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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 15:12

 

 

 

 

 

BANGUI Mardi 18 février 2014 | 09:55 UTC (Xinhua) - Au moins 4 personnes ont été tuées et 7 autres portées disparues dans une attaque armée attribuée au mouvement du rebelle tchadien Baba Ladé à Bang, sur une ville du Nord-Ouest centrafricain à la frontière avec le Cameroun, où plus de 200 maisons sont aussi déclarées brûlées, selon un bilan communiqué lundi soir à Xinhua par des sources religieuses.

 

Cette attaque a été révélée lors d'une opération de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force sous mandat de l'Union africaine (UA) déployée depuis le 19 décembre avec pour mission de favoriser le retour à la paix et la sécurité dans ce pays d'Afrique centrale secoué par les violences qui se sont amplifiées depuis la prise du pouvoir le 24 mars 2013 à Bangui de l'ex-coalition rebelle de la Séléka et son leader Michel Djotodia.

 

Selon le père Aurelio, curé de la paroisse de Bozoum, une ville voisine de Bang, joint au téléphone lundi par Xinhua, ces rebelles tchadiens ont été délogés par les forces camerounaises de la MISCA et les milices d'autodéfense anti-Balakas (anti-machettes) dans une opération conjointe. Ces violences ont provoqué la fuite de nombreux habitants de cette localité vers la brousse, a indiqué le curé.

 

Depuis leur arrivée à Bang, les hommes de Baba Ladé qui ont rejoint l'ex-rébellion de la coalition Séléka de Michel Djotodia quelques mois après la reddition de leur chef en 2012 s'illustrent par des pillages et des exactions contre la population, à l'instar des ex-rebelles eux-mêmes et des miliciens anti-Balakas dont des dirigeants ont accepté ces derniers jours de se joindre aux initiatives de sécurisation du pays en marge de la transition politique dirigée par Catherine Samba-Panza suite à la démission le 10 janvier de Michel Djotodia sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale et de la France.

 

Les rebelles du général Baba Ladé sont apparus en Centrafrique depuis 2009 et avaient été délogés de leur base d’Ouadago à Kaga Bandoro par les forces centrafricaine et tchadienne en mars 2012.

Centrafrique : 4 morts, 7 disparus et plus de 200 maisons brûlées dans une attaque rebelle tchadienne au Nord-Ouest
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 15:07

 

 

 

 

par RFI17-02-2014 Modifié le 18-02-2014 à 00:10

 

 

Dans la ville de Bouar, au nord de la RCA, des milliers de musulmans ont trouvé refuge depuis un mois dans la mosquée centrale de la ville et dans l'école attenante. Un lieu exigu pour un tel nombre de déplacés. Ces Centrafricains musulmans ont fui les violences perpétrées par les miliciens anti-balaka. A présent, ces déplacés attendent leur tour pour partir, notamment au Cameroun voisin.

 

Au pied de la mosquée centrale, même s'il y a un peu plus de place depuis le départ du dernier convoi, chaque centimètre carré ou presque est mis à profit. Les femmes s'occupent des enfants et des vieux, assises sur des tapis au milieu de ce qu'elles ont pu emporter dans leur fuite. Des hommes déambulent. Parmi eux, Fayssal, qui relate : « Il y a les gens qui dorment ici. Le matin, ils sont partis pour chercher à manger, pour revenir à environ 18 ou 19 heures. Les femmes et les enfants dorment ici. Dehors, il y a la poussière, les maladies... »

 

Fayssal ne dort pas à la mosquée. Il tient à sauvegarder ce qu'il reste de sa boutique située dans le quartier. Une présence autorisée par les anti-balaka qui rôdent dans la zone. Pourquoi ? Parce qu'il paie un groupe qui empêche un autre groupe anti-balaka de mener pillages et destructions. Des anti-balaka soumettent au racket ceux qui veulent préserver du pillage leur boutique ou leur maison.

 

« On a été obligés de venir ici »

 

Depuis vendredi, les militaires français de la force Sangaris sont présents en ville. Mais contrairement à ce qu'espéraient les musulmans de Bouar, leur arrivée n'a pas mis un terme à leurs souffrances. La nuit dernière, deux maisons musulmanes ont encore été incendiées dans le quartier musulman de Bouar. Le genre d'exactions qui, depuis près d'un mois, pousse les musulmans du quartier à se réfugier à la mosquée centrale. C'est le cas de Bachir, qui confie : « Les anti-balaka sont venus ici chez nous, nous piller, faire n'importe quoi, nous tuer. On a été obligés de venir ici. »

 

A Bouar, des anti-balaka se fondent dans la foule et tendent l'oreille quand une patrouille française vient discuter avec les responsables des réfugiés. « Si vous les voyez, vous pouvez les reconnaitre ? S'ils sont dans la foule, il faut nous désigner ! », interpellent les soldats français. Pas si facile, s'entendent-ils répondre ce coup-ci.

 

« Ils reviendront si la stabilité règne »

 

Ce samedi, un convoi d'habitants est parti vers la frontière camerounaise, à 150 kilomètres. Peu avant d'embarquer, le maire de Bouar lui-même, un musulman, confiait à RFI : « Ce sont des camions qui ont quitté le Cameroun pour Bangui, qui ont amené des vivres, des produits PAM. Déchargé, le camion partira à vide. On va en profiter pour aller au Cameroun. »

 

Le maire et 2 500 autres musulmans de Bouar et de sa région sont partis à bord d'une quarantaine de véhicules, escortés par la Misca, et non sans avoir essuyé des tirs. L'imam d'une autre mosquée de la ville justifie leur choix : « Ils sont centrafricains, mais ils veulent se réfugier au Cameroun. S'ils voient que la stabilité règne, ils reviendront. » Lui n'a pas encore l'intention de partir. Il attend de voir comment va évoluer la situation.

 

Pour l'armée française, Bouar a une importance stratégique. Elle se situe sur la route qui relie Bangui au Cameroun. C'est l'artère commerciale de la Centrafrique. « Cette route fait transiter quasiment 90% du pouvoir économique du pays, explique le colonel Arnaud Mettey, chef de l'opération.Il importe donc évidemment de sécuriser cette route de manière à ce que cette économie à Bangui, qui est le cœur du pays, puisse redémarrer. » Pour ce faire, ce lundi, un détachement français va poursuivre son chemin plus au nord, jusqu'à la frontière.

Centrafrique: à Bouar, la fuite des musulmans face aux exactions
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 08:55

 

 

 

Samedi 15 février 2014

 

Communiqué de presse



Didier Boulaud, secrétaire national à la Défense et aux Anciens combattants

 

Envoi de renforts supplémentaires pour la mission Sangaris



Le Parti socialiste soutient la décision courageuse du président de la République d'envoyer des renforts supplémentaires pour appuyer la mission Sangaris en République centrafricaine, afin de rétablir la sécurité des populations civiles, de mettre fin aux exactions des milices coupables de massacres d'innocents et de permettre la transition démocratique dans ce pays.


Cette décision intervient au moment où l'Union européenne est parvenue de son côté à rassembler un contingent de près de 900 hommes afin de soutenir et renforcer l'action de la force africaine de la Misca et de l'opération française Sangaris.

Sous l'égide de l'ONU se constitue ainsi une force capable d'enrayer le drame qui se noue depuis plusieurs semaines en RCA sur le plan humanitaire, avant que ne soit déployée dans les meilleurs délais une force d'interposition de casques bleus.

La décision d'adjoindre des forces de gendarmerie aux unités déjà présentes à Bangui devrait permettre de mieux prendre en compte la spécificité de cette mission dans laquelle la France peut s'honorer, malgré la difficulté de la tâche, d'avoir été la plus prompte à agir, fidèle à ses valeurs universelles de défense des droits humains partout dans le monde.



-- 

Service de presse

Parti socialiste

presse@parti-socialiste.fr

01 45 56 77 23 / 78 78 / 79 96 / 78 45

Le PS approuve l'envoi de renforts supplémentaires pour la mission Sangaris
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 01:15

 

 

 

 

http://www.20minutes.fr/  le 17/02/2014 à 16h06 --

 

C'est Elisabeth Guigou, qui conduit une délégation de neuf parlementaires à Bangui qui le dit...

 

La présidente centrafricaine de transition Catherine Samba Panza souhaite que l'intervention militaire française dans son pays soit prolongée jusqu'aux élections prévues en février 2015, ont annoncé lundi des parlementaires français à la presse à Bangui.

 

«La présidente de transition nous a dit qu'il faut qu'ils [les soldats français, ndr] restent jusqu'aux élections, c'est-à-dire le début 2015», a déclaré la présidente de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Elisabeth Guigou, qui conduit une délégation de neuf parlementaires à Bangui.

Centrafrique: La présidente veut le maintien des forces françaises jusqu'en 2015
Centrafrique: La présidente veut le maintien des forces françaises jusqu'en 2015
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:55

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr/   Renaud Girard  Mis à jour le 17/02/2014 à 23:28

 

INTERVIEW - Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, s'est toujours beaucoup impliqué dans la diplomatie interne au Continent noir.

 

Né en 1943 dans un village pauvre, à l'orée de la forêt vierge du nord du Congo, interne à l'école normale de Dolisie, puis formé dans les écoles d'officiers de Bouar, Cherchell et Saint-Maixent, Denis Sassou-Nguesso appartient à la dernière génération de la méritocratie africaine formée par le système colonial français. Cofondateur du Parti congolais du travail (marxiste-léniniste), il est président de 1979 à 1992. Après une traversée du désert de cinq ans, son abandon du communisme et sa victoire dans la guerre civile d'avril-octobre 1997, il revient à la tête de ce petit État d'Afrique centrale (trois millions et demi d'habitants), riche de pétrole (quatrième producteur d'Afrique subsaharienne) et de forêts d'essences tropicales. Président de l'Union africaine en 2006, Sassou s'est toujours beaucoup impliqué dans la diplomatie interne au Continent noir. Le président du Congo-Brazzaville a reçu le Figaro dans son palais climatisé, situé au bord du grand fleuve, dont le parc était jadis celui du gouverneur de l'Afrique équatoriale française.

 

LE FIGARO - Quand avez-vous alerté le président Hollande sur les risques mortels que courait votre voisin, la République centrafricaine (RCA)?

 

Denis SASSOU-NGUESSO - Dès avril 2013. J'avais été frappé par la nature des incidents ayant émaillé la course de 1800 km que la coalition rebelle de la Séléka avait réalisée, de la frontière soudanaise à Bangui. Des croix avaient été arrachées, des églises avaient été profanées, des prêtres avaient été molestés. Quand, reçu à l'Élysée, j'en ai parlé, le président français et ses collaborateurs m'ont écouté très attentivement. Plus tard, les faits m'ont donné raison. J'avais perçu les prémices d'un conflit confessionnel, aujourd'hui généralisé en RCA.

 

La France n'aurait-elle pas dû, en mars 2013, stopper militairement la Séléka, avant qu'elle ne parvienne à Bangui?

 

Mais comment voulez-vous qu'elle l'ait fait? La France ne disposait que de 400  parachutistes, sécurisant l'aéroport de Bangui. Elle n'avait, pour agir, aucun mandat des Nations unies. À l'exception d'opérations d'exfiltration de ses ressortissants, la France n'intervient jamais militairement sans feu vert du Conseil de sécurité, et elle a raison.

 

Une fois que la Séléka a pris Bangui et que Djotodia s'est proclamé président, qu'avez-vous fait?

 

Nous, les pays de la CEEAC (Communauté économique des États d'Afrique centrale), nous avons eu pas moins de six réunions avec lui à N'Djamena. Nous avons d'abord constaté le fait accompli, qui était la fuite de l'ancien président Bozizé et l'installation d'un gouvernement de la Séléka. Nous avons été obligés de prendre le train en marche. Nous avons ensuite ramené ce gouvernement dans l'axe du protocole que nous avions négocié à Libreville en 2012, qui prévoyait une période de transition et une réconciliation nationale. La Séléka avait déjà commis de graves crimes, mais elle l'a accepté. Nous avons donc eu un Parlement de transition, une Charte faisant office de Constitution, et nous avons tenté de remettre sur pied le système judiciaire.

 

N'avez-vous pas aussi aidé Djotodia financièrement?

 

Pas la personne, mais le pays. Nous avons fait un prêt de 50 millions de dollars à la RCA, afin qu'elle puisse payer ses fonctionnaires. Ils menaçaient d'ajouter du désordre, et il y en avait déjà beaucoup!

 

Les observateurs soulignent le professionnalisme des forces congolaises dans le maintien de l'ordre. Seriez-vous prêt à envoyer davantage de soldats en RCA?

Après le contingent français (1600  hommes), c'est le contingent congolais qui est le plus important, avec ses 1000 hommes. Nous avons déployé des blindés et même un hélicoptère!

 

Quelle est votre analyse de la situation en RCA?

 

C'est un pays où l'insécurité règne partout, à Bangui comme à l'intérieur. Je suis très ferme là-dessus: il faut réussir le désarmement. Il faut entièrement désarmer à la fois la Séléka et les milices Anti-Balaka. Il y a, en outre, un défi humanitaire très important: c'est plus d'un million de personnes qui ont fui leurs maisons et se trouvent à camper dans la brousse, dans des camps de regroupement ou dans les pays voisins. Il y a aussi des défis politiques. Il n'y a plus d'État en RCA! Il y a un gouvernement, mais il n'y a plus d'administration nulle part. Pas d'armée, pas de police, pas de gendarmerie! Les autres institutions démocratiques, n'en parlons pas! Il y a un défi judiciaire aussi…

 

Comment s'y prendre?

 

Il faudra remonter la pente une marche après l'autre. Tout en relevant les défis sécuritaires et humanitaires - les plus urgents -, il faudra donner les moyens financiers et logistiques de fonctionner au gouvernement de transition. Sans argent, ce dernier ne pourra rien faire. Ses fonctionnaires sont dispersés. Beaucoup d'entre eux sont revenus dans leurs villages! Voilà pourquoi, sur ma proposition, les États de la CEEAC ont décidé de donner 100 millions de dollars, en soutien à la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) et au gouvernement de transition.

 

La France devrait-elle mettre davantage de forces en RCA?

 

Oui, mais pas seulement elle! Pour avoir une présence dans tout le pays, il faudrait un contingent international d'au moins 10.000 hommes en tout, contre 6000 actuellement. Ce ne sont pas les soldats qui manquent dans le monde! Il y en a 17.000 actuellement en RDC (République démocratique du Congo), dans le cadre de la Monusco.

 

Les frictions entre l'Islam et la chrétienté ne sont-elles pas en train de s'aggraver rapidement en Afrique?

 

Ce sont les faits. Mais ces frictions ne sont pas nouvelles. Pensez au Nigeria, pensez à Aqmi dans la bande sahélienne. Et puis, il y a les conséquences de l'anarchie qui a succédé en Libye à Kadhafi…

 

Les Occidentaux ont-ils eu tort d'éliminer ce dernier?

 

Je me demande s'ils avaient ou non réfléchi à l'avance, s'ils avaient ou non une solution de remplacement. On ne peut pas dire qu'elle brille de tous ses feux… Notre solution pacifique n'a pas été choisie. Est-ce dommage? Les faits parlent d'eux-mêmes… Que sont devenues toutes les armes que Kadhafi passait son temps à acheter?

 

Vous avez connu tous nos présidents depuis Giscard. Quelle est votre analyse de la politique africaine de la France?

La France n'a pas d'amis permanents en Afrique ; elle a des intérêts permanents. Certes, la coopération bilatérale n'est plus ce qu'elle était du temps du général de Gaulle, car c'est maintenant l'Union européenne qui l'a prise en charge en grande partie. Mais les liens affectifs tissés à travers l'histoire restent bien sûr très forts.

 

L'intervention de la France au Mali a-t-elle été bien pensée?

 

Dans ma longue expérience d'homme d'État africain, c'est la première fois que je vois tous les pays de l'OUA saluer une intervention militaire française. Au Mali, la France a fait ce qu'il fallait faire.

 

La France devrait-elle en faire encore davantage en Afrique?

 

Il faut arrêter de croire que le destin de la France est d'être le gendarme de l'Afrique, de lui mettre sur le dos tous les problèmes. Il est grand temps pour les États africains d'assumer leurs responsabilités sur leur continent!

 

Lu pour vous : Sassou-Nguesso : «Il faut plus de troupes en Centrafrique»
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:53

 

 

 

 

 

Source: Rfi  lundi, 17 février 2014 16:23

 

 

Catherine Samba-Panza avait répondu aux questions de Rfi au lendemain de son élection le 20 janvier 2014 comme présidente par intérim de la République centrafricaine (Rca).

 


Vous êtes la première femme présidente de l’histoire de la Centrafrique. Qu’est-ce que cela vous inspire ?


Beaucoup d’émotion parce que les femmes centrafricaines attendaient ça depuis longtemps et elles ont commencé à désespérer parce qu’il n’y avait pas de candidates dans les diverses élections de ces dernières années et d’avoir pu y aller est une fierté pour toutes les femmes centrafricaines.


Est-ce que certains se sont dit : «C’est une femme, elle n’y arrivera jamais» ?

Oui, beaucoup ! C’était à la limite du découragement. C’est vrai que beaucoup m’ont dit que les gens ne sont peut-être pas encore prêts à se faire commander par une femme. Mais il n’y avait pas que les femmes qui m’ont soutenue et qui m’ont encouragée. Il y avait beaucoup de jeunes. En tout cas, on sentait que la population voulait une rupture. La population ne voulait plus d’homme politique. Et j’ai senti au sein de la population ce désir d’avoir une femme qui puisse apaiser, réconcilier.

Qu’est-ce qui a fait la différence en votre faveur : est-ce votre indépendance ? Votre caractère tenace ?


Oui, je crois, un peu de tout cela : mes convictions, ma présence auprès des populations à chaque fois qu’il y a eu des crises, ma disponibilité…


Est-il vrai que vous êtes née au Tchad, d’un père camerounais et d’une mère centrafricaine ?

 
Tout à fait. C’est ce que j’ai dit dans mon discours : je suis un pur produit de l’intégration sous-régionale, puisque j’appartiens à trois pays en fait, même si je n’ai qu’une seule nationalité. Ce brassage culturel m’enrichit, me permet d’avoir une ouverture d’esprit et m’interdit toute xénophobie.


Vous n’étiez pas la candidate préférée des pays qui envoient des troupes à Bangui. Ils avaient d’autres candidats en tête. Est-ce que cela ne risque pas de vous compliquer un petit peu la tâche ?


Je ne pense pas. Ils ont pris acte que la population centrafricaine voulait certainement une femme à la tête de ce pays pour rompre un peu avec le mode de gouvernance qui a prévalu jusque-là. Je pense que la Communauté internationale va m’accompagner, va me donner l’appui nécessaire pour me permettre de mettre en œuvre mon action.

 
Quelle est votre expérience en matière politique ?


Je suis peut-être dans le secteur des assurances, mais depuis les premières mutineries de 1996 j’ai été impliquée dans la gestion de la chose publique, la réconciliation, la médiation. J’ai fait partie des instances très importantes des résolutions de conflits, de dialogue. J’ai une certaine expérience, quand même.

Après l’arrivée de François Bozizé au pouvoir en 2003, vous avez même co-présidé le Forum de Réconciliation nationale. Etes-vous une experte du dialogue ?


Absolument. Vous savez, les Centrafricains ont toujours en mémoire mon image, tenant la main au président David Dacko (premier président de Centrafrique, 1960-1966, ndlr) et au professeur Abel Nguéndé Goumba (vice-président centrafricain 2003-2005, et Premier ministre en 1959) pour les réconcilier, alors qu’ils étaient en froid depuis plus de quarante ans ! Je pense que c’est comme ça que j’ai été découverte.

Quelles sont les erreurs de 2003 qu’il ne faudrait pas commettre à nouveau aujourd’hui?

D’abord, souvent nous ne respectons pas nos engagements. En plus, nous n’appliquons pas les textes. Et puis ensuite, il y a la course vers l’exercice du pouvoir qui fait que les politiques instrumentalisent souvent un certain nombre de problèmes, tribaux, religieux, identitaires.


Après les tueries à caractère religieux, est-ce que les musulmans pro-Séléka ne risquent pas de vous regarder avec une certaine méfiance ?


Je ne pense pas, parce que j’ai toujours été très ouverte. J’ai toujours eu de très, très bonnes relations avec les uns et les autres à cause de mon ouverture d’esprit, en voulant avoir avec moi toutes les tendances, toutes les sensibilités politiques et nationales, c’est un avantage (…) De par mes activités en tant que maire de Bangui, j’ai eu à être en contact avec aussi bien certains chefs de la Séléka que des anti-balaka. Ce sont des gens qui me font confiance. Maintenant que je suis à la tête de l’Etat, nous pourrions certainement envisager quels types de dialogue on pourrait instaurer pour détendre un peu l’atmosphère politique, militaire, de la vie du pays (…).

La transition doit-elle se terminer avant la fin de l’année comme le souhaitent les Français ? Peut-elle durer jusqu’en 2015, voire en 2016 ?


Non. Je pense que le calendrier initialement prévu, de février 2015, est tenable. Toute précipitation pourrait être préjudiciable, notamment des contestations de résultats. Je pense que certains partenaires envisageaient de raccourcir ce délai, simplement parce qu’il y avait des problèmes au sommet de l’Etat. Mais maintenant, la donne a changé. L’administration est complètement à terre. Le problème d’état civil est très, très sensible en ce moment. Je pense que toute précipitation serait à éviter (…).

Catherine Samba-Panza «Je suis un pur produit de l’intégration sous-régionale»
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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:47

 

 

 

 

 

Lundi, 17 Février 2014 12:03 - AFP

 

N'DJAMENA, Tchad - La présidente centrafricaine de transition Catherine Samba Panza est arrivée lundi à N'Djamena pour une visite de travail de 24 heures, a constaté un journaliste de l'AFP.

 

Après un séjour à Brazzaville où elle avait rencontré le président Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise centrafricaine, elle doit s'entretenir avec son homologue tchadien Idriss Déby, partenaire incontournable de la Centrafrique en crise.

 

Aucun détail n'a officiellement filtré sur les sujets qui seront abordés lors de cette visite.

 

Mme Samba Panza a remplacé en janvier Michel Djotodia, poussé à la démission quelque mois après sa prise de pouvoir à la tête de la rébellion Séléka, durant lesquels il s'était montré incapable de restaurer l'ordre et la sécurité dans un pays ravagé par une crise humanitaire et des violences interconfessionelles.

 

Le Tchad, immense voisin du nord de la Centrafrique, a toujours été très présent en Centrafrique, tant sur le plan politique que militaire au cours des nombreuses crises et coups d'Etat qui ont secoué le pays.

 

Samba-Panza en visite au Tchad

 

http://www.bbc.co.uk/   17 février, 2014 - 17:44 GMT

 

La présidente centrafricaine de transition Catherine-Samba Panza est au Tchad, un pays accusé d'ingérence dans la crise centrafricaine par certains députés du parlement centrafricain de transition.

 

Elle arrive au Tchad après le Congo-Brazzaville où elle a effectué sa première visite auprès du médiateur dans la crise centrafricaine Denis Sassou N'Guesso.

 

Elle va s'entretenir avec Idriss Déby Itno, le président en exercice de la Communauté des Etats de l'Afrique centrale, CEAC.

 

Catherine Samba-Panza qui effectue sa visite en chef d'Etat d'un pays voisin connait bien le Tchad.

 

Elle y est néée en 1956 quand Ndjamena s'appelait encore Fort-Lamy.

 

La présidente de transition a été accueillie à la mi-journée par Idriss Déby et les deux se sont ensuite entretenus à La Villa des Hôtes autour de la situation sécuritaire et humanitaire en Centrafrique.

 

Malgré la présence des forces françaises de Sangaris et africaines de la Misca, les exactions se poursuivent à travers toute la Centrafrique, entrainant la fuite de milliers de personnes.

Accusés de complicité avec les combattants Séléka depuis le mois de décembre, plus de 60.000 ressortissants tchadiens installés en Centrafrique ont traversé la frontière pour rentrer au bercail.

 

C'est aussi l'un des sujets d'entretien entre Idriss Déby et Catherine Samba-Panza.

 

Idriss Déby s'était fait représenter le mois dernier à Bangui par son ministre des Affaires étrangères lors de la prise de fonction de Samba-Panza.

 

Avant de se rendre au Tchad, la présidente a souhaité que les troupes étrangères restent dans le pays jusqu'en 2015 au moins.

 

De son côté, Idriss qui voulait qu'on laisse la Misca remplir sa mission jusqu'à terme, ne s'oppose plus au déploiement éventuel de casques bleus.

 

 

Crise centrafricaine.

 

La Présidente centrafricaine de transition, Mme Catherine Samba-Panza effectue une visite officielle de 24 heures au Tchad.

 

Élue le 20 janvier dernier à la tête de son pays par le parlement de transition, la Présidente de la transition centrafricaine, Mme Catherine Samba-Panza a réservé au Tchad sa deuxième sortie officielle en Afrique. C’est le Président de la République IDRISS DEBY ITNO, par ailleurs Président en exercice de la CEEAC qui a effectué le déplacement de l’aéroport international Hassan Djamouss pour accueillir personnellement au bas de la passerelle Mme Catherine Samba-Panza.


Le Chef de l’Etat était entouré pour la circonstance du Premier ministre Kalzeubé Payimi Deubet, de quelques membres du gouvernement, des membres des cabinets de la Présidence de la République, du Maire de la ville de N’Djaména, M. Ali Haroun ainsi que le personnel de la chancellerie centrafricaine au Tchad. 


Après un tête-à-tête de quelques minutes au salon d’honneur de l’aéroport, le Chef de l’Etat a accompagné son hôte à la villa des hôtes de N’Djari. Peu avant cette étape, la colonie centrafricaine de N’Djaména, a tenu à saluer sa Présidente à sa manière : remise de bouquet de fleurs et intonation de l’hymne national centrafricain. Un moment très émouvant et de communion entre le Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO, Mme Catherine Samba-Panza et les membres de la colonie centrafricaine de N’Djaména.

Cet après-midi, au cours d’une séance de travail élargie aux deux délégations, le Chef de l’Etat tchadien et la Présidente centrafricaine de transition évoqueront certainement au cours de leurs discussions l’insécurité grandissante qui règne ces derniers temps, dans la ville de Bangui et dans celles des provinces.

 

http://www.presidencetchad.org/affichage_news.php?id=865&titre=%20Lire%20article#sthash.8VYarkUX.dpuf

 

SECURISER LA RCA

 

Le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a été reçu hier à Paris par son homologue français François Hollande. L’entretien a porté essentiellement sur l’évolution de la situation en République centrafricaine.

 

 « Nous avons eu des échanges avec le Président de la République française sur des questions préoccupantes de l’heure en particulier, la question de la République centrafricaine ; nous avons échangé sur l’évolution de la situation en RCA depuis l’engagement des forces Sangaris et Misca et nous nous sommes rendus compte qu’il y a quelque part, de petites améliorations en terme de sécurité. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour sécuriser Bangui et le reste de la Centrafrique. En ce qui concerne Bangui, la décision qui a été prise est une décision que nous avons déjà rendue publique, la France notamment. Il s’agit de s’attaquer au mal : qu’il s’agisse des anti-balakas ou ex-sélékas pour éviter que la RCA soit divisée, à travers, les déclarations qui nous parviennent. Il y a eu des dégâts certes. 


La communauté musulmane tchadienne est l’une des victimes des sélékas ; la communauté musulmane centrafricaine avait été aussi victime. Il ya quelques mois, on parlait aussi d’épuration ethnique contre les chrétiens. Ce sont des déclarations. Maintenant, il faut sécuriser le pays en vue de voir ce qui s’est réellement passé pour poursuivre d’un côté comme de l’autre, ceux qui ont été à l’origine des massacres qui portent préjudice aux droits humains. Le Président Hollande m’a rassuré qu’il va renforcer le dispositif sangaris avec de nouveaux 2000 soldats. Ce qui portera leur effectif à 8000 soldats qui peuvent efficacement s’engager dans une opération de sécurisation à Bangui. C’est une bonne solution. Mais en attendant, la mise en place des casques bleus des Nations-Unies, et compte tenue de la procédure trop lente, nous nous sommes convenus que les Nations-Unies puissent aussi trouver d’autres pays donateurs de troupes qui seront mises sous la coupe des Nations-Unies. Nous sommes parfaitement d’accord sur ce point. On critique les soldats tchadiens mais également les soldats français. 


Mais nous n’entendons pas nous désengager de nos responsabilités qui consistent à ramener la paix en République centrafricaine. La campagne médiatique orchestrée contre l’armée tchadienne par certains média n’a pas son sens car l’armée tchadienne n’a pas fait des dégâts au Mali et en RCA. Que ceux qui l’ignorent, sachent que l’armée tchadienne est composée de musulmans, de chrétiens et des gens qui n’ont aucune religion. Donc, c’est plutôt un tord d’affirmer que l’armée tchadienne a pris gain et cause pour les musulmans. Ce sont aussi des mauvaises intentions lorsqu’on accuse aussi la France d’abandonner, les musulmans et de protéger les chrétiens.

 
Maintenant, nous avons engagé environ un millier de soldats tchadiens en RCA, plus d’un millier de nos soldats sont au Mali et environ 2000 soldats tchadiens sont engagés dans le cadre de la force mixte Tchad/Soudan. Un millier de soldats tchadiens opèrent également dans le bassin conventionnel du Lac-Tchad avec des soldats nigériens, nigérians et camerounais. »

 

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La présidente centrafricaine en visite au Tchad
La présidente centrafricaine en visite au Tchad
La présidente centrafricaine en visite au Tchad
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Centrafrique-Presse.com
18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:41

 

 

 

 

Le HuffPost  |  Par Geoffroy Clavel Publication: 17/02/2014 18h24 CET  |  Mis à jour: 17/02/2014 18h24 CET

 

 

CENTRAFRIQUE - Une infirmière en tenue militaire, le visage concentré sur l'assistance médicale qu'elle apporte à un jeune blessé centrafricain... L'image publiée ce lundi 17 février par l'Armée de Terre sur le compte Twitter officiel du ministère des Affaires étrangères résume toute l'ambivalence de la stratégie de communication entreprise par l'Etat-major et le gouvernement français.

 

Entre les fils photos des agences de presse et le compte Twitter France Diplomatie, beaucoup de clichés se recoupent: mêmes images de désarmement, mêmes portraits de soldats, mêmes populations rassurées par l'arrivée des forces françaises. Pour autant, l'Armée française se garde bien de diffuser les images des lynchages et des violences qui secouent encore la Centrafrique, malgré l'intervention des forces de l'opération Sangaris.

 

Alors que l'opinion publique soutient à peine l'opération Sangaris, que des politiques s'inquiètent d'un possible "bourbier" centrafricain, précipitant l'envoi de renforts et d'une délégation parlementaire à Bangui, les photos officielles diffusées sur les réseaux sociaux dessinent le portrait d'une guerre sans victime, cantonnée au maintien de l'ordre, à l'assistance humanitaire et au rétablissement du calme dans un pays pourtant déchiré par la guerre civile.

 

Un contraste saisissant avec les images de tensions et parfois d'une extrême violence rapportées par les reporters de guerre et diffusées par l'Agence France Presse.

 

La guerre vue par les photoreporters de l'AFP et par les photographes de l'armée (attention, certaines images peuvent heurter)

IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
IMAGES - Centrafrique: la guerre selon qu'elle est photographiée par l'AFP ou par l'Armée
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Centrafrique-Presse.com
18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:40

 

 

 

CENTRAFRIQUE – Chronique et Autopsie d'une crise.

 

Le CENTRAFRIQUE est plongé depuis un peu plus d'une année dans un tourbillons d'événements morbides, qui rendent la vie insupportable pour ne pas dire infernale aux populations de ce territoire qui, jusqu'alors, n'était qu'un havre de paix pour tous ceux qui s'y trouvaient.

 

Par un de ces subterfuges dont les manipulateurs d'esprits faibles sont si friands, les populations qui, hier, vivaient en parfaite harmonie, se sont très rapidement converties à la doctrine du massacre gratuit, de la razzia à moindres frais mais aux conséquences incommensurables en termes de pertes en vies humaines.

 

Les historiens centrafricains d'abord, pourront demain retracer les grandes lignes de la tragédie centrafricaine à travers les événements qui ont marqué la crise historique que le pays a connue avec la déchéance du pouvoir de Bozize ce 24 Mars 2013 et l’avènement de la SELEKA à la succession de ce pouvoir déchu, avec le tissu de meurtres, de viols, de saccages, de destructions, qui sera cousu à partir du régime Djotodia, et qui se poursuivra, en dépit de tous les efforts qui seront faits pour mettre un terme à cette hécatombe, pendant un bon moment après la transition mise en place pour pallier le vide au sommet de l’État.

 

CENTRAFRIQUE Chronique Et Autopsie D'une Crise est un ouvrage qui permet, à travers les articles de presse de l'auteur, de voir presque mensuellement l'évolution de cette épouvante qui était pourtant prévisible et qui aurait certainement dû être évitée si les acteurs politiques de l'époque avaient prêté une oreille attentive aux signaux et aux alertes allumés çà et là pour prévenir les dangers d'une gouvernance boiteuse.

 

Le CENTRAFRIQUE connaît des difficultés parce que les centrafricains écrivent et lisent peu. Et s'ils écrivent et lisent peu, il va de soi qu'ils oublient vite et ne peuvent asseoir leurs analyses sur les faits réels ( qui souvent deviennent des souvenirs brumeux avec les contre-vérité qui peuvent s'en suivre).

 

CENTRAFRIQUE Chronique Et Autopsie D'une Crise est un ouvrage, une contribution pour que l'histoire ne s'oublie pas, pour que ce qui a été l'origine des malheurs de ce pays puisse être mis à nu et que les ingrédients de cette mauvaise cuisine destructrice de l'entité nationale, ne puissent à jamais se retrouver dans aucune autre préparation.

 

Puisse cet ouvrage porter son éclairage à tous les centrafricains pour leur permettre de retrouver la fierté nationale qui avait toujours été la leur, et qui n'aurait pas dû subir la souillure dont elle s'est recouverte pendant ces périodes difficiles vécues de manière inqualifiable par le peuple.

 

Adolphe PAKOUA

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 00:37

 

 

 

 

Sandra Fancello

 

Andrea CERIANA MAYNERI

Sorcellerie et prophétisme en Centrafrique

L’imaginaire de la dépossession en pays banda

Paris, Karthala, 2014

 

Au milieu des années 1960, en Centrafrique, le pays banda connaît une formidable effervescence anti-fétichiste. Un jeune homme appelé Ngoutidé se lance dans une entreprise de destruction ostentatoire d’objets cultuels et appelle à se convertir au christianisme. Pour les missionnaires qui en furent les témoins, l’envergure de cette œuvre iconoclaste évoque celle d’un « incendie de brousse » brûlant les « fétiches » et les symboles des anciens cultes initiatiques de la société banda.

 

 Cinquante ans après la retombée du mouvement et la disparition de son inspirateur, Ngoutidé continue d’être loué comme prophète dans une région où la précarité et l’insécurité contribuent à réactiver l’imaginaire de la sorcellerie et la violence des accusations de l’autre mortifère. Pour les Banda, le danger sorcellaire est l’expression d’une dépossession culturelle des savoirs et des pouvoirs traditionnels qui permettaient à leurs ancêtres de composer avec les forces de l’invisible.

 

 Ce discours de la dépossession met en lumière l’ambivalence de la glorification posthume du « plus grand des Banda », pourtant tenu pour responsable de l’éradication des coutumes anciennes. Cet ouvrage invite à comprendre le rôle capital des représentations contemporaines de la sorcellerie dans la vision que les Centrafricains se font de leur propre histoire au sein des conflits identitaires actuels.

 

 A partir d’enquêtes ethnographiques menées en Centrafrique et de matériaux d’archives inédits, cet ouvrage revient sur l’histoire de l’entreprise missionnaire en Afrique équatoriale et illustre, à la lumière de la trajectoire de mouvements prophétiques de la région, les changements intervenus dans les représentations de la sorcellerie, des débuts de la rencontre coloniale à l’insécurité et à la violence qui règnent aujourd’hui en Centrafrique.

 

Andrea Ceriana Mayneri est anthropologue, membre de l’Institut des Mondes Africains. Spécialiste de la Centrafrique, il poursuit ses recherches sur les représentations de la sorcellerie en Afrique centrale et les violences sociales qui y sont associées.

 

Collection « Religions contemporaines »

Dirigée par Sandra Fancello et André Mary

Cet ouvrage est publié avec le soutien de l’Institut des Mondes Africains (UMR8171)

 

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