 juillet 2019.

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 22:23
RCA: un rapport accablant pour les 3R après le massacre de Paoua
RCA: un rapport accablant pour les 3R après le massacre de Paoua
RCA: un rapport accablant pour les 3R après le massacre de Paoua

 

 

Par RFI Publié le 20-07-2019 Modifié le 20-07-2019 à 11:48

 

Vendredi 19 juillet, l'ONG Human Rights Watch a rendu publique son enquête sur le massacre d'au moins 46 civils, le 21 mai dernier, dans trois villages de la région de Paoua, dans le nord-ouest de la Centrafrique. Basé sur de nombreux témoignages de survivants, ce rapport est accablant pour le groupe armé des 3R de Sidiki Abbas.

Ce rapport met à mal la version des 3R, qui ont parlé tout de suite après ce massacre d'un acte commis par des « combattants agissant de leur propre chef ». Le groupe armé s'est contenté de livrer trois hommes présentés comme les responsables de ce crime. Après avoir enquêté sur le terrain dans la province d'Ouham Pendé, HRW parle d'un « crime de guerre » et estime qu'il s'agit de « tueries planifiées ».

Pour Lewis Mudge, responsable Afrique centrale de Human Right Watch, il n’y a aucun doute : « Ce n’est pas une coïncidence que les trois endroits aient été attaqués presque à la même heure. Par contre, la veille de l’attaque, le 20 mai, le chef des 3R, Sidiki Abbas, a annoncé dans un rendez-vous accompagné de plusieurs responsables, qu’ils allaient attaquer très bientôt le village de Bohong et tuer les gens. »

Un test pour l'accord de Khartoum

Aujourd'hui, l'organisation des droits de l'homme en appelle à la responsabilité du gouvernement centrafricain et des garants de l'accord de paix de Khartoum, qui doivent prendre des sanctions contre les 3R et ouvrir une enquête « rapide et indépendante ».

 « On est, aujourd’hui, quelques mois après la signature de l’accord de Khartoum. Et pour nous, cette attaque est le premier test de ces accords ,estime Lewis Mudge. Nous avons documenté des tueries de civils qui étaient ciblés par un groupe. On sait bel et bien que c’est les éléments des 3R qui ont tué au moins 46 civils qui ont été massacrés. »

 

 

République centrafricaine : Un groupe armé a tué 46 civils

 

https://www.hrw.org

 

Son chef est un conseiller du Premier ministre

 

(Nairobi) 18 juillet 2019 12:01AM EDT ­– Des combattants du groupe armé Retour, Réclamation et Réhabilitation, ou 3R, ont tué au moins 46 civils le 21 mai 2019 lors de trois attaques dans la province d’Ouham Pendé en République centrafricaine. En février, 14 groupes armés, dont les 3R, ont signé un accord de paix avec le gouvernement centrafricain et en mars, le commandant des 3R, le général Sidiki Abass (également connu sous le nom de Bi Sidi Souleymane), a été nommé, par décret présidentiel, conseiller militaire à la primature.

« Les meurtres de ces civils sont des crimes de guerre qui doivent faire l’objet d’enquêtes approfondies et leurs responsables doivent être traduits en justice », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Le fait que des preuves mettent en cause les 3R et Abass, qui ont signé un accord de paix visant à mettre fin à de tels crimes, rend d’autant plus urgente la mise en place d’une enquête rapide et indépendante. »

Les attaques du 21 mai ont eu lieu à peu près en même temps dans la ville de Bohong et dans les villages de Koundjili et Lemouna, dans le nord-ouest du pays – ce qui suggère qu’elles ont été coordonnées. Plusieurs personnes ayant assisté à une réunion avec Abass à Bohong la veille de ces attaques ont affirmé à Human Rights Watch qu’il avait, lors de cette réunion, menacé de mener des attaques contre des civils.

En juin, Human Rights Watch a mené des entretiens avec 36 personnes, dont 12 témoins des meurtres perpétrés par le groupe 3R ainsi que neuf proches des victimes, dans la province d’Ouham Pendé, notamment à Bohong, Koundjili et Lemouna. Ces personnes ont déclaré que des membres des 3R avaient tué des civils dans les trois localités et s’étaient rendus responsables de pillages à Bohong. Human Rights Watch s’est également entretenu avec un représentant des 3R le 15 juin à Bangui, la capitale.

Le groupe 3R est apparu fin 2015 en prétendant que sa présence était nécessaire à la protection de la minorité peule dans la région contre les attaques des milices anti-balaka qui visaient les musulmans suite aux violences qui avaient commencé début 2013. En avril et mai 2016, le groupe 3R a mené des attaques contre des villages de la sous-préfecture de Koui en représailles aux activités des milices anti-balaka. Les attaques des 3R contre des civils en 2016 et 2017 ont provoqué le déplacement de dizaines de milliers de personnes dans la province d’Ouham Pendé.

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) compte 13 677 membres en uniforme, et dispose de forces prêtes au combat à Bocaranga, la capitale de la province d’Ouham Pendé. Ces soldats effectuent des patrouilles régulières sur les routes de Bohong, Koundjili et Lemouna. Dans le cadre de son mandat de protection des citoyens, la MINUSCA a le pouvoir d’utiliser la force si nécessaire et Human Rights Watch a déclaré que la mission devrait revoir ses protocoles opérationnels pour s’assurer que la protection des civils est maximisée.

Le 20 mai dernier, lors d’une réunion qui s’est tenue à Bohong entre les représentants du groupe 3R et les autorités locales, les participants ont entendu des coups de feu tirés au loin dans les environs. On ignore qui a tiré les coups de feu et pourquoi ils ont été tirés, mais les personnes interrogées ont déclaré qu’Abass avaient semblé très en colère en entendant certains participants à la réunion suggérer que les coups de feu avaient été tirés par des combattants de 3R. « Il nous a dit : “Je suis venu ici en paix mais c’est vous, le peuple de Bohong, qui avez déclaré la guerre. Maintenant, je vais vous montrer comment manier les armes” », a raconté un responsable local qui participait à cette réunion. Un autre responsable qui participait à la même réunion a déclaré qu’elle s’était achevée sur la promesse d’Abass d’amener la guerre à Bohong et d’y installer une base.

Le lendemain, le 21 mai, des combattants du groupe 3R sont entrés dans la ville et ont immédiatement commencé à tirer sur des civils. Les habitants de la ville se sont enfuis dans les bois voisins. Au moins 10 personnes ont été tuées, parmi lesquelles Monique Douma, une femme de 40 ans avec un handicap physique. Un membre de la famille de Monique Douma a déclaré : « Quand il a fallu s’enfuir, j’ai dit à Monique de me suivre, mais elle a répondu qu’elle ne pouvait pas. Elle m’a dit : “Je n’ai pas la force de courir” ». La maison de Douma a été incendiée alors qu’elle se cachait à l’intérieur. Elle est morte le matin qui a suivi l’attaque.

De nombreux témoins et des autorités ont décrit par le détail comment des combattants 3R avaient, le lendemain de l’attaque, procédé au pillage de Bohong.

Environ trois heures avant l’attaque de Bohong, un autre groupe de combattants 3R a assassiné 32 hommes dans les villages voisins de Koundjili et Lemouna, au nord-est de Bohong.

À Lemouna, environ 25 combattants des 3R ont convoqué la population masculine du village pour une réunion. « Ce n’est pas inhabituel », a déclaré un témoin. « Les 3R venaient parfois pour nous parler de certaines choses. » Mais ce jour-là, après avoir obligé les hommes à se regrouper, ils les ont ligotés puis, après les avoir retenus devant la maison du chef de village pendant environ une heure, ils les ont exécutés.

Des témoins de Koundjili ont déclaré qu’un groupe de combattants 3R était arrivé à moto et avait convoqué les hommes du village. Là encore, ce n’était pas inhabituel car le groupe 3R contrôlait la route. Mais une fois que les 11 hommes ont été réunis, ils les ont obligés à se coucher puis les ont exécutés. « J’étais juste derrière mes frères qui marchaient vers les 3R », a raconté un témoin. « Mais quand ils [mes frères] sont arrivés devant les 3R, les combattants ont lancé : “Maintenant, couchez-vous !” Quand j’ai entendu cela, je suis resté en arrière.... Je me suis précipité dans la brousse et j’ai commencé à entendre de nombreux coups de feu. » Les combattants ont également tué deux autres civils de sexe masculin avant de partir.

Le 24 mai, Abass a remis aux autorités locales et à la MINUSCA trois hommes présumés responsables des meurtres perpétrés à Koundjili et à Lemouna. Les hommes sont détenus à Bangui dans l’attente de leur procès. Le gouvernement centrafricain ne devrait pas accepter que le fait qu’Abass ait livré ces hommes exonère ce dernier de sa responsabilité concernant ces meurtres, a déclaré Human Rights Watch.

Les crimes du 21 mai relèvent de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI), dont le procureur a ouvert en septembre 2014 une enquête sur les crimes commis dans le pays depuis 2012, et de celle de la Cour pénale spéciale (CPS), une instance judiciaire constituée de juges et de procureurs nationaux et internationaux qui ont pour mandat d’enquêter et de poursuivre les violations graves des droits humains homme commises dans le pays depuis 2003.

Le récent accord de paix contient des dispositions vagues sur le rôle de la justice après le conflit et ne mentionne pas de processus judiciaire spécifique, ni d’efforts récents de promotion de la justice dans le pays, bien qu’il reconnaisse le rôle que l’impunité a joué dans l’enracinement de la violence. La CPS représente un récent effort pour rétablir la justice au niveau national et offre une véritable occasion de demander des comptes aux commandants de toutes les parties au conflit responsables de crimes de guerre, comme ceux qui ont été commis par les 3R, a déclaré Human Rights Watch.

Un représentant des 3R a déclaré à Human Rights Watch que les combattants qui avaient perpétrés les tueries de Lemouna et de Koundjili n’agissaient pas sous les ordres des commandants des 3R ou d’Abass. Il a nié que des civils aient été tués le 21 mai 2019 à Bohong et a insisté sur le fait qu’un seul combattant appartenant aux milices anti-balaka avait été tué. Il a également nié que des combattants 3R ont pillé la ville. Il a insisté sur le fait qu’Abass « faisait de son mieux pour contrôler ses hommes » et que la chronologie des violences de Bohong et des attaques de Koundjili et Lemouna n’était qu’« une mauvaise coïncidence ».

L’une des conditions de l’accord de paix qu’Abass, en tant que commandant des 3R, a signé à Bangui, est que ceux qui se rendent responsables de nouvelles violations du droit international humanitaire, et notamment de crimes contre des civils, soient passibles de sanctions internationales. Les procédures de sanction contre les 3R devraient être engagées immédiatement, a déclaré Human Rights Watch.

« Face aux multiples témoins qui attesteront qu’Abass a publiquement déclaré son intention de tuer des civils et qu’il a donné suite à ses menaces, Abass et ses représentants à Bangui tentent de dissimuler qu’ils ont coordonné et planifié une journée de meurtres », a déclaré Lewis Mudge. « Si les garants de l’accord de paix entendent réellement mettre fin aux crimes de guerre, ils doivent montrer à Abass, ainsi qu’à toutes les parties, qu’ils seront tenus pleinement responsables de leurs actes. »

La République centrafricaine en crise

La République centrafricaine est en crise depuis la fin de 2012, quand les rebelles Seleka, essentiellement musulmans, ont lancé une campagne militaire contre le gouvernement de l’ancien président François Bozizé. La Seleka a pris le contrôle de Bangui en mars 2013. Son régime a été marqué par des violations généralisées des droits humains, y compris des meurtres délibérés de civils. Au milieu de l’année 2013, la milice chrétienne et animiste anti-balaka s’est organisée pour combattre la Seleka. En associant tous les musulmans à la Seleka, les anti-balaka ont mené des attaques de représailles à grande échelle contre des civils musulmans, à Bangui et dans l’ouest du pays.

Depuis 2013, Human Rights Watch a enquêté sur de nombreux cas où des milices anti-balaka, des civils et des groupes Seleka ont attaqué des Peuls. En 2014, Human Rights Watch a enquêté sur des groupes anti-balaka du sud-ouest qui retenaient en otage des femmes et des jeunes filles peules et les avaient violées à plusieurs reprises. Le groupe 3R a été créé en 2015 pour soi-disant défendre les Peuls des attaques d’autres groupes. Mais les 3R se sont à leur tour mis à attaquer des civils. En 2016, Human Rights Watch a documenté le meurtre d’au moins 50 civils par des combattants des 3R dans la sous-préfecture de Koui. Lors de l’une des attaques les plus brutales du groupe à De Gaulle, la capitale de Koui, des combattants 3R ont violé 23 femmes et jeunes filles.

L’accord de paix et le Forum de Bangui

L’accord de paix signé sous l’égide de l’Union africaine en février 2019 faisait suite à 18 mois de discussions entre 14 groupes armés et le gouvernement central, alors même que ces groupes poursuivaient souvent leurs attaques violentes contre des civils. L’accord accordait à trois chefs de groupes armés des postes clefs au sein du gouvernement, notamment à Abass, nommé au poste de conseiller militaire à la primature sur les unités mixtes spéciales de la zone nord-ouest.

En mai 2015, le Forum de Bangui, qui a conclu des consultations nationales, a convenu « qu’aucune amnistie » ne serait délivrée pour les auteurs de crimes internationaux et leurs complices. Le Forum de Bangui a reconnu que l’absence de justice en République centrafricaine depuis 2003 était l’une des principales causes des crises successives qu’a traversé le pays. Le fait de récompenser des commandants responsables d’exactions en leur offrant des postes au gouvernement ne fera que produire d’autres exactions, a déclaré Human Rights Watch. Les chefs de milice, et notamment Abass, devraient faire l’objet d’enquêtes qui débouchent sur des poursuites afin que les responsables clefs de crimes graves rendent des comptes et que la justice soit une réalité pour les victimes.

Attaques des 3R dans la province d’Ouham Pendé

Human Rights Watch n’a pas de conclusion définitive sur les raisons des attaques coordonnées des 3R contre des civils le 21 mai 2019. Toutefois, certains responsables locaux ont suggéré que ces attaques pourraient avoir été une démonstration de force destinée à élargir la zone de contrôle du groupe 3R et mieux contrôler les itinéraires saisonniers de migration du bétail au niveau régional.

Réunion de Bohong – 20 mai

Le 20 mai, une réunion s’est tenue à la gendarmerie de Bohong pour discuter de la violence entre éleveurs peuls et agriculteurs et régler un différend concernant le vol de bétail. Les autorités locales de Bohong, Bocaranga et Koui (la sous-préfecture où se trouve la base du général Abass), un représentant de la MINUSCA et le chef de la gendarmerie locale ont assisté à la réunion. Human Rights Watch s’est entretenu individuellement avec cinq personnes qui ont assisté à cette réunion. Tous ont signalé la tension qui y régnait et le fait qu’elle avait été marquée par les menaces répétées d’Abass contre la population locale. Après la réunion, quatre vaches volées à des éleveurs peuls dans un village voisin ont été remises à Abass et à ses hommes pour qu’elles leur soient rendues.

Lors de la réunion, Abass a insisté auprès des autorités locales pour que des mesures soient prises pour mettre fin aux attaques contre les Peuls. Pendant la réunion, des coups de feu ont été tirés en ville dans des circonstances peu claires. Abass s’est alors mis en colère. Une autorité locale a déclaré :

La fusillade a aggravé les choses. Nous avons dit que c’étaient les 3R qui tiraient, mais Sidiki [Abass] répétait que c’était les anti-balaka. Cela l’a mis très en colère et il a alors dit qu’il voulait établir une base à Bohong. Il a prévenu : « Vous nous avez tiré dessus ! Si vous voulez la guerre, je vais vous la donner et installer ma base ici.... Vous verrez ». Le sous-préfet de Koui m’a demandé de l’aider à le calmer. Mais il était très contrarié quand il est parti. Je n’étais pas sûr de ses intentions. Il avait clairement indiqué sa volonté d’établir une base à Bohong. Quand il se met en colère, il n’écoute personne. D’autres responsables ont tenté de le calmer, mais il n’était pas venu ici pour échanger des idées. Il était venu pour imposer ses règles et menacer de déclencher une guerre.

Un autre participant à la réunion a déclaré qu’Abass avait également annoncé : « Vous, les habitants de Bohong, vous êtes têtus. Je vais installer ma base ici.... Vous ne pouvez pas me faire la guerre. C’est moi qui vais vous la faire et je vous montrerai comment on se sert d’une arme. Je vais vous montrer qui je suis ».

Un responsable local a déclaré qu’il s’attendait à une attaque dans la région après la réunion. « Après cette réunion, nous nous sommes tous mis à douter de ses intentions », a-t-il expliqué.

Attaque contre Bohong – 21 mai

Le lendemain, le 21 mai, un groupe de combattants 3R a été aperçu à l’extérieur de Bohong. Un agent de l’autorité locale est allé à la rencontre des combattants pour discuter de leur présence à cet endroit :

À 8 heures du matin, j’ai entendu dire que des combattants 3R étaient présents en périphérie de la ville. Je suis allé à moto avec un gendarme jusqu’à l’endroit où ils se trouvaient, à cinq kilomètres de Bohong sur la route de Bocaranga. J’ai vu les combattants 3R. Le chef a déclaré qu’il avait d’autres d’hommes cachés dans la brousse. Je lui ai demandé pourquoi ils étaient là. Il a expliqué qu’ils étaient venus au sujet des quatre vaches. J’ai dit : « Sidiki les a prises hier ». Le commandant 3R a déclaré : « Je sais, c’est vrai. Sidiki m’a dit qu’il avait emmené les vaches à Koui. Il n’y a pas de problème. Nous allons prendre du thé et de la nourriture ici, puis nous nous rendrons à Koui ». La conversation a duré cinq minutes. Nous nous sommes dit que tout allait bien et je suis parti.

Ce matin-là, une grande partie de la ville était occupée par une distribution de nourriture organisée par World Vision, une organisation non gouvernementale internationale.

Vers 14 heures, après que le personnel de World Vision a quitté Bohong, des combattants 3R ont commencé à attaquer la ville. Des témoins ont déclaré avoir fui immédiatement après le début de l’attaque. Human Rights Watch s’est entretenu avec trois civils dont les proches n’ont pas réussi à fuir et dont les corps ont été retrouvés dans des puits et des latrines quand les civils sont rentrés en ville. Les combattants 3R y ont tué au moins 10 personnes, dont Evariste Ngororo, un homme de 39 ans. Un membre de la famille de Ngororo a déclaré avoir retrouvé son corps dans un puits à son retour à Bohong, après avoir fui dans les bois alentours :

[Le corps de Ngororo] a été retrouvé dans un puits, juste derrière l’église catholique. Nous le cherchions et ignorions tout de ce qui lui était arrivé. Ma nièce a vu des taches de sang autour du puits. Nous sommes allés regarder et nous avons trouvé le corps. Quelqu’un est descendu dans le puits avec une corde et une torche pour en extraire le corps. Quand le corps est sorti, je l’ai reconnu. Le corps montrait déjà des signes de décomposition, mais j’ai vu qu’il y avait deux blessures par balle graves, une à la tête et une autre à l’estomac.

Lesley Yanja, une fillette de 10 ans, a été tuée pendant l’attaque. Un membre de la famille de Yanja a déclaré : « Lorsque les tirs ont commencé, nous avons décidé qu’il n’était pas prudent de rester, alors j’ai organisé le départ de mes cinq enfants. Je les ai transportés sur ma moto pour les emmener deux kilomètres plus loin environ. Mon plan, c’était de retourner à la maison et récupérer Lesley et l’emmener en lieu sûr. Mais c’était trop tard. Nous avons trouvé le corps de Lesley vers 15 heures, par terre dans le quartier. Elle avait reçu une balle dans la tête ».

Quatre autres civils sont morts en fuyant l’attaque, dont deux bébés. Tous deux étaient nés quelques jours avant l’attaque et les membres de leur famille ont dû fuir le centre de santé local, dont le personnel avait également pris la fuite. Un membre de la famille d’une fille de 16 ans qui avait accouché le 19 mai a pris le bébé avec elle quand l’attaque a commencé :

On entendait des coups de feu à proximité du centre de santé, nous ne pouvions donc pas rester là-bas ; ce n’était pas sûr. Les patients et les infirmières étaient également inquiets et à un moment donné, tout le monde s’est enfui. J’ai décidé de porter le nouveau-né parce que ma belle-fille était encore trop faible. Nous avons couru dans la brousse. En courant, je suis tombée ; il y avait un trou dans le sol que je n’ai pas vu. Je suis tombé sur le bébé que je tenais dans mes bras et sa tête a heurté une pierre. Je me suis levée et j’ai continué à courir, et au bout de cinq minutes, je me suis arrêtée pour vérifier que le bébé allait bien et je me suis rendu compte qu’il était mort. Nous avons enterré le bébé dans la brousse.

Un bébé d’un jour est également mort lorsque ses parents ont fui l’attaque. La mère a expliqué :

Les coups de feu se rapprochaient, nous ne pouvions pas rester au centre de santé. Il fallait partir ; nous n’avions pas le choix. J’ai pris mon petit garçon et je me suis enfuie. Il était très petit. Je n’ai rien pu prendre avec moi, pas de couverture, rien. Le nouveau-né a été exposé ; il n’était pas assez couvert. Nous avons marché environ 20 kilomètres et nous avons traversé la rivière Ouham. Nous pensions que c’était plus sûr de l’autre côté. Dès que j’ai traversé le pont, j’ai vérifié l’état de mon bébé. J’ai vu qu’il ne respirait plus…. Je pense qu’il est mort parce qu’il était trop faible ; il n’a pas supporté.

Le 22 mai, Abass est revenu à Bohong pour récupérer ses hommes et coordonner le transport des biens pillés en ville. Un responsable local rentré le 22 mai à Bohong a déclaré : « J’ai vu Sidiki. Il était là. Je le connais bien. Il était avec ses hommes et il triait les objets volés à la gendarmerie. Il était calme ; il désignait les marchandises à charger dans tel ou tel véhicule. Il n’était pas en colère contre ses hommes ».

Exécutions extrajudiciaires à Koundjili et Lemouna – 21 mai

Le 21 mai, entre 12 et 14 motos transportant des combattants 3R sont arrivés à Lemouna peu après 11 heures. Les combattants sont venus de Bocaranga et des habitants ont dit avoir reconnu les combattants comme étant ceux qui ont leur base à Lételé. Quatre motos ont continué vers Koundjili, et les combattants restés à Lemouna ont convoqué une réunion. Un témoin a déclaré : « Ce n’est pas inhabituel. Les 3R venaient parfois nous parler de choses ou d’autres parce qu’ils contrôlaient la zone ». Cependant, des témoins et des survivants ont déclaré que les combattants étaient rapidement devenus agressifs et avaient commencé à frapper les hommes près de l’enceinte du chef de village.

Après avoir rassemblé 22 hommes, ils les ont ligotés et en ont exécuté 19 après le retour des combattants de Koundjili. Trois hommes ont survécu. Un survivant a déclaré :

Certains, comme moi, étaient attachés seuls. D’autres étaient attachés ensemble. Nous ne pouvions pas demander ce qui se passait. Nous savions que c’était très mauvais. Il y avait beaucoup d’hommes attachés. Ils nous ont retenus pendant un certain temps. L’un des combattants 3R a déclaré : « Nous allons attendre notre chef qui est à Koundjili ». Cela a bien duré une heure. Puis le chef est arrivé. Il a dit : « Dieu t’a piégé ! » Puis il a sorti son arme et a tiré dans le dos de Bari Blizzard. Il a ensuite tiré sur le président du comité de la jeunesse du village, Michel Kobikaya. Puis il a tiré sur Raphaël – on l’avait forcé à se coucher, il a reçu une balle dans la tête. Puis il a tiré sur le directeur de l’école, Hermain. Ensuite, le chef des 3R s’est assis sur sa moto et ses combattants nous ont tous abattus. J’étais à côté de Bari quand il a été tué et son sang s’est répandu sur moi. J’ai reçu une balle dans la jambe lorsque la fusillade a commencé et je suis tombé. J’étais couvert de sang, si bien qu’ils ont pensé que j’étais mort.

Un autre survivant a déclaré :

On était ligotés, deux par deux, les mains derrière le dos, avec une corde. J’ai encore les marques de la corde sur mes bras. J’étais attaché à côté de mon jeune frère, Christoph Seneimi. Certains d’entre nous avaient le visage plaqué au sol ; ceux qui essayaient de relever la tête recevaient des coups de pied. Quand les motos de Koundjili sont revenues, les tirs ont commencé. Mon frère a reçu plusieurs balles et a été tué sur le coup. Son corps est tombé sur moi. L’une des balles qui a touché mon frère m’a également touché, au bras droit. J’ai fait le mort ; c’est comme ça que j’ai survécu.

Les combattants qui sont allés à Koundjili ont demandé aux gens de venir les voir à leur arrivée dans le village. Ils ont rassemblé 11 hommes, les ont fait s’allonger sous un arbre le long de la route et les ont exécutés. Un témoin des meurtres a déclaré :

Ils ont arrêté leurs motos sur la route principale. Habituellement, quand ils s’arrêtent sur la route principale, un chef va à leur rencontre et les salue. [Mais] ils ont simplement commencé à rassembler des gens du voisinage immédiat. Ils disaient : « Vous, les hommes, les jeunes, venez ici ! ». Ils étaient agressifs et nous savions que quelque chose n’allait pas. Puis, tout à coup, sous le manguier, ils ont dit aux hommes de s’allonger. J’observais de loin. Ils ont obligé les hommes à se coucher sans rien leur dire. Les hommes à terre ne pouvaient rien dire. Il n’y avait pas le temps. Trois combattants leur ont tiré dessus. Ensuite, les combattants 3R ont gravi la colline [vers la ville] et ont abattu deux autres personnes. Ensuite ils sont repartis pour Lemouna aussi vite qu’ils étaient venus.

César Tussessekia, âgé de 36 ans et père de cinq enfants, a été tué d’une balle dans le dos. Tussessekia était atteint de déficience auditive et n’a pas dû entendre les coups de feu qui ont précédé.

Réponse de 3R

Le 24 mai, 3R a publié un communiqué de presse signé par Abass présentant des excuses aux habitants pour les meurtres de Koundjili et de Lemouna et réaffirmant la volonté du groupe de travailler pour la paix et la réconciliation dans le pays.

Le 15 juin, Human Rights Watch a interrogé le général Siloo, représentant de 3R à Bangui et membre du comité exécutif chargé de suivre la mise en œuvre des accords de paix. Selon lui, l’attaque contre Bohong était une réponse à une attaque anti-balaka, un seul combattant anti-balaka aurait été tué et la ville n’aurait pas été pillée. Il a déclaré que Human Rights Watch avait été dupé par la communauté locale dont la « stratégie est de brûler leurs maisons, puis de demander à la communauté internationale de venir prendre des photos.... Ils ont aussi l’habitude de se voler les uns aux autres ».

Siloo a déclaré que les meurtres de Koundjili et Lemouna avaient été commis par des combattants opérant sans recevoir d’ordres et hors de tout contrôle d’Abass et du commandement 3R :

Nous nous demandons si quelqu’un n’est pas derrière de tels actes. Nous pensons qu’il y a une influence de l’extérieur, mais nous ne savons pas encore d’où elle vient. [Un commandant 3R qui a participé à l’attaque] était en contact avec des groupes de la Séléka.... Les Séléka sont peut-être jaloux de la bonne réputation de 3R et ont voulu ternir notre image.

Siloo a déclaré que le groupe ouvrirait sa propre enquête. « Mais beaucoup de mauvais éléments 3R ont fui après les attaques parce que nous avons remis certains d’entre eux aux autorités. Nous en recherchons d’autres. Je ne sais pas combien, mais il y en a beaucoup. »

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 22:14
Au PK5, le poumon de la Centrafrique recommence à respirer
Au PK5, le poumon de la Centrafrique recommence à respirer

 

Lu pour vous

 

Par Gaël Grilhot  Le Monde 19 juillet à 17h30, mis à jour à 20h42

 

Quartiers d’Afrique (7/21). Emblématique de Bangui, le Point Kilomètre 5 traîne une réputation de violence. Mais depuis quelques mois, la vie semble y reprendre ses droits.

 

PK5. Un nom qui claque depuis trop longtemps comme l’enclenchement d’une arme automatique. Le quartier, il est vrai, a vécu des heures terribles lors du conflit meurtrier qui a saisi la Centrafrique en 2013. La population à forte majorité musulmane a été accusée d’avoir été un soutien actif de la Séléka, le mouvement armé qui avait alors pris le contrôle de Bangui. Pour faire face aux représailles, des groupes d’autodéfense se sont créés dans le quartier, qui se sont rapidement mis à exercer leur propre loi. Par la suite, l’Etat semblait l’avoir progressivement délaissé. En juin, des groupes se sont encore affrontés, faisant quatre morts et de nombreux blessés. Et pourtant, ces incidents sont de plus en plus rares. Depuis quelques mois, les marchandises s’étalent à nouveau dans le Marché central.

Le commerce est la raison d’être du Point Kilomètre 5, abrégé en PK5. Avant la crise, le quartier était considéré comme le poumon économique de la Centrafrique. C’est par là que transitent traditionnellement tous les produits venant du Cameroun voisin, l’une des seules voies d’approvisionnement du pays. Autour du rond-point Koudoukou, on a de nouveau du mal à avancer en moto. Malick Karomschi a le sourire. Pour lui, c’est le signe que les affaires reprennent : « On est revenus à 60 % des activités ». Malick Karomschi est le directeur de l’Organisation musulmane pour l’innovation en Centrafrique (Omica), basée au « Kilomètre 5 ». « Nous allons dans certains arrondissements où nous ne pouvions pas circuler avant »explique-t-il. Sur les bords de l’avenue Barthelemy-Boganda, des petites échoppes où l’on trouve pêle-mêle des fripes, des outils ménagers, toutes sortes de produits importés.

Retour de la sécurité

Doungoulaye, propriétaire d’une petite quincaillerie, est un représentant des commerçants du PK5. « J’ai vécu tout ce qui s’est passé depuis six ans, mais grâce aux différents leaders communautaires qui se sont levés, il y a eu une amélioration », avance-t-il. Un peu plus loin, en s’éloignant de l’artère principale, dans un dédale de petites ruelles couvertes par des bâches bleues, les étals restés vides pendant longtemps sont de nouveau achalandés. Mahamat, un jeune marchand de vêtements et de draps d’occasion, confirme la reprise. Mais comme lui, beaucoup craignent toujours d’« aller en ville » lorsqu’ils ont besoin de quelque chose, de peur d’être agressés en raison de leur appartenance communautaire.

A l’intérieur du quartier, les choses semblent pourtant aller dans le bon sens. Les taxis, autrefois réticents à venir, sont plus nombreux désormais. Non loin du Marché central, dans le marché Ngaoui, une petite cour entourée de bâtiments où des machines à coudre tournent à plein régime. Imposant, barbe et ensemble traditionnel blancs, Mamadou Camara donne ses indications à un jeune apprenti. L’imam de la mosquée Ibn Al-Khattab, qui exerce toujours son métier de tailleur, se plaint des « rumeurs » qui empêchent les gens de revenir au PK5. « Je ne sais pas depuis combien de temps vous circulez dans le quartiermais vous n’avez pas entendu de crépitement d’arme, fait-il remarquer, c’est le signe que la sécurité est revenue. »

Certes aujourd’hui pas de tirs, mais les incidents demeurent fréquents. D’autant que les Forces de sécurité intérieure ont déserté le quartier depuis longtemps. Nombreux sont ceux qui souhaitent leur retour, ne serait-ce que pour que le PK5 se débarrasse de cette réputation de violence. Un problème d’effectifs, selon le ministère de l’intérieur, qui compte sur le recrutement prochain de 500 gendarmes et 500 policiers au niveau national pour reprendre les patrouilles. « Nous voulons la restauration de l’autorité de l’Etat le plus vite possible, insiste Malick KaromschiC’est vrai, il y a les groupes d’autodéfense qui sont là. Mais c’est au gouvernement de venir dialoguer avec ces groupes, de trouver une porte de sortie. C’est comme si le gouvernement nous avait abandonnés, comme si nous n’étions pas des Centrafricains. »

« Brassage de populations »

Un sentiment d’exclusion basé sur des faits réels. Le groupe de recherche Impact-Initiatives, basé à Genève, a publié en mai 2019 un rapport très détaillé qui pointe les lacunes dans les services publics au sein du 3e arrondissement (dont fait partie le PK5), et propose des pistes d’amélioration. Accès à l’eau, à la santé, logement : tout y est passé au crible. « La mauvaise qualité de l’enseignement constitue la première cause d’insatisfaction pour 38 % des ménages », peut-on y lire. Malick Karomschi approuve : « Les enseignants ont peur de venir enseigner aux enfants, ici. Aujourd’hui, ce sont surtout des maîtres-parents qui assurent l’éducation. Mais c’est trop irrégulier. Un maître-parent peut venir un jour, le lendemain il ne sera pas là. »

Sur le terrain de basket, entre la Grande Mosquée et l’école Koudoukou, se tient un concert organisé par les Frères centrafricains, une ONG nationale. Sur scène un artiste local se produit avec ses danseuses devant une foule multiconfessionnelle. Inimaginable il y a seulement quelques mois. Mahmat Nur Moussa, artiste, humoriste et comédien, anime une petite compagnie théâtrale qui participe à l’organisation, et cherche à donner une nouvelle image du PK5. Son but est avant tout de désenclaver le quartier et d’attirer à nouveau les habitants des environs : « Avant, il n’y avait pas de circulation. Les gens restaient aux frontières. Ils ne rentraient pas au 3earrondissement. Par nos activités, on invite nos frères qui sont de l’autre côté à se joindre à nous. »

Maryam observe le concert le sourire aux lèvres. Originaire de Boali, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Bangui, elle s’est réfugiée au PK5 pour fuir les violences pendant la crise. Comme elle, des milliers de déplacés musulmans venus de toute la Centrafrique ont à l’époque rejoint le quartier. « Je veux bien retourner chez moi, mais seulement s’il y a des parents qui veulent y aller aussi. Toute seule, je n’irai pas », reconnaît-elle. Le nombre de déplacés a provoqué des tensions foncières au sein du quartier. Mais, pour Patrick, un membre de la communauté chrétienne de l’arrondissement, la cohabitation entre les groupes religieux n’est pas menacée. « Il y a ici un vrai brassage de populations », avance-t-il. Ibrahim Bala Abana, chef de quartier de Gbaya-Doumbia II, une des zones les plus sensibles du PK5, acquiesce : « Depuis huit mois, il n’y a plus de problème. Chaque matin on est ensemble avec les musulmans et les chrétiens. Ce sont eux qui sont nos clients au Kilomètre 5. Sans musulmans, les chrétiens ne peuvent pas vivre, sans chrétiens, les musulmans ne peuvent pas vivre. »

Quartiers d’Afrique, notre série d’été

Ils sont étonnants, innovants, branchés ou en mutation. Cet été, Le Monde Afrique vous emmène à la rencontre de quartiers de capitales africaines à l’histoire singulière. De Maboneng, à Johannesburg, délaissé à la fin de l’apartheid avant de devenir un symbole de mixité, à Osu, quartier de la capitale ghanéenne, aux airs de pépinière de créateurs, en passant par PK5, quartier à majorité musulmane de Bangui, en Centrafrique, qui renaît au commerce après la sanglante crise de 2013, nos journalistes vous font découvrir des lieux d’exception qui disent à eux seuls beaucoup des pays explorés et du continent. Bon voyage !

 

Gaël Grilhot (Bangui, correspondance)

 

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 22:02
Best Of Macron (5), Idriss Deby, l’allié indéfectible
Best Of Macron (5), Idriss Deby, l’allié indéfectible

 

Lu pour vous

 

By La rédaction de Mondafrique  21 juillet 2019

 

En dépit de la situation délicate que connaît aujourd’hui la France et d’un week-end risquant d’être encore agité avec les « Gilets jaunes », le président Macron est néanmoins attendu à N’Djaména, les 22 et 23 décembre 2018.

 

Le maintien du déplacement du Président français au coeur de l’Afrique, en cette période, montre à l’évidence, l’importance de cette visite qui dépasse largement la coopération franco-tchadienne et la traditionnelle visite de fin d’année aux militaires français en opérations extérieures.

Première visite en zone CEMAC

Plus de dix-neuf mois après son élection, Emmanuel Macron, en allant à N’Djaména, va effectuer sa première visite dans l’un des États de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale qui comprend six États : Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée-Équatoriale et Tchad. Cette zone, liée au franc CFA, n’a pas les faveurs de la diplomatie française et des réflexions africaines de l’Élysée.

Il est vrai que dans ces pays, la démocratie est encore un mirage, les chefs de l’État battent des records mondiaux de longévité, les droits de l’homme restent dans les textes, les finances publiques croulent sous les dettes, le népotisme et la corruption figurent en bonne place dans la gouvernance, les perspectives économiques sont en berne et le consensus national est de plus en plus remis en cause avec des rébellions qui ne sont plus désormais uniquement ethniques.

Cette Afrique centrale n’est pas encore entrée dans le « nouveau monde « macronien, mais elle est devenue préoccupante pour la France avec la montée du djihadisme, la percée de la Russie, l’expansionnisme économique chinois et la montée de la criminalité transfrontière.

Le Tchad incontournable

Président tchadien, Idriss Deby Itno est devenu indispensable. Le Tchad se trouve au coeur du puzzle de l’Afrique centrale et du Sahel. Que ce soit dans la lutte contre le djihadisme au Sahel, dans la lutte contre la secte Boko Haram, dans la maîtrise des dégâts collatéraux de l’effondrement de l’État  libyen, la recherche d’une sortie de la crise centrafricaine, le Tchad du président Idriss Deby Itno est en première ligne. Les militaires tchadiens sont les plus nombreux et les mieux aguerris. La diplomatie du président tchadien est la plus professionnelle et la plus influente.

Deux anciens ministres des affaires étrangères sont à des postes clés : Moussa Faki Mahamat est président de la Commission de l’Union africaine et Ahmad Allam-Mi est le Secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Le Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Abbas Mahamat Tolli, est un ancien ministre de l’Économie et des Finances du président Idriss Deby Itno.

Une visite minutieusement préparée

Les ressentiments occasionnés par la visite de Marine Le Pen à Idriss Deby Itno en mars 2017 durant la campagne présidentielle, sont lointains. Le ministre Le Drian, dont la proximité avec Idriss Deby Itno (IDI) est bien connue, est l’ardent et  constant avocat du rôle majeur joué par IDI, non seulement dans la lutte contre le djihadisme au Sahel, mais aussi contre Boko Haram et dans la crise centrafricaine.

Un premier geste financier a été fait en annonçant une aide de 40 millions d’euros versée par l’Agence française de développement afin de pouvoir payer les fonctionnaires et les retraités. Les mécontentements venant de toutes parts seront peut-être apaisés, pour un moment, mais le discrédit de l’autocrate tchadien demeurera.

Comme dans toute visite importante du président Macron à l’étranger, la cellule diplomatique a été mobilisée. Franck Paris, le monsieur Afrique et de la même promotion qu’Emmanuel Macron à l’ENA, a fait une visite préparatoire plus intense que d’habitude.

Comme d’habitude maintenant, le « verticalisme » macronien s’exprime par le Conseil présidentiel pour l’Afrique composé de personnalités franco-africaines choisies par Emmanuel Macron. Le Quai d’Orsay joue le rôle de supplétif sans être vraiment associé à ces visites à l’étranger. Jules-Armand  Aniambossou, ancien  ambassadeur du Bénin à Paris et également promotionnaire d’Emmanuel Macron à l’ENA, a effectué une longue visite préparatoire à N’Djamena. Ce missi dominici ne rend compte qu’au président Macron. Il pourra lui dire les fortes attentes de la société civile en termes de démocratie, de droits de l’homme et les vives critiques de la jeunesse notamment contre l’augmentation des droits universitaires qui ne passent pas au Tchad comme ailleurs. Une nouvelle faute de la technostructure macronienne !

Les organisations de femmes ont aussi présenté leurs cahiers de doléances concernant leurs difficultés pour trouver leur place dans la société. La décrépitude des services publics et l’insécurité au nord, à l’est, à l’ouest et au sud ont été unanimement décriée.

Des propos encore audibles?

La visite au centre opérationnel de là Force Barkhane permettra certes de saluer les succès dans le neutralisation de djihadistes au Mali, mais ne permettra pas d’occulter les déboires aux trois frontières Niger-Burkina-Tchad et les difficultés de financement. Les propos destinés aux organisations de la société civile ne seront probablement que la confirmation de ceux prononcés Ouagadougou. Le dialogue avec Idriss Deby Itno pourrait, en revanche, être davantage tourné vers l’avenir en ce qui concerne le Franc CFA dans la zone CEMAC, la situation en Libye, le Gabon face au problème constitutionnel de la maladie d’Ali Bongo et le traitement de la crise centrafricaine avec notamment le renforcement de l’axe Touadera- Omar Al-Bechir-Poutine,  et l’accord militaire conclu entre la Russie et la Centrafrique.

Après avoir trop délaissé cette Afrique centrale, il n’était que temps pour le président Macron de se préoccuper de cette partie de l’Afrique qui prend de plus en plus ses distances avec la France et la francophonie. Avec la priorité donnée au multilatéralisme, les aides de la France passent inaperçues car fondues dans celles des institutions de Bretton Woods, des organisations onusiennes et dans la politique étrangère de l’Union européenne.

Le débat entre le bilatéralisme traditionnel en Afrique francophone et le multilatéralisme mondialisé sera probablement présent lors de cette visite du président Macron au Tchad.

 

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21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 21:36
Centrafrique : un plan national contre l'incitation à la haine et à la violence

 

BANGUI, 19 juillet (Xinhua) -- Le Haut conseil de la communication (HCC), organe de régulation des médias en République centrafricaine (RCA), a lancé vendredi un plan national pour la prévention de l'incitation à la haine et à la violence.

La presse, ainsi que la société civile et les partis politiques, devraient proscrire les propos de haine et de violence qui ont pour objectif de "plomber le développement socio-politique et économique", a souligné vendredi le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra au lancement officiel dudit plan.

M. Touadéra a ainsi exhorté les autorités à intensifier la sensibilisation contre les discours de haine et de violence, tout en réduisant le seuil de tolérance vis-à-vis de ces publications tendancieuses.

En regrettant l'insuffisance de réglementation de la presse, notamment la presse en ligne, le président du HCC, José-Richard Pouambi, a préconisé un cadre juridique idoine permettant au HCC "d'annihiler les mauvaises intentions des auteurs, lesquels s'emploient fréquemment à injecter les germes de la haine et de la violence au sein des communautés".

Ce programme bénéficie également de l'appui de la mission onusienne en RCA, la MINUSCA.

 

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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 22:14
Yvelines : Marie-France Bokassa livre son enfance au château d’Hardricourt
Yvelines : Marie-France Bokassa livre son enfance au château d’Hardricourt

 

Lu pour vous

 

http://www.leparisien.fr  Par Virginie Wéber  Le 18 juillet 2019 à 15h50

 

La fille de l’ancien dictateur de Centrafrique, autrice du « Château de l’ogre », tourne la page d’une histoire éloignée des contes de fées.

 

Née à Bangui, la capitale de la République centrafricaine, en 1974, Marie-France Bokassa est arrivée en France en 1983. Sa famille est alors en exil. À cette époque, son père Jean-Bedel Bokassa, dictateur et empereur autoproclamé de Centrafrique, est déchu du pouvoir. Il se réfugie alors avec sa famille dans son château à Hardricourt. Trente-six ans plus tard, sa fille raconte son enfance dans un livre intitulé « Au château de l'ogre ».

Comment viviez-vous à Hardricourt ?

C'était compliqué. On est arrivé en plein hiver, il y avait de la neige partout, c'était magnifique. On pensait vivre une vie de château avec des domestiques et des belles robes, on pensait qu'on allait vivre libre mais pas du tout. Mon père était assigné à résidence, on n'avait pas le droit de sortir hors du château. Quand l'école était finie, on devait tout de suite rentrer à la maison. Tout se passait bien dans notre famille, mais tout devait rester très secret. En fait, j'ai pris conscience après qu'on vivait comme une secte.

Quel regard portez-vous sur votre histoire ?

Même s'il y a eu des moments tristes et difficiles, mon enfance a été, dans l'ensemble, joyeuse. Mon père avait ses préférés et j'en faisais partie. Je le vénérais. Tous les moments compliqués, je les transformais en aventure. J'ai fait le mur plusieurs fois, je me souviens qu'on allait voler des boîtes de sardines et de thon au supermarché. On les cachait une fois qu'on rentrait au château. Mon enfance m'aide beaucoup au quotidien car je n'ai peur de rien. Et lors des coups durs, je trouve toujours une parade.

Depuis votre arrivée, vous êtes toujours restée vivre ici ?

Quand j'ai fui le château à 13 ans, Monique, une habitante, m'a recueillie chez elle. Elle m'a recueillie jusqu'à ma majorité. Ensuite, je n'ai pas vraiment fait d'études, j'étais toute seule pour subvenir à mes besoins, je n'ai jamais connu ma mère. Je me suis donc débrouillée. J'ai créé un salon de thé à Meulan, j'ai eu trois enfants. J'ai vécu à Hardricourt et depuis 2015, je vis à Gargenville au bord des champs. Même si le mythe du cannibalisme, colporté par les uns et les autres, a été assez destructeur pour l'enfant que j'étais, je n'ai aucun sentiment de revanche… Envers personne.

« Au château de l'ogre », de Marie-France Bokassa, Flammarion, 208 p., 18,50 €

LE CHÂTEAU FINALEMENT VENDU AUX ENCHÈRES À 915 000 €

915 000 €, c'est le prix atteint par la vente de l'ancienne propriété de Jean-Bedel Bokassa, à Hardricourt. En 2011, le château de 547,78 m2, la maison de gardien (95,49 m2) et le vaste parc arboré d'1 ha, ont été vendus aux enchères sur licitation à la suite d'un jugement du tribunal de grande instance de Versailles.

En fait, cette opération devait permettre à l'Etat français de recouvrer une petite partie des sommes que devait au fisc l'ex-souverain de République Centrafricaine, décédé en 1996. À sa mort, l'ancien homme d'Etat a donné en héritage cette demeure à ses 36 enfants officiels. Une famille vivant en région parisienne l'a rachetée pour y faire sa résidence secondaire.

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Centrafrique-Presse.com