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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 23:35

 

 

 

 

 

 

 

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman  28 décembre 2013

 

La Centrafrique, ce vaste pays longtemps oublié entre ses grands voisins (les deux Congo, le Tchad, le Soudan) va-t-il devenir le théâtre d’une nouvelle guerre interafricaine ?


Au départ, lorsque Paris lança l’Opération Sangaris, il s’agissait surtout d’une opération de police, avec des objectifs bien définis : mettre hors d’état de nuire les combattants de la Seleka, le mouvement rebelle qui avait pris le pouvoir en Centrafrique en mars dernier, et dont les hommes, refusant d’être désarmés et cantonnés, multipliaient depuis des mois les exactions à l’encontre des populations civiles, majoritairement chrétiennes au sud du pays. Les horreurs perpétrées par les bandes de Seleka (parmi lesquels des Tchadiens, des Soudanais et autres « soldats sans frontières ») avaient provoqué l’apparition de groupes d’auto-défense, les anti balakas, de simples paysans armés de machettes, mais aussi d’anciens partisans du président déchu de François Bozize.


Les forces françaises devaient opérer en coordination avec la Misca (Mission onusienne d’intervention en Centrafrique, remplaçant la FOMAC, force militaire d’Afrique centrale)  à laquelle participaient des soldats tchadiens, burundais, et des Congolais de Brazzaville.


Le 5 décembre, alors que « Sangaris » n’en était qu’à ses débuts, des éléments « anti-balaka », armés de machettes, se lancèrent dans des massacres de musulmans, accusés de soutenir les Nordistes de la Seleka, majoritairement musulmans eux aussi. D’après l’hebdomadaire Jeune Afrique, il ne s’agissait pas seulement de représailles, mais d’une attaque militaire professionnelle, coordonnée par le fils de l’ancien président Bozize. Les tueries firent plus de 600 morts dans la capitale.


Depuis lors, l’image du conflit s’est singulièrement brouillée : quoique se proclamant impartiales, les forces françaises sont accusées par les musulmans de prendre parti pour les chrétiens et leurs relations avec le président en place, Michel Djotodia, un ancien ministre mis au pouvoir par la Seleka, sont exécrables.


Mais entre les forces africaines chargées de rétablir la paix l’harmonie est loin de régner car elles ont, elles aussi, des solidarités voire des agendas différents. C’est ainsi que les Tchadiens sont soupçonnés de protéger la Seleka (parmi lesquels se trouvent des ressortissants de leur pays…) tandis que les soldats originaires d’Afrique centrale, Congo et Burundi, se sentent plus proches des populations chrétiennes. Des échanges de coups de feu ont eu lieu entre des « soldats de la paix » tchadiens et leurs homologues burundais et les Tchadiens ont tiré dans la foule qui les conspuait à Bangui ! La tension était telle qu’in fine, il a été décidé que les hommes d’Idriss Deby, des guerriers à la gâchette trop facile, seraient mutés dans le Nord du pays.


L’éloignement des Tchadiens ne rétablira pas nécessairement la sérénité au sein de la Misca : Kinshasa a annoncé le déploiement en Centrafrique de 850 hommes, afin de sécuriser la frontière commune et d’empêcher que la guerre ou les flux de réfugiés n’embrasent la province de l’Equateur, un bastion anti-Kabila, où Jean-Pierre Bemba garde beaucoup de sympathisants. Ces hommes appartiennent au dernier des bataillons de para commandos formés par les Belges à Kindu et ils n’ont pas encore subi l’épreuve du feu. C’est pourquoi d’aucuns se demandent, à Bruxelles, si une contribution à l’effort militaire ne pourrait pas se traduire par l’encadrement de ce bataillon par ses instructeurs belges, une demi douzaine d’officiers qui assureraient le suivi opérationnel de la formation qu’ils avaient dispensée dans le Maniéma.


A Bangui, les Congolais devront collaborer avec des hommes pour lesquels, au Kivu, ils n’ont aucune sympathie : un contingent de 800 hommes que le Rwanda à son tour met à disposition de l’Union africaine.


A l’instar de Kinshasa, Kigali est mu autant par des soucis de sécurité que par la solidarité interafricaine : on se souvient en effet que, voici dix ans, des combattants hutus, après avoir traversé le Congo Kinshasa et le Congo Brazzaville, s’étaient réfugiés en Centrafrique où ils s’étaient mis au service du président Bozize. L’un des collaborateurs du président déchu était d’ailleurs Fabien Singaye, un ancien proche du président Habyarimana, lié à Paul Barril et qui avait servi de traducteur au juge Bruguière ! La bannière de la pacification de la Centrafrique risque donc, aussi, de dissimuler sinon une sourde guerre interrwandaise, du moins de sérieuses opérations de renseignement !


Au regard de la complexité croissante de la situation en Centrafrique, l’opération française au Mali risque de ressembler à une promenade de santé…

Centrafrique: les soldats de la paix sont eux-mêmes divisés par Colette Braeckman
Centrafrique: les soldats de la paix sont eux-mêmes divisés par Colette Braeckman
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Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 22:55

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinter.fr   samedi 28 Décembre à 19H32

 

 

BANGUI (Reuters) - Des centaines de personnes ont tenté samedi de quitter la Centrafrique à bord de vols d'urgence vers le Tchad, et certains pays d'Afrique ont appelé à l'aide pour faciliter l'évacuation de leurs ressortissants face à une crise humanitaire de plus en plus aiguë.

 

 Les violences entre les rebelles musulmans de la Séléka, qui ont pris le pouvoir en mars en chassant le président François Bozizé, et les milices chrétiennes "anti-balaka" ont fait plus de mille morts ce mois-ci dans la capitale, Bangui. Des centaines de milliers d'habitants ont été déplacés par les affrontements à travers le pays.

 

 Les miliciens "anti-balaka" (anti-machettes) prennent pour cible les musulmans, qui sont restés inféodés selon eux à la Séléka durant les mois de pillages et de chaos depuis mars dernier. Comme bon nombre d'éléments de la Séléka sont venus du Tchad, les ressortissants tchadiens sont particulièrement visés, ce qui a poussé le gouvernement de N'Djamena à affréter des vols cette semaine pour les rapatrier.

 

 Cependant, nombre de ceux qui attendaient samedi dans la chaleur à l'aéroport de Bangui-M'Poko étaient des musulmans centrafricains fuyant leur pays, majoritairement peuplé de chrétiens, par crainte de représailles.

 

 "Nous n'avions jamais connu des violences aussi barbares que celles-ci", a témoigné Aishatou Abdelkarim, une femme de 31 ans mariée à un Tchadien. "Le diable a pris le contrôle de notre pays", ajoutait-elle.

 

 CALME DANS BANGUI

 

 Lors des cinq premiers jours de ces vols de rapatriement, près de 2.750 personnes ont été évacuées vers N'Djamena, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM). Cela ne représente qu'une fraction des centaines de milliers de Tchadiens vivant en RCA.

 

 Plus de 800.000 personnes, sur une population totale de 4,5 millions d'habitants, ont fui leurs habitations durant les violences du mois de décembre - et la moitié ont cherché refuge dans la capitale, selon les Nations unies. L'Onu a lancé vendredi un appel à l'aide humanitaire pour répondre aux besoins d'urgence comme l'eau potable, les sanitaires et les camps de fortune.

 

 Plus de 200 Camerounais ont été rapatriés vendredi, ce qui porte à environ 900 le nombre de Camerounais évacués depuis le début du mois. Le Sénégal et le Niger ont demandé l'aide d'urgence de l'OIM pour faire sortir de Centrafrique des centaines de leurs ressortissants.

 

Les soldats africains de maintien de la paix et les forces françaises de l'opération "Sangaris" ont été pris dans les tirs croisés entre les camps centrafricains rivaux, ce qui complique les efforts de désarmement. Nombre de musulmans accusent les Français de les laisser sans défense en désarmant les hommes de la Séléka avant les "anti-balaka" -ce que Paris dément catégoriquement.

 

 Le calme régnait samedi dans les rues de Bangui. Le président français François Hollande a demandé vendredi au secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon une plus grande implication de l'Onu en Centrafrique.

 

Eric Faye pour le service français

Des centaines de personnes cherchent à quitter la Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 22:17

 

 

 

 

 

 

Bangui, le 28 décembre 2013 : Dans le cadre de l’appui à la mise en œuvre du mandat de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA), une délégation de représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et de l’Union africaine (UA) s’est rendue à Bangui, ce jour 28 décembre 2013. La délégation comprenait les Ministres des Affaires étrangères du Tchad et de la République du Congo, le Ministre de la Défense de la République du Congo et le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA.

 

La délégation a eu des entretiens avec les autorités de la transition, notamment le chef de l’État, le Premier ministre et le Président du Conseil national de transition (CNT). La délégation a également rencontré les représentants des partenaires internationaux et autres membres de la communauté diplomatique en République centrafricaine (RCA). Elle a, en outre, eu des échanges avec des membres de la plateforme confessionnelle et de la société civile centrafricaine. 

 

La délégation a réitéré son soutien aux autorités de la transition, ainsi que sa solidarité avec le peuple centrafricain dans toutes ses composantes. Elle a insisté sur la nécessité d’une cohésion réelle entre tous les acteurs centrafricains et celle d’une unité d’action. Elle les a exhortées à poursuivre la mise en œuvre de la Feuille de route de la transition. Pour leur part, les autorités de transition ont fait preuve de cohésion et d’unité de vue s’agissant du message sur la réconciliation nationale.

 

La délégation a salué le travail accompli par les personnels de la MISCA, et rendu hommage aux militaires et policiers de la Mission qui ont fait le sacrifice ultime au service de la cause de la paix, de la sécurité et de la stabilité en RCA. Elle a exprimé ses encouragements aux personnels de la Mission, notant qu’ils opèrent dans des conditions très difficiles. La délégation a appelé à éviter toute stigmatisation de contingents relevant de la MISCA. Elle a été encouragée par les mesures prises par le commandement de la MISCA pour le redéploiement de ses forces en vue de mieux faire face à la situation sécuritaire, et ce au moment où la Mission enregistre des contributions supplémentaires en troupes.

 

La délégation a, enfin, souligné la nécessité d’un appui international soutenu pour faciliter la mise en œuvre du mandat de la MISCA tel qu’autorisé par la résolution 2127 (2013) du Conseil de sécurité des Nations unies, pour une période d’une année. A cet égard, la délégation s’est félicitée de la coopération entre la MISCA et l’Opération SANGARIS déployée en RCA. Elle a mis un accent particulier sur la nécessité d’un soutien international accru en faveur de la RCA, y compris sur le plan humanitaire, pour venir en aide aux très nombreuses populations déplacées par la crise.

 

http://www.peaceau.org/fr/article/visite-a-bangui-d-une-delegation-conjointe-union-africaine-communaute-economique-des-etats-de-l-afrique-centrale#sthash.xgchBsud.dpuf

VISITE A BANGUI D’UNE DELEGATION CONJOINTE UNION AFRICAINE – COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE CENTRALE
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Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:54

 

 

 

 

 

 

 

http://blog.lesoir.be  Le carnet de Colette Braeckman

 

La guerre en Centrafrique a mis en évidence le rôle important et ambigu du Tchad : jadis considéré comme l’un des « Etats malades » de l’Afrique, tristement célèbre pour ses dictateurs, François Tombalbaye, Hissene Habré et aujourd’hui Idriss Deby, le Tchad, doté d’une rente pétrolière et d’un régime fort, est en passe devenir une puissance régionale. Exerçant la présidence tournante de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, le Tchad est aussi candidat à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité.


Voici dix ans, alors qu’Idriss Deby, qui avait lui-même chassé Hissène Habré par la force, était menacé par des groupes rebelles descendus de Libye, il ne dut son salut qu’à l’intervention de l’armée française, présente sur le territoire tchadien depuis 1986 dans le cadre de l’opération Epervier.


Depuis lors, Deby, avec l’assentiment tacite de Paris, a cessé de financer un « fonds pour les générations futures », mis sur pied avec l’aide de la Banque Mondiale alors que commençait l’exploitation pétrolière. Se sentant menacé, il préférait utiliser les recettes de l’or noir pour répondre à des besoins immédiats : se doter d’une armée performante, capable de faire barrage à des groupes armés encouragés par la Libye de Kadhafi ou libérés après la liquidation de ce dernier, assurer la sécurité de ses frontières et se rendre indispensable dans la stabilisation des pays voisins.


C’est ainsi que le Tchad a offert un soutien capital à l’opération française Serval, déployée au Mali et, au début de cette année, les troupes tchadiennes placées en première ligne face aux milices islamistes ont subi de lourdes pertes. En outre, c’est depuis le territoire tchadien qu’opèrent les Mirage français survolant la sous région. Du point de vue de N’Djamena, ces éminents services ont été mal récompensés, puisque, lorsqu’il s’est agi de nommer le chef militaire de la mission onusienne de stabilisation du Mali (Minusma), c’est un officier rwandais, le général Kazura, qui l’a emporté sur son rival tchadien.


Ayant efficacement soutenu la France au Mali, le Tchad s’est montré plus ambigu en Centrafrique, un pays qui relève de sa zone d’influence et dont les dirigeants ont toujours été tiraillés entre deux pôles de solidarité, la Libye du colonel Kadhafi et la France.


C’est ainsi qu’en 2003, le Premier ministre centrafricain Ange Félix Patassé, proche de Tripoli et soutenu à l’époque par le Congolais Jean-Pierre Bemba, (qui s’est retrouvé à la Cour pénale internationale à la suite des viols commis par ses soldats lors de leur intervention à Bangui) avait été chassé du pouvoir par le général François Bozizé, un ami du président congolais Joseph Kabila. A l’époque, les troupes de François Bozize, parties du Nord du pays, ne l’avaient emporté que grâce au soutien de l’armée tchadienne.


Dix ans plus tard, ses alliés initiaux ont constaté que Bozize les avait déçus : pas plus que ses prédécesseurs, il n’avait réussi à endiguer la corruption, mais surtout, il s’était rapproché de la Chine, où il avait voyagé en 2009, autorisant ensuite la société chinoise CNPC à entamer des prospections pétrolières à Boromata, dans le Nord-est du pays, au grand déplaisir des Français et des Américains.


Il n’en fallait pas plus pour que le Tchad, voici un an, appuie la Seleka, « coalition » en sango, une nébuleuse de mouvements d’opposition bientôt rejoints par des « combattants sans frontières » venus du Soudan ou recrutés dans le vivier libyen.


Dans un premier temps, la France, absorbée par son intervention au Mali et décidée à lâcher Bozize au profit de Michel Djotodia, un ancien fonctionnaire, détourna les yeux, laissant se déployer à Bangui une force africaine, la Fomac, dont le principal contingent, -650 hommes- était… fourni par le Tchad !


Ces soldats tchadiens, reflets de la politique de leur pays, ont joué un rôle ambigu, refusant parfois de désarmer la Seleka, fournissant des brassards à ses soldats afin qu’ils puissent continuer à circuler. Cette attitude équivoque a poussé la population de Bangui à prendre à partie des commerçants d’origine tchadienne, très nombreux dans la capitale. Plus largement, des ressortissants centrafricains originaires des provinces du Nord et de confession musulmane ont été assimilés à des Tchadiens et massacrés par les milices « anti balaka » qui se sont créées pour défendre les chrétiens face à la Seleka.


Alors que les troupes françaises, engagés à Bangui autant pour enrayer les massacres que pour réaffirmer le rôle de la France , sont accusées de partialité par les musulmans, leur allié tchadien redoute de voir ses 15.000 ressortissants vivant en Centrafrique être obligés de fuir pour cause de représailles.

 

 

 

La France isolée face aux guerriers sans frontières

 

http://www.lesoir.be

 

Ceux qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par ignorance ou présomption.

 

Le feu vert de l’ONU n’était-il pas acquis ? L’opinion n’allait-elle pas finir par se rallier à cette opération de police, menée pour enrayer des atrocités qui avaient fini par défrayer la chronique ? Les 1.600 hommes de l’opération Sangaris, venus du Cameroun voisin, ne débarquaient-ils pas en terrain connu, dans un pays où l’armée française est intervenue onze fois depuis l’indépendance, imposant puis chassant Bokassa et ses diamants, amenant David Dacko par vol spécial, approuvant Bozize contre Patasse, puis laissant agir Michel Djotodia contre un Bozize tombé en disgrâce pour, en plus de son inefficacité, avoir osé ouvrir aux Chinois champs pétroliers et mines d’uranium ?

 

Ceux qui tablaient sur une opération de courte durée, de nature à redorer le blason présidentiel, ont péché non seulement par excès d’optimisme mais surtout par ignorance ou présomption : le contraste est cruel entre un pays que l’ancienne puissance coloniale a laissé sans routes, sans encadrement administratif, à peu près aussi peu développé que le Sud-Soudan (un pays qui sombre lui aussi…) et la sophistication des moyens militaires dont dispose la Seleka. On aurait cependant dû se souvenir du fait que, dès le départ, cette coalition d’opposants avait surpris par ses capacités militaires, son avancée fulgurante, l’efficacité de ces « guerriers sans frontières », ayant déjà opéré au Tchad, au Soudan, dans toutes les zones grises de la frange sahélienne. Ces rebelles-ci, formés, endurcis, sont bien différents des hordes d’autrefois. Des mouvements comme la Seleka, mais aussi au Nord du Congo, les ADF Nalu, sont aussi l’avant-garde d’un mouvement de fond qui menace toute la zone forestière, – du Cameroun jusqu’au nord du Kenya –, une poussée des populations sahéliennes, nomades et marquées par l’Islam, en direction des verts pâturages de l’Afrique centrale.

 

Face à ces guerriers dotés d’armes sophistiquées, les armées d’Etats aussi faibles que la Centrafrique ne font pas le poids et à l’heure actuelle, les Français, en nombre insuffisant, sont à peine secondés par les 4.000 hommes de la Force africaine, dont 850 Tchadiens dont la neutralité est sujette à caution.

 

Il faudra un jour tirer les leçons du désastre absolu que représente la Centrafrique et se demander s’il fut bien raisonnable, au nom des politiques d’ajustement structurel, d’empêcher les Etats africains de se doter d’armées et d’administrations fonctionnelles et de fermer les yeux sur la corruption des régimes. Mais avant le temps des regrets, il faut passer à l’action : arrêter les massacres, sortir les Français de leur isolement, faire jouer la solidarité européenne. Car Bangui aujourd’hui, cela pourrait être demain Brazzaville, Abidjan, Yaoundé sinon Kinshasa…

Lu pour vous : Le Tchad, allié ambigu des Français en Centrafrique par Colette Braeckman
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Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:41

 

 

 

 

 

 

RFI  SAMEDI 28 DÉCEMBRE 2013

 

La confusion, avec un nouvel incident grave à Bangui, la capitale, où deux policiers congolais de la Misca ont été tués en plein centre-ville lors d’échanges de tirs particulièrement violents aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux tout proche, où réside le président de transition Michel Djotodia, protégé par sa garde présidentielle, essentiellement composée de miliciens issus de l’ex-Seleka.

 

« L’affrontement a débuté après que les policiers congolais eurent tenté de désarmer un milicien ivre », croit savoir Le Figaro, qui note tout de même en Une que les forces françaises « maintiennent un calme fragile ». Mais il n’empêche, la mort des policiers congolais est « d’autant plus fâcheuse que ce contingent, présent depuis longtemps en Centrafrique, s’y est taillé une bonne réputation auprès de toutes les communautés », souligne le journal.

 
« Depuis le déferlement de violences meurtrières de mercredi, la ville reste empêtrée dans une extrême confusion », relève Le Parisien. Evoquant l’affaire du charnier dont nous parlions hier, le journal souligne que « certains corps avaient des entailles à l’arme blanche, sans doute des machettes ou des poignards ».

 
« L’identité des morts, comme celle de leurs tueurs, demeurent inconnus, complète Le Figaro. Or, dans le climat de semi-anarchie où vit la Centrafrique et faute de moyens pour pratiquer des autopsies, les chances de connaître un jour la vérité apparaissent minces », prédit le quotidien, qui estime que « la découverte de cadavres, non loin du camp de Roux, fait tache pour le pouvoir à un moment inopportun ».

 
Le charnier de Bangui fait tache pour le pouvoir centrafricain ? « La découverte du charnier est aussi gênante pour la communauté internationale, engagée dans une périlleuse mission d’interposition en Centrafrique », rehausse Libération, qui évoque en une « l’horreur du charnier ». D’autant que cette découverte à la colline des Panthères « n’est peut-être que la première d’une longue série », prédit Libération.

 
La situation en République centrafricaine, le journal Le Monde daté d’aujourd’hui lui consacre sa manchette. « En Centrafrique, Bangui s’enfonce dans la violence », lance le journal au-dessus d’une photo prise hier dans la capitale, montrant des habitants fuyant les combats.


 
Centrafrique : le pasteur a le vaccin contre la rage


 
La confusion donc, mais aussi l’espoir qui demeure. Le Monde, en effet, est allé dans l’archidiocèse de Bangui à la rencontre de trois hommes de foi, que le confrère présente comme les trois « saints » de Bangui ; « l’un est imam, l’autre pasteur, le dernier archevêque. Ces trois dignitaires religieux sont d’étonnants amis qui prêchent la paix et la réconciliation dans une Centrafrique déchirée par les exactions entre chrétiens et musulmans ».

 
L’imam et l’archevêque, nous en parlions hier, ont cosigné dans Le Monde un appel aux Nations pour l’envoi de casques bleus en Centrafrique. Le troisième homme, c’est le révérend Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pasteur de l’église évangélique Elim Bangui-M’Poko et chef de l’Eglise protestante centrafricaine. Il confie au quotidien du soir ce qu’il pense être la solution à la crise centrafricaine, « appelant clairement à un nouveau coup d’Etat, dans ce pays qui en a déjà tant connu ». Selon le pasteur, « il faut trouver l’officier capable de prendre les rênes du pouvoir, d’appuyer l’action de “Sangaris”, (du nom de l’intervention militaire française) et de la Misca, et de gouverner jusqu’à des élections », dit-il au Monde.

A la Une : confusion et espoir en Centrafrique : "Revue de la presse française)
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Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:31

 

 

 

 

 

 

RFI  samedi 28 décembre 2013 à 09:25

 

 

La justice centrafricaine affirme que l'enquête avance dans l'affaire des 30 corps découverts sur la colline des Panthères, à Bangui. Les cadavres avaient été retrouvés éparpillés sur environ 150 mètres le long de la route. Les victimes sont toutes des hommes d'une trentaine d'années, assassinés probablement à l'arme blanche. Ils ont été retrouvés dans un secteur sensible, surveillé par les forces de sécurité.

 

Pour le procureur, l'appel à témoins lancé jeudi 26 décembre après la découverte du charnier a été fructueux. Ghislain Grésenguet dit avoir reçu des appels de gens se présentant comme des proches de personnes disparues depuis plusieurs semaines, mais aussi de témoins potentiels.

 

Le magistrat doit commencer leurs auditions ce samedi, et pour lui, pas de doutes, quelqu'un a forcément vu ce qui s'est passé. « Il y a dû certainement avoir des mouvements de voitures. Il y a de hautes personnalités qui habitent là-bas. Ce sont des gens qui ont une garde rapprochée. Ces hommes ont dû voir quelque chose. Nous sommes sur des pistes, assure le procureur. Pour rassurer les gens qui ont peur de parler, on peut recueillir leur témoignage sous couvert d’anonymat ».

 

Djotodia se défend

 

Ghislain Grésenguet se dit déterminé. Mais il prévient que le travail sera long, en raison de l’insécurité ambiante. Les investigations devront déterminer l'identité des victimes, mais aussi expliquer comment leurs corps se sont retrouvés sur cette colline très sécurisée, située non loin du camp de Roux, où se trouvent la garde présidentielle et le chef de l'État.

 

Sur la chaîne TF1, le président Djotodia a d'ailleurs balayé tout éventuel soupçon porté sur ses hommes. « Sommes-nous bêtes au point de tuer des gens et les laisser là, alors qu’on sait qu’il y a là la communauté internationale et que les militaires français passent constamment ? », a lancé le chef de l’État.

 

Les 30 victimes ont été inhumées rapidement, notamment en raison de leur état de décomposition. Aucune autopsie n'a pu être pratiquée par manque de médecin légiste. Leurs corps reposent toujours sur la colline, enterrés non loin du site où ils ont été découverts.

Charnier à Bangui: le procureur optimiste sur l'avancée de l'enquête
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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 16:05

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr   LE SAMEDI 28 DÉCEMBRE 2013 À 13:01 Par Jérome JadotGilles Gallinaro

 

REPORTAGE | François Hollande demande à l'ONU de jouer un rôle plus important en Centrafrique. Demande formulée dans la foulée de l'appel de l'imam et de l'archevêque de Bangui à l'envoi de casques Bleus. Comme les chrétiens, beaucoup de musulmans de la ville vivent dans la peur. Nos envoyés spéciaux Jérôme Jadot et Gilles Gallinaro se sont rendus dans un quartier musulman de la capitale.

 

Devant la petite mosquée du quartier Lakouanga épargné par les heurts, Aboubakhar monte la garde. "On ne sait jamais. Il y a trop de barbares en ce moment qui tuent des gens. Il y a des gens qui ont peur et qui ne viennent pas".

 

Devant quelques dizaines de fidèles, l'imam Oumar Koubine Layama, président de la communauté islamique centrafricaine juge que la crise actuelle n'est pas un conflit entre chrétiens et musulmans, toutes deux victimes des mêmes milices. "Le phénomène n'a pas épargné les musulmans. Nous avons des preuves : il y a eu des pillages et des viols, notamment d'une petite fillette de deux ans".

 

Des propos qui dénotent. La plupart des récits d'exactions que nous avons recueillis concernent des groupes armés d'une communauté contre une autre dans des quartiers aujourd'hui à feu et à sang. Mais pour l'imam, il s'agit surtout d'une instrumentalisation politique.

 

A 50 mètres de là, un convoi exfiltre plusieurs centaines de Tchadiens vers leur pays. 58 d'entre eux ont été récemment tués selon les autorités locales.

 

"Ils se sentent en insécurité. Le Tchad nous a toujours secourus. C'est avec peine que nous voyons nos frères tchadiens quitter le territoire centrafricain", regrette Abderrahmane, coordinateur de la mosquée.

 

Un exode qui amputera inévitablement la communauté musulmane de Bangui. N'djamena dit avoir reçu 40.000 demandes de transfert. 

 

Par Jérome JadotGilles Gallinaro

Centrafrique : la peur de la communauté musulmane
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Centrafrique-Presse.com
28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:54

 

 

 

 

 

 

 

http://radiookapi.net   mise à jour le 27 décembre, 2013 à 5:07 

 

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga, a indiqué vendredi 27 décembre que la RDC continue à recevoir les réfugiés venant de la Centrafrique, pour des raisons humanitaires, malgré la fermeture officielle de la frontière. Ces 50 000 réfugiés et autres ressortissants congolais revenant de la RCA sont pris en charge par le gouvernement congolais à travers la Commission nationale des réfugiés (CNR).

 

Selon le porte-parole du gouvernement, la frontière entre les deux pays a été fermée aussitôt que les débordements en Centrafrique avaient causés, il y a plusieurs semaines, la mort de quelques centaines de personnes.

 

Depuis, elle a été ouverte plusieurs fois au niveau du territoire de Zongo afin d’accueillir les populations fuyant les atrocités commises par les rebelles de l’ex-Seleka en RCA, a affirmé Lambert-Mende.

 

«Nous avons déployés une équipe de la commission nationale des réfugiés, CNR, qui relève du ministère de l’Intérieur. La police, également, a été déployée pour une surveillance beaucoup plus accrue. Notre ministre de l’Intérieur est descendu sur place pour superviser ce nouveau dispositif. De même que la police des frontières et la direction générale des migrations», a-t-il expliqué.

 

Le ministre des médias indique en outre que le déploiement, en RCA, d’un contingent des Forces armées de la RDC (FARDC), dans le cadre de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), devrait être achevé dans une dizaine de jours.

 

Par ailleurs, le gouvernement enquête sur les allégations de soutien accordé par des militaires ougandais aux rebelles ougandais ADF/Nalu, dans l’attaque de la localité de Kamango, dans le Nord-Kivu. Cette attaque avait finalement été repoussée par les FARDC.

La RDC reçoit les réfugiés centrafricains malgré la fermeture de la frontière
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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:23

 

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr   28/12/2013 à 08:16, Mis à jour le 28/12/2013 à 08:25

 

Exactions et vengeances s’enchaînent à Bangui où les troupes françaises éprouvent des difficultés à rétablir l’ordre entre chrétiens et musulmans. Le spectre de l’enlisement pour la France est bien réel. François Hollande a demandé que les Nations unies «jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique».

 

Le calme ne parvient pas à revenir en Centrafrique. La présence militaire française était massive hier dans les rues de Bangui où des tirs ont encore retenti durant la nuit, alimentant la confusion parmi la population, le bilan des violences ne cessant de s’alourdir.

 

La Croix-Rouge ne dispose pas d’un état complet, mais certaines estimations font état d’un millier de personnes tuées par balle ou à l’arme blanche depuis le 5 décembre. Chaque jour apporte son lot de morts. Hier matin, au moins un civil a été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la Misca qui protégeaient un convoi de leurs compatriotes civils fuyant la ville. Dans la nuit, des tirs nourris ont été entendus aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux qui le jouxte, où réside le président de transition Michel Djotodia. Une quarantaine de cadavres ont été ramassés dans la ville depuis mercredi, selon le Comité international de la Croix rouge (CICR). «Une soixantaine» de corps a également été retrouvée lundi dans la capitale, selon un porte-parole du CICR. «Certains étaient encore ligotés, d’autres avaient de larges entailles à l’arme blanche, ce qui nous fait penser qu’ils ont peut-être été torturés avant leur décès», a indiqué le magistrat, estimant probable que «les victimes ont été tuées avant et déposées là ensuite».

 

Les soldats français et les troupes de la Misca peinent à calmer les violences qui se sont déclarées dans la ville. Bangui qui se découvre minée par les haines confessionnelles entre chrétiens et musulmans et des accusations visant les soldats tchadiens soupçonnés de soutenir les ex-rebelles Séléka.

 

La situation est tendue à l’extrême. D’où l’appel du président François Hollande, hier, à la communauté internationale. Au cours d’un entretien avec Ban Ki-moon, le président français a souhaité que «les Nations Unies jouent un rôle plus important» en Centrafrique. La réponse a été immédiate. Face à l’urgence, l’Onu a annoncé qu’elle comptait intensifier les préparatifs sur l’éventuel déploiement d’une force de maintien de la paix pour aider les forces françaises et africaines à contenir les violences.


Jean-Yves Le Drian au Sahel

 

Jean-Yves Le Drian se rendra la semaine prochaine au Mali, au Niger et au Tchad, dans le cadre du redéploiement programmé du dispositif militaire français, dans une région où sévissent toujours des groupes jihadistes.

 

Durant ce déplacement de quatre jours, le ministre de la Défense rencontrera les forces françaises sur le terrain et s’entretiendra avec les autorités de ces trois pays de l’évolution des forces françaises au Sahel. Le 31 décembre, Jean-Yves Le Drian sera à Bamako pour le traditionnel réveillon du ministre auprès des forces françaises en opex. Les 1er et 2 janvier, il se rendra à Niamey et N’Djamena, où il s’entretiendra avec les présidents nigérien, Mahamadou Issoufou, et tchadien, Idriss Deby. Début 2014, la France doit alléger son dispositif au Mali, où l’effectif de l’opération Serval doit être ramené en quelques semaines de 2 800 à environ un millier d’hommes, pour une durée indéterminée. Paris doit ajuster son dispositif militaire à la menace terroriste persistante dans la bande sahélienne, où selon un proche du ministre, les forces «sont engagées pour plusieurs années».

 

J.-P. B.

 
Centrafrique : le spectre de l'enlisement pour les soldats français
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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 15:01

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cours d'un entretien avec le secrétaire général des Nations unies, le chef de l'Etat a demandé un engagement plus important aux côtés de la France.

 

http://www.francetvinfo.fr   Mis à jour le 27/12/2013 | 21:36 , publié le 27/12/2013 | 20:19

 

 

La France se sent-elle seule en Centrafrique ? François Hollande s'est entretenu, vendredi 27 décembre, avec le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Il lui a demandé que les Nations unies "jouent un rôle plus important encore dans la période de transition en Centrafrique", a indiqué l'Elysée. Le chef de l'Etat a également insisté sur "l'action déployée par les Nations unies en vue de renforcer" la force africaine en Centrafrique, la Misca.

 

En l'état, la Misca "n’est absolument pas opérationnelle", estime l'ex-général Vincent Desportesinterrogé par francetv info"Le Tchad tend à privilégier les musulmans, tandis que le Burundi soutient plutôt les chrétiens", déplore-t-il. "Il n’y a donc qu’une seule vraie force sur le terrain : l'armée française, avec 1 600 hommes. C’est notoirement insuffisant pour assumer tout ce qu’il y a à faire."

 

Des Casques bleus pour remplacer la Misca ?

 

Lors du vote du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat à la France pour intervenir en Centrafrique, le 5 décembre, la résolution envisageait la transformation de la Misca en force de maintien de la paix de l'ONU, mais à condition que le Conseil donne son feu vert.

 

De source proche du président français, on rappelle que le secrétaire général de l'ONU doit rédiger, "au plus tard" dans les trois mois, un rapport sur la transformation éventuelle de la Misca en une opération de maintien de la paix des Nations unies.

 

Vendredi, l'ONU a réagi à la demande de François Hollande en annonçant une intensification des discussions sur le sujet. "Des consultations supplémentaires entre des membres du Conseil de sécurité et l'Union africaine vont avoir lieu très rapidement dans les prochains jours", assurent les Nations unies.

 

Centrafrique : François Hollande appelle l'ONU à jouer "un rôle plus important"
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