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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 19:03
L’armée centrafricaine entre en RDC pour traquer les rebelles de la RCA

Lu pour vous

 

L’armée centrafricaine entre en RDC pour traquer les rebelles de la RCA, dénonce la députée Inagosi

 

https://actualite.cd/

Dans sa question adressée au Vice-premier ministre, ministre de l'intérieur, sécurité et affaires coutumières Gilbert Kankonde lors de la plénière de ce mercredi, la députée nationale Geneviève Inagosi Kasongo a dénoncé les opérations de l'armée centrafricaine dans le territoire congolais pour “traquer leurs rebelles”.

 

 

" Pourquoi est-ce que nos autorités autorisent que des troupes régulières d'autres pays viennent traquer leurs rebelles Chez nous ? "a lancé Geneviève Inagosi au VPM de l'Intérieur et sécurité.

Pour elle,il y a l'armée régulière Centrafricaine qui entre dans notre pays soit disant pour traquer leurs rebelles ".

Et de poursuivre : " Notre pays n'est pas un chant de bataille. S'il y a un problème de puissance de feu, utilisez au moins la voie diplomatique parce qu'il s'agit des pays voisins avec lesquels nous sommes tenus de vivre en toute sécurité ".

S'agissant de la question des éleveurs Mbororo dans la province du Haut-Uele, la députée nationale préconise un plan de la part du Gouvernement pour les dégager du territoire congolais à cause, dit-elle, de leurs abus.

La province de Haut-Uele est en proie à une insécurité créée par les troupes étrangères qui circulent, et se promènent dans notre territoire comme si c'était un pays sans loi. Le territoire de Niangara, le territoire de Dungu, les éleveurs Mbororo qui viennent et sont très armés, tuent les populations locales, les chassent et brûlent les maisons au vu et au su des éléments de la police qui, malheureusement sont en nombre insuffisant. Et ces différents rapports sont remontés au niveau du gouvernement central qui ne réagit pas. Je voudrais Monsieur le VPM que vous puissiez saisir cette opportunité pour nous dire s'il y a un plan pour dégager ces éleveurs Mbororo ", a ajouté Geneviève Inagosi.

Dans la plénière de ce jour, deux vice-premiers ministres répondent à des questions orales avec débat. Il s'agit de Kankonde et Mayo.  Le premier a été également auditionné mardi par la commission défense et sécurité de l'Assemblée nationale.  Au total,  31 questions relatives à  la sécurité du pays lui été  adressées.  Il reviendra demain pour répondre à la commission.

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 18:55
NOTE D’INFORMATION MINUSCA

 

NOTE D’INFORMATION

 

LA MINUSCA EXIGE LA CESSATION DES HOSTILITES A OBO ET SOMME L’UPC DE QUITTER LA ZONE

 

Bangui, le 20 mai 2020 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) exige la cessation des hostilités en cours à Obo ainsi que le départ immédiat de l’UPC de la région d’Obo, de Zemio et de Bambouti, (sud-est de la République centrafricaine). « Par rapport à Obo, la MINUSCA met en garde Ali Darassa et lui demande de mettre fin à l’expansionisme inacceptable de l’UPC au-délà des positions qui étaient les siennes avant le 6 février 2019, date de la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA). Il doit quitter cette zone», a déclaré le porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro, mercredi au cours de la conférence de presse hebdomadaire de la Mission à Bangui.

 

Tout en rappelant l’appel du Secrétaire général des Nations Unies pour un cessez-le-feu global durant cette période de crise sanitaire liée au COVID-19, relayé par son Représentant spécial en RCA, le porte-parole insiste sur le retrait des hommes de l’UPC dans cette région, soulignant que « la MINUSCA exécutera son mandat de protection des civils en étroite collaboration avec les FACA ». Concernant le chef de groupé armé de 3 R, Sidiki Abass, qui a quitté la ville de Bouar la semaine dernière, le porte-parole de la MINUSCA a souligné que « le bureau de la MINUSCA à Bouar avec les autorités préfectorales continuent à engager Sidiki pour s’assurer qu’il revienne à sa position d’avant ce problème ».

 

En ce qui concerne la lutte contre la pandémie de la Covid-19, Vladimir Monteiro a annoncé que la Mission a réorienté environ 666.000.000 FCFA provenant de ses fonds programmatiques et du budget de projets à impact rapide pour soutenir l’effort national notamment la formation, la sensibilisation et l’éducation des populations, à l’approvisionnement en eau et à la production de produits et d’équipements d’hygiène. « Ce montant ne prend pas en compte d’autres contributions de la MINUSCA au combat contre le COVID-19 », a-t-il précisé

 

Le porte-parole a également souligné qu’entre le 12 et le 18 mai, la Mission a documenté 15 incidents d’abus et de violations des droits de l’homme touchant 25 victimes. « Les préfectures les plus touchées sont la Haute-Kotto, la Bamingui-Bangoran et la Nana-Mambéré », a-t-il dit, précisant que les auteurs de ces violations restent les membres des groupes armés. « Parmi ces abus et violations, des meurtres et des viols ont été documentés », a-t-il précisé.

 

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Commandant Issoufou Aboubacar Tawaye, a mentionné la poursuite des opérations militaires de la Mission dans le centre et le nord du pays, annonçant la visite ce mercredi à Ndélé, du Commandant de la Force de la MINUSCA, Général Daniel Sidiki Traoré, pour « faire le point avec les éléments qui interviennent dans cette ville pour ramener la paix et la sécurité ». Faisant part d’une situation sécuritaire relativement calme mais imprévisible sur l’ensemble du territoire, le Commandant Tawaye a indiqué que les casques bleus restent vigilants et ont opéré 3680 patrouilles sur le territoire centrafricain, dans le cadre de leur mandat de protection des civils.

 

Enfin le porte-parole de la Police, a pour sa part, mentionné qu’UNPOL continue ses travaux dans le cadre de la sécurisation des prochaines élections, parallèlement à son engagement dans la lutte contre la pandémie à coronavirus. Il a par ailleurs annoncé le déploiement prochain de 51 policiers et gendarmes centrafricains à Ndélé. « Une première vague de 18 gendarmes vient de boucler une formation de pré-déploiement organisée par UNPOL. Une 2e vague constituée principalement de policiers a démarré la même formation le 19 mai. Ces policiers et gendarmes seront déployés à Ndélé dans les tous prochains jours avec l’appui de la MINUSCA », a-t-il déclaré.

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 18:44
Un chef de guerre centrafricain arrêté après les tueries de Ndélé

 

 

20 mai 2020 AFP

 

La Mission des nations unies en Centrafrique (Minusca) a arrêté un chef de guerre et huit de ses miliciens, impliqués dans les tueries qui ont fait des dizaines de morts fin avril à Ndélé (Nord-Est), ont affirmé mercredi des sources humanitaires et de l'ONU à l'AFP.

"La Minusca a procédé mardi à l'arrestation de neuf éléments armés" dans la région de Ndélé (nord-est), a déclaré mercredi le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, lors d'une conférence de presse, précisant que les forces de l'ONU avaient agi à la demande de la Cour pénale spéciale chargée de juger les violations graves des droits humains en Centrafrique.

Le 29 avril, 28 personnes, dont au moins 21 civils, avaient été tuées à Ndélé, lors de combats entre deux factions issues du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l'un des principaux groupes armés du pays.

Si la Minusca n'a pas révélé l'identité des interpellés, un responsable humanitaire et un cadre de l'ONU ont affirmé sous couvert de l'anonymat qu'Azor Kalite, ancien haut responsable de la coalition Séléka qui avait renversé le régime du président François Bozizé en 2013, en faisait partie.

Cet influent chef de l'ethnie goula est l'un des principaux acteurs du conflit qui ravage le nord-est de la Centrafrique depuis plusieurs mois.

Selon la Minusca, les affrontements de Ndélé opposaient des membres des ethnies rounga et goula qui se disputent le contrôle du commerce et des gisements miniers de la région.

La justice centrafricaine avait rapidement ouvert une enquête pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité”, transmise à la Cour pénale spéciale début mai.

"Comme ce sont des bandes armées qui s'en sont pris aux civils, leurs leaders sont les principaux soupçonnés" avait indiqué Eric Tambo, procureur général près la cour d'appel de Bangui.

Contacté par l'AFP dimanche, Azor Kalite avait fustigé l'opération menée par la Minusca à Ndélé pour rétablir la sécurité dans la ville et menacé de soulever les populations civiles contre les casques bleus.

A quelques mois d'une élection présidentielle à haut risque, prévue pour décembre 2020, la Centrafrique est toujours en proie aux violences et aux exactions des milices malgré la signature d'un accord de paix entre le pouvoir central et 14 groupes armés le 6 février 2019.

 

 

Centrafrique: l'armée et les casques bleus repoussent une attaque, "une dizaine" de rebelles tués (gouvernement)

 

 

© 2020 AFP | Crée le 21.05.2020 à 03h32 | Mis à jour le 21.05.2020 à 03h35

 

L'armée centrafricaine et les forces de la Mission des nations unies en Centrafrique (Minusca) ont repoussé l'offensive d'un groupe armé sur la ville d'Obo, dans l'extrême sud-est du pays, et tué au moins "une dizaine" d'hommes armés, a annoncé le porte-parole du gouvernement mercredi.

Le bilan provisoire de l'opération, qui a permis de repousser les forces du principal groupe armé du pays, l'Unité pour la paix en Centrafrique, est "d'une dizaine de morts et de prisonniers dans les rangs de l'UPC", a détaillé à l'AFP le porte-parole, Ange-Maxime Kazagui.

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 15:48
Un an après le massacre de Paoua, des familles centrafricaines encore sans réponse
Un an après le massacre de Paoua, des familles centrafricaines encore sans réponse

 

Un an après le massacre de Paoua, des familles centrafricaines encore sans réponse

 

http://www.rfi.fr/ 21/05/2020 - 14:44

 

Il y a un an, le premier gros massacre commis depuis la signature de l’accord de paix était commis dans la région de Paoua en Centrafrique. Les villages de Lemouna et Koundjili font l’objet d’une descente d’un groupe armé, les 3R, qui va exécuter plus de 30 civils. La plupart regroupés, ligotés et exécutés sous les manguiers des villages. Un an après, les familles peinent à s’en remettre.

Rosaline était présente sur les lieux ce jour-là… Elle a assisté impuissante à l’exécution de son fils : « Je suis allée vers eux pour qu’ils me tuent avec ma fille, je ne pouvais pas m’enfuir. »

Les éléments du groupe armé lui laissent la vie sauve. Depuis elle vit à Paoua, elle ne veut pas rentrer au village : « À cause de la mort de mon enfant, je ne peux pas supporter de vivre là-bas. Je ne peux pas rester là-bas, je fais juste des aller-retour. Je ne peux pas oublier ça. À tout moment quand je vois un manguier c’est comme si je revivais ce qu’il s’est passé. Ça me fait trop mal. »

« C’est quoi la raison de ces tueries ? »

Son mari triture une pochette transparente. À l’intérieur des photos de leur fils et son acte de décès. Des souvenirs soigneusement conservés. La colère de Jean-Denis ne s’estompe pas : « Je suis très en colère. Je suis très en colère parce qu’ils ont tué le directeur de l’école. Ils ont aussi tué le président de la jeunesse. Le chef de Lemouna et de Koundjili ont aussi été tués. Beaucoup de gens ont été tués même mon frère cadet. Pourquoi ils les ont tués ? C’est quoi la raison de ces tueries ? »

Depuis les 3R ont livré 3 personnes qui ont participé à ces massacres. La cour pénale spéciale s’est saisie du dossier. La procédure judiciaire est en cours.

 

 

RCA: un rapport accablant pour les 3R après le massacre de Paoua

 

http://www.rfi.fr/ 20/07/2019 - 11:48

 

Vendredi 19 juillet, l'ONG Human Rights Watch a rendu publique son enquête sur le massacre d'au moins 46 civils, le 21 mai dernier, dans trois villages de la région de Paoua, dans le nord-ouest de la Centrafrique. Basé sur de nombreux témoignages de survivants, ce rapport est accablant pour le groupe armé des 3R de Sidiki Abbas.

Ce rapport met à mal la version des 3R, qui ont parlé tout de suite après ce massacre d'un acte commis par des « combattants agissant de leur propre chef ». Le groupe armé s'est contenté de livrer trois hommes présentés comme les responsables de ce crime. Après avoir enquêté sur le terrain dans la province d'Ouham Pendé, HRW parle d'un « crime de guerre » et estime qu'il s'agit de « tueries planifiées ».

Pour Lewis Mudge, responsable Afrique centrale de Human Right Watch, il n’y a aucun doute : « Ce n’est pas une coïncidence que les trois endroits aient été attaqués presque à la même heure. Par contre, la veille de l’attaque, le 20 mai, le chef des 3R, Sidiki Abbas, a annoncé dans un rendez-vous accompagné de plusieurs responsables, qu’ils allaient attaquer très bientôt le village de Bohong et tuer les gens. »

 

 

RCA: les 3R disent avoir livré les coupables du massacre de la région de Paoua

 

http://www.rfi.fr/25/05/2019 - 03:10Modifié le : 27/05/2019 - 12:33

 

En Centrafrique, l'heure semble être à l'apaisement, après le massacre de civils dans la région de Paoua. Au moins 34 personnes ont été tuées dans ce massacre attribué au groupe armé des 3R, selon les chiffres de la Minusca rendus publics dès mercredi. Une tuerie qui a fait planer de sérieuses menaces sur l'accord de paix de Khartoum, alors que le gouvernement leur avait donné 72 heures pour qu'ils livrent les coupables. Smaïl Chergui, le président de la Commission paix et sécurité de l'Union africaine et l'un des parrains de cet accord, a été le premier à tenter de calmer le jeu dès vendredi en annonçant sur RFI que les 3R étaient prêts à livrer les coupables. C'est chose faite, a assuré un peu plus tard le porte-parole de ce groupe armé.

Il y a deux jours, le porte-parole du groupe armé des 3R assurait encore qu'ils n'étaient pas responsables des massacres commis dans la région de Paoua mardi et qu'à ce titre, ils ne pouvaient « livrer des coupables qu'ils ne connaissent pas ».

Changement de ton dès vendredi. Le général Siwo a annoncé que leur haut commandement avait envoyé sur place une mission d'enquête qui a établi la responsabilité de trois de leurs combattants qui auraient agi de leur propre chef.

Ils ont donc été remis à la Minusca et au représentant du gouvernement centrafricain dès hier dans la ville de Paoua.

« Les auteurs de cette attaque, ceux qui ont tiré sur les civils, explique le général Siwo, nous les avons déchargés aux mains de la Minusca et des autorités nationales. C’est notre habitude, ce n’est pas la première fois que nous livrons des gens qui se comportent de cette façon. »

Le gouvernement centrafricain avait également donné 72 heures au groupe armé pour qu'il « démantèle ses bases et barrières illégales ».

« Nous n'avons jamais eu de barrières », assure aujourd'hui le porte-parole des 3R. Quant à leurs bases ? « Nous allons voir avec la Minusca et le gouvernement comment régler tous les problèmes », a-t-il ajouté.

Officiellement, ce sont 34 personnes qui ont été tuées mardi dans le nord-ouest du pays, mais des sources diplomatiques parlent désormais d'une cinquantaine de victimes. « On n'en parle pas pour le moment afin de ne pas mettre de l'huile sur le feu », selon l'une de ces sources.


■ Témoignage

Lucien Mbaïgoto, député de la première circonscription de Paoua, était à Bangui lors des massacres qui ont eu lieu mardi. Il est en train d’organiser son retour à Paoua où il prévoit de rendre visite aux familles des victimes. Il prévoit aussi l’organisation d’une messe de requiem. Il réagit aux évènements. Il ne s’attendait pas du tout à cette poussée de violence.

Je suis vraiment en colère. C'est un acte de barbarie, un acte horrible...

 

 

Massacre de Paoua: la République centrafricaine promet que justice sera faite

 

http://www.rfi.fr/ 22/07/2019 - 11:18Modifié le : 22/07/2019 - 11:34

 

En Centrafrique, le gouvernement réagit au rapport de l'ONG Human Rights Watch sur le massacre, il y a deux mois, de plus de 30 civils dans la région de Paoua. Le rapport avait conclu vendredi 19 juillet qu’il s’agissait d’une tuerie planifiée. Il avait appelé Bangui à ouvrir une enquête rapide et indépendante sur les responsabilités de ce massacre.

Le gouvernement centrafricain a pu prendre connaissance du rapport de Human Rights Watch (HRW) sur le massacre de plus de 30 civils dans la région de Paoua. Par la voix de son ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement centrafricain, il a réagi à ce rapport. D’après Ange-Maxime Kazagui, le document est fouillé et crédible, et le ministre promet que justice sera faite.

« Cette question a été remise à la justice qui est en train, évidemment, d’enquêter. Cela veut dire connaître tous les ressorts de ce crime odieux, en identifier tous les auteurs, les co-auteurs, les complices… et surtout, le ou les commanditaire(s). Et c’est ce que le gouvernement, à travers la justice, est en train de faire », a assuré Ange-Maxime Kazagui au micro de RFI.

« Quand nous le disons ainsi, ce ne sont pas que des mots. Il s’agit pour nous de faire toute la lumière sur l’assassinat odieux de nos compatriotes, poursuit le ministre. Surtout après que nous ayons négocié et signé des accords avec les différents groupes armés. »

« Bien sûr, ajoute-t-il, nous pouvons aujourd’hui simplement lister les personnes qui ont été évoquées dans les différents rapports, y compris celui de Human Rights Watch. Mais quoi qu’il en soit, il faut aller vers la justice. Et je crois que ces éléments qui sont mis à disposition, à travers le rapport de Human Rights Watch, sont déjà à disposition du procureur de la République. »

Le gouvernement est déterminé à aller vers la paix. Le gouvernement centrafricain, dans la fragilité de la situation dans laquelle il est, a estimé que la meilleure, si ce n’est la seule voie pour aller vers la paix, ce n’était pas la belligérance, mais c’était une négociation

Ange-Maxime Kazagui, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement centrafricain

Alexandra Brangeon

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 15:42
Centrafrique-Obo: Les FACA repoussent une nouvelle attaque de l'UPC

 

Centrafrique : La classe politique et la société civile choquées devant la tentative d'invasion de la ville de Obo par UPC

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 20 mai 2020 19:24

 

La situation sécuritaire à Obo est au centre de préoccupation des leaders politiques et de la société civile. Ils appellent tous à une action pour sauver la localité en proie à une tentative d'invasion des hommes de l'UPC de Ali Darassa.

Le tissu sécuritaire à Obo se dégrade depuis 72h. Les éléments de l'UPC ont tenté de prendre le contrôle de la ville avant d'être repoussés à trois reprises par les forces armées centrafricaines. C'est dans ce contexte que le président du MLPC Martin Ziguélé a appelé ce mercredi 20 mai 2020 le gouvernement à mettre en place un pont aérien pour renforcer les forces loyalistes. "C'est une situation extrêmement grave, nos vaillants soldats sont entrain de se battre pour préserver l'intégrité de la ville. Ce n'est pas une violation supplémentaire de l'accord de paix, mais l'UPC veut prendre Obo pour faire venir les armes et les hommes du Soudan et du Soudan du Sud pour asphyxier notre pays" a alerté Martin Ziguélé.

Outre cette position, Paul Crescent Béninga, porte-parole du groupe de travail de la société civile (GTSC) qualifie  "l'inaction" du gouvernement de "complicité"."Ce que nous constatons et que nous voulons déplorer, c'est que les FACA ne reçoivent pas un appui conséquent du gouvernement et cela fait trois jours que ça dure. Ils ne peuvent pas tenir jusqu'au bout sans soutien conséquent" a déploré M. Béninga.

Au cours de son interpellation ce 20 mai à l'assemblée nationale, le premier ministre Firmin Ngrebeda a rassuré les députés des mesures prises par le gouvernement afin de protéger non seulement la ville de Obo, mais aussi les régions du nord-est centrafricain.

Le chef de guerre nigérien Ali Darassa est signataire de l'accord de paix du 6 février 2019 dont les dispositions font interdiction à lui et à son mouvement de conquérir de nouveaux territoires.   

 

 

Centrafrique-Obo: Les FACA repoussent une nouvelle attaque de l'UPC

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 20 mai 2020 18:35

 

La ville de Obo dans le Haut-Mbomou a été le théâtre de violents affrontements ce mercredi 20 mai 2020 entre les Forces armées centrafricaines et les combattants de l'UPC du chef rebelle nigérien Ali Darassa. Après environ six (6) heures d'intenses combats, l'armée nationale a mis en déroute les assaillants et a pu conserver et renforcer ses positions dans la ville. 

La situation sécuritaire devient inquiétante à Obo, dans le Haut-Mbomou. Une fois de plus, les éléments de l'UPC de Ali Darassa ont attaqué ce mercredi 20 mai 2020 aux environs de 6H du matin, les positions des Forces armées centrafricaines dans la ville de Obo. "Les combats ont été intenses et les tirs à l'arme lourde et légère ont duré plusieurs heures," a témoigné le correspondant local de Radio Ndeke Luka.  

Après plusieurs heures d'intenses combats, la ville est toujours sous contrôle des Forces armées centrafricaines qui ont mis en déroute les combattants de l'UPC, selon des autorités locales. "Nos forces de défense ont valablement défendu Obo et ont repoussé les éléments de l'UPC à plus de 3Kms de la ville. Ils ont capturé six (6) assaillants et mis la main sur d'importants moyens militaires" a fait savoir Jude Ngayoko, Préfet du Haut Mbomou appelant Bangui a déployer de toute urgence des renforts avec des moyens conséquents.

Au cours d'une interpellation à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Firmin Ngrebada a déclaré ce mercredi 20 mai 2020 aux députés que le gouvernement n'a pas croisé les bras face à la situation de Obo. "Nous n'avons pas croisé les bras. Nos FACA se sont battus en hommes et à l'heure où je vous parle, ils ont toujours le contrôle de la ville. Ils ont chassé les éléments de l'UPC à plus de 3Kms de la ville, le ratissage se poursuit" a martelé le Premier ministre précisant par ailleurs qu "un FACA est blessé au pied, trois assaillants sont capturés et il y a eu des morts dans le rang des combattants de l'UPC".   

Malgré un calme apparent, des tirs sporadiques se font encore entendre et la majorité de population a fui le centre de la ville. La Minusca, face à cette énième attaque qu'elle qualifie de "violation de l'Accord de Paix", hausse le ton. Elle somme Ali Darassa de retirer immédiatement ses hommes des alentours de Obo et de cesser toute tentative de marcher sur la ville.

"Par rapport à Obo, le message de la Minusca, c'est qu'Ali Darassa mette fin à l'expansionnisme de l'UPC. Qu'il revienne à ses positions d'avant le 06 février 2019. Il occupait des positions avant la signature de l'accord. Aujourd'hui, on voit qu'il a violé cet accord. Il s'est hasardé dans certaines zones dans le Sud, dont Bambouti, Zémio et les environs de Obo. Le message de la Minusca, c'est qu'il quitte cette zone. La Minusca exécutera son mandat de protection des populations en coordination avec les FACA" a averti Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.  

Il y a de cela quelques jours, la présence des hommes de l'UPC aux alentours de la ville de Obo inquiétait les populations. Cette attaque repoussée intervient après les deux précédentes les 16 et 18 mai, toujours contrées par les FACA. 

 

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21 mai 2020 4 21 /05 /mai /2020 14:59
Centrafrique : la face cachée du processus de paix

 

Lu pour vous

 

Par Thierry Vircoulon Coordinateur de l'Observatoire pour l'Afrique centrale et australe de l'Institut Français des Relations Internationales, Sciences Po – USPC

 

https://theconversation.com/centrafrique-la-face-cachee-du-processus-de-paix-137298  May 19, 2020 10.53pm SAST

 

Depuis sa signature le 6 février 2019 à Khartoum, il est de bon ton à Bangui de se féliciter de l’« Accord politique pour la paix et la réconciliation en Centrafrique ». Ce texte fait certes la part belle aux groupes armés, et ses multiples violations restent impunies ; mais, comme on dit dans les cercles internationaux, « c’est la seule solution que nous avons ».

Depuis plus d’un an, l’application de l’Accord de Khartoum révèle son instrumentalisation par les protagonistes du conflit. En effet, le processus de paix constitue « la » nouvelle opportunité d’enrichissement aussi bien pour les groupes armés que pour les acteurs gouvernementaux.

L’Accord de Khartoum : une manne pour les groupes armés…

Dès les premières réunions organisées par la Russie et le Soudan à Khartoum en 2018, les conditions de négociation de cet accord (des enveloppes de billets et des promesses d’autres enveloppes à venir) n’étaient déjà pas de bon augure. Négocié loin du peuple centrafricain, dans la capitale d’un pays voisin ayant été partie prenante au début du conflit, l’accord de Khartoum n’est plus que le vecteur formel de la redistribution de la manne financière internationale aux groupes armés.

Cette redistribution s’effectue par diverses mesures : celles qui sont prévues explicitement dans l’accord de paix et celles qui sont officieuses. Les premières sont le programme de DDR (démobilisation, désarmement et réinsertion), la mise en place des Unités spéciales mixtes de sécurité (USMS), la participation rémunératrice à des comités multiples et variés et les postes officiels octroyés aux leaders des groupes armés dans le cadre de leur cooptation dans le système institutionnel. Une partie des fonds consacrés par les bailleurs au DDR et aux USMS servent à assurer la prise en charge financière des miliciens qui, durant plusieurs mois, participent au programme de DDR ou intègrent les USMS (trois USMS étaient prévues en 2019 mais une seule a été créée jusqu’à présent). Au titre des précédents programmes liés au DDR (pré-DDR, DDR pilote, CVR), les donateurs internationaux ont dépensé plusieurs millions de dollars depuis 2016, sans effet sur les groupes armés.

Pour le DDR, qui a débuté après la signature de l’accord de paix, la Banque mondiale a budgété 40 millions de dollars, pour un nombre de combattants estimés à 5 000. Les miliciens participant au DDR reçoivent une indemnité journalière pendant environ six mois (les fameux per diem fournis par toutes les organisations internationales en dépit du bon sens), puis un package pour recommencer leur vie dont le montant maximal est fixé à 700 dollars – une somme à comparer au revenu annuel par habitant qui est en Centrafrique de… 490 dollars.

Ceux qui sont en formation dans les USMS touchent une « prime générale d’alimentation » – une autre sorte de per diem. Il y a ensuite les jetons de présence pour les représentants des groupes armés dans les multiples comités censés être indispensables à la mise en œuvre de l’accord de paix. Lors d’une réunion d’un de ces comités, les représentants des groupes armés ont ainsi révélé que leur participation aux multiples « comités Théodule » leur rapporte l’équivalent du salaire d’un directeur général dans un ministère. En outre, il y a les salaires versés aux leaders de groupes armés par le gouvernement au titre de leurs fonctions aussi officielles que fictives : non seulement des représentants de groupes armés ont été nommés ministres en application de l’accord de Khartoum mais Sidiki Abbas (leader des 3 R), Ali Darassa (leader de l’Unité pour la Paix en Centrafrique) et Mahamat Al-Khatim (leader du Mouvement patriotique pour la Centrafrique) ont été nommés « conseillers militaires spéciaux » du premier ministre avec rang de ministre délégué.

Outre ces rémunérations officielles, le processus de paix comporte de nombreuses opportunités de profits pour ceux qui détiennent un pouvoir de décision ou d’influence dans la mise en œuvre du DDR et des USMS : marchés de rénovation et d’équipement, inscription sur les listes de bénéficiaires, versement des prises en charge financières, etc. Tels sont les enjeux très matériels des luttes de pouvoir qui se déroulent dans les coulisses du DDR et des USMS (par exemple entre le ministre du DDR, Maxime Mokom, lui-même leader du mouvement armé des anti-balaka, et l’unité d’exécution du programme de DDR composée de fonctionnaires centrafricains rémunérés par des fonds internationaux). Il s’agit de tirer profit de toutes les façons possibles des financements internationaux de ces projets pour soi et sa clientèle personnelle.

Ces pratiques seraient tolérables si elles atteignaient in fine leur but, c’est-à-dire acheter la paix. Or ce n’est pas le cas. Les groupes armés touchent les dividendes de l’accord – que les négociateurs leur ont fait miroiter – sans remplir leur part du contrat. Tout en engrangeant les fonds précédemment mentionnés, dont le montant exact depuis la signature de l’accord mérite d’être rendu public, ils multiplient les violences dans la plus totale impunité. En effet, l’article 35 de l’accord de paix, qui prévoit des sanctions, reste toujours lettre morte. De plus ils s’efforcent de limiter leur désarmement et la démobilisation de leurs combattants. Dès le début du DDR, le ratio miliciens/armes fixé à 90 % (90 % des miliciens candidats au DDR doivent rendre une arme fonctionnelle) n’est pas respecté. Le ministre Mokom essaie de détourner le DDR à son profit en y incluant des personnes qui n’y ont pas droit. Quand ils n’obtiennent pas leur dû financier, les miliciens bloquent la principale route du pays. Ces « miliciens grévistes » expriment ainsi haut et fort une revendication salariale !

Mais l’accord de paix n’est pas seulement une bonne affaire pour les groupes armés ; c’est aussi une bonne affaire pour le gouvernement.

… et pour l’élite

Les signes de l’enrichissement de l’élite sont visibles à l’œil nu dans les quartiers de Bangui. Il suffit de s’y promener pour se rendre compte de la spéculation foncière effrénée qui règne dans la capitale alors que le pays est en ruines. On n’a jamais autant construit d’immeubles et d’hôtels à Bangui depuis le début du siècle. Sont particulièrement prisés le quartier de Bellevue dans le VIIe arrondissement où nombre de membres du gouvernement se sont installés dans le sillage du premier ministre ; le centre-ville ; le quartier de Lakouanga dans le IIe arrondissement ; et même la commune de Bimbo, à la sortie de la ville.

Les principaux acteurs de ce boom immobilier sont en premier lieu l’élite politico-administrative, puis quelques grands commerçants de la place ainsi que des entreprises chinoises. Ce soudain boom immobilier et la construction d’une vaste ferme par le président Touadéra à Damara ne sauraient se comprendre sans référence à la succession de scandales qui caractérisent le régime depuis deux ans : la privatisation d’emprises militaires (par exemple le camp Fidèle Obrou), le trafic de documents d’identité, l’ouverture du secteur minier aux entreprises chinoises et russes, la privatisation des budgets publics et la multiplication des exonérations fiscales qui explique que certains produits qu’on retrouve sur tous les marchés de Bangui ont disparu des statistiques douanières d’importation. Comme ses prédécesseurs, le régime actuel prend le Trésor public pour son propre compte en banque et s’acoquine avec des businessmen étrangers grands habitués de la navigation en eaux troubles.

Alors que 70 % des Centrafricains vivent avec moins de 1,90 dollar par jour, deux groupes se sont largement enrichis grâce au conflit centrafricain : les seigneurs de guerre et l’élite dirigeante. Chacun d’entre eux capte les ressources qui sont à sa portée avec ses propres méthodes : les premiers captent les ressources de l’économie informelle (or, diamants, bétail, commerce transfrontalier, etc.) par la violence dans les provinces sous leur contrôle tandis que les seconds captent les ressources de l’État à Bangui par l’abus de pouvoir. Ils ont toutefois un abreuvoir commun : l’aide internationale.

À quoi l’aide internationale sert-elle ?

Alors que la Centrafrique était décrite comme un orphelin de l’aide avant le déclenchement du conflit en 2015, l’aide internationale a nettement augmenté depuis. À tel point que l’aide internationale représentait 45 % des recettes publiques en 2018.

Si cette aide est multiforme, une partie substantielle prend la forme d’appui budgétaire, c’est-à-dire de fonds directement versés au gouvernement et dont les principaux pourvoyeurs sont l’UE et la Banque mondiale. Cette dernière a ainsi versé au gouvernement pas moins de 98 millions de dollars en 2019 et l’UE 88 millions d’euros de 2014 à 2018.

Cette modalité d’aide étant un simple transfert financier au profit du gouvernement, elle est facile à détourner comme l’ont déjà démontré de nombreux exemples. Ces détournements risquent d’alimenter les caisses de la campagne électorale du président en 2020. En effet, un nouveau versement d’appui budgétaire est prévu en septembre de cette année par l’UE alors qu’il n’existe aucune règle de transparence des financements électoraux et qu’il interviendra juste avant le début de la campagne électorale.

L’échec inéluctable de la paix « made in Khartoum »

Après un an d’application de l’accord de Khartoum, plusieurs constats s’imposent :

Le DDR, qui a été présenté dès 2014 comme la clé du problème des groupes armés, va connaître le sort des précédents DDR depuis 2008 : il ne désarmera et ne démobilisera pas les groupes armés. Peu de miliciens sont concernés par le DDR et seule une ultra-minorité est concernée par les USMS. Le traitement des 3 R par le DDR et l’USMS est déjà révélateur : depuis qu’il a accepté de participer à ces deux programmes à la fin de 2019, ce groupe armé a, en fait, conservé l’essentiel de son armement et de ses miliciens et son leader vient de retourner dans la brousse. L’échec du DDR est donc programmé.

Les acteurs internationaux qui portent (l’ONU et l’UA) et financent (l’UE) l’application de l’accord sont au centre du processus de paix tandis que le gouvernement et les groupes armés jouent les figurants/profiteurs.

La stratégie des sponsors internationaux de l’accord de Khartoum, qui consistait très cyniquement à « acheter la paix », ne leur a permis que de louer une accalmie. Malgré les prébendes obtenues par les groupes armés, les plus importants d’entre eux continuent de s’affronter, d’essayer d’étendre leur territoire et de violer allégrement l’accord. Les sponsors internationaux de l’accord de paix sont maintenant pris au piège de leur propre stratégie : chaque étape de la mise en œuvre de l’accord est chèrement marchandée par les groupes armés.

Grâce à l’accord de paix, la captation de l’aide internationale, qui était auparavant le privilège de l’élite au pouvoir (voir la page 43 de l’étude de la Banque mondiale, a été élargie aux seigneurs de guerre. Ils ont maintenant aussi accès par des voies officielles et officieuses à cette manne qui est l’une des principales ressources du pays. De ce fait, l’économie politique prédatrice des groupes armés – en voie de légalisation – ressemble de plus en plus à celle des dirigeants. Et ni les uns ni les autres n’ont intérêt à une paix qui aboutirait in fine à la réduction de cette manne internationale.

Comme dans beaucoup d’autres pays, la phase post-conflit (en réalité une période à mi-chemin entre l’anarchie totale et la paix) donne lieu à une amplification de la corruption. Le boom immobilier de Bangui consécutif à l’afflux d’aide dans une capitale sécurisée par les forces internationales a déjà eu lieu à KaboulKinshasaMogadiscio, etc. Toutes ces villes ont en commun le non-renouvellement des élites dirigeantes, la stimulation du marché immobilier par la présence d’une importante communauté expatriée, la stratégie d’« achat de la paix » et d’inclusion institutionnelle des seigneurs de guerre pour résoudre le conflit et l’afflux d’aide budgétaire au prétexte de consolidation de l’État dans un pays où la gestion des finances publiques manque de transparence et de contrôle et où la corruption est institutionnalisée (l’indice de perception de la corruption de Transparency International classe la Centrafrique au 153e rang sur 180 pays). Tous ces éléments accroissent les opportunités de corruption et incitent les bailleurs à fermer les yeux – en Centrafrique comme ailleurs.

Enfin, la Centrafrique est une nouvelle preuve que, si les conflits impactent gravement la vie de la population, en revanche ils ne changent ni les pratiques de corruption des élites locales ni le comportement complaisant des bailleurs. Même si la paix finissait par être atteinte en Centrafrique, l’actuelle captation de l’aide montre que les dividendes de la paix seraient monopolisés par les élites prédatrices et ne profiteraient pas à la population, rendant à terme inévitable le retour du conflit.

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 01:05
Mort par électrocution d’une femme à Bangui, sa famille est sous le choc

 

RCA : mort par électrocution d’une femme à Bangui, sa famille est sous le choc.

 

Par Anselme MBATA , Journaliste et Rédacteur en chef du CNC 19 mai 2020

 


 Bangui (Corbeaunews-Centrafrique) – Elle s’appelle Marie-Thérèse Mbindoni alias MT, âgé d’une soixantaine d’années, ancienne professeure d’éducation sportive à la retraite. Elle a été électrocutée ce lundi 18 mai vers 13 heures à son domicile sis au quartier PK10 à Bangui. Sa famille, inconsolable, est sous le choc. Que s’est-il passé ?

Comme disaient les experts, les prises et appareils électriques constituent un risque majeur non seulement pour les enfants, mais également pour les adultes. Ceci est valable pour chaque famille, quel que soit son rang social. C’est le cas de madame Marie-Thérèse Mbindoni décédée après avoir été électrocutée à son domicile au quartier PK10 à Bangui.

En effet, selon les témoignages des voisins de la victime, interrogés par CNC, l’incident a eu lieu ce lundi 18 mai aux environs de 13 heures alors que la victime, Madame Marie-Thérèse Mbindoni, tentait de secourir son neveu qui criait à l’aide après avoir été électrocuté au moment où il tentait d’utiliser un fil électrique qui passe de la maison principale à la cuisine externe pour sécher son linge au soleil.

Les deux victimes, madame Marie-Thérèse Mbindoni et son neveu, après avoir été électrocutés, ont été transportés d’urgence à l’hôpital à Bangui. Après quelques heures de réanimation, le neveu revient à la vie, tandis que madame Marie-Thérèse Mbindoni quant à elle, est décédée de suite de son électrocution. Un triste accident qui a ôté la vie à cette brave dame ce lundi en plein jour alors qu’elle était entourée des membres de sa famille dans la joie et le bonheur.

Il y a  lieu de rappeler que madame Mbindoni est aussi responsable de formation des majorettes, mais également chef de service au ministère de la Jeunesse et des Sports au moment de son décès.

 

Anselme Mbata

 

Copyright2020CNC

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 00:17
RCA - COMMUNIQUE DE PRESSE GOUVERNEMENTAL
RCA - COMMUNIQUE DE PRESSE GOUVERNEMENTAL

 

REACTION DU GOUVERNEMENT A LA CAMPAGNE DE DESINFORMATION SUR LE DON HUMANITAIRE DE L'UNION EUROPEENNE

RCA - COMMUNIQUE DE PRESSE GOUVERNEMENTAL

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 00:11
COVID-19 : ENQUÊTE SUR LE P4 DE WUHAN
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COVID-19 : ENQUÊTE SUR LE P4 DE WUHAN
COVID-19 : ENQUÊTE SUR LE P4 DE WUHAN

Lu pour vous

 

COVID-19 : ENQUÊTE SUR LE P4 DE WUHAN, CE LABORATOIRE EN PARTIE FINANCÉ PAR LA FRANCE OÙ A ÉTÉ IDENTIFIÉ LE VIRUS

 

19 mai 202018 h 16 min Radio France 

 

Voulu et construit avec l’aide de la France, le très sensible laboratoire de virologie P4 de Wuhan a peu à peu échappé au contrôle des scientifiques français. Selon la cellule investigation de Radio France, un vaccin contre le Covid-19 y a récemment été testé.

On dit de Wuhan, 11 millions d’habitants, que c’est la plus française des villes de Chine. On y trouve un musée de l’Urbanisme français et une gare TGV dont le toit évoque un oiseau migrateur. Anne-Isabelle Sigros, qui était cheffe de chantier pour l’agence d’architecture AREP, s’en souvient : « On était dans des marais et des champs. On a planté la gare là, et aujourd’hui la ville l’a rejointe« . 

Sur la rive nord, on trouve encore des traces de la concession française, non loin du désormais célèbre marché couvert aux poissons de Huanan. Sur l’autre rive, les avenues rectilignes, qui filent vers l’aéroport, aboutissent à une zone industrielle où prospèrent une centaine d’entreprises françaises, parmi lesquelles Peugeot-Dongfeng, Renault, Eurocopter, Schneider Electric, L’Oréal ou encore Pernod-Ricard…    

Une coopération prometteuse

Dans les années 2000, la coopération franco-chinoise à Wuhan se poursuit dans le domaine médical. En 2003, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère frappe la Chine. Le pays a besoin d’aide. Le président Jiang Zemin, dont le mandat s’achève, est un ami du docteur Chen Zhu. Ce Shanghaien francophile a été formé à l’Hôpital Saint-Louis, dans les services d’un proche de Jacques Chirac, le professeur Degos. Lorsque Hu Jin Tao succède à Jiang Zemin, Jean-Pierre Raffarin va rencontrer le médecin. Puis, en octobre 2004, lors d’un voyage à Pékin, Jacques Chirac scelle une alliance avec son homologue chinois. Les deux pays décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat semble d’autant plus nécessaire qu’un autre virus, celui de la grippe aviaire, le H5N1, vient frapper la Chine.  

 

En 2004, la France et la Chine décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes, lors d’une rencontre entre Jacques Chirac et son homologue Jiand Zemin, à Shanghai. (PATRICK KOVARIK / AFP)

L’idée du P4 prend forme  

De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4. Autrement dit de très haute sécurité biologique, pour l’étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n’a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labélisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais le projet provoque des résistances. D’abord, des experts français en guerre bactériologique se montrent réticents. Nous sommes dans l’après 11-septembre. Le SGDSN (secrétariat général à la Défense et à la Sécurité nationale) redoute qu’un P4 puisse se transformer en arsenal biologique.   

À cela s’ajoute un autre grief de la part de la France. La Chine refuse de lui préciser ce que sont devenus les laboratoires mobiles de biologie P3 qui avaient été financés par le gouvernement Raffarin après l’épidémie de SRAS. « Les Français ont été un peu refroidis par le manque de transparence des Chinois », explique Antoine Izambard, auteur du livre  Les liaisons dangereuses. « Leurs explications sont restées opaques sur l’utilisation qu’ils pouvaient faire de ces P3. Certains dans l’administration française pensaient donc que la Chine ferait sûrement un usage similaire du P4. Cela suscitait énormément de craintes ».   

Les travaux démarrent

Mais peu à peu, ces réserves vont être levées. Et en 2004, un accord signé par Michel Barnier, ministre la Santé de Jacques Chirac, lance le projet du P4 chinois. Il reste à trouver un lieu. Puisque Shanghai est trop peuplée, ce laboratoire sera installé en périphérie de Wuhan. En 2008, un comité de pilotage est créé. Il sera dirigé par un Français, le Lyonnais Alain Mérieux, et le docteur Chen Zhu. En 2010, l’administration Sarkozy annonce à l’OMS que les travaux commencent.  

Une quinzaine de PME françaises très spécialisées prêtent alors leur concours pour construire le laboratoire. « Ces labos P4, c’est vraiment de la technologie de top niveau, comparables à celle des sous-marins nucléaires français pour ce qui est de l’étanchéité de certaines pièces », précise encore Antoine Izambard. Mais ce sont des entreprises chinoises qui assureront l’essentiel de la construction, ce qui n’est pas toujours du goût des Français. Technip par exemple, refusera de certifier le bâtiment.  

Le 31 janvier 2015 le chantier se termine enfin. Dans son livre, Antoine Izambard décrit un endroit austère. « Au bout d’une route à six voies », écrit-il,on trouve « un immense immeuble en briques rouges en construction, [destiné à accueillir 250 chercheurs en résidence], un autre hautement sécurisé que l’on prendrait pour une prison [un bunker de quatre étages avec quatre labos étanches], et un dernier blanc et rectangulaire sur lequel est écrit ‘ Wuhan Institute of Virology’. »

Les Chinois reprennent le contrôle

En 2015, Alain Mérieux quitte la coprésidence de la Commission mixte qui supervisait le projet. À l’époque, il explique au micro de Radio France à Pékin : « J’abandonne la coprésidence du P4 qui est un outil très chinois. Il leur appartient, même s’il a été développé avec l’assistance technique de la France ». Mais il ne s’agit pas pour autant de couper tous les liens. « Entre le P4 de Lyon et le P4 de Wuhan, précise-t-il, nous voulons établir une coopération étroite. En Chine, il y a beaucoup d’animaux, l’aviculture, les problèmes de cochons, qui eux-mêmes sont des transporteurs de virus. Il est impensable que la Chine n’ait pas un laboratoire de haute sécurité pour isoler des germes nouveaux dont beaucoup sont d’étiologie inconnue. »        

Une collaboration en trompe l’œil

Le 23  février 2017, l’ex Premier ministre Bernard Cazeneuve et la ministre de la Santé Marisol Touraine annoncent que 50 chercheurs français viendront en résidence au P4 de Wuhan pendant cinq ans. La France s’engage alors à lui apporter une expertise technique, ainsi que des formations pour améliorer le niveau de biosécurité du laboratoire, et à lancer un programme de recherche commun. Mais les chercheurs français ne viendront jamais. « C‘est dommage dans la mesure où on avait lancé le projet  avec l’espoir qu’il apporterait de la connaissance partagée, regrette Marisol Touraine. On ne pouvait pas évidemment anticiper l’épidémie actuelle. Mais en février 2017, on misait sur les espoirs de cette coopération« .

Quoi qu’il en soit, la mise en exploitation du labo a lieu en janvier 2018. Elle coïncide avec la première visite d’État d’Emmanuel Macron à Pékin. Mais dès le début un doute s’installe sur sa fiabilité. Selon le Washington Post, en janvier 2018, des membres de l’ambassade américaine visitent les locaux et alertent Washington de l’insuffisance des mesures de sécurité prises dans un lieu où l’on étudie les coronavirus issus de chauves-souris.

Autre déconvenue : la coopération franco-chinoise espérée entre le P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon Bron et celui de Wuhan ne démarrera jamais vraiment. Alain Mérieux lui-même le confirme à la cellule investigation de Radio France : « On peut dire sans dévoiler un secret d’État que depuis 2016, il n’y a pas eu de réunion du comité franco-chinois sur les maladies infectieuses », reconnaît-il. Contrairement aux promesses initiales, les Chinois travaillent donc sans regard extérieur de chercheurs français. « Le laboratoire est loin de tourner à plein régime », précise encore Antoine Izambard. « Ils ont construit un immense immeuble qui doit accueillir 250 chercheurs, mais ils ne sont pas encore là. En temps normal, il n’y a que quelques chercheurs chinois de l’Institut de virologie de Wuhan qui mènent des recherches sur des animaux en lien avec trois maladies , Ebola, la fièvre hémorragique Congo Crimée, et le NIPAH [un virus véhiculé par les porcs et les chauves-souris] ».

Une nouvelle occasion manquée 

Avant la crise du Covid-19, une autre collaboration a semblé vouloir prendre forme. En 2019, le président chinois Xi Jinping demande à l’un des vice-présidents du comité permanent de l’Assemblée populaire d’imaginer ce que pourrait être un bouclier sanitaire pour la province du Yunnan. Là-bas, de nombreux hommes côtoient les animaux sauvages. De cette promiscuité naît un risque d’apparition de nouveaux virus transmissibles à l’homme. « C’est un grand pays qui a pas mal bouleversé ses écosystèmes avec cultures et élevages gigantesques », confirme Gilles Salvat, docteur vétérinaire et directeur général de la recherche à l’ANSES. « C’est vrai que c’est une source de virus à cause des interactions animaux sauvages et domestiques, sur un pays continent avec tous les climats ».  

Créer un centre de surveillance sur la grande région pourrait donc permettre de prévenir le développement de nouveaux virus, de type coronavirus par exemple. Une fois de plus, c’est le Docteur Chen Zhu qui porte ce projet. Il en parle à son ami Alain Mérieux. Ce dernier l’évoque avec Philippe Etienne qui est alors conseiller diplomatique du président Macron. Selon un média chinois en ligne, China-info.com, un projet prend forme. Il consiste à créer un réseau sentinelle qui réunirait les Instituts Pasteur France, avec des antennes de la fondation Mérieux au Laos, au Cambodge, et au Bangladesh.

Mais une fois de plus, l’enthousiasme sera de courte durée. Le 24 mars, Xi Xinping, Emmanuel Macron et leurs épouses dînent à la Villa Kerylos sur la côte d’Azur. Le lendemain, le communiqué final ne fait aucune mention de ce projet. Il ne sera pas non plus évoqué lors du voyage officiel en Chine d’Emmanuel Macron en novembre 2019. Il est vrai qu’un autre sujet sensible focalise l’attention. La peste porcine est arrivée en France, et les éleveurs font pression pour pouvoir continuer à exporter en Chine. Le bouclier sanitaire sera donc remisé à plus tard…    

Un essai de vaccin sur des humains

Le P4 de Wuhan ne sera cependant pas resté inactif lors de l’apparition du Covid- 19. C’est là que, selon deux sources fiables, bien que non confirmées par les autorités chinoises, à la fin décembre 2019, le professeur Shi Zhengli a identifié le nouveau coronavirus à partir d’échantillons prélevés sur cinq malades des hôpitaux municipaux de Wuhan.

Le 3 janvier, le séquençage complet de son génome commence dans un autre laboratoire, le P3 de la clinique centrale de Santé publique de Shanghai, qui le partagera ensuite avec d’autres pays. Dans le même temps, le P4 de Wuhan travaille sur un singe cobaye infecté, dans le but d’obtenir un sérum. « Les Chinois sont de bons candidats pour produire un vaccin », estime Gilles Salvat. « Ils ont des étudiants dans le monde entier. Ils ont 40 chercheurs sur un sujet quand nous on en a deux. Leur puissance de feu est redoutable en matière d’innovation et de biologie », commente-t-il.

Officiellement le P4 ferme le 23 janvier, lorsque le confinement est prononcé à Wuhan. Mais selon plusieurs sources françaises et chinoises contactées par la cellule investigation de Radio France, à la mi-mars, un essai de vaccin a eu lieu en partenariat avec une société de biotechnologie chinoise. Selon nos informations, un virus a d’abord été inoculé à des singes, avant d’être inactivé puis injecté à des personnels volontaires de l’institut dont dépend le laboratoire. « Les premiers inoculés sont des volontaires et ça s’est bien passé », nous a confirmé le docteur Zhao Yan qui codirige l’Hôpital Zhongnan de Wuhan : « Il y a des médecins qui participent. Je sais qu’il y a eu une première série d’un petit nombre, et une deuxième série d’essai est en cours sur un nombre relativement important ». Selon Frédéric Tangy de l’institut Pasteur, cependant, pour ce type de vaccin à virus inactivé, « il y a un risque d’exacerbation de la maladie. C’est une catastrophe. C’est la pire des choses à faire ».

Le P4 dans la course mondiale

Le P4 est donc engagé dans une course au vaccin, tout comme le sont d’autres pays. Le 16 mars, la société américaine Moderna de Cambridge dirigée par le Français Stéphane Bancel annonce elle aussi qu’elle a commencé un essai clinique à Seattle sur 45 patients sains. Sanofi travaille également avec une équipe militaire américaine. Quant à l’institut Pasteur, il doit démarrer en juillet un essai clinique sur des volontaires avec un vaccin dérivé de celui de la rougeole.

Mais là encore, la prudence doit rester de mise, puisqu’il faut trois phases d’essais concluants, avec un pourcentage important de guérisons sur plus de 60 à 70% de patients d’origine et d’âges différents, avant d’approuver un vaccin.

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 23:45
Félicien Kabuga, le grand argentier des massacres du Rwanda
Félicien Kabuga, le grand argentier des massacres du Rwanda

 

Lu pour vous

 

Enquête sur le financement du génocide au Rwanda : Félicien Kabuga, le grand argentier des massacres

 

https://www.lemonde.fr/ Par David Servenay Publié le 12 mars 2019 à 06h13 - Mis à jour le 16 mai 2020 à 20h25

 

ENQUÊTE

 

Rwanda, l’argent du génocide (1/3). Vingt-cinq ans après les événements, « Le Monde » revient sur le financement du processus génocidaire qui fit un million de morts en 1994. Premier volet : l’homme d’affaires Félicien Kabuga, le financier du régime du président Habyarimana.

 

[Nous republions notre enquête, parue en mars 2019, suite à l’arrestation en France, samedi 16 mai, de l’homme d’affaires Félicien Kabuga, le financier du régime du président Habyarimana.)

C’est l’un des fugitifs les plus recherchés de la planète. Dans la liste des fiches signalétiques diffusées par Interpol, sa « notice rouge » le présente comme étant né le 19 juillet 1935. Plutôt petit (1,67 m), cheveux courts, yeux marron, il parle français, allemand, anglais et, bien sûr, sa langue maternelle, le kinyarwanda. Ses crimes supposés, selon cette même fiche ? « Génocide, complicité, incitation et complot en vue de commettre un génocide, crime contre l’humanité ». Félicien Kabuga est le dernier « gros poisson » du génocide des Tutsi que le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) n’a pas réussi à arrêter : voilà vingt-cinq ans qu’il échappe à la justice internationale et aux Américains, prêts à offrir 5 millions de dollars (4,4 millions d’euros) pour le moindre renseignement susceptible de conduire à sa capture.

Suivre sa trajectoire – du moins essayer – aide aujourd’hui à comprendre comment un groupe d’une cinquantaine d’extrémistes, installés au plus haut niveau de l’Etat rwandais, a préparé, financé et mis sur pied l’appareil génocidaire bien avant de passer à l’acte. A l’époque, au début des années 1990, M. Kabuga n’est pourtant qu’un homme d’affaires prospère. Dans ce pays considéré comme l’un des Etats les plus pauvres d’Afrique, c’est l’une des figures d’un régime où les Hutu dominent les Tutsi, discriminés sous le règne du président-général Juvénal Habyarimana.

Comme beaucoup d’hommes influents de l’entourage du dictateur, il vient d’un village posé sur les collines du nord du pays. Propriétaire de 350 hectares de plantations de thé, il exploite une minoterie qui produit de la farine de blé. Prudent, il a aussi investi dans des maisons cossues à Kigali, la capitale, et fait bâtir dans le quartier de Muhima le premier centre commercial du pays : un complexe comprenant un hôtel de 120 chambres, 80 bureaux et une galerie marchande. Lui-même s’est installé à Kigali, se faisant construire une énorme maison avec piscine en surplomb du quartier huppé de Remera. Il faut bien afficher son standing et loger ses onze enfants.

La « petite maison » des faucons

Comme le dit un proverbe rwandais, « celui qui est protégé par le léopard puise tranquillement ». De fait, l’influence de Félicien Kabuga auprès des plus hautes autorités se mesure d’abord à l’aune de son réseau familial. Deux de ses filles sont mariées à deux fils du président Habyarimana, Léon et Jean-Pierre. Deux autres de ses gendres occupent des postes importants : l’un est Augustin Ngirabatware, ministre du plan de 1990 à 1994, l’autre est Fabien Singaye.

Officiellement, ce dernier est deuxième secrétaire à l’ambassade du Rwanda en Suisse. En fait, c’est l’un des maîtres espions du régime. Sa mission : surveiller les opposants tutsi en exil qui, au début des années 1990, préparent leur retour au pays par la force. A ce titre, M. Singaye est en contact régulier avec Paul Barril, ex-super gendarme du GIGN (groupement d’intervention de la gendarmerie nationale) qui, reconverti dans la sécurité privée, travaille en sous-main pour le camp des extrémistes hutu. Enfin, une autre des filles Kabuga, Winnie, a épousé Eugène Mbarushimana, le secrétaire général des Interahamwe, les milices du parti présidentiel, le MRND. Félicien Kabuga est si en vue qu’il est souvent présenté, à Kigali, comme le « conseiller financier » personnel du chef de l’Etat.

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Le groupe informel auquel il appartient dans les cercles du pouvoir s’appelle l’Akazu, la « petite maison » en kinyarwanda. Dirigé par la femme du président rwandais, Agathe Kanziga, il réunit les faucons du régime : beaucoup d’officiers, quelques hauts fonctionnaires, une poignée de banquiers et d’hommes d’affaires. Tout en ayant ses entrées au sein de l’équipe sécuritaire, Félicien Kabuga est le chef de file de ces patrons radicaux.

Dès 1991, l’Akazu met en place plusieurs circuits clandestins pour financer le très coûteux conflit engagé en novembre 1990 contre les rebelles du Front patriotique rwandais (FPR). Cette guerre coûte cher, or les caisses de l’Etat sont vides à cause du plan d’ajustement structurel imposé au pays par le Fonds monétaire international (FMI). En trois ans, la dette va doubler, passant de 500 millions à près d’un milliard de dollars. Le clan Habyarimana n’a plus vraiment le choix : il doit lâcher du lest sur le front politique, en acceptant le multipartisme réclamé par les puissances occidentales et les bailleurs de fonds. Conséquence : il faudra désormais partager les ressources.

Tour de passe-passe budgétaire

Pour contourner les injonctions du FMI, l’entourage présidentiel imagine un système de détournement des procédures du plan d’austérité. La manœuvre consiste à faire passer des dépenses militaires pour des dépenses civiles. Ainsi, quand le ministère de la santé commande des ambulances, celles-ci seront en réalité utilisées par celui de la défense. Idem au ministère des transports, où les camions commandés parviendront in fine aux Forces armées rwandaises (FAR).

Lorsqu’ils s’aperçoivent de la supercherie, les bailleurs de fonds protestent, mais rien n’y fait. Selon les calculs réalisés par l’ancien sénateur belge Pierre Galand, les dépenses militaires absorbent 51 % des recettes de l’Etat en 1992. Félicien Kabuga est parfaitement au courant de ce tour de passe-passe, car son gendre, ministre du plan, est chargé des relations avec les bailleurs de fonds et de la gestion des fonds issus de la coopération internationale.

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De son côté, l’Akazu met en place un circuit de financements clandestin, dont le premier objectif est de former et d’équiper les Interahamwe. Comment ? En siphonnant, par un circuit parallèle, les taxes sur les importations. M. Galand l’a découvert en auditant les comptes de la Banque nationale du Rwanda en 1997. L’ancien directeur des douanes lui a alors expliqué le système mis en place par l’Akazu : « Il y avait un morceau de l’aéroport qui avait été grillagé et qui servait à faire entrer des produits échappant au contrôle des douanes. La famille Habyarimana – Mme Habyarimana, aujourd’hui encore protégée en France, et son frère (donc le beau-frère du président) – avait la haute main sur cette partie de l’aéroport. Ils taxaient ces produits, puis les mettaient en vente sur le marché pour constituer une trésorerie, créer du cash qui servait à équiper les Interahamwe. »

Allumettes et double comptabilité

Les financiers de l’Akazu ne vont pas en rester là : ils décident de mettre à contribution le réseau des entreprises publiques. Le régime de Kigali contrôle étroitement les secteurs stratégiques (énergie, transports, banques). Rien n’échappe au MRND, qui s’appuie sur un réseau de comités internes à chaque entreprise. A partir de 1992, M. Kabuga et l’Akazu vont noyauter plusieurs sociétés publiques pour détourner des fonds à leur profit. Parmi elles, la florissante Société rwandaise des allumettes, la Sorwal.

Basée à Butare, celle-ci rayonne sur le Rwanda, le Burundi et le Kivu, vaste zone minière située à l’est de la République démocratique du Congo. Le 13 février 1992, Alphonse Higaniro, ancien ministre des transports proche de l’Akazu, est parachuté au poste de directeur général. S’il roule en Mercedes, fréquente le Rotary Club pour y croiser de riches Blancs et porte un revolver à la ceinture, M. Higaniro a surtout un lien familial direct avec l’Akazu : sa femme est la fille du médecin personnel du président Habyarimana.

Alphonse Higaniro instaure une double comptabilité au sein de la Sorwal. Une partie de la production est ainsi vendue à des grossistes, qui la règlent par des chèques sans provision. Cette marchandise est aussitôt revendue à des petits commerçants, qui payent en liquide. L’argent ainsi récolté sert à payer la logistique nécessaire à l’entraînement des milices : achat d’essence pour les camions, de bière et de bottes pour les miliciens… Ces grossistes en profitent aussi pour réinvestir leurs gains dans d’autres secteurs ou pour prêter de l’argent à des taux d’usurier. Certains bâtissent des fortunes en un rien de temps.

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L’appui de la Sorwal dans la structuration des milices ne s’arrête pas là. Quelques dizaines de leurs membres sont embauchés par l’usine d’allumettes, dont les vastes locaux servent de base d’entraînement. Il leur arrive souvent d’utiliser les 4 × 4 Pajero de la société, ainsi que son minibus. D’autres entreprises sont mises à contribution. La cimenterie Cimerwa, le logisticien Magerwa, le planteur Ocir-Thé, la compagnie Electrogaz ou encore la régie de transports Onatracom sont placés sous le contrôle de responsables de la mouvance extrémiste. En général, ils fournissent des moyens aux génocidaires ou financent leurs activités. Peu d’entre eux ont eu à répondre de leurs actes, à l’exception notable d’Alphonse Higaniro. Arrêté en 1995 en Belgique, il a été condamné, en 2001, à vingt ans de prison par la cour d’assises de Bruxelles.

25 tonnes de machettes chinoises

Mais pour mener à bien le projet génocidaire, les milices ne sauraient suffire. Le régime a aussi besoin d’un outil de propagande de masse. C’est la leçon des massacres du Bugesera, cette région au sud de Kigali où les Tutsi sont plus nombreux qu’ailleurs. Dans la nuit du 4 au 5 mars 1992, plusieurs centaines d’entre eux ont été massacrés par des voisins encadrés de miliciens, après une campagne de « sensibilisation » de Radio Rwanda, la station nationale. Ce test grandeur nature a montré l’importance de la propagande par les ondes, dans un pays où la télévision n’existe pas encore. Un an plus tard, au printemps 1993, alors que la guerre contre les rebelles s’intensifie, le président Habyarimana soutient le lancement d’une radio privée destinée à devenir le porte-voix de la propagande du « hutu power ». L’incontournable Félicien Kabuga s’implique personnellement dans la création de la nouvelle Radio Télévision libre des Mille Collines (RTLM).

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Le président Habyarimana est le premier actionnaire de la société. Associé à deux intellectuels proches du pouvoir, M. Kabuga finance l’opération en constituant un tour de table d’une cinquantaine de gros donateurs, pour la plupart membres de l’Akazu. Alphonse Higaniro et sa femme en font partie. M. Kabuga sollicite aussi le soutien de la Fondation Konrad-Adenauer, un satellite de l’Internationale démocrate-chrétienne, affiliée à la CDU, le parti démocrate-chrétien allemand. Le budget s’élève à 3 millions de francs français (plus de 450 000 euros). Très vite, la RTLM, sa musique moderne et le ton déluré de ses animateurs deviennent populaires dans les campagnes rwandaises, où le discours haineux contre les Tutsi monte en puissance.

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Enfin, il faut également des armes à un génocide. M. Kabuga va alors se muer en importateur de machettes, dans des quantités ne laissant aucun doute sur leur utilisation future. En novembre 1993, les établissements Kabuga importent 25 tonnes de machettes chinoises, puis 50 000 unités en mars 1994. Lorsque la tragédie débute, le 6 avril 1994, Félicien Kabuga sait ce qui se trame. Toujours aussi prudent, il commence par envoyer sa famille – notamment son épouse, issue de l’« ethnie » tutsi qu’il voue à l’extermination – se réfugier à l’ambassade de France, dès le 7 avril, avec quelques dizaines d’autres dignitaires du régime. Cinq jours plus tard, ceux-ci seront évacués par l’armée française vers l’Europe. M. Kabuga, de son côté, peut alors donner toute la mesure de son entregent. La mécanique génocidaire est en route.

 

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