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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 01:31

 

 

 

 

 

RFI   mercredi 15 janvier 2014 à 10:18

 

Au moins deux morts et cinq blessés ont été signalés à Obo, à l'extrémité est de la Centrafrique. Cette ville est régulièrement attaquée par la rébellion ougandaise LRA. Mais mardi matin, des violences ont opposé des jeunes à des éléments de la Force de défense du peuple ougandais, l'UPDF, dont un contingent est déployé dans la région pour combattre les rebelles.

 

A l'origine des violences : une voiture. Un pick-up de service utilisé par l'ancien préfet. Depuis quelque temps, les habitants soupçonnaient son successeur de vouloir s'accaparer le 4x4, de vouloir l'utiliser à des fins personnelles.

 

Vers 6 heures, plusieurs milliers de jeunes ont convergé devant son domicile. Ils ont mis la pression et récupéré la voiture. Puis, ces mêmes jeunes se sont rendus à la mairie, pour demander la restitution de matériel communautaire comme des panneaux solaires ou des téléviseurs.

 

Tirs sur la foule

 

C'est là que la situation a dégénéré et que les soldats de l’UPDF ont ouvert le feu, raconte cet habitant réfugié en brousse : « On ne comprend pas. Ils sont venus pour nous protéger et pour nous secourir et pourtant, ils ont tiré sur nous ».

 

Selon un autre témoin, les éléments de l'UPDF ont sciemment tiré sur la foule : « Pour l’instant, on ne sait pas qui a donné l’ordre de tirer sur la population. Il y avait beaucoup de personnes qui criaient parce qu’ils ne tiraient pas en l’air, mais directement sur la foule ».

 

La situation s'est ensuite calmée. Des soldats centrafricains se sont déployés. Les soldats ougandais eux sont repartis dans leur base, en périphérie d'Obo où selon plusieurs sources, le préfet et le maire se trouvaient après la fusillade.

RCA: des violences signalées dans l’est du pays
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Centrafrique-Presse.com
16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 01:11

 

 

 

 

 

Adrien Jaulmes   http://www.lefigaro.fr  Mis à jour le 15/01/2014 à 20:01  Publié le 15/01/2014 à 19:56

 

Les retards pris dans la sélection des candidats au poste présidentiel font craindre un report du vote après la date limite fixée par la Charte de transition.

 

La crise centrafricaine est suspendue aux débats du Conseil National de Transition (CNT), l'assemblée provisoire centrafricaine. Les membres du CNT se sont réunis mercredi pour la deuxième fois dans le palais de l'ancienne Assemblée nationale de Bangui pour décider des critères de sélection du nouveau président et du premier ministre. La veille, la séance avait duré à peine dix minutes: aussitôt après, les débats avaient été reportés au lendemain et les participants invités à un cocktail matinal avant de rentrer chez eux.

 

Cette nonchalance a agacé les représentants du Comité de suivi international qui gardent un œil très attentif sur les travaux du CNT, et poussent pour qu'un nouveau président de transition soit nommé dès samedi.

 

Car le calme reste encore très précaire à Bangui, où continue de sourdre la haine confessionnelle et des centaines de milliers de déplacés de s'entasser dans des camps de fortune à travers la ville. Le départ de Michel Djotodia, forcé à la démission par les chefs d'état de la région vendredi dernier au sommet extraordinaire de N'Djamena, a permis de faire baisser en partie la tension à Bangui. Mais on craint maintenant que la prolongation d'une période d'incertitude politique ne suscite de nouvelles violences, jusqu'à présent contenues par les troupes françaises et africaines déployées dans la ville depuis une semaine.

 

Le président intérimaire n'est pas candidat

 

La poursuite du processus de stabilisation de la Centrafrique dépend du choix d'une personnalité acceptable par toutes les parties, et notamment par les Chrétiens comme par les Musulmans. Idéalement, le prochain président devrait être la fois «honnête et compétent, dépourvu d'ambitions politiques, pas marqué politiquement, et respecté par la population comme par la communauté internationale», selon le résumé d'un observateur. Mais ces critères ressemblent à la quadrature du cercle, alors que les débats du CNT menacent à présent de s'enliser dans des arguties juridiques sans fin.

 

Une première hypothèque semble avoir déjà été levée. Ferdinand-Alexandre Nguendettitulaire du poste par intérim pendant les quinze jours de travaux, a fait savoir dans une conférence de presse mercredi matin qu'il ne serait pas candidat pour le poste. Il a fallu que le Comité de Suivi exerce une pression ferme et discrète sur ce prétendant imprévu pour le convaincre de renoncer à ses ambitions.

 

Depuis son retour de N'Djamena samedi dernier, cet ancien enseignant se comportait plus comme un président en exercice que comme un titulaire temporaire de la fonction. Sillonnant Bangui dans son convoi présidentiel, il a multiplié les appels à la population et aux anciens soldats dans des cérémonies martiales, donnant chaque jour un peu plus l'impression de prendre goût au pouvoir, et ne consacrant pas beaucoup d'efforts à la nomination de son successeur.

 

La crainte d'un vote reporté

 

Les difficultés suivantes sont de réduire le nombre des candidatures qui commencent à affluer, et de fixer au plus vite les critères de validation.

 

Le Comité de Suivi cherche à imposer des règles restrictives: aucun membre du CNT ne sera autorisé à se présenter. Les militaires en activité, les chefs de partis politiques et les magistrats seront aussi exclus. Mais, malgré les pressions des représentants de la communauté internationale, les membres du CNT avertissent déjà qu'il sera difficile de respecter les délais fixés.

 

«C'est une durée beaucoup trop courte. On ne pourra pas voter avant dimanche, ou même lundi», dit un conseiller. À cette date, une semaine se sera déjà écoulée, soit la moitié de la durée maximale de quinze jours fixée par la Charte de transition.

 

 

Centrafrique: l'élection prévue samedi reportée?

 

A.D. avec AFP  Le 15/01/2014 à 14:01   Mis à jour le 15/01/2014 à 17:31

 

L'élection du président par intérim en Centrafrique n'aura finalement pas lieu samedi 18 janvier, comme prévu. Le Conseil national de transition n'a pas réussi à se mettre d'accord sur les modalités, ce mercredi 15 janvier, et doit poursuivre les négociations.

Les travaux, qui portent sur 16 critères, doivent reprendre jeudi matin. En conséquence, l'élection présidentielle sera peut-être décalée d'une journée ou deux. 

Le principal point de discorde est la demande de la communauté internationale aux membres du Conseil national de transition de ne pas se présenter à l'élection. Les rebelles et les miliciens n'ont également pas le droit de porter candidat.

Il s'agit de "ne pas se poser en juge et partie d'une élection essentielle pour la pousuite stratégique de la transition", a déclaré le représentant du président congolais, médiateur dans la crise centrafricaine.


Le chef de l'Etat par intérim, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a affirmé qu'il ne sera pas candidat pour "favoriser un climat serein" et "rester neutre".

 

 

Lu pour vous :Centrafrique - Sur l'ordre de Hollande, le président limogé et remplacé 

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org   Lutte Ouvrière n°2372 du 17 janvier 2014

 

Le président de Centrafrique, Michel Djotodia, vient d'être limogé et s'est réfugié au Bénin. Cette éviction s'est faite dans la plus pure tradition des présidents centrafricains écartés par la France, la seule originalité résidant dans le fait que le scénario élaboré par Paris a été mis en oeuvre par son fidèle allié, le président tchadien Idriss Déby.

 

C'est à Ndjamena, la capitale tchadienne, que cette démission a été arrachée à Djotodia, lors du sommet de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) des 9 et 10 janvier. Un avion a alors été envoyé en Centrafrique pour en ramener les 135 membres du Conseil national de transition (CNT), l'assemblée qui tient lieu de Parlement. Idriss Déby leur a simplement déclaré : « Il vous appartient de prendre la mesure de la gravité de la situation en choisissant librement vos dirigeants. » Moyennant quoi, ils n'ont eu qu'à prendre acte de la démission de leur président avant de remonter dans l'avion pour Bangui, la capitale centrafricaine.

 

Cette opération avait été mise au point par le ministre de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, lors de sa tournée des capitales africaines une semaine auparavant. Il avait alors rencontré les membres les plus influents de la CEEAC, les présidents du Tchad, du Gabon et du Congo.

 

Depuis maintenant dix mois, Djotodia était de plus en plus difficilement toléré par les dirigeants français. Ce chef de la Séléka, une alliance de groupes rebelles venus du Nord et de pillards des pays voisins, s'était proclamé président lors de leur entrée dans Bangui. Paris en avait pris son parti, comptant alors sur lui pour contrôler ses troupes et permettre une évolution vers l'élection d'un nouveau président allié de la France. Il s'avéra rapidement que Djotodia ne contrôlait rien. Les groupes armés de la Séléka, formellement dissoute, mirent en coupe réglée Bangui et le reste du pays, massacrant la population et pillant ce qui leur tombait sous la main. Des milices, les anti-balakas, se constituèrent en réaction et s'en prirent à tous les habitants soupçonnés de soutenir la Séléka, notamment les populations musulmanes.

 

Dans ce chaos sanglant, l'instauration d'un régime stable et allié de la France semblait s'éloigner à l'horizon. C'est pour remettre ce processus sur les rails que l'armée française est intervenue directement le 5 décembre 2013, mais cette intervention n'a pas mis fin aux tueries, les combats entre anti-balakas et ex-Séléka ravageant Bangui et faisant fuir la population terrorisée vers d'immenses camps de réfugiés. La démission forcée de Djotodia est censée aujourd'hui mettre fin à ces affrontements, mais rien ne dit que ce sera le cas.

 

Le Conseil national de transition (CNT) doit maintenant choisir un nouveau président devant acheminer le pays vers des élections fixées par Paris pour fin 2014, au cours desquelles le peuple centrafricain est censé choisir librement son destin. Mais la présence des troupes françaises et la manière dont a été limogé Djotodia montrent bien que, derrière cette prétendue transition, c'est d'abord la main du gouvernement français qui agit. La protection des populations n'est qu'un prétexte, le but est d'imposer un régime qui, comme les précédents, garantisse les intérêts de l'impérialisme français, quitte à continuer de ruiner la population centrafricaine.

 

Daniel MESCLA

 

 

RDC : plus de 300 nouveaux réfugiés centrafricains installés à Mole

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 16-01-2014

 

Plus de 300 nouveaux réfugiés centrafricains sont arrivés depuis lundi 13 janvier au site de Mole, à 35 km de Zongo, dans la province de l'Equateur, a annoncé mercredi 15 janvier à Kinshasa une délégation conjointe de la Monusco et de la Société civile.

 

La délégation conjointe de la Monusco et de la société civile congolaise revient d'une visite dans le camp d'hébergement de ces réfugiés à Mole.

 

"Le but de la mission était de se rendre compte de la vie que mènent ces personnes qui ont fui la guerre dans leur pays.", a affirmé M. Richard Muye de la société civile.

 

Désiré Numbi wa Numbi, l'administrateur du camp des réfugiés centrafricains a quant à lui affirmé que le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) déploie des efforts pour nourrir les réfugiés. "L'agence des Nations unies a également créé pour eux un cybercafé dans le camp pour qu'ils restent connectés au monde", a-t-il expliqué.

 

Un autre membre de la délégation a indiqué qu'en revanche, les anciens réfugiés boudent la nourriture que leur sert le HCR. "La portion quotidienne a diminué, disent-ils, par rapport à ce qu'ils recevaient il y a peu.", a-t-il dit.

 

Pour l'heure, ces nouveaux réfugiés n'envisagent pas encore de rentrer en Centrafrique malgré la démission de Michel Djotodia. Ils ont déjà risqué leur vie en traversant la rivière Ubangi à bateau et ne veulent plus refaire la même aventure, soulignent-ils.

 

Michel Djotodia a démissionné de son poste de président de Centrafrique vendredi 10 janvier 2014. Sa gouvernance a été marquée par des relations tendues avec son Premier ministre, Nicolas Tiangaye. Ce qui s'était traduit par une incapacité à résoudre la crise qui mine les fondements de la société centrafricaine, caractérisée par l'insécurité perpétuelle occasionnée par des groupes armés.

 

Depuis le renversement de l'ancien président François Bozizé, plusieurs milliers de personnes ont fui en RDC dans la province Orientale et à l'Equateur, frontalières de la Centrafrique.

 

Source: Agence de presse Xinhua

Lu pour vous : Centrafrique : à la recherche du nouveau président
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:59

 

 

 

 

 

La Coordination des Centrafricains de France(CCF)  prend acte de la démission de Messieurs Michel DJOTODJIA et Nicolas TIANGAYE, respectivement Président et Premier Ministre de  Transition, ayant fait l’unanimité autour de  leur incapacité, leur incompétence à gérer la transition, à assurer la paix et la stabilité dans notre pays.

 

Elle note aussitôt après ces démissions, les germes visibles d’une nouvelle crise par l’attitude troublante du Président du Conseil National de Transition qui, sans attendre la déclaration de vacance des fonctions du Chef  d’État de  Transition par la Cour Constitutionnelle pour assurer l’intérim du poste conformément à l’art 23 de la Charte Constitutionnelle, se comporte immédiatement comme tel, en affichant par ailleurs son intention de briguer par divers moyens ces   fonctions, cherchant ainsi à être juge et partie.

 

La Coordination des Centrafricains de France fait par ailleurs remarquer que la coalition SELEKA étant dissoute officiellement par le Président de Transition, la présence de ses représentants au sein du Conseil National de Transition ne se justifiait plus depuis longtemps, question devant être réglée avant le  vote du nouveau Chef d’État de Transition.

 

Tout en réitérant la nécessité impérieuse de la tenue d’Assises nationales souveraines avant les prochaines élections présidentielles et législatives pour le redémarrage du pays sur de bonnes  bases en vue de sa reconstruction, elle attire vivement l’attention des membres du Conseil National de Transition sur la nécessité d‘instituer des critères rigoureux de choix du nouveau Chef d’État de Transition, basés sur l’intégrité morale, la compétence la capacité à rassembler, le sens élevé  du devoir de la République.

 

Il doit en être ainsi en ce qui concerne le Premier Ministre, les membres du gouvernement et du Conseil National de Transition.

 

Le gouvernement à former doit être majoritairement composé des cadres, des technocrates issus  de la société civile, tant sur le plan national que parmi ceux de l’Étranger, compte tenu de  l’échec patent des membres des partis politiques dont l’attachement à leurs intérêts personnels, l’absence d’actions, le mutisme face aux graves et douloureuses convulsions de la population demeurent fraîchement dans les  mémoires.

 

Les missions de ce gouvernement sont à définir très clairement sur la base du mémorandum des Centrafricains de France du 28 décembre2013, avec les priorités ci-après :

 

-Reconstruction de l’Administration tant centrale que provinciale sur des critères d’intégrité, de compétence, d’efficience, d’objectifs définis etc. ;

 

-Réhabilitation des éléments des forces de défense et de sécurité pour participer avec la MISCA et les forces françaises aux  opérations de pacification, notamment le désarmement des rebelles SELEKA, ANTI-BALAKA ainsi que tous les porteurs illégaux d’armes sur l’ensemble du pays, la protection du territoire ;

 

-Démobilisation de tous les anciens rebelles, réinsertion des rebelles centrafricains et raccompagnement de ceux appartenant à d’autres pays chez eux, avec la participation de leurs États respectifs ;

 

-Restructuration des forces de défense et de sécurité sur la base des États Généraux de celles-ci, tenues en 1998 ;

 

-Mise en place des conditions nécessaires favorisant le retour des réfugiés ayant perdu leurs biens, leurs maisons rasées par les différents rebelles ;

 

-Mise en place d’un volet humanitaire, social devant accompagner l’ensemble des actions de la communauté internationale en Centrafrique ;

 

-Mise en place d’une Commission Internationale d’enquêtes pour identifier tous les responsables et auteurs des tragédies humaines que les populations centrafricaines ont connues et leur traduction devant la Cour Pénale Internationale;

 

-Mise en place d’une Commission Nationale pour évaluer les destructions, pillages, vols, crimes commis  par les milices SELEKA, ANTI-BALAKA et autres auteurs afin qu’ils soient tous traduits devant la justice ;  

 

-Mise en place d’un programme d’actions d’envergure d’apaisement, de reconstruction de la cohésion nationale afin de permettre le retour à une vie harmonieuse entre chrétiens et musulmans comme dans le passé ;

 

Fait à PARIS le 14 Janvier 2014

 

Le Coordonnateur des Centrafricains de France

 

Emmanuel Olivier GABIRAULT

DECLARATION DE LA COORDINATION DES CENTRAFRICAINS 02/CCF/C/14
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:23

 

 

 

 

RFI  mercredi 15 janvier 2014 à 15:04

 

La course à la présidence est lancée en Centrafrique. Le Parlement provisoire, le CNT, a ouvert mardi 14 janvier une session spéciale pour élire un nouveau président de transition, qui aura pour tâche de ramener « la paix et la réconciliation nationale » dans le pays ravagé par des mois de violences. Une dizaine de noms circulent déjà depuis plusieurs jours à Bangui et ce mercredi matin, le chef du conseil de transition, Alexandre-Ferdinand Nguendet a annoncé qu'il ne serait pas candidat.

 

Dans un discours volontiers solennel, le président de la transition par intérim s’est d’abord lancé dans un bilan de ces quatre premiers jours à la tête de la Centrafrique, depuis la démission de Michel Djotodia. Alexandre-Ferdinand Nguendet s’est félicité de son appel aux Forces armées centrafricaines (FACA) à réintégrer leurs casernes. Il a rappelé qu’il avait visité certains quartiers de Bangui pour rassurer la population, qu’il avait aussi demandé aux déplacés de commencer à regagner leurs domiciles. « Tout cela, a-t-il dit, en quatre jours ».

 

Pour autant, en conférence de presse, Alexandre-Ferdinand Nguendet a annoncé ce mercredi matin qu’il n’était pas candidat à la présidence de la transition. La possibilité de sa candidature commençait à susciter un début de polémique à Bangui. Ce mercredi matin, son entourage ne cache pas que l’idée l’a d’abord tenté, mais qu’il a fini par se résigner sous la pression de la communauté internationale, peu favorable à sa candidature.

 

Seize critères à respecter pour les futurs candidats

 

Certains estiment, en effet que Alexandre-Ferdinand Nguendet était trop proche de l’ex-président Michel Djotodia. D’autres craignent qu’il soit à la fois juge et partie en tant que chef du CNT, le Parlement provisoire étant chargé justement d’élire le prochain chef de l’Etat. C’est d’ailleurs pour cette même raison, que ce mercredi le représentant du président congolais Denis Sassou-Nguesso, le médiateur de la crise centrafricaine, a demandé aux membres de ce Parlement provisoire de ne pas non plus se présenter.

 

Un critère qui s’ajoute aux seize établis par les commissions du CNT, comme par exemple ne pas avoir de cahier judiciaire ou ne pas avoir participé à une milice ou à une rébellion armée ces vingt dernières années. Des critères qui risquent d’exclure un certain nombre de candidats. En tout cas, la liste finale devrait être connue vendredi pour un vote en séance publique à bulletin secret, à partir de samedi matin.

 

 

 

Centrafrique : la course à la présidence de transition lancée après la démission de Djotodia

 

RCA (Bangui) – Entre ambitions personnelles, pressions internationales, et désirs sincères de sortir la Centrafrique de l’impasse, la course à la présidence par intérim est lancée à Bangui, où malgré des signes de stabilisation les centaines de milliers de déplacés craignaient toujours mercredi de rentrer chez eux.

 

En province, une grande partie du pays reste livré à lui-même, sans autorité, sans présence des forces française Sangaris et africaine Misca et sans moyen de communication avec l’extérieur.

 

Les membres du Conseil national de transition, le parlement provisoire, devaient normalement valider mercredi l’agenda établi par le bureau du CNT qui prévoit un dépôt des candidatures jeudi et une élection dès samedi. Mais les manoeuvres ont déjà commencé en coulisses, avant même le départ du président Michel Djotodia, contraint à démissionner vendredi par la communauté internationale, exaspérée par son incapacité à juguler une crise qui a fait au moins un millier de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes.

 

Désormais, pour arrêter la descente aux enfers de la Centrafrique, « il faut un exécutif qui bosse, avec des gens sérieux sur les ministères régaliens. Le FMI est prêt à ouvrir les vannes, mais il n’y aura pas d’aide budgétaire dans un pays si on ne sait pas où va l’argent et si le pouvoir ne fonctionne pas », résume un diplomate occidental.

 

Venus de différentes obédiences politiques, parfois prompts aux retournements d’alliance, les 135 membres du CNT, mis en place pour donner un vernis institutionnel à la transition, vont donc devoir s’entendre sur le nom d’un homme ou une femme qui aura l’immense tâche de rétablir « la paix et la réconciliation nationale » dans un pays ravagé et en faillite. (AFP)

 

 

 

La France fait et défait les présidents

 

http://www.lutte-ouvriere-journal.org   Lutte Ouvrière n°2372 du 17 janvier 2014

 

Hollande vient d'imposer le départ du président de Centrafrique. Même si personne ne le regrettera, rien ne dit que le prochain sera meilleur.

 

En 1960, l'État français soutenait le premier président centrafricain, David Dacko. Puis il le fit renverser par son chef d'état-major Bokassa, ex-capitaine de l'armée française. Même si Bokassa avait donné des diamants à Giscard d'Estaing, la France finit par l'éliminer et fit revenir Dacko. Puis ce fut le général Kolingba, lâché ensuite par Paris au profit de Patassé. Après, il y eut Bozizé, finalement lâché par la France et renversé par Djotodia, que la France vient aujourd'hui de contraindre à partir.

 

Autrement dit, si la Centrafrique est mal gouvernée, c'est par la France. Alors, troupes françaises hors d'Afrique !

 

D. M.

 

 

 

Un calendrier électoral bien difficile à tenir en Centrafrique

 

http://www.lavoixdelamerique.com  15.01.2014

 

En Centrafrique, alors que les consultations se poursuivent pour élire un nouveau président de la transition, la question des élections va très vite se  poser. 



La communauté internationale, dont la France, pousse pour que le scrutin ait lieu au plus tard début 2015.

 

Un calendrier très serré qui semble difficilement réalisable tant les défis auxquels est confrontée la Centrafrique sont gigantesques.

 

C’est dans ce contexte que l’Autorité nationale des élections s’apprête à rendre dans les prochaines semaines son rapport.

 

Ses conclusions sont très attendues pour la crédibilité de l’organisation du prochain scrutin présidentiel

 

Dieudonné Kombo-Yaya dirige l’ANE et précise que les besoins financiers sont énormes. "Nous sommes en train de mener des opérations d’évaluation sur le terrain pour voir quelles sont les conditions actuelles et ce qu’il faut faire pour pouvoir aller aux élections", explique-t-il à la Voix de l'Amérique.

 

Le président de l'ANE ajoute que pour procéder à "un recensement électoral crédible, il faut que tout le monde soit rentré. Rien qu'à Bangui, il y a 100.000 déplacés."

RCA: le chef du CNT se retire de la course à la présidence de la transition
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:20

 

 

 

 

 

2014-01-16 05:55:02  xinhua

 

Les Etats-Unis ont appelé à un processus transparent et inclusif pour sélectionner les nouveaux dirigeants de la République centrafricaine (RCA), a rapporté le département d'Etat américain mercredi.

 

Washington encourage le Conseil national de transition de la RCA à sélectionner des dirigeants intègres pouvant restaurer la stabilité dans le pays par un processus faisant participer "une gamme complète de représentants politiques, religieux, civils et sociaux," a indiqué sa porte-parole Marie Harf dans une déclaration.

 

Le président par intérim de la République centrafricaine (RCA) Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiangaye ont démissionné vendredi suite à des mois de violences ayant fait plus de 3000 morts et déplacé 1,6 million de personnes dans le pays plongé dans le chaos.

 

Selon la charte du pays, le Conseil national de transition de la RCA a 15 jours pour choisir un nouveau président par intérim en remplacement de M. Djotodia.

 

Les Etats-Unis ont également invité le conseil à être en accord avec les conditions de la charte de transition et les accords de Libreville, qui appellent à ce que le Premier ministre vienne de l'opposition démocratique, a souligné Mme Harf.

 

Washington apprécie que la direction de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale facilite le processus de transition politique en RCA, a-t-elle ajouté.

 

La RCA est plongée dans les troubles depuis que les rebelles de la Seleka de M. Djotodia ont lancé des attaques en décembre 2012 et renversé l'ancien président François Bozize en mars 2013.

Les Etats-Unis appellent à un processus inclusif pour sélectionner les nouveaux dirigeants de la Centrafrique
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:18

 

 

 

 

 

L'objectif serait de déployer de 300 à 500 hommes sous les couleurs de l'UE dans un délai de maximum de dix semaines.

 

Jean-Jacques Mevel   Correspondant à Bruxelles   le 15/01/2014 à 21:44

 

 

L'envoi en Centrafrique d'une force militaire européenne de quelques centaines d'hommes, afin de sécuriser l'aéroport de Bangui, semblait pratiquement acquis mercredi soir à l'issue d'un nouveau huis-clos entre les vingt-huit ambassadeurs de l'UE à Bruxelles.

 

Dans le cheminement bureaucratique de l'accord, une étape cruciale vient d'être franchie avec la préparation d'un «concept de gestion de crise», désormais confiée au SEAE, le «ministère» des affaires étrangères de l'UE. En d'autres termes, Laurent Fabius et ses vingt-sept collègues européens trancheront sur la base d'un vrai plan d'opération lorsqu'ils se retrouveront lundi pour le huis-clos décisif. Formellement, la mission militaire impliquera encore une validation politique à l'unanimité, un feu vert du Conseil de sécurité de l'Onu et une autorisation finale de déploiement.

 

L'accent sur l'aéroport de Bangui

 

L'objectif reste mesuré: il semble être de déployer de 300 à 500 hommes sous les couleurs de l'UE dans un délai de maximum de dix semaines, d'après des sources diplomatiques concordantes. Dans un premier temps, l'accent serait mis sur la sécurité de l'aéroport de Bangui, où 100.000 déplacés ont trouvé refuge. Cela permettrait de libérer pour d'autres engagements une partie des 1600 hommes de la mission française Sangaris, sans disperser ni les troupes européennes; ni le soutien logistique. C'est aussi la solution qui a reçu, dans un premier temps, le soutien de l'état-major à Paris.

 

Au concept d'opération devrait s'ajouter rapidement la «génération de forces», autrement dit la liste des besoins et les contributions nationales. La Pologne et la Belgique ont déjà fait savoir qu'elles seraient présentes, pour peu qu'un cadre européen soit établi. D'autres pays pourraient maintenant se dévoiler, laisse-t-on entendre à Bruxelles.

 

L'opération militaire de l'UE, assortie d'un mandat d'au moins quatre mois ferait la jointure soit avec la Misca, la force militaire africaine, soit avec une mission propre de l'ONU. Un autre scénario, poussé par le SEAE de Catherine Ashton, prévoit de confier ultérieurement aux Européens une «zone de sécurité» à l'ouest de la RCA. Elle engloberait entre autres la route stratégique qui conduit au Cameroun. Mais cette mission supposerait un contingent plus large, de l'ordre du millier d'hommes.

Centrafrique : l'envoi d'une force européenne pratiquement acquis
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:15

 

 

 

 

 

Par AFP, publié le 15/01/2014 à 11:03, mis à jour à 21:22

 

BANGUI - Soumis à de fortes pressions internationales pour élire rapidement un président de transition capable d'incarner la paix et redresser le pays, les "parlementaires" centrafricains peinaient mercredi à s'entendre sur la procédure, au point que l'élection prévue samedi pourrait être repoussée.

 

Le temps presse pourtant dans un pays éprouvé par un an de chaos et de violences, où la climat reste extrêmement tendu. Si la situation se normalise chaque jour un peu plus dans Bangui quadrillée par les forces internationales, le reste du pays reste essentiellement livré à lui-même. 

 

Dans la capitale, un embryon d'administration fonctionne à nouveau et la sécurité s'est largement améliorée. Mais selon des habitants, "ça tue toujours en douce dans les quartiers" et les dizaines de milliers de déplacés ayant fui les violences ne sont pas rentrés chez eux, attendant de savoir quel prochain président sortira du chapeau. 

 

Mercredi après-midi, les parlementaires se sont séparés sans tomber d'accord sur les critères d'éligibilité du futur président de transition, au nombre de 16. Ils reprendront leurs travaux jeudi matin, "ce qui risque de décaler le calendrier", selon Léa Kouyassoum Doumta, qui assure la présidence du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire).

 

"L'élection pourrait se tenir dimanche ou lundi", a-t-elle ajouté. En vertu de la charte constitutionnelle de transition, le CNT, qui a ouvert mardi sa session spéciale, a 15 jours pour procéder à l'élection. 

 

Selon le calendrier initialement prévu, les candidatures devaient être enregistrées jeudi et l'élection se tenir samedi. 

 

Le principal point d'achoppement porte sur la demande officielle de la communauté internationale d'exclure de la candidature les 135 membres du CNT, afin de marquer une rupture avec la période Djotodia. 

 

L'ex-président Michel Djotodia, porté au pouvoir en mars 2013 par une rébellion hétéroclite, la Séléka, a été contraint au départ vendredi par la communauté internationale, France en tête, excédée par son incompétence et son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses qui ont ensanglanté la Centrafrique depuis des mois. 

 

Trouver un candidat, "une gageure" 

 

Pour les partenaires occidentaux et africains de la Centrafrique, qui interviennent militairement dans le pays et financent un Etat quasiment failli, le profil du futur exécutif de transition est: "un président technique, un gouvernement restreint, avec des responsables compétents à la tête des ministères régaliens", selon un diplomate occidental. 

 

"Il y a des exigences des bailleurs de fonds, de la CEEAC (Communauté économique des Etats d'Afrique centrale). Ils nous donnent des +avis+, mais on a quand même l'impression qu'on nous tord le bras", estime un membre du CNT sous couvert de l'anonymat. 

 

Les autres critères d'éligibilité discutés, adoptés la veille par le bureau national, l'organe dirigeant du CNT, interdisent aussi la candidature de toute personne ayant été membre d'une rébellion ou d'une milice au cours des 20 dernières années, "ce qui fait du monde en Centrafrique", glisse un délégué, parlant d'une "gageure". 

 

Des propositions ont également été faites pour exclure les militaires et les dirigeants de partis politiques de la course à la présidence, selon une autre source parlementaire. 

 

"Moi, je crois qu'il n'y a que trois critères importants: courage, intégrité, indépendance", selon Léonard Sonny, le représentant des professions libérales au sein du CNT. 

 

Premier à avoir fait les frais de la pression internationale, l'actuel chef de l'Etat par intérim et président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a confirmé mercredi qu'il ne se présenterait pas, afin de "favoriser un climat serein". 

 

Par ailleurs, l'Union africaine a appelé les pays de la région des Grands Lacs, réunis en sommet à Luanda, à renforcer la force africaine en Centrafrique (Misca) actuellement déployée dans le pays pour y ramener la paix, sans parvenir à obtenir d'engagement concret: la déclaration finale du sommet ne porte aucune mention de renforts militaires. 

 

La Misca compte actuellement 4.500 hommes, l'UA peinant à réunir davantage d'effectifs alors qu'elle voudrait porter les effectifs à 6.000 hommes. La France a envoyé depuis début décembre 1.600 soldats dans le cadre de son "opération Sangaris". 

Bangui : manoeuvres en cours pour la présidence de la transition
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:12

 

 

 

 

 

BANGUI, 15 janvier 2014 09:46 (AFP) - Les partenaires internationaux de la Centrafrique ont demandé mercredi aux membres du Conseil national de transition (CNT), le parlement provisoire, de ne pas se porter candidats à l'élection du futur président par intérim prévue samedi.

 

"La communauté internationale exhorte le Conseil national de transition à ne pas se poser en juge et partie d'une élection essentielle pour la poursuite stratégique de la transition", a déclaré le général Noël Essongo, représentant du médiateur dans la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso, et président du comité technique de suivi.

 

Ce comité représente la communauté internationale, c'est-à-dire les principaux partenaires de la Centrafrique dans la crise qu'elle traverse, notamment la France, les Nations unies et la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).

 

La communauté internationale "invite le CNT à contribuer, par l'adoption de critères consensuels et l'exclusion de tous ses membres de la candidature, à des élections apaisées et transparentes", a précisé le général Essongo dans une déclaration à la presse.

 

Par ailleurs, elle "note avec satisfaction la mobilisation du CNT en vue de l'élection rapide du chef de l'Etat de la transition", a-t-il ajouté.

 

Les "parlementaires" devaient normalement valider mercredi l'agenda établi par le bureau du CNT qui prévoit un dépôt des candidatures jeudi et une élection dès samedi.

 

De différentes obédiences politiques, les 135 membres du CNT mis en place pour donner un vernis institutionnel à la transition, vont devoir s'entendre sur le nom d'un homme ou d'une femme qui aura l'immense tâche de rétablir l'ordre dans un pays déchiré par les violences, ravagé et en faillite.

 

La participation belge en République centrafricaine, décidée en Conseil des ministres mi-décembre, devrait commencer effectivement au début du mois de février, a estimé ce mercredi le ministre de la Défense Pieter De Crem en commission de la Chambre.

 

Des avions belges assureront des liaisons avec Bangui, la capitale centrafricaine, depuis des pays limitrophes, et un C-130 interviendra également pour la logistique.

 

La France souhaite une implication plus grande des autres pays européens, a souligné le ministre, mais «la Belgique n’a pas l’intention d’appuyer la MISCA» (mission en Centrafrique).

 

Le coût de l’opération pour la Belgique est évalué à un peu plus de 4 millions d’euros.

Les partenaires de la Centrafrique demandent aux "parlementaires" de ne pas se présenter à la présidence
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 00:09

 

 

 

 

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Sous la pression internationale, le président de transition en République centrafricaine, Michel Djotodia, a annoncé sa démission vendredi 10 janvier. Le pays se donne maintenant deux semaines pour choisir un nouveau chef d’État par intérim, qui devra assurer la transition institutionnelle jusqu’aux prochaines élections. En France, les Centrafricains suivent de près les événements, souhaitant avant tout un retour à la paix et à la sécurité, dans un pays où tout est à reconstruire. Entretien avec Sylvain Demangho, président du Collectif des Centrafricains de France.

 

JOL Press : En France, où se trouve principalement la diaspora centrafricaine ?
 

Sylvain Demangho : La majorité des Centrafricains de France se trouve à Paris et dans sa banlieue. La diaspora centrafricaine en France est assez nombreuse : les derniers chiffres parlaient de 6000 à 8000 personnes, mais je pense que l’on peut avancer le chiffre de 10 000 personnes, en sachant que parmi ces Centrafricains se trouvent des binationaux, c’est-à-dire franco-centrafricains.

 

JOL Press : Retrouve-t-on, au sein des Centrafricains qui vivent en France, les mêmes disparités ethniques et religieuses qu’en République centrafricaine ?
 

Sylvain Demangho : Tout dépend de ce que l’on met derrière ces « disparités » communautaires. Au-delà de l’appartenance ethnique et religieuse des gens, je pense que les Centrafricains ne se conçoivent pas à partir de leurs ethnies, mais à partir de leur appartenance à la nation centrafricaine. C’est un élément très important que l’on a tendance à oublier avec la médiatisation du conflit en Centrafrique qui apparaît, pour certains, comme un conflit interreligieux. Au sein des Centrafricains, il n’existe pas réellement de clivage profond entre ethnies ou entre religions. En France en tout cas, il n’y a pas ce phénomène-là. Et s’il existe, il doit être marginal.

 

JOL Press : Il y a donc plutôt un sentiment d’unité, de solidarité ?
 

Sylvain Demangho : Tout à fait. C’est l’appartenance à un même pays, à une même nation, qui prime. Les identités communautaires ne sont pas exacerbées ou en opposition avec d’autres. Il faut bien avoir à l’esprit que la communauté centrafricaine en France n’est pas un bloc, il y a plusieurs catégories sociales : il y a des Centrafricains qui sont des réfugiés politiques, il y en a qui sont des travailleurs, etc. S’il y a disparité, elle se situe donc à ce niveau-là. Mais depuis les récents évènements en Centrafrique, il y a un élan de solidarité avec ceux qui sont restés au pays. Il y a également des personnalités politiques qui s’organisent ici en France pour débattre de la question politique, et il y a ceux qui s’organisent également pour renforcer la solidarité en termes caritatifs.

 

JOL Press : Comment l’annonce de la démission du président Michel Djotodia vendredi dernier a-t-elle été accueillie par les Centrafricains de France ?
 

Sylvain Demangho : La démission a été diversement appréciée. Il faut savoir que le régime de transition qu’incarnait Michel Djotodia avait aussi ses partisans en France, tout comme l’opposition à ce régime-là. Globalement, le départ de Djotodia a été considéré comme une bonne chose, vu que les récents événements s’étaient cristallisés autour de sa personne. Je pense qu’il y a eu un consensus pour qu’il puisse partir et ouvrir la voie vers une transition plus apaisée. C’est ce sentiment-là qui prime chez les Centrafricains de France.

 

JOL Press : Comment le président Djotodia était-il perçu par les Centrafricains ?
 

Sylvain Demangho : La Centrafrique est un pays normal, comme la France, l’Italie ou le Portugal. Il y a donc ceux qui soutiennent le président Djotodia, qui ont cru en lui et au fait qu’il ait une vision pour le pays, et il y a ceux qui se sont opposés à lui. Il n’y a pas un sentiment unanime, « pour » ou « contre » Djotodia. Il faut aussi rappeler que Djotodia a toujours des partisans, au sein de l’armée par exemple, mais aussi des partisans politiques : il a des hommes derrière lui. Je pense que le départ de Djotodia s’inscrit dans une sagesse politique : il pouvait très bien ne pas partir, il avait les moyens de rester et de faire la guerre, mais s’il est parti, il a fait un choix relativement patriotique.

 

JOL Press : L’opposition à Michel Djotodia était-elle soudée ?
 

Sylvain Demangho : Il y a deux choses qu’il faut vraiment retenir : quand on parle de l’opposition en Centrafrique, il y a le groupe qu’on appelle l’opposition démocratique, constituée de partis politiques et d’associations républicaines et démocrates. Et il y a l’opposition militaire, entretenue en grande partie par l’ancien président, le général Bozizé, qui n’a jamais accepté son départ du pouvoir, et qui est derrière certains membres du groupe qu’on appelle « anti-balaka ».

 

Mais c’est l’opposition militaire qui a pris le dessus, puisque l’opposition politique démocratique a en fait accepté le consensus de la transition, pour que des élections puissent se dérouler à la fin de la transition. Les choses se sont exacerbées lorsque des groupes d’opposition militaire, autour des anti-balaka, ont commencé à agir. Il y a donc ces deux types d’opposition qu’il faut prendre en considération lorsqu’on analyse la situation en Centrafrique.

 

JOL Press : Quelles sont les attentes des Centrafricains concernant l’élection du prochain président de transition ?


Sylvain Demangho : La première chose qu’attendent les Centrafricains, c’est la paix, et avec elle, la sécurité. Il faut que la sécurité puisse être assurée sur l’ensemble du territoire : d’abord à Bangui, qui est la capitale politique, mais aussi dans l’arrière-pays. Il faut que l’on puisse désarmer les milices et les forces militaires conventionnelles et non conventionnelles, recréer une nouvelle armée nationale et que la gendarmerie et la police puissent travailler. Je pense que c’est cela la première attente.

 

La deuxième attente est d’ordre politique, puisque le problème, avant d’être ethnique ou confessionnel, est avant tout politique. Il faut donc résoudre le problème politique au travers d’élections, libres et transparentes, pour qu’enfin un nouveau pouvoir légitime et populaire puisse se mettre en place et reconstruire le pays.

 

JOL Press : Quels seront les défis du nouveau président ?
 

Sylvain Demangho : Les prochains défis sont énormes, puisqu’il y a tout le pays à reconstruire, mais c’est surtout la question sécuritaire qui prime. Ce n’est pas dans six mois ou dans un an que l’on résoudra cette question : cela doit être le premier défi du nouveau président par intérim – c’est après la transition que les élections « normales » seront organisées et qu’un président sera élu [au maximum début 2015, ndlr]. Il faut également que le nouveau président de transition puisse travailler sur la question de la réhabilitation de l’État : l’autorité de l’État doit être réhabilitée partout, que ce soit à Bangui ou dans l’arrière-pays. Il faudra aussi qu’il relance les activités économiques. Ce sont là les trois éléments-clés pour que le pays puisse sortir de cette situation difficile.

 

Il faut aussi parler d’une chose que l’on entend peu, c’est que le terreau sur lequel s’est développé le conflit centrafricain est le terreau de la pauvreté et de la misère. En République centrafricaine, entre 80 et 90% de la population vit dans l’extrême pauvreté, et c’est cette extrême pauvreté qui pousse les gens à prendre parfois les armes pour résoudre des questions politiques. Donc si l’économie marche et que les richesses du pays sont redistribuées de manière équitable, je pense qu’une bonne partie des problèmes centrafricains sera résolue.

 

JOL Press : Le nouveau président de transition devra-t-il compter sur l’armée pour mener à bien la sécurisation du pays ?


Sylvain Demangho : Quand on parle de la sécurisation du pays, l’armée joue en effet un rôle important. Or, l’armée actuelle est à genoux. Il faudra donc que le nouveau président reconstruise une armée nationale et patriotique, et ce que ne soit plus les milices qui jouent le rôle de l’armée. L’armée a toute sa place dans les perspectives du pays : une fois l’armée reconstruite, il faut que cette armée soit une armée républicaine et démocratique, qui ne passe pas son temps à faire des coups d’État. L’armée a donc clairement un rôle à jouer dans ce pays.

 

JOL Press : La France a-t-elle aussi encore un rôle à un jouer en Centrafrique ?
 

Sylvain Demangho : C’est une évidence. La France n’a jamais quitté ce pays depuis les années 60. On pense que la France est là-bas depuis le lancement de l’opération Sangaris. C’est une erreur : les forces françaises militaires n’ont jamais quitté la RCA. Avant même que l’opération Sangaris ne soit déployée en Centrafrique, il y a eu l’opération BOALI [en 2002].

 

La France aura toujours un rôle à jouer dans ce pays, mais tout dépend de la nature de ce rôle : faut-il que la France reste dans le schéma qui a prévalu depuis la période Bokassa, où elle a tout fait à la place des Centrafricains ? Ou bien faut-il essayer de construire un nouveau partenariat, plus équitable et respectueux ?

 

Je pense que les Centrafricains ont le droit de vivre leur souveraineté. La France ne peut que les accompagner. Le rôle que peut jouer la France est d’abord de sortir de ce que certains appellent la Françafrique. Il faut que la France s’inscrive dans un partenariat « gagnant-gagnant », comme on le dit aujourd’hui. On ne peut pas continuer à vouloir intervenir en Afrique comme si on était dans les années 40. Le monde a changé, la géopolitique mondiale aussi, et qu’on le veuille ou non, nous allons dans le sens d’une redistribution des cartes mondiales.

 

Il faut aussi savoir qu’il y a une élite centrafricaine qui n’accepte pas que le pays soit traité comme dans les années 60, où un Bokassa se faisait couronner empereur avec les soutiens d’un certain Valéry Giscard d’Estaing... Il faut sortir de ce schéma-là, et se tourner vers un schéma beaucoup plus avantageux pour la Centrafrique et la France, un partenariat que les Chinois appellent « win-win ». Voilà le rôle que la France peut jouer en Centrafrique.

 

Propos recueillis par Anaïs Lefébure pour JOL Press

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Sylvain Demangho est le président du Collectif des Centrafricains de France.

 

 

Lu pour vous : Centrafrique: «Le nouveau président devra réhabiliter l’autorité de l’État»
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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:59

 

 

 

 

 

 

Paris (AFP) - 14.01.2014 19:50

 

Le président François Hollande a affirmé mardi qu'en Centrafrique, la France "ne se substitue pas" aux Africains pour trouver une solution au conflit, et n'entend pas renforcer son dispositif militaire dans ce pays.

 

"Nous n'avons pas vocation à choisir les dirigeants de la Centrafrique", a affirmé le chef de l'Etat lors de sa conférence de presse semestrielle à l'Elysée: "La France aide, elle ne se substitue pas, ce temps-là est terminé, révolu."

 

Le président de la République a écarté l'éventualité d'un renforcement des effectifs français en RCA. "Non. Il y a 1.600 soldats, il y aura de plus en plus de forces africaines, à terme une opération de maintien de la paix, et le 20 janvier sans doute un renfort européen dont je ne peux pas encore préjuger", a-t-il fait valoir.

 

Il a réaffirmé sa volonté d'"en terminer avec ce qu'était depuis 40 ans la politique de la France à l'égard de la Centrafrique comme avec une partie de l'Afrique, où on défaisait et on faisait les présidents". "C'est fini, a-t-il dit. Ce que je veux, c'est sauver la population".

 

Rappelant que Paris est intervenu en RCA dans le cadre d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, il a souligné que "tout n'est pas réglé", un mois après le début de l'opération Sangaris pour tenter de stabiliser le pays. "Nous n'avons pas terminé le travail, nous allons le continuer, mais dans un contexte forcément différent", a poursuivi François Hollande.

 

D'abord, a-t-il dit, "parce que l'Europe va venir", soutenir les efforts de la France. Des opérations "pourront être décidées" le 20 janvier --à l'occasion d'une réunion des chefs de la diplomatie des pays de l'UE--, "aussi bien sur le plan sécuritaire qu'humanitaire".

 

"Nous veillons à ce qu'il puisse y avoir l'arrêt des exactions, des violences et des affrontements inter-religieux. Si une solution politique peut y contribuer, tant mieux. Encore faut-il qu'elle soit comprise par la population comme une réconciliation et pas un règlement de comptes", a-t-il poursuivi.

 

Paris, a-t-il dit, travaille "avec l'ensemble des pays de la région pour que la Centrafrique ne soit pas mise sous tutelle, mais soit capable à terme d'avoir une transition politique". Cela suppose "des élections, comme nous avons été capables de le faire au Mali".

 

Environ 1.600 soldats français sont déployés en RCA, au côté de plus de 4.000 soldats de la force africaine. "Là aussi, lorsque la mission aura rencontré le succès attendu, ces forces rentreront", a conclu le chef de l'Etat.

 

Le parlement provisoire centrafricain a ouvert mardi une session spéciale pour élire un nouveau président de transition, qui aura pour tâche d'incarner "la paix et la réconciliation nationale" dans un pays ravagé par des mois de violences.

 

© 2014 AFP

Centrafrique: la France "ne se substitue pas" aux Africains estime Hollande
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