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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:15

 

 

 

 

(Jeune Afrique 03/06/14)

 

Alors que des messages invitant à la grève générale ont été envoyés lundi aux habitants de Bangui, le gouvernement centrafricain a décidé de suspendre temporairement l'utilisation des SMS.

 

Les autorités centrafricaines ont décidé de suspendre temporairement l'utilisation des SMS. "Sur instruction du Premier ministre (André Nzapayéké), l'utilisation des SMS par tous les abonnés de la téléphonie mobile est désormais suspendue à compter du lundi 2 juin 2014 jusqu'à nouvel ordre", indique une lettre envoyée par le ministère des Postes et télécommunications aux quatre opérateurs présents en Centrafrique, Télécel, Moov, Azur et Orange.

 

"Nous sommes en situation de guerre. C'est une mesure temporaire, qui devrait durer quelques jours, que nous prenons pour tenter de contrôler la situation sécuritaire", a indiqué à Jeune Afrique André Nzapayéké.

 

Vincent Duhem

 

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140603151516/b...

Centrafrique : le gouvernement suspend temporairement l'utilisation des SMS
Centrafrique : le gouvernement suspend temporairement l'utilisation des SMS
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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:13

 

 

 

 

 

(RFI 03/06/14)

 

En République centrafricaine, la capitale Bangui a connu une activité presque normale, ce lundi. Mais dans la matinée, plusieurs habitants du PK5, le dernier quartier musulman de la ville, ont été blessés dans une nouvelle attaque.

 

L’appel à la reprise du travail pour le Premier ministre centrafricain, André Nzapayeke, dimanche, a visiblement porté ses fruits. Lundi, les commerces étaient de nouveau ouverts, les taxis circulaient en nombre et les habitants de Bangui ont repris leurs activités.

 

Une journée de reprise placée toutefois sous haute protection puisque la force militaire internationale était massivement déployée jusque dans le centre-ville afin de rassurer la population. Il était aussi question d’éviter toute nouvelle flambée de violences après plusieurs jours de tension.

 

Le PK5, où sont retranchés les derniers musulmans de Bangui, était particulièrement surveillé par crainte d’une nouvelle attaque. Ce qui n’a pas empêché, lundi matin, que plusieurs personnes provenant de ce quartier soient blessées par balle près d’une boulangerie à la lisière de ce quartier de Bangui.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140603-rca-blesses-lors-une-atta...

RCA: journée calme relatif à Bangui malgré quelques incidents au PK5

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:11

 

 

 

 

 

Bangui 03/06/14 (APA) - Le Directeur général de la gendarmerie centrafricaine, le lieutenant-colonel Guy Bertrand Damango, a lancé ce lundi un appel à témoins pour chercher à identifier et traquer les auteurs des actes criminels de l’église catholique de Fatima, dans le 6è arrondissement de Bangui.

 

Cet appel, selon le lieutenant-colonel Damango, s’inscrit dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte conformément aux instructions des hautes autorités de l’Etat, suite à l’attaque meurtrière du 28 mai, occasionnant 15 morts et plusieurs blessés.

 

Il a invité « les victimes des blessures, violences, les parents des personnes assassinées et prises en otage et autres, de se présenter à la section des recherches et d’investigation pour être entendus ».

 

Le patron de la gendarmerie centrafricaine a par ailleurs précisé qu’une équipe spéciale d’enquête est mise en place à la Section des recherches et d’investigation (SRI), sise au camp Henri Izamo à Bangui.

La machine judiciaire en marche pour trouver les auteurs du crime de Notre Dame de Fatima à Bangui

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:08

 

 

 

 

 

03/06/14 (AFP)

 

Au petit matin, à l'heure de rejoindre le PK-5, l'enclave où vivent reclus les derniers musulmans de Bangui, des coups de feu retentissent. Avenue Koudoukou les taxis jaunes font brusquement demi-tour. L'homme avec qui l'AFP a rendez-vous appelle: "il y a une attaque, attendez".

 

Une demi-heure après, les coups de feu ont cessé, le feu vert est donné.

 

Après le quartier chrétien de Miskine, Koudoukou devient un no man's land avec, sur la route, des restes de pneus brûlés et de barricades et sur le coté des boutiques en bois abandonnées. Puis, les mines fatiguées de jeunes musulmans assis sur des bancs marquent l'arrivée dans le PK-5.

 

Ici, les messages anti-français sont partout, sur les murs, les panneaux publicitaires, les petites boutiques abandonnées. Des "non à la France", une croix gammée dessinée à côté du mot "FRANCE", trahissent le sentiment d'abandon des musulmans face aux violences.

 

Lors de l'attaque du matin, un tireur posté en lisière du PK-5, a visé des hommes venus chercher du pain. "Les armes ont encore crépité. J'ai eu peur. Il y a des blessés. Cela fait des mois que nous sommes aux aguets, stressés", dit le docteur Oumarou.

 

Ce professeur de physique au crâne chauve se dit condamné à cacher qu'il est musulman pour se rendre au centre-ville. "On se déguise", dit-il. Il voudrait aller au Cameroun, pour le travail, mais rejoindre l'aéroport est quasi-impossible sans escorte militaire. Tout comme la banque, où il n'a pas pu retirer son salaire. "Ici, nous sommes des prisonniers".

 

Au PK-5, dernière enclave musulmane de Bangui après le départ des musulmans du nord de la ville il y a un mois, ils ne sont plus que 1.000 à 2.000 à se terrer dans la peur des attaques.

 

Convoyés par des soldats de la Misca ou par leurs propres moyens, l'immense majorité des musulmans du PK-5 a pris le chemin de l'exode, vers le nord du pays ou le Tchad, pour fuir les exactions des "anti-balaka", ces milices chrétiennes rivales de la Séléka, ex-rebelles en majorité musulmans, au pouvoir de mars 2013 à janvier dernier.

 

Tirs, intrusions, jets de grenades et rumeurs incessantes d'attaques massives d'anti-balaka continuent de rythmer le quotidien du PK-5. Quand le calme revient, chacun se débrouille pour trouver riz, sucre, savon sans sortir du quartier.

 

Abdelaziz Adam, un des grands commerçants du PK-5, n'est pas sorti "depuis quatre mois". La dernière fois, alors qu'il se rendait dans le centre, il s'est fait agresser, dit-il. Un de ses semi-remorques a été volé. Il s'en désole avec cette formule qui résume bien la situation au PK-5 et ailleurs en Centrafrique: "Ici 90% des gens veulent la paix".

 

- Désarmer le PK-5 -

 

Barbichette blanche et grosses lunettes rondes, l'imam de la mosquée d'Ali Babolo est en colère contre ceux qui veulent "éradiquer l'islam de ce pays". "Hors du PK-5 toutes les grandes mosquées de Bangui ont été détruites", dit-il.

 

Pour défendre la mosquée et les habitants, des "groupes d'auto-défense" ont été montés. Une vingtaine de jeunes par quartier dans les six que comptent le PK-5. Ils sortent le soir, à la nuit tombante, quand les soldats burundais de la Misca, chargés de la protection du PK-5, rentrent dans leur caserne.

 

A Bangui, habitants, manifestants, partis politiques demandent le désarmement "immédiat" du PK-5, après la tuerie de l'église Fatima qui a fait 17 morts, et que tout le monde attribue aux "groupes armés musulmans".

 

Pour calmer la population, la présidente de transition Catherine Samba Panza s'est engagée à désarmer le PK-5. Mais, a-t-elle prévenu, "pas question d'arriver, de boucler" le quartier et de laisser les musulmans "à la merci" de leurs assaillants.

 

De leur côté, les musulmans répondent qu'ils n'ont que machettes, arc et flèches pour se défendre et qu'ils demanderont à la communauté internationale d'être évacués de Bangui si on les désarme.

 

Mais ils ne parlent pas des hommes en civils qu'on voit déambuler dans la rue avec des kalachnikovs. Comme dans cette voiture, qui circule au ralenti, avec cinq hommes armés à l'intérieur.

 

"On ne peut pas tout dévoiler de notre stratégie militaire", répond l'un des responsables de la communauté quand on l'interroge sur cet armement.

 

Au Pk-5, tout le monde attend la paix, mais plus personne n'y croit. "Même un million de casques bleus ne changerait rien, tant que les anti-balaka veulent nous chasser", dit Mahmoud, un habitant.

 

"J'attends, je suis là", dit l'imam dans sa mosquée. "S'ils viennent pour casser la mosquée, ils cassent la mosquée, ils me tuent et on en termine".

 

Au "PK-5", système D et groupes d'auto-défense pour les derniers musulmans de Bangui

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 16:01

 

 

 

 

03/06/14 (AFP)

 

Des hommes armés ont attaqué la base de Médecins Sans Frontières (MSF) à Ndélé, dans le nord de la Centrafrique, sans faire de victimes, selon un communiqué publié mardi.

 

"Quatre hommes sont entrés avec violence dans la maison de MSF basée à Ndélé lors d'un vol à main armée", dans la nuit de dimanche à lundi, explique l'organisation, qui se dit "une nouvelle fois consternée par la violence utilisée" à l'encontre de ses équipes.

 

"Nous restons déterminés à apporter des secours médicaux aux populations centrafricaines, mais un minimum de conditions doit être respecté par les parties aux conflits. Sans celles-ci, nous ne pouvons pas travailler", explique Javier Eguren, chef de mission pour MSF, cité dans le document.

 

Suite à cette attaque, MSF a évacué "temporairement" une partie de l'équipe hors de la ville, "le temps d'évaluer et de négocier avec les autorités locales la possibilité ou non de poursuivre les activités médicales".

 

MSF affirme dispenser "plus de 1600 consultations par semaine à Ndélé", dont le tiers à des enfants de moins de 5 ans. "L'absence de MSF, le seul pourvoyeur de soins de la ville", serait "une tragédie pour les populations", selon Javier Eguren.

 

Fin avril, une attaque contre un hôpital de MSF à Boguila, dans le nord-ouest, avait fait 22 morts dont 3 membres de son personnel humanitaire.

 

Depuis la prise de pouvoir de la rébellion Séléka en mars 2013, renversée en janvier dernier, la Centrafrique vit une crise sans précédent, rythmée par les exactions de l'ex-rébellion de la majorité musulmane en déroute, et celles des milices majoritairement chrétiennes anti-balaka.

 

 

 

Centrafrique : Nouvelle attaque contre MSF à Ndélé

 

 

BANGUI, République Centrafricaine, 3 juin 2014/African Press Organization (APO)/ -- L'organisation médicale Médecins Sans Frontières (MSF) vient de retirer une partie de son personnel de la ville de Ndélé, située dans le Nord de la Centrafrique suite à une nouvelle attaque à l'encontre de ses équipes médicales et de ses structures.

 

Le 2 juin 2014, aux alentours de 1h30 du matin, quatre hommes sont entrés avec violence dans la maison de MSF basée à Ndélé lors d'un vol à main armée. « Nous sommes une nouvelle fois consternés par la violence utilisée à l'encontre de nos équipes. Nous restons déterminés à apporter des secours médicaux aux populations centrafricaines, mais un minimum de conditions doit être respecté par les parties aux conflits. Sans celles-ci, nous ne pouvons pas travailler », explique Javier Eguren, chef de mission pour MSF.

 

Une partie de l'équipe de MSF a temporairement été évacuée de la ville de Ndélé, le temps d'évaluer et de négocier avec les autorités locales la possibilité ou non de poursuivre les activités médicales. « Nous dispensons plus de 1600 consultations par semaine à Ndélé, dont le tiers concerne des enfants de moins de 5 ans. Encore une fois, l'absence de MSF, le seul pourvoyeur de soins de la ville, est une tragédie pour les populations », continue Javier Eguren.

 

Un mois seulement après le massacre de Boguila, au cours duquel 18 civils dont 3 employés de MSF ont perdu la vie, cette nouvelle attaque à l'encontre des biens et du personnel de MSF témoigne une fois de plus des difficultés auxquelles sont confrontées les organisations humanitaires. Entre décembre 2012 et mars 2014, 115 incidents de sécurité ont eu lieu à l'encontre des équipes de MSF en RCA.

 

A Ndélé, MSF soutient l'hôpital depuis 2010. Depuis décembre 2013, afin de répondre à la crise, MSF a doublé le niveau de son assistance médicale passant de 10 à 21 interventions en RCA, auxquels s'ajoutent 6 projets pour les réfugiés dans les pays voisins. MSF travaille en RCA depuis 1997. Actuellement, plus de 300 expatriés et plus de 2000 Centrafricains travaillent pour MSF dans le pays.

Centrafrique: nouvelle attaque contre une base de MSF, pas de victimes

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 15:57

 

 

 

 

 

(02 juin 2014)

 

 

  • Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement de Transition ;
  • Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organismes Internationaux ;
  • Mesdames et Messieurs les Conseillers Nationaux ;
  • Distinguées personnalités ;
  • Mesdames et Messieurs ;

 

L’ordre du jour de cette session extraordinaire appelle exclusivement la poursuite de l’examen et l’adoption de la loi de finances 2014.

 

En effet, le Bureau a reçu le 23 avril 2014, le projet de loi de finances qui a été soumis pour examen par les différentes commissions permanentes du Conseil National de Transition au cours de cette session ordinaire qui vient de s’achever.

 

Les Conseillers Nationaux se sont résolument mis au travail en procédant aux différentes auditions des Membres du Gouvernement dont relèvent les budgets sectoriels.

 

Mais les travaux ont connu un retard, de fait que le chronogramme des activités de notre institution était bouleversé de manière significative par l’enchaînement des différents événements d’ordre sécuritaire.

 

Conscient de l’importance cruciale que revêt cet outil de travail, qui est la loi de Finances autorisant les autorités de la transition à mobiliser les ressources tant au niveau national qu’international pour la mise en œuvre de la Feuille de route, il était du devoir de la représentation nationale de doter notre pays d’une loi de Finances répondant aux standard internationaux.

 

En effet, il n’était pas envisageable de laisser la politique budgétaire de notre pays gouverner par les douzièmes provisoires reconductibles à volonté. C’est pourquoi, le Bureau du Conseil National de Transition a sollicité et obtenu du Gouvernement la convocation de session extraordinaire du 02 au 09 juin 2014 pour aboutir à l’adoption du projet de loi de Finances pour l’exercice 2014.

 

Je saisis cette occasion pour saluer le dévouement exemplaire dont ont fait montre les Conseillers Nationaux dans l’exécution de l’agenda de la session ordinaire écoulée, en dépit des contraintes de tous ordres auxquelles ils ont été régulièrement confrontés.

 

Je fais appel, encore une fois de plus, à leur esprit patriotique et à leur sens élevé de responsabilité pour que les travaux de la présente session connaissent un aboutissement heureux dans l’intérêt supérieur de la Nation.

 

Toutefois, l’attention des Membres du Gouvernement est également appelée pour assurer les Conseillers Nationaux de leur disponibilité et de leur pleine coopération en vue du strict respect du calendrier imparti par le Décret convoquant la présente session.

 

C’est sur ces mots d’encouragement que je déclare ouverte la 3ème session extraordinaire du Conseil National de Transition.

 

Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son Peuple.

 

Je vous remercie de votre aimable attention.

DISCOURS  DE SON EXCELLENCE ALEXANDRE FERDINAND N’GUENDET PRESIDENT DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION  A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA 3EME SESSION EXTRAORDINAIRE

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 15:27

 

 

 

 

CONSEIL NATIONAL DE TRANSTION                        REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

         ---------------------                                                -------------------

                                                                                       Unité- Dignité- Travail

 

 

PRONONCÉ PAR

SON EXCELLENCE ALEXANDRE FERDINAND NGUENDET

PRÉSIDENT  DU CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

 

 

(Hémicycle du Conseil National de Transition, vendredi 30 mai 2014)

  

 

  • Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition ;
  • Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
  • Mes Chers Collègues Conseillers Nationaux;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants du Corps diplomatique et des Organisations Internationales,
  • Mesdames et Messieurs, distingués personnalités,

 

La présente session se termine dans un climat déplorable caractérisé par la persistance d’actes de violence à l’encontre des populations civiles.

 

Le dernier épilogue  en date est la barbarie perpétrée à la paroisse de Fatima ayant entrainé la mort de nombreuses victimes innocentes. 

 

Le Conseil National de Transition condamne avec fermeté cet acte ignoble et inhumain qui met en péril l’effort de paix en République Centrafricaine et demande une fois de plus au Gouvernement, premier responsable de la sécurité des Centrafricains, de choisir sans délai le moyen le plus approprié pour rétablir la sécurité.

 

Le drame qui vient de se produire nous interpelle tous et relance le débat sur l’efficacité de l’action du Gouvernement  en matière de protection des personnes et des biens.

 

Les faits sont là ! Jugez en vous-même.

 

Je demande à l’assistance de se lever et d’observer une minute de silence en mémoire de ces innocentes victimes.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  • Distinguées personnalités,

 

Revenant à l’objet de notre rencontre, je remercie le Premier Ministre,  Chef du Gouvernement de Transition, Monsieur André NZAPAYEKE  qui nous manifeste une grande considération en prenant part personnellement à la cérémonie de clôture de la session qui prend fin.

 

J’associe à ces remerciements tous les autres Membres du Gouvernement.

 

Je n’oublie pas tous les Ambassadeurs, les Chefs de missions diplomatiques et les Représentants des Organisations internationales accréditées en République Centrafricaine.

 

Merci à tous pour votre  présence.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Comme vous le savez, la séance de clôture est l’occasion pour nous de faire le bilan des activités de notre Institution durant le trimestre écoulé, et ce, au regard des missions constitutionnelles qui lui sont dévolues.

 

Ainsi, dans le cadre du vote des lois, le Conseil National de Transition a examiné et adopté le 13 mars 2014 la loi portant Organisation et fonctionnement du Haut Conseil de la Communication de Transition, ayant fait l’objet de relecture suite à la décision n°004/13 de la Cour Constitutionnelle de Transition, en date du 26 novembre 2013.  

 

L’examen du projet de loi de finances 2014 et de la loi portant Code du Commerce en République Centrafricaine est renvoyé aux soins de la prochaine session extraordinaire pour cause d’empêchement répété de certains Ministres concernés par les deux (2) projets de lois à déférer devant les commissions techniques de travail au cours de la session qui s’achève.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Le Conseil National de Transition, comme je vous l’annonçais lors de mon premier discours l’année dernière, entend jouer son rôle de sentinelle vigilante au service du peuple centrafricain jusqu’au bout et ce, dans le respect de la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

C’est ainsi que nous avons exercé notre contrôle sur l’action gouvernementale à travers les interpellations des Ministres.

 

En effet, plusieurs Ministres ont été interpellés au cours de la session qui s’achève aux dates ci-après indiquées :

 

Le 11 mars 2014   

 

  • le Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique pour des explications sur la pénurie du carburant constaté un moment dans la ville de Bangui et ses répercussions,
  •  
  • le Ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et des Edifices Publics sur l’état d’avancement de la cimenterie de NZILA ;
  •  
  • le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Chargé de la Réforme Judiciaire et des Droits de l’Homme sur l’évolution des enquêtes judiciaires ouvertes sur les différents crimes crapuleux, les charniers du camp de Roux et du Régiment de Soutien,
  •  
  • le Ministre du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises au sujet la situation de la cimenterie de NZILA et la flambée des prix des produits de première nécessité.

 

Le 19 mars 2014

 

  • le Ministre de la Défense Nationale, de la Reconstruction des Armées, des Anciens Combattants et du DDR et le Ministre de la Sécurité Publique, de l’Immigration- Emigration,  sur l’opérationnalité des Forces Armées Centrafricaines, le désarmement des ex Séléka et Anti-balaka, la présence effective des gendarmes et policiers dans les brigades de gendarmerie et les commissariats de police.

 

Le 06 avril 2014

 

  • Le Ministre des  Affaires Etrangères sur la délocalisation du siège de la CEMAC et l’état de nos relations diplomatiques avec le Tchad, suite au retrait de ses contingents de la MISCA,
  • Le Ministre de la Fonction Publique  sur le contrôle physique des Fonctionnaires et Agents de l’Etat.

 

Le 09 mai 2014

 

  • Le  Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition sur la question sécuritaire, l’action humanitaire, la restauration de l’autorité de l’Etat, la justice et l’Etat de droit.
  •  

Enfin, l’une des activités importantes de cette session a été la présentation de la Feuille de Route du Gouvernement au Conseil National de Transition le 12 mai 2014 par le Premier Ministre chef du gouvernement.

 

Le Parlement de Transition a approuvé ce programme de Gouvernement après discussions et  a donné mandat au Premier Ministre de le mettre en œuvre.

 

Voici, pour l’essentiel Mesdames et Messieurs, Distinguées personnalités, quelles ont été les activités de vote des Lois et les interpellations qui ont occupé les parlementaires de transition durant le trimestre écoulé.

 

A cet égard, je félicite tous les Conseillers Nationaux de Transition pour la qualité de leurs contributions.

 

  • Chers Collègues, Conseillers Nationaux
  •  

Je ne saurais passer sous silence les récentes séances de travail que j’ai eues avec son Excellence Madame Catherine Samba Panza, Chef de l’Etat de Transition et Monsieur le Premier Ministre, qui nous a permis de tracer un cadre périodique de concertation entre la Présidence de la République, le Conseil National de Transition et la Primature en vue d’échanger de façon permanente sur la vie de la Nation. 

 

Nous avons convenu de nous retrouver en Réunion Tripartite au moins une fois par mois et je me réjouis à l’idée des fructueux entretiens que nous aurons à chacune de ces occasions.

 

  • Mesdames et Messieurs,
  •  
  • Distinguées personnalités,
  •  

Il me plait d’évoquer ici quelques actions de notre diplomatie parlementaire.

 

Au titre des audiences, j’ai reçu au cours de cette session plusieurs personnalités du monde diplomatique qui sont venues nous rendre visite et échanger avec nous sur la situation qui prévaut en République Centrafricaine.

 

 Dans ce cadre nous avons reçu :

 

  • Une Mission de consolidation de la Paix des Nations Unies le 07 mars 2014 qui était venue prendre des aspirations du Conseil National de Transition en matière de rétablissement de la paix et de la sécurité ;
  •  
  • Une Mission de l’OIF conduite par Monsieur Louis Michel  le 13 mars 2014  pour parler de la coopération entre l'OIF et le Parlement   de transition. Les questions d'actualités sur la République Centrafricaine ont été également évoquées ;
  •  
  • Une Mission des Nations Unies conduite par le Général Babacar GUEYE, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en RCA le 14 mars 2014, pour discuter des questions relatives à la crise centrafricaine notamment le déploiement des forces des Nations Unies en Centrafrique ;
  •  
  • Son Excellence Mahamat DAYA, Chargé d'Affaires de l'Ambassade du Soudan à Bangui le 14 Avril 2014,venu remettre la somme de 25.000$ devant permettre aux Parlementaires de Transition de mener dans les provinces la campagne de sensibilisation de la population sur la Paix et la Réconciliation ;
  •  
  • Une délégation des Sénateurs français conduite par Monsieur Jean-Pierre Chevènement, ancien Ministre, Sénateur en la Commission Affaires Etrangères et Défense pour discuter des questions liées à la paix, à la sécurité et aux prochaines élections générales en République Centrafricaine.
  •  

Par ailleurs, j’ai effectué  du 02 au 08 mai dernier à Khartoum au Soudan, une visite de travail à l’invitation du Docteur El Fatteh Izz Al Deen, Président de l’Assemblée Nationale.

 

L’objet de ce déplacement est de renforcer les liens de coopération parlementaire et d’amitié qui lient  la République Centrafricaine et le Soudan. J’ai profité de cette visite pour évoquer la situation du pays et échanger sur la nécessité de l’aider à s’en sortir. Ceci aura permis une meilleure information des hautes autorités du Soudan et des ONG humanitaires qui se sont engagées à apporter une aide humanitaire d’urgence pour plus de 385 000 dollars.

 

Le 24 mai dernier, à l’invitation de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie(APF), je me suis rendu au Congo Brazzaville, à la tête d’une délégation des Conseillers Nationaux de Transition où nous avons prit part à la 22ème Assemblée régionale Afrique de l’APF et à la Conférence parlementaire sur les changements climatiques.  

 

La 22ème Assemblée Régionale Afrique de l’AFP a adopté à l’issue une Résolution spéciale sur l’envoi d’une mission d’information et de contact relative à la situation sécuritaire, politique et humanitaire en République Centrafricaine.

 

En marge de cette réunion, j’ai eu le privilège d’être reçu en audience le mardi 27 mai 2014 par Son Excellence Dénis Sassou NGUESSO président de la République du Congo, Médiateur de la crise Centrafricaine qui m’a fait part de son engagement à tout mettre en œuvre pour obtenir un arrêt de violences en République Centrafricaine.

 

A cet égard, il a demandé  aux acteurs de la vie politique à s’impliquer dans le processus.

 

  • Chers Collègues, Conseillers Nationaux,
  •  

J’en arrive à l’évènement-phare qui aura marqué notre diplomatie parlementaire.

 

Il s’agit bien sûr du Secrétaire Général des Nations- Unies Monsieur BAN KI MOON qui a bien voulu choisir la tribune du Conseil National de Transition le 05 avril 2014, pour adresser un message de paix et de réconfort au peuple Centrafricain.

 

Ce choix, faut-il le dire, montre bien que le Conseil National de Transition est au cœur de la République.

 

Aussi, permettez-moi de lui exprimer à nouveau, nos sentiments de gratitude pour l’intérêt jamais démenti que l’Organisation des Nations Unies témoigne à la République Centrafricaine.

 

  • Excellence Monsieur le Premier Ministre,
  •  

Je me dois de dire quelques mots sur quelques sujets d’intérêt national et pour lesquels le Conseil National de Transition tient à faire connaitre sa position.

 

Je pense en premier lieu, au désarmement.

 

C’est le lieu de le dire, le désarmement n’a pas encore atteint un niveau satisfaisant puisque des personnes en armes continuent de semer la mort et  la désolation à travers tout le pays.

 

Nous ne le dirons jamais assez, les centrafricains ont besoin de paix et de sécurité.

 

Pour y parvenir il faut renforcer les opérations de désarmement par une implication des Forces Armées Centrafricaines de bonne moralité dans le  dispositif sécuritaire.

 

Que l’Etat major des armées produise la liste des militaires loyalistes et commence une prise en main afin de prouver à l’opinion internationale et nationale que nous sommes engagés à prêter main forte aux opérations de désarmement.

 

Le second sujet concerne les relations du Conseil National de Transition et le Gouvernement.

 

Beaucoup de choses ont été dites lorsque le Conseil National de Transition avait demandé au Gouvernement de reprendre la procédure de présentation de sa Feuille de Route qui n’était pas conforme aux dispositions de la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

Egalement, les mêmes supputations ont repris lorsque le Conseil National de Transition à inviter certains Ministres à des questions orales.

 

Je tiens à rappeler, aujourd’hui, que les rapports du Conseil National de Transition et le Gouvernement sont, tout d’abord, des rapports de collaboration dans le cadre de l’élaboration de la loi, chaque institution jouant un rôle non moins important. 

 

Mais au-delà, la Charte de Constitutionnelle de Transition en son article 73 prévoit un dispositif de contrôle de l’action du Gouvernement au moyen de l’interpellation des Ministres.

 

Le Conseil National de Transition désapprouve l’attitude de certains Ministres qui pensent que les questions orales n’ont aucun intérêt et qu’ils peuvent s’en passer.

 

Il s’agit comme tout le monde le sait, d’un exercice démocratique et républicain qui veut que celui qui a investi demande des comptes à son mandataire.

 

Les Membres du Gouvernement  doivent donc comprendre que le peuple est le seul juge de l’action politique du pouvoir exécutif et qu’à ce titre ils sont tenus de lui fournir à travers ses représentants les explications qu’il juge utile.

 

Il n y a donc pas lieu de croire que c’est injustement que le Conseil National de Transition interpelle quelques fois les Membres du Gouvernement.

 

L’autre question concerne l’occupation de la ville de Bambari par l’état major de l’ex séléka depuis la fin de leur congrès tenu à Ndélé.

 

J’ai fait une déclaration à ce propos le 21 mai dernier, mais le problème restant d’actualité, je me vois obligé de dire à nouveau que cette occupation est inacceptable dans un Etat organisé.

 

En effet, il est intolérable que des personnes non habilitées occupent une partie du territoire national et s’arrogent indûment les prérogatives de l’Etat.

 

Monsieur le Premier Ministre, votre Gouvernement est engagé à rétablir l’ordre et la sécurité dans cette partie du pays.

 

Nous connaissons ses difficultés actuelles, mais il peut dans le cadre de cette action demander l’appui de la Misca et de l’opération Sangaris qui doivent impérativement nous aider à faire rétablir la discipline à Bambari.

 

Aux antibalikas, je leur dis qu’il est encore temps qu’ils rentrent dans l’ordre et la discipline en arrêtant les actes de violence et en cessant d’occuper illégalement certaines routes nationales et quelques localités du pays.

 

Que les éléments des Forces Armées Centrafricaines qui ont rejoint ce groupe le quittent et regagnent  les rangs de notre armée pour servir les causes de la République aujourd’hui en proie à l’anarchie.

 

Les autres compatriotes ayant appartenu à cette milice doivent se démobiliser et se mettre à la disposition du programme DDR qui sera engagé par le Gouvernement.

 

Que ceux qui ne veulent pas entendre raison pour cesser la violation et les autres actes qui alimentent l’anarchie soient dorénavant considérés comme des ennemis du peuple Centrafricain et traités comme tels.

 

 Le Conseil National de Transition demande au Gouvernement de prendre toutes dispositions dans ce sens.

 

J’en viens à la question du prochain dialogue politique inter centrafricain.

 

Monsieur le Premier Ministre, l’organisation du dialogue comme moyen de ressouder la fracture sociale née des derniers évènements est une nécessité, voire l’une des urgences du moment.

 

Il faut créer les conditions de réunir autour d’une même table toutes les parties prenantes à la crise centrafricaine et les autres sensibilités pour qu’ensemble nous puissions parler de l’avenir de ce pays et de la cohésion entre ses enfants.

 

Le retard pris dans l’organisation du dialogue pourrait être une source d’insécurité.

 

C’est pourquoi, je demande au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour qu’un Comité technique préparatoire soit rapidement mis en place en vue de la définition du format et des modalités de ce dialogue.

 

Le Conseil National de Transition demande, par ailleurs, au Médiateur de la crise Centrafricaine, Son Excellence Dénis Sassou NGUESSO, Président de la République du CONGO de prendre toutes initiatives tendant à réunir les responsables des différents groupes armés  afin d’obtenir de leurs mouvements une cessation des hostilités à l’endroit des paisibles populations civiles.

 

L’autre question délicate concerne le sort de déplacés internés et externe.

 

Il est connu de tous que la République Centrafricaine a toujours été une terre d’asile en ce sens que c’est elle qui a toujours accueilli dans l’histoire. On n’a jamais enregistré un mouvement de masse de nos populations à l’extérieur du pays pour cause de guerre ou autre calamité.

 

Or, ce qui se passe aujourd’hui est tout à fait le contraire car on dénombre plus d’un millier de déplacés internes et externes d’origine centrafricaine.

 

L’urgence, Monsieur le Premier Ministre chef du Gouvernement, avec l’arrivée de la saison de pluie est de tout faire pour que nos compatriotes rentrent au pays pour ceux se trouvant à l’extérieur, et que les déplacés internes regagnent leurs lieux de résidences habituelles. Le Gouvernement doit pour cela mettre en place un vaste plan d’aide au retour des personnes déplacées.

 

Je voudrais, également, Monsieur le Premier Ministre parler du fonctionnement de l’Autorité Nationale des Elections(ANE).

 

Il semble que cette importante institution qui a la mission de préparer et d’organiser les futures élections générales n’est pas jusque là doter en moyens de travail nécessaire à l’accomplissement de sa mission.

 

Dans ces conditions, l’on ne peut que se demander, comment allons- nous faire ?

 

C’est pourquoi, je demande au Gouvernement de répondre urgemment à cet impératif, celui de mettre à la disposition de l’Autorité Nationale des Elections un minimum de ressources pouvant lui permettre de démarrer les activités inscrites dans son chronogramme.

 

Ne l’oublions pas, l’organisation des élections relève de la souveraineté nationale. Il nous appartient, par conséquent, de tout faire pour réunir les moyens nécessaires au financement de nos élections, l’aide des partenaires n’est qu’un appoint.

 

Pour finir, je vais parler de la faiblesse de nos ressources internes qui ne permettent pas de répondre à nos propres besoins.

 

  • Monsieur le Premier Ministre,
  •  

Aujourd’hui, il est un fait avéré, les ressources internes de l’Etat sont insuffisantes et ne permettent pas la prise en charge des dépenses liées aux besoins en eau, en éducation et en santé, secteurs essentiels pour les populations, que le paiement des pensions des retraités et des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat.

 

L’Etat est entièrement dépendant de l’appui budgétaire international. Il a du mal à mobiliser le minimum de 2 à 3 milliards de F CFA par mois exigé par la communauté internationale pour que cette dernière lui vienne en appui.

 

Les raisons justifiant cette situation, nous les connaissons et j’en cite une l’impact de la crise sur les secteurs à fort potentiel de croissance et donc susceptibles de générer plus de recettes : Mines, Forêt, Commerce, Téléphonie mobile etc... 

.

Devant ce constat catastrophique, ne faudrait –il pas faire preuve d’imagination et de créativité, parallèlement à l’assistance des partenaires techniques et financiers ?

 

L’afflux de l’aide internationale ne doit pas inciter le Gouvernement à fournir moins d’efforts pour mobiliser des recettes internes.

 

C’est pourquoi, j’exhorte le Gouvernement à réfléchir davantage sur les possibilités d’accroitre les ressources de l’Etat en vue d’un meilleur financement des charges publiques.  

 

C’est sur cette exhortation, Monsieur le Premier Ministre chef du Gouvernement que je déclare clos les travaux de la première session parlementaire ordinaire de cette année.

Je vous remercie.

 

La séance est levée.

DISCOURS  DE CLOTURE DE LA  PREMIERE SESSION ORDINAIRE DE L’ANNÉE 2014 DU PRESIDENT DU CNT

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:32

 

 

 

LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE :

 

SITUATION ET PERSPECTIVES

 

***************

 

ACADEMIE DIPLOMATIQUE INTERNATIONALE

 

****************

 

PARIS 2 JUIN 2014

 

 

L’actualité de la situation dans mon pays et plus particulièrement celle de sa capitale, m’oblige à en dire deux mots avant d’aborder proprement parler le sujet sur lequel je dois intervenir ici. En effet, Bangui vient de connaître une nouvelle convulsion il y a quelques jours,  avec le cycle infernal absurde de représailles et d’escalades dans la violence aveugle et des tueries. Après le lynchage une semaine plus tôt de trois jeunes musulmans, cette fois-ci,  on a dénombré dix-sept personnes, dont un curé, sauvagement  abattues et une trentaine d’autres grièvement blessées dans une église, après le passage d’assaillants non encore clairement identifiés. Il s’en est suivi dès le lendemain la quasi paralysie de la ville et ce, durant deux jours. On a noté un vaste mouvement de protestations dans plusieurs quartiers de Bangui où des barricades ont été érigées sur les principaux axes routiers, deux mosquées détruites par des manifestants très en colère qui marchaient et scandaient des slogans hostiles au contingent burundais de la MISCA en charge du secteur, accusé de n’avoir rien fait pour empêcher le carnage de l’église et dont ils exigeaient le départ du pays. Les manifestants ont aussi demandé la démission de la présidente de la transition, Mme Catherine SAMBA-PANZA. On enregistre depuis lors, une certaine accalmie mais qui est précaire,car le désarmement général de tous les arrondissements de la capitale - y compris des deux essentiellement habités par la communauté musulmane - enfin annoncé par Mme la présidente Catherine SAMBA-PANZA mais déjà contesté par nos compatriotes musulmans, pourrait être de tous les dangers.  

 

La République centrafricaine est un pays d’ordinaire méconnu, en dehors des périodes fantasques comme celle du couronnement de feu Jean-Bedel BOKASSA, qui s’était autoproclamé Empereur en 1976.

 

Depuis plus d’une année  la RCA fait la une des medias internationaux, à cause de la grave crise multiforme (sécuritaire, humanitaire, politique, économique et sociale) qui y sévit, depuis le déclenchement dans la partie Nord-est du pays de la rébellion de l’ex- Coalition SELEKA en décembre 2012, et qui a fini par renverser du pouvoir le Général Président François BOZIZE.

 

Malheureusement, cette crise n’est que la dernière en date d’une trop longue série de crises politiques graves que notre pays a connues depuis la disparition du Père de l’indépendance Barthélemy BOGANDA le 29 mars 1959, à moins d’un an de l’accession du pays à la souveraineté internationale, dans un accident d’avion aux circonstances non encore élucidées à ce jour.

 

Le mal centrafricain se décline par un chapelet de coups d’Etat réels ou supposés, de tentatives de coup d’Etat, de mutineries militaires et de rebellions, sans parler de changement de forme de l’Etat, passé comme évoqué tantôt de la République à l’Empire en 1976, avant de revenir à la République à la faveur d’un autre coup d’Etat en 1979.

 

Ces déchirements sont la conséquence d’alternances politiques difficiles, dues à une personnalisation excessive du pouvoir : à la mort de Barthélemy BOGANDA, son Ministre de l’Intérieur David DACKO s’imposera contre le Vice-président du Conseil des Ministres, Abel GOUMBA. Ensuite, le colonel Jean-Bedel BOKASSA Chef d’Etat-major de la jeune armée nationale, renversera le Président David DACKO en 1966, puis en septembre 1979, à la faveur de l’Opération Barracuda, l’ancien Président David DACKO renversera à son tour Jean-Bedel BOKASSA. Mais, le 1er septembre 1981, le Général André KOLINGBA,  Chef d’Etat-major des Armées s’emparera du pouvoir des mains de David DACKO et le conservera jusqu’en octobre 1993. Il transmettra le pouvoir à Ange-Félix PATASSE, élu au suffrage universel en septembre 1993. Ce sera la première et seule alternance démocratique à ce jour dans l’histoire du pays, puisque le Général François BOZIZE, Chef d’Etat-major des Armées qui était entretemps entré en rébellion contre le régime du Président PATASSE,  vient mettre brutalement fin à cette courte expérience en  renversant à son tour Ange-Félix PATASSE le 15 mars 2003

 

Le même François BOZIZE sera à son tour renversé par Michel DJOTODIA, chef de la coalition rebelle Seleka le 24 mars 2013. Enfin ce dernier sera lui-même contraint à la démission le 10 janvier 2014, ouvrant la voie à l’élection le 20 janvier 2014 de Madame Catherine SAMBA-PANZA par le Conseil National de Transition - le Parlement provisoire -  au poste de Chef d’Etat de la Transition avec comme principales missions la restauration de la paix et l’organisation des élections en février 2015.

 

Naturellement, cette longue et récurrente instabilité politique, et les violences multiformes qui l’accompagnent,  ont relégué au second plan le développement économique et social du pays depuis notre indépendance en 1960. Cela fait de la RCA un véritable paradoxe  puisque nous sommes aujourd’hui un pays parmi les plus pauvres du monde, incapable de fournir à sa population les services de base,  malgré les considérables potentialités et ressources naturelles dont nous disposons. La conséquence de cette situation paradoxale est la promotion de contre-valeurs tels que les comportements inciviques, le développement du communautarisme, l’absence de sentiment national et la mauvaise gestion de la chose publique, dans un environnement d’effondrement progressif de l’Etat et de personnalisation excessive du pouvoir, en lieu et place de la construction ou du renforcement des institutions et de la citoyenneté. 

 

La dernière crise en cours est justement née de ce cocktail de contre-valeurs.

 

En effet, les élections groupées de janvier 2011, contrairement à celles organisées en 2005 après la première transition dirigée par le Général François BOZIZE suite à sa prise du pouvoir par les armes en mars 2003, se sont déroulées  en dehors du cadre légal, au vu et au su de tous. Les résultats ont été naturellement et unanimement contestés par toutes les parties, y compris par la communauté internationale, et les institutions issues de cette mascarade électorale sans précédent n’ont pas été reconnues par l’opposition démocratique.  Notre pays a replongé dans une crise politique postélectorale doublée d’une crise sociale et sécuritaire sans précédent du fait de l’accentuation de la pression militaire exercée sur le pouvoir illégitime du général BOZIZE par plusieurs rébellions dans l’arrière-pays.

 

Le général François BOZIZE, alors Président de la République, s’était muré dans un refus de toute concertation et de tout dialogue avec les partis de l’opposition, et ce, malgré les recommandations du Dialogue Politique Inclusif tenu à Bangui en décembre 2008 et en dépit des conseils pressants du Président tchadien Idriss DEBY ITNO qui a effectué exprès, début  mai 2012, un déplacement à Bangui pour lui suggérer un dialogue politique avec l’opposition.

 

A l’éclatement de la rébellion de l’ex-Coalition SELEKA début décembre 2012, et lorsque les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC devaient se réunir à Ndjamena afin de trouver une issue politique et pacifique à cette crise,  l’ancienne opposition démocratique dont mon parti le MLPC est membre, réunie en Collectif des partis et associations politiques de l’opposition démocratique, a pris ses responsabilités historiques en demandant aux Chefs d’Etat et de  Gouvernement la tenue d’un sommet élargi aux forces politiques et à la société civile pour débattre au fond de la crise centrafricaine.

 

C’est ainsi qu’en janvier 2013, se tiendra à Libreville un sommet extraordinaire de la CEEAC sur cette crise, à l’issue duquel ont été signés les Accords dits de Libreville, qui prévoient entre autres, la mise en place d’une période de transition de trois ans s’achevant en 2016, et la constitution d’un gouvernement d’union nationale de transition dirigé par un Premier Ministre issu de l’opposition démocratique.

 

C’est sur cette base que Maître Nicolas TIANGAYE, alors Coordonnateur de l’opposition démocratique, fut nommé Premier Ministre malgré les atermoiements du général BOZIZE. Le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE mettra  en place, dans des conditions éprouvantes,  un gouvernement d’union nationale de transition comprenant  toutes les entités signataires des Accords de Libreville, c’est-à-dire la majorité présidentielle de François BOZIZE, l’opposition démocratique, l’ex-rébellion Séléka et les mouvements politico-militaires engagés dans le processus du DDR. Malgré la mise en place de ce gouvernement,  le non-respect des Accords de Libreville conduira à la reprise des hostilités et à la chute de François BOZIZE le 24 mars 2013.

 

L’opposition démocratique a condamné cette prise de pouvoir par la force et exigé le respect de l’esprit des Accords de Libreville, notamment la conduite consensuelle et inclusive d’une période de transition apaisée. C’est ainsi que les sommets extraordinaires de Ndjamena 3 et 4  d’avril 2013 consacreront cette position et permettront la mise en place du Conseil National de Transition, de la Charte Constitutionnelle de transition et des autres institutions de la transition.

 

Devant la dégradation continuelle de la situation sécuritaire et les difficultés liées à la cohabitation politique entre les trois personnages principaux de ladite transition, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC tiennent les 9 et 10 janvier 2014 à Ndjamena, un sommet extraordinaire à l’issue duquel le Président de la Transition ainsi que le Premier Ministre Chef du Gouvernement sont contraints à la démission.

 

Il s’en suivra l’élection d’un nouveau Président de Transition qui nommera un Premier Ministre de transition en dehors des dispositions de l’Accord politique de Libreville et de la Charte Constitutionnelle de Transition. Dès lors, les partis membres de la plateforme à laquelle mon parti le MLPC appartient, et qui se dénomme l’Alliance des Forces Démocratiques de la Transition (AFDT) décident de ne pas participer au gouvernement de transition tout en soutenant néanmoins le processus de transition en cours.

 

Les propositions de sortie de crise

 

Malgré ce changement intervenu au sommet de l’Etat en janvier 2014, la crise sécuritaire s’est accentuée. De mon point de vue, l’aggravation actuelle de la situation en RCA est due à deux facteurs :

 

le premier facteur est l’instrumentalisation politique, militaire confessionnelle des milices Anti-Balakas, par le général François BOZIZE et ses proches, malgré les sanctions récemment édictées par l’ONU de gel de leurs avoirs et d’interdiction de voyager. Les milices Anti-Balakas sont encadrés au vu et au su de tous  par d’anciens membres de la garde prétorienne de François BOZIZE, ainsi que par ses partisans et alliés politiques inspirateurs des associations, Coalition citoyenne d’opposition aux rébellions armées (COCORA) et Coalition des Actions Citoyennes (COAC) de triste mémoire. Il est important de relever que le parti de François BOZIZE, le parti Kwa Na Kwa (KNK) n’a jamais condamné les violences exercées par ces groupuscules agissant au nom de leur leader. L’objectif stratégique des Anti-Balakas est et demeure la déstabilisation du processus de la transition afin de créer un genre de « big-bang » leur offrant une fenêtre d’opportunité pour revenir dans le jeu politique, grâce à une remise à plat des institutions. C’est cette stratégie qui se décline aujourd’hui par le harcèlement des forces internationales et les assassinats ciblés des « musulmans » et la destruction de leurs lieux de cultes. En s’interposant, les forces internationales sont aussi devenues la cible des forces pro-BOZIZE qui se félicitent ouvertement d’avoir « poussé » le Tchad à se désengager de la RCA. Aujourd’hui  la même stratégie est remise en marche  contre les forces burundaises de la MISCA. L’objectif final est de faire le vide pour s’imposer militairement et conduire une « troisième » transition avec leurs mentors à la tête de l’Etat.

 

Le second facteur est la position réelle de l’ex-Coalition Séléka vis-à-vis de la paix et de l’unicité du pays. Le récent Congrès de l’ex-Coalition Séléka tenu à Ndélé dans le nord du pays, a pris des décisions qui vont dans le sens de la mise en place des éléments constitutifs d’un Etat : mise en place d’un Etat-major militaire de l’armée rebelle, d’une direction générale de la gendarmerie, de la police, des services de renseignement et de l’administration, etc… dans la partie orientale de notre pays où se sont retranchées la plus grande partie de nos compatriotes de confession musulmane pour se protéger des anti-balakas. Malgré les dénégations des chefs militaires de la Séléka, cette situation porte atteinte à l’intégrité du pays et est inacceptable pour tout Centrafricain. C’est un défi politique majeur dont la résolution doit être au centre des préoccupations du gouvernement et de la communauté internationale, car toute partition de la RCA est non seulement inacceptable mais risque d’être un précédent dangereux pour tous les pays de la sous-région.

 

Le troisième facteur est une sorte de « marginalisation » du politique dans le processus de transition : les partis politiques démocratiques et républicains, conscients de la situation de notre pays et de leurs  responsabilités historiques, œuvrent très sincèrement pour le succès de la transition et pour preuve, ils soutiennent le processus malgré leur absence du gouvernement de transition. Cependant force est de constater que le rôle des partis politiques est sous-estimé par les différentes parties prenantes à la résolution de la crise centrafricaine, qui n’en font pas  réellement des interlocuteurs. Les interlocuteurs considérés comme valables sont  ceux qui portent ou ont porté des armes contre la Nation, et menacent quotidiennement la paix et la sécurité dans le pays. Il s’en suit une sorte de prime à la violence et aux groupes violents, qui renforce l’esprit d’incivisme et relègue au second plan les devoirs du citoyen en République. De facto, le gouvernement croît n’avoir d’autre choix que de s’éloigner aussi bien des Accords de Libreville que de la Charte Constitutionnelle de la Transition tout en ménageant les groupes armés dont certains représentants ont été choisis pour faire partie des cabinets de la présidence et de la primature. Les autorités de la transition sont malheureusement en train de faire les frais de ce manque de fermeté à l’égard des bandes armées qui ne cessent de les harceler et de les diviser.

 

Devant cette situation, nos propositions de sortie de crise sont les suivantes :

 

1- LA NECESSAIRE DESIGNATION DES ANTI-BALAKAS COMME FORCES NEGATIVES DE RESTAURATION DE L’ORDRE ANCIEN ET DES EX-SELEKAS PARTISANS DE LA PARTITION DU PAYS  COMME FORCES NEGATIVES DE PARTITION DU PAYS :

 

Il est difficile de dire aujourd’hui quelle est la position politique exacte du gouvernement centrafricain vis-à-vis des Anti- Balakas et des ex- Selekas partisans de la partition du pays. Les déclarations des responsables gouvernementaux sont différentes, contradictoires les unes des autres, et cela ne donne aucune lisibilité à la définition d’une stratégie politique et militaire claire vis-à-vis des forces négatives. Cette situation est un facteur aggravant de la crise actuelle et à l’origine des tensions perceptibles avec la communauté internationale.

 

2- L’APPLICATION EFFECTIVE, INTEGRALE ET IMMEDIATE DES RESOLUTIONS 2121 ET 2127 DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES PAR LES FORCES INTERNATIONALES :

 

Le mandat onusien qui place les forces françaises de SANGARIS et celles africaines de la MISCA sous le chapitre 7 de la Charte  des Nations Unies implique l'usage de la force pour désarmer les deux forces négatives. Il faut que ce mandat soit appliqué dans son intégralité, puisque le désarmement intégral concomitant et simultané  des groupes et/ou individus détenteurs illégaux d’armes de guerre est la condition sine qua non du retour à la sécurité. Il s’agit d’éviter que la RCA ne continue d’être le terrain d’affrontements intercommunautaires de grande ampleur, et ensuite un sanctuaire pour des mouvements et réseaux criminels transnationaux. Apres cela, il reviendra au gouvernement centrafricain de poursuivre cette tache contre les combattants de l’Armée de Résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army-LRA) de l’Ougandais Joseph KONY qui continuent de sévir aux frontières du Sud-soudan et de la République Démocratique du Congo, et des divers autres groupes issus des confins de la zone dite des « trois frontières » Tchad-RCA et Soudan.

 

3- EQUIPEMENT ET DEPLOIEMENT DES FORCES DE POLICE ET DE GENDARMERIE AUX COTES DES FORCES INTERNATIONALES SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONAL :

 

Cette évidence est partagée par tous les protagonistes de la crise centrafricaine. L’absence d’une masse critique des  forces de police et de gendarmerie à Bangui, et surtout leur absence totale des villes de  province, ont accentué l’insécurité. Pour rétablir la sécurité dans les quartiers de Bangui, dans les villages et les villes de l’intérieur du pays, cette remontée en puissance de la police et de la gendarmerie est nécessaire et urgente.

 

4- CANTONNEMENT, CONTROLE ET RESTRUCTURATION DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES (FACA), PUIS LEUR EQUIPEMENT ET DEPLOIEMENT AUX COTES DES FORCES INTERNATIONALES SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONAL :

 

Suite au lynchage public d’un de leur camarade de confession musulmane et de ce fait, considéré comme un complice de l’ex-rébellion de la SELEKA, les FACA sont devenues un cas d’école pour tous : faut-il réarmer des forces qui ont fait publiquement la preuve de comportements non-professionnels? Il nous semble important de cantonner et de procéder au tri de ces militaires pour séparer le bon grain de l’ivraie car il est établi que bon nombre d’éléments FACA qui gardent par devers eux leurs armes, sont impliqués dans les actions des antibalakas et dans de nombreux braquages, puis de réarmer progressivement des unités reconstituées. Il faut que le gouvernement continue de discuter avec la Communauté internationale pour  le rééquipement des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cela leur permettrait d’œuvrer efficacement aux côtés des forces internationales, tout en respectant les résolutions 2121 et 2127.

 

5- EXECUTION TRES RAPIDE DES PROGRAMMES DE DESARMEMENT-DEMOBILISATION ET  REINSERTION (DDR) ET DE LA REFORME DU SECTEUR DE SECURITE (RSS) :

 

C’est la priorité absolue sans laquelle le cas centrafricain sera un éternel recommencement. Il faut rappeler que la crise actuelle est née du manque de volonté du régime de François BOZIZE de mener à bon terme deux programmes soutenus par la communauté internationale et indispensables à la paix et à la stabilité du pays. Il s’agit du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) dont plusieurs financements antérieurs ont été hélas dilapidés et gérés dans l’opacité. L’objectif était  pourtant de redonner à l’Etat la capacité de se protéger. Cette mise en œuvre rapide du DDR devient aujourd’hui une nécessité pour mettre fin à l’existence de groupes armés et des  velléités séparatistes.

 

6- RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT PAR LE REDEPLOIEMENT RAPIDE DE L’ADMINISITRATION ET LA RELANCE DE L’ECONOMIE :

 

L’Etat centrafricain s’est effondré et la restauration de l’autorité de l’Etat passe par le redéploiement rapide de l’administration sur toute l’étendue du territoire national, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui à cause des contraintes sécuritaires. Ce sera le seul moyen de ramener dans leurs foyers les près de deux millions de déplacés internes, et des réfugiés dans les pays voisins, puis ensuite de rétablir et de reconstruire la confiance entre les gouvernés et les gouvernants.

 

Pays à l’économie embryonnaire, fragile et traditionnellement mal gérée, la RCA connait à l’occasion de cette crise une implosion totale de ce qui reste de son économie et de ses finances publiques. Il faut exécuter la feuille de route du gouvernement adoptée rendant effectivement  disponibles les financements promis. Il faut également s’attaquer dans l’ordre, aux urgences humanitaires puis prioriser les décisions permettant de relancer effectivement l’agriculture et l’élevage qui font vivre la majorité de la population en zone rurale et de remettre en état des principales infrastructures permettant la fluidité des échanges intérieurs et extérieurs de la RCA.

 

Le paiement régulier de la dette sociale publique (salaires des fonctionnaires, pensions des retraités et bourses des étudiants) dans un pays sans secteur privé important est un levier important de reprise économique par la relance de la consommation. Nous saluons la concrétisation constatée des appuis extérieurs multilatéraux dont ceux du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que des  aides budgétaires bilatérales d’urgence notamment de la France, de l’Angola, du Congo, du Tchad, etc.…La vie a commencé à reprendre à Bangui du fait de cette aide quand les démons de la haine ont replongé cette semaine le pays dans un déchainement de violence, parce que le retour progressif de la paix leur est insupportable et contraire à leurs plans machiavéliques.

 

7- MISE EN PLACE D’UN PROCESSUS DE JUSTICE PUIS DE RECONCILITATION :

 

S’il est vrai qu’il n’y aura pas de paix définitive des cœurs sans réconciliation, il est également établi qu’il n’y aura pas de paix sans justice. Nous saluons les décisions du Comité de sanctions contre trois des responsables  de la crise centrafricaine, et leur demandons de poursuivre leur travail et que justice s’en suive. Depuis décembre 2013, le MLPC  milite pour la mise en place d’une Commission Justice et réconciliation, car l’impunité est la cause principale de la répétition des crises en RCA. Il faut rechercher la vérité sur les tenants et aboutissants des crises, puis s’atteler à la justice et après au pardon etc… La réconciliation ne saurait être une fenêtre d’opportunité pour des criminels qui cherchent frénétiquement l’impunité et à se refaire une virginité judiciaire.

 

Il faut reconstruire d’urgence la chaîne pénale et les infrastructures de base de la justice qui ont été détruits. Les exemples sud-africains et rwandais avec les « gatchatchas » doivent nous inspirer pour inventer des mécanismes appropriés de justice. Cependant, force est de constater que dans sa situation actuelle, l’Etat centrafricain ne peut réellement pas exercer son droit régalien de juger et la justice internationale doit intervenir le plus tôt possible contre ces criminels bien connus en RCA afin qu’ils ne continuent pas de nuire à la transition.

 

8- LE RETOUR DES DEPLACES DANS LEURS LIEUX HABITUELS DE RESIDENCE :

 

Près de deux millions de Centrafricains, dont environ de cinq cents mille dans la capitale, sont des déplacés internes, ayant fui leurs foyers pour sauver leurs vies. Sur l’aéroport même de Bangui, des dizaines de milliers de personnes se sont agglutinées, ainsi que dans les églises et autres lieux de culte. Leur retour dans leurs foyers respectifs est un impératif.

 

9- LE RETOUR EN CENTRAFRIQUE DE TOUS LES REFUGIES, TOUTES CONFESSIONS CONFONDUES,AVANT LES ECHEANCES ELECTORALES :

 

Le MLPC, mon parti, soutient que le retour en Centrafrique de tous les réfugiés de toutes les confessions confondues avant les échéances électorales prévues en février 2015, est une nécessité afin de ne pas consacrer le communautarisme et donner implicitement raison aux forces négatives. Ce ne sera que justice, et toutes les dispositions doivent être prises pour protéger tous nos compatriotes de toutes confessions, sur toute l‘étendue du territoire national, comme le veut la République laïque, solidaire et unique.

 

10- PRENDRE TOUTES LES DISPOSITIONS POUR TENIR LE CALENDRIER ELECTORAL :

 

Il faut prendre toutes les dispositions nécessaires pour le retour à un ordre constitutionnel normal par le biais des élections prévues en février 2015 afin de jeter les bases d’une véritable refondation politique, économique et sociale. La parole politique doit pouvoir être réhabilitée.

 

C’est pourquoi l’Autorité Nationale des Elections (ANE) doit être immédiatement dotée de moyens lui permettant de disposer d’un budget conséquent pour l’élaboration d’un calendrier réaliste. Pour le MLPC, les opérations doivent être conformes aux dispositions du code électoral : d’abord le recensement des électeurs, l’établissement d’un fichier électoral informatisé, la délivrance de cartes d’électeurs biométriques puis un référendum constitutionnel et ensuite seulement, tenir les élections.

 

L’objectif stratégique est de tirer les leçons de notre histoire récente en bâtissant des institutions solides et représentatives de tous les Centrafricains, et en relançant effectivement la décentralisation qui permettra un développement plus équilibré du territoire. Le but final sera d’engager enfin la réforme structurelle d’un Etat accepté par tous.

 

11- LE SOUTIEN INDISPENSABLE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A LA RECONSTRUCTION DE L’ETAT ET DE LA NATION :

 

La construction d’une paix durable en Centrafrique nécessite un accompagnement et un soutien déterminé et sans faille de la communauté internationale. Ce soutien s’est manifesté par la mise en place de la MISCA et des Forces SANGARIS, et se poursuivra par la mise en place rapide d’une opération de maintien  de la paix des Nations Unies (MINUSCA) en septembre prochain.

 

Au-delà, il faudra s’attaquer aux racines du mal centrafricain, c’est-à-dire l’effondrement de l’Etat dans toutes ses composantes régaliennes classiques et sa reconstruction, en tirant au maximum profit de l’expérience des Nations Unies en matière de « nation building » et de « state building ».

 

Si cette dimension centrale et structurante est occultée, il y’ a des risques que, malgré le travail important réalisé, le pays soit confronté dans un proche avenir  à un « remake » comme dans le mythe de Sisyphe. 

 

Je vous remercie.

 

Martin ZIGUELE

 

Paris ce 2 juin 2014

Intervention de Martin ZIGUELE à l'Académie Diplomatique Internationale de Paris

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 21:15

 

 

 

 

 

lundi 2 juin 2014  

 

L’organisation Human Rights Watch a accusé lundi des soldats de la force africaine Misca appartenant au contingent fourni par la République du Congo de disparitions forcées. Selon les témoignages recueillis par HRW, un groupe de soldats congolais de la Mission de l’Union africaine en République centrafricaine a encerclé le 24 mars une maison appartenant à un chef des milices chrétiennes anti-balaka et capturé au moins onze personnes, dont on est sans nouvelles.

 

ENQUÊTE OUVERTE

 

L’incident s’est produit à Boali, une ville située à 80 km au nord de Bangui, après l’attaque d’un véhicule des forces congolaises par des miliciens anti-balaka. «  L’Union africaine doit divulguer ce qu’il est advenu de ce groupe de personnes qui ont été arrêtées et emmenées par des militaires congolais chargés du maintien de la paix », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division urgences à HRW.

 

«  Les soldats de la paix sont là pour protéger la population civile, pas pour lui faire subir de nouvelles exactions », a souligné le responsable de l’ONG dans un communiqué. Selon HRW, la Misca a accepté d’ouvrir une enquête.

 

DES VIOLENCES DANS LA RÉGION

 

Le groupe de défense des droits de l’homme rappelle avoir déjà « recueilli des preuves qu’en décembre 2013 des troupes congolaises stationnées dans la ville de Bossangoa ont torturé à mort deux dirigeants du mouvement anti-balaka à la suite du lynchage d’un soldat congolais de la Misca commis le même jour ».

 

Les violences, opposant musulmans et chrétiens principalement, se poursuivent en République centrafricaine malgré la présence dans le pays des 2 000 soldats dépêchés par la France et des 6 000 hommes de la Misca.

 

RCA/RDC : HRW accuse le contingent congolais en Centrafrique de disparitions forcées

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Centrafrique-Presse.com
2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 15:29

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-06-02 13:06:33 - La Centrafrique fera de dimanche prochain une Journée nationale du désarmement, a annoncé Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, selon qui le retour de la sécurité et de la paix passe impérativement par un désarmement sur l’ensemble du territoire.


''Le désarmement aura lieu dans le 1er, 2è, 3è, 4è, 5è, 6è, 7è et 8è arrondissements ainsi que sur l'ensemble du territoire national'', a promis Nzapayéké, dans une adresse à la nationa, dimanche, quatre jours après l'attaque meurtrière de l'église ‘'Notre Dame de Fatima'', dans le 6è arrondissement de Bangui qui a fait dix morts et une centaine de blessés.


Saluant l'engouement de la population pour un désarmement général, il a déclaré que ‘'le gouvernement a décidé de faire du dimanche 8 juin 2014, une journée nationale de désarmement volontaire'' et que toute personne qui détient une arme à feu est appelée à la restituer volontairement dans la mairie de son arrondissement.

S'adressant aux forces de défense et de sécurité ‘'il leur est conseillé de déclarer dès lundi 2 juin 2014 à leurs chefs hiérarchiques les armes qu'ils détiennent'', sans oublier les notables des quartiers et des arrondissements qui sont invités à apporter leurs contributions ‘'pour faciliter cette action de désarmement volontaire dont seuls les braves en sont capables''.


''Je lance un appel à toute la population pour que nous nous levons, comme un seul homme, pour que sur une base volontaire, tous les arrondissements soient désarmés en même temps'', a-t-il dit, soulignant que ‘'la République compte sur l'ensemble de ses filles et fils pour assurer la paix sociale dans notre pays''.

 

 http://www.apanews.net/article_read-605202-le-8-juin-proclameournenationale-du-dermement-en-rca-pm.html#sthash.yEyNkh07.dpuf

Le 8 juin proclamé journée nationale du désarmement volontaire en RCA (PM)

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