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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 18:57
Tchad : l’école officielle sur le site des retournés de la RCA est dépourvue des structures d’accueil

 

Lu pour vous

 

https://tchadinfos.com https://tchadinfos.com  24 octobre 2019 14:35 par Alexis Beramgoto

 

EDUCATION – L’école des retournés de la Centrafrique installés à Gaoui est loin d’être classée parmi les écoles. Cet établissement est manqué de tout ce qu’on appelle équipement scolaire pour encadrer ses élèves. Cette situation a retenu l’attention de Tchadinfos.com.

Soucieux de l’éducation de leurs progénitures, les retournés de la guerre de la Centrafrique ont créé une école dans le camp de Gaoui qui les a accueillis. Elle est située à la sortie nord-est de la capitale tchadienne.

À sa création, l’école des retournés possédait quatre salles de classe. Mais de nos jours, les salles ne sont restées que deux. Elles sont réparties en deux sections bilingues dont une salle qui forme les élèves arabophones et une francophone. Une salle possède en moyenne une trentaine d’élèves chacune.

Le manque des accessoires oblige les responsables de cet établissement à étaler une petite de natte de moins de 2 mètres pour accueillir les élèves. Cette natte est trouée partout et juxtaposée par des fils d’attache. Pour ces élèves, il faut venir tôt pour profiter d’une petite place sur cette natte. Difficile pour un enseignant de s’asseoir. Il est obligé de se tenir debout de 7h à 12h par manque d’espace pour s’installer.

Comme dans toute salle de classe, il faut une petite allée pour permettre à l’enseignant de circuler dans la salle afin de surveiller les élèves. Mais ce qui n’est pas le cas dans cette école, la circulation du maître est limité. Il ne peut que se déplacer de la porte d’entrée au tableau.

Pour le tableau, cette école n’a tout sauf un tableau. Un petit panneau en bois est accroché au mur permettant à l’enseignant d’écrire l’essentiel sur ce qui tient lieu de tableau de moins de 1 mètre carré. La majeure partie du cours est dispensée oralement comme dans une école coranique. L’enseignant est obligé de faire réciter les cours que d’écrire au tableau.

Selon nos informations, le corps humanitaire en charge des réfugiés affirme avoir quitté le lieu. Certains retournés auraient trouvé des maisons dans des quartiers pour leur installation définitive. Donc il a été décidé que ce site soit fermé mais le ministère de la femme qui aurait la gestion de ce camp.

Cette précarité n’a pas démotivé les enseignants de renoncer à leur engagement dans la formation des enfants. Les élèves de leur côté ont dressé un cahier de doléance aux associations et organisations de voler à leur secours.

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 18:43
 Le pape prêt à faire une croix sur le célibat des prêtres

 

Lu pour vous

 

Par Bernadette Sauvaget, envoyée spéciale à Rome Libération — 23 octobre 2019 à 21:01

 

Pour lutter contre la pénurie de curés en Amazonie, deux sujets sont débattus jusqu’à samedi au Vatican : l’ordination d’hommes mariés et l’attribution de «ministères» aux femmes. Une révolution au sein de l’Eglise catholique, qui pourrait inspirer d’autres épiscopats.

 

Plumet rouge sur le casque, les deux gardes suisses montent imperturbablement la garde devant le hall d’entrée de la salle du synode, au Vatican. Quand passent les cardinaux, évêques et experts, ils exécutent une sorte de salut militaire. Le geste est bref mais soigné. Le catholicisme vit ces jours-ci au Vatican un moment historique car il débat de deux questions qui étaient jusqu’à présent de véritables tabous : l’accès à la prêtrise d’hommes mariés et les «ministères» féminins, autrement dit le rôle officiel que l’on pourrait attribuer aux femmes. Que la discussion ait lieu est en soi une révolution culturelle tant le célibat des prêtres et le pouvoir masculin structurent l’Eglise catholique. Aucune autre religion - et même confession chrétienne - n’impose de telles règles à ses ministres du culte. «C’est l’effet François, estime un expert du Vatican. Ce pape a libéré la parole.» A terme, il n’est donc plus exclu que les femmes puissent être ordonnées diacres, le grade juste en dessous de prêtres. Elles pourraient, par exemple, procéder à des baptêmes et célébrer des enterrements. Mais pas la messe, cérémonie centrale dans la piété catholique. Que des hommes mariés (des viri probati dans le latin de l’Eglise : des hommes expérimentés et exemplaires) deviennent, eux, prêtres pourrait être autorisé. Prudent, François a quand même limité (pour le moment) ces deux options à l’Amazonie. Mais c’est une brèche dans laquelle d’autres pourraient s’engouffrer…

Depuis le 6 octobre et jusqu’à samedi se tient donc un synode (c’est-à-dire une assemblée extraordinaire) centré sur les problèmes de l’Amazonie. Voulu par François, c’est un concentré de son pontificat, mettant en avant les priorités qu’il s’est données : l’écologie, la défense des minorités (les droits des peuples indigènes en l’occurrence), une critique virulente d’une économie mondiale prédatrice fabriquant de la pauvreté et des désastres écologiques. Une critique aussi de son Eglise qu’il juge trop cléricale, trop mondaine et pas suffisamment proche des pauvres.

Concurrence des évangéliques

Mais pourquoi débattre de l’ordination d’hommes mariés et des ministères féminins au synode sur l’Amazonie ? A cause du manque criant de prêtres en fonction sur cet immense territoire. Et du rôle éminent qu’y jouent les femmes dans l’animation des communautés catholiques, comme le catéchisme auprès des enfants, les discussions sur l’Evangile. Ce qui de fait mériterait, au minimum, reconnaissance. Sur place, le contingent des missionnaires occidentaux a chuté drastiquement, laissant un grand vide. «70 % à 80 % des communautés chrétiennes souffrent d’un manque d’accès aux sacrements», expliquait, il y a quelques semaines, le cardinal brésilien Claudio Hummes, rapporteur du synode, fidèle parmi les fidèles du pape François. Un des participants aux débats remarquait également que des régions grandes comme la moitié de l’Italie ne disposaient que d’une soixantaine de prêtres. «Nous assistons à une véritable déforestation de la culture catholique», estime un expert.

Si l’Eglise catholique veut maintenir sa présence en Amazonie, elle est donc condamnée à trouver des solutions audacieuses. Dans la région amazonienne, à l’instar d’une grande partie de l’Amérique latine, le catholicisme fait aussi face à une très rude concurrence des évangéliques. L’enjeu est de taille : à terme, l’Eglise catholique est menacée dans son statut de religion majoritaire. «C’est un défi», reconnaît, du bout des lèvres, l’un des assistants au synode. La question est donc cruciale. Certes, elle n’est pas abordée de front (sans doute pour ne pas donner l’impression de déclarer ouvertement la guerre aux évangéliques) mais elle est en filigrane des discussions. Là aussi, c’est une première pour le catholicisme. Comment peut-il contenir la montée en puissance des évangéliques ? Quant au manque criant de prêtres, la situation de l’Amazonie n’est pas, en soi, une exception. C’est ce qu’a fait remarquer le cardinal autrichien Christoph Schönborn pendant le synode. Des pays comme la France sont sur le point de connaître une chute drastique du nombre de curés catholiques. Dans l’Hexagone, les zones rurales en sont déjà largement dépourvues. Mais l’épiscopat français est loin d’être en pointe sur la question de l’ordination de prêtres mariés, contrairement à l’Allemagne ou à la Belgique, où les évêques suivent de très près ce qui se joue à Rome ces jours-ci.

«La porte est toujours ouverte»

Le pape et ses alliés (des cardinaux latino-américains mais aussi européens tel que l’Allemand Reinhard Marx) envisagent l’Amazonie comme une sorte de laboratoire. Mais il reste peu de temps au jésuite argentin, élu en mars 2013 et qui fêtera ses 83 ans le 17 décembre. «Nous avons encore deux ans pour faire nos révolutions», affirmait, il y a peu, un cardinal latino-américain, l’un de ses proches conseillers. Sur l’affaire des viri probati et des ministères féminins, le pape est prudent. Et en bon jésuite, il avance sans dévoiler toutes ses cartes. Début 2019, dans l’avion qui le ramenait des Journées mondiales de la jeunesse qui avaient eu lieu au Panamá, il avait pris garde d’affirmer son attachement personnel à la discipline du célibat. «Je crois que c’est un don pour l’Eglise», disait-il. Et d’ajouter aussitôt : «Comme ce n’est pas un dogme de foi, la porte est toujours ouverte.»

L’ordination d’hommes mariés est un énorme casus belli au sein du catholicisme. Majoritairement, les prélats y sont plutôt opposés. Les rangs conservateurs, déjà très critiques à l’égard de ce pontificat qu’ils trouvent politiquement trop à gauche, se sont déjà braqués. Les ennemis de François voulant encore croire que cela ne se ferait pas. Au cours des discussions à Rome, le pape a pris la mesure de l’opposition de la curie romaine. Plusieurs cardinaux qui assistent au synode se sont déclarés contre l’ordination d’hommes mariés y compris du côté des alliés de François, comme le Ghanéen Peter Turkson à qui il a confié un dicastère (un ministère) chargé du développement humain intégral… une création du pape.

Le synode sur l’Amazonie qui va finaliser son document samedi, n’a pas la latitude de prendre la décision mais de faire des propositions au pape. La balle sera ensuite dans son camp. Son homélie, qu’il prononcera à la messe de clôture dimanche, est pour le moins très attendue. Lui-même formalisera ses décisions au printemps. A ce moment-là, les évêques allemands auront déjà entamé leurs discussions.

Effet cliquet

A Rome, plusieurs observateurs soufflent que le pape hésite encore à franchir le pas à cause d’un risque de schisme. Fin politique, le jésuite argentin pourrait plutôt donner le change pour ne pas trop braquer ses opposants, laissant croire qu’il réfléchit encore, tant la révolution des hommes mariés bousculerait l’Eglise catholique. Quoi qu’il en soit le dispositif semble prêt pour qu’il y ait un effet cliquet. En clair, que d’autres épiscopats ne fassent, à leur tour, leur révolution après l’Amazonie. Mais de toute évidence pas en France… Du moins pas avant longtemps ! «L’ordination d’hommes mariés serait un acte décisif, conclut sous couvert d’anonymat un théologien français, très au fait des arcanes du Vatican. Car il ferait entrer le pontificat de François dans l’histoire.»

 

Bernadette Sauvaget envoyée spéciale à Rome

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 01:27
Centrafrique : Le député Martin Ziguele plaide pour l’usage de la force contre Ali Darass

 

 

Martin Ziguele appelle les garants et facilitateurs de l’Accord de paix de Khartoum à une action musclée Ali Darass, de réduire ses capacités militaires et déclencher contre l’UPC un désarmement forcé pour ainsi garantir la sécurité des populations de Bambouti et d’autres régions sous sa coupe en détresse.

Dans un communiqué signé le 30 septembre dernier, le Chef rebelle de l’UPC et ministre conseiller en charge des USMS du Centre Est, Ali Darass a justifié le déploiement de ces hommes à Bambouti dans le Haut-Mbomou prétextant qu’il y va là-bas pour préparer la transhumance parce qu’on est au mois d’octobre et sensibiliser la population sur l’Accord de Khartoum. Depuis que ces hommes de main sont arrivés dans la région, ceux-ci commencent à commettre des exactions contre les centrafricains habitants ces confins extrêmes de la République.

Pour Martin Ziguele, c’est encore une farce de ce chef de guerre pour humilier le Peuple Centrafricain, « Ali Darass est dans une démarche d’humiliation du peuple centrafricain dans sa totalité. L’accord de paix a dit qu’après sa signature les groupes armés ne devraient plus sortir des périmètres dans lesquels ils se trouvaient le jour de la signature. Et maintenant, il va carrément occuper depuis hier Bambouti et depuis un certain nombre de jour, nos compatriotes ont complètement fui la ville », et face à cela, « nous demandons solennellement aux garants et facilitateurs de frapper militairement Ali Darass pour le ramener dans le périmètre qu’il occupait le jour de la signature de l’Accord et de déclencher contre l’UPC un processus de désarmement forcé », a souhaité le Président du Mouvement pour la Libération du Peuple Centrafricain (MLPC).

Lors de sa conférence de presse mercredi 23 octobre 2019, la MINUSCA a été interpellée par plusieurs organes de presse sur la situation à Bambouti, suite au déploiement d’éléments armés de l’UPC dans cette localité à l’est d’Obo, près de la frontière avec le Sud-Soudan. Tout en soulignant que la MINUSCA accompagne la situation de près, le porte-parole a condamné la démarche de l’UPC qui viole l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en RCA (APPR-RCA) et précisé que les ruses et autres manœuvres ne seront pas tolérées.

« Concernant Bambouti, dans le cadre de son mandat, la MINUSCA met en garde l’UPC contre toute violence sur la population civile alors que ce groupe armé a fait savoir qu’il a envoyé ces éléments dans la région. La MINUSCA suit de près la situation dans cette localité à l’extrême sud-est du pays et précise que les ruses et autres manœuvres ne seront pas tolérées. La MINUSCA, l’Union Africaine et a CEEAC doivent communiquer sur la situation que nous suivons dans cette localité », a fait savoir Vladimir Monteiro, Porte-Parole de la mission onusienne en Centrafrique.

Dans un communiqué publié ce mardi, le porte-parole du gouvernement centrafricain, Ange-Maxime Kazagui, a condamné cette situation, indiquant que l’accord de paix signé le 6 février dernier, dont Ali Darassa est signataire, interdit tout mouvement des hommes armés au-delà de leur position au moment de la signature dudit accord.

« Le gouvernement y voit un acte de provocation de la part de M. Darassa et interpelle les garants de l’accord de paix pour une fermeté à l’endroit d’Ali Darassa », lit-on dans ce communiqué.

Pour rappel, Ali Darass avait dans une note évoqué les mêmes raisons pour justifier l’envoi de ces hommes à Mingala et depuis ce jour, les habitants de Mingala et des villages environnants sont dans la tourmente à cause des exactions des hommes de l’UPC contre elles.

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 01:23
RCA : ATTAQUE DE BAMBOUTI PAR l'UPC : DECLARATION DES DEPUTES DU HAUT-MBOMOU
RCA : ATTAQUE DE BAMBOUTI PAR l'UPC : DECLARATION DES DEPUTES DU HAUT-MBOMOU

 

 

Le 17 octobre 2019, la ville de Bambouti, située à l’extrême Est de notre pays, à la frontière avec le Sud Soudan, a été attaquée par des éléments se réclamant de l’UPC d’ALI DARRAS, Chef rebelle bien connu, qui est un sujet Nigérien.

Cette attaque intervient après celle de Zémio, ayant entrainé le déplacement massif de 52 000 personnes vers la République Démocratique du Congo (RDC).

En ce moment, la ville d’Obo est encerclée par les éléments, asphyxiée et risque de tomber dans les heures qui viennent.

Ces différentes attaques qui sont perpétrées sur les paisibles populations du Haut-Mbomou dans l’indifférence totale du Gouvernement, trahissent un plan machiavélique, destiné à installer d’autres populations majoritairement étrangères en lieu et place des populations autochtones. Pour preuve, la récente publication d’une du même ALI DARRAS, qui dévoile ses intentions, sans réaction à ce jour du Gouvernement encore moins de la MINUSCA.

C’est avec indignation que les populations du Haut-Mbomou, constatent leur abandon par la République depuis l’indépendance, avec l’absence d’écoles, de routes et d’implication dans la conduite des affaires de l’Etat et l’indifférence de l’Etat face aux exactions de la LRA.

Face à cette situation, les populations du Haut-Mbomou, réaffirmant leur attachement à la République, attirent l’attention du gouvernement, du Peuple Centrafricain et de la communauté internationale, des risques de génocide dans cette partie de notre pays et de la possible récupération par des extrémistes face au vide laissé par l’Etat.

Fait à Bangui le 23 octobre 2019

Ont signé :

Honorable Ernest MIZEDIO, Député d’OBO 1

Honorable Lambert AVORLOU, Député de DJEMAH

Honorable Jean-Bernard GBISSIGUI, Député de BAMBOUTI

Honorable Martin DALOU WAMBOLI, Député de ZEMIO

Honorable Albert GUINIMONGUIMI, Député d’OBO 2

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 01:13
RCA : situation toujours alarmante pour de milliers des déplacés fuyant les violences à Birao.

 

 

Bangui 23 octobre 2019 , 5:59 (République centrafricaine) – Depuis le 1er septembre, des combats entre groupes armés ont provoqué des déplacements massifs de la population à Birao, au nord-est de la République centrafricaine.

 « Il a suffi d’une heure, une heure seulement, pour qu’on doive repartir à zéro dans la vie », raconte cet ancien enseignant, qui a tout perdu le 1er septembre en fuyant sa maison dans la précipitation. Plus de 25 000 personnes, la quasi-totalité des habitants de la ville, ont dû fuir leurs maisons, certaines pillées ou incendiées, pour rejoindre des camps de déplacés de fortune, dénuées de tout.

« Les populations n’aspirent qu’à une vie digne et en toute sécurité. Elles doivent être protégées et préservées des conséquences des violences et des confrontations armées. Il est plus que temps de rompre ce cycle de violences qui les enferme dans une précarité sans aucune lueur d’espoir », appelle Valérie Petitpierre, Cheffe de délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en République centrafricaine.

 Des besoins humanitaires immenses sur fond de psychose

Dans les deux principaux camps où elles ont trouvé refuge, les personnes déplacées dépendent de l’aide humanitaire pour survivre. « Il faut pourvoir à tous les besoins : nourriture, eau, abri, installations sanitaires. C’est une ville entière qui s’est vidée de sa population en quelques jours », explique Célestin Sikubwabo, délégué du CICR, à son retour de Birao, où il a coordonné l’intervention humanitaire de l’institution.

Plus que tout, les personnes déplacées ont besoin de sécurité. Personne ne songe à retourner en ville : la psychose est réelle, et la population vit au rythme des rumeurs de reprise des combats. « C’est terrifiant de vivre dans une telle situation », témoigne Younous Abakar, un agriculteur qui a laissé toute une vie derrière lui. « Quand les tirs ont commencé, tout le monde a fui, et j’ai perdu la trace de ma femme et de mes enfants. Ce n’est que sept jours plus tard que j’ai su qu’ils étaient en vie et qu’ils avaient trouvé refuge dans un autre camp, à 12 kilomètres d’ici. Mais les conditions de sécurité sont trop mauvaises pour que j’aille les rejoindre. »

 Distribution de biens essentiels à plus de 2 400 familles

Le CICR, en collaboration avec Croix-Rouge centrafricaine, vient d’achever une distribution de biens essentiels à 2 415 familles de déplacés, soit plus de 12 000 personnes. Ces familles ont reçu des pagnes, des couvertures, des bassines, des nattes, des moustiquaires, des jerricans, du savon et des ustensiles de cuisine. Cette aide, qui était très attendue, permet aux personnes déplacées de cuisiner les aliments distribués par d’autres organisations humanitaires et de stocker l’eau dans de meilleures conditions d’hygiène. Grâce aux couvertures et aux nattes, elles seront mieux protégées contre la pluie et les intempéries.

Une dizaine de rotations d’avion ont été nécessaires pour pouvoir acheminer les 50 tonnes de secours vitaux. Des routes totalement impraticables, du fait notamment de la saison des pluies, rendent les interventions humanitaires difficiles.

Le CICR a également distribué des sacs mortuaires aux volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine en charge de la gestion des dépouilles mortelles, qui ont pu en assurer un traitement digne. Des médicaments, du matériel médical, des équipements de premiers secours ainsi que 600 kilogrammes de super-céréales ont été fournis à la Croix-Rouge centrafricaine et à l’hôpital de Birao dès le début des affrontements.

 

Informations complémentaires :

Daddy Rabiou Oumarou, CICR Bangui, odaddyrabiou@icrc.org, +236 75 64 30 07

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 01:04
CAMEROUN : RAPATRIEMENT VOLONTAIRE DE 4000 RÉFUGIÉS CENTRAFRICAINS

 

Lu pour vous

 

http://www.actualite-news.com par Peter Kum, Lassaad Ben Ahmed le 23 octobre 2019.

 

En décembre 2013, des centaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir leurs foyers quand les violences ont éclaté en RCA, des groupes armés tuant brutalement des civils, pillant des maisons et incendiant des villages.

Le Cameroun a entamé, mercredi, le rapatriement volontaire d'environ 4.000 réfugiés centrafricains installés dans la région du l’Est du pays, avec l'appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), ont annoncé les autorités camerounaises.

Le HCR a affrété des bus et des camions pour ces opérations de rapatriement des réfugiés et leurs effets du Cameroun pour la Centrafrique.


Ces engins effectueront plusieurs voyages par semaine entre la localité de Gado Badzéré à l’Est du Cameroun et Bangui, capitale de la Centrafrique.

A partir de Gado Badzéré, les équipes du HCR et des officiels camerounais accompagneront ces réfugiés vers leurs destinations finales.

Le premier convoi de 500 sur les 4.000 réfugiés qui ont volontairement accepté de retourner en RCA sont partis du Cameroun, mercredi, après une cérémonie officielle présidée par le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji.

Ces opérations de rapatriement viennent d’être lancées après que les réfugiés centrafricains eurent fait part, en juin dernier, de leur souhait de rentrer chez eux, selon le ministre Atanga Nji.

Ces derniers avaient « librement et volontairement exprimé leur volonté de retourner dans leur pays d'origine. Ils avaient confirmé ce désir lors de la visite par nos autorités qui étaient venues s'enquérir de leur situation dans ce camp », a souligné à Anadolu le membre du gouvernement camerounais.

D’après le HCR, « le caractère libre et volontaire du rapatriement a été vérifié pour toutes les personnes impliquées dans les opérations qui sont mises en œuvre. Ceux des réfugiés centrafricains qui ne se sentent pas prêts à regagner leur pays d’origine conserveront leur statut de réfugié et la protection des autorités camerounaises ».

Pour rappel, le HCR avait signé le 29 juin 2019 à Yaoundé, un accord tripartite avec le Cameroun et la République centrafricaine (RCA). Cet accord fixait le cadre juridique du retour volontaire des 275 000 réfugiés centrafricains établis au Cameroun.


En décembre 2013, des centaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir leurs foyers quand les violences ont éclaté en RCA, des groupes armés tuant brutalement des civils, pillant des maisons et incendiant des villages.

« Aujourd’hui, plus de 601,000 réfugiés centrafricains sont toujours à l’abri au Cameroun, au Tchad, en République Démocratique du Congo et au Congo » et « plus de 600,000 personnes sont toujours déplacées à l’intérieur du pays », estime l’agence l’onusienne dans une publication datant de juillet 2019.

 

Peter Kum, Lassaad Ben Ahmed

 

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24 octobre 2019 4 24 /10 /octobre /2019 00:59
Tchad, les 7000 victimes du régime d’Habré toujours pas indemnisés

 

Lu pour vous

 

By La rédaction de Mondafrique - 23 octobre 2019

 

 

…Et les principaux tortionnaires de ce régime dictatorial ont été libérés.

 

(Nairobi, le 23 octobre 2019) – Le gouvernement tchadien n’a toujours pas exécuté une décision de justice de 2015 ordonnant réparation à plus de 7 000 victimes de crimes graves commis durant le régime de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré, ont déclaré aujourd’hui quatre organisations de défense des droits humains. 

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui examine actuellement à Banjul, en Gambie, le bilan du Tchad en matière des droits humains, devrait faire pression auprès du gouvernement tchadien pour qu’il respecte ses obligations envers les victimes de Hissène Habré.

« Cela fait quatre ans et le gouvernement tchadien n’a pas même commencé à exécuter la décision de la Cour », a déclaré Jacqueline Moudeïna, principale avocate des victimes et présidente de l’Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme (ATPDH). « C’est une insulte faite aux victimes et un affront à l’État de droit. »

Le 25 mars 2015, après trois mois de procès, la Cour d’appel de N’Djaména a condamné 20 agents du régime de Hissène Habré pour assassinats, tortures, séquestrations, et détentions arbitraires, parmi d’autres crimes. La Cour a également accordé aux 7 000 victimes la somme de 75 milliards de francs CFA (soit environ 140 millions de dollars US) à titre de dommages et intérêts, ordonnant au gouvernement d’en verser la moitié et aux agents condamnés d’en verser l’autre moitié.

Hissène Habré lui-même a été reconnu coupable en 2016 de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de torture, et notamment de viol et de violences sexuelles, par un tribunal spécial au Sénégal et condamné à la prison à perpétuité. Une chambre d’appel a confirmé cette condamnation en 2017, a accordé la somme de 82 milliards de francs CFA (soit environ 153 millions de dollar US) aux 7 396 victimes désignées, et a donné mandat à un Fonds de l’Union africaine pour collecter les fonds en recherchant les avoirs de Hissène Habré et en sollicitant des contributions.

Bien que l’Union africaine ait alloué cinq millions de dollars au Fonds fiduciaire pour les indemnisations, le Fonds n’est à ce jour pas opérationnel, 30 mois après le verdict de Dakar. Les organisations ont déclaré que la CADHP devrait également insister pour que l’Union africaine accélère la mise en place du Fonds fiduciaire, afin que les victimes puissent commencer à recevoir des indemnisations.

« Les victimes de Hissène Habré ont lutté sans relâche pendant 25 ans, ont fait traduire en justice leur dictateur et ses sbires et se sont vu accorder des millions de dollars, mais à ce jour elles n’ont pas reçu un seul centime de ces réparations », a déclaré Reed Brody, conseiller juridique à Human Rights Watch, qui travaille auprès des victimes de Hissène Habré depuis 1999. « Nombre des victimes qui ont remporté ces victoires historiques sont aux abois et dans une situation désespérée. »

Au cours du procès historique tenu au Tchad en 2015, environ 50 victimes ont décrit les tortures et les mauvais traitements subis aux mains des agents de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), la redoutée police politique de Habré. Parmi les personnes condamnées à perpétuité à l’issue de ce procès figuraient Saleh Younous, ancien directeur de la DDS, et Mahamat Djibrine dit « El-Djonto » qui était, selon la Commission nationale tchadienne d’enquête de 1992, l’un des « tortionnaires les plus redoutés » de ce pays. Saleh Younous et Mahamat Djibrine, comme beaucoup d’autres condamnés, auraient été libérés depuis, sans qu’un motif officiel ne soit fourni.

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 23:19
Poutine place ses pions en Afrique
Poutine place ses pions en Afrique

Lu pour vous

 

https://www.francetvinfo.fr franceinfo Radio France Mis à jour le 23/10/2019 | 21:07

 

Tous les jours, dans "Un monde d’avance", un coup de projecteur sur une actualité à l’étranger restée sous les radars. Aujourd’hui, le sommet Russie-Afrique organisé par Moscou. C’est une première qui en dit long sur les intentions de Moscou.

 

Ils sont venus, ils sont tous là. Les 54 États africains ont tous répondu à l’invitation du président russe pour ce forum sur les bords de la Mer Noire, un sommet sans précédent. Ce sont plutôt la France, et plus récemment la Chine, qui ont l’habitude d’organiser ce genre de réunion. Et sur ces 54 pays, plus de 40 sont représentés par leur chef d’État ou de gouvernement. En tête de liste, l’Égyptien Sissi, grand ami de Poutine. Mais on peut aussi citer le Sud-Africain Ramaphosa, le Nigérian Buhari ou l’Angolais Lourenço. Plus de 1 000 personnes sont attendues au total pour des échanges de nature essentiellement économiques.  

Pour Moscou, c’est d’abord un symbole : la Russie, qui était très présente sur le continent à l’époque de l’Union soviétique, est en train de revenir en Afrique. Elle veut notamment développer ses échanges commerciaux, qui sont encore assez faibles : 20 milliards de dollars, c’est beaucoup moins que l’Union européenne ou que la Chine.  

Le premier fournisseur d'armes en Afrique

Les échanges sont faibles, sauf dans un secteur, l’armement où la Russie bat tout le monde. C’est le premier fournisseur du continent. Ça se traduit par des contrats d’armement, notamment en Algérie ou en Égypte : des armes légères aux véhicules lourds, tout y passe. Ça se traduit aussi par des accords de coopération militaire avec une vingtaine de pays : l’Éthiopie, la Namibie, l’Angola, le Mozambique, etc. Pour l'anecdote, on peut par exemple observer qu'une kalachnikov figure sur le drapeau officiel du Mozambique. Plus récemment, la Russie a aussi investi le centre et l’ouest de l’Afrique. On pense en particulier au Mali et plus encore à la Centrafrique où, après le départ des troupes françaises de l’opération Sangaris il y a 3 ans, les Russes se sont engouffrés dans la brèche. À Bangui, la capitale, le principal conseiller du président est désormais un militaire russe. Et il ne fait pas bon enquêter sur cette question : trois journalistes indépendants qui travaillaient sur le sujet ont été tués il y a un peu plus d’un an en Centrafrique. Dans plusieurs pays, il faut aussi compter avec les hommes, les mercenaires d’une célèbre société privée russe, indirectement liée au Kremlin : le groupe Wagner. On les trouve par exemple en Libye ou au Soudan. Et comme la Russie n’est pas regardante sur la question des droits de l’homme, ça fait l’affaire de plusieurs dirigeants africains.  

Des visées sur le sous-sol africain

Moscou veut aussi faire de l’import-export : exporter son agriculture, ses céréales par exemple, pour contourner les sanctions européennes liées au conflit en Ukraine. Et Moscou veut exploiter le sous-sol de l’Afrique : l’or, les diamants, le nickel, le pétrole. Les sociétés russes, là encore, sont déjà présentes en Centrafrique, en Angola, au Nigeria, au Ghana, au Zimbabwe, en Guinée ou au Burkina Faso. Sauf que sur ce terrain, la Russie fait face à un rival de poids, désormais très implanté : la Chine.  À l’ouverture du sommet le 23 octobre, Vladimir Poutine s’est en tous cas donné pour objectif de doubler les échanges commerciaux avec l’Afrique dans les cinq ans à venir.    

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 23:15
Centrafrique : les échos lointains d’une crise oubliée

 

Lu pour vous 

 

Pour le chercheur Thierry Vircoulon, le pays est le miroir à la fois d’un certain état de la France, de l’Afrique et même du monde.

Par Thierry Vircoulon

 

Depuis la fin de la mission militaire française Sangaris en 2016, la République centrafricaine (RCA) a largement disparu des médias français. Pourtant, la situation centrafricaine mérite qu’on s’intéresse encore à elle pour ce qu’elle nous dit de la France, de l’Afrique et du monde.

Un accord de paix, dit « accord de Khartoum », qui consacre l’impunité des seigneurs de guerre et leur confère des postes gouvernementaux, a été signé en février sous l’égide de l’Union africaine, avec la bénédiction de l’ONU et grâce à l’intermédiation secrète de la Russie. Depuis, il règne en RCA une de ces situations de « ni paix ni guerre » qui peuvent durer des années. En échange d’une trêve relative, les groupes armés, qui font officiellement partie du gouvernement institué en mars par le président Faustin-Archange Touadéra, conservent leur mainmise territoriale et économique sur une grande partie du pays, et marchandent pas à pas la mise en œuvre de l’accord de paix.

Gouvernance catastrophique

Seul ce dernier point intéresse les acteurs internationaux impliqués dans la gestion du conflit (l’ONU, l’Union africaine, l’Union européenne, la France, les Etats-Unis et, plus récemment, la Russie), qui font mine d’ignorer la gouvernance catastrophique du pays comme si conflit et gouvernance n’étaient pas étroitement liés.

Les démons habituels de la mauvaise gouvernance sont vite revenus en force. Les anciens membres de l’élite qui ont une certaine rectitude se sont éloignés – ou ont été éloignés – des affaires publiques. Un casino chinois a été ouvert à Bangui en pleine crise dès 2017 et des hommes d’affaires peu recommandables hantent les couloirs du gouvernement. Non seulement des compagnies chinoises et d’autres acteurs douteux comme l’entreprise de mercenariat russe Wagner font leur safari économique en Centrafrique (les premières dans l’or et la seconde dans le diamant et la forêt), mais on peut aussi y croiser des affairistes liés à l’internationale terroriste.

En juin, le gouvernement a attribué de gré à gré à une société le contrat de fabrication des cartes d’identité. Ce contrat est original à plus d’un titre mais, surtout, son bénéficiaire a été suspecté d’accointance avec Al-Qaida. La souveraineté vide du gouvernement centrafricain attire les réseaux criminels internationaux comme un aimant attire le métal. La criminalisation de la gouvernance ne date certes pas d’hier (Viktor Bout, trafiquant d’armes rendu célèbre par le film Lord of War, avait enregistré certaines de ses entreprises en Centrafrique), mais elle s’est généralisée.

Système de prédation

Paradoxalement, bien que la corruption demeure au cœur du politique, les bailleurs augmentent leur soutien financier. Les deux principaux donateurs de la Centrafrique ont largement ouvert les vannes de l’aide cette année : la Banque mondiale a ainsi décidé de débloquer 100 millions de dollars (90 millions d’euros) et l’UE, comme au bon vieux temps de la coopération française, paie des assistants techniques pour faire fonctionner des administrations en ruine et souffler quelques idées aux ministres qui en manquent (mais qui en général n’en veulent pas).

De facto, et même si le gouvernement français a augmenté son aide à la RCA après l’arrivée des Russes en Centrafrique à la fin de l’année 2017, la charge financière de l’Etat centrafricain a été transférée de Paris à Bruxelles. L’UE s’est complètement substituée à la France en rémunérant les fonctionnaires et en finançant une grande partie du secteur de la sécurité. Non seulement une mission militaire européenne forme les soldats centrafricains depuis 2016, mais l’UE a décidé de financer la police, la gendarmerie et l’appareil judiciaire, c’est-à-dire des administrations sur lesquelles elle n’a aucun contrôle et qui sont au cœur du système de prédation.

Triomphe de la realpolitik

Il y a plusieurs leçons à tirer de cette crise oubliée. Premièrement, la demande de justice et de bonne gouvernance censée guider l’intervention internationale a cédé la place à la realpolitik. En mai 2015, le Forum de Bangui, une consultation populaire organisée par l’ONU, concluait que le conflit était le résultat d’une crise de gouvernance et qu’il ne pourrait y avoir de réconciliation sans justice. Des dispositions spécifiques visant à améliorer la gouvernance ont été incluses dans la Constitution adoptée en 2015. Mais ni le fait que ces dispositions restent lettre morte ni la multiplication des affaires de corruption n’ont suscité de réaction notable des acteurs internationaux. Quant à la demande de justice des populations – et, notamment, l’exigence de juger les responsables du conflit –, elle a bel et bien été enterrée par l’accord de paix de Khartoum.

Entre 2015 et 2019, les acteurs internationaux sont donc passés des envolées lyriques sur la paix, la justice et la cohésion sociale du Forum de Bangui à une realpolitik qui consiste à marchander un semblant de paix avec les seigneurs de guerre, à tolérer la corruption gouvernementale et à oublier leurs promesses. Ce changement d’attitude résulte d’un nouveau contexte international : dans un monde de plus en plus multipolaire, la priorité des grandes puissances n’est pas d’appliquer leurs principes mais de conserver leur influence.

Ainsi, on l’a dit, le gouvernement français, qui semblait heureux de refermer le dossier centrafricain après Sangaris, l’a rouvert rapidement quand la Russie s’est invitée en RCA. Paris est passé du désengagement au réengagement en augmentant ses visites ministérielles, son aide et ses conseillers auprès du gouvernement centrafricain. Dans la foulée, le gouvernement français, qui était réticent au réarmement de l’armée centrafricaine, s’est converti à la nécessité de l’armer. Sur ce plan, la stratégie du faible qui consiste à jouer des rivalités des puissants pour en obtenir quelques avantages, concessions et garanties pour l’avenir est payante.

Désir de changement

Deuxièmement, dans la mesure où l’intervention internationale est plus conservatrice que transformatrice, se pose la question du changement endogène. Les Centrafricains se sentent floués aussi bien par les groupes armés que par les acteurs internationaux et par leur propre gouvernement.

Comme dans d’autres pays africains, le désir de changement de la population s’incarne désormais plus dans les organisations de la société civile et les églises que dans les partis. En interdisant sa première manifestation en juin, le gouvernement ne s’est pas trompé : la plate-forme E Zingo Biani, qui réunit des personnalités de la société civile et des politiques, est la véritable opposition dans la perspective des élections présidentielles et législatives prévues fin 2020. Face à cette menace, le pouvoir a déjà commencé à remettre au goût du jour les vieilles techniques éprouvées de verrouillage de l’espace public, d’instrumentalisation de la machinerie électorale et d’achat ou d’intimidation des opposants.

L’éternel dilemme français

Troisièmement, malgré leur discours, les autorités françaises sont toujours incapables de trancher le dilemme historique de leur politique africaine : tourner la page et partir ou rester et changer véritablement de politique. Aucun des gouvernements qui se sont succédé à Paris depuis les mutineries de 1996 ne s’est résolu à rompre avec une histoire que les Centrafricains lui renvoient comme une accusation. Alors que Paris clame qu’il n’a plus d’intérêts économiques et militaires en Centrafrique, la politique de désengagement, on l’a dit, a vite été inversée sous l’effet de l’offensive russe. Si l’on comprend que le gouvernement français ne souhaite pas perdre son influence au profit de la Russie, on peut se demander si cette influence se joue vraiment dans un pays comme la Centrafrique…

Bien malgré elle, la Centrafrique est donc le miroir à la fois d’un certain état de la France, de l’Afrique et même du monde.

Thierry Vircoulon est coordinateur de l’Observatoire pour l’Afrique centrale et australe de l’Institut français des relations internationales (Sciences Po – Université Sorbonne Paris Cité).

Cet article a d’abord été publié sur le site The Conversation.

 

Thierry Vircoulon

 

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23 octobre 2019 3 23 /10 /octobre /2019 19:52
Le Porte-Parole du Gouvernement évoque les enjeux de la visite d’Etat du Président rwandais
Le Porte-Parole du Gouvernement évoque les enjeux de la visite d’Etat du Président rwandais
Le Porte-Parole du Gouvernement évoque les enjeux de la visite d’Etat du Président rwandais

 

Le Porte-Parole du Gouvernement évoque les enjeux de la visite d’Etat du Président rwandais en Centrafrique.

 

 

22 octobre 2019  ACAP

 

Le ministre de la Communication et des média, Porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui, a animé samedi 19 octobre 2019 à Bangui, un point de presse avec les professionnels des média sur les enjeux de la coopération avec le Rwanda, la participation prochaine de la République Centrafricaine au 1er sommet Russe- Afrique à Sotchi, et la situation sécuritaire à l’intérieur du pays a constaté un journaliste de l’Agence Centrafrique Presse (ACAP).

Le Porte-parole du gouvernement a sur les enjeux de la coopération entre la République Centrafricaine et le Rwanda, avec la visite du Président Paul Kagamé à Bangui relevé que cette coopération bilatérale vient galvaniser l’excellente  relation entre les deux pays frères .

«  Cette bonne relation est justifiée par la signature des accords dans divers domaines, notamment la création d’une commission  mixte, le cadre de partenariat stratégique dans les secteurs minier et pétrolier », a déclaré le ministre Kazagui.

Selon le Ministre de la Communication et des média,l’un des grands chantiers de la coopération entre la RC A et le Rwanda est la création prochaine à Bangui, de trois banques numériques spécialisées en micro finances en faveur les femmes, des jeunes et une banque numérique de micro finance pour l’agriculture.

Pour la participation prochaine de la RCA au 1er sommet Russie-Afrique qui se tiendra à Sotchi en Russie, l’objectif de cette grande rencontre vise à rechercher les meilleurs moyens pour renforcer la coopération bilatérale entre la Russie et l’Afrique. Le sommet accueillera plusieurs chefs d’Etat africains dont le Président de la République Centrafricaine Faustin Archange Touadéra a relevé le Porte-parole du gouvernement.

Le membre du gouvernement a également fait mention de la situation sécuritaire à l’intérieur du pays, en dénonçant la reprise des hostilités par le Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la justice (MLCJ) et le Front populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) à Birao dans le Nord du pays.

Par contre il a apprécié à sa juste valeur le lancement des activités par le Chef de l’Etat des unités mixtes de sécurité dans l’Ouest du pays et de la pression quasi unanime du gouvernement et les garants portée sur les autres groupes armés signataires de l’accord de Bangui, notamment les 3 R qui ne  respectent pas leur signature, a souligné le ministre.

Par Jonas Bissanguim / ACAP

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