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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 17:08
Leger remaniement gouvernemental à Bangui
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 15:20

 

 

 

20 juillet 2015 à 14h22 15h22 Par Pierre Boisselet  Jeune Afrique

 

Le ministre français de la Défense doit notamment rencontrer Denis Sassou Nguesso et Ismaïl Omar Guelleh lors d’une tournée africaine, du 22 au 28 juillet.

 

C’est une véritable tournée continentale que prépare le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. Entre le 22 et le 28 juillet, l’officieux « ministre de l’Afrique » de François Hollande doit visiter – au moins – trois pays.

 

Le Drian doit faire étape à en République du Congo, où il doit s’entretenir avec le président Denis Sassou Nguesso. Ce dernier, qui envisage une réforme de la Constitution de son pays – laquelle lui interdit de se présenter à l’élection présidentielle de 2016 – avait déjà été reçu par François Hollande à Paris le 7 juillet, ainsi que par le Premier ministre, Manuel Valls. Lors de cet entretien, il sera certainement question de la Centrafrique, où Brazzaville joue un rôle important et où la France est engagée.

 

Bangui sera d’ailleurs l’une des étapes de cette tournée. Jean-Yves Le Drian doit notamment rendre visite aux militaires français du camp de M’Poko. Leur image a été ternie par la révélation des actes de pédophilie dont se seraient rendus responsables plusieurs de ses anciens pensionnaires.

 

Mais c’est sans doute à Djibouti qu’il est attendu avec le plus d’impatience. Une visite de ce pays, qui se sent quelque peu délaissé par Paris, avait déjà été programmée en avril dernier avant d’être reportée. Jean-Yves Le Drian doit y visiter la base aérienne 188 et s’entretenir avec le président, Ismaïl Omar Guelleh.

 

lu pour vous : Jean-Yves Le Drian à Brazzaville, Bangui et (enfin) Djibouti
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:29

 

 

Regain d’attaque des hommes armés sur le corridor Bouar-Garoua- Boulaï

 

http://rjdh.org  Par Firmin Yaima le 20 juillet 2015

 

La situation sécuritaire sur le corridor Bouar-Gara-Boulaï devient de plus en plus inquiétante pour la population de la Nana-Mambéré et pour les usagers. La semaine dernière, plusieurs véhicules ont été incendiés sur ce tronçon.

 

« Le premier cas remonte au jeudi 16 Juillet où deux voitures de transports en commun à destination du village Lokoti pour la capitale ont été incendiées pas des hommes armés non identifiés.  Un chauffeur de camion a été abattu le samedi 18 juillet, dans un convoi qui revenait de Béloko pour Bangui », a-t-on appris des sources sécuritaires.

 

Face à cette montée de violence qui empêche la circulation des biens et des personnes sur cette voie, les usagers et la population de la Nana-Mambéré se plaignent de la flambée des prix des produits alimentaires dans la région.

 

Ils demandent le retour des Forces des Armées Centrafricaines(FACA) dans cette localité car « après le retrait des troupes camerounaises basées dans la ville de Baboua les mesures sécuritaires ne sont pas efficaces », d’après une source locale.

 

 

Réhabilitée, bientôt la réouverture de la morgue de l’hôpital de l’Amitié à Bangui

 

http://rjdh.org    Par Auguste Bati-Kalamet le 20 juillet 2015

 

La morgue de l’hôpital de l’Amitié, située dans le 4ème arrondissement de la ville de Bangui, sera opérationnelle le mercredi prochain. Une annonce fait ce lundi 20 juillet par, le Commandant Germain Piamalé, directeur de cette structure sanitaire. Les activités de ce service ont été suspendues depuis le mois de février à cause de la dégradation des chambres froides.

 

 « Les activités d’essai ont commencé ce lundi. La morgue pourrait être opérationnelle le mercredi 22 juillet. Les travaux de maintenance sont déjà finis. Le public pourrait venir déposer les parents décédés tout en respectant les conditions », a déclaré le directeur.

 

Les chambres froides peuvent fonctionner mieux maintenant, a dit Dr Piamalé. « La chambre qui peut contenir 300 corps fonctionne bien. Dans ce compartiment, les corps sont gardés environ trois jours. C’est la plus grande de toutes les morgues de la ville de Bangui », a-t-il indiqué.

 

Le Directeur de l’hôpital de l’Amitié a par ailleurs précisé qu’ « un autre compartiment qui contient quatre casiers, pouvant contenir deux corps chacun, est aussi aménagé. Les corps peuvent être gardés plus longtemps possible, pour des raisons d’enquêtes judiciaires, d’autopsie, entre autres ».

 

« Le gouvernement a donné des nouvelles pièces de rechange et l’hôpital de l’Amitié a investi une somme pour la maintenance et la main d’œuvre, afin que la morgue soit opérationnelle actuellement. Nous estimons le montant à six millions FCFA », a précisé le directeur.

 

La morgue de l’hôpital de l’Amitié a été fermée temporairement le 1er février, suite à des irrégularités d’électricité et la défaillance technique de la morgue.

 

 

Le candidat Sylvain Patassé appelle la population de Bria à s’inscrire massivement sur la liste électorale

 

http://rjdh.org  Par Sylvestre Sokambi le 20 juillet 2015

 

Sylvain Eugène Ngakoutou Patassé, candidat déclaré à la présidentielle de 2015, a appelé la population de Bria à s’inscrire massivement sur la liste électorale. Il a lancé cet appel à la mairie de Bria (Nord-est) lors d’une visite effectuée dans cette localité le samedi dernier.

 

Pour Sylvain Eugène Ngakoutou Patassé, s’inscrire sur la liste est un devoir civique que tout Centrafricain digne de ce nom doit assumer. « Nous nous approchons des élections mais pour pouvoir participer à ces échéances, il est capital de s’inscrire sur la liste électorale. S’inscrire est un devoir de citoyen centrafricain qui veut aider son pays à sortir de la crise actuelle », a-t-il fait savoir.

 

Il a appelé tous les habitants de Bria à s’inscrire massivement sur la liste électorale afin de donner leur avis sur la destinée de ce pays pour les cinq prochaines années. « Les élections sont capitales pour l’avenir de notre pays parce que nous allons choisir les nouveaux dirigeants qui vont gérer notre Nation dans les cinq prochaines années. C’est pour cela que je vous exhorte à vous s’inscrire massivement sur la liste électorale pour apporter votre contribution à la reconstruction de ce pays », a-t-il invité.

 

La visite du candidat Sylvain Eugène Ngakoutou Patassé à Bria a été marquée par des rencontres avec la population et les autorités administratives. C’est la première visite de ce candidat dans la ville de Bria depuis qu’il a déclaré sa candidature le 08 mars 2015 à Berberati.

 

Au moment où Sylvain Eugène Ngakoutou Patassé appelle la population à s’inscrire massivement sur la liste électorale, les opérations de recensement électoral n’ont pas encore commencé dans cette ville du Nord-est de la République Centrafricaine, ville fortement touchée par la crise que traverse ce pays depuis plus de deux ans.

 

 

Rapt du Sous-préfet et du Maire de Baboua

 

http://www.radiondekeluka.org  lundi 20 juillet 2015 12:02

 

Le Sous-préfet et le Maire de la sous-préfecture de Baboua dans la Nana-Mambéré ont été kidnappés par une bande armée assimilée aux éléments du Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine. Les faits se sont produits le dimanche 19 juillet 2015 aux environs de 17 heures à Goré, village situé à 35 Kms de Baboua.


Selon les informations recueillies par Radio Ndeke Luka, les autorités locales de cette Sous-préfecture s'étaient rendues à Bouar pour prendre part à une rencontre avec le ministre résident de la Nana-Mambéré en mission dans la localité. Un témoin qui requiert l'anonymat précise que "C'est depuis hier(dimanche) aux environs de 17 h que les populations de Baboua ont appris la mauvaise nouvelle du rapt des autorités locales de notre ville qui revenaient de Bouar alors qu'elles avaient pris part à une réunion avec le ministre résident de la Nana-Mambéré. Ils ont été surpris par les coupeurs de route basés vers Fambélé à environ 34 km de Baboua dans un petit village appelé Goré. Et c'est ici que les malfrats leur ont mis la main dessus ".


Ce témoin ajoute par ailleurs que les éléments de cette bande armée, avant de se retirer dans la brousse avec les deux personnalités, ont laissé entendre qu'ils vont les maintenir jusqu'à ce que le gouvernement puisse satisfaire leurs revendications (sans pour autant évoquer ces revendications).

 
Réactions

Devant ce challenge, le gouvernement a aussitôt réagi. Par le truchement de son porte parole - le ministre en charge de l'Administration du territoire et de la décentralisation, Bachir Walidou Modibo, il condamne cet acte. « Il y a une règle internationale qui veut qu'on ne parle pas beaucoup de tout ce qui est en rapport avec le kidnapping, les prises d'otage. Cependant, je ne m’empêcherais pas de vous dire que le gouvernement est au courant de cette affaire dès les premiers instants et condamne fermement ce genre d'action. Nous voudrions dire et faire entendre à tous que ce type d'action est à bannir absolument sur notre territoire ».


Du Côté des organisations de défense et de promotion des droits de l'homme, l'Observatoire Centrafricain des droits de l'Homme (OCDH), dénonce. « Nous dénonçons cet acte de barbarie pour certains de nos compatriotes qui pensent que la meilleure solution aujourd'hui, c'est de prendre les armes pour perturber la quiétude des populations », a déclaré Me Mathias Barthélemy Morouba.


Responsabilités


Face à une telle réalité, le Coordonnateur de l'OCDH demande que les forces internationales prennent leurs responsabilités pour assurer la sécurité des Centrafricains. « Il faudrait que les forces internationales qui assurent la protection des personnes civiles puissent prendre leurs responsabilités. Nous ne pouvons pas comprendre qu'ils sont là lourdement armés et chaque jour, c'est le peuple qui souffre ».


A défaut, que l'armée centrafricaine entre en scène : « Nous demandons que notre armée puisse sillonner ces zones là afin de mettre hors d'état de nuire tous ceux qui pensent qu'ils doivent continuer à perturber la quiétude des centrafricains », a souhaité Me Mathias Barthélemy Morouba.


Il y a quelques jours, les hommes armés ont fait une incursion au village Zoukombo situé à environ 30 Kms de Béloko, ville frontalière avec le Cameroun. Bilan de leur attaque, un chauffeur camerounais tué, 5 passagers centrafricains blessés par balle dont un bébé et une femme, 7 captifs dont 2 douaniers libérés quelques heures plus tard et un véhicule de l’église Luthérienne brûlé.


C'est depuis plus de deux semaines que ces hommes armés ont repris des attaques surprises dans la zone menaçant même de faire sauter des ponts sur l'axe Garoua-Mboulaï-Bangui afin de couper la liaison avec le Cameroun voisin. Un regain de tension qui intervient

Nouvelles nationales sur RJDH et Radio Ndéké Luka
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:18

 

 

 

20/07/15 (MondAfrique)

 

Experte indépendante sur la situation des droits de l'homme en Centrafrique, Marie-Thérèse Keita Bocoum présentera, en septembre prochain, son dernier rapport au Conseil des droits de l'homme des Nations unies. Après plusieurs visites dans le pays depuis février 2014, elle constate une amélioration de la situation sécuritaire toutefois liée en grande partie à l'effet dissuasif exercé par les forces internationales. "Les violences peuvent reprendre à la moindre étincelle" note-t-elle. D'après son analyse, la stabilisation du pays dépend en grande partie de la capacité des autorités centrafricaines et de la communauté internationale à mettre en oeuvre un politique efficace de lutte contre l'impunité pour sanctionner les crimes de guerre.

 

Dans un entretien à Mondafrique, elle fait le point sur la situation des droits de l'homme dans le pays.

 

Mondafrique. Vous vous êtes rendue à cinq reprises en Centrafrique. Lors de votre première visite en février 2014 quels problèmes majeurs aviez-vous identifiés à l’époque, pratiquement un mois et demi après l’éclatement de la crise ?

 

Marie-Thérèse Keita-Bocoum. D’abord une forte insécurité. Les milices anti balaka et ex Séléka sévissaient impunément partout dans le pays, accompagnant une forte montée de la délinquance. Tout le monde garde en tête les images terribles de personnes brûlées, découpées qui ont marqué ce conflit du sceau de l’horreur.

 

Deuxièmement, le pays était confronté à une absence d’autorité de l’Etat sur tout le territoire.

 

Troisièmement, et c’est aujourd’hui l’un des principaux défis à relever en Centrafrique : la lutte contre l’impunité n'est pas efficace. Je me souviens que lors de ma première visite, les principaux représentants de la justice dans le pays avaient peur d’appréhender les criminels. Les magistrats, trop peu nombreux, n'avait pas d’accès sécurisé au terrain. Les audiences étaient régulièrement interrompues par des casseurs. Or, puisque la magistrature ne pouvait exercer ses fonctions, les délais de détention légaux arrivaient le plus souvent à expiration avant qu’un jugement ait pu être prononcé. Les prisonniers étaient libérés. Sans compter que beaucoup d’entre eux parvenaient à s’échapper. Quand j’ai visité pour la première fois la prison de Ngaragba à Bangui, des détenus se sont évadés sous mes yeux.

 

Quatrième problème : l’absence de réconciliation. Les tensions socio-politiques ont très rapidement dégénéré vers un conflit intercommunautaire opposant Chrétiens et Musulmans. Cette division a gagné tout le pays où des ghettos se sont formés à l’image du quartier PK5 à Bangui où sont regroupés des populations musulmanes. Ces personnes étaient condamnées à rester cloitrer tandis que les forces françaises de Sangaris et les soldats de la Minusca devaient assurer la sécurité à l’extérieur. Pendant ma mission, il m’est arrivé de passer vers l’aéroport de M’Poko où les deux communautés étaient réunies dans des camps de réfugiés. D’un jour à l’autre, on m’informait que des femmes qui étaient sorties du camp de réfugiés avaient été abattues par les anti-Balaka. Bref, le tissu social était totalement détruit.

 

Mondafrique. Votre dernière visite remonte à fin juin 2015. Quelles évolutions avez-vous constatées depuis ?

 

M-T.K.B. L'insécurité a beaucoup baissé malgré une délinquence encore forte et une situation humanitaire très dégradée. Le nombre de déplacés a également diminué. Il est passé de 900 000 à 400 000 dans le pays et de 60 000 à 18 000 à Bangui. Nombre d'entre eux reviennent mais n’ont plus d’endroit où se loger ou craignent de revenir dans des quartiers d’où ils ont été chassés. Le quartier du PK5, enclave musulmane dans Bangui, recommence à vivre. Même s'il y a encore un manque de confiance, les communautés commencent à reprendre le dialogue dans certaines localités du pays.

 

Mondafrique. Vous parlez de la lutte contre l’impunité comme d’un défi primordial. N’y a-t-il pas cependant un risque d’alimenter les rancoeurs entre les parties adverses et d’entrer dans un cycle de revanche ? Comment concilier lutte contre l’impunité et stabilisation du pays ?

 

M-T.K.B. Il n’y a jamais eu de stabilisation dans les pays africains où la lutte contre l’impunité a échoué. La crise centrafricaine tire ses origines de plusieurs décennies de frustration, de discriminations, de mauvaise gouvernance et d’impunité. De nombreux forums de réconciliation ont eu lieu appuyés par plusieurs processus de DDR qui ont tous ont échoué. L’une des raisons principales de cet échec tient au fait que les gens continuaient à commettre des crimes sans être sanctionnés. Il ne faut donner aucun répit à l’impunité. Les coupables des crimes de droit international doivent pouvoir être poursuivis. S’ils sont jugés coupables, ils ne doivent plus participer aux activités politiques et socio-économiques du pays comme ce fut le cas dans le passé. Sinon, les victimes ont le sentiment de ne pas être prise en compte. Et cette crise a fait tant de victimes que ne pas aborder la question du respect des droits de l’homme reviendrait à semer les germes d’un nouveau conflit.

 

Mondafrique. Les autorités centrafricaines ont annoncé la création d'une Cour pénale spéciale (CPS) chargée d’enquêter, poursuivre et juger les violations graves des droits humains. Quel sera vraiment son rôle ?

 

M-T.K.B. La compétence de la CPS sera de juger les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et les génocides. Elle aura la particularité d'être composée de juges nationaux et internationaux. C'est la première fois qu' une telle institution est mise en place dans ce pays et la première fois que ce type de crimes y seront jugés. C'est un pas en avant qui devrait permettre de situer les responsabilités, rendre justice et protéger les victimes et les témoins. Le principal problème est que le pays n'a pas les moyens d'assurer sa mise en place. Il faut donc trouver vite des financements extérieurs.

 

Mondafrique. Le pays reste le théâtre d’importantes démonstrations de violences. On pense notamment aux tirs qui ont éclaté devant l’Assemblée nationale lors de la cérémonie de cloture du forum de Bangui en mars dernier. La situation ne demeure-t-elle pas très fragile ?

 

M-T.K.B. C’est évident. Aujourd’hui, même si l’on constate une amélioration de la situation sécuritaire, celle-ci est essentiellement liée à l’effet dissuasif des forces internationales. La sécurité, la paix, ne sont pas encore vraiment ancrées dans l’esprit des gens. Si demain on retire les forces internationales, les violences peuvent reprendre à la moindre étincelle. La situation reste très fragile et il y a encore de nombreux abus. Par exemple des déplacés centrafricains au Cameroun, au Congo ou au Tchad qui souhaitent rentré se voient souvent retiré déchirés leurs papiers à la frontière avant d’être déchirés. C’est un problème qui risque d’entacher le processus électoral.

 

Les progrès sont toujours assortis d’un « mais ». L’école primaire a repris dans plusieurs zones du pays mais pas le secondaire Les hôpitaux du quartier PK5 ont repris leurs activités mais si une personne a besoin de chirurgie elle ne peut pas sortir pour se faire soigner dans un établissement spécialisé et reste confinée. On perçoit une timide reprise du dialogue entre les communautés comme dans la ville de Boda par exemple mais les minorités dans les enclaves subissent des violences. Dans les corridors de transhumance par exemple, des peuls sont soupçonnés de commettre des violences contre les populations sédentaires.

 

Mondafrique. La question de la ciruculation des armes est au cœur du problème centrafricain. Si certaines milices sont cantonnées, leur désarmement n'est pas encore effectif et de nombreux civils circulent aussi armés.

 

M-T.K.B. Le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) n'a pas encore commencé. Ce qui est envisagé, c'est le lancement d'un pré-DDR, partiel, avant les élections. Il doit avoir pour objectif de satifaire les ex combattants et de rassurer la population avant le scrutin.

 

Mondafrique. Les forces internationales présentes sur le terrain font face à des actes de défiance de la part de la population. Des erreurs n'ont-elles pas été commises, notamment concernant les différences de traitements réservés au Séléka et aux anti balaka ?

 

M-T.K.B. La première fois que je me suis rendue en Centrafrique, les forces internationales commençaient tout juste à travailler. Quand j’y suis retournée, j’ai clairement constaté une différence. Le rôle de stabilisation qu’elles ont joué a permis notamment de relancer l’activité économique qui était tombée à plat. Une grande partie du commerce conventionnel et paralèlle était entre les des musulmans qui ne cessaient de fuir jusqu'à l'arrivée des forces internationales.

 

Le conflit avait par ailleurs quasiment stoppé la production agricole et la Centrafrique s’est retrouvée en grande partie alimentée par le Cameroun. Or, c’est la Minusca et la froce Sangaris qui ont permis de sécuriser la route reliant ce pays à Bangui, permettant ainsi une reprise du commerce. Elles ont donc permis en partie de ramener un minimum de liberté de circulation. Auparavant, les populations de certaines zones ne pouvaient plus accéder aux hôpitaux ou aux dispensaires s’ils n’étaient pas de telle ou telle religion.

 

On compte bien d'autres actions. Quarante femmes peuls séquestrées comme esclaves sexuelles par des anti balaka et portées disparues depuis deux ans ont été libérées par la Minusca.

 

Ces forces ont par ailleurs contribué à sécuriser des villes de l’intérieur comme Bria où l’administration centrale a pu se redéployer via le retour du préfet par exemple.

 

Mondafrique. Justement l’Etat qui n'avait quasiment plus aucune emprise sur le territoire reprend-t-il peu à peu ses droits ? Ce redéploiement s’est-il accompagné d’un retour de la justice et de la police qui sont encore aujourd’hui très faibles ?

 

M-T.K.B. Au niveau administratif, huit préfets ont été réinstallés sur seize et il y a encore très peu de sous-préfets. Mais le problème majeur reste effectivement l’état de la justice et celui de la police. Il y a trop peu de magistrats et la plupart n’ont pas encore été redéployés. Or, leur action est capitale notamment pour désengorger les prisons où sont détenues un trop grand nombre de personnes arrêtées pour des délits de droit commun. Le renforcement des capacités dans le domaine de la justice est absolument nécessaire pour assurer la lutte contre l’impunité. Du côté de la police, quelques progrès ont été réalisés à Bangui. Cinq commissariats jusqu’alors occupés par les anti balaka ont été rouverts et les forces de police ont reçu une formation par des instances internationales. Mais le pays a aujourd’hui besoin d’environ 30 000 policiers quand il n’en compte encore que 1500 appuyés par la gendarmerie pour tout le territoire…

 

Mondafrique. L’affaire des viols d’enfants en Centrafrique jette une ombre sur l’action des forces internationales que ce soit la force Sangaris ou la Minusca et les Nations Unies elles-mêmes qui ont été accusées de vouloir étouffer l’affaire.

 

M-T.K.B. Les enquêtes sont actuellement en cours, y compris au sein des Nations Unies et il faut attendre les résultats pour se prononcer. Mais il est clair que de tels actes atroces démontrent une défaillance de système qui doit être attaquée de plein front.

 

Mondafrique. Dans ce contexte encore tendu, les élections législatives et présidentielles qui doivent se tenir le 18 octobre prochain ne sont-elles pas prématurées ?

 

M-T.K.B. Sur place, bon nombre de mes interlocuteurs m'ont confié que les dates des élections leur semblaient prématurées. Et ce pour de nombreuses raisons. Le processus de recensement accuse beaucoup de retard. La question des déplacés internes et de leur participation aux scrutins reste entière. L'autorité de l'Etat n'a pas encore été suffisamment rétablie dans plusieurs régions et l'administration n'est pas en capacité de surveiller le déroulement des élections. L'insécurité à l'intérieur du pays peut faire craindre des débordements. Par ailleurs, les infrastructures et les moyens financiers à disposition sont insuffisants pour battre campagne. Le scrutin est ensuite prévu pendant la saison des pluies ce qui peut être dissuasif pour de nombreuses personnes. Enfin, il reste l'épineuse du vote des réfugiés sur le territoire et ceux de l'extérieur dont on ne sait pas s'ils vont être autorisés à voter. (1)

 

De toutes parts, les pressions sont fortes pour tenir le calendrier. Apparamment, la Banque Mondiale aurait même annoncé aux autorités qu’elle cesserait tout financement en janvier prochain si les élections n'avaient pas lieu aux dates fixées.

 

Mondafrique. Pensez-vous qu'il faille tout de même maintenir les scrutins dans ces conditions ?

 

Il faut essayer de surmonter les obstacles que j'ai évoqué un par un et se préparer pour des élections aux dates indiquées. Mais pour que ces objectifs soient réalisables, il est nécessaire que la communauté internationale finance suffisamment ces scrutins. Si par contre on se rend compte que ces obstacles ne sont pas surmontables à temps, il faut avoir la sagesse de réengager des discussions.

 

Marie-Thérèse Keita Bocoum : “En Lu pour vous : Centrafrique, il ne faut donner aucun répit à l’impunité”
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:13

 

 

Prorogation d’une semaine des inscriptions sur les listes electorales a Bangui

 

20/07/15 (APA)

 

Les opérations d’inscription sur les listes électorales ont été la prorogées jusqu’au 27 juillet prochain dans les huit arrondissements de Bangui, a annoncé Mme Marie Madeleine Nkouet Hooernaert, Porte-parole de l’Autorité Nationale des Elections (ANE)

 

Il faut dire que c’est la deuxième fois que les opérations d’enrôlement des électeurs ont été prolongées à Bangui, la capitale.

 

Face à la presse samedi à Bangui, pour dresser le bilan des inscriptions des électeurs sur la liste électorale entamées le 29 juin dernier à Bangui, le Rapporteur général du l’ANE qui est aussi porte-parole de l’organe en charge des élections, a expliqué que le dernier chiffre global des inscrits est de 237.023 sur les 300.000 électeurs attendus pour ces scrutins de 2015, soit 80% d’inscrits pour la capitale.

 

Abordant la question du démarrage des activités de recensement dans les autres régions du pays, Marie Madeleine Nkouet Hooernaert a souligné que grâce à l’appui de la Mission Multidimensionnelle Intégrée pour la Stabilisation des Nations-Unies en République Centrafricaine (MINUSCA), tout le matériel de recensement a été convoyé dans les provinces.

 

A partir du 20 juillet 2015, le déploiement des formateurs dans les autres préfectures, suivant le respect de la même procédure, c’est-à-dire la formation des formateurs, des agents recenseurs puis le démarrage des opérations de recensement.

 

 

Un nouveau Chef d’Etat-major Général à la tete des Armées Centrafricaines

 

20/07/15 (APA)

 

Le Général de Brigade André Bonaventure Lenanguy a été nommé nouveau Chef d’Etat-major Général des Armées centrafricaines en remplacement du général de brigade François Mobebou démissionnaire depuis plus d’une semaine.

 

Le sous chef d’Etat Major adjoint est le Colonel Bonaventure Désiré Bakossa jusque- là responsable des opérations.

 

D’autres officiers généraux ont aussi été nommés à des postes de responsabilités au niveau du Ministère de la Défense à l’exemple du général Ludovic Ngaïfé qui fut l’un des chefs d’Etat Major de François Bozizé.

 

Le Ministère de la Défense érigé en ministère d’Etat a été confié pour la première fois à une Dame, Mme Marie Noëlle Koyarara qui a entrepris des réformes pour permettre aux Forces Armées Centrafricaines « FACA » d’être opérationnelles.

 

Malheureusement, l’embargo des Nations Unies sur la vente des armes à la Centrafrique constitue un frein à l’opérationnalisation des Forces Armées Centrafricaines.

 

 

Bangui se défend d’avoir pillé ses forêts pour entretenir la guerre civile

 

20/07/15 (APA)

 

Le ministre centrafricain des Eaux et Forêts, Isabelle Gaudeille, s’est offusqué de la parution d’un rapport de l’Ong britannique Global Witness expliquant que l’exploitation des bois centrafricains a servi à alimenter la crise dans son pays.
 

Ce rapport date de 2013 et ne correspond plus à la réalité sur le terrain en Centrafrique, explique-t-elle, ajoutant que le document de l’Ong britannique Global Witness date de l’époque où le pays était dominé par des groupes armés qui faisaient régner leurs lois.

 

‘’Ce rapport doit être purement et simplement retiré de la circulation car il ternit l’image du pays », assène-t-il, soulignant que le document a des conséquences négatives sur l’économie centrafricaine, car les bois sont une des ressources qui renflouent les caisses de l’Etat.

 

Selon elle, si suite à ce rapport le bois centrafricain n’est plus exporté, le pays va manquer de revenus substantiels et beaucoup de personnes seront en chômage et la pauvreté aidant, la crise risque de resurgir dans le pays.

 

Nouvelles nationales sur APA
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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 14:07

 

 

 

Comment écrire sur la bêtise? Est-ce nécessaire de répondre à la calomnie ? Depuis bien longtemps, et ceux qui me connaissent le savent, j’ai compris que face à la médisance, il n’y pas une arme plus redoutable que le silence. C’est pourquoi, depuis un certain temps,  j’ai accepté sifflets et huées, avec le délire et l’inanité que cela entraine. J’ai même laissé passer des énormités, comme cette fois où l’on a écrit que j’aurais « dérobé » l’équivalent de mille euros (665000 FCFA) dans le sac du Premier Ministre. Jusqu’à ce jour…

 

Alors que je tente de me remettre de l’attaque ce 16 juillet 2015 de mon véhicule (il faut voir les photos pour imaginer la violence de l’attaque) par une bande armée à quelques sept (7) kilomètres de la ville de Beloko sur l’axe Bangui-Garoua-Mboulaï et que je n’ai eu la vie sauve que grâce à la bonté divine, une folle rumeur aussi fantaisiste que délirante circule à mon nom. Ces allégations, répandues dans le seul dessein de nuire, laissent entendre que je serais en « cavale » parce que j’aurais échappé « de justesse à une arrestation spectaculaire pour faux usage de faux, usurpation et falsification de signature du Premier Ministre, avec utilisation frauduleuse de compte public ». Qu’en plus, je serais « impliqué dans des pratiques régulièrement irrégulières de paiement des titres du trésor à des particuliers et des entreprises contre ristournes ». Qu’entre autres, j’utilisais ma « position » et « apposais » des visas du Premier Ministre, ordonnateur des dépenses de l'État, sur des ordres de paiements du trésor, avant de les amener au Ministre des Finances et du Budget ou le Ministre Délégué afin d’engager le paiement ». Et que finalement, je me serais « fait attraper en début de semaine »  et que je serais allé voir le Ministre des Finances pour « m’agenouiller et demander pardon ».  Et que malgré cela, une procédure judiciaire serait ouverte contre moi et que j’ai fui en laissant une ardoise à l’hôtel Oubangui où je logeais depuis quasiment un an à mes frais. 

 

Je voudrais ici rappeler ceci: 

 

C’est le 27 juin dernier que je suis parti de Bangui, avec l’autorisation de Madame le Chef de l’État de la Transition, pour participer à une assemblée générale en France. Lorsque fut publié ce 6 juillet 2015 le décret portant réorganisation du Cabinet de la Primature, je me trouvais encore en France. Je suis donc rentré à Bangui le 11 juillet et me suis entretenu seul à seul, pendant près d’une demie heure avec le Premier Ministre Mahamat Kamoun le lundi 13 juillet. Au cours de cette rencontre, le Premier Ministre, à qui j’ai remis une lettre de remerciement, a affirmé me conserver « toute sa confiance ». Mais qu’il a été contraint de me débarquer de son Cabinet pour deux raisons: la première est liée à la tribune que j’ai publiée sur la fin de la transition qui, selon lui, a été diversement appréciée tant au niveau local qu’international. La seconde est consécutive à la publication du chronogramme des élections. Bien que ce communiqué de presse ait été validé par son directeur de cabinet avant sa publication et qu’il entre dans le droit-fil des précédents communiqués sanctionnant les réunions du Comité stratégique de suivi des élections, il a provoqué une grave crise au sommet de l’État. Certains, notamment le président du CNT, ont pu penser que le Premier Ministre et son cabinet entendent écarter l’ANE de l’organisation des élections. À preuve, affirment-ils, toujours selon le Premier Ministre, c’est son conseiller spécial qui a publié le chronogramme électoral. C’est dans ces conditions qu’il a été amené, suite aux fortes pressions subies, de mettre un terme à mes fonctions. Des choses et d’autres ont été dites au cours de cet entretien que je me garde bien de livrer ici. 

 

C’est donc ce lundi et en compagnie de l’ancien Ministre d’État Christophe Gazam-Betty  à qui je venais de céder mon ancien bureau que j’ai croisé le Ministre Kadr dans les couloirs de la Primature. Ce dernier nous a informé qu’il devait se rendre à Ndele pour demander à un groupe des ex-Séléka de cesser de déranger la population. Il a même promis me téléphoner pour que nous fassions le déplacement de Ndele ensemble. Tout ceci s’est passé en présence d’un témoin oculaire, M. Christophe Gazam-Betty. Je n’ai jamais fait payer quelques titres du trésor que ce soit. Jamais je me suis pointé dans le bureau du Ministre des finances ou du Ministre délégué avec un titre du trésor, revêtu de quelque ordre du Premier ministre. Je me suis jamais agenouillé devant quelque individu, fût-il ministre des finances, que ce soit. Surtout que l’on se connait tous dans ce pays…  

 

Alors d’où ça vient que je me serais fait attraper (où à propos de quoi) en début de semaine ? À ma connaissance et jusqu’à preuve du contraire, aucune procédure judiciaire pour un quelconque délit n’est ouverte contre moi. Je mets quiconque au défi de m’apporter les preuves de ces allégations. Ce n’est pas à force de répéter un mensonge qu’il devient une vérité. Je suis parti de Bangui non pas comme un fugitif (un fugitif ne voyage pas avec son véhicule personnel et ne se présente pas es qualité aux barrières de la gendarmerie. Lorsque j’aurais fini de suivre des soins contre le traumatisme de l’attaque du 16 juillet, je rentrerais à Bangui pour répondre, le cas échéant, à ce dont la justice de mon pays me reproche. Cette cabale savamment orchestrée participe d’une logique que nous savons mais nous sommes prêts à livrer bataille et à être impitoyable. Nous avons également des dossiers et nous avons connaissance du plan que certains veulent nous imposer. 

 

Quant au reste, j’ai la conscience de celui qui n’a rien à se reprocher. Et comme écrivait Aimé Césaire, « haïr, c’est encore dépendre ». Je n’haïrai point tous ceux qui me veulent du mal. Même pas ceux qui ont ouvert le feu sur mon véhicule et m’ont dérobé argent, ordinateurs et téléphones portables. 

 

Adrien Poussou

 
Ancien Ministre 

"Je suis vivant, grâce soit rendue à Dieu !" par Adrien Poussou
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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 11:27

 

 

 

CONVENTION REPUBLICAINE POUR LE PROGRES SOCIAL                               

                                                          

 

La « Convention Républicaine pour le Progrès Social » (CRPS) exprime sa vive préoccupation sur la polémique relative au vote des réfugiés et sur l’instrumentalisation du fait religieux à des fins politiques.

 

En raison du coût élevé des prochaines consultations électorales, la communauté internationale avait demandé et obtenu le couplage des élections présidentielle et législatives et la suspension de la biométrie pour les scrutins de 2015.

 

Un consensus de toutes les forces politiques et sociales du pays sur la question ayant été préalablement obtenu au sein du Cadre de Concertation sur les élections, le Conseil National de Transition  (CNT) avait voté la loi de révision des dispositions concernées du code électoral.

 

La Cheffe de l’Etat de Transition avait alors soumis le texte à la Cour Constitutionnelle de Transition pour vérification  de sa  conformité à la Charte Constitutionnelle de Transition.

 

La Cour, excipant de son droit d’examiner l’ensemble du code électoral va constater que ce code n’a pas intégré le vote des réfugiés et elle va décider le 15 janvier 2015 que ces derniers doivent participer aux élections.

 

Le Cadre de Concertation ayant été saisi, aucun consensus n’a été dégagé et il a été recommandé au CNT  de prendre ses responsabilités. Celui-ci, rejettera le projet de loi relatif au vote des réfugiés.

 

C’est alors que des voix vont s’élever pour affirmer que ce rejet est dirigé contre les musulmans.

 

Les délégués réunis au sein du Cadre de concertation sur les élections  et  les Conseillers nationaux n’ont jamais évoqué la question du vote des réfugiés à travers le prisme de la religion. Il n’a jamais été question d’exclure les musulmans qui ont les mêmes droits que les chrétiens et les animistes des futures élections.

 

Les débats au sein du Cadre de Concertation les 20 et 21 juin 2015 portaient sur des aspects juridiques et politiques suivants :  

 

1/ Si les décisions de la Cour Constitutionnelle de Transition s’imposent à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, celle-ci étant une juridiction, ses propres décisions s’imposent aussi  à elle. Le code électoral ayant été promulgué le 13 novembre 2013 après une décision de  conformité de la Cour Constitutionnelle de Transition qui n’avait pas jugé utile d’évoquer le droit de vote des réfugiés, cette décision passée en force de chose jugée s’impose à elle, sauf à reconnaître qu’elle a commis une erreur de droit.

 

2/ La Cour, ayant déjà examiné en 2013 la conformité de l’ensemble du code électoral à la Charte Constitutionnelle de Transition, elle devrait se prononcer uniquement sur les dispositions révisées qui étaient des dispositions nouvelles. En ajoutant proprio motu c’est à dire de son propre chef le vote des réfugiés qui n’avait pas fait l’objet d’une loi votée par le CNT, elle a statué «  ultra petita » c’est-à-dire au-delà de ce qui lui est demandé.

 

Cette décision viole ostensiblement l’article 76 de la Charte Constitutionnelle de la Transition et l’article 10 de la loi N°13.002 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle de Transition qui disposent que cette dernière « est chargée de :

 

-juger de la constitutionnalité des lois organiques et ordinaires, déjà promulguées ou simplement votées, des règlements ainsi que du Règlement Intérieur du Conseil National de Transition »

 

3/ Les cartes de réfugiés ne fournissent pas de garanties suffisantes sur la nationalité centrafricaine pour l’exercice du droit de vote.

 

4/ L’interdiction de battre campagne sur les sites des réfugiés rend aléatoire le choix de ces derniers sur les projets de société et les programmes des candidats.

 

5/ L’impossibilité pour les représentants des candidats de surveiller les opérations de vote et de dépouillement constitue des risques majeurs de fraude massive, source d’une nouvelle crise politique.

 

La réalité historique est que la politisation de la question musulmane a été systématisée depuis 2014 par la communauté internationale.

 

En effet, la résolution 2149 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 10 avril 2014 exprimait déjà sa préoccupation : sur « la situation humanitaire catastrophique en République Centrafricaine, mettant tout particulièrement l’accent, à cet égard, sur les besoins humanitaires des personnes déplacées et des réfugiés dans les pays voisins, dont le nombre dépasse respectivement 760.000 et 300.000 et qui sont pour une grande part de confession musulmane »  et «insiste également sur le fait que les déplacés et les réfugiés centrafricains doivent participer aux élections et que leur retour doit être considéré comme un objectif majeur ».

 

Si certains insistent sur le caractère inclusif des prochaines élections, d’autres reprennent l’argument confessionnel comme le porte-parole des chefs traditionnels  Peulh de Centrafrique qui considère que « l’exclusion de ces réfugiés dans ce processus électoral …sera considérée comme une volonté d’exclure la minorité musulmane en général et les peulhs en particulier contraints à l’exil… ».

 

C’est aussi la position du Haut-Commissariat des Réfugiés en Centrafrique  dont le représentant demande  l’arbitrage de la Cour Constitutionnelle de Transition, ignorant que la Cour ne peut pas se prononcer sur un projet de loi rejeté par le Parlement.

 

La CRPS affirme que le vote n’est ni musulman ni chrétien. Il sera républicain et citoyen ou bien il ne sera pas.

 

Elle ne partage pas l’approche religieuse du vote telle qu’exprimée tant au sein de la communauté internationale que parmi certains compatriotes. La conception confessionnelle du vote est porteuse de germes potentiels de  graves conflictualités.

 

La Cour Constitutionnelle de Transition doit respecter les règles de sa propre compétence.

 

Enfin, la promulgation d’un projet de loi rejeté par le Conseil National de Transition constituera un acte de forfaiture.

 

                                                                       Bangui, le 18 juillet 2015

 

                                                                       Le Président du Directoire Politique Provisoire

 

                                                                                   Me Nicolas TIANGAYE

   COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CRPS SUR LA QUESTION DU VOTE DES REFUGIES
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 17:31

 

 

 

PAR THOMAS CANTALOUBE ET CELHIA DE LAVARÈNE MARDI 14 JUILLET 2015 (MEDIAPART)

 

Deux mois après la révélation de viols commis par des soldats français en Centrafrique, Mediapart a pu étayer la validité des accusations et le fait que les abus sexuels continuent aujourd'hui avec différents contingents. Ces crimes se déroulent dans le contexte d'un pays où les Occidentaux se croient souvent tout permis.

 

Quand on s’intéresse à la République centrafricaine, il devient vite difficile de ne pas songer à la fameuse maxime du dictateur mexicain Porfirio Diaz sur sa propre nation, et d’avoir envie de la paraphraser : «Pauvre Centrafrique, si loin de tout et si proche des Français… »

 

Depuis les années 1970, le pays est littéralement en chute libre, géré par des satrapes qui se chassent coup d’État après coup d’État, bien souvent avec la bénédiction de l’ancienne puissance coloniale ; l’économie, même celle du diamant, tourne au ralenti ; les infrastructures se détériorent, rendant de nombreux pans du territoire inaccessibles ; les frontières sont des passoires dont profitent les puissants voisins (Tchad, Soudan, Congo…) ou des milices transnationales comme l’Armée de résistance du Seigneur de Joseph Kony. En 2013, un groupe rebelle à majorité musulmane, la Séléka, s’est emparé du pouvoir et a soufflé sur les braises du confessionnalisme au point de susciter la crainte d’un génocide. Cette angoisse, sincère, d’un nouveau Rwanda en miniature a brièvement mobilisé la communauté internationale et provoqué l’intervention en urgence de l’armée française début décembre 2013 : ce fût l’opération Sangaris, approuvée par l’ONU et soutenue par la plupart des puissances occidentales et africaines.

 

Depuis cette date, la seule chose positive que l’on puisse honnêtement affirmer est que la situation n’est pas devenue pire. Pas pire. S’agissant de la Centrafrique, les capitales étrangères et les institutions internationales se contentent de ce bilan… La France en premier lieu.

 

La révélation, fin avril 2015 par le journal britannique Guardian, d’un rapport de l’ONU dénonçant des abus sexuels commis par des soldats français de la force Sangaris entre décembre 2013 et juin 2014, est venue sortir tout le monde de sa torpeur. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, est rapidement monté au créneau en assénant dans le Journal du dimanche : «Si les faits sont avérés, je ne mesurerai pas ma colère, parce que lorsque le soldat français est en mission, il est la France. Si d'aventure un seul d'entre eux a commis de tels actes, qu'il se dénonce immédiatement. »

 

La formule était curieusement alambiquée, car non seulement le ministère de la défense était au courant du rapport interne de l’ONU décrivant ces violences sexuelles depuis au moins huit mois, mais les enquêtes diligentées par la justice française et l’armée ne laissent guère de doutes. Selon de nombreux témoignages recueillis et recoupés par Mediapart à Paris, à Bangui, à Genève et à New York, les abus sexuels commis par des soldats français ont bel et bien eu lieu, entre décembre 2013 et juin 2014 en Centrafrique, des officiers étaient au courant, et il y en eut d’autres que ceux contenus dans le rapport.

 

Par ailleurs, les viols et le recours à la prostitution de mineures de la part des contingents internationaux, pas nécessairement français, continuent à la date d’aujourd’hui. Enfin, le comportement de nombreux représentants hexagonaux sur place étant tout sauf irréprochable, il est probable que cette affaire de viols a été volontairement balayée sous le tapis, pour ne pas exposer d’autres dérives.

 

Cette histoire démarre entre février et mars 2014 quand des enfants du camp de M’Poko à Bangui, un vaste rassemblement de près de 100 000 réfugiés qui jouxte la base de l’armée française sur l’aéroport, se plaignent d’abus sexuels commis par des soldats tricolores, auprès d’une ONG locale qui assiste les gamins des rues. Ces dénonciations remontent lentement jusqu’à l’antenne des Nations unies chargée des droits humains (OHCHR), qui s’empare du sujet fin avril. Aux mois de mai et juin, une experte de la section justice et droits humains de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA), spécialisée dans la protection de l’enfance et accompagnée, selon les cas, d’un ou deux représentants de l’UNICEF, interroge six jeunes garçons âgés de 9 à 13 ans.

 

Leurs témoignages sont précis, détaillés et concordants (voir ci-contre le rapport de l’ONU sur leurs interviews, où nous avons noirci toutes les identifications des enfants, de leur famille, et des personnels humanitaires). Les six garçons, certains orphelins, d’autres vivant avec leur famille sur le camp, décrivent des situations souvent identiques : ils réclament de la nourriture aux soldats français stationnés au check-point à l’entrée de la base, ces derniers les font venir dans un abri juste à côté, et leur demandent une fellation. Les militaires leur font parfois visionner une vidéo porno sur leur téléphone portable pour leur montrer ce qu’ils attendent d’eux, et dans au moins un des cas, un gamin est sodomisé.

 

À chaque fois, cela se termine de la même manière : les enfants reçoivent des rations militaires, un peu d’argent et la consigne de se taire. La lecture de ces témoignages est crue et montre une réalité de domination particulièrement malfaisante.

 

Dans ce document, les victimes identifient également une douzaine d’agresseurs soit avec des détails physiques (grain de beauté, tatouage, couleur de peau…), soit avec leur surnom (Batman, Nico, Jean…), et même dans un cas leur fonction (sniper sur le toit de l’aéroport). Surtout, il ressort de ces témoignages que les garçons servaient également de rabatteurs de prostituées pour les soldats. «Quand cette histoire a été révélée, ce qui a surpris les Banguissois c’est qu’il s’agissait de jeunes garçons, alors que les jeunes filles violées sont monnaie courante », raconte le directeur d’une ONG qui fait la navette entre Bangui et l’Europe. « Nous avons récemment recueilli le témoignage de plusieurs jeunes filles entre 12 et 15 ans qui disent avoir été violées par des soldats européens, sans être capables de dire s’il s’agissait de Français ou de ceux de l’EUFOR. »

 

Le gouvernement français ne remet pas en cause le fond de l’histoire

 

Pour la directrice juridique d’une grande ONG internationale, qui a passé plusieurs mois à Bangui en 2015, «ces jeunes garçons sont avant tout des rabatteurs de prostituées. Ils se sont sentis humiliés quand ils ont été violés et c’est probablement pour cela qu’ils ont dénoncé les soldats. Mais la réalité, c’est que ce sont principalement des jeunes filles qui sont victimes : un tiers de celles qui viennent nous voir pour des violences sexuelles sont des mineures.

 

C’est malheureusement un cas classique de "sexe contre nourriture", que l’on voit fréquemment dans ces situations. »

 

Une journaliste française, qui s’est rendue plusieurs fois au camp de M’Poko au premier semestre 2014, se souvient que «des gamins vendaient des rations militaires françaises dans la rue, ce qui est fréquent dans ce genre de cadre, mais il y avait des rumeurs persistantes, que je n’ai jamais entendues ailleurs, sur le fait que les rations étaient achetées. Cela revenait sans arrêt dans les conversations ». Par ailleurs, souligne-t-elle, «les relations entre les soldats français et la population du camp se sont très vite détériorées, en quelques semaines seulement. Il y avait bien sûr le contexte politique tendu entre les Sélékas et leurs opposants anti-balakas, dont les Français étaient jugés trop proches, mais aussi des questions personnelles entre les réfugiés et les militaires tricolores qui étaient fréquemment traités de "voleurs de diamants". L’ambiance était franchement malsaine».

 

L’UNICEF a confirmé à Mediapart n’avoir effectué que six entretiens, mais au moins trois sources différentes, à Genève et à New York, à l’ONU et dans des ONG opérant en Centrafrique, affirment qu’il existe d’autres cas d’abus sexuels qui ne figurent pas dans le rapport onusien. «Il y a plus d’enfants concernés que ceux du rapport », indique une des sources. «Des soldats géorgiens de l’EUFOR sont également impliqués lorsqu’ils ont pris la relève des Français au contrôle du check-point à l’entrée de la base. »

 

Quand l’affaire des viols a été révélée fin avril 2015, un certain nombre de voix (dans l’armée française, mais aussi dans la presse) ont mis en doute la véracité des témoignages, en attribuant les récits des garçons centrafricains à la «rumeur de camps de réfugiés».

 

Mais c’est une donnée que les personnels spécialisés de l’OHCHR et de l’UNICEF connaissent très bien, notamment la question du «témoin contaminé» (un individu qui répète ce qu’il a entendu et non pas ce qui lui est vraiment arrivé). L’UNICEF assure que les personnes qui ont mené les entretiens étaient parfaitement formées et, de plus, deux fonctionnaires internationaux qui connaissent bien la spécialiste de l’OHCHR ayant conduit les interviews garantissent son grand professionnalisme (jointe par Mediapart, elle n’a pas souhaité nous répondre, attendant le résultat d’une enquête interne de l’organisation).

 

Par ailleurs, et c’est le point principal, le gouvernement français, en dépit des précautions oratoires de Jean-Yves Le Drian (« Si les faits sont avérés ») ne remet pas en cause le fond de l’histoire.

Un spécialiste français des questions de défense qui a suivi cette affaire, lui-même officier, indique : « Personne dans l’état-major ne dit "Ce n’est pas possible", et tout le monde dit "Ça peut arriver". »

 

Toutefois, pour lui, il n’y a pas eu de tentative d’étouffer l’affaire au plus haut niveau : «Il est possible que plusieurs bataillons soient concernés et qu’un ou deux soldats par bataillon soient responsables de ces abus, ce qui diluerait cette affaire et l’aurait rendue invisible. Il est possible aussi qu’un officier ait décidé de ne pas faire remonter les abus qu’il aurait appris. »

 

Il est difficile de croire qu’entre la date des premiers abus (décembre 2013), la période où ils parviennent aux ONG (février-mars 2014), puis à l’ONU (avril 2014) et les entretiens avec les enfants (mai-juin 2014), le commandement militaire français sur place n’ait rien su. Officiellement, les Français découvrent les faits lorsque Anders Kompass, le directeur des opérations de l’OHCHR, transmet le rapport avec les interviews des enfants à l’ambassadeur français à Genève, qui le fait remonter à Paris.

 

Pourtant, un expert des droits de l’homme travaillant pour une ONG française, qui s’est rendu à plusieurs reprises en Centrafrique, est parvenu à confirmer cette histoire auprès de plusieurs sources : «Un soldat français échangeait de la nourriture contre des fellations avec un gamin. Un jour, il y a été un peu trop fort avec le gamin, qui a eu très mal et l’a dit à sa mère. Celle-ci l’a battu puis a été se plaindre auprès des ONG (c’est probablement le récit de l’interview n° 3 dans le rapport de l’ONU). Le chef de section du soldat l’a appris et lui a cassé la gueule. Cela a été tellement violent qu’il a fallu rapatrier le soldat en France. »

 

Autrement dit, au moins un officier français aurait été au courant d’un abus sexuel. A-t-il pu le garder pour lui au vu des circonstances, ou l’a-t-il fait remonter dans la hiérarchie ?

 

Deux autres sources, l’une dans une institution internationale en Centrafrique, et l’autre à l’OHCHR à Genève, affirment à Mediapart que le commandement français à Bangui était au courant de ces abus bien avant le rapport onusien. Elles portent ces accusations sur la base de discussions avec des fonctionnaires internationaux, mais ne sont pas en mesure d’en apporter la preuve.

 

«Les militaires français ne savaient pas où ils étaient !»

 

De toute manière, il y a forcément une défaillance de l’armée française selon la directrice juridique de la grande ONG internationale : «Le rôle d’un commandant, c’est de se tenir au courant, pas juste d’être informé par ses troupes. Il y aura toujours des brebis galeuses partout, et c’est pour cela qu’il faut des procédures de prévention et un dispositif de lanceur d’alerte.» Et elle ajoute : « Le vrai problème, c’est que cela continue aujourd’hui, qu’il s’agisse des Français ou d’autres contingents de soldats. »

 

Chose rare, l’ONU elle-même a rendu publics au mois de juin 2015 d’autres cas d’abus de casques bleus sur des mineurs en Centrafrique, dont certains auraient donné lieu à des grossesses. La nationalité des soldats n’a pas été révélée. C’est une affaire qui s’ajoute au lourd passif des casques bleus en la matière. La tradition du silence est lourde et le ministère de la défense français n’est pas en reste : sachant qu’il a été informé, au plus tard, du rapport de l’ONU sur les abus en juillet 2014, il a choisi de se taire pendant huit mois, attendant l’article du Guardian pour lancer une enquête pénale.

 

Selon un proche de l’état-major français, l’armée dit ne pas réussir à identifier la douzaine de soldats décrits dans le rapport, notamment parce que certains d’entre eux auraient quitté les armes (il y a un taux de rotation de 20 % par an au niveau des simples soldats). Pourtant, une source militaire a du mal à croire à cette version : «L’armée tient des registres très précis de qui était sur le check-point et quand. Il suffit de passer tous ces noms au crible. » Et, selon un fonctionnaire international à Bangui qui a eu connaissance de l’affaire très tôt : «Plusieurs soldats français identifiés dans le rapport sont restés en Centrafrique jusqu’à la fin 2014.» C’est-à-dire bien après que les autorités françaises ont reçu le rapport de l’ONU.

 

Si la Centrafrique n’a pas l’apanage de ces histoires de viols et de « sexe contre nourriture», il y a néanmoins quelque chose de spécifique à la manière dont l’opération Sangaris a été menée et à la manière dont la France (et, dans une moindre mesure, les autres Occidentaux) se comporte dans ce pays. «Les Français en République centrafricaine ne cessent de faire des accommodements avec la réalité », juge Roland Marchal, chercheur au CERI qui connaît bien le pays. « Il y a en permanence cette idée que l’on fait déjà beaucoup pour ces gens qui ne le méritent pas. »

 

L’opération Sangaris a été décidée très vite, soustendue par l’idée qu’il fallait intervenir rapidement pour prévenir un génocide. Pour l’officier spécialiste des questions de défense, «c’est une opération dont les difficultés ont été sous-estimées par le responsable opérationnel à Paris, le général Didier Castres. L’officier placé à la tête de l’opération, Francisco Soriano, est considéré comme un bon mec, mais il est devenu général sur le tard et il n’est pas de la trempe dont on fait un chef d’état-major ». Selon plusieurs journalistes et humanitaires qui ont suivi le déploiement des forces françaises en décembre 2013 et janvier 2014, les conditions sont très rudes : à la fois sur le terrain (campements sommaires, beaucoup de cas de paludisme), mais aussi dans les ordres qui sont donnés. Les soldats ne doivent pas intervenir lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes en danger. Ils assistent donc à des scènes de massacre et à des exactions en devant se contenter de tirer en l’air.

 

«Les militaires français ne savaient pas où ils étaient ! Ils étaient très ennuyés dans leurs interventions », explique un photoreporter français qui a suivi l’armée à cette période-là. «Ils ont désarmé les Sélékas en laissant la bride libre aux anti-balakas, avant de se rendre compte au bout de quelque temps que c’était une erreur car les seconds en ont profité. » « Les ordres étaient confus, la chaîne de commandement flottante. Le moral des soldats était très bas et leur frustration intense », se souvient un humanitaire qui les a accompagnés à Bangui et en brousse. Un autre humanitaire basé à Bangui, moins indulgent, décrit les soldats français comme « de petits caïds sans aucun respect pour la population locale. Beaucoup d’entre eux sont là pour toucher une solde confortable des opérations extérieures et ils se moquent complètement des difficultés du pays ou de leur mission… ».

 

Dès décembre 2013, le camp de réfugiés de M’Poko a grossi très vite, dépassant les capacités des humanitaires. Les soldats français se sont retrouvés pris entre les deux parties du camp : les musulmans, soupçonnés d’appartenir à la Séléka, et les antibalakas, désireux de les chasser. « Très vite, il y a eu beaucoup de violence, dont des meurtres, et beaucoup de trafics à M’Poko », rapporte un autre photoreporter. Le nombre de soldats français victimes de stress post-traumatique après avoir été déployés en Centrafrique est l’un des plus élevés de toutes les opérations extérieures françaises récentes, touchant 12 % des militaires, selon un rapport de début 2015.

 

Ces circonstances difficiles d’une opération hâtivement préparée n’expliquent en rien les abus sexuels, mais elles permettent d’appréhender le contexte d’un pays où l’État n’est qu’un lointain souvenir et où, loin de tout, de nombreuses barrières tombent. En 2008, un diplomate français qui quittait Bangui avait envoyé à ses collègues un texte d’humour noir racontant sa vie de «troisième secrétaire à l’ambassade de France au Nyamangwa», dans lequel il relatait une journée de ses péripéties dans un pays en rébellion permanente, où rien ne fonctionnait et où les diplomates et les expatriés français se laissaient aller.

 

Ce texte (reproduit sous l’onglet Prolonger) est devenu un récit « collector » au Quai d’Orsay, mais il n’a visiblement pas servi à faire changer la manière dont la France se comporte au Nyamangwa-Centrafrique.

 

Ces dérives rappellent le pire des comportements coloniaux

 

Charles Malinas, l’ambassadeur nommé par Laurent Fabius et François Hollande au tout début de l’opération Sangaris, est lapidairement balayé du qualificatif «d’abruti qui n’a aucune expérience de l’Afrique » par l'un des spécialistes français du pays.

 

C’est, de fait, son premier poste d’ambassadeur et sa première expérience africaine. Il est par ailleurs précédé d'une réputation peu flatteuse. Un ancien directeur du Quai d’Orsay qui a suivi de loin en loin sa carrière dit de lui : « C’est un sale type. Il a débuté dans le cabinet de Roland Dumas, dans le pire des milieux affairistes et tordus. Il était l’âme damnée du cabinet. » Comment a-t-il atterri à Bangui, dans un pays au bord de la guerre avec une intervention militaire tricolore en cours ? « On envoie les pires en RCA, ceux qu’on ne peut pas mettre ailleurs et dont on veut se débarrasser », conclut cet ancien haut diplomate, ordinairement plus indulgent avec ses pairs.

 

Quant au numéro deux de l’ambassade de France, il est régulièrement aperçu dans Bangui, sans se cacher, avec des prostituées à ses bras (quatre personnes ont confirmé ce fait à Mediapart, dont deux fois sans qu’on ait eu à poser la question). Même s’il n’y a rien d’illégal à ce comportement, tant que les jeunes filles sont majeures, cela fait grincer les dents des différents humanitaires français et fonctionnaires internationaux qui le croisent.

 

Les dérives sont parfois tellement prononcées qu’un spécialiste des droits de l’homme en mission à Bangui s’est senti obligé de rapporter, il y a quelques mois, au Quai d’Orsay et au ministère de la justice français le comportement d’un groupe de magistrats hexagonaux en mission en Centrafrique, dans le cadre d’un projet européen d’assistance à la justice centrafricaine : « Ils sollicitaient sexuellement de nombreuses femmes, de l’expatriée blanche trentenaire à la gamine centrafricaine mineure. En France, cela tomberait sous le coup du harcèlement ou du crime sexuel, mais en Centrafrique, ils ont un sentiment total d’impunité. Après que j’ai fait un rapport oral aux deux ministères, ils ont poursuivi leur mission. »

 

Ce laisser-aller et ces dérives qui rappellent le pire des comportements coloniaux sont malheureusement monnaie courante en Centrafrique, qui évoque souvent une parodie de pays plus qu’une nation souveraine.

 

Deux sources, l’une dans l’humanitaire, l’autre dans une institution internationale, ont raconté à Mediapart qu’il y avait certainement «eu une tentative d’étouffer, ou en tout cas de taire, l’affaire des viols par les soldats, afin de ne pas ouvrir la boîte de Pandore sur toutes les autres pratiques nauséabondes en Centrafrique de la part des internationaux : trafic de diamants, usage de drogues, parties fines avec des mineures, etc. ».

 

Amer, le chercheur Roland Marchal estime que « la communauté internationale a tellement intégré le fait que la Centrafrique était une catastrophe depuis très longtemps qu’elle pense ne plus rien pouvoir changer. C’est le fatalisme complet…». Un fatalisme qui conduit l’armée française et le ministère de la défense d’un côté, et l’ONU de l’autre côté, à tenter de garder secret un rapport sur des abus sexuels commis par des soldats, voire d’en minorer la portée et les implications. Un fatalisme qui pousse un actuel directeur du Quai d’Orsay, rencontré au mois de mai 2015, à hausser les épaules quand on lui parle de Centrafrique, après avoir été  particulièrement loquace sur tous les thèmes abordés préalablement, Syrie, Ukraine, Iran : «La Centrafrique ? Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On n’y peut rien…» Et d’aborder avec gourmandise un autre sujet. Pauvre Centrafrique, si loin de tout, si proche des Français…

 

Lire également sous l'onglet "Prolonger" Boite noire

 

Cette enquête a été rédigée par Thomas Cantaloube, avec la collaboration de Célhia de Lavarène à New York, d’Agathe Duparc à Genève et de Lénaïg Bredoux à Paris.

 

Pour cette enquête, Mediapart a interviewé plusieurs dizaines de personnes. Étant donné la sensibilité de cette histoire, la plupart n’ont accepté de témoigner qu’à condition de rester anonymes. Leurs déclarations ont scrupuleusement été vérifiées auprès d’autres sources et de documents en notre possession.

Lu pour vous : En Centrafrique, les accusations contre l'armée française se multiplient
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:26

 

 

FIDH et ses organisations membres au Tchad et au Sénégal


Association tchadienne pour la promotion des droits de l'Homme (ATPDH)


Ligue sénégalaise des droits de l'Homme (LSDH)


Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH)



Communiqué de presse

 

 

Dakar, Paris, le 17 juillet 2015 - Le procès de l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré s’ouvre le 20 juillet à Dakar, devant les Chambres africaines extraordinaires, un tribunal à caractère international intégré au sein du système judiciaire sénégalais. Pour la première fois, un ex-chef d’État africain sera jugé par la juridiction d’un autre État africain. Hissène Habré est accusé de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de torture et risque l’emprisonnement à perpétuité s’il est reconnu coupable des charges qui pèsent contre lui. La fin d’une quête de justice de plus de 20 ans pour les victimes et les associations qui les accompagnent.


« Ce procès est un événement historique qui doit permettre de rendre justice aux milliers de victimes du régime Habré qui attendent ce moment depuis plus de 20 ans, mais aussi une occasion de démontrer qu’il est possible de poursuivre et juger les plus hauts représentants d’un État pour les crimes qu’ils commettent. C’est un signal fort et très positif en faveur de la lutte contre l’impunité en Afrique », a déclaré Karim Lahidji, Président de la FIDH.


L’ex-dictateur tchadien, au pouvoir entre 1982 et 1990, sera jugé par les Chambres africaines extraordinaires au sein des juridictions sénégalaises (CAE). Ce tribunal ad hoc a été créée par le Sénégal et l’Union Africaine en février 2013 pour poursuivre et juger les principaux responsables des crimes et violations graves du droit international commis sur le territoire tchadien pendant le règne d’Hissène Habré. Il est accusé de milliers d’assassinats politiques, de l’usage systématique de la torture, et d’avoir pillé le trésor public alors qu’il était au pouvoir.


L’approche du procès au Sénégal a débloqué la procédure parallèlement engagée au Tchad contre des membres du régime de Hissène Habré. En effet, le 25 mars 2015, la Cour criminelle de N’Djamena a condamné à la réclusion à perpétuité 20 responsables de la sinistre Direction de la documentation et de la sécurité (DDS) pour « assassinats » et « torture », dont l’ancien chef de cette police politique, Saleh Younous.

La FIDH et ses organisations membres au Tchad et au Sénégal sont activement mobilisées sur ce dossier, tant au niveau de l’établissement des faits qu’au niveau judiciaire, et accompagnent les victimes.


« Après plus de 15 ans de rebondissements, l’ouverture du procès de l’ex-dictateur est le fruit du courage, de la persévérance et de la soif de justice des victimes et des organisations de la société civile qui démontrent que désormais les dictateurs, les chefs de guerre et les criminels seront jugés en Afrique. C’est une avancée importante vers la justice et un message d’espoir à l’endroit de toutes les victimes de crimes en Afrique et dans le monde », a indiqué Me Jacqueline Moudeïna, présidente de l’ATPDH et avocate historique des victimes.

Les organisations membres de la FIDH au Tchad, la LTDH et l’ATPDH, sont à l’origine de la mobilisation et de l’organisation des victimes du régime Habré afin de poursuivre l’ex-dictateur et ses sbires en justice au Tchad, en Belgique et au Sénégal. A la demande des organisations tchadiennes, la FIDH et HRW étaient intervenues conjointement avec d’autres organisations pour mener des missions d’enquête, recueillir les preuves demeurées sur place et accompagner les victimes dans leur quête de justice là où des recours étaient possibles.


« Cela fait 20 ans que nous nous battons avec les victimes pour que Habré et les membres de son régime soient jugés. C’est un moment historique pour tous les tchadiens mais également pour tous les africains et tous ceux qui à travers le monde sont victimes de l’oppression de leurs dirigeants. Juger les auteurs des crimes les plus graves est possible, y compris lorsqu’ils ont été présidents. Le temps n’y change plus rien, ils doivent rendre des comptes à leurs victimes : c’est le sens du procès de Dakar » a déclaré Dobian Assingar, président d’Honneur de la LTDH et représentant de la FIDH au sein du Comité international pour le jugement équitable d’Hissène Habré.


La FIDH a mis en ligne un document explicatif « Questions – Réponses sur l’affaire Hissène Habré » ainsi qu’une chronologie détaillée du déroulement de l’affaire et se rendra sur place pour l’ouverture du procès qui devrait durer environ 3 mois.

La FIDH et ses organisations membres au Tchad et au Sénégal sont membres fondateurs du Comité international pour le jugement équitable d’Hissène Habré (CIJEHH) aux côtés de Human Rights Watch, Agir ensemble pour les droits d’Homme, Amnesty international, Rencontre Africaine pour la Démocratie et les Droits de l’Homme et de dizaines d’organisations africaines et internationales impliquées depuis des années pour le jugement équitable d’Hissène Habré et les membres de son régime.

Ouverture du procès d’Hissène Habré : un événement historique pour rendre justice aux victimes (FIDH)
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18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:03

 

 

 

http://rjdh.org   Par Fridolin Ngoulou le 18 juillet 2015

 

L’ONG Mercy Corps en collaboration avec le ministère de la Réconciliation,  a organisé ce samedi 18 juillet une cérémonie  au stade 20.000 places à Bangui, pour permettre aux groupes armés ex-Anti-Balaka et ex-Séléka, ainsi que la société civile de demander pardon entre eux et à la population.

 

Cette activité s’inscrit  dans le cadre du programme de stabilisation des communautés vulnérables, dialogue interreligieux pour la paix, le pardon et la cohésion sociale.

 

Cette cérémonie est lancée à travers une marche pour la paix et le pardon. Des banderoles confectionnées, pour la circonstance, ont porté des slogans : « Laso, yé kwè a oundji aoué », autrement dit « aujourd’hui, tout est fini », plus de division, des considérations d’ordre religieux ou ethniques.

 

Hyacinthe Wodobodé, Maire de la ville de Bangui, présente à cette cérémonie a lancé un message de paix et de pardon à la population centrafricaine avant ceux des ex-Anti-Balaka et Séléka cantonnés à Bangui.

 

« J’ai commencé à demander pardon à nos jeunes, peut-être que nous avons failli à leur éducation. Et aussi, à réveiller la conscience de nos jeunes qui se sont laissés dériver dans les actes de violences que nous regrettons en me basant sur les mots clés de notre hymne », a dit la première citoyenne de la ville de Bangui.

 

Le Maire espère que ces actes de pardon soient concrets dans la vie de la population centrafricaine et surtout les jeunes, aujourd’hui impliqués dans les actes de violences. Une marche de pardon

 

Les représentants des ex-Anti-Balaka et ex-Séléka n’ont pas manqué d’implorer le pardon, en présence de plusieurs organisations nationales et internationales et se sont engagés à renoncer aux actes de violences afin de se pencher vers la reconstruction du pays.

 

Sébastien Wenezoui, l’un des leaders Anti-Balaka souhaite que cette rencontre soit élargie afin de permettre à toutes les branches des groupes armés de demander pardon entre eux et à la population, non seulement de Bangui mais de l’ensemble du pays.

 

Cette activité intervient  après plusieurs activités de sensibilisation sur la paix et la cohésion sociale organisée par Mercy Corps dans la ville de Bangui et à l’intérieur du pays.

 

Une rencontre pour le pardon entre les groupes armés, organisée par l’ONG Mercy Corps à Bangui
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