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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:24

 

 

 

 

 

Par LEXPRESS.fr, avec AFP publié le 10/04/2014 à 19:56, mis à jour à 20:03

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté ce jeudi une résolution "à l'unanimité" sur la Centrafrique. 12 000 Casques bleus viendront épauler les forces françaises à partir de septembre prochain.

 

C'est un soulagement pour la France. Abandonnées dernièrement par le Tchad, les forces françaises pourront bientôt compter (enfin) sur la communauté internationale en Centrafrique. Dans un communiqué, François Hollande a salué ce jeudi la résolution 2149 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. "Cette décision démontre la volonté de la communauté internationale de protéger les populations menacées, de leur donner accès à l'aide humanitaire et de soutenir le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire de la Centrafrique", indique l'Elysée 

Concrètement, "cette résolution permettra le déploiement dès le 15 septembre d'une opération de maintien de la paix dont les priorités seront de mettre fin aux violences, de lutter contre l'impunité, et de soutenir le processus de transition qui devra conduire à une réconciliation des Centrafricains et au retour des déplacés et réfugiés", précise le communiqué. 

 

Le président de la République "rend hommage aux soldats des forces françaises et européennes qui sont déployés aux côtés des forces du continent africain, et qui protègent les civils contre les milices et groupes armés". 

 

Les Français pourront employer la force

 

"Comme la résolution de Nations unies leur en donne mandat, les forces françaises poursuivront leur soutien aux contingents africains de la MISCA, puis à l'opération de maintien de la paix des Nations unies", est-il écrit. Selon les termes de la résolution adoptée à l'unanimité, sur proposition française, 10.000 soldats et 1.800 policiers formeront la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en RCA). 

 

La résolution autorise en outre les soldats français à prêter main forte à la Minusca en employant "tous les moyens nécessaires", c'est-à-dire la force. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a également salué "profondément cette très importante décision" qui "autorise le déploiement d'une opération de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine, la Minusca". "C'est un succès pour la paix et pour la diplomatie. Il vient soutenir les efforts des autorités de transition pour rétablir la sécurité et la stabilité en RCA", écrit-il dans un communiqué. 

 

La Minusca "aura également pour mission d'accompagner le processus de réconciliation nationale, de préparer les élections d'ici février 2015 et de venir en aide aux populations", précise-t-il. 

Centrafrique: François Hollande salue l'envoi de 12 000 Casques bleus
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Centrafrique-Presse.com
10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:02

 

 

 

Centrafrique : entretien avec M. Aristide Briand REBOAS

 

https://afriquenewsblog.wordpress.com  avril 2014

 

1. Quelle évaluation de la situation faites-vous ?

 

La situation qui prévaut aujourd’hui en Centrafrique est connue du monde entier comme des une des situations les plus alarmantes dans l’histoire du monde et de l’Afrique. La violence a atteint son point extrême. Violences, meurtres, assassinats, tortures, viols, vols, enlèvements, pillages, lynchages, disparitions, maladies, famine rythment le quotidien du peuple Centrafricain, la population de la capitale de Bangui et des provinces, des Centrafricains et des étrangers, des chrétiens et de musulmans, des hommes et des femmes y compris enceintes, des enfants et bébés, bref de la personne humaine. Ce cortège de maux et de crimes est voulu et entretenu par l’homme tout court qu’il s’agisse d’éléments rebelles Séléka ou des milices Antibalaka. Les populations Centrafricaines vivent dans l’insécurité la plus totale et le dénuement matériel et financier total.

 

Malgré l’aide des institutions sous-régionales, des Chefs d’Etat de la sous-région, de l’Union Africaine, des autorités Françaises, de l’Union Européenne, de l’ONU, la crise perdure ; malgré la démission forcée de Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye, malgré l’élection de Catherine Samba-Panza en tant que femme et mère, les acteurs de cette crise ne veulent rien savoir et restent blottis dans leur aveuglément criminel, destructif, dans la haine et la vengeance pour diverses raison.

 

2. Quelle est la part de responsabilité des dirigeants centrafricains ?

 

Il faut faire preuve de lucidité et de tact dans l’analyse de la situation que j’ai décrite ci-haut. Faire des amalgames est à mes yeux un jeu très dangereux et à terme contreproductif, et ne contribuera pas à résoudre les problèmes auxquels mon pays est confronté. Dans des moments aussi difficiles, l’objectivité, la vérité, et la lucidité dans toute analyse constituent les premières solutions pour sortir de l’impasse. A cet égard, je me soustrais au jeu dangereux des amalgames et répondrais à votre question en opérant préalablement une distinction entre la déliquescence de l’Etat d’une part, et la crise aigüe née du coup d’Etat du 24 mars 2013.

 

A ce qui concerne l’effondrement de l’Etat Centrafricain, en ce moment là, je pourrais pointer du doigt la responsabilité des dirigeants Centrafricains de tous bords et ce depuis l’indépendance. Tous les politiques qui ont exercé le pouvoir d’une manière ou d’une autre sont bien responsables de l’absence d’Etat.

 

Tout d’abord, si l’on évoque la crise, surtout les forces de défense et de sécurité (les FACA, la Gendarmerie Nationale et la Police Nationale) ont progressivement été détruites à partir de l’arrivée du général André Kolingba au pouvoir en 1981 et à partir de 1983 ; en réponse à une tentative de coup d’état manqué attribuer à certaines personnalités civiles et militaires bien connus et cadres du nord de la RCA, le Président André Kolingba a ethnicisé nos forces de défense et de sécurité en créant une milice appelée EBA exclusivement de l’hetnie yakoma, cette milice recevait les instructions directement en patois, même pas en sango, (langue nationale) ni le français langue de travail, ainsi l’armée centrafricaine a été marginalisée, un mur invisible de réticence est crée entre l’armée nationale et les pouvoirs exécutifs jusqu’à nos jours, c’est-à-dire depuis l’époque Kolingba a madame SAMBA PANZA.

 

Arrivé au pouvoir en 1993, le Président Ange Félix Patassé commet les mêmes erreurs que son prédécesseur, en recrutant dans l’armée beaucoup de citoyens originaires de sa région, l’Ouham Pendé (ethnie Kaba et groupe Mboum). Deux milices sont créées : les Balawa et les Karako. Les officiers Yakoma qui se voient marginalisés dans l’armée déclenchent des mutineries à répétition à partir de 1996. L’instabilité devient chronique dans le pays. L’insécurité est généralisée. En 2001, un coup d’Etat est manqué par l’ancien Président Kolingba, et des représailles s’en suivent. Le Chef d’Etat Major François Bozizé et Démafouth sont accusés, Bozizé se réfugie au Tchad d’où il mène des attaques. Le 15 mars 2003 Bozizé prend le pouvoir par coup d’Etat. Après les élections de 2005, plusieurs rebelles centrafricains et tchadiens dits « Les Libérateurs » dont Abakar Sabone qui avaient accompagné Bozizé au pouvoir se brouillent avec ce dernier et créent plusieurs groupes rebelles dans le nord. En 2006, trois groupes rebelles se fusionnent a Rwanda et engrangent des victoires militaires dans le pays, avant d’être stoppés dans leur élan par la France et le Tchad en 2007. Non découragés, les rebelles tissent des liens avec les combattants du Darfour et les rebelles tchadiens de l’UFDD de Mahamat Nouri. C’est le début de la naissance de Séléka. J’avais alerté le Président François Bozizé, alors que j’étais en charge des Renseignements Généraux Centrafricains. Mais le Président diverti par ses proches dont Ndoutingaye et Firmin Feindiro, ne fera rien. Djotodia, Abakar Sabone et le Commandant Hissein réussiront tranquillement à gonfler leurs rangs avec des Djandjawids et mercenaires tchadiens. Après ils ont lancé l’assaut sur la capitale avec plus de 20000 combattants guerriers expérimentés au Darfour et Tchad. Si le Président Bozizé m’avait suivi, il serait encore au pouvoir aujourd’hui. L’étape 2 de Séléka, c’est de renverser Déby, Sassou et Paul Biya.

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Ensuite et enfin, si l’on parle de la crise aigüe que vivent aujourd’hui les populations Centrafricaines depuis le 24 mars 2013, je me refuserais à mettre tous les hommes politiques Centrafricains dans le même panier, en attribuer la responsabilité de ce qui se passe à tous les politiques Centrafricains. Les vrais responsables de cette crise sont connus des citoyens Centrafricains, du moins ceux qui sont objectifs et honnêtes. Les seuls responsables, ce sont les acteurs de la crise, c’est-à-dire ceux qui ont joué un rôle de près ou de loin dans la survenance et l’entretien de ce conflit. Ces acteurs et responsables du malheur des la population Centrafricaines sont aujourd’hui clairement et facilement identifiables, reconnaissables avec des preuves tangibles, visibles, audibles pour tous et facilement vérifiables. Il y’a trois groupes d’acteurs et de responsables.

 

Premièrement, il y’a le régime de l’ancien Président François Bozizé. Deuxièmement, il y’a la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia qui a renversé le Président François Bozizé le 24 mars 2013. Troisièmement et enfin, il y’a les milices Antibalaka, initialement groupes d’auto-défense, mais désormais politiquement très instrumentalisées pour faire perdurer à dessein le malheur des Centrafricains et faire échouer la transition politique jusqu’à ce que les sinistres bénéficiaires arrivent à rebattre les cartes politiques à leur profit. Voilà les vrais acteurs, les vrais responsables du drame que vivent aujourd’hui les populations Centrafricaines. Voilà la vérité.

 

Mais si par rapport à l’identité et au nombre des groupes d’acteurs du conflit, la vérité est connue de toute l’opinion nationale, internationale et des Centrafricains, il reste encore une dernière vérité, plus capitale qui doit être connue, pour permettre au monde de mieux comprendre le drame qui se joue en Centrafrique afin de trouver de vraies solutions. La question est : quel est le rôle réel hier et aujourd’hui de chacun de ces groupes d’acteurs cités, et surtout comment ces groupes sont nés, et quel est l’enjeu de ce conflit ?

 

3 .Quelle est la part de responsabilité de François Bozizé ?

 

Il est aisément évident que l’ancien Président François Bozizé est clairement et à plus d’un titre responsable du chaos et du malheur des Centrafricains,. Quand le Président François Bozizé avait pris le pouvoir le 15 mars 2013 avec la rébellion dite des «Libérateurs », une certaine adhésion populaire à ce changement a été notée avec les scènes de liesse populaire à Bangui. Mais vous savez, un régime, ce n’est pas seulement le Président de la République, c’est aussi et surtout l’entourage de ce dernier.

 

La responsabilité de l’ancien Président François Bozizé est évidente parce que tous les Centrafricains savent ou reconnaissent aujourd’hui qu’il y’a eu un échec du régime Bozizé dans le domaine de l’armée, de la sécurité et défense du territoire, la sécurité et la protection du peuple Centrafricain, des biens et des personnes, l’armée centrafricaine avait été tenu en écart car le président plébiscitait plus l’armée tchadienne et sud africaine, alors que si l’armée centrafricaine était bien préparée on aurait du éviter tout cela . La sécurité était limitée seulement à Bangui, puisqu’entre 2003 et 2013, nos frontières et les provinces du pays ont été progressivement abandonnées et la nature ayant horreur du vide, des mouvements rebelles et autres bandes armées se sont chargées de l’occupation de ces terres. Cet échec dans la sécurité et la défense nationale est particulièrement affligeant vu le profil professionnel du Président François Bozizé qui est d’abord un militaire, et qui a atteint même le grade de Général de Corps d’armée. De plus, il était Ministre de la Défense nationale. Ajouté a cela ceux qui lui font prendre des décisions ne sont pour la plupart ses collaborateurs direct et immédiat.

 

 Ils étaient suffisamment nombreux pour basculer son opinion dans n’importe quel sens, qui ne sont pas forcement dans l’intérêt nationale. Beaucoup des concepteurs de la seleka étaient avec lui et ‘il pensais les contrôler par des petits tours de passe- passe. Je voudrai parler ici de Damane , qui avait un lien à la fois avec lui et avec la seleka, d’Abakar sabone qui aujourd’hui réclame sans se gêner de la partition du pays alors qu’il était lui même conseiller de Bozize. Je voudrai aussi parler de son enfant chéri FIRMIN FINDIRO qui dès les premières heures du coup d’Etat réclamait la paternité. En fin beaucoup de choses qui aurait pu être évité ne l’avaient pas été .Il y a aussi certains militaires qui se plaignent encore de ne pas pouvoir défendre leur pays parce qu’ils n’ont pas pu avoir de dotations suffisantes pour combattre lors de l’avancé rebelle qui en fait était moins formés que les militaires centrafricains. Les armes que la plus part des seleka utilise aujourd’hui, sont celles de l’armée centrafricaine entreposées au sous-sol du palais et dans les casernes. Ces armes auraient pu être distribué au militaires centrafricains pendant l’avancée des rebelle. Toutefois, j’ai pas aimé la manière don ton a mis fin à son mandat, Car on a utilisé le grand mal pour guérir le moindre.

 

S’il avait pris à bras le corps la question de la formation d’une armée nationale digne de ce nom, d’une gendarmerie et d’une police dignes de ce nom, des services de sécurité et de défense au sens républicain du terme, le Président Bozizé serait encore aujourd’hui au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat prévu pour 2016. Comme il a lui-même négligé et malmené l’armée et les officiers de peur d’être victime d’un coup d’Etat, il a contribué à liquider ces institutions de protection de la nation, et c’est déjà cela la faute et la responsabilité du Président François Bozizé.

 

Le malheur des Centrafricains vient d’abord de cet échec de l’ancien régime de 2003 à 2013. Pensez-vous que si ce régime avait construit et formé une bonne armée, et l’avait dotée en moyens adéquats, et l’avait positionnée aux points stratégiques du pays notamment les frontières avec le Soudan et le Tchad, la coalition Séléka ne serait jamais venue prendre le pouvoir le 24 mars 2013. En tant que Directeur Général des Renseignements Généraux Centrafricains, j’avais pourtant alerté, dès le 08 février 2008, le Président François Bozizé sur les risques potentiels d’un coup d’Etat, de son renversement éventuel comme conséquence de la guerre du Darfour et des activités rebelles de l’UFDD de Mahamat Nouri au Tchad voisin. Mais, au lieu d’être suivi, j’ai plutôt été accusé, jugé par ceux là mêmes qui fricotaient avec Séléka en gestation depuis 2006.

 

3. Comment expliquez-vous le coup d’état du 24 mars ?

 

Outre l’échec du Président François Bozizé dans le domaine de la sécurité et défense nationale, le coup d’Etat du 24 mars 2013 a aussi été rendu possible par la combinaison de plusieurs éléments qu’on peut synthétiser. Il y’a la complicité notoire d’une partie de l’entourage présidentiel. Ils sont nombreux qui se sont laissés corrompre et retourner par Michel Djotodia et les islamistes. L’ancien Procureur de Bangui Firmin Findiro et bien d’autres. Ce n’est pas par hasard, si vous êtes bien informés, que lorsque Séléka est arrivée au pouvoir, Michel Djotodia a lui-même pris son téléphone pour appeler Firmin Findiro , et beaucoup d’autres proches de Bozizé y compris dans sa proches famille, afin de les nommer dans le gouvernement et au Cabinet Présidentiel.

 

Comment les choses ont commencé ?

 

Un jour, un Conseiller du Président François Bozizé, de confession musulmane (dont je tais le nom ici) est venu me voir à mon bureau, pour me demander de libérer 6 Pakistanais et un Saoudien tous des imams qui venaient de Peshawar avec un objectif clair mais non avoué, inciter les musulmans à se lancer en politique et convertir à coup d’argent (100. 000 FCFA) les chrétiens et animistes, la misère aidant. Or d’après mes informations que j’ai recoupées en renseignements, ces 7 étrangers étaient déjà en contact avec Michel Djotodia, Abakar Sabone et Justin Hassan qui étaient au sein de l’UFDR dans le maquis et ne rêvaient que de venir renverser le régime du Président François Bozize punir les chrétiens, détruire l’armée, obtenir la reconnaissance nationale des fêtes arabo-musulmanes, changer l’hymne nationale et le drapeau centrafricain etc. Ce Conseiller musulman très estimé par le Chef de l’Etat voulait me corrompre pour que je libère sans délai les 6 étrangers musulmans incarcérés pour prosélytisme radical. Ce Conseiller a voulu m’offrir une voiture 4/4 et m’a même dit que je pouvais fixer moi-même le montant de ma récompense, sachant que dans l’entourage, d’autres personnalités avaient déjà reçu jusqu’à 50 millions de FCFA. Je lui ai dit que je ne mange pas de ce pain. Par la suite, c’est un autre musulman qui est venu mener la même démarche auprès de moi, en vain. Ce dernier est devenu Ministre de Michel Djotodia par la suite et est en ce moment Ministre Conseiller de l’actuelle Transition. Automatiquement, j’ai partagé les passeports des incarcérés et un rapport détaillé avec les services de renseignements des pays amis notamment l’Ambassade de France à Bangui.


L’entourage était corrompu. Deux mois avant mon arrestation, deux ministres et un officier avaient prétexté une mission à l’étranger, et en avaient profité pour aller plutôt rencontrer secrètement Michel Djotodia et sa bande qui étaient déjà en grande planification de coup d’Etat. Là, les comploteurs ont établi une liste de 19 personnalités politiques à abattre dès l’arrivée de Djotodia au pouvoir. Sur la liste, figuraient le Président Bozizé, son fils Francis, Parfait Mbay, très proches de Bozizé, Bonda Bernard, Modeste Bria, Alain wabi, Edouard Nganaissona Claude Lenga, Bernard Mokom, certains opposants dont le premier et le plus en vue à l’époque, certaines figures intellectuelles. Le but était de liquider tous ceux qui peuvent constituer un danger pour leur pouvoir. De mon retour d’Alger où j’étais en mission en passant par Cameroun, où j’ai récupéré la bande sonore très compromettante à l’égard des comploteurs. Avant de rentrer à Bangui, les membres corrompus de l’entourage du Président Bozizé qui travaillaient de l’intérieur pour le compte de l’UFDR, avaient décidé de me réduire au silence de peur que j’alerte le Chef de l’Etat sur la bande sonore. C’est ainsi que je fus arrêté le lendemain de mon retour à Bangui. Alors que j’étais à mon Bureau, je vis débarquer des éléments de la Gendarmerie, un Commando de l’Unité de Sécurité Présidentielle Anatole Ngaya. J’ai appelé le Chef de l’Etat mais suis tombé sur son cadet et aide de camp Roger Godongaï.

 

J’ai alerté Thierry Lengbe et l’actuel Ministre de la Défense, Tchimangoa qui sont venus constater mon arrestation. Après être arrivé au Parquet, et la Section de Recherches et d’Investigation (SRI) de la Gendarmerie, j’ai appelé Bernard Mokom, Maxime Mokom pour leur demander d’aller récupérer la bande sonore qui se trouvait dans la boîte à gant de ma voiture de fonction. Bernard Mokom dira que la bande audio devait se trouver au Ministère des Mines. Le parquet de Bangui envoie le Commandant Serge Kossi et Danzoumi Yalo récupérer ma voiture de fonction. Quand j’étais en prison, le Ministre Bernard Ouandé, ancien Chef d’Etat Major, ainsi que le Procureur de Bangui de l’époque, Firmin Findiro avaient missionné le commandant de police Christophe Namgana en poste à l’OCRB de m’assassiner, ce qu’il refusa. Rapidement, Christophe Namgana est emprisonné et sera jugé au même moment que moi, et sa déclaration est consignée dans le procès-verbal du jugement.


Les rumeurs de coup d’Etat qui circulaient dans Bangui étaient fondées, mais seulement, Sylvain Ndoutingaï et Firmin Findiro et bien d’autres dignitaires du régime Bozizé roulaient pour le compte de la Séléka en gestation de Michel Djotodia. Le Président Bozizé finalement mis au courant de leur plan, et l’étau se resserrant de plus en plus autour des comploteurs internes au régime, certains se sont sauvés par la nage en direction de Brazzaville pour rejoindre Paris, d’autres ont prétexté des raisons de santé pour s’évader, des cadres de l’armée et de l’administration proches des comploteurs ont été virés.

 

4. Donc pour vous, l’UFDR était le point de départ de Séléka ?

 

Effectivement. Je dirais même plus. Il faut préciser tout d’abord que c’est le Président François Bozizé qui a d’abord travaillé avec Abakar Sabone qui a guerroyé dans la rébellion des Libérateurs qui ont finalement porté le Président François Bozizé au pouvoir le 15 mars 2003. Le même Abakar Sabone sera responsabilisé par le Président Bozizé. Abakar Sabone, Michel Djotodia, Consul de la RCA à Nyala au Soudan, Djono Ahaba et autres vont développer très vite un appétit pour le pouvoir politique. Très vite, Abakar Sabone et les « libérateurs » vont entrer en dissidence pour des promesses financières et politiques non tenues par le Président Bozizé.

 

Mais c’est quoi l’UFDR ? Il faut se rappeler que le 14 avril 2006 à Kigali, une première alliance rebelle a été scellée : l’Union des Forces Démocratiques du Rassemblement (UFDR). Ce regroupement est l’œuvre du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) d’Abakar Sabone, du Groupe d’Action Patriotique de Libération de Centrafrique (GAPLC) de Michel Djotodia, et le Front Démocratique Centrafricain (FDC) du Commandant Justin Hassan. Après leur fusion, les trois chefs rebelles cités plus haut, vont mener des incursions répétées au point d’inquiéter Bangui par une vaste offensive remportant des succès à Ouadda Djallé et Sam Ouandja. Devant la fulgurance de l’avancée de l’UFDR, l’armée Tchadienne et l’armée Française vont intervenir le 27 décembre 2006 pour déloger et chasser l’UFDR qui était de plus en plus menaçante.

 

Lorsque je suis entré en fonction au Service des Renseignements, j’ai eu des renseignements sérieux faisant état de contacts avancés entre l’UFDR et des combattants Djandjawids du Darfour, ainsi que l’UFDD du général tchadien Mahamat Nouri qui avait pratiquement renversé le Président Déby le 02 février 2008. Selon Michel Djotodia, l’ancien Consul de la RCA à Nyala, devenu rebelle et Chef du GAPLC, les contacts avaient permis de grossir les rangs de l’UFDR avec les combattants islamistes et autres mercenaires étrangers dont Soudanais et Tchadiens. Ensuite, la prochaine étape était la recherche des moyens financiers auprès des pays du Golfe. L’étape suivante était le déclenchement des opérations militaires jusqu’au renversement du Président Bozizé. Après la RCA leur servirait de base arrière pour déstabiliser les autres Chef d’Etat de la sous-région ; et à l’heure où je vous parle, et d’après mes renseignements, le Tchad, le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale, le Cameroun à partir du nord seront à tour de rôle déstabilisés, si rien n’est fait. En ce moment, Michel Djotodia n’en démord pas de son éviction et travaille nuit et jour avec Noureddine Adam qui séjourne actuellement au Nigeria pour obtenir un ralliement de Boko Haram et d’autres mercenaires islamistes pour aller lutter pour l’indépendance de la partie septentrionale de la RCA. Cet Etat sera un Etat musulman. Les responsables de cet Etat virtuel anéantiront le Sud Soudan chrétien, et le Sud du Tchad chrétien. Pour renforcer la coalition Séléka 3 en cours, le Chef rebelle Baba Ladé et ses hommes ont apporté leur soutien à Michel Djotodia. Le principal soutien de Baba Ladé est Hamidou Dam Poussou de Nyem Yelwa dans le nord ouest Centrafricain, un peul qui a récemment fui pour le Congo Démocratique avec son bétail et beaucoup d’hommes.

 

5. Imaginez-vous une telle haine entre chrétiens et musulmans ?

 

La haine entre chrétiens et musulmans relève simplement de la manipulation et l’instrumentalisation politique. C’est vrai que les éléments de la coalition Séléka ont commis de graves exactions qui doivent être punies, mais il faut reconnaître aussi que les milices Antibalaka sont des jeunes et certains militaires manipulés et d’instrumentalisés pour entretenir dans la durée le malheur des Centrafricains : voilà la vérité. Il faut régler le problème à la source. Aujourd’hui, on peut avoir les élections, le retour à l’ordre constitutionnel, mais tant que les auteurs et leurs complices ne seront pas neutralisés durablement, tant que les auteurs des crimes, Michel Djotodia et ses complices seront dans la nature, tant que les responsables et éléments Antibalaka et Séléka nargueront tout le monde avec des gris-gris, armes blanches et armes de guerre devant les journalistes, on ne connaîtra pas la paix. La communauté internationale peut mobiliser les moyens qu’elle peut, mais la vraie solution, c’est de neutraliser rapidement et partout les responsables des violences, crimes de Séléka et Antibalaka, les auteurs de la manipulation et l’intoxication politique des jeunes centrafricains musulmans et chrétiens. Mon message à l’endroit des Antibalaka et les seleka est le suivant : ceux qui vous instrumentalisent vous induisent en erreur en ayant pris le soin de se mettre à l’abri à l’étranger avec leurs femmes, enfants, familles et argent et se la coulent douce. Pendant ce temps, vous semez le malheur et la désolation au quotidien, il est temps d’arrêter, de reprendre vos activités professionnelles, scolaires, agropastorales etc. S’agissant du gouvernent de transition je délivre le message suivant : engager un dialogue direct avec les seleka et antibalakas et doté sans tarder nos forces de sécurité et défense des armes, qui ne sont d’autres chose que outils de protection du peuple centrafricain et leur, bien et en fin rendez la justice aux victimes

 

AFRIQUE NEWS

 

Lu pour vous : L'ancien chef des services de renseignements de Bozizé règle ses comptes : Révélations
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Centrafrique-Presse.com
10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 17:26

 

 

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com/  10.04.2014

 

Le ministre des Affaires étrangères de la Centrafrique (RCA), Toussaint Kongo-Doudou, s’est félicité jeudi de l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) d’une résolution sur le déploiement d’une opération de maintien de la paix dans son pays. 

 
Evoquant « une étape décisive dans le processus de rétablissement de la sécurité et de la paix et donc, de la stabilisation de la RCA », le ministre a également  salué l’action menée sur le terrain par la force africaine de la MISCA et l’opération Sangaris de la France. Elles ont « permis d’éviter le pire à Bangui et dans l’arrière-pays », a dit M. Kongo-Doudou.

 
Néanmoins, ces forces sont insuffisantes, a estimé le ministre centrafricain des Affaires étrangères, qui a réclamé le renforcement de la MISCA, « en prélude au déploiement de cette opération de maintien de la paix, à hauteur de 3.000 hommes ».
 
Le gouvernement centrafricain souhaite également l’allègement de l’embargo sur les armes afin de pouvoir équiper ses forces de défense et de sécurité, a poursuivi le ministre. Le but restant de rétablir la sécurité et l’ordre public, afin de « créer le cadre nécessaire qui puisse faciliter le dialogue ».  Toujours selon M. Kongo-Doudou, « il revient aux Centrafricains de s'asseoir ensemble, de dialoguer afin de trouver d'une manière durable les solutions aux multiples crises qu'a connu le pays ».

La Centrafrique salue la résolution des Nations Unies
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Centrafrique-Presse.com
10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:59

 

 

 

 

 


PARIS AFP / 10 avril 2014 17h49 - L'affaire de la société minière canadienne Uramin a rebondi jeudi, avec l'annonce de l'ouverture d'une enquête judiciaire préliminaire sur les conditions du rachat en 2007 de cette société par le géant français du nucléaire Areva, dirigé alors par Anne Lauvergeon.


Uramin, qui ambitionnait d'exploiter des gisements dans plusieurs pays africains (Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique), avait été achetée à prix d'or --2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros)-- et la transaction avait viré au désastre financier pour le groupe français.


L'enquête, confiée à la brigade financière de la police judiciaire parisienne, fait suite à un signalement auprès du parquet national financier par la Cour des comptes, qui mène sa propre enquête, a indiqué à l'AFP une source judiciaire, confirmant une information du journal Le Monde.


Circonscrite à la seule période 2007-2011, elle vise des faits de présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles, diffusion d'informations fausses ou trompeuses, faux et usage de faux, selon le quotidien.


Le Monde précise aussi que la Cour des comptes devrait rendre en mai un rapport définitif sur le groupe nucléaire français durant la période 2006-2012.


Un pré-rapport a déjà été rédigé, auquel Anne Lauvergeon a répondu point par point la semaine dernière, avant son audition par les magistrats de la rue Cambon, selon un communiqué de l'ex-dirigeante.


Ma cliente est tout à fait sereine et je ne vois absolument pas quelle infraction pénale pourrait lui être reprochée, a indiqué à l'AFP son avocat, Me Jean-Pierre Versini-Campinchi. 

Areva n'a de son côté pas souhaité faire de commentaire, tandis que la Cour des comptes n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.


- Affaire d'espionnage –


Après le départ de Mme Lauvergeon, évincée avec l'aval de l'Elysée, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, à la mi-2011 et remplacée par son adjoint Luc Oursel, Areva avait divisé par cinq la valeur comptable d'Uramin. La société avait dû inscrire dans ses comptes de 2010 et 2011 des provisions d'un montant total de près de 1,9 milliard d'euros.


L'ex-dirigeante était toutefois sortie blanchie d'une enquête menée par Areva sur ce rachat.

Puis, en mars 2012, un rapport parlementaire avait largement repris les conclusions du comité d'enquête interne d'Areva sur cette acquisition, qui avait estimé qu'elle n'avait pas donné lieu à des manoeuvres frauduleuses, mais avait été entachée par des dysfonctionnements en matière de gouvernance.


Ce rapport soulignait des carences tant du côté d'Areva que de l'Agence des participations de l'Etat (APE), l'organisme qui défend les intérêts de l'Etat au sein de ce groupe public à 87%, dans leurs échanges lors de l'acquisition d'Uramin par le groupe nucléaire public. 


Il estimait aussi que l'acquisition s'était révélée être un pari industriel, non illégitime pour Areva, mais trop coûteux.


Mme Lauvergeon a fait valoir que l'acquisition d'Uramin était considérée comme stratégique à l'époque, soulignant qu'elle a été soumise et validée par toutes les instances de décision du groupe, et les règles de gouvernance ont été respectées.

La direction d'Areva ainsi que les autorités de tutelle - l'Agence des participations de l'Etat et le ministère de l'Industrie - se sont ainsi vus communiquer tous les éléments d'informations sur cette opération. En outre des analyses et des études avaient été menées, dans le cadre de cette acquisition, par des tiers indépendants, a-t-elle ajouté. 

Pour Mme Lauvergeon, les dépréciations des actifs miniers d'Areva découlent pour l'essentiel de l'effondrement des cours de l'uranium consécutif à la catastrophe de Fukushima au Japon.


Cette affaire se double d'un autre volet, qui sera examiné le 16 mai par le tribunal correctionnel de Paris. Anne Lauvergeon s'est engagée depuis la fin 2011 dans un bras de fer judiciaire avec son ex-employeur après avoir découvert qu'elle et son mari avaient été espionnés par une officine suisse à laquelle Areva avait commandité une enquête sur le rachat d'Uramin.



AREVA


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=466981 

 

 

(Anne Lauvergeon ex-PDG d'AREVA)

Areva au coeur d'une enquête de justice sur le rachat d'Uramin
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:36

 

 

 

 

10/04/2014 à 15:54 Par Vincent Duhem Jeune Afrique

 

Exaspérés d'être accusés de partialité en faveur des musulmans, les Tchadiens ont décidé de retirer leur contingent de la Misca en Centrafrique.

 

Le sommet UE-Afrique n'aura finalement pas permis d'accroître la présence militaire étrangère en Centrafrique. Quarante-huit heures après l'officialisation du lancement de la mission européenne, qui doit déployer 800 soldats à Bangui d'ici à la fin du mois de mai pour une durée de six mois, coup de théâtre : le Tchad décide de retirer progressivement son contingent (entre 800 et 950 hommes) de la Misca, la force africaine.

 

L'annonce de N'Djamena s'est faite dans la confusion. Il est environ midi, le 3 avril, quand la délégation tchadienne annonce une conférence de presse imminente de Moussa Faki Mahamat, le ministre des Affaires étrangères. L'intéressé déboule un peu plus d'une heure plus tard, cherche désespérément une salle disponible, s'agace du manque de réactivité des organisateurs, puis annonce la décision de son pays avant que sa délégation ne distribue un communiqué en explicitant les raisons.

 

La Misca perd l'un de ses contingents les plus aguerris

 

Ce choix, le président Idriss Déby Itno l'avait annoncé la veille à la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza, peu de temps avant la réunion consacrée à la RCA. Pour le Tchad, les déclarations de Thomas Théophile Tchimangoa, le ministre centrafricain de la Défense, ont été l'accusation de trop. "Si un pays voisin ou ami veut jeter le discrédit, le désordre, que les institutions internationales prennent leurs responsabilités", avait lancé le ministre après que, le 29 mars, des soldats tchadiens, pris dans une embuscade à Bangui, ont riposté violemment, tuant une trentaine de civils.

 

Si l'on ne connaît pas encore les modalités de ce retrait progressif, il ne sera pas sans conséquences. Même si le travail de la force tchadienne, aujourd'hui déployée dans plusieurs villes du Nord comme Kaga-Bandoro ou Ndélé, est controversé, la Misca perd l'un de ses contingents les plus aguerris. Surtout, cette décision devrait affecter des relations bilatérales déjà altérées. À l'évidence, N'Djamena manifeste là sa défiance envers les autorités centrafricaines. Et s'interroge ouvertement sur la proximité de certains membres du gouvernement avec ceux qui, parmi les officiers de l'armée centrafricaine, fraternisent avec les anti-balaka, voire les encadrent.

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Par Vincent Duhem, envoyé spécial à Bruxelles

Lu pour vous : Centrafrique : Misca  : pourquoi Idriss Déby Itno a jeté l'éponge
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 16:04

 

 

 

 


NATIONS UNIES (Etats-Unis) AFP / 10 avril 2014 16h26 - Le Conseil de sécurité a autorisé jeudi le déploiement d'environ 12.000 Casques bleus en République centrafricaine (RCA) pour tenter de sécuriser un pays livré depuis un an à l'anarchie et aux violences entre chrétiens et musulmans. 


Aux termes d'une résolution adoptée à l'unanimité, sur proposition française, ces 10.000 soldats et 1.800 policiers formeront la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en RCA).


Ils prendront dans cinq mois la relève de 6.000 soldats de la force africaine de la Misca, sur place aux côtés de 2.000 militaires français dans cette ancienne colonie française. Les Européens ont aussi promis 800 hommes, dont des gendarmes français qui ont commencé à patrouiller mercredi dans Bangui.


Le transfert d'autorité entre Misca et Minusca, c'est-à-dire le déploiement effectif des Casques bleus, est fixé au 15 septembre prochain et le mandat initial de la nouvelle mission court jusqu'au 30 avril 2015.


Mais elle pourra dès maintenant recevoir une aide logistique (génie, moyens de transport). Il est prévu, comme au Mali, que le plus grand nombre possible de soldats africains deviennent Casques bleus après une sélection par l'ONU, notamment sur des critères de respect des droits de l'homme.


Après le retrait du Tchad, la Misca regroupe des contingents de sept pays (Burundi, Cameroun, Congo, RDCongo, Gabon, Guinée Equatoriale, Rwanda). Le chef de la nouvelle mission devrait être un Africain.


La résolution autorise les soldats français à prêter main forte à la Minusca en employant tous les moyens nécessaires, c'est-à-dire la force.


Les priorités de la Minusca, qui comprendra aussi des civils (administrateurs, ingénieurs, juristes), seront la protection de la population et des convois humanitaires, le maintien de l'ordre, le soutien à la transition politique, le respect des droits de l'homme et l'arrestation des responsables d'exactions, dont les crimes de guerre passibles de la Cour pénale internationale. Aujourd'hui quand des soldats français ou africains arrêtent un suspect ils ne savent souvent pas à qui le remettre ni où le détenir.


Dans un deuxième temps, la Minusca pourra aussi contribuer à réformer les forces de sécurité locales et superviser un embargo sur les armes imposé par l'ONU depuis décembre 2013.


La Minusca sera une des plus grosses opérations de maintien de la paix de l'ONU, avec un budget annuel évalué entre 500 et 800 millions de dollars, loin cependant derrière la Monusco en RDCongo.


La résolution appelle les autorités de transition à Bangui à accélérer leurs préparatifs de façon à tenir des élections présidentielles et législatives libres et équitables au plus tard en février 2015. Elle insiste sur la participation au scrutin des dizaines de milliers de Centrafricains déplacés ou exilés. 


Le Conseil exige que tous les groupes armés déposent immédiatement les armes, cessent toute violence et libèrent les enfants-soldats qu'ils ont embrigadés. 

La RCA, un des pays les plus pauvres de la planète, a sombré dans le chaos depuis la prise du pouvoir par les rebelles majoritairement musulmans de la Séléka en mars 2013. 

Aux exactions contre les chrétiens perpétrées par la Séléka ont répondu les attaques de milices d'autodéfense anti-balaka (anti-machettes), à dominante chrétienne, contre les civils musulmans.


En visite à Bangui samedi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lancé un vibrant appel à éviter un nouveau génocide en Afrique, 20 ans après le Rwanda, dénonçant une épuration ethnico-religieuse contre les musulmans. 



(©)

 

 

Le Conseil de sécurité déploiera 12'000 soldats en RCA


 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé jeudi le déploiement d'environ 12'000 Casques bleus en République centrafricaine (RCA). Il tente de sécuriser un pays livré depuis un an à l'anarchie et aux violences entre chrétiens et musulmans.

 

Au terme d'une résolution adoptée à l'unanimité, sur proposition française, ces 10'000 soldats et 1800 policiers formeront la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en RCA). Ils prendront dans cinq mois la relève de 6000 soldats de la force africaine de la Misca, sur place aux côtés de 2000 militaires français.

 

 Les Européens ont aussi promis 800 hommes, dont des gendarmes français qui ont commencé à patrouiller mercredi dans Bangui. Le "transfert d'autorité" entre Misca et Minusca, soit le déploiement effectif des Casques bleus, est fixé au 15 septembre prochain et le mandat initial de cette nouvelle mission court jusqu'au 30 avril 2015.

 

Mais elle pourra dès maintenant recevoir une aide logistique (génie, moyens de transport). Il est prévu, comme au Mali, que "le plus grand nombre possible" de soldats africains deviennent Casques bleus après une sélection par l'ONU.

 

Budget annuel de 500 à 800 millions
 

Suite au retrait du Tchad, la Misca regroupe des contingents de sept pays (Burundi, Cameroun, Congo, RDCongo, Gabon, Guinée équatoriale, Rwanda). Le chef de la nouvelle mission devrait être un Africain.

 

Les priorités de la Minusca, qui comprendra aussi des civils (administrateurs, ingénieurs, juristes), seront la protection de la population et des convois humanitaires, le maintien de l'ordre, le soutien à la transition politique, le respect des droits de l'homme ainsi que l'arrestation des auteurs d'exactions, dont les crimes de guerre passibles de la Cour pénale internationale.

 

La Minusca sera une des plus grosses opérations de maintien de la paix de l'ONU, avec un budget annuel évalué entre 500 et 800 millions de dollars, loin cependant derrière la Monusco en RDCongo.



(ats / 10.04.2014 17h18) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=466968 

RCA: le Conseil de sécurité autorise le déploiement de 12.000 Casques bleus
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 14:30

 

 

 

 

 

 

 jeudi 10 avril 2014 11:10  Écrit par Vincent Duhem  Jeune Afrique

 

Ex-conseiller spécial de l'ancien président Michel Djotodia, Abakar Sabone a créé un nouveau mouvement sur les ruines de l'ancienne rébellion Séléka, l'Organisation de la résistance musulmane centrafricaine (ORMC). Interrogé par "Jeune Afrique", il met en garde la France contre toute tentative de désarmer ses hommes. Interview exclusive.

 

Cofondateur du mouvement rebelle UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), Abakar Sabone fut l'un des premiers cadres de la Séléka à évoquer les risques d'une partition de la Centrafrique. Depuis la région de la Vakaga (Nord-Est) où il se trouve, celui qui fut le conseiller spécial de l'ancien président Michel Djotodia réitère ses menaces et annonce à Jeune Afrique la création de l'Organisation de la résistance musulmane centrafricaine (ORMC), un mouvement érigé sur les ruines de l'ex-rébellion.

 

Jeune Afrique : Que s'est-il passé à Dékoa, où des ex-Séléka ont affronté des anti-balaka, le 8 avril ?

 

Abakar Sabone : Les anti-balaka ont attaqué nos positions alors que nous étions cantonnés. Nous avons riposté. La guerre avec les anti-balaka commence.

 

L'armée française a annoncé vouloir se déployer dans le Nord-Est. Le redoutez-vous ?

Les soldats français sont venus à Bambari il y a une semaine, puis à Bria le 6 avril. Ils ont tenté de désarmer nos combattants, mais nous avons refusé. Les Français sont ensuite repartis avec certains de nos généraux qui ont accepté de faire la paix avec les anti-balaka. Mais ces généraux, comme Issa Issaka, ne commandent rien.

 

 Pourquoi refusez-vous d'être désarmé ?

 

Notre but est de regrouper tous les musulmans centrafricains dans la Vakaga où ils doivent élire domicile.

 

Si la France nous désarme, les anti-balaka nous massacreront. Cela doit intervenir dans un processus précis, celui du DDR (Désarmement, démobilisation, réintégration). Dans le cas contraire, nous répondrons par la force et la France en sera responsable. C'est la consigne que nous avons donnée à nos combattants. Si "Sangaris" cherche à favoriser les anti-balaka en désarmant les combattants musulmans pour qu'ils se fassent massacrer, nous rendrons la Centrafrique ingouvernable. Ce sera alors la "somalisation" de la RCA. Dans Bangui, les anti-balaka sont armés au vu et au su des militaires français de l'opération Sangaris. À Boda (située dans la préfecture du Lobaye), ils encerclent 15 000 musulmans. Nous ne comprenons pas ce "deux poids deux mesures".

 

Où se trouvent les combattants de l'ex-Séléka ?

 

Il en reste quelques-uns cantonnés dans Bangui. D'autres sont à Kaga-Bandoro, à Sido, à Kabo. La grande majorité se trouve dans le Nord-Est, précisément dans la région de la Vakaga. Mais, aujourd'hui, la Séléka n'existe plus. Nous nous sommes regroupés au sein de l'Organisation de la résistance musulmane centrafricaine (ORMC). Nous avons organisé notre congrès il y a un mois à Boromata (localité du Nord-Est où se trouve l'un des gisements pétroliers, NDLR). Notre but est de regrouper tous les musulmans centrafricains dans la Vakaga où ils doivent élire domicile.

 

Aujourd'hui, le conflit est confessionnel. La partition de la RCA dépend de la France.

 

Vous réitérez donc les menaces de partition que vous aviez proférées il y a quelques mois…

 

Mais la partition existe déjà de fait. Les musulmans ne peuvent plus vivre dans le sud du pays. Le conflit centrafricain n'est plus entre anti-balaka et Séléka mais entre anti-balaka et musulmans. Les données ont changé depuis la démission de Michel Djotodia. Si certains ne veulent plus de musulmans en RCA, c'est notre droit de résister par les armes. C'est pourquoi nous avons créé l'ORMC. Aujourd'hui, le conflit est confessionnel.

 

La partition de la RCA dépend de la France. Si Paris joue un franc jeu avec toutes les entités de la population centrafricaine, alors nous jouerons le jeu de l'unité de la RCA. Mais dans le cas contraire, la partition sera inévitable.

 

Respectez-vous le choix des quelques membres de la Séléka qui sont restés à Bangui et/ou sont membres du gouvernement ?

 

Ce choix n'engage qu'eux, nous n'avons rien à leur reprocher. Mais ils ne représentent ni l'ORMC, ni la communauté musulmane.

 

De combien d'hommes armés disposez-vous ?

 

Entre 4 et 5 000 hommes. Mais tous les musulmans, de 18 à 60 ans, sont appelés à se joindre à nous pour que nous imposions notre droit.

 

Vous avez évoqué un risque de somalisation. Êtes-vous prêt à vous allier à des groupes extrémistes comme les Shebab ou Boko Haram ?

 

Nous n'avons aucun lien avec ces organisations. Nous sommes aujourd'hui capables de résister sans elles. Jusqu'à aujourd'hui, aucune force armée musulmane n'a affronté les anti-balaka. Mais d'ici un mois, si la conférence nationale n'est pas organisée, si les anti-balaka ne sont pas désarmés, nous prendrons nos responsabilités.

 

Dans ce contexte, c'est désormais la politique du talion qui prévaut : œil pour œil, dent pour dent.

 

C'est-à-dire ?

 

Nous descendrons vers Bangui et nous nous imposerons par les armes. Nous avons laissé le temps à la communauté internationale de trouver une solution pacifique. Maintenant, nous allons trouver une solution à la centrafricaine. Dans ce contexte, c'est désormais la politique du talion qui prévaut : œil pour œil, dent pour dent.

 

Selon certaines sources, vous vous seriez rendu dans le nord du Nigeria, il y quelques semaines, pour rencontrer Nourredine Adam...

 

Absolument pas. Je n'y suis jamais allé.

 

Que pensez-vous du départ des forces tchadiennes ?

 

C'est une très mauvaise nouvelle pour la Centrafrique et pour la communauté internationale. Le Tchad est au chevet de la RCA depuis 1995. C'est grâce à l'armée tchadienne que les mutineries ont été arrêtées. En 2001, aussi, le Tchad a libéré le peuple centrafricain. Sous Bozizé, l'armée tchadienne composait sa sécurité rapprochée. Aujourd'hui, elle est devenue un mal pour la République centrafricaine. C'est inadmissible. Nos deux États ont un lien de sang. À l'époque de l'Oubangui, ils ne formaient qu'un seul et même pays.

Lu pour vous : Centrafrique : Abakar Sabone : "La guerre avec les anti-balaka commence" en Centrafrique
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 11:38

 

 

 

 

 

 

APA- Abidjan (Côte d’Ivoire) 2014-04-10 10:15:27 - Un accord entre le Gouvernement du Royaume de Belgique et la Cour pénale internationale (CPI) régissant la mise en liberté provisoire sur le territoire belge de personnes détenues en exécution de décisions rendues par les chambres de la Cour est rentré, jeudi, en vigueur.


Selon une note d'information de la CPI transmise à APA, la Belgique devient ainsi le premier Etat à accepter de recevoir des détenus de la Cour mis en liberté provisoire sur son territoire à titre temporaire et aux conditions fixées par la chambre compétente.

Cet accord régule la procédure applicable pour la mise en liberté à titre temporaire d'un détenu de la Cour et formalise notamment les nécessaires consultations du Greffier de la Cour avec les autorités belges, celles- ci examinant les demandes de la Cour au cas par cas.


« Cet accord représente un pas en avant en matière de coopération avec la CPI et nous tenons à exprimer notre gratitude aux autorités belges pour leur soutien», a expliqué le Greffier de la CPI Herman von Hebel. « Nous espérons également que cette avancée incitera d'autres Etats à signer de tels accords avec la Cour », a-t-il ajouté


Dans toutes ses activités, la CPI compte sur la coopération des Etats et organisations internationales, y compris pour l'accueil de détenus de la CPI suite à leur mise en liberté provisoire, pour l'exécution des peines prononcées contre les personnes condamnées, ou pour la réinstallation de témoins. La Cour peut conclure des arrangements ou des accords afin de faciliter cette coopération.


La Cour pénale internationale est une juridiction permanente et indépendante qui juge des personnes accusées des crimes les plus graves touchant l'ensemble de la communauté internationale, à savoir le crime de génocide, les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et le crime d'agression.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=600995#sthash.chjsAXcD.dpuf

La Belgique et la CPI signent un accord sur la mise en liberté provisoire de détenus
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 11:22

 

 

 

 

 

 

NATIONS UNIES, 10 avril 2014 (AFP) - Les Etats-Unis ont annoncé mercredi le versement d'une aide humanitaire supplémentaire de 22 millions de dollars à la République centrafricaine (RCA) en proie depuis un an à une guerre civile.

 

Cette nouvelle enveloppe de 22 millions porte l'aide américaine versée au pays depuis le début de l'année à 67 millions de dollars, a précisé la mission américaine auprès de l'ONU dont la chef, Samantha Power, est en visite en RCA.

 

Sur les 22 millions de dollars débloqués, plus de 8, 8 millions seront consacrés aux efforts de protection sanitaire, 8,5 millions pour l'aide à la nourriture et 4,6 millions de dollars pour les réfugiés, a détaillé la mission américaine dans un communiqué.

 

Au cours de sa deuxième visite dans le pays, l'ambassadrice américaine Samantha Power devait rencontrer les autorités de transition dont la présidente Catherine Samba-Panza, et la direction de la force africaine en Centrafrique (Misca), dans le but de "soutenir les efforts en cours et de préparer le terrain à une opération de maintien de la paix de l'ONU" dans le pays.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter jeudi matin une résolution présentée par la France autorisant le déploiement en septembre d'environ 12.000 Casques bleus pour rétablir l'ordre et la sécurité en Centrafrique.

 

Après des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013, des milices d'autodéfense "anti-balaka" (anti-machettes), à dominante chrétienne, attaquent anciens rebelles et civils musulmans. Ces derniers ont fui en masse vers le Cameroun voisin.

 

En visite à Bangui samedi, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dénoncé une "épuration ethnico-religieuse" et a exhorté les dirigeants centrafricains à empêcher un nouveau génocide en Afrique, 20 ans après le Rwanda.

Centrafrique: Washington débloque 22 millions de dollars d'aide supplémentaires
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 11:19

 

 

 

 

 

 

BODA, 10 avril 2014 (AFP) - "Si tu trouves 20 carats d'une pierre rouge ou bleue, ta vie va changer. Ta pauvreté va s'enfuir". Mahamat Adoum, 41 ans, fils de mineur venu tenter fortune dans le diamant, patron du Bureau d'achat de diamants de Centrafrique (Badica) de Boda a réussi.

 

Mais la chance a tourné pour lui, dans ce Far West minier ensanglanté qu'est devenue Boda, à cinq heures de mauvaise route de Bangui.

 

Car Mahamat l'opulent, qui porte avec prestance une djelabah finement brodée, se retrouve comme les 14.000 autres musulmans de la ville prisonnier dans le centre, encerclé par les anti-balaka depuis que Boda s'est embrasée le 29 janvier, à la suite du départ de l'ex-rébellion Séléka .

 

Coincé dans la chaleur de l'arrière-cour de sa grande maison, il transpire à grosses gouttes et raconte son histoire, emblématique du destin foudroyé de "Boda la belle".

 

"Mon père, un musulman, est venu de Ndelé (nord) à Boda à cause des diamants. Il s'est marié à une chrétienne, ma mère est une mbaya". C'est une ethnie du sud-ouest, la même que celle de l'ex-président François Bozizé, renversé en mars 2013 par la rébellion à dominante musulmane, et celle de beaucoup d'anti-balaka, majoritairement chrétiens.

 

- "la" pierre qui change une vie -

 

Si le père de Mahamat reste un modeste mineur aux longues journées, pieds dans l'eau, dans des trous, pour traquer "le" diamant qui fait basculer une vie, celle de Mahamat prend vite un autre cours.

 

"J'étais d'abord collecteur de café, en brousse, et puis je me suis lancé dans le monde des diamants". Il commence comme collecteur de la pierre précieuse, puis il fait une rencontre déterminante en 2002.

 

"Je dois tout à mon patron, Marc Danis, un juif d'Anvers, en Belgique. Je suis définitivement sorti du café, j'ai payé une patente d'acheteur de diamants, ma vie a changé".

 

Mahamat devient patron du Badica de Boda, celui à qui les mineurs sortis de semaines en brousse et les collecteurs viennent proposer les diamants, celui qui les expertise. Il apprend le métier, gagne beaucoup d'argent et "achète beaucoup de maisons".

 

"Marc m'a fait confiance, m'a donné un bon, bon salaire. Mais il ne faut pas se tromper à l'achat: les pierres rouges et bleues sont les plus pures. Plus elles sont foncées, plus elles valent de l'argent".

 

"Il faut bien les louper", c'est-à-dire bien en apprécier la valeur à la loupe. Puis convertir le carat apprécié en dollars (toujours la première monnaie d'estimation), puis en euros.

 

"Un jour, j'ai acheté une pierre d'une telle valeur, que Marc m'a fait un cadeau de 30 millions CFA", 45.000 euros.

 

Le chiffre d'affaires de son bureau atteignait en moyenne 650 millions CFA/mois (un million d'euros).

 

Le diamant est l'une des principales richesses minières de la Centrafrique, actuellement suspendue du processus de Kimberley, mécanisme qui s'assure de l'origine des pierres mises sur le marché pour éviter tout trafic.

 

- Tout bascule dans le Far West centrafricain -

 

Mais voilà, tout bascule un jour dans cette ville provinciale du Far West centrafricain qui a tout pour bien vivre: mines, bois, fruits, élevage, pêche, espaces immenses, et où il suffit de choisir son coin de brousse pour s'installer, sans acheter le terrain.

 

Les violences intercommnautaires et interreligieuses submergent à leur tour Boda le 29 janvier.

 

Chrétiens et musulmans s'affrontent, détruisent mutuellement leurs maisons et commerces. Symboles de la richesse, les cafés, restaurants et discothèques de la "rue des plaisirs" ne sont plus que ruines calcinées.

 

Et 14.000 musulmans restent toujours encerclés dans le centre de la ville, empêchés de franchir trois petits ponts pour sortir, sous peine d'être égorgés, tués par balle.

 

"Même mes maisons du quartier Miskine, près du PK-5 de Bangui, ont été détruites pendant les violences dans Boda. J'ai fait partir par avion ma famille au Tchad, ma femme et mes huit enfants".

 

Pour parcourir 1,5 km de sa dernière maison de Boda à la piste d'aviation, Mahamat affirme avoir eu besoin d'une escorte de la force française Sangaris, dont la présence gèle les positions ennemies.

 

Pour lui, "les anti-balaka ont tout gâté. Les chrétiens nous jalousent, ils étaient nos employés, même dans ma famille mes cousins chrétiens veulent que je quitte. Ils veulent notre business. Mais c'est Dieu qui a fait ça!".

Revers de fortune pour Mahamat, l'opulent diamantaire centrafricain de Boda
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