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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 01:19

 

 

 

 

 

 28-11-2013 à 15h34 Par Céline Lussato

 

"La population vit dans la psychose généralisée". Enlèvements, disparitions, meurtres, vengeances, viols, pillages… La situation en Centrafrique s’enfonce dans la violence depuis que la Seleka – en majorité musulmane – a renversé François Bozizé en mars dernier.

 

Une situation qualifiée de pré-génocidaire par le Secrétariat d'Etat américain et qui pousse Paris à renforcer ses troupes sur place de 800 hommes.

 

"Il ne se passe pas un seul jour sans qu’on constate des enlèvements de civils ou militaires sur le chemin du travail, dans la rue ou même chez eux à Bangui", décrit Joseph Larabo de la Ligue centrafricaine des droits de l'homme dans la capitale. Chez lui, où il se terre pour quelques heures, lui-même menacé pour son activisme, l’homme, qui milite sous un pseudonyme, liste avec précision les crimes dont il a été témoin ou pour lesquels il a rencontré les familles des victimes. "Le scénario est chaque jour le même. Les parents des disparus partent à leur recherche dans les lieux officiels de détention. Sans succès. Et on retrouve les cadavres, deux ou trois jours plus tard, dans le fleuve ou en bas de la colline, un peu en retrait du centre de Bangui. Des corps avec des impacts de balle ou des traces de coups de couteau, les mains ligotées… Des exécutions sommaires ", décrit Joseph Larabo.

 

"Nous avons été témoins aussi de meurtres par balle dans la rue. Ces hommes ainsi assassinés figureraient sur la liste des prétendus soutiens de l'ancien président. Evidemment, cette liste comprend de très nombreux noms qui n'ont rien à voir avec la politique et sont exécutés sommairement sans aucune forme de procès pour d’autres raisons…", explique l’activiste.


Au-delà de cette violence ciblée, le militant de la ligue des droits de l’homme souligne également le climat de peur généralisée entretenue par la mainmise, décrit-il, des hommes de la Séléka sur la ville.

Couvre-feu

"A partir de 18h, les rues se vident à Bangui. Le couvre-feu est à 21h, mais la plupart des gens qui rentrent chez eux en fin d'après-midi n'y dorment pas. Ils rejoignent la brousse ou les collines ou bien partent chez des parents pour ne pas se retrouver seuls chez eux. C'est trop dangereux", affirme le militant.


"La nuit dernière, ils sont venus dans mon quartier, à la Cité Jean XXIII, vers une heure du matin. Souvent, ils ciblent des gens en particulier qu'ils enlèvent avant de les exécuter. Mais parfois ils cherchent des valeurs et s'ils débarquent chez vous et que vous n'avez ni argent ni biens qui les intéressent gare à vous !"

 

Une violence qui n'est pas réservée à la capitale. Dans les villes et villages, aussi, les témoignages arrivent. Villages encerclés, descentes d'hommes armés, pillages, viols... Et aussi racket organisé. Des barrages ont essaimé sur les routes et des chefs de village sont parfois contraints de collecter une sorte d'impôt sous peine de représailles contre les habitants. "Si les chefs ne collectent pas ces impôts, ils brûlent les habitations, les récoltes… Alors les populations des campagnes quittent les villages pour rejoindre la brousse où elles sont moins en danger".

 

Une déroute aux "conséquences très graves" pour la population, estime Sylvain Groux, chef de mission de Médecins sans Frontières en Centrafrique. "Ce qu'on retrouve depuis le début de la rébellion et la contre-violence qui a suivi ce sont des populations qui ont fui leur village depuis des semaines voire des mois et se retrouvent dans leurs champs par petits groupes familiaux, sans accès à l'eau potable, à l'hygiène ou aux marchés réguliers, les enfants n'ayant aucun accès à l'éducation. Surtout, ils n'ont aucun accès à la santé. La population craint de se rendre en ville, a peur d'être victime de violences. On craint donc à la fois pour les blessés qui restent en brousse mais aussi pour les populations – femmes, enfants vieillards – qui souffrent du paludisme, de diarrhées, d'infection respiratoire… de maladies qui pourraient se soigner mais dont ces personnes peuvent mourir faute de soin", explique l'humanitaire.

Anti-balakas

Les forces étrangères ont commencé à se déployer dans le pays pour réduire l'insécurité mais la Centrafrique fait bel et bien face à un engrenage de violences.

 

Ce que décrit aussi Joseph Larabo. Le chrétien confirme les exactions des anti-balakas, ces milices "d’auto-défense" qui ont émergé ces derniers mois dans le pays. Constituées comme une résistance à la Séléka, elles se sont transformées au fil de l’enchaînement des meurtres et pillages en véritable pièce du puzzle de la violence, visant directement, par vengeance, la minorité musulmane du pays.

 

"A Bossangoa, Bouar, Bouca… le fait que ces éléments de la Séléka ont commencé à attaquer les églises chrétiennes, à commettre des agressions et à imposer de lourds tribus financiers aux chrétiens, a amené certains Centrafricains à se constituer en groupes d’autodéfense. Ceux qu’on appelle les anti-balakas", affirme le militant. "Et ces groupes ont commencé à cibler la population musulmane pour se venger, à assassiner des musulmans en représailles des actes de la Séléka. C’est une riposte des jeunes des villages qui ont vu leur maison brûlée et leur femme violée et ripostent avec les armes traditionnelles : flèches, machettes… Leur présence constitue une certaine sécurité pour la population villageoise chrétienne. Mais les anti-balakas ont aussi commencé à perpétrer des attaques contre la population musulmane", décrit Joseph Larabo

 

"Ce cycle de violence doit s'arrêter avant que cela devienne une crise au niveau national," alerte Sylvain Groux.

 

"C'est quelque chose d'inédit en Centrafrique puisque les musulmans minoritaires ont toujours fait parti du paysage dans une bonne cohabitation. Cette haine est née entre des gens qui ont vécu ensemble durant de très nombreuses années, qui ne se voient plus du tout du même œil. Nous craignons vraiment que, si ces actes de violence se poursuivent, la réconciliation mette énormément de temps avant de pouvoir naître. Au prix de nombreux morts."

 

Céline Lussato – Le Nouvel Observateur

 

Source : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20131128.OBS7466/centrafrique-on-retrouve-les-cadavres-deux-ou-trois-jours-plus-tard.html

Lu pour vous : Enlèvements, disparitions, meurtres, pillages… la Centrafrique s'enfonce dans la violence, témoignent les acteurs de terrain à Bangui.

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 01:10

 

 

 

 

 

Le Monde.fr | 28.11.2013 à 18h35


Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA), a vu arriver, jeudi 28 novembre, les premiers avions militaires qui doiventacheminer le matériel de la prochaine mission française d'envergure en Afrique. Après le Mali, où les troupes françaises sont toujours déployées, Paris s'apprête à intervenir dans le chaos centrafricain. « Nous devons être présents, à notre place », expliquait mercredi le président François Hollande pour justifier le déploiement, à terme, d'un millier d'hommes.

 

Des coups d'Etat à répétition La France, qui dispose sur place d'un contingent de 410 hommes, est déjà intervenue à plusieurs reprises en RCA depuis l'indépendance, en 1960, de ce pays profondément instable et en proie à des coups d'Etat et des guérillas récurrents. Le dernier épisode en date est le renversement, en mars, du président François Bozizé par les rebelles de la Séléka. M. Bozizé avait lui-même accédé au pouvoir par un coup d'Etat, en 2003. Mais le président n'a jamais été capable d'étendre son autorité sur le nord du pays, une région reculée et historiquement hors contrôle du pouvoir central.

 

L'autorité de M. Bozizé a commencé à vaciller après sa réélection contestée, en 2011, à la présidence. Fin 2012, plusieurs mouvements de rébellion du nord se sont unis pour former la Séléka – « alliance » en Sango, le dialecte local. Malgré la signature d'un accord de paix en janvier, la Seleka s'empare de Bangui et renverse M. Bozizé en mars. Michel Djotodia s'autoproclame président pour une période de transition de trois ans.

 

Comment le chaos s'est installé Très vite, et malgré le soutien du Tchad et du Congo-Brazaville, le nouvel homme fort de la Centrafriquese révèle à son tour incapable de tenir les rênes. La Séléka, une coalition de groupes très hétérogènes appuyés par des mercenaires étrangers, des brigands et des coupeurs de route de tout poil, éclate. Elle sera offciellement dissoute à la mi-septembre. En l'absence d'un commandement unifié et fort, les exactions contre les populations civiles se multiplient.

 

Les organisations non gouvernementales dénoncent des pillages et des atteintes au droit de l'homme. « Les bandes armées se livrent à des razzias et des massacres. Des villages sont brûlés, pillés. Les habitants sont tués ou sont en fuite dans la brousse », explique à l'AFP Jean-Marie Fardeau, de l'organisation Human Rights Watch, avant de mettre en garde : « On peut parler d'une stratégie criminelle de ces groupes, mais il n'y a pas de coordination entre eux, pas de planification. » Et il est pour l'instant impossible de connaître le nombre de morts qu'a engendré ce conflit.

 

Les prémices d'un conflit religieux En plus de ces exactions, un conflit à teneur confessionnelle se profile. Le département d'Etat américain évoque même une situation « prégénocidaire », terme qui ne fait pas consensus chez les observateurs. Les membres de la Séléka sont essentiellement de confession musulmane, pratiquants ou non, alors que la population centrafricaine est composée à 80 % de chrétiens. Le conflit a cristallisé les sentiments d'appartenance religieux et, après les pillages de la Séléka, des groupes d'autodéfense chrétiens – les « anti-balaka », antimachette en Sango –, qui avait déjà été formés ponctuellement par l'ancien dirigeant Bozizé, se sont reformés en septembre. Ils s'en sont pris aux populations musulmanes, assimilées aux anciens rebelles.

 

Dès lors, les clivages religieux se sont fait jour et ont alimenté un cycle de ripostes. « On assiste à des représailles ciblées à la fois contre des villages chrétiens et musulmans, et les civils en sont les premières victimes », analyse le responsable de Human Rights Watch. Même s'il existe de longue date des conflits traditionnels entre éleveurs nomades musulmans et paysans sédentaires chrétiens, cette situation est inédite dans un pays où les populations vivaient mélangées dans les mêmes quartiers et les mêmes villages.

 

Une situation humanitaire alarmante Selon l'ONU, sans « action rapide et décisive », la crise risque d'« échapper à tout contrôle ». Les troubles politiques et sécuritaires ont entraîné une crise humanitaire : sur les 4,6 millions d'habitants de la RCA, 2,3 millions sont en« situation d'assistance humanitaire ». Le bureau onusien de la coordination des affaires humanitaires, l'OCHA, dénombre 400 000 déplacés internes et 68 000 réfugiés centrafricains dans les pays voisins, principalement en République démocratique du Congo. Quelque 1,1 million de personnes sont également affectées par l'insécurité alimentaire.

 

La mission de l'armée française La mission précise de l'armée française dans le chaos centrafricain n'a pas encore été définie, et ne le sera qu'après l'adoption d'une résolution à l'ONU. Tout au plus les grandes lignes ont-elles été données par les responsables français. « Ce que nous devons faire, c'est trouver une solution humanitaire qui passera par une phase sécuritaire, qui débouchera ensuite sur une transition politique dont on sait qu'elle n'est pas facile dans ce pays depuis, hélas, trop d'années », a déclaré M. Hollande.

 

En même temps qu'il annonçait l'ampleur du déploiement – un millier d'hommes –, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, a quant à lui évoqué une intervention qui « n'a rien à voir avec le Mali ». L'objectif ne serait pas de mettre hors d'état de nuire tel ou tel groupe armé, mais plutôt d'endosser un rôle de gendarme. « Là, c'est l'effondrement d'un Etat et une tendance à l'affrontement confessionnel. (…) Il s'agit d'arrêter la catastrophe en République centrafricaine et de reconstruire un pays qui n'existe plus », a-t-il expliqué. Une mission ambitieuse, donc, qui s'annonce difficile à remplir dans « la période brève, de l'ordre de six mois à peu près » qu'a définie le ministre.

 

Sur le terrain, la mission militaire française devrait se concentrer sur la sécurité des principaux axes routiers et des grandes agglomérations, indique à l'AFP une source au ministère de la défense.

 

Un mandat de l'ONU Sans l'aval des Nations unies, la France aurait du mal à légitimer une nouvelle opération dans son ancienne colonie, mais le vote attendu dans les prochains jours d'une résolution au Conseil de sécurité devrait lui permettre de déployer rapidement ses troupes.

 

C'est sous l'impulsion de Paris que les quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont décidé d'agir. La résolution est placée sous le chapitre VII de la Charte de l'ONU, qui prévoit le recours à la force. Elle autorise une Mission internationale de soutien à la Centrafrique, la Misca, à se déployer, avec comme objectif le rétablissement de la sécurité et la protection des civils. Celle-ci remplacerait ainsi la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), engagée par les pays de la région. Officiellement, les militaires français devraientappuyer la Misca, qui manque de financements et peine à se former, mais devra compter à terme 3 600 hommes.

 

Thomas Loubière


 

Source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/11/28/que-va-faire-l-armee-francaise-en-centrafrique_3522286_3212.html

Lu pour vous : Que va faire l'armée française en Centrafrique ?
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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 01:01

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 28.11.2013 18:59

 

L'armée française, qui doit intervenir militairement pour rétablir l'ordre en Centrafrique, a commencé jeudi à acheminer hommes et matériel vers Bangui à partir des pays voisins, en attendant une prochaine résolution de l'ONU.

 

"Quelques rotations d'avions militaires français ont eu lieu ces dernières heures de manière rapprochée venant surtout du Gabon, pour acheminer des matériels", a affirmé à l'AFP une source aéroportuaire sous couvert d'anonymat.

 

Par ailleurs, "de nombreux véhicules de patrouilles et de transport de troupes", notamment "des véhicules de l'avant blindé (VAB) et des véhicules blindés légers (VBL), sont arrivés du Cameroun par la route et ont été conduits directement au Camp militaire M'poko", la base de la force africaine en Centrafrique, a déclaré jeudi une source militaire centrafricaine.

 

D'après cette source, "des missions de reconnaissance du terrain et des patrouilles mixtes sont effectuées en ce moment par des équipes constituées de légionnaires et des éléments faisant partie des 410 hommes déjà positionnés à Bangui".

 

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé mardi le déploiement prochain d'un millier de soldats pour rétablir l'ordre en Centrafrique, "pour une période brève, de l'ordre de six mois à peu près".

 

L'opération en Centrafrique "n'a rien à voir avec le Mali", a-t-il dit. "Là, c'est l'effondrement d'un Etat et une tendance à l'affrontement confessionnel".

 

Le ministère français de la Défense n'avait pas encore confirmé jeudi matin l'envoi d'éléments logistiques.

 

L'opération française mobilisera au total environ un millier d'hommes, ce chiffre comprenant les 400 militaires déjà déployés sur place, selon le cabinet de M. Le Drian. Le volume des troupes est encore susceptible d'être modifié sur les instructions du président François Hollande, a-t-on précisé de même source.

 

Une trentaine de militaires français du génie sont arrivés dès lundi sur l'aéroport de Bangui pour préparer ses installations à l'arrivée future de soldats français et africains, selon l'état-major des armées. Ils ont été acheminés par avions avec leurs engins lourds de chantier.

 

La Centrafrique s'est enfoncée dans l'anarchie depuis le renversement, le 24 mars, du président François Bozizé par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka. M. Djotodia, devenu président de transition, a dissout la Séléka, sans pour autant réussir à rétablir l'ordre.

 

Dans les rues de la capitale, les véhicules des forces françaises se font désormais plus nombreux et plus visibles. La présence de militaires français alimente les discussions et les espoirs sont grands de voir enfin les exactions cesser.

 

"Je suis convaincu que la France ne va pas cautionner toutes ces exactions. Elle va mettre fin à tout cela et faire repartir la transition sur de nouvelles bases et un nouvel élan", a confié jeudi à l'AFP un ancien diplomate centrafricain sous couvert d'anonymat.

 

"Arrêter la catastrophe"

 

A Bangui comme dans l'arrière-pays, les crimes à répétition commis par d'ex-rebelles devenus des bandits impitoyables menacent de faire basculer le pays dans une logique de guerre civile.

 

L'organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé mardi soir à Paris la "stratégie criminelle" des groupes armés en Centrafrique, à l'origine de razzias et de meurtres, sans parler pour autant d'un risque de génocide, "un terme pas adapté" à la situation, selon l'ONG.

 

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a lui précisé devant la presse qu'il "s'agit d'arrêter la catastrophe en République centrafricaine et de reconstruire un pays qui n'existe plus", évoquant "une situation de non Etat, d'implosion, qui risque d'avoir des conséquences sur les pays voisins".

 

Paris a soumis lundi au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution visant à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) déjà présente, avec la perspective de la transformer en force de maintien de la paix de l'ONU.

 

Le texte proposé par Paris pourrait être adopté la semaine prochaine, a estimé l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud.

 

La résolution prévoit la mise en place d'un fonds de soutien à la Misca, qui compte 2.500 hommes, sur un total prévu de 3.600, mais peine à atteindre son effectif plein et manque de moyens.

 

Tout en réclamant "l'application rapide des accords de transition" en Centrafrique, avec dans la foulée des élections libres et équitables, le projet de texte "autorise les forces françaises" présentes dans le pays à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca".

 

 

© 2013 AFP

Centrafrique: l'armée française monte en puissance à Bangui

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 00:52

 

 

 

 

 

L'armée française, qui s'apprête à intervenir militairement pour rétablir l'ordre en Centrafrique, a commencé à acheminer hommes et matériel vers Bangui à partir des pays voisins, selon des sources concordantes jeudi. Ce pays s'est enfoncé dans le chaos, avec des violences quotidiennes dans les provinces reculées comme à Bangui, depuis que l'ex-rébellion Séléka dirigée par Michel Djotodia a renversé le président François Bozizé fin mars.

 

«Quelques rotations d'avions militaires français ont eu lieu ces dernières heures de manière rapprochée venant surtout du Gabon, pour acheminer des matériels», a affirmé à l'AFP une source aéroportuaire sous couvert d'anonymat. Par ailleurs, «de nombreux véhicules de patrouilles et de transport de troupes», notamment «des véhicules de l'avant blindé (VAB) et des véhicules blindés légers (VBL), sont arrivés du Cameroun par la route et conduits directement au Camp militaire M'poko», la base de la force africaine en Centrafrique, a déclaré jeudi une source militaire centrafricaine.

 

Un millier de soldats français en Centrafrique

 

D'après cette source, «des missions de reconnaissance du terrain et des patrouilles mixtes sont effectuées en ce moment par des équipes constituées de légionnaires et des éléments faisant partie des 410 hommes déjà positionnés à Bangui, de concert avec la force africaine et les forces de défense et de sécurité centrafricaines». La France a annoncé lundi le déploiement prochain d'un millier de soldats pour rétablir l'ordre en Centrafrique, en appui aux forces africaines de la Misca, dans le cadre d'une résolution de l'ONU qui pourrait être adoptée la semaine prochaine.

 

Espoir que les exactions cessent

 

Dans les rues de la capitale, les véhicules des forces françaises se font désormais plus nombreux, et donc plus visibles. La présence des militaires français alimentent les discussions et les espoirs sont grands de voir enfin les exactions cesser. 

 

Avec AFP



Source : http://www.20minutes.fr/monde/1256187-20131128-france-commence-a-envoyer-militaires-materiel-centrafrique

La France s'apprête à intervenir à Bangui en Centrafrique...

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 00:38

 

 

 

 

 


(Panapress) 27-11-2013 : Le président de la transition en Centrafrique, Michel Djotodia, est arrivé mercredi à Brazzaville pour une visite de travail au cours de laquelle il aura des entretiens avec le chef de l'Etat congolais, Denis Sassou-Nguesso



M. Djotodia a été accueilli à l’aéroport international de Maya-Maya par le ministre d’Etat, directeur de Cabinet du président congolais, Firmin Ayessa, en présence des membres du gouvernement.


Au cours de sa visite, Djotodia et Sassou-Nguesso auront des entretiens sur la situation de crise sécuritaire et humanitaire que traverse la Centrafrique depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition la "Séléka", le 24 mars 2013, selon le programme officiel.



Le 6 novembre dernier, lors d'une visite officielle à Oyo, petite ville située à  plus de 550 kilomètres au nord de Brazzaville, le président Djotodia avait promis de rétablir la paix d’ici la fin de cette année dans son pays, en proie à l’insécurité depuis le renversement du régime de François Bozizé, en mars 2013.

 

 

Source : http://www.africanmanager.com/158644.html

Arrivée à Brazzaville du président de la transition en Centrafrique

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 23:25

 

 

 

 

Par FRANCE 24   26/11/2013

 

L'ambassadeur de France aux Nations unies a annoncé mardi que le projet de résolution proposé par la France pour une intervention rapide en Centrafrique, qui prévoit le recours à la force, serait voté la semaine prochaine à l'ONU.

 

Après avoir dressé un bilan très sombre de la situation en Centrafrique, Gérard Araud, ambassadeur de la France aux États-Unis, a annoncé mardi 26 novembre, que le projet de résolution proposé par Paris serait adopté la semaine prochaine à l'ONU.

 

La résolution est placée sous le chapitre 7 de la Charte de l'ONU, qui prévoit le recours à la force. Elle autorise la Misca à se déployer "pour une période initiale de six mois" afin de rétablir la sécurité et de protéger les civils.

 

Selon le diplomate français, sans "action rapide et décisive" en Centrafrique, il existe un risque "que la crise échappe à tout contrôle" et s'aggrave dans un "conflit religieux et ethnique", entre chrétiens et musulmans, qui pourrait mener à des "atrocités généralisées". La République centrafricaine risque aussi de "devenir un vivier pour les extrémistes et les groupes armés".

 

Aux yeux de l'ambassadeur français, la situation en Centrafrique n'est pas la même qu'au Mali. "Nous n'avons pas à faire à des groupes terroristes armés, nous avons en face de nous, disons-le, des petits voyous qui profitent de l'effondrement de l'État, qui pillent, tuent et violent mais ne se battent pas vraiment." Et de conclure, "l'opération sera certainement plus facile qu'au Mali."

 

Source : http://www.france24.com/fr/20131126-centrafrique-voyous-terroristes-ambassadeur-onu?ns_campaign=editorial&ns_source=RSS_public&ns_mchannel=RSS&ns_fee=0&ns_linkname=20131126_centrafrique_voyous_terroristes_ambassadeur_onu

Lu pour vous : "En Centrafrique, ce sont des voyous, pas des terroristes comme au Mali"

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:42

 

 

 

 

 

 

http://www.leparisien.fr  26.11.2013, 10h47

 

Après le Mali, la France s'apprête à intervenir en Centrafrique, pays en proie à l'anarchie depuis le renversement du président François Bozizé en mars. «Un millier de soldats» vont être déployés «pour une période brève, de l'ordre de six mois à peu près», a annoncé mardi Jean-Yves Le Drian. 

 

«La France accompagnera une force africaine déjà en cours de constitution, composée d'éléments militaires venus des pays voisins pour faire en sorte que ce massacre s'arrête», a précisé le ministre français de la Défense sur Europe 1. L'opération en Centrafrique «n'a rien à voir avec le Mali, a-t-il ajouté. Là, c'est l'effondrement d'un Etat et une tendance à l'affrontement confessionnel».



Si la France prend soin de souligner qu'elle est «en appui» et qu'elle ne réédite pas son intervention au Mali, qui visait à neutraliser des groupes islamistes armés, elle apparaît cependant comme pour ce pays à la manoeuvre et sur tous les fronts, diplomatique comme militaire. A l'ONU, Paris a soumis lundi soir à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution visant à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) déjà présente, avec la perspective de la transformer en force de l'ONU de maintien de la paix. Jusqu'à présent plusieurs pays, notamment les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, semblaient réticents à financer une nouvelle opération de maintien de la paix en Afrique. 

 

Une résolution adoptée à l'ONU la semaine prochaine


Dans un premier rapport examiné lundi par les 15 membres du Conseil, Ban Ki-moon avait évoqué le déploiement de 6.000 à 9.000 Casques bleus pour sécuriser le pays. Selon l'ONU, sans «action rapide et décisive» en République centrafricaine, il existe le risque «que la crise échappe à tout contrôle» et s'aggrave dans un «conflit religieux et ethnique», entre chrétiens et musulmans, qui pourrait mener à des «atrocités généralisées». L'ONU redoute aussi que la Centrafrique devienne «un vivier pour les extrémistes et les groupes armés».


Lundi, l'ambassadeur français à l'ONU Gérard Araud a estimé que le projet de résolution proposé par Paris pourrait être adopté la semaine prochaine. La résolution est placée sous le chapitre 7 de la Charte de l'ONU, qui prévoit le recours à la force. Elle autorise la Misca à se déployer «pour une période initiale de six mois» pour tenter de rétablir la sécurité et de protéger les civils. La force panafricaine compte actuellement 2.500 hommes, sur un total prévu de 3.600, mais elle peine à atteindre son effectif plein et manque de moyens. La résolution demande à l'ONU de mettre en place un fonds pour financer la Misca et invite les Etats membres à y «contribuer généreusement et rapidement». Le projet de résolution, qui réclame «l'application rapide des accords de transition» en RCA, avec dans la foulée des élections libres et équitables, «autorise les forces françaises» présentes en RCA à «prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca».

 

Paris compte environ 410 militaires aujourd'hui en Centrafrique, basés à l'aéroport de Bangui. A l'issue d'une rencontre lundi à Paris avec le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, le Premier ministre centrafricain de transition Nicolas Tiangaye avait annoncé que la France était prête à envoyer en Centrafrique 800 soldats supplémentaires

 

Des suspicions de «crimes contre l'humanité»


La Centrafrique est en proie aux violences depuis le renversement, le 24 mars, du régime de François Bozizé par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka, devenu depuis président. Il y a quelques mois, les chrétiens, largement majoritaires, et les musulmans vivaient en bonne intelligence. Mais les exactions à répétition de l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, ont rapidement généré des tensions, poussant des populations chrétiennes à former des "groupes d'autodéfense" (appelés "anti-balaka") pour s'en prendre aux musulmans. Nicolas Tiangaye a fait état lundi d'une «insécurité généralisée», «de graves crimes de guerre et crimes contre l'humanité». Il a estimé que «la France a les moyens, militaires, financiers et diplomatiques pour que son action soit efficace».

 

LeParisien.fr

 

Lu pour vous : Soldats français en Centrafrique : «Rien à voir avec le Mali», assure Le Drian

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:02

 

 

 

Centrafrique : la France convainc l'ONU de la nécessité d'un recours à la force

 

LE MONDE | 26.11.2013 à 11h38 • Mis à jour le 26.11.2013 à 13h38 |Par Alexandra Geneste (New York (Nations Unies) correspondante)

 

Huit mois. C'est le temps qu'il aura fallu aux quinze pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU pour s'entendre sur le « besoin d'une action rapide et décisive »en République centrafricaine (RCA). Huit mois, 4,6 millions de personnes affectées par une crise humanitaire sans précédent, dont un million en situation d'insécurité alimentaire, 400 000 déplacés et 68 000 autres réfugiés dans les Etats voisins. « Tous les pays partagent la même préoccupation (…), le même constat alarmant », a résumé, lundi 25 novembre, l'ambassadeur de France, Gérard Araud, à l'issue des premières consultations de l'organe exécutif des Nations unies sur un rapport recommandant l'envoi de 6000 à 9000 casques bleus.

 

Cette option, défendue par Paris depuis plusieurs mois pour sécuriser le pays livré au chaos après le renversement du président Bozizé en mars, est celle que favorise le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, au profit de quatre autres, jugées moins « viables ».

 

LES CRAINTES AMÉRICAINES LEVÉES

 

Malgré les réticences américaines – les Etats-Unis refusant de financer une opération de maintien de la paix (OMP), quatre mois après le déploiement de la quinzième du genre au Mali –, le consensus semble l'avoir emporté. A peine les quinze membres s'étaient-ils quittés, après avoir entendu le vice-secrétaire général de l'ONU, Jan Eliassonmettre en garde contre un « conflit religieux et ethnique » entre chrétiens et musulmans risquant de mener à des « atrocités de masse », que la France faisait circuler un projet de résolution destiné à transformer à terme en une OMP la force panafricaine déjà présente en Centrafrique (Misca).

 

Le texte, dont Le Monde a obtenu copie, devrait être soumis au vote la semaine prochaine, alors que la France héritera de la présidence du Conseil de sécurité au mois de décembre. Aucun des quinze membres ne s'est opposé aux propositions françaises, a fait savoir Gérard Araud. Mardi 26 novembre, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la défense, a annoncé sur Europe 1 qu'un millier de soldats seraient déployés dans le pays « pour une période brève, de l'ordre de six mois à peu près ». Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères évoquait, lui, sur France-Culture en direct du Monde, 800 soldats.

 

La résolution, placée sous chapitre VII de la Charte des Nations unies, prévoyant un recours à la force, autorise les forces françaises déployées en RCA à «prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca ». Les Français joueront le rôle d'une « force de relais » pour protéger les civils en attendant que la force panafricaine puisse le faire, a précisé l'ambassadeur. 3 600 soldats africains sont censés être déployés au 19 décembre.

 

Mais cette force sous l'égide de l'Union africaine « est sous-équipée, sans capacité financière soutenable, et certains de ses contingents, au lieu de protégerles populations, monnayent leurs services de sécurité à des firmes privées », estime le numéro 2 des opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet. « Personne ne croit au succès de la Misca, seule l'ONU sait et peut faire en matière de protection des civils », estime un des nombreux acteurs humanitaires.

 

En attendant, et parce qu'il faut six mois en moyenne pour le déploiement d'une OMP, la résolution attribue un mandat de cette durée à la Misca, décide la création d'un fonds fiduciaire pour gérer les contributions volontaires destinées à la financer, impose un embargo sur les armes et demande à Ban Ki-moon de livrer, dans « trois mois au plus tard », un concept d'opération pour l'envoi de casques bleus.

 

 

 

Centrafrique : Paris prêt à envoyer un millier de soldats supplémentaires

 

http://www.humanite.fr   le 26 Novembre 2013

 

Un millier de soldats français supplémentaires seront présents en Centrafrique pour appuyer ce pays "en voie d'effondrement" pendant environ six mois a déclaré la ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Information confirmée par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius qui rappelle que la France interviendrait après le vote de la résolution aux Nations Unies, attendu la semaine prochaine.

 

"Un millier de soldats" français vont être déployés en Centrafrique "pour une période brève, de l'ordre de six mois à peu près", afin de rétablir l'ordre en appui d'une force africaine, a annoncé mardi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. "La France accompagnera une force africaine déjà en cours de constitution, composée d'éléments militaires venus des pays voisins pour faire en sorte que ce massacre s'arrête", a-t-il précisé sur Europe 1. L'opération en Centrafrique "n'a rien à voir avec le Mali", a-t-il dit. "Là, c'est l'effondrement d'un Etat et une tendance à l'affrontement confessionnel".

 

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que ce chiffre "faisait sens". "Dès lors que nous aurons cette autorisation par la communauté internationale (.. ), nous procéderons à un renforcement de notre présence. Nous annoncerons les modalités le moment venu", a-t-il déclaré sur France Culture. Il a rappelé que l'intervention de la France porterait sur quatre domaines : la sécurité, l'humanitaire, la transition politique et le développement économique. Laurent Fabius a par ailleurs souligné que la situation en Centrafrique représentait un risque d'implosion pour l'ensemble de l'Afrique centrale. "Il y a un risque d'implosion dans tous les domaines qui est absolument massif", a dit le chef de la diplomatie française, interrogé sur une situation que certains estiment pré-génocidaire. "Jusqu'à présent, cela ne concernait, et c'était déjà trop, que les Centrafricains, et aujourd'hui si le vide et l'implosion s'installent, cela va concerner tous les pays de la région, c'est-à-dire le Tchad, les Soudans, le Congo, le Cameroun", a-t-il ajouté.

 

Si la France prend soin de souligner qu’elle est «en appui» et qu’elle ne réédite pas en Centrafrique, ex-colonie, son intervention armée du début de l’année au Mali, qui visait à neutraliser des groupes islamistes armés, elle apparaît cependant comme pour ce pays à la manœuvre et sur tous les fronts, diplomatique comme militaire. A l’ONU, Paris a soumis lundi soir à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution visant à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca) déjà présente, avec la perspective de la transformer en force de l’ONU de maintien de la paix. Jusqu’à présent plusieurs pays, notamment les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, semblaient réticents à financer une nouvelle opération de maintien de la paix en Afrique. Dans un premier rapport examiné lundi par les 15 membres du Conseil, Ban Ki-moon avait évoqué le déploiement de 6 000 à 9 000 Casques bleus pour sécuriser le pays, en proie aux violences depuis le renversement, le 24 mars, du régime de François Bozizé par Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka, devenu depuis président par intérim. Selon le département d'Etat américain, la violence a fait près de 400.000 déplacés dans le pays et 68.000 réfugiés dans les pays voisins depuis que Michel Djotodia a perdu le contrôle de sa coalition de chefs de guerre.

 

Paris compte environ 410 militaires aujourd'hui en Centrafrique, basés à l'aéroport de Bangui. A l'issue d'une rencontre lundi à Paris avec le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, le Premier ministre centrafricain de transition Nicolas Tiangaye avait annoncé que la France était prête à envoyer en Centrafrique 800 soldats supplémentaires. Nicolas Tiangaye a fait état lundi d'une "insécurité généralisée", "de graves crimes de guerre et crimes contre l'humanité". Il a estimé que "la France a les moyens, militaires, financiers et diplomatiques pour que son action soit efficace".

Lu pour vous : Centrafrique : la France convainc l'ONU de la nécessité d'un recours à la force

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Centrafrique-Presse.com
26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 21:56

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr   26/11/2013 à 20:02  Isabelle Lasserre

 

Comme elles le firent avant de déclencher l'opération «Serval» au Mali, les autorités françaises ont sensibilisé en amont les opinions publiques et leurs partenaires étrangers pour préparer l'intervention en Centrafrique, jugée inéluctable.

 

Dès le mois de septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, la diplomatie française a pris l'initiative d'une réunion de crise sur la situation en République centrafricaine, dont la chute vers les abîmes peut menacer le précaire équilibre d'une région en crise. Le pays est au bord du chaos depuis quinze ans, mais la situation s'est aggravée après le coup d'État de mars 2013.

 

Les tensions interreligieuses menacent de dégénérer en massacres. La situation humanitaire est jugée «particulièrement préoccupante». Le potentiel de déstabilisation est aussi régional, puisqu'il implique des rebelles tchadiens et soudanais et que la secte islamiste nigériane Boko Haram étend désormais ses tentacules jusqu'au Cameroun et au Tchad, des voisins de la Centrafrique. «Laisser se créer un vide dans cette région où l'on trouve de nombreux salopards serait suicidaire», résume un diplomate français. «L'expérience nous apprend combien il est dangereux de laisser ainsi se développer des “zones grises”, refuges de trafics et de groupes terroristes», écrit Laurent Fabius dans une tribune au Figaro. Le chef de la diplomatie française écarte tout à la fois «l'indifférence» et «l'inaction». «Nous ne voulons pas, demain, payer et subir le prix, beaucoup plus lourd, de l'inaction», poursuit-il.

 

«Nous ne voulons pas, demain, payer et subir le prix, beaucoup plus lourd, de l'inaction» 

 

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

 

Une fois de plus sur le continent, c'est la France, l'ancienne puissance coloniale, qui s'impose comme l'ultime recours militaire pour remettre de l'ordre dans le désordre africain, empêcher la formation d'un État failli, d'un trou noir dans une région déjà si fragile. Les armées africaines ne sont pas au niveau. L'Europe est aux abonnés absents. La Grande-Bretagne s'intéresse surtout à l'Afrique anglophone, notamment à la Somalie. Les États-Unis ont accepté de faire un chèque mais n'envisagent pas de participer au niveau militaire. «On constate un désintérêt général pour ce pays paumé au cœur de l'Afrique, au lourd passif de crises. En Europe et ailleurs, la tendance a donc été de se tourner vers la France», explique une source diplomatique. Revoilà donc l'armée française dans l'un de ses éléments naturels, la brousse africaine, qu'elle connaît et maîtrise mieux que quiconque.

 

De quoi faire revenir au grand galop la Françafrique, zombie qu'aucun gouvernement, qu'il soit de droite ou de gauche, n'a encore réussi à achever? Pas forcément. «L'intervention en Centrafrique n'est pas une lubie française. Elle se fait avec la mobilisation de la région entière», commente une source diplomatique.

 

«Il s'agit plutôt d'un coup de main ponctuel donné au pays et à la région avant de passer le relais rapidement, au bout de six mois»

 

Une source diplomatique

 

La Communauté économique des États de l'Afrique centrale (Ceeac) a fourni des troupes à la force africaine, même si cette dernière peine à atteindre ses effectifs et manque de moyens. L'action militaire de la France est appuyée par l'Union africaine. L'appui opérationnel fourni par la France fera en outre l'objet d'un mandat international, principal garant pour éviter l'enlisement et les critiques. Paris a soumis lundi à ses partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution visant à renforcer la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), avec la perspective de la transformer en force de l'ONU de maintien de la paix. Le projet de résolution pourrait être adopté la semaine prochaine à New York, sous chapitre VII de la charte de l'ONU, celui qui prévoit le recours à la force. La Centrafrique n'est pas non plus le Mali. «Il s'agit plutôt d'un coup de main ponctuel donné au pays et à la région avant de passer le relais rapidement, au bout de six mois», explique une source diplomatique.

 

Le vœu de l'Élysée est de faire monter en puissance les institutions africaines et les agences internationales pour prévenir et résoudre les crises sur le continent. En l'absence d'acteurs suffisamment impliqués ou équipés, il est pour l'instant toujours resté pieu. L'Afrique demeurant l'une des principales zones d'influence de la France, ce ne sera sans doute pas la dernière fois que les autorités françaises devront voler au secours de pays au bord du gouffre sur le continent africain.

 

«Ce n'est ni bien ni mal, c'est un fait. Un fait relativement assumé par l'équipe de François Hollande», commente une source diplomatique. C'est la raison pour laquelle Paris organise en décembre un sommet de l'Élysée sur la sécurité et la paix en Afrique. D'autres considèrent au contraire cette initiative comme du «paternalisme mal placé».

Lu pour vous : Centrafrique : Paris prêt à intervenir militairement dans quelques jours

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Centrafrique-Presse.com
26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 21:54

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr  Tanguy Berthemet  26/11/2013 à 20:02

 

Le pays s'est enfoncée dans l'anarchie depuis le renversement en mars du président François Bozizé par Michel Djotodia, le chef de la coalition rebelle Séléka qu'il a depuis dissoute sans pour autant réussir à rétablir l'ordre.

 

La Centrafrique n'en finit plus de s'enfoncer dans le chaos. L'ex-colonie française est livrée aux bandes de pillards armés et le pouvoir ne parvient qu'à contrôler le centre de la capitale, et encore à grand peine. Rares sont ceux qui, en décembre dernier, avaient prévu l'ampleur de la catastrophe.

 

La Séléka («alliance» en sango, la langue locale), la nouvelle insurrection, était alors aux portes de Bangui. «C'était un mouvement totalement inconnu, surgi de nulle part, avec pour unique programme de renverser le président Bozizé», souligne un ancien premier ministre centrafricain. Cette rébellion est en fait la fusion de quatre groupes du nord du pays, notamment la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). Elle avait conquis la Centrafrique en quelques semaines, chassant les Faca, l'armée officielle. L'élan de la Séléka, qui compte alors moins de 2000 hommes, se brise sur la force africaine, la Micopax, venue pour tenter de stabiliser le pays. La France n'intervient pas, se contentant d'envoyer 400 hommes à l'aéroport.

 

«Il ne s'agit plus d'une rébellion venue pour installer un nouveau régime : elle n'a ni programme ni ligne politique»

 

Un diplomate

 

Le 24 mars, en dépit d'un accord de paix entre les partis signé à Libreville, la Séléka relance son offensive et s'empare de Bangui sans combattre. François Bozizé prend la fuite et Michel Djotodia, le chef de la Séléka, prend la place. La ville est livrée à un vaste pillage qui dure trois jours. Des voitures volées partent vers le nord chargées d'électroménager, d'argent et de vêtements. Une véritable curée. Car le mouvement à, entre-temps, considérablement changé. «La Séléka s'est renforcée en recrutant n'importe qui. Des petits voyous trouvés sur les routes, mais surtout des soldats de fortune soudanais et tchadiens attirés par le bruit des armes», analyse un militaire africain de haut rang. Chaque groupe vit en autonomie sous les ordres d'un général autoproclamé qui règne sur un quartier, une rue ou une petite ville de province. Au bilan, la Séléka, coalition hétéroclite qui demandait déjà du doigté pour être dirigée, se révèle totalement rétive à toute hiérarchie. «Il ne s'agit en fait plus d'une rébellion venue pour installer un nouveau régime: elle n'a ni programme ni ligne politique. C'est une coalition de soldats, souvent étrangers, qui se livre à une gigantesque razzia à l'échelle d'un pays», remarque un diplomate.

 

Totale incompréhension

Entre les populations terrorisées et les «libérateurs» de la Séléka, qui ne parlent ni français ni sango, l'incompréhension est totale et la haine solide. Dans cette ville chrétienne, comme 85 % des Centrafricains, elle se cristallise sur l'islam, la religion des rebelles. Rapidement, les civils musulmans, souvent des commerçants, sont accusés de complicité avec les «pillards» et traité «d'étrangers». «Ils ne sont pas d'ici», entend-on. Mgr Nzapalainga, l'archevêque de Bangui, n'hésite pas à parler «d'occupation» de son pays.

 

Michel Djotodia, conscient de la dérive, a bien tenté de réagir. En septembre, il a fait publier un décret pour dissoudre la Séléka. Avec quelques résultats. Mais les désarmements promis restent lettre morte. Ces dernières semaines, les exactions ont donc repris. Le premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, nommé sous la pression internationale, est tout aussi impuissant. Quant aux quelque 3000 soldats africains de la Micopax, ils ne peuvent que parer au plus pressé, notamment dans les campagnes

 

Car hors Bangui, la situation est totalement hors de contrôle, le pays livré au bon-vouloir de l'ex-Séléka. Des milices se sont créées, les anti-Balaka, pour officiellement lutter contre la Séléka. Mais en fait, ces villageois, munis d'armes artisanales, s'en sont pris essentiellement aux civils musulmans. Puis redoutant les vengeances, ont fui en brousse, avec femmes et enfants, laissant les villages déserts. «Nous sommes au bord d'une confrontation religieuse sanglante», constate-t-on alors à l'Élysée. C'est fort de cette crainte et de la certitude que ni le pouvoir de Michel Djotodia ni la bonne volonté des troupes africaines ne pourront sortir la Centrafrique de l'ornière que la France s'est décidée à intervenir.

Lu pour vous : La Centrafrique a basculé dans le brigandage et la haine

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