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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 13:29
Rencontre avec Olivier Le Cour Grandmaison, politologue du passé colonial français

 

 

Par Sabine Cessou RFI le 13-10-2019 Modifié le 13-10-2019 à 10:58

 

C’est l’une des voix les plus critiques, en France, sur la question du passé colonial, mais pas forcément l’une des plus écoutées. Son dernier livre, Ennemis mortels, revient sur la construction des images péjoratives de l’islam et des musulmans.

Un pavé dans la mare ? Tel n’est pas vraiment l’effet recherché par le politiste français Olivier Le Cour Grandmaison avec son nouvel ouvrage, Ennemis mortels, représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale, à paraître le 17 octobre chez La Découverte. Ce livre tombe à pic, pourtant, tant les polémiques sont nombreuses, notamment au sujet des discours de haine du chroniqueur et essayiste Eric Zemmour.

Loin d’un énième essai rédigé à la va-vite, Olivier Le Cour Grandmaison veut au contraire « prendre le plus possible le temps de la réflexion, face à des sujets qui font l’objet de préjugés, opinions et bavardages dispensés par ceux qui ne connaissent pas grand-chose ni à l’islam, ni aux origines de l’islamophobie savante française ». Son ouvrage s’ouvre sur les propos à l’emporte-pièce d’un historien de renom, Ernest Renan, l’un des nombreux hommes à avoir façonné tout un imaginaire collectif.

Le lourd bilan d’un pays « en paix » après 1945

Né en 1960, Olivier Le Cour Grandmaison est un habitué des débats robustes. Il y prend part par le biais de son blog sur le site Mediapart, ou parfois par voie de pétition, comme l’appel qu’il a lancé en 2017 en faveur de la reconnaissance de l’ensemble des crimes coloniaux commis par la France. Il a été signé par 3 250 personnes, dont Achille Mbembe, sans résultat concret. « Nous nous y attendions, explique Olivier Le Cour Grandmaison. On n’engage pas un combat parce qu’on va gagner, mais parce qu’on pense qu’il est nécessaire à un moment donné. Les résistances sont importantes, car cela remet en cause la mythologie nationale de la République, comme celle des grands hommes et les mythologies partisanes de certaines formations politiques. »

Il le rappelle souvent : la France n’est pas en paix après 1945. Au massacre de Sétif s’ajoutent ceux de Madagascar en 1947, le début de la guerre d’Algérie en 1954 et la guerre d’Indochine. Il fait des comptes qui devraient être connus, mais ne le sont toujours pas. « Le bilan des massacres et des guerres coloniales après 1945, 1 million de morts, dépasse celui de la Seconde Guerre mondiale en France, 600 000 morts, militaires, résistants et civils. Dire que la France est en paix après 1945 relève d’une proposition partielle, partiale et en partie obscène ».

Engagé, il estime l’être en tant que citoyen, d’abord et avant tout. « Les objets de mes engagements sont souvent liés à des objets de recherche et non l’inverse », précise-t-il. Après une thèse sur les questions de citoyenneté sous la Révolution française, il a d’abord enseigné le droit constitutionnel et public à l’Université du Maine (Le Mans). Depuis une dizaine d’années, il dirige le master « Coopération et solidarité internationales » à l’Université Évry-Val d’Essonne. Il a par ailleurs dirigé et participé à plusieurs séminaires sur la philosophie politique au Collège international de philosophe (CIPh) à Paris.

Alexis de Tocqueville, une boîte de Pandore

Comment est-il tombé dans le chaudron colonial ? L’étude des écrits d’Alexis de Tocqueville, rédigés entre 1837 et 1847 sur l’Algérie, l’amène à ouvrir une boîte de Pandore. « Comme beaucoup de ses contemporains, Tocqueville s’est fait le défenseur de méthodes de guerre particulièrement brutales qu’il juge indispensables pour venir à bout des “Arabes”, explique Olivier Le Cour Grandmaison. Je pensais écrire un article sur ces aspects peu étudiés de son œuvre et de ses activités. En raison de l’ampleur du sujet, il en est sorti plusieurs ouvrages. »

Le premier, Coloniser, exterminer : Sur la guerre et l’État colonial (Fayard, 2005), a suscité un bon accueil chez plusieurs historiens et juristes, mais aussi des polémiques auxquelles l’auteur ne s’attendait pas. « Je pensais naïvement avoir pris toutes les précautions méthodologiques et littéraires pour les éviter au maximum. C’était en partie vain. » Cible d’attaques personnelles, il commet le tort de s’attaquer à « l’impensé colonial » – cette histoire qui n’est pas enseignée et si peu connue en France. Son second livre, La République impériale : politique et racisme d’État (Fayard, 2009), retrace comment, entre 1885 et 1913, la IIIe République fait de la France la seconde puissance coloniale du monde et l’une des toutes premières « puissances musulmanes » de l’époque, en raison de ses possessions au Maghreb, en Afrique-Occidentale française (AOF) et de son mandat en Syrie et au Liban institué par la Société des Nations en 1920.

Des détracteurs parmi les historiens

Avec De l’indigénat, anatomie d’un « monstre » juridique : le droit colonial en Algérie et dans l’empire français (La Découverte, 2010), il met en évidence « le droit différencié, voire raciste, pratiqué par la IIIe République dans les colonies où l’exception est la règle, en contradiction avec les principes républicains ». Une fois de plus, il est critiqué par certains, qui lui reprochent à demi-mot de ne pas avoir de formation d’historien, mais aussi d’écorner le rêve républicain de la France. Selon l’historienne Isabelle Merle, citée dans la fiche Wikipédia assez largement à charge consacrée à Olivier le Cour Grandmaison, le « caractère expéditif » de l’analyse passe « sous silence les contradictions, contestations, tensions qui caractérisaient aussi ce régime colonial ». Sa réponse : « Un certain nombre d’historiens ont une mentalité de douanier, pour ne pas dire de policier. Il faut présenter son passeport d’historien. J’ai la faiblesse de croire que le passé colonial est un objet historique, qui n’appartient pas seulement aux historiens et qu’il faut l’aborder avec le souci de faire de l’histoire, certes, mais aussi de l’histoire du droit et des catégories politiques. »

Droit dans ses bottes, il persiste et signe avec L’empire des hygiénistes. Vivre aux colonies (Fayard, 2014), puis son dernier ouvrage, Ennemis mortels, qui lui est venu de façon logique, comme les autres, après avoir effleuré des pans entiers du passé, qu’il cherche ensuite à mieux fouiller. « Plus j’avançais dans la recherche pour comprendre la politique impériale de la France, plus il me paraissait indispensable d’intégrer la variable religieuse. D’autant que les contemporains de la colonisation ont accordé une place importante à l’islam, dans la façon dont ils ont pensé les sociétés colonisées ».

L’auteur estime que les débats en France sont « en retard » par rapport aux États-Unis et au Royaume-Uni, en raison des « usages politiques de l’histoire coloniale ». Il s’explique : « La France est le seul pays où une majorité, de droite en l’occurrence, a cru bon de voter une loi établissant une interprétation officielle et apologétique de cette histoire. C’est la loi du 23 février 2005. Loi scélérate, car, sauf à méconnaître les principes démocratiques qui sont les siens, l’État ne saurait intervenir dans ce domaine, et ce quels que soient les sujets. Cette loi est toujours en vigueur ! En outre, les dirigeants de droite se livrent à une sorte de surenchère déterminée par des considérations électoralistes dans un contexte de radicalisation à droite et de retour du grand roman national. Le tout, avec la caution de plusieurs intellectuels et essayistes médiatiques comme Alain Finkielkraut, Eric Zemmour et Pascal Bruckner. »

 

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 13:00
Ngaïssona-Yekatom à la CPI: fin des audiences de mise en accusation
Ngaïssona-Yekatom à la CPI: fin des audiences de mise en accusation

 

 

Par RFI Publié le 12-10-2019 Modifié le 12-10-2019 à 04:54

 

Avec notre correspondante à La Haye,  Stéphanie Maupas

 

La Cour pénale internationale a conclu vendredi 12 octobre les audiences visant Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom. Les deux ex-miliciens sont suspectés de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis en 2013 et 2014 en Centrafrique.

Lors de ces audiences, tout l’enjeu aura été, pour le procureur, de convaincre la Cour de mettre les deux suspects en accusation et de les renvoyer en procès. Les juges ont entamé leur délibéré et doivent rendre leur décision dans les 60 jours.

Les avocats des deux suspects ont sans surprise et de nouveau contesté les preuves du procureur. Maître Knoops, a présenté son client comme un homme de paix. Pour l’avocat, Patrice-Edouard Ngaïssona n’avait pas le contrôle des anti-balaka comme l’affirme l’accusation.  

« Nous avons montré, sur la base des éléments de preuve présentés par le procureur lui-même, que les actes de M. Ngaïssona constituaient des tentatives visant à mettre en place une structure, non pas à commettre des crimes, mais une structure pour le DDR (Désarmement, démobilisation) en RCA. »

De leur côté, les avocats d’Alfred Yekatom, à la tête d’un bataillon de quelque 6000 hommes, ont pointé du doigt le rôle de la Seleka, qui s’était emparée du pouvoir à Bangui en décembre 2013. Alfred Yekatom ne faisait que lutter contre la Seleka, et n’aurait pas ciblé de civils, a assuré son avocate Mylène Dimitri, reprochant à la procureure de ne pas avoir fourni les preuves impliquant la Seleka.  

Une question hors sujet, affirme de son côté le substitut du procureur, Kweku Vanderpuye. « Cette affaire n’est ni un référendum, ni l’acte d’accusation d’une des parties au conflit. Il porte sur la question de savoir si Patrice-Edouard Ngaïssona et Alfred Yekatom sont responsables des crimes commis dans cette situation. Les preuves indiquent qu'ils le sont et qu'ils devraient faire face à la justice. »

Présente à l’audience, la procureure générale Fatou Bensouda a assuré que ses enquêtes se poursuivent en Centrafrique et que les responsables de la Seleka devront aussi répondre de leurs crimes devant la CPI.

 

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 12:51
Gabon: de nouvelles attaques de Jean Ping contre le président Ali Bongo

 

 

Par RFI Publié le 13-10-2019 Modifié le 13-10-2019 à 00:54

 

Lors d’un discours samedi 12 octobre devant ses militants et la presse, l’opposant et ancien candidat à la présidentielle Jean Ping est à nouveau revenu sur la santé du chef de l'État Ali Bongo. Il a réaffirmé que le président n’est plus, selon lui, en mesure de gouverner le pays. Cela fait maintenant un an qu’Ali Bongo a été victime d’un accident vasculaire cérébral.

Jean Ping est catégorique, selon lui, le président Ali Bongo n’est plus en mesure d’assurer le pouvoir. Au point, ajoute-t-il « de servir de marionnette à de nouveaux usurpateurs qui livrent le pays aux enchères ».

Il s’agit d’une attaque virulente contre le directeur de cabinet du président, Brice Laccruche Alihanga qu’il qualifie de maître d’œuvre de l’usurpation. Jean Ping n’y est pas allé de main morte alors que ce proche collaborateur du chef de l’État est monté en puissance ces derniers mois.

Brice Laccruche Alihanga a d’ailleurs effectué une tournée républicaine au nom du président Bongo, qui s’est achevée le week-end dernier. Une première dans l’histoire. Jamais un personnage autre que le président gabonais n’avait auparavant effectué cette traditionnelle tournée, ce qui fait dire à certains Gabonais qu’il se positionne pour succéder au chef de l’État.

Contactés, la présidence et le parti au pouvoir n’ont pas souhaité réagir à ses accusations dans l’immédiat, mais ont indiqué qu’ils préparaient une réponse dans les prochains jours.

Rappelons que le président Ali Bongo a fait une apparition surprise lors du meeting de clôture de la tournée républicaine assurée par son directeur de cabinet la semaine dernière. Pour la première vois depuis son AVC, il avait improvisé un court discours devant ses partisans.

 

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 12:41
Assassins de Chinois de Sosso Nakombo : le verdict est tombé
Assassins de Chinois de Sosso Nakombo : le verdict est tombé
Assassins de Chinois de Sosso Nakombo : le verdict est tombé

 

 

Le verdict est finalement tombé ce vendredi en fin d'après-midi. Les cinq accusés de crimes contre des ressortissants chinois dans la ville de Sosso-Nakombo connaissent désormais leur peine. Charlie Dimbélé, Gabin Dimbélé et Kevin Gbakambo alias Yoto sont condamnés à 20 ans de travaux forcés, Alphaki Dimbélé, à une peine de cinq ans et Hervé Koté acquitté. Pour les condamnés, la cour leur exige de payer 20 millions comme dommages et intérêts.

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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 12:16
La mère de Camille Lepage toujours au combat

 

Lu pour vous

 

https://www.lemonde.fr 13/10/2019 Par Yves Tréca-Durand

 

Cinq ans après l’assassinat de la photojournaliste Camille Lepage en Centrafrique, sa mère, Maryvonne, continue à faire vivre les engagements de sa fille, dont le destin tragique est le sujet d’un film qui sort le 16 octobre.

Quatre minutes après le SMS, le téléphone sonne déjà. Une heure plus tard, on est chez elle. Quand il s’agit de sa fille Camille, Maryvonne Lepage est du genre zélé. Qu’importe que l’on soit un samedi soir, qu’elle ait un tas de linge à repasser et des paquets de formalités en attente. L’avant-première du film Camille, de Boris Lojkine, est prévue trois jours plus tard, le 1er octobre, au multiplexe Pathé d’Angers (avant une sortie en salle le 16 octobre). Elle est un peu anxieuse, mais elle assure.

Le 13 mai 2014, déjà, elle répondait aux médias. À 6 h 25 – elle s’en souvient précisément –, la cellule de crise du Quai d’Orsay lui avait confirmé que le corps retrouvé, la veille, en Centrafrique dans un 4 × 4 par des militaires français était bien celui de Camille. Sa fille de 26 ans avait été fauchée par une rafale lors d’un accrochage entre les anti-balaka qu’elle accompagnait et des rebelles de la Séléka. Dans la minute qui a suivi, défendre la mémoire et le travail de sa fille est devenu une obsession, sa raison d’être. « J’ai joué le jeu des médias. Ce n’est pas vraiment moi qui parlais, c’était Camille »dit-elle l’air songeur.

Association, site Internet, deux livres de photos publiés en cinq ans, 40 000 images laissées par Camille, qu’il faut trier…

Dans sa maison à pans de bois du XVIe siècle, à deux pas du château d’Angers, les images fixées par sa fille en zone de guerre côtoient celles des jours heureux. On y voit Camille, encore lycéenne, et son grand frère Adrien. Posée sur le bord de son fauteuil en cuir, l’ancienne directrice des ressources humaines, le visage émacié, paraît fatiguée. Elle attrape une cigarette – une de plus – et raconte l’histoire qu’elle sert au public depuis cinq ans, qu’il s’agisse d’élèves de collèges et de lycées, de photographes aguerris à Perpignan ou du président de la République François Hollande lors d’une exposition au ministère de la culture en 2016.

Camille avait étudié le photojournalisme et ne voyait son avenir que dans les zones de conflit. En 2011, elle avait filé au Caire, impatiente d’immortaliser le « printemps arabe »« Le Caire m’a fait très peur, parce que c’était très violent sur la place Tahrir, il y avait beaucoup de viols », raconte Maryvonne. Dans la foulée, Camille veut partir au Soudan du Sud, puis en République centrafricaine. « On a eu des discussions toutes les deux et je lui ai dit : “Camille, tu n’as pas d’engagements, rien ne te retient. Si c’est ça que tu veux, vas-y et je serai là pour t’accompagner.” Son frère était contre. C’était une preuve d’amour, il avait peur pour sa petite sœur. »

Au téléphone, Adrien confirme : « Ceux qui ont côtoyé Camille sur le terrain disent qu’elle n’était pas une tête brûlée. A posteriori, ça me va, je suis à l’aise avec cette idée. » Il n’aime pas trop s’exprimer sur sa mort mais, puisqu’il est question d’évoquer l’engagement de sa mère, c’est différent. « Elle porte le truc complètement, elle a tout pris sur elle. Je suis impressionné qu’elle parvienne aussi bien à parler en public. Je ne sais pas d’où ça sort, c’est dingue ! »

La flamme du briquet rougit une autre cigarette. « Adrien me dit de lâcher prise, parce que c’est fatigant, que je dépense beaucoup d’énergie à faire des discours, à répondre aux interviews, à me rendre à l’étranger pour certains événements. J’y vais parce que j’estime que je dois le faire, mais intérieurement ce sont des pleurs, c’est douloureux. »

Deuil impossible

Boris Lojkine, réalisateur du film Camille, est allé voir la famille quatre mois seulement après l’assassinat. « Ce que je trouve fort, ce sont les relations très intimes que Maryvonne a nouées avec plein de jeunes photographes. C’est sa manière singulière de faire son deuil. »

« Faire son deuil », l’expression hérisse Maryvonne. Elle ne croit pas qu’elle y parviendra un jour. De toute façon, ça ne s’arrête jamais. Elle doit encore aller à Reims, Strasbourg et Wigan (Angleterre) pour des expositions. Il y a l’association qu’elle a créée avec le père de ses enfants, Guy, et leur fils Adrien, le site Internet, les deux livres de photos publiés en cinq ans, les 40 000 photos laissées par Camille, qu’il faut trier, sélectionner et redimensionner pour les expositions.

Sans parler du festival Visa pour l’image de Perpignan, qui décerne, depuis 2015, le prix Camille Lepage à de jeunes photoreporters. « On reçoit les dossiers, il faut les analyser, réunir le jury. C’est une façon de vivre pour moi. Quelque part, Camille m’a poussée à le faire. Elle me parlait, je sentais qu’elle était là. Je connais d’autres parents qui ont perdu un enfant photojournaliste. Eux ne font rien, c’est leur choix et je le respecte complètement. »

Le reste de sa vie est en lambeaux, elle le sait. « Le piano, depuis que Camille est décédée, j’ai dû en jouer trois fois. J’ai du mal. Lire des romans, je les commence et puis j’arrête. Le cinéma, j’y retourne de temps en temps. Mais je n’ai plus envie d’être joyeuse ou gaie. Ou je me l’interdis. Camille me dirait : “Vas-y, t’es ridicule. De toute façon, ça ne changera rien.” Je l’imagine très bien me dire ça. Peut-être qu’avoir une vie plus équilibrée serait une bonne chose. Mais c’est comme ça. »

 

Yves Tréca-Durand Angers, correspondant

 

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 18:14
Arrestation à Ngaoundéré de mercenaires peuhls des 3R du criminel Sidiki chassés de Koui par la Minusca
Arrestation à Ngaoundéré de mercenaires peuhls des 3R du criminel Sidiki chassés de Koui par la Minusca
Arrestation à Ngaoundéré de mercenaires peuhls des 3R du criminel Sidiki chassés de Koui par la Minusca

 

Images de mercenaires recrutés par les 3R du criminel Sidiki qui ont fui de Koui dans l'Ouham-Pendé devant les troupes de la MINUSCA pour regagner Ngaoundéré au Cameroun et se faire arrêter par les autorités camerounaises le 10 octobre 2019

Arrestation à Ngaoundéré de mercenaires peuhls des 3R du criminel Sidiki chassés de Koui par la Minusca
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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 18:08
Une offensive diplomatique du Tchad en Centrafrique

 

Lu pour vous

 

https://mondafrique.com  By  Nicolas Beau 10 octobre 2019

 

La nomination d’un nouvel ambassadeur du Tchad à Bangui, le général Noh Tamour Aldjidey, ancien attaché militaire aux Etats Unis, pourrait aider la diplomatie américaine à contrer l’offensive russe dans la région.

Par un Décret du 7 octobre 2019, le général Noh Tamour Aldjidey a été nommé ambassadeur du Tchad en Centrafrique. Il remplace un autre général, Yaya Dahoud Brahim, qui avait été rappelé par Idriss Deby Itno afin de faire partie du gouvernement, le 9 novembre 2018 pour devenir, pour peu de temps, ministre délégué à la présidence chargé de la Défense nationale.


Pendant presque une année le Tchad n’avait donc plus d’ambassadeur en titre. La gravité de la situation à la frontière tchadienne, qui a toujours été une grande préoccupation pour Idriss Deby Itno, devenait une impérieuse nécessité pour Ndjamena de nommer un ambassadeur. Idriss Deby Itno reste le meilleur connaisseur, sinon acteur, de la situation en Centrafrique.

La diplomatie américaine face à Idriss Deby Itno

Noh Tamour Aldjidey était précédemment attaché militaire à l’ambassade du Tchad aux Etats-Unis d’Amérique où il a pu nouer des liens de confiance avec le Pentagone et le Département d’État. Il aura pu constater que les critiques américaines contre Idriss Deby Itno étaient de moins en moins feutrées. Le communiqué de l’ambassade US à Ndjamena, du 9 juin 2019 avait été inhabituel, par sa virulence, qui dénonçait les atteintes aux droits de l’homme, le non-respect des règles démocratiques et les échéanciers électoraux.

Évidemment le sort réservé au nouveau parti d’opposition  « Les Transformateurs » du jeune (35 ans) président Succès Masra était en arrière-plan. Les Etats-Unis accepteraient mal que Succès Masra ne devienne le Kamto Tchadien.

Un militaire-diplomate connu à Washington

Le nouvel ambassadeur tchadien à Bangui connait bien Geesa Pasi, qui fut ambassadrice des Etats-Unis au Tchad jusqu’au 30 août 2018. Cette experte du continent africain est désormais l’une des Sous-Secrétaires d’État adjointe aux affaires africaines, sous l’autorité de Tibor Nagy, le Sous-Secrétaire d’Etat qui exerce une diplomatie active, au pas de charge, en Afrique centrale. On l’a constaté au Soudan, en RDC et récemment au Cameroun.

La tentative russe de faire une sorte de projet pilote et de  hub en Centrafrique, avec la complicité de ses dirigeants actuels, ne peut plus rester sans réponse américaine. L’ancien attaché militaire à Washington pourrait éventuellement y avoir une contribution.

On pourrait alors se demander si le président tchadien ne serait pas prêt à aider le Département d’État, en contrepartie d’une diminution de cette pression non équivoque qu’il subit aujourd’hui.

La riposte américaine

Les liaisons particulières sinon dangereuses de Faustin-Archange Touadera avec la Russie et le sulfureux groupe Wagner commencent à aiguiser les soupçons des Américains. Dans sa livraison, du 30 septembre 2019, The New York Times consacre un long article précisant la stratégie et les multiples interventions russes en Centrafrique. 

Les rencontres de haut niveau et les déclarations apaisantes, faites au gré de ses incessants voyages à l’étranger, du président Touadera ne convainquent guère que les bisounours.

Des questions autour d’une nomination

Dans ce contexte tentaculaire, le nouvel ambassadeur du Tchad à Bangui a-t-il été nommé :
 – Pour normaliser les relations diplomatiques entre deux régimes agonisants ?
– Pour mieux faciliter la diminution des problèmes sécuritaires dans le nord-ouest de Centrafrique qui impactent le sud du Tchad ?
– Pour développer un partenariat agissant Tchad-Etats-Unis d’Amérique en Centrafrique pour mieux contrer la Russie et tenter ainsi d’atténuer la pression américaine qui pèse actuellement sur le président tchadien ? 

En tout état de cause, la promotion de l’attaché militaire de l’ambassade du Tchad à Washington pour devenir ambassadeur du Tchad à Bangui est loin d’être anodine.

 

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 17:28
Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA
Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA
Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA
Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA
Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA
Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA

 

Le Centrafrique donne un million de dollars au Fonds de Lutte contre le SIDA 

 

Lyon (France) abrite depuis ce matin du 10 octobre 2019 la 6e Conférence de restitution du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. Plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement sont présents à cette rencontre internationale, dont le N°1 Centrafricain, Professeur F.A Touadera qui fera aussi une annonce de contribution. L’objectif de ce sommet est de récolter « 14 milliards de dollars minimum » pour éradiquer le SIDA, la tuberculose et le paludisme. 

 

A cet effet, «  mon pays, s’engage à contribuer symboliquement à hauteur de 600 millions de FCFA, soit un million de Dollars américains aux ressources du Fonds Mondial, pour les trois prochaines années », a annoncé le Président de la République Centrafricaine, le Professeur Faustin Archange Touadera dont la déclaration a été rapportée par la page Facebook.  

 

Le taux de prévalence du SIDA en Centrafrique :

 

« En RCA, le taux de prévalence du VIH au sein de la population adulte est de 4,3% (à Bangui, il est  de 7,7%). On estime que 140.000 personnes sont séropositives dans le pays », a rapporté en 2018 ONUSIDA, OMS/PNLS. La maladie.

Faudra rappeler qu’il y a deux jours, Michel Sidibé, le directeur exécutif ONU/SIDA a signé à Bangui avec le Président Touadéra et les Ministres de la Santé et des Armées un protocole de lutte contre le VIH et les violences basées sur le genre dans les forces armées. Un budget de départ de 600.000 euros est donné. 

S’agissant des autres contributions, « la France va augmenter de 15% sa contribution à la lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose », a indiqué AFP.

Environ 35 millions de personnes dans le monde vivent avec le virus du SIDA dont la majorité en Afrique. « La priorité dans la lutte contre le sida reste la recherche du vaccin. Les chercheurs avancent et différentes méthodes sont en cours d’essai », lit-on sur savoirs.rfi.fr.  « Pas moins de quatre laboratoires, tous français, ont développée des vaccins thérapeutiques : un espoir pour toutes les personnes séropositives ». Un laboratoire sud africain a aussi testé un vaccin contre le SIDA.

 

Images: Présidence de la République

 

 

Lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme dans le monde, la RCA engagée à donner 600 millions F Cfa

 

https://www.radiondekeluka.org jeudi 10 octobre 2019 14:40

 

Lors des travaux de la 6e conférence de Reconstitution des ressources du Fonds Mondial International qui se sont achevés ce 10 octobre 2019 à Lyon en France, la République Centrafricaine s'est engagée à contribuer à hauteur de 600 millions de francs Cfa à la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme dans le monde.

Première du genre pour la RCA dans le domaine sanitaire à l'échelle planétaire. Représentée lors de ce rendez-vous de haut niveau par le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra et le Ministre de la Santé Dr Pierre Somsé, la RCA a financé jusqu'à hauteur de 600 millions de francs Cfa.

Malgré la crise militaro-politique, la RCA s'engage à contribuer pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme dans le monde. Une satisfaction pour le Ministre de la Santé Dr Pierre Somsé joint via Whatsapp. Selon le membre du gouvernement, la RCA souhaite ainsi couvrir tous ses besoins en matière de santé.

Cette mobilisation du Fonds Mondial International de lutte contre le Sida, la Tuberculose se tient tous les 3 ans pour lutter contre ces maladies qui tuent des millions de personnes sur la planète.

Pour cette 6e conférence, la contribution de tous les pays membres doit atteindre en moyen 18 milliards de dollars pour éradiquer ces trois fléaux dans le monde de 2020 à 2022.

Cette conférence de Reconstitution des ressources du Fonds Mondial International que la France accueille pour la première fois, s'est déroulée du 9 au 10 octobre 2019. Plusieurs présidents et représentants des pays africains ont pris part à ces travaux à Lyon en France parmi lesquelles Faustin Archange Touadéra, de la République Centrafricaine.

 

 

La France agit à travers plusieurs instruments pour lutter contre ces trois maladies en Centrafrique :

 

Le montant de 14,02 milliards de dollars réuni collectivement lors de la 6e conférence de restitution du Fonds mondial de lutte contre le #SIDA, la #tuberculose et le #paludisme est aussi un espoir pour les patients atteints de ces maladies en Centrafrique🇨🇫

 

 

Expertise France gère l’initiative 5% (contribution indirecte de la France au Fonds mondial), qui finance en Centrafrique un projet de formation paramédicale à Bangui et dans la préfecture de la Mambéré Kadei. Ce projet de 1 million d’euros sur trois ans est porté par la Croix-Rouge française française.

 

L’Institut Pasteur de Bangui accueille environ 200 patients quotidiennement ce qui en fait le premier laboratoire d’analyse et de vaccination en Centrafrique. Près de la moitié de son activité concerne le diagnostic et le suivi des patients infectés par le #VIH dont le traitement et les analyses sont gratuits pour les patients grâce au financement du Fonds mondial. Il est aussi un acteur majeur de la lutte contre le #paludisme dans le pays. L’Institut joue un rôle de sentinelle pour la surveillance de 8 maladies ayant un impact majeur sur l’espérance de vie en RCA, dont la #tuberculose.

 

L’AFD - Agence Française de Développement finance un projet pour renforcer les capacités sanitaires du district de Boda et permettre la prise en charge communautaire du #paludisme. Ce projet de 558 000 € sur deux ans est mis en œuvre par l’ONG ALIMA.

Lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme dans le monde, la RCA engagée à donner 600 millions F Cfa

 

https://www.radiondekeluka.org jeudi 10 octobre 2019 14:40

 

Lors des travaux de la 6e conférence de Reconstitution des ressources du Fonds Mondial International qui se sont achevés ce 10 octobre 2019 à Lyon en France, la République Centrafricaine s'est engagée à contribuer à hauteur de 600 millions de francs Cfa à la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme dans le monde.

Première du genre pour la RCA dans le domaine sanitaire à l'échelle planétaire. Représentée lors de ce rendez-vous de haut niveau par le Chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra et le Ministre de la Santé Dr Pierre Somsé, la RCA a financé jusqu'à hauteur de 600 millions de francs Cfa.

Malgré la crise militaro-politique, la RCA s'engage à contribuer pour la lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme dans le monde. Une satisfaction pour le Ministre de la Santé Dr Pierre Somsé joint via Whatsapp. Selon le membre du gouvernement, la RCA souhaite ainsi couvrir tous ses besoins en matière de santé.

Cette mobilisation du Fonds Mondial International de lutte contre le Sida, la Tuberculose se tient tous les 3 ans pour lutter contre ces maladies qui tuent des millions de personnes sur la planète.

Pour cette 6e conférence, la contribution de tous les pays membres doit atteindre en moyen 18 milliards de dollars pour éradiquer ces trois fléaux dans le monde de 2020 à 2022.

Cette conférence de Reconstitution des ressources du Fonds Mondial International que la France accueille pour la première fois, s'est déroulée du 9 au 10 octobre 2019. Plusieurs présidents et représentants des pays africains ont pris part à ces travaux à Lyon en France parmi lesquelles Faustin Archange Touadéra, de la République Centrafricaine.

 

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Centrafrique-Presse.com
11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 17:26
Centrafrique : Où vont les taxes versées par les sociétés forestières ?

 

 

https://www.radiondekeluka.org jeudi 10 octobre 2019 14:49

 

Les Centrafricains et les habitants de la Mambéré Kadéï se plaignent de l’inaction de l’administration forestière dans le cadre du reboisement pour préserver de l’environnement. Les exploitants forestiers disent être en règles avec la loi en vigueur en s’acquittant régulièrement de leurs redevances. Ils accusent les autorités en charge des Eaux et Forêts de faire une mauvaise redistribution pour financer le reboisement dans le pays.

Selon des informations de Radio Ndeke Luka, plusieurs centaines de millions de Francs Cfa sont versées chaque année par les sociétés forestières à l’Etat centrafricain. Ces fonds représentent les taxes forestières et sont logés dans un compte spécial à la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC). Ils sont repartis pour des charges bien déterminées à savoir le reboisement pour protéger la forêt et la lutte contre les changements climatiques.

La gestion de cette somme aurait fait l’objet de détournement par les autorités communales et leurs complices. Face à cette situation, une instruction présidentielle relative à la gestion des taxes forestières affectées aux communes a été prise en mai 2007 pour réglementer l’utilisation de ces fonds.

Cette mesure est loin de calmer la crainte des habitants des zones d’exploitation forestière qui continuent de se plaindre de cette gestion opaque des fonds. Cette situation est l’onde de choc entre les activistes et les gouvernants.

« Toutes les richesses s’en vont, que feront nos enfants ? Nous au moins, nous voyons le bois partir. Il est temps que le gouvernement s’occupe de ces richesses », a indiqué Ghislain Nganabem, chargé de mission dans l’Association « Amis Bois » de Berberati.

En dépit de la volonté des sociétés à payer les différentes taxes, rien ne semble évoluer selon Sylvain Koyo, responsable transport à EXOTICA du groupe SEFCA. « Il est un impératif pour nous de faire le reboisement et on le fait pour protéger l’environnement », a-t-il martelé. 

Les activistes notent que les programmes d’emploi présentés souvent par les communes ne tiennent pas compte des investissements souhaités tel que le reboisement. Des ONG de protection de l'environnement se préoccupent également de cette situation. Pour elles, cela ne cadre pas avec la vision du pays en matière de protection de l’environnement.

« Nous demandons à l’administration de se mettre résolument au travail. Il y a lieu d’appeler l’Union Européenne qui est aussi partie signataire à l’accord d’être regardant dans l’observation indépendante qui n’hésite pas d’insister sur les irrégularités », a fait savoir Jean Jacques Urbain Mathamalé, coordonnateur du Centre pour l’Information Environnementale et le Développement Durable (CIEDD).

A la tribune des Nations Unies le 24 septembre 2019, le Président centrafricain Faustin Archange Touadéra, se faisant l’avocat de l’Accord de Paris pour préserver la planète, a déclaré que les exploitations des ressources naturelles sont à l’origine des changements climatiques.

« L’exploitation abusive des ressources naturelles est l’une des causes du changement climatique qui perturbe et hypothèque sérieusement l’avenir de notre pays », a souligné Faustin Archange Touadéra.

50% des taxes de reboisement sont versés au Fonds de Développement Forestier qui l’utilise pour des actions de reboisement. Malgré cela, les plaintes ne sont pas de nature à rassurer ni conforter la politique de la RCA en matière du climat.

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 17:25
A Zapaï, les réfugiés centrafricains coupés des soins par la rivière

 

 

AFP 11.10.2019 à 09:00

 

Dans l'hôpital de fortune du camp Zapaï, en République démocratique du Congo, les patients centrafricains du Dr Célestin Dodouwamboli attendent sur des lits faits de quelques planches ou à même la terre battue du sol.

Césariennes, hernies, appendicites, toutes les opérations se font sans eau courante, sur une table couverte d'une bâche bleue en guise de bloc opératoire. "Quand j'opère, j'endors les patients avec de la kétamine, quand il y en a...", avoue le chirurgien, qui reconnaît "un nombre élevé de morts".

Pourtant, à Zémio, ville centrafricaine dont le Dr Dodouwamboli et ses patients sont originaires, du matériel médical plus moderne est disponible. Pour s'y rendre, il suffirait de traverser la rivière Mbomou, qui serpente le long de la frontière entre la Centrafrique et la République démocratique du Congo.

Mais des groupes armés contrôlent la traversée et exigent des prix trop élevés pour les patients du docteur.

Le camp Zapaï a été créé par des Zandés de Zémio, qui sont désormais 30.000 à y habiter, selon l'ONU. Ils ont fui Zémio en 2017, quand les mêmes groupes armés ont instrumentalisé les tensions entre cette ethnie de cultivateurs et les Peuls éleveurs, qui cohabitaient jusque-là.

Des groupes issus de la rébellion séléka, qui avait chassé du pouvoir le président François Bozizé en 2013, comme l'Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), prétendent défendre les intérêts des Peuls face aux milices autoproclamées d'"autodéfense" (antibalaka).

Mais après la fuite de la majorité des Zandé, les groupes ex-séléka taxent désormais lourdement tous les habitants de la ville.

Aux maux centrafricains viennent s'ajouter les rebelles ougandais de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui patrouillent le long des axes pour attaquer les convois, enlever les agriculteurs et voler leurs récoltes. Les commerçants n'osent plus venir à Zémio et les cultivateurs n'osent plus quitter la ville.

Ils ne peuvent donc que compter sur les vivres du Programme alimentaire mondial de l'ONU, qui mettent deux mois à arriver par camion de la capitale, Bangui, à 1.000 km de là.

"Ça fait plus de 20 ans que les routes n'ont pas été refaites", confie un chauffeur de l'ONU, adossé à son camion défoncé, qui réclame l'anonymat pour décrire les conditions de transport déplorables: "Le bac d'une des rivières à traverser peut porter seulement 20 tonnes, quand on met le chargement dessus, les enfants sont obligés d'écoper l'eau. On a failli perdre un camion".

Par Florent VERGNES

 

© 2019

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