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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 14:51
Départ des troupes gabonaises du Centrafrique

 

Départ des troupes gabonaises du Centrafrique : « La faute de quelques-uns ne doit pas masquer les sacrifices de tous » (Alain-Claude Bilie-By-Nze)

https://lalibreville.com/ Par Marceau Ndong Ossa 16 septembre 2021

Hier, le ministère de la Défense a annoncé le retrait du contingent gabonais en RCA après 25 ans de présence ininterrompue. En cause, des accusations d’exploitation et d’abus sexuels pesant sur certains éléments. 

« Soutien total aux forces de défense de notre pays qui méritent autre chose que l’opprobre, après deux décennies passées à défendre la sécurité des populations et des institutions de la RCA. La faute de quelques-uns ne doit pas masquer les sacrifices de tous », a réagi tôt ce matin sur son compte Twitter le ministre des Transports, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

 

Après 25 ans de présence ininterrompue sur le terrain, le Gabon se retire du « bourbier » centrafricain

https://lalibreville.com/ Par Marceau Ndong Ossa 15 septembre 2021

C’est ce qu’indique le ministère gabonais de la Défense à travers un communiqué diffusé ce mercredi 15 septembre. Une décision prise par l’ONU en raison d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels causés dans en Centrafrique par le contingent gabonais. 

Communiqué du ministère de la Défense de la République du Gabon. « Ces dernières semaines, des faits d’une particulière gravité, contraires au Code militaire et à l’honneur des armées, commis par certains éléments des bataillons gabonais  n° 6 et n° 7 de la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine sous conduite africaine (MINUSCA), ont été rapportés au ministère de la Défense de la République gabonaise », indique le communiqué du ministère diffusé ce mercredi.

« Suite aux nombreux cas d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels en cours de traitement, les Nations Unis ont décidé ce jour (mercredi 15 septembre 2021, NDLR) du retrait du contingent gabonais de la MINUSCA », poursuit le communiqué.

Celui-ci ajoute qu’ « en parallèle, une enquête a été ouverte au Gabon au sujet des faits allégués. Si ces faits sont avérés, leurs auteurs seront traduits devant les tribunaux militaires et jugés avec une extrême rigueur. »

« Le Gabon exige de son armée, sur comme en dehors de son territoire, un comportement irréprochable et exemplaire. Ceux qui contreviennent à cette exigence en subissent les conséquences », relève en outre le ministère gabonais de la Défense, qui rappelle que « depuis 25 ans et sans interruption, le Gabon a marqué son attachement à accompagner la République sœur de Centrafrique dans sa quête de paix, de sécurité et de stabilité ». 

Conséquence, conclut le ministère dans son communiqué : « en attendant les conclusions de l’enquête, le bataillon gabonais est rappelé ». 

Toutefois, on ne sait si le retrait des troupes gabonaises du Centrafrique est motivé par cette unique raison. On peut en effet observer qu’après 25 ans de présence de l’ONU sur le terrain, la situation en RCA ne fait qu’empirer. « C’est un véritable bourbier », a jugé encore récemment un responsable onusien.

Par ailleurs, des missions du type de celle de la MINUSCA coûtent chères aux pays qui y participent. De l’ordre de plusieurs centaines de milliards de francs CFA par an. En faire l’économie alors que la crise de la Covid-19 n’est pas encore tout à fait passée n’est probablement pas vu d’un mauvais œil du côté de Libreville. Ce qu’avoue à demi-mot un haut-gradé gabonais en lâchant cette formule « à toute chose, malheur est bon ». 

Pour rappel, des faits similaires d’exploitation et d’abus sexuels à l’encontre de civils avaient pesé il y a quelques années sur les contingents français et rwandais présents en Centrafrique.

 

Centrafrique: pourquoi l'ONU renvoie les casques bleus gabonais de la Minusca

 

https://www.rfi.fr/ 15/09/2021 - 22:44

Les Nations unies renvoient les casques bleus gabonais évoluant au sein de la Minusca chez eux, insatisfaite de la réaction de Libreville aux allégations d'exploitation sexuelle et d'actes sexuels sur mineurs en RCA. Depuis 2017, le Gabon était sous surveillance. L’ONU estime que les enquêtes n’ont pas avancé comme elles auraient dû, et son secrétaire général peut demander le retrait des contingents dont l'inconduite sexuelle est avérée.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten

Après la découverte des allégations d’abus sexuels, notamment sur mineurs, commis par des casques bleus gabonais de la Minusca depuis 2015, le contingent gabonais tout entier était sous évaluation depuis quatre ans. Le comité chargé de la bonne mise en œuvre de la résolution 2272 attendait de Libreville la mise en place d’enquêtes pour clarifier les choses, et éventuellement de cours martiales si les faits avaient été confirmés.

Seulement voilà, à New York, on se plaint du faible nombre d’enquêtes ouvertes, du manque de communication sur les nominations d’enquêteurs, et surtout donc, de l’absence de résultat. Après avoir eu vent de cinq nouveaux cas dans une zone décentralisée de Centrafrique récemment — 32 cas en tout en quatre ans —, la Minusca a dépêché une mission sur les lieux, et l’ONU a informé Libreville la semaine dernière qu’un enquêteur devait être nommé dans les cinq jours ouvrables, et que l’enquête soit conclue sous 90 jours.

En attendant, les Nations unies ont aussi pris la décision de renvoyer les 450 soldats Gabonais chez eux immédiatement, comme le prévoit la résolution 2272. Des casques bleus de la zone devraient être redéployés pour les remplacer aux cinq points où ils étaient basés.

 

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 19:50
A L’AFFICHE  : «SÌRÌRÌ, LE CARDINAL ET L’IMAM»

 

A L’AFFICHE

 « On les appelait  les trois lions»

PAR  RAPHAËL CHEVALLEY  «SÌRÌRÌ, LE CARDINAL ET L’IMAM» ★★★

Le réalisateur  d’«Hiver nomade», Manuel von Stürler,  revient avec un film dédié  à ceux qui défendent le dialogue interreligieux dans les pays en guerre.

Réalisateur d’«Hiver nomade», magnifique tableau de la transhumance à l’heure de l’urbanisation, et de «La fureur de voir», fascinante introspection de la cécité qu’on lui avait prédite enfant, le Lausannois Manuel von Stürler est parti en Centrafrique tourner son troisième long-métrage. Rencontre.

 Manuel von Stürler, comment s’est imposé ce film? Dans les années 2000, j’ai rencontré un père italien qui effectuait un impressionnant travail de dialogue interreligieux en Syrie. Dans le contexte de la fermeture des frontières et de la montée de l’extrême droite, son ouverture et son charisme m’ont interpellé. Le sujet méritait un film, mais le père s’est fait enlever et a sans doute été exécuté. Plus tard, j’ai découvert que ce genre de personne existe partout autour de la planète et j’ai trouvé un cardinal et un imam en Centrafrique. J’ai vite saisi l’authenticité de leur message et leur amitié, qui dérange ceux qui font les affaires.

Est-ce que leur travail porte ses fruits?

Je pense que oui. En tout cas il n’y a pas eu de génocide contre les musulmans alors que toutes les conditions d’un massacre étaient réunies. Dès le début de la crise, l’imam a dénoncé l’instrumentalisation de la religion et s’est allié avec le cardinal et un pasteur. On les appelait les trois lions. Ils ont fait prendre conscience aux gens qu’ils se faisaient avoir par les groupes armés brandissant le coran ou la bible. Malheureusement, il y a une sorte d’épuisement du peuple, parce que, si certaines têtes des grands groupes armés sont maintenant tombées, les groupuscules se sont multipliés et le dialogue est devenu très compliqué. 

Pourquoi avoir choisi la Centrafrique?

La Centrafrique est un pays en guerre civile où s’imbriquent l’histoire de la colonisation, les rapports nord-sud, les divisions des communautés, claniques, ethniques… Bref un panier de crabes avec un Etat complètement anéanti, où la population est livrée à elle -même. L’instrumentalisation de la religion y est très forte pour faire main basse sur les ressources du pays. Sans compter les implications plus ou moins discrètes des pays riches. Mais c’est surtout parce que j’y ai retrouvé ce thème du dialogue et de l’ouverture à l’autre qui m’intéressait.

 Comment avez-vous préparé le tournage? 

J’y suis allé en mode repérage et j’ai compris qu’il serait difficile de venir avec une équipe, pour des raisons de sécurité. Ça aurait été possible avec une escorte, mais je voulais avoir accès au peuple, pour obtenir une sorte de vérité. Si on arrive dans un village avec des militaires, c’est trop compliqué… J’ai donc suivi le cardinal, qui arpente le territoire pour apaiser les tensions, et je me suis dit qu’il fallait tourner le film ainsi, tout seul, avec un dispositif très léger, pour avoir cette proximité avec les gens: comme j’étais avec le cardinal, j’étais un peu un prêtre en visite. 

D’où vient votre besoin de défricher des univers mal connus ? 

Au quotidien, on se fait tellement happer par les préjugés que ça me fait froid dans le dos. Ouvrir une lucarne et bousculer les convictions, voilà ce qui m’intéresse. Avec le recul, je constate que c’est ce qui relie tous mes films.

de Manuel von Stürler Durée: 1h16

Age légal/conseillé: 16/16

En présence du réalisateur, du cardinal Dieudonné  Nzapalainga et de l’imam  Abdoulaye Ouasselegue,  dimanche 12 septembre, 16h,  au cinéma Rex,  à Neuchâtel,  et 18h,  au cinéma Scala,  à La Chaux-de-Fonds.

MIROIR DE TOUTES LES GUERRES

 Intitulé «Sìrìrì» («paix» en langue sango), le nouveau documentaire de Manuel von Stürler décrit le conflit meurtrier qui s’enlise en Centrafrique entre groupes armés se revendiquant chrétiens ou musulmans. Mais, tandis que les diamants et l’or s’échangent contre des fusils et que les civils se réfugient où ils le peuvent, deux figures religieuses s’unissent pour mettre fin aux tueries… Depuis Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga gagne les villages perdus dans la brousse et tente d’empêcher l’instrumentalisation de la religion. D’une même voix, l’imam Kobine Lamaya implore le peuple de ne pas céder à la violence. Au plus près de ses protagonistes, le cinéaste livre par le prisme de leurs discours et de son regard affûté le portrait sensible de tout un pays gangrené par des intérêts politiques et financiers qui le dépassent. En résulte un film poignant, qui se fait le miroir de toutes les guerres autour du monde.

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 18:26
Pourquoi les négociations entre Bamako et Wagner suscitent-elles tant de crispations?
Pourquoi les négociations entre Bamako et Wagner suscitent-elles tant de crispations?

 

Mali: pourquoi les négociations entre Bamako et Wagner suscitent-elles tant de crispations?

https://www.rfi.fr/ 15/09/2021 - 14:29

La tension monte autour des négociations en cours entre les autorités maliennes de transition et le groupe privé de sécurité Wagner. Ce mardi 14 septembre 2021, la ministre française des Armées Florence Parly a jugé qu’un tel accord serait « extrêmement préoccupant et contradictoire » avec l’action menée par les militaires français au Sahel. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian juge même que l’arrivée du groupe russe serait « absolument inconciliable » avec la présence des soldats français.

À Paris, l'inquiétude est réelle de voir les Russes de la sulfureuse société Wagner prendre pied au Mali, pays clé de l'opération Barkhane. Les autorités françaises préviennent : il s'agit d'une nouvelle ligne rouge. Pas de Wagner au Mali. De même qu'il y a quelques mois, Paris avait indiqué au pouvoir malien qu'il n'était pas envisageable de négocier avec les groupes armés terroristes qui combattent les soldats de Barkhane.

Selon des informations de presse, le groupe Wagner pourrait envoyer plusieurs centaines, voire un millier de mercenaires russes au Mali. Cet accord entre Bamako et le groupe Wagner n’est même pas signé qu’il suscite déjà des réactions très vives. Il faut dire que beaucoup de choses se jouent autour de cet accord.

Le premier enjeu, c’est celui de la souveraineté nationale. Aux propos de Jean-Yves le Drian, qui menace de retirer les soldats français du pays, le ministère malien de la Défense répond : « Le Mali entend diversifier ses relations, nous parlons avec tout le monde. » Rien de plus légitime pour un État. Cet enjeu de souveraineté rejoint un enjeu de politique intérieure : les autorités de transition veulent montrer à l’opinion malienne leur indépendance et leur force. Et face à l’ancien colonisateur, le gain politique, au moment où se pose la question de l’allongement de la période de transition, est évident. D’ailleurs, le spectre de cet accord peut aussi être perçu comme un atout pour valider, cette fois auprès des partenaires internationaux actuels du Mali, cet allongement de la transition. Comme s’il s’agissait d’un coup de bluff au cours d’une partie de poker, c’est ce que certains observateurs avertis n’excluent pas.

Ensuite, il y a l’enjeu diplomatique, celui de l’influence. La Russie n’est pas considérée comme une ennemie, ni par la France ni par l’Union européenne ou les Nations unies. Mais ailleurs dans le monde - en Syrie, en Libye, en Ukraine -, on voit bien que les intérêts et les stratégies mises en œuvre sont souvent très opposées. Donc l’arrivée de Moscou sur le théâtre sahélien effraie la France, mais également les autres partenaires occidentaux du Mali. 

Accès aux sites miniers en bonus

Il y a aussi l’enjeu des droits de l’homme. Quels que soient les intérêts de chacun, il n’est pas illégitime de rappeler les nombreuses accusations d’exactions, particulièrement violentes, dont les agents de Wagner font l’objet en Centrafrique ou en Syrie. Des accusations documentées par des journalistes et des organisations de défense des droits de l’homme. Enfin, il y a l’enjeu économique : on parle de plus de neuf millions d’euros par mois avec en bonus un accès à plusieurs sites miniers. Si rien n'est encore signé, cela reste quand même une question à prendre en compte puisque le budget malien est ce qu’il est, et que la coopération militaire américaine, française ou onusienne, elle, n’est pas payante.  

Après la mise en garde des responsables français, et peut-être pour faire baisser la pression, le porte-parole du Kremlin, ce mercredi matin, a tenu à préciser que la Russie ne négocie aucune présence militaire au Mali, et qu'il n'y a sur place aucun représentant des forces armées russes. Bien sûr, sans jamais évoquer la présence de la société privé Wagner. Wagner qui aux yeux des Occidentaux n'est ni plus ni moins qu'un faux nez de Moscou.

Le ministère malien de la Défense l'a admis : il y a bien négociation pour déployer des paramilitaires russes chargés de former les forces armées maliennes et d'assurer la protection des dirigeants. Pour l'heure, on n'en sait pas plus. Mais si ce contrat venait à prendre corps, il provoquerait un véritable séisme dans la bande sahélo-saharienne.

En effet, l'opération Barkhane s'étend très largement au-delà des frontières maliennes, l’état-major de la force est à N'Djamena. Sa principale base aérienne est à Niamey. Quant aux forces spéciales, elles sont à Ouagadougou. Barkhane, d'un point de vue opérationnel, peut poursuivre sa mission. Néanmoins, l'essentiel des opérations se déroulent au Mali, dans la zone des trois frontières entre Liptako et Gourma. Si rupture il y a avec Bamako, plane une double interrogation : que décidera l'allié américain ? Que feront les européens qui actuellement montent en puissance au sein de la force Takouba ? Enfin, cela obligerait Barkhane à quitter Gao, sa base la plus importante au Mali. Et sur le plan logistique, ce ne serait pas une mince affaire.

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 18:02
Le président turc Erdogan prêt à accueillir Alpha Condé 
Le président turc Erdogan prêt à accueillir Alpha Condé 

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com/ By Francis Sahel 15 septembre 2021

Les tractations pour laisser partir de Guinée le président Alpha Condé renversé le 5 septembre n’ont pas encore abouti. Mais la Turquie où l’ex président guinéen se fait déja soigner ces dernières années lui a déjà offert l’hospitalité. Sans parler des bons offices du président congolais Sassou

« C’est dans les moments les plus difficiles que l’on reconnaît ses vrais amis » : S’il devait les juger à l’aune de cette sagesse populaire, le président guinéen Alpha Condé renversé le 5 septembre par un coup d’Etat militaire dira du Turc Racep Tayyip Erdogan et du Congolais Denis Sassou Nguesso qu’ils sont restés ses vrais amis. Les deux chefs d’Etat se sont dit prêts à accueillir le président renversé dès que le lieutenant-colonel Mamadi Doumbouya, nouvel homme fort de Conakry et ses camarades du Comité national de rassemblement et du développement (CNRD), le laisseront prendre le chemin de l’exil. 

Diatribes anti-occidentales 

Brazzaville, la capitale congolaise, offre à Alpha Condé l’avantage de rester en Afrique et donc de ne pas trop souffrir de l’éloignement géographique et du sevrage de la « bonne cuisine africaine » qu’il aime tant. Alpha Condé, 83 ans, a toujours entretenu une relation d’estime et d’amitié avec Sassou Nguesso, son cadet de 6 ans, qu’il appelle affectueusement « l’Empereur ». Entre ces deux dinosaures de la vie politique africaine, l’estime et la considération semblent réciproques : Sassou Nguesso était présent en décembre 2020 à l’investiture d’Alpha Condé élu dans pour un troisième mandat controversé ; le Guinéen était venu en avril dernier à Brazzaville pour l’investiture de Sassou réélu dans des conditions calamiteuses pour un quatrième mandat avec 88% des voix. Sassou Nguesso, qui a connu et aidé Alpha Condé opposant historique avant Alpha Condé président de Guinée, a publiquement condamné le putsch des militaires des forces spéciales guinéennes. A défaut de le voir rétabli dans ses fonctions, le président congolais offre gîte et couvert à Alpha Condé. 

 Avec le Turc Erdogan, l’amitié est beaucoup plus récente. Trois années seulement après son élection, Alpha Condé a obtenu en 2013 des Turcs l’ouverture d’une ambassade à Conakry ainsi qu’une desserte aérienne de la Guinée par Turkish Airlines.  En 2016, pour sa toute première grande visite en Afrique, Erdogan avait choisi Conakry comme dernière étape. Il y était venu avec environ 150 opérateurs économiques pour promouvoir les intérêts de son pays dans les BTP, l’hôtellerie, les mines et la cimenterie. Mais surtout pour soigner ses relations avec son homologue guinéen qui force son estime et son admiration avec ses diatribes anti-occidentales, particulièrement ses sorties outrées contre l’arrogance de l’ancienne puissance coloniale. Bien qu’il soit un pur produit de l’école française, Alpha Condé, qui a eu Bernard Kouchner comme condisciple au lycée Turgot à Paris, n’hésite pas parfois à faire quelques sorties enflammées contre la France, appelant même en avril 2017 à Meknès, au Maroc, « les Africains à couper le cordon ombilical avec l’ancienne puissance coloniale ».  

En choisissant Ankara, l’ex-président guinéen sera plus près de ses médecins turcs. Depuis plusieurs années, Alpha Condé a choisi la Turquie comme destination pour ses soins et ses contrôles médicaux. 

Fâché avec toute la sous-région 

Le départ en exil d’Alpha Condé vers le Congo ou la Turquie arrange tout le monde. Ces deux destinations conviennent d’abord aux militaires putschistes qui ne veulent pas de la présence d’Alpha Condé, qui n’a pas renoncé à son pouvoir, dans le voisinage immédiat de la Guinée. L’exil d’Alpha Condé à Brazzaville ou Ankara arrange également ses homologues de la sous-région, à commencer par le Sénégalais Macky Sall et le Bissau-guinéen Umaru Cissoko Embalo, avec lesquels il était en très mauvais termes. Emporté par son élan du troisième mandat, Alpha Condé avait fini par se fâcher avec l’ex-président nigérien Mahamadou Issoufou avait qui il avait, pourtant, milité dans les années 1960 les rangs de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), aux côtés Malien Ibrahim Boubacar Keita. Seul l’Ivoirien Alassane Ouattara peut revendiquer en Afrique de l’Ouest des relations cordiales et chaleureuses avec Alpha Condé. Ce n’est donc pas surprenant qu’Alassane Ouattara soit le chef d’Etat qui négocie au nom de la CEDEAO avec la junte guinéenne pour obtenir le départ d’Alpha Condé de Conakry. Après les premiers rounds des discussions, tout porte à croire que le lieutenant-colonel Doumbouya, qui doit son ascension fulgurante à Alpha Condé, n’est finalement pas opposé à son départ en exil. L’ex-caporal de la légion étrangère français attend seulement de consolider son pouvoir avant de laisser filer son ancien mentor. Ankara ou Brazzaville, le choix n’est donc plus qu’une question de jours.   

 

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 17:20
République centrafricaine : Une étape importante pour la justice (HRW)
République centrafricaine : Une étape importante pour la justice (HRW)
République centrafricaine : Une étape importante pour la justice (HRW)

 

Lu pour vous 

 

La Cour pénale spéciale inculpe l’ex-capitaine Eugène Ngaïkosset

 (Bangui) – La Cour pénale spéciale (CPS) en République centrafricaine a mis en examen l’ex-capitaine Eugène Ngaïkosset, surnommé le « Boucher de Paoua », marquant une étape essentielle pour la justice, a déclaré Human Rights Watch.

Son arrestation a été confirmée le 4 septembre 2021. Le 10 septembre, la CPS a annoncé qu’elle avait inculpé Eugène Ngaïkosset pour crimes contre l’humanité, sans préciser toutefois le détail des chefs d’accusation. Eugène Ngaïkosset est un ancien capitaine de la garde présidentielle qui a commandé une unité impliquée dans de nombreux crimes, y compris le massacre d’au moins plusieurs dizaines de civils et l’incendie de milliers de maisons dans le nord-ouest et le nord-est du pays entre 2005 et 2007. Il aurait aussi commis des crimes en tant que leader au sein du mouvement anti-balaka, notamment à Bangui, la capitale, en 2015. On ignore si les chefs d’accusation à son encontre concernent un seul ou l’ensemble de ces événements.

« Le peu de justice pour les types de crimes dont est accusé Eugène Ngaïkosset illustre à quel point l’impunité favorise depuis longtemps la violence en République centrafricaine », a expliqué Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « De nombreuses personnes dans le pays, notamment les victimes des crimes et les membres de leurs familles, suivront de près l’affaire Ngaïkosset. Des procédures judiciaires équitables et efficaces pourraient marquer un tournant pour la justice. »

L’arrestation d’Eugène Ngaïkosset intervient dans un contexte de recrudescence de la violence en République centrafricaine alors qu’une nouvelle rébellion a débuté en décembre 2020, mettant en péril un accord de paix fragile signé entre le gouvernement et plusieurs groupes armés en février 2019.

La CPS est un tribunal novateur instauré afin de réduire l’impunité généralisée pour les crimes graves en République centrafricaine. Le personnel de la Cour est composé de juges et de procureurs internationaux et nationaux et la Cour bénéficie d’une assistance internationale. Elle a compétence pour juger les crimes graves commis pendant les conflits armés dans le pays depuis 2003. La loi établissant la Cour a été adoptée en 2015, mais le tribunal n’a officiellement commencé ses activités qu’en 2018.

La CPS a indiqué qu’Eugène Ngaïkosset a été informé de ses droits et que son avocat était présent lors de sa mise en examen. La CPS a aussi précisé que les juges d’instruction du tribunal décideront s’il restera en détention en attendant de nouvelles avancées dans l’affaire, mais aucun délai n’a été annoncé pour cette décision.

En 2005, Eugène Ngaïkosset, alors lieutenant, était le chef d’une unité de la garde présidentielle basée dans la ville de Bossangoa au début d’une période de rébellions contre le gouvernement de l’ancien président François Bozizé. Il figurait parmi les commandants intouchables, fidèles à François Bozizé, dirigeant des unités impliquées dans des violations du droit international, notamment des atteintes graves aux droits humains. Les abus présumés commis par Eugène Ngaïkosset incluent des attaques contre des civils suspectés de soutenir l’Armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie (APRD), un mouvement rebelle conduit par d’anciens membres de la garde présidentielle de l’ex-président Ange-Félix Patassé dans les provinces du nord-ouest, d’où Ange-Félix Patassé était originaire. Bozizé a renversé Patassé en 2003.

En 2007, Human Rights Watch a documenté au moins 51 meurtres commis par des membres de la garde présidentielle sous le commandement d’Eugène Ngaïkosset. Dans certains cas, les meurtres étaient particulièrement violents et ont été considérés comme des avertissements aux communautés locales. Par exemple, Human Rights Watch a établi que, le 22 mars 2006, les troupes de la garde présidentielle menées par Eugène Ngaïkosset ont décapité un enseignant dans le village de Bemal. Un mois plus tôt, Human Rights Watch a mis en évidence que cette même unité avait tué au moins 30 villageois dans la même région, essentiellement en tirant de manière indiscriminée sur des personnes qui tentaient de s’enfuir.

En 2018, un habitant de Paoua âgé de 79 ans a raconté à Human Rights Watch qu’en 2006, Eugène Ngaïkosset et ses hommes sont entrés dans son magasin et l’ont pillé. Ils l’ont ensuite conduit lui ainsi qu’un autre homme âgé hors de la ville à bord d’un pick-up. « Ils nous ont dit : “Bozizé nous a ordonné de tuer tous ceux qui ont voté contre lui.” Mais ils m’ont épargné parce que j’avais été soldat. L’autre homme avait environ 70 ans et nous l’appelions “le Tailleur”. Ils lui ont dit de partir et lui ont tiré dans le dos. Les gens continuent à parler de Ngaïkosset ici. Les proches de ses victimes vivent toujours ici. Il faut qu’il passe devant un juge. »

Lors d’une réunion avec Human Rights Watch en 2008, François Bozizé a nié qu’Eugène Ngaïkosset ait commis des crimes de 2005 à 2007.

En avril 2014, un mandat d’arrêt a été émis à l’encontre d’Eugène Ngaïkosset pour son rôle dans des abus perpétrés dans le nord sous la présidence de François Bozizéd’après un groupe d’experts désignés par le Secrétaire général de l’ONU. En mai 2015, Eugène Ngaïkosset a été transféré du Congo-Brazzaville à Bangui. Il a été arrêté et conduit à la Section de recherche et d’investigation (SRI) de la gendarmerie nationale. Cinq jours plus tard, il s’est échappé dans des circonstances qui n’ont pas été éclaircies. Les circonstances entourant son évasion et les complicités dont il a pu bénéficier devraient faire l’objet d’une enquête, a déclaré Human Rights Watch.

Après son évasion de la SRI, Eugène Ngaïkosset a été actif aux côtés des milices anti-balaka – un ensemble de groupes armés locaux apparus au milieu de l’année 2013 pour lutter contre la Séléka, un groupe rebelle essentiellement musulman qui a pris le pouvoir en 2013 – jusqu’à la fin de l’année 2015 au minimum.

En décembre 2015, Eugène Ngaïkosset a été inscrit sur la liste des sanctions de l’ONU pour avoir commis des violences visant à déstabiliser le gouvernement de transition en septembre 2015 et pour « avoir préparé, donné l’ordre de commettre ou avoir commis [...] des actes contraires au droit international des droits de l’homme ou au droit international humanitaire [...] (violences sexuelles, attaques dirigées contre des civils, attentats à motivation ethnique ou religieuse, attentats commis contre des écoles et des hôpitaux, enlèvements, déplacements forcés) ». Ce même mois, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) (Bureau de contrôle des avoirs étrangers) du Trésor américain a également sanctionné Eugène Ngaïkosset pour son « implication dans des actes portant atteinte à [...] la paix, la sécurité ou la stabilité ».

Déjà en 2009, des diplomates à Bangui avaient demandé instamment une action judiciaire contre Eugène Ngaïkosset. En 2009 et 2010, Philip Alston, alors Rapporteur spécial de l’ONU sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, a exhorté à la suspension, l’ouverture d’enquêtes et la poursuite en justice des forces de sécurité impliquées dans les exactions, à commencer par une enquête sur Eugène Ngaïkosset. Malgré le mandat d’arrêt et les sanctions de l’ONU et des États-Unis, le ministère de la Défense, dirigé à l’époque par Joseph Bindoumi, a continué à verser à Eugène Ngaïkosset son salaire de l’armée nationale en 2015. Son salaire a été payé jusqu’à la fin de l’année 2018 au moins, d’après l’ONU.

Le 8 septembre 2021, le substitut du procureur de la CPS, Alain Tolmoa annoncé que le tribunal ouvrira ses premiers procès avant la fin de l’année et qu’il examine actuellement plusieurs affaires. La Cour est basée à Bangui, ce qui permettra aux Centrafricains concernés par les crimes de suivre les affaires et interagir plus facilement pour faire en sorte que les suspects soient placés devant leur responsabilité pénale, a déclaré Human Rights Watch. Les activités judiciaires de la CPS sont menées parallèlement aux enquêtes et poursuites de la Cour pénale internationale sur les crimes graves commis dans le pays, ainsi qu’à certaines affaires traitant de crimes moins graves liés au conflit devant les tribunaux pénaux ordinaires du pays.

« Beaucoup en République centrafricaine associent Eugène Ngaïkosset aux meurtres, destructions et abus généralisés présumés mais une part de son héritage est aussi liée au manque de volonté de certaines autorités centrafricaines à traduire en justice les responsables de crimes graves », a conclu Lewis Mudge. « Son arrestation et son inculpation ainsi que l’ouverture prochaine de procès à la Cour pénale spéciale montrent que la justice tant attendue peut progresser. Cela devrait servir d’avertissement à ceux qui commettraient de tels crimes. »

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 14:55
L’ONU retire les Casques bleus gabonais de Centrafrique
L’ONU retire les Casques bleus gabonais de Centrafrique

 

L’ONU retire les Casques bleus gabonais de Centrafrique après des accusations d’abus sexuels

 

Par Le Figaro avec AFP 15 sept 2021

Les accusations de crimes et délits sexuels contre les Casques bleus sont récurrentes en Centrafrique. Mike Segar / REUTERS

L’ONU a décidé le retrait des quelque 450 Casques bleus gabonais de sa force de maintien de la paix en Centrafrique après des accusations d’exploitation et d’abus sexuels sur lesquels le gouvernement à Libreville ouvre une enquête, a annoncé mercredi 15 septembre le ministère gabonais de la Défense.

« Ces dernières semaines, des faits d’une particulière gravité, contraire à l’éthique militaire et à l’honneur des armées, commis par certains éléments des bataillons gabonais (…) ont été rapportés», écrit le ministère. « Suite aux nombreux cas d’allégations d’exploitation et d’abus sexuels en cours de traitement, les Nations unies ont décidé ce jour du retrait du contingent gabonais de la Minusca», la mission de l’ONU en Centrafrique, et «une enquête a été ouverte par le Gabon», précise le texte.

La Minusca a été déployée par l’ONU en avril 2014 pour tenter de mettre fin à la sanglante guerre civile qui a suivi un coup d’État l’année précédente contre le président François Bozizé. Les combats qui ont suivi entre la coalition de groupes armés qui l’avait renversé, la Séléka, à majorité musulmane, et des milices soutenues par le chef de l’État déchu, les anti-balakas, dominées par les chrétiens et les animistes, ont culminé de 2014 à 2015.

La guerre civile a, depuis, considérablement baissé d’intensité, mais la Minusca dispose toujours de quelque 15.000 personnels dans ce pays pauvre d’Afrique centrale, dont 14.000 en uniforme, avec pour mission prioritaire la protection des civils. Les accusations de crimes et délits sexuels contre les Casques bleus sont récurrentes en Centrafrique, certains contingents ont été retirés par le passé mais aucune enquête n’a abouti à des condamnations à ce jour, du moins publiquement.

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE  

 

Bangui, le 15 septembre 2021La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a été alertée sur des allégations d’abus sexuels sur, selon les informations reçues à date, cinq filles, impliquant des membres non-identifiés du contingent militaire gabonais déployés dans une localité du centre du pays.   

Conformément à la politique globale des Nations Unies d’aide et de soutien aux victimes d’actes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des membres du personnel des Nations Unies ou du personnel apparenté, les victimes identifiées ont été aussitôt prises en charge par les partenaires selon leurs besoins médicaux, psychosociaux et en matière de protection.   

Compte tenu de la gravité de ces allégations et de la politique de tolérance zéro des Nations Unies, et sous réserve des conclusions de l’enquête, la MINUSCA a dépêché une mission pluridisciplinaire sur les lieux qui a fait une évaluation de la situation et pris des mesures de prévention des risques 

Par ailleurs, le Secrétariat des Nations Unies a informé, le 7 septembre 2021, les autorités gabonaises pour que soit notamment désigné un enquêteur national dans les cinq jours ouvrables et que l'enquête soit conclue dans moins de 90 jours.   

Le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) a ouvert une enquête et se tient prêt à assister l’enquêteur national sous réserve de sa désignation.    

En raison de la gravité de ces dernières allégations rapportées, le Secrétariat des Nations Unies a pris la décision de rapatrier tout le contingent gabonais de la MINUSCA. 

Cette décision a été communiquée par le Secrétariat aux autorités gabonaises le mardi 14 septembre 2021. Elle se fonde sur la résolution du Conseil de Sécurité 2272 (2016), dont le Comité permanent d'examen de mise en œuvre évalue le contingent Gabonais depuis 2017, qui envisage, lorsqu’il existe des preuves crédibles de cas répandus ou systémiques d’exploitation et d’abus sexuels commis par des unités d’un pays contributeur, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas pris les mesures voulues pour enquêter sur ces allégations, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas amené les auteurs de ces actes à en répondre ou informé le Secrétaire général des progrès des enquêtes ou des mesures prises, de remplacer toutes les unités du pays concerné.   

La MINUSCA reste résolument engagée à lutter contre l'exploitation et les abus sexuels par son personnel, et à mettre pleinement en œuvre la politique de tolérance zéro des Nations Unies en ce qui concerne l’exploitation et les abus sexuels. 

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 14:35
LES VILLES DE ZONGO ET BANGUI SERONT RELIÉES PAR UN BATEAU
LES VILLES DE ZONGO ET BANGUI SERONT RELIÉES PAR UN BATEAU

 

LES VILLES DE ZONGO ET BANGUI SERONT RELIÉES PAR UN BATEAU DE 50 TONNES, DON DU CHEF DE L'ETAT FELIX TSHISEKEDI

 

Kinshasa, mercredi 15 septembre ( Cellcom présidentielle) - Un bac moderne d'une capacité  de 50 tonnes est dans la dernière  phase de construction au chantier naval de l'ONATRA à Kinshasa.

Don du Chef de l'Etat, ce bateau va faciliter la traversée  de la rivière  Ubangui pour relier les villes de Zongo ( RDC) et   Bangui ( RCA).

La mise en service de ce bateau est la matérialisation de la promesse du Chef de l'Etat Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo faite à  la population de Zongo, province du Sud-Ubangui lors de son dernier séjour dans cette ville en décembre 2019. 

Ce mardi 14 septembre, le Président de la République Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo est allé se rendre compte de l'évolution des travaux de construction de cette mega infrastructure au chantier naval de L'ONATRA à Kinshasa.

Le Chef de l'Etat s'est montré satisfait du niveau de réalisation.

Le Directeur général de l'entreprise Oriental Road and construction a réitéré son engagement de remettre l'ouvrage en décembre de cette année.

Selon M. Victor Rutalinga Cizungu, le bac de Zongo est un projet intégrateur car il va faciliter le commerce transfrontalier entre la RDC, la RCA ainsi que ses voisins directs notamment le Cameroun et le Tchad.

Avec ses deux groupes propulseurs et son tonnage, le bac de Zongo devrait aussi faciliter la traversée des véhicules remorques avec des produits agricoles ou manufacturés à l'importation ou exportation.

Présents au chantier naval de l'ONATRA, le gouverneur du Sud-Ubangui Claude Mabenze , le ministre du commerce extérieur Jean Lucien Busa et le Directeur de cabinet adjoint du Chef de l'Etat Olivier Mondonge n'ont pas caché  leur satisfaction  de voir cette réalisation du Chef de l'Etat au profit de la population de leur terroir.

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 13:12
Le Rwanda sur tous les fronts, une puissance diplomatique obtenue au bout du fusil

Lu pour vous

 

Intervention.

Le Rwanda sur tous les fronts, une puissance diplomatique obtenue au bout du fusil

LE SOIR - BRUXELLES  Publié le 15/09/2021 - 06:04

Au Mozambique, le Rwanda ne craint pas d’affronter les djihadistes. Et en Centrafrique, il se veut pourvoyeur de sécurité.

Loin des projecteurs tournés vers l’Afghanistan, de nouveaux fronts se sont ouverts en Afrique. Des groupes armés, se réclamant de l’idéologie islamiste, font face à des régimes minés par la corruption et à des forces de défense inefficaces, qui finissent par lasser leurs alliés occidentaux sollicités par d’autres urgences. Sur deux de ces “scènes secondaires”, la Centrafrique et le Mozambique, le Rwanda, petit pays de dix millions d’habitants, a choisi de donner la preuve de son savoir-faire et de se présenter comme un “pourvoyeur de sécurité”, effaçant ainsi les critiques qui avaient accompagné ses interventions répétées au Congo.

Le succès remporté au Mozambique par le contingent rwandais, un mois après son arrivée, n’a pas fini de faire couler de l’encre : c’est le 12 août en effet que la cité portuaire de Mocimboa da Praïa a été reprise aux djihadistes par des éléments des Rwanda Defense Forces (RDF) aux côtés de militaires mozambicains qui renouaient soudain avec la victoire.

Jusqu’à présent, la petite ville de la province de Cabo Delgado, longtemps négligée par la capitale, Maputo, éloignée de 2 700 kilomètres, était surtout connue pour son port qui accueillait des trafics d’héroïne, de bois précieux, d’ivoire et de rubis. Ces tractations bénéficiaient à l’élite locale, tandis que la population demeurait l’une des plus pauvres du pays et ressassait sa rancœur à l’encontre du parti au pouvoir, le Frelimo, et de l’ethnie des Makonde, qui avait dominé la lutte de libération contre la colonisation portugaise puis contre la Renamo.

L’engagement de Total

Depuis plusieurs années, des rumeurs faisaient état de l’implantation, au nord du Mozambique, de groupes islamiques qui avaient traversé la Tanzanie voisine et auraient été entraînés dans le lointain Kivu et plus particulièrement dans le parc des Virunga, mais ces informations ne suscitaient que dédain et scepticisme.

C’est en 2019 que l’engagement de la société française Total changea la donne. En 2010 en effet, les sociétés italienne Eni et américaine Anadarko avaient découvert au large de Cabo Delgado un immense gisement gazier. Total décida plus tard d’investir 20 milliards de dollars dans un immense projet de production et de liquéfaction de gaz naturel, prévoyant de déplacer des milliers d’habitants et de remodeler le visage d’un littoral longuement négligé.

Comme par hasard, c’est à ce moment que les attaques des “Shebaabs” (les jeunes) s’intensifièrent dans la province et que Mocimboa da Praïa devint le quartier général de la rébellion, obligeant Total à reporter, sinon annuler le début de ses activités. Alors que durant des siècles la côte swahilie avait été dominée par le soufisme, des jeunes ayant mené des études en Égypte, en Libye, au Soudan, en Arabie Saoudite avaient ramené au pays une idéologie plus radicale, s’inspirant du salafisme.

Assistance militaire

Craignant d’être débordé par ses voisins plus puissants, et en particulier l’Afrique du Sud, le président mozambicain, Filipe Nyusi, déploya sans succès les forces mozambicaines face aux combattants islamistes, refusant longtemps de faire appel aux forces armées de la SADC (Communauté des États d’Afrique australe). C’est avec reconnaissance qu’il accepta l’assistance militaire proposée par le président Kagame, qui invoquait la solidarité africaine.

Le premier succès engrangé par les RDF a marqué les esprits et, par la suite, les autres pays de la SADC ont eux aussi décidé d’engager leurs propres forces au Mozambique, les militaires rwandais se retrouvant ainsi aux côtés de troupes qu’ils avaient combattues durant les guerres du Congo.

Outre la solidarité africaniste, quel peut être l’intérêt de cet engagement pour le Rwanda ? Si le Mozambique se transforme en nouvel eldorado, les retombées économiques seront évidentes et, au lendemain de la réconciliation avec la France, il ne doit pas déplaire à Kigali d’obliger Paris et la multinationale Total. En outre, une présence en Afrique australe permet à Kigali de veiller sur ses propres intérêts sécuritaires : de nombreux opposants au régime évoluent au sud du continent, qu’ils soient héritiers des “génocidaires” de 1994 ou dissidents du Front patriotique, comme le très redouté général Kayumba, dont les troupes opèrent entre l’Afrique du Sud et la frontière entre le Rwanda et le Kivu, jusqu‘à l’Ouganda.

Poids diplomatique renforcé

Sur un autre front, la Centrafrique, l’intervention rwandaise relève de ce même cocktail de motivations : au départ, un contingent militaire rwandais fut incorporé à la Minusca (mission de l’ONU en Centrafrique), mais, bientôt, les Rwandais gagnèrent la confiance du président Touadéra jusqu’à devenir ses gardes du corps, ses hommes et femmes de confiance. Dans la foulée, des hommes d’affaires rwandais prirent pied à Bangui, intéressés par l’or et les diamants, tandis que les services de renseignements de Kigali surveillaient de près les rives du fleuve Oubangui voisines de la RD Congo, par où étaient passés en 1994 les réfugiés hutus en fuite dans la sous-région.

Professionnelle et disciplinée, l’armée rwandaise ne peut que bénéficier de ces interventions extérieures en termes d’entraînement, de familiarisation avec de nouveaux types d’armements, de relations commerciales, de sécurité. Présentées comme des manifestations de solidarité africaine, ces opérations qui bloquent la progression des djihadistes renforcent aussi le poids diplomatique d’un pays devenu le cinquième contributeur aux opérations de maintien de la paix de l’ONU et, après l’Éthiopie, le deuxième au niveau africain. Le succès de ces opérations permet aussi d’occulter les critiques qui portent sur les menées rwandaises au Congo, la surveillance et la répression des opposants, dans le pays et au-delà des frontières.

Colette Braeckman

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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 12:34
Déclaration du MLPC sur l'usage des mines anti personnelles
Déclaration du MLPC sur l'usage des mines anti personnelles

 

Le MLPC demande à la Minusca et au Gouvernement centrafricain de prendre leurs responsabilités au sujet de l'usage des mines anti personnelles 

Déclaration du MLPC sur l'usage des mines anti personnelles
Déclaration du MLPC sur l'usage des mines anti personnelles
Déclaration du MLPC sur l'usage des mines anti personnelles
Déclaration du MLPC sur l'usage des mines anti personnelles
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15 septembre 2021 3 15 /09 /septembre /2021 11:17
Paris retirera ses soldats si le Mali s’allie avec les russes
Paris retirera ses soldats si le Mali s’allie avec les russes

Lu pour vous

REVUE DE PRESSE AFRIQUE

C’est l’agence Reuters qui a lancé l’information ces derniers jours. Depuis, d’autres sources, notamment citées par Jeune Afrique, le confirment : « Depuis début septembre, un contrat est prêt à être signé entre l’État malien et une société militaire privée liée au groupe russe Wagner. Le document prévoit le déploiement de mercenaires dans le pays, en liaison avec l’armée malienne, et la protection de hautes personnalités. L’entreprise russe serait payée 6 milliards de FCFA, soit environ 9,1 millions d’euros. L’une des sources de Reuters évoque l’arrivée de 1 000 mercenaires, quand d’autres indiquent des chiffres un peu plus bas. Depuis plusieurs mois, rappelle Jeune Afrique, des envoyés du groupe Wagner se livraient à un intense lobbying auprès des autorités de la transition malienne, et en particulier de Sadio Camara, lequel s’était encore rendu en Russie en août dernier. Si Bamako a déjà signé en 2019 un accord de défense avec la Russie, ce contrat est en revanche le premier liant les autorités maliennes à une société militaire privée d’obédience russe. »

Propagande anti-française

« Pour des raisons politiques et économiques, la Russie cherche à reprendre pied en Afrique, pointe L’Informateur à Bamako. D’où son intérêt pour la Centrafrique, où, en échange de concessions minières, elle a envoyé des armes et des "instructeurs", en réalité des "mercenaires" de la société militaire privée Wagner. Et le tout accompagné d’une propagande anti-française. »

Et L’Informateur de s’interroger : « Qu’en sera-t-il pour le Mali, aidé par la France pour combattre les groupes terroristes ? »

En tout cas, poursuit le site malien, la France fait feu de tout bois sur le plan diplomatique pour contrer cet accord : « Paris craint que l’arrivée de mercenaires russes au Mali ne déstabilise davantage la région et compromette la lutte antiterroriste au Sahel au moment où la France cherche à transformer l’opération Barkhane en coalition internationale impliquant davantage ses alliés européens. »

Contre-offensive diplomatique de Paris

En effet, précise Le Point Afrique, le président Emmanuel Macron estime « incompatible » la présence militaire française et celle de mercenaires russes au Mali, assure-t-on de source proche de l’exécutif. « L’arrivée de paramilitaires russes constituerait une ligne jaune pour la France, déjà échaudée par un second coup d’État en un an au Mali, en mai dernier, et alors que Paris, conjointement avec la CEDEAO pousse avec difficulté la junte à tenir ses engagements à organiser des élections pour ramener des civils au pouvoir. »

Côté malien, relève L’Informateur, « un porte-parole de la junte au pouvoir à Bamako affirme ne pas être au courant d’un tel projet d’accord avec Wagner. "Ce sont des rumeurs. Les officiels ne commentent pas les rumeurs." Le porte-parole du ministère malien de la Défense déclare de son côté que "l’opinion publique malienne est favorable à une coopération accrue avec la Russie vu la situation sécuritaire", tout en assurant "qu’aucune décision n’a été prise sur la nature de cette coopération". »

Après la Françafrique, la Russafrique ?

« Après la Libye et la Centrafrique, les Popov lorgnent donc le Sahel via le Mali », s’exclame le quotidien Aujourd’hui à Ouagadougou. « Si toutes ces informations s’avéraient, cela signifierait donc qu’il faudrait aussi prêter foi aux miasmes russes qui auraient entouré le coup d’État du 18 août 2020. Mais Wagner, au Mali, au-delà des accusations de prédations, de non-respect des droits de l’homme, c’est aussi une estocade à la France dans son pré carré, après celui de la RCA, relève encore Aujourd’hui. La question que doivent se poser les Sahéliens est de savoir ce qu’ils gagneraient avec les Russes, car il faut cesser d’être naïf. Si la Russafrique devait être un pâle avatar de la Françafrique… alors ce sera kif-kif bourricot ! »

Le Mali a-t-il vraiment besoin des Russes ?

« Attention à ne pas jouer avec le feu ! », renchérit WakatSéra« En faisant débarquer dans la maison, des mercenaires qui n’ont aucune limite dans leurs actions… »

Et puis le Mali a-t-il vraiment besoin d’une aide extérieure ? s’interroge le site burkinabè. « Les sommes astronomiques qui serviraient à payer la société Wagner ne pourraient-elles pas permettre d’équiper davantage les soldats maliens et leur offrir des conditions de vie meilleures ? »

Enfin, se demande encore WakatSéra, « si tous ces colonels maliens, qui ont déserté les casernes, happés par les vertiges du trône, faisaient de la lutte contre l’agression du Mali leur devoir, le pays aurait-il encore besoin de confier sa sécurité et sa défense à des "instructeurs" budgétivores venus d’ailleurs ? »

 

PARIS MENACE DE RETIRER SES TROUPES SI LE MALI S’ALLIE AVEC LE GROUPE RUSSE WAGNER 

 Par Bamada.net 14/09/2021 

Paris menace de retirer ses troupes du Mali si le gouvernement malien signe un accord avec la société russe de sécurité privée Wagner. Le pouvoir malien serait prêt à accueillir des mercenaires russes chargés de former l’armée nationale et d’assurer la protection des dirigeants maliens.

Le gouvernement malien reconnaît que des discussions sont en cours.

Une coopération entre la junte au pouvoir au Mali et la société privée russe Wagner serait “incompatible” avec le maintien d’une force française dans ce pays, a averti le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Une intervention d’un groupe de ce type au Mali serait incompatible avec notre présence

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères

“C’est absolument inconciliable avec notre présence”, a estimé Jean-Yves le Drian. Le ministre s’exprimait devant la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. “Une intervention d’un groupe de ce type au Mali serait incompatible avec l’action des partenaires sahéliens et internationaux du Mali”, a-t-il ajouté.

De source française proche du dossier, la junte au pouvoir à Bamako étudie la possibilité de conclure avec Wagner un contrat sur le déploiement d’un millier de paramilitaires russes au Mali pour former ses forces armées (FAMA). Ces mercenaires devront également assurer la protection des dirigeants.

“Rien n’est signé” selon le gouvernement malien

Les autorités maliennes ont admis que des discussions avec le groupe russe étaient en cours, mais que “rien n’est signé”.

“Ils se sont illustrés dans le passé singulièrement en Syrie, en Centrafrique beaucoup avec des exactions, des prédations, des violations en tous genres (et) ne peuvent pas correspondre à une solution quelconque”, a affirmé le ministre français des Affaires étrangères.

“En Centrafrique, ça a provoqué une détérioration de la situation sécuritaire”, a-t-il insisté.

Ils (les mercenaires de Wagner) se sont illustrés dans le passé singulièrement en Syrie, en Centrafrique beaucoup avec des exactions, des prédations, des violations en tous genres (et) ne peuvent pas correspondre à une solution quelconque

Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères

La ministre des Armées, Florence Parly, a aussi asséné qu’un tel accord “serait extrêmement préoccupant et contradictoire” avec l’engagement militaire de la France au Sahel depuis huit ans.

Source :Maliweb.net

 

Après la Centrafrique, les mercenaires russes bientôt au Mali?

 

https://actucameroun.com/ 14 Sep 2021 par Marturin ATCHA

Le gouvernement malien serait sur le point de conclure un accord avec le groupe de sécurité privé russe Wagner, dont les militaires sont déployés en république centrafricaine, a révélé lundi Reuters.

Pour former ses militaires afin de mieux faire face à la menace sécuritaire, le gouvernement de transition au Mali a jeté son dévolu sur le groupe privé de sécurité russe Wagner. Selon l’Agence Reuters qui évoque des sources diplomatiques, un accord serait proche entre l’entreprise de sécurité russe Wagner et les autorités maliennes.

En effet, plus de 1000 mercenaires russe pourraient bientôt à Bamako pour former les soldats de l’armée et assurer la protection des autorités maliennes, assure le média indiquant que Wagner toucherait 6 milliard de francs CFA par mois pour ce travail de formation. Ce montant correspond à un peu moins de 10 millions d’euros.

Le groupe de sécurité privé Wagner est dirigé par Yevgeny Prigozhin, un proche du président russe Vladimir Poutine. L’arrivée de mercenaires russes comparable à ce qui s’est passé en République centrafricaine constitue une menace pour l’influence française au Mali.

 

La société militaire privée russe Wagner ira-t-elle au Mali ? 

Ouestfrance.com Mardi 14 septembre 2021 17:572

L’arrivée de cette sulfureuse société déjà présente en Centrafrique inquiète Paris qui a déjà décidé de redéployer une partie de son dispositif militaire au Sahel.

Sollicité par l’AFP, le ministère malien de la Défense a admis mener des pourparlers avec le Groupe Wagner, la sulfureuse société militaire privée russe (SMP) déjà présente en RCA depuis 2018, au grand dam de Paris.

Wagner, faux nez de Moscou ?

La présence de cette société militaire privée russe a été signalée (et parfois confirmée) en RCA, au Soudan, au Mozambique, en Libye, à Madagascar, en Syrie, en Ukraine, au Venezuela. Créée en 2014, elle propose des prestations de formation, de sécurité et de protection rapprochée, d’encadrement de forces de sécurité étrangères.

Toutefois, l’implication directe de ses personnels dans des opérations de combat a aussi été signalée, en particulier en RCA et en Syrie. Ce qui tranche avec les prestations actuelles des ESSD comme on préfère les appeler en France (ESSD, pour entreprises de services de sécurité et de défense) qui vont de la formation au renseignement, en passant par le soutien médical, la sécurité, le déminage, la logistique et le MCO. Or, des SMP russes, mais aussi turques, n’hésitent plus à engager leurs personnels dans des actions offensives et à leur faire mettre en œuvre des forces létales.

Sur l’histoire de Wagner et sa création, on lira un article paru le 27 avril 2021 dans Newsline Magazine sous la plume de Ruslan Trad. Il est titré : « The Soviet Origins of Putin’s Mercenaries Methods perfected during the occupation of Afghanistan are now in wide use among Russia’s corporate guns for hire. » En dépit des dénégations de Moscou, cet article établit les liens forts qui unissent cette SMP et le pouvoir russe. Malgré tout, le Kremlin se refuse toujours à faire reconnaître ce type de sociétés par le Parlement russe.

On lira aussi l’étude de l’Institut français des Relations internationales (Ifri) sur le rôle des sociétés militaires privées (SMP) russes en Afrique. Cette étude analyse le déploiement de Wagner en RCA, au Mozambique et en Libye.

Inquiétudes tricolores

De source française proche du dossier, la junte au pouvoir à Bamako étudierait bien la possibilité de conclure avec Wagner un contrat pour le déploiement d’un millier de paramilitaires au Mali avec pour mission de former ses forces armées (FAMa) et assurer la protection des dirigeants. Un contrat à l’image de celui signé entre le pouvoir centrafricain d’une part et la SMP russe et sa filiale locale Sewa Security Services (SSS) d’autre part.

Une source sécuritaire ouest-africaine a, de son côté, affirmé à l’AFP que Wagner négociait pour arriver en force au Mali, moyennant finances et avec des contreparties minières.

Toutes ces sources confirment des informations initialement révélées par l’agence Reuters. L’agence britannique affirme que selon quatre sources, le groupe Wagner serait payé six milliards de francs CFA (environ 9,15 millions d’euros) par mois pour ses services. L’accord pourrait également garantir à la société russe l’accès à trois gisements miniers, deux d’or et un de magnésium. Ce qui rappelle encore le scénario centrafricain et fait craindre une mainmise russe sur un pan minier de l’économie malienne.

Rapprochement avec Moscou

Par ailleurs, la junte malienne a multiplié les signes de rapprochement avec la Russie. Le ministre de la Défense Sadio Camara était à Moscou le 4 septembre 2021. Un responsable du ministère malien de la Défense a indiqué que cette visite s’inscrivait dans le cadre de la coopération et de l’assistance militaire, sans plus de précisions. Le ministère russe de la Défense a évoqué de son côté un entretien entre le vice-ministre russe, Alexandre Fromine, et Sadio Camara, consacré à des projets de coopération militaire et aux questions de sécurité en Afrique de l’Ouest.

On notera que Sadio Camara, alors colonel, revenait d’une formation d’un an au Collège militaire supérieur de Moscou lors du putsch de 2020 auquel il a pris une part active.

Déploiement, redéploiement…

Si l’arrivée de Wagner se concrétisait, un redéploiement plus rapide et plus important des troupes françaises du Mali vers le Niger voisin serait étudié, selon une source de l’AFP. D’autant qu’en cas d’intervention russe au Mali, s’alarme-t-on en France, les États-Unis arrêteraient tout sur place, privant la France de moyens cruciaux (ravitaillement et renseignement) pour ses opérations au Sahel.

Philippe CHAPLEAU.    Ouest-France

 

Mali : qui sont les miliciens russes du groupe Wagner qui se rapprochent de la junte ?

https://www.france24.com/ 14/09/2021 - 23:11

Alors que la France a annoncé cet été la réduction de sa présence militaire au Mali, les autorités maliennes seraient en passe de signer un accord avec le groupe paramilitaire russe Wagner. Le Mali confirme des pourparlers en cours. Qui sont ces miliciens russes, appartenant à une société privée mais proches du Kremlin ?

L'ONG Amnesty international l'appelle "l'armée secrète de Vladimir Poutine". Fort de 2 500 à 5 000 mercenaires, le groupe de sécurité russe Wagner serait en passe de signer un accord avec la junte malienne, selon Reuters. 

Seule certitude, le ministère malien de la Défense a admis, mardi 14 septembre, auprès de l'AFP mener des pourparlers avec cette société militaire privée, tout en insistant sur le fait qu'"à ce stade, rien n'a été signé". L'éventuel recours à la sulfureuse société pourrait déboucher sur le déploiement d'un millier de paramilitaires russes au Mali si ce rapprochement est confirmé.

L'arrivée de ces troupes pourrait remettre en cause l'engagement de la France au Mali, où ses militaires combattent les groupes jihadistes depuis huit ans.

Apparu pour la première fois aux côtés des sécessionnistes du Donbass en Ukraine en 2014, Wagner n'a pas d'existence légale en Russie, où les sociétés militaires privées sont interdites. Mais la présence du groupe a été documentée avec les troupes de Bachar al-Assad en Syrieen Libye aux côtés des forces du maréchal Khalifa Haftar ou encore comme "instructeurs" en Centrafrique et ailleurs. Des médias occidentaux ont également fait état d'une présence au Mozambique, mais aussi au Soudan lors des répressions de manifestants anti-Omar el-Béchir en 2019.

Soupçonnés d'exaction en République centrafricaine

En République centrafricaine, explique Clément Di Roma, le correspondant de France 24 à Bangui, "le groupe Wagner est implanté depuis plusieurs années". "Officiellement, Moscou a déployé des instructeurs russes dans le pays depuis 2018 pour former l'armée nationale mais derrière, c'est la société de mercenariat privé qui opère, selon des experts des Nations unies", rappelle le journaliste. Un groupe d'experts de l'ONU s'est alarmé dès le mois de mars du recrutement par le gouvernement de la République centrafricaine de sociétés militaires et de sécurité privées étrangères, opérant aux côtés des forces gouvernementales et accusées de multiples exactions. 

Le groupe Wagner en République centrafricaine

"Depuis la crise électorale en décembre 2020 puis l'attaque des rebelles sur Bangui, l'État centrafricain a reçu de nombreux renforts de la société Wagner. Jusqu'à 2 000 mercenaires seraient présents. Ils combattent encore aux côtés de l'armée nationale en région et depuis janvier, ils ont repoussé la coalition rebelle vers les frontières au nord du pays. En juin, les experts de l'ONU envoyés ici parlaient de pillages, d'assassinats aveugles, de recours à la force excessive en pointant du doigt les forces nationales, leurs alliés russes et aussi les troupes rebelles", détaille Clément Di Roma. Le rapport onusien, paru fin juin, évoque en effet des "violations des droits de l'Homme et manquements au droit international humanitaire".

Toutefois, rappelle le correspondant de France 24, la Russie et le gouvernement centrafricain nient toute participation russe dans les opérations des forces nationales. 

Un milliardaire proche du Kremlin 

Le groupe Wagner, avec qui Moscou dément tout lien, est pourtant suspecté d'appartenir à un homme d'affaires proche du Kremlin, Evgueni Prigojine. Ce milliardaire de Saint-Pétersbourg, au passé de prisonnier pour banditisme, a fait fortune dans la restauration haut de gamme, puis en fournissant les cantines de l'armée russe. "Propriétaire de restaurants de luxe fréquentés en 2000 par Poutine", il devient "le traiteur officiel du Kremlin", raconte l'ONG Amnesty international qui publie un rapport sur le groupe paramilitaire. "Il utilise la rente pour bâtir un empire de communication et de médias que le FBI accuse, en 2016, d'avoir influencé l'élection présidentielle américaine en faveur de Donald Trump à travers son usine à trolls, la fameuse Internet Research Agency. Il se diversifie enfin dans l'exploitation minière, gazière et pétrolière en Afrique et au Moyen-Orient", indique l'ONG. 

Un recruteur pour le groupe Wagner interviewé par France 24 en 2018 lors d'une enquête sur cette mystérieuse organisation avait avoué, à demi-mot, travailler pour l'État russe. "L'objectif principal de toute entreprise militaire privée est de défendre les intérêts de son gouvernement s'il ne peut pas utiliser son armée régulière. Nos objectifs se sont des revenus financiers et la possibilité de prendre le contrôle d'un grand marché de ressources pétrolières pour notre pays", expliquait l'homme à la tête de l'un des ces groupes privés, connecté à Wagner.

Selon Amnesty international, l'organisation tire son nom d'un lieutenant-colonel du renseignement militaire russe passé au privé, un certain Dimitri Outkine, nostalgique des nazis, qui "s'est choisi pour nom de guerre 'Wagner' en hommage au compositeur préféré d'Adolf Hitler".

Une plainte déposée en Russie pour torture en Syrie

Amnesty international, mais aussi d'autres ONG des droits humains comme la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) ou l'association russe Memorial, accusent la société Wagner de commettre des tortures, des exécutions ou des viols contre des civils, dans des zones de conflit.

Pour la première fois, une plainte a été déposée en Russie le 15 mars par trois ONG, dont la FIDH. Elles accusent des membres de l'organisation Wagner d'avoir torturé et décapité un déserteur supposé de l'armée syrienne, en 2017, alors qu'ils se trouvaient en Syrie. Dans une vidéo du meurtre, révélée dès 2018 par le journal russe indépendant Novaïa Gazeta, on voit des hommes parlant russe frapper leur victime avec un marteau puis le démembrer, finissant par l'asperger d'essence et mettre le feu à son corps tandis que sa tête était suspendue à un poteau. 

Depuis, la Novaïa Gazeta a été gravement menacée et la plainte est restée pour le moment sans suite.

Avec AFP et Reuters

 

 

Les mercenaires russes du groupe Wagner seraient bientôt présents au Mali

https://mondafrique.com/ By La rédaction de Mondafrique 15 septembre 2021

Les mercenaires russes de la société privée Wagner seront-ils bientôt actifs au Mali ? Oui, selon l’agence de presse britannique Reuters, qui affirme que des négociations entre les autorités de transition et le groupe Wagner sont en cours et même « proches de conclure ».

Le groupe Wagner est déjà présent en Afrique, où ses exactions ont été révélées par des organisations de défense des droits de l’homme. Au Mali, en revanche, ce serait une première et cela, dans un contexte de désengagement français avec la fin annoncée de l’opération Barkhane et la réduction des effectifs militaires français dans le pays

Wagner, « les clandestins » de Poutine

Formé en 2014 en Ukraine et détenu par l’homme d’affaires Yevgeny Prigozhin, le groupe Wagner est intensément impliqué dans plusieurs conflits non seulement en Ukraine mais aussi à travers le monde, du Moyen-Orient à l’Amérique latine. La présence la plus connue du groupe a cependant eu lieu en Syrie et en Libye, où la Russie a activement participé à la guerre civile et aurait utilisé le groupe Wagner comme mandataire dans la région. Bien que la Russie ne reconnaisse officiellement aucune coopération avec le groupe Wagner, les rapports sur le terrain prouvent le contraire.

Après sa fondation initiale en 2016, il a été signalé que le groupe comptait 1 000 employés, ce qui a rapidement culminé à 6 000 en 2017. Le groupe aurait des bureaux en Argentine, à Saint-Pétersbourg et à Hong Kong.

Bien que les employés de la société ne soient pas autorisés à prendre et à publier des photographies ou des enregistrements vidéo ou à partager leur emplacement, il existe de nombreux rapports sur la présence du groupe dans divers pays, qui sont souvent témoins de controverses.

Dernièrement, les sites où la présence de Wagner a été signalée s’étendent de la Libye à (presque) tout le continent africain, où le groupe serait non seulement impliqué dans les conflits en entraînant des armées, mais exploite également des sociétés minières et de cybersécurité.

Certains des pays africains qui auraient une présence Wagner sont le Soudan, la République centrafricaine (RCA), le Zimbabwe, l’Angola, Madagascar, le Soudan, la Guinée, la Guinée Bissau, le Mozambique et (très probablement) la République démocratique du Congo.

Il est rapporté que Wagner (et ses sociétés annexes) ont certains privilèges et droits dans ces pays d’utiliser et de bénéficier des ressources naturelles de ces pays et de fournir en retour des armes, de la technologie et des services militaires.

Libye: le terrain de jeu de Wagner

En Libye, la Russie a soutenu le putschiste général Khalifa Haftar dans sa lutte pour s’emparer du pouvoir du gouvernement d’accord national (GNA) reconnu par l’ONU à Tripoli.

Le 24 juillet 2020, le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a accusé la Russie de « jouer un rôle inutile en Libye en livrant des fournitures et des équipements au groupe Wagner».

Le groupe Wagner compte 2 000 personnes en Libye, selon le commandement. Actuellement, le groupe a des bases dans les villes de Syrte et Jufra.

L’année dernière, les États-Unis ont également imposé des sanctions à trois personnes et à cinq entités liées au groupe Wagner après avoir accusé le groupe de mercenaires d’avoir posé des mines à Tripoli et dans ses environs.

Pendant le processus de conflit, des mercenaires et des armes étrangères ont afflué dans le pays depuis que Haftar a lancé son offensive contre la capitale Tripoli.

Malgré la date limite pour le départ des mercenaires étrangers de Libye en vertu d’un cessez-le-feu d’octobre passé le mois dernier, les appels à accélérer le processus se poursuivent car aucun mouvement n’a été annoncé ou observé sur le terrain.

Centrafrique (RCA): le paradis de Wagner

En RCA, où il y a eu des tensions internes depuis 2013, on suppose que la Russie a renversé la France en tant que puissance étrangère dominante dans le pays grâce à la présence du groupe Wagner.

On estime qu’il y a aujourd’hui environ 450 mercenaires Wagner dans le pays, qui opèrent en tant qu’entraîneurs militaires depuis 2018. Selon un site Web appelé «The Africa Report», il y a actuellement plus d’un millier de «formateurs militaires» en RCA.

Wagner agit en tant que fournisseur de sécurité dans le pays et joue un rôle majeur dans la formation des gardes présidentiels et de l’armée.

Cependant, le groupe protège également les mines d’or et de diamant de la RCA et confisque une partie des revenus perçus via ces mines.

Actuellement, les mercenaires du groupe Wagner sont situés dans le palais de Berengo, qui était autrefois le quartier général de Jean-Bedel Bokassa, alors empereur autoproclamé, et qui a maintenant été transformé en base militaire.

Soudan: le visage «  protecteur  » de Wagner

Au Soudan, on sait que le groupe Wagner a effectué des recherches de sites miniers via ses sociétés satellites «Meroe Gold» et «M Invest» en 2017.

Le groupe a également dispensé une formation militaire aux militaires soudanais. Les mercenaires seraient présents dans tout le Soudan, de Khartoum au Darfour. Il est également connu qu’il transfère régulièrement des armes et du personnel du Soudan vers la RCA, ce qui est supposé être l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis ont sanctionné M Invest en juillet 2020.

Le Groupe Wagner est d’abord entré au Soudan après que le président soudanais Omar el-Béchir a exprimé son besoin de protection contre les «actions agressives» des États-Unis au président russe Vladimir Poutine. Depuis lors, même après le renversement d’al-Bashir en 2019, Wagner s’est rangé du côté du gouvernement soudanais contre le Soudan du Sud.

Actuellement, on estime qu’il y a environ 300 mercenaires Wagner au Soudan.

Mozambique: le défi de Wagner

Au Mozambique, des mercenaires Wagner opèrent depuis 2018, notamment sous prétexte de lutter contre Daech. Contrairement à d’autres pays, le Mozambique est connu pour être un défi pour Wagner car il a de fortes pluies et des forêts sauvages, qui ont causé la mort d’au moins 10 mercenaires. Actuellement, on estime qu’il y a environ 160 à 300 mercenaires russes au Mozambique.

Wagner aurait investi 60 milliards de dollars dans le pays pour tenter de tirer parti des ressources en gaz naturel. Dans la politique mozambicaine, certains partis politiques accusent les mercenaires russes de Wagner d’avoir lancé des activités de sabotage, ce qui est une affirmation fortement démentie par le Kremlin.

De nombreux experts affirment que de telles activités font partie de la vision géostratégique du Kremlin en Afrique.

En août 2020, un rapport secret du ministère allemand des Affaires étrangères affirmait que la Russie prévoyait d’intensifier sa coopération militaire avec les pays africains dans le cadre de sa nouvelle stratégie pour l’Afrique, y compris la construction de bases dans six pays. Le document classifié sur ce qu’il appelle «les nouvelles ambitions de la Russie en Afrique» indique que Poutine a fait de «l’Afrique une priorité absolue».

En outre, a-t-il déclaré, le Kremlin était « contractuellement assuré » qu’il « serait autorisé à construire des bases militaires dans six pays », à savoir la RCA, l’Égypte, l’Érythrée, Madagascar, le Mozambique et le Soudan. Mais la Russie ne vise pas seulement un déploiement permanent de ses troupes en Afrique, mais elle s’appuie également de plus en plus sur des armées privées ou des groupes mandataires comme le groupe Wagner, selon le rapport.

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