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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 07:17

 

 

 

 

Justin DELÉPINE   29 avril 2014 à 13:13 Libération

 

Samedi, l’hôpital de Nanga Boguila soutenu par Médecins sans frontières a été attaqué, 22 personnes ont été tuées et six gravement blessées. Boguila se situe dans le nord de la Centrafrique, une zone que ne contrôlent ni les soldats français ni la force africaine. L’attaque a été attribuée à l’ex-Séléka. Entretien avec Tarak Bach Baouab, conseiller humanitaire au bureau de MSF Amsterdam, et bon connaisseur de la Centrafrique.

 

Que savez-vous de l’attaque de samedi sur l’hôpital de Nanga Boguila ?

 

Samedi en début d’après-midi, nous avions organisé une rencontre à l’hôpital de Nanga Boguila entre les différents leaders de la région pour discuter de l’accès aux soins pour la population. Trente minutes après le début de la réunion, des hommes armés ont encerclé l’hôpital, ils ont demandé au personnel international de sortir. Nous avons entendu une fusillade, et quand nous avons pu rentrer dans l’hôpital, nous avons trouvé 16 corps de civils criblés de balles, dont trois membres de MSF, six personnes ont également été gravement blessées. Nous ne confirmons pas le chiffre de 22 morts donné par la Misca (la mission africaine de maintien de la paix, ndlr).

 

L’attaque a été attribuée aux ex-Séléka, confirmez-vous ?

 

D’après les premières discussions avec la population de Boguila, des membres de ce groupe armé étaient connus comme étant membre de la Séléka ou connus comme s’étant greffés à cette mouvance qu’on appelle ex-Séléka

 

(mouvement de rebelles majoritairement musulmans ayant pris le pouvoir par la force en mars 2013 et l’ayant exercé jusqu’en janvier, ndlr).

 

Qui contrôle cette zone ?

 

C’est malheureusement une zone à l’abandon, isolée. A Boguila, deux groupes armés contrôlaient la ville. Ils l’ont abandonnée samedi, après l’attaque, comme c’est souvent le cas en Centrafrique. Il y avait un groupe armé issu de la région et une sorte d’antenne locale des anti-balaka (milice à dominante chrétienne qui s’est formée en réaction aux exactions de la Séléka, ndlr). L’attaque avait comme objectif de récupérer de l’argent pour notamment acheter des armes. Ils dépouillent la population, et imposent leur loi depuis que l’effondrement de l’Etat, en mars 2013. La violence qui a frappé samedi Médecins sans frontières n’est qu’une de celles qui touchent le pays depuis des mois. Des attaques comme celle-ci, il y en a chaque jour.

 

Est-ce que cette attaque va modifier l’action de MSF en Centrafrique ?

 

Ce qui est clair, c’est que nous sommes obligés de suspendre l’action dans la zone de Boguila. Nous allons réfléchir et discuter avec les différents acteurs de la région, pour voir comment revenir. Pour la population, c’est un véritable désastre. MSF assurait 9 000 à 15 000 consultations médicales par mois, pour une population de 45 000 personnes. Des gens venaient de 100 km à la ronde pour se faire soigner. Notre retrait est une décision lourde pour cette population. Nous nous rendons compte de l’impact, mais on ne peut pas travailler quand le sanctuaire de la santé, l’hôpital, n’est pas respecté.

 

Craignez-vous d’autres attaques ?

 

Nous avons vécu des incidents assez sérieux depuis des mois. Nous n’acceptons pas que l’aide soit remise en cause par des hommes en armes. Nous nous battons tous les jours pour que l’action continue malgré les risques encourus. Nous devons trouver un équilibre avec les groupes armés, il faut chercher des solutions pour continuer à travailler, nous espérons trouver cet équilibre.

 

Comment anticipez-vous l’évolution de la situation humanitaire en Centrafrique ?

 

La situation humanitaire reste assez grave, l’Etat s’est effondré en mars 2013, il y a un déplacement massif de population. Il est possible que la situation nutritionnelle se dégrade dans les prochains mois avec la saison des pluies. Je ne suis pas très optimiste pour les mois qui viennent.

 

Justin DELÉPINE

Source : http://www.liberation.fr/monde/2014/04/29/centrafrique-msf-ne-peut-plus-travailler-quand-l-hopital-n-est-pas-respecte_1006605

 

Lu pour vous : Centrafrique : «MSF ne peut plus travailler si même l’hôpital n’est pas respecté»

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 21:49

 

 

 

 

internet@lesoir.be (Avec les rédactions du Soir en ligne, du Soir, d’AFP, d’AP et de Belga)

 

Jeudi 1 Mai 2014 à

 

Un journaliste centrafricain a été tué et un autre grièvement blessé après avoir été attaqués à leurs domiciles dans la nuit de mardi à mercredi, marquée par des tirs nourris et des violences dans la capitale Bangui, a-t-on appris jeudi de source policière.

 

«Le journaliste Désiré Sayenga, rédacteur au journal Le Démocrate, a été atteint au thorax par une balle tirée par des individus armés qui sont entrés chez lui dans la nuit», a déclaré cette source sous couvert d’anonymat.

 

Selon cette source, les deux journalistes, qui n’étaient spécialement visés, ont été victimes des violences qui ont éclaté mardi soir, après qu’un jeune musulman du PK5, dernière enclave musulmane de la ville, eut été tué et son corps mutilé. Les massacres ont été les plus violents à Bangui, où plus de 90% des 60 à 80.000 musulmans qui y vivaient ont fui la capitale. 

Un journaliste tué dans des violences intercommunautaires en Centrafrique

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 21:18

 

 

 

 

 

 

http://www.afriqueexpansion.com/   Jeudi, 01 Mai 2014 11:41 AEM – AFP   Par Joris FIORITI

 

BANGUI, République centrafricaine - Des siècles de vie commune puis la cohabitation devient impossible : l'hostilité entre chrétiens et musulmans croit invariablement sur le territoire de la Centrafrique, au fil d'exactions commises par les deux camps, rendant très hypothétique toute réconciliation.

 

Des milliers de morts séparent les deux communautés, en dépit du déploiement des forces africaine et française.

 

Nombre de chrétiens, qui représentent 80% de la population, utilisent le mot "Séléka" pour désigner les musulmans, en référence à cette rébellion venue du nord musulman et du Tchad voisin, qui prit le pouvoir de mars 2013 à janvier 2014, multipliant les exactions, surtout contre les chrétiens.

 

Les musulmans appellent de leur côté les chrétiens "anti-balaka", du nom de ces milices pro-chrétiennes, extrêmement sanglantes, qui ont commis ensuite les pires atrocités, visant particulièrement des musulmans, pour se venger de la Séléka.

 

Séléka et anti-balaka ne représentent pourtant qu'une partie infime des musulmans et des chrétiens.

 

Mais aux horreurs des uns répondent les malheurs des autres. Quatorze mille musulmans, encerclés par des chrétiens parmi lesquels les anti-balaka font la loi, sont méthodiquement affamés à Boda (ouest).

 

À Bouca (centre), 4.000 chrétiens vivent depuis sept mois dans la boue d'une paroisse, terrorisés par la Séléka. Plus de 1.800 maisons ont été incendiées. Quelque 120 chrétiens sont morts, contre une quarantaine de musulmans, tués par les anti-balaka.

 

À Grimari (centre), 4.600 chrétiens s'étaient également réfugiés la semaine dernière dans une paroisse, alors que Séléka et anti-balaka s'affrontaient. Les musulmans étaient presque absents, femmes et enfants ayant déjà été évacués au Tchad.

 

Les massacres intercommunautaires ont été les plus violents à Bangui, où plus de 90% des 60 à 80.000 musulmans ont fui la capitale.

 

Quelque 1.300 d'entre eux, qui se terraient depuis cinq mois dans l'insalubre quartier de Bangui, au PK-12, ont pris le départ dimanche pour le nord du pays.

 

A moment de leur départ, des centaines de chrétiens ont accouru, hurlant leur haine des musulmans, pillant méthodiquement leurs biens.

 

Les partants, victimes de la cruauté des anti-balaka, qui avaient tué 18 d'entre eux, ont toutefois laissé trois charges explosives dans et autour de leur mosquée, dont ils avaient pourtant exigé la protection.

 

Leur convoi a été attaqué dimanche par des anti-balaka, faisant deux morts et six blessés.

 

Explication historique

 

"La réconciliation est impossible", avaient estimé les leaders du PK-12, interrogés par l'AFP, quelques jours avant l'exode.

 

"Maintenant, il ne reste plus que kilo 5", soit le PK-5, dernier endroit de Bangui où vivent encore quelques milliers de musulmans, menaçait dimanche soir un chef anti-balaka, grenade à la main.

 

Autorités et dignitaires religieux appellent les populations à se parler à nouveau. Mais celles-ci ne les écoutent guère, demandant au mieux la paix, mais n'exigeant pas la réconciliation.

 

La méfiance est la règle même dans les coins les plus calmes. A Bambari, leaders chrétiens et musulmans ont lancé une plate-forme de dialogue et une radio multi-confessionnelle pour promouvoir l'harmonie dans leur ville du centre du pays.

 

Mais les nombreux crimes commis par la Séléka à Bambari restent dans les mémoires. Les chrétiens se plaignent des agissements du général anciennement en charge de Bambari, qui se faisait appeler "Ben Laden".

 

"Au début, l'entente catholique-musulmans était bonne. Elle s'est progressivement détériorée avec les pillages. Quand on volait chez les catholiques, on emmenait (le butin) chez les musulmans, qui eux n'étaient pas inquiétés", se souvient l'abbé Firmin.

 

Un argumentaire repris par de nombreux chrétiens interrogés par l'AFP en Centrafrique pour justifier leur méfiance à l'encontre des musulmans.

 

Ceux-ci, à Bambari, disent avoir aussi été "victimes" des Séléka.

 

Et leurs leaders de lister le pillage de magasins, voitures, bétail, appartenant à des musulmans, ou encore le tabassage de l'imam local, coupable d'avoir prêché contre la Séléka. Des chrétiens auraient également profité des ex-rebelles, accusent-ils.

 

Alors que des anti-balaka se rapprochent de Bambari, le "fossé" se creuse entre les deux communautés, constate l'abbé Firmin.

 

"Nous ne partirons pas. Il y a des balaka (machettes) dans tous les magasins. On ira aussi en acheter", avertit le chef du comité islamique de Bambari.

 

Interrogée sur le problème religieux, la ministre de la Réconciliation tente d'en minimiser l'ampleur, mettant en avant la volonté des personnes interviewées de plaire aux journalistes étrangers.

 

"Vous êtes assimilées à des personnes attirées par le religieux. C'est pour cela qu'on vous sert cela", explique Antoinette Montaigne. "Mais à moi, personne n'en parle."

 

Un diplomate présente une explication historique du problème. "Sous l'ère coloniale, l'administration était réservée aux chrétiens. Les non-chrétiens avaient accès à l'artisanat et au commerce."

 

Des musulmans ont ainsi fait fortune, notamment grâce au diamant. "Leur richesse" a suscité la "jalousie" des chrétiens, estime-t-il.

 

"Et puis il y a la différence. On a toujours l'impression que l'autre vous vole. Cette irrationalité", observe ce diplomate, qui tranche : "plus ce sentiment était fort, plus les exactions l'ont été".

 

En Centrafrique, un abîme religieux se creuse, la réconciliation hypothéquée

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 18:09

 

 

 

 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=32473&Cr=Centrafrique&Cr1=#.U2EVlE2KDIV

 

29 avril 2014 – Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a souligné mardi la nécessité d'assurer une protection physique aux communautés déplacées au lendemain d'une attaque meurtrière à la grenade contre un convoi humanitaire qui transportait des membres de la communauté musulmane vers des lieux sûrs à Kabo et à Moyen Sido dans le nord du pays. L'attaque qui a eu lieu à Dissikou a fait deux morts et six blessés.

 

« Le HCR condamne l'attaque et présente ses condoléances aux familles des victimes. L'organisation souligne la nécessité d'assurer la protection physique des communautés déplacées qui sont menacées », a déclaré une porte-parole du HCR, Fatoumata Lejeune-Kaba, lors d'une conférence de presse à Genève.

 

Le convoi, comportant 18 camions, transportait 1.300 personnes qui avaient fui les violences intercommunautaires dans leur quartier du PK12 dans la capitale Bangui. En prenant en compte leur demande de transfert vers des lieux plus sûrs et du fait de la menace grave et imminente pour leur vie, l'ONU a organisé leur transfert qui a débuté ce dimanche.

 

Le convoi a effectué une étape dimanche soir près de Sibut, avant de poursuivre son voyage d'une durée totale de trois jours. Lundi, malgré l'attaque, le convoi a continué sa route vers Kaga Bandoro, où les personnes blessées ont reçu une assistance médicale. Selon une équipe du HCR accompagnant le convoi, trois enfants sont nés durant le voyage. Il s'agit de la deuxième opération de transfert depuis le quartier du PK 12, après le transport vers Bambari le 20 avril dernier, de 93 personnes, y compris 35 enfants.

 

« Le HCR a participé à ces opérations en vue de notre engagement à promouvoir les droits de l'homme de toutes les personnes déplacées internes, en particulier le droit à la sécurité physique, indépendamment de leur appartenance communautaire. Le HCR s'engage à sauver des vies humaines et à améliorer le sort de toutes les personnes déplacées en travaillant avec les autorités à cet objectif », a expliqué la porte-parole.

 

Actuellement, il y a plus de 600.000 personnes déplacées en République centrafricaine, y compris plus de 15.000 musulmans dont la vie est menacée. Ils sont encerclés et menacés par des miliciens dans 15 localités à travers tout l'ouest du pays.

 

Le HCR et ses partenaires soutiennent les efforts de médiation visant à la coexistence pacifique. Ces efforts ont déjà donné des résultats positifs par exemple à Bouboua, où les habitants sont récemment rentrés de la brousse où ils avaient trouvé refuge. Le HCR et d'autres membres de la communauté humanitaire cherchent, via cette opération de médiation, à augmenter les retours de personnes restant déplacées en République centrafricaine, ainsi que pour la population de plus de 348.000 réfugiés ayant fui vers les pays voisins.

 

Pour sa part, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a condamné mardi une attaque contre un centre de santé à Boguila, qui a causé la mort de 22 civils, dont trois travailleurs humanitaires de l’ONG Médecins sans Frontières (MSF).

 

« L’UNICEF est scandalisée par cette attaque », a dit le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, Manuel Fontaine. « L’attaque contre le personnel de MSF est une attaque contre tous les travailleurs humanitaires. »

 

M. Fontaine a appelé toutes les parties au conflit en République centrafricaine « à respecter les centres de santé comme des institutions humanitaires neutres et des refuges pour le traitement des enfants ainsi que des blessés et des malades. »

 

Lors d’une cérémonie à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a de son côté remis des documents de l’ONU au chargé d’affaires de la Mission permanente de la République centrafricaine auprès des Nations Unies. Ces documents remplaceront ceux qui ont été détruits, pillés ou perdus au Ministère des affaires étrangères à Bangui lors de récents combats.

 

Ces documents incluent des traités, des résolutions, des publications et des rapports de l’ONU remontant jusqu’à 1960, l’année où la République centrafricaine a rejoint les Nations Unies. 

Centrafrique : le HCR appelle à protéger les déplacés après l'attaque d'un convoi humanitaire

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 16:38

 

 

 

 


Bruxelles - AFP / 30 avril 2014 16h08 - La force de l'Union européenne en Centrafrique a été déclarée mercredi opérationnelle et a commencé à assurer la sécurité de l'aéroport de Bangui, a-t-on appris de source européenne.

Les soldats de la mission Eufor-RCA ont pris le relais de ceux de la force française Sangaris, jusqu'à présent chargés de la protection de l'aéroport M'Poko, le seul de la capitale centrafricaine.


Eufor-RCA est actuellement composée d'environ 150 hommes, essentiellement des militaires français issus de Sangaris et de soldats du contingent estonien.

La force montera progressivement en puissance jusqu'à compter en juin 800 hommes, dépêchés notamment par la Géorgie et plusieurs pays de l'UE comme l'Espagne, la Finlande ou l'Italie.


La France y joue un rôle prépondérant en étant sa nation-cadre, avec plusieurs centaines d'hommes dont le commandant, le général Philippe Pontiès, présent à Bangui mercredi.


Eufor-RCA est d'abord chargée de sécuriser la zone de l'aéroport M'Poko, qui accueille un vaste camp de personnes déplacées par le conflit, avant d'élargir ses missions à deux quartiers de la capitale. Son mandat a été fixé à six mois.

La formation de cette force, annoncée en décembre, a été plus longue que prévu en raison de la réticence de nombreux Etats européens à y participer alors que se déclenchait la crise en Ukraine.


Le général Pontiès avait appelé début avril les 28 pays de l'UE à un effort supplémentaire afin que les effectifs atteignent un millier d'hommes.


Il avait indiqué que la mission était compliqué à mettre sur pied sur le plan logistique en raison de la situation géographique enclavée de la Centrafrique et du manque d'infrastructures pour loger les soldats.


Eufor-RCA a été lancée dans le cadre de la résolution 2134 du Conseil de sécurité des Nations Unies et vise, en appui de la Misca, la force de l'Union Africaine , à contribuer au rétablissement d'un environnement stable et sécurisé à Bangui.

Son déploiement intervient alors que les violences persistent avec des attaques de villages et des embuscades visant la population musulmane.


L'ONU a autorisé début avril le déploiement d'environ 12.000 Casques bleus mais celui-ci ne devrait pas intervenir avant septembre.



(©)

Centrafrique: la force de l'UE opérationnelle, déployée à l'aéroport de Bangui

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 14:08

 

 

 

 

(Organisation de la Presse Africaine 30/04/14)

 

BANGUI, République Centrafricaine, 30 avril 2014/African Press Organization (APO)/

 

Des groupes armés ont perpétré, le 26 avril, dans les localités de Nanga-Boguila et de Bodjomo, dans la préfecture de l’Ouham-Pende, des attaques ayant entrainé la mort de 22 personnes, dont trois membres de l’ONG international Médecins sans Frontières, plusieurs blessés et la destruction de nombreuses habitations. Le 28 avril 2014, un convoi de personnes déplacées en direction du Nord a été également attaqué et deux civils tués, aux environs de Dissikou, dans la préfecture de la Nana Grebizi. L’endroit qui leur servait d’abris a aussi été saccagé et pillé.

 

La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation en République Centrafricaine (MINUSCA) condamne ces attaques contre les civils, qui sont inacceptables. Les auteurs de ces actes, individus ou groupes armés, doivent impérativement arrêter ces violences aveugles et délibérées qui exacerbent les souffrances des populations, aggravent l’instabilité et compromettent les efforts de paix et de réconciliation.

 

« La République centrafricaine est à nouveau le théâtre d’une résurgence de la violence », souligne le Représentant spécial du Secrétaire général, le Général Babacar Gaye. « La MINUSCA invite le Gouvernement à mener une enquête afin que les responsables soient présentés devant la justice. Elle exhorte, par la même occasion, tous les responsables politiques, religieux et communautaires, ainsi que les media, à œuvrer davantage à l’apaisement des relations intercommunautaires et à s’abstenir de toute incitation à la haine. Elle encourage également le peuple centrafricain, épris de paix et de tolérance, à œuvrer à la construction d’une Centrafrique unifiée ».

La MINUSCA condamne des attaques contre des civils

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 14:03

 

 

 

 

 

NEW YORK (Nations Unies), 30/04/14 (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a transmis mercredi des copies de documents des Nations Unies à un envoyé de la République centrafricaine, qui remplacent les documents détruits, pillés ou perdus au ministère centrafricain des Affaires étrangères lors des derniers combats à Bangui.

 

"Je suis ravi de pouvoir vous donner ces documents essentiels", a indiqué M. Ban au Chargé d'affaires de la Mission permanente de la République centrafricaine, Mesmin Dembassa Worogagoi, lors d'une cérémonie spéciale.

 

Selon le chef de l'ONU, cette remise de copies de documents a été faite à la demande du ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo-Doudou, qui avait "exhorté le Département de l'information publique de l'ONU de remplacer les documents -- dont des copies de la Charte de l'ONU -- qui ont été perdus ou pillés au cours de la récente violence".

 

Ces copies de documents rassemblent des traités, de résolutions, des publications et des rapports, remontant jusqu'à 1960, lorsque la République centrafricaine est devenue membre de l'ONU.

 

Des copies électroniques de cartes sur DVD sont également fournies à la RCA, compte tenu des problèmes d'accès à Internet et de téléchargement.

 

Selon les estimations, des milliers de personnes auraient été tuées en Centrafrique, et 2,2 millions, soit la moitié de la population totale du pays, ont actuellement besoin d'aide humanitaire à cause du conflit qui a éclaté en décembre 2012 avec la première vague d'attaques des rebelles de la Seleka.

 

Plus de 650.000 personnes se sont déplacées dans le pays, et plus de 290.000 autres se sont enfuies vers les pays voisins, selon des sources.

 

 

L'ONU transmet à la République centrafricaine de nouvelles copies des documents détruits, pillés ou perdus dans les combats

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 13:59

 

 

 

 

 

KAGA BANDORO République centrafricaine 29/04/14 (Reuters) - Des hommes armés ont attaqué lundi en pleine forêt un convoi évacuant des centaines de civils musulmans de la capitale centrafricaine Bangui, tuant au moins deux personnes, selon un témoin et un responsable de la force de paix de l'Union africaine.

 

Le convoi de quinze camions transportait les musulmans qui avaient quitté Bangui dimanche sous la protection des soldats africains de la Misca, afin de fuir les violences des miliciens "anti-balaka", majoritairement chrétiens.

 

Alors que les véhicules traversaient une forêt, à plus de 200 km au nord de la capitale, ils ont essuyé des tirs. Une femme atteinte à la tête a succombé à ses blessures et un homme a également été tué, a rapporté un témoin.

 

Le commandant Patrick Sibobugingo, porte-parole de la Misca, a précisé que l'attaque avait également fait six blessés parmi les évacués et a imputé les tirs aux "anti-balaka".

 

Au cours des dix mois où ils ont été au pouvoir en Centrafrique, entre mars 2013 et janvier dernier, les anciens rebelles musulmans de la Séléka se sont signalés par des exactions contre les chrétiens dans le sud du pays.

 

A la suite de l'intervention militaire française en décembre dernier, les "anti-balaka" se sont livrés à de sanglantes représailles contre les musulmans, notamment dans plusieurs quartiers de Bangui. Ces violences ont contraint un million de personnes à fuir leurs maisons.

 

La ministre centrafricaine de la Réconciliation, Antoinette Montaigne, a critiqué les opérations d'évacuation qui reviennent selon elle à accepter l'idée d'une partition du pays.

 

(Siegfried Modola avec Crispin Dembassa-Kette et Hubert-Mary Djamany; Guy Kerivel pour le service français)

Convoi de réfugiés musulmans attaqué en Centrafrique, deux morts

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 13:49

 

 

 

 

RFI  30/04/14

 

L'attaque de l'hôpital de MSF à Boguila, dans le nord-ouest du pays, suscite des réactions gênées au sein de l'ex-rébellion, l'ex-Seleka, dont certains éléments sont mis en cause. Les différents interlocuteurs que RFI a pu joindre chez les ex-rebelles oscillent entre le démenti catégorique et la condamnation des combattants qui ont semé la mort.

 

Cette diversité de points de vue vient rappeler à quel point ce mouvement est éclaté. Le rallye meurtrier d'éléments de l'ex-Seleka dans le nord du pays place dans l'embarras les officiers de l'ex-rébellion. Certains opposent un démenti formel à une implication de l'ex-Seleka, comme le colonel Adam Ali, présent dans le nord du pays : « ce n'est pas nous, assure-t-il. Nous sommes innocents. Nous collaborons toujours avec les humanitaires. »

 

Le général Issa Issaka, l'ancien chef d'état major de l'ex-Seleka est lui à Bangui. Il reconnait qu'il ne contrôle pas les éléments du nord du pays, mais tient à se démarquer de ce qui s'est passé à Boguila : « Nous n'acceptons pas ce genre de comportement. Nous sommes là pour attendre le processus du gouvernement. Nous demandons à tous nos hommes de se mettre dans le cadre. »

 

Le général Mohamed Dhaffane, l'un des fondateurs de la Seleka condamne lui aussi l'assassinat des chefs traditionnels et des humanitaires à l'hôpital de MSF : « Nous condamnons cela avec vigueur parce que nous ne pouvons pas accepter que l'on tire sur les populations civiles. L'enquête est faite et nous allons demander à nos éléments de nous fournir des éléments précis sur ce qui s'est passé. Certains éléments ne relèvent pas du commandement de l'ex-Seleka. »

 

Difficile à vrai dire d'obtenir une parole unique sur ce qui s'est passé à Boguila. Plus que jamais, l'ex-Seleka est un mouvement éclaté incapable de se reconnaitre dans un seul chef. Certains groupes ont même des intérêts contradictoires au sein d'une même localité.

 

Une nouvelle attaque signée anti-balakas

 

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a confirmé ce mardi 29 avril que le convoi transportant 1 300 musulmans venus du quartier du PK12 à Bangui a été attaqué, ce lundi, sur sa route vers le nord du pays. L'attaque a fait deux morts et six blessés. Selon le HCR, des miliciens anti-balaka ont jeté une grenade sur les camions qui transportaient les déplacés.

 

Pour Fatoumata Lejeune-Kaba, l'une des porte-paroles du HCR : « Cette attaque de lundi, que le HCR condamne fermement, montre à quel point ces populations musulmanes sont vulnérables par rapport à la violence inter-communautaire qui sévit en ce moment en République centrafricaine. »

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140430-RCA-seleka-anti-balaka-at...

 

Attaque de l'hôpital de MSF en RCA: l'ex-Seleka nie toute implication

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 12:44

 

 

 

 

Le Monde  30/04/14

 

L'attaque perpétrée samedi 26 avril à Boguila, dans l'enceinte même d'un hôpital géré par Médecins sans frontières (MSF), résonne comme un sinistre rappel de l'insécurité qui perdure en République centrafricaine. Selon le bilan établit par MSF, seize personnes ont été assassinées, dont trois employés locaux de l'organisation, et six autres ont été blessées.

 

« Une quarantaine de chefs de quartiers et de villages que nous avions sollicités s'étaient réunis pour des discussions à l'hôpital. Ils étaient assis devant la salle de consultation externe lorsqu'un groupe d'ex-Séléka est arrivé et a tiré sur la foule. Il y a eu des actes de pillage en ville et dans nos locaux, mais on ne connaît pas encore les raisons de ces assassinats qui ont visé des civils désarmés », raconte Sylvain Groulx, l'un des chefs de mission de MSF en RCA. L'ONG, dont le personnel avait déjà été pris pour cible dans cette localité située à 450 kilomètres au nord de Bangui, a suspendu ses activités dans la zone.

 

Si le général Mohamed Dhaffane, le nouveau président de la Séléka, rejette toute implication d'éléments sous ses ordres dans cette tuerie, selon plusieurs sources les assaillants étaient bien des membres de l'ex-coalition rebelle qui les jours précédant cette attaque se sont rendus coupables d'exactions dans les localités environnantes. Depuis qu'elle a abandonné le pouvoir le 10 janvier, sous la pression internationale, la Séléka s'est atomisée, les multiples chefs de guerre qui la compose se sont autonomisés.

 

DÉSUNION DANS LES DEUX CAMPS

 

« Cette attaque nous fait craindre un retour en force de la Séléka dans la partie ouest du pays, alors que ses combattants étaient jusque-là dispersés dans l'est», s'inquiète Jean-Jacques Demafouth, l'un des proches conseillers de la présidente Catherine Samba-Panza. « La Séléka n'existe plus. Il y a des chefs qui se sont ralliés au nouveau gouvernement, d'autres qui sont dans la nature et des bandits armés qui, parce qu'ils sont musulmans, se voient coller l'étiquette de Séléka », estime pour sa part un diplomate d'Afrique centrale en poste à Bangui. Une source militaire française considère quant à elle que l'alliance des divers groupes rebelles formée pour conquérir le pouvoir a éclaté et que les mouvements pré-existants sont en train de se reconstituer sous leur forme initiale.

 

La désunion est également palpable dans le camp opposé. Les milices anti-balaka, qui avaient trouvé un terrain d'entente pour mener la guerre contre la Séléka et bouter Michel Djotodia hors de la présidence, forment un ensemble hétéroclite, sans agenda politique clair. « Il y a ceux qui combattent pour le retour de Bozizé, les groupes d'auto-défense qui se battent pour leur communauté, les militaires qui veulent retrouver une place et désormais beaucoup de délinquants opportunistes qui profitent de la situation pour piller leurs voisins », analyse un observateur étranger.

 

A Bangui, l'insécurité n'a pas été totalement jugulée mais elle a été considérablement réduite. La fuite massive des populations musulmanes a privé les anti-balaka de boucs émissaires sur lesquelles ils exerçaient leurs vengeances, mais l'absence de redémarrage économique fait le lit du banditisme. En revanche, en province, les populations vivent toujours sous le joug des groupes armés.

 

Dans l'ouest du pays, des milliers de musulmans survivent prisonniers dans des enclaves, constamment à la merci d'une agression. Lundi après-midi, un convoi de près de 1300 musulmans qui avaient quitté Bangui la veille pour se réfugier dans le nord centrafricain a été la cible d'une attaque. Deux personnes ont été tuées et six autres blessées par les anti-balaka, selon les forces africaines de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique).

« PERSONNE POUR FAIRE DE LA POLITIQUE »

 

Les forces africaines et les soldats français de l'opération Sangaris ont étendu leur déploiement, notamment dans l'est du pays mais leurs effectifs demeurent encore largement insuffisants pour sécuriser l'ensemble du territoire centrafricain. Le départ des soldats tchadiens, dont la présence était contestée par une large partie de l'opinion centrafricaine, a fragilisé encore un peu plus les communautés musulmanes, dont ils étaient les principaux protecteurs. Selon les Nations unies, plus de 600 000 personnes sont aujourd'hui déplacées à l'intérieur des frontières de la RCA et 338 000 ont trouvé refuge dans les pays voisins.

 

Plus de trois mois après son arrivée aux commandes d'un état centrafricain en totale déliquescence, Catherine Samba-Panza tarde à imposer son autorité. « Il est vrai qu'elle manque de moyens et que les promesses de fonds n'arrivent pas, mais elle n'a pris aucune mesure forte pour enclencher un processus de réconciliation », déplore un diplomate. « Son premier ministre est invisible. Il y a trop de technocrates et personne pour faire de la politique. Elle a pris un ministre de la défense qui fait partie de ceux qui ont été vaincus l'an dernier par la Séléka et un chef d'état-major qui était aux côtés d'Ange-Félix Patassé quand il a été renversé par François Bozizé [en 2003]. Comment voulez-vous que ces gens soient respectés par les belligérants ? », souffle un ancien ministre.

 

A Paris, une source officielle évoque « une erreur de casting », Catherine Samba-Panza n'étant, selon elle, ni le premier choix ni de François Hollande, ni celui du Congolais Denis Sassou Nguesso ou du Tchadien Idriss Déby. D'autres observateurs se montrent moins acerbes. Tous concèdent en revanche leur incapacité à déterminer vers quel cap navigue la République centrafricaine.

 

Cyril Bensimon

Lu pour vous : L'attaque de hôpital de Boguila, symptôme d'une insécurité qui perdure en Centrafrique

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