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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 19:25
Centrafrique : d’anciens enfants soldats scolarisés à Markounda par l’Eglise catholique

 

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Centrafrique : d’anciens enfants soldats scolarisés à Markounda par l’Eglise catholique

 

https://afriqueactudaily.com/ 21 décembre 2019

 

Le centre Aita fait œuvre utile dans une Centrafrique dévastée par les affrontements entre factions rebelles. Depuis 2017, ce centre accueille et scolarise d’anciens enfants soldats enrôlés de force par les groupes armés.

L’initiative vient du père Guy Alain Désiré Andjeloudou, curé de la paroisse Saint Joseph de Markounda. En effet, en 2017, ce prêtre décida de créer le centre Aita (mot signifiant « frère » en sango, une langue parlée en Centrafrique) pour accueillir et scolariser d’anciens enfants soldats libérés par les groupes armés. « Pendant nos visites pastorales, nous avons remarqué qu’il y avait de nombreux enfants soldats au sein des groupes armés. Nous nous sommes dit que la place d’un enfant n’est pas dans un groupe armé, mais dans une école », a confié le curé.

Cette année, le centre a accueilli 20 enfants soldats libérés par le groupe Révolution justice et les anti-balaka, et logés à la paroisse Saint Joseph sous la responsabilité du catéchiste Innocent Melbodo qui déclare : « J’ai surtout un travail de coordination notamment pour la planification de leurs études. Ceux qui s’en sortent bien, nous les encourageons à poursuivre leurs études ; et les autres, nous les aidons à réintégrer leur famille ».

Parmi les pensionnaires, Rita, 15 ans, kidnappée par le groupe Révolution justice qui avait au préalable exécuté ses parents, confie : « On puisait de l’eau, on aidait à la cuisine. Le soir, ils nous obligeaient à dormir avec eux ». De son côté, Didier, 18 ans, également orphelin par l’action meurtrière des milices, lâche : « Ici, nous nous sentons tous libérés, nous avons une seconde chance dans la vie ». Une nouvelle vie ainsi entamée par les enfants grâce au soutien de l’Eglise catholique.

Markounda est située au nord-est de la République centrafricaine, à la frontière avec le Tchad, une région partagée entre quatre groupes armés qui y dictent leur loi : les anti-balaka, le Mouvement pour la Paix en Centrafrique (MPC), le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et le groupe Révolution justice (RJ).


Afrik

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 19:23
Le parti pro-Touadéra refuse toute "instrumentalisation" du retour de l'ex-président Bozizé

 

 

Centrafrique : le parti pro-Touadéra refuse toute "instrumentalisation" du retour de l'ex-président Bozizé

 

Par  Vivienne  French.china.org.cn  le 21-12-2019

 

Le Mouvement cœurs unis (MCU), une formation très proche du président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, a mis en garde vendredi contre "toute forme d'instrumentalisation" politique du retour d'exil de l'ancien président déchu François Bozizé.

Dans un communiqué, le MCU et ses alliés politiques disent espérer "que ce retour contribuera au renforcement de la paix, de la cohésion sociale, du vivre-ensemble et de la réconciliation nationale", notant que "le sang des Centrafricains a déjà beaucoup coulé".

Cette déclaration survient un jour après que le gouvernement a confirmé le retour au pays lundi de l'ancien général, renversé en 2013 par la rébellion Séléka. Celui contre qui un mandat d'arrêt du parquet est toujours pendant revient ainsi 12 mois avant la prochaine élection présidentielle, dont le premier tour est prévu fin 2020.

Selon la loi électorale, les candidats à la présidentielle doivent en effet se trouver sur le sol centrafricain au moins un an avant le scrutin.

"C'est un citoyen centrafricain qui regagne sa patrie après six années de long et difficile exil" et le gouvernement "s'attèle à gérer avec sagesse et en toute responsabilité" les questions soulevées par ce retour, a indiqué jeudi le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui.

Source: Agence de presse Xinhua

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 01:16
Retour effectif de l'ancien président Bozizé après six ans d'exil
Retour effectif de l'ancien président Bozizé après six ans d'exil

 

 

Centrafrique : retour effectif de l'ancien président Bozizé après six ans d'exil

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 20-12-2019

 

Le gouvernement centrafricain a confirmé jeudi le rapatriement de l'ancien président François Bozizé, en exil depuis 2013.

L'ex-président est rentré à Bangui dans la nuit de dimanche à lundi dernier, indique un communiqué du gouvernement daté de jeudi, "c'est un citoyen centrafricain qui regagne sa patrie après six années de long et difficile exil".

Le gouvernement "s'attèle à gérer avec sagesse et en toute responsabilité" les questions soulevées par le retour de M. Bozizé, et "la dignité due à son rang" sera reconnue par un projet de loi sur le statut des anciens présidents actuellement étudié par le Parlement, indique le communiqué.

Le retour de M. Bozizé, contre qui un mandat d'arrêt du parquet centrafricain est toujours en cours, intervient douze mois avant la prochaine élection présidentielle.

Source: Agence de presse Xinhua

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 01:01
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Centrafrique : Un pasteur condamné à 20 ans des travaux forcés pour viol sur mineure

BANGUI, le 20 décembre 2019 (RJDH) --- La Cour d’Appel de Bangui a condamné pour viol sur mineure Maurice Mbakoutou à 20 ans des travaux forcés. Le condamné est privé pour cela, selon la décision de la cour, de ses droits légaux, aussi lui est-il fait interdiction d’exercer toutes les fonctions religieuses durant sa peine.

La deuxième session criminelle de la Cour d’Appel de Bangui au titre de l’année en cours, a condamné Maurice Mbakoutou, âgé de 53 ans et prophète de l’Eglise Evangélique l’Homme Temple de Dieu dans le 7e arrondissement de Bangui, pour viol sur mineure à vingt ans (20) des travaux forcés conformément à l’Article 87 du Code Pénal et de la Procédure pénale de la République Centrafricaine. On lui reproche les faits suivants : viol sur mineure, administration des produits somnifères (valium) à une fillette de 13 ans.

Les faits remontent au mois de juillet 2018 au quartier Ouango dans le 7e arrondissement de Bangui. Le condamné, Maurice Mbakoutou, a fait absorber trois comprimés de valium à une mineure de 13 ans, la précipitant ainsi dans un profond sommeil, afin de la violer, selon la déposition de la partie civile représentée maître Balingua, « les procès-verbaux à l’Unité Mixe d’intervention Rapide et de Répression (UMIRR), et celui du juge d’instruction sont constants. Il n’existe aucun variable dans les témoignes de l’enfant. L’accusé est bien coupable des faits qui lui sont reprochés », a rappelé la défense de la partie civile.

Le parquet général, représenté par l’Avocat général Ghislain Grezenguet, a demandé dans son réquisitoire que « l’accusé soit condamné à des travaux forcés à perpétuité, et à verser une amende de 20 millions de dommage d’intérêt, et la perte de toutes ses droits, sans aucune circonstance atténuante. Il perd tous ses droits légaux de détenu pendant son délai de condamnation », a requis le ministère public.

La Cour a suivi la ligne de l’accusation en condamnant Maurice Mbakoutou à 20 ans des travaux forcés à temps selon l’article 87 du Code Pénal « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est qualifié de viol. Quiconque aura commis le crime de viol sera puni des travaux forcés à temps. Si le crime a été commis sur la personne d’un enfant en dessous de l’âge de 18 ans accomplis, le coupable subira le maximum de la peine des travaux forcés à temps. Tout attentat à la pudeur consommé ou tenté sur la personne d’un enfant de moins de quinze ans de l’un ou l’autre sexe est réputé viol »,  et de la loi 01-01 du 18 janvier 2016, « il ne va pas exercer les activités religieuses, et ne bénéficie pas de ses droits légaux durant la durée de sa peine. Il doit verser les 5 millions demandés par Sylvain Marandji, père biologique de la victime », a déclaré le président de la Cour d’Appel de Bangui.

Le conseil de l’accusé qui a plaidé non coupable indique qu’il va pouvoir en cassation, « le verdict est tombé sur notre client, 20 ans des travaux forcés, c’est beaucoup. Nous allons pouvoir en cassation, afin que certains de ses droits lui soient restitués », a plaidé le conseil du condamné. 

La 1ère séance de la 2ème session criminelle de 2019, a démarré le mercredi 18 décembre, sur l’affaire le ministère public contre Maurice Mbakoutou. La première sentence est tombée sur  ce dernier avec 20 ans d’emprisonnement ferme, perte des droits légaux, interdiction d’exercer les activités religieuses.

 

 

Centrafrique : Un personnel de la MINUSCA tué à Kaga-Bandoro

 

KAGA-BANDORO, le 20 décembre 2019 (RJDH)---Un personnel de la MINUSCA, chauffeur du bureau local de Kaga-Bandoro, a été retrouvé froidement abattu par des individus armés non identifiés dans la nuit du jeudi à vendredi 20 décembre. Selon des informations RJDH dans la région, il s’agit d’un crime passionnel car rien n’a été emporté par les malfrats après le forfait.

Les premiers éléments d’informations dont dispose le RJDH et bien recoupées, les faits se sont déroulés au domicile de la victime vers 23 heures quand des hommes armés non identifiés se sont introduits dans sa maison au quartier Mambea, dans le 2e arrondissement de la ville de Kaga-Bandoro, proche de la base locale de la MINUSCA, avant d’être criblée de balles.

D’aucuns parlent d’un acte de braquage, d’autres évoquent que ce personnel du bureau local de la MINUSCA serait victime d’un acte de jalousie, comme son collègue, un interprète de la MINUSCA, assassiné le 2 octobre dernier, dans les circonstances similaires.

Le cas précédent avait fait révolter le personnel national de la MINUSCA, le 9 octobre dernier, qui avait appelé à une grève générale pour dénoncer les conditions sécuritaires dans lesquelles ils se sont exposés dans certaines villes de province, contrairement aux expatriés. Ils avaient, aussi à l’époque, demandé le départ du Responsable de la mission onusienne qui interdisait au personnel national de ne pas élire domicile dans les bases locales ou régionales. Contactée, la MINUSCA ne souhaite pas se prononcer maintenant sur la question.

 

Centrafrique : La Cour Constitutionnelle rejette la requête de Joseph Bendounga et valide le comité stratégique d’appui au processus électoral

 

La Cour Constitutionnelle a une fois de plus débouté Joseph Bendounga, président du MDREC ce mercredi qui valide par la même occasion le comité stratégique d’appui au processus électoral mis en place par le Premier Ministre Firmin Ngrebada le 18 novembre dernier. La cour a jugé sa requête recevable mais non fondée au regard de la Constitution du 30 mars 2016.

La Cour Constitutionnelle dans son verdict au recours de Joseph Bendounga a trouvé non-fondée la requête introduite par l’opposant en date du 27 novembre dernier se basant sur  la Constitution du 30 mars 2016 pour motiver sa décision. La cour a motivé sa décision  en indiquant que la décision du premier ministre s’inscrit dans le cadre des actes règlementaires en tant que chef de l’exécutif qui lui sont reconnus par la Constitution. Par ce verdict, elle valide ipso facto le controversé  comité stratégique d’appui au processus électoral créé par Arrêté N°058 en date du 18 novembre 2019.

 « Article 1, la Cour Constitutionnelle est compétente, article 2, le recours est recevable, article 3, l’arrêté N0 058 du 18 novembre 2019 mettant en place le Comité Stratégique d’Appui au Processus Electoral en République centrafricaine est conforme aux dispositions constitutionnelles, article 4, la demande est non-fondée, article 5, la présente décision sera notifiée au Président de la République, au Président de l’Assemblée Nationale, au Premier Ministre au requérant, à l’Autorité Nationale des Elections, et publiée au Journal Officiel de la République Centrafricain », c’est en fondant sur ces dispositions que la Cour Constitutionnelle a rendu son arrêt.

C’est une décision inique, rétorque Joseph Bendounga, et cette cour n’est plus apte à assumer ses fonctions, a-t-il fustigé. « Alea jacta est,  le sort en est jeté. A partir de cet arrêt, la Cour Constitutionnelle n’est plus apte à assumer ses fonctions. Elle a rendu une décision inique qui viole la Constitution, elle n’en est pas à sa première »,  constate le MDRECtout en relevant qu’il continuera à critiquer cet arrêt même si la décision de la cour s’impose à tous, « je me rapprocherai du Greffe de la Cour Constitutionnelle pour prendre connaissance de ce document, de cet arrêt, l’analyser que ce soit dans sa forme ou au fond et le critiquer. Quand bien même que la décision de la Cour Constitutionnelle s’impose à tous, aux pouvoirs publics comme aux administrés. Cela n’empêchera pas le MDREC de formuler ses observations du point de vue de droit», a laissé entendre Joseph Bendounga.

Le verdict de la cour sonne comme une victoire pour le gouvernement qui estime que ce comité ne vient pas remplacer l’Autorité Nationale des Elections.

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:49
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE
TOURNOI PANAFRICAIN DE BOXE DE YAOUNDE : LA RCA CHAMPIONNE

 

LA REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE A GAGNE CINQ (5) MEDAILLES A LA COMPETITION PANAFRICAINE DE BOXE DE YAOUNDE, DONT TROIS (3) EN OR ET DEUX (2) EN ARGENT.

BRAVO A NOS CINQ BOXEURS QUI SONT TOUS MEDAILLES. 

 

MERCI AU SPONSOR OFFICIEL DE LA BOXE CENTRAFRICAINE, 

A M. LAURENT FOUCHER ET TELECEL CENTRAFRIQUE

LA RCA CHAMPIONNE, 1ère SUR HUIT PAYS PARTICIPANTS À LA COMPÉTITION DE YAOUNDÉ, DEVANT LES SUD AFRICAINS, LES CAMEROUNAIS ET LES GABONAIS

   

LA BOXE VECTEUR DE PAIX

 

Rédaction C.A.P

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:37
TCHAD – RCA : la cheffe de la diplomatie centrafricaine reçue par Idriss Déby

 

 LA CHEFFE DE LA DIPLOMATIE CENTRAFRICAINE REÇUE EN AUDIENCE PAR IDRISS DEBY

 

Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a reçu ce matin, la Ministre centrafricaine des Affaires étrangères et des Centrafricains de l’étranger, Mme Sylvie Baipo Temon. Les relations entre la RCA et le Tchad à la lumière de la réunion du comité mixte de coopération a été le principal sujet des discussions.

 

En séjour au Tchad à la tête d’une forte délégation d’experts, la Cheffe de la diplomatie centrafricaine a rendez-vous ce vendredi au Palais présidentiel. A quelques heures de l’ouverture officielle de la réunion du comité mixte de coopération, la voilà reçue par le Président de la République IDRISS DEBY ITNO à qui, elle a transmis les salutations de son frère et ami, le Président Faustin Archange Touadera. A ses civilités, le Chef de l’Etat centrafricain a associé ses vœux de pleine réussite à la réunion du comité mixte sur qui, il place un grand espoir.

 

De la rencontre avec le Chef de l’Etat, la Cheffe de la diplomatie centrafricaine sort édifier sur les attentes du Chef de l’Etat de la réunion de N’Djamena dont les conclusions devront aider les deux dirigeants à prendre des mesures substantielles pouvant aider au raffermissement des relations entre le Tchad et la RCA qui partagent un destin commun.


 

 DGCOM Le 20/12/2019 13:53

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:22
En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés

Lu pour vous

 

www.africa.la-croix.com 

Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés

En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés
En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés
En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés
En RCA, à la découverte de Bossangoa, diocèse martyr des groupes armés
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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 23:10
MSF s'inquiète du sort de quatre employés détenus en Centrafrique

 

 

MSF s'inquiète du sort de quatre employés détenus en Centrafrique

   

BANGUI, 20 décembre à 17:15 (Reuters) - Quatre employés de Médecins sans frontières (MSF) sont détenus par les autorités centrafricaines depuis un raid mené samedi dernier par les forces de sécurité dans un hôpital de Bangui géré par l'ONG, a déclaré MSF vendredi.

    Les quatre employés - un international et trois locaux – ont été emmenés sans aucune explication lors de cette opération menée par des éléments "lourdement armés" des forces de sécurité centrafricaines, a précisé MSF dans un communiqué.

    "Nous sommes extrêmement inquiets pour nos employés. Nul ne peut être retenu par des forces de l'ordre sans être informé des motifs et nous demandons à ce que ces atteintes graves cessent immédiatement", a déclaré Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations pour Médecins Sans Frontières.

    L'un des employés a été retenu jusqu'au 19 décembre dans les locaux de l'Office centrafricain de répression du banditisme (OCRB) avant de faire l'objet d'un "transfert brutal" vers les locaux de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), a encore indiqué MSF. 

    Les trois autres employés sont retenus contre leur gré dans  les locaux de l'OCRB depuis la soirée du 18 décembre.

    MSF, qui gère 13 programmes médicaux en République centrafricaine, a décidé de suspendre ses activités à l'hôpital de SICA à Bangui, à l'exception de la prise en charge des urgences vitales.

 

 (version française Jean-Stéphane Brosse)

 

 

Centrafrique : L’ONG Médecins Sans Frontières dénonce la détention de quatre de ses employés à Bangui

 

BANGUI, le 20 décembre 2019 (RJDH)--- Dans un communiqué paru ce vendredi 20 décembre, Médecins Sans Frontières a dénoncé la détention de quatre de ses employés de Médecins Sans Frontières (MSF) sans qu’aucune explication ne soit donnée et contre leur gré dans les locaux de l’Office Centrafricain de Répression du Banditisme (OCRB) et de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) à Bangui en République Centrafricaine depuis la semaine passée.

Dans le communiqué de MSF, l’organisation médicale non-gouvernementale demande des explications sur l’arrestation de ses employés dans le cadre de leur travail. «Nous demandons des explications claires sur les raisons pour lesquelles nos employés sont arrêtés et retenus au mépris du droit applicable et sur les procédures en cours. Il est inacceptable que du personnel hospitalier soit traité ainsi alors qu’ils ne font que leur travail» déclare Pierre Mendiharat, directeur adjoint des opérations pour Médecins Sans Frontières.

Selon MSF, le samedi 14 décembre, des éléments armés des forces de sécurité centrafricaines ont fait irruption dans l’hôpital SICA géré par MSF à Bangui. Ils étaient lourdement armés malgré l’interdiction claire d’introduire des armes dans les structures médicales.

« Des opérations de fouille ont ensuite été entreprises dans les locaux de l’hôpital et d’autres bâtiments de l’organisation. Des employés internationaux du personnel MSF ont été sommés de se rendre dans les locaux de l’OCRB, escortés de plusieurs véhicules de police. L’un d’eux y a été retenu, sans notification des motifs, jusqu’au 19 décembre, date à laquelle il a fait l’objet d’un brutal transfert vers les locaux de la DST »,  a déploré  MSF, et de poursuivre, l’ONG indique que, « trois autres employés sont retenus contre leur gré dans les locaux de l’OCRB depuis la soirée du 18 décembre. Nous sommes extrêmement inquiets pour nos employés. Nul ne peut être retenu par des forces de l’ordre sans être informé des motifs et nous demandons à ce que ces atteintes graves cessent immédiatement » ajoute Pierre Mendiharat.

Dans le communiqué, les responsables de MSF ont précisé qu’ils ont en vain de tenter d’avoir des éclaircissements sur les circonstances de l’arrestation de ses employés. « Malgré nos efforts pour comprendre ce qui nous est reproché, nous n’avons toujours aucune explication. Dans ces conditions, nous n’avons d’autre choix que de suspendre nos activités à l’hôpital de SICA à Bangui, à l’exception de la prise en charge des urgences vitales. Pour pouvoir continuer à soigner, nous avons besoin de garanties quant à l’engagement de tous à respecter le droit et l’éthique médicale dans nos structures, envers nos patients et nos équipes» conclut-il.

Le RJDH a contacté les responsables de la police nationale pour avoir les raisons de l’arrestation des 4 employés de MSF, mais nos tentatives sont restées vaines.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 23:37
Non, tous les hommes ne sont pas égaux par Jacques Neirynck

Lu pour vous

 

 https://blogs.letemps.ch/ 18 décembre 2019  Jacques Neirynck  

 

Une Constitution qui se respecte commence par affirmer l’égalité de tous. Une fois cela dit, les juristes peuvent se reposer sur une bonne conscience inaltérable, car ils ont fait leur devoir. Il reste aux autres à faire le leur, à mettre en pratique cette injonction et à prendre au sérieux cette espérance. Dans la réalité, cette excellente intention donne les résultats suivants.

L’espérance de vie dépasse 83 ans dans trois pays, le Japon, la Suisse et Singapour. Elle n’atteint pas 53 ans dans trois pays, la Centrafrique, l’Angola et le Sierra Leone, tous trois situés en Afrique. Le pays le plus riche du monde, le plus puissant, à la pointe de la science, les Etats-Unis ne se situe qu’en trente cinquième position, à 78 ans après Cuba, Costa Rica et les Maldives. Autre inégalité : en moyenne dans le monde les femmes vivent 5 ans de plus que les hommes.

Cela, semble-t-il, devrait dépendre des dépenses de santé, mais ce n’est pas le cas. En dépensant 17% de son PIB, les Etats-Unis en font très mauvais usage alors que la Suisse avec 12% fait nettement mieux, en n’y consacrant que les deux tiers du budget américain. Notons en passant que les Etats-Unis ont reçu 100 prix Nobel de médecine (combien d’immigrants attirés par le brain drain ?) contre 7 pour la Suisse. Compte tenu de la population des deux pays, nous jouissons d’un net avantage. Comme quoi notre système de santé, tellement critiqué ne devrait pas l’être du tout. Les derniers de ce classement sont sans surprise Madagascar, la République démocratique du Congo et la Centrafrique.

Le PNB par habitant favorise trois pays, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse au-dessus de 55 000 $ par an. Il est scandaleusement bas pour le Libéria, la République démocratique du Congo et le Burundi, tous trois en dessous de 150 $ par an, soit 366 fois moins que le trio de tête. Dans les trois pays les plus riches, chaque habitant produit en un jour plus que ce que produit le plus pauvre en un an.

Cela dépendrait-il de la formation ? La dépense par étudiant dans l’enseignement supérieur est la plus élevée dans quatre pays de l’OCDE, le Luxembourg, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Suisse, au-dessus de 25 000 dollars par an. En queue de liste viennent la Grèce, l’Indonésie et le Brésil. Les pays hors OCDE sont tellement bas que l’on n’en parle pas. La France ne vient qu’en huitième position, malgré la réputation de ses institutions, bien dépassées par la compétition internationale.

Restent les critères de moralité. Par exemple, le taux de morts par accidents de la route pour 100 000 habitants : le record est atteint et dépassé par l’Iran, la Thaïlande et la République démocratique du Congo qui surpassent tous les trois le chiffre de 30, soit dix fois plus que la Suisse, la Suède ou les Pays-Bas. Quant aux homicides volontaires, le champion est le Salvador avec 83 morts par 100 000 habitants. Le Japon, Singapour et la Suisse s’inscrivent en queue de liste avec moins d’un mort pour 200 000 habitants. Les Etats-Unis avec 5,4 morts ne s’inscrivent de nouveau que dans une moyenne médiocre, entre la Mongolie et la Lituanie. On n’étonnera personne en mentionnant que les champions du taux nul sont Monaco, le Liechtenstein et le Vatican

Que tirer de cette débauche de statistiques, qui n’aura pas manqué d’agacer certains lecteurs, plus enclins à se fier à leurs préjugés, leurs impressions et leurs sentiments qu’à la réalité ? Tout d’abord – contrairement à des critiques injustifiées d’une partie des citoyens-  la Suisse est un pays remarquable à tous les points de vue. Elle possède à la fois de bons systèmes de santé, d’éducation et de transport. Cela permet de déduire qu’elle jouit de bonnes institutions et qu’elle est peuplée de citoyens bien éduqués. Elle n’est en rien affligée d’insécurité, comme l’affirment des démagogues mal inspirés.

Restent deux réalités consternantes. Tout d’abord l’Afrique comporte une foule de pays médiocres. On peut tenter de l’expliquer par le traumatisme de la colonisation, mais les pays qui ne l’ont pas connue comme le Libéria et l’Ethiopie ne font pas mieux. Les régimes politiques africains  ne respectent pas la démocratie dont ils se targuent jusque dans l’intitulé du pays. Les guerres civiles sont coutumières, les épidémies ravageuses, la corruption endémique. Sans pour autant innocenter la colonisation, force est de constater qu’après un demi-siècle d’indépendance, la décolonisation s’est avérée un échec.

Le plus étonnant est la mauvaise performance des Etats-Unis. Il ne suffit pas d’être le plus puissant pour jouir de la meilleure santé, d’autant que l’espérance de vie y stagne et même diminue malgré des dépenses record en médecine. On attribue les causes de cet échec à la consommation de drogue et à la mauvaise alimentation. Ses institutions, longtemps présentées comme exemplaires ont porté à la tête du pouvoir un président de bas niveau, mythomane, inculte, lunatique, tricheur, un véritable danger planétaire.

En résumant ces deux carences, qui affectent à la fois le plus développé et les moins développés des pays, on peut dire que ce qui détermine la réussite d’un pays et d’un individu, c’est une qualité impalpable, immatérielle, voire spirituelle : la culture dans toutes ses manifestations, artistique, politique, économique, scientifique et même associative, gastronomique, architecturale. Elle est le résultat d’une longue évolution. Elle ne se vend, ni ne s’achète. Elle est le bien le plus précieux d’un pays ou d’une personne, bien que personne n’en soit le gardien ou le possesseur. Elle explique que deux pays vaincus de la deuxième guerre mondiale, l’Allemagne et le Japon, tous deux de haute culture, se soient aussi vite relevés, tandis que les grands vainqueurs, les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont basculé rapidement de la barbarie antérieure à la décadence actuelle.

 

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

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18 décembre 2019 3 18 /12 /décembre /2019 23:11
Le cardinal centrafricain Nzapalainga, prophète en son pays
Le cardinal centrafricain Nzapalainga, prophète en son pays
Le cardinal centrafricain Nzapalainga, prophète en son pays
 

Lu pour vous

 

Lucie Sarr (envoyée spéciale de La Croix Africa), le 16/12/2019 à 16:06

 

Jusqu’au 19 décembre, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, effectue une tournée dans le diocèse de Bossangoa, dans le nord-est de la Centrafrique. Dans ce pays plongé, depuis 2013, dans une crise qui peine à trouver des solutions, ses visites pastorales redonnent espoir aux populations.

 « Nous comptons sur toi pour aller parler au gouvernement de nos problèmes : nous n’avons ni centre de santé ni eau potable et les groupes armés nous imposent des redevances lorsque nous voulons nous déplacer ». Ce vendredi 13 décembre, à Markounda, le cri du cœur de la responsable des femmes de cette localité centrafricaine, située à la frontière du Tchad, résonne fortement au cours de la réunion publique convoquée par l’archevêque de Bangui.


Comme elle, les 10 000 habitants, ainsi que les autorités administratives, politiques, militaires attendent tous du cardinal Dieudonné Nzapalainga qu’il fasse « quelque chose ». Qu’il parle à la communauté internationale, au gouvernement, aux groupes armés, aux jeunes, qu’il aide telle paroisse…

À 52 ans, Dieudonné Nzapalainga, premier cardinal centrafricain, « Kotoboa » – cardinal en sango, la langue nationale – porte les espoirs de tout un peuple et chacun de ses déplacements provoque des scènes de liesse saisissantes. 

« En fait, les politiques ont démissionné dans ce pays. Ils n’osent pas se déplacer de peur de se faire prendre en otage par les groupes armés. Tout le monde se tourne donc vers cette autorité qui tient un discours de vérité parfois au mépris de sa propre vie », explique un élu local qui a requis l’anonymat.

Sollicité par la Conférence épiscopale pour effectuer des visites de proximité aux populations de l’intérieur du pays, l’infatigable religieux de la congrégation du Saint-Esprit a déjà effectué des tournées dans six diocèses. Le 9 décembre, il a repris son bâton de pèlerin pour rencontrer les populations de Bossangoa dans le nord, pendant dix jours.

« Nous comptons sur toi »

Deux jours plus tôt, dans la commune de Nana-Bakassa, dans le même diocèse, ils étaient au moins 5 000 personnes à accueillir le « Kotoboa ». Des centaines de pagnes étaient étendues à même le sol pour guider ses pas vers l’autel improvisé de cette localité très pauvre où l’église a été détruite au plus fort de la crise.

Pendant la messe, au moment de l’offertoire, la foule entonne en sango un chant en l’honneur du « Kotoboa » et défile avec des offrandes : céréales, bananes, haricots, poulets, chevreaux, etc. Pourtant dans cette zone, les groupes armés imposent leur loi, en l’absence de forces de l’ordre et de sécurité, l’eau potable est devenue rare et l’école est presque inexistante.

En outre, la cohabitation entre les confessions religieuses ne va pas de soi. La minorité musulmane ainsi que les chrétiens qui ont collaboré avec la Séléka ont été chassés après la chute, en 2014, de cette coalition majoritairement musulmane. Ils se sont réfugiés, à Kouki, à quelques dizaines de kilomètres de là, où Kotoboa est reçu par les dirigeants des confessions religieuses, quelques heures après Nana-Bakassa. Ici, comme ailleurs, le système éducatif peine à s’organiser : des maîtres-parents (enseignant non qualifiés) tentent d’occuper les enfants pendant la journée en échanges de vivres et la localité n’a pas de maternité.

Groupes armés

« Nous sommes contents que le cardinal vienne ici pour nous rencontrer car c’est un père et il est venu essuyer nos larmes », explique le pasteur de l’Église Lumière à Kouki, porte-parole des responsables religieux. À chacune des étapes de la tournée, les groupes armés sont également conviés. À Kouki, séléka et anti-balaka ne s’étaient pas rencontrés depuis deux ans. « Il y a une méfiance réciproque », précise Stanislas Badjima, 28 ans, commandant de zone chez les anti-balaka. « La crise a causé beaucoup de dégâts, notamment sur les structures sociales et éducatives, nous désirons ardemment le désarmement et nous pensons que le cardinal peut nous aider à cela ».

ENTRETIEN. Cardinal Dieudonné Nzapalainga : « Le conflit en Centrafrique n’est pas religieux »

La Mission de l’ONU en Centrafrique, la Minusca, espère, elle aussi que la médiation du cardinal améliore la situation sécuritaire du pays. « Lorsque l’archevêque de Bangui approche les populations, explique le capitaine Joseph Emmanuel Ekoa. cela permet que les gens cultivent l’esprit d’amour et puissent vivre ensemble. L’Église catholique a un très grand rôle et peut aussi s’adresser aux responsables musulmans. »

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Défenseur de la paix en Centrafrique

 

1967. Naît à Bangassou (République centrafricaine).

1997. Prononce ses vœux perpétuels chez les spiritains et est ordonné prêtre l’année suivante.

2009. Administrateur apostolique du diocèse de Bangui puis nommé archevêque en 2012 par Benoît XVI.

2015. Le 19 août, la Plateforme de paix interreligieuse de Centrafrique, qu’il a fondée avec l’imam et le pasteur de Bangui, reçoit le prix Sergio Vieira de Mello.

En novembre, il accueille à Bangui le pape François qui ouvre dans sa cathédrale la première porte sainte du Jubilé de la Miséricorde.

2016. Devient le premier cardinal centrafricain de l’histoire.

 

 

Dieudonné Nzapalainga : le combat d'un cardinal pour la paix

 

http://www.lavie.fr/ Publié le 18/12/2019 à 16h30 - Modifié le 18/12/2019 à 16h58 Laurence Desjoyaux

 

À Nana-Bakassa, Dieudonné Nzapalainga célèbre la messe sous un soleil déjà haut. Devant l'autel installé sous une simple bâche, il s'adresse à une population prise en otage par un petit groupe d'anti-balaka. Il sait que ces jeunes miliciens justement sont là, fondus dans l'assistance. « La justice se fera, lentement, mais elle se fera, prévient-il. Avant, vous étiez cultivateurs, mais vous avez pris les armes et vous vous dites maintenant colonel ou général. Mais attention, à la prison de Bangui, j'ai vu beaucoup de généraux qui sont désormais rentrés dans le rang ! » Dans son homélie, il exhorte les fidèles à la paix. « Nous prions le Notre Père et nous demandons "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Mais nous qui avons perdu dans cette crise un parent, une maison, sommes-nous prêts à pardonner ?, lance-t-il, ouvrant grands ses bras. Désarmez vos coeurs, et vous aurez la paix ! » Tous comprennent qu'il parle des voisins musulmans, déplacés depuis plus de cinq ans, et que personne ne veut revoir dans ce bourg de brousse. Quand on l'interroge sur cette franchise face aux victimes et aux coupables, qui parfois ne font qu'un, le cardinal confie : « Il faut prendre le taureau par les cornes ! Ici, le rôle des anti-balaka est un sujet tabou. Je démystifie. Parmi eux, certains sont à la croisée des chemins. Je leur tends la main, je leur dis : c'est ton jour de libération ! »

 

En Centrafrique, l’Église catholique paie le prix fort 

 

Séléka contre anti-balaka

 

Pendant 10 jours, Dieudonné Nzapalainga est en visite pastorale dans le diocèse de Bossangoa, dans le nord-ouest de la République centrafricaine. La région est lessivée par des années de conflit. En mars 2013, elle a vu arriver les rebelles de la coalition Séléka marchant sur Bangui. Après leur prise du pouvoir, ils reviennent s'installer dans la préfecture de l'Ouham, du nom du fleuve qui traverse Bossangoa, et multiplient les exactions. Le groupe, dont une part importante des membres sont musulmans, s'appuie sur ses coreligionnaires pour son organisation logistique et réduit au silence ceux qui ne courbent pas l'échine. En réaction se forment des milices d'autodéfense, les anti-balaka. « Une confusion s'est installée, associant la Séléka aux musulmans et les anti-balaka aux non-musulmans, chrétiens ou animistes », explique l'évêque Nestor Nongo. Les rouages de la confessionnalisation d'un conflit avant tout politique se mettent en place. Seule l'intervention des forces françaises de l'opération Sangaris permet d'éviter un bain de sang.

Quelques mois plus tard, tous les musulmans, dont beaucoup sont d'origine tchadienne, sont évacués vers le Tchad. Des milliers d'entre eux, souvent Centrafricains, cherchent à se réimplanter dans la région. « Mais il y a une très grande résistance à leur retour, notamment à Bossangoa et à Nana-Bakassa », explique l'évêque. D'autant plus que les groupes armés continuent à tenir le territoire de façon plus ou moins visible et entretiennent l'antagonisme, devenu leur gagne-pain.

Une confusion s'est installée, associant la Séléka aux musulmans et les anti-balaka aux non-musulmans, chrétiens ou animistes.


- Nestor Nongo, évêque de Bossangoa.

 

Tout l'après-midi, assis à l'ombre des grands arbres à côté de l'église décrépie de Nana-Bakassa, le cardinal réunit tour à tour les responsables religieux chrétiens et protestants - les musulmans n'ont plus mis les pieds dans la ville depuis 2014 -, les Casques bleus de la Minusca et les rares fonctionnaires à ne pas avoir abandonné leur poste. « Ici, il n'y a plus d'État, lance le député de la circonscription. Seule l'Église travaille pour la population. Vous êtes notre porte-voix auprès du gouvernement. » À la nuit tombée, Dieudonné Nzapalainga prend ses notes à la lumière d'une lampe de poche. Il a été opéré cet été et devrait être encore en convalescence, mais il ne ménage pas ses efforts. Après le directeur du collège, c'est le commandant de brigade qui explose. Depuis 2013 et le début de la crise, il est le seul policier ici, sans arme. Il doit faire deux heures de piste pour capter un réseau téléphonique. « Je n'en peux plus, je crois que je vais démissionner », souffle-t-il, au bord des larmes. « Vous êtes un héros, répond le cardinal. Si nous abandonnons, qui viendra ? »

Cardinal et diplomate

Le lendemain, c'est à Kouki, de l'autre côté d'une invisible frontière, qu'il se rend. Cette bourgade est un fief de la Séléka. La réputation du cardinal et l'aura qui l'entoure - certains miliciens le croient même doté de pouvoirs magiques - ont permis de mettre autour de la table deux chefs de groupe antagonistes. Le longiligne « général » Alabib, 49 ans, vêtu d'une djellaba beige, règne sur la Séléka locale. Stanislas Badjima, de 20 ans son cadet, mène 450 anti-balaka. « C'est la première fois que nous nous retrouvons dans la même pièce depuis deux ans », nous explique ce dernier. Dieudonné Nzapalainga va droit au but : « Vous dites vouloir la paix et vous avez signé un accord en 2017, mais qu'en avez-vous fait ? Il faut accepter la libre circulation sur cet axe Kouki-Nana-Bakassa. Là-bas, ils sont prêts à se mettre autour d'une table. Êtes-vous prêts à les rencontrer ? » D'un seul geste, les hommes des deux camps lèvent la main, comme si, en leur ayant exposé la vérité crue, le cardinal les avait libérés. Comment fait-il pour choisir ses mots dans ces moments-là ? « Je prie », répond-il simplement.

Chez les spiritains

Dieudonné Nzapalainga est né le 14 mars 1967 dans un quartier pauvre de Bangassou, dans le sud du pays, « fils de pauvre », cinquième d'une famille de 10 enfants. Sa mère est protestante et il la suit au culte. Vers 8 ans, il se rend à la messe avec son père et ne quitte plus l'Église catholique. Dans la maison familiale se réunissent aussi bien le groupe de la Légion de Marie, auquel appartient son père, que les diaconesses, dont fait partie sa mère. Il tient de son père sa rigueur, et parfois une certaine dureté. Ce dernier, qui ne sait ni lire ni écrire, pousse ses enfants à étudier. « Le soir, même si nous n'avions pas à manger, il achetait le pétrole pour la lampe afin que nous puissions travailler. C'était la priorité. »

Sa rencontre avec un spiritain hollandais, Leon van den Wildenberg, curé de la cathédrale de Bangassou, va changer sa vie. « Il venait manger et jouer avec nous. Il n'était pas au loin, il était proche. Je me suis dit que j'allais faire comme lui. » Pour rentrer au petit séminaire, il doit convaincre son père, qui n'a pas les moyens de payer la scolarité et pense que ce n'est pas pour eux. Dès la deuxième année, c'est lui qui finance ses études en travaillant comme cuisinier ou mécanicien. Toujours sur les traces du père Leon, il entre chez les Spiritains. Il est envoyé en stage dans l'est du Cameroun, où vivent les Pygmées dans des conditions précaires. Il s'y sent tout de suite à l'aise. « Dans ses tournées pastorales aujourd'hui, on retrouve ce charisme d'aller vers les plus abandonnés et de partager leurs souffrances », estime Patrick Mbea, spiritain lui aussi, qui fait partie de l'équipe qui l'accompagne dans tout le pays.

À deux mois de la fin de son stage, le jeune séminariste est convoqué par le supérieur, qui lui annonce qu'il souhaite l'envoyer faire des études en France. C'est ainsi qu'il se retrouve à Clamart, en région...

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