Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 20:46

 

 

 

 

Le ministre français de la Défense en Centrafrique après de nouvelles violences

 

Paris (AFP) - 06.07.2014 18:46 - Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian se rend lundi pour deux jours en Centrafrique où, selon ses services, une dizaine de soldats français ont été blessés récemment lors de violents accrochages avec des groupes armés.

 

Le ministre sera lundi à Bangui et mardi à Bambari, à l'est de la capitale.

 

Sept militaires français avaient été blessés jeudi à Bambari au cours d'accrochages qui ont suivi l'arrestation par les forces de sécurité centrafricaines d'un milicien anti-balaka, a-t-on précisé de même source. Deux des blessés, plus gravement atteints sans que leurs vies soient en danger, ont été évacués.

 

Et vendredi, quatre soldats français avaient également été légèrement blessés à Bangui.

Il s'agit de la septième visite de M. Le Drian dans le pays depuis le lancement de l'opération française "Sangaris" en Centrafrique, le 5 décembre 2013.

 

A Bangui, il doit s'entretenir avec le commandant des forces françaises, le général Eric Bellot des Minières, puis avec la présidente centrafricaine, Catherine Samba Panza.

 

Jean-Yves Le Drian doit notamment faire le point sur la remise en marche d'une chaîne pénale à Bangui - gendarmerie, justice, lieux de détention... -, considérée par la communauté internationale comme une priorité pour tenter de stabiliser le pays.

 

A Bambari, le ministre rencontrera les soldats français déployés en appui de la force de l'Union africaine, la Misca, dans cette ville considérée comme la porte vers l'est du pays.

 

Les tensions restent vives dans cette zone entre communautés centrafricaines. Les militaires français doivent notamment faire face à un cycle de représailles entre combattants et partisans de l'ex-rébellion Séléka, à dominante musulmane, et miliciens anti-balaka, a majorité chrétienne, mais aussi à des éléments incontrôlés qui se livrent à des violences contre la population civile.

 

L'ex-Séléka a établi mi-mai son nouvel état-major à Bambari, après son départ de Bangui en janvier sous la pression des militaires français et africains.

 

Environ 2.000 militaires français sont actuellement déployés en Centrafrique dans le cadre de l'opération Sangaris, aux côtés de quelque 5.800 soldats de la Misca, pour stopper les massacres intercommunautaires. A partir du 15 septembre, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (Minusca) doit prendre progressivement le relais.

 

© 2014 AFP

 

 

Opération Sangaris. Jean-Yves Le Drian en Centrafrique, ce lundi

 

http://www.ouest-france.fr/ 

 

Jean-Yves Le Drian se rend lundi en Centrafrique pour une visite de deux jours

 

Cette visite intervient après qu'une dizaine de soldats français de la force Sangaris aient été blessés ces derniers jours dans le pays lors de violents accrochages avec des groupes armés.

 

Le ministre sera lundi à Bangui et mardi à Bambari, à l'est de la capitale. Sept militaires français ont été blessés, dont deux plus sérieusement, jeudi dans cette localité au cours d'accrochages qui ont suivi l'arrestation par les forces de sécurité centrafricaines d'un milicien anti-balakas. Vendredi, quatre soldats français ont été légèrement blessés à Bangui.

 

Les deux militaires plus gravement atteints, notamment par des éclats de grenades, ont été évacués et leurs vies ne sont pas en danger.

 

Septième visite

 

Il s'agit de la 7e visite de M. Le Drian en Centrafrique depuis le lancement de l'opération Sangaris, début décembre 2013. A Bangui, il doit s'entretenir avec le commandant des forces françaises, le général Eric Bellot des Minières, puis avec la présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza.

 

Jean-Yves Le Drian doit notamment faire le point sur la remise en marche d'une chaîne pénale à Bangui - gendarmerie, justice, lieux de détention... -, considérée par la communauté internationale comme une priorité pour tenter de stabiliser le pays.

 

De vives tensions

 

A Bambari, le ministre rencontrera les soldats français déployés en appui de la force de l'Union africaine, la Misca, dans cette ville considérée comme la porte vers l'est du pays.

 

Les tensions restent vives dans cette zone entre communautés centrafricaines. Les militaires français doivent notamment faire face à un cycle de représailles entre miliciens de l'ex-Séléka, à dominante musulmane, et anti-balakas, a majorité chrétienne, mais aussi à des éléments incontrôlés qui se livrent à des violences contre la population civile. L'ex-Séléka a établi mi-mai son nouvel état-major à Bambari, après son départ de Bangui en janvier sous la pression des militaires français et africains.

 

Environ 2 000 militaires français sont actuellement déployés en RCA dans le cadre de l'opération Sangaris, aux côtés de quelque 5 800 soldats de la Misca, pour stopper les massacres inter-communautaires. A partir du 15 septembre, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RCA (Minusca) doit prendre progressivement le relais.

Jean-Yves Le Drian se rend lundi en Centrafrique pour une visite de deux jours

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:48

 

 

 

 

 

http://www.adiac-congo.com/   Samedi 5 Juillet 2014 - 12:30

 

Dans un rapport publié le 4 juillet sur la situation en RCA, le groupe d’experts des Nations unies s’inquiète de la persistance d’un certain nombre d’exactions commises par les groupes armés ainsi que le pillage des ressources naturelles

 

L’Organisation des Nations unies demande plus de fermeté envers les groupes armés. Elle souhaite que les membres des différents groupes qui continuent à exercer des fonctions dans les Forces de défense et de sécurité soient limogés. Les experts dénoncent également l’impunité. Plusieurs sanctions sont envisagées, car une liste de noms sera soumise dans quelques semaines à l’appréciation du comité de sanctions. Pour les experts des Nations unies, la République Centrafricaine est encore loin d’être sortie de l’impasse. Ils s'inquiètent du fait que les autorités de transition n'en font pas assez pour mettre au pas ces groupes armés. Ils souhaitent notamment que les membres des FACA ou de la gendarmerie qui appartiennent à l'un de ces deux groupes soient définitivement écartés des forces de défense et de sécurité.

 

Dans les zones contrôlées par certains responsables Seleka et antibalakas, les experts déplorent la mainmise sur les ressources minières : l’or et le diamant qui ne rapportent plus rien à l’État. Face au pillage de ses ressources minières, les experts souhaitent le retour de l’administration dans ces zones minières actuellement contrôlées par certains responsables Séléka et antibalakas. Par ailleurs, un certain nombre de fauteurs de troubles ont été identifiés et leurs noms seront soumis au comité de sanctions de l’ONU .

 

Au mois de juin déjà, soit six mois après sa mise en place par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, une commission d’enquête internationale sur les exactions en Centrafrique avait remis son premier rapport au Conseil de sécurité à New-York. Les experts onusiens avaient indiqué qu’il est prématuré de parler de nettoyage ethnique ou de génocide en Centrafrique, mais des preuves ont été récoltées sur des crimes contre l’humanité. « Des preuves sérieuses qui prouvent que des individus dans les deux camps ex-rébellion Séleka et les miliciens anti-balaka ont commis des crimes, violant les lois humanitaires internationales ainsi que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité », indique le rapport.

 

« Si la communauté internationale ne réagit pas rapidement avec détermination en envoyant davantage de forces de maintien de la paix en Centrafrique, nous pourrions rapidement faire face à une détérioration de la situation qui pourrait conduire à un nettoyage ethnique ou à un génocide », poursuivent les enquêteurs. Le Conseil de sécurité avait voté en avril l’envoi de douze mille casques bleus dans ce pays déchiré par des violences entre chrétiens et musulmans. Mais cette mission de l’ONU n’entrera en action qu’en septembre prochain. Elle prendra le relais de deux mille soldats français et six mille soldats de l’Union africaine.

 

Yvette Reine Nzaba

République Centrafricaine : l’ONU dénonce des crimes contre l’humanité

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:38

 

 

 

 

APA Bangui (Centrafrique) 2014-07-06 13:47:46 - Trente-quatre personnes ont été blessées dont quatre grièvement, lors de l’explosion d’une grenade survenue samedi dans une mosquée située au centre-ville de Paoua, une des six sous-préfectures que compte la préfecture de l’Ouham Pendé, ville située à l’Ouest de la République Centrafrique (490 km environ de Bangui).


Selon les témoignages recueillis sur place, l'attentat a été commis par un groupe d'hommes armés qui a lancé une grenade sur les musulmans réunis dans la mosquée pour la prière.


Selon le maire de Bozoum joint au téléphone, une enquête a été aussitôt ouverte. « C'est ce que nous redoutions avec la prolifération des armes de tout calibre» a dit le maire 

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=607865#sthash.RB9zvll6.dpuf

 

Centrafrique : Une grenade explose dans une mosquée à Paoua et fait 34 blessés

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:36

 

 

 

 

Point sur les opérations de la force Sangaris, engagée en République centrafricaine, du 26 juin au 3 juillet 2014.

 

Dimanche 6 juillet 2014 | 05:36 UTC

 

Les effectifs de la force Sangaris sont de l’ordre de 2 000 soldats. Les forces françaises sont présentes principalement dans trois zones :

 

-        à Bangui et Boda avec le GTIA Acier,

-        à l’ouest, de Beloko à Bossembele avec le GTIA de Boissieu,

-        et à l’est, dans un triangle Sibut-Dekoa-Bria, avec le GTIA Scorpion.

 

Les effectifs d’EUFOR-RCA sont de 700 hommes, dont 250 militaires français. Pleinement opérationnelle depuis le 15 juin, EUFOR-RCA a aussitôt pris le relais de Sangaris pour appuyer la MISCA dans les 3e et 5earrondissements de Bangui.

 

Les effectifs de la MISCA sont de 5 800 hommes.

 

A Bangui, avec le GTIA Acier, la force Sangaris maintient des éléments aux côtés des forces de sécurité intérieure (FSI) et de la MISCA à la sortie nord de la ville, à PK12. D’une manière générale, elle est aujourd’hui en posture de réaction rapide (« quick reaction force » ou QRF), en mesure d’intervenir au profit des forces internationales déployées dans la capitale.

 

Le GTIA Acier a fait effort sur le point d’entrée sud-ouest de la capitale, à PK9, où un groupe d’extrémistes, vraisemblablement associés à des éléments relevant davantage du banditisme, cherchait depuis le 21 juin à perturber la situation sécuritaire dans le quartier. Ils se livraient à des actes de prédation envers les populations et entravait leur liberté de circulation. Leurs barrages ont été systématiquement démontés par la force Sangaris, qui, après avoir recherché le dialogue avec eux, a repris les barrages de vive force après avoir été prise à partie par des éléments armés.

 

Dans l’ouest, le GTIA de Boissieu poursuit son contrôle de zone en appui de la MISCA, mais aussi des FSI. L’engagement de ces forces de sécurité centrafricaines permet de développer un embryon de « pilier sécuritaire » qui manque à la RCA. Le 1erjuillet, au sud de Bouar, les éléments du GTIA ont ainsi participé au désarmement, avec les gendarmes centrafricains, d’un groupe d’une vingtaine de personnes. Les individus ont ensuite été remis aux forces de sécurité intérieures.

 

Après une très forte affluence la semaine passée, le trafic sur l’axe reliant le Cameroun à Bangui a repris de manière normale, avec près de 400 véhicules entrés en République Centrafricaine, dont environ 200 poids lourds. 140 d’entre eux ont été escortés par la MISCA ou la force Sangaris.  

 

Dans l’est, au cours des 3 dernières semaines, Sangaris a fait face à un cycle de représailles entre les différentes communautés, avec, en particulier, des affrontements au sud et à l’ouest de Bambari. La force Sangaris a appuyé la MISCA en renforçant ses effectifs et en engageant des hélicoptères armés. La situation a été particulièrement tendue le 26 juin avec une tentative de prise des quartiers est de la ville de BAMBARI par un groupe de près de 400 anti-balakas. Sangaris a dû s’engager dans une reconnaissance offensive pour barrer l’action de ces individus et leur interdire les accès de la ville. Depuis, la situation s’est stabilisée.

 

Le 1er juillet, le général Bellot des Minières, commandant la force Sangaris, s’est rendu à Bambari aux côtés du ministre centrafricain de l’administration territoriale, pour impliquer les autorités locales, civiles et religieuses, dans le rétablissement de la situation sécuritaire de la ville.

 

Dans le couloir central, le GTIA Scorpion poursuit ses actions de sécurisation entre les villes de Sibut et Dekoa. Une brève montée de tension a eu lieu le 30 juin à Dekoa, où l’intervention de la force a permis d’éviter un affrontement entre deux groupes armés. Cet incident ne remet toutefois pas en cause la stabilisation progressive dans la zone.

 

Sources : EMA


Droits : Ministère de la Défense

Sangaris : Point de situation, armée française

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:33

 

 

 

 

 

par RFI 06-07-2014 à 04:16

 

La signature d'une déclaration commune avec le mouvement antibalaka prévue pour ce lundi risque d'être reportée sine die. En effet la Seleka semble tiraillée par des dissensions au sein de son aile politique. Une assemblée générale doit se tenir à partir de ce dimanche 6 juillet à Birao.

 

Une assemblée générale est convoquée pour ce dimanche à Birao, ont fait savoir des responsables de la Seleka. Il s'agit d'une part de nommer un bureau politique et donc une nouvelle direction politique et ensuite de décider s'il y a lieu de signer la déclaration commune avec les anti-balaka.

 

Si la Seleka a unifié son état major en mai dernier, en revanche, l'aile politique est encore loin de parler d'une seule et même voix. Alors que depuis près de trois semaines, la coordination du mouvement discute à Bangui avec les anti-balaka en vue de signer une déclaration conjointe, au Nord, plusieurs voix discordantes réclament des éclaircissements et souhaitent nommer une nouvelle direction politique.

 

Déclaration commune

 

Une assemblée générale va donc se tenir à partir de ce dimanche 6 juillet à Birao et pour plusieurs jours afin d'une part de nommer un bureau politique et d'autre part d'étudier la déclaration commune négociée par le coordinateur Abdoulaye Hissène avec les anti-balaka. Manifestement à Birao les cadres se plaignent de ne pas avoir été consultés sur cette déclaration commune et certaines voix estiment qu'Abdoulaye Hissène a outrepassé son mandat.

 

Dans l'entourage de ce dernier, on ne dramatise pas outre mesure les mouvements d'humeur des cadres de Birao, et l'on se dit prêt à aller discuter de la déclaration commune. Reste à savoir quand l'aile politique de la Seleka pourra réellement se retrouver. Et quand le bureau politique sera nommé. Certains responsables actuellement à Bangui estiment ne pas pouvoir se rendre à Birao avant mardi prochain

 

Report de la signature d'un accord entre groupes armés centrafricains

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 17:22

 

 

 

 

 

 

http://www.lunion.presse.fr/  06/07/2014 Par L'union-L'Ardennais

 

MOURMELON-LE-GRAND (51). Cent cinquante bérets noirs du 501 RCC ont gagné le continent africain pour une mission de quatre mois. Ambiance.

 

Le dernier rassemblement de la 1re compagnie du 501e Régiment de chars de combat (RCC) de Mourmelon-le-Grand a eu lieu au sein même du quartier Delestraint, ce jeudi à 3 heures du matin pétantes.

 

Les militaires ont apprécié les derniers mots d’encouragement prononcés par le chef d’escadron adjoint.

 

Pour saluer le professionnalisme que ces hommes ont montré pendant toute leur préparation, le lieutenant-colonel Vincent Mary, chef de corps du 501, était présent. Et malgré un réveil aux aurores, des sourires se dessinaient sur tous les visages des bérets noirs.

 

Et c’est à 4 heures précises qu’est arrivé ce moment tant attendu par les tankistes : l’embarcation dans les bus direction l’aéroport de Paris.

 

Neuf mois de préparation

 

Voilà neuf mois que les hommes souhaitaient ce moment, neuf mois qu’ils n’ont finalement pas vu passer, puisqu’ils ont suivi une préparation opérationnelle dense. Les soldats du 501e RCC étaient prêts pour leur mission en République centrafricaine.

 

Pour le soldat 1re classe Quentin, âgé de 21 ans : « C’est ma toute première opération extérieure. Comme nous avons été bien préparés, je pars avec l’esprit serein. »

 

C’était également une grande première pour Sofiane, maréchal des logis (sous-officier) de 24 ans : « Cela fait deux ans et demi que je suis à la 1re compagnie du 501e régiment de chars de combat, et c’est ma première projection parce que lorsque mon unité est partie en Guadeloupe en 2012, je passais mon diplôme à Saumur pour être chef de char ».

 

Et d’ajouter : « La préparation a été dense avec beaucoup de terrain. Elle a duré respectivement deux semaines sur les différents camps de Champagne et dans la forêt d’Argonne, puis dans des amphithéâtres pour nous renseigner sur la situation en République de Centrafrique. Nous avons été entraînés sur différents véhicules et différents armements pour rester polyvalents. »

 

Tous ces jeunes professionnels sont entourés de militaires plus aguerris par les opérations à l’étranger.

 

Comme Franck, maréchal des logis chef (sous-officier) de 37 ans, qui en est à sa dixième mission extérieure.

 

Toujours le même ressenti

 

« Mais c’est toujours le même ressenti qu’au premier départ. Outre la préparation opérationnelle, on se doit de préparer femmes et enfants à notre absence. Mais ils savent que le régiment met en place tout un suivi des familles, ils sont bien informés et encadrés. »

 

Les cent cinquante militaires sont désormais sur le territoire africain pour une mission de quatre mois.

Le 501e régiment de chars de combat part en Centrafrique

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:46

 

 

 

 

Interview d'Aurélien Llorca, expert des Nations unies pour la Centrafrique

 

Olivier Rogez (RFI) samedi 5 juillet 2014

 

L'ONU a publié son rapport d'étape sur la situation en Centrafrique. Celui-ci documente un certain nombre d'exactions commises par les groupes armés depuis le 5 décembre, ainsi que le pillage des ressources naturelles. Le groupe d'experts des Nations unies s'inquiète de la persistance d'une situation d'anarchie dans le pays. Pour l'ONU, les autorités centrafricaines doivent être plus fermes envers les groupes armés, et notamment veiller à ce que les membres de ces groupes n'aient plus de fonctions dans les forces de défense et de sécurité. Ce rapport pourrait ouvrir la voie à un nouveau train de sanctions. Une liste de noms sera soumise dans quelques semaines à l'appréciation du Comité de sanctions.

 

RFI : Quatre mois après l’installation d’une nouvelle transition menée par Catherine Samba-Panza, l’ONU s’inquiète de la persistance des violences. Est-ce que les autorités de la Transition sont suffisamment fermes avec les groupes armés qui perpétuent ces violences ?

 

Aurélien Llorca : Effectivement la plupart du pays est toujours sous contrôle de groupes armés. Les ressources qui sont liées à l’activité, notamment des ressources naturelles produites dans ces différentes régions, sont sous le contrôle de ces groupes armés qui de fait se renforcent et constituent évidemment une menace à l’autorité du gouvernement de Transition. Parmi les deux principales recommandations qui ont été faites par le groupe d’experts au Comité de sanctions du Conseil de sécurité sur la Centrafrique, il y a notamment cette nécessité de clarifier d’une part, compte tenu de l’appartenance d’une partie de l’encadrement des milices anti-balaka soit aux forces armées centrafricaines, soit à la gendarmerie, et d’un autre côté, également, au niveau des Seleka, puisque la plupart des décrets qui ont été pris par l’ancien président Michel Djotodia sont encore en vigueur. Ce qui fait qu’aujourd’hui on a encore officiellement presque 3 500 ex-Seleka qui sont officiellement membres de l’armée centrafricaine. Donc cette ambiguïté devrait être clarifiée par les autorités de la Transition.

 

Selon vous, les autorités de la Transition devraient exclure de la future armée ou de l’état-major actuel, les membres des groupes armés qui soient Seleka ou anti-balaka ?

 

Effectivement, notre recommandation porte sur la clarification de leurs statuts. On sous entend bien évidemment qu’on ne peut pas être à la fois leader d’un groupe anti-balaka et officiellement sous-officier ou officier des forces armées centrafricaines.

 

De même pour la Seleka ?

 

Egalement du côté Seleka, c’est quelque chose qui devrait être clarifié.

 

Vous recommandez aux autorités de la Transition de faire preuve de plus de fermeté vis-à-vis des fauteurs de trouble et des groupes armés qui commettent des crimes. Comment le gouvernement, comment les autorités peuvent-elles faire preuve de fermeté alors qu’elles n’ont pas d’instrument de coercition, qu’elles n’ont pas d’armées, qu’elles n’ont pas de gendarmerie, ni de police fonctionnelle à l’heure où l’on parle ?

 

On espère que la mise en place le 15 septembre de la Minusca, en tant que force de maintien de la paix, donne justement une plus ample capacité aux autorités de transition pour mettre en œuvre les mesures nécessaires à cette clarification notamment. Et on espère que d’ici le 5 novembre, on puisse voir les prémisses d’un rétablissement de l’autorité de l’Etat.

 

Et pourquoi vous ne recommandez pas aux Nations unies de lever l’embargo sur les armes afin de permettre aux autorités de reconstituer leurs forces de défense et de sécurité ?

 

On estime qu’il y a suffisamment d’armes en circulation dans le pays pour qu’il n’y ait pas un besoin d’introduire de nouvelles armes. D’une part, il y a des armes qui ont été saisies, d’autre part il y aurait une possibilité de saisir un nombre supérieur d’armes, qui sont en ce moment dans les mains des groupes armés, et qui permettraient dans ce cas-là affectivement un réarmement des forces de sécurité. Mais il faudrait tout d’abord une réforme des services de sécurité avant un réarmement qui de plus, pourrait être fait via des armes saisies et non pas par des importations de nouvelles armes.

 

Vous insistez aussi sur l’un des aspects importants de ce conflit, l’exploitation illégale des ressources –diamant, or, bois, faune sauvage. Pensez-vous que la Seleka d’un côté et les anti-Balaka de l’autre contrôlent désormais le trafic illégal d’or et de diamant ?

 

On a pu observer nous-mêmes le contrôle de la production d’or dans la région de Bambari par un groupe Seleka. On a pu constater également le contrôle d’une partie des hommes de production de diamant dans la région de Carnot, par des milices réputées proches des anti-Balaka. On n’a pas établi ce lien dans la région de Bria jusqu’à présent mais malgré tout, il y a un certain nombre d’indicateurs qui pourrait démontrer l’existence de ce lien également. Oui, on a vraiment une inquiétude par rapport à la prise de contrôle des principales ressources du pays par des groupes armés.

 

Comment faire pour empêcher que ces groupes armés ne captent ces richesses ?

 

La plupart de l’or centrafricain est exporté de façon illégale sans que cela ne génère de ressources pour le gouvernement et les autorités de Transition à Bangui. Nous espérons qu’un effort sera également apporté sur la structuration de la filière or en Centrafrique. Et dans la mesure où le diamant, lui, est toujours interdit par le processus de Kimberley sur le diamant centrafricain, on espère juste que des filières illégales ne puissent pas trouver des moyens de contourner ce processus. Et malheureusement on a des indications comme quoi des faux certificats ou des diamants centrafricains sont insérés dans des lots avec des vrais certificats, mais ne mentionnent pas la provenance de Centrafrique. C’est évidemment l’une des inquiétudes du groupe d’experts également.

 

 

NDLR : Ce rapport d'étape des Nations Unies vient contredire sans détour ceux qui pensent que la meilleure solution de sortie de crise en RCA est la nomination de deux vice-premier ministres, un dans le camp Séléka et un autre chez les anti-balakas, ceux-là-mêmes que d'aucuns qualifient de "malfaiteurs" alors que d'autres considèrent hélas, comme des gens crédibles avec lesquels on doit discuter pour ramener la paix en Centrafrique. Tandis que les forces internationales, Sangaris et Misca viennent de mettre la main cette semaine, tant à Bangui que vers Bouar, sur plusieurs bandits anti-balakas, comment peut-on sérieusement envisager que des représentants de ces "malfaiteurs" se rendent à Brazzaville pour le dialogue intercentrafricain qui est dans l'air.  

RCA : Un rapport de l’ONU demande plus de fermeté envers les groupes armés
RCA : Un rapport de l’ONU demande plus de fermeté envers les groupes armés

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:35

 

 

 

 

 

05-07-2014 à 06:07 (RFI)

 

La présidente s'est adressée à la nation ce vendredi 4 juillet, une semaine après la clôture du sommet de l'Union africaine à Malabo. Un discours important, alors qu’un rapport de l’Onu rendu public ce même jour, demande aux autorités plus de fermeté à l’égard des groupes armés.

 

Critiquée par certains pour son manque d'action, et alors que la violence persiste, Catherine Samba Panza soutient qu'elle a toujours le contrôle. « Mes actions sont prétendument invisibles, mais ce sont des actions de refondation », déclare-t-elle.Il y a une semaine, au sommet de l'UA de Malabo, la présidente était apparue affaiblie et sous pression de ses partenaires d'Afrique centrale. Elle se devait donc de montrer qu'elle tenait bon.

 

La présidente réaffirme son triptyque pour une sortie de crise : « dialogue politique au sommet, réconciliation à la base, et justice au milieu ». Pour « la paix des cœurs », il faut poursuivre les bourreaux, martèle-t-elle. En avertissant que « le dialogue politique ne sera pas une prime à la violence et l'impunité. »

 

« Le réarmement n'est pas tabou »

 

Pressée par ses partenaires d'Afrique centrale de remanier son gouvernement, la chef de l'Etat répond que son équipe restera au moins jusqu'au forum de Brazzaville, dont la date reste à déterminer. Alors que l'ONU sort un rapport demandant plus de fermeté envers les groupes armés, Catherine Samba-Panza demande un allègement de l'embargo sur les armes pour reconstituer les Forces armées centrafricaines (FACA). « Le réarmement n'est pas tabou. Je m'y emploie tous les jours », explique-t-elle, appelant la France, l'Angola, la Misca et l'Eufor, à former les soldats.

 

Enfin la présidente demande la fin des conquêtes et des manipulations pour des intérêts égoïstes. Car dit-elle de toute façon, « le gâteau Centrafrique est réduit à sa plus simple portion. Et il n'y a plus grand-chose à partager. »


Un rapport de l’ONU demande plus de fermeté envers les groupes armés

 

L'Onu demande notamment de veiller à ce que les membres de ces groupes qui exercent toujours des fonctions dans les Forces de défense et de sécurité soient relevés de leurs fonctions. Le groupe d'experts des Nations unies a rendu public ce vendredi 4 juillet un rapport d'étape sur la situation en RCA.

 

Il s’inquiète de la persistance d'une situation d'anarchie en RCA. L'ONU a aussi documenté un certain nombre d'exactions commises par les groupes armés. Des violences commises depuis le 5 décembre, mais aussi le pillage des ressources naturelles. Les experts dénoncent l'impunité. Un rapport qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau train de sanctions, car une liste de noms sera soumise dans quelques semaines à l'appréciation du comité de sanction. Pour les experts des Nations unies, la République centrafricaine est encore loin d'être sortie du gouffre.

 

L'impunité reste totale ou presque, les groupes armés, mais aussi les pilleurs et les profiteurs profitent de l'anarchie générale. Pire, que ce soit dans le camp des anti-balakas ou dans celui de la Nouvelle Seleka, certains chefs locaux font tout pour que cette situation persiste. Les experts de l'Onu s'inquiètent du fait que les autorités de transition n'en font pas assez pour mettre au pas ces groupes armés. Ils attendent notamment que les membres des FACA ou de la gendarmerie qui appartiennent à l'un de ces deux groupes soient définitivement écartés des forces de défense et de sécurité.

 

Les experts s'inquiètent aussi du fait que dans les zones sous leur contrôle, certains responsables Seleka et antibalakas aient mis la main sur les ressources minières, principalement or et diamant qui ne rapportent plus rien à l'état centrafricain. Sans un retour de l'administration dans les zones minières, la RCA ne pourra profiter de ses ressources naturelles, indiquent les experts. Ils ont par ailleurs, identifié un certain nombre de fauteurs de troubles dont les noms pourraient être prochainement soumis au comité de sanction de l'ONU.

En Centrafrique, Catherine Samba-Panza tente de reprendre la main

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:25

 

 

 

 

 

 juil 03 (RJDH)

 

Les membres de la communauté musulmane et chrétienne de la ville de Boda (sud) vivent de nouveau ensemble. Ce changement intervient, suite à une visite des officiers de la Misca dans cette localité. Depuis plus de trois mois, ces deux communautés vivent séparément.

 

Issa, un représentant de la communauté musulmane de la ville de Boda, affirme qu’il y a une nette amélioration des relations entre les deux communautés depuis le passage de ces officiers de la Misca. Ceux-ci s’étaient entretenus sur place avec les leaders des deux communautés et des milices Anti-Balaka. Il a fait savoir que les chrétiens viennent désormais dans le site où vivent les déplacés musulmans afin d’y faire des achats et vendre des marchandises.

 

Un membre de la communauté chrétienne prénommé Diane, jointe par le RJDH au moment où elle se trouvait dans le site, affirme qu’elle ne s’inquiète pas d’être parmi les musulmans. Elle a ajouté que depuis mardi le 1er juillet, des jeunes musulmans se sont eux-mêmes rendus dans le site des déplacés chrétiens pour discuter avec leurs vieux amis.

 

Pour Diane, tous ceux qui tenteront de déstabiliser cette cohésion sociale qui commence à se rétablir doivent être traduits en justice. Elle appelle le gouvernement de transition à tout faire pour rétablir l’autorité et garantir la sécurité des habitants de la ville de Boda.

 

La ville de Boda est l’une des villes de Centrafrique où vivent encore de nombreux membres de la communauté musulmane. Ce travail de cohésion sociale entamé par les deux communautés s’ajoute à celui qui est présentement mené dans le 3ème arrondissement et le PK 5 à Bangui.

 

Centrafrique: Boda Des musulmans et chrétiens vivent de nouveau ensemble, après plusieurs mois de séparation

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 10:18

 

 

 

 

 

Par Jean-Pierre Bat 04 JUILLET 2014 http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/ 

 

Les lunettes de Foccart... est une rubrique qui permet de plonger dans l'histoire de la Françafrique, et de remettre dans son contexte l'histoire de la décolonisation de l'Afrique.

 

À la faveur de la crise centrafricaine actuelle, procédant de la faillite d’un État à l’agonie, les mémoires autour de l’Empire de Bokassa se sont réactivées de manière plus ou moins confuse. Comme si l’épisode Bokassa, autant – sinon plus que l’indépendance – avait constitué un moment fondateur de l’histoire contemporaine de Centrafrique... de fait, la classe politique, qu’elle l’ait assumé ou non, est en partie sortie de ces années à l’image du général François Bozizé, ancien aide de camp de l’Empereur.

 

Dans la nuit du 31 décembre 1965, l’armée centrafricaine menée par le colonel Bokassa, chef d’état-major, procède à un putsch et renverse le président David Dacko. Ce coup de force est baptisé le « putsch de la Saint-Sylvestre ». Qui est ce militaire, présenté comme le premier officier du pays ? Enfant de troupe d’AEF et ancien FFL, Bokassa n’hésite pas à « gonfler » son CV. S’il est réellement vétéran des guerres coloniales (notamment d’Indochine) et a été promu d’adjudant-chef à capitaine dans l’armée française à la veille de son transfert pour l’armée centrafricaine naissante en 1962, il laisse en revanche entendre qu’il a débarqué en Provence en 1944 pour se donner un profil plus « gaullien ». On est en réalité loin du profil guerrier d’un Eyadéma ou d’un Oufkir. Mais comme pour cette génération, l’armée française a fonctionné comme un outil de promotion et d’acculturation, voire comme une seconde famille. Toute sa vie, il reste attaché à ce qui entoure l’armée française, à commencer par le général de Gaulle qu’il s’obstine à appeler « Papa » au grand dam de ce dernier qui n’hésitait pas à l’affubler du surnom de « soudard ».

 

En janvier 1966, c’est un triumvirat qui se partage le pouvoir : le président Bokassa, le colonel Banza, n° 2 du gouvernement, et Bandio, le ministre de l’Intérieur. Certes, Bokassa détient l’essentiel des leviers (président de la République et du gouvernement, ministre de la Défense et Garde des Sceaux). Mais, conscient que Banza contrôle réellement l’armée, il emploie les 3 années suivantes à l’éliminer. C’est chose faite le 10 avril 1969 : Banza est arrêté et accusé de préparer un putsch. Jugé le 11, il est exécuté le 12 avril.

 

En cette même année 1969, Bokassa marche à pas certains vers son intégration au sein du syndicat des chefs d’État « amis de la France ». En mars 1969, une visite officielle est organisée par Foccart à Paris pour l’introniser officiellement dans ce cercle. Pour s’assurer le soutien de l’Élysée, Bokassa entend être le meilleur représentant de la politique française en Centrafrique, bien souvent aux dépens de l’ambassadeur de France et dans une confusion des genres grandissante. À Bangui, personne, de l’ambassadeur à l’attaché militaire, ne s’illusionne sur ce président. Et malgré le soutien de Foccart, Bokassa est loin de faire l’unanimité auprès des autres membres de la famille franco-africaine. Pour prix de cette alliance, Paris accepte d’en passer par les caprices de son allié centrafricain. Foccart, parfaitement informé et lucide sur la personnalité de Bokassa, est chargé de les maintenir dans la mesure du « raisonnable ».

 

À l’aube des années 1970, le général-président Bokassa se sent pousser des ailes bonapartistes : il se proclame président à vie en 1972, maréchal en 1974 et empereur en 1976. Entre ces deux dernières étapes, le verrou du « raisonnable » a été franchi avec le départ de Foccart : Valéry Giscard d’Estaing, élu en 1974, s’appuie sur Bokassa plus que sur tout autre président : en guise de cadeau pour cette alliance, le sommet franco-africain de 1975 se déroule à Bangui, sur décision du président français. Les deux hommes ont besoin l’un de l’autre pour s’affirmer au sein d’une famille franco-africaine dominée depuis 1960 par le couple Houphouët-Boigny et Foccart.

 

En outre, Giscard a choisi de s’investir de manière plus personnelle que ses prédécesseurs dans les affaires africaines. La passion de la chasse ou le scandale des épouses ne sont que les parties médiatisées. Ce nouvel état d’esprit a été saisi par l’expression seventies de « Safari Club ». De son côté, Bokassa comprend qu’il peut obtenir beaucoup de son « cher parent », et être tenu au même niveau que les « pères des indépendances » au sein de la famille franco-africaine.

 

Le 4 décembre 1977, à Bangui, Jean-Bedel Bokassa, se couronne empereur lors d’un véritable pastiche napoléonien. L’Élysée mesure le grotesque des demandes de Bokassa pour son couronnement, mais l’organise (en minimisant publiquement sa contribution). Il est pourtant trop tard : un point de non-retour a été franchi. Les images du sacre donnent au grotesque de l’événement une dimension planétaire. Paris en a conscience : les présidents africains refuse de venir et la France n’est représentée que par René Journiac, le successeur de Foccart à l’Élysée, et Robert Galley, le ministre de la Coopération.

 

Après le sacre, les relations entre Paris et Bangui se détériorent très vite. Les sujets de discordes abondent mais, c’est bien le rapprochement avec Kadhafi (amorcé dès 1976), qui condamne pour de bon l’empereur de Centrafrique. Depuis la première guerre du Tchad (1969-1972) et tout au long de la décennie 1970, Kadhafi est pour Paris son ennemi n°1 sur le continent. La rupture s’accélère lors du sommet France-Afrique de Kigali en mai 1979 : Bokassa est accusé d’avoir réprimé dans le sang des mouvements lycéens et civils au premier trimestre 1979. Une commission d’enquête africaine s’empare du dossier tandis qu’une campagne de presse est menée contre l’empereur sanguinaire.

 

L’idée (qui, pour Paris, présidait au sacre) d’un empereur retiré en son palais de Bérengo écarté des affaires, tandis que ses ministres, plus raisonnables, auraient gouverné, a échoué...

 

Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), qui depuis près d’un an planifie des scénarios de remplacement de Bokassa, obtient le feu vert de l’Élysée. Dans la nuit du 20 au 21 septembre 1979, alors qu’il est en visite à Tripoli, Bokassa Ier est renversé. L’opération « Caban » (Centrafrique-Bangui) doit restaurer l’ancien président David Dacko – pris en charge depuis de longues semaines par le service Action. À charge pour lui de demander immédiatement l’application des accords de défense, c’est-à-dire l’intervention des forces françaises officielles (opération « Barracuda »).

 

L’opération est un succès : pas un coup de feu n’est tiré grâce au plan du SDECE. Mais le montage des deux plans officieux (« Caban »)/officiel (« Barracuda ») est immédiatement dénoncé publiquement. Mais Paris a sauvegardé sa plate-forme logistique militaire : les bases centrafricaines de Bangui et Bouar, points d’appui pour la guerre au Tchad, sont sauvées. Les Éléments français d’assistance opérationnelle (EFAO) viennent relever les hommes de « Barracuda » et s’installent en Centrafrique jusqu’en 1998. Dès 1981 le colonel Mantion est mandaté comme conseiller présidentiel pour garantir la stabilité du régime : il reste à Bangui jusqu'en 1993. Les camps de Bangui et Bouar ne seront dissous qu’en 1998 au nom de la nouvelle politique africaine de la France.

 

Les diamants de Giscard ont constitué l’épilogue du coup d’État de 1979 : l’empereur déchu décide de consacrer son énergie à faire chuter son « cher parent » dans la perspective des élections de 1981... Mais ceci est une autre histoire, venue se surimposer à celle de l’Empire centrafricain pour la couvrir quasi-totalement de son voile « franco-français », si loin de l’histoire des Centrafricains.

 

L’ascension de Bokassa, son couronnement et sa chute.

 

Le 4 décembre 1977, le dictateur Jean-Bedel Bokassa, s’autoproclame « Empereur de Centrafrique », un petit pays de deux millions d’habitants. Il reproduit pour l’occasion le sacre de Napoléon Bonaparte, sous les tropiques. Couronne de laurier, manteau d’hermine, rien ne manque. Ultime facétie d’un tyran mégalomane ? Pour les témoins, le sacre de Bokassa Ier laisse le souvenir d’une gigantesque mascarade, et d’une débauche de luxe dans l’un des pays les plus pauvres du monde. Mais ce couronnement n’est pas seulement une page exubérante de l’histoire de l’Afrique post-coloniale, c’est aussi un concentré des calculs, des enjeux et des abus de la Françafrique. Car les fils qui agitent cette marionnette bouffonne et sinistre conduisent directement à l’Elysée, et au Président de la République française, Valery Giscard d’Estaing. Ce dérapage va devenir le symbole absolu des dérives de la politique africaine de la France. Moins de deux ans plus tard, il coûtera son trône à Bokassa ; puis à Giscard, la présidence « Bokassa Ier, empereur de Françafrique » retrace l’irrésistible ascension de ce dictateur excentrique jusqu’à son apothéose, qui est aussi l’amorce de sa chute.

 

Les diamants (de Bokassa) sont éternels « Pré carré » et guerre fraîche : la fabrique de la Françafrique

 

Par Jean-Pierre Bat

 

Archiviste paléographe, agrégé et docteur en histoire, membre du CEMAf (Centre d’études des mondes africains), Jean-Pierre Bat appartient au groupe de recherche informel Gempa (Groupe d’études sur les mondes policiers en Afrique). Il est l’auteur du Syndrome Foccart. La politique française en Afrique, de 1959 à nos jours (Gallimard, 2012). Ses travaux se fondent sur les archives Foccart conservées aux Archives nationales (5 AG F). Cet article est l’édition de sa conférence donnée le 5 février 2013 à l’École nationale des chartes 

 

Bois « sacré » du domaine réservé du chef de l’État sous la Ve République, l’Afrique est passée du « secret du roi » incarné par Jacques Foccart aux feux médiatiques des scandales. Ce changement de registre, dont « l’affaire des diamants » constitue l’archétype, a profondément altéré l’interprétation de la politique africaine de la France. Pensée comme le socle du programme d’indépendance nationale imaginée par le général de Gaulle, elle a été réduite à une succession d’affaires, parsemées des ombres inquiétantes de « barbouzes ». L’archéologie du récit (médiatique) de la « Françafrique » doit permettre de comprendre le « syndrome Foccart », par-delà les fantasmes attachés à la cellule africaine de l’Élysée vue comme la plus secrète boîte noire de la République.

Lu pour vous : Quand l'Empire (Bokassa) contre-attaque

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog