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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 14:25
Ventes d’armes, une honte française
Ventes d’armes, une honte française
Ventes d’armes, une honte française
Ventes d’armes, une honte française
Ventes d’armes, une honte française

Lu pour vous

www.bastamag.net  16 SEPTEMBRE 2021 PAR AYMERIC ELLUINSÉBASTIEN FONTENELLE  

La France est un gros exportateur de matériel militaire. Et elle arme des régimes qui bafouent ouvertement les droits humains. Le livre “Ventes d’armes, une honte française” dresse un tableau accablant de cette « performance ». Extrait.

Le 16 octobre 2018, quelques jours donc après la déflagration de l’assassinat de Jamal Khashoggi, Amnesty International France publie un rapport [1] accablant, démontrant que des armes vendues par la France se trouvent « au cœur de la répression » sanglante de l’opposition égyptienne, et demande, une nouvelle fois, que le gouvernement français respecte enfin les obligations juridiques qui lui interdisent de livrer des équipements militaires à des pays où existe « un risque substantiel que ces armes puissent être utilisées pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire ou relatif aux droits humains ».

Ce dense document rappelle d’abord qu’en sus des avions de combat et des navires de guerre qui lui ont été vendus en 2015, la France a également fourni à l’Égypte, depuis 2012, « des équipements de sécurité plus classiques, dont des véhicules blindés, qui ont joué un rôle direct et bien visible dans les violentes opérations de répression » menées par les autorités de ce pays.

Sur la base des observations directes effectuées sur le terrain en 2013 et après avoir analysé plusieurs dizaines d’heures de vidéo, plusieurs centaines de photos et de très nombreux autres supports visuels fournis par des organisations de défense des droits humains ou recueillis par des médias, Amnesty affirme avoir réuni de très nombreux éléments prouvant que les forces de sécurité égyptiennes ont eu recours, entre 2012 et 2015, pour écraser l’opposition, à des blindés de type MIDS et Sherpa fournis par la France.

Certaines de ces vidéos montrent notamment des policiers égyptiens tirant à balles réelles sur des manifestantes depuis le couvert de ces blindés légers fabriqués par Renault Trucks Défense (RTD), dont plus de deux cents exemplaires auraient été livrés à l’Égypte, explique l’ONG, qui ajoute que « le manque de transparence et d’exhaustivité des informations communiquées par le gouvernement » français empêche de chiffrer leur nombre plus précisément.

Le rapport apporte des détails : le 14 août 2013, par exemple, des Sherpa ont été déployés un peu partout dans les rues de la capitale égyptienne par les forces de sécurité. Ce jour-là, près de mille manifestantes ont été tuées : jamais, dans l’histoire égyptienne moderne, la répression n’avait fait autant de victimes en une seule journée.

Interpellées par Amnesty International, qui leur demande des explications sur cette « utilisation abusive, flagrante et généralisée » de matériels vendus par Paris, les autorités françaises – qui refusent toujours de préciser le volume et la nature exacts de leurs ventes d’armes à l’Égypte – répondent qu’elles n’ont « autorisé l’exportation de matériel militaire à destination de l’armée égyptienne que dans le cadre de la “lutte contre le terrorisme” dans le Sinaï, et non pour des opérations de maintien de l’ordre ».

Problème : la France, parfaitement informée de l’usage qui en était ainsi fait, a continué de livrer des véhicules blindés à la police égyptienne au moins jusqu’en 2014, et à « autoriser des licences à l’exportation de blindés, de pièces et de composants connexes jusqu’en 2017, bien après que des informations crédibles relatives à leur utilisation abusive » contre des manifestantes avaient été produites.

Pire : « La France a également poursuivi ses livraisons après que les États membres de l’Union européenne eurent convenu, dans les conclusions publiées en août 2013 par le Conseil des affaires étrangères de l’UE et réaffirmées en février 2014, de suspendre les licences d’exportation vers l’Égypte de matériels utilisés à des fins de répression interne. »

Plus encore : la France, selon le même glaçant principe d’irresponsabilité, vend désormais des avions de combat Rafale à l’Égypte, dont l’armée de l’air a, selon Amnesty, « déjà mené à plusieurs reprises des attaques » aériennes « illégales ».

L’ONG demande donc que toute la lumière soit faite sur les conditions dans lesquelles « la France a continué de livrer des véhicules blindés à l’Égypte alors que cela lui est clairement interdit au regard de ses obligations internationales et européennes », et exhorte le gouvernement français à « cesser tout transfert vers ce pays de matériels susceptibles de servir à la répression interne, y compris des véhicules blindés, des armes légères, des équipements à létalité réduite et leurs munitions, utilisés pour assurer le maintien de l’ordre lors de manifestations et dans les lieux de détention ».

Cette supplication sera, pour une fois, suivie d’un – petit – effet : au mois de janvier 2019, Emmanuel Macron, en visite officielle au Caire, dira, lors d’une conférence de presse, que les armes françaises ne doivent pas être utilisées pour le maintien de l’ordre. Mais il n’ira tout de même pas jusqu’à décider de ne plus en vendre à l’Égypte, où les atteintes aux droits humains perdureront après ce fugace rappel…

L’avertissement des avocats

En 2018 toujours, deux organisations non gouvernementales, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) et Amnesty International France, demandent à un cabinet d’avocats parisien – Ancile Avocats – un avis relatif aux ventes d’armes de la France à deux des pays les plus actifs de la coalition dirigée par Riyad au Yémen : l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis.

Le volumineux rapport rédigé par ces juristes se révèle – sans surprise – accablant, comme l’explique Amnesty International France dans un long communiqué. Il pointe d’abord l’opacité constante de ces transactions, puis rappelle que la France s’est engagée, en ratifiant le TCA, à ne pas vendre d’armes à des acheteurs susceptibles de les utiliser pour commettre ou faciliter des violations graves du droit international humanitaire.

Or, de telles violations ont été, selon l’ONU, perpétrées au Yémen « de façon généralisée et systématique », depuis le début du conflit, par la coalition emmenée par les Saoudiens, qui a bombardé de nombreuses cibles civiles – commerces, écoles, hôpitaux, marchés –, soumis les Yéménites à un blocus mortifère, et usé d’armes interdites par les conventions internationales, comme les bombes à sous-munitions.

Et il est « incontestable » que la France était informée de ces violations : elle pouvait d’autant moins les ignorer qu’elles ont conduit plusieurs de ses voisins européens à interrompre leurs livraisons d’armes à l’Arabie Saoudite et à ses alliés. Pourtant, Paris a continué à livrer des armes et munitions à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis et à assurer la maintenance de certains de ces équipements, notamment des chars Leclerc.

De la même façon : la France a continué à fournir « une assistance technique sur les Mirage 2000-9 émiriens utilisés dans le cadre du conflit ». Elle autorise également la vente de corvettes Gowind 2500 aux Émirats arabes unis et d’intercepteurs maritimes à l’Arabie Saoudite, alors même que ces bâtiments pourraient être affectés par leurs acheteurs au blocus naval des ports yéménites : ce faisant, estime l’ONG, Paris « contribue à la sanction collective imposée à la population civile yéménite ». Et cela, bien sûr, expose la France à des poursuites.

D’une part, explique le cabinet Ancile, sa responsabilité pourrait être engagée devant un tribunal administratif s’il était démontré que des armes ou des munitions vendues par des entreprises françaises avec l’aval du gouvernement après le déclenchement de la guerre au Yémen en mars 2015 ont effectivement servi à commettre ou à faciliter la perpétration de violations du droit international humanitaire, car cela établirait que le gouvernement français aurait intentionnellement aidé ou assisté un gouvernement étranger à commettre un fait internationalement illicite.

D’autre part, la responsabilité pénale des entreprises françaises ayant vendu ces armes pourrait être engagée : elles pourraient être poursuivies pour homicide involontaire et complicité de crimes de guerre. L’ACAT et Amnesty International France demandent donc au gouvernement français de suspendre ses livraisons d’armes et de technologies militaires à la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite, « ainsi que tout soutien logistique et financier à ces livraisons ou toute aide aux opérations militaires de cette coalition, aussi longtemps qu’il existera un risque que ces armes puissent être utilisées pour commettre des violations graves du droit international au Yémen ».

Ces deux ONG réclament également que la France renforce son système de contrôle, qu’elle s’assure « jusqu’au moment de la livraison » que les acheteurs d’armes françaises respectent le droit international, et plus généralement qu’elle « mette fin à l’opacité » qui continue d’entourer ses exportations d’armements, en fournissant au Parlement des rapports annuels plus détaillés.

Bien évidemment, cet appel ne sera entendu ni par le gouvernement ni par les industriels de l’armement.

Aymeric Elluin, Sébastien Fontenelle

Aymeric Elluin est responsable « Armes et peine de mort » à Amnesty international France. Juriste en droit international public, il est titulaire d’un DESS en droit du désarmement et de la maîtrise des armements. En 2006, il rejoint Amnesty International France pour coordonner la campagne « Contrôlez les armes » visant à l’adoption d’un Traité sur le commerce des armes classiques (TCA). Depuis, il est chargé de promouvoir les recommandations de l’organisation en matière de droits humains et de droit international humanitaire, dans le domaine des transferts d’armes classiques.

Sébastien Fontenelle est journaliste indépendant et chroniqueur à Politis. Il est l’auteur d’une quinzaine d’essais dont Les briseurs de tabous (La Découverte, 2012), Les éditocrates 2 : le cauchemar continue (en collaboration, La Découverte, 2018) et Les empoisonneurs. Antisémitisme, islamophobie, xénophobie (Lux, 2020).

 

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 14:22
Retour des casques bleus gabonais de la RCA

 

Retour des casques bleus gabonais de la RCA : la société civile prend un coup de poing pour le pays

https://www.cameroonmagazine.com/ By CAMEROON MAGAZINE - GM  18/09/2021

Environ 450 militaires gabonais ont reçu l’ordre de quitter la République centrafricaine et la Minusca suite à des allégations d’exploitation sexuelle et d’actes de mineurs. Au total une trentaine d’infractions. L’ONU n’est pas satisfaite du manque d’enquêtes et du manque de résultats. Au Gabon, la société civile dénonce un rejet du pays.

La décision de l’ONU provoque une certaine indignation sur les réseaux sociaux où les comportements sont dénoncés » honteux », « inadmissible », « immoral « Mais cela n’a pas surpris la société civile, compte tenu de la série de scandales affectant le contingent gabonais et de l’absence de réponse des autorités. La crédibilité de l’armée est remise en cause, dénonce Georges Mpaga. Le Gabon (ROLBG) espère que l’affaire aura des répercussions :   « Les responsables de ce drame sont agréés directement dans l’administration, au sein du ministère de la Défense. De ce point de vue, le chef d’état-major des armées et le secrétaire à la défense devraient être démis de leurs fonctions. C’est l’image du Gabon qui est ternie ».

« Extrêmement stricte… »

D’autres estiment que cette affaire illustre les dérives d’un engin militaire utilisé comme  « outil de prédation Par les autorités, qui gardent l’armée à l’abri de la justice. L’opposant Anges-Kevin Nzigou est le secrétaire exécutif du Parti pour le changement (PLC) :  « Ces enquêtes ne s’arrêtent pas parce que nous n’avons pas de justice. Dans une dictature, si vous basez votre pouvoir sur l’armée, vous aurez du mal à diriger l’armée. Puisque ce sont les militaires qui détiennent le pouvoir, vous voyez la difficulté qu’ils ont à les juger ».

Le gouvernement a assuré mercredi que si les faits sont vrais,  «  les auteurs seront traduits devant des tribunaux militaires et jugés avec la plus grande précision (…) L’engagement du Gabon depuis 25 ans pour la stabilité de la République centrafricaine ne se réduit pas à ces actes », a ajouté un responsable gabonais.

 

 

Retrait des troupes gabonaises de Centrafrique : Pourquoi l’ONU a agi dans la précipitation ?

Par Marceau Ndong Ossa  19 septembre 2021

La polémique enfle autour du retrait des troupes gabonaises du Centrafrique suite à des allégations d’exploitation et d’abus sexuels à l’encontre de certains éléments de son contingent. Dans un courrier daté du 18 septembre et adressé aux autorités onusiennes en RCA, que La Libreville a pu parcourir, le ministre gabonais de la Défense, Michaël Moussa-Adamo, égraine l’ensemble des mesures prises de manière diligente pour faire la lumière dans cette affaire – avec la désignation d’un « enquêteur national pour mener les investigations nécessaires, conjointement avec le Bureau des services de contrôle interne des Nations Unies », ainsi que de la mise sur pied d’une « commission d’enquête nationale ». Le ministre fait par ailleurs observer aux autorités onusiennes que « le Gouvernement gabonais n’a jamais accusé réception de la note verbale (…) datée du 7 septembre 2021 qui fait état des derniers cas d’allégations motivant l’exclusion du bataillon ». 

Trois jours seulement après son annonce, le retrait des troupes gabonaises de Centrafrique fait l’objet d’interrogations de plus en plus nombreuses et pressantes.

Alors que les autorités gabonaises font diligence pour faire la lumière sur les allégations d’exploitation et d’abus sexuels ayant motivé le départ du contingent gabonais de RCA, il apparaît de plus en plus clairement que l’ONU a, dans cette affaire, fait preuve d’un rare empressement et confondu vitesse et précipitation.

C’est ce qui ressort implicitement d’un courrier adressé samedi 18 septembre par le ministre gabonais de la Défense aux autorités onusiennes en RCA et dont La Libreville a pu se procurer une copie.

Dans ce courrier, Michaël Moussa-Adamo indique que le Gabon fait diligence pour faire la lumière sur les allégations pèsent sur certains éléments gabonais en RCA. « Dans le cadre de la mise en œuvre du processus de ce retrait, j’ai l’honneur de vous informer que le Général d’Armée aérienne Jean Félix Akaga, contrôleur général des forces de Défense et ancien commandant de la Force multinationale de l’Afrique centrale (FOMAC) est RCA est enquêteur national pour mener les investigations nécessaires, conjointement avec le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations Unies »informe le ministre gabonais de la Défense.

Mais ça n’est pas là la seule mesure prise, dans des délais très rapides, par les autorités gabonaises. « De même, une commission d’enquête nationale conduite par l’Amiral Gabriel Mally Hodjoua, secrétaire général du ministère de la Défense nationale, se rendra en RCA le dimanche 19 septembre 2021 en vue d’enquêter sur les sites précédemment sous responsabilité du contingent gabonais », ajoute Michaël Moussa-Adamo qui donne par ailleurs les noms de la dizaine de hauts-gradés qui composent cette commission.

La rigueur dont font preuve les autorités gabonaises dans cette affaire contraste avec la légèreté dont semblent faire montre les responsables de l’ONU. Ce que relève, avec beaucoup de pudeur le ministre de la Défense dans son courrier. « Il conviendrait de rappeler de manière officielle aux autorités onusiennes que le Gouvernement de la République gabonaise n’a jamais accusé réception de la note verbale (…) datée du 7 septembre 2021, ayant fait état des derniers cas d’allégations motivant l’exclusion du bataillon »s’étonne Michaël Moussa-Adamo.

Un manque de rigueur qui, combiné à une forme de précipitation, peut paraître surprenant et qui, imparablement, nourrit questions et suspicions. Et si la décision de l’ONU de retirer les troupes gabonaises de RCA, présentes depuis 25 ans sans discontinuité dans le pays, avait en réalité d’autres motivations ?

 

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19 septembre 2021 7 19 /09 /septembre /2021 14:11
Le Mali réaffirme qu’il est libre de coopérer militairement avec n’importe quel pays
Le Mali réaffirme qu’il est libre de coopérer militairement avec n’importe quel pays

 

Défense/Le Mali réaffirme qu’il est libre de coopérer militairement avec n’importe quel pays, malgré les inquiétudes de l’ancien colonisateur français

 LA RÉDACTION  19 SEPTEMBRE 2021

« Le Mali a le droit de solliciter le soutien militaire de n’importe quel pays », selon son Premier ministre. Le PM réagissait au fait que la France et d’autres pays étrangers [membres de l’OTAN principalement] se soient alarmés d’une information selon laquelle Bamako approchait des agences de sécurité russes pour obtenir de l’aide.

Le Premier ministre Choguel Maiga n’a pas voulu confirmer si le gouvernement était en pourparlers avec une autre partie dans ses commentaires publiés par un site d’information malienne. Mais des sources diplomatiques et sécuritaires ont indiqué à des journalistes que le gouvernement malien était proche d’un accord avec un entrepreneur militaire privé russe.

Les sources citent notamment le groupe Wagner qui fournirait des agents de sécurité russes pour former les militaires maliens et protéger les hauts responsables, sur la base d’un accord encore en cours de négociation.

La France a déclaré qu’une telle décision serait incompatible avec sa présence militaire au Mali, où les forces maliennes, françaises et européennes, aux côtés des soldats de la paix de l’ONU, combattent des insurgés liés à l’État islamique et à al-Qaïda.

«Si les partenaires ont décidé de quitter certaines zones, s’ils décident de partir demain, que faisons-nous ? », a déclaré Maiga dans un communiqué publié par le site d’information malien Le Jalon. « Ne devrions-nous pas avoir un plan B? »

« Il y a des zones abandonnées qui doivent être occupées aujourd’hui pour ne pas les laisser vides. Il n’y a pas assez de troupes », a-t-il déclaré, sans préciser les plans que le Mali pourrait avoir ou quelles autres parties pourraient être impliquées.

« On ne peut pas nous empêcher d’envoyer nos soldats en formation dans un pays donné », a ajouté le Premier ministre.

La Russie est militairement engagée officiellement en Centrafrique. Selon plusieurs experts la rébellion tchadienne dont l’offensive en avril de cette année avait coûté la vie au dictateur tchadien de longue date Idriss Deby, bénéficierait de conseillers militaires Russes. Les auteurs du récent putsch en Guinée ne cachent pas leur sympathie pour les militaires russes.

De son côté la France aide militairement depuis décennies des dictatures notoires à se maintenir au pouvoir dans plusieurs d’Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. L’ancien colonisateur européen possède en effet des bases militaires importantes au Sénégal, en Côte-d’Ivoire, à Djibouti, au Gabon, au Tchad et au Mali.

Connectionivoirienne avec agences/Traduit en partie de l’Anglais

 

Mali: à mots couverts, le Premier ministre évoque la société paramilitaire russe Wagner

https://www.rfi.fr/ 19/09/2021 - 01:26 Avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

Au moment de recevoir deux associations de la société civile du Mali, vendredi 17 septembre, le Premier ministre Choguel Maïga a fait allusion à une éventuelle collaboration de son pays avec la société militaire privée russe Wagner, sans citer son nom. Il a également critiqué l'action des forces internationales au Mali, ou du moins affirmé les limites de leurs actions.

Devant ses hôtes, le Premier ministre malien part d’un postulat : « Si, de la même façon que certains partenaires ont décidé de quitter certaines localités, ils décident de partir demain, qu'est-ce qu'on fait ? » Sans la citer nommément, Choguel Maïga parle de la France, qui a annoncé le retrait de ses troupes de plusieurs localités du nord du Mali.

Ensuite, le chef du gouvernement ne prononce pas le nom de la société militaire privée russe Wagner, qui a recours au mercenariat. Mais il glisse : « Il y a des zones abandonnées qu'il faut occuper aujourd'hui. On ne peut pas les laisser vides. [...] On ne peut pas nous interdire d'acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu'un autre ne veut pas. On ne peut pas nous empêcher d'envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu'un autre pays ne veut pas. On est obligé de nous interroger : ne faut-il pas avoir de plan B ? »

Et, probablement pour réconforter sa posture, il établit un bilan plutôt négatif de l’action des forces internationales au Mali : « Le terrorisme s'est étendu. L'autorité et la souveraineté de l'État ne sont pas restaurées partout. » Choguel Maïga termine ses propos sur le sujet sécuritaire par un nationalisme affiché. Ainsi pour n’avoir pas été associé aux discussions, le Mali aurait récemment refusé à l’ONU l’augmentation du nombre de casques bleus présents sur son territoire.

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 23:33
Que sait-on de la visite de Laurent Gbagbo en Europe

 

Côte d'Ivoire: que sait-on de la visite de Laurent Gbagbo en Europe?

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 07:13

L'ancien président Gbagbo est en Europe depuis le 12 septembre pour un séjour d'une quinzaine de jours pour des « motifs exclusivement privés » précise un communiqué de son porte-parole, Justin Koné Katinan. Un premier voyage en Europe depuis son retour au pays en juin 2021 après avoir été acquitté par la CPI. Le programme de ce voyage est resté très confidentiel. 

L'ancien président voyage d'abord entre Paris et Bruxelles. Aucune rencontre politique n'est prévue : ni avec Charles Blé Goudé, son ancien compagnon de détention à La Haye, ni avec Guillaume Soro, assure une proche de Laurent Gbagbo. Des visites uniquement personnelles et familiales sont prévues, affirme-t-elle encore.

Des demandes de rendez-vous de militants ou de membres de la diaspora ont été formulées mais cette proche l'assure, aucun d'entre eux ne devrait être reçu. L'ex-président n'a pas de souci de santé particulier poursuit-elle encore. Mais n'exclut pas que Laurent Gbagbo profite de son passage en Europe pour programmer des visites médicales.

L'Italie, étape importante

Un autre proche de l'ancien président assure que, comme annoncé par son état-major, une étape importante de Laurent Gbagbo est l'Italie. « Il va y poser des actes qui n'ont pas besoin d'être médiatisés », poursuit-il. Jeune Afrique croit savoir que Laurent Gbagbo espère y rencontrer le juge qui présidait la chambre qui l'a acquitté à la CPI, le nouveau préfet du Vatican ainsi que Mario Giro de la communauté Sant'Egidio.

Ce que Justin Koné Katinan a refusé de confirmer. Il s'agit d'une visite privée qui n'appelle pas de commentaires insiste-t-il. Cependant concède un de ses proche, la frontière du privé et du public chez une telle personnalité est toujours difficile à cerner.

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 23:28
RCA : la Banque mondiale veut financer le désenclavement du pays

 

Centrafrique: la Banque mondiale veut financer le désenclavement du pays

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 02:10

Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, achève ce samedi 18 septembre une visite de quatre jours en Centrafrique. Après avoir rencontré le Premier ministre et plusieurs membres du gouvernement, il s’est entretenu en tête-à-tête avec le président Touadéra dont le pays devrait entrer en récession cette année.

Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

Au Palais de la Renaissance, deux conventions ont été signées pour un montant qui dépasse les 120 millions de dollars. Ils serviront à relancer une économie à bout de souffle qui devrait entrer en récession cette année sous les effets combinés des crises sanitaires et sécuritaires.

Faustin-Archange Touadéra, président de la République, revient sur cette période compliquée qu'a enduré le pays : « Non seulement, il y a eu la pandémie. Mais encore, nous avons fait face à une rébellion pendant trois mois. Le corridor d'approvisionnement de Bangui a été bloqué, ce qui a causé des pénuries. Nous travaillons pour que la sécurité revienne afin de permettre aux hommes d'affaires et aux investisseurs de déployer leurs activités et de nous permettre d'avoir une économie florissante. »

Le plus important projet chiffré à 72 millions de dollars concerne les infrastructures avec la réhabilitation du corridor vers le Cameroun, l'unique voie d’approvisionnement du pays, mais surtout l’ouverture d’une route vers le Soudan. « Le développement des infrastructures permet de créer les conditions d'ouverture de l'économie, mais surtout que les populations puissent profiter de l'ouverture du pays », indique Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale et de l’Ouest. La route permettrait également de désenclaver le nord du pays l’une des revendications des groupes rebelles de la zone depuis la guerre civile de 2013.

 

 

Centrafrique : la Banque mondiale va injecter plus de 120 millions USD pour soutenir l’économie mise à mal

(Agence Ecofin) 7:17 PM · 17 sept. 2021- Au terme d’une visite de 4 jours en Centrafrique, Ousmane Diagana, représentant de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, a conclu avec le président Touadéra des accords à hauteur de 120 millions de dollars. Les objectifs sont de désenclaver le pays trop dépendant du corridor vers le Cameroun, et de soutenir son économie affaiblie.

La République centrafricaine vient de signer avec la Banque mondiale pour plus de 120 millions USD d’accords de financement, afin de soutenir son économie rendue exsangue par la situation sanitaire et sécuritaire. 72 millions seront alloués à la construction d’infrastructures publiques, dont des routes internationales visant à désenclaver le pays. Un tracé sera notamment établi au nord, vers le Soudan.

Le corridor Cameroun-Centrafrique, actuellement l’unique voie d’approvisionnement du pays, sera également réhabilité. Il était devenu quasiment impraticable, d’une part à cause des rebelles qui le bloquaient pour isoler la capitale Bangui, et d’autre part à cause de son état de décrépitude.

Lors du point de presse conjoint avec Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale, le président Touadéra a déclaré travailler « pour que la sécurité revienne afin de permettre aux hommes d'affaires et aux investisseurs de déployer leurs activités. ».

Le représentant de l’institution bancaire a quant à lui réaffirmé sa volonté de soutenir la Centrafrique dans ses efforts de lutte contre la pauvreté. Le pays, récemment classé le plus pauvre au monde, risque selon les analystes d’entrer cette année en récession économique.

Feriol Bewa

« Merci, Président Faustin-Archange Touadera, pour notre échange fructueux. Je me réjouis à notre collaboration. La Banque mondiale est mobilisée auprès des centrafricains ».

« Le 17 septembre 2021 le Premier Ministre Henri-Marie Dondra a présidé une table ronde sur l’accès à l’électricité en Centrafrique, en présence du Vice-Président de la Banque Mondiale M. Ousmane Diagana ».

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 22:40
RCA : la population prise en étau entre les paramilitaires russes et le groupe 3R
RCA : la population prise en étau entre les paramilitaires russes et le groupe 3R

 

Centrafrique: la population prise en étau entre les paramilitaires russes et le groupe 3R

 

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 22:45  Avec notre correspondant à Bangui, Carol Valade

Le MLPC alerte sur le sort des populations du nord-ouest du pays, théâtre de violents affrontements entre les forces pro-gouvernementales et le groupe rebelle 3R. Ce dernier donne du fil à retordre aux paramilitaires russes combattant aux côtés des forces centrafricaines. Les civils font les frais de ces affrontements : représailles, exécutions, viols et pillages selon de multiples sources concordantes. Le gouvernement s’inscrit en faux et engage les opposants à « œuvrer pour la paix au lieu d’attiser les tensions ».

 « Les populations du nord-ouest sont prises en étau par les deux deux forces dans une prison à ciel ouvert », affirme le parti d’opposition MLPC (Mouvement pour la libération du peuple centrafricain). Son président, Martin Ziguélé, relate un incident récent :  

« Les paramilitaires russes, les mercenaires de Wagner, sont arrivés dans le village très tôt le matin. Sans sommation, ils ont commencé à casser les portes et les fenêtres de chaque habitation. Arrivés au petit marché du village, ils ont cassé toutes les boutiques et pris les marchandises. Mais je dois souligner que ce qui est arrivé n'est pas un fait unique : il y a déjà eu des précédents. (...) Si ce n'est pas les paramilitaires russes, c'est les 3R ! » 

Bernard Dillah, député MLPC de Ngaoundaï et second vice-président de l’Assemblée nationale, renchérit : « Les groupes 3R (Retour, Réclamation et Réhabilitation) ont attaqué le gros village Mann. Ils ont tué la population et ont fait plus de sept morts. Ces groupes 3R sont repartis très tôt dans le village pour piller tout ce qu'ils pouvaient piller. »

Les opposants dénoncent « l’inaction de la Minusca » (Mission des Nations unies en Centrafrique) ainsi que « le silence du gouvernement » centrafricain. Le ministre porte-parole du gouvernement, Serge-Ghislain Djorie, se dit « sidéré par de tels propos » et menace de saisir la justice pour diffusion de fausses informations.

 

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 22:37
Tchad: une ONG tire la sonnette d'alarme sur la traite des humains

 

Tchad: une ONG tire la sonnette d'alarme sur la traite des humains

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 19:43

Identifier les victimes de traite de personnes pour mieux les protéger et mieux les accompagner au retour à une vie normale. C'est le défi que s'est lancé le Tchad, le 14 septembre, à travers un mécanisme de référencement en collaboration avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Un mécanisme insuffisant pour le réseau des associations du Mandoul, qui regroupe dix associations de cette province du pays.

Avec notre correspondante à NdjamenaAurélie Bazzara-Kibangula

Ces associations dénoncent un phénomène qui prend de l'ampleur depuis plus de dix ans. Conflit armé et intercommunautaire, pauvreté, déscolarisation sont autant de facteurs qui favorisent la traite des personnes. Elles interpellent les autorités et leur demandent de lutter efficacement contre ce phénomène.

Faire fortune dans l’orpaillage, c'est ce que promettent des passeurs à des jeunes du sud du pays. Mais à l'arrivée, c'est l'enfer qui les attend en plein désert tchadien. Le porte-parole du réseau des associations du Mandoul, Delaville Djimiabaye, tire la sonnette d'alarme.

« Surpris du silence des autorités »

« Sous le fallacieux prétexte de leur donner du travail bien rémunéré. Leurs bourreaux les conduisent jusqu’à l’extrême nord et les soumettent à des traitements dégradants. Il a fallu que les réseaux sociaux publient les images atroces des jeunes torturés, séquestrés et traînés derrière des véhicules pour que le monde puisse se rendre compte de l’ampleur du phénomène.  Nous sommes très surpris du silence des autorités. »

Les associations estiment à plus d'un millier les jeunes séquestrés. Rien que pour la province du Mandoul cette année.

De son côté, Carlos Rotta Dingamadji, directeur des droits humains au ministère de la Justice, reconnaît que ce phénomène prend effectivement de l'ampleur mais qu'il reste sous surveillance depuis 2010. « Les forces de défenses et de sécurité sont alertées et si les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets sont alertés, c’est toute une chaîne d’acteurs qui sont impliqués dans le travail de lutte contre la traite des personnes. »

Reste à coordonner tous ses efforts pour plus d'efficacité. Un comité national de lutte contre la traite des personnes devrait être mise en place d'ici la fin de l'année.

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 22:32
La junte fait face à la presse et rassure sur le sort d’Alpha Condé
La junte fait face à la presse et rassure sur le sort d’Alpha Condé

 

Guinée: la junte fait face à la presse et rassure sur le sort d’Alpha Condé

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 15:59

Le CNRD a organisé son premier point de presse ce samedi 18 septembre à Conakry. Il a été essentiellement consacré au bilan de la visite des chefs d’États de la Cédéao vendredi (le président Ghanéen Nana Akufo Addo et son homologue ivoirien Alassane Ouattara). L’organisation ouest africaine a décidé de sanctions ciblées contre les responsables de la junte, exigé une transition courte de six mois, et également la libération « sans conditions » du président renversé Alpha Condé.

Avec notre envoyée spéciale à ConakryCharlotte Idrac

Les échanges avec la délégation de la Cédéao ont été « très francs et sincères », selon le colonel Amara Camara, porte-parole de la junte qui animait la rencontre avec la presse. Concernant Alpha Condé, il a rappelé que les présidents ghanéen et ivoirien ont pu le rencontrer vendredi. Quel sera son sort ? « L’ancien président demeurera en Guinée dans un lieu choisi par le CNRD. Toutes les mesures seront prises pour le respect de son intégrité physique et morale. Il est en lieu sûr, je ne pourrais pas vous en dire plus aujourd’hui », conclut-il.

« Nous sommes des soldats »

Sur le délai de six mois demandé par la Cédéao pour organiser des élections, « Le colonel Doumbouya » a répondu qu’il était « important que l’organisation écoute les aspirations légitimes du peuple, il a rappelé les concertations nationales en cours » et affirmé que « seul le peuple de Guinée décidera de son destin » indique le colonel Amara Camara.

Enfin sur les sanctions ciblées à l’encontre des membres du CNRD, les échanges là-dessus ont été « très brefs », affirme-t-il. Selon lui, le colonel Doumbouya a répondu : « Nous sommes des soldats. La mission pour nous se passe en Guinée, donc pas besoin de voyager. Et nous n’avons rien à geler sur nos comptes ».

Une conférence de presse d’une vingtaine de minutes, avec seulement quatre questions de journalistes autorisées. Interrogé sur l’organigramme du Comité, sa composition, le porte-parole du CNRD assure : « vous aurez une liste très bientôt ».

Nouvelle série de communiqués du CNRD lus à la RTG. -« l’ancien Président -Alpha Condé- est et demeurera en Guinée, nous ne céderons à aucune pression » -le Colonel Mamady Doumbouya est désormais désigné « Président du CNRD, Président de la République, chef de l’Etat »

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 22:27
Deux rapports d'ONG dénoncent les «kleptocraties» en Afrique

 

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 00:20

Deux rapports publiés le 15 septembre par le Ghana Center for Democratic Development (Centre pour le développement démocratique au Ghana) et par l’organisation Democracy in Africa (Démocratie en Afrique) montrent comment les dits « kleptocrates » sapent les institutions démocratiques dans le seul but de s’enrichir au détriment des populations.

Les deux rapports forment ensemble un pavé de plus de 300 pages. Les auteurs s’appuient sur l’analyse d’exemples dans neuf pays, de l’Ouganda, en passant par le Zimbabwe et jusqu’au Mozambique considéré comme le pire élève de l'échantillon.

Des systèmes pour accaparer les pouvoirs ou les biens

Mais même les États les plus démocratiques, comme le Ghana, n’échappent pas aux pratiques kleptocrates : financement occulte des partis, clientélisme, achat de voix, les outils pour saper la démocratie connaissent un essor de plus en plus inquiétant. Les auteurs affirment qu'en Afrique du Sud une richissime famille d’hommes d’affaires indiens a pillé les caisses de l'État avec la complicité de l’ex-président Jacob Zuma

Les rapports démontrent que le phénomène de kleptocratie « capture toutes les institutions démocratiques » : l’exécutif, le Parlement et la justice. Au Ghana, ce sont des élites du secteur privé qui détournent le processus électoral. Au Zimbabwe, les militaires dirigent dans l’ombre tandis qu'au Bénin, il s’agit d’hommes d’affaires, à l’image du président Patrice Talon, qui masquent leurs intérêts privés derrière ceux du public.

Selon les rapports, les kleptocrates sont le plus souvent des personnes non élues et très protégées par l’État. Des systèmes souvent hérités de l’ère coloniale, et qui pour les auteurs, mettront des années à se déconstruire tant que la corruption existera.

L’accaparement de la démocratie au Kenya se caractérise par la manipulation du processus électoral et des institutions qui sont censées garantir la recevabilité. Ce sont des institutions judiciaires, du parlement, de la gestion des élections et de l’audit du gouvernement. Dans ce contexte, les élections n’ont aucun sens, car elles ne permettent pas de rendre des comptes à la population.

Migai Akech, professeur à l'École de droit de Nairobi, revient sur l'exemple du Kenya

Christina Okello

 

 

CAPTURE DE LA DEMOCRATIE & L'OMBRE D’ETAT EN AFRIQUE  

https://democracyinafrica.org/ Par La démocratie en Afrique 14 septembre 2021

À l'occasion de la Journée mondiale de la démocratie, le 15 septembre 2021, le Centre pour le développement démocratique et la démocratie en Afrique unira ses forces pour publier deux rapports majeurs sur la capture de systèmes politiques prétendument démocratiques par des réseaux occultes qui travaillent dans leur propre intérêt plutôt que celui du public. . Sur la base de nouveaux entretiens, de la collecte de données et de la cartographie du réseau, une équipe de dix chercheurs peut désormais révéler pour la première fois dans quelle mesure les développements politiques et économiques sont façonnés par des forces non élues et souvent antidémocratiques.

Ensemble, les rapports démontrent que dans de nombreux pays africains, mais pas tous, certaines des décisions politiques et économiques les plus importantes ne sont pas prises par des individus responsables devant les citoyens, mais par des réseaux composés de l'exécutif, de responsables politiques, de la famille du président, de juges, hommes d'affaires, hauts fonctionnaires, chefs militaires, financiers internationaux, etc. Dans un certain nombre de cas, ces réseaux traversent les frontières nationales, soit par des liens étroits avec des entreprises multinationales, soit par l'intégration dans des réseaux criminels organisés transnationaux, de sorte que des ressources importantes sont retirées du pays.

Pour télécharger le rapport sur la capture de la démocratie au Bénin, au Ghana, au Kenya, au Mozambique et au Nigeria, cliquez ici.

Pour télécharger le rapport sur The Shadow State en République démocratique du Congo, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe, cliquez ici.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lancement du rapport sur la corruption, le clientélisme, la criminalité et la subversion de la démocratie en Afrique

À l'occasion de la Journée mondiale de la démocratie, le 15 septembre 2021, le Ghana Center for Democratic Development (CDD-Ghana) et Democracy in Africa (DIA) publieront deux grands rapports sur la capture de systèmes politiques prétendument démocratiques par des réseaux privés qui travaillent dans leur propre intérêt. , plutôt que celle du public.

Le lancement aura lieu le mercredi 15 septembre 2021 à 14h00 GMT sur Zoom et sera diffusé en direct sur Facebook et YouTube.

À l'aide de preuves provenant de nouveaux entretiens, de la collecte de données et de la cartographie du réseau, une équipe de 10 chercheurs indiquera dans quelle mesure les décisions politiques et économiques dans les démocraties africaines sont façonnées par des individus ou des groupes qui ne sont souvent pas élus et qui s'efforcent de renverser les institutions formelles de l'État. pour faire avancer leurs propres intérêts et agendas. Ensemble, les rapports démontrent que dans de nombreux pays africains, mais pas dans tous, certaines des décisions politiques et économiques les plus importantes ne sont pas prises par des individus responsables devant les citoyens, mais par des réseaux comprenant des initiés de l'exécutif, des responsables politiques, la famille du président, des juges , hommes d'affaires, hauts fonctionnaires, chefs militaires et financiers internationaux, entre autres. Dans un certain nombre de cas, ces réseaux traversent les frontières nationales, soit par des liens étroits avec des entreprises internationales, soit par l'intégration dans des réseaux criminels organisés transnationaux, de sorte que des ressources importantes sont retirées du pays.

Les rapports montrent également que l'étendue de la capture de la démocratie varie considérablement. Il est relativement plus faible ou moins prononcé dans des pays comme le Ghana, avec une expérience de multiples transferts de pouvoir par le biais d'élections compétitives, et beaucoup plus élevé dans des États comme le Zimbabwe où le gouvernement n'a jamais changé de mains. La forme que prennent les réseaux varie également énormément et il n'y a pas deux états fantômes identiques :

• En Ouganda, l'État fantôme est dirigé par un axe de la famille du président Museveni et de « l'aristocratie militaire » du pays, ainsi que par un certain nombre d'interlocuteurs du monde des affaires.

Au Bénin, les choses sont très différentes, car le président Patrice Talon a exploité la faiblesse du système juridique, du pouvoir judiciaire et du pouvoir législatif pour transformer l'une des démocraties les plus dynamiques du continent en un quasi-État à parti unique.

En RDC, les alliances militaires internationales autour de l'ancien président Joseph Kabila ont joué un rôle essentiel dans la création d'un État fantôme intimement lié aux réseaux de contrebande transnationaux.

En Zambie, les forces de sécurité ont été moins pertinentes et au lieu de cela, la capture de la démocratie a été conduite par le lien entre les politiciens civils, les représentants du gouvernement et les hommes d'affaires privés.

Au Zimbabwe, l'importance de l'armée s'est accrue depuis le début des années 2000, pénétrant de plus en plus de domaines de l'État et de l'économie, soulevant des questions quant à savoir si le président Emmerson Mnangagwa ou les chefs de l'armée détiennent réellement le pouvoir.

Comprendre comment la démocratie est capturée est essentiel car cela aide à expliquer le manque de progrès dans de nombreux pays vers la consolidation démocratique, à quel point les gouvernements peu performants sont capables de rester au pouvoir, pourquoi les programmes de développement ne parviennent souvent pas à répondre aux besoins des citoyens ordinaires, et pourquoi le l'écart entre les « nantis » et les « démunis » continue de croître.

Les principales idées et conclusions comprennent :

• La façon dont les « juges milliardaires » au Nigeria font fortune en acceptant des pots-de-vin pour disculper les dirigeants politiques et les organisations criminelles, facilitant la corruption et créant une culture d'impunité qui sape à la fois la responsabilité démocratique et l'état de droit.

• Comment les responsables de la sécurité, les directeurs de banque, les agents électoraux, les juges et les journalistes s'entendent avec les membres du parti au pouvoir pour empêcher les partis d'opposition de faire campagne efficacement lors des élections dans des pays comme le Mozambique, l'Ouganda et le Zimbabwe, empêchant ainsi un transfert de pouvoir.

• La façon dont la police et l'armée en RDC ont installé des postes de commandement près du puits minier nouvellement productif, non pas pour protéger les travailleurs mais plutôt pour émettre des « taxes » officieuses, de sorte que certains exploitants miniers doivent payer 40 redevances régulières – dont seulement 9 sont prélèvements officiels du gouvernement national.

• Comment des entreprises liées au parti au pouvoir et à l'armée au Zimbabwe ont utilisé leurs relations pour créer artificiellement une pénurie de carburant qui leur a permis de gonfler leurs prix au détriment des automobilistes, créant des défis majeurs pour les entreprises et les citoyens ordinaires.

• La façon dont des présidents tels que Yoweri Museveni de l'Ouganda accordent des exonérations fiscales à leurs alliés commerciaux en échange de contributions financières à leur campagne électorale « la caisse de guerre », refusant au Trésor des centaines de millions de dollars de revenus et réduisant les fonds disponibles pour la santé et éducation.

• Comment la capture partielle de la démocratie au Ghana a contribué à l'émergence d'une classe distincte de Ghanéens super privilégiés, qui sont devenus riches en partie en raison de leur accès privilégié à l'État, y compris les politiciens des partis au pouvoir et de l'opposition et leurs copains dans les affaires secteur et la direction des agences bureaucratiques et parapubliques de l'État.

Selon le professeur H. Kwasi Prempeh, directeur exécutif du CDD-Ghana, « Plutôt qu'un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, la démocratie en Afrique, y compris la légitimité qu'elle confère aux gouvernements, semble être capturée pour servir d'autres intérêts. que celui du peuple, laissant ainsi de nombreuses personnes remettre en question de plus en plus la pertinence de la démocratie. L'avenir de la démocratie en Afrique dépend de notre capacité à inverser cette image.

Pour sa part, Nic Cheeseman, professeur de démocratie à l'Université de Birmingham a déclaré : « la croissance des États fantômes – de puissants réseaux d'individus non élus qui utilisent leur accès au gouvernement pour poursuivre leurs propres intérêts aux dépens du public – représente le défi politique le plus important auquel sont confrontés les pays africains aujourd'hui, et est à l'origine du recul démocratique que nous avons vu dans de nombreux États au cours des dix dernières années ».

John Githongo, un militant anti-corruption kenyan réputé, était également d'avis que « ces rapports représentent l'analyse la plus complète et la plus perspicace de la manière dont la démocratie, l'économie et la subversion en Afrique sont disponibles à ce jour. Ils révèlent que les États fantômes et la capture de la démocratie sont les causes profondes de la corruption, des inégalités et de l'échec du développement.

Les pays couverts par ce projet sont le Bénin, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, l'Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

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18 septembre 2021 6 18 /09 /septembre /2021 22:13
Renvoi des casques bleus gabonais de RCA

 

Renvoi des casques bleus gabonais de RCA: la société civile dénonce un camouflet pour le pays

https://www.rfi.fr/ 18/09/2021 - 13:23

Quelques 450 soldats gabonais doivent quitter la Centrafrique et la Minusca suite à des accusations d'exploitation sexuelle et d'actes sexuels sur mineurs. Une trentaine d'actes délictueux en tout. L'ONU n'est pas satisfaite de l'absence d'enquêtes et du manque de résultats. Au Gabon, la société civile dénonce un camouflet pour le pays.

La décision de l'ONU provoque une certaine indignation sur les réseaux sociaux où l'on dénonce des comportements « honteux », « inadmissibles », « immoraux ». Mais elle n'a pas surpris au sein de la société civile, étant donné l'enchaînement des scandales touchant le contingent gabonais et le manque de réaction des autorités. La crédibilité de l'armée est mise en cause, dénonce Georges Mpaga. Le président du réseau des Organisations libres de la société civile pour la bonne gouvernance au Gabon (ROLBG) espère que l'affaire aura des conséquences : « Les responsables de cette tragédie sont approuvés directement dans l’administration, au sein du ministère de la Défense. De ce point de vue, le chef d’État-major des armées, le ministre de la Défense doivent être démis de leurs fonctions. C’est l’image du Gabon qui est ternie ».

« Extrême rigueur… »

D'autres estiment que cette affaire illustre les dérives d'un appareil militaire utilisé, comme un « instrument de prédation » par les autorités, ce qui place les militaires à l'abri de la justice. L'opposant Anges-Kevin Nzigou est le secrétaire exécutif du parti Pour le changement (PLC) : « Ces enquêtes ne vont pas au bout parce qu’on n’a pas de justice. Dans une dictature, lorsque vous asseyez votre pouvoir sur l’armée, vous avez du mal à diriger les militaires. Comme ce sont les militaires qui maintiennent le pouvoir en place, vous voyez la difficulté dans laquelle ils se trouvent pour les juger ».

Le gouvernement, lui, a assuré dès mercredi que si les faits sont avérés, « auteurs seront traduits devant les tribunaux militaires et jugés avec une extrême rigueur (…) L’engagement du Gabon dans la stabilité de la Centrafrique depuis 25 ans ne saurait être réduit à ces actes », a ajouté un officiel gabonais.

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