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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 01:17

 

 

 

 

 

RFI  mercredi 08 janvier 2014 à 20:59

 

La Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) organise, jeudi 9 janvier 2014 à Ndjamena, au Tchad, un sommet extraordinaire consacré à la situation en République centrafricaine. Alors que le président Djotodia est de plus en plus contesté, ce sommet sera l'occasion « d'interpeller » les autorités de transition, selon le secrétaire général de la CEEAC.

 

Vu la situation catastrophique au niveau politique et sécuritaire en RCA, la CEEAC a décidé « d'interpeller les autorités de la transition ». Le secrétaire général Ahmat Allami a été très clair au micro de RFI ce mercredi 8 janvier 2014 :

 

« Quand je dis " interpeller les autorités de la transition ", c'est pour leur dire : " Mais qu'est-ce que vous nous proposez comme solution ? Est-ce que vous allez continuer, comme ça, à toujours vous chamailler, à nous faire perdre notre temps ? Si vous n'êtes pas capables, si vous êtes impuissants face à la situation, laissez la place à d'autres, qui pourraient peut-être faire mieux. " »

 

Les dirigeants de la transition ont quitté Bangui pour Ndjamena

 

Et M. Allami de continuer : « On veut nous accuser, dire que la CEEAC est faiseur de roi ou je ne sais quoi, que le Tchad ou d'autres sont faiseurs de roi en Centrafrique. Non ! La CEEAC facilite la tâche, mais il peut arriver que la CEEAC soit excédée, qu'elle ne continue pas à soutenir la transition. Ca, ça peut arriver. Mais ça ne veut pas dire qu'elle peut la remplacer comme elle le veut. La Centrafrique n'est pas sous tutelle de la CEEAC. »

 

Sont néanmoins directement visés : le président de la transition Michel Djotodia, le Premier ministre Nicolas Tiangaye et le président du Conseil national de transition (CNT) Alexandre Ferdinand Nguendé. Les trois hommes ont quitté Bangui ensemble en fin de journée, à bord d'un avion de la présidence du Tchad, direction Ndjamena.

 

« Le pays n'a pas besoin qu'on ajoute une crise à la crise »

 

Selon une source diplomatique basée à Bangui, Michel Djotodia a réuni dimanche dernier les représentants de l'Union africaine (UA), des Etats-Unis, de la France, de l'Union européenne (UE) et des Nations unies (ONU) pour leur annoncer qu'il souhaitait démissionner.

 

Malgré ces informations, des conseillers de MM. Djotodia et Tiangaye démentent. « Ils se sont vus en fin de matinée avant de partir au Tchad, ils ne peuvent pas quitter le pouvoir », affirme un proche du Premier ministre.

 

Selon ce proche de Nicolas Tiangaye, « cela ajouterait une crise à la crise. Le pays n'a pas besoin de ça. » Si nombre de diplomates de la sous-région placent MM. Djotodia et Tiangaye sur la sellette, les deux leaders centrafricains ne sont donc visiblement pas décidés à se laisser faire.

 

« Djotodia n'a pas été capable de prendre en main »

 

Outre les autorités de la transition centrafricaine, et bien sûr les chefs d'Etat de la région, la mouvance favorable à l'ancien président François Bozizé sera représentée à Ndjamena. Le coordinateur militaire du Mouvement de résistance populaire pour la refondation de Centrafrique (MRPRC), Joachim Kokaté, est arrivé dans la capitale tchadienne ce mercredi matin, après avoir été formellement invité.

 

Son objectif est clair : demander aux chefs d'Etat de la région le « départ » pur et simple de Michel Djotodia. « Pouvoir lui dire en face qu'il est incompétent, c'est encore mieux », ajoute Joachim Kokaté.

 

Il n'est pas seul à voir un possible départ Michel Djotodia d'un bon œil. Il y a aussi la société civile. « En huit mois, Michel Djotodia n'a pas été capable de prendre en main la gouvernance du pays », résume Gervais Lakosso, président du groupe de travail sur les accords de Libreville. La société civile n'a pas été conviée au sommet. « Mais on n'y serait pas allé », explique M. Lakosso.

Sommet de la CEEAC : Michel Djotodia sur la sellette en Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 01:12

 

 

 

 

 

La république centrafricaine est un vaste territoire d’une superficie de 622 984 Km2 et de 4,487 millions d’habitants.

 

Son histoire politique est marquée par des coups d’Etat comme mécanisme d’accession au pouvoir, cependant aucun de ces coups d’Etat n’a été prévenu et encadré au niveau sous régional.(1)

 

En effet, la crise actuelle tire sa source dans la crise politico-militaire qui a donné lieu à l’accord politique de Libreville du 11 janvier 2013 sur la crise politico-militaire en Centrafrique suivi de la déclaration des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) de Ndjamena du 18 avril 2013.

 

Cet accord et cette déclaration qui ont prévu la transition en Centrafrique sont frappés de caducité, et la charte constitutionnelle de transition qui est essentiellement fondée sur ces actes, en est affectée, de telle sorte qu’au lieu de résoudre la crise centrafricaine qui a motivé son institution, la transition s’est révélée incapable de garantir la sécurité des centrafricains dans leurs personnes et dans leurs biens, devenant même un vecteur de l’insécurité.

 

C’est pourquoi la sortie de la crise centrafricaine passera par l’arrêt sine die de l’actuelle transition et la mise en place d’un organe de gouvernement désigné « Commission de sécurité nationale » ou « Comité de redressement national » ou autre, avec un mandat de 24 mois pour sécuriser le pays et organiser les élections législatives et présidentielle.

 

La caducité de la transition actuelle.

 

La transition actuelle en Centrafrique tire sa source de l’accord politique de Libreville du 11 janvier 2013 signé entre la majorité présidentielle, la coalition SELEKA, l’opposition démocratique et les mouvements politico-militaires non combattants. La coalition SELEKA étant composée de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP), de l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR), de l’Union des Forces Républicaines (UFR) et de la Convention Démocratique du Salut du Kodro (CPSK) qui sont des mouvements politico-militaires engagés dans la rébellion qui a abouti au renversement du Président François Bozize le 24 mars 2013. Etant précisé que la majorité présidentielle en présence représentait le Président François Bozize et que les mouvements politico-militaires non combattants  comprenaient MLCI et le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC).

 

Aux termes de cet accord, le Président de la République demeure en fonction jusqu’au terme de son mandat en 2016 (art. 1er) ; Il est institué, pour une durée de 12 mois éventuellement renouvelable, un gouvernement d’Union Nationale irrévocable composé de la majorité présidentielle, de l’opposition démocratique, des  mouvements politico-militaires non combattants, de la coalition Séléka et de la Société Civile (art.2 et 3) ; l’Assemblée Nationale est maintenue dans ses prérogatives jusqu’aux prochaines élections législatives anticipées. (Art. 7)

 

La disparition  non seulement de la majorité présidentielle et de la coalition Séléka dissoute qui sont parties à cet accord mais encore de certaines dispositions fondamentales dudit accord a, ipso facto, entrainé sa caducité.

 

Un accord politique est une rencontre des volontés entre deux ou plusieurs personnes physiques ou morales sur les mesures adoptées pour le règlement d’une crise politique, de sorte que la disparition de l’une des parties à l’accord considéré ou des dispositions substantielles dudit accord entraine sa caducité.

 

Ainsi, avec le renversement du Président François Bozize et de son régime le 24 mars 2013 suivi de la dissolution de toutes les institutions politiques, y compris l’Assemblée Nationale, l’accord politique de Libreville du 11 janvier 2013 est devenu sans objet, dès lors que non seulement les dispositions essentielles de cet accord sont balayées mais encore, l’une des parties aux accords, en l’occurrence la majorité présidentielle est évincée. Qui plus est, la Séléka qui était également partie à cet accord est dissoute.

 

L’article 21 dudit accord dispose que « Le présent Accord entre en vigueur à compter de sa date de signature », ce qui veut dire que le délai de 12 mois de la transition commence à courir à compter du 11 janvier 2013 jusqu’au 10 janvier 2014. Or non seulement la durée de cette transition mais également la date de son démarrage ont été modifiées de telle sorte que sa durée se trouve rallongée de plus de dix huit mois.

 

En effet, aux termes de l’article 102 de la charte constitutionnelle « La durée de la transition est de dix-huit (18) mois, portée à vingt-quatre (24) mois sur avis conforme du Médiateur. ….La période de transition débute par une cérémonie officielle après l'entrée en vigueur de la présente Charte Constitutionnelle de Transition. » ; or cette charte est entrée en vigueur le 18 août 2013.

 

Il convient de signaler que la déclaration des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) de Ndjamena du 18 avril 2013 qui a déterminé la feuille de route du gouvernement de transition et qui tire sa source de l’accord politique de Libreville, a fixé la durée de la transition à 18 mois. Cependant la date du départ de la transition n’a pas été modifiée. S’agissant d’une simple déclaration elle n’a pas une force exécutoire comme celle de l’accord politique. 

 

Il est cependant important de noter que la déclaration de Ndjamena du 18 avril 2013 a visé expressément l’accord Politique de Libreville du 11 janvier 2013 dont elle a adopté les dispositions fondamentales: « Considérant les décisions pertinentes prises dans le cadre de la sous-région, en vue d’un règlement pacifique du conflit en République Centrafricaine, notamment l’Accord de cessez-le- feu et l’Accord Politique de Libreville du 11 janvier 2013 …Les Chefs d’Etat et de Gouvernement membres de la CEEAC réunis à N’Djamena, ont décidé de ce qui suit : 1. L’Accord Politique signe le 11 janvier 2013 à Libreville est et demeure le noyau central des arrangements politiques durant la période de transition;… »

 

En se fondant sur un accord politique dont la caducité est notoire, la déclaration de Ndjamena du 18 avril 2013 est affectée par le vice dont l’accord en cause est entaché.

 

Il en est de même de la charte constitutionnelle de transition du 5 juillet 2013 qui n’est que la reprise de l’accord Politique de Libreville du 11 janvier 2013 et de la déclaration des Chefs d’Etat et des gouvernements de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC).

 

Cette charte rappelle d’ailleurs dans son préambule : « Les Représentants des forces vives de la Nation réunis au sein du Conseil National de Transition (CNT) ;… Réitèrent leur pleine adhésion aux Accords de Libreville du 11 janvier 2013, aux décisions des troisième et quatrième sommets extraordinaires élargis des Chefs d’Etats et de Gouvernement de la CEEAC des 03 et 18 avril 2013, … et engagent l'Etat et les parties prenantes à les respecter scrupuleusement …..à les respecter scrupuleusement. »

 

En conséquence la caducité dont est entachée l’accord politique du 11 janvier 2013 et  la déclaration de Ndjamena du 18 avril 2013 affecte nécessairement  la charte constitutionnelle de transition du 5 juillet 2013.

 

Il est important de rappeler que la composition du gouvernement est organisée autour des organisations au nom desquelles les personnes physiques désignées siègent, de sorte que la disparition de ces organisations affecte leur présence au sein du gouvernement.

 

En tant que signataire de l’accord Politique de Libreville du 11 janvier 2013, la coalition Séleka était représentée au sein du gouvernement de transition par 9 membres et au Conseil National de Transition par 15 membres. Avec la dissolution de la coalition Séleka par le Chef de l’Etat de la Transition, la question de  la légitimité de la présence de ses représentants au sein du Conseil National de Transition et au sein du gouvernement de transition peut se poser.

 

Si cette question peut être considérée comme réglée pour les membres du Conseil National de Transition, cela n’est pas le cas pour ceux du gouvernement qui ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes .

 

En effet, aux termes de l’article 50 alinéa 2 et 3 de la Charte constitutionnelle, « Les membres du Conseil National de Transition portent le titre de Conseiller national. Chaque Conseiller national est représentant de la Nation.

Les membres du Conseil National de Transition sont désignés par les organisations dont ils sont issus pour la durée de la transition. Ils ne peuvent être remplacés qu'en cas de décès, de démission, d'incapacité définitivement médicalement constatée, de déchéance constatée par un vote en séance plénière du Conseil National de Transition. La liste des Conseillers nationaux désignés par les organisations pour être membres du Conseil National de Transition est constatée par la Cour Constitutionnelle. »

 

Il en résulte que la dissolution de la Séléka n’affecte pas la légitimité de ses membres désignés au sein du Conseil National de Transition dans la mesure où ils le sont pour toute la durée de la transition.

 

Par contre, le problème peut se poser pour ceux qui sont désignés au gouvernement.

 

En effet, l’article 36 alinéa 1 et 2 dispose que « Les compétences autres que celles expressément dévolues au Chef de l’Etat de la Transition et au Conseil National de Transition relèvent du Premier Ministre.

 

II ne peut être révoqué ni par le Chef de l'Etat de transition ni par le Conseil National de Transition pendant la durée de la transition. »

 

Et aux termes de l’article 29 de la Charte, « Le Chef de l’Etat de la Transition entérine la désignation du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, conformément à l’Accord politique de Libreville du 11 janvier 2013. Sur proposition du Premier ministre, il nomme les membres du Gouvernement de Transition et met fin à leurs fonctions. »

 

Il ressort des textes susvisés que seul le Premier Ministre est irrévocable pendant toute la période de la transition et que les membres du gouvernement ne peuvent être révoqués que sur la proposition du Premier Ministre.

 

Or le Président de la transition vient de révoquer d’initiative, sans avis ni contreseing du Premier Ministre, trois membres du gouvernement, ce qui crée un désordre dans le fonctionnement des institutions et montre que la transition est pilotée à vue.

 

Tous les ingrédients d’une perspective sombre de la transition mal embrayée sont réunis, ce qui ne peut que contribuer à l’insécurité déjà ambiante dans le pays.

 

La transition, vecteur de l’insécurité en Centrafrique.

 

Si le coup d’Etat a souvent été un mécanisme d’accession au pouvoir en Centrafrique (1), celui qui a conduit au renversement du Président BOZIZE avec l’appui d’une coalition des bandes armées de confession musulmane venant du Soudan et du Tchad, a plongé la Centrafrique dans une crise sans précédent :  - Occupation du pays par ces bandes armées qui se livrent systématiquement à des Assassinats sommaires, viols en réunion et  pillages des centrafricains et centrafricaines de confession chrétienne. - Terreur et traumatisme de la population. - Guerre interreligieuse opposant les centrafricains de confession chrétienne à ceux de confession musulmane. - Destruction systématique des registres d’état civil centrafricains. - Déplacement massif de la population. - Famine généralisée. - Arrêt de fonctionnement des administrations ; et la liste des désastres peut encore se poursuivre.

 

Les exactions ciblées de ces bandes militaro-musulmanes contre les centrafricains de confession chrétienne ont emporté la sympathie des musulmans centrafricains qui eux étaient épargnés, ce qui a créé la confusion dans l’esprit des chrétiens centrafricains qui ont commencé à assimiler leurs compatriotes musulmans aux éléments de la Séléka.

 

C’est alors que les anti-balaka se sont mobilisés à partir de Bossangoa, sous l’impulsion de certaines personnes proches du précédent régime, pour combattre les éléments de la Séléka et leurs sympathisants.

 

Il s’agit des groupes d’autodéfense créés, sous le précédent régime, par des jeunes dans les préfectures de l’Ouham, de l’Ouam-Mpéndé et de l’Ombélla-Mpoko pour affronter les « zaraguinas » ou coupeurs de route, c’est-à-dire des bandits des grands chemins qui sévissaient sur les routes des provinces en Centrafrique et qui se croient invulnérables, d’où l’expression « anti-balaka » qui veut en réalité dire « anti-balle) et dont l’arme de combat est la machette.

 

Appuyés par certains éléments de la FACA, les anti-balaka ont méné l’assaut du 4 décembre 2013 sur le palais présidentiel afin de s’emparer du pouvoir ; ayant échoué et ayant perdu le soutien de leurs sponsors, ils ont commencé à se livrer aux pillages et aux assassinats de tous ceux qu’ils trouvent sur leur passage, musulmans et chrétiens confondus. Ce qui a encore plongé le pays dans le chaos total.

Il faut dire aussi que la marge des manœuvres du Président de la transition à assurer la sécurité des centrafricains dans leurs personnes et dans leurs biens est extrêmement réduite.

 

En effet, l’état des lieux du pays révèle que si la coalition Séléka est dissoute, les éléments de cette coalition sont toujours actifs avec la même capacité de nuisance, et c’est eux qui assurent la sécurité du Président de la transition. Or  le contexte d’insécurité leur est propice pour justifier leurs privilèges et leur maintien en Centrafrique, de sorte que toutes mesures du Président DJOTODJA tendant à la sécurisation et à la pacification du pays sont de nature à mettre en péril leurs acquis, ce qui peut les amener à attenter à sa vie. Ainsi le Président DJOTODJA est, sous couvert d’ être sous leur protection, leur otage.

 

Commentant l’interview du Président DJOTODIA, Monsieur Marcel MONZALA écrit : « Monsieur DJOTODIA en réponse à la question de RFI le 16 décembre 2013, a déclaré : « La transition ne me regarde pas. Je suis là, je n’ai jamais dit « non » à la communauté internationale. J’attends. Même s’ils me disent après-demain qu’il y a élection, allons-y seulement ». Monsieur DJOTODIA a confirmé, par ces phrases, que sa présence à la tête de l’État dépend de la volonté de cette Communauté Internationale et qu'il veut bien partir dès demain si on le lui demande. » (2)

 

On peut également noter à travers cette déclaration un appel au secours codé lancé à la communauté internationale par un Président en otage. Ce qui montre que c’est tout le pays qui est pris en otage par la transition actuelle qui a échoué à tous les niveaux, et cela démontre l’incapacité notoire des dirigeants de la transition à mener à bien la mission qui leur était assignée.

 

Il est important de souligner que les provinces sont complètement à l’abandon et livrées aux mains de ces bandes militaro-musulmanes, de sorte que ni les juridictions ne fonctionnent faute de magistrats, ni les hôpitaux faute de médecins, ni les administrations faute de fonctionnaires.   

 

C’est pourquoi la sortie de la crise actuelle devra passer par l’arrêt immédiat de la transition actuelle et la mise en place d’un collège de gouvernement dirigé par une personnalité dont la compétence en matière de sécurité est incontestable.

 

Pour une sortie de la crise.

 

Le problème auquel le peuple centrafricain est actuellement confronté est celui de sa sécurité dans sa personne et dans ses biens, condition nécessaire pour que les œuvres humanitaires puissent atteindre leurs objectifs ; pour cela, il faudra :

 

  1. Poursuivre les actions entreprises par le Révérend Pasteur Josué BINOUA dont l’expérience et la compétence au Ministère de l’Intérieur sous le régime du Président BOZIZE lui ont valu le poste de Ministre de la Sécurité Publique sous l’actuel régime nonobstant le fait  qu’il soit de confession chrétienne.     

 

En effet, le Révérend Pasteur Josué BINOUA a été nommé Ministre de la Sécurité Publique le 22 août 2013 pour enrayer les assassinats sommaires, les viols en réunion et les pillages des centrafricains et centrafricaines de confession chrétienne par les éléments de la Séléka, coalition des bandes armées de confession musulmane venant du Soudan et du Tchad qui occupent la Centrafrique depuis le 24 mars 2013 et a pris les mesures nécessaires pour protéger la population et rétablir l’ordre et la sécurité dans la capitale.

 

Ainsi, il a commencé par : - déloger les éléments de la Séléka de tous les commissariats qu’ils squattaient, - cantonner les éléments de la Séléka dans des camps militaires, -  récupérer les véhicules de l’administration confisqués par les éléments de la Séléka pour les remettre aux forces de police et de gendarmerie nationales afin de faciliter leur mobilité, - interdire aux éléments de la Séléka d’effectuer des opérations de maintien de l’ordre -intensifier les patrouilles dans la capitale pour désarmer les éléments de la Séléka qui continuaient de sévir, - placer la gendarmerie sous l’autorité du Ministère de la sécurité, - interdire aux forces de police et de gendarmerie nationales de tirer à balle réelle sur la foule lors des manifestations, - limiter le nombre des gardes du corps des généraux de la Séléka à 4 éléments et des colonels à 2 éléments, - obtenir la dissolution de la coalition Séléka.  

 

  1. Toutes ces mesures qui ont suscité la colère grandissante dans les rangs des éléments de la Séléka ont fait de lui l’homme à abattre, ce qui a justifié son limogeage par le Président  DJOTODIA sans l’aval du Premier Ministre Nicolas TCHANGAI.

 

  1. Rappeler, sous la protection de l’armée française, tous les éléments de la défense nationale éparpillés dans la nature (militaires, gendarmes et policiers) pour une formation civique et militaire assurée par l’armée française avec l’assistance de l’OTAN.

 

  1. Confier à l’armée française la mission de police militaire pendant la transition et la formation de la police militaire centrafricaine.  

 

  1. Délocaliser le cantonnement des éléments de la Séléka dans un pays tiers disposant des infrastructures capables de les contenir et où l’on procédera à leur identification afin de déterminer leurs nationalités respectives ; ceux qui seront suspectés de crimes seront déférés à la Cour Internationale Pénale et les autres seront renvoyés dans leurs pays d’origine ; car la Centrafrique ne dispose pas de caserne pour pouvoir les cantonner de façon effective .

 

  1. Charger le Procureur de la Cour Pénale Internationale d’une enquête sur les crimes commis en Centrafrique afin de déférer à la HAYE tous ceux qui seront présumés coupables non seulement de crimes contre l’Humanité mais également de crimes tout court, et cela est valable pour tout le monde y compris les anti-Balaka.      

 

Pour suivre ce Vade Mecum, il faudra :

 

Un organe exécutif d’environ 15 ministres, dénommé « Collège des Commissaires » qui devra bénéficier de l’appui des troupes de l’armée françaises et de la MISCA.

 

Le collège des Commissaires devra: - sécuriser le pays – restaurer l’administration sur toute l’étendue du territoire – rétablir l’autorité de l’Etat – réhabiliter les forces armées centrafricaines – organiser les élections législatives et présidentielles.

 

Un organe législatif nommé « Conseil des Sages » composé de : 2 représentants de chaque Préfecture dont 1 représentant de la Préfecture et un autre de la Sous-préfecture – 2 représentants de l’Eglise Protestante – 2 représentants de l’Eglise Catholique – 2 représentants des Musulmans centrafricains. – 2 magistrats. - 2 avocats. – 2 enseignants. – 2 Médecins.- 2 militaires parmi les plus gradés de l’armée centrafricaine, etc… 

 

A la lumière de l’analyse ci-dessus, nous estimons que l’expérience et le bilan de Monsieur Josué BINOUA correspondent au profil de celui qui est capable de diriger le collège des Commissaires.

 

Les Centrafricains ont perdu confiance en leurs hommes politiques actuels qui se sont révélés d’une façon ou d’une autre, par action ou par omission, solidaires des éléments de la Séléka ou des Anti-balaka qui n’ont rien à voir avec une milice chrétienne.

 

La liberté de religion a fait que chaque membre d’une famille peut choisir sa confession religieuse, de sorte que l’on peut retrouver dans une même famille un musulman, un chrétien catholique et un chrétien protestant.

 

Les hommes politiques centrafricains sont pressés d’aller aux élections alors que la situation humanitaire et militaire sur le terrain n’offre aucune garantie d’arriver à organiser les élections présidentielles et législatives en moins de 24 mois ; car, il va falloir sécuriser l’ensemble du territoire pour permettre aux différents candidats de battre campagne, reconstituer les registres d’état civil complètement détruits par les éléments de la Séléka, confectionner une liste électorale crédible .

 

La présente analyse n’est qu’une piste qui devra être perfectionnée avec la contribution de tout un chacun.

 

Maître Wang-You SANDO

Docteur en droit

Avocat à la Cour d’appel de Paris

Avocat inscrit à la Cour Pénale Internationale

 

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  1. Le Président David DACKO a pris le pouvoir le 14 août 1960, à la suite d’un coup d’Etat, inavoué et masqué sous le couvert d’accident d’avion, contre le Président Barthelemy BOGANDA, - l’Empereur Bokassa 1er et dernier  a pris le pouvoir le 1er janvier 1966 à la suite d’un coup d’Etat contre le Président David DACKO qui lui a repris le pouvoir le 20 septembre 1979 à la suite d’un coup d’Etat. Le Président David DACKO a perdu ce pouvoir le 1er septembre 1981 à la suite d’un coup d’Etat du Président André KOLINGBA qui a été battu aux élections par le président Ange Félix PATASSE et ce dernier a été victime d’un coup d’Etat effectué par le Président François BOZIZE le 15 mars 2003.- Le Président François BOZIZE est renversé par le Président Michel DJOTODIA le 24 mars 2013.

 

  1. "La RCA peut encore éviter le pire" par Marcel MONZALA, Centrafrique libre, numéro du 25 décembre 2013
La crise centrafricaine :  Caducité de la transition actuelle et perspective d’une sortie par Maître Wang-You SANDO
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Centrafrique-Presse.com
9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 01:03

 

 

 

COMMUNIQUE RADIO

 

Les Familles MAPAKO, MAVOUNGOU, PATASSE, DAYO, ZIGUELE, ELIEN, DOBARA, WILSON, BALCILIA, FENAKAMI et NGUENISSARA portent à la connaissance des parents de Paoua et d’ailleurs, des amis et connaissances que les obsèques de leur Père, Beau-fils, oncle neveux et Beau – père BEREAU Serge Fidèle, Magistrat Hors Hiérarchie à la retraite, Premier Président Honoraire à la Cour des Comptes, décédé le 26 Décembre 2013 à Bangui des suites d’une courte maladie, se dérouleront selon le programme ci-après :

 

Journée du jeudi  09 janvier 2014

 

 

Morgue de l’hôpital Général de Bangui

 

15h00: Mise en bière

16h00: Levée du corps pour le domicile familial

 

Domicile familial du défunt sis au PK10 (Derrière l’Ecole Nationale de La Police)

 

16h30: Arrivée de la dépouille,

· Installation,

· Prière et animation

· Recueillement,

19h00: Grande Veillée,

 

   Journée du vendredi 10 janvier 2014

 

6h30: Animation,

· Témoignages,

· Dépôt de gerbes ou enveloppes,

· Recueillement,

9h00: Départ pour le Palais de Justice,

 

Lieu: Palais de Justice

 

7h00: Mise en place terminée des Services d’honneur,

8h00: Arrivée du personnel de la Justice, parents, Amis et

           Connaissances,

8h10: Arrivée des Auxiliaires de Justice,

8h15: Arrivée des Magistrats

8h30: Arrivée des membres de la Chancellerie,

8h45: Arrivée de la Présidente de la Délégation de la Ville de

            Bangui,

8h55: Arrivée des Membres des Cabinets:

· Conseil National de Transition,

· Primature,

· Présidence,

9h00: Arrivée du Bureau du Conseil National de Transition

9h5: Arrivée des membres de la Cour Constitutionnelle de Transition

9h10: Arrivée des Chefs des Cours,

9h20: Arrivée du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux

9h30: Arrivée de la dépouille,

9h40: Arrivée des Membres du Gouvernement de Transition,

9h50: Arrivée du Président du Conseil National de Transition,

10h00: Arrivée du Premier Ministre, Chef du Gouvernement

            de Transition,

10h15: Arrivée de son Excellence Monsieur le Président de

              la République Chef de l’Etat de Transition,

 

Honneur Militaire

Accueil par:

 

· Le Ministre de la Justice,

· Le Premier Président et le Procureur Général de la Cour de Cassation,

· Installation:

- Témoignages,

-  Oraison funèbre,

-  Mot de remerciement,

-  Dépôt de gerbe,

-  Sonnerie aux morts,

-  Retrait du Chef de l’Etat,

-  Recueillement,

· Remise de la dépouille aux Parents,

11h15: Départ pour la cathédrale Notre Dame  Immaculée Conception de Bangui,

 

 

Lieu: Cathédrale Notre Dame Immaculée Conception

 

11h30 : Messe

· Départ pour le PK 10,

 

Lieu : PK 10  (Ancienne ferme La Colombe, avenue PATASSE)

 

12h30: Arrivée du cortège funèbre:

· Installation,

· Prière,

· Remise de la Toge à la Famille,

13h00: Inhumation,

13h30: retour au domicile familial,

14h00: Collation.                        

 

 

Fin de Cérémonie

                                                     

 

 

BIOGRAPHIE DU DEFUNT

 

Serge  Fidèle  BEREAU est né le 28 juillet 1942 à Brazzaville République du Congo, des feux Gabriel KEREGUELE  et Véronique KIZO.

 

Etudes primaires et secondaire à Brazzaville, soldées par l’obtention du C.E.P.E, et  le B.E.P.C, ensuite  aux lycées Techniques de Brazza et de Bangui où  il obtint le Certificat d’Aptitude Professionnelle option Comptabilité et le Brevet Commercial.

 

Ses études professionnelles se firent d’abord à l’Ecole Nationale d’Administration de Bangui, puis  à l’Institut International d’Administration Publique de Paris (IIAP) qui furent couronnées par l’obtention d’un Diplôme du 2nd Cycle Action Greffe  et d’un Diplôme du 1er  Cycle Section Juridique  en 1971.

 

Il fut reversé dans la Magistrature de l’Ordre Judiciaire le 25 février 1971.

Il occupa de nombreuses fonctions dont :

· 3ème Juge d’Instruction du Tribunal de Grande Instance de Bangui,

· 2ème Juge d’Instruction du Tribunal de Grande Instance de Bangui,

· Doyen des Juges d’Instruction du Tribunal de Grande Instance de Bangui,

· Président du Tribunal de Grande Instance de Bangui,

· Chef de Département Administratif et Financier à l’OCAM (Organisation Commune Africaine et Malgache),

· Président du Tribunal de Grande Instance de Bambari,

· Conseiller  à la Cour d’Appel de Bangui,

· Juge d’Instruction du Tribunal  Spécial,

· Conseiller  à la Cour Suprême,

· Juge d’Instruction à la Haute Cour de Justice,

· Directeur des Affaires Civiles et du Sceau,

· Inspecteur des Services Judiciaires,

· Conseiller à la Cour Constitutionnelle,

· Président de la Cour des Comptes,

 

Admis à faire valoir ses droits à la retraite par Décret n° 11.116 du 20 juillet 2011, il lui a été conféré le titre de Premier Président honoraire de la Cour des Comptes en 2013,

 

Il a reçu des distinctions honorifiques suivantes :

· Chevalier de l’Ordre du Mérite Centrafricain

·  Officier de l’Ordre du Mérite Centrafricain

· Commandeur de l’Ordre de Mérite Centrafricain

· Grand Officier de l’ordre  du mérite Centrafricain

Serge Fidèle BEREAU est marié et père de 11 enfants et 17 petits enfants.

 

 

                                     

Programme des funérailles du magistrat Serge Fidèle BEREAU
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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 00:50

 

 

 

 

Mes Chers Compatriotes,

 

L'année qui s'annonce sera celle de tous les défis, de tous les espoirs pour l'unité de notre pays.

 

Dans ce contexte difficile, rappelez-vous qu'en 1958, un de nos valeureux compatriotes, un grand homme, animé par la passion et l'innocence du juste, fondait au coeur de l'Afrique un improbable projet de Nation : la République Centrafricaine. Barthélemy Boganda, incarne encore et plus que jamais l'exemple même de notre pacte national, la promesse d'un destin partagé, la promesse d'une unité parfaite.

 

Ce rêve d'unité est bien plus qu'un héritage. Il est notre combat quotidien, la lutte que nous devons mener sur les traces de ceux qui nous ont précédés dans notre longue marche vers une société plus juste, plus égalitaire, plus rassembleuse et plus fraternelle.

 

Aujourd'hui, nous avons perdu notre innocence, l'innocence d'un pays qui, chaque jour, s'enfonce un peu plus dans la pire des violences, la violence intercommunautaire et interconfessionnelle. Nous avons perdu notre innocence, l'innocence d'un enfant musulman, notre enfant, meurtri à coups de machette et dont le regard terrifié résume à lui seul tout le crime que l'on fait aux siens. Nous avons perdu notre innocence, l'innocence d'une femme battue, violée, assassinée pour les seuls motifs d'être femme et chrétienne.

 

Mes chers compatriotes, que nous arrive t-il ? Que se passe-t-il ? Quels sont ces démons qui semblent nous posséder ?

 

Avons-nous oublié que notre pays est né de la diversité de ses filles et de ses fils? Cette diversité, qu'elle soit ethnique ou religieuse, ne doit pas être un handicap. Bien au contraire : elle est une richesse et un pilier de la paix sociale dans notre pays. Nos origines peuvent être diverses. Et alors ? Nous habitons un seul et même pays. Chrétiens ou musulmans, nous sommes tous des enfants de Dieu. Ces convictions sont au coeur de notre projet républicain.

 

C'est dans cet esprit, comme la plupart d'entre vous, que j'ai été élevé et grandi dans la fierté d'être centrafricain.

 

Je suis un chrétien, fils de la Lobaye, issu de parents nés à M'Baïki. Cette région, comme beaucoup d'autres dans notre pays, a été et demeure le creuset de populations diverses venus du Nord, du Sud, de l'Est, de l'Ouest de notre pays et de bien au-delà . C'est là que des travailleurs Gbaya, Banda, Yakoma, ainsi que d'autres ont fait les beaux jours des grandes filières agricoles de notre pays. C'est là que des commerçants, souvent musulmans, formidables entrepreneurs, se sont imposés comme acteurs incontournables dans la production de notre café. C'est là que s'est forgé en moi l'absolue conviction que chrétiens, musulmans, toutes les composantes de notre pays, pouvaient vivre ensemble, marcher dans la même direction.

 

Mes chers compatriotes, nous sommes tous musulmans, nous sommes tous chrétiens. Nous partageons - tous- la même douleur, la même souffrance. Mais ne nous méprenons pas : les causes de ce conflit ne sont pas religieuses. Elles sont politiques. Nous sommes victimes, depuis des décennies, de l'avidité et de la médiocrité de nos dirigeants politiques. Nous sommes victimes d'un État fantôme qui a abdiqué devant ses devoirs et renoncé, délibérément, à exercer, ses responsabilités. Nous sommes victimes d'une classe politique qui, par cupidité et intérêt a renoncé à défendre notre indépendance, notre intégrité territoriale, et notre souveraineté.

 

Mes chers compatriotes, la crise que nous traversons est d'une gravité extrême. Le chaos centrafricain ne pourra être résolu, sans notre réaction décisive, sans notre volonté de se redresser. Cette volonté doit, avant tout, s'accompagner d'un désir de paix. Une paix sans laquelle rien ne sera possible. Mais elle doit être également une volonté de changement. Un changement par les centrafricains, pour les centrafricains.

 

Désir de paix. Volonté de changement. Tels sont les voeux que je formule pour notre pays en ce début d'année. Vous connaissez notre parti le MESAN. Vous connaissez ses valeurs, sa volonté de relever notre pays. Vous me connaissez. Je m'adresserai à vous régulièrement, obstinément, j'irai à votre rencontre. Avec vous, ensemble, nous serons les volontaires de la paix, les volontaires du changement. Que Dieu bénisse notre pays.

 

Jean-Baptiste KOBA

 

Président du MESAN

Voeux du nouvel an de Jean Baptiste KOBA Président du MESAN
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:57

 

 

 

 

 

 

http://www.rewmi.com   7 janvier 2014

 

Le ministre des affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, face à la presse hier, a tiré un bilan à mi-parcours du rapatriement des ressortissants sénégalais de Centrafrique. Sur 700 millions décaissés par l’Etat du Sénégal, la compagnie Air France en a empoché 600.

 

300 personnes rapatriées de Centrafrique ont coûté au contribuable Sénégalais plus de 700 millions  de nos francs. La compagnie Française Air France avait taxé l’Etat du Sénégal 600 millions  de FCFA, dans le cadre de la location de ses appareils. Une somme exigée avant le décollage des avions vers Bangui. Une révélation qui n’est pas du gout des Sénégalais. Qui préfèrent une compagnie Africaine. Justifiant ce choix, le ministre des affaires étrangères dira : «beaucoup de compagnies aériennes ne se rendent plus en République Centrafricaine, du fait de l’insécurité qui prévaut à Bangui. C’est la compagnie Air France qui assure la liaison, avec beaucoup de difficultés.»  Pourtant, le gouvernement Malien   a choisi une compagnie Africaine, Ethiopie Airlines, ne déboursant que moins de 450 millions  de FCFA pour les 3 vols. L’actuel régime s’est-il confié aux Français qui, actuellement,  gagnent tous les marchés importants. Dans le cadre de cette opération humanitaire, 57 millions ont été  remis aux rapatriés, à leur arrivée à Dakar. Mieux, selon Mankeur Ndiaye, la plupart étant pères ou mères de familles, l’Etat prévoit une autre enveloppe de 75 millions pour leur réinsertion. Ainsi, sur 750 Sénégalais recensés en RCA, 618 ont déjà été rapatriés.

 

Le consul est blanc comme neige

 

Des ressortissants Guinéens, Maliens et Gambiens ont profité du vol spécial affrété par le gouvernement du Sénégal, pour secourir ses citoyens piégés par le conflit politico-religieux en Centrafrique. A peine descendus, certains rapatriés ont indexé le consul honoraire, Cheikh Goumbala, l’accusant, devant le ministre des Affaires étrangères, d’avoir gardé sur lui l’aide de l’Etat du Sénégal, destinée à ses ressortissants bloqués à Bangui. En conférence de presse, sur instruction du chef de l’Etat, Mankeur Ndiaye, s’est voulu clair : «C’est désolant que des gens qui ont pris des risques d’aller dans un pays, pour porter assistance à nos compatriotes, puissent être accusés de malversations financières. Je démens formellement ces accusations. Elles sont fausses.» mieux, revenant sur la répartition des fonds, il précisera que les 30 millions exclusivement destinés aux victimes ont été bien distribués. Félicitant le consul, pour sa diligence et son entregent, le ministre des Affaires étrangères a souligné qu’une enveloppe de 100.000 francs CFA a été remise à chaque rapatrié à Dakar.

 

Khalil DIEME

Lu pour vous : GUERRE EN CENTRAFRIQUE : Air France empoche 600 millions pour rapatrier les Sénégalais
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:50

 

 

 

 

 

Créé le 07/01/2014 à 14h31 -- Mis à jour le 07/01/2014 à 14h48

 

POLITIQUE - A défaut d'avoir obtenu la création d'une mission parlementaire sur l'intervention française dans ce pays...

 

L'UMP envisage d'envoyer une délégation de ses députés en Centrafrique, faute d'avoir obtenu la création d'une mission parlementaire sur l'intervention française dans ce pays, a annoncé mardi le président du groupe UMP à l'Assemblée, Christian Jacob.

 

«On souhaitait une mission d'information comme ça avait été le cas pour le Mali, de façon à pouvoir aller sur place, rendre compte aux parlementaires et qu'ensuite le Parlement ainsi éclairé puisse prendre des décisions. A ma grande surprise, cette mission a été refusée par la conférence des présidents (qui réunit les présidents des commissions et des groupes parlementaires ainsi que le ministre des Relations avec le Parlement)», a déclaré M. Jacob à la presse. «Je réitérerai cette demande la semaine prochaine. Si ça n'était pas le cas, on envisage d'envoyer une délégation de parlementaires sur place», a-t-il ajouté.

 

Débat fin mars ou début avril

 

Députés et sénateurs seront appelés à débattre de la Centrafrique fin mars ou début avril car la Constitution prévoit que l'autorisation du Parlement est obligatoire pour prolonger une intervention militaire au-delà de quatre mois. L'intervention militaire en Centrafrique a commencé début décembre. «Mais ce n'est pas par un débat de deux heures dans onze semaines que l'Assemblée sera correctement informée de la situation en Centrafrique», a déploré le député UDI Jean-Christophe Lagarde, dont le groupe a également demandé cette mission d'information. «On ne remet pas en cause l'intervention mais l'information est extrêmement lacunaire», a-t-il jugé. «Il y a eu une très grande crispation du gouvernement sur notre demande, ce qui renforce notre inquiétude sur l'évolution de la situation sur place», a-t-il ajouté.

 

Pour sa part, le groupe écologiste a été «surpris» par la demande de l'UMP et de l'UDI, et «encore plus surpris par la réponse du gouvernement sur un enjeu aussi lourd». «Un groupe de travail d'une dizaine de députés aurait été possible», a considéré le co-président des députés EELV, François de Rugy. Dans l'entourage du ministre des Relations avec le Parlement Alain Vidalies, on souligne que le gouvernement était défavorable à cette mission car cela fait «double emploi» avec les auditions des ministres des Affaires étrangères et de la Défense par les commissions compétentes.

 

Les présidents des groupes bientôt reçus

 

Comme ils l'ont été déjà une première fois en décembre, les présidents de groupes seront aussi reçus «prochainement» par le Premier ministre, qui leur fournira des «informations précises et confidentielles», a-t-on assuré. «La Constitution, et la méthode qui a été choisie par le gouvernement, permet d'avoir tous les éléments d'informations», a souligné pour sa part le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, lors de ses voeux à la presse. «Je n'ai jamais entendu aucun député se plaindre des informations qui ont été données», a-t-il ajouté. Aussi, a poursuivi Bruno Le Roux «je ne vois pas pourquoi nous aurions besoin d'y ajouter une mission d'information». «Chacun devra, au début du mois d'avril, venir à l'Assemblée en ayant une position sur la poursuite» de l'opération, a-t-il dit en évoquant le vote au Parlement.

 

 Avec AFP

Centrafrique : L'UMP envisage d'envoyer une délégation sur place
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:28

 

 

 

 

 

Par Yves Bourdillon | 07/01 | 06:00

 

 

Bilan décevant un mois après le début de l'intervention militaire française.


La mission d'interposition s'avère très délicate pour seulement 1.600 soldats.

 

Officiellement, on n'enregistre plus de massacre de grande ampleur et l'armée française n'a perdu que deux soldats. Pour le reste, un mois après son déclenchement, l'intervention militaire française en Centrafrique n'a pas réussi à atteindre son objectif principal, la pacification du pays.

 

Tel est le bilan, mitigé, de l'opération Sangaris, forte de 1.600 soldats. Des effectifs très limités, en raison notamment des contraintes budgétaires, alors que la plupart des spécialistes estiment qu'il en faudrait trois à cinq fois plus pour sécuriser la capitale, sans même parler de stabiliser un pays un peu plus grand que la France. Paris se retrouve au demeurant très isolé dans cette affaire (lire ci-contre), appuyée seulement par une force africaine, la Misca, dont la composante tchadienne n'inspire pas confiance aux chrétiens du pays.

 

En s'interposant entre chrétiens et musulmans, l'armée française a sans doute évité une spirale d'exactions et de représailles. Mais elle ne parvient pas à désarmer les milices, mission assignée seulement en un deuxième temps et au demeurant quasi impossible dans une ville où les miliciens des forces Séléka (musulmanes) ou anti- balaka (chrétiennes) peuvent se fondre dans la population. En outre, l'armée est plutôt formée pour affronter un ennemi, avec chars et hélicoptères, qu'à persuader une population, avec un mégaphone, de cesser des exactions, tâche qui relève plutôt de la police.

 

L'économie tourne au ralenti

 

Enfin, faute de leader politique incontesté dans ce pays pauvre de 5 millions d'habitants, aucune solution politique ne semble se profiler. Le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, porté au pouvoir il y a un an après le renversement de François Bozizé, est confiné au camp de Roux (le QG des Séléka) et le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, ne pèse pas sur les évènements. Le ministre des travaux publics a vainement appelé récemment les fonctionnaires à retourner au travail, alors que les administrations sont vides. L'économie tourne au ralenti, ainsi qu'en atteste un doublement du prix de certaines denrées dans Bangui. Autre signe de la volatilité de la situation, les pays voisins ont commencé ce week-end à évacuer leurs ressortissants. Depuis un mois, près de mille civils ont été tués dans le pays et le nombre de réfugiés et de personnes déplacées approche le million.

 

Sans critiquer le principe d'une intervention, l'ex-ministre de la Défense Gérard Longuet (UMP) s'est interrogé vendredi sur le «  sens politique » de l'opération Sangaris, se demandant «  quel est le projet gouvernemental pour donner un Etat de droit à la République centrafricaine ». L'opinion publique, prompte à envisager l'enlisement dès qu'un conflit dure, doute : en un mois la proportion de Français approuvant l'intervention a chuté de dix points, à 41 %, selon un sondage récent.

 

Yves Bourdillon, Les Echos

 

 

Lu pour vous : La Centrafrique est loin d'être stabilisée
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:26

 

 

 

 

http://www.lematin.ma   7 janvier 2014

 

Ban Ki-moon exprime sa «gratitude» au Maroc pour son action en faveur de la stabilisation de la République centrafricaine


● Le S.G de l'Onu félicite également le Maroc pour avoir accepté de fournir des troupes pour l’unité de gardes des Nations unies.

 

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a exprimé lundi à New York, sa «gratitude» au Maroc pour son action en «faveur de la stabilisation de la République centrafricaine».

 

«Je tiens à exprimer ma gratitude aux partenaires bilatéraux, aux organisations régionales et multilatérales, notamment l'Union africaine, la Communauté économique des Etats de l'Afrique Centrale et l'Union européenne, à la France, au Maroc et aux pays fournisseurs de contingents à la MISCA, pour le travail précieux qu'ils accomplissent en faveur de la stabilisation de la République centrafricaine», a souligné le secrétaire général dans un rapport soumis dans lundi après-midi au Conseil de sécurité de l'Onu.

 

Ce rapport fait le point sur la situation en République centrafricaine et sur les activités menées dans ce pays par le Bureau intégré des Nations unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (Binuca) du 1er août au 31 décembre 2013. Il procède ensuite à une évaluation détaillée des résultats et de l'efficacité du Binuca.

 

Le secrétaire général a, également, félicité le Maroc pour «avoir accepté de fournir des troupes pour l'unité de gardes des Nations unies et de prendre la tête de la formation République centrafricaine de la Commission de consolidation de la paix».

 

Dans un message adressé aux membres du contingent des FAR devant se rendre en République centrafricaine, S.M. le Roi Mohammed VI, Chef Suprême et Chef d'état-major général des Forces Armées Royales (FAR), avait notamment souligné qu'«en réponse à l'appel du devoir de solidarité internationale et partant de la considération que porte Notre Majesté aux missions de bons offices déployées par l'Organisation des Nations unies en vue de préserver la sécurité et la paix dans le monde, Nous avons décidé, par la grâce de Dieu, de dépêcher ce contingent de Nos Forces Armées Royales en République Centrafricaine pour participer à la mission de l'Onu déployée dans ce pays africain frère, comme contribution du Royaume du Maroc aux efforts de la Communauté internationale visant à défendre les nobles valeurs humaines universelles et à soutenir le dialogue, la réconciliation nationale et le développement».

 

Le 29 octobre dernier, le Conseil de sécurité a autorisé le déploiement de 560 hommes, dans le cadre d'une unité de gardes chargée de la protection du personnel et des locaux des Nations unies, rappelle-t-on. 

 

Le «Maroc est le pays fournisseur de contingents et la première phase du déploiement (250 hommes) a commencé le 31 décembre», a poursuivi Ban dans ce rapport aux Quinze Etats membres réunis, soulignant que l'unité de gardes du Binuca «n'est pas une force de maintien de la paix».

 

Elle a «pour mandat d'assurer la sécurité et le contrôle des accès des installations et locaux de l'Onu à Bangui et dans le reste du pays et offrira des services mobiles de sécurité et d'escorte au personnel de l'Onu et mènera les opérations d'évacuation s'il y a lieu. Elle appuiera les activités de l'Onu visant à aider la population et le gouvernement centrafricains», a expliqué le Secrétaire général.

 

Les observateurs à l'Onu ont relevé que cette double consécration du Maroc récompense l'engagement africain de Sa Majesté le Roi et le souci constant du Souverain de contribuer à l'apaisement des tensions et au rétablissement de la paix dans les zones de conflit, notamment en Afrique.

 

http://www.lematin.ma/express/2014/stabilisation-en-centrafrique_ban-ki-moon-exprime-sa--gratitude--au-maroc/194530.html#sthash.rLZiJScj.dpuf

Lu pour vous : Stabilisation en Centrafrique : Ban Ki-moon exprime sa «gratitude» au Maroc
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:24

 

 

 

 

 

http://www.europe1.fr  Par Gwendoline Debono, envoyée spéciale en Centrafrique, et Charles Carrasco

Publié le 7 janvier 2014 à 08h09

 

 

REPORTAGE - Tout l'appareil politique et judiciaire est à l'arrêt. Certains réclament une mise sous tutelle internationale.

 

L'INFO. Cela fait maintenant un mois que l'opération "Sangaris" en Centrafrique a commencé. Jeudi, le Mali, le Sénégal, le Nigeria ont évacué de Bangui des centaines de leurs ressortissants qui fuient les affrontements meurtriers entre chrétiens et musulmans qui ont déjà fait près d'un million de déplacés et plus de 1.000 morts le mois dernier.

 

Comme a pu le constater sur place l'envoyée spéciale d'Europe 1, la reconstruction du pays et des élections vont s'avérer difficile à organiser dans un pays sans ministère, sans force de sécurité, et même sans même la moindre prison.

 

Dans l'enceinte juridique du tribunal de Bangui, le vide s'entend. Les paroles du procureur résonnent dans l'immeuble désert. Il n'y a plus personne pour s'asseoir sur la fourrure zébrée qui orne les sièges des magistrats. "Le procureur se retrouve aujourd'hui avec un seul substitut. Il n'y a pas de secrétariat", déplore-t-il. En fait, le procureur n'a rien pour mener à bien sa mission. Pas même de policiers pour ouvrir une enquête. Dans toute la Centrafrique, il n'y a plus aucune prison. Elles ont été saccagées. "Tous ceux qui ont été placés sous mandat de dépôt, ils se sont évaporés avec les événements. On commet une infraction, en principe, on va en prison, on vous arrête. Ça, on ne peut pas le faire", affirme le procureur. La salle des pas-perdus n'a donc jamais aussi bien porté son nom.

 

Mais il n'y a pas que la justice qui est à terre. Dans tout le pays, les écoles sont fermées et personne ne paye ses impôts. Et pour trouver un ministre, il vaut mieux aller à la terrasse d'un hôtel qu'au ministère, confie Joseph Bendounga, lui-même ancien ministre limogé il y a un mois. "Pratiquement aucun ministère fonctionne. A 500 mètres de là, il y a le ministère de l'Agriculture, il n'y a personne ! Mais les ministres sont en vacances ! C'est un gouvernement fantôme", s'inquiète ce politique.

 

La Centrafrique, dit-il, doit être placé sous tutelle internationale. C'est humiliant mais, selon lui, c'est le seul moyen de faire naître un semblant d'efficacité sur les cendres de l'Etat.

Lu pour vous : La Centrafrique, un pays sans Etat
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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:12

 

 

 

 

 

French.china.org.cn | Mis à jour le 07-01-2014

 

Plus d'un mois après le dé ploiement officiel de l'opération française Sangaris le 5 décembre à Bangui suivie après par la Mission internationale de soutien à la Centrafricaine (MISCA), une force africaine, ce pays pauvre et enclavé d'Afrique centrale continue d'être secoué par la violence, soit le constat d'une impasse qui apparemment n'avait pas été envisagée pour cette mission.

 

Reclus au camp de Roux qui abrite le siège de l'état-major de l'armée nationale dans la capitale, le président de la transition, l'ex-chef rebelle Michel Djotodia, vit certainement sous pression et désemparé, tant son pouvoir acquis par les armes il y a bientôt un an n'a guère de valeur que symbolique.

 

Prise dans l'étau du bourbier centrafricain que vraisemblablement elle n'avait pas imaginé comme une mission plus périlleuse que l'intervention au Mali pour ses troupes de l'opé ration Sangaris, la France, ex-puissance coloniale, suggère ouvertement la mise à l'écart du tombeur de François Bozizé, le dé signant comme le principal responsable de la dégradation continue du climat sécuritaire et humanitaire.

 

Déchirée par les violences commises par les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir) d'une part et les milices anti-Balakas (anti- machettes) jugées fidèles à l'ancien régime d'autre part, la Centrafrique est devenue une sorte de zone de non-droit pour ses quelque 5 millions d'habitants dont un millier d'entre eux a été tué au cours du seul mois de décembre, selon les estimations des Nations Unies.

 

Sur près d'un million de déplacés, environ 100.000 s'entassent dans des camps de fortune sur le site de l'aéroport international de Bangui M'Poko sous protection des forces françaises, à en croire une autre estimation.

 

Du Cameroun au Nigeria, en passant par le Mali, le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou encore le Tchad (dont les ressortissants pour la plupart musulmans sont devenus l'objet de règlements de comptes de la part des miliciens chrétiens anti-Balakas suite à des accusations de collusion du contingent tchadien de la MISCA avec les ex-Séléka), le pays se vide de ses résidents étrangers africains.

 

Ex-porte-parole militaire de la coalition Séléka aujourd'hui commandant de la gendarmerie mobile centrafricaine, le colonel Christian Narkoyo, musulman originaire comme Djotodia du Nord du pays, juge la situation « choquante » et « malheureuse ». « C'est triste de voir partir comme ça des gens qui sont installés depuis des décennies. On ne sait avec qui vivre », a-t-il souligné dans un entretien téléphonique à Xinhua à Bangui.

 

Interdit de patrouilles avec ses 400 éléments déclarés, une mesure également imposée à la police depuis le 16 décembre dans la capitale à la demande des responsables militaires français, Narkoyo, ex-gendarme de deuxième classe ayant acquis ses galons de colonel dans la rébellion, continue d'accuser à son tour l'armée française d'avoir compliqué davantage les choses avec son désarmement forcé où les ex-Séléka se sont vus livrés à la vindicte populaire et les anti-Balakas « protégés ».

 

« C'est la France qui est en train d'envenimer la situation. Vraiment, je ne sais comment qualifier cela. Les Sangaris sont venus chasser les musulmans de Bangui. Ils montent les populations chrétiennes contre les musulmans. Ils les arment, les financent. Dans les provinces où il n'y a pas ces Sangaris, c'est calme. Leur mission principale est de venir protéger la population sans exception », affirme-t-il.

Une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU tenue lundi à New York s'est alarmée de cette aggravation de la crise centrafricaine où l'impuissance du pouvoir de Michel Djotodia a ét é établie depuis longtemps. Afin de sortir de l'enlisement, la France préconise l'envoi d'une mission de paix de l'organisation mondiale.

 

« Si la France ne change pas sa méthode (non favorable à ses yeux aux ex-Séléka, NDLR), la situation va continuer de se dégrader. Si les gens achetaient la nationalité, j'en achèterais une et m'en aller moi aussi », insiste le colonel Narkoyo qui juge cependant inopportun l'envoi de Casques bleus. Car selon lui, « qu' est-ce qu'il y a de grave pour qu'on envoie les Casques bleus ? ».

 

Pour lui, « les Sangaris ont échoué. Nous demandons à la France d'aider les forces africaines financièrement et matériellement. Qu'elle finance les 18 milliards de francs CFA (budgétisés pour le fonctionnement de la MISCA, NDLR). Sans Sangaris, les forces africaines vont réussir ».

 

Géostratège chef du Centre de recherches et d'études politiques et stratégiques (CREPS) de l'Université de Yaoundé II au Cameroun, le Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé, qui avait auparavant estimé que la réussite de la mission de Sangaris et de la MISCA nécessitait un affrontement direct avec les « forces de la guérilla », c'est-à-dire les ex-Séléka et anti-Balakas en même temps, recommande que les deux missions « passent sous administration onusienne ».

 

« Depuis vingt ans, on a essayé la force de l'Afrique centrale, ça n'a rien donné. Puis, les Français sont venus, ça ne donne toujours rien. La méthode qu'ils ont choisie n'est pas la bonne. On ne désarme pas avec les armes de guerre et on ne peut pas non plus se limiter dans les grands axes sans entrer dans les quartiers », note l'universitaire.

Le premier en Centrafrique à tirer la sonnette d'alarme dès juillet 2012 sur l'ampleur de la crise, l'archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, plaide lui aussi pour la « transformation de la MISCA et de Sangaris en force onusienne ». Puisque, relève pour sa part l'homme d'Eglise, « en quelques semaines, nous avons vu les limites, parce que les Centrafricains n'ont pas adhéré » et que par ailleurs « l'Etat a fait faillite ».

 

Mais contrairement aux allégations du camp présidentiel, Mgr. Nzapalainga se félicite de l'action de la force française qui, affirme-t-il, « est venue sauver ce qui devait être pire, les massacres. Au début, on pensait que c'est une force partiale. Avec le temps, on s'est rendu compte que c'est une force d'interposition ».

 

« Rien ne se fera sans la contribution des Centrafricains, qu' ils soient convaincus surtout de la paix, qu'ils tournent le dos à la violence », avise-t-il cependant dans un appel à un sursaut patriotique national. « Il est temps d'enterrer la hache de guerre, d'aller vers un consensus national ».

 

Il insiste surtout sur l'engagement « responsable » des acteurs politiques, lesquels se font discrets, bottant sans cesse en touche les sollicitations des journalistes sous prétexte d'être occupés, et s'emploient au contraire à se concentrer sur la préparation des prochaines élections présidentielle et législatives que le président français François Hollande souhaite voir se tenir cette année.

 

Source: Agence de presse Xinhua

 

Centrafrique : Djotodia dans le viseur français, son camp demande le retrait de l'opération Sangaris
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