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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 03:52

 

 

 

 

THOMAS HOFNUNG 27 MARS 2014 À 18:01

 

INTERVIEW

 

En poste à l’ambassade de France à Bangui de 2008 à 2012, chargé des Affaires culturelles et de la coopération, Didier Niewiadowski analyse les raisons de la recrudescence de la violence observée ces derniers jours. Selon la Croix-Rouge locale, au moins une vingtaine de personnes ont trouvé la mort depuis samedi, dans les affrontements qui ont éclaté aux abords des dernières enclaves musulmanes de la capitale centrafricaine. Celles-ci subissent sans discontinuer les assauts des milices anti-balaka qui veulent forcer ces communautés à quitter le pays, les jugeant collectivement complices des exactions commises jusqu’à l’intervention française par les ex-rebelles de la Séléka (à dominante musulmane).

 

Comment expliquez-vous cette nouvelle flambée de violences ?

 

Les milices anti-balaka, souvent dénommées à tort «milices chrétiennes» par opposition à l’ex-Seleka musulmanes, ne sont toujours pas cantonnées à ce jour et encore moins désarmées, et cela en dépit des résolutions de l’ONU et de l’Union africaine. Cette situation les autorise à perpétrer leurs exactions en toute impunité. Les désœuvrés – paysans spoliés, coupeurs de route au chômage, enfants des rues non scolarisés – ont été rejoints par d’anciens militaires des Forces armées centrafricaines et par des boutefeux partisans de l’ancien président Bozizé, déposé il y a un an.

 

Ce ramassis, tout aussi inorganisé que l’ex-Séléka mais éparpillé en des groupuscules de quelques individus, se trouve livré à lui-même, obligé pour survivre de s’emparer des biens d’autrui et le plus souvent avec une violence extrême. Surtout lorsque l’animisme et les croyances d’un autre âge prennent le dessus. Le cannibalisme n’est pas étranger aux Bantous et aux peuples de la forêt. Ces «antiballes AK» (portant des gris-gris contre les balles des kalachnikovs AK 47) ne craignent personne car ils se croient invulnérables, surtout lorsqu’ils sont drogués. Ils peuvent donc accomplir les actes les plus odieux : d’abord sur les musulmans, mais aussi sur tout quidam. La criminalisation de ces groupuscules, capables de se fondre dans la population (ce qui n’était pas le cas de la Séléka), augmente avec l’anarchie. Une criminalisation qui n’était pas prévisible lors de la constitution des forces internationales et de la force Sangaris, et qui compromet gravement le retour à l’ordre public.

 

Quelles peuvent être les conséquences à moyen terme de la poursuite de ces exactions et du départ massif des musulmans?

 

Outre la disparition du cheptel de la communauté des Peuls Bororos, la filière de l’exportation de l’or et diamants – jadis largement aux mains des Sénégalais, Soudanais et Mauritaniens – et les circuits commerciaux d’importation et de distribution – contrôlés en grande partie par des Tchadiens, Nigérians, soudanais et Libanais chiites – sont désormais en déshérence. Au-delà de ces répercussions économiques, des répliques politiques sont prévisibles. La force Sangaris aura des difficultés à répondre aux accusations de nombreuses organisations musulmanes d’avoir favorisé le départ des musulmans en désarmant prioritairement les Séléka et en poussant au départ de Michel Djotodia (ancien chef de la Séléka, démissionnaire en janvier dernier). La ghettoïsation des musulmans dans une quinzaine de sites à l’ouest de la République centrafricaine et à Bangui ne fera qu’aviver le désir d’en découdre des groupes islamistes radicaux qui n’attendaient que cela pour prendre leur revanche après l’opération Serval au nord du Mali. Pour eux, les frontières étatiques n’existent pas.

 

Que fait le nouveau pouvoir dirigé par Catherine Samba-Panza?

 

Le gouvernement nouvellement élu est tombé dans les mêmes travers que les précédents. Samba-Panza et son gouvernement pléthorique – flanqué de 35 conseillers contribuant à faire régner la confusion et la prédation – n’ont aucune prise sur les événements. L’Etat est toujours dans un coma profond. Comment se fait-il que les leaders anti-Balaka ne soient pas arrêtés? Que les criminels ne soient pas traduits en justice?

 

Les premières nominations sous la présidence de Catherine Samba-Panza ont surpris car le népotisme et le clientèlisme, si souvent décriés en RCA, sont revenus au galop. Des personnalités loin d’être irréprochables se sont retrouvées une nouvelle fois «à la mangeoire». La déception est grande dans les milieux centrafricains de la diaspora mais aussi chez les observateurs étrangers. Serait-ce maintenant le tour des amis de la Présidente désignée par 75 membres sur 135 du Conseil national de la transition (Parlement par intérim, ndlr) ? Les notables de la région natale de la Présidente, la Ouaka, et les Gbanziris (sa communauté, ndlr) vont-ils succéder aux Gbaya de Bossangoa? Va-t-on, comme toujours en RCA, créer des Hauts conseils, des agences, des commissions, faire financer des études de faisabilité, organiser des voyages incessants à l’étranger souvent rémunérateurs pour l’import-export. L’urgence est au développement social, à la reconstruction de la voirie urbaine et l’accessibilité des chef-lieux de région. La mobilisation des ingénieurs, techniciens, travailleur sociaux et professeurs centrafricains est prioritaire.

 

Comment faire pour stopper cet engrenage?

 

Qui peut encore croire que des élections démocratiques pourront avoir lieu dans quelques mois alors qu’il y a un million de déplacés, 500 000 réfugiés et que la moitié de la population est en état de survie? La saison des pluies arrive avec toutes ses conséquences dramatiques pour la population, déplacée ou non. Il faut faire preuve d’imagination car les vieilles recettes de sortie de crise ne marcheront pas. C’est privilégier la facilité, mais encourir aussi un cuisant échec que d’imaginer sortir de la crise par des élections avec une organisation étatique similaire, en appuyant la reconstruction d’un Etat central et en ne s’interrogeant pas sur les idées fédérales et la décentralisation territoriale. Et en raisonnant dans un cadre uniquement étatique alors que la crise est aussi régionale.

 

En tout état de cause, la transition semble mal partie, encore une fois. Devant ce constat, ne faudrait-il pas envisager une forme de curatelle, et non de tutelle, en Centrafrique ? Cela permettrait de maintenir les institutions centrafricaines pour assurer la gestion quotidienne du pays, une représentativité internationale et une reprise en main progressive des secteurs régaliens. Mais la curatelle confierait à une organisation ad hoc, par exemple au Bureau des Nations unies (déjà présent à Bangui), épaulé par une administration dédiée, la gestion des programmes internationaux de relèvement de l’Etat, le paiement de ses agents, les programmes humanitaires, les financements des pôles de développement à mettre rapidement en place. Et, à terme, le processus électoral tel qu’il sera précisé par la Constitution de la nouvelle RCA. Il faut aussi, sans tarder, que la Cour pénale internationale ouvre le processus de création d’un Tribunal spécial sur la Centrafrique pour mettre fin à l’impunité.

 

Thomas HOFNUNG

Lu pour vous : Centrafrique : «Qui peut croire que les élections auront lieu dans quelques mois ?»
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Centrafrique-Presse.com
28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 03:44

 

 

 

 



Mercredi 26 mars 2014 

 

Le Général Babacar Gaye : 


Mbi bara ala koue (bonjour à tous) ! 


Merci d’avoir répondu à notre invitation en cette journée pluvieuse. Vous vous souviendrez que j’avais terminé les propos liminaires de ma dernière conférence de presse en vous disant que la communauté internationale était au chevet de la Centrafrique mais qu’il fallait maintenant que les Centrafricains soient au chevet de leur propre pays. C’est également le message que le médiateur de la crise centrafricaine, le Président Sassou Nguesso, a délivré lors de la dernière réunion du groupe international de contact. Il a dit, je le cite, « face au naufrage collectif d’une nation, personne ne peut s’exonérer de ses responsabilités ». Aujourd’hui, à quoi assistons-nous ? Nous assistons à une détérioration grave de la situation sécuritaire et de la situation sociale dans ce pays. Les domiciles d’autorités de la transition ont été attaqués et détruits, sans motif acceptable, parfois avec l’aide des populations voisines. Des soldats des forces internationales (Misca et Sangaris), dont je salue ici l’action inlassable, on fait l’objet d’attaque par des groupes armés. Ce qui est très grave pour des soldats mandatés par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Des hommes, sur la base de leur confession, ont été attaqués en pleine ville, sans motif autre que celui de leur appartenance apparemment à une confession. Des communautés entières sont assiégées et n’ont d’autres possibilités que de chercher à se défendre. Des personnels du système des Nations Unies ont vu leurs véhicules fouillés et certains d’entre eux, sur des bases confessionnelles, menacés de mort. Voilà la situation qui aujourd’hui prévaut à Bangui et dans l’intérieur du pays. Au nom du Secrétaire général des Nations Unies, je voudrais appeler les populations centrafricaines, les notables, les chefs religieux, les élites et les dirigeants de ce pays à se ressaisir. Il ne faut pas que les Centrafricains soient aveuglés par la haine et hypothèquent l’avenir de leur pays. Je le demande aux anti-balaka et à tous ceux qui agissent sous le couvert de ce nom. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui utilisent ce nom pour faire beaucoup d’exactions et beaucoup de violations mais je demande à tous de prendre la seule décision courageuse qui est celle d’arrêter toutes les opérations à Bangui et à l’intérieur du pays. C’est la seule décision courageuse. Je demande à tous les groupes armés de rédiger leurs cahiers de charge et de se tenir prêts à répondre à l’appel des autorités de la Transition pour une discussion avec elles. Je demande aux autorités de la Transition de prendre toutes les dispositions pour l’ouverture d’un dialogue politique destiné à examiner toutes les causes de l’instabilité de ce pays, à passer en revue toutes les conclusions des précédents dialogues afin d’élaborer une plateforme qui constituera la base d’un acte d’engagement de tous les acteurs politiques pour l’avenir de ce pays. Je le répète, ce pays va vers un naufrage dont il risque de ne pas se remettre si un sursaut national n’intervient pas. Il faut que la spirale de la violence s’arrête.

 
Je passe la parole à M. Charpentier et à M. Dieng. 


Le Représentant spécial adjoint, Georg Charpentier : 


Je voudrais brièvement ajouter, comme élément d’information, qu’au courant de ce mois de mars, les Nations Unies ont mis en place un mécanisme de recueil et de déboursement rapide de fonds, dans le but d’accélérer les engagements qui ont été faits par l’intermédiaire du Secrétaire général des Nations Unies. En effet, le constat est qu’il est difficile de concrétiser des engagements financiers pris de part et d’autre au bénéfice de la Centrafrique et des Centrafricains. Ce mécanisme a donc été mis en place pour faciliter le recueil de ces fonds et leur déboursement rapide. Je voudrais aussi réitérer l’appel lancé par le Représentant spécial pour un arrêt immédiat des violences à Bangui et à l’intérieur du pays, puisque ces violences récurrentes ont aussi une incidence sur l’accès des fonds. Parler de réhabilitation ou de relance économique -ce dont la Centrafrique a énormément besoin en ce moment-, devient beaucoup plus difficile sinon impossible à réaliser dans des conditions où il y a quotidiennement des actes de violence comme c’est le à Bangui et à l’intérieur du pays.

 

Le Coordonnateur humanitaire, Abdou Dieng : 

 

Mon intervention concernera le plan humanitaire. Comme vous le savez, nous bouclons aujourd’hui les 100 jours depuis que l’urgence a été déclarée en Centrafrique. Au mois de décembre 2013, la communauté humanitaire avait déclaré le niveau 3 de l’urgence en Centrafrique. Ce niveau est le plus élevé [dans la classification], et correspond à celui de la Syrie et du Soudan du Sud. C’est vous dire combien la communauté humanitaire est préoccupée par ce qui se passe aujourd’hui en Centrafrique. 100 jours après où en sommes-nous ? Comme l’a souligné le Représentant spécial, la violence continue, ce qui provoque des conséquences extrêmement graves sur les populations civiles. Nous avons en face un problème de protection des civiles qui nous préoccupe tous les jours. 100 jours après nous avons 600.000 personnes qui sont déplacées, c’est-à-dire des gens qui devraient être chez eux et qui n’y sont pas. Nous avons plus de 300.000 personnes qui ont fui le pays pour se réfugier dans les pays limitrophes. Nous avons plus de 100.000 personnes qui vivaient ici et comme des migrants, qui ont dû quitter le pays. Le compte fait plus d’un million de personnes. A côté de cela, nous avons environ 2.5 millions de Centrafricains qui ont besoin d’assistance.

 
Durant cette période, nous leur avons apporté de l’assistance, que ce soit dans le domaine de la sécurité alimentaire, de la santé, des abris, de la protection, de l’eau ou de l’assainissement. Comme vous pouvez le voir, la situation n’est toujours pas encore sous contrôle. Nous avons aussi remarqué une régionalisation de la crise. Cette crise a affecté les pays limitrophes, particulièrement le Cameroun et le Tchad, où il y a énormément de réfugiés. Cela pèse assez lourd sur ces pays. Je terminerai en parlant des financements. Pour faire face à cette crise, l’on avait demandé 550 millions de dollars pour assister les Centrafricains. A ce jour, nous avons reçu 113 millions. Il nous manque encore 400 millions, et je profite de cette occasion pour demander aux bailleurs de fonds, qui s’étaient engagés pour aider les Centrafricains, à apporter leurs contributions pour que l’on puisse aider les Centrafricains. Je terminerai en disant que la saison des pluies démarre, et vous connaissez un peu comment, pendant la saison des pluies, le ravitaillement de la Centrafrique devient complexe. Tout ceci pour vous dire que la situation est encore très préoccupante.           

Je vous remercie. 



Questions/Réponses 

Radio Notre Dame au RSSG: On a vu dans certains pays, comme en Côte d’Ivoire ou en RDC, l’armée nationale a été mise à contribution pour le rétablissement de la sécurité dans ces pays. Concernant la République centrafricaine, on a l’impression que la question de la reprise effective de l’armée nationale pose toujours problème. Pourquoi la RCA fait-elle exception lorsqu’il s’agit de mettre l’armée à contribution pour le rétablissement de la sécurité ?

 
Babacar Gaye : Je vous remercie pour cette question parce qu’elle me donne l’occasion de faire une mise au point par rapport à des déclarations récentes qui ont été faites sur cette contribution des forces de défense et de sécurité. Si vous vous souvenez, dans cette salle, j’ai évoqué que la difficulté majeure de la Misca et de Sangaris pour sécuriser Bangui et le pays résidait dans l’absence de deux chainons manquants dans la chaine sécuritaire : la Police et la Gendarmerie, et la Justice centrafricaine. J’en profite pour vous faire savoir que dans la semaine à venir, nous allons exprimer notre soutien et notre confiance au Gouvernement de Transition dirigé par le Premier ministre, André Nzapayéké, sous l’autorité de la Chef de l’Etat, Mme Catherine Samba-Panza. Nous allons remettre au Gouvernement centrafricain des matériels, et nous allons présenter des travaux pour une valeur d’un milliard 250 millions de FCFA au profit de la Police et de la Gendarmerie. Il y aura 11 véhicules donnés pour chacun des commissariats de Police et de brigades de Gendarmerie de Bangui. Il y aura aussi du mobilier, du matériel électronique, et nous allons rénover ces brigades et ces commissariats. Nous sommes donc tout à fait partisans de la participation des forces de défense et de sécurité, à commencer par la Police et la Gendarmerie. S’agissant des Forces Armées centrafricaines, chacun sait les difficultés à laquelle ces forces ont été confrontées. Chacun sait aujourd’hui aussi la situation difficile dans laquelle ces forces se trouvent. Il est clair qu’un des chantiers majeurs de ce pays est celui de la reconstruction d’une armée républicaine, représentative de la Nation comme l’a dit le Conseil de sécurité. C’est un chantier difficile qui doit être parmi les questions à discuter dans le dialogue politique que nous avons appelé de tous nos vœux. Nous sommes partisans qu’il y ait une remise sur pied rapide de la Police et de la Gendarmerie, de ce qu’il y ait une remise sur pied de l’armée dans des conditions à discuter et à faire de manière à ce qu’elle contribue à une stabilité durable du pays. 

                
Radio ESCA au RSSG: Ma question est de savoir quand procèdera-t-on effectivement au désarmement du quartier Km5 par rapport à la Résolution 2127, concernant le mandat de la Sangaris et de la Misca, parce que ce secteur constitue le poumon économique du pays. J’interviens aussi par rapport à quelques dérapages du côté de la Misca qui ne fait pas son travail comme il se doit. Ils devraient être des forces d’interposition mais ils sont parfois à l’origine des tristes derniers évènements. Tout à l’heure, vous n’aviez pas fait mention des Séléka qui sont aussi, d’une part, responsables des violences actuelles, qu’en dites-vous ? Le Président sortant, Michel Djotodia, avait déjà dissout la Séléka mais à ce jour la communauté nationale et internationale continue de parler de la Séléka. De quelle Séléka s’agit-il ?

 
Babacar Gaye : La communauté internationale parle à partir des réalités qu’elle observe sur le terrain, quels que soient les noms qu’on donne à ces réalités. Pour l’instant, le nom que nous donnons à la Séléka est ex-Séléka. Vous-même venez de me dire pourquoi je n’ai pas parlé de la Séléka, c’est qu’ils existent. Nous ne pouvons pas ignorer leurs réalités mais nous les appelons ex-Séléka. Je n’ai pas évoqué la Séléka parce que dans les violences que nous observons aujourd’hui, elle a sans doute une responsabilité mais elle n’est pas aujourd’hui, à Bangui, un acteur majeur de ces violences. Peut-être qu’à l’intérieur du pays elle peut encore exercer certaines formes de violences dans les zones qu’elle contrôle, mais elle n’est pas aujourd’hui un des acteurs de ce que nous voyons à Bangui. Vous dites que la Misca est une force d’interposition mais en même temps vous faites référence à son mandat pour désarmer les populations. La Misca est-elle une force d’interposition ou a-t-elle un mandat de désarmement ? Le mandat qu’elle a reçu du Conseil de sécurité est un mandat en 4 volets, à savoir la protection des populations, la restauration de l’autorité de l’Etat, la contribution au DDR et à la réforme de l’armée et enfin celui de créer un environnement qui soit propice à la délivrance de l’assistance humanitaire. Par rapport aux violences au Km5, je viens de réagir en appelant à ce que chacun se ressaisisse, que les anti-balaka cessent les violences, que ceux qui ne sont pas contents présentent leur cahier de charge et que cela soit discuté dans le cadre d’un dialogue politique. C’est cela la solution actuellement, elle n’est pas la vindicte contre une communauté. Il faut que toutes les communautés aient leurs places dans un pays dont l’intégrité territoriale sera respectée. C’est ce à quoi nous appelons. 


Le Journal Agora au RSSG: Je me suis rendu compte que le pic de ces derniers jours est dû au fait que les gens sont toujours armés. Des civiles sont armés et s’attaquent aux deux communautés (chrétienne et musulmane). Face à cette situation, ne faut-il pas accélérer la mise en œuvre du processus du DDR ? Vu qu’il est actuellement question d’accélérer le décaissement des fonds en faveur de la République centrafricaine, ne faut-il pas apporter votre contribution dans ce sens pour que les hommes armés soient maitrisés et mis hors d’état de nuire. Par ailleurs, le Coordonnateur humanitaire vient de dire que nous bouclons les 100 jours du programme d’urgence humanitaire. Etant donné le bilan peu satisfaisant, que comptez-vous faire pour palier la misère dans le pays ?

 
Babacar Gaye : Le DDR n’est pas un processus de désarmement forcé mais un processus de désarmement volontaire. Cela signifie qu’il doit être précédé d’un accord politique entre les autorités et les groupes qui détiennent des armes et qui sont éligibles au DDR, laquelle éligibilité est à discuter entre les autorités et ceux qui financeront le DDR. C’est à la suite de cet accord politique que le désarmement interviendra, la démobilisation et la réinsertion dans les communautés d’origine. Raison pour laquelle, dans mes propos liminaires, j’ai appelé à l’ouverture de ce dialogue politique.

 
Georg Charpentier : Concernant les financements, nous faisons tout notre possible pour mobiliser au plus vite le financement lié à la stabilisation de la situation sécuritaire que l’on peut appeler DDR. Je voudrais faire un commentaire parce que je vous ai entendu parler de musulmans et de chrétiens. Personnellement je pense que c’est une connotation erronée de la crise, et il faut se rendre à l’évidence que ceux qui commettent les violences aujourd’hui sont des criminels et il ne faut pas les targuer d’une connotation religieuse. Cela devient une distraction confuse et dangereuse. 
        
Abdou Dieng : On a déjà fait le point sur les 100 jours parce que lorsque le niveau 3 avait été déclaré, c’était pour 3 mois. Après l’avoir passé en revue, la communauté humanitaire a décidé de faire une extension de cette période non pas de 3 mois mais pour 6 mois allant jusqu’au 15 septembre. Pendant ce temps nous allons continuer à assister les populations affectées par la crise. Comme disait le Représentant spécial, la solution réside dans l’arrêt des violences. Il faut sécuriser ce pays et que tout le monde rentre chez soi et reprenne ses activités économiques ou sociales. Le reste, tant qu’il y aura des populations qui vont souffrir de cette crise, la communauté humanitaire viendra à son chevet. Il faut arrêter les violences et se mettre sur des projets de développement et permettre aux paysans, la majeure partie de la population qui s’adonne à l’agriculture, de ne pas rater la saison agricole en cette période de saison de pluies. Si on manque cette saison agricole, cela veut dire qu’il faut encore toute une année de dépendance sur l’aide extérieure et il faut tout faire pour l’éviter en donnant des semences à des paysans pour permettre de pouvoir travailler mais la sécurité est la condition sine qu’anone pour y arriver.

 
VOA au RSSG: Il était prévue cette semaine une cérémonie de lancement officiel du processus de réconciliation nationale mais cette cérémonie a été annulée ou reportée. Pensez-vous qu’il y a eu assez de progrès dans la réalisation du processus de réconciliation ?

       
Babacar Gaye : Il y a une très claire conscience depuis le plus haut niveau de l’Etat jusqu’aux échelons communautaires d’un besoin de réconciliation et cela se traduit en une volonté politique clairement affirmée pour agir dans le domaine de la réconciliation. La première observation est que toutes les initiatives seront les bienvenues, qu’elles proviennent du parlement, des organisations non gouvernementales, des jeunes, elles sont les bienvenues. Deuxièmement, le gouvernement doit définir une stratégie pour cette réconciliation et dans laquelle chacun trouvera sa place. Laquelle stratégie pourra également attirer les financements de toute la communauté internationale qui, comme je vous le disais, est au chevet de la RCA. La dernière observation, en attendant la finalisation de cette stratégie et sa présentation au sein des différentes instances et sa dissémination au sein de la population, toutes les entreprises actuelles, même si elles n’apparaissent pas tout à fait coordonnées, sont à encourager. Je puis vous assurer que ce report de la cérémonie ne remet pas en cause la volonté politique mais apparait comme la volonté d’amener la stratégie à une meilleure maturation avant sa présentation. 


Radio Ndeke Luka au Coordonnateur humanitaire : Je voudrais vous signaler que certains observateurs ont remarqué que l’aide humanitaire peine à arriver dans certaines régions de la RCA. 


Abdou Dieng : En général, l’aide humanitaire arrive aux populations auxquelles elles sont destinées. Il y a des endroits dans le pays qui sont difficiles d’accès et il y a des endroits du pays où l’insécurité qui y règne fait que l’acheminement de l’aide devient problématique. Ce qui me ramène à ce que je disais tantôt et que le Représentant spécial disait aussi, il faut l’arrêt des violences de façon à ce qu’on puisse accéder à toutes les populations qui ont besoin de notre aide. Vous avez remarqué que dans les derniers jours il y a eu des attaques ciblées sur les humanitaires. Cela est aussi inacceptable. Des gens qui sont là pour aider les Centrafricains et qui se font attaquer, vous comprendrez que cela n’arrange pas les choses et nous en appelons, encore une fois, à l’arrêt de toutes ces violences aussi bien contre les civiles que contre les humanitaires.

 
Associated Press au RSSGPar rapport à ce que vous venez de développer, la milice anti-balaka constitue un obstacle, quelle mesure préconisez-vous pour maitriser cette milice et pour arrêter la spirale de violence ? 


Babacar Gaye : Je crois avoir répondu à votre question dans mes propos liminaires dans la mesure où j’ai dit qu’il fallait d’abord que ceux qu’on appelle aujourd’hui les anti-balaka et qui recouvrent plusieurs réalités cessent leurs opérations. Attaquer la maison d’une autorité qui a été tout à fait régulièrement élue, détruire sa maison, est un acte que rien ne justifie. S’il y a des revendications, ce n’est pas de cette manière qu’il faut les exprimer. Deuxièmement j’ai dit qu’il fallait que la Nation centrafricaine, dans toutes ses composantes, se ressaisisse sur cette question et qu’il fallait que le gouvernement ouvre un dialogue politique pour que toutes ses causes d’instabilité soient étudiées cela veut dire que, contrairement à ce que vous pensez, ce n’est pas sur la communauté internationale que je compte mais je compte sur les Centrafricains pour être au chevet de leur pays. Nous sommes là pour les accompagner. 

Réseau des Journalistes pour les Droits de l’Homme au Coordonnateur humanitaire: La saison des pluies actuelle a rendu très difficile la situation de la population sur les sites des déplacés. Avez-vous pensé à renforcer les programmes ? 


Abdou Dieng : Normalement, personne ne devrait vivre sur des sites. Avant le 05 décembre, tous les Centrafricains vivaient chez eux. On veut que les Centrafricains regagnent leurs domiciles et pour cela il faut, encore une fois, l’arrêt des violences. Les Centrafricains se retrouvent sur les sites à Bangui parce qu’ils ont peur. Ils ont peur d’être tués, ils ont peur d’être « machettés » comme on dit. On a pensé que peut être certains avaient vu leurs maisons pillées et qu’ils ne peuvent pas retourner pour le moment, nous sommes en train de travailler pour réhabiliter deux sites afin d’accueillir ces Centrafricains en attendant qu’ils puissent réhabiliter leurs maisons. La solution n’est pas de vivre sur des sites. Le site de M’Poko est un site invivable. Si les gens continuent à rester là pendant la saison des pluies, cela va être des maladies chroniques comme le choléra, ce qui sera encore une autre catastrophe humanitaire à laquelle la Centrafrique va faire face. Encore une fois, il faut l’arrêt des violences pour que les gens puissent tranquillement retourner chez eux. Pour ceux qui ne pourront pas réhabiliter leurs maisons, il y a des solutions transitoires qui sont prévues.     

:http://binuca.unmissions.org/LinkClick.aspx?fileticket=GXD44JRNcLY%3d&tabid=2876&mid=5201&language=fr-FR 

Verbatim de la conférence de presse conjointe du Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en RCA et Chef du BINUCA, le Général Babacar Gaye, du Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident et Représentant résident du PNUD, Georg Charpentier, et du Coordonnateur humanitaire, Abdou Dieng
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 03:42

 

 

 

 

par RFI   28-03-2014 à 00:01

 

A Bangui, la malnutrition infantile gagne du terrain. Les ONG comme Action contre la faim (ACF) ont mis en place des programmes pour venir en aide aux plus fragiles. Dans les centres de soins ou encore dans les sites de déplacés, les équipes dépistent les cas de malnutrition et viennent en aide aux familles. Reportage au PK12, à la mosquée de Bégoua, parmi les déplacés qui ont fui les violences.

 

A Bangui, chaque jour, des hommes sauvent des enfants. Une à deux fois par semaine, des équipes d’Action contre la faim (ACF) se rendent à la mosquée de Bégoua, au PK12.

 

« Nous sommes actuellement sur le site de la mosquée de Bégoua. Nos équipes viennent d’arriver ; on va commencer la mise en place de nos activités puis, très rapidement, les mamans vont venir apporter leurs enfants pour la prise en charge de la malnutrition », précise Nicolas Foux, responsable d’ACF en Centrafrique.

 

Dans un vieux bâtiment délabré, les équipes installent des nattes, une toise et un pèse-personne.

 

« Les enfants passent à la prise de mesures anthropométriques : poids, taille… Ensuite les enfants passeront à la consultation. S’il y a des médicaments à donner, on leur donne et après ils passent au niveau de la distribution du produit [du Plumpy nut, NDLR] et en même temps, on distribue aussi du savon », indique Jean-Claude Maolo.

 

Le Plumpy nut est une pâte nutritive que cette jeune mère tend à sa petite fille, faible et malade. « Elle s’appelle Khadija ; elle est malade ; fièvre avec palu et aussi des microbes », nous dit cette mère.

 

ACF prend aussi en charge l’aspect psychologique des mères traumatisées et des enfants blessés. Flore, une éducatrice, a donc apporté des jouets et elle apprend aux mères à recréer du lien à travers le jeu.

 

« Ce sont des enfants malnutris ; ils sont fatigués et on joue avec eux pour se détendre. Si on joue beaucoup avec les enfants, les enfants sont satisfaits », dit-elle. A la mosquée de Bégoua, 80 à 100 enfants sont pris en charge chaque semaine.

Centrafrique: la malnutrition infantile gagne du terrain à Bangui
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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 02:59

 

 

 

 

http://gabonreview.com/   par François Ndjimbi vendredi 28 mars 2014 à 4:41

 

 

Ali Bongo et François Hollande devraient se rencontrer à Paris, le 8 avril 2014, après une entrevue en groupe à Bruxelles en marge du 4e sommet UE-Afrique. La situation en Centrafrique en sera le principal mobile.

 

Ce n’est pas encore officiel, mais de bonne source, Ali Bongo devrait séjourner à Paris pour une visite de travail, du 7 au 9 avril, au retour du prochain sommet Union européenne-Afrique devant se tenir à Bruxelles, en Belgique, les 2 et 3 avril 2014. L’emploi du temps de l’escale parisienne comporte une rencontre, le 8 avril, avec son homologue français, François Hollande.

 

La situation en République centrafricaine devrait occuper une bonne place au menu des échanges entre les deux hommes.  Car,  un peu plus de trois mois après le lancement de l’opération française Sangaris visant à empêcher des massacres de populations civiles dans une situation que la Maison blanche avait qualifiée de «prégénocidaire», les choses semblent s’enliser et les 1600 soldats français envoyés à Bangui pourraient y rester beaucoup plus longtemps que les six mois prévus.

 

Si aujourd’hui, ces 1600 hommes se révèlent insuffisant pour stabiliser la situation, le contingent français devrait être soutenu par un renfort des soldats de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca). Ce n’est sans doute pas par hasard que la Belgique qui abrite le prochain sommet Afrique-UE, a affrété un avion C130 pour le transport, hommes et paquetages, de 48 soldats des Forces armées gabonaises (FAG) en partance pour Bangui où ils ont relevé des troupes de la Misca. A leur départ de Libreville, le 13 mars dernier, la présence de l’ambassadeur de France au Gabon, Jean François Desmazières, à la base aérienne Forces françaises au Gabon (FFG) a été fort remarquée aux côtés du ministre gabonais de la Défense, Ernest Pouho Epigat.

 

A la suite de cet embarquement, Catherine Samba Panda, président par intérim de la RCA, est arrivée à Libreville le 18 mars. Elle y a été reçue par le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo, par ailleurs président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac). Et dans la foulée, Toussaint Kongo-Doudou, ministre Centrafricain des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine et de la Francophonie, qui était présent à Libreville dans le cadre des travaux du Conseil des ministres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), a échangé, le 25 mars 2014, avec le Premier ministre gabonais, Daniel Ona Ondo. Ce ballet autour de Libreville ne saurait être fortuit, Libreville ayant toujours joué un rôle de premier plan dans les problèmes politiques de la RCA.

 

Idéalement placé au cœur du golfe de Guinée, Libreville, qui compte 1000 hommes des FFG, est un élément important de la stratégie militaire française en Afrique équatoriale, le point de départ ou le terminal de nombreuses opérations en Afrique centrale. La suite à donner à l’opération Sangaris passe donc nécessairement par le Gabon.

 

Le tout prochain sommet Afrique-UE de Bruxelles sera d’ailleurs l’occasion pour François Hollande d’organiser, en marge, le mercredi 2 avril à la mi-journée, un mini-sommet sur la Centrafrique avec plusieurs de ses homologues d’Afrique, en présence de Catherine Samba-Panza, chef de l’État de la transition en RCA, également convié aux cotés du Sud-africain Jacob Zuma, du Tchadien Idriss Déby Itno, du Congolais Denis Sassou Nguesso, et  bien entendu du gabonais Ali Bongo Ondimba mais aussi du Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Azziz, en sa qualité de président de l’Union africaine.

Ali Bongo, tout prochainement à l’Elysée
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 21:06

 

 

 

 

 

http://www.45enord.ca/   par Jacques N. Godbout le 27 mars 2014 à 13:46.

 

Le ministre canadien du Développement international, Christian Paradis, a annoncé un financement supplémentaire de plus de 11 millions de dollars pour répondre aux besoins généralisés en République centrafricaine où la situation humanitaire est tout bonnement catastrophique.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d’État en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane.

 

Le départ de l’ex président Djotodia, issu de la rébellion Séléka et contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à empêcher les tueries entre ex-Séléka et milices anti-balaka, a été suivi d’un exode des civils musulmans, essentiellement vers le Tchad et le Cameroun voisins, alors que que les musulmans centrafricains, éleveurs, marchands, négociants, étaient sans doute les citoyens les plus économiquement actifs.

 

En outre, les réserves alimentaires de la République centrafricaine sont presque épuisées, compte tenu des faibles niveaux de la production en 2013 qui a brusquement chuté après le début des troubles intérieurs en décembre 2012.

 

Les Nations Unies estiment que 2,5 millions de personnes, dont plus de la moitié de la population de la République centrafricaine, ont un urgent besoin d’aide humanitaire.

 

«Le Canada demeure profondément préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire en République centrafricaine, a déclaré le ministre Paradis. «La situation s’est dégradée à un rythme alarmant, de nombreuses régions du pays ont été dévastées par la violence depuis le début de 2013 et des centaines de milliers de personnes ont été déplacées. Le Canada fournira une aide humanitaire supplémentaire à des partenaires de confiance qui travaillent sur le terrain pour les aider à répondre aux besoins urgents et à sauver des vies», a dit le ministre.

 

Au cours de 2013, le Canada a versé près de 7 millions de dollars en aide humanitaire pour répondre aux besoins des populations touchées par cette crise. Cette somme a plus de doublé le total de l’aide humanitaire fournie par le Canada aux personnes touchées dans ce pays en 2012.

 

En 2013, le Canada se situait au sixième rang des pays donateurs d’aide humanitaire qui ont répondu aux besoins en République centrafricaine.

 

Le Canada avait déjà versé le mois dernier une contribution additionnelle pour répondre aux besoins humanitaires accrus des personnes touchées par le conflit et l’insécurité alimentaire en République centrafricaine (RCA).

 

Mesurée par habitant, l’aide humanitaire canadienne n’est toutefois pas excessive. Il y a peu, une étude de la Canada’s coalition to end global poverty, une coalition d’organisations cherchant à mettre fin à la pauvreté dans le monde, faisait état de dépenses en aide humanitaire par habitant de 10$ par personne comparées à une moyenne de 22 à 23$ par habitant pour les autres pays développés.

 

En aide humanitaire par habitant, le Canada est dépassé, non seulement par des pays comme l’Allemagne, le Japon, la France ou le Royaume Uni, mais aussi des pays comme la Norvège et le Danemark.

 

Mince consolation, les États-Unis sont, par habitant, encore moins généreux que nous.

 

Il faut aussi se rappeler que l’aide humanitaire classique s’inscrit le cadre plus large d’une réponse intégrée dans l’aide globale, la diplomatie et de la sécurité. Par exemple, contrairement à ce qui se passait jadis, le Canada contribue aujourd’hui à très peu de missions de maintien de la paix, même si, à l’époque de Lester B. Pearson, nous avons été en quelque sorte les «créateurs» des missions de maintien de la paix.

 

Quoi qu’il en soit, en Centrafrique, les besoins aujourd’hui sont partout et le financement de plus de 11 millions $ accordé aujourd’hui à des projets d’aide humanitaire dans ce pays sera réparti de la façon suivante: action contre la faim, 1 million $, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture 1 million $,Comité international de la Croix-Rouge, 3 millions $, Médecins Sans Frontières, 3 millions $, Bureau de la coordination des affaires humanitaires, 350.000 $, UNICEF, 1,5 million $, Programme alimentaire mondial, 1 million de $, Programme alimentaire mondial – Service aérien humanitaire des Nations Unies, 500 000 $

Le Canada accorde une aide humanitaire supplémentaire à la Centrafrique épuisée
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 20:56

 

 

 

 

27/03/2014 à 18:25 Par Jeune Afrique

 

Sans ressources, la Centrafrique ne peut plus payer ses fonctionnaires. Pour l'instant, seul le président congolais Denis Sassou Nguesso a effectivement contribué au budget du pays.

 

Comment réunir les fonds nécessaires au paiement des salaires des fonctionnaires (6 millions d'euros par mois) ? Largement privée de ressources fiscales et douanières, la Centrafrique continue de dépendre de la communauté internationale. Problème : entre la promesse d'une aide et son versement, il y a un pas qu'aucune institution n'a franchi. L'aide de 81 millions d'euros annoncée le 14 mars par l'Union européenne est par exemple ciblée et non budgétaire.

 

"À ce jour, seul le Congolais Denis Sassou Nguesso a versé de l'argent", assure une source diplomatique. Catherine Samba-Panza, la présidente, est donc contrainte de démarcher ses pairs de la sous-région. Le 5 mars, l'Angola lui a officiellement promis 10 millions de dollars, plus une rallonge de 20 millions sous forme de prêt. Et elle ne désespère pas d'obtenir une avance sur les fonds promis par la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac). Les 18 et 19 mars, à Libreville, elle en a parlé au président Ali Bongo Ondimba, qui, dit-on, se serait montré "réceptif".

Lu pour vous : Centrafrique : Samba-Panza appelle à l'aide
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 20:46

 

 

 

 

par RFI  27-03-2014 à 19:15

 

L’ancien président de Centrafrique, François Bozizé, et son fils Jean-Francis sont sur une liste de sanctions de l’ONU proposée par la France. Le Conseil de sécurité leur reproche de soutenir les anti-balaka.

 

François et Jean-Francis Bozizé font partie d’une liste de onze personnes que le Conseil de sécurité veut sanctionner. Les diplomates reprochent à l’ancien président centrafricain et à son fils d’organiser et de soutenir les milices anti-balaka et d’être un obstacle à une sortie de crise en Centrafrique. François Bozizé avait déjà fait l’objet d’une mise en garde par le Conseil de sécurité qui lui demandait expressément - dans la résolution 2134 adoptée le 28 janvier - d’empêcher les attaques de ses partisans contre les civils.

 

Cette liste n’est encore qu’une proposition, à l’initiative de la France. Une fois confirmées, ces sanctions prévoient un gel des avoirs financiers et une interdiction de voyager pour François Bozizé et son fils. Les autres noms sur la liste sont des responsables de la Seleka et des anti-balaka. Pour éviter une longue procédure devant le comité des sanctions de l’ONU, cette liste pourrait être directement attachée à la résolution sur l’envoi d’une force de casques bleus en Centrafrique dont le vote est prévu début avril.

Centrafrique: François Bozizé sur une liste de sanctions de l’ONU
Centrafrique: François Bozizé sur une liste de sanctions de l’ONU
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 16:24

 

 

 

 

(Jeune Afrique 27/03/14)

 

La présidente de la transition Catherine Samba-Panza a demandé publiquement le réarmement de l'armée, de la police et de la gendarmerie centrafricaine. Problème : la communauté internationale est loin de partager son point de vue.

 

Y aurait-il un début de tension entre Catherine Samba-Panza et la communauté internationale ? Pour la première fois depuis son élection le 23 janvier, la présidente de la transition a publiquement fait part de ses divergences avec la stratégie mise en place par ses partenaires extérieurs. C'est la question des Forces armées centrafricaines (Faca) qui pose problème.

 

"Dès mon élection, j’ai demandé le réarmement de nos militaires, de nos gendarmes et de nos policiers. Mais j’ai été confrontée à un refus poli de la part du Conseil de sécurité des Nations unies," a-t-elle déclaré mercredi 26 mars dans un discours à la nation.

 

Samba-Panza précise que "toutes les armes saisies par les Sangaris et la Misca (la force africaine) sont détenues par ces forces et n’ont jamais été restituées à la partie centrafricaine" et qu'elle a "saisi à plusieurs reprises le Comforce de la Sangaris et de la Misca à ce sujet". Sans succès donc. Pas étonnant sachant que la Misca comme les militaires français comptent détruire les stocks d'armes saisis.

 

Mise sous tutelle

 

"La question du réarmement de nos forces ne dépend pas que de moi. Je m’emploie tous les jours à convaincre nos partenaires extérieurs", poursuit-elle. Une confirmation, s'il en fallait, que la Centrafrique est proche de la tutelle.

 

Ce manque de marge de manœuvre rend la mission de Catherine Samba-Panza - conduire la Centrafrique à des élections libres - bien délicate. Et le temps presse. "Chaque jour qui passe nous enfonce encore un peu plus dans l'abîme", admet-elle.

 

Par Vincent DUHEM

Lu pour vous : Centrafrique : Catherine Samba-Panza plaide pour le réarmement de l'ensembe des forces armées
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 13:47

 

 

 

 

par RFI  26-03-2014 à 10:09

 

Depuis ce week-end, en trois jours, une vingtaine de personnes ont été tuées selon diverses sources. Médecins sans frontière dit avoir ramassé au moins 38 blessés dans les rues de Bangui. Les forces internationales sont intervenues pour démanteler des barricades érigées par des milices anti-balakas dans plusieurs quartiers de Bangui. Des échanges de tirs ont opposé les miliciens et les forces internationales.

 

Dans la moiteur d’une capitale écrasée à la fois sous la chaleur et la violence, les habitants de Bangui ont connu mardi 25 mars leur quatrième journée de tension consécutive. Depuis samedi dernier, les milices anti-balakas tirent  des coups de feu dans plusieurs quartiers de la capitale. Samedi, c’était au PK5. Lundi et mardi dans les quartiers combattants, Miskine et Gobongo.

 

Les anti-balakas ont dressé des barricades que les forces internationales ont démantelées. Mardi, encore des échanges de tirs ont opposé les militaires de la Misca aux anti-balakas. Tandis qu’un hélicoptère de la force Sangaris survolait les quartiers chauds.

 

L'implication des Burundais

 

Un responsable de la Misca accuse les anti-balakas de s’en prendre désormais ouvertement aux soldats africains et notamment au contingent burundais. Les Burundais sont devenus impopulaires aux yeux des plus radicaux qui font courir en ville les rumeurs les plus folles à leur sujet.

 

Pour les responsables de la Misca, si les Burundais sont impopulaires c’est qu’ils font leur travail, notamment aux abords de l’enclave musulmane du PK5 qu’ils protègent des miliciens et des pillards.

 

Globalement la Misca relève que les anti-balakas hésitent de moins en moins à s’en prendre aux contingents étrangers. Pour preuve dans la ville de Boali lundi, où un soldat congolais a été tué par les miliciens, portant à 21 le nombre de morts au sein de la force africaine.

 

Ce mercredi matin, Bangui se réveille dans le calme mais si chacun espère que le cycle de violence va s’arrêter, personne ne se risque à hasarder le moindre pronostic sur le déroulement de cette journée qui débute.

Nouvelle flambée de violence à Bangui
Nouvelle flambée de violence à Bangui
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 13:35

 

 

 

 

 

Jeuneafrique.com  26/03/2014 à 13:15 Par Vincent Duhem

 

La Misca (force africaine) a officiellement déclaré la guerre aux milices anti-balaka : elles sont désormais considérées "comme des ennemis", a déclaré mercredi le général Jean-Marie Michel Mokoko.

 

"Désormais, nous considérons les anti-balaka comme des ennemis de la Misca. Et nous les traiterons en conséquence". Mercredi 26 mars dans un entretien à la radio privée centrafricaine Radio Ndeke Luka, le chef de la Misca, le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko a été très clair.

 

"Ils se permettent de tirer sur des gens qui sont venus ici pour essayer de mettre un terme à cette crise au bénéfice du peuple centrafricain dont ils font partie", a poursuivi le général, ajoutant : "nous les tenons pour responsables des attaques ciblées qui ont visé nos éléments ces derniers jours".

 

Cette annonce, qui équivaut à une déclaration de guerre, est la conséquence directe du regain de violences constaté ces derniers jours à Bangui, où une vingtaine de personnes ont été tués.

 

Samedi et dimanche, des affrontements ont éclaté au PK-5 entre des groupes armés, opposant notamment des anti-balaka et des pillards à des musulmans encore retranchés dans ce secteur. Et dans la nuit de mardi à mercredi, des tirs sporadiques ont été entendus dans des secteurs de la ville où sont installés des anti-balaka, qui ont par ailleurs érigé des barricades sur certaines artères de la ville, perturbant la circulation.

 

Actes de destabilisation

 

Près d'un an après le coup d'État du 24 mars 2013 et plus de deux mois après le départ du chef de la Séléka, Michel Djotodia, les forces internationales ont donc un nouvel ennemi : des milices d'autodéfense peu à peu récupérées politiquement et dont une partie mène aujourd'hui régulièrement des actes de déstabilisation reproduisant par endroit les méfaits de la Séléka.

 

L'approche du gouvernement lui a valu d'être accusé de collusion avec les milices.

 

Cette faction - bien équipée, composée notamment d'officiers des Forces armées centrafricaines et d'ex-membres de la garde présidentielle -, a pour coordonnateur politique Patrice-Édouard Ngaïssona, 46 ans. Président de la Fédération centrafricaine de football (FCF) et ancien ministre de François Bozizé, Ngaissona est aujourd'hui en fuite.

 

Face à cette menace, les autorités centrafricaines, démunies de moyens financiers et militaires, tentent l'apaisement. Plusieurs leaders anti-balaka ont ainsi été nommés à des postes de responsabilités, comme le capitaine Joackim Kokaté (ministre Conseiller à la primature en charge du DDR, Désarmement, démobilisation, réinsertion), ou le commandant Charles Ngremangou (directeur de cabinet du ministre de la Défense). Ce dernier serait un collaborateur de longue date de Jean-Françis Bozizé, le fils de l'ancien président centrafricain, soupçonné par la France de manipuler les anti-balaka.

 

Une approche contestée par certains observateurs et qui a valu au gouvernement d'être accusé de collusion avec ces milices. "Comment expliquer que l'arrestation de Ngaïssona [un temps annoncée par la Misca, NDLR], tarde tant ? Ou que la petite dizaine de leaders anti-balaka arrêtés en février se soient si facilement évadés de la prison de Ngaragba ?", s'interroge un diplomate africain.

Lu pour vous : Centrafrique : comment lutter contre les anti-balaka ?
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