Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 16:03

 

 

 

4 Septembre 2015

 

Minusca, Conférence de presse, 11:00

 

Tout d'abord, je tiens à remercier le Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Zeid Ra'ad Al-Hussein, pour sa visite en République Centrafricaine. Sa visite a jeté davantage de lumière sur notre responsabilité commune de protéger les victimes les plus vulnérables de cette crise. Elle a permis d’appeler les Centrafricains à trouver une place dans leurs cœurs pour la réconciliation qui va contribuer à lutter contre l'impunité dans ce pays. Zeid, je me tiens à tes côtés et aux côtés des centrafricains.

 

Mais aujourd'hui, je suis à tes côtés pour dénoncer l’exploitation et des abus sexuels par les forces internationales, en particulier celles sous le commandement des Nations Unies  représentées par le drapeau derrière nous - un symbole de l'unité des nations pour protéger et promouvoir la dignité humaine.

 

Avec ce symbole comme source d’inspiration, je tiens à assurer chacun d'entre vous que j’ai pris la direction de la MINUSCA pour poursuivre nos efforts consentis en vue de la paix en République centrafricaine pour combattre avec la dernière énergie l'exploitation et les abus sexuels commis   par les forces de l'ONU dans ce pays.

 

Mettre fin à ce fléau que le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a qualifié de « cancer de notre système », doit nous inviter à l'honnêteté sur la portée et l'envergure du problème. Je voudrais être transparent sur l'ampleur des allégations et ce que l'ONU et ses contingents font pour s’assurer que la justice soit rendue dans chacun des cas.

 

Il y a actuellement, et je le regrette, quatorze cas d’allégations d'exploitation ou d'abus sexuels commis par le personnel de l'ONU en  République Centrafricaine qui ont été signalés à la MINUSCA. En le disant vous comprenez que ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. Parmi ces 14 cas, 12 impliquent nos militaires, 1 porte sur des allégations contre notre police, et dans un cas l’identité de l'auteur est inconnue. Le premier cas nous a été signalé en décembre 2014; le dernier nous a été rapporté en août 2015. Chaque cas a été documenté et une mission d'enquêtes préliminaires a eu lieu pour préserver les preuves.

 

Pour les 12 allégations impliquant les troupes militaires de la MINUSCA, chaque pays contributeur de troupes a été informé et nous avons  demandé qu’une équipe nationale d’enquêteurs soit déployée. Pour six cas, les pays contributeurs de troupes ont mené des enquêtes. Dans deux cas, les enquêtes ont été menées par la mission car le pays contributeur de troupes n'a pas envoyé d’enquêteurs nationaux. Dans trois autres cas, les enquêtes conjointes, ONU et enquêteurs nationaux, sont en cours. Enfin, dans trois autres cas, notre Bureau des services de contrôle interne a entrepris une enquête préliminaire afin de préserver les preuves.

 

Je tiens à vous assurer que la MINUSCA considèrera, de concert avec les pays contributeurs de troupes qui sont sous le drapeau des Nations Unies, chaque allégation avec le plus grand sérieux, nous veillerons à ce que justice soit rendue. Même si je suis conscient que  chacun des auteurs présumés mérite le droit d'être considéré comme  innocent jusqu'à preuve du contraire, je suis ici aujourd'hui pour dire que les Nations Unies se mettent du côté des victimes.


Cela me brise le cœur de vous dire que 8 de ces 14 allégations sont des cas impliquant des mineurs de moins de 18 ans. En tant que fonctionnaire de l'ONU, en tant que père, j’ai du mal à dormir, sachant que les enfants que nous sommes censés protéger peuvent avoir été abusés. Permettez-moi de vous assurer que ces cas sont des crimes présumés et doivent être traités comme tels.

 

Au cas où les allégations de viols d'enfants seraient avérées, je crois en mon fort intérieur que la justice ne sera pas suffisante. L'UNICEF et son réseau de protection de l'enfance interviendront pour faire en sorte que ces enfants reçoivent une assistance médicale et psycho-sociale pour les aider à guérir de leurs blessures. Je crois aussi que nous devrions faire beaucoup plus dans notre obligation d’accompagner le processus de guérison de ces enfants.

 

Je voudrais que vous sachiez que j'ai porté ce problème à l'attention des autorités de la République Centrafricaine, au plus haut niveau elles reconnaissent la complexité du phénomène et conviennent de la nécessité de travailler ensemble pour le surmonter.

 

Les autorités nationales se joignent à moi pour reconnaître que les forces internationales, y compris celles qui sont sous le commandement des Nations Unies, se sont beaucoup données pour empêcher le pays de sombrer dans le chaos. Il est tout simplement déshonorant que les actes irresponsables portent une grave atteinte à l'image des forces internationales et ternissent la noble mission que nous menons dans ce pays.

 

Le Secrétaire général sollicite la collaboration sans équivoque des pays contributeurs  de troupes, qui détiennent l'autorité légale première de poursuivre les auteurs de ces crimes odieux, afin de mettre un terme à ce fléau une fois pour toutes. Les responsables de la Force, de la Police, et les civils, ont la responsabilité institutionnelle de veiller à ce que, ceux qui sont sous leur autorité se comportent dans le strict respect des normes éthiques les plus élevées.  Les pays contributeurs de troupes et de police ont l’obligation de poursuivre les contrevenants conformément à leurs lois nationales. Bien que l'accent soit mis sur la responsabilité individuelle pour éviter de stigmatiser l’ensemble  des pays contributeurs, le rapatriement des contingents ayant des déficiences persistantes et endémiques devrait être envisagé.


Je voudrais pouvoir vous dire que la situation s’améliore. Hélas, je suis consterné de voir que depuis mon arrivée le 20 août 2015, deux cas supplémentaires ont été signalés.

 

Nous ne pouvons pas simplement condamner ces actes et espérer qu'ils cesseront. Nous devons et nous allons mettre en place une action offensive et multiforme pour s’attaquer aux causes profondes de ces crimes. Je saisis cette occasion pour appeler la communauté internationale, la société civile, les média et les dirigeants de la RCA en partenariat avec la MINUSCA et la famille des Nations Unies, à envisager un programme de sensibilisation global de la société contre l'exploitation et les abus sexuels. Je demande également aux partenaires d’aider au développement de mécanismes d'information sur les allégations d’exploitation ou d'abus perpétrés par le personnel de la MINUSCA.

 

Il est également vrai que ces allégations en disent long sur les fragilités structurelles de la société centrafricaine marquée par de nombreuses années de conflit. Cette une société est vulnérable à la violence sexuelle suite à un traumatisme, aux crimes massifs et la déchirure du tissu social ainsi qu’à l’effondrement des mécanismes  de protection sociale. À cet égard, nous devons unir nos efforts pour faire face au phénomène persistant de la violence sexuelle dans ce pays qui est souvent le symptôme violent de maux plus profonds.

 

Je tiens à vous assurer que le Secrétaire général est personnellement consterné de voir ces allégations persister dans ce pays. En tant que son représentant, je ne ménagerais aucun effort et n’épargnerais pas de temps  pour aider à stabiliser ce pays fragilisé par la guerre et pour m’assurer que ces horribles crimes cessent.

 

Aujourd'hui, Je suis devant vous  en tant que père, frère de ce pays et  fils de cette sous-région au potentiel immense. Je vous assure que je ne saurais me reposer tant que la dernière allégation n’aura pas fait l’objet d’enquête rigoureuse jusqu'à ce que toutes les victimes reçoivent les soins adéquats, et jusqu'à ce que le drapeau de l'ONU soit lavé de cet opprobre.

 

Je vous invite instamment à vous joindre- à nous dans ce combat.  - Nous avons besoin de vous pour dire à tous  que l'ONU se dresse contre cette ignominie, qu’elle se bat contre elle au quotidien.  Nous ne connaitrons pas de repos  jusqu'à ce que justice soit rendue et que les abus prennent fin.

 

Déclaration à la presse du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies Parfait Onanga-Anyanga

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 15:05

 

 

 

http://www.lapresse.ca/  03 septembre 2015 à 09h19

 

Visé par une vaste enquête de la justice française sur le pillage de son pays, le fils adoptif du président du Congo-Brazzaville veut déménager ses affaires à Montréal, où il a déjà installé sa famille et une partie de sa fortune, a appris La Presse. Les autorités canadiennes aimeraient bloquer la venue de celui qu'elles soupçonnent d'être un véritable kleptocrate, mais elles viennent d'essuyer un revers devant la cour.

 

 «Il ne faut pas voir le mal partout!», a lancé Wilfrid Nguesso lorsque les agents d'immigration canadiens l'ont interrogé sur la fortune de sa famille, soupçonnée d'avoir pillé le Trésor public de la république du Congo (communément appelée Congo-Brazzaville), l'un des pays les plus pauvres du monde, pour financer une orgie de dépenses de luxe.

 

Les agents n'ont pas été convaincus par l'homme d'affaires qui s'est présenté à l'entrevue paré d'une montre Rolex en or massif au cadran cerclé de diamants, et qui leur ricanait au visage lorsqu'ils lui posaient des questions sur ses investissements au Québec, selon les notes d'interrogatoire retracées par La Presse dans les archives de la Cour fédérale.

 

Si Wilfrid Nguesso était interrogé par les fonctionnaires de l'ambassade canadienne à Paris, ce jour de septembre 2012, c'est parce qu'il cherche depuis des années à immigrer à Montréal et y déménager ses affaires. En France, où il est présentement résident permanent, l'air commence à être irrespirable pour lui.

 

Wilfrid Nguesso est le neveu et le fils adoptif du président Denis Sassou-Nguesso, homme fort qui a dirigé le Congo-Brazzaville sous un régime de parti unique de 1979 à 1992, puis est revenu au pouvoir par la force au terme d'une guerre civile en 1997. Il a depuis remporté deux élections très contestées.

 

En France, la famille Nguesso est visée par une enquête judiciaire surnommée l'affaire des «biens mal acquis», qui fait la manchette depuis des années.

 

Plainte d'ONG

 

Ce sont des organisations non gouvernementales (ONG) anticorruption qui ont porté plainte à la justice française contre les familles de trois chefs d'État africains, dont Denis Sassou-Nguesso. Des juges d'instruction épaulés de policiers enquêtent sur des soupçons de «détournement de fonds publics», «blanchiment» et «abus de biens sociaux et de confiance». Les familles visées sont soupçonnées d'avoir détourné les fonds publics des pays qu'ils contrôlent pour accumuler des fortunes colossales en France.

 

Plusieurs perquisitions ont déjà eu lieu. Selon le magazine en ligne français Mediapart, qui a eu accès à des documents de l'enquête, les policiers auraient retrouvé l'équivalent de 11,5 millions de dollars canadiens dilapidés par la famille Nguesso dans les boutiques de luxe parisiennes.

 

Une enquête préliminaire avait déjà identifié 4 appartements, 112 comptes bancaires et des voitures de luxe qui appartenaient à la famille, en France seulement.

 

Pendant ce temps, la Banque mondiale estime que près de la moitié de la population congolaise vit sous le seuil de la pauvreté. Le pays est au 142e rang sur 187 États dans le classement mondial de l'indice de développement humain. En 2011, le quart de la population n'avait pas accès à l'eau potable, selon le Programme des Nations unies pour le développement.

 

L'affaire des «biens mal acquis» pourrait mener à des saisies d'actifs par les autorités françaises dans le but de les redistribuer aux populations flouées. C'est ce que visent les plaignants.

 

C'est dans ce contexte que la demande de Wilfrid Nguesso pour immigrer au Canada a été étudiée par les autorités canadiennes.

 

Résidence luxueuse à Mont-Royal

 

M. Nguesso a présenté sa demande de résidence permanente le 27 décembre 2006, peu avant le dépôt d'une première plainte d'ONG anticorruption en France. À cette époque, sa famille venait de s'établir à Mont-Royal, où elle occupe toujours aujourd'hui une luxueuse demeure bardée de caméras de surveillance. La maison, achetée pour 840 000$ sans hypothèque en 2007, a été rénovée au coût déclaré de 220 000$ en 2011, selon les registres municipaux.

 

La conjointe de M. Nguesso, Claudia, est citoyenne canadienne et pasteure évangéliste. Les six enfants du couple sont citoyens canadiens et plusieurs d'entre eux fréquentent une école française à Montréal. Pendant l'étude de sa demande d'immigration, le fils du président visitait ses proches une fois par mois. Il a même fondé à Montréal une filiale de son entreprise, Socotram, qui ne semble pas avoir été très active. Son épouse et lui ont ouvert des comptes bancaires canadiens où au moins 1,2 million de dollars ont été transférés à partir de l'Europe, selon des documents de cour déposés par Citoyenneté et Immigration Canada et consultés par La Presse. Il a dit avoir confiance de pouvoir continuer son travail de PDG après avoir immigré.

 

Dès le dépôt de sa demande en 2006, Citoyenneté et Immigration Canada a entrepris une enquête approfondie sur ses finances et sa possible implication dans des détournements de fonds. L'enquête allait durer sept ans. Elle s'est concentrée en grande partie sur Socotram, l'entreprise dont Wilfrid Nguesso est le PDG.

 

Socotram est détenue à 45% par l'État congolais et à 55% par des intérêts privés. Le Congo-Brazzaville lui a délégué le droit de percevoir des droits de trafic maritime de plusieurs millions par année sur les chargements de pétrole qui quittent le pays par bateau.

 

Les fonctionnaires canadiens ont constaté que le traitement du PDG semblait «sans lien avec la réalité de [ses] activités professionnelles». Ainsi, il aurait bénéficié:

 

·         D'un salaire annuel de 3 millions de dollars.

 

·         De plusieurs logements de fonction, dont sa maison au Canada et un appartement de luxe à Paris pour lequel la société paie un loyer... à lui-même, car il en est aussi le propriétaire.

·         D'une prise en charge des frais d'éducation de ses enfants.

·         De véhicules de luxe dans différents pays.

·         De la possibilité de transférer des fonds de la société à lui-même s'il en a besoin.

 

M. Nguesso a affirmé en interrogatoire que l'actionnaire privé de Socotram était le consultant en fiscalité d'Outremont Stéphane Saintonge, condamné à 840 000$ d'amende pour fraude fiscale en 2012 (son avocate n'a pas rappelé La Presse).

 

Une «organisation criminelle»

 

Les fonctionnaires ont jugé impossible que M. Saintonge soit le propriétaire de Socotram. Ils croient que derrière des sociétés-écrans, le véritable propriétaire est Wilfrid Nguesso, qui a pris le contrôle de la collecte des droits maritimes congolais en collaboration avec sa famille «dans un but d'enrichissement personnel».

 

Le verdict est tombé en décembre 2013: les autorités canadiennes ont déclaré M. Nguesso interdit de territoire au Canada, car il y avait des motifs raisonnables de croire qu'il est membre d'une «organisation criminelle» qui s'est livrée à des activités de criminalité organisée en détournant les fonds de la Socotram. À partir de ce moment, M. Nguesso s'est vu interdire de visiter ses proches à Montréal. Mais il a contesté la décision des fonctionnaires devant la Cour fédérale.

 

En juillet dernier, une juge lui a donné partiellement raison. Elle a annulé le refus de résidence permanente sous prétexte que les fonctionnaires ont été injustes de deux façons avec le demandeur: ils n'ont pas identifié précisément l'organisation criminelle dont il est soupçonné de faire partie et ils n'ont pas identifié de crimes dans le Code criminel canadien qui correspondraient aux infractions dont il est soupçonné en France.

 

Le dossier a donc été retourné aux fonctionnaires pour qu'ils refassent leurs devoirs. On ignore à quelle date ils rendront une nouvelle décision sur la demande d'immigration. Lorsque ce sera fait, M. Nguesso pourra à nouveau la contester s'il croit encore avoir été floué dans ses droits.

 

D'ici là, M. Nguesso ne peut toujours pas mettre le pied au Canada. Son avocate n'a pas rappelé La Presse. Personne n'a répondu lorsque nous avons tenté de joindre sa conjointe à Mont-Royal.

 

 

 

(La maison de Wilfrid Nguesso à Mont-Royal, est évaluée à 1,2 million de dollars. Sa famille y réside, mais lui-même n'a plus le droit d'entrer au Canada, car les autorités considèrent qu'il est membre d'une organisation criminelle.)

Lu pour vous : Le fils du président du Congo-Brazzaville tente de s'établir à Montréal
Lu pour vous : Le fils du président du Congo-Brazzaville tente de s'établir à Montréal

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 14:40
Centrafrique : la filière du diamant reste sous surveillance

 

 

 

Par Martin Mateso@GeopolisFTV  04/09/2015 à 12H01, mis à jour le 04/09/2015 à 12H01

 

Les diamants centrafricains sont de retour sur le marché international. Le gouvernement a obtenu une levée partielle de l'embargo sur ses pierres précieuses. Mais la filière reste sous surveillance en raison du trafic illégal des diamants de la guerre qui se poursuit au profit des chefs rebelles.


Des pierres précieuses d’une qualité rare, prisées pour leur utilisation dans les bijoux et les montres. Les experts classent le diamant centrafricain parmi les cinq premiers au monde. Mais de nombreux Centrafricains maudissent cette richesse qu’ils considèrent comme responsable de leur malheur.


Comme l’indique International Crisis Group, «la RCA est un Etat qui a longtemps cessé d’exister. Et le diamant y est pour quelque chose.» 


La malédiction du diamant

                
En effet, les mines de diamants ont été au cœur des affrontements qui opposent depuis plus de deux ans les milices Seleka (musulmans) et les anti-balaka (chrétiens). Deux groupes armés rivaux qui ont mis le pays à feu et à sang.
 
C’est pour empêcher que l’argent de ce minerai ne serve à alimenter les violences que les inspecteurs du processus de Kimberley avaient suspendu la vente du diamant centrafricain sur les marchés mondiaux.

 
«En vérité, le diamant nous a rendus plus malheureux qu’heureux», déplore Maxime Kazagui, représentant du gouvernement centrafricain aux négociations du processus de Kimberley.  

 

Le processus de Kimberley

 

Le processus de Kimberley a été mis en place par les pays producteurs de diamants d’Afrique australe réunis dans la ville sud-africaine de Kimberley en mai 2000. Ils voulaient mettre un terme au commerce des «diamants de la guerre» qui financent les activités des mouvements rebelles violents.

 
C’est cette organisation qui a autorisé en juin 2015 le gouvernement centrafricain à vendre à l’étranger une partie de ses diamants. Ceux produits dans les zones de l’Ouest, considérées comme zones vertes placées sous son contrôle. La mesure ne concerne pas les diamants des autres régions du pays.


«Le processus de Kimberley pense que dans les zones qui ne sont pas sous contrôle de l’Etat, où l’administration est inexistante et où les armes circulent, les diamants sont vendus pour entretenir les conflits et les rébellions», explique Joseph Agbo, le ministre centrafricain en charge des Mines et de la géologie.

 

Si cette levée partielle de l’embargo va pouvoir assurer quelques recettes d’exportation au gouvernement, elle ne représente qu’une goutte d’eau par rapport aux sommes générées par les réseaux d’exportation illégale.

 

La vente frauduleuse se poursuit

 

Selon la BBC, le Cameroun serait devenu la terre d’accueil de la plupart des collectionneurs musulmans de diamants qui ont fui la Centrafrique. En novembre 2014, l’ONU estimait à 140.000 carats les diamants exportés illégalement depuis l’entrée en vigueur des sanctions imposées à Bangui en mai 2013. C’est l’équivalent de 24 millions de dollars en 18 mois. «Plus la suspension persiste, plus les vautours sont en train de s’installer en Centrafrique pour détourner nos ressources», déplore Victorien Koyandakpa, exportateur de diamant basé à Bangui au micro de La voix de l’Amérique.

 
L’industrie du diamant fournit normalement 51% des recettes d’exportation de la Centrafrique. L’on comprend pourquoi les autorités de Bangui veulent obtenir la levée totale de l’embargo qui frappe ses pierres précieuses.

 
Une perspective pas du tout rassurante pour l’organisation internationale Crisis Group. «Ce n’est pas en partageant les bénéfices du commerce des diamants entre les seigneurs de guerre et l’Etat centrafricain qu’on va stabiliser l’économie», note Thierry Vircoulon en charge de la RCA au sein de cette ONG.

 
Pour lui, la reprise du commerce va favoriser les «seigneurs de guerre» qui tiennent les zones de production. Il faut, dit-il, stopper d’abord la contrebande de diamants avant d’envisager la levée totale des sanctions imposées par le processus de Kimberley.

 

 

Centrafrique : le trafic de « diamants de sang » en pompe avec le Cameroun

 

04/09/15 (Agence d'information d'Afrique centrale)

 

Dans un rapport transmis cette semaine au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), un groupe d’experts onusiens dénonce l’accroissement du commerce illicite entre des groupes armés centrafricains et des trafiquants à destination du Cameroun voisin.

 

Le rapport encore confidentiel du groupe d’experts de l’ONU, épingle également des trafiquants venus du Tchad. Cependant, les experts internationaux ne parviennent pas encore à établir les responsabilités notamment celles des autorités camerounaises et tchadiennes. « 140.000 carats des diamants, d’une valeur de 24 millions de dollars, ont été clandestinement emmenés hors du pays depuis l’interdiction, en 2013, de l’exportation des diamants bruts », a indiqué le rapport.

 

Si les différentes négociations de paix inter-centrafricaines n’arrivent pas à mettre un terme au conflit qui a pris une dimension intercommunautaire, le document pointe du doigt l’ampleur du trafic des « diamants du sang ». Les experts proposent, à cet effet, que le Conseil de sécurité de l’ONU exhorte les dirigeants de la transition à suspendre le commerce des diamants centrafricains.

 

Depuis mai 2013, l’exportation des diamants d’origine centrafricaine, a été interdite par le Processus de Kimberley qui veille sur les exportations des minerais au niveau international. Pourtant à l’est du pays, notamment dans les villes de Bakouma et Bria, le commerce s’est accentué. Mais depuis l’embargo international, cette partie de la RCA tourne au ralenti, renvoyant plusieurs milliers de personnes en chômage.

 

Fiacre Kombo

 

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 14:38
Centrafrique : un autre soldat français soupçonné

 

 

 

GENÈVE 04/09/15 (The Associated Press) – Un autre soldat français est soupçonné d’avoir agressé sexuellement une adolescente en République centrafricaine.

 

L’armée française est déjà ébranlée par des allégations selon lesquelles des soldats ont agressé des enfants n’ayant parfois que neuf ans, en leur offrant de l’eau ou des friandises en retour de services sexuels.

 

L’affaire a éclaté au grand jour en avril dans les pages du quotidien britannique The Guardian, même si les autorités françaises étaient au courant depuis l’été dernier. Aucune accusation n’a encore été déposée.

 

Lors d’un déplacement en République centrafricaine jeudi, le Haut commissaire de l’ONU pour les droits de la personne, Zeid Ra’ad Al Hussein, a indiqué que la plus récente victime présumée aurait été agressée il y a environ un an. Elle a accouché d’un enfant en avril et a déposé une réclamation de paternité auprès des autorités locales.

 

La France a déployé des soldats en République centrafricaine en décembre 2013, après une éruption de violence sectaire entre chrétiens et musulmans. Une mission onusienne de maintien de la paix a aussi été déployée depuis.

 

Ces Casques bleus font maintenant l’objet de plus d’une dizaine d’allégations d’agressions sexuelles. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pris le mois dernier une mesure sans précédent en congédiant le chef de la mission.

 

«Nous devons tout simplement trouver comment empêcher que des actes aussi odieux soient commis où que ce soit par des soldats qui sont sensés protéger des populations vulnérables», a dit M. Zeid.

 

Il a ajouté que les autorités françaises ont été informées de la situation et que les pays qui contribuent des soldats aux missions onusiennes ont l’obligation d’enquêter rapidement sur de telles allégations.

 

 

Nouvelle affaire de viol en RCA: la France promet la transparence

 

Par RFI  04-09-2015 à 11:53

 

L'armée française est une nouvelle fois au cœur d’un scandale de viols en Centrafrique. Les Nations unies ont rendu publiques des allégations d'abus sexuels sur une jeune fille par un soldat de la force française Sangaris. Le ministère français de la Défense assure que toute la vérité sera faite.

 

Pierre Bayle, le porte-parole du ministère français de la Défense, l’assure désormais, l’armée française prend au sérieux les nouvelles accusations de viols envers un soldat de la force Sangaris déployée en Centrafrique : « Nous avons été informés oralement, avant-hier à New York, par les autorités de l’ONU. Ça a été transmis à Paris aux autorités politiques. Le ministre a immédiatement décidé d’une enquête de commandement et, en vertu de l’article 40, il va saisir le procureur de la République dès qu’il aura un peu plus d’éléments. »

 

Et les autorités françaises l'assurent, c'est la justice pénale qui devrait prendre en charge ce dossier : « Nous n’avons rien de plus que ce qui figure dans le communiqué du haut commissaire aux droits de l’homme. Mais bien entendu, la justice sera saisie. Et en pareil cas, c’est la justice qui sera saisie qui sera souveraine, il n’y a pas de justice militaire spécifique, il y a un code de procédure pénale pour tout le monde et nous serons totalement transparents », promet Pierre Bayle.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 23:04

 

 

      

APA-Bangui (Centrafrique) 2015-09-03 14:46:43 - Le gouvernement centrafricain a demandé à l’Autorité nationale des élections (ANE) de publier un nouveau calendrier électoral, a annoncé, jeudi à Bangui, le ministre centrafricain de la Sécurité publique, porte-parole du gouvernement, M. Dominique Said Panguindji au cours d’une rencontre avec la presse.


Selon le ministre de la Sécurité publique, le calendrier électoral en cours n'est plus tenable compte tenu des difficultés que rencontre le processus électoral

Selon ce calendrier électoral, un referendum constitutionnel devait être organisé le 4 octobre, soit 14 jours avant le premier tour des élections législatives et présidentielles prévues le 18 octobre et le second tour le 2 novembre.


Ce calendrier électoral ne peut être respecté du fait de l'enrôlement des électeurs qui se poursuit encore dans certaines régions du pays, de l'insécurité qui règne également dans ces mêmes régions et parce que l'ANE n'a pas encore bouclé le budget des élections, a expliqué M. Said Panguindji.


Le gouvernement centrafricain a demandé à l'ANE de revoir les dates des élections et de proposer un nouveau calendrier électoral qui tienne compte de la fin de la transition fixée par la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) à fin décembre 2015, a indiqué le porte-parole du gouvernement.

Un nouveau calendrier devrait permettre une organisation sereine des élections, a-t-il conclu.

 

http://apanews.net/news/fr/article.php?id=832842#sthash.bRMNc41F.dpuf

Centrafrique : Le gouvernement demande un nouveau calendrier électoral

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 18:47

 

 

 

02/09/2015 17:45 (RV) Un nouveau prix pour l’archevêque de Bangui, en République centrafricaine, Mgr Dieudonné Nzapalainga  et l'imam la grande mosquée de la ville, le cheikh Kobine Layama.

 

Déjà récompensés à Genève le mois dernier du prix des droits de l’homme de l'ONU, ils ont reçu le 1er septembre, à Aix-la-Chapelle, au nord de l’Allemagne, le Prix 2015 pour la Paix d'Aix-la-Chapelle.

 

Mgr Nzapalainga et l'imam Layama ont été distingués pour leur œuvre au quotidien, à faire dialoguer les religions, afin de mettre un terme à la guerre civile en Centrafrique qui dure depuis deux ans. Outre les deux leaders religieux centrafricains, un groupe d'étudiants africains d'Oujda, au Maroc, a aussi été récompensé pour son aide aux migrants.

Un nouveau prix pour la paix pour l'archevêque et l'imam de Bangui

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 18:19
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL

 

 

Des hommes en armes dépouillent et emportent un véhicule de JUPEDEC entre Sibut et Damara

 

http://rjdh.org/  PAR AUGUSTE BATI-KALAMET LE 3 SEPTEMBRE 2015

 

Quatre hommes armés assimilés aux Anti-Balaka ont braqué dans la soirée du 02 Septembre un véhicule appartenant à l’Ong Jeunesse Unie pour la Protection de l’Environnement et le Développement Communautaire (JUPEDEC). L’acte s’est produit au village Ombela entre Sibut et Damara. Les braqueurs ont dépouillé l’équipage avant d’emporter le véhicule en direction de Bangui.

 

Selon les faits relatés par un passager, l’acte s’est produit proche d’un pont alors que le chauffeur du véhicule ralentissait pour le traverser. « Un homme armé est sorti stopper le véhicule avant que trois autres le rejoignent. Ils ont autorisé au chauffeur et son équipage de quitter le véhicule et de se vider les poches », a-t-il expliqué.

 

Tous les matériels du véhicule ont été réquisitionnés par les malfrats et emportés. « Une moto, des ordinateurs de bureau, des bidons de carburant et des sacs », a-t-il cité au RJDH.

 

Une cinquième personne non armée est sortie de la brousse et a pris le volant du véhicule en direction de Bangui.

 

Notons que ces hommes armés n’ont tiré aucun coup et aucun blessé parmi les passagers. Les personnes dépouillées ont atteint Damara à pieds. D’après les informations du RJDH, le climat entre JUPEDEC et une partie de la population de Damara n’est pas au beau fixe.

 

Encore une psychose généralisée à Bambari

 

jeudi 3 septembre 2015 14:46

 

La peur s'est installée à nouveau ce jeudi 3 septembre 2015 au sein de la population de la ville de Bambari dans la Ouaka au centre-est de la République Centrafricaine. A l'origine de cette phobie, la présence massive non justifiée des miliciens Antibalaka dans les quartiers de la rive droite de Bambari. 


Entre temps, ces miliciens avaient déserté leurs positions au profit des des hommes armés de l'Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), du général de l'ex-coalition Séléka Ali Ndaras. L'afflux inexpliqué de ces Antibalaka a obligé nombreux habitants de la rive droite à fuir leurs logements pour regagner les sites des déplacés internes.

« C'est depuis dix jours que les éléments de l'UPC du général Ndaras ont érigé leur barrière sur la rive droite mettant en fuite les miliciens Antibalaka de la zone. Aujourd'hui, aux environs de 2 heures du matin, ils sont tous sortis de leur cachette et occupent presque tous les quartiers de la rive droite. Les populations s'inquiètent pour la simple raison que leur intention n'est pas bien connue. Est-ce qu'ils sont sortis s'affronter avec les hommes de l'UPC ? Beaucoup de personnes ont quitté leur domicile pour regagner les sites de la paroisse Notre Dame des Victoires et de la Sococa » a expliqué un habitant de la ville joint ce jeudi au téléphone. 


Une réunion de crise est annoncée ce jeudi, initiée par la Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation de la Centrafrique, Minusca mettant autour de la table les Antibalaka et des éléments d'Ali Ndaras. Pour l'heure, Radio Ndeke Luka ne dispose pas encore d'informations détaillées concernant cette réunion.


Entre temps, une équipe de l'ONG Jeunesse unie pour la protection de l'environnement et le développement communautaire (JUPEDEC), a été prise à partie ce mercredi 2 septembre 2015 par des hommes armés au niveau du pont de la rivière Ombella à environ 90 kilomètres de la capitale centrafricaine. 


Les ravisseurs ont emporté le véhicule de l'ONG, une moto neuve, trois ordinateurs portables, des téléphones portables et une somme d'argent d'un montent de 500.000 francs CFA, environ 762,245 euros. Cette équipe se rendait à Sibut, chef lieu de la Kémo, pour l'installation des membres du bureau local de cette organisation.

« J'amenais les responsables suivi-évaluation recrutés pour démarrer leurs activités ce 3 septembre », a indiqué Thibaut Dounia-Koumboti, directeur technique de la JUPEDEC qui a souligné que « C'est compliqué avec cet aspect sécuritaire sur nos zones d'intervention. Pour le moment, nous attendons qu'il y ait quand même une sécurité surtout sur l'axe Damara-Sibut, là où les bandits s'installent ». Car, « Concernant nos activités, nous allons essayer petit à petit d'assister les mamans, les personnes vulnérables. Si nous laissons, la vie de ces personnes va être menacée », a signalé le directeur technique.


Mercredi, des éléments supposés ex-Séléka ont massivement investi la ville de Batangafo. Selon des témoignages recueillis auprès des habitants de cette ville par le correspondant de Radio Ndeke Luka, ces éléments ont tenté d'attaquer le site des déplacés de la ville, mais ils en ont été empêchés par la Minusca. Le lendemain, jeudi, un groupe de ces ex-Séléka, sur une quinzaine de motos, a pris la route de Bouca. Ils ont, à six kilomètre de la ville, pris quatre jeunes en otage et ont abattu le quatrième. Toujours selon ces témoignages, le groupe a, dans sa progression, tué des personnes à soixante kilomètres, mais le nombre de victimes n'a pas été précisé.

Mercredi, lors de la conférence de presse hebdomadaire de la Minusca tenue à Bangui, le chef de communication de la Mission onusienne, Myriam Dessables, a pourtant rassuré la population que le calme se rétabli peu à peu dans la Ouaka et la Nana Gribizi ces derniers temps.


« La situation sécuritaire s'est améliorée à Bambari et à Bria. A Bambari, la force de la Minusca a démantelé toutes les barricades des jeunes afin de permettre la libre circulation sur la route principale d'approvisionnement n°3 et des patrouilles régulières sont effectuées de part et d'autre de la rivière de la Ouaka en vue de prévenir toutes confrontations inter-communautaires. A Bria, la force de la Minusca assure en permanence la sécurité des autorités de l’État afin qu'elles puissent assurer leurs fonctions quotidiennes et continue évidemment à assurer des patrouilles pour rassurer la population locale ». 


Une assurance qui est mise à mal par des observateurs de la vie politique par rapport aux différentes recrudescences de violences à travers le pays.

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 17:55

 

 

 

03/09/15 (AFP)

 

La Centrafrique s'achemine vers un report de la présidentielle et des législatives en raison des difficultés financières et sécuritaires rencontrées par les agents du recensement électoral dans des régions toujours en proie aux violences intercommunautaires.

 

Après deux précédents reports dans un pays toujours instable, les autorités de la transition ont fixé au 18 octobre le premier tour de la présidentielle et des législatives. Auparavant, le 4 octobre, doit avoir lieu un référendum sur le projet de nouvelle constitution qui vient à peine d'être adopté dimanche par le Conseil national de transition (CNT, parlement).

 

"Le CNT estime que l'Autorité nationale des élections et le gouvernement doivent prendre leur responsabilité pour revoir le calendrier électoral, en raison des réalités évidentes constatées", a déclaré à l'AFP Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du parlement.

 

"Nous constatons avec beaucoup d'autres que les élections ne pourront se tenir à bonne date. Le 18 octobre, il n'y aura pas d'élection (...) il y a une sorte d'instabilité et de vacance qui se pointe à l'horizon", affirme Crépin Mboli-Goumba, ancien ministre, président du parti africain pour la transformation radicale et l'indépendance des Etats.

 

Même constatation pour Aurélien-Simplice Zingas, ancien ministre, membre du parti Kélemba: "Les dates fixées ne peuvent être tenues. Le collectif des partis politiques, associations et personnalités indépendantes souhaitent qu'un consensus puisse être trouvé sur des proposition de nouvelles dates".

 

"C'est totalement irréaliste voire suicidaire, que de vouloir coûte que coûte aller aux élections le 18 octobre. Les cartes d'électeurs ne sont pas disponibles, ni les urnes", déplore Grégoire Fithy, étudiant.

 

"C'est impossible. Beaucoup de paramètres exigent encore que certaines choses soient faites pour réajuster le processus. Donc un report est tout à fait sage", confirme Jean-Marie Koyagnilo, sociologue.

 

Pour le président de l'Autorité nationale des élections, Dieudonné Kombo Yaya, qui se veut optimiste, "la dynamique des élections" est toujours d'actualité mais force est de constater les difficultés. "Le retard accusé aujourd'hui dans le processus électoral est imputable en grande partie à l'insuffisance des disponibilités financières, et d'un niveau acceptable de la sécurité dans certaines régions".

 

L'Autorité table sur des prévisions de 1,9 million à 2,1 d'électeurs potentiels, et indique qu'elle a en déjà enregistré 900.000, dont 314.000 à Bangui.

 

Elle a enregistré la grande majorité des électeurs dans le sud-est, l'ouest et le nord-ouest mais pas encore dans les régions du centre, du nord, du nord-est et de l'est.

 

Ces régions, éloignées de Bangui, sont sous la coupe de milices et de bandits. Au moins 20 personnes ont été tuées et de nombreuses blessées au cours d'affrontements intercommunautaires qui ont éclaté le 20 août à Bambari (centre), provoquant des déplacements importants de populations.

 

Il reste aussi à enregistrer les centaines de milliers de réfugiés dans les pays voisins: République démocratique du Congo, Soudan, Cameroun et Tchad.

 

- Pas de sécurité, pas d'élections -

 

"S'il n'y a pas la sécurité, on ne peut parler d'élections libres, transparentes, démocratiques. Car, comment les candidats vont battre campagne dans la situation actuelle?", interroge Michèle Sanzé, membre du CNT.

 

Autre facteur de tension dans les semaines à venir: le nombre de postulants à la présidentielle qui ne pourront se présenter car inéligibles, la Cour constitutionnelle ayant exclu des scrutins toutes les personnalités liées au régime de transition.

 

Mais, pour Arthur Moyenzou, enseignant, la "triste réalité" de son pays, classés parmi les plus pauvres au monde, surpasse la question électorale: "Les gens ne voient que les élections, mais la situation du pays est catastrophique. Non seulement nous comptons encore nos morts, mais le peuple souffre. Presque tout le monde est réduit à un seul repas par jour. Et les maladies déciment hommes, femmes et enfants".

 

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, a plongé l'ex-colonie française, déjà très instable, dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries de masse entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014, dont le pays peine toujours à se relever.

 

par Christian PANIKA

 

 

RCA: vers un nouveau réaménagement du calendrier électoral

 

Par RFI 03/09/15

 

Il y aura très probablement un nouveau report des élections présidentielles et législatives ainsi que du référendum en République centrafricaine. Plusieurs membres du gouvernement l'ont confirmé, sans pour autant se prononcer sur de nouvelles échéances. Mais il reste indispensable, selon eux, de respecter le code électoral en ne dépassant par la date du 31 décembre, qui marque la fin de la période de transition.

 

Les élections vont très certainement être une nouvelle fois repoussées. Les élections présidentielle et législatives étaient fixées au 18 octobre et un référendum constitutionnel était prévu le 4 octobre prochain. Mais le gouvernement n'a toujours pas convoqué le corps électoral.

 

Le ministre de l'Administration du territoire Modibo Bachir Walidou, n'exclut pas un report des élections mais pour lui il faut impérativement respecter le code électoral et tenir l'ensemble du processus avant la fin de la transition.

 

« Les dates qui importent vraiment c’est le 31 décembre, le terme de la transition, les autres dates se font en fonction du calendrier prévu par le code électoral révisé. Il prévoit des dates incompressibles et d’autres qui sont extensibles. L’essentiel c’est qu’on tienne dans l’intervalle de temps, arrêté de façon consensuel et international, au 31 décembre. Mais il faut absolument que le code électoral soit respecté. Je crois pouvoir dire que nous tiendrons bien le coup jusqu’au 31 décembre », assure le ministre.

 

Le porte-parole du gouvernement Dominique Saïd Paguindji le confirme, sans se prononcer sur de nouvelles échéances. Il y aura bien un report des élections, mais lui aussi insiste : tout le processus sera terminé avant la fin de la période de transition.

 

« Eu égard au retard enregistré ans les opérations d’enrôlement des électeurs, il va de soi qu’il y aura un glissement du chronogramme. Toujours est-il qu’il ne pourra pas dépasser la durer de la transition qui a été repoussée exprès pour préparer les élections dans un environnement sécurisé, apaisé. L’Autorité nationale des élections est en train de se pencher sur ce nouveau chronogramme et je pense qu’il est trop tôt pour se prononcer sur les délais, sur l’écart », avance Dominique Saïd Panguindji.

 

Récemment, le président du Conseil national de transition (CNT) estimait que les dates prévues n’étaient pas « tenables ». Une position sur laquelle semble donc aussi s’aligner le gouvernement. Seule l'Autorité nationale des élections (ANE) affirme que le chronogramme est encore d'actualité. Son porte-parole, Julius Ngouadébaba, admet qu’il y a des difficultés, mais que l’ANE tente de tenir les délais.

 

« Les élections de sortie de crise s’organisent dans un contexte particulier, fait d’absence de ressources, l’absence de l’administration sur toute l’étendue du territoire, de l’insécurité malgré les efforts faits par ailleurs. C’est pour ça que nous avons dû faire les reports. Ceci dit, le dernier chronogramme rendu public par l’ANE a tenu compte de plusieurs paramètres. Il est vrai qu’on aurait peut-être besoin de beaucoup plus de temps mais ce chronogramme est là et nous travaillons à la mettre en œuvre. Et donc je pense que nous pourrons le tenir », maintient Julius Ngouadébaba.

Centrafrique: vers un report des élections en raison de l'insécurité

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 17:53

 

 

 

http://afriqueeducation.com/   Afrique Education n°422

 

La réponse de la communauté internationale et des autorités locales à la gestion de la crise centrafricaine est la reconstruction de l’Etat (statebuilding). Elle est censée garantir le rétablissement de la paix et de la sécurité dans le pays. Néanmoins, face aux difficultés rencontrées pour stopper définitivement les violences, la reconstruction de l’Etat centrafricain et la tenue de l’élection présidentielle et des législatives prévues d’ici la fin de l’année 2015, suscitent des interrogations.

 

ELECTIONS EN 2015 : AUTORITÉ OU LÉGITIMITÉ DE L’ETAT ?

 

Pour la communauté internationale, les élections constituent souvent le passage obligé pour reconstruire l’Etat. Cependant, le fait de privilégier à tout prix l’autorité de l’Etat au détriment de sa légitimité mène souvent à des dérives. Selon Thierry Vircoulon, directeur pour l'Afrique centrale du think tank International, Crisis Group, lorsqu’il s’agit d’un pouvoir de transition, reconstruire l’Etat par le biais de l’élection « est le fruit de compromis et de négociations armées, et la probabilité est forte pour que cette élection porte au pouvoir un tandem de seigneurs de guerre et de politiciens corrompus qui ont tous une part de responsabilité dans le conflit passé », (tribune ID4D – AFD, 17/03/2015).

 

En Centrafrique, l’imposture politique est devenue quasi-institutionnalisée. Dans ce contexte, impossible de sortir de la crise de confiance politique dans laquelle elle s’enlise depuis des décennies. Malheureusement, l’histoire de ce pays a montré à quel point des dictateurs habités par un désir de toute puissance n’ont pas eu de limite. Aujourd’hui, les Centrafricains subissent encore les conséquences désastreuses des mauvaises décisions, de l’inaction ou de la mauvaise gouvernance passée. Un leader politique motivé avant tout par ses intérêts propres au détriment de ceux du peuple ne peut favoriser durablement la reconstruction, le développement et la stabilisation d’un pays. Il faut cesser de sélectionner et de faire élire des « leaders politiques narcissiques » voués à devenir des pompiers pyromanes entraînant dans leur chute la nation toute entière. Les Centrafricains ne veulent plus vivre dans la violence et dans la pauvreté alors même que des dirigeants s’enrichissent sans aucun état d’âme. La prise de conscience citoyenne et les discours politiques ne suffiront pas à rassurer les populations et à donner l’espoir d’une vie meilleure. Pour reconstruire le pays et rétablir la confiance entre les citoyens, l’Etat et les politiques, il est fondamental de poser des actes forts et de réformer la gouvernance. La confiance des citoyens ne peut exister sans le respect des engagements politiques sur le plan économique, social et sécuritaire. De nombreux experts ont longtemps souligné la nécessité d’assainir les finances publiques, de relancer l’économie formelle et de contrôler l’économie illicite. Par ailleurs, les services sociaux de base ont trop souvent été assurés en partie par les ONG et n’ont pas constitué une priorité pour les gouvernements. Entre l’économie de prédation, les ingérences et les chantages financiers en tout genre provenant de l’Etat, de chefs de groupes armés, de politiques ou d’entrepreneurs, la corruption est devenue une normalité. Comment un pays peut-il se développer sans un minimum de confiance ? C’est d’abord aux autorités nationales et aux politiques de donner l’exemple pour redonner espoir et confiance aux citoyens !

 

L’URGENCE ÉLECTORALE, UNE RÉPONSE INADAPTÉE

 

S’agissant de la tenue des élections prévues en fin d’année 2015, la situation sécuritaire reste encore instable sur l’ensemble du territoire. D’une part, il parait compliqué pour les citoyens d’aller voter sereinement avec la peur d’être attaqué. La question du désarmement n’étant pas totalement résolue, le recensement et le vote des électeurs risquent d’être compromis. D’autre part, les annonces puis les reports répétés des échéances ne font qu’entretenir la méfiance et saper le moral des Centrafricains. Dans ces circonstances, il semble difficile d’organiser des élections démocratiques. Les acteurs politiques, le peuple centrafricain, les observateurs et experts internationaux devraient inscrire les élections dans une stratégie à plus long terme et non dans la précipitation (d’après les conclusions du groupe de travail « Gouvernance, Justice et Réconciliation » du Forum de Bangui/mai 2015 ; établies par le professeur Jean-François Akandji-Kombé - Rapporteur Général). Les autorités de la transition et l’ANE (Autorité nationale des élections) pourraient ainsi envisager l’élection présidentielle et les législatives dans un délai plus raisonnable, au cours du second semestre de l’année 2016 (soit un an après le Forum de Bangui en mai 2015). Cela permettrait de gagner en efficacité et d’être plus efficient en matière d’organisation des élections (faciliter un recensement le plus exhaustif possible ainsi que le vote (de tous les Centrafricains, réfugiés y compris) et permettre aux différents candidats de présenter concrètement et clairement leur programme politique).

 

QUI ÉLIRE ?

 

Concernant les nombreux candidats déclarés à l’élection présidentielle, les électeurs centrafricains peuvent-ils réellement juger et choisir ? Les Centrafricains ont certes un profond désir de changement et veulent sortir de cette crise. Mais, face à la pauvreté et au faible niveau d’instruction et d’éducation de la population, la démocratie sociale peut difficilement s’imposer. Maintenues dans l’extrême précarité et profondément meurtries par les crises successives, les populations deviennent facilement manipulables par certains politiques qui leur promettent monts et merveilles en pratiquant « la politique du ventre ». A cela s’ajoute le fait qu’elles finissent souvent par voter pour un candidat issu de leur région ou de leur ethnie sans réellement s’interroger sur son profil et son programme. L’enjeu des prochaines élections en Centrafrique résidera, entre autres, dans la capacité et la volonté d’élire des leaders compétents, intègres et capables de proposer et de mettre en œuvre un plan de développement économique et social solide et ambitieux pour la reconstruction du pays. Le candidat de l’avenir devrait être un homme/une femme de conviction forte capable de rassembler tous les Centrafricains au-delà de leur orientation religieuse. Un leader qui n’a pas peur du défi, capable de respecter et d’appliquer les recommandations du Forum de Bangui. Un leader dynamique, soutenu par son parti politique, qui aurait le courage d’assumer ses prises de position contre la corruption et pour le changement. « Le premier des citoyens » habité par l’amour de son pays, par la volonté de construire un véritable projet de société pour la Centrafrique, pour les jeunes et les femmes et non plus pour des hommes uniquement motivés par l’appât du gain. Un leader humble et conscient du long chemin qu’il faudra parcourir avec l’aide des citoyens et des partenaires internationaux pour reconstruire le pays, assurer son développement et voir changer les mentalités et les pratiques. Celui qui aura une réelle ambition de changer la politique et qui saura inspirer confiance et convaincre par son charisme, son discours et surtout par son programme, par ses actes et par le respect de ses engagements politiques!

 

La crise de confiance entre les citoyens centrafricains et le politique reste entière. Et, pour permettre aux générations futures de développer « des attitudes de pensée critique » et de faire un « véritable choix politique » personnel, il sera fondamental d’accompagner la formation et l’éducation à la citoyenneté (responsabilité sociale et morale, engagement dans la vie de la cité et éducation au politique) ; principe de base d’une nation. Pour conclure sur la confiance, le philosophe Alain disait : « Le peuple, méprisé, est bientôt méprisable ; estimez-le, il s’élèvera. La défiance a fait plus d’un voleur ; une demi-confiance est comme une injure ; mais si je savais la donner toute, qui donc me tromperait ? Il faut donner d’abord ».

 

Shérazade Gatfaoui, Maître de Conférences et Enseignant-Chercheur en Sciences de Gestion (Marketing), Consultante spécialisée sur la confiance dans les organisations.

Centrafrique : Elections à hauts risques par Shérazade Gatfaoui

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com
3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 17:50

 

 

 

03/09/15 (RFI)

 

Un nouveau cas de viol présumé par un militaire français de l'opération Sangaris en Centrafrique a été révélé. C’est le haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al-Hussein, en visite dans le pays en ce moment, qui a sorti l’information.

 

Le haut commissaire aux droits de l'homme indique que l'ONU a été mise au courant de ce dernier cas présumé le 30 août dernier. Les faits remonteraient à environ un an. Selon le communiqué des Nations unies, la victime présumée serait une « jeune fille probablement en fin d'adolescence au moment des faits allégués ». Elle a mis au monde un enfant fin avril et a porté plainte auprès des autorités locales pour une reconnaissance de paternité.

 

Toujours selon Zeid Ra'ad al-Hussein, les autorités françaises ont été informées de ce dernier cas. Ces allégations viennent s'ajouter à une longue série d'accusations de viols par des soldats étrangers en Centrafrique. Une information judiciaire française a été ouverte en mai dernier sur des viols présumés d'enfants commis par 14 militaires français à Bangui en 2014. Trois autres militaires africains étaient également mis en cause dans le rapport onusien qui a déclenché ces investigations.

 

Plus récemment, le 18 août, des casques bleus de RDC ont été accusés de viol sur trois jeunes filles, dont une mineure. Kinshasa avait promis une enquête. Début août, des casques bleus étaient soupçonnés du viol d'une fillette de 12 ans à Bangui lors d'une opération au cours de laquelle deux civils avaient été tués. Une situation qui a provoqué le mois dernier la démission de Babacar Gaye, l'ancien patron de la Minusca

 

 

RCA : un soldat français accusé de viol

 

BBC Afrique

 

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l’ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein, a déclaré qu’il a été informé le 30 août d'allégations d'abus sexuel commis par un membre de la force militaire française Sangaris sur une jeune fille.

 

Le personnel des Nations Unies en Centrafrique a été informé le 30 août d'allégations d'abus sexuel sur une jeune fille, il y a environ un an, par un membre de la force militaire française Sangaris, a déclaré jeudi le Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

 

La victime, probablement en fin d'adolescence au moment des faits allégués, a donné naissance à un enfant en avril.

 

"Ceci est la dernière d'une série d'allégations effroyables d'abus et d'exploitation sexuelle par des troupes étrangères en RCA", a déclaré M. Zeid, en visite à Bangui, selon un communiqué de l'ONU.

 

La France enquêtait déjà sur des accusations d'abus sexuels commis sur des enfants en Centrafrique entre décembre 2013 et juin 2014. Elles visent notamment 14 soldats français qui faisaient partie de l'opération Sangaris menée par la France et n'étaient pas sous le commandement de l'ONU.

 

Le plus haut responsable des droits de l'homme de l'ONU a déclaré que son bureau travaille en étroite collaboration avec la MINUSCA, la mission de l'ONU en RCA, et avec l'UNICEF qui, à travers ses partenaires, va fournir un soutien psychosocial et une assistance juridique à la jeune fille et sa famille.

 

La victime a déposé une plainte pour reconnaissance de paternité auprès des autorités locales.

RCA: un nouveau cas de viol présumé par un soldat de Sangaris

Partager cet article

Repost0
Centrafrique-Presse.com