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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 13:16

 

 

 

 

 

LE MONDE |  21.12.2013 à 11h43  • Mis à jour le  21.12.2013 à 12h25  |Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) et Nathalie Guibert

 

Dans le chaos de la Centrafrique, elles apparaissent bien seules, ces trois figures à qui l'on prête tant de raison. Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, Oumar Kobine Layama, président de la communauté islamique, et Nicolas Guerekoyame-Gbangou, président de l'Alliance des évangéliques, portent encore sur leurs épaules l'espoir d'un apaisement.

 

A la différence des précédentes, la crise centrafricaine, ouverte par la rébellion puis le coup d'Etat mené par la Séléka en mars, a pris le masque d'un conflit interconfessionnel majeur. « Tous les musulmans ont changé de visage depuis que la Séléka est là », assène Saint-Cyr, un habitant chrétien du quartier de Ben Zvi, à Bangui.

 

Dans un rapport publié jeudi 19 décembre, Human Rights Watch documente l'« escalade des atrocités sectaires » depuis septembre dans la région d'Ouham, autour de Bossangoa. Les violences ne cessent pas depuis le massacre du 5 décembre, date du « match retour », selon leur propre expression, mené par des anti-Balaka chrétiens contre les ex-Séléka musulmans, qui martyrisent le pays, depuis 2012.

 

Dans le camp de déplacés qui jouxte l'aéroport de Bangui, Lydie, haut fonctionnaire, explose. « Ils ont parlé de la paix mais ils ont continué à faire des carnages. Nous ne voulons plus des musulmans, ils ne sont pas sociables. Ils veulent exterminer les autochtones. Ils disent que nous sommes des poulets. On ne peut plus accepter de vivre avec ces gens qui ont un esprit génocidaire. Ils n'ont qu'à partir ! »

 

« LES CHEFS RELIGIEUX S'ENTENDENT ET LEUR MESSAGE EST CLAIR »

 

Les chefs religieux du pays ont joint leurs efforts de médiation il y a un an déjà, dans une « plate-forme des confessions ». Car, pour eux, la religion n'est pas au coeur de cette nouvelle fièvre. Le 7 décembre, les évêques ont condamné les exactions et « toute tentative de récupération politique qui vise à “antagoniser” les Centrafricains sous prétexte d'appartenance religieuse ». Ils martèlent : « Tous les anti-Balakas ne sont pas chrétiens, et tous les chrétiens ne sont pas des anti-Balaka, et il en va de même pour les ex-Séléka et les musulmans. »

 

La France compte sur eux pour réussir son opération « Sangaris ». « Heureusement que les chefs religieux s'entendent et que leur message est clair », convient un diplomate, à Paris« Ce sont des forces majeures », estime un conseiller du ministre de la défense. Les premiers, les prêtres avaient, grâce au maillage des églises dans les campagnes, permis à l'état-major français d'être informé de la dégradation de la situation. Luc Ravel, l'évêque aux armées, connaît bien ses homologues, et a donné l'alerte. En novembre, il s'est rendu en Centrafrique. « Ils avaient vu le risque du “match retour” », raconte-t-il.

 

A Bangui, dans les jours précédant l'attaque du 5 décembre, l'archevêque Nzapalainga faisait part de sa grande inquiétude : « Il existe un risque de justice populaire qui provoquera une hécatombe et le chaos. Nous pourrions arriver à un point d'irrationalité barbare. Je crains que mon autorité morale ne soit pas suffisante pour faire tenir la digue, car les gens ne sont plus prêts à pardonner. »Depuis la France, l'évêque aux armées a sollicité cette semaine un message du pape François, resté très discret sur le conflit.

 

A Paris, on tente de rassurer. Il n'y a pas d'« élément structurel » qui empêcherait les communautés de cohabiter de nouveau, assure-t-on au Quai d'Orsay. Si le contexte régional joue, avec une montée de la radicalisation islamiste, « il n'est pas déterminant ». Le fait religieux avait certes été instrumentalisé par l'ex-président François Bozizé, qui avait agité le « risque wahhabite ». Son successeur par la force, Michel Djotodia, a, lui, proclamé incarner un « pouvoir musulman ».

 

Au ministère de la défense, on assure que les anti-Balaka « restent très majoritairement des groupes d'autodéfense de villages ». On ne note « aucun signe » d'infiltration du groupe djihadiste nigérian Boko Haram, présent aux frontières, encore moins d'Al-Qaida. Mgr Ravel assure : « Personne ne me parle de “somalisation”, les chrétiens disent que si les chababs (djihadistes somaliens) venaient, ça ne prendrait pas. »

 

Mais, en descendant sur Bangui il y a quelques mois, les pillards de la Séléka ont détruit les églises, rares lieux où il était encore possible de voler quelques biens. Leurs exactions sur la population ont fait le reste. Emportés dans la spirale des violences, certains voient maintenant une possible revanche sur l'Histoire. Depuis l'indépendance, la minorité musulmane du pays a été marginalisée. « C'est ce qui a poussé au soulèvement contre l'ancien pouvoir », témoignait Bachir, rencontré à la mosquée Ali Babolo de Bangui après l'attaque du 5 décembre. « Il faut que les chrétiens acceptent qu'aujourd'hui nous sommes au pouvoir. Quand ils y étaient, nous ne protestions pas. Ils veulent nous exterminer parce qu'ils sont majoritaires. »

 

En miroir, Mgr Ravel évoque la crainte des chrétiens : la transition politique pourraitfiger un nouveau rapport de force au profit de la minorité musulmane. « Quinze préfets musulmans sur seize dans un pays à 85 % chrétien, ils n'accepteront jamais cela, indique l'évêque aux armées. Rançonner un pays, c'est le rendre pauvre, donc dépendant d'un groupe qui va dire demain : “Vous allez travailler pour nous.” Les chrétiens parlent de “musulmanisation”. »

 

La présence d'étrangers cristallise la haine, nourrissant l'amalgame Séléka = musulmans = Tchadiens. « Ce sont ceux qui viennent du Tchad et du Soudan et ne parlent qu'arabe qui nous font le plus de mal », assure Divin, jeune homme du quartier Sica 2.

 

« LES MUSULMANS, DÈS QU'ILS ONT UN MORT, ILS EN TUENT DIX »

 

Dans une lettre, les trois chefs religieux ont transmis à François Hollande, le 10 décembre, lors de sa visite éclair à Bangui, une requête embarrassante pour Paris, allié de N'Djamena dans ses opérations en Afrique : « Les troupes tchadiennes sont-elles là pour prendre partie en faveur des mercenaires tchado-soudanais qui constituent le gros des effectifs des ex-Séléka et se sont illustrés par des exactions et de graves violations des droits humains ? Si tel est le cas, nous exigeons le retrait de ces troupes », ont écrit les prélats.

 

Malgré toutes leurs tentatives d'apaisement, les responsables religieux admettent que les digues cèdent. « Dès la sortie de la réunion, un passant a été tué », déplore Désiré, à la sortie d'une séance de réconciliation à la paroisse Notre-Dame de Fatima. « Le problème avec les musulmans, c'est que dès qu'ils ont un mort, ils en tuent dix. »

 

De nouveaux acteurs débordent les autorités religieuses traditionnelles. Après ses critiques sur la Séléka, l'imam Kobine avait déjà été menacé par Noureddine Adam, patron des services de renseignement qui entretient des liens avec le Qatar. Mercredi, après une nouvelle réunion avec des « leaders » de la jeunesse musulmane, beaucoup ont reproché à l'imam d'être trop mou, voire d'être un traître.

 

« Je ne sais pas quelle est la mission de la France. Chaque fois, dans ce pays, c'est la même discrimination contre les musulmans », a lancé Hakim. La veille, pourtant, Sangaris avait lancé une grosse opération contre les anti-Balaka du quartier de Boy Rabé, une démonstration de son « impartialité ».

 

Un chef d'entreprise, Mahamat Abdel Brahim, va plus loin, en évoquant « une scission du nord si cela continue : on nous dit qu'il faut raccourcir la transition parce que Djotodia est musulman et que l'on veut mettre un chrétien à sa place. Les chefs religieux, vous êtes responsables de ce qui nous arrive ! ».

 

Centrafrique : le risque d’un conflit confessionnel
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Centrafrique-Presse.com
22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 00:20

 

 

 

 

 

 

http://www.swissinfo.ch  20 décembre 2013 - 15:58

 

Le CICR s'est déclaré à son tour vendredi "extrêmement préoccupé" par l'augmentation des tensions en Centrafrique. La présence d'hommes en armes parmi la population alimente un climat de peur dans le pays, selon l'organisation.

 

Plusieurs dizaines de milliers de personnes continuent de se réfugier sur des sites de déplacés à Bangui, la capitale, signale le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Plus de 35'000 déplacés sont massés sur le site de l'aéroport et 15'000 autres personnes ont trouvé refuge près du monastère de Boy-Rabe.

 

Les conditions sanitaires sont précaires sur les sites de déplacés. Le CICR et la Croix-Rouge centrafricaine s'efforcent d'améliorer les conditions d'hygiène pour éviter la propagation de maladies et d'apporter des soins médicaux.

 

Climat de peur

 

"Les personnes déplacées redoutent la présence d'hommes en armes dans leurs quartiers", a affirmé Georgios Georgantas, chef de la délégation du CICR en Centrafrique. "Nous sommes extrêmement préoccupés par l'intensification des tensions intercommunautaires, un phénomène récent qu'exacerbe la présence de ces hommes en armes parmi la population, et qui alimente le climat de peur qui s'installe dans le pays", a-t-il ajouté.

 

Une équipe chirurgicale du CICR doit arriver à Bangui et être déployée à l'hôpital communautaire pour relever l'équipe de MSF. Quelque 60 malades et 109 blessés sont actuellement soignés dans cet hôpital.

Le CICR inquiet de l'intensification des tensions en Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 23:42

 

 

 

 

 

 

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  Par Cyril Bensimon

 

Ce n'était bien qu'un répit. Ce que tout Bangui pressentait s'est produit. Les premiers coups de feu ont retenti vendredi, vers 4 heures du matin. Quelques heures plus tard, de nouveaux cadavres repoussaient sur le « goudron ». La plupart percés d'une balle. La mécanique de la violence s'est réenclenchée jeudi après-midi après que des soldats tchadiens de la Misca ont été victimes d'une embuscade dans le quartier de Gobongo. L'un d'entre eux a péri et cinq ont été blessés.

 

Aussitôt, la réplique s'est organisée, à coups de canon et de mitrailleuse lourde sur le quartier. Des tirs étaient également entendus dans les alentours de l'aéroport. Puis vendredi matin, un groupe de miliciens anti-balaka a tenté une avancée vers le quartier majoritairement musulman de PK5. Là encore, le contingent tchadien a été placé en première ligne pour bloquer les assaillants. L'essentiel des affrontements s'est déroulé dans le quartier de Bahia Doumbia. Pour nombre de musulmans, les soldats dépêchés par N'Djamena constituent le dernier recours, la seule force capable de les protéger, le reste de la population les exècre, estimant qu'eux et les ex-Séléka ne font qu'un.

 

« SI LES TCHADIENS RESTENT, IL Y AURA UN GÉNOCIDE »

 

En remontant vers le marché de Gobongo, alors que l'opération « Sangaris » a engagé dans les rues de Bangui la totalité de ses moyens disponibles, un soldat français raconte que « c'est la journée la plus compliquée », et qu'« avec les Tchadiens l'écart se creuse de plus en plus ». La stratégie française de ralentissement du processus de désarmement fait bouillir les officiers tchadiens de la Misca. Selon eux, si les ex-Séléka ont accepté d'être mis en caserne, il est désormais urgent de s'en prendre aux milices qui combattent le pouvoir centrafricain et s'en prennent aux populations musulmanes.

 

Quelques mètres plus loin, un groupe d'anti-balaka surgit au bord de la route. Ils sont armés de grenades, de vieux révolvers, de fusils à un coup ou de machettes. Leur discours se limite à quelques mots : « Il faut que Djotodia parte ». Les soldats français ne les désarment pas. En pénétrant dans le quartier, des habitants sont en train de détruire méthodiquement une mosquée à coups de masse. Les tôles de la toiture, les pas de porte, les chambranles de fenêtres sont emportés à la hâte. Les livres de prières sont déchirés.

 

Après avoir fièrement brandi la pièce de métal taillée en forme de croissant qui surplombait quelques minutes plus tôt l'édifice religieux, Claver, qui se présente comme un juriste, détaille avec précisions l'action qu'il est en train de mener.« Nous faisons ça car nous n'avons plus besoin des musulmans. Ils ont la culture de la haine, pas nous car nous sommes des chrétiens. Si les Tchadiens restent, il y aura un génocide. Pourquoi Idriss Déby s'ingère dans nos affaires en contradiction avec la charte des Nations unies ? Il faut que la France fasse comme en Libye, qu'elle chasse Djotodia comme Kadhafi. Sinon on se retournera contre eux. On ne veut plus de l'islam dans ce pays. Nous sommes prêts à faire couler des rivières de sang. »

 

 29 MORTS DEPUIS JEUDI

 

Pendant ce temps, les blessés affluent dans la salle d'attente de l'hôpital communautaire. Couché sur le sol, Augustin a pris une balle perdue dans la cuisse droite. Aboubacar a été visé dans le dos. Michel à l'arcade. D'autres ont reçu des coups de machette, par tout ce qui peut faire mal. Chrétiens et musulmans se retrouvent ici unis dans la douleur. Vendredi en fin de journée, selon Médecins sans frontières, les deux hôpitaux en état de fonctionner avaient reçu près de 80 blessés.

 

A la mosquée Ali Babolo, selon un dignitaire de la communauté musulmane, une quinzaine de corps attendaient en fin d'après-midi d'être mis en terre. « Les gens parlent de plus en plus de faire sécession au Nord. Tout le monde, de 5 à 60 ans, est énervé », raconte Ahmat Deliris. Dans la matinée, des journalistes ont manqué de se faire lyncher dans ce quartier majoritairement musulman. Ici, la France n'a plus bonne presse. Chams, un commerçant d'origine sénégalaise considère que « c'est l'arrivée de l'armée française qui a tout fait dégénérer. Les anti-balaka se voient maintenant en position de force. Pourquoi les Français ne sont-ils pas intervenus pour les arrêter ce matin ? Ils nous laissent à la merci de tout le monde. » Les autorités françaises, elles, jurent de leur impartialité.

 

En fin d'après-midi, Adam Rhakiss, le nouveau directeur général de la police, prend le temps de souffler après une journée passée aux côtés des soldats de la Misca, essentiellement des Tchadiens. « Depuis le matin, on est parti pournettoyer l'attaque des anti-balaka dans les quartiers de Boeing, Cattin et derrière l'aéroport. Maintenant tout est propre », dit il. Pour les journées du 19 et du 20 décembre, la Croix-Rouge centrafricaine avait recensé vendredi en fin de journée, 29 morts, un bilan très partiel.

 

Cyril Bensimon

 

Journaliste au Monde

Lu pour vous : Centrafrique : « On ne veut plus de l'islam dans ce pays »
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 23:25

 

 

 

 

 

 

Par Jean-Michel Helvig  Publié à 06h00   Mise à jour : 07h47

 

http://www.larepubliquedespyrenees.fr

 

On a beau être convaincu que l'Europe est une des plus formidables inventions politiques du XXe siècle, et demeurer consterné par son incapacité congénitale à assumer une défense commune. François Hollande s'est félicité hier, à l'issue du conseil européen, d'un "soutien unanime" à l'opération centrafricaine de la France. Soit. Mais ce n'est pas de sitôt qu'une "mission" communautaire sera à la manoeuvre sur place. Il existe une brigade franco-allemande, des accords privilégiés de Défense entre Paris et Londres mais ça ne sert pas à grand-chose dès lors qu'il faut se mettre en danger sur le terrain.

 

On était tenté de croire jusque-là que les Européens, Allemands en tête, étaient prêts à payer le prix des armes, mais pas le prix du sang, il est à craindre qu'ils ne veuillent payer au final ni ceci, ni cela. François Hollande avait ainsi imprudemment annoncé que l'opération "Sangaris" ne coûterait "rien" à la France, se faisant fort d'obtenir de l'Europe qu'elle finance son engagement militaire. Il pensait sans doute que les autres seraient soulagés de se dispenser d'être présents sur place en payant leur écot à une sorte de sous-traitance armée. Pour l'heure, c'est raté.

 

Le Conseil européen a volontiers admis que la pacification de la République centrafricaine était "cruciale" pour la sécurité collective, bien au-delà de l'Afrique, et puis il a courageusement décidé que la Haute représentante de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité, Catherine Ashton, présenterait… le 20 janvier prochain un rapport où seront présentées les différentes options civiles et militaires de la future mission européenne. Depuis début décembre, il y a eu environ mille morts en RCA du fait des affrontements entre milices chrétiennes et musulmanes, celles-là même que l'armée française, épaulée timidement par les forces africaines de la MISCA, s'efforce de désarmer. Combien de morts dans un mois ?

 

Pour ajouter une dose de radinerie comptable à la lâcheté politique, Angela Merkel a averti qu'il n'y aurait "certainement pas" de financement rétroactif. Bref, si la France veut s'amuser à appliquer une résolution du conseil de sécurité de l'ONU votée unanimement, donc par Berlin, elle le fait à ses frais…

 

Mais François Hollande veut rester optimiste. À sa demande les mécanismes de financement des opérations extérieures de l'UE seront peut-être révisés : Mme Ashton doit rendre un autre rapport sur le sujet… à la fin du premier semestre de 2014. D'ici là, les milices centrafricaines sont priées de se tenir tranquilles.

Lu pour vous : L'Europe se défile en Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 23:19

 

 

 

 

http://www.20minutes.fr

 

L'activité reprenait timidement samedi à Bangui, où la nuit a été relativement calme, après un regain de violences interreligieuses depuis deux jours qui a fait une trentaine de morts, ont indiqué à l'AFP des habitants de plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine.

 

La circulation automobile a repris progressivement sur les grands axes du centre-ville, des commerces ont également rouvert.

 

Les taxis roulent de nouveau dans la ville, à l'exception notable des quartiers théâtre des affrontements de jeudi et vendredi, notamment le quartier Combattant à proximité de l'aéroport, où seules circulent les patrouilles véhiculées de l'armée française et de la force africaine (Misca).

 

Deux cadavres, mains ligotées derrière le dos, gisaient néanmoins au petit matin sur la chaussée de l'avenue de l'Indépendance menant au nord de Bangui, a constaté un photographe de l'AFP.

 

La nuit a pourtant été relativement calme, selon plusieurs habitants interrogés au téléphone. Un photographe de l'AFP sur l'aéroport a simplement entendu un moment quelques tirs isolés et lointains, et de brèves détonations.

 

Dans le quartier de Boy Rabe, un fief des milices d'autodéfense chrétiennes "anti-balaka", une rumeur d'attaque d'hommes armés a provoqué la fuite de plusieurs centaines d'habitants pendant la nuit vers la paroisse Saint-Bernard. L'attaque n'ayant pas eu lieu, ces habitants revenaient progressivement chez eux au matin.

 

 Avec AFP

Des violences interreligieuses ont fait une trentaine de morts ces deux derniers jours...
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 23:12

 

 

 

 

 

Il ne fait point de doute que l’un des pires théâtres de violence au monde est aujourd’hui la République Centrafricaine. Pour une fois que l’on parle de ce pays à l’échelle planétaire, ce n’est pas pour évoquer un évènement positif, mais plutôt exhiber des scènes de violence dont le degré ne peut être expliqué que par la démence.

 

Les causes de cette violence meurtrière et hystérique sont connues de tous. Faisons plutôt des propositions concrètes pour stopper la violence hystérique. Dans l’immédiat, deux actions musclées doivent être engagées simultanément : une action judiciaire couplée avec une action militaire. La solution politique est fonction de la réussite préalable de ces deux actions. Tant qu’une action judiciaire de grande envergure ne sera pas déclenchée, les éléments de l’ex-Séléka et anti-Balaka bénéficieront de l’impunité et continueront de massacrer des Centrafricains. La Représentante Américaine à l’ONU a donné le ton en déclarant à Bangui et Ndjamena qu’aucun des auteurs de ces atrocités n’échappera à la justice.

 

1. La Cour Pénale Internationale, la communauté internationale et les autorités de la transition doivent décréter immédiatement la fin de l’impunité en Centrafrique :

§  Un mandat d’arrêt international doublé d’une mise à prix de la tête des personnes suivantes : le « pasteur du diable »François Bozizé Yangouvonda, ennemi public national et sous-régional N°1, ses monstres d’enfants Francis Bozizé, Rodrigue Bozizé, Papy Bozizé, Djodjo Bozizé et Socrate Bozizé, pour l’interminable liste des crimes de sang et crimes économiques commis sous leur régime familial et sanguinaire du 15 mars 2003 au 24 mars 2013, et pour tous les crimes de sang qu’ils font encore commettre à grande échelle et à distance, notamment depuis le 05 décembre 2013 par FROCCA et anti-Balaka interposés.

 

§  Un mandat d’arrêt international doublé d’une mise à prix de la tête des personnes suivantes : les nommés Lévy Yakité « le griot idiot », Stève Mike Yambété « le premier pantin », Bienvenu Marwan Guinon « le second pantin », Zama Javon Papa « la sirène de la haine », Eugène Ngaïkoïsset le « boucher de Paoua », et Olivier Koudémon dit « Gbangouma », en leur double qualité de grands distributeurs publics de machettes devant l’Eternel, et de sinistres géniteurs des groupes de la mort, prétendument « groupes d’auto-défense » COCORA et COAC avant le 24 mars 2013 ; les nommés Lévy Yakité « le griot idiot », Stève Mike Yambété « le premier pantin » Bienvenu Marwan Guinon « le second pantin », Lin Banoukepa « l’avocat pourri et sans saveur », et Joachim Kokaté « l’officier sur internet », Eugène Ngaïkoïsset dit le « boucher de Paoua », Olivier Koudémon dit « Gbangouma », en leur double qualité de géniteurs, de coordonnateurs actuels du FROCCA et des milices Anti-Balaka après le 24 mars 2013.

 

§  Tous les centrafricains doivent désormais contribuer partout à la recherche des individus précités en commençant par Bozizé ; leurs cachettes et mouvements doivent être signalés aux autorités compétentes. L’opinion doit se rappeler que lorsque Saddam Hussein et Kadhafi avaient été neutralisés, leurs pays ont connu un début de paix et de sécurité. BOZIZE n’est pas le seul, mais l’un des principaux problèmes Centrafricains. Il doit être neutralisé au plus vite.

 

§  Un mandat d’arrêt international doublé d’une mise à prix de la tête des éléments de l’ex-coalition Séléka : il s’agit de la longue liste d’éléments incontrôlés Séléka, refusant d’être désarmés et d’être cantonnés, et qui ont déjà commis ou commettent encore des crimes de sang et des crimes économiques (pillages et extorsions de biens) à l’endroit du peuple Centrafricain.

 

2. Attribuer le double statut de « bandits de grand chemin » et « ennemis de la nation Centrafricaine » aux éléments de l’ex-Séléka tout comme aux éléments des milices anti-Balaka. Un ultimatum de deux heures doit être adressé aux milices pour qu’elles désarment et cessent leurs actions criminelles. Passé ce délai, ils doivent être considérés comme des « bandits de grand chemin » et « ennemis de la nation Centrafricaine ». Les deux bandes violentes ont ceci en commun qu’ils perpétuent des crimes atroces à l’endroit des populations Centrafricaines d’une part, et qu’ils sont clairement et résolument engagés dans une sinistre et macabre démarche consistant à rendre le pays ingouvernable et instable, afin d’empêcher l’organisation des élections, pour les éléments de l’ex-Séléka, et d’imposer un retour pourtant impossible de François Bozizé, pour les anti-Balaka. La recherche des anti-Balaka et ex-Séléka et tous leurs complices dans les quartiers doit être lancée dans le pays. On ne veut plus les voir. Trop c’est trop. Y’en a marre ! ! !

 

3. Une collaboration franche des populations Centrafricaines est nécessaire pour mener à bien le désarmement et la restauration de la sécurité. Chaque citoyen doit dénoncer, aux autorités militaires compétentes (Sangaris et Misca), toute personne civile ou militaire détenant une arme de guerre ou arme blanche (machette, sabre, couteau), et se trouvant dans tel ou tel quartier. De même, dans chaque quartier, les habitants qui se connaissent depuis de longue date peuvent se regrouper autour de leur chef de quartier pour neutraliser les éléments anti-Balaka et ex-Séléka ou toute autre personne précédemment inconnue dans leur quartier. 

 

4. Mener de façon musclée l’opération de désarmement et de cantonnement. Il faut désormais une action militaire au sens pur et sans pitié. Les forces Françaises (Sangaris) et la MISCA doivent désormais boucler tous les quartiers, les uns après les autres, pour y rechercher et arrêter systématiquement les éléments de l’ex-Séléka et anti-Balaka et leurs complices, les désarmer de force, les cantonner, les éliminer physiquement en cas de résistance armée. Le retour de la sécurité est à ce prix.

 

5. Les éléments de l’ex-Séléka ne doivent plus prendre part au désarmement. Cette opération militaire doit être conduite uniquement par l’opération Sangaris et la Misca. Les éléments Tchadiens tant décriés doivent être désormais répartis dans les différents contingents de la Misca et placés sous l’autorité d’un commandant de nationalité autre que Tchadienne.

 

Jérémie BEOUROU

CINQ (5) REMEDES ADEQUATS A LA DEMENCE EN CENTRAFRIQUE par Jérémie BEOUROU
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 22:45

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinfo.fr  LE SAMEDI 21 DÉCEMBRE 2013 À 07:00 mis à jour à 14:00

 

A partir de 10:00 ce samedi, l'évêque, l'imam, le maire ainsi que des représentants des milices à dominante musulmanes et chrétiennes se réunissaient à Bossangoa, l'une des villes centrafricaines où intervient l'armée française. Une réunion pour tenter de faire dialoguer des parties qui se déchirent depuis des mois. Quelques ponts existent encore toutefois encore entre les deux communautés...

 

Reportage de l'envoyé spécial de France Info en Centrafrique, Jérôme Jadot, avec Gilles Gallinaro aux moyens techniques.

 

Dans le camp de réfugiés chrétiens où il vit avec sa famille, Christian se veut optimiste. Cette instituteur vient pourtant de retourner voir sa case pillée il y a plusieurs mois par la milice à dominante musulmane Séléka. A l'intérieur de la maison, "tout est saccagé", témoigne-t-il, envisageant un retour, prudent.

 

Prudence qui n'empêche pas Christian de se rendre dans le camp de réfugiés musulmans. Il a rendez-vous avec son ex-beau frère. Les deux hommes n'ont pas la même religion mais sont amis depuis la primaire. Christian n'est pas le seul à faire le trajet d'un camp à l'autre.

 

Ouvrir le dialogue pour espérer la réconciliation

 

Entre un stand de vêtements et un étale de viande assailli par les mouches, Christian est salué par un ancien élève musulman avant de trouver Fadil. L'homme qui a épousé sa sœur a vu quatre de ses proches mourir il y a deux semaines lors d'une attaque des miliciens chrétiens "anti-balaka", dont sa mère. Malgré ça, il se dit prêt à dialoguer avec les familles chrétiennes. Et pour faciliter cette réconciliation, Christian incite Fadil à sensibiliser la communauté musulmane, bien conscient que la démarche est "difficile"...

 

A partir de 10:00 samedi, la ville de Bossangoa conviait l'évêque, l'imam, le maire ainsi que des représentants des milices à dominante musulmanes et chrétiennes. Une réunion pour tenter de faire dialoguer des communautés qui se déchirent depuis des mois. C'est le capitaine Jean-Yves Gueguen qui a convié tout le monde autour de la table. "On veut maintenant des faits concrets et des faits concrets c'est l'abandon des armes", indique le militaire français au micro de France Info. "C'est une réunion de famille, on va crever l'abcès" espère-t-il, sans se faire d'illusions non plus.

 

Par Jérome JadotGilles GallinaroCécile Mimaut

Centrafrique : opération réconciliation samedi à Bossangoa
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 19:10

 

 

 

 

 


N'DJAMENA - AFP / 21 décembre 2013 17h23 - Le président tchadien Idriss Déby a appelé samedi les Centrafricains à ne pas s'en prendre aux militaires tchadiens déployés en Centrafrique dans le cadre de la force africaine, remerciant par ailleurs chaleureusement la France pour son intervention dans ce pays.


Les unités tchadiennes envoyées en RCA dans le cadre de l'Union africaine (UA) sont prises à partie à tort par les anti-balaka (milices chrétiennes d'auto-défense), a déclaré le président Déby au cours d'une conférence de presse.


Les anti-balaka considèrent les militaires tchadiens comme des musulmans qui sont venus soutenir les musulmans, a-t-il déploré.


La contribution du Tchad est essentielle pour le retour de la paix en RCA, pour que les Centrafricains recréent un nouvel Etat. C'est pour cela qu'ils n'ont aucune raison de s'en prendre aux militaires tchadiens qui sont là pour les aider à sortir de leur situation, a plaidé le président Déby.


Fort d'environ 850 hommes, le contingent tchadien de la Misca (force africaine qui compte près de 3.700 militaires) est actuellement en première ligne à Bangui, car accusé par une grande partie de la population d'être complice des ex-rebelles musulmans de la Séléka.


Jeudi soir, des miliciens anti-balaka ont tendu une embuscade à une patrouille tchadienne dans un quartier nord de Bangui, tuant un officier et blessant plusieurs soldats. Cette attaque a été suivie de nouvelles violences dans la ville entre Séléka et anti-balaka qui ont fait une trentaine de morts, dont des deux civils chrétiens et musulmans.

Au cours de sa conférence de presse, le président Déby a confirmé la mort d'un militaire tchadien, le 18e soldat mort en RCA.


Près d'un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre à Bangui et en province dans des violences entre chrétiens et musulmans, selon Amnesty International. La plupart des victimes ont été tuées dans des représailles de la Séléka, mais également dans les attaques et atrocités des milices anti-balaka.


Les musulmans centrafricains, mais également les ressortissants tchadiens - présents en nombre à Bangui - sont visés par les anti-balaka et beaucoup tentent de quitter le pays.


Parmi les éléments que nous avons envoyés, un régiment de 850 hommes composé des chrétiens, de musulmans, des laïcs et des sans-religion. En fait nous sommes un pays laïc. Comment pourrait-on comprendre qu'une telle armée pourrait être en faveur d'un camp contre l'autre, a assuré le chef de l'Etat tchadien, rappelant: notre présence en Centrafrique date de 1994.


M. Déby a par ailleurs rendu hommage à la France pour son intervention en RCA, où près de 1.600 militaires français de l'opération Sangaris tentent de désarmer les belligérants et de rétablir la sécurité.


Les Francais sont intervenus au Mali et en RCA à la demande d'Etats souverains, a-t-il souligné. Pour le cas de la RCA, c'est à la demande des chefs d'Etat de la CEEAC, la communauté des Etats d'Afrique centrale.


Il ne faut pas y voir du néocolonialisme (...), a estimé M. Déby. Je remercie le président (François) Hollande et appelle les autres Etats européens a suivre l'exemple de la France, a-t-il ajouté.



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Déby appelle les Centrafricains à ne pas s'en prendre aux soldats tchadiens
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:43

 

 

 

 

 

 


BANGUI - AFP / 21 décembre 2013 17h06 - Le président centrafricain Michel Djotodia a renouvelé samedi son offre de dialogue aux milices chrétiennes anti-balaka pour arriver au désarmement, dont dépend la survie du pays, théâtre depuis début décembre de tueries interreligieuses à grande échelle.


Je renouvelle mon entière disponibilité à discuter avec tous ceux qui ont pris les armes, à tort ou à raison, pour qu'enfin tous, sans exception, nous soyons désarmés, a déclaré le président Djotodia, au cours d'une conférence de presse.


Un désarmement physique mais aussi et surtout un désarmement de coeur, car la survie de notre nation en dépend, a-t-il souligné.

 
L'ex-chef de la rébellion Séléka, coalition hétéroclite de groupes armés musulmans qui a pris le pouvoir en mars 2013, s'exprimait en français depuis sa résidence de Bangui, entouré de sa garde rapprochée dans le camp militaire de Roux.

Mi-décembre, M. Djotodia avait déjà fait une telle proposition de dialogue aux milices anti-balaka (anti-machette, en langue sango), en lutte contre les Séléka.


Près d'un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre à Bangui et en province dans des violences entre chrétiens et musulmans, selon Amnesty International. La plupart des victimes ont été tuées dans des représailles de la Séléka, mais également dans les attaques et atrocités des milices anti-balaka.


Les élections à venir demeurent, en ne point douter, l'une des portes de sortie pour nous pour une paix durable dans notre pays, a par ailleurs déclaré M. Djotodia, censé quitter le pouvoir fin 2014 avec l'organisation d'élections.


J'entends faire respecter toutes les règles du jeu électoral pour donner la chance à mon pays de ne plus faire un retour en arrière, a-t-il assuré.


Un moment sévèrement critiqué par la France pour ne pas avoir pu empêcher les massacres de début décembre, souvent accusé de ne pas contrôler ses anciennes troupes de la Séléka, M. Djotodia est en ce moment en conflit politique avec son Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'ancienne opposition démocratique, et qui s'oppose à un récent décret présidentiel limogeant trois de ses ministres.

 

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Centrafrique: Djotodia renouvelle son offre de dialogue aux anti-balaka
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:26

 

 

 

 

 

 

 

http://www.lapresse.ca   Publié le 21 décembre 2013 à 05h00 | Mis à jour à 05h00

 

 

JOCELYN COULON
 

L'auteur (j.coulon@umontreal.ca) est directeur du Réseau de recherche sur les opérations de paix, affilié au CÉRIUM de l'Université de Montréal. Il collabore fréquemment aux pages Débats.

 

Aujourd'hui, une opération de paix africaine, la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), est déployée dans ce pays aux problèmes dantesques. Cette mission est la dixième opération de paix à s'établir en République centrafricaine depuis 1997. Toutes les autres ont échoué à rétablir la paix.

 

Depuis quinze ans, la communauté internationale navigue à vue en Centrafrique. La multiplication de ses opérations de paix ne repose sur aucune cohérence politique et stratégique. C'est du saupoudrage. De surcroit, elle provoque une discontinuité dans l'effort de paix et de reconstruction. Par exemple, ces missions sont souvent déployées pour un ou deux ans, pendant lesquels leurs mandats, définis par cinq organisations différentes, couvrent un nombre limité de questions - protection des dignitaires, tentatives de désarmement des milices et de reformatage des forces armées, accompagnement de processus électoraux, protection des réfugiés -, et touchent à peine aux problèmes structurels du pays : pauvreté, développement économique, renforcement des institutions, présence de l'État sur l'ensemble du pays.

 

Sur le terrain, ces missions disposent d'effectifs dérisoires de 200 à 1500 militaires et policiers civils qui doivent couvrir un territoire grand comme la France. Dans la réalité, les contingents ou les personnels s'aventurent rarement hors de la capitale, Bangui. Ils sont très mal équipés et leurs conditions de vie sont toujours précaires. Dans leur travail au quotidien, elles ne peuvent compter sur l'appui des leaders centrafricains, tous aussi cyniques et irresponsables les uns que les autres.

 

Cette incapacité de la communauté internationale à s'attaquer sérieusement aux énormes problèmes du pays et à coordonner son action s'explique par le choc des intérêts particuliers de chacun des acteurs régionaux et internationaux engagés dans le conflit centrafricain. Ainsi, certains déploiements répondent aux préoccupations géopolitiques et financières de la France et d'un certain nombre de pays africains francophones. L'objectif des missions est trop souvent à courte vue - calmer le jeu politique interne par exemple - d'où des actions limitées dans le temps et dans l'espace sans prise avec les réalités concrètes du pays.

 

La Centrafrique n'est pas le premier pays à subir les atermoiements de la communauté internationale. Haïti a vécu un scénario similaire entre 1994 et 2000 : quatre missions sont successivement déployées, mais en 2004, c'est l'échec. Le pays plonge dans le chaos et l'ONU retourne sur place avec cette fois une grande opération de paix de 10 000 militaires et policiers civils. Elle y est toujours.

 

Dès lors, la MISCA est-elle condamnée à l'échec? Les choses commencent plutôt mal. La mission africaine manque de tout et doit absorber les quelque 3000 militaires et policiers civils des contingents d'une mission régionale déjà sur place, mal équipés, mal entraînés, et incapables d'empêcher les tueries à Bangui et ailleurs depuis le coup d'État de mars. L'Union africaine espère doubler ce nombre bientôt. Mais où les trouver? En attendant, la MISCA devra compter sur le soutien logistique et financier de la France et de l'Union européenne pour simplement exister.

 

Si elle veut avoir la moindre chance de réussir en Centrafrique et ne pas être condamnée à répéter les erreurs du passé, la communauté internationale doit cesser de disperser ses efforts et agir de manière cohérente. Elle doit mobiliser d'importantes ressources humaines, matérielles et financières et doter les forces de maintien de la paix d'un solide mandat de réconciliation nationale et de reconstruction. Elle doit avoir la patience de rester dans le pays aussi longtemps qu'il le faut, entre dix et vingt ans.

 

La mission africaine n'est pas le bon outil pour affronter une pareille tâche et doit, plus tôt que tard, être remplacée par une opération de Casques bleus de l'ONU.

 

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