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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:10

 

 

 

 

Communiqué de presse présidentiel

Mort de deux soldats français : La Présidence de Bangui réagit
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:08

 

 

 

 

 

 

 

www.lepoint.f  Par   Le Point.fr - Publié le  - Modifié le 

 

Les informations sur les conditions de l'accrochage qui a coûté la vie à deux parachutistes à Bangui ont tardé.

 

Conformément aux règles établies depuis 2007, c'est l'Élysée qui a annoncé, peu après 9 heures mardi matin, la mort de deux parachutistes français dans la nuit de lundi à mardi à Bangui. Ce sont les premiers morts français de l'opération Sangaris, officiellement déclenchée deux jours plus tôt. Ces deux soldats appartenaient au 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine (8e RPIMa) de Castres et "ont perdu la vie pour en sauver beaucoup d'autres", a fait savoir l'Élysée dans son communiqué. 

 

Les conditions dans lesquelles s'est produit l'accrochage n'avaient pas été rendues publiques en milieu de matinée et le point de situation du ministère de la Défense qui suit traditionnellement la diffusion du communiqué de la présidence de la République n'avait pas été publié à 10 h 45. Un délai qui s'explique par le fait que les familles des soldats n'avaient pas été prévenu. On sait désormais que les hommes qui sont tombés étaient des parachutistes de 1ère classe, âgés de 22 et 23 ans.

 

L'Élysée a précisé dans son communiqué : "Le président de la République a appris avec une profonde tristesse la mort au combat. (...) Le chef de l'État exprime son profond respect pour le sacrifice de ces deux soldats et il renouvelle sa pleine confiance aux forces françaises engagées, aux côtés des forces africaines, pour rétablir la sécurité en République centrafricaine, protéger les populations et garantir l'accès de l'aide humanitaire. Le chef d'état-major des armées, l'amiral Édouard Guillaud, a annulé in extremis pour "raisons opérationnelles" une rencontre prévue à 9 heures avec l'Association des journalistes de défense. 

 

"Accrochés pas loin de l'aéroport" (Bartolone)

 

Mardi matin, les seules précisions disponibles sur cet engagement meurtrier demeuraient celles que le président PS de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait données à la sortie d'une réunion d'information à Matignon sur la Centrafrique, à laquelle participait le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian : "Ils étaient en intervention cette nuit et ils ont été accrochés pas loin de l'aéroport", a précisé Claude Bartolone à l'issue d'une rencontre sur la Centrafrique avec le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Le président de l'Assemblée nationale a ajouté : "Ils ont été blessés, ils ont été transportés très rapidement vers l'antenne chirurgicale, mais malheureusement, ils n'ont pas pu être sauvés." 

 

Selon nos informations, l'état-major des armées ne communiquera pas avant que le cabinet du ministre de la Défense ait diffusé un communiqué. Avant l'annonce des deux décès l'Élysée avait fait savoir que le président de la République se rendrait en Centrafrique en fin de journée. Toujours selon nos informations, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian pourrait y aller également, en fin de semaine. L'entourage du ministre dément, et précise qu'il s'y rendra quand la situation "sera opportune militairement et politiquement". 

 

Les deux soldats tués en Centrafrique avaient 22 et 23 ans
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:02

 

 

 

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

 

Cinq jours après le début de l'opération française « Sangaris » en République centrafricaine, deux soldats français ont été tués lors d'un accrochage lundi soir, a appris Le Monde de plusieurs sources. Une information que l'Elysée a depuis confirmée. Dans un communiqué, la présidence française a précisé qu'il s'agissait de deux soldats du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres. 

 

« Le chef de l'Etat exprime son profond respect pour le sacrifice de ces deux soldats et il renouvelle sa pleine confiance aux forces françaises engagées, aux côtés des forces africaines, pour rétablir la sécurité en République centrafricaine, protéger les populations et garantir l'accès de l'aide humanitaire », poursuit le communiqué.

 

François Hollande, actuellement en Afrique du Sud pour l'hommage à Nelson Mandela, se rendra en République centrafricaine mardi 10 décembre au soir. Un communiqué de l'Elysée l'a annoncé mardi matin.

 

Selon une source proche du 8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine, les deux miliaires ont été tués « alors qu'ils effectuaient une patrouille dans les rues de Bangui ». Les deux parachutistes appartenaient à la première compagnie du « 8 » qui « était arrivée en Centrafrique jeudi en provenance du Gabon », selon la même source.

 

DÉBUT DU DÉSARMEMENT

 

Quelques heures plus tôt, l'état-major français s'était pourtant montré satisfait des premières opérations de désarmement des groupes armés qui tenaient les rues de Bangui affirmant lundi soir que « la population n'[était] plus menacée ».

 

Plusieurs centaines des soldats français déployés en RCA – 1 600 en tout – ont en effet commencé lundi matin à désarmer les milices qui font régner la terreur dans la capitale. Un ultimatum avait été fixé aux groupes armés, notamment des ex-rebelles de la Séléka, pour qu'ils se rassemblent au camp Béal, dans le centre de Bangui, ultimatum auquel se sont apparemment pliés une grande partie de ces derniers.

 

L'état-major indiquait lundi soir que « tous ceux » qui étaient encore dans les rues avaient été désarmés, l'opération ayant été conduite « en coopération » avec la Misca, la force africaine en RCA. « Il n'y a plus de groupes armés qui patrouillent dans la ville », a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron :« Très rapidement, nous nous sommes rendus compte que ces groupes avaient quitté leurs positions dans leur très grande majorité ».

 

DES « ACCÈS DE VIOLENCE » MAIS PAS DE COMBATS

 

Alors que plusieurs témoins indiquaient lundi après-midi au Monde.fr avoir entendu des échanges de tirs dans plusieurs quartiers de la capitale, le même colonel Jaron affirmait également lundi : « Il n'y a pas eu de combats dans Bangui. A aucun moment les groupuscules n'ont cherché à engager le combat contre nous ». Il précisait cependant que les soldats français avaient toutefois dû riposter brièvement à « des tirs fugaces » qui avaient aussitôt cessé.

 

Le porte-parole a par ailleurs indiqué que des « accès de violence », notamment des pillages, se sont produits lundi après-midi, auxquels les militaires se sont opposés quand ils étaient à proximité.

 

APPEL D'OBAMA

 

De son côté, le président des Etats-Unis Barack Obama a appelé les Centrafricains, lundi 9 décembre, à rejeter l'engrenage de la violence qui « déchirerait » leur pays et à arrêter les auteurs de « crimes », dans un message audio diffusé par la Maison Blanche.

 

« Nous savons, par l'expérience amère d'autres pays, ce qui se produit lorsque des sociétés tombent dans la violence et la vengeance. Aujourd'hui, mon message pour vous est simple : ce n'est pas inéluctable. Vous, fiers habitants de la République centrafricaine, vous avez le pouvoir de choisir une voie différente.

 

Les personnes qui ont recours à la violence doivent rendre des comptes, conformément à la loi. Pendant ce temps, alors que des forces d'autres pays africains et de la France oeuvrent à rétablir la sécurité, les Etats-Unis soutiendront leurs efforts destinés à protéger les civils. »

Centrafrique : deux soldats français tués à Bangui
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 23:13

 

 

 

 

 

 

09/12/2013

 

Alors que l’attention de la communauté internationale se concentre sur Bangui, capitale centrafricaine où l’opération Sangaris a débuté vendredi, plusieurs villes de province se sont enfoncées dans le chaos, loin des caméras et des patrouilles de sécurisation du territoire. Notre Observateur dirige une mission catholique dans la ville de Bozoum, dans le nord du pays. Après 22 ans sur place, il affirme que la situation est grave.

 

À 380 kilomètres au nord de la capitale, Bozoum, ville de 20 000 habitants, est entrée comme le reste du pays dans une spirale de violences communautaires et interreligieuses il y a quelques mois. Durant ces dernières semaines, nos contacts sur place avaient toutefois observé un relatif retour au calme, si bien que les écoles de la ville avaient commencé à rouvrir.

 

Mais le calme a été de courte durée. Jeudi, quelques heures après que des groupes "anti-Balaka" ont attaqué plusieurs quartiers de Bangui, les répercussions se sont faites sentir à Bozoum. Notre Observateur, Aurelio Gazzera, prêtre de la paroisse de la ville, décrit une réaction "hystérique de la Seleka", dont les éléments se seraient affrontés aux anti-Balaka et auraient attaqué des civils.

 

Les anti-Balaka sont des milices armées, à majorité chrétienne, qui se sont constituées pour combattre les groupes de rebelles de l’ex-Seleka. La Seleka, aujourd’hui dissoute, est la coalition rebelle à majorité musulmane, qui a porté Michel Djotodia à la présidence en mars 2013 par un coup d’État, forçant François Bozize à quitter le pouvoir.

 

ATTENTION : CERTAINES IMAGES PEUVENT CHOQUER.

 

"Nous n’avons aucun moyen de sécuriser davantage la ville pour le moment"

 

Pendant 48 heures, il y a eu des tirs et des affrontements entre anti-Balaka et ex-Seleka. À certains moments, on a entendu des tirs à l’arme lourde, probablement au mortier. 3 000 habitants de Bozoum ont fui les violences et trouvé refuge dans la mission où j’officie.

 

Le préfet de Bozoum a également quitté la ville, rappelé par Bangui. Il n’y a plus d’autorités politiques ici, la population est livrée à elle-même. Au centre-ville, il ne reste que quelques civils, la plupart musulmans ou peuls, tous armés de machettes, de couteaux, de bâtons ou d’arcs. Les membres de la Croix-Rouge tentent d’appeler au calme. Samedi, je suis parti avec un de leurs convois constater les dégâts de la veille. Nous avons croisé des familles qui quittaient par dizaines la ville à pieds.

 

Dans le centre de Bozoum, c’était une scène de désolation. Plusieurs corps sans vie, la plupart tués par balles, jonchaient le sol. Nous avons ramassé les corps de sept personnes, dont un seul était vraisemblablement un anti-Balaka, car il avait une arme près de lui. Tous les autres étaient des civils qui se cachaient dans leur maison ou avaient trouvé refuge quelque part. De nombreux autres personnes ont été gravement blessées comme une femme qui se cachait derrière la porte de sa maison et qui a pris une balle dans le ventre. Ces gens sont des innocents qui n’ont rien à voir ni avec la Seleka et les anti-Balaka.

 

Nous avons enfoui ces corps dans une fosse commune. En deux jours, on dénombre au moins 35 morts… mais il est très probable qu’il y en ait plus, car les familles ont sûrement enterré eux-mêmes les corps.

 

Nous n’avons aucun moyen de sécuriser davantage la ville pour le moment. La garnison de la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC) la plus proche se situe à Paoua, à 120 kilomètres au nord de Bozoum. Ce matin, un de leurs convois est passé par Bozoum. On s’est mis en travers de leur route pour leur demander de l’aide, mais ils n’ont laissé aucun renfort pour le moment. Un des soldats m’a demandé de "rester calme". Je lui ai dit que si après 22 ans en Centrafrique, je dis que la situation est grave, il faut peut-être me prendre au sérieux. [Vendredi, une centaine de soldats venant de Bangui, dont des soldats français, se sont déployés à Bossangoa, principale ville de la région de Bozoum. Ils n’ont pas encore patrouillé à Bozoum.]

 

Il y a un sentiment d’hostilité générale dans la ville. Hier, des gens ont pénétré à deux reprises dans l'enceinte de la mission avec des machettes, avant d’être repoussés par notre service de sécurité. J’ai personnellement été menacé lorsque j’étais avec la Croix-Rouge. Des personnes m’interpellaient et me disaient "Aurélio le faux", car ils m’accusaient d'avoir montré ce qu’a pu faire la Séléka ici. Si les ex-Seleka ou d’autres personnes plus armées arrivent ici, je n’ose pas imaginer ce qui pourrait se passer.

Loin des caméras, le récit d’un week-end meurtrier en Centrafrique
Loin des caméras, le récit d’un week-end meurtrier en Centrafrique
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 23:03

 

 

 

 

 

Par La rédaction de RTL.fr , Avec AFP | Publié le 09/12/2013 à 22h20

 

L'état-major français a annoncé ce lundi soir que plus aucun groupe armé ne circulait dans Bangui, les milices s'étant regroupées dans un camp assigné par les forces françaises.

 

Les groupes armés qui tenaient les rues de Bangui ont pour la plupart quitté les rues de la capitale centrafricaine, a indiqué l'état-major des armées, ce lundi 9 décembre à Paris.

 

"La population n'est plus menacée"

 

"Il n'y a plus de groupes armés qui patrouillent dans la ville" et "la population n'est plus menacée", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron. Les forces françaises déployées en RCA avaient entamé dans la matinée le désarmement des milices qui faisaient régner la terreur dans Bangui. 

 

Il n'y a plus de groupes armés qui patrouillent dans la ville. colonel Gilles Jaron

 

Les miliciens, notamment des ex-rebelles de la Séléka, se sont regroupés aucamp Béal, dans le centre de Bangui, qui leur avait été assigné par les forces françaises. Selon l'état-major, "tous ceux" qui étaient encore dans les rues ont été désarmés, l'opération ayant été conduite "en coopération" avec la Misca, la force africaine dans le pays.

 

Pas de combat mais des pillages

 

"Il n'y a pas eu de combats dans Bangui. À aucun moment les groupuscules n'ont cherché à engager le combat contre nous", a ajouté le colonel Jaron. Les soldats français ont toutefois dû riposter brièvement à "des tirs fugaces" qui ont aussitôt cessé. Selon le porte-parole des "accès de violence", notamment de pillages, se sont produits dans l'après-midi.

Centrafrique : la plupart des groupes armés a quitté les rues de Bangui
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:44

 

 

 

 

 


KINSHASA - AFP / 09 décembre 2013 19h05 - La République démocratique du Congo a organisé lundi des funérailles nationales à Pascal Tabu Ley, roi de la rumba congolaise décédé le 30 novembre à Bruxelles.


Au paradis, Mozart, Beethoven [...] et tous les autres sont confrontés à une vrai concurrence avec l'arrivée de celui qu'on appelait aussi Seigneur Rochereau, a déclaré une autre étoile de la musique congolaise, Koffi Olomidé, lors d'une cérémonie d'hommage au Palais du Peuple (Parlement), à Kinshasa.


Parlant au nom de tous les musiciens du pays, Koffi Olomidé a demandé aux autorités congolaises de faire en sorte que le 30 novembre reste à jamais le jour de la fête de la rumba congolaise.

Sous un ciel bas et lourd, le corps de Tabu Ley Rochereau, acheminé par des hommes de la police nationale, a été inhumé à la nécropole entre ciel et terre de la N'Sele, cimetière récent et huppé à la périphérie de Kinshasa.


La simplicité et la sobriété de l'ensevelissement contrastaient avec la longue cérémonie protocolaire au Palais du Peuple mais aussi avec l'oeuvre et la vie de celui qui avait importé le premier la batterie dans la rumba congolaise, qui avait surfé sur la vague de la musique pop et fait connaître la musique de son pays dans le monde entier.


Au début de la messe de funérailles célébrée au sein même du Parlement dont les façades étaient pavoisées de portraits géants du défunt, Mgr Joachim Mbadu, évêque émérite de Boma (Ouest de la RDC), s'était adressé à la famille biologique de Tabu Ley Rochereau, façon de mentionner discrètement les dizaines d'enfants que le chanteur a eu de diverses unions.

Avant l'office, le président de la république, Joseph Kabila, les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Aubin Minaku et Léon Kengo, et le Premier ministre, Augustin Matata Ponyo avaient déposé une gerbe de fleurs devant le cercueil en bois blanc de Seigneur Rochereau couvert du drapeau national et exposé depuis samedi soir sous un dais blanc dans le grand hall du Parlement.


Le chef de l'Etat a salué les qualités d'ambassadeur de la musique moderne de Tabu Ley Rochereau. Auteur prolifique (il compte près de 2.000 chansons à son répertoire, celui-ci fut le premier musicien africain à se produire sur la scène parisienne de l'Olympia, en 1970 avec ses Rocherettes, à l'heure où Claude François faisait danser la France avec ses Claudettes.

Le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, André Kimbuta, qui a décrété férié ce lundi pour les obsèques du chanteur, a annoncé que l'avenue Tombalbaye, dans le nord de la capitale, s'appellerait désormais l'avenue Tabu Ley.


Un des fils du chanteur, Péguy Tabu, a interprété plusieurs succès de son père, comme Adios tete.

Dans son homélie, retransmise à l'extérieur par haut-parleur pour des milliers de Kinois, l'abbé Jean-Paul a fait aux référence chansons inoubliables écrites par Tabu Ley à partir de l'expérience du quotidien de tout un chacun.


Tabu Ley savait tirer de l'éternel du transitoire, a-t-il dit.


Ses paroles touchaient toutes les franges de la société sans distinction, a déclaré le rappeur français Youssoupha, autre fils du défunt saluant le talent de son père qui avait su faire chanter en lingala (l'une des langues nationales de la RDC), de Kinshasa à Cuba, en passant par la Côte d'Ivoire.


(©) 

 

 

 

Kinshasa : les obsèques de Pascal Tabu Ley ont lieu au Palais du peuple

 

http://radiookapi.net   le 9 décembre, 2013 à 8:40

 

Les obsèques de Pascal Tabu Ley ont lieu au Palais du peuple à Kinshasa. La dépouille mortelle de l’artiste musicien, est arrivée samedi 7 décembre dans la soirée dans la capitale congolaise. L’opposant historique, Etienne Tshisekedi, s’est rendu ce dimanche 8 décembre au Palais du peuple pour rendre hommage à cet immense artiste décédé en Belgique le 30 novembre en Belgique.

 

Les membres de la famille du disparu, des personnalités politiques, des artistes congolais ainsi que des anonymes se recueillent au lieu du deuil où une veillée mortuaire sera organisée dimanche soir. La mère de l’artiste prend également part à ces obsèques.

 

Tabu Ley sera enterré lundi 9 décembre au cimetière Nécropole de la N’Sele, dans la périphérie Est de Kinshasa, selon le programme officiel annoncé par le ministre de la Culture et Arts, Banza Mukalayi.

 

Les membres de la famille de l’artiste, ses proches ainsi que les membres de la Société civile se recueillent et déposent des gerbes de fleur. Ensuite, indique le même programme, les anonymes, les représentants des institutions et d’autres délégations leur succéderont jusqu’à l’aube.

 

Sur place au Palais du peuple, on diffuse de la musique, des témoignages ainsi que des interviews accordées à la presse par le musicien décédé.

 

Le bâtiment a été spécialement aménagé pour la circonstance. Des portraits géants de l’artiste imprimés en différentes couleurs ont été affichés à l’entrée principale du siège du Parlement congolais mais aussi à l’intérieur de l’édifice. Une chapelle ardente aux couleurs blanche et violet est placée au milieu du hall.

 

A l’extérieur, des  podiums ont été installés pour les artistes qui se produiront tout au long des obsèques, a affirmé le comité d’organisation.

 

Des pagnes à l’effigie de l’artiste ont été imprimés pour la circonstance. Le musicien Shungu Wembadio alias « Papa Wemba » a publié sur les réseaux sociaux une photo de lui, vêtu d’une chemise confectionnée avec ce pagne.

 

Pascal Tabu Ley, dit «Seigneur Tabu Ley Rochereau», est décédé le samedi 30 novembre à Bruxelles en Belgique à l’âge de 73 ans. Le célèbre chanteur congolais était dans le coma depuis plusieurs jours. Selon son fils Charles Tabu, joint par Radio Okapi, Tabu Ley est mort de suite de diabète après avoir été terrassé par un accident vasculaire cérébral (AVC) il y a plus de deux ans.

 

« Rochereau n’est pas mort »

 

Plusieurs personnes rendent hommage à Tabu Ley Rochereau dont la carrière est l’une des plus brillantes de l’histoire de la musique congolaise et africaine.

 

Son fils, Marc Tabu, animateur des émissions de musique à la télévision,  remercie « toutes les personnes qui nous ont soutenu ».

 

« Je vois que mon père était vraiment aimé dans le monde », se réjouit-il, expliquant que les œuvres de son illustre père vont continuer à le faire vivre.

 

Pour sa part, Mamie Ilela, animatrice des émissions musicales à la télévision publique congolaise, salue la mémoire de l’artiste qui a « marqué de son empreinte l’histoire de la musique de notre pays ».

 

« On n’en fera pas d’autres d’ici cent ans », tranche-t-elle. Pour elle, « Rochereau n’est pas mort ».

 

« Il sera toujours avec nous à travers ses œuvres », soutient la présentatrice de la célèbre émission « Karibu Variété ».

 

« Parfois j’allais à l’école en retard à cause de lui »

 

Le guitariste et auteur compositeur Guvano Mwana Vangu a avoué qu’il a été fan de la star congolaise alors qu’il était encore sur le banc de l’école, avant de devenir plus tard l’un des proches collaborateurs de Tabu Ley:

 

« J’étudiais à l’école Sainte Anne. Et à midi, on nous laissait aller manger à la maison pour revenir à 14 heures. Mais souvent quand j’arrivais au niveau de l’avenue Tshuapa, je le voyais causer avec certaines personnes. A ce moment-là, j’oubliais que j’allais manger à la maison.  Je restais là à le contempler. Et quand je rentrais à l’école c’était trop tard. Et on me collait une punition. Il ne savait pas que parfois j’allais à l’école en retard à cause de lui. Le concours de circonstance a fait qu’il y a eu séparation avec Nico. Alors il a pensé à me prendre dans son groupe ».

RDC: funérailles nationales pour Tabu Ley Rochereau, roi de la rumba
RDC: funérailles nationales pour Tabu Ley Rochereau, roi de la rumba
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:30

 

 

 

 


Par Peter Bouckaert

Jeudi dernier dans la matinée, le photographe Marcus Bleasdale et moi-même avons rendu visite à l'imam de Bossangoa, en République centrafricaine (RCA), à son domicile dans le quartier musulman de Boro. La situation à Bossangoa était très extrêmement tendue alors que des bruits se répandaient sur les violents affrontements dans la capitale, Bangui, entre les forces ex-Séléka majoritairement musulmanes, qui dominent désormais le pays, et les milices à majorité chrétienne anti-balaka appuyées par des militaires déserteurs restés fidèles à l'ancien président renversé en mars, Francois Bozizé.

Au domicile de l'imam, nous avons rencontré Ousman Abakar, un jeune homme très maigre de 26 ans, nomade de l'ethnie peuhle, qui avait à un genou une blessure par balle gravement infectée et pouvait à peine se tenir debout. Il nous a dit qu'il séjournait dans un camp de pasteurs nomades au nord de Bossangoa lorsque ce camp a été attaqué par des miliciens anti-balaka. « J'étais dans la brousse avec mes deux enfants », a-t-il murmuré. « Les anti-balaka sont arrivés et ont tiré deux balles sur moi avec leurs fusils bricolés. Et ils m'ont laissé là pour mort. » Sur le chemin de Bossangoa, les anti-balaka ont encore attaqué les nomades à plusieurs reprises.

Préoccupés par sa blessure, nous avons proposé à Ousman de l'emmener à l'hôpital local pour qu'il soit soigné et reçoive un traitement aux antibiotiques. Il était réticent, craignant de traverser les quartiers chrétiens de Bossangoa, et inquiet au sujet de la montée de la tension en ville. Sa mère lui a conseillé d'y aller et l'a assuré qu'elle resterait avec lui avant qu'ils ne puissent retourner au camp de nomades, situé à plusieurs kilomètres de la ville.

Ousman a fini par sourire en levant un pouce après que sa blessure eut été pansée et qu'il eut reçu ses médicaments à l’hôpital. Quand nous l'avons ramené à la résidence de l'imam vers 14h00, nous avons remarqué que de nombreux magasins étaient en train de fermer. Alors que nous repartions, des combattants de la Séléka lourdement armés sont arrivés en grand nombre dans des pick-up et nous avons compris que la situation allait mal tourner.

Alors que nous roulions à toute allure vers la base des soldats chargés du maintien de la paix de la Force multilatérale d'Afrique centrale (FOMAC) à quelques kilomètres de là, des gens terrorisés couraient dans tous les sens pour se mettre à l'abri, et des coups de feu et des explosions retentissaient de tous les côtés. Avec des centaines de civils apeurés, nous avons dû nous abriter à la base de la FOMAC pendant plusieurs heures, tandis que les combattants anti-balaka et de l'ex-Séléka s'affrontaient pour le contrôle de la ville et que des troupes de la FOMAC tentaient désespérément de protéger la population civile des combats et des massacres sectaires.

Hier, dès que nous avons pu nous déplacer sans trop de danger, nous sommes allés dans le quartier de Boro pour voir ce qui s'était passé pendant les affrontements de jeudi. Nous avons trouvé le quartier musulman désert et en partie incendié, la totalité de sa population d'environ 7.000 personnes ayant trouvé refuge, en compagnie de musulmans précédemment déplacés, à l'école Liberté, sous la double protection des troupes de la FOMAC et des combattants de l'ex-Séléka.

Quand nous avons retrouvé l'imam, cet homme qui avait déjà vu tant de drames était trop choqué pour pouvoir s'exprimer de manière cohérente et ne cessait de se prendre la tête dans les mains. Ses amis nous ont raconté la tragédie qui s'était produite, nous parlant à voix basse pour éviter d'aggraver le traumatisme de ceux qui pleuraient leurs morts juste à côté de nous.

Quand les combattants anti-balaka en majorité chrétiens ont lancé une attaque surprise sur le quartier musulman de Boro jeudi vers 14h00 – juste après notre départ – de nombreux habitants s'étaient réfugiés à la résidence de l'imam. Les combattants anti-balaka, appuyés par des déserteurs de l'armée nationale bien armés, se sont mis à massacrer à coups de machette les personnes qui n'avaient pas pu s'enfuir. Onze personnes, dont cinq femmes, ont été tuées devant la maison.

Nous nous sommes joints aux cérémonies de deuil. L'un des hommes est venu vers nous, tête baissée et en évitant nos regards, et nous a chuchoté une nouvelle que j'ai reçue comme un coup de poing dans le ventre: « Nous sommes désolés mais les deux Peuhls que vous avez ramenés, le jeune homme et sa mère, eux aussi ont été massacrés. »Avec son genou grièvement blessé, Ousman n'avait aucune chance de s'échapper.

Un autre vieil homme est arrivé et tout le monde s'est rassemblé pour dire une prière à la mémoire des morts tandis qu'il était assis parmi eux, sanglotant. Je l’ai alors reconnu ; c’était Gara Iné, un riche commerçant musulman que j'avais rencontré le mois dernier après l'attaque de son enclos à vaches par les anti-balaka, qui avaient tué quatre de ses bergers peuhls et volé ses 680 vaches. Il nous avait présentés à deux femmes peuhles qui avaient été témoins de l'attaque et nous avaient décrit comment les assaillants avaient tué tous les hommes du camp, égorgeant le fils âgé de trois ans d'une des femmes, deux garçons âgés de 10 et 14 ans, et le mari de l'autre femme.

Maintenant, une nouvelle tragédie venait de frapper Gara. Sa femme Khadija, âgée de 35 ans, et son beau-frère Adei Abakar, 38 ans, étaient parmi les personnes tuées à coups de machette par les anti-balaka devant la maison de l'imam. La mère âgée de Khadija, Hamida Oumar, était à l'hôpital dans un état critique, avec de graves blessures à la tête. Nous avons présenté nos condoléances à Gara, en nous souvenant de son accueil chaleureux lors de notre récente visite.

Alors que nous regagnions notre voiture en silence, nous avons retrouvé un jeune garçon musulman, Zakaria, qui avait un bras en écharpe. Nous l'avions rencontré le matin même à l'hôpital, quand des combattants de l'ex-Séléka sont venus récupérer le corps d'un de leurs neuf camarades tués dans les affrontements de jeudi. Zakaria nous a raconté une nouvelle histoire terrible. Il était chez lui dans le quartier musulman quand des combattants anti-balaka et des déserteurs de l'armée lourdement armés ont fait irruption et lui ont tiré dans l'épaule et le bras, le laissant pour mort sur le sol. Tandis qu'il gisait inconscient, les assaillants ont pillé la maison familiale et ont mis le feu au toit de chaume. La chaleur dégagée par l'incendie lui a permis de reprendre conscience et il a pu s'échapper de justesse.

Les événements horribles du quartier de Boro à Bossangoa ne représentent qu'un échantillon de la tragédie qui se déroule actuellement à grande échelle en République centrafricaine. Depuis qu'elles ont renversé le gouvernement en mars, les forces de la Séléka, une alliance de groupes armés majoritairement musulmans, ont régné par les armes et par la terreur, attaquant et incendiant les villages chrétiens, tuant et blessant d'innombrables personnes. Des centaines de milliers de personnes terrorisées ont dû fuir leurs habitations, créant une crise humanitaire.

Les éléments sont réunis pour que se produisent de nouvelles atrocités. Vendredi matin, après que des miliciens anti-balaka eurent chassé ses forces de plusieurs quartiers de Bossangoa, un commandant de la Séléka, le colonel Saleh, a rassemblé ses hommes et les a menés jusqu'aux abords d’un camp situé près de l'église catholique, où étaient réfugiés environ 35.000 chrétiens déplacés. Ses hommes ont tiré plusieurs salves de fusil lance-grenades dans le camp surpeuplé et ont menacé à plusieurs reprises de l’assaillir si les anti-balaka ne quittaient pas Bossangoa. Dans l'espoir d'éviter un massacre, les soldats de la force africaine de maintien de la paix ont négocié une issue à la crise en obtenant que les anti-balaka cèdent, sachant que le colonel Saleh n'aurait pas hésité à lancer une attaque meurtrière contre 35.000 civils.

Avec un bilan de 400 à 500 morts lors d’affrontements et de massacres similaires depuis mercredi à Bangui, où de nombreux cadavres jonchent toujours les rues, il n'y a guère de doute que la République centrafricaine se trouve au bord du précipice, avec un grand risque de voir se multiplier les massacres sectaires. La France a compris combien la situation est devenue critique et a déployé dans le pays des centaines de soldats supplémentaires pour protéger les civils, mais peine à mobiliser un soutien suffisant pour la création d'une force de stabilisation internationale plus importante sous commandement des Nations Unies. Aucun soldat français n'est encore arrivé à Bossangoa. Il n'y a plus de temps à perdre pour éviter un désastre.

 

 

 

 

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Point de vue : RCA - Tragédie à la résidence de l'imam
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 22:06

 

 

 

 

 

 

http://www.liberation.fr  9 DÉCEMBRE 2013 À 21:23)

 

Les avions serviront à convoyer des troupes africaines en Centrafrique, où les forces françaises ont commencé ce lundi à désarmer les milices.

 

Les Etats-Unis vont mettre à disposition des appareils de transport C-17 pour convoyer des troupes africaines en Centrafrique à la suite d’une demande d’assistance de la France, a indiqué lundi le Pentagone.

 

Cette décision a été prise à la suite d’une conversation téléphonique dimanche entre le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian et son homologue américain Chuck Hagel, et Washington «continue de travailler à identifier des ressources additionnelles» susceptibles d’être mises à disposition de la Misca, la force africaine en Centrafrique, affirme le Pentagone dans un communiqué.

 

UN SOUTIEN À COURT TERME

 

«A court terme, la France a demandé un soutien en matière de transport aérien pour permettre aux forces africaines de se déployer rapidement pour empêcher que les violences ethniques ne continuent de s’étendre en République centrafricaine», plaide-t-il.

 

Quelque 850 soldats burundais doivent ainsi être transportés par deux gros porteurs C-17 dans les prochains jours, selon un responsable américain de la Défense. «Nous espérons commencer d’ici 24 heures», a indiqué à l’AFP ce responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat.

 

A ce stade, la mission dévolue aux deux avions américains concerne exclusivement le transport des troupes burundaises et de leur équipement, une tâche qui devrait être réalisée en quelques jours.

 

L’Union africaine a décidé de porter sa force en Centrafrique (Misca) à 6 000 hommes, contre 3 600 initialement prévus, a annoncé samedi la présidence française à l’issue d’un mini-sommet à Paris sur la situation dans ce pays. Aucune date n’a été fixée pour le renforcement de cette force, qui ne compte actuellement que 2 500 hommes sur place, sous-équipés et mal entraînés.

 

EFFORT INTERNATIONAL

 

«Les Etats-Unis se joignent à la communauté internationale dans cet effort parce que nous pensons qu’une action immédiate est nécessaire pour empêcher une catastrophe humanitaire», justifie le Pentagone. Washington «continue de travailler à identifier des ressources supplémentaires» susceptibles d’être mises à disposition de la Misca, ajoute-t-il.

 

«Nous continuons de parler avec les Français et les partenaires dans la région pour voir de quelle façon nous pouvons soutenir le mieux la mission» de l’Union africaine, selon ce responsable.

 

Les Etats-Unis ont déployé depuis plus d’un an une centaine de soldats des forces spéciales pour une mission d’assistance aux troupes africaines chargées de la traque de la LRA (Armée de résistance du Seigneur) et de son chef Joseph Kony. Ces troupes sont basées en Ouganda mais sont amenées à évoluer jusque dans l’Est de la Centrafrique.

 

DÉSARMER LES MILICES

 

Le Royaume-Uni a de son côté également mis à disposition un gros porteur C-17 pour convoyer des équipements français vers la Centrafrique.

 

Lors de l’intervention française au Mali en janvier dernier, le Pentagone avait mis à disposition de Paris pendant plusieurs semaines des avions de transport ainsi que des avions de ravitaillement en vol ainsi qu’un soutien en matière de renseignement.

 

Sur le terrain, les soldats français ont entamé dans Bangui traumatisée par de récents massacres le délicat désarmement des milices et groupes armés promis par Paris pour rétablir la sécurité en Centrafrique. «Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu’en face ils l’ont compris», a affirmé le porte-parole de l’état-major, le colonel Gilles Jaron.

 

«En face», c’est-à-dire chez les combattants de l’ex-rébellion Séléka, le message très ferme du gouvernement français -«l’impunité est finie !»- semblait donc avoir été entendu lundi. Ces hommes en armes, qui, il y a quelques jours étaient partout dans Bangui, déambulant à pied ou sillonnant les rues à bord de pick-up bondés, étaient presque invisibles dans les rues.

Centrafrique : les Etats-Unis vont prêter à la France des avions de transport
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:43

 

 

 

 

 

 

Publié le 09-12-2013 à 15h37 - Mis à jour à 16h01

 

Par Sarah Diffalah

 

L'armée française a débuté la mission de désarmement des groupes armés. Une tâche qui s'annonce plus difficile que sur le papier.

 

Lundi 9 décembre, les soldats français entrent dans le vif du sujet de l'opération Sangaris. La mission prioritaire que leur a donnée le gouvernement est de désarmer au plus vite toutes les milices et les groupes armés qui terrorisent les populations. Déployés à Bangui, et au nord-ouest, vers Bossangoa et Bouar, les 1.600 militaires ont commencé le travail, tôt lundi matin. Des hommes de l'ancienne rébellion de la Seleka sont maîtrisés, voire arrêtés. Des fouilles sont opérées dans des maisons présumées appartenir aux anciens rebelles. Des munitions sont saisis. Pour mettre la main sur les stocks d'armes cachés, les Français sont aidés par les services de renseignements congolais, selon le site Afrikarabia.

 

Personne n'a le doit de porter des armes exceptés les soldats français : "Tout le monde pose les armes" ou bien "on utilise la force", a prévenu le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Dimanche, dans les rues de Bangui, les menaces avaient d'abord pris la forme de patrouilles très visibles, en véhicules blindés ou à pied, sur les boulevards et les carrefours stratégiques de la capitale, témoigne un journaliste de l'AFP.

 

L'Etat-major fait état d'une certaine tension dans la ville, bien que les combattants aient presque disparu des rues. Les autorités locales ont abondé dans le sens de Paris. Le président par intérim, Michel Djotodia, lui-même issu de l'ancienne rébellion qu'il avait officiellement dissoute, a demandé à ses combattants de regagner rapidement les casernes. Il a souligné que ceux qui entreront dans les casernes ne seront pas désarmés, mais ceux qu'il considère comme des éléments "incontrôlés" le seront. "S'ils n'obtempèrent pas, nous allons utiliser des moyens durs, forts", a-t-il menacé.

 

"Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu'en face ils l'ont compris et que les choses se passent plutôt bien", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron."Sur certains points, les groupes armés ont décroché et sont rentrés dans leurs casernes, sur d'autres, ils ont déposé les armes", a-t-il souligné.

 

Cependant la tâche s'annonce plus difficile sur le terrain que sur le papier. Le ministre des Affaires étrangères l'a reconnu lundi matin : "Ce n'est pas un travail facile mais nos militaires sont très, très professionnels et préparés." Des échanges de tirs ont éclaté en fin de matinée près de l'aéroport de Bangui, ont sont basés les militaires français.

 

La nébuleuse des groupes armés

 

Première difficulté : reconnaître les groupes armés. Si l'attention est largement focalisée sur les rebelles de l'ex-Seleka, les soldats français font face à différents mouvements. Il y a, donc, les anciens rebelles de la Seleka, originaires du nord, hétéroclites et en majorité musulmans. A l'origine, le mouvement est organisé autour de trois groupes l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), dont l'actuel président de transition est le fondateur, la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) et la CPSK (Convention démocratique du salut du Kodro).

 

Ces trois groupes armés opéraient dans le nord-est du pays, leur fief, un territoire toujours déconsidéré par les régimes politiques successifs. Ils se sont alliés en décembre 2012 et revendiquaient notamment le respect des accords de paix de 2008, signés à Libreville. Pour atteindre leur objectifs, ils sont parvenus à contrôler plus de la moitié du territoire et enfin Bangui. Parmi ses combattants, on pouvait trouver des hommes politiques dissidents, mais aussi des personnes à la tête de groupes liés au banditisme social, convaincus qu'il fallait faire tomber l'ancien président François Bozizé. Ce qui fût fait en mars 2013. Malgré leur prise de pouvoir, ils ont continué à terroriser ceux qu'ils considéraient comme des fidèles à l'ancien président.

 

Face à eux, se sont développées des milices de défense, les "anti-balakas", en majorité chrétiens, pour répondre à la violence de l'ex-Seleka. Pour la première fois ces derniers ont pénétré dans Bangui la semaine dernière, provoquant des tueries qui ont fait plusieurs centaines de morts au total dans les deux camps.

 

Enfin, une multitude d'autres groupes, bandits des grands chemins, coupeurs de route, mercenaires ont profité du désordre. 

 

Une Seleka difficlement contrôlable

 

Face à la puissance de feu des militaires français, ces groupes armés ne font pas le poids. D'autant qu'ils sont peu structurés et peu motorisés. Les affrontements directs seront a priori largement évité, mais ne sont pas exclus. Cependant, ces milices sont relativement bien armées, éparpillées, se fondent très vite dans la nature et seront difficiles à saisir. Concentrés à Bangui et sur les axes routiers, les soldats français ne pourront pas forcément avoir accès aux zones reculées. Laurent Fabius a lui aussi souligné que "la difficulté c'est que beaucoup d'ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus"

 

Impopulaire, critiqué, décrié, par François Hollande lui-même, le président par intérim Michel Djotodia ne peut pas être un appui utile pour ramener l'ordre. Il est débordé par ses propres troupes. La France a, depuis le début de la crise, traité directement avec le Premier ministre, Nicolas Tiangaye. Un homme se dégage et exerce une légère influence : Nourredine Adam, ancien ministre de la sécurité, considéré comme le chef politique de l'ex-rébellion.

 

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur

 

CENTRAFRIQUE : Désarmer les milices, l'épineuse mission des soldats français
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:40

 

 

 

 

 

 

http://afrikarabia.com   08 déc 2013  par Christophe RIGAUD

 

 

Environ 1.600 soldats français ont été déployés ce dimanche à Bangui  dans le cadre l’opération Sangaris. Plus simple en apparence qu’au Mali, l’intervention française en Centrafrique recèle de nombreux pièges.

 

Tel un avion sans pilote, la Centrafrique s’est peu à peu enfoncée dans le chaos et la violence, après la chute du président Bozizé en mars 2013. Moins d’un an après son arrivée au pouvoir, le nouveau président Michel Djotodia a perdu le contrôle des rebelles de la Séléka qui l’ont porté au pouvoir. A Bangui, les ex-rebelles ont rapidement semé la terreur, commettant pillages, viols et exactions à répétition contre les civils. Les violences se sont ensuite répandues dans le nord du pays, notamment à Bossangoa. En réaction aux exactions de la Séléka, composée essentiellement de musulmans, des milices chrétiennes, dénommée «anti-balaka», sont apparues depuis septembre dans le nord-ouest du pays, et sont en partie responsables des récents massacres à Bangui. Un conflit religieux couve.

 

La France s’apprête donc à ramener l’ordre en Centrafrique. L’objectif de l’armée française est de sécuriser la capitale, Bangui, ainsi que les principaux axes routiers du pays. Cette opération devra ensuite laisser place à la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (Misca), dotée d’environ 4.000 hommes. Si militairement, la sécurisation de Bangui devrait être relativement aisée pour l’armée française, le reste du pays sera beaucoup plus difficile à pacifier. Mais d’autres difficultés attendent les français.

 

Plus complexe qu’au Mali ?

 

De l’avis de tous les experts, la sécurisation de la Centrafrique, pays grand comme la France, ne sera pas une mince affaire. Contrairement au Mali, où l’ennemi était clairement identifié et localisé, en Centrafrique il sera difficile de faire le tri entre forces centrafricaines de sécurité, ex-Séléka et «anti-balaka». Seconde difficulté, il faudra ensuite désarmer les fauteurs de troubles. L’armée française devra rapidement mettre la main sur les stocks d’armes cachés par les ex-rebelles de la Séléka. Il semblerait que les français soient aidés dans cette tâche par les services de renseignements congolais de Denis Sassou Nguesso, très actif en Centrafrique.

 

Le problème Djotodia

 

Le nouveau président Michel Djotodia fait partie du problème centrafricain et pas de la solution. Incapable de maîtriser ses troupes, aux mains de multiples commandants, l’ex-chef de la Séléka fait preuve d’une incompétence rare. Michel Djotodia n’a rien fait pour éviter les massacres et pire, il a remis de l’huile sur le feu en déclarant que les «anti-balaka» étaient systématiquement soutenus par l’ancien président Bozizé. Très impopulaire à Bangui, la communauté internationale ne peut plus s’appuyer sur Djotodia pour ramener la sécurité. Le président centrafricain ne sert plus à rien, il doit donc partir au plus vite. François Hollande n’a pas dit autre chose en clôture du mini-sommet sur le Centrafrique, lorsque que le président français a souhaité que les élections se déroulent au plus vite, « avant 2015 » Djotodia est aussi accusé de détourner l’argent public, qui fait cruellement défaut. Des proches du régime, se demandent où sont passées les sommes allouées aux voyages officielles que n’a pas effectué Djotodia en Turquie ou en Afrique du Sud. On parle de 52 millions de CFA.

 

Le cas Nourredine Adam

 

Ancien ministre de la défense, débarqué rapidement par Djotodia après  seulement quelques mois d’exercices, Nourredine Adam, apparaît toujours comme l’homme fort du régime. Ou en tout cas comme le moins faible. Il serait en effet le seul membre de la Séléka à avoir encore un peu d’autorité sur les commandants ex-rebelles. Mais le personnage est trouble. Ses services sont accusés de torturer les opposants ou récalcitrants au régime. Des différents ethniques opposent également Adam et Djotodia. Le président est un Gulas (proche du Soudan) alors que Noureddine Adam est un Rungas (proche du Tchad). Au sujet de Nourredine Adam, les avis sont partagés à Bangui. Certains voudraient l’intégrer pour mieux le contrôler. D’autres souhaiteraient tout simplement… l’éliminer. Que fera la France ?

 

Nicolas Tiangaye déçoit

 

Avec l’arrivée au pouvoir de Michel Djotodia, que la communauté internationale ne reconnait pas, le Premier ministre Nicolas Tiangaye devient l’interlocuteur officiel de la RCA à l’étranger et bénéficie d’une relative bonne image. Mais très vite, l’homme semble débordé par la tâche et sans moyens financiers, il ne maîtrise plus la situation. Il devait jouer le rôle de contre-pouvoir face à Michel Djotodia, il n’en sera que le modeste exécutant… impuissant lui aussi face à la montée de la violence. Nicolas Tiangaye déçoit et des soupçons de détournement d’argent planent désormais sur lui. Est-il encore l’homme de la situation ?

 

Une « ligne rouge » pour Déby

 

Le président du Tchad voisin a toujours jouer un rôle déterminant en Centrafrique. Il fait et défait les présidents. En 2003, il aide François Bozizé a accéder au pouvoir par les armes et en 2013, il laisse la Séléka s’emparer de Bangui, sans intervenir. Pourtant Déby a hésité à soutenir la Séléka qu’il voyait au début comme un facteur de déstabilisation à son propre régime. Certains disaient à N’djamena qu’après le départ de Bozizé, ce serait celui de Déby. Mais Déby s’est ensuite rapproché de la rébellion… pour mieux la contrôler. Le Tchad a clairement donné le feu vert à la prise de Bangui. Mais aujourd’hui, certains centrafricains estiment qu’il faut fixer une « ligne rouge » à Idriss Déby pour qu’il cesse de tirer les ficelles en RCA. Paris aura sans doute un peu de mal à convaincre son allié au Mali de laisser tomber Bangui. Déby semble en effet « intouchable » depuis son  soutien  à l’opération Serval au Mali. Pour certains, seule la menace de la Cour pénale internationale (CPI) pourrait peut-être faire entendre raison à Idriss Déby. Le Tchad peut poser d’autres difficultés sur le terrain militaire. En Centrafrique, la France devra s’appuyer sur la Misca, la force africaine qui sera déployée à partir du 19 décembre. Les forces tchadiennes seront très présentes au sein de la Misca. Problème : à  Bangui, on accuse déjà les troupes tchadiennes de ne pas désarmer certains membres de la Séléka lorsqu’ils sont originaires du Tchad. Une ambiguïté qui devra être vite levée par les troupes françaises.

 

Bozizé, le retour ?

 

L’ancien président François Bozizé peut-il revenir ? Beaucoup le disent malade, fatigué et surtout sans moyen financier. Mais François Bozizé voyage beaucoup, au Soudan du Sud ou récemment en Ouganda. L’ancien président cherche à récupérer le mouvement «anti-balaka», mais pour ces paysans de la brousse, ce sont les exactions de la Séléka qui les font prendre les armes, sur fond d’affrontements anti-musulmans. Dans le camp Bozizé, c’est plutôt le fils qui s’active en coulisse. Depuis Zongo en République démocratique du Congo (RDC), Jean-Francis, ancien ministre de la Défense de son père cherche des armes et des soutiens chez des rebelles congolais. Et visiblement il trouve.

 

Une transition mal engagée

 

L’intervention militaire est une chose, mais les défis qui attendent la Centrafrique ne sont  pas uniquement sécuritaires, ils sont aussi politiques. Car une fois le calme restauré, tout reste à faire : la transition politique et la reconstruction d’un Etat. Pour le moment, la transition est au point mort. Dans un rapport d’International Crisis Group (ICG), le think tank affirment que « les institutions de la transition sont des coquilles vides (…) faute d’argent et de sécurité » . Il y a donc urgence à accélérer, comme le souhaite le président français, la mise en place d’élections pour installer rapidement un pouvoir légitime à Bangui. Mais  dans le chaos actuel, il est difficile d’imaginer un scrutin digne de ce nom dans des brefs délais en Centrafrique.

 

Les défis sont donc nombreux pour Paris. Pour réussir sa mission, l’intervention militaire française ne suffira pas. Un ancien proche de la Séléka me confiait que la France devait faire pression rapidement pour ouvrir un dialogue interreligieux. Selon lui, « les acteurs religieux seront les premiers artisans de la paix (..) la France doit pousser au dialogue et la réconciliation » . Une personnalité est en vue pour jouer ce rôle, l’évêque de Bossangoa, une ville meurtrie par les violences, Nestor Nongo Aziagba.

 

Christophe RIGAUD – Afrikarabia

 

Lu pour vous : Paris face au casse-tête centrafricain
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