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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 17:16

 

 

 

 

 

 

Selon la haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, la "haine entre communautés demeure à un niveau terrifiant" en Centrafrique.

 

"Bien que les tueries à grande échelle qui ont eu lieu en décembre et janvier paraissent être arrêtées pour le moment, principalement en raison de la présence des forces africaine Misca et française Sangaris, des personnes continuent d'être tuées quotidiennement", a affirmé, ce jeudi 20 mars, Navi Pillay. La haut-commissaire évoque les milices majoritairement chrétiennes anti-balaka qui "se métamorphosent en gangs criminels".

 

La Centrafrique s'est enfoncée dans le chaos et un cycle infernal de tueries intercommunautaires depuis un coup d'État il y a un an. Les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants, et provoqué une crise humanitaire sans précédent.

 

"Environ 15.000 musulmans se trouvent piégés à Bangui et dans d'autres endroits du pays, protégés par les forces internationales, néanmoins dans des situations extrêmement dangereuses et insoutenables", a-t-elle ajouté.

 

"La haine entre communautés demeure à un niveau terrifiant. C'est devenu un pays où des personnes sont non seulement tuées, mais aussi torturées, mutilées, brûlées et démembrées", s'est-elle indignées, indiquant que "les viols et violences sexuelles ont augmenté, spécialement dans les camps des personnes déplacées".

 

"La Misca, Sangaris et les agences humanitaires sont confrontées au terrible dilemme de choisir entre aider involontairement au 'nettoyage' des populations musulmanes piégées, ou alors les laisser - contre leur volonté - dans des lieux où il y a un réel danger de les voir exécutées en masse", a souligné la haut-commissaire.

 

Pour mettre fin à ces violences, "les dirigeants de l'État m'ont fait comprendre, qu'en réalité, il n'existait pas d'État. Il n'y a pas d'armée nationale cohérente, ni de police, ni de système judiciaire, pratiquement pas de lieux de détention des criminels".

 

La haut-commissaire a également exhorté "les politiciens et les responsables nationaux et locaux" à faire "beaucoup plus d'efforts (...) pour marteler le message que les violations des droits de l'Homme et la criminalité ne seront plus tolérées".

Centrafrique : "La haine reste à un niveau terrifiant", selon l'ONU
Centrafrique : "La haine reste à un niveau terrifiant", selon l'ONU
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Centrafrique-Presse.com
20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:57

 

 

 

 

http://www.lepoint.fr/   Le Point.fr - Publié le 

 

Plusieurs accrochages ont opposé ces derniers jours les forces françaises en Centrafrique à des miliciens anti-balaka, dans Bangui et sur l'axe qui relie la capitale à la frontière camerounaise.

 

Plusieurs accrochages ont opposé ces derniers jours les forces françaises en Centrafrique à des miliciens anti-balaka, dans Bangui et sur l'axe qui relie la capitale à la frontière camerounaise, a indiqué jeudi à Paris l'état-major des armées. "Nous avons noté une forme de raidissement des anti-balaka, qui traduit sans doute l'impact qu'ont la force Sangaris et la Misca sur les zones où ils sont implantés", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron, au cours du point de presse de la défense.

 

"Clairement, nous les gênons et ils commencent à réagir parce qu'ils perdent pied à certains endroits", a-t-il affirmé. À Bangui, des tensions persistent notamment aux sorties nord de la ville et sur l'axe routier dans les régions de Bossembélé et de Bouar (ouest). Ces incidents "se sont traduits par des tirs sur les forces françaises, qui ont donné lieu à des ripostes". "Lorsque nous sommes en reconnaissance d'axe, des groupes armés tentent d'installer des check-points, de barrer l'axe pour racketter les convois ou faire pression sur la population", a souligné le porte-parole. "Nous sommes intervenus pour les déloger. Certains ont considéré qu'ils pouvaient rester sur place et ont ouvert le feu contre la force Sangaris, nous avons immédiatement riposté et dégagé les axes", a-t-il poursuivi. 

 

"Pas une structure organisée"

 

Les anti-balaka sont des miliciens, majoritairement chrétiens, qui se sont dans un premier temps opposés aux musulmans de la Séléka, avant de s'en prendre à la population musulmane. "Ils se revendiquent anti-balaka, mais nous n'avons pas affaire à une structure organisée", a souligné le colonel Jaron. Selon l'état-major, "les choses évoluent assez positivement", à Bangui comme en province. Parmi les "signaux encourageants", le porte-parole a souligné une amélioration de la situation des personnes déplacées dans Bangui. Autour de l'aéroport "où il y avait plusieurs dizaines de milliers de déplacés, nous pensons qu'au cours de la semaine environ 300 tentes ont été démontées, parce que des habitants sont revenus chez eux", a-t-il noté.

 

Les soldats français ont par ailleurs découvert dans la capitale de nouvelles caches d'armes, notamment "des obus de mortier en petit nombre", ainsi qu'une bombe de 120 kilos, a-t-il dit. Près de 2 000 soldats français sont déployés au sein de la force Sangaris en Centrafrique, où il agissent "en soutien" des 6 000 hommes de la force africaine, la Misca, pour rétablir un minimum de stabilité dans le pays.

 

Centrafrique : la tension monte entre soldats français et miliciens anti-balaka
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:46

 

 

 

 

 

 

APA-Brazzaville (Congo) 2014-03-20 15:23:41

 

Le Congo et l'Angola envisagent de mutualiser leurs efforts dans la recherche de solutions aux crises qui secouent certains pays du continent à l'instar de la République centrafricaine, a indiqué jeudi à Brazzaville un communiqué des services la présidence congolaise.

 

Selon ce communiqué, cette volonté a été exprimée mercredi soir à Brazzaville au sortir d'une audience par le ministre angolais des relations extérieures, Georges Rebelo Pinto Chikoti, porteur d'un message du président angolais José Eduardo Dos Santos, au président congolais Denis Sassou N'Guesso.

 

« Il y a des relations très fraternelles entre la République d'Angola et la République du Congo. Naturellement nos présidents partagent plusieurs points de vue sur le contexte des crises africaines ».

 

Il a loué « la sagesse du président Sassou N'Guesso sur la plupart des problèmes qui minent la sous-région, notamment la question de la République Centrafricaine », affirmant qu'il était venu « voir si nos deux pays peuvent coordonner leurs efforts pour l'aide qu'on peut apporter à la RCA pour la sortir de cette crise ».

 

Rejetant d'un revers de main les idées entretenues au sujet des relations entre l'Angola et le Congo, l'homme d'Etat angolais a déclaré : « Nous étions au Cabinda récemment, où nous nous sommes retrouvés pour travailler sur les problèmes de frontières. Vous savez en ce moment que le Congo ou l'Angola connaissent une croissance économique importante. Nos pays ont grandi et les engagements sont nombreux, mais l'entente entre nos deux pays et nos présidents continue et est au beau fixe, non seulement il y a eu cette rencontre mais il va y en avoir d'autres ».

 

« Dans les tous prochains jours les présidents Dos Santos et Sassou N'Guesso vont se rencontrer pour renforcer les relations déjà fructueuses entre les deux pays », a encore dit Georges Rebelo Pinto Chikoti.

 

Le Congo et l'Angola sont membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) dont fait partie aussi la RCA, un pays secoué par une crise sans président depuis la chute du président François Bozizé en mars 2013, renversé par l'ex-rébellion de la Séléka.

 

http://www.apanews.net/news/fr/article.php?id=510971#sthash.oxg9S2SC.dpuf

Le Congo et l'Angola pour la recherche d'une solution à la crise en RCA
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 16:01

 

 

 

 




Bangui, le 20 mars 2014

 

Propos introductifs :


(TRADUCTION NON OFFICIELLE)


Bonjour, et merci à tous d’être présents.



Je dois dire, avec tristesse, que la situation en République centrafricaine est complètement différente de celle qui prévalait lors de ma dernière visite dans ce pays en février 2010. Je ne voudrais pas tenter de parcourir tous les graves problèmes de droits de l’homme auxquels la RCA est confrontée. Je me concentrerai plutôt sur quelques éléments qui ont émergé durant mes deux jours de discussions ici, à Bangui, avec, entre autres personnalités, la Cheffe d’Etat de la Transition, le Premier Ministre, la Ministre de la Justice, les organisations de la société civile et les agences humanitaires qui sont en nombre important et essayent de répondre à  situation d’urgence complexe qui affecte une bonne partie du pays. J’ai également rencontré un certain nombre de diplomates, et le Chef de la Mission de maintien de la paix de l’Union africaine (MISCA), ainsi que les Commandants de la MISCA et de la Force militaire française, connue sous le nom de Sangaris.


La situation en République Centrafricaine est extrême. Bien que les tueries à grande échelle qui ont eu lieu en décembre et janvier paraissent être arrêtées pour le moment, principalement en raison de la présence des Forces de la MISCA et de Sangaris dans des zones  chaudes, des personnes continuent d’être tuées quotidiennement, spécialement par des groupes anti-Balaka. Environ 15.000 musulmans se trouvent piégés à Bangui et dans d’autres endroits du pays au Nord, au Nord-Ouest et au Sud, protégés par les forces internationales,  néanmoins dans des situations extrêmement dangereuses et insoutenables.


Comme mise en évidence par la nature extraordinairement vicieuse des tueries, la haine entre communautés demeure à un niveau terrifiant. C’est devenu un pays où des personnes sont non seulement tuées, mais aussi torturées, mutilées, brûlées et démembrées – parfois par des groupes mobilisés de manière spontanée, tout comme par des groupes organisés de combattants armés. Des enfants ont été décapités, et nous sommes au courant d’au moins quatre cas où les tueurs ont mangé la chair de leurs victimes. Hier, l’une des organisations de la société civile qui tentent courageusement de documenter ces violations m’a montré des photographies horribles d’un de ces cas.


Selon les organisations de la société civile et les agences des Nations Unies, les viols et violences sexuelles ont augmenté, spécialement dans les camps des personnes déplacées. Deux districts dans la capitale – PK 5 et PK 12 – demeurent des zones non-accessibles, avec des populations musulmanes piégées. D’autres musulmans qui vivaient auparavant à Bangui se sont virtuellement tous enfuis, tout comme les habitants de plusieurs villes et villages – dont beaucoup ont été partiellement ou entièrement détruits – dans la moitié ouest du pays. Il reste  aussi des dizaines de milliers de musulmans  déplacés à l’intérieur du pays, principalement victimes des Séléka. Les anti-Balaka, dont la création est  au départ liée à la réaction contre les exactions des Séléka, se métamorphosent désormais en gangs criminels qui ont également commencé à s’attaquer aux  chrétiens et autres non-musulmans.


La MISCA, Sangaris et les agences humanitaires sont confrontés à d’énormes problèmes, ainsi qu’au terrible dilemme tel que choisir entre aider involontairement au «  départ  » des populations musulmanes piégées, ou alors les laisser – contre leur volonté – dans des lieux où il’ y a un réel danger de les voir exécutés en masse.


L’économie s’est effondrée, le système sanitaire est virtuellement inexistant dans plusieurs endroits, de même que l’éducation. Comme le Directeur exécutif du Programme limentaire mondial  l’a souligné ici, hier, le pays fait également face  à  une crise alimentaire, avec une sécurité alimentaire menacée par le manque de fonds,  les difficultés d’accès, ainsi qu’une longue saison de pluie qui va commencer juste dans quelques semaines.


Les hauts-fonctionnaires membres du Gouvernement de la Transition ont té extrêmement francs et ouverts à propos la tâche gigantesque à laquelle ils doivent faire face. Les autorités  de l’Etat m’ont fait comprendre, qu’en réalité, il n’existait pas d’Etat. Il n’y a pas d’armée nationale cohérente, ni de police, ni de système judiciaire, pratiquement pas de lieux  de détention des criminels, ni de moyens pour  les juger, les poursuivre  ou les  condamner. La  « chaîne pénale » non seulement manque de maillons, mais elle ne fonctionne pas du tout.


La seule grande prison du pays, ré-ouverte récemment à Bangui, a déjà été confrontée à deux incidents très sérieux : une première fois, un groupe mobilisé spontanément est entré dans la prison et a lynché 4 détenus musulmans. Après, il y a deux semaines, neuf détenus se sont enfuis, avec la complicité de ceux chargés de leur garde. Ailleurs, des  personnes arrêtées avec du sang sur des machettes et sur une bonne partie de leurs mains, ont été relâchées, parce qu0il n’y avait pas de lieux de détention, ni de moyens pour les inculper des crimes qu’ils avaient clairement commis. 

Il était hautement symbolique de constater, lors de ma réunion avec la ministre de la justice, qu’il n’y avait pas d’électricité. Bien que la lumière soit revenue, elle a décrit le manque d’ordinateurs pour conserver les données sur les arrestations, sur les menaces contre les magistrats du parquet, et au moins un magistrat a été assassiné. Il existe, en conséquence, une totale impunité, pas de justice, pas de loi, ni d’ordre, à l’exception de la protection fournie par les troupes étrangères. Nous avons discuté de la possibilité de faire venir quelques juges et magistrats étrangers pour aider leurs collègues nationaux à redémarrer la justice.

Toutes les personnes que j’ai rencontrées ont  mis l’accent sur le besoin urgent de restaurer la loi et l’ordre, en particulier à travers le déploiement des policiers et des gendarmes formés. Toutefois, avec très peu de ressources disponibles pour payer les salaires, il semble que très peu a été fait dans le sens d’un programme sérieux pour que cela soit fait, et ce, rapidement.


Au cours des neuf derniers mois, j’ai déployé trois équipes d’observation des droits de l’homme en RCA pour documenter les violations des droits de l’homme qui y ont eu lieu, et les carences existantes, et je suis en train d’aider au renforcement des capacités de la Section des droits de l’homme du BINUCA, et d’apporter un appui à la Commission d’enquête sur la RCA qui a été établie par le Conseil de sécurité en décembre et est actuellement opérationnel sur le terrain. J’ai demandé avec insistance à es interlocuteurs d’apporter leur appui à cet important mécanisme, qui jouera un rôle-clé dans ’établissement des responsabilités pour les pires violations qui ont été perpétrées depuis le début de la crise.


Le rapport le plus récent de mon équipe d’observation, soumis hier après une visite à Bambari, à 350 km au nord-est de Bangui, met en lumière quelques bonnes nouvelles : la soi-disant « exception  de Bambari ». Après les tueries massives du 5 décembre à Bangui, qui se sont répandues rapidement à d’autres zones, les leaders religieux chrétiens et musulmans de Bambari ont fait des efforts communs pour prévenir les divisions se développant au sein des populations mélangées de la ville, y compris en lançant des messages de tolérance sur la radio locale. De plus, l’actuel chef militaire de la ville a  procédé au retrait de toutes les armes et a pris une série de mesures pour rassurer les deux communautés, et a chassé les plus radicaux des éléments de la Séléka qui ont tenté de pénétrer dans la ville.


Toutefois, la situation là-bas demeure très fragile et les villes et villages voisins vont moins bien.


Des signes plus positifs incluent les discussions dans l’après-midi d’hier au Parlement de Transition, durant lesquelles quelques députés, dans leur interaction avec la ministre de la justice, ont mis un accent sur l’importance des droits de l’homme et ont développé le contenu de certains de ces droits, dont le droit de toute personne à la vie. Ce débat important et profond  était retransmis sur la plus grande station de radio du pays.


Je crois qu’il y a besoin de plus d’efforts visibles de la part des acteurs politiques pour enraciner le message que les violations des droits de l’homme et les crimes rampants ne seront plus tolérés; que tous les secteurs de la société, y compris les minorités, ont des droits égaux; et que la réconciliation est vitale pour tout le monde si le pays veut se reconstruire. A cet égard, j’étais contente d’apprendre de la part du Premier ministre que le Gouvernement de Transition a mis en place une commission de réconciliation et une commission permanente de dialogue.


Il s’est aussi engagé à accélérer la mise en place d’une commission nationale des droits de l’homme. Les commissions nationales des droits de l’homme sont des institutions indépendantes importantes avec des pouvoirs spécifiques, régies par un ensemble de normes internationales, connues sous le nom de Principes de Paris, et j’ai offert les services de mon Bureau pour aider le Gouvernement à s’assurer que cette commission soit d’un standard élevé dès le début.


Mais des institutions spécifiques comme celle-ci vont avoir des difficultés de fonctionner, à moins que la loi et l’ordre, ainsi que le système judiciaire soient rétablies, que les populations déplacées soient aptes à retourner rapidement et à reconstruire leurs maisons et leurs vies en toute confiance, et qu’elles bénéficient d’une protection adéquate de l’Etat. Il n’y aura pas de solution avant que ces conditions ne soient remplies.


La République centrafricaine est en train de payer un lourd tribut dû à 50 ans de mauvaise gouvernance. Avec un sol fertile et de précieuses ressources minérales, elle devrait être riche. Mais au contraire, et même avant le présent désastre, c’était l’un des pays les plus pauvres au monde. Un pays qui, malgré ses multiples rivières et une longue saison pluvieuse, se devait encore d’acheter de l’eau potable chez ses voisins.

Au centre de cette catastrophe, il y a une unique opportunité à ne pas manquer. Le Gouvernement de Transition doit non seulement agir de façon décisive pour s’assurer que les fondations d’un Etat nouveau et robuste sont en place, mais aussi agir pour s’assurer que l’ordre ancien d’une gouvernance corrompue n’émerge à nouveau. Il ne devrait pas dépendre entièrement de la communauté internationale pour combler les vides parce que si c’est le cas, il n’y aura jamais un redressement complet.


Cela dit, je suis profondément préoccupée par la réponse lente de la communauté internationale. L’effort pour l’aide humanitaire est déplorablement sous-financé, avec seulement 20 pour cent des contributions attendues jusqu’à ce jour. Les organisations des droits de l’homme n’ont même pas les moyens de transport pour aller à l’intérieur pour savoir ce qui s’y passe. J’exhorte les Etats à répondre rapidement à l’appel du Secrétaire général de mettre sur pied une force de maintien de la paix complète, équipée de 10.000 casques bleus internationaux et de 2.000 policiers. Durant mes rencontres avec la MISCA et la Force Sangaris, j’ai souligné le besoin pour les forces de maintien de la paix actuelles et futures de se conformer aux droits de l’homme, ce qui implique une formation approfondie et leur suivi par les commandants et les Etats contribuant au maintien de la paix.


En somme, bien que la RCA ait reçu une attention internationale, celle-ci est loin d’être de même mesure que les besoins, et cela contraste avec d’autres situations où les interventions internationales se sont largement révélées une réussite. La création, à partir de rien, d’un système judiciaire efficace, de même que des prisons et forces de police et autres institutions clés est une entreprise énorme et complexe qui ne peut être faite au rabais. La communauté internationale semble avoir oublié les leçons apprises en Bosnie Herzégovine, au Rwanda, au Kosovo, et au Timor oriental, pour ne citer que quelques-unes.


Les organisations de la société civile m’ont informée qu’elles avaient tiré sur la sonnette d’alarme longtemps avant que la crise ne se transforme en une calamité, cependant personne ne les a écoutées. Malgré quelques améliorations sur le plan sécuritaire, l’alarme continue à sonner. A défaut de soutenir ce pays, nous risquons des décennies
d’instabilité et la création d’un nouveau et fertile terreau de l’extrémisme religieux non seulement en RCA, mais dans la région.


Je ne peux m'empêcher de penser que si la RCA n'était pas un pays pauvre caché au cœur de l'Afrique, des évènements terribles qui ont eu lieu- et continuent à avoir lieu- auraient stimulé une réaction beaucoup plus forte et plus dynamique de la part du monde extérieur. Combien d'enfants doivent encore être décapités, combien de femmes et de filles seront encore violées, combien d’actes de cannibalisme devraient-ils y avoir encore, avant que nous ne nous décidions à nous lever et  à accorder une plus grande  attention à ce pays?


Je vous remercie.

 

 

 

Centrafrique: «niveau de haine terrifiant»

 

Rédaction en ligne      http://www.lesoir.be/  
 

La «haine entre communautés demeure à un niveau terrifiant» en Centrafrique, où il n’existe plus d’Etat pour arrêter les criminels qui agissent en toute impunité, s’est alarmée à Bangui la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay. «Bien que les tueries à grande échelle qui ont eu lieu en décembre et janvier paraissent être arrêtées pour le moment, principalement en raison de la présence des forces africaine Misca et française Sangaris, des personnes continuent d’être tuées quotidiennement», a affirmé Mme Pillay au cours d’un point de presse, en évoquant particulièrement les milices majoritairement chrétiennes anti-balaka qui «se métamorphosent en gangs criminels».

Conférence de presse de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, à l’occasion de sa mission en République centrafricaine
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 15:34

 

 

 

 

 

 

20/03/2014 à 12:52 Par Vincent Duhem    Jeune Afrique

 

Depuis le coup d'État du 24 mars 2013 et son départ précipité de Bangui, François Bozizé multiplie les déplacements. Suivez la trace de l'ancien président centrafricain entre Yaoundé, Nairobi, Paris et Kampala.

 

Mis à jour à 13h45

 

Le 24 mars au petit matin, François Bozizé quitte précipitamment Bangui à bord de son hélicoptère de commandement Dauphin. Direction le Cameroun. À 18 h 30, l'appareil se pose à Batouri, province de l'Est, où le sous-préfet a reçu pour consigne d'accueillir le fugitif avec tout le protocole nécessaire. Puis Bertoua et enfin Yaoundé, par la route.

 

Depuis, l'ancien président centrafricain multiplie les déplacements. D’abord réfugié aux premières heures de sa chute à Yaoundé au Cameroun, il séjourne successivement à Nairobi, Kampala, Addis­-Abeba et Djouba, avant de s'installer à Paris fin juillet.

 

Sa présence et son activisme ayant été jugés gênants par les Français, qui le lui ont discrètement fait savoir avant d'annuler son visa encore en cours de validité, François Bozizé, quitte finalement Paris pour Bruxelles, Addis-­Abeba, puis Nairobi.

 

Bénéficiant du soutien des autorités ougandaises ­ et de hauts gradés - Bozizé connaît Yoweri Museveni depuis le début des années 1970 -, il est actuellement installé à Kampala avec son fils Franklin, mais sans son fidèle aide de camp, le lieutenant Vincent Ouapounaba, rentré très récemment en France.

 

Note : il est très difficile de connaître précisément les dates de passage de François Bozizé dans les différentes capitales recensées. Celles qui sont indiquées ci-dessous sont donc indicatives.

_________________

 

Par Vincent DUHEM

 

 


Carte des déplacements de François Bozizé
 

Lu pour vous : Centrafrique : de Bangui à Kampala, la carte interactive du périple de Bozizé
Lu pour vous : Centrafrique : de Bangui à Kampala, la carte interactive du périple de Bozizé
Lu pour vous : Centrafrique : de Bangui à Kampala, la carte interactive du périple de Bozizé
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 12:13

 

 

 

 

 

19/03/2014 à 17:07 Par Pierre Boisselet, à Bangui    jeune afrique.com

 

Les miliciens centrafricains anti-balaka qui ont pris le pouvoir au marché du centre de Bangui tolèrent les commerçants musulmans qui font le choix de rester... et de payer pour leur protection.

 

Après des mois de "nettoyage ethnique" dans la capitale centrafricaine, la présence des musulmans s'est réduites à peau de chagrin, principalement autour de la grande mosquée du quartier dit PK5, et dans celui du PK12. Mais au marché central de la capitale, une poignée de musulmans sont aussi restés. Ceux sont pourtant des anti-balaka, ces miliciens largement responsables de l'épuration antimusulmane, créés en réaction aux exactions de la rébellion Séléka, qui ont pris le pouvoir dans cette zone.

 

"Mais tous les anti-balaka ne sont pas les mêmes", assure Ngom Cheikh Tidiane, commerçant sénégalais qui tient toujours sa petite échoppe de textile - malgré les violences qui ont poussé la plupart de ses coreligionnaires sur le chemin de l'exil - après avoir renvoyé au pays sa femme et ses enfants. "Je suis menacé régulièrement, explique-t-il. Mais j'ai encore des biens ici, que je ne peux pas liquider comme ça. Et puis, rien de grave ne m'est arrivé pour l'instant. Je connais bien le chef anti-balaka, Douze puissance."

 

Ndiaye Kane, un commerçant sénégalais de 49 ans, dont 16 en Centrafrique, vient tous les jours de sa maison du PK5 jusqu'à sa boutique, traversant au passage un no man's land où peu osent s'aventurer. "Bien sûr, j'ai peur. Comme tout le monde. Mais jusqu'à maintenant, je n'ai pas eu de problèmes, explique-t-il. Et pourtant je fais mes ablutions devant ma boutique et je prie au vu de tout le monde".

 

Quand des gens viennent prendre nos biens, ils nous protègent. En échange, nous leur donnons quelque chose.

 

Les musulmans ouest-africains, moins assimilés aux rebelles Séléka que ceux originaires du Tchad ou du Soudan, sont mieux tolérés. Mais cela n'explique pas tout. Ainsi Abdel Nassir, dont le ton clair équivaut condamnation à mort dans certains quartiers, continue de tenir sa boutique électronique avec son associé tchadien. Il se dit protégé par les anti-balaka qui gèrent désormais le quartier. "Ils font la différence entre les civils musulmans et les Séléka, explique-t-il de sa voix hésitante. Quand des gens viennent prendre nos biens, ils nous protègent, explique-t-il. En échange, nous leur donnons quelque chose chaque semaine."

 

"Si des bandits viennent ici, on les chicotte et on les chasse, confirme Innocent, un membre de ces anti-balakas. S'il y a de plus gros problèmes, alors on appelle les soldats de la Misca (Force de l'Union africaine)."

 

Cet après-midi là, c'est lui qui occupe le bureau du chef, dans un marché couvert où flottent de fortes odeurs de poisson fumé. Du haut de ses 28 ans, ce jeune homme qui a intégré sa milice "en brousse" il y a huit mois, gère le marché en l'absence de son chef, dont il préfère taire le nom. "Ce ne sont pas seulement les musulmans qui payent mais tous les commerçants du marché, tient-il à préciser dans son français hésitant. Et ils le font par leur propre volonté", ajoute-t-il sans rire.

__________

Pierre Boisselet 



 

Lu pour vous : Centrafrique : Au marché central de Bangui, musulmans et anti-balaka trouvent des terrains d'entente
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 11:35

 

 

 

 

 

 

(La Voix de l'Amérique 20/03/14)

 

Dieudonné Nzapalainga, Nicolas Guérékoyame Gbangou et Omar Kobine Layama sont revenus sur leur visite dans la capitale américaine. Alors que la Centrafrique reste en proie aux violences, les trois hommes espèrent que très vite un opération onusienne de maintien de la paix se déploiera en RCA.

 

Avant de retourner en Europe, pour poursuivre leur sensibilisation sur la situation en Centrafrique, les leaders religieux centrafricains ont expliqué avoir reçu "des promesses et engagements pour accompagner le processus de pacification du pays", selon l'imam Layama.

 

"Le conflit n'est pas religieux mais militaro-politique", explique le révérend Gbangou."La situation dans notre pays mérite une attention particulière comme la Syrie et l'Ukraine. Nous devons être au centre de l’attention américaine."

 

Alors que l'Onu estime que près de 2,5 millions de Centrafricains ont besoin d'assistance, les religieux affirme que le vivre ensemble est toujours possible à Bangui. "Actuellement en Centrafrique, l'Etat est impuissant, inexistant. L'Etat n'a pas les moyens pour assurer ses obligations", selon Mgr Nzapalainga.

 

http://www.lavoixdelamerique.com/content/les-leaders-religie...

 

Les leaders religieux centrafricains prônent la paix sur la Voix de l'Amérique
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 11:31

 

 

 

 

 

(France 24 20/03/14)

 

Un an après le début de la crise en Centrafrique, la situation humanitaire est alarmante dans le pays. L’ONG Médecins sans frontières tire la sonnette d’alarme sur le sort réservé à des "groupes de population indésirables" dans le pays.

 

À quelques jours du premier anniversaire de la crise, la situation humanitaire en Centrafrique a atteint son "paroxysme", a alerté, mercredi 19 mars, l’ONG Médecins sans frontières (MSF). Exode massif, tueries : "la peur s’est installée partout", commente Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations. Si MSF indique que l’ensemble de la population est touchée par les violences, la minorité musulmane, "dévenue indésirable dans son propre pays", inquiète tout particulièrement les humanitaires.

 

"Des curés aux propos haineux"

 

"Les musulmans ont payé le prix très fort de leur assimilation à la Séléka", rappelle Mme Rodrigue. L’ex-Séléka, rébellion à majorité musulmane à l’origine du putsch mené en mars 2013 contre le président François Bozizé, s’est livrée à de nombreuses exactions dans le pays. En réaction, des milices d’auto-défense, les anti-Balakas, ont entrepris, dès décembre, de prendre leur revanche.

 

"Toute la population a développé un discours de haine envers les musulmans. Aujourd’hui, même des curés centrafricains véhiculent des propos haineux", rapporte, à FRANCE 24, Delphine Chedorge, coordinatrice des activités d’urgence.

 

Si une baisse des violences est observée depuis janvier dans la capitale, Bangui, MSF assure que la violence n’a pas pour autant disparu. "S’il y a moins d’attaques contre les musulmans, c’est tout simplement qu’il y a moins de musulmans dans la ville", déclare Marie-Noëlle Rodrigue. Face aux violences, beaucoup de musulmans ont en effet fui vers d’autres régions ou vers le Tchad et le Cameroun voisins. Par mesure de sécurité, les employés musulmans de MSF ont, pour leur part, tous quitté le pays, dans lequel l’ONG est active depuis 1997.

 

"Dès qu’un homme sort de la zone protégée, il se fait tuer"

 

Parmi les musulmans restés dans le pays, certains ont trouvé refuge dans des quartiers, des églises ou encore des mosquées, qui sont devenus des "enclaves". Malgré les efforts de protection de la force française Sangaris ou des soldats africains de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), ces individus sont "pris au piège". À Bangui, environ 5 000 musulmans vivraient ainsi enclavés. Dans l’ouest du pays, même schéma : "À Carnot, dès qu’un homme sort de la zone protégée, il se fait tuer", explique Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission.

 

Au-delà des musulmans, MSF précise que tout individu est potentiellement une cible en Centrafrique, où les violences ont fait près d'un million de déplacés et réfugiés, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants. Face à cette crise humanitaire, l'ONG a lancé un appel aux dons afin de mener à bien les "coûteuses opérations chirurgicales" auprès des blessés. L’organisation a également dénoncé un "désintérêt manifeste" de la part des autorités locales et de la communauté internationale. "Le plus choquant, c’est de voir l’absence de réactions, s’insurge Marie-Elisabeth Ingres. Si ça se passait aux portes de l'Europe, on agirait beaucoup plus vite".

 

http://www.france24.com/fr/20140319-msf-haine-envers-musulma...

 

 

Des milliers de musulmans toujours pris au piège centrafricain

 

(Libération 20/03/14)

 

Médecins sans frontières appelle la communauté internationale à se mobiliser pour leur venir en aide. Des milliers de Centrafricains musulmans sont pris au piège dans des enclaves à l’intérieur du pays, protégés tant bien que mal par la force française Sangaris ou les soldats africains de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) de la vindicte des milices anti-balakas. C’est le constat alarmant dressé par la section française de Médecins sans frontières (MSF) lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi à son siège parisien.

 

C’est, par exemple, le cas à Carnot, une localité de l’ouest, où les civils sont encerclés par des miliciens anti-balakas. «Dès qu’un homme tente de sortir de l’enclave, il risque de se faire tuer», dénonce Marie-Elisabeth Ingres, qui dirigeait jusqu’à ces derniers jours la mission de MSF en Centrafrique. «Le transfert des blessés ou malades hors de ces enclaves est impossible, car ils risquent de se faire exécuter à tout moment, s’indigne Delphine Chedorge, l’une des responsables des Urgences au sein de l’ONG. Nos équipes sont bloquées.» D’autres communautés musulmanes vivent le même calvaire dans la moitié ouest du pays: à Bossangoa, à Boda, à Bouar…

 

L’ONG, présente depuis de nombreuses années en Centrafrique, pointe l’inertie des autorités locales mais aussi celle de la communauté internationale face à cette situation dramatique. «Faut-il maintenir coûte que coûte les populations musulmanes assiégées dans ces localités ou doit-on les transférer ailleurs? Ce n’est pas à nous de décider et de redessiner la carte ethnique du pays», confie-t-on chez MSF. D’après l’ONG, les Nations unies seraient toutefois en train d’élaborer un plan pour transférer les communautés musulmanes toujours encerclées, y compris à Bangui.

 

Sentiment anti-français

Les équipes de MSF ont certes noté une baisse récente de la violence à Bangui, désertée par une grande partie des musulmans, ainsi que dans l’ouest du pays, grâce au déploiement des soldats français de l’opération Sangaris. «Mais il suffirait qu’ils s’en aillent pour que les tueries reprennent de plus belle», s’alarme l’ONG.

 

«On est en train d’assister à un changement de nature de la violence, notamment à Bangui, indique par ailleurs Marie-Noëlle Rodrigue, responsable des opérations à MSF-France. Parallèlement au ciblage persistant des dernières populations musulmanes encore présentes, les anti-balaka sont devenus une franchise utilisée par de véritables gangs qui écument les quartiers ou les routes.» Face à ce phénomène, l’ONG estime que le mandat confié aux forces internationales et les moyens dont elles disposent sont inadaptés. «Elles sont censées protéger les populations en appuyant les structures d’un Etat qui n’existe pas», souligne Marie-Noëlle Rodrigue.

 

La moitié orientale de cette ancienne colonie française reste quant à elle contrôlée par les ex-rebelles de la Séléka, chassés de Bangui. Ces derniers sont notamment présents à Bria, une zone diamantifère stratégique. «La force Sangaris est en train de s’y implanter mais pour ce faire, elle doit négocier durement avec la Séléka [ex-rébellion]», confie une source proche du dossier. Les soldats tricolores ne sont pas les bienvenus dans cette zone, ajoute-t-elle, pointant aussi la montée d’un sentiment anti-français du côté des anti-balakas. Ces derniers, qui s’érigent en libérateurs de leur pays, se sentent «trahis» par la force Sangaris, qui tente de protéger les civils musulmans autant que faire se peut.

 

«Que vont devenir les musulmans qui sont partis dans d’autres zones du pays ou à l’étranger, ou ceux qui sont sur le point de le faire ? Certains ne reviendront sans doute pas chez eux, mais d’autres le feront, animés d’un esprit de revanche. La spirale de la violence n’est pas près de se calmer en Centrafrique», s’inquiète MSF.

 

Thomas HOFNUNG

 

http://www.liberation.fr/monde/2014/03/19/des-milliers-de-mu...

MSF : "La haine envers les musulmans s’est généralisée en Centrafrique"
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Centrafrique-Presse.com
19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 23:34

 

 

 

 

Communiqué de presse 012/2014 
 

Droits de l’homme : « nous savons que des atrocités et des tueries ont été commises aussi bien par les ex-seleka que les anti-balaka», dit Navi Pillay

 

Bangui, le 19 mars 2014  – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Mme Navi Pillay, est arrivée le 18 mars à Bangui, pour une visite de trois jours en République centrafricaine, au cours de laquelle elle passera en revue la situation désastreuse des droits de l'homme avec le Gouvernement de la Transition, les institutions internationales clef et les forces de maintien de la paix.

 

« Nous sentons tous l’urgence de la situation, et voulons agir, aussi bien individuellement que  de manière collective, en faisant de notre mieux afin que des solutions soient trouvées à la crise. Je suis de près les violations des droits de l’homme mais aussi les besoins humanitaires », a souligné la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme.

 

« Mon équipe a parcouru tout le pays, et nous savons que de réels cas d’atrocités et de tueries ont été commis, premièrement par les ex-seleka, ensuite par des anti-balaka. Nous les avons enregistrés et soumis un rapport au Conseil des droits de l’homme. Et, bien entendu, Je suis profondément préoccupée par les incitations interreligieuses, des propos incitatifs et haineux du genre : ‘nous devons faire un nettoyage, ou encore nous devons effacer toute trace de musulmans’ car ce genre d’incitation pourrait conduire à un conflit de plus grande envergure », a fait observer Mme Navi Pillay. 

 

 Et de souligner : « je suis donc venue ici pour joindre ma voix au plaidoyer en faveur des ressources pour l'équipe pays des Nations Unies, pour la Misca et pour la population centrafricaine. Comme l'a dit la Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires et de Coordonnatrice des secours d’urgence, Mme Valerie Amos, les fonds promis ne sont pas décaissés à la mesure de nos attentes, et il est extrêmement urgent que certains d'entre nous joignent leur voix à cet appel afin que ces fonds soient urgemment mis à disposition de la RCA ».

 

A l’agenda de Mme Pillay dans le pays, figurent la rencontre avec la chef de l'Etat de la Transition, Mme Catherine Samba - Panza, le Premier ministre et les ministres de la Justice, et de la Communication et la Réconciliation, ainsi que des échanges avec des représentants de l'Union africaine, de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale et de l'Union européenne. Mme Pillay rencontrera aussi l'Ambassadeur de France, le Représentant spécial de la Présidente de la Commission de l'Union africaine et chef de la MISCA, ainsi que les commandants des deux forces militaires, MISCA et Sangaris, et visitera des sites de destruction et de déplacés pour y rencontrer une partie des quelque 650.000 déplacés internes de la RCA.

RCA : « nous savons que des atrocités et des tueries ont été commises aussi bien par les ex-seleka que les anti-balaka», dit Navi Pillay
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Centrafrique-Presse.com
19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 23:15

 

 

 

 

 

Par , publié le   http://www.lexpress.fr

 

Les humanitaires de Médecins Sans Frontières sont témoins de la crise en Centrafrique depuis plusieurs années. Pour de nombreuses personnes, l'accès aux soins n'est pas assuré et la situation ne fait qu'empirer. 

 

Les tensions sont toujours vives en Centrafrique. Si Paris assure que la situation s'est calmée à Bangui, les observateurs, journalistes ou humanitaires sur place sont toujours témoins de violences dans la capitale et en province. Les médecins témoignent de blessures "spectaculaires", dans un pays qui a la deuxième espérance de vie la plus faible au monde, selon l'OMS. 

 

Depuis la flambée de violence à l'arrivée des forces Sangaris le 5 décembre dernier, Médecins Sans Frontières a soigné quelque 2000 patients en urgence à Bangui, 1000 par mois. "C'est la preuve que la violence était toujours très présente au bout de deux mois" a souligné Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission en Centrafrique pour Médecins sans frontières, lors d'une conférence de presse. "Il y a eu un changement dans la nature des blessures. En décembre, il s'agissait de blessures par balles sur des hommes, surtout des combattants. En janvier, on a eu du mal à faire la distinction entre groupes armés et civils, les victimes étaient blessées à l'arme blanche, à la machette". La violence, résultant d'abord des affrontements entre ex-Séléka -le mouvement armé dit "musulman"- et milices anti-balakas -souvent décrites comme "chrétiennes"-, s'est centrée contre la population musulmane ou assimilée comme telle. Une spirale de vengeance dans laquelle les blessures montraient l'envie de tuer, selon les médecins. 


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-les-medecins-temoignent-d-une-crise-hors-norme_1501331.html#6uTveFuZZyFD2t5w.99

Claude Guibal @ClaudeGuibal

 

Sentiment d'insécurité intense ds plusieurs quartiers de Bangui. Les habitants n'osent plus dormir chez eux... #CARcrisis

 

La violence change de visage

 

Au fil des mois, l'insécurité demeure. Pour les médecins de MSF, qui relatent une situation et des blessures "jamais vues", l'accès aux blessés est particulièrement compliqué. Des centaines de milliers de personnes ont fui dans la brousse et sont difficiles à localiser. A Bangui ou en province, le transfert des patients musulmans vers les hôpitaux est rendu quasiment impossible par les milices anti-balakas. Les médecins musulmans, à la fois victimes et acteurs de l'aide, ont quitté le pays. 

 

En février et mars, l'ONG a constaté une diminution du nombre des prises en charge. Pas de quoi souffler pour autant. "A Bangui, il y a aujourd'hui moins de ciblage des musulmans parce qu'il y a moins de musulmans" constate Marie-Noëlle Rodrigue, directrice des opérations pour MSF, "mais la violence devient criminelle, on est dans de la prédation des ressources". Et les musulmans, à Bangui ou dans d'autres villes à l'ouest du pays comme Bossangoa, Carnot ou Bouar, restent retranchés dans des enclaves et toujours harcelés. "S'ils sortent, ils sont tués" lâche Marie-Elisabeth Ingres. 

 

Des années de crise

 

MSF s'inquiète particulièrement pour l'avenir, notamment parce que la situation n'est pas passagère. "La crise en Centrafrique est là depuis plusieurs années, mais elle est restée silencieuse. Il n'y a jamais eu de politique de médiation et de prévention des conflits" estime Marie-Elisabeth Ingres. En 2011 déjà, MSF alertait sur un taux de mortalité au-delà du "seuil d'urgence" à partir duquel on parle de crise humanitaire. L'accès aux soins contre le paludisme, première cause de mortalité, n'est pas assuré. 

 

Selon des chiffres de l'ONU publiés en janvier, 935 000 personnes étaient déplacées et 245 000 réfugiés ont quitté le pays. "En Centrafrique, les humanitaires comblent des solutions qui devraient venir du politique. Le pays fait face à une crise politique, économique et sociale profonde et ce n'est pas prêt de s'arrêter" estime Delphine Chedorge, coordinatrice d'urgence pour MSF en Centrafrique, "sur le terrain, on se sent un peu impuissants, car nous sommes limités humainement et financièrement dans notre déploiement". Beaucoup de Centrafricains restent éloignés des soins. Pour l'heure, la population vit dans la peur et cherche à subvenir à des besoins primaires. Mais c'est une population mutilée et traumatisée qui survivra à cette crise. 

 

Pour soutenir l'important dispositif médical mis en place en Centrafrique, Médecins Sans Frontières lance un appel aux dons sur msf.fr. 

Centrafrique: les médecins témoignent d'une crise hors norme
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