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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 22:48

 

 

 

 

 


GENEVE - AFP / 26 décembre 2013 20h27- Une quarantaine de corps ont été retrouvés depuis mercredi à Bangui par la Croix-Rouge centrafricaine, a indiqué jeudi à l'AFP un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).


Une quarantaine de corps ont pour l'instant été ramassés et des premiers soins ont été apportés à une soixantaine de blessés, a déclaré le porte-parole David Pierre Marquet. Bangui a connu mercredi une nouvelle journée d'affrontements violents.

Par ailleurs, une soixantaine de corps ont également été retrouvés le 23 décembre dans la capitale centrafricaine, a-t-il précisé.


La Croix-Rouge centrafricaine ramasse les corps et les amène à la morgue de l'hôpital communautaire de la capitale centrafricaine.


M. Marquet a également indiqué que le CICR ne disposait pas encore d'un bilan complet des morts recensés depuis le début des violences le 5 décembre.

On en saura plus demain (vendredi) car il y a un couvre-feu maintenant et personne ne sort, pas même les secours, a expliqué le porte-parole.


Il y a deux quartiers sensibles: Boy-Rabe et St-Jean de Galabadja, a-t-il dit.


Toute la journée de mercredi et dans la soirée, des tirs d'origine indéterminée ont semé la panique dans les quartiers nord de la capitale centrafricaine puis près de l'aéroport, sécurisé par les Français et où stationnent les hommes de Sangaris et les contingents de la force africaine (Misca).


L'origine de ces violences restait largement inexpliquées jeudi, des habitants parlant d'une attaque de miliciens anti-balaka (milices chrétiennes d'auto-défense) sur des éléments du contingent tchadien, qui ont perdu cinq hommes. L'armée française n'a donné aucune explication.


Ces violences ont provoqué d'importants déplacements de population, selon l'ONU.

Un problème majeur est l'hygiène, avec les diarrhées. Un énorme travail est fait au niveau de l'hygiène, y compris la construction de latrines pour les déplacés, a souligné M. Marquet.



(©) 

 

Centrafrique : un charnier découvert à Bangui

 

THOMAS HOFNUNG 26 DÉCEMBRE 2013 À 16:26 (MIS À JOUR : 26 DÉCEMBRE 2013 À 20:41)

 

INFO LIBÉ

 

Une trentaine de corps ont été retrouvés à proximité du camp de Roux, le QG de l'ex-Séléka.

Un charnier contenant trente corps, selon la justice centrafricaine, a été découvert, le 24 décembre, à quelque 300 mètres du QG de la Séléka (le camp de Roux), sur les hauteurs de Bangui, ont appris Libération et France Info.

 

Jetés dans un ravin, situé sur la colline dite des Panthères, certains de ces cadavres ont été retrouvés les mains ligotées, d’autres mutilés «à l’arme blanche», vraisemblablement torturés, nous a indiqué le procureur de la République, Ghislain Grésenguet, qui a ouvert une enquête.

 

Selon ce magistrat, les victimes seraient des hommes habillés en civil, âgés «entre trente et quarante ans». Leurs corps ont été jetés par vagues successives dans le ravin, et leur décès remonterait «à quatre ou cinq jours», selon le procureur.

 

Interrogé sur la proximité géographique de ce charnier avec le QG de la Séléka, le magistrat a estimé ce détail «troublant», tout en indiquant que l’enquête venait à peine de démarrer. Les corps des victimes ont été récupérés par la Croix-Rouge.

 

Thomas HOFNUNG

Centrafrique : une quarantaine de corps retrouvés à Bangui depuis mercredi
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 22:46

 

 

 

 

 

 

Publié le 26 décembre 2013 à 18h20

 

Paris (AFP) Les difficultés s'accumulent pour l'armée française en Centrafrique, pays en proie à des violences trois semaines après le début de l'opération Sangaris, incitant plusieurs experts à prôner un renforcement militaire français pour éviter l'enlisement.

 

Jeudi, les soldats français patrouillaient dans deux quartiers de Bangui, au lendemain d'un Noël sous tension qui a vu des centaines d'habitants tenter d'échapper à des tirs à l'origine non identifiée, ainsi que la mort dans des affrontements de cinq soldats tchadiens. Au moins une dizaine de civils ont été tués dans cette nouvelle flambée de violences.

 

Ces développements alimentent le débat en France, comme après chaque intervention militaire, autour d'un éventuel enlisement des forces françaises, 1.600 hommes, qui interviennent en vertu d'un mandat de l'Onu obtenu à l'initiative de Paris.

 

"Une situation humanitaire dramatique, un mandat unanime du Conseil de sécurité, un théâtre d’opérations bien connu de la France: toutes les conditions morales, politiques et opérationnelles paraissaient réunies pour conduire une intervention brève et réussie en République centrafricaine", rappelle François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde daté de vendredi.

 

"Au lieu de cela, nos soldats se trouvent seuls, face à une situation locale nettement plus dure que prévue. Il n’y aura pas de succès rapide et nos troupes devront probablement être renforcées", ajoute-t-il, déplorant que la France ait choisi en Centrafrique une "dimension nationale" pour son intervention et non européenne.

 

Combattre un incendie avec un verre d'eau

 

Pour le général à la retraite Vincent Desportes, "la France n'a que deux solutions: soit se retirer, soit se renforcer". Un retrait n'étant pas politiquement envisageable, "il faut donc renforcer sérieusement, monter très vite à 5.000, 6.000 hommes, avoir un effet de masse immédiat. Sinon on va combattre un incendie avec un verre d'eau", prévient-il.

 

Autre expert à souhaiter des renforts, le général à la retraite Bertrand Cavallier, citant le précédent du Kosovo, juge dans le magazine Le Point que "la France pourrait déployer ses unités de gendarmerie mobile" en Centrafrique afin d'y "restaurer la sécurité".

 

Alors que le pays semble au bord de la guerre civile, alimentée par des tensions religieuses dans un cycle de représailles entre chrétiens et musulmans, la tâche des Français est rendue plus compliquée encore par l'attitude et les ambiguïtés de son allié tchadien, qui joue le rôle de protecteur de la minorité musulmane et est considéré comme la puissance régionale qui a mis en place l'ex-chef rebelle et président Michel Djotodia. Le Tchad fait aussi partie de la force africaine (Misca), censée être neutre.

 

"Les violences de Bangui, les manifestations antifrançaises, le rôle trouble de l'armée tchadienne annoncent des lendemains qui déchantent", écrit jeudi le quotidien Libération, tandis que Le Figaro estime qu'en Centrafrique "le scénario déraille" et que "les troupes françaises sont au coeur d'une situation quasi inextricable qui menace à tout moment de dégénérer".

 

Pour Vincent Desportes, professeur à l'Institut de sciences politiques et ancien directeur de l'Ecole de guerre, interrogé par l'AFP, "c'est typiquement le genre d'opération le plus compliqué pour une force militaire: être une force d'interposition entre deux parties dans une guerre civile". Pour autant, il juge qu'"il n'y a que les rêveurs de la guerre courte et propre qui pouvaient imaginer que ça allait se passer en quelques jours".

 

La réelle difficulté, selon lui, provient du faible appui procuré par la Misca à Sangaris: "On ne peut pas imaginer une force cohérente avec des contingents qui se font la guerre entre eux", souligne-t-il en référence aux récents tirs fratricides entre militaires tchadiens et burundais.

 

Député européen de l'opposition de droite et spécialiste des questions de défense, Arnaud Danjean craint un enlisement, notamment parce que "on doit séparer des gens qui ne sont pas constitués en armée, c'est quasiment du désarmement et de l'interposition individuelle (...). Et il n'y a pas de processus politique en toile de fond, même si on nous dit qu'il y aura des élections en 2014. Pour l'instant, c'est l'anarchie, le chaos absolu".

 

Selon M. Danjean, "on a voulu entrer très vite dans un processus de désarmement avec un mandat visiblement très intrusif", avec un double risque inhérent: "être pris à partie très violemment, comme on l'a vu dès le début de l'opération avec la perte de deux de nos soldats, ou alors commettre des bavures".

 

© 2013 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. 

Centrafrique: les difficultés s'accumulent pour l'armée française
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 22:31

 

 

 

 

 

 

http://www.temoignagechretien.fr  TC n° 3568 26 décembre 2013 Par Philippe Clanché

 

À force d’amalgames, le conflit centrafricain dérape parfois en affrontements confessionnels. Face à cette menace, les responsables chrétiens et musulmans se mobilisent.

 

La République centrafricaine est-elle en proie à un conflit religieux ? Certains éléments pourraient le faire croire. Au pouvoir depuis 2003, le président François Bozizé, chrétien (1), a été renversé en mars dernier, par les rebelles de la coalition seleka, principalement musulmans, comme leur chef, Michel Diotodia. 


Et lors de leur traversée du pays depuis le Tchad et le Soudan, au nord, jusqu’à la capitale, Bangui, située au sud, les Selekas « ont saccagé de nombreuses églises », comme le raconte le P. William Doctor, religieux spiritain centrafricain étudiant à Paris, qui s’est rendu sur place cet été (2). 


Il n’en fallait pas plus pour que naisse l’amalgame entre le projet politique des rebelles et leur confession. En réponse, sont nés en milieu chrétien les groupes dits « anti-balakas », balaka signifiant machette. 


« À l’origine, ce sont des groupes d’autodéfense », explique le religieux. Rapidement, ils sont devenus des acteurs de vengeance s’en prenant à la population musulmane, et des mosquées ont subi le même sort que les églises précédemment. 


FAIRE BAISSER LA TENSION


Un des objectifs majeurs de la mission des soldats français de l’opération Sangaris, qui a débuté le 5 décembre dès son autorisation par l’ONU, est de désarmer tous les protagonistes, et en premier lieu les ex-rebelles.

 
Au même moment, des leaders religieux se sont exprimés fortement pour faire cesser le cycle de la vengeance. Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque catholique de Bangui, a ainsi lancé un appel à la paix dimanche 15 décembre lors d’une messe devant 1 500 fidèles : 


« De nombreux chrétiens disent qu’ils veulent se venger. Mais les chrétiens doivent être habités par l’esprit de Dieu et ne doivent pas tuer. Nous sommes devenus des animaux, les exactions dépassent la raison quand on tue quelqu’un et que l’on brandit son bras. » 


Cet appel, concomitant avec les premiers résultats du désarmement forcé, a donné quelques fruits et amélioré le moral des populations. Plusieurs jours durant, le prélat a circulé pour faire baisser la tension dans tous les quartiers de la capitale, accompagné de l’imam qui préside la communauté islamique nationale. 


SIGNES DE RAPPROCHEMENT


Les religieux n’ont pas attendu ce mois de décembre pour se mobiliser. « En janvier 2013, dès le début du conflit, des leaders religieux chrétiens et musulmans d’une dizaine de pays africains, réunis au Cameroun, lançaient un appel à la paix face aux violences en Centrafrique (voir document ci-contre) », rappelle Franck Lefebvre-Billiez, du Defap, service missionnaire de la Fédération protestante de France, très actif dans un pays où vivent de nombreux protestants. 


Le pays jouit ordinairement d’une bonne cohabitation entre chrétiens (80 % des 5 millions d’habitants de la population) et musulmans (10 %). « Les religions sont un fondement de notre société, explique Béatrice Epaye, catholique, ancienne ministre et animatrice d’une fondation pour les enfants des rues. Les rapports entre habitants sont toujours teintés de religiosité. »


La violence meurtrière semble appartenir au passé, même si des armes circulent toujours et que les craintes demeurent. Des signes de rapprochements sont tangibles. La radio catholique ouvre ses antennes aux musulmans. Le monastère des Béatitudes de Bangui accueille plus de 13 000 réfugiés de toutes religions, en attendant que tous les quartiers soient désarmés.

 
« ON A ENVIE DE LA PAIX »


« Dimanche dernier, j’ai pu me rendre à une rencontre, invitée par des musulmans, raconte Jocelyne Diemer, responsable de la Jeunesse étudiante chrétienne féminine dans le pays, jointe par TC le 17 décembre. J’avais peur et mes parents m’ont déconseillé de m’y rendre. Mais cela s’est très bien passé. Des deux côtés, on a envie de la paix. » 


La rencontre s’est tenue dans ce quartier du « kilomètre 5 », à la population majoritairement musulmane, où le 5 décembre un affrontement entre Selekas et anti-Balakas avait causé de nombreuses victimes. Une rumeur s’en était suivie selon laquelle la mosquée avait été incendiée. Depuis, des jeunes musulmans veillent jour et nuit sur une église catholique afin d’éviter toutes représailles.


« Ce n’est pas une guerre interreligieuse, affirme le P. Doctor. Mais dans un pays en perte de repères et en recherche de coupables, celui qui croit différemment devient une cible. » 


Béatrice Epaye appelle à une recomposition politique avec des partis non confessionnels. Elle espère que les associations de jeunes chrétiens, musulmans ou peuls pourront appuyer la réconciliation. « Je suis plutôt optimiste », conclut Jocelyne Diemer. Avant d’ajouter : « Par la grâce de Dieu, ça ira. »

 


(1) Il appartient à L’Église du christianisme céleste (ECC), mouvement charismatique et pentecôtiste né au Bénin.

(2) Émission « Ecclesia Magazine », Radio Notre-Dame, le 12 décembre.

Lu pour vous : Centrafrique : ne pas tomber dans le conflit religieux
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 22:25

 

 

 

 

 

 

http://www.europe1.fr   Par Charles Carrasco

 

Publié le 26 décembre 2013 à 16h12

 

L'AVIS DE - Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions militaires, estime que la France "s'est engagée un peu vite".

 

L'INFO. La situation est explosive à Bangui. Depuis trois semaines, près d'un millier de personnes ont été tuées dans des violences interreligieuses entre les ex-Séléka musulmans et les anti-balaka chrétiens. Jeudi, les Français ont encore dû mener une opération de dissuasion contre les groupes armés dans deux quartiers de Bangui. Mercredi, toute la journée, des tirs d'origine indéterminée ponctués de détonations, avaient semé la panique dans les quartiers nord de la capitale puis près de l'aéroport, sécurisé par les Français et où stationnent les hommes de Sangaris et les différents contingents de la Misca.

 

Dans ce chaos ambiant, cinq soldats tchadiens, sur les 4.000 que compte la force africaine Misca en Centrafrique, ont été tués. Et dans cette crise confessionnelle, les troupes françaises sont en première ligne.

 

Jean-Dominique Merchet, spécialiste des questions de Défense et journaliste à L'Opinion, analyse les enjeux de cette opération Sangaris.

 

La France a-t-elle été prise de vitesse ? La situation en Centrafrique a rapidement dérapé avant même que l'opération Sangaris ne commence. "Les massacres ont commencé. Et ça, ce n'était pas prévu. On ne l'a pas vu venir, on n'a pas su anticiper", note Jean-Dominique Merchet, invité d'Europe 1.

 

En effet, face aux exactions commises depuis plusieurs semaines par les ex-Séléka (musulmans) fidèles au président Djotodia, les anti-balaka (chrétiens) décident de rejoindre la capitale Bangui le 5 décembre, en prenant de vitesse le déploiement français. Parmi eux, il y avait des anciens des forces de sécurité de l'ex-régime du président déchu Bozizé.

 

Les impératifs sécuritaires en Centrafrique ont donc accéléré l'intervention. "Il n'y avait pas une excellente connaissance du terrain (…) Nous avons de bons moyens de renseignement mais ils sont limités et ils sont concentrés sur le Sahel comme le Niger ou le Mali où l'on traque les djihadistes. Et si les services de renseignement sont là, ils ne peuvent pas être partout. Ils n'étaient pas beaucoup en Centrafrique. On s'est donc sans doute engagé un peu vite dans une opération dans une opération dont on ne maîtrisait pas tous les éléments", assure ce spécialiste des questions militaires.

 

Comment se déroule l'opération ? Aujourd'hui, les patrouilles de l'armée française sont rendues extrêmement délicates. Les ex-Séléka sont cantonnés et accusent les Français de les laisser désarmés face à la population de Bangui majoritairement chrétienne. Dans le même temps, la majorité de la population réclame un renversement du président Djotodia et des ex-Séléka. Depuis, les exactions se multiplient. "J'ai un sentiment de grande inquiétude sur ce qui pourrait se passer. Le pire n'est jamais sûr mais depuis le début, l'intervention militaire française est vraiment mal emmanchée. On a l'impression que chaque jour qui passe apporte son lot de mauvaises nouvelles", s'inquiète ce spécialiste militaire.

 

Pourquoi intervenir ? L'objectif de la France et de la Misca est de faire cesser la violence, faciliter le travail humanitaire et permettre une transition politique. Rien à voir avec des "intérêts économiques", selon Jean-Dominique Merchet. "La Centrafrique, c'est un pays ouvrier. Il y a des ressources naturelles mais qui ne sont pas exploitées. Il y a surtout un enjeu humanitaire et un enjeu politique : c'est une ancienne colonie française", explique-t-il. Si la France intervient, "c'est parce qu'on pense qu'on connaît ce pays et qu'on a des responsabilités. Mais aussi parce que les Africains nous l'ont demandé", ajoute-t-il.

 

Au début, l'intervention était partie pour durer entre 4 et 6 mois. Mais les récents événements tendent à penser que "ça va durer", prédit Jean-Dominique Merchet. "Comme il n'y a pas de solution politique, les choses vont malheureusement s'enliser", précise-t-il.

 

L'armée française a-t-elle les moyens nécessaires ? Globalement, l'armée française est d'un "excellent niveau", selon Jean-Dominique Merchet, mais sa "mission est extrêmement difficile". "On ne sait pas qui est notre ennemi", décrypte-t-il. Sur les 1.600 soldats français envoyés, seulement moins de la moitié peuvent réellement être engagés sur le terrain. L'autre moitié fait tourner la base et assure la sécurité de l'aéroport. "Les effectifs sont donc insuffisants pour ramener la paix ou un semblant de sécurité dans une ville où il y a des centaines de milliers d'habitants", affirme Jean-Dominique Merchet.

 

Quel rôle pour le Tchad ? La tâche des Français est rendue plus compliquée encore par l'attitude et les ambiguïtés de son allié tchadien, puissance régionale traditionnellement très influente en Centrafrique et partenaire incontournable de Paris. "Dans un geste fugace mais très clair, certains d'entre eux n'ont pas hésité récemment à braquer leurs armes sur nous", confie jeudi un adjudant de Sangaris à Libération. Avec 850 hommes, aguerris et bien équipés, le contingent tchadien est omniprésent à Bangui. Il y joue le rôle de protecteur de la minorité musulmane, mais également du pouvoir du président (et ex-chef rebelle) Michel Djotodia.

 

Les Centrafricains accusent les Tchadiens de soutenir les ex-rebelles Séléka -dont certains sont originaires du Tchad- qui ont renversé le président François Bozizé, et fait subir pendant des mois aux civils leur loi d'airain. Ces militaires tchadiens ont été impliqués récemment dans plusieurs incidents, dont des tirs fratricides sur leurs collègues burundais de la Misca.

 

D'autres pays vont-ils épauler la France ? La France représente la communauté internationale par la résolution qu'elle a obtenue au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle est donc seule parmi les grandes puissances. "On ne va pas voir les Américains, les Anglais, les Allemands, les Européens venir. Ça c'est clair", prédit Jean-Dominique Merchet. Très clairement, aucun pays n'a envie de s'engager dans cette opération, si ce n'est pour offrir quelques aides logistiques et quelques moyens humains mineurs.

 

Jeudi, l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et l'imam Omar Kobine Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique, ont appelé l'ONU à déployer "de toute urgence" une force de maintien de la paix dans ce pays, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

Lu pour vous : La Centrafrique, un bourbier pour la France ?
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Centrafrique-Presse.com
26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 22:22

 

 

 

 

 

 

http://www.leral.net Jeudi 26 Décembre 2013 - 13:19

 

La République de Centrafrique affronte aujourd’hui une de ses plus graves crises internes de son histoire. 


Un pays dont de vastes zones de son territoire sont livrées à des milices criminelles et où le pillage, le recrutement d’enfants-soldats, les viols, les exécutions et la destruction de villages sont devenus le lot quotidien du peuple centrafricain. 


Une situation dramatique qui a provoqué des exodes en masse. Près d’un million de centrafricains ont fui leur région natale pour rejoindre des lieux sûrs à l’intérieur du pays ou vers des pays voisins comme le Tchad, le Cameroun et la République Démocratique du Congo.

 
Un chaos sécuritaire aggravé par un risque potentiel de crise alimentaire et des probables épidémies en raison d’un système sanitaire délabré annonçant une catastrophe humanitaire sans précédent.

 
La gravité de cette situation a conduit de nombreux pays, notamment la France et le Royaume du Maroc à tirer la sonnette d’alarme et à appeler à la mise en place de mesures urgentes avec le soutien de la communauté internationale en vue d’empêcher une détérioration de la situation sur le terrain.

 
Aussi, dès l’adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution 2127, qui autorise le déploiement de la Mission Internationale de Soutien à la République centrafricaine sous conduite africaine (MISCA) pour une période de 12 mois, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a ordonné l’envoi d’éléments des Forces Armées Royales en République centrafricaine pour soutenir ce pays dans son chemin vers la paix et la stabilité et mettre un terme à un conflit confessionnel dévastateur porteur de menaces pour la sécurité du continent africain. 


En effet, un chaos en République centrafricaine engendrerait une déstabilisation totale de toute la région du fait de sa position géostratégique car au carrefour de la zone des Grands Lacs, des deux Soudans, du Cameroun, du Tchad et du Congo. 


Une anarchie en République centrafricaine conduirait inévitablement les groupes terroristes et criminels venus d’autres pays africains ou d’ailleurs à sanctuariser ce territoire  comme il l’avait été tenté avec le Mali et que l’on constate aujourd’hui dans Sud algérien et dans les camps des séquestrés sahraouis à Tindouf. 


C’est pourquoi, il est plus qu’urgent de mettre un terme définif à ce conflit interconfessionnel qui vient de surgir en République de Centrafrique, de promouvoir le dialogue interreligieux pour qu’une dynamique de paix et de solidarité s’instaure dans ce pays.

 
Pour mémoire, je rappelerai que la Constitution de 1994, toujours en vigueur, ne fait pas mention explicitement de la liberté de religion ; toutefois, son article 8 garantit la liberté de culte et interdit toute forme d’intégrisme religieux et d’intolérance. Ce qui explique que la République centrafricaine n’a jamais connu de conflits interconfessionnels jusqu’à celui-ci.

 
Or, force est de constater que, pour l’heure, tous les efforts de la communauté internationale ainsi que ceux des forces de la MISCA n’ont pu empêcher les tueries qui se déroulent en République de Centrafrique et où les populations, tant chrétiennes que musulmanes, en sont les premières victimes innocentes en raison des multiples tentatives, venues de l’extérieure, de récupérer cette anarchie. 


Il est vrai, que les forces françaises auraient été plus inspirées en désarmant l’ensemble des milices armées et non pas seulement celles des Seleka laissant une partie de la population centrafricaine face à la vindicte des anti-Balakas assoiffés de vengeance. 


Une erreur du commandement militaire français qui a conduit le contingent tchadien de la MISCA à protéger les ressortissants de leur pays et à leur assurer un retour sécurisé au Tchad, tout comme l’aurait fait tout autre Etat. 


Aussi, eu égard à l’excellence des relations politiques, d’amitiés, de coopération et de solidarité qui unissent le Royaume du Maroc et la République Centrafricaine et face à la grave détérioration de la situation en Centrafrique, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a eu, le 24 décembre 2013, un entretien téléphonique avec le Président français, Monsieur François Hollande.

 
Un entretien essentiellement consacré aux derniers évènements en République centrafricaine et au cours duquel le Roi du Maroc a fait part à son interlocuteur de sa forte préoccupation devant la dégradation alarmante de la situation sécuritaire, l’aggravation de la crise humanitaire et l’exacerbation des tensions interconfessionnelles dans ce pays africain.

 
Le Souverain marocain, a également mis l’accent, au cours de cet entretien, sur l’urgence de créer les conditions propices pour un dialogue inclusif qui permette à l’ensemble des composantes du peuple centraficain  de réaliser la concorde nationale et d’amorcer un processus de  transition démocratique pacifiée dans le cadre du respect de l’unité nationale de ce pays. 


C’est pourquoi, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tenu à souligner au Président français, que, fort de ses relations historiques avec l’ensemble des composantes confessionnelles et politiques de la République centrafricaine, le Royaume du Maroc entend contribuer activement aux efforts mis en œuvre pour rétablir la paix et l’ordre public dans ce pays et faire cesser la spirale d’attaques et représailles violentes à caractère confessionnel, qui visent la population et notamment la communauté musulmane, ce qui constitue un développement hautement préoccupant et particulièrement inhabituel pour le continent Africain. 


Enfin, il est acquis que l’unique solution en République de Centrafrique est, comme l’a soulignée le Roi du Maroc à son interlocuteur, l’assurance d’une protection équilibrée et non dicriminatore à l’égard de toutes les communautés religieuses et ethniques afin de favoriser l'avènement d'une réelle démocratie loin des stratégies éthniques ou religieuses. 


Je rajouterai, pour conclure, que la  cérémonie de remise du Drapeau au contingent des Forces Armées Royales, symbolisant la réception de sa mission, a été présidée, le mercredi 25 décembre 2013, sur Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI par le Général de Corps d’Armée Abdelaziz Bennani qui a remis le Drapeau de l’Unité au Colonel-Major désigné Commandant du contingent marocain en République de Centrafrique. 


A cette occasion un message Royal adressé aux militaires de ce Contingent a été lu. Dans ce message Royal, il a été rappelé aux soldats marocains en partance pour la République de Centrafrique que leur mission constituera «une nouvelle page qui s’ajoutera aux pages glorieuses immortalisées par les précédents Contingents sur différents fronts tels que le Congo, la Somalie, la Bosnie-Herzégovine et Haïti, et qui se poursuivent encore au Kosovo, en République Démocratique du Congo et en République de Côte d’Ivoire, consacrant ainsi par excellence le professionnalisme et l’efficacité du soldat marocain connu pour sa grande capacité d’adaptation à l’environnement extérieur, dans le respect total des principes de la légalité internationale.» 

Vives inquiétudes du Roi du Maroc sur la situation en Centrafrique
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 20:50

 

 

 

Le MLPC réagit en condamnant les propos sécessionnistes d'Abakar Sabone

 

Propos sécessionnistes d'Abakar Sabone : Condamnation du MLPC
Propos sécessionnistes d'Abakar Sabone : Condamnation du MLPC
Propos sécessionnistes d'Abakar Sabone : Condamnation du MLPC
Propos sécessionnistes d'Abakar Sabone : Condamnation du MLPC
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 15:29

 

 

 

 

 

Bangui (AFP) - 26.12.2013 14:05 - Par Xavier BOURGOIS et Christian PANIKA

 

Au lendemain d'une nouvelle journée de chaos à Bangui, l'armée française a lancé jeudi une opération de sécurisation dans deux quartiers de la capitale centrafricaine, l'archevêque et l'imam de Bangui ont demandé l'envoi "de toute urgence" de Casques bleus.

 

Les soldats de l'opération Sangaris se sont déployés à l'aube pour sécuriser les quartiers de Gobongo, proche de l'aéroport dans le nord de Bangui, et à Pabongo, un quartier sud de la ville.

 

"Le but est de dissuader", a expliqué l'un des patrons de l'opération Sangaris, le lieutenant-colonel Sébastien Pelissier. "Ce déploiement appuyé" est une opération "ponctuelle" qui mobilise environ 600 hommes, selon l'officier, avec une "concentration des efforts sur les quartiers qui ont subi le plus de violences ces derniers jours".

 

Toute la journée de mercredi et dans la soirée, des tirs d'origine indéterminée avaient semé la panique dans les quartiers nord de la capitale puis près de l'aéroport, sécurisé par les Français et où stationnent les hommes de Sangaris et les différents contingents de la force africaine (Misca).

 

L'origine de ces violences restaient largement inexpliquées jeudi, des habitants parlant d'une attaque de miliciens "anti-balaka" (milices chrétiennes d'auto-défense) sur des éléments du contingent tchadien. L'armée française n'a donné aucune explication sur ces incidents.

 

Cinq soldats tchadiens ont été tués lors de ces affrontements, a indiqué de son côté la Misca. "Hier (mercredi), la ville était dans la confusion totale, et cette confusion a duré jusqu'à la fin de la soirée, nous essayons aujourd'hui de comprendre ce qui s'est passé", a commenté un porte-parole de cette force.

 

Pick-up et cadavre carbonisés

 

Jeudi matin, la carcasse d'un pick-up carbonisé de l'armée tchadienne, avec encore un cadavre à l'intérieur, occupait une rue du quartier de Gobongo. Les habitants sur place évoquaient là aussi une attaque d'anti-balaka sur les Tchadiens, et la riposte de ces derniers à l'arme lourde dans le quartier.

 

"Plusieurs de nos positions ont été attaquées pendant la nuit", a par ailleurs indiqué à l'AFP le chef du contingent burundais de la Misca, le lieutenant-colonel Pontien Hakizimana. "Nous avons contenu les assaillants, sans aucune perte de notre côté", a-t-il déclaré. "Depuis ce matin", les soldats burundais "patrouillent dans les rues de Bangui, et tout est calme".

 

Un calme précaire est effectivement revenu dans la ville. Les artères menant à l'aéroport étaient largement investies par les véhicules blindés français, alors que les soldats français menaient des opérations de fouille dans la zone.

 

Des tirs sporadiques ont un moment été signalés dans le 5ème arrondissement, dans le centre, mais ont cessé avec l'arrivée de militaires burundais et le survol d'un hélicoptère français.

 

A Gobongo, et dans des quartiers voisins, les habitants recommençaient à sortir prudemment ou à rentrer chez eux après avoir fui par centaines vers l'aéroport voisin, où s'agglutinent déjà dans la plus grande précarité des dizaines de milliers de déplacés.

 

Selon Médecins sans frontières (MSF), 36 blessés, par balle et par arme blanche, ont été amenés depuis mercredi soir à l'hôpital communautaire, principal établissement hospitalier de Bangui.

 

Un habitant du PK5, un quartier mixte à dominante musulmane près de l'aéroport, a indiqué que les corps de plusieurs personnes, tuées par des "anti-balaka" infiltrés dans le secteur, ont été rassemblés dans une mosquée.

 

La Centrafrique "condamnée aux ténèbres"?

 

Dans une tribune publiée par le journal Le Monde, l'archevêque de Bangui, Mgr Dieudonné Nzapalainga, et l'imam Omar Kobine Layama ont appelé l'ONU à déployer "de toute urgence" une force de maintien de la paix.

 

Les "progrès réalisés" depuis le déploiement des 1.600 soldats français début décembre, en soutien aux 4.000 de la Misca, sont "fragiles, et les troupes ne sauraient porter ce fardeau à elles seules", selon les deux hommes, qui ne cessent d'appeler à la réconciliation depuis des mois.

 

La Centrafrique "reste au bord d’une guerre aux aspects religieux", et "nous craignons que faute d’une réponse internationale plus importante, notre pays ne soit condamné aux ténèbres", ont-ils prévenu de nouveau.

 

Un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre à Bangui et en province, dans les attaques des milices "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et dans les représailles de la Séléka contre la population.

 

Après un court répit, les violences ont repris dans la capitale en fin de semaine dernière. Les soldats français de Sangaris et les troupes de la Misca peinent visiblement à éteindre l'incendie qui continue de couver, dans une ville toujours minée par les haines confessionnelles. Beaucoup de chrétiens, victimes pendant des mois des exactions des Séléka, ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés.

 

La tâche des Français est rendue plus compliquée encore par l'attitude et les ambiguïtés de son allié tchadien, puissance régionale traditionnellement très influente en Centrafrique, et partenaire incontournable de Paris pour rétablir la sécurité dans le pays.

 

Avec 850 hommes, aguerris et bien équipés, le contingent tchadien est omniprésent à Bangui. Il y joue le rôle de protecteur de la minorité musulmane, mais également du pouvoir du président (et ex-chef rebelle) Michel Djotodia.

 

Mais les Tchadiens sont accusés de soutenir les ex-rebelles Séléka -dont certains sont originaires du Tchad- et ont été impliqués récemment dans plusieurs incidents, notamment des tirs fratricides sur leurs collègues burundais de la Misca.

 

Mercredi, la Misca avait annoncé le prochain départ de Bangui des troupes tchadiennes et leur redéploiement vers le nord du pays, frontalier du Tchad.

 

© 2013 AFP

Centrafrique: opération française dans deux quartiers de Bangui, appel "d'urgence" à l'ONU
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 15:12

 

 

 

 

 

 

RFI  jeudi 26 décembre 2013 à 13:10

 

La Croix-Rouge annonce avoir ramassé 44 corps dans les rues de Bangui, mercredi 25 décembre. Des victimes pour la plupart en tenue civile. Les combats ont été particulièrement violents ce jour-là dans la capitale de la République centrafricaine. Cinq militaires tchadiens de la Misca, la force africaine, ont été tués. Ce jeudi, des tirs ont de nouveau été entendus, dans les quartiers nord de Bangui.

 

Les combats avaient quasiment cessé en fin d'après-midi, ce mercredi, mais des tirs sporadiques étaient entendus jusque tard dans la nuit avant de s'arrêter complètement, puis de reprendre jeudi matin, vers 10 heures, dans la partie nord de Bangui.

 

« Pour l'instant, nos équipes ne peuvent pas accéder aux 4e et 8e arrondissements pour des raisons de sécurité », a expliqué jeudi matin le chef de la délégation du CICR à Bangui. Une impossibilité d'accès qui concerne également le quartier Miskine, a-t-il précisé.

 

La crainte des habitants de Gobongo

 

A Gobongo, où s'était déroulé le gros des combats mercredi, des habitants parlent de calme très relatif, ce jeudi matin. Beaucoup fuient le quartier. « Nous avons peur, parce que les éléments burundais et de la Misma qui étaient là pour nous protéger ont quitté le quartier, explique un habitant de Gobongo. Nous sommes obligés de prendre les enfants et de quitter le quartier, vers l'aéroport, sans savoir ce qui va nous arriver dans les jours qui suivent. »

 

Après avoir été évacués temporairement, les équipes de Médecins sans frontières sont retournées jeudi à l'hôpital communautaire pour apporter des secours d'urgence. Le matin, elles avaient comptabilisé une douzaine de blessés par balles ou à l'arme blanche. Seize autres avaient reçu des soins pendant la nuit.

Centrafrique : Bangui compte ses morts
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 13:05

 

 

 

 

 

 

http://geopolis.francetvinfo.fr

 

Par Jacques Deveaux | Publié le 25/12/2013 à 11H59, mis à jour le 25/12/2013 à 11H59

 

L’attitude du Tchad et de ses soldats en Centrafrique relève d’un interventionnisme systématique depuis qu'Idriss Déby est chef de l'Etat. Une façon pour lui de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique. Quitte à aider les rébellions.

 

La France n’est pas seule en Centrafrique. Elle intervient dans le cadre de la Misca : Mission internationale de soutien à la Centrafrique. 3652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine proviennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad.

 

Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique. Beaucoup de Centrafricains chrétiens accusent le Tchad d’être juge et partie. En effet, les troupes de la Séléka qu’il s’agit de désarmer, sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens.


Incidents à répétition


Le 22 décembre, la population chrétienne manifestait devant l’aéroport pour réclamer le départ des troupes  tchadiennes. Des soldats tchadiens sont alors intervenus et ont ouvert le feu, faisant un mort.


Pire. Le lendemain, des soldats tchadiens visiblement très nerveux, attaquaient des soldats burundais de la Misca qui tentaient de désarmer six ex-Séléka. Pas de blessés à déplorer, mais les Tchadiens sont partis avec les rebelles en tirant dans tous les sens.


Un brin ironique, un officier burundais faisait remarquer : «Nous n’avons aucun contentieux avec aucune partie de la population, nous.» Ambiance.
 
Une présence tchadienne historique


Un comportement qui laisse à penser que soldats réguliers tchadiens et rebelles de la Séléka ont des liens étroits.


Le Tchad est accusé par les partisans de François Bozizé, le président déchu, d’avoir aidé la Séléka à prendre le pouvoir. Du reste, les Tchadiens sont nombreux en Centrafrique. Ils sont des milliers à vivre à Bangui et le commerce est presque totalement entre leurs mains. Il y a donc pour N’Djamena, comme un droit de regard légitime sur les affaires intérieures centrafricaines pour protéger ses ressortissants. D'ailleurs, en ces temps troublés, le retour au pays des Tchadiens a commencé.
 
Le pétrole tchadien


Depuis qu’Idriss Déby est au pouvoir, le Tchad prend ses aises avec la Centrafrique. Car il lui faut un allié au sud. Le Tchad est vaste, la capitale N’Djamena est excentrée à l’ouest. Et depuis 12 ans le Tchad est un producteur de pétrole.

Selon le ministre tchadien des Infrastructures, Adoum Younoussmi, son pays produit «en moyenne 120.000 barils de pétrole par jour», qui lui ont rapporté entre 2004 et 2011 «3000 milliards de francs CFA» (4,5 Md d’euros). Une belle somme pour ce pays de 11 millions d’habitants.


Or, les puits sont au sud, près de la frontière avec la Centrafrique. Idriss Déby veut donc une région stable.


 
Idriss Déby, le faiseur de roi


Il tire les ficelles, fait et défait les chefs d’Etat centrafricains. Il en va ainsi de ses relations avec Ange-Félix Patassé président de 1993 à 2003. D’abord excellentes. Puis Déby se brouille avec Patassé et accueille sur le sol tchadien un certain… François Bozizé.


Déjà, le Tchad fournit les hommes qui permettent à Bozizé de foncer sur Bangui et de prendre le pouvoir. Mais ces «libérateurs» se brouilleront très vite entre eux, entretenant une instabilité quasi permanente en Centrafrique.



Rapports compliqués avec la Séléka


Dans un premier temps, le Tchad soutient Bozizé. Il lui aurait même livré un certain Charles Massi,. L’homme passé à l’opposition de Bozizé était soupçonné de vouloir créer un mouvement rebelle. Le Tchad a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans cette affaire. L’homme a pourtant bien été arrêté en territoire tchadien. Fondateur d’une des branches de la Séléka, il mourra en détention à Bangui.

Aujourd’hui Eric, le fils de Charles Massi, est le porte-parole de la Séléka. Il a obtenu ce qu’il voulait de plus cher, le départ de François Bozizé du pouvoir. Mais, voudra-t-il en savoir plus sur le rôle qu’a joué le Tchad dans la mort de son père? Peut-être les racines d’une future brouille ?

 
Déby se protège des rebelles


Enfin, Idris Déby se méfie de ceux qui pourraient déstabiliser son pouvoir. En 2008, une colonne rebelle de 300 pick-up est stoppée, alors qu’elle fonce depuis le Soudan sur la capitale. Idriss Déby sait que l'histoire peut se répéter. Il ne veut pas que le nord de la Centrafrique accueille la base arrière d’une éventuelle rébellion. Il faut donc que le pouvoir à Bangui lui soit favorable.


Michel Djotodia est le nouvel homme fort à Bangui. Mais cette fois, la brouille est allée plus vite que d'habitude, précipitée par la dissolution de la Séléka. Idriss Déby semble en difficulté. Chrétiens et musulmans s'entretuent. Le dernier coup d'état en Centrafrique n'a apporté que le chaos. Il a surtout fait naître un puissant ressentiment contre les Tchadiens désormais obligés de quitter le pays.

 

Lu pour vous : Le jeu trouble du Tchad, pompier pyromane en Centrafrique
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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 12:20

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr   LE MERCREDI 25 DÉCEMBRE 2013 À 10:48

 

REPORTAGE | Alors qu'habituellement les églises sont remplies jusque tard dans la nuit, la ville de Bangui était presque déserte en tout début de soirée mardi. Les violences de ces quatre derniers jours ont fait 200 morts dans la capitale centrafricaine, selon Médecin sans Frontières. L'envoyé spécial de France Info Jérôme Jadot, avec Gilles Gallinaro aux moyens techniques, a passé le réveillon avec une patrouille de nuit de la force française "Sangaris". 

 

Après quelques minutes dans les avenues désertes en plein couvre-feu, première alerte. La patrouille de nuit de la force française "Sangaris", du 1er régiment de hussards parachutistes de Tarbes, a détecté des personnes avec des machettes. Devant une boulangerie, trois hommes, dont un qui remet sans résistance une longue lame aux soldats français.

 

Les cinq véhicules blindés reprennent la route où l'on peut lire des inscriptions "Non à la France". Depuis trois jours, les militaires  de "Sangaris" sont régulièrement confrontés à des rassemblements hostiles de population musulmane qui les accusent de partialité.

 

Des accusations injustifiées selon l'adjudant-chef Stéphane. "Pour nous le but c'est le désarmement. On ne cherche pas à savoir si c'est les musulmans, les anti-balaka, si c'est les chrétiens. Nous on a qu'une seule mission, donc ce n'est pas difficile, on voit tous les gens pareil", explique-t-il.

 

Par Jérome JadotGilles GallinaroCécile Mimaut

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