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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 17:42

 

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) - 2014-04-08 13:18:30

 

Le président du Comité national olympique sportif centrafricain (CNOSCA), Jacob Gbeti, s’est concerté récemment avec tous les responsables des fédérations sportives retenues pour les jeux de la jeunesse africaine de Gaborone, capitale de Botswana.


Il s'agit des fédérations d'athlétisme, de badminton, de boxe, de judo, de tennis de table, de taekwondo, de karaté et de tennis.


‘'Ces athlètes vont être préparés à deux niveaux. Au niveau externat, nous allons mettre les moyens à leur disposition. La deuxième phase consistera en un internat où tous les athlètes et leurs coachs seront internés au moins 25 jours avant leur départ'', a indiqué Jacob Gbéti, ajoutant que dans les jours à venir chaque athlète doit faire son check-up et avoir son passeport.


Dans le contexte actuel en Centrafrique, le comité international olympique a un rôle à jouer ''dans la recherche de la paix, créer les conditions de la cohésion sociale et rassembler ce qui est épars. Le sport peut le faire'', a-t-il souligné.


Selon une source proche de CNOSCA, à l'issue des compétitions de Gaborone, les athlètes africains seront qualifiés pour les jeux olympiques de la jeunesse de Chine 2015. Organisés tous les quatre ans, cette manifestation regroupe les jeunes athlètes des deux sexes, âgés de 14 à 18 ans.

Les athlètes centrafricains se préparent pour les jeux africains de Gaborone

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 17:32

 

 

 

 

 

 

Après la rencontre avec les Centrafricains de France dans la Salle de Conférence de l’Hôtel Intercontinental, Madame Catherine SAMBA –PANZA, Présidente de Centrafrique a reçu en audience Monsieur Emmanuel Olivier GABIRAULT, Coordonnateur des Centrafricains de France, accompagné d’une délégation composée de Madame DAMBAGOA Marie Bernadette (cadre de santé), Léon ODOUDOU (ancien Ministre) Christian MOROUBA (Secrétaire général intérimaire, remplaçant le Secrétaire Général en déplacement), SOULEMANE ISMAEL, cadre (PNUD) et Joseph GRELA (cadre).

 

Le Coordonnateur des Centrafricains de France a tout d’abord remercié la Présidente pour cette audience malgré son programme très chargé et a présenté les membres de la délégation qui l’accompagne ainsi que les objectifs de l’organisation qu’il dirige.

 

Selon l’intéressé, la Coordination des Centrafricains de France a été mise en place le 11 janvier 2014 par une Assemblée Générale des compatriotes vivant en France, membres ou non d’associations ou de partis politiques, sans distinction de croyances religieuses, animés principalement par le souci d’efficacité de leurs actions, de leurs réflexions sur les grandes questions nationales à partir d’une plateforme commune qui les rassemble.

 

Son principal objectif est de permettre à chaque membre, selon sa spécialité, de réfléchir et proposer des solutions pour aider le pays, ce qui donne la possibilité à des cadres formés vivant à l’extérieur d’être utiles pour le développement national sans attendre d’entrer d’abord dans une structure officielle.

 

Trois de ses membres occupent actuellement de hautes responsabilités au sein de l’Etat.

Les premières actions de la Coordination des Centrafricains de France ont porté successivement sur la rédaction d’un mémorandum proposant une série de mesures d’accompagnement de l’intervention de la communauté internationale en Centrafrique, la publication de trois déclarations suggérant également des solutions jugées appropriées à la crise en cours afin de permettre le retour de la paix durable nécessaire à la reconstruction nationale. .

 

Elle vient par ailleurs de faire mettre en ligne une pétition réfutant toute perspective de partition de la République Centrafricaine, multiconfessionnelle, unie et indivisible.

 

Monsieur GABIRAULT a ensuite soumis à la Présidente trois sujets parmi tant d’autres qui préoccupent la Coordination des Centrafricains de France avec des propositions correspondantes, notamment :

 

A-L’AFFIRMATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT ;

B- LES NECESSAIRES ACTIONS SOCIALES ET HUMANITAIRES LIEES A LA CRISE ;

C-LA RECONCILIATION ET LA RECONSTRUCTION D’UNE PAIX DURABLE.

 

En ce qui concerne l’affirmation de l’autorité de l’Etat, M. GABIRAULT a dit qu’elle doit se réaliser à travers la lutte contre l’insécurité, contre l’impunité à travers la justice et la reconstruction de l’administration.

 

Concernant la lutte contre l’insécurité, tout en se réjouissant du casernement des soldats centrafricains pour leur utilisation, le Coordonnateur des Centrafricains de France a indiqué qu’il est nécessaire de faire procéder préalablement à leur évaluation, leur recyclage dans des centres d’instruction pour permettre à beaucoup d’entre eux de recevoir une formation d’éthique militaire, de morale qui leur a cruellement fait défaut, de manière à d’agir conformément aux valeurs et normes des forces républicaines.

 

 Il a ajouté que le rééquilibrage régional des forces armées centrafricaines est à rechercher à travers de nouveaux recrutements. Cependant, le rappel éventuel et exceptionnel pour un temps limité des soldats mis à la retraite mais encore valides peut pour des opérations de sécurisation être envisagé.

 

Quant au désarmement, il doit revêtir un caractère volontaire pour un délai assez court, et forcé à l’issue de celui-ci par un regroupement de forces avec la participation de gendarmes et policiers pour leur connaissance du terrain.

 

2° LA JUSTICE ET LA SOLUTION POLITIQUE A LA CRISE

 

Toujours dans le cadre de l’affirmation de l’autorité de l’Etat, M. GABIRAULT a précisé à la Présidente que la Coordination avait certes proposé la tenue d’une Table Ronde pour permettre aux Centrafricains de redessiner l’avenir du pays, mais compte tenu du contexte de la crise, la justice doit précéder toute concertation politique. Il a pour cela déclaré que les lois d’amnistie prises à l’occasion de précédents dialogues ont évité complaisamment aux auteurs de graves crimes leur traduction en justice sans pour autant favoriser la paix au sein de la nation en affirmant par ailleurs que la République

 

Centrafricaine ne doit pas demeurer un pays où on tue comme on veut pour espérer sur le pardon et les mêmes mesures pour recommencer les mêmes actes.

 

Le Coordonnateur des Centrafricains de France a déclaré pour cela qu’il est fondamental que les criminels, leurs coauteurs, les instigateurs de la haine interreligieuse pour des motifs politiques ayant occasionné le chaos généralisé du pays soient jugés de manière à éviter de confondre tout un peuple aux auteurs d’actes abominables commis parfois à visage découvert sur les chaines de télévision du monde entier.

 

3° LA RECONSTRUCTION DE L’ADMAINSITRATION Sur ce point le Coordonnateur de Centrafricains de France a attiré la très haute attention de la Présidente de Centrafrique sur l’administration du pays devenue anachronique, inadaptée à une société nouvelle et ne répondant plus aux exigences d’une nation moderne.

 

Etant également une condition essentielle pour une paix durable et une réconciliation nationale, il a dit que sa reconstruction doit prendre en compte non seulement des mesures de redéfinition des objectifs, de rendement, de recherche d’éthique, de lutte contre sa tribalisation, mais surtout des dispositions rigoureuses de neutralité dans un contexte de clivage qui se dessine entre chrétiens et musulmans.

 

B-ACTIONS SOCIALES ET HUMANITAIRES LIEES A LA CRISE

 

Ce deuxième important point développé par le Coordonnateur, porte :

 

1° sur l’organisation et le retour des réfugiés par la création de structures d’accueil tant à court terme qu’à long terme pour assurer les conditions matérielles de leur rapatriement, mais aussi globalement les conditions de leur réinsertion, en collaboration adéquate avec le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), l’Office Mondial d’Immigration, les ONG spécialisées ;

 

2° la mise en place programmes de formation pour les mutilés et autres victimes des conflits armés afin de leur permettre d’être autonomes et éviter d’être demain des mendiants, ce qui serait moralement contraire à leur dignité ;

 

3°la réparation des préjudices d’ordre matériel et moral de la population par la création d’un Fonds d’indemnisation devant faire l’objet d’une recherche de financements sur le plan international auprès des organisations étatiques et non gouvernementales.

 

C-RECONCILIATION NATIONALE POUR UNE PAIX DURABLE

 

Sur ce dernier point, Monsieur GABIRAULT a également attiré la très haute attention de la Présidente de Centrafrique sur :

 

 1°la lutte contre la vendetta : en expliquant que des dispositions sont à prendre dès maintenant pour prévenir une immense et inexpiable vendetta collective, à travers notamment un programme d’actions d’envergure d’apaisement, d’éducation de la population au civisme pour dépolluer les esprits grâce à des symboles communs pour assurer la cohésion nationale, la réconciliation nationale, le retour à une vie harmonieuse entre chrétiens et musulmans comme dans le passé ;

 

2°le problème préoccupant de la jeunesse : M.GABIRAULT a déclaré à ce sujet que dans la situation actuelle, les jeunes ont été utilisés toujours et comme toujours comme le fer de lance de la violence et que des enfants de 15 ans ou même moins, ont du sang sur les mains, certains ont dans les yeux le meurtre horrible de leurs parents, de leurs frères et sœurs, le viol de leurs mères, d’autres sont surtout à naître, fruit du viol.

 

Il a suggéré pour cela la mise en place de perspectives dans une dynamique de projets afin de les empêcher de succomber aux sirènes de la haine, tout en insistant sur la réforme du système éducatif dont l’échec est patent, afin de construire un nouveau pays avec la jeunesse ;

 

3°Le Coordonnateur a par ailleurs affirmé que l’implication nécessaire des religieux dont le rôle a été fondamental au cours de cette crise et de la société civile d’une manière générale dans le processus de réconciliation et de la médiation nécessite d’être appuyée et consolidée ;

 

4°En e qui concerne les médias, le Coordonnateur a déclaré qu’ils ont également un rôle essentiel à jouer, surtout comme vecteur de la paix pour dépolluer les esprits en faveur de la tolérance, de la réconciliation, rôle majeur nécessitant également un soutien approprié ; .

5°Pour terminer, Monsieur GABIRAULT a abordé la perspective de la partition du pays en expliquant que ce problème préoccupe fortement non seulement par les conséquences de plus en plus tragiques de la crise dans notre pays, mais surtout par l’idée qui se développe à la suite de la volonté de certains compatriotes, pour des raisons purement politiques, de voir le pays divisé en deux Etats, ce qui signifierait incontestablement la fin de la République Centrafricaine, nation multiconfessionnelle, unie, indivisible et devant le rester. .

 

Il a déclaré que cette perspective doit être combattue très fermement car sa simple évocation constitue une très grave incitation au clivage entre communautés chrétienne et musulmane qui ont pourtant vécu depuis une époque millénaire en parfaite harmonie et dans un profond brassage. .

 

Le Coordonnateur a également signalé le caractère de plus en plus préoccupant de cette question du fait qu’au moment où des auteurs d’actes répulsifs n’en mesurent pas présentement les conséquences, des associations centrafricaines de confession musulmane n’hésitent plus à l’évoquer dans des correspondances adressées au gouvernement ou dans des déclarations publiques, parallèlement aux discussions en coulisses dans des instances internationales. .

 

Il a attiré la très haute attention de la Présidente sur les graves conséquences d’une telle partition, source de conflits plus profonds, voire permanents entre musulmans et chrétiens. En terminant il a rappelé sur ce point les conséquences vivaces dans les esprits, de la séparation récente d’une même nation en en plusieurs Etats, partition qui ne constitue nullement un exemple à cautionner ou à imposer à la République Centrafricaine par la communauté internationale à cause d’une crise dont les causes, les instigateurs ou auteurs sont bien connus.

 

Après avoir remercié la Coordination des Centrafricains de France pour son importante contribution et Monsieur GABIRAULT dont elle a rappelé le combat en sa compagnie pour la paix et la réconciliation dans le cadre du Comité de Suivi du Dialogue National au sein duquel elle était Présidente et lui Vice-président, la Présidente de Centrafrique a souhaité vivement que cette participation au redressement du pays se poursuive.

 

Sur ce point la Présidente a promis dès son retour à BANGUI de faire communiquer son adresse mail au Coordonnateur et nommer un responsable qui se chargerait des contributions des Centrafricains de la diaspora qui y seront adressées pour les mettre à sa disposition.

 

1°Lutte contre l’insécurité et problème des Forces armées centrafricaines : La Présidente a expliqué que sa première préoccupation a été la sécurité, consciente que c’est l’insécurité qui a engendré le déplacement massif de la population. Les résolutions 21-21, 21-27 et 21-34 des nations unies ayant confié cette mission à la MISCA et aux forces françaises, celles-ci sont confrontées à un problème d’effectif mais à une guérilla urbaine.

 

Elle a informé la délégation de la Coordination des Centrafricains de France que les forces militaires centrafricaines sont actuellement casernées, dans le cadre d’un appel à une solution nationale, mais celles-ci ne sont pas armées pour des raisons liées aux deux résolutions des Nations Unies citées ci-dessus ayant fixé la mission de l’intervention internationale en Centrafrique. .

 

La seconde difficulté pour les équiper provient selon elle, non seulement de l’embargo qui pèse encore sur le pays, mais également de la réticence de la communauté internationale qui estime que ces forces sont tribales, s’appuyant sur l’image du lynchage d’un soldat par certains de ses collègues qui a fait le tour du monde lors du premier rassemblement militaire à l’ENAM. .

.

Elle a néanmoins précisé que des négociations sont en cours avec les Nations Unies au sujet de cette préoccupation.

 

En ce qui concerne le désarmement, l’expérience malheureuse du 5è arrondissement qui a été attaqué par la milice ANTIBALAKA dès que cette opération y a été réalisée l’a amenée selon elle, à suspendre celle du 3è arrondissement en attendant des conditions plus appropriées.

 

2° Lutte contre l’impunité à travers la justice : La Présidente partage la préoccupation de la Coordination pour ce qui est de la traduction de tous les instigateurs, auteurs, coauteurs de crimes, exactions, pillages, vols, viols dont a été victime la population centrafricaine au cours de cette crise.

 

3°En ce qui concerne l’administration, tout en prenant note des propositions de la Coordination, elle l’a informée de son intention de faire recours à l’assistance technique pour la gestion des décaissements qui viendraient du Fonds Monétaire International ou toute aide financière de la communauté internationale afin d’éviter les dérives du passé.

 

4° Au sujet des actions à caractère social et humanitaire : La Présidente a promis de communiquer au Coordonnateur des Centrafricains de France l’adresse d’organismes disposés à faire acheminer gratuitement en Centrafrique par avion ou bateau à partir de sites bien précis les biens à caractère humanitaire des différentes associations en provenance de la France, destinés à la population centrafricaine ; ;

 

 5° En ce qui concerne la perspective de partition du pays, la Présidente a affirmé que tant qu’elle est à la tête du pays, cette scission n’aura pas lieu même si elle est dans le contexte actuel quelque peu naturelle, du fait que les Centrafricains musulmans, ressortissants du nord s’y sont retirés à cause des violences dans la capitale. Elle compte néanmoins tout mettre en œuvre pour les faire ramener dans leurs lieux habituels.

 

Dans l’ensemble et selon la Présidente, les différentes actions ou décisions du gouvernement prises dans le cadre de la gestion de la crise pour faire ramener la sécurité et la paix, font non seulement l’objet d’une insuffisante compréhension, mais surtout de contre pied par des manipulations diffuses.

 

Tout en informant la Coordination des critiques au sujet de la composition de son gouvernement qui manquerait d’équilibre géopolitique, elle promet procéder à une évaluation après ses 100 premiers jours à la tête du pays et en fonction des résultats, réaliser l’équilibre régional.

 

Pour terminer, la Présidente a demandé aux Centrafricains de France, de là où ils se trouvent, d’aider à une prise de conscience collective et individuelle pour sortir le pays du chaos actuel et le mettre sur la voie de la reconstruction, surtout que la mobilisation de la communauté internationale pour le pays est exceptionnelle à l’heure actuelle.

 

L’audience s’est achevée par l’annonce de l’arrivée du Secrétaire Général des Nations Unies, prévue le lendemain 05 avril 2014 à BANGUI.

 

 Paris le 05 Avril 2014

 

Le Secrétaire Général pi de la Coordination des Centrafricains de France

 

Christian MOROUBA

COMPTE-RENDU DE L’AUDIENCE ACCORDEE PAR LA PRESIDENTE DE CENTRAFRIQUE A LA DELEGATION DE LA COORDINATION DES CENTRAFRICAINS DE FRANCE A PARIS LE 04 AVRIL 2014

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 14:28

 

 

 

 

Centrafrique : Martin Ziguélé : «Nous devrons nous désarmer moralement, intellectuellement, et physiologiquement pour avoir un comportement de paix…»

 

Cotonou le 8 avril 2014 © koaci.com – Rencontré à Cotonou, au cours d’un colloque sur la sécurité en Afrique, Ancien premier ministre, et Président du Mouvement de Libération du peuple Centrafricain (MLPC) Martin Ziguélé s’est prêté aux questions de koaci.com. Il donne un aperçu sur la situation de la Centrafrique  et appelle les siens à la paix.

 

Martin Ziguélé , Ancien premier ministre, et Président du Mouvement de Libération du peuple Centrafricain (MLPC) ici ce dimanche à Cotonou (ph S, koaci.com) – 


Koaci.com : L’actualité dans votre pays aujourd’hui c’est le départ du Tchad avec 850 de ses soldats de la mission de paix. Que pensez-vous de cette situation ?


Martin Ziguélé : Je pense que c’est une situation qui résulte de la décision d’un État souverain qui a exercé son droit sur les éléments de son armée nationale. Donc je ne suis pas en mesure de commenter la décision d’un État souverain. Il s’agit d’en prendre acte. Mais c’est de dire également que dans la situation difficile que vit notre pays, c’est à nous centrafricains de faire en sorte que dans nos relations avec nos pays amis contributeurs de la force international qui sont venus assurer la paix dans notre pays de prendre des dispositions pour que s’il y a des malentendus comme celui là nous puissions être en mesure de les gérer dans un cadre apaisé afin que l’objectif qui la sécurisation des populations centrafricaine soit une réalité rapide pour soulager les souffrances du peuple. En d’autres termes, il se peut que pour diverses raisons il y est des incidents graves et meurtriers entre certains contingents et la population centrafricaine mais nous devront aller au delà de la colère légitime ou des rancœurs pour régler ce problème de manière consensuel et apaisée. Le départ du Tchad quoiqu’on dise est un mauvais signal pour la cohésion de cette mission donc à terme çà joue contre les intérêts de notre pauvre population. 


Avec ce départ ce départ quelles sera l’impact réel sur la mission de stabilisation ?


La force de Misca est composée de 6000 hommes dont 850 éléments Tchadiens. Si vous sous souvenez il y a quelques, le secrétaire général des Nation Unis, Ban Kin Moon a dit qu’en attendant que la force soit réellement en place il nous faut 3000 hommes supplémentaires pour permettre d’avoir un effectif critique afin de rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue du territoire qui a quand même 622.000 km carré. C’est un espace qui est grand comme la France, le Luxembourg et la Belgique réunie ou il n’y a pas d’armée aujourd’hui et de police et gendarmerie. Même si 10 hommes étaient retirés de cette force là cela ne nous arrange pas. 


Après les ‘’Séléka’’, on remarque aujourd’hui à Bangui la milice ‘’Anti-Balaka’’ qui sévie. Est-que la population centrafricaine peut avoir espoir que demain sera meilleur ? 


Je crois que l’arrivée des forces de la Misca on évité un génocide en Afrique exactement comme il y a vingt temps au Rwanda. Souvenez-vous que les 5 et 6 décembre dernier Bangui a été attaqué par cette milice ‘’Anti-Balaka’’ et il y a eu 2000 morts en moins de deux jours. L’intervention des forces internationale a permis d’éviter ce bain de sang. Pour cela il faut leur rendre homme. En suite l’annonce de l’arrivée force du front plus demain celle des de l’Onu permettra à court sur de réduire à néant toutes velléités d’organisations ou de perpétuations actions armées par des groupes illégaux. Je crois que cela est possible. Toutes les conditions doivent être réunies et toutes les bonnes volontés doivent être mises à contribution pour que cela soit effectif. 


Pensez-vous que 12 mois qui ont été donnés au nouveau président madame Catherine Samba Panza suffiront pour faire régner la paix, l’ordre et faire fonctionner à nouveau les institutions ?


Moi je pense qu’il ne faut pas prendre la question comme cela. Il faut se demander ce que chaque centrafricain doit faire à son niveau d’abord et avec l’appui de la communauté internationale après pour que la paix puisse vite revenir dans le pays et qu’après on puisse donner la parole au peuple. C’est de notre responsabilité d’ouvrer pour que cette paix la revienne. Vous savez tous que la guerre commence par le cerveau. Nous devrons nous désarmés moralement, intellectuellement, et physiologiquement pour avoir un comportement de paix, tenir un langage de paix et restaurer la paix entre les communautés en Centrafrique.

Ramener la concorde et le désir de vivre ensemble et le reste viendra. Il peut avoir un million de soldats dans le pays pour maintenir la paix mais si les centrafricains ne sont pas décidés à faire la paix, il n’y aura pas la paix. Donc ce n’est pas une question de calendrier à respecter. C’est question de résolution personnelle en tant que citoyen du pays de s’entendre et tout concours extérieur ne viendra que pour harmoniser notre volonté de vivre ensemble et de faire la paix. 


Pensez-vous que l’ancien président Michel Djotodia doit revenir en Centrafrique  pour répondre aussi des crimes que les ‘’Séléka’’ ont commis avant de prendre le pouvoir ? 


Nous avons dit au sein du Mouvement de Libération du peuple Centrafricain (MLPC) de l’opposition démocratique qu’il doit avoir une commission justice et pardon. C'est-à-dire de faire la justice d’abord et le pardon ensuite. Il y un ensemble de dispositifs qui a été mis en place par la justice centrafricaine pour poursuivre un certain nombre de personne. Et ces dernières ont été identifiées par la justice centrafricaine et elles répondront de leur acte. Donc ce n’est pas à moi de dire de le faire. La justice à ses règles et est indépendante et son mode opératoire. En tant qu’individu je ne saurai désigner un tel ou autre sur cette question-là. Ce n’est pas mon rôle mais celui de la justice.

Vous êtes à Cotonou dans le cadre d’un colloque sur la sécurité en Afrique, de quoi retourne t-t-il ?


De l’avis de tous les participants, les amis progressistes de l’Afrique ou leurs représentants avec mos amis de la Fondation Jean Jaurès de la France, nous sommes allés vraiment au fonds des choses pour examiner de façon lucide toutes les causes de l’insécurité dans nos pays et nous sommes convenus que le vrai remède de insécurité c’est le développement et la démocratie.


Les résultats de vos assises seront-ils vulgarisés dans les pays africains pour que çà rentre dans les consciences ? 


Nous avons résolu que non seulement de multiplier ces genres de rencontre mais de trouver des relais dans les institutions tel que, l’Union africaine, la Cedeao, l’Uemoa, la Cemac, la Ceac, la Sedec etc…pour que pussions le partager largement grâce à vous communicants avec nos populations. Toute réflexion qui ne débouche pas sur une vulgarisation c’est de spéculation intellectuelle.


Sékodo

Interview de Martin Ziguélé sur koaci.com : «Nous devrons nous désarmer moralement, intellectuellement, et physiologiquement pour avoir un comportement de paix…»

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 13:48

 

 

 

 

 

 

http://www.adiac-congo.com/   Lundi 7 Avril 2014 - 16:26

 

Le secrétariat général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cééac) s’est dit indigné par les déclarations « déstabilisatrices et infondées » d’une certaine presse et des responsables de la Commission internationale des droits de l’homme de Genève accusant les forces de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) en général et du Tchad en particulier d'être à l’origine des affrontements ayant opposé les troupes tchadiennes de la Misca aux« bandes incontrôlées des anti-balaka »

 

« Cette campagne insidieuse et ourdie par ces milieux peu recommandables ne vise qu’un seul objectif : discréditer les forces internationales — à savoir la Misca, Sangaris — aux fins d’affaiblir leur action et de décapiter le centre de gravité stratégique politique de la Cééac », a déclaré Ahmad Allam-Mi.

 

Tout en comprenant la frustration que disent ressentir le Tchad et les Tchadiens face à la non-appréciation à la juste valeur de leurs efforts et sacrifices, le secrétaire général déplore le retrait du contingent militaire tchadien qui risque de handicaper la Misca dans ses efforts de restauration de la situation sécuritaire à Bangui et sur l’ensemble du territoire centrafricain.

 

S’agissant de la situation du 29 mars 2014, la Cééac tient à souligner que c’est par message du Comforce N°0353 /UA/MISCA/EM/OPS du 28 mars 2014 que le contingent tchadien de la Misca s’est déplacé de la position à l’intérieur du pays pour rejoindre Bangui où il a dû faire face au PK12 à une attaque des Anti-Balakas.

 

Par ailleurs, le secrétariat général de la Cééac fait observer qu’avant cette confrontation, les troupes internationales avaient été attaquées par les anti-balaka, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés sans réaction de la commission internationale des droits de l’homme et de cette presse internationale.

 

Il a exhorté les populations centrafricaines, le gouvernement et les partis politiques, les organisations de la société civile patriotes à faire barrage à ces comportements pour conduire la transition à son terme et à faire preuve de responsabilité, de sagesse et de protection de la force internationale venue pour les aider à atteindre les objectifs politiques de la feuille de route.

 

Il se félicite que le Tchad réitère sa solidarité à la République centrafricaine et qu’il s’engage à continuer de la soutenir sous d’autres formes, afin qu’elle recouvre la paix, la sécurité, l’unité et réalise la réconciliation nationale.

 

Le secrétaire général reste convaincu que la République du Tchad continuera à apporter sa contribution aux efforts de la sous-région et de la communauté internationale en vue de la résolution de la crise centrafricaine.

 

Yvette Reine Nzaba

Centrafrique : la Cééac déplore le retrait du contingent tchadien de la Misca

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 13:33

 

 

 

 

08/04/14 (Le Pays)

 

Décidément, les Centrafricains peinent à prendre le train de la réconciliation. En effet, alors que le monde entier se prépare à commémorer le 20e anniversaire du génocide rwandais, en RCA, les anti-balaka semblent vraiment vivre dans une autre galaxie, notamment celle de la haine et du rejet de l’autre. C’est certainement dans cette logique mortifère que ces derniers encerclent, depuis 4 jours, un quartier entier, habité par des Centrafricains de confession musulmane. Ainsi, c’est un massacre à grande échelle que ces fous, ces excités assoiffés de sang musulman, se préparent à commettre dans l’indifférence quasi totale des forces étrangères présentes dans le pays. Chose étrange !

 

Pendant combien de temps encore les anti-balaka vont-ils narguer impunément la communauté internationale ?

 

Il faut dire que s’il est difficile d’expliquer cette pulsion mortifère qui, comme un tourbillon, s’est emparée de cette frange de la population centrafricaine, il est davantage difficile d’expliquer cette inertie des forces Sangaris et de la MISCA face à cette dangereuse montée en puissance des anti-balaka. En effet, dès lors que les anti-balaka ont été clairement identifiés et qualifiés d’ennemis de la paix, rien, en principe, ne devrait empêcher une opération « coup de poing » contre eux de la part des soldats de la force Sangaris et de la MISCA afin de les mettre hors d’état de nuire. Pendant combien de temps encore les anti-balaka vont-ils narguer impunément la communauté internationale ?

 

Dans ces conditions, on est en droit de se demander à quoi servent vraiment les nouvelles résolutions que l’Union européenne et les Nations unies viennent de prendre en vue d’envoyer davantage de soldats en Centrafrique. Qui lèvera son fusil en direction de ces anti-balaka afin de desserrer l’étau autour de ce quartier musulman où des centaines d’hommes et de femmes sont condamnés à mourir de faim et de soif ?

 

Il n’y a pas de doute que le départ des soldats tchadiens, dans ces circonstances, constitue du pain bénit pour les anti-balaka. En effet, reconnus pour leur efficacité sur le terrain, ces soldats tchadiens avaient une raison supplémentaire de ne pas faire preuve de la moindre faiblesse à l’endroit des anti-balaka : la religion musulmane qu’ils ont, dans leur majorité, en partage avec ceux-là que les anti-balaka ont juré d’exterminer.

 

A l’heure actuelle, tous les ingrédients sont réunis pour provoquer en RCA ce qui s’est passé, il y a 20 ans au Rwanda

 

Le départ de ce contingent tchadien, dont « 850 hommes étaient déployés dans les villes du Nord où ils assuraient la sécurité de plusieurs milliers de musulmans », a donc ouvert un boulevard aux anti-balaka qui s’en frottent déjà les mains.


Sans les Tchadiens, qui arrêtera alors cette montée en puissance des forces du mal qui tuent sous le couvert de la religion chrétienne ? Sangaris ? Pas si sûr. Comme toutes les autres forces qui vont bientôt débarquer sur le sol centrafricain, les soldats (français) de la force Sangaris sont arrivés en RCA, avec dans leurs sacs-à-dos, la peur d’être un jour traînés devant un tribunal international, pour avoir tiré sur un tueur, fût-il un anti-balaka. Et pourtant, si rien n’est fait dès à présent, personne ne pourra plus tard empêcher une internationalisation du problème centrafricain, avec de possibles implications de groupuscules islamistes et peut-être même d’Al-Qaïda. Du reste, à l’heure actuelle, tous les ingrédients sont réunis pour provoquer en RCA ce qui s’est passé, il y a 20 ans au Rwanda, et que la communauté internationale commémore depuis hier, avec amertume et remords.

 

C’est pourquoi chacun devrait réfléchir à ces propos du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon qui, en route pour le Rwanda, a fait escale à Bangui : « la communauté internationale a fait défaut aux Rwandais, il y a 20 ans et nous risquons de ne pas en faire assez pour la Centrafrique ». La meilleure façon d’être sûr de ne pas avoir ces mêmes remords qu’il y a 20 ans, est d’arrêter, dès à présent, cette dangereuse montée en puissance des anti-balaka.

 

Dieudonné MAKIENI

 

 

Reportage à Bangui : les Tchadiens, cibles des milices armées chrétiennes

 

http://www.france24.com/   07/01/2014

 

Les autorités tchadiennes sont suspectées d’avoir encouragé les ex-rebelles de la Séléka en Centrafrique. Civils et militaires originaires du Tchad subissent donc la vindicte des groupes d’autodéfense.

 

Des dizaines de familles tchadiennes sont venues trouver refuge dans l’ambassade du Tchad à Bangui. Comme tous les musulmans de Centrafrique, ils sont devenus la cible des anti-balakas (anti-machettes, en langue Sangui), une milice d’autodéfense chrétienne formée après la prise du pouvoir par les ex-rebelles de la Séléka.

 

La crise qui déchire la Centrafrique a ravagé leurs vies. Les anti-balakas pillent, brûlent les maisons et tuent… "Mon mari a été tué, témoigne Hajar Mahadi une jeune maman de trois enfants. Les anti-balakas l’ont attaqué alors qu’il ne s’y attendait pas. Ils l’ont tué, lui et son frère, à la machette". Un récit devenu presque ordinaire, à Bangui, tant les violences interconfessionnelles ensanglantent aujourd’hui la capitale centrafricaine.

 

Les Tchadiens visés par les anti-balakas

 

Selon l’ambassadeur du Tchad, 57 Tchadiens ont été tués depuis le début du conflit, de nombreux autres sont portés disparus. La communauté tchadienne est particulièrement ciblée par la milice d’autodéfense chrétienne en raison du rôle ambigu de N’Djamena dans la crise qui secoue aujourd’hui le pays. Certains accusent le président tchadien d’avoir secrètement soutenu la Séléka, aujourd’hui au pouvoir.

 

"La présence de quelques éléments tchadiens dans la Séléka n’a rien à voir avec l’État tchadien et avec les Tchadiens qui vivent ici depuis 40 ou 50 ans, précise Mahmat Charif Dawsa, l’ambassadeur. Et en plus, les forces armées qu’on a mis à disposition de la Misca [force africaine de maintien de la paix, NDLR] sont des unités qui relèvent de l’armée tchadienne, ils n’ont rien à voir avec la Séléka".

 

Les soldats tchadiens de la force africaine ont déjà payé un lourd tribut dans le conflit. Au cours du seul mois de décembre, ce contingent a perdu une dizaine d’hommes au cours d’accrochages avec des milices armées. Ce taux de perte est l’un des plus élevés de la Misca.

Lu pour vous : RCA: la dangereuse montée en puissance des anti-balaka

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 12:04

 

 

 

 

  

08/04/2014 à 08:32 Par Propos recueillis par Pierre Boisselet

 

http://www.jeuneafrique.com/ 

 

Élue le 20 janvier, la présidente de la transition a douze mois pour redresser le pays. Mais avec un État aussi délabré, difficile de croire que ce délai sera suffisant.

 

Jeune Afrique : Vous voyagez beaucoup dans la sous-région. Vous étiez en Angola puis au Gabon en mars. Dans quel but ?

 

Catherine Samba-Panza : Les présidents d'Afrique centrale se sont personnellement impliqués dans la résolution des crises centrafricaines. On parle d'accords "de Libreville" puis "de N'Djamena". C'est grâce à ces pays que des solutions ont été trouvées et que j'ai accédé à la magistrature suprême. Je leur manifeste ainsi ma gratitude. Par ailleurs, plusieurs appuis budgétaires ont été annoncés, mais il y a des problèmes de procédure avant les décaissements effectifs. J'assure donc le suivi.

 

L'État a versé des salaires en mars pour la première fois en cinq mois. Est-ce la fin de la crise budgétaire ?

 

Il est trop tôt pour le dire. L'État est dans une situation d'effondrement total. Mais l'appui de la communauté internationale commence à se mettre en place. Nous pouvons désormais garantir quelques mois de salaire.

 

Les forces centrafricaines ont été désarmées. Faut-il revenir là-dessus ?

 

La restauration de l'autorité de l'État est un impératif et nos forces de défense et de sécurité en sont un outil. Malheureusement, elles ne sont pas opérationnelles pour les raisons que vous évoquez. Pour le moment, c'est [la force française] Sangaris et la Misca [Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine] qui opèrent, mais nous avons mis à leur disposition des policiers et des gendarmes. Nous nous battons pour qu'ils soient équipés et réhabilités. Les Faca [Forces armées centrafricaines] constituent un autre problème. Leurs éléments ont été sélectionnés sur des critères essentiellement ethniques. Or nous voulons mettre sur pied une armée républicaine et représentative de toutes les régions du pays.

 

La Centrafrique est une et indivisible.

 

Cela passe-t-il par la réintégration d'ex-Séléka ?

 

Cela passera par l'intégration des fils et des filles de ce pays qui répondront à des critères objectifs. Si des éléments de l'ex-Séléka ou des anti-balaka y répondent, pourquoi pas.

 

La Centrafrique est-elle sous la tutelle de la communauté internationale ?

 

Non, nous sommes indépendants. Mais nous traversons des moments difficiles et les membres de la communauté internationale, dont nous faisons partie, se sentent obligés de nous accompagner.

 

Les ex-Séléka contrôlant l'est du pays, le territoire est de facto divisé. Redoutez-vous une partition ?

 

C'est une préoccupation. Mais nous n'acceptons pas cet état de fait. La Centrafrique est une et indivisible. Nous avons des échanges avec nos frères et nos soeurs qui se sont repliés dans la zone Est par mesure de sécurité. Nous voulons les rassurer, dans le cadre du processus de réconciliation.

 

Quitterez-vous le pouvoir en février 2015, date prévue pour la fin de la transition ?

Je suis légaliste. Je respecterai mes engagements, à savoir tenir le délai de douze mois qui m'a été imparti. Maintenant, si, sur le terrain, il est objectivement impossible de tenir ce délai à un ou deux mois près, il appartiendra aux forces vives de la nation de le dire. Je ne prendrai aucune initiative pour prolonger ce mandat, mais j'accompagnerai le processus jusqu'au bout.

 

Est-il possible d'organiser un scrutin crédible alors que nombre de vos concitoyens musulmans sont à l'étranger ?

 

Je ne lie pas le retour de nos frères exilés à l'organisation du scrutin. Il n'y a pas d'élection parfaite. Il faut que les personnes déplacées quittent les camps, mais le problème sécuritaire doit d'abord être réglé. Le déploiement d'une opération de maintien de la paix doit permettre de stabiliser le pays pour parvenir aux élections.

 

Ceux qui ont commis des actes graves devront en répondre.

 

On dit que la Séléka a généreusement distribué des passeports centrafricains. Va-t-il falloir faire un tri entre vos concitoyens ?

 

Il y a eu beaucoup d'abus dans l'octroi de ces passeports, il va falloir s'en préoccuper. Mais cela n'a rien à voir avec les élections. Par contre, des actes d'état civil devront être distribués pour identifier les électeurs. Malheureusement, les préfectures, sous-préfectures et communes ont été pillées. Nous devrons repartir de zéro pour le recensement. Cela sera long, mais c'est un préalable. Si les élections se déroulent mal et que leurs résultats sont contestés, nous aurons perdu douze mois.

 

La Cour pénale internationale (CPI) dit s'intéresser à la Centrafrique. Coopérerez-vous avec elle ?

 

J'ai échangé avec la procureure de la CPI et lui ai affirmé être disposée à l'aider. Ceux qui ont commis des actes graves devront en répondre. Cela n'exclut pas de pardonner dans le cadre de la réconciliation.

 

Les anciens présidents Michel Djotodia et François Bozizé sont-ils libres de revenir en Centrafrique ?

 

Michel Djotodia ne fait pas l'objet d'une procédure. En revanche, des mandats d'arrêt ont été émis contre François Bozizé. Le jour où il reviendra, nous les ferons jouer.

Lu pour vous : Catherine Samba-Panza : "Si Bozizé revient à Bangui, il sera arrêté"

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 12:02

 

 

 

 

 

RFI  08/04/14

 

La ville de Boda, à 180 kilomètres au sud-ouest de Bangui, vit déchirée entre communautés chrétienne et musulmane. Le quartier musulman est encerclé par les anti-balaka qui réclament le départ de ses habitants. La haine et à son comble et les deux communautés nourrissent les fantasmes, la haine et la peur.

 

A Boda, les propos sont radicaux et les peurs réelles. Dans le quartier musulman, certains n’osent pas acheter de manioc aux chrétiens de peur d’un empoisonnement. Et les fantasmes prennent parfois le pas sur la réalité. « On n’achète pas, parce que les anti-balaka mettent du poison dedans. L’autre jour, presque dix enfants sont morts », raconte un habitant. En réalité les anti-balaka empêchent les chrétiens de commercer avec les musulmans. « Ils ont interdit le manioc aux musulmans. Si on en vend aux musulmans, ils viennent prendre l’argent et nous tabasser », témoigne un commerçant.

 

Dans la communauté chrétienne, la haine contre les musulmans prend souvent le masque d’une jalousie qui ne dit pas son nom. Et les plus radicaux sont aujourd’hui prêts à affamer les musulmans pour qu’ils partent. « Qu’ils décident eux-mêmes de partir, parce que s’ils restent, nous avons toutes les possibilités », prévient un homme.

 

Des deux côtés, on se renvoie la responsabilité du déclenchement des affrontements de la fin janvier. Qui a tiré le premier ? Chacun a sa version. Ce qui est certain, c’est que l’aventurisme de la Seleka a déchiré un tissu social élimé par plusieurs décennies de mauvaise gouvernance et de misère sociale.

 

La revanche des laissés-pour-compte

 

Derrière les clivages entre chrétiens et musulmans, on entraperçoit ainsi une véritable lutte entre riches et pauvres. Mahamat Adoum pesait autrefois 600 millions de francs CFA par mois. Ce négociant en diamants, taillé comme un roc, est la plus grosse fortune de Boda. Il vit aujourd’hui reclus dans le quartier musulman de la ville, encerclé d’anti-balaka. Pour lui, cette guerre entre chrétiens et musulman est une pure invention de la part de ceux qui veulent s’approprier les affaires de la communauté musulmane. « C’est de la jalousie », affirme-t-il.

 

« Les musulmans vivent de notre ressource minière. Mais les Centrafricains sont aussi capables de gérer ça », assure un jeune homme qui se pose en porte-parole de la jeunesse chrétienne de Boda. Pour lui, les chrétiens doivent désormais remplacer les musulmans dans le domaine des affaires. « Les chantiers appartiennent aux autochtones, pas aux musulmans. On n’a jamais vu un musulman ou un Tchadien creuser un trou pour chercher les diamants. Mais le problème est qu’ils ont monopolisé ce commerce il y a longtemps », dénonce-t-il.

 

Si l’affrontement entre chrétiens et musulmans a plusieurs causes, la volonté de revanche sociale des laissés-pour-compte est sans doute l’une des motivations les plus puissantes.

 

http://www.rfi.fr/afrique/20140408-rca-boda-une-ville-minee-...

 

 

 

 

Centrafrique: 14.000 musulmans piégés dans "Boda la belle"

 

BODA, 8 avril 2014 (AFP) - Dans une grange surchauffée de soleil, de profonds regards noirs sur des visages émaciés semblent ne plus tenir compte du temps qui passe. Ces Peuls centrafricains de Boda, encerclés par les miliciens anti-balaka, affamés, malades, ne savent pas quand, ni comment, ils pourront échapper au piège infernal.

 

"Je souffre beaucoup. Pas de maison, pas de manger. Les anti-balaka tuent les gens, beaucoup. J'ai perdu beaucoup de choses, même les boeufs, j'en avais 800". Saïfou dans son mauvais français raconte la désespérance des déplacés venus de Danga, un village à 25 km de Boda (100 km à l'ouest de Bangui), dans le sud-ouest forestier de la Centrafrique, pour fuir les violences des milices anti-balaka.

 

Quelques jours à peine après leur arrivée dans Boda, cette grande famille de 90 Peuls s'est retrouvée piégée dans les combats entre musulmans et chrétiens qui ont embrasé la ville minière.

 

Le 29 janvier, au lendemain de la fuite des ex-rebelles Séléka menacés par les anti-balaka, "Boda la belle" a basculé dans l'horreur.

 

En une semaine, il y eut plus de cent tués, des combats fratricides entre anciens amis des deux confessions, seulement arrêtés par l'arrivée d'un détachement de la force française Sangaris, le 5 février.

 

Depuis, 14.000 musulmans, natifs de Boda pour la plupart, sont encerclés par les anti-balaka, sans issue de sortie, sans ravitaillement. Auxquels s'ajoutent environ deux cent peuls déplacés.

 

Dans la grange, une femme, bébé dans les bras, soulève sa chemise, presse son sein dont ne sort pas de lait pour expliquer la dénutrition de son enfant. Khadidja Labi, huit enfants, sa mère malade au visage mortuaire, immobile sur sa natte, n'a plus rien.

 

Elle n'a pas réussi à se faire enregistrer pour une distribution de nourriture du PAM (Programme alimentaire mondial) qui commence au matin. La dernière remonte à quatre semaines, un laps de temps bien suffisant pour saper les organismes, développer malaria, gale, diarrhées. Et mourir pour les plus faibles, ceux qui avancent sur leurs jambes tremblantes mais tiennent encore à saluer les visiteurs.

 

Karim, chemise aux couleurs vives, revient de la distribution, mécontent. "Le PAM ne nous donne pas de sucre, pas de miel, pas de fagots, seulement du riz, du maïs. Nous, c'est le manioc qu'on aime".

 

"Les chrétiens ont voulu nous tuer pour récupérer nos biens. On ne peut même pas aller à la mosquée de notre quartier".

 

Karim est un natif de Boda qui "veut rester ici". Il exprime toute la colère des musulmans aux maisons et commerces détruits, pillés, confinés dans le centre, traversé par une seule et longue rue de terre rouge bordée de petits étals sans presque rien à vendre.

 

Cette rue est le seul territoire des musulmans, reclus dans ce 5ème arrondissement, comme dans un western pétri d'une atmosphère de peur et de violences.

 

- Les musulmans "doivent quitter" -

 

Car les musulmans ne peuvent franchir, sous peine de se faire tuer, les petits ponts en bois qui enjambent trois canaux aux eaux sales.

 

Après les ponts, un no man's land de maisons incendiées, musulmanes, chrétiennes. Tous les petits commerces qui devaient bien agrémenter la vie de "Boda la belle", un surnom mérité si l'on s'en tient à la beauté majestueuse de ses arbres séculaires, en pleine forêt équatoriale.

 

En surplomb, face à la longue rue, tenant sous leurs mitrailleuses le no man's land, une centaine de soldats français font respecter ces "frontières" entre communautés. Trois blindés stationnent sur la place en terre de l'hôtel de ville.

 

A droite, monte une rue défoncée vers l'église et les quartiers chrétiens. Ici, vivent 9.000 déplacés. Un petit marché, des cuisines à ciel ouvert, de la musique, l'atmosphère y est moins désespérée. La brousse est ouverte pour le ravitaillement en fruits, légumes, viande.

 

"Nous voulons que les musulmans quittent, du moment qu'ils nous ont présenté leur côté méchant", dit Miguez Wilikondi, "président" de la jeunesse de Boda, en charge des déplacés. Il affirme que les chrétiens ont été sauvés par des anti-balaka venus de Pama, à 200 km: "grâce à eux, nous sommes en vie".

 

"Les familles mixtes peuvent rester, mais les Tchadiens, Soudanais, Camerounais, Peuls doivent partir".

 

Plus bas, dans l'enclave musulmane, Mahamat "alias Boni", chrétien converti à l'islam, mineur de diamants, infirmier secouriste, 13 enfants, clame: "heureusement que nous avons un puits d'eau potable, sinon nous serions morts".

 

Verre de thé à la main, bourdonnant d'abeilles, il poursuit "J'ai vraiment l'espoir de sortir, de quitter. Si Sangaris ou la Misca (force africaine) m'accompagne, je pars ailleurs mais je reste dans le pays. En tout cas, Dieu protège François Hollande avec ses Sangaris".

 

RCA: Boda, une ville minée par les fantasmes et les rivalités

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 11:53

 

 

 

 

 

http://gabonreview.com/   par Désiré-Clitandre Dzonteu  mardi 08 avril 2014 à 4:56

 

Si les Gabonais se posaient jusque-là des questions sur la participation militaire du Gabon en République centrafricaine (RCA), le retrait des militaires tchadiens annoncé il y a peu, alors que le président tchadien venait de participer à un mini sommet sur la crise Centrafricaine, tenu en marge du Sommet Union Européenne-Afrique, vient conforter leur envie de voir leurs «enfants retourner au pays au risque de payer le prix fort». Le pavé a également été jeté dans la marre à l’Assemblée nationale par Philippe Nzengue Mayila, président de la commission des Affaires étrangères.

 

Engagé par solidarité sous régionale dans la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca) qui tente d’apporter la sécurité et le retour à la paix en RCA, le Gabon, par la voix du président de la Commission de l’Assemblée nationale chargée des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la défense nationale, réfléchit désormais sur le retrait de ses soldats. Le débat a du moins été soulevé par ce parlementaire à travers les colonnes du quotidien L’union, le lundi 7 avril 2014, sous le titre «Le Gabon va-t-il lui aussi rappeler son contingent ?».

 

Les derniers événements relatifs à la crise centrafricaine, en l’occurrence l’annonce du retrait des troupes tchadiennes, du fait des accusations de meurtres et autres exactions dont ils sont accusés, ne laisse pas indifférents les responsables des autres pays. Car, en plus des accusations de certains leaders politiques et religieux centrafricains qui pointent du doigt les militaires Tchadiens, qui figurent parmi les plus expérimentés et aguerris sur le terrain, une montée de la violence se retourne désormais contre les forces d’interposition.

 

La Misca comme l’Opération Sangaris coordonnée par la France se retrouvent de plus en plus prises pour cibles par les fractions, musulmane et chrétienne, qui se font la guerre. Outre cette vague de violence et malgré la prochaine arrivée d’une force européenne appelée Eufor RCA, le pays menace de plus en plus d’être coupé en deux par ces forces antagonistes.

 

Du coup, l’on se demande s’il est nécessaire d’attendre de perdre des soldats avant de penser à les rappeler. Les uns et les autres qui suivent de près l’actualité centrafricaine estiment que «le Gabon met beaucoup de moyens dans ce conflit». L’on indique que le pays d’Omar Bongo Ondimba, l’un des médiateurs traditionnel de ce conflit, au-delà de son contingent de 500 militaires, offre aussi de la logistique. Au regard de l’évolution des choses, l’on estime qu’il est «temps pour le pays de penser à ses enfants».

 

Toute chose qui vient épouser cette sortie du député puisque le conflit se retourne maintenant pour viser les forces venues à la rescousse des «frères et sœurs» en détresse. De même que la crise commence à se situer hors des capacités des forces venues prêter main-forte. Si aucun mort gabonais n’a officiellement été déclaré en RCA, les quartiers de Libreville bruissent de rumeurs qui font état du contraire et prétendent que des scenarii sont échafaudés pour cacher ce que subissent réellement les soldats gabonais à Bangui. «Il n’y a pas de fumée sans feu», soutient un dicton. Le député Philippe Nzengue Mayila en sait-il plus qu’on ne veut en dire ?

Lu pour vous : RCA : «Le Gabon va-t-il lui aussi rappeler son contingent ?»

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 11:40

 

 

 

 

 

 

(Le Point)  08/04/14

 

Il est plus de deux heures du matin lorsque Abdon Aboukar entend des coups à sa porte. On tambourine violemment et avec insistance. Le couvre-feu, fixé désormais à 23 heures, est largement dépassé. Inquiet, il se lève. Cinq femmes l'attendent. L'une d'entre elles est sur le point d'accoucher. Elles arrivent tout droit du quartier voisin, Sango. Abdon Aboukar réveille son épouse, Célestine. Sage-femme, elle se met directement au travail, assistée par son mari. Le couple aide cette patiente nocturne et impromptue à mettre son enfant au monde, malgré le manque d'électricité. Comme beaucoup de secteurs dans la capitale centrafricaine, La Kouanga, quartier au sud de Bangui, est privée d'électricité de 17 heures à 6 heures du matin. Une situation qui date de l'époque de Patassé. "Rien à voir avec les événements", sourit Abdon.

 

La sage-femme chrétienne aide les femmes à accoucher, sans distinction

 

L'accouchement se termine à l'aube. Les femmes ne repartent qu'une fois la matinée bien avancée. "Il est moins dangereux de venir ici que d'aller à l'hôpital en pleine nuit. Notre adresse est connue. De nombreux enfants naissent dans notre salon, chrétiens et musulmans confondus", confie Célestine. Elle est chrétienne. Son mari est musulman. Tout un symbole à l'heure où la Centrafrique se déchire pour des raisons qui, à la base, n'étaient pas religieuses, mais qui ont désormais dressé une communauté contre l'autre. Ils habitaient à Boda, une commune située dans le sud-ouest du pays, depuis des années. "Notre maison a été pillée et brûlée, nous obligeant à nous réfugier en brousse pendant deux semaines. Nous avons fini par réussir à rejoindre Bangui", raconte Abdon. Arrivé ici il y a deux mois, cet ingénieur qui gérait une mine d'or et de diamant a quitté le costard pour le jogging. Il passe désormais ses après-midis assis sur une chaise devant sa maison, perdu dans ses pensées. La Kouanga. L'un des rares quartiers de Bangui qui échappe aux exactions, pillages et autres violences. 16 000 personnes y vivent. "C'est très calme ici, à tel point que beaucoup de gens viennent s'y réfugier", selon Abdon. Son propre frère, qui logeait au PK5, endroit devenu tristement célèbre pour l'enclave musulmane qu'il constitue dans la capitale, est arrivé à la Kouanga lorsque les anti-balaka sont venus piller sa maison. C'était il y a une semaine. Depuis, Assna Aboukar dit dormir un peu mieux. Impossible de connaître le nombre exact de personnes venues se réfugier là.

 

Les gens circulent librement, les buvettes sont ouvertes

 

Pour Micheline Teteya, maire du 2e arrondissement auquel appartient la Kouanga, rien d'étonnant à ce calme. "C'est tout simplement un quartier d'évolués. C'est une question d'éducation, de mentalité. De hauts cadres, d'anciens chefs d'État, bref la classe moyenne vit ici", assure-t-elle. "Depuis le mois de décembre, on a la paix. Les gens circulent librement, les buvettes sont ouvertes. Personne ne respecte le couvre-feu. Il y a même des gens des environs qui viennent chez nous pour oublier leurs soucis." Michelle Teteya, 62 ans, habitant le quartier depuis l'âge de 13 ans, se définit même comme une "fille de la Kouanga". On la rencontre au moment où elle finit une réunion avec les autres chefs de quartier de l'arrondissement. Une réunion qui porte sur le traitement des ordures qui envahissent la zone qu'elle gère. Et qui dit déchets dit risque plus élevé de paludisme, dans un pays où cette maladie constitue encore aujourd'hui la première cause de mortalité. "La Kouanga, c'est un peu comme votre 16e arrondissement, à Paris", explique dans un éclat de rire l'un de ses amis assis à côté de Michelle Teteya.

 

Il n'est pas loin de 16 heures. Deux soldats appartenant à la Misca burundaise circulent à pied. La voix de Rihanna grésille dans une enceinte au son particulièrement mauvais. Cela n'empêche pas deux petites filles de danser au rythme de la musique, pendant que leur mère sert les gens s'installant tout juste à la terrasse de l'échoppe. Des bières sont sur les tables, à l'ombre de majestueux tecks. Les rires fusent. On se croirait au bord du canal du Midi, à Toulouse.


Chrétiens et musulmans se serrent les coudes

 

Comment ce calme est-il possible dans les rues de Bangui ? Une troupe de jeunes veille au grain. Chrétiens et musulmans confondus. C'est qu'autour du 15 décembre, ils se sont réunis dans l'école maternelle. Ensemble, ils ont voté la défense du quartier. "Tout le monde a accepté que le quartier soit protégé. Alors, on s'organise et on veille dessus jour et nuit", raconte Aboubakar Nimaga, un musulman d'origine malienne. Nous sommes très fiers de notre petite organisation. La Kouanga est aujourd'hui le seul endroit dans Bangui où musulmans et chrétiens vivent encore en harmonie." Des anecdotes, il en a 1 000 à raconter : "La fois où nous avons défendu ce commerçant musulman que les anti-balaka étaient venus agresser", "la fois où nous avons empêché la destruction de la mosquée, encore une des rares debout dans la capitale", et ainsi de suite. À chaque fois, c'est le même processus : une vingtaine d'hommes, armés de machettes et de battes de base-ball, postés aux quatre extrémités du quartier. "Si des voyous cherchent à s'introduire, on se prévient entre nous, on débarque, on essaye de discuter et lorsque ça dégénère, on appelle la Misca à la rescousse", explique Aboubakar. Au final, ils n'auraient jamais tué personne, assure-t-il. Au total, ils seraient environ une petite centaine à défendre la Kouanga.

 

Depuis un petit mois, ils sont moins nombreux à assurer les gardes. "Quand le couvre-feu a été réduit, nous avons décidé de diminuer le nombre d'hommes pour les tours. En réalité, nous gardons quand même tous l'oeil ouvert", poursuit-il. Derrière les grilles de sa maison, il y a beaucoup de monde. Il y a un mois, son cousin est venu s'y réfugier. Il a fui Miskine, quartier jouxtant le PK5. Dans la panique, il a perdu sa femme. "Je pense qu'elle est partie se réfugier au Tchad, mais en fait, je n'ai juste aucune idée de l'endroit où elle pourrait se trouver", confie-t-il. Depuis, il vit cloîtré et n'utilise plus son téléphone portable. "Je reçois trop de menaces", dit-il. Dans sa tête, le traumatisme de Miskine est encore bien présent. Aboubakar partage sa maison avec une autre famille, une chrétienne. "La cohabitation se passe très bien. Nous sommes comme des frères", explique Jacques Bangui, le "colocataire" en question, père d'une marmaille d'enfants qui se chamaillent dans la cour de la maison. Le visage balafré de cicatrices et le corps très abîmé par un accident de moto, Jacques Bangui ne prend pas part aux activités du groupe de défense du quartier. "Je les aide autrement. Je les soutiens moralement. Je donne un peu d'argent, un peu de café", explique celui qui est né et a grandi ici.

 

Tous les deux l'assurent. Chrétiens et musulmans veulent continuent à s'inviter mutuellement. "Si c'est pas un baptême, c'est une autre fête", disent les deux hommes d'une même voix. Au loin, une musique, des percussions, des tam-tams. La circulation est impossible, car le quartier est bloqué. Il y a un mariage. Tout un symbole.

 

Par Marine Courtade

 

http://www.lepoint.fr/afrique/actualites/bangui-la-kouanga-q...

 

Lu pour vous : Bangui : la Kouanga, quartier de l'espoir

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 11:18

 

 

 

 

 

ALAKHBAR (Nouakchott) 08.04.2014  Heure: 09:08 GMT - Le chef de l’Etat mauritanien, président en exerce de l’Union africaine a affirmé que son pays n’exclue pas l’envoi de troupes en République centrafricaine.

 

"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à ce qui ce passe en Centrafrique", a déclaré le président Mohamed Ould Abdel Aziz au cours d’une conférence de presse lundi à Nouadhibou (Nord).

 

http://fr.alakhbar.info/  

 

 

La Mauritanie pourrait envoyer des soldats en Centrafrique (président)

 

NOUAKCHOTT, 8 avril 2014 (AFP) - La Mauritanie "n'exclut pas d'envoyer des forces en Centrafrique" pour aider à la stabilisation de ce pays en crise, a déclaré lundi soir le chef de l'Etat mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l'Union africaine (UA).

 

"Ce n'est pas à exclure, car nous ne pouvons rester les bras croisés alors que d'autres (les Centrafricains) s'entretuent et que nous avons les moyens de les aider", a répondu M. Ould Abdel Aziz à une question d'un journaliste lors d'une conférence de presse à Nouadhibou (nord).

 

"Nous avons un rôle à jouer", a-t-il ajouté en regrettant le départ des forces tchadiennes de Centrafrique où, selon lui, "la situation frôle le génocide, avec déjà des centaines de morts et cela continue toujours".

 

"Malheureusement, la principale force africaine, celle du Tchad, se retire (...) ce qui aggrave davantage la situation et nous impose de faire l'effort nécessaire d'envoyer des forces armées supplémentaires pour securiser le pays", a-t-il estimé.

 

Selon lui, la priorité est "d'aider ce pays à se stabiliser politiquement pour s'acheminer ensuite vers l'organisation d'élections libres et transparentes".

 

Dénonçant "une campagne malveillante" à son encontre, le Tchad a annoncé le 3 avril le retrait de ses quelque 800 soldats de la Force africaine en Centrafrique (Misca) composée de 6.000 hommes au total.

 

L'annonce de ce retrait est intervenu alors que les forces africaine et française Sangaris (2.000 soldats) réclament au contraire des renforts pour pacifier le pays, notamment en province.

 

L'Union européenne (UE) a décidé d'envoyer une force militaire en Centrafrique, mais ses effectifs - environ 800 hommes - suffiront à peine à combler le vide laissé par le retrait des troupes tchadiennes.

 

En visite samedi à Bangui, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a appelé les Centrafricains et la communauté internationale à se mobiliser pour empêcher un nouveau génocide en Afrique, 20 ans après celui du Rwanda.

 

Ban Ki-moon plaide pour le déploiement avant fin 2014 d'une opération de l'ONU forte de 12.000 hommes en Centrafrique.

La Mauritanie pourrait envoyer des troupes en Centrafrique (Président)

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