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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:54

 

 

 

 

 

 

http://www.bakchich.info/    Xavier Monnier  jeu, 10/04/2014 - 23:45

 

L'enquête judiciaire sur la vente d'Uramin à Areva pour 1,8 milliards d'euros entrouve une irradiante boîte de Pandore centrafricaine.

 

A rebours, l'histoire semble un peu trop grosse. Enorme. Entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2007, le géant du nucléaire français Areva casse sa tire-lire pour acheter une start-up de droits miniers. Uramin, société canadienne domiciliée dans les îles vierges britannique possède en effet, sur le papier, les droits d'exploitation de gisements très prometteurs en Namibie, en Afrique du Sud et en Centrafrique.  Qu'importe alors les réticences d'experts mandatés pour analyser les gisements supposés contrôler par la société, le cours de l'uranium est à la hausse, le yellow cake s'arrache et il convient d'acheter vite. Par peur de manquer. La vente est actée pour 1,8 milliards d'euros, les actions levées à 21% au dessus de leur cours normal. «L’urgence invoquée cache pourtant mal sa ressemblance avec les méthodes de marketing en usage dans la grande distribution à l’occasion des ventes flash de fruits et légumes», résumé les députés Marc Goua et Camille de Rocca Serra dans leur rapport d'information déposé le 7 mars 2012 à l'Assemblée nationale. Les tatillons parlementaires notent en effet que si «Uramin apparaît fin 2006 comme une cible pertinente» quelques oublis dans le processus de décision d'achat émaillent la procédure. Notamment les documents transmis à l'Agence de Participation de l'Etat, actionnaire d'Areva. 

 

Irradiante mariée

 

«L’Agence n’aurait pas eu communication d’une synthèse critique des experts miniers de l’entreprise faisant état de quelques alertes quant aux incertitudes que les configurations particulières des sites faisaient peser sur l’évaluation de leurs réserves, comme sur les coûts de revient de leur mise en exploitation. Les rapporteurs ont eu à connaître ce document, ainsi qu’une version allégée de cette synthèse. Ils ont pu constater des décalages sensibles entre les deux présentations avec la suppression de certaines informations ou commentaires un peu réservés (77), alors que les points positifs sont intégralement préservés, voire mis en avant. Les écarts sont plus marqués encore avec les présentations succinctes qui ont été faites aux organes sociaux de l’entreprise.» Bref la mariée était si belle que ses petits défauts n'ont pas été évoqués…avant que le cours de l'Uranium ne chute, les gisements se révèlent difficiles à exploiter et la valeur d'Uramin d'être déprécié d'1,5 milliards d'euros fin 2011 dans les comptes d'Areva.

 

Si les élus n'ont rien trouvé de frauduleux dans ses errances, la Cour des comptes, comme l'a révélé Le Monde, a transmis à la justice un signalement aux fins d'enquête pour «présentation ou publication de comptes inexacts ou infidèles », « diffusion d'informations fausses ou trompeuses », « faux et usage de faux ».  Les investigations portent sur la période 2007-2011, soit les dernières années de la décennie de la présidence d'Anne Lauvergeon. Une période agitée durant laquelle Atomic Anne a du affronter la gourmandise d'Henri Proglio, président de Veolia devenu patron d'EDF. Soutenu par l'Elysée, notamment Claude Guéant, Proglio s'est longtemps rêvé boss du nucléaire français. Surtout, les enquêteurs pourront sans doute enfin dénouer l'imbroglio Uramin en Centrafrique.

 

Les grosses parts du Yellow cake

 

Comme l'a narré Bakchich, le pouvoir de Bangui, alors concentré entre les mains du général putschiste François Bozizé, renversé début 2013 a longtemps freiné avant d'octroyer à Areva et Uramin les droits d'exploitation des gisements de Bakouma. En effet, la Centrafrique n'avait cédé les droits qu'à Uramin avant son rachat par Areva et dans des conditions étranges, en 2006. « Conformément aux termes de l'accord minier, Uramin créé une société de droit centrafricain sous le nom de "Centrafrique Uramin SA". Selon les termes de l'accord d’exploitation minière, l'Etat a le droit de détenir 20% du capital d’Uramin Centrafrique SA. Toutefois, l'État a cédé 10% du capital en échange d’un montant égal à US $ 20.000.000, conformément à un accord mutuel», mentionne, dans un rapport d'audit, la société australienne AMC. «On peut s'interroger sur la destination finale de ces 20 millions», fulmine un conseiller de la nouvelle présidence centrafricaine, qui craint que le magot détourné ne finance l'exil de Bozizé, renversé début 2013. Et d'éventuels chiens de guerre.

 

Les irradiants intermédiaires d'Areva

 

Ce n'est pas la seule piste évoquée.

 

En 2008, pour mettre fin aux réticences de Bozizé, Anne Lauvergeon a en effet fait appel à d'irradiant intermédiaire afin de trouver un arrangement. Et récupérer les droits d'exploitations d'Uramin. Au rang des négociateurs sont ainsi apparus Patrick Balkany, se découvrant une passion africaine, Fabien Singaye ou encore Georges Forrest. Ex-diplomate rwandais fidèle à la famille Habyarimana, l'ami Fabien était alors conseiller sécurité de Bozizé et ne manquait pas de déjeuner, sitôt qu'il passait à Paris avec Anne. Longtemps consul honoraire de France au Katanga, Georges Forrest a bâti son immense fortune dans le secteur minier. Son nom émarge même officiellement au bas d'un document exhumé par Bakchich. Un protocole d'accord entre la République de Centrafrique, Areva, sa filiale Uramin alors représenté par Sébastien de Montessus et Henri de Dinechin. Au menu de l'accord, un chèque immédiat de dix millions d'euros pour la Centrafrique et 50 millions d'avances payables de 2008 à 2012 mais remboursables entre 2013 et 2017.

 

Les aventures d'Uramin en Centrafrique by xavierbk

file:///C:/Users/PRESIDENCE/Documents/Les-aventures-d-Uramin-en-Centrafrique.pdf

Lu pour vous : Areva: de l'affaire Uramin au trésor de guerre de Bozizé
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:52

 

 

 

 

Bangui, 11 avril (ACAP) - Le directeur du Développement minier, M. Charles Koyatro, a annoncé l’élaboration prochaine des programmes et projets de développement du secteur minier centrafricain, lesquels constitueront une feuille de route pour le gouvernement, lors d’un atelier conclave sur le secteur minier, vendredi 11 avril 2014, à Bangui.

 

L’objectif de ce conclave est de redéfinir l’orientation, l’organisation et le rôle des institutions étatiques en vue d’inciter les investissements privés et d’assurer la protection de l’environnement.

   
Les programmes et projets concernent la prospection minières, les activités minières, les activités institutionnelles et juridiques qui touchent le domaine minier. 
  
A l’issue des travaux, trois commissions ont été mises en place. Les thèmes affectés à chaque atelier concernent l’analyse de potentiel minier ; l’analyse des structures intervenant dans le secteur minier, enfin l’analyse de la réglementation minière. 
  
Les commissaires auront pour tâche d’analyser le secteur et de proposer une étude plus large sur les autres filières méconnues.  

Vers une élaboration des programmes et projets de développement du secteur minier centrafricain
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:44

 

 

 

 

 

 

BANGUI, 11 avril 2014 (AFP) - Les forces françaises Sangaris et africaine Misca en Centrafrique ont été prises à partie jeudi par des partisans de l'ex-rébellion Séléka dans la ville minière de Bria (400 km au nord-est de Bangui), selon des habitants joints vendredi par l'AFP.

 

"Des jeunes musulmans manipulés par la Séléka les ont accueillies à coup de pierres jeudi", a indiqué un enseignant, joint au téléphone depuis Bangui. Selon cette source, un jeune a été tué pendant ces accrochages.

 

Selon un employé de l'hôpital, situé dans le centre de la ville, les soldats de Sangaris et du contingent congolais de la Misca sont ensuite "tombés dans une embuscade vers 19H00 (18H00 GMT) devant l'hôpital, alors qu'ils regagnaient leur base à l'aéroport".

 

Des échanges de tirs ont eu lieu pendant 30 minutes et un Misca a été blessé, a affirmé cet employé sous couvert de l'anonymat.

 

La situation était tendue vendredi matin, avec des jeunes armés de couteaux, et les boutiques fermées, selon des habitants.

 

Une centaine de véhicules Sangaris sont déployés à l'aéroport de Bria, selon des habitants.

 

Les forces internationales n'avaient pas commenté vendredi matin ces informations.

 

Après s'être déployées dans le sud et le centre, les forces internationales continuent leur avancée vers l'est et le nord, des territoires dans lesquels les ex-Séléka --en majorité des musulmans, chassés de Bangui après avoir pris le pouvoir en mars 2013-- , se sont repliés, vers les frontières du Soudan et du Tchad.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé jeudi le déploiement d'environ 12.000 Casques bleus en Centrafrique pour tenter de sécuriser un pays livré depuis un an à l'anarchie et aux violences entre chrétiens et musulmans.

 

Ces 10.000 soldats et 1.800 policiers formeront la Minusca -- Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine.

 

Ils prendront dans cinq mois la relève de 6.000 soldats de la force africaine de la Misca, sur place aux côtés de 2.000 militaires français dans cette ancienne colonie française. Les Européens ont aussi promis 800 hommes.

Centrafrique: les forces internationales prises à partie dans une ville de l'Est
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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:34

 

 

 

12.000 Casques bleus en RCA: une décision "très importante" (Fabius)

 

 

MEXICO, (AFP) - Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a qualifié jeudi de décision "très importante" la résolution votée le même jour à l'ONU autorisant l'envoi de 12.000 Casques bleus en Centrafrique.

 

"Cette force de 12.000 homme - ce qu'on appelle la Minusca - sera appuyée bien sûr aussi par des Français et des Européens. Cela doit permettre à la fois de trouver une solution aux problèmes sécuritaires, humanitaires et de préparer les élections qui devront avoir lieu en février 2015" en République centrafricaine, a déclaré M. Fabius à la presse en marge de la visite d'Etat du président français François Hollande au Mexique.

 

Il a salué l'"accord unanime" qui a permis l'adoption de la résolution et auquel la France a "beaucoup travaillé".

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé jeudi le déploiement d'environ 12.000 Casques bleus en République centrafricaine (RCA), pour tenter de sécuriser un pays livré depuis un an à l'anarchie et aux violences entre chrétiens et musulmans.

 

 

RCA : les dirigeants religieux se félicitent de la résolution de l'ONU

 

Réaction positive des hauts dignitaires religieux en République centrafricaine (RCA) à la décision du Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) de déployer une opération de maintien de la paix dans leur pays déchiré par la guerre civile. Mais ils ont averti que des renforts immédiats sont nécessaires pour soutenir la force d’intervention africaine, la MISCA, et empêcher que le pays ne sombre davantage dans le chaos.

 

Joint par la Voix de l'Amérique, Mgr Dieudonné Nzapalainga, l'archevêque de Bangui, a déclaré : "Merci aux Nations-Unies. Par contre, il appartient aux Centrafricains de prendre conscience de l’insécurité et de l'urgence humanitaire. Il faut déposer les armes pour préparer la venue de ces hommes et de ces femmes qui vont venir nous aider à nous relever."

 

Faisant allusion au génocide de 1994 au Rwanda, l’imam Omar Kobine Layama, le leader musulman le plus en vue en RCA, a exhorté l'ONU à faire preuve de vigilance concernant le rétablissement de la stabilité dans son pays. "La commémoration cette semaine du vingtième anniversaire du génocide rwandais est un rappel important des risques auxquels notre pays est confronté. La leçon du Rwanda est que le manque de volonté et d'engagement politique peuvent conduire à la catastrophe. Il est essentiel que le Conseil de sécurité reste activement engagé sur cette voie, et que cette résolution ne soit qu'une partie d'une stratégie à long terme pour rétablir la paix dans notre pays", a déclaré l’imam.

 

Par ailleurs, le révérend Nicolas Guérékoyamé Gbangou, président de l'Alliance Evangélique de la RCA, a évoqué la situation désespérée sur le terrain, disant que "plus de deux millions de personnes en RCA ont besoin d'aide humanitaire. Nous appelons les gouvernements et les organisations internationales et régionales à financer les humanitaires afin qu'ils puissent fournir une assistance aux personnes dans le besoin", a-t-il ajouté.

 

http://www.lavoixdelamerique.com/content/rca-les-dirigeants-...

Réactions après la décision de l'ONU d'envoyer 12.000 casques bleus en RCA
Réactions après la décision de l'ONU d'envoyer 12.000 casques bleus en RCA
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:47

 

 

 

 

 

 APA-Addis Abeba (Ethiopie)  2014-04-10 16:17:22

 

L'Union africaine (UA) a renouvelé sa menace de punir les « saboteurs » accusés d'avoir provoqué les attaques contre les troupes tchadiennes en République centrafricaine (RCA) en proie à une instabilité qui a provoqué plusieurs dizaines de morts.


Le Conseil de sécurité de l'Union africaine composé de 15 membres, a décidé de recommander des mesures punitives suite aux heurts impliquant des soldats tchadiens à des anti-balakas à Bangui le mois dernier.


« Nous avons réitéré notre avertissement préalable aux saboteurs des efforts de paix en RCA pour leur faire comprendre que nous allons faire face à leurs actes, peu importe le temps que cela prendra, » a déclaré le représentant permanent du Nigeria auprès de l'UA, Lolo Bulus.


« Il y aura une responsabilité individuelle pour tous les actes sur celui qui contribue ou ne contribue pas positivement à la consolidation de la paix dans ce pays et cet individu sera la cible de ces mesures spécifiques, » a indiqué M. Bulus ce jeudi, au lendemain d'une rencontre dans la capitale éthiopienne, Addis-Abeba.


Invoquant la légitime défense, les troupes tchadiennes ont tiré sur un groupe de personnes le 29 mars dernier à Bangui, tuant des civils et en blessant plusieurs autres.

Selon M. Bulus, l'UA a pu établir que les troupes tchadiennes avaient agi en légitime défense, mais a souligné que le nombre de victimes était beaucoup plus élevé que ce qui était rapporté par certains organes de presse.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=601027#sthash.VS2qTkva.dpuf

L'UA renouvelle son avertissement de sanction à la RCA
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:34

 

 

 

 

 

ADDIS ABEBA, Ethiopie, 10 avril 2014/African Press Organization (APO)/ -- Le Représentant spécial de la Présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) et chef de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), le Général Jean-Marie Michel Mokoko, a exprimé la profonde appréciation de l'UA au Gouvernement américain pour le soutien politique, diplomatique et logistique qu'il a apporté à la MISCA depuis son déploiement, le 19 décembre 2013. Le Représentant spécial s'exprimait à Bangui, le 9 avril 2014, lors d'une cérémonie au cours de laquelle la Représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies, l'Ambassadeur Samantha Power, a remis 37 véhicules donnés par les États-Unis à MISCA.

 

L'Envoyée américaine a salué le travail accompli par la MISCA en RCA, avec l'appui de l'Opération française Sangaris, et a encouragé la Mission à continuer de s'acquitter de son mandat malgré l'environnement difficile dans lequel elle opère. Elle a rendu hommage aux 22 soldats de la paix de la MISCA et aux 3 soldats de l'Opération Sangaris qui sont morts en RCA, ajoutant que si la communauté internationale avait appris quelque chose du génocide au Rwanda, il y a 20 ans, c'est qu'une réponse tardive à la violence de masse est toujours plus coûteuse qu'une action prompte. Elle a ajouté: "La communauté internationale n'a pas hésité en RCA, comme elle l'a fait au Rwanda il y a 20 ans. Cependant, il est évident que les efforts entrepris ne sont pas suffisants. Sans la présence des forces de la MISCA et de Sangaris, qui protègent les civils et désarment les milices en RCA, la situation aurait été bien pire. La MISCA et Sangaris jouent un rôle important, en rappelant notre appartenance à une même communauté humaine. Par conséquent, je vous félicite pour votre contribution et vous invite à persévérer, malgré les difficultés ". 

 

Outre ce don de ces 37 véhicules, les États-Unis ont fourni une aide pour le déploiement de deux bataillons de la MISCA, 100 radios pour faciliter le commandement et le contrôle, et ont promis 200 véhicules supplémentaires qui sont déjà en route. L'Ambassadeur Power a déclaré qu'une MISCA forte constitue une base solide pour la mission envisagée de stabilisation des Nations unies en RCA. Elle a appelé les autres partenaires à honorer les engagements pris lors de la Conférence d'appel de fonds tenue à Addis Abéba, le 1er février 2014.

La MISCA reçoit un appui supplémentaire des Etats Unis d'Amerique
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:31

 

 

 

 

10/04/2014 à 17:02 Par Jeune Afrique

 

Retour sur le déplacement de Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, à Bruxelles et Paris, lors du sommet UE-Afrique.

 

C'est à bord d'un avion de la présidence gabonaise que Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, a rejoint Bruxelles après sa rencontre avec François Hollande, le 1er avril à Paris. Le lendemain, à l'hôtel Radisson, elle a d'abord reçu pour un petit déjeuner de travail Ahmad Allam-Mi, le secrétaire général de la Ceeac, et Pierre Moussa, président de la Cemac. Elle s'est ensuite entretenue avec Idriss Déby Itno (Tchad), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazza) et Ali Bongo Ondimba (Gabon), ainsi qu'avec Nkosazana Dlamini-Zuma, présidente de la Commission de l'Union africaine, et, pour le dîner, avec la Bulgare Kristalina Georgieva, commissaire européenne à l'aide humanitaire. Le 3 avril, dans la soirée, Samba-Panza a regagné Paris.

 

Le lendemain, elle a participé au forum pour le leadership des femmes dans la vie publique organisé par l'OCDE, puis a été reçue par Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, qui lui aurait notamment fait part de ses doutes quant à la composition de son gouvernement. La présidente de la transition a regagné Bangui le 5 avril à bord du même avion gabonais.

Lu pour vous : Diplomatie | Sommet UE-Afrique : les entretiens de Samba-Panza
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:24

 

 

 

 

 

Par LEXPRESS.fr, avec AFP publié le 10/04/2014 à 19:56, mis à jour à 20:03

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté ce jeudi une résolution "à l'unanimité" sur la Centrafrique. 12 000 Casques bleus viendront épauler les forces françaises à partir de septembre prochain.

 

C'est un soulagement pour la France. Abandonnées dernièrement par le Tchad, les forces françaises pourront bientôt compter (enfin) sur la communauté internationale en Centrafrique. Dans un communiqué, François Hollande a salué ce jeudi la résolution 2149 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations Unies. "Cette décision démontre la volonté de la communauté internationale de protéger les populations menacées, de leur donner accès à l'aide humanitaire et de soutenir le rétablissement de l'autorité de l'Etat sur tout le territoire de la Centrafrique", indique l'Elysée 

Concrètement, "cette résolution permettra le déploiement dès le 15 septembre d'une opération de maintien de la paix dont les priorités seront de mettre fin aux violences, de lutter contre l'impunité, et de soutenir le processus de transition qui devra conduire à une réconciliation des Centrafricains et au retour des déplacés et réfugiés", précise le communiqué. 

 

Le président de la République "rend hommage aux soldats des forces françaises et européennes qui sont déployés aux côtés des forces du continent africain, et qui protègent les civils contre les milices et groupes armés". 

 

Les Français pourront employer la force

 

"Comme la résolution de Nations unies leur en donne mandat, les forces françaises poursuivront leur soutien aux contingents africains de la MISCA, puis à l'opération de maintien de la paix des Nations unies", est-il écrit. Selon les termes de la résolution adoptée à l'unanimité, sur proposition française, 10.000 soldats et 1.800 policiers formeront la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en RCA). 

 

La résolution autorise en outre les soldats français à prêter main forte à la Minusca en employant "tous les moyens nécessaires", c'est-à-dire la force. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a également salué "profondément cette très importante décision" qui "autorise le déploiement d'une opération de maintien de la paix de l'ONU en République centrafricaine, la Minusca". "C'est un succès pour la paix et pour la diplomatie. Il vient soutenir les efforts des autorités de transition pour rétablir la sécurité et la stabilité en RCA", écrit-il dans un communiqué. 

 

La Minusca "aura également pour mission d'accompagner le processus de réconciliation nationale, de préparer les élections d'ici février 2015 et de venir en aide aux populations", précise-t-il. 

Centrafrique: François Hollande salue l'envoi de 12 000 Casques bleus
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 21:02

 

 

 

Centrafrique : entretien avec M. Aristide Briand REBOAS

 

https://afriquenewsblog.wordpress.com  avril 2014

 

1. Quelle évaluation de la situation faites-vous ?

 

La situation qui prévaut aujourd’hui en Centrafrique est connue du monde entier comme des une des situations les plus alarmantes dans l’histoire du monde et de l’Afrique. La violence a atteint son point extrême. Violences, meurtres, assassinats, tortures, viols, vols, enlèvements, pillages, lynchages, disparitions, maladies, famine rythment le quotidien du peuple Centrafricain, la population de la capitale de Bangui et des provinces, des Centrafricains et des étrangers, des chrétiens et de musulmans, des hommes et des femmes y compris enceintes, des enfants et bébés, bref de la personne humaine. Ce cortège de maux et de crimes est voulu et entretenu par l’homme tout court qu’il s’agisse d’éléments rebelles Séléka ou des milices Antibalaka. Les populations Centrafricaines vivent dans l’insécurité la plus totale et le dénuement matériel et financier total.

 

Malgré l’aide des institutions sous-régionales, des Chefs d’Etat de la sous-région, de l’Union Africaine, des autorités Françaises, de l’Union Européenne, de l’ONU, la crise perdure ; malgré la démission forcée de Michel Djotodia et Nicolas Tiangaye, malgré l’élection de Catherine Samba-Panza en tant que femme et mère, les acteurs de cette crise ne veulent rien savoir et restent blottis dans leur aveuglément criminel, destructif, dans la haine et la vengeance pour diverses raison.

 

2. Quelle est la part de responsabilité des dirigeants centrafricains ?

 

Il faut faire preuve de lucidité et de tact dans l’analyse de la situation que j’ai décrite ci-haut. Faire des amalgames est à mes yeux un jeu très dangereux et à terme contreproductif, et ne contribuera pas à résoudre les problèmes auxquels mon pays est confronté. Dans des moments aussi difficiles, l’objectivité, la vérité, et la lucidité dans toute analyse constituent les premières solutions pour sortir de l’impasse. A cet égard, je me soustrais au jeu dangereux des amalgames et répondrais à votre question en opérant préalablement une distinction entre la déliquescence de l’Etat d’une part, et la crise aigüe née du coup d’Etat du 24 mars 2013.

 

A ce qui concerne l’effondrement de l’Etat Centrafricain, en ce moment là, je pourrais pointer du doigt la responsabilité des dirigeants Centrafricains de tous bords et ce depuis l’indépendance. Tous les politiques qui ont exercé le pouvoir d’une manière ou d’une autre sont bien responsables de l’absence d’Etat.

 

Tout d’abord, si l’on évoque la crise, surtout les forces de défense et de sécurité (les FACA, la Gendarmerie Nationale et la Police Nationale) ont progressivement été détruites à partir de l’arrivée du général André Kolingba au pouvoir en 1981 et à partir de 1983 ; en réponse à une tentative de coup d’état manqué attribuer à certaines personnalités civiles et militaires bien connus et cadres du nord de la RCA, le Président André Kolingba a ethnicisé nos forces de défense et de sécurité en créant une milice appelée EBA exclusivement de l’hetnie yakoma, cette milice recevait les instructions directement en patois, même pas en sango, (langue nationale) ni le français langue de travail, ainsi l’armée centrafricaine a été marginalisée, un mur invisible de réticence est crée entre l’armée nationale et les pouvoirs exécutifs jusqu’à nos jours, c’est-à-dire depuis l’époque Kolingba a madame SAMBA PANZA.

 

Arrivé au pouvoir en 1993, le Président Ange Félix Patassé commet les mêmes erreurs que son prédécesseur, en recrutant dans l’armée beaucoup de citoyens originaires de sa région, l’Ouham Pendé (ethnie Kaba et groupe Mboum). Deux milices sont créées : les Balawa et les Karako. Les officiers Yakoma qui se voient marginalisés dans l’armée déclenchent des mutineries à répétition à partir de 1996. L’instabilité devient chronique dans le pays. L’insécurité est généralisée. En 2001, un coup d’Etat est manqué par l’ancien Président Kolingba, et des représailles s’en suivent. Le Chef d’Etat Major François Bozizé et Démafouth sont accusés, Bozizé se réfugie au Tchad d’où il mène des attaques. Le 15 mars 2003 Bozizé prend le pouvoir par coup d’Etat. Après les élections de 2005, plusieurs rebelles centrafricains et tchadiens dits « Les Libérateurs » dont Abakar Sabone qui avaient accompagné Bozizé au pouvoir se brouillent avec ce dernier et créent plusieurs groupes rebelles dans le nord. En 2006, trois groupes rebelles se fusionnent a Rwanda et engrangent des victoires militaires dans le pays, avant d’être stoppés dans leur élan par la France et le Tchad en 2007. Non découragés, les rebelles tissent des liens avec les combattants du Darfour et les rebelles tchadiens de l’UFDD de Mahamat Nouri. C’est le début de la naissance de Séléka. J’avais alerté le Président François Bozizé, alors que j’étais en charge des Renseignements Généraux Centrafricains. Mais le Président diverti par ses proches dont Ndoutingaye et Firmin Feindiro, ne fera rien. Djotodia, Abakar Sabone et le Commandant Hissein réussiront tranquillement à gonfler leurs rangs avec des Djandjawids et mercenaires tchadiens. Après ils ont lancé l’assaut sur la capitale avec plus de 20000 combattants guerriers expérimentés au Darfour et Tchad. Si le Président Bozizé m’avait suivi, il serait encore au pouvoir aujourd’hui. L’étape 2 de Séléka, c’est de renverser Déby, Sassou et Paul Biya.

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Ensuite et enfin, si l’on parle de la crise aigüe que vivent aujourd’hui les populations Centrafricaines depuis le 24 mars 2013, je me refuserais à mettre tous les hommes politiques Centrafricains dans le même panier, en attribuer la responsabilité de ce qui se passe à tous les politiques Centrafricains. Les vrais responsables de cette crise sont connus des citoyens Centrafricains, du moins ceux qui sont objectifs et honnêtes. Les seuls responsables, ce sont les acteurs de la crise, c’est-à-dire ceux qui ont joué un rôle de près ou de loin dans la survenance et l’entretien de ce conflit. Ces acteurs et responsables du malheur des la population Centrafricaines sont aujourd’hui clairement et facilement identifiables, reconnaissables avec des preuves tangibles, visibles, audibles pour tous et facilement vérifiables. Il y’a trois groupes d’acteurs et de responsables.

 

Premièrement, il y’a le régime de l’ancien Président François Bozizé. Deuxièmement, il y’a la coalition rebelle Séléka de Michel Djotodia qui a renversé le Président François Bozizé le 24 mars 2013. Troisièmement et enfin, il y’a les milices Antibalaka, initialement groupes d’auto-défense, mais désormais politiquement très instrumentalisées pour faire perdurer à dessein le malheur des Centrafricains et faire échouer la transition politique jusqu’à ce que les sinistres bénéficiaires arrivent à rebattre les cartes politiques à leur profit. Voilà les vrais acteurs, les vrais responsables du drame que vivent aujourd’hui les populations Centrafricaines. Voilà la vérité.

 

Mais si par rapport à l’identité et au nombre des groupes d’acteurs du conflit, la vérité est connue de toute l’opinion nationale, internationale et des Centrafricains, il reste encore une dernière vérité, plus capitale qui doit être connue, pour permettre au monde de mieux comprendre le drame qui se joue en Centrafrique afin de trouver de vraies solutions. La question est : quel est le rôle réel hier et aujourd’hui de chacun de ces groupes d’acteurs cités, et surtout comment ces groupes sont nés, et quel est l’enjeu de ce conflit ?

 

3 .Quelle est la part de responsabilité de François Bozizé ?

 

Il est aisément évident que l’ancien Président François Bozizé est clairement et à plus d’un titre responsable du chaos et du malheur des Centrafricains,. Quand le Président François Bozizé avait pris le pouvoir le 15 mars 2013 avec la rébellion dite des «Libérateurs », une certaine adhésion populaire à ce changement a été notée avec les scènes de liesse populaire à Bangui. Mais vous savez, un régime, ce n’est pas seulement le Président de la République, c’est aussi et surtout l’entourage de ce dernier.

 

La responsabilité de l’ancien Président François Bozizé est évidente parce que tous les Centrafricains savent ou reconnaissent aujourd’hui qu’il y’a eu un échec du régime Bozizé dans le domaine de l’armée, de la sécurité et défense du territoire, la sécurité et la protection du peuple Centrafricain, des biens et des personnes, l’armée centrafricaine avait été tenu en écart car le président plébiscitait plus l’armée tchadienne et sud africaine, alors que si l’armée centrafricaine était bien préparée on aurait du éviter tout cela . La sécurité était limitée seulement à Bangui, puisqu’entre 2003 et 2013, nos frontières et les provinces du pays ont été progressivement abandonnées et la nature ayant horreur du vide, des mouvements rebelles et autres bandes armées se sont chargées de l’occupation de ces terres. Cet échec dans la sécurité et la défense nationale est particulièrement affligeant vu le profil professionnel du Président François Bozizé qui est d’abord un militaire, et qui a atteint même le grade de Général de Corps d’armée. De plus, il était Ministre de la Défense nationale. Ajouté a cela ceux qui lui font prendre des décisions ne sont pour la plupart ses collaborateurs direct et immédiat.

 

 Ils étaient suffisamment nombreux pour basculer son opinion dans n’importe quel sens, qui ne sont pas forcement dans l’intérêt nationale. Beaucoup des concepteurs de la seleka étaient avec lui et ‘il pensais les contrôler par des petits tours de passe- passe. Je voudrai parler ici de Damane , qui avait un lien à la fois avec lui et avec la seleka, d’Abakar sabone qui aujourd’hui réclame sans se gêner de la partition du pays alors qu’il était lui même conseiller de Bozize. Je voudrai aussi parler de son enfant chéri FIRMIN FINDIRO qui dès les premières heures du coup d’Etat réclamait la paternité. En fin beaucoup de choses qui aurait pu être évité ne l’avaient pas été .Il y a aussi certains militaires qui se plaignent encore de ne pas pouvoir défendre leur pays parce qu’ils n’ont pas pu avoir de dotations suffisantes pour combattre lors de l’avancé rebelle qui en fait était moins formés que les militaires centrafricains. Les armes que la plus part des seleka utilise aujourd’hui, sont celles de l’armée centrafricaine entreposées au sous-sol du palais et dans les casernes. Ces armes auraient pu être distribué au militaires centrafricains pendant l’avancée des rebelle. Toutefois, j’ai pas aimé la manière don ton a mis fin à son mandat, Car on a utilisé le grand mal pour guérir le moindre.

 

S’il avait pris à bras le corps la question de la formation d’une armée nationale digne de ce nom, d’une gendarmerie et d’une police dignes de ce nom, des services de sécurité et de défense au sens républicain du terme, le Président Bozizé serait encore aujourd’hui au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat prévu pour 2016. Comme il a lui-même négligé et malmené l’armée et les officiers de peur d’être victime d’un coup d’Etat, il a contribué à liquider ces institutions de protection de la nation, et c’est déjà cela la faute et la responsabilité du Président François Bozizé.

 

Le malheur des Centrafricains vient d’abord de cet échec de l’ancien régime de 2003 à 2013. Pensez-vous que si ce régime avait construit et formé une bonne armée, et l’avait dotée en moyens adéquats, et l’avait positionnée aux points stratégiques du pays notamment les frontières avec le Soudan et le Tchad, la coalition Séléka ne serait jamais venue prendre le pouvoir le 24 mars 2013. En tant que Directeur Général des Renseignements Généraux Centrafricains, j’avais pourtant alerté, dès le 08 février 2008, le Président François Bozizé sur les risques potentiels d’un coup d’Etat, de son renversement éventuel comme conséquence de la guerre du Darfour et des activités rebelles de l’UFDD de Mahamat Nouri au Tchad voisin. Mais, au lieu d’être suivi, j’ai plutôt été accusé, jugé par ceux là mêmes qui fricotaient avec Séléka en gestation depuis 2006.

 

3. Comment expliquez-vous le coup d’état du 24 mars ?

 

Outre l’échec du Président François Bozizé dans le domaine de la sécurité et défense nationale, le coup d’Etat du 24 mars 2013 a aussi été rendu possible par la combinaison de plusieurs éléments qu’on peut synthétiser. Il y’a la complicité notoire d’une partie de l’entourage présidentiel. Ils sont nombreux qui se sont laissés corrompre et retourner par Michel Djotodia et les islamistes. L’ancien Procureur de Bangui Firmin Findiro et bien d’autres. Ce n’est pas par hasard, si vous êtes bien informés, que lorsque Séléka est arrivée au pouvoir, Michel Djotodia a lui-même pris son téléphone pour appeler Firmin Findiro , et beaucoup d’autres proches de Bozizé y compris dans sa proches famille, afin de les nommer dans le gouvernement et au Cabinet Présidentiel.

 

Comment les choses ont commencé ?

 

Un jour, un Conseiller du Président François Bozizé, de confession musulmane (dont je tais le nom ici) est venu me voir à mon bureau, pour me demander de libérer 6 Pakistanais et un Saoudien tous des imams qui venaient de Peshawar avec un objectif clair mais non avoué, inciter les musulmans à se lancer en politique et convertir à coup d’argent (100. 000 FCFA) les chrétiens et animistes, la misère aidant. Or d’après mes informations que j’ai recoupées en renseignements, ces 7 étrangers étaient déjà en contact avec Michel Djotodia, Abakar Sabone et Justin Hassan qui étaient au sein de l’UFDR dans le maquis et ne rêvaient que de venir renverser le régime du Président François Bozize punir les chrétiens, détruire l’armée, obtenir la reconnaissance nationale des fêtes arabo-musulmanes, changer l’hymne nationale et le drapeau centrafricain etc. Ce Conseiller musulman très estimé par le Chef de l’Etat voulait me corrompre pour que je libère sans délai les 6 étrangers musulmans incarcérés pour prosélytisme radical. Ce Conseiller a voulu m’offrir une voiture 4/4 et m’a même dit que je pouvais fixer moi-même le montant de ma récompense, sachant que dans l’entourage, d’autres personnalités avaient déjà reçu jusqu’à 50 millions de FCFA. Je lui ai dit que je ne mange pas de ce pain. Par la suite, c’est un autre musulman qui est venu mener la même démarche auprès de moi, en vain. Ce dernier est devenu Ministre de Michel Djotodia par la suite et est en ce moment Ministre Conseiller de l’actuelle Transition. Automatiquement, j’ai partagé les passeports des incarcérés et un rapport détaillé avec les services de renseignements des pays amis notamment l’Ambassade de France à Bangui.


L’entourage était corrompu. Deux mois avant mon arrestation, deux ministres et un officier avaient prétexté une mission à l’étranger, et en avaient profité pour aller plutôt rencontrer secrètement Michel Djotodia et sa bande qui étaient déjà en grande planification de coup d’Etat. Là, les comploteurs ont établi une liste de 19 personnalités politiques à abattre dès l’arrivée de Djotodia au pouvoir. Sur la liste, figuraient le Président Bozizé, son fils Francis, Parfait Mbay, très proches de Bozizé, Bonda Bernard, Modeste Bria, Alain wabi, Edouard Nganaissona Claude Lenga, Bernard Mokom, certains opposants dont le premier et le plus en vue à l’époque, certaines figures intellectuelles. Le but était de liquider tous ceux qui peuvent constituer un danger pour leur pouvoir. De mon retour d’Alger où j’étais en mission en passant par Cameroun, où j’ai récupéré la bande sonore très compromettante à l’égard des comploteurs. Avant de rentrer à Bangui, les membres corrompus de l’entourage du Président Bozizé qui travaillaient de l’intérieur pour le compte de l’UFDR, avaient décidé de me réduire au silence de peur que j’alerte le Chef de l’Etat sur la bande sonore. C’est ainsi que je fus arrêté le lendemain de mon retour à Bangui. Alors que j’étais à mon Bureau, je vis débarquer des éléments de la Gendarmerie, un Commando de l’Unité de Sécurité Présidentielle Anatole Ngaya. J’ai appelé le Chef de l’Etat mais suis tombé sur son cadet et aide de camp Roger Godongaï.

 

J’ai alerté Thierry Lengbe et l’actuel Ministre de la Défense, Tchimangoa qui sont venus constater mon arrestation. Après être arrivé au Parquet, et la Section de Recherches et d’Investigation (SRI) de la Gendarmerie, j’ai appelé Bernard Mokom, Maxime Mokom pour leur demander d’aller récupérer la bande sonore qui se trouvait dans la boîte à gant de ma voiture de fonction. Bernard Mokom dira que la bande audio devait se trouver au Ministère des Mines. Le parquet de Bangui envoie le Commandant Serge Kossi et Danzoumi Yalo récupérer ma voiture de fonction. Quand j’étais en prison, le Ministre Bernard Ouandé, ancien Chef d’Etat Major, ainsi que le Procureur de Bangui de l’époque, Firmin Findiro avaient missionné le commandant de police Christophe Namgana en poste à l’OCRB de m’assassiner, ce qu’il refusa. Rapidement, Christophe Namgana est emprisonné et sera jugé au même moment que moi, et sa déclaration est consignée dans le procès-verbal du jugement.


Les rumeurs de coup d’Etat qui circulaient dans Bangui étaient fondées, mais seulement, Sylvain Ndoutingaï et Firmin Findiro et bien d’autres dignitaires du régime Bozizé roulaient pour le compte de la Séléka en gestation de Michel Djotodia. Le Président Bozizé finalement mis au courant de leur plan, et l’étau se resserrant de plus en plus autour des comploteurs internes au régime, certains se sont sauvés par la nage en direction de Brazzaville pour rejoindre Paris, d’autres ont prétexté des raisons de santé pour s’évader, des cadres de l’armée et de l’administration proches des comploteurs ont été virés.

 

4. Donc pour vous, l’UFDR était le point de départ de Séléka ?

 

Effectivement. Je dirais même plus. Il faut préciser tout d’abord que c’est le Président François Bozizé qui a d’abord travaillé avec Abakar Sabone qui a guerroyé dans la rébellion des Libérateurs qui ont finalement porté le Président François Bozizé au pouvoir le 15 mars 2003. Le même Abakar Sabone sera responsabilisé par le Président Bozizé. Abakar Sabone, Michel Djotodia, Consul de la RCA à Nyala au Soudan, Djono Ahaba et autres vont développer très vite un appétit pour le pouvoir politique. Très vite, Abakar Sabone et les « libérateurs » vont entrer en dissidence pour des promesses financières et politiques non tenues par le Président Bozizé.

 

Mais c’est quoi l’UFDR ? Il faut se rappeler que le 14 avril 2006 à Kigali, une première alliance rebelle a été scellée : l’Union des Forces Démocratiques du Rassemblement (UFDR). Ce regroupement est l’œuvre du Mouvement des Libérateurs Centrafricains pour la Justice (MLCJ) d’Abakar Sabone, du Groupe d’Action Patriotique de Libération de Centrafrique (GAPLC) de Michel Djotodia, et le Front Démocratique Centrafricain (FDC) du Commandant Justin Hassan. Après leur fusion, les trois chefs rebelles cités plus haut, vont mener des incursions répétées au point d’inquiéter Bangui par une vaste offensive remportant des succès à Ouadda Djallé et Sam Ouandja. Devant la fulgurance de l’avancée de l’UFDR, l’armée Tchadienne et l’armée Française vont intervenir le 27 décembre 2006 pour déloger et chasser l’UFDR qui était de plus en plus menaçante.

 

Lorsque je suis entré en fonction au Service des Renseignements, j’ai eu des renseignements sérieux faisant état de contacts avancés entre l’UFDR et des combattants Djandjawids du Darfour, ainsi que l’UFDD du général tchadien Mahamat Nouri qui avait pratiquement renversé le Président Déby le 02 février 2008. Selon Michel Djotodia, l’ancien Consul de la RCA à Nyala, devenu rebelle et Chef du GAPLC, les contacts avaient permis de grossir les rangs de l’UFDR avec les combattants islamistes et autres mercenaires étrangers dont Soudanais et Tchadiens. Ensuite, la prochaine étape était la recherche des moyens financiers auprès des pays du Golfe. L’étape suivante était le déclenchement des opérations militaires jusqu’au renversement du Président Bozizé. Après la RCA leur servirait de base arrière pour déstabiliser les autres Chef d’Etat de la sous-région ; et à l’heure où je vous parle, et d’après mes renseignements, le Tchad, le Congo Brazzaville, la Guinée Equatoriale, le Cameroun à partir du nord seront à tour de rôle déstabilisés, si rien n’est fait. En ce moment, Michel Djotodia n’en démord pas de son éviction et travaille nuit et jour avec Noureddine Adam qui séjourne actuellement au Nigeria pour obtenir un ralliement de Boko Haram et d’autres mercenaires islamistes pour aller lutter pour l’indépendance de la partie septentrionale de la RCA. Cet Etat sera un Etat musulman. Les responsables de cet Etat virtuel anéantiront le Sud Soudan chrétien, et le Sud du Tchad chrétien. Pour renforcer la coalition Séléka 3 en cours, le Chef rebelle Baba Ladé et ses hommes ont apporté leur soutien à Michel Djotodia. Le principal soutien de Baba Ladé est Hamidou Dam Poussou de Nyem Yelwa dans le nord ouest Centrafricain, un peul qui a récemment fui pour le Congo Démocratique avec son bétail et beaucoup d’hommes.

 

5. Imaginez-vous une telle haine entre chrétiens et musulmans ?

 

La haine entre chrétiens et musulmans relève simplement de la manipulation et l’instrumentalisation politique. C’est vrai que les éléments de la coalition Séléka ont commis de graves exactions qui doivent être punies, mais il faut reconnaître aussi que les milices Antibalaka sont des jeunes et certains militaires manipulés et d’instrumentalisés pour entretenir dans la durée le malheur des Centrafricains : voilà la vérité. Il faut régler le problème à la source. Aujourd’hui, on peut avoir les élections, le retour à l’ordre constitutionnel, mais tant que les auteurs et leurs complices ne seront pas neutralisés durablement, tant que les auteurs des crimes, Michel Djotodia et ses complices seront dans la nature, tant que les responsables et éléments Antibalaka et Séléka nargueront tout le monde avec des gris-gris, armes blanches et armes de guerre devant les journalistes, on ne connaîtra pas la paix. La communauté internationale peut mobiliser les moyens qu’elle peut, mais la vraie solution, c’est de neutraliser rapidement et partout les responsables des violences, crimes de Séléka et Antibalaka, les auteurs de la manipulation et l’intoxication politique des jeunes centrafricains musulmans et chrétiens. Mon message à l’endroit des Antibalaka et les seleka est le suivant : ceux qui vous instrumentalisent vous induisent en erreur en ayant pris le soin de se mettre à l’abri à l’étranger avec leurs femmes, enfants, familles et argent et se la coulent douce. Pendant ce temps, vous semez le malheur et la désolation au quotidien, il est temps d’arrêter, de reprendre vos activités professionnelles, scolaires, agropastorales etc. S’agissant du gouvernent de transition je délivre le message suivant : engager un dialogue direct avec les seleka et antibalakas et doté sans tarder nos forces de sécurité et défense des armes, qui ne sont d’autres chose que outils de protection du peuple centrafricain et leur, bien et en fin rendez la justice aux victimes

 

AFRIQUE NEWS

 

Lu pour vous : L'ancien chef des services de renseignements de Bozizé règle ses comptes : Révélations
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 17:26

 

 

 

 

http://www.lavoixdelamerique.com/  10.04.2014

 

Le ministre des Affaires étrangères de la Centrafrique (RCA), Toussaint Kongo-Doudou, s’est félicité jeudi de l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations Unies (ONU) d’une résolution sur le déploiement d’une opération de maintien de la paix dans son pays. 

 
Evoquant « une étape décisive dans le processus de rétablissement de la sécurité et de la paix et donc, de la stabilisation de la RCA », le ministre a également  salué l’action menée sur le terrain par la force africaine de la MISCA et l’opération Sangaris de la France. Elles ont « permis d’éviter le pire à Bangui et dans l’arrière-pays », a dit M. Kongo-Doudou.

 
Néanmoins, ces forces sont insuffisantes, a estimé le ministre centrafricain des Affaires étrangères, qui a réclamé le renforcement de la MISCA, « en prélude au déploiement de cette opération de maintien de la paix, à hauteur de 3.000 hommes ».
 
Le gouvernement centrafricain souhaite également l’allègement de l’embargo sur les armes afin de pouvoir équiper ses forces de défense et de sécurité, a poursuivi le ministre. Le but restant de rétablir la sécurité et l’ordre public, afin de « créer le cadre nécessaire qui puisse faciliter le dialogue ».  Toujours selon M. Kongo-Doudou, « il revient aux Centrafricains de s'asseoir ensemble, de dialoguer afin de trouver d'une manière durable les solutions aux multiples crises qu'a connu le pays ».

La Centrafrique salue la résolution des Nations Unies
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