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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 00:26

 

 

L’ONU et les pays qui fournissent des contingents devraient s’assurer que les responsables d’abus rendent compte de leurs actes devant la justice

 

(Nairobi, le 4 février 2016) – Des Casques bleus des Nations Unies stationnés en République centrafricaine ont violé ou exploité sexuellement au moins huit femmes et jeunes filles d’octobre à décembre 2015, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Parmi les survivantes figurent une jeune fille de 14 ans et une jeune femme de 18 ans qui ont déclaré que les Casques bleus les avaient assujetties à un viol collectif près de l’aérodrome de Bambari, dans le centre du pays.

 

« Dans un pays où des groupes armés s’en prennent régulièrement aux civils, les Casques bleus devraient être des protecteurs et non des prédateurs », a déclaré Hillary Margolis, chercheuse auprès de la division Droits des femmes à Human Rights Watch. « Il ne suffit pas de renvoyer des Casques bleus dans leur pays. L’ONU doit insister pour que les pays d’où les troupes sont originaires traduisent en justice les auteurs de viols et d’autres d’abus, et pour que les survivantes puissent bénéficier du soutien dont elles ont besoin. »

 

Human Rights Watch a recueilli des informations sur les huit cas d’exploitation et d’abus sexuels perpétrés par des Casques bleus de la MINUSCA lors de recherches menées à Bambari du 16 au 30 janvier 2016. Seule une des survivantes avait reçu des soins médicaux ou psychosociaux, dispensés par l’hôpital de Bambari et par l’intermédiaire d’organisations non gouvernementales, avant son entretien avec Human Rights Watch.

 

Ces huit victimes ont toutes affirmé croire que les Casques bleus responsables étaient originaires de la République du Congo ou de la République démocratique du Congo. Un bataillon d’environ 800 militaires provenant de la République démocratique du Congo est déployé à Bambari et dans d’autres villes de la province de Ouaka. Entre la mi-septembre et la mi-décembre, un petit contingent de Casques bleus originaires de la République du Congo avait également été déployé à titre provisoire afin de protéger l’aérodrome de Bambari. Le déploiement des Casques bleus de la République du Congo correspond aux allégations d’exploitation et d’abus sexuels examinées par Human Rights Watch, la plupart de ces actes ayant été perpétrés dans l’aérodrome ou à proximité.

 

Une femme de 18 ans a déclaré que fin 2015, s’étant rendue dans la base située à proximité de l’aérodrome et où étaient stationnées des troupes originaires de la République du Congo, pour y chercher de la nourriture ou de l’argent, des Casques bleus armés l’avaient emmenée de force dans la brousse où ils lui avaient fait subir un viol collectif. « Je ne voulais pas avoir de rapports sexuels avec eux, mais quand je me suis rendue dans leur base, ils m’ont emmenée dans la brousse », a-t-elle déclaré. « Il y en avait trois sur moi. Ils étaient armés. Ils m’ont dit que si je résistais, ils me tueraient. Ils m’ont prise l’un après l’autre. »

 

Une jeune fille de 14 ans a déclaré qu’en novembre, deux Casques bleus l’avaient attaquée alors qu’elle marchait près de la base de la MINUSCA jouxtant l’aérodrome. « Les hommes portaient leur tenue militaire et ils avaient leurs fusils », a-t-elle expliqué. « Je suis passée à côté d’eux et soudain, l’un d’eux m’a attrapée par les bras et l’autre a déchiré mes vêtements. Ils m’ont traînée jusque dans les grandes herbes et l’un deux m’a tenu les bras pendant que l’autre me bloquait les jambes et me violait. Le soldat qui me tenait les bras a essayé de me bâillonner mais j’ai quand même réussi à crier. C’est pour cela qu’ils se sont enfuis avant que le second soldat ait pu me violer. »

 

Dans tous les cas d’exploitation et d’abus sexuels documentés par Human Rights Watch, les survivantes vivaient dans des camps de personnes déplacées internes à Bambari lorsque les exactions ont eu lieu. Plusieurs d’entre elles ont déclaré à Human Rights Watch avoir eu des rapports sexuels avec des Casques bleus en échange de nourriture ou d’argent, étant donné que le conflit qui perdure en République centrafricaine les a laissées dans une situation désespérée.

 

La politique de l’ONU régissant le comportement des Casques bleus interdit toute relation sexuelle avec des membres de la communauté locale. Human Rights Watch a rendu compte de ces cas à des représentants de l’ONU à Bambari et à Bangui quelques jours après avoir recueilli ces informations. L’équipe dirigeante de la MINUSCA, qui s’est engagée à empêcher et lutter activement contre l’exploitation et les abus sexuels, a immédiatement pris des mesures suite aux allégations, et des hauts fonctionnaires de l’ONU ont ouvert des enquêtes. Human Rights Watch a appris par la suite qu’un cas avait déjà été signalé à l’ONU et qu’une enquête avait été ouverte.

 

En vertu de l’accord signé entre l’ONU et les pays qui fournissent des contingents aux missions de maintien de la paix, c’est au pays qui fournit les troupes d’engager des poursuites judiciaires contre les soldats qui commettent des actes d’exploitation et d’abus sexuels. L’ONU peut renvoyer des contingents dans leur pays d’origine et leur interdire de participer à de futures missions onusiennes, mais elle n’est dotée d’aucune capacité indépendante pour les poursuivre en justice. Un rapport publié en 2015 par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) de l’ONU évaluant l’application par l’ONU de son règlement relatif à l’exploitation et aux abus sexuels a constaté que les pays fournissant des contingents ne communiquaient guère d’informations au sujet des procédures disciplinaires engagées dans les pays dont ces contingents étaient originaires.

 

Ce rapport indiquait également que l’ONU et les pays qui fournissent des contingents s’abstenaient de tenir les commandants pour responsables des actes d’exploitation et d’abus sexuels perpétrés par leurs contingents. Un examen indépendant consacré ultérieurement à l’exploitation et aux abus sexuels commis par les Casques bleus en République centrafricaine, publié en décembre 2015, recommandait que de nouveaux accords soient négociés avec les pays qui fournissent des contingents afin d’assurer des poursuites en justice, une transparence et une coopération aux processus de responsabilité.

 

L’ONU devrait s’assurer que les Casques bleus fassent l’objet de contrôles avant d’être déployés et qu’ils soient formés à la politique de zéro tolérance de l’ONU à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels, a précisé Human Rights Watch. Les États membres de l’ONU devraient par ailleurs veiller à ce que les équipes Conduite et discipline de la MINUSCA et celles du BSCI, en sous-effectifs, reçoivent les ressources nécessaires pour répondre aux cas d’exploitation et d’abus sexuels et d’autres crimes commis par le personnel de l’ONU. Human Rights Watch a exhorté la MINUSCA à s’assurer que sa réponse à l’exploitation et aux abus sexuels commis par les Casques bleus accorde un degré de priorité élevé à la sécurité et au bien-être des survivantes.

 

Il devrait notamment s’agir de veiller à maintenir la confidentialité afin de réduire le risque de stigmatisation, à minimiser la répétition du traumatisme imputable aux multiples entretiens et à permettre un accès rapide aux soins médicaux et psychosociaux. En juin 2014, Human Rights Watch a publié des informations sur les disparitions forcées de 11 à 18 personnes commises par des Casques bleus originaires de la République du Congo à Boali, ainsi que sur la mort sous la torture de deux autres personnes à Bossangoa.

 

À l’époque, les Casques bleus congolais étaient placés sous les ordres de la mission de l’Union africaine (UA) en République centrafricaine, la MISCA. Les contingents impliqués ont fini par être retirés, mais Human Rights Watch n’a pas connaissance d’enquêtes ou de poursuites en justice qu’auraient menées des autorités judiciaires en République du Congo en rapport avec ces crimes graves. L’ONU et les pays qui fournissent des contingents devraient prendre de toute urgence des mesures pour mettre fin à tout incident actuel d’exploitation et d’abus sexuels commis par les Casques bleus en République centrafricaine, et mettre en œuvre des dispositifs efficaces pour enquêter sur ces crimes, traduire en justice les responsables et fournir des services et un soutien aux victimes, a souligné Human Rights Watch.

 

« Il ne faudrait pas se contenter de renvoyer chez eux, sans engagement à l’égard de la justice, les Casques bleus qui violent, qui exploitent ou qui tuent », a déclaré Lewis Mudge, chercheur auprès de la division Afrique à Human Rights Watch. « L’ONU devrait tirer parti de toute l’influence qu’elle exerce sur les pays qui fournissent des contingents afin de s’assurer que ceux qui soumettent des victimes à des abus et ternissent l’image de l’ONU ainsi que sa mission doivent répondre de leurs crimes devant les tribunaux. »

 

Pour lire des informations détaillées sur les abus documentés par Human Rights Watch, veuillez voir ci-après.

 

Pour consulter d’autres communiqués et rapports de Human Rights Watch au sujet de la République centrafricaine, veuillez suivre le lien :

 

https://www.hrw.org/fr/africa/central-african-republic

 

Pour tout renseignement complémentaire, veuillez contacter :

 

À Londres, Hillary Margolis (anglais, français) : +1-917-385-4107 ou +44-7733-486-524 ; ou margolh@hrw.org.

 

Twitter : @hillarymargo À Nairobi, Lewis Mudge (anglais, français) : +254-700-657-569 (portable) ; ou +1-646-637- 3801 ; ou mudgel@hrw.org. Twitter : @LewisMudge

 

À Londres, Anneke Van Woudenberg (anglais, français) : +44-207-618-4786 ; ou +44-771-166- 4960 ; ou woudena@hrw.org. Twitter : @woudena

 

À New York, Philippe Bolopion (anglais, français) : +1-212-216-1276 ; ou +1-917-734-3201 (portable) ; ou bolopion@hrw.org. Twitter : @Bolopion

 

À New York, Sarah Taylor (anglais) : +1-212-216-1283 ; ou +1-917-257-8655 ; ou taylors@hrw.org. Twitter : @sarahwps

 

Informations détaillées sur les abus et témoignages de victimes Exploitation et abus sexuels commis par des Casques bleus à Bambari

 

Human Rights Watch a présenté des informations sur les cas suivants d’exploitation et d’abus sexuels commis par des Casques bleus de l’ONU fin 2015. Parmi ces actes figurent deux cas de viols collectifs, y compris d’un enfant ; quatre cas de viols, dont deux d’enfants ; et quatre cas d’échange d’actes sexuels contre de la nourriture ou de l’argent, dont un impliquait un enfant.

 

Deux des victimes de viol ont déclaré avoir aussi pris part à des rapports sexuels transactionnels, qui entrent dans la définition de l’exploitation sexuelle formulée par l’ONU. 1 er cas : Une jeune fille de 14 ans a déclaré que deux Casques bleus l’avaient attaquée en novembre alors qu’elle rentrait chez elle depuis la base de la MINUSCA située dans l’aérodrome.

 

Ces Casques bleus auraient été membres du contingent originaire de la République du Congo qui gardait l’aéroport. Elle a expliqué à Human Rights Watch : Les hommes portaient leur tenue militaire et ils avaient leurs fusils. Je suis passée à côté d’eux et soudain, l’un d’eux m’a attrapée par les bras et l’autre a déchiré mes vêtements. Ils m’ont traînée jusque dans les grandes herbes et l’un deux m’a tenu les bras pendant que l’autre me bloquait les jambes et me violait. Le militaire qui me tenait les bras a essayé de me bâillonner mais j’ai quand même réussi à crier. C’est pour cela qu’ils se sont enfuis avant que le second militaire ait pu me violer.

 

2 ème cas : Une femme de 30 ans a déclaré qu’en novembre, un Casque bleu l’avait violée à Bambari alors qu’elle coupait du bois dans la brousse jouxtant l’aérodrome : J’ai levé la tête et j’ai vu quelqu’un. Il était en uniforme, avec un fusil… Il m’a prise de force et m’a dit : « Nous allons avoir un rapport sexuel comme un homme avec sa femme. » J’ai eu peur et j’ai essayé de résister et il m’a donné un coup de poing au visage. Je suis tombée par terre derrière lui. Il a pris mes habits et a eu des relations sexuelles forcées avec moi… Depuis, j’ai peur d’aller dans cette partie du camp [de personnes déplacées]. Sur un plan émotif, j’y pense beaucoup. Nous avons fui pour venir ici [dans le camp de personnes déplacées]. Nous avons tout perdu.

 

3 ème cas : Une femme de 18 ans a déclaré que, fin 2015, des Casques bleus armés l’avaient emmenée de force dans la brousse où ils lui avaient fait subir un viol collectif alors qu’elle se rendait à la base des contingents de la République du Congo jouxtant l’aérodrome pour y chercher de la nourriture ou de l’argent. Elle a déclaré : « Quand une femme refuse [d’avoir un rapport sexuel avec] des militaires, ils disent que leur chef va arriver. Parfois, ils viennent en groupe et la violent. »

 

Quelques mois avant d’être violée, cette femme avait également eu des rapports sexuels avec des Casques bleus stationnés à l’aérodrome en échange de nourriture. Elle a indiqué : Avant, quand on y allait, il fallait avoir un rapport sexuel avant qu’on nous donne des choses… Ils nous demandaient d’aller dans la brousse et, une fois là-bas, ils nous demandaient de coucher avec eux… C’était toujours après le rapport sexuel qu’ils nous donnaient des choses.

 

4 ème cas : Une jeune fille âgée de 14 ans a déclaré que, fin décembre, elle marchait près de la base de la MINUSCA installée dans une ancienne usine de coton lorsqu’un Casque bleu originaire de la République démocratique du Congo l’a attaquée : J’étais sur un chemin de brousse, je venais de passer à côté de gardes de la MINUSCA lorsqu’un militaire m’a sauté dessus. Il était en uniforme comme les autres militaires de la [République démocratique du] Congo. Il avait son fusil avec lui. Il m’a giflée et obligée à continuer de marcher sur ce chemin… Nous avons marché pendant un moment, puis il m’a arraché mes habits et s’en est servi pour m’attacher les mains derrière le dos. Il m’a jetée par terre, a mis son fusil de côté et a grimpé sur moi pour me violer. Quand il avait terminé, il est parti, comme ça. J’ai dû me rhabiller et je suis rentrée chez moi… Cet homme devrait rendre compte de ses actes devant la justice.

 

5 ème cas : Une femme de 29 ans a déclaré qu’un militaire de la République démocratique du Congo l’avait violée en octobre 2015 : C’était un soir, je faisais ma toilette dans ma case. On a frappé à la porte et j’ai répondu que j’étais occupée. Mais un homme a dit : « Non, ouvre la porte… Je suis venu te voir. » Je l’ai ignoré, et je pensais quelques minutes plus tard qu’il était parti. Mais alors que je terminais ma toilette, il est entré. C’était un militaire de la MINUSCA, qui portait un casque bleu. Je lui ai demandé : « Que faites-vous ici ? » et l’ai prié de partir. Mais il m’a contrainte à avoir un rapport sexuel avec lui et, comme il était plus fort, je n’ai pas eu le choix. Cette femme avait également eu des rapports sexuels avec des Casques bleus de la MINUSCA en échange de nourriture et d’argent quelques mois plus tôt. Elle a précisé : Les conditions de vie dans le camp [de personnes déplacées] étaient précaires. Je ne savais pas quoi faire, alors j’ai commencé à avoir des rapports sexuels avec des membres des forces internationales. En échange, ils me donnaient du poisson, du poulet, de la confiture et du pain. Parfois, ils me donnaient entre 1 000 et 2 000 CFA (soit environ entre 1,60 et 3,30 dollars US)… Avant [le conflit], les choses n’étaient pas comme cela… J’ai dû prendre des décisions parce que la vie était si difficile, et j’ai donc choisi d’entamer ce genre de relations pour survivre.

 

6 ème cas : Une jeune fille de 16 ans a déclaré qu’un Casque bleu originaire de la République du Congo qui était stationné à l’aérodrome lui avait donné de la nourriture et de l’argent en échange de rapports sexuels d’octobre à décembre 2015. Elle a expliqué que des militaires avaient été les instigateurs de relations sexuelles avec elle lorsqu’elle-même et une amie s’étaient rendues à la base pour y vendre de l’alcool : « Je l’ai rencontré quand il était de garde à l’aéroport. C’est là que nous avons eu un rapport sexuel. Après cela, il venait dans ma case. » Elle a précisé que le Casque bleu lui donnait de la nourriture ou 1 000 CFA (environ 1,60 dollar US). Elle a ajouté que lorsque le conflit avait éclaté à Bambari, elle n’avait pas eu d’autre choix que d’aller s’installer près de l’aérodrome pour assurer sa sécurité et celle d’un parent handicapé. Une fois installée près de l’aérodrome, n’ayant pas les moyens de subvenir à leurs besoins, elle s’était dit que la seule chose à faire était d’échanger des rapports sexuels contre de la nourriture et de l’argent.

 

7 ème cas : Une femme de 18 ans a déclaré qu’en novembre, elle avait échangé des relations sexuelles contre de la nourriture et de l’argent avec des militaires dont on présume qu’ils étaient originaires de la République du Congo, et qui étaient stationnés à l’aérodrome. Ses amies, qui vendaient déjà leur corps en échange de produits de première nécessité, et un membre de sa famille l’ont encouragée à aborder le contingent car sa famille avait « des problèmes de nourriture et d’argent ». Elle a expliqué que ses amies lui avaient dit : « Au lieu de rester dans cette situation, tu devrais aller avec les Congolais, ils te donneront de l’argent pour nourrir ta famille. » Elle a affirmé : « Je me suis mis dans l’idée d’y aller. Je savais déjà qu’ils demandaient des rapports sexuels. J’ai dit à mes amies : ‘Bon. Mon père est mort, ma mère est morte. Je ne peux pas mourir moi aussi.’ J’ai suivi mes amies, et les choses qu’elles faisaient, je les ai faites. »

 

8 ème cas : Human Rights Watch a reçu des informations crédibles de sources multiples, y compris d’un parent d’une survivante, concernant le viol à la mi-novembre d’une jeune fille de 13 ans par deux Casques bleus de la MINUSCA près de l’aérodrome de Bambari. La fille a eu un rapport sexuel avec un Casque bleu en échange de nourriture, après quoi deux autres Casques bleus sont apparus et l’ont violée. Mesures prises par l’ONU pour lutter contre l’exploitation et les abus sexuels (EAS) Les actes que sont le viol, les rapports sexuels en échange d’argent, de marchandises ou de services et les rapports sexuels avec une personne de moins de 18 ans commis par des militaires de l’ONU, des membres de la police ou des civils sont considérés comme des actes d’exploitation et d’abus sexuels et sont interdits par l’ONU. L’ONU déclare appliquer une politique de zéro tolérance à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels.

 

En 2005, l’ONU a créé une unité « Déontologie et discipline » chargée de surveiller ce genre de problématiques au sein des missions de maintien de la paix. Le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) enquête, soumet des rapports et recommande des mesures concernant les abus qu’auraient perpétrés les Casques bleus de l’ONU. Mais la République centrafricaine ne compte qu’un seul BSCI temporaire chargé d’enquêter sur une multitude d’allégations. Les pays qui fournissent des contingents aux missions de maintien de la paix signent un protocole d’accord avec l’ONU qui énumère leurs obligations en matière de conduite et de discipline de leurs Casques bleus.

 

Tous les personnels de l’ONU doivent obligatoirement suivre une formation sur la question de l’exploitation et des abus sexuels dès leur arrivée au sein d’une mission. Les pays sont également tenus de dispenser, avant le déploiement des contingents, une formation sur la problématique de l’exploitation et des abus sexuels s’appuyant sur les directives de l’ONU. Si un Casque bleu est accusé d’exploitation ou d’abus sexuels, c’est à son pays d’origine qu’il revient en premier de mener une enquête. Sous réserve d’un accord, l’ONU et les pays qui fournissent les contingents peuvent mener des enquêtes conjointes.

 

Si le pays qui a fourni le contingent n’a pas donné de réponse dans les dix jours suivant la réception de l’information sur l’allégation, l’ONU peut ouvrir une enquête de son propre chef. Si une allégation est justifiée, des mesures disciplinaires—dont une poursuite en justice—sont déterminées par le pays d’origine du militaire. Les seules mesures que l’ONU puisse prendre directement se limitent à rapatrier les Casques bleus accusés et à leur interdire de participer à toute autre mission de maintien de la paix. Les pays qui fournissent des contingents doivent rendre compte à l’ONU du résultat des enquêtes, de toute mesure disciplinaire qui a été prise ou de toute condamnation qui a été imposée.

 

Si cette exigence n’est pas remplie, l’ONU doit assurer un suivi du dossier en adressant de nouvelles demandes d’informations à intervalles réguliers. L’ONU a récemment annoncé que les pays qui fournissent des contingents auraient désormais six mois pour conclure des enquêtes ou engager des poursuites.

 

Autres actes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des Casques bleus en République centrafricaine

 

En mai 2015, un rapport de l’ONU datant de 2014 a fait l’objet d’une fuite, détaillant des abus sexuels commis par des militaires français sur des garçons, dont certains n’avaient que 9 ans.

 

En août 2015, Amnesty International a allégué qu’un Casque bleu de la MINUSCA avait violé une fille de 12 ans à Bangui. Suite à plusieurs allégations d’exploitation et d’abus sexuels, le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé la démission de Babacar Gaye, alors chef de la MINUSCA, et rappelé la politique de zéro tolérance de l’ONU. Quelques jours plus tard, toujours en août, la MINUSCA a rendu publiques des allégations selon lesquelles des Casques bleus auraient violé trois femmes à Bambari, où étaient stationnés des contingents originaires de la République démocratique du Congo.

 

Le rapatriement de l’ensemble des Casques bleus de la MINUSCA originaires de la République démocratique du Congo est prévu pour février 2016 – ils ont échoué lors d’un examen interne de l’ONU qui visait à évaluer la qualité des équipements, les procédures de contrôle de sécurité des militaires et leur niveau de préparation. Début janvier 2016, la MINUSCA a annoncé qu’elle enquêtait sur des cas d’exploitation et d’abus sexuels découverts récemment dans le camp de personnes déplacées de M’poko, à Bangui, la capitale centrafricaine.

 

Parmi ces abus, qu’auraient commis des Casques bleus, figurent des attaques visant des enfants. Le 29 janvier, le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a confirmé que des cas supplémentaires d’exploitation et d’abus sexuels visant des enfants avaient été découverts. Ces attaques, dont la plupart ont eu lieu en 2014, auraient été perpétrées par des membres des forces françaises de l’opération Sangaris et des forces géorgiennes de la mission EUFOR.

 

Le 29 janvier, lors d’une conférence de presse, le secrétaire général adjoint Anthony Banbury a déclaré qu’en 2015, les allégations confirmées d’exploitation et d’abus sexuels se rapportant à des Casques bleus de l’ONU en République centrafricaine étaient au nombre de 22, sur les 69 cas confirmés à l’échelle de toutes les missions onusiennes. Banbury a précisé que le secrétaire général publierait en 2016 un rapport énumérant ces allégations.

 

Ce rapport indiquera les pays d’origine des contingents mis en cause, fournira des détails sur le statut des enquêtes et comprendra des mises à jour régulières. Autres abus commis par des Casques bleus originaires de la République du Congo Human Rights Watch a signalé d’autres crimes graves perpétrés par des Casques bleus originaires de la République du Congo lorsqu’ils étaient sous les ordres de la MISCA, la force de maintien de la paix de l’Union africaine.

 

Citons notamment la disparition forcée de 11 à 18 personnes à Boali le 24 mars 2014 et la mort sous la torture de deux prisonniers anti-balaka à Bossangoa le 22 décembre 2013. Le 22 décembre 2014, la Commission d’enquête internationale sur la République centrafricaine a publié son rapport en fournissant des informations détaillées sur sa propre enquête consacrée à la disparition des personnes à Boali qui avaient été détenues par des contingents de la MISCA originaires de la République du Congo. La Commission a conclu qu’elle estimait que l’affaire correspondait à la définition de disparitions forcées. La Commission a également signalé que les deux hommes issus de la milice locale anti-balaka, instaurée pour lutter contre la Séléka, à majorité musulmane, étaient morts dans des circonstances suspectes.

 

Le 5 juin 2015, le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a publié un rapport dans lequel il concluait que des contingents de la MISCA originaires de la République du Congo avaient commis des actes de disparitions forcées, de torture et de meurtres extrajudiciaires à Boali. Lors d’un autre incident, signalé pour la première fois par l’ONU le 10 juin 2015, après le transfert depuis la mission de l’UA vers la mission de l’ONU de contingents originaires de la République du Congo, au moins une personne a été tuée à l’extérieur de Berbérati, dans le sud-ouest du pays, suite à un recours à la force excessif de la part de contingents originaires de la République du Congo. Un groupe de militaires de la République du Congo a été renvoyé dans son pays après cet événement, mais l’ONU n’a pas précisé si les enquêtes nationales sur cet incident avaient progressé ou été conclues.

République centrafricaine : Des viols commis par des Casques bleus (HRW)
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Centrafrique-Presse.com
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 20:35
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

 

Les étudiants centrafricains maintiennent leur mouvement de grève

 

http://rjdh.org/ PAR NERVA NGANG NDOUNGA LE 4 FÉVRIER 2016

 

Les étudiants de l’Université de Bangui continuent de manifester  pour réclamer le versement de leurs bourses de l’année académique 2014-2015 et l’affichage de la liste additive des boursiers de la même année. Ils ont à cet effet érigé des barricades sur l’avenue des martyrs, empêchant ainsi la circulation sur cette voie.

 

Norbert Pounaba président de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA), a indiqué que le mot d’ordre de grève restera jusqu’à l’obtention de solution « depuis hier que nous menions des démarches nous n’avons eu aucune proposition concrète de la part des autorités de transition. Nous allons rester là jusqu’à ce qu’on nous dise quelque chose de concret », promet ce dernier.

 

Pour lui, il n’y a aucune manipulation « je tiens à rappeler que les étudiants centrafricains ne sont pas manipulés comme beaucoup le disent déjà. C’est une question de logique, ces derniers réclament seulement leur droit » a précisé Norbert Pounaba.

 

Edmond Yaouili, Directeur de Suivi-Evaluation et de la Documentation à la Direction Générale des Bourses et des Stages, a confié que le blocage au sujet de l’affichage de cette liste additive ne se situe pas à leur niveau « nous avons rassemblé tous les éléments qu’il faut, et on a monté une proposition d’arrêté ministériel qui est soumise à la signature du ministre en charge de l’enseignement et son collègue des finances. Ce document est parvenu au niveau des finances malheureusement en date du 24 décembre 2015, on a reçu une correspondance avec pour objet rejet. Motif, on nous dit c’est pour dépassement. Pour la direction du contrôle, on a dépassé les 600 000 000 CFA accordés aux étudiants centrafricains » a-t-il expliqué.

 

Ce mouvement de protestation a perturbé le  déroulement des cours sur le campus universitaire durant ces deux derniers jours.  La circulation est aussi perturbée sur l’avenue des Martyrs

 

 

Une présumée sorcière retrouvée morte dans les locaux de la gendarmerie de Kaga-Bandoro occupés par les Séléka

 

http://rjdh.org/ PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 4 FÉVRIER 2016

 

Une femme âgée d’environ 60 ans a été retrouvée morte dans l’enceinte de la Gendarmerie de la localité, lieu de détention des ex-séléka. L’acte s’est produit dans la nuit du 02 au 03  février 2016 au moment.

 

Selon les informations du RJDH, la dame est  incarcérée dans ces locaux suite à des accusations de sorcellerie. Le corps de la victime a été transféré à l’hôpital préfectoral de Kaga-Bandoro dans la mi-journée du mercredi 03 février 2016.

 

Cette dame, selon les témoins, est en détention depuis deux semaines à la gendarmerie, base des ex-séléka. Les éléments de l’ex-Séléka occupant les locaux de la gendarmerie sont mis en cause mais il n’a pas été possible d’avoir leur réaction.

 

De sources hospitalières, les clavicules de la victime sont cassées. Son corps porte plusieurs blessures, selon les mêmes sources.

 

Plusieurs présumés sorciers sont tués dans la ville de Kaga-Bandoro. Mais c’esy la première fois qu’une présumée est retrouvée morte au niveau de la base des ex-Séléka de la ville

 

 

OCHA Kaga-Bandoro assiste les déplacés de l’évêché et déplore la disparition de six enfants

 

http://rjdh.org/  PAR DANIEL NGUERELESSIO LE 4 FÉVRIER 2016

 

Les déplacés de l’évêché de Kaga-Bandoro, ont reçu de OCHA une assistance ce mercredi 03 Février 2016. Mais la représentation de cette organisation a déploré la disparition de six enfants après l’incendie qui a ravagé le site des déplacés de l’évêché de Kaga-Bandoro.

 

Ces déplacés ont eu des tentes communautaires et des couvertures tandis que les citernes d’eaux et les latrines  ont été réparées.  Il s’agit, selon Lucien Firmin,  chef de bureau OCHA de Kaga Bandoro, d’une aide d’urgence pour soulager les déplacés après l’incendie du 02 février dernier.

 

Le chef de bureau OCHA de Kaga Bandoro a déploré la disparition des enfants « six (06) enfants ont disparu au moment  où   l’incendie s’est déclenché. Ils ne sont pas encore retrouvés aujourd’hui. C’est une situation qui nous préoccupe», a –t-il  regretté.

 

Le délégué des ces déplacés internes se félicite de cette assistance « nous remercions  OCHA d’avoir volé à notre secours pendant ces moments difficiles », a-t-il fait savoir.

 

Rappelons que le site de l’évêché de Kaga-Bandoro a fait l’objet de plusieurs incendies. Le dernier est celui du mardi 02 février 2016 faisant une dizaine de blessés et de centaine de tentes brulées.

 

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Centrafrique-Presse.com
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 19:56

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

CP/SPK#005/2016

 

DE NOUVELLES ACCUSATIONS D’ABUS SEXUELS PORTEES CONTRE LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA

 

Bambari, le 4 février 2016 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a identifié sept nouvelles présumées victimes d’exploitation et d’abus sexuels à Bambari. Ces cas ont été portés à l'attention de la Mission le 21 janvier 2016 par une équipe de chercheurs de Human Rights Watch. L’équipe a communiqué cette information à la MINUSCA afin que des soins médicaux et psycho-sociaux soient prodigués aux victimes et afin que la Mission endosse toute sa responsabilité pour ces présumés crimes.

 

Dès qu’elle a pris connaissance de ces allégations, la MINUSCA a dépêché à Bambari un expert du Bureau des services de contrôle interne des Nations Unies (BSCI) pour une mission d’information. L’évaluation initiale du BSCI a fourni des preuves suffisantes qui confirment que cinq des victimes étaient mineures et avaient été victimes d'abus sexuels. Une adulte a été victime d'exploitation sexuelle. Le bureau n’a pas pu interviewer la septième présumée victime, qui serait également mineure. Enfin, une des allégations portée à la connaissance de la MINUSCA par Human Rights Watch est actuellement à l’étude.

 

Les soldats impliqués proviennent de la République du Congo et de la République démocratique du Congo. Leurs gouvernements respectifs ont été informés de ces allégations et ont été invités à mener des enquêtes. Les autorités centrafricaines ont également été informées.

 

En raison de la gravité de ces allégations et compte tenu des informations recueillies par la mission d’enquête préliminaire, les Nations Unies ont décidé de prendre des mesures immédiates, y compris le rapatriement des 120 soldats congolais qui ont été déployés à Bambari du 17 septembre au 14 décembre 2015. Ce rapatriement sera effectif après la conclusion de l’enquête. Dans l’attente, les soldats seront confinés dans leurs casernes.

 

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine et chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, s’est rendu aujourd’hui à Bambari avec une délégation de haut niveau. Il a exprimé son sentiment d’indignation et de honte, rappelant aux soldats que «l’exploitation et l’abus sexuel constituent une atteinte grave aux règles des Nations Unies et une violation des droits de l’Homme; un double crime qui affecte les femmes et les enfants vulnérables que vous ont êtes ici pour protéger ». Il a également abordé les cas d’exploitation et d'abus sexuels avec les communautés touchées et a recommandé en urgence des mesures supplémentaires d’atténuation.

 

Face au bataillon de la RDC qui est dans ses dernières semaines avant son rapatriement, le Commandant de la Force de la MINUSCA, Général Balla Keita, a exhorté les soldats à «s’honorer eux-mêmes ainsi que leur pays et le drapeau de l'ONU en observant les normes les plus élevées de conduite et de la dignité ».

 

S’adressant à la presse à la fin de la visite, le Représentant spécial a déclaré que la MINUSCA est «en position de combat ». Il a ajouté «qu’il ne trouvera le repos que lorsque ces actes odieux seront révélés, les auteurs punis, et que ces cas cessent ».

 

Il a enfin remercié tous les partenaires pour le rôle important qu’ils jouent en dénonçant ses allégations et en apportant des soins aux victimes. «Nous ne pourrons jamais gagner ce combat, sauf si nous travaillons ensemble » a-t-il ajouté.

 

DE NOUVELLES ACCUSATIONS D’ABUS SEXUELS PORTEES CONTRE LES CASQUES BLEUS DE LA MINUSCA
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 13:40

 

 

 

http://www.lequotidien.sn/ 04 Février 2016

 

Des policiers et militaires issus du Sénégal, de la République démocratique du Congo, du Maroc, du Niger et Bangladesh auraient violé des mineurs en Centrafrique, dans le cadre de la Minurca. Mais à en croire Oumar Mal, Directeur général de la Police nationale, les policiers sénégalais ne sont pas impliqués dans ce scandale. Le Dgpn, qui n’a pas précisé si le reste du contingent sénégalais est mêlé à cette affaire, soutient bec et ongles : «Aucun policier sénégalais n’est impliqué dans cette histoire.»

 

«Aucun policier sénégalais, je dis bien aucun policier sénégalais à l’heure où je vous parle, engagé dans le cadre de la Minurca, n’est impliqué dans une affaire sexuelle. Je le répète et je le maintiens. (…) Je ne veux pas dire que cela existe au niveau du contingent sénégalais dans son ensemble, mais au niveau du sous-continent sénégalais en Centrafrique, on ne pourra pas pointer du doigt un seul policier sur le théâtre des opérations», a informé le Direc­teur général de la Police nationale, Oumar Mal. Soutenant que les policiers sont des personnes comme tout le monde et qu’ils peuvent se retrouver dans de pareilles situations, le Directeur général de la police précise qu’il a reçu l’information «de sources sûres». 

 

Interpellé sur les 2 jihadistes arrêtés à Dakar, Oumar Mal renseigne que c’est la recherche de renseignements qui a conduit à leur arrestation. Ces déclarations ont été faites en marge de la cérémonie marquant la sortie de la 42ème promotion de la Police nationale et de la 30ème promotion de l’Administration pénitentiaire à l’école de police. Ainsi ils sont 20 commissaires, 10 élèves officiers, 114 élèves sous-officiers et 700 élèves agents de police à rejoindre les rangs de la Police nationale. Ces policiers ont partagé la formation avec la 30ème promotion de l’Administration pénitentiaire qui est composée de 5 élèves inspecteurs, 6 élèves contrôleurs, 40 élèves agents administratifs et 135 élèves surveillants de prison. 

 

Le commissaire divisionnaire de classe exceptionnelle, Ous­mane Guèye, directeur de l’Ecole nationale de la police et de la formation permanente, dira à l’attention des récipiendaires : «Votre engagement exige de vous de demeurer des hommes et des femmes de morale, imbus des vertus cardinales qui caractérisent notre Peuple que sont l’honneur, la dignité et le jom.» 

 

Il a, en outre, rappelé les exigences du métier. «Il exige également de vous un don de soi et un sens élevé du pouvoir au service de votre pays», a déclaré Ousmane Guèye qui a demandé d’observer une minute de silence pour la mémoire du commissaire de police divisionnaire, Alioune Mamadou Diène, qui, en sa qualité de chef de la division de la formation, a eu à conduire l’incorporation de l’ensemble des élèves de la présente promotion.

Lu pour vous : Soupçons de viols sur mineurs en Centrafrique : Mal lave bien sa police
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 12:33
Abdallah Kadre Assane limogé : les en-dessous

 

 

 

http://www.radiondekeluka.org/  mardi 2 février 2016 12:31

 

Abdallah Kadre Assane, ne fait plus partie du gouvernement de transition que dirige le Premier ministre Mahamat Kamoun. Il a été limogé de son poste de ministre des Finances et du Budget par le chef du gouvernement et le chef de l’État de Transition, Catherine Samba-Panza. 


Le décret de son limogeage a été lu à la radio nationale. Jusqu'à lundi matin, Abdallah Kadre Assane était encore au gouvernement de Kamoun 3. Depuis le régime l'ancien président François Bozize, il a changé plusieurs fois de portefeuille ministériel. D'abord, ministre du Plan et de la coopération internationale, il est passé par le département des Postes et télécommunications pour chuter au ministère des Finances et du Budget. 


Après son limogeage, les interrogations se multiplient. Nombreux sont ceux qui veulent savoir ce qui a motivé cette décision à seulement deux mois de la fin de la transition. Selon les indiscrétions qui fusent depuis ces derniers temps, le ton n'est pas au beau fixe entre Abdallah Kadre Assane et le Premier ministre Mahamat Kamoun qui ne voulait même plus le voir. Les mêmes indiscrétions font état des cas de détournements qui pourraient être l'une des raisons du limogeage de l'ex-patron du département des Finances. 


Abdallah Kadre Assane est le seul ministre des Finances qui depuis 1960 à ce jour, a apporté de profondes réformes comme la bancarisation qui a mis fin aux fonctions des « billeteurs » qui appauvrissaient les fonctionnaires et agents de l’état au plus bas salaire mensuel. L'ancien membre du gouvernement est ressortissant de l’Ecole Nationale de l’économie Appliqué (ENA) de Dakar au Sénégal. Il a poursuivi ses études supérieures au centre de formation des sciences économiques à Libourne en France. 

Le gouvernement nomme un nouveau ministre des Finances


Le ministre délégué aux Finances et au Budget, Célestin Yanindji, est nommé depuis hier lundi après-midi ministre en charge des Finances et du Budget de la République Centrafricaine. Il remplace à ce poste Abdallah Kadre Assane. L'information a été donnée sur les ondes de la radio nationale.

 
Célestin Yanindji est autorisé à prendre les rênes du ministère des Finances et du Budget aux termes d'un décret pris conjointement par le Premier ministre Mahamat Kamoun et le Chef d’État de Transition, Catherine Samba Panza le 1er février 2016. 

Le nouveau ministre des Finances et du Budget était entré au gouvernement Kamoun 2 en janvier 2015. Son accès dans le cercle fait suite à l'instruction de Mme Samba Panza de procéder à un réaménagement technique de l'équipe. Mr Yanindji était alors, ministre délégué aux Finances et au Budget.

 

 

NDLR : Les derniers jours de cette calamiteuse transition tournent au vinaigre. Ce brutal limogeage du sulfureux personnage d'Abdallah Kadre en est une preuve. Déjà en bozizie, il avait trempé avec Aurélien Zingas dans la disparition de la somme de 20 millions de F CFA due par le trésor à la société REGICA de Cyriaque Dussey. A l'entrée de Séléka dans Bangui, Abdallah Kadre s'est opportunément retrouvé avec des hommes armés au domicile du même Cyriaque Dussey pour tenter de s'emparer des véhicules de ce dernier. C'est grâce à l'intervention de Moussa Mohamed Dhaffane et ses hommes que les braqueurs ont été mis en fuite. Abdallah Kadre est le demi-frère du PM Mahamat Kamoun mais il est accusé de trahison et il lui est aussi reproché des cas de détournement et de mauvaise distribution des dons de matériel (motocyclettes et bicyclettes et autres ordinateurs et téléviseurs) effectué par certaines ambassades et organismes internationaux au gouvernement centrafricain. Même si ce n'est pas lui qui a mis le feu au ministère du budget, d'aucuns n'hésitent pas à faire le lien entre le limogeage de Kadre et l'incendie de ce ministère de la semaine dernière qui a vu disparaître certains documents importants. 

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 12:16

 

 

 

La Cour constitutionnelle de Transition  (CCT) dans sa décision n° 004/16 du 25 janvier 2016 RELATIVE A LA PROCLAMATION DEFINITIVE DES RESULTATS DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 30 DECEMBRE 2015 a décidé en ses articles 3 et 4 que les élections législatives du 30 décembre 2015 sont annulées dans leur ensemble et seront reprises en application de l’article 161 du Code électoral.

 

Aussi, en application de l’article 104 alinéa 3 de la Charte Constitutionnelle de Transition, le Conseil National de Transition (CNT) reste en place jusqu’à l’installation de l’Assemblée nationale élue, de sorte que l’hypothèse d’un vide juridique est écartée, à la condition que les élections se tiennent dans les soixante (60) jours.

 

  • Considérant que la décision de la Cour Constitutionnelle de Transition n’est susceptible d’aucun recours et que celle-ci s’impose à tout le monde y compris les pouvoirs publics ;
  •  
  • Considérant que la République centrafricaine, jadis havre de paix s’est confrontée ces dernières décennies à des crises récurrentes dont la principale cause sont les élections mal-organisées.
  •  
  • Considérant que le consensus est l’unique levier pour une transition apaisée par l’organisation des élections crédibles et transparentes avec l’acceptation des résultats par tous les acteurs politiques ;
  •  
  • Considérant que la date du 14 février 2016 fixée par l’ANE pour la tenue de l’élection présidentielle du deuxième tour et des élections législatives du premier tour ne permet pas à l’ANE de corriger les nombreuses irrégularités relevées par la Cour Constitutionnelle de Transition elle-même ;

 

Les participants à la réunion du Cadre de concertation convoquée ce jour 01 février 2016 en la salle de conférence de la Primature :

 

  • Prennent acte de la décision de la Cour Constitutionnelle de Transition ;
  •  
  • Dénoncent le manque de consensus conformément à l’article 26 du Code électoral sur l’élaboration du chronogramme proposé par l’Autorité Nationale des Elections (ANE) et entériné par le décret du Chef de l’Etat de la Transition.
  •  
  • Suggèrent le report des élections législatives dans un délai raisonnable en vue de donner plus de temps à l’ANE pour corriger les dysfonctionnements observés dans plusieurs circonscriptions électorale en RCA ;
  •  
  • Proposent la date du 28 février 2016 pour la tenue des élections législatives.
  •  

Fait à Bangui le 01 février 2016

RCA - Législatives : DECLARATION DES ENTITES COMPOSANT LE CADRE DE CONCERTATION
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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 11:34
Nouvelles nationales sur RJDH
Nouvelles nationales sur RJDH

 

Les étudiants en grève pour réclamer leurs bourses

 

http://rjdh.org/ PAR NERVA NGANG NDOUNGA LE 3 FÉVRIER 2016

 

Les étudiants centrafricains sont montés au créneau ce mercredi 03 février 2016 pour  revendiquer 9 mois d’arriérés de bourses d’études ainsi que l’affichage de la liste additive des boursiers. Ces derniers ont barricadé, à cet effet l’avenue des martyrs ce matin.

 

Nzannou Paterne, l’un des manifestants a avancé quelques raisons de leur mécontentement « c’est inadmissible, comment un Etat peut refuser de verser les bourses aux étudiants sous-prétexte que la caisse du trésor public est vide ? C’est du sabotage total, c’est pourquoi nous sommes là ».

 

Nobert Pounaba, président du Bureau Exécutif de l’Association Nationale des Etudiants Centrafricains (ANECA) trouve cette démarche légitime, car selon lui, les étudiants sont dépassés « les étudiants ont totalisé au moins un an d’arriérés  des bourses. Egalement, la liste des boursiers de l’année académique 2014-2015 n’ait été publiés que partiellement. Nous avions mené des démarches, on a touché toutes les instances, et je pense que les gens n’ont pas la bonne volonté  pour pouvoir sauver la situation. C’est pourquoi ces derniers estiment que trop c’est trop », a-t-il expliqué

 

Il a par ailleurs signifié que tant que ces revendications ne sont pas prises en compte, le mouvement va perdurer sur le campus « les étudiants centrafricains veulent seulement le versement total de leurs bourses et la publication de la liste additive de 700 étudiants boursiers qui ont été élagués. C’est un droit et le gouvernement doit prendre ses responsabilités sinon le mouvement va perdurer », a-t-il menacé.

 

C’est à l’issue d’une Assemblée Générale, ce mercredi matin que ce mouvement a été décidé. Rappelons que c’est la première manifestation organisée par le nouveau bureau de l’ANECA intronisé le 21 janvier dernier.

 

 

Les malades du virus Monkeypox à Bangassou sont guéris

 

http://rjdh.org/ PAR SANDRINE MBAGNA LE 3 FÉVRIER 2016

 

Aucun nouveau cas de malade à virus Monkeypox  n’est signalé actuellement à Bangassou, trois semaines après la découverte de la maladie dans la localité. L’information est confirmée au RJDH par le Médecin chef du centre de santé universitaire et hospitalier de Bangassou, Jean-Paul Ogbia.

 

« Tous les malades que nous avons reçus et qui ont été isolés au niveau de l’hôpital ici, sont guéris et ont déjà regagné leurs familles. Donc je peux vous confirmer que pour le moment, aucun cas de malade à virus Monkeypox n’est signalé à Bangassou », a relevé Jean-Paul Ogbia. Le médecin a évoqué, toutefois un cas suspect.

 

Jean-Paul Ogbia a annoncé l’arrivée d’une mission de vérification à Bakouma d’où est partie la maladie « les deux premières personnes qui avaient présenté cette maladie étaient venues de Bakouma. Nous allons organiser une mission de travail dans les prochains jours dans cette localité pour vérifier la situation dans la ville» a-t-il précisé.

 

Le centre de santé universitaire et hospitalier de Bangassou avait enregistré six cas en mois de janvier dernier.  Deux malades étaient morts et les autres sont guéris.

 

La maladie à virus  Monkeypox  a été détectée en 1970 en République Démocratique du Congo. C’est en 2001 qu’elle a été découverte en République Centrafricaine précisément dans le Mbomou.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 11:10
Elections en RCA : une seconde campagne qui coûte cher aux candidats

 

 

Par RFI  04-02-2016 Modifié le 04-02-2016 à 04:22

 

En Centrafrique, la campagne des élections législatives a démarré samedi, mais à Bangui, elle marche au ralenti. La décision de la Cour constitutionnelle de transition d'annuler le premier tour des législatives en raison de fraudes et d'irrégularités massives et de recommencer le vote le 14 février a surpris tout le monde, en particulier les candidats, qui doivent refaire une campagne de premier tour. Un surcoût imprévu et non sans conséquence.

 

Elvis Bindala est candidat dans le 6e arrondissement de Bangui. En décembre, sa campagne lui avait coûté 7 à 8 millions de francs CFA (entre 10 000 et 12 000 euros environ). S'il peut recommencer pour le 14 février, c'est grâce au soutien financier de l'un des finalistes de la présidentielle. « J’avais acheté des t-shirts pour faire ma publicité. (…) Pour les réunions, on ne va pas parler aux gens comme ça gratuitement, il faut aller voir le chef du quartier. Il faut aussi payer le carburant des voitures pour faire des caravanes, les locations de camions, tout ça », rappelle-t-il.

 

Tout le monde n'est pas dans ce cas-là. Marie Annick Service est candidate indépendante. Elle fait campagne avec ce qu'elle avait prévu pour un éventuel second tour. Mais ce qu'elle déplore, c'est la précipitation avec laquelle il a fallu se remettre en campagne. « On aurait pu au moins laisser trente jours aux candidats pour pouvoir essayer de se retourner un peu financièrement pour pouvoir préparer et battre campagne comme il faut, estime-t-elle. En ce moment, je suis en train de battre campagne avec mes propres moyens. »

 

Désistements

 

Au nord de Bangui, à Bégoua, Virginie Mbaïkoua, elle aussi, creuse le déficit. Mais elle voit cette nouvelle campagne de premier tour comme une chance. « J’essaie déjà de faire les secteurs où je n’ai pas pu aller au premier tour, explique-t-elle. Par contre, là où je suis déjà passée, j’envoie seulement mes représentants pour aller rassurer la population sur le fait que je me représente à nouveau parce qu’il y a beaucoup de désistements. Donc on essaie de s’en sortir. »

 

Le surcoût d'une nouvelle campagne et les ralliements ou alliances politiques devrait faire baisser le nombre de candidats aux législatives. Ils étaient près de 1 200 en décembre.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 11:00

 

NOTE D’INFORMATION

 

 

Bangui, le 3 février 2016 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) se félicite de l’avancée du dialogue intercommunautaire entre les populations des quartiers de Boeing et PK5 (sud de Bangui) en vue de la réouverture du cimetière musulman à Boeing, a indiqué le Porte-parole de la Mission, Vladimir Monteiro. Au cours du point de presse hebdomadaire de la Mission ce mercredi 3 février, le Porte-parole a annoncé que 200 jeunes issus de ces deux quartiers travaillent actuellement pour réaménager les 70.000m2 de ce cimetière.

 

“Il s’agit d’un signal très fort envoyé par les deux communautés en vue de la cohésion et de la réconciliation, et qui est le résultat d’efforts conjoints des responsables locaux, des autorités nationales et des partenaires (MINUSCA, PNUD, Ambassade de France). Cette activité matérialise une réelle cohabitation pacifique et donne à ces bénéficiaires l’opportunité d’avoir un travail et un revenu pour favoriser leur réinsertion et contribuer à la stabilisation de la communauté », a ajouté Monteiro.

 

Sur les élections, Vladimir Monteiro a informé que des rencontres ont eu lieu entre le leadership de la Mission, dans le cadre du G8-RCA, avec les acteurs politiques clés à Bangui, y compris le chef de l'Etat de la Transition, le Premier ministre du Gouvernement de transition, le Président du Conseil National de Transition, le Président de la Cour constitutionnelle ainsi que les candidats à la présidentielle. Ces contacts font partie des consultations permanentes entre la communauté internationale et les autorités et personnalités centrafricaines, en vue de la tenue d’élections crédibles, apaisées et ouvertes à toutes et à tous.

 

Les Nations Unies (MINUSCA et PNUD), en coordination avec leurs partenaires dont l’Autorité nationales des élections (ANE), poursuivent leur assistance notamment dans le domaine de la formation. Parmi ces formations, notons celle à l’endroit des formateurs nationaux de l’ANE et les coordonnateurs des Bureaux électoraux régionaux de l’Assistance électorale intégrée et qui a été essentiellement axée sur les aspects pratiques et la maîtrise du remplissage des documents électoraux, pour s’assurer que les formateurs nationaux soient à même de mieux restituer la formation au niveau des démembrements de l’ANE. Les formateurs nationaux ont été, depuis le 2 février, déployés dans les préfectures où ils formeront les démembrements (ALE et ASPE) les 5 et 6 février dans les chefs-lieux de préfecture. Ces démembrements devront à leur tour former, sous la supervision des formateurs nationaux, les membres de bureaux de vote.

 

Les activités de formation ont également touché 164 policiers et 148 gendarmes, avec pour objectif le renforcement des capacités des forces de sécurité intérieures afin de garantir la sécurité du scrutin du 2èmetour de l’élection présidentielle et du 1er tour des législatives. Cette session additionnelle s’est déroulée simultanément à Bangui, Bria et Bouar, les 2 et 3 février 2016.

 

En outre, les Nations Unies, le Cadre de Concertation et du National Democratic Institute (NDI) ont engagé des activités portant sur l’intensification de la campagne d’information et de sensibilisation sur le code de bonne conduite à Bangui et dans les préfectures ainsi que de la formation des représentants des candidats dans les bureaux de vote pour la surveillance des opérations de vote et de dépouillement. Les formations de représentants des candidats seront organisées à Bangui, Bangassou, Kaga-Bandoro et Paoua.

 

Concernant, la promotion et à la protection des droits de l’Homme, la MINUSCA a initié un échange avec le Rectorat de l’Université de Bangui en vue de la mise en place d’un Club de droits de l’Homme. Des ouvrages traitant des droits de l’Homme ont été remis à l’Université à cette occasion. Par ailleurs, dans le cadre de sa stratégie de lutte contre l’exploitation et les abus sexuels, la MINUSCA a rencontré le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui pour discuter sur la collaboration entre les Nations Unies, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme et les acteurs judiciaires nationaux sur les allégations d’exploitation et d’abus sexuels portées contre des fonctionnaires non onusiens.

 

Sur la situation sécuritaire, le Porte-Parole de la police de la MINSUCA, le Lieutenant Salifou Konseiga, a indiqué qu’elle reste calme malgré quelques infractions. La Police de la MINUSCA continue toutefois d’assurer la protection des populations civiles en collaboration avec les forces de sécurité intérieures. A cet effet, 10 véhicules destinés aux activités spéciales de police ont été mis à la disposition des équipes qui sont en colocation avec les FSI. Au chapitre de l’appui à la restauration de l’autorité de l’Etat, le Lieutenant Konseiga a annoncé le lancement des travaux de la réhabilitation de la salle d’audience du Palais de justice de Bouar. Ce chantier s’inscrit dans le cadre du programme des projets à impact rapide de la MINUSCA.

 

Pour sa part, le Porte-Parole de la Force, le Lieutenant-colonel Adolphe Manirakiza a annoncé que les mesures vigoureuses prises par la MINUSCA pour traquer certains malfaiteurs dans l’arrière-pays se sont soldées par une situation sécuritaire relativement calme sur tout le territoire. Ces mesures ont été particulièrement efficaces dans les préfectures de Mbomou, Haute-Kotto dans le secteur Est, Ouham et Ouham-Pende dans le secteur Ouest. En effet, des opérations sont en cours pour mettre hors d’état de nuire les éléments des différents groupes armés qui troublent la quiétude des populations civiles.

 

LA MINUSCA SE FELICITE DE LA POURSUITE DU DIALOGUE INTERCOMMUNAUTAIRE A BANGUI
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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 19:22
Lu pour vous : De l’Afrique au Moyen-Orient : les sales guerres de Hollande

 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/  Lutte Ouvrière n°2479  03 février 2016

 

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé dimanche 31 janvier qu’il souhaitait mettre fin à l’opération Sangaris en Centrafrique. « Je souhaite que cela soit fait au cours de l’année 2016 et qu’il reste sur le territoire de Centrafrique de petites unités, comme c’était le cas auparavant », a t-il déclaré, précisant que cela pourrait vouloir dire passer des 900 militaires français présents actuellement à 300. Mais il n’y aura pas moins de soldats français en Afrique ; ils seront sans doute seulement transférés sur un autre terrain.

 

Contrairement à ce que prétend Le Drian, ce n’est certainement pas les avancées de ce qu’il appelle le processus démocratique qui expliquent ce retrait partiel. Le 14 février aura lieu le second tour de l’élection présidentielle, où les Centrafricains auront à choisir entre deux anciens ministres des gouvernements précédents. Cette comédie électorale ne changera évidemment rien à l’état du pays, dont les habitants vivent terrorisés, coincés entre les diverses variétés de bandes armées qui rackettent et assassinent. Le fait que l’armée française ait réussi au fil des mois à sous-traiter la gestion de cette situation incontrôlable aux 10 000 membres des troupes de l’ONU permettra peut-être à ses soldats d’aller tuer et se faire tuer ailleurs, mais elle n’est en rien un signe d’amélioration.

 

Les terrains sur lesquelles l’armée française est en guerre n’ont cessé de s’étendre ces dernières années. L’intervention des troupes françaises au Mali n’a pas débouché sur leur retrait d’une région qui aurait été rendue sûre, mais au contraire sur leur déploiement dans les cinq pays du Sahel que sont la Mauritanie, le Niger, le Mali, le Tchad et le Burkina Faso. Au Moyen-Orient, les avions français ont commencé en 2014 à intervenir en Irak, avant de le faire en Syrie en septembre dernier. Ils y mènent actuellement chaque jour ce que les hommes politiques et les journalistes appellent des frappes, ce mot hypocrite créé pour tenter de masquer l’horreur de bombardements qui font peut-être plus de victimes parmi les populations civiles que parmi les combattants de Daech.

 

Enfin, une nouvelle guerre se prépare en Libye, comme si la catastrophe à laquelle a abouti celle de 2011 contre Kadhafi ne suffisait pas. L’impérialisme français est en guerre, non parce qu’il veut apporter la paix et la démocratie aux peuples, mais parce qu’il veut être présent, y compris militairement, là où il a des intérêts à défendre. Cela va du contrôle de son ancien empire colonial en Afrique aux tractations qui trancheront un jour l’avenir du Moyen-Orient et au partage des exploitations pétrolières en Libye. Dans tous ces pays, le gouvernement français, qui prétend intervenir pour défendre la paix, participe au contraire à la généralisation de la guerre. Sans parler du fait que cela lui permet en plus de vendre du matériel de guerre testé au combat, comme le mettent en avant les industriels de l’armement.

 

« La France est en guerre », disait Hollande après les attentats de novembre à Paris et Saint-Denis. Mais il n’y a aucune raison de soutenir cette politique.

 

Daniel MESCLA

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