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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:35

 

 

 

 

 

LIBREVILLE, 12 mars -  Le Département d’Etat américain a remis dimanche dernier à Yaoundé 37 véhicules à la Mission internationale de soutien à la République centrafricaine (MISCA), annonce un communiqué de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun transmis  à la PANA.

 

Ce don fait suite à une demande urgente de la MISCA sollicitant un appui matériel pour renforcer ses efforts pour un retour à la  la paix et à la stabilité en République centrafricaine (RCA).

 

 Il est constitué de trois ambulances, d’un autobus, d’un camion-citerne et de 32 camions 4x4 pour une valeur totale de 2,4 millions de dollars.

 

 «Ce don est une preuve de la détermination des Etats-Unis à faire de l’Afrique un continent plus prospère et stable. Les Etats-Unis demeurent sérieusement préoccupés par les violences en cours en RCA et encouragent les efforts des Camerounais, Gabonais, Congolais, Equato-Guinéens, Rwandais, Burundais et des soldats français qui opèrent dans des conditions difficiles», indique le communiqué.

 

 La MISCA est une mission de maintien de la paix en RCA, décidée le 5 décembre dernier par le Conseil de sécurité des Nations unies sur la demande de la France.

 

 Elle succède à la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique et, à terme, son effectif devrait atteindre 6.000 hommes.

 

(Source  Pana).

Centrafrique : Les Etats-Unis offrent 37 véhicules militaires à la MISCA
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Centrafrique-Presse.com
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:28

 

 

 

 

 

http://www.jolpress.com/

 

Dans un rapport remis début mars aux membres du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a recommandé de déployer une mission de près de 12 000 Casques bleus (10 000 soldats et 1820 policiers) en République centrafricaine. Cette mission internationale, qui doit renforcer la sécurisation du pays, en proie à d’extrêmes violences depuis le coup d’État perpétré il y a un an contre l’ancien président Bozizé, est-elle souhaitable, alors que de nombreux Centrafricains attendent une reconstitution de leur propre armée ? Éléments de réponse avec Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, en charge de l’Afrique.

 

JOL Press : Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a recommandé la semaine dernière dans un rapport le déploiement de près de 12 000 Casques bleus en Centrafrique. Pourquoi souhaite-t-il l’envoi de cette mission onusienne ?
 

Philippe Hugon : La situation est loin d’être réglée en Centrafrique, où les musulmans de la Séléka [rébellion qui a pris le pouvoir en mars 2013] et les forces anti-balaka [milices d’auto-défense] s’affrontent. C’est évident que les forces africaines ou les forces françaises de l’opération Sangaris [sur place depuis décembre 2013] ne sont pas à même d’être des forces d’interposition suffisantes. De ce point de vue-là, il faut impérativement – et cela a été dit depuis longtemps – que les forces africaines s’intègrent dans les forces des Casques bleus. Les États-Unis sont quand même assez réticents, parce que cela a un coût financier, même s’ils se sont ralliés à la position de Ban Ki-moon. Il  y aura donc vraisemblablement l’envoi de Casques bleus à l’automne prochain.

 

JOL Press : Une mission de l’ONU serait-elle réellement efficace ?
 

Philippe Hugon : Le principal problème, c’est la reconstitution des forces de sécurité centrafricaines (l’armée, la gendarmerie et la police). Or il est évident que les forces étrangères, qu’elles soient bilatérales ou multilatérales, ne sont pas à même de remplacer les forces de sécurité nationales ni d’assurer totalement la paix. La situation actuelle n’est pas du tout calmée : le pays est scindé, de manière schématique, entre la Séléka qui contrôle l’est du territoire et les anti-balaka qui contrôlent l’ouest du pays. Ceci étant, les Casques bleus joueront un rôle absolument indispensable, celui de force d’interposition. C’est d’ailleurs ce qu’a dit le chef d’État, Madame Samba-Panza, qui a demandé d’urgence que des forces des Nations unies soient déployées dans l’espace centrafricain.

 

JOL Press : L’Union européenne doit également déployer une mission chargée de sécuriser l’aéroport et certains quartiers de Bangui. Pourquoi les pays européens, excepté la France, sont-ils si peu impliqués dans le pays ?

 

Philippe Hugon : Il se trouve que le rôle de « gendarme », accepté de fait par l’Union européenne, est assuré par une ancienne puissance coloniale : la France. Vu les drames humanitaires (1 million de Centrafricains sont réfugiés ou déplacés) et les exactions (plus de 2000 morts), il serait normal que l’UE en tant que telle intervienne et non la France. Mais on connaît la forte réticente d’un certain nombre de partenaires européens, à commencer par les Allemands, qui ne souhaitent pas intervenir dans ce qu’ils appellent le « bourbier africain ». Ils ont déjà accepté  d’intervenir au sein d’une brigade franco-allemande au Mali, en contrepartie de leur non-intervention en Centrafrique.

 

Les pays européens sont extrêmement en retrait par rapport à une question qui n’atteint pas leur sécurité proche. Peu d’Européens sauraient même définir ce qu’est la Centrafrique et où elle se trouve. Il y a un problème de culture et de méconnaissance des citoyens européens, ce qui n’est pas totalement le cas des anciennes puissances coloniales – l’Afrique est plus présente dans leurs connaissances et dans leurs représentations.

 

Le principe européen, tout à fait louable mais qui ne se traduit pas par une totale efficacité, c’est de dire : on finance et on appuie les troupes africaines mais la pax doit être africana et on n’a pas à intervenir directement. Il y a consensus sur l’idée qu’après 50 ans d’indépendance, c’est aux Africains d’assurer leur propre sécurité. Le problème, c’est que l’on voit très nettement que les forces multilatérales africaines n’ont pas une totale efficacité, pour ne prendre que le cas de la Centrafrique.

 

JOL Press : Pourquoi les forces africaines présentes sur place (la MISCA) ne parviennent-elles pas à maîtriser la situation ?

 

Philippe Hugon : Le Tchad a été partie prenante dans le conflit. Or lorsqu’un pays appuie une des forces présentes, cela ne permet pas à cette force de jouer réellement son rôle d’interposition. Par ailleurs, les forces veulent aujourd’hui s’interposer par rapport à une cristallisation des affrontements qui ont lieu selon des critères à la fois ethniques et religieux. Mais dans ces affrontements, les opérations doivent être de police ou de gendarmerie. Des opérations militaires ne peuvent aboutir à une sécurisation durable des personnes et des biens. Les troupes africaines de la Misca ne réussissent donc pas plus que les forces Sangaris.

 

Ensuite, il est évident que dans les forces de la Misca, certains pays d’Afrique centrale n’ont pas du tout les mêmes intérêts. Il est donc très difficile d’avoir des mandats extrêmement clairs, sans compter les problèmes classiques des armées africaines : manque de logistique et de commandement, formations militaires différentes... Il y a donc à la fois des causes qui tiennent à la situation en Centrafrique et des causes spécifiques aux forces multilatérales africaines.

 

JOL Press : Pour beaucoup de Centrafricains, la reconstruction d’une nouvelle armée nationale est primordiale pour assurer la sécurisation du pays. Cette reconstruction est-elle aujourd’hui possible ?

 

Philippe Hugon : C’est effectivement la priorité mais cela prendra énormément de temps. Reconstituer une armée signifie former, retrouver une hiérarchie, trouver des financements pour payer les militaires... Un des autres enjeux est de savoir si les ex-Séléka seront ou non réintégrés dans une armée nationale et à quel grade ceux qui ont été des opposants seront intégrés. C’est le problème classique de ce que l’on appelle le DDR (Démobilisation Désarmement Réinsertion).

 

Ainsi, non seulement la reconstitution d’une armée coûte cher, prend du temps et nécessite une logistique, mais en même temps se pose le problème de savoir que faire de ceux qui se sont opposés au pouvoir ou qui ont pris le pouvoir par les armes. C’est le cas de la Séléka qui a pris le pouvoir en Centrafrique en mars dernier en chassant Bozizé par les armes, et cette question reste très difficile à régler.

 

Propos recueillis par Anaïs Lefébure pour JOL Press

 

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Philippe Hugon est directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), en charge de l’Afrique. Consultant pour de nombreux organismes internationaux et nationaux d’aide au développement, il enseigne au sein du Collège interarmées de défense et l’IRIS SUP’. Il a par ailleurs enseigné au Cameroun et à Madagascar. Il est également directeur scientifique de la Revue Tiers Monde et chargé du chapitre « Afrique Subsaharienne » dansL’Année stratégique. Il a récemment publié une note sur « Les défis de la stabilité en Centrafrique ».

 

Centrafrique: une intervention des Casques bleus est-elle souhaitable?
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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:25

 

 

 

 

 

Par , publié le 

 

Genève - Une commission des Nations Unies va commencer à enquêter mardi en Centrafrique sur les violations des droits de l'Homme dans ce pays livré depuis près d'un an au chaos et aux tueries entre musulmans et chrétiens.

 

La commission, mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU et dirigée par le Camerounais Bernard Acho Muna, veut "mettre un terme à l'impunité" qui règne dans le pays. 

 

La Centrafrique est "un pays qui est en train de se vider de sa population musulmane", passée de 15% environ à 2% de la population totale, s'est alarmé lundi le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour la prévention des génocides, le Sénégalais Adama Dieng. 

 

Pour Bernard Acho Muna, juge à la Cour Suprême du Cameroun et ancien procureur en chef adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda, "un génocide commence toujours avec de la propagande incitant à la haine". 

 

"Nous espérons que notre présence et le fait que nous enquêtions soient un signal pour que les gens orchestrant la propagande ne passent pas à l'action", a-t-il déclaré. 

 

- 'établir les faits' - 

 

Depuis mars 2013 et le renversement de François Bozizé par la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia, des crimes massifs ont été commis, en toute impunité jusque présent, contre la population en Centrafrique. 

 

Ces crimes - meurtres, viols, vols, incendies d'habitations - ont été pendant des mois l'apanage des combattants Séléka (majoritairement musulmans), à Bangui mais aussi en province. 

 

L'émergence pendant l'été des milices d'auto-défense villageoises anti-balaka (majoritairement chrétiennes) a donné à ces crimes une nouvelle ampleur avec un cycle de représailles et contre-représailles menées par anti-balaka et Séléka contre les populations civiles, avec des massacres et des villages incendiés. 

 

Depuis décembre et les tueries de masse dans la capitale, les anti-balaka avec dans leur sillage des bandes de pillards s'en prennent systématiquement aux civils musulmans, contraints à l'exode, sur fond de "nettoyage ethnique" selon Amnesty International. Des bandes armées issues de l'ex-Séléka continuent elles aussi à semer la terreur dans des localités de province. 

 

Au total, les violences intercommunautaires ont fait des milliers de morts et un quart des 4,6 millions de Centrafricains sont déplacés, provoquant une situation humanitaire désastreuse. 

 

Parallèlement à la commission d'enquête de l'ONU, la Cour pénale internationale (CPI) s'est elle aussi emparée du dossier centrafricain. Le 7 février, le procureur de la CPI a annoncé l'ouverture d'un "examen préliminaire", préalable à une enquête, sur des crimes "graves" commis en République centrafricaine. 

 

Bernard Acho Muna a relevé que la situation en République centrafricaine "est unique, elle est caractérisée par l'effondrement de l'ordre public, le vide du pouvoir, l'absence d'autorités de police et judiciaires". 

 

La commission d'enquête est composée de trois personnes. Outre le président, elle comprend Fatima M'Baye, présidente de la commission mauritanienne pour les droits de la femme et vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme, et Jorge Castaneda, ancien ministre des Affaires étrangères du Mexique. 

 

Les enquêteurs doivent rester au total deux semaines en Centrafrique, dont trois jours à Bangui. Elle se rendra dans le pays "partout où c'est nécessaire pour établir les faits", a dit son président. 

 

Elle doit rencontrer les autorités gouvernementales, les autorités locales, les chefs de villages, les représentants d'ONG, les commandants des troupes françaises et de la Mission de l'ONU et de l'Union africaine, et se rendre dans les camps de déplacés et de réfugiés. 

 

Elle remettra un premier rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en juin prochain. 

 

Centrafrique: l'ONU commence son enquête sur les violations des droits de l'Homme
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Centrafrique-Presse.com
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 13:04

 

 

 

 

Par Sarah Diffalah  11-03-2014 à 10h35

 

Pour Toussaint Kongo Doudou, ministre des Affaires étrangères de Centrafrique, le pays connaît "une petite accalmie". Interview.

 

Le ministre des Affaires étrangères de Centrafrique, Toussaint Kongo Doudou, est reçu par son homologue français Laurent Fabius mardi 11 mars. Il a accordé au "Nouvel Observateur" un entretien pour évoquer la situation de son pays.

 

Vous revenez de New York où vous avez plaidé devant les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU en faveur du déploiement de casques bleus en Centrafrique. Une force de maintien de la paix qui ne sera pas sur pied avant l'automne. Trouvez-vous le temps long ?

 

- La formation d'une opération de maintien de la paix prend du temps. Il faut mobiliser les ressources, les troupes, les transporter et les envoyer en action. Ce que nous voulons, c'est que l'engagement se fasse maintenant et qu'une résolution soit votée courant mars, ce qui pourrait être le cas car il semble se dégager un certain consensus sur l'urgence de la situation.

 

Une fois, la résolution votée, l'ONU enverra une équipe préliminaire pour veiller aux questions de logistiques. Il faut réhabiliter certaines infrastructures comme les aéroports et les ponts pour faciliter le transport des soldats. Il faut mettre en place des escadrilles d'hélicoptères pour pouvoir établir le maillage de tout le territoire.

 

En renforçant les capacités opérationnelles de la force française Sangaris comme l'a décidé François Hollande et celles des forces africaines déjà sur place, la Misca, comme le souhaite le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, on pourra assurer l'intérim en attendant le déploiement de la force de maintien de la paix.

 

Quelle est la situation sécuritaire dans le pays ?

 

- Il y a une petite accalmie. Nous ne sommes plus dans les grands combats à l'arme lourde que nous avons connus au mois de décembre et qui ont fait 1.000 morts en un week-end. Dans la capitale, à Bangui, la situation est tendue mais la vie reprend un peu son cours. La force Sangaris est devenue plus percutante sur le terrain en s'attaquant aux groupes les plus extrémistes des "anti-balaka". Les ex-Seleka qui sévissaient après la prise de pouvoir de Michel Djotodia ont, pour la plupart d'entre eux, été cantonnés ou sont partis vers le nord.

 

Mais il y encore beaucoup d'efforts à faire. Il y a encore des tueries à l'arme blanche, des corps qui sont brûlés, mutilés. Ce qui nous inquiète le plus, ce sont les "anti-balaka" qui étaient au départ des groupes de paysans qui se défendaient contre les exactions des ex-Seleka et qui ont pris une ampleur inattendue. D'autres mouvements extrémistes, certains manipulés par des responsables politiques, d'autres liés au grand banditisme, se sont greffés à eux et ont contribué à l'amalgame entre les anciens Seleka composés majoritairement de musulmans et tous les musulmans du pays.

 

Justement, que sait-on des fidèles des anciens président, François Bozizé et Michel Djotodia, qui continueraient à soutenir chacun dans son camp, les milices à l'intérieur du pays ?

 

- Des écoutes ont confirmé que des proches de François Bozizé étaient en contact avec des éléments des "anti-balaka", avant même l'arrivée des Français, début décembre. On sait que l'attaque coordonnée du 5 décembre des "anti-balaka" était soutenue par des ex-Faca [Forces armées centrafricaines partisans de François Bozizé, NDLR]. Qu'on ne dise pas que ce sont les paysans qui se sont organisés pour attaquer au même moment à différents endroits de la ville de Bangui ! Nous n'avons pas de preuves pour dire que François Bozizé a donné des ordres directement mais il est en contact avec ces milices. Il n'est peut-être pas le seul mais nous n'avons pas les capacités d'enquête nécessaire pour le savoir.

 

Concernant Michel Djotodia, nous n'avons aucun élément sur lui pour l'instant. Il est tenu à la réserve au Bénin. Mais certains de ses généraux sont en fuite à l'étranger et nous restons vigilants pour qu'il n'y ait pas de déstabilisation de la part de ces personnes.

 

De nombreux anciens Seleka, qui refusaient d'être désarmés et cantonnés, se sont réfugiés dans le nord, leur fief. Craigniez-vous une partition du pays ?

 

 

- Il n'y aura jamais de partition, c'est clair. Ce qui nous inquiète le plus, ce ne sont pas ceux qui se sont réfugiés dans le nord car nous sommes ouverts à la négociation avec eux dans le cadre du programme de justice et de réconciliation. Ce qui nous fait peur, c'est que des zones de non-droit s'établissent au nord. La secte islamique de Boko Haram n'est pas loin, Aqmi non plus. Ils peuvent vouloir profiter de la situation, justifier la défense des musulmans victimes du conflit par des actions violentes et s'installer dans le nord. Il faut rappeler que les djandjawids [milices arabes du Soudan, NDLR] faisaient partie des mercenaires qui ont aidé Michel Djotodia à prendre le pouvoir. Si ces groupes s'installent au nord, ce sera irréparable.

 

Par ailleurs, le nord attire toutes les convoitises personnelles : il y a du pétrole, de l'or, des minéraux précieux. Nous ne voulons pas de seigneurs de guerre dans ces zones.

 

Selon vous, l'opération Sangaris a-t-elle les moyens de sa mission ?

 

- Imaginez un seul instant que l'armée française ne soit pas intervenue. Cela aurait été pire. Les populations se sentent en sécurité quand les troupes françaises sont présentes à leurs côtés. La France a eu le courage d'intervenir, elle agit avec les moyens qu'elle a, et cela a calmé les tensions. Les exactions se déroulent surtout à l'intérieur des quartiers et on ne peut pas mettre un homme de Sangaris devant chaque porte. Si un jour, il faut accuser quelqu'un ce n'est pas la France, mais le mutisme de la communauté internationale ces dernières années.

 

Selon le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, le pays est le théâtre d’un "nettoyage ethnique" frappant la minorité musulmane. Qu'en pensez-vous ?

 

- Il n'y a pas de guerre de religion en Centrafrique. "Purification ethnique" est un peu fort, nous n'en sommes pas là. Nous avons affaire à des extrémistes de tous bords qui ont utilisé la religion pour se repositionner politiquement et justifier la violence. Un chrétien ou un musulman ne découpe pas les gens à la machette.

 

Les auteurs des tueries pourront-il un jour être jugés ?

 

- Il ne peut pas y avoir d'impunité car c'est l'impunité qui a fait plonger la Centrafrique. La justice de notre pays n'est pas en état de fonctionner. Nos prisons ont été détruites, nous avons seulement réhabilité la prison de Ngaragba à Bangui pour contenir ceux qui continuent à commettre des exactions. Nous comptons beaucoup sur la communauté internationale et nous avons ouvert toutes nos portes à toutes les missions étrangères venues enquêter sur la Centrafrique, sans obstruction. Personne ne sera protégé.

 

Quelle sont les priorités de votre gouvernement ?

 

- Nous sommes un gouvernement de transition de la dernière chance. Nous devons organiser les élections qui doivent avoir lieu en février 2015, recréer l'état civil pour établir les listes électorales, rétablir la sécurité, gérer l'aspect humanitaire et les 100.000 réfugiés de l'aéroport de Bangui, rétablir l'autorité de l'Etat en nommant des préfets.

 

L'économie est moribonde. Quand nous sommes arrivés, il n'y avait rien dans les caisses de l'Etat, les fonctionnaires n'avaient pas été payés depuis plusieurs mois, la fuite des musulmans, qui tenaient la majorité des commerces, a provoqué l'effondrement du commerce. Les éleveurs Peuls ne font plus venir la viande car ils ont peur. La vie est devenue très chère. Heureusement, les troupes françaises et africaines sont parvenues un peu à protéger le corridor économique entre Douala au Cameroun et Bangui pour faire passer du ravitaillement. Les ex-Seleka avaient détruits les usines et les mairies.

 

Il faut remettre en état les services sociaux. A Bangui, il n'y a que deux hôpitaux mais ils ne répondent pas aux normes sanitaires. Dans certains d'entre eux, les patients sont soignés à même le sol dans la salle d'accueil. Si les écoles privées ont commencé à rouvrir, ce n'est pas le cas des écoles publiques. Les missions sont difficiles mais pas impossibles si nous avons l'appui de la communauté internationale pour créer le cadre nécessaire au règlement de nos problèmes.

 

Propos recueillis par Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur

CENTRAFRIQUE : "Il n'y aura jamais de partition" MAE Toussaint Kongo Doudou
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Centrafrique-Presse.com
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 12:43

 

 

 

 

 

http://www.jolpress.com/ 

 

Près d’un an après la prise de la capitale centrafricaine par les rebelles de la Séléka et la fuite du président François Bozizé, la Centrafrique peine à sortir du chaos. Malgré la nomination d’une nouvelle présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, la situation sécuritaire reste inquiétante. L’ONU, qui a commencé mardi 11 mars à enquêter sur les violations des droits de l’Homme dans le pays, devrait également envoyer à l’automne prochain près de 12 000 Casques bleus pour sécuriser le pays et soutenir le processus de transition politique.

 

Trois mois après le début de l’opération militaire Sangaris, menée par l’armée française en Centrafrique, la situation reste extrêmement instable dans le pays.

 

Les violences et les tueries intercommunautaires entre chrétiens et musulmans ont déjà fait plusieurs milliers de morts et poussé près d’un million de Centrafricains à fuir leurs habitations, soit près d’un quart de la population centrafricaine.

 

Nettoyage ethnique

 

Les milices anti-balaka, groupes d’auto-défense à majorité chrétienne opposés aux milices de la Séléka – à majorité musulmane et fidèles à l’ancien président Michel Djotodia – ont commis un véritable « nettoyage ethnique », selon un rapport d’Amnesty International rendu public en février.

 

Après le départ des rebelles de la Séléka, qui avaient pris le pouvoir en mars 2013 et renversé le président François Bozizé, et les massacres qu’ils ont perpétré contre les chrétiens dans leur fuite, ce sont les anti-balaka qui les ont remplacés.

 

« Dans l’ouest et le nord-ouest du pays, où les membres de la Séléka étaient très implantés, ce sont ces milices à majorité chrétienne qui ont occupé l’espace vide de pouvoir et ont décidé de faire partir tous les musulmans », expliquait à JOL Press la présidente d’Amnesty France, Geneviève Garrigos. « C’est là qu’a commencé le nettoyage ethnique, c’est-à-dire la volonté de faire partir [tous les musulmans] ou de les tuer pour faire fuir les autres ».

 

Le « cercle vicieux de la vengeance »

 

Massacres, villages brûlés, viols... Les exactions se sont multipliées, provoquant une véritable crise humanitaire dans le pays. « Nous avons demandé à ce que des enquêteurs des Nations unies soient envoyés sur place pour montrer que justice sera faite et pour que les Centrafricains n’entrent pas dans le cercle vicieux de la vengeance », indiquait encore Mme Garrigos, déplorant le manque de forces internationales déployées dans certaines villes du pays.

 

« Dès le début du conflit, nous demandions qu’il y ait une force de maintien de la paix envoyée en Centrafrique. Il n’y a pas assez de forces sur place, que ce soit celles de la Misca – les forces africaines – ou celles de l'armée française. Il est aujourd’hui très difficile de déloger les anti-balaka », expliquait la présidente d’Amnesty.

 

L’ONU commence à enquêter

 

Alors que les fonctionnaires centrafricains, qui n’avaient toujours pas perçu leur salaire depuis six mois, ont recommencé lundi 10 mars à être payés, le pays est toujours en proie au chaos. Mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU, une commission d’enquête a ainsi été chargée d’étudier de près les cas de violations des droits de l’Homme en République centrafricaine, où la guerre civile a multiplié les violences.

 

La Commission, présidée par l’ancien procureur adjoint du tribunal international sur le Rwanda – qui a connu un génocide sans précédent il y a vingt ans – souhaite « mettre un terme à l’impunité »dans un pays où l’État de droit n’existe plus. « En République centrafricaine, entre 80 et 90% de la population vit dans l’extrême pauvreté, et c’est cette extrême pauvreté qui pousse les gens à prendre parfois les armes pour résoudre des questions politiques », confiait à JOL Press le président du Collectif des Centrafricains de France, Sylvain Demangho.

 

La Commission d’enquête doit rencontrer les autorités centrafricaines (gouvernementales et locales) mais aussi des représentants d’ONG sur place et les commandants des troupes françaises et de la MISCA (la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine). Les enquêteurs se rendront également dans les camps de déplacés et de réfugiés avant de remettre au Conseil de sécurité de l’ONU un premier rapport au mois de juin.

 

12 000 Casques bleus envoyés à l’automne ?

 

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a par ailleurs remis début mars un rapport aux 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU demandant l’envoi de 12 000 Casques bleus en Centrafrique pour renforcer la sécurisation du pays et soutenir le processus de transition politique.

 

Si le déploiement de ces forces internationales ne devrait pas avoir lieu avant octobre prochain, la mission jouera « un rôle absolument indispensable, celui de force d’interposition »estime Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques, interrogé parJOL Press. Même si, selon le spécialiste, sans la présence de forces de police ou de gendarmerie, « des opérations militaires ne peuvent aboutir à une sécurisation durable des personnes et des biens ».

 

Ainsi, l’un des enjeux primordiaux mais complexes à réaliser pour reconstruire le pays sera la reconstitution d’une armée nationale, avec tous les obstacles que cela implique : formation des soldats, recherche de financements et engagement ou non des anciens rebelles de la Séléka. « L’armée actuelle est à genoux », expliquait à ce sujet M. Demangho« Il faudra reconstruire une armée nationale et patriotique, et ce que ne soit plus les milices qui jouent le rôle de l’armée. [...] Une fois l’armée reconstruite, il faut que cette armée soit républicaine et démocratique, qu'elle ne passe pas son temps à faire des coups d’État ».

Lu pour vous : Violations des droits de l’Homme en Centrafrique: l’ONU enquête
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Centrafrique-Presse.com
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 12:21

 

 

 

 

 

http://cameroonvoice.com/   12/03/2014 01:12:41

 

Des notes secrètes de l'ex-chef des services des renseignements adressés à Bozizé sont parvenues chez nos confrères tchadiens du site d'information Alwihda Info. Le chef des renseignements avait tout prédit sur la situation en Centrafrique, mais François Bozizé l'aurait négligé.


Dans cette note confidentielle à l'attention de Bozizé, le chef des renseignements évoque une"déstabilisation de Déby", "la guerre du Darfour", la normalisation des relations avec la France et un avertissement de méfiance de Bozizé envers Idriss Déby, le Président tchadien.

La source du document, Ali Ousman, genre de Snowden version centrafricaine, ancien rebelle de l'UFDR réfugié au Bénin après l'arrestation de son supérieur Aristide Briand Reboas, aurait emporté dans sa fuite un ordinateur contenant plusieurs documents secrets qu'il s'apprêterait à déclassifier

 

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PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE                    REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

 

                =-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=                                             Unité – Dignité – Travail

 

DIRECTION GENERALE DU BUREAU                                      =-=-=-=-=-=-=-=

NATIONAL  DE LA DOCUMENTATION                         

 

               =-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=

 

SECRETARIAT PARTICULIER                                            

              =-=-=-=-=-=-=-=-=-=-= 

N° _______ / PR/DGBND/SP/Février 2008

 

 

 

NOTE CONFIDENTIELLE A L’ATTENTION DU CHEF DE L’ETAT

 

I/ La déstabilisation manquée de Déby, la guerre du Darfour et les éventuelles conséquences sur la RCA :

 

J’attire l’attention du Chef de l’Etat sur des renseignements très inquiétants en ma possession. D’après mes renseignements, un contact très secret est formellement établi entre la coalition rebelle Centrafricaine Union des Forces Démocratiques du Rassemblement, et le mouvement rebelle UFDD du Général Mahamat Nouri qui a remporté plusieurs batailles contre l’armée Tchadienne, avant de gagner, en un temps éclair, la capitale Ndjamena le 02 février 2008 ; n’eut été l’entrée en action de l’aviation militaire Française que le Président Idriss Déby aurait été renversé à cette occasion là. Les renseignements sérieux en ma possession font état de ce que les chefs des mouvements composant l’UFDR ont négocié et obtenu de l’UFDD que ce mouvement tchadien composé de guerriers tchadiens, soudanais et de mercenaires puisse d’abord venir en Centrafrique prêter main forte à l’UFDR pour renverser le Président François Bozizé, et après plus tard, l’UFDD aurait une base arrière en Centrafrique, en plus de celle du Soudan pour prendre en sandwich les forces armées tchadiennes et renverser plus facilement le Président Idriss Déby. Des contacts sont même établis par l’UFDR avec des éléments qui ont fait la guerre du Darfour avec les djandjawids. Cette idée a été émise par Michel Djotodia, chef du Groupe d’Action Patriotique de Libération de Centrafrique (GAPLC) qui fait partie de l’UFDR. Les autres membres de l’UFDR, Abakar Sabone du MLCJ et Justin Hassan du FDC ont adhéré à cette idée. Ces renseignements constituent une alerte rouge, et nécessitent par conséquent une vigilance accrue de nos forces de défense et de sécurité, surtout à nos frontières avec le Soudan et le Tchad. Il faut y installer des bases militaires FACA en les dotant d’un équipement adéquat, pour surveiller et éventuellement enrayer les éventuelles attaques rebelles, et loin de Bangui. Si rien n’est sérieusement fait, il est à craindre que les rebelles Centrafricains soient appuyés par des mercenaires et islamistes pour venir prendre le pouvoir par coup d’Etat à Bangui.

 

De plus, on a découvert récemment en RDC des armes de fabrication américaine chez les rebelles de Laurent Nkunda, lesquels devaient s’en servir pour abattre le Président Joseph KABILA. C’est ce qui a expliqué l’absence de KABILA à la fête du 1er décembre 2007 à Bangui et au sommet de Lisbonne. Or, d’après les services secrets américains, ces armes avaient été données au feu Commandant Massoud pour combattre les Soviétiques à l’époque. Suite à la mort de ce dernier, les armes se sont retrouvées dans les mains des Talibans, ensuite au Soudan avant d’atterrir dans les mains de Laurent Nkunda. Ce qui confirme la présence d’Al Quaïda et des Salafistes au Soudan. Chose dangereuse pour la sécurité de l’Etat Centrafricain, car ces extrémistes peuvent à tout moment frapper dans la sous-région notamment en Centrafrique voisin pour installer un musulman à la présidence de notre pays.

 

II/ Le Président BOZIZE doit se méfier du Président Déby.

 

Le Président Déby a joué un rôle dans l’avènement du Président BOZIZE au pouvoir le 15 mars 2003. Le Président Déby a mis à la disposition de BOZIZE des troupes pour assurer sa sécurité personnelle et des troupes pour aider à sécuriser le territoire contre les différents mouvements rebelles qui écument les zones de Birao et du nord. Il estime que le Président BOZIZE lui est redevable et demeure son obligé. La visite du Président BOZIZE à Khartoum n’a pas été appréciée par Déby qui voit là une trahison de la part de son allié. En plus, le remplacement par des soldats sud-africains des éléments Tchadiens assurant jusqu’ici la sécurité personnelle du Président BOZIZE ne doit pas réjouir Déby qui perd beaucoup de son influence sur BOZIZE. Les rapports de force autrefois plus favorables à Déby semblent redevenir équilibrés. Et Déby doit en être offusqué et pourrait tenter de nuire à BOZIZE d’une manière ou d’une autre. Il faut faire attention.

 

La sécurité personnelle du Président BOZIZE doit être renforcée et assurée par des éléments Centrafricains de confiance. Les éléments Tchadiens qui protègent le Président Bozizé depuis le 15 mars 2003, à défaut d’être rapatriés, doivent être tenus à l’écart de la sécurité présidentielle, ou être cantonnés en provinces ou  autour de Bangui dans un rayon d’au moins 100 km.

 

III/ Le Président BOZIZE doit normaliser ses relations avec l’allié traditionnel Français :

 

Lors de la fête du 14 juillet 2007, il y’a eu un incident diplomatique entre la sécurité rapprochée du Président BOZIZE et le service de protection de l’Ambassadeur de France à Bangui. La responsabilité de cet incident diplomatique de nature grave est entièrement imputable à la sécurité présidentielle Centrafricaine et plus précisément à la protection rapprochée du Président François Bozizé, laquelle a gravement manqué de professionnalisme. Il est recommandé que le Président officiellement fasse parvenir au gouvernement Français et à l’Ambassadeur Français à Bangui, une note d’excuses.

 

Par ailleurs, dans l’affaire AREVA/TOTAL contre l’Etat Centrafricain, on a noté un manque de tact de la part des représentants et négociateurs de l’Etat Centrafricain ; les réclamations financières de la partie Centrafricaine vis-à-vis d’AREVA paraissent excessives et ne constituent pas une bonne chose, surtout si on tient compte de l’assistance multiforme que la France apporte depuis des décennies à notre pays. Il est souhaitable que le gouvernement fasse preuve de réalisme et revoie à la baisse ses conditions vis-à-vis d’AREVA car nous n’avons pas les moyens pour exploiter par nous-mêmes nos richesses. Les groupes étrangers qui viennent pour nous aider en ce sens doivent aussi trouver leurs comptes.

 

C’est une grosse erreur stratégique d’avoir choisi de signer les accords militaires avec l’Afrique du Sud ; c’est aussi une erreur d’avoir accepté la présence militaire Sud-africaine en Centrafrique. L’Etat Centrafricain ne doit pas oublier que la France nous a toujours prêté une assistance militaire multiforme pour combattre par exemple les zaraguina et lutter contre les rebelles etc. Ces relations avec l’Afrique du Sud sont donc incompréhensibles surtout qu’il ne faut pas oublier que c’est l’intervention de l’armée Française, le 30 novembre 2006, qui a pu stopper l’avancée vers la capitale Bangui des trois groupes rebelles fusionnés dans l’UFDR.

 

Fait à Bangui,  le 09/02/2008

 

Le Directeur Général du Bureau National de la Documentation

 

Aristide Briand REBOAS

Lu pour vous : Centrafrique : Un câble exclusif de l'ex service de renseignement de Bozizé
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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 11:36

 

 

 

 

 

http://survie.org/   le 12 mars 2014 (rédigé le 3 mars 2014) par Yanis 

 

 

Le terme de génocide revient de façon récurrente, notamment dans la bouche des responsables politiques français [1], pour qualifier la crise actuelle en Centrafrique. De même, est généralement reprise l’idée d’un clivage religieux. Des raccourcis simplistes qui servent essentiellement à des fins de communication politicienne.

 

Face à l’horreur des crimes commis en Centrafrique, il est tentant de faire appel à un terme fort, celui de génocide, pour caractériser la situation. Une erreur lourde de conséquences, puisque la base initiale du conflit n’est pas la volonté orchestrée d’exterminer de façon systématique une population.

 

L’objectif des rebelles séléka était de faire tomber Bozizé puis de se "payer sur la bête". Ce qu’ils ont fait, en commettant un grand nombre d’exactions, d’où une réaction des populations qui les subissaient. La réduction du conflit à une lutte interconfessionnelle par les médias, qui le présentent comme un affrontement entre chrétiens et musulmans, ne vient qu’après. À la base, les milices d’autodéfense appelées anti balaka, dites chrétiennes, s’en prennent aux populations dites musulmanes non pas du fait de leur religion mais bien parce qu’ils les accusent d’avoir soutenu les séléka. Le fait religieux n’est donc pas à la base le facteur qui motive les combats.

 

Musulmans mais pas seulement

 

Derrière le terme de musulman se cache en réalité une grande diversité de situations. Concernant Bangui, il s’agit principalement de citoyens centrafricains issus du nord du pays ou de ressortissants du Tchad et du Soudan. Comme cela correspond à la provenance de la majeure partie des membres de la Séléka, il est facile de faire l’amalgame, alimenté par les témoignages selon lesquels ces populations auraient été plus épargnées par les rebelles que les autres, voire qu’une partie les auraient ralliés et aidés. A cela s’ajoute une dimension économique : ces populations tiennent en grande partie des commerces, dont le pillage peut motiver les exactions dont elles font l’objet depuis le départ des séléka.

 

Concernant le nord-ouest du pays, la situation diffère un peu dans la mesure où le conflit actuel recoupe un conflit permanent et plus ancien. Dans ces régions vivent des éleveurs nomades Peuls (transhumant depuis le Tchad), généralement de confession musulmane, en conflit larvé avec les agriculteurs, qui les accusent de laisser leur bétail dévaster leurs cultures. Les milices anti­-balaka, initialement formées dans cette région, s’en sont donc prises aux Peuls en même temps qu’aux séléka. Là encore le conflit, présenté comme confessionnel, recoupe en fait des réalités socio­-économiques.

 

Calculs politiques criminels

 

Mais le ressentiment des populations ayant subi des exactions et l’existence d’enjeux économiques n’expliquent pas à eux seuls l’ampleur de la crise, qui est avant tout politique. À ce titre, il est important de noter que les milices anti­balaka représentent en fait une nébuleuse d’entités qui ne poursuivent pas nécessairement les mêmes buts. Il semble que l’on puisse distinguer trois groupes.

 

Tout d’abord, les milices d’autodéfense anti­balaka « originelles », qui se sont constituées à la base pour lutter au niveau local contre les coupeurs de route du nord­ouest du pays. Présentées comme chrétiennes, alors même que ses membres arborent généralement des amulettes issues de cultes animistes, ce sont elles qui ont commencé à s’opposer, à partir de début septembre 2013 aux exactions des rebelles séléka.

 

Ensuite, d’anciens membres de l’armée centrafricaine, les FACA, restés fidèles à François Bozizé et qui, selon l’État­-Major français, sont en partie responsables de l’attaque organisée sur Bangui le 5 décembre 2013 (Jeune Afrique, 27/12). Ils sont dirigés sur le terrain par Jean Francis Bozizé, le fils du président déchu et ancien parachutiste français qui fut ministre de la défense de son père. Dans l’espoir de permettre le retour au pouvoir du dictateur exilé, ses partisans peuvent jouer à fond la carte confessionnelle, dans un calcul politique criminel.

 

Enfin, des pillards profitant du désordre pour se constituer en bandes armées. Leur but à l’heure actuelle est de se faire reconnaître comme partie belligérante à part entière afin de pouvoir profiter du futur processus de désarmement, démobilisation, réintégration (DDR) (AFP, 10/02).

 

À ces trois mouvances peuvent s’agglomérer des citoyens lambda, cherchant à se venger des exactions qu’ils ont subies durant les mois qui ont suivi le renversement de François Bozizé. Comme souvent, l’analyse simpliste est dangereuse, puisqu’elle jette de l’huile sur le feu : la présentation des violences en un combat entre chrétiens et musulmans concourt, dans une dynamique de prophétie auto réalisatrice, à transformer ce cycle d’exactions et de représailles en un conflit inter-religieux.

 

Soupçons d’épuration ethnique

 

Mais, s’il n’y a pas de génocide, il semble par contre désormais que l’on assiste à une épuration ethnique dans le nord­-ouest du pays et à Bangui, les populations dites musulmanes fuyant les exactions des milices anti­-balaka : pas d’extermination organisée, mais des violences contre des boucs-­émissaires que les opérations militaires et l’agitation médiatique ne protègent pas.

 

On peut à ce titre s’interroger, comme le Dr Mégo Terzian de Médecins Sans Frontières, sur l’action des troupes internationales (la force française Sangaris et la force africaine MISCA), qui « regroupe des gens pour organiser leur départ vers d’autres pays au lieu de cantonner les milices » (Le Monde, 26/01).

 

Ce n’est pas la première fois que les troupes internationales sont pointées du doigt dans leur gestion de la crise. Ainsi Amnesty International a dénoncé le 12 février sur son site internet : « les troupes internationales de maintien de la paix se montrent réticentes à faire face aux milices anti­-balaka et ne sont pas assez réactives pour protéger la minorité musulmane menacée ». Mais du coté français l’heure est plutôt à la minimisation de la situation. Le général Soriano, commandant de l’opération Sangaris a ainsi estimé qu’« il n’y a pas de nettoyage ethnique dans ce pays » (Le Jdd, 24/02). Des déclarations dans la même logique que celles de François Hollande (AFP, 17/01) ou du chef d’état major français de l’époque, l’amiral Edouard Guillaud (Le Figaro, 3/02), qui annoncent un apaisement de la situation alors même que la presse rapporte quotidiennement des cas de pillages et de massacres (Le Monde, 17/01 et 3/02). La Croix Rouge centrafricaine rapporte ainsi avoir recueilli 1 240 cadavres à Bangui depuis décembre mais selon un responsable de cette organisation, le total des morts est sans doute bien plus élevé, certains corps disparaissant ou étant directement récupérés par les familles (AFP, 26/02). Un chiffre qui ne prend pas en compte les victimes récupérées par d’autres ONG humanitaires, comme Médecins Sans Frontières, et encore moins les meurtres commis en province.

 

Il n’est pas nécessaire de faire appel à l’image du génocide ou de réchauffer le mythe du choc des civilisations pour prendre la mesure du drame humain qui se déroule en Centrafrique.

 

Les thuriféraires de l’armée française n’en démordent pas : ni échec, ni erreur, l’opération Sangaris est exemplaire. «  Souvent accusée de jouer au gendarme de l’Afrique, elle se sera plutôt comportée cette fois comme un pompier » affirme ainsi Jean Guisnel, le journaliste Défense du Point (27/02). La complainte du pompier pyromane n’est pourtant pas nouvelle. Mieux, plutôt que de parler de la situation réelle, mesurons l’efficacité de nos troupes à l’aune de la propagande, c’est plus sûr : « le génocide tant redouté avant l’intervention française ne s’est pas produit ­ ce qui implique, ne l’oublions pas, que le déploiement français a évité le pire ». Voilà qui rappelle la blague du voyageur en train et de sa poudre contre les éléphants : « ­ Mais il n’y a pas d’éléphants par ici ! ­ C’est bien la preuve qu’elle fonctionne... » Sauf que Jean Guisnel ne plaisante pas.

Lu pour vous : Centrafrique : ni génocide, ni conflit religieux !
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 19:18

 

 

 

 

 

 

APA Malabo (Guinée équatoriale) 2014-03-11 13:18:23 -Le gouvernement de la Guinée équatoriale a décidé d’envoyer, pour trois mois, un nouveau contingent de 195 soldats en Centrafrique en remplacement des 200 hommes sur place depuis octobre 2013.


Le président Teodoro Obiang Nguema a présidé lundi au plus grand Camp militaire de Meñe Ela de Malabo la cérémonie d'adieu du nouveau contingent en partance pour Bangui. 


Le chef de l'état équato-guinéen a appelé les soldats de la mission de paix à la discipline et au respect de la hiérarchie durant leur séjour en Centrafrique.
Malabo n'a pas donné les raisons qui l'ont poussé à réduire le nombre de ces soldats ainsi que la durée de la troupe en Centrafrique 


Le ministre équato guinéen des affaires étrangères Agpito Mba Mokuy a exhorté les pays amis de la Guinée équatoriale lors d'une rencontre lundi 3 mars avec les ambassadeurs accrédités à Malabo que leur pays envoie des troupes supplémentaires en Centrafrique et qu'ils contribuent économiquement pour le retour de la paix en Centrafrique.


« Cette réduction du contingent équato-guinéen peut-être due au nombre encore insuffisant de soldats en guinée équatoriale disposant d'une formation insuffisante pour ce genre de mission» a estimé un coopérant militaire en poste à Malabo.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=510255#sthash.Lw5fPsFY.dpuf

Malabo réduit ses soldats déployés en Centrafrique
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 18:43

 

 

 

 

GENEVE, 10 mars 2014 (AFP) - Une commission des Nations Unies va commencer à enquêter mardi en Centrafrique sur les violations des droits de l'homme dans ce pays livré depuis près d'un an au chaos et aux tueries entre musulmans et chrétiens.

 

La commission, mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU et dirigée par le Camerounais Bernard Acho Muna, veut "mettre un terme à l'impunité" qui règne dans le pays.

 

La Centrafrique est "un pays qui est en train de se vider de sa population musulmane", passée de 15% environ à 2% de la population totale, s'est alarmé lundi le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU pour la prévention des génocides, le Sénégalais Adama Dieng.

 

Pour Bernard Acho Muna, juge à la Cour Suprême du Cameroun et ancien procureur en chef adjoint du Tribunal pénal international pour le Rwanda, "un génocide commence toujours avec de la propagande incitant à la haine".

 

"Nous espérons que notre présence et le fait que nous enquêtions soient un signal pour que les gens orchestrant la propagande ne passent pas à l'action", a-t-il déclaré.

 

Depuis mars 2013 et le renversement de François Bozizé par la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia, des crimes massifs ont été commis, en toute impunité jusque présent, contre la population en Centrafrique.

 

Ces crimes - meurtres, viols, vols, incendies d'habitations - ont été pendant des mois l'apanage des combattants Séléka (majoritairement musulmans), à Bangui mais aussi en province.

 

L'émergence pendant l'été des milices d'auto-défense villageoises anti-balaka (majoritairement chrétiennes) a donné à ces crimes une nouvelle ampleur avec un cycle de représailles et contre-représailles menées par anti-balaka et Séléka contre les populations civiles, avec des massacres et des villages incendiés.

 

Depuis décembre et les tueries de masse dans la capitale, les anti-balaka avec dans leur sillage des bandes de pillards s'en prennent systématiquement aux civils musulmans, contraints à l'exode, sur fond de "nettoyage ethnique" selon Amnesty International. Des bandes armées issues de l'ex-Séléka continuent elles aussi à semer la terreur dans des localités de province.

 

Au total, les violences intercommunautaires ont fait des milliers de morts et un quart des 4,6 millions de Centrafricains sont déplacés, provoquant une situation humanitaire désastreuse.

 

Parallèlement à la commission d'enquête de l'ONU, la Cour pénale internationale (CPI) s'est elle aussi emparée du dossier centrafricain. Le 7 février, le procureur de la CPI a annoncé l'ouverture d'un "examen préliminaire", préalable à une enquête, sur des crimes "graves" commis en République centrafricaine.

 

Bernard Acho Muna a relevé que la situation en République centrafricaine "est unique, elle est caractérisée par l'effondrement de l'ordre public, le vide du pouvoir, l'absence d'autorités de police et judiciaires".

 

La commission d'enquête est composée de trois personnes. Outre le président, elle comprend Fatima M'Baye, présidente de la commission mauritanienne pour les droits de la femme et vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme, et Jorge Castaneda, ancien ministre des Affaires étrangères du Mexique.

 

Les enquêteurs doivent rester au total deux semaines en Centrafrique, dont trois jours à Bangui. Elle se rendra dans le pays "partout où c'est nécessaire pour établir les faits", a dit son président.

 

Elle doit rencontrer les autorités gouvernementales, les autorités locales, les chefs de villages, les représentants d'ONG, les commandants des troupes françaises et de la Mission de l'ONU et de l'Union africaine, et se rendre dans les camps de déplacés et de réfugiés.

 

Elle remettra un premier rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en juin prochain. 

 

 

 

Mission d'enquête de l'Onu à Bangui contre la "propagande de haine"

 

PAR REUTERS | LUN, 10/03/2014 - 13:39

 

La commission d'enquête des Nations unies sur les violences en République centrafricaine s'est alarmée lundi du niveau atteint par la "propagande de la haine" entre ex-rebelles de la Séléka et miliciens anti-Balaka et son président, Bernard Acho Muna, a évoqué le précédent rwandais.


Des membres de la commission, mise en place en décembre par le Conseil de sécurité, quittent Genève ce lundi pour se rendre sur place. Ils entendront des chrétiens et musulmans victimes des violences.


Leur mission vise également à dresser des listes de suspects en vue d'éventuelles poursuites judiciaires.


Bernard Acho Muna a dit espérer que cette enquête servirait d'avertissement à ceux qui, dit-il, orchestrent la "propagande de la haine".


"Nous entendons nous aussi des informations sur un génocide. Mais une chose que je suis en mesure de vous dire du fait de mon expérience rwandaise, c'est qu'il ne fait aucun doute qu'une question de propagande est en cours, de propagande de haine. Et c'est habituellement un très mauvais signe lorsqu'ils disent propagande", a poursuivi le président camerounais de la commission d'enquête.


"Nous n'attendrons pas qu'un génocide soit commis pour déclencher des poursuites. Je pense qu'il est dans notre mandat de voir comment on peut enrayer cette progression vers un génocide."

L'ONU commence son enquête sur les violations des droits de l'homme
L'ONU commence son enquête sur les violations des droits de l'homme
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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 09:58

 

 

 

 

 

 

http://www.huffingtonpost.fr/  10/03/2014 11h38

 

Comme, il y a près d'un an pour l'opération Serval au Mali, et alors que l'opération Sangaris en RCA a été déclenchée le 5 décembre dernier, la représentation nationale a apporté son soutien, au prolongement de l'Opération (conformément à l'article 35 - alinéa 3).

 

L'UDI a certes voté oui. Mas un "oui, mais"... c'est à dire agrémenté de conditions, en premier lieu desquels, que l'engagement français débouche rapidement (d'ici cet été) au déploiement de casques bleus, d'ici à cet été, pour une force conséquente d'imposition de la paix "sous chapitre 7" de la Charte des Nations Unies."

 

Il convient ainsi de dire très clairement que ce n'est pas à la France de porter seule le fardeau de l'impuissance internationale. Ce n'est pas à la France d'être en première ligne sur toutes les crises qui parcourent le continent africain.

 

L'Europe doit aussi véritablement s'engager. L'ONU doit assumer sa "responsabilité de protéger" et s'en donner les moyens.

 

Bien sûr, nous nous réjouissons de l'envoi d'une force européenne (EUTM-RCA, dont le QG sera située en Grèce, à Larissa et qui sera dirigée par un général français, le général Philippe Ponties), initialement de 500 hommes portée à 1000, conformément à la dernière résolution onusienne 2134, votée en janvier dernier, néanmoins contingentés à une seule présence statique de protection de l'aéroport de Bangui.

 

Mais un acte politique fort, dans une opération de cette nature, ne saurait être seulement un acte symbolique tel que celui-ci. D'autant que cette force serait pour le moment composée pour grande partie nos amis Estoniens, Géorgiens et de quelques éléments, hongrois, roumains et polonais. Tous les grands pays européens en sont absents. L'UE, en réalité, ne nous suit pas !

 

Jean-Louis Borloo, il y a de cela quatre mois, avait appelé à la responsabilisation des Etats voisins et à l'Union Africaine, à la mobilisation de l'Europe et au rassemblement de la communauté internationale pour que le calme revienne rapidement et durablement dans cette partie de l'Afrique

 

L'engagement de l'armée française en République centrafricaine aux côtés des forces africaines de la MISCA, conformément à la résolution 2121 du Conseil de sécurité de l'ONU, était une décision extrêmement lourde et grave.

 

Il était impératif et urgent d'intervenir. C'était une obligation morale. C'était une nécessité humanitaire. C'était un choix qui a fait honneur à la France, parce qu'il était conforme aux valeurs universelles de notre pays.

 

Dans un contexte particulièrement difficile, bien différent de celui du Mali car avec aucun adversaire clairement identifié, c'est une mission particulièrement difficile que nos soldats assument avec courage, efficacité et lucidité. Au premier rang des troupes sur place, il y a eu le GTIA Amarante, composé de la 11ème brigade parachutiste et plus particulièrement du 8ème RIPMa de Castres qui, dès le début du conflit, a une fois encore, payé un trop lourd tribu. 


Bientôt un nouveau GTIA Savoie (composé des chasseurs alpins du 13ème BCA de Gap appartenant à la 27ème Brigade d'infanterie de montagne) le remplacera.

 

Néanmoins, les réalités s'imposent à nous et l'excès de mots se heurte à l'insuffisance des moyens. Il faut bien admettre que l'ampleur de la situation sur place a été initialement sous-estimée. Dès le début de l'intervention française, l'UDI, avait dit que nous y resterions plus longtemps que prévu et qu'il faudrait nettement plus d'hommes sur le terrain.

 

Les force Sangaris ne peuvent ainsi quitter maintenant la République centrafricaine qui ne dispose plus d'Etat, ni de services de sécurité...

 

Cette situation étant déjà très difficile et complexe, si les éléments de la force Sangaris qui occupent une place pivot d'appui à la MISCA se retiraient, la situation deviendrait catastrophique et chaotique.

 

Notre armée se trouve dans une situation de plus en plus intenable. Trop peu nombreux, nos soldats essayent, avec leurs moyens d'apaiser, un conflit aux multiples facettes, sans adversaire clairement identifié et face à une situation très versatile où le soutien aujourd'hui peut devenir l'adversaire de demain et vice-versa.

 

La tâche de nos soldats se révèle donc bien plus complexe que nous ne l'avions imaginée, et cette opération n'a rien à voir avec celle engagée au Mali. Centrée, aujourd'hui, sur des objectifs d'interposition, de désarmement et de gestion de foules, demain sur des missions de démobilisation et de réintégration des anciens belligérants (DDR) ainsi que sur la finalité de la réforme des systèmes de sécurité (RSS), la mission des Sangaris s'apparente davantage au Kosovo ; or l'OTAN y avait envoyé jusqu'à près de 60 000 hommes.

 

Les forces militaires dépêchées sur place sont notoirement insuffisantes : 2000 français - dont seulement 50 gendarmes - et 6000 africains de la MISCA, alors que les experts évaluent le besoin à 30 000 soldats pour stabiliser un pays de 623 000 km2 (France et Belgique réunis) où tout est en ruines. Même si évidemment la réalité tactico-opérationnelle et stratégique n'est pas la même, mais la RCA à peu ou prou la même superficie que l'Afghanistan : On ne peut pas ainsi pas "tenir" le pays avec 200 fois moins de soldats, si aguerris soient-ils !

 

La République centrafricaine est aujourd'hui plongée dans le plus sombre des chaos. L'Etat n'a plus de consistance. En réalité, il n'y a plus d'Etat : les fonctionnaires ne sont plus payés depuis cinq mois, la justice ne fonctionne pas, les prisons sont fermées. L'armée compte moins de 10000 hommes, dont 200 "opérationnels" sur le terrain, pour l'essentiel dans le sud-est du pays, "dédiés" aux côtés des forces spéciales américaines, à la traque des restes de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et de son chef charismatique et mystique, Joseph Kony. Sur Bangui, on ne compte plus que 6500 hommes, mais sans uniformes ni armes, ce qui démontre l'état de déliquescence des forces de sécurité dans le pays.

 

La France a une vocation universelle, certes. Mais elle n'est pas une puissance universelle. Elle n'a pas vocation à compenser l'impuissance internationale à elle seule. Elle a vocation à susciter l'élan collectif des Nations du monde.

 

La grande décision d'un grand pays comme la France, c'est le partage de la décision.

Il conviendrait ainsi de créer un fonds européen d'opérations extérieures pour des pays qui n'engagent pas d'hommes. C'était une des suggestions de Jean-Louis Borloo en décembre dernier, et une des 18 propositions du programme défense UDI, présenté en novembre dernier

 

Il faut ainsi prendre en compte le coût des OPEX, en temps de crise.

 

La LPM 2014-2019 a, du reste, prévu de réduire le pré-finacement des OPEX de 630 à 450 millions d'euros par an, alors que l'opération Sangaris aurait déjà couté près de 100 millions d'euros. A titre de comparaison, l'opération Serval a, quant à elle, d'ores et déjà couté 647 millions d'euros. La Loi de finance pour 2014 est venue confirmer que la prévision des surcouts OPEX pour 2013 serait estimée à 611 millions d'euros (hors surcoûts mentionnés précédemment liés au déclenchement en janvier 2013 de Serval).

 

Il est donc devenu urgent que la France propose une conférence internationale, mettant autour de la table, les principaux acteurs de la crise : les six pays frontaliers, notamment le Congo, le Tchad, le Soudan, ainsi que les voisins "impliqués" dans la crise, dont le Gabon, l'Ouganda et le Rwanda, à côté de l'UE, de l'UA, de l'ONU, des Etats-Unis et de la Chine, qui, chacun à des degrés divers porte en eux une part de responsabilité dans le déclenchement de la crise autant qu'ils offrent des alternatives crédibles à la sortie de crise.

 

Car, aucune sortie de crise et solution durable ne pourra être trouvée sans une réelle mobilisation des Etats voisins qui pour certains, de par le passé, ont trop souvent considéré la Centrafrique comme le ventre mou de la région au sein duquel ils ont exporté leurs propres problèmes, intérêts et contradictions intérieures.

 

Par Emmanuel Dupuy, Président du Club Défense de l'UDI et Philippe Folliot, Député du Tarn, chargé des questions défense au sein du contre-gouvernement UDI

Prolongation de l'opération Sangaris: que faire maintenant?
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