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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 02:51

 

 

 

 

http://www.alterinfo.net/  Fouâd Harit  Dimanche 2 Mars 2014

 

L’arrivée de François Hollande ce vendredi matin à Bangui, pour une visite d’une journée, a déclenché une colère monstre au sein de la communauté musulmane. Elle demande le départ du président français, accusé de fermer les yeux sur les meurtres des musulmans de Bangui.

 

« Pas la peine de venir, nous sommes déjà tous morts M. Hollande », lance une femme dans le quartier musulman du PK-5, en marge de la visite du président français. Cette enclave musulmane de la capitale, l’une des dernières à Bangui, a essuyé ses deux derniers jours de violentes attaques de la part de miliciens chrétiens anti-balaka. La population musulmane continue d’être lynchée et découpée en morceaux. Mardi et mercredi dernier, pas moins de onze cadavres ont été ramassés dans ce quartier où le vivre ensemble était pourtant de mise avant l’intervention de la France. 

A l’entrée du PK-5, les musulmans donnent le ton : « NON à la France », lit-ont sur une pancarte. « PK-5 c’est le dernier quartier qui nous reste mais depuis trois jours la situation est pourrie. Les musulmans sont découpés en morceaux, nos maisons détruites et pillées. On ne comprend pas à quoi servent les Français depuis qu’ils sont là », accuse un habitant du quartier.

 
« La France pourrait sécuriser Bangui en 48 heures »

 
De nombreux médias musulmans, à l’image d’Al-Kanz qui s’étonne du silence assourdissant des institutions musulmanes de France, ne comprennent pas non plus ce que fait la France à Bangui. Car de l’avis de la communauté musulmane, la force Sangaris pourrait sécuriser la capitale en 48 heures. « La France pourrait sécuriser Bangui en 48 heures si elle le souhaitait mais elle laisse faire les attaques et les pillages. On a perdu confiance en la France », affirme Miradje Asfarany, un économiste de 45 ans. La visite éclair de François Hollande, plutôt que d’avoir calmé les tensions, semble au contraire les avoir attisées. 


Le cheikh Daoud Muslim Mbockani est formel, les soldats français n’ont pas bougé d’un iota lorsque des anti-balaka ont emporté sa famille. « Je vis les actions de Sangaris dans mon sang, dans ma chair. Dieu ne laissera pas la France impunie », clame-t-il. Massée autour de lui, la foule acquiesce les accusations du cheikh. Un peu plus loin au nord, au PK-12, une poignée de musulmans vivent retranchés, cernés par des miliciens. Les rixes entre anti-balada et musulmans y sont récurrentes. 

Pour leur défense, les soldats affirment que « c’est difficile » et que « tout va très vite » lors des attaques. Afin de justifier les nombreux dérapages dans la capitale, ces derniers se replient derrière « des règles d’engagement. Ils le savent. On ne va pas tirer sur tout ce qui bouge ». 

 

 http://www.afrik.com/centrafrique-retranches-au-pk-5-les-musulmans-disent-non-a-hollande

 

Lu pour vous : Centrafrique: les musulmans disent "NON" à Hollande
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Centrafrique-Presse.com
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 02:47

 

 

 

 

 

 

Stéphane ©armenews.com 

 

BRUXELLES samedi 1er mars 2014,- La Géorgie participera avec 150 militaires à la force européenne (EUFOR) envoyée en Centrafrique, soit près d’un quart des troupes actuellement mises à la disposition de l’opération, a indiqué son ministre de la Défense, Irakli Alassania.

 

Nous participerons avec une compagnie, jusqu’à 150 hommes, a confirmé M. Alassania lors d’un entretien avec l’AFP à Bruxelles.

 

La composition exacte du bataillon européen qui doit être dépêché début mars à Bangui sera finalisée lors d’une réunion de représentants des Etats mardi prochain, mais elle tourne dans l’immédiat autour de 600 hommes, a-t-il précisé.

 

Au final, un déploiement de l’ordre de 800 à 1000 personnes est une appréciation raisonnable, a pour sa part indiqué le général français Philippe Pontiès, commandant de l’opération EUFOR, lors d’un point de presse.

 

L’Union européenne reste dans l’attente de la confirmation des Etats qui choisiront de s’impliquer, a-t-il ajouté. Nous sommes sur les rails pour tenir l’agenda de l’opération, avec un déploiement prévu début mars des premiers éléments de réaction rapide sur l’aéroport de Bangui, a-t-il ajouté.

 

Outre la France et la Géorgie, dont il s’agira du premier déploiement en Afrique, les plus importantes contributions ont jusque-là été offertes par des pays d’Europe orientale, a de son côté relevé le ministre géorgien. La France a prévu d’engager une centaine de militaires dans l’opération européenne.

 

La Pologne pourrait ainsi envoyer jusqu’à 140 hommes, tandis qu’une autre compagnie (de 100 à 150 hommes) pourrait être formée de militaires déployés par l’Estonie, la Lettonie, le Portugal et la Roumanie.

 

Nous montrons l’exemple, a souligné M. Alassania.

 

La participation géorgienne, la première à une opération militaire de l’UE, montre la volonté du peuple géorgien de faire partie de la famille européenne, et atteste de la détermination du pays à intégrer à terme l’UE et l’Otan, a-t-il relevé.

 

Tbilissi va aussi envoyer trois officiers pour participer à la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM), dont l’UE vient d’annoncer la prolongation jusqu’en 2016.

 

Cela montre aussi que le Partenariat oriental marche, a estimé le ministre géorgien, alors que cette politique initiée par l’UE pour resserrer ses liens avec les pays de l’ex-bloc soviétique montre ses limites avec la crise ukrainienne.

 

AFP

La Géorgie enverra quelque 150 soldats en Centrafrique avec l’UE
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Centrafrique-Presse.com
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 02:43

 

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/   Le Point.fr - le 

 

"Ange gardien" ou chef militaire d'une opération "vouée à l'échec" : les réactions des Centrafricains sont partagées au lendemain de sa visite.

 

"Ange gardien" pour les uns, chef militaire d'une opération "vouée à l'échec" pour les autres : au lendemain de la visite du président François Hollande à Bangui, les réactions des Centrafricains étaient partagées. Des violences persistent toujours, près de trois mois après le début de l'intervention française.

 

"Le président François Hollande a redonné l'espoir à tous les Centrafricains. Et il a prouvé qu'il est vivement préoccupé par la situation centrafricaine en risquant sa vie, parce qu'il est venu alors que la paix n'est pas totalement restaurée", estime pour sa part Alfred Kongala, étudiant à Bangui. "C'est notre ange gardien", renchérit un commerçant, Serge-Théophile Gouengali. "Il a ordonné une intervention militaire au moment où on ne savait pas quel était notre sort. Et il vient constater l'évolution de la situation, c'est un réconfort très important", affirme-t-il.

 

"La vie a repris"

 

Lors de sa deuxième visite en Centrafrique depuis le déclenchement de l'opération Sangaris le 5 décembre, le président Hollande, qui venait saluer l'action des militaires français, a rencontré la présidente de transition Catherine Samba Panza ainsi que les autorités religieuses du pays. Solidement escorté, le chef de l'État français s'est déplacé pour la première fois dans les rues de Bangui, traversant certains des quartiers les plus dangereux de la capitale, comme pour montrer que la situation s'était améliorée. "La vie a repris, les commerces ont rouvert, l'activité est là", même "s'il reste beaucoup à faire", a-t-il souligné vendredi soir.

 

La France a pourtant dû réviser ses objectifs initiaux en envoyant 400 soldats en renfort des 1 600 déjà présents et en prolongeant une opération Sangaris qui se voulait courte, le gouvernement reconnaissant que les troupes étaient confrontées à des "difficultés considérables sur le terrain". Face à la persistance des violences et des pillages, doutes et inquiétudes sont palpables dans la capitale centrafricaine. "Près de 8 000 soldats (2 000 Français et 5 700 Africains de la force Misca) pour sécuriser uniquement Bangui, avec une population de 800 000 habitants, et cela dure depuis plus de deux mois, c'est un résultat mitigé", affirme Joseph Bendounga, ancien opposant au régime de François Bozizé et ministre du précédent gouvernement de transition. "Ce que la France est en train de faire en Centrafrique est voué à l'échec. François Hollande continue à agir comme les autres présidents français. Ils agissent en chefs militaires, alors que la crise centrafricaine est politique", ajoute M. Bendounga.

 

On "a évité le pire"

Cela fait bientôt un an que la Centrafrique a basculé dans le chaos, avec le renversement en mars 2013 du régime Bozizé par la coalition rebelle à dominante musulmane de la Seleka. Des mois d'exactions perpétrées en toute impunité par ses combattants contre la population majoritairement chrétienne ont abouti à la formation de milices d'autodéfense anti-balaka, déclenchant un cycle infernal de violences interconfessionnelles. Ces violences ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés et ont entraîné l'exode de dizaines de milliers de civils musulmans terrorisés.

 

Pour Juste-Roland Angbapa, juriste, "le président Hollande et la France nous ont fait éviter le pire. Les massacres étaient déjà en cours" lorsque l'opération Sangaris a démarré. "La France a permis au peuple centrafricain de sortir la tête de l'eau et de retrouver ses repères. C'est désormais à la classe politique centrafricaine de prendre ses marques et de s'intégrer dans le processus de transition en cours", juge Enoch-Dérant Lakoué, ancien Premier ministre et plusieurs fois ministre.

 

Vendredi, François Hollande a quant à lui fixé le prochain cap : "Maintenant, l'enjeu, ce n'est même pas de rétablir, mais d'établir l'État", et pour cela, "il faut commencer par payer les fonctionnaires", a-t-il souligné. Fonctionnaires et membres des forces de sécurité ne sont plus payés depuis des mois, un phénomène récurrent dans l'histoire troublée de la Centrafrique. Selon lui, les salaires seront rapidement versés grâce à une aide des pays de la région.

Centrafrique : François Hollande suscite espoirs et doutes après sa visite
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Centrafrique-Presse.com
2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 02:37

 

 

 

 

 

http://www.humanite.fr/  le 28 Février 2014

 

 

Envoyé spécial. Ces éleveurs « transfrontaliers », nomades à l’origine, ne peuvent plus vendre leurs bêtes ni se rendre à Bangui. 

 

El Hadi Daudoulou Aliou est là assis devant sa maison, sur une chaise en bois où son corps se love avec souplesse. Malgré la finesse des doigts, les mains trahissent son âge alors que le visage cuivré est lisse. On dirait de lui un beau vieillard dans un roman français du XIXe siècle. Dans sa large gandoura d’un bleu ciel tranchant avec la rouge latérite, immobile, il scrute tout ce qui passe, tous ceux qui passent. Vous, lorsque vous arrivez devant lui !

 

El Hadi est le maire de la commune d’élevage, celle qui, à Bria, regroupe les Peuls. Ils seraient plus de 5 000. Le même nombre que les têtes de bétail, principalement des zébus, qu’ils possèdent. Les Peuls sont ces nomades éleveurs, « transfrontaliers » dont beaucoup, au vue des difficultés régionales, se sont sédentarisés. Comme l’ont fait, il y a vingt-cinq ans, ceux qui vivent ici. « En arrivant, nous avons apporté la richesse», souligne El Hadi sans détour.

 

Une visite au parc où sont vendues les bêtes corrobore les dires du maire. Peu de monde, peu de ventes. En cause, les événements qui frappent la Centrafrique. « Maintenant, nous avons beaucoup de difficultés. Il n’y a pas de commerçants pour acheter nos bêtes. » Auparavant, ils prenaient même la route jusqu’à Bangui. Un voyage d’un mois, au gré de la marche des troupeaux. Président de la fédération des éleveurs de la Haute-Kotto, Bobiri Amath Aliou énumère les problèmes. « Nous n’avons pas de produits vétérinaires. Or il y a la mouche tsé-tsé et énormément de tiques.» Par manque d’argent, les éleveurs ne peuvent plus acheter le sel nécessaire aux zébus pour éviter la déshydratation. Et puis, musulmans, ils redoutent les anti-balakas qui ne font pas de quartier et les coupeurs de route, avides de viande et de marchandises précieuses. Conscient des enjeux, Bobiri siège au comité de sensibilisation pour la paix entre les communautés chrétienne et musulmane (lire page 4). Philosophe, il dit : « Quand la barbe de ton voisin prend feu, tu dois te raser au plus vite.»

 

Pierre Barbancey

Lu pour vous : Centrafrique : Le calvaire des Peuls
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Centrafrique-Presse.com
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 15:10

 

 

 

 

 

http://www.humanite.fr/  

 

Bria (Centrafrique),  28 Février 2014 reportage de notre envoyé spécial. À six cents kilomètres au nord-est de Bangui, Bria est au cœur du fief des Séléka, ces milices d’obédience souvent musulmane qui ont renversé l’ancien potentat François Bozizé. La cité était surnommée « la Scintillante » à cause de ses diamants. Exsangue, elle semble retenir son souffle dans la crainte des violences. 

 

« Bria la Scintillante ». C’est ainsi qu’est surnommée cette ville de la Haute-Kotto, à six cents kilomètres au nord-est de Bangui. Ce qui scintille ? Le diamant ! Pourtant, dans les grandes allées poussiéreuses de latérite, ce qu’on distingue avant tout ce sont des hommes en armes, aux treillis dépareillés, pas toujours très avenants. Bria est, avec Ndélé, dans le Bamingui-Bangoran, le fief des ex-Séléka. C’est là que bon nombre d’entre eux ont trouvé refuge après avoir été forcés de quitter la capitale, chassés par les troupes françaises de l’opération « Sangaris » et celles de la Misca (les forces africaines), laissant une bonne partie de la population subir les exactions des anti-balakas.

 

L’atmosphère est étrange ! A priori, le calme règne. Des enfants jouent, des femmes portent leurs paniers sur la tête, les hommes sont assis cherchant le repos à l’ombre des boutiques. Les voitures sont rares. Seules circulent des motos qui filent comme des libellules au-dessus d’un plan d’eau. Rien que de très normal lorsqu’on sait que le carburant est rare et cher. Les regards pourtant sont lourds, suspicieux. « On maintient la paix en Haute-Kotto», affirme Robert Morgode, le préfet qui nous reçoit dans une tenue d’apparat – casquette comprise – qui n’a rien à envier à celle des préfets français et se dit à la tête d’une « préfecture post-conflit». À l’entendre, tout irait bien à Bria. Voire ! Les bâtiments administratifs ont été brûlés il y a un an par des Séléka déchaînés et son autorité actuelle vaut plus par un modus vivendi accepté par le commandement militaire de la zone entre les mains, justement, des ex-Séléka.

 

Nommé par Michel Dotodjia, le colonel Ousta estime avoir « arrêté le désordre à Bria ».

 

Le « comzone », comme on l’appelle ici, est le colonel Ali Ousta, un géant à la mâchoire prognathe, des plus impressionnant. Nous avions eu le loisir d’apprécier son autorité en l’entendant, la veille de notre rencontre, sur les ondes de la station communautaire locale, Radio Barangbaké. Dans le plus pur style militaire, il mettait en garde « ceux qui commettent des braquages, se promènent en armes la nuit, portent des treillis et font accuser les Séléka». À ceux-là, ils lançaient un avertissement : « J’ai donné ordre à la police militaire de les abattre s’ils sont pris en flagrant délit.» Nommé par l’ancien président de la transition, Michel Dotodjia, le colonel Ousta estime avoir « arrêté le désordre à Bria». Pour cela, ancien forestier, il s’est déplacé en brousse pour « demander aux gens de revenir». Un périple qui l’a amené jusqu’à Nzacko, à plus de 130 kilomètres. « J’ai eu affaire à Joseph Koni et à ses rebelles de la LRA (l’armée de résistance du seigneur, sanguinaire rébellion ougandaise qui sévit aux frontières du Tchad, du Soudan et de la Centrafrique– NDLR). Ils avaient enlevé plus de 60 personnes. On les a eus à la frontière du Soudan et on a récupéré tous les otages», raconte-t-il. Une façon de montrer que l’époque Séléka est révolue. « Nous sommes ici dans un site de cantonnement. Autrefois, c’est vrai, il y avait des étrangers parmi nous (allusions aux miliciens tchadiens et soudanais que comptait la Séléka– NDLR), mais ce n’est plus le cas. Les armes que nous avons servent à protéger les personnes et les biens», explique encore le colonel Ousta, qui dit « attendre des instructions du ministère de la Défense». Des instructions qui tardent à venir. Comme il le révèle, des soldats français sont venus à deux reprises à Bria, hélicoptères à l’appui, puis s’en sont allés après quelques tensions.

 

« Depuis le temps des Blancs, déjà, il n’y a rien, même pas de routes, pas d’écoles, pas d’hôpitaux. »

 

Forcés de fuir Bangui, bon nombre d’originaires de Bria sont revenus, dont beaucoup de fonctionnaires. C’est le cas de Delphin Grebaye « chrétien mais de famille musulmane», comme il le dit – qui dénonce l’idée d’une guerre confessionnelle et préfère parler d’un nord délaissé de tout temps, y compris pendant la colonisation. « Depuis le temps des Blancs, déjà, il n’y a rien, même pas de routes, pas d’écoles, pas d’hôpitaux.» Pour Mahamat Service, ingénieur géographe, « le calme était revenu à Bangui. On avait même repris le travail. Mais quand les soldats français sont arrivés, le désordre a commencé, on a été attaqué. Si on demande à la France d’envoyer cent personnes pour l’éducation ou pour des tâches d’intérêt général, on n’aura rien. Par contre, elle sait envoyer ses troupes». Pour les étudiants, la situation est encore plus dramatique. La Centrafrique ne possède qu’une université. Elle est à Bangui. Les cours ont repris mais ceux qui se trouvent à Bria, dans l’impossibilité matérielle et sécuritaire de retourner dans la capitale, sont pénalisés et leur année compromise. « Il ne me reste que deux matières à valider mais j’ai trop peur d’aller à Bangui», avoue Kamal Come. Miskine Zackarie explique qu’il aimerait bien continuer ses études mais « je suis renié à cause de mon appartenance ethnique de la région du nord-est ». Pis, comme le souligne El Makin Mansour, « certains de nos collègues ont été froidement abattus, d’autres ont été kidnappés». Ils ont lancé un appel (et demandé à l’Humanité de le relayer) à l’Unesco, aux ONG et aux universités « pour poursuivre nos études dans une université qui pourra nous accueillir».

 

Ce soir-là, à proximité de notre logement, une altercation entre ex-Séléka a viré au drame

 

Les troupes du colonel Ousta ne touchent plus la prime globale d’alimentation (PGA) et ne sont pas payées. Alors, ses hommes touchent quelques subsides pour sécuriser les camions qui passent ou laisser passer les marchandises aux barrières d’entrée. À peine quelques billets en poche, ils se précipitent dans une cave (les bars locaux) où ils ingurgitent un alcool frelaté (70 degrés, quand même !) qui les rend fous. Dans ces moments-là, les femmes évitent de les croiser et se cachent aussi vite que possible. Ce soir-là, à proximité de notre logement, une altercation entre ex-Séléka a viré au drame. L’un a lancé une grenade, blessant plusieurs personnes avant d’être abattu. Le lendemain, pour un rien, les armes ont encore parlé aux quatre coins de la ville, semant la terreur parmi les habitants. Tout le monde sait que, chaque jour, arrivent des réfugiés dont certains n’ont pas lâché leurs armes. Des recrues potentielles pour des milices ou des rébellions, venues des frontières toutes proches, que l’ont dit en pleine recomposition.

 

Bria la Scintillante est recouverte d’une sale poussière. Non plus celle de la latérite, si belle, mais celle de la misère, de la peur et de la déshérence, si affreuse celle-là.

 

 

À Boungou, une rivière de diamants qui excite les convoitises

 

http://www.humanite.fr/  

 

Boungou 28 Février 2014 (Centrafrique), envoyé spécial. Officiellement étroitement contrôlée, l’extraction des pierres précieuses fait la convoitise des marchands aussi bien que des groupes armés.

 

Le village de Boungou 2, situé pratiquement sur les berges de la rivière Boungou, à une vingtaine de kilomètres de Bria, ne paie pas de mine. Enfin, c’est une façon de dire. Parce que des mines, il y en a ! La rivière draine du grès dans lequel se trouvent un grand nombre de petites pierres, très précieuses : les diamants. Un bonheur et un malheur pour les habitants.

 

Hamat Mahamat est ce qu’on appelle un artisan minier. Financé par un collecteur, il construit des petits barrages sur le fleuve, là où se trouve le lit vif, pour que les ouvriers qu’il emploie puissent, à grands coups de pelles, remplir les tamis et retenir les pierres. Un travail dur, ingrat, usant pour ces hommes qui ont autant les pieds dans l’eau que dans la pauvreté. Ici, pas de pelleteuses ou autres machines coûteuses comme l’utilisent des compagnies canadiennes et chinoises (les Sud-Africains ont déserté les lieux il y a peu) dans des secteurs plus éloignés, mais des motopompes de fortune. « Pour trouver les bons endroits, il suffit de regarder la couleur de la terre», dit l’artisan.

 

Officiellement, l’extraction du diamant est sous haute surveillance administrative. Pour s’y rendre il faut même montrer patte blanche. Simon Bouyoulo, chef du service préfectoral des mines de Bria, qui nous accompagne, explique que son rôle est de contrôler le secteur et le circuit des diamants. « Sinon, il y aurait beaucoup de contrebande», assène-t-il sans rire. Il parle consciencieusement de la patente qui doit être réglée, du registre dans lequel tout est noté et s’inscrit en faux contre le « processus de Kimberley », regroupement d’États pour la supervision de l’extraction et du flux financier généré. Le diamant de Centrafrique étant soupçonné de financer des groupes armés, le pays n’est plus autorisé à en exporter depuis mai 2013. Ce qui, bien sûr, n’empêche pas les pierres d’être vendues à l’étranger puisqu’en réalité la surveillance est impossible et la corruption largement répandue.

 

Si les ex-Séléka se sont installés dans cette zone, ce n’est évidemment pas pour rien. Les habitants sont peu loquaces lorsqu’on aborde cette question. Certains acceptent néanmoins, si on ne dévoile pas leur nom, de raconter comment ils se font racketter à chaque franchissement de barrières contrôlées par les miliciens en treillis. D’autres racontent les attaques subies, de nuit, par des hommes en armes à la recherche de sacs de diamants. Mais aucun n’est jamais allé se plaindre…

 

Pour les artisans et les ouvriers du diamant, la situation actuelle est un manque à gagner certain. Abdelkader, un garagiste de Bria qui fait aussi dans l’extraction de diamants, en sait quelque chose. « Récemment, j’ai trouvé un diamant de 12 carats », assure-t-il. « Je ne l’ai vendu que 200 000 francs CFA (un peu plus de 300 euros – NDLR). Mais j’ai besoin d’argent». Une baisse du coût qui n’est pas perdue pour tout le monde. Les bureaux d’achat, comme Sodiam ou Badica Côte d’Azur, à la surface financière suffisante, peuvent se permettre de stocker en attendant une reprise des ventes, moment où la plus-value sera extrême.

 

Pierre Barbancey

 

Lu pour vous : Centrafrique : Au nord d’un pays meurtri par la misère et la peur
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Centrafrique-Presse.com
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:43

 

 

 

 

http://www.africaguinee.com/ 

 

ADDIS-ABEBA- Annoncé récemment dans la capitale Centrafricaine, le Général Sékouba Konaté ne s’y rendra finalement pas ! La raison, le conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine a opposé un refus face à la volonté du haut représentant de l’institution pour l’opérationnalisation en attente. Les raisons évoquées par le CPS, le niveau de sécurité même dans la capitale Centrafricaine.

 

Le Général Sékouba Konaté qui a fait plusieurs fois le front, comptait se rendre à Bangui pour s’enquérir de l’état des troupes de l’Union Africaine.  “On nous a simplement dit qu’il n’est pas prudent pour l’instant pour le Général Konaté de se rendre là-bas vu que la situation sécuritaire ne s’est pas beaucoup améliorée même dans la capitale Bangui“ a confié un proche de l’ancien président de la transition guinéenne en poste à Addis-Abeba.

 

L’Union Africaine tenterait t-elle de protéger le Général Sékouba Konaté ou l’empêche de faire correctement son travail ? A cette question, le haut représentant de l’Union Africaine pour l’opérationnalisation de la force africaine en attente a estimé que : “Mon rôle est à la fois politique et diplomatique. Ma mission consiste à faire des plaidoyers auprès des dirigeants africains mais aussi auprès de la communauté internationale pour le financement du projet de mise en place de cette force en attente“ a expliqué le Général Sékouba Konaté qui a été contacté par notre rédaction.

 

Sur les raisons de sa volonté de se rendre dans la capitale Centrafricaine, l’ancien numéro deux du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (ancienne junte au pouvoir en Guinée, Ndlr) confie : “ Vous savez moi j’ai passé beaucoup de temps au front. Du grade de lieutenant à celui de Colonel j’étais au front. Je suis donc bien placé pour comprendre combien de fois ces soldats qui sont aujourd’hui en Centrafrique ont besoin d’être réconfortés et d’être encouragés“ réagit t-il.

 

Après la publication de notre article intitulé “Crise Centrafricaine : Le Général Sékouba Konaté envisage de se rendre à Bangui“, notre rédaction a reçu assez d’appels anonymes. La plupart des gens que nous avons eu bout du fil déconseillaient à l’ancien homme fort de Conakry de se rendre dans cette zone en proie à la violence.

 

Malgré cela, des proches du Général Sékouba Konaté voient une main noire derrière cette décision du Conseil de Paix et de Sécurité. “ Il ya quand même assez de personnes que l’UA a dépêché en Centrafrique. Des militaires et même des civils ont été envoyés sur les lieux. Je ne comprends donc pas comment on peut avancer un argument comme celui de la sécurité du Général Konaté qui a quand même fait plusieurs fronts“ a estimé ce proche du haut représentant de l’UA pour l’opérationnalisation de la force en attente.

 

SOUARE Mamadou Hassimiou

Pour Africaguinee.com

Tél. : (+224) 664 93 51 31

Lu pour vous : Crise Centrafricaine : L’UA s’oppose au déplacement du Général Sékouba Konaté à Bangui…
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Centrafrique-Presse.com
1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:59

 

 

 

 


BANGUI AFP / 01 mars 2014 12h10 - Ange gardien pour les uns, chef militaire d'une opération vouée à l'échec pour les autres: au lendemain de la visite du président François Hollande à Bangui, les réactions des Centrafricains étaient partagées samedi, alors que les violences persistent près de trois mois après le début de l'intervention française.


Le président François Hollande a redonné l'espoir à tous les Centrafricains. Et il a prouvé qu'il est vivement préoccupé par la situation centrafricaine en risquant sa vie, parce qu'il est venu alors que la paix n'est pas totalement restaurée, estime Alfred Kongala, étudiant à Bangui. 


C'est notre ange gardien, renchérit un commerçant, Serge-Théophile Gouengali. Il a ordonné une intervention militaire au moment où on ne savait pas quel était notre sort. Et il vient constater l'évolution de la situation, c'est un réconfort très important, affirme-t-il.

Lors de sa deuxième visite en Centrafrique depuis le déclenchement de l'opération Sangaris le 5 décembre, le président Hollande, qui venait saluer l'action des militaires français, a rencontré la présidente de transition Catherine Samba Panza ainsi que les autorités religieuses du pays.


Solidement escorté, le chef de l'Etat français s'est déplacé pour la première fois dans les rues de Bangui, traversant certains des quartiers les plus dangereux de la capitale, comme pour montrer que la situation s'était améliorée.


La vie a repris, les commerces ont rouvert, l'activité est là même s'il reste beaucoup à faire, a-t-il souligné vendredi soir. 


La France a pourtant dû réviser ses objectifs initiaux en envoyant 400 soldats en renfort des 1.600 déjà présents, et en prolongeant une opération Sangaris qui se voulait courte, le gouvernement reconnaissant que les troupes étaient confrontées à des difficultés considérables sur le terrain.


Face à la persistance des violences et des pillages, doutes et inquiétudes sont palpables dans la capitale centrafricaine.


Près de 8.000 soldats (2.000 Français et 5.700 Africains de la force Misca) pour sécuriser uniquement Bangui, avec une population de 800.000 habitants, et cela dure depuis plus de deux mois, c'est un résultat mitigé, affirme Joseph Bendounga, ancien opposant au régime de François Bozizé et ministre du précédent gouvernement de transition.


Ce que la France est en train de faire en Centrafrique est voué à l'échec (...) M. François Hollande continue à agir comme les autres présidents français. Ils agissent en chefs militaires, alors que la crise centrafricaine est politique, ajoute M. Bendounga.

- On a 'évité le pire' –


Cela fait bientôt un an que la Centrafrique a basculé dans le chaos, avec le renversement en mars 2013 du régime Bozizé par la coalition rebelle à dominante musulmane de la Séléka.


Des mois d'exactions perpétrées en toute impunité par ses combattants contre la population majoritairement chrétienne ont abouti à la formation de milices d'auto-défense anti-balaka, déclenchant un cycle infernal de violences interconfessionnelles.

Ces violences ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés et entraîné l'exode de dizaines de milliers de civils musulmans terrorisés.


Pour Juste-Roland Angbapa, juriste, le président Hollande et la France nous ont fait éviter le pire. Les massacres étaient déjà en cours lorsque l'opération Sangaris a démarré.

La France a permis au peuple centrafricain de sortir la tête de l'eau et de retrouver ses repères. C'est désormais à la classe politique centrafricaine de prendre ses marques et de s'intégrer dans le processus de transition en cours, juge Enoch-Dérant Lakoué, ancien Premier ministre et plusieurs fois ministre.


Vendredi, François Hollande a quant à lui fixé le prochain cap: Maintenant l'enjeu, ce n'est même pas de rétablir, mais d'établir l'Etat et pour cela il faut commencer par payer les fonctionnaires, a-t-il souligné.


Fonctionnaires et membres des forces de sécurité ne sont plus payés depuis des mois, un phénomène récurrent dans l'histoire troublée de la Centrafrique.


Selon M. Hollande, les salaires seront rapidement versés grâce à une aide des pays de la région.



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A Bangui, espoir et doute après la visite du président Hollande
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 12:06

 

 

 

 

 

 

DECLARATION n° 006 / 014  Relative au plan de sortie de la crise Centrafricaine proposé par le Secrétaire Général des Nations Unies

 

 

 

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur BAN  KI –MOON, a proposé au Conseil de Sécurité des Nations Unies  le 24 Février 2014  à New York, un plan de sortie de la crise Centrafricaine en six (6) points  suivants :

 

  1. Le renforcement et l’augmentation des effectifs des  troupes africaines et Françaises  sur  le terrain, par l’envoi d’au moins trois (3) mille (3.000) soldats et policiers supplémentaires ;
  2. Le placement de toutes les forces internationales en RCA sous un commandement Coordonné unique, avec de missions prioritaires  bien déterminées ;
  3. Un appui logistique et financier conséquent  aux soldats africains qui viendront en renfort à la MISCA ;
  4. Un soutien concret et rapide au Gouvernement Centrafricain  pour faire face aux urgences sécuritaires par la prise en charge, la redynamisation et le renforcement des capacités de la chaine pénale nationale qui comprend la police, la Justice et les structures carcérales ;
  5. L’implication  des forces  vives de la nation dont les Chefs communautaires et religieux en vue d’accélérer le processus politique et  de Transition  par la promotion des attitudes d’acceptation de la différence, de coexistence pacifique  et de non violence, le tout devant  déboucher sur la fin des conflits ;
  6. Le financement d’urgence de l’aide humanitaire à la RCA pour remédier  à la  crise.   

 

Pour l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) ces six(6) points constituent la trame d’un premier plan d’urgence de sortie de crise de la communauté internationale pour  la République Centrafricaine. En conséquence, elle soutient fortement ce plan

 

L’AFDT salue et encourage les efforts soutenus de la communauté internationale en faveur de la République Centrafricaine. C’est ici le lieu de rendre un vibrant hommage, entre autres, à l’Union Européenne (UE) pour l’accord de déploiement de l’EUROFOR –RCA (800 à 1000 hommes), à la République  Française qui vient de décider de l’augmentation  des effectifs de l’opération SANGARIS (de 1600 à 2000 hommes) et de la prolongation de la durée de son mandat.

 

Par ailleurs, l’AFDT saisit cette occasion  pour réaffirmer à la Communauté Nationale et Internationale   son  soutien  à  la Transition  en cours en RCA  et son engagement dans la recherche des solutions idoines à la crise.

 

L’Alliance des Forces Démocratiques pour la Transition (AFDT) assure de sa disponibilité à participer à un Dialogue Politique sur  la crise  Centrafricaine devant déboucher sur une réconciliation nationale, à condition que la justice soit préalablement  rendue  dans les affaires  de crimes de sang, crimes contre l’humanité et autres exactions commises sur les populations Centrafricaines et autres Communautés vivant sur le territoire  national.

 

Enfin, l’AFDT  lance  un  appel  pressant  à tout le Peuple  Centrafricain aux fins  de  se mobiliser davantage et de s’impliquer résolument dans la recherche  des  solutions  consensuelles de sortie  de crise  nécessaires pour la refondation  de  la  République  Centrafricaine libre, unie, paisible et prospère.

 

                                      Fait à Bangui le 28 février 2014

DECLARATION DE L'ALLIANCE  DES  FORCES DEMOCRATIQUES POUR  LA  TRANSITION  (AFDT)
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 09:42

 

 

 

 

 

 

 

GENEVE 28/02/2014- Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appelé vendredi à augmenter les forces internationales en Centrafrique, estimant que la violence y était comparable à celle qui avait précédé le massacre de Srebrenica dans l'ex-Yougoslavie. 


"Cela me rappelle Srebrenica, la violence est aussi forte", a déclaré lors d'un point presse Philippe Leclerc, en charge pour le HCR de la protection des civils en Centrafrique. A Srebrenica, 8.000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par les troupes des Serbes de Bosnie en juillet 1995. 


"Un nettoyage ethnico-religieux est en cours, ciblant les musulmans. Les gens sont pris au piège en essayant de sauver leur vie, c'est quelque chose dont nous avons été témoins", a dénoncé M. Leclerc. En Centrafrique, la minorité musulmane est la cible de violences de milices à majorité chrétienne (les anti-Balaka). 


"La réponse militaire est la plus indispensable", a-t-il souligné, expliquant que "s'il y avait plus de forces internationales il y aurait moins de violations des droits de l'homme et moins de raison (pour les civils, ndlr) de fuir". "Il est très important" que les forces internationales soient accrues et que des "efforts politiques" soient faits pour "prévenir ces massacres", a-t-il insisté. "Il n'est pas trop tard", a-t-il dit. 


Le responsable onusien a expliqué que le HCR tentait de mettre en place des processus de médiation pour éviter que les gens fuient. Mais, a-t-il dit, ce n'est pas toujours possible et l'ONU est parfois obligée d'évacuer des populations. 


Le 14 février, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé que la communauté internationale devait agir d'urgence en Centrafrique pour éviter de nouvelles atrocités et écarter la menace d'un nettoyage ethnique contre les musulmans. 

Le président français François Hollande était vendredi à Bangui pour afficher son soutien aux soldats français engagés en Centrafrique. Il s'agit de la deuxième visite à Bangui du président français depuis le déclenchement le 5 décembre de l'opération Sangaris. 

Amnesty international avait mis en garde mi-février contre le "nettoyage ethnique" de civils musulmans qui se déroule selon cette organisation dans l'ouest de la Centrafrique et que les forces internationales ne "parviennent pas à empêcher". 



http://www.aps.dz/fr/monde/2259-centrafrique-l-onu-d%C3%A9nonce-un-nettoyage-ethnico-religieux-ciblant-les-musulmans

Centrafrique : l'ONU dénonce "un nettoyage ethnico-religieux ciblant les musulmans"
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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 09:26

 

 

 

 

 

Vendredi 28 Février 2014 à l’Archevêché de St Paul à Bangui

 

Le chef de l’État, François Hollande, s'est exprimé après sa rencontre avec les autorités religieuses à Bangui, en République centrafricaine.

 

CATHERINE SAMBA-PANZA – « Je voudrais, au nom du peuple centrafricain et en mon nom personnel, vous remercier pour votre visite en République Centrafricaine. En trois mois, c’est la deuxième fois que vous venez dans ce pays. C’est la preuve, s’il en était besoin, de la volonté de la France et de votre volonté personnelle à accompagner la République centrafricaine dans le processus de stabilisation de ce pays qui a tant souffert d’une spirale de crises depuis une vingtaine d’années. 

Je voudrais, ici, renouveler toute cette gratitude. Sans votre intervention, sans votre implication personnelle, la République centrafricaine ne vous accueillerait pas aujourd’hui dans ce calme relatif. Grâce à l’intervention de la France et de l’opération SANGARIS, nous avons un calme relatif et une sécurisation progressive de ce pays. 

Certes, il reste beaucoup à faire. Mais nous savons que grâce à vos interventions, grâce à l’appui de la France, un certain nombre d’instruments ont été pris au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies qui permettent aujourd’hui de mobiliser tout la communauté internationale en faveur de la République Centrafricaine. Et surtout en faveur de sa population, dans le domaine sécuritaire, dans le domaine humanitaire, dans le domaine budgétaire et dans le domaine institutionnel. 

Aujourd’hui, nous vous accueillons dans ce sanctuaire religieux, qui, il y a quelques mois encore, recevait des milliers de personnes déplacées. C’est avec émotion et beaucoup de satisfaction que moi, Présidente de la République, je constate aujourd’hui que toutes ces personnes déplacées sont reparties chez elles. Cela démontre que la pression sécuritaire tend de plus en plus à baisser et que ces personnes commencent à avoir la confiance nécessaire pour regagner leur domicile. 

Je voudrais vous réaffirmer ma volonté et celle de mon Gouvernement à poursuivre tous les efforts nécessaires pour la stabilisation de ce pays, pour qu’ensemble nous aboutissions aux objectifs finaux de cette transition, qui consistent à l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles pour permettre le retour de l’ordre constitutionnel rompu depuis le 24 mars 2013. 


Voilà Monsieur le Président, en quelques mots, ce que j’avais à vous dire pour vous remercier pour votre visite. »

 


DIEUDONNE NZAPALAINGA - « Excellence, Monsieur le Président de la République française, aujourd’hui le peuple centrafricain est heureux de vous accueillir sur cette terre. 


Aujourd’hui, nous sommes aussi dans l’attente d’un renouveau concernant la République centrafricaine où tous, musulmans, protestants, catholiques, nous pourrons nous tendre la main et vivre ensemble. Ce vivre ensemble a été mis en difficulté ces derniers temps. Nous voulons vous réitérer notre volonté à tous les trois de continuer à ramer, parfois à contretemps, pour dire qu’ici ce pays est un pays laïque. Ce qui est le plus important, c’est le vivre ensemble. Tous nous sommes Centrafricains avant de faire le choix d’une religion. Et cela nous voulons le réitérer. 

Nous voulons aussi vous remercier pour votre implication, comme l’a dit la Présidente, pour que la paix revienne. Nous sommes conscients que le défi est énorme en intérieur, comme à l’extérieur. Vous avez fait le premier pas en envoyant les SANGARIS parmi nous avec les MISCA. Maintenant nous attendons aussi que les Centrafricains prennent le relais, je veux dire, la refondation de l’armée centrafricaine pour défendre ce pays. Nous attendons aussi que la France puisse nous aider. Depuis des mois et des mois les Centrafricains ne reçoivent plus de salaires, ni pensions, ni bourses. Ce sera aussi un coup de pouce que vous donnerez en annonçant ou en écoutant les messages allant dans ce sens. 


Nous espérons aussi que votre visite sera un signal fort pour que ceux qui doutent que ce pays ne pourra pas retrouver l’ordre constitutionnel puissent aussi être convaincus qu’il est possible de revenir, et de mettre en place des lois qui sont crédibles et fiables, qui vont régir ce pays. 


Nous croyons que vos hommes, ici présents avec la MISCA - et nous espérons plus tard avec les forces des Nations unies qui vont arriver - pourront apporter de l’espoir et surtout la sécurité et que ce pays pourra être encore reconsidéré comme un pays où il fait bon vivre. Merci de votre visite. » 


OMAR KOBINE LAYAMA - « Excellence, Monsieur le Président de la République, je pense que nous ne cesserons jamais de vous remercier, nos remerciements n’ont pas de limite pour tout ce que vous êtes en train de faire pour notre pays, pour l’attention particulière que vous accordez à la souffrance du peuple centrafricain. 



Je pense que vous nous aiderez toujours dans nos plaidoyers pour que la mission actuelle devienne une mission de maintien de la paix. Nous sommes convaincus et optimistes, qu’avec votre concours auprès de tous les acteurs de la paix en République centrafricaine, cet objectif sera atteint et que nous allons revivre ensemble comme cela nous a toujours caractérisé. 


La fraternité que nous manifestons aujourd’hui n’est pas nouvelle dans l’histoire de nos religions. L’histoire de nos religions en témoigne. Car dans l’islam, les chrétiens ont porté secours aux musulmans qui étaient persécutés par les païens de La Mecque. Les persécutés étaient accueillis en terre appelée à l’époque « Habacha » qui s’appelle aujourd’hui Ethiopie, ou était le grand pays chrétien qui les a accueilli et leur a accordé l’hospitalité. Nous avons une seule fondation, les trois religions monothéistes proviennent toutes d’Abraham. Nous avons donc intérêt à conjuguer nos efforts pour que le peuple centrafricain puisse toujours vivre ensemble. J’espère que vous serez à nos côtes pour que le peuple centrafricain devienne un seul peuple pour toujours. Je vous remercie. » 


NICOLAS GUEREKOYAME-GBANGOU - « Au Président français et à la France, je voudrais dire, au nom des confessions religieuses, que nous représentons ici, que nous avons un langage que la Bible nous a prêté, nous avons une pensée que la Bible nous a prêtée qui dit « l’ami aime en tout temps, et dans le malheur il se montre un frère ». 


Vous et votre pays, depuis que notre pays, la République centrafricaine, a commencé à faire sa descente aux enfers, vous vous y êtes opposés. Vous avez toujours donné la démonstration que la RCA devra demeurer une nation, un pays. 


Voilà, pourquoi régulièrement vous vous êtes intéressé à notre pays et d’aucuns se demandaient pourquoi c’est encore la deuxième fois que le Président français revient ici. Pourquoi est-ce que c’est la troisième fois que le Président français va encore s’intéresser aux responsables religieux ? C’est une marque de confiance, peut-être pour le travail que Dieu nous a donné à accomplir en faveur de notre pays, en faveur de l’unité de notre pays. Nous voulons, pour cela, vous encourager à apporter toute l’aide dont la Présidente de notre pays et le Gouvernement ont besoin pour préserver l’intégrité de notre pays, parce que nous ne pouvons pas accepter qu’on puisse parler de la sécession de la RCA. 


Nous voulons compter sur le Président HOLLANDE, nous voulons compter sur la France pour que ceux qui sont tentés, en ce moment, de diviser notre pays, puissent comprendre que notre pays, la République centrafricaine, restera une et indivisible. Nous voulons que vous puissiez repartir avec ce message vers la France métropolitaine, que nous sommes des amis, nous demeurons des amis, nous sommes des frères, nous demeurons des frères. 


Tout à l’heure, des chrétiens nous posaient la question, et ces musulmans qui nous voyaient venir nous demandaient, « mais vous allez rencontrer le Président français, quelle est la bonne annonce qu’il doit faire au peuple centrafricain ? » 


Nous vous laissons maintenant le soin de faire cette annonce au peuple centrafricain qui est déjà meurtri en ce moment et qui attend un coup de pouce.

 Je vous remercie. » 

 


LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

 

« Madame la Présidente, 


Je vous remercie pour votre accueil, ici en Centrafrique, et pour les mots que vous avez bien voulu prononcer à l’égard de mon pays, qui s’est montré, non seulement solidaire du vôtre, mais conscient de la responsabilité qui était la sienne dans ce moment particulier. Car, si nous n’étions pas intervenus, c’est vrai que les violences auraient dégénéré et que ce sont des massacres, qui étaient déjà à l’œuvre, qui se seraient multipliés. 

Je veux saluer les représentants des cultes, ici, en Centrafrique. C’est vrai que c’est la troisième fois que je les rencontre. La première c’était dans un aéroport, celui de Bangui, la seconde c’était à l’Elysée et la troisième c’est ici, à l’évêché, dans un site qui est non seulement merveilleux pour la vue qu’il nous offre, mais surtout merveilleux pour l’esprit qu’il porte, puisque c’est là que des milliers de réfugiés se sont massés pour être protégés. Notamment des musulmans, qui ne savaient où aller et qui ont donné le plus beau message de confiance et de fraternité, c’était de venir là, dans cette mission catholique, pour être sûrs qu’il ne leur serait fait aucun mal. 

La France est donc intervenue - c’était le 5 décembre - et c’est ma seconde visite en Centrafrique. La première fois, j’étais resté sur l’aéroport, je venais d’Afrique du Sud et, hélas, mon déplacement avait été endeuillé par les deux soldats qui venaient d’être tués. Il y avait déjà des milliers de Centrafricains qui s’étaient massés à côté de l’aéroport. J’avais dit combien la détermination de la France serait grande pour apporter la sécurité, rétablir l’ordre, séparer les populations qui voulaient s’autodétruire et faire en sorte que nous puissions aller dans une transition politique. 

Trois mois après, et grâce à l’effort de tous, de nos soldats que je remercie une fois encore pour leur dévouement, de la MISCA qui s’est mise au travail, de ce que les Européens nous ont promis et annoncé, mais aussi de vous, Madame, et de votre Gouvernement parce que vous avez pu démontrer qu’il y avait possibilité, là encore, de rassembler, de réconcilier et de remettre au travail une équipe. 


Vous avez surtout donné confiance à la communauté internationale, à la France, à l’Europe et surtout aux Centrafricains.

 
Oui, depuis trois mois, il y a des progrès considérables qui ont été accomplis. Et ne pas le dire, ce ne serait pas saluer tout cet effort. Je suis allé dans les rues de Bangui, enfin, là où on m’a conduit - je ne suis pas allé partout et je sais que la presse fait ce travail - mais la vie a repris, les commerces ont rouvert, l’activité est là. Il reste beaucoup à faire. Mais il y a déjà cet acte important. 


Ensuite, nous avons fait en sorte que les villes centrafricaines puissent être elles aussi sécurisées. Nous n’y sommes pas encore totalement parvenus, notamment à l’ouest, mais aussi à l’est. 


Mais c’est maintenant notre objectif. Et puis, il y a ce qui se fait, c’est-à-dire, une prise en charge par la population elle-même de sa propre sécurité au sens où, avec les forces françaises, avec celles de la MISCA, avec les élus, avec le Gouvernement, il y a, au moins la nuit, un certain nombre de sécurités qui sont apportées. Je sais que les communautés religieuses vont aller à l’aéroport dans les prochains jours pour porter ce message de retour des déplacés, vers leurs domiciles, puis ensuite des réfugiés, ceux qui sont allés dans les pays voisins, pour qu’ils puissent de nouveau vivre en Centrafrique. 


Quel est maintenant notre objectif ? Notre objectif est de pouvoir permettre que les axes de circulations soient libérés. C’est de faire en sorte de vous accompagner, Madame la Présidente, votre Gouvernement, vers les zones où se sont installés certains qui peuvent un moment penser qu’ils sont coupés du reste de la Centrafrique, pour que le dialogue puisse être repris et pour que la communauté nationale puisse être préservée. 


Vous l’avez dit, pas de partition de fait, pas d’esprit de séparation. Vous êtes dans la même communauté. Nous devons faire cesser les violences interreligieuses. Il y en a moins, il y en a encore. Il y a des groupes que nous devons mettre hors d’état de nuire. De ce point de vue, la prison a repris son fonctionnement et il n’y aura aucune impunité. L’autorité de l’Etat doit être préservée. 


Mais vous avez demandé ce que j’avais à vous annoncer. Vous savez que la France par le vote de son Parlement a prolongé l’opération SANGARIS. C’est un effort que nous faisons. Nous le faisons parce que c’est l’intérêt de la communauté internationale. 

Souvent on nous dit : « mais vous êtes les premiers les Français à être auprès des Centrafricains ». Nous en sommes fiers, c’est notre devoir, c’est notre responsabilité. Nous avons d’ailleurs convaincu les Européens d’y venir aussi. Demain il y aura une opération de maintien de la paix, parce que c’est cela qui doit être notre perspective, et qui sera d’ailleurs atteint. Les Français, ce n’est pas parce qu’ils ont une histoire ici, c’est parce qu’ils sont conscients de ce que représente la Centrafrique pour l’ensemble de la région. 


Si le désordre, l’instabilité perdure en Centrafrique, c’est toute la région qui sera menacée. Si les violences interreligieuses s’aggravaient davantage, c’est l’ensemble du continent africain qui pourrait être menacé. Ce que nous faisons en Centrafrique ce n’est pas simplement pour la Centrafrique, c’est pour une grande partie du continent.

Je reviens à ce que vous me demandez, l’opération SANGARIS qui va être prolongée, notre aide au développement qui, ici, prend traduction à travers le financement de bon nombre de projets, grâce aussi aux organisations non gouvernementales (ONG), aux programmes des Nations unies. 


Mais, il y avait ce problème, comment restaurer l’Etat si les fonctionnaires ne sont pas payés, si les pensionnaires ne sont pas bénéficiaires des rémunérations qu’ils attendent depuis trop longtemps. Nous avions l’obligation de faire avec les pays de l’Afrique Centrale - j’ai rencontré leurs représentants hier - l’obligation d’assurer le versement des fonctionnaires centrafricains, ce qui pourra permettre effectivement, que la police, la gendarmerie, l’éducation, la santé, puissent être de nouveau assurés. 

Je remercie les chefs d’Etat de la région de l’avoir compris. La France a également pris sa part. C’est très important, la semaine prochaine tout sera prêt pour que la Présidente puisse avoir une administration qui puisse lui répondre. C’est aussi cela notre devoir.


Merci pour votre accueil. Si vous le voulez bien, je reviendrai en Centrafrique, à chaque fois nous constaterons les progrès. Ces progrès, vous avez raison Madame de le dire, c’est un symbole pour l’Afrique toute entière. 


La Centrafrique a traversé une tragédie, elle la vit encore d’une certaine façon, à travers une crise humanitaire qui n’est pas réglée. De cette tragédie peut sortir aussi un bien qui est la capacité de vivre ensemble et de dépasser les conflits interreligieux et d’assurer durablement le développement en Centrafrique.

 
Ce pays a vécu trop longtemps, des décennies même, l’instabilité, le désordre, la corruption, pour qu’on n’en ait définitivement terminé avec ces pratiques et qu’on puisse instaurer je crois un modèle. 


Faites-le, allez-y, puisque vous avez connu ce drame, essayez-vous aussi de connaitre, je ne dirai pas le paradis pour ne pas créer de malentendu, mais au moins faire en sorte que le vivre ensemble soit assuré ici en Centrafrique. 


Merci. » 

 

Centrafrique : François Hollande aux chefs religieux
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