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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 12:49

 

 

 

 

 

 

02/05/2014 à 08:54 Par Vincent Duhem   (Jeune Afrique)

 

Le leader anti-balaka a été interpellé par la Misca au sortir d'un entretien avec Samba-Panza. Problème : cette dernière, qui n'en avait pas été avertie, négociait avec lui le désarmement de ses milices.

 

Le manque de clarté : c'est l'un des principaux reproches fait aux autorités de la transition. Et la gestion du cas Patrice-Édouard Ngaïssona en est un nouvel exemple. Le 17 avril en début d'après-midi, le coordinateur politique autoproclamé des milices anti-balaka est reçu au palais de la Renaissance par la présidente Catherine Samba-Panza. À la sortie de l'entretien, il est interpellé par des hommes de la gendarmerie et de la Misca (la force africaine) en possession d'un mandat d'arrêt signé par le procureur de la République, Ghislain Gresenguet.

 

Une stratégie d'apaisement

 

Problème : Samba-Panza n'a pas eu vent de cette opération. Informée par un proche du leader anti-balaka, elle fait immédiatement part de sa désapprobation au général Jean-Marie Michel Mokoko puis au général Martin Tumenta Chomu, respectivement chef et commandant des troupes de la Misca. Elle a, explique-t-elle, choisi une stratégie d'apaisement peu compatible avec cette arrestation.

 

Finalement, Ngaïssona, qui selon une source sécuritaire "est resté très serein" lors de cette interpellation théâtrale, est déféré devant le procureur. Après plusieurs heures d'interrogatoire, celui-ci décide de le placer en liberté provisoire avec obligation de pointer à la gendarmerie chaque semaine, le mardi et le vendredi.

 

Le leader anti-balaka, qui redoute d'être inscrit par l'ONU sur une liste de personnalités à sanctionner, tente de se racheter une conduite. "N'oublions pas [qu'il est aussi un chef d'entreprise qui détient] des marchés publics en Centrafrique et des sociétés au Cameroun qu'il doit protéger", note un diplomate de l'Union africaine. Lors de son entretien avec la présidente de la transition, il aurait promis son aide pour faire progresser le processus de réconciliation et désarmer les anti-balaka qu'il contrôle, principalement dans les 3e, 5e et 8e arrondissements de la capitale.

 

Des partisans des anti-balakas infiltrés au sommet de l'État

 

L'interventionnisme de Catherine Samba-Panza n'a pas plu à tout le monde. "Nous respectons le choix de la présidente, mais nous estimons que Ngaïssona aurait dû être placé en détention", affirme un diplomate de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC), pour qui "le gouvernement joue un double jeu. Tout n'est pas limpide. Il y a des partisans des anti-balaka infiltrés au sommet de l'État".

Lu pour vous : Centrafrique :  le cas Ngaïssona sème la pagaille
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Centrafrique-Presse.com
2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 10:54

 

 

 

Bureau Politique

      Secrétariat Général

     N°_______MLPC/BP/SG/013

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

Relatif au carnage de Boguila

 

Le samedi 26 avril 2014, des hommes armés, que des sources crédibles identifient comme étant des éléments ex-Séléka, ont fait irruption à l’hôpital de Médecins Sans Frontières de Nangha-Boguila dans la préfecture de l’Ouham dont ils ont entièrement pillé le bureau sous la menace des armes.

 

Dans le même temps, toujours aussi sans raison, sur le même lieu où se tenait une réunion avec des collaborateurs de MSF et une quarantaine de notables de la localité pour discuter de l'accès aux soins de la population, ces bandits armés se sont livrés sur ces personnes à un massacre sans nom. On dénombrera au total 22 civils tués dont trois employés locaux de MSF ainsi que plusieurs blessés.

 

Rien ne peut justifier une telle barbarie sur des civils non armés et dans un lieu clairement identifié comme étant une structure de santé tenu par un organisme humanitaire tel que Médecins Sans Frontières.

 

Il va sans dire que cet énième drame est la fâcheuse conséquence de l’inexistence de nos forces de défense et de sécurité et du total abandon des populations de l’arrière-pays et de nos provinces, situation dont tirent profit toutes les hordes et bandes armées de tout acabit qui écument nos villes et régions pour commettre les pires forfaits.

 

C’est pourquoi, le Bureau Politique du Mouvement de Libération du peuple Centrafricain, une fois de plus, ne peut que condamner fermement un tel carnage que rien ne saurait justifier.

     

-       Il réitère sa conviction profonde que sans un désarmement total de toutes les bandes armées qui opèrent en toute tranquillité, tant dans la capitale que sur le reste du territoire national, il est vain et parfaitement illusoire de croire au retour de la sécurité et de la paix.

    

-       Il s’étonne que les forces internationales déjà présentes sur le sol centrafricain qui, certes ont déjà tant fait et font beaucoup pour stabiliser la situation, tardent à user dans toute sa plénitude du mandat que leur confère la résolution 2127 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui leur demande de protéger les populations civiles et les autorise à procéder, par la force, au désarmement de toutes les bandes armées qui sévissent et tuent actuellement sans raison en toute impunité dans le pays.

 

-       Il en appelle à ceux qui continuent de se revendiquer l’appartenance à l’ex-mouvement Séléka, ainsi qu’à celui des Anti-Balakas,  et qui s’enferment toujours dans une spirale de violence aveugle, de cesser de tuer d’innocentes populations civiles, d’incendier les villages et de commettre des exactions car tôt ou tard, ils auront à répondre de leurs crimes.  

 

Fait à Bangui, le 28 avril 2014

 

Pour le Bureau Politique

 

 

 

Martin ZIGUELE

 

 

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE DU MLPC Relatif au carnage de Boguila
COMMUNIQUE DE PRESSE DU MLPC Relatif au carnage de Boguila
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:40

 

 

 

 

Par  Li Zhijian  French.china.org.cn Mis à jour le 02-05-2014

 

Expliquant que la communauté internationale n'a pas honoré ses responsabilités envers la République centrafricaine déchirée par un nettoyage ethnique et de lourdes pertes humaines, le chef des opérations humanitaires de l'ONU a appelé jeudi à une plus grande présence des forces de sécurité et à davantage de financements pour aider à sortir de l'escalade de la violence.

 

John Ging, le directeur des opérations du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a indiqué à la presse que les milices rivales chrétiennes et musulmanes attisaient la violence intercommunautaire et que les "gens perdaient leur humanité" dans une vagues de violences interconfessionnelles sans précédent.

 

M. Ging, qui revenait de la ville de Boda dans le sud de la Centrafrique, a expliqué qu'il était également préoccupé par une nouvelle tendance sémantique particulièrement alarmante : la population centrafricaine accuse dorénavant les Chrétiens et les Musulmans, au lieu de pointer du doigt des "groupes armés" comme ils le faisaient auparavant.

 

Il a donné l'exemple de Boda, où des leaders chrétiens réclamaient l'évacuation des villageois musulmans, attisant les flammes de l'intolérance. "Les gens demandaient à être évacués de leurs propres communautés".

 

Par ailleurs, à Bossangoa, "tous les musulmans sont partis maintenant". Environ 2.000 musulmans ont fui ou ont été évacués avec l'aide de l'ONU, ce qui témoigne de l'échec de la communauté internationale. "C'est une solution provisoire, une solution qui n'en est pas vraiment une car ces gens vont, à un moment ou un autre, devoir rentrer chez eux", a-t-il commenté.

 

Les violences en Centrafrique ont pris une dimension interconfessionnelle en décembre dernier lorsque le groupe chrétien anti-balaka (anti-machette) a destitué le gouvernement musulman des rebelles Séléka. Les affrontements qui ont suivi ont conduit au déplacement de milliers de personnes, et 2,2 millions de personnes dans le pays ont besoin d'aide humanitaire.

 

"Cette dimension ethnique et religieuse a conduit à la segmentation et à la ségrégation des communautés. Les gens ordinaires sont en train d'être radicalisés... manipulés [et on leur fait croire] que la ségrégation est la solution à la crise", selon M. Ging, qui insiste sur la peur qui règne actuellement dans les diverses communautés du pays.

 

Notant que le champ d'action du gouvernement est extrêmement limité, M. Ging a déclaré que c'était dorénavant à la communauté internationale de contribuer à empêcher le désespoir et le fatalisme de diviser davantage la population du pays.

 

Il a ajouté que les 5.000 soldats de l'Union africaine et environ 2.000 soldats français présents sur place ne pouvaient suffire à assurer la protection de la population dans tout le pays. "La seule façon dont les gens peuvent simplement se mettre à envisager de reconstruire leurs vies passe par une vraie sécurité".

 

Le 10 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution autorisant le déploiement de 11.800 casques bleus en Centrafrique pour tenter de protéger les civils et de mettre un terme à la violence, mais cela pourrait prendre plusieurs mois.

 

M. Ging déplore également le manque de moyens, en rappelant que seulement 123 millions de dollars américains sur les 500 millions qui sont nécessaires ont été débloqués, et que la saison des pluies allaient aggraver une situation humanitaire qui est déjà déplorable.

 

"Il ne suffit pas de discuter de ce qui est bien et ce qui est mauvais en principe, c'est ce que nous allons faire dans la pratique", a-t-il souligné. "Il relève de notre devoir de protéger ces gens".

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Un officiel de l'ONU exhorte la communauté internationale à déployer plus d'efforts en Centrafrique
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:28

 

 

 

 

 

par RFI le 02-05-2014 à 00:06

 

Dans le nord de la Centrafrique, près de la frontière avec le Tchad, la sous-préfecture de Markounda a été attaquée cet après-midi par des hommes venus de l'autre côté de la frontière, à pied et à cheval. Le sous-préfet de la localité, Lucien Mbaigoto, joint par RFI, estime qu'il s'agit d'éleveurs peuls. Des milliers de personnes, selon lui, ont fui l'attaque et cherché refuge dans un village tchadien tout proche.

 

Depuis le village de Komba, au Tchad, où il a trouvé refuge avec la population de Markounda, le sous-préfet raconte l'attaque qui a été lancée ce jeudi après-midi.

 

« C’était aux environs de 15h30. On a été surpris par une détonation d’armes venant de tous côtés et plus précisément vers l’est de Markounda en provenance du Tchad, pays voisin. Par la suite, les assaillants sont rentrés dans la ville et ils ont commencé à tirer. Ils ont aussi incendié les maisons. La population et moi sommes alors sortis et atteint Komba, ce village au Tchad », a raconté, à RFI, Lucien Mbaigoto.

 

La plus grande partie de la population a fui, franchissant le fleuve qui marque la frontière.
 

Qui étaient les agresseurs ? Pour le sous-préfet cela ne fait pas l'ombre d'un doute :

« Certains étaient en uniforme ; d’autres en tenue civile, enturbannés. C’étaient des assaillants peuls ; ils parlaient peul. D’autres étaient sur des chevaux et d’autres encore à pied. Ils ne sont pas venus en véhicules », a précisé le sous-préfet de Markounda.

 

« Les assaillants sont rentrés dans la ville et ont commencé à tirer. Ils ont aussi incendié les maisons. Les trois quarts de la population a fui Markounda. Certains assaillants étaient en uniforme, d’autres en tenue civile et enturbannés, parlant peul. »

 

Lucien Mbaigotto Sous-préfet de Markounda 01/05/2014 - par Laurent Correau

 

 

Le responsable refait la liste des localités qui ont été brûlées dans les environs ces derniers temps et rappelle qu'il avait demandé à la Misca, la force africaine, si elle pouvait placer des hommes à Markounda à titre dissuasif. La réponse à sa demande n'est pas encore revenue de Bangui. Mais le sous-préfet renouvelle son appel aux forces internationales pour qu'elles sécurisent la zone.

 

Et de leur côté, les autorités tchadiennes démentent formellement que des hommes armés aient pu franchir la frontière pour attaquer une localité centrafricaine.

 

« Je peux vous assurer qu'au Tchad nos frontières sont sécurisées, aucune velléité malveillante ne peut traverser la frontière pour attaquer la Centrafrique », a indiqué, à RFI, le porte-parole du gouvernement tchadien, Hassan Sylla.

 

RCA: Markounda attaquée par des assaillants venus du Tchad
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:27

 

 

 

 

 

par RFI le 01-05-2014 à 23:56

 

Le Sénégalais Abdoulaye Bathily succède au Tchadien Abou Moussa à la tête de l'Unoca, le bureau régional des Nations unies pour l'Afrique centrale, qui est basé à Libreville. Cinq mois avant l'arrivée programmée de quelque 12 000 Casques bleus en Centrafrique, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, décide de se faire représenter sur place par un fin connaisseur de la politique africaine.

 

Le professeur Abdoulaye Bathily, 67 ans, est un homme à multiples facettes. Certains connaissent le brillant historien qui a fait ses études en Angleterre et a publié un lexique soninké-français. D'autres se souviennent du leader marxiste de la Ligue démocratique qui n'a pas hésité à s'allier avec le libéral Abdoulaye Wade pour chasser le socialiste Abdou Diouf du pouvoir. C'était en 2000. Beaucoup, enfin, l'ont rencontré lors de ses multiples missions de paix, au Liberia, en Guinée Bissau, au Niger ou au Mali.

 

Bathily le polyglotte connait tous les chefs d'Etat africains. C'est pourquoi, il y a deux ans, Macky Sall l'a nommé ministre d'Etat à la présidence du Sénégal. Bathily le vieux routier a beaucoup de flair politique. Il y a un an, Ban Ki-moon lui a confié le poste de n°2 de la Minusma à Bamako.

 

Aujourd'hui, le professeur Bathily est face à un immense défi : la Centrafrique. Mais il n'est plus le n°2 de quelqu'un. Il est enfin le n°1. Sûr qu'il mettra tout son talent, toute son énergie au service de cette mission à haut risque.

ONU: Abdoulaye Bathily, nouveau représentant pour l’Afrique centrale
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:25

 

 

 

 

 

|02-05-2014] xinhua -Le Tchad est un acteur incontournable de la grave crise sociopolitique qui se déroule depuis plusieurs mois en République Centrafricaine (RCA), a déclaré à Xinhua, jeudi à N'Djaména, capitale tchadienne, M. Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix.

 

"Avant de nous rendre à Bangui, j'ai voulu faire une tournée des principales capitales de la région. C'est normal que je passe par N'Djaména pour écouter, prendre les conseils du président de la République et parler de cette tâche qu'il va falloir mener à bien pour aider la Centrafrique à sortir de cette crise terrible", a ajouté M. Ladsous qui s'exprimait ainsi à l'issue d'une audience de trois quarts d'heure que lui a accordée jeudi le président tchadien, Idriss Déby Itno.

 

M. Ladsous, qui était accompagné du général Babacar Gaye, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en République Centrafricaine, a indiqué comprendre la décision souveraine du Tchad, prise le 3 avril 2014, de retirer son contingent de la Mission internationale de stabilisation en République Centrafricaine sous conduite africaine (MISCA).

 

Mais pour lui, "la contribution du Tchad pour la paix définitive en RCA reste plus que déterminante".

 

"Je crois que la question maintenant, c'est de regarder vers l'avenir, de voir que la République du Tchad est un acteur incontournable dans toutes ces affaires qui concernent la région au titre de la présidence de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale, Ndlr), au titre aussi de pays riverain avec un vrai rôle à jouer, un rôle qui est d'abord politique pour essayer de fédérer tous les efforts des acteurs centrafricains et de la communauté internationale pour trouver ensemble de bonnes solutions", a conclu le haut responsable onusien.

 

Début avril, le contingent tchadien, composés de 850 hommes, a quitté la Centrafrique où il a enregistré dans ses rangs quinze morts et trente-sept blessés.

 

Déployés début 2013, dans le cadre de la MISCA, les soldats tchadiens ont été cependant au coeur de nombreuses controverses. Ils ont été régulièrement accusés, notamment par les milices chrétiennes anti-Balaka, de soutenir les ex-Séléka, la coalition rebelle ayant chassé le président Bozizé du pouvoir en février 2013. Le déclenchement des exactions en début décembre 2013 entre les deux factions centrafricaines, a causé des déplacements massifs de population.

 

L'intensité des violences et des combats, ainsi que le ciblage des ressortissants tchadiens (estimés par le gouvernement tchadien à plus de 300.000 Tchadiens en Centrafrique avant les événements), a atteint une telle dimension que les autorités tchadiennes ont lancé, fin décembre 2013, un pont aérien et envoyé des convois de véhicules de l'armée pour évacuer leurs nationaux en Centrafrique.

 

A ce jour, ils sont plus de 95.000 Tchadiens, Centrafricains et citoyens d'autres pays d'Afrique, à être acheminés dans la capitale et au sud du Tchad, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

 

©xinhua

Selon l'ONU. Le Tchad est un acteur incontournable de la crise centrafricaine
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:23

 

 

 

 

 

 

Lutte Ouvrière n°2387 du 2 mai 2014

 

Depuis le début de l'intervention militaire française, les mois passent et la situation en Centrafrique est loin de s'améliorer. À Bangui, la capitale, les troupes françaises et africaines se révèlent tout juste capables d'accompagner la fuite des populations musulmanes espérant échapper à la fureur des milices anti-balakas.

 

Dans d'autres régions, ce sont au contraire les populations chrétiennes qui sont victimes des attaques meurtrières des bandes de l'ex-Séléka. Quant au gouvernement centrafricain mis en place par la France et dirigé par Catherine Samba-Panza, personne ne semble en tenir compte, pas plus les armées françaises et africaines présentes sur le terrain que les chefs des milices rivales.

 

Les troupes africaines de la Misca ont ainsi procédé dimanche 28 avril à l'évacuation des 1 300 derniers musulmans bloqués dans le quartier du PK12 à Bangui. Ils y étaient assiégés depuis décembre par les miliciens ex-balakas. Beaucoup s'y étaient réfugiés pour fuir d'autres quartiers pillés et y survivaient tant bien que mal. Ils ont quitté la ville dans un immense convoi de camions pour se diriger vers les villes de Kabo et Sido, près de la frontière tchadienne, où les musulmans sont majoritaires.

 

Les autorités françaises n'avaient pas jugé bon de prévenir le gouvernement centrafricain de cette opération, ce qui en dit long sur le degré d'autonomie de celui-ci. Il n'a pu que protester par la voix de sa ministre de la Santé, qui a déclaré : « Le gouvernement a été mis devant le fait accompli. Les forces internationales doivent protéger les habitants dans leur communauté d'origine, et non les relocaliser à l'insu du gouvernement. » Mais ce gouvernement centrafricain n'a d'existence que celle que lui accorde Paris. Les seules forces armées dont il pourrait disposer, les anciennes Forces armées centrafricaines, structurent en fait les milices anti-balakas qui mènent l'assaut contre les quartiers musulmans.

 

Dans une autre partie du pays, ce sont au contraire les milices anti-Sélékas qui font régner la terreur. 22 personnes, dont trois employés de Médecins sans frontières, ont été tuées par des ex-Sélékas à Nangua Boguila, une ville située à 400 kilomètres de Bangui. Ils sont entrés dans un hôpital où se tenait une réunion des notables de la ville et ont ouvert le feu. Pendant ce temps une autre équipe rackettait les habitants présents sur le marché.

 

L'armée française a débarqué à Bangui il y a bientôt cinq mois pour soi-disant « sauver des vies humaines », en fait pour ramener le pays dans l'orbite de l'impérialisme français. Elle s'est avérée bien incapable de désarmer les différentes bandes armées, mission que le gouvernement présentait au début comme une simple formalité. La population centrafricaine vit aujourd'hui dans l'insécurité, quelle que soit son origine, sa religion ou la région où elle habite. C'est l'unique bilan de la dernière en date des interventions françaises sur le continent africain.

 

Daniel MESCLA

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2387&id=40  

Centrafrique  toujours la même insécurité pour la population
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 06:17

 

 

 

 

Justin DELÉPINE   29 avril 2014 à 13:13 Libération

 

Samedi, l’hôpital de Nanga Boguila soutenu par Médecins sans frontières a été attaqué, 22 personnes ont été tuées et six gravement blessées. Boguila se situe dans le nord de la Centrafrique, une zone que ne contrôlent ni les soldats français ni la force africaine. L’attaque a été attribuée à l’ex-Séléka. Entretien avec Tarak Bach Baouab, conseiller humanitaire au bureau de MSF Amsterdam, et bon connaisseur de la Centrafrique.

 

Que savez-vous de l’attaque de samedi sur l’hôpital de Nanga Boguila ?

 

Samedi en début d’après-midi, nous avions organisé une rencontre à l’hôpital de Nanga Boguila entre les différents leaders de la région pour discuter de l’accès aux soins pour la population. Trente minutes après le début de la réunion, des hommes armés ont encerclé l’hôpital, ils ont demandé au personnel international de sortir. Nous avons entendu une fusillade, et quand nous avons pu rentrer dans l’hôpital, nous avons trouvé 16 corps de civils criblés de balles, dont trois membres de MSF, six personnes ont également été gravement blessées. Nous ne confirmons pas le chiffre de 22 morts donné par la Misca (la mission africaine de maintien de la paix, ndlr).

 

L’attaque a été attribuée aux ex-Séléka, confirmez-vous ?

 

D’après les premières discussions avec la population de Boguila, des membres de ce groupe armé étaient connus comme étant membre de la Séléka ou connus comme s’étant greffés à cette mouvance qu’on appelle ex-Séléka

 

(mouvement de rebelles majoritairement musulmans ayant pris le pouvoir par la force en mars 2013 et l’ayant exercé jusqu’en janvier, ndlr).

 

Qui contrôle cette zone ?

 

C’est malheureusement une zone à l’abandon, isolée. A Boguila, deux groupes armés contrôlaient la ville. Ils l’ont abandonnée samedi, après l’attaque, comme c’est souvent le cas en Centrafrique. Il y avait un groupe armé issu de la région et une sorte d’antenne locale des anti-balaka (milice à dominante chrétienne qui s’est formée en réaction aux exactions de la Séléka, ndlr). L’attaque avait comme objectif de récupérer de l’argent pour notamment acheter des armes. Ils dépouillent la population, et imposent leur loi depuis que l’effondrement de l’Etat, en mars 2013. La violence qui a frappé samedi Médecins sans frontières n’est qu’une de celles qui touchent le pays depuis des mois. Des attaques comme celle-ci, il y en a chaque jour.

 

Est-ce que cette attaque va modifier l’action de MSF en Centrafrique ?

 

Ce qui est clair, c’est que nous sommes obligés de suspendre l’action dans la zone de Boguila. Nous allons réfléchir et discuter avec les différents acteurs de la région, pour voir comment revenir. Pour la population, c’est un véritable désastre. MSF assurait 9 000 à 15 000 consultations médicales par mois, pour une population de 45 000 personnes. Des gens venaient de 100 km à la ronde pour se faire soigner. Notre retrait est une décision lourde pour cette population. Nous nous rendons compte de l’impact, mais on ne peut pas travailler quand le sanctuaire de la santé, l’hôpital, n’est pas respecté.

 

Craignez-vous d’autres attaques ?

 

Nous avons vécu des incidents assez sérieux depuis des mois. Nous n’acceptons pas que l’aide soit remise en cause par des hommes en armes. Nous nous battons tous les jours pour que l’action continue malgré les risques encourus. Nous devons trouver un équilibre avec les groupes armés, il faut chercher des solutions pour continuer à travailler, nous espérons trouver cet équilibre.

 

Comment anticipez-vous l’évolution de la situation humanitaire en Centrafrique ?

 

La situation humanitaire reste assez grave, l’Etat s’est effondré en mars 2013, il y a un déplacement massif de population. Il est possible que la situation nutritionnelle se dégrade dans les prochains mois avec la saison des pluies. Je ne suis pas très optimiste pour les mois qui viennent.

 

Justin DELÉPINE

Source : http://www.liberation.fr/monde/2014/04/29/centrafrique-msf-ne-peut-plus-travailler-quand-l-hopital-n-est-pas-respecte_1006605

 

Lu pour vous : Centrafrique : «MSF ne peut plus travailler si même l’hôpital n’est pas respecté»
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Centrafrique-Presse.com
1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 20:49

 

 

 

 

internet@lesoir.be (Avec les rédactions du Soir en ligne, du Soir, d’AFP, d’AP et de Belga)

 

Jeudi 1 Mai 2014 à

 

Un journaliste centrafricain a été tué et un autre grièvement blessé après avoir été attaqués à leurs domiciles dans la nuit de mardi à mercredi, marquée par des tirs nourris et des violences dans la capitale Bangui, a-t-on appris jeudi de source policière.

 

«Le journaliste Désiré Sayenga, rédacteur au journal Le Démocrate, a été atteint au thorax par une balle tirée par des individus armés qui sont entrés chez lui dans la nuit», a déclaré cette source sous couvert d’anonymat.

 

Selon cette source, les deux journalistes, qui n’étaient spécialement visés, ont été victimes des violences qui ont éclaté mardi soir, après qu’un jeune musulman du PK5, dernière enclave musulmane de la ville, eut été tué et son corps mutilé. Les massacres ont été les plus violents à Bangui, où plus de 90% des 60 à 80.000 musulmans qui y vivaient ont fui la capitale. 

Un journaliste tué dans des violences intercommunautaires en Centrafrique
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 20:18

 

 

 

 

 

 

http://www.afriqueexpansion.com/   Jeudi, 01 Mai 2014 11:41 AEM – AFP   Par Joris FIORITI

 

BANGUI, République centrafricaine - Des siècles de vie commune puis la cohabitation devient impossible : l'hostilité entre chrétiens et musulmans croit invariablement sur le territoire de la Centrafrique, au fil d'exactions commises par les deux camps, rendant très hypothétique toute réconciliation.

 

Des milliers de morts séparent les deux communautés, en dépit du déploiement des forces africaine et française.

 

Nombre de chrétiens, qui représentent 80% de la population, utilisent le mot "Séléka" pour désigner les musulmans, en référence à cette rébellion venue du nord musulman et du Tchad voisin, qui prit le pouvoir de mars 2013 à janvier 2014, multipliant les exactions, surtout contre les chrétiens.

 

Les musulmans appellent de leur côté les chrétiens "anti-balaka", du nom de ces milices pro-chrétiennes, extrêmement sanglantes, qui ont commis ensuite les pires atrocités, visant particulièrement des musulmans, pour se venger de la Séléka.

 

Séléka et anti-balaka ne représentent pourtant qu'une partie infime des musulmans et des chrétiens.

 

Mais aux horreurs des uns répondent les malheurs des autres. Quatorze mille musulmans, encerclés par des chrétiens parmi lesquels les anti-balaka font la loi, sont méthodiquement affamés à Boda (ouest).

 

À Bouca (centre), 4.000 chrétiens vivent depuis sept mois dans la boue d'une paroisse, terrorisés par la Séléka. Plus de 1.800 maisons ont été incendiées. Quelque 120 chrétiens sont morts, contre une quarantaine de musulmans, tués par les anti-balaka.

 

À Grimari (centre), 4.600 chrétiens s'étaient également réfugiés la semaine dernière dans une paroisse, alors que Séléka et anti-balaka s'affrontaient. Les musulmans étaient presque absents, femmes et enfants ayant déjà été évacués au Tchad.

 

Les massacres intercommunautaires ont été les plus violents à Bangui, où plus de 90% des 60 à 80.000 musulmans ont fui la capitale.

 

Quelque 1.300 d'entre eux, qui se terraient depuis cinq mois dans l'insalubre quartier de Bangui, au PK-12, ont pris le départ dimanche pour le nord du pays.

 

A moment de leur départ, des centaines de chrétiens ont accouru, hurlant leur haine des musulmans, pillant méthodiquement leurs biens.

 

Les partants, victimes de la cruauté des anti-balaka, qui avaient tué 18 d'entre eux, ont toutefois laissé trois charges explosives dans et autour de leur mosquée, dont ils avaient pourtant exigé la protection.

 

Leur convoi a été attaqué dimanche par des anti-balaka, faisant deux morts et six blessés.

 

Explication historique

 

"La réconciliation est impossible", avaient estimé les leaders du PK-12, interrogés par l'AFP, quelques jours avant l'exode.

 

"Maintenant, il ne reste plus que kilo 5", soit le PK-5, dernier endroit de Bangui où vivent encore quelques milliers de musulmans, menaçait dimanche soir un chef anti-balaka, grenade à la main.

 

Autorités et dignitaires religieux appellent les populations à se parler à nouveau. Mais celles-ci ne les écoutent guère, demandant au mieux la paix, mais n'exigeant pas la réconciliation.

 

La méfiance est la règle même dans les coins les plus calmes. A Bambari, leaders chrétiens et musulmans ont lancé une plate-forme de dialogue et une radio multi-confessionnelle pour promouvoir l'harmonie dans leur ville du centre du pays.

 

Mais les nombreux crimes commis par la Séléka à Bambari restent dans les mémoires. Les chrétiens se plaignent des agissements du général anciennement en charge de Bambari, qui se faisait appeler "Ben Laden".

 

"Au début, l'entente catholique-musulmans était bonne. Elle s'est progressivement détériorée avec les pillages. Quand on volait chez les catholiques, on emmenait (le butin) chez les musulmans, qui eux n'étaient pas inquiétés", se souvient l'abbé Firmin.

 

Un argumentaire repris par de nombreux chrétiens interrogés par l'AFP en Centrafrique pour justifier leur méfiance à l'encontre des musulmans.

 

Ceux-ci, à Bambari, disent avoir aussi été "victimes" des Séléka.

 

Et leurs leaders de lister le pillage de magasins, voitures, bétail, appartenant à des musulmans, ou encore le tabassage de l'imam local, coupable d'avoir prêché contre la Séléka. Des chrétiens auraient également profité des ex-rebelles, accusent-ils.

 

Alors que des anti-balaka se rapprochent de Bambari, le "fossé" se creuse entre les deux communautés, constate l'abbé Firmin.

 

"Nous ne partirons pas. Il y a des balaka (machettes) dans tous les magasins. On ira aussi en acheter", avertit le chef du comité islamique de Bambari.

 

Interrogée sur le problème religieux, la ministre de la Réconciliation tente d'en minimiser l'ampleur, mettant en avant la volonté des personnes interviewées de plaire aux journalistes étrangers.

 

"Vous êtes assimilées à des personnes attirées par le religieux. C'est pour cela qu'on vous sert cela", explique Antoinette Montaigne. "Mais à moi, personne n'en parle."

 

Un diplomate présente une explication historique du problème. "Sous l'ère coloniale, l'administration était réservée aux chrétiens. Les non-chrétiens avaient accès à l'artisanat et au commerce."

 

Des musulmans ont ainsi fait fortune, notamment grâce au diamant. "Leur richesse" a suscité la "jalousie" des chrétiens, estime-t-il.

 

"Et puis il y a la différence. On a toujours l'impression que l'autre vous vole. Cette irrationalité", observe ce diplomate, qui tranche : "plus ce sentiment était fort, plus les exactions l'ont été".

 

En Centrafrique, un abîme religieux se creuse, la réconciliation hypothéquée
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