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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 23:11
Exploitation minière : la RCA signe un accord avec l’Afrique du Sud

 

 

 

  

APA-Bangui (Centrafrique) aoû 03, 2017 à 12:45 - Le ministre des Ressources minières d’Afrique du Sud, Mosebenzi Zwane, en fin de mission ce jeudi en RCA a signé, mercredi soir, avec son hôte centrafricain, Léopold Mboli Fatran, un protocole d’accord visant à renforcer la coopération minière entre les deux pays.

 

Grâce à cet accord signé en présence du chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra, la RCA bénéficiera de l’expertise sud-africaine dans le domaine de l’exploitation et de l’exploration minière. Bangui pourra également faire connaissance avec les bonnes pratiques en matière de réforme législative minière tout en renforçant ses capacités en ressources humaines dans le secteur minier.

 

La coopération minière avec l’Afrique du Sud date de l’époque du régime de François Bozizé qui avait pour Premier ministre Faustin Archange Touadéra et Léopold Mboli Fatran comme ministre des Mines.

 

Avant que la RCA ne sombre dans la crise, les Sud-africains avaient des entreprises minières dans le pays comme De Beers qui exploitait le diamant à l’est du pays et là où d’autres implantées dans l’ouest s’investissaient dans l’exploration pétrolière.

 

Du fait de l’insécurité en Centrafrique, beaucoup de zones minières sont encore sous la coupe des bandes armées.

 

 

 

LA RCA ET L’AFRIQUE DU SUD SIGNENT UN PROTOCOLE D’ENTENTE DANS LE DOMAINE D’EXPLOITATION MINIÈRE

 

Source : Présidence RCA


Effectuant sa première visite d’État en Afrique du Sud en tant que Chef d’État de la République centrafricaine, le Président Touadera et sa délégation avaient tenu plusieurs réunions de travail avec le Président Zuma et les ministres importants de son Gouvernement. Ces réunions ont permis aux dirigeants de ces deux pays de travailler ensemble à la promotion de la coopération bilatérale dans les domaines politique, économique, social, sécuritaire, culturel, scientifique, technique et minier. 
 

Joignant l’acte à la parole, une délégation des officiels sud –africains accompagnée de l’Ambassadeur de la RCA en Afrique du Sud André Nzapayèkè et conduite par le ministre des Mines Mosebenzi Zwane est arrivée lundi dernier à Bangui.
 

Au terme de deux jours de travaux qui ont réuni les experts miniers de ces deux pays, il est ressorti des besoins de formation des universitaires et des étudiants centrafricains dans le domaine de la géologie et de la cartographie.


En plus de ce besoin en formation, l’Afrique du Sud a promis de faire le lobbying pour inviter ses entreprises minières à investir en République centrafricaine. A cet effet un forum d’investissement minier sera organisé à Bangui dans les mois à venir.

 
Soulignons au passage la forte implication de leurs excellences Ramalebana, Ambassadeur d’Afrique du Sud en RCA et André Nzapayèkè, Ambassadeur de la RCA en Afrique du sud qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour la tenue de cet évènement historique pour ce pays qui n’a jamais connu l’exploitation industrielle de ses ressources minières 


Le ministre centrafricain des mines Mboli Fratrane et son homologue sud-africain Mosebenzi Zwane ont conclu cette visite de travail hier au palais de la Renaissance à travers la signature d’un protocole d’entente dans le domaine de l’exploitation minière.


Les domaines ciblés sont:


-La Géologie, l'Exploration, l'Exploitation minière, la Transformation et l'Enrichissement des minéraux.


-La formulation de politiques minières afin d'aider la RCA à apprendre et à adopter les meilleures pratiques en particulier en matière de réforme législative et de législation minière.


-La coopération dans les domaines de la gestion de l'environnement, du développement communautaire, de la santé, la sécurité et des mines


-La coopération entre les entités concernées et les institutions des deux pays dans le secteur minier avec une référence spéciale aux institutions de géologie


- Échange d'expertise, de compétences et de renforcement des capacités en ressources humaines dans le secteur minier


-Une initiative de la promotion de l'investissement réciproque


La cérémonie s’est déroulée dans la salle des Ambassadeurs en présence du Président de la République, Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadera.

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Centrafrique-Presse.com
3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 23:03
Nouvelles nationales sur RJDH
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Centrafrique : « Le peuple centrafricain écarté de débat sur la justice », constate Jeffrey Hawkins

 

 

PAR THIERRY KHONDE LE 3 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 03 Août 2017 (RJDH) – Il est temps pour le peuple centrafricain de s’exprimer sur les questions de DDRR, l’amnistie et les pourparlers de Paix de façon républicaine et pacifique avec un engagement politique. Un souhait qu’a formulé le diplomate américain Jeffrey Hawkins au terme de sa mission diplomatique en Centrafrique.

 

Jeffrey Hawkins, Ambassadeur sortant des Etats-Unis en Centrafrique a fait cette déclaration dans son allocution devant certains membres de la Société civile ce jeudi 03 août 2017 au centre Martin Luther King de l’Ambassade des Etats Unis en Centrafrique.

 

Au moment où la société civile avec la coalition pour la Cour Pénale Internationale se mobilise pour que la voix du peuple soit écoutée sur la question de la lutte contre l’amnistie et l’impunité, Jeffrey enfonce le clou avec cette interpellation de la société civile à aider le peuple à s’exprimer.

 

« Je pense que le moment est venu pour que le peuple centrafricain s’exprime encore. Dans tous les débats qu’on aurait pu avoir sur le DDRR, les pourparlers de Paix avec les groupes armés le peuple a été écarté de tout ce débat-là, je pense qu’il est temps pour ce peuple de s’exprimer de façon républicain et  pacifique avec un engagement politique pour trouver une vraie solution durable », a-t-il dit.

 

Il trouve que le leadership centrafricain devrait d’être à l’écoute des vœux  de ce  peuple meurtri. Il a évoqué l’élan de l’expression qui s’est déclenchée depuis les consultations populaires et le Forum de Bangui, où les centrafricains ont refusé l’impunité en optant pour la justice. « J’ai encore les souvenir de la population du KM5, lors du référendum  constitutionnel, qu’on avait voulu empêcher de voter, mais qui a lutter pour que leurs voix compte.  Aujourd’hui, nous avons des institutions acceptées par tous et qui fonctionnent », a-t-il expliqué.

 

Pour lui, il est de la mission de la société civile d’aider le Gouvernement en donnant les opportunités à la population de s’exprimer de manière pacifique avec un esprit de dialogue constructif en respectant les institutions pour une paix durable.

 

Jeffrey Hawkins est rappelé après avoir succédé à David Brown qui était chargé d’affaire après deux ans de fermeture de l’Ambassade des Etats Unis en Centrafrique avec le déclanchement des violences à Bangui. Il a été le premier Ambassadeur accrédité auprès de la RCA après l’ouverture de leur ambassade. Il a le mérite de beaucoup d’impliquer dans le succès de la table ronde de Bruxelles organisé par l’Union Européenne et le Gouvernement Centrafricain.

 

 

Centrafrique : Le tarmac de l’aéroport Bangui M’poko réhabilité à plus de 60%

 

 

PAR BIENVENU MATONGO LE 3 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 03 Juillet 2017 (RJDH)—Les travaux de réhabilitation de la piste de l’aéroport évoluent positivement et niveau d’exécution est de 60% selon Alain Guy Kamegba, directeur général de planification, suivi et évaluation au ministère des Travaux publics lors d’une interview accordée au RJDH à Bangui.

 

Dans le cadre de coopération entre la République Centrafricaine et l’Emir d’Arabie Saoudite, une convention de réhabilitation des infrastructures aéroportuaire a été signée entre ces deux pays. 7 milliards 500 millions de francs est déboursé pour financer les travaux en cours d’exécution. Ces travaux sont lancés à un moment où le tarmac de l’aéroport connait un affaissement avancé, alors que le gouvernement projette faire de cet aéroport d’un standard international.

 

Alain Guy Kamegba indique  que les travaux répondent aux exigences de la structure qui veille sur les aéroports. «  Suite à une inspection de L’OACI, la structure qui gère les aéroports il nous a été demandé de réhabiliter très rapidement notre aéroport qui est la seule porte d’ouverture à l’internationale. C’est ainsi que nous avons bénéficié d’un fond Saoudien  qui consiste a renforcé la chaussée aéronautique de cet aéroport. Les travaux consistent premièrement  au traitement des fissures des couches de base ; il y a aussi l’aspect reprise des balisages » a-t-il précisé.

 

Il a en outre précisé que les travaux ont  déjà atteint 60%   « C’est une entreprise  Sud-africaine, qui a décroché le marché et elle travaille  sous le contrôle d’un bureau d’études  Français Eddy-Sevia, le montant déboursé pour  ses travaux est de 7.500.000.000 Francs et à ce jour les travaux sont à 60% parce que tout ce qui concerne le traitement des fissures, le curage des fossés et d’assainissement de drainage sont déjà finis, nous sommes à l’ultime phase qui est le renforcement de la piste d’atterrissage en béton bituminé »  a-t-il ajouté.

 

Les cadres de la navigation aérienne sont mis à contribution pour leur expertise et le délai d’exécution est de 6 mois. Les travaux s’effectuent entre 18h à 4h du matin et n’empêchent pas les avions d’atterrir ni de décoller le jour.

 

 

Centrafrique : L’insalubrité, une préoccupation oubliée à l’hôpital de l’Amitié à Bangui

 

PAR NOURA OUALOT LE 3 AOÛT 2017

 

BANGUI, 03 aout 2017(RJDH)—L’insalubrité à l’hôpital de l’Amitié est de plus en inquiétante. Cette situation constitue une menace pour la santé des malades et de leurs parents.

 

Il est 10h à Bangui, nous sommes à l’hôpital de l’amitié situé au quartier Fouh dans le 4ème arrondissement. A première vue, l’hôpital est somptueux avec une devanture propre. Les signes de l’insalubrité apparaissent lorsque nous empruntons les couloirs. Un peu partout, des toiles d’araignées. Les murs sont sales ainsi que les persiennes dont beaucoup sont cassées. Au service de la traumatologie, nous rencontrons Adèle qui depuis deux semaines est au chevet de son père. Cette femme d’une trentaine fait le même constat, « l’hôpital est trop sale. L’entretien des salles est nul, les sols ne sont pas bien nettoyés. Les eaux nous envahissent même à l’intérieur pour ne pas parler des toilettes où on n’a même pas envie d’y aller. Ce qui fait que les moustiques nous piquent».

 

En passant derrière la traumatologie, on tombe sur le foyer, là où la nourriture des malades est préparée. Mais, là encore, l’insalubrité est à son comble. L’endroit est envahi par de hautes herbes, ce jusqu’au niveau de la morgue. Nous sommes accueillis par une odeur qui fait vomir malgré tout, les parents des malades sont là pour préparer. Marina, un des parents parle de leur souffrance, « nous respirons avec peine, mais nous sommes obligés de supporter ces odeurs qui proviennent de ces ordures et parfois des produits périmés brulés juste à côté de là où nous dormons et préparons pour nous et les malades ».

 

A côté d’elle, Maryse est assise sur une natte. Elle prépare avec une certaine rapidité parce qu’elle veut vite quitter les lieux.  Pour elle, la santé des malades et de leurs parent est menacée, « l’alentour et même l’intérieur de l’hôpital sont sales. Je fais vite ici pour quitter le foyer à cause de cela. Ici, c’est la santé de tout le monde qui est en danger.  Nous sommes vraiment exposés aux moustiques au risque d’attraper encore des maladies. Je demande au directeur et surtout au chef du service d’assainissement de prendre  leur responsabilité», a lancé Marlyse sur un ton coléreux.

 

A quelques pas du foyer et à gauche, se trouve un groupe de parents des malades. Pour les rejoindre, nous passons entre des tas d’ordure avec le bourdonnement des mouches. Nous sommes obligés de nous boucher le nez. Pour Pierre, un des membres de ce groupe, il faut aménager la place du point d’eau, « en dehors de hautes herbes qui nous  envahissent, je remarque aussi que là où l’on fait les vaisselles et la lessive  n’est pas propre. L’eau, c’est la vie mais aussi un moyen facile pour attraper des maladies, nous supplions le personnel soignant de mettre ces places au propre ».

 

L’insalubrité est l’un des problèmes majeurs de l’hôpital de l’Amitié même si l’on ne semble pas le voir ainsi. Joachin Paterne Témbéti, directeur intérimaire de l’hôpital ainsi que le chef du service d’hygiène n’ont pas souhaité se prononcer sur cette situation qui constitue une menace réelle pour la santé des malades et de tous ceux qui fréquentent cet hôpital qui est le deuxième hôpital en Centrafrique en terme de capacité d’accueil.

 

Inauguré en 1987, cet hôpital est le fruit de la coopération sino-centrafricaine.

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 22:17
Lu pour vous : Coupée de son arrière-pays, Bangui vit dans sa bulle

 

 

 


L’Afrique en villes (4). Depuis la guerre civile, la capitale centrafricaine n’est reliée à l’extérieur que par l’aéroport, le corridor vers le Cameroun et le fleuve Oubangui.

 

Par Christophe Châtelot (Bangui, envoyé spécial) LE MONDE Le 02.08.2017 à 17h14 • Mis à jour le 03.08.2017 à 11h00

 

La route de Bangui jusqu’au Cameroun, via Bossembélé, Bouar puis la frontière, à Bokolo, n’est plus ce qu’elle était. Il y a certes quelques passages troués comme un champ de bataille, mais Romaric ne s’en plaint pas. Quelle route africaine n’en a pas ? Ce qui a changé la vie de Romaric et de ses collègues camionneurs, ce n’est pas la qualité « passable » du goudron, mais la sécurité désormais assurée sur cet axe vital pour la capitale centrafricaine, dont l’approvisionnement des 700 000 habitants repose presque exclusivement sur deux voies : la route vers le Cameroun et le fleuve Oubangui.

 

En ce vendredi de juin, Romaric est encore plongé dans les entrailles de son vieux Renault jaune éprouvé par plusieurs centaines de milliers de kilomètres. Encore quelques heures pour les derniers réglages. Le lendemain, il prendra la route pour une longue virée, à la queue leu leu avec 80 autres camions garés, comme lui, sur le parking du Bureau des affrètements routiers centrafricains (BARC), à l’entrée de Bangui. Une vie s’organise autour des petits commerces dans ce caravansérail mécanisé avant de partir en convoi, escorté par des casques bleus et des voitures de la police économique centrafricaine.

 

Un corridor stratégique

 

Cette mesure a été prise durant la période de transition assurée par Catherine Samba-Panza (2014-2016), après la guerre civile qui a plongé le pays dans un bain de sang, de 2012 à 2014. Avant elle, les Français avaient pris la mesure de l’importance de ce corridor stratégique. Sa sécurisation fut l’une des priorités des militaires de l’opération « Sangaris », dès leur déploiement début 2014, qui dégagèrent cette voie livrée aux milices chrétiennes anti-balaka et aux coupeurs de route.

 

« Avant, si vous tombiez en panne, vous ne pouviez pas vous en sortir. Les gens sortaient des forêts, vous tuaient et brûlaient le véhicule. Aujourd’hui, c’est bon, mais il ne faut toujours pas circuler seul avec de la marchandise », raconte Romaric. Les escortes ont d’ailleurs commencé après la mort d’un chauffeur camerounais. Dorénavant, ils prennent la route deux fois par semaine, le mardi et le samedi, sans trop s’en soucier.

 

Un autre objectif de ces escortes, plus inattendu, est, selon l’expression de Wilfried Dimanche Nguissimale, président de l’Union syndicale des conducteurs de Centrafrique« d’arrêter les tracasseries sur la route ». Entendre par là le racket organisé par tout ce que le pays compte d’hommes en uniforme – policiers, gendarmes, douaniers, service des eaux et forêts… –, qui ponctionnaient leur dîme à l’entrée et à la sortie de chaque village. La présence de casques bleus du Bangladesh dans les convois a mis fin à cette pratique. En Centrafrique, tout du moins. « Pas au Cameroun. Ils peuvent immobiliser ton véhicule pendant plusieurs jours en attendant que ton patron te dise de payer », ajoute Wilfried Dimanche, dit « Willy ».

 

Enfin, reste la douane centrafricaine. « Ils préfèrent être payés en liquide », grince un commerçant. « Le train de vie du nouveau directeur général de la douane, Frédéric Théodore Inamo, a changé depuis sa nomination. Il est proche du soleil, comme on dit », ironise-t-il, en référence à sa proximité avec le président Faustin-Archange Touadéra, originaire lui aussi de l’ethnie gbakamandja. La directrice précédente, Rachel Ngakola, était la compagne de Mahamat Kamoun, le premier ministre de Mme Samba-Panza. Elle a été éjectée de ce poste lucratif avec le changement de pouvoir.

 

Tout ou presque vient du Cameroun

 

« Cette histoire de douane, c’est pour mon patron, moi je conduis », glisse Romaric. Ce qui l’attend, ce sont trois jours de route jusqu’à la frontière, autant chez le voisin camerounais jusqu’au port de Douala, plus proche débouché maritime de la Centrafrique. Là, à 1 400 km de Bangui, débarquent par conteneurs la plupart des biens que l’on retrouve dans la poignée de supermarchés libanais de Bangui, dans les microscopiques échoppes des bords de rue ou sur les étals des marchés.

 

Du poulet congelé aux clous et sacs de ciment, en passant par le dentifrice, les télévisions ou les vêtements, le sucre, le sel, la farine et tout ce que l’on compte de babioles chinoises, tout ou presque vient du Cameroun. A l’exception du carburant convoyé depuis le Congo-Brazzaville par des barges poussées sur les eaux de l’Oubangui quand l’étiage le permet, pas plus de six mois par an.

 

En sens inverse, au départ de Bangui, le transport est plus chiche. Beaucoup de camions repartent sans rien, sauf quelques-uns chargés de grumes ou de coton. Il faut dire que la Centrafrique n’exporte pas grand-chose hormis du bois, des diamants et de l’or – sur les circuits parallèles surtout –, un peu d’huile de palme, du savon et sa bière nationale, la Mocaf.

 

Le problème de ces voyages à vide est qu’ils renchérissent le coût d’approvisionnement de Bangui. Un coût qui n’est pas seulement lié au prix du carburant consommé à vide (600 litres de gasoil par camion vide et autant d’euros, 1 200 litres en pleine charge). Il faut y ajouter, outre les taxes de douane variables selon les produits et l’humeur des fonctionnaires, les frais d’immobilisation à Douala, le temps d’effectuer les formalités. Jamais moins de onze jours, facturés 11 000 francs CFA (environ 17 euros) par conteneur et par jour. Et puis les bakchichs. « Jusqu’à 150 000 francs CFA », selon « Willy ».

 

A cela, ajoutons les frais de manutention, 160 000 francs CFA pour un conteneur de 20 pieds, et d’autres dépenses telles que le prix de l’escorte, facturée 25 000 francs CFA pour chaque camion par la police économique. « Résultat, les coûts de transport des biens sont parmi les plus élevés du monde », note Olivier Benon, le représentant du Fonds monétaire international (FMI) à Bangui.

 

« Du coup, on a du mal à écouler la marchandise », regrette Paul Mjebelja, président du marché central de Bangui. Les affaires ne vont pas bien. Elu patron du marché par ses pairs commerçants, ce quincaillier achetait quatre fois par an de la marchandise à des Chinois de Douala. Deux fois moins souvent aujourd’hui.

 

Car le coût de transport se répercute sur les prix de vente pour une population centrafricaine parmi les plus pauvres du monde (avec un PIB annuel par habitant de 400 dollars), empêtrée dans une spirale de violences qui l’entraîne vers le fond. « La boîte de sardines est passée de 300 à 500 francs CFA, dit Romaric, le camionneur. Je n’en mange plus, la faute à la guerre. »

 

« Le prix de la gazelle a doublé »

 

Il y eut bien quelques mois d’accalmie avant et après l’élection de Faustin-Archange Touadéra, début 2016. L’espoir douché par les promesses non tenues et la versatilité meurtrière des organisations politico-militaires, la Centrafrique s’est de nouveau embrasée à partir de septembre. En juin, les groupes armés faisaient la loi et semaient le chaos dans quatorze des seize provinces du pays.

 

Autrement dit, Bangui vit dans une bulle, certes épargnée par les combats, mais reliée à l’extérieur seulement par l’aéroport, le corridor vers le Cameroun et l’Oubangui. Elle est quasiment coupée de son arrière-pays.

 

C’est ce que vit Eugénie Berthe. Originaire de Kaga-Bandoro, à 300 km au nord de Bangui, cette enseignante complète son maigre traitement au versement aléatoire par un commerce de viande de brousse qu’elle écoule sur le marché central de Bangui. Mais depuis la reprise des combats entre milices chrétiennes anti-balaka et musulmanes de l’ex-Séléka, les routes et les campagnes ne sont plus sûres. « Je ne peux plus aller jusqu’à Kaga-Bandoro pour m’approvisionnerdit-elleJe m’arrête à mi-chemin pour voir mes fournisseurs, des chasseurs qui me disent que pour eux aussi c’est dangereux. Alors ils vendent trop cher, le prix de la gazelle a doublé. »

 

Idem pour la viande de bœuf. Avant les violences de 2014, sa vente était assurée par les commerçants musulmans du quartier PK5 en lien avec les gros éleveurs de bovins, essentiellement des Peuls. Mais voilà, les anti-balaka ont « nettoyé » le PK5, comme le reste de Bangui, poussant par le meurtre et la terreur les musulmans au départ. Le bœuf est devenu rare à Bangui.

 

« Les commerçants musulmans ne viennent plus ici », regrette le président du marché, l’une des rares places de la ville où l’on trouve des produits locaux (boucherie, poissons, fruits et légumes). « On a un gros problème d’approvisionnement », ajoute-t-il. Et de clientèle, semble-t-il. En ce vendredi de juin, le nombre de vendeurs – 1 500 enregistrés pour 300 places – surpasse les acheteurs potentiels qui déambulent entre les étals de poissons séchés ou de viandes boucanées dégageant une odeur entêtante. Après cinq incendies en l’espace de quelques années, le marché est un peu à l’image du pays : en état de décomposition avancée.

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/08/02/coupee-de-son-arriere-pays-bangui-vit-dans-sa-bulle_5167947_3212.html#3xSH3fHyvGf2zFjl.99

 

 

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 23:33
L’ONU RÉAFFIRME SA SOLIDARITÉ ENVERS LA CENTRAFRIQUE

 

 

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

L’ONU RÉAFFIRME SA SOLIDARITÉ ENVERS LA CENTRAFRIQUE

 

Bangui, 2 août 2017 – Les Nations Unies restent solidaires envers la République centrafricaine (RCA), en vue de la recherche d’une solution à la crise sécuritaire et du relèvement, comme en témoigne la visite, cette semaine, du Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix. Selon le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro, le soutien des Nations Unies vise « à appuyer les efforts des autorités centrafricaines, notamment le processus politique, pour mettre fin aux violences qui frappent certaines régions du pays ».

 

Lors du point de presse hebdomadaire de la Mission, le porte-parole a ajouté que le déplacement jeudi dernier à Zemio (sud-est de la RCA), de la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général et Coordonnateur humanitaire constitue également une preuve de la « solidarité onusienne ». Une délégation de haut niveau s’était rendue dans cette localité du sud-est, récemment frappée par des violences intercommunautaires, pour prôner le vivre ensemble, la réconciliation et l’accès humanitaire.

 

Le porte-parole a également abordé la poursuite du projet de réduction de la violence communautaire à Bangui, dans le cadre du Pré-DDR, avec le début d’une nouvelle phase de formation professionnelle qui touche 594 bénéficiaires. L’objectif du projet de réduction de la violence communautaireest de prendre en charge les membres des différents groupes armés qui ne sont pas éligibles pour le programme national de DDR ainsi que les membres de leurs communautés.

 

De son côté, le porte-parole de la Force de la MINUSCA, le Lieutenant-Colonel Côme Ndayiragije, a indiqué que la situation sécuritaire reste relativement calme quoiqu’imprévisible sur l’ensemble du territoire national, avant de faire état des opérations en cours : « La Force reste vigilante et continue de se déployer afin de sécuriser le pays ». « A Bangassou, elle continue de sécuriser la zone, et avec l’arrivée des nouveaux renforts, la situation est sous contrôle», a-t-il souligné, avant d’ajouter que des soldats de la paix camerounais continuent de se déployer dans l’ouest du pays et à Berberati, suite au départ du contingent congolais de la Mission.

 

Pour sa part, la porte-parole de la Police, major Oana Andreea Popescu, a avancé que la Police de la MINUSCA est intervenue cette semaine en différents endroits, empêchant notamment la mort de personnes accusées de sorcellerie. « A Bossangoa, l’intervention a permis la libération d’une fillette de 10 ans séquestrée et soupçonnée de pratique de sorcellerie et charlatanisme. A Kaga-Bandoro, la Police de la MINUSCA a sauvé de la vindicte populaire deux femmes accusées de sorcellerie au camp des déplacés. Les victimes ont été conduites à l’Hôpital préfectoral de Kaga Bandoro. Une enquête a été ouverte pour retrouver les agresseurs », a-t-elle précisé. La porte-parole est également revenue sur l’opération menée par la Police de la Mission dans le camp de déplacés Ledger, à Kaga Bandoro, et qui a permis la saisie d’armes blanches et de chanvre indien.​

______________________________________________________________________________

 

Division de Communication Stratégique et d'information publique 

 

MINUSCA | Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine 

 

https://minusca.unmissions.org  | @UN_CAR |

 

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 22:27

 

 

 

 

PAR FRIDOLIN NGOULOU LE 2 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 2 août 2017 (RJDH)–Un Rapport des experts de l’ONU, rendu public ce 1er août 2017 a dévoilé les circuits des trafics d’armes que font les groupes armés dans le pays. Les experts de l’ONU s’inquiètent des conséquences de ces trafics sur la population civile.

 

Ce rapport d’au moins 126 pages est rendu public dans un contexte où les violations des droits humains et les violences armées continuent de se faire enregistrées dans le pays, et intervient après celui des violations des droits de l’Homme appelé  Mapping sur ces cas de violences. Selon ce rapport, le trafic d’armes et le recrutement des combattants locaux et étrangers continuent de se faire entre les frontières avec les deux Soudans, le Tchad, la République Démocratique du Congo et la République du Congo.

 

A la frontière avec le Tchad,  ce rapport révèle que Haroun Gaye, sous le coup de sanctions,« continue de superviser le trafic d’armes mené par la coalition à Tissi, principale plaque tournante du trafic pour le FPRC où se rend occasionnellement Noureddine Adam. Des véhicules venant d’Um Dukhun (Soudan) transitent par le Tchad puis par Tissi », où les armes se vendent au vu et au su de tout le monde deux fois par semaine. Ce rapport note aussi qu’en janvier 2017, Abdoulaye Hissène a reçu d’importantes quantités de matériel militaire en provenance de Ngarba, à la frontière tchadienne, qui ont ensuite été acheminées vers Ndélé, Kaga-Bandoro, Bria et Ippy, via Akoursoulbak.

 

Dans la préfecture de l’Ouham, la faction al-Khatim du MPC conserve ses réseaux de trafic, et, pour le MPC, les villes frontalières de Sido, Kabo et Markounda sont considérées comme « les principaux points d’entrée. À la frontière avec le Soudan, le trafic d’armes se poursuit via Am Dafok. L’arrivée de Nourredine Adam à Ndélé, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, le 25 avril, a coïncidé avec celle de deux camions venus du Soudan, qui y ont déchargé du matériel militaire à sa résidence », peut-on lire dans ce rapport

 

Le FPRC semble également avoir réactivé ses contacts au Soudan du Sud pour acquérir des armes. Le Groupe des experts a été informé que le 25 avril, des véhicules qui viendraient du Soudan du Sud, auraient livré des armes et des munitions à Issa Bachir à Ndélé. Plusieurs sources affirment au groupe d’Experts que Moussa Assimeh, qui était l’un des plus importants généraux de la Séléka en 2013 recrute des combattants soudanais armés et fait entrer des armes dans le pays.

 

 L’UPC lutte pour sa survie, trafic d’armes et recrutement de combattants étrangers 

 

Le rapport du Groupe d’Expert souligne que sous la pression de la coalition dirigée par le FPRC, les revenus et le stock d’armes de l’UPC ont diminué. « De ce fait, même si elle poursuit ses activités criminelles et ses attaques contre des villages, ses opérations militaires du groupe sont quasiment au point mort. Mais dans le même temps, la coalition dirigée par le FPRC n’a pas encore réussi à mettre la main sur les principales plaques tournantes de trafic de l’UPC que sont Béma, Satéma et Mobaye, le long du fleuve Oubangui », a décrit ce rapport.

 

Pour les experts de l’ONU, l’UPC continue donc d’acquérir des armes et des munitions depuis la République Démocratique du Congo (RDC), ce qui est essentiel pour sa survie. Le 19 janvier 2017, le Groupe d’experts a reçu des informations selon lesquelles 18 000 cartouches devraient être transportées deux jours plus tard par bateau de Yakoma en RDC à Béma. L’UPC a également réactivé ses contacts au Soudan et au Soudan du Sud pour se procurer des armes par l’axe Djema-Obo-Zemio-Mboki-Bangassou. En rappel, le 8 décembre 2016, la MINUSCA a saisi 27 chargeurs de fusils d’assaut de type AK47 et plus de 6 478 cartouches auprès de trafiquants à Rafaï, dont deux étaient de nationalité soudanaise

 

Arsenal des Anti-Balaka  

 

Le Rapport du Groupe d’Experts n’a pas épargné les miliciens Anti-Balaka. Si, pour l’essentiel, les combattants Anti-Balaka sont équipés d’armes artisanales et de munitions de chasse, de nouveaux réseaux d’approvisionnement activés par les Anti-Balaka de manière indépendante ou à l’occasion avec la coalition dirigée par le FPRC, leur ont permis d’acquérir des armes conventionnelles, principalement des fusils d’assaut de type AK-47 et des lance-roquettes

 

Le Rapport relève qu’en novembre 2016, quatre partisans des Anti-Balaka et deux des fondateurs du Mouvement de résistance pour la défense de la patrie (MRDP), Séraphin Koméya et Hans Nemandji III, se sont réunis à Bangui pour organiser le trafic d’armes et le recrutement de combattants en vue d’appuyer la coalition dirigée par le FPRC. Au milieu du mois de janvier 2017, Hans Nemandji et le général Arda Hakouma (FPRC) se sont également procurés des armes, notamment des munitions pour mortier de 60mm et 120mm – à Moyen Sido à la frontière avec le Tchad.

 

Des armes et munitions sont également acheminées clandestinement depuis la République Démocratique du Congo et la République du Congo par le fleuve Oubangui et le port fluvial de Ouango dans le 7e arrondissement de Bangui. Les trafiquants ont indiqué au Groupe d’experts qu’en décembre 2016, ils avaient collecté des armes à Géména (République Démocratique du Congo) et en mai 2017, les autorités centrafricaines ont saisi 6 000 cartouches de chasse provenant de Zongo à Port Beach à Bangui.

 

Selon le Groupe d’experts d’autres sources ont indiqué que depuis novembre 2016, des armes sont chargées à bord d’embarcations dans le port d’Impfondo cette fois-ci au Congo et livrées à Bangui. La MINUSCA a saisi en avril dernier dans des boutiques locales de Bangassou, actuelle plaque tournante principale du trafic d’armes, 11 275 cartouches MACC et 136 machettes vendues par des personnes venues de la RDC. Cette saisie montre que les combattants Anti-Balaka se sont mis au trafic dans la préfecture de Mbomou.

 

Depuis le déclenchement de la crise en Centrafrique, le pays a été frappé par un embargo sur l’importation d’armes à la destination de la Centrafrique qui empêche l’armée nationale d’en procurer et jouer son rôle. Paradoxalement, les groupes armés continuent de s’armer et causent d’énormes violations des droits humains.

 

A Télécharger gratuitement le rapport intégral ici:  rapport-expert-nations-unies-2017-639-f (1).pdf  

Centrafrique : Un rapport des experts de l’ONU retrace les trafics d’armes des groupes armés
Centrafrique : Un rapport des experts de l’ONU retrace les trafics d’armes des groupes armés
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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 22:12
Centrafrique : Saint’Egidio assiste les déplacés en provenance de l’intérieur du pays

 

 

 

 

PAR NOURA OUALOT LE 2 AOÛT 2017

 

 

BANGUI, 02 aout 2017(RJDH)—- Mille ménages ont reçu ce matin à la Mairie du 3ème Arrondissement de Bangui un don en vivre et non vivre de la part de la communauté Sant’Egidio. Cette activité s’inscrit dans le cadre de l’accord de paix signé à Rome mettant en exergue les victimes de la crise.

 

L’accord de Sant’Egidio signé récemment à Rome souligne que les premiers bénéficiaires de l’accord  sont avant tout les victimes. La distribution opérée ce matin au Km5 rentre dans le cadre du suivi du processus né de cet accord. Le don est constitué des sacs de riz de 50Kg,  nattes, cartons de lait, savons, thé, litres d’huile, détergents, café, farine et sel pour un coût total de 13.750.000 Fcfa.

 

Saadia Moudjé était réfugiée à Garoua-Boulai au Cameroun depuis quatre ans, elle se réjouie de ce don, « je suis retournée au pays il y a à peine deux semaines. Je suis fière de cette aide qui va nous aider pour quelques temps. Merci à la communauté Sant’Egidio et nous demandons au gouvernement de penser à nous car nous avons tout perdu et nous habitons chez des parents. Nous donner des vivres c’est bien mais notre gros souci c’est d’avoir une maison, être indépendant », a-t-il projeté.

 

Les bénéficiaires de ce don sont des déplacés de la communauté musulmane venus de Bangassou, Zémio, Nzako, Bambari, Bossangoa, Boda, Boali, Mbata, Yaloké, Kaga-Bandoro, Bakouma, Alindao, Bria et Sibut.

 

Emanuele Pierantonio de la communauté Saint ‘Egidio explique les motivations de ce don. « Nous sommes ici parce que le peuple centrafricain a trop souffert et par ce geste, nous voulons commencer à mettre en pratique les attentes de Saint ‘Egidio. J’espère que cette première distribution est un signal fort et clair que  cet accord est signé pour aider et soulager les souffrances des femmes et des enfants. Et je remercie beaucoup le gouvernement centrafricain qui nous a permis de faire cette distribution ainsi que la coopération italienne qui nous a beaucoup aider », a-t-il souligné.

 

La communauté Saint‘Egidio est impliquée dans la recherche de la paix et la réconciliation en République Centrafricaine. Par cet acte, Sant’Egidio entend pousser ledit processus vers l’avant. La distribution se poursuivra dans tous les Arrondissements de Bangui et à l’intérieur du pays.

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 22:09
Lu pour vous : Centrafrique : les ONG, victimes collatérales des affrontements

 

 

CONFLIT

 

 

Par Cécile Brajeul Libération — 2 août 2017 à 15:55

 

Les locaux d'organisations non gouvernementales internationales ont été attaqués le week-end dernier en République centrafricaine lors de combats entre deux groupes armés. De nouvelles attaques contre les humanitaires, alors que la situation générale du pays se détériore.

 

La trêve n’aura pas duré : alors que la journée de lundi s’était déroulée sans heurts, Batangafo, ville centrafricaine de quelque 20 000 habitants à la frontière tchadienne, s’est embrasé le lendemain. Une réplique des violences extrêmes du week-end : pour une broutille, un vol de moto peut-être, deux groupes armés se sont affrontés samedi après-midi, provoquant des dégâts matériels importants et de nombreuses victimes parmi les civils. On déplore au moins 10 morts, des dizaines de blessés. Les locaux de plusieurs ONG ont été dévalisés, sans faire toutefois de victimes parmi les personnels. Trop souvent, les travailleurs humanitaires font les frais de ces violences récurrentes en République centrafricaine (RCA), alors que plus de la moitié de la population centrafricaine dépend directement de leur travail – d’importants dégâts collatéraux dans le chaos ambiant.

 

«Maintenant, c’est encore pire»

 

Samedi, pendant plusieurs heures, les maisons ont brûlé, une partie du camp de déplacés aussi. Les gens ont dû fuir et 15 000 personnes – plus de la moitié de la ville – se sont réfugiées dans l’enceinte de l’hôpital ou de l’église. Batanfago est presque entièrement déserté. Pour Carlos Francisco, chef de mission de Médecins sans Frontières (MSF), «la situation humanitaire ici est extrêmement grave depuis plusieurs mois. Et maintenant, c’est encore pire. Si les violences contre les civils continuent, ça va devenir catastrophique».

 

«Il faut désormais prendre en charge les personnes sans-abri», ajoute Carlos Francisco. Des milliers de personnes ont en effet perdu leur maison ou n’osent pas y retourner à cause des combats. La population se réfugie dans des lieux qui ne sont pas adaptés à l’accueil. Il faut construire des latrines, mettre à disposition des points d’eau potable pour éviter les épidémies et prendre en charge les blessés. Une surcharge de travail qui interfère dans les activités quotidiennes de gestion de l’hôpital local.

 

Désarmement inachevé

 

Et l’afflux de personnes majore le risque de détérioration sanitaire, alors que la saison des pluies a débuté et avec elle, l’explosion du nombre de cas de paludisme. «Les enfants sont les principales victimes de l’épidémie dans sa forme la plus sévère et de la malnutrition aussiqui s’aggrave quand les conditions de vie se dégradent», ajoute Carlos Francisco.

 

En déplacement dans la zone le week-end dernier, le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies, Jean-Pierre Lacroix, a déploré une détérioration de la situation sécuritaire dans un pays ravagé par les combats depuis 2013. Il envisage d’ailleurs de renforcer le contingent de 12 500 Casques bleus onusiens (Minusca) basés en RCA.

 

Depuis septembre 2016, les conflits intenses ont repris avec une généralisation des combats sur la quasi-totalité du territoire. Le mois de mai a marqué un nouvel embrasement des violences avec sa cohorte de déplacés. Un accord de paix a été signé à Rome le 19 juin, mais le 20 au matin, la ville de Bria résonnait du bruit des armes. Le processus de désarmement n’a jamais été achevé, pas plus que celui de réconciliation nationale. A défaut, les ONG en appellent au respect des populations civiles et de leur action pour au moins pouvoir atténuer les souffrances.

 

Cécile Brajeul

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 01:08
Centrafrique: l'inquiétude du cardinal Nzapalainga pour Bangassou

 

 

 

 

(Radio Vatican) 31/07/2017 08:25 Entretien Depuis plusieurs mois, la République Centrafricaine connaît un regain de violence, en particulier dans l’est du pays. Si la capitale Bangui est relativement épargnée par les exactions, la situation est toute autre dans de nombreuses régions du pays en particulier à Bangassou. Dans cette ville du sud-est, l'épicentre de violences meurtrières en mai dernier, la population vit dans la terreur.

 

Menacés par des miliciens anti-balaka, quelque 2 000 musulmans sont toujours retranchés dans le petit séminaire de l’évêché de Bangassou, «sous la protection de l’Église» et des casques bleus marocains. Trois d’entre eux ont été tués dimanche 23 juillet et mardi 25 juillet. Ils ont été pris dans une embuscade tendue par des anti-Balaka, selon la Mission des Nations unies en Centrafrique, la Minusca qui leur a rendu hommage vendredi dernier.


L’attaque a eu lieu alors que les casques bleus du contingent marocain «escortaient des camions-citernes qui se ravitaillaient en eau dans le fleuve pour les besoins humanitaires de la ville», a précisé la Minusca qui dénonce «le harcèlement et les attaques répétées contre les Casques bleus» de la part de groupes armés dans la ville.

 

Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, dénonce les actions des «seigneurs de guerre» qui massacrent, violent, humilient les populations. Il appelle les responsables de ces atrocités à déposer les armes et à s’engager sur la voie du dialogue. Il décrit une réalité extrêmement préoccupante. 

 

Des propos recueillis par Hélène Destombes

 

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 00:37
Un outil antiterroriste permet de détecter des gisements de minerais (scientifiques)

 

 

 

 

Washington AFP / 01 août 2017 21h08 - De nouveaux outils statistiques inspirés de la lutte antiterroriste utilisant d'énormes banques de données permettent de détecter avec un degré de certitude et de précision sans précédent des gisements de minerais, offrant un important potentiel scientifique et économique, selon leurs créateurs.

C'est la première application à la minéralogie d'une technique statistique utilisée jusqu'à présent pour prévoir la propagation de maladies infectieuses, débusquer des réseaux terroristes, suivre l'activité sur internet ou réguler le trafic routier.


Cette fois, elle permet de dénicher les minerais, des plus communs aux plus rares et précieux, selon le compte-rendu des travaux publié mardi dans la revue The American mineralogist.



"Nous entrons dans une ère d'explosion de découvertes qui ouvre de nouvelles frontières très excitantes pour la science avec un énorme potentiel économique", a expliqué à l'AFP Robert Hazen, scientifique de la Carnegie Institution et directeur général du Deep Carbon Observatory, un programme international de recherche sur le rôle du carbone sur Terre. 


"La quête de nouveaux gisements de minerais est incessante mais, jusqu'à récemment, les découvertes relevaient davantage de la chance que d'estimations scientifiques", a relevé Shaunna Morrison, géologue au sein de ces deux mêmes institutions.


Les scientifiques ont recueilli depuis des décennies d'importantes quantités d'informations et de données sur plus de 5.200 types de minéraux découverts à ce jour sur la planète. Ils ont chacun une composition chimique et une structure atomique unique.

- Bouleverser la minéralogie –


Des millions d'échantillons prélevés dans des centaines de milliers d'endroits dans le monde ont été catalogués avec une description, incluant caractéristiques géologiques et de leur emplacement. 


Jusqu'à récemment, les scientifiques ne disposaient pas d'outils de modélisation et de visualisation pour exploiter ces volumes de données.


"Cette technique d'analyse peut fournir des indices visuels aux minéralogistes pour leur indiquer les lieux de prospection et quoi rechercher", a précisé M. Hazen.


Selon lui, "cette approche va bouleverser la minéralogie... et accroître le nombre des découvertes de minerais dans des proportions que nous ne pouvons pas encore imaginer".


Il a notamment évoqué le grand intérêt déjà manifesté par des sociétés minières et des groupes pétroliers.


Cette technique a permis de subodorer l'existence de 145 différents minéraux de carbone auparavant inconnus de la science et leur localisation, ont indiqué ces chercheurs, précisant que onze avaient déjà été mis à jour.


"Au moins 1.500 minéraux de toutes sortes n'ont pas encore été trouvés", assure M. Hazen.


- Géologie martienne –


Dans cette étude, des minéraux contenant du cuivre --extrêmement réactif à l'oxygène-- ont également été examinés. Cette propriété permet de donner une indication du niveau d'oxygène dans l'atmosphère au moment de leur formation.


Avec cette modélisation, il est ainsi possible d'expliquer comment les minéraux ont changé et évolué sur Terre au cours du temps.


De plus, en incorporant des données fournies par des biomarqueurs moléculaires, il est possible de déterminer les interactions entre des cellules vivantes et les minéraux.

Mme Morrison espère utiliser ces outils de modélisation pour révéler l'histoire géologique d'autres planètes comme Mars et, éventuellement, détecter des signes de vie passée.


Elle fait partie de l'équipe scientifique de la mission du robot Curiosity de la Nasa qui arpente la planète Rouge depuis août 2012 et cherche notamment à identifier les minéraux martiens à partir de données collectées par ses instruments et transmises sur Terre.



(©)

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 00:12
Un rapport de l'ONU pointe le trafic d'armes entre la RDC et la RCA
Un rapport de l'ONU pointe le trafic d'armes entre la RDC et la RCA
Un rapport de l'ONU pointe le trafic d'armes entre la RDC et la RCA

 

 

 

 

Par RFI Publié le 02-08-2017 Modifié le 02-08-2017 à 00:47

 

 

Dans leur dernier rapport, le groupe d'experts de l'ONU dresse un état des lieux très documenté et inquiétant de la situation en Centrafrique. En dehors de Bangui, le pays continue clairement de vivre sous la coupe des groupes armés et le nombre de déplacés gonfle dangereusement. Autre point important, le trafic permanent d'armes entre la RDC et la Centrafrique.

 

C'est le fleuve Oubangui, barrière naturelle entre la RDC et la Centrafrique, qui est au centre de nombreuses attentions dans le dernier rapport publié par le groupe d'experts de l'ONU.

 

La porosité de la frontière en fait un lieu de passage idéal pour les contrebandiers et les mercenaires, pointe ce rapport. Qu'ils soient Seleka ou anti-balaka, les groupes armés profitent largement de cette facilité de transit.

 

L'UPC d'Ali Darass, qui contrôle une partie du Sud-Est centrafricain aurait reçu pas moins de 18 000 cartouches en janvier dernier en provenance de Yakoma en RDC. En avril, ce sont plus de 11 000 cartouches qui ont été trouvées dans des commerces de Bangassou. Toutes ces munitions proviennent de la Manufacture d’armes et de cartouches du Congo (MACC), située à Pointe-Noire, au Congo voisin.

 

Cette société refait également surface à Bangui. Dans leur rapport, les experts révèlent que pas moins de 6 000 cartouches congolaises, destinées aux combattants anti-balaka, ont été découvertes dans un port situé à la sortie de la ville et directement acheminées depuis Zongo, en face de la capitale centrafricaine.

 

Autre fait saillant du rapport : des tentatives d'incursion de mercenaires centrafricains au Congo-Kinshasa. La RCA étant ainsi considérée comme une base de recrutement pour des opérations militaires de l'autre côté du fleuve.

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