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  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 16:10

 

 

 

11/11/15 (Xinhua)

 

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a condamné mardi le meurtre d'un Casque bleu en République centrafricaine et appelé à "agir rapidement pour traduire les auteurs de ce crime en justice".

 

"Le secrétaire-général condamne le meurtre aujourd'hui d'un Casque bleu de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à Batangafo, à 400 km au nord de la capitale Bangui", peut-on lire dans un communiqué publié par le porte-parole de M. Ban.

 

A la suite d'affrontements entre des éléments armés anti-balaka et ex-séléka dans un camp de personnes déplacées à Batangafo, des ex-séléka ont attaqué les membres de la MINUSCA à un poste de contrôle de la mission situé à proximité.

 

Un Casque bleu a disparu au cours de l'incident et a été retrouvé mort par la suite.

Le secrétaire général de l'ONU condamne le meurtre d'un Casque bleu en Centrafrique
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 15:49
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL
Nouvelles nationales sur RJDH et RNL

 

 

 

La qualité du pain ces derniers jours ne rassure pas les habitants de Bangui

 

http://rjdh.org/ PAR SAINT-CYR GBEGBE LE 11 NOVEMBRE 2015

 

Depuis quelques  temps, les habitants de Bangui se plaignent de la qualité et la quantité du pain produit par certaines boulangeries de la place. Les concernés renvoient la responsabilité sur les autorités de la transition.

 

Trouver un pain de bonne qualité sur les marchés de Bangui est devenu un véritable casse-tête.

L’insécurité sur le corridor Bangui-Garoua-Boulaï, la montée en flèche du prix du sac de farine en est la principale cause. Consommateurs et commerçants s’en plaignent.

 

Les consommateurs se plaignent de la qualité du pain et s’interrogent sur les textes qui réglementent les prix des denrées de première nécessité en RCA. « Le constat fait est que la qualité du pain sur les marchés de Bangui n’est pas bonne  ces derniers temps. Je ne sais pas  si c’est dû à un problème de manque de farine. Dans ce cas, existe-t-il un texte fixant le poids normal de pain dans les boulangeries ?»

 

A qui la faute ? Frederick Ngbalé superviseur de la boulangerie marché central a indiqué être victime de la montée des prix des sacs de farines sur les marchés. « Sur la qualité de pain, la population peut se plaindre. L’axe Bouar Garoua-Boulaï-Bangui est bloqué. Les farines ne rentrent pas. Avant cette pénurie on achetait un sac de farine à 24.000 FCFA, maintenant c’est à 40.000 FCFA. C’est pour cette raison que la qualité et la quantité du pain à changer », a-t-il confié.

 

Marcel Mokoapi président des Associations de consommateurs de Centrafrique pense pour sa part que le gouvernement n’applique pas les textes qui réglementent les prix en RCA. « On a aucun pouvoir d’Etat qui est conscient de ce problème. La consommation est le vrai indicateur de la croissance économique », a-t-il remarqué.

 

En ce qui concerne l’insécurité sur le corridor Bangui-Garoua-Boulaï selon ce dernier le véritable problème n’est pas à ce niveau. « Effectivement, il existe un problème de sécurité certes, mais nous avons la Minusca. Nous avons beaucoup de camions qui rentrent ces derniers temps à Bangui. Donc, ce n’est pas une raison de réduire le poids du pain et d’augmenter les prix des sacs de farine sur les marchés ».

 

Le ministère du commerce ne s’est pas encore prononcé sur cette situation. On a tenté en vain d’avoir les textes fixant les prix et les grammes des produits sur les marchés.

 

 

Le personnel soignant de l’hôpital de Bambari réduit ses activités pour réclamer la sécurité

 

PAR JUDICAEL YONGO LE 11 NOVEMBRE 2015ACTUALITÉS

 

Après avoir été menacé plusieurs fois par des hommes armés,  le personnel soignant de l’hôpital de la ville de Bambari a réduit ses activités et a mis en place, le lundi 09 novembre, un service minimum. Il réclame  plus de sécurité dans son travail.

 

 « La maison du major de la chirurgie et celle du gestionnaire ont été pillées et saccagées en début de  semaine. Des hommes armés étaient venus me chercher, et c’est grâce à la Minusca que j’ai eu la vie sauve.  Et donc nous avons décidé de mettre en place ce service minimum pour la protection  du personnel en attendant que la sécurité revienne»,  a expliqué Monsieur Chamberlain Joseph Bama, médecin chef de la préfecture sanitaire de la Ouaka.

 

Il a dit par ailleurs  que ce service minimum qui va jusqu’au vendredi prochain continue toujours de dispenser des soins aux patients dans la ville.

 

En outre les agents de santé  demandent aux autorités de la transition et aux forces internationales présentes dans la ville de Bambari d’assurer la sécurité afin de permettre aux agents de santé de travailler dans de bonnes conditions.

 

Le cycle de violence s’est accentué dans la ville de Bambari depuis plusieurs semaines. Les ex Séléka et les Anti-Balaka ne cessent de s’affronter. La population civile en paye le prix fort.

 

Bambari : situation sécuritaire toujours tendue

 

http://www.radiondekeluka.org/   mercredi 11 novembre 2015 12:40

 

La situation sécuritaire est toujours aussi préoccupante à Bambari dans la préfecture de la Ouaka. Aucune activité n'a repris dans la ville après les scènes de violences constatées dans cette localité. Les populations, prises de peur, sont  toujours terrées sur les sites des personnes déplacés alors que d'autres ont trouvé refuge en brousse. 

Une peur accentuée avec la découverte ce 11 novembre 2015 des corps sans vie de deux instituteurs en instance d'intégration, assassinés dans la nuit de mardi à mercredi par des hommes armés, présentés comme des éléments de l'UPC (Unité du Peuple Centrafricain), du chef rebelle Ali Darass. 


 Le témoignage du médecin chef de l’hôpital préfectoral de Bambari, Docteur Chamberlin Bama qui a échappé à un enlèvement grâce à la présence de la Minusca. « Hier nuit, ils sont venus derrière ma maison pour m'enlever… Dès qu'ils ont vu les éléments de la Minusca, ils ont pris la fuite. Ils ont ainsi emmené dans leur fuite deux instituteurs en instance d'intégration et les ont assassinés au niveau du pont Ouaka ». 


Le responsable de l'hôpital préfectoral de Bambari précise également que les hommes armés de l'UPC menacent d'incendier le dit centre hospitalier où sont réfugiés certains habitants de la ville. « Actuellement, il n'y a pas d'activités et c'est le statu quo. Ces malfrats ont promis incendier l'hôpital de Bambari », renchérit  Docteur Chamberlin Bama qui a  informé les forces de Minusca présents dans la ville, lesquelles ont déjà pris des dispositions à cet effet.


Du côté de l'UPC, le haut commandement de cette faction des ex-combattants Séléka,  demande que cessent les tueries et autres exactions perpétrées par les Antibalaka sur la population civile centrafricaine. Dans un communiqué de presse rendu public le 10 novembre 2015, l'UPC rappelle l'attaque des cadres du mouvement le 26 octobre 2015 à Bangui et celle de Liwa à 10 kilomètres de Bambari le  novembre 2015.


Partant de ce dernier cas d'agression, le haut commandement de l'UPC informe qu'il « ne peut pas se limiter à constater les dégâts causés par les ennemis de la paix ». Dans cette dynamique, l'UPC appelle à la responsabilité de tous, tant du gouvernement que de la communauté internationale, précisant au passage que « l'attaque de Liwa soit la dernière », car  « trop c'est trop », peut-on lire dans le communiqué de presse signé par les responsables de cette milice.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 13:51
A Dakar, la France organise la défense de l'Afrique

 

 

 

Par Romain Mielcarek RFI 10-11-2015 à 19:48

 

Au Forum de Dakar, la France se montre particulièrement active. Il s'agit pour Paris de convaincre tous ses partenaires africains de s'engager toujours plus dans la sécurité collective. Renseignement, conseil, formation, etc.,les Français multiplient les initiatives pour organiser la défense des pays du continent... Et la leur.

 

Comme lors de la première édition, les Français ne passent pas inaperçus dans ce Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Jean-Yves Le Drian reste le principal parrain - pour ne pas dire « tonton » - de l'événement. Chacun, d'où qu'il vienne, espère avoir un mot avec le ministre de la Défense français. Quelques-uns des plus hauts gradés, notamment en matière de renseignement, sont également présents pour rencontrer leurs homologues et échanger leurs réflexions.

 

Pour la séance d'ouverture de cette seconde édition, lundi, le général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées françaises, a présenté son analyse de la situation sécuritaire dans la région. Il proposait des axes de réponse : travailler sur le long terme, respecter le droit international pour ne pas jouer le jeu des terroristes, adopter une approche globale avec des effets militaires, mais aussi sociaux, économiques et politiques. Surtout, le général insiste : « Nous allons avoir besoin de votre aide et de votre conseil pour savoir comment contribuer. »

 

Encadrer les Africains

 

L'idée clef, à Dakar, est d'affirmer que les Africains doivent prendre en main leur propre sécurité. Les partenaires internationaux ne sont là que pour aider. Pour illustrer cette logique, Jean-Yves Le Drian donne quelques informations sur une opération militaire en cours dans le nord du Mali : les militaires français de Barkhane et leurs collègues maliens y ont, selon le ministre, saisi des stocks « significatifs » d'armes. « Ce genre de choses se passe tout le temps, assure-t-il. On n'en parle pas tous les matins. »

 

En Afrique, la France est presque sur tous les fronts et cherche à mobiliser au maximum les forces locales. La Force multinationale mixte, en cours de mobilisation pour lutter contre Boko Haram, a été l'une des priorités françaises au cours de ce Forum. Elle a déjà bénéficié des apports en renseignement de Paris. Un haut responsable militaire français assure ainsi que des informations d'une rare qualité, notamment sous la forme d'images satellitaires, ont été remises aussi bien aux Nigérians, qu'aux Tchadiens. Ici aussi, la collaboration est le mot d'ordre : « Les Africains apportent du renseignement humain et nous apportons du renseignement technique, explique un autre militaire français. Ce n'est pas du renseignement de même nature. » Le modus operandi consiste en général pour les Africains à identifier un lieu qui les intéresse et à demander aux Français ce qu'ils y voient et ce qu'ils y entendent, grâce à des équipements particulièrement sophistiqués ( satellites, interceptions... )

 

Paris cherche à mettre en place ce type de collaborations dans tous les secteurs. Jean-Yves Le Drian a ainsi pu discuter avec plusieurs de ses homologues de la piraterie dans le Golfe de Guinée. Il s'agit d'aider les différents pays à communiquer et à collaborer entre eux, les militaires français formant des spécialistes et conseillant les marines locales. « Le rôle d'un forum comme celui-ci, note le ministre de la Défense français, c'est de renforcer la prise de conscience et d'aider à ce qu'il y ait une coordination des acteurs. »

 

Vendre les méthodes françaises

 

Mobilisées sur une multitude d'opérations, les armées françaises ne peuvent pourtant plus fournir beaucoup d'efforts supplémentaires. Pour continuer à renforcer la lutte contre l'insécurité sur le continent, la France déploie donc toujours plus d'officiers de liaison et de spécialistes, notamment du renseignement et de la logistique, pour favoriser la lutte contre les différents groupes terroristes. Chaque fois, il s'agit de mobiliser les différents partenaires. Une responsable du Département de la Défense américain admet ainsi que l'intervention de la France au Mali, en 2013, n'avait pas laissé beaucoup de choix à Washington : « Nous avons eu 48 heures pour réagir. »

 

Depuis la fin des années 1990, la France continue à former des armées locales... Avec des résultats mitigés. A propos des forces armées maliennes, un militaire français note par exemple qu'elles restent peu fiables : « Cela fait 50 ans que l'on forme les Maliens, à chaque fois, ils se sont écroulés. » L'une des nouvelles priorités est la formation de forces spéciales locales que la France tente de mettre en place. Là aussi, malgré les bonnes volontés, un conseiller de Jean-Yves Le Drian évoque les méfiances de dirigeants de certains pays inquiets de contingents militaires trop bien formés qui échapperaient à leur contrôle.

 

Paris cherche enfin à impliquer l'Union européenne sur le plan militaire. Jean-Yves Le Drian veut encore convaincre ses collègues européens de déployer une opération en République centrafricaine, sur le modèle de la Mission de formation de l'Union européenne au Mali (EUTM). Tous ces efforts se retrouvent jusque dans le domaine de la sécurité informatique, pourtant rarement évoqué par les principaux intéressés lors des échanges : des spécialistes de ce secteur, civils et militaires, ont passé le Forum à faire le tour des autorités africaines pour proposer leurs savoir-faire.

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:57
Crise migratoire : l’amertume des dirigeants africains
Crise migratoire : l’amertume des dirigeants africains

 

 

 

Par Christophe Châtelot (La Valette, envoyé spécial) Le Monde.fr 

 

Deux poids, deux mesures. L’expression revient sous une forme ou une autre dans la bouche des dirigeants africains pour qualifier la réponse européenne à la crise migratoire, alors que s’ouvre, mercredi 11 et jeudi 12 novembre à La Valette, sur l’île de Malte, un sommet Europe-Afrique consacré à cette question.

 

La guerre en Syrie, qui a jeté sur la route des Balkans conduisant vers l’Union européenne des dizaines de milliers de réfugiés, ainsi que les naufrages à répétition d’embarcations de migrants tentant de traverser la Méditerranée, ont en effet ému les opinions publiques européennes, contraignant leurs gouvernements à formuler une réponse à ces drames. « Cela fait pourtant des années que l’Afrique est confrontée à ce problème sans que personne ne s’émeuve en Europe », lâche un diplomate africain qui rappelle, exemple parmi d’autres, que 200 000 personnes, dont une grande majorité de travailleurs africains, ont fui la guerre au Yémen ces derniers mois pour se réfugier en Afrique de l’Est dans l’indifférence générale. Plus de 80 % des mouvements migratoires africains se font en effet à l’intérieur du continent noir, à cause de la misère ou des guerres. Et des centaines de milliers d’autres réfugiés végètent dans des camps africains de fortune.

 

« C’est un problème de développement économique »

 

« La convocation du sommet de Malte montre que les Etats européens ont pris conscience que le traitement des questions migratoires nécessite une coopération entre les deux continents. C’est un problème de développement économique », souligne Ozonnia Ojielo, directeur régional pour la gouvernance et le maintien de la paix en Afrique au sein du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

 

Il reste que la modicité de la somme mobilisée à ce jour par l’Union européenne – 1,8 milliard d’euros – au travers de son Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, dont la création sera annoncée à Malte, ne permettra pas de fixer les populations africaines en améliorant leurs conditions de vie. Une bonne partie de cette somme – à comparer aux 3 milliards d’euros accordés à la Turquie pour « gérer » la crise syrienne – risque d’ailleurs d’aller vers des projets sécuritaires (lutte contre les filières illégales de trafics d’êtres humains, renforcement des contrôles aux frontières….) plutôt que vers le développement.

 

« C’est bien que les Européens se mobilisent si cela porte sur des projets à long terme, sinon cela ne servira à rien. La répétition des naufrages en Méditerranée et les risques de mort ne dissuadent pas les candidats au départ, ce ne sont pas les murs ou les barrières artificielles érigés en Europe qui y parviendront », pronostique un diplomate ouest-africain.

 

@chatelot

 

chatelot@lemonde.fr

 

http://www.lemonde.fr/international/article/2015/11/11/crise-migratoire-l-amertume-des-dirigeants-africains_4807035_3210.html#5gjkuMkHiYe6h7jl.99

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 10:40

 

 

 

LE MONDE • 

 

Le pape François est un homme déterminé. Difficile de lui faire changer d’avis. C’est pourtant ce qu’espèrent le ministère de la défense et l’état-major français, qui voudraient éviter sa venue à Bangui, la capitale centrafricaine, les 29 et 30 novembre. Une discussion est en cours entre le Vatican et Paris pour tenter de le convaincre de raccourcir, voire d’annuler cette visite. « Nous avons fait savoir aux services de sécurité du pape qu’il s’agissait d’une visite à hauts risques », confiait-on dans l’entourage du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian, en marge du deuxième Forum pour la sécurité en Afrique de Dakar, mardi 10 novembre.

 

Le déplacement est prévu à quelques semaines d’élections à hauts risques, dans ce pays déchiré depuis deux ans par des violences entre les milices musulmanes de l’ex-Séléka au pouvoir et les anti-Balaka à majorité chrétienne, et la crainte est grande que les deux camps ne s’échauffent à cette occasion. A Bangui, les autorités de transition, conduites par Catherine Samba Panza, ont le plus grand mal à rétablir le calme dans le pays avec l’aide des 9 000 casques bleus de la force des Nations unies (Minusca) et des 900 soldats français de l’opération Sangaris. Un référendum constitutionnel doit se tenir le 13 décembre, suivi d’élections législatives et présidentielle, afin d’installer un gouvernement. En outre, la visite pontificale devrait attirer des centaines de milliers de croyants venus des pays voisins, dont la venue en masse ne manquera pas de fragiliser durant quelques jours un pays en ruine.

 

Aucun renfort français

 

Le message est clair : il n’y aura aucun renfort français pour la sécurité du pape. La force Sangaris, dont l’action est concentrée sur la capitale, « a une mission claire », ajoute-t-on dans l’entourage de M. Le Drian : « c’est sécuriser l’aéroport et permettre l’évacuation en cas de crise. On ne pourra faire plus. » L’état-major a amorcé ces derniers mois un désengagement de ses effectifs, la force étant censée retrouver en 2016 le niveau de l’ancienne force Boali, présente jusqu’à la fin 2013 (autour de 450 hommes). Mais la manœuvre a été contrariée. « Nous avons constaté depuis plus d’un mois un regain de violence », a expliqué le ministre. « Des groupes extrémistes se rendent compte que le processus électoral est en train d’avancer, l’arrivée d’un pouvoir politique élu peut inquiéter ». Sangaris, a précisé M. Le Drian, maintiendra 900 hommes pendant la période électorale. Ensuite, « il appartiendra à l’autorité élue de dire comment elle veut installer son armée, celle de la République centrafricaine ».

 

« Le pape parle à Dieu, alors ce qu’on peut dire… »

 

Le pape tient à être présent à Bangui. Dix jours avant le début officiel de l’Année sainte de la miséricorde, le 8 décembre, il veut y ouvrir une « porte sainte » dans la cathédrale Notre-Dame. Ce serait la première fois qu’un jubilé ne serait pas lancé par l’ouverture de la « porte sainte » de Saint-Pierre de Rome. Ce serait le signe, a déclaré le pape le 1er novembre, de « la proximité (…) de toute l’Eglise envers cette nation si affligée et tourmentée ». Franchir ces « portes saintes » permet aux fidèles d’accomplir un parcours pénitentiel pour obtenir le pardon de leurs péchés.

 

Du côté de la défense française, on évoque plusieurs hypothèses, sans cacher que la dernière est privilégiée : soit François effectue ses deux demi-journées comme il l’a envisagé dans la capitale centrafricaine, soit il limite sa présence à quelques heures, soit il accepte d’annuler. « Mais vous savez, le pape parle à Dieu, alors ce qu’on peut dire… », commente-t-on dans l’entourage du ministre français. Pour l’heure, d’après les informations en provenance du Vatican, le souverain pontife n’a pas changé d’avis.

 

Nathalie Guibert, avec Cécile Chambraud


http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/11/11/l-armee-francaise-met-en-garde-le-pape-francois-contre-les-risques-de-sa-visite-a-bangui_4806994_3212.html#ZWDEqzBXJ7UmSIYP.99

Lu pour vous : L’armée française veut dissuader le pape François de visiter la Centrafrique
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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 03:41

 

 

 


Nations unies (Etats-Unis) - AFP / 11 novembre 2015 02h56 - Un Casque bleu a péri mardi en Centrafrique lors d'affrontements entre factions rivales à quelques semaines des élections qui doivent remettre le pays sur les rails, a rapporté le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric.

La mort de ce soldat a lieu au moment où l'ONU s'apprête à envoyer des centaines de Casques bleus supplémentaires dans le pays.

 

Le soldat a été retrouvé mort à près de 400 km au nord de Bangui, dans la ville de Batangafo, où avaient éclaté des violences entre des éléments armés assimilés aux milices majoritairement chrétiennes anti-balaka d'une part, et d'autres assimilés à l'ex-Séléka, une coalition hétéroclite à dominante musulmane.

Après une flambée de violence entre des éléments armés appartenant aux groupes anti-Balaka et ex-Séléka (...) une confrontation impliquant des éléments ex-Séléka a eu lieu à proximité d'un barrage de la Minusca. Au cours de cette confrontation, un Casque bleu a disparu et a, par la suite, été retrouvé mort, a détaillé dans un communiqué M. Dujarric.

Un responsable de l'ONU a rapporté que le Casque bleu était camerounais.

Le chef des Nations unies, Ban Ki-moon, a déploré la mort du soldat et réclamé que les responsables de sa mort soient traduits en justice.

Ces violences illustrent les nombreuses tensions qui secouent le pays à l'approche des élections législatives et présidentielle le 27 décembre.

Ce premier tour de scrutin, qui sera précédé par un référendum constitutionnel le 13 décembre, a pour objectif de remettre le pays sur les rails après deux ans d'une transition chaotique et la crise déclenchée en mars 2013 avec le renversement du président François Bozizé par la rébellion Séléka.

En amont du scrutin, l'Egypte va envoyer 750 soldats et la Mauritanie 140 policiers, selon un responsable de l'ONU.

Deux compagnies de Casques bleus servant en Afrique de l'Ouest pourraient aussi être déployées temporairement en République centrafricaine.

- Des drones pour survoler Bangui -

Ces renforts, qui représentent au total près de 1.140 Casques bleus, viendront compléter les forces de la mission de l'ONU en République centrafricaine (Minusca) qui compte déjà 12.000 soldats et policiers.

La Minusca prévoit également de déployer ses premiers drones de surveillance au-dessus de la capitale Bangui.

Des responsables de l'ONU sont par ailleurs en discussion avec le Vatican concernant la sécurité en amont d'une visite du pape François prévue les 29 et 30 novembre.

La Minusca prévoit des renforts pour accroître la sécurité avant les élections. Des renforts devraient déjà être en place avant la visite du pape, a assuré le responsable de l'ONU, s'exprimait sous couvert d'anonymat.

Le chef de la Minusca a par ailleurs réclamé au Conseil de sécurité de l'ONU l'autorisation d'acheter des armes et des équipements pour la police et la gendarmerie centrafricaines.

La Centrafrique est soumise à un embargo international sur les armes depuis décembre 2013.

Le renversement en mars 2013 du président Bozizé par la rébellion Séléka a plongé l'ex-colonie française dans sa plus grave crise depuis son indépendance en 1960, déclenchant des tueries entre communautés musulmanes et chrétiennes en 2013 et 2014.

De nouveaux affrontements fin septembre à Bangui ont fait 61 morts et plus de 300 blessés avant que des forces internationales (Casques bleus et soldats français) ne réussissent à rétablir le calme.

Le niveau des violences a baissé depuis, mais de nombreux groupes armés continuent de sévir, ce qui a entraîné plusieurs reports des élections. 


(©) http://s.romandie.com/news/nbread.php?news=647498 

Un Casque bleu tué en Centrafrique, renforts prévus avant les élections
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 21:41

 

 

FIN DE CALVAIRE EN VUE

 

http://www.afriquinfos.com/ Mardi 10 novembre 2015 | 21:27 UTC

 

Bangui (© 2015 Afriquinfos) - Les autorités centrafricaines ont annoncé un nouveau calendrier ce lundi. Les législatives et la présidentielle se tiendront le 27 décembre.

 

«Le nouveau chronogramme des élections arrêté par l’ANE est le suivant: le référendum constitutionnel aura lieu le 13 décembre 2015. Le 1er tour de la présidentielle et des législatives est fixé au 27 décembre 2015 et le 2e tour aura lieu le 31 janvier 2016, avec le 24 février, pour date de publication des résultats», a déclaré ce lundi 9 novembre, Julius Ngouadé-Baba, le rapporteur général de l’Autorité nationale des élections (ANE), organe chargé d’organiser ces consultations. Cependant, l’ouverture des candidatures est fixée au 14 novembre et la clôture aura lieu le 27 novembre 2015.

 

Le  chronogramme annoncé par les autorités connaît donc un glissement d’au moins deux mois, car la transition était censée prendre fin le 31 décembre 2015. Sur ce, l’organe chargé d’organiser les scrutins a lancé un appel aux électeurs afin qu’ils se rendent dans les centres d’enregistrement où ils s’étaient inscrits en vue de vérifier leurs noms «pour d’éventuelles corrections» sur les listes affichées dans les centres de vote de Bangui.

 

La communauté internationale, dans l’espoir de voir un apaisement régner en Centrafrique, ne s’est pas lassée de mettre la pression aux autorités afin que le processus électoral soit élaboré.

La liste des électeurs publiée le lundi 9 novembre, mentionne  deux millions de Centrafricains déjà inscrits. Par ailleurs, il faut rappeler qu’il y a quelques semaines, le pays a sombré dans des violences après l’assassinat d’un conducteur musulman de moto-taxi. Il a fallu l’intervention des forces internationales (Casques bleus et soldats français de Sangaris) pour  rétablir le calme. Depuis la reprise des affrontements entre miliciens anti-Balaka majoritairement chrétiens et groupes d’auto-défense musulmans, on note un bilan de plus de 70 morts et plus de 300 blessés.

République centrafricaine : un nouveau calendrier électoral pour enfin clôturer la transition ?
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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 21:24

 

 

 

http://www.lejdd.fr/  mardi 10 novembre 2015

 

Les responsables militaires français estiment que la dernière étape du voyage du pape François en Afrique, à Bangui la semaine prochaine, est "risquée".

 

Le pape François va-t-il s'arrêter à Bangui la semaine prochaine? (Reuters)

 

Pour l’instant, le Vatican n’a pas renoncé à la visite que le pape François souhaite rendre à Bangui à l’issue de ses déplacements au Kenya et en Ouganda du 25 au 29 novembre. Mais les autorités françaises, qui disposent sur place en Centrafrique de 900 soldats affectés essentiellement par l’opération Sangaris à la sécurisation de l’aéroport de Bangui, estiment que ce déplacement n’est pas "raisonnable". Les violences meurtrières intercommunautaires entre chrétiens et musulmans qui ont émaillé la dernière semaine d’octobre ont laissé des traces. Et la campagne pour l’élection présidentielle, dont le premier tour doit avoir lieu le 27 décembre offre un contexte ou un prétexte à tous les extrémistes tentés par une nouvelle phase de déstabilisation du pays.

 

La sécurité de pape François à Bangui pas garantie?

 

Plusieurs scénarios ont été envisagés dans les contacts diplomatiques et sécuritaires entre Paris et le Vatican : une étape de deux demi-journées, une annulation pure et simple du voyage et une visite de quelques heures qui permettrait au Pape d’honorer sa promesse "d’ouvrir les portes de la cathédrale de Bangui" à l’occasion du Jubilé de la miséricorde. Les chefs militaires français présents en Centrafrique ont transmis à Paris leur crainte de voir de nombreux groupes catholiques camerounais, tchadiens et congolais affluer vers Bangui alors que "les routes menant à la capitale ne seraient pas toutes balisées".

 

Les officiels français ont aussi mis l’accent sur le fait que les troupes onusiennes de la Minusca déployées dans la capitale "ne pourraient pas tout faire", autrement dit qu’il serait difficile de garantir la sécurité du chef de l’Eglise catholique dans un pays "où il n’y a toujours pas d’autorité légitime" et où les institutions sécuritaires sont quasi-inexistantes. Selon un officiel français au courant des échanges d’information entre Paris et le Vatican, le Pape aurait insisté sur sa "détermination" de s’arrêter à Bangui, voyant dans cette étape la possibilité pour lui de contribuer à la "réconciliation" des Centrafricains.

 

François Clemenceau, envoyé spécial à Dakar (Sénégal) - leJDD.fr

 

 

Centrafrique : Paris craint pour la sécurité du Pape

 

 Par Alain Barluet  Le Figaro 10/11/2015 à 21:28

 

La visite du Saint-Père, prévue le 29 et le 30 novembre, intervient dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire du pays.

 

La France se passerait bien de la prochaine visite du Pape François en Centrafrique, fin novembre, et n'en fait pas mystère. Paris a informé récemment les services du Vatican chargés de préparer la visite papale, prévue le 29 et le 30 novembre, que celle-ci présentait des risques sécuritaires. «Nous avons fait savoir au pape que sa venue en RCA était à haut risque pour lui, surtout que des centaines de milliers de pèlerins allaient venir du Cameroun, du Tchad et du Congo», prévient une bonne source à la Défense.

 

Le retrait progressif des militaires français de la force Sangaris présents en RCA -actuellement au nombre de 900- a été stoppé compte tenu de la dégradation, ces dernières semaines, de la situation sécuritaire et de la poursuite des affrontements intercommunautaires. «Ces forces sont nécessaires pour assurer la protection de l'aéroport et d'éventuelles évacuations médicales», souligne cette bonne source en excluant tout «renfort» pour la venue du pape. «Nous ne pouvons pas faire plus en matière de sécurité», déclare-t-on, côté français. Si les responsables de la Défense auraient de toute évidence préféré que le pape renonce à cette visite, on affirme que la France «n'intervient pas» pour demander une annulation. Celle-ci est d'ailleurs jugée peu probable à ce stade, hormis un brusque passage au rouge écarlate des voyants sécuritaires.

 

«Le pape est déterminé à cette visite ait lieu et estime qu'elle ne peut pas être reportée», relève-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. «Les autorités centrafricaines la souhaitent aussi car elles estiment que ce sera un signal positif pour la tenue des élections»dont la date a été finalement fixée au mois de décembre. A l'approche de la visite en RCA - qui sera précédée d'une étape en Ouganda - aucune hypothèse n'est formellement écartée à la Défense: annulation, visite complète sur deux jours, voire un programme écourté qui réduirait la présence en du Saint-Père à quelques heures, ce qui soulagerait d'autant la pression pesant sur Sangaris.

Lu pour vous : La France veut dissuader le Pape François d’aller en Centrafrique
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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 21:04

 

 

 

http://www.dw.com/ 10.11.2015

 

Les élections législatives et présidentielle ont été fixées au 27 décembre. Le 13 décembre aura aussi lieu un référendum constitutionnel. C'est ce qui ressort d'un décret présidentiel rendu public mardi.

 

Les scrutins ont déjà été reportés plusieurs fois. Mais les autorités de transition, sous la pression de la communauté internationale, insistent pour qu'ils aient lieu avant la fin de l'année. Pourtant, les violences se poursuivent. Ainsi trois combattants de l'UPC, une faction de la Seleka, ont été tués à une dizaine de kilomètres de Bambari, au centre de la RCA. Selon des témoins, leur mort a provoqué une flambée de violence à Bambari, où des hommes armés se sont affrontés dans les rues à coups de lance-roquettes et d'armes automatiques et ont incendié des maisons, provoquant la fuite de centaines d'habitants.

 

A Bambari, parmi la population, on attend le scrutin autant qu'on le redoute. L'approche des élections en Centrafrique risque d'exacerber les tensions. Mais certains espèrent une solution miracle .Abdoulaye Amat est un leader de la communauté musulmane à Bambari:

 

"La population veut des élections, parce qu'on doit avoir un président. Nous en avons assez des transitions. Il faut des élections et un président afin de pouvoir discuter des problèmes de sécurité. Mais il y a beaucoup d'ennemis de la paix. Ce sont eux qui mettent le désordre."

 

Un gouvernement de transition, dirigé par la présidente Catherine Samba-Panza, a été mis en place en janvier 2014, pour un mandat de deux ans. Il est censé être remplacé prochainement par un gouvernement élu. Le taux d'enregistrement des électeurs dépasserait les 90%, selon les Nations Unies, mais les difficultés demeurent. Ibrahim Abakar, vice-président de l'Autorité nationale des élections à Bambari:

 

"A Bambari, il y a 21.000 inscrits, soit un taux de près de 99%. Le problème, c'est qu'il n'y a pas d'argent. Même pour la distribution du matériel dans les centres de vote. Ca rend les choses très difficiles."

 

Outre les nombreuses difficultés techniques et financières, la tenue d'élections, qui doivent théoriquement être organisées avant la fin de l'année, semble difficile dans le climat sécuritaire actuel. Le risque est que les résultats ne soient pas reconnus par tous, pense l'abbé Félicien Indimoyo, chancelier de l'évêque de Bambari:

 

"Le recensement électoral a été bâclé. Toutes les zones n'ont pas été atteintes, et il y a beaucoup de gens dans la brousse et dans des lieux difficilement accessibles. Cela rendra difficiles les opérations de contrôle pour valider ces élections. Le risque, dans de telles conditions, c'est que certains groupes soient mécontents!"

 

Alors que les violences intercommunautaires se poursuivent en Centrafrique, les élections apparaissent surtout comme une réponse à court terme à des défis immenses.

 

Centrafrique : à Bambari, on se prépare aux élections du 27 décembre
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Centrafrique-Presse.com
10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:31

 

 

 

Le Monde.fr | 10.11.2015 à 17h01

 

Sans le savoir, des millions de consommateurs achètent des téléphones portables ou des ordinateurs fabriqués à partir de minerais dont le commerce finance des groupes armés à l’origine de violations de droits humains à grande échelle. On appelle ces minerais les « minerais des conflits » ou « minerais du sang ».

 

Étain, tantale, tungstène ou or, ces minerais sont extraits dans des régions marquées par des violences endémiques, où des groupes armés font la loi, asservissent la population locale et sèment la terreur. Leur longévité et leur puissance de feu s’expliquent notamment par leur contrôle des points d’accès à ces ressources naturelles, nécessaires à de nombreuses industries (aéronautique, électronique, joaillerie, défense). Ils vivent de ce commerce, qui finance leurs exactions. En République Démocratique du Congo, plus de 3,5 millions de personnes ont trouvé la mort depuis le début des années 2000 dans les violences perpétrées par ces groupes armés, qui s’enrichissent par centaines de millions de dollar chaque année grâce à la vente de ces minerais.

 

En 2014, la Commission européenne s’est saisie du dossier et a proposé un texte réglementant ce lien entre exploitation minière, commerce des minerais et financement de groupes armés. Mais le texte de la Direction Commerce s’est révélé inefficace : il se bornait en effet à proposer une réglementation sur la base du volontariat des entreprises, de plus appliquée à une fraction minime de la chaîne de production et de commerce.

 

Le 20 mai, le Parlement européen a refusé cette proposition et a demandé une réglementation courageuse imposant un « devoir de vigilance » à toutes les entreprises liées à ce commerce, y compris celles qui vendent des produits finis (ordinateurs, tablettes, voitures, téléphones portables, etc.) sur le marché européen. Toute entreprise devrait se doter d’instruments précis inspectant l’origine et le cheminement des minerais qu’elle achète directement, ou qui composent ses produits, et en communiquer le résultat.

 

Faute d’accord entre Commission et Parlement, les 28 États membres doivent maintenant forger leur position le 11 novembre au sein du Conseil, avant que ne s’engage une négociation entre ces trois institutions européennes.

 

Sous couvert des difficultés qu’impliquerait une réglementation contraignante imposée de l’amont - les fondeurs et affineurs de minerais - jusqu’à l’aval – les entreprises qui placent des produits finis sur le marché européen -, le gouvernement français semble prêt à capituler et à défendre une réglementation optionnelle.

 

Ce renoncement s’explique par l’influence des lobbies industriels qui gravitent autour du dossier depuis que la Commission a entamé son travail. Business Europe (dont le Medef est membre), Eurométaux (dont l’Alliance des Minerais, Minéraux et Métaux est membre), Safran Industrie, Airbus, ou encore Digital Europe (dont les groupes français Alcatel Lucent, Technicolor et Cassidian sont membres) ont abreuvé la Commission européenne de courriers, de documents et de demandes de rendez-vous. Ces groupes n’ont cessé de défendre l’approche volontaire et d’invoquer tour à tour les coûts et les difficultés qu’impliquerait une réglementation contraignante.

 

La démarche proposée est pourtant graduelle et adaptée : elle appelle des efforts « raisonnables » et une amélioration continue, elle tient compte des circonstances propres à chaque entreprise, par exemple la place qu’elle occupe au sein de la chaîne d’approvisionnement ou sa taille. Le Parlement propose en outre des mesures d’accompagnement pour soutenir financièrement et techniquement les PME dans la mise en place de ce système de gestion des risques.

 

La proposition des lobbies industriels est...d’utiliser l’outil diplomatique. Aux États de régler des problèmes qui ne sont pas du ressort des entreprises. Et la perspective d’une loi pour protéger les victimes apparaît comme une intolérable entrave au commerce.

 

Mais les violations massives des droits humains, les destructions environnementales et le financement de groupes armés dans lesquels sont impliquées directement ou indirectement nos entreprises peuvent-ils être confondus avec des paramètres de compétitivité parmi d’autres? La vision irresponsable des lobbies industriels peut-elle influencer la prise de décision politique sur les lois régissant le commerce ?

 

C’est entre ces deux positions que le gouvernement français devra trancher lors de la réunion du Conseil européen du 11 novembre.

 

En attendant, des organisations de la société civile ont lancé une pétition visant à demander à Matthias Fekl, secrétaire d’État français au commerce extérieur, de soutenir une législation courageuse et efficace.

 

Emmanuel Umpula Nkumba est directeur exécutif d’African Resource Watch (Afrewatch) ; Lala Hakuma Dadci est coordinatrice d’Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (Aitec), engagée dans la campagne européenne « Stop Mad Mining »

Lu pour vous : « Minerais du sang » : le gouvernement doit résister aux lobbies industriels
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