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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:43

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 21-06-2017

 

Près de 400.000 réfugiés en majorité centrafricains vivent au Cameroun, un chiffre croissant pour lequel le gouvernement camerounais et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) expriment de profondes inquiétudes, à cause des financements apparus de moins en moins importants pour couvrir les besoins d'assistance humanitaire liés à ces personnes en détresse.

 

Selon les statistiques officielles communiquées par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, à l'occasion de la 17e édition de la Journée mondiale des réfugiés mardi à Yaoundé, un total de 396.383 réfugiés est recensé dans le pays d'Afrique centrale.

 

Sur une trentaine de nationalités identifiées, la République centrafricaine (RCA), à cause de la crise due à la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka contre le régime de François Bozizé le 24 mars 2013 et les violences enregistrées après le putsch perpétré par celui-ci contre Ange-Félix Patassé dix ans auparavant, le 15 mars 2003, en est la principale origine, pour 278.136 réfugiés déclarés.

 

Localisés dans les régions de l'Est, de l'Adamaoua et du Nord, frontalières de la RCA, ces réfugiés centrafricains sont regroupés pour les trois quarts d'entre eux au sein des communautés locales et le reste dans des camps implantés dans sept localités.

 

Un petit groupe est aussi annoncé à Yaoundé et Douala, les deux plus grandes villes du Cameroun qui totalisent 20.900 réfugiés urbains également de différentes nationalités, indique une estimation du HCR.

 

C'est la catégorie d'Hervé Digol, qui déclare avoir quitté son village natal de Bengor, dans la sous-préfecture de Paoua, dans le nord de la RCA, pour fuir "la guerre entre Bozizé et Patassé" depuis 2003. "Dans mon village, il n'y a pas la sécurité jusqu'à aujourd'hui. Les rebelles continuent de dicter leur loi dans la zone", a-t-il confié dans un entretien à Xinhua.

 

Le jeune Centrafricain de 31 ans est l'aîné d'une fratrie de sept enfants dont il dit être "sans nouvelle". Car, y compris les parents, les différents membres de la famille se sont retrouvés séparés et éparpillés dans la nature après leur départ de leur pays d'origine dans une ambiance de débandade générale.

 

"J'ai un ami qui m'avait informé avoir rencontré un de mes petits frères vers le nord. Je suis parti d'ici à Yaoundé pour aller à sa recherche, entre Ngaoundéré et Touboro. J'ai parcouru cette région pendant pratiquement trois, sans succès. J'ai dû abandonner er revenir à Yaoundé", témoigne-t-il.

 

Dans la capitale camerounaise, le jeune homme affirme vivre de "petits boulots" comme les travaux d'agent d'entretien au quartier Odza, où il a pu reconstituer sa vie en se créant quelques liens, mais sans une quelconque aide humanitaire, y compris de la part du HCR. "Si la guerre finit, je peux rentrer. Mais s'il n'y a pas de changement, je préfère rester", assure-t-il.

 

Stève Noudjougoto a, lui, franchi la frontière camerounaise le 6 janvier 2011 avec sa compagne et son fils âgé d'un an et demi, pour se mettre à l'abri face à la persistance des exactions commises par des mouvements rebelles à Bebouzawe, son village situé également dans la sous-préfecture de Paoua, un exil ayant permis à la famille de s'agrandir, avec la naissance de trois autres enfants.

 

"Mon père est mort depuis 1996. C'est ma maman qui est restée là-bas au village", une génitrice avec laquelle le jeune Centrafricain âgé aussi de 31 ans affirme entretenir un contact téléphonique irrégulier. Il appartient à une fratrie de seize enfants (douze garçons et quatre filles) dont quatre autres, "une fille et trois garçons", ont aussi choisi de s'installer à Yaoundé.

 

Comme Hervé Digol, le retour en RCA n'est pas à l'ordre du jour pour le moment. "Je vis mieux ici que dans mon pays. Dans la journée, je fais des bricoles où je suis par exemple creuseur de trous sur les chantiers de construction et la nuit je suis agent de sécurité, un travail pour lequel je suis payé 30.000 francs par mois (environ 50 dollars)", renseigne-t-il.

 

"Le seul problème, c'est celui de la nutrition. Comme nous sommes nombreux. Mes revenus ne suffisent pas pour subvenir aux besoins de ma famille. Les enfants vivent très mal quand la fin du mois n'est pas encore arrivée. Nous sommes regroupés dans une chambre", poursuit le résident du quartier Mvan.

 

Le Cameroun est le 13e pays d'accueil de réfugiés dans le monde et le 7e en Afrique, révèle un classement présenté par le ministre des Relations extérieures. Après la RCA, le Nigeria en est le deuxième plus grand pourvoyeur, avec un afflux de 93.422 personnes à cause de la secte islamiste Boko Haram, selon les chiffres officiels.

 

Le total de ces réfugiés représente "environ 2% de la population camerounaise", a relevé M. Mbella qui a en outre faite état de 224.000 déplacés internes, causés aussi par Boko Haram.

 

A Yaoundé, ces populations étrangères sont organisées autour d'un collectif des communautés des réfugiés au Cameroun dont le président, Azaïd Khamis, de nationalité tchadienne, a prié le Cameroun d'"ouvrir encore te toujours plus largement (ses) portes aux réfugiés en leur permettant d'avoir des emplois décents afin qu'ils ne se sentent pas oisifs".

Le même appel est lancé pour donner "la possibilité d'avoir dignement accès aux soins de santé et bien d'autres avantages comme l'éducation et les formations professionnelles et, surtout, en leur accordant la réinstallation dans les pays tiers, pour certains, et le rapatriement volontaire pour d'autres".

 

Parmi les réfugiés urbains, quelque 4.600 femmes sont recensées, de l'avis de Véronique Sibomana, leur représentante pour qui c'est la couche la plus vulnérable avec les enfants. "A cause de l'insuffisance des financements, le HCR ne parvient pas à satisfaire les besoins des femmes et des enfants. Santé, éducation, assistance, ça n'existe plus", dit-elle.

 

"Pour la santé, des soins sont offerts exclusivement aux petits enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes. Les autres, quand ils tombent, ils restent à la maison. Il y a beaucoup de morts dans les quartiers. On enterre plus de six chaque semaine, à cause du manque de prise en charge sanitaire. Il y a ceux qui parviennent à se débrouiller et il y a ceux qui ne trouvent pas d'emploi", ajoute-t-elle.

 

La ressortissante rwandaise évoque aussi des cas d'abus subis par certaines de ces femmes réfugiées dans le cadre d'activités rémunérées, comme le travail de domestique.

 

Depuis 2005, le Cameroun dispose d'une loi sur le statut du réfugié. Début mars, il signé avec le HCR et le Nigeria un accord tripartite pour le rapatriement volontaire des réfugiés nigérians, grâce auquel une première vague de 10.448 réfugiés a été raccompagnée à la frontière nigériane au mois de mai, selon une estimation du HCR.

 

Des négociations ont aussi été entamées en vue de la signature d'un accord similaire concernant les réfugiés centrafricains.

 

Pour cette année, le HCR a chiffré à 94,2 millions de dollars les besoins d'assistance humanitaire en faveur des réfugiés au Cameroun. A la date du 31 mai, seuls 21% des financements requis ont pu être mobilisés.

 

Dans leurs allocutions respectives lors de la 17e Journée mondiale du réfugié commémorée sous le thème "Ensemble avec les réfugiés", le ministre des Relations extérieures et le représentant résident du HRC, Kouassi Lazare Etien, ont appelé la communauté internationale à une plus grande solidarité pour permettre de combler l'important gap de financements. F

 

Source: Agence de presse Xinhua

Le Cameroun et le HCR inquiets des faibles financements pour les besoins de près de 400.000 réfugiés
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 18:24

 

 

 

 

Bangui, 21 juin 2017– La reprise des conflits entre deux groupes armés rivaux, le 20 juin, dans la ville de Bria, préfecture de la Haute Kotto, a entrainé de nouveaux déplacements. Plusieurs milliers de personne résidant déjà dans des sites de déplacés de même que des résidents de Bria ont été forcés de quitter leurs abris ou leurs maisons pour échapper à la violence. Ces personnes se sont réfugiées dans l’enceinte de l’hôpital de la ville, sur le site de déplacés de PK3 et dans certains quartiers plus calmes de la ville. Plusieurs maisons ont été incendiées et les affrontements ont occasionné un nombre important de personnes tuées, des efforts sont en cours pour les recenser plus précisément, tandis que 43 personnes blessées ont été admises à l’hôpital de Bria.

 

Des résidences et des bureaux des organisations humanitaires ont été pillées. Ces actes de violence envers les humanitaires sont inacceptables.

 

Le Coordonnateur humanitaire en République centrafricaine, Najat Rochdi, condamne les attaques contre les civils et les organisations humanitaires, et appelle au respect du droit international humanitaire y compris un accès humanitaire sans entrave.

 

Le Coordonnateur humanitaire rappelle aux auteurs les conséquences de leurs actes sur les populations civiles. « J’exhorte toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à assurer la protection des civils ».

 

« La communauté humanitaire répond encore aux besoins urgents et critiques qui ont été provoqués par les affrontements du mois de mai à Bria. Cette nouvelle flambée de violence nous inquiète et met en péril les acquis durement obtenus pour venir en aide aux personnes affectées » a ajouté Najat Rochdi.

 

Du 15 au 18 mai dernier, la ville de Bria avait déjà connu une série d’incidents de violence qui avaient provoquées le déplacement de 41 409 sur les 47 500 habitants de la ville. Ces déplacements multiples plongent les habitants mais plus particulièrement les femmes, les enfants et les personnes âgés de Bria dans un niveau de vulnérabilité extrêmes. Dans les jours qui ont suivi ces affrontements, la communauté humanitaire s’est assurée qu’une assistance d’urgence soit apportée aux plus vulnérables.

 

En 2017, plus de 2,2 millions de personnes nécessitent toujours une aide humanitaire. La République centrafricaine compte actuellement plus de 500 000 déplacés. C’est la première fois depuis août 2014, que le nombre de déplacés internes a dépassé ce seuil.

 

Virginie Bero

 

Public Information Associate |United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA)

République Centrafricaine (RCA) | Central African Republic (CAR)

Email: berov@un.org| Mob: +236 70 17 76 25| Skype : bvirginie22

car.humanitarianresponse.info | unocha.org/car | humanitarian.id | reliefweb.int

LE COORDONNATEUR HUMANITAIRE CONDAMNE LES VIOLENCE ENVERS LES CIVILES À BRIA ET APPELLE AU RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 17:37
Centrafrique : une centaine de morts dans des affrontements

 

 

Centrafrique : une centaine de morts dans des affrontements

 

Le Parisien avec AFP|21 juin 2017, 16h40

 

Malgré un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat, des affrontements entre groupes armés ont fait une centaine de morts mardi.

 

Les affrontements de mardi à Bria, une ville de près de 44 000 habitants dans le centre-est de la Centrafrique, ont fait une centaine de morts, selon un nouveau bilan annoncé mercredi par le maire Maurice Belikoussou. «La ville est toujours sous tension», a expliqué par téléphone l'abbé Gildas Gbénai, de la paroisse Saint-Louis à Bria. Un précédent bilan transmis mardi soir faisait état d'une quarantaine de morts.

 

Ces affrontements surviennent alors que 13 groupes rebelles ou milices sur les 14 que compte le pays ont signé lundi à Rome un accord prévoyant un cessez-le-feu immédiat, sous le parrainage de la communauté catholique Sant'Egidio.

 

«La situation humanitaire est alarmante»

 

Selon des sources concordantes, des combats ont eu lieu sporadiquement depuis samedi dans la ville entre des miliciens prochrétiens anti-balaka et des membres d'un groupe de l'ex-coalition musulmane Séléka. «On a signé l'accord, mais il faut bien qu'on se défende, on ne se laissera pas attaquer sans réagir», a déclaré mardi par téléphone Djamil Babanani, un porte-parole du FPRC, un mouvement issu de l'ex-Séléka. «La population de Bria est effrayée, elle est dans la psychose. La situation humanitaire est alarmante. Il faut que la communauté internationale agisse vite», a exhorté de son côté le père Gildas.

 

Un mercredi jusqu'ici «calme mais tendu»

 

La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui possède un contingent marocain présent de façon permanente à Bria, «est intervenue» et a «mené des patrouilles pendant toute la nuit pour prévenir des violences», selon le porte-parole de cette force, Vladimir Monteiro. La situation mercredi était «calme mais tendue», a-t-il indiqué.

 

«Nous savons que beaucoup reste à faire. Il est vital que le cessez-le-feu sur lequel se sont accordées les parties entre en vigueur immédiatement», a estimé pour sa part mardi le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga.

 

«Les affrontements survenus mardi à Bria rappellent la nécessité de la mise en place effective du programme de désarmement des groupes armés», a réagi mercredi dans un communiqué le ministère français des Affaires étrangères, qui «condamne» ces violences et juge «prioritaire» la question des groupes armés.

 

La ville de Bria avait déjà été frappée du 15 au 18 mai par des affrontements entre groupes armés qui avaient fait cinq morts et 29 blessés.

 

Leparisien.fr avec AFP

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 17:32

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

LA REPRÉSENTANTE SPÉCIALE ADJOINTE APPELLE LES MEDIAS CENTRAFRICAINS A ŒUVRER POUR LA PAIX

 

 

Bangui, 21 juin 2017 – La Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de l’ONU en République centrafricaine, Diane Corner, a invité la presse centrafricaine à croire en l’avenir de la RCA et à contribuer à la paix et à la stabilité. La Représentante spéciale adjointe a souligné le rôle de la presse et de la communication dans un pays aussi vaste et dont les défis sont nombreux.

 

« Je vous encourage à publier la vérité et à travailler pour le développement démocratique dans votre pays », a déclaré Diane Corner, en marge du point de presse hebdomadaire de la MINUSCA, mercredi à Bangui, quelques minutes après une cérémonie à la Présidence où elle a été élevée Commandeur dans l’Ordre national de la République centrafricaine par le Chef de l’Etat. La Représentante spéciale adjointe et également chef adjoint de la MINUSCA, termine cette semaine sa mission en RCA où elle était en poste depuis mi-2014.

 

S’adressant aux journalistes, la Représentante spéciale adjointe a rappelé que la liberté de la presse « n’est pas seulement un droit mais aussi une responsabilité » et, « la responsabilité dans un pays qui a souffert de tant de violences, c’est de tout faire pour calmer les esprits ». La Représentante spéciale adjointe a souligné que les défis à relever pour la stabilisation de la Centrafrique sont immenses comme l’illustrent les violences à Bria, au lendemain d’un accord de paix à Rome entre le gouvernement Centrafricain et des groupes armés.

 

Le point de presse de la MINUSCA du mercredi a été dominé par les affrontements entre éléments armés à Bria. Le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, a indiqué que les violences s’étaient déroulées à l’aube et que la Force était intervenue. « Les casques bleus de la MINUSCA ont ouvert le feu contre les éléments hostiles des deux camps et ont pris des mesures fortes notamment des patrouilles jusque tard dans la nuit pour sécuriser les déplacés », a dit le porte-parole. La situation à Bria est calme mais tendue. Monteiro est revenu sur l’appel lancé mercredi par le Représentant spécial du Secrétaire général pour une cessation immédiate des hostilités afin de mettre fin aux souffrances des populations.

 

Le porte-parole a également fait part de la campagne de sensibilisation à Boeing et Km5, menée par la MINUSCA, les autorités et les partenaires locaux, pour prévenir des nouveaux conflits et apaiser les tensions à Bangui. Plus de 2.000 personnes y ont pris part, notamment des leaders communautaires, des chefs des quartiers, des leaders de groupes d’autodéfenses, des organisations de la société civile et des leaders religieux. « Ces activités portent des fruits. Le comité pour le retour volontaire et apaisé des personnes déplacées musulmanes et chrétiennes a ainsi enregistré le retour de 30 ménages de déplacés musulmans dans les quatre quartiers du 5ème arrondissement de la capitale » a conclu le porte-parole.

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Division de Communication Stratégique et d'information publique

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

https://minusca.unmissions.org | @UN_CAR |

LA REPRÉSENTANTE SPÉCIALE ADJOINTE APPELLE LES MEDIAS CENTRAFRICAINS A ŒUVRER POUR LA PAIX
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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 17:02
Lu pour vous : Scandales, absences et impuissance : la faillite de la Mission de l’ONU en Centrafrique
Lu pour vous : Scandales, absences et impuissance : la faillite de la Mission de l’ONU en Centrafrique

 

 

 

Malgré le déploiement, depuis 2013, de 12 000 casques bleus, 20 % de la population a dû fuir devant les attaques meurtrières de milices toujours plus nombreuses.

 

Par Christophe Châtelot (Bangui, envoyé spécial)   LE MONDE

 

Faute de s’entendre sur une sortie de crise, il est un sujet de consensus parmi les Centrafricains, probablement le seul par ailleurs. Du gouvernement à l’opposition, en passant par tous les chefs de guerre et leurs centaines de milliers de victimes civiles ; les leaders religieux chrétiens, animistes ou musulmans ; sans oublier les chancelleries occidentales ou les organisations non gouvernementales. Tous critiquent l’incapacité de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), déployée depuis 2013, à contenir les éruptions de violences et à protéger les populations, base de son mandat.

 

Depuis la tuerie de Bangassou, début mai, où la Minusca a failli, ces voix se font plus fortes encore. Cette ville au sud-est de la Centrafrique était certes calme jusqu’à récemment. Pour autant, les violences y étaient prévisibles plusieurs semaines avant, selon de multiples témoignages, sans que les casques bleus n’adaptent leur dispositif.

 

Vaines alertes

 

Dès novembre 2016, la tension était montée d’un cran avec l’arrivée sur les rives de l’Oubangui de combattants musulmans peuls de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), chassés de Bambari, 300 km plus au nord. Dirigé par Ali Darassa, ce mouvement est en bute avec tous les autres groupes armés, chrétiens et animistes anti-balaka, mais aussi ses « frères » musulmans de l’ex-Séléka. « Il était évident qu’ils allaient vouloir chasser l’UPC de la région », explique Serge Singha Bengba, député de Bangassou. « Nous avons alerté la Minusca, ajoute l’élu. Puis, dix jours avant l’attaque, mon adjoint est allé trouver les représentants de la Minusca pour les avertir que les anti-balaka concentraient des hommes dans la région pour s’en prendre à l’UPC à Bangassou. En vain. »

 

Le 13 juin, 300 à 500 combattants anti-balaka, regroupés depuis plusieurs jours aux alentours de la ville, y attaquaient donc le quartier musulman, pourchassant et tuant ses habitants jusque dans la mosquée. Le bilan est lourd, environ 160 morts et la moitié des 50 000 habitants de la ville déplacés, soit pour fuir les assaillants soit, dans les jours suivants, par crainte d’une opération de représailles pour ce qui concerne les populations chrétiennes.

 

La Minusca brilla par son absence durant ces longues heures de tueries. Le contingent marocain, pris pour cible dans sa caserne par des combattants pourtant sous-équipés, ne mit pas le nez dehors. Quelques jours auparavant, un de ses soldats avait été tué, ainsi que trois autres casques bleus cambodgiens, à un barrage anti-balaka des environs. Le calme ne revint à Bangassou que deux jours plus tard avec l’arrivée des forces spéciales portugaises dépêchées « en urgence » sur Bangassou mais qui perdirent un temps précieux sur la route pour porter secours, à Alindao, à d’autres civils martyrisés. Cette force de réaction rapide ne le fut donc guère. Pour le député Serge Singha Bengba, « les événements de Bangassou ont montré que l’on peut battre la Minusca. Le mythe d’une armée invincible est tombé. Elle ne fait plus peur ».

 

Equilibre régulièrement déséquilibré

 

Quelques chiffres illustrent cet échec malgré une enveloppe annuelle de 800 millions de dollars (718 millions d’euros) par an équivalente à deux fois et demie le budget national centrafricain. De septembre 2016, date de la reprise des combats, à mai de cette année, le Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a comptabilisé 120 000 personnes nouvellement déplacées par les combats, également marqués par des centaines de morts. Au total, en tenant compte des violences précédentes, c’est donc 20 % de la population centrafricaine qui est réfugiée à l’étranger ou déplacée à l’intérieur du pays.

 

Certes, il n’est rien de pire pour une armée constituée que d’affronter une guérilla composée d’une myriade de groupes rebelles rivaux, éparpillés sur un territoire grand comme la France et la Belgique réunies. Des petits groupes qui se déplacent à pied ou à moto en terrain boisé et dont les objectifs politico-militaires ne sont pas d’une clarté absolue.

 

Pour y faire face, la Minusca dispose de 12 000 hommes. Ce qui signifie, au mieux, que seulement un quart de ce contingent est réellement déployé sur le terrain, une fois retranchés ceux destinés au soutien (personnel administratif, logistique, médical…). C’est peu, alors que les attaques se multiplient depuis plusieurs mois dans tout le pays et que l’équilibre de la mission est régulièrement déstabilisé par le rappel de contingents éclaboussés par des scandales. Les 600 hommes du contingent du Congo-Kinshasa doivent ainsi être prochainement renvoyés chez eux sur fond d’accusation d’abus sexuels et de trafic de carburant. Il y a peu, les Camerounais, déployés le long de leur frontière côté centrafricain, revendaient illégalement des camions de bière importée de leur pays d’origine.

 

la Minusca court d’un feu de brousse à l’autre. En guise d’impuissance, un haut fonctionnaire de la Minusca s’interroge et partage sa « frustration » : « Comment se projeter sur de mini-théâtres de conflits, lutter contre la multiplication des groupes criminels et sécuriser les couloirs de transhumance où transitent des millions de têtes de bétail ? » « Leur lance de pompier est trop courte », résume un militaire étranger. Les dernières recommandations du Conseil de sécurité illustrent ce dilemme. New York va en effet redéployer des casques bleus vers les zones les plus troublées de l’est et du centre du pays. En conséquence, l’ouest sera dégarni alors que l’insécurité gagne dorénavant cette région jusqu’alors épargnée.

 

Désengagements successifs

 

Sa tâche est d’autant plus compliquée qu’elle est seule au front depuis le désengagement, en décembre 2016, des 2 500 soldats français de « Sangaris » déployés trois ans plus tôt et dont la force d’intervention et de dissuasion était incomparablement supérieures à celle des casques bleus. Le retrait, début 2017, des soldats ougandais et américains traquant d’autres rebelles, ceux de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), non-Centrafricains – a également créé un vide sécuritaire, à l’est du pays, aux confins de l’Ouganda et du Congo-Kinshasa.

 

Quant aux Forces armées centrafricaines (FACA), elles ont littéralement explosé après la chute du président François Bozizé en 2013. Cette œuvre de destruction s’est poursuivie avec la prise de pouvoir, par les armes, puis la débandade de la Séléka, l’année suivante. L’Union européenne a certes formé un contingent de 700 hommes, mais ils ne disposent aujourd’hui d’aucun armement. « Nous n’avons aucun moyen pour limiter la contagion de la violence, c’est à la Minusca d’agir », se dédouane le porte-parole du gouvernement, Théodore Jousso.

 

« C’est de la victimisation, tout serait la faute des étrangers. Or, ici comme ailleurs, les opérations de mission de la paix de l’ONU n’ont pas vocation à se substituer aux forces armées nationales, nous ne sommes pas là pour faire la guerre », rétorque un haut responsable de la Minusca. Le pourrait-elle ? Comme la plupart des missions de la paix déployées dans le monde, les contingents envoyés par les pays contributeurs – les deux principaux, dans ce pays francophone, sont le Pakistan et le Bangladesh avec environ 1 000 hommes chacun – affichent des états de service très inégaux.

 

Leur réactivité est également ralentie par le système de « double commande ». Un officier du contingent égyptien de la Minusca (750 soldats), par exemple, réfère ainsi, au préalable, à son état-major au Caire avant d’appliquer un ordre venu du commandant en chef des casques bleus à Bangui, en l’occurrence le lieutenant général sénégalais Balla Keïta. Partant de ce constat, la Minusca fait-elle au mieux avec ce qu’elle a ? Quelle est sa stratégie ? « Flottante, mis à part la protection de Bangui », lâche un officier supérieur étranger bon connaisseur de la Centrafrique.


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/06/21/scandales-absences-et-impuissance-la-faillite-de-la-mission-de-l-onu-en-centrafrique_5148936_3212.html#H57aZ4cqWpdpptls.99

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 16:56
Lu pour vous : Centrafrique : combats meurtriers à Bria malgré le cessez-le-feu

 

 

 

 

 Par Jeune Afrique avec AFP

 

De violents combats ont opposé mardi 20 juin à Bria, dans le centre du pays, des miliciens anti-Balaka à des hommes du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC, ex- Séléka). Une centaine de personnes ont été tuées. Ces affrontements interviennent au lendemain de l’accord de cessez-le-feu signé à Rome entre 13 des 14 milices et groupes armés du pays.

 

« On a signé l’accord, mais il faut bien qu’on se défende, on ne se laissera pas attaquer sans réagir », a indiqué Djamil Babanani, un porte-parole du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) joint par l’Agence France-Presse. Depuis samedi 17 juin, Bria est le théâtre d’affrontements sporadiques entre milices pro-chrétiennes anti-Balaka et éléments du FPRC, l’une des principales composantes de l’ex-coalition musulmane Séléka. Les combats ont démarré après la mort d’Hamad Issa, un « général » du FPRC à Bria. Ce mardi, des miliciens anti-Balaka ont lancé une offensive sur la ville, tenue par le FPRC.

 

« Des tirs intenses ont commencé à 6 heures. A 9h30 nous avions déjà reçu 35 blessés à l’hôpital, essentiellement des blessures par balle », rapporte Mumuza Muhindo Musubaho, coordinateur du projet MSF à Bria. Le bilan, en fin de journée mardi, s’élevait à « une quarantaine de morts » et 43 blessés. Un bilan revu à la hausse, ce mercredi à la mi-journée. Une centaine de personnes auraient été tuées au cours de la journée de mardi, selon les chiffres livrés par le maire de Bria Maurice Belikoussou et le curé de la ville, l’abbé Gildas Gbénai.

 

Premier accroc au cessez-le-feu signé à Rome

 

Bria avait déjà été le théâtre de violents affrontements entre groupes armés entre le 15 et le 18 mai dernier. Cinq personnes avaient été tuées et 29 autres blessées. Les combats avaient par ailleurs provoqué la fuite de 40 000 déplacés, selon une estimation de l’ONU.

 

Cette fois, le bilan humain est plus lourd. Surtout, ces combats interviennent au lendemain de la signature à Rome d’un accord de cessez-le-feu entre 13 des 14 groupes armés recensés dans le pays. Dans ce texte, signé sous l’égide de la communauté catholique Sant’Egidio, les groupes armés signataires s’engagent à assurer « la mise en place immédiate d’un cessez-le-feu sur tout le territoire national ».

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 16:51
 Il n’y aura pas de paix durable en République centrafricaine sans justice

 

 

 

Point de vue

 

Lewis Mudge   Chercheur, division Afrique HRW

 

Il n’y aura pas de paix durable en République centrafricaine sans justice

 

Les auteurs de crimes graves doivent être poursuivis en justice

 

20 juin 2017 10:50PM EDT

 

Les civils en République centrafricaine ont connu un moment de répit cette semaine. Le gouvernement et les groupes armés ont signé, le 19 juin, un accord de paix, prévoyant un cessez-le-feu et des mesures en vue d’une réforme politique, qui pourrait mettre fin à un conflit qui a fait des milliers de morts et causé d’immenses souffrances.

 

Mais justice sera-t-elle rendue pour les victimes d’atrocités et leurs familles ? Après tout, la République centrafricaine a, au long de son histoire, permis aux auteurs de crimes graves d’échapper à la justice, alimentant de nouvelles violences.

 

Conjuguée à des problèmes économiques et sociaux persistants, une amnistie en date de 2008 pour les personnes impliquées dans des crimes passés avait contribué à la formation du mouvement Séléka à l’origine du conflit actuel. L’accord conclu cette semaine prend acte des efforts en cours pour mener des enquêtes et ouvrir des poursuites judiciaires sur les crimes graves. Il prévoit également la création d’une commission vérité, justice et réconciliation dotée d’un mandat de 12 mois, et qui pourrait ouvrir la voie à « un traitement traditionnel sur les cas de réparation et de pardon » et à « la réinsertion de leaders et cadres relevant des groupes politico-militaires ». La révélation de la vérité peut jouer un rôle important après un conflit, mais ne saurait se substituer à la nécessité d’engager des poursuites judiciaires pour des crimes graves dans le cadre de procès équitables et crédibles. Les victimes ne devraient pas être privées du fait de voir leur agresseur traduit en justice, pas plus que les auteurs de crimes devraient pouvoir se soustraire à la loi.

 

Certains groupes armés responsables d’atrocités œuvrent déjà à l’obtention d’amnisties. C’est pourquoi le gouvernement centrafricain et l’opération de maintien de la paix des Nations Unies déployée dans le pays devraient continuer d’insister, comme l’a déclaré en novembre 2016 le président Faustin-Archange Touadéra, sur le fait que « la réconciliation ne pourra se faire au prix de l’impunité ».

 

Deux tribunaux peuvent rendre justice aux victimes, parallèlement à tout processus de réconciliation et de vérité. Le premier est la Cour pénale spéciale, une nouvelle juridiction intégrée au système judiciaire national, dotée de juges et de procureurs nationaux et internationaux, qui est chargée de mener des enquêter et d’engager des poursuites à l’encontre des crimes les plus graves commis depuis 2003. L’autre est la Cour pénale internationale, qui a pour mandat de se saisir des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés dans le pays. L’une et l’autre de ces juridictions offrent la possibilité de briser le cycle d’impunité et de violences qui a rongé la République centrafricaine.

 

L’accord de paix offre à la population centrafricaine un réel espoir de voir les combats prendre fin. Mais pour que sa mise en œuvre soit couronnée de succès là où d’autres ont échoué, la responsabilité pénale pour les nombreux crimes internationaux graves endurés par les civils est cruciale.

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 16:08
Centrafrique combats meurtriers à Bria malgré le cessez-le-feu

 

 

 

 Par Jeune Afrique avec AFP

 

De violents combats ont opposé mardi 20 juin à Bria, dans le centre du pays, des miliciens anti-Balaka à des hommes du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC, ex- Séléka). Une centaine de personnes ont été tuées. Ces affrontements interviennent au lendemain de l’accord de cessez-le-feu signé à Rome entre 13 des 14 milices et groupes armés du pays.

 

« On a signé l’accord, mais il faut bien qu’on se défende, on ne se laissera pas attaquer sans réagir », a indiqué Djamil Babanani, un porte-parole du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) joint par l’Agence France-Presse. Depuis samedi 17 juin, Bria est le théâtre d’affrontements sporadiques entre milices pro-chrétiennes anti-Balaka et éléments du FPRC, l’une des principales composantes de l’ex-coalition musulmane Séléka. Les combats ont démarré après la mort d’Hamad Issa, un « général » du FPRC à Bria. Ce mardi, des miliciens anti-Balaka ont lancé une offensive sur la ville, tenue par le FPRC.

 

« Des tirs intenses ont commencé à 6 heures. A 9h30 nous avions déjà reçu 35 blessés à l’hôpital, essentiellement des blessures par balle », rapporte Mumuza Muhindo Musubaho, coordinateur du projet MSF à Bria. Le bilan, en fin de journée mardi, s’élevait à « une quarantaine de morts » et 43 blessés. Un bilan revu à la hausse, ce mercredi à la mi-journée. Une centaine de personnes auraient été tuées au cours de la journée de mardi, selon les chiffres livrés par le maire de Bria Maurice Belikoussou et le curé de la ville, l’abbé Gildas Gbénai.

 

Premier accroc au cessez-le-feu signé à Rome

 

Bria avait déjà été le théâtre de violents affrontements entre groupes armés entre le 15 et le 18 mai dernier. Cinq personnes avaient été tuées et 29 autres blessées. Les combats avaient par ailleurs provoqué la fuite de 40 000 déplacés, selon une estimation de l’ONU.

 

Cette fois, le bilan humain est plus lourd. Surtout, ces combats interviennent au lendemain de la signature à Rome d’un accord de cessez-le-feu entre 13 des 14 groupes armés recensés dans le pays. Dans ce texte, signé sous l’égide de la communauté catholique Sant’Egidio, les groupes armés signataires s’engagent à assurer « la mise en place immédiate d’un cessez-le-feu sur tout le territoire national ».

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 16:04
L'ONU discute avec Brazzaville du retrait des soldats congolais de la Centrafrique

 

 

 

 

https://www.voaafrique.com  21 juin 2017

 

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a annoncé mardi qu'il discutait avec les autorités du Congo du retrait de leurs soldats déployés en Centrafrique, où ils sont accusés de divers manquements et sévices.

 

Des responsables de l'ONU ont expliqué à l'AFP que 629 Casques bleus congolais servant dans la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) seraient retirés suite à des accusations de sévices sexuels, de corruption et de manque de discipline.

 

M. Guterres devait annoncer ce retrait lors d'une conférence de presse mardi, mais les discussions sont toujours en cours avec les autorités de Brazzaville, retardant l'annonce.

 

Le patron de l'ONU a indiqué être engagé dans "des contacts nécessaires avec les autorités du pays avant une annonce publique de la mesure".

 

Cette décision fait suite à un mémo du chef militaire de la Minusca, dans lequel ce dernier estimait que soit le Congo améliorait la qualité de ses troupes, soit il serait forcé de les rapatrier.

 

Le général sénégalais Balla Keita a signalé au siège de l'ONU avoir déjà envoyé cette année six lettres de blâme au commandant du contingent congolais concernant de présumés sévices sexuels, du trafic de carburant et le manque de discipline.

 

Les 629 Casques bleus déployés à Berberati (ouest), la troisième ville de Centrafrique, sont la seule contribution de Brazzaville aux Casques bleus de l'ONU.

 

L'an dernier, 120 soldats du même contingent congolais avaient déjà été rapatriés après des allégations d'abus sexuels et d'exploitation (SEA), qui ont fait au moins sept victimes dont six enfants.

 

Et après une évaluation par la Minusca de la base de Berberati en mars, le général Keita a estimé qu'il n'y avait eu "aucune amélioration du comportement du bataillon congolais".

 

"Le bataillon est connu pour ces mauvaises conduites de SEA, pour trafic d'essence et son manque de discipline", a écrit le général dans son mémo daté du 12 mai.

 

Ce mémo et un rapport d'évaluation de 66 pages des troupes congolaises par l'ONU avaient été divulgués début juin par une coalition d'ONG, la "Code Blue Campaign", cherchant à dénoncer les cas d'abus sexuels et d'exploitation parmi les Casques bleus.

 

La coalition s'est réjouie mardi de la décision de retirer les soldats congolais, une mesure qui "garantira que les enfants et les femmes vulnérables de Berberati seront à l'abri de toute prédation de ce bataillon en particulier".

 

Avec AFP

 

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 15:32
Centrafrique : Le gouvernement sommé de protéger les populations

 

 

 

 

par African Manager - 21/06/2017 11:06

 

La République centrafricaine est témoin d’une situation «insoutenable» de la propagation de groupes armés et de violations croissantes des droits de l’homme, et le gouvernement doit agir maintenant, a averti une experte des Nations Unies.

 

L’experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita Bocoum, a noté la progression très inquiétante des groupes armés dans le Centre et le Sud du pays, et en particulier dans les régions de la Ouaka, du Mbomou et de la Basse-Kotto.

 

« Cette situation est insoutenable et l’Etat centrafricain doit retrouver sans plus tarder l’intégrité et la souveraineté de son territoire pour y assurer sécurité et Etat de droit » a dit Mme Keita Bocoum*.

 

Elle a alerté sur les conséquences de ces violations inadmissibles et a regretté qu’encore une fois, les auteurs ne sont pas inquiétés, les enquêtes ne sont pas menées, laissant ainsi les rumeurs nourrir l’esprit de vengeance.

 

L’experte indépendante a constaté que la violence du conflit et la faible réponse de protection qui s’en est suivie, ont suscité l’indignation et les cris de détresse de la population.

 

« La responsabilité de protéger les populations est une obligation de l’Etat, et la communauté internationale, particulièrement la MINUSCA doit pouvoir être à ses côtés pour la mettre en œuvre efficacement », a affirmé Marie-Thérèse Keita Bocoum.

 

Elle a ajouté que « la lutte contre l’impunité apparaît comme essentielle à la résolution de la crise en République centrafricaine. Il est encourageant de voir quelques améliorations en ce sens, telle la nomination du Procureur Spécial de la Cour pénale spéciale et la création de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales ».

 

« Mais ces avancées doivent s’articuler autour d’une politique nationale des droits de l’homme, qui tienne compte de l’égal accès des centrafricains aux droits économiques, sociaux et culturels ».

 

Réitérant l’impératif d’enquêter les violations des droits de l’homme sans plus tarder et faire procéder aux arrestations de ceux qui ont pu commettre, ordonner ou laisser faire ces violations, individuellement ou collectivement.

 

L’experte indépendante a aussi invité le Ministère de la justice à renforcer les moyens mis à la disposition des juridictions nationales pour assurer la présence effective des autorités judiciaires dans les villes où ils ont été redéployés.

 

« Les autorités que j’ai rencontrées, y compris le corps diplomatique, le gouvernement et le parlement, ont unanimement affirmé leur détermination à lutter contre l’impunité et à proscrire toute possibilité d’amnistie pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou crimes de génocide, conformément au forum de Bangui, à la Constitution et aux conventions internationales ratifiées par la République Centrafricaine », a tenu à clarifier Mme Keita Bocoum.

 

Exprimant sa satisfaction pour la publication du rapport Mapping des Nations Unies, elle a insisté sur la nécessité de continuer à documenter ces violations, et de protéger et assister les victimes et les témoins afin que justice soit rendue et qu’aucun fait grave ne reste impuni.

 

Alors que la situation humanitaire reste critique, L’experte indépendante a souligné les richesses naturelles dont dispose la République centrafricaine, et encouragé les autorités nationales à évaluer l’accès aux droits économiques et sociaux et à assurer le contrôle des ressources naturelles afin d’explorer les opportunités économiques qui existent dans ce pays et de démontrer aux jeunes qu’elles sont porteuses d’espoir.

 

Mme Keita Bocoum a également noté l’impact disproportionné du conflit centrafricain sur les femmes, réitérant sa recommandation de renforcer la présence des femmes dans les négociations pour la paix et la sécurité et dans les efforts de développement. De même, elle appelle le gouvernement et la communauté internationale à soutenir les initiatives de réconciliation et de cohésion sociale et à définir des stratégies qui facilitent l’insertion des jeunes dans le marché du travail et de l’entrepreneuriat sur toute l’étendue du territoire.

 

Au cours de sa visite, l’Experte a rencontré des représentants du gouvernement, du parlement, du corps diplomatique, de la société civile, des partis politiques, des organisations non gouvernementales et des Nations Unies, ainsi que des représentants de victimes et de personnes déplacées, à Bangui et à Obo.

 

Mme Keita Bocoum rendra compte de ses conclusions au Conseil des droits de l’homme de l’ONU et présentera son rapport final en septembre 2017.

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