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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 15:26

 

 

 

BANGUI, 16/02/16 (Xinhua) -- Deuxième au premier tour avec 19,05% des voix, Faustin Archange Touadéra, rejoint par 22 perdants, devance son adversaire Anicet Georges Dologuelé dans les premières tendances des résultats en cours de compilation du second tour de la présidentielle tenu dans le calme dimanche 14 février 2016 en République centrafricaine (RCA).

 

Presque trois ans après la prise du pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui de Michel Djotodia et sa coalition rebelle de la Séléka, au terme de trois mois d'offensive contre le régime de François Bozizé, quelque 1,9 million d'électeurs centrafricains étaient appelés aux urnes pour élire leur futur président pour les cinq ans à venir et tourner la page de la spirale de violences provoquée par cette crise.

 

Deux anciens Premiers ministres, l'économiste Anicet Georges Dologuelé, arrivé en tête du premier tour le 30 décembre avec 23,74% des voix, et l'universitaire Faustin Archange Touadéra, son challengeur, se présentaient pour la fois à cette compétition, avec des programmes politiques mettant l'accent l'un et l'autre sur ce défi crucial de restauration de la paix et de la sécurité dans le pays.

 

Ouvert avec quelques retards dans certains bureaux de vote, le scrutin s'est déroulé comme le précédent dans un climat globalement apaisé tant dans la capitale Bangui que dans le reste du territoire centrafricain, sous surveillance renforcée des Casques bleus de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA).

 

Il était couplé au premier tour des législatives, invalidées par la Cour constitutionnelle suite à un constat de graves irrégularités.

 

Timide au départ, la participation des électeurs (62,57% au premier tour, selon les chiffrés officiels proclamés par la Cour constitutionnelle), s'est améliorée par la suite.

 

En raison des coupures d'électricité récurrentes dans ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale, le dépouillement effectué aussitôt après la fermeture des bureaux vote s'est révélé encore une fois fastidieux, imposant l'utilisation de lampes solaires et de bougies, y compris dans la capitale.

 

D'après les premières tendances brutes recueillies dans plusieurs bureaux de vote de Bangui et d'autres grandes villes du pays, Faustin Archange Touadéra se démarque au détriment de son adversaire, dans certains cas avec une avance aux allures de raz-de-marée.

 

C'est le cas des résultats des urnes enregistrés dans le centre de vote du lycée Barthélémy Boganda, dans le 4e arrondissement de Bangui, son principal fief. Sur les 309 votants du bureau de vote numéro 5 par exemple, il s'impose avec 90,56% des suffrages exprimés, contre 9,44% pour son concurrent.

 

La même tendance s'observe au bureau de vote numéro 6, où l'ancien Premier ministre de François Bozizé (2008-2013), qui se présentait en candidat indépendant, sans s'appuyer sur le Kwa na kwa (KNK), le parti de celui-ci qui avait plutôt conclu un accord politique au premier tour avec Dologuelé, est aussi crédité de 89,79%, et 85,97% au bureau numéro 3.

 

Cette photographie est révélatrice de l'étendue de la victoire qui se profile pour l'ancien recteur de l'Université de Bangui et professeur de mathématiques pures, commentent des responsables de missions d'observation électorale missionnés par de grandes organisations internationales.

 

Un fait qui retient l'attention, dans le bureau de vote de l'Hôtel de ville de Bangui où son rival a voté, Touadéra l'emporte avec 172 votes, contre 131 pour celui-ci, sur un total de 303 votants.

 

C'est un bureau de vote du 1er arrondissement de la capitale centrafricaine. Pourtant lieu de résidence d'Anicet Georges Dologuelé, cette circonscription électorale fait partie de celles où l'ancien deuxième-vice-président du KNK fait le plein de voix dans cette ville.

 

Les résultats non officiels obtenus dans les deux bureaux de vote de l'école d'excellence Centrafrique-Chine le démontrent aussi : 182 votes dans le bureau de vote numéro 1, contre 126 pour Dologuelé sur 315 votants, et 150 dans le deuxième, contre 87 pour l'ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé.

 

En attendant la publication des résultats provisoires par l'Autorité nationale des élections (ANE) qui continuent d'être compilés, Touadéra est aussi annoncé largement en tête à Bouar, principale ville du département de Nana-Mambéré (Centre), avec un score de 7.476 votes, contre 3.832 pour son rival.

 

A Yaloké, dans la Sanga-Bayéré (Est), il recueille 5.573 votes, contre 1.474 pour Dologuelé, puis 1.674 contre 1.077 pour celui-ci à Bayanga, dans la même région. A Obo, dans le Haut-Mbomou, il récolte 6.029 suffrages, contre 2.702 pour son adversaire.

 

A Bangassou, dans le Mbomou, il est crédité de 3.403 votes, contre 1.738 pour le leader de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA, formation créée en 2013), qui s'incline aussi à Berbérati, dans le Mambéré-Kadey, avec 4.800 votes, contre 7.597 pour celui que ses partisans n'hésitent plus à désigner comme "le futur président de la Centrafrique".

 

Autre ville du Mambéré-Kadey, Sosso-Nakombo a choisi d'accorder ses faveurs à Touadéra, par 1.692 votes, contre 1.271 à Dologuelé.

 

Dans le camp de l'ancien chef du gouvernement, l'on se refuse à toute réaction triomphaliste, pour savourer la victoire visiblement à portée de main, qui avait déjà provoqué des scènes de liesse populaire de ses partisans dimanche soir à Fatima, un quartier du 5e arrondissement de Bangui.

 

Car, a souligné à Xinhua Charles Lemasset Mandya, son directeur de communication, le pays a besoin d'unité, de paix et de sécurité, des défis qui nécessitent selon lui la participation de "tous les fils et filles". "C'est dans cet état d'esprit que va s'inscrire le futur président Touadéra pour permettre le décollage".

 

"Les Centrafricains veulent définitivement tourner la page. Ils veulent que ça change, quel que soit le prix. Ils reconnaissent un leader charismatique qui peut prendre l'avenir du pays. Ce n'est ni une question politique, ni une question ethnique, mais une question d'éthique et de valeurs. C'est ça qui a joué en notre faveur", a-t-il expliqué.

 

Si les tendances annoncées venaient à se confirmer, Faustin Archange Touadéra devra encore attendre plusieurs jours pour être déclaré élu, d'abord par les résultats provisoires publiés par l'ANE, ensuite par les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle.

 

Ce sera la fin d'un cycle électoral entamé par la tenue d'un référendum pour l'adoption d'une nouvelle Constitution le 13 décembre, suivi deux semaines plus tard du premier tour de l'élection présidentielle et des législatives, avec pour finalité de tourner la page de trois ans de violences, où des milliers de Centrafricains ont été tués et des centaines de milliers d'autres poussés hors de chez eux.

Centrafrique : avance de Touadéra dans les premières tendances du second tour de la présidentielle
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 00:32

 

 

 

INVITÉ AFRIQUE

 

 

Par Christophe Boisbouvier RFI  lundi 15 février 2016

 

La Centrafrique hier, le Niger dimanche prochain... A l'heure des élections présidentielles en Afrique, à l'heure aussi de la montée des périls dans les Grands Lacs et de la grande polémique sur le troisième mandat, coup de projecteur aujourd'hui sur la politique africaine de Barack Obama, l'homme qui gouverne les Etats-Unis depuis maintenant sept ans. A Washington, le Camerounais Christopher Fomunyoh dirige le département Afrique du National Democratic Institute, le think tank du parti démocrate au pouvoir. De retour de Bangui et de passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : En Centrafrique, le second tour vient de se tenir. Malgré tous les mauvais présages, les Centrafricains sont allés aux urnes dans le calme. Est-ce à dire que la crise est terminée ?

 

Christopher Fomunyoh : Justement, après mon séjour en République centrafricaine, j’ai constaté que les gens sont fatigués. Les gens veulent la paix. A travers le pays, les gens parlent de la paix et de la réconciliation. Et je crois que si les acteurs principaux sont d’accord sur l’issue du scrutin, si tout le monde est rassuré du fait que les résultats annoncés constituent un reflet réel de ce qui s’est passé dans les différents bureaux de vote, je ne vois pas une interruption d’ici peu. Et je crois que le pays aura l’opportunité de pouvoir se remettre au travail.

 

Dimanche prochain, les Nigériens vont aller aux urnes à leur tour. Hama Amadou, l’un des principaux candidats est en prison [pour complicité dans une affaire de trafic présumé de bébés]. Ça ne vous inquiète pas ?

 

Effectivement, je crois que dans les esprits des Nigériens, des autorités comme les populations, les gens ont essayé de faire la distinction entre la procédure judiciaire contre Hama et le processus politique. Et je me réjouis déjà du fait que sa candidature n’a pas été rejetée, et que ses militants ont pu battre campagne. Effectivement après le scrutin, on verra les deux procédures judiciaires et politiques, comment les concilier à long terme.

 

Il y a deux semaines, l’Union africaine a renoncé à déployer une force de maintien de la paix au Burundi dans l’immédiat. Est-ce que c’est une mauvaise nouvelle pour l’Afrique ?

 

C’était une décision assez triste et assez controversée parce que, jusqu’à présent, toutes les décisions de l’Union africaine allaient dans le sens d’obliger les autorités burundaises à s’asseoir avec l’opposition pour dialoguer. Tout le monde s’attendait à ce que cette force soit approuvée par l’Union africaine, mais je crois savoir que certains chefs d’Etat étaient réticents et que cette réticence a freiné la prise de décision.

 

Certains disent que le président Nkurunziza n’écoute plus personne, mais que Barack Obama pourrait avoir encore quelque influence sur lui s’il l’appelait au téléphone ?

 

Malheureusement, nous avons vécu certaines expériences par le passé où même le coup de fil de Barack Obama n’a pas changé la donne…

 

Vous pensez au coup de fil à Laurent Gbagbo en décembre 2010 ?

 

Ça, c’est un exemple concret, palpable, qui reste encore d’actualité. Mais c’est pour dire que souvent certains de ces leaders qui ne sont pas démocrates par conviction, lorsqu’ils se renferment, c’est très difficile de leur faire changer d’avis.

 

Alors contre ce troisième mandat de Pierre Nkurunziza, l’année dernière on a entendu les voix fortes de secrétaire d’Etat, John Kerry, et [de l'envoyé spécial américain pour les Grands Lacs], le sénateur Russ Feingold. Mais le régime burundais n’a pas entendu les Américains. A quoi bon alors parler si fort ?

 

Je crois que c’est important que les grandes puissances, qui adhèrent à la démocratie et qui soutiennent les populations africaines, puissent faire connaître leur position de façon claire et distincte. Cela peut encourager les acteurs nationaux à s'entendre sachant clairement que ceux qui violent les lois de leurs compatriotes n’auront pas le soutien de la communauté internationale.

 

Certains disent que la diplomatie du haut-parleur, du mégaphone, ça ne sert à rien. Ça agace, il faut mieux agir dans la coulisse.

 

Il y a pas mal d’exemples où les actions, soi-disant des actions en coulisse, n’ont pas abouti. On se souvient par exemple du Zimbabwe et des actions que, à l’époque, avait menées le président Thabo Mbeki, qui était convaincu que les actions soft dans la coulisse pouvaient porter des résultats. On n’a pas vu ces résultats, donc je crois qu’il faut un mixage des deux approches sur notre continent.

 

Autre pays où le président va briguer un troisième mandat : le Rwanda. Là aussi, les Américains ont protesté. Est-ce que c’est la fin de plus de vingt ans de lune de miel entre Washington et Kigali ?

 

Oui, je crois que sur la place de Washington il faut reconnaître que beaucoup de personnes qui avaient soutenu Kagame par le passé, qui avaient cru en son discours, qui pensaient que Kagame allait se projeter comme un leader différent des autres leaders africains que lui-même, Kagame, condamnait. Je crois que cette popularité, que Kagame jouissait sur la place de Washington, est en train de s’effriter. Je crois savoir que tout récemment, le Congrès américain, la Commission des affaires africaines au niveau de la Chambre des représentants a pris une résolution assez forte par rapport à la fermeture des espaces de participation citoyenne au Rwanda, et je ne pense pas que les relations entre le Rwanda et Washington vont demeurer comme par le passé.

 

Et ça tient à quoi ? Ça tient à la condamnation de l’opposante Victoire Ingabire, ça tient à d’autres faits ?

 

Si on regarde la liste des questions de liberté d’expression, la création même et l’existence des partis politiques, l’espace politique s’est réduit au Rwanda au quotidien. Même l’assassinat des opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur…

Tout à fait. Il y a pas mal de cas de ce genre qui ont démontré que certaines critiques que Kagame à l’époque portait contre certains autocrates africains n’ont pas tenu et que, aujourd'hui, il est en train malheureusement de se mettre du côté de ceux que lui-même avait critiqués par le passé.

 

Au Congo-Brazzaville, au Congo-Kinshasa et dans les Grands Lacs, la France de François Hollande semble beaucoup moins ferme que les Etats-Unis de Barack Obama face à tous ces prétendants à un troisième mandat. Est-ce que vous regrettez cette tiédeur de Paris ?

 

Je crois que l’un des moments les plus difficiles pour nous autres qui avions pensé que la politique du président Hollande était très nette et très claire sur les questions de la limitation de mandats et le respect des Constitutions, c’était par rapport au Congo-Brazzaville. Effectivement, il est vrai qu’il a pu se rattraper par la suite, mais les dégâts étaient déjà commis et ça a laissé l’impression que pour certains pays, il fallait être strict et sévère, mais par contre pour d’autres, il fallait prendre une approche un peu différente.

 

Donc ce jour d’octobre dernier où François Hollande a semblé valider le référendum constitutionnel à Brazzaville, vous avez été très surpris ?

 

J’avais été très surpris et je crois que beaucoup d’Africains avaient été surpris, ce qui explique cette nécessité d’explication pour dire que ce n’était pas des propos pour valider ce qui devrait se passer au Congo-Brazzaville.

 

Le 28 juillet dernier, Barack Obama a fait un très beau discours au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. En substance, il a dit « Messieurs les chefs d’Etat africain, faites comme moi. Faites vos deux mandats et puis laissez la place à d’autres ». Est-ce que, en réalité, le président américain n’a pas prêché dans le désert ?

 

Je ne dirais pas qu’il a prêché dans le désert, parce que le débat sur la limitation du mandat présidentiel est d’actualité à travers le continent. Et de plus en plus, on voit que même les chefs d’Etat qui veulent s’éterniser au pouvoir semblent se prêter à un jeu de mauvaise conscience parce qu’ils semblent se rendre compte, se rendre à l’évidence, qu’ils vont à l’encontre de l’histoire. Et c’est pour cela que même pour certains, on a vu Bouteflika, il y a de cela quelques jours, dire que subitement il faut réintroduire dans la Constitution algérienne ces limitations de mandat. On a entendu le président Idriss Déby du Tchad dire que, s’il est réélu, il va réintroduire dans la Constitution ces limitations de mandats. Donc quelque part, le message est passé. Quelque part, ces leaders sont conscients du fait que le renouvellement de la classe politique dans leur pays est un facteur de développement économique et politique du continent.

 

Oui, mais tout de même, est-ce que 7 ans après l’arrivée au pouvoir de Barack Obama, il n’y a pas contrairement, à ses vœux, de plus en plus d’hommes forts et de moins en moins d’institutions fortes en Afrique ?

 

C’est une inquiétude réelle et je pense que certains comme moi qui travaillent sur le continent ne voudraient pas qu’en 2017, au moment du départ de Barack Obama, qu’il y ait plus d’autocrates sur le continent que par rapport à son arrivée il y a de cela huit ans. Donc j’espère que cela ne va pas être le cas, mais il faut reconnaître effectivement que les espaces démocratiques sur le continent sont vraiment en danger en ce moment et qu’il va falloir que les Africains se mobilisent pour que, effectivement, ces beaux discours qui ont servi de motivation à pas mal de jeunes Africains ne soient pas vraiment des mots dans le désert.

 

Invité Afrique sur RFI : Christopher Fomunyoh: en Afrique, les espaces démocratiques «sont en danger»
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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 00:22

 

 

Par Emmanuel Dupuy Professeur de géopolitique, ancien Conseiller politique du Commandant de la Task Force Lafayette en Afghanistan, en 2011, Président de l'IPSE

 

http://www.huffingtonpost.fr/  15/02/2016 11h07 CET Mis à jour: 15/02/2016 11h07 CET

 

Le deuxième tour de l'élection présidentielle, bien que reporté au 14 février, permettra aux Centrafricains de choisir enfin leur Président, entre deux anciens premier Ministres, Anicet-Georges Dologuélé, qui le fut, de 1999 à 2001 aux côtés du président Félix-Ange Patassé et Faustin Archange Touadéra, qui, lui, fut le dernier premier ministre du président déchu François Bozizé, entre 2008 et 2013, période après laquelle la rébellion Seleka pris le pouvoir à Bangui, en mars 2013.

 

Il était temps pour tourner la page, d'une conflictualité et d'une violence qui a mis le pays à feu et à sang, instrumentalisant la religion comme ferment de haine et d'exactions communautaires, forçant près de 450 000 personnes à l'exode intérieur et en direction des pays voisins. 

 

Il aura ainsi fallu huit reports du processus électoral en République centrafricaine depuis le début de la transition en mars 2014 pour que se tienne, les premiers tours de l'élection présidentielle et législative, le 30 décembre dernier.

 

On sait aussi les aléas qui ont amené l'Autorité nationale des élections (ANE) à remettre en cause l'honnêteté des Législatives, privant ainsi la nouvelle République, adoptée par voie référendaire, le 13 décembre, la 6ème depuis l'indépendance de 1960, de sa légitimité législative.

 

Gageons, que d'ici la fin du mois de février, nous sachions qui succédera à la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza. Là aussi, le calendrier a son importance, eu égard à la date butoir pour la fin de la transition, qui a été fixée au 31 mars 2016, à l'occasion de la tenue du dernier Sommet de la Communauté des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC), tenu à Brazzaville, le 21-23 juillet 2014.

 

C'est singulièrement, le Président congolais, Denis Sassou Nguesso, investi par ses pairs comme médiateur de la crise, afin que celle-ci trouve une issue pacifié et ne déborde ainsi en direction d'un voisinage régional déjà sensiblement fragilisé par la criminalité et le terrorisme transfrontalier, qui avait fixé les règles du jeu.

 

Ce dernier n'en n'était, du reste, pas à sa première médiation, eu égard à sa « longévité » au pouvoir au Congo. On se souvient ainsi de son rôle dans la libération de Nelson Mandela, en 1990 ou encore du rôle de facilitateur qui fut le sien quant à la reprise des discussions bilatérales entre l'Angola et l'Afrique du sud, et ce, malgré les soubresauts de la crise frontalière qui envenimèrent les relations diplomatiques entre les deux pays.

 

Pourquoi confier un tel mandat au Président congolais? Il faut, pour en comprendre les raisons, se replonger dans son histoire récente. Notamment, en se remémorant la période douloureuse de la guerre civile, qui a ensanglanté le pays en entre juin et octobre 1997. Ce qui reste un "souvenir" douloureux que tous les Congolais voudraient oublier, n'en offre pas moins, par effet miroir, des similitudes avec l'actuelle crise centrafricaine.

 

Comme le 13 décembre 2015 en RCA, l'adoption -le 20 janvier 2002- par voie référendaire de la constitution congolaise censée mettre fin aux troubles intra-congolais, après une période de transition ayant aboutie aux élections de 2002 à Brazzaville offre un cadre de comparaison évident entre les deux pays.

 

Par ailleurs, dans les deux cas, les affrontements les plus violents ont eu lieu dans la capitale, dont le contrôle devint un enjeu stratégique crucial. Les heurts entre les Cobras menés par Denis Sassou Nguesso et les Zoulous de Pascal Lissouba se concentrèrent dans certains quartiers de Brazzaville, de la même façon que les partisans de Francois Bozizé et ceux de Michel Djotodia se firent la guerre, principalement, à Bangui.

 

Du reste, le processus de reconstruction, de réhabilitation des infrastructures détruites pendant la guerre civile, la douloureuse et pourtant indispensable œuvre de réconciliation, de justice transitionnelle et de réintégration des belligérants congolais, offre également bien des similitudes intéressantes. La comparaison laisse entrevoir certains des défis que les Centrafricains devront relever dans les prochaines années.

 

Gageons que l'exemple congolais de démobilisation et de réintégration (DDR) initié entre 2002 et 2009, sous l'égide de la Banque mondiale, à travers le programme Multicountry Demobilization & Reintegration Program (MDRP), jouera, à ce titre, un rôle important.

 

Enfin, le Congo est, depuis deux décennies, politiquement stable tout en connaissant un réel développement économique, dont témoigne le taux de croissance annuel de 5%, partiellemement issu de la rente pétrolière (c'est moins vrai maintenant).

C'est cette réalité évidente qui a motivé les Chefs d'Etats centro-africains à confier au président congolais le difficile mandat de médiateur et parfois de « trésorier payeur général », comme en témoigne le versement des 25 milliards de FCFA (38,1 millions d'euros) par le Trésor congolais afin de payer les arriérés de traitement des fonctionnaires centrafricains, restés sans salaires entre mars et juin 2013.

 

Au-delà, ce soutien de facto et de jure du Congo à la RCA, aura permis par le truchement du prolongement de la transition -obtenue non sans justes critiques- à l'occasion des sommets de la CEEAC et Forum pour la paix, tenus à Brazzaville en janvier 2013 et juillet 2014) non seulement de redonner corps et âme à une Communauté économique régionale (CER) dont l'efficacité a souvent été prise en défaut, mais aussi de démontrer l'importance du renforcement des solidarités transfrontalières en matière de sécurité, au-delà de la coopération économique et monétaire.

Bien qu'absente humainement des deux missions africaines de stabilisation, le soutien financier et capacitaire (notamment en terme d'équipements octroyés aux forces armées centrafricaines qu'il s'agissait d'encadrer) accordé à la Mission interafricaine de surveillance des Accords de Bangui (MISAB, établie en janvier 1997) et sa mission gigogne de la MINURCA (1998-2000) aura permis de pacifier la RCA, prise déjà dans les affres des putschs et mutineries à répétition à l'encontre du président Patassé .

 

Dix ans plus tard, la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique - MISCA (sous conduite africaine et sous commandement congolais, dès novembre 2013), il n'y aurait de « génération de force » permettant à la Mission multidimensionnelle de stabilisation des nations Unies (MINUSCA) d'aligner, depuis septembre 2014, sur le territoire centrafricain pas loin des 8000 hommes déployés sur le terrain sur les 12 000 autorisés par la résolution onusienne 2149.

 

Fort de cette perspective nouvelle, les frontières en Afrique centrale ne seraient plus vues comme des barrières enfermant et contraignant hommes et marchandises au gré de l'efficacité fluctuante des Etats mais plutôt comme des passerelles inclusives des populations et des flux économiques et intellectuels qui en découlent ; bref, des lieux de vie et de partage. L'avenir pacifié de la sous-région et des populations qui y vivent en dépend, très largement.

 

En effet, l'Afrique centrale, qui sera marquée, dans les 10 prochains mois par quatre élections présidentielles successives déterminantes (Tchad en mars, Congo en juin, Gabon et RDC en novembre) est ainsi contrainte voire incitée à penser collectivement son devenir. Il en va ainsi de la capacité de chaque Etat et des espaces géopolitiques, géo-économiques et géo-culturels auxquels ils appartiennent, de faire face désormais à autant de facteurs qui pourraient contribuer à dégrader un équilibre régional potentiellement explosif.

 

L'exemple congolais depuis 1997 tend à démontrer à quel point la sauvegarde de la paix est la condition sine quae non préalable à tout développement économique pérenne. Parfois, dans la région, comme sur l'ensemble du continent africain, le temps long est l'un des piliers sur lesquels devraient se rebâtir les Etats, en ayant bien sûr à l'esprit, que l'appropriation locale et l'inclusion sociétale sont les deux piliers de l'édifice démocratique.

 

Cela n'obère en rien, bien au contraire, le rôle du mentoring et de tutorat, que devraient exercer le voisinage stratégique centrafricain...

Lu pour vous : Garantir la paix et la stabilité régionales par la médiation en RCA
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 23:29

 

 

Par AFP — 15 février 2016 à 12:52 (mis à jour à 17:29)

 

Les Centrafricains attendaient lundi les premiers résultats partiels du second tour de l’élection présidentielle tenue la veille, un scrutin qui doit permettre de tourner la page de trois années de violences et d’une transition chaotique.

 

Le duel s’annonçait serré entre Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, deux anciens Premiers ministres âgés de 58 ans, arrivés en tête du premier tour du 30 décembre.

 

Le vainqueur ne sera pas officiellement connu avant une semaine, a prévenu l’Autorité nationale des élections (ANE).

 

Quelque deux millions d’électeurs étaient appelés à participer à ce scrutin, couplé au premier tour des législatives, organisé une nouvelle fois après son annulation en janvier en raison de trop nombreuses irrégularités.

 

Le retour de la sécurité et la relance de l’économie seront les priorités du vainqueur pour relever le pays, l’un des plus pauvres du monde, ravagé par des années de troubles.

 

Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka de Michel Djotodia avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences inter-communautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes.

 

Quelques 10.000 hommes de la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) appuyés par la force militaire française Sangaris, ont depuis lors été déployés pour stabiliser le pays.

 

- «Nette amélioration» -

 

En terme d’organisation, «il y a eu une très nette amélioration» par rapport au 1er tour, notamment parce que le matériel électoral a pu être déployé à temps jusque dans les provinces les plus reculées, a affirmé lundi à l’AFP le rapporteur général de l’Autorité nationale des élections, Julius Ngouadé Baba.

 

Le dépouillement des bulletins s’est prolongé parfois tard dans la nuit, certains bureaux ayant terminé leurs décomptes vers 03H00 lundi, à la lumière des lampes électriques.

 

Les urnes et procès-verbaux devaient ensuite être acheminés à Bangui depuis les quatre coins du pays pour être vérifiés et recomptés en présence de représentants des candidats.

 

«A l’heure où je vous parle, les résultats commencent à parvenir au Centre de traitement de données» de l’ANE, a ajouté M. Ngouadé Baba.

 

Les résultats provisoires complets seront annoncés d’ici une semaine, mais dès mardi, l’ANE devrait annoncer de premiers chiffres partiels, a-t-il dit.

 

Dans l’ensemble, les opérations ont eu lieu sans incident sécuritaire et dans le calme.

Des tensions ont toutefois perturbé le vote dans certains bureaux où des électeurs avaient été refoulés car leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales ou car ils ne disposaient pas de cartes d’identité.

«C’est l’élection de la prise de conscience. Pour la première fois, on fait un vrai choix pour tourner le dos à la guerre», avait affirmé un électeur, Paterne, qui votait à Bangui.

 

- Faible mobilisation -

 

Dans ce pays de 4,8 millions d’habitants, chrétiens comme musulmans s’étaient massivement inscrits sur les listes électorales.

 

Mais dans la capitale comme en province, l’affluence a été beaucoup moins importante qu’au premier tour (79%), selon plusieurs observateurs, soulignant qu’elle devrait toutefois dépasser les 50%.

 

Principale explication avancée: les électeurs dont le candidat a été éliminé au premier tour ne se sont pas déplacés pour apporter leur voix à l’un des deux finalistes.

 

Alors qu’aucun chiffre officiel n’a été avancé, l’entourage de Faustin Archange Touadéra s’est dit «satisfait et confiant».

 

Selon son directeur de communication, Charles Lemasset, M. Touadéra arrive «largement en tête» dans la plupart des arrondissements de Bangui et dans plusieurs préfectures de province.

 

Son rival, Anicet Georges Dologuélé, n’était pas joignable lundi matin. Il était arrivé en tête du premier tour (23,78%), bénéficiant en partie du ralliement en sa faveur du parti KNK de M. Bozizé.

 

Le score de M. Touadéra (19,42%) avait été la grande surprise du 30 décembre. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il avait attiré une partie de la base électorale du KNK, malgré les directives du parti.

 

Concernant la crainte d’éventuelles violences à l’annonce des résultats - surtout en cas de scores serrés - M. Ngouadé Baba s’est montré optimiste, affirmant que les candidats s’étaient engagés à «accepter les résultats qui sortiront des urnes».

 

AFP

 

 

En Centrafrique, les élections malgré tout

 

Par Patricia Huon, (à Bangui) Libération — 14 février 2016 à 20:12

 

«Le matériel électoral est arrivé à temps, les bureaux de vote ont ouvert à l’heure. De gros progrès ont été faits», dit Souleymane Ndéné Ndiaye, chef de la mission d’observation de l’Union africaine. C’est le principal enjeu du second tour de l’élection présidentielle qui se tenait dimanche en Centrafrique : éviter le chaos organisationnel du premier tour.

 

«Irrégularités». Fin décembre, celui-ci avait été terni par des problèmes logistiques. Des bulletins de vote en nombre insuffisant, des noms absents des listes électorales, des procès-verbaux invalides… La Cour constitutionnelle a dû fermer les yeux sur des cafouillages et adapter les standards démocratiques à la situation. Elle s’en est tirée par une pirouette paradoxale : les résultats de l’élection présidentielle ont été validés, tandis que ceux des législatives, qui s’étaient tenues en même temps, dans les mêmes bureaux de vote, ont été annulés en raison «de nombreuses irrégularités».

 

Les deux scrutins sont à nouveau conjoints. Les élections, prévues le 31 janvier, ont été reportées afin d’éviter la précipitation du premier tour. La mobilisation est nettement moindre qu’en décembre, mais l’espoir que cette élection permettra de tourner la page après trois années de violences intercommunautaires est intact.

 

Deux candidats sont en lice. Faustin Archange Touadéra et Anicet-Georges Dologuélé, anciens premiers ministres, tous deux âgés de 58 ans. Anicet Dologuélé, qui a dirigé le gouvernement d’Ange-Félix Patassé de 1999 à 2001, est arrivé en tête du premier tour (23,78 %). Ce technocrate, banquier de formation, met en avant son expérience pour rassurer les milieux des affaires. Faustin Touadéra (19,42 %), professeur de mathématiques, se présente comme le «candidat du peuple».

 

Alliances fragiles.Leurs programmes comportent peu de différences. Chacun s’engage à restaurer la sécurité, à relancer l’économie et à réconcilier les communautés. Des alliances se sont nouées avec des candidats qui n’ont pas franchi le premier tour de la présidentielle. Désiré Kolingba, troisième (12,04 %), s’est rallié à Anicet Dologuélé, tandis que Martin Ziguélé, quatrième (11,43 %), a appelé à voter pour Faustin Touadéra. «Des promesses ont dû être faites en échange de ces soutiens. Mais certaines de ces alliances n’ont pas de sens politiquement et sont donc fragiles», confie un observateur. Le scénario idéal serait une large victoire de l’un des deux candidats afin d’éviter toute contestation.

 

Patricia Huon (à Bangui)

Présidentielle en Centrafrique: le pays dans l’attente des premiers résultats
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:59

 

 

 

15.02.2016 à 08:00 ‘AFP)

 

Le dépouillement des bulletins a commencé dimanche en Centrafrique après un vote dans le calme pour désigner qui, d'Anicet Georges Dologuélé ou Faustin Archange Touadéra, deux anciens Premiers ministres, sera le président qui devra sortir le pays de trois ans de violences.

 

Quelque deux millions d'électeurs étaient appelés à départager les candidats, tous deux âgés de 58 ans, arrivés en tête du premier tour du 30 décembre.

 

Les opérations de vote ont été prolongées d'une heure, jusqu'à 17H00 (16H00 GMT) dans certains bureaux qui avaient ouvert avec du retard.

 

Une fois la nuit tombée sur Bangui, le dépouillement des bulletins se faisait à la lueur de lampes torches, dans des salles de classe décrépies où les agents électoraux inscrivaient au tableau les décomptes à la craie, a constaté l'AFP.

 

Les résultats officiels ne devraient pas être connus avant plusieurs jours mais les candidats pourraient annoncer leurs propres tendances dès lundi.

 

Le chef de la délégation d'observateurs déployés par l'Union africaine, Souleymane Ndéné Ndiaye, a estimé dimanche soir que "du point de vue l'organisation, le pari a été gagné".

 

"Il y a eu moins d'erreurs" qu'au premier tour, notamment dans "la disposition du matériel électoral", a-t-il déclaré à la télévision nationale.

 

Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a lui appelé "à attendre dans le calme la publication des résultats".

 

Dans l'ensemble du pays, les centres de vote n'ont toutefois pas connu l'affluence du premier tour où de longues files d'attente s'étaient formées. Dans de nombreux bureaux visités par l'AFP à Bangui, le taux de participation dépassait à peine les 50%, moins de deux heures avant la fin des opérations de vote.

 

En province, où les opérations ont eu lieu sans incident majeur, les électeurs se sont présentés au compte-gouttes à Obo (nord-est), Bambari (est) ou Berberati (sud).

 

Selon présidente de l'Autorité nationale des élections (ANE), Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, le vote se passait "très bien, sauf quelques soucis dans certains bureaux" de province et de la capitale où des électeurs ont été refoulés. Leurs noms ne figuraient pas sur les listes électorales de ce pays de 4,8 millions d'habitants bien que les électeurs, chrétiens comme musulmans, se soient massivement inscrits.

 

Pour les technocrates Dologuélé et Touadéra, les priorités s'imposent d'elles-mêmes pour relever le pays, déjà l'un des plus pauvres du monde, ravagé par trois années de troubles: sécurité, justice et relance de l'économie.

 

Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka de Michel Djotodia, avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

L'opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, puis la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme.

 

- Duel serré -

 

La Minusca, forte de 10.000 hommes, appuyée par Sangaris, avait été mobilisée pour assurer la sécurité du vote, notamment dans le quartier musulman du PK5 à Bangui.

 

M. Dologuélé, bien implanté dans le milieu des affaires, fait figure de favori après être arrivé en tête du premier tour (23,78%), surtout avec le ralliement en sa faveur du parti KNK de M. Bozizé.

 

M. Touadéra (19,42%), qui disposait de moins de moyens, a créé la surprise et est considéré comme un très sérieux concurrent. Dernier Premier ministre de M. Bozizé, il a attiré une partie de la base électorale du KNK, malgré les directives du parti.

 

"J'ai le sentiment du devoir accompli", a déclaré M. Dologuelé qui votait dans le 1er arrondissement de la capitale, affirmant vouloir "démarrer une autre ère pour la République centrafricaine".

 

"Notre candidature est celle du rassemblement. Je suis confiant sur l'issue du vote", a pour sa part déclaré M. Touadéra, salué par de nombreux électeurs aux cris de "président" près du quartier populaire de Boy Rabé.

 

L'autre enjeu de ce scrutin sera le bon déroulement du nouveau premier tour pour les élections législatives, tenu en même temps que la présidentielle, mais dont les résultats avaient été annulés en janvier par la Cour constitutionnelle qui avait constaté de "nombreuses irrégularités" dans la quasi-totalité des 140 circonscriptions.

 

Pour éviter un nouveau fiasco, l'ANE a notamment remplacé plusieurs centaines d'agents dits "défaillants" par des enseignants, des cadres de la fonctions publique ou des retraités.

 

Le pays connaît une relative période d'accalmie depuis plusieurs mois et le premier tour s'était déroulé sans incident majeur.

 

Par Célia LEBUR, Christian PANIKA

 

© 2016 AFP

 

Présidentielle en Centrafrique début du dépouillement après une élection dans le calme
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:44
Nouvelles nationales sur RJDH
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L’ANE annonce pour demain le début de la publication des résultats provisoires de la présidentielle

 

http://rjdh.org/ PAR SAINT-CYR GBEGBE LE 15 FÉVRIER 2016

 

Les données des élections du 14 février 2016 sont en cours de traitement au Centre de Traitement de l’Autorité nationale des élections (ANE). Les résultats provisoires tomberont progressivement à partir du mardi 16 février 2016 à 13 heures. C’est ce qui a fait savoir le service de la communication de l’ANE ce lundi 15 février au RJDH.

 

Le service de communication de l’ANE a indiqué que la majeure partie des procès verbaux de Bangui sont en cours de traitement « la plus part des procès verbaux de la capitale sont en train d’être traités au Centre de Traitement des Donnés de l’ANE », a expliqué une source au sein de la cellule de communication de l’ANE.

 

Cette source a fait savoir que la publication des résultats provisoires va commencer d’ici demain « le mardi 16 février 2016, l’ANE procéderait à la publication des résultats provisoires spécifiquement pour la présidentielle », a t-elle signalé.

 

L’ANE est tenue par le code électoral de rendre public les résultats provisoires de ces scrutins dans un délai de sept jours.

 

 

L’Observatoire National des Elections satisfait de l’organisation des scrutins mais déçu par la faible mobilisation

 

http://rjdh.org/ PAR VIVIEN NGALANGOU LE 15 FÉVRIER 2016

 

Dans une interview accordée ce jour au RJDH, Me Marius Bangati, trésorier de l’Observatoire National des Elections s’est félicité de l’organisation des élections groupées du 14 février 2016. Mais a regretté la faible participation que l’organe a remarquée lors de ces scrutins.

 

L’ONE a relevé les efforts consentis par l’ANE ainsi que toutes les parties impliquées dans le processus électoral en Centrafrique.

 

Me Marius Bangati de l’ONE,  a indiqué que « le premier constat est que l’ONE se félicite du fait que la population centrafricaine a témoigné sa maturité et est partie voté dans la sérénité et le calme. Il n y a pas de violence, pas de bruit, pas de désordre. Le second constat est que l’Autorité Nationale des Elections (ANE) qui, au premier tour avait été beaucoup plus critiquée avec des ratés dans l’organisation de ces scrutins, s’est ressaisie et a corrigé à 80% ces erreurs. C’est une chose à louer et nous félicitons l’organisation. Mais ce qui est regrettable c’est le faible taux de participation des Centrafricains par rapport au premier tour des élections », a-t-il relevé.

 

Me Marius Bangati a appelé les électeurs et les candidats à la patience et au respect du code de bonne conduite « Le peuple a déjà fait son travail hier, les élections ont eu lieu, nous attendons les résultats. Nous demandons à la population de garder son calme et sa sérénité qui ont prévalu pendant le vote, ce jusqu’à la publication des résultats. Aussi, l’ONE exhorte les candidats à garder l’esprit mature qu’ils ont développé depuis le début de ce processus et de respecter le code de bonne conduite qu’ils ont signé », a-t-il recommandé.

 

Notons que L’ONE  est une plateforme d’organisation de la société civile regroupant les  minorités, les syndicats, les confessions religieuses et les ONG de Droits de l’Homme. C’est l’organisation nationale qui s’est engager dans l’observation des élections. Au premier tour le 30 décembre, l’ONE avait dénoncé la mauvaise préparation des scrutins.

 

 

Oxfam lance un appel en faveur de la protection des civils au futur président centrafricain

 

http://rjdh.org/ PAR AGGÉE YAGOUA GUERET LE 15 FÉVRIER 2016

 

L’ONG Oxfam en Centrafrique a  appelé  le futur  locataire du Palais de la Renaissance à placer la protection des civils dans ses premières priorités.  Cette ONG internationale a publié à cet effet un communiqué le 12 février 2016.

 

Dans ce document, Oxfam a fait savoir que la première tâche qui attend  le futur président centrafricain  est de mettre fin à la violence  et de fournir une meilleure protection à la population épuisée, car selon le communiqué, la situation sécuritaire en RCA est désastreuse.

 

« Au moins six mille personnes ont été tuées depuis que la violence s’est éclatée en mars 2013. Entre octobre et janvier 2015, 60.000 cas de violence contre les femmes et les enfants ont été signalés, ce qui vaut 200 cas par jour », déplore le communiqué.

 

Oxfam a déploré l’effectif des personnes affamées revu en hausse avant de rappeler les exactions commises par l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) sur la population  civile, ces derniers temps « au cours des dernières semaines, la LRA a intensifié des attaques enlevant des dizaines de personnes dont des enfants et déplaçant plus de 2.200 personnes supplémentaires », a relevé Oxfam.

 

Puig Ferran, Directeur pays Oxfam en République Centrafricaine a aussi  relevé que les groupes armés ont été chassés  des villes vers les zones rurales en présence des casques bleues et que les communautés vivent dans la peur des exactions fréquentes de ces hommes armés. « Pour cela, la sécurité et la protection doivent être au cœur de l’agenda du nouveau président », a souhaité Puig Ferran dont les propos ont été rapportés dans le communiqué.

 

Puig a aussi appelé les forces onusiennes à agir au coté de la Centrafrique pour assurer la protection des civils « les soldats de la paix de l’ONU doivent réagir rapidement aux menaces multiples et changeantes à travers la RCA, avec une  meilleure coordination des forces d’intervention», a-t-il lancé.

 

Pour le Directeur pays Oxfam en République Centrafricaine, la lenteur du gouvernement dans le processus du DDR-R pousse des hommes en armes à attaquer les civils, car, selon lui « 2.100 combattants ont été enregistrés dans ce cadre. Plusieurs groupes armés ont été démobilisés, mais ils ont conservé leurs armes pour attendre le Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement.

 

 

Les habitants de Ndélé se plaignent du manque d’eau potable dans la localité

 

http://rjdh.org/  PAR BABIKIR OUSMANE LE 15 FÉVRIER 2016

 

Les habitants de Ndele, localité située au nord de la Centrafrique éprouvent de sérieuses difficultés pour s’approvisionner en eau potable. Cette situation dure depuis plusieurs mois.

 

Les habitants de Ndélé se plaints de cette absence d’eau potable depuis quelques mois. Cette situation est liée au fait que la société de distribution d’eau en Centrafrique  (SODECA) n’est plus opérationnelle dans la ville. Devant lesquels points d’eau de puits et forages, des femmes et enfants se battent pendant des heures pour avoir de l’eau.

 

Des habitants rencontrés à Ndele ont indiqué que c’est plus de 8 mois qu’ils éprouvent ces difficultés « pour avoir de l’eau potable, il faut passer trois jours. La société de distribution d’eau en Centrafrique  (SODECA) est en faillite depuis 5 ans », a déploré une femme à la recherche de l’eau.

 

Un père de foyer s’est plaint de cette situation en ces termes « la ville est aujourd’hui très grande mais, nous n’avons que quelques puits d’eau et de forage. Beaucoup ont tari à cause de la sécheresse. Les quelques uns qui restent sont devenus des plateaux de bagarres. Nos enfants et femmes se battent pour trouver un peu d’eau et nous souffrons comme cela ».

 

La SODECA est présente à Ndélé depuis une quarantaine d’années. Ces dernières années, plusieurs installations de cette société étatique sont tombées en ruine, rendant ainsi difficile l’approvisionnement de la population en eau potable.

 

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:33

 

 

 

http://www.fasozine.com/ 

 

Après une transition politique qui a duré plus de trois années, la Centrafrique tente enfin de sortir de l’impasse. C’est du moins ce que le pays se promet à travers le deuxième tour de l’élection présidentielle. En plus du face-à-face entre deux anciens Premier ministres que sont Faustin Archange Touadéra et Anicet Dologuélé, les électeurs sont aussi appelés à choisir concomitamment leurs représentants à la prochaine Assemblée nationale ce 14 février 2016.

 

Pas meilleur jour que celui de la Saint-Valentin pour remettre la Centrafrique sur les rails. Il faut beaucoup d’amour pour sortir ce pays de toutes les contradictions qu’il a connues ces dernières années et qui ont rendu la transition encore plus difficile que prévue. Que d’épreuves supplémentaires également par l’organisation de ces élections couplées qui ont été non seulement plusieurs fois reportées, mais également des plus chaotiques! Lorsque l’abstention ou la démobilisation des électeurs s’en mêle, c’est l’espoir de la renaissance politique qui est mise à rude épreuve.

 

Malgré les insuffisances et le peu d’engouement, il faut bien en finir avec les élections pour aller à l’essentiel qui n’est autre que l’édification d’institutions à même de résoudre les problèmes urgents de développement que les Centrafricains ont été obligés de mettre entre parenthèses depuis longtemps maintenant. Ce qui suppose une hauteur d’esprit et beaucoup de fair-play de la part des deux candidats à la présidentielle, mais aussi des candidats aux législatives.

 

Bark Biiga

 

Lu pour vous : Centrafrique : Dur, Dur De Faire Renaître L’espoir!
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 14:07

 

 

 

http://www.dw.com/ 14 février 2016

 

En Centrafrique, le 2nd tour de la présidentielle est censé mettre fin à des violences qui règnent dans le pays depuis 2013. Mais bon nombre d'électeurs ne trouvent pas leurs noms sur les listes dans les bureaux de vote.

 

Depuis le petit matin de ce dimanche, les Centrafricains sont appelés d’aller aux urnes pour élire leur nouveau président. Ils ont le choix entre les deux anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra. Les deux étaient arrivés premier et deuxième lors du premier tour fin décembre 2015. En même temps, les quelque deux millions électeurs doivent voter pour la nouvelle assemblée nationale.

 

Pour ce second tour à pronostic difficile et incertain, les deux candidats à la présidentielle ont reçu des soutiens à degrés différents. Anicet Georges Dologuélé, premier de la course, a reçu moins de soutien que son rival, mais a eu la chance d’obtenir le plus influent soutien, celui de Désiré Kolingba (arrivé troisième le 30 décembre) de le rejoindre – ce qui était loin d’être acquis. Ajouter à cela celui du KNK, le parti de l’ancien président François Bozizé, renversé en 2013, lequel lui a apporté son soutien juste avant le premier tour (même si c’est en partie car une partie du KNK s’est ralliée à Touadéra). Il a enfin obtenu le ralliement de Sylvain Patassé, un autre candidat à la présidentielle, puis de nombreux hommes d’affaires.

 

Faustin Archange Touadéra: Ses soutiens politiques sont une partie du KNK de l’ancien président Bozizé. Il a également obtenu le ralliement du grand perdant du premier tour, Martin Ziguélé, et de l’ancien ministre Karim Meckassoua. Ensuite, il y’a eu 18 candidats, tous originaires du Sud, qui lui ont apporté leur soutien, dont Jean-Serge Bokassa. Il demeure jusque-là la plus grande surprise de ce scrutin.

 

Beaucoup d'espoir que la paix revienne

 

L’élection est censée mettre fin à trois ans de violences et de crise politiques : en mars 2013, l’ancien président François Bozizé avait été renversé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avec leur chef Michel Djotodia. Sous la présidence de transition de ce dernier, le pays a vécu des mois de violences qui ont culminé en décembre 2013 par des massacres à grande échelle entre musulmans et chrétiens et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

Pour la présidente de l'Autorité nationale des élections (ANE), Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, "dans l'ensemble ça se déroule très bien, sauf quelques soucis dans certains bureaux de vote" de province et de Bangui où les électeurs se plaignent d'avoir été refoulés car contrairement au 1er tour, le seul récépissé ne suffit plus, il faut être inscrit sur les listes et présenter une pièce d'identité. Un des correspondants de la DW a confirmé que beaucoup d’électeurs cherchaient en vain leurs noms sur les listes électorales.

 

Peu d'affluence dans les bureaux de vote

 

L’optimisme de la présidente de l’ANE n’est pas partagé par certains candidats aux élections législatives. Comme, c’est le cas de Bertin Béa, le secrétaire général du KNK, le parti du président déchu, François Bozizé. Bertin Béa est candidat de son parti Bouali, ville située à une centaine de kilomètres de Bangui, la capitale.

 

Par rapport au premier tour, l’affluence des électeurs a été faible, comme le confirme le président du MDREC, Mouvement Démocratique pour la Renaissance et l'Evolution de Centrafrique, Joseph Bendounga.

 

L’élection est censée mettre fin à trois ans de violences et de crise politiques en République centrafricaine (RCA): en mars 2013, l’ancien président François Bozizé avait été renversé par une rébellion à dominante musulmane, la Séléka, avec leur chef, Michel Djotodia. Sous la présidence de transition de ce dernier, le pays a vécu des mois de violences qui ont culminés en décembre 2013 par des massacres à grande échelle entre musulmans et chrétiens et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 

L'opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, et la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme dans le pays, un des plus pauvres du monde. Les deux missions de paix sont mobilisées pour assurer la sécurité du vote, notamment dans le quartier musulman du PK5, afin d'éviter toute provocation.

 

AUDIOS ET VIDÉOS SUR LE SUJET

 

"Dans l'ensemble ça se déroule très bien... enfin... bien" (Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, présidente de l'ANE)  

 

 

"Ca ne se passe pas bien..." (Bertin Béa, secrétaire général du KNK)  

 

 

"Il y a peu d'engouement dans la ville de Bangui..." (Joseph Bendouga, président du MDREC)  

 

 

"On laisse les choses se faire..." (François Bozizé, l'ancien président centrafricain, renversé en 2013)  

 

 

RCA: vote dans le calme mais pas sans problèmes (Deutsche Welle)
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:52

 

 

http://www.franceinfo.fr/  Rédaction de France Info dimanche 14 février 2016 08:24

 

Alors que le second tour de l’élection présidentielle en Centrafrique se tient aujourd’hui, le général Vincent Desportes était l’invité de France Info ce dimanche matin. Il est revenu sur le désengagement programmé de l’armée française en mission dans ce pays depuis décembre 2013 : "C’est terrible ! Nous quittons la Centrafrique non pas parce que la mission est remplie mais parce que nous n’avons plus assez de troupes et qu’il faut les projeter ailleurs. Certes, nous avons rétabli un semblant de normalité dans le pays mais la situation est très instable."


Le général Desportes, également enseignant à Sciences-Po et HEC, estime que "l’armée française va au-delà de ses capacités de déploiement" et critique le manque de moyens alloués à l’armée. "Il y a une extravagante contradiction entre les missions demandées aux armées françaises et les moyens accordés. La baisse du budget de la Défense a été arrêtée, heureusement, par François Hollande après l’attaque de Charlie Hebdo. Mais c’est loin d’être suffisant. Le budget des armées est de 32 milliards d’euros, soit 1,5% de PIB. C’est insuffisant puisque les pays membres de l’OTAN se sont mis d’accord sur un seuil minimum de 2% du PIB".

 

Il y a deux semaines, Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait annoncé la fin de l’opération Sangaris en Centrafrique. "L’objectif est de l’arrêter cette année" avait-il déclaré.

Lu pour vous : Général Vincent Desportes : "L’armée française n’a plus assez de troupes"
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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:32

 

 

 

French.xinhuanet.com   2016-02-14 15:42:54 Par Raphaël MVOGO, envoyé spécial à Bangui

 

BANGUI, 14 février (Xinhua) -- Au terme de six jours de campagne électorale sans heurts clôturée vendredi, les Centrafricains se rendent aux urnes dimanche pour élire leur futur président pour les cinq prochaines années entre Anicet Georges Dologuelé et Faustin Archange Touadéra lors d'un scrutin de sortie de crise pour lequel les camps des deux adversaires s'accusent mutuellement de fraudes.

 

Grand favori des sondages, Anicet Georges Dologuelé, ancien Premier ministre d'Ange-Félix Patassé (1999-2001) et ex-président de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC), a confirmé les pronostics en se classant en tête du premier tour de la présidentielle tenue le 30 décembre avec 23,74% des voix, selon les résultats officiels proclamés par la Cour constitutionnelle.

 

Son suivant immédiat avec 19,05% des voix, l'ex-recteur de l'Université de Bangui et professeur de mathématiques pures Faustin Archange Touadéra, dernier chef du gouvernement de François Bozizé avant l'offensive suivie de la prise du pouvoir de l'ex-coalition rebelle de la Séléka le 24 mars 2013 à Bangui, a, lui, créé la surprise en s'imposant comme le challengeur inattendu du second tour.

 

Un total de trente candidats a pris part à cette compétition. L'un et l'autre, les deux adversaires incarnent chacun pour ses partisans l'espoir d'un renouveau en Centrafrique, pour faire tourner la page de trois ans de violences et de chaos sécuritaire et humanitaire puis de recul économique sans précédent, dus à cette crise.

 

"Pour la première fois dans notre pays, nous avons la possibilité de sortir réellement de la crise que nous vivons, pas depuis trois ans, mais depuis trente ans", a déclaré lors d'une réunion tenue avec les dirigeants de l'Autorité nationale des élections (ANE) et des partenaires au développement samedi à Bangui, Patrick Dejean, représentant de Dologuelé.

 

Depuis trois décennies en effet, la République centrafricaine (RCA) vit au rythme de coups d'Etat militaires et de rébellions armées. A ce jour, il compte un président élu démocratiquement, en la personne d'Ange-Félix Patassé, renversé un an avant la fin de son deuxième mandat de cinq ans le 15 mars 2003 par un putsch mené par François Bozizé.

 

De fait, les principaux défis du futur chef de l'Etat centrafricain se résument par la restauration de la paix et de la sécurité, la relance économique et la réconciliation nationale, trois chantiers autour desquels Dologuelé et Touadéra ont eux-mêmes axé leurs programmes politiques respectifs proposés à la sanction des quelque 1,9 million d'électeurs inscrits centrafricains.

 

Dans leur duel pour la conquête du pouvoir, les deux adversaires, en dépit de leur tempérament pondéré, ne se sont pas fait de cadeau, leurs camps respectifs ayant ouvertement fait lors de la réunion tenue samedi dans les locaux de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) à Bangui, des déclarations faisant état d'accusations mutuelles de fraudes.

 

C'est Patrick Dejean qui a dégainé le premier en affirmant, mais sans pointer explicitement la partie adverse, qu'"il y a des cartes d'électeur qui sont vendues en fraude et massivement. Les cartes d'électeurs sont vendues comment ? Sur la base des listes électorales", jugées non sécurisées et favorables aux votes multiples.

 

"Certaines urnes ont été remplacées par des sacs de manioc au premier tour. Il y a des urnes qui sont au moment où je vous parle chez certaines personnalités centrafricaines", a-t-il poursuivi, sans donner de précision au sujet des allégations exprimées.

 

Il a fait état d'une série de propositions adressées à l'ANE pour permettre de "mettre en place des mesures de transparence suite au constat qui a été fait au premier tour" et pour lesquelles une action commune a été suggérée au camp de Touadéra, accusé d'y avoir opposé un refus.

 

Ce responsable politique estime que le système électoral mis en place par les autorités de transition ne rassure pas assez. En face, Charles Armel Doubane, membre du collectif de vingt-deux candidats recalés du premier tour alliés à Touadéra, a plutôt choisi de rassurer quant au respect des engagements pris pour faire en sorte que "la situation reste apaisée".

 

"Nous respecterons la loi, a-t-il au demeurant prévenu, mais il faut qu'elle soit respectée par tout le monde. La Cour constitutionnelle, nous lui faisons entièrement confiance. Quand nous ne serons pas satisfaits, nous nous tournerons vers elle".

 

"Aidez-nous à faire de bonnes élections pour notre pays", a lancé le candidat indépendant malheureux du premier tour. Et d'ajouter : "Le ciel ne nous tombera pas dessus. Il y aura des élections, et de bonnes élections. En ce qui nous concerne, les résultats seront respectés, si et seulement si les standards seront requis pour valider un scrutin".

 

C'est une mise en garde qui trahit la persistance d'un climat lourd, en dépit de l'apparente accalmie observée dans le pays depuis la visite du pape François à Bangui fin novembre, événement salué par le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), Parfait Onanga-Anyanga.

 

Rencontré par Xinhua plus tard le soir à son domicile de Castor, quartier du 5e arrondissement de Bangui à peine libéré de l'étau des ex-rebelles de la Séléka et dont l'accès aujourd'hui est contrôlé par des check-points tenus par des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), le directeur national de campagne adjoint de Touadéra, Félix Moloua, a renvoyé au camp adverse ses accusations.

 

"Nous sommes allés en campagne sans moyen. C'est pour cela que les gens ne nous attendaient pas. Au premier tour, nous n'avons formé que 5.000 personnes", s'est-il défendu.

 

Selon le démographe encore, "pour frauder, il faut avoir de l'argent. C'est eux qui vont faire ça. En province, ils ont envoyé plein d'argent pour acheter les consciences. Nous, on n'a même pas de T-shirts. Faites la comparaison. Notre atout, c'est le bilan positif de notre candidat lors de son passage à la tête du gouvernement [entre 2008 et 2013]".

 

L'ANE s'est quant à elle défendue par la voix de son rapporteur général et porte-parole Julius Rufin Ngouabé-Baba d'avoir "pris le souci de gérer ce processus [électoral] de façon équitable et de manière transparente".

 

Pour faire prévaloir le climat d'apaisement, le chef de la MINUSCA a une fois de plus recommandé la retenu.

 

"Je demande simplement au peuple centrafricain d'être serein, parce que ce sera un scrutin historique pour l'avenir du pays. Des efforts énormes ont été fournis par l'ANE pour corriger les insuffisances qui ont émaillé le premier tour des résidentielles et des législatives annulées par la Cour constitutionnelle", a souligné à Xinhua le diplomate gabonais.

 

Il a exhorté les irréductibles à "quitter le rive de la colère, de la haine pour aller vers l'harmonie, l'accueil, la convivialité et la fraternité". D'après lui, "le gagnant, ce sera le peuple centrafricain. Personne ne perdra ces élections".

 

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