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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:06
RCA : les arrestations salutaires des combattants des groupes armés
RCA : les arrestations salutaires des combattants des groupes armés

Lu pour vous

 

Centrafrique, les arrestations salutaires des combattants des groupes armés

 

https://mondafrique.com/ By Aza Boukhris -27 mai 2020

 

Les arrestations de membres de groupes armés, signataires de l’Accord de Khartoum, par la MINUSCA, ouvre une nouvelle période pleine d’incertitudes. Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

À la suite des derniers évènements sanglants qui ont affectés les régions du nord-est et du sud-est, la MINUSCA ne s’est pas contentée de s’interposer entre les belligérants. Coup sur coup, à Ndélé puis à Obo, la MINUSCA a interpellé quelques combattants rebelles, soupçonnés de graves atteintes aux droits de l’homme et au droit humanitaire, susceptibles d’être ensuite accusés de crime contre l’humanité. A Ndélé, neuf rebelles du Rassemblement patriotique pour le renouveau de la Centrafrique (RPRC), dont le « général » Azor Kalité, et à Obo, neuf autres de l’Union pour la paix (UPC) ont été livrés à la Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui. Cette initiative de la MINUSCA annonce probablement un changement de stratégie qui pourrait contrarier les signataires de l’Accord du 6 février 2019.

Le RPRC et l’UPC en ligne de mire

Sans méconnaître les responsabilités du FPRC de Nourredine Adam et de Abdoulaye Hissène, déjà sous sanctions internationales, il est établi que les deux groupes armés du RPRC et de l’UPC sont aussi très impliqués dans les récents événements sanglants de Ndélé et de Obo. 

Si le groupe armé constitué par l’UPC, à majorité peulh, sous la direction d’Ali Darass Mahamat, est bien identifié pour étendre, manu militari, son territoire dans le sud-est, en revanche, le RPRC, à majorité Goula, sous la direction militaire de Zakaria Damane et la direction politique de Herbert Gontran- Djono-Ahaba, actuel ministre de l’énergie et du développement des ressources hydrauliques, n’apparaît pas sous son appellation dans les communiqués officiels du pouvoir de Bangui et, parfois curieusement, de la MINUSCA. Le RPRC s’efface discrètement sous la formule neutre et désormais inexacte de  » deux factions du FPRC ». Il est clair que le RPRC a pris son autonomie du FPRC et le combat sans ménagement. Le RPRC ne fait plus partie du FPRC. Le ministre Herbert Gontran Djono-Ahaba du RPRC est bien signataire de l’Accord du 6 février 2019, en sa qualité de leader du RPRC, comme Ali Darass Mahamat l’est aussi pour le compte de l’UPC. Les anciennes alliances politiques, comme celle de l’ex Seleka, ont laissé la place aux affrontements intercommunautaires opposant notamment les Rounga aux Goula et leurs alliés et les Peulh aux chrétiens/animistes, voire aux Zandé, dans le Haut-Mbomou.

Des arrestations en porte-à-faux

On devine l’embarras des thuriféraires de l’Accord du 6 février 2019 et du Pacte entre les autorités de Bangui et quatorze groupes armés, dont le RPRC et l’UPC, devant les crimes commis à Ndélé et Obo par les combattants de ces deux groupes armés, bien insérés dans le pouvoir actuel de Bangui et adoubés comme tels par l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne et les partenaires bilatéraux du G5+. 
Des combattants du RPRC du ministre Herbert Gontran Djono-Ahaba, de leurs alliés du MLCJ de Gilbert Toumou Deya, ministre délégué chargé des relations avec les groupes armés et du PNRC de Arnaud Djoubaye-Abazene, ministre des transports et de l’aviation civile, ainsi que des combattants d’Ali Darass Mahamat, ministre-conseiller à la Primature, sont désormais dans les mains de la justice centrafricaine.

Quelle sera la réaction de ces deux groupes armés qui avaient jusqu’à maintenant la faveur des autorités de Bangui ?  Le RPRC et l’UPC accepteront-ils la fin de l’impunité en filigrane de l’Accord du 6 février 2019 ? Les autorités de Bangui verront-elles d’un bon œil ces arrestations qui contreviennent à leur stratégie de pacification avec les groupes armés ?

Vers la fin de l’impunité 

Alors que le processus électoral, en vue des élections présidentielle et législatives de fin 2020, suscite un vif débat politique dans la société centrafricaine, ces arrestations de combattants, peu sensibles l’avenir du pays, remettent en cause le principe de l’impunité que les groupes armés croyaient acquis. Manifestement, la MINUSCA entend désormais mettre hors d’état de nuire les responsables de crimes contre les populations. Il est probable que les menaces pesant sur les financements de l’ONU, notamment pour les opérations de maintien de la paix, comme celle de la MINUSCA, ne sont pas étrangères à cette stratégie pro-active. De même, le report désormais probable des élections de fin 2020, ne permettra plus de s’accommoder du statu quo.

La Cour Pénale Spéciale de Bangui va donc pouvoir accomplir la mission qui lui a été confiée, depuis 2015. En aura-t-elle les moyens et toute la liberté pour l’instruction et les jugements de ces affaires appelées à se multiplier ? D’ores et déjà, on peut se demander si le siège à Bangui de cette cour hybride est encore approprié. Deux leaders anti-balaka sont actuellement dans les mains de la Cour Pénale Internationale de La Haye. La question de leur transfèrement auprès de la Cour Pénale Spéciale de Bangui peut-être posée comme celle, de l’éventuel voyage inverse, des nouveaux justiciables, vers la Cour Pénale Internationale de La Haye. En Centrafrique, la fin de l’impunité constitue une nouveauté qui s’annonce pleine d’embûches.

 

 

 

RCA : Ndélé, arrestation du célèbre général Amar, un important stratège de la coalition RPRC-MLCJ-PRNC.

 

Par Zibaya Cedric 

 

Ndélé 27 mai 2020 (Corbeaunews-Centrafrique) – Le célèbre général Amar, l’homme clé de multiples attaques des rebelles de la coalition RPRC-MLCJ-PRNC contre les positions du FPRC dans la ville de Ndélé a été arrêté ce mardi 26 mai au village Aliou, situé dans la préfecture de Bamingui-Bangoran.

L’opération a été menée conjointement ce mardi 26 mai par les soldats Faca et les forces de la Minusca au village Aliou, situé à 16 kilomètres de la ville de Ndélé sur l’axe Birao, au nord de la République centrafricaine.

Selon des sources sécuritaires locales, l’homme a été arrêté en compagnie de son garde du corps et transféré dans la base militaire de la Minusca à Ndélé où ils sont actuellement incarcérés. Et ce n’est pas tout. 24 heures plutôt, toujours dans la localité de Ndélé, deux combattants du RPRC ont également été interceptés par une patrouille de la Minusca. Ce qui fait en tout 4 combattants rebelles de la coalition RPRC-MLCJ-PRNC qui sont actuellement en garde à vue dans la geôle de la Minusca  à Ndélé en attendant leur transfèrement à Bangui où ils seront probablement déférés devant le parquet général dans les prochains jours.

Rappelons que la semaine dernière, le général Azore Kalité, une importante figure des Goula, et ancien général du FPRC, avait été arrêté avec ses 8 éléments et transférés à Bangui dans le cadre de l’enquête sur le massacre de Ndélé où plusieurs dizaines des civils avaient été tués.

Moïse Banafio

Copyright2020CNC

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:04
BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE

Lu pour vous

 

CENTRAFRIQUE : FRANÇOIS BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE OU QUI NE L’A PAS DU TOUT

 

          Que les alliés contre nature de François Bozizé ne trompent pas le peuple à propos du débat en cours sur la proposition de loi constitutionnelle destinée à réviser certaines dispositions de la Constitution du 30 mars 2016. Ce débat n’a pas lieu d’être si l’on est sincère avec soi. Il y a déjà une jurisprudence politico-institutionnelle en la matière. Les dispositions des articles 53, 153 et 156 de la Constitution du 30 mars 2016 qui cristallisent les positions contradictoires et les interprétations les plus tendancieuses et osées sont les mêmes qui ont existé dans la Constitution du 27 décembre 2004 sous le règne Bozizé. Les dispositions des deux constitutions disent clairement que le nombre et la durée des mandats présidentiels ne peuvent pas être modifiés, de même que la forme laïque de l’Etat centrafricain, les bases fondamentales de la société centrafricaine, etc. 

     Mais n’oublions pas qu’en 2009, face au retard pris dans les préparatifs des élections, la classe politique et la société civile étaient conviées au Palais de la Renaissance pour trouver une solution consensuelle. La formule du maintien en activité du président de la République et de l’Assemblée nationale jusqu’à l’organisation des élections présidentielle et législatives a été retenue. Me Nicolas Tiangaye, qui faisait office de porte-parole de l’opposition démocratique à l’époque comme aujourd’hui, avait même pris la parole publiquement pour dire oui à ce schéma. 

          Sur la base de ce consensus, l’Assemblée nationale avait voté une loi pour maintenir en fonction le président Bozizé et son Assemblée nationale monocolore de l’époque et les Tiangaye et les Nguéndé les Ziguele et Bozizé, Bertin Béa du KNK et autres étaient allés aux élections décalées de 2011 avec cette loi qui modifiait ces dispositions ultrasensibles de la Constitution.  D’où la question qui s’impose: pourquoi la même chose qui a été faite sous le régime Bozizé et qui était qualifiée de bon ne peut pas être faite sous la même forme et le même fond par le régime actuel? Bozizé et ses alliés politiques du moment auraient-ils la mémoire courte?

ET BOZIZÉ ROULA SES ALLIÉS DANS LA FARINE…

          Là où l’on comprend aisément que Bozizé est le grand boulanger de l’opposition centrafricaine est le fait qu’il n’a pas osé faire de son parti politique le KNK l’une des parties prenantes au procès pendant devant la Cour constitutionnelle concernant la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions de Code électoral relativement à l’Autorité nationale des élections (ANE) dont il était par ailleurs le créateur. Chose bizarre, le KNK de Bozizé ne fait pas partie des partis et associations politiques membres de la COD-2020 qui ont saisi la Cour constitutionnelle à cet effet. 

La raison est simple. C’est que lui-même sait que son argument ne pourra pas prospérer parce qu’il avait violé la loi électorale en 2011 en refusant de proroger le mandat de la Commission électorale indépendante  (CEI) de l’époque, dirigée par son ami, le scandaleux et irrévérencieux pasteur Joseph Binguimalé de triste mémoire. 

            En effet, alors que plusieurs sièges de l’Assemblée nationale n’étaient pas encore pourvus et devant l’imbroglio juridique de la CEI à l’époque (comme celui de l’ANE actuelle), le président Bozizé avait purement et simplement confié la préparation de l’organisation et la gestion des élections législatives partielles au ministère chargé de l’Administration du territoire. C’est ainsi que le ministre de l’Administration du territoire de l’époque, l’inénarrable « pasteur-ambassadeur » Josué Binoua avait mis en place par arrêté ministériel un Comité technique électoral (CTE) dont il s’était autonommé président, lequel CTE avait organisé les partielles et proclamé les résultats qui ont été jugés valables par tous. 

          Les déclarés élus avaient siégé à l’Assemblée nationale comme députés de la nation au vu et au su de tout le monde. Les Tiangaye, N’Guendet, Mboli-Goumba, Ziguélé, Adouma, Méckassoua, Ngaïssona, Zingas-Kongbélé et consorts n’avaient pas contesté la création par simple arrêté ministériel du Comité technique électoral ni remis en cause les résultats de ses travaux. Cela fait jurisprudence.

 

« NUL NE PEUT SE PRÉVALOIR DE SES PROPRES TURPITUDES »

          Au regard de tout ce qui précède et dans l’hypothèse que l’Autorité nationale des élections (ANE) n’existe pas du point de vue de la Constitution ou que son mandat est expiré ou arrivait à expiration peu avant les prochains scrutins présidentiel et législatif, le ministère de l’Administration du territoire chargé de la décentralisation et du développement local sera amené à exercer les mêmes prérogatives de l’ANE comme cela s’était passé en 2011. Pourquoi ce qui était valable sous le régime Bozizé et qui n’avait pas donné lieu à des contestations ne peut pas être valable actuellement? D’où vient cette brusque amnésie de la part de nos hommes politiques?

         C’est conscient que « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » ni interdire aux autres ce qu’on s’est permis à soi-même, que le parti KNK de Bozizé ne s’est pas associé à la demande de la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions du code électoral, affaire pendante devant la Haute juridiction. A preuve, le nom du KNK ne figure pas parmi les partis politiques dont les avocats ont signé le communiqué de contestation du 22 mai 2020 au sujet de la Cour constitutionnelle. Sinon, où est la solidarité qui devait exister entre les partis membres de la COD-2020?

          On le voit, l’opposition démocratique centrafricaine doit se faire des soucis à cause du passé juridico-politique et institutionnel négatif du régime Bozizé/KNK qui avait accouché des monstrueuses jurisprudences dont le pouvoir actuel se sert en vue de se faciliter une certaine tâche. Bozizé et son parti KNK étant mal placés pour faire des leçons de droit, de respect de la Constitution et de morale au régime actuel, leurs alliés du moment risquent de n’avoir que leurs yeux pour pleurer. Une véritable ironie du sort et de l’histoire.

            Affaire à suivre.

           Jean Bedel Dinga-Kpilè

           Source: MEDIAS+ 28.05.2020

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 22:04
BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE

Lu pour vous

 

CENTRAFRIQUE : FRANÇOIS BOZIZÉ YANGOUVONDA, L’HOMME QUI A LA MÉMOIRE COURTE OU QUI NE L’A PAS DU TOUT

 

          Que les alliés contre nature de François Bozizé ne trompent pas le peuple à propos du débat en cours sur la proposition de loi constitutionnelle destinée à réviser certaines dispositions de la Constitution du 30 mars 2016. Ce débat n’a pas lieu d’être si l’on est sincère avec soi. Il y a déjà une jurisprudence politico-institutionnelle en la matière. Les dispositions des articles 53, 153 et 156 de la Constitution du 30 mars 2016 qui cristallisent les positions contradictoires et les interprétations les plus tendancieuses et osées sont les mêmes qui ont existé dans la Constitution du 27 décembre 2004 sous le règne Bozizé. Les dispositions des deux constitutions disent clairement que le nombre et la durée des mandats présidentiels ne peuvent pas être modifiés, de même que la forme laïque de l’Etat centrafricain, les bases fondamentales de la société centrafricaine, etc. 

     Mais n’oublions pas qu’en 2009, face au retard pris dans les préparatifs des élections, la classe politique et la société civile étaient conviées au Palais de la Renaissance pour trouver une solution consensuelle. La formule du maintien en activité du président de la République et de l’Assemblée nationale jusqu’à l’organisation des élections présidentielle et législatives a été retenue. Me Nicolas Tiangaye, qui faisait office de porte-parole de l’opposition démocratique à l’époque comme aujourd’hui, avait même pris la parole publiquement pour dire oui à ce schéma. 

          Sur la base de ce consensus, l’Assemblée nationale avait voté une loi pour maintenir en fonction le président Bozizé et son Assemblée nationale monocolore de l’époque et les Tiangaye et les Nguéndé les Ziguele et Bozizé, Bertin Béa du KNK et autres étaient allés aux élections décalées de 2011 avec cette loi qui modifiait ces dispositions ultrasensibles de la Constitution.  D’où la question qui s’impose: pourquoi la même chose qui a été faite sous le régime Bozizé et qui était qualifiée de bon ne peut pas être faite sous la même forme et le même fond par le régime actuel? Bozizé et ses alliés politiques du moment auraient-ils la mémoire courte?

ET BOZIZÉ ROULA SES ALLIÉS DANS LA FARINE…

          Là où l’on comprend aisément que Bozizé est le grand boulanger de l’opposition centrafricaine est le fait qu’il n’a pas osé faire de son parti politique le KNK l’une des parties prenantes au procès pendant devant la Cour constitutionnelle concernant la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions de Code électoral relativement à l’Autorité nationale des élections (ANE) dont il était par ailleurs le créateur. Chose bizarre, le KNK de Bozizé ne fait pas partie des partis et associations politiques membres de la COD-2020 qui ont saisi la Cour constitutionnelle à cet effet. 

La raison est simple. C’est que lui-même sait que son argument ne pourra pas prospérer parce qu’il avait violé la loi électorale en 2011 en refusant de proroger le mandat de la Commission électorale indépendante  (CEI) de l’époque, dirigée par son ami, le scandaleux et irrévérencieux pasteur Joseph Binguimalé de triste mémoire. 

            En effet, alors que plusieurs sièges de l’Assemblée nationale n’étaient pas encore pourvus et devant l’imbroglio juridique de la CEI à l’époque (comme celui de l’ANE actuelle), le président Bozizé avait purement et simplement confié la préparation de l’organisation et la gestion des élections législatives partielles au ministère chargé de l’Administration du territoire. C’est ainsi que le ministre de l’Administration du territoire de l’époque, l’inénarrable « pasteur-ambassadeur » Josué Binoua avait mis en place par arrêté ministériel un Comité technique électoral (CTE) dont il s’était autonommé président, lequel CTE avait organisé les partielles et proclamé les résultats qui ont été jugés valables par tous. 

          Les déclarés élus avaient siégé à l’Assemblée nationale comme députés de la nation au vu et au su de tout le monde. Les Tiangaye, N’Guendet, Mboli-Goumba, Ziguélé, Adouma, Méckassoua, Ngaïssona, Zingas-Kongbélé et consorts n’avaient pas contesté la création par simple arrêté ministériel du Comité technique électoral ni remis en cause les résultats de ses travaux. Cela fait jurisprudence.

 

« NUL NE PEUT SE PRÉVALOIR DE SES PROPRES TURPITUDES »

          Au regard de tout ce qui précède et dans l’hypothèse que l’Autorité nationale des élections (ANE) n’existe pas du point de vue de la Constitution ou que son mandat est expiré ou arrivait à expiration peu avant les prochains scrutins présidentiel et législatif, le ministère de l’Administration du territoire chargé de la décentralisation et du développement local sera amené à exercer les mêmes prérogatives de l’ANE comme cela s’était passé en 2011. Pourquoi ce qui était valable sous le régime Bozizé et qui n’avait pas donné lieu à des contestations ne peut pas être valable actuellement? D’où vient cette brusque amnésie de la part de nos hommes politiques?

         C’est conscient que « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes » ni interdire aux autres ce qu’on s’est permis à soi-même, que le parti KNK de Bozizé ne s’est pas associé à la demande de la vérification de la constitutionnalité de certaines dispositions du code électoral, affaire pendante devant la Haute juridiction. A preuve, le nom du KNK ne figure pas parmi les partis politiques dont les avocats ont signé le communiqué de contestation du 22 mai 2020 au sujet de la Cour constitutionnelle. Sinon, où est la solidarité qui devait exister entre les partis membres de la COD-2020?

          On le voit, l’opposition démocratique centrafricaine doit se faire des soucis à cause du passé juridico-politique et institutionnel négatif du régime Bozizé/KNK qui avait accouché des monstrueuses jurisprudences dont le pouvoir actuel se sert en vue de se faciliter une certaine tâche. Bozizé et son parti KNK étant mal placés pour faire des leçons de droit, de respect de la Constitution et de morale au régime actuel, leurs alliés du moment risquent de n’avoir que leurs yeux pour pleurer. Une véritable ironie du sort et de l’histoire.

            Affaire à suivre.

           Jean Bedel Dinga-Kpilè

           Source: MEDIAS+ 28.05.2020

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:58
RCA : Six travailleurs humanitaires kidnappés par des hommes armés à Batangafo

 

Centrafrique : Six travailleurs humanitaires kidnappés par des hommes armés à Batangafo

 

https://www.radiondekeluka.org/ mercredi 27 mai 2020 17:28

 

Les régions du Nord et du Nord-est de la République centrafricaine sont toujours en proie à l'instabilité due à la présence d'hommes armés. La préfecture de l'Ouham n'est pas à l'abri de cette situation. Le lundi 25 mai 2020, six agents de l'ONG humanitaire DRC ont été kidnappés à Batangafo par des peulhs armés.  

La situation sécuritaire dans les régions du Nord et du Nord-est de la République centrafricaine demeure préoccupante. Les habitants de ces régions, pour la plupart cultivateurs et éleveurs vivent dans la psychose du fait de la présence des hommes en armes. Le lundi 25 mai 2020, six (6) agents de l'ONG Danish Refugee Council (DRC) ont été kidnappés à la périphérie de Batangafo, dans la préfecture de l'Ouham par des peulhs armés. Ces employés de l'ONG DRC partaient rémunérer les travailleurs journaliers de cette organisation humanitaire sur l'axe Kabo. Les ravisseurs exigent la libération de 3 enfants peulhs, retenu en otage la semaine d'avant par des Antibalaka au cours d'un affrontement avec des bergers tchadiens armés non loin de Bouca. Ces enfants peulhs accompagnaient des bergers tchadiens venus paître leurs troupeaux dans la localité. Et comme d'habitude, des tensions fréquentes entre agriculteurs et éleveurs en cette période de transhumance, des combats ont opposé ces bergers aux Antibalaka agriculteurs sur la route menant à Bouca. Les négociations sont restées vaines pour la libération de ces enfants.

"Je confirme qu'il y a kidnapping de six personnes dont trois femmes, travaillant pour l'ONG humanitaire DRC.  Les ravisseurs de ce kidnapping sont bel et bien des éleveurs peulhs, qui ont agi en représailles suite à la détention des bergers à Bouca. Les relations entre les agriculteurs et les éleveurs sont tendues eu égard au couloir de transhumance entre les villes de Kabo, Batangafo, Bouca, et Damara" a affirmé Evrard Lamine, Sous-préfet de Batangafo.

La nouvelle du kidnapping a amené les Organisations humanitaires œuvrant dans la zone, à suspendre leurs activités à Batangafo, malgré l'énorme dépendance de cette ville à l'assistance humanitaire.

Cet enlèvement vient ainsi amplifier l'inquiétude de la population civile qui, de jour en jour, est terrorisée par des éleveurs armés qui font paître leurs troupeaux dans les plantations.

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:55
Reprise en juin prochain du trafic sur le corridor Congo-Centrafrique

Lu pour vous

 

 

Brazzaville, Congo, 28 Mai 2020 (Infosplusgabon) - Le trafic sur le corridor Brazzaville, au Congo, et Bangui, en République centrafricaine, vital pour les échanges commerciaux entre les pays, devrait reprendre à partir du 10 juin prochain, a annoncé mardi dans la capitale congolaise, le coordonnateur du Groupement d’intérêt économique et du service commun d'entretien des voies navigables (GIE-SCEVN), Alexis Dekoïsset.

 

Selon lui, les moyens mis à la disposition de l’opérateur en charge de l’entretien des voies navigables sont limités cette année pour assurer la fluidité et la sécurité de la navigation fluviale.

 

Ainsi, les opérations de balisage sur les voies navigables ont commencé cette année avec un léger retard.

 

Un baliseur a quitté Brazzaville le 21 avril dernier pour Ouesso, via le fleuve Congo et la rivière Sangha, au nord du pays.

 

Après cette étape, il va remonter le fleuve Oubangui jusqu’à Bangui, a précisé Alexis Dekoïsset.

 

Plus de la moitié des besoins en carburant de la RCA et d’autres produits de première nécessité transitent par le fleuve.

 

Avec la crise sanitaire du coronavirus et la baisse des subventions destinées à l’opérateur d’entretien, les mois et années à venir seront difficiles pour ce secteur.

 

Le coordonnateur du GIE-SCEVN se veut rassurant en dépit des inquiétudes.

 

"La pandémie de coronavirus a un impact sur le travail. Nous avons connu un retard de dix jours, avant de débuter la campagne fin avril. Il fallait d’abord doter les membres d’équipage en matériels de protection et chercher à mobiliser les ressources financières. En ce moment, nos équipes ne travaillent qu’avec le strict minimum en ce qui concerne le carburant et les consommables de balisage", a expliqué Alexis Dekoïsset.

 

La campagne de balisage est un travail de longue haleine qui dure plusieurs semaines.

 

Au fur et à mesure que le baliseur remonte le fleuve, il émet un avis aux navigateurs permettant aux usagers du fleuve, notamment les armateurs et les équipages des bateaux, de pouvoir reprendre la navigation.

 

Par exemple, dès que le baliseur a fini son travail à Ouesso et Mossaka, les trafics peuvent déjà reprendre sur ces deux tronçons fluviaux.

 

La difficile préparation de la saison de navigation 2020 relance le débat sur le financement des activités du Service commun d’entretien des voies navigables, une structure interétatique créée vers les années 70 par le Congo et la RCA.

 

Depuis la réforme de 2007, faisant évoluer la structure en un GIE-SCEVN, les deux pays se sont engagés à financer les activités d’entretien des eaux inter-Etats.

 

Malheureusement, les contributions financières arrivent au compte-gouttes.

 

La structure interétatique a bénéficié d’un appui financier de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), devant lui permettre de renouveler sa flotte, de se doter en matériels consommables et moteurs.

 

Les procédures de versement de cette subvention sont lentes, ce qui ne favorise pas le bon déroulement des activités du GIE-SCEVN.

 

"Nous réitérerons notre demande d’aide auprès des autorités des deux pays pour que la voie puisse desservir l’hinterland du Congo et de la RCA. Telles que les choses sont parties sans appui les années à venir vont être très difficiles pour la voie navigable", a alerté Alexis Dekoïsset.

 

FIN/ INFOSPLUSGABON/AOD/GABON2020

 

© Copyright  Infosplusgabon

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:55
Reprise en juin prochain du trafic sur le corridor Congo-Centrafrique

Lu pour vous

 

 

Brazzaville, Congo, 28 Mai 2020 (Infosplusgabon) - Le trafic sur le corridor Brazzaville, au Congo, et Bangui, en République centrafricaine, vital pour les échanges commerciaux entre les pays, devrait reprendre à partir du 10 juin prochain, a annoncé mardi dans la capitale congolaise, le coordonnateur du Groupement d’intérêt économique et du service commun d'entretien des voies navigables (GIE-SCEVN), Alexis Dekoïsset.

 

Selon lui, les moyens mis à la disposition de l’opérateur en charge de l’entretien des voies navigables sont limités cette année pour assurer la fluidité et la sécurité de la navigation fluviale.

 

Ainsi, les opérations de balisage sur les voies navigables ont commencé cette année avec un léger retard.

 

Un baliseur a quitté Brazzaville le 21 avril dernier pour Ouesso, via le fleuve Congo et la rivière Sangha, au nord du pays.

 

Après cette étape, il va remonter le fleuve Oubangui jusqu’à Bangui, a précisé Alexis Dekoïsset.

 

Plus de la moitié des besoins en carburant de la RCA et d’autres produits de première nécessité transitent par le fleuve.

 

Avec la crise sanitaire du coronavirus et la baisse des subventions destinées à l’opérateur d’entretien, les mois et années à venir seront difficiles pour ce secteur.

 

Le coordonnateur du GIE-SCEVN se veut rassurant en dépit des inquiétudes.

 

"La pandémie de coronavirus a un impact sur le travail. Nous avons connu un retard de dix jours, avant de débuter la campagne fin avril. Il fallait d’abord doter les membres d’équipage en matériels de protection et chercher à mobiliser les ressources financières. En ce moment, nos équipes ne travaillent qu’avec le strict minimum en ce qui concerne le carburant et les consommables de balisage", a expliqué Alexis Dekoïsset.

 

La campagne de balisage est un travail de longue haleine qui dure plusieurs semaines.

 

Au fur et à mesure que le baliseur remonte le fleuve, il émet un avis aux navigateurs permettant aux usagers du fleuve, notamment les armateurs et les équipages des bateaux, de pouvoir reprendre la navigation.

 

Par exemple, dès que le baliseur a fini son travail à Ouesso et Mossaka, les trafics peuvent déjà reprendre sur ces deux tronçons fluviaux.

 

La difficile préparation de la saison de navigation 2020 relance le débat sur le financement des activités du Service commun d’entretien des voies navigables, une structure interétatique créée vers les années 70 par le Congo et la RCA.

 

Depuis la réforme de 2007, faisant évoluer la structure en un GIE-SCEVN, les deux pays se sont engagés à financer les activités d’entretien des eaux inter-Etats.

 

Malheureusement, les contributions financières arrivent au compte-gouttes.

 

La structure interétatique a bénéficié d’un appui financier de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale (BDEAC), devant lui permettre de renouveler sa flotte, de se doter en matériels consommables et moteurs.

 

Les procédures de versement de cette subvention sont lentes, ce qui ne favorise pas le bon déroulement des activités du GIE-SCEVN.

 

"Nous réitérerons notre demande d’aide auprès des autorités des deux pays pour que la voie puisse desservir l’hinterland du Congo et de la RCA. Telles que les choses sont parties sans appui les années à venir vont être très difficiles pour la voie navigable", a alerté Alexis Dekoïsset.

 

FIN/ INFOSPLUSGABON/AOD/GABON2020

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:49
L’arrestation de Félicien Kabuga,  le financier présumé  du génocide

Lu pour vous

 

23 mai 2020 Le Soir Colette Braeckman

 

L’arrestation de Félicien Kabuga,  le financier présumé  du génocide, ouvre la voie  à un procès devant  la justice internationale. Mais elle pourrait aussi déranger beaucoup   de monde...  

Récit  de Colette Braeckman

Lorsqu’un vieil homme courbé par les ans, la voix éteinte, le pas hésitant, comparaîtra bientôt devant la justice internationale, les témoins auront du mal à associer cette image de décrépitude avec la longue histoire de haine, de violence et de mensonges de Félicien Kabuga, l’un des « génocidaires » les plus longtemps recherchés, les plus longtemps actifs.

Lorsqu’il voit le jour voici 84 ans, sur une colline proche de Ruhengeri, au pied des volcans, Félicien Kabuga est le fils d’un paysan pauvre qui appartient au groupe des Abakiga, les Hutus du Nord, frustrés par le colonisateur belge qui avait commencé par donner le pouvoir aux Tutsis. Grands, forts, combatifs, les Hutus du Nord serrent les rangs autour de Juvénal Habyarimana, originaire de la même région et surtout autour de son épouse, Agathe Kanziga. Cette fille issue d’une famille noble espère retrouver son rang social en épousant un jeune militaire plein d’avenir.

Radio, uniformes et machettes

Petit commerçant au départ, Kabuga est doué pour les affaires, le commerce du thé, l’import-export, la friperie. A la veille du génocide, celui qui est considéré comme l’homme le plus riche du Rwanda, actionnaire et fondateur de la radio des Mille Collines, fournit les pièces de tissu bariolé qui seront l’uniforme des Interhahamwe – les miliciens qui seront le bras armé du génocide, NDLR – et il fait venir de Chine 50.000 machettes, qui ne serviront pas d’outils agricoles mais seront distribuées aux miliciens.

S’il est devenu membre éminent de l’Akazu, « la petite colline », c’est-à-dire le clan présidentiel, c’est avant tout par cooptation familiale. Car ce père de onze enfants a bien « placé » sa progéniture : l’une de ses filles a épousé Jean-Pierre, le fils aîné de Habyarimana, une autre a choisi Augustin Ngirabatware qui était l’influent ministre du Plan, un autre des beaux-fils est Fabien Singaye, que l’on retrouvera dans les années 90 comme deuxième secrétaire à l’ambassade du Rwanda en Suisse. Accusé d’espionner l’opposition rwandaise en exil, il sera expulsé et mettra ses talents au service de la France.

Aujourd’hui, la famille nombreuse s’est repliée en Europe : quelques enfants résident dans la banlieue parisienne, d’autres en Angleterre, mais neuf d’entre eux, naturalisés belges dès les années 2000, sont domiciliés entre Neder-over-Heembeek, Hal, Waterloo... Depuis longtemps, les enquêteurs de la justice internationale estiment que cette fratrie représente la meilleure piste pour remonter jusqu’au père.

La protection du noyau familial

Albert Toch, qui fut longtemps enquêteur pour le TPIR – Tribunal pénal international pour le Rwanda – se souvient d’un échec fracassant : « En 2017, nous avions supposé que Kabuga tenterait d’assister aux obsèques de son épouse et, pensant l’intercepter, nous avions entouré l’église de Waterloo. Mais nous sommes rentrés bredouilles. » Jusqu’à son arrestation, c’est le noyau familial qui a longtemps protégé l’ancêtre : durant plusieurs années, le vieux monsieur taciturne a vécu, très discrètement et en mauvaise santé, dans un appartement d’Asnières (Hauts-de-Seine). Les temps ayant changé, la police française, bien décidée à répondre aux requêtes du procureur Serge Brammertz à la tête du « Mécanisme » qui a succédé au TPIR, avait placé les lieux sur écoute téléphonique. Le confinement pour cause de Covid-19 a fait le reste : « Une fois qu’on a eu de bonnes raisons de penser qu’il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement, on a décidé d’ouvrir la porte », raconte à la presse le colonel Eric Emeraux, « mais on n’était pas sûr de ce qu’on allait trouver ». Après avoir enfoncé la porte, les 16 policiers d’élite du peloton d’intervention de la garde républicaine ont ainsi découvert l’un des hommes les plus recherchés de la planète, pour lequel les Américains avaient promis 5 millions de dollars à celui qui aiderait à le retrouver.

Comment, malgré un mandat d’arrêt international, une notice rouge d’Interpol et une telle prime, Kabuga a-t-il pu, durant un quart de siècle, déjouer les limiers rwandais et les enquêteurs du TPIR ? Le comment, c’est aussi le pourquoi.

Des contacts au plus haut niveau

Le commerçant enrichi, le fondateur de la radio des Mille Collines, l’homme qui, à travers le Fonds de défense nationale, assurait la logistique des Interhahamwe et contrôlait les entreprises d’Etat était aussi un homme qui savait cultiver ses relations et qui entretenait des contacts au plus haut niveau à Kinshasa, au Kenya, en Suisse, en Allemagne, en Belgique... Sans oublier la France qui exfiltre rapidement sa femme et ses enfants, réfugiés à l’ambassade.

Au lendemain de la victoire du FPR, en juillet 1994, Kabuga s’envole pour la Suisse où son gendre Singaye a mis sa fortune en lieu sûr. Après son expulsion de Suisse, en août 94, il est renvoyé au Zaïre puis on le retrouve au Kenya, un pays où il compte de nombreuses relations d’affaires. Il y est protégé par le président Arap Moi, qui accueille aussi la veuve de Habyarimana, Agathe Kanziga. A Nairobi, résidant dans le quartier Karen, une zone résidentielle, Kabuga ne se contente pas de veiller sur sa famille et sur sa fortune, mettant dans la balance les 20 millions de dollars dont il dispose et qu’il utilise pour s’acheter des protections, il s’emploie aussi à préparer une offensive pour chasser le FPR de Kigali.

« Le 18 juillet 1997, nous l’avons manqué de justesse », se souvient Albert Toch qui, à l’époque, travaillait pour le TPIR. « Nous avions encerclé le quartier où il vivait, mais il a réussi à s’enfuir et cette opération ratée fit un mort. »

C’est durant son séjour au Kenya que Kabuga monte un puissant réseau à la fois commercial et militaire et on retrouvera la trace de l’homme d’affaires à Madagascar. Car lorsque l’armée de Habyarimana franchit la frontière du Kivu, à la faveur de l’opération française Turquoise, elle emmène avec elle les coffres et les dossiers de la Banque nationale du Rwanda, les documents de l’Etat et surtout les armes de l’armée vaincue. Militaires et officiers sont accompagnés de milliers de miliciens Interhahamwe qui se réorganiseront dans les camps de réfugiés du Kivu, nourris sinon protégés par l’aide internationale.

L’« armée de la forêt »

Kabuga veille au financement de la « Reconquista » et, explique le journaliste du Monde Jean-Philippe Remy, il met sur pied un vaste réseau fondé sur l’exploitation des matières premières de l’est du Congo, dont le coltan du Kivu. Ce qui lui permet d’acheter les armes de la milice hutue, qui prendra le nom de FDLR -Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Cette « armée de la forêt » sèmera la terreur au Kivu jusqu’à ce que, en 2020, des opérations menées par l’armée congolaise avec le probable soutien de conseillers rwandais lui infligent de sérieux revers, asséchant du même coup les sources de financement et privant Kabuga d’une partie de ses moyens. Comme par hasard, les plus audacieux des FDLR portent le nom de « Crap » – Commandos de recherche et d’action en profondeur –, un acronyme qui est celui des forces spéciales françaises.

Après le Kenya, doté de 28 passeports différents, Kabuga voyage et séjourne en Europe : la justice internationale retrouve sa trace en Allemagne (où les FDLR ont leur quartier général), au grand-duché de Luxembourg, en Belgique du côté d’Arlon. A Francfort, où il venait de subir une opération, il échappe de justesse à une filature, mais l’un des enquêteurs se souvient avoir vu son gendre piétiner une clé USB pour tenter de la détruire : « Nous avons tout de même pu retrouver sa fiche d’admission à l’hôpital et la photo figurant sur son passeport, la même qu’aujourd’hui... » En France, Kabuga peut compter sur l’appui de son gendre Fabien Singaye. L’ancien diplomate a de l’entregent : il connaît François de Grossouvre, (l’ami de François Mitterrand, « suicidé » le 7 avril 1994), il s’est lié d’amitié avec Paul Barril, alias « Bravo », l’ancien chef du GIGN qui reconnaîtra dans ses mémoires avoir été en opération sur une « colline perdue d’Afrique » la nuit du 6 avril 1994.

Les réseaux de la « Françafrique »

C’est Barril qui demandera à Singaye de traduire les échanges radio à l’aéroport de Kanombe dans les minutes qui suivirent l’attentat contre l’avion présidentiel et c’est lui aussi qui présentera cet homme bien informé au juge Bruguière qui le désignera comme traducteur. Sans s’être rendu au Rwanda, mais disposant d’un informateur de premier plan qui lui traduira les dépositions de plusieurs transfuges, le magistrat, sans surprise, conclura à la responsabilité du FPR dans l’attentat contre l’avion présidentiel. Par la suite, cette thèse sera mise à mal par le juge français Trevidic qui, lui, avait enquêté sur le terrain.

Par la suite, Fabien Singaye travaillera pour la société française Areva ainsi que pour Georges Forrest (nous le rencontrerons lors d’une réception organisée par l’homme d’affaires). Il conseillera aussi les présidents Bozize puis Touadéra en Centrafrique.

Si les enquêteurs veulent remonter le fil des relations de Kabuga en France et dénouer le réseau de ses protections, la piste de Fabien Singaye devrait les mener aux avant-postes de la « Françafrique », au pied de la « pyramide du mensonge » édifiée en bord de Seine depuis un quart de siècle.

Elle les mènera aussi vers une petite maison de Courcouronnes dans l’Essonne où réside Agathe Habyarimana, protégée par l’Etat français qui a rejeté la demande d’extradition présentée par Kigali. Un homme d’affaires belge Filip Saks se souvient d’y avoir régulièrement rencontré Jean-Luc Habyarimana en compagnie de Fabien Singaye lors de réunions consacrées à des négociations financières visant à créer en Afrique une fondation humanitaire. Saks se retira lorsqu’il apparut que le véritable objet de la fondation et des collectes de fonds était la poursuite de la guerre et le renversement du régime de Kigali.

S’il est transféré à La Haye, Kabuga racontera-t-il tout cela ? Les enquêteurs en doutent : l’homme est âgé, malade, les preuves de son implication, remontant à un quart de siècle, seront difficiles à établir. Quant aux éléments plus récents portant sur les appuis dont le financier du génocide a disposé en Europe, qui – à part les victimes – tient réellement à connaître une vérité qui dérange ?

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:49
L’arrestation de Félicien Kabuga,  le financier présumé  du génocide

Lu pour vous

 

23 mai 2020 Le Soir Colette Braeckman

 

L’arrestation de Félicien Kabuga,  le financier présumé  du génocide, ouvre la voie  à un procès devant  la justice internationale. Mais elle pourrait aussi déranger beaucoup   de monde...  

Récit  de Colette Braeckman

Lorsqu’un vieil homme courbé par les ans, la voix éteinte, le pas hésitant, comparaîtra bientôt devant la justice internationale, les témoins auront du mal à associer cette image de décrépitude avec la longue histoire de haine, de violence et de mensonges de Félicien Kabuga, l’un des « génocidaires » les plus longtemps recherchés, les plus longtemps actifs.

Lorsqu’il voit le jour voici 84 ans, sur une colline proche de Ruhengeri, au pied des volcans, Félicien Kabuga est le fils d’un paysan pauvre qui appartient au groupe des Abakiga, les Hutus du Nord, frustrés par le colonisateur belge qui avait commencé par donner le pouvoir aux Tutsis. Grands, forts, combatifs, les Hutus du Nord serrent les rangs autour de Juvénal Habyarimana, originaire de la même région et surtout autour de son épouse, Agathe Kanziga. Cette fille issue d’une famille noble espère retrouver son rang social en épousant un jeune militaire plein d’avenir.

Radio, uniformes et machettes

Petit commerçant au départ, Kabuga est doué pour les affaires, le commerce du thé, l’import-export, la friperie. A la veille du génocide, celui qui est considéré comme l’homme le plus riche du Rwanda, actionnaire et fondateur de la radio des Mille Collines, fournit les pièces de tissu bariolé qui seront l’uniforme des Interhahamwe – les miliciens qui seront le bras armé du génocide, NDLR – et il fait venir de Chine 50.000 machettes, qui ne serviront pas d’outils agricoles mais seront distribuées aux miliciens.

S’il est devenu membre éminent de l’Akazu, « la petite colline », c’est-à-dire le clan présidentiel, c’est avant tout par cooptation familiale. Car ce père de onze enfants a bien « placé » sa progéniture : l’une de ses filles a épousé Jean-Pierre, le fils aîné de Habyarimana, une autre a choisi Augustin Ngirabatware qui était l’influent ministre du Plan, un autre des beaux-fils est Fabien Singaye, que l’on retrouvera dans les années 90 comme deuxième secrétaire à l’ambassade du Rwanda en Suisse. Accusé d’espionner l’opposition rwandaise en exil, il sera expulsé et mettra ses talents au service de la France.

Aujourd’hui, la famille nombreuse s’est repliée en Europe : quelques enfants résident dans la banlieue parisienne, d’autres en Angleterre, mais neuf d’entre eux, naturalisés belges dès les années 2000, sont domiciliés entre Neder-over-Heembeek, Hal, Waterloo... Depuis longtemps, les enquêteurs de la justice internationale estiment que cette fratrie représente la meilleure piste pour remonter jusqu’au père.

La protection du noyau familial

Albert Toch, qui fut longtemps enquêteur pour le TPIR – Tribunal pénal international pour le Rwanda – se souvient d’un échec fracassant : « En 2017, nous avions supposé que Kabuga tenterait d’assister aux obsèques de son épouse et, pensant l’intercepter, nous avions entouré l’église de Waterloo. Mais nous sommes rentrés bredouilles. » Jusqu’à son arrestation, c’est le noyau familial qui a longtemps protégé l’ancêtre : durant plusieurs années, le vieux monsieur taciturne a vécu, très discrètement et en mauvaise santé, dans un appartement d’Asnières (Hauts-de-Seine). Les temps ayant changé, la police française, bien décidée à répondre aux requêtes du procureur Serge Brammertz à la tête du « Mécanisme » qui a succédé au TPIR, avait placé les lieux sur écoute téléphonique. Le confinement pour cause de Covid-19 a fait le reste : « Une fois qu’on a eu de bonnes raisons de penser qu’il y avait quelqu’un d’autre dans l’appartement, on a décidé d’ouvrir la porte », raconte à la presse le colonel Eric Emeraux, « mais on n’était pas sûr de ce qu’on allait trouver ». Après avoir enfoncé la porte, les 16 policiers d’élite du peloton d’intervention de la garde républicaine ont ainsi découvert l’un des hommes les plus recherchés de la planète, pour lequel les Américains avaient promis 5 millions de dollars à celui qui aiderait à le retrouver.

Comment, malgré un mandat d’arrêt international, une notice rouge d’Interpol et une telle prime, Kabuga a-t-il pu, durant un quart de siècle, déjouer les limiers rwandais et les enquêteurs du TPIR ? Le comment, c’est aussi le pourquoi.

Des contacts au plus haut niveau

Le commerçant enrichi, le fondateur de la radio des Mille Collines, l’homme qui, à travers le Fonds de défense nationale, assurait la logistique des Interhahamwe et contrôlait les entreprises d’Etat était aussi un homme qui savait cultiver ses relations et qui entretenait des contacts au plus haut niveau à Kinshasa, au Kenya, en Suisse, en Allemagne, en Belgique... Sans oublier la France qui exfiltre rapidement sa femme et ses enfants, réfugiés à l’ambassade.

Au lendemain de la victoire du FPR, en juillet 1994, Kabuga s’envole pour la Suisse où son gendre Singaye a mis sa fortune en lieu sûr. Après son expulsion de Suisse, en août 94, il est renvoyé au Zaïre puis on le retrouve au Kenya, un pays où il compte de nombreuses relations d’affaires. Il y est protégé par le président Arap Moi, qui accueille aussi la veuve de Habyarimana, Agathe Kanziga. A Nairobi, résidant dans le quartier Karen, une zone résidentielle, Kabuga ne se contente pas de veiller sur sa famille et sur sa fortune, mettant dans la balance les 20 millions de dollars dont il dispose et qu’il utilise pour s’acheter des protections, il s’emploie aussi à préparer une offensive pour chasser le FPR de Kigali.

« Le 18 juillet 1997, nous l’avons manqué de justesse », se souvient Albert Toch qui, à l’époque, travaillait pour le TPIR. « Nous avions encerclé le quartier où il vivait, mais il a réussi à s’enfuir et cette opération ratée fit un mort. »

C’est durant son séjour au Kenya que Kabuga monte un puissant réseau à la fois commercial et militaire et on retrouvera la trace de l’homme d’affaires à Madagascar. Car lorsque l’armée de Habyarimana franchit la frontière du Kivu, à la faveur de l’opération française Turquoise, elle emmène avec elle les coffres et les dossiers de la Banque nationale du Rwanda, les documents de l’Etat et surtout les armes de l’armée vaincue. Militaires et officiers sont accompagnés de milliers de miliciens Interhahamwe qui se réorganiseront dans les camps de réfugiés du Kivu, nourris sinon protégés par l’aide internationale.

L’« armée de la forêt »

Kabuga veille au financement de la « Reconquista » et, explique le journaliste du Monde Jean-Philippe Remy, il met sur pied un vaste réseau fondé sur l’exploitation des matières premières de l’est du Congo, dont le coltan du Kivu. Ce qui lui permet d’acheter les armes de la milice hutue, qui prendra le nom de FDLR -Forces démocratiques pour la libération du Rwanda. Cette « armée de la forêt » sèmera la terreur au Kivu jusqu’à ce que, en 2020, des opérations menées par l’armée congolaise avec le probable soutien de conseillers rwandais lui infligent de sérieux revers, asséchant du même coup les sources de financement et privant Kabuga d’une partie de ses moyens. Comme par hasard, les plus audacieux des FDLR portent le nom de « Crap » – Commandos de recherche et d’action en profondeur –, un acronyme qui est celui des forces spéciales françaises.

Après le Kenya, doté de 28 passeports différents, Kabuga voyage et séjourne en Europe : la justice internationale retrouve sa trace en Allemagne (où les FDLR ont leur quartier général), au grand-duché de Luxembourg, en Belgique du côté d’Arlon. A Francfort, où il venait de subir une opération, il échappe de justesse à une filature, mais l’un des enquêteurs se souvient avoir vu son gendre piétiner une clé USB pour tenter de la détruire : « Nous avons tout de même pu retrouver sa fiche d’admission à l’hôpital et la photo figurant sur son passeport, la même qu’aujourd’hui... » En France, Kabuga peut compter sur l’appui de son gendre Fabien Singaye. L’ancien diplomate a de l’entregent : il connaît François de Grossouvre, (l’ami de François Mitterrand, « suicidé » le 7 avril 1994), il s’est lié d’amitié avec Paul Barril, alias « Bravo », l’ancien chef du GIGN qui reconnaîtra dans ses mémoires avoir été en opération sur une « colline perdue d’Afrique » la nuit du 6 avril 1994.

Les réseaux de la « Françafrique »

C’est Barril qui demandera à Singaye de traduire les échanges radio à l’aéroport de Kanombe dans les minutes qui suivirent l’attentat contre l’avion présidentiel et c’est lui aussi qui présentera cet homme bien informé au juge Bruguière qui le désignera comme traducteur. Sans s’être rendu au Rwanda, mais disposant d’un informateur de premier plan qui lui traduira les dépositions de plusieurs transfuges, le magistrat, sans surprise, conclura à la responsabilité du FPR dans l’attentat contre l’avion présidentiel. Par la suite, cette thèse sera mise à mal par le juge français Trevidic qui, lui, avait enquêté sur le terrain.

Par la suite, Fabien Singaye travaillera pour la société française Areva ainsi que pour Georges Forrest (nous le rencontrerons lors d’une réception organisée par l’homme d’affaires). Il conseillera aussi les présidents Bozize puis Touadéra en Centrafrique.

Si les enquêteurs veulent remonter le fil des relations de Kabuga en France et dénouer le réseau de ses protections, la piste de Fabien Singaye devrait les mener aux avant-postes de la « Françafrique », au pied de la « pyramide du mensonge » édifiée en bord de Seine depuis un quart de siècle.

Elle les mènera aussi vers une petite maison de Courcouronnes dans l’Essonne où réside Agathe Habyarimana, protégée par l’Etat français qui a rejeté la demande d’extradition présentée par Kigali. Un homme d’affaires belge Filip Saks se souvient d’y avoir régulièrement rencontré Jean-Luc Habyarimana en compagnie de Fabien Singaye lors de réunions consacrées à des négociations financières visant à créer en Afrique une fondation humanitaire. Saks se retira lorsqu’il apparut que le véritable objet de la fondation et des collectes de fonds était la poursuite de la guerre et le renversement du régime de Kigali.

S’il est transféré à La Haye, Kabuga racontera-t-il tout cela ? Les enquêteurs en doutent : l’homme est âgé, malade, les preuves de son implication, remontant à un quart de siècle, seront difficiles à établir. Quant aux éléments plus récents portant sur les appuis dont le financier du génocide a disposé en Europe, qui – à part les victimes – tient réellement à connaître une vérité qui dérange ?

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 21:44
Centrafrique : Dr Bawa, la Covid-19 et le problème de la stigmatisation sociale

 

Lu pour vous

 

https://www.vaticannews.va/ 27 mai 2020, 22:04 Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican

 

Le docteur Maurice Bawa est coordonnateur du Centre des opérations d'urgence de santé publique en Centrafrique. Ayant contracté le nouveau coronavirus dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, il partage son expérience et invite à bannir la stigmatisation des personnes malades et leurs proches.

Le serment d’Hippocrate que fait tout médecin au début de sa profession l'oblige à faire de la santé des patients une priorité absolue. Fort de cette conviction et en raison de son travail comme coordonnateur des activités de lutte contre la covid-19 en Centrafrique, le docteur Maurice Bawa s'est retrouvé en ligne de mire contre le coronavirus. Comme pour d'autres acteurs engagés dans cette lutte, il a aussi contracté le nouveau coronavirus.

Histoire d'une contamination

Dans le cadre de l'exercice de ses fonctions, le médecin centrafricain était en contact quasi permanent avec les malades de la covid-19. A un moment donné, il a commencé à constater quelques signes, dont la fatigue puis la toux. Dans un premier temps, il impute cette fatigue au poids du travail et au sport qu'il pratique. Ensuite, au bout d’une certaine période, s’ajoute le rhume et un peu de toux. C’est alors qu’il prend la résolution de se faire dépister. Résultat, il est déclaré positif à la Covid-19.

Accueillir avec courage le résultat

En recevant ce résultat, le docteur Bawa, soutenu par son épouse, également médecin, témoigne qu’il a opté pour le courage.

Comme le prévoit la procédure en cas de contamination, toute sa famille, son épouse et leurs cinq enfants ont été dépistés. La bonne nouvelle est que personne d’entre ces derniers n'a été déclaré positif, y compris ses autres proches collaborateurs.

La stigmatisation sociale n'a pas sa place

Le fait que l'entourage du médecin centrafricain soit exempté de la contamination, suffit pour démystifier la peur sociale qui gagne les personnes vivant dans l’environnement des malades. Cela revient à dire que la peur hystérique d’être contaminé dès l’instant du contact avec le malade ne se justifie guère dès lors qu’on respecte les mesures de protection qui sont recommandées. D’où, le non-lieu de la stigmatisation des personnes contaminées et leurs proches, explique le docteur Bawa qui reconnaît toutefois que c’est un grand défi pour la société. « Dès que quelqu'un est déclaré positif au nouveau coronavirus, il est stigmatisé et dans certains, se voit obligé de libérer sa maison, son quartier pour laisser les autres en paix », indique-t-il.

Qu'en est-il de vous ?

« Quand j'étais déclaré positif au coronavirus, l'équipe de la riposte devait passer à la maison pour faire le prélèvement auprès des membres de ma famille. Une équipe a alors fait une descente sur terrain avec le personnel bien équipé », raconte le médecin centrafricain qui signale que par ce fait, son entourage avait vite perçu qu'il y avait quelque chose qui clochait dans ce ménage. Comme une trainée de poudre, la nouvelle s'est vite répandue jusqu'à atteindre les quartiers où habitent les ouvriers du nouveau patient à la covid-19. Ceux-ci, poursuit-il, en rentrant le soir dans leurs familles, ils se sont heurtés à des personnes qui les ont agressés estimant qu’ils étaient devenus dangereux pour la santé de tout le quartier.

Isolement : un mot lourd

A l'instar de tous les patients, le docteur Bawa a été isolé à l'hôpital où il bénéficiait d'une prise en charge médicale. Toutefois, il avoue qu'il n'est pas évident de faire l'expérience de l'isolement. Plus d’accès à ses proches, confiné dans un espace qui réduit les mouvements à des aller-retour dans la même pièce, l’expérience est bien plus difficile, témoigne-t-il.

Du positif au négatif et vice versa

Sept jours après avoir suivi la médication préconisée par le médecin à l’hôpital, un test a déclaré le docteur Bawa négatif au nouveau coronavirus. Cependant, il lui a été recommandé de poursuivre son hospitalisation en attendant un second test contrôle pour être libéré. Quelques trois autres tests s’en sont suivis donnant des résultats pour le moins surprenants, positifs. Le docteur Bawa s'est, dès lors, demandé pourquoi cette récidive. Son médecin traitant a alors ajusté d'autres molécules. Sept jours après cette solution, deux tests ou prélèvement consécutifs ont été réalisés et ont révélé des résultats négatifs.

Tirer profit et avancer

La covid-19 est une maladie dangereuse et hyper contagieuse, certes. Mais, elle reste une maladie comme toute autre maladie, déclare le coordonnateur du Centre des opérations d'urgence de santé publique en Centrafrique. D’où l'appel à ne pas stigmatiser les personnes malades du nouveau coronavirus. En tant qu’ancien malade de Covid-19, il formule trois recommandations :

Au personnel soignant qui contracte cette maladie, il invite à vivre cette expérience comme une occasion, mieux, une opportunité pour davantage tirer les leçons possibles et se documenter à partir d'une expérience personnelle de la maladie.

A toute la société centrafricaine, le docteur Bawa exhorte à s'abstenir de toute stigmatisation et à apporter un appui aux personnes malades. La stigmatisation, souligne-t-il, est la pire forme de maladie contre laquelle il convient de lutter. Elle tue plus que la Covid-19, car elle prive le malade de toute assistance.
Dans l'esprit du serment d’Hippocrate, il invite tous ses confrères médecins à faire de la santé de toute la population leur préoccupation première surtout en ce temps de la pandémie.
Aussi, comme coordinateur coordonnateur des activités de riposte du nouveau coronavirus dans son pays, le docteur Bawa se réjouit du fait que cette expérience de la maladie lui permet de rebondir à nouveaux frais pour continuer sa lutte contre ce mal planétaire.

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 01:26
RCA - COVID -19 et remède non homologué

 

Centrafrique : Une autorité politique guérie du coronavirus, conseille un remède non homologué à son ami ministre des finances atteint de Covid 19

 

Bangui, le 25 Mai 2020 (RJDH) ---Déclaré positif après un test fait au niveau de l’institut pasteur de Bangui le Ministre des finances et du Budget Henri Marie Dondra est la seconde personnalité centrafricaine qui est contaminé de cette maladie.

Après deux semaines de traitement contre la Covid -19, le président de la délégation de la ville de Bangui a retrouvé la santé, aussitôt le Ministre des Finances et Budget lui a son tour est déclaré positif après un test.

Sur sa page Facebook, le président de la délégation spéciale de la ville de Bangui, ancien candidat à la présidentielle tente de remonter le moral à celui qu’il appelle « mon petit » pour citer le ministre des finances, « il faut être fort moralement de forcer l’appétit ». Emile Gros Nakombo prend la place de médecin et conseille un remède, il faut « boire et manger du Gingembre « Tangawissi » peut-on lire dans le post de Émile Raymond Nakombo.

Tangawissi est une tisane très prisée en Centrafrique, ce produit est utilisé contre la fatigue, la grippe, et la courbature.   

La réaction de l’ancien malade et maire de Bangui relance le débat sur le traitement du coronavirus surtout tous les stéréotypes, fakenews qui donnent comme remède au coronavirus les boissons et feuilles amères. Nakombo propose-t-il le Tangaswissi par expérience ? C’est la question que l’on est en droit de se poser aujourd’hui après la sortie de l’ancien malade de Coronavirus, Emile Gros Nakombo.

 

Paméla Dounian-Doté

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