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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:32

 

 

 

 

 

 

Par AFP, publié le 21/12/2013 à 09:34, mis à jour à 09:34

 

Bangui - L'activité reprenait timidement samedi à Bangui, où la nuit a été relativement calme, après un regain de violences interreligieuses depuis deux jours qui a fait une trentaine de morts, ont indiqué à l'AFP des habitants de plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine.

 

La circulation automobile a repris progressivement sur les grands axes du centre-ville, des commerces ont également rouvert. 

 

Les taxis roulent de nouveau dans la ville, à l'exception notable des quartiers théâtre des affrontements de jeudi et vendredi, notamment le quartier Combattant à proximité de l'aéroport, où seules circulent les patrouilles véhiculées de l'armée française et de la force africaine (Misca). 

 

Deux cadavres, mains ligotées derrière le dos, gisaient néanmoins au petit matin sur la chaussée de l'avenue de l'Indépendance menant au nord de Bangui, a constaté un photographe de l'AFP. 

 

La nuit a pourtant été relativement calme, selon plusieurs habitants interrogés au téléphone. Un photographe de l'AFP sur l'aéroport a simplement entendu un moment quelques tirs isolés et lointains, et de brèves détonations. 

 

Dans le quartier de Boy Rabe, un fief des milices d'autodéfense chrétiennes "anti-balaka", une rumeur d'attaque d'hommes armés a provoqué la fuite de plusieurs centaines d'habitants pendant la nuit vers la paroisse Saint-Bernard. L'attaque n'ayant pas eu lieu, ces habitants revenaient progressivement chez eux au matin. 

Centrafrique: l'activité reprend timidement à Bangui après les violences
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:31

 

 

 

 

 

 

Le Monde.fr avec AFP |  • Mis à jour le 

 

 

Après l'intense fusillade de jeudi soir aux abords de l'aéroport, l'armée française concentre ses moyens dans Bangui pour tenter d'éviter un nouvel embrasement de la capitale centrafricaine où la tension est fortement remontée. L'état-major désarmées a également indiqué qu'en début d'après-midi, les soldats français ont« neutralisé », c'est-à-dire tué, deux pillards qui avaient ouvert le feu sur eux dans le quartier Castor, au sud-est de l'aéroport.

 

La force française avait renforcé la veille ses patrouilles « dans l'ensemble de Bangui », après de premiers incidents au nord de la ville. « Depuis, nous maintenons notre dispositif », « tous nos moyens sont déployés dans Bangui », a déclaré vendredi soir le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron, selon qui « le risque d'embrasement existe ». Plus de mille soldats français sont déployés dans la capitale centrafricaine, où ils contrôlent notamment l'aéroport.

 

TRENTE MORTS DEPUIS JEUDI SOIR

 

Plus d'une trentaine de personnes, dont un officier tchadien de la force africaine, ont été tuées dans les nouvelles violences qui ont éclaté jeudi soir et ont duré jusqu'à vendredi matin à Bangui. Les personnels de la Croix-Rouge centrafricaine ont récupéré 29 corps, a indiqué à l'agence AFP un responsable de cette organisation.

 

Dix cadavres ont été ramassés jeudi soir et dix-neuf autre vendredi, principalement dans les 2e et 3e arrondissement de Bangui, et notamment dans le quartier Baya Doumbia, aux abords de l'aéroport, selon ce responsable qui s'exprimait sous couvert d'anonymat. Le bilan est sans doute plus élevé, certains corps ayant pu être récupérés par les familles ou par d'autres personnes, selon cette même source. Il s'agit de morts « par balle ou suite à des coups de machette », a-t-elle précisé.

 

ENQUÊTE OUVERTE

 

Une quarantaine de blessés en lien avec ces incidents ont été évacués vers l'hôpital communautaire de Bangui depuis jeudi soir, dont trois sont décédés sur place, selon Médecins sans frontières (MSF). Un officier du contingent tchadien de la force africaine (Misca) a par ailleurs été tué dans ces mêmes violences, selon un communiqué de la présidence. La présidence condamne « avec la plus grande fermeté ces agissements de nature à compromettre l'unité nationale et les chances de paix », ajoute le texte, qui précise qu'une « enquête est ouverte ».

 

Alors que la capitale centrafricaine retrouvait un semblant de vie normale ces derniers jours, une intense fusillade a éclaté jeudi soir aux abords de l'aéroport, où les forces françaises et africaines ont établi leur base. Ces tirs ont entraîné une série d'affrontements dans la nuit jusqu'au petit matin, dans plusieurs quartiers de la ville. Les affrontements ont continué dans la nuit et au petit matin dans plusieurs quartiers.

Centrafrique : l'armée française déploie tous ses moyens dans Bangui
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:30

 

 

 

 

 

 

RFI  samedi 21 décembre 2013 à 05:34

 

Après quelques jours d'accalmie, la violence a repris jeudi soir et hier à Bangui. Depuis jeudi soir, la Croix-Rouge a ramassé une trentaine de cadavres et transporté une quarantaine de blessés vers les centres de santé. Parmi les victimes de ces derniers jours, un soldat tchadien de la Misca, selon la présidence centrafricaine. Or, plusieurs personnes accusent les Tchadiens d'être proches des ex-Seleka, les anciens rebelles qui continueraient à commettre des exactions malgré le cantonnement. Faux, répond le porte-parole de la présidence centrafricaine, Guy-Simplice Kodégué.

 

La présidence centrafricaine réfute en bloc les accusations visant les soldats tchadiens de la Misca.

 

Guy-Simplice Kodégué Porte-parole de la présidence centrafricaine

 

« Aucun Séléka ne ère actuellement dans Bangui, ils sont tous cantonnés. Les anti-balaka ont le champ libre : ils écument, ils violent. Deuxième précision: on ne va pas considérer les Tchadiens de la Misca comme étant des Séléka, c'est de l'amalgame »

 

Le lieutenant Konaté est responsable des Combattants de libération du peuple centrafricain (CPLC), un mouvement anti-balaka. Il répond aux propos du porte-parole.

 

Lieutenant Konaté responsable d'un mouvement anti-balaka

 

« La Seleka a été cantonnée, mais subitement nos hommes ont été attaqués par cette dernière. La gendarmerie n'est plus opérationnelle, c'est la Seleka qui porte ces uniformes pour commettre des exactions. Je m'adresse au président de la république du Tchad : ce n'est pas la peine d'attiser le feu ».

Centrafrique: des éléments tchadiens pointés du doigt par les anti-balaka
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 01:29

 

 

 

 

 

 

 

http://www.lesinrocks.com   20/12/2013 | 16h38

 

A Bangui en Centrafrique où se trouve notre reporter, la situation semble de plus en plus tendue. Reportage.

 

[De Bangui] Cinq coups qui viennent rompre un silence de trois nuits. Rendue muette par un couvre-feu qui officie dès 18h, la capitale de la Centrafrique, Bangui, se réveille brusquement. La rue bruisse de moteurs puissants. Ce sont les journalistes et les militaires. Depuis trois jours et le départ de François Hollande – qui avait amené les forces françaises à se retirer de la ville pour sécuriser l’aéroport, provoquant la mort de dizaines de personnes – la ville était calme. Tous les jours, deux enfants mouraient de faim dans le camp de réfugiés entourant l’aéroport. Une ou deux victimes de balles perdues étaient accueillies par l’hôpital de fortune créé par MSF. Mais les armes lourdes avaient fait silence. Et les commerces avaient rouverts.

 

Les tirs se rapprochent des ambassades. Il s’agirait du quartier de Gobongo. Une étrange frénésie s’installe. Les rumeurs fusent – un correspondant d’AP annonce que la femme et les enfants du président de transition Djotodia viennent d’être évacués sirènes hurlantes vers l’aéroport. De correspondants, ils ne sont plus qu’une trentaine – contre 100 deux jours auparavant. Le génocide était alors dans toutes les bouches. L’arrivée des forces françaises avait fait refluer les machettes dans les faubourgs. La mort était devenue invisible.

 

Cinq tirs qui renversent – peut-être le temps d’une nuit – les perspectives. La journée avait été belle. Le Président de transition – qui cristallise toutes les tensions – venait d’annoncer la tenue de nouvelles élections en 2014, un an avant la date prévue. La France se disait satisfaite. Le Général Soriano, en charge de l’opération militaire, présentait lors d’une conférence de presse un bilan sans ombres. Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, avait fait une halte sur place – annonçant une normalisation de la situation que tous les correspondaient pensaient deviner. Les réfugiés continuaient, eux, à traverser la piste de l’aéroport devant son avion aux couleurs d’Air Force One.

 

Cinq tirs ont déchiré l’air cramoisi de Bangui. Cinq tirs qui rappellent la cruelle réalité d’un conflit. Celle de la faim et de la misère, plus présentes que jamais, plus oubliées que jamais. Face à une espérance de vie de 48 ans, les stratégies sécuritaires ont leurs limites. Dans les villages entourant Bangui, les anti-balaka, milices chrétiennes, tiennent toujours les mêmes discours. Et préviennent : si le Président musulman, arrivé au pouvoir par le truchement d’un coup d’État en mars, ne démissionne pas avant Noël, une nouvelle offensive permettra sa chute. Celle qui a coûté la vie à plus de mille personnes début décembre ne serait qu’une répétition générale.

 

“Les Tchadiens et les Soudanais pillent la Centrafrique. Même leurs femmes et leurs enfants veulent nous tuer. Si la communauté internationale ne fait pas tomber le Président, alors les musulmans payeront.”

 

Menace d’un étranger fantasmé, essentialisation d’une communauté, négation de leur appartenance à la même société. Les mots en rappellent d’autres. La pente est présente. Heureusement, les moyens manquent.

 

Cinq tirs ont réveillé Bangui. Un hélicoptère français patrouille toutes lumières éteintes. Les combats se sont étendus à plusieurs quartiers. MSF avait décidé de passer la main à la Croix-Rouge. Ils vont devoir rester.

 

 

Juan Branco

Lu pour vous : Centrafrique : Bangui se prépare au pire
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 01:21

 

 

 

 

 

 

 

Le Point.fr - Publié le 

 

Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a salué l'intervention militaire de la France qui a permis, selon lui, d'échapper à une guerre civile.

 

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a salué vendredi l'intervention française en Centrafrique en estimant qu'elle avait permis d'éviter une guerre civile, voire un "génocide". "La réponse française en Centrafrique a permis d'éviter le désastre d'une guerre civile, voire peut-être un génocide", a affirmé Herman Van Rompuy au terme d'un sommet des dirigeants européens à Bruxelles. "C'est la deuxième fois en l'espace d'une année que la France, courageusement, prend l'initiative face à une grave crise", a-t-il noté faisant allusion au Mali. L'UE soutient "évidemment" l'effort militaire de la France en République centrafricaine, a assuré Herman Van Rompuy. Il a rappelé que l'UE avait versé 50 millions d'euro à la mission africaine de maintien de la paix et 60 millions sous forme d'aide humanitaire "pour un peuple qui souffre".

 

Il a indiqué que les dirigeants européens avaient demandé à la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, "de présenter en janvier aux ministres des Affaires étrangères des options pour contribuer à la stabilisation du pays à travers une mission de l'UE". Herman Van Rompuy a salué "l'importance des contributions bilatérales d'autres États membres à l'opération française", alors que la Pologne a annoncé vendredi l'envoi d'un avion de transport militaire avec 50 hommes. "Cette crise montre à nouveau, si besoin en était, l'importance pour les pays européens de disposer des capacités de réaction et moyens de coordination appropriés, pour assumer nos responsabilités, quand il se doit", a insisté Herman Van Rompuy alors même que Londres a exprimé son hostilité à une Europe de la défense.

Centrafrique : l'intervention française a permis d'éviter un "génocide"
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 01:10

 

 

 

 

 

 

Publié le 20-12-2013 à 21h10 - 

 

Par Le Nouvel Observateur avec AFP

 

 

Plus d'une trentaine de personnes ont été tuées dans de nouvelles violences au coeur de la capitale centrafricaine, selon la Croix-Rouge.

Plus d'une trentaine de personnes, dont un officier tchadien de la force africaine, ont été tuées dans les nouvelles violences qui ont éclaté jeudi soir et ont duré jusqu'à vendredi matin à Bangui, a-t-on appris vendredi 20 décembre de sources concordantes.

 

Les personnels de la Croix-Rouge centrafricaine ont récupéré 29 corps, a indiqué un responsable de cette organisation. Dix cadavres ont été ramassés jeudi soir et dix-neuf autre vendredi, principalement dans les 2e et 3e arrondissement de Bangui et notamment dans le quartier Baya Doumbia, aux abords de l'aéroport, selon ce responsable qui s'exprimait sous couvert d'anonymat.

 

Le bilan est sans doute plus élevé, certains corps ayant pu être récupérés par les familles ou par d'autres personnes, selon cette même source. Il s'agit de morts "par balle ou suite à des coups de machette", a-t-elle précisé. Une quarantaine de blessés en lien avec ces incidents ont été évacués vers l'hôpital communautaire de Bangui depuis jeudi soir, dont trois sont décédés sur place, selon Médecins sans frontières (MSF).

 

"La sécurité reste gravement menacée à Bangui"

 

Un officier du contingent tchadien de la force africaine (Misca) a par ailleurs été tué dans ces mêmes violences, selon un communiqué de la présidence. 

 

Les milices chrétiennes d'autodéfense "anti-balaka" ont "attaqué hier [jeudi] à la grenade le contingent tchadien de la Misca au marché de Gobongo lors d'une patrouille de routine", indique ce communiqué. Cette attaque a "entraîné la mort d'un officier tchadien et plusieurs blessés, notamment parmi les éléments de la Misca", poursuit le communiqué.

 

"Malgré le déploiement des Forces françaises en appui à la Misca, la sécurité reste gravement menacée à Bangui et plus particulièrement dans certains quartiers pris en otage" par les anti-balaka, affirme la présidence. Toujours selon ce communiqué, les domiciles de certains membres du gouvernement ont également fait l'objet d'attaques.

 

Près de 1.000 morts depuis le début du mois

 

La présidence condamne "avec la plus grande fermeté ces agissements de nature à compromettre l'unité nationale et les chances de paix", ajoute le texte, qui précise qu'une "enquête est ouverte".

 

Alors que la capitale centrafricaine retrouvait un semblant de vie normale ces derniers jours, une intense fusillade a éclaté jeudi soir aux abords de l'aéroport, où les forces françaises et africaines ont établi leur base. Ces tirs ont entraîné une série d'affrontements dans la nuit jusqu'au petit matin, dans plusieurs quartiers de la ville.

 

Les affrontements ont continué dans la nuit et au petit matin dans plusieurs quartiers. Depuis le 5 décembre, les massacres entre chrétiens et musulmans ont fait près d'un millier de morts dans le pays, selon l'organisation Amnesty international.

 

CENTRAFRIQUE : A Bangui, des quartiers "sont pris en otage"
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 01:01

 

 

 

 

 

 

 

THOMAS HOFNUNG ENVOYÉ SPÉCIAL À BOSSEMBÉLÉ (CENTRAFRIQUE)  20 DÉCEMBRE 2013 À 18:32

 

REPORTAGE

 

A Bossembélé, à 150 km au nord de Bangui, les soldats français travaillent à «sensibiliser» les milices pour apaiser les tensions intercommunautaires.

 

Après quatre heures de route depuis la capitale, le convoi de l’armée française entre au ralenti dans l’enceinte de l’école de Bossembélé, à 150 km au nord de Bangui (Centrafrique). Il n’y a plus classe depuis des mois, mais des dizaines d’enfants jouent dans la cour en terre rouge. A la vue des soldats de l’opération Sangaris, ils se mettent à battre des mains et à chanter de joie. «C’est notre quart d’heure de gloire, sourit le capitaine Cédric, du 1er RCP (Régiment de chasseurs parachutistes), qui dirige le convoi. Cela fait du bien.»

DÉCRYPTAGE

La Centrafrique, terrain miné pour l’armée française

 

Par Thomas Hofnung

 

Tout est bon à prendre, en effet, pour lui et ses congénères. Car les débuts de l’opération Sangaris en Centrafrique n’ont pas été de tout repos. Ils ont été précédés d’une explosion de violences à Bangui, qui a fait au moins 500 morts, et par le décès de deux soldats du 8eRPIMA de Castres, tués par des inconnus lors d’une patrouille de nuit au tout début du déploiement. Chargés de désarmer les miliciens de la Séléka qui terrorisaient Bangui, les militaires français ont aussi assisté, impuissants, à des scènes de règlements de comptes aveugles. «Je n’avais jamais vu un tel déchaînement de haines, de violence débridée», confie un jeune soldat, qui effectue sa deuxième mission en Centrafrique.

 

 OPÉRATIONS DE «SENSIBILISATION»

 

A Bossembélé, où le convoi du capitaine Cédric va passer la nuit, les rues connaissent encore un semblant d’animation au crépuscule. A l’entrée de la localité, un homme en uniforme surveille les allées et venues. Le «colonel» Abdelaziz Kodeman Pascal a rejoint la Séléka en avril dernier : «J’étais chauffeur-mécanicien, mais quand on s’en est pris à mes parents, je n’ai pas hésité, j’ai pris les armes.» 

 

Aujourd’hui, assure-t-il, Bossembélé reste sous la menace d’une attaque des milices chrétiennes anti-balaka (anti-machettes en sango). «Il y a quelques semaines, ils nous ont attaqué à deux reprises, raconte ce sexagénaire. En brousse, ils s’en prennent aux Peuls [éleveurs musulmans, ndlr].» De temps à autre, le colonel et ses hommes s’enfoncent en brousse pour mener des opérations qualifiées de «sensibilisation» à destination des anti-balaka. Il se refuse à en préciser la teneur.

 

Dans le centre de Bossembélé, Florimont (1) tente de faire bonne figure, assis devant la petite table où il vend du tabac à priser. Le jeune homme, de confession chrétienne, est revenu pour gagner un peu d’argent et pouvoir acheter de quoi subsister aux siens, restés cachés en brousse. «Au moins la moitié des habitants de Bossembélé vivent toujours en dehors de la ville, ils ont peur de rentrer, dit-il, au milieu d’un attroupement qui grossit à vue d’œil. Les gens ont peur de la Séléka, qui a fait beaucoup de dégâts ici.» Puis il ajoute, à mi-voix : «Mais je ne peux pas vous en dire plus, des gens qui ont les yeux rougis m’observent…» A quelques mètres de là, un commerçant – musulman – exprime un point de vue partagé par de nombreux habitants, peut-être le seul, quelle que soit leur appartenance : «On voudrait que les Français restent ici pour assurer notre sécurité.»

 

LES MILICES ANTI-BALAKAS, «SOUCI NUMÉRO UN»

 

Le lendemain matin, à l’aube, le convoi du capitaine Cédric s’ébranle, direction Bossangoa, l’un des principaux foyers de tensions intercommunautaires depuis l’été dernier. Composé d’une douzaine de véhicules chargés notamment de bouteilles d’eau, de rations alimentaires et de quoi agrémenter le réveillon de Noël, il doit ravitailler les 150 militaires français déployés sur place depuis dix jours. A la sortie de Bossembélé, un jeune soldat en uniforme de la Séléka se met drôlement au garde-à-vous au passage des véhicules français, avant de lever la barrière en bois qui fait office de check-point. Mais une centaine de mètres plus loin, un autre milicien a visiblement oublié de retirer les herses qui bloquaient le passage. Résultat : deux pneus crevés sur un VAB (Véhicule de l’avant blindé). Et une heure de perdue, sous le regard des hommes de la Séléka armés de kalachnikovs ou même de lance-roquettes. «Ce n’est pas à nous de les désarmer, dit un officier français. Notre boulot, c’est de mener ce convoi à bon port et de ravitailler nos hommes.» Plus tard, le même VAB – un équipement mis en service dans les années 80 – connaît un coup de surchauffe et il faut à nouveau s’arrêter. «La loi de l’emmerdement maximum», lâche le capitaine, à la fois excédé et philosophe.

 

Plus on avance et plus la piste en latérite, la terre rouge, devient cahoteuse. Elle traverse des villages déserts, petites maisons en terre cuite ou en en briques aux portes et fenêtres fermées, parfois défoncées. Dans d’autres bourgades, les maisons ont été brûlées et saccagées, témoignage de la violence qui s’est emparée de la région. Pas âme qui vive, seuls quelques petits troupeaux de chèvres errent dans les herbes hautes qui envahissent peu à peu l’espace délaissé. A la sortie d’un village, on aperçoit la carcasse d’un vaste bâtiment, sans toit ni fenêtre : une école financée par «la coopération germano-centrafricaine», indique un panneau bien visible depuis la route.

 

Tout à coup, on aperçoit une femme et ses enfants et, de l’autre côté de la route, un petit groupe d’hommes qui arborent des machettes : des membres des milices anti-balakas. «Ils sont devenus notre souci numéro un, confie un autre gradé français. C’est un mouvement déstructuré et on a du mal à établir le contact avec ses chefs.»Sur la route de Bossangoa, les militaires français croisent quatre pick-up chargés d’hommes en uniforme et solidement armés, qui les toisent sans dire un mot. Des Séléka qui descendent vers Bangui. «Pas de problème, ils ont un ordre de mission et ont notifié aux forces internationales leur déplacement», explique un officier supérieur français à Bossangoa. Le convoi parti de Bossembélé a enfin rallié sa destination finale. Huit heures tout compris, pour 150 kilomètres.

 

(1) Son prénom a été modifié.

 

Thomas HOFNUNG envoyé spécial à Bossembélé (Centrafrique)

 

 

Source : http://www.liberation.fr/monde/2013/12/20/en-centrafrique-on-voudrait-que-les-francais-restent-

En Lu pour vous : Centrafrique : «On voudrait que les Français restent ici»
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 00:33

 

 

 

 

 

 

 

Par Tirthankar Chanda  vendredi 20 décembre 2013 à 23:24

 

 

Les entreprises centrafricaines ont payé un lourd tribut à l’anarchie et l’instabilité qui règnent dans le pays en proie à une crise politique et sécuritaire de grande envergure. La récession menace et la misère grandit dans l’un des pays les plus pauvres de la planète.

 

L’économie centrafricaine a pâti des violences chroniques dont ce pays est victime depuis son indépendance en 1960. Les années 2000 ont vu démarrer et s’organiser les activités productives à la faveur de la stabilisation de la vie politique sous la présidence de François Bozizé, arrivé au pouvoir à Bangui suite au coup d’Etat de 2003. Entre 2003 et 2012, la République centrafricaine a enregistré une croissance annuelle moyenne de 3 à 4%. En 2012, l’économie a crû au rythme de 3,1%.

 

Organisation de l’économie

 

Vaste comme l’Ukraine ou comme la France et la Belgique réunies, la Centrafrique est un pays peu peuplé (4,7 millions d’habitants, selon le dernier recensement) et pauvre, avec un pib/hab qui s’élevait à 446 dollars américains en 2012. Ce pays fait partie des PMA (pays les moins avancés), avec un indice de développement qui le place au 180e rang sur 186 pays répertoriés. L’économie centrafricaine se caractérise par la prédominance du secteur primaire (environ 50% du PIB), composé d’une agriculture de subsistance qui occupe 66% de la population, de l’élevage, de la sylviculture et des industries extractives (essentiellement le diamant). Les industries de transformation restent embryonnaires, alors que le secteur des services est particulièrement dynamique, notamment à cause de la percée de la téléphonie mobile.

 

Les mines de diamant constituent traditionnellement la grande richesse nationale, mais leur exploitation reste largement artisanale et soumise à la contrebande. Avec une production qui oscille entre 350 000 et 400 000 carats par an, la Centrafrique exploite, selon les experts, moins de 1% de son potentiel minier. En outre, comme certaines mines se trouvent dans des régions contrôlées par des groupes dissidents, l’Etat a du mal à établir sa mainmise sur ce secteur.

 

La sylviculture qui représente 4,6% du PIB, constitue un autre atout majeur de l’économie centrafricaine. Cependant, ces dernières années, du fait de la crise économique mondiale, le commerce du bois s’est ralenti avec la chute de la demande, notamment dans les marchés européen et nord-américain où se trouvent ses principaux clients.

 

Prévisions désastreuses

 

La crise politique et sécuritaire que connaît la RCA depuis fin décembre 2012 a amplifié les difficultés économiques habituelles de ce pays. Les prévisions pour 2013 sont pour le moins désastreuses. Tous les observateurs s’attendent à une récession dont l’ampleur varie, selon les sources, entre 14 et 20%.

 

Les événements graves survenus depuis décembre dernier lorsque les rebelles de la Seleka venus du Nord-Est ont commencé à s’attaquer au régime en place avant de chasser Bozizé du pouvoir en mars 2013, se sont traduits par des pillages des entreprises et des banques. Ces pillages doublés de violences ethniques ont touché aussi les populations. Les paysans se sont enfuis en abandonnant leurs récoltes. Selon les estimations, environ 10% de la population ont fui leur habitation et 25% ont besoin d’aide alimentaire. Enfin, le facteur qui aura peut-être les répercussions les plus graves sur l’économie, c’est la suspension de la RCA depuis mai dernier du Processus de Kimberley qui est un système international de certification des diamants bruts. Par conséquent, Bangui ne peut plus exporter ses diamants qui constituent une des principales sources de ses revenus.

 

Tous les indicateurs sont aujourd’hui au rouge tant en matière de production et d’investissement qu’en termes de progrès social : 80% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté en 2013 contre 67% en 2012, zéro investissements directs étrangers contre 72 millions de dollars en 2011 et 60 millions en 2011. A ces difficultés s’ajoute le poids de la dette extérieure qui s’élève déjà à plus d'un milliard de dollars.

 

Après s’être autoproclamé président en août dernier, le nouvel homme fort Michel Djotodia avait fait de la relance économique un des piliers de sa feuille de route. Mais depuis, le pays a plongé dans l’anarchie et le gouvernement de transition ne peut plus compter sur le budget national de 525 millions de dollars approuvé par le Parlement pour soutenir l’économie. Le Premier ministre Nicolas Tiangaye a fait savoir aux bailleurs de fonds internationaux qu’il aura besoin d'un milliard de dollars pour redresser le pays. Les milieux économiques centrafricain ne croient plus pour leur part à une reprise rapide de l’activité économique. Pour Pierre Siovène, secrétaire général adjoint de l’Union des travailleurs de Centrafrique (USTC), « cette crise est un coup fatal ».

Lu pour vous : Centrafrique : une économie dévastée
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 00:21

 

 

 

 

 

 

Le HuffPost   Par Geoffroy Clavel Publication: 20/12/2013 18h25 CET  |  Mis à jour: 20/12/2013 19h35 CET

 

CENTRAFRIQUE - Après le scandale du légionnaire à la tête de mort au Mali, l'armée française doit se pencher sur un nouveau dérapage d'un soldat en mission. BFMTV s'est procurée ce vendredi 20 décembre une photographie représentant un soldat de l'armée française en mission en Centrafrique et arborant sur son uniforme un patch aux références nazies explicites. Une "idéologie que nous condamnons sans équivoque", a confirmé au HuffPost le porte-parole des Armées qui indique que le soldat sera suspendu dès qu'il aura été identifié.

 

Plus embarrassant encore, cette image faisait partie d'une série de neuf photos publiées sur la page Facebook officielle des opérations extérieures de l'armée. Elle a depuis été retirée, mais des internautes l'ont conservée.

 

La photographie montre un jeune homme en gros plan, l'arme à la main, et arborant un macaron scratché sur la manche. Dessus, la devise SS "Meine Ehre heißt Treue" (Mon honneur s'appelle fidélité), visiblement cousue sur un écusson tenu par un velcro. Le terme RCA désigne la République Centrafricaine et le drapeau français y est frappé d'un énigmatique "32", a priori là encore cousu. BFMTV avance une hypothèse en faisant référence à la 32e division SS sans pour autant y apporter beaucoup de crédit. Il se pourrait aussi que 32 fasse référence à l'année 1932, date à laquelle la devise "Meine Ehre heißt Treue" fut systématiquement gravée sur les ceinturons des SS.

 

Joint par Le HuffPost, le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'Etat-major des armées, confirme l'existence de cette photographie. "La photo a été postée l 19 décembre sur Facebook. Il est apparu ensuite que le soldat arborait un insigne d'épaule qui n'appartient pas à l'uniforme de l'armée française et véhiculant une idéologie que nous condamnons sans équivoque".

 

Une enquête de commandement a été ordonnée par le Chef d'Etat major et elle sera diligentée en Centrafrique par le général de commandement de la force Sangaris. "Dès que ce soldat aura été identifié, il sera immédiatement suspendu", nous a précisé le colonel Jaron sans vouloir évoquer les éventuelles sanctions qu'encourt le militaire pris en faute.

 

Le soldat qui avait arboré un foulard à la tête de mort au Mali avait été sanctionné de 40 jours d'arrêt et avait été rapatrié quelques jours après l'incident. Une sanction que l'armée n'a jamais confirmée.

Centrafrique: un insigne nazi surpris au bras d'un soldat français sur une photo officielle de l'armée
Centrafrique: un insigne nazi surpris au bras d'un soldat français sur une photo officielle de l'armée
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Centrafrique-Presse.com
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 00:17

 

 

 

 

 

 

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Malgré le déploiement des Forces armées françaises en appui à la MISCA, la sécurité reste gravement menacée à Bangui et plus particulièrement dans certains quartiers pris en otage par la milice  armée anti-balakas proche du président déchu François Bozizé. 

 

Ainsi, ont-ils attaqué hier à la grenade le contingent tchadien de la MISCA au marché Gobongo lors d’une patrouille de routine. Cette attaque ayant entrainé la mort d’un officier tchadien et plusieurs blessés, notamment parmi les éléments de la MISCA. 

 

Comble de terreur, une fillette de 13 ans a été enlevée, violée et libérée contre le versement d’une rançon. De même, plusieurs personnes présumées proches des ex-Séléka sont actuellement entre les mains de cette milice. 

 

Depuis ce matin, certains quartiers des 3ème ,  4ème et 8ème arrondissement de Bangui ont été attaqués par cette milice armée qui se livre à des actes de vandalisme et de pillage,  occasionnant de nombreux morts et blessés graves. 

 

Par ailleurs, les domiciles de certains membres du Gouvernement  ont également fait l’objet d’attaque.

 

Le Chef de l’État et le Gouvernement d’Union Nationale de Transition expriment leur indignation face à ces actes barbares et criminels. Ils condamnent une fois de plus avec la plus grande fermeté ces agissements de nature à compromettre l’unité nationale et les chances de la paix en République Centrafricaine. 

 

Les autorités de la Transition présentent leurs condoléances les plus émues au  peuple frère du Tchad, à Son Excellence Monsieur Idriss Deby Itno, au Gouvernement tchadien ainsi qu’aux familles des victimes. 

 

D’ores et déjà, une enquête judiciaire est ouverte et des procédures sont lancées contre les auteurs de ces actes criminels. D’autant que des informations concordantes indiquent qu’un certain Yvon KONATÉ, supposé Capitaine et ex chauffeur du président déchu cordonnerait ces opérations.  

 

Les autorités de la Transition prennent à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur les risques graves que ces derniers font peser à nouveau sur la cohésion nationale et la paix sociale. 

 

Aussi, le Chef de l’État et le Gouvernement d’Union Nationale de Transition demandent-ils à l’ensemble de la population de ne pas céder aux provocations  et de faire preuve de retenue. 

 

En dernier lieu, les autorités de Transition lancent un vibrant appel aux forces de la MISCA, appuyée par la mission Sangaris de tout faire pour rétablir l’ordre et la sécurité, avec impartialité, conformément aux dispositions des résolutions 2121 et 2127 du Conseil de sécurité des Nations Unies. 

                                                                      

Fait à Bangui, le 20 Décembre 2013

 

Le Gouvernement d’Union Nationale de Transition 

 

 

 

Centrafrique : les violences ont repris à Bangui

 

RFI  vendredi 20 décembre 2013 à 22:26

 

Bangui a été le théâtre de nouvelles violences ce vendredi 20 décembre. Alors que la situation semblait se calmer depuis quelques jours, les affrontements ont repris hier avec des soldats tchadiens visés près de l'aéroport M'Poko, six ont été blessés. Un accrochage a également eu lieu dans le quartier de Gobongo. Des violences se sont poursuivies ce vendredi, notamment dans la zone du kilomètre 5.

 

Les tirs ont réveillé les habitants dès 4h30 du matin. La fusillade a éclaté à Gbaya Dombia, dans la zone du kilomètre 5, secteur à majorité musulmane.

 

Les habitants accusent des ex-Faca et des anti-balakas d'être les assaillants. « Ils se cachaient dans des maisons abandonnées, et quand ils étaient à cours de munition, ils attaquaient à l'arme blanche», explique un habitant. Un responsable anti-balaka reconnaît qu'il y a eu des affrontements, mais dément toute responsabilité de ses hommes. Guy Simplice Kodégué, ministre centrafricain de la Communication, affirme pour sa part que les anciens rebelles sont tous cantonnés et que ce sont désormais les anti-balakas qui sèment la terreur.

 

Bilan des affrontements

 

En tous les cas, les violences ont duré plusieurs heures. Selon un représentant de la Croix-Rouge, les affrontements ont fait 29 morts depuis jeudi. Un imam de Gbaya Dombia donne un bilan différent : 15 habitants tués et une trentaine de blessés. Le religieux dit ne pas comprendre cette flambée. Il confie également sa colère contre les forces Misca et Sangaris, intervenues beaucoup trop tard selon lui, et présentes seulement sur les grands axes.

 

Côté contingent français, une source répond que les patrouilles commencent dès avant 6h du matin et qu'elles ont lieu partout, zones musulmanes et chrétiennes confondues.

RCA : COMMUNIQUÉ GOUVERNEMENTAL
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