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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 16:23

 

 

 

 

Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain

 

(MLPC)

 

    Bureau Politique

      Le Président

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

RELATIF A L’ASSASSINAT D’UNE JOURNALISTE FRANCAISE

 

 

 

C’est avec stupeur et consternation que le Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) apprend ce mardi 13 mai 2014 l’assassinat par balles de la photoreporter française, Mme Camille LEPAGE, dont le corps a été découvert  parmi quatre autres dans un véhicule conduit par des éléments anti-balakas dans les environs de la ville de Bouar par une patrouille de la force SANGARIS.

 

Ce crime odieux d’une extrême gravité dont les circonstances exactes restent à élucider, vient malheureusement rappeler s’il en est encore besoin, l’urgence et  l’impérieuse nécessité de procéder sans délai au désarmement général sur l’ensemble du territoire national de la République centrafricaine.

 

Que de vies humaines sont fauchées quasi quotidiennement par des bandits de grand chemin, sans foi ni loi, véritables ennemis de la paix, pour qui musulmans, chrétiens, humanitaires, journalistes ou simples citoyens n’ont aucune valeur. Rien, absolument rien ne saurait justifier une telle barbarie et violence aveugle.

 

Le  Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) :

  • Condamne avec la dernière énergie ce crime abominable, une fois de plus, d’une journaliste qui ne faisait que son métier, celui d’informer ;

 

  • Exhorte le Gouvernement de Transition, les forces nationales de défense et de sécurité ainsi que les autorités judiciaires de tout faire pour retrouver les auteurs de cet assassinat et les traduire en justice ;

 

  • Attire l’attention des plus hautes autorités de la Transition sur la nécessité de  ne pas succomber à la tentation de vouloir associer à tout prix à la gestion du pays les auteurs, co-auteurs ou complices de crimes gratuits qui ont délibérément choisi l’usage des armes pour semer le chaos et parvenir à leurs fins politiques ;

 

  • Rappelle une fois de plus aux forces internationales chargées de protéger les populations centrafricaines conformément aux différentes résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, de s’atteler résolument au désarmement des bandes armées criminelles qui continuent d’opérer impunément à travers le territoire national.

 

  • Présente ses condoléances les plus attristées à la famille de la défunte, à ses proches ainsi qu’à la profession, au Gouvernement et peuple français.

 

                                                      Fait à Bangui, le  14  mai 2014

 

                                                           Pour le Bureau Politique

 

                                                                       Le Président

 

 

                                                                       Martin ZIGUELE

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Centrafrique-Presse.com
14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 14:53

 

 

 

par RFI  14-05-2014 à 14:41

 

La Française Camille Lepage, 26 ans, photoreporter, a été tuée en Centrafrique. Elle aurait été vraisemblablement dans une embuscade. Elle avait rejoint, il y a une semaine pour un reportage, des miliciens anti-Balaka dans la région de Bouar. Son corps est arrivé ce mercredi matin au camp Mpoko à Bangui, la base des militaires de l’opération Sangaris.

 

Le corps de Camille Lepage est arrivé ce mercredi matin vers 10 heures au camp Mpoko de Bangui en provenance de la ville de Bouar, dans l’est de la Centrafrique. Il a été transporté à bord d’un avion CASA de l’armée de l’air française qui a fait l’aller-retour sur la matinée. La dépouille de notre consœur a été accueillie sur la base par le commandant de la force Sangaris, l’ambassadeur de France et le ministre centrafricain de la Communication. Puis le corps de Camille Lepage a été déposé sous l’une des tentes de l’infirmerie du camp Mpoko pour que les expertises puissent être effectuées en vue d’établir l’acte de décès. Il sera par la suite transféré à la morgue de Mpoko en attendant sa levée et le retour en France.

 

Les circonstances de sa mort restent floues

 

La plus grande prudence continue à s’imposer sur les circonstances de la mort de la jeune photoreporter. Les dix miliciens anti-balaka qui étaient à bord du véhicule où son corps a été retrouvé mardi ont été transférés sur Bangui. Ils se sont laissé désarmer sans résistance par une patrouille de la force Sangaris. Leur interrogatoire doit permettre d’y voir plus clair sur ce qui s’est réellement passé pendant ce reportage qu’elle effectuait donc aux côtés des anti-balaka. En France, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur sa mort, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

 

« C’est une jeune fille de 26 ans, qui était passionnée par son métier et par aussi, l’engagement qu’elle s’était donné. Son but, c’était vraiment de faire de la photo – parce qu’elle aime la photo – dans le cadre de son métier de photojournaliste, pour porter à la connaissance du monde des pays qui sont en conflit et qui ont des difficultés importantes et dont les médias ne parlent pas forcément beaucoup. Au Soudan du Sud, quand elle y est allée, il y avait déjà pas mal de difficultés. Et quand elle a décidé d’aller en Centrafrique, la situation était calme au mois de septembre – octobre, ça s’est vraiment dégradé après. Ce qu’elle voulait c’était vraiment faire des reportages de fond sur la vie des populations. Comment elles vivaient toutes les difficultés liées à la guerre, notamment la guerre interethnique et la guerre entre les religions. Le message qu’on peut quand même donner, et Camille l’aurait dit et redit, c’est que les journalistes continuent à faire ce travail qui est excellent, qui est exceptionnel, qui est à risques, mais il est nécessaire. »

 

Maryvonne Lepage mère de Camille Lepage

 

14/05/2014 - par Franck Alexandre

 

RCA: le corps de la journaliste Camille Lepage est arrivé à Bangui
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 14:24

 

 

 

A l’instar de la présidente de la transition, Léopold Narcisse Bara qu’on a annoncé comme étant au gouvernement André Nzapayéké pour le compte des anti-balakas mais que l’aile Edouard Patrice Ngaissona récuse et désavoue, a cru devoir dresser à son tour le lundi 12 mai devant la presse, le bilan de ses cent jours à la tête du département de la jeunesse et des sports. Faut-il en rire ou en pleurer ?

 

Non seulement ledit bilan qui naturellement, est bien maigre parce que presque exclusivement réduit à quelques breloques ramenées par des athlètes ayant pris part à quelques compétitions dans la sous-région en taekwondo, boxe  et autres ,et que le ministre a mis à son actif, mais comme tout bilan, Léopold Bara n’a fait que parler de plusieurs projets à coup de centaines de millions de F CFA qu’il a conçus pour ce département et oublie de parler de son coûteux et inutile déplacement à Abidjan pour aller plaider pour la candidature de la RCA pour abriter le prochain championnat africain de basket.

 

Léopold Bara a continué hélas à la tête de ce département des sports à entretenir l’illusion que malgré la sécheresse financière du gouvernement, les athlètes et sportifs centrafricains doivent et peuvent continuer à se préparer pour prendre part aux compétitions sportives africaines à l’étranger dont les coûts de participation pour nos jeunes sont hors de portée de nos moyens actuellement inexistants.

 

On est actuellement au cœur du sujet car notre équipe nationale de foot-ball est attendue vendredi prochain à Brazzaville. Il faut que le trésor national débourse pour cela la somme de 325 millions de F CFA que visiblement le gouvernement a beaucoup de mal à réunir.  Franchement à quoi bon claquer autant de fric pour simplement aller « taper dans le ballon » alors que des tas de Centrafricains meurent bêtement de faim. C’est insensé… !

 

Eu égard à la grave crise que traverse notre pays, le gouvernement et les ministres concernés doivent avoir le courage de suspendre jusqu’à nouvel ordre, en tout cas jusqu’à ce que les conditions financières et matérielles soient réunies, toute participation des athlètes et sportifs de notre pays à toutes les compétions sportives à l’étranger. Cela ne devrait pas être très compliqué à faire comprendre aux dirigeants et aux jeunes sportifs qui ne rêvent que de sortie et de voyages à l'étranger et qui ne sont pas censés ignorer la gravité de la crise généralisée dans laquelle se débat notre pays.

 

L’initiative de présentation de son bilan par Léopold Bara cache mal ou plutôt trahit clairement la conscience de l’intéressé qu’il est bel et bien assis sur un siège éjectable et qu’il va vraisemblablement faire les frais du réaménagement du gouvernement annoncé par la cheffe d’état de la transition le 6 mai dernier à l’hémicycle du CNT.

 

La rédaction

Le surréaliste bilan des cent jours du seul ministre anti-balaka du gouvernement Nzapayéké
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:52

 

 

 

 

 

par Olivier Rogez RFI  14-05-2014 à 11:47

 

D’André Kolingba à Catherine Samba-Panza, depuis 1981 l’Etat centrafricain a du mal à payer ses fonctionnaires en temps et en heure. Résultat, un dépérissement de la fonction publique qui est l’une des causes de l’effondrement du pays.

 

Cela participe du mythe nostalgique du paradis perdu. « Du temps de Bokassa les salaires des fonctionnaires étaient payés en temps et en heure », rappelle Pierre Siovène Lebrun, le secrétaire général adjoint de l’USTC, l’Union syndicale des travailleurs de Centrafrique. En vieux militaire qu’il était, l’Empereur imposait une discipline stricte à l’administration. « A l’époque, la RCA possédait encore des fleurons industriels, notamment des usines d’assemblage de motos et de véhicules utilitaires », se souvient l’ancien ministre Karim Meckassoua. Des entreprises qui assuraient à l’Etat des recettes fiscales conséquentes. A cela s’ajoutait un contrôle strict des ressources générées par les filières aurifères et diamantifères.

 

Des décennies de laxisme salarial

 

Lors de la prise de pouvoir du général André Kolingba, en 1991, « les choses ont continué quelques années sur le même mode », explique Pierre Siovène Lebrun. « Mais avec l’arrivée des premiers gouvernements civils, la situation s’est rapidement dégradée ». Résultat : lorsqu’André Kolingba quitte le pouvoir, il laisse onze mois d’arriérés de salaires. Son successeur, Ange Félix Patassé fera pire, avec 24 mois de salaires en attente. Enfin, entre 2003 et 2013, François Bozizé parviendra péniblement à éponger neuf mois de salaires non versés au début de son mandat. « A l’époque, nous avions compris qu’il fallait réagir vite et se battre pour obtenir nos salaires », résume Pierre Siovène Lebrun.

 

Le résultat de ces décennies de laxisme salarial est catastrophique. L’administration est inefficace, corrompue, les fonctionnaires pratiquent l’absentéisme à forte dose et les grèves se multiplient. Que s’est-il donc passé entre 1981 et 2013 pour l’Etat centrafricain soit à ce point incapable de protéger ses serviteurs ?

 

Le secrétaire général de l’Organisation des syndicats libres des secteurs public, parapublic et privé, Michel Loudégué voit une première raison à cette lente décrépitude : « Un tissu économique trop faible et qui ne permet pas à l’Etat de trouver des recettes ». Karim Meckassoua qui fut ministre de l’Economie et du plan se souvient qu’à la chute de Jean Bedel Bokassa, « les bases productives de l’Etat ont été détruites. A l’époque, la RCA accueillait des entreprises du secteur textile, une usine d’assemblage de télévision, une autre d’assemblage de vélomoteurs et de véhicules utilitaires. Ces grandes unités généraient des recettes qui permettaient à l’Etat de vivre et de payer ses recettes ».

 

Les régimes d’André Kolingba et celui d’Ange Félix Patassé ne parviennent pas à sauvegarder cette base industrielle. A cela s’ajoute une situation sécuritaire qui se dégrade dès 1996 avec une vague de mutineries et de troubles au sein de l’armée. « Les militaires en ont profité pour commencer à exiger toujours plus d’argent, affirme Karim Meckassoua, prétextant la nécessité de protéger l’Etat ». Parallèlement, Ange Félix Patassé a laissé se développer une gabegie à peine croyable. « Des chefs militaires inventaient de fausses missions, afin d’obtenir des bons d’essence qui se comptaient parfois en centaine de millions. Des hauts fonctionnaires restaient parfois trois mois en mission, doublant ou triplant ainsi leur salaire. Enfin, le président dépensait des sommes incroyables pour ses voyages à l’étranger, emmenant avec lui une véritable cour ».

 

Corruption généralisée

 

Alors que les recettes fondent, l’Etat continue de dépenser, voire de dilapider, et ce sont les fonctionnaires de base, les instituteurs, les magistrats, les agents territoriaux qui en font les frais. A cette gabegie généralisée s’ajoute la corruption. Un mal qui n’est pas propre à la RCA mais qui, dans un pays incapable de développer une base économique suffisante, prend rapidement des allures de catastrophe. « Dans les filières diamantifère et aurifère, les agents de l’Etat chargés de contrôler l’exploitation font souvent preuve d’indélicatesse », résume avec tact Michel Loudégué. De plus, les exploitants de diamant obtiennent régulièrement des exemptions fiscales, des passe-droits, échappant ainsi à l’impôt, ce qui, là aussi, amoindrit les recettes de l’Etat.

 

Pour sa part, Karim Meckassoua dénonce « un système de corruption généralisée au sein des régies financières de l’Etat ». Lorsqu’il était directeur de cabinet du ministre des Finances, il a mis à jour un vaste système de fraude généralisée, « opaque et efficace ». Au lieu d’avoir une caisse unique, logée à la Banque centrale et au Trésor afin d’y verser les recettes fiscales et douanières, « les ministères s’arrangeaient pour multiplier les comptes sur des banques privées. On ne pouvait plus savoir où partait l’argent ». Et lorsque certains gestionnaires rigoureux proposent d’informatiser le système de comptabilité nationale, « les départements sensibles comme les douanes s’ingénient à multiplier les logiciels, rendant ainsi le système inefficace », explique Karim Meckassoua.

 

Effondrement total de l'Etat

 

Le mal est d’autant difficile à combattre que l’exemple vient souvent de très haut. « Lorsqu’un ministre des Finances prend ses fonctions, il nomme des parents ou des proches à la tête des régies financières de l’Etat comme les douanes et les impôts. A partir de ce moment, il n’y a aucune volonté de rationaliser le système. Il nous est arrivé de découvrir des systèmes de double comptabilité gérés par de hauts fonctionnaires, sans pouvoir ni les punir ni les en empêcher », explique Karim Meckassoua.

 

Cette corruption a contribué à achever la fonction publique centrafricaine. Aujourd’hui, à Bangui, les écoles publiques n’ont plus de ressources, les hôpitaux ne survivent que grâce à l’aide internationale et les fonctionnaires sont contraints d’exiger des pots de vin. La crise actuelle que traverse le pays s’est traduite par un effondrement total de l’Etat. Le pouvoir de transition, chargé de remettre en route une administration démotivée et devenue inefficace va devoir poser les bases d’un système rénové. Paradoxalement, la crise offre l’opportunité d’un nouveau redémarrage. Il reste à savoir si Catherine Samba-Panza, la présidente de transition, pourra changer les règles du jeu afin d’éviter que le pays ne retombe dans ses vieux travers.

 

Comment l’Etat centrafricain maltraite ses serviteurs (RFI)
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:24

 

 

 

 

 

14/05/14 (AFP)

 

La photographe française Camille Lepage, qui effectuait un reportage en Centrafrique, a été tuée dans une embuscade qui a fait au moins dix morts parmi les milices chrétiennes anti-balaka et d'ex-rebelles Séléka dans l'Ouest, a affirmé mercredi à l'AFP une source de la gendarmerie de Bouar. "L'embuscade qui a coûté la vie à la journaliste a eu lieu à Gallo, un village situé sur l'axe Bouar-Garoua-Boulaï (Cameroun). Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka et six ex-Séléka et peuls armés", ces derniers ayant tendu l'embuscade, a affirmé cette source.

 

"Les anti-balaka basés à Bouar et à Cantonnier à la frontière avec le Cameroun, effectuent des patrouilles sur ce tronçon, et ont eu à plusieurs reprises des accrochages meurtriers avec des ex-Séléka et peuls armés", a-t-elle précisé sous couvert d'anonymat.

 

Mardi soir, une source militaire française avait également fait état d'une embuscade. "Cela date de deux jours. Camille Lepage était en compagnie des anti-balaka pour son reportage. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a expliqué mardi cette source militaire, qui a demandé à rester anonyme.

 

Le président François Hollande a lui-même annoncé mardi dans un communiqué le décès de la jeune femme et a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers".

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos et les violences intercommunautaires, lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions. Dites "anti-balaka", des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans, se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

 

 

 

Le corps de la jeune journaliste Camille Lepage ramené mercredi à Bangui, Paris ouvre une enquête

 

14/05/14 (AFP)

 

Le corps de la jeune journaliste française Camille Lepage, 26 ans, tuée lors d'un reportage en brousse en Centrafrique avec les milices anti-balaka, devait être ramené mercredi à Bangui, en attendant de connaître les circonstances exactes de sa mort lors d'une embuscade. Le parquet de Paris a ouvert mercredi une enquête préliminaire sur sa mort, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

 

 La dépouille mortelle de la photographe devait arriver à l'aéroport de Bangui en début de matinée, vers 8H30 GMT. Une première autopsie doit être pratiquée sur le corps avant son rapatriement vers Paris, selon une source diplomatique.

 

Selon des sources concordantes, la jeune femme a été tuée lors d'une embuscade dans la région de Bouar (Ouest), près du Cameroun et du Tchad. "Cela date de deux jours. Camille Lepage était en compagnie des anti-balaka pour son reportage. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a expliqué mardi soir une source militaire, qui a demandé à rester anonyme.

 

Selon une source de la gendarmerie de Bouar, "l'embuscade qui a coûté la vie à la journaliste a eu lieu à Gallo, un village situé sur l'axe Bouar-Garoua-Boulaï (Cameroun)", à une soixantaine de km de Bouar.

 

"Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka et six ex-Séléka et peuls armés", a-t-elle ajouté sous couvert d'anonymat. "Les anti-balaka basés à Bouar et à Cantonnier à la frontière avec le Cameroun, effectuent des patrouilles sur ce tronçon, et ont eu à plusieurs reprises des accrochages meurtriers avec des ex-Séléka et peuls armés", a-t-elle précisé.

 

Le président François Hollande, qui a annoncé mardi soir le décès de la jeune femme, a promis de mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers". - Pas de gilet par-balle - Selon Paris, c'est une patrouille de la force française Sangaris qui a découvert la dépouille de la photographe lors d'un contrôle sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka.

 

La jeune photographe "ne portait pas de gilet par-balle" au moment de sa mort, selon une source au ministère de la Communication à Bangui. "Camille Lepage était déjà venue en décembre lors des évènements survenus dans la capitale centrafricaine après l'attaque des anti-balaka. Elle prenait des risques pour son faire son travail. Son attention a même été attirée sur les risques auxquels elle s'exposait", a commenté la source militaire française.

 

Le nord-ouest de la Centrafrique, où la journaliste effectuait son dernier reportage, est l'une des régions les plus touchées par les affrontements intercommunautaires et les affrontements entre groupes armés depuis le début du conflit il y a un an.

 

La Centrafrique a sombré dans le chaos et les violences intercommunautaires, lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions. Les "anti-balaka", des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans, se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

 

"Camille, c'était une jeune femme passionnée par ce qu'elle faisait. Elle en avait envie depuis une dizaine d'année du photojournalisme", a confié mercredi à l'AFP sa mère, Maryvonne Lepage, à Angers, parlant d'"une force de caractère impressionnante". "Elle était toujours dans cette logique d'aller sur des conflits où les médias n'allaient pas. Les conflits oubliés. Et elle recherchait des journaux assez libres de pensée", a ajouté Mme Lepage.

 

A son arrivée à Juba en 2012, la jeune femme avait notamment collaboré avec l'AFP, dont le responsable photo pour l'Afrique de l'Est, Carl de Souza, a gardé le souvenir d'une jeune femme "très enthousiaste et avide d'apprendre". "Ce n'était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu'elle faisait", a assuré à l'AFP Virginie Terrasse, cofondatrice de l'agence Hans Lucas dont faisait partie Camille Lepage.

 

 

 

Camille Lepage voulait aller là où personne n'allait

 

14/05/14 (Le Figaro)

 

La jeune femme de 26 ans a été retrouvée morte par des militaires français en Centrafrique où elle couvrait le conflit entre catholiques et musulmans. Une enquête a été ouverte à Paris.

 

«Je ne peux pas accepter que des tragédies humaines soient tues simplement parce que personne ne peut faire d'argent grâce à elles», déclarait en octobre au site de photographie PetaPixel la photojournaliste Camille Lepage, tuée alors qu'elle effectuait un reportage en Centrafrique. La jeune femme, âgée de 26 ans, était dans le pays depuis septembre 2013, avant même l'arrivée des militaires français de la force Sangaris, chargée de maintenir le calme entre les milices catholiques et musulmanes. Mercredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinat.

 

Originaire d'Angers, la jeune femme était diplômée de l'université de Southampton Solent, en Angleterre. Lors de ces études, elle a fait un stage dans la rédaction de Rue89. Pour l'obtenir, elle avait notamment indiqué, dans sa lettre de motivation, vouloir s'«orienter vers le journalisme indépendant avant tout [...], le seul digne de ce nom». «Elle était très motivée, et l'actualité internationale l'intéressait déjà beaucoup», se souvient Pascal Riché, cofondateur du site.


«C'était une vraie vocation»

 

C'est seulement après ses études que Camille Lepage décide de se consacrer à la photographie. «J'ai toujours aimé la photo mais je n'avais jamais pensé le faire professionnellement avant 2011», a-t-elle déclaré à PetaPixel. Diplômée en 2012, elle part s'installer au Sud-Soudan pour couvrir la naissance de ce pays. «J'ai toujours voulu aller là où personne ne veut aller et couvrir, en profondeur, les conflits.» Sur son site internet, elle expliquait son attrait pour les populations «laissées de côté, la plupart du temps, par leur gouvernement».

 

«Elle n'avait qu'une envie, c'était de témoigner des populations dont on ne parlait pas et qui étaient en danger. C'est pour ça qu'elle est allée au Sud-Soudan d'abord, à Juba. Puis elle est partie en Centrafrique», a raconté sa mère sur RTL. «Elle n'avait pas peur. Elle était passionnée. Elle avait la joie de vivre. C'était une vraie vocation».

 

«Selon ses confrères, elle s'est illustrée par son courage, allant toujours au devant de l'action, au contact des ex-Seleka dans les quartiers de Bangui ou couvrant les opérations de désarmement», rapporte Reporters sans Frontières qui lui avait prêté un gilet par balle avant son départ en République centrafricaine. «Ce n'était pas du tout une tête brûlée. Elle savait exactement ce qu'elle faisait», a souligné à l'AFP Virginie Terrasse, cofondatrice de l'agence Hans Lucas dont faisait partie Camille Lepage.

 

Isabelle Raynaud

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/05/14/01003-201405...

 

(photos de Camille Lepage dont une faite à Damara en février 2014 et au camp des déplacés de Bangui Mpok)

Camille Lepage tuée dans une embuscade qui a fait au moins 10 morts en Centrafrique
Camille Lepage tuée dans une embuscade qui a fait au moins 10 morts en Centrafrique
Camille Lepage tuée dans une embuscade qui a fait au moins 10 morts en Centrafrique
Camille Lepage tuée dans une embuscade qui a fait au moins 10 morts en Centrafrique
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:20

 

 

 

 

 

14/05/14 (Le Pays ) du Burkina

 

Le président tchadien, Idriss Deby, on se rappelle, visiblement agacé et remonté contre les accusations d’exactions dont son armée se serait rendue coupable en RCA vis-à-vis des populations civiles, avait pris la décision de retirer de ce pays ses soldats. A cet acte de dépit de Deby vient s’ajouter un autre de la même nature, qui illustre parfaitement le fait que l’homme fort de N’Djamena ne décolère pas face à ce qui s’apparente à ses yeux, à une campagne d’intoxication et de désinformation de l’ONU.

 

Deby n’a jamais fait mystère de sa volonté de punir la RCA suite aux accusations En ordonnant la fermeture de la frontière entre son pays et la Centrafrique, le vendredi 9 mai dernier, le président tchadien semble avoir décidé de traduire en actes sa colère noire à l’endroit des autorités de transition centrafricaines et de l’ONU. D’ailleurs, Deby n’a jamais fait mystère de sa volonté de punir la RCA suite à ces accusations.

 

L’on se souvient que par la voix de son ministre des Affaires étrangères, le pouvoir tchadien avait fait la promesse ferme que les actes de violence perpétrés contre les citoyens tchadiens qui résidaient en RCA et les Centrafricains d’origine tchadienne, ne resteraient pas impunis. L’annonce de la fermeture de sa frontière avec la RCA, longue de plus de 1 000 km, prise de façon unilatérale, sonne comme une mise en exécution de cette menace.

 

Le président tchadien a beau justifier cette fermeture en invoquant des raisons de sécurité lors de sa tournée dans le sud tchadien, entamée depuis le 8 mai dernier, l’on peut avoir des raisons de croire que Deby est à la recherche d’un alibi. La réalité est que l’homme fort de N’Djamena est en train de mettre en œuvre sa volonté non dissimulée de se venger de tous ceux qui ont eu le culot de traîner dans la boue son armée, venue à ses yeux en RCA, pour contribuer au retour de la paix. Idriss Deby estime donc, peut-on dire, qu’il a été payé en monnaie de singe pour son œuvre de pacification de la RCA.

 

Lorsque l’on observe bien les choses, l’on peut se rendre vite compte que la décision de fermeture de la frontière Tchad/RCA ne profite qu’au Tchad. Idriss Deby, par cette mesure, pourrait contribuer à apporter de l’eau au moulin des anti-balaka La Centrafrique, dans le contexte actuel marqué par le délitement de l’Etat et l’effondrement de l’armée, n’a aucun moyen de contrôler l’effectivité de la mesure prise par le gouvernement de Deby.

 

N’Djamena qui a conscience de cette réalité, donne l’impression, en fermant sa frontière avec ce pays où la chienlit prospère, de vouloir y faire le ménage, comme d’ailleurs il en a l’habitude, en se donnant tous les moyens de le réussir. La fermeture unilatérale de sa frontière participe de cette stratégie car elle n’empêchera aucunement le Tchad de faire des expéditions punitives en RCA contre les anti-balaka, quand il le veut et comme il le veut. Cette décision cache donc mal sa volonté de corriger, pourrait-on dire, les anti-balaka dont les sentiments anti-tchadiens sont bien connus.

 

Cette hypothèse est d’autant plus plausible que la prise de cette décision de fermeture intervient au moment où tous les détachements militaires de la Séléka, connue pour être un instrument de N’Djamena, étaient réunis à Ndélé pour leur congrès. Lequel congrès a permis de renouveler tout le commandement de la Séléka. Cela dit, Idriss Deby, par cette mesure et au regard de son soutien à la Séléka, même s’il s’en défend, pourrait contribuer à apporter de l’eau au moulin des anti-balaka, dans leur volonté d’exterminer les populations musulmanes tchadiennes, soupçonnées d’être de connivence, à leurs yeux, avec la Séléka et le Tchad.

 

C’est dans ce contexte marqué par une vive tension entre la RCA et le Tchad et par un retour en force de la Séléka, que Bangui a annoncé un réaménagement de l’équipe gouvernementale. Ce qui peut justifier ce remaniement, est peut-être la volonté de Catherine Samba-Panza de débarrasser son gouvernement des éléments de la Séléka et des anti-balaka, dont les comportements sont aux antipodes de la paix et de la cohésion nationale pour la réalisation desquelles elle avait accepté de prendre la tête de la transition.

 

Un remaniement qui ne s’inscrirait pas dans cette perspective n’aurait pas sa raison d’être et serait un véritable gâchis pour la RCA, qui a plus que jamais besoin de poser les bases durables d’un vivre-ensemble, indispensable à toute vie démocratique et à tout développement.

 

Pousdem PICKOU — Le Pays du Burkina

Lu pour vous : Fermeture de la frontière Tchad/RCA: Deby met en œuvre sa vengeance
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:17

 

 

 

 

 

14/05/14 (Xinhua)

 

Un haut responsable du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a appelé mardi la communauté internationale à "se lever" et à contribuer à mettre fin aussi tôt que possible à la crise en République centrafricaine (RCA), où les enfants sont en proie à une terrible vague de violence. "La situation des enfants en RCA est très fragile et imprévisible", a indiqué Souleymane Diabate, représentant de l'UNICEF en RCA, devant les journalistes au siège de l'ONU à New York.

 

"Vous regardez dans leurs yeux et ils sont tout simplement perdus. Mais ce n'est pas seulement à cause de la violence, c'est de la pure brutalité, des coups et de la mutilation". Selon les données de l'UNICEF, 194 enfants en Centrafrique ont été blessés et tués depuis décembre dernier, dont certains par décapitation.

 

Les combats en RCA ont pris de plus en plus une dimension interconfessionnelle à l'issue d'un coup d'Etat fomenté par la rébellion en 2012 et sont devenus plus féroces, avec du nombre croissant d'informations sur les violations des droits de l'Homme ainsi que des affrontements entre les milices anti-balaka à majorité chrétienne et les rebelles de la Séléka à majorité musulmane.

 

Des centaines de milliers de personnes ont été forcées de se déplacer au sein du pays ou de s'enfuir vers l'étranger, et 2,2 millions d'autres ont besoin d'assistance humanitaire. "L'ensemble de la population de la RCA est directement ou indirectement touché par la crise, dont les enfants", a déploré le représentant, avant d'ajouter : "C'est un cauchemar, mais c'est malheureusement bien réel".

L'UNICEF met en relief les difficultés qui tourmentent les enfants en RCA
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:15

 

 

 

 

APA-Bangui (Centrafrique) 14/05/14 - La Banque mondiale, par le truchement des trois agences du système des Nations Unies (Unicef, Unfpa et Oms) a octroyé mardi au gouvernement centrafricain un financement de 7 700 000 000 CFA (sept milliards sept cent millions de francs Cfa). Ces conventions s'inscrivent dans le cadre des soins d'urgence en vue d'une assistance accrue aux populations affectées par la crise qui sévit dans le pays depuis plus d'un an.

 

Selon une source onusienne, ces accords signés seront exécutés dans différentes zones de la RCA. Ainsi l'OMS va réhabiliter les hôpitaux de Bouar, de Damara,de Bria et fournir des kits d'urgence pour tout le pays. Cependant l'Unfpa interviendra dans les préfectures de Nana Gribizi, de l'Ouham, Ouaka et Bangui. Elle procédera à l'achat des kits destinés à la santé de la reproduction.

 

L'Unicef, quant à elle, réhabilitera 50 formations sanitaires dans le pays tout en les approvisionnant avec des kits obstétricaux, de nutrition ainsi que des moustiquaires imprégnées. « Le gouvernement a demandé et obtenu de la Banque mondiale la restructuration du projet d'appui au système de santé en vue d'intégrer la dimension urgence. La Banque mondiale, consciente des désastres humanitaires vécus par la population centrafricaine, a alloué environ 15 millions de dollars américains » s'est félicité le Premier ministre, parrain de la cérémonie de signatures de ces trois contrats.

 

« Chaque accord a été élaboré selon le mandant respectif de chaque agence du système des Nations unies laquelle va sous-traiter avec les ONG opérant sur le terrain », a précisé le chef du gouvernement. M. Nzapayéké a interpellé la conscience de tout un chacun expliquant que « le pays étant vaste et les besoins immenses, il faut veiller à éviter le doublon ».

 

Les trois conventions ont été signées par la ministre de la Santé Dr Marguerite Samba-Maliavo avec l'Unicef représentée par Judith Leveillé, l'OMS par Dr Mamadou Lamine Koné et l'Unfpa par Boni Ouattara Edith.

La Banque mondiale relance le projet d'appui au système de santé en Centrafrique
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:13

 

 

 

 

Insuffisance réelle, incompétence notoire, incohérence exacerbée, tribalisme avéré, un peu plus de trois mois à la tête de la Centrafrique, dame Samba-Panza et son Premier ministre ont, comme il fallait s’y attendre, étalé à la face du monde et de leurs compatriotes leur incapacité à diriger le pays. Mais pouvait-il en être autrement? 

 

Rien n’est moins sûr. D’autant l'élection de Catherine Samba-Panza, en plus d’être entachée  de manoeuvres d’exclusion et de nombreuses irrégularités a été étrange : les membres du pseudo parlement de Transition qui ne représentent pas grand monde si ce n’est leurs intérêts égoïstes, se sont laissé persuader de choisir comme présidente de la Transition, sur une promesse de maternité supposée (comme si gouverner avait pour synonyme accoucher), celle qui était la moins capable de gouverner. 

 

De sorte que nous avons aujourd’hui à la tête du pays une petite dame n’ayant pas les moyens et la stature d’un chef d’État digne d’un pays en crise, que son impopularité et son incapacité face aux défis qui se posent devraient conduire - si elle avait le sens de l’honneur et de l’intérêt public - à démissionner. Elle est entourée d’une équipe à son image : l’incompétence de celle-ci à réaliser le redressement sécuritaire et social dont notre pays a besoin n’a d’égale que son aptitude amorale à s’accrocher au pouvoir. Après plus de cent jours de gouvernance, l’échec est total et sans excuse. 

 

Pourtant, et c’est le comble de l’indécence, elle et son équipe d’apprentis sorciers s’accrochent à leurs privilèges et, par dessus le marché, prennent les Centrafricains pour des demeurés. La dernière illustration en date est l’interview qu’elle a accordée au quotidien français Le Monde. À la question, « allez-vous garder votre premier ministre avec qui les relations sont difficiles », elle a prétendu qu’en « vertu de la charte de transition », elle ne peut pas remplacer le premier ministre. « Je travaille en symbiose avec M. Nzapayéké. C’est le technocrate que je voulais à la tête du gouvernement », a-t-elle encore poursuivi.

 

Franchement, de qui se moque-t-on? 

 

D’abord, malgré ses dénégations qui ne convainquent personne, dame Samba-Panza a la possibilité de changer de Premier ministre. Pour la simple et la bonne raison qu’elle avait choisi au lendemain de son élection d’ignorer les Accords de Libreville qui attribuent le poste de « Premier ministre à une personnalité de l’opposition démocratique ». C’est seulement ce membre de l’opposition démocratique qui ne pouvait être démis de ses fonctions comme le dispose la charte constitutionnelle de transition. Autrement dit, son argument ne pouvait tenir la route que si son technocrate à la sauce éthylique (André Nzapayéké est réputé être un grand consommateur d’alcool) était membre de l’ancienne opposition à Bozizé, c’est-à-dire, issu de l’AFDT (Alliance des forces démocratiques de la Transition). Or, jusqu’à preuve du contraire, André Nzapayéké ne se réclame d’aucune formation politique. Et  justement, l’un des arguments qu’elle avait utilisé pour écarter les Accords de Libreville, c’est d’avoir les mains libres pour relancer le pays. Elle ne voulait pas se retrouver dans la situation de ses prédécesseurs. D’où viennent alors ses arguties servies au journaliste du quotidien Le Monde ? 

 

Ensuite, devant l’échec cuisant du gouvernement Nzapayéké et l’incapacité de ses membres à relever le pays, une seule alternative s’impose : choisir un nouveau Premier ministre expérimenté et capable de faire fonctionner normalement un gouvernement. Ne pas conserver un homme incolore, inodore, sans saveur parce que ressemblant à l’eau. On s’en doute, l’eau est un liquide dangereux parce qu’elle peut noyer les hommes. C’est comme cela qu’André Nzapayéké a grandement contribué à l’échec de dame Samba-Panza. Elle n’a pas le droit de conserver un homme qui ne s’intéresse qu’à son avenir : il s’est gardé bien au chaud son fauteuil de vice-président de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale, faisant désigner un simple intérimaire. Comme s’il était le seul Centrafricain.  

 

Enfin, l’ancienne opposition à Bozizé devait quitter ses oripeaux et sa léthargie  pour jouer enfin son rôle. Le rôle que le peuple centrafricain attend d’elle. Dans un pays normal où faire de la politique a un sens, cette opposition n’allait pas accepter ni même reconnaitre l’élection de dame Samba-Panza. Elle allait plutôt exiger et obtenir des parrains internationaux de la Centrafrique que le pouvoir, en dépit ou parce que Michel Djotodia a démissionné, soit confié aux vrais protagonistes de la crise centrafricaine. Ce n’est que comme cela que l’on pouvait amorcer le règlement de la crise centrafricaine qui est avant tout une crise politique, donc de la gestion des institutions. Car, n’étant pas l’un des protagonistes du conflit, Catherine Samba-Panza aura du mal avec ses tailleurs et des bijoux, à les faire désarmer. Il aurait fallu les associer plus amplement à la gestion du pays. 

 

Tournons donc, pendant qu’il encore temps, la page de la technocratie à la sauce éthylique et familiale, avant l’explosion populaire incontrôlée qui couve. Sinon, ce sera la fin de la Centrafrique.      

Chantal Nganafei

libre opinion : Centrafrique: tourner la page Samba-Panza-Nzapayéké pour sauver ce qui reste du pays par Chantal Nganafei
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 12:08

 

 

 

 

 

14/05/14 (AFP)

 

Dans une petite ville du centre de la Grèce, 130 militaires de 17 pays européens gardent 24 heures sur 24 les yeux rivés sur ... Bangui, où monte en puissance l'opération militaire européenne qu'ils supervisent à plus de 5.000 km de distance. A Larissa, capitale de la Thessalie, il faut s'enfoncer dans le dédale d'une base de l'armée grecque pour découvrir le Quartier général opérationnel d'Eufor-RCA, la mission que l'Union européenne a lancée au début de l'année.

 

En pénétrant dans le bâtiment à deux étages, la douce torpeur de la cité grecque s'évanouit. Sur les murs ou les écrans d'ordinateurs, ne s'affichent que des cartes de Bangui et de la Centrafrique, ce pays d'Afrique centrale plongée dans la violence depuis le début 2013. Même si cela peut paraître incongru, suivre au jour le jour cette crise depuis le centre de la Grèce ne pose "aucun problème" au général Philippe Pontiès, le commandant français d'Eufor-RCA.

 

"Dans la tradition militaire, les quartiers généraux sont rarement situés sur les lieux d'opération", souligne-t-il. En rappelant que la mission internationale en Afghanistan est pilotée depuis Washington ou que la guerre en Libye de 2011 a été commandée par l'Otan depuis Naples, dans le sud de l'Italie. La décision de baser la mission centrafricaine à Larissa a été prise par les 28 pays européens en janvier. Car la ville grecque abrite l'un des cinq QG dont s'est dotée l'UE pour gérer les opérations militaires de gestion de crise qu'elle mène depuis une vingtaine d'années.

 

"Ce choix s'est fait naturellement parce que la Grèce préside actuellement l'UE", indique le général grec Christos Drivas, le chef d'état-major d'Eufor-RCA. Le QG de Larissa n'avait jusqu'à présent jamais été activé, contrairement à ceux du Mont-Valérien, près de Paris (opération au Tchad en 2008) ou de Northwood, au nord-ouest de Londres, qui commande la mission Atalante de lutte contre la piraterie dans l'océan Indien.

 

Les deux autres sont situés à Rome et à Postdam (Allemagne). - "Nous parlons le même langage" - A Larissa, le général Pontiès commande une équipe cosmopolite d'officiers et sous-officiers dépêchés par 17 des 28 pays de l'UE. Chacun porte l'uniforme de son armée nationale mais arbore au bras l'écusson de la mission européenne. "Depuis une vingtaine d'années, la plupart d'entre nous ont pris l'habitude de travailler en anglais avec des militaires d'autres nationalités", témoigne le colonel Marko Ekström, qui a déjà participé aux missions de l'UE dans les Balkans.

 

Ce Finlandais dirige le service de la collecte des informations sensibles, où travaillent des experts autrichiens, grecs et français. "Nous parlons le même langage, celui du renseignement, et chacun apporte la sensibilité de son pays", souligne le colonel. Le coeur névralgique du QG de Larissa est la salle de liaison où les militaires communiquent avec les interlocuteurs politiques de Bruxelles d'une part et les officiers d'Eufor-RCA basés en Centrafrique de l'autre.

 

"Ces derniers ont la responsabilité tactique des opérations tandis que nous nous consacrons sur la stratégie et la coopération politico-militaire", explique le général Pontiès. Le gradé français se rend toutes les six semaines à Bangui, un très long voyage depuis Larissa. Se qualifiant de "VRP de la mission", il a aussi parcouru l'Europe pendant des semaines pour réunir les moyens humains et matériels auprès d'États très réticents à la perspective d'intervenir dans un conflit africain lointain, jugé peu stratégique, alors qu'éclatait la crise en Ukraine.

 

La France, "nation-cadre" d'Eufor-RCA, a de ce fait accru son implication et une centaine de soldats de la mission Sangaris ont rejoint celle de l'UE chargée d'assurer la sécurité de l'aéroport de Bangui avec des soldats estoniens. Ces derniers vont être rejoints d'ici la fin juin par les contingents finlandais, espagnols et géorgiens. 

Dans le QG grec de l'opération de l'UE en Centrafrique
Dans le QG grec de l'opération de l'UE en Centrafrique
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